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du yodel à la physique quantique...

From yodeling to quantum physics…
palais de tokyo

prestige prestige

palais de tokyo

du yodel à la physique quantique... From yodeling to quantum physics…

prestige

Cette publication bénéficie du soutien de l’Association des Amis du Palais de Tokyo et de la Fondation LUMA. / This publication benefits from the support of the Friends of the Palais de Tokyo and of the LUMA Foundation.
Ouvrage collectif sous la direction de

Remerciements aux artistes et aux auteurs, ainsi qu’à

Marc-Olivier Wahler et Frederic Grossi
Conception graphique re-p.org / binnenland.ch Contributeurs Le Palais de Tokyo remercie l’ensemble

Art:Concept (Paris), British Museum (Londres), Casey Kaplan Gallery (New York), Fondazione Piero Manzoni (Milan), Galerie Eva Presenhuber (Zurich), Galerie Vedovi (Bruxelles / Brussels), Marion Goodman Gallery (Paris, New York), Walker Art Center (Minneapolis) et également à Anne-Claire Duprat Palais de Tokyo 13 avenue du Président Wilson F-75116 Paris T +33 1 4723 5401 www.palaisdetokyo.com

des contributeurs des cinq volumes de la série Du yodel à la physique quantique… : Émile Soulier, notamment pour l’entretien avec Marc-Olivier Wahler, Marie-Hélène Bourcier, Peter Coffin, Daniel Colson, Ronald Creagh, Erik Davis, Jeremy Deller, Stéphane Dorin, Élie During, Géraldine Fabre, Francois Forme, Christophe Galfard, Ed Hall, Claude Hauviller, Matthew Higgs, Steven Holmes, Laurent Jeanpierre, Louis Kaplan, Razmig Keucheyan, Rahma Khazam, Joachim Koester, Paul Laffoley A.I.A., Olivier Lamm, Gérard-Georges Lemaire, Bertrand Méheust, Jean-Pierre Merlo, Frédéric Migayrou, Lubov Pchelkina, Matt Price, Pascal Rousseau, Andrei Smirnov, Francois Specq, Fabrice Stroun, Pacôme Thiellement, Benjamin Thorel, Eyal Weizman, ainsi que Mikaela Assolent, Benjamin Bardinet, Daria de Beauvais, Jean-Baptiste de Beauvais, Thomas Bizien, Bertille Détrie, Jeanne Dreyfus Daboussy, Julien Fronsacq, Frédéric Grossi, Anthony Huberman, Katell Jaffrès, Alexis Jakubowicz, Akiko Miki, Marine Morin, Tanguy Pelletier, Vincent Simon, Claire Staebler, Claire Szulc

Diffusion / Distribution Les Presses du Réel

(Dijon, France) www.lespressesdureel.com ; Art Data (Londres, Royaume-Uni) http://www.artdata.co.uk ; Vice Versa Vertrieb (Berlin, Allemagne) www.vice-versa-vertrieb.de

Prix de vente 39 euros ISBN 978-2-84711-047-0 Dépôt légal 1er trimestre 2012

Achevé d’imprimer sur les presses de l’imprimerie Gugler GmbH à Melk/Donau (Autriche) en décembre 2011 © 2011 – ADAGP (Paris) pour les œuvres de Ronald Bladen, Ceal Floyer, Pierre Huyghe, Piero Manzoni et François Morellet © 2011 – Succession Marcel Duchamp / ADAGP (Paris)

© 2011 – Palais de Tokyo et les auteurs

Assistante éditoriale Madeleine Compagnon Traductions Caroline Burnett, Judith Hayward, Ellen LeBlond-Schrader, Aude Tincelin Relectures Nolwenn Chauvin

Le chiffre 1 à 4 précédent un renvoi indique le volume de la série Du yodel à la physique quantique... dans lequel se trouve l’entrée correspondant au renvoi. / The numbers 1 to 4 that precede a link indicate the volume in the series From Yodeling to Quantum Physics… in which the corresponding entry can be found.

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— Comment le « prestige » s’est-il imposé comme idée centrale pour ce dernier opus de la série Du yodel à la physique quantique… ?
Émile Soulier

le prestige
Marc-Olivier Wahler s’entretient avec Émile Soulier

— Cette idée résulte du développement de mon programme au Palais de Tokyo. Sans que je le veuille nécessairement, ce développement possède quelque chose d’organique dans son processus de génération. Dans le cadre de mes premières expositions au Palais de Tokyo, j’ai remis en question la notion de point fixe dans le temps et dans l’espace. Mon idée principale était de montrer qu’on ne peut plus aujourd’hui regarder une œuvre d’art comme une fenêtre isolée de son contexte, un point fixe, et que, de facto, on ne peut également plus regarder une exposition comme un point fixe dans le temps et dans l’espace. D’une certaine manière, on peut dire que toute cette réflexion s’est développée à partir d’un questionnement du visible. Après → 1 cinq milliards d’années , sorte de prologue d’une histoire à venir, les expositions de → 1 Tatiana Trouvé, → 1 Michel Blazy, → 1 Daniel Dewar & Grégor y Gicquel, → 1 Steven Parrino ainsi que celle sur les → 1 micronations ont permis de questionner le visible, autrement dit ce qui apparaît normalement à nos yeux, de manière ordinaire. Avec → 2 cellar door , puis → 2 superdome , expositions flirtant avec la notion du super spectaculaire, on est allé aux limites du visible. Les limites du visible, l’excès du visible, c’est le photogénique, ce qui est spectaculaire. Que se passe-t-il lorsqu’on cherche à outrepasser le visible ? À un moment donné, on sort du spectre du visible, on tombe d’un côté ou de l’autre du → spectre électromagnétique. On s’intéresse alors à l’invisible, aux ondes auxquelles l’œil n’est pas sensible. Ces thèmes inspirèrent logiquement la suite de ma programmation. Il y a eu des expositions sur les ondes radio, l’électromagnétisme, l’électricité, etc. Ce fut → 3 gakona , puis →3 spy numbers . Cette réflexion s’est poursuivie jusqu’à ce que se pose la question de savoir ce qui se produirait si on allait au-delà du spectre électromagnétique lui-même. La réponse,
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évidemment, est qu’on disparaît purement et simplement… Ce fut le sujet de l’exposition → 3 chasing napoleon . À ce moment, je me suis interrogé. J’ai parcouru rétrospectivement le développement de mon programme jusqu’à la → disparition. Je me suis dit : qu’est-ce qu’on fait maintenant que tout a disparu ? Il se trouve que j’étais au même moment en train de lire un livre de → Christopher Priest, intitulé Le Prestige, qui traite exactement de ces questions-là. Il explique qu’un tour de → magie comporte invariablement trois étapes fondamentales. La première s’appelle the → pledge, où le prestidigitateur présente l’objet de son tour, par exemple une cage avec un oiseau enfermé à l’intérieur. La deuxième étape s’appelle the → turn – la transformation – lors de laquelle on met un drap sur la cage, on tape dessus, on bredouille un mot incompréhensible et puis on enlève le drap et il n’y a plus de cage, plus d’oiseau, plus rien… D’une certaine manière, the turn, c’est la disparition. Là où Christopher Priest m’a beaucoup aidé, c’est qu’il rappelle que l’étape la plus médiatique, la plus spectaculaire, quelque part, c’est la réapparition. Cette étape appelée the → prestige consiste à faire ressurgir des objets disparus, par exemple l’oiseau sortant d’une poche de la veste du prestidigitateur. Je me suis dit : voilà, après qu’on a disparu, on réapparaît. L’idée intéressante de Christopher Priest – idée essentielle dans son livre –, c’est que la réapparition se fait ailleurs, autrement dit qu’elle s’accompagne d’un glissement, d’un saut dans l’espace. On disparaît à gauche de la scène et on réapparaît immédiatement à droite, ou bien au fond… Il y a une sorte de translation en un minimum de temps et dans un maximum d’espace. J’ai décidé de m’inspirer de ce principe. En définitive, j’ai construit, chapitre après chapitre, une histoire de présentation, de transformation, de disparition, pour en arriver à une réapparition. L’idée de « prestige » sous-tend le chapitre final de cette histoire. C’est un chapitre qui s’inscrit physiquement dans le lieu dans lequel il a été généré et qui, en même temps, implique un ailleurs. Le « prestige », finalement, c’est une manière de regarder, de voir comment un objet ordi-

naire devient quelque chose qu’on n’a jamais vu auparavant : non pas en changeant d’aspect, mais en recueillant de nouvelles significations, de nouvelles interprétations. C’est un peu aborder ce fameux mystère auquel l’art est constamment confronté : son ontologie, cette transfiguration d’un objet ordinaire en objet d’art. — Ici, tu fais référence au domaine de la prestidigitation. D’une façon générale, tu as souvent recours à des champs extérieurs à la sphère proprement esthétique pour commenter les œuvres d’art. Pourquoi ?
Émile Soulier Marc-Olivier Wahler — Je dirais qu’il y a deux motifs distincts. Le premier est lié au fait que certains visiteurs affirment ne pas comprendre ce qui leur est proposé. Avec quels moyens peut-on leur fournir une explication satisfaisante ? Traditionnellement, on a évidemment recours à des historiens de l’art ou à des critiques d’art qui vont mettre au point des théories, vont essayer de montrer que l’artiste s’intègre dans un circuit, dans une histoire, dans une réflexion. Au Palais de Tokyo, j’ai tenté de suivre un précepte formulé un jour par → Umberto Eco d’après une anecdote restée célèbre. Un de ses assistants, qui devait enseigner la sémiologie à des étudiants en première année d’université, est allé le voir et lui a dit : « Voilà, je dois enseigner la sémiologie à des première année, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter ? Car la sémiologie, ils ne vont rien y comprendre. » Umberto Eco a alors eu ce mot : « Parle-leur de tout sauf de sémiologie, ils comprendront la sémiologie. » Ce que j’ai essayé de faire ici au Palais de Tokyo, c’est de parler de tout sauf d’art contemporain, de sorte que les gens se fassent une idée de ce qui est en jeu. Tous les jeudis, par exemple, on a organisé des conférences. On a invité un spécialiste de la science-fiction, un spécialiste du sport, un spécialiste de la → physique quantique, un spécialiste des → extraterrestres, etc. Le second motif est d’ordre philosophique. Un penseur comme

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John Searle, qui a beaucoup réfléchi sur la signification de l’institution, a établi avec justesse que toute institution – d’un point de vue économique, artistique ou autre – se définit par le langage. John Searle pose une question essentielle : peut-on parler d’une institution en utilisant un langage qui a été développé par cette institution ? La question du langage est ici cruciale. Peut-on parler du musée avec un langage qui a été défini par ceux qui s’occupent du musée ? Dans le champ de la science, ce problème a été résolu depuis longtemps. Pour parler d’une science, il faut développer un langage qui ne soit pas formaté par son domaine de connaissance. Or, en art, on peut facilement s’en rendre compte, le langage qu’on utilise est totalement formaté de l’intérieur. Pour paraphraser le philosophe John Welchman, au lieu d’analyser les œuvres en présupposant le langage, nous ferions mieux d’analyser le rôle du langage dans la constitution des œuvres. D’où cette idée de parler de tout sauf de l’art contemporain. J’essaie de pointer en dehors du monde de l’art, dans divers domaines de connaissance, des façons de faire, des façons de voir, des grilles de lecture, qui permettent d’expliciter ce qui est en jeu. Si cette grille de lecture est satisfaisante, j’essaie de la transférer dans le monde de l’art et de voir de quelle manière elle éclaire les enjeux que les artistes s’efforcent de soulever. L’exemple type est celui de la science-fiction. La science-fiction résout un problème ontologique sur lequel les philosophes se cassent les dents depuis plus d’un siècle. Elle utilise des concepts assez obscurs, mais en même temps très efficaces. Prenons le cas de Blade Runner. Il y a les fameux réplicants. Ce ne sont pas à proprement parler des extraterrestres, mais plutôt des robots androïdes bénéficiant de fonctions biologiques identiques à celles des humains. À vue d’œil, il n’y a aucune différence entre un réplicant et un être humain. Il y a ensuite les blade runners, dont le rôle est de démasquer ces réplicants. Pour ce faire, ils disposent de ce qu’on appelle le test de Voight-Kampff, un test d’ordre psychologique. Ils demandent aux réplicants

de parler de leur enfance, de leur passé et parviennent à les démasquer notamment sur des erreurs de langage. Même s’ils ne disposent d’aucun critère objectif, ils comprennent qu’ils sont en présence d’un réplicant. Je trouve cela intéressant. En art, on est embêté lorsqu’il s’agit de définir de façon précise le passage d’un objet ordinaire à un objet esthétique. On a beaucoup de critères, on a beaucoup de conditions, mais on ne parvient pas à quelque chose de clair. Dans Blade Runner, celui qu’on prenait pour un être humain devient tout à coup un androïde. Le passage est perçu de façon normale. Je pense que si on transfère ce genre de grille de lecture dans le monde de l’art pour comprendre comment un objet ordinaire peut se transfigurer en objet esthétique, on obtient des explications plus pertinentes que lorsqu’on se sert de théories esthétiques traditionnelles. Plutôt que de tourner en rond avec un langage préformaté, l’idée, c’est de sortir du monde de l’art. Vers la science-fiction, selon l’exemple précédent. Ou bien vers la physique quantique, qui démontre qu’il peut exister une seule réalité mais plusieurs univers, et que la réalité est une notion « élastique ». Ou encore vers les → jeux vidéo, qui offrent la possibilité de disposer de plusieurs vies… — Ta réflexion sur l’œuvre d’art a-t-elle des conséquences sur la définition que tu donnes au concept d’exposition ?
Émile Soulier

— Oui. On me demande souvent : comment peut-on juger une œuvre d’art ? Autrement dit, comment peut-on savoir si on est en présence d’une bonne œuvre ? Il y a une notion totalement pataphysique qui me plaît, ce que j’appelle la notion de « → quotient schizophrénique » d’une œuvre d’art. Je pense qu’on peut développer cette notion à condition que l’œuvre d’art soit une chose autonome, et qui conserve son autonomie quelle que soit l’interprétation qu’on lui assigne. L’œuvre d’art a tout à gagner à recevoir un maximum d’interMarc-Olivier Wahler

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prétations. Plus elle se prête à une multiplicité, une accumulation d’interprétations, plus son quotient schizophrénique est élevé, et plus son quotient schizophrénique est élevé, plus l’œuvre d’art gagne en densité, en efficacité, en cohérence, sans perdre, bien évidemment, son autonomie. Le fait d’admettre l’idée qu’il soit effectivement possible, et souhaitable, de multiplier les couches d’interprétations relatives à une seule et même œuvre d’art signifie qu’on accepte de passer d’une logique sélective à une logique additionnelle. Dans la logique sélective, c’est ou bien cette interprétation, ou bien celle-ci, ou bien celle-là. Autrement dit, c’est blanc ou noir. Or, les sciences nous ont montré depuis longtemps (les mathématiques en particulier) qu’il n’y a pas nécessairement une seule explication valable à un problème – explication juste ou fausse – mais une pluralité d’explications plus ou moins utiles selon les circonstances. Il y a cette réponse et cette réponse et cette réponse. Le mathématicien peut développer ses réflexions en fonction de l’utilité des réponses. Dans la plupart des sciences, on a depuis longtemps abandonné la logique sélective au profit d’une logique additionnelle impliquant notamment l’acceptation du tiers exclu. Et les artistes aussi, d’une certaine manière. Le problème, c’est qu’on est toujours tenté, dans le monde de l’art, de fonctionner avec les modes de pensée qu’on utilise dans la vie de tous les jours : « il faut choisir », « on ne peut pas tout avoir »… Car l’éducation nous conditionne. Je pense que l’art est un bon outil pour nous réapprendre la logique additionnelle. Si on accepte une telle logique, alors on admet qu’une œuvre d’art puisse recevoir plusieurs couches d’interprétations différentes. Le corrélatif de la logique sélective, c’est la → vision-fenêtre. On nous a appris, depuis la Renaissance, à regarder une œuvre d’art de manière bien spécifique : depuis un point de vue idéal et en faisant complètement abstraction du contexte. On a un « beau » cadre autour du tableau. On peut se projeter dans le tableau comme si on regardait à travers une fenêtre. Au xix e siècle, on accrochait les tableaux les uns à côté des

autres, et les spectateurs passaient d’un univers à un autre en opérant des cloisonnements étanches. Au xx e siècle, les artistes ont accompli le grand travail de briser cette visionfenêtre. Cela a commencé avec les dadaïstes, notamment lors de la fameuse exposition « Dada-Vorfrühling » à la brasserie Winter de Cologne. Les visiteurs entraient par les toilettes, il fallait casser les œuvres d’art, les toilettes faisaient partie intégrante des œuvres, il y avait des performances… Quelques décennies plus tard – et pour faire bref –, le coup final fut porté par l’art minimal. Exposer un cube noir dans un white cube par exemple : c’est le fameux objet insignifiant. On ne peut que glisser de l’objet au sol, du sol au mur, du mur au plafond, du plafond à l’éclairage et finalement de l’éclairage au visiteur lui-même. Et cet objet insignifiant n’est finalement qu’un objet transitif. Il permet de glisser sur d’autres choses. C’est précisément sa fonction transitive qui le rend intéressant. La logique additionnelle qui sous-tend son fonctionnement lui permet de multiplier les couches d’interprétations différentes et d’augmenter ainsi son quotient schizophrénique. — Pour en revenir à ma question, le concept d’exposition se trouve-t-il modifié par les idées que tu développes au niveau de l’œuvre d’art ?
Émile Soulier

— L’abandon de la logique sélective et de son corollaire la vision-fenêtre a rendu possible le développement d’une nouvelle conception de l’exposition : l’exposition comme médium à part entière. En effet, que devient une addition d’œuvres d’art à partir du moment où chaque œuvre d’art glisse dans son contexte et que toutes les œuvres d’art « s’interrelationnent » les unes les autres ? Une composition d’œuvres d’art. Aujourd’hui, l’exposition est bel et bien devenue un médium à part entière. À partir de ce moment, il faut appliquer à ce médium la même logique qu’aux œuvres d’art. Il faut notamment se poser la question du mode de relation que les expositions
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ont entre elles. Qu’est-ce qu’une composition d’expositions ? C’est un programme. Je pense qu’il est aujourd’hui essentiel de considérer le programme comme médium à part entière. On ne le fait pas encore assez. On a l’habitude d’aligner les expositions les unes derrière les autres comme si c’était des points fixes dans le temps et dans l’espace. Au Palais de Tokyo, j’ai eu la chance d’avoir un espace assez grand pour pouvoir entreprendre plusieurs expositions simultanées, ce qui a donné lieu à de vastes possibilités en terme de programme. Le programme a été structuré en différentes sessions de trois mois, ellesmêmes structurées selon trois rythmes différents : des expositions qui durent toute la session, des expositions qui durent six semaines, des expositions qui ne durent qu’un mois. Cela ressemble aux chapitres d’un livre se divisant en paragraphes, se divisant à leur tour en lignes. Ce qui est très important, c’est qu’une session en amène une autre. Il faut par exemple que le spectateur qui visite la deuxième session puisse se dire : « Je comprends mieux ce qui s’est passé dans la première et je peux en même temps imaginer ce qui va se passer dans la troisième. » Un programme, une exposition, une œuvre d’art ne sont jamais fermés sur eux-mêmes. Ils font toujours référence à ce qui les précède et s’inscrivent dans un flux temporel. Encore une fois, il n’y a pas de point fixe dans le temps et dans l’espace… — Avec l’idée du « prestige », prépares-tu aussi ta propre disparition ?
Émile Soulier

est capable de faire… L’idée, c’est qu’en terminant mon mandat au Palais de Tokyo, c’est un peu comme si j’achevais une sorte de livre, dont le dernier chapitre serait en même temps le premier d’une histoire à venir, ailleurs. J’ai été présent au début de mon mandat de manière très visible. Ensuite, j’ai, d’une certaine manière, « disparu » derrière les expositions, notamment en donnant des cartes blanches à certains artistes. Durant les derniers jours de mon mandat, je serai dans la peau de cet animal. Je participerai aux réunions, je me promènerai dans les salles et les couloirs du Palais en plein chantier… Après cette disparition, il faudra bien que je réapparaisse. À un moment donné, je réapparaîtrai donc effectivement dans un autre endroit, où l’histoire, une autre histoire, pourra débuter…
Propos recueillis en octobre 2011 à Paris.

— Il faut être cohérent. On ne peut pas être simplement comme un chef d’orchestre qui se tient à distance. En tant qu’acteur du programme, je vais également disparaître. Je vais travailler avec un artiste, Christian Jankowski, qui va me faire monter sur scène. La mise en scène de ma disparition prendra une tournure spectaculaire. Christian Jankowski va demander à un magicien de me transformer en chien, ou en singe, on ne sait pas encore, cela dépend de ce que le magicien
Marc-Olivier Wahler

Directeur du Palais de Tokyo de 2006 à 2011, Marc-Olivier Wahler a organisé plus de quatre cents expositions depuis quinze ans. En 1994, il cofonde le CAN à Neuchâtel qu’il dirige jusqu’en 2000. De 2000 à 2006, il prend la direction du SI (Swiss Institute – Contemporary Art) à New York. Critique d’art, il écrit régulièrement sur l’art contemporain, mais également sur Mike Tyson, les mutants ou les Hells Angels. Émile Soulier a fait des études de philosophie, de musique et de cinéma. Il a travaillé comme critique d’art indépendant ainsi que comme assistant à la mise en scène. Son premier roman, Incertaine, a été publié en 2011 aux éditions Léo Scheer.

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— How did the “prestige” become the central theme of your last opus in the series From Yodeling to Quantum Physics…?
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Marc-Olivier Wahler in conversation with Émile Soulier

— This idea developed as I constructed my program at the Palais de Tokyo. I didn’t plan it initially; rather, it came about organically. In the context of my first exhibitions at the Palais de Tokyo, I investigated the notion of a fixed point in time and space. My main goal was to show that today we can no longer examine an artwork as though we were looking through a window, separating it from its context and isolating it as a fixed point in time and space. De facto, neither can we look at the exhibition as a fixed point. In a way, we might say that this thought process developed when I began to question the limits of visibility. FiVe billion years [ → 1 cinq milliards d’années ] functioned as a sort of prologue, announcing the story to come. The exhibitions by → 1 Tatiana Trouvé, → 1 Michel Blazy, → 1 Daniel Dewar & Grégor y Gicquel, and → 1 Steven Parrino as well as sTaTe: groW your oWn (an exhibition on → 1 micronations), allowed for a further investigation of visibility, which we can define as what our eyes see under normal circumstances. In the exhibitions →2 cellar door , then → 2 superdome , we approached the limits of visibility and flirted with notions of extreme visibility. At these limits is an excess of visibility – an extreme visibility of the spectacular. What happens when we attempt to move beyond the visible? At a certain moment, we leave behind the visible spectrum and find ourselves at either side of the electromagnetic spectrum [ → spectre électromagnétique ]. We began by investigating invisibility, which we can think of as the wavelengths that the eye doesn’t see. This theme naturally influenced the suite of my program. The exhibitions → 3 gakona , then → 3 spy numbers, dealt with radio waves, electromagnetism, electricity, etc. Following this line of thought, I asked myself what would happen if we went beyond the electromagnetic spectrum itself. The answer is that we would quite simply disappear [ → disparition ].
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This was the subject of the exhibition → 3 chasing napoleon . Here, I came to a crossroads. I looked back at the logic that had structured my program, up until the notion of disappearance, and thought about what could happen next, now that everything had disappeared. As fate would have it, I happened to be reading → Christopher Priest’s The Prestige, which deals precisely with this question. Priest explains that a magic trick [ → magie ] is always made up of three fundamental steps. The first is the → pledge, during which the magician presents the object of his trick to the audience: for example, a bird in a cage. The second step is the → turn—the transformation—where a sheet is draped over the cage and presto!, when the sheet is removed, the cage and the bird have vanished. In a way, the turn is simply the disappearance: the magician says an incomprehensible word, taps the object, and it disappears from sight. This is when I hesitated, and when my dialogue with Christopher Priest proved helpful: he says that the most impressive and the most spectacular step is the reappearance. In magic, this step is called the → prestige. It consists of making the object that vanished reappear. In our example, the bird might fly out of the magician’s pocket. I told myself: this is it, reappearance follows disappearance. An interesting aspect of this idea—and a central theme in Christopher Priest’s book—is that the reappearance happens elsewhere. In other words, it is coupled with a shift in space. A magician disappears on stage right, then reappears on stage left or center stage. There is a sort of transfer that occurs in a minimum amount of time, but over a maximum amount of space. I decided to incorporate this idea into my program. Chapter by chapter, I constructed a veritable narrative, a story of presentation, transformation, and disappearance, in order to arrive at the notion of reappearance. The idea of “prestige” embodies this final chapter. Here, the story is physically linked to the place where it began and, at the same time, it implies that there is an elsewhere. Ultimately, the prestige is a way of seeing, and particularly of seeing how an ordinary object can become more than

what we’d initially noticed. This isn’t accomplished by changing its physical characteristics, but by endowing it with a new significance and new interpretations. I am also dealing with this famous mystery that art must confront today: its ontology, the transformation of an ordinary object into an artwork. — Here you refer to magic. You often incorporate fields outside of the aesthetic sphere in order to discuss art. Why?
Émile Soulier

— I would say that there are two distinct reasons. The first is that certain visitors have stated that they couldn’t understand the art on display. How can we give them a satisfactory explanation? Traditionally, we have turned to art historians and critics, who develop theories and try to show that certain artists share a common logic and belong to the same group or movement. At the Palais de Tokyo, I’ve tried to emulate the tenet of → Umberto Eco, from a now famous anecdote: one of his assistants, who was preparing to teach semiotics to firstyear college students, asked Umberto Eco for advice: “I’m teaching semiotics to freshmen, but what should I tell them? They aren’t going to understand anything about semiotics.” To which Umberto Eco responded: “Talk to them about everything except semiotics, and they will understand semiotics.” This is what I try to do here at the Palais de Tokyo. I speak about everything except contemporary art in order to reveal what is at stake in contemporary art. Every Thursday, for example, we held conferences. We invited a quantum physicist [ → physique quantique ], experts on science fiction, sports, UFOs [ → extraterrestres ], etc. The second reason for this choice is more philosophical in nature. A philosopher by the name of John Searle, who examined the significance of the institution, came to the conclusion that all institutions—economic, artistic, or other—define themselves through language. John Searle asks an essential question: it is possible to talk about an institution by using language that was developed by that same institution? The question of language
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is crucial here. Can we speak about a museum in a language that was formulated by the museum’s creators? In the sciences, this problem was resolved long ago. In order to speak about science, we use a vocabulary that wasn’t coined by scientists. In the art world, it is clear that the language we use has been completely defined from the inside, by those working within the field. To paraphrase the philosopher John Welchman, instead of using a pre-established vocabulary to analyze works of art, we would be better off analyzing the role of language in art. Hence, this idea of discussing everything except contemporary art. I try to point to various fields outside the world of art, towards different ways of doing, seeing, and reading, that might allow us to see what is at stake. If a way of reading seems productive, I apply it to the world of art to see if it can highlight the issues with which artists are grappling. Science fiction would be a prime example. It solves an ontological problem that has been stumping philosophers for over a century. Science fiction uses pretty obscure concepts in a very efficient manner. Take Blade Runner, for example, and its famous replicants. They aren’t aliens, but rather androids that are biologically identical to humans. There are no visible differences between a replicant and a human. Then there are the blade runners, whose role is to reveal these replicants. In order to do so, they use something they call the VoightKampff test—a psychological test where they ask the replicants to speak about their childhood or their past. The replicants then reveal themselves by making linguistic errors. Even though there are no objective criteria, the blade runners can deduce that they are in the presence of a replicant. I find this interesting. In art, we have trouble defining precisely how and when an ordinary object becomes an aesthetic object. We have many criteria, many conditions, but we never arrive at a clear explanation. In Blade Runner, the person we mistook for a human transforms instantly into an android. This transformation is perceived as normal. I think that we can apply this logic to art in order to understand the transformation of an ordinary object into

an aesthetic object. In doing so, the explanations we obtain are more pertinent than traditional aesthetic theories. Instead of running in circles, using only a preformatted language, we should step outside the sphere of art. Towards science fiction, as in the case of the last example. Or, as the case may be, towards quantum physics, which has shown that one reality may transcend several universes, and that this reality is “elastic.” Or, we could turn to video games [ → jeux vidéo ], which offer the possibility of having multiple lives. — Do your ideas about art influence your definition of the exhibition?
Émile Soulier

— Yes. I’m often asked: how can you judge a work of art? How can you tell if it is any good? There is a pataphysical concept that appeals to me, which I call the “schizophrenic quotient” [ → quotient schizophrénique ] of an artwork. We can talk about this idea only if the artwork is considered autonomous, and if it preserves this autonomy no matter what interpretation we assign to it. An artwork has everything to gain from having multiple interpretations. The more it can be interpreted in different ways, the higher its schizophrenic quotient. The higher the schizophrenic quotient, the denser the artwork, and the more efficient and coherent it becomes—without, of course, losing its autonomy. If we accept that it is possible, even advantageous, to formulate multiple interpretations of a single artwork, we leave behind selective logic in favor of additional logic. In selective logic, a single interpretation is correct. In other words, the situation is black or white. In the sciences, we have known for a long time (particularly with mathematics) that there isn’t necessarily a unique solution to a problem— whether it be true or false—but instead a plurality of explanations that are more or less useful given the circumstances. There is one answer, then another answer, then yet another answer. The mathematician can think in terms of an answer’s
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usefulness. In most sciences, we abandoned long ago selective logic in favor of additional logic, thus accepting previously excluded answers. In a certain way, artists have too. The problem is that we have always tried to apply the same logic we use to think about everyday life to the world of art: our education conditions us to think that “we must choose,” and that “we can’t have our cake and eat it, too.” I think that art is a useful tool in helping us relearn additional logic. If I accept this logic, then I admit that a work of art can lend itself to different levels of interpretations. Selective logic’s correlative is “window vision” [ → vision-fenêtre ]. Since the Renaissance, we have been taught to look at an artwork in a very specific way. We’ve learned that there is an ideal spot from which to view the painting, and that we should completely ignore its context. Indeed, there is a real “frame” around the painting. We can project ourselves into the painting as if we were looking through a window. In the 19th century, we hung paintings side by side, and the public had to move from one universe to the next, keeping them all separate. In the 20th century, artists managed to shatter this window vision. This process began with the Dada artists, particularly with their famous exhibition “Dada-Vorfrühling” in the Winter Brasserie in Cologne. Visitors entered through the restrooms (which were part of the show), they had to break artworks, and sit through performances. Several decades later—to be brief— the final punch was thrown by Minimalism. For example, displaying a black cube in a white cube: this is the ultimate insignificant object. There is nothing that holds the gaze: our eyes slip from the object to the floor, from the floor to the wall, from the wall to the ceiling, from the ceiling to the lights, and finally from the lights to the visitor himself. This insignificant object is ultimately only a transitive object. It permits our gaze to shift to other things. This transitive function is precisely what makes the artwork interesting. The underlying additional logic enables us to formulate multiple different layers of interpretation, thereby increasing its schizophrenic quotient.

— To return to my last question, is your conception of the exhibition influenced by the ideas you’ve developed about art?
Émile Soulier

— By abandoning selective logic and its correlative, window vision, I was able to develop a new conception of the exhibition. The exhibition has become a medium in its own right. What happens to a group of artworks once they merge with their context and all the artworks intermingle? Together, they constitute a composition of artworks —in other words, an exhibition. Today, the exhibit has truly become a medium in its own right. From now on, we must apply the same logic to exhibits as to artworks. We must examine the relationship that exists between individual exhibitions. What is a composition of exhibitions? It’s a program. I think that today it is essential to consider an exhibition program as a separate medium. This isn’t done enough. We have a habit of thinking of exhibitions as separate events that take place one after the other, as if they were fixed points in time and space. At the Palais de Tokyo, I was fortunate that the space itself was large enough to allow multiple exhibitions to unfold simultaneously, which opened up new possibilities in term of creating an exhibition program. My program was organized into three-month sessions, which were each built around three different tempos: some shows lasted an entire session, others six weeks or only a month. They resembled chapters in a book, divided into paragraphs, which in turn are divided into sentences. It is very important that the sessions build on each other. We hoped that a visitor, while seeing the second session, might say: “Now I better understand what took place in the first exhibition; I can now imagine what will happen in the third.” A program, an exhibition and an artwork are never isolated objects. They always refer to what preceded them, and influence what follows. Once again, we see there is a continuum instead just fixed moments isolated in time and space.
Marc-Olivier Wahler

[e ]
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the prestige

[e ]
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— Circling back to the idea of the “prestige,” are you preparing to disappear yourself?
Émile Soulier

— I strive to be coherent. Curators, like orchestra conductors, often keep themselves at a distance. As an active component of the program, I will also disappear. I’m working with an artist, Christian Jankowski, who will put me onstage. My disappearance will be spectacular. Christian Jankowski will ask a magician to transform me into something, a dog or a monkey—we haven’t decided yet, as it depends on the magician’s abilities. My hope is that my mandate at the Palais de Tokyo will end like a book does, the last chapter becoming the first of a new story that will take place elsewhere. At the beginning of my time at the Palais de Tokyo, I was present in a very visible manner. Then, in a way, I “disappeared” behind my exhibitions by giving cartes blanches to certain artists. During my last days at the Palais, I will be present in the form of an animal. I will actively attend meetings and survey each room and hallway of the museum during its renovation. After this disappearance, I will reappear again, in a different place, where a new story will begin…
Marc-Olivier Wahler The interview took place in October 2011 in Paris. Translated by Ellen LeBlond-Schrader.

TOKYO ART CLUB PAVILLON

SALONS

MODULES CARTES BLANCHES

A 2007

B

C D

I

2008
JEUDIS/ REBOOT

IV

2011

II

F

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PALAIS / MAGAZINE

III
RÉPONDEURS

CINQ MILLIARDS D’ANNÉES 2006
DU YODEL PHYSIQUE QUANTIQUE... (VOL 1- 5) NOMIYA

UNIVERSITÉ D’ÉTÉ

J L 2010

G H 2009 I

K
CHÂTEAU

CHALETS

EVERLAND

2007/

A. B. C.

M, NOUVELLES DU MONDE RENVERSÉ LA MARQUE NOIRE THE THIRD MIND/ CARTE BLANCHE À UGO RONDINONE

2007 2008/ D. E. F.
2009/

A → 1 π, NOUVELLES DU MONDE RENVERSÉ CELLAR DOOR/ LORIS GRÉAUD SUPERDOME B → 1 LA MARQUE NOIRE D’UNE RÉVOLUTION À L’AUTRE/ CARTE BLANCHE À JÉRÉMY DELLER c → 1 THE THIRD MIND / cARTE BLANcHE À UGO RONDINONE D → 2 cELLAR DOOR / LORIS GRÉAUD SPY NUMBER CHASING NAPOLEON E → 2 SUPERDOME F → 2 D’UNE RÉVOLUTION À L’AUTRE / cARTE BLANcHE À JÉRÉMY DELLER G → 3 GAKONA BLANCHE À ADAM MCEWEN FRESH HELL/ CARTE H → 3 SPY NUMBER I L’ODYSSÉE DES ESPACES → 3 cHASING NAPOLEON J → 4 PERGOLA MOMENI/ OLAF BREUNING ROBIN MEIER ET ALI ALL OF THE ABOVE K → 4 DYNASTY - CARTE BLANCHE À JOHN M ARMLEDER/ OLAF BREUNING/ CHRISTIAN ANDERSSON L → 4 FRESH HELL / cARTE BLANcHE À ADAM McEWEN L’ODYSSÉE DES ESPAcES I. KARSTEN FÖDINGER / JOAO ONOFRE II. ALEXANDRE SINGH / MARNIE WEBER III. ROBIN MEIER & ALI MOMENI/ OLAF BREUNING IV. ALL OF THE ABOVE – cARTE BLANcHE À JOHN M ARMLEDER /
KARSTEN FÖDINGER/ JOAO ONOFRE ALEXANDRE SINGH/ MARNIE WEBER PERGOLA DYNASTY GAKONA

2010/

2008 H. I.
J. K.

G.

Director of the Palais de Tokyo from 2006 to 2011, Marc-Olivier Wahler has organized more than 400 exhibitions over the past fifteen years. In 1994, he cofounded the CAN in Neuchatel which he ran until 2000. From 2000 to 2006, he took over as director of the SI (Swiss Institute—Contemporary Art) in New York. As an art critic, he writes regularly about contemporary art, but also about Mike Tyson, mutants or Hells Angels. Émile soulier studied philosophy, music and film. He worked as an independant art critic and as an assistant director. His first novel, Incertaine, was published in 2011 by the Éditions Léo Scheer.

