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La matrice de l'âme : Le siège des antennes psychiques: Tome I. L'effet de l'esprit sur le corps. De l'unité du Soi à la matrice énergétique.

La matrice de l'âme : Le siège des antennes psychiques: Tome I. L'effet de l'esprit sur le corps. De l'unité du Soi à la matrice énergétique.

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La matrice de l'âme : Le siège des antennes psychiques: Tome I. L'effet de l'esprit sur le corps. De l'unité du Soi à la matrice énergétique.

Longueur:
2,012 pages
27 heures
Sortie:
Aug 5, 2014
ISBN:
9782312023601
Format:
Livre

Description

Penser le Cosmos est un acte qui l’introduit dans notre organisme et le vivifie, un acte souverain et sublime qui nous projette, lentement mais sûrement, par des chemins inconnus vers la transparence de la Vérité. Une vérité qui fait résonner notre âme aux dimensions de son essence spirituelle. Il faut y parvenir consciemment et maintenir cette attitude. C’est difficile, car cela implique l’entraînement aux paradoxes, qui est le secret du désintéressement spirituel. Sous cet angle optique, elle permet de toucher à ce «terrain fondamental» de toute existence qui, remarque Krishnamurti, au-delà de la pensée, du temps, du «moi», de toute chose, n’est qu’énergie et ondes de forme. Aussi David Bohm nous enseigne-t-il que l’assimilation de ce terrain fondamental par la science à la matière ne répond pas aux aspects les plus intérieurs de notre vie. La science, en même temps qu’elle progresse à pas de géant, ne marque-t- elle pas elle-même ses limites?. La Vérité met en résonnance les réactions intimes de notre faculté de discernement et de notre conscience avec ses immenses capacités d’ouvertures sur la vie. Et ceci, à part entière dans l’Upanishad Brihad-Aramyaka, il est dit : De l’irréel, conduis-moi au réel ! De l’obscurité, conduis-moi à la lumière ! De la mort, conduis-moi à l’immortalité. Le tranchant de la science ne se rapproche-t-il pas plus près des sujets relatifs à Dieu ? L’Esprit existe, nous le vivons et l’éprouvons à chaque instant. Mais il reste insaisissable. Qu’est-il exactement, cet esprit qui nous habite ? Comment, par ailleurs, notre conscience dialogue-t-elle avec notre corps, c’est-à-dire avec la matière grossière, avec l’Esprit de l’Âme Divine ?
Sortie:
Aug 5, 2014
ISBN:
9782312023601
Format:
Livre

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La matrice de l'âme - Sekou Sanogo

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La matrice de l'âme :

Le siège des antennes psychiques

Tome I.

La matrice de l'âme :

Le siège des antennes psychiques.

Tome I.

L'effet de l'esprit sur le corps

De l'unité du Soi à la matrice énergétique

LES ÉDITIONS DU NET

22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes

© Les Éditions du Net, 2014

ISBN : 978-2-312-02360-1

Hommage

J'ai eu le grand privilège que tous mes ouvrages soient publiés par les Éditions Universitaires Européennes, en Allemagne. J'ai aussi le privilège que les Éditions Universitaires Européennes décident que les Éditions Croix le Salut fassent cette nouvelle publication de mes travaux, et à leur disposition. J'exprime toute ma gratitude aux Éditions Croix le Salut et aux Éditions Universitaires Européennes. Cette publication aurait été impossible sans elles. De fait, il s'agit de trois éditons en une.

Je ne prétends pas apporter quelque chose de nouveau. Je ne suis ni Savant, ni Grand Maître, mais un débutant élève intéressé par l'éternelle quête de la juste expression de la vie. Je ne suis qu'une pauvre créature de la Nature. En toute certitude, je suis un observateur heureux de la vie : heureux, car je sais que j'ai devant moi toute une éternité pour apprendre, savoir, connaître, découvrir et accomplir davantage et toujours mieux. Je me contente de cerner un sujet énigmatique, celui de l'emblématologie métaphysique consistant dans la connaissance de l'évolution de l'Humain-Spirituel au Divin-Spirituel, et, par voie de conséquence la connaissance de l'homme au-delà de la condition de l'Esprit et de son psychisme, un terme qui recouvre toutes les phases et toutes les manifestations des pouvoirs et des puissances des Ames humaine et divine.

Toute recherche, toute étude, toute découverte sont inutiles si elles ne servent pas, dans quelque mesure que ce soit, l'évolution du monde dans sa nature ultime et l'essence de ses grains de sable. Un acte, une parole, une pensée, n'ont de vraie valeur que par leur utilité, leur service. Car une bonne action, une bonne pensée, ou les contraires, produisent de réels effets inducteurs sur le corps de l'homme, sur ses dispositions mentales, des effets permanents, infiniment plus élevés, qui jouent un rôle si considérable dans son évolution.

Ce n'est pas fini.

S'il arrive que ma réflexion paraisse incomplète ou obscure, je prie le lecteur (la lectrice) bienveillant (-e) d'y suppléer lui-même (elle-même) ; et s'il (si elle) trouve quelque chose qui lui paraisse incongru ou inacceptable, de l'attribuer à l'inadvertance plutôt qu'à un dessein prémédité.

C'est l'heure de l'humilité.

Le rôle de Marie, pure Créature, demeure éternel. Si Jésus est venu nous apporter sur la terre le brandon du Pardon, le rôle de Marie est de nous rappeler sans cesse à l'Humilité. L'Humilité doit être la vertu dominante de l'homme dans la société postmoderne ; elle est la traduction de la Crainte de Dieu, fondement de tous les autres Dons du Saint-Esprit. Je parle de l'humilité théologale, celle qui témoigne du test de la Foi réelle, véritable, vécue dans et par l'Éveil de l'Intelligence, et non de la vertu morale de même nom, qui n'occuperait qu'un troisième rang dans le cadre de la tempérance. Et cependant il ne faut jamais oublier l'Unité Éternelle de la substance, qui forme la base de toute chose sur le plan de la Réalité supérieure. Celui qui travaille avec Marie travaille pour Dieu. C'est "comprendre que Marie est co-Rédemptrice (comme Fille), Médiatrice (comme Mère), Avocate (comme Épouse), les Trois en une seule Pensée, dépasse de beaucoup les possibilités limitées de la raison".

Nous n'éprouvons ici aucune animosité en ayant écrit ce livre. De la malveillance, nous n'en avons pour aucun dogme, pour aucune idée, pour aucune personne. Quelles que soient les erreurs ou les fautes de ceux qui se recommandent du nom de Jésus et de sa doctrine, ils ne peuvent diminuer le profond respect et la sincère admiration que nous avons pour la pensée du Christ.

Je n'oublie jamais mes grands-parents, paternels et maternels :

Kimba Sanogo et Mansegoh Kamagaté ; Sekou Dembélé et Fatoumata Dembélé. Ce sont eux qui m'en ont donné l'inspiration de la création.

Je pense à tous mes Professeurs. C'est pour eux et pour tous mes Collègues de tout pays, des Réseaux d'études et de Recherches, qu'il fut écrit.

Sommaire

Chapitre I : La Matrice est l’hologramme de notre monde et la représentation de nos croyances.

1. 1. L’âme, un pont entre l’Esprit et la personnalité

1. 2. Les lois de la Matrice

1. 3. Les limites de la méthode et les preuves expérimentales de la science

1. 4. La méthode scientifique

1. 5. Quelle vision du monde ?

1. 6. Le cœur est un lieu de passage entre le Ciel et la Terre

Chapitre II : L'éveil de conscience de l'homme dans les divers aspects de sa nature émotionnelle et mentale

2. 1. L'intégration comme fusion de la force avec l'énergie

2. 2. Atteindre l'infini

2. 4. Le Primitif n'a rien de l'homme sauvage : La Sagesse du Christ

2. 5. Lois et symboles et leur signification

Chapitre III : Au cœur du mythe du Nombre d'Or

3. 1. Le nombre d'Or est appelé Phi

3. 2. Définition et valeur du Nombre d'Or

3. 4. L'action de l'esprit sur la matière

Chapitre IV : Le siège des antennes psychiques

4. 1. La vie de Mme Blavatsky

4. 2. Lexique théosophique

4. 3. La vue psychique

4. 4. La division septénaire selon les différents systèmes indiens

Chapitre V : Le corps physique et la soi-conscience

5. 1. Ego de la monade, Ego du moi de la nature, Ego karmique.

