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Simulation d'Un Ecoulement Turbulent

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Rapport de stage long Khaled Saleh

Elève Ingénieur

Simulation d'Écoulements Turbulents Solution Analytique de l'Équation de la chaleur avec des conditions aux limites particulières

Stage long Juillet 2007 - Août 2008

EDF R&D, Département Mécanique des Fluides, Énergie et Environnement CHATOU
6, Quai Watier 78401

Responsable de stage : Dr. Soane

Benhamadouche

2

Fiche de synthèse
Type de stage : Stage long

Période : Juillet 2007 - Août 2008

Auteur : Khaled Saleh Formation : Concours Commun IMI

Titre : Simulation d'Écoulements Turbulents. Solution Analytique de l'Équation de la chaleur avec des conditions aux limites particulières.

Organisme d'accueil : EDF R&D

Pays d'accueil : France

Responsable de stage : Dr. Soane Benhamadouche

Tuteur de stage : Dr. Soane Benhamadouche

Résumé : Ce rapport expose les développements et études mis en oeuvre durant mon stage d'un an au sein d'EDF R&D, au département Mécanique des Fluides, Énergie et Environnement (MFEE). D'une part, il détaille les calculs et les résultats d'une simulation numérique directe (DNS) d'un écoulement en canal plan développé, à un Reynolds turbulent de 180, avec le code de CFD

gode•ƒ—turne,

développé par EDF. Cette étude montre qu'on peut obtenir de très bons résultats avec un schéma numérique volumes nis d'ordre deux en espace si l'on rane susamment le maillage (en particulier dans la direction transverse à l'écoulement). D'autre part, le rapport présente une étude comparative de diérents modèles de turbulence et de diérentes méthodes numériques de résolution des équations de Navier-Stokes, sur une conguration de passe à poissons. Des diérences majeures entre les modèles de tubulence et méthodes numériques ont été mises en évidence. Il est apparu que les modèles donnant les meilleurs résultats sont la LES et le Rij-SSG en 3D. Cette étude a aussi mis en évidence des diérences entre les modèles

k−ε

ƒp—rt—™us Ph,

et

„elem—™ Ph ).

standard des diérents codes de CFD étudiés (gode•ƒ—turne,

Enn, la dernière partie du rapport est consacrée à la résolution ana-

lytique d'un problème 1D de diusion de la chaleur avec des conditions aux limites particulières.

Mots-clés : Mécanique des uides incompressibles, Modélisation de la turbulence, Simulation Numérique Directe (DNS), Méthode des volumes nis colocalisés, tion de la chaleur.

gode•ƒ—turne, Passe à poissons, Équa-

Thème : Mécanique des uides numérique (CFD).

1

Remerciements
Je tiens tout d'abord à remercier mon tuteur Dr. Soane Benhamadouche, et le chef du groupe I83 à mon arrivée, Dr. Ange Caruso, pour m'avoir permis de faire ce stage et m'avoir accueilli au sein de leur équipe. Je salue tout particulièrement les qualités d'encadrement de mon tuteur, ses qualités pédagogiques et sa disponibilité. Merci aussi à Richard Howard pour sa disponibilité et pour m'avoir apporté la compréhension et le sens physique des phénomènes qui manquaient à ma culture en mécanique des uides. Son aide à été considérable sur la majeure partie de mes travaux concernant la DNS. Je remercie David Monfort pour sa patience et son aide précieuse dans tous les moments où j'ai eu des soucis informatiques. Je salue sa disponibilité et son extrême patience. Merci également à Thomas Pasutto pour m'avoir encadré au début de mon stage, et pour m'avoir fait découvrir les rouages des schémas numériques de

gode•ƒ—turneF

Merci à Damien Violeau avec qui j'ai apprécié travaillé sur le cas-test de la passe à poissons. Et merci à Yannick Lecocq qui m'a proposé ce travail très intéressant sur l'équation de la chaleur que je présente ici. Je remercie le Professeur Dominique Laurence et le Dr. Yacine Addad pour m'avoir accueilli à l'université de Manchester. Merci aussi à Flavien Billard qui m'a fourni une grande partie de la section 4 (voir [3]) et avec qui j'ai passé d'excellents moments lors de ses passages à EDF. Je remercie également l'ensemble du groupe I83 pour la bonne ambiance qui y règne. Merci tout particulièrement à Alain Martin, mon collègue de bureau, pour sa gentillesse et grâce à qui la durée de vie des centrales nucléaires n'a plus de secrets pour moi (ou presque). Enn, je souhaite remercier Bastien Durand, précédent stagiaire issu de l'ENPC, pour la qualité de son encadrement durant un mois, au début de mon stage. Je salue sa patience et ses qualités pédagogiques. Pour nir, merci à tous les autres stagiaires que j'ai pu côtoyer durant cette année : Yann Sambarino, Anaïs Dumas, Claire Florette, Mathilde Ollivier, Christophe Chassin, Didier Vezinet et Pierre Fourment à qui je souhaite une excellente année au sein du groupe I83.

2

Résumé
Ce rapport expose les développements et études mis en oeuvre durant mon stage d'un an au sein d'EDF R&D, au département Mécanique des Fluides, Énergie et Environnement (MFEE). D'une part, il détaille les calculs et les résultats d'une simulation numérique directe (DNS) d'un écoulement en canal plan développé, à un Reynolds turbulent de 180, avec le code de CFD

gode•ƒ—turne,

développé par EDF. Cette étude montre qu'on peut obtenir de très bons résultats avec un schéma numérique volumes nis d'ordre deux en espace si l'on rane susamment le maillage (en particulier dans la direction transverse à l'écoulement). D'autre part, le rapport présente une étude comparative de diérents modèles de turbulence et de diérentes méthodes numériques de résolution des équations de Navier-Stokes, sur une conguration de passe à poissons. Des diérences majeures entre les modèles de tubulence et méthodes numériques ont été mises en évidence. Il est apparu que les modèles donnant les meilleurs résultats sont la LES et le Rij-SSG en 3D. Cette étude a aussi mis en évidence des diérences entre les modèles

k−ε

ƒp—rt—™us Ph,

et

„elem—™ Ph ).

standard des diérents codes de CFD étudiés (gode•ƒ—turne,

Enn, la dernière partie du rapport est consacrée à la résolution ana-

lytique d'un problème 1D de diusion de la chaleur avec des conditions aux limites particulières.

Mots-clefs : Mécanique des uides incompressibles, Modélisation de la turbulence, Simulation Numérique Directe (DNS), Méthode des volumes nis colocalisés, Code_Saturne, Passe à poissons, Équation de la chaleur.

3

Abstract
This paper describes the developments and the studies carried out during my one year internship at EDF R&D, in the department of Fluid Mechanics, Power generation and the Environment (MFEE). The majority of the work is concerned with two main themes, the rst theme is based around Direct Numerical Simulations (DNS) of a fully developed channel ow, at a turbulent Reynolds number of 180, performed with EDF's in-house CFD tool

gode•ƒ—turne. This study shows that good results can

be obtained with a second order nite volume method if the mesh is suciently rened (particularly in the spanwise direction of the ow). The second theme involves a comparative study of dierent turbulence models and dierent numerical schemes as applied to the "sh pass" test-case. The results demonstrated major dierences between turbulence models and numerical methods. It is shown that the models which give the best results are the LES and the Rij-SSG models. It is also shown that a

k − ε model can behave in dierent ways when applied to dierent CFD codes (gode•ƒ—turne, ƒp—rt—™us Ph, and „elem—™ Ph ). The nal part of this report is devoted to the investigation of the anagiven lytical resolution of the heat diusion equation in one dimension, with particular boundary conditions.

Keywords : Fluids mechanics for incompressible ows, Turbulence modeling, Direct Numerical Simulation, Collocated nite volume technique, Code_Saturne, Fish pass, Heat equation.

4

Table des matières
Remerciements Résumé Abstract Introduction 2 3 4 9

I Contexte du stage : Présentation de l'entreprise et de l'environnement de travail 10
1 Présentation de l'entreprise 2 Présentation de mon environnement de travail
2.1 2.2 2.3 La R&D d'EDF et le département MFEE Mon stage dans ce contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le groupe I83 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

11 12
12 13 13

II Notions de mécanique des uides et présentation du code de CFD d'EDF :

Code_Saturne
3.1 3.2

14
15
15 16 16 17 18 18 18 19

3 Equations de Navier-Stokes et modèles de turbulence
Equations de Navier-Stokes 3.2.1 3.2.2 3.2.3 3.2.4 3.2.5 3.2.6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Modélisation de la turbulence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nature de la turbulence Écoulement moyen / écoulement uctuant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La simulation numérique directe : DNS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les modèles RANS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La simulation des grandes échelles : LES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le couplage RANS/LES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

4 Présentation de Code_Saturne
4.1 Le fonctionnement de 4.1.1 4.1.2

gode•ƒ—turne

20
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 21 23

L'étape de prédiction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L'étape de correction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

5

III Problématiques étudiées au cours du stage
5.1 5.2 Le canal plan périodique pleinement développé Démarche à suivre pour réaliser une DNS 5.2.1 5.2.2 5.3 5.4 Maillage et options numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

24
26 27 27 27 29 31 31 36 40

5 DNS de canal périodique plan pleinement développé à Re∗ = 180 avec Code_Saturne 25
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Calcul des statistiques de l'écoulement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Les simulations réalisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les résultats obtenus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5.4.1 5.4.2 Statistiques usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Équations de transport des tensions de Reynolds

5.5

Conclusions sur la DNS de canal plan développé avec

gode•ƒ—turne

6 Passe à poissons
6.1 6.2 6.3 6.4 6.5 Les passes à poissons : un enjeu environnemental Résultats des calculs RANS Résultats du calcul LES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Présentation du cas et construction du maillage RANS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

41
41 43 45 50 51

Comparaison plus précise des diérents calculs

7 Diusion de la chaleur en 1D avec conditions aux limites particulières
7.1 7.2 7.3 7.4 Existence d'une solution en régime permanent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Existence et unicité de la solution du problème (7.1) Vérication avec . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

54
55 61 64 67

gode•ƒ—turne

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Conclusion du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Conclusion technique Bilan personnel Bibliographie

68 69 69

6

Table des gures
3.1 4.1 5.1 5.2 5.3 5.4 5.5 Spectre de l'énergie cinétique turbulente.

kc

est la fréquence de coupure des ltres LES. 19 22 26 32 33 33

Schéma d'une cellule de calcul et d'une face de bord. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Schéma de conguration du cas du canal plan. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prol de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement. . . . . . . . . . . . . . . Prol logarithmique de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement. . . . . . . Prol logarithmique de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement (zoom). Moyennes RMS de la vitesse uctuante adimensionnalisées par en vert .

u∗ .

En rouge :

u 2,
34 34 35

5.6 5.7 5.8

Prol de Prol de

v 2 , en bleu w 2 . . . . . . . . . . . −u v adimensionnalisé par u∗ . . . . . −u v adimensionnalisé par u∗ (zoom).

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Prol de quelques corrélations triples adimensionnalisées par En pointillés : troisième calcul.

u∗ .

En point : DNS de 35

Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5.9

+ Termes du bilan de k en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle y . En
point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 37

5.10 Zoom sur le bilan de k. En point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . 5.11 Termes du bilan de

uu

+ en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle y . En
37

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5.12 Termes du bilan de

vv

+ en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle y . En
38

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5.13 Termes du bilan de

ww

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En 38

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5.14 Termes du bilan de

ww

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En 39

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul (zoom). 5.15 Termes du bilan de . . . . . . . . . . . . . . . . .

uv

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En 39 42 42 43 43

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.1 6.2 6.3 6.4 Grande échelle à poissons de John Day Dams sur la Rivière Columbia Barrage de Verbois près de Genève sur le Rhône, Suisse . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . .

Photo de la passe à poissons modélisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Trajectoire suivie par les poissons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

7

6.5 6.6 6.7 6.8 6.9

Maillage utilisé en RANS.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

44 44 45 45 46 46 46 47 47 48 48 48 48 49 49 49 49 50 50 51 51

Maillage utilisé en RANS : zoom sur les cellules tétraédriques Champ du vecteur vitesse : k-ω

Champ du vecteur vitesse : k-ε standard. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

− SST .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Champ du vecteur vitesse : Rij-SSG 2D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

6.10 Champ du vecteur vitesse : Rij-SSG 3D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.11 Champ de vitesse : k-ε standard. 6.12 Champ de vitesse : k-ω

− SST .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

6.13 Champ de vitesse : Rij-SSG 2D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.14 Champ de vitesse : Rij-SSG 3D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.15 Champ de pression : k-ε standard. 6.16 Champ de pression : k-ω . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

− SST .

6.17 Champ de pression : Rij-SSG 2D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.18 Champ de pression : Rij-SSG 3D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.19 Énergie turbulente : k-ε. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.20 Énergie turbulente : k-ω -SST. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.21 Énergie turbulente : Rij-SSG 2D. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6.22 Champ du vecteur vitesse instantanée : LES. 6.23 Champ de vitesse (norme) instantanée : LES. 6.25 Énergie turbulente : LES. 6.26 Prols de

6.24 Champ de pression : LES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

6.27

u (en haut) et k (en bas) le long des sections A et B obtenus avec gode•ƒ—turne. En noir : k − ε, en turquoise : k − ε avec paroi rugueuse. En rouge : k − ω . En bleu : Rij-SSG 2D. En vert Rij-SSG 3D. En orange : LES. . . . . . . . . . . Prols de u (en haut) et k (en bas) le long des sections A et B obtenus avec le modèle k − ε. En noir : ƒp—rt—™us Ph, en rouge gode•ƒ—turne. En bleu : „el—m—™ Ph.

52 53 54 65 66 66

7.1 7.2 7.3 7.4

Cylindre chauée dans le cadre de l'entreposage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . T(x,t) pour trois données d'espace x. En trait continu : la formule analytique. En point : le résultat avec

gode•ƒ—turne.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Température moyennée au cours du temps en fonction de x avec Code_Saturne. . . . . Champ de température à diérents instants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

8

Introduction
Ce rapport expose la majeure partie du travail eectué au cours de mon stage long (13 mois, de juillet 2007 à août 2008) au sein du département de Mécanique des Fluides, Energie et Environnement du site R&D EDF de Chatou. Il se décompose en trois parties. La première partie décrit l'environnement dans lequel s'est déroulé le stage. Dans un premier temps, je présente l'entreprise EDF et le groupe de travail que j'ai intégré. Puis, je tente de replacer le travail eectué pendant le stage dans le contexte des missions conées à ce groupe. La deuxième partie a pour objectif de donner des notions théoriques de bases en mécanique des uides incompressibles et en modélisation de la turbulence, an de rendre la lecture de ce rapport accessible au plus grand nombre. Le fonctionnement d'un code de mécanique des uides numérique (Computational Fluid Dynamics (CFD) en anglais)

gode•ƒ—turne

y est également présenté. Il s'agit

du code dans lequel la totalité de mes travaux de développement a été menée. Enn, la troisième partie se concentre sur les aspects techniques du stage. Elle détaille les trois grands axes de recherche menés pendant cette année à EDF. Le chapitre 5 présente les développements et les résultats d'une DNS avec

gode•ƒ—turne.

