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Longueur:
256 pages
3 heures
Sortie:
Sep 24, 2019
ISBN:
9782312069067
Format:
Livre

Description

Dans une petite cité de province en République Dominicaine, un drame fratricide millénaire se déroule de nos jours dans la plus grande indifférence tant il est devenu banal que l’on s’entretue dans les banlieues. Ici ou ailleurs il existe au regard du plus grand nombre deux types de lois. D’un côté celles appliquées par le système judiciaire selon un code de procédures, de l’autre celles de la cité qui nous apparaissent comme des lois issues d’un droit naturel. À cette confrontation des oppositions, s’ajoutent celles qui régissent le droit de la collectivité dont s’emparent généralement les média et celle de la sphère privée représentée par les intérêts d’une famille. Ainsi, c’est toujours parce que l’on estime être dans son bon droit que dans certains milieux l’on choisit de faire justice soi-même. L’expérience nous prouve pourtant que la révolte qui s’est nourrie de la haine, même pour de bonnes raisons, est le plus souvent vouée à l’échec.
Sortie:
Sep 24, 2019
ISBN:
9782312069067
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Livre

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Taïnos - Hilaire De L'Orne

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Taïnos

Hilaire de l’Orne

Taïnos

LES ÉDITIONS DU NET

126, rue du Landy 93400 St Ouen

Du même auteur :

Aux éditions du Net

L’Exilé Volontaire tome I, « Convictions et Circonstances ».

L’Exilé Volontaire tome II, « Les Fiancées du Ministre ».

L’Exilé Volontaire tome III, « La Résurrection du Réel ».

Les Baladines Malgaches.

Les Colères d’Hippocrate.

Nota : Toutes les valeurs exprimées en chiffres dans ce livre sont des valeurs réelles, vérifiées et vérifiables.

© Les Éditions du Net, 2019

ISBN : 978-2-312-06906-7

Avertissement

Ce roman est une œuvre d’imagination, qui ne saurait être considérée comme une source d’informations infaillibles. Tous les lieux décrits dans cet ouvrage sont réels, certaines situations et événements le sont aussi. Les personnages choisis dans cette intrigue demeurent néanmoins fictifs. Toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes, ou ayant existé, ne serait bien sûr, que pure coïncidence.

H. De L’O.

Introduction

Depuis les époques les plus reculées, des écrivains classiques au talent immense se sont essayés à la création de leur propre Antigone.

De Sophocle à Ost en passant par Cocteau, Anouilh, Brecht, Bauchau, Garnier, de Rotrou ou Alfieri pour ne citer que les principaux, ils nous ont offert au travers de leurs pièces et de leurs romans, leur vision d’une certaine pureté contre les mensonges des hommes. Une révolte de l’âme contre la vie. Cette figure imposée de la littérature nous propose des personnages plongés dans une situation défendant des opinions légitimes, les amenant à mutuellement se détruire.

L’aspect tragique de cette situation est renforcé par le fait que les points de vue des personnages sont à la fois défendables, bien qu’opposés et irréconciliables, suivant tous une voie privée d’intentions raisonnables. Cette histoire est celle de la révolte du droit naturel contre le droit social sur un fond d’hypocrisie, d’égoïsme et d’orgueil, en fait cette histoire aurait très bien pu nous arriver à nous aussi.

Hilaire de l’Orne

1

Pour lui, « trop n’était jamais suffisant ! ».

Abel avait entendu son père rabâcher cette expression depuis son plus jeune âge. Le vieux la servait à son entourage cent fois par jour, histoire de motiver ses troupes. Les jours de grande insatisfaction, il ajoutait : « vous me devez bien plus que la peur, vous me devez l’obsession du malheur ! ». Il estimait sans doute avec juste raison, que nous vivions une époque ni sage ni sauvage, juste barbare.

Louis avait élevé ses fils à coups de formules entre deux séances de gifles et de coups de pieds au cul afin d’être certain qu’ils deviendraient des hommes avantageusement fournis en attributs virils.