5. 6. Cheminer sur le fil du rasoir

Chapitre VI : L'Univers est une vaste entité Électro-magnétique.

6. 1. L'univers n'est pas un chaos

6. 2. Le Créateur a intériorisé le Verbe

6. 3. La Conscience cosmique et l'Intelligence du Chœur céleste

6. 4. Les leçons de l'Homme primitif

Chapitre VII : L'interception des antennes psychiques par la science :

7. 1. Nos antennes psychiques et ces formes-pensées de notre passé.

7. 2. La monade à l'œuvre

7. 3. La ligne droite qui détermine notre existence

Chapitre VIII : Une approche de la complexité

8. 1. La complexité paradoxale du Réel et la quête du sens.

8. 2. L'hypothèse de la connectivité

Chapitre IX : La matrice de l'âme : un lieu de contemplation

9. 1. La maîtrise de soi dans la contemplation

9. 2. La materia prima

9. 3. Le cerveau et l'esprit

Chapitre X : La Matrice énergétique

10. 1. La matière est-elle une réalité physique ?

10. 2. La compréhension intuitive de l'univers

10. 3. Structure de la matière des organismes vivants

10. 4. La lumière intérieure et la lumière extérieure

Chapitre XI : Les approches de la matière de l'âme.

11. 1. La matière de l'âme

11. 2. Biologie organique de l’âme

11. 3. Phénomènes vitaux de l'âme

11. 4. Physique de l'âme

11. 5. Physiologie de l'âme

11. 6. Psychologie particulière de chacun des éléments de l'âme

Chapitre XII : La mémoire, l'oubli, la conscience

12. 1. Le grand soi et les petits soi

12. 2. La conscience super-physique et le mécanisme de la conscience

Chapitre XIII : Les formes-pensées

13. 1. Manière dont se produit la vibration

13. 2. De la difficulté de représenter les formes-pensées

Chapitre XIV : Le champ de l'intention, l'esprit et la matière.

Introduction

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{1}

"C’est une ébauche naissante qui surgie lentement, qui traite de se consolider ! C’est une manière d’arracher au chaos son essence pour la transformer ainsi peu à peu dans la magnificence de l’âme unique et universelle ; énergie qui nous transmet même dans l’inharmonie et l’esquisse des situations de notre existence, la beauté, la bonté et l’harmonie qui émergent de l’expérience que nous vivons jour à jour à l’école de la vie et de la Vie.

C’est de l’essence que naît la matière !"

Où est le problème ?

Cet ouvrage n'est pas un moyen permettant d'acquérir les richesses, le pouvoir, les honneurs et la considération mais une étude fondamentale de l'être humain, l'Intérieur microcosmique, par rapport à l'Univers, le Macrocosme extérieur, l'Invisible par rapport au visible, le Conscient affiné à l'inconscient, ainsi que des Lois pouvant régir ceux-ci. En conséquence, le lecteur aura à présent une toute autre opinion de la notion de la Matrice et jamais plus il ne réduira cette dernière en l'assimilant au modèle du déterminisme géométrico-mathématique ou à des pratiques de conjurations diaboliques. La nature est paradoxale et la matrice qui se rit de sa figure ne progresse pas mais dégénère.

Important est de souligner, avant tout, que notre gratitude à exprimer, que nous ressentons très significativement donne tout son sens à ce Site : [www.runes.ch/fichiers/LaTrisceleAbsolue]

Un Site{2} admirablement riche d'enseignements très nutritifs au sens spirituel qui nous a bien éclairé dans l'approche de notre travail aux fins de débrouiller des fils thématiques, à savoir :

L'unoscèle : elle est comprise comme première figure de circumduction, représentée généralement par la spirale. La biscèle : Les taoïstes ont figuré le mouvement au travers de la biscèle, avec les deux principes inverses yin/yang. Le troisième principe est incarné par le symbole dans son ensemble, le couple yin/yang, renforçant l'aspect immanifesté et macrocosmique. La triscèle : elle représente la trinité élaboratrice de la Tradition Polaire Hyperboréenne. Nous la retrouvons aussi dans d’autres cultures eurasiennes. La quadriscèle ou sauvastika : elle symbolise la présence de la croix à quatre axes chez les indo-européens aux cultes Luni-solaires. Elle renforce l'aspect manifesté et microcosmique. Cette forme est particulièrement admirée en tant que perfection symbolique manifestée car les axes des droites sont en angles droits et ils rencontrent toutes les courbes projetées du centre. Elle est figurée ailleurs le plus souvent par la croix celtique.

L'unoscèle (1), la biscèle (2), la triscèle (3) et la quadriscèle (4) permettent de développer la suite des roues, à la mesure de la tetraktys de Pythagore (1+2+3+4=10), qui permet à partir des nombres 1, 2, 3, 4 de calculer l’entièreté des nombres à suivre. Notons la ressemblance symbolique entre les droites (roses) des roues et les nombres écrits 1, 2, 3, 4.

img2.pngimg3.pngimg2.png

La plupart des divines proportions d’un corps, quel qu’il soit (atomes, molécules, Créatures, astres, galaxies), de ses relations avec d’autres corps, se réduisent à des solutions géométriques n'employant que des cercles et des lignes droites. Tout dans l’univers se résume à un équilibre ondusculaire/corpusculaire géométrique. Nous entrons aussi ici dans l’art du trait, le domaine de la géométrie dite sacrée. La géométrie sacrée tente d’approcher, dans les réalisations humaines, les proportions divines, l’équilibre du divin. Chose qui, si elle est réalisée, nous projette instantanément dans l’incréée. Symboliquement la sphère, principe féminin, est la forme la plus proche de l’origine.

La droite, bien que théorique (tout est ondulé), principe masculin, s’en éloigne. La Créature, ayant souvenance de son état androgynal, tente de réunir la droite avec la courbe. Aspirer à cette harmonie, c’est vivre l’équilibre Sacré de l’Ordre. Les civilisations du néolithique, 10'000 ans avant J. C, rayonnant d’un vaste centre s’étendant de l’Armorique au Danube, ont transcendé cette géométrie pour la concrétiser dans des sites mégalithiques (pierres géantes), innombrables, à travers le monde. D’elles proviennent toutes les civilisations de métaux (or, argent cuivre, bronze, fer) des 5 continents. Les philosophes anciens, Thalès, Pythagore, Platon ont rapporté au sein de leurs propres cultures antiques les règles géométriques de leurs ancêtres, maîtres connus et inconnus. Les artisans, artistes, architectes ont tous servi cette quête de la parfaite proportion (il est vrai qu’aujourd’hui, ce qui est recherché dans l’art, c’est la disharmonie expressive et donc tout ce qui s’éloigne d’un équilibre sain, en élévation). De la droite naît l’angle droit. De l’angle droit naît le carré. Ainsi la recherche de la quadrature du cercle (l’encerclisation du carré, l’application à trouver et tracer la même surface pour la sphère et le carré) peut commencer.

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"Toutes choses ne font que vivre dans les trois mais sont heureuses dans les quatre{3}".

En unité de même nature la surface du cercle représente 75 et celle du carré 100. Le rapport entre eux est de ¾. Le cercle vaut donc 3 et le carré circonscrit 4. C’est en parfaite adéquation avec la triscèle, naissant par le centre du cercle et qui prend racine dans le carré. En effet une triscèle dextrogyre superposée à une triscèle lévogyre (sinistrogyre) fait apparaître un cube en trois diions{4}.

