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Malo GOHIER

Institut Universitaire de Technologie du Havre


Département Génie Civil
Année universitaire 2004-2005
1ère année de DUT

RAPPORT DE STAGE DE 1ère ANNEE


(du 6 juin 2005 au 15 juillet 2005)

ENTREPRISE SADE

33, rue du Manoir de Servigné Maître de stage :


C.S. 23906 – 35039 RENNES CEDEX Enseignant tuteur : M. Abdellah Alem
Tél. : 02 99 59 24 27
Fax : 02 99 59 01 92
e-mail : ouest@sade-cgth.fr
REMERCIEMENTS :

Je remercie le directeur régional de l’Ouest ainsi que Mr CLEMENT


responsable des stagiaires d’avoir répondu positivement à ma demande
de stage.
Je remercie aussi mon conducteur de travaux Laurent MOISON ainsi
que mon chef de chantier Thierry DUBOIS pour m’avoir intégrés,
formés, aidés et avoir suivi mon travail au sein de l’entreprise durant
toute la durée du stage.

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SOMMAIRE

I. INTRODUCTION : ........................................................................ 3
II. PRESENTATION DE L’ENTREPRISE : .................................. 4
A) Identité : ............................................................................................................................ 4
B) Activité : ............................................................................................................................ 5
C) Environnement : ................................................................................................................ 5
III. STAGE : ....................................................................................... 6
A) Présentation : ..................................................................................................................... 6
B) Activités : .......................................................................................................................... 7
1/ Préparation du chantier : ................................................................................................ 7
2/ Mise en place des tuyaux : ............................................................................................. 8
C) Contraintes liées à l’environnement : ................................................................................ 9
1/ Routes :........................................................................................................................... 9
2/ Rivière : ........................................................................................................................ 10
3/ Drainages : ................................................................................................................... 11
D) Singularités de la conduite : ............................................................................................ 11
1/ Coudes : ........................................................................................................................ 11
2/ Vidanges :..................................................................................................................... 12
3/ Ventouses : ................................................................................................................... 12
4/ Regards :....................................................................................................................... 12
E) Extrémités de la conduite : .............................................................................................. 13
F) Essais : ............................................................................................................................. 14
G) Point particulier : le forage dirigé : ................................................................................. 14
1/ Pourquoi le « forage dirigée » : .................................................................................... 15
2/ Comment faire le choix du forage dirigé ?................................................................... 15
3/ Mode opératoire : ......................................................................................................... 15
IV. CONCLUSION : ........................................................................ 16

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I. INTRODUCTION :
Durant notre scolarité en première année de DUT de Génie civil il est prévu que nous
fassions un stage de six semaines en entreprise. Ce stage à pour finalité de nous faire
connaître le monde du travail du Bâtiment ou des Travaux Publics et de recevoir des
connaissances nouvelles. J’ai fait un stage ouvrier dans l’entreprise de travaux publics SADE
(direction régionale de l’Ouest) à la réalisation de conduites hydrauliques.

J’ai choisi un stage dans les travaux publics car c’est le domaine auquel je me destine
notamment en choisissant l’option travaux publics en deuxième année de DUT. Pourquoi ce
domaine particulier ? Il regroupe un large éventail de métiers différents qui ont tous une
caractéristique commune qui m’intéresse particulièrement : être d’utilité publique et servir au
quotidien à un grand nombre de personne. Savoir que le chantier sur lequel nous travaillons
va permettre de simplifier et d’aider la vie de beaucoup de personne est très motivante. Les
entreprises des travaux publics sont des entreprises de service qui répondent aux besoins des
citoyens. Ceci en aménageant le cadre de vie (voirie, éclairage public), en améliorant
l’environnement (collecte et traitement des eaux usées et déchets), en permettant aux Hommes
de mieux communiquer (routes, ponts, aéroports). En choisissant ce milieu professionnel j’ai
l’impression d’apporter quelque chose d’utile à ceux qui m’entourent.

