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Cavaliers budgétaires comme source du droit des affaires en Algérie: Essai

Cavaliers budgétaires comme source du droit des affaires en Algérie: Essai

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Cavaliers budgétaires comme source du droit des affaires en Algérie: Essai

Longueur:
461 pages
2 heures
Éditeur:
Sortie:
Feb 21, 2020
ISBN:
9791037706706
Format:
Livre

Description

Le "cavalier budgétaire" est une technique très compromettante qui permet d’introduire dans les lois de finances des dispositions législatives qui n'y ont pas leur place.
Cette pratique est très dangereuse car elle pollue le climat des affaires par l'instabilité juridique qu'elle peut provoquer dès lors que des dispositions de lois fondamentales sont abrogées ou amendées par le truchement de simples articles de lois de finances.
Cet ouvrage met en avant cette technique proscrite sous d'autres cieux mais abusivement utilisée en Algérie au point qu’il n'existe aucune branche du droit algérien qui a pu échapper à l'influence des cavaliers budgétaires.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Titulaire d'un magister en Droit des Affaires obtenu de l'université Alger 1, Salem Ait Youcef est doctorant en Droit à l'université Panthéon-Assas Paris II. Il est cadre dirigeant dans une entreprise privée depuis plusieurs années et spécialiste en droit algérien et droits comparés.
Éditeur:
Sortie:
Feb 21, 2020
ISBN:
9791037706706
Format:
Livre

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Cavaliers budgétaires comme source du droit des affaires en Algérie - Salem Ait Youcef

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Préface

La recherche entreprise sous notre direction par Monsieur Ait Youcef Salem et intitulée « les cavaliers budgétaires comme source du droit des affaires en Algérie » s’inscrit dans le cadre des études de post- graduation en droit des affaires organisées à la faculté de droit d’Alger.

Elle s’inscrit plus précisément dans le prolongement d’un séminaire de recherche que nous avions dirigé et qui a été suivi avec beaucoup de sérieux par Monsieur Ait Youcef Salem et portant sur le droit public des affaires en Algérie.

Traditionnellement, le droit des affaires est présenté comme étant un prolongement du droit commercial et donc comme une branche du droit privé. Mais ces vingt dernières années, tout un courant de la doctrine juridique a pu établir l’existence, à côté d’un droit privé des affaires, d’un autre segment important, qualifié de droit public des affaires. Il s’agit de l’ensemble des principes et des règles juridiques qui encadrent la réalisation des affaires et qui participent du droit constitutionnel, du droit administratif, du droit des finances publiques et enfin du droit international public.

L’ouvrage de Monsieur Ait Youcef Salem contribue précisément à l’enrichissement du droit des finances publiques comme élément du droit public des affaires.

C’est souligner d’emblée à la fois l’intérêt mais également l’ampleur du chantier de recherche investi par l’auteur.

Le chercheur (il est actuellement doctorant) est parti d’un constat : le rôle extrêmement important des lois de finances, tant annuelles que complémentaires, en Algérie. Pratiquement, depuis plusieurs années déjà, tous les six mois, une loi de finances vient poser des règles et souvent, bouleverser des régimes juridiques afférents aux activités commerciales et économiques.

Ces dispositions insérées, indûment, dans les lois de finances, ont été dénommées par la doctrine française de « cavaliers budgétaires. »

Cette technique ou ce procédé assez singulier qui a de sérieuses incidences sur le climat des affaires a donc été emprunté au droit français. Sauf que, le législateur algérien (en fait l’administration publique vicieuse, au sens de non vertueuse, qui prépare les projets de loi de finances dans le cadre d’un État qualifié par bon nombre de politologues d’État administratif) en fait désormais un usage abusif, portant atteinte à la sécurité juridique. Pas un domaine n’a échappé et n’échappe à ce que l’on pourrait qualifier de véritable fléau ! C’est ainsi que le Code civil, le Code pénal, le code des investissements… (pour s’en tenir à ces trois monuments) sont modifiés et complétés au moyen de cavaliers budgétaires.