L’heure était aux explications, Abel était bien décidé à obtenir des excuses de la part de celui qui se prenait pour un chef mafieux, bien plus qu’un père. Le vieux devrait reconnaître qu’il était conscient d’avoir manipulé son fils et pris le risque de l’envoyer en prison à sa place en dissimulant de la drogue dans sa voiture.

En faisant ça, son père espérait sans doute que le statut de maire d’Abel éviterait que les flics fouillent son véhicule porteur d’un macaron officiel. Mais contrairement aux idées reçues, ils avaient osé faire leur travail consciencieusement.

Le temps de prouver son innocence et celui de vérifier son alibi, Abel avait inauguré sa première nuit de garde à vue.

Louis les avait élevés à la dure, Osner et lui. Cela faisait partie des leçons selon lui, que les plus humbles devaient connaître de manière à se faufiler sans heurts à travers l’existence lorsque l’on était pauvre, faible et noir dans une société en pleine mutation.

Contrairement à ce que pouvaient penser les bourgeois, ici l’argent faisait le bonheur des pauvres. Le vieux avait trouvé dans la profession de voleur un exutoire l’aidant à supporter la méchanceté, le désenchantement social, comme la malveillance de sa propre communauté devenue craintive et jalouse de la réussite de ses voisins. De quoi nourrir des envies de meurtre, dès votre plus jeune âge.

Dieu dont il était souvent question dans les phrases des Dominicains semblait de plus en plus distrait, évitant de se laisser toucher par la foi des hommes et les prières sincères du peu de fidèles lui accordant encore leur confiance.

Il y avait deux sortes de voleurs, ceux qui volaient pour s’enrichir et ceux qui comme son père n’avaient trouvé que ça pour donner du sens à leur vie et se vantant d’avoir braqué la petite souris dès leur première dent de lait.

Osner, incapable d’avoir ses propres rêves, avait hérité des gènes sordides de son père. Se prenant pour un enfant martyr, il compensait en s’appliquant à faire souffrir ceux de son entourage avec la ferme intention de surpasser un jour son géniteur à la tête du clan.

Maria, leur mère, incapable de théoriser ce qu’était la richesse, se contentait de veiller sur le confort du foyer et la bonne santé de sa couvée, évitant d’affronter les hommes de la maison sur les sujets qui leur étaient réservés.

L’amour qu’elle portait aux fruits de ses entrailles l’amenait souvent à pleurer en silence, redoutant de voir son mari et ses fils victimes d’un règlement de compte ou d’un braquage qui tourne mal.

Heureusement qu’il lui restait Alisson, sa petite dernière pour adoucir la violence des hommes qui n’arrivaient jamais à se contenter de ce qu’ils avaient. Avec l’âge, Maria avait acquis que ce que l’on aimait avec violence, finissait toujours par vous tuer.

Abel venait de dépasser la ville de Puerto Plata et l’entrée du résidencial de Playa Dorada alors que le crépuscule diluait les contours du paysage. La rampe des phares longue portée sur le toit de son Hummer aurait été bien utile pour distinguer les motos, les cyclistes ou les piétons circulant inconsciemment sans éclairage dans le noir. Il soupçonnait un des membres du cartel de son père de s’être servi sans vergogne parmi les accessoires de sa voiture. Il dut refaire le plein à la station-service de Montellano, car non content de lui avoir volé ses phares, on avait aussi siphonné son réservoir.

Des champs de cannes à sucre, émanait une bonne odeur de foin brûlé après qu’on eut volontairement incendié les parcelles bordant la route pour faire monter dans les tiges leur taux de sucre.

Il repartit sans perdre plus de temps et emprunta le pont de fer du bourg de Cangrejo ne tenant plus que grâce à ses innombrables couches de peinture. Abel n’aurait pas été étonné d’apprendre qu’il s’y produise une catastrophe.

Insensiblement, il accéléra pour arriver à l’heure du repas chez ses parents. Ils avaient l’habitude de dîner de bonne heure avant de faire un tour sur la plage pour sa mère, pendant que Louis, faisait la tournée des dealers et relevait ses compteurs.

À l’embranchement pour l’aéroport, la police avait dressé un barrage et vérifiait si ceux qui circulaient avec une arme dans leur véhicule étaient en règle. Ici la législation sur les armes était libérale, seuls les circonstances d’en faire usage étaient réglementées.

