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Confrontation Bergson vs Einstein. L'espace et le temps reconscientisés

Confrontation Bergson vs Einstein. L'espace et le temps reconscientisés

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Confrontation Bergson vs Einstein. L'espace et le temps reconscientisés

Longueur:
708 pages
10 heures
Sortie:
3 juil. 2014
ISBN:
9791029000706
Format:
Livre

Description

L'auteur essaie de démontrer la supériorité des conceptions spirituelles d'Henri Bergson quant à sa conception du monde global sur les conceptions mathématiques d'Einstein du Big Bang. En montrant les erreurs et faussetés mathématiques d'Einstein.
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3 juil. 2014
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Confrontation Bergson vs Einstein. L'espace et le temps reconscientisés - Lomer Pilote

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Confrontation

Bergson vs Einstein

Lomer Pilote

M. D., F. R. C. S. (c),

C. S. P. Q., LL. L.,

Ph. D., spécialisé en Science des Religions

Confrontation

Bergson vs Einstein

L’espace et le temps reconscientisés

Les Éditions Chapitre.com

123, boulevard de Grenelle 75015 Paris

© Les Éditions Chapitre.com, 2014

ISBN : 979-10-290-0070-6

Avant-propos

Avant de présenter un texte au lecteur, il convient peut-être de présenter l’auteur surtout si celui-ci est un inconnu. Il serait plus approprié de parler d’un apprenti-écrivain. Celui qui est en train d’essayer de publier ses premiers livres pour le grand public ne peut mériter un meilleur qualificatif. Les quelques textes publiés n’étaient que des opinions polémiques ponctuelles historiquement datées par des circonstances spécifiques.

Je suis né dans un coin de terre appelé le Québec, soit une simple province du Canada. Ce territoire a été fondé il y a environ quatre siècles par quelques centaines de colons envoyés par le Roi de la France pour y fonder ce qu’on a appelé une Nouvelle-France perdue dans un continent encore peu exploré et très partiellement habité. Un siècle et demi plus tard ils étaient devenus une petite colonie d’environ 60 000 habitants. À cette époque, le territoire fut conquis par les armées du Roi d’Angleterre. C’était en 1760. Dès cette année de conquête les conquis devaient continuer à vivre dans une colonie sous la tutelle de la Couronne Anglaise. À la même époque, les 13 autres colonies anglaises menaçaient de réclamer leur indépendance. Pour éviter que la nouvelle colonie récemment conquise soit tentée de se joindre à ce mouvement, les conquérants accordèrent aux conquis majoritairement francophones la liberté de la langue et de la religion. Mais rapidement cette majorité de francophones fut submergée par des colons désirant rester loyaux à la Couronne Britannique. C’est ainsi que débuta le long combat des francophones pour éviter l’assimilation et même leur disparition en tant que groupes francophones. Pour ce faire, nos ancêtres choisirent de se grouper en noyaux solides appelés paroisses autour de leur clergé catholique. Celui-ci en profita pour établir une hégémonie fondamentalement basée sur une religion politisée. En retour, elle assura la protection de la langue et de la culture des premiers pionniers. Ce clergé était lui-même sous la tutelle de la religion orthodoxe du Vatican. C’était le Vatican qui appointait les évêques pour choisir les curés en charge du troupeau paroissial et des principales institutions sociales de la communauté. La morale restait dans la plus stricte orthodoxie. Ce système de survivance dura jusqu’en 1867 où les diverses colonies de la Couronne Britannique furent réunies dans une Confédération de provinces. Cette Confédération resterait sous la souveraineté de Buckingham Palace qui était toujours le lieu de la résidence officielle des souverains de Grande-Bretagne. Mais le Québec conserverait une autonomie très partielle dans certains domaines dont celui de la langue et de la religion.

Au début des années 60 du siècle dernier, eut lieu au Québec un changement relativement radical qu’on a convenu d’appeler la « révolution tranquille ». Pas un seul coup de fusil ne fut tiré mais un nouveau régime devait entraîner un bouleversement politique complet. Les Québécois de la Province de Québec se votèrent un régime qui, désormais, ne serait plus exclusivement contrôlé par le clergé.

Étant né en 1930, les premières années les plus significatives de ma vie furent vécues dans un régime sous la domination du clergé catholique. Mon éducation première commença avec mes parents qui étaient complètement sous l’égide des curés et leurs directives. Les années successives se déroulèrent dans des institutions semi-publiques encore sous le contrôle du clergé. Ma liberté de conscience débuta à mon arrivée aux études médicales de l’Université Laval de Québec en 1950. Ma spécialisation en chirurgie fut complétée en grande partie dans des Hôpitaux américains. Lorsque je revins au Québec au début des années 1960, celui-ci était en pleine révolution tranquille. Personnellement j’avais commencé à me libérer de la religion qui m’avait été imposée depuis mon enfance. En fait, j’étais devenu incroyant ou quasi-athée. Les valeurs prioritaires seraient, dorénavant, des valeurs sociales.

Quand j’eus passé tous les examens de qualification du Canada et de la Province, je suis devenu qualifié pour exercer ma profession de chirurgien. La pratique de la chirurgie nécessite l’admission dans un hôpital possédant le personnel et les outils dispendieux nécessaires. Seuls les grands Hôpitaux de la Province étaient ainsi équipés. Je fis donc le tour des principaux hôpitaux pour tenter d’y être accrédité. Malheureusement toutes les portes étaient fermées. Je n’avais pas encore pris conscience du système de chasse-gardée qui y régnait. Les spécialistes en place ne toléraient pas d’admettre de la compétition venant de l’extérieur. Avec la complicité des autorités administratives souvent religieuses, ils contrôlaient toutes les admissions des nouveaux venus. Finalement je fus admis dans un petit hôpital privé de 200 lits à Montréal. C’était un hôpital à buts lucratifs pour les deux propriétaires. Ceux-ci contrôlaient complètement l’acceptation ou le refus d’accorder des privilèges à un médecin. Ils avaient beau jeu pour organiser un système de redevances sous forme de pseudo-collection des honoraires professionnels imposée aux spécialistes pour l’utilisation de leurs lits et salles d’opération. C’était supposément libre pour un spécialiste d’y adhérer ou non. Mais des menaces subtiles de non-admission ou d’expulsion pesaient insidieusement sur la tête des récalcitrants. Vu l’impossibilité de me faire admettre dans un autre hôpital, je n’ai pas eu d’autres choix que de m’y soumettre comme tous les autres pendant les premières années. Après 5 ans de pratique, on eut vent que des nouveaux règlements gouvernementaux seraient bientôt en vigueur pour obliger tous les hôpitaux, y compris les hôpitaux privés, à laisser le contrôle de l’admission et de la discipline des médecins à un bureau médical démocratiquement élu par l’assemblée des médecins. Les médecins décidèrent en bloc donc de contester le régime de protection des propriétaires et cessèrent d’y contribuer. Malheureusement les fameux règlements promis tardaient à être adoptés. Dans l’entre-temps les pressions des propriétaires devinrent si fortes que presque tous les spécialistes retournèrent audit régime de redevances des propriétaires sauf moi. Les administrateurs-propriétaires avaient toujours prétendu que leur système de collection n’était pas imposé et que les médecins étaient libres d’y adhérer ou non. Dans mon idéalisme j’en avais conclu qu’ils n’oseraient pas révoquer mes privilèges pour le seul motif de mon refus de participer à ce régime de pseudo-collection. Et comme ils n’avaient aucun autre motif valable je me supposais en sécurité. D’autant plus que la compétence professionnelle était hors de question. En effet les deux administrateurs propriétaires m’avaient confié certains proches parents et amis qui auraient pu être facilement être référé à un spécialiste d’un grand hôpital et de bien plus grande renommée que la mienne.

