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Dans l'univers des contes interdits - Henry: Le garçon homard

Dans l'univers des contes interdits - Henry: Le garçon homard

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Dans l'univers des contes interdits - Henry: Le garçon homard

Longueur:
194 pages
3 heures
Sortie:
Sep 17, 2021
ISBN:
9782898190834
Format:
Livre

Description

Rescapé des fêtes foraines, Henry poursuit sa compagne de toujours, qu’il a pourtant vue disparaître dans les eaux glaciales du
fleuve Saint-Laurent.

~

Sa vie est devenue une longue errance. Et il continue, à travers ses pénibles malformations, de payer le prix de sa naissance.

~

Une piste le mène dans le village de Godbout, un endroit au calme apparent, mais nimbé d’un mystère aussi sombre que les bas-fonds océaniques qui le bordent.

~

Au fil des rencontres et des dangers, Henry découvrira certaines vérités qu’il aurait été préférable de ne jamais mettre à jour.


Laissez-vous happer par le récit captivant d’Henry, le garçon homard, et de ses déboires sur la Côte-Nord. Et si Angela, dans le Conte Interdit La petite sirène, n’était pas morte? Henry sera confronté à son pire ennemi, celui qu’il a évité toute sa vie, celui dont le regard triste le toise quotidiennement dans les reflets des miroirs…
Sortie:
Sep 17, 2021
ISBN:
9782898190834
Format:
Livre

À propos de l'auteur

Sylvain Johnson est originaire de Montréal. Il passera toutefois une partie de son enfance dans le village de Sainte-Thècle, en Mauricie. Il se retrouvera ensuite à Shawinigan pour y étudier en Arts et Lettres avant de retourner vivre dans la région métropolitaine. Il occupera des postes dans quelques clubs vidéo et salles de courriers avant de s’exiler aux États-Unis. Ses passions sont l’écriture, la lecture, la randonnée pédestre et le voyage sous presque toutes ses formes.


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Aperçu du livre

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Remerciements

Henry est un projet tout particulier. Pourquoi ? Parce qu’il n’aurait jamais dû voir le jour. Je me trouvais dans une période creuse. Je venais de terminer un manuscrit et n’avais tout simplement pas le désir de commencer le suivant. Parce que je déteste l’inertie, j’ai quand même décidé de m’installer à mon bureau pour écrire. N’importe quoi. Je ne voulais pas faire un roman, encore moins un texte publiable. Mon intention était de m’amuser.

Pour m’inspirer, j’ai laissé mon regard dériver vers ma bibliothèque. Je suis tombé sur le livre La petite sirène, de la série des Contes Interdits. Et là, sans trop savoir pourquoi, j’ai décidé de commencer à pondre l’histoire d’Henry, le personnage du garçon homard. Une idée farfelue. Quelques semaines plus tard, je me retrouvais avec un manuscrit complet. Une lecture des pages du texte me permettait d’admettre qu’il s’agissait d’un bon récit.

Je venais de terminer un roman qui ne serait jamais publié.

Qu’en faire ?

Après délibération, j’ai choisi de l’envoyer à Simon Rousseau, mon éditeur et le patron des Contes Interdits. Je savais que le manuscrit n’avait aucune chance de trouver une place dans le catalogue d’ADA. Mais quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que Simon jonglait déjà avec la possibilité d’un tel projet !

Dans l’univers des Contes Interdits…

Son idée était un collectif où les auteurs et auteures relateraient l’histoire de certains personnages secondaires de leurs contes. Quelle joie ! J’avais devancé les intentions de mon éditeur.

Henry, simple brouillon pour me redonner le goût d’écrire, se transformait en véritable roman. Ce personnage tant aimé de ma Petite sirène devenait le héros d’un bouquin à lui tout seul.

Henry n’aurait jamais vu le jour sans mon blocage. Tout comme il n’aurait jamais été pondu sans l’apport important de Mars Turcotte. Voici la question qu’il m’a posée lors d’un évènement sur le groupe Facebook Les lecteurs de romans « Noir/Horreur/Policier » :

« Dans La petite sirène, vous mentionnez qu’Angie est capable de respirer sous l’eau lorsque le patron de la fête foraine tente de la noyer. Peut-on présumer qu’Angie a survécu à tous ses malheurs et se soit transformée en vraie sirène ? »

Ce détail m’avait complètement échappé.

