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La Boulangerie de la Plage: Un Pain aux Raisins Mortel (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)
La Boulangerie de la Plage: Un Pain aux Raisins Mortel (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)
La Boulangerie de la Plage: Un Pain aux Raisins Mortel (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)
Livre électronique273 pages3 heures

La Boulangerie de la Plage: Un Pain aux Raisins Mortel (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)

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À propos de ce livre électronique

"Extrêmement divertissant. Cet ouvrage a sa place de choix dans la bibliothèque de tout lecteur amateur d’enquêtes savamment construites, riches en rebondissements, à la trame captivante. Vous serez conquis. L'ouvrage idéal par les froides journées d'hiver !"
--Books and Movie Reviews, Roberto Mattos (Meurtre au Manoir)

LA BOULANGERIE DE LA PLAGE : UN PAIN AUX RAISINS MORTEL est le 4ème tome de la toute nouvelle série policière jubilatoire - absolument charmante - de Fiona Grace. Son bestseller Meurtre au Manoir (Roman Policier de Lacey Doyle) compte déjà près de 200 commentaires cinq étoiles. Le Tome 1, CUPCAKE FATAL, ouvre la marche.

Allison Sweet, 34 ans, second de cuisine à Los Angeles, ne supporte plus les clients médisants, son patron exigeant, sa vie sentimentale ratée. Un incident la contraint à prendre un nouveau départ et réaliser son rêve : ouvrir sa boulangerie dans une petite ville.

Un conseiller municipal fait pression pour instaurer de nouvelles lois visant à taxer et mettre à l’amende les commerçants situés en front de mer, les saigner à blanc – la boutique florissante d'Allison est dans le collimateur.

Allison devient le suspect idéal lorsque le conseiller municipal est retrouvé mort. Totalement affolée, elle réalise que tous ses efforts risquent d’être balayés comme un fétu de paille si le crime n’est pas élucidé au plus vite.

Allison – aidée de son fidèle compagnon à quatre pattes - parviendra-t-elle à percer le mystère à temps ?

LA BOULANGERIE DE LA PLAGE : une série policière désopilante mêlant intrigues, rebondissements, romance, voyage, cuisine et aventures ; des heures de lecture hilarantes qui vous tiendront en haleine, craquez pour sa nouvelle protagoniste.

Tomes 5 (TARTE TOXIQUE) et 6 (COOKIE FUNESTE) déjà disponibles !
LangueFrançais
ÉditeurFiona Grace
Date de sortie5 nov. 2021
ISBN9781094345055
La Boulangerie de la Plage: Un Pain aux Raisins Mortel (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)
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    Aperçu du livre

    La Boulangerie de la Plage - Fiona Grace

    cover.jpg

    LA BOULANGERIE DE LA PLAGE :

    UN PAIN AUX RAISINS MORTEL

    (Série policière cosy La Boulangerie de la Plage – Tome 4)

    FIONA GRACE

    Fiona Grace

    Fiona Grace est la nouvelle autrice des séries policières cosy LACEY DOYLE, qui comprend neuf livres; ROMAN À SUSPENSE EN VIGNOBLE TOSCAN, qui comprend sept livres; UN COSY MYSTERY D’UNE SORCIÈRE DOUTEUSE, qui comprend trois livres ; LA BOULANGERIE DE LA PLAGE, qui comprend six livres; et UN COZY MYSTERY AVEC CHATS ET CHIENS, qui comprend neuf livres.

    Fiona aimerait avoir de vos nouvelles, alors rendez-vous sur www.fionagraceauthor.com pour recevoir des ebooks gratuits, connaître les dernières nouvelles et rester en contact.

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    Copyright © 2021 par Fiona Grace. Tous droits réservés. Sauf dans la mesure permise par la loi américaine sur le droit d’auteur de 1976, aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, ni stockée dans une base de données ou un système d’extraction, sans l’autorisation préalable de l’auteur. Ce livre électronique est réservé à votre profit personnel uniquement. Il ne peut être revendu ou donné à d’autres personnes. Si vous souhaitez partager ce livre avec une autre personne, veuillez acheter un exemplaire supplémentaire pour chaque destinataire. Si vous lisez ce livre sans l’avoir acheté, ou s’il n’a pas été acheté pour votre usage personnel, veuillez le retourner et acheter votre propre exemplaire. Nous vous remercions de respecter le travail de cet auteur. Il s’agit d’une œuvre de fiction. Les noms, personnages, entreprises, organisations, lieux, événements et péripéties sont soit le produit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictionnelle. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou mortes, est entièrement fortuite. Illustration de couverture © Piyawat Nandeenopparit, utilisée sous licence de Shutterstock.com.