Les racines carrées ( img5.png ) et cubiques existent en énergie potentielle. Par les racines, c’est l’expansion de la vie, des univers, des étoiles, des Créatures, des plantes. La croissance c’est une démultiplication exponentielle des corps entre eux. Il existe une suite harmonique à cette progression.  Le plus simple, pour rester 'trivial', est d’observer la reproduction de la nature. La croissance d’une plante, de compter le nombre de feuilles qu’elle produit en grandissant (la pomme de pin). De nombrer la prolifération d’animaux, (les abeilles). À part exception, nous obtenons cette suite de nombre : 0→ 1, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, jusqu’à l’indéfini... Un nombre de la suite est le résultat de la somme de ses deux précédents (N1 + N2 = N3). Les 3 nombres " 0→ 1, 1, 1 " sont l’incarnation symbolique de la triade qui donne naissance à la suite indéfinie des nombres de la création. Cette suite est nommée suite de Fibonacci du nom du mathématicien né à Pise au 13ème siècle, redécouvreur de cette progression.

Si l'on note Fn la suite de Fibonacci, elle est définie par :

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La suite de Fibonacci Fn est la succession de tous les nombres de n = 1 à l'infini telle que les deux premiers sont égaux à 1 et les suivants se calculent comme la somme des deux précédents. Par convention, on pose que le nombre de Fibonacci de rang 0 est égal à 0.

Un tel procédé de définition qui boucle sur lui-même est dit : algorithme de récurrence, ou relation de récurrence ou équation linéaire de récurrence{5}.

Quelle est donc la somme cachée de cette progression ?

Pour la trouver, il suffit de diviser un nombre avec son précédent. Plus le nombre est grand plus le résultat, le nombre clef est précis. Par exemple 12543 divisé par 7752 =1,618034… Il est nommé Nombre d’Or et aussi phi img7.png en mathématique. Pour l’être humain, c’est un nombre antédiluvien. Nous remontons aisément au-delà du temple d'Andros découvert sous la mer des Bahamas il y a 12 000 ans. Les mathématiques ont toujours tenté de percer la finitude de phi. Pour ainsi détenir la clef absolue de la divine proportion.

Mais… Phi est la solution positive de l'équation d’Euclide (365 - 300 av. J. C.) :

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Sa valeur en chiffre : 1.618033988 … Nous constatons que les mathématiques sont incapables de situer précisément ce Nombre d’Or. Sa valeur est approximative et indéfinie.

Et trêve de commentaire. Nous y reviendrons très ultérieurement

Ceux qui réussiront à triompher de tous ces obstacles et à triompher de l'hostilité d'un environnement opposé à toute spiritualité seront sans aucun doute un petit nombre ; mais, une fois encore, ce n'est pas le nombre qui compte ici, car c'est un royaume où les lois sont assez différentes de celles de la matière. Il n'y a donc pas de raison de désespérer; et même là où il n'y a aucun espoir de parvenir à un résultat visible avant l'effondrement du monde moderne dans une catastrophe, ce ne serait pas encore une raison valable pour s'abstenir de se lancer dans un travail dont la portée s'étend bien au-delà du temps présent. Ceux qui pourraient se sentir tentés de se livrer au découragement devraient se rappeler que rien de ce qui s'accomplit dans ce monde ne peut être inutile, que la confusion, l'erreur et l'obscurité ne peuvent jouir que d'un triomphe trompeur et purement éphémère, que toute sorte de déséquilibre partiel et transitoire doit nécessairement contribuer au grand équilibre du tout, et que rien ne peut finalement prévaloir contre la puissance de la vérité ; ils devraient prendre pour devise celle qui fut adoptée en d'autres temps par certaines organisations initiatiques en Occident: Vincit omnia Veritas.

Robert Linssen, ce grand calibre intellectuel, attire notre attention sur ce point par des paroles qui renferment le vrai message mystique de ces savants, ces génies de la science, si rares livrés à l'épreuve de cette divine et merveilleuse expérience qui les met partout en possession d'eux-mêmes

L'expérience mystique de la lumière spirituelle a été évoquée dans la plupart des traditions religieuses. Par conséquent, il n'entre pas dans nos intentions d'en faire une étude historique dans cet ouvrage. De telles recherches ont été faites en grand nombre par des spécialistes en la matière, tels Mircea Eliade, Fritjof Schuon, René Guénon, C. G. Jung, Roger Gödel, St-Jean de la Croix, Maître Eckhart, Henri Corbin, Evans-Wentz, etc. Cette rubrique est loin d'être limitative. Des pages seraient nécessaires pour la compléter.

En ce début du XXIème siècle un fait inattendu se produit. Il résulte non seulement de l'ampleur des crises déchirant l'humanité à tous les niveaux : économiquement, politiquement, socialement, moralement écologiquement, religieusement. La déification de la technique, de la pensée et de l'égoïsme ont conduit l'humanité au seuil d'un gouffre.

L'événement aussi surprenant qu'inattendu qui s'est produit en ce dernier quart du XXe siècle consiste en une convergence importante entre l'essentiel des visions mystiques les plus dépouillées de la lumière spirituelle et celles des plus éminents savants actuels.

Les travaux de David Bohm, ami et collaborateur d'Einstein, de Fritjof Capra, Professeur de Physique à l'Université de Berkeley, de la Docteure Renée Weber, Professeure à l'Université de New-Jersey, de Rupert Sheldrake, Professeur à l'Université de Cambridge et Membre de l'Académie des Sciences de Grande-Bretagne, de Karl Pribram, Professeur à l'Université de Stanford, de Brian D. Josephson, Prix Nobel et Professeur à l'Université de Cambridge, de B. Nicolescu, Professeur à l'Université de Paris, constituent quelques éloquents témoignages d'une convergence d'importance historique entre la spiritualité la plus haute et les sciences nouvelles, telles la biologie systémique, la neurothéologie et la nouvelle physique quantique. Ici aussi, la rubrique des noms de savants éminents est loin d'être limitative.

De telles convergences autorisent tous les espoirs en dépit de l'acuité des remous dramatiques et de la violence se produisant au seuil du troisième millénaire.

Nous mettrons davantage en évidence les informations qui, à notre avis, sont capables d'orienter le lecteur vers une réalisation authentique de l'expérience mystique de la lumière spirituelle. Ceci peut apparaître paradoxal et contradictoire en raison de l'exigence (formulée par certains Éveillés, tel Krishnamurti) d'une élimination de tout a priori, de toute information, de toute connaissance intellectuelle.

Il se peut qu'il existe des informations à tel point percutantes et profondes que celles-ci puissent nous faire sentir la nécessité de les dépasser et de vivre ce dépassement, nous enseigne Robert Linssen. Tel est le cas de l'évolution récente de la nouvelle physique souligné par Gary Zukav. Celui-ci nous montre que la science physique nouvelle atteint de telles profondeurs dans le dépouillement des formes, des informations, des références, qu'elle démontre la nécessité de son dépassement.

"La Nature n’est pas une aveugle puissance : C’est un art qui se cache à l’humaine ignorance. Tout ce qui paraît hasard est l’effet d’un dessein qui dérobe à tes yeux son principe et sa fin. Tout ce qui dans l’univers te révolte et te blesse, forme un parfait accord qui passe ta sagesse. Tout désordre apparent est un ordre réel, tout mal particulier est un bien universel. Et bravant de tes sens l’orgueilleuse imposture conclut que tout est bien dans toute la Nature{6}".

A l'évidence, le lecteur saura juger ce livre selon des critères qui lui sont propres : le matérialiste, qui ne croit pas aux mondes subtils mais uniquement à la matière, le considérera comme le produit d'une pure imagination échauffée ou d'un esprit atteint de schizophrénie. Toutefois, cet ouvrage ne tend pas à éveiller la foi en un tel homme ou de le faire changer d'opinion et à l'engager à prendre une autre position à cet égard. Cet ouvrage est destiné exclusivement aux chercheurs de la vérité la plus pure et de la connaissance la plus haute. Pour ceux-ci, il est réellement une mine d'or.

À titre illustratif, Giordano Bruno est probablement l'un des plus grands penseurs du 16ème siècle. Giordano Bruno proposa des concepts très nouveaux et très déstabilisants pour l'époque. Ce cosmologue voulait comprendre l’univers physique et concilier l'astronomie de Copernic avec la philosophie néoplatonicienne et mystique de Plotin. Il aboutit alors à une vision panthéiste du Monde, dans laquelle tout est Dieu et Dieu est tout.