C’est donc ce procédé qui fait l’objet de cette recherche qui est, indéniablement, un travail original et donc une véritable thèse au sens de l’épistémologie, puisque cette thématique n’a jamais été traitée à ce jour en droit algérien. C’est là un des nombreux mérites de l’auteur qui n’a pas craint de s’attaquer à un tel sujet pour lequel, au risque de se répéter, il n’y avait aucune bibliographie.

Pour mener à bien sa recherche Monsieur Ait Youcef a procédé à un vaste dépouillement du journal officiel, exploitant toutes les lois de finances tant annuelles que complémentaires pour débusquer et extraire les dispositions méritant la dénomination de cavaliers budgétaires.

Quant à l’ouvrage proprement dit, il est articulé tout logiquement autour de deux grandes parties : la première consacrée à l’étude des cavaliers budgétaires comme source du droit public des affaires ; alors que la seconde est dédiée aux cavaliers budgétaires comme source du droit privé des affaires. Ces deux grandes parties ont été précédées par un chapitre préliminaire portant sur le cadre juridique, la notion et le fondement de ce redoutable procédé.

Le résultat est un remarquable travail soutenu avec brio et dont l’intérêt est certain. L’ouvrage se veut ainsi une contribution et donc un enrichissement du droit des affaires qui, faut-il le souligner avec force, est encore en gestation dans une économie algérienne en transition vers l’économie de marché.

Dans la réalisation de cet ouvrage, l’auteur a fait montre de beaucoup de sérieux et de méticulosité ; de même qu’il a apporté la preuve qu’il avait un esprit d’analyse et de synthèse tout en maîtrisant parfaitement les opérations d’interprétation et de qualification indispensables à tout juriste digne de ce nom.

Indéniablement, l’ouvrage sera d’une utilité certaine aussi bien aux universitaires qu’aux juristes d’affaires.

Professeur Chérif BENNADJI

Professeur à la faculté de droit d’Alger

AVANT-PROPOS

L’étude de la thématique des cavaliers budgétaires n’est certainement pas une chose aisée, compte tenu, notamment, de l’absence quasi totale de travaux scientifiques consacrés à ce sujet. Malgré cela, j’ai préféré prendre le risque de lever le voile sur cette pratique épineuse qui est la parfaite illustration d’une abdominale dictature juridique. 

La thématique du cavalier budgétaire est un sujet très passionnant qui ne laisse personne indifférent étant donné son influence limpide et tentaculaire sur les différentes branches du droit. Ceci m’a motivé davantage à travailler sur cette source cachée de la législation algérienne qui présente une équation paradoxale, voire énigmatique, dans la mesure où elle reste (très) ignorée malgré le fait qu’elle soit extravagamment utilisée.

Faudrait-il souligner par ailleurs que le choix de consacrer cet ouvrage à l’étude de la technique compromettante des cavaliers budgétaires comme source d’une branche spécifique du droit, le droit des affaires en l’occurrence, ne veut nullement dire que les autres branches du droit ont échappées à l’influence de cette technique. Le contraire est plutôt vrai puisque nous avons pu vérifier, dans ce modeste travail de recherche, qu'hormis le code de la famille, toutes les branches du droit sont largement impactées.

Sans vouloir anticiper le développement du fond de notre sujet, il ne serait pas d’une vaine utilité de justifier le choix d’étendre l’examen du degré de l’influence de la technique du cavalier budgétaire à la filière du droit public, au lieu de se limiter à l'étude de son impact sur la filière du droit privé. Il va sans dire que l’objectif recherché est de mettre en exergue l’appartenance du droit des affaires à la branche du droit public au moment où cette appartenance semble diluée, voire remise en cause, à force d’insister sur sa classification quasi systématique comme une branche du droit privé.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Le droit des affaires remplace la dénomination traditionnelle du « droit commercial ». Si l’on parle aujourd’hui de droit des affaires c’est que le vocable permet de regrouper des domaines plus vastes que l’expression traditionnelle de droit commercial. La vie économique actuelle balaye un champ plus large que celui du droit commercial et l’on se rend compte que la vie économique ne peut être restreinte aux commerçants¹.

