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Figuratif ou abstrait ?: Un guide de peinture

Figuratif ou abstrait ?: Un guide de peinture

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Figuratif ou abstrait ?: Un guide de peinture

Longueur:
408 pages
3 heures
Éditeur:
Sortie:
6 avr. 2022
ISBN:
9782384541492
Format:
Livre

Description

« Figuratif ou Abstrait ? » fait le point sur les moyens employés en peinture et leurs effets expressifs. 
Sans nier l'intérêt des tutoriels qui retracent le parcours de réalisation d'une œuvre, ce manuel encourage l'écoute de soi et la prise de décisions. 
Les repères de composition, dessin, chromatique, volume, perspective, techniques et procédés, permettent de cerner ce qui correspond à ses envies créatives. Ils orientent sans diriger, afin de raccourcir le chemin vers un style pictural personnel. 


APERÇU VIDÉO - montages didactiques : 
Toile blanche ou couche de fond ? : https://youtu.be/9ydIMOFCxBc  
Quelques outils non-conventionnels : https://youtu.be/kqbp8oY-xAw  
Réaliser des dégradés : https://youtu.be/NCj7ZvMjPTQ  
Couleurs complémentaires : https://youtu.be/NZhSBGLEsik  
Mélange optique : https://youtu.be/lIYLyZ3e1Ao  
Réaliser un monotype : https://youtu.be/MjrPjkzDjoo  
Album : https://youtu.be/78c7oEZfh_8 


À PROPOS DE L'AUTEURE


Mon expérience didactique a été riche en opportunités d'échanges et de partage ; le contact direct avec des sensibilités différentes et uniques m'a révélé la grande diversité des aspirations qui motivent la création. Pour les traduire en peinture, le premier pas est de cerner les moyens capables d'exprimer ses ressentis et ses partis pris. Ce qui m’a inspiré l’idée d’un guide de peinture qui explore les options disponibles, tout en fournissant des critères quant à leur choix. Figuratif ou Abstrait ? oriente sans diriger et catalyse les ressources intérieures. 
Éditeur:
Sortie:
6 avr. 2022
ISBN:
9782384541492
Format:
Livre

À propos de l'auteur


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Aperçu du livre

Figuratif ou abstrait ? - Carmen Posa

LANGAGE PLASTIQUE ET CRÉATION PICTURALE

Les formes et les couleurs entretiennent des rapports illimités avec l’existence de l’homme, ses activités et son environnement.

La sensibilité à leur langage favorise l’expression personnelle et la créativité dans tous les domaines du visuel.

« Figuratif ou abstrait ? » n’est qu’une des interrogations qui structurent cet aperçu sur le langage et la pratique de la peinture.

En explorant l’opposition et la complémentarité des moyens d’expression, ce guide donne l’occasion de cerner ses propres envies créatives, et d’identifier les moyens pouvant les traduire en peinture.

Le débutant peut y découvrir des repères, des éclaircissements et des conseils pour dépasser les difficultés.

Le plus expérimenté y trouvera des pistes pour orienter et raccourcir son chemin vers un système pictural personnel.

Débutant et averti sont encouragés à assumer les dilemmes et les joies de la peinture, et à se lancer en confiance à la découverte et à l’expérimentation.

Tout en privilégiant l’acrylique, ce tour d’horizon aborde les aspects les plus généraux de la création plastique.

Les notions théoriques sont abordées de manière concise, en tant que territoires à explorer – et à approfondir, selon affinités, par des recherches plus ciblées.

Transmissibles, les notions de base de composition, dessin, chromatique, sont la prémisse d’un langage pictural opérationnel et inventif.

L’inventaire des moyens d’expression et des modalités de mise en œuvre est accompagné de critères quant à leur choix : les valences plastiques et significatives dont ils sont pourvus.

Inévitablement, leur examen séparé reste un procédé didactique ; en réalité, lorsqu’on peint, l’entière problématique de la peinture est abordée frontalement.

