Inscription 2ème colloque "les hommes victimes de violences conjugales

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Profession : Professeur des universités. Résumé du témoignage : Né en 1960, normalien, agrégé de mathématiques, professeur des universités, j'ai été marié de 1984 à 2011 à une femme éduquée, normalienne et professeure des universités comme moi. Cependant, le niveau d'éducation n'a aucun rapport avec la violence conjugale et/ou familiale. J'ai été victimes de violences psychologiques sur une très longue période, puis de violences physiques à partir de 2010 (gifles légères, provocations diverses). Le 29/01/2011, j'ai été mordu violement et griffé avec 2 bleus, juste après que mon épouse ait crié très fort « Au secours ! Au secours !» J'ai ensuite appelé la police, fait une main courante et entamé une procédure de divorce. J'ai dû déménager, en restant à proximité du lycée de mon fils. La JAF a accepté ma demande de garde alternée de mon fils de 15 ans (jugement du 14/02/2012), ma mon ex-épouse fait traîner le règlement définitif du divorce. J'ai subi toute une gamme de violences psychologiques progressives : isolement de mes amis, puis de ma famille, contrôle de mes relations professionnelles et insultes à un supérieur hierarchique, dévalorisation systématique, violences sexuelles et psychologiques (c'est subtil, car il est bien sûr impossible de violer un homme, mais possible d'agresser sa virilité). Avec bien sûr la traditionnelle alternance violence / « lune de miel » (effet douche écossaise). J'ai mis plus de 10 ans comprendre ce dont j'étais victime, et plus d'un an pour revenir à une vie normale. Je souhaite témoigner pour aider les autres. Amon avis, la seule solution est de partir dès qu'on repère les premiers signes. J'ai été et je suis encore, très lourdement pénalisé financièrement par une situation dont je suis la victime. Mon seul tort ayant été ma naiveté et l'ignorance des ces phénomènes.

Violence conjugale : tous les milieux et tous les sexes sont concernés.
Témoignage de Pierre Bertrand, universitaire.

Bonjour, Je souhaite en premier remercier les organisateurs d'avoir accepté ma communication. Je ne dirais pas que cela me fait plaisir Les faits sont douloureux. Je voudrais juste témoigner que la violence conjugale et/ou familiale concerne tous les milieux, même des personnes éduquées, diplômées (CMS) et ont pour auteur aussi bien les hommes que les femmes. Universitaire, habitué à faire des communications, je vous propose le plan suivant : d'abord un présentation générale, puis j'en viendrais directement aux faits les plus récents: ceux de violence physique dont j'ai été victime, aux accusations 4 ans plus tôt d'être un homme violent, ensuite je reviendrai sur l'historique, l'ensemble des comportements violents mais plus feutrés car psychologique, avant une rapide conclusion.

1) Présentation, historique :
Pour commencer une présentation : je suis né en 1960, j'ai fait des études brillantes, j'ai tous les diplômes possibles : normalien, agrégé de mathématiques, une thèse, professeur des universités. J'ai été 5 ans examinateur de mathématiques au concours d'admission à l'Ecole Polytechnique, 4 ans membre du jury de l'agrégation de mathématiques, etc... La dernière des personnes qu'on imagine victime de violences conjugales. Et pourtant.... En 1984, j'ai rencontré une amie d'amis, élève de l'ENS en littérature française, qui finissait sa scolarité à l'Ecole Normale Supérieure. Nous nous sommes mariés rapidement (au bout de 6 mois), nous avons eu une fille née en 1989, puis un fils né en 1997. Mon ex-épouse est éduquée, normalienne et professeure des universités comme moi. Jamais je n'aurais imaginé être un jour concerné par la violence conjugale. Jusqu'en 2000, je croyais que cela concernait uniquement des personnes de classe populaire, peu éduquées. Je me souviens vaguement, quand j'étais en collège en province, d'une boulangère avec un œil au beurre noir car son mari était jaloux. J'ai mis plus de 10 ans pour comprendre que le comportement de mon ex-épouse relevait de la violence, principalement psychologique, mais pouvant aller jusqu'à la violence physique, comme l'indiquait une carte affichée sur le frigidaire :

Pierre Corneille, « L'illusion comique ».