J’ai opté personnellement pour un stage ouvrier car je pense que la meilleure façon
d’apprendre un métier est d’aller sur le terrain. Les travaux publics sont un domaine où l’on
utilise beaucoup de procédés et de techniques de mise en œuvre différents. Comment acquérir
ceux-ci sans les voir réellement à l’œuvre. Pour avoir une bonne expérience professionnelle il
faut non seulement avoir du temps mais aussi être passé par plusieurs étapes notamment
l’apprentissage. Si par exemple un jour je dois diriger un chantier il faut bien que je connaisse
les métiers qui y participent et leurs principaux aspects techniques. Comment donner l’ordre à
des ouvriers de monter une pièce sans savoir le faire sois même ? Nous apprenons à monter
une pièce sur un chantier, pas dans un bureau devant un ordinateur. Même s’il est possible
que plus tard je ne travail pas quotidiennement sur un chantier je pense que pour un premier
stage il est nécessaire de connaître la partir la plus importante (au niveau temps, personnels et
moyens mis en place) d’un projet.

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Enfin j’ai préféré travailler dans une grande entreprise privée où les savoir-faire sont
très divers et variés, où l’on peut voir des techniques différentes de réalisation d’un même
ouvrage.

C’est donc dans l’entreprise de travaux publics Sade (Compagnie de Travaux


d’Hydraulique) que j’ai fait mon stage de six semaines sur un chantier de pose de conduites
d’eau potable.

II. PRESENTATION DE L’ENTREPRISE :

A) Identité :

Créée en 1918, la SADE (Compagnie de Travaux d’Hydraulique, SA au capital de


13 413 300€, chiffre d’affaire de 739 millions d’euros (France et International)). Société de
VEOLIA Environnement, elle occupe en France et dans le monde, une place de premier plan
dans sa spécialité, à savoir la conception et la construction de réseaux (eau et assainissement
en particulier).
La SADE et ses filiales emploient 5 600 salariés, dont 450 cadres, dans une centaine d'entités,
en France et dans le reste du monde. Les directions régionales (document 1) et les filiales,
organisées de manière à avoir une bonne connaissance des clients et de leurs besoins, offrent
aux collaborateurs une forte autonomie dans leur travail et une importante délégation des
responsabilités (document 2).
La SADE doit sa place de première entreprise française de travaux d'hydraulique à
l'amélioration constante de la technologie et à la connaissance des besoins des clients, avec
lesquels elle entretient une relation de proximité. Sa certification ISO 9000, son ingénierie
intégrée et sa gamme complète de techniques en font une entreprise fiable et recommandée.

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B) Activité :

L’eau est au cœur des métiers de la Sade depuis plus de 80 ans. Du captage jusqu’à
son rejet, la Sade intervient dans toutes les phases du cycle de l’eau. La construction, la
maintenance et la modernisation de réseaux d’eau potable est le premier métier de la Sade,
elle réalise tous les travaux, simples ou complexes, depuis les ouvrages de prélèvement d’eau
dans le milieu naturel jusqu’aux branchements des abonnés. (Forages, captages, canalisations
sous pression, branchements, …).
Le deuxième métier de la Sade est la conception et la construction des ouvrages
d’assainissement d’eaux usées, d’eaux pluviales ainsi que des ouvrages de génie civil s’y
rattachant. En complément des techniques de pose de canalisations préfabriquées, la Sade a
également développé celle des collecteurs coulés en fouille et maîtrise toutes celles
nécessaires aux travaux souterrains pour les collecteurs de grands diamètres (bassins d’orages,
stations de relèvement, stations d’épuration).
Les compétences de la Sade se sont élargies aux autres réseaux : gaz, électricité et
communication. Pour les secteurs de la téléphonie, radiophonie, vidéo communication et
courants faibles, elle maîtrise l’ensemble des technologies, du génie civil au câblage et à la
connectique.

