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DU MEME AUTEUR _________________ « Le Mammouth m’a tué » (Editions Tempora 2008) « Ulla Sundström » (TheBookEdition 2008) « Dorian Evergreen » (TheBookEdition 2009) « Les Faux As » (TheBookEdition 2010) « Bienvenue sur Déliciosa » (TheBookEdition 2012) .

BERNARD VIALLET OPERATION «BAUCENT» Editions Emma Jobber .

les cheveux très ras et un air buté.Y’a plus d’cabine. bordel ? » Elle en était à appeler son oncle Gérard Desbarres.… téléphoner. j’ai le mien… . Ils devaient être en train de modifier leur stratégie. ajouta-t-il en s’adressant au pochard qui regardait d’un œil éteint le reste de mousse au fond de son énième verre de bière. Mademoiselle. Et sans attendre la réponse. Rien. Là.(…) .Mais je ne vous sers pas.C’est pas grave. il est trop tard. Le plus petit semblait maigrelet. au secours. je voudrais juste… Elle était tellement essoufflée qu’elle ne parvenait pas à émettre une phrase complète. il traîna sa bedaine vers la sortie. avec les portables. regarda Virginie des pieds à la tête avant de grogner : « Ca a pas l’air d’aller. Momo ! Le gros bonhomme se leva d’un mouvement très lent. Momo. Peut-être même avaient-ils décidé de la laisser tranquille ? . . souffreteux. Après tout. on ne sert plus… . Elle laissa sonner le petit appareil. mais qu’est-ce que tu fous. ma p’tite dame… ». Les deux zozos étaient restés à distance.Mais. Il faut rentrer chez vous. L’heure est dépassée. sans plus de succès quand les deux affreux entrèrent calmement dans le Blue Bar. Je devrais même déjà être parti. elle pouvait le considérer comme son petit ami bien que leurs rapports fussent des plus étranges. sinon la messagerie. Qui allait-elle appeler à son secours ? Paul Armen fut le premier qui lui vint à l’esprit. elle réalisa qu’ils étaient aussi vilains que patibulaires. c’est plus la peine… . Ses cheveux longs et gras tiraient sur le châtain foncé et lui cachaient une partie du visage en raison d’une longue mèche pendante dans le style de celle du chanteur . Virginie pianotait sur son portable. Je ferme. Le plus grand et le plus costaud avait une tête carrée. Elle lançait des regards affolés vers la porte et la vitrine. Elle chuchota : « Paul.Désolé. Elle fouillait dans son répertoire.

Elle sentait une pointe aiguë. Elle avançait. elle a été un peu choquée. On sort d’un film de Tarantino qui l’a complètement retournée. La grosse paluche du plus fort s’écrasa sur sa bouche. allez. « Tu nous mènes chez toi ou on te plante … » marmonna entre ses dents le sosie du chanteur à la mèche tombante.du groupe Indochine. C’est fermé ! Mademoiselle est entrée par erreur.Mais.Bonsoir tout le monde ! lança à la cantonade le plus grand en croisant le vieux pochard qui sortait sans demander son reste. Ils . toujours soutenue bras dessus bras dessous. Ces gens… . Inutile de vous présenter. . Le barman regarda curieusement le trio. tu vas venir bien gentiment avec nous. .Allez. non. mais comme elle tournait le dos au bar.Calme-toi. on raccompagne Mademoiselle chez elle… Ils la prirent chacun par la taille et l’entraînèrent vers la sortie quand elle se mit à hurler : « Appelez la police ! App… » Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Sur le trottoir. Faut la comprendre. petite.Bonsoir ! répondit le barman. une lame de couteau peut-être. . Virginie remarqua tout de suite son regard bleu et fourbe. sans faire d’histoires. viens avec nous.Laissez-moi ! s’écria Virginie. Virginie. Deux types comme ça ne pouvaient que lui flanquer la trouille. le garçon avait encore l’excuse de n’avoir rien vu. Virginie lança un regard désespéré vers le barman. l’interrompit le plus mince. .. Elle repart. barman. elle eut l’impression que la lame la pénétrait déjà.Vous inquiétez pas. la pression dans ses côtes s’accentua. . protesta Virginie. dans son côté gauche et quelque chose de plus épais mais de dur sur sa droite. . Il avait l’habitude des mœurs de la nuit et surtout celle d’avoir l’air de celui qui ne remarque jamais rien.. Ils l’encadraient solidement maintenant.

Rien. distançant complètement les deux autres. Les deux autres en profitèrent pour la rejoindre et pousser la lourde porte en chêne massif avant qu’elle ne se referme automatiquement. elle tapa son numéro sur le digicode.croisèrent quelques passants qui ne trouvèrent rien à redire à l’attitude de ces deux galants hommes raccompagnant une ivrogne aux cheveux trempés. elle avait dû se tromper. Virginie grimpait les marches quatre à quatre. à la mine défaite. retentit l’appel d’une sirène de police. aucune réaction à l’intérieur. Impossible que ces deux vieux ne soient pas là. d’instinct. comme un animal qui veut sauver sa peau. dans le lointain. C’est sûr. Maintenant. Dans son affolement. Il y avait longtemps qu’elle ne réfléchissait plus. Fébrilement. Le sprint le plus fou de sa vie. Malheur ! Ils avaient réussi à entrer. elle bondit en avant. Elle qui avait toujours été assez mauvaise à la course. Un geste de plus et la lame du poignard lui perçait le cœur… Soudain. Elle écrasa son pouce sur le bouton de la sonnette… . Elle s’arrêta néanmoins au premier étage et tambourina dans la première porte venue. Elle se mit à courir à toute vitesse. Elle était comme hypnotisée. Elle avait trop traîné en bas. elle fonçait. Elle recommença deux fois avant de réussir. Pourquoi ne se débattait-elle pas ? Pourquoi ne criait-elle pas ? Elle n’en savait rien. ils allaient lui ouvrir. La porte ne s’ouvrit pas. Pourquoi les amena-t-elle directement devant la porte de son immeuble rue Victor Hugo ? Elle ne saurait le dire. Virginie ne réfléchit pas. Tout tourbillonnait dans sa tête. Ils ne sortaient jamais le soir. un couple de retraités qu’elle avait déjà croisé dans l’escalier. Elle n’arrivait plus à aligner deux idées. Une larve. se sentit presque pousser des ailes. Aucun bruit. Les deux hommes en furent si surpris qu’ils la lâchèrent un bref instant. C’était celle des Darmon. sans volonté. au rimmel dégoulinant et à l’air hagard. Elle entendit la porte et les bruits de pas. l’aider à mettre en fuite ses deux poursuivants.

fr/ . entrait… Quand soudain. Virginie bondit en avant et franchit encore deux étages sans être rejointe. la clé rentrait dans la fente. elle attrapa ses clés dans son sac. Copyright 2013 by B. 2. Elle ouvrait la porte. Elle s’enfermerait chez elle et serait sauvée. Si les deux dingues insistaient.99€) et sur TheBookEdition. (A SUIVRE) Livre disponible sur Amazon Kindle (version e-book. elle sentit une brutale poussée dans son dos qui la projeta sur le tapis du vestibule. Ca y était.Viallet) D'autres textes de cet auteur sont disponibles sur le blog : http://etpourquoidonc. Pas question de s’emmêler les pinceaux sur la serrure. elle n’aurait qu’à appeler les flics. Tout en montant.com (version papier) (Tous droits réservés.Le plus mince débouchait sur le palier. elle s’évanouit. Elle entendit la porte claquer derrière elle et sentit la présence des deux monstres CHEZ ELLE ! Et là.