    PAR FIONA GRACE

    UN COZY MYSTERY AVEC CHATS ET CHIENS

    UNE VILLA EN SICILE : MEURTRE ET HUILE D’OLIVE (Tome 1)

    UNE VILLA EN SICILE : DES FIGUES ET UN CADAVRE (Tome 2)

    UNE VILLA EN SICILE : VIN ET MORT (Tome 3)

    UNE VILLA EN SICILE : CÂPRES ET CALAMITÉ (Tome 4)

    UNE VILLA EN SICILE : VENGEANCE ET ORANGERAIE (Tome 5)

    SÉRIE POLICIÈRE COSY LA BOULANGERIE DE LA PLAGE

    UN CUPCAKE FATAL (Tome 1)

    UN MACARON MEURTRIER (Tome 2)

    UN POP-CAKE DANGEREUX (Tome 3)

    UN PAIN AUX RAISINS MORTEL (Tome 4)

    UN ROMAN POLICIER ENSORCELÉ

    SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE MEURTRE (Tome 1)

    SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE CRIME (Tome 2)

    SCEPTIQUE À SALEM : UN ÉPISODE DE MORT (Tome 3)

    LES ROMANS POLICIERS DE LACEY DOYLE

    MEURTRE AU MANOIR (Tome 1)

    LA MORT ET LE CHIEN (Tome 2)

    CRIME AU CAFÉ (Tome 3)

    UNE VISITE CONTRARIANTE (Tome 4)

    TUÉ PAR UN BAISER (Tome 5)

    RUINE PAR UNE PEINTURE (Tome 6)

    RÉDUIT AU SILENCE PAR UN SORT (Tome 7)

    PIÉGÉE PAR UN FAUX (Tome 8)

    CATASTROPHE DANS UN CLOÎTRE (Tome 9)

    ROMAN À SUSPENSE EN VIGNOBLE TOSCAN

    MÛR POUR LE MEURTRE (Tome 1)

    MÛR POUR LA MORT (Tome 2)

    MÛR POUR LA PAGAILLE (Tome 3)

    MÛR POUR LA SÉDUCTION (Tome 4)

    MÛR POUR LA VENGEANCE (Tome 5)

    MÛR POUR L’AMERTUME (Tome 6)

    MÛR POUR LA MALVEILLANCE (Tome 7)

    SOMMAIRE

    CHAPITRE PREMIER

    CHAPITRE DEUX

    CHAPITRE TROIS

    CHAPITRE QUATRE

    CHAPITRE CINQ

    CHAPITRE SIX

    CHAPITRE SEPT

    CHAPITRE HUIT

    CHAPITRE NEUF

    CHAPITRE DIX

    CHAPITRE ONZE

    CHAPITRE DOUZE

    CHAPITRE TREIZE

    CHAPITRE QUATORZE

    CHAPITRE QUINZE

    CHAPITRE SEIZE

    CHAPITRE DIX-SEPT

    CHAPITRE DIX-HUIT

    CHAPITRE DIX-NEUF

    CHAPITRE VINGT

    CHAPITRE VINGT-ET-UN

    CHAPITRE VINGT-DEUX

    CHAPITRE VINGT-TROIS

    CHAPITRE VINGT-QUATRE

    CHAPITRE VINGT-CINQ

    CHAPITRE VINGT-SIX

    CHAPITRE VINGT-SEPT

    CHAPITRE VINGT-HUIT

    CHAPITRE VINGT-NEUF

    ÉPILOGUE

    CHAPITRE PREMIER

    — Ali ! appela Piper à travers les grandes portes en acier de la cuisine de la boulangerie. On n’a plus de cookies aux pépites de chocolat !

    — Une fournée de cookies aux pépites de chocolat arrive tout de suite ! cria Ali en retour.