Le chapitre 6 détaille les résultats de l'application de

diérents modèles de turbulence et diérentes méthodes numériques sur la conguration d'une passe à poissons. Enn, le chapitre 7 présente la résolution analytique d'un problème 1D de diusion de la chaleur avec des conditions aux limites particulières.

9

Première partie

Contexte du stage : Présentation de l'entreprise et de l'environnement de travail

10

Chapitre 1

Présentation de l'entreprise
L'alimentation de la population française en électricité est un des points majeurs de la reconstruction du pays au sortir de la seconde guerre mondiale. Le 8 avril 1946, une loi établit la nationalisation de 1436 entreprises françaises liées à la production, le transport et la distribution d'électricité, créant ainsi un établissement public à caractère industriel et commercial : d'Europe, à Tignes. Dans les années soixante, les moyens de production d'électricité se multiplient et se diversient. A partir de 1957, les centrales à charbon complètent les centrales hydrauliques. En 1963, à Chinon, la centrale EDFI permet à EDF de produire pour la première fois de l'électricité en exploitant l'énergie nucléaire civile. Face à l'augmentation vertigineuse des besoins en électricité, EDF diversie encore ses moyens de production en mettant en service des centrales fonctionnant avec des hydrocarbures. Le choc pétrolier de 1973 pousse les autorités françaises à développer de manière signicative la production nucléaire d'électricité an d'assurer un minimum d'indépendance énergétique à la France. C'est ainsi que 13 centrales nucléaires sont construites en deux ans. Cependant, malgré cet eort considérable, l'équilibre entre production et consommation reste fragile. Ainsi, en décembre 1978, le réseau de distribution s'eondre en quelques heures à la suite d'une utilisation un peu plus intense des lumières et du chauage lors d'une matinée d'hiver un peu trop fraîche. EDF répondra à cet incident en modernisant son réseau et en construisant de nouvelles centrales nucléaires dans les années quatre vingt. EDF se lance ensuite à la conquête du monde : forte d'une expérience d'un demi siècle, l'entreprise exporte son savoir faire en Europe, en Chine et en Amérique du Sud. Le groupe EDF est désormais un des leaders mondiaux de la production d'électricité. Il produit 22% de l'électricité de l'Union Européenne. Après un changement de statut pour devenir une Société Anonyme, EDF ouvre en 2006 15% de son capital, 3% supplémentaires seront cédés par l'Etat n 2007 an de nancer les logements universitaires. Depuis 1999, le marché de l'électricité s'est ouvert à la concurrence, mais c'est à partir de 2004 pour les professionnels et de 2007 pour les particuliers qu'EDF n'est plus le fournisseur exclusif.

ile™tri™ité de pr—n™e

(EDF).

L'entreprise se lance alors dans de grands chantiers comme la construction du plus grand barrage

11

Chapitre 2

Présentation de mon environnement de travail
2.1 La R&D d'EDF et le département MFEE
La R&D d'EDF a pour missions principales de contribuer à l'amélioration de la performance des unités opérationnelles du Groupe EDF et d'identier et de préparer la croissance de l'entreprise à moyen et long termes. Cette activité stratégique, en lien direct avec le projet industriel d'EDF, est menée en collaboration avec de nombreux acteurs internes et partenaires français et étrangers. Elle est structurée en six thèmes prioritaires pour EDF : l'évaluation des stocks d'eau futurs et les rejets émis par EDF, l'optimisation de la production et des exibilités entre consommation, production et stockage, l'ecacité énergétique mise à disposition des clients, le prolongement des moyens de production actuels et le développement de nouvelles formes d'énergie, et enn le développement de la simulation numérique et du calcul hautes performances permettant de fournir des prédictions quantitatives crédibles et d'améliorer les processus de prise de décisions. C'est ainsi qu'EDF R&D s'est doté en 2007 d'un super calculateur de conguration BlueGene/L d'IBM possédant 8 000 processeurs, puis très récemment d'un deuxième super calculateur de conguration BlueGene/P comportant 32 000 processeurs et totalisant une puissance de 252 TFlops, ce qui place EDF R&D en treizième position au classement mondial des super calculateurs de juin 2008 (avec la BlueGene/P) : le Top 500 (voir [22]). J'ai eu la chance pendant mon stage de pouvoir utiliser cette phénoménale capacité de calcul, rarement accessible à un stagiaire. C'est ainsi qu'il m'était courant de lancer des calculs sur plus de 1000 processeurs. Les activités de Recherche et Développement d'EDF se répartissent sur trois sites de la région parisienne : Clamart, les Renardières et Chatou. Mon stage long s'est déroulé à Chatou, sur l'île des Impressionnistes. Les activités de ce site sont principalement liées à la mécanique des uides, l'hydraulique et l'environnement des centrales. De nombreuses installations expérimentales sont présentes sur le site. J'ai travaillé au sein du département MFEE (Mécanique des Fluides, Énergie et Environnement) dont les activités essentielles sont le développement et la maintenance de codes de calculs en mécanique des uides, l'environnement, la thermique à amme, l'éolien, la biomasse, le charbon du futur, l'études des incendies, la thermohydraulique avancée, l'interaction uide/structure, et la thermohydraulique des turbomachines, turbines et échangeurs. Ce département compte environ 150 agents.

12

2.2 Le groupe I83
J'ai intégré le groupe I83, aussi appelé EMET (Ecoulements Monophasiques et Echanges Thermiques), dirigé par Ange Caruso au début de mon stage et par Frédéric Archambeau à la toute n de mon stage. Ce groupe comprend 25 agents. Il est responsable du développement et de la maintenance d'outils numériques dans le domaine de la mécanique des uides monophasiques et du couplage uide-thermique solide (avec le code

ƒyrthes ).

Parallèlement, I83 se consacre également à des études

industrielles utilisant ces codes et parfois des moyens expérimentaux. Voici quelques problèmes que traite le groupe et qui illustrent bien les enjeux stratégiques auxquels il s'attaque :  La durée de vie des cuves des réacteurs nucléaires  Les problématiques liées aux sollicitations thermiques dans le circuit primaire  Les problématiques liées aux assemblages combustibles  Le développement de

gode•ƒ—trune

et donc une recherche poussée sur la modélisation de la

turbulence (LES), sur les lois de paroi, etc  L'étude de l'entreposage des déchets radioactifs  Le conditionnement d'ambiance des bâtiments Les études menées par le groupe sont majoritairement commanditées par deux entités d'EDF : le SEPTEN (Service Etudes et Projets Thermiques et Nucléaires) et la DPN (Direction du Parc Nucléaire). Ces deux services travaillent le plus souvent avec les autorités de sûreté nucléaire et le constructeur Areva.

2.3 Mon stage dans ce contexte
Mon stage s'inscrit dans la problématique de la modélisation de la turbulence, en particulier dans

gode•ƒ—turne,

en intégrant l'évolution importante des moyens de calculs an de résoudre des

problèmes toujours plus complexes et de façon toujours plus précise. Le phénomène de la turbulence a été pris en compte dans

gode•ƒ—turne

depuis sa conception. Ainsi, les modèles de turbulence les plus

classiques (k−ε standard, ...) ont été introduits dans le code de même que des modèles plus compliqués (mais plus coûteux !) permettant de mieux appréhender la turbulence (Large Eddy Simulation ou LES). Mon travail sur la DNS (résolution extrêmement nes des équations de la mécanique des uides) s'inscrit dans ce cadre, en apportant aux ingénieurs et chercheurs travaillant sur la turbulence, des données numériques précises leur permettant de mieux comprendre la structure des écoulements et de comparer les modèles de turbulence plus simples à des données riches. Le travail que j'ai eectué sur l'étude des passes à poissons s'inscrit également dans la problématique de modélisation numérique de la turbulence avec notamment, la comparaison de plusieurs codes de mécanique des uides numérique (CFD). Enn, mon travail de résolution d'un problème 1D de diusion de la chaleur s'inscrit quant à lui dans le cadre d'une collaboration avec un thésard du groupe, Yannick Lecocq.

13

Deuxième partie

Notions de mécanique des uides et présentation du code de CFD d'EDF :

Code_Saturne

14

Chapitre 3

Equations de Navier-Stokes et modèles de turbulence
3.1 Equations de Navier-Stokes
Pour un écoulement newtonien incompressible avec masse volumique constante et viscosité variable, les équations de Navier-Stokes sont données par (3.1) et (3.2) (voir [9] pour une démonstration de ces équations basée sur la méthode des bilans). Les équations de Navier-Stokes sont dénies sur un domaine pression.

avec des conditions aux limites sur

∂Ω

et des conditions initiales pour la vitesse et la

∂u 1 + div(u ⊗ u) = − p + div(2νS) ∂t ρ
div(u)

(3.1)

=0

(3.2)

La première équation exprime la conservation de la quantité de mouvement à l'échelle locale tandis que la deuxième représente la conservation de la masse pour un écoulement incompressible. vecteur vitesse,

t

le temps,

p

la pression,

ρ 1 2

la masse volumique et

ν

la viscosité cinématique.

u est le S 1 est

le tenseur de déformation donné par :

S=

grad

u+

T

grad

u

(3.3)

Puisque l'on s'intéresse aux écoulements connés (et non aux écoulements à surface libre), la composante hydrostatique de la pression est prise en compte dans le terme pression. De plus, aucun eet de ottabilité

2

ne sera modélisé dans le présent rapport.

Les équations (3.1) et (3.2) se réécrivent en coordonnées cartésiennes

3

:

∂uj ∂ui ∂(ui uj ) 1 ∂p ∂ ∂ui + =− + ν + ∂t ∂xj ρ ∂xi ∂xj ∂xj ∂xi ∂uj =0 ∂xj
1 2

(3.4)

(3.5)

Si la viscosité ν est constante, alors div(2νS) = ν∆u. La ottabilité est la poussée d'Archimède due à la variation de masse volumique, elle-même due par exemple à une température variable en espace dans le cas d'écoulements faiblement dilatables. 3 En utilisant la convention d'Einstein de sommation sur les doubles indices. Les trois composantes de la vitesse pourront être aussi notées u,v ,w au lieu de u1 , u2 ,u3 .

15

Le premier terme du membre de gauche de l'équation (3.4) est le terme d'inertie. Le deuxième est le transport convectif de la vitesse par elle-même, tandis que le dernier terme du membre de droite est le terme de viscosité ou terme de diusion.

3.2 Modélisation de la turbulence
3.2.1 Nature de la turbulence
Les écoulements turbulents sont des écoulements fortement chaotiques car le terme convectif non linéaire y est prépondérant devant le terme de viscosité. Pour caractériser un tel écoulement, on déni le

nom˜re de ‚eynolds

de l'écoulement. Si

U

est une valeur caractéristique de la vitesse de l'écoulement

(par exemple la vitesse moyenne dans une section pour un écoulement dans un tube) et plus prépondérant que le nombre de Reynolds donné par (3.6) est grand .

L une échelle

caractéristique de l'écoulement (diamètre du tube par exemple), alors le terme convectif est d'autant

4

Re =

UL ν

(3.6)

D'une part, en chaque point de l'écoulement, les valeurs de la vitesse et de la pression y uctuent au cours du temps de manière chaotique, et d'autre part, si l'on se déplace dans l'écoulement à un instant

t

donné, les uctuations observées de vitesse et de pression sont plus ou moins importantes.

Malgré le caractère chaotique des écoulements turbulents, il existe une cohérence spacio-temporelle qui se caractérise par la présence de structures appelées tourbillons. Les tourbillons ont des tailles et des temps caractéristiques diérents et échangent de l'énergie les uns avec les autres. A chaque tourbillon de taille caractéristique l , on associe un nombre de Reynolds les plus grands ont des tailles proches de celle de l'écoulement moyen

u(l)l Re(l) = . Les tourbillons ν dite é™helle intégr—le. Ils sont

produits par les gradients de vitesse de l'écoulement moyen et portent la majorité de l'énergie cinétique turbulente de l'écoulement. Mais ces grandes structures sont instables et elles se dissocient en structures de plus en plus petites et de moins en moins énergétiques - c'est le phénomène de cascade inertielle de Kolmogorov- et ce jusqu'à atteindre une échelle

l

où le nombre de Reynolds

Re(l)

est si

petit que les eets de viscosité moléculaire deviennent prépondérants et dissipent ecacement l'énergie. L'échelle minimale atteinte par les tourbillons est appelée échelle de Kolmogorov. Pour mieux illustrer le phénomène de transfère d'énergie des grands tourbillons vers les petits, il faut s'intéresser plus précisément aux eets dus au terme convectif non linéaire. Considérons pour cela le cas simple de l'équation de Burgers non visqueuse :

On part d'une condition initiale de

∂u ∂u +u =0 ∂t ∂x la forme u(x, t0 ) = U cos(Kx)

(3.7) où l'écoulement ne possède

1 qu'une taille caractéristique de tourbillon : K . En faisant un développement de Taylor en temps, on

Il sut de rendre les équations de Navier-Stokes adimensionnelles grâce aux grandeurs caractéristiques pour voir apparaître le nombre de Reynolds.

4

16

obtient :

u(x, t0 + δt) = u(x, t0 ) + δt

∂u ∂t

t0

+ O(δt2 ) + O(δt2 )
(3.8)

= u(x, t0 ) − δtu

∂u ∂x

t0

= u(x, t0 ) + δtU 2 K cos(Kx) sin(Kx) + O(δt2 ) = u(x, t0 ) + δtU 2 K sin(2Kx) + O(δt2 ) 2

Le terme non linéaire a donc créé une structure deux fois plus petite. Ce phénomène se rencontre également pour le terme convectif des équations de Navier-Stokes.

3.2.2 Écoulement moyen / écoulement uctuant
Les équations de Navier-Stokes étant chaotiques, si on reproduit deux fois la même mesure de vitesse ou de pression, sur un même écoulement et dans les mêmes conditions, les diérences innitésimales dans les conditions initiales sont telles que l'on n'obtiendra pas la même valeur pour la mesure. Ce comportement est typique des systèmes chaotiques. Les à imaginer qu'on eectue la même mesure d'une grandeur

f

un

moyennes de ‚eynolds consistent grand nombre de fois N , et qu'on

moyenne toutes les valeurs ainsi obtenues (on eectue ainsi une moyenne d'échantillonnage) :

f=
La grandeur

f1 + ... + fN N

(3.9)

f (x, t)

se décompose alors de la façon suivante :

f (x, t) = f (x, t) + f (x, t)

(3.10)

f

est la moyenne de Reynolds de

f,

et

f

la partie uctuante de la grandeur

f.

On a par

dénition

la grandeur

f = 0. Si l'on applique cela f due à la turbulence.

