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LES « VINGT-ET-UNE NATIONS » GINEN de Rachel Beauvoir

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Vaudou - Nanchon- Ginen
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Published by: Mirvaldy Beauplan Joseph on Aug 08, 2012
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05/31/2015

LES « VINGT-ET-UNE NATIONS » GINEN

Document: Rachel Beauvoir-Dominique Recherche: Groupe d’Etudes et de Recherches Traditionnelles Mars 2003

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
· « Nanchon » / « Eskòt »
La « nanchon » Vodoun se définit comme un ensemble rituel dont les attributs sont nettement caractérisés, ainsi que les divinités. Les rythmes du tambour sont uniques, ainsi que les chants et danses. La « nanchon » peut être simple ou complexe ; c’est-à-dire qu’elle peut regrouper un ou plusieurs « rites », lesquels sont des regroupements de lwa en fonction d’une organisation rituelle voulue et acceptée. Le terme « nanchon », pour les lwa Petwo ou Bizango, est généralement remplacé par celui d’ « escorte ». Cette entendement est logique quand on comprend la progression du culte ancestral du Rada-Ginen vers la maji émancipatrice des Petwo-Makaya-Bizango. Du temps des ancêtres, l’ethnie d’origine primait, tandis qu’à l’heure de la guerre, l’escouade, la colonne, l’escorte écartaient l’aspect généalogique...

·

« 21 » Nanchons?
Ce chiffre peut être questionné dans la mesure ou les Vodouisants ne sont pas unanimes quant au contenu de cette référence. Néanmoins, on constatera en même temps, l’unanimité autour du référent lui-même. En réalité, donc, la désignation de “vingt-et-une nations” du Vodoun est permanente et consensuelle, alors même que l’atomisation et le manque d’uniformisation rituelle de cette religion expliquent les nombreuses variations de son contenu. Il est nécessaire, dès lors, de prêter importance au chiffre “21” en dépit de ses interprétations diverses. Les études avancées de Claudia Zaslavsky, en particulier, dans le domaine de l’ethnomathématique révèlent nettement la grande pertinence des systèmes de numérotation à travers le continent africain, de la géométrie en art et architecture et des mathématiques fort développées sur tout ce continent. Rappelons qu’il s’agit ici de reconnaître la valeur de différents systèmes de connaissance, que les tous premiers systèmes d’arithmétique étaient partis d’Afrique et qu’il s’agit là, tant pour l’architecture que pour l’élevage, la cuisine, la couture, etc... d’une donne universelle à retentissement mythologique. "Il existe différentes ethnomathématiquES (pluriel), chacune répondant à des environnements culturels, naturels, et sociaux différents. L'un de ces environnements - le Bassin Méditerranéen - a donné naissance à un système ethnomathématique spécifique, simplement dénommé mathématique aujourd'hui. A travers le procès de conquête et de colonisation, ces mathématiques se sont imposées à travers le monde entier. Il fut accepté pour son succès dans l'administration des modes de conquête et de gestion de la propriété coloniale, de son travail, sa consommation, ses valeurs. Tout se rencontrait.” (Ubiratan D’Ambrosio, “General Remarks on Ethnomathematics”, ZDM 2001, Vol. 33 (3). Le plus ancien artéfact mathématique étant un fibula de babouin à 29 noeuds, datant d’environ 35,000 Av. J.C., découvert entre l’Afrique du Sud et le Swaziland, il n’est guère impossible que l’unité de mesure “21” corresponde à une autre mathématique, aujourd’hui disparue, mais pertinente pour le milieu dans lequel il aurait évolué. Bien entendu, la géométrie sacrée des anciens Egyptiens, numérologues et autres ésotéristes des temps divers consignent l’absolu du “21” en tant que “7” fois “3”, le premier étant le principe d’ordre astrologique des tous premiers temps (sept planètes, sept divinités originelles égyptiennes, sept jours de la semaine du calendrier Justinien...) et le dernier l’union supérieur des deux (“1+ 1 = 3”), la triade sacrée, la trinité.Le sept, de même, constituait chez les Pythagoréens le double du trois, ajouté de la monade sacrée du “1”. Enfin, la valeur absolue du “21” provient tant de la multiplication du 7 et du 3, que de la combinaison simple de ses deux chiffres (2+1).

·

Confluences
Notons, pour terminer et en avertissement, que si les traditions africaines et amérindiennes historiquement dominées ont pu survivre et arriver jusqu’aux générations actuelles, cela ne saurait s’expliquer que par la multiplicité des sens de leur entendement pour les divers peuples les assimilant et les développant. Il s’ensuit que chaque référant détient forcément une diversité de sens spécifiques qu’il serait plus qu’hasardeux de tenter de fixer dans l’absolu. Que ces quelques indications servent, dès lors, de pistes d’exploration et d’eclaircissement...

Ensemble de divinités et rituels provenant de la région d’Allada-Danhomey; cependant l’origine serait plus ancienne, remontant à l’établissement dans le plateau d’Abomey, plutôt qu’au plus tardif développement d’Allada qui sera plutôt retrouvé dans le rite Rada. Attributs essentiellement blanc, avec variation selon les lwa. Retrouvé, en grande pureté, au Lakou Souvenance des Gonaïves (Haïti) où les divinités sont AGADJA (1708-1732) : regroupés en deux clans, “grenadiers” et “chasseurs”, ainsi qu’à la Casa das Minas, à Sao (Armoiries - Le Bateau) Luis du Maranhao (Brésil). AGADJA se compare à un bois vert tombé de luiA noter la référence fréquente au Roi Agadja (1708-1732), dit Kadja Dosou, d’une cruauté même qu’il ne faut pas jeter au feu. Surnommé “le légendaire, chanté, par exemple, ici: “Kadja, Kadja, dantan mwen youn o, Alovi e, tou le jou o preneur de bateaux” ou “le roi conquérant”, il a mené de nombreuses campagnes militaires pour san m ape koule, (bis), se pa jodi met nago, y ape nonmen non mwen (bis), dantan mwen youn agrandir le royaume. Malgré son échec face aux o, san m ape koule”. La migration de Gaou Ginou eut lieu sous son règne. Yorouba de Oyo, il consolide l’armée du Danhomè “Aux XVIe et XVIIe siècle, Ouidah et Grand-Popo, les deux ports de la Côte des Esclaves avaient et utilise régulièrement les amazones (femmes attiré tous les grands marchands de “bois d’ébène”, anglais, portugais, danois et hollandais qui s’y guerrières) au combat. La prise des royaumes d’Allada (1724) et de Savi (1727) donne au étaient installés, encourageant auprès des royaumes du Sud, des guerres de razzia pour Danhomè l’opportunité de commercer directement approvisionner leur commerce d’esclaves. Les royaumes d’Allada et de Savi excellaient dans ce avec les Européens. trafic très rentable et en étaient les têtes de pont. Le roi d’Abomey, Agadja, par l’intérêt alléché, décida de se passer de la contribution d’Allada et de Savi et de contrôler lui-même cette activité en ayant un débouché sur la mer. Il entra en campagne et conquit Allada, Ouidah et Savi.” On dénombre, parmi les lwa Danhomen, les suivants: 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. AYIGWÈTO AYIDA WÈDO BADÈ INOSAN BADÈSI KWALAHOUNSI BADÈ LENSOUFWE BAYAKOU DAMBALA WÈDO DANWEZO ÈZILI FREDA DANWOMEN FARO DANTÒ KEBYESOU DANLÈ MAWOU NANNAN BOUKOU PAPA LISA SAKPATA SOBO NAKI SOKOTO