C) Environnement :

Plaçant le respect du client et de l’environnement au cœur de ses préoccupations, la


SADE a volontairement entrepris il y a quelques années déjà, une démarche d’amélioration
continue :
- satisfaire de mieux en mieux ses clients,
- réduire les dysfonctionnements et leurs coûts,
- faire adhérer le plus grand nombre d’entre nous.
Et elle a aussi entrepris de réduire les gênes et les nuisances occasionnant des impacts sur
l’environnement, en :
- assurant et démontrant la conformité réglementaire de ses activités,
- établissant, entretenant et examinant des objectifs et cibles environnementaux au vu des

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impacts significatifs de ses activités sur l’environnement,
- participant à la prévention de la pollution.
Dans le cadre de sa politique de ressources humaines, la SADE engage chaque année des
jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs et des IUT souhaitant exercer un métier
d'entrepreneur, ainsi que des cadres à vocation administrative et financière. De façon
permanente, la SADE engage également des ouvriers issus de l'enseignement professionnel
(CAP, BEP, baccalauréat professionnel) et accueille de nombreux jeunes dans le cadre de
contrats d'apprentissage ou de qualification.

III. STAGE :

A) Présentation :

Mon stage en entreprise aura duré un peu moins de six semaines, à savoir du lundi 6
juin eu mercredi 13 juillet car nous avons fait le pont du 15 juillet. Mes semaines
comprenaient une durée de travail de 39 heures réparties comme ci-dessous :
Lundi, mardi, mercredi, jeudi : 8h00-12h00 et 13h30-17h30
Vendredi : 8h00-12h00 et 13h30-16h30.
Le chantier était localisé entre Saint-Malo-de-Phily et Guipry entre Rennes et Redon
(Document 3).
Nous travaillons sur le renforcement des feeders (canalisations reliant des centres de
production à des centres de distribution). Les différents acteurs du chantiers étaient les
suivants :
Maître d’ouvrage : Syndicat Mixte de Production d’eau OUEST 35,
Maître d’œuvre : SAFEGE Environnement,
Entreprises Lot n°2 (notre chantier) : SARC, SADE, STURNO.
Exploitant : SAUR France.
Nous avions à relier deux châteaux d’eau (Saint-Malo-de-Phily et Guipry) par une conduite
d’eau potable de 300 mm de diamètre de 8700 mètres de long. Ce chantier était divisé en deux
lots. Le premier lot était pris par l’entreprise Sturno (Manche) et le deuxième par la Sade (un
peu moins de 6km).

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Le chantier a commencé le 17 mai, je suis donc arrivé à peu près au milieu de la durée totale
du chantier (Document 3).

B) Activités :

Mon activité était assez diversifiée sur le chantier. Elle fut d’aider les compagnons à
poser la conduite et aussi d’observer et d’aider le chef de chantier au quotidien. J’ai touché un
peu à toutes les manutentions du chantier et vais donc vous expliquez la technique de pose
d’une conduite d’eau potable dans son ensemble.

1/ Préparation du chantier :

Il y a deux grandes parties à cette préparation. La partie étude en bureau et la partie sur
le terrain.

Dans la partie étude, les enjeux consistent à élaborer ce que va coûter le chantier et
déterminer sa durée. Ceci est fait bien avant le commencement des travaux (octobre 2004).
Les coûts sont calculés à partir d’une étude d’ordonnancement (Document 4) dans laquelle
sont répertoriés les unités d’œuvre (durée d’une tache et sa description), le matériel utilisé, le
personnel et la sous-traitance. Ensuite il y a le calcul du coût des fournitures (Document 5),
chaque élément utilisé y est indiqué. Pour cela un tracer du projet est réalisé sur plan ainsi
qu’un planning. On peut alors déterminé le déboursé sec du chantier avec un grande précision.