Puis il repartit à vive allure, conscient qu’à présent il arriverait sans doute trop tard pour arracher une explication à son père ce soir. À l’approche du quartier d’Abajo inondé par l’orage naissant, il dut faire fonctionner ses essuie-glaces. La pluie tropicale redoublait d’intensité. Les lumières de la ville étaient éteintes, les feux de signalisation avaient dû être victimes eux aussi de guetteurs qui préféraient opérer dans l’ombre.

Lorsque le choc se produisit, Abel n’eut pas le temps de réagir. Il avait heurté quelque chose ou quelqu’un sous un déluge d’eau lui masquant toute visibilité. Il poursuivit sa route sur une centaine de mètres jusqu’à trouver un endroit pour se garer. Il regarda dans son rétroviseur pour s’assurer qu’il ne risquait pas de provoquer un suraccident et fut surpris par l’absence d’attroupement où s’était produit l’impact.

Sous l’averse toujours plus intense, il descendit de son 4X4 pour se rendre rapidement sur place et constata avec surprise qu’il n’y avait rien sur la route qui témoigne d’un accident. Pas de corps blessé, pas de trace d’un engin quel qu’il soit. Il ne s’attarda pas d’avantage, revint à son véhicule et repartit à faible allure observant encore une fois dans son rétroviseur ce qui lui paraissait inexplicable.

Il était pourtant certain d’avoir provoqué un accrochage, ou pour le moins heurté quelque chose. En arrivant au domicile de ses parents, face à la petite école primaire de Charamicos, il trouva porte close. Comme il l’avait prévu, à cette heure-ci chacun avait retrouvé ses occupations. Il en profita pour inspecter plus attentivement sa voiture et constata que son aile était encore maculée de sang en dépit de la pluie qui n’avait toujours pas cessé.

Dans l’habitacle de sa voiture, il rédigea un message à l’attention de son père pour lui signifier qu’il l’attendait à la mairie dès le lendemain. Puis il rentra chez lui.

À l’Infiniti Blu, il occupait un condominium de cent cinquante mètres carrés avec vue sur la mer des caraïbes et les piscines privées de la résidence.

Il appela le restaurant se situant à l’angle de la galerie marchande en bas de son immeuble pour se faire livrer un repas chaud. Puis il téléphona au central de la police municipale pour avoir des nouvelles de son hypothétique victime. Sans le prendre ouvertement pour un mauvais plaisantin, son interlocuteur lui assura qu’il ne s’était pas produit d’accident ce soir à l’intersection de la route principale et de l’arrêt de bus.

Au petit matin, l’orage avait laissé place à un ciel d’une luminosité étincelante. Abel déjeunant sur sa terrasse, songeait à l’entrevue houleuse qu’il devait avoir avec son père d’ici quelques heures. Il n’avait pas l’intention de lui faire l’économie d’une franche engueulade.

Le trajet depuis chez lui jusqu’à la mairie, parsemé de poubelles congestionnées, lui apprit que les éboueurs étaient en grève. En déposant sa voiture sur son emplacement réservé, il s’aperçut qu’en plus de son aile endommagée, le choc avait cassé le clignotant dont il ne subsistait plus qu’un morceau de plastique orangé.

Il déposerait son Hummer chez Yann pendant l’heure de midi et profiterait de l’occasion pour embrasser Alisson, sa cadette. Au garage elle faisait office de réceptionniste, de secrétaire, de comptable et de temps à autre, de concubine du maître des lieux.

En franchissant les portes de sa mairie, il fut salué par les préposées de la réception affectées à l’enregistrement des documents administratifs. Abel avait encore du mal à se faire au portrait qui le représentait parmi les personnalités du district dont les murs étaient tapissés jusqu’à son bureau. Il n’était pas entré en politique par goût du pouvoir, pas d’avantage pour satisfaire un égo hypertrophié.

Abel avait simplement souhaité améliorer dans sa ville la vie en collectivité, en offrant aux plus pauvres le moyen de vivre décemment. C’était dans son esprit tout le sens que devait revêtir la politique, haïssant chez les politiciens ordinaires leurs airs supérieurs, la démesure de leurs discours ou la richesse décorative symbolisant leur train de vie.