En prospectant les différentes alternatives en rapport avec leur potentiel expressif, ce qui nous correspond devient plus évident.

Décanter ce qui nous définit permet d’écarter ce qui nous est étranger.

Le choix des moyens d’expression, la manière de les combiner et de les nuancer, reflètent la motivation intérieure du peintre et ses aspirations.

En outre, un coup d’œil sur l’éventail de possibilités peut éveiller de nouvelles idées.

L’approche pratique investigue les méthodes de mise en œuvre en les rapportant à l’envie expressive du peintre et aux constantes de sa personnalité.

Les procédés d’application de la couleur, avec les expressivités variées qui en découlent, en sont un aspect central.

Entre tous les aspects pratiques, une attention particulière est consacrée aux.

Les matériaux et les outils étant divers et variés, leur choix sera plus adéquat et leur utilisation plus efficace après un aperçu sur les effets qu’ils permettent d’obtenir. Et nul besoin de trop les multiplier lorsque leur utilisation est inventive.

Les multiples facettes de la création sont illustrées avec des Paroles de peintres (et d’autres créateurs), choisies sans parti-pris. Émanant de personnalités différentes, ces réflexions peuvent parfois sembler contradictoires : la preuve que pour exprimer sa propre vision, la création demande de choisir son camp.

Ces concentrés d’expériences diverses sont une source d’enrichissement spirituel et d’inspiration ; de nos jours, le peintre n’est plus tenu de rester figé sur un point de vue ou une prise de position. En création, la plus juste et meilleure approche est celle qui permet à l’artiste d’entrer en résonance avec le spectateur, tout en restant fidèle à lui-même.

« La liberté commence où l’ignorance finit. »

Victor Hugo

« La peinture vient de l’endroit où les mots ne peuvent plus s’exprimer »

Gao Xingjian

« Il y a dans la peinture quelque chose de plus, qui ne s’explique pas, qui est essentiel. »

Pierre-Auguste Renoir

« La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. »

Albert Einstein

peinture et évolution intérieure

Reflet du monde et expression de soi, la création artistique est l’une des activités humaines les plus élevées.

L’envie de s’exprimer au travers de la peinture répond au besoin d’interroger le visage des choses, tout en conviant les propres ressentis, rêves ou idéaux à révéler le leur.

Éloignant de la routine, la peinture canalise l’énergie créatrice et réveille des capacités latentes : lorsqu’on utilise ses qualités, on s’en découvre de nouvelles. L’activité créative cultive la sensibilité, stimule l’analyse, l’ouverture et la réactivité.

Alliant structure et liberté, concept et matière, la pratique de la peinture favorise l’équilibre intérieur, renforce et redéfinit la personnalité.

Les toiles qu’on a peintes personnalisent son environnement, ouvrent la communication avec les autres et le partage.

Si l’adage du philosophe (Descartes) est « Cogito, ergo sum », celui de l’artiste-peintre ne pourrait pas être : « Je peins, donc j’existe » ?

« Faites toujours que votre tableau soit une ouverture au monde. »

Léonard de Vinci

« Il n’y a pas d’art, il n’y a que des hommes. »

Alfred de Musset

« L’art, c’est l’homme ajouté à la nature. »

Vincent Van Gogh

perception visuelle et langage plastique

Déjà dans le contexte de notre environnement quotidien, les formes, les couleurs, les volumes, nous « parlent » ; leurs attributs et particularités – chromatique, spatialité, consistance, texture – construisent une représentation du monde riche en significations. Toujours accompagnées d’autres perceptions – mouvement, son, température, goût, odeur – les perceptions visuelles se chargent de connotations supplémentaires, et envoient des impressions diverses.

