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L'amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques

L'amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques

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L'amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques

Longueur:
202 pages
2 heures
Sortie:
11 sept. 2014
ISBN:
9782760634206
Format:
Livre

Description

L’amour peut-il rendre fou ? La plupart des gens le croient, mais qu’en est-il vraiment ? Dominique Nancy et Mathieu-Robert Sauvé, tous deux journalistes à l’hebdomadaire Forum, ont eu la bonne idée de poser cette question, et une soixantaine d’autres d’inspirations diverses, à des experts de l’Université de Montréal, de HEC Montréal et de Polytechnique.

Comment se forment les flocons de neige ? Les boissons énergisantes sont-elles bénéfiques ? Que se passerait-il si la Lune disparaissait ?...Questions loufoques, naïves ou angoissées. Leurs réponses, parfois étonnantes, mais toujours rigoureuses, ont d’abord été publiées dans le cadre des «Capsules science» du journal. Les voici toutes réunies, accompagnées d’une entrevue avec le philosophe Frédéric Bouchard pour qui « un résultat de recherche qui n’est pas partagé est une aberration ».

D’où ce livre !

En collaboration avec le journal Forum, hebdomadaire d’information de l’Université de Montréal
Sortie:
11 sept. 2014
ISBN:
9782760634206
Format:
Livre

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L'amour peut-il rendre fou et autres questions scientifiques - Mathieu-Robert Sauvé

AVANT-PROPOS

Pourquoi ces questions?

Pourquoi bâille-t-on? À quoi sert la crête du coq? L’anorexie touche-t-elle aussi les hommes? D’où vient l’interdiction de manger du porc? Faut-il abandonner les lettres attachées? Qu’est-ce que l’amour? Voilà des questions que des reporters ont posées à des experts pour renseigner les lecteurs du journal Forum dans le cadre de ses «Capsules science» hebdomadaires. Une soixantaine d’entre elles sont présentées ici, avec les réponses parfois exhaustives, parfois éthérées, mais toujours rigoureuses qu’elles ont récoltées. Pourquoi ces questions? Parce qu’elles semblaient être dans l’air du temps, ou parce qu’elles pouvaient être pertinentes. Ou tout simplement «parce que».

La science, de nos jours, est un immense champ de savoirs. Les vulgarisateurs scientifiques ont pour tâche d’y cueillir quelques fleurs et de les présenter, en bouquet, à un public intéressé. «Il n’y a pas de question insignifiante», affirme le pédagogue devant sa classe pour encourager les élèves à lever leur main. La question, c’est la partie visible de la curiosité, une qualité que le communicateur scientifique chérit et que le citoyen doit alimenter pour enrichir sa culture.

Le présent livre est donc tiré des articles parus dans l’hebdomadaire d’information de l’Université de Montréal, reconnu à plusieurs reprises comme l’un des meilleurs journaux universitaires au Canada¹. Essentiellement, les chercheurs dont les propos sont rapportés ici font partie de cette communauté universitaire regroupant plus de 65 000 personnes dans trois établissements d’enseignement supérieur (Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal) et qui est reconnue pour la qualité et la quantité de sa recherche. Une interview avec le philosophe Frédéric Bouchard complète l’ouvrage.

L’équipe désire remercier tous les experts qui ont accepté de se prêter au jeu de la question-réponse, quittant parfois momentanément leur axe de recherche principal.

La liste des auteurs figure à la fin du volume.

1. Le journal Forum a remporté à plusieurs reprises une des médailles du Conseil canadien pour l’avancement de l’éducation dans la catégorie «Meilleur journal universitaire», soit en 2000 (bronze), 2002 (argent), 2004 (argent), 2005 (argent), 2006 (bronze), 2008 (argent) et 2009 (or). La catégorie a été supprimée depuis.

INNÉ OU ACQUIS?

Notre cerveau est-il vraiment

sous-utilisé?

La «dramatique sous-utilisation du cerveau» est une idée qui a la vie dure. On attribue cette croyance selon laquelle 90% des capacités de notre cerveau seraient inemployées tantôt à William James, un psychologue du XIXe siècle partisan du paranormal, tantôt à des colporteurs américains des années 1930 qui vendaient des méthodes garantissant la mise à profit maximale du «vrai potentiel» de chaque être humain.

L’ex-Beatles Paul McCartney aurait contribué à propager la théorie dite du «cortex silencieux», en pleine fièvre hippie, en prescrivant l’utilisation de drogues: «Nous n’utilisons que 10% de notre cerveau. Pensez à ce qui arriverait si l’on pouvait se servir de la partie cachée! Le LSD m’a ouvert les yeux. Si les politiciens en prenaient, ce serait un nouveau monde. Plus de guerre, de pauvreté et de famine.» Uri Geller, un illusionniste et motivateur contemporain connu en Angleterre, répète encore de nos jours à qui veut l’entendre que, s’il réussit à tordre des cuillères à distance, par la seule force de son esprit, c’est parce qu’il maîtrise une bonne partie des pouvoirs inexploités du cerveau.