1. DANHOMEN

Souvenance, Service

Nana Bloukou (au Dahomey) -->

Dan (serpent mordant sa queue, symbôle de continuité)

2.

RADA

Rite synthétique (comme le Makaya), caractérisé par sa prière “Djò”, ses rites d’initiation et sa hiérarchie des officiants. Notons que le Royaume d’Allada, dont le nom est tiré (il était dit “Arda” ou “Arada”), est noté pour sa capacité de digestion de cultures conquises. Attributs variés, selon les lwa. Bonne description dans L. Maximilien, Le Rite Rada-Canzo. Trois tambours « Manman dit Hountò, boula et kata » sont recouverts de peau de « bèf ». On les bat avec des baguettes. Lwas souvent dits « blan » essentiellement servis avec des libations d’eau.

Lwa:
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. DANYI ADJEHOUN AGAOU BÈT SANSAN AGAOU KONBLE AGAOU LÈFAN AGAOU MISAN WÈDO AGAOU POTOKOLI AGAOU TONÈ AGAOU WEMEN / YÈMEN AGASOU DAM SELELE AGASOU MAWOUDE AGASOU WÈLO AGASOU YANGÒDÒ AGASOU YÈMEN AGWE MEDE ALAZON PYÈ ATAKWA MÈDJI ATIDANYI BOLOKO ATYASOU YANGÒDÒ AYIGBWA AYIZAN GWÈTO AYIZAN VELEKETE BELEKOU DJÒDJÒ BOSOU DHLO BOSOU KELENDJO DAMBALA PYÈ WEDO DAN AYIDA WÈDO DJOBOLO BOSOU

29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57.

DOSOU LOKO ÈZILI DANTÒ EZILI PYÈ FARO MÈDJI FILOMIZ PYÈ GRAN BOSOU KOMBLAMEN GRANN ADANYI KODAN GRANN ADANYI WÈDO GRANN ADJA GRANN ALOUBA GRANN ATYASOU YANGÒDÒ GRANN AYIZAN GRANN BÒSIN GRANN SILIBO VAVOUN GRANN TÈSI FREDA HOUNTÒ JAN BAZIL KLÈMERZIN KLÈMEY KOMÈ LOKO LA BALÈN LA BÈL VENUS LEGBA ATIBON LEGBA AVADRA BOWA LEGBA AZOUKA LEGBA GRAN CHIMEN LEGBA KATAWOULO LEGBA KAY LEGBA KELE HOUNDE LEGBA KOLOKOSO

58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86.

LEGBA MISÈGBA LEGBA SANYAN LEGBA TI YANYAN LEGBA ZANKLIYAN LOKO DJÈ ANAYZA PYÈ (MAMBO) DECHOUKE (MAMBO) DELAYI MEDE (MAMBO) LA SIRÈN (MAMBO) JIMO (MANMAN) WOU (MANMAN) MARASA DOGWE MARASA DOSA MARASA DOSOU MARASA ELOU MARASA JIMO MARASA KAY MARASA KRÈYOL MARASA ZENSA MARASA ZENSOU MÈT AGWE TAROYO MÈTRES ALTAGRAS MÈTRES SÈVÈRIN BÈL FANM MINIS ODAN NAETE ODAN MISAN WÈDO ODAN WÈDO DIENKE ODAN WÈDO YEMEN PAPA JIMO

87. PAPA SO 88. PYÈ ALEMAN 89. PYÈ DAMBARA 90. PYÈ FERE 91. SESILYA 92. SILIBO VAVOUN 93. SOBO KHESOU 94. SOBO NAKI 95. SOBO WANDILE 96. VYE LEGBA 97. WA LOKO ALADE 98. WANDILE JANPYÈ PONGWE 99. AGWE TA OYO 100. LEGBA CHOUKÈT 101. MADMWAZEL CHALÒT 102. TENAYIZ (DAM)

3.

NAGO

Rite des lwa Yoruba-Nago, variant selon ses sous-composantes Jeje, Nago Oyö, Savalou, et autres… Un centre important, en Haiti aujourd’hui est le Lakou Badjo non loin des Gonaïves; mais le service est largement répandu à travers le pays, particulièrement dans le Nord. Ogoun Feray et Badagri étant des lwa guerriers, leur mémoire s’associe à celle des combats pour l’indépendance nationale. Couleurs: rouge et bleu pour la majorité des lwas « Ogou », mais le rouge peut s’accompagner de vert pour Ozany, par example, et de bleu clair pour Ogou Balenjo (lwa associé à la mer).
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28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50.