2009 L. 2011/
I. II.

2010 III. IV. 2011

palais de tokyo a-Z

palais de tokyo

a–Z

aba
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aBandon de l’art

accélération

acc
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a

abandon de l’art

Abandonment of art [ f ] → L’abandon de l’art est un acte paradoxal en ce qu’il est susceptible de signification artistique, voire de prendre chez certains le sens de geste artistique ultime ; une voie ouverte par → Marcel Duchamp qui, au milieu des années 1920, annonce son retrait de la scène artistique pour se consacrer aux échecs. Par ce geste, il opère un déplacement radical de la valeur artistique de l’objet à l’artiste, déplacement déjà signifié avec l’invention du ready-made. Dans les années 1960 et 1970 des artistes abandonnent réellement l’art afin de pouvoir s’engager pleinement dans des activités en prise avec le social. Une telle attitude reste paradoxale dans la mesure où elle est susceptible de différentes interprétations, selon le degré de valeur artistique qu’on lui attribue. En → 4 1968, → 4 Charlotte Posenenske abandonne toute production artistique et commence des études de sociologie portant sur l’étude des processus de travail standardisés. Cette décision de mettre fin à une carrière artistique prometteuse s’inscrit dans le contexte du développement des attitudes performatives et conceptuelles dans l’art, attitudes porteuses d’une critique de la marchandise et qui constituent une tentative de réactiver le projet avant-gardiste d’identifier l’art et la vie. Elle peut être comprise comme la conclusion de sa quête d’un art objectif et coopératif, dans lequel l’artiste renonce volontairement à ses privilèges ; l’abandon est une suite organique de la réussite du projet artistique. Son abandon de l’art peut être également perçu comme un constat politique : l’art est impuissant à résoudre les problèmes sociaux, il ne produit que des simulacres de relations libres entre individus et doit donc être abandonné au profit d’une activité véritablement ancrée dans le réel. Il signifie alors l’échec de l’entreprise artistique. Enfin, quitter l’art peut être envisagé comme une conséquence des recherches de l’artiste sur la production et la consommation. Ayant constaté que l’art ne lui permettait d’intervenir qu’au niveau de la consommation (œuvres → modulaires, accrochage laissé à la disposition du « → 4 consommateur », vente des œuvres à prix coûtant), elle fait le choix de la sociologie et du syndicalisme pour pouvoir agir au niveau de la production. Dans ce dernier cas, l’art n’est ni uni ni opposé à la vie. L’activité de l’artiste apparaît rétrospectivement comme une première partie d’un projet de réforme sociale, qui s’est avérée non satisfaisante. [ e ] → The abandonment of art is a paradoxical act in that it can carry artistic meaning, or even take

on in certain cases the import of the ultimate artistic gesture, an avenue opened up by → Marcel Duchamp who, in the mid-1920s, announced his intention of leaving the art world in order to devote himself to chess. With this gesture, he effected a radical shift of artistic value from the object to the artist, a shift already evidenced with the invention of the ready-made. In the Sixties and Seventies, artists began truly abandoning art in order to fully involve themselves in social issues. This attitude remains paradoxical in the sense that it is open to different interpretations, depending on the degree of artistic value attributed to it. In → 4 1968, → 4 Charlotte Posenenske abandoned all artistic production and turned to Sociology studies, specifically the study of standardized labor processes. The decision to put an end to a promising art career is a reflection of the times, in which performative and conceptual attitudes in art developed, attitudes which carry within them a critique of consumer goods and constitute an attempt to reactivate the vanguardist project of identifying art with life. One can understand it as the conclusion to her search for an objective and cooperative art, in which the artist voluntarily relinquishes his/her own privileges; the act of abandonment is the organic next step toward the success of the artistic project. Her abandonment can also be construed as a political acknowledgement: art is powerless to resolve social problems; it can only produce a simulacrum of free relationships between individuals and should thus be abandoned in order to pursue an activity that is truly grounded in reality. In this case it signifies the failure of the artistic enterprise. Lastly, abandoning art can be seen as the consequence of the artist’s investigations into production and consumption. Havi ng established that art only enables the artist to participate on a consumerist level (modular [ → modulaire ] works, with the installation left to the “consumer” [ → 4 consommateur ], sale of the works at cost price), she turned to Sociology and trade unionism as a means of leverage on production. In this last case, art is neither united nor opposed to life. The activities of the artist seem retrospectively like the first half of a social reform project which was deemed inconclusive.
accélération

Acceleration [ f ] → Le skieur → Didier Cuche, champion du monde 2007 de descente, peut parcourir les premiers cent mètres d’une piste en moins de quatre secondes. Une chute vertigineuse. → Marcel

Duchamp, avec le ready-made, fait pourtant mieux : il passe de l’objet ordinaire à l’œuvre d’art à la vitesse de la → lumière. Si la production du ready-made ne dépend que d’un choix, elle est en effet à rapporter au temps d’une connexion synaptique, accélération décisive qui laisse sur place tous ses poursuivants. Touchée dans ses fondements – son temps d’élaboration, de fabrication et de réception –, l’œuvre d’art est dès lors en redéfinition constante : on ne peut décemment revenir en arrière, mais dans le même temps, il est impossible d’aller plus loin. L’important dans cette accélération est son effet sur le spectateur. De la même manière que le corps de Didier Cuche, littéralement « lâché » dans la descente, se trouve en état d’apesanteur, l’esprit du « regardeur », s’il prend conscience de la brèche ouverte par le coup d’accélérateur donné par Duchamp, n’est plus soumis aux contraintes de lecture et de compréhension habituellement indexées à l’œuvre d’art. Le moment de l’interprétation est suspendu, étiré à l’infini ; véhicule lancé à la vitesse de la lumière, le ready-made glisse sur le temps, révèle → l’élasticité du réel et permet de passer librement de l’une à l’autre de ses couches. [ e ] → The skier → Didier Cuche, downhill World Cup champion in 2007, can cover the first hundred meters of a piste in under four seconds. A vertiginous descent. However → Marcel Duchamp does even better with his ready-mades: he goes from an ordinary object to a work of art at the speed of light [ → lumière ]. While production of a ready-made depends only on a choice, it should in fact be related to the duration of a synaptic connection, a crucial acceleration which leaves all its followers standing. The work of art is affected at its foundations—the time taken to work it out, make it and review it—, and from then on is in a state of constant redefinition: it is not decently possible to go back, but at the same time it is impossible to go any further. The important thing about this acceleration is its effect on the onlooker. Just as the body of Didier Cuche, literally “cast off” into the descent, is in a state of weightlessness, the mind of the viewer, if he is aware of the gap opened up by the boost to the accelerator given by Duchamp, is no longer subject to the constraints of reading and understanding usually tied to the work of art. The moment of interpretation is suspended, drawn out ad infinitum; a vehicle launched at the speed of light, the ready-made slides over time, reveals the elasticity [ → élasticité ] of reality and makes it possible to pass freely from one layer of reality to another. [ → Klammer, Franz ]

aio
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aion a

antenne relais

ant
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aion a [ f ] → En 1941, → Emma Kunz fit la découverte d’une

pierre guérisseuse dans les carrières romaines de Würenlos qu’elle nomma Aion A. Le potentiel thérapeutique de cette roche tient, selon cette dernière, non seulement à son extraordinaire composition minérale, mais surtout à l’énergie biodynamique qu’elle renferme. Elle entre, par exemple, dans le traitement des rhumatismes, des blessures liées à la pratique du → sport et des affections des tissus musculaires, tendineux et conjonctifs. L’Aion A, classée médicament de catégorie D depuis 1984, est disponible dans toutes les pharmacies et drogueries de Suisse. [ e ] → In 1941, → Emma Kunz discovered in the Roman Quarry in Würenlos the healing rock to which she gave the name Aion A. The powerful healing capacity of the rock derives, according to Kunz, not only from its special mineral composition but especially from its accumulated biodynamic energy. The healing rock has become an indispensable assistance in the treatment of, for example, rheumatological problems, in all → sports injuries, and damage to muscles, tendons, and ligaments. Aion A has been approved by the IKS since 1984 and is available in Switzerland in pharmacies and drugstores. [ → Spiritisme ]
aléatoire

Random → 1 Blazy, Michel , → 1 Cut-up, → 1 SEConDE unE annéE (unE), → 1 ThirD MinD (ThE)
aMerika [ f ] → Premier roman de Franz Kafka, abandonné à la

moitié de sa rédaction en 1913 et laissé inachevé. Il est publié par Max Brod en 1927, après la mort de l’auteur. Titré à l’origine Le Disparu, il raconte les aventures malheureuses d’un jeune homme de dix-sept ans, Karl Rossman, « expédié en Amérique par ses pauvres parents parce qu’une bonne l’avait séduit et qu’elle avait eu un enfant de lui ». Antiroman de formation ou épopée désespérante, le roman commence avec l’arrivée du héros dans le port de New York, porte d’entrée d’une Amérique imaginaire et symbole d’une société dans laquelle, selon les mots du Journal de Kafka « l’innocent et le coupable, [sont] tous deux finalement punis de mort indistinctement, l’innocent d’une main plus légère, plutôt écarté qu’abattu ». Symbole de son cheminement impossible, le → labyrinthe dans lequel Karl Rossman se trouve pris dès la première page du roman : « Il s’empressa de demander à cet ami, qui n’en parut pas ravi, de lui rendre le service de surveiller un instant sa valise, puis jeta un coup

d’œil circulaire pour se repérer à son retour, et fila. Une fois en bas, il eut la déception de trouver pour la première fois fermé un passage qui eût été un raccourci notable, sans doute était-ce dû au débarquement de tous les passagers ; il lui fallut rechercher à grand-peine des escaliers qui se succédaient à l’infini, débouchaient dans des coursives sinueuses, dans une pièce déserte avec une table de travail abandonnée, jusqu’au moment où, effectivement, comme il n’avait pris ce chemin qu’une ou deux fois et toujours en groupe, il se trouva complètement perdu. » [ e ] → Franz Kafka’s first novel, abandoned when half written in 1913 and left unfinished. It was published by Max Brod in 1927, after the author’s death. Originally entitled The Man Who Disappeared, it relates the unhappy adventures of a 17-year-old youth, Karl Rossman, “sent to America by his poor parents because a maid had seduced him and borne his child.” An anti-Bildungsroman or an epic of despair, the novel begins with the hero’s arrival at New York harbor, the gateway to an imaginary America and the symbol of a society in which, in the words of Kafka’s Journal, “the innocent and the guilty [are] both finally punished by death without distinction, the innocent with a lighter hand, removed rather than mown down.” The labyrinth [ → labyrinthe ] Karl Rossman finds himself caught in from the first page of the novel is a symbol of the impossible path he has to follow: “He hastily asked this friend, who did not seem delighted by the request, to do him the service of keeping an eye on his case for a moment, then looked round to get his bearings for when he came back, and sped off. Once down, he was disappointed to find a passage that would have been a considerable short cut closed for the first time, no doubt due to the disembarkation of all the passengers; he had to look with great difficulty for staircases that followed one after the other for ever, coming out into winding alleyways, into a deserted room with an abandoned desk, until the moment when, as he had followed this route only once or twice and always as part of a group, he was in fact completely lost.” [ → 4 FrESh hELL ]
antenne relais

antennes relais de téléphonie mobile / Mobile phone masts. Photo : copyright CellularPCS.com

Mobile phone mast [ f ] → Aussi appelées sites-relais ou stations de base, les antennes relais sont des émetteurs-récepteurs qui assurent un rôle fondamental dans les communications mobiles, en ce qu’elles servent à acheminer dans les deux sens les appels sur le réseau téléphonique auquel elles sont connectées. Dans

architecture vernaculaire Habitat traditionnel / Traditional house, Lesotho. Photo DR

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antiMatiÈre

arcHitectUre VernacUlaire

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un effort de dissimulation des antennes relais, des solutions de camouflage ont été mises au point. Prenant de multiples formes, du mât déguisé en palmier au faux rocher géant, ces pylônes sont ainsi camouflés pour se fondre dans le paysage. Une telle tentative de cacher ces antennes dans les bois et dans les rues bordées d’arbres les rend, en réalité, inquiétantes et menaçantes. → 3 Matt o’dell relève l’existence de théories du complot relatives à ces antennes, selon lesquelles ces dernières causent des troubles physiques (tels que maux de tête, insomnies, nausées, vomissements, → autocombustions et cancers), sont à l’origine du → syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ou bien servent à surveiller l’activité des populations. Une des théories les plus radicales assure que les pylônes GSM constituent en fait un gigantesque réseau d’armes de manipulation mentale. Ils feraient partie d’un sinistre programme des gouvernements visant à assurer un contrôle global des populations. Si l’on en croit ces affirmations, les maladies causées par les antennes de téléphonie mobile pourraient être intentionnelles et constituer ainsi un moyen de soumettre les populations et de limiter, à terme, leur croissance et leur développement. [ e ] → Also called cell sites or base stations, mobile phone masts are transmitter-receivers that play a crucial role in mobile communications, in that they serve to route calls in both directions on the telephone network they are connected to. In an attempt to disguise mobile phone masts, camouflaged masts were developed. The masts are intended to blend in with the surrounding environment, taking many different forms, from artificial palm trees to giant fake boulders. In reality, they become threatening and sinister, attempting to hide within forests and tree-lined streets. → 3 Matt o’dell notes the existence of conspiracy theories surrounding masts including beliefs that they cause illnesses such as headaches, insomnia, nausea, vomiting, spontaneous combustion [ → autocombustion ] and cancer, that they are the reason behind beehive colony collapse disorder [ → syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ], and that they are being used to monitor the population’s activities. One of the most extreme conspiracy beliefs is that the masts are operating as a giant network of mind control weapons: That they are part of a sinister plan by global governments to control the population. This extends to the concept that the illnesses caused by the masts could be intentional, as a way of subduing the public and ultimately limiting population growth and development. [ → ondes électromagnétiques (effets) ]

antiMatière

Antimatter [ f ] → « La découverte de l’antimatière fait partie de ces moments extraordinaires de l’histoire des sciences, ces moments où la théorie précède l’expérience, permettant de découvrir ce qui n’avait même pas été imaginé », souligne → 1 Christophe Galfard. C’est aux travaux théoriques de Paul Dirac que l’on doit la mise en évidence de l’antimatière, dès la fin des années 1930 : sa fameuse équation établit mathématiquement l’existence d’une sorte de particule proche de l’électron, de charge électrique opposée, baptisée → positron. Ce n’est que dans un second temps que l’observation a permis de confirmer expérimentalement l’existence d’antimatière, suite aux recherches sur les → rayons cosmiques effectuées par Carl Anderson à l’observatoire du pic du midi, dans les Pyrénées. Les travaux de Dirac sur l’électron et le positron ont depuis été généralisés et l’on a établi que toute particule a son antiparticule, chaque atome son antiatome et donc chaque molécule son antimolécule. L’antimatière désigne alors la → matière dont toutes les particules seraient remplacées par les antiparticules correspondantes. Le préfixe « anti » renvoie à la propriété principale de ces éléments : ils annihilent la matière « normale » à laquelle ils correspondent dès qu’ils se trouvent à son contact, leur masse devenant alors énergie suivant la formule de → 1 Einstein E = mc2. C’est cette transformation exponentielle qui focalise aujourd’hui l’intérêt des laboratoires : la possibilité de fabriquer et de contrôler l’antimatière ouvrirait des perspectives inédites dans le domaine énergétique. Elle reste cependant à ce jour excessivement difficile à stocker et à étudier, ainsi qu’à fabriquer. Alors qu’un gramme d’antimatière permettrait de répondre aux besoins en énergie d’une ville entière pendant vingt-quatre heures, la quantité totale d’antimatière produite en un an au CERN est si infime qu’elle ne ferait pas briller une ampoule plus de quelques secondes. Selon Christophe Galfard, « l’antimatière est bien réelle, mais nous n’en savons pas encore beaucoup à son sujet. Des questions fondamentales ont d’ailleurs émergé avec sa découverte : pourquoi le monde que nous voyons est-il fait presque exclusivement de matière et non pas d’antimatière ? Existe-t-il des galaxies lointaines où prospèrent des mondes entiers faits d’antimatière ? » [ e ] → “The discovery of antimatter is among those few extraordinary moments in the history of science, those moments when theory precedes experiment, making it possible to discover what had not even been imagined except theoretically”, underlines

→ 1 Christophe Galfard. The revelation of antimatter is due to the theoretical work of Paul Dirac, from the late 1930s on: his famous equation mathematically establishes the existence of a kind of particle close to the electron, but with an opposite electric charge, named the → positron. It was while observing cosmic rays [ → rayons cosmiques ] that antimatter was discovered experimentally in 1932, at the Pic du Midi Observatory in the Pyrénées, by the physicist Carl Anderson. Dirac’s work has been generalised, and today we know that every particle has its anti-particle, every atom its anti-atom and therefore every molecule its anti-molecule. So antimatter designates matter [ → matière ], all the particles of which seem to be replaced by the corresponding antiparticles. The prefix “anti” refers to the principal property of these elements: they annihilate the “normal” matter they correspond to immediately after making contact with it, their mass becoming energy according to → 1 Einstein’s formula, E = mc2. Today, laboratories focus their research on this exponential transformation: the possibility of creating and controlling antimatter would open unexplored perspectives in the study of energy. However it remains excessively difficult to stock and to study, as well as to create. While a gram of antimatter would be enough to meet the energy needs of a whole city for 24 hours, the total amount of antimatter produced in a year at the CERN antimatter factory in Geneva is so tiny that it is only just enough to light a bulb for a few seconds. According to Christophe Galfard, “Antimatter is therefore quite real, but we still know very little about it. Moreover, fundamental questions emerged with its discovery: why is the world we see made almost exclusively from matter, and not from antimatter? Do far-off galaxies exist where entire worlds made from antimatter flourish?” [ → Détecteurs de particules ] [ → Dirac (équation de) ]
apparition [ f ] → voir p. 33 [ e ] → see p. 33 [ → Prestidigitateur ] arc électrique

est un arc électrique de courte durée se produisant dans l’air, la foudre est quant à elle un exemple d’arc électrique de grandes dimensions. [ e ] → An electrical discharge accompanied by an intense output of light[ → lumière ] and release of heat, the electric arc jumps between two electrodes in free atmosphere or in a low-pressure gas. This phenomenon was discovered and demonstrated in 1800 by the physicist and chemist Sir Humphry Davy. Whereas an electric spark is a short-lived electric arc occurring in air, a thunderbolt is an example of a large-scale electric arc. [ → Bobine de Tesla ] [ → 3 Terren, Peter ]
architecture vernaculaire

Electric arc [ f ] → Décharge électrique accompagnée d’une émission de → lumière et d’un dégagement de chaleur intenses, l’arc électrique jaillit entre deux électrodes dans l’air libre ou dans un gaz à basse pression. Ce phénomène a été découvert et démontré en 1800 par le physicien et chimiste Sir Humphry Davy. Alors qu’une étincelle électrique

Vernacular architecture [ f ] → L’architecture vernaculaire se définit positivement comme traditionnelle et régionale. Son style et ses techniques reposent principalement sur un savoir d’expérience et sont transmis par la tradition. De ce fait, ils connaissent des évolutions lentes et progressives, principalement fonction du contexte. Elle se définit négativement par sa distance à l’égard de l’architecture savante, idéalement incarnée par l’architecture moderniste (→ 4 style international): style et techniques élaborés à partir de connaissances rationnelles ; évolution par ruptures ; indépendance à l’égard du contexte ; marque de l’architecte (→ singularité). Architectes et théoriciens de l’architecture se sont intéressés à l’architecture vernaculaire depuis les années 1960, la considérant comme modèle pour une pratique alternative de l’art de bâtir (→ 4 rudofsky, Bernard) ou comme un des répertoires de formes à la disposition des architectes (architecture post moderniste, → 4 Venturi, robert, → 4 Jencks, Charles). On trouve également des traces d’emprunts chez certains modernistes (→ 4 Le Corbusier). [ e ] → Vernacular architecture is positively defined as traditional and regional. Its style and techniques are based principally on experience-based knowledge passed down through tradition. They thus evolve and progress slowly, mainly as a function of their context. The genre is also defined negatively as remote from academic architecture, ideally embodied by modernist architecture (international style [ → 4 style international ] ): style and techniques developed from rational knowledge; evolution through ruptures; freedom from context; mark of the architect (singularity [ → singularité ] ). Architects and architectural theorists have been interested in vernacular architecture since the 1960s, considering it as model for an alternative building practice [ → 4 rudofsky, Bernard ] or as one

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arcHitectUre VernacUlaire

arcHitectUre VernacUlaire

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Apparition
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Élément essentiel du répertoire des illusionnistes au même titre que son contraire, la → disparition, qui lui est souvent associé. Au xix e siècle, → Jean-Eugène robert-houdin met au point des tours spectaculaires basés sur le principe d’apparitions en série comme Le Foulard aux surprises ou La Bouteille inépuisable. Il donne un descriptif de ce dernier dans son livre Confidences et révélations (1868) : « Je me présente en scène ayant en main une petite bouteille remplie de vin de Bordeaux. Je la vide complètement en versant son contenu dans des verres et je la rince ensuite avec un peu d’eau, en ayant soin de la bien faire égoutter. Ce préambule terminé, je m’avance au milieu des spectateurs et, tenant toujours la bouteille renversée, je leur offre d’en faire sortir toute la liqueur qu’ils pourront désirer. Ma proposition est généralement accueillie avec une grande faveur. De tous côtés des demandes me sont aussitôt faites par des gens aussi désireux de s’assurer de la réalité du tour que de la qualité des liqueurs. Ces liqueurs sont aussitôt fournies que demandées. Il n’en est aucune, spiritueuse ou aromatique, de quelque pays qu’elle puisse être, qui ne soit versée avec la plus grande libéralité. La distribution ne se termine que lorsque le spectateur, craignant de ne pouvoir consommer tout ce qui sortirait de la bouteille, et trouvant aussi que plus il ferait prolonger l’expérience, moins sa raison pourrait lui rendre des comptes, se détermine enfin à cesser ses demandes. Pour terminer ce tour d’une manière saisissante, en donnant une preuve de la libéralité inépuisable de ma bouteille, je prends un grand verre à boire pouvant contenir au moins la moitié du flacon, et je l’emplis jusqu’aux bords avec une liqueur qui m’est encore demandée. La Bouteille inépuisable a été représentée pour la première fois à mon théâtre le 1er décembre 1847. »
[f]→ [e] →

Apparition
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An essential element in the illusionist’s repertoire, just like its opposite, disappearance [ → disparition ], which is often associated with it. In the 19th century, → Jean-Eugène roberthoudin perfected spectacular tricks based on the principle of serial appearances, like Le Foulard aux surprises [ The Scarf with Surprises ] or La Bouteille inépuisable [ The Inexhaustible Bottle ]. He gives a description of the latter in his book Confidences et révélations (1868): “I appear on stage with a little bottle filled with Bordeaux wine in my hand. I empty it completely by pouring its contents into glasses, then I rinse it out with a little water, taking care to let it drain out properly. Once this preamble has been completed, I walk forward amongst the audience; still holding the bottle upside down, I offer to let them have as much as they want of whichever drink they desire. My proposal is generally received very favourably. Requests are immediately made from all sides by people as keen to make sure that the trick is real as to check the quality of the drink. These drinks are supplied as soon as they are requested. There is none, alcoholic or scented, whatever country it may come from, that is not dispensed with extreme liberality. Distribution ends when the onlooker finally makes up his mind to cease his requests, either because he fears that he will not be able to drink everything that comes out of the bottle, or because he thinks that the longer the experiment last, the less his reason will be able to account for it. To end this trick in a striking way, giving proof of the inexhaustibility of my bottle, I take a large drinking glass that can contains at least half of the bottle, and fill it to the brim with another drink I have been asked for. La Bouteille inépuisable was first presented at my theatre on December 1, 1847.”

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apparition Gravures extraites de / Prints from Jean-Eugène Robert-Houdin, Confidences et révélations (1868)

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arcHiVes

atMospHériQUes

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of the formal repertoires available to architects (postmodernist architecture, → Venturi, robert, → Jencks, Charles). Borrowed elements are also found in some modernists’ work (→ 4 Le Corbusier). [ → PErGoLa ] [ → 4 régionalisme ]
archives [ f ] → Les archives sont un ensemble de documents

rassemblés et classés. Pour qu’il y ait archives, il faut qu’il y ait à la fois rassemblement et classement, autrement dit que ces deux opérations distinctes soient coordonnées. L’opération de rassemblement nécessite une procédure de collecte et un espace de stockage. De son côté, l’opération de classement nécessite une procédure d’organisation, un système de repérage, des dispositifs de recherche et d’accès aux documents. L’archivistique est la science des archives. Les manuels d’archivistique enseignent que tout document passe par trois âges d’archives successifs : les archives courantes lorsque le document est actif, les archives intermédiaires lorsqu’il devient semiactif et les archives définitives dès lors qu’il est inactif. Le type de support joue un rôle essentiel dans la réalisation matérielle de l’archivage. Les documents en papier nécessitent des étagères et des allées. Les documents numériques nécessitent quant à eux des serveurs, des disques durs et des logiciels de navigation. L’accroissement exponentiel du volume des archives dans le monde peut parfois provoquer un sentiment de malaise de type kafkaïen. Les archives ne sont pas le seul archétype de rassemblement et de classement coordonnés d’objets. Les collections et les bibliothèques constituent d’autres exemples. D’une certaine manière, la mémoire humaine, avec son architecture de milliards de neurones interconnectés, ses synapses, ses influx nerveux et ses courbes de l’oubli, peut être comparée à des archives. [ e ] → Archives are a set of documents that have been put together and categorized. For archives to exist, there has to be both assembly and categorization, in other words these two distinct operations must be coordinated. The assembly operation requires a collecting procedure and a space for storage, while the categorization operation requires an organizing procedure, a tracking system, and arrangements making it possible to research and access documents. Archival management is the science of archives. Archival management textbooks tell us that every document passes through three successive archival ages: current archives while the document is active, intermediate archives when it becomes semi-active, and final archives once it is

inactive. The type of medium plays a crucial role in the material implementation of archiving. Paper documents requires shelves and aisles, whereas digital documents require servers, hard disks and navigation software. The exponential growth in the volume of archives throughout the world can sometimes give rise to a feeling of almost Kafkaesque uneasiness. Archives are not the only archetype for the coordinated gathering and categorization of objects. Collections and libraries are further examples. In a way, human memory, with its structure of billions of interconnected neurons, its synapses, its nerve impulses, and its forgetting curves, can be compared to archives. [ → Mémoire ]
arMes sonores

Sonic weapons [ f ] → Les armes sonores sont des armes de divers types qui utilisent le son ou les ultrasons pour blesser, mettre hors de combat, ou même tuer son adversaire. Un certain nombre de ces armes sont aujourd’hui en accès limité ou uniquement utilisées dans la recherche et le développement par les militaires ou les forces de police. D’autres n’existent que dans le domaine de la → sciencefiction. Ont ainsi été inventés les balles sonores, les grenades sonores, les mines sonores, les canons sonores ou encore les tanks sonores. Quoique beaucoup d’armes utilisant le son ou l’ultrason soient aujourd’hui décrites comme non-létales, elles peuvent tuer sous certaines conditions. [ e ] → Sonic and ultrasonic weapons (USW ) are weapons of various types that use sound to injure, incapacitate, or kill an opponent. Some sonic weapons are currently in limited use or in research and development by military and police forces. Others exist only in the realm of science fiction [ → science-fiction ]. Some of these weapons have been described as sonic bullets, sonic grenades, sonic mines, or sonic cannons. Some make a focused beam of sound or ultrasound; some make an area field of sound. Although many real sonic and ultrasonic weapons are described as “nonlethal,” they can still kill under certain conditions. [ → avraamov, arseny ] [ → 2 Jeudis de SuPErDoME (Les) ]
atMosphériques

arcs électriques dans le ciel / Electric arcs in the sky.

Photo DR

aurores boréales / Aurora borealis. Photo DR

arcs électriques symétriques / Symmetrical discharges of electricity. Laboratoire de Nikola Tesla à Colorado Springs / Nikola Tesla’s laboratory in Colorado Springs, 1899. (MNT, VI/II 92 ; Nikola Tesla Museum; Belgrade)

Atmospherics [ f ] → Perturbations électromagnétiques (→ basse fréquence). Ils sont provoqués par les décharges électriques orageuses, qui sont les sources naturelles les plus importantes de perturbations dans tout le spectre des ondes hertziennes. Les atmosphériques

→  arseny avraamov en 1923 / in 1923

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aUrore Boréale

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se manifestent sous la forme de claquements brefs (quelques dizaines de millisecondes) ou de crachements lorsque l’éclair a été complexe. C’est vers les fréquences basses et très basses qu’on observe les niveaux les plus élevés de parasites. Outre les atmosphériques classiques, apparaissent dans la gamme des très basses fréquences des parasites d’un genre tout à fait différent, de plus longue durée et à la tonalité musicale. Le premier type appelé « tweek » est un atmosphérique musical relativement court dont la durée est de l’ordre de 20 millisecondes. Sa forme d’onde est caractérisée par une oscillation amortie qui suit une impulsion brève. Les tweeks sont produits par les divers échos d’un atmosphérique formés par réflexions successives sur la terre et la basse → ionosphère et s’observent principalement au lever et au coucher du soleil. Le second type d’atmosphérique appelé « siffleur » consiste, sous sa forme la plus courante, en un sifflement dont la hauteur décroît depuis des fréquences inaudibles, rapidement tout d’abord, puis plus lentement. Le parasite balaie ainsi plusieurs octaves en l’espace d’une ou deux secondes. Les autres types de parasites basse fréquence sont plus rares et liés à une forte activité magnétique : souffle continu, « siffleurs » ascendants à évolution rapide, « chœur de l’aube » ou dawn chorus formé de sifflements de hauteurs croissantes sur un fond continu de bruits semblables à des gazouillis qui se produisent au lever du soleil, principalement lors → d’orages magnétiques. Lorsque ce dernier type de phénomène apparaît à l’occasion → d’aurores boréales, il est appelé auroral chorus. [ e ] → Low frequency [ → basse fréquence ] electromagnetic disturbances. They are provoked by stormy electric discharges that are the major natural sources of disturbances throughout the spectrum of Hertzian waves. They show up in the form of brief clicks (a few tenths of milliseconds) or splatters when the originating flash of lightning was complex. It is towards low and very low frequencies that the highest levels of interference can be observed. In addition to classic atmospherics, interference of a completely different kind, longer-lasting and musical in tone, occurs in the very low frequency range. The first, referred to as “tweek,” is a relatively short musical type or atmospherics with a duration of around 20 milliseconds. The wave shape is characterized by a damped oscillation which follows a short impulse. Tweeks are produced by the various echoes of atmospherics formed by successive reflections on the earth and the low ionosphere, and are mainly observed at sunrise or sunset. The second type of atmospherics, known as “whistlers,” consists in its

most current form of whistling sounds, the pitch of which decreases from inaudible frequencies, quickly to start, then more slowly. Thus the interference sweeps down several octaves in just one or two seconds. The other kinds of low frequency interference are rarer, and are associated with strong magnetic activity: a continuous murmur, or rising, rapidly developing “whistlers”, or a “dawn chorus” formed of whistling of increasing intensity levels against a continuous background of noises resembling the twittering that occurs at sunrise, mainly when magnetic storms [ → orage magnétique ] occur. When this last type of phenomenon coincides with the aurora borealis [ → aurore boréale ], it is called an “auroral chorus”. [ → arc électrique ] [ → ondes électromagnétiques ]
aurore boréale

Aurora borealis [ f ] → Phénomène polaire, dit du « clair-obscur », l’aurore boréale (plus exactement appelée aurore boréale dans l’hémisphère nord et aurore australe dans l’hémisphère sud) était déjà observée dans la Grèce antique. « Déchirures du ciel nocturne, derrière lesquelles on voit des flammes » selon Aristote, Goethe voyait quant à lui en ces turbulences « le courant ascendant de la → lumière de nuit ». C’est au début du xxe siècle que les mécanismes à l’origine des aurores boréales sont mis en évidence par le physicien → 3 Kristian Birkeland au moyen d’une série d’expériences réalisées avec la → Terrella. Grâce à l’exploration spatiale, l’existence des → vents solaires, postulée par Birkeland, a été prouvée. L’astrophysicien → 3 François Forme précise sur ce point que, nocives pour les êtres humains, les particules qui composent ces vents sont déviées de leur trajectoire par le champ magnétique terrestre. Quelques-unes arrivent toutefois à traverser ce bouclier pour rester dans l’environnement lointain de la Terre. Pour des raisons encore en partie inexpliquées, elles se trouvent être projetées vers l’atmosphère. En entrant dans celle-ci, ces particules excitent les atomes à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. En se désexcitant, les atomes émettent de la lumière : l’aurore boréale. [ e ] → A so-called “chiaroscuro” polar phenomenon, the aurora borealis (more correctly called the aurora borealis in the northern hemisphere and the aurora australis in the southern hemisphere) had already been observed in ancient Greece. “Rents in the night sky behind which flames are seen,” in the words of Aristotle, while Goethe described these incidents of turbulence as the “rising cur-

rent of nocturnal light [ → lumière ]”. It was at the beginning of the 20th century that the mechanisms underlying the aurora borealis were revealed by the physicist → 3 Kristian Birkeland by means of a series of experiments carried out with the → Terrella. We now know, with space exploration, that the Sun constantly emits electrons and protons which sweep across the planets in the solar system like a solar wind [ → vent solaire ]. In this connection, the astrophysicist → 3 François Forme makes it clear that these particles, which would be harmful to human beings, are diverted from their trajectory by the earth’s magnetic field. A few nonetheless manage to cross this shield to remain in the Earth’s remote environment. For reasons that are still partly unexplained, these are projected towards the atmosphere. Once these particles penetrate it, they energize the atoms a few hundred kilometres above our heads. As they de-energize, the atoms emit light: the aurora borealis. [ → aurore noire ] [ → h.a.a.r.P. ]
aurore noire

a source of heat. The reality of the phenomenon is rejected almost unanimously by the scientific community, and until there is proof of the contrary, spontaneous combustion falls into the field of the paranormal. Nevertheless certain theories consider the electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ] emitted by mobile phone masts [ → antenne relais ] as a source of physical problems such as auto-combustion. [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → Pollution électromagnétique ]
avatar [ f ] → Dans la religion hindoue, le mot avatar (avâtara

Black aurora [ f ] → L’aurore noire est une notion très récente en géophysique externe. Il s’agit d’une sorte d’impression en négatif d’une → aurore boréale qui a les mêmes comportements et morphologie, mais qui n’émet aucune → lumière. [ e ] → The black aurora is a very recent notion of exogeophysics. It is a sort of negative impression of an aurora borealis [ → aurore boréale ] that has the same behaviour and morphology, but emits no light [ → lumière ]. [ → 3 Birkeland, Kristian ]
autocoMbustion

Auto-combustion [ f ] → Aussi appelé « combustion humaine » ou « combustion spontanée », ce phénomène se caractérise par la combustion inexpliquée de parties du corps qui s’enflamment sans contact avec une source de chaleur. La réalité du phénomène est rejetée quasiunanimement par la communauté scientifique, et la combustion spontanée relève jusqu’à preuve du contraire du domaine du paranormal. Cependant certaines théories voient dans les → ondes électromagnétiques émises par les → antennes relais une source de troubles physiques tels que l’autocombustion. [ e ] → This phenomenon, also referred to as “human combustion” or “spontaneous combustion,” is typified by the unexplained combustion of parts of the body which catch fire without any contact with

en sanskrit) désigne chacune des dix incarnations de Vishnou : le poisson, la tortue, le sanglier, l’homme-lion, le nain, Parashurama, Râma, Krishna, Bouddha et Kalkî. Exprimant par extension les formes diverses d’une même chose et d’une même personne, le terme avatar est par exemple utilisé pour désigner un personnage représentant un utilisateur sur Internet et dans des → jeux vidéo. Prolongement de la personne réelle dans l’espace virtuel, double imaginaire conçu suivant les seuls désirs de son utilisateur, l’avatar peut se transformer en vecteur de construction identitaire, jusqu’à contaminer la personne réelle, comme dans le cas des furries auxquels → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita ont consacré un → 4 documentaire présenté dans les → 3 Modules du Palais de Tokyo en 2009. [ e ] → In the Hindu religion, the word avatar (avâtara in Sanskrit) describes each of the ten incarnations of Vishnu: the fish, the turtle, the wild boar, the man-lion, the dwarf, Parashurama, Ram, Krishna, Buddha, and Kalki. The term avatar is stretched to refer to the different forms of one and the same thing or person, and is used for example to designate a character representing a user on the Internet and in video games. An extension of the real person into virtual space, an imaginary double dreamt up according solely to the wishes of its user, the avatar can be transformed into a vector of the construction of identity, going so far as to contaminate the real individual, as in the case of the “furries” to which → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita devoted a documentary [ → 4 documentaire ] presented in the Palais de Tokyo [ → 3 Modules ] in 2009. [ → 4 Dezoteux, Bertrand ]
avraaMov, arseny [ f ] → 1886–1944. Compositeur russe et créateur

de la toute première bande-son artificielle. Il fut un des plus audacieux de son temps, quoique sa

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biographie reste quelque peu énigmatique et que ses propres récits varient selon les destinataires et les occasions. Avraamov faisait partie de la division cosaque quand il fut arrêté en 1912 et emprisonné pour propagande. Après s’être évadé de prison, il s’installa en Norvège. Il appartenait alors simultanément à la direction éditoriale des principaux magazines de musique russes Muzika, Muzikalni Sovremennik, Zaveti et Letopis. Dans une série d’articles publiés de 1911 à 1916, il développa la théorie de la musique microtonale « ultrachromatique » et inventa les instruments propres à son interprétation. Avraamov proposa, peu après la révolution d’Octobre, au commissaire à l’éducation Anatole Lunacharsky de brûler tous les pianos – symboles de l’octave divisée en douze tons, cette gamme bien tempérée qu’il accusait d’avoir un effet néfaste sur l’oreille humaine depuis des siècles. Dès 1916, dans son article « La science musicale future et la nouvelle ère de l’histoire de la musique », Avraamov annonçait et détaillait différentes approches du son synthétisé, dont certaines des techniques de modélisation physique les plus récentes. Durant les années 1910 et 1920, il travailla avec des pianos « préparés », des harmoniums et diverses sources de bruit ainsi qu’avec un orchestre symphonique, afin d’expérimenter des approches nouvelles d’organisation sonore, très proches des techniques récentes de musique électroacoustique et spectrale. En 1925, prédisant l’avenir de la technologie musicale, Avraamov insistait sur l’importance du développement des « instruments de musique radio ». Dans le cadre du → 2 GiMn , il lança ainsi un projet intitulé « → 2 acoustique topographique ». Il proposait de construire des systèmes électro acoustiques, embarqués sur des aéroplanes et suffisamment puissants pour pouvoir couvrir de son d’immenses territoires. Certains de ses projets exploraient de nouveaux genres musicaux spécifiquement conçus pour les milieux urbains et présentés au sein même de cet environnement. La → 2 Symphonie des sirènes, inspirée par la poésie → 2 d’alexeï Gastev, était par exemple l’un de ces projets. Comme le soulignent → 2 andreï Smirnov & Lubov Pchelkina, cette grande performance réalisée en plein air avec des sifflements d’usines, des cornes de brume, des feux d’artillerie et d’autres bruits de machines, fut interprétée pour la première fois dans la ville portuaire de Baku en 1922, lors des célébrations du cinquième anniversaire de la révolution. [ e ] → 1886–1944. A Russian composer and creator of the first ever artificial soundtrack. He was one of the most adventurous people of his time. His biography is somewhat enigmatic—even his own

accounts vary depending on their intended goal and audience. In 1912, whilst in the Cossack military division, he was arrested and imprisoned for propaganda. After escaping from prison he moved to Norway. He was also on the editorial boards of the main Russian music magazines Muzika, Muzikalni Sovremennik, Zaveti, and Letopis. In a series of articles from 1911 to 1916 he developed the theory of microtonal “Ultrachromatic” music and invented special instruments to perform it. Shortly after the October Revolution Avraamov proposed to the Commissar of Education, Anatoly Lunacharsky, a project to burn all pianos—symbols of the despised twelve-tone, octave-based welltempered scale, which he believed had adversely affected human hearing for several hundred years. As early as 1916, in the article “Upcoming Science of Music and the New Era in the History of Music,” Avraamov predicted and explained different approaches to synthesize sound, including some of today’s latest techniques of physical modelling. During the 1910s and 1920s he experimented with “prepared” pianos, harmoniums and various noise sources as well as a symphony orchestra to develop new approaches to organizing sound that are very similar to recent techniques of electroacoustic and spectral music. In 1925, predicting the future of music technology Avraamov emphasized the importance of developing “Radio-Musical Instruments”. Working on the draft program of → 2 GiMn , proposed a project named “Topographical Acoustics [ → 2 acoustique topographique ].” He suggested building powerful electroacoustic systems that could be installed on aeroplanes, from which vast areas of land could be covered with sound. Some of his projects explored new genres of music devised specifically for urban contexts and presented around the built environment. As → 2 andrei Smirnov & Lubov Pchelkina point out, one such project by Avraamov (inspired by the poetry of → 2 alexei Gastev is the Symphony of Sirens [ → 2 Symphonie des sirènes ] — a large-scale open-air performance of factory whistles, foghorns, artillery fire and all manner of machinemade noises first staged in the port town of Baku in 1922 in celebration of the fifth anniversary of the revolution. [ → 2 Jeudis de D’unE réVoLuTion À
L’auTrE (Les) ] [ → 2 Son Z ]

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BackWard MessaGes

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backward MessaGes [ f ] → Propos potentiellement subversifs dissimulés

dans les enregistrements qui ne révélent leur sens qu’en écoutant ceux-ci à l’envers, et dont la pratique a partout suscité légendes, craintes et paniques ; aux États-Unis, où → l’hystérie religieuse peut prendre des proportions fabuleuses et presque poétiques, elle a de surcroît provoqué les foudres des prêtres. Comme le remarque → 1 Pacôme Thiellement, tout usage de bande diffusée à l’envers constitue alors une preuve du → satanisme des musiciens de rock ; ce qui est à la fois compréhensible et curieux, car cela signifie qu’en dernière instance, le diable serait Dieu à l’envers, conception plus courante dans la symbolique occultiste que dans la théologie ellemême. Le fantasme du backward message repose sur l’idée selon laquelle une parole prononcée à l’envers traverse la conscience pour atteindre directement le subconscient et orienter ensuite la perception et les actions du suppôt. Un prêtre comme Gary Greenwald, par exemple, défend l’idée que les messages diffusés à l’envers dans des morceaux pop entraînent de facto la consommation de drogues et la pratique de la bisexualité. Il existe même des lois dans l’Arkansas et en Californie qui demandent que les disques pratiquant le → 1 backmasking possèdent un label spécial, une indication prévenant que « dans cet album, certaines paroles sont diffusées à l’envers ». En 1985, deux professeurs d’université en psychologie, John R. Vokey et J. Don Read ont voulu étudier le comportement d’auditeurs sujets à l’écoute de messages diffusés à l’envers, utilisant entre autres le psaume 23 de la Bible et Another One Bites the Dust de Queen, morceau réputé contenir le backward message « It’s fun to smoke marijuana » : ils conclurent à leur absence d’effet. Plusieurs affaires ont cependant continué à populariser le mythe : en 1985, Judas Priest a été poursuivi dans le cadre d’une enquête sur le pacte de suicide de deux écoliers du Nevada. L’un des deux garçons, ayant survécu au suicide, avait affirmé que Stained Glass, un des albums du groupe de heavy metal, contenait des messages cachés ayant entraîné leur geste, comme les mots « Do it » (Fais le), perceptibles quand on diffusait le disque à l’envers. Judas Priest gagna le procès, après une investigation menée sur le contexte sociologique des enfants. En 1988, lors de son procès, le serial killer Richard Ramirez déclara quant à lui que la chanson de AC/DC Night Prowler, présente sur l’album Highway to Hell, lui avait inspiré ses meurtres. Ce à quoi Angus Young répondit simplement : « Vous n’avez pas besoin de passer le disque à l’envers parce que ces paroles ne sont

pas cachées. On a appelé notre disque Highway to Hell, tout cela est en face de vous. » [ e ] → Potentially subversive messages dissimulated in recordings, which are revealed when the tape is listened to backwards. This practice has led to widespread legends, fear and panic; in the United States, where religious hysteria [ → hystérie ] can assume fantastic, almost poetic proportions, it also provoked the wrath of priests. As → 1 Pacôme Thiellement observes, the virtual presence of backward messages in music is proof of the Satanism of rock musicians. This is both understandable and strange, for it implies that in the final analysis the devil is God backwards, an idea that has often featured in occultist symbolism, but seldom in theology as such, where the devil is a deprivation of God, not his inversion. The general idea was that words spoken backwards passed through the conscious mind to reach the subconscious directly and would then influence the perception and actions of the subject. A priest like Gary Greenwald for example defended the idea that messages broadcast back to front in pop songs led de facto to the taking of drugs and bisexual practices. In Arkansas and California there were even laws requiring records featuring → 1 backmasking to have a special sticker, a warning that “in this album, some words are recorded backwards”. In 1985, two university lecturers in psychology, John R. Vokey and J. Don Read, carried out a study using texts including Psalm 23 from the Bible and Another One Bites the Dust by Queen (backwards the words may possibly produce: “It’s fun to smoke marijuana”) to study people’s behaviour after they had listened to messages played backwards. Their conclusion was that, even when use was made of subliminal messages by means of backmasking, they failed to have any apparent effect on the subjects. Two further examples: in 1985, the Judas Priest group was prosecuted on account of a joint suicide pact by two Nevada schoolboys. One of them survived his attempted suicide and stated that a 1978 Judas Priest album contained hidden messages: the words “Do it” could be heard when the record was played backwards, and the letters S, U and I could be read on the sleeve, a reference to suicide. Of course Judas Priest won the case after an inquiry into the children’s sociological background. At his trial in 1988, the serial killer Richard Ramirez in turn claimed that the song Night Prowler by AC/ DC on the album Highway to Hell had inspired his murders. David John Oates stated that there were messages concealed within the same record if you listened to it backwards: “I’m the Law”, “My name is Lucifer” and “She belongs in Hell.” But Angus

Young simply answered: “You don’t need to play the record backwards because those words aren’t hidden. We called our record ‘Highway to Hell’, it’s all there in front of you.” [ → 1 ajemian, Lucas & Jason ] [ → 1 Jeudis de π, nouVELLES Du MonDE
rEnVErSé (L es) ] [ → 1 Led Zeppelin ]

baGuette

Wand [ f ] → La baguette est un accessoire emblématique des → prestidigitateurs. Il est rare de voir ces derniers se produire sur scène sans une élégante baguette entre les mains. Il en existe de différentes tailles et de différentes matières. Généralement, elles sont en ébène avec des bouts en ivoire et mesurent une quarantaine de centimètres environ. En recourant à cet accessoire, les prestidigitateurs font ironiquement référence aux pratiques des sorciers et des magiciens, dont l’arsenal comprend quantité d’objets magiques comme le grimoire, le chaudron, le miroir ou le tapis. Au chant X de l’Odyssée, la magicienne Circé, experte en métamorphoses, transforme les compagnons d’Ulysse en pourceaux en les frappant d’une baguette après leur avoir fait boire un breuvage. Dans certains de ses contes, comme La Belle au bois dormant ou Cendrillon, Charles Perrault confie une baguette à ses fées. Chez les sorciers et les fées, la baguette sert à frapper, mais aussi à brasser des potions ou à tracer des formes magiques sur des surfaces comme le sable ou l’eau. Chez les prestidigitateurs, elle sert parfois à masquer un objet caché dans la main qui la tient. Elle donne de la tenue et peut contribuer à détourner l’attention. Pour souligner la dimension ironique de l’usage de la baguette par les prestidigitateurs, → Jean-Eugène robert-houdin affirme dans son livre Confidences et révélations (1868) : « L’arbre où se cueille cette baguette magique qui enfantait mes prétendus prodiges n’est autre qu’un travail opiniâtre, persévérant et longtemps arrosé de mes sueurs. » [ e ] → The wand is an emblematic accessory of the magician [ → prestidigitateur ] . We seldom see magicians performing on stage without an elegant wand in their hands. They come in different sizes and are made from different materials, usually ebony with ivory tips, and are about 40 centimeters long. In resorting to this accessory, magicians are making an ironic reference to the practices of sorcerers and earlier magicians whose arsenal included a great number of magic props like books of magic spells, cauldrons, mirrors, or carpets. In canto X of The Odyssey, the sorcerress Circe, a master of

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BiG crUncH clock

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metamorphoses, transforms Ulysses’ companions into swine by striking them with a wand after making them drink a special brew. In some of his tales, such as Sleeping Beauty or Cinderella, Charles Perrault gives his fairies a wand. In the case of sorcerers and fairies, the wand is used to strike, but also to stir potions or draw magic shapes on surfaces such as sand or water. In the case of magicians and conjurers, it is sometimes used to mask an object concealed in the hand holding it. It adds to the tone and can help distract the audience’s attention. To underline the ironic dimension of the use of a wand by magicians and conjurers, → Jean-Eugène robert-houdin states in his book Confidences et révélations (1868) : “The tree from which the magic wand that gave rise to my supposed wonders was plucked was nothing other than dogged, persevering work, long watered by my sweat.”
baron [ f ] → Dans le jargon de l’illusionnisme, un baron est un complice du → prestidigitateur placé dans le

(or LF) correspond to the part of the radio-electric spectrum lying between 30 kHz and 300 kHz (wavelength 10 km to 1 km). The band extending from 3 kHz to 30 kHz (wavelength 100 km to 10 km) contains very low frequency (or VLF ) waves. [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → h.a.a.r.P. ] [ → Spectre électromagnétique ]
baydan shoes [ f ] → Le 14 décembre 2008 fut un jour heureux pour Ramazan Baydan, fabricant de → 4 chaussures à

béréZina (bataille de)

Berezina (Battle of) [ f ] → Du 26 au 29 novembre 1812. Elle opposa les armées de Napoléon Ier aux armées russes près de la rivière Bérézina, aux alentours de la ville de Borissov, dans l’actuelle Biélorussie. Dans le langage courant, bérézina est synonyme de déroute. [ e ] → November 26 to 29, 1812. The Russian victory over the retreating French army of Napoleon I near the Berezina River, outside the town of Borissov, in what is now Belarus. In French, berezina has become a synonym for disaster. [ → 3 ChaSinG naPoLEon ]
bibliothèque de unaboMber (la) (une sélection)

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Cornelius Tacitus, The Histories (1965) Herodotus, The Histories Nora Chadwick, The Celts (1982) Fjodor Michailowitsch Dostojewski, The Brothers Karamazov (1993) — Frederick W. Mote, Intellectual Foundations of China (1988) [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [→ 2 Dora Winter ] [ → Kaczynski, Theodore ] [→ unabomber ]
bicaMéral (cerveau)

public et participant secrètement à la réalisation de certains tours. On emploie également le terme de « compère ». [ e ] → In French conjuring jargon, a “baron” is a shill or stooge acting as the magician’s [ → prestidigitateur ] accomplice, planted in the audience and secretly participating in the execution of certain tricks. The term compère [ confederate ] is also used.
barre de fraction

Fraction line [f ] → « Le rapport a/b est tout entier non pas dans un nombre c tel que a/b = c, mais dans le signe / qui sépare a et b », disait → Marcel Duchamp. [e ] → “The result of the fraction a/b is not a whole number in the number c such as a/b = c, but in the sign / separating a and b,” said → Marcel Duchamp. [ → 1 Jeudis de π, nouVELLES Du MonDE rEnVErSé (L es) ]

basse fréquence

Low Frequency [ f ] → Le spectre des → ondes électromagnétiques est divisé en plusieurs plages de fréquences. Les basses fréquences (ou BF) correspondent à la partie du spectre radioélectrique comprise entre 30 kHz et 300 kHz (longueur d’onde de 10 km à 1 km). La bande qui s’étend de 3 kHz à 30 kHz (100 km à 10 km de longueur d’onde) concerne les ondes très basses fréquences (ou TBF ). [ e ] → The spectrum of electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ] is divided into several frequency ranges. The low frequencies

Istanbul. Quand il vit le jeune journaliste irakien → 4 Muntazer al-Zaidi jeter ses chaussures au visage du président américain → 4 George W. Bush en signe de protestation contre l’occupation militaire de son pays, il y reconnut un modèle fabriqué par son entreprise. « Nous produisons ce modèle, que j’ai dessiné moi-même, depuis dix ans, je ne pouvais en aucune façon les manquer », déclarait-il. Bien que la véracité des déclarations de M. Baydan ne puisse être vérifiée et que de nombreux autres fabricants aient revendiqué la paternité du modèle, les commandes ont immédiatement afflué, faisant exploser la production de la Ducati Model 271 rebaptisée pour l’occasion « The Bush Shoe ». Quinze mille paires auraient été produites à destination du marché irakien, moins d’une semaine après l’événement. Cette opportunité commerciale inattendue faisait remarquer au directeur général de Baydan Shoes, Serkan Turk : « M. Bush a apporté du bon à l’économie avant son départ. » [ e ] → December 14, 2008, was a lucky day for Ramazan Baydan, a shoe manufacturer based in Istanbul. When he saw the young Iraqi journalist → 4 Muntazer al-Zaidi throw his shoes [ → 4 chaussures ] at the American president → 4 George W. Bush in protest against the military occupation of his country, he recognized them as one of his company’s models. “For ten years, we have been producing this model, which I designed myself. So there was no way I could have missed them,” he said. Despite the fact that Mr. Baydan’s claims cannot be confirmed and that many other manufacturers have claimed paternity for the model, orders have been pouring in and the production rate of the Ducati Model 271, renamed for the occasion “The Bush Shoe,” has exploded. Fifteen thousand pairs are said to have been manufactured for the Iraqi market, in less than a week after the incident. This unexpected sales opportunity prompted Baydan Shoes’ general director, Serkan Turk, to comment: “Mr. Bush did good things for the economy before his departure.”

