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Actualiser le patrimoine par l'architecture contemporaine
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Livre électronique376 pages4 heures

Actualiser le patrimoine par l'architecture contemporaine

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À propos de ce livre électronique

Dans la rencontre entre l’architecture contemporaine et le patrimoine bâti, l’actualisation en tant que phénomène culturel se propose comme solution à la polarité conservation-création.

L’explosion des formes en architecture contemporaine, parallèlement à la montée d’une prédominance de la signature de l’architecte, semble a priori difficilement réconciliable avec l’extension de la notion de patrimoine. Or, que ce soit pour des raisons économiques, environnementales, fonctionnelles ou patrimoniales, les insertions d’éléments d’architecture contemporaine sur des bâtiments patrimoniaux contribuent au développement urbain et font partie de la praxis actuelle.

Dans cet ouvrage, le phénomène de l’actualisation est décomposé pour comprendre comment celui-ci contribue à reformuler le sens des sites patrimoniaux transformés. Ce processus communicationnel se pose comme une réponse à l’obsolescence patrimoniale. D’objet-relique, le patrimoine devient un pro­­­jet dynamique, constituant ainsi un genre architectural particulier et indépendant.
LangueFrançais
Date de sortie22 oct. 2014
ISBN9782760541511
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    Aperçu du livre

    Actualiser le patrimoine par l'architecture contemporaine - Alexandra Georgescu Paquin

    Collection dirigée par Luc Noppen

    La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal destine la collection « Nouveaux patrimoines » aux travaux des chercheurs de la relève. Elle cherche à valoriser des études et analyses sur les objets, les traces, les usages et les savoir-faire, mais aussi des représentations et des mémoires, selon une définition élargie des notions de patrimoine.

    Titres déjà parus

    Le devenir des églises : patrimonialisation ou disparition

    Sous la direction de Jean-Sébastien Sauvé et Thomas Coomans

    2014, 234 pages, ISBN 978-2-7605-4176-4

    Patrimoine mondial et développement : au défi du tourisme durable

    Sous la direction de Maria Gravari-Barbas et Sébastien Jacquot

    2014, 312 pages, ISBN 978-2-7605-3978-5

    Patrimoines urbains en récits

    Sous la direction de Marie-Blanche Fourcade et Marie-Noëlle Aubertin

    2013, 240 pages, ISBN 978-2-7605-3887-0

    Gastronomie québécoise et patrimoine

    Sous la direction de Marie-Noëlle Aubertin et Geneviève Sicotte

    2013, 288 pages, ISBN 978-2-7605-3835-1

    La patrimonialisation de l’urbain

    Sous la direction de Lyne Bernier, Mathieu Dormaels et Yann Le Fur

    2012, 278 pages, ISBN 978-2-7605-3628-9

    Diffusion / Distribution :

    Canada Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Tél. : 450 434-0306 / 1 800 363-2864

    France AFPU-D – Association française des Presses d’universitéSodis, 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France – Tél. : 01 60 07 82 99

    Belgique Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique – Tél. : 02 7366847

    Suisse Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse – Tél. : 022 960.95.32

    Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

    Georgescu Paquin, Alexandra

    Actualiser le patrimoine par l’architecture contemporaine

    (Collection Nouveaux patrimoines)

    Comprend des références bibliographiques.

    ISBN 978-2-7605-4149-8

    1. Architecture – Conservation et restauration. I. Titre. II. Collection : Collection Nouveaux patrimoines.

    NA105.G46 2014 720.28’8 C2014-941777-2

    Cet ouvrage a bénéficié de l’apport financier des programmes et organismes suivants :

    le Programme des Chaires de recherche du Canada, grâce à la contribution de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain – ESG, UQAM (Luc Noppen, titulaire 2001-2015) ;

    le Programme de soutien aux équipes de recherche du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC), qui subventionne le Groupe PARVI (Groupe interuniversitaire de recherche sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines) (Lucie K. Morisset, directrice, 2014-2018) ;

    le Programme de Réseaux stratégiques de connaissances du public sur le patrimoine (Programme de Réseaux stratégiques de connaissances du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada [CRSH] qui subventionne le Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine / Canadian Forum for Public Research on Heritage) (Luc Noppen, Lucie K. Morisset et Martin Drouin, directeurs, 2008-2015).

    Les Presses de l’Université du Québec reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada et du Conseil des Arts du Canada pour leurs activités d’édition.

    Elles remercient également la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour son soutien financier.