Mais quand vint le moment d’appliquer les nouveaux règlements, les administrateurs-propriétaires prétendirent que, selon l’avis de leurs avocats, la Loi des Hôpitaux ne s’appliquait pas à leur hôpital privé. Ils refusèrent donc de reconnaître le comité exécutif élu librement par les 66 médecins qui avaient un statut et des privilèges. Et puis soudain, sans avertissement, le 25 juin 1969, je reçus une lettre recommandée m’avisant que tous mes privilèges étaient révoqués et que je ne pourrais plus remettre les pieds dans leur hôpital, et ceci sans donner aucun motif. Devant l’impossibilité de me trouver un autre appointement je n’avais pas d’autre choix que de m’adresser aux Tribunaux. J’ignorais alors que je m’embarquais dans une longue saga qui devait s’étendre dans la vingtaine d’années à venir. Il ne serait pas pertinent d’entrer dans tous les multiples épisodes de cette saga. Je me contenterai d’en résumer quelques conséquences plus pertinentes à mon récit. Mes revenus étant très diminués, les procédures devenaient tellement dispendieuses malgré quelques victoires partielles, que j’ai dû libérer mes avocats trop dispendieux pour continuer à me défendre personnellement devant les Tribunaux sans avocat. Mais pour améliorer mes chances je me décidai à faire des études légales à l’université de Montréal de 1975 à 1979. Par la suite j’ai pu commencer une nouvelle carrière d’avocat.

Les débuts furent très pénibles et stressants. Depuis quelques temps, j’avais eu recours à la consommation d’alcool. Cependant, les clients ne se bousculaient pas à mon bureau et mes inquiétudes coïncidaient avec une augmentation progressive de ma consommation d’alcool. Comme chirurgien, je me refusais le droit de soulager mon stress avec des substances chimiques autres que l’alcool que je prenais un peu comme un médicament. Mais j’étais complètement ignorant du fait que ma consommation deviendrait vite excessive et me mettrait sur le chemin d’une dépendance avec le passage du temps. C’est ce qui arriva effectivement et je suis devenu complètement dysfonctionnel dans ma nouvelle pratique d’avocat. De sorte qu’en novembre 1984 j’avais dû abandonner le bureau que je ne pouvais que difficilement payer de toute façon. Réfugié dans mon appartement j’étais presque sans espoir de trouver une solution à mes problèmes financiers. L’alcool n’était pas la seule cause évidemment mais il m’empêchait d’avoir les esprits assez clairs pour m’en sortir. C’est alors qu’on me présenta le Mouvement des Alcooliques Anonymes comme solution. On m’amena à ma première réunion le 19 décembre 1984. Malgré une première année sans vouloir admettre que j’étais réellement devenu alcoolique-dépendant, j’ai fini par le faire le 3 novembre 1985. La principale difficulté était mon état d’incroyant. Sans une Puissance supérieure à ma volonté propre et l’admission de mon impuissance à dire non au premier verre, les rechutes restaient inévitables. Comment admettre qu’on a besoin de l’aide d’un Dieu quand l’on est quasi-athée ? Les vieux membres me suggérèrent alors que, d’après le programme, tous les membres avaient la liberté de recourir à un dieu « tel que chacun pouvait le concevoir ». Je pouvais donc choisir le Mouvement des AA en général et un groupe en particulier que j’aurais à fréquenter pour y trouver la source d’énergie essentielle au rétablissement. À la page 634 du Gros Livre des Alcooliques Anonymes, on peut lire ceci :

Même plusieurs années de discipline personnelle peuvent rarement entraîner l’évolution constatée après quelques mois. À quelques exceptions près, nos membres s’aperçoivent qu’ils ont découvert des ressources intérieures insoupçonnées qui deviennent pour chacun d’eux leur conception d’une Puissance supérieure.

Cette méthode fut efficace et ma libération de l’esclavage alcoolique me permit de rouvrir un bureau d’avocat. Une grosse cause à pourcentage fut gagnée en 1991 et ceci me permit à l’âge de 62 ans de prendre une retraite graduelle dès 1992.

À partir de ce moment, il me restait quelques causes pendantes à finaliser puisque je ne voulais pas laisser tomber ces clients. Ça me laissait beaucoup de temps libre. Mais la spiritualité acquise par la fréquentation d’autres membres croyants restait précaire. J’étais alors pleinement conscient que je ne pourrais jamais me concevoir un dieu plausible étant donné l’insuffisance de mes connaissances dans les domaines de la philosophie et de la métaphysique. Je décidai donc de tenter de m’inscrire dans le Département des Sciences Religieuses de l’Université du Québec À Montréal (l’UQAM). On m’accepta au programme du doctorat à certaines conditions. Je devrais prendre des cours additionnels au niveau de la maîtrise et du baccalauréat pour compléter les prérequis qui me manquaient. Mais surtout on me demanda de préparer un résumé en cinq pages d’un projet de recherche qui me servirait comme sujet de thèse. Ce que je fis sur le champ. Mon projet de recherche serait de chercher à trouver une explication quasi-scientifique à l’efficacité de la spiritualité que j’avais observée dans AA face à l’inefficacité des Grandes Religions pour garder un vrai alcoolique abstinent et bien dans sa peau pour une période prolongée. Un cynique aurait pu répondre que cette inefficacité des Religions n’est pas surprenante quand on constate l’enseignement du Petit Catéchisme catholique de mon adolescence où on identifiait l’alcoolisme à l’ivrognerie en le classant parmi les 7 péchés capitaux méritant l’enfer éternel d’un Dieu vengeur hérité de l’Ancien Testament, soit le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. On y lisait, en effet, que « l’ivrognerie était la gourmandise la plus dangereuse, celle qui rend l’homme semblable à la bête et souvent le fait mourir ». Il n’y avait là rien pour motiver réellement un alcoolique qui ne croit plus au Dieu vengeur et à l’enfer éternel de la Religion !

On m’appointa un des professeurs qui serait mon directeur de thèse et que je rencontrerais dès mon acceptation. Ce fut fait en avril 1992 même si les cours ne commenceraient qu’en septembre. Ça me donnait quatre mois pour passer à travers une vingtaine de livres dont mon directeur de thèse me donna la liste. Dès septembre, j’avais à choisir un auteur qui me servirait de cadre théorique de référence. Mon directeur me suggéra Mircea Eliade, un grand historien de l’Histoire des Religions.