2) La violence physique
Je reviendrai ensuite sur l'historique, allons directement à la scène finale. Nous sommes le samedi 29 janvier 2011. Ma fille ainée (21 ans) est en école d'ingénieur à Lyon et nous vivons à trois avec mon fils de 13 ans dans un F5 à Paris (PMC comme dans « Le prénom »). Après des mois, ou plutôt un ou deux ans de climat très tendu, le samedi 29/01/2011, mon épouse a commencé dès le petit déjeuner une dispute sur un sujet anodin, comme souvent. En effet, ce matin là, j'avais osé émettre l'idée que la principale motivation des vendeurs des grands magasins était d'augmenter le chiffre d'affaire en vendant le plus possible et non de conseiller de manière judicieuse. Dispute. Une de trop. J'ai dit que dans ces conditions, je souhaitais divorcer et je me suis enfermé dans mon bureau pour travailler. Dans l'après-midi elle est venue chercher querelle, passant l'aspirateur dans puis sur mon bureau. Puis le soir, mon fils étant dans sa chambre, apparament calmée, elle m'a dit proposé de discuter des modalités de divorce. J'ai accepté. Elle s'était allongée dans un fauteuil, moi assis en face d'elle dans son bureau. On a discuté une demi-heure paisiblement des diverses solutions possibles, et je prenais des notes... Puis elle est partie dans une longue litanie de reproches et je continuais à prendre des notes. En fait, elle me reprochait exactement tout ce que j'aurais eu à lui reprocher, c'était très bien dit, je notais. Soudainement, elle m'a dit « donne moi ce papier ! C'est ma vie que tu écris. Tu me voles ma vie en prenant des notes ». J'ai refusé, elle s'est brutalement levée, a attrapé par les manches de mon pull en criant très fort « Au secours ! Au secours !» A ce moment, je me suis senti coincé et je m'en suis voulu d'avoir accepté de discuter avec elle. J'ai pensé qu'il s'agissait d'une provocation, que si je la touchais elle dirait que je l'avais agressé, puisqu'elle avait déjà crié « Au secours ! » Normalement j'aurais du attraper ses poignets pour me dégager, mais j'avais peur de lui faire la moindre marque et qu'elle dise que je l'avais agressée. Elle avait déjà crié « Au Secours ». J'avais un pull camionneur qu'elle tenait par les manches. J'ai plié les bras, attrapé le col et enlevé mon pull pour m'échapper. Je suis sorti de son bureau, torse nu, pour essayer de reprendre mon téléphone portable, laissé en recharge dans mon bureau. Elle m'a alors violement mordu au bras gauche à deux reprises. Cela a duré, longtemps... trois, quatre minutes ? Elle mordait tellement fort que la chair est sortie et qu'elle m'a immédiatement re-mordu une seconde fois. Je n'ai pas bougé. Puis, elle a crié à nouveau « Au secours » et m'a griffé sur la poitrine, assez fort pour que j'ai un beau bleu pendant une semaine. J'ai ensuite réussi à reprendre mon téléphone et j'ai appelé la police, qui est venue une heure plus tard (ils s'étaient trompés de numéro arrivant au 173 au lieu du 113). Entre temps, elle était sortie dans la rue pour crier qu'on l'avait agressée. J'étais resté dans l'appartement et mon fils qui était sorti de sa chambre suite aux cris a fait une photo. Enfin la police est arrivée, je les ai reçus dans le hall et ils m'ont demandé si je souhaitais porter plainte, j'ai dit que j'allais réfléchir et m'ont proposé de venir faire une main courante quand je voulais. J'ai envoyé un mail à mon avocate et obtenu rendez-vous le lundi, et j'ai fait une main courante le mardi matin, suivant ses conseils. J'avais 2 bleus, constatés par la police le soir même.