Unabomber’s Book Collection (a selection) — T. L. Jarman, Short History of 20th Century England 1868–1962 (1963) — Skeptical Inquirer Magazine, vol. 3 #3 (1979), vol. 4 #2 (1979) & vol. 14 #2 (1995) — Euell Gibbons, Stalking the Wild Asparagus (1962) — Glen R. Johnson, Tracking Dog (1977) — Christine Heller, Wild Edible and Poisonous Plants of Alaska (1976) — John Womack, Zapata and the Mexican Revolution (1970) — Zander H. Klawans, Reading and Dating Roman Imperial Coins (1959) — A. T. Vassilyev, The Ochrana, The Russian Secret Police (1930) — Beatrice Becker, Napoleon Buonaparte Builder or Wrecker (1967) — Livy, Roman History, Books I and II — Arthur P. Whitaker, Latin America and the Enlightenment (1961) — Galina Stilman, Introductory Russian Grammar I.C.S. Reference Library #1: Mathematics Mechanics Electricity and Magnetism Heat and Steam I.C.S Reference Library Link Mechanisms (1918) — Esbozo de una nueva gramatica de la lengua Espanola, Real Academia Española (Comisión de Gramática) (1974) — William Lemkin, Graphics Survey of Chemistry (1954) — Clemens Niemi, A Finnish Grammar (1945) — David Riesman, Abundance for what? (1964) — Hugh Davis Graham, History of Violence in America (1970) — Arthur J. May, Age of Metternich, 1814–1848 (1963) — Torcuato S. Di Tella, Gino Germani, Jorge Graciarena, Argentina, Sociedad de Masas (1965) — Frances Theodora Parsons, How to Know the Wild Flowers (1926)

Bicameral Brain [ f ] → Le concept du cerveau bicaméral est une théorie développée par Julian Jaynes, aujourd’hui encore très controversée, selon laquelle les fonctions cognitives de l’homme auraient été divisées entre une partie du cerveau qui « donnait les ordres » et une autre partie qui « écoutait et obéissait ». Les expériences stockées dans l’hémisphère droit étaient transmises à l’hémisphère gauche par des hallucinations auditives. Ce modèle mental avait été remplacé, il y a 3 000 ans seulement, par un mode conscient de pensée fondé sur un usage métaphorique du langage. Selon Julian Jaynes, la conscience humaine serait donc relativement récente et toujours en train de se développer. [ e ] → The concept of the bicameral brain is a theory developed by Julian Jaynes, still very controversial today, according to which human cognitive functions have been divided between one part of the brain which “gives orders” and another part that “listens and obeys”. The experiences stored in the right hemisphere are transmitted to the left hemisphere by auditory hallucinations. This model of the mind was replaced just 3,000 years ago by a conscious method of thinking based on a metaphorical use of language. According to Julian Jaynes, human consciousness is therefore relatively recent and still in the process of developing. [ → 2 LaST ManoEuVrES in ThE DarK ]
biG crunch clock [ f ] → Œuvre installée sur le fronton du Palais de Tokyo, Big Crunch Clock (1999) de → 2 Gianni Motti effectue le décompte des cinq milliards

d’années qui nous séparent de l’explosion du soleil.
[ e ] → Work of art installed at the Palais de

Tokyo entrance, Big Crunch Clock (1999) by → 2 Gianni Motti displays the countdown of the 5,000,000,000 years that separate us from the explosion of the sun.

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BiG crUncH clock

BraGdon

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bobine de tesla

Tesla coil [ f ] → Transformateur à air inventé par → nikola Tesla, la bobine de Tesla est composée de bobines primaires et secondaires réglées sur la résonance. Elle permet de convertir à hautes fréquences des courants élevés de tensions relativement faibles en courant faible de hautes tensions. Ce résonateur à haute fréquence sert en tant que dispositif de production de hautes tensions, toujours utilisé de nos jours sous une forme ou une autre dans tout récepteur radio ou poste de télévision. [ e ] → An air-core transformer invented by → nikola Tesla, the Tesla coil is constituted of primary and secondary coils tuned to resonate. At high frequencies it allows the conversion of high, relatively weak-tension currents into weak high-tension currents. This high-frequency resonator serves as a device for the production of high tensions, and is still used today in one form or another in all radio receivers or television sets. [ → arc électrique ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → 3 Terren, Peter ] [ → Tesla coilers ]
boniMent

or a description. “Boniment” is simply the fable intended to give every conjuring trick the appearance of truth.” (→ Jean-Eugène robert-houdin, Confidences et révélations, 1868)
braGdon, claude fayette [ f ] → 1866 –1946. Architecte américain. Selon → 3 Paul Laffoley, son père, adepte du premier « New Age »,

Bobines de Tesla / Tesla coils. Photo DR

Bobines de Tesla Nikola Tesla et les arcs électriques produits par un gigantesque résonateur à haute fréquence dans son laboratoire de Colorado Springs / Nikola Tesla and the electric discharges produced by a huge high-frequency coil at his laboratory in Colorado Springs, 1899. (MNT, VI/II, 255 ; Nikola Tesla Museum, Belgrade)

→ Claude Fayette Bragdon, A Primer of Higher Space. Copyright Department of Rare Books and Special Collections, University of Rochester Libraries, Rochester

Patter [ f ] → En illusionnisme, un boniment est un effet oratoire savamment préparé qui accompagne la réalisation d’un tour dans l’idée de mettre en valeur celui-ci, mais aussi et surtout de manipuler l’attention du public. La maîtrise du boniment implique pour l’illusionniste le développement d’une virtuosité verbale digne des meilleurs comédiens. « Ce mot, tiré du vocabulaire des anciens escamoteurs, n’a pas d’équivalent dans la langue française. Comment, en effet, exprimer ce que l’on dit en exécutant un tour ? Ce n’est pas un discours, encore moins un sermon, une narration, une description. Le boniment est tout simplement la fable destinée à donner à chaque tour d’escamotage l’apparence de la vérité. » (→ Jean-Eugène roberthoudin, Confidences et révélations, 1868) [ e ] → In illusionism, “boniment” is a skilfully prepared patter that is delivered while executing a trick, with the idea of showing it off to best advantage, while also and mainly manipulating the audience’s attention. The clever use of patter meant the illusionist had to develop a verbal virtuosity worthy of the finest comedians. “This word, taken from the vocabulary of former conjurers, has no equivalent in the French language. Indeed, how can we express what is being said while executing a trick? It is not a speech, still less a sermon, a narrative,

influença son parcours. De son intérêt pour les transcendentalistes de Nouvelle-Angleterre, George Chandler Bragdon en vint à fonder la Genesee River Lodge de la toute récente Société théosophique de Rochester, dans l’État de New York. Claude Bragdon resta dans l’ombre de son père et de toutes les grandes stars du New Age qu’il rencontra au cours de sa vie, vivant une sorte de vie occulte « de l’ombre » au profit d’individus comme Krishnamurti. Il travailla pour le célèbre architecte de style bardeaux, Bruce Price à Tuxedo Park (New York). Il commença à écrire des textes sur la quatrième dimension, comme A Primer of Higher Space. La vie de Bragdon se poursuivit ainsi jusqu’à son deuxième mariage. Le 13 juillet 1912, il épousa Eugénie Julier Macauley, médium spirite et amour de sa vie, dont le guide spirituel s’appelait l’Oracle. Elle mourut à la fin de l’automne 1920, mais avant de « passer de l’autre côté », elle convainquit son époux de devenir littéralement une ombre et lui expliqua comment procéder. Elle était souvent en contact avec l’esprit → 3 d’imhotep, l’architecte du pharaon Zoser de la troisième dynastie de l’Égypte ancienne. Selon Paul Laffoley, les informations qu’elle recevait d’Imhotep incitèrent Bragdon, tout en le confortant, à se lancer dans ce qu’Eugénie nommait The Shadow Project [Le Projet ombre]. Ce projet visait à tester l’hypothèse suivante : s’il existe des moyens par lesquels la conscience peut dépasser les limites de la masse inerte du corps physique pour atteindre des « dimensions supérieures » de l’esprit, il doit être également possible de pénétrer dans des « dimensions inférieures », comme la deuxième dimension de la spatialité (un univers dimensionnel trivial) et de devenir une ombre vivante. [ e ] → 1866 –1946. An American architect. According to → 3 Paul Laffoley, Bragdon’s father had influenced his direction in life by being part of the first “New Age”. George Chandler Bragdon moved from an interest in the New England Transcendentalists to becoming the founder of the Genesee River Lodge of the then nascent Theosophical Society in Rochester, New York. Claude Bargdon, however, remained in the background of his father and all the big stars of “New Age” that he met during his life, living a kind of occult “shadow” life for the

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BraGdon

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benefit of people like Krishnamurti. As an architect he worked for the famous shingle style architect, Bruce Price, in Tuxedo Park, New York. He began writing books on the subject of the fourth dimension such as A Primer of Higher Space. Bragdon’s life went along like this until his second marriage. On July 13, 1912 he married Eugenie Julier Macauley, a trance medium and the love of his life. Her spirit guide was called The Oracle. She died in the late fall of 1920, but before she “passed over” she convinced her husband to become a literal shadow and explained how to do so. She was often in contact with the spirit of → 3 imhotep, the architect of King Zoser of the Third Dynasty in Ancient Egypt. According to Paul Laffoley, the information she received from Imhotep gave Bragdon the confidence to embark upon what Eugenie called “The Shadow Project”. This project attempted to test the following hypothesis: if it is possible for consciousness to overcome the limitations of the inertial mass of the physical body and reach “higher dimensions” than the mind, it must also be possible to enter the “lower dimensions,” such as the second dimension of spatiality (a dimensional realm obvious to all), and become a living shadow. [ → Spiritisme ]

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cabane

Cabin [ f ] → Construction rudimentaire servant d’habitation, élément récurent dans l’imaginaire écologique. Au milieu du xixe siècle, → 3 henry David Thoreau séjourna deux ans dans une cabane près du lac de Walden, dans le Massachusetts. Se coupant d’un monde « agité, inquiet, affairé et superficiel », il devait inspirer les anarchoprimitivistes et le retour à l’état de nature. Terré au fond des bois, → Theodore Kaczynski s’est fortement inspiré de l’expérience de Thoreau, relatée dans Walden, ou, La Vie dans les bois (1854). [ e ] → A rudimentary shelter and a reoccurring element in depictions of nature and imaginary ecologies, since the mid-19th century when → 3 henry David Thoreau spent two years in a cabin near Walden Pond in rural Massachusetts. His retreat from a nervous, restless, bustling and superficial civilization inspired anarcho-primitivists to return to nature. Secluded deep in the forest → Theodore Kaczynski was strongly influenced by Thoreau’s writings, Walden; or, Life in the Woods (1854). [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [ → 3 Primitivisme ]
cabine téléphonique

Phone box [ f ] → Édicule situé dans l’espace public (typiquement, le trottoir), une cabine téléphonique est munie d’un téléphone permettant d’émettre des communications qui sont réglées avec une carte à puce (carte prépayée, carte bancaire) ou des pièces de monnaie et de recevoir des appels. [ e ] → A kiosk located in a public area (typically on the pavement), a phone box is fitted with a telephone allowing outgoing calls, which are paid for by card (a prepayment card, or a debit/credit card) or coins, and incoming calls.
cable street (bataille de)

Battle of Cable Street [ f ] → Le 4 octobre 1936, lorsqu’Oswald Mosley, leader de l’Union fasciste britannique, tenta de manifester dans le quartier juif de l’est de Londres, il fut stoppé par les anti fascistes, notamment les syndicats et les socialistes, communistes et anarchistes. Leur slogan « No Pasaran » [Ils ne passeront pas] était repris de la guerre civile espagnole. En 1996 fut célébrée la commémoration de la bataille de Cable Street. [ e ] → In 1936, when Oswald Mosley, leader of the British Union of Fascists, attempted to march through a Jewish district of East London, he was stopped by anti-fascists including trade unionists, socialist,

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anarchist, and communist groups. Their slogan was “Non Pasaran,” [They shall not pass] taken from the Spanish Civil War. In 1996, the anniversary of the Battle of Cable Street was celebrated. [ → 2 BanDEroLES ] [ → 2 hall, Ed ]
caMouflaGe [ f ] → Le camouflage est une opération paradoxale

en ce qu’il suppose un effacement de la trace. S’il est souvent au cinéma le symptôme d’une relation contrariée à la société, criminelle ou terroriste, il entretient une relation fascinée et ambiguë avec les pouvoirs de la technique. Le camouflage renvoie aussi à une technique militaire ou encore à une des formes du mimétisme chez les animaux. [ e ] → Camouflage is a paradoxical operation in that it assumes an erasure of tracks. While in the cinema it is often the symptom of a frustrated relationship with society, criminal or terrorist in nature, it has a fascinated and ambiguous relationship with the powers of technique. Camouflage also refers to a military technique, or again one of the forms of mimetism in animals. [ → 3 Bullot, Erik ] [ → Disparaître (instructions pour) ] [ → 3 homme invisible ] [ → 3 Jeudis de ChaSinG naPoLEon (Les) ] [ → 3 The Shadow ]
« cellar door » [ f ] → Association de mots qui faisait fantasmer

most beautiful phonetic associations in existence for an English-speaking listener. According to Tolkien, if we dissociate it from its meaning, the pronunciation of this combination of words is particularly pleasing to the ear. “Supposing you say some quite ordinary words to me—‘cellar door,’ say. From that, I might think of a name, ‘Selador,’ and from that a character, a situation begins to grow.” (J. R. R. Tolkien, The Monsters and The Critics and Other Essays) [ → 2 CELLar Door ] [ → 2 Celador ]
cerveaux (contrôle des)

le linguiste John R. R. Tolkien. « Cellar Door » (littéralement, «porte de cave ») était considéré par cet amoureux des mots et des langues anciennes – surtout connues pour être l’auteur du fameux Seigneur des anneaux – comme l’une des plus belles associations phonétiques existantes pour un auditeur anglophone. Selon Tolkien, si on le dissocie de son sens, la prononciation de ce mariage de mots est particulièrement agréable à l’oreille. « Supposing you say some quite ordinary words to me – “cellar door,” say. From that, I might think of a name, “Selador,” and from that a character, a situation begins to grow. » [ Supposons qu’on me dise des paroles tout à fait ordinaires, « cellar door » par exemple. Je pourrais alors penser à un nom, « Selador », à partir duquel un personnage, une situation, commenceraient à grandir. ] (J. R. R. Tolkien, The Monsters and The Critics and Other Essays) [ e ] → An association of words that captured the imagination of the linguist John R. R. Tolkien. “Cellar Door” was regarded by this lover of words and ancient languages—best known as the author of the celebrated Lord of the Rings—as one of the

Controlling the brain [ f ] → → L’ionosphère ayant une fréquence de résonance presque identique à celle du cerveau humain, elle pourrait donc être une onde porteuse parfaite pour atteindre le cerveau sans changer de fréquence d’émission. C’est ce lien entre la sphère électromagnétique de la Terre et les fréquences de résonance du cerveau qui est à l’origine des armes stratégiques télé-énergétiques. → 3 nick Begich, auteur de Controlling the Human Mind: The Technologies of Political Control or Tools for Peak Performance, explique que l’immense potentiel des nouvelles techniques de maîtrise des cerveaux par électromagnétisme pourrait déstabiliser des populations humaines. Selon le philosophe Peter Sloterdijk (Sphères III, 2005), « comme les armes ELF (Extremely Low Frequencies) ou ondes infrasons n’agissent pas seulement sur la matière anorganique, mais aussi sur les organismes vivants et tout particulièrement sur le cerveau humain, qui travaille dans les zones de fréquences basses, le projet → h.a.a.r.P. ouvre des perspectives de production d’une arme quasiment neurotélépathique qui pourrait déstabiliser les populations humaines par attaques à distance contre leurs fonctions cérébrales. » Le comité de conseil scientifique de l’US Air Force a déclaré « envisager le développement de sources d’énergies électromagnétiques, dont le signal peut être pulsé, mis en forme et dirigé, qui pourront être couplées avec le corps humain de façon à empêcher les mouvements musculaires volontaires et à contrôler les émotions (et les actions), endormir, transmettre des suggestions, interférer avec la mémoire à court et à long terme, produire l’acquisition d’expérience ou effacer des expériences acquises ». Sloterdijk souligne par ailleurs qu’« il va de soi qu’une arme de ce type ne peut être conçue, même sous forme spéculative, que si la différence de niveau moral entre les cerveaux qui les mettent au point et ceux qui doivent être combattus par les ondes ELF paraît

→ Cabane Richard Barnes, Unabomber Cabin, Sacramento, 1998. Courtesy Richard Barnes

→ Cabane Réplique de la cabane de Henry David Thoreau / Replica of Henry David Thoreau’s cabin. Photo DR

→ Chopper Indian Larry

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parfaitement claire pour le temps présent et peut être conservée en état de stabilité pour l’avenir. […] Il n’est cependant pas exclu que la participation à de telles entreprises de recherche provoque par elle-même des complications morales désastreuses pour la constatation d’une différence de niveau. Si la distinction entre les cerveaux voyous et les cerveaux non-voyous devient problématique, la production d’une arme à ondes contre l’un des deux termes de cette différence pourrait avoir de funestes effets d’auto référence pour l’autre terme – ce qui s’est déjà produit pour les armes atomiques. » [ e ] → As the ionosphere [ → ionosphère ] has a resonance frequency almost identical to that of the human brain, it could therefore be a perfect carrier wave for reaching the brain without any change of transmitting frequency. It is this link between the Earth’s electromagnetic sphere and the brain’s resonance frequencies that lies behind remote energy strategic weapons. → 3 nick Begich’s book, Controlling the Human Mind: The Technologies of Political Control or Tools for Peak Performance highlights the huge potential of these new techniques for controlling brains through electromagnetism, which could destabilize the human populations targeted. According to the philosopher Peter Sloterdijk (Sphères III, 2005), “as ELF (Extremely Low Frequency) weapons or infrasonic waves do not act only on inorganic matter, but also on living organisms, and especially on the human brain which works in the low frequency ranges, the → h.a.a.r.P. project opens up prospects of producing a virtually neuro-telepathic weapon that could destabilize human populations by remote attacks on the working of their brains.” The US Air Force’s scientific advisory committee has stated that it “envisages the development of sources of electromagnetic energies whose signal can be pulsed, shaped and directed, and which it will be possible to couple with the human body in such a way as to prevent voluntary muscular movements and to control the emotions (and actions), put to sleep, transmit suggestions, interfere with short and long-term memory, and produce the acquisition of experience or erase acquired experience.” Sloterdijk emphasizes moreover that: “Nevertheless, it is not out of the question that taking part in such research undertakings will of itself lead to catastrophic moral complications in noting any difference at the moral level [between the brains that perfect these weapons and those who are to be fought by means of them]. If this distinction between the brains […] becomes problematic, the production of a wave weapon targeted at one of the

two terms of this difference could have disastrous self-referential effects for the other term—which already happened in the case of atomic weapons.” [ → Basse fréquence ] [ → Chizhevsky, alexander ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ] [ → Spectre électromagnétique ]
chantier

Construction site [ f ] → Lieu où sont rassemblés des outils et des matériaux de construction, et où l’on procède à des travaux. Par extension, édifice ou ouvrage en construction. Les premiers chantiers connus remontent au paléolithique (1 800 000 av. J.-C.). L’invention de la roue, suivie cinquante siècles plus tard de la généralisation de la brouette, contribuèrent de façon non négligeable à modifier l’organisation des chantiers. [ e ] → A place where construction tools and materials are assembled, and work is carried out. By extension, a building or project under construction. The first known chantiers date back to the Paleolithic era (1,800,000 bc). The invention of the wheel, followed 50 centuries later by the widespread use of the wheelbarrow, contributed very considerably to changing the way such yards or sites were organized.
chiZhevsky, alexander leonidovich [ f ] → 1897–1964. Scientifique interdisciplinaire

biélorusse, Alexander Chizhevsky est connu à la fois en tant que physiologiste et biophysicien. Tout au long de sa carrière passée dans diverses institutions moscovites, il s’est particulièrement intéressé aux phénomènes des perturbations électriques, magnétiques et électromagnétiques ainsi qu’à l’influence de l’ionisation de l’air sur les êtres vivants, ses recherches dans ce domaine ayant abouti à l’invention du célèbre → 3 chandelier de Chizhevsky. Il est le premier à mettre en évidence un synchronisme entre les cycles d’activité solaire et les phénomènes sociaux (révolutions, guerres, grèves, etc.). Pour en expliquer les causes, il postule l’influence électromagnétique du soleil sur la biosphère (via les tempêtes solaires ou → vents solaires dont on connaît aujourd’hui l’impact sur → l’ionosphère), et plus particulièrement sur les êtres humains. Il fait publier cette théorie en 1923 dans un ouvrage intitulé Physical Factors of the Historical Process [Les Facteurs physiques du processus historique]. Le chercheur est décrié par le régime stalinien dès le milieu des années 1930 ; Chizhevsky est condamné et déporté en 1942.

Un exil d’une quinzaine d’années le conduit jusqu’en Oural et au Kazakhstan où il met en place des systèmes d’aéro-ionisation pour traiter les mineurs des bassins miniers du Karaganda. Réhabilité en 1958, il meurt à Moscou le 20 décembre 1964. On redécouvre ses recherches au début des années 1990, et en 1996, l’hypothèse formulée par Chizhevsky d’une possible corrélation entre activité solaire et acte de violence sociale (« violencefrom-below ») est validée par le professeur émérite de psychologie → 3 Suitbert Ertel. [ e ] → 1897–1964. Alexander Chizhevsky, a Byelorussian interdisciplinary scientist, was known both as a physiologist and a biophysicist. Throughout his career which he spent at various institutions in Moscow, he was especially interested in the phenomena of electrical, magnetic and electromagnetic disturbances as well as the influence of the ionization of air on human beings; his research in this area would lead to the invention of the famous Chizhevsky chandelier [ → 3 chandelier de Chizhevsky ]. He was the first to reveal a synchronicity between the cycles of solar activity and social phenomena (revolutions, wars, strikes, etc.). He postulated the electromagnetic influence of the sun on the biosphere (via solar storms or solar winds [ → vent solaire ]—we now know of their impact on the ionosphere [ → ionosphère ]), and more particularly on human beings, as an explanation for this phenomenon. He published this theory in 1923 in a book entitled Physical Factors of the Historical Process. The researcher was discredited by the Stalinist regime from the mid-1930s; Chizhevsky was sentenced and deported in 1942. A fifteen-year-long internal exile took him to the Urals and Kazakhstan where he set up aeroionization systems to treat the miners from the Karaganda coal fields. He was rehabilitated in 1958, and died in Moscow on December 20, 1964. His research was rediscovered in the early 1990s. In 1996, the hypothesis put forward by Chizhevsky of a possible correlation between solar activity and violence-from-below was validated by → 3 Suitbert Ertel, Emeritus Professor of Psychology. [ → 3 Cerveaux (Contrôle des) ] [ → 3 ChiZhEVSKy LESSonS ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → orage magnétique ]
chopper [ f ] → Type de moto qui se caractérise par un

assemblage artisanal radical. Dans Conversation avec Steven Parrino, film réalisé par Ivo Zanetti, → 1 Steven Parrino met en évidence des similitudes entre chopper et → 1 art minimal. « Cette histoire

au sujet du chopper est intéressante. Prenez une grosse Harley, du type de celles qu’utilise la police – en toile de fond il y a aussi l’idée du flic et du rebelle. Au fond, le chopper, c’est une moto de police allégée de tous ses gros équipements affreux et rendue aussi légère que possible. Donc, vous gardez le gros moteur avec le châssis, l’insigne de la marque, et vous pouvez ajouter un minuscule réservoir, un minuscule pare-chocs ou une selle minuscule. Et soudain, c’est comme si vous fabriquiez un objet minimal dans le but d’aller plus vite, en retirant du poids. C’est donc une sorte de minimalisme pratique, mais finalement ça fait ressortir la beauté cachée sous tout ce métal. Et en même temps, vous réduisez l’objet à son essence, jusqu’à l’esthétique. C’est beau, mais il s’agit aussi d’une relation de pouvoir, parce que plus vous êtes léger, plus vous allez vite. C’est pour cette raison que les voitures de Formule 1 ont cet aspect, comme tout autre engin qu’on utilise pour des courses de vitesse d’ailleurs. […] Soudain, il y a un type dans sa cour qui démonte une moto ou une voiture pour en extraire l’essence même. Il est confronté à la même problématique que les artistes qui doivent traiter du moi, depuis qu’ils ont décidé d’être des individus et de ne pas être au service, que ce soit au service du pape, au service du roi ou au service de l’État. Comme c’est parfois très difficile, il est alors plus simple de réduire ce moi à une sorte d’essence. C’est en quelque sorte de là que vient cette vision romantique associée au chopper. Le chopper est un véhicule hors-la-loi. Il est fait pour rouler très vite, enfreindre la loi est donc sa raison d’être. Vous transgressez la loi, vous faites cela contre le système, donc cela devient un combat entre le moi et tout le reste. D’où l’idée du rebelle… du rebelle moderne. Par le passé, Satan était le rebelle. Mais maintenant, vous savez, les bikers, les hardrockers et les gens qui disent “Va te faire foutre !”, les anarchistes, ce sont eux les rebelles. Voilà en fait où est le lien ; voilà ce que j’estime dans ce type de culture. Je pense qu’ils font la même chose que moi. Je ne les vois pas faire autre chose que ce qui m’intéresse. C’est juste que je suis assimilé aux beaux-arts, quoi que cela puisse signifier, et qu’eux sont associés à la culture populaire, quoi que cela signifie. Mais si vous parvenez à faire se rencontrer ces deux cultures, alors vous faites quelque chose de vraiment incroyable. » [ e ] → A type of radically customized motorcycle. In A Conversation with Steven Parrino, a film by Ivo Zanetti, → 1 Steven Parrino points out the similarities between chopper and Minimal Art [ → 1 art minimal ]. “The thing about the chopper is interesting. You have a big Harley, the type the

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police ride, so there’s a kind of ‘cops and rebel’ thing also going on. But basically, the chopper is a police bike stripped of all the big fat ugly parts and made as light as possible. So you keep the big engine in a frame and tag, but you might put a little tiny gas tank on it, little tiny fenders, and a little tiny seat. And all of a sudden it’s like you’re trying to create a minimal object in order to go faster. You remove the weight. So it’s a practical type of minimalism, but in the end it brings out the beauty that was underneath all the metal. But also you are boiling down the essence of something into an aesthetic. That’s pleasing, but also it’s a power relationship, because you go faster if you are lighter. It’s why Formula 1 cars look the way they do, and everything else that you would race. […] All of a sudden, there’s a guy who is in his backyard, he is chopping a bike or a car to expel essence. He’s dealing with the same thinking that artists are dealing with, because artists just basically have to deal with self, since they decided to be self, as oppose to service… service to the Pope, service to the king, service to the state. And sometimes that self is very hard to deal with, so it’s easier to boil it down to some sort of essence. So that’s where the sort of romance with the chopper comes from. There is the idea that the chopper is an outlawed vehicle. It’s not street riding, and it’s made to drive very fast, so the mentality for what it exists for is to break the law. You’re breaking the law, and you’re doing this against the system, so it becomes a fight between the self and everything else. And that’s where you get the birth of this idea of the rebel in a way… of the modern rebel. In the past Satan was the rebel. But now bikers and hard rockers, people who say ‘Fuck you!’, anarchists, they’re the rebels now. That’s basically what that link is, and what I certainly recognize in that type of culture. I hold them equal to what I am doing. I don’t see them doing anything that isn’t what I am interested in. It’s just that I am associated with ‘fine art’, whatever that means, and they’re associated with ‘low art,’ whatever that means. But if you could bring the high and low together, you’re doing something really incredible.” [ → 1 BEForE (PLuS ou MoinS) ] [ → 1 indian Larry ] [ → 1 Judd, Donald ] [ → 1 STEVEn Parrino rETroSPECTiVE
1981–2004 ]

ciné-Œil

Cine eye [ f ] → Dziga Vertov (1896–1954), cinéaste soviétique, directeur des premières actualités cinématogra-

phiques de la république des Soviets, tournant et montant des films d’actualité sur le front de la guerre civile, forge l’expression « ciné-œil » pour désigner son nouvel usage des techniques cinématographiques, précurseur du cinéma → 4 documentaires, privilégiant le montage sur l’écriture du scénario : « Tout film de ciné-œil est en montage depuis le moment où l’on choisit le sujet jusqu’à la sortie de la pellicule définitive, c’est-à-dire qu’il est en montage durant tout le processus de fabrication du film. » Dans un projet de mémoire en date de 1923, il définit ainsi le « film ciné-œil » : « C’est la première tentative au monde pour créer une œuvre cinématographique sans la participation d’acteurs, de décorateurs, de metteurs en scène, sans utiliser d’atelier, de décors, de costumes. Tous les personnages continuent à faire dans la vie ce qu’ils font d’ordinaire. Le présent film constitue l’assaut que les caméras livrent à la réalité et prépare le thème du travail créateur sur le fond des contradictions de classe et de la vie quotidienne. En dévoilant l’origine des choses et du pain, la caméra offre à chaque travailleur la possibilité de se convaincre concrètement que c’est lui, ouvrier, qui fabrique toutes ces choses et que c’est par conséquent à lui qu’elles appartiennent. En déshabillant la petite bourgeoisie flirteuse et le bourgeois confit dans sa graisse et en rendant la nourriture et les choses aux ouvriers et paysans qui les ont fabriquées, nous donnons à des milliers de travailleurs la possibilité de voir la vérité et de mettre en doute la nécessité de vêtir et de nourrir la caste des parasites. » Dziga Vertov, Articles, journaux, projets, Union générale d’édition, Paris, 1972, p. 51. [ e ] → Dziga Vertov (1896–1954), a Soviet filmmaker, the director of the first filmed newsreels in the Soviet Republic, shooting and editing news events on the front during the Civil War, invented the expression “Cine Eye” to describe his new way of using cinematographic techniques, anticipating documentary [ → 4 documentaire ] cinema, giving more weight to editing than to the writing of the script: “Any Cine Eye film is being edited from the moment when the subject is chosen until the emergence of the final footage, i.e. it is being edited throughout the entire process of the making of the film.” In a draft memorandum dated 1923, he defines “Cine Eye film” as follows: “It is the first attempt in the world to create a cinematographic work without the participation of actors, set designers or directors, without using a studio, sets, or costumes. All the characters carry on doing what they normally do in life. The present film constitutes the assault cameras make on reality and prepares the theme of creative work against

the background of the contradictions of class and everyday life. By revealing the origin of things and of bread, the cine-camera offers every worker the opportunity to convince himself in concrete terms that it is he, the worker, who makes all these things, and consequently it is to him that they belong. By stripping bare the flirtatious petite bourgeoisie and the bourgeois preserved in his own lard and giving food and things back to the workers and peasants who make them, we are giving thousands of workers the opportunity to see the truth and cast doubt on the need to clothe and feed the caste of parasites.” Dziga Vertov, Articles, journaux, projets, Union Générale d’Édition, 1972
close-up [ f ] → Un close-up est un tour de magie effectué tout

près du public et en petit comité. Son décor se limite à une table et un tapis. La plupart des closeup consistent à faire apparaître et disparaître de petits objets comme les cartes, les → muscades ou les pièces de monnaie grâce à l’habileté manuelle du → prestidigitateur. [ e ] → A close-up is a magic trick carried out at close proximity to the audience and in a small gathering. The decor is restricted to a table and a carpet. Most close-ups consist of making small objects like cards, marbles [ → muscades ] or coins appear and disappear thanks to the manual dexterity of the magician [ → prestidigitateur ].
cocaÏne

Cocaine
[ f ] → Dans les années 1850, des chimistes allemands

et autrichiens s’intéressent aux propriétés de la feuille de coca, consommée traditionnellement par les Indiens des Andes. Avec l’obtention de cristaux par réduction des feuilles de coca et la mise au point de dérivés de synthèse, ces chimistes inventent la cocaïne. La nouvelle substance est d’abord étudiée et utilisée pour ses qualités anesthésiques, mais on en découvre à la même époque les propriétés psychotropes. Sigmund Freud en vante les mérites ; elle présente à ses yeux de nombreuses qualités : vertu aphrodisiaque, traitement des troubles gastriques, du mal de mer, de la neurasthénie ou des addictions aux opiacés et à l’alcool. Toutefois il la proscrit dans un article datant de 1887, « Cocaïnomanie et cocaïnophobie », après avoir constaté son erreur quant à l’innocuité de la cocaïne et observé le développement d’addictions. Elle connaît à la même période un grand succès commercial. On mélange des extraits de coca à d’autres produits. En 1863 est lancé en France le vin Mariani, un vin tonifiant à base de vin de

Bordeaux et d’extraits de coca. La boisson est un succès dans toute l’Europe et bénéficie même de l’approbation officielle du pape Léon XIII . En 1916, l’interdiction de la cocaïne motive la première loi de prohibition en France. Dans le contexte de la première guerre mondiale, la drogue est dénoncée comme « l’arme des Boches ». Après la guerre, dans le Paris des Années Folles, sa consommation se développe considérablement, au point qu’en 1924, on dénombre 80 000 cocaïnomanes à Paris, selon le préfet de police. Elle véhicule une image négative, populaire, associée aux milieux interlopes et crapuleux, à l’opposé de l’opium, drogue aristocratique, prisée par les poètes. Robert Desnos, alors jeune poète avant-gardiste, écrit en 1919 une Ode à la Coco : « Coco ! La putain pâle aux yeux décomposés / Tabac pour la concierge et coco pour la grue ! » Au tournant des années 1930, la cocaïne sombre dans l’oubli. Elle est certes présente dans le mouvement de la contre-culture des années 1960 et 1970, mais l’esprit du temps, celui des amateurs comme celui des pourfendeurs du psychédélisme, se concentre sur les drogues hallucinogènes comme le LSD ou bien sur le haschich, drogue « cool » qui promet à ses usagers de planer. Il faut attendre les années 1980 pour que les cartels développent la production et le trafic de cocaïne, qui devient la drogue emblématique des années de la « révolution conservatrice ». Aux États-Unis, elle est très prisée des milieux fortunés, véhiculant une image « hype » d’activité et de réussite sociale, comme en témoigne par exemple le roman de Bret Easton Ellis, American Psycho (1987), dont le héros est un trader cocaïnomane et psychopathe. À la même époque, la consommation de cocaïne reste imperceptible en France, le débat public se concentrant sur l’héroïne, dont l’usage est cause d’overdoses et de transmission du virus du SIDA. Les années 2000 voient toutefois cette consommation se développer, la question de la dangerosité de la drogue restant grandement codée par des représentations sociales : aux États-Unis, la cocaïne, consommée par des riches blancs, est jugée sans danger par ses usagers, alors que son dérivé le crack, consommé par des noirs pauvres, est une drogue réputée extrêmement dangereuse. La cocaïne remplace ainsi progressivement les drogues de synthèse comme l’ecstasy, dont l’usage s’était développé dans le cadre d’événements festifs comme les « → rave parties » dans les années 1980 et 1990. [ e ] → In the 1850s, German and Austrian chemists became interested in the properties of the coca leaf, which had traditionally been consumed by the Indians living in the Andes. Obtaining crystals

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Ciné-œil Dziga Vertov, L’Homme à la caméra /Man with a Movie Camera, 1929

alexander Leonidovich Chizhevsky

by reducing coca leaves and perfecting synthetic derivatives, these chemists invented cocaine. The new substance was first studied and used for its anesthetic qualities, but its psychotropic properties were discovered at the same period. Sigmund Freud trumpeted its merits; in his eyes it had a great many virtues: as an aphrodisiac, a treatment for gastric problems, seasickness, neurasthenia or addictions to opiates and alcohol. Nonetheless he condemned it in an article dating from 1887 “Cocaine addiction and cocaine phobia” after realizing his mistake as to the harmlessness of cocaine and observing the development of addictions. At the same period it enjoyed great commercial success. Coca extracts were mixed with other products. In 1863 Mariani wine was launched in France, a tonic wine based on Bordeaux wine and coca extracts. The drink was a success throughout Europe and even received the official approval of Pope Leo XIII . In 1916, the banning of cocaine led to the first prohibition law in France. In the context of World War I, the drug was denounced as a “Jerry weapon.” After the war, in the Paris of the Roaring Twenties, consumption of cocaine grew considerably so that there were 80,000 cocaine addicts in Paris in 1924, according to the chief of police. It conveyed a negative, plebeian image associated with shady, villainous circles, unlike opium, an aristocratic drug appreciated by poets. Robert Desnos, then a young avant-garde poet, wrote an Ode à la Coco in 1919: “Coco ! La putain pâle aux yeux décomposés / Tabac pour la concierge et coco pour la grue !” [Coco ! The pale whore with grief-stricken eyes / Tobacco for the concierge and cocaine for the harlot!] As the 1930s began, cocaine fell into oblivion. It was admittedly present in the counter-culture movement of the 1960s and 1970s, but the spirit of the time, that of both lovers and opponents of the psychedelic state, concentrated on hallucinogenic drugs like LSD or else cannabis, a “cool” drug that promised its users a floating experience. It was not until the 1980s that the cartels developed cocaine production and trafficking so that it became the emblematic drug of the years of the “conservative revolution.” In the United States, it was very much appreciated by the well-off, conveying a “hype” image of activity and social success, as is demonstrated for example by Bret Easton Ellis’s novel, American Psycho (1987), whose hero is a cocaine-addicted, psychopathic trader. At the same period, the consumption of cocaine in France remained negligible, with public debate concentrating on heroin use, which was the cause of overdoses and of transmission of the AIDS virus. However, the decade 2000–2010 saw

that consumption growing, with the question of the dangerousness of the drug remaining very much influenced by how it was represented socially: in the United States, cocaine, used by rich white people, was regarded by its users as not dangerous, whereas its derivative, crack, used by poor African Americans, was a drug regarded as extremely dangerous. Thus gradually cocaine replaced synthetic drugs like ecstasy, use of which had developed in the context of celebratory events such as “→ 4 rave parties” in the 1980s and 1990s.
collectif

Collectives [ f ] → Dans le monde de l’art, l’individualisme apparaît davantage comme la règle que comme l’exception. Les artistes développent des démarches personnelles afin de cultiver la différence et l’originalité de leur style. À y regarder de plus près, il existe cependant de nombreuses configurations de regroupements, de communautés et d’associations plus ou moins organisées. Les artistes peuvent se rassembler autour de manifestes ou de déclarations théoriques communes, revendiquer leur appartenance à un même courant, partager des moyens de production, afficher des liens de solidarité ou sortir d’une même école. Ils peuvent être représentés par les mêmes galeries ou défendus par les mêmes critiques, subir les mêmes influences, fréquenter les mêmes lieux et les mêmes personnes, appartenir à une même génération ou un même territoire. Le regroupement de plusieurs artistes peut franchir une étape décisive – mais relativement exceptionnelle – lorsque ces derniers décident de partager jusqu’au processus de création lui-même, autrement dit jusqu’à la signature de leurs œuvres. Ce cas de figure connaît un écho important dans les années 1960 lorsque de jeunes artistes de l’art conceptuel remettent en cause les pratiques des peintres de l’expressionnisme abstrait, dont le travail est jugé trop subjectif, individualiste et irrationnel. L’aspiration à davantage d’objectivité, d’esprit critique et de rationalité favorise l’apparition de collectifs d’artistes soucieux de mettre en retrait leur nom propre au profit d’idées anonymes et de réflexions communes. Le collectif anglais Art & Language, dont la démarche repose essentiellement sur la formulation de discours critiques, est certainement le plus emblématique de cette tendance. [ e ] → In the art world, individualism seems more like the rule than the exception. Artists develop personal strategies in order to cultivate the difference and originality of their style. However, if we look more closely, there are a great many configura-

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tions of groups, communities and associations, organized to a greater or lesser extent. Artists can come together on the basis of manifestos or joint theoretical statements; they can claim that they belong to the same trend, share means of production, display bonds of solidarity, or come from the same school. They can be represented by the same galleries or championed by the same critics, be subject to the same influences, frequent the same places and the same people, belong to the same generation, or come from the same area. The grouping of several artists can cross a crucial, but relatively exceptional threshold when they decide to share the very process of creation itself, in other words to go as far as signing their works jointly. This scenario was especially resonant in the 1960s when young artists involved in Conceptual Art questioned the practices of Abstract Expressionist painters, regarding their work as too subjective, individualistic, and irrational. The aspiration for greater objectivity, a more critical spirit and more rationality was conducive to the appearance of collectives of artists keen to keep their own names in the background in favour of anonymous ideas and communal thinking. The English collective Art & Language, whose approach relied mainly on the formulation of critical discourse, is undoubtedly the most emblematic of that tendency.
coluMbo [ f ] → Personnage de série télévisée policière améri-

caine incarnée par Peter Falk. Génie incompris, visionnaire tourmenté, poète maudit et oublié – le modèle de l’artiste a longtemps été celui d’un être d’exception, aux talents hors du commun et à l’inspiration transcendante. L’artiste du début du xxie siècle, lui, n’a plus ni la fougue des héros romantiques ni leur folie créatrice, et n’a pas davantage acquis les superpouvoirs de Superman. Son modèle serait à trouver ailleurs, parmi des aventuriers du banal autrement prosaïques, comme le Lieutenant Columbo. Le détective incarné par Peter Falk ne paie pas de mine. Son imper est vieillot, son chapeau mou et sa voiture sans éclat ; il flâne, bavarde, boit des verres, un peu comme tout le monde, sans s’en faire. A contrario, il ne dégaine pas plus vite que son ombre, ne bénéficie pas d’une vue à rayons X et n’accomplit aucune action exceptionnelle pour mener ses enquêtes. Pourtant, le coupable finit toujours par être débusqué et par avouer ses crimes. Comme Columbo et les nouveaux pirates, les artistes ne mènent plus d’actions frontales, l’arme à la main, et se fient autant à leur flair qu’aux circonstances. Comme tout militaire qui se respecte, et comme la femme de Columbo, ils doivent fausser

les règles de visibilité et se faire discrets, car ils ont affaire à une réalité où rien n’est caché, où tout finit par se savoir. La femme de Columbo pourrait d’ailleurs être pour les artistes un modèle encore plus influent : invisible, indétectable, ombre furtive s’infiltrant insidieusement dans les conversations les plus anodines, elle n’a jamais besoin de se montrer pour donner un autre sens à la réalité. [ e ] → Character in an American TV police series played by Peter Falk. A misunderstood genius, a tormented visionary, an accursed and overlooked poet—the model of the artist has long been that of an exceptional being, with extraordinary talents and transcendent inspiration. But the artist of the early 21st century no longer has either the ardour of those romantic heroes nor their creative madness, nor has he acquired the superhuman powers of Superman. We would have to look for his model elsewhere, among far more down-to-earth commonplace adventurers, like Lieutenant Columbo. The detective played by Peter Falk puts on no airs. His raincoat is old-fashioned, his hat soft and his car inconspicuous; he hangs about, chats, drinks, like everyone else, without stirring himself. Quite the opposite: he is not quicker than his shadow on the draw, does not have X-ray eyesight, and does nothing at all exceptional in conducting his enquiries. Yet the guilty person always ends up by being tracked down and confessing his crimes. Like Columbo and the new pirates, artists no longer attack frontally, weapon in hand, and rely as much on their flair as on circumstances. Like any self-respecting soldier, and like Columbo’s wife, they have to distort the rules of visibility and behave discreetly, for they are dealing with a reality where nothing is concealed, where everything ends up by being known. Moreover, Columbo’s wife could be an even more influential model for artists: invisible, impossible to track down, a furtive shadow insidiously infiltrating herself into the most innocent conversations, she never needs to show herself in order to give a different meaning to reality. [ → Furtivité ] [ → Pirate ]
coMMent vérifier que vous aveZ bien été enlevé par des extraterrestres ?