Dans l’intervalle je m’étais procuré les volumes de formation permanente de mon Université. J’avais à me mettre à date dans le domaine des mathématiques et de la physique modernes. De plus j’avais eu envie d’approfondir mes connaissances en psychanalyse qui étaient aussi insuffisantes malgré mes études médicales. J’avais donc acheté presque tous les livres de Freud et de deux psychanalystes dissidents, Carl Jung qui avait été répudié par Freud lui-même parce qu’il refusait d’accepter la dimension sexuelle comme la source principale de l’énergie psychique. Jung voulait introduire la dimension spirituelle de l’esprit comme source possible de l’énergie psychique, ce que Freud, en tant qu’athée avoué, ne pouvait accepter. L’autre dissident est Jacques Lacan, un grand psychanalyste d’obédience freudienne mais qui avait été excommunié par son association professionnelle des psychanalystes. Ce sont ses écrits, notamment son Séminaire, livre 11, qui m’ont le plus aidé à comprendre les 4 concepts fondamentaux de la psychanalyse, soit l’inconscient, la répétition, le transfert et la pulsion de la trieb freudienne. Ma thèse ne fut complétée que sept ans après mon admission à l’UQAM. Ma soutenance d’une thèse de presque 400 pages eut lieu en avril 1999 et fut accueillie avec succès pour le diplôme du doctorat ou Ph. D. en sciences des Religions. Dans l’année qui suivit, je préparai une demi-thèse de 157 pages sur les structures narratives de ce grand philosophe qu’est Paul Ricœur qui pourraient théoriquement être applicables au modèle des Alcooliques Anonymes.

Dès le début des années 2000 j’ai écrit en anglais un premier exposé de mon expérience heureuse dans le Mouvement des Alcooliques Anonymes (AA) en incluant les conceptions globales de mon Dieu personnel à insérer dans un grand TOUT cosmique pour remplacer la théorie du big bang que je trouvais insatisfaisante et même illogique. Il fut soumis à des éditeurs américains. Je croyais alors que les thèmes de spiritualité et de physique cosmique seraient mieux accueillis aux États-Unis qu’au Québec. Malheureusement on était entré dans la période suivant le grand évènement tragique du 11 septembre 2001 qui fit quelques 4,000 victimes à New York et Washington. Mes envois m’étaient retournés sans avis de réception et parfois sans qu’on ait même daigné les ouvrir.

Quelques années plus tard je décidai de tâter le marché québécois. J’écrivis alors en français, en 2006, un livre de science-fiction de plus de 300 pages qui mettait en scène trois astronautes fictifs, deux femmes et un homme. Ceci me permettait de leur faire faire deux voyages en simultanéité : un voyage extérieur dans le cosmos où j’exposerais mes hypothèses cosmiques et un voyage intérieur non planifié. C’est par une autopsychanalyse classique d’abord lacanienne qu’ils finiraient par se comprendre eux-mêmes et trouver une solution en faisant appel à la thèse psychanalytique de Carl Jung principalement. Il fut soumis à des éditeurs québécois mais fut refusé non à cause du contenu, comme me l’a écrit un certain éditeur, mais parce que le thème est difficilement vendable au public francophone québécois, surtout quand l’auteur est un inconnu du public comme c’était mon cas. En conséquence, les chances de même rencontrer leurs dépenses d’édition, encore moins de faire des profits, étaient trop petites pour justifier le risque d’une édition.

Et puis le 2 mars 2010, on me mit au courant d’un livre publié en réédition par un professeur intervenant dans le domaine de la dépendance alcoolique. Le titre était d’ailleurs très clair : Le monde des Alcooliques Anonymes. En lisant ce livre, je fus renversé de constater la superficialité de son contenu et l’incompréhension quasi totale du Mouvement des Alcooliques Anonymes. Incompréhension qui l’avait amené à écrire toutes sortes de faussetés sur ce grand Mouvement qu’il ne semblait connaître que très superficiellement. Bien plus on me dit qu’il avait été invité à plusieurs émissions de télévision pour promouvoir son livre.

Mais l’auteur me citait à quelques reprises avec des textes tronqués de ma thèse pour donner l’apparence que son interprétation était partiellement confirmée dans ma thèse portant justement sur le monde des AA. Ma thèse était publique et ne couvrait pas mon anonymat dans le mouvement. Évidemment le Mouvement des AA, même si faussement déformé, ne répond jamais, par tradition, à de telles attaques publiques. Mais moi, comme membre dont l’anonymat avait été ignoré, je ne pouvais pas laisser sans réplique de telles faussetés. C’est ainsi qu’en à peine un mois j’écrivis un genre de pamphlet de 150 pages sous le titre Le monde des AA, vécu et observé de l’Intérieur. Et finalement j’ai pu dénicher un éditeur qui accepta de le publier à frais d’auteur. On était rendu en octobre 2010. C’était le premier quasi-essai d’une carrière d’apprenti-écrivain débutant à l’âge de 80 ans.

Fort d’avoir la chance d’avoir déniché un éditeur pour mon premier essai qui n’était en fait qu’un pamphlet polémique sans grande portée sauf très locale, j’ai mis la dernière touche à mes deux autres livres sur lesquels je travaillais depuis une vingtaine d’années. Quant au fond, ils étaient presque complètement rédigés depuis au moins une dizaine d’années. Dans la révision finale de mes deux textes fondamentaux j’avais commencé depuis deux ans à ajouter quelques citations de Henri Bergson non pour changer la direction de certaines intuitions quasi-bergsoniennes mais pour montrer certaines analogies entre mes hypothèses de recherche datant d’une vingtaine d’années et les grandes thèses de Bergson que je venais de découvrir avec le début de ma lecture de l’œuvre complète de Bergson, un philosophe que je connaissais pas du tout. Les deux livres furent publiés dans les 12 mois qui suivirent et sont disponibles en librairies. Le premier des deux a le titre suivant : Initiation à une spiritualité nouvelle pour les incroyants. Le deuxième a le titre provocateur : Les faussetés d’Einstein et de la théorie quantique avec en sous-titre « Système spirituel mathématico-philosophique ». Il doit être clair que ces deux livres ne sont pas classables chronologiquement. Ainsi j’ignorerai mon tout premier livre qui n’est qu’un pamphlet. Quand plus loin dans le présent livre, je réfèrerai à un de ces livres, la référence à mon premier livre, ce sera une référence à Initiation à une spiritualité nouvelle pour les incroyants. Et la référence à mon deuxième livre c’en sera une à Les faussetés d’Einstein et de la théorie quantique. Et ceci, même si chronologiquement, ils sont deuxième et troisième de mon entière carrière tardive d’écrivain octogénaire.