à un écoulement turbulent, on voit que

f

est la uctuation de

L'opérateur "moyenne de Reynolds" ainsi construit est linéaire. Les propriétés suivantes sont vériées :

f + g = f + g et λf = λf . L'opérateur commute avec les dérivations spatiales et temporelles : ∂t,x f = ∂t,x f . Il est par ailleurss indempotent : f = f et f g = f g . Cependant, f g = f g . C'est cette
5

propriété qui est à l'origine de la modélisation de la turbulence. Si dans les équations de Navier-Stokes, on décompose la vitesse en en

ui = ui + ui

et la pression

p = p+p,

puis qu'on applique l'opérateur moyenne de Reynolds, on obtient les équations de

Navier-Stokes moyennées :

‚eynolds —ver—ged x—vierEƒtokes

ou RANS :

∂uj ∂ui ∂(ui uj ) 1 ∂p ∂ ∂ui + =− + ν + − ui uj ∂t ∂xj ρ ∂xi ∂xj ∂xj ∂xi ∂ui =0 ∂xi
5

(3.11)

(3.12)

Dans la suite du rapport, et surtout dans le chapitre 5, d'autres notations pourront être utilisées pour désigner l'écoulement moyen. On notera ainsi indiéremment ui ou Ui .

17

Le terme

−ui uj

apparaissant dans l'équation de quantité de mouvement représente un terme ho-

mogène à un eort dû à la turbulence. On note de turbulence dits

modèles ‚exƒ

Rij = −ui uj

(tensions de Reynolds). Tous les modèles

ont essentiellement pour objectif de simuler le plus correctement

possible les tensions de Reynolds (on obtient ainsi des informations sur des grandeurs moyennes tel que la vitesse et les uctuations).

3.2.3 La simulation numérique directe : DNS
La simulation numérique directe résout les équations de Navier-Stokes sans faire d'approximations autres que celles dues à la discrétisation numérique (erreur numérique par rapport à la solution des équations aux dérivées partielles). On doit donc utiliser des maillages susamment ns pour capter toutes les structures turbulentes y compris les plus petites. On montre (voir Pope [18]) que si taille de l'échelle intégrale et

L est la

λ

celle de l'échelle de Kolmogorov, alors

est le nombre de Reynolds basé sur les grandeurs turbulentes caractéristiques de l'écoulement. Ainsi, si l'on s'intéresse à un écoulement dans un domaine de taille caractéristique noeuds

L λ

est de l'ordre de

Re

3 4,

Re

L,

alors le nombre de

N

dans chaque direction nécessaire à la simulation de phénomènes de l'ordre de l'échelle de

Kolmogorov est proportionnel à simulation directe nécessite

Re 4 . Ainsi, même pour un nombre de Reynolds faible, Re = 104 , une
points dans chaque direction, ce qui engendre un milliard de noeuds

3

103

au total ! Les écoulements dans des congurations industrielles ont des nombres de Reynolds basés sur l'écoulement moyen de l'ordre de

106

à

108

(ce qui correspond à un nombre de Reynolds turbulent

4 de l'ordre de 10 à

106 ), il est donc impossible et pour une longue période encore d'eectuer des DNS

sur des congurations industrielles malgré le progrès exponentiel des moyens de calculs. Il est donc nécessaire de mettre en oeuvre des modèles de turbulence qui permettent de modéliser les plus petites ou la totalité des structures turbulentes et non plus de les simuler par le calcul.

3.2.4 Les modèles RANS
Les modèles RANS ne prédisent que la partie moyenne de l'écoulement avec une modélisation pour les termes du tenseur de Reynolds. Toutes les échelles de la turbulence sont ainsi modélisées et non simulées. On peut ainsi utiliser des maillages beaucoup plus grossiers qu'en DNS car seul l'écoulement moyen du uide doit être prédit. Cependant, comme on ne dispose pas de valeurs instantanées, certaines applications ne peuvent aboutir avec ces modèles de turbulence : l'évaluation de la fatigue thermique, la détermination de spectres d'eorts d'un uide sur une structure solide etc. Parmi les modèles RANS les plus utilisés dans l'industrie, on compte le Les modèles du deuxième ordre comme le composantes de vitesse moyennes.

k − ε,

et le

k − ω − SST

qui sont des

modèles du premier ordre (la modélisation des tensions de Reynolds utilise l'hypothèse de Boussinesq).

Rij − ε

ou le SSG prédisent chacune des composantes du

tenseur de Reynolds qui sont ensuite injectées dans les équations de Navier-Stokes pour prédire les

3.2.5 La simulation des grandes échelles : LES
L'approche de la LES (Large Eddy simulation) est de simuler les plus grandes échelles de la turbulence, celles qui sont porteuses de la plus grande partie de l'énergie cinétique turbulente, et de modéliser les plus petites échelles. On peut donc utiliser des maillages plus grossiers qu'en DNS mais tout de même plus ns que pour les modèles RANS, en sachant que les plus petites échelles que l'on pourra résoudre sont de l'ordre de la taille de la maille (plus exactement deux fois la taille de la maille). On considère que les plus petites échelles, qui sont dissipatives, ne sont que très peu inuencées par les caractéristiques de l'écoulement et qu'elles sont donc isotropes et homogènes. Ceci permet de construire des modèles de sous maille (i.e. ceux qui prennent en compte tout ce qu'il se passe à des

18

échelles plus petites que la maille) universels et donc applicables à tout écoulement. La LES permet donc de traiter des problèmes vibratoires ou de fatigue thermique (problèmes instationnaires).

3.2.6 Le couplage RANS/LES
Le couplage RANS/LES consiste à simuler une partie de l'écoulement avec un modèle LES tandis que le reste du domaine utilise un modèle RANS. Cette technique permet d'obtenir des informations instantanées sur une zone prédénie du domaine de calcul. En revanche, on pourra se contenter d'un maillage plus grossier pour tout le reste du domaine, où des données instationnaires ne sont pas nécessaires. La gure 3.1 représente le spectre d'énergie tourbillons turbulence.

E(K)

en fonction de la taille caractéristique des

K.

Elle permet aussi de visualiser les zones du spectre concernées par chaque modèle de

Fig. 3.1  Spectre de l'énergie cinétique turbulente.

kc

est la fréquence de coupure des ltres LES.

19

Chapitre 4

Présentation de Code_Saturne
gode•ƒ—turne
est un code qui résout les équations de Navier-Stokes. C'est un "code maison" de EDF R&D qui est depuis plus d'un an en open source et téléchargeable à l'adresse suivante :

http://www.code-saturne.org. Il s'applique à des écoulements bi et tridimensionnels, stationnaires
ou instationnaires, laminaires ou turbulents, Newtoniens, incompressibles ou faiblement dilatables, isothermes ou non, avec prise en compte de scalaires passifs et la possibilité de modéliser les uctuations de scalaires. Le code comprend en outre diérents modules : un module lagrangien, un module de rayonnement semi-transparent, un module de combustion pour les gaz, un module pour le charbon pulvérisé et un module pour les applications comprenant des phénomènes électriques (eet Joule et arc électrique). La discrétisation est de type volumes nis colocalisés, et les maillages sont par défaut non structurés (approche colocalisée polyédrique).

gode•ƒ—turne

est séparé en deux parties : L'En-

veloppe, chargée du prétraitement (maillages, données géométriques, découpage pour le parallélisme, recollements) et du post-traitement (génération de chiers lisibles par des logiciels de visualisation, cette partie est progressivement intégrée au Noyau) et le Noyau, "partie physique" du code correspondant à la résolution des équations de Navier-Stokes. nombre de modèles de turbulence :

gode•ƒ—turne

permet l'utilisation d'un grand

k−ε

standard avec ou sans production linéaire,

k−ω

SST,

Rij LRR et SSG, v 2
dynamique.

−f

(phi-model développé à l'université de Manchester), LES standard et LES

Dans ce chapitre, nous présenterons de façon succincte le fonctionnement de plus d'information voir la documentation de

gode•ƒ—turne

gode•ƒ—turne. Pour

[20].

4.1 Le fonctionnement de Code_Saturne
Il s'agit de calculer l'évolution des variables de vitesse borné, discrétisé par un ensemble

u

et de pression

p,

sur un domaine spatial

N

de points (centres des cellules ou volumes de contrôle qui forment

le domaine de calcul), au cours du temps, ce dernier étant discrétisé par les instants tie, symétrie, ...), et des conditions initiales. maintenant détailler.

t0 , t1 , ..., tk ,

en

prenant en compte des conditions aux limites sur les bords du domaine de calcul (paroi, entrée, sor-

gode•ƒ—turne

utilise les discrétisations que nous allons

Chaque point de calcul est le centre d'une cellule (aussi appelé volume de contrôle élémentaire).

gode•ƒ—turne

est un code dit colocalisé, c'est-à-dire que les deux variables vitesse et pression (ainsi

que toutes les variables scalaires) sont dénies et calculées au centre de ces cellules (généralement le centre de gravité des cellules). Le principe de la méthode des volumes nis est l'écriture des équations de Navier-Stokes sous une forme conservative et l'utilisation du théorème de la divergence : on exprime les dérivées spatiales sous forme de divergence et on intègre les expressions sur chaque cellule. L'équation (4.1) est la réécriture de l'équation de conservation de la quantité de mouvement à l'aide

20

l'opérateur divergence :

∂u + div(u ⊗ u) = div ∂t
La viscosité

p − I +ν ρ

grad

u+

T

grad

u

(4.1)

ν

peut être complétée par une viscosité de sous-maille (en LES) ou une viscosité RANS

(vi— l'approximation de Boussinesq). Le principe de la résolution est la méthode de

correction. A chaque pas de temps n, on résout d'abord l'équation de conservation de la quantité de
mouvement en rendant la pression explicite. On en déduit ensuite une première valeur de la vitesse (appelée vitesse prédite),

prédiction-

un+ 2 .

1

L'équation de continuité est enn traitée an de modier le champ

de vitesse prédit, qui doit être à divergence non nulle, en corrigeant la pression (équation de Poisson).

4.1.1 L'étape de prédiction
Dans l'étape de prédiction, le système suivant est résolu (on se contente ici d'un schéma en temps Euler implicite en sachant que
1

gode•ƒ—turne

peut gérer tout type de

θ-schéma)
1

:

1 un+ 2 − un ρ + div un+ 2 ⊗ (ρu)n = div ∆t

− pn I + µ

grad

un+ 2 +

T

grad

un

(4.2)

Notons que le ux de masse vitesse.

ρun

dans le terme de convection à gauche, ainsi que le gradient

transposé, à droite, utilisent une vitesse explicite, et ce pour découpler les trois composantes de la Classiquement, lors de l'utilisation de la méthode des volumes nis, on utilise un maillage, partition du domaine

Ω en cellules Ωi . On note Sij = ∂Ωi ∩ ∂Ωj

et

Sbik

la k-ième face de bord de

∂Ωi ∩ ∂Ω

(voir gure 4.1). On intègre les équations du système sur chacun des volumes

Ωi .
devient, d'après le

Le terme de convection :
théorème d'Ostrogradsky

L'intégrale de volume

div

un+ 2 ⊗ (ρu)n

1

Ωi
1

un+ 2 ⊗ (ρu)n · dS .
∂Ωi

Après discrétisation, sur toutes les faces de

Ωi ,

cela se réécrit :

[(ρuij )n · S ij ]uf,ij2 +
j∈V ois(i)
Les termes

n+ 1

2 [(ρubik )n · S bik ]uf,bik

n+ 1

(4.3)

k∈γb (i)

(ρuij

)n

· S ij

et

(ρubik

)n

· S bik

correspondent aux ux de masse, explicités sur les faces

internes et les faces de bord. Les ensembles voisines de l'élément

V ois(i)

et

i,

et les faces de bord voisines de

γb (i) désignent, respectivement, les cellules Ωi (celles-ci peuvent être eectivement nomuf,ij2 ,
n+ 1
et
2 uf,bik

breuses avec des faces non-conformes). Les valeurs inconnues de la vitesse aux faces, des éléments. Il existe trois schémas pour évaluer ces valeurs : 

n+ 1

doivent êtres évaluées, en fonction des vraies inconnues, qui sont les valeurs de la vitesse aux centres

Le schéma décentré amont d'ordre 1 (UPWIND) :
uf,ij2 = uI
n+ 1 n+ 1 n+ 1 2 n+ 1 2
si si

(ρuij )n · S ij ≥ 0 (ρuij )n · S ij < 0

uf,ij2 = uJ 

Le schéma centré d'ordre 2 :
21

uf,ij2 = αij uI αij = 

n+ 1

1 n+ 2

+ (1 − αij )uJ

n+ 1 2

+

1 1 (grad un+ 2 )I + (grad un )J · OF 2

avec

FJ IJ

(voir gure 4.1).

Le schéma décentré amont d'ordre 2 (Second Order Linear Upwind) :
uf,ij2 = uI
n+ 1 n+ 1 n+ 1 2 n+ 1 2

+ IF · (grad un+ 2 )I + JF · (grad un+ 2 )J
1

1

si si

(ρuij )n · S ij ≥ 0 (ρuij )n · S ij < 0 I =I
), le

uf,ij2 = uJ

Dans les schémas d'ordre 2, lorsque le maillage présente des non orthogonalités (i.e. calcul du gradient utilise une technique de

re™onstru™tion de gr—dient

pour prendre en compte les

termes d'ordre un en espace. C'est une méthode itérative. Au bord, la valeur de la vitesse prédite est toujours donnée par :

2 uf,bik = uI

n+ 1

n+ 1 2

si

(ρubik )n · S bik ≥ 0,

et

2 uf,bik = ubij

n+ 1

n+ 1 2

si

(ρubik )n · S bik < 0.

Fig. 4.1  Schéma d'une cellule de calcul et d'une face de bord.

Par défaut, dans le code, on fait un mélange (˜lending ) entre le schéma centré et le schéma UPWIND d'ordre 1 (pour des raisons de stabilités sur des maillages distordus). On joue pour cela sur la valeur de BLENCV de chaque variable (dénie dans usini1.F), comprise entre 0 et 1, 1 correspondant à 100% de centré. Un test de pente permet de basculer du schéma centré ou SOLU (d'ordre deux en maillage orthogonal) vers le schéma décentré amont d'ordre un, sans

˜lending.

Ce test a surtout été

introduit pour éviter que des grandeurs physiques telles que la température ne dépassent les bornes minimales et maximales imposées par les conditions aux limites (ce qui est physiquement impossible).

La partie diusive : La formulation "volumes nis" du terme de diusion

grad

un+ 2

1

se

∂Ωi

22

discrétise sous la forme suivante :
1 n+ 2

µ
j∈V ois(i)

uJ

− uI

n+ 1 2

IJ

Sij +
k∈γb (i)

µ

ubik 2 − uI IF

n+ 1

n+ 1 2

Sbik I=I

(4.4)

Cette discrétisation ne pose pas de problèmes sur les maillages orthogonaux (où autres cas, des techniques de reconstruction sont utilisées. A noter enn que la vitesse au bord

). Dans les

I ), vi—

2 uf,bik

n+ 1

peut s'exprimer en fonction de la valeur à la cellule (en

les conditions aux limites données.

Cette discrétisation produit donc, pour chaque composante de la vitesse, un système à résoudre, en général non linéaire : d'une part à cause des non orthogonalités éventuelles nécessitant des reconstructions, d'autre part à cause de l'utilisation, dans certains cas, d'un test de pente permettant de basculer entre plusieurs types de schémas pour le terme de convection. Le système est résolu de manière itérative.