    Elle lâcha aussitôt le bol de glaçage pour cupcakes qu’elle était en train de mixer et glissa à travers la cuisine jusqu’au poste de fabrication des cookies.

    Elle maîtrisait la chose à la perfection. Telle une pieuvre à huit tentacules, elle attrapa tous les ingrédients sur les étagères et les disposa sur le plan de travail en acier. Puis, balançant son épaisse et longue tresse blonde derrière son épaule, elle s’attela à préparer la nouvelle fournée.

    C’était une journée chargée dans la boulangerie d’Allison Sweet, Desserts de la Mer. Depuis qu’elle avait lancé sa nouvelle ligne de produits – une gamme de cookies –, les journées chargées étaient devenues la norme. Les cookies étaient plébiscités par les habitants et les touristes de la promenade de Willow Bay, et Ali et son assistante Piper étaient plus occupées que jamais.

    À travers les portes donnant dans la boutique, Ali percevait le brouhaha des clients. D’après le bruit, la boulangerie devait être bondée. Elle souriait avec fierté tout en travaillant.

    La croissance de son commerce avait boosté l’ambition d’Ali. Elle avait déjà élaboré un plan pour la prochaine entreprise de la boulangerie – des pains aux raisins – et n’attendait qu’une accalmie pour en faire part à Piper. Mais cette accalmie ne semblait jamais arriver.

    La sonnerie stridente du téléphone du magasin lui vrilla les oreilles. Une seconde plus tard, elle entendit Piper crier :

    — C’est Teddy !

    Au nom de son frère, le cœur d’Ali s’échauffa aussitôt. Son grand frère, acteur en herbe, n’était pas seulement son meilleur ami, mais aussi sa figure paternelle de substitution, ayant assumé le rôle d’homme de la maison dès que leur père Richard les avait abandonnés.

    Mais sitôt qu’Ali réalisa que Teddy l’avait appelée sur le téléphone de la boutique au lieu de son portable, son bien-être vira à l’angoisse. Teddy n’était censé appeler à la boutique qu’en cas d’urgence. Quelque chose de grave avait dû se produire.

    Le cœur d’Ali s’emballa sous l’effet de la panique. Elle s’empressa d’essuyer ses mains farineuses sur son tablier et se précipita à travers les portes battantes jusqu’au comptoir, où sa jolie assistante blonde avait l’appareil coincé entre son oreille et son épaule.

    À la grande surprise d’Ali, Piper bavardait joyeusement au téléphone tout en tapant la commande d’une cliente sur la caisse enregistreuse. Il ne devait pas y avoir tant d’urgence que ça si Teddy et Piper papotaient gaiement, se dit Ali, qui se détendit aussitôt. Son frère comédien employait probablement le terme urgence de manière extensive. Il avait un certain flair pour les actions théâtrales, après tout.

    — Ça fera quinze dollars, s’il vous plaît, annonça Piper à la cliente quand Ali arriva près d’elle.

    Elle tendit la main vers le téléphone, que Piper lui passa tout en prenant l’argent de la cliente, puis les deux femmes tournèrent presque comme un ballet dans le petit espace derrière le comptoir pour que Piper puisse atteindre la caisse.

    — Tu peux finir les cookies ? lui demanda Ali, posant la main sur le haut-parleur du téléphone.

    — J’y vais, opina Piper.

    Elle referma le tiroir-caisse avec un cling, puis se glissa sous le câble torsadé du téléphone et s’éclipsa par les portes de la cuisine.

    La cliente qu’elle servait prit sa boîte de gâteaux et s’en alla. Elle fut remplacée par une jeune femme aux cheveux bruns brillants attachés en un chignon haut, qui s’approcha du comptoir.

    Ali ne voulait pas faire attendre au bout du fil son frère enclin au drame, mais servir sa cliente passait avant tout. Elle garda donc sa main sur le haut-parleur – ignorant la vision de son frère blond vénitien tapant du pied avec impatience qui apparut dans son esprit – et s’adressa à la femme :

    — Bienvenue à Desserts de la mer. Que désirez-vous ?

    — Deux cupcakes arc-en-ciel pour les enfants, s’il vous plaît, répondit la brune.