– dans un lieu clos, – visiblement pas terrestre, – formellement identifié comme un vaisseau spatial extraterrestre par le témoin. Vous devez y être : – soit soumis à des examens, – soit contraint à communiquer (verbalement ou par télépathie), – soit les deux. Cet épisode doit vous revenir en mémoire : – consciemment, – ou par des méthodes d’hyperconcentration (par exemple l’hypnose). [ e ] → You must be taken: – against your will, – from terrestrial surroundings, – by non-human beings. The beings must take you: – to an enclosed place, – not terrestrial in appearance, – assumed or known to be an alien spacecraft by the witness. In this place you must either: – be subjected to an examination, – engage in communication (verbal or telepathic), – or both. These experiences may be remembered: – consciously – or through methods of focused concentration (e.g. hypnosis). [ → Enlèvements extraterrestres ]
coMMunity reinvestMent act [ f ] → 1977. Loi qui s’efforce d’encadrer l’accession

à la propriété des foyers modestes en assurant les banques accordant des prêts hypothécaires à risque (ou subprimes). [ e ] → 1977. This law, designed to make it easier for people to become homeowners in modest and low-income communities, encourages and protects banks granting high-risk loans (subprime mortgage). [ → 3 ChaSinG naPoLEon ]
cor des alpes

How can you check that you really have been abducted by aliens? [ f ] → Il faut être enlevé : – contre votre gré, – dans votre environnement terrestre, – par des êtres non-humains. Les êtres en question doivent vous emmener :

Alphorn [ f ] → Instrument de musique à vent utilisé initialement comme mode de communication à distance dans les régions montagneuses d’Europe (Alpes, Carpates), son origine précise reste à ce jour indéterminée. L’apparition du cor des Alpes remonterait au xive ou xve siècle. Le naturaliste suisse Conrad Gessner offre la première description connue de l’instrument dans son traité de botanique De raris et admirandis herbis (1555). Servant

au regroupement des vaches dans les alpages en Suisse et en Haute-Savoie, le cor des Alpes a inspiré, au xixe siècle, quelques compositeurs pour ses sonorités atypiques, à la fois mélancoliques et champêtres. Si Rossini introduit ainsi la célèbre mélodie suisse Ranz des Vaches dans son opéra Guillaume Tell (1829), cette dernière est toutefois interprétée sur des instruments classiques : clarinettes, trombones, flûtes, bassons et cors de chasse. Seules deux compositions ont été à cette époque écrites pour chant et cor des Alpes. Une pièce de Johann Kunze, créée en 1851 pour une manifestation politique – la fête de l’archiduc Jean à Bâle –, et Das Alpenlied auf Rigi-Scheideck [Chant des Alpes sur le mont Rigi], une pièce pour un chœur d’hommes composée en 1835 par Franz Xaver Schnyder. Dans les années 1970, le cor des Alpes devint un instrument de musique expérimentale folk. On a pu observer des jam sessions entre des groupes de jazz et de musique country. Le quatuor bâlois Hornroh aborde aujourd’hui le cor des Alpes sans préjugés et de façon tout à fait originale. À la fois compositeurs et interprètes de leurs propres œuvres, ils proposent une musique moderne, unique et attrayante, en rupture avec les formes traditionnelles et folkloriques. [ e ] → Musical wind instrument originally used as a mode of long-distance communication in the mountainous regions of Europe (the Alps, the Carpathian mountains), its precise origin remains unknown. The appearance of the alphorn seemingly dates back to the 14th or 15th century. The Swiss naturalist Conrad Gessner gives the first known description of the instrument in his botanical treaty De raris et admirandis herbis (1555). Used to round up cows in the mountain pastures in Switzerland and Haute-Savoie, the alphorn inspired, in the 19th century, a few composers thanks to its atypical harmonies, at once melancholic and pastoral. Thus Rossini introduces the famous Swiss melody Ranz des Vaches in his opera Guillaume Tell (1829), albeit interpreted with classical instruments: trombones, flutes, bassoons and hunting horns. Only two compositions of the time were written for voice and the alphorn. A piece by Johann Kunze, created in 1851 for a political event—the celebration of Archduke John in Basel—and Das Alpenlied auf Rigi-Scheideck [Song of the Alps on the Rigi-Scheideck], a piece written for a male choir composed in 1835 by Franz Xaver Schnyder. In the 1970s, the alphorn became an experimental folk instrument, played in jam sessions between jazz and country bands. Today, the Basel quartet Hornroh uses the alphorn without any preconceptions and a great deal of originality. They both compose

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and perform their own work, making music that is modern, unique and attractive, departing from traditional and folkloric forms. [ → 4 Jeudis de PErGoLa (Les) ] [ → yodel ]
corticalart [ f ] → Au tout début des années 1970, le chercheur

Roger Lafosse mit au point avec Pierre Henry, le Corticalart, un système complexe destiné à traduire les ondes électriques du cerveau en sons électroniques. Le nom « Corticalart » évoque l’art créé grâce au cortex. Des électrodes captaient trois sortes de signaux électriques alimentant sept générateurs de sons électroniques et traduisant ainsi l’activité de certaines zones du cortex : ondes alpha (état de relaxation), ondes bêta (état d’éveil) et signaux liés à l’activité du globe oculaire. Lors des concerts donnés au musée d’Art moderne de la Ville de Paris du 15 au 21 février 1971, l’intervention de Pierre Henry se fit sous forme d’improvisations musicales, grâce à des variations, manipulations et amplifications diverses de ces signaux. [ e ] → In the early 1970s the researcher Roger Lafosse, together with Pierre Henry, developed the Corticalart, a complex system designed to translate the brain’s electric waves into electronic sounds. The name “Corticalart” conjures up art created by the cortex. Electrodes pick up three kinds of electric signals feeding into seven electric sound generators which thus translate the activity of certain zones of the cortex. The three kinds are alpha waves (relaxed state), beta waves (waking state) and the signals linked to activity of the eyeball. During the concerts at the musée d’Art moderne de la Ville de Paris, which were held from February 15 to 21, 1971, Pierre Henry played a role, improvising musically through a range of variations, manipulations and amplifications of the signals. The nine tracks on the album are taken from the live recordings done at the time. [ → 2 Berger, hans ] [ → ondes cérébrales ]
croatan [ f ] → Une petite tribu d’Indiens d’Amérique qui vivait

dans la zone côtière de Caroline du Nord jusqu’au xviie siècle. Cette tribu peuplait notamment l’île de Roanoke sur laquelle des colons anglais tentèrent de s’installer à la fin du xvie siècle. Une seconde colonie s’y est effectivement installée en 1587 au sein de laquelle est né le premier enfant anglais sur le sol du Nouveau Monde. Son chef, John White, retourna en Angleterre pour obtenir

un renfort d’hommes et de moyens de construction. Tenu éloigné par le conflit anglo-espagnol, il retrouva le campement désert à son retour en 1590. La légende dit que ne restait que l’inscription « Croatan » gravée sur un tronc d’arbre. Selon certains témoignages postérieurs à la mystérieuse → disparition de la « colonie perdue », on aurait vu des hommes blancs vivant parmi les Indiens Croatan sur l’île au début du xviie siècle. Au début des années 1990, Hakim Bey, écrivain et poète anarchiste américain, théoricien des Zones d’Autonomie Temporaire ( Z.A.T. ), intitule « Partis pour Croatan » le cinquième chapitre de son ouvrage T.A.Z.: The Temporary Autonomous Zone, Ontological Anarchy, Poetic Terrorism. L’auteur fait de cette anecdote la première Z.A.T. de l’histoire, défendant l’idée que les colons ont choisi d’être absorbés par un ordre social perçu comme chaotique par la civilisation occidentale afin d’échapper à ses contraintes. [ e ] → A small tribe of Native Americans that lived in the coastal zone of North Carolina until the 17th century. In particular this tribe lived on Roanoke Island where English settlers tried to establish themselves at the end of the 16th century. A second colony did in fact settle there in 1587 and it was in that colony that the first English child was born on the soil of the New World. The group’s leader, John White, went back to England to get more men and building materials. Delayed in England by the conflict between England and Spain, on his return in 1590 he found the settlement deserted. According to legend, all that remained was the inscription “Croatan” carved on to a tree trunk. According to certain accounts that are later than the mysterious disappearance [ → disparition ] of the “lost colony,” white men were seen living on the island among the Croatan Amerindians in the early 17th century. At the beginning of the 1990s, Hakim Bey, an American anarchist writer and poet, the theorist of the Temporary Autonomous Zones ( T.A.Z. ), entitled the fifth chapter of his book T.A.Z. : The Temporary Autonomous Zone, Ontological Anarchy, Poetic Terrorism “Gone to Croatan.” The author sees this anecdote as the first T. A. Z. in history, advocating the idea that the settlers chose to be absorbed by a social order perceived as chaotic by western civilization in order to escape the constraints of that civilization. [ → 4 Boucand, Gaëlle ]
crowley, aleister [ f ] → 1875–1947. Figure éminente de → l’occultisme

du début du xxe siècle, Aleister Crowley, peintre et voyageur, alpiniste et écrivain, mage et gourou,

est depuis près d’un siècle une des légendes les plus sombres de la contre-culture anglo-saxonne, incarnation extrême d’une recherche de connaissance qui tient autant de l’œuvre d’art totale que de la mise en scène paranoïaque. Surnommé « The Beast » dès son enfance, il étudie très tôt l’art occulte et n’a qu’une vingtaine d’années lorsqu’il est initié aux rites de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée. Augmentant son pouvoir par l’apprentissage du yoga et de nombreux rites magiques, il s’éloigne de cette société secrète au début des années 1900 quand vient, au cours de son voyage de noces en Égypte, en 1904, l’expérience mystique. Sa femme Rose Kelly entre en transe lors d’une visite au musée Boulaq, au Caire, et lui désigne une stèle dédiée à Horus : invoquant le dieu antique, Crowley se voit révéler le Livre de la Loi ou Liber AL vel Legis, sur lequel il basera désormais sa magick. En 1920, il fonde une petite communauté, l’abbaye de Thélème, à Cefalù, en Sicile, lieu d’expériences sociales et de recherches dans le domaine occulte, qui reprend l’utopie hédoniste imaginée par Rabelais et sa devise « Fay ce que vouldras » sur un mode satanique. Crowley y célèbre des rites alchimiques et des cérémonies théâtralisées, où les passes magiques s’associent au sexe et à la prise de drogues. Ses mœurs suscitent le scandale public, en Italie comme ailleurs, quand il n’est pas pris à parti par d’autres occultistes lui reprochant de divulguer leurs secrets à des non-initiés. Ruiné suite à son troisième divorce, il se retire en Angleterre où il meurt en 1947. Des Beatles aux Red Hot Chili Peppers en passant par → 2 David Bowie et → 1 Led Zeppelin, de → 2 Kenneth anger à → 1 Joachim Koester, Crowley continue encore aujourd’hui de susciter la fascination et de répandre son influence sur les mondes de l’art. [ e ] → 1875–1947. A leading figure in early 20 th-century occultism [ → occultisme ], Aleister Crowley, a traveller, painter, mountaineer and writer, a magus and guru, has been one of the darkest legends in the counter-culture of the English-speaking world for nearly a century, the extreme embodiment of a search for knowledge that has overtones of both the total work of art and a paranoiac scenario. Nicknamed “The Beast” from childhood, he studied the occult arts at a very early age and was only about twenty when he was initiated into the rites of the Hermetic Order of the Golden Dawn. Increasing his powers by learning yoga and through many magic rites, he distanced himself from that secret society early in the first decade of the 20 th century. In 1904, on his honeymoon on in Egypt, a mystical experience occurred. His wife Rose Kelly went into a trance when visiting the Boulaq museum

in Cairo, and pointed out a stele dedicated to Horus to her husband: after invoking the ancient god, the Book of the Law or Liber AL vel Legis was revealed to him. Crowley based his “magick” on this text. In 1920 he founded a small community, the Abbey of Thelema, at Cefalù in Sicily, the site of social experiments and research into the field of the occult which adopted the hedonist utopia imagined by Rabelais and its motto “Fay ce que vouldras” [“Do what thou wilt”] on a satanic mode. Crowley organises alchemical rites and theatrical ceremonies associated with sex and drug-taking. His morals were a source of public scandal, in Italy and elsewhere, when he was not being criticized by other occultists, reproaching him for divulging their secrets to the uninitiated. Ruined after his third divorce, he returned to England where he died in 1947. From the Beatles to the Red Hot Chili Peppers by way of → 2 David Bowie and → 1 Led Zeppelin, from → 2 Kenneth anger to → 1 Joachim Koester, Crowley remains a source of fascination and continues to spread his influence over the worlds of art today. [ → 1 MaTin DES MaGiCiEnS (LE) ] [ → Satanisme ]
croyance

Belief [ f ] → voir p. 60 [ e ] → see p. 60
cuche, didier [ f ] → Skieur suisse [ e ] → A Swiss ski racer [ → accélération ] cyborG [ f ] → Contraction de « cybernetic organism », il

désigne un organisme vivant combiné avec une machine. La notion de cyborg suppose donc une relation intime entre l’humain et la machine. Le terme est popularisé dans les années 1960 par Manfred E. Clynes et Nathan S. Kline – respectivement spécialistes de neurophysiologie et de psychopharmacologie – en référence au concept d’un humain « amélioré » qui pourrait survivre dans des environnements extraterrestres. En 1983, James Cameron réalise Terminator. À proprement parler, les terminators sont des robots androïdes et non des hybrides d’humain et de machine. Néanmoins ils sont désignés et perçus comme des cyborgs, desquels ils donnent l’image effrayante d’une créature asexuée et dénuée d’émotion, qui a l’apparence d’un homme, mais agit comme une machine. Les terminators sont des simulacres, des chimères

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Croyance
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Fait de tenir pour vrai ou réel quelque chose. Cet assentiment peut connaître différents degrés. Les plus faibles incluent une part de doute et s’apparentent à l’opinion et au préjugé. Les plus forts incluent une conviction intime et s’apparentent à la foi. En philosophie, l’examen du concept de croyance remonte à la doxa grecque qui est critiquée par Platon au ive siècle av. J.-C. en raison de son caractère fondamentalement variable. Au iie siècle, l’écrivain chrétien Tertullien énonce la célèbre formule « Credo quia absurdum » qui signifie « Je crois, parce que c’est absurde ». Souvent mis en relation avec le concept voisin de connaissance, le concept de croyance est discuté dans la plupart des grandes doctrines métaphysiques comme celles d’Aristote, de Descartes, de Hume ou de Kant. Au xviiie siècle, le mouvement des Lumières s’élève contre les croyances irrationnelles de la religion et de la magie. Il défend la connaissance scientifique basée sur la stricte observation du réel. Dans son ouvrage Biographia Literaria (1817), le poète romantique anglais Samuel Taylor Coleridge développe une réflexion sur la suspension volontaire de l’incrédulité du lecteur de fiction (« that willing suspension of disbelief for a moment, which constitutes poetic faith »). En 1896, lors d’une projection du film L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat des frères Lumière, de nombreux spectateurs se précipitent hors de la salle croyant que le train qu’ils voient s’approcher à l’image risque de les écraser.
[f] → [e] →

Belief
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The fact of considering something as true or real. This assent can come in different degrees. The weakest levels include a quotient of doubt, and are akin to opinion and prejudice. The strongest include a deep-held conviction and are akin to faith. The philosophical examination of examining the concept of belief goes back to the Greek notion of doxa, which was criticized by Plato in the 4th century bc because of its essentially variable character. In the 2nd century, the Christian writer Tertullian came out with the famous formula “credo quia absurdum”, meaning “I believe because it is absurd”. Often associated with the closely allied concept of knowledge, the concept of belief is discussed in most of major metaphysical doctrines, such as those of Aristotle, Descartes, Hume or Kant. In the 18th century, the Enlightenment movement rejected the irrational beliefs of religion and magic. It championed scientific knowledge based on the strict observation of reality. In his book Biographia Literaria (1817), the English Romantic poet Samuel Taylor Coleridge speculated about the reader of fiction’s “willing suspension of disbelief for a moment, which constitutes poetic faith”. In 1896, on the occasion of a projection of the film L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat [Arrival of a Train in the La Ciotat Station] by the Lumière brothers, a great many spectators rushed out of the room, believing that the train they saw approaching on the picture might well run them over.

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programmées pour tromper les humains et les détruire. Contre eux, l’humanité – en la personne de John Connor, héros masculin athlétique et brave – se dresse et lutte pour la défense de ses valeurs authentiques, une hiérarchie entre l’homme, l’animal et la machine qui garantit l’ordre du monde. En 1985, dans son essai « Manifeste Cyborg », Donna Haraway, historienne des sciences féministe et socialiste, fait du cyborg l’acteur d’un nouveau « mythe politique ironique […] fidèle au féminisme, au socialisme et au matérialisme ». Elle le définit comme « un organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant, créature de la réalité sociale comme personnage de roman ». Grâce à lui, elle met en cause la frontière entre → science-fiction et réalité sociale, observant : « La science-fiction contemporaine est peuplée de créatures cyborgs, à la fois animales et machines qui habitent des univers ambigus à la fois naturels et fabriqués. La médecine moderne, elle aussi, fait appel à des cyborgs, issus d’accouplements entre organisme et machine, tous conçus comme des systèmes codés, et dont l’intimité et l’énergie ne proviennent pas de l’évolution de la sexualité telle que nous la connaissons. » Elle entrevoit dans le « sexe cyborgien » quelque chose comme la renaissance « de la ravissante liberté réplicative des fougères et des invertébrés ». Affirmant que le cyborg est « une créature qui vit dans un monde post genre », elle précise qu’il n’a aucun rapport avec une supposée unité originelle (bisexualité originelle chère à Freud ou travail non aliéné dans la société communiste primitive selon Marx). Le cyborg est le pur produit, partial et pervers, de notre monde : le « rejeton illégitime du militarisme et du capitalisme patriarcal, sans oublier le socialisme d’État ». Loin d’être le nouvel acteur d’un projet d’émancipation, le cyborg chez Donna Haraway est bien une créature mythique et monstrueuse, hybride né des rencontres entre la science-fiction et le complexe militaro-industriel, à laquelle la philosophe dit vouloir s’identifier (« Je préfère être cyborg plutôt que déesse ») afin de déjouer et combattre les mythes dominateurs du monde contemporain. [ e ] → A shortened form of “cybernetic organism,” cyborg refers to a living organism combined with a machine. So the notion of a cyborg assumes a close relationship between the human being and the machine. The term was popularized in the 1960s by Manfred E. Clynes and Nathan S. Kline—one a specialist in neurophysiology, the other in psychopharmacology—in connection with the concept of an “improved” human being who would be able to survive in extraterrestrial environments. In 1983, James Cameron made

Terminator. Strictly speaking, terminators are android robots, not hybrids of a human being and a machine. Nonetheless they were referred to and perceived as cyborgs, giving a frightening image of themselves as sexless creatures devoid of feelings that look like men or women, but act like machines. Terminators are simulations, chimera programmed to deceive human beings and destroy them. Faced with them, humankind—in the person of John Connor, an athletic, courageous and manly hero—rises up and struggles to defend its genuine values, a hierarchy between human being, animal and machine that guarantees world order. In 1985, in her essay “A Cyborg Manifesto.” Donna Haraway, a feminist and socialist science historian, makes the cyborg the player in a new “ironic political myth faithful to feminism, socialism, and materialism.” She defines it as a “cybernetic organism, a hybrid of machine and organism, a creature of social reality as well as a creature of fiction”. Thanks to it, she challenges the frontier between → science-fiction and social reality, observing: “Contemporary science fiction is full of cyborgs— creatures simultaneously animal and machine, who populate worlds ambiguously natural and crafted. Modern medicine is also full of cyborgs, of couplings between organism and machine, each conceived as coded devices, in an intimacy and with a power that was not generated in the history of sexuality.” In “cyborg sex” she sees the possibility of something like the restoration of “some of the lovely replicative baroque of ferns and invertebrates”. Stating that the cyborg is “a creature [living] in a post-gender world”, she makes clear that it has no connection with a supposed original oneness (an original bisexuality dear to Freud’s heart, or unalienated work in the primitive communist society, according to Marx). The cyborg is the pure, partisan and perverse product of our world: the “illegitimate offspring of militarism and patriarchal capitalism, not to mention state socialism”. Far from being the new player in a project for emancipation, in Donna Haraway the cyborg is in fact a mythical and monstrous creature, a hybrid born of meetings between science fiction and the military-industrial complex, which the philosopher claims to want to identify with (“I would rather be a cyborg than a goddess”) in order to outwit and combat the dominating myths of the contemporary world. [ → 4 Meier, robin & Momeni, ali ] [ → Monstre ] [ → Mutants ]

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Blabbing [ f ] → Le débinage est la divulgation du secret d’un tour de magie au public. La préservation du secret des tours est indispensable à l’exercice de la profession de → prestidigitateur. Ainsi, ceux qui désirent rejoindre l’Association française des artistes prestidigitateurs (créée en 1903) doivent être parrainés et passer un examen. En cas de succès, ils prêtent un serment du secret appelé serment « Mente et Manu ». Dans son livre Les Propos d’un escamoteur (1894), le prestidigitateur Édouard Raynaly critique avec virulence le débinage : « Quant aux divulgateurs à outrance, laissons-les exercer leur mauvaise et coupable industrie, c’est à eux surtout qu’elle fait du tort. Les malheureux ne semblent pas comprendre qu’ils tirent sur leurs propres troupes, qu’ils se tuent eux-mêmes en dévoilant publiquement les secrets d’un art qui vit précisément du mystère dont il doit toujours être entouré, si l’on veut qu’il donne, au point de vue de l’effet, son maximum d’intensité. Ces gens-là ne nous paraissent pas doués d’une saine logique, il leur manque un sens, le bon ; il y a chez eux quelque chose de malade, la cervelle, et leur cas relève plutôt de la pathologie. » [ e ] → Blabbing entails divulging the secret of a magic trick to the public. Keeping this secret is essential to the exercise of the magician’s [ → prestidigitateur ] craft. Consequently, those wishing to join the Association française des artistes prestidigitateurs [ French Association of Practising Magicians ] (created in 1903) must to be sponsored and are required to sit an exam. If they are successful, they take an oath of secrecy called the “Mente et Manu” oath. In his book Les Propos d’un escamoteur (1894), the magician Édouard Raynaly fiercely criticized those who blab: “As for the out-and-out blabbers, let them continue with their evil, culpable activities. It is primarily themselves that they wrong. The wretches do not seem to understand that they are firing on their own troops, killing one another, by publicly disclosing the secrets of an art that survives precisely on the mystery which must always surround it, if we want its effect to have a maximum of intensity. To us, those people do not seem to be endowed with sound logic, they lack sense—common sense; there is something sick about them, their brain, and their case comes more under pathology.”
déjà-vu

Déjà vu [ f ] → Décrite par de nombreux psychiatres, psychologues ou neurologues, mais aussi par des écrivains depuis le milieu du xixe siècle, l’impression de « déjà-vu » a porté plusieurs noms (« paramnésie »,

« sentiment de pré-existence », « état de rêve », « sensation de déjà-vécu »), avant d’apparaître sous la plume d’Émile Boirac dans une correspondance adressée à l’éditeur de la Revue philosophique de la France et de l’étranger en 1876. Boirac évoque alors une « illusion de la → mémoire ». La définition, à l’origine aussi imprécise que son nom, a varié au fil du temps ; la plus répandue aujourd’hui a été donnée par le docteur Vernon Neppe en 1983 : « Impression subjective et inappropriée de familiarité lors d’un événement présent, non associée à un souvenir précis. » Depuis plus d’un siècle, l’impression de déjà-vu a été étudiée essentiellement au moyen de questionnaires rétrospectifs soumis à des échantillons de sujets dits « sains » ou présentant une pathologie cérébrale identifiée. Le but de ces questionnaires était d’obtenir des informations sur les sensations produites, leurs conditions d’apparition et les personnes concernées. De nombreux auteurs ont conclu que le déjà-vu est une expérience trop commune pour pouvoir être considérée comme un phénomène paranormal. En effet, en moyenne, 70 % d’entre nous ont, une ou plusieurs fois, ressenti cette sensation étrange. S’il ne semble pas y avoir de différence significative entre les hommes et les femmes, il existe des variations en fonction de l’âge. Plusieurs études mettent en évidence une diminution de la fréquence du phénomène après 25 ans. Géraldine Fabre observe que diverses interprétations ont été proposées pour expliquer le déjà-vu, mais que les mystères de ce phénomène troublant n’ont pas encore été complètement élucidés. La subjectivité du phénomène rend plutôt délicate son étude basée en partie sur des questionnaires et des témoignages. Notre compréhension du déjà-vu s’est cependant améliorée grâce aux progrès de la neurologie. On sait aujourd’hui que le lobe temporal est impliqué dans son déclenchement. La dernière hypothèse neurologique, étayée par des observations expérimentales, explique le phénomène par une panne momentanée, due à la fatigue ou au stress, de la zone nous permettant de repérer le caractère nouveau d’une situation : le cortex périrhinal. Inactivé brièvement, il pourrait générer un sentiment de familiarité qui nous donnerait l’impression que nous avons déjà vécu le même événement dans les mêmes conditions. L’impression de déjà-vu ne serait donc finalement qu’une illusion perceptive due à un dysfonctionnement temporaire de notre cerveau. [e ] → Described by many psychiatrists, psychologists or neurologists as well as writers since the mid-19th century, the “déjà vu” experience, had been given several names (“paramnesia”, “sentiment of pre-existence”, “dream state”, “sensation

of already experienced”), before cropping up in the writing of Émile Boirac in a letter addressed to the editor of the Revue philosophique de la France et de l’étranger in 1876. Boirac talks of an “illusion of memory” [ → mémoire ]. The definition, initially as imprecise as the name, has varied over the course of time; the one most widely accepted today was given by Dr Vernon Neppe in 1983: “Any subjectively inappropriate impression of familiarity of a present experience with an undefined past.” For more than a century the déjà vu experience has been studied mainly by means of retrospective questionnaires given to samples of so-called “healthy” subjects or ones presenting an identified cerebral pathology. The aim of these questionnaires has been to obtain information about the sensations produced, the conditions under which they appear and the individuals affected. Many authors have concluded that déjà vu is too common an experience for it to be able to be regarded as a paranormal phenomenon. Indeed 70% of us on average have experienced this strange sensation one or several times. While there does not seem to be a significant difference between men and women, there are variations related to age. Several studies show up a fall-off in the incidence of the phenomenon after the age of 25. Géraldine Fabre observes that various interpretations have been suggested to explain déjà vu, but that the mysteries of this disturbing phenomenon have not yet been completely elucidated. The subjective nature of the phenomenon makes it quite tricky to study partly on the basis of questionnaires and testimony. However, our understanding of déjà vu has improved thanks to progress in neurology. We now know that the temporal lobe is involved in triggering it. The latest neurological hypothesis based on experimental observations explains the phenomenon by a momentary breakdown, due to fatigue or stress, of the zone enabling us to spot the new nature of a situation: the perirhinal cortex. Briefly put out of action, it could generate a feeling of familiarity which would give us the impression that we have already experienced the same event in the same conditions. The déjà vu experience would then ultimately be no more than a perceptual illusion due to a temporary dysfunction of our brain. [ → 2 CELLar Door ] [ → 2 Plateau (Bulle) ]
détecteurs de particules

Particle detectors [ f ] → Physique. Pour explorer les constituants de la → matière et les forces qui assurent sa cohésion, les scientifiques ont recours aux accélérateurs pour

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porter les particules (électrons ou protons) jusqu’à la vitesse de la → lumière, et aux détecteurs pour observer les éléments générés par les collisions de ces particules. Comme le précise → 1 Jean-Pierre Merlo, les avancées des mathématiques puis de l’informatique ont constitué des apports déterminants pour la physique théorique ; en ce qui concerne la représentation et la compréhension de la matière, ce sont davantage les progrès techniques réalisés dans le domaine des détecteurs de particules qui ont ainsi permis de susciter, valider ou abandonner de nouvelles hypothèses. Au fur et à mesure du perfectionnement des technologies de détection des particules, depuis le compteur Geiger-Müller jusqu’aux grands collisionneurs actuellement en cours de réalisation, le principe est cependant resté le même : tirer parti du processus d’ionisation, soit l’arrachement d’électrons des atomes d’un milieu lorsque celui-ci est traversé par une particule chargée. Il s’agit donc d’observer la trace laissée par le passage de particules chargées électriquement dans un gaz ou dans un liquide donné. On peut considérer le compteur Geiger-Müller, imaginé par Hans Geiger en 1913 et mis au point avec le concours de Walther Müller en 1928, comme le premier détecteur de particules. Il s’agit d’un simple tube conducteur rempli de gaz avec un fil isolé au centre ; une tension de 1 000 volts est appliquée de façon à accélérer la production d’électrons, tandis que le signal électrique peut être détecté sur le fil et mesuré. Puis furent utilisés au cours des décennies les détecteurs de particules suivants : la chambre à brouillard (détecteur imaginé par Charles Thomson Wilson dès 1912 et grâce au recours duquel le physicien américain Carl David Anderson découvrit dans les → rayons cosmiques le → positron prédit par Paul Dirac ), la chambre à bulles (inventée par Donald Glaser en 1953), la chambre à étincelles (utilisée à partir des années 1960) et enfin les chambres proportionnelles ou à dérive, utilisées aujourd’hui en association avec les dernières générations d’accélérateurs de particules, comme le → LhC . On compte parmi ces chambres les détecteurs de particules ATLAS et CMS. [ e ] → Physics. To explore the constituents of matter [ → matière ] and the forces that ensure its cohesion, scientists use accelerators to carry particles (electrons or protons) up to the speed of light [ → lumière ], and detectors to observe the elements generated by the collisions of these particles. As → 1 Jean-Pierre Merlo explained, advances in mathematics and then in information technology have constituted decisive gains for theoretical physics; as regards the representation and understanding of matter, it is more the technical progress

achieved in the field of particle detectors that has made it possible to come up with new hypotheses, and validate or abandon them. However, as technologies for the detection of particles have been perfected, from the Geiger-Müller counter to the great colliders currently being built, the principle has remained the same: taking advantage of the ionization process, or the extraction of electrons from atoms in an environment traversed by a charged particle. So it is a question of observing the trace left by the passage of electrically charged particles in a given gas or liquid. The GeigerMüller counter, devised by Hans Geiger in 1913 and perfected with the assistance of Walther Müller in 1928, can be regarded as the first particle detector. It is a simple conductive gas-filled tube with an insulated wire in the centre; a tension of 1000 volts is applied so as to accelerate the production of electrons, while the electric signal can be detected on the wire and measured. Then over the decades the following particle detectors were used: the Wilson cloud chamber (a detector thought up by Charles Thomson Wilson in 1912, by means of which the American physicist Carl David Anderson discovered the → positron in cosmic rays [ → rayons cosmiques ] predicted by Paul Dirac), the bubble chamber (invented by Donald Glaser in 1953), the spark chamber (used from the 1960s) and finally proportional or drift chambers, used today in association with the latest generations of particle accelerators, like the → LhC. The ATLAS and CMS particle detectors are among those chambers. [ → Dirac (équation de) ]
dhrupad [ f ] → Le dhrupad ou dhruvapada signifie « chant

→ Détecteur de particules CMS / CMS particle detector

→  Disparition Harry Houdini faisant disparaitre un éléphant
(1918) / Harry Houdini performing his “Vanishing Elephant” illusion (1918) → Détecteur de particules ATLAS / ATLAS particle detector

véritable » ou « chant de la vérité ». C’est la plus ancienne forme encore vivante de musique classique indienne dont les racines remontent aux Védas, source intellectuelle de l’Inde ancienne. Une grande partie de la sagesse védique, qui s’efforçait de mener les hommes sur le chemin d’une spiritualité supérieure, se transmettait par des chants. À travers les âges, ces chants dévotionnels se développèrent esthétiquement et devinrent populaires ; le dhrupad en est la version la plus ancienne et la plus éclatante. Ceci explique l’essence dévotionnelle du dhrupad, dans lequel la musique qui sort de la bouche du chanteur constitue un don spirituel au Tout-Puissant. Mais les émotions séculières comme l’amour, la douleur, la peine, la souffrance et la joie – peut-être davantage ressenties pour nos semblables que pour Dieu – peuvent aussi se mêler dans le dhrupad à l’émotion divine et atteindre →  Le dynamistographe / The dynamistograph

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ainsi une certaine complétude. Dans le dhrupad, le corporel n’est pas nié, mais il se mêle au contraire au spirituel – participant de son essence. Le dhrupad, qui s’ouvre sur une première partie appelée alaap, distille une atmosphère d’extrême sérénité à mesure qu’il progresse de façon sinueuse, embrassant amoureusement chacune des notes, explorant toutes ses potentialités. Le tempo de la musique s’accélère peu à peu jusqu’à atteindre un point de rupture. Suit alors une composition lyrique, ou bandish, basée sur l’un des nombreux cycles rythmiques, ou talas, joués sur le sonore pakhawaj. [ e ] → Dhrupad or dhruvapada meaning the “true song” or “the song of truth” is the oldest surviving form of classical music in India whose roots can be traced back to the Vedas—the intellectual reservoir of ancient India. Much of the Vedic wisdom, which sought to lead human beings to attain a spiritual high ground, was expressed in the form of songs. These sung devotional pieces were, through the ages, made more aesthetically developed and more popularized; and it’s earliest and most brilliant offspring was dhrupad. This explains the devotional core of dhrupad, where music issues from the mouth of the singer as his or her spiritual offering to the Almighty. However, such secular emotions like love, pain, sorrow, suffering and joy, felt not perhaps for God but for a fellow human being, too can and does mingle in dhrupad with divine emotion and can gain completeness. In dhrupad the corporeal is not negated but rather it melts into the spiritual—partaking its essence. Dhrupad, beginning with the section called alaap, gradually commences spreading a mood of utmost serenity, as it meanderingly progress, touching lovingly on each one of the notes, exploring its full potentialities. The music gradually takes on a faster tempo till it reaches a point of rapture and is then followed by a lyrical composition or bandish set to anyone of the numerous rhythmic cycles or talas played on the sonorous pakhawaj. [ → 4 Meier, robin & Momeni, ali ] [ → Moustiques]
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dirac (équation de)

God → 1 anger, Kenneth , → antimatière, → 1 Coleman, Joe, → 1 Crowley, aleister, → 1 Devotio moderna, → Duchamp, Marcel, → 1 évangélistes, → Fonction Etc., → 1 Gesualdo, Carlo, → 1 Gnose, → 1 Leary, Timothy, → 1 Manson, Charles, → 1 Michel-ange, → 1 nécromancie, → occultisme, → Satanisme, → Spiritisme, → 1 Zinzendorf, nicolaus Ludwig
(Comte)

Dirac’s Equation [ f ] → Physique. En 1928, en essayant de comprendre les lois qui régissent la dynamique d’un électron se déplaçant à une vitesse proche de celle de la → lumière, un jeune physicien nommé Paul Dirac a trouvé une équation que l’on appelle depuis « l’équation de Dirac ». L’électron qui se déplace très vite y devient un objet mathématique qui doit résoudre cette équation, c’est-à-dire qu’il doit en être une solution. Une fois l’équation de Dirac connue, il fut possible d’en étudier les solutions, de voir si elles correspondaient bien à une quelconque réalité. Dirac avait trouvé juste : son équation possède deux solutions et l’une d’entre elle correspond bien à un électron. Le physicien avait réussi à représenter mathématiquement un électron relativiste en combinant la mécanique quantique à la → 1 relativité (restreinte) → 1 d’Einstein. Mais son équation avait deux solutions. Qu’en est-il de l’autre solution ? À quoi correspond-elle ? Est-elle réelle ou simplement un rebut d’une théorie finalement imprécise, juste inventée ? Admettons que cette autre solution soit réelle et examinons-la. Ainsi que le remarque → 1 Christophe Galfard, elle ressemble fortement à une sorte d’électron, qui a exactement la même masse et la même forme qu’un électron normal, mais dont toutes les charges sont opposées. Par exemple, l’électron a une charge électrique négative, tandis que cette autre solution a une charge électrique positive. À cause de sa charge positive, cet étrange électron fut appelé « → positron ». La profonde justesse de l’équation de Dirac fut confirmée en 1932 par l’expérimentation. Son équation a permis aux humains de découvrir le premier élément d’une → matière jusqu’alors inconnue. Cette matière, c’est → l’antimatière. [ e ] → Physics. In 1928, while trying to understand the laws that govern the dynamics of an electron travelling close to the speed of light [ → lumière ], a young physicist by the name of Paul Dirac came up with an equation that has been referred to ever since as “Dirac’s equation.” In Dirac’s equation, the fast-travelling electron becomes a mathematical object that has to solve the equation, i.e. it has to be a solution. Once Dirac’s equation became known, it was possible to study its solutions and see whether they actually corresponded to any kind of reality. Dirac had got it right: there are two solutions to his equation and one of them does correspond to an electron. The physicist had succeeded in representing a relativistic electron mathematically by combining quantum mechanics with → 1 Einstein’s (special) relativity [ → 1 relativité ]. But his equation had two solutions. What about the

other one? What does it correspond to? Is it real, or simply a by-product of a newly invented theory that would ultimately turn out to be imprecise? Let us accept that this other solution is real, and examine it. As → 1 Christophe Galfard noticed, it very closely resembles a kind of electron that has exactly the same mass and the same form as a normal electron, but all its charges are opposite. For example, the electron has a negative electric charge, whereas this other solution has a positive electric charge. Because of its positive charge, this strange electron was called a “→ positron”. The exactitude of Dirac’s equation was confirmed by experiment in 1932. His equation allowed human beings to discover the first element of a hitherto unknown matter [ → matière ]: the antimatter [ → antimatière ]. [ → Détecteur de particules ]
disparaître (instructions pour)

Class 9. Burn in stove, then dispose of remains Class 10. Dump in trash far from home [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [ → 3 Einarsson, Gardar Eide ]
disparition

Disappearance [ f ] → voir p. 68 [ e ] → see p. 68 [ → apparition ]
double contrainte

Disappear (how-to manual) [ f ] → Dix notes rédigées par → Theodore Kaczynski. Ces instructions devaient permettre aux citoyens de fuir l’emprise des sociétés techno-industrielles, de survivre aux cataclysmes naturels et de fuir en toutes circonstances sans laisser de trace. Catégorie 1. Cacher soigneusement, loin de chez soi; Catégorie 2. Cacher soigneusement, loin de chez soi, mais peut à la rigueur être détruit; Catégorie 3. Cacher soigneusement, loin de chez soi, mais peut à la rigueur être brûlé; Catégorie 4. Brûler hors de chez soi; Catégorie 5. Brûler finalement dans un poêle; Catégorie 6. Brûler avec des bocaux; Catégorie 7. Détruire; Catégorie 8 Traiter pour sécuriser; Catégorie 9. Brûler dans un poêle, puis jeter les restes; Catégorie 10. Jeter dans une poubelle loin de chez soi. [ e ] → 10 commandments by → Theodore Kaczynski. These instructions enable citizens to free themselves from modern technology, to survive natural disasters on their own, and to live off the grid. Class 1. Hide carefully far from home Class 2. Hide carefully far from home, but can be destroyed at a pinch Class 3. Hide carefully far from home, but can be burned in a pinch Class 4. Burn away from home Class 5. Burn in stove, eventually Class 6. Burn with glass jars Class 7. Destroy Class 8. Treat to make safe

Double bind [ f ] → L’expression « double contrainte » (double bind) découle de notions développées par l’école de Palo Alto dans le domaine des sciences de l’information et de la communication et de la cybernétique. Elle est mise en évidence en 1956 par une équipe dirigée par Gregory Bateson dans l’article « Vers une théorie de la schizophrénie » publié dans Behavioural Science, vol. 1, no. 4, 1956 qui, suite à l’observation du comportement des schizophrènes, décrit une situation toute particulière dans laquelle l’individu « ne peut pas être gagnant ». Selon Bateson, les éléments indispensables pour constituer une situation de double contrainte sont les suivants : (1) présence de deux personnes ou plus dont la « victime » ; (2) une expérience traumatique répétée qui revient avec régularité dans la vie de la « victime » ; (3) une injonction négative primaire fondée plutôt sur l’évitement de la punition que sur la recherche de la récompense (par exemple « Ne fais pas ceci ou je te punirai », « Si tu ne fais pas ceci, je te punirai ») ; (4) une injonction secondaire, qui contredit la première à un niveau plus abstrait tout en étant, comme elle, renforcée par la punition ou par certains signaux menaçant la survie (attitudes, gestes, ton de la voix, actions significatives, implications cachées dans les commentaires verbaux) – tous ces moyens pouvant être utilisés pour véhiculer le message plus abstrait ; (5) une injonction négative tertiaire qui interdit à la victime d’échapper à la situation et de fuir cette dernière. Quand un individu est pris dans une situation de double contrainte, il réagit comme le schizophrène, d’une manière défensive, puisqu’il se trouve dans une situation qui, tout en lui imposant des messages contradictoires, exige qu’il y réponde, et qu’il est donc incapable de commenter les contradictions du message reçu. Cette théorie a provoqué un bouleversement majeur des conceptions psychiatriques traditionnelles et notamment contribué au développement de la thérapie familiale et systémique. Plus de cinquante ans après la parution de l’article de

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Au début du xixe siècle, le terme de → prestidigitateur se substitue progressivement à celui

d’escamoteur, issu du verbe escamoter qui signifie « faire disparaître ». À en croire l’histoire des mots, les disparitions constituent en quelque sorte l’acte inaugural de l’art des prestidigitateurs. Les premiers escamotages s’appliquent à de petits objets comme les → muscades, les cartes ou les pièces de monnaie. Au fil du temps, les prestidigitateurs s’efforcent de faire disparaître des objets de plus en plus volumineux, repoussant toujours davantage les limites du possible. Buatier de Kolta (1847–1903) marque l’histoire de l’illusionnisme en faisant disparaître une femme assise sur une chaise. Quelques décennies pus tard, Harry Blackstone (1885–1965) exécute la disparition d’un cheval, d’une voiture ou d’un dromadaire.