4.1.2 L'étape de correction
L'étape de correction de la pression consiste à résoudre une équation de Poisson (schéma SIMPLEC ici, voir [17]), an de retrouver un champ de vitesse

un+1

à divergence nulle, et de mettre à jour la

pression, explicite dans l'étape de prédiction, par un incrément

δpn+1

tel que

δpn+1 = pn+1 − pn .

Il

s'agit de résoudre le problème suivant (la convection est négligée dans la schéma SIMPLEC) :

 1  (ρu)n+1 − (ρu)n+ 2   ∆t    n+1 div (ρu)
un Laplacien de l'incrément de pression : div

= −grad δpn+1
(4.5)

=0

Pour résoudre ce problème, on prend la divergence de la première équation, ce qui fait apparaître

∆t

grad

δpn+1 = div (ρu)n+ 2 1
et

1

(4.6)

La discrétisation classique ("naturelle") de l'opérateur Laplacien a le défaut de découpler les noeuds pairs et impairs : un champ de pression valant alternativement

−1

(mode d'oscillation)

sur un maillage hexaédrique régulier (comme sur un échiquier) est solution de l'équation de Poisson homogène et peut ainsi apparaître et polluer les résultats. Pour corriger ce problème, on utilise le ltre Rhie & Chow ([4]).

23

Troisième partie

Problématiques étudiées au cours du stage

24

Chapitre 5

Code_Saturne
de canal périodique développé avec

DNS de canal périodique plan pleinement développé à Re∗ = 180 avec
Une grande partie du travail pendant le stage long fut consacrée à la mise en ÷uvre d'une DNS

gode•ƒ—turne.

Le canal périodique développé, présenté dans la

section 5.1 est le cas test le plus utilisé en simulation de la turbulence de sorte que tout nouveau modèle de turbulence doit être testé sur ce cas (c'est de plus un cas très dicile vu que la turbulence est uniquement générée par la paroi). Il existe de nombreuses données numériques concernant le canal périodique, en particulier plusieurs calculs en simulation directe (DNS de Kim, Moin & Mansour 1987 [16], Jimenez 1998 [6], ...), ce qui permet de comparer tout nouveau modèle de turbulence à ces données de référence. Cependant, ces données, qui sont accessibles au plus grand nombre, se révèlent parfois insusantes. En eet, les chercheurs qui ont mis en ÷uvre ces DNS ne mettent à disponibilité de leurs confrères que les prols des statistiques de l'écoulement (c.f. section 5.2) et au mieux un champ instantané, c'est-à-dire la donnée de la vitesse en tout point de l'écoulement et à un instant

t

donné (ce qui

génère toutefois déjà un grand nombre de données). Il est impossible de reprendre ces calculs et de les poursuivre, il est également impossible de faire des calculs nécessitant la connaissance de l'écoulement sur plusieurs milliers de pas de temps comme des calculs de statistiques par exemple. Voilà pourquoi il est très intéressant pour les ingénieurs-chercheurs d'EDF de mettre en ÷uvre leur propre DNS de canal périodique. Cela leur permettra de disposer de données riches. Ils pourront ainsi disposer de champs qu'ils pourront exploiter à leur guise et sur lesquels ils pourront calculer toutes les statistiques qui les intéressent (les données présentées par la suite on été récupérées par exemple pour des calculs lagrangiens, elles pourraient aussi être utilisées pour étudier les corrélations en deux points ou entre deux variables comme la vitesse de frottement et la vitesse à une certaine distance de la paroi). A noté enn qu'en toute rigueur, il est inapproprié de parler de DNS pour un calcul eectué avec

gode•ƒ—turne.

En eet, le schéma numérique en espace utilisé dans

gode•ƒ—turne
ou

est d'ordre 2,

ordre peu élevé par rapport à celui des DNS qui utilisent des méthodes spectrales d'ordre beaucoup plus élevé. Il faudrait ainsi utiliser le terme plus approprié de

qu—siEhxƒ

hxƒ

grossière (absence

de toute modélisation de la turbulence). Cette étude nous permettra de tester les possibilités de DNS avec un code volumes nis colocalisé et un schéma centré pur en espace.

25

5.1 Le canal plan périodique pleinement développé
Le cas du canal périodique simule l'écoulement entre deux plaques planes innies dans les directions et distantes d'une longueur

x et z (respectivement dans la direction principale de l'écoulement et dans la direction transverse) 2δ (direction normale à la paroi).

Fig. 5.1  Schéma de conguration du cas du canal plan.

Cet écoulement possède plusieurs propriétés : la vitesse moyenne est parallèle aux parois et toutes

d¯ u , la vitesse de dy y=0 2 frottement, échelle de vitesse issue de la contrainte visqueuse à la paroi τp = ρu∗ . Pour tout canal u∗ δ de demi-hauteur δ , on dénira alors le nom˜re de ‚eynolds tur˜ulent : Re∗ = . Enn, on notera ν u∗ y la distance adimensionnelle à la paroi. y+ = ν
les dérivées moyennes par rapport à

x

et

z

sont nulles. On notera

u∗ =

ν

Avec les propriétés du champ moyen énoncées plus haut, en utilisant un modèle de viscosité

turbulente basée sur une longueur de mélange issue de la

formule de €r—ndtl 1 ,
et

on peut intégrer les

équations de Navier Stokes dans certaines zones du canal et retrouver la loi de la vitesse moyenne

u en ¯

+ fonction de y . Ces zones sont respectivement appelées
[9]). La zone linéaire est la zone en proche paroi (y

zone liné—ire

zone log—rithmique

(il existe

aussi une zone centrale le long de laquelle la longueur de mélange peut être considérée constante, voir

+

< 11)

où l'on néglige la viscosité turbulente

devant la viscosité moléculaire. On obtient un prol linéaire pour la vitesse moyenne :

u(y + ) = ¯
La zone logarithmique s'étend de limitée par les parois

u2 + ∗ y ν

(5.1)

y + = 30

jusqu'à ce que la taille des tourbillons ne soit plus

(y = 0.2δ).

Les eorts visqueux sont négligés devant la turbulence et on obtient

un prol logarithmique de la vitesse moyenne :

u(y + ) = ¯
On prend Dans la zone

u∗ ln(y + ) + E κ

(5.2)

E = 5.2. 11 < y + < 30,

on a la zone dite de transition.

Jusqu'à y = 0.2δ , la taille des grandes structures est limitée par la paroi et vaut Lt = κy , avec κ la constante de Von Karmán. Au delà, Lt est constant et vaut 0.2κδ .
26

1

Numériquement, pour simuler des plaques innies, on impose des conditions de périodicité dans la direction

x

de l'écoulement et dans la direction transverse

z,

si bien que dans la simulation, tout 

uide sortant du domaine par une face orthogonal aux plaques est réinséré à travers la face opposée (le schéma est implicite pour la périodicité de translation). An de générer l'écoulement, on impose une force motrice, terme source de quantité de mouvement représentant un gradient de pression et censé compenser les pertes de charges dues au frottement visqueux en paroi. Notons

source de quantité de mouvement à ajouter au second membre des équations de Navier Stokes pour compenser les eorts visqueux en paroi. Raisonnons sur une "colonne" de l'écoulement de volume

∂P ∂x

le terme

V,

intersectant les parois inférieure et supérieure sur une surface

S.

Les eorts visqueux s'exerçant

sur la colonne valent donc biensûr

2×S×

ρu2 , et le gradient de pression simule une force ∗

V = 2δS . Comme les deux forces se compensent (équilibre de l'écoulement moyen), on obtient ρu2 ∗ = . Dans gode•ƒ—turne, cela revient à ajouter un terme source explicite dans la routine δ utilisateur ustsns.F (on notera bien que l'on n'impose pas le débit). ∂P ∂x

∂P ×V. ∂x

On a

5.2 Démarche à suivre pour réaliser une DNS
5.2.1 Maillage et options numériques
Pour réaliser une DNS, il faut lancer les calculs sur un maillage assez n pour capter toutes les structures turbulentes y compris les plus petites responsables de la dissipation de la turbulence. Dans

gode•ƒ—turne,

on a choisit d'utiliser les options numériques de la LES en xant la constante de

Smagorinsky à 0 dans la routine utilisateur

usini1.F.

Cela permet de désactiver tout modèle de

turbulence tout en gardant les options spéciques de la LES à savoir des schémas d'ordre deux en espace et en temps : un schéma de Crank-Nicholson en temps et un schéma centré pur en espace (ceci est souhaitable pour des calculs instationnaires, voir [2] et [10]). Le champ de vitesse doit être initialisé. En eet, et en particulier avec un nombre de Reynolds turbulent faible et un maillage structuré (pas d'erreurs de non-orthogonalité qui peuvent, et ceci peut paraître paradoxal, rendre l'écoulement turbulent), l'écoulement peu ne pas devenir turbulent si on initialise le champ de vitesse par une vitesse constante (ou même variable suivant la direction normale à la paroi) ou alors aller vers un état laminaire si on initialise la vitesse par une champ turbulent sans corrélations spatial (avec une gaussienne par exemple). On utilise la SEM (Synthetic Eddy Method, voir [19]) pour l'initialisation du champ de vitesse

2.

5.2.2 Calcul des statistiques de l'écoulement
Un certain nombre de statistiques "classiques" doivent être calculées durant la simulation an de les comparer aux données (numériques ou expérimentales) existant sur le cas du canal périodique. Il s'agit des prols de la vitesse moyenne de l'écoulement

u et des tensions de Reynolds ui uj ¯

en fonction

+ de y .
Comme le schéma numérique résout les équations de Navier Stokes, on peut considérer que si les statistiques concernant les termes de l'équation de quantité de mouvement sont exactes, alors la DNS est satisfaisante et qu'elle donne des résultats acceptables. Mais cette approche est approximative et même fausse. En eet, le schéma numérique s'appliquant aux équations de Navier Stokes, il est clair que si le maillage est assez n, les termes de ses équations seront prédits de façon exacte. Mais cela

2 Cette méthode est plus généralement utilisée pour générer un champ turbulent pour la LES à partir de grandeurs moyennes (la vitesse, l'énergie turbulente ou le tenseur de Reynolds, la dissipation) issues d'un calcul RANS ou de données expérimentales, en particulier pour générer des conditions aux limites d'entrée turbulentes pour des calculs industriels.

27

ne sut pas. Pour vérier la qualité d'une DNS, il faut vérier que d'autres équations sont également bien résolues, en particulier les équations de transport des termes du second ordre que sont les tensions de Reynolds. Il ne sut donc pas de calculer les prol de termes apparaissant dans leurs équations de bilan [18]. Les équations de transport des tensions de Reynolds s'obtiennent à partir des équations de NavierStokes en moyennant ces équations, puis en soustrayant l'équation de Navier-Stokes moyennée à l'équation de Navier-Stokes. On obtient alors les équations de transport des vitesses uctuantes, qu'il reste à moyenner pour obtenir les équations de transport des tensions de Reynolds. Cette dérivation est vraie en continue, elle est généralement fausse avec les opérateurs discrets. Pour un écoulement incompressible instationnaire, les équations de transport des tensions de Reynolds sont données par (voir [18] ou [9]) :

u ¯

et de

ui uj ,

il faut aussi calculer tous les

∂ui uj ∂t
de droite sont :

+ Uk

∂ui uj ∂xk

= Pij + Tij + Πij + Dij − εij ui uj

(5.3) et les termes du membre

où le membre de gauche représente la variation totale des contraintes

Pij = − ui uk Tij = −

∂Uj ∂Ui + uj uk ∂xk ∂xk

Production

∂ui uj uk ∂xk 1 ∂p ∂p u + uj ρ i ∂xj ∂xi ∂ 2 ui uj ∂xk ∂xk ∂ui ∂uj ∂xk ∂xk

Transport turbulent

Πij = −

Gradient de pression-vitesse

Dij = ν εij = 2ν

Diusion visqueuse

Dissipation

On utilise la convention d'Einstein de sommation des doubles indices. Les indices de coordonnées (1,2,3) désignent respectivement la direction de l'écoulement la direction transverse

x,

la direction normale aux parois

y

et

z. k
s'obtient en faisant

L'équation de transport pour l'énergie turbulente

i = j

dans (5.3) et en

respectant la convention de sommation des doubles indices :

∂k ∂k + Uk = Pk + Tk + Πk + Dk − εk ∂t ∂xk
où les termes du membre de droite sont donnés par

(5.4)

28

Pk = −ui uk Tk = −

∂Ui ∂xk

Production

1 ∂ui ui uk 2 ∂xk

Transport turbulent

1 ∂p Πk = − u i ρ ∂xi Dk = ν ∂ 2 ui ui 2 ∂xk ∂xk ∂ui ∂ui ∂xk ∂xk

Gradient de pression-vitesse

Diusion visqueuse

εk = ν

Dissipation

Tous les termes apparaissant dans ces équations de transport sont calculés par les programmes

dnsstat.h

et

dnsstat.F

appelés par les routines utilisateur.

5.3 Les simulations réalisées
Trois calculs principaux ont été lancés, à un nombre de Reynolds turbulent égal à 180. A chaque fois, c'est la version 1.3.2 du Noyau de

gode•ƒ—turne

et la version 1.3.1 de l'enveloppe qui ont été

utilisés. Tous les calculs ont été lancés sur 1024 processeurs de la machine Blue Gene/L d'IBM que possède EDF (8000 processeurs). Dans toutes les simulations, le nombre de Courant ne dépasse pas

1.
Voici le détail des options numériques et des temps de retour pour ces trois calculs.

Premier calcul :
Pour ce premier calcul (calcul de référence), on a choisit d'utiliser le même maillage que Kim, Moin et Mansour [16] avaient utilisés en 1987 an de confronter le schéma volumes nis centré d'ordre deux de

gode•ƒ—turne

avec les résultats de Kim, Moin et Mansour (résolution spectrale dans au moins

deux directions). Il s'agit d'un maillage hexaédrique rané en paroi composé de quatre millions de cellules, de longueur

12.56m dans la direction x, 6.28m dans la direction z et 2δ = 2m dans la direction

y.

Le ranement dans la direction normale aux parois est donné par :

yi = 1 + cos

(i − 1)π , N −1 y

i = 1..N

N = 65

est le nombre de noeuds dans la direction

entre le centre du canal et la paroi.

On obtient les valeurs suivantes pour les tailles adimensionnelles de la grille de calcul :

∆x+ = 12 ∆z + = 7 ∆y + = 0.027 ∆y + = 4.5

à la paroi au centre du canal

On voit que le premier noeud à la paroi est très proche de celle-ci puisque

∆y + = 0.027 alors qu'il

surait d'avoir une valeur inférieure à 5. Cela est dû au code spectral utilisé par Kim, Moin et Mansour qui nécessite, pour des questions d'optimisation, de placer les noeuds de la direction transverse aux

29

parois aux racines d'un polynôme de Tchebychev. Or ces racines sont concentrées au niveau des parois. Le pas de temps a été xé à

dt = 10−3 s.