Pendant longtemps cette matière a été désignée par l’expression droit commercial. Cette dénomination n’était pas à l’abri des critiques car le droit dit commercial régissait à la fois les activités de distribution (commerce au sens habituel du terme) et la plupart des activités de production (industrie). Aujourd’hui on parle plus volontiers de droit des affaires, voire de droit économique ou droit de l’entreprise².

La notion de droit des affaires est attractive en ce sens qu’elle concerne l’ensemble des règles de droit qui s’appliquent aux acteurs économiques. Elle recouvre la question de leur organisation, mais également celle de leurs échanges.

Le degré de développement du climat des affaires dans chaque État est à juste titre étroitement lié à la notion du droit des affaires. L’existence d’un cadre juridique promouvant le respect des droits humains, la justice sociale, la protection des personnes et des biens, assorti d’un système judiciaire indépendant et apte à en assurer l’application cohérente et uniforme est la caractéristique d’un régime de droit. Cela participe à l’assainissement du cadre juridique des activités économiques d’un pays. Elle constitue également, un prérequis au développement du secteur privé, à l’attraction de l’investissement national et étranger, à l’intégration du pays dans l’économie mondiale et nécessairement à l’amorce d’un développement durable³.

En Algérie, les mutations qui ne cessent de s’opérer sur les différentes branches du droit des affaires influent inexorablement sur le climat des affaires. D’ailleurs, nonobstant des résistances aux changements qui ont considérablement retardé la transition à l’économie de marché, force est de constater que les réformes mises en œuvre ont déjà généré d’importantes mutations auxquelles on n’osait même pas penser durant les vingt premières années de l’indépendance. L’autonomie de gestion, la liberté des prix, la concurrence et l’obligation de résultats se sont substituées au fonctionnement administré des monopoles de l’État et l’entreprise privée, à laquelle les textes doctrinaux des années 1970 (charte nationale, constitution) avaient pratiquement dénié le droit d’exister, a fait des progrès prodigieux à la faveur du processus de libéralisation enclenché à la fin des années 1980⁴.

Beaucoup de chemin a déjà été accompli dans ce long et périlleux processus d’édification d’une économie de marché, sur les décombres d’un système socialiste qui a profondément marqué la société Algérienne. Toutefois, d’aucuns, parmi les observateurs de la scène économique algérienne considèrent que l’Algérie est aujourd’hui un pays mûr pour l’investissement⁵. Le classement de l’Algérie dans le dernier rapport établi par la banque mondiale sur le climat des affaires " Doing Business 2018" est venu justement corroborer ce constat peu reluisant dans la mesure où l’on trouve que l'Algérie est positionnée à la 166e position sur 190 pays étudiés. Ce classement donne une mesure supplémentaire du climat des affaires dans notre pays qui, faut-il le souligner, ne cesse de se dégrader⁶.

Un climat économique propice aux affaires nécessite la réunion de plusieurs ingrédients, la stabilité juridique entre autres. Pour que l’entreprise, quel que soit son statut, puisse naître et s’épanouir, il faut absolument que son promoteur y trouve un environnement des affaires favorable, soit la stabilité juridique requise pour concevoir les stratégies et asseoir ses prévisions⁷. Malheureusement, en Algérie, la transition à l’économie de marché, pourtant engagée dans l’enthousiasme à la fin des années 1980 s’éternise et, souvent même, opère des régressions à coup de nouvelles lois insidieuses introduites dans des lois de finances et des lois de finances complémentaires, qui comme chacun le sait, échappent au contrôle du parlement⁸.

L’instabilité qui caractérise le droit des affaires en Algérie est largement critiquée par les chefs d’entreprises et par les institutions internationales telles que le FMI et la banque mondiale. Cette instabilité résulte d’un mode de production très discutable⁹. En effet, plusieurs branches du droit des affaires, à l’exemple du droit foncier, du droit des investissements, du droit des marchés publics, sont inscrites dans une spirale vertigineuse de modifications/abrogations, à l’origine d’une situation inextricable, désarçonnant les juristes les plus chevronnés ainsi que tous les intervenants à l’acte d’investir¹⁰.