    Ali repéra alors deux fillettes à l’air timide, portant des robes roses assorties, qui se cachaient à moitié derrière la cliente. Elles étaient super mignonnes, et Ali leur sourit instinctivement.

    — Vous voulez des paillettes arc-en-ciel dessus ? leur demanda-t-elle directement.

    Elle préférait toujours interagir avec les enfants quand l’occasion se présentait. Elle se souvenait encore de cette bouffée de fierté et de triomphe qu’elle ressentait dans son enfance – souvent avec les encouragements patients de son père – lorsqu’on lui confiait la responsabilité de parler aux serveurs et aux employés. Elle voulait s’assurer que chaque enfant se sente aussi à l’aise que possible dans sa boulangerie.

    Cependant, ces deux filles avaient l’air extrêmement timides. Chacune se cramponnait à la ceinture du jean de la femme en jetant des regards de tous côtés.

    Mais celle-ci leur adressa un regard encourageant, et toutes deux firent un signe de tête timide à Ali.

    — Deux cupcakes arc-en-ciel avec des paillettes arc-en-ciel arrivent tout de suite ! confirma Ali avec un sourire amical.

    Servir aux enfants ses cupcakes spéciaux au glaçage arc-en-ciel était l’une des plus grandes joies de son travail. Elle aimait voir les sourires sur leurs visages et l’excitation dans leurs yeux quand on leur présentait leurs savoureux cupcakes.

    Elle cala le téléphone entre son épaule et son oreille et se mit au travail, déposant du glaçage arc-en-ciel sur la base du premier cupcake.

    Elle avait l’intention de servir la femme et ses filles d’abord et de s’occuper de Teddy ensuite, mais avec le téléphone contre son oreille, elle découvrit que son frère impatient parlait. Ou plutôt, il répétait encore et encore, d’un ton ennuyé et frustré :

    — Ali ? Ali-ali-ali-ali-ali ?

    — Oui, Teddy ? répondit Ali d’une voix étouffée, sans arrêter ce qu’elle faisait.

    — Ah ! Enfin ! lui cria son frère dans l’oreille. Mais qu’est-ce qui se passe ici ?

    — Eh bien, je suis occupée à tenir un commerce, déclara Ali calmement, sur le ton sec avec lequel Teddy et elle se parlaient souvent. Tu sais que tu as appelé sur le téléphone de la boutique, n’est-ce pas ?

    — Je n’avais pas le choix, répondit Teddy d’un ton hautain. Tu as ignoré mes appels.

    — Je ne les ai pas ignorés. (Ali essayait de négocier l’étalage du glaçage tout en gardant le téléphone en place entre son oreille et son épaule. C’était plus facile à dire qu’à faire.) Je les ai manqués. Parce que je suis au travail.

    — C’est une façon d’énoncer l’évidence, railla Teddy.

    Ail jeta un coup d’œil dans la boulangerie pour voir que chacune des tables en bois rustiques était occupée. Heureusement, il n’y avait pas de queue derrière la brune qui attendait au comptoir. Une fois qu’elle aurait servi la femme et ses adorables filles timides, elle pourrait accorder à Teddy toute l’attention qu’il quémandait.

    — Nounours, je peux te rappeler ? (Elle leva plus haut son épaule, le téléphone glissant de quelques millimètres.) Je suis juste en train de servir une cliente, après je serai libre.

    — Non ! Il m’a fallu dix tentatives pour te joindre ! Je refuse catégoriquement que Piper soit une sorte d’intermédiaire entre moi et ma sœur ! C’est une urgence !

    Ali leva les yeux au ciel. Elle adorait Teddy mais il faisait vraiment son cinéma parfois. Piper était son assistante, pas son intermédiaire, ce qui était une idée ridicule. Mais comme toujours, la tête de Teddy était fermement ancrée dans le monde d’Hollywood…

    — Tu sais, je ne m’attendrais pas à ce que tu me répondes si tu étais sur un tournage, siffla Ali d’un ton exaspéré.

    — Tu veux bien m’écouter ? lança Teddy avec insistance.

    Tandis qu’elle commençait à saupoudrer les paillettes scintillantes sur le glaçage, Ali jeta un regard furtif vers la cliente. Elle attendait patiemment avec ses filles et ne semblait pas agacée que l’attention d’Ali soit partagée.