OGOU CHAWA OGOU CHINAN OGOU FÈ OGOU FERAY LÈMAN OGOU GHÈ OGOU GWESI MALO OGOU KANDELO OGOU KELÈNDJO OGOU MITRAY OGOU OLICHA NAGO OGOU OLOKOUN OGOU OZANY AGI KAN OGOU PANAMA OGOU YAMSAN ORICHALA OSANY BAKOULE PAPA PYÈ PYÈ MASIKO SELIMAYO FÈ TI CHAL OGOU VYE OGOU YEYE NAGO OGOUN DEMEPLÈ

Gu, Musée de l’Homme

“L’originalité de la pièce se comprend encore d’avantage si on la replace dans son contexte d’origine. Gu est une des divinités dont les Fon ont hérité des Yoruba. Hérité ou emprunté, qu’importe. Dans l’une ou l’autre culture, un dieu ne se représente pas, si bien que l’on peut, dans la culture fon tout au moins, compter le nombre de fois où le principe a été transgressé. Segbo Lisa est une exception notoire puisqu’elle traduit, sous les traits d’une vielle dame, Dieu lui-même, compris comme la somme des deux polarités, contraires mais toujours associées. Ce “ refus “ de représenter un dieu sous les traits humains se comprend aisément : les Fon conçoivent Dieu comme un principe de fonctionnement, une essence aux multiples facettes, qui n’habite pas forcément un élément individualisé. La meilleure “ représentation “ du dieu est souvent son autel ou un objet associé à l’exercice ou à la manifestation de sa puissance. L’autel n’est guère qu’une motte de terre sur laquelle figurent les insignes du dieu. En fin de compte, “ Gu “ n’est rien d’autre qu’un motte de terre sur laquelle sont fichés la plupart des objets métalliques que l’on peut trouver dans la société environnante : lame de houe, morceau de couteau, bout de fer à béton... On retrouve des tertres de Gu dans toutes les maisons où le fer est travaillé sous une forme ou une autre, car Gu est le dieu du métal, particulièrement du fer, et tous ceux qui manipulent des objets qui sont en fer ou qui contiennent de ce métal sont susceptibles de devenir ses adeptes : au premier titre les forgerons, mais aussi les tailleurs, les coiffeurs, les charpentiers, menuisiers et bien sûr les mécaniciens relèvent de ce dieu, responsable aussi de la guerre qu’il faut percevoir, dans la culture fon, comme un moyen d’acquérir et d’accumuler des richesses. L’importance du fer dans cette culture guerrière par excellence, est justifiée par son rattachement au principe de la civilisation même. Dieu pour créer le monde a eu besoin du fer sous la forme du “ Goubasa. “, le sabre de Gu. La représentation de la divine descente du fer dans le monde est immortalisée par un des bas-reliefs du palais de Glèlè où l’on voit Lisa, le Dieu suprême s’appuyant sur un Gubasa. Gu est probablement un dieu civilisateur. Et civiliser n’est-ce pas détruire un elément pour lui en substituer un autre ?.... Les tertres, les sabres ou les bouts de métaux auraient donc suffi à représenter Gu. Pourtant Akati Gunon, probablement initié aux secrets de cette divinité, nous l’a présenté comme un être humain vêtu d’une tunique militaire fon, en marche, tenant d’une main un Gubasa et de l’autre une clochette de prêtre de vodoun ! Il nous l’a présenté portant une coiffe et quelle coiffe ! Celle d’un dignitaire de la cour, recouverte de douze objets contondants. Si l’on ajoute la clochette qu’il tient de sa main gauche et le sabre dans sa main droite, le personnage rentre entièrement dans la symbolique du dieu Gu dont le nombre est sept, quartoze en étant le double... Le concept binaire est très important dans la culture fon. Pièce d’avant garde dans les œuvres du pays fon du simple fait de l’audace qui la caractérise et que traduit la détermination de sa démarche, Gu a été reçu en Occident par les artistes de la période cubiste comme une œuvre exceptionnelle, si exceptionnelle que le Musée d’Abomey il y a une trentaine d’années, a senti le besoin de s’en faire une copie pour ramener au sein de la culture une œuvre de génie : il n’est pas donné à tout le monde de faire le saut de la motte de terre au personnage... Cela relève de Dieu selon la Bible des Blancs. Ce que Dieu a fait, Akati Gounon en a perçu le souffle, capté les vibrations ; traduit dans la matière ; cela s’appelle créer tout simplement”. (Le Dieu Gu du Musée de l’Homme : ses origines,Sa signification historique comme oeuvre d’art, par Joseph C.E. ADANDE, Maître Assistant d’Histoire de l’art, Université Nationale du Bénin.)

4.

MATINIK-DJOUBA

Les lwa Zaka, souvent associés aux Banda-Gede. Les Zaka ou Aka symbolisent le travail, particulièrement agricole. Le mot Djouba signifie « révérence » en langue Vodou, l’une de ses danses est similaire à la quadrille. Habits: Gros bleu (denim, souvent brodé) Mange le “tyaka” ou maïs cassé (conglomérat de vivres diverses à base de maïs et pois rouge) Rapport avec les Zaga(wa) du Kanem? Port du gros bleu. Actuels esclaves des Touareg. Possible association avec Sakpata, lwa de la variole chez les Yoruba, ce qui expliquerait qu’il se gratte beaucoup. Le Djuba, dans la genèse Bambara, est le “Grand Tronc” (Hampate Ba, Réunion Unesco Cotonou, p. 18, 1970). Chez les Yoruba, le mot signifie la révérance. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. AZAKA LA AZAKA MANOU MEDE AZAKA SI AZAKA TONÈ KOUZEN ZAKA MAMBO ZAKASYA MINIS AZAKA OLISHA OKO ZAKA ZAKA GWÈLI

Possible aire de développement: le Kanem-Bornou

5.

SINIKA

Ensemble de lwa venant de la région sénégambienne. Le sacrifice est celui d’un pigeon ardoise. Les lwa sont dits “lwa Sinika” mais très peu servis dans la région port-au-princienne actuellement. Néanmoins ils sont toujours “salués”. Ce groupe figurerait parmi les premiers groupes africains transplantés dans le Nouveau Monde; beaucoup auraient été islamisés. Ce fait pourrait expliquer une certaine résorbtion parmi les “gens du livre”, en Haiti d’aujourd’hui les chrétiens. C’est le cas, notamment aussi, pour les Manding.

6.

KAPLAOU-KANGA

Les cérémonies aux Lwa Kanga et Kaplaou constituent le trait d’union entre les deux grands axes du Vodoun : Le Ginen Fran et la Maji. Sacrifice de la dinde, repas préparé par les hommes seulement et sur le toit d’une maison. Cet animal permet de se demander s’il n’y aurait pas rapport avec d’anciennes survivances du Nouveau Monde.

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BENGA MOYO KAPLAOU PEMBA PAPA FATRA PAPA KWA PAPA ZO TI ZO ZO MAN KILE ZOKLIMO ZOMANGAY

7.