Le lien fort qui s’établit entre les différentes perceptions les rendent parfois indissociables. Par exemple, les couleurs dites chaudes sont ressenties ainsi grâce à l’association involontaire avec des éléments de la nature (soleil, feu), une superficie texturée peut suggérer le relief, les courbes évoquent la souplesse, les contrastes frappants suggèrent la proximité, et les obliques évoquent le mouvement.

Si dans l’environnement naturel les formes et les couleurs participent à la signalisation d’événements ou de phénomènes, comme (par exemple) la pluie ou le beau temps, dans le contexte de la création visuelle leur vocation est, avant tout, d’exprimer l’homme, ses ressentis et ses pensées.

Familières à l’humain grâce au monde sensible, les formes et les couleurs prêtent leur potentiel de communication à la peinture, qui le sublime par la valeur ajoutée de la création.

En différence à la littérature, qui se soumet à la codification précise du langage verbal, le langage plastique se sert de codes souples, prêts à être ré-inventés en permanence. Son caractère allusif favorise une communication nuancée et complexe, qui permet d’atteindre des aspects ineffables de l’humain et de l’existence.

Lorsqu’elle est issue d’un ressenti authentique, la peinture n’a pas à craindre la grande liberté d’interprétation du spectateur.

« Si on pouvait le dire avec des mots, il n’y aurait aucune raison de peindre. »

Edward Hopper

« La vie imite l’art, bien plus que l’art n’imite la vie »

Oscar Wilde

« Il faut commencer par éprouver ce qu’on veut exprimer »

Vincent Van Gogh

forme naturelle et forme plastique

On vit tous l’expérience du même monde visible et on regarde les mêmes paysages ou visages – mais chaque regard est différent. Sur l’écran de la sensibilité personnelle, l’aspect d’une image est variable, marqué par la psychologie individuelle et collective.

La peinture est le reflet du regard subjectif qui fait que, même peints d’après le même motif, jamais deux tableaux ne seront identiques.

Intégrant vécu et savoir, la perception ne s’arrête pas uniquement sur les repères objectifs. Ainsi, même en dépit d’une volonté de restituer le motif, le peintre reportera sur sa toile une image plus ou moins éloignée de celui-ci, à la fois tronquée et enrichie.

La forme plastique n’est pas le miroir de la forme naturelle.

À cela s’ajoute le fait que le peintre n’est pas le seul à créer ; chaque spectateur participe à la création de l’œuvre, en la filtrant par sa propre perception.

Idéalement, lorsqu’il « pénètre » dans une toile, le spectateur revit l’émotion de celui qui l’a créée, et ressent un sentiment d’adhésion, d’enrichissement spirituel. Mais en même temps, en s’y projetant avec son propre tempérament et son vécu, il l’interprète à sa manière.

Pareil à une partition musicale, sujet d’interprétations multiples, un tableau peut s’enrichir de sens, dont certains n’avaient même pas été envisagés par son créateur.

Contrairement aux communications visuelles qui émettent un message concis et précis (publicité, signalétique), la peinture a la faculté de déclencher un dialogue beaucoup plus personnel avec chacun de ses spectateurs.

La Joconde nous introduit quelque peu dans l’univers de Leonard ; mais nos Jocondes respectives ne sont sûrement pas identiques, puisque chacun de nous peut se sentir plus proche d’un autre aspect de la pensée du maître florentin, et la perception de chacun sera influencée par ses affinités personnelles.

« Le dessin n’est pas la forme, il est la manière de voir la forme. »

Edgar Degas

« Ce sont les regardeurs qui font les tableaux. »

Marcel Duchamp

« La réalité d’une œuvre, c’est le triple rapport qui se crée entre la chose qu’elle est, celui qui l’a produite et celui qui la regarde »

Pierre Soulages

langage universel ou expression personnelle ?

En dépit de cette double subjectivité – celle du peintre et celle du spectateur – l’objectivité en matière d’art est possible. Et nécessaire, pour nourrir un vrai dialogue.