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[ e ] → In early 19 th century France, the term prestidigitateur [ → magician ] gradually took the place of the word escamoteur [ conjurer ], derived from

the verb escamoter, meaning “to make disappear”. If we go by the history of words, disappearance in a way constitutes the inaugural act of the magician’s art. The first disappearing acts related to small objects like marbles [ → muscades ], cards or coins. Over time, magicians endeavoured to make ever bulkier objects disappear, pushing the boundaries of the possible ever further. Buatier de Kolta (1847–1903) made his mark on the history of illusionism by causing a woman sitting on a chair to disappear. A few decades later, Harry Blackstone (1885 –1965) effected the disappearance of a horse, a car, or a dromedary.

Gregory Bateson, la notion de double contrainte a largement dépassé le domaine d’application des psychothérapies. [ e ] → The expression “double bind” comes from ideas developed by the Palo Alto school in the field of information, communication sciences and cybernetics. It was demonstrated in 1956 by a team directed by Gregory Bateson, in the article “Toward a Theory of Schizophrenia”, published in Behavioural Science, Vol. 1, no. 4, 1956, that from observations of schizophrenic patients a peculiar situation emerges in which no matter what a person does, he/she “can’t win”. According to Bateson, the necessary ingredients for a double bind situation are the following: (1) the presence of two or more persons including the “victim”; (2) a repeated trauma experience that is a recurrent theme in the life of the victim; (3) a primary negative injunction based on avoidance of punishment rather than a context of reward-seeking (for instance “Do not do so and so, or I will punish you,” “If you do not do so and so, I will punish you.”); (4) a secondary injunction conflicting with the first at a more abstract level and, like the first, enforced by punishments or signals which threaten survival (posture, gesture, tone of voice, meaningful action, and the implications concealed in verbal comment)— all of which may be used to convey this more abstract message; (5) a tertiary negative injunction prohibiting the victim from escaping from the field. When a person is caught in a double bind situation, he will respond defensively in a manner similar to the schizophrenic. An individual will take a metaphorical statement literally when he is in a situation where he must respond, where he is faced with contradictory messages, and when he is unable to comment on the contradictions. This theory led to a major overturning of traditional psychiatric conceptions, and contributed in particular to the development of family and systemic therapy. More than fifty years after the publication of Gregory Bateson’s article, the notion of a double bind has gone well beyond the application domain of psychotherapies. [ → 1 DouBLE BinD ] [ → Quotient schizophrénique ]
duchaMp, Marcel → abandon de l’art, → accélération, → aion a, → aléatoire, → amerika, → antenne relais, → antimatière, → apparition, → arc électrique, → architecture vernaculaire, → archives, → armes sonores, → atmosphériques, → aurore boréale, → aurore noire, → autocombustion, → avatar, → avraamov, arseny, → Backward messages, → Baguette, → Baron,

→ Barre de fraction, → Basse fréquence, → Baydan Shoes, → Bérézina (Bataille de), → Bibliothèque de unabomber (La) (une sélection), → Bicaméral (cerveau), → Big Crunch Clock, → Bobine de Tesla, → Boniment, → Bragdon, Claude Fayette, → Cabane, → Cabine téléphonique, → Cable Street (Bataille de), → Camouflage, → « Cellar Door », → Cerveaux (contrôle des), → Chantier, → Chizhevsky, alexander Leonidovich, → Chopper, → Ciné-œil, → Close-up, → Cocaïne, → Collectif, → Columbo, → Comment vérifier que vous avez bien été enlevé par des extraterrestres ?, → Community reinvestment act, → Cor des alpes, → Corticalart, → Croatan, → Crowley, aleister, → Croyance, → Cuche, Didier, → Cyborg, → Débinage, → Déjà-vu, → Détecteurs de particules, → Dhrupad, → Dieu, → Dirac (équation de), → Disparaître (instructions pour), → Disparition, → Double Contrainte, → Dynamistographe, → Eco, umberto, → élasticité, → EMi (Expérience de mort imminente), → Empalmage, → Enigma, → Enlèvements extraterrestres, → Ennui, → Ersatz, → Escapologie, → Espace-temps, → Essaimage, → étincelles du cerveau, → Evrugo (état mental d’), → Exposition nationale Suisse (Genève, 1896), → Extraterrestre, → Exurbanisation, → Fake, → Fantômas, → Fioriture, → Fonction Etc. , → Furtivité, → Gakona (village), → Geek, → Géodésique, → Géométrie inverse, → Ghost rider, → Gimmick, → Glissement, → Gobelet, → Goréens, → Grizzly Man, → Guerriers de l’arc-en-ciel (Les), → h.a.a.r.P. , → hallucinations télépathiques, → hashima, → hell’s angels, → hétérotopie, → hitchcock, alfred, → homes of Tomorrow, → horde Sauvage (La), → hot rod, → houdini, harry, → human Statue of Liberty, → hypertexte, → hystérie, → iconoclasme, → immatériaux (Les), → informe, → inframince, → inS
(international necronautical Society, ou Société nécronautique internationale), → institut Benway, → ionosphère, → isochronisme des pendules, → Jeu vidéo, → Journal de Thoreau (Le), → Juda (rois de), → Kaczynski, Theodore John, → Kant, Emmanuel, → Klammer, Franz, → Kodiak (Île de), → Konec, → Krays (frères Jumeaux), → Kunz, Emma, → Labyrinthe, → Lévitation, → LhC (Grand Collisionneur de Protons), → Lone ranger (The), → Loup Blanc, → Löwenzorn, → Lumière, → Lumière noire, → Lynchage, → Maciste, → Magie, → Mani Pulite, → Manipulation du climat, → Maquette, → Marillenknödel de Mami Wahler (Les), → Masque jetable, → Matière, → Mauvaise herbe, → Méliès, Georges, → Mémoire, → Mentalisme, → Merzbow, → Mescaline, → Microgrammes, → Miroir noir, → Mnémosyne (atlas), → Modulaire, → Momification, → Monstre, → Morceaux d’homme (Des), → Motos, → Moustique, → Muscade, → Musique enregistrée, → Mutants,