Le calcul des moyennes temporelles nécessaires aux

statistiques a été lancé après 100 000 pas de temps soit environ 70 passages du uide dans le domaine périodique. Les moyennes temporelles ont été calculées sur 20 000 pas de temps. Ces moyennes sont ensuite elles même moyennées en espace dans les deux directions d'homogénéité. Le calcul a duré 6 jours sur 1024 processeurs de la Blue Gene.

Deuxième calcul :
Les résultats du premier calcul n'ayant pas été satisfaisants, en particulier sur la vitesse moyenne, un deuxième calcul a été lancé en divisant par deux la taille des cellules dans la direction mouvements de rotation du uide dans le plan

z . On espère

ainsi mieux capter les structures turbulentes allongées appelées streaks (voir [18]). Les streaks sont des

(y, z)

se produisant dans la sous couche visqueuse. Il

est donc important de raner susamment le maillage dans ces deux directions pour pouvoir capter ces structures. Comme le maillage est déjà très rané dans la direction raner dans la direction

y

en paroi, il nous reste à le

z. x
et

Pour alléger le calcul, la taille du domaine a été divisée par deux dans les directions On obtient les valeurs suivantes pour les tailles adimensionnelles de la grille :

z.

Ce

qui, avec le ranement par deux dans la direction z donne un maillage de deux millions de cellules.

∆x+ = 11.775 ∆z + = 3.5 ∆y + = 0.027 ∆y + = 4.42
Le pas de temps a dû être abaissé à

à la paroi au centre du canal

dt = 10−4 s car avec dt = 10−3 s, le nombre de Courant (CFL)

était trop grand ce qui faisait diverger le calcul. Le calcul des moyennes temporelles a été lancé après 600 000 pas de temps soit environ 40 passages du uide dans le domaine périodique. Les moyennes temporelles ont été calculées sur 100 000 pas de temps. Le calcul a duré 6 jours sur 1024 processeurs de la Blue Gene.

Troisième calcul :
Enn, l'inuence d'un troisième facteur a été testée : le nombre d'itérations du processus prédictioncorrection de la vitesse à chaque pas de temps. Par défaut, ce nombre est xé à un (ceci est susant si le nombre de Courant est susamment petit). Le troisième calcul est similaire au deuxième en tout point, excepté que le nombre d'itérations a été xé à trois (en eet, il a été montré dans [2] que ce nombre est susant pour obtenir une précision satisfaisante du couplage vitesse/pression). Concrètement, cela se fait en xant la variable Avec un pas de temps de

dt = 10−4 s,

NTERUP

à 3 dans la routine

usini1.F.

le calcul des moyennes a été lancé après 80 passages du 

uide dans le domaine périodique, il s'est étalé sur 300 000 pas de temps. La totalité de la simulation a duré 18 jours sur 1024 processeurs. Le tableau 5.1 résume les caractéristiques des trois calculs :

30

Premier calcul Deuxième calcul Troixième Calcul
Tab. 5.1 

∆x+ 11.775 11.775 11.775

∆z + 7.065 3.5 3.5

+ ∆ymin 0.027 0.027 0.027

+ ∆ymax 4.42 4.42 4.42

dt

NTERUP
1 1 3

10−3 s 10−4 s 10−4 s

Caractéristiques des trois calculs DNS lancés avec

gode•ƒ—turne

5.4 Les résultats obtenus
5.4.1 Statistiques usuelles
Les gures 5.2 à 5.4 représentent le prol de la vitesse moyenne

u=U ¯

en fonction de la distance

adimensionnelle à la paroi. La gure 5.5 représente les prols des vitesses uctuantes gure 5.6 représente le prol du terme de cisaillement dans le tenseur de Reynolds disponibles sur les moyennes d'ordre 3). On observe que pour tous les calculs lancés avec nos résultats sur la vitesse moyenne paroi pour calculées. En revanche, pour le premier calcul, on observe qu'à partir de

ui2

et la

u1 u2 = u v .

Enn, la gure 5.8 donne le prol de certaines corrélations triples (ces données sont les seules données

gode•ƒ—turne,

on a une parfaite adéquation de

u avec ceux de Mansour, Kim & Moin dans la zone proche de la ¯ y + ≤ 20. Cette première observation sera conrmée par la suite pour toutes les statistiques y + = 20,
la vitesse moyenne est

−1 au centre du canal. Comme la surestimée et l'on obtient une surestimation de l'ordre de 0.6m.s
transition entre zones linéaire et logarithmique est au même endroit que celle de la DNS de Kim & Moin, on en déduit que la surestimation de la vitesse moyenne au centre du canal n'est pas due à une zone logarithmique trop courte. Deux hypothèses ont été formulées pour expliquer cette surestimation. Premièrement, cela pouvait être dû à une zone de transition mal résolue car pas assez ranée ce qui aurait provoqué une accumulation des erreurs jusqu'au centre du canal donnant une surestimation de la vitesse moyenne (ou alors tout simplement à un ranement insusant au centre du canal). Cette hypothèse a été testée en récupérant quelques points au niveau de la paroi trop ranée et en resserrant les points dans la zone tion

15 ≤ y + ≤ 30. z,

Aucune amélioration notable n'a pu être observée. La deuxième hypothèse (on

montre par la suite que c'est la bonne raison) est que le maillage n'étant pas assez n dans la direcles streaks ne sont pas correctement simulées, ceci impacte donc le mécanisme de remontée des structures de la paroi vers l'écoulement central et l'eet se voit au centre. C'est l'hypothèse testée grâce au deuxième calcul (courbe bleue sur la gure 5.2 ). On voit une nette amélioration du prol de vitesse moyenne, la surestimation au centre du canal étant nettement diminuée. On observe aussi que le fait d'itérer trois fois sur le couplage vitesse-pression apporte une légère amélioration mais bien moins importante que celle induite par le ranement dans la direction

z.

On observe que les vitesses uctuantes sont globalement bien prédites par les trois calculs, et que le troisième calcul donne un résultat parfait pour z semble avoir eu un eet négatif sur le terme zone

vrms et wrms . En revanche, le fait d'avoir rané sur −u v puisqu'on observe une légère surestimation dans la

15 ≤ y + ≤ 30. Aucune explication satisfaisante n'a pu être donnée pour expliquer ce phénomène. z
permet une nette amélioration sur les corrélations triples

Enn, on voit que le ranement selon dans la zone

15 ≤

y+

≤ 30.

Cependant, les prols des corrélations triples sont quand même nette-

ment moins bien prédis que ceux des autres statistiques. Cela montre qu'il est dicile de capter les phénomènes concernant des termes du troisième ordre avec un code volumes nis d'ordre deux en

31

espace. En eet, les moyennes d'ordre

3

sont représentatives des petites structures. On voit que le

comportement asymptotique est très satisfaisant en paroi et que la dégradation a lieu au centre du canal. Ceci montre que le ranement suivant calculs pour vérier cette assertion.

x

et/ou

y

est insusant. Il faudrait lancer d'autres

Fig. 5.2  Prol de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement.

32

Fig. 5.3  Prol logarithmique de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement.

Fig. 5.4  Prol logarithmique de la vitesse moyenne dans le direction de l'écoulement (zoom).

33

Fig. 5.5  Moyennes RMS de la vitesse uctuante adimensionnalisées par

u∗ .

En rouge :

u 2,

en

vert

v 2,

en bleu

w2

Fig. 5.6  Prol de

−u v

adimensionnalisé par

u∗ .

34

Fig. 5.7  Prol de

−u v

adimensionnalisé par

u∗

(zoom).

Fig. 5.8  Prol de quelques corrélations triples adimensionnalisées par

u∗ . En point : DNS de Kim &

Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

35

5.4.2 Équations de transport des tensions de Reynolds
Les gures 5.9 à 5.15 représentent les prols des diérents termes apparaissant dans les équations de transport de l'énergie cinétique

k

et des tensions de Reynolds.

On observe que pour toutes les tensions de Reynolds, le fort ranement en paroi donne une bonne (voire excellente) adéquation de nos résultats avec ceux de Mansour, Kim & Moin. On voit aussi que dans tous les cas excepté pour échelles comparativement à

vv,

on a aussi de bons résultats au centre du canal. Les erreurs

importantes observées dans le bilan de

vv

sont à relativiser car les termes varient sur de petites

k

ou à

uu

par exemple.

En revanche, pour la zone de transition située en

15 ≤ y + ≤ 50,

tous les termes calculés avec

gode•ƒ—turne

dièrent sensiblement des résultats de Mansour, Kim & Moin. En particulier, la somme

des termes apparaissant à droite des équations de transports n'est pas nulle dans cette zone alors qu'elle devrait l'être car elle correspond à la moyenne spatiale

et

temporelle de

Dui uj Dt

. Mais cela

est à relativiser puisqu'on voit que l'erreur sur cette somme reste petite devant le pique du terme de production. Il serait intéressant de voir qui est le terme responsable de cette erreur. Au premier abord, toutes les courbes ont un écart faible avec les résultats de la DNS, ceci nous incite donc à en déduire que tous les termes on une contribution à l'erreur (somme des termes non nulle).

Fig. 5.9  Termes du bilan de k en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En point :

DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

36

Fig. 5.10  Zoom sur le bilan de k. En point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul.

En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

Fig. 5.11  Termes du bilan de

uu

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

37

Fig. 5.12  Termes du bilan de

vv

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

Fig. 5.13  Termes du bilan de

ww

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

38

Fig. 5.14  Termes du bilan de

ww

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul (zoom).

Fig. 5.15  Termes du bilan de

uv

en fonction de la distance à la paroi adimensionnelle

y+.

En

point : DNS de Kim & Moin. En trait continu : premier calcul. En trait et carrés : deuxième calcul. En pointillés : troisième calcul.

39

5.5 Conclusions sur la DNS de canal plan développé avec Code_Saturne
On voit que pour un nombre de Reynolds turbulent égal à

180, une DNS avec gode•ƒ—turne

donne

des résultats très satisfaisants bien que le schéma numérique soit "seulement" un schéma volumes nis d'ordre deux centré en espace et en temps. Cependant, prendre un maillage destiné à faire une DNS avec un code spectral ne sut pas car le schéma volumes nis n'a pas la précision élevée d'un schéma spectral. Il faut donc raner davantage le maillage de façon à mieux capter les structures turbulentes, appelées streaks, en proche paroi. On montre ainsi qu'il faut raner au moins par deux le maillage utilisé avec un schéma spectral dans la direction transverse de l'écoulement. On pressent aussi qu'il faut encore raner le maillage dans la direction

x

et dans la direction

y

au centre du canal pour

mieux modéliser les petites structures turbulentes. L'étape suivante, qui n'a pu être eectuée dans le cadre de ce stage faute de temps, est de lancer des DNS avec des nombres de Reynolds turbulents plus élevés (Re∗

= 395

et

Re∗ = 640)

et de vérier que les résultats sont toujours aussi bons. Ce

travail devient accessible avec la nouvelle Blue Gene d'EDF équipée de 32 000 processeurs (travail en cours, lancé durant le stage long, pour

Re∗ = 395).

40

Chapitre 6

Passe à poissons
Ce chapitre est consacré aux travaux qui ont été eectués en collaboration avec le département LNHE de EDF R & D. Ils s'inscrivent dans le cadre d'une coopération étroite entre des chercheurs de deux diérents départements d'EDF R&D : le Laboratoire National d'Hydraulique et Environnement (LNHE) et le département MFEE. Ce type de collaboration inter-départements est très fréquent au sein d'EDF R&D. Il existe par exemple de nombreuses collaborations entre les départements MFEE et MMC (Mécanique des milieux continus) sur les sujets de fatigue thermique ou de prédiction d'eort dans les vannes et clapets. Il existe aussi des collaborations avec des organismes extérieurs comme les universités (Paris VI, University of Manchester...), les grands instituts de recherche français (CEA, CNRS,...) ou encore les grandes écoles (ENPC, ENSTA, ECL, ECP) où les chercheurs d'EDF sont engagés soit dans des projets de recherche communs soit dans des missions d'enseignement. Lors de cette collaboration, nous avons mené une étude sur une conguration de passe à poissons. La motivation de départ était de confronter les calculs eectués avec le code SPH (Smoothed Particle Hydrodynamics) développé par le LNHE :

ƒp—rt—™us Ph.

Comme l'intégration de modèles

de turbulence dans ce code est récente, l'idée est de comparer les résultats avec un code eulérien volumes nis dont les modèles de turbulence sont largement validés à savoir

gode•ƒ—turne ƒp—rt—™us Ph,

gode•ƒ—turne.

De plus,

orait davantage de possibilités puisqu'il permettait l'étude de ce cas en modélisant la les mêmes calculs ont été menés avec le code éléments nis

turbulence par la méthode LES (méthode plus ne). En plus des comparaisons entre

gode•ƒ—turne, „elem—™ Ph. Des données

expérimentales sont aussi disponibles mais pour des raisons de condentialités, il ne sera pas possible de les présenter dans ce rapport. Cette collaboration a donné lieu à une publication lors du troisième congrès SPHERIC (SPH European Interest Community), voir [13] Dans une première partie, nous présenterons ce qu'est une passe à poissons ainsi que les diérents enjeux environnementaux liés à leur développement. Puis après avoir décrit le maillage utilisé et sa génération, nous donnerons dans les sections 6.3 et 6.4 les principaux résultats obtenus avec diérents modèles de turbulence. La dernière partie 6.5 sera consacrée à une comparaison plus précise des résultats des diérents modèles ainsi qu'à une confrontation des résultats des diérents codes de calcul.

6.1 Les passes à poissons : un enjeu environnemental
Une échelle à poissons ou passe à poissons est un dispositif permettant aux poissons de franchir un obstacle créé par l'Homme sur un cours d'eau, généralement un barrage ou un seuil. Bien que rendu obligatoire par la loi dans de nombreux pays, ce dispositif n'a pas toujours été installé, notamment sur les ouvrages d'art les plus anciens. Se présentant schématiquement sous la forme d'une sorte d'escalier constitué d'une succession de petits bassins, une échelle à poissons permet aux poissons migrateurs (anguilles, aloses, saumons...)

41

eectuant leur montaison, ainsi qu'aux poissons cherchant les têtes de bassin pour se reproduire (par exemple les truites) de s'aranchir des obstacles créés par l'Homme et mettant leur survie en danger. Nées d'un constat de disparition des espèces de poissons ayant besoin de migrer (montaison et dévalaison) dans le cadre de leur cycle de développement et/ou de reproduction (notamment saumons, anguilles, aloses, ...), ces échelles tendent à présent à se multiplier, notamment comme mesure compensatoire suite à l'étude d'impact obligatoire pour les grands barrages dans la plupart des pays. Néanmoins, même dans les cas où les concepteurs de ces ouvrages ont les connaissances non seulement en génie civil, mais qui leur permettent de prendre en compte et de prévoir le comportement des poissons, l'installation d'échelles à poissons est parfois considérée comme un pis-aller quant à la conservation des espèces, voire inutile sans la compréhension et la collaboration des utilisateurs ou exploitants du barrage (souvent producteurs d'hydro-électricité). Voici deux photos de passes à poissons récupérées à l'adresse [23]. La passe à poisson du barrage de Verbois près de Genève est celle qui se rapproche le plus de la conguration que nous avons étudiée.