Bruno conçoit la matière comme divine, à la façon de Teilhard de Chardin. Annonçant la relativité d'Einstein, il dit qu'il n’y a pas de fixité dans l’Univers infini. C'est le thème central de sa philosophie. Dans l’espace, il n’existe ni lieux privilégiés, ni directions, ni qualités absolues. Son aspect matériel est simplement celui du monde spirituel manifesté, expliqué, déployé , alors que le monde divin reste invisible, caché, implié . C'est également très proche des théories holographiques de David Bohm.

Dieu et l’Univers, dit Bruno, sont deux aspects de la même et seule réalité qui est la Substance originelle et universelle, identique pour tout et pénétrant toute matière. Le monde est un. Cet être unique et éternel, de potentialité infinie, se manifeste par des apparences fugitives et diverses. L’Être, la Nature, Dieu, la matière sont une seule et même chose. Il n’y a pas d’artisan extérieur ou au-dessus. Toutes les choses sont mues par une âme qui vivifie les êtres de l’intérieur et qui contrôle leur nature, leur spontanéité, leur vie.

Cette vision moniste du Monde coûta cher à Bruno. Emprisonné et torturé pendant de longues années, il fût finalement brûlé publiquement après qu'on lui eut arraché cette langue qui avait professé ces mensonges. Et, avant de le mener au bûcher, on enfonça dans sa gorge ensanglantée une planchette sur laquelle un écrit rectifiait ses erreurs.

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Pourtant, pour Bruno, la vérité est déduite à partir de postulats et de principes intellectuels. Quoique ses idées soient modernes par leur liberté, leur ampleur et leur audace, sa méthode de vérification reste prisonnière de la scolastique médiévale{7}. Le terme scolastique désigne l’enseignement conféré dans les universités de l’époque ainsi que la méthode utilisée. En voici une brève description :

Les méthodes d’enseignement et d’exposition en usage dans les écoles, la scolastique, débutent par la lectio, la lecture, terme qui possède alors un sens très technique. L’enseignant, qui peut être un simple bachelier, lit le texte mais aussi le commente. Dans cette lecture on distingue trois niveaux d’interprétation : selon la littera (lettre), il s’agit d’expliquer simplement les mots et les phrases ; selon le sensus (sens), on doit alors chercher la signification du texte, quitte à le traduire dans un langage plus conforme aux habitudes des enseignés ; enfin, en dégager le sens profond, en acquérir la véritable intelligence par la sententia. Premier stade indispensable de la scolastique, la lecture donne naissance à la quæstio (question). Elle naît des difficultés rencontrées dans le texte, puis en vient à servir de cadre, de méthode pour exposer un sujet mis en cause, non qu’on en doute effectivement, mais parce que le procédé permet de mieux développer une argumentation. Au-delà, la question se transforme en disputatio (dispute), exercice plus rare, au cours duquel le maître, toujours un docteur, lançait le débat par un exposé ; intervenaient alors, pour discuter les propositions, les autres maîtres, puis les bacheliers, enfin les étudiants. Le bachelier du maître qui avait exposé devait répondre aux questions, le maître gardait le silence. Dans une seconde séance, le maître déterminait lui même ; il reprenait les arguments, les classait et en tirait ses propres conclusions{8}.

De fait, devoir choisir entre des hommes de grand mérite, ces génies, est toujours un supplice. Oui ! Bruno n'est pas le seul génie qui fût dans ce monde. De plus, il nous faut mêler des vivants et des morts, aux fins de bien montrer qu'au fil des siècles, l'injustice demeure constante et l'aveuglement obstiné. De grâce ! Cher (chère) lecteur (trice), nous reviendrons ultérieurement, à travers d'autres volumes de notre ouvrage, sur cette question douloureuse des savants maudits marginalisés par l'envahissement des cloportes, "ce qui n'est pas seulement une injustice envers tous ces hommes de génie, mais ce qui représente aussi le danger majeur couru par une civilisation égarée{9}". Et puis, n'en doutons point ! Tôt ou tard, la Nature reprend ses droits. Elle les reprend lentement mais sûrement si les hommes la soutiennent, ou bien elle les reprend brutalement et furieusement s'ils tardent trop à lui prêter main- forte. La Nature reprend ses droits sans parler de bien d'autres inventions de production d'énergie qui ont été négligées ou étouffées, comme celles de Nikola Tesla. Cependant, il n'est pas trop tard. Une prise de conscience a eu lieu et les économies d'énergie ainsi que la mise en œuvre d'énergies renouvelables se développent partout dans le monde. Ce mouvement est-il assez rapide pour que nous puissions éloigner à temps le pik oil ? La réponse appartient aux spécialistes en la matière. La Nature reprend toujours ses droits sans parler des savants éminents comme Sir Oliver Lodge, Sir William Crookes, le professeur Lombroso, Camille Flammarion, enfin comme le professeur Myers, qui se sont donné la peine d'étudier cette question de la vue intérieure, sont arrivés à la conviction que cette faculté existe.

Le but réel de tout effort se formule difficilement et sa profondeur ne se révèle que progressivement. La présentation première fait place, avec l'expérience, à une perception plus aiguë, plus centrale, vécue intérieurement. Aussi la formulation du dessein pourra-t-elle n'être qu'évasive au début et ne se précisera qu'au fil des années peut-être.

La vie intellectuelle serait trop ingrate, s'il n'y avait pas moyen d'être animé par la passion des découvertes et de réaliser quelquefois, avec joie et dans l'humilité, quelle continuité scientifique, philosophique, religieuse, sociologique ou anthropologique nous confèrent les traces de nos pionniers et prédécesseurs ; lesquelles permettent le mouvement des images et des idées dans notre cerveau, guident nos pas tout en éclairant notre conscience par des rectifications, conduisant ainsi au renforcement sans cesse de notre volonté aux fins de l'acquisition de nouvelles connaissances dans un esprit neuf pour des solutions nouvelles face à d'épineux problèmes nouveaux.

"Sitôt à Capharnaüm, le jour du sabbat,

il se rendit à la synagogue pour enseigner.

On était frappé par son enseignement,

car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. (Mc1, 21)

Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux abandonner votre travail, vous asseoir à la porte du temple et recevoir l’aumône de ceux qui œuvrent dans la joie. Car si vous faites le pain avec indifférence, vous faites un pain amer qui n’apaise qu’à moitié la faim de l’homme. Et si vous pressez le raisin de mauvaise grâce, votre regret distille un poison dans le vin et si même vous chantez comme les anges et n’aimez pas le chant, vous fermez les oreilles de l’homme aux voix du jour et aux voix de la nuit{10}".

La critique est aisée, dit-on, mais l'art est très difficile.

"L’autruche,

lorsqu’elle enfonce sa tête dans le sable à l’approche du danger,

tient vraisemblablement la conduite qui la rend la plus heureuse.

Elle ne voit plus le danger • et se dit tranquillement qu’il n’y en a pas,

et, si elle est parfaitement sûre qu’il n’y a pas de danger,

pourquoi lèverait-elle la tête pour voir ?{11}"

"Il faut bien reconnaître que la facilité est du côté de l’autruche,

qui cache sa tête dans le sable, et qui évite de se poser la moindre question

sur elle-même et sur son devenir.

Qu’il est beaucoup plus confortable de considérer que l’on détient la valeur,

et qu’il n’est nullement utile de chercher quoi que ce soit.

Ce sont les autres qui doivent chercher et améliorer leur conduite.

Processus de profonde décadence

L’habitude est prise de ne s’intéresser qu’aux règlements{12}.

Dans la Bibliothèque Vaticane, des passages entiers, des traités les plus rares et les plus précieux des Anciens, ont été trouvés raturés et effacés afin d'y intercaler d'absurdes psalmodies ! Il est en outre bien connu que plus de trente-six volumes écrits par Porphyre furent brûlés ou autrement détruits par les Pères". La majeure partie du peu que l'on connaît des doctrines des Éclectiques se trouve dans les ouvrages de Plotin et de ces mêmes Pères de l'Église.

L'auteur de New Platonism s'exprime ainsi :

Ce que Platon fut pour Socrate et l'Apôtre Jean pour le chef de la foi Chrétienne, Plotin le devint pour Ammonius, l'Instruit par Dieu. C'est à Plotin, Origène et Longin que nous sommes redevables de ce que nous connaissons du système des Philalèthes. Ils ont été régulièrement instruits, initiés et on leur a confié les doctrines intérieures.