Ça lançait ma nouvelle carrière d’apprenti-écrivain. Mais ces publications ne m’empêchèrent pas de continuer à approfondir mes connaissances dans le domaine de la spiritualité. Ainsi en janvier 2010, j’avais appris à fréquenter le site internet d’Amazone qui offre toutes sortes de livres tant en français qu’en anglais dans tous les domaines possibles. C’est ainsi que, par pur hasard, je m’étais procuré un premier livre d’un philosophe que je ne connaissais pas, soit Henri Bergson. Le titre était Essai sur les données immédiates de la conscience. J’étais à cette période en attente pour la publication des deux livres précités. Ça me donnait beaucoup de temps libre pour mes lectures. Le premier livre de Bergson m’emballa littéralement. Ça me donna le goût de me procurer les autres livres de Bergson. Dans le site d’Amazone on annonçait plusieurs autres livres d’une collection critique récente publiée par l’Éditeur Quadrige des Presses Universitaires de Paris sous la direction de Frédéric Worms. Depuis ce temps, ces livres m’ont passionné et sont devenus des livres de chevet lus, relus, annotés et partiellement scannés pour intégration sur le bureau de mon ordinateur. Maintenant, après deux ans de fréquentation sympathique, je suis prêt à une rédaction finale de mon troisième vrai livre et probablement mon dernier. C’est ce livre que j’ai à présenter à des lecteurs éventuels. En passant, je dois avouer mon intention d’essayer de me trouver un éditeur de France avant de continuer à le faire pour le petit marché québécois très restreint sur des thèmes peu populaires dans ce marché d’à peine plus de cinq millions. J’ai beau essayer de les présenter sur quelques tribunes qui m’ont été accessibles, la vente en librairies peine à décoller. C’est la raison pour laquelle je voudrais m’adresser directement aux Français plus intéressés aux grands problèmes philosophiques. M’étant présenté comme apprenti-auteur sans prétentions, j’en suis donc rendu à introduire le contenu du troisième livre d’une nouvelle carrière d’octogénaire d’à peine trois ans et sans aucun autre but lucratif sinon rencontrer les dépenses d’édition et de distribution.

Introduction

Pour me situer carrément à l’attention d’éventuels lecteurs français du continent européen, je dirai d’abord que ce troisième livre de ma carrière tardive d’écrivain octogénaire m’a été inspiré par la lecture de l’édition critique depuis 2007 des œuvres d’Henri Bergson. J’ai pris connaissance de cette excellente édition critique intitulée LE CHOC BERGSON il y a trois ans à peine. La liste non exhaustive des principales œuvres étudiées est la suivante :

– Essai sur les données immédiates de la conscience (1889) : 2007

– Matière et mémoire (1896) : 2008,

– Le rire (1900) : 2007,

– L’Évolution créatrice (1907) : 2007,

– L’Énergie spirituelle (1919) : 2009,

– Durée et simultanéité (1922) : 2009,

– Les deux sources de la morale et de la religion (1932) : 2008,

– La pensée et le mouvant (1934) : 2009,

– Écrits philosophiques : 2009.

Après ma première lecture de Essai sur les données immédiates de la conscience mon intérêt pour un auteur que je ne connaissais à peu près pas, sauf le nom, et que je venais de découvrir par accident, je me suis aussi graduellement procuré les petits tirés à part qui sont des chapitres des deux grands recueils L’Énergie spirituelle et La pensée et le mouvant sous les titres :

– Le possible et le réel,

– L’intuition philosophique,

– La perception du changement,

– Introduction à la métaphysique,

– Sur le pragmatisme de William James. Vérité et réalité,

– La conscience et la vie,

– L’âme et le corps,

– Le cerveau et la pensée : une illusion philosophique.

À mesure que je prenais une connaissance de plus en plus approfondie des différents écrits de Bergson, j’ai eu l’intuition qu’éventuellement je pourrais resynthétiser, si possible, et intégrer les théories bergsoniennes à l’intérieur de mes propres hypothèses dans un troisième livre. Pour éviter tout malentendu je tiens à préciser que ma lecture intensive des écrits de Bergson n’ont contribué en rien à l’élaboration de mes premiers écrits. Même s’ils n’ont été publiés que récemment, mes 2 livres précités avaient été rédigés en grande partie bien avant que je prenne connaissances des écrits centenaires de Bergson. Un lecteur critique pourrait alors me demander pourquoi j’ai dévoué les deux dernières années de ma vie à dévorer les théories de Bergson. C’est que mon intérêt avait été piqué au vif. Je venais de trouver un philosophe qui avait exprimé dans des œuvres que j’ignorais beaucoup d’idées et de concepts qui ressemblaient par certaines nuances drôlement aux miennes. Je tiens à souligner ici que les excellentes critiques de plusieurs commentateurs de cette édition m’ont été très utiles pour comprendre les écrits de Bergson. Ces critiques, en explicitant des passages difficiles à comprendre, m’ont particulièrement aidé. Notamment deux recueils intitulés Lire Bergson par une dizaine de maîtres et experts du bergsonisme sous la direction de Frédéric Worms et Camille Riquier et Introduction à Matière et mémoire de Bergson par Frédéric Worms. Le but poursuivi n’était pas tellement de bien comprendre correctement Bergson. C’était surtout pour améliorer ma compréhension de moi-même et d’hypothèses élaborées pendant une vingtaine d’années sans avoir la moindre preuve de leur véracité possible ni même l’aide d’un début de commentaires extérieurs faute de ne pas être capable de les faire publier ! Aussi, mes lecteurs éventuels doivent être avertis de ne pas voir en moi un prédicateur quelconque qui essaierait de convaincre qui que soit de la vérité de ses propos. Personne, d’ailleurs, ne peut prétendre posséder une quelconque vérité absolue. Depuis les temps historiques, les Grandes Religions Traditionnelles prétendent toutes l’avoir trouvée. Des philosophes authentiques s’obstinent à continuer de la rechercher. Et ceci correctement.

Mes humbles recherches depuis 20 ans ne visaient principalement qu’à améliorer ma propre interprétation de moi-même en approchant de quelques années-lumière une toute petite réponse personnelle aux trois grandes questions qui préoccupent les humains bien-pensant depuis la nuit des temps, à savoir : D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Que faisons-nous sur cette petite planète perdue dans les myriades de galaxies que la physique einsteinienne prétend avoir observées dans le Cosmos photographié par Hubble ?

J’ai cru, peut-être naïvement, qu’une compréhension correcte de Bergson me ferait avancer sur le long chemin déjà parcouru dans le petit peu qu’il me reste d’années avant de passer le flambeau à mes héritiers éventuels. Évidemment, quand on essaie d’intégrer les pensées d’un autre dans ses propres créations pseudo-littéraires, on court toujours le risque de se faire accuser de faire de l’éclectisme ou au pire du plagiat. À ce sujet je dirai simplement que ça m’indiffère royalement ! Comme Bergson et plusieurs auteurs célèbres le soulignent, on pourrait retrouver dans n’importe quelle œuvre valable des portions entières qui ont été inspirées par des œuvres plus anciennes. D’ailleurs, comme le disait ironiquement il y a plus de 75 ans un vieux sage autodidacte et illettré de mon village, « on ne peut pas toujours réinventer les boutons à quatre trous ». En mots plus savants, j’aimerais citer ce grand philosophe, Paul Ricœur. Il n’a eu aucune honte à avouer que l’inspiration d’un auteur peut parfois venir directement d’un autre auteur précédent. Dans son magistral essai intitulé Le conflit des interprétations, on peut lire dans une note de bas de page à la page 243 :

1. Dans une communication faite au premier Colloque international de phénoménologie, en 1951, Merleau-Ponty écrivait : « Justement parce que le problème du langage n’appartient pas, dans la tradition philosophique, à la philosophie première, Husserl l’approche plus librement que les problèmes de la perception ou de la connaissance. Il le pousse en position centrale, et le peu qu’il en dit est original et énigmatique. Ce problème permet donc mieux qu’un autre d’interroger la phénoménologie et, non seulement de répéter Husserl, mais de recommencer son effort, de reprendre, plutôt que ses thèses, le mouvement de sa réflexion » (Signes, p. 105). J’aime à citer ce texte parce que notre rapport au plus grand des phénoménologues français est peut-être déjà devenu ce qu’était le sien à l’égard de Husserl : non une répétition, mais une reprise du mouvement même de sa réflexion.