L’image possède un lexique, une morphologie et une syntaxe. Seulement, le code de la peinture n’est pas immuable ; il suit les évolutions et révolutions qui changent le monde, la culture et la création.

Souple et ouvert, le langage pictural a développé, au fil de son histoire, des langages particuliers et des styles distincts.

En peinture, les courants réunissent des artistes d’une époque précise, dont les œuvres se caractérisent par des recherches picturales convergentes.

Les tendances désignent une certaine concordance des recherches de plusieurs artistes.

Le style d’un artiste est sa manière unique d’expression.

Les affinités stylistiques peuvent « rapprocher » même des peintres appartenant à des époques éloignées, par des similitudes de sensibilité. Ces parentés spirituelles révèlent la permanence des caractéristiques générales de l’humanité, qui réapparaissent constamment, sous des formes sans cesse renouvelées.

Fondée sur une immanquable constante – l’expressivité des formes et des couleurs – la peinture est un véritable langage dédié à la communication. Les formes et les couleurs, véhiculant suggestions et significations qui ne connaissent pas des frontières, lui confèrent son indéniable universalité.

S’adressant sans intermédiaire à la sensibilité, l’harmonie des accords, la violence des contrastes, la douceur des courbes, l’agressivité des angles, la transparence ou le relief de la matière, ne demandent pas à être expliquées.

Grâce aux analogies avec le monde apparent, la peinture la plus subjective ou la plus abstraite est capable de toucher l’imaginaire du spectateur, en dépit des barrières culturelles ou temporelles.

Hormis l’accessibilité par les sens, la peinture doit sa portée universelle aux constantes psychologiques de la nature humaine.

Tout en scrutant cette ressource de morphologies et de chromatiques qui est l’environnement de l’homme partout au monde, l’artiste ne reste pas moins attentif à son univers intérieur. En peignant, il se confesse, transpose ses sentiments, dit ses opinions, rêve de perfection ou s’évade vers des mondes imaginaires. Quel que ce soit le message envoyé, toute expression authentique porte, inévitablement, l’empreinte de la subjectivité.

Indissociable du monde extérieur, la création picturale est, en même temps, imprégnée de tout ce qui peut être de plus particulier : le tempérament, la pensée, l’émotion de l’artiste.

« Dans la véritable œuvre d’art, il y a la confession ardente. »

Georges Rouault

« L’art c’est la nature vue à travers un tempérament. »

Maurice Denis

« Les toiles sont les pages des journaux intimes des peintres. »

Zao Wou Ki

« La vérité est que l’art doit être l’écriture de la vie. »

Edouard Manet

« Le peintre doit tendre à l’universalité. »

Léonard de Vinci

réversibilité ou correspondance ?

Manifestations de notre nature profonde, donc puisant aux mêmes sources, les différents arts présentent des analogies et partagent, parfois, des moyens communs d’expression.

Métaphore, personnification, antithèse, hyperbole et autres procédés classiques de la littérature tiennent une place de choix dans les arts visuel.

Le rythme est propre à la composition musicale ou à la chorégraphie, mais aussi à la composition plastique.

La rime pourrait correspondre en quelque sorte à ce qu’on appelle rappel en peinture.

Sans posséder, comme la sculpture, la troisième dimension, la peinture a les moyens pour convertir le volume, et l’architecture se voit re-créée grâce aux lois de la perspective.

L’idée de « traduire » en peinture une œuvre littéraire ou une pièce musicale (ou inversement) est tentante, mais en pratique, une transcription fidèle reste fantaisiste : l’image ne peut pas être racontée, la poésie ne peut pas être peinte, la sculpture ne peut pas reproduire le mouvement de la danse. Et heureusement, car sans l’unicité du témoignage qu’il apporte, aucun de ces langages ne trouverait plus une raison d’être.

Si la perception et l’intellect jettent de nombreux ponts entre les arts, leurs langages respectifs diffèrent et ne sont pas réversibles.