MANDING

Surtout honorés par les gens du Nord, cette Nanchon se retrouve particulièrement aux environs du Bwa Kayiman, Morne Rouge, Camp Louise, etc. Là, les rites funéraires sont très particuliers, rappelant grandement celle décrite pour les Bambara: “la fosse présente d’ordinaire une disposition spéciale. Longue de deux mètres environ, elle s’ouvre sur 2 à 3 m. de largeur au niveau du sol, tandis qu’à une profondeur de 1m50 , elle n’a guère plus d’un mètre de large. Trois de ses parois sont verticales, la quatrième est en pente. Au bas et dans toute la longueur de cette dernière, est pratiquée une niche pour recevoir le corps, que l’on y dépose sur le côté droit, la ttête au sud, s’il s’agit d’un homme; sur le côté gauche et la tête au nord, s’il s’agit d’une femme”. En Haïti, les corps sont enveloppés d’une natte et aucune tombe n’indique l’endroit. Les rituels funéraires sont marqués par la préparation d’un nourriture sacrée spécifique, dite ”manje moussa” (à base de farine de riz). Les Mandingues haïtiens se disent disciples de « Mawonmèt », probablement musulman, disciples de mahomet. Le Royaume Mande était très puissant dans la région soudanaise, à la limite de l’Afrique soussaharienne, du 13e au 16e siècle. La culture, dite Mandingue ou Bambara, est de plus en plus fusionnée avec la culture Peulh.

Originalité d’une tombe Manding actuelle (Région d’Acul)

8.

GEDE-BANDA

Esprits associés à la mort dont les divinités sont coiffées par divers Barons et Grann Brijit considérés comme les parents des Gédés, ces derniers constituant le lien entre les vivants et les morts. Couleurs : noir et blanc, ou mauve. Harengs saurs, vivres boucanés accompagnés d’une pimentade. Café. Animal sacrificiel : “koure”, cabrit noir (Jan Simon Brutus). Certains Gede sont servis “sous le Petro”, d’autres (la majorité) sont plus proches du Rada. Dans la liste qui suit les cinq derniers sont Petro. Gede est le nom donné au Dahomey à l’ancienne population du plateau d’Abomey. Banda est le nom d’un groupe ethnique de la République Centrafricaine qui s’y sont réfugiés parmi de nombreux autres, au cours du 18e siècle.
[“According to legend, the dynasties of the kingdoms in the south of the Republic of Benin originated in Tado, a town in present-day Togo, and were born of a mythical couple, Princess Aligbonon of Tado and a panther. In the 17th century, two of their descendants, Ganyé Hessou and Dako, laid the foundations of a new kingdom, Danhomè. Then Houégbadja (1645-1685) set up the legal bases and the major principles of functioning. At this period the kingdom was limited to the Abomey plateau.”]

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BAWON GRAN BWA BAWON KAFOU BAWON KARA BAWON KRIMINÈL BAWON LAKWA BAWON LENTO BAWON LORAN BAWON SAMDI BAWON SIMITYÈ BAWONLIN LAKWA BRAV GEDE NIBO BWA LANDENG LA KWA GEDE DRIVAYÈ GEDE FATRA GEDE KRIYÒL GEDE LENSOU GEDE LORAY GEDE NOUVAVOU GEDE PIKAN GEDE RAMASE

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GEDE ROUNSOU MAZAKA GEDE WAWE GRANN BRIJIT GRANN PELE JAN GIYON JAN KRAB JAN LORAN JAN NZINGA JAN ZONBI LÈNTO FÈ SENFÒ YEWE TI CHAL LA KWA TRASE FOUYE LAKWA VYE BAWON MANMAN TRAVO GEDE ZARENYEN GEDEVI WELO JAN SIMON BRITIS KAPTÈN ZONBI

9.

IBO

Le rite Ibo se caractérise par le Kase-Kanari qui est essentiellement un rite funéraire. La percussion consiste d’un Kanari frappé avec une Batwel, le « Manman »; d’une cuvette d’eau dans laquelle flotte un kwi renversé battu avec deux petites baguettes, le « boula »; et d’une planche ou d’un petit banc qui sert de « kata ». Parfois, on joue aussi le « tanbou-marengwen ». L’essentiel est la résonance d’eau émergeant, évoquant le passage des morts sous l’eau dans la croyance Vodoun.

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GRANN IBO LELE IBO BIBI IBO KANMAN IBO LELE IBO SWAMAN ILOU KANMAN LOKO DAVI LOKOSI DAYÒK FREDA TOKODOU

10.

ANMIN

La Nanchon Anmin est constituée de « Gad » (distincts des Lwa), dont tous se nomment “Gad Anmin” ou encore “Anminan”. On les trouve rattachés à plusieurs escortes de Lwa. En tant qu’esprits protecteurs, leur culte est souvent assez discret, ayant lieu la nuit et à l’extérieur. On leur offre « tout kalite manje bouch manje » y inclus «zeb ginen » bouillis pendant de longues heures. Certains ont postulé que leur origine serait du peuple “Mina” du Togo, tandis que d’autres verraient plutôt l’Amin Congo. Il existe un lakou “Anmin” dans la région des Gonaives. L’ethnie des Minas figure parmi les Guinéens avec les Nagos et les Fons. Ils venaient du Ghana.

Les “gad” sont représentés, dans les lakous familiaux et publics, par l’emplacement de bornes en fer, dont la visibilité est indicative des services. “Des nègres mines reconnaissant des princes de leur pays à ces signes bizarres se prosterner à leurs pieds et leur rendre des hommages dont le contraste avec l’état de servitude auquel ces princes étaient réduits dans la colonie, offrait un tableau assez frappant...” (Moreau in Fouchard, Les Marrons de la Liberté, p. 241)

11.

KONGO FRAN

Cette importante Nanchon comprend d’autres regroupements comme Mousoundi, Kongo Bò Lamè, Mayombe, Bengwelo, etc. Les habits des Lwa Kongo sont toujours très colorés (7 couleurs), et le vèvè de l’étoile Congo à 5 branches tourne sur elle-même provoquant de larges rayonnements. Boisson : Clairin, assorossi, un grain de sel. La mythologie Congo est très élaborée. Particulièrement honorée dans le couvent de Nan Soukri. Les deux tambours Congo, « à lignes » sont recouverts de peaux de chèvres et battus directement avec les mains. N.B. : Variantes Congo - BNE, 1944 (No. 3, p. 26) : Congo Mayombé, Moussoundi, Moussaï, Bliki, Mondong ; subdivisés en 4 groupes : Wangòl, Ginen, Savanne, Zandò. Mayombé et Moussoundi font partie du Congo franc. D’autres sources y ajoutent le Congo Payèt, Congo Amin, Congo Lazil.