Cela explique merveilleusement pourquoi Origène qualifiait d'idiots ceux qui croyaient aux fables du Jardin de l'Éden et d'Adam et Ève et aussi pourquoi si peu des ouvrages de ce Père de l'Église sont passés à la postérité. Avec le secret imposé, les vœux de silence et ce qui a été malignement détruit par tous les moyens, il est vraiment merveilleux que même le peu que nous connaissons des doctrines des Philalèthes soit parvenu jusqu'à nous".

En fait, on veut souvent seriner dans la mentalité de son prochain une pensée particulière ou même lui imposer cette dernière ; on s'aperçoit alors que des pensées différentes se heurtent les unes les autres, soit par intérêt, soit par orgueil dans l'aveuglement. Le Divin étant la réalité principielle au cœur de la Matrice dont il est question pour nous, cette dernière n'aura pour pareille attitude que compassion mais elle ne haïra, ne tentera de persuader et ne dénigrera personne. "Ce n’est pas l’être qui a fait les formes, mais la structure des formes qui existe dans l’être et qui s’impose à lui". La Matrice, en tant que l’expression densifiée de la parole silencieuse au flux immanent, aura pour chaque être les égards que ce dernier mérite, quel que soit le chemin menant à Dieu que cet homme ait pu prendre ou préférer. Il est triste mais vrai que des chercheurs se regardent en des animaux de faïence, en ennemis comme si chaque Voie ne conduisait pas vers Dieu. Tous ceux qui cherchent ce Chemin devraient donc prendre à cœur ces paroles du Christ, le Grand Martre des Mystiques : Aimez votre prochain comme vous-même. Ce précepte devrait être pour tout chercheur un Commandement sacré. C'est bien là l'Appel dont nous parle le langage mystique. C'est ainsi que l’homme est happé par ce flot de Lumière. Le fait que l'homme est, littéralement, happé par ce flot de Lumière, rend compréhensible que le langage mystique parle d'un Appel. Cette impulsion infra-rouge, cette Lumière attirante est, en effet, un appel. Mais attention, distinguons bien l'infra-rouge terrestre naturel de l'infra-rouge du Soleil Divin!…{13}

Cela est donc à dire que la ressouvenance et les lois naturelles corrigent l’homme physique et son destin, mu par l’impulsion spirituelle.

L’être doit avant tout identifier le centre de sa propre individualité avec le centre cosmique de l’état d’existence auquel appartient cette individualité, et qu’il va prendre comme base pour s’élever aux états supérieurs. C’est en ce centre que réside l’équilibre parfait, image de l’immutabilité principielle dans le monde manifesté.

Notre approche des coordonnées matricielles de l'âme, avec le recul des années, ne pouvait pas être accessoire, d'autant qu'elle permettra de mieux cerner les fondements de l'activité scientifique, lesquels sont commandés par les situations intellectuelles, religieuses, politiques, sociales et technologiques d'un autre temps. Il y aura donc quelque chose de paradoxal dans notre attitude, que l'honnête élémentaire doit nous pousser à discuter. Il est vrai qu'en bien des endroits, en réfutant ceux qu'il convient d'appeler les positivistes, nous n'y avons pas de main morte. Non ! De ce fait, par Science, il faut entendre ici la saisie par l'intuition de quelque vérité profonde susceptible d'orienter à la fois l'intelligence dans sa quête de l'Âme, du Vrai et l'existence dans la réalisation de sa vocation. Certes, comme nous le fait remarquer si justement Verneaux, l'empirisme est en Lui-même étroitement empiriste, du fait qu'il ne s'arrête qu'à une seule forme de l'expérience et repousse les autres{14}. C'est là aussi commettre une erreur. Voilà pourquoi dans son ouvrage aussi bref que possible, intitulé De quelques apprentis sorciers, mais très riche d'enseignements, Carlo Suarès a essayé de montrer ce que pouvait être l'erreur de la pensée, quand cette dernière prétend pénétrer un domaine qui n'est pas le sien. À dire la chose autrement, penser faux en ce qui concerne l'essentiel c'est être un agent de régression et de corruption de sa propre âme, animée de mensonge. Disons ceci dans cette disposition : l'esprit profondément, totalement, constamment religieux, est celui dont la pensée évite l'erreur. Là est sa seule tâche et qui suffit, car là où la pensée s'arrête, l'impensable, l'incréé, l'immesurable peut faire surgir une vie neuve, impolluée, saine{15}.

Aussi faut-il rappeler qu'en dehors de la théorie des trois états , qui était déjà très antireligieuse, le positivisme, pour lequel n'est scientifique que ce qui tombe sous les sens, enseignait que l'homme ne peut plus concevoir de vérité que dans les faits constatés. Ainsi tout ce qui n'était pas vérifié expérimentalement était-il taxé d'imaginaire, comme la métaphysique. Cependant le positivisme laissait encore théoriquement une place au domaine de l'absolu et de l' " inconnaissable {16}. La défiance que Carrel opposera dans la première moitié de sa vie à toute affirmation concernant l'existence de réalités métaphysiques proviendra{17} en bonne partie de cet enseignement positiviste. Vint se greffer par la suite sur le positivisme l'évolutionnisme du philosophe anglais Herbert Spencer. Cette théorie posait a priori que l'univers tout entier, depuis les nébuleuses jusqu'aux infiniment petits de la flore et de la faune terrestres, se développe suivant une lente évolution qui, d'un état indéfini et homogène, passe graduellement au défini et à l'hétérogène par le jeu de lois fatales et aveugles"{18}. Dès 1855, dans les milieux intellectuels, les deux doctrines du positivisme et de l'évolutionnisme étaient souveraines{19}. Quant aux hypothèses du darwinisme et du transformisme, en tant qu'applications aux sciences naturelles d'une telle philosophie évolutionniste, elles furent également assimilées aux doctrines antichrétiennes par leurs disciples positivistes{20}. Mais contrairement à Giret, et d'après l'ensemble de leurs discours, pourrait-on penser Darwin et Lamarck, furent nécessairement des croyants ? Non.

Où est le problème ?

Notre préoccupation majeure est d'appréhender et de réaliser la totalité, si possible.

Comme le suggère Carlo-Suarès{21}, en suivant les traces de Krishnamurti, la vérité n'est pas statique, car elle est intemporelle et l'esprit ne peut pas la suivre ; car il est le produit du temps, et ce qui appartient au temps ne peut pas faire l'expérience de ce qui est intemporel. La vérité vient à celui qui est dans cet état de mécontentement, mais qui ne cherche pas une fin, car celui qui la cherche veut une récompense, et la récompense, la satisfaction ne sont pas la vérité. Par conséquent, l'humain est au delà de l'expérience, au delà de la pensée, au delà des mots ; en vérité, avec Krishnamurti, l'amour est entre dans l'ultra-son.

De ce fait, "Se sentir responsable en totalité, et non en partie, est une raison nécessaire et suffisante pour adopter la connaissance de soi comme valeur unique, individuelle et collective. Cette fusion nous permet d'établir qu'aucun problème n'a de solution sur son plan particulier, car cette solution n'est qu'en la cause du problème : elle est en lui, du fait qu'il est particulier. Mais en considérant les hommes dans leur unité, et l'homme dans son intégralité, on agit au delà et au‐dessus des problèmes".

Et dans ce contexte, rejeter le passé et l'oublier sont deux choses différentes. Il ne s'agit pas ici de conserver des souvenirs ou de les rejeter. Un souvenir n'a d'ailleurs aucune valeur par lui-même.

"La mémoire ne devrait pas être le souvenir de l'expérience elle-même, mais plutôt le fruit de l'expérience. Il faut oublier l'expérience et en retenir la leçon c'est la vraie mémoire. C'est cela qui est éternel, et c'est la seule chose qui compte dans l'expérience. Cette véritable mémoire, c'est l'intelligence... L'intelligence est la capacité de choisir avec discernement ce qui est essentiel et de rejeter ce qui est faux. Cette intelligence s'acquiert par l'expérience, par les leçons qui restent après l'expérience. La plus haute forme de cette intelligence est l'intuition, parce qu'elle est le résidu de toutes les expériences accumulées. C'est la vraie fonction de la mémoire".