Inévitablement, les arts de l’espace (peinture, dessin, sculpture, architecture) et les arts du temps (musique, danse, théâtre, cinéma) emploient des moyens spécifiques.

En dépit de cela, leur dialogue est une généreuse ressource pour la création.

Bidimensionnelle et immobile, la peinture peut transformer ces contraintes en opportunités pour l’expérimentation. Evoquer la succession des mouvements, l’écoulement du temps ou le sentiment lyrique sont des défis ayant déjà donné des œuvres remarquables.

La Bataille de San-Romano de Paolo Uccello, La Danse de Matisse, Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp, les Fugues de Kandinsky, Boogie Woogie de Mondrian en sont des plus célèbres.

Illustration plastique de rythmes sonores, transfiguration inspirée par le mouvement, interprétation picturale à connotation sculpturale ou architecturale, métaphore poétique ou évocation épique – la peinture peut jouer la carte des interférences, et des ressources de tout horizon peuvent l’enrichir de nouvelles valences.

« Comme de longs échos qui de loin se confondent (…) Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. »

Charles Baudelaire

« J’essaie d’appliquer des couleurs comme des mots qui forment des poèmes, comme des notes qui forment la musique. »

Joan Miro

« Quand j’ai fait un beau tableau, je n’ai pas écrit une pensée. »

Eugène Delacroix

« On ne peut pas trouver de langage pour parler de peinture. La peinture est un langage en soi. »

Marcel Duchamp

« Les titres des tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des illustrations des titres. »

René Magritte

transmission et découverte

L’étude d’une langue quelconque ne nous transforme pas en poètes, et l’étude du langage plastique ne nous consacre pas forcément artistes-peintres ; de nombreuses créations ne doivent pas beaucoup à l’enseignement ou à la culture.

Comme le chant d’oiseau, parfois l’art semble venir au monde tout seul – expression de la sensibilité individuelle et collective. Sans règles et normes, le sentiment et la pensée créent d’un seul geste des formes ravissantes : c’est sans doute le cas des créations infantiles, ou des certains artistes singuliers, et en quelque sorte l’art des civilisations premières.

Il ne faut pourtant pas oublier que même l’œuvre dite « primitive » est, le plus souvent, le fruit d’une longue évolution ; transmise, enrichie et décantée pendant des générations, elle atteint des sommets. De même, les réalisations dites « naïves » ne sont le sont pas toujours autant qu’on pourrait le croire. L’artiste « naïf » est loin d’ignorer les traditions de sa communauté ; parfois il se sert de « modèles » empruntés aux prédécesseurs, et greffe son ressenti sur un tronc ayant des racines bien profondes.

L’ascendance culturelle est ouvertement assumée par des créateurs ayant à leur tour eu un impact sur l’évolution de l’art ; les plus avant-gardistes des peintres ont exploré avec passion l’art consacré – autant pour en tirer parti, que pour le contester.

De l’autre côté, l’enseignement artistique n’échappe pas à une permanente remise en question.

L’enseignement ne pourra jamais être, à la fois, et assez libre et assez structuré, pour satisfaire des attentes toujours opposées.

Si une transmission trop rigoureuse entraine, pour de bonnes raisons, la contestation, la découverte par expérimentation laissera insatisfait celui qui est à la recherche d’un cadre qui puisse lui fournir les repères du savoir-faire.

Cet aspect ne manque pourtant pas de mérite : l’élan contestataire et la recherche de soi sont plus stimulés par une approche qui ne convient pas. Souvent on identifie ce qu’on aime par opposition à ce qu’on déteste.

Le temps ou l’apprenti-peintre était longuement réduit à des tâches artisanales ou à copier le style du maître est révolu. Le maître n’est plus un modèle à suivre, mais un intervenant censé ouvrir l’esprit de l’apprenti et le guider de manière non-autoritaire. Sa mission est de transmettre, de manière souple, les connaissances liées au langage et à la pratique de la peinture, tout en favorisant la connaissance de soi et l’expression personnelle.