Son bureau bénéficiait d’un cadre agréable donnant sur l’arrière du bâtiment où une large cour intérieure abritait quelques flamboyants et des jacarandas mauves supportant des gousses de graines ligneuses. Au mur figurait le portrait du président souligné par la devise de la nation : Dios Patria y Libertad, encadrée des armoiries officielles et du drapeau national.

June sa secrétaire, porteuse de l’agenda de la journée, fit une entrée protocolaire et lui rappela sa réunion avec les commerçants titulaires du renouvellement des baux des paillottes. Ils devaient au cours de cette réunion discuter du nouveau règlement concernant les installations sauvages sur la plage, ainsi que de l’instauration de nouvelles taxes pour maintenir un sable propre, apte à satisfaire les touristes venus d’Europe et des USA.

Abel avait tenu à ce que ces réunions soient l’objet d’audiences publiques afin d’éradiquer la corruption et les dessous de table dans le domaine de l’attribution des marchés municipaux. Il avait remporté les élections de la mairie de Sosua sur une promesse de probité. Il n’était pas question de laisser s’installer entre son électorat et lui la moindre ambiguïté à propos des finances ou d’impôts.

Était-ce par opposition à son père et un profond dégoût pour le vol et l’imposture, qu’Abel avait fait de l’honnêteté morale un dogme comme certains en politique se plaisaient à le dire ? Au sortir de la réunion, lui qui s’attendait à découvrir son père, fut surpris de voir que sa mère l’attendait patiemment dans le couloir en feuilletant des revues.

– Je ne m’attendais pas à te voir, comment vas-tu ? Hier soir je suis passé par chez vous pour rencontrer papa, mais il était sans doute trop tard, il n’y avait plus personne.

– Je vais bien, mais je n’ai pas revu ton père de la soirée, ni de la nuit. Avec ses affaires, on ne sait jamais à quelle heure il va rentrer, tu sais bien. En tous cas, quand il se manifestera, je lui demanderai de venir te voir.

– Comment va Osner, ça fait bien une semaine que je ne l’ai pas vu ?

– Il a dû passer la nuit avec ton père parce qu’il n’est pas rentré lui non plus. T’as cassé ta voiture ?

– Non, juste une aile un peu froissée et mon clignotant. J’ai dû heurter quelque chose mais je suis incapable de dire ce que c’était. Je vais passer chez Yann pour faire réparer ça.

– Embrasse Alisson pour moi, elle non plus ne rentre plus à la maison en ce moment. Quelle famille de courants d’air vous faites mes enfants ! Je suis contente d’être passée, prends soin de toi.

En sortant, sa mère laissa sur son bureau un paquet renfermant des plaques de nougatine aux amandes comme son fils les aimait. Elle n’oublia pas en partant d’adresser un baiser à la photo représentant toute la famille pour une fois réunie, avant de se signer. Elle était persuadée aujourd’hui être plus proche de dieu que des hommes.

Alors qu’il s’apprêtait à se rendre au garage, sa secrétaire June lui tendit un tract du syndicat des éboueurs annonçant la grève du ramassage des ordures ménagères. Négligeant de prendre ombrage de cette mauvaise nouvelle, il jeta un coup d’œil rapide mimant l’intérêt et la surprise sur le document aux accents vindicatifs, avant de disparaître.

Chez Yann, des voitures principalement de marques américaine et allemande attendaient leur tour avant d’être confiées aux mains expertes de ses employés. Sa réputation de sérieux, sa maîtrise des techniques de pointe et de l’électronique embarquée sur les nouveaux modèles, lui valaient de se voir confier les véhicules des richissimes propriétaires environnants.

Alisson sa jeune sœur, prenait les rendez-vous, recevait les clients et établissait leurs factures pouvant s’exprimer en monnaie locale, en dollars, ou en euros. À l’instar de ses deux frères, elle était toujours célibataire et n’avait pas l’intention de faire évoluer son statut. Elle avait en elle quelque chose d’une beauté métissée à la peau brune et aux yeux clairs, qui avait fait dire aux mauvaises langues que la petite dernière avait été livrée par des cigognes originaires d’Europe. Admirée, jalousée, désirée en secret, elle était néanmoins respectée comme la compagne en titre du boss.