Cela revient à dire autrement qu'une vertu qui se conçoit à l'opposé d'un mal s'appuie nécessairement sur une image, une éthique, un jugement, c'est-à-dire sur une certitude dont l'établissement est une sécurité psychologique, même pour le héros qui va à sa mort. L'abnégation, le renoncement, le sacrifice, font partie des stratagèmes qu'utilise le moi pour s'affirmer. S'il se reconnaissait tel qu'il est, qu'aurait-il à sacrifier ? Sacrifie-t-on l'ignorance ?

Mais, sans aller si loin dans l'examen des valeurs les plus exaltées, et puisque le monde n'est mené ni par des héros ni par des saints, peut-être serait-il profitable d'introduire la connaissance de soi par l'examen de la sécurité que nos dirigeants spirituels et temporels poursuivent au détriment de la nôtre. Il y a lieu de nous demander si nous ne sommes pas victimes de ce mirage dans la mesure où il s'éloigne de nous, jusqu'à fabriquer littéralement ces dirigeants à l'image de notre terreur panique{22}.

"Le mal, c'est vivre avec la peur, car elle engendre la haine, déforme la pensée et pervertit toute l'existence... Il est donc absolument nécessaire qu'une personne religieuse soit complètement affranchie de la peur... ... En la peur sont des ténèbres où n'existent ni affection, ni compréhension, ni amour{23}".

La poursuite d'une sécurité psychologique anti ceci ou cela nous met dans un état de psychose qui détruit la seule sécurité raisonnable et relative à laquelle nous puissions tendre, celle de la vie matérielle de l'humanité. Les masses, affolées par la propagande, sont réduites à ne plus penser. L'énorme pâte psychologique, dont elles sont faites, se laisse pétrir par les mensonges les plus grossiers et s'étourdît, comme elle peut, dans les bruits et les lumières des grandes villes. Ces masses ont acquis une faculté illimitée d'absorption psychologique, qui n'est que le transfert de besoins physiologiques frustrés, de sorte qu'elles transforment les valeurs dites spirituelles en valeurs sensorielles, après quoi l'on s'étonne du cynisme général.

Le déterminisme est en effet l'un des principes absolus de la science expérimentale. Premièrement, il n'admet pas les faits contradictoires, parce qu'en physiologie toutes les expériences positives ou négatives sont bonnes dans le déterminisme de leurs conditions respectives. Deuxièmement, il repousse de la science tous les faits indéterminés ou irrationnels , tels le merveilleux, l'occulte, le surnaturel, bref, tous les indéterminables , car la critique expérimentale ne doit porter o que sur des faits, et jamais sur des mots... ". Rejet des systèmes de pensée, adoption de la science expérimentale avec ses méthodes d'observation, d'investigation et de présupposé hypothétique, autant que de ses rigoureux principes déterministes, voilà ce que Claude Bernard, dont on connaît l'immense influence sur le progrès des sciences médicales, a bien pu ajouter à la formation scientifique de L'étudiant Carrel{24}.

L'histoire nous démontre que chaque courant de pensée atteint un niveau de rencontre avec la nature. Le néo-positivisme (que l'on peut, dit Aubert, appeler aussi positivisme rationaliste), le réalisme scientifique et l'empirisme rationnel n'échappent pas à cette constatation". Le premier, dit néo-positivisme parce qu'il est tributaire du positivisme conventionnel, avait à l'origine pour idée générale de limiter le réel à ce qui est seulement accessible aux sens . Sa difficulté à expliquer en quoi consiste exactement l'élément rationnel et théorique, lequel entre en ligne de compte à la suite des observations, a donné naissance aux tendances suivantes : Le néo-positivisme du Cercle de Vienne (Mach, Carnap, Reichenbach), le logicisme anglais (A. S. Ayer) ; et surtout le mouvement d'idées désigné par le terme d' opérationalisme " scientifique, qui revêtit chez son fondateur (P. M. Bridgman) une forme philosophique très systématique{25}".

À cet effet, il serait toutefois assez difficile de classer définitivement une pensée aussi originale et aussi éclectique que celle de Carrel. Cela est à dire que pour Carrel, par exemple, l'homme est construit de manière à percevoir des influences purement spirituelles, du fait qu'il vit aussi, par son intelligence, en dehors des dimensions de l'univers physique. Ce sont surtout les activités non intellectuelles de l'esprit qui nous permettent de nous évader hors du monde matériel, de saisir la pensée non articulée d'un autre homme (dans le cas de la télépathie) ou de reconnaître la grâce de Dieu{26}.

Certes, par des moyens plus rationnels, Aristote, saint Thomas d'Aquin, Descartes et ses disciples avaient rendu concevable l'existence de toute religion révélée. Pourtant, à la vérité, il y a entre nous et la réalité extérieure ou intérieure des contacts beaucoup plus étendus que ne le reconnaissent la philosophie et les sciences classiques. Il s'agit là d'une allusion aux phénomènes métapsychiques auxquels Carrel rattache l'intuition, en tant que faculté non intellectuelle du psychisme{27}.

Le savant, comme l'indique bien Christen dans son article, " Alexis Carrel, Aujourd'hui ", était curieux de tout ce qui paraît aux antipodes de la science : la télépathie, les miracles, la religion . En ce qui a trait à la télépathie, s'agissant de l'existence d'une faculté intellectuelle indépendante du raisonnement ou de la perception classique, Carrel se rallie aux opinions déjà exprimées par un autre grand biologiste, le Français Charles Richet (I850-I935). Ce chercheur présente de nombreux points communs avec Carrel : il lui a succédé au palmarès du Prix Nobel (il fut lauréat en 1913 pour sa découverte de l'anaphylaxie, un processus immunologique, il fut un chaud partisan de l'eugénisme et enfin s'intéressa beaucoup à la télépathie). Sur ce terrain, Carrel rejoint Richet et il s'en explique très clairement dans L'Homme, cet inconnu , p. 25-26. Christen renvoie alors à ce passage : L'existence de la clairvoyance et de la télépathie est une donnée immédiate de l'observation. Les clairvoyants saisissent, sans l'intermédiaire des organes des sens, les pensées d'une autre personne. Ils perçoivent aussi des événements plus ou moins éloignés dans l'espace et dans le temps. Cette faculté est exceptionnelle.

Elle ne se développe que chez un petit nombre d'individus. Mais elle existe à l'état rudimentaire chez beaucoup de gens. Elle s'exerce sans effort et de façon spontanée. Elle paraît simple à ceux qui la possèdent. Elle leur donne de certaines choses une connaissance plus sûre que celle qu'ils obtiennent par les organes des sens", ch. IV. Les activités mentales, pp. 180-182. il faut noter que Carrel reprochait aux philosophies (même à celles de tendance ontologique) et aux sciences de n'avoir pas appliqué leurs méthodes a l'étude de cet aspect de l'être humain{28}.

L'intuition, en effet, pénètre la réalité plus profondément que l'intelligence et nous unit directement aux choses- . Car la Lumière ne peut pas venir de l'intelligence. Dans ses Méditations, en novembre 1938, Carrel cite sur ce point ce passage de L'Ornement des noces spirituelles de Ruysbroeck l'Admirable :

La plus haute connaissance de Dieu que l'homme puisse avoir dans la vie active, c'est, en effet, de comprendre, dans la lumière de la Foi, que Dieu est hors de compréhension et de connaissance. Mais où l'intelligence doit demeurer au dehors, le désir et l'amour peuvent entrer{29}.