S’imprégner de divers enseignements c’est élargir son horizon, se libérer des croyances limitantes sur soi et sur la création, sans s’enfermer dans un moule.

Connaitre des normes ne veut pas dire les prendre pour des dogmes.

Les acquis sont des instruments de réflexion créative, qui permettent d’explorer de manière autonome, de cerner et approfondir ce qui convient à sa personnalité.

Lieux de rencontres heureuses et d’émancipation, les écoles d’art, sous toutes les formes, ont encore de beaux jours devant elles, car l’émulation et l’échange favorisent un état d’esprit essentiel à la construction de son identité d’artiste et de peintre.

À son tour, le manuel est censé apporter des références et des clarifications qui nourrissent la créativité. Contrairement à un livre de recettes, il ne fournit pas la liste d’ingrédients, accompagnée de l’algorithme à suivre pour arriver à un résultat garanti.

On ne peint pas en suivant un algorithme recommandé, mais en élaborant sa façon de faire, à partir d’« ingrédients » choisis selon sa propre sensibilité et combinés selon son imagination.

Par différence des traités d’art de la Renaissance, expliquant les prestigieuses avancées de l’époque, un manuel contemporain a vocation à souligner la polyvalence des notions présentées, en vue d’une utilisation flexible et personnelle. Les dogmes font place aux principes souples, encourageant à la réflexion face aux multiples choix que l’acte de création implique.

La pratique de la copie d’après des œuvres d’art permet de déchiffrer, par immersion, certaines solutions picturales. Complémentaire à la théorie, une telle expérience ne peut être qu’enrichissante. Les artistes ont été, depuis toujours, les premiers à vouloir comprendre par quels moyens une œuvre d’art atteint l’excellence, et à vouloir les étudier en pratique.

En dehors de son intérêt didactique, l’intimité avec la création des maîtres à travers la copie peut apporter des réponses concrètes à ses propres recherches.

Le tutoriel photo ou vidéo ouvre virtuellement l’atelier de son auteur, pour révéler, « pas à pas » le processus de réalisation d’une peinture. C’est en quelque sorte une version contemporaine de la transmission des secrets du savoir-faire par la pratique, comme autrefois. Suivre le travail en progression est toujours incitant, et permet à l’utilisateur de se faire un aperçu sur les matériaux, les étapes et les procédés de mise en œuvre.

En accomplissant le cheminement indiqué, l’utilisateur peut espérer un résultat immédiat – mais, aussi satisfaisant qu’il serait, ce résultat ne sera pas sa création.

En présentant les actions qui amènent à un tel résultat, le tutoriel se limite à un contexte précis, ce qui restreint aussi son impact sur la réflexion plastique. Reproduire les actions de quelqu’un d’autre freine la décision personnelle, capacité qui se gagne uniquement par la voie – un peu plus longue – de la culture et de l’expérimentation.

Quelle que soit la voie d’apprentissage, son but est l’expression personnelle – attribut primordial de la création.

Théorie et savoir-faire ont leur apport à l’édification d’un langage plus maîtrisé et plus fluent ; toutefois, les ignorer de temps à l’autre permet de mieux rester à l’écoute de soi, pour tracer son cheminement en liberté.

« Plus on connaît, plus on aime. »

Léonard de Vinci

« Si j’ai vu plus loin que les autres, c’est parce que je me suis placé sur les épaules de géants. »

Isaac Newton

« La peinture s’apprend dans les musées. »

Pierre-Auguste Renoir

apprenti ou autodidacte ?

Diplômé de l’enseignement artistique ou autodidacte, l’artiste reste, tout le long de son parcours, un éternel apprenti, ne cessant jamais de s’intéresser à tout ce qui peut servir son art.

Celui qui a des choses

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