    — Bon, lâcha-t-elle doucement dans le téléphone. Puisque je ne semble pas avoir le choix en la matière, qu’y a-t-il ? C’est quoi l’urgence ? Qu’est-ce qui est si important que tu as éprouvé le besoin de m’appeler plusieurs fois et de m’interrompre au travail ?

    L’irritation d’Ali fit trembler sa main et des paillettes arc-en-ciel tombèrent en cascade de la cuillère par terre. Pour la première fois, la femme au comptoir fronça les sourcils.

    Aussitôt Ali se sentit mal. Elle était en train de gâcher la commande à présent. Ne pas servir ses clients à la perfection n’était tout simplement pas envisageable. Chacun d’eux avait fait de la boulangerie de ses rêves un succès, et ils méritaient le meilleur. L’urgence de Teddy devrait attendre.

    Dans l’appareil contre son oreille, Ali entendit Teddy prendre une grande inspiration pour se préparer à un monologue. Mais avant qu’il ne se lance, elle posa le combiné sur le comptoir et recommença.

    Cette fois, elle étala le glaçage sur les cupcakes avec l’art d’un peintre sur sa toile, faisant tourbillonner des pics parfaits comme deux montagnes arc-en-ciel. Puis elle les saupoudra si joliment de sucre scintillant que les pics parurent couverts de neige irisée.

    Satisfaite, Ali se retourna et présenta les cupcakes sur le comptoir avec un grand sourire.

    — Ta da !

    Les yeux des deux fillettes s’écarquillèrent de joie à la vue des jolis cupcakes scintillants. La plus grande lâcha le jean de sa mère et tendit le bras avec empressement pour prendre le gâteau.

    — Waouh ! s’écria-t-elle d’une voix maintenant audacieuse et assurée.

    La cadette subit la même transformation instantanée que sa sœur. Toute trace de timidité fondit en un instant et elle s’élança de derrière la protection de sa mère pour attraper l’autre cupcake.

    — Regarde Amber ! glapit-elle à sa sœur avec excitation. Ils brillent !

    — Amber ? demanda Ali en souriant à l’aînée. C’est ton nom ?

    Bien que le regard de la fillette soit totalement fixé sur son cupcake, elle acquiesça :

    — Moi c’est Amber. Elle, c’est Georgia.

    — Ma maman s’appelle Georgia aussi, dit Ali.

    Elle se rappela avec une pointe d’angoisse que sa mère devait visiter sa boulangerie pour la première fois ce week-end. Ces deux jours risquaient d’être très tendus et stressants. Georgia Sweet avait bien fait savoir qu’elle désapprouvait le rêve d’Ali d’ouvrir une pâtisserie. Elle aurait préféré que sa fille continue à travailler à Éclair, ce restaurant chic et guindé, à subir des clients grossiers et un patron au bord de la crise de nerfs.

    — Qu’est-ce qu’on dit ? demanda leur mère aux fillettes.

    — Merci ! répondirent-elles à l’unisson d’une voix chantante.

    Avec un grand sourire reconnaissant, la femme tendit un billet de dix dollars par-dessus le comptoir.

    Ali le prit et se dirigea vers la vieille caisse enregistreuse cliquetante. Elle tapa la vente – les boutons étaient raides sous ses doigts – et le tiroir s’ouvrit avec un claquement sec. Elle y récupéra la monnaie et retourna vers la femme.

    — Merci ! s’écria celle-ci en prenant sa monnaie.

    — À bientôt ! répondit Ali.

    Elle leur fit au revoir de la main, et les filles firent de même. Puis elles se retournèrent et quittèrent la boulangerie.

    Une famille adorable, songea Ali en les regardant sortir par la porte vitrée sur la promenade ensoleillée de Willow Bay.

    Soudain, elle se rappela que Teddy attendait toujours au bout du fil, et ramassa vivement le téléphone. En le portant à son oreille, elle entendit la voix de son frère :

    — Ali ? disait-il. Ali ? Tu vas bien ? Tu t’es évanouie ? Tu es là ? Dois-je appeler une ambulance ? Ali ? Ali ?