Situation ultérieure et actuelle :
Mon avocate m'a indiqué qu'en cas de dépôt de plainte, au vu du droit, l'affaire serait classée sans suite et je n'obtiendrai rien. Par contre, je lui ai demandé de commencer une procédure de divorce au plus vite. Elle a écrit à mon épouse, qui a tout fait pour faire trainer (mettant un mois pour donner le nom de son avocate, puis changeant continuellement ses demandes, disant

oui, puis non...) Pour moi, cette affaire tombait à un très mauvais moment car j'avais des échéances professionnelles importantes, auxquelles je souhaitais faire face : j'avais un rendez-vous le 10 février 2011 avec la directrice de mon centre de recherche, pour lui présenter un projet de création d'équipe de recherche, je devais déposer un dossier de mutation le 14 mars 2011, et enfin un séjour professionnel prévu à Hong-Kong du 24 mars au 24 avril 2011. Bien sûr mon ex-épouse le savait. Bref, je n'avais ni le temps ni l'énergie de chercher un appartement. J'ai donc occupé la chambre de ma fille (avec douche indépendante) et je me suis barricadé la nuit pour y dormir, le matin je partais tôt, prenait un café dans un bar, et le soir, je travaillais dans des cafés et rentrais à l'improviste, parfois passé minuit. De retour de Hong-Kong, je me suis fait hébergé par des amis, un séjour professionnel en province, puis j'ai pris une chambre d'hôtel et j'ai réussi à louer un appartement à compter du 26 mai 2011. J'ai trouvé un appartement type F3 à 5 minute du collège de mon fils. Une convocation au TGI a eu lieu en octobre 2011. Mon ex-épouse a changé d'avocate. J'ai demandé une garde alternée de mon fils (14 ans), mon ex-épouse la garde totale avec une pension alimentaire, prétextant mes séjours professionnels à l'étranger (Hong-Kong, Tunisie). Mon fils a été auditionné par la JAF qui a rendu un arrêté le 14 février 2012 et a accepté toutes mes demandes : garde alternée, paiement d'un loyer par mon ex-épouse pour le domicile familial. Mais le divorce n'est toujours pas réglé, mon épouse faisant trainer la procédure le plus possible, par tous les moyens. Elle a encore changé d'avocat. Pour moi les frais d'avocat s'accumulent.

Bilan :
A l'arrivée, je suis locataire d'un 3 pièces à Paris, alors qu'auparavant j'habitais un appartement F5 à Paris, dont j'étais propriétaire et sans aucun emprunt. En bref, cela me coûte 700 à 800 euros par mois. Je précise bien que je n'avais aucune raison de quitter mon domicile familial, que je n'avais aucune liaison ou aventure extra-conjugale en 2009-2010 et que j'ai dû fuir pour éviter des problèmes plus graves, pour éviter de me trouver pris dans une nouvelle provocation. Pourquoi suis-je resté calme ? Parce que c'était l'aboutissement d'un long processus, et de nombreuses provocations visant à faire commettre des violences par les autres pour pouvoir passer pour une victime, appeler la police et être en position de force à l'intérieur de la famille. Mes deux enfants et ma grand-mère ont aussi été victimes de ses agissements (et son père ?), les deux enfants ont réagi en giflant légèrement leur mère, qui a appelé la police. A chaque fois, c'était en mon absence et elle me téléphonait ensuite pour me dire que les enfants la battait, que c'était à cause de moi.

3) Rappel scène des menottes en novembre 2006
J'étais aussi très méfiant car une autre manipulation avait eu lieu en novembre 2006. J'avais eu une liaison d'un an jusqu'en octobre 2006. Mon épouse en avait été informé par le mari jaloux et après des disputes m'avait demandé des détails. J'avais fini par accepté de préparer une explication écrite d'une page et je la lui avait lue... Elle avait voulu me prendre la feuille, j'avais refusé de la lui donner, elle l'avait attrapeé par un bout, et nous la tirions chacun d'un coté.Aun moment, j'ai laché la feuille, elle est tombée sur les fesses, j'en ai ensuite profité pour lui arracher des mains, je l'ai déchirée et jetée aux WC. Elle s'est mise à crier que je l'avais battue, qu'elle avait un bleu sur les fesses et une fracture du coccix et elle a appelé la police pour violence