Sur le terrain, cette préparation consiste à tout mettre en œuvre avant le début des
travaux sur une section pour que cette dernière soit réalisée le plus rapidement possible.
La première chose à faire est bien évidemment de regarder et comprendre le tracé de la
conduite fait au préalable par un bureau d’étude. Nous utilisons pour cela un plan de masse
découpé en plusieurs planches (Document 6) pour connaître la direction de la conduite et la
position des conduites existantes ainsi que des plans de niveau pour connaître les côtes de
niveau et la profondeur de la conduite. Lorsque ceux-ci eurent été vérifiés je suis allé jalonner
le parcours avec le chef de chantier, c'est-à-dire que nous avons planter des piquets tous les 50
mètres environ. Cela permet aux pelles mécaniques de se repérer lors du décapage de la terre

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(voir plus loin) et donc de ne pas suivre une direction approximative. Comme nous étions en
pleine campagne, nous devions bien évidemment avoir l’autorisation des propriétaires des
champs traversés.
Après le jalonnage nous avons demandé aux propriétaires de ces champs de bien vouloir
couper et évacuer leurs cultures sur une largeur de dix mètres, cela malgré le fait que ces
champs étaient principalement composés de maïs et de blé et que ce n’était pas la saison de
leur coupe. Les exploitants étaient bien sûr indemniser (les autorisations et indemnisations
étaient principalement effectuées avant l’ouverture du chantier).
Après cette coupe il nous fallait barder les tuyaux c'est-à-dire que nous devions les déposer
tout le long du parcours. Ceux-ci étaient déposés par des semi-remorques à des endroits
stratégiques du parcours (carrefours routiers, entrées de champs). Les tuyaux sont acheminés
de Pontamousson (Meurthe-et-Moselle). Ils sont livrés sur le chantier en plusieurs palettes.
Chaque palette comprend quatre tuyaux (six mètres de long ; 300 millimètres de diamètre ;
constitués de fonte aciérée et d’une fine couche de béton (intérieur) ; 336,5 kg) regroupés
entre eux par quatre feuillards métalliques. Nous pouvons donc poser 24 mètres de conduite
avec une palette par conséquent les palettes sont bardées tous les 24 mètres (document7).

2/ Mise en place des tuyaux :

Avant de commencer le terrassement profond du sol nous réalisons d’abord un


décapage de la terre végétale sur une trentaine de centimètres de profondeur (document 8).
Cela permet de ne pas mélanger cette terre avec les couches inférieures de sol et donc de la
remettre en place proprement lors du remblai. Ensuite avec une pelle mécanique à chenille le
terrassement est réalisé. La vitesse de celui-ci dépend bien évidemment de la nature du sol et
de la profondeur de la conduite. La profondeur de la conduite pouvait variés de 1,50 mètres à
plus de 3,5 mètres et en quelques mètres le sol pouvait passer d’une argile « molle » à une
roche difficile à casser. Lorsque la roche était trop dure la pelle mécanique devait utiliser une
dent de ripper (document 9) à la place du godet à dents.

Lorsque la profondeur est atteinte il faut vérifier à l’aide d’un niveau à bulle que la
pente voulue par les plans est respectée. Elle peut variée de 1% à 5%. Ensuite vient la pose et
l’assemblage des tronçons de tuyaux. Pour assembler deux tuyaux ensemble il faut placer un
joint en caoutchouc dans l’extrémité du tuyau élargie à cet effet. Ensuite nous nettoyons