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CHOUKOULOUT CHOUKOUN GANGA BILA GANGA NDOKI GANGOLO GANGA GRANN GÈNGE GRANN MATOUNDOU TEDI GRANN NZINGA GRANN TCHELEKA GRANN YAYA MPOUNGWE JAN PYÈ MPOUNGWE LA RÈN KONGO LAOKA GANGA LAOKA MANNAN GANNAN LÈMBA ZAO ARTÈMIZ (MAMBO) CHOUN (MAMBO) INAN (MAMBO) NANNAN (MAMBO) DOUDOU (MAMBO)

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PEMBA (MANMAN) MARASA KONGO NÈG AMBA NONK LOUFIATOU GANGA OZANANA PEMBA LOUPÈMDA SALOUE SÒKRIS PANDJANMEN SANSAN PANNAN SIMBI GANGA DIJIMBWA SIMBI LAOKA SIMILÒ GANGAN TCHIKATA YAYA MPOUNGWE ZAO PEMBA ZAZI MPOUNGWE ZÈBATÈ

12.
Esprit des rivières chez les Mayombé du Congo. Chez les Bantou en general, les biSimbi sont “hommes des eaux” ayant vécu sous eaux dans des temps très anciens. KariSimbi est un des garnds volcans dans la région des Grands Lacs. Cuvette d’eau remplie de feuilles, odeurs fortes, clairin… Lwa « travay ». Regroupe des divinités portant ce nom à travers différents rites, ex : Simbi Andezo et Simbi Makaya, le premier plus proche du Rada et le second du Makaya. Noter également, dans certaines parties du pays, le service des “zing », aussi appelés « Ti Simbi », logeant dans les sources et trous d’eau.

SIMBI
“Although diverse thoughts about the origins and characteristics of nature spirits existed, the central idea remained that
they symbolized the permanence and potency of nature. These spirits, called (in the singular) simbi, nkita, or nkisi among various Kongo-speaking populations and kilundu among Kimbundu-speaking people, were seen as principal sources of Other Worldly power. Above all, the living turned to nature spirits for their communal welfare. Nature spirits provided abundant harvests, rewarding hunts, and social health for communities that maintained shrines, upheld ritual observances, and supported the offices of the human representatives of territorial nature spirits (such as Kongo itomi, singular kitomi). Nature spirits were also the animating forces behind charms employed by groups or individuals for good fortune. WestCentral Africans regarded simbi spirits as a fundamental source of political authority as well. Local leaders and invested chiefs required the approbation of territorial nature spirits to command the appropriate powers of and respect due their positions. The relationship between ancestors and simbi spirits holds additional significance for the present inquiry. Connections made by West-Central Africans of ancestors with nature spirits suggests that territorial deities represented elders of the Other World as they were once ancestors who entered the land of the dead so long ago that they eventually lost ties to specific lineages to become guardians of all in particular areas. The significance of the linking of ancestors and nature spirits extended to the relationship between the living and the land they inhabited. Through the construction of tombs, the proper decoration of graves, and timely offerings to the deceased, living descendents not only retained contact with the dead but also reaffirmed their own ties to the land. Graves provided focal points for the collective energies of descendents, who hoped to receive blessings in return for the attention, and landmarks of identity in that a person’s country was where his ancestors were buried. This sentiment is captured in the Kongo proverb that intones, “Where your ancestors do not live, you cannot build your house.”[5] Nature spirits served similar functions. Their presence allowed those who lacked ties with named ancestors or who may have come to a region as strangers to still have access to agents of Other Worldly powers and to feel attached to the land where they lived. In this sense, we see simbi spirits contributing once again to the wellbeing of communities.

We should not be misled, however, into thinking that simbi spirits, while essentially benevolent, were also gentle, passive entities. To the contrary, their displays of terrifying might comprised a central component of their being. Kavuna Simon, a Kongo man born in the nineteenth century who wrote about Kongo culture in the early-twentieth century, provided a memorable account of this aspect of simbi spirits: Truly they have great power and authority, for their power is revealed by the force they show in the water and in the gullies. They stir up very high winds and unleash tornadoes, so that the bodies of people are filled with fear and trembling. They break people’s courage and render it feeble, weak, limp, petrified, hollow and fevered; they are stunned and grovel in terror. This is how the bi simbi show their strength: if they see someone come to draw water from the pool where they reside, they rise to the surface and cover it with foam and turbulence, turning and twisting. So the person drawing the water is scared stiff when she sees how the water boils in the pool. She may tumble into the water because she is dizzy. If she does not cry out so that those who remain in the village hear her, when next they meet her she may be dead. Violent displays by simbi spirits demonstrated their Other Worldly power, just as the ability to spill the blood of wild animals showed a hunter’s access to the same power or the capacity to spill human blood authenticated a chief’s rightful use of it. All people needed intermediaries such as nature spirits, charms, and skilled individuals to ensure survival and prosperity. As such, violent simbi displays did not alienate people. Instead, they simply confirmed that nature spirits and the sites associated with them were legitimate channels of Other Worldly power.” (Source : Http:// www. Mamiwata.com/simbi.html)

13.
Bois. Célébration de fin d’année marquée par les bains de chance et les « manje -gad ». Service autour du feu, de l’eau et des feuilles.

MAKAYA

Signifie “feuille” au Congo. C’est le rite des forêts, constituant le principal embranchement parallèle au Ginen dit “Franc”. Le marron dont le nom était “Makaya”, au cours du 18e siècle a peut-être augmenté

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16.

