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1. INFORMER – COMMUNIQUER

L’Éducation nationale parle de plus en plus de communication mais peine encore à prendre en compte cette fonction, que ce soit au niveau de l’institution ou des établissements scolaires. La confusion entre information et communication s’est installée au fil des ans et des pratiques.

Faute de réflexion préalable, la communication se réduit souvent, dans les actes, à des améliorations techniques du message et à l’introduction de supports modernes (courriers électroniques, sites web, panneaux lumineux… ), confondant ainsi fin et moyen. D’autre part, dans les représentations usuelles du monde enseignant, la communication est souvent assimilée à de la manipulation : ainsi a-t-elle mauvaise presse. Il est donc grand temps d’apporter quelques clarifications et de définir quelques lignes directrices.

A.

INFORMATION OU COMMUNICATION

a)

L’information est donnée par un émetteur (souvent la hiérarchie) à un récepteur (souvent les « personnels »). Dans notre institution, elle reste essentiellement descendante, rarement ascendante ou horizontale. Elle prend des formes différentes (écrite, orale… ) qui ont parfois fait l’objet d’une réflexion préalable (voir fiches suivantes). Elle est indispensable pour permettre à chacun de se situer dans son environnement de travail et de repérer les articulations des dossiers les uns par rapport aux autres.

b)

La communication, située au-delà de l’optimisation du message et de sa transmission, est faite d’allers et retours de l’information, horizontaux et latéraux, de feed-back (réaction du récepteur au message émis et retour vers l’émetteur), de progressions par étapes grâce aux échanges, aux reformulations, à la place faite à la créativité. Elle inclut le « traitement » de l’information pour faciliter la réception et l’appropriation.

B.

LA DÉMOCRATIE EN JEU

L’essence même de la communication est la recherche de démocratie, le souci de l’égalité de dignité entre des personnes qui peuvent ne pas avoir des compétences identiques. La communication est l’affaire de chacun mais, pour qu’elle puisse l’être, encore faut-il qu’elle fasse l’objet d’un management facilitateur donc participatif, réfléchi et adapté qui entraîne des remises en cause personnelles et collectives.

C. DES ACTES PAS DES INCANTATIONS

La mise en place d’une démarche de communication n’est pas économique : plus les personnes et les groupes communiquent, plus les besoins s’expriment et, s’ils commencent à trouver des solutions, se manifestent et semblent se multiplier. Car communiquer c’est poser des actes au quotidien, des actes inscrits dans une démarche mais qui confinent parfois au détail et peuvent paraître dérisoires à côté des discours incantatoires de certains. En observant autour de soi, on s’aperçoit vite que c’est le b a ba même qui n’est pas en place parce qu’on l’a longtemps sacrifié au profit de ce qu’on a cru être le « fond » : témoins, un « allô » anonyme qui vous « accueille » au téléphone, un bureau voisin aux visages sans noms et aux noms sans visages, aux tâches connues par celui-là seul qui les exécute… De nombreux « détails » quotidiens deviennent « importants » quand on veut vraiment s’intéresser à la communication.

Les coûts financiers et matériels sont rarement les plus importants. Dans la phase de démarrage, c’est le coût en temps qui est élevé et peu gratifiant parce que tout se joue dans le « micro », la proximité et les petits pas alors que notre imaginaire situe la communication dans le « macro », la projection et les grands pas (en avant, bien sûr). Peu gratifiant aussi parce qu’à chaque faux pas de l’institution la communication est mise en cause.

Et comme, de plus, il n’y a pas en communication d’action mécanique, automatique qui engendre un résultat prévisible à partir d’une intervention programmée, mettre en place une démarche de communication demande une bonne dose de modestie et de patience.

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