Merci, Mars Turcotte et Dave Lajeunesse, de m’avoir envoyé cette question.

Le livre fut aussi possible grâce à Simon Rousseau, grand gourou des Contes Interdits, éditeur et ami. Sa passion pour ce projet est contagieuse, et il m’a donné une chance extraordinaire le jour où il m’a contacté pour faire partie du collectif. Merci, Simon, tu es un visionnaire. Et tu sais que je vais continuer à t’achaler avec mes idées de romans. C’est plus fort que moi ! Après tout, tu es dans mon top 10.

Un gros merci à toute l’équipe d’ADA. De Mathieu C. Dandurand pour la couverture à Catherine Bélisle pour la mise en page. Sans oublier Simon Rousseau pour la révision éditoriale et Marie Laporte pour la révision linguistique. Merci, François et Nycolas Doucet, Matthieu Fortin, Samuel Doucet, Marianne Deshaies, Chantal Lacasse, Louis Lachance.

Je veux aussi prendre le temps de remercier mon ami d’enfance, Louis Rompré, pour ses conseils sur les navires.

Merci au premier lecteur d’Henry, l’écrivain Elie Hanson, pour ses commentaires.

Godbout est une vraie ville, située sur la Côte-Nord. J’ai contacté les dirigeants de la municipalité et je dois remercier Ketty Thériault pour la carte qu’elle m’a offerte. Je tiens à préciser que les personnages ne sont pas inspirés de vrais habitants. J’espère un jour visiter Godbout ! Qui sait ? on va peut-être y ériger une statue d’Henry…

Impossible d’aller plus loin sans remercier ma femme, Mélissa. Sans elle, mes romans seraient les élucubrations d’un auteur fou au lieu d’être des histoires passionnées. Elle est ma muse, ma motivation, le cerveau derrière toute l’opération. Ce n’est pas toujours facile de cohabiter avec un conjoint écrivain, du moins ceux qui sont comme moi. Elle est phénoménale et me soutient depuis plusieurs années.

Merci à mon fils, qui surmonte les défis que la vie lui a donnés avec un courage, une joie de vivre et un rire tonitruant qui m’étonnent chaque jour. Merci de chanter et de danser dans le salon, de courir avec moi, de me faire rire, d’être un enfant extraordinaire. Tu es mon petit trésor.

Et il ne faut pas oublier les lecteurs et les lectrices. C’est vous qui faites de nos romans des réalités. J’apprécie vos commentaires, vos critiques, vos interventions durant nos lives Facebook et vos visites aux salons du livre.

Amusez-vous bien avec Henry ! On peut dire qu’il est un vrai pince-sans-rire…

Prologue

Je suis un monstre de foire. Un être d’une laideur à faire pleurer les enfants. On m’a humilié, violenté, insulté, battu et violé. La douleur, je connais depuis longtemps.

On m’appelle Henry, le garçon homard, et je suis une horreur.

Je me suis libéré du joug des cirques ambulants pour découvrir que, partout ailleurs, les victimes abondent et les bourreaux restent impunis. Voilà le lot de notre humanité dégénérée. C’est ce qui m’a motivé à poursuivre ma quête de liberté, ce qui m’a forcé à lutter contre les oppresseurs.

Aux yeux de la population, nous sommes de véritables bêtes de foire. Un groupe de mutants tout juste bons à être exposés sous une tente. Pour que nos handicaps soient célébrés en tant qu’attractions financièrement profitables pour notre propriétaire cruel et alcoolique. Les gens paient pour voir nos difformités, pour nous insulter, pour se valoriser en constatant à quel point leur vie aurait pu être pire.

Je suis né et j’ai grandi dans cet univers de forains, passant d’une ville à l’autre, visitant les quatre coins du pays. Nous avons été chassés par la police, qui nous considérait comme des criminels ; par les fanatiques religieux, qui nous croyaient membres d’un culte démoniaque. Nous avons été adulés par les curieux et les avares de l’extraordinaire. Nous n’avons laissé personne indifférent.

Mon départ de cette existence anormale s’est fait dans le chaos, la mort et la souffrance.