Le cycle de vie de certains segments du droit des affaires, tels que le droit de la concurrence, le droit des investissements et le droit foncier, est très court. Le droit devient ainsi volatile, éphémère et versatile enfermant, dans un tourbillon, les praticiens du droit ainsi que les dirigeants d’entreprises¹¹.

Interpellé pour donner son avis sur la situation délabrée du climat des affaires en Algérie, le Professeur émérite Mohand ISSAD n’a pas manqué de mettre en exergue sa corrélation avec l’instabilité juridique :

L’instabilité juridique pollue le climat des affaires et quand on change du jour au lendemain, comme on a tendance à le faire trop souvent, des dispositions de lois fondamentales au moyen de simples articles de lois de finances ou de circulaires gouvernementales, vous n’êtes assurément pas en situation de stabilité juridique. Chaque année on assiste, malheureusement, à ce genre de pratiques consistant à changer les textes fondamentaux du pays que sont le Code civil, le code fiscal et le code de commerce, par des dispositions glissées subrepticement dans des lois de finances annuelles et complémentaires¹²… ".

La technique qui consiste à introduire, d’une manière insidieuse, dans des lois de finances annuelles ou complémentaires des dispositions législatives qui lui sont étrangères, est connue de la doctrine sous le qualificatif : cavalier budgétaire.

Le recours abusif du législateur algérien à cette technique reste la meilleure preuve de l’instabilité juridique qui fragilise le climat des affaires en Algérie. Ceci est d’autant plus vrai que cette situation prête à croire qu’il y ait une ferme volonté d’intégrer cette technique compromettante parmi les sources du droit des affaires reconnues par la doctrine¹³.

Ce faisant, il est nécessaire d’étudier minutieusement cette source non déclarée de la législation algérienne en général et, du droit des affaires en particulier. Cette étude nous permettra de mesurer l’étendue de l’influence des cavaliers budgétaires sur le droit des affaires en Algérie. D’ailleurs, c’est sous le prisme de cette problématique ayant trait à « L’impact des cavaliers budgétaires et le droit des affaires en Algérie " que nous comptons développer la présente étude.

Dans le cadre du traitement de cette question cardinale, notre démarche méthodologique est basée sur une recherche bibliographique et documentaire visant, d’une part, à exploiter et analyser tous les ouvrages, articles, rapports et documents officiels se rapportant à notre sujet et, d’autre part, les différents textes juridiques et réglementaires (lois, décrets, ordonnances, règlements…). Nous tenterons ainsi, sur la base de la documentation existante, d’évaluer l’impact des cavaliers budgétaires sur la législation du droit des affaires en Algérie.

Dans la perspective de développer notre sujet de recherche, nous avons opté pour un plan de travail structuré comme suit :

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

LE STATUT JURIDIQUE DES CAVALIERS BUDGÉTAIRES

Le traitement du statut juridique de la technique des cavaliers budgétaires passe nécessairement par la recherche des éléments de réponses aux problématiques suivantes :

Comment le cavalier budgétaire se définit-il ?

Dans quelle mesure le cavalier budgétaire se différencie-t-il des autres dispositions cavalières ?

Quel est le statut de l’application des cavaliers budgétaires dans le temps ?

Dans le droit algérien ; la technique des cavaliers budgétaires serait-elle légale ou proscrite ?

La résolution de toutes ces interrogations requiert la définition du cavalier budgétaire et le traitement de la problématique de son application dans le temps (section I), avant d'examiner le degré de sa légalité (section II).

SECTION I : LA DÉFINITION DU CAVALIER BUDGÉTAIRE ET LA PROBLÉMATIQUE DE SON APPLICATION DANS LE TEMPS.

La compréhension de la notion du cavalier budgétaire nous impose de cerner, de prime abord, sa définition et de mesurer les aspects qui pourraient la distinguer des autres dispositions cavalières (sous-section I). Il conviendrait ensuite d’étudier l’effet et l’application du cavalier

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