conjugale. Ils sont arrivés 20 minute après avec des mitraillettes, ils ont procédé à une fouille de corps (pour vérifier que je n'étais pas armé), ils m'ont emmené les menottes au poignet à 18h devant mes enfants rentrés de l'école et nous avons croisés des voisins/copropriétaires dans l'escalier. Au commissariat, j'ai raconté ma version des faits, mon épouse n'a pas porté plainte et fait une main courante (fausse) indiquant qu'elle m'avait bousculé en premier et que je m'étais défendu en la poussant par terre violement. Le lendemain, elle m'a envoyé un mail d'excuses alambiquées. Puis en décembre 2006, il y avait eu d'autres disputes en particulier le soir de Noël en présence de mon père et sa femme. J'étais alors parti en prenant une location au 15 janvier 2007, avec ma fille qui avait alors 17 ans et demi et mon fils à mi-temps. Mais au bout de 4 mois, j'avais accepté de revenir, convaincu par ses excuses, ses promessesde changer, disant que son comportement avait été exagéré et dû à la jalousie. Je pensait que pour mon fils de 10 ans c'était mieux, mais j'étais décidé à ne plus céder à tous ces caprices et même à ne céder à aucun caprice. Ma fille, qui avait eu de nombreuses disputes avec sa mère, avait refusé de revenir, disant qu'elle ne changerait jamais. Elle a donc vécu en dehors du foyer familial depuis l'âge de 17 ans et demi.

Différence de traitement :
Je note que quand mon épouse a appelé la police pour violence conjugale, ils sont arrivés avec une mitraillete, pour m'enmener au poste menottés les mains dans le dos sans demander ma version des faits. Quand j'ai appelé la police pour violence conjugale, ils se sont trompé d'adresse, sont arrivés 1h plus tard, m'ont demandé si je souhaitais porter plainte et sont repartis. On se serait cru dans le sketch des Inconnus avec un homme qui bat sa femme. Quand j'ai déposé une main courante, un flic goguenard m'a demandé si je n'étais pas capable de me défendre. Sous entendu, un vrai homme, ben quoi, il se laisse pas taper, t'es une gonzesse toi. Je lui ai répondu que bien sûr j'étais physiquement beaucoup plus fort que mon épouse, mais que si je lui avais donné une gifle et qu'elle les avait appelé, alors la police m'aurait arrêté et mis en garde à vue. Il a confirmé, et j'ai répondu « alors, vous comprenez pourquoi je ne me suis pas défendu ». Les seuls conseils de la police furent : 1) de quitter le domicile conjugal et de me débrouiller pour trouver un logement (ce que j'ai fait); 2) en attendant, de planquer tous les couteaux et objets pointus de l'appartement (conseil que j'ai suivi en les mettant à la cave et en cachant les clés de la cave à mon travail).

4) La violence psychologique
J'ai mis beaucoup de temps à comprendre que j'étais victime de violence psychologique et que la seule solution était de partir. Finalement, j'ai bien compris le phénomène en février 2012 en surfant sur internet (en anglais et en français). Hélas beaucoup de sites ne considèrent que la violence faite aux femmes, mais il suffit souvent de simplement remplacer « homme violent » par « conjoint violent » et « femme victime » par « conjoint victime ». On comprend ainsi que la violence conjugale et familiale est à peu près la même quelque soit le sexe du conjoint violent. C'est le comportement classique du « mari violent alcoolique » qui, après une crise, jure qu'il va se soigner et qu'il ne recommencera plus car il aime son épouse. Il commence ensuite à se soigner, ne bois plus pendant 6 mois, est un ange. Puis recommence. C'est malheureusement cette alternance