EZILI MAPYANG KAFOU KAT CHIMEN LOKO ATISOU LOKO AZANBLO GIDI LWA MAZÒN MÈT KAFOU TENGENDENG SIMBI MAKAYA SIMBI MAZA SIMBI TWA ILE SIMBI YAMPAKA WANGITA YAMPAKA MALÒ YAMPAKA PAKA ZAKA KLIB ZAKA KONOBI ZAZI PANNAN

14. BOUMBA-MAZWA
Chez les Bambala du Congo, Boumba est premier ancêtre mythique. Le mot signifie « arc-en-ciel ». Provient de l’ensemble de la cuvette congolaise, le mot boumba signifiiant « Dieu » au Cameroun. Selon André Basquiat, Boumba aurait été le lwa de Dessalines. Rythme très particulier, bien que proche du Petro, par le timbre des tambour ainsi que la danse. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. ESKALYE BOUMBA JAN BOUMBA KATYA BOSOU MAKAYA BOUMBA MARIANI BOUMBA MARINÈT BOUMBA SIMITYÈ BOUMBA

“In most cases, though, specialized ingredients are used in the composition of a nkisi to create particular visual and verbal associations that characterize the named spirit personality and its desired impact. Such is the case with Mbùmba, a very old and powerful healing nkisi in which stones are incorporated as visual metaphors of swelling and tumors while other miscellaneous objects represent biting and stinging pains (Laman 1962:100; MacGaffey 1991:64). MacGaffey explains that the original ensemble of nkisi Mbùmba included a clay pot, from which the client or supplicant licked medicines, and which was probably wrapped in an imported blue cloth (MacGaffey 1993:71). Like the older minkisi, Mbùmba is used for many different purposes such as in the treatment of stomach disorders, belching, bad breath and all kinds of swellings (Laman 1962:100; MacGaffey 1991:64). Hence, Mbùmba can also produce pregnancy. In addition, Mbùmba wards off the influence and deeds of malevolent spirits and witches, or bandoki (Laman 1962:101; MacGaffey 1991:64). The name Mbùmba is also often used synonymously with the name Nzambi to signify God. Nzambi is the creator whose role is reflected in the saying, “Nzambi watuvanga, nzala ye nlembo” literally meaning, “it is God who created us, the nails and the fingers, that is, everything that we are and everything that we find for our needs” (Mampuya 1974:250). The etymological meaning of Mbùmba comes from the verb wûmba (Bumba) which means to grind, to knead, and to mold clay with the hands as if making a pot (Laman 1936:540; Mampuya 1974:250). Thus the manifestation of this nkisi in the form of a ceramic pot is also significant in its symbolic association to the creator God and the act of creation. In the area of Laadi Matompa of the Congo, there is a nkisi Wumba who is believed to cause sterility among women (Bouquet 1969:27). A striking example of a figurative mbùmba, called Mbùmba Maza (Fig. 31), illustrates component parts that characterize visual references to affinities with water (MacGaffey 1993:71). The similarity of the belly compartment of this Mbùmba to the description of the original manifestation of this nkisi mentioned above is of interest to this discussion as it may reflect an evolved or alternate form of the original nkisi vessel mentioned above. This example from Cabinda is said to have similar characteristics to others of its kind along the coastal area as far south as the Zaire River. Commenting on a nkisi Mbùmba from much farther inland, Lunungu, a Kongo informant, stated that, “Mbùmba maza is an important nkisi well known in the old days. It is an nkisi of the water, as witness its name, Mbùmba Maza (maza means “water”)” (MacGaffey 1993:71). In accordance with Laman’s documentation, Lunungu further explains that the nkisi is used for protection during pregnancy and that the song accompanying the ritual invocation of this nkisi warns a pregnant woman from eating edible fruits that visually or verbally symbolize swelling and to dissociate herself from death (MacGaffey 1991:64; 1993:71). The nganga who invokes the nkisi may be a male or a female (Laman 1962:101)”. Barbara Thompson (University of Iowa). Earthen Spirits: Ceramic Power Vessels of Lower Zaire, Master’s Thesis 1995, University of Florida

« Une ancienne élève (de l’établissement des religieuses au Cap) devenue plus tard le chef d’une compagnie d’Amazones et connue dans l’histoire sous le nom de la princesse Améthyste, initiée à la secte des gioux ou vaudoux, sorte de maçonnerie religieuse et dansante, introduite par les nègres Aradas à SaintDomingue entraîna dans la secte bon nombre de ses compagnes. Les Régentes des classes remarquaient bien une certaine agitation qui augmentait surtout après la ronde qu’elles avaient adoptée à l’exclusion de toute autre : Eh ! eh ! Bomba eh! Eh! Canga bafio té Canga mousse délé Canga do ki la Canga li Nous ignorons si nous écrivons du sénégalais ou du yolof, arada ou congo ; ce que nous savons c’est que nous écrivons du nègre et que ces mots sont l’hymne sacramentel des Vaudoux.
“Notice Historique sur la Communauté des Religieuses Filles de Notre-Dame du Cap-Français”, Ordre Notre-Dame, 1889)

15.

KONGO SAVANN

Généralement considérés comme des Congo violents, caractérisés par les sacrifices crus et la progression vers les rites de société. Il s’agit souvent de lwa « eritaj », dont le service impose d’importants engagements. Aussi dit “Kongo Bò Lanmè”. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. BAZÒL CHALOTEN EZILI TORO FRIGO ZELE KAFOU NTORO KANTÒLO KAYÈL GANGA KOU KAYÈL OUM KAYÈL TORO DICHÈN TORO MIGÈL WOSIYÒL

“Congo: Liée au climat et au relief, la couverture végétale du sol congolais se répartit en deux grandes catégories : la forêt et la savane. La forêt couvre une superficie de plus d’un million de kilomètres carrés, soit un peu moins de la moitié de la surface du Congo. Elle constitue l’un des derniers habitats, relativement préservé, des Pygmées. De nombreuses espèces d’arbres à latex et de palmiers à huile sont originaires de la région, ainsi que le caféier et le cotonnier, et, parmi les arbres fruitiers, le bananier, le plantain et le cocotier. Elle s’étend dans la zone de climat équatorial sur la totalité de la cuvette centrale qu’elle déborde logement au nord et surtout à l’est, de sorte que le couloir de savane longeant les lacs tectoniques est extrêmement étroit. La végétation excessivement dense. l’absence du soleil, les fonds souvent boueux et marécageux y rendent la circulation difficile surtout dans l’Est où les affluents du Congo ne sont pas navigables. En dehors de l’immense bloc de la grande forêt centrale,il faut citer la forêt du Mayumbe sur la rive droite du BasCongo et les galeries forestières qui accompagnent le cours de reste tous les affluents du Kasaï-sankuru jusque loin au sud de la grande forêt. La savane couvre les plus hautes régions périphériques du bassin du Congo, plus ou moins arborée occupe les deux zones de climat tropical. La circulation y apparaît beaucoup moins facile que dans la savane “soudanaise” de l’Afrique occidentale en raison du nombre et de l’importance des affluents du Kasaï-Sankuru qui coulent dans une direction sud-nord. Il n’existe pas au Congo de correspondant au Sahel de l’Afrique occidentale puisque pratiquement aucune portion du Congo ne connaît la sécheresse.”