Abel tenait à ce que sa voiture fut accueillie sans passe-droit, comme celle de monsieur tout le monde, bien que grâce à son statut, il n’eût aucune difficulté à se faire prêter un véhicule de courtoisie.

Le temps de la réparation de son clignotant, il en profita pour déjeuner avec Alisson dans le bistro qui jouxtait le garage et partagea avec elle les derniers potins qui circulaient en ville.

– Qu’est-il est arrivé à ta voiture ?

– Si seulement je le savais, j’ai heurté quelque chose sous un déluge de pluie, sans visibilité hier soir. Les lumières de la ville ne fonctionnaient pas, ni les feux des carrefours. Lorsque je me suis rendu sur les lieux du choc, je n’ai rien trouvé.

– Ça s’est passé où ?

– À l’entrée de Charamicos. Tu n’aurais pas entendu parler d’une autre voiture accidentée par hasard, ou d’un type qui se serait fait renverser ?

– Ni l’un ni l’autre. Si j’apprends quelque chose je te préviens.

– Tu sais, maman demande à ce que nous venions la voir plus souvent, elle est passée ce matin. Elle regrette d’être obligée de se déplacer pour voir ses enfants.

– La faute à qui ? Je suis comme toi, y a des copains de notre père que j’ai pas envie de croiser à la maison.

– Je comprends, peu de choses suffisent pour détruire une réputation. Yann ne souhaite pas j’imagine, être assimilé à notre famille.

– J’ai pas trop envie d’en parler. Les gens ont vite fait de te coller une étiquette. C’est dommage pour Osner, mais il a choisi son camp.

– J’y vais, tu m’excuseras auprès de Yann, je dois filer, j’ai la grève des éboueurs sur les bras.

– Ok à plus, je lui dirai de ramener ton Hummer à la mairie, comme ça vous pourrez vous voir cinq minutes. Si j’entends parler de ton accident je t’appelle, salut frangin.

Sosua était constitué de trois gros bourgs habités par des populations pratiquant ici comme ailleurs, une forme de ségrégation économique. En République Dominicaine la classe moyenne était sur le point d’être totalement éteinte, tandis qu’en Europe elle s’essoufflait de crises en crises, dans d’ultimes spasmes, avant de disparaître définitivement.

Cette situation peu enviable lorsque l’on appartenait à la classe moribonde du milieu, se traduisait ici par être pauvre chez les Ultras riches, ou bien riche chez les Ultras pauvres.

Les ultras riches vivaient dans le résidencial du « Sea Horse Ranch » constitué de villas d’une valeur de plusieurs millions possédant : piscine, dépendances et héliport privés. La couleur de la peau dans ce type de résidencial était majoritairement blanche et la langue, l’anglais.

Les ultras pauvres eux, vivaient dans le bourg de Charamicos, peuplé pour moitié de Haïtiens et de Dominicains. Ce quartier faisait figure de zone de non-droit. Les taudis y étaient légion, les crimes quotidiens et les trafics en tous genres le seul moyen de subsistance.

Les pauvres bougres de ce ghetto portaient jusque dans leurs regards le rictus de la souffrance des hommes que la misère prive d’humanité. La couleur de peau de ces populations était foncée et la langue l’espagnol.

Les reliquats de la défunte classe moyenne vivaient à El Batey dans ce qui restait de la ville proprement dite, avec ses commerces, ses restaurants, ses hôtels et ses boutiques pour touristes, adeptes du tout inclus.

Quelques expatriés avaient trouvé refuge dans des résidencial de moindre luxe, ou des demeures plus modestes. Peu d’entre eux exerçaient encore un travail. En ville, vivait principalement une population de retraités, de couleur claire, parlant plusieurs langues par nécessité.

De retour dans son bureau, Abel découvrit un petit paquet pas plus grand qu’une boîte de barres chocolatées déposé près de son téléphone et libellé à son attention. N’attendant

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