→ naufrage du Prestige, → occultisme, → ondes cérébrales, → ondes électromagnétiques, → ondes électromagnétiques (effets), → ontologie, → operational Theory research , → orage magnétique, → organisation scientifique du travail, → orgone, → ouroboros, → Paradoxe des Jumeaux, → Péplum, → Pergola, → Physique quantique, → Pinetti, Giuseppe, → Pirate, → Playboy, → Pledge, → Pollution électromagnétique, → Porcia (Bataille de), → Positron, → Postcolonial , → Prestidigitateur, → Prestige, → Priest, Christopher, → Production industrielle, → Profonde, → Protocinéma, → Puits artésien, → Quotient Schizophrénique, → radioactive Boy Scout, → radiogoniométrie, → radiomètre de Crookes, → raël, → rayons Cosmiques, → reboot, → relativité, → resignification, → rhombicuboctaèdre, → rhomboèdre, → robert-houdin, JeanEugène, → Saint Florian, → Sargam, → Satanisme, → Science-fiction, → Scot, reginald, → Secret Decoder rings, → Sensibilité électromagnétique, → Sérendipité, → Servante, → Shadow (The), → Singularité, → Skate-Board, → Sockandawe.com, → Son optique, → Sous-marins (Films de), → Spectre électromagnétique, → Spiritisme, → Sport, → Stations de nombres, → Strudel, → Strudel de Mami Wahler (Le), → Système génératif, → Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, → Table rase, → Taxidermie, → Terrella, → Terreur, → Tesla Coilers, → Tesla, nikola, → Théorème de calvitie, → Theremin, Léon, → Thérémine, → Transfert, → Transmetteur amplificateur, → Tuning, → Turn, → ultraviolet (rayonnement), → unabomber, → used Space, → utopies américaines, → Vampires (Les), → Vent solaire, → Véritables préludes flasques (pour un chien), → Vernaculaire, → Vie artificielle, → Vision-fenêtre, → Visite des Monuments de Passaic, → Vonu (Voluntary non Vulnerable Society), → Wardenclyffe (Tour de transmission), → yodel, → Zombie, → 18 (khz), → 80 (km), → 271 (Ducati Model), → 380 (nM), → 750 (nM), → 1977, → 100 000 000 000
dynaMistoGraphe

~~~

Dynamistograph [ f ] → Au passage du xixe siècle, à quelques encablures de la découverte des rayons X par Röntgen (décembre 1895), deux curieux inventeurs hollandais « libres penseurs », MM . Matla et Zaalberg Van Zelst, souhaitant « porter l’étude de l’âme sur le terrain physique », affirment avoir élucidé le « mystère de la mort ». Au moyen d’un instrument baptisé le « dynamistographe », ils affirment pouvoir donner une représentation tangible et matérielle des formes invisibles qui peuplent l’au-delà, notamment la forme inédite de « l’homme dans sa

dyn
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dynaMistoGrapHe

élasticité

ela
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seconde vie ». Après avoir livré leurs premières conclusions, ils attendent la mort de l’un d’eux, M. Zaalberg, en juillet 1903, pour pouvoir affiner la méthode. Les résultats de ce dialogue posthume et médiumnique, obtenu grâce à un mécanisme enregistreur, sont publiés en novembre 1912 dans un ouvrage intitulé Le Mystère de la mort. Dynamistographie. [ e ] → At the turn of the century, not long after Roentgen’s discovery of X -rays (December 1895), two curious Dutch inventors and “free thinkers,” Messrs. Matla and Zaalberg van Zelst, wishing “to bring the study of the soul into the physical field,” claimed to have elucidated the “mystery of death.” With an instrument dubbed the “dynamistograph”, they claimed to be able to give a tangible, material representation to the invisible forms peopling the hereafter, notably the novel form of “man in his second life”. After delivering their initial conclusions, they began to wait for the death of one of them (in this case, Mr. Zaalberg, in July of 1903) in order to refine their methods. The results of this posthumous mediumesque dialogue, which was obtained with a mechanical recording device, were published in November 1912 in a work titled Le Mystère de la mort. Dynamistographie.

e

eco, uMberto [ f ] → Auteur italien de nombreux essais universitaires

sur la sémiotique, l’esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie. [ e ] → An Italian author of several essays about semiotics, Middle Ages aesthetics, mass communication, linguistics and philosophy. [ → Columbo ] [ → Fonction Etc. ]
élasticité

Elasticity [ f ] → Physique. Qualité d’un objet à être déformable tout en reprenant sa forme d’origine lorsque la contrainte qu’on lui applique disparaît. On peut étirer le réel, il ne se déchire pas ; on peut lui greffer autant de couches que l’on veut, il ne s’effondre pas ; on peut le froisser, le comprimer, le plisser ou l’enrouler sur lui-même, la déformation ne s’inscrit pas dans son tissu. Corps indéchirable, extensible et pliable à volonté, les perspectives que la manipulation de la réalité ouvre à l’artiste sont tout aussi complexes. À force de tordre le réel, peut-il se dédoubler ? Si l’on se glisse dans ses plis, peut-on se faire momentanément invisible ? En accélérant certains de ses éléments, serait-il possible de le traverser ? Ou faut-il plutôt, comme un surfeur prend le tube, s’essayer à glisser sur ses surfaces pour épouser la souplesse de ses formes et s’infiltrer subrepticement entre ses strates ? Encore faut-il savoir se perdre dans ses replis. Car le corollaire de l’inépuisable capacité du réel à se métamorphoser sans se déliter, à muter pour mieux se recombiner, c’est sa résistance. [e ] → Physics. Quality enabling an object to return to its original shape after being deformed, once the force being applied to it disappears. Reality can be stretched, it cannot be torn; we can graft as many layers as we like on to it, and it will not collapse; it can be creased, compressed, folded or rolled up on itself, but the misshaping is not inscribed into its fabric. The prospects that the manipulation of reality—as a body that is tear-proof, stretchable and foldable at will—opens up to the artist are just as complex. By dint of twisting reality, can it be split it in two? If we slip into its folds, can we make ourselves momentarily invisible? By speeding up some of its elements, would it be possible to go through it? Or rather, as a surfer rides the wave, do we have to try and slide over its surfaces, espousing the suppleness of its forms and infiltrating ourselves surreptitiously between its layers? We have to know how to get lost in its coils. For the corollary of the inexhaustible capacity of reality to

eMi
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eMi

enlÈVeMents eXtraterrestres

enl
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be transformed without splitting, to change in order to recombine better, is its toughness. [ → accélération ] [ → Furtivité ] [ → Mutants ]
eMi (expérience de Mort iMMinente)

NDE (Near Death Experience) [ f ] → Ensemble de « sensations » vécues par certains individus pendant un coma avancé ou une mort clinique avant qu’ils soient réanimés, dont ils témoignent souvent comme de la possible survivance de la conscience après la mort. Les premières expériences ont été répertoriées et décrites par le psychiatre américain Raymond Moody en 1975 qui empruntait le terme à l’ouvrage du psychologue français Victor Egger, Le Moi des mourants (1895). Les récits des patients présentent de nombreuses similitudes : décorporation, conscience d’être mort tout en étant conscient, vision d’une → lumière intense, etc. Nombre de médecins ont tenté de produire une explication rationnelle du phénomène, qu’ils distinguent sur le plan physiologique des états modifiés de conscience, du rêve, des hallucinations. Ils cherchent à rendre compte des conditions de possibilité biologiques des EMI en se gardant de prendre partie sur leur portée métaphysique. [ e ] → A set of “sensations” experienced by some individuals during an advanced coma or clinical death before they are resuscitated, which they often describe as the possible survival of consciousness after death. The first experiences were listed and described in 1975 by the American psychiatrist Raymond Moody who borrowed the term from the book Le Moi des mourants (1895) by the French psychologist Victor Egger. Accounts by patients have a great many similarities: an out-of-body sensation, awareness of being dead while at the same time being conscious, seeing a powerful light [ → lumière ], etc. Quite a few doctors have tried to come up with a rational explanation for the phenomenon which they distinguish at the physiological level from altered states of consciousness, dreams, and hallucinations. They set out to report on the biological conditions in which NDE s can happen while taking care not to adopt any position regarding their metaphysical implications. [ → 4 Chapuis, Denis ] [ → 4 Della negra, alain & Kinoshita, Kaori ] [ → 4 Fischer, Fred ]
eMpalMaGe

de les faire disparaître et réapparaître à volonté. La maîtrise de l’empalmage requiert de nombreuses heures d’entraînement. Son principe consiste à bouger doucement les muscles de la loge thénar et de l’hypothénar de manière à pincer un objet. Le prestidigitateur doit pouvoir marcher, parler et accomplir toute sorte d’action avec aisance sans que l’objet ne tombe. « Cette opération d’escamotage exige un long travail ; car il faut, tout en ayant la main droite ouverte et renversée, arriver à y retenir invisiblement des boules, des bouchons de liège, des morceaux de sucre, des pièces de monnaie, etc., sans que les doigts soient fermés ou ne perdent rien de leur liberté », note → JeanEugène robert-houdin dans Confidences et révélations (1868). L’empalmage, dit « à l’italienne », consiste à pincer l’objet entre la base du pouce et le prolongement de la base de l’index perpendiculairement à la paume de la main. [ e ] → Palming involves the concealment of small objects in the hollow of the hand. It allows the magician [ → prestidigitateur ] to make them disappear and reappear at will. Mastery of palming requires a great many hours of training. Its principle is based on gently moving the thenar and hypothenar muscles so as to pinch an object. Magicians must be able to walk, talk, and carry out all sorts of actions easily without dropping the object. “This conjuring operation has to be worked on for a long time; for you have to succeed, while having your right hand open and turned over, in invisibly holding balls, corks, pieces of sugar, coins, etc., without closing your fingers or losing any freedom of movement,” → Jean-Eugène robert-houdin observes in Confidences et révélations (1868). So-called “Italian” palming, or thumb palming, consists of pinching the object between the base of the thumb and the extension of the base of the index finger, at a right angle with the palm of the hand.
eniGMa [ f ] → Association britannique dédiée à l’étude des → stations de nombres, le groupe ENIGMA (Euro-

enlèveMents extraterrestres

→  Empalmage Extraits d’un livre de tours de magie russe /
Excerpts from a Russian book of magic tricks, 1877

Palming [ f ] → L’empalmage est la dissimulation de petits objets au creux de la main. Il permet au → prestidigitateur

pean Numbers Information Gathering and Monitoring Association), tire son nom de la fameuse machine cryptographique allemande à rotors utilisée lors de la seconde guerre mondiale. [ e ] → A British association dedicated to studying numbers stations [→ stations de nombres ], the ENIGMA group (European Numbers Information Gathering and Monitoring Association), takes its name from the famous German rotor-operated ciphering machine used during World War II.

Alien abductions [ f ] → L’affaire Betty et Barney Hill, qui eut lieu aux États-Unis en 1961, fut le premier cas allégué d’enlèvement par des → extraterrestres. Les centaines d’enlèvements extraterrestres reportés depuis semblent suivre plus ou moins le même scénario : enlèvement dans un vaisseau spatial, examen médical ou expériences scientifiques sur la victime de l’enlèvement, message transmis à la victime par les extraterrestres, retour sur terre et amnésie partielle. Dans Passport to the Cosmos: Human Transformation and Alien Encounters, ouvrage qui est le fruit d’une étude de plus de dix ans auprès de deux cents hommes et femmes affirmant avoir été enlevés par des extraterrestres, le psychiatre et chercheur John Mack souligne que ces récits sont une source d’information considérable sur le futur de la race humaine. Les interviews réalisées mettent en avant des préoccupations à la fois d’ordre écologique (les extraterrestres avertissant les terriens des conséquences écologiques de leurs actes) , mais aussi d’ordre mystique (les extraterrestres mus par une force suprême gouvernant l’univers). La partie la plus surprenante des témoignages recueillis porte sur les relations sexuelles entre → extraterrestres et humains, dans le but de créer une race hybride. Les artistes → 2 Fabien Giraud et → 2 raphaël Siboni ont choisi de travailler sur les enlèvements et viols extraterrestres pour l’œuvre (The Abduction) qu’ils ont présentée à la biennale de → 2 Santa Fe en 2008. Comme le remarquent les deux artistes, « les enlèvements et les viols extraterrestres sont une → croyance locale sérieuse aux États-Unis, même si pour nous, en France, ça nous apparaît comme une plaisanterie de mauvais goût. Aux États-Unis, les extraterrestres sont une réalité quotidienne et les victimes de ces viols constituent une minorité qui a droit à la parole… » [ e ] → The Betty and Barney Hill affair which occurred in the United States in 1961 was the first alleged case of abduction by aliens. The hundreds of alien [ → extraterrestre ]abductions reported since seem to follow more or less the same pattern: abduction in a space ship, a medical examination of, or scientific experiments on, the victim of the abduction, a message transmitted to the victim by the aliens, return to earth and partial amnesia. In Passport to the Cosmos: Human Transformation and Alien Encounters, a work based on a study of 200 declarations by men and women alleging they had been abducted by aliens over ten years, the psychiatrist and researcher John Mack emphasizes that these stories are a considerable source of information

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essaiMaGe

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about the future of the human race. The interviews conducted highlight concerns that are both ecological (the aliens warning the earth-dwellers of the ecological consequences of their actions) and mystical (the aliens motivated by a supreme force governing the universe). The most surprising part of the testimonies collected has to do with sexual relations between aliens and humans, with the aim of creating a hybrid race. The artists → 2 Fabien Giraud and → 2 raphaël Siboni chose to work on alien abductions and rapes for the work (The Abduction) they presented at the → 2 Santa Fe biennial in 2008. As the two artists point out, “Abductions and rapes by extraterrestrials are a serious local belief [ → croyance ]in the United States, even if for us, in France, it seems like a joke in bad taste. In the United States extraterrestrials are an everyday reality and the victims of these rapes form a minority that’s entitled to be heard.” [ → Comment vérifier que vous avez bien été
enlevé par des extraterrestres ?] [ → 2 raël ] [ → 2 Chalet de Tokyo à roswell ]

[ e ] → “If certain forms [of boredom] have been docu-

ennui

Boredom [ f ] → « S’il en est signalé quelques-unes [formes de l’ennui], il en reste un plus grand nombre encore qu’il est impossible de recenser. L’ennui nous submerge et surabonde ; il intervient plus ou moins dans tous nos actes, mais souvent sans se nommer et sans constituer tout leur être. C’est le rôle du psychologue de le déceler dans les phénomènes qui le manifestent ou qui le masquent, d’isoler en toutes circonstances la part qui lui revient. Cette part est énorme, prélevée sur notre existence, et on en conviendra si l’on prend en considération les deux propositions qui sont la philosophie de cette étude, à savoir : 1° que la vie n’a ni fond ni but et qu’elle poursuit en vain un état d’équilibre et de bonheur ; 2° que tout organisme naissant périssable se fatigue, s’épuise et partant souffre continuellement. L’ennui est le sentiment qui résulte de notre impuissance et qui accuse l’absurdité du sort qui nous est fait dans un monde où nous sommes jetés sans recevoir de suffisantes explications. Considérer toutes choses sous l’aspect de l’ennui, c’est voir dans l’homme un pantin décidément creux et qui n’est pas maître de ses fils ; c’est relever ce qu’il y a de tragique et de comique à la fois dans le fait d’exister. Notre étude désespère de la vie qui se ramène au néant, mais se réjouit des occasions de rire qui nous sont laissées. » Avant-propos de L’Ennui, étude psychologique d’Émile Tardieu, Librairie Félix Alcan, Paris, 1903

mented, a greater number still remain impossible to account for. Boredom submerges us in its overabundance; it enters more or less into each of our deeds, albeit without being identified as such nor forming their entirety. It is the psychologist’s task to detect its presence within the phenomena that manifest or mask it, and to constantly delineate the role it plays. This role is substantial, lifted from our existence, as one will recognize when considering the following two propositions which are the philosophy of this study. First, that life has neither foundation nor finality and pursues in vain a state of stability and happiness. Second, that all organisms born perishable will tire, wear out and hence suffer continually. Boredom is a feeling borne of our impotence; it accuses the absurdity of the fate handed us in a world into which we have been cast without receiving sufficient explanations. To consider all things through the prism of boredom is to identify man as a decidedly hollow puppet who is not master of his strings; it is to recognize all that is at once tragic and comic in the fact of existence. Our study despairs of this life which leads to nothingness yet rejoices in the opportunities for laughter with which we are left.” Foreword of L’Ennui, étude psychologique [Boredom, A Psychological Study] by Émile Tardieu (Librairie Félix Alcan, Paris, 1903) [ → 4 FrESh hELL ]
ersatZ [ f ] → Mot allemand qui signifie « produit de substi-

Originally, the term did not contain the negative connotation one hears in it today. The use of a German term is richly significant. The production of some of these substitute products by German industry was high during the first and second world wars, due to the country’s relative isolation from the world market. Its use in English and French became widespread as a result of soldiers’ experience as prisoners of the German army, having been fed Ersatzbrot (bread made from flour of poor quality and other substitutes) and given Ersatzkaffee (fake coffee made from roasted cereal grain). The history of the two conflicts and the subsequent German defeat has negatively determined the associations around this term, making it a synonym of “bad quality.”
escapoloGie

when he was thrown from a bridge into the river Allier. Because there was not much water in it, he struck its bottom. From 1912, Harry Linardini presented his tricks dressed as a convict. But the greatest escapologist in history is still indisputably the American → harry houdini. After the death of that genius, escapology had no further resounding successes. The last great escapologist is certainly the Englishman Alan-Alan.
espace-teMps

tution », utilisé pour désigner les matériaux ou produits finis conçus et fabriqués par l’industrie pour pallier la pénurie. Le terme, à l’origine, n’a pas la connotation péjorative qu’on lui entend aujourd’hui. L’utilisation d’un mot allemand est riche de significations. La production de certains de ces produits de substitution par l’industrie allemande a été importante au cours des première et seconde guerres mondiales, du fait de la position relativement isolée du pays à l’égard du marché mondial. Son usage dans les langues anglaise et française s’est répandu à partir de l’expérience des soldats faits prisonniers par l’armée allemande, nourris d’Ersatzbrot (pain de farine de mauvaise qualité et autres substituts) et abreuvés d’Ersatzkaffee (faux café fait à partir de graines de céréales grillées). L’histoire des deux conflits et la défaite allemande ont déterminé négativement l’imaginaire du mot devenu synonyme de moindre qualité. [ e ] → A German word meaning “substitute” used to designate materials or finished products industrially conceived and produced to mitigate a shortage.

Escapology [ f ] → L’escapologie est l’art, développé par certains illusionnistes, de s’évader d’entraves ou de récipients verrouillés. Les accessoires les plus employés sont les chaînes, les cordes, les menottes, les camisoles de force, les malles, les sacs, les tonneaux, les bidons, les cercueils, les boîtes et les cages. À la fin du xixe siècle, on voit apparaître aux États-Unis les premiers numéros d’évasion comme ceux de Tom Jack surnommé « le roi des menottes » ou de Smith qui s’échappait d’un cercueil scellé. En France, Charles-Louis Fernand Brisbarre, dit Steens, se consacre à l’art de l’évasion. Il s’échappe d’une guillotine, d’un bidon ou d’une cuve d’eau. Il est gravement blessé en 1912 lorsqu’on le jette enchaîné du haut d’un pont dans l’Allier, car le fleuve manque d’eau et il heurte le fond. À partir de 1912, Harry Linardini présente quant à lui ses tours habillé en bagnard. Mais le plus grand escapologue de l’histoire demeure sans conteste l’Américain → harry houdini. Après la mort de ce génie, l’escapologie ne connaît plus de succès retentissants. Le dernier grand escapologue est sans doute l’Anglais Alan-Alan. [ e ] → Escapology is the art, developed by some illusionists, of escaping from constraints or locked containers. The most frequently used accessories are chains, ropes, handcuffs, straitjackets, trunks, sacks, barrels, churns, coffins, boxes, and cages. At the end of the 19th century, the first escape acts made their appearance in the United States, like those of Tom Jack, nicknamed “the king of handcuffs”, or Smith, who escaped from a sealed coffin. In France, Charles-Louis Fernand Brisbarre, known as Steens, devoted himself to the art of escape. He could escape from a guillotine, a churn, or a vat of water. He was seriously injured in 1912

Space-time [ f ] → L’idée que l’espace et le temps ne sont pas nécessairement deux notions indépendantes se fait pressentir dès le xixe siècle. En 1916, Albert → 1 Einstein conçoit la théorie de la relativité générale qui postule un espace-temps à quatre dimensions, dont les points, appelés « événements », sont représentés par trois coordonnées d’espace et une coordonnée de temps. Cherchant à accorder la loi de la gravitation à la théorie de la relativité, il imagine que l’espace-temps est courbe, et que ce sont les distributions d’énergie qui courbent cet espace-temps. Il prévoit que la trajectoire d’un rayon lumineux doit s’incurver au voisinage d’une masse gravitationnelle importante. Toutes les observations astronomiques corroborent jusqu’à aujourd’hui les hypothèses imaginées par Einstein pour expliquer l’univers. [ e ] → The idea that space and time are not necessarily two independent concepts was first discussed during the 19th century. In 1916, Albert → 1 Einstein devised the theory of general relativity which postulates a four-dimensional space-time whose points, called “events”, are represented by three space coordinates and one time coordinate. By trying to make the law of gravitation agree with the theory of relativity, he imagined that space-time might be curved, and that it was distributions of energy that curved space-time. He foresaw that the trajectory of a light ray would have to curve in the vicinity of a major gravitational mass. So far, all astronomical observations have corroborated the hypotheses thought up by Einstein to explain the universe. [ → Lumière ] [ → Physique quantique ] [ → relativité ]
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Swarming [ f ] → Stratégie. L’observation scientifique du comportement d’essaims d’abeilles ou de colonies de fourmis a mis en évidence, dans ces sociétés où les insectes sont, pris isolément, peu singularisés

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→  Escapologie Harry Houdini

→  Escapologie Tom Jack

→  Escapologie Harry Houdini en 1912 / in 1912

et impuissants, l’existence d’une intelligence de groupe basée sur une communication d’une efficacité d’autant plus redoutable qu’elle fait l’économie de tout fonctionnement hiérarchique. Tout d’abord modélisé par les chercheurs travaillant sur l’intelligence artificielle, l’essaimage est devenu, sous l’impulsion d’un think tank néoconservateur comme la RAND Corporation, un des termes privilégiés pour caractériser aussi bien la mobilisation de militants pacifistes que le mode opératoire de groupes terroristes internationaux. Discrétion, rapidité de déplacement et d’action, capacité à communiquer, interchangeabilité des rôles : les atouts de ces « réseaux » sont particulièrement difficiles à contrer pour les armées conventionnelles. À moins qu’elles ne tentent de les imiter, comme n’ont de cesse de le préconiser les théoriciens de cette nouvelle forme de guerre antisubversive. C’est en particulier, comme l’évoque → 1 Eyal Weizman, le cas de l’armée israélienne. Selon le général Kochavi : « Une armée d’État qui affronte un ennemi disséminé, des bandes en réseau, sans organisation rigide […] doit se déprendre des vieilles conceptions de lignes droites, d’alignement des unités, des régiments et des bataillons, […] et devenir elle-même beaucoup plus diffuse et disséminée, flexible comme un essaim. […] En fait, elle doit se régler sur l’aptitude à la → furtivité de l’ennemi. […] L’essaimage, tel que je le comprends, correspond à l’arrivée simultanée vers une cible d’un grand nombre de nœuds – si possible de 360 degrés – […] qui alors se rassemblent et se dispersent à nouveau. » [ e ] → Strategy. Scientific observation of the behaviour of swarms of bees or colonies of ants has revealed in those societies where the insects, taken singly, are rather nondescript and powerless, the existence of a group intelligence based on communication of an effectiveness that is all the more formidable because it dispenses with any hierarchical operating system. Initially modelled by researchers working on artificial intelligence, swarming, under the impetus of a Neo-Conservative think tank such as the RAND Corporation, has become one of the favourite terms used to characterize both the mobilization of pacifist militants and the modus operandi of international terrorist groups. Discretion, speed of movement and action, capacity to communicate, interchangeability of roles: the trump cards of the “networks” are particularly hard for conventional armies to counter. Unless they try to imitate them, as the theoreticians of this new form of anti-subversive warfare never cease recommending. This is particularly true, as → 1 Eyal Weizman, of the Israeli army, points out. According to General Aviv Kochavi: “A state military whose enemy is

scattered like a network of loosely-organized gangs
[…] must liberate itself from the old concept of

straight lines, units in linear formation, regiments and battalions, […] and become itself much more diffuse and scattered, flexible and swarm-like… In fact, it must adjust itself to the stealthy capability [→ furtivité] of the enemy […] Swarming, to my understanding, is simultaneous arrival at a target of a large number of node—if possible from 360 degrees—[…] which then dissever and re-disperse.” (Eyal Weizman, “Walking Through Walls”, in Multitudes no. 28, January 2007, pp. 37 – 38. Extract from an interview Eyal Weizman and Nadav Harel held with Aviv Kochavi, 24 September 2004, at an Israeli military base in the Tel Aviv area [text in Hebrew]; video documentation by Nadav Harel and Zohar Kaniel.) [ → Géométrie inverse ] [ → operational Theory resarch institute (oTri) ]
étincelles du cerveau

Brain Sparks [ f ] → Organe le plus complexe de l’histoire de l’évolution, le cerveau humain moyen mesure environ 1 400 centimètres cubes, pèse à peu près 1,5 kg et contient quelques cent milliards de neurones. Selon le chercheur Gary McDarby, bien que les ordinateurs les plus rapides au monde puissent désormais traiter davantage d’instructions par seconde que le cerveau humain, rien n’est à même de se mesurer à sa capacité de traitement parallèle. Malgré ces performances inégalées, le cerveau n’utilise qu’une puissance de 25 watts pendant les phases d’éveil – juste assez pour allumer une ampoule de faible puissance. [ e ] → The average human brain is about 1,400 cubic centimetres in volume, weighs about 1.5 kg and contains around 100 billion neurons. As far as science is aware it is the most complex evolutionary organ ever to exist. According to Gary McDarby, although the fastest computers in the world today can now process more instructions per second than the human brain, nothing comes close to its parallel computational capability. In spite of this unparalleled capability, when a person is fully awake the brain barely uses 25 watts of power—just enough to power a dim light bulb. [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → 3 Jeudis de GaKona (Les) ] [ → ondes cérébrales ]
evruGo (état Mental d’)

Evrugo Mental State [ f ] → Micronation. Fondé en septembre → 4 1968 par Zush, artiste et philosophe autoproclamé. L’État

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eXposition nationale sUisse

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mental d’Evrugo est avant tout un concept. Il existe en dehors de tout territoire physique, dans l’étendue mentale que les citoyens d’Evrugo perçoivent comme un espace commun. « Son origine est l’inspiration. Il s’agit d’un État imaginaire et contradictoire, mais autocratique et universel. Sa constitution est aléatoire. Tout est possible, le concret comme l’immatériel. Il utilise les symboles communs à tous les États : une langue, son propre alphabet, un drapeau, un hymne, une monnaie et un passeport. Son territoire est mental, physique, artistique, scientifique et mystique. Sa principale industrie est la création d’armes ironiques qui tuent par le plaisir et le rire. Les idées constituent son patrimoine. Sa stratégie est l’autoguérison créative. Son idéal consiste à atteindre le bonheur. C’est un endroit de séduction et d’expression. Les conflits y sont permanents. Il est à usage individuel. Il est la bulle ou le halo commun à tous les êtres. Il a pour but d’éveiller la notion d’existence personnelle qu’ont tous les êtres humains afin de résoudre les problèmes d’insertion dans la société. » [ e ] → A micronation. Founded in September → 4 1968 by Zush, an artist and self-proclaimed philosopher. The Evrugo Mental State is first and foremost a concept. It exists without a physical territory and instead in the mental expanse which Evrugo citizens believe is a shared communal space. According to its mission statement, “Its origin is inspiration. It is a contradictory, imaginary yet real autocratic and universal state. Its constitution is random. Everything is possible, the concrete and the immaterial. It uses symbols common to all states: language, its own alphabet, flag, anthem, currency and passport. Its territory is mental, physical, artistic, scientific and mystic. Its main industry is the creation of ironic weapons that kill through pleasure and laughter. Its heritage is ideas. Its strategy is creative self-healing. Its ideal is to attain happiness. It is a place for seduction and expression. Its conflicts are permanent. It is for individual use. It is the bubble or common halo of all beings. It intends to awaken the sense of personal beings that all we human beings have as a solution to social maladjustment.” [ → 1 éTaTS (FaiTES-LE VouS-MêME) ]
exposition nationale suisse (Genève, 1896)

Swiss National Exposition (Geneva, 1896) [ f ] → En 1896 la ville de Genève accueille la seconde Exposition nationale suisse. Cet événement prend la suite des foires commerciales organisées dans le pays depuis le début du xixe siècle et s’inscrit dans le vaste mouvement de promotion des arts,

des techniques et de l’industrie à l’origine de la première Exposition universelle à Londres en 1851. Emportée par l’onde de choc consécutive à la révolution de 1789, la Suisse renforce son unité nationale. En 1848, la nouvelle constitution met en place un État fédéral qui affirme sa puissance à l’égard des cantons. Dans ce cadre, les expositions nationales sont un vecteur d’affirmation idéologique et identitaire de la nation bourgeoise en construction. L’Exposition de 1896 a pour ambition de promouvoir les réalisations de l’économie suisse, de son système éducatif et aussi de son armée. Elle propose au public la visite d’un Dörfli, un village suisse traditionnel rassemblant en son sein les habitats, paysages, activités, rites et coutumes propres aux différents cantons. Cette création artificielle d’une Suisse traditionnelle, qui appartenait déjà en partie à l’histoire, permettait, par la fabrication d’un folklore, d’affirmer l’identité d’une Suisse éternelle au travers de son patrimoine. Deux contre-modèles l’accompagnent dans l’exposition : le « village nègre », représentant de l’Afrique colonisée dans la différence de laquelle se construit, dans l’Europe coloniale, l’identité blanche ; les pavillons consacrés aux réalisations des sciences et de l’industrie, témoignant d’une Suisse cosmopolite engagée dans la marche mondiale vers le progrès. Les expositions de 1914 et de 1939 proposent également un village suisse traditionnel. Cette animation est abandonnée par la foire suivante, la première de l’après seconde guerre mondiale, qui fait le choix de se tourner définitivement vers l’avenir. À mi-chemin entre l’exposition ethnographique et le parc d’attraction, le village suisse – comme le village nègre – doit satisfaire deux missions, instruire et divertir, et assume pour cela pleinement sa fabrique de l’authenticité. Le catalogue de l’Exposition nationale de 1896 évoque le village suisse en ces termes : « […] partout, et sans aucun effort, vous avez l’illusion absolue de la vérité. » [ e ] → In 1896, the city of Geneva hosted the second National Swiss Exposition. This event continues in the vein of the trade fairs organized in the country since the beginning of the 19 th century and is part of the vast movement dedicated to promoting the arts, techniques, and industry that led to the first World Fair in London in 1851. Swept up by the shockwaves of the French Revolution in 1789, Switzerland sought to reinforce its national unity. In 1848, the new constitution institutes a federal State which asserts its predominance over the cantons. In this context, the national expositions are a vector of ideological affirmation and identity for the budding bourgeois nation. The ambition of

Exposition nationale suisse (Genève, 1856) Photos : Fred Boissonnas

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the Exposition of 1896 was to promote the achievements of the Swiss economy, educational system, and army. It included a visit to a Dörfli, a traditional Swiss village presenting the habitats, landscapes, activities, rites, and customs typical to each canton. This artificial creation of a traditional Switzerland which was already a thing of the past, promoted the idea of an eternal Swiss identity through its heritage by fabricating folklore. Two other counter models are presented in the exposition: the “Negro village,” representing a colonized Africa, in opposition with which white identity defines itself in colonial Europe; the pavilions devoted to the achievements of science and industry attest to a cosmopolitan facet of Switzerland caught up in the general movement toward progress. The expositions of 1914 and 1939 also featured traditional Swiss villages. This element is abandoned for the next fair, the first one after the Second World War, as the focus is now decidedly directed toward the future. Somewhere between an ethnographical exhibition and a theme park, the Swiss village— similarly to the “Negro village”—must satisfy two purposes, instruction and entertainment, thus endorsing its fabricated “authenticity”. The catalogue of the National Exposition of 1896 refers to the Swiss village in these terms: “[…] everywhere, and effortlessly, you have the absolute illusion of truth.”
extraterrestre

Extraterrestrial [ f ] → Un extraterrestre est un être originaire d’une autre planète, d’un autre système planétaire, voire d’une autre galaxie. Au xixe siècle, suite à certaines études scientifiques, l’hypothèse de l’existence sur Mars d’océans et de continents semblables à ceux de la Terre commence à s’imposer. En 1877, l’astronome italien Giovanni Virginio Schiaparelli (oncle de la célèbre couturière) observe au télescope des formations rectilignes qu’il interprète comme des canaux construits par des êtres civilisés. En 1882, l’astronome français Camille Flammarion publie La Planète Mars et ses conditions d’habitabilité où il soutient l’existence d’une race martienne. En 1895, l’astronome américain Percival Lowell suggère quant à lui que ces canaux sont l’œuvre d’une civilisation disparue. En 1898, le romancier britannique Herbert George Wells imagine dans La Guerre des Mondes une invasion de la Terre par des Martiens embarqués dans des tripodes et armés de rayons laser. Le thème de l’invasion extraterrestre devient le sujet de nombreux livres et films populaires, et de nombreuses bandes dessinées. Souvent décrit comme d’apparence

humanoïde et verdâtre, le Martien s’impose parmi les stéréotypes de la → science-fiction. En 1938, Orson Welles dirige une interprétation radiophonique du roman de Wells sur le réseau CBS . Selon la légende, près d’un million d’auditeurs crédules tentent de s’enfuir, provoquant au passage un chaos sans précédent. De nouvelles observations mettent un terme à la croyance en l’existence des Martiens. En 1965, le survol de la planète rouge par la sonde Mariner 4 révèle avec précision que les conditions de température et de pression y sont hostiles au développement de toute vie biologique autre qu’une éventuelle vie bactérienne. Victime des progrès de la science, le mythe martien s’efface donc devant celui de créatures ou de civilisations originaires de contrées beaucoup plus lointaines et susceptibles d’apparaître de façon beaucoup plus énigmatique. L’heure est aux êtres furtifs. Ovnis et aliens s’imposent dans la science-fiction et la culture populaire. Le succès de la série initiée par le film Alien (1979) de Ridley Scott en est le symbole. Le développement de la radioastronomie permet d’explorer au-delà du système solaire par l’analyse du → spectre électromagnétique venu de l’espace. Initié dans les années 1960 aux États-Unis, le programme de recherche SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) entretient l’espoir de capter un jour d’éventuels messages d’origine extraterrestre. [ e ] → An extraterrestrial is a creature originating from another planet, another planetary system, or even another galaxy. In the 19th century, following certain scientific studies, the hypothesis of the existence on Mars of oceans and continents similar to those on Earth started to take root. In 1877, the Italian astronomer Giovanni Virginio Schiaparelli (the uncle of the famous fashion designer) observed rectilinear formations on his telescope that he interpreted as channels constructed by civilized beings. In 1882, the French astronomer Camille Flammarion published La Planète Mars et ses conditions d’habitabilité in which he supported the existence of a Martian race, while in 1895 the American astronomer Percival Lowell suggested that these channels were the work of a vanished civilization. In 1898, the British novelist H.G. Wells wrote The War of the Worlds, imagining Earth being invaded by Martians travelling in tripods and armed with laser beams. The theme of extraterrestrial invasion became the subject of numerous books, comic strips and popular films. Often described as humanoid and greenish in appearance, Martians established themselves as one of the stereotypes of → science fiction. In 1938, Orson Welles directed a radio version of Wells’s novel on the CBS network. Legend has it that nearly a

million credulous listeners attempted to flee, giving rise to unprecedented chaos in the process. New observations put an end to belief in the existence of Martians. In 1965, the spacecraft Mariner 4 flew over the red planet, accurately revealing that the temperature and pressure conditions there are hostile to the development of any biological life other than possible bacterial life. Falling victim to the progress of science, the Martian myth therefore gave way to that of creatures or civilizations originating from far further off, and liable to appear in a much more enigmatic way. Stealthy beings were now the order of the day. UFOs and aliens became a staple ingredient of science fiction and popular culture. The success of the series initiated by Ridley Scott’s film Alien (1979) is a symbol of this. The development of radio astronomy made it possible to explore beyond the solar system through analysis of the electromagnetic spectrum [ → spectre électromagnétique ] coming from space. The SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) research program initiated in the United States in the 1960s holds out the hope that messages of extraterrestrial origin may one day be intercepted. [ → Comment vérifier que vous avez bien été enlevé
par des extraterrestres ? ] [ → Enlèvements extraterrestres ] [ → raël ]

exurbanisation

Exurbanization [ f ] → L’exurbanisation est un phénomène relativement récent qui consiste en un → transfert le plus souvent permanent des activités normalement dévolues au centre-ville vers la périphérie et à l’agglomération d’une ville. Le phénomène d’exurbanisation est particulièrement répandu dans les grandes métropoles des pays industrialisés, mais le phénomène accompagne également la croissance des villes dans les pays émergents. Il ne faut pas faire l’amalgame entre exurbanisation (transfert d’activités) et périurbanisation (extension spatiale de la ville et émergence des banlieues). [ e ] → Exurbanization is a relatively recent phenomenon that consists in the largely permanent relocation [ → transfert ] of activities normally reserved for downtown towards the periphery and the suburbs of a city. The phenomenon of exurbanization is particularly widespread in the big metropolises of industrialized countries, but the phenomenon equally accompanies the growth of cities in developing countries. One should not confuse exurbanization (relocation of activities) and urban sprawl (spatial extension of the city and emergence of suburbs). [ → 4 Pinson, Daniel ]

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fake [ f ] → Dans le jargon de l’illusionnisme, un fake est un

objet truqué que le public peut voir, mais dont il ignore le truquage. C’est le cas des objets à doublefond par exemple, ou encore des fausses munitions. [ e ] → In the jargon of illusionism a fake is an object that has been rigged that the audience can see, but they do not know it has been rigged. These include double-bottomed objects, for example, and false ammunition. [ → Prestidigitateur ]
fantôMas [ f ] → Imaginé par Pierre Souvestre et Marcel Allain,

ce personnage de fiction apparu pour la première fois dans un roman de 1911 est devenu célèbre lorsque Louis Feuillade lui donne vie à l’écran en 1913. Sorte de monte-en-l’air politique, il parcourt les toits de Paris la nuit, tel un anti héros classique en guerre contre la société bourgeoise, chef d’une armée d’« Apaches », ces criminels parisiens capables d’une horreur sublime. → 3 Paul Laffoley souligne que, héritier du mouvement symboliste, du → 3 théâtre du Grand Guignol et du cabaret du Chat noir, Fantômas devint la coqueluche de l’avant-garde moderne européenne. De nombreuses adaptations se sont succédé aussi bien au théâtre, au cinéma, à la radio qu’en bandes dessinnées ou à la télévision. [ e ] → Dreamt up by Pierre Souvestre and Marcel Allain, this fictional character first appeared in a novel published in 1911. He became famous when brought to life on the screen by Louis Feuillade in 1913. A kind of political cat burglar, he roamed the rooftops of Paris at night as the classic anti-hero waging war against bourgeois society, as the leader of a vast army of “Apaches” (Parisian criminals) capable of sublime horror. → 3 Paul Laffoley stresses that his origin goes back to the Symbolist Movement, Grand Guignol [ → 3 théâtre du Grand Guignol ], and “Le Chat noir” cabaret. Fantômas became the darling of the European modern avant-garde. There have been many successive adaptations, in the theatre, the cinema and on radio, as well as in the form of a comic strip or on television.
fioriture

Furtivité Lockheed F-117A Nighthawk ; Photo : Jim Gordon

Flourish [ f ] → Mot issu de l’italien fioritura, lui-même issu de la racine fiore qui signifie « fleur ». En musique, une fioriture est un ornement ajouté à la phrase musicale. En prestidigitation, c’est un mouvement qui n’est pas strictement nécessaire au tour, mais permet de l’embellir. Il fut notamment théorisé par → Jean-Eugène robert-houdin. « Bien qu’intimidé

Furtivité U.S. Navy Sea Shadow (IX-529)

fon
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Fonction etc.

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par un spectateur aussi clairvoyant, par un juge dont l’adresse m’avait tant émerveillé, je m’armai de courage et je commençai par un de ces effets auxquels j’avais donné le nom de fioritures. Prélude brillant des tours de cartes, il n’avait pour but que d’éblouir les yeux, en montrant l’extrême agilité des doigts. Torrini me regarda faire d’un air indifférent, et j’aperçus même un sourire effleurer ses lèvres ; j’en fus, je l’avoue, un peu désappointé, mais il se hâta de me consoler : “J’admire sincèrement votre adresse, me dit-il, mais je dois ajouter que je fais peu de cas de ces fioritures, comme vous les appelez ; je les trouve brillantes, il est vrai, mais fort inutiles. Du reste, je serais curieux de savoir si vous les placeriez au commencement ou à la fin de vos tours de cartes. – Il me semble assez logique, répondis-je, de placer au commencement d’une séance un exercice dont le but est de s’emparer de l’imagination des spectateurs” », raconte le célèbre auteur de Confidences et révélations (1868). [ e ] → The French form comes from the Italian fioritura, itself derived from the root fiore, meaning “flower”. In music a fioritura is an ornament added to a musical phrase. In magic, it is a movement that is not strictly necessary to the trick, but can embellish it. The theory of flourishes was commented on specifically by → Jean-Eugène roberthoudin. “Although intimidated by so perceptive a spectator, by a judge whose skill had so filled me with wonder, I took my courage in both hands and started with one of those effects I had described as fioritures. A brilliant prelude to card tricks, its only purpose was to dazzle people’s eyes by showing the extreme agility of my fingers. Torrini watched what I was doing with an air of indifference, and I even noticed a smile flit across his lips; I must admit I was a little disappointed, but he hastened to console me: ‘I sincerely admire your skill,’ he told me, ‘but I have to add that I don’t think much of these fioritures, as you call them; I think they are brilliant, to be sure, but extremely pointless. What’s more, I’d be curious to know whether you’d put them at the beginning or the end of your card tricks.’ ‘It seems quite logical to me,’ I answered, ‘to put an exercise that at capturing the onlookers’ imagination at the beginning of a performance.’” The famous author of Confidences et révélations (1868) includes this anecdote in his book. [ → Prestidigitateur ]
fonction etc.

Function of Etc. [ f ] → Et le reste, ainsi de suite, on pourrait continuer : l’infini que la locution latine se contente d’indiquer en une abréviation, la Fonction Etc. l’érige en

facteur et en principe de création et de programmation. Mathématique schizophrène, une telle fonction ne serait pas tant une mise en relation de deux ensembles, élément par élément, qu’une exploitation de chaque entité dans toute l’étendue de ses potentiels. Les données se transfèrent d’une zone à l’autre, transmutent ; une identité en devient une autre, puis une autre, puis une autre ; à chaque image s’en ajoute une nouvelle, sur chaque couche du réel viennent s’en greffer plusieurs ; à un seul univers correspond une infinité d’autres. Avec la Fonction Etc. se désagrège la logique traditionnelle du « ou bien… ou bien… » au profit de celle, plus polysémique et fertile, accumulation vertigineuse, du « et… et… » C’est la → science-fiction qui a la première appliquée cette mécanique : plutôt que de s’en tenir à un corps, à une planète, à un univers, il s’agit de les multiplier, de les additionner, de les empiler. Par l’intermédiaire de ses mutants, la science-fiction embraye la Fonction Etc. : elle active les doubles, partage les identités, décuple le nombre de vies possibles. Ceci plus ceci et encore cela… pour mieux éprouver les capacités élastiques de la réalité. La Fonction Etc. implique un enchaînement continu de perceptions et une absence totale de point fixe : la vue chancelle, entraînée dans un mouvement en pleine accélération, qui laisse sur place les cadres de perception et d’observation habituels. Les œuvres s’abordent désormais en tant que liaisons et passages, non plus comme des lieux et des positions. L’art devient un trajet sans fin, non pas au-delà du réel, mais dans l’épaisseur de ses répétitions et de ses correspondances, dans la densité et la complexité de ses plis. [ e ] → And all the rest, and so on, and so forth: the infinitude that the Latin wording is content to indicate by an abbreviation, the function played by “etc.,” raises it into a creative and programming factor and principle. Schizophrenic mathematics: such a function would not be so much a linking of two groups, element by element, as an exploitation of each entity to the full extent of its potential. The data are transferred from one zone to another, transmuted; one identity becomes another, then another, then another; to each image a new one is added, on to each layer of reality several more are grafted, to a single universe an infinity of other ones corresponds. With the Function of Etc. the traditional logic of “or else… or else…” disintegrates in favour of the more polysemic and fertile logic, the vertiginous accumulation, of “and… and…”. → Science-fiction was the first to apply this mechanism: rather than confining itself to one body, one planet, one universe, it became a question of multiplying them, adding them up,

piling them on. Through the agency of its mutants, science fiction puts the Function of Etc. into gear: it activates doubles, shares identities, increases the number of possible lives tenfold. This plus this and that too… so as better to test the elastic capabilities of reality. The Function of Etc. implies a continuous linked sequence of perceptions and a total absence of any fixed point: our sight sways, carried away in a movement accelerating at full speed, which leaves the usual frameworks of perception and observation standing. Works are now approached as links and passages, no longer as places and positions. Art becomes a journey without an end, not beyond reality, but into the depths of its repetitions and correspondences, into the density and complexity of its folds. [ → Eco, umberto ] [ → élasticité ] [ → 1 Multivers ] [ → Mutants ] [ → Quotient schizophrénique ] [ → Vision-fenêtre ]
furtivité

Furtivity [ f ] → Caractéristique d’un engin militaire conçu pour avoir une signature réduite ou banale et donc pour être moins détectable, classifiable ou identifiable. Au contraire du camouflage, technique ancestrale de dissimulation et d’invisibilité dont le principe est de se fondre dans le paysage, la furtivité repose sur une paradoxale capacité à mettre en défaut les moyens de reconnaissance habituels tout en restant de fait visible. Un objet camouflé se travestit, se cache, s’immobilise pour passer inaperçu ; l’objet furtif esquive et se dérobe, ne donne pas prise, et dévie, fractionne ou leurre les signaux de détection. Invisible au radar, un bombardier furtif fait comme s’il n’était pas là ; pourtant, il suffirait de lever les yeux pour le découvrir, machine de guerre aux allures de → science-fiction. En un éclair, le défaut de visible se transforme alors en son excès : la furtivité est à la fois invisible et hyperspectaculaire, discrétion optimale et photogénie ultime. Dans leur démarche comme dans leurs œuvres, notamment dans le rapport qu’elles entretiennent avec le réel, nombre d’artistes s’approprient les caractéristiques inouïes de l’objet furtif. Ils n’affirment pas leur présence et s’avancent, à peine masqués, avant de révéler subitement la vraie nature de leur intervention et d’imposer leur impact. Ils développent des stratégies d’infiltration en se déjouant des habitudes de perception, s’introduisant subrepticement dans tous les territoires du réel pour soudainement en bouleverser l’appréhen-

sion. Dans l’œuvre d’art « furtive », un simple détail du réel, d’ordinaire invisible, prend une nouvelle dimension, devient photogénie ; sans crier gare, les artistes pénètrent et s’immiscent dans notre système interprétatif. [ e ] → The characteristic of a military weapon designed to have a reduced or commonplace signature which is therefore harder to detect, categorize or identify. Unlike camouflage, an age-old technique for concealment and invisibility based on the principle of merging into the landscape, furtivity relies on a paradoxical capacity to baffle the usual means of recognition at the same time as in fact remaining visible. A camouflaged object is disguised, hidden, immobilized so that it can pass undetected; the furtive object dodges and circumvents, gives no hold, and sidetracks, breaks up or tricks detection signals. Invisible to radar, a furtive or stealth bomber is as if it was not there; yet people would only have to look up to find it, a war machine that looks like something out of → science-fiction. In a flash, the defect of visibility is transformed into its excess: furtivity is simultaneously invisible and hyper-spectacular, optimum discretion and ultimate photogenicity. In their approach and their works alike, in particular in their relationship to reality, quite a few artists take on the unprecedented characteristics of the furtive object. They do not declare their presence and move forward, barely concealed, before suddenly revealing the true nature of their intervention and imposing their impact. They develop strategies of infiltration by outsmarting habits of perception, introducing themselves surreptitiously into every territory of reality in order suddenly to overturn apprehension. In the “furtive” work of art, a simple detail of reality, of invisible ordinariness, takes on a new dimension, and becomes photogenic; without shouting beware, artists penetrate into and interfere with our interpretative system. [ → Essaimage ] [ → Mutants ] [ → 1 5.000.000.000 D’annéES ]

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Gakona (villaGe) [ f ] → Village situé au centre sud de l’Alaska, au

nord-est d’Anchorage, la bourgade compte entre deux cents et six cents habitants selon la saison. → h.a.a.r.P. , base du programme américain à la fois scientifique et militaire de recherche sur → l’ionosphère est installée dans ses environs. [ e ] → A village located in the central southern part of Alaska, north east of Anchorage, it has between 200 and 600 inhabitants, according to the season. → h.a.a.r.P. , the base for the American scientific and military research program into the ionosphere [ → ionosphère ], is sited nearby.
Geek [ f ] → Issu de l’allemand ancien geck, fou du village, et

dérivé de l’anglais freak, qui désigne un monstre de foire, le terme geek a peu à peu été utilisé pour décrire une personne dont la passion pour l’univers des jeux de rôle et de l’heroic fantasy entravait la vie sociale. Il qualifie désormais d’une manière plus large un individu obnubilé par l’informatique et les nouvelles technologies. [ e ] → The word “geek” comes from the Old German term geck, meaning village idiot, and is also derived from the English word “freak,” used to describe an abnormal spectacle at a fair. It gradually came to be used to describe an individual whose passion for the world of role play and heroic fantasy interfered with his or her social life. It is now used more widely to refer to anyone obsessed with IT and new technologies. [ → 3 hacking ] [ → 3 Jeudis de GaKona (Les) ] [ → Tesla coilers ]
Géodésique

il va pouvoir créer une surface couvrante qui, en dépit de sa légèreté et de sa discrétion, sera d’une solidité sans égale. Infra-mince, les structures géodésiques sont proches de l’invisibilité. [ e ] → A sphere formed from triangles, a geometric shape dear to the heart of → 2 richard Buckminster Fuller, the designer of the principle of the geodesic dome. “The triangle is the only inter-self-stabilizing complex. The triangle is structure and structure is the triangle. So when I want to build something and make it really work, I’ve got to use all triangles,” the brilliant American inventor emphasizes in An Autobiographical Monologue/Scenario. These domes have the special feature of being the self-supporting structural system that enables the largest possible surface to be covered. One of the major issues in Buckminster Fuller’s wide-ranging research was to make the most with the least. The dome answers that desire very specifically. Starting from a simple structural shape—the triangle—that he repeated and arranged in a particular way, he was able to create a covering surface that in spite of its lightness and unobtrusiveness was of unparalleled robustness. Geodesic structures are infra-thin, hence almost invisible. [ → 2 CELLar Door ] [ → 2 Bucky (Bulle) ]
GéoMétrie inverse

Geodesic [ f ] → Sphère constituée de triangles, forme géométrique chère à → 2 richard Buckminster Fuller, le concepteur du principe des dômes géodésiques. « Le triangle est le seul ensemble complexe qui soit autostable. Le triangle, c’est la structure et la structure, c’est le triangle. Donc, si je veux construire quelque chose et que ça tienne, je dois n’employer que des triangles », souligne le génial inventeur américain dans Scénario pour une autobiographie. Ces dômes ont pour particularité d’être le système structurel autoportant permettant de couvrir la plus grande surface qui soit. L’un des enjeux majeurs des multiples recherches de Buckminster Fuller était de faire le plus avec le moins. Les dômes répondent très précisément à ce souhait. À partir d’une forme structurelle simple – le triangle – qu’il va répéter et agencer d’une certaine manière,

Inverse geometry [ f ] → Stratégie. Les évolutions récentes de la géopolitique moyen-orientale – offensives de Tsahal en Cisjordanie et au Sud-Liban, abandon de certaines colonies, construction par Israël d’un mur de séparation avec la Palestine – ont conduit les stratèges israéliens à modifier radicalement leur manière d’élaborer, de mener et même de penser leurs opérations militaires en dehors de leurs frontières. Ainsi, la tactique de la « géométrie inverse » préconise d’éviter les portes, les fenêtres et les rues et de creuser, à travers murs et plafonds, des tunnels de surface à la manière d’un Gordon Matta-Clark pour démolir de l’intérieur les refuges des combattants adverses. L’idée est alors de tirer parti d’équipements aussi perfectionnés que des viseurs thermiques ou des munitions perforantes pour aborder autrement le déplacement, le déploiement et l’organisation des troupes à travers la ville, et surtout pour « réinterpréter » l’architecture à son propre avantage. Cette notion de géométrie inverse, proposée par le général Aviv Kochavi, responsable de l’attaque contre Naplouse en avril 2002, n’est pas qu’une tactique visant à contester à l’ennemi l’avantage du terrain. Ainsi, le général Shimon Naveh, un des principaux théori-