violence / « lune de miel » qui fait qu'on reste et produit une destabilisation profonde par son effet douche écossaise, plus un isolement de la famille, qui ne comprend pas les altermoiments de la victime. Un bon exemple figure dans le film « L'enfer » de Claude Chabrol, ou de manière plus légère dans la parodie « Parole, Parole » de Mina et Adriano Clentano ( http://www.youtube.com/watch?v=HweU-Nc__HE). On imagine souvent qu'il s'agit d'un mari violent, alcoolique, ouvrier, ou artisan … le cliché. Mais on a du mal à coller ce cliché sur une femme éduquée, cultivée, CSP +, n'agissant jamais sous emprise de l'alcool. J'ai ainsi compris que j'avais subi toute la gamme des violences psychologiques, plus quelques provocations physiques et une très forte pression psychologique pendant l'automne 2010. Réveils fréquents à 3H du matin pour des questions, discussions, disputes : disons qu'elle me cherchait querelle, je ne répondais que par quelques rares onomatopées, mais ne pouvais pas dormir. Les discussions/recherche de querelles recommençaient dès le petit déjeuner. En novembre/décembre 2010, j'ai été giflé légèrement par deux fois, disons souffleté, juste ce qu'il faut pour ne laisser aucune marque. Je pense qu'il s'agissait de me faire réagir, pour ensuite m'accuser de violence, mais échaudé par l'histoire des menottes, je restais impassible. J'étais dans le fond décidé à divorcer, après les échéances professionnelles importantes que je voulais régler avant.

Flash-back historique
A la réflexion, j'ai compris que j'ai subi toute la gamme des violences psychologiques/manipulations, mais j'ai mis 20 ans à le comprendre.  D'abord, je me suis marié au bout de 6 mois, ce qui n'était pas dans mes plans. J'avais alors prévu et organisé un séjour d'un an aux USA. Mais le mariage rendait service à mon ex-épouse, pour des raisons administratives : elle était nommée prof en collège et le fait d'être mariée lui permettait de rester dans la région parisienne, et d'éviter une nomination à la frontière belge ou le Pas-de-Calais comme ses camarades célibataires.  Ensuite, j'ai été progressivement isolé de mes amis, de manière subtile, genre 1) avant : pourquoi tu ne m'emmènes pas voir tes copains, 2) Au retour, ils sont pas très amusants tes copains, on aurait mieux fait de rester seuls sous la couette ; 3) la fois suivante : tu tiens vraiment à les voir, passons le WE en amoureux ; 4) plus tard, je travaille toute la semaine, c'est pas pour passer le week-end au lit, allons voir un film d'avant garde dans une salle non chauffée ou une exposition d'art contemporain (beaucoup plus chiante que mes copains) ; 5) et pour finir : tu es associable, tu n'as pas de copain ( en effet, au bout de 2 ou 3 ans d'un tel régime, je n' en avais plus beaucoup).  Isolé de ma famille aussi, dans une seconde étape, mais toujours selon le même schéma : on va a une, deux fêtes de famille, puis elle dit que c'est ennuyeux, rechigne, me donne plein de mauvaises raisons pour se décommander la fois suivante. Et j'accepte, j'explique au téléphone à ma famille que nous ne pourrons pas venir.  En plus, elle controlait mes conversations téléphoniques. Dans les années 1980/90, jeune couple dans un deux pièces avec un téléphone gris en ébonite. Elle prenait l'écouteur. Un glissement progessif visant à tout contrôler: D'abord elle n'écoutait pas, et me posait plein de questions pour paraître intéressée par ma vie familiale ou