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l’extrémité des deux tuyaux. Ceci fait, on badigeonne le joint de graisse lubrifiante afin que la
partie mâle du tuyau déjà en place puisse coulisser sans forcer dans la partie femelle. C’est la
partie femelle du tuyau (partie plus large avec joint) qui se présente à l’avancée du chantier).
On descend alors le tuyau à placer à l’aide de la pelle mécanique. Pour cela nous enroulons
une chaîne à la moitié du tuyau que nous accrochons à la pelle avec un double crochet. Nous
faisons entrer de deux ou trois centimètres la partie mâle. Puis à l’aide du godet de la pelle
nous emboîtons le nouveau tronçon de dix centimètres dans la partie femelle. Lorsque les
tuyaux sont assemblés, le remblaiement de la tranchée peut commencer. Il commence avec
une autre pelle (à pneu ou à chenille) par recouvrir le tuyau par une couche d’environ 70
centimètres de sable rouge terreux de protection ou par la terre terrassée auparavant. Cette
couche est mise à niveau uniformément afin que l’on puisse placer un grillage bleu. Ce
grillage en plastique sert à avertir la présence de la conduite d’eau au cas où des terrassements
seraient fait à son emplacement. Ensuite nous finissons de remblayer avec les couches
terrassées. Pour finir une chargeuse articulée (document 10) remet en place la terre végétale et
fait les finitions pour que notre passage soit le plus propre possible.

Lors des traversées rectilignes de champs, nous devions poser environ 40 tuyaux donc
parcourir la distance de 240 mètres. Bien évidemment il était difficile de respecter cette
contrainte. Parfois lorsque nous sommes profonds et que le sol est dur nous ne pouvons poser
qu’une quinzaine de tuyau par jour alors qu’il nous est arrivé une fois d’en poser 69 en une
journée.

C) Contraintes liées à l’environnement :

En dehors de la nature du sol et de la profondeur de la conduite nous avions deux


autres principales contraintes : le passage de routes et le passage de rivière.

1/ Routes :

Les passages de route ne sont pas très difficiles à réaliser. Le terrassement est le même
qu’en plein champs, les seules différences sont les dispositions de sécurité à prendre. Tout
d’abord on ne fait pas une tranchée dans une route comme on en a envie. Il faut d’abord

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demander l’autorisation aux autorités compétentes afin de bloquer la route. Cette autorisation
reçue nous mettons en place une signalisation verticale (travailleurs, déviation, feux
tricolores) pour avertir les usagers. Cela fait que la tranchée peut être terrassée. Ensuite il y a
une profondeur minimale à atteindre entre le dessus de la conduite et le niveau de la route. Il
faut en effet que la conduite soit suffisamment profonde pour ne pas subir les contraintes liées
aux véhicules circulant sur la chaussée (vibrations, poussée). Pour protéger la conduite, lors
du remblaiement nous utilisons des matériaux absorbant assez bien les chocs et déformations
(sable, terre). Nous déposons ce remblai en une ou deux couches successives que nous tassons
à l’aide d’un pied de mouton (document 11) ou d’une pilonneuse (document 12). Lorsque le
remblai est correctement tassé et bien dur, il est recouvert d’un enrobé à froid. Cet enrobé est
étalé à la main avec des pelles puis lui aussi tassé avec le pied de mouton.
Il nous est arrivé par deux fois de ne pas avoir le droit de creuser une tranchée dans des routes
à traverser car elles possédaient un trafic routier trop important. Le seul autre moyen de passer
la conduite sous la route est alors d’utiliser la technique du forage horizontal. Nous avons fait
appel à une équipe spécialisée dans les forages dirigés de la Sade (voir explications dans
points particuliers).

2/ Rivière :

Cette traversée est plus complexe que celle des routes. Déjà, à proximité de la rivière,
avant même de l’avoir atteinte, le sol est beaucoup plus humide et nous nous approchons plus
le sol est saturé en eau ; à tel point qu’une dizaine de mètres avant la traversée, la tranché
possédait une bonne quantité d’eau. Nous avons donc dû mettre une pompe à eau en action, ce
qui ralentit la vitesse de terrassement. Lorsque toute l’eau est enlevée, les compagnons
doivent faire très attention aux manutentions. Le sol saturé en eau est très instable et les
risques d’éboulement sont plus importants, surtout avec une pelle mécanique en action à
proximité. Lors du passage de la rivière à proprement dit il faut bien sûr dévier celle-ci. Nous
l’avons canalisé dans un tuyau car le débit n’est pas très important. Ensuite il suffit de
terrasser sous ce tuyau et y placer la conduite. Le remblaiement se fait normalement en
prenant garde de laisser l’endroit comme il était avant (rivière, talus).