Fig. 6.1  Grande échelle à poissons de John Day Dams sur la Rivière Columbia

Fig. 6.2  Barrage de Verbois près de Genève sur le Rhône, Suisse

42

6.2 Présentation du cas et construction du maillage RANS
La gure 6.3 montre une photo de la passe à poissons que nous avons étudiée. Il s'agit de la répétition périodique d'un obstacle à l'écoulement formant une zone de repos dans laquelle viennent se reposer les poissons avant de poursuivre leur ascension. Nous avons donc choisit de modéliser ce cas par un écoulement périodique dans la direction principal d'écoulement du uide (la direction On a aussi imposé une périodicité dans la direction

x).

z,

orthogonale à la gure 6.4, qui correspond

à la profondeur du cours d'eau. Cette modélisation représente une hypothèse assez forte puisqu'elle ne permet de rendre compte ni des frottements de l'écoulement sur le fond du cours d'eau, ni de la surface libre du cours d'eau. Mais cette hypothèse paraît raisonnable d'autant plus que les calculs eectués avec

ƒp—rt—™us Ph

ou

„elem—™ Ph

sur cette conguration étaient des calculs 2D.

Fig. 6.3  Photo de la passe à poissons modélisée

Fig. 6.4  Trajectoire suivie par les poissons

43

Tous les calculs utilisant des modèles de turbulence dits modèles RANS (sauf le Rij-SSG 3D) ont été lancés sur un même maillage, que nous avons construit avec le logiciel

ƒimulog

et

sn™k—.

ƒim—il

développé par

Plusieurs contraintes pesaient sur la construction de ce maillage. Premièrement,

comme l'écoulement étudié est 2D en moyenne, il est profondeur dans la direction

— priori

inutile de donner au maillage une

z

pour un calcul RANS. Le maillage ne contient donc qu'une seule

cellule dans cette direction. Nous avons décidé de raner le maillage en paroi an de mieux prendre en compte l'inuence de celle-ci . Enn, le maillage devait être totalement conforme y compris sur les faces de périodicité, ce qui nous a obligé à utiliser des mailles dites Voronoï. Au nal, on obtient le maillage présenté sur la gure 6.5 qui est constitué de gure 6.6 montre un zoom sur la partie triangulaire du maillage.

1

tétr—édriques 2

dans une zone

restreinte sous l'obstacle. Ces mailles tétraédriques ont été obtenues par une triangulation de type

24 600

cellules. La

Fig. 6.5  Maillage utilisé en RANS.

Fig. 6.6  Maillage utilisé en RANS : zoom sur les cellules tétraédriques

Enn, les données expérimentales indiquent que le débit moyen dans la direction

x

est égal à

Il est important de noter que le ranement en paroi n'est pas aussi n qu'il devrait l'être, car étant donné le fort nombre de Reynolds de l'écoulement, placer des centres des cellules de calcul dans la zone y + ≤ 11 aurait nécessité beaucoup plus de points. 2 En réalité, ce sont des prismes à base triangulaire.
44

1

0.3286 m3 .s−1 .

Cette valeur a été imposée par une méthode de correction du débit à chaque pas de

temps (voir [2], page 259, pour la méthode employée).

6.3 Résultats des calculs RANS
Les modèles RANS les plus couramment utilisés ont tous été testés sur la conguration de la passe à poissons : le modèle dans la direction

k−ε

standard [21], ainsi que les modèles

k − ω − SST

[14] et le RIJ-SSG [7].

Ce dernier a été testé en conguration 2D (une seule cellule dans la direction

z)

et en 3D (30 cellules

z ).

On rappelle que

gode•ƒ—turne

utilise par défaut un algorithme instationnaire

et une loi de paroi standard. D'autres variantes ont été testées mais ne seront pas montrées ici : les Scalable Wall Functions [15], lois de paroi rugueuses, le modèle changements n'ont pas sensiblement modié les résultats. Les gures 6.7 à 6.10 montrent les champs de vecteur vitesse obtenus avec tous les calculs RANS.

k−ε

à production linéaire [11]. Ces

Fig. 6.7  Champ du vecteur vitesse : k-ε standard.

Fig. 6.8  Champ du vecteur vitesse : k-ω

− SST .

On observe une morphologie de l'écoulement variant très fortement, voire radicalement, en fonction du modèle de turbulence utilisé. Le seul point commun qu'on peut observer est l'accélération à la sortie du rétrécissement due à l'incompressibilité de l'eau avec toutefois des variations dans l'angle de sortie. Ces trois calculs donnent des résultats assez peu satisfaisants dans la mesure où l'on n'observe pas de "zone morte" (vitesse faible) derrière l'obstacle permettant aux poissons de se reposer avant de poursuivre leur ascension. On observe que tous les calculs montrent la présence d'un certain nombre de recirculations de l'écoulement, mais le nombre et l'emplacement de ces dernières varient considérablement en fonction du modèle de turbulence. Seul le calcul Rij-SSG 3D présente une recirculation sous l'obstacle, ce qui correspond aux observations expérimentales. Ceci est conforme aux

45

Fig. 6.9  Champ du vecteur vitesse : Rij-SSG 2D.

Fig. 6.10  Champ du vecteur vitesse : Rij-SSG 3D.

observations assez générales sur le modèle SSG qui, dès qu'une instationnarité apparaît, se comporte nettement mieux en 3D qu'en 2D (voir [10]). Les gures 6.11 à 6.14 montrent les champs de la norme de la vitesse obtenus avec tous les calculs RANS.

Fig. 6.11  Champ de vitesse : k-ε standard.

Il est intéressant de noter que les champs de la norme de la vitesse sont assez similaires pour les modèles

k−ε

standard et

k − ω − SST ,

avec des vitesses plus grandes en

k − ω − SST .

Une

étude supercielle, uniquement basée sur les champs de norme de vitesse, pourrait donc nous amener à croire que ces deux modèles donnent des résultats comparables. Il est donc important d'observer aussi les champs des vecteurs vitesse qui mettent en évidence des diérences importantes. Dans la section

46

Fig. 6.12  Champ de vitesse : k-ω

− SST .

Fig. 6.13  Champ de vitesse : Rij-SSG 2D.

6.4, nous donnerons des moyens plus précis de comparaison des diérents calculs par comparaison de prol de vitesse et d'énergie cinétique turbulente. Les gures 6.15 à 6.18 montrent les champs de pression obtenus avec tous les calculs RANS. On voit que la pression est plus importante au niveau des parois verticales qui s'opposent au sens de l'écoulement ce qui est tout-à-fait normal. Ces champs de pressions nous permettent également d'observer les centres des recirculations qui apparaissent sous la forme de dépressions localisées. On en observe notamment une sous l'obstacle dans le calcul Rij-SSG 3D. Les gures 6.19 à 6.21 donnent le champ de l'énergie turbulente pour les calculs 2D. On remarque encore une fois une grande disparité dans les résultats.

47

Fig. 6.14  Champ de vitesse : Rij-SSG 3D.

Fig. 6.15  Champ de pression : k-ε standard.

Fig. 6.16  Champ de pression : k-ω

− SST .

Fig. 6.17  Champ de pression : Rij-SSG 2D.

48

Fig. 6.18  Champ de pression : Rij-SSG 3D.

Fig. 6.19  Énergie turbulente : k-ε.

Fig. 6.20  Énergie turbulente : k-ω -SST.

Fig. 6.21  Énergie turbulente : Rij-SSG 2D.

49

6.4 Résultats du calcul LES
Un premier calcul LES a été lancé sur le même maillage que celui qui a été utilisé pour le calcul Rij-SSG 3D. Il s'agit d'un maillage possédant 24 600 cellules dans le plan direction

(x, z)

et 30 cellules dans la

y

normale à l'écoulement moyen, ce qui fait au total 738 000 cellules. Ce premier calcul n'est

qu'un calcul grossier et non une LES à part entière dans la mesure où le maillage utilisé n'est

— priori

pas assez n pour capter même les plus grandes structures. En eet, la LES doit être assez ranée pour simuler les structures turbulentes les plus énergétiques. Il existe plusieurs critères pour déterminer une taille de maille correcte. On peut supposer que les grandes structures sont correctement simulées si la taille caractéristique de la maille est 10 fois plus petite que l'échelle intégrale (taille caractéristique des grands tourbillons) ou de l'ordre de l'échelle de Taylor (taille caractéristique des structures dans la zone inertielle). On peut aussi considérer que les grandes structures sont correctement simulées si la taille des mailles est de l'ordre de 100 fois l'échelle de Kolmogorov. Dans le cas du maillage utilisé ici pour la LES, un calcul simple permet de voir qu'il s'agit là d'un maillage bien trop grossier. Les gures 6.22 à 6.25 présentent les résultats de la LES lancée sur ce maillage :

Fig. 6.22  Champ du vecteur vitesse instantanée : LES.

Fig. 6.23  Champ de vitesse (norme) instantanée : LES.

On observe que la LES génère un champ de vitesse turbulent instationnaire contrairement aux calculs RANS 2D (l'instationnarité est celle inhérente à la turbulence). Cela est dû au fait que malgré un ranement insusant, un certain nombre de structures ont été générées par la simulation des grandes échelles. On voit aussi que ce calcul donne un résultat plus proche des observations expérimentales dans la mesure où l'on observe eectivement une "zone morte" derrière l'obstacle où la vitesse y est très faible. On observe également une recirculation très nette sous l'obstacle qui n'apparaissait que

50

Fig. 6.24  Champ de pression : LES.

Fig. 6.25  Énergie turbulente : LES.

dans le calcul Rij-SSG 3D. Fort de ces résultats satisfaisants, nous avons voulus lancé un calcul LES avec un maillage susamment rané. Pour dimensionner le maillage, nous avons calculé, à l'aide de la simulation Rij-SSG 3D, trois échelles caractéristiques de longueurs de tourbillons : l'échelle intégrale, l'échelle de Kolmogorov, et l'échelle de Taylor. Puis nous avons décidé de xer la taille des mailles selon la formule :

∆ = max

1 k2 , 10 ε

3

10νk , 80. ε

ν3 ε

1 4

(6.1)

On obtient alors un maillage contenant 50 millions de cellules. Vu la taille importante du maillage, nous ne l'avons pas créé entièrement à l'aide du logiciel sur le plan

ƒim—il.

Seule la projection 2D du maillage

(x, z)

a été créée à l'aide de ce logiciel, puis ce maillage 2D a été extrudé sur 100 cellules

dans la direction

y

grâce à une commande de la librairie fvm de

gode•ƒ—turne.

Un calcul a été lancé sur la Blue Gene avec le maillage ainsi obtenu. Malheureusement, le calcul n'a pas encore abouti. Il est possible que la méthode utilisée pour générer le maillage soit à l'origine des problèmes rencontrés.

6.5 Comparaison plus précise des diérents calculs
Dans cette section, on se propose de comparer de façon plus précise, d'une part, tous les résultats obtenus avec

gode•ƒ—turne et d'autre part, les résultats du modèle k − ε gode•ƒ—turneD ƒp—rt—™us Ph, et „elem—™ Ph. Pour cela, nous allons tracer les

pour les trois codes prols de vitesse et

d'énergie cinétique turbulente moyennées (au cours du temps et dans la direction transverse

y)

au

51

niveau des deux sections A (située en 6.4.

x = 0.5m) et B (située en x = 1.5m) représentées dans la gure

La gure 6.26 représente les prols de vitesse moyenne et d'énergie cinétique turbulente au niveau des sections A et B pour tous les calculs lancés avec

gode•ƒ—turne.

Globalement, le modèle LES est

celui qui donne les résultats les plus proches des observations expérimentales, ce qui n'est pas surprenant puisque c'est le seul modèle qui simule les plus grands tourbillons bien que le maillage ne soit pas assez n. Le modèle Rij-SSG 3D donne des résultats similaires surtout au niveau de la section B où les prols de vitesse sont très proches de la LES. Le modèle le montre la gure 6.27. Diérents ajustements ont obtenue. Enn, les modèles bien qu'il soit plus satisfaisant lorsqu'il est utilisé avec les codes

k − ε quant à lui, donne de mauvais résultats ƒp—rt—™us Ph ou „elem—™ Ph comme été testés pour améliorer les résultats du k − ε

(production linéaire, paroi rugueuse, ranement du maillage) mais aucune amélioration n'a pu être

k−ω

et Rij-SSG 2D donnent de très mauvais résultats, très éloignés des

donnés expérimentales. En ce qui concerne le Rij-SSG, il donne de bien meilleurs résultats lorsqu'il est utilisé en 3D (bien que ce soit un modèle RANS), car il permet de prédire toutes les composantes du tenseur de Reynolds 3D. Il permet donc de reproduire l'anisotropie de l'écoulement instantané.

Fig. 6.26  Prols de

gode•ƒ—turne.

En noir :

u (en haut) et k (en bas) k − ε, en turquoise : k − ε avec

le long des sections A et B obtenus avec paroi rugueuse. En rouge :

k − ω.

En bleu :

Rij-SSG 2D. En vert Rij-SSG 3D. En orange : LES.

La gure 6.27 représente les prols de vitesse moyenne et d'énergie cinétique turbulente au niveau des sections A et B, pour le modèle

k −ε, obtenus avec les trois codes gode•ƒ—turneD ƒp—rt—™us PhD et „elem—™ Ph. On voit que ƒp—rt—™us Ph et „elem—™ Ph donnent des résultats assez proches en termes de vitesse moyenne tandis que le modèle k−ε de gode•ƒ—turne donne des prols assez diérents. Lorsque ces résultats sont comparés aux données expérimentales, ƒp—rt—™us Ph et „elem—™ Ph donnent les
52

meilleurs résultats. Il est assez troublant de voir que des méthodes numériques diérentes (SPH pour

ƒp—rt—™us Ph

et volumes nis pour

les mêmes équations

gode•ƒ—turne ) donnent des résultats aussi (‚eynolds ever—ged x—vierEƒtokes ) alors même que „elem—™ Ph,

éloignés pour qui résout les

équations de Saint-Venant avec une méthode d'éléments nis donne des résultats proches de ceux de

ƒp—rt—™us Ph. Ces résultats doivent amener à des investigations plus poussées en terme de conditions
aux limites, méthodes d'intégrations etc..., an de comprendre les diérences entre les diérents codes avec un modèle simple et largement utilisé comme le

k − ε.

Fig. 6.27  Prols de

k − ε.

En noir :

u (en haut) et k (en bas) le long des sections A et B obtenus avec le modèle ƒp—rt—™us Ph, en rouge gode•ƒ—turne. En bleu : „el—m—™ Ph.

