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Indice de confiance du secteur Bâtiment

En dépit d’une amélioration relative des appréciations des chefs d’entreprises, la présente enquête, menée au début de ce mois, enregistre une légère baisse de l’indice de confiance pour se situer

autour de -23 % contre une valeur de -20 % évaluée en septembre dernier. Cette légère baisse découle essentiellement de l’évolution négative touchant les chantiers publics. Celle-ci, compte tenu du poids des chantiers publics dans le secteur, est à l’origine de la dégradation du niveau général de l’activité, de la faiblesse des commandes et de l’existence d’importantes capacités oisives.

Contexte général :

Dans le cadre des études et enquêtes qu’il mène périodiquement auprès des entreprises du secteur privé, le Centre Tunisien de Veille et d’Intelligence Economique a réalisé au début de l’année courante une enquête visant à connaitre l’évolution conjoncturelle dans le secteur « Bâtiment ». Nous présentons ci-dessous les principaux commentaires classés par rubrique suivi de la valeur de l’indice de confiance de ce secteur.

Situation

économique

d’appréciations neutres

globale pour

le

prochain

semestre : moins

Selon les entrepreneurs du secteur bâtiment enquêtés, la situation économique globale relative aux six prochains mois sera meilleure pour 43 % et sera similaire à la situation actuelle pour 31 %. Ces proportions étaient voisines de 40 % un trimestre auparavant. Cela signifie qu’une partie des « réponses neutres » observée en septembre est devenue plus optimiste alors que l’autre partie est devenue plus pessimiste. En d’autres termes, les avis sont plus tranchés qu’auparavant.

De ce fait, la proportion des pessimistes est passée de 20 % à 27 % des enquêtés. Ces derniers estiment que la situation sera pire durant le prochain semestre.

Le

solde

d’opinions,

mesuré

par

la

différence de la fréquence de

l’appréciation favorable avec la fréquence de l’appréciation défavorable s’établit à un niveau positif de 15.4 %.

Niveau d’activité passée et future pour les chantiers publics et privés :

une lente et régulière amélioration dans les chantiers privés contre une stagnation pour les chantiers publics

En matière du volume d’activité durant les six derniers mois, l a dernière enquête montre que l’évolution est jugée meilleure pour 15.4 % des enquêtés et moins bonne pour 61.5 %. Ces proportions étaient respectivement de 10 % et 79 %. Cette évolution met en évidence la lente et régulière amélioration du niveau d’activité durant le dernier trimestre.

Déclinée par nature de chantiers, publics et privés, les appréciations sont plus nuancées. Pour les chantiers publics, l’activité durant les six derniers mois est jugée moins bonne par 76 % de chefs d’entreprises et meilleure par 10 % alors que dans les chantiers privés, l’activité durant le semestre est jugée moins bonne par 46 % et meilleure qu’auparavant par 12%.

Ainsi, l’activité semble redémarrer à un rythme relativement plus important dans les chantiers privés que dans les chantiers publics.

En matière du volume d’activité durant les six derniers mois, l a dernière enquête montre que
Concernant le niveau d’activité anticipé pour le prochain semestre, les réponses collectées affichent un avis favorable

Concernant le niveau d’activité anticipé pour le prochain semestre, les réponses collectées affichent un avis favorable pour 52 %, contre 37 % en septembre dernier. Cependant, le sentiment de stabilité de la situation actuelle est ressenti par 16 % alors que pour le reste des enquêtés, soit 32 %, le sentiment évoque une dégradation de l’activité durant le prochain semestre. Ces anticipations confirment que le sentiment d’attentisme assez généralisé observé durant les derniers trimestres caractérisant un niveau d’activité stagnant a cédé la place à un climat favorable pour certaines entreprises et une dégradation de ce climat pour d’autres .

L’analyse des réponses obtenues par type de chantiers montre que , pour le secteur privé, les perspectives seraient meilleures pour 38 % et le mêmes que celles prévalant actuellement pour 23 % alors que dans les chantiers publics, les perceptions sont relativement plus réservées dans le sens qu’elles jugent la situation moins bonne pour prés de 46 % et comme un prolongement de la situation actuelle pour 32 %.

Pour les ventes du secteur « Bâtiment » en devises, concrétisées par les chantiers à l’étranger
Pour les ventes du secteur « Bâtiment » en devises, concrétisées par les chantiers à l’étranger

Pour les ventes du secteur « Bâtiment » en devises, concrétisées par les chantiers à l’étranger et par les travaux de chantiers pour les non résidents, les perceptions favorables connaissent un bon significatif en passant de 15 % à 42 %.

Carnet de commandes, évolution des prix, situation financière : moins bons que la moyenne saisonnière

Concernant les commandes reçues par les entreprises du secteur comparativement à leurs niveaux habituels pour cette période de l’année, près de 73 % des répondants témoignent d’un niveau de commandes inférieur à la moyenne. Toutefois, 11.5 % des entreprises enquêtées déclarent un niveau de leurs activités supérieur au niveau habituel , contre 5

% trois mois auparavant. Le reste, soit près de 15% des répondants estiment que les carnets de commande sont à leurs niveaux moyens.

S’agissant de la prévision des prix de marché durant les six prochains mois, un chef d’entreprise sur deux anticipe une stabilité des prix, contre 38 % qui prévoient une hausse de prix de marché. Seuls 12 % estiment une décroissance des prix.