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3/ Drainages :

Autre contrainte : nous sommes passés dans des champs qui possédaient un réseau de
drains pour l’évacuation du surplus d’eau. Nous les avons coupés après en avoir avisé les
propriétaires. Les réparations ont été faîtes en plaçant une manchette en plastique à chaque
extrémité coupée du drain puis en plaçant un morceau de drain neuf entre ces manchettes.

D) Singularités de la conduite :

Comme on peut s’en douter, la conduite n’est pas uniformément droite sans obstacles.
Sur tout le trajet de la conduite on trouve différents éléments répartis différemment. Il faut
savoir que ces éléments sont livrés en pièces détachées sur le chantier. J’ai eu la possibilité
d’en montée au moins une de chaque catégorie.

1/ Coudes :

Ils sont là pour permettre à la conduite de former des angles. En effet des angles de
faibles rayons sont faisables en positionnant deux tuyaux légèrement désaxés l’un par rapport
à l’autre. Mais lorsque cet angle est trop important nous sommes obligé d’utiliser un coude
(document 13). Il existe différents angles de coude (1/2 :90° ; 1/4 : 45° ; 1/8 : 22,5° ; 1/16 :
11,25°). Chaque coude est un assemblage de différentes pièces : les contre brides, les joints,
les têtes de neigre (de gros boulons) et le coude lui-même. Les trois premiers éléments
permettent de relier le coude à la conduite tout en gardant un maximum d’étanchéité. La
principale contrainte lors de la mise en place des coudes est le facteur poussé. En effet la
poussée de l’eau de la conduite sur le coude est très importante. Plus le coude forme un angle
important plus celle-ci est élevée. Pour contrer cet effet nous plaçons des bastaings à la butée
ainsi qu’une bonne dose de béton grave (beaucoup de gros granulats) (document 14). Ensuite
les coudes sont remblayés normalement avec le sol terrassé.

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2/ Vidanges :

Ensuite il y a les vidanges. Les vidanges sont situées dans les points bas et sont faîtes
de façon à évacuer un surplus d’eau dans la conduite (lors des essais par exemple). Les
vidanges comme les coudes sont composées de plusieurs parties. Les contre brides et BE
(bouts d’encadrement) qui enserrent des joints de chaque côté de la vidange, la vidange et un
élément en T permettant l’évacuation de l’eau. Parfois des vannes sont fixées sur l’élément en
T c qui permet d’augmenter ou diminuer le débit de la conduite dans un tronçon voir même de
le stopper complètement. Les vannes peuvent être réglées soit avec un volant soit (le plus
souvent par une clé à vanne).

3/ Ventouses :

Il y a aussi les ventouses (document 15). Les ventouses, contrairement aux vidanges,
sont situées dans les points hauts et ont pour but d’évacuer les bulles et poches d’air qui ont
tendance à s’y retrouver. Les ventouses sont composé des mêmes éléments sauf qu’il n’y pas
d’élément en T pour l’évacuation de l’air, celle-ci se fait par le chapeau en plastique de la
vidange.

4/ Regards :

Les ventouses et vidanges ne sont pas remblayées. En effet elles doivent être
accessibles à tout moment pour une vérification de la conduite ou pour arrêter le débit de
celle-ci. Pour le faire nous avons installé des regards, sortes de tubes en béton verticaux
permettant d’accéder aux installations par des échelons. Pour monter les regards nous avions
des éléments en béton de 60 ou 90 centimètres de haut et pour le sommet des cônes de 60 ou
90 centimètres de haut. Entre ces cônes sont déposés des joints d’étanchéité. Enfin sur le
dessus un tampon de dix centimètres d’épaisseur est installé (couvercle en fonte visible de la
surface). Bien sûr les éléments inférieurs sont découpés à l’aide d’une tronçonneuse et d’un
disque à béton pour laisser le passage de la conduite.