L’appelation « Congo Sauvage » prête à penser qu’il pourrait y avoir un apport des Amérindiens d’Haïti, car la lecture des documents de l’époque coloniale enseigne que le terme “sauvage” était couramment emprunté pour désigner les Amérindiens. Par ailleurs, les noms “Umkayèl”, Koukayèl” pourraient aussi être interprétés en ce sens.

16.

MOUNDONG MOUSAYI

Offrande d’un chien “Tigré” que le lwa mondong caresse avant de lui mordre l’oreille. L’ethnie des Mondongues venait du Royaume de Benguele, dans le Royaume du Congo. Il existe néanmoins une confusion relativement courante avec les Mandingue, d’autant plus réelle qu’elle s’étaye sur le développement des sociétés secrètes premières (16e-17e siècles) et celles, Congo, plus tardives (18ème). Le “Mondongo” est un plat relevé très apprécié dans la Caraïbe, à base de testicules ovines.

Contrôle du Mansa Moussa, Mandigue

17.
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. BRITAL GRANN SIMBA JAN KITA KITA BWA MANMAN FLANGANAN MARINÈT BWA CHÈCH MARINÈT PYE FEN Chez les Suku du Congo, le rite SAN KRENT DANJE d’initiation s’appelle le “Kita”. SIMBI KITA “Su nombre en yoruba y Traduction de TI JAN RASIN fon es Yemayá Okotó; en “Zinga Moyo”: ZINGA MOYO Kimbisa y Brillumba:
“C’est grâce à l’âme (moyo) que l’Homme vit sa vie (uzinga).” (Bakongo). These spirits, called (in the singular) simbi, nkita, or nkisi among various Kongo-speaking populations and kilundu among Kimbunduspeaking people, were seen as principal sources of Other Worldly power.

KITA
The various Bantu Faiths in Cuba developed a particular Tradition called with the general name of Palo. Palo in spanish means “stick”, due to the fact that sticks, roots etc. are used in this Tradition. We should tell since the very beginning that Palo Religion has various branches, and for this reason the Bantu Cults are called “Reglas de Kongo or Reglas de Palo” (Rules of Kongo or Rules of Palo). There are many differences between those Traditions. There are three main trunks: -Palo Mayombe or Mayombe Rule. This is almost the first Rule established in Cuba. They have only one kind of “fundamento nganga”: Nsasi Siete Rayos. They deal only with nfumbe (deads) energies and are very traditional and conservative. The Batalla Saca Empenho, Mayombe Saca Mpenho, Ensala Mayombe Ngando Sese, Ensala Mayombe Ngando Batalla Congo are among the most famous “Ramas”, branches of this Rule of Palo. Usually the Mayombe houses are not christianized. -Palo Brillumba or Brillumba Rule. This sect of Palo is actually the most common. Its born from the Mayombe Rule. This Rule is syncretic and christianized. They have various kinds of “fundamentos” like Siete Rayos, Sarabanda, Madre de Agua etc. Their Ngangas contains nfumbes and Mpungu (Kongo Gods) energies. The Mpungus can be considered in a way Kongo versions of the Orishas. The Mpungus are also syncretized with Roman Catholic Saints. The term Brillumba is derived from the Kongolese word “krillumba” that means “skull”. The Brillumba Rule uses bones in his fundamentos. Some Paleros believes that more than a “Regla” itself, Brillumba, is a tecnique, a manner to prepare ngangas. There’s also the Billumba Rule, they are Ndoki and non christianized. They use bones too in the preparation of the nganga. Brillumba is for good and evil purposes so it’s called “Briyumba Ndoki Biyaya Biyaya Sambi”. The Myth says that Brillumba was born in “Kunancieto” which means Africa. The territory was called “Consecration” in the Northern Kongo Kingdom. This is the history of “Briyumba Congo Biza Cundumbo Munambe Silancongo San Quintiki Luambanza Nfinda Macondo que kuenda talanquera Engo Cheche Saravanda Saracuata Norucuon Mayombe Camino Cementerio con licencia Lucero Mpungo Mundo Nsila Camposanto que mbonda a to’ los Nkita”. Saravanda is the first and major Brillumba Nganga. Some Brillumba/Billumba Branches are 7 Brillumba Kongo, Vence Guerra Viramundo, Vence Guerra Acaba Mundo, , Mayaca, Siete Billumba Siete Brillumba Congo Indianda Cuaba also called Changani, Vititi Kongo, Quijenco, Monte Garavato, Saravanda Mala Fama, Paticongo Clava Clava. -Palo Kimbisa or Kimbisa Rule. The Kimbisa Rule was almost the first to be established in Cuba by the Kongo slaves. The Kimbisa were the High Priest of the Kingdom of Kongo. Many things inside this Rule shows the evidence of its great antiquity, probably a direct descendant of the Kimpasi Secret Societies of Africa. The original Kimbisa Rule was not christianized. During the XIX Century in the two Cabildos of the Church of the Saint Christ of the Good Journey in La Havana; the Rule of the Kimbisa Order as Saint Christ of the Good Journey was developed by Tata Andrés Facundo Cristo de los Dolores Petit, Founder of the Rule and great re-organizer of the Kimbisa Order. The Kimbisa Order has elements of ALL the various faiths and religions of the Cuban soil. Santo Cristo Buen Viaje is the first and totally Cuban Religion: Palo Monte Mayombe, Abakua, Santeria, Freemasonry, Espiritismo, Voudou, Roman Catholic Church are all parts of this Order.

Ensemble de lwa dont la caractéristique est la forme recroquevillée (“mafrizi”) qu’ils adoptent. Ceux qui sont possédés par eux boivent du kerosène et ont un comportement violent. LAS REGLAS DE PALO KONGO

Dans le Palo Mayombe, le magicien est dit: “Tata Nganga, Tata Nkisi, Tata Ndoki, Tata Mayombe, Mbandoki, dongo, ngangulero”. Ils considèrent le lwa Kita comme l’équivalent Kongo de Shango.

Balaúnde y Lunganfula; en congo: Mboma, Mamá Kalunga, Pungo, Kasimba, Mamá Umba, Mbumba Mamba, Nkita Kiamasa; Nkita Kuna Mamba y Cuatro Vientos, porque ocupa y domina las cuatro partes del mundo.”