53

Chapitre 7

Diusion de la chaleur en 1D avec conditions aux limites particulières
Le travaille qui suit a été eectué en collaboration avec un doctorant de MFEE et le LEA de Poitiers. L'objet de la thèse est le calcul de l'écoulement autour d'un cylindre ni chaué avec des zones de convection mixtes. Ces calculs servent à mieux comprendre les phénomènes thermiques pour l'entreposage des déchets radioactifs. La paroi du cylindre (partie solide) est soumise à des variations de température (voir la gure 7.1). En négligeant les eets tridimensionnels de la propagation de la chaleur dans le solide, on peut ramener le problème à une dimension. On connaît le ux de la temérature dans une couronne interne du cylindre et la température en paroi externe varie à cause de l'écoulement.

Fig. 7.1  Cylindre chauée dans le cadre de l'entreposage

On se propose donc de résoudre de façon analytique le problème ci-dessous de diusion de la chaleur en 1D : Trouver une fonction

T (x, t)

dénie sur

[0, L] × [0, +∞[

qui satisfasse l'équation de la chaleur 1D

54

avec les conditions limites et initiales suivantes :

 2  ∂T − ∂ T    ∂t ∂x2       ∂T   ∂x x=0      T (L, t)        T (x, 0)

=0 = −φ = Cste = T0 cos(ωt) = Tini (x)

(7.1)

L'intérêt de cette étude réside dans le fait qu'à notre connaissance, aucune solution analytique résolvant précisément ce problème n'a été trouvée dans la littérature classique en diusion de la chaleur, voir par exemple [8]. Nous n'avons rien précisé sur les propriétés de la fonction

Tini .

Nous supposerons qu'elle est

susamment régulière et possède toutes les propriétés dont nous aurons éventuellement besoin. Dans une première partie, nous exhiberons une solution possible pour le régime établi. Puis, dans une deuxième partie, nous donnerons la solution du problème (7.1) et nous montrerons que cette solution est unique. Enn, dans une troisième partie, nous comparerons la solution analytique de (7.1) aux résultats obtenus par un calcul numérique eectué avec

gode•ƒ—turne.

7.1 Existence d'une solution en régime permanent
Nous supposerons dans cette section que le régime établi que nous recherchons est indépendant de la condition initiale

Tini (x),

hypothèse que nous conrmerons dans la section suivante où nous

prendrons en compte cette condition initiale. Nous "oublions" donc les conditions initiales et nous cherchons à exhiber une fonction

Tp (x, t) dénie sur [0, L] × [0, +∞[  2  ∂Tp ∂ Tp  − =0   ∂t  ∂x2    ∂Tp = −φ = Cste   ∂x x=0       Tp (L, t) = T0 cos(ωt)

telle que :

(7.2)

On suppose que la température en régime établi se décompose sous la forme :

Tp (x, t) =< T (x) > +Tv (x, t)

< T (x) > représente l'état stationnaire

autour de l'état stationnaire en chaque point

∂<T > = 0 et où Tv (x, t) est l'oscillation temporelle ∂t x. On voit alors que l'état stationnaire vérie :
(7.3)

d2 < T > =0 dx2

55

ce qui implique par :

d<T > = dx

cste. Or, la condition de type Neumann en

x=0

sur

Tp

se traduit

d<T > dx

x=0

+

∂Tv ∂x

x=0

= −φ

(7.4)

Comme

de type Neumann uniquement sur le terme stationnaire. Enn, si l'on moyenne au cours du temps la condition de Dirichlet sur le problème (7.1) : on a

d<T > d<T > = cste, on choisit d'imposer = −φ ce qui revient à imposer la condition dx dx T0 cos(ωt) = 0, on obtient < T (L) >= 0. Finalement,

< T (x) >= φL − φx. Tv (x, t)
du régime établi est quant à elle solution du problème :

La partie oscillante

 ∂ 2 Tv  ∂Tv  −   ∂t  ∂x2    ∂Tv   ∂x x=0       Tv (L, t) Tv (x, t).

=0 =0 = T0 cos(ωt) x=0
est homogène pour la partie uctuante (7.5)

On remarquera que la condition de Neumann en ajouter la solution stationnaire.

Ainsi, résoudre le problème (7.2) revient à résoudre le même problème avec

φ = 0

puis à

L'équation de la chaleur étant linéaire, on peut penser qu'en "forçant" le système par un terme de la forme

T0 cos(ωt) en x = L, la solution en régime établi pourrait être aussi de même pulsation ω . Or on sait qu'un grand nombre de fonctions périodiques peuvent être décomposées sur la ˜—se de pourier :
1 v— f—mille de fon™tions

Théorème 7.1.1 (Théorème de décomposition de Fourier)
ω inωt e 2π
n∈Z

est une ˜—se hil˜ertienne de L2 (]0, per
L2 (]0, per

2π [) où ω

2π 2π [) = {f ∈ L2 (R, C), f (t + ) = f (t) loc ω ω

pFpF en t}

2π est l9esp—™e de ril˜ert des fon™tions de R d—ns CD de ™—rré intégr—˜le sur tout ™omp—™t2 D et E ω périodiquesF
Ainsi, toute fonction de carré intégrable sur tout compact de sous la forme :

R

et de pulsation

ω

peut être écrite

f (t) =
n∈Z

cn einωt

(7.6)

L'égalité ci-dessus est une égalité au sens de la convergence est donc vraie

presque p—rtout

en t. Ainsi, en remarquant que le

L2 de la série. En particulier, elle C-espace vectoriel engendré par les

Pour démontrer ce résultat, on raisonne d'abord sur les fonctions régulières en faisant appel au noyau de Dirichlet. On conclut ensuite par densité, voir [5] pour plus de détails. 2 On rappel que les compacts de R sont les ensembles fermés et bornés dans R.
56

1

fonctions la forme

einωt

et

e−inωt

est aussi engendré par

cos nωt

et

sin nωt

pour

n ≥ 1 3,

et en supposant que

notre solution en régime permanent est de carré intégrable sur tout compact, on peut la chercher sous

Tv (x, t) =
n≥1

an (x) cos(nωt) +
n≥1

bn (x) sin(nωt).

(7.7)

Remarque 7.1.1

v9esp—™e de ril˜ert L2 (]0, per
(f |g) =

2π [) est muni du produit s™—l—ire X ω
2π ω

f (t)g(t)dt

0

Remarque 7.1.2

ves ™oe0™ients cn —pp—r—iss—nt d—ns l— dé™omposition d9une fon™tion f d—ns l— ˜—se de pourier ont pour expression X
cn = ω 2π
2π ω

f (t)e−inωt dt

0

yn se ™ontente souvent d9une ™onvergen™e L2 de l— série de pourier ™—r les fon™E tions L2 ™orrespondent à des fon™tions d9énergie (nieF w—is si l9on souh—ite —voir 4mieux4 qu9une ™onvergen™e L2 D il f—ut f—ire des hypothèses supplément—ires sur l— fon™tion f F einsiD si f est ™ontinue et C 1 p—r mor™e—uxD —lors l— série de pourier de f ™onverge simplement 4 vers f F ƒi f est de ™l—sse C 1 —u voisin—ge d9un segmentD —lors l— série de pourier ™onverge uniformément 5 vers f sur ™e segmentF

Remarque 7.1.3

Remarque 7.1.4

gomme l— fon™tion Tv (x, t) est à v—leurs d—ns RD —lors les ™oe0™ients an (x) et bn (x) sont des fon™tions réellesF

On a alors :

∂Tv (x, t) = − ∂t ∂ 2 Tv (x, t) = ∂x2 Tv (x, t)

nωan (x) sin(nωt) +
n≥1 n≥1

nωbn (x) cos(nωt) d 2 bn (x) sin(nωt) dx2

n≥1

d2 an (x) cos(nωt) + dx2

n≥1

Donc

est solution de l'équation de la chaleur si et seulement si :

∀n ≥ 1

 2  d an (x) = nωb (x)   n  dx2  2  d bn   (x) dx2 = −nωan (x)

(7.8)

sup˛fn (t) − f (t)˛ −→ 0
t∈S n→+∞

En langage mathématique on écrit : vect(einωt , e−inωt )=vect(cos nωt, sin nωt) On dit qu'une suite de fonctions fn converge simplement vers f si ∀t fn (t) −→ f (t) n→+∞ 5 ˛On dit qu'une suite de fonctions fn converge uniformément vers f sur un segment S si ˛
4

3

57

On résout ce système (à l'aide de

w—ple W,

voir [12]) et on trouve :

√ √ √ 2nω 2nω 2nω 4 − 2nω x 2 + Cn cos an (x) = x e x e 2 x √2 √2 √ √ 2nω 2nω 2nω 2nω 1 2 −Cn sin x e− 2 x − Cn sin x e 2 x 2 2 √
3 Cn cos

√ √ √ 2nω 2nω 2nω 2 − 2nω x − Cn cos bn (x) = x e 2 x e 2 x √2 √2 √ √ 2nω 2nω 2nω 3 − 2nω x 4 2 +Cn sin x e x e 2 x − Cn sin 2 2 √
1 Cn cos

1 2 3 Cn , Cn , Cn

et

4 Cn

sont quatre constantes à déterminer en fonction des conditions aux limites. ce qui implique que :

On souhaite que

Tv (L, t) = T0 cos(ωt)  =0  a0     a1 (L) = T0      b1 (L) = 0

et

∀n ≥ 2

  an (L) = 0  bn (L) =0

De plus, la condition de type Neumann homogène en

x=0 =0 =0

donne :

∀n ≥ 1

  dan    dx  db  n   dx

x=0

x=0

Ce qui implique que

1 2 3 4 ∀n ≥ 2 Cn = Cn = Cn = Cn = 0

car on obtient alors un système linéaire in-

versible de quatre équations à quatre inconnues avec un second membre nul. Donc,

∀n ≥ 2 an (x) =

bn (x) = 0.
Finalement, on cherche la uctuation de température sous la forme :

Tv (x, t) = a(x) cos(ωt) + b(x) sin(ωt)

avec

√ a(x) = C cos
3

√ 2ω 2ω − 2 x x e +C 4 cos 2

√ 2ω 2ω x e 2 x −C 1 sin 2

√ 2ω 2ω − 2 x x e −C 2 sin 2

√ 2ω 2ω x e 2 x 2

58

√ b(x) = C cos
1

√ 2ω 2ω x e− 2 x − C 2 cos 2

√ 2ω 2ω x e 2 x + C 3 sin 2

√ 2ω 2ω x e− 2 x − C 4 sin 2

√ 2ω 2ω x e 2 x 2

Pour déterminer les quatre constantes

C 1, C 2, C 3

et

C 4 , on utilise les quatre équations suivantes :

  a(L)        b(L)      da   dx x=0       db    dx x=0
On résout donc ce système (toujours grâce à

= T0 =0 =0 =0

w—ple W )

et on trouve :

√ √ 2ω 2ω L − 1 + e− 2ωL e− 2 L 2 √ C 1 = −C 2 = √ √ √ 2ω − 2ωL + 4 cos2 −2e L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

−T0 sin

√ √ 2ω 2ω L 1 + e− 2ωL e− 2 L 2 √ C3 = C4 = √ √ √ 2ω −2e− 2ωL + 4 cos2 L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

T0 cos

Remarque 7.1.5

…ne simple véri(™—tion permet de voir que le dénomin—teur —pp—r—iss—nt d—ns les expressions des ™onst—ntes C 1 , C 2 , C 3 et C 4 D et qui n9est rien d9—utre que le détermin—nt du système liné—ire résoluD n9est j—m—is nulF yn — don™ un système de gr—merF

Finalement, on obtient les expressions suivantes pour

a(x)

et

b(x)

:

√ a(x) = Cα sin

2ω x sinh 2

2ω x − Cβ cos 2

2ω x cosh 2

2ω x 2

√ b(x) = Cβ sin

2ω x sinh 2

2ω x + Cα cos 2

2ω x cosh 2

2ω x 2

59

avec :

√ √ 2ω 2ω L − 1 + e− 2ωL e− 2 L 2 √ Cα = √ √ √ 2ω −2e− 2ωL + 4 cos2 L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

−2T0 sin

√ −2T0 cos Cβ = −2e−
√ 2ωL

2ω L 2 √

1 + e−

2ωL

e−

√ 2ω L 2

+ 4 cos2

√ √ 2ω L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

Conclusion : En supposant le régime permanent indépendant de la condition initiale, nous l'avons recherché 2π sous la forme d'une fonction Tp (x, t), -périodique et vériant les conditions suivantes :
ω  ∂ 2 Tp  ∂Tp  −   ∂t  ∂x2    ∂Tp   ∂x x=0       Tp (L, t) =0 = −φ = Cste = T0 cos(ωt)

Une solution satisfaisant toutes ces conditions a été exhibée :
Tp (x, t) = φL − φx + a(x) cos(ωt) + b(x) sin(ωt)

(7.9)
√ 2ω x 2

avec :
√ a(x) = Cα sin 2ω x sinh 2 √ 2ω x − Cβ cos 2 √ 2ω x cosh 2

√ b(x) = Cβ sin

2ω x sinh 2

2ω x + Cα cos 2

2ω x cosh 2

2ω x 2

où les constantes Cα et Cβ ont pour expressions :
√ √ 2ω 2ω L − 1 + e− 2ωL e− 2 L 2 √ Cα = √ √ √ 2ω −2e− 2ωL + 4 cos2 L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

−2T0 sin

√ −2T0 cos Cβ = −2e−
√ 2ωL

2ω L 2 √

1 + e−

2ωL

e−

2ω 2 L

+ 4 cos2

√ √ 2ω L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

60

7.2 Existence et unicité de la solution du problème (7.1)
On souhaite à présent déterminer la solution globale du problème c'est-à-dire la solution prenant en compte la condition initiale. Soit

Tt (x, t)

la fonction dénie par : (7.10)

Tt (x, t) = T (x, t) − Tp (x, t)

où T (x, t) est la solution Tt (x, t) est solution de

du problème global (7.1).

Tt (x, t)

est le régime transitoire. On voit que

 2  ∂Tt − ∂ Tt  =0   ∂t ∂x2       ∂T  t  =0 ∂x x=0      Tt (L, t) =0        Tt (x, 0) = g(x) g(x) = Tini (x) − Tp (x, 0) = Tini (x) − φL + φx − a(x).

(7.11)

On voit que, comme les conditions limites sont absorbées par aux limites homogènes en

Tp , le problème (7.11) a des conditions

x=0

et

x = L.

On démontre que le problème (7.11) possède une solution

unique. Pour cela, on peut invoquer le théorème de diagonalisation du Laplacien :

l— frontière ∂Ω se dé™ompose en deux p—rties disjointes régulières ∂ΩN et ∂ΩD F elorsD il existe une suite ™roiss—nte (λk )k≥0 de réels positifs ou nuls qui tend vers l9in(niD et il existe une ˜—se hil˜ertienne de L2 (Ω) (uk )k≥0 D telle que ™h—que uk —pp—rtient à H 1 (Ω)7 et véri(e
  −∆uk = λk uk      uk = 0     ∂u  k  =0 ∂n
Dans notre cas, on est en dimension 1, et l'ouvert dans sur

Théorème 7.2.1 (Diagonalisation du Laplacien)

6 ƒoit Ω un ouvert ˜orné régulier de RN dont

Ω ∂ΩD ∂ΩN

sur

est

]0, L[.