Pour la situation financière durant le prochain semestre, 27 % des enquêtés estiment qu’elle sera meilleure, contre 15 % trois mois auparavant. Près de 39 % des répondants jugent qu’elle restera au même niveau durant les six prochains mois, contre 40 % en septembre dernier qui avaient ce sentiment.

% trois mois auparavant. Le reste, soit près de 15% des répondants estiment que les carnets

Délais de paiement de la clientèle par type de chantiers : de plus en plus longs

Selon les informations recueillies, les délais de paiement de la clientèle des chantiers continuent à s’allonger. La dimension de ce problème n’est pas la même selon la nature privé ou secteur du chantier. Pour les chantiers publics, près de 56 % des réponses précisent que les délais ont tendance à augmenter, contre 69 % pour les chantiers privés. De ce fait, les perspectives du secteur s’améliorent en termes d’activité pour les chantiers privés mais souffrent de délais de paiement plus longs.

Niveau des opérations, perspectives de développement : en deçà des capacités de production

En termes du niveau des opérations des e ntreprises du secteur du bâtiment,

près de 69%

des entreprises répondent que leurs niveaux sont inférieurs à

leurs capacités installée, cette proportion est strictement la même que celle

observée trois mois auparavant. Seuls 3.8 % des réponses évoquent des niveaux des opérations supérieurs aux capacités installées.

Face à ces faibles niveaux d’opérations, il est prévisible que les dépenses en vue d’agrandir les installations ou d’accroître le stock de machines et de matériels ne sont pas d’actualité. Les opinions récoltées par l’enquête confirment de telles prévisions à limiter pour le moment ce type de dépenses. En effet, près de 58 % des entreprises enquêtées sont défavorables à de telles dépenses contre 8 % qui sont favorables à effectuer ces dépenses. Le reste des entreprises, soit 35 %, sont en totale indétermination.

Obstacles aux investissements, difficultés de recrutement :

Parmi les obstacles à l’investissement les plus cités, on constate, comme à l’accoutumée, que la faiblesse de la demande se situe en première position avec près de 30 % des répondants. Elle est suivie par la hausse des coûts des biens d’équipement et l’inefficacité des politiques économiques gouvernementales, avec près de 18 % pour chacun de ces facteurs. D’autres obstacles à l’investissement sont cités par les enquêtés, il s’agit du manque de visibilité, la multiplicité des troubles sociaux et des sit-in, les problèmes d’insécurité et la régression de la productivité des ouvriers.

En matière de recrutement, près de 33 % des entreprises déclarent éprouver des difficultés pour trouver un personnel qualifié , contre 55 % trois mois auparavant. Les raisons évoquées sont relatives au manque d’ouvriers et de cadres moyens spécialisés, etc.

Pour l’évolution des effectifs au cours des six prochains mois, 60 % des répondants déclarent qu’ils seraient les mêmes alors que pour 24 % d’entre eux, ces effectifs vont croitre.

Appréciation d’ensemble du secteur pour le prochain semestre

Interrogés sur l’appréciation qu’ils se font de l’évolution de l’ensemble de l’industrie du bâtiment durant les six prochains mois, près 45 % des entrepreneurs, contre 25 % en septembre dernier, estiment que le secteur aura une évolution croissante alors que prés de 33 % des réponses considèrent que l’évolution sera décroissante.

Indices de confiance du secteur du bâtiment Etant donnés les soldes d’opinion aux diverses questions pour

Indices de confiance du secteur du bâtiment

Etant donnés les soldes d’opinion aux diverses questions pour chacune des deux enquêtes, et notamment, les soldes relatives aux questions qui impliquent la dynamique future du secteur permettent d’évaluer l’indice de confiance. Ce dernier est susceptible de varier entre -100% et +100 %. Une valeur de 100 % signifie que toutes les appréciations relatives aux variables clés sont totalement favorables. La valeur de -100% signifie le contraire.

Les calculs fournissent un indice de confiance du secteur « Bâtiment »

pour le mois de janvier 2012 sensiblement égal à -23 % contre un niveau proche de -20 % trois mois auparavant.

Cette valeur négative de l’indice de confiance, en dépit de l’amélioration relative du climat de confiance sur plusieurs aspects touchant le secteur du Bâtiment, découle essentiellement de l’évolution négative touchant les chantiers publics. Celle-ci, compte tenu du poids des chantiers publics, est à l’origine de la dégradation du niveau d’activité, de la faiblesse des commandes et de l’existence d’importantes capacités oisives.

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A quand le redémarrage des chantiers publics ?

Les chantiers publics constituent, sous des conditions favorables, un important levier de croissance tant pour le secteur du bâtiment que pour le reste de l’économie. Pour la Tunisie, ces conditions sont actuellement remplies. Sur le plan politique, la nécessité de consacrer une enveloppe consistante en matière de dépenses publiques visant la réalisation de travaux d’infrastructures fait l’unanimité de la quasi-totalité des formations politiques. Cette conviction découle du fait que ces infrastructures constituent un préalab le incontournable à tout programme visant le développement régional, De telles dépenses seraient les bienvenues du fait que cela permettraient de créer des emplois en nombre important et de distribuer des revenus. Une petite relance tant attendue. Alors, à quand le redémarrage des chantiers public?

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