*** NB: Kita est aussi une région du Mande (Mali); les Mandingues s’appellent les “Kita Maninka”.

18.

PETWO

Couleur rouge, feu, danse rapide. Service toujours entamé après avoir dit « Doute, doute », réponse « Dan Petwo », ce qui évoque le passé de Duti Boukmann, probablement chef des Don Pèdre. Les noms des lwa sont souvent créoles. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. AZANGON LOKO BAKOULOU BAKA BOSOU TWA KÒN BRIZ MONTANY BRIZE DAM LAVE DAMBALA WÈDO DJENKE DISPONYA LODE EZILI BOHAN GOUGOUN DANYON GRAN BWA MEDJI GRANN BÒT GRANN ÈZILI JAN PETRO JATIBWA KENTO JENERAL BRIZE KABWATYE KAFOU GIDI GIDI KAFOU TWA LAYE BWA LEGBA BWA LENGLENSOU BASEN SAN LENGLENSOU DANMAN LENGLENSOU GWE LENGLENSOU PYÈ MAHI LWIZ BOUMBA (manzè) MAMBO ADELAYID GWO TETE MAMBO DAYILA MANMAN YANGAN MARASA BWA MARASA LAFRIK GINEN GRAN BWA ILE (MÈT) LÒVANA (MÈTRÈS)

34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50.

MÈRANSYÈL (MÈTRÈS) PYE (MOUCHE) OGOU JE WOUJ PYÈ BRIZ PYÈ DANTÒ PYÈ DANYON PYÈ MAKAJOU SIMBI AFRIKEN SIMBI AMPOLA SIMBI DHLO TI JAN DANTÒ TI JAN PETRO ZAKA KWESI MANYAN ZAZI MAZWA ZILE MPEMBA ZINGA BWA JANBE MALÈ

19.

ZANDÒ

Kérosène et mafrizi. Feu. « Gwo boukan dife”. Gaz, bois pin, sel. Fwèt kach. Sacrifice cochon. Serait associé à la “couleuvre chasseur”, avec Legba Zandò, Gede Zandò et Marasa Zandò. Le deuxième également dit Gede Gwo Woch. Les chansons: “Yo voye m jete, kote y a wè m”; “Bwa kisa, m pa konnen kote m pase nan peyi a”. Autre: “Madjoman, se pou la fwa, pale pitit la yo, Zandò”. Selon Dieterlen et Cissé (“Les Fondements de la Société d’Initiation du Komo”, Cahiers de l’Homme, Mouton & co., 1972, p.207), au Mali, le Zandor était l’emblème des sociétés secrètes: “Zandor: Le vrai promoteur du Komo, le symbole de l’esprit divin, de la science de soma (Dieu)”. D’autres confluences, cependant, pourraient se trouver du côté des Azandé, abondamment étudiés par Evans-Pritchard; ou encore, directement au Dahomey, les Zangbetò, “fantôme gardien nocturne”. Selon Verger: “les Zangbètò, dont le nom signifie “chasseur de nuit” était dans le royaume de Porto Novo, une sorte de policier, de gardien nocturne, mais son trop grand entrain à chasser les voleurs l’avait porté à corriger souvent les honnêtes gens au même titre que les malfaiteurs. Ces excès de zèle ont fait interdire par l’administration ses rondes nocturnes dans les rues de Porto Novo.” 1. 2. 3. 4. 5. EZILI BALYANG JAN ZANDÒ LEGBA ZANDOR MÈT ZANDÒ KONGO ZANDÒ

Zangbetò

!

“THE ADVENTURES OF ZANDÒ” National Marionnette Theatre, Togo Danaye Kanlanfei Genre: general audience marionnettes Running time 50m

Zandò est le nom du Grand Marché de Kinshasa (Congo).

20.

MAKANDA/BIZANGO

Sociétés secrètes: Bizango, Makanda, Chanpwèl/Chòpwèl, Zobòp, Vlengbedeng, Sosyete, Konvwa, Gbon Sante, Kongo, Sanmanan, Soukouyan, Makori, Sendenden, Mazanza, Kanibal, Karibal. Son caractéristique des tambours, tenant la population générale à l’écart de leurs cérémonies nocturnes. Réputation féroce de sorciers, sachant voler et généralement se métamorphoser. 1. 2. 3. 4. 5. 6. LARENN BIZANGO LASIRÈN DJAMAN MANNWÈL CHÒCHE SENT KLÈ SÈNT MAGRIT FLERIZON SENTELENN

VIRE N PRAL VIRE YO BEL CHÈ KONMÈ MWEN SE BON Y A WÈ KICHÒY O, FANM SA A KI POTE PWEN AN SE PARAN JIMO NÈG SA A KI PÒTE GAD LA SE PARAN CHANPWÈL O M DI LWA N AP RELE LWA LALWA CHANPWÈL 0 MWEN DI GAD LA, N AP RELE PWEN AN S ON PWEN K MASYAL O LALWA MASYAL S ON LWA TOUT TAN AN VIGÈ LATIBONIT TOUT FANM TOUNEN VLENGBEDENG LÒT BÒ OKAY GADE NOU TOUNEN FRIZE VIRE N PRAL VIRE YO TOUNEN N PRAL TOUNEN YO GAD CHANPWÈL KONNEN NOU...

Chez les (Ma)Yombe, chaque clan est dirigé par le Mfumu Makanda élu par les membres.

21.

L’INDICIBLE UNIVERSEL

Ici se situe le rassemblement unificateur, l’Ensemble créateur, le lieu de résolution. Jamais nommé, encore moins invoqué. Il s’agit, bien entendu, de l’élan porteur du Bwa Kayiman, et des autres moments essentiels des vies de peuple constitutifs de la nation Haïtienne.

Elle est retrouvée... Quoi? L’Eternité. C’est la mer allée avec le soleil.

MATIÈRES
Considérations Générales 1. Dahomen 2. Rada 3. Nago 4. Matinik-Djouba 5. Sinika 6. Caplaou-Canga 7. Manding 8. Ghede-Banda 9. Ibo 10. Anmin 11. Congo-Fran 12. Simbi 13. Makaya 14. Boumba Mazwa 15. Congo Savann 16. Mondong-Mousayi 17. Kita 18. Petro 19. Zandò 20. Bizango-Chanpwèl 21. L’ensemble, Indicible

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