Je roule ma bosse seul à travers le Québec depuis maintenant un an. J’ai perdu l’amour de ma vie. Nous avons grandi ensemble sous les chapiteaux, été élevés pour attirer les clients et vendre des billets. Elle la sirène, et moi le garçon homard¹. La beauté et le petit grassouillet. Je lui ai tenu la main durant toutes ces années, voulant la protéger, la désirant en secret. Elle ne voyait en moi qu’un simple frère. Nous nous sommes enfuis, nous avons été pourchassés, et la perdre fut la plus horrible des tragédies.

Pire que les coups et la souffrance quotidienne.

Elle me manque tant !

Je traverse la province dans l’anonymat le plus complet, tel un sans-abri. Un vagabond invisible à la masse débile trop occupée à propager un capitalisme illusoire. Je suis la preuve que même les monstres peuvent faire le bien. Car voilà la mission dont je me suis aujourd’hui investi : aider les gens dans le besoin, protéger les plus faibles, et surtout, libérer toute la haine que j’ai accumulée depuis ma naissance. M’éloigner de tous ces moments où le petit garçon silencieux a subi des atrocités sans réagir, sans se défendre. Ne plus pleurer, supplier ou me plaindre. En fait, j’ai même pris goût à la violence, puisque je suis doué pour briser, lacérer, percuter et faire plier. Cela ne me la ramènera pas. Les coupables sont morts. Mais cela me permet de me défouler.

Pour certains, je ne suis qu’une ombre. Pour d’autres, qu’une masse véloce qui les ravage sans merci, qui les punit à la mesure de leurs crimes. Se trouver sur mon chemin, c’est faire une rencontre précipitée avec la mort.

Vous m’avez peut-être déjà vu sans le savoir au coin de la rue, dans l’autobus, à l’épicerie. Je suis ce pauvre bougre encapuchonné et puant qui parle tout seul, cette ombre qui glisse dans les ténèbres pour y disparaître la nuit venue.

Ma vie est devenue une errance sans fin. La perspective de me perdre à tout jamais dans la folie de ma mission ne m’affecte plus. Je sais qu’un jour je trouverai plus fort que moi, que mon corps troué de balles, abandonné dans une benne au fond d’une allée sombre, sera découvert un matin par des éboueurs. J’en suis persuadé.

La vie nous réserve toutefois souvent des surprises, bonnes ou mauvaises. Beaucoup de gens parlent de ce Dieu qui voit et entend tout, même les plaintes des enfants qui souffrent, sans réagir pour les protéger. Quelle lâcheté ! Pourquoi s’agenouiller devant une telle divinité ? Pourquoi la considérer avec autant de respect ?

Les hommes m’étonneront toujours. Particulièrement lorsqu’ils me paient un dollar pour me demander d’agiter mes pinces. Car c’est mon handicap. Je suis né avec des mains aux extrémités fusionnées ; résultat, elles ont l’apparence de pinces de homard. Le reste de mon corps est normal. Du moins, l’était. J’ai en effet survécu à l’immersion forcée dans une large cuve d’eau bouillante par des brutes. Cette mésaventure a laissé des marques permanentes. Je suis vraiment… repoussant.

Je m’égare. Mon histoire brutale et difficile n’est pas à confondre avec un bouquin pour enfants. À moins d’être complètement débile.

Je n’ai jamais eu peur de la mort. Je me demande parfois si elle me permet de poursuivre mon parcours parce qu’elle me craint. Ou alors parce que je la répugne, comme pour les autres.

Si je continue à vivre, si je sillonne inlassablement la province, c’est parce que j’ai compris quelque chose.

J’ai vu l’amour de ma vie être engloutie dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Je l’ai crue morte noyée et me suis éloigné avec peine et résignation. Je suis parti.

Je l’ai abandonnée tel un lâche.

Quelle terrible erreur…

1. Lire La petite sirène, des Contes Interdits.

PREMIÈRE PARTIE

ESPOIR SUR LA CÔTE-NORD

1

2019.

Bonne-Espérance, Québec.