Extrait auquel il ajoute lui-même : " Lors donc que l'âme s'incline ainsi vers Dieu, elle trouve le repos et elle habite en Dieu et Dieu en elle{30}. Mais c'est encore dans les Réflexions sur la conduite de la vie que Carrel nous fait le meilleur état de sa compréhension ou de son appréhension de la pensée mystique :

Les grands mystiques sont aussi rares que les grands savants, LA naissance de Saint Paul fut un événement plus exceptionnel encore que celle de Newton ou de Pasteur. .Lia recherche expérimentale de Dieu demande un long et dur travail. Nul ne peut s'engager dans la voie mystique avant de se soumettre aux rigueurs de la vie purgative, d'assainir ses sens, de pratiquer les vertus chrétiennes. Alors seulement commence le voyage, dont le terme est l'union avec Dieu. Cette union n'est pas intellectuelle ; Dieu reste toujours in descriptible et inconnaissable. Cependant, l'appréhension de Dieu par le sentiment est si immédiate, si forte, si évidente, qu'elle donne au contemplatif la certitude complète de sa réalité. Le Dieu ainsi découvert est amour et non raison. St la nuit obscure qu'il faut alors traverser avant de l'atteindre, paraît bien être une sus pension des activités des sens et de la raison. On dirait que l'homme ne parvient à Dieu qu'après avoir éteint en lui-même les images du monde et arrêté momentanément le cours des processus intellectuels. L'expérience mystique confirme et étend les déductions de la théologie ; elle renforce, l'enseignement traditionnel de l'Église ; elle est une attestation de la valeur de la religion{31}.

Que nous nous dit le sens commun ? Il affirme que, si l'intelligence, l'amour du bien et du beau sont en nous, il faut qu'ils proviennent d'une cause qui les possède à un degré supérieur. Si l'ordre se manifeste en toutes choses, si un plan se révèle dans le monde, c'est qu'une pensée les a élaborés, une raison les a conçus.

Nous n'allons pas insister sur des problèmes dont nous aurons à reprendre plus ultérieurement l'examen dans le Volume VII de notre ouvrage, et arrivons à une autre doctrine avec Léon Denis{32}, qui a avec le matérialisme de nombreux points de contact. Il s'agit de parler en substance du positivisme.

"Cette philosophie, plus subtile ou moins franche que le matérialisme, note Léon Denis, n'affirme rien, ne nie rien. Écartant toute étude métaphysique, toute recherche des causes premières, elle établit que l'homme ne peut rien savoir du principe des choses ; par conséquent, l'étude des causes du monde et de la vie serait superflue. Toute sa méthode se rapporte à l'observation des faits constatés par les sens et des lois qui les relient. Elle n'admet que l'expérience et le calcul".

Cependant, la rigueur de cette méthode a dû se plier devant les exigences de la science, et le positivisme, comme le matérialisme, malgré son horreur de l'hypothèse, a été contraint d'admettre des théories non vérifiables par les sens. C'est ainsi qu'il raisonne sur la matière et la force, dont la nature intime lui est inconnue ; qu'il admet la loi d'attraction, le système astronomique de Laplace, la corrélation des forces, toutes choses impossibles à démontrer expérimentalement.

Plus encore, on a vu le fondateur du positivisme, Auguste Comte, après avoir éliminé tous les problèmes religieux et métaphysiques, revenir aux qualités occultes et mystérieuses des choses et terminer son œuvre en fondant le culte de la Terre. Ce culte avait ses cérémonies, ses prêtres salariés. Il est vrai que les positivistes ont renié ces aberrations. Nous n'insisterons pas sur ce point, pas plus que sur le fait que Littré, le savant éminent, le chef vénéré de l'athéisme moderne, se fit baptiser à son lit de mort, après avoir accepté les visites fréquentes d'un prêtre catholique. Un tel démenti infligé aux principes de toute une vie doit cependant être signalé.

Ces deux exemples, donnés par les maîtres du positivisme, démontrent l'impuissance de doctrines qui se désintéressent des aspirations de l'être moral et religieux. Ils prouvent qu'on ne fonde rien avec des négations ni avec l'indifférence ; que, malgré tous les sophismes, il arrive une heure où la pensée de l'au-delà se dresse devant les sceptiques les plus endurcis{33}. On a vu ce fait significatif : c'est dans le champ de l'astronomie stellaire, science proscrite par Auguste Comte comme étant du domaine de l'incognoscible, que les plus belles découvertes ont été réalisées. Ce qui était inconnu hier sera connu demain. La marche de l'esprit humain n'a pas de terme. Lui en fixer un, c'est nier la loi du progrès ; c'est méconnaître la vérité. Le positivisme ne peut être considéré comme la dernière étape de la science. Celle-ci est progressive par essence et saura se compléter. Le positivisme n'est qu'une des formes temporaires de l'évolution philosophique. Les siècles n'ont pas succédé aux siècles, les œuvres des sages et des philosophes ne se sont pas accumulées pour aboutir à la théorie de l'inconnaissable. La pensée évolue, se développe et, chaque jour, pénètre plus avant dans les esprits humains.

Chaque fois qu'une conception nouvelle du monde et de la vie pénètre dans l'esprit humain et s'infiltre de proche en proche dans tous les milieux, l'ordre social, les institutions et les mœurs s'en ressentent aussitôt{34}.

Voilà donc ce qui résume ce point :

Notre intention est de présenter les enseignements et les informations comme ils ont été transmis par ces remarquables chercheurs-penseurs de la connaissance scientifique. Enseignements et informations non pas qu'ils soient tous justifiés par des preuves scientifiques, mais parce qu'il s'agit d'un champ de recherche presque inexploré où tout est à faire, à refaire et demande un grand effort de patience et de persévérance sans relâche.

"Rien ne peut détruire la preuve donnée par un témoignage,

sauf l’évidence ou la probabilité

que ceux qui le fournissent sont inaptes à juger les faits

dont ils se portent garants ou qu’ils obéissent à une influence indirecte.

Tant que ceci n’aura pas été démontré,

leur témoignage reste valable".

À n'en point douter, la révélation du monde supérieur influence de plus en plus les chercheurs en ce début du troisième millénaire afin qu’ils puissent offrir plus de soutien à l’esprit humain. Le moment est venu de le faire. En conséquence, nous ne reculerons pas d'horreur devant une critique, si elle dit que nous sommes trop crédule, aliéné ou hors du contexte scientifique. Devant nous, dans le domaine de la recherche et sur le chemin de l'engagement, se dressent toutes ces épreuves, à savoir que : c'est d'abord la vie de labeur, de courage mais dans l'humilité parmi les collègues et les autre chercheurs d'autres disciplines ; ensuite, ce sont le ridicule et le soupçon qu'il nous faudra affronter au quotidien, le mépris qui accueillera la pensée que nous traduisons, et le silence dans la solitude. De surcroît, nous savons que c’est un domaine où les préjugés sont nombreux, mais l'on ne doit pas oublier que tout est relatif et que des théories jadis indestructibles, considérés comme tout fait radicalement acquises ont été balayées de la planète et d’autres vont encore disparaître dans l’avenir. C'est ainsi que la Nature agit sur l'être humain et que les verrous des portes des étiquettes sautent et qu'elles deviennent provisoires…

Une conspiration du silence a oblitéré le rituel, le symbolisme, la mythologie, et presque la réalité de ce qu’il y a de plus féminin dans le sexe de la femme.

Et maintenant, quel plan allons-nous suivre dans notre approche ?