Ces théories, très populaires dans les cercles «nouvelâgeux», sont évidemment fausses, dit André Ferron, professeur honoraire du Département de neurosciences. Certes, précise-t-il, «lorsque je fais du traitement de texte avec mon ordinateur très puissant, j’en sous-utilise les capacités». Et il en va de même du cerveau lorsqu’on effectue certaines tâches simples. L’activité cérébrale ne cesse jamais, même pendant le sommeil, où elle peut se révéler intense, souligne M. Ferron. Bien que tous les neurones ne soient pas actifs en même temps, «rien ne permet de fixer quelque pourcentage que ce soit d’une non-utilisation». Toutes les parties du cerveau sont à un moment ou l’autre sollicitées.

Le professeur insiste: «Aucune aire dans le cerveau n’est toujours totalement inactive.» On le voit dans n’importe quelle exploration par balayage de type scanner. Du reste, a-t-on déjà entendu un médecin dire à un blessé par balle au cerveau: «Ouf! Heureusement que le projectile est passé dans les 90% inutilisés?» Évidemment non, confirme André Ferron.

En somme, comme l’a dit l’humoriste Pierre Légaré: «Celui qui a découvert qu’on utilise juste 10% de notre cerveau n’avait utilisé que 10% du sien.» Tout comme ceux qui continuent à répandre cette idée, pourrions-nous ajouter.

Le rire est-il

propre aux humains?

Quand l’être humain rit d’une blague, c’est le caractère inattendu, insoupçonné d’une situation en apparence anodine qui le fait pouffer ou se taper sur les cuisses. Cet étrange réflexe – rire – serait propre aux humains. Si un singe glisse sur une peau de banane et tombe sur la tête en faisant gicler l’eau de son bol, ses congénères resteront imperturbables. Seuls les visiteurs du zoo s’esclafferont.

On ne peut pas dire, toutefois, que le rire soit totalement absent de la vie animale. «On en observe une forme archaïque chez les primates», note Bernard Chapais, professeur au Département d’anthropologie et primatologue réputé. Fréquente chez les jeunes singes, la «mimique de jeu» consiste à ouvrir la bouche en cachant les dents avec ses lèvres tout en regardant un individu. Elle signifie grossièrement «Veux-tu jouer avec moi?» ou encore «Je viens en ami!» Toutes les espèces de primates la pratiquent, y compris les macaques japonais, que M. Chapais étudie dans son laboratoire en Montérégie.

«Il ne faut toutefois pas confondre la mimique de jeu avec la grimace de peur, qui ressemble beaucoup à un sourire exagéré et qui est un signe de soumission dirigé à un individu dominant. La grimace de peur serait la forme ancestrale du sourire humain. Certains mâles primates l’arborent pour approcher une femelle avec laquelle ils veulent copuler.»

Comme dans les bars du boulevard Saint-Laurent, en somme.

Les nouvelles générations

sont-elles plus intelligentes?

Des tests d’intelligence qui donnaient des résultats moyens de 100 points dans les années 1960 donnent aujourd’hui des résultats de 120. C’est ce que les spécialistes de l’intelligence appellent l’«effet Flynn», du nom du politologue néo-zélandais James Richard Flynn, qui a remarqué, à la fin des années 1970, une progression de trois à cinq points du quotient intellectuel (QI) par décennie. Le phénomène se serait poursuivi depuis, selon plusieurs autres études et a été observé dans une trentaine de pays.

Les nouvelles générations seraient-elles plus intelligentes que les précédentes? Ne sautons pas trop vite à une telle conclusion, prévient Serge Larivée, professeur à l’École de psychoéducation qui a dirigé l’ouvrage collectif Le quotient intellectuel: ses déterminants et son avenir (Éditions MultiMondes). «Si c’était le cas, cela voudrait dire que la génération de nos grands-parents était constituée en grande partie de déficients intellectuels, ce qui est insensé aux yeux de l’histoire.»

Les différents chercheurs qui se sont penchés sur l’effet Flynn en ont attribué la cause à des facteurs environnementaux plutôt qu’à des changements d’ordre génétique. Parmi ces facteurs figurent une scolarisation plus précoce et plus étendue, une plus grande familiarité avec les tests d’intelligence, l’urbanisation et l’industrialisation, les changements dans les attitudes parentales, l’amélioration de la santé grâce à de meilleurs soins et à une alimentation plus équilibrée ainsi que la prolifération de médias visuels de plus en plus complexes.