    Révision linguistique Micheline Giroux-Aubin, TRADUCT’ART

    Conception graphique et mise en pages Interscript

    Image de couverture Hufton+Crow

    Conversion au format ePub Samiha Hazgui

    Dépôt légal : 4e trimestre 2014

    Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    Bibliothèque et Archives Canada

    © 2014 ­– Presses de l’Université du QuébecTous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés

    À Octav et Mioara Georgescu

    Remerciements

    Ce livre est une adaptation de ma thèse doctorale, réalisée en mouvement sur deux continents et financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Il m’apparaît fondamental de reconnaître les influences croisées dans le traitement d’un sujet qui ­s’insère dans une réalité internationale, dont les frontières sont de plus en plus diffuses.

    D’un côté de l’océan, j’aimerais remercier Luc Noppen pour ses remarques pertinentes et son soutien à tous les niveaux, du cheminement de la thèse à cette publication, ainsi que Lucie K. Morisset et la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain.

    De l’autre côté, je suis reconnaissante envers Jean Davallon pour m’avoir inspirée dans un requestionnement des processus de patrimonialisation grâce à son savoir dans les sciences de la communication. Aussi, avec le soutien et les encouragements de Xavier Roigé de l’Université de Barcelone, ce travail est à l’image de sa fabrication, c’est-à-dire réparti entre les deux continents par sa diffusion en Espagne aux éditions TREA.

    Les études de cas ont été possibles grâce à la collaboration et à la disponibilité des institutions qui sont le sujet des trois études de cas, soit le musée Reina Sofía de Madrid (le Département des archives en particulier), CaixaForum de Barcelone et le Musée du théâtre romain de Carthagène (grâce à l’accueil de sa directrice, Elena Ruiz Valderas), ainsi que des studios d’Arata Isozaki à Barcelone et de Rafael Moneo à Madrid.

    Je remercie aussi Matei G. pour le design graphique des schémas ainsi que tous les architectes et photographes qui m’ont généreusement permis d’illustrer le concept d’actualisation avec des créations contemporaines.

    Chaque personne qui m’a appuyée, écoutée, encouragée au cours de ce processus a contribué à l’aboutissement de ce livre. Tout près de moi, merci Enrique et Adriana.

    Parce que le patrimoine est une question de filiation, dont la reconnaissance et la transmission forment notre identité, complexe et riche, je dédie ce livre à Octav et Mioara Georgescu.

    Table des matières

    Remerciements

    Introduction

    Rencontre de deux univers : la création dans l’existant

    L’actualisation, un acte de médiation

    La révélation

    Musée du théâtre romain, Carthagène [Rafael Moneo, 2008]

    La prolongation

    Extension du Musée national centre d’art Reina Sofía, Madrid [Jean Nouvel, 2005]

    La ponctuation

    Accès au CaixaForum, Barcelone [Arata Isozaki, 2002]

    L’actualisation par les processus communicationnels

    Conclusion

    Le projet patrimonial au xxie siècle

    Glossaire

    Bibliographie

    Bibliographie complémentaire

    Articles de journaux

    Introduction

    Rencontre de deux univers : la création dans l’existant

    On ne peut restaurer, ou mieux : conserver, qu’à condition de transformer. Il faut actualiser la signification du monument, éclairer le témoignage du passé d’un nouveau jour qui le rende perceptible par une sensibilité de notre époque. Ce sont parfois des éléments nouveaux qui mettent en valeur ceux du passé. (Maheu-Viennot et al., 1986, p. 201)

    Les insertions de nouveaux éléments dans une architecture préexistante se font rarement dans l’indifférence, car elles soulèvent des enjeux de société allant au-delà des considérations formelles. Les ajouts contemporains sur des bâtiments patrimoniaux, quand ils revêtent un caractère clairement distinctif par rapport à l’existant, sont au cœur de l’actualité.

    L’amalgame nouveau-ancien n’est certes pas récent ; depuis l’Antiquité, le mélange entre les nouvelles constructions et le tissu urbain historique se révèle dans le réemploi des matériaux de monuments importants pour la construction de nouveaux bâtiments (figure I.1), ou encore dans le réa­ménagement d’édifices existants. Entre cette époque et aujourd’hui, l’avènement de la notion de patrimoine (en constante évolution) et l’éclatement des formes en architecture à l’intérieur de contextes complexes et à l’échelle mondiale ont fait de cette pratique un enjeu qui porte à réflexion.

    En effet, la distinction entre les édifications de nouveaux bâtiments et les constructions qui s’insèrent dans l’existant est relativement récente. C’est le Mouvement moderne en architecture au début du xxe siècle qui, en s’inscrivant en rupture avec l’histoire pour s’en libérer et créer un renouveau, a divisé les approches face au tissu existant. En privilégiant les démolitions au profit des constructions nouvelles, ce mouvement a initié la polarisation de la création envers la conservation.