Je vais paraphraser ce grand philosophe en disant sans prétention que moi aussi j’espère pouvoir poursuivre de quelques mètres le « mouvement indivisible de réflexion » de Bergson, « non par répétition, mais par une reprise du mouvement même de sa réflexion ». Certes, un cynique pourrait me répondre que je n’ai pas à prétendre parachever l’œuvre magistrale de Bergson puisqu’elle est déjà complète par elle-même. D’autant plus que, pour faire avancer la compréhension de Bergson, ceci a été magistralement fait par l’édition critique récente. La seule justification de mon livre reste donc d’essayer de voir en quoi les œuvres de Bergson peuvent m’aider à me comprendre moi-même et mes théories improuvables. J’en profite pour exprimer ma gratitude personnelle envers les différentes critiques que j’ai trouvées très positives et extrêmement pertinentes.

Ça ne pourra très probablement pas servir de modèle à qui que ce soit, mais pour ma propre satisfaction, je vais juste mentionner la méthodologie utilisée. Depuis la rédaction de ma thèse de doctorat des années 90, j’ai réappris à lire. Il était grand temps de le faire ayant dépassé la soixante. En effet, ce n’est pas la pratique antérieure de la chirurgie qui aurait pu dans les années 60 m’appendre à écrire en bon français. Pendant ces années, en rédigeant des dossiers médicaux d’archive, j’ai plutôt désappris, par l’utilisation d’un style quasi-sténographique, à rédiger des textes en bon français ! Et ce n’est pas à la faculté de Droit de l’université de Montréal que j’aurais appris, dans les années 70 à remédier à cette carence dans la rédaction de mémoires juridiques pour les Tribunaux ! Ça explique pourquoi tout était à recommencer pour rédiger ma thèse de doctorat dans les années 90. Avant de pouvoir écrire correctement, il faut d’abord apprendre à lire correctement les livres de propédeutiques qu’on nous suggère. Dès mon admission au Département de Sciences des Religions de l’UQAM, mon directeur de thèse m’avait suggéré de lire avec un crayon à la main afin de souligner les portions de texte qui pourraient éventuellement me servir dans mes recherches sur ma thèse. Je devais donc acheter tous mes propres exemplaires de livres afin de pouvoir les annoter à mon goût. Mais quand j’ai acquis mon premier ordinateur en 1994, j’ai rapidement pris conscience que cet outil deviendrait vite indispensable pour la rédaction proprement dite de ma thèse. J’ai vite constaté que je pouvais utiliser la fonction d’un scanner pour photographier et recopier des textes sans avoir à les retaper à deux doigts sans méthode avec les touches de clavier. Mais mes nombreuses annotations faites sans précaution en plein milieu de page rendaient ce scanning presque impossible. Pour aider à ma paresse et substituer à mon manque d’une secrétaire de rédaction, j’ai pris l’habitude de toujours me procurer un double de mes livres de référence que je garderais vierge de toutes annotations. Par la suite j’ai toujours utilisé la même technique dans mes livres publiés à date. Je me suis procuré toutes les œuvres précitées de Bergson en double pour les mêmes raisons pratiques, à savoir pour la rédaction éventuelle du présent livre centré sur ce grand philosophe pas assez connu de ce côté-ci de l’Atlantique. Ayant assez dit sur ma méthode, il reste à voir comment je me propose de concrétiser le tout.

Mon premier chapitre portera sur un résumé de certaines conceptions auxquelles j’en suis venu dans les deux derniers livres de mes théories : Initiation à une nouvelle spiritualité et Faussetés d’Einstein et de la théorie quantique. J’essaierai de résumer certaines conclusions auxquelles j’en suis arrivé. En effet, si un lecteur n’a pas pris connaissance de mes théories préliminaires non pas pour y adhérer, seulement provisoirement pour les considérer comme plausibles et discutables, il ne pourra continuer à me suivre dans ce livre qui ne peut tout reprendre en détail. J’essaierai de m’en tenir à ce que je crois essentiel pour comprendre sommairement mon cheminement à cette date ou tout au moins au moins la direction du mouvement de mes réflexions.

Dans le deuxième chapitre je résumerai mes conceptions globales du TOUT, soit l’équivalent d’une TOE (Theory of everything des scientistes anglo-saxons) telles que je les ai exposées dans mes livres antérieurs en me concentrant sur l’habitat qui peut recevoir toutes les entités vivantes d’un tel univers. Celui-ci serait-il un espace global vide à combler par un moi virtuel en potentiel de l’occuper consciemment dans son propre espace particulier ? Dans mon troisième chapitre je décrirai une conception possible de l’être vivant concret pouvant habiter cet univers. Dans un quatrième chapitre, j’essaierai de définir plus précisément le concept principal qui constitue le cœur du livre, soit le concept de l’inconscient. J’y exposerai ma propre conception de ce concept et les catégories en lesquelles je le subdivise. Dans un cinquième chapitre je reproduirai les mentions du concept d’inconscient que j’ai relevées dans les œuvres de Bergson. Et ceci tout en essayant dans ce même chapitre d’interpréter lesdites mentions de Bergson afin de pouvoir les comparer ou de les distinguer d’avec les miennes. Dans un sixième chapitre j’élaborerai sur les sources de l’énergie nécessaire. Dans un septième chapitre, je reprendrai un exercice analogue à celui des chapitres précédents sur d’autres thèmes capitaux de Bergson, soit ceux des concepts de temps et d’espace. Je prendrai mes distances avec certaines conclusions de Bergson que je ne peux adopter. Mon huitième chapitre portera sur un livre qui m’a permis de mieux me comprendre vis à vis les thèses bergsoniennes, soit le livre de Frédéric Worms, Bergson ou les deux sens de la vie. Ce livre m’a beaucoup inspiré pour exposer quelques nouveaux schémas. Dans le neuvième chapitre je donnerai mon interprétation du livre controversé de Bergson, Durée et simultanéité. Ce livre me servira pour me situer du côté de Bergson dans sa controverse avec la théorie de la relativité d’Einstein qui semble être largement acceptée comme une « parole d’Évangile » incontestable par les astrophysiciens modernes. Et dans mes conclusions finales j’essaierai de montrer comment une vraie TOE (Theory of everything) pourrait très bien se résumer dans certains grands thèmes universels comme celui de l’amour spinozien repris par Ricœur. Un certain mixage de mes thèses et celles de Bergson incluant des restrictions serait peut-être une THÈSE UNIVERSELLE unifiée à venir pour nos successeurs qui oseront braver l’accusation d’éclectisme en poursuivant le mouvement de réflexion – au sens de l’ego authentique heideggérien comme questionnant dans une herméneutique du je suis tel qu’exposé par Ricœur dans le chapitre intitulé « Heidegger et la question du sujet » dans les pages 222 à 262 du Conflit des Interprétations. Depuis le début de l’humanité les philosophes de toutes les générations se transmettent le fruit de leurs réflexions historicisées dans l’espace-temps de leur temps.