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Première partie : L'intelligence cérébrale et l'intelligence innée

C’est là que le magnétisme gagne tout son sens méta-cosmique en tant que l’effet du rayon divin en manifestation{35}. Autrement dit, le magnétisme est soit une émanation du cœur, soit une émanation du plexus solaire{36}. Tout ce qui existe est créé par la méditation, par le désir fusionné à une pensée passagère, la pensée passagère devenant pensée claire et finalement, pensée abstraite et transcendante. La concentration prolongée sur telle ou telle forme devient finalement une méditation sur ce qui n'est pas la forme ; de là, elle passe à la contemplation qui est source d'inspiration et d'illumination{37}. La pensée concentrée fait partie de la méditation planétaire ; faire des plans pour aider les nécessiteux et explorer tous les chemins de la pensée pour rendre ces plans utiles et efficaces, c'est méditer ; s'ouvrir à l'impression spirituelle et à la coopération avec la Hiérarchie, c'est méditer{38}. Sous cet angle optique, le manque d'accord mutuel entre écrivains sur l'emploi de ce mot a abouti à une affreuse confusion. Communément on en fait un synonyme d'âme, et les lexicographes en favorisent l'usage. Dans les enseignements théosophiques, le terme esprit est seulement appliqué à ce qui appartient directement à la Conscience Universelle, et qui est son émanation homogène et sans mélange. Ainsi, l'intelligence supérieure dans l'homme ou son égo (Manas) est, lorsqu'elle est unie indissolublement à buddhi, un esprit ; tandis que le terme âme, humaine ou même animale (le manas inférieur agissant chez les animaux comme instinct), est appliqué seulement à kâma-manas, et qualifié d'âme vivante. Ceci, en hébreu, est nephesh, le souffle de vie. L'esprit, sans forme et immatériel, est, lorsqu'il est individualisé, d'une substance spirituelle très élevée – śuddhasattva, l'essence divine dont est formé le corps des Dhyânis manifestés les plus hauts. C'est pourquoi les membres de la Société Théosophique rejettent l'appellation esprits pour ces fantômes qui apparaissent dans les manifestations phénoménales des spirites, et les appellent coques et leur donnent divers autres noms. (Voir Sûkshma Śarîra"). Bref, l'esprit n'est pas une entité dans le sens de quelque chose qui possède une forme ; car, comme la philosophie bouddhique le dit, là où se trouve une forme, là se trouve une cause pour la douleur et la souffrance. Mais chaque esprit individuel – cette individualité ne durant que le temps du cycle de vie manvantarique – peut être décrit comme un centre de conscience, un centre auto-sensible et auto-conscient ; un état, mais non un individu conditionné. Ceci est la raison pour laquelle en sanskrit on trouve une telle richesse de mots pour exprimer les différents états de l'Etre, des Etres et des Entités, chaque appellation présentant une différence philosophique, le plan auquel une telle unité appartient, et le degré de sa spiritualité ou de sa matérialité. Malheureusement ces termes sont presque intraduisibles dans nos langues occidentales.

Gabriel. Selon les Gnostiques, l' Esprit ou Christos, le messager de vie, et Gabriel ne font qu'un. Le premier est parfois appelé l'Ange Gabriel en hébreu le puissant de Dieu, et chez les Gnostiques il prit la place du Logos, tandis que le Saint-Esprit était considéré comme un avec l'éon Vie (voir Irénœus I., XII). C'est pourquoi nous trouvons Théodoret disant (Dans Hoeret. Fab., II., VII) : – Les hérétiques sont d'accord avec nous (chrétiens) au sujet du commencement de toutes choses..., mais ils disent qu'il n'y a pas qu'un seul Christ (Dieu), mais un en haut et l'autre en bas. Et ce dernier, autrefois demeurait chez beaucoup, mais le Jésus, ils disent à un moment qu'il provient de Dieu, à un autre ils l'appellent un Esprit. La philosophie ésotérique en donne la clef. L' esprit pour les Gnostiques était exotériquement une puissance féminine, c'était le rayon provenant du Manas supérieur, l'Ego, et ce que les ésotéristes appellent le kâma-manas ou l'égo personnel inférieur qui est rayonné en chaque personnalité humaine par l'Ego Supérieur ou Christos, le dieu en nous. Par conséquent ils étaient en droit de dire il n'y a pas un seul Christ, mais un en haut et l'autre en bas. Tout étudiant de l'occultisme le comprendra, et aussi que Gabriel – ou le puissant de Dieu" – est un avec l'Ego Supérieur{39}.

Aussi faudrait-il ajouter dans un glissement sur la même pente que l'Être-té est un terme fabriqué par les membres de la Société Théosophique pour rendre compte avec plus d'exactitude du sens essentiel du mot intraduisible Sat. Ce mot ne signifie pas Être, car il suppose un sentiment perceptif ou une certaine conscience d'exister. Mais comme le terme Sat ne s'applique qu'au Principe absolu, la Présence universelle inconnue et toujours inconnaissable - que le Panthéisme philosophique postule dans le Cosmos, l'appelant la racine de base du Cosmos, et le Cosmos lui-même - Être n'est pas un mot qui lui convienne.

De fait, il ne s'agit même pas, comme le traduisent certains orientalistes, de l' entité incompréhensible, car ce n'est pas plus une entité qu'une non-entité, mais les deux ensemble. Comme il est dit, c'est l'Etre-absolu, non l'Être, l'Unique Tout sans second, indivisé et indivisible – la racine de toute la nature visible et invisible, objective et subjective, que la plus haute intuition spirituelle peut ressentir mais jamais comprendre pleinement.

Ce sont là des réalités fondamentales qui ne changent jamais car elles sont liées à la nature même de la divinité et sont apparues à l'homme par la révélation, à mesure que l'évolution progressait et que se développaient en lui les nécessaires facultés de perception ainsi que la persévérance requise dans la recherche, accompagnant l'épanouissement de la lumière intérieure de l'âme. Ces vérités, inhérentes à la nature divine, révèlent l'âme de Dieu.

Et c'est quoi l'âme ?

Chapitre I : La Matrice est l’hologramme de notre monde et la représentation de nos croyances.

1. 1. L’âme, un pont entre l’Esprit et la personnalité

L'âme est la médiatrice entre esprit et matière ; c'est le principe intermédiaire, le lien entre Dieu et sa forme. L'âme est un autre nom pour désigner le principe christique dans la nature comme dans l'homme.

1. L'âme est la force d'attraction de l'univers créé et, quand elle agit, elle lie toutes les formes afin que la vie de Dieu puisse se manifester ou s'exprimer par elles.

a. L'âme est donc l'aspect constructeur de la forme, le facteur d'attraction en toute forme de l'univers, planète, règnes de la nature ou l'homme – ce dernier réalisant en lui tous les aspects – qui amène la forme à l'existence et la rend capable de se développer et de croître, afin d'offrir à la vie une demeure plus adéquate, cette vie qui pousse toutes les créatures de Dieu à avancer sur le sentier de l'évolution, d'un règne à un autre, vers le but ultime et un glorieux accomplissement.

b. L'âme est la force de l'évolution, ce qu'exprimait saint Paul en ces termes : Christ en vous, espérance de la gloire.

2. Cette âme a des manifestations différentes dans les divers règnes, mais sa fonction est toujours la même, qu'il s'agisse d'un atome de substance, avec son pouvoir de garder son identité et sa forme, et de poursuivre son activité selon ses propres lois, ou qu'il s'agisse d'une forme dans l'un des trois règnes, ensemble cohérent, qui démontre ses caractéristiques, vit selon ses instincts et avance dans l'harmonie vers un stade meilleur et supérieur.

a. L'âme est donc ce qui donne des caractéristiques distinctes et des formes de manifestation diverses.

b. L'âme agit sur la matière, la forçant à prendre certaines formes, à répondre à certaines vibrations, à édifier certaines formes spécifiques que nous identifions, sur le plan physique, comme minéraux, végétaux, animaux, êtres humains, et, dans le cas d'initiés, d'autres formes encore.

3. Les qualités, vibrations, couleurs et caractéristiques sont, dans tous les règnes, des qualités de l'âme, comme le sont aussi les pouvoirs latents en toute forme, cherchant à s'exprimer et à démontrer leur potentialité. Dans leur totalité se révélera, au terme de la période évolutive, la nature de la vie divine et de l'âme du monde révélatrice du caractère de Dieu.

a. L'âme, par ces qualités et ces caractéristiques, se manifeste donc comme une réaction consciente à la matière, car les qualités sont amenées à l'existence par l'action réciproque des paires d'opposés, esprit et matière, et leur influence l'un sur l'autre. Telle est la base de la conscience.

b. L'âme est le facteur conscient en toute forme, la source de cette perception consciente dont sont douées toutes les formes, et de la réaction aux conditions environnantes du groupe, manifestée par les formes de chaque règne.

c. L'âme peut donc se définir comme l'aspect significatif en chaque forme (causé par l'union de l'esprit et de la matière) qui sent, qui est conscient, qui attire ou repousse, réagit ou refuse de réagir, et maintient toutes les formes en un état constant d'activité vibratoire.

d. L'âme est l'entité perceptrice, résultat de l'union Père-Esprit et Mère-Matière. Dans le règne végétal, elle

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