    Par la suite, les reconstructions en Europe après la Seconde Guerre mondiale ainsi que la montée du mouvement de conservation des villes et des ensembles historiques, autant sur le Vieux Continent qu’en ­Amérique du Nord, ont fait ressortir le problème des confrontations ancien/nouveau en architecture. Au centre des débats vers les années 1970, ce problème se manifeste encore aujourd’hui sous diverses formes.

    C’est aussi à cette époque que s’est amorcé dans le monde occidental un débat davantage philosophique sur la conservation et les nouvelles interventions dans le patrimoine. Dominique Rouillard (2006, p. 28) ­spécifie que « faire projet avec l’existant est une démarche récente dès lors qu’elle intervient comme théorie du projet lui-même, et non comme nécessité ou occasion foncière ». Luc Noppen et Lucie K. Morisset (1995, 1998) ont défini ce genre d’intervention comme un recyclage, qui fait de « l’histoire le matériau du projet », ce qui signifie « que l’on ne recherche plus comment restituer l’histoire – ce qui conduit inévitablement à la copie du passé –, mais plutôt quoi restituer du corpus sémantique que constitue l’interprétation historique » (1995, p. 210). Ainsi, les insertions architecturales contemporaines dans le patrimoine bâti, quand elles visent à l’actualiser, ont à la fois une attention pour la conservation de celui-ci et une considération pour sa projection dans le futur.

    La reconversion des édifices et la création architecturale est, comme l’affirme l’ancien président de la section française du Conseil interna­tional des monuments et des sites (ICOMOS), Yves Boiret, un acte de transformation qui a des effets autant physiques que symboliques :

    La réutilisation des monuments est un acte architectural qui se traduit par l’introduction délibérée d’une intervention contemporaine dans un ensemble préexistant où elle s’exprime selon des attitudes variées dont les conséquences ne sont innocentes ni pour l’intégrité des témoignages en place, ni pour la signification et la portée du message qu’ils contiennent. (1986, p. 8)

    Ces doubles transformations, qu’il s’agisse de recyclage ou d’agrandissement de bâtiment, peuvent déranger car elles touchent aux « émotions patrimoniales », pour reprendre l’expression de Daniel Fabre (cité dans Heinich, 2009, p. 65). Ce genre d’émotions peut être ressenti devant l’ancienneté du patrimoine, la rareté, l’authenticité, la présence (liée au contact avec une personne associée à l’objet, par exemple) ou encore la beauté. Si une intervention d’architecture contemporaine sur un bâtiment patrimonial provoque une de ces émotions, cette intervention soulèvera énormément de polémiques, qui ne pourront se résoudre par des questions de style ou de design. Ces émotions sont toutefois l’expression d’une époque et d’une culture particulière (d’abord occidentale) et le changement d’attitude par rapport au patrimoine aura des conséquences sur la réception de ce type d’intervention.

    L’enrichissement de la notion de patrimoine à partir des années 1960 et 1970 a complexifié le débat du nouveau dans l’ancien. Tout en reconnaissant l’existence de différentes conceptions du patrimoine (comme celles davantage reliées à la tradition, au savoir-faire, au rituel et au vernaculaire), c’est toutefois la conception occidentale du culte de la trace qui supporte l’idée d’actualisation développée dans cet ouvrage. En effet, la résistance générale face aux ajouts contemporains dans l’existant provient du fait que le patrimoine bâti, dans cette vision occidentale, est considéré comme étant une chose sacrée dont la transformation devient source de problèmes dès lors que l’on touche à cette trace, c’est-à-dire à la matérialité préservée pour son authenticité.

    Malgré les débats entre ancien et nouveau, quelques projets amorcent les premières réconciliations de la création architecturale offrant une lecture contemporaine d’un site historique dès l’après-guerre, mais de façon ponctuelle et surtout dans des projets de reconversion ou de réhabilitation. Ces insertions font apprécier l’ancien avec le nouveau en portant un autre regard sur le passé, et elles ont marqué le début d’une longue tradition qui se poursuit encore aujourd’hui, mais sous des formes différentes.

    Parmi les pionniers de ce type d’intervention, Hans Döllgast a reconstruit l’Alte Pinakothek de Munich en 1957 en gardant la cicatrice laissée par la bombe qui l’endommagea durant la Seconde Guerre mondiale pour dévoiler une partie de son histoire, et ce, en adoptant une approche moderne. Dans l’Italie de l’après-guerre, l’intervention de Carlo Scarpa au Castelvecchio à Vérone [1964] (figure I.2) est devenue une référence dans le thème nouveau/ancien, grâce à son dialogue avec les différentes strates du lieu par l’uti