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Mon cheminement

Dans un premier temps, mes efforts intellectuels les plus violents, au sens bergsonien, porteront sur un résumé de certaines conceptions et conclusions auxquelles j’en suis venu dans les deux derniers livres de mes théories : Initiation à une spiritualité nouvelle et Les faussetés d’Einstein et de la théorie quantique. Il ne s’agit pas de répéter le contenu de ces deux livres ni d’en faire une lecture incontournable. Le lecteur de ce livre-ci ne sera pas obligé de les accepter comme véridiques. Ou bien il voudra se les procurer ou bien il croira pouvoir s’en passer et se contenter d’un résumé forcément succinct. Mais au moins il saura ce qui m’a servi de base pour affronter l’œuvre difficile de Bergson et surtout quel est le chemin que j’ai suivi avant de connaître Bergson et qui m’a conduit à ce troisième livre. Et juste au cas où quelques personnes voudraient se les procurer en Europe, je vais citer ce que les ÉDITIONS QUEBECOR ont imprimé au revers du couvert des premières pages de mes livres publiés au Québec :

Pour la France et les autres pays :

– INTERFORUM editis

Immeuble Paryseine, 3, Allée de la Seine 94854 Ivry CEDEX

Tél. : 33 (0) 4 49 59 11 56/91 Télécopieur : 33 (0) 1 49 59 11 33

– Service commande France Métropolitaine

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Avant de présenter les conclusions de mes recherches antérieures, il serait peut-être pertinent de commencer par montrer comment j’en suis venu à celles-ci. Elles ne furent pas acquises d’un seul coup et tout d’un bloc. Au contraire ça s’est fait très graduellement et assez péniblement par petits pas comme le suggère une vieille sagesse chinoise qui dit que le plus long des chemins commence toujours par un premier pas et se continue progressivement par addition de nombreux autres petits pas. Dans mon cas, je pourrais ajouter que le progrès n’a pas toujours été linéaire par en avant. Il y a eu souvent quelques pas en arrière de recul ou de découragement ! Ricœur le dit en des mots plus élégants dans le chapitre « La liberté selon l’espérance » à la page 396 de son magistral livre Le conflit des interprétations, la « structure d’horizon d’une histoire est à la fois ce qui borne l’attente et ce qui se déplace avec le voyageur ». Mon attente à moi dans mes recherches, c’était de trouver un début de réponse aux grandes questions existentielles sur notre origine, les fins de notre voyage terrestre, le pourquoi et le comment de ce voyage et les questions connexes. Malheureusement, j’ai pu constater par expérience vécue qu’au fur et à mesure que j’avançais, le but à atteindre semblait s’éloigner encore plus vite que je m’en approchais ! Quoi qu’il en soit, le mieux que je puisse faire à l’orée de ma vie, c’est de faire la description du chemin où la vie m’a conduit dans mon dernier quart de siècle d’existence.

Ce bout de chemin a effectivement commencé au milieu des années 1980 lorsque j’ai été libéré de l’obsession de consommer qui m’acheminait rapidement vers une mort prochaine. Heureusement un autre destin m’attendait lorsque j’ai rencontré chez les Alcooliques Anonymes en 1985 une nouvelle forme de spiritualité pour remplacer les dogmes religieux de toutes les Grandes Religions statutaires auxquels je ne croyais plus de toutes façons. Une autre inspiration déterminante me vint en 1992 lorsque je pris conscience de ma trop grande ignorance quant aux connaissances déjà acquises par les grands penseurs de toute l’histoire de la pensée philosophique depuis l’antiquité. Ce fut alors l’intuition de retourner aux études dans une université non confessionnelle dans le domaine de la spiritualité non religieuse. Pendant ces études principalement philosophiques, la lecture de Paul Ricœur m’a d’abord interpelé. Celui-ci affirmait catégoriquement à la page 325 du livre précité :

Cette troisième démarche nous conduit au seuil de notre problème de l’interprétation. Nous soupçonnons maintenant que la position de l’effort ou du désir non seulement est privée de toute intuition, mais n’est attestée que par des œuvres dont la signification demeure douteuse et révocable. C’est ici que la réflexion fait appel à une interprétation, et veut se muer en herméneutique. Telle est l’ultime racine de notre problème : elle réside dans cette connexion primitive entre l’acte d’exister et les signes que nous déployons dans nos œuvres ; la réflexion doit devenir interprétation, parce que je ne peux saisir l’acte d’exister ailleurs que dans des signes épars dans le monde. C’est pourquoi une philosophie réflexive doit inclure les résultats des méthodes et des présuppositions de toutes les sciences qui tentent de déchiffrer et d’interpréter les signes de l’homme.

Autrement dit, le message de Ricœur me suggérait que les connaissances philosophiques sont sûrement essentielles mais ne sont pas suffisantes. Il me fallait y joindre des connaissances de la physique et des mathématiques modernes. C’est pourquoi, durant les 7 années de mon doctorat en philosophie, j’ai commencé à me procurer des livres de physiciens et mathématiciens modernes. C’est ainsi que mon cheminement a continué en intégrant les connaissances scientifiques aux connaissances philosophiques.

Dans les années 2004 à 2006 j’avais rédigé un livre de science-fiction de près de 300 pages pour y exposer mes théories de façon à peine déguisée. Dans ce livre mes trois astronautes fictifs imaginaires vivaient un voyage cosmique démontrant l’impossibilité scientifique de sortir du système solaire, même si équipés de moyens techniques presque illimités. Durant ce voyage extérieur, ils avaient aussi vécu une expérience existentielle d’un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes les amenant à se poser les questions philosophiques les plus profondes sur le sens de leur vie, ses origines et sa destinée ultime. Une fois rédigé et soumis à des éditeurs, il a été refusé pour la seule raison que l’auteur était un pur inconnu du grand public, et qu’en conséquence, la vente seraient très probablement insuffisante pour seulement rencontrer les frais d’édition. Le texte est enregistré dans mon ordinateur et je peux me citer facilement. Il a été imprimé à quelques exemplaires seulement. Dans mon texte, les acteurs fictifs faisaient face à des contradictions logiques irréconciliables. Ils devaient donc se demander comment trouver un moyen de s’en sortir ou au moins de les assimiler dans un seul système cohérent sans contresens logique ? Ils se rappelèrent alors l’anecdote racontée au sujet de Rutherford, le physicien britannique qui découvrit la radioactivité du thorium en 1899. Plus tard, il décrivit les lois du rayonnement alpha et bêta et gagna un prix Nobel de chimie en 1908. Lorsqu’on lui demanda comment il avait pu deviner ces lois, il répondit en boutade : Je me suis demandé ce que, selon la logique, j’aurais fait moi-même si j’avais été une particule bêta. De façon analogue, mes trois personnages se demandèrent ce qu’ils auraient pu faire logiquement s’ils avaient été eux-mêmes l’entité créatrice totalisée à l’origine du Cosmos global dans sa totalité absolue, soit le Dieu ABSOLU des Scolastiques.

