Vous êtes sur la page 1sur 3

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

AVANT-PROPOS

Laurent Perreau

Editions de Minuit | Philosophie

2012/3 - n° 115 pages 3 à 4

ISSN 0294-1805

| Philosophie 2012/3 - n° 115 pages 3 à 4 ISSN 0294-1805 Article disponible en ligne

Article disponible en ligne à l'adresse:

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

http://www.cairn.info/revue-philosophie-2012-3-page-3.htm

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour citer cet article :

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Perreau Laurent, « Avant-propos »,

Philosophie, 2012/3 n° 115, p. 3-4. DOI : 10.3917/philo.115.003

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Distribution électronique Cairn.info pour Editions de Minuit.

© Editions de Minuit. Tous droits réservés pour tous pays.

La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

Laurent Perreau

AVANT-PROPOS

Dans sa définition la plus extensive, le symbole est un objet sensible qui manifeste, figure ou évoque quelque chose d’absent, de difficile voire d’impos- sible à percevoir. Tout symbole renvoie ainsi à une réalité absente ou à une idée générale. Mais cette structure de renvoi impliquée et implicite, qui nous invite à chercher le sens du symbole au-delà de sa manifestation sensible et concrète, ne s’établit qu’à la faveur de correspondances analogiques, formelles, naturelles ou encore culturelles. Le symbole suppose en outre un horizon de validité relatif à une communauté sociale déterminée qui sera susceptible de le reconnaître comme tel et de s’entendre sur sa signification. Il s’agit donc d’abord et avant tout d’un type bien spécifique de signe, qui doit être distingué de la trace, de la marque ou encore de l’indice. De fait, on a souvent envisagé la question du symbole en accordant une attention soutenue (et parfois exclusive) à ses aspects sémiologiques, séman- tiques ou esthétiques. Cependant la dimension sociale et culturelle de l’activité de symbolisation n’en demeure pas moins prégnante, et il convient de ne pas la négliger. Elle s’indique d’ailleurs déjà avec insistance dans l’étymologie grecque du terme. À l’origine, le symbole est un objet brisé que deux individus se partagent au terme du contrat qu’ils viennent de conclure ou qui leur permettra de se reconnaître au terme de la quête qui les séparera. La réunion ultérieure des deux parties de l’objet partagé manifeste la preuve de leur origine commune et constitue de ce fait un signe de reconnaissance entre les individus. De cette manière, l’usage du symbole institue et représente un lien social inédit. Il instaure un partage du sens qui œuvre à même les réalités sensibles. Au prix d’un schématisme certain, on peut suggérer que la considération de cette double dimension de la symbolisation, tout à la fois sociale et cultu- relle, s’est développée selon une double approche. Une première stratégie aura consisté à mettre la théorie du symbole au service d’une réflexion portant sur la nature du lien social en général, ou encore sur les spécificités de la culture humaine. L’œuvre de Cassirer l’illustre à merveille, qui réinvestit la question du symbole (et, plus particulièrement, des « formes symboliques » au sens bien précis où il l’entend) dans la perspective d’une anthropologie philoso- phique, où l’homme se découvre « animal symbolique ». Il y a cependant une seconde stratégie qui peut être identifiée : celle qui, sous la rubrique du symbole, cherche à spécifier et analyser un niveau de réalité bien particulier, une dimension bien spécifique de la vie sociale. C’est ainsi que certaines sciences sociales ont pu retravailler la question philosophique du symbole à la lumière de leurs acquis respectifs. Il importe alors de voir en quoi la symbolisation fait ordre pour donner lieu au « symbolique » ; il s’agit de comprendre de quelle manière les communautés sociales classent, réunissent,

3

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

- 93.116.191.11 - 07/01/2013 18h30. © Editions de Minuit

Document téléchargé depuis www.cairn.info - -

LAURENT PERREAU

opposent et hiérarchisent les objets de la réalité pour se donner un cadre commun d’intelligibilité, condition de la communication interindividuelle. Les différents textes rassemblés dans ce numéro de la revue Philosophie se consacrent à l’étude de ces interactions fécondes entre théories du symbole et philosophies ou théories sociales. À l’exception de la traduction inédite d’un texte de G. H. Mead, ils sont tous issus du colloque « Théories du symbole, théories sociales » qui fut organisé le 28 janvier 2011 à l’Université de Picardie Jules Verne par Laurent Perreau et Jeffrey A. Barash, avec le soutien des équipes CURAPP-ESS et Habiter-PIPS. Que les contributeurs trouvent ici l’expression de nos remerciements.

4

Laurent Perreau