Mais ce n’est pas dans tous les types de tests d’intelligence que s’observe l’effet Flynn. L’effet est plus fort dans les habiletés visuospatiales et dans les compétences logiques, alors qu’il est plutôt faible dans les performances verbales et mathématiques. «Nous serions plus doués que nos ancêtres quant au raisonnement abstrait et aux aptitudes visuospatiales, sans les dépasser pour autant dans d’autres aspects de l’intelligence», écrivent les auteurs dans une version vulgarisée de leur texte paru dans la revue Sciences humaines en octobre 2012. Ce serait donc ces compétences visuelles et de logique qui seraient davantage sollicitées et développées par notre environnement culturel d’une complexité croissante.

Autrement dit, notre intelligence s’exprime différemment sans que nous soyons nécessairement plus intelligents que les générations précédentes. Nos arrière-grands-parents avaient une intelligence plus pratique, nous avons une intelligence plus abstraite. Par exemple, à la question «qu’ont en commun les chiens et les lapins», question typique du sous-test «Similitude», les citoyens du début du XXe siècle auraient fourni une réponse concrète du genre «on utilise les chiens pour attraper les lapins». La réponse actuelle pour obtenir le maximum de points au test relève d’un raisonnement abstrait: «les deux sont des mammifères». Les sujets de l’époque dite préscientifique utilisaient des réponses de nature perceptive et fonctionnelle, alors que celles des sujets de l’époque scientifique se traduisent plus souvent en catégories mises de l’avant par la science. Qui plus est, même si les sujets de l’époque préscientifique savent pertinemment que les chiens et les lapins sont des mammifères, ils n’en avaient cure puisqu’une réponse qui implique la primauté de l’abstrait sur le concret ne leur est d’aucune utilité dans leur univers spatio-temporel.

Mais cette explication qui attribue le développement du QI à des éléments environnementaux ne contredit-elle pas les études, notamment réalisées auprès de jumeaux identiques, qui imputent une bonne part du QI à la génétique? La réponse à ce paradoxe est fort simple: dans une perspective épigénétique, les gènes ne produisent leur effet qu’à la faveur d’un environnement propice à leur actualisation. Ainsi, une personne qui dispose d’un avantage génétique relativement à une habileté particulière va rechercher un environnement stimulant où son potentiel génétique va pouvoir s’exprimer. En fait, des conditions environnementales de plus en plus propices au développement de l’intelligence se sont mises en place au cours du XXe siècle dans les sociétés industrialisées, et ces conditions ont permis d’augmenter les habiletés cognitives des individus. Ainsi, les plus brillants d’entre nous rechercheront des situations propices à l’actualisation de leur potentiel intellectuel. Un individu qui aime relever des défis cognitifs choisira alors des loisirs appropriés, fréquentera des gens dont les compétences intellectuelles sont stimulantes, cherchera des informations variées et enrichissantes, etc. En somme, il s’aménage un environnement propice à l’expression de son potentiel génétique permettant du coup à celui-ci de s’exprimer. L’effet Flynn n’est par ailleurs pas illimité. «Deux parents qui ont des quotients intellectuels élevés n’engendreront pas un enfant attardé, mais ils ne sont pas assurés d’avoir un enfant doté d’un QI aussi élevé qu’eux», affirme Serge Larivée.

La théorie de l’effet combiné des gènes et de l’environnement dit aussi qu’un plateau est atteint lorsque l’environnement a livré tout son effet stimulant. On assiste d’ailleurs à une stabilisation du QI dans certains pays développés où les scores sont parmi les plus hauts. Ainsi, des études montrent un ralentissement de la tendance, voire une stagnation, au Danemark et en Suède, alors que d’autres concluent même à un léger déclin en Angleterre et dans d’autres pays industrialisés. Dans les pays où le QI moyen continue de croître, c’est surtout au sein des classes les plus défavorisées qu’on observe une remontée. Serge Larivée y voit l’effet d’une éducation de qualité maintenant accessible à tous.

Si l’effet Flynn a atteint ses limites dans les pays développés, il commence à se faire sentir dans les pays en voie de développement, notamment au Kenya et au Soudan. Pour le professeur, il s’agit de bonnes nouvelles. «Cela signifie que l’écart entre les plus doués et les moins doués s’amincit, de même qu’il se réduit entre les pays riches et les pays pauvres. Cela signifie aussi qu’un environnement stimulant peut bénéficier aux plus démunis».

Origine génétique

Le quotient intellectuel ou QI est-il sous influence génétique?

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