En toute logique, avant toute création d’un monde et d’un cosmos, il a bien fallu qu’une telle ENTITÉ ABSOLUE possède l’existence absolue elle-même. Évidemment on pourrait se passer d’une telle ENTITÉ créatrice du Cosmos GLOBAL si l’existence d’un Cosmos global pouvait avoir une autre explication. Ils décidèrent alors de partir de l’idée la plus simple possible et la moins contestable logiquement. Puisque toute chose doit avoir un commencement, qui pourrait contester l’affirmation suivante : avant d’exister, la création n’existait pas ! En termes quasi shakespeariens on dirait : avant d’être, une chose n’était pas sinon on devrait dire qu’elle a toujours été ! La Palice n’aurait pas dit mieux ! Une deuxième idée aussi brillante dans sa simplicité leur est alors venue à l’esprit : comment la plus minime création aurait-elle commencé son existence si un plan théorique de commencement à partir de rien et un plan de déroulement pré-ordonné quelconque n’avaient pas été conçus au préalable par une entité préexistante quelconque ? Ces deux idées devraient être incontournables dans toutes leurs réflexions à venir. C’est ainsi que mes trois cosmonautes fictifs débutèrent leurs élaborations.

Tout d’abord, ils pouvaient avancer l’hypothèse d’un Cosmos lui-même absolu et s’identifiant alors à la totalité de ce qui est. C’est la position du matérialisme athée, notamment celui du célèbre astrophysicien Hawking. Celui-ci, en effet, dans sa dernière théorie cosmologique quantique, a imaginé l’Univers comme contenu dans une coquille de noix sans bornes extérieures et sans besoin d’un créateur. Un tel Cosmos serait un ABSOLU se suffisant à lui-même et s’expliquant par lui-même. Un tel Cosmos est-il concevable sans contradiction logique ? Selon toutes leurs connaissances réunies, mes cosmonautes fictifs se dirent qu’ils devaient répondre non à une telle question s’ils se la posaient. En effet, comme absolu, un tel Cosmos aurait existé de toute éternité, sans commencement ni fin. Or, on ne pourrait lui adjoindre son opposé qui serait un NÉANT ABSOLU. Car si le COSMOS n’existait pas, il faudrait alors faire l’hypothèse que c’est le NÉANT ABSOLU qui existerait. Plusieurs philosophes ont argumenté logiquement que le NÉANT ABSOLU était un concept inconcevable et illogique. Bergson et Blondel sont le plus souvent cités pour avoir réussi une telle démonstration. L’absolu c’est ce qui, n’étant relatif à rien d’autre, désigne une réalité ne dépendant d’aucune autre.

Pour Blondel, le néant absolu ne peut être « acheté, même au prix du sang, car il n’est déjà plus existant. » La seule affirmation positive d’un néant absolu implique instantanément son inexistence ! Quant à Sartre, il a exposé sa philosophie dans son essai monumental de L’être et le néant, publié la première fois en pleine deuxième guerre mondiale, en 1943. Mes personnages fictifs étaient loin d’avoir rejeté toutes les hypothèses logiques de Sartre. Ainsi, ils avaient été impressionnés par son hypothèse de manchon de néant intégré à l’ÊTRE global de la réalité humaine sartrienne. Pour Sartre, la réalité concrète ferait surgir dans le monde les potentialités probabilistes du possible choisi par chacun à chaque instant conscient d’une liberté de choix absolue.

Sartre s’exprime aussi sur les probabilités du possible virtuel en devenir. Il faut noter en passant l’analogie avec les probabilités mathématiques des théories quantiques. Il est inconcevable, pour Sartre, d’être entièrement dépourvu de potentialités, car il faudrait alors être un pur présent. En outre, les possibles de chacun ont à se possibiliser, parce qu’ils sont rongés du dedans par la liberté. C’est-à-dire que, quel que soit mon possible, son contraire est également possible. Ces potentialités, Sartre les appelle probabilités. Comme les possibles se possibilisent, ainsi les probables se probabilisent. Ces potentialités ou probabilités sont le sens de l’être et par-delà l’être, de l’être néantisé – l’analogue du non-être absolu – parce qu’elles sont en-soi par-delà l’être, et sont des riens. Toute réalité matérielle, pour Sartre serait une négation hypostasiée, réifiée, c’est-à-dire précisément qu’elle est un rien, elle appartient au manchon de néant qui entoure et détermine le monde. Ici encore, selon les souvenirs de la lecture de Sartre retenus par mes personnages, la connaissance n’ajoute ni ne retranche rien à l’être, elle ne le pare d’aucune qualité nouvelle. Elle fait qu’il y ait de l’être en le dépassant vers un néant qui entretient avec lui que des rapports négatifs d’extériorité. Sartre, au meilleur de leurs mémoires combinées, ne manque pas de faire ici le parallèle avec la connaissance scientifique des scientistes modernes se prétendant absolue et dogmatique.

Sartre, selon une interprétation de ses thèses, est sans équivoque sur la réalité de l’ÊTRE global. Pour atteindre l’être profond, il faut dépasser la surface et les qualités apparentes de cet être fondamental. Seul un effort métaphysique peut permettre d’échapper aux apparences du réel observé par les sens et la perception phénoménale et rejoindre l’être profond substantiel en perçant le manchon de néant des apparences de surface. Les Grecs de l’antiquité avaient ainsi coutume de distinguer la réalité cosmique de la totalité constituée par celle-ci et par le vide infini qui l’entourait. En se référant à cette philosophie grecque, une question se posait pour Sartre. Qu’allait-il appeler réel, à quoi attribuerait-il l’ÊTRE TOTAL ? Au cosmos total ou à l’apparence superficielle de la seule réalité observée par les 5 sens et Hubble avec son manchon de néant ? Sartre aurait répondu catégoriquement que L’ÊTRE TOTAL doit être le seul à considérer comme constitué par l’organisation synthétique de la réalité concrète observée et répondant à ce qui est exigé d’un existent réel pour le considérer comme une TOTALITÉ. En disant que la diversité de ses structures doit être retenue en une synthèse unitaire, Sartre rejoint le grand rêve unificateur des scientifiques qui recherchent la TOE Theory of everything des anglo-saxons – explicative des 4 forces physiques réunies. Mais ce faisant, Sartre aurait ajouté une condition additionnelle pour qualifier le Cosmos réel de TOTALITÉ. Celle-ci doit posséder en elle-même l’explication de son fondement existentiel, c’est-à-dire qu’elle doit être cause nécessaire et suffisante de son être, soit pour les philosophes être l’ens causa sui. Cette condition d’être sa propre cause est essentielle à toute théorie exhaustive pour obtenir ses lettres de créance, selon l’interprétation de Sartre par mes personnages fictifs. Pour Sartre, selon eux, la totalité de l’être ne peut naître de son néant. Certes, la seule appréhension du monde comme totalité fait apparaître du côté du monde un néant qui soutient et encadre cette totalité. Ce néant Sartrien déterminerait la totalité comme telle en tant que le rien absolu est laissé en dehors de la totalité : pour cela la totalisation n’ajoute rien à l’être puisqu’elle est seulement le résultat de l’apparition du néant comme limite de l’être. Mais, aurait rajouté Sartre, ce néant n’est rien, sinon la réalité humaine se saisissant elle-même comme exclue de l’être et perpétuellement par-delà l’être, en commerce avec le rien se dévoilant en tant que possibilité d’être comme monde. L’être doit se dévoiler comme totalité inachevée des négations. Qu’on la considère comme totalité ou comme non-totalité, au sens de Sartre, une structure négative partielle doit paraître sur le fond des négations indifférenciées.