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Lorsque ces regards sont positionnés il reste un gros travail de maçonnerie à réaliser. D’abord
il faut béton le font du regard pour le rendre propre. Ensuite nous bouchons le vide restant
entre l’élément en béton et le tuyau à l’aide d’une colle. Cette colle est obtenue en mélangeant
du sable (35%), du ciment (35%), de l’accélérateur de prise (10%) et de l’eau (20%) (Les
proportions ne sont pas strictement exactes). Nous utilisons aussi cette colle pour fixer le
tampon au cône de béton. Le sens d’ouverture du tampon est positionné de telle sorte que
lorsque les voitures roules, elles viennent plaquer le regard, le fermer.

E) Extrémités de la conduite :

Avant la jonction de notre tronçon avec celui de la Sturno nous avons effectué des
essais (voir plus loin). Par conséquent, la conduite s’arrêtait purement et simplement. Pour
cela nous l’avons fermée avec une plaque d’acier sévèrement fixée au dernier tuyau à l’aide
de boulon. Un quart de tour est alors installé (vanne qui s’ouvre ou se ferme en un quart de
tour seulement). Une butté a été faîte avec de gros bastaings car la pression de l’eau atteignait
huit bars (résultats essai) à cette extrémité. L’étanchéité a été réalisée avec de la pâte à joint et
de la filas (sorte de crin de cheval).

L’arrivée au château d’eau de Guypri (mercredi 29 juin) est l’autre extrémité de notre
conduite. Cette arrivée est assez délicate, cela pour une principale raison : le voisinage du
château d’eau est constitué d’un réseau complexe de tuyaux en tout genre. Le problème est
que notre conduite devait passer sous ces tuyaux. Il y en avait en PVC, en béton, en fonte et
même en amiante. Il y en avait pour les télécoms mais la majorité conduisait de l’eau potable.
La première chose à faire est de les répertorier sur un plan puis de pratiquer des sondages.
Ceux-ci ont été effectués à la main à l’aide de pioches (avec attention), pelle et barre à mine (à
bout rond et plat) car les conduites étaient toujours en service. Malheureusement les conduites
n’étaient pas exactement aux endroits indiqués par les plans et leurs recherches nous ont fait
perdre du temps. Lorsque qu’elles furent toutes marquées, les pelles mécaniques pouvaient
entrer en action avec beaucoup de précautions. Le terrassement fait il est aussi difficile de
passer nos tuyaux et les emboîter les uns dans les autres sous ceux existants déjà. La
manipulation de nos tuyaux pouvait aussi percer une conduite en service, les précautions sont
donc de faire très attention aux mouvements de nos tuyaux.

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Lorsque notre conduite fut finie un artisan travaillant dans la tuyauterie est venu faire la
jonction avec le château d’eau en utilisant des tuyaux en inox.
La partie principale de notre chantier était achevée. Il nous restait alors encore à réaliser une
conduite de 100 millimètres de diamètre et une autre de 150 millimètres de diamètres.
N’ayant pas du tout suivi leur réalisation (je m’occupais alors de la maçonnerie des regards) je
ne saurait en dire davantage.

F) Essais :