On cherche ensuite la décomposition de la solution de (7.11) dans cette base. Pour cela, déterminons explicitement les fonctions propres du Laplacien correspondant à nos conditions aux limites :

Pour une preuve de ce résultat, voir [1]. H 1 (Ω) est l'espace des fonctions de carré intégrable sur Ω, dont la dérivée faible est aussi de carré intégrable sur Ω. On démontre qu'en dimension 1, les fonctions de H 1 (Ω) sont continues sur Ω.
7

6

61

On cherche donc une famille de couples

(λk , uk )

dans

R+ × H 1 (0, 1)

tels que :

 2  d uk  − = λk uk    dx2    duk   dx x=0 = 0       uk (L) =0

(7.12)

Comme les

λk

sont positifs d'après le théorème 7.2.1,

uk (x)

est de la forme :

uk (x) = A cos( λk x) + B sin( λk x)
donc

duk = −A dx
Comme

λk sin( λk x) + B B = 0.
Donc

λk cos( λk x)
est de la forme :

duk dx

x=0

= 0,

on en déduit que

uk (x)

uk (x) = A cos( λk x)
Et comme

uk (L) = 0,

alors

λk =

π + 2kπ 2L

avec

k ∈ N.

On verie bien que

λk −→ +∞.
k→+∞

Finalement, les fonctions propres du Laplacien avec conditions aux limites de type Dirichlet homogène en

x=L

et Neumann homogène en

x=0

sont données par :

uk (x) = A cos
On prendra

π + 2kπ x 2L
pour le produit scalaire :

1 A= √ L

an d'avoir

(uk |ul ) = δkl
L

(f |g) =
0

f (x)g(x)dx

La solution de (7.11) peut donc se décomposer sur cette base de vecteurs propres :

Tt (x, t) =

π + 2kπ 1 x αk (t) √ cos 2L L k≥0 αk
vérie

En introduisant cette écriture dans l'équation de la chaleur, on voit que chaque fonction l'équation diérentielle ordinaire :

αk (t) + λk αk (t) = 0
avec

λk =

π + 2kπ 2L

2
. On a donc

0 αk (t) = αk e−λk t .

Finalement, la solution obtenue est :

Tt (x, t) =

1 π + 2kπ 0 αk e−λk t √ cos x 2L L k≥0

(7.13)

62

où les

0 αk

sont les coecients de la décomposition de la condition initiale

g(x)

sur la base de

fonctions propres

(uk )k≥0

:

L 0 αk = 0

g(x)uk (x)dx

Cette analyse nous donne automatiquement l'unicité de la solution du problème (7.11) puisqu'elle ne peut avoir d'autre expression que celle donnée par (7.13), les Ainsi, une solution du problème global (7.1) est

(uk )k≥0

formant une base de soit :

L2 (0, L).

T (x, t) = Tt (x, t) + Tp (x, t)

T (x, t) =

1 π + 2kπ 0 αk e−λk t √ cos x + φL − φx + a(x) cos(ωt) + b(x) sin(ωt) 2L L k≥0

(7.14)

Remarque 7.2.1

v9uni™ité de l— solution du pro˜lème @UFIIA nous donne dire™tement l9uni™ité de l— solution du pro˜lème glo˜—l @UFIAF in e'etD on ™her™he l— solution T du pro˜lème @UFIAF qrâ™e à l9—n—lyse e'e™tuée d—ns l— se™tion UFID on voit que l— fon™tion T − Tp est solution d9un pro˜lème @le pro˜lème @UFIIAA dont l— solution existe et est unique et dont l9expression Tt est donnée p—r @UFIQAF yn — don™ for™ément T − Tp = Tt ™e qui implique T = Tt + Tp D d9où l9uni™ité de l— solution du pro˜lème @UFIAF sl est import—nt de noter que l— solution ne dépend p—s d9un ™hoixD ™elui de Tp p—r exempleF in e'etD Tp n9est p—s ™onnue uniquement à tr—vers ses propriétés visEàEvis des ™onditions —ux limites du pro˜lème @™e qui —ur—it pu —mener à plusieurs ™hoix pour Tp AD m—is on dispose d9une expression p—rf—itement dé(nie pour Tp F

Remarque 7.2.2

€our être plus rigoureuxD il f—udr—it déterminer à quel esp—™e —pp—rtient l— fon™tion T (x, t)F in e'etD s9il est ™l—ir que l— p—rtie perm—nente Tp (x, t) est une fon™tion de C ∞ [0, L] × [0, +∞[ D les ™hoses sont plus ™ompliquées pour l— p—rtie tr—nsitoire de l— solutionF yn —dmettr— s—ns plus de pré™isons que si Tini est d—ns L2 (0, 1)D —lors l— p—rtie tr—nsitoire de l— solution est d—ns L2 ]0, +∞[; H 1 (0, 1) ∩ C 0 [0, +∞[; L2 (0, 1) D voir ‘I“ pour une démonstr—tion de ™e résult—tF dire que

Remarque 7.2.3

sl f—udr—it —ussi montrer que l— ™ondition initi—le en t = 0 — ˜ien un sensD ™9estEàE

t→0+

lim T (., t) = Tini

et pré™iser en quel sens se f—it ™ette ™onvergen™eF xous nous proposons de démontrer que si Tini est d—ns L2 (0, 1)D —lors X
t→0+

lim ||T (., t) − Tini ||L2 = 0

in e'etD ™omme (uk )k≥0 est une ˜—se orthonormée de L2 (0, 1)D —lors ∀ t > 0 X

63

T (., t) − Tini

L2

= = ≤ ≤

0 −λk t u k k≥0 αk e 0 −λk t k≥0 αk (e 0 −λk t k≥0 αk (e 0 2 −λk t k≥0 αk (e

+ φL − φx + a(x) cos(ωt) + b(x) sin(ωt) − Tini (x)
L2

L2

− 1)uk + a(x)(cos(ωt) − 1) + b(x) sin(ωt) − 1)uk
L2

+| cos(ωt) − 1| a
L2

a

L2

+| sin(ωt)| b
L2

b

L2

− 1)2 + | cos(ωt) − 1|

+| sin(ωt)|

ves deux derniers termes tendent vers 0 qu—nd t tend vers 0F ve premier terme tend —ussi vers 0 p—r le théorème de ™onvergen™e dominéeF

7.3 Vérication avec Code_Saturne
Maintenant que nous avons une formule analytique pour la solution du problème, nous aimerions la valider. Pour cela, nous allons comparer notre solution analytique à la solution obtenue par un calcul numérique résolvant l'équation de la chaleur. Nous avons utilisé quelques adaptations, se prête très bien à ce genre de

8 simulation .

gode•ƒ—turne

qui, moyennant

Nous décidons de résoudre numériquement le problème (7.1) avec les options suivantes :

  L    φ   ω  T0      Tini (x, 0)

=1 =1 = 2π =1 = cos

π x + φL − φx + a(x) 2L

La condition initiale de la décomposition de cas, seul le terme La routine

Tini a été choisie de manière à pouvoir déterminer facilement les coecients g(x) = Tini (x) − φL + φx − a(x) dans la base des (uk )k≥0 . En eet, dans ce

0 α0

est non nul et vaut 1. du noyau de

covofi.F

gode•ƒ—turne

résout l'équation de convection-diusion d'un

scalaire en présence de termes sources :

∂(ρa) + div((ρu)a) − div(K grad a) = termes ∂t
convection diusion
Ainsi, pour simuler avec masse volumique sateur

sources

gode•ƒ—turne

notre problème de thermique solide, il sut de prendre la

ρ = 1,

et la diusivité thermique

K = 1,

d'annuler le terme de convection pour le

scalaire température ce qui ce se fait aisément en xant ICONV(ISCALT) à 1 dans la routine utili-

usini1.F.

Enn, il faut annuler tout les termes sources de l'équation de convection-diusion,

ce qui se fait moyennant quelques modications dans

covofi.F.

Nous avons utilisé un maillage 1D constitué de 50 cellules de même taille. Ce maillage peut paraître grossier à première vue, mais des tests de convergence en maillage ont été faits, et on montre

La démarche peut paraître étrange, en eet, on a plutôt l'habitude de valider les codes numériques en confrontant leur résultats à des solutions analytiques lorsque celles-ci existent. Mais on sait néanmoins que Code_Saturne est consistant pour l'équation résolue ici.
64

8

qu'on obtient les mêmes résultats même avec un maillage constitué de 20 cellules uniquement. La gure 7.2 représente l'évolution au cours du temps de la température en trois abscisses x différentes. On observe bien une parfaite adéquation entre le résultat obtenu avec valeur choisie pour

gode•ƒ—turne

et la

formule analytique (7.9). On vérie aussi que la solution est 1-périodique, ce qui est cohérent avec la

ω.

Fig. 7.2  T(x,t) pour trois données d'espace x. En trait continu : la formule analytique. En point :

le résultat avec

gode•ƒ—turne.
x,
la température moyennée au cours du temps obtenue

La gure 7.3 représente, en fonction de est linéaire d'équation

avec Code_Saturne. On voit que, comme le prédit la formule analytique (7.9), le prol de température

φL − φx

avec

φ = L = 1.

Enn, la gure 7.4 montre la distribution de la température à diérents instants.

65

Fig. 7.3  Température moyennée au cours du temps en fonction de x avec Code_Saturne.

Fig. 7.4  Champ de température à diérents instants.

66

7.4 Conclusion du chapitre
Le problème : trouver une fonction

T (x, t)

dénie sur

[0, L] × [0, +∞[

telle que :

 2  ∂T − ∂ T    ∂t ∂x2       ∂T   ∂x x=0      T (L, t)        T (x, 0)

=0 = −φ = Cste = T0 cos(ωt) = Tini (x)

admet une unique solution dont l'expression analytique est :

T (x, t) =
k≥0
avec

0 αk e−λk t uk (x) + φL − φx + a(x) cos(ωt) + b(x) sin(ωt)

∀k ≥ 0

  λ  k  

=

π + 2kπ 2L

2

 1   u (x) = √ cos √λ x  k k L √ 2ω x − Cβ cos 2 √ 2ω x cosh 2 √ 2ω x 2

√ a(x) = Cα sin

2ω x sinh 2

√ b(x) = Cβ sin

2ω x sinh 2

2ω x + Cα cos 2

2ω x cosh 2

2ω x 2

où les constantes

et

ont pour expressions :

√ √ 2ω 2ω L − 1 + e− 2ωL e− 2 L 2 √ Cα = √ √ √ 2ω −2e− 2ωL + 4 cos2 L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

−2T0 sin

√ −2T0 cos Cβ = −2e−
et

2ω L 2 √

1 + e−

2ωL

e−

√ 2ω L 2

2ωL

+ 4 cos2

√ √ 2ω L e− 2ωL + e−2 2ωL + 1 2

L 0 αk = 0

T ini(x) − φL + φx − a(x) uk (x)dx

67

Conclusion technique
Les résultats de la DNS d'un écoulement de canal pleinement développé à un nombre de Reynolds turbulent,

Re∗ = 180,

avec

gode•ƒ—turne

sont extrêmement satisfaisants. Ils montrent qu'on peut

obtenir de très bons résultats avec un schéma numérique volumes nis d'ordre deux en espace si l'on rane susamment le maillage dans la direction transverse à l'écoulement principal. On peut ainsi reproduire, avec de très bonnes approximations, les statistiques de l'écoulement concernant les vitesses moyennes, les tensions de Reynolds et même les bilans de ces dernières, et ce sans aucun modèle de turbulence. Si l'on considère les moyens de calculs importants dont s'est doté EDF ces derniers mois, ces résultats laissent entrevoir de très belles perspectives quant à la simulation numérique directe d'écoulements industriels peu turbulents. Ces travaux devront cependant être complétés par des simulations similaires sur des écoulements à des nombres de Reynolds plus élevés, à (en cours) et

Re∗ = 395

Re∗ = 640.

Par ailleurs, l'étude menée sur la conguration de la passe à poissons a permis de comparer diérentes méthodes numériques en CFD, et diérentes modélisations possibles pour la turbulence. Cette étude a mis en évidence des diérences majeures entre les modèles de turbulence, elle a en outre montré que la méthode LES, qui permet de simuler les grands tourbillons tout en modélisation les petits, donne sur cette conguration des résultats autrement plus satisfaisants que ceux des modèles RANS. Parmi les modèles RANS, seul le Rij-SSG utilisé sur un maillage 3D a donné des résultats proches de ceux de l'expérience. Des investigations supplémentaires devront cependant être menées an de comprendre les diérences observées entre le modèle de

k−ε

standard de

ƒp—rt—™us Ph

(SPH) et

„elem—™ Ph

gode•ƒ—turne

et ceux

(Éléments nis).

Enn, le travail eectué sur un problème 1D de diusion de la chaleur, avec des conditions aux limites de type Neumann sur une paroi et de type Dirichlet oscillant en temps sur l'autre paroi, ont permis d'exhiber une expression analytique de l'unique solution du problème. Cette solution analytique, à notre connaissance absente dans la littérature, permettra de mieux comprendre les phénomènes de thermique solide liés au stockage et à l'entreposage de déchets nucléaires.

68

Bilan personnel
Ce stage long de treize mois fut pour moi une expérience très enrichissante. En eet, comme je suis inscrit au département Ingénierie Mathématique et Informatique de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, option calcul scientique, ce stage en mécanique des uides numérique présentait tous les atouts pour combler mes attentes. Il m'a permis de mettre en application directe un grand nombre de connaissances acquises à l'école dans les domaines du calcul scientique, de la mécanique des uides, de la turbulence et même de la résolution de l'équation de chaleur monodimensionnelle ! Grâce à ce stage, j'ai pu découvrir les enjeux qui peuvent être conés à un département R&D d'un grand groupe industriel. J'ai eu ainsi l'opportunité d'être immergé dans le milieu industriel du nucléaire et de cerner le rôle majeur que peuvent avoir des ingénieurs et des chercheurs en termes de prédictions d'impact, de sûreté, etc. De plus, j'ai eu la chance durant mon stage de pouvoir travailler avec des outils de très grande qualité, et notamment avec des outils de calcul numérique extrêmement puissants. La durée du stage permet en outre de pleinement s'intégrer dans l'entreprise. J'ai en eet travaillé sur plusieurs sujets durant cette année, avec diérents chercheurs, ingénieurs, thésards et stagiaires issus du groupe ou de diérents départements. De plus, la présence au sein d'EDF R&D de chercheurs de renommée internationale m'a permis de côtoyer de plus près le monde de la recherche académique. J'ai ainsi beaucoup apprécié mon séjour à l'université de Manchester, où j'ai pu présenter une partie de mes travaux. Enn, ce stage a été pour moi l'occasion de prendre du recul sur mon orientation et sur mes objectifs professionnels. Il m'a permis de conrmer mon désir de poursuivre mes études et de travailler dans le monde du calcul scientique, mais peut-être dans un contexte plus académique. J'ai donc décidé de nir mes études à l'ENPC en intégrant le Master Recherche

—ux hérivées €—rtielles

en—lyse xumérique et Équ—tions

de l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI).

69

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