Puisque la science physique ne peut donner aucune explication de l’existence de la singularité présupposée à l’origine du big bang, le recours à des théories philosophiques ou métaphysiques devient inévitable pour expliquer logiquement l’existence du Cosmos global observé. D’autant plus que le Cosmos ne peut être ontologiquement autosuffisant. Un autre argument à invoquer est que, si le Cosmos a pris son origine avec et dans le temps mesuré et calculé en années-lumière, le Cosmos devrait être posé par hypothèse comme intemporel ou éternel, n’ayant pu naître à l’existence à l’intérieur d’un temps non encore commencé. Autrement dit, quand le supposé big bang serait survenu il y aurait des dizaines de milliards d’années, le temps imaginé devait avoir déjà commencé d’exister pour que les scientistes puissent lui fixer un point de commencement cosmique et le mesurer sous forme d’un temps se déroulant linéairement dans son évolution historique subséquente ! La théorie du cosmos prenant son origine dans le temps devrait être rejetée logiquement si le Cosmos global doit être considéré comme autosuffisant et cause de son existence. Cette théorie devrait expliciter l’existence de la singularité initiale du Cosmos pré-big-bang qui est supposée en fixer le début dans un point réel de commencement historique absolu.

Un autre argument, selon mes astronautes fictifs dans mon livre de science-fiction, pouvait être tiré de l’évolution réelle du Cosmos. Certains scientistes se sont amusés à imaginer la possibilité de voyages dans le passé en émettant l’hypothèse d’un temps imaginaire fictif pour construire des équations mathématiques. Il reste que le sens commun n’a pu, lui, imaginer la réalité concrète qu’irréversible et indéterminée à chaque instant présent. La flèche du temps s’applique à tout système fermé. Le second principe de la thermodynamique va dans le même sens. L’entropie indique la quantité de désordre qui doit rester constante ou augmenter irréversiblement. Le libre choix des humains n’est pas prévisible par aucune loi physique. Le devenir de la condition humaine reste en grande partie indéterminé. L’humain ne peut à la fois et simultanément être observateur de ses actions à venir et agent actif de celles-ci. Les systèmes clos conçus en philosophie ne peuvent être que partiellement déterminés. Ils ne peuvent être topologiquement généralisés à tout le Cosmos, même sous le déguisement de formules mathématiques abstraites. Pour pouvoir décrire le Cosmos global dans toute son évolution passée et à venir, tout observateur devrait pouvoir s’exclure de l’Univers qu’il décrit. Et si cet observateur prétend que son monde décrit par observation directe inclut le COSMOS EN TOTALITÉ autant passé qu’à venir, le devenir devrait y être inclus. Alors comment prétendre décrire un événement qui n’est pas encore arrivé ? Autrement dit, comme l’a d’ailleurs écrit Paul Ricœur à la page 270 d’un autre de ses livres Du texte à l’action, « le faire fait que la réalité n’est pas totalisable ». Globalement, ceci reste vrai à moins de recourir à des concepts métaphysiques comme celui d’une cause finale ou d’un but eschatologique, soit individuel ou universel. Toute théorie qui se voudrait être une EXPLICATION GLOBALE de tout ce qui est et de ce qui sera doit inclure de tels concepts pour avoir la moindre crédibilité globale pour tout existant concret.

Même si le Cosmos Global était réellement limité au système solaire, il ne peut être l’absolu qui possède en lui-même la source fondamentale de son être. Mes acteurs fictifs s’étaient donc mis à penser qu’il faudrait alors admettre qu’il doit nécessairement avoir été créé par l’action d’une ENTITÉ ABSOLUE QUELCONQUE qui, elle, doit posséder l’explication de son existence en ELLE-MÊME de façon absolue. Il fallait aussi qu’ELLE possède à la perfection en ELLE-MÊME toutes les qualités d’un absolu, et ceci de façon indivisée dans son être interne qui, au surplus ne peut avoir d’extérieur qui la rendrait relative – c’est-à-dire qui obligerait cet Absolu à avoir des relations quelconques avec un extérieur qu’elle n’engloberait pas, donc qui ne serait plus absolue. De plus, il ne peut rien exister de concevable à l’extérieur d’un absolu, ni néant ni vide y compris un vide habité par des paires de particule-antiparticule au sens quantique. À tout le moins, un tel absolu devrait posséder toutes les qualités imaginables à la perfection absolue. Comme l’omniscience de TOUT sans exception, la Volonté parfaite de tout accomplir ses désirs instantanément sans retard ni délai de temps ou d’espace de séparation. Et aussi, un absolu devrait avoir la PUISSANCE ou l’énergie nécessaire pour ce faire. Et comme il ne pourrait exister rien d’autre en dehors de LUI-MÊME, IL n’aurait pu concevoir rien d’autre en dehors de LUI-MÊME. Une telle ENTITÉ ABSOLUE ne pourrait désirer créer ou faire exister qu’un objet à son image et à sa ressemblance – ça sonne un peu biblique ! Et comme un tel ABSOLU global posséderait sûrement la liberté ABSOLUE, théorique et pratique au sens Kantien, cette LIBERTÉ ABSOLUE ne pourrait être autre qu’une liberté effective, au sens de Paul Ricœur tel qu’il le dit à la page 409 de Conflit des Interprétations en visant la liberté nouménale, au sens kantien :

La liberté est en effet le véritable pivot de la doctrine des postulats < kantiens > : les deux autres en sont en quelque sorte le complément ou l’explicitation. On peut s’étonner que la liberté soit postulée par la dialectique, alors qu’elle est déjà impliquée par le devoir et qu’elle a été formulée comme autonomie dans le cadre de l’Analytique de la Raison pratique. Mais la liberté ainsi postulée n’est pas la même que la liberté analytiquement prouvée par le devoir. La liberté postulée, c’est celle que nous recherchons ici ; elle a un rapport étroit avec l’espérance, comme nous allons voir. Que dit Kant de la liberté, en tant qu’objet du postulat de la raison pratique ? Il l’appelle « la liberté considérée positivement (comme causalité d’un être, en tant qu’il appartient au monde intelligible) » (ibid., p. 142). Deux traits caractérisent cette liberté postulée. D’abord, c’est une liberté effective, une liberté qui peut, celle qui convient à « ce vouloir parfait d’un être raisonnable qui aurait en même temps la toute-puissance ». Une liberté qui peut être volonté bonne. C’est donc une liberté qui a de la « réalité objective » ; alors que la raison théorique n’en avait

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Ce que les gens pensent de Confrontation Bergson vs Einstein. L'espace et le temps reconscientisés

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