    — Je vais bien ! le coupa-t-elle. J’étais en train de servir un client. Qu’est-ce que tu as dit ?

    — Tu veux dire que tu ne m’écoutais même pas ? s’écria Teddy d’un ton incrédule.

    — Je suis désolée ! Je t’écoute maintenant. Qu’est-ce qui se passe ?

    Tout en entendant Teddy prendre une profonde inspiration dans son oreille, elle remarqua que le tiroir de la vieille caisse ne s’était pas fermé correctement. Elle s’en approcha et le repoussa avec sa hanche, tandis que les mots fermes et bien pesés de Teddy parvenaient à son oreille :

    — Je crois que j’ai trouvé papa.

    Tout à coup, le monde devint silencieux.

    Le bavardage des clients dans la boutique et tout le brouhaha autour d’elle s’évanouirent. Le tiroir-caisse qu’elle était en train de pousser se ferma avec un ding qui résonna aussi fort qu’un gong dans l’esprit d’Ali.

    Tout à coup, plus rien ne semblait réel. Même le carrelage en damier vert menthe sous les pieds d’Ali se mit à tournoyer.

    — T-tu… balbutia-t-elle en serrant le téléphone plus fort. Excuse-moi, qu’est-ce que tu as dit ?

    — Je crois que j’ai trouvé papa.

    Le téléphone dans la main d’Ali devint glissant avec la sueur. Elle le tenait maintenant si fort que ses jointures avaient blanchi. Elle agrippa comptoir pour se stabiliser, sentant soudain ses jambes se dérober sous elle.

    — Excusez-moi ! roucoula une voix. Puis-je avoir un café filtre noir, s’il vous plaît ?

    Ali jeta un coup d’œil par-dessus son épaule et vit un homme en costume gris qui attendait au comptoir. Elle était tellement absorbée par l’instant qu’elle n’avait même pas entendu tinter la cloche au-dessus de la porte, ni vu l’homme s’approcher. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler où elle était et ce qu’elle était censée faire.

    — Désolée. Oui. Bien sûr, marmonna-t-elle à l’homme d’une voix stupéfaite.

    Elle se tourna vers la machine à café et attrapa la cafetière en verre remplie de café.

    — Ali ? lui parvint la voix de Teddy à l’oreille. Ali ? Tu es toujours là ?

    — Oui, proféra-t-elle en versant le café dans une tasse. (Elle retourna au comptoir et le posa sans cérémonie devant le client.) À bientôt, dit-elle machinalement.

    — Vous ne me faites pas payer ? s’étonna l’homme avec un sourire en coin. (Mais son expression devint soudain inquiète.) Vous allez bien ? Vous êtes toute pâle.

    — Je… je viens de recevoir des nouvelles, répondit-elle de la même voix hébétée façon zombie.

    L’homme lui rendit un regard compréhensif, et il hocha stoïquement la tête en lui tendant de l’argent, avant de s’éloigner avec son café.

    Ali baissa les yeux sur les pièces dans sa main. Qui tremblait.

    — Teddy ? lança-t-elle dans le téléphone. Dis-le encore une fois…

    Teddy parla d’une voix calme, mûrement réfléchie :

    — Ali, j’ai trouvé notre papa.

    CHAPITRE DEUX

    Le mot papa tournait en boucle dans la tête d’Ali.

    — Tu es sûr ? demanda-t-elle d’une petite voix, enfantine et timide.

    Elle agrippait le téléphone si fort que ses doigts étaient devenus blancs.

    — Je suis sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, lui répondit son frère.

    Ali se cramponna au comptoir de sa main libre pour s’empêcher de tomber sous le choc. Non seulement à cause de ce que disait Teddy, mais du fait même que ce soit Teddy qui le dise.

    Son frère n’avait guère été ravi quand elle lui avait dit, quelques mois plus tôt, qu’elle voulait rechercher leur père. Il ne pouvait tout simplement pas pardonner à l’homme qui les avait abandonnés quand ils étaient enfants, les contactant de moins en moins au fil des ans jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement. Sa récente décision d’essayer de le retrouver avait provoqué un désaccord temporaire entre le frère et la sœur, jusqu’à ce que Teddy accepte de la soutenir malgré tout. Mais Ali ne

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