Henry marchait lentement, le long d’un sentier escarpé. Ses pieds raclaient la terre battue et les nombreux cailloux qui jonchaient le tracé sinueux qui grimpait sur une bonne trentaine de mètres. Il longeait le fleuve Saint-Laurent à sa droite, tandis qu’à sa gauche s’étendait une série de champs au relief ondulant, d’une verdure éclatante. Quelques résidences dispersées accrochaient son regard. Des îlots d’humanité où ne vivait personne. Il faisait chaud, près de vingt degrés, mais le vent qui soufflait du large apportait un certain répit, évitait à Henry de suer abondamment. Le garçon homard appréciait l’odeur saline vivifiante, le cri des nombreux oiseaux qui virevoltaient autour de lui, attirés par la perspective de nourriture. La beauté du paysage était à couper le souffle.

Le soleil se reflétait sur le fleuve et amorçait lentement sa descente, abandonnant son zénith pour un repos bien mérité. Au loin, dans les champs, des fleurs ajoutaient une touche de couleur et de brillance. Henry en profita pour faire mentalement le décompte des résidences croisées. Elles se ressemblaient toutes, petites et délabrées, souvent avec du matériel de pêche visible dans les entrées ou éparpillé sur les terrains.

Un pêcheur maussade rencontré le long d’un quai lui avait indiqué où se rendre. L’individu l’avait longuement dévisagé avant de cracher son tabac mâché à ses pieds. Il s’agissait d’un homme usé par la vie. Un homme dont l’existence dépendait du filet remonté des eaux : une abondante récolte promettait la fortune ; le vide, la misère.

Ce n’était pas la première visite d’Henry sur la Côte-Nord. Ses passages précédents s’étaient faits dans une roulotte, sous un chapiteau où on l’acclamait et l’insultait. Aujourd’hui, libre comme l’air, il emplissait ses poumons avec joie, s’étirait et savourait la brûlure de ses muscles créée par la longue marche. La chaleur du soleil se répandait incessamment sur sa peau ravagée.

La pente s’estompait enfin pour donner sur une petite déclivité qui tendait vers le rivage. C’est là qu’Henry aperçut la sixième maison, celle qu’il recherchait. Il s’en approcha avec prudence. Le sentier s’arrêtait tout juste devant l’entrée de cour en gravier, où la mauvaise herbe proliférait. La résidence elle-même n’avait rien d’exceptionnel. Elle ressemblait à toutes celles entrevues le long de la côte, bafouées par la météo souvent déchaînée ; la peinture des façades ne résistait pas à l’érosion saline et le bois pourrissait, semblait se désagréger avec le temps. Henry nota l’absence de voiture, quelques fenêtres placardées et une toiture en grand besoin de réparations. Le vent soulevait des bardeaux et en avait arraché plusieurs.

Le perron de la résidence se trouvait du côté opposé au fleuve. Il faisait face à l’intérieur des terres. La pelouse du terrain était haute, lui arrivait au-dessus des genoux. Un large panneau reposait face au sol, impossible de voir ce qu’il affichait. À côté, une petite pancarte indiquait que la propriété était à vendre. La présence d’Henry dans cet endroit n’avait rien de hasardeux. Il la devait à une nuit esseulée dans une ruelle de Québec. Ainsi qu’à une grosse boîte remplie de journaux récupérée dans les déchets. Elle contenait des quotidiens d’un peu partout dans la province, certains jaunis par le temps, d’autres plus récents. On s’en était débarrassé. Plusieurs de ces pages lui servirent de couvertures pour une nuit. Le hasard ou la destinée mit entre ses mains une copie du Haute-Côte-Nord. Une image sur le document attira particulièrement son attention. Il lut l’article qui s’y rattachait. Un journaliste relatait l’histoire d’un groupe de jeunes hommes ayant acheté une vieille résidence le long de la côte. Des étrangers venus de la métropole. Ils se proclamaient fans d’une sirène fictive décédée dont ils voulaient conserver la mémoire. Leur histoire attira l’attention régionale à la suite d’une campagne d’autofinancement. Les amis avaient ramassé suffisamment d’argent pour acheter la maison délabrée où, prétendaient-ils, était née cette énigmatique créature. Leur intention était d’établir un lieu de pèlerinage. Ils étaient devenus la risée des habitants du coin et furent contraints, sous pression, de quitter le hameau. L’article mentionnait aussi un autre fait intéressant. Les jeunes prétendaient avoir retrouvé le docteur ayant mis la femme poisson au monde. Ils ne spécifiaient pas comment. Une photographie de la résidence et une description

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