Comme après toutes réalisations de chantier hydraulique, il faut regarder si tout


fonctionne bien, c'est-à-dire réaliser des essais pour vérifier qu’aucune fuite n’est présente sur
tout le trajet de pose.
Un bouchon en mousse de la largeur de la conduite est placé à l’extrémité de celle-ci au
niveau du château d’eau, il sert à nettoyer la conduite de toute la terre déposée lors de la pose.
Ensuite la conduite est complètement remplie avec de l’eau et du chlore. Il faut pour cela
environ 140 m3 d’eau et 29 litres de chlore. Bien sûr nous ne pouvons pomper que la nuit pour
pouvoir laisser de l’eau aux habitants le jour. Au bout de dix heures de prélèvement la
conduite est pleine et le bouchon sort à l’autre extrémité.
Après une pompe à essai est branchée sur le trajet pour surveiller la pression de l’eau. Si
celle-ci atteint une valeur souhaitée (8 bars ici) et que celle-ci reste stable c’est bon. Si par
contre cette valeur diminue ou augmente c’est que quelques chose modifie le débit de l’eau,
soit des fuites, soit des poches d’air. Il faut donc ouvrir les ventouses de temps en temps pour
évacuer cet air gênant. Lorsque je suis parti le 13 juillet, les essais n’étaient pas encore
terminés mais subissaient des aléas (un jour ils sont corrects et le lendemain il y a des
problèmes).

G) Point particulier : le forage dirigé :

Dans cette partie j’aborde plus en détail une technique de pose utilisée sur le
chantier lors de deux traversées de route: le forage dirigé (Document 16).

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1/ Pourquoi le « forage dirigée » :

C’est un procédé permettant la pose sans tranchée de canalisations ou de gaines, le


forage dirigé dispose de nombreux atouts. Il permet le franchissement d’obstacles tels que les
autoroutes, les fleuves, les canaux, les immeubles, les voies ferrées. Les démolitions de
chaussée sont réduites. Les sols sont moins déstabilisés.

2/ Comment faire le choix du forage dirigé ?

Avant d’opter pour cette technique il convient de se poser plusieurs questions. Où


l’ouvrage à réaliser est-il situé (site urbain, rural, rue étroite, autoroute) ? Quel est
l’environnement en sous sol (réseaux existants, étude de sol) ? Quel est l’environnement en

3/ Mode opératoire :

Phase 1 : tir pilote

Sous l’effet de la poussée du chariot, le train de tige est enfoncé progressivement dans
le sol. Un fluide (bentonite) injecté sous haute pression dans la tête de forage facilite la
réalisation du tir pilote.

Phase 2 : alésage

Arrivée dans le puit de réception, la tête de forage est alors démontée. L’extrémité du
train de tiges est équipé d’un élargisseur et en fonction du diamètre recherché un ou plusieurs
alésages est réalisé.

Phase 3 : mise en place du tube

La mise en place du tube s’effectue lors du dernier alésage (tube et tête de tirage sont
accrochés au dernier élargisseur).

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Phase 4 : guidage

Une source électromagnétique, émettant un signal récupéré en surface, est installée


entre l’extrémité du train de tiges et la tête de forage. Un technicien muni d’un détecteur se
déplace à l’avancement, repérant ainsi en permanence la position de la tête de forage
(profondeur, direction, inclinaison et température).

IV. CONCLUSION :

Ce Stage m’a permit d’acquérir une bonne expérience professionnelle. C’est en effet la
première fois que je travaille dans le milieu du BTP. Il m’a fait découvrir de nombreuses
techniques de travail spécialisées dans l’hydraulique. Ce stage m’a montré que le métier
d’ouvrier des travaux public n’est pas facile, surtout que nous avons travaillé dans des
conditions climatiques exceptionnellement chaudes. Les outils utilisés peuvent se révéler
dangereux ainsi que le lieu sur lequel nous travaillons c’est pour cela que des mesures de
sécurité doivent être prises. Cela commence bien sûr par la façon de s’habiller (casque,
chaussures de sécurité, etc…) mais aussi sur la prévention des risques naturels (blindage pour
tranché par exemple).
Sinon l’ambiance sur le chantier est très sympathique. J’ai été personnellement bien intégré
dans le chantier malgré le fait que je n’y connaisse pas beaucoup de chose. Ce stage me
conforte dans ma volonté de travailler dans les travaux publics. Je pense que ces stages sont
nécessaires en première et deuxième année d’IUT pour compléter nos connaissances.

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