ciens de ce nouvel art de la guerre, se revendique de la pensée de Gilles Deleuze et Félix Guattari : reprenant la distinction proposée dans Mille Plateaux entre espace strié, système hiérarchisé où « lignes et trajectoires tendent à être subordonnées aux points : on se déplace d’un point à l’autre », et espace lisse, plan multidimensionnel dans lequel la continuité de la trajectoire prime, il enjoint ses troupes à « lisser l’espace », à imposer leur mouvement aux zones palestiniennes « striées » de murs, de barbelés et de tranchées. Les notions de fluidité ou de dérive prisées par des penseurs foncièrement critiques sont ainsi retournées au profit d’une pratique bien réelle de désorganisation de l’espace, dont la finalité n’est plus l’occupation statique, mais le contrôle des frontières. [ e ] → Strategy. Recent developments in the geopolitics of the Middle East—attacks by Tzahal on the West Bank and in southern Lebanon, the abandonment of some settlements, the building by Israel of a wall separating it from Palestine—have led Israeli strategists to make radical changes in their way of preparing, conducting and even thinking about their military operations outside their own frontiers. Inverse geometry tactics advocate avoiding doors, windows and streets and digging surface tunnels through walls and ceilings, in the manner of someone like Gordon Matta-Clark, to demolish the shelters of the enemy combatants from inside. Then the idea is to take advantage of such hi-tech equipment as thermal sights or wall-penetrating ammunition to approach the movement, deployment and organization of troops through the town in a different way, and above all to “reinterpret” architecture to their own advantage. This notion of inverse geometry, put forward by General Aviv Kochavi, in charge of the attack on Nablus in April 2002, is more than just a tactic aimed at contesting the advantage enjoyed by the enemy of being on their own ground. Thus General Shimon Naveh, one of the main theorists behind this new art of warfare, claims to be influenced by the thinking of Gilles Deleuze and Félix Guattari: taking up the distinction proposed in A Thousand Plateaus between striated space, a hierarchical system in which “lines and trajectories tend to be subordinate to points: we move from one point to another”, and smooth space, a multidimensional level in which the continuity of the trajectory takes precedence, he enjoins his troops to “smooth out space”, to impose their movement on the “striated” Palestinian zones of walls, barbed-wire fences and trenches. The notions of fluidity or drift valued by fundamentally critical thinkers are thus diverted for the benefit of a very real practice of disorganiz-

Gho
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GHost rider

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ing space, the end purpose of which is no longer static occupation, but the control of frontiers. [ → Essaimage ] [ → 1 Jeudis de π, nouVELLES Du MonDE rEnVErSé (L es) ] [ → operational Theory resarch institute (oTri) ] [ → 1 Weizman, Eyal ]

Ghost rider [ f ] → Motard suédois anonyme, Ghost Rider roule à

plus de 300 km/h sur les autoroutes et filme ses performances. Il est devenu un personnage culte sur Internet. [ e ] → An anonymous Swedish motorcyclist, Ghost Rider films himself as he drives on Scandinavian highways at almost 200 mph. Now a cult figure on the Internet, Ghost Rider has transformed his flirtations with death into a hypnotic experience. [ → Motos ]
GiMMick [ f ] → Dans le jargon de l’illusionnisme, les gimmicks

sont de petits accessoires spéciaux ignorés du public. Le faux doigt, par exemple, est un doigt supplémentaire que le → prestidigitateur glisse entre l’index et l’annulaire. Le faux pouce est un morceau de plastique qui vient coiffer le bout du pouce et qui permet de faire disparaître des petits objets. Les prestidigitateurs utilisent parfois des fils de crin très fin, .et quasi invisibles. La « tête de hareng » est un gimmick classique, composé d’un fil élastique et d’un embout en forme de tête de poisson attaché dans une manche de l’habit du prestidigitateur, servant à faire disparaître de petits objets. [ e ] → In the jargon of illusionism, gimmicks are special small accessories. The public is typically unaware of their existence. A false finger, for example, is an extra finger that the magician [ → prestidigitateur ] slips between his index finger and his ring finger. A false thumb is a piece of plastic that goes over the end of the thumb, allowing the performer to make small objects disappear. Magicians sometimes use very fine, almost invisible horsehair yarn. The “tête de hareng” (vanishing tube) is a classic gimmick. It consists of a piece of plastic, tied to a nozzle shaped like a fish’s head and fixed inside the sleeve of the magician’s coat, that enables the magician to make small objects disappear. [ → Fake ]
GlisseMent

Slippage [ f ] → Immergés dans un temps mondial, nous assistons à une compression du passé, présent et

futur et sommes embarqués dans l’immédiateté, l’instantanéité. Le présent glisse à la surface du temps, rendant impossible l’appréhension d’un réel constitué de repères temporels clairement délimités. Dominé par la notion de « temps réel », le présent ne peut que passer, dans un mouvement de transit continu, de glissement perpétuel. Certains philosophes tels que Paul Virilio, par exemple, s’inquiètent d’une telle situation, marquée par l’éclatement des repères temporels traditionnels, où l’homme ne peut plus (et ne veut plus) freiner ce → transfert permanent et perd tout espoir de retrouver des gestes susceptibles de fonder sa condition d’être-au-monde. Comment vivre dans un univers dépourvu de limites, alors que la recherche même de ces limites détermine un acte constitutif de notre équilibre ? Généralement considérée comme un obstacle à surmonter, cette mise en glisse du monde constitue pour l’art un fantastique défi. Loin de s’en éloigner, l’art actuel s’y associe et adopte la même dynamique. Abandonnant au passé toute velléité de construire de nouvelles plates formes, ne croyant plus aux vertus des espaces « entre-deux » qui ont parsemé l’art des années 1990, les artistes d’aujourd’hui s’engagent dans une activité qui peut sembler laborieuse, voire dangereuse. « Un combat perdu d’avance ! », se lamenteront leurs parents, en secouant la tête. On rétorquera en citant la fameuse formule de Ben : « L’art est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. » Les artistes poussent à l’extrême cette propension à se laisser aller, à ne plus résister à l’avancée du désert, aux limites de la réalité qui s’effacent, à se laisser happer par cette vague déferlante qui brouille toute piste. Plutôt que de subir cet état de fait et de se révolter chaque nouvel an en se disant « Cette année, je change ! », ils plongent au cœur de cette mise en glisse, tels des parasites adoptant le mode de fonctionnement de leurs hôtes. [ e ] → Immersed in worldly time, we witness a compression of past, present and future and are embarked on immediacy, instantaneity. The present slips over the surface of time, making it impossible to apprehend a reality constituted from clearly delimited temporal reference points. Dominated by the notion of “real time,” the present can do no more than elapse, in a movement of continuous transit, perpetual slippage. Some philosophers like Paul Virilio, for example, are worried about such a situation, marked by the break-up of traditional temporal reference points, in which human beings can no longer (and no longer want to) put a brake on this permanent transfer[ → transfert ], and lose all hope of rediscovering gestures

Gobelet Jérôme Bosch, L’Escamoteur, ca. 1475-1480 / Hieronymus Bosch, The Conjurer, ca. 1475-1480

Guerriers de l’arc-en-ciel (Les) Photo © Della Negra & Kinoshita

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GoBelet

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capable of founding their condition as beings-inthe-world. How can we live in a universe that has no boundaries, when the very search for those boundaries determines an act that constitutes our equilibrium? Generally regarded as an obstacle to be overcome, this slippage of the world represents a fantastic challenge for art. Far from moving away from it, current art associates itself with it and adopts the same dynamics. Today’s artists, consigning all wishful thinking about building new platforms to the past, no longer believe in the virtues of the “in-between” spaces that were a feature of the art of the 1990s. They are involved in an activity that may seem laborious, or even dangerous. “A battle lost before it begins!” their parents will lament, shaking their heads. They will retort by quoting the famous words of Ben, “Art’s dirty work, but someone has to do it.” Artists push to the extreme this propensity to go with the flow, to stop resisting the advance of the desert, the disappearing boundaries of reality, to let themselves be caught by this unfurling wave that blurs every trail. Rather than enduring this de facto state and rebelling every New Year’s Day, saying “This year, I’ll be different!”, they plunge to the heart of this slippage movement, like parasites adopting the operating mode of their hosts. [ → Elasticité ]
Gobelet

Cup [ f ] → Le gobelet est un accessoire emblématique de l’art des → prestidigitateurs. Les tours de gobelets sont pratiqués depuis l’Antiquité et constituent la base des attractions proposées par les escamoteurs au Moyen Âge et à la Renaissance. Un gobelet figure notamment sur la table du bateleur représenté sur la première carte du tarot de Marseille. Le principe de ces tours est d’utiliser deux ou trois petits gobelets en métal pour faire apparaître et disparaître de façon mystérieuse des → muscades ou d’autres objets. Dans son livre Confidences et révélations (1868), → Jean-Eugène robert-houdin raconte avoir été marqué de façon déterminante dans sa jeunesse par un escamoteur manipulant des gobelets avec dextérité : « L’artiste, après avoir régularisé le cercle de ses auditeurs, dresse devant lui une table à X , sur laquelle il déposa trois gobelets de fer-blanc, si bien polis qu’on les eût pris pour de l’argent ; puis il se ceignit d’une gibecière en velours d’Utrecht rouge, dans laquelle il plongea ses mains pendant quelques instants, sans doute pour préparer les prestiges qu’il allait présenter ; et la séance commença. Dans une longue série de tours, les muscades, d’abord invisibles, parurent au

bout des doigts de l’escamoteur, passèrent successivement d’un gobelet sous un autre, à travers la table, même jusque dans la poche d’un spectateur, pour sortir ensuite, à la grande joie du public, du nez d’un jeune badaud. Celui-ci prit le fait au sérieux, et il se tua à se moucher pour s’assurer qu’il ne lui restait plus de ces petites boules dans le cerveau. » [ e ] → The cup is an accessory emblematic of the magician’s [ → prestidigitateur ] art. Tricks with cups have been practised since Antiquity and were one of the main attractions offered by conjurers in the Middle Ages and the Renaissance period. In particular, a cup is featured on the table of the tumbler depicted on the first card of the Tarot of Marseilles deck. The principle underlying these tricks is to use two or three small metal cups to make little marbles [ → muscade ] or other objects appear and disappear mysteriously. In his book Confidences et révélations (1868), → Jean-Eugène robert-houdin recounts how he was crucially influenced in his youth by a conjurer handling cups with great skill: “The artist, after straightening out the circle of his audience, erected a folding table in front of him, on which he placed three tin-plate cups, so highly polished that they could have been taken for silver. Then he fastened a satchel made of red Utrecht velvet round his waist, and plunged his hands into it for a few instants, no doubt to prepare the wonders he was about to present; and the session began. In a long series of tricks, the marbles, initially invisible, appeared at the end of the conjurer’s fingers, passed in succession from one cup to another, across the table, and even right into the pocket of a spectator, then to the great delight of the public emerged from the nose of a young onlooker. He took the matter seriously, and went to great lengths blowing his nose to make sure no more of these marbles were left in his brain.”
Goréens

et devant se tenir à genoux ; si des femmes libres sont tolérées, le port du voile leur est imposé. Dès lors, les Goréens de Second Life s’apparentent à de sulfureuses confréries BDSM (pour bondage et discipline, domination et soumission, sadisme et masochisme) alors même que, pour nombre de ses membres, le respect de telles règles relève du seul jeu de rôle. Cette communauté fonctionne ainsi sur le principe de la confiance et la solidarité entre ses membres, et évolue dans des espaces qui recréent leur univers de référence. On peut noter que les Goréens éprouvent une animosité certaine envers les autres communautés présentes sur Second Life, particulièrement les → 1 Furries. [ e ] → Community in → 1 Second Life. Goreans are one of the best organized and most controversial Second Life communities. Its members’ rules of life are based on the universe dreamt up by the American John Norman in a heroic fantasy saga he embarked on in 1966, the “Gor cycle”: in Gor, a hidden planet in the solar system and a twin planet to Earth, a macho and very hierarchical society based on a caste system evolves, combining barbarism and technology. It is headed by Masters, primarily men. At the bottom are women destined to be slaves, the “Kajirae” who wear leather collars and have to kneel rather than stand; while free women are tolerated, they have to wear a veil. This means that the Second Life Goreans are linked to BDSM (bondage, discipline, domination and submission, sadism and masochism) fraternities, even though for some of members respecting such rules amounts to no more than playing a role. Thus this community operates on the principle of trust and solidarity between its members, and evolves in spaces that recreate their benchmark universe. Moreover, it can be observed that Goreans feel some animosity towards the other communities present on Second Life, in particular the → 1 Furries. [ → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita) ]
GriZZly Man [ f ] → → 4 Documentaire de Werner Herzog (2005)

Cévennes. Leurs habitations sont monochromes jusqu’au moindre détail, et chaque couleur du spectre est représentée. Ils s’habillent de la tête aux pieds d’une de ces couleurs pour la vivre complètement, pendant un temps, puis en changent. En attendant de cultiver leur propre potager, ils proposent leur aide aux agriculteurs et commerçants des alentours et se nourrissent des fruits et légumes qui leur sont donnés en remerciement. La communauté vit en autonomie, en fixant ses règles au jour le jour. De février à mai 2007, ils ont initié une marche des Pyrénées à Paris, qui a rassemblé au total plus d’un millier de personnes. Circulant volontairement sur les grands axes routiers pour provoquer les rencontres, la « marche du vivant » se situait entre l’assaut et le pèlerinage (d’après The Coming Race, → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita). [ e ] → Although from different walks of life, the Rainbow Warriors came together and built a village in the heart of the Cévennes. Their homes are monochrome even in the smallest detail, and each colour of the spectrum is represented. They clothe themselves from head to toe in one of these colours to experience it wholly for a time, and then they change. Before having their own vegetable garden, they offer their time to the surrounding farms and stores and live off the fruits and vegetables given to them in exchange for their services. The community is autonomous, establishing its rules day to day. From February to May 2007, they marched from the Pyrénées to Paris, gathering a group of more than a thousand people. Taking major crossroads in hopes of eliciting interactions, “the walk of the living” was a cross between an assault and a pilgrimage (after The Coming Race, → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita).

Goreans [ f ] → Communauté dans → 1 Second Life. Les Goréens constituent une des communautés les plus organisées et les plus controversées de Second Life. Les règles de vie de ses membres sont basées sur l’univers imaginé par l’Américain John Norman dans une saga heroic fantasy entamée en 1966, le « cycle de Gor » : y est décrite une planète cachée du système solaire, Gor, jumelle de la Terre, où évolue, entre barbarie et technologie, une société de castes, machiste et très hiérarchisée. À son sommet, on trouve des Maîtres, essentiellement des hommes, et à sa base, des femmes vouées à être esclaves, les « Kajirae », portant un collier de cuir

retraçant la vie et la mort de Tim Treadwell, écologiste controversé tué par des grizzlis. [ e ] → A documentary [ → 4 documentaire ] by Werner Herzog (2005) retracing the life and death of Tim Treadwell, a controversial ecologist killed by grizzly bears. [ → 1 Jeudis de CinQ MiLLiarDS D’annéES (Les) ]
Guerriers de l’arc-en-ciel (les)

The Rainbow Warriors [ f ] → Venus de différents horizons, les Guerriers de l’Arc-en-ciel ont construit un village au cœur des

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H.a.a.r.p.

HasHiMa

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h.a.a.r.p. [ f ] → Installé en Alaska, H.A.A.R.P. (recherches dans

le domaine des hautes fréquences appliquées aux → aurores boréales) est un programme américain scientifique et militaire de recherche sur → l’ionosphère, haute couche de l’atmosphère qui a la particularité de se modifier en fonction du cycle solaire et la capacité d’absorber ou de réfléchir les → ondes électromagnétiques. H.A.A.R.P. se fonde sur les recherches de Bernard Eastlund, qui s’est lui-même inspiré des travaux de → nikola Tesla en matière d’électromagnétisme. On peut résumer la technologie utilisée dans le projet H.A.A.R.P. à un faisceau d’ondes (comme le ferait un émetteur radio) à hautes fréquences pointé vers l’ionosphère. Le bombardement d’une zone donnée de l’ionosphère avec ces hautes fréquences a pour effet de créer un énorme miroir virtuel qui agit comme une antenne capable par la suite d’émettre des fréquences extrêmement basses vers la Terre. Ce programme controversé au fonctionnement opaque provoque de nombreuses interprétations : contrôle du climat et des télécommunications mondiales, influence des comportements humains, voire d’autres pratiques peu avouables. Selon → 3 nick Begich – médecin et écologiste de renommée internationale – et Jeane Manning –, journaliste indépendante spécialisée dans les recherches sur les énergies non conventionnelles – le projet américain H.A.A.R.P. aurait la capacité de couper les réseaux de communication des grandes villes du monde, de manipuler et de modifier le climat à l’échelle planétaire et de pousser les cerveaux humains à disjoncter tout en portant atteinte à la santé et aux écosystèmes. [ e ] → H.A.A.R.P. (High-frequency Active Auroral [ → aurores boréales ] Research Program) is an Alaska-based scientific and military research program into the ionosphere [ → ionosphère ], a high layer of the atmosphere that has the special feature of changing as the solar cycle develops and the capacity to absorb or reflect electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ]. H.A.A.R.P. is based on the research work of Bernard Eastlund who was in turn inspired by the work of → nikola Tesla relating to electromagnetism. The technology used in the H.A.A.R.P. project can be summed up as a beam of high-frequency waves (such as a radio transmitter might use) pointed towards the ionosphere. The bombardment of a given zone of the ionosphere with these high frequencies has the effect of creating an enormous virtual mirror that acts as an antenna which then becomes capable of transmitting extremely low frequencies towards the Earth. This controversial American program

with its opaque modus operandi can be interpreted in many ways, involving control of the climate and global telecommunications, influence over human behaviour, or indeed other far from acceptable practices. According → 3 nick Begich—an internationally renowned doctor and ecologist—and Jeane Manning—a freelance journalist specializing in research into non-conventional energy sources— the American H.A.A.R.P. project would have the capacity to cut the communication networks of the world’s major cities, manipulate and modify the climate at planetary level and push the circuits of human brains to breaking point at the same time as attacking health and ecosystems. [ → 3 GaKona ] [ → Basse fréquence ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ] [ → Gakona ]
hallucinations télépathiques

Telepathic hallucinations [ f ] → En 1886, Myers, Gurney et Podmore publient l’étude monumentale Fantasms of the Living, présentant plus de sept cents cas → d’apparitions recueillis, enquêtés et vérifiés avec minutie. Pour eux, ces apparitions de fantômes s’expliquent par des « hallucinations télépathiques ». Ils inventent, ce faisant, le terme de « → 2 télépathie » (transmission de pensée entre deux individus). [ e ] → In 1886 Myers, Gurney and Podmore published the monumental study Fantasms of the Living, presenting over 700 cases of → apparitions painstakingly collected, investigated and verified. They believed these apparitions of ghosts could be explained as “telepathic hallucinations”. In doing so they invented the term “telepathy” [ → 2 télépathie ] (the transfer of thought between two individuals). [ → 2 CELLar Door ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ]
hashiMa [ f ] → Située sur la côte occidentale du Japon, Hashima

h.a.a.r.P. Vues de la base H.A.A.R.P., Alaska / Views of the H.A.A.R.P.. site, Alaska. Photo DR

est l’une des cinq cent cinq îles inhabitées de la préfecture de Nagasaki. Suite à l’achat de l’île par Mitsubishi en 1890 pour exploiter le charbon qui y fut découvert, la densité de la population insulaire attegnit des records. Suite au déclin de l’industrie charbonnière, l’île est totalement déserte depuis 1973. Le surnom « Gunkanjima » qui lui est donné – littéralement « île navire de guerre » – fait référence à un épisode de la seconde guerre mondiale. L’armée américaine avait en effet lancé une torpille sur l’île, pensant qu’il s’agissait d’un navire de guerre.

hashima, Japon / Japan. Photo DR

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Hell’s anGels

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[ e ] → Lying off the west coast of Japan, Hashima is

one of 505 uninhabited islands in the Nagasaki prefecture. Following the purchase of Hashima by Mitsubishi in 1890 to exploit the coal discovered on the island, the island’s population density reached record levels. With the decline of the coal industry, the island has been totally deserted since 1973. Its nickname “Gunkanjima”—literally, “warship island”—refers to an episode in World War II. The American army actually launched a torpedo on the island, thinking it was a warship. [ → 3 Jeudis de ChaSinG naPoLEon (Les) ]
hell’s anGels [ f ] → Motoclub. En 1957, Ralph « Sonny » Barger fonde

In the Second World War there were some groups called Hell’s Angels, like the 358th squadron of American Air Force bombers stationed in England. During the psychedelic 1960s, the term Hell’s Angels became a name that was widely used.” [ → Chopper ] [ → 1 Parrino, Steven ] [ → 1 indian Larry ] [ → 1 1969 ]
hétérotopie

up ad infinitum as in libraries and museums). The heterotopia opens or closes according to certain criteria, and this simultaneously isolates it (as with asylums, prisons or retirement homes) or makes it accessible and penetrable.
hitchcock, alfred [ f ] → 1899–1980. Réalisateur et scénariste de cinéma

son premier club de bikers à Oakland, près de San Francisco, club qui deviendra dix ans plus tard le quartier général international des Hell’s Angels. Dans son autobiographie, Hell’s Angel. La vie et l’histoire de Sonny Barger et du Hell’s Angels Motorcycle Club (Flammarion, 2004), Ralph Barger revient sur les origines du club : « Je ressentais le besoin d’un club d’hommes plus soudés, capables de sauter sur leurs bécanes, de traverser le pays s’ils le souhaitaient, sans se plier à des règles ou à des horaires [...]. Nous avons formé le club dans les années 1950 pour faire la bringue et se balader. Le terme de Hell’s Angels revenait dans les cercles militaires depuis la première guerre mondiale. Dans les années 1920 à Detroit, un club affilié à l’American Motorcyclist Association s’était donné pour nom Hell’s Angels. La seconde guerre mondiale a connu quelques groupes appelés Hell’s Angels, comme la 358e escadrille de bombardiers de l’American Air Force stationnée en Angleterre. Au cours des années 1960 psychédéliques, le terme Hell’s Angels est devenu un nom d’usage courant. » [ e ] → Motorcycle club. In 1957, Ralph “Sonny” Barger founded his first bikers’ club in Oakland, near San Francisco. Ten years later, it was the wildest in California and the international headquarters of Hell’s Angels. In his autobiography Hell’s Angel. The Life and Times of Sonny Barger and the Hell’s Angels Motorcycle Club (Harper Collins Publishers, 2001), Ralph Barger describes the club’s origins: “I felt the need for a more close-knit club for men who could jump on their bikes, ride across the country if they wanted to, without bothering about rules or timetables [...]. We formed the club in the 1950s to go on the spree and ride around places. The term Hell’s Angels had been around in military circles since the First World War. In the 1920s in Detroit, a club affiliated to the American Motorcyclist Association had been called Hell’s Angels.

Heterotopia [ f ] → Élément central dans la pensée foucaldienne, il désigne un « espace autre », un contre-emplacement qui conteste tous les autres lieux du monde où nous vivons, les efface, les compense, les neutralise ou les purifie. En contrepoint de l’utopie qui se déploie par définition dans un « non-lieu » de l’espace – ou lieu de l’imaginaire –, l’hétérotopie s’associe quant à elle à une catégorie à part d’espaces-temps, de lieux concrets qui abritent des sortes d’utopies réalisées. Envisageant la création d’une « hétérotopologie », discipline d’analyse et d’étude des hétérotopies, Michel Foucault en énonce les principes fondateurs. Présente dans toute culture, une même hétérotopie peut en effet voir sa fonction se modifier dans le temps (comme le cimetière). Elle peut juxtaposer en un seul lieu plusieurs espaces eux-mêmes incompatibles dans l’espace réel (par exemple la scène de théâtre ou de cinéma) et faire exister en son sein une « hétérochronie » (où le temps s’accumule à l’infini comme dans les bibliothèques et musées). L’hétérotopie s’ouvre ou se ferme selon certains critères, ce qui à la fois l’isole (comme les asiles, les prisons ou les maisons de retraite) ou la rend accessible et pénétrable. [ e ] → A central element in Foucault’s thinking, it designates a “space of otherness”, a counter-location that contests all other places in the world we live in, erases them, offsets them, neutralizes them or purifies them. In counterpoint to a utopia, which by definition develops in a “non-place” of space—or a place in the imagination—, the heterotopia is associated to a category aside from space-time, from concrete places that harbour types of achieved utopias. Envisaging the creation of “heterotopology”, a discipline analyzing and studying heterotopias, Michel Foucault spells out its founding principles. Present in all cultures, a heterotopia’s function can change over time (like a cemetery). In one and the same place it can juxtapose several spaces that are themselves incompatible in real space (for example the theatrical or cinematic scene) and cause a “heterochronia” to exist within it (where time piles

anglais naturalisé américain, considéré comme le maître du suspense. « On a oublié pourquoi Joan Fontaine se penche au bord de la falaise et ce que Joel McCrea s’en allait faire en Hollande. On a oublié à propos de quoi Montgomery Clift garde un silence éternel et pourquoi Janet Leigh s’arrête au Bates Motel, et pourquoi Teresa Wright est encore amoureuse d’oncle Charlie. On a oublié de quoi Henry Fonda n’est pas entièrement coupable et pourquoi exactement le gouvernement américain engage Ingrid Bergman. Mais on se souvient d’un sac à main. Mais on se souvient d’un autocar dans le désert. Mais on se souvient d’un verre de lait, des ailes d’un moulin, d’une brosse à cheveux. Mais on se souvient d’une rangée de bouteilles, d’une paire de lunettes, d’une partition de musique, d’un trousseau de clefs, parce que, avec eux et à travers eux, Alfred Hitchcock réussit là où échouèrent Alexandre, Jules César, Napoléon : prendre le contrôle de l’univers. » (Jean-Luc Godard) [ e ] → 1899–1980. British film director and script writer who became a naturalized American, regarded as the master of suspense. “We’ve forgotten why Joan Fontaine leans over the edge of the cliff and what Joel McCrea was going to do in Holland. We don’t remember why Montgomery Clift was maintaining eternal silence or why Janet Leigh stopped at the Bates Motel or why Teresa Wright still loves Uncle Charlie. We’ve forgotten what Henry Fonda wasn’t entirely guilty of and why exactly the American government had hired Ingrid Bergman. But we remember a handbag. But we remember a bus in the desert. But we remember a glass of milk, the sails of a windmill, a hairbrush. But we remember a row of bottles, a pair of spectacles, a sheet of music, a bunch of keys. Because through them Alfred Hitchcock succeeded where Alexander, Julius Cesar and Napoleon had all failed: by taking control of the universe.” (Jean-Luc Godard)
hoMes of toMorrow [ f ] → Cette partie de l’Exposition internationale de

impersonnelles qui les reflètent le mieux. La présentation de maisons pilotes, sous le nom de “Design au quotidien”, comprenait des maisons en aggloméré, en Rostone, en inox, en acier galvanisé. Le caractère foncièrement traditionnel de l’unique maison de bois était vaguement masqué par son appellation de “création de l’industrie du bois”. Même si elle fut loin d’être une réussite artistique, la Century of Progress Fair répandit trois innovations importantes dans l’architecture domestique : le garage devenait partie intégrante de la façade de la maison ; la cheminée, totalement dissociée des fonctions de cuisine et de chauffage, devenait le symbole de la détente domestique, dans la pièce de séjour ; et la cave disparaissait au profit de la plaque de ciment, renforçant par là l’horizontalité de la disposition générale. » → 4 John Brinckerhoff Jackson, « Style artisanal et Style industriel », in À la découverte du paysage vernaculaire, Actes Sud, Arles, 2003 [ e ] → This part of the 1933 Chicago World’s Fair presented the latest innovations in architecture, design and building materials. “Colour, in fact, was to be the keynote of the Chicago Century of Progress Fair—Colour and the flat, impersonal textures which best reflect them. The display of model homes, called ‘Design for Living,’ included houses built of Masonite, Rostone, Ferro-enamel, and Stran-Steel. The essentially traditional nature of the one house built of wood was somewhat disguised by its designation as a creation of the lumber industry. Though far from having been an artistic event of note, the Century of Progress Fair did publicize three significant innovations in domestic architecture: the garage became an integral part of the façade of the dwelling; the chimney, totally divorced from cooking and heating, became the symbol of domestic leisure in the living room; and the cellar was eliminated in favour of the concrete slab, thereby increasing the horizontality of the dwelling’s layout.” → 4 John Brinckerhoff Jackson, “Craftsman Style and Technostyle” in Discovering the Vernacular Landscape, Yale University Press, 1984
horde sauvaGe (la)

Chicago de 1933 présentait les dernières innovations en matière d’architecture, de design et de matériaux de construction. « La couleur allait être la vedette de la Century of Progress Fair de Chicago – les couleurs et les textures neutres,

The Wild Bunch [ f ] → Film réalisé par Sam Peckinpah en 1969. Ce western marque un tournant dans l’histoire du genre. Alors que le film de cow-boys avait pour mission traditionnelle de mettre en scène les valeurs de l’Amérique, le réalisateur réalise un film dans lequel tous les personnages, y compris les enfants, apparaissent avides de gain, de vengeance et de sang. Le dernier tiers du film est marqué par

hot
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Hot rod

HoUdini

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l’omniprésence de la violence et son esthétisation, notamment par les ralentis sur les éclaboussures de sang. Interdit à sa sortie aux moins de dix-huit ans, ce film peut être vu comme marquant la fin d’un certain rêve américain et/ou l’entrée du cinéma d’action dans une surenchère de violence. [ e ] → A film directed by Sam Peckinpah in 1969. This western marks a turning point in the history of the genre. Whereas the traditional mission of cowboy films had been to display American values, the director made a film in which all the characters, including the children, seem to be greedy for profit, vengeance and blood. The last third of the film is characterized by the omnipresence and estheticization of violence, in particular by the slow shots lingering on blood splatters. When it came out in France, this film was prohibited for under-18s. It can be seen as marking the end of a certain American dream and/or the start of action films’ an attempt to outdo one another in violence. [ → 4 Samson, Bettina ]
hot rod [ f ] → « Le phénomène des hot rods [bagnoles trafiquées] est apparu aux États-Unis vers la fin de la

weight ratio. Often, the vehicle was painted black after all emblems were removed to make ID difficult for Police (this is an outlawed activity). Later paint jobs mocked the danger involved with drag racing (i.e. flames, death symbols, etc.) Minimalism was born. Like other forms of art at the time, this kind of ‘no frills’ basicness continues through the 1950s, 1960s (the rise of Minimalism [→ 1 art minimal ], Pop Art in painting, sculpture, film, literature, music), 1970s (Concept Art, theory, Punk Rock), 1980s, 1990s and will continue to inform American art in the future, because this basicness is American culture.” (→ 1 Steven Parrino) [ → Chopper ]
houdini, harry [ f ] → 1874–1926. Originaire de Budapest, le jeune

seconde guerre mondiale. Sans doute une trouvaille des soldats américains qui avaient besoin d’émotions fortes pour lutter contre l’ennui après la guerre. La “course à la mort” était née. Un hot rod, c’est une voiture ou une moto allégée de tous ses accessoires superflus. Pour un meilleur rapport puissance/poids, on augmentait la cylindrée du moteur, qui chauffait davantage. Souvent, on peignait la carrosserie en noir après avoir enlevé tous les insignes et emblèmes pour échapper à la police (c’était une activité illégale). Puis on a commencé à peindre des motifs parodiant les dangers de la course de dragsters : flammes, symboles de mort, etc. Le minimalisme était né. Comme d’autres formes d’art à l’époque, cette espèce de réductivisme sans fioritures s’est perpétuée dans les années 1950, 1960 (règne de → l’ 1 art minimal et du Pop Art dans la peinture, la sculpture, le cinéma, la littérature, la musique), 1970 (art conceptuel, théorie rock, punk), 1980, 1990… Elle continuera à imprégner l’art américain à l’avenir, parce que ce réductivisme, c’est la culture américaine. » (→ 1 Steven Parrino) [ e ] → “The idea of the Hot Rod started around the end of World War II. Probably the pursuit of U.S. service men who were bored with life after the war and needed excitement. The Death Race was born. A Hot Rod is a car or motorcycle that has been stripped of all excess weight and parts. The engine made hotter (more powerful) for maximum power/

Ehrich Weiss émigre aux États-Unis avec sa famille en 1878. Adolescent, il commence sa carrière comme manipulateur de cartes. Tout en exerçant plusieurs métiers dont celui de serrurier, il se produit dans des side-shows et des cirques sous le nom d’Erich the Great. Devenu célèbre en reprenant le fameux tour de La Malle des Indes, inventé quelques années auparavant à Paris, il change de pseudonyme et adopte celui d’Harry Houdini en hommage au maître français → robert-houdin. En 1893, il rencontre Wilhelmina Beatrice Rahner, dite Bess, qui devient à la fois sa femme et son assistante. Il se spécialise dans les tours d’évasion. Au cours de mises en scène spectaculaires, souvent suspendu au bout d’une corde, il s’évade de menottes, de cordes et de camisoles de force. Il s’échappe également de cellules de prison, de coffres-forts, de bidons de lait ou de malles jetées dans des rivières. En 1900, il effectue une tournée en Europe. De retour aux États-Unis, il connaît un immense succès. En 1918, il réalise à New York la première disparition d’un éléphant vivant. L’une de ses dernières et plus célèbres évasions est celle de La Pagode de torture, cuve de verre remplie d’eau où il est immergé le corps à l’envers. Le couvercle cadenassé est une cangue (instrument de supplice chinois) qui lui emprisonne les pieds. Il meurt d’une péritonite dans des circonstances assez obscures, après avoir reçu des coups de poing à l’abdomen par un étudiant qui voulait le défier. Le réalisateur George Marshall lui consacre un film, Houdini, le grand magicien (1953) avec Tony Curtis dans le rôle-titre. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Handcuff Secrets (1907) et The Unmasking of Robert-Houdin (1908). [ e ] → 1874–1926. Ehrich Weiss originated from Budapest, but immigrated to the United States with his family as a child in 1878. He started his career

harry houdini ca. 1899 ; Library of Congress ; McManus-

Young Collection

hystérie Chronophotographies prises par Albert Londe / Chronophotographies taken by Albert Londe, ca. 1885

harry houdini présentant son tour « La Cellule d’eau des tortures chinoises » / performing the Chinese Water Tower Cell

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HUMan statUe oF liBerty

Hystérie

hys
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in his teens as a card manipulator. While doing several jobs, including working as a locksmith, he appeared in side-shows and circuses under the name Erich the Great. After becoming famous for repeating the well-known “Indian Trunk” trick, invented a few years earlier in Paris, he changed his pseudonym, adopting the name Harry Houdini in homage to the French master, → robert-houdin. In 1893 he met Wilhelmina Beatrice Rahner, known as Bess, who became both his wife and his assistant. He specialized in escape tricks. In the course of spectacularly staged acts, often suspended at the end of a rope, he escaped from handcuffs, ropes and straitjackets. He likewise escaped from prison cells, safes, milk churns, or trunks thrown into rivers. In 1900, he embarked on a tour of Europe. Back in the United States, he enjoyed huge success. In 1918 he enacted the first disappearance of a life elephant in New York. One of his last and most famous escapes was from the Chinese Water Torture Cell, a glass vessel filled with water where he was immersed upside down. The padlocked cover was a cangue (a Chinese instrument of torture) that held his feet captive. He died of peritonitis in rather obscure circumstances after being punched in the abdomen by a student who wanted to challenge him. The director George Marshall devoted the film Houdini (1953) to him, with Tony Curtis in the title role. He wrote several books including Handcuff Secrets (1907) and The Unmasking of Robert-Houdin (1908). [ → Prestidigitateur ] [ → Escapologie ]
huMan statue of liberty [ f ] → Célèbre photographie de → 3 Mole & Thomas qui

Cette photographie est désormais présentée au musée de la statue de la Liberté à Ellis Island. [ e ] → A famous photograph by → 3 Mole & Thomas who assembled 18,000 officers and men at Camp Dodge in Des Moines, Iowa. In representing the public → 4 monument whose history bridges the noble political aspirations of France and the United States, they faced their biggest technical challenges. From the top of the torch to the base, Mole and Thomas’s Statue of Liberty measures 1,235 feet and, in consequence, the image is extremely top heavy in personnel. → 3 Louis Kaplan observes that the Statue of Liberty would be especially highly charged as a patriotic symbol for an immigrant like Mole at this juncture in American history. Mole’s image was taken only five years before the passage of the Immigration Restriction Act of 1924. At this time, the terms of naturalization and citizenship were hotly contested issues in the American public sphere. Incidentally, the image is now on permanent display at the Statue of Liberty Museum on Ellis Island. [ → 3 Photographies vivantes ]
hypertexte

Genette to characterize a series of literary works related to one another and stemming from a common model. While in computer science, the links between different documents are external, the hypertextual network in literature is achieved through internal links such as distortion, transformation, rewriting. [ → Geek ]
hystérie

rassemblèrent pour sa réalisation dix-huit mille hommes et officiers à Camp Dodge, à Des Moines dans l’Iowa. En représentant ce → 4 monument public, fruit des nobles aspirations politiques qui unirent la France et les États-Unis, Mole & Thomas furent confrontés à leurs plus grands défis techniques. Leur statue de la Liberté mesurant 380 mètres, depuis le haut de la torche jusqu’à la base, sa réalisation nécessita un nombre considérable de figurants. → 3 Louis Kaplan souligne que, pour un immigrant comme Mole, et à ce moment précis de l’histoire américaine, la statue de la Liberté, en tant que symbole patriotique, prenait une signification toute particulière. La photographie fut réalisée par Mole en 1919, cinq ans seulement avant l’Immigration Restriction Act [loi sur le contrôle de l’immigration] et à une époque où les conditions de naturalisation et de citoyenneté faisaient l’objet de vifs débats dans la sphère publique américaine.

Hypertext [ f ] → Dans le domaine informatique, il désigne un système de mise en réseau multiple, souple et malléable d’un certain nombre de documents (texte, image, son). Cette mise en réseau s’articule par un ensemble de nœuds liés entre eux par des hyperliens qui permettent de passer automatiquement d’un nœud à un autre. Le système hypertexte le plus vaste et le plus utilisé est le World Wide Web conçu par Tim Berners en 1989 et consultable par l’intermédiaire du réseau Internet. En littérature, le terme est employé par Gérard Genette pour qualifier une série d’œuvres littéraires reliées entre elles par des liens de parenté ou de filiation et rattachées à un modèle commun, dont elles dérivent toutes. Alors qu’en informatique les liens qui relient les différents documents sont externes, en littérature le réseau hypertextuel se fait par des connexions internes telles que le travestissement, la transformation, la réécriture. [ e ] → In the field of computer science, the term designates a multiple, flexible, and malleable networking system between a number of documents (text, image, sound). This network is articulated around nodes linked together by hypertext links that enable the user to go from one node to the next. The largest and most used hypertext system is the World Wide Web conceived by Tim Berners in 1989 and accessible through the Internet. In literature, the term has been employed by Gérard

Hysteria [ f ] → En 1928, André Breton et Louis Aragon célèbrent dans La Révolution surréaliste le « cinquantenaire de l’hystérie » : « Nous, surréalistes, tenons à célébrer ici le cinquantenaire de l’hystérie, la plus grande découverte poétique de la fin du xixe siècle, et cela au moment même où le démembrement du concept de l’hystérie paraît chose consommée. Nous qui n’aimons rien tant que ces jeunes hystériques, dont le type parfait nous est fourni par l’observation relative à la délicieuse X. L. (Augustine) entrée à la Salpêtrière dans le service du Dr Charcot le 21 octobre 1875, à l’âge de 15 ans et demi, comment serions-nous attachés par la laborieuse réfutation des troubles organiques, dont le procès ne sera jamais qu’aux yeux des seuls médecins celui de l’hystérie ? Quelle pitié ! M. Babinski, l’homme le plus intelligent qui se soit attaqué à cette question, osait publier en 1913 : “Quand une émotion est sincère, profonde, secoue l’âme humaine, il n’y a plus de place pour l’hystérie.” Et voilà encore ce qu’on nous a donné à apprendre de mieux. Freud, qui doit tant à Charcot, se souvient-il du temps où, au témoignage des survivants, les internes de la Salpêtrière confondaient leur devoir professionnel et leur goût de l’amour, où, à la nuit tombante, les malades les rejoignaient au dehors ou les recevaient dans leur lit ? Ils énuméraient ensuite patiemment, pour les besoins de la cause médicale qui ne se défend pas, les attitudes passionnelles soi-disant pathologiques qui leur étaient, et nous sont encore humainement, si précieuses. » [ e ] → In 1928, André Breton and Louis Aragon celebrated the “fiftieth anniversary of hysteria” in La Révolution surréaliste: “We as Surrealists are keen here to celebrate the fiftieth anniversary of hysteria, the greatest poetic discovery of the late 19th century, and at the very moment when the dismembering of the concept of hysteria seems to be a completed affair. How would we who love nothing as much as those young hysterics, perfectly exemplified by the observations relating to the delightful X.L. (Augustine) who went to the Salpêtrière in the service of Dr Charcot on 21 October 1875 at the

age of 15½, be gripped by the painstaking refutation of organic disturbances, the process of which will never be that of hysteria solely in the eyes of doctors alone? What a sad state of affairs! M. Babinski, the most intelligent man to have tackled this question, dared to publish the following statement in 1913: ‘When an emotion is sincere, profound and shakes the human soul there is no longer any room for hysteria.’ And here again is the best thing we have been to given to understand. Does Freud, who owes so much to Charcot, remember the time when, according to the testimony of survivors, the doctors at the Salpêtrière confused their professional duty and their amorous tendencies, when at nightfall the patients joined them outside or received them in their beds? They then patiently listed, for the requirements of the medical cause which is unchallenged, the supposedly pathological attitudes relating to the passions which were so precious to them, and in human terms still are to us.” [ → 4 Beauté convulsive ] [ → 4 Digne, rebecca ]

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Iconoclasm
[ f ] → « On parle d’iconoclasme quand une image ou

une représentation est détruite, mise en pièces. Un tel acte peut avoir différentes raisons. Il peut s’agir de se débarrasser de ce qui est une offense à ses valeurs, d’ouvrir la voie à une image supérieure ou meilleure, ou encore de se passer totalement de toute forme de représentation. Pour beaucoup, l’iconoclasme est un fléau, ce que la plupart considère comme le fait de vandales, d’hérétiques, de fous ou de barbares. Mais pour d’autres, être iconoclaste est une vertu, la preuve de sa capacité à résister à l’autorité, faire preuve de sagacité critique, rompre radicalement avec le passé. » À cette première définition, Bruno Latour, philosophe, historien et anthropologue des sciences et techniques, adjoint celle d’une autre notion, l’« icono-clash ». Par cette dernière, il entend désigner le moment où surgit « une incertitude profonde et perturbante quant au rôle, au pouvoir, au statut, au danger et à la violence d’une image ou une représentation donnée ; quand on ne sait pas si une image doit être détruite ou restaurée ; quand on ne sait plus si le briseur d’icône est un novateur courageux ou un vandale, si l’adorateur des icônes est un pieux bigot ou un dévot respectable ; ou si le faiseur d’images est un charlatan sournois ou bien un homme intelligent qui établit des faits et recherche la vérité. » [ e ] → “‘Iconoclasm’ is when an image or a representation is smashed to pieces. There might be many reasons for such an act. It might be to get rid of something that is an offence to one’s values, to give way to some other greater and better image, or perhaps to dispense entirely with any form of representation. For many people ‘iconoclasm’ is a curse, what people usually assume that ‘vandals,’ ‘heretics,’ ‘madmen’ or ‘barbarians’ do. But for others to be an ‘iconoclast’ is a virtue, the proof of his or her ability to resist authority, to show critical acumen, to break radically with the past.” Bruno Latour, a philosopher, historian and scientific and technological anthropologist, adds another concept to this first definition, that of the “icono-clash”. By this he means to refer to the point “when there is a deep and disturbing uncertainty about the role, power, status, danger, violence of an image or a given representation; when one does not know whether an image should be broken or restored; when one no longer knows if the image-breaker is a courageous innovator or a vandal, if the image-worshipper is a pious bigot or a respectable devout, or if the image-maker is a devious faker or a clever fact-maker and truth-seeker.”

iconoclasme Marcus Gheeraerts l’ancien / Marcus Gheeraerts the Elder, Allégorie des iconoclastes / Allegory of Iconoclasm (détails / details), ca.1560–1570

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iMMatériaUX

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[ → 4 Guillier, alexis ] [ → Juda (rois de) ] [ → Table rase ] [ → Terreur ]
iMMatériaux (les) [ f ] → Exposition de → 2 Jean-François Lyotard présen-

[ e ] → In the dictionary of the journal Documents,

tée en 1985 au Centre Pompidou. Elle a marqué l’histoire des expositions pour plusieurs raisons. Non seulement en raison de sa scénographie innovante et de son caractère pluridisciplinaire, mêlant art et science, multimédia, nouvelles technologies et audioguides pour la première fois, mais aussi à cause de son sujet : l’immatériel et sa représentation, possible ou impossible. On retrouve un certain nombre de traces de ce travail chez des artistes contemporains, comme → 2 Loris Gréaud. [ e ] → Exhibition presented by → 2 Jean-François Lyotard at the Pompidou Centre in 1985. It left its mark on the history of exhibitions for several reasons, not only because of its innovative staging and its multidisciplinary approach, mixing art and science, multimedia, new technologies and audioguides for the first time, but also because of its subject: the immaterial and its representation, possible or impossible? Some traces of that work can be found in contemporary artists, like → 2 Loris Gréaud. [ → 2 CELLar Door ] [ → 2 Jeudis de CELLar Door (Les) ] [ → 2 Klonaris, Maria & Thomadaki, Katerina ]
inforMe [ f ] → Dans le dictionnaire de la revue Documents,

Georges Bataille along with some authors like Michel Leiris or Marcel Griaule suggested critical redefinitions of certain terms. In the December 1929 issue, he published an entry on the notion of “informe” (shapeless, unformed) that has become famous: “A dictionary would start from the moment when it would no longer give the meaning of words, but their task. Thus informe is not only an adjective with a certain meaning but a term serving to downgrade, demanding in general that each thing should have its own form. What it describes in no way has any rights and is crushed on all sides like a spider or an earthworm. For academics to be happy, it would in fact be necessary for the universe to take shape. The whole of philosophy has no other objective: it is a question of a frock suit to what is, a mathematical frock coat. On the other hand, declaring that the universe does not resemble anything and is just informe amounts to saying that the universe is something like a spider or a gobbet of spittle.” [ → 4 Dubuisson, Julien ]
infraMince

ins (international necronautical society, ou société nécronautique internationale) [ f ] → Fondée en 1999 par l’artiste et écrivain → 1 Tom McCarthy, la Société nécronautique internationale

Georges Bataille proposait, avec quelques auteurs comme Michel Leiris ou Marcel Griaule, des redéfinitions critiques de certains termes. Dans l’édition de décembre 1929, il fit paraître une notice devenue célèbre de la notion d’informe : « Un dictionnaire commencerait à partir du moment où il ne donnerait plus le sens mais la besogne des mots. Ainsi informe n’est pas seulement un adjectif ayant tel sens mais un terme servant à déclasser, exigeant généralement que chaque chose ait sa forme. Ce qu’il désigne n’a ses droits dans aucun sens et se fait écraser partout comme une araignée ou un ver de terre. Il faudrait en effet, pour que les hommes académiques soient contents, que l’univers prenne forme. La philosophie entière n’a pas d’autre but : il s’agit de donner une redingote à ce qui est, une redingote mathématique. Par contre affirmer que l’univers ne ressemble à rien et n’est qu’informe revient à dire que l’univers est quelque chose comme une araignée ou un crachat. »

Infra-thin [ f ] → Concept esthétique développé par → Marcel Duchamp au milieu des années 1930, l’inframince caractérise une épaisseur, une séparation, une différence, un intervalle entre deux choses, nécessairement infime. L’inframince qualifie une distance qui ne peut se percevoir, mais seulement être imaginée. Rendant compte de la fascination exercée sur Duchamp par la quatrième dimension – il dit lui-même de certaines de ses œuvres qu’elles sont inframinces –, cette notion induit un rapport au temps, à la lenteur et au non-faire. L’invention de l’inframince ouvre la voie à toute une phénoménologie de l’imperceptible. [ e ] → An aesthetic concept developed by → Marcel Duchamp in the mid-1930s, infra-thin refers to a thickness, a separation, a difference, an interval between two things that has to be infinitesimal. Infra-thin describes a distance that cannot be perceived, only imagined. This notion that takes account of the fascination the fourth dimension held for Duchamp—he himself said of some of his works that they were infra-thin—leads to a relationship to time, slowness and not-doing. The invention of the infra-thin opens up the way to a whole phenomenology of the imperceptible. [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [ → 3 GaKona ] [ → 3 SPy nuMBErS ]

(International Necronautical Society, ou INS ) tient à la fois du mouvement d’avant-garde, du vrai-faux think tank et de la société secrète. Ainsi que son nom le suggère, cette « organisation » s’est donné pour objet d’explorer la mort comme s’il s’agissait d’un territoire, et d’en répertorier les manifestations et les états actuels : son premier manifeste, rendu public à l’occasion de l’Articultural Fair organisée par l’artiste Gavin Turk, pose explicitement dès son premier article que « la mort est un type d’espace que nous avons l’intention de cartographier, de parcourir, de coloniser et, en fin de compte, d’habiter ». Si un tel projet peut sembler excentrique, sinon loufoque, l’INS le mène avec autant de minutie que d’assurance, mimant l’organisation d’un parti ou d’un groupe de réflexion. « Agents » et « enquêteurs » sont responsables de programmes de recherches dont les résultats sont régulièrement rendus publics sous la forme de « rapports » numérotés et de conférences, tandis qu’un premier comité organise régulièrement des cycles de débats et d’« auditions » en collaboration avec artistes, chercheurs et institutions diverses. En s’appropriant et en déformant les modes de fonctionnement, d’analyse et de communication en vigueur dans le monde de l’art comme dans ceux de la politique et des affaires, l’INS théâtralise la construction du savoir et parodie ses effets d’autorité. Cependant, cette mise en scène sert de support à une véritable entreprise artistique et littéraire : au fur et à mesure des publications et des manifestations qu’elle a organisées, l’INS a mis en place un vocabulaire et des formes qui lui sont propres, s’inspirant tant de Georges Bataille et de Jean Cocteau que de Chris Marker ou d’Andreï Tarkovski. Après une première résidence du « Bureau de l’antimatière » au Centre culturel autrichien de Londres en 2001, Tom McCarthy est invité en 2002 à la DasArts Foundation d’Amsterdam, où il élabore un « Projet d’histoire des fusillades », tentant de reconstituer, avec l’aide de chorégraphes, d’experts en armes à feu et en informatique, le déroulement d’un règlement de comptes entre maffieux locaux. Entre 2002 et 2004, l’INS concentre ses activités sur les rapports entre transmission, mort et technologie, piratant le site de la BBC pour y incorporer sa propre propagande ; en 2004, elle organise à l’ICA de Londres la manifestation Calling All Agents et crée une « Unité de transmission » chargée de

diffuser des programmes radiophoniques cryptés. Les travaux préparatoires à cet événement, dont le titre était repris d’une formule fétiche de → 1 William S. Burroughs, ont donné lieu à une publication, Calling All Agent – General Secretary’s Report to the International Necronautical Society (Vargas, Londres, 2003). L’INS a par la suite mené un certain nombre de missions d’inspection à Berlin, comportant plusieurs travaux de reconnaissance aérienne de l’architecture de la capitale allemande ; ses résultats ont été exploités par le « Bureau d’interprétation temporaire » mis en place à Bratislava en 2006, dans le cadre de l’exposition Pantheon : Heroes and Anti-Monuments. L’essentiel des → archives de la Société nécronautique internationale sont disponibles sur le site Internet de l’organisation www.necronauts.org. [ e ] → Founded in 1999 by the artist and writer → 1 Tom McCarthy, the International Necronautical Society (or INS ) simultaneously manifests aspects of an avant-garde movement, a true-false think tank and a secret society. As its name suggests, this “organization” has set itself the objective of exploring death as if it were a territory, and listing its manifestations and current states: its First Manifesto, launched at the Articultural Fair organized by the artist Gavin Turk, explicitly posits in its first article that “death is a type of space, which we intend to map, enter, colonise and, eventually, inhabit”. While such a project may seem eccentric, even crazy, the INS carries it out both meticulously and with assurance, echoing the organization of a political party or a think tank. “Agents” and “Scouts” are responsible for research programs, the results of which are regularly made public in the form of numbered “Reports” and lectures, while a First Committee regularly organizes series of debates and “Hearings” in collaboration with artists, researchers and various institutions. By appropriating and twisting the operational, analytical and communication methods in place in the world of art as well as the worlds of politics and business, the INS turns the building of knowledge into theatre and parodies its authoritative effects. Nevertheless, this scenario serves as a base for a genuine artistic and literary enterprise: over time, in the course of the publications and events it has organized, the INS has established a vocabulary and forms that are peculiar to it, drawing inspiration as much from Georges Bataille and Jean Cocteau as from Chris Marker or Andreï Tarkovski. After a first residency at the “Office of Antimatter” at the Austrian Cultural Institute in London in 2001, in 2002 Tom McCarthy was invited to the DasArts Foundation in Amsterdam, where he

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institUt BenWay

isocHronisMe des pendUles

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prepared a “Shooting History Project”, working with choreographers, firearms and IT experts, to attempt to reconstruct the course of a settling of accounts between local mafias. Between 2002 and 2004, the INS concentrated its activities on the relationship between transmission, death and technology, infiltrating the BBC website to insert its own propaganda there; in 2004, it organized the Calling All Agents event at the ICA in London and created a “Broadcasting Unit” responsible for broadcasting encrypted radio programs. The preparatory work for this event—the title was taken from a catch-phrase used by → 1 William S. Burroughs—was encapsulated in a publication, Calling All Agents—General Secretary’s Report to the International Necronautical Society (Vargas, London, 2003). The INS subsequently conducted several Inspection missions in Berlin, involving several aerial reconnaissance surveys of the architecture of the German capital; its results were exploited by the “Temporary Office of Interpretation” set up in Bratislava in 2006, in the context of the “Pantheon: Heroes and Anti-Monuments” exhibition. Most of the International Necronautical Society’s → archives are available on the organization’s website, www.necronauts.org. [ → occultisme ]
institut benway

ionosphère

Ionosphere [ f ] → Terme de géophysique désignant la couche supérieure de l’atmosphère, entre 80 et 1 000 km d’altitude, où les gaz sont fortement ionisés par le rayonnement cosmique et solaire. L’ionosphère est la région de l’atmosphère où les → aurores boréales se produisent. [ e ] → A term in geophysics designating the upper layer of the atmosphere, at an altitude of between 80 and 1,000 km, where gases are strongly ionized by cosmic and solar radiation. The ionosphere is the region in the atmosphere where the aurora borealis [ → aurore boréale ] occurs. [ → atmosphériques ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → h.a.a.r.P. ] [ → orage magnétique ] [ → Tesla, nikola ] [ → Wardenclyffe, (Tour de transmission) ]