professionnelle : puis une fois je lui ai dit écoute, ce sera plus simple. Ensuite, elle écoutait toutes mes conversations familiales et professionnelles, puis me soufflait des réponses, soi-disant pour m'aider... Langue de vipère, elle critiquait, critiquait, trouvait la bonne suggestion pour semer la zizanie.  Isolé de mon travail : je suis universitaire, en dehors des cours, je fais de la recherche en mathématiques, mais je peux très bien travailler chez moi. Au début de mon marriage, j'étais en poste à Paris, mais je devais continuer ma thèse dans un laboratoire d'informatique en banlieue avec 1h30 de transport à l'aller et 1h30 au retour. Certes, je me laissais facilement convaincre de ne pas aller travailler au labo. Ce qui m'a progressivement isolé professionnellement. Forcer quelqu'un à faire ce qu'il ne voulait pas ou ne pas faire ce qu'il voulait, ce sont les premières violences psychologiques, ou de la manipulation. Mon expérience indique que quand une relation commence ainsi, cela ira mécaniquement en s'aggravant, passant à des violences psychologiques plus importantes, puis la violence physique à partir du moment où on essaye de résister aux violences et pressions psychologiques. Donc, mon conseil est de partir, dès qu'on détecte le moindre comportement relevant du spectre de la violence. Le pire fut les années 1990. Mon épouse refusa d'aller au mariage de mon frère, et j'ai eu la faiblesse d'accepter. En 1994, elle a insulté au téléphone un de mes collègues, chef du laboratoire où je candidatais, et dont j'avais absolument besoin pour ma carrière, ce qui m'a obligé à changer de sous-spécialité. Pendant les années 2000, avec internet, le mail, un téléphone portable, skype, je suis progressivement sorti de mon isolement. Un autre aspect, c'est que les attaques les plus lourdes se font à des moments où il est très difficile de réagir : un an ou deux après un achat d'appartement en commun (avec des emprunts importants), un an ou deux après la naissance des enfants, quand j'étais malade (grippe, etc...) ou avec une situation professionnelle compliquée. En plus, mon ex épouse donnait d'elle une image de personne fragile, souvent malade (mais comme l'indique Asimov dans le cycle des fondations, le plus grand manipulateur psychologique est « Le Mulet » qui a un aspect chétif et se fait passer pour une victime... du mulet). Ainsi, à partir de 2000, elle suivait une (ou des) psychothérapie(s), elle disait que son/ses psy avaient prévoyait 10 ans de soins, que pendant ce temps je lui devais l'assistance entre époux, comme indiqué dans le livret de famille. D'autres violences psychologiques nombreuses, variées que j'ai oubliées en partie. En moyenne, je faisais tout à la maison (cuisine, biberons, éducation des enfants) et elle se contentait de critiquer et d'organiser des vacances fatigantes. Elle critiquait en privé, ou en présence d'invités, mais sur le mode humoristique. Si je relevais, j'étais accusé de n'avoir aucun sens de l'humour.

Des violences sexuelles aussi :
C'est plus subtil, car il est bien sûr impossible de violer un homme, mais possible d'agresser sa virilité par des critiques très blessantes. Disons que maintes fois, si je faisais des préliminaires, elle s'endormait après avoir eu du plaisir, me disant « j'ai sommeil, tu traînes trop, la prochaine fois soit plus rapide » et la prochaine fois, elle disait que sans préliminaires elle n'avait pas envie, que j'étais une brute qui voulait la violer. Ou bien des remarques assassines, genre « t'es pas en grande forme ce soir. »Ce qui en effet provoque une grande méforme. Avouer et raconter ses infidélités est aussi une forme de violence soft. Plus des liaisons soit-disant platoniques, mais affichées et assorties de commentaires : lui au moins c'est un homme galant, qui ne pense pas qu'à b.... Mais j'étais coincé, les enfants en bas âge, des emprunts immobilier

Des violences familiales ou extérieures :
Il y a aussi eu d'autres violences que conjugales ou familiales. 1. En décembre 1989, nous venions d'arriver en Guadeloupe et avions un rendez-vous chez le déménageur pour fixer la date de livraison. Un différent sur la date (ils disaient ne pouvoir faire le déménagement une semaine plus tard). Dispute verbale d'abord, puis brutalement elle a arraché les fils du téléphone de la secrétaire antillaise, qui a dit qu'elle allait porter plainte. Mais elle ne l'a pas fait et la secrétaire antillaise (ou son chef) a accepté de faire le déménagement à la date exigée par mon épouse. Mais, la scène a été faite par une jeune mère de famille avec un bébé de 6 mois endormi sur les genous. 2. Dispute avec une copine de ma fille, invitée à Vancouver, août 2006. Symboliquement, le slogan «Quand je veux j'épouvante, quand je veux je charme » était accroché au frigidaire par un magnet de Colombie Britanique (région de Vancouver). Il y avait eu une scène de plusieurs jours reprochant à cette copine d'avoir acheté un galon de jus d'orange de luxe à 6$ au lieu du jus d'orange de base à 3$. 3. Agression verbale et par SMS de la seconde épouse de mon père. 4. Accusation de violence subie de la part des deux enfants, à chaque fois en mon absence. 5. Dispute avec ma grand-mère en août 2000. Elle a provoqué verbalement ma grand-mère, qui nous hébergeait chez elle, au point que ma grand-mère l'a giflée. Je me suis interposé et je me suis retrouvé au milieu des coups. 6. Accusation de son père qui l'aurait agressée physiquement en juillet 1991. Je n'étais pas présent et c'est sa version des faits. Depuis, j'ai pu observer comment elle procédait pour provoquer des disputes pour ensuite accuser l'autre de l'avoir agressée. J'ai mis plus de 10 ans comprendre ce dont j'étais victime, et plus d'un an pour revenir à une vie normale. Je souhaite témoigner pour aider les autres. Amon avis, la seule solution est de partir dès qu'on repère les premiers signes.

Un peu d'espoir :
Je tiens à préciser que je ne suis nullement mysogine. Je n'ai aucun compte à régler avec les femmes. J'ai d'ailleurs depuis un an trouvé une copine qui est une femme très bien. Et, bien que très méfiant au début, je n'ai observé chez ma nouvelle amie aucun des comportements relevant du spectre de la violence décrits ci-dessus. Je pense maintenant qu'en moyenne les femmes sont des créatures adorables. Je suis également horrifié par la violence conjugale d'un homme contre une femme, qui est inexcusable. Mais la violence conjugale des femmes existe aussi et ne doit pas être niée. Le fait qu'il y ait des femmes violentes ne doit pas servir d'halibi et permettre d'excuser les hommes violents, mais nier l'existence de femmes violente, de mauvaise mères, est absurde ou idéologique. Malheureusement la violence conjugale et/ou familiale concerne toutes les catégories sociales, tout les niveaux d'éducation et tous les sexes. Elle devrait être également sanctionnée dans tous les cas. Cependant mon histoire montre bien à quel point la question est compliquée : tout a été fait pour me faire passer pour un homme violent et je suis très content d'avoir su ne pas réagir aux provocations, mais c'est totalement impossible de prévoir sa réaction à l'avance. L'information sur internet, l'aide par des associations est un premier paliatif et mon seul conseil est de partir dès qu'on repère un comportement relevant du spectre de la violence.

Quelques références artistiques :
Filmographie sur la violence conjugale homme vs femme :
 L'enfer (1994), Claude Chabrol ;  Quatre mariage et un enterrement (1994) Carrie se sépare de Hamish, qui était violent. Sur les 6 couples du film, il y a un couple gay, un couple en union libre, et un couple rompu pour cause de violence, conjugale.  Kill Bill (2003), Quentin Tarantino

Livre (violence mère/enfant, mais le mari est réduit au silence)  Vipère au poing (1948) Hervé Bazin  L'enfant (1889), Jule Vallès
« À tous ceux qui crevèrent d'ennui au collège, ou qu'on fit pleurer dans la famille, qui pendant leur enfance, furent tyrannisés par leur maîtres ou rossés par leur parent, je dédie ce livre. » J.V.  L'évanouissement (1967), Jorge Semprun. Sur la difficulté de raconter au autre une expérience traumatisante.

Chansons :
 Parole, Parole, interprète Dalida, ou Mina et Lupo, ou Celentano et Mina un conjoint essaie de séduire son ex par des paroles sirupeuses, mais il/elle en a trop fait pour que l'autre accepte de recommencer. « caramelle non ne voglio piu ». 20 fois, j'ai eu l'impression de vivre cette scène.  Bang Bang, interprète Nancy Sinatra, ou Dalida. « Bang bang, my baby shot me down.»