isochronisMe des pendules

hundreds of oscillations back and forth performed by the balls clearly proved to me that between the period of the heavy mass and that of the lighter mass, the concurrence is such that whether after a hundred oscillations or a thousand, the first does not overtake the second, not even minimally; rather, both movements are rigorously identical. I have also observed the action of the environing substance which, by hampering their movement, slows the oscillations of the cork pendulum, much more so than the lead pendulum, without however changing their frequency; even if the arcs described by the cork bob are only five or six degrees—compared to fifty or sixty for the lead bob—they are indeed accomplished in the same amount of time.” Later works established the scholar’s mistake; namely, that the desynchronization of the pendulums was not solely due to air friction. [ → 4 (a LiST oF oF WhiCh i CouLD TEDiouSLy
EXTEnD aD inFiniTuM ) ]

[ → 4 Zarka, raphaël ]

Benway Institute [ f ] → Depuis 1950, l’Institut Benway est le leader incontesté des solutions organiques de confort corporel : glande salivaire aromatisée, barrette de mémoire, testicule hallucinogène… Il fournit des clients institutionnels et privés, dans les secteurs civil et militaire. À l’occasion de son jubilé de diamant, ce pionnier mondial des biotechnologies a commandité l’artiste Mael Le Mée pour faire revivre cette incroyable aventure technologique et commerciale à travers une conférence qui parcourt soixante ans → d’archives inédites. [ e ] → Since 1950, the Benway Institute is the undisputed leader of organic solutions to bodily comfort: flavoured salivary glands, memory sticks, hallucinogenic testicles… The Institute serves institutional and private clients, in the civilian and military sectors. For its Diamond Jubilee, this world pioneer in biotechnology has commissioned the artist Mael Le Mée to revisit this amazing technological and commercial adventure through a conference which looks back over 60 years of unpublished → archives. [ → 4 F*CK My Brain ]

Isochronism of pendulums [ f ] → On appelle isochrone ce qui se produit à intervalles de temps égaux. Dans son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (1632), Galilée établit que les oscillations du pendule sont isochrones, autrement dit qu’elles ont toujours même durée, quelle que soit leur amplitude et quelle que soit la masse de l’objet en mouvement : « […] une bonne centaine d’allées et venues, accomplies par les boules elles-mêmes, m’ont clairement montré qu’entre la période du corps pesant et celle du corps léger, la coïncidence est telle que sur mille vibrations comme sur cent, le premier n’acquiert sur le second aucune avance, fût-ce la plus minime, mais que tous deux ont un rythme de mouvement rigoureusement identique. On observe également l’action du milieu qui, en gênant le mouvement, ralentit bien davantage les vibrations du liège que celles du plomb, sans toutefois modifier leur fréquence ; même si les arcs décrits par le liège n’ont plus que cinq ou six degrés, contre cinquante ou soixante pour le plomb, ils sont en effet traversés en des temps égaux. » Des travaux ultérieurs ont établi l’erreur du savant, à savoir que les mouvements des deux pendules ne se désynchronisent pas uniquement en raison de la résistance de l’air. [ e ] → Events which occur at regular intervals of time are termed isochronal. In Dialogue Concerning the Two Chief World Systems (1632), Galileo established that the oscillations of the pendulum are isochronal, meaning they always have the same duration without regard to their amplitude or to the mass of the swinging object: “[…] observing

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jeu vidéo

Video game [ f ] → Le jeu vidéo est un logiciel ludique qui met en relation de manière interactive un ou plusieurs joueurs avec un environnement virtuel de type audiovisuel. Selon les éditions proposées par les fabricants, on peut jouer aux jeux vidéo avec un ordinateur personnel, une console de jeux ou une borne d’arcade. Les premiers balbutiements de l’histoire du jeu vidéo apparaissent aux États-Unis dans les années 1950. Il faut cependant attendre 1962 pour que ce que l’on considère généralement comme le premier véritable jeu vidéo de l’histoire voie le jour avec Spacewar. Programmé par des étudiants du Massachusetts Institute of Technology sur l’un des tout premiers micro-ordinateurs disponibles, Spacewar se présente comme un jeu de combat spatial. En 1972, Pong, dont le concept s’inspire du tennis de table, est le premier jeu vidéo à connaître un large succès public. Édité par la firme californienne Atari, il inaugure l’essor d’une industrie désormais capable de séduire un public de masse. Au début des années 1980, cette industrie subit un krach dévastateur aux ÉtatsUnis. C’est au Japon qu’elle renaît avec le succès de firmes telles que Nintendo, créateur des icônes Mario, Donkey Kong, Metroid ou The Legend of Zelda. Les années qui suivent voient une progression spectaculaire des graphismes (3D , couleurs, fluidité, hyperréalisme). La concurrence s’exacerbe avec l’entrée en lice de géants industriels tels que Sony (PlayStation), puis Microsoft (Xbox). Le développement de l’Internet favorise le succès de jeux en lignes multijoueurs tels que → 1 Second Life (2003) ou World of Warcraft (2004). L’industrie du jeu vidéo génère des métiers nouveaux comme le développeur, le game designer, le level designer ou le programmeur. Elle invente des genres spécifiques, du Beat them all au First person shooter en passant par le Sandbox, le Real Time Strategy, le GTA -like ou le MMORPG . Elle fédère des communautés et marque les générations. Elle produit des esthétiques, invente des dispositifs d’immersion et des scénarios interactifs de plus en plus complexes, crée des images et des sons d’un type radicalement nouveau. Le jeu vidéo est l’objet de débats et de controverses. Certains militent pour sa promotion au rang d’œuvre d’art et défendent la nécessité de valoriser son patrimoine. D’autres s’inquiètent de l’influence néfaste qu’il pourrait exercer sur la psychologie et le comportement des joueurs, notamment parmi les plus jeunes. [ e ] → The video game is a software program that interactively connects one or several players to a virtual environment of an audiovisual nature. Depending

on the variations offered by manufacturers, it is possible to play a video game on a PC, a games console, or an arcade terminal. The first faltering footsteps in the history of video games were taken in the United States in the 1950s. But it was not until 1962 that what is generally regarded as the first true video game in history saw the light of day, with Spacewar. Programmed by students from the Massachusetts Institute of Technology on one of the very first microcomputers to become available, Spacewar took the form of a game involving space combat. In 1972, Pong, its concept inspired by table tennis, was the first video game to experience widespread public success. Produced by the Californian firm Atari, it ushered in the expansion of an industry henceforth capable of appealing to a mass public. In the early 1980s, the industry suffered a devastating crash in the United States. It was in Japan that it experienced a revival with the success of firms such as Nintendo, the creator of the iconic games Mario, Donkey Kong, Metroid or The Legend of Zelda. The years that followed witnessed a spectacular advance in graphics (3D , colours, fluidity, hyperrealism). Competition increased with the participation of industrial giants like Sony (PlayStation), then Microsoft (Xbox). The development of the Internet favoured the success of on-line games involving many players such as → 1 Second Life (2003) or World of Warcraft (2004). The video game industry generated new careers such as game developer, game designer, level designer or programmer. It invented specific genres, from Beat them all to First person shooter by way of Sandbox, Real Time Strategy, GTA -like or MMORPG . It united communities and distinguished generations. It produced aesthetic values, invented immersion devices and ever more complex interactive scenarios, and created images and sounds of a radically new type. Video games are the subject of debate and controversy. Some people campaign to have them promoted to the rank of works of art, and maintain the need to upgrade their heritage. Others are worried about the baleful influence they could have on the players’ psychology and behaviour, particularly amongst younger players. [ → avatar ] [ → Geek ] [ → Système génératif ]
journal de thoreau (le)

Thoreau’s Journal [ f ] → Tenu avec une énergie et une constance admirables durant les vingt-cinq années de la vie adulte de l’auteur de Walden, le Journal de → 3 henry

David Thoreau s’étend du 22 octobre 1837 au 3 novembre 1861 et s’est donné pour unique objet, semble-t-il, d’explorer la nature des environs de → 3 Concord, dans le Massachusetts. → 3 François Specq observe que ce Journal possède une dimension hors du commun, qui excède largement ses limites géographiques et thématiques. L’interrogation d’un même lieu patiemment reprise au fil des jours, la densité qui en résulte, le creusement méthodique du réel manifestent clairement que l’objet du travail thoreauvien n’est pas la connaissance de la nature en tant que telle, mais un affrontement au monde de portée ontologique et existentielle. Il est évident que la ligne de force du Journal de Thoreau n’est pas le documentaire, que chacun de ses éléments est l’irrépressible soulèvement de quelque chose dont il tient lieu, d’une force native. Cette force, qu’il s’agisse des « descriptions botaniques » ou « ornithologiques », comme des « paysages » ou même des réflexions politiques, est le lieu géométrique de tout ce qui, repoussant les déterminations préconçues et les liens conventionnels de l’homme avec le monde – luttant, bataillant contre les inévitables retours de flamme – visant à montrer ce qu’il ne faut pas dire, porte l’entier destin de l’homme libre. Le Journal témoigne d’une démarche hautement métaphysique donc, non par ce qu’elle énonce – qui n’est en aucun cas un au-delà des choses –, mais par la nature même de son engagement. Le caractère métaphysique du Journal n’est pas une intention mais un fait. Le lecteur pressé ne verra peut-être dans le Journal qu’une interminable litanie de « noms de plantes » ou de « descriptions ». C’est confondre, entre autres simplifications, le geste et le sens du geste. Le mot ou la phrase, dans le Journal, ne désignent pas – ne constituent pas le réel en signes. Mais s’ils montrent, ce n’est pas seulement ce que l’on croit reconnaître. La parole est ici d’abord un formidable corps à corps avec les choses, avec le temps de leur appropriation – ce temps si superbement enfoui dans la matière parfois aride du texte –, avec leur mystérieuse familiarité. Ce n’est pas Concord que décrit Thoreau. Il explore la complexité des liens et des processus par lesquels, dans et à travers l’homme, s’élabore le visible. En d’autres termes le lieu ne fait que tenir lieu d’un insituable affrontement au monde. [ e ] → Kept with admirable energy and constancy throughout twenty-five years of the adult life of the author of Walden,—from October 22, 1837 to November 3, 1861—the sole object → 3 henry David Thoreau’s Journal set itself, apparently, was to explore nature in the vicinity of → 3 Concord, Massachusetts. → 3 François Specq observes that

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Juda (rois de) François Giscard d’Estaing, directeur général de la BFCE, à l’origine de la redécouverte des têtes des rois de Juda en 1977/François Giscard d’Estaing, general manager of the BFCE bank, who initiated the find of the 21 heads of the Kings of Judah. Photo : Serge Foucault

this Journal has an extraordinary dimension going well beyond its geographical and thematic confines. The questioning of one and the same place patiently taken up again day after day, the density that results from it, the methodical excavation of reality, clearly demonstrate that the object of Thoreau’s work is not knowledge of nature as such, but a confrontation with the world that is ontological and existential in scope. It is obvious that the line of force in Thoreau’s Journal is not only its documentary aspect. In each of its elements, we find the irrepressible upthrust of something it stands in for: a native force. That force—whether it is a question of “botanical” or “ornithological” descriptions, “landscapes” or even political reflections—is the locus of everything that, spurning preconceived determinations and the conventional links of man to the world (fighting, battling against the inevitable backfire) and aiming to show what must not be said, carries the whole destiny of free man. Thus the Journal shows evidence of an extremely metaphysical approach, not by what it enounces—which does not in any case go beyond things—but by the very nature of its involvement. The metaphysical nature of the Journal is not an

intention but a fact. The reader in a hurry will perhaps see only an interminable litany of “names of plants” or “descriptions” in the Journal. Among other simplifications, this is to confuse the gesture with the meaning of the gesture. Words or phrases in the Journal do not designate—do not constitute reality in signs. But if they do show something, it is not only what we think we recognize. The word here is firstly a tremendous tussle with things, with the time of their appropriation—that time so superbly buried in the sometimes dry matter of the text—, with their mysterious familiarity. It is not Concord that Thoreau describes. He explores the complexity of the links and processes whereby, in and through man, the visible is worked out. In other words the place only takes the place of an unlocatable confrontation with the world. [ → Cabane ] [ → Kaczynski, Theodore ]
juda (rois de)

Kings of Judah
[ f ] → En 931 av. J.-C., à la mort du roi

Salomon, fils de David, un schisme sépare les tribus d’Israël. Les dix tribus restées fidèles à

Jéroboam forment le royaume d’Israël au nord. Les deux tribus de Juda et de Benjamin fondent quant à elles le royaume de Juda au sud. La tribu de Juda, gouvernée par Roboam, successeur légitime de la dynastie du roi David, donne au royaume ses souverains. Dans la généalogie biblique, ces rois sont considérés comme les ancêtres du Christ. Aux xiie et xiiie siècles, la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris est ornée de vingt-huit statues monumentales figurant les vingt-huit générations des rois de Juda. En 1793, en pleine → Terreur, le conseil général de la Commune ordonne de détruire ce qui reste des monuments qui témoignent du « fanatisme et de la royauté ». Les vingt-huit statues de Notre-Dame, prises à tort pour les effigies des rois de France, sont mises à bas. En 1977, lors de travaux de construction rue de la Chaussée-d’Antin, vingt et une têtes de ces statues sont redécouvertes. Elles avaient été enfouies en 1796 dans le plus grand secret par l’avocat royaliste Jean-Baptiste Lacanal qui avait réussi à se procurer les vestiges, précédemment abandonnés sur la chaussée trois années durant. Les statues mesuraient 3,50 m et leurs têtes, dont trois étaient présentées dans l’exposition → 4 FrESh hELL , ont elles-mêmes des dimensions colossales, de 60 à 70 cm de hauteur. Malgré l’usure de ces visages en pierre calcaire, quelques détails résistent aux effets du temps. On perçoit ainsi le dessin délicat des bouches entrouvertes, les traces de polychromie, ou encore la minutie des chevelures ondulantes et des couronnes décorées. [ e ] → In 931 BC, following the death of King Solomon, son of David, a schism divided the tribes of Israel. The ten tribes who remained loyal to Jeroboam formed the kingdom of Israel in the north, while the two tribes of Judah and Benjamin founded the kingdom of Judah in the south. The tribe of Judah, ruled by Rehoboam, the legitimate successor from the dynasty of King David, provided the kingdom with its sovereigns. In biblical genealogy, the kings of Judah are considered as the ancestors of Christ. In the 12th and 13th centuries, the western façade of Notre-Dame cathedral in Paris was adorned by 28 monumental statues representing the 28 generations of the kings of Judah. In 1793, at the height of the Reign of Terror [ → Terreur ], the General Council of the Commune ordered the destruction of any remaining monuments attesting to “fanaticism and royalty.” The 28 statues of the cathedral Notre-Dame, mistakenly believed to be images of the kings of France, were struck down. In 1977, during construction work on the rue de la Chaussée d’Antin, 21 heads of these statues were rediscovered. They had been carefully and very

secretly buried in 1796. The statues were 3.5 m high and their heads—3 of them were presented in → 4 FrESh hELL —were also of colossal dimensions: 60 to 70 cm high. Despite the wear and tear undergone by these faces carved in limestone, some details have survived the effects of time. One can just make out the contours of slightly opened mouths, traces of colour or even the minutiae of strands of hair or the decorated crowns. [ → iconoclasme ] [→ 4 Monuments] [ → Table rase ]

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kacZynski, theodore john [ f ] → *1942. Mathématicien et terroriste américain (connu sous le nom → d’unabomber), Theodore

John Kaczynski délaisse très tôt les sciences et s’engage dans une campagne radicale contre la société industrielle. Il entend préserver le genre humain de ce qu’il considère comme une source de déchéance afin de lui garantir libertés individuelles et pérennité dans l’ordre naturel. En 1969, il démissionne de ses fonctions de professeur de l’université de Berkeley, Californie. Deux ans plus tard, il choisit de vivre en autarcie, sans eau courante ni électricité et se terre dans une → cabane en bois au fond du Montana. Construite par Kaczynski lui-même, cette cabane semble inspirée par celle de → 3 henry David Thoreau. Sensible au mythe anarcho-primitiviste, Kaczynski se fait chasseur-cueilleur dans le pays le plus industrialisé du monde. À partir de 1978, il bascule dans le terrorisme et réalise une série d’attentats avec des colis piégés. Unabomber inscrit son manifeste, publié dans le New York Times contre la promesse de renoncer au terrorisme, dans la lignée de penseurs tels qu’Ivan Illich, George Orwell ou Jacques Ellul. Prenant la société technologique à contre-pied, le manifeste d’Unabomber prône un déchaînement de violence à l’encontre de l’emprisonnement que celle-ci représente pour l’homme, et réfute ainsi les principes de modération et de consensus valorisés par ce système dit « développé ». Sous la forme d’un pamphlet anarchiste, ce texte intitulé La Société industrielle et son avenir fait → table rase des fondements mêmes de ce mode d’organisation sociétal et incite à la réflexion sur le parti pris ultratechnologique de nos sociétés. Si ses fondements trouvent une filiation dans le luddisme, mouvement anti-industriel du début du xixe siècle, sa théorie n’en est pas moins innovante et originale quant au rôle moteur dans les transformations sociales qu’il accorde à la technologie. Kaczynski émet également l’hypothèse inédite que le comportement hypersocialisé représenterait l’idéologie nouvelle de la société technologique. Inquiétant par les moyens employés par son auteur pour mettre en œuvre ses idées, le texte d’Unabomber dérange aussi par la vision extrêmement pessimiste qu’il témoigne à l’égard du monde contemporain. Arrêté en 1996 par le FBI après dix-huit ans de cavale, Theodore est condamné en 1998 à la réclusion criminelle à perpétuité pour ses actes et attentats terroristes. [ e ] → *1942. An American mathematician and terrorist (known by the name → unabomber). Theodore John Kaczynski very soon abandoned science and embarked on a radical campaign against industrial

society. He set out to preserve humankind from what he considered as a source of decadence in order to guarantee it individual liberties and a lasting future in the natural order. In 1969, he resigned from his post as professor at University of California, Berkeley. Two years later, he chose a life of total autonomy, off the grid, without running water or electricity, when he sequestered himself in the wilds of Montana. His cabin [ → cabane ], built by Kaczynski himself, seemed to be inspired by → 3 henry David Thoreau’s cabin. Influenced by the anarcho-primitivist myth of man living harmoniously in nature, Kaczynski lived as a hunter-gatherer in one of the most industrialized countries in the world. From 1978, he tipped over into terrorism, perpetrating a series of parcel bomb attacks. Unabomber placed his manifesto—that was published in the New York Times a year earlier in return for a promise to renounce terrorism—in the line of descent of thinkers such as Ivan Illich, George Orwell or Jacques Ellul. Catching technological society on the wrong foot, Unabomber’s manifesto advocates an unleashing of violence against the imprisonment it represents for human beings, so refuting the principles of moderation and consensus promoted by this supposedly developed system. In the form of an anarchist pamphlet, this text entitled Industrial Society and Its Future makes a clean sweep [ → table rase ] of the very foundations of this method of organizing society and encourages reflection about the ultra-technological bias of our societies. While its foundations can be traced back to Luddism, an early 19th century anti-industrial movement, its theory is nonetheless innovative and original as regards the key role in social transformations it attributes to technology. Kaczynski likewise comes up with the novel hypothesis that hypersocialized behaviour might represent the new ideology of technological society. Worrying because of the means used by its author to implement his ideas, Unabomber’s text is also disturbing because of the extremely pessimistic vision he evinces with regard to the contemporary world. Arrested by the FBI in 1996 after 18 years on the run, in 1998 Theodore Kaczynski received a life sentence for his terrorist acts and attacks. [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [ → Disparaître (instructions pour) ] [ → 3 Primitivisme ] [ → 3 Zerzan, John ]
kant, eMManuel

[e ] → 1724–1804. A German philosopher who gave

his name to a car → tuning club.
[ → 2 raphaël Siboni ]
katrina (ouraGan)

Hurricane Katrina [ f ] → Un des ouragans les plus puissants à avoir frappé les États-Unis avec des vents de 280 km/h. Il s’abattit sur la Louisiane et plus particulièrement sur → 2 La nouvelle-orléans le 29 août 2005, faisant officiellement mille huit cent trente-six morts et sept cent cinq disparus. Près de trente mille personnes sans abris trouvèrent refuge pendant plusieurs jours dans le → 2 Louisiana Superdome, en attendant leur évacuation. Dans son récent ouvrage relatif au « capitalisme du désastre », → 2 La Stratégie du choc, → 2 naomi Klein souligne : « Lorsque l’ouragan Katrina s’abattit sur La Nouvelle-Orléans et que les politiciens, les groupes de réflexion et les promoteurs immobiliers républicains se mirent à parler de “page blanche” et d’occasions en or, il apparut clairement que telle était désormais la méthode privilégiée pour aider l’entreprise privée à réaliser ses objectifs : profiter des traumatismes collectifs pour opérer de grandes réformes économiques et sociales. » [ e ] → One of the most powerful hurricanes ever to have struck the United States, with winds of 280 km/h. It hit Louisiana and more particularly New Orleans [→ 2 La nouvelle-orléans] on 29 August 2005, officially causing 1,836 deaths and leaving another 705 missing. Nearly 30,000 homeless people took refuge for several days in the → 2 Louisiana Superdome, waiting to be evacuated. In her recent book on “disaster capitalism”, The Shock Doctrine [ → 2 La Stratégie du choc ], → 2 naomi Klein makes the point that: “By the time Hurricane Katrina hit New Orleans, and the nexus of Republican politicians, think tanks and land developers started talking about ‘clean sheets’ and exciting opportunities, it was clear that this was now the preferred method of advancing corporate goals: using moments of collective trauma to engage in radical social and economic engineering.”
klaMMer, franZ [ f ] → *1953. Skieur alpin autrichien. Champion de

descente.
[ e ] → *1953. An Austrian alpine ski racer. Downhill

champion. [ → accélération ] [ → Cuche, Didier ]

Immanuel Kant [ f ] → 1724–1804. Philosophe allemand qui a donné son nom à un club de → tuning.

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kodiak

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kodiak (île de)

Kodiak island [ f ] → Grande île côtière du sud de l’Alaska et terre ancestrale des Indiens Koniaga, elle est la seconde plus grande île américaine après Hawaï. Les premiers Européens à débarquer à Kodiak sont des Russes : en 1763, le marchand de fourrure Stepan Glotov explore l’île ; en 1784, l’explorateur Grigori Chelikhov y fonde une première colonie russe. L’île devient par la suite le centre du commerce de la fourrure pour l’Amérique russe. Elle fait partie du territoire américain depuis la vente de l’Alaska aux États-Unis par les Russes en 1867. [ e ] → A large island off the southern coast of Alaska and the ancestral home of the Koniaga Indians, it is the second biggest American island after Hawaii. The first Europeans to land on Kodiak were Russian: in 1763, the fur trader Stepan Glotov explored the island, and in 1784, the explorer Grigori Chelikhov founded a first Russian colony there. Subsequently the island became the centre of the fur trade for Russian America. It became part of American territory when Alaska was sold to the United States by the Russians in 1867. [ → 4 Tuazon, oscar ]
konec [ f ] → Signifiant « fin » en tchèque, « konec » est le mot utilisé pour clore une émission de → stations de nombres en tchèque. [ e ] → The word “konec” [“end” in Czech] indicates

End nightclub owners, they mixed with well-known names such as Diana Dors, Frank Sinatra, Judy Garland, as well as various politicians. This gave them a perceived respectability in the 1960s. They were eventually arrested on May 9, → 4 1968 and convicted in 1969. Both were sentenced to life imprisonment. [ → 2 FoLK arChiVE ]
kunZ, eMMa [ f ] → 1892 – 1963. Guérisseuse, chercheuse, artiste,

the end of a broadcast for numbers stations
[ → stations de nombres ] in Czech.
krays (frères juMeaux)

Krays Twins [ f ] → Frères jumeaux anglais qui avaient mis en place dans les années 1960 un des plus grands réseaux de crime organisé dans la banlieue est de Londres. Les Krays furent impliqués dans des vols à main armée, des incendies, des rackets, des agressions violentes, et dans les meurtres de Jack « The Hat » McVitie et George Cornell. Propriétaires d’une boîte de nuit dans le West End, ils fréquentaient des célébrités comme Diana Dors, Frank Sinatra ou Judy Garland, ainsi que des hommes politiques, ce qui leur a donné respectabilité et notoriété dans les années 1960. Ils furent finalement arrêtés le 9 mai → 4 1968 et condamnés à perpétuité en 1969. [ e ] → Twin British brothers who operated an organised crime network dominating the East End of London in the 1960s. The Krays were involved in armed robberies, arson, protection rackets, violent assaults including torture and the murders of Jack “The Hat” McVitie and George Cornell. As West

Emma Kunz occupe une place très particulière dans l’histoire de l’art. Elle-même définissait son travail atypique comme « stylisation et forme en tant que mesure, rythme, symbole et métamorphose du nombre et du principe ». On lui doit la découverte de → l’aion a (signifiant en grec « sans limite », en référence à ses prétendues propriétés curatives), roche guérisseuse originaire de Würenlos en Suisse, dont elle se servit sa vie durant pour soigner divers maux. Ses œuvres sont le résultat de ses recherches, sans titre ni date, de grands dessins géométriques réalisés à la mine de plomb, aux crayons de couleur ou à la craie sur papier millimétré – autant de « champs magnétiques » liés à sa pratique hors norme de la médecine et de l’art, via des forces énergétiques et spirituelles. [ e ] → 1892 – 1963. A healer, researcher and artist, Emma Kunz occupies a very special place in art history. She herself defined her atypical work as «stylisation and form as the measure, rhythm, symbol and metamorphosis of number and principle». She discovered → aion a (which in Greek means “with no limit”, a reference to the its purported healing properties), a healing rock originating from Würenlos in Switzerland, which she used throughout her life to cure various illnesses. Her works are the result of her researches and have no titles or dates—large geometric drawings done with lead pencil, coloured pencils or chalk on graph paper, all or them «magnetic fields» linked to her non-standard practice of medicine and art, using energetic and spiritual forces. [ → 1 ThE ThirD MinD ] [ → Spiritisme ]

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Labyrinth [ f ] → Tracé sinueux qui relie une porte d’entrée à une porte de sortie et qui autorise donc le passage d’un espace à un autre, un labyrinthe rend celui qui s’y aventure incapable de se représenter le chemin à parcourir, par la complexité de son tracé, ses nombreuses chausse-trapes et impasses. Utilisée comme métaphore de la condition humaine, l’image du labyrinthe souligne le risque d’égarement lié à toute quête, que ce soit celle de la vérité ou celle du pouvoir, risque qui ne dépend pas tant de la complexité du chemin que l’homme doit parcourir que de la finitude de ses moyens. [ e ] → A winding track that links an entrance to an exit, so permitting a movement from one space to another. A labyrinth makes those who venture into it incapable of visualizing the path to follow because of the complexity of its route, its many traps and dead ends. Used as a metaphor for the human condition, the image of the labyrinth stresses the risk of going astray associated with all quests, whether the quest for truth or the quest for power, a risk that depends not so much on the complexity of the path we have to follow as on the finite nature of our resources. [ → amerika ] [ → 4 herold, Georg ]
lévitation

Levitation [ f ] → voir p. 117 [ e ] → see p. 117 [ → 4 FrESh hELL ]
lhc (Grand collisionneur de protons)

LHC (Large Hadron Collider) [ f ] → Le grand collisionneur de protons (Large Hadron Collider, LHC ) est l’instrument le plus puissant jamais construit à ce jour pour explorer les propriétés de la → matière. Installé dans les laboratoires du CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire), cet accélérateur de particules a été conçu pour permettre de lancer à la vitesse de la → lumière, dans des tubes de vide, des faisceaux de protons, afin d’obtenir leurs collisions à une énergie de 14 téraélectronvolts. Le maintien en orbite des faisceaux requiert des champs magnétiques d’une très haute intensité (7 Tesla), créée grâce au recours à la supraconductivité – soit la capacité de certains matériaux à conduire l’électricité sans aucune résistance ou perte d’énergie, généralement à très basse température. Les câbles supraconducteurs, ici des fils de niobium-titane noyés dans une matrice de cuivre, sont ainsi placés dans de

l’hélium superfluide à la température de 1,9 K , température encore plus basse que celle de l’espace intersidéral. Quant aux faisceaux de protons, ils sont préparés par une chaîne d’accélérateurs avant d’être injectés dans le LHC , cette manière d’interconnecter les accélérateurs permettant au CERN d’être une usine de faisceaux de particules particulièrement flexible. À partir de 2008, les milliards de collisions par seconde seront ainsi préanalysées dans les gigantesques détecteurs du LHC , et les données collectées ensuite transmises à de nombreux laboratoires internationaux. Le LHC a été construit dans le tunnel qu’occupait auparavant le grand collisionneur électron-positon (Large Electron Positron Collider, LEP ) du CERN . « Installer l’accélérateur du LHC , c’est transporter, mettre en place et connecter dans un étroit tunnel de 27 kilomètres de long plus de cent mille tonnes de matériel ; ce qui ne représente pas moins de quatorze fois le poids de la tour Eiffel. On a successivement mis en place : les équipements pour les services généraux que l’on pourrait résumer par “ l’eau, le gaz et l’électricité ” auxquels on a ajouté des milliers de kilomètres de câbles pour les signaux optiques et électriques ; la ligne de distribution d’hélium à température cryogénique constituée d’un ensemble de tuyauteries de haute qualité ; la machine proprement dite, c’est-à-dire principalement les dix mille aimants et autres équipements comme les tubes sous vide où circuleront les particules et les cavités radiofréquence servant à accélérer ces mêmes particules. », souligne → 1 Claude hauville. [ e ] → The Large Hadron Collider (LHC ) is the most powerful instrument for exploring the properties of matter [ → matière ] ever constructed. Installed in the laboratories of CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire [European Organization for Nuclear Research]), this particle accelerator has been designed to make it possible to project proton beams into vacuum tubes at the speed of light [ → lumière ], in order to achieve collisions at an energy of 14 teraelectronvolts. Keeping the beams in orbit requires very high intensity magnetic fields (7 Tesla), created by means of recourse to superconductivity—i.e. the capacity of certain materials to conduct electricity without any resistance or energy loss, generally at very low temperatures. Thus superconducting cables, here niobium-titanium wires in a copper matrix, are placed into the superfluid helium at a temperature of 1.9 kelvin, a temperature even lower than that of intersidereal space. As for the proton beams, they are prepared by a chain of accelerators before being injected into the LHC : this way of interconnecting the accelerators enables CERN to be a particularly flexible

Labyrinthe Francesco Segala, Libro de laberinti, XVI e

siècle/16 th century

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Lévitation
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La lévitation consiste, pour un corps ou un objet, à être soulevé et à rester en suspension au-dessus du sol sans appui apparent. On distingue la lévitation physique, qui peut s’expliquer par l’action de forces connues, de la lévitation paranormale, dépourvue quant à elle d’explication rationnelle. De leur côté, les → prestidigitateurs développent l’illusion d’une lévitation paranormale par le truchement d’artifices. En 1847, le grand prestidigitateur → robert-houdin met au point un tour appelé La Suspension éthéréenne au cours duquel il fait s’envoler son fils. Hamilton, beau-frère de Robert-Houdin, présente en 1860 un numéro semblable appelé L’Enfant soulevé par un cheveu. À la fin du xixe siècle, le spirite anglais Daniel Dunglas Home devient la coqueluche des salons avec ses lévitations. Des témoins racontent l’avoir vu s’envoler par une fenêtre et revenir par une autre. Rapporté par des voyageurs du xixe siècle, le mythe de la Corde hindoue est la source d’inspiration de nombreux tours de lévitation. Le fakir allume un feu, puis jette une corde qui reste figée dans la fumée. Il invite un disciple à grimper à cette corde. Celui-ci s’exécute. La fumée le dérobe à la vue des témoins. Le fakir s’arme d’un couteau, grimpe à son tour et disparaît aussi dans la fumée. Une lutte se fait entendre. Après quelques instants, le corps démembré du disciple tombe en morceaux sur le sol. Le fakir redescend et réunit les morceaux dans un panier, dont le disciple ressurgit recomposé et vivant. Parmi les lévitations orchestrées par les illusionnistes, on peut distinguer les lévitations totales (sans aucun support apparent) des lévitations partielles (avec un support apparent mais dérisoire). Les lévitations sur balai et sur sabre comptent parmi les plus courantes des lévitations partielles. La lévitation physique, de son côté, connaît des progrès considérables au cours du xxe siècle. La lévitation quantique en constitue sans doute le principal exemple. Elle fonctionne au moyen d’un aimant et d’un matériau supraconducteur qui perd sa résistance électrique à très basse température. L’objet s’élève comme par magie, car il crée un champ magnétique qui s’oppose à celui de l’aimant (situé au-dessous). L’expulsion d’un champ magnétique par un matériau supraconducteur est appelée « effet Meissner ».
[f] → [e] →

Levitation
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Levitation entails raising a body or an object above the round, where it remains suspended with no apparent support. A distinction is made between physical levitation, which can be explained by the action of known forces, and paranormal levitation, which has no rational explanation. Magicians [ → prestidigitateurs ] develop the illusion of paranormal levitation with the aid of clever tricks. In 1847, the great magician → robert-houdin perfected a trick called La Suspension éthéréenne [ The Ethereal Suspension ] during which he made his son fly. RobertHoudin’s brother-in-law Hamilton presented a similar act in 1860 called L’Enfant soulevé par un cheveu [ The child raised by a hair ]. At the end of the 19th century, the Scottish spiritualist Daniel Dunglas Home became the darling of the drawing-rooms with his levitations. Witnesses recount having seen him fly out through one window and come back through another. Brought back by 19th-century travellers, the myth of the Hindu rope is the source of inspiration for many levitation tricks. The fakir lights a fire, then throws a rope that remains fixed in the smoke. He invites a pupil to climb the rope, which he does. The smoke hides him from the view of the onlookers. The fakir takes a knife, then climbs up in his turn, and he too disappears into the smoke. Sounds of a fight can be heard. A few instants later the dismembered body of the pupil falls to the ground in pieces. The fakir comes back down, and collects up the pieces in a basket. The pupil then arises from the basket, reassembled and alive. Among the levitations orchestrated by illusionists, a distinction can be made between total levitations (with no apparent support) and partial levitations (with a support that is apparent but ludicrous). Levitations on a broomstick and on a sabre are among the most common partial levitations. Physical levitation for its part has made considerable advances in the course of the 20th century. Quantum levitation is undoubtedly the prime example. It operates by means of a magnet and a superconductive material that loses its electric resistance at very low temperatures. The object rises as if by magic because it creates a magnetic field that opposes that of the magnet (located underneath). The expulsion of a magnetic field by a superconductive material is called the “Meissner effect”.

→ Lévitation Stefano di Giovanni, dit / known as Sassetta, Le bienheureux Ranieri délivre les pauvres d’une prison de Florence / The blessed Ranieri frees the poors from a Florentine jail, 1437-1444. Musée du Louvre (Paris). Photo : Stéphane Magnenat

→ Lévitation Extrait d’un livre de tours de magie russe / Excerpt from a Russian book of magic tricks, 1877

Lévitation Affiche publicitaire pour le prestidigitateur améri-

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cain Harry Kellar/Advertising poster depicting the american magician Harry Kellar

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particle beam factory. Thus from 2008, billions of collisions per second will be pre-analyzed in the LHC ’s giant detectors, and the data collected will then be passed on to a large number of international laboratories. The LHC has been built in the tunnel which used to house CERN ’s Large Electron Positron Collider (LEP ). “Installing the LHC accelerator entails transporting, positioning and connecting over 100,000 tonnes of material in a narrow tunnel 27 kilometers in length; that represents no less than fourteen times the weight of the Eiffel Tower. We have successively installed: facilities for general services which could be summed up as ‘water, gas and electricity’, to which we have added thousands of kilometres of cables for visual and electrical signalling; the distribution line for helium at a cryogenic temperature, made up of a set of high-quality pipes; the actual machine, i.e. mainly the 10,000 magnets and other hardware such as the vacuum tubes where the particles will circulate and the radio-frequency cavities that are used to accelerate those same particles.”, → 1 Claude hauville points out. [ → Détecteurs de particules ] [ → 1 Jeudis de CinQ MiLLiarDS D’annéES (Les)] [→ 2 Motti, Gianni]
lone ranGer (the) [ f ] → Personnage de fiction américain, et plus précisé-

ses chaussures, il est considéré par certains comme une référence du chamanisme actuel. (d’après The Coming Race, → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita) [ e ] → *1951, lives in France. Loup Blanc [White Wolf] felt endowed, by the time he was 7 years old, with psychic and spiritual powers. He later undertook a path that led him across the world in search of spiritual masters. But it was only in the middle of the night, in 1980, that the Blue Wise Man appeared to him in a dream and gave him the name “Original Medicine Man.” Because he is capable of out-of-body experiences, influencing meteorological phenomena, and directing the path of the people who wear his shoes, he is considered by some as a leader in present-day shamanism. (after The Coming Race, → 4 alain Della negra & Kaori Kinoshita) [ → Spiritisme ]
lÖwenZorn [ f ] → Brasserie bâloise fondée en 1874, installée dans

where the regulars have their stammtische, rooms with a very representative style and small parlours whose frescos display scenes from carnival. It also benefits from its proximity to the picturesque Old Town. The range of regional specialties superbly completes the palette of services of this typical Basel guesthouse.” [ → 4 Carron, Valentin ] [ → 4 MonSiEur ] [ → 4 régionalisme ]
luMière

ment de western. Il est apparu pour la première fois dans un feuilleton radio écrit par Fran Striker en 1933. Il est une icône de la culture pop américaine. Le cavalier masqué des plaines était toujours accompagné de son fidèle compagnon Tonto. Le personnage de Tonto était joué par un vieil acteur shakespearien britannique du nom de John Todd. [ e ] → A fictional American character, more specifically in Westerns. He first appeared in a radio serial written by Fran Striker in 1933. He is an icon of American popular culture. The masked rider of the plains was always accompanied by his faithful companion Tonto. Tonto was played by an elderly British Shakespearian actor named John Todd.
loup blanc [ f ] → *1951, vit en France. Dès l’âge de sept ans, Loup

Blanc se sent investi de facultés psychiques et spirituelles particulières. Il entreprend par la suite un parcours initiatique à travers le monde à la recherche de maîtres spirituels, et c’est finalement durant la nuit, en 1980, que le Sage Bleu lui apparaît en songe pour lui donner le nom d’« homme médecine de l’origine ». Capable en outre de sortir de son corps, d’influencer les phénomènes météorologiques, ou de diriger le pas de celui qui porte

un bâtiment ancien et récemment récompensée par le prix ICOMOS pour la qualité de la préservation de ses salles historiques. Le site de l’office du tourisme suisse la présente en ces termes : « Cet ensemble unique caractérisé par des espaces différenciés séduit par son mélange de cultures et de coutumes. La salle du restaurant, au décor historiciste avec des éléments de heimatstil, abrite les tables réservées aux habitués, aux associations estudiantines et aux cliques de carnaval. La cour est le centre des activités du complexe architectural. Le restaurant Löwenzorn offre donc un grand choix d’espaces différents au client : à part la cour romantique, une salle de restaurant confortable où les habitués se retrouvent aux stammtische, des pièces de style très représentatives et de petits salons dont les fresques représentent des sujets de carnaval. Il jouit de sa situation à proximité de la vieille ville pittoresque. L’éventail des spécialités régionales complète superbement la palette des services de cette auberge typiquement bâloise. » [ e ] → Basel brasserie established in 1874 in a centuries-old building, recently awarded the ICOMOS prize for the quality of preservation of its historic rooms. The Swiss tourist office’s website presents it in these terms: “The unique building, characterized by diverse rooms, entices with its mixture of cultures and traditions. The dining room, in a historicist décor with elements of heimatstil, provides tables for regulars, student associations, and carnival coteries. The courtyard is the centre of the architectural complex’s activities. The restaurant Löwenzorn offers its customers a wide range of areas: a romantic courtyard, a cozy dining room

Light [ f ] → Au xviie siècle, Christiaan Huygens propose une théorie ondulatoire selon laquelle la lumière est une vibration qui se propage dans un milieu invisible appellée « l’éther ». À la même époque, Ole Christensen Rømer parvient, pour la première fois, à mesurer approximativement la vitesse de la lumière : environ 300 000 km/s. Pour établir sa mesure, il se sert d’observations astronomiques sur les lunes de Jupiter. Au xviiie siècle, Isaac Newton rejette la théorie ondulatoire de Huygens et propose une théorie corpusculaire qui affirme cette fois que la lumière est un agrégat de corpuscules se déplaçant à très grande vitesse dans le vide. Au xixe siècle, Hippolyte Fizeau affine la mesure de la vitesse de la lumière en piégeant celle-ci au moyen d’un dispositif expérimental composé de miroirs et d’une roue crantée. Quelques décennies plus tard, James Clerk Maxwell propose une nouvelle théorie, dite « électromagnétique ». Il affirme que la lumière est assimilable à la vibration d’un champ magnétique. Dès lors, la lumière est considérée comme la portion visible d’un vaste spectre → d’ondes électromagnétiques (ou → spectre électromagnétique), lesquelles comprennent aussi les infrarouges, les ultraviolets ou les rayons X . Au xxe siècle, Albert → 1 Einstein fait jouer à la vitesse de la lumière un rôle fondamental dans sa théorie de la → relativité. À la même époque, les physiciens développent une théorie quantique de la lumière basée sur le concept de photon. Selon cette théorie, la lumière se comporte tantôt comme une onde, tantôt comme un corpuscule selon l’échelle à laquelle on l’observe. [ e ] → In the 17th century, Christiaan Huygens put forward a wave theory, according to which light is a vibration that spreads in an invisible environment called “ether”. At the same period, Ole Christensen Rømer first succeeded in measuring the speed of light approximately, estimating it at around 300,000 kilometers per second. To establish his measurement, he used astronomical observations based on Jupiter’s moons. In the 18th century, Isaac Newton rejected Huygens’s wave theory, and put

forward a corpuscular theory, this time asserting that light is an aggregate of corpuscles moving at very great speed in a vacuum. During the 19th century, Hippolyte Fizeau refined the measurement of the speed of light, trapping light by means of an experimental device made from mirrors and a notched wheel. A few decades later, James Clerk Maxwell put forward a new so-called electromagnetic theory. He stated that light can be assimilated to the vibration of a magnetic field. From then on light was regarded as the visible portion of a vast spectrum of electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ] (or electromagnetic spectrum [ → spectre électromagnétique ] ), which also comprises infra-red, ultraviolet or X rays. In the 20th century, Albert → 1 Einstein accorded the speed of light a crucial role in his theory of relativity [ → relativité ]. At the same time physicists were developing a quantum theory of light based on the concept of the photon. According to that theory, light behaves sometimes like a wave, sometimes like a corpuscle, depending on the scale at which it is observed. [ → Espace-temps ] [ → Physique quantique ] [ → Transfert ]
luMière noire

Black light [ f ] → La lumière noire – ou lumière de Wood du nom de son inventeur → 3 robert William Wood – est une → lumière composée de violet (peu éclairant, d’une longueur d’onde de 405 nm) et principalement → d’ultraviolet proche (longueur d’onde située autour de 375 nanomètres). Cette lumière est absorbée et réémise sous forme de lumière visible par les substances fluorescentes, qu’elles soient naturelles ou artificielles. [ e ] → Black light—or Wood light from the name of its inventor → 3 robert William Wood—is a light [ → lumière ] composed of violet (emitting very little light, with a 405 nm wavelength) and mainly near → ultraviolet (wavelength around 375 nm). That light is absorbed and re-emitted in the form of visible light by fluorescent substances, whether they are natural or artificial. [ → Spectre électromagnétique ]
lynchaGe

Lynching [ f ] → Substantif issu de l’expression « loi de Lynch », expression en référence à William Lynch (1736– 1796) qui mit en place des procès expéditifs et des exécutions sommaires lors de la guerre d’Indépendance aux États-Unis. La « loi de Lynch » devait se développer rapidement dans l’Ouest américain.

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Lynchage Cartes postales de lynchage / Lynching postcards

Le terme « lynchage » vit le jour en 1887 pour désigner un déferlement de haine raciale, tel que ce fut notamment le cas à l’encontre des Latino-Américains, Africains-Américains, Natifs Américains et Asiatiques jusqu’à la fin des années 1930 aux États-Unis. Il consiste en l’exécution sommaire d’un accusé, sans jugement régulier et par une décision collective, au nom de l’autojustice. Ces lynchages pouvaient aller jusqu’à se transformer en véritables pogroms. L’historien Howard Zinn précise qu’« entre 1889 et 1903, deux Noirs, en moyenne, étaient assassinés chaque semaine (pendus, brûlés vifs ou mutilés) » (Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, Marseille, 2002, p. 361). Les coupables de telles exactions se sentaient à ce point à l’abri de toute poursuite judiciaire qu’ils prenaient souvent des photographies de leurs victimes et en faisaient des cartes postales à des fins de propagande et d’intimidation. Dans son ouvrage Lynching in the West (Duke University Press, Durham, 2006). L’artiste → 3 Ken Gonzales-Day s’attache particulièrement à la spectacularisation des scènes de lynchage, où la foule voyeuriste est facilement assimilable à un meurtrier anonyme. [ e ] → A noun derived from the term “Lynch’s law”, referring to William Lynch (1736–1796) who instituted fast-track trials and summary executions at the time of the War of Independence in the USA. “Lynch’s law” spread rapidly in the American West. The term “lynching” was first coined in 1887 in connection with an outbreak of racial hatred, directed in particular at Latino-Americans, African-Americans, Native Americans and people of Asian origin, which continued in the United States until the end of the 1930s. It consisted of the summary execution of an accused person, with no regular trial and verdict, but by collective decision in the name of self-administered justice. These lynchings could go so far as to turn into real pogroms. The historian Howard Zinn says that “In the years between 1889 and 1903, on the average, every week, two Negroes were lynched by the mob—hanged, burned, mutilated)” (Howard Zinn, A people’s history of the United States: 1492-present, Pearson, England, 2003, p. 315). Those guilty of such offences felt so secure from any legal proceedings in this regard that they often took photographs of their victims, and made postcards of them for propaganda and intimidation purposes. In his book Lynching in the West (Durham: Duke University Press, 2006) the artist → 3 Ken Gonzales-Day dwells particularly on the way the lynching scenes were turned into a spectacle, where the voyeuristic crowd could easily be assimilated to anonymous murderers.

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Maciste [ f ] → Le personnage de Maciste naît sous la plume de

Gabriele d’Annunzio dans Cabiria (1913), première superproduction de l’histoire du cinéma. Mais l’acteur Bartolomeo Pagano reprendra le rôle dans les contextes les plus divers, une bande tournée en pleine première guerre mondiale lui faisant même endosser l’uniforme d’un chasseur alpin combattant les troupes autrichiennes ! Et quand les réalisateurs ressuscitent le personnage au début des années 1960, il voyage également dans l’espace (de l’Égypte pharaonique à la Mongolie, en passant par des contrées imaginaires) et le temps (de la préhistoire au Moyen Âge, voire très loin dans la Renaissance). Une merveilleuse synthèse du mythe est d’ailleurs proposée par le Maciste en enfer de Riccardo Freda, faux remake du film muet homonyme, débutant dans l’Écosse du xviie siècle avant de descendre dans des limbes, dont l’iconographie rappelle plutôt l’Antiquité. En outre, il n’y a pas jusqu’à l’état civil du protagoniste qui ne subisse certaines mutations : Maciste contre les hommes de pierre (titre original Maciste e la regina di Samar) sortira aux États-Unis sous le titre Hercules Against the Moon Men, tandis que Maciste vengeur du dieu maya (titre original Ercole contro il gigante Golia) restera célèbre par une VF où la première phrase prononcée par le héros est « Je m’appelle Hercule » (sic). [ e ] → The character of Maciste came into being in Gabriele d’Annunzio’s script for Cabiria (1913), the first blockbuster in the history of cinema. The actor Bartolomeo Pagano would repeat the role in the widest variety of contexts. A film made during in World War I even had him donning the uniform of an alpine chasseur fighting against Austrian troops! And when directors resuscitated the character in the early 1960s, he also travelled in space (from pharaonic Egypt to Mongolia, by way of imaginary countries) and time (from the prehistoric era to the Middle Ages, or even Renaissance). Moreover, a marvellous synthesis of myth is offered by Riccardo Freda’s Maciste in Hell [Maciste all’ inferno], a specious remake of the silent film of the same name, starting in 17 th-century Scotland before descending into limbo, which is rather reminiscent of Antiquity in its iconography. What’s more, even the protagonist’s civil status undergoes some mutations: Maciste e la regina di Samar was released in the United States under the title Hercules Against the Moon Men, while Ercole contro il gigante Golia would remain famous for a French version, Maciste vengeur du dieu maya, where the first sentence the hero utters is “Je m’appelle Hercule” [My name is Hercules] (sic).

[ → 4 hercule ] [ → 4 hervé, Louise & Maillet, Chloé ] [ → Péplum ]
MaGie

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Magic [ f ] → voir p. 124 [ e ] → see p. 124 [ → Miroir noir ] [ → Prestidigitateur ]
Mani pulite [ f ] → Titre d’une œuvre de l’artiste → 2 Gianni Motti qui

avait beaucoup fait parler d’elle lors de sa première présentation à la foire Art Basel en 2005. L’œuvre, une savonnette, a été fabriquée à partir de la graisse provenant d’une liposuccion effectuée sur le Premier ministre italien Silvio Berlusconi dans une clinique suisse. Le titre Mani Pulite, qui en italien signifie « mains propres », fait explicitement référence à la gigantesque opération anticorruption qui avait secoué l’Italie dans les années 1990. Cette série d’enquêtes judiciaires, durant laquelle Berlusconi fut à plusieurs reprises mis en cause, mit au jour les liens entre le crime organisé et le monde politique. Cette œuvre parle aussi de la politique du corps et de la communication « biopolitique » de Berlusconi, de son corps exhibé comme ayant une extraordinaire longévité. Le clan Berlusconi et ses adeptes avaient nié avec virulance la provenance de la matière. La polémique s’arrêta lorsque Gianni Motti proposa de mettre à disposition un échantillon du savon pour procéder à un test ADN . [ e ] → The title of a work by the artist → 2 Gianni Motti which caused quite a stir when it was first shown at the Basel Art Fair in 2005. The work, a small cake of soap, was made from fat obtained during a liposuction procedure carried out on the Italian Prime Minister Silvio Berlusconi at a Swiss clinic. The title Mani Pulite, which means “clean hands” in Italian, makes explicit reference to the huge anticorruption operation that had shaken Italy in the 1990s. That series of judicial investigations, in which Berlusconi was implicated on several occasions, uncovered the links between organized crime and the world of politics. This work also speaks of Berlusconi’s policy regarding his body and “biopolitical” communication, of his body exhibited as being extraordinarily long-lived. The Berlusconi clique and its supporters had virulently denied the provenance of the material. The polemics ceased when Gianni Motti offered to make a sample of the soap available so that a DNA test could be carried out.

Climate manipulation [ f ] → Entreprise présentant un risque élevé, la manipulation du climat relève d’un dilemme analogue à celui de la scission de l’atome. Le ministère américain de la Défense estime que les possibilités militaires immenses qui pourraient apparaître dans ce domaine risquent d’être ignorées, à cause d’un refus de la société d’ouvrir un débat autour de ces questions. Déjà envisagée près d’un siècle plus tôt par → nikola Tesla, le thème de la manipulation climatique prenait alors une autre dimension. En 1919, dans Mes inventions. Le récit autobiographique de Nikola Tesla (1856–1943), il déclarait que « l’énergie électrique impliquée dans la précipitation de l’eau était négligeable, l’éclair ayant une fonction ressemblant à celle d’un déclencheur sensible. Voilà un domaine qui offrait d’énormes possibilités de développement. Si on arrivait à produire des effets électriques de la qualité voulue, on pourrait transformer toute la planète et nos conditions de vie. Le soleil fait s’évaporer l’eau des océans et le vent l’emporte vers des régions lointaines, où elle reste dans un état d’équilibre précaire. Si nous avions le pouvoir de perturber cet équilibre où et quand bon nous semble, nous pourrions manipuler à volonté cet énorme fleuve qui entretient la vie. Nous pourrions irriguer les déserts arides, créer des lacs et des rivières et obtenir une force motrice de puissance illimitée. Ce serait le moyen le plus efficace de mettre l’énergie solaire au service de l’humanité. » [ e ] → Climate manipulation is a high-risk undertaking, raising a dilemma similar to that of splitting the atom. The American Department of Defence considers that the huge military opportunities that could arise in this field are in danger of being ignored, because of society’s refusal to open up a debate focusing on these questions. When it was envisaged nearly a century ago by → nikola Tesla, the theme of climate manipulation had a different dimension. In 1919, in Mes inventions. Le Récit autobiographique de Nikola Tesla [My inventions. The Autobiography of Nikola Tesla], he stated that “the electric energy involved in the precipitation of water was negligible, lightning having a function resembling that of a perceptible trigger. This was a field that afforded huge opportunities for development. If electrical effects of the desired quality could be successfully produced, it would be possible to transform the whole planet and our living conditions. The sun causes the water of the oceans to evaporate and the wind carries it off to far-away regions where it remains in a precarious state of balance. If we had the power to upset that

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Magie
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L’étymologie du mot magie renvoie aux pratiques ésotériques des mages, caste sacerdotale des Mèdes, peuple nomade indo-européen installé au ix e siècle av. J.-C. sur le plateau iranien. Le mot a pris un sens très large. Il désigne de nombreuses croyances et pratiques échappant aux dogmes des religions et supposant l’existence de forces surnaturelles. Ces croyances et ces pratiques varient beaucoup selon les civilisations. En occident, la période du Moyen Âge joue un rôle primordial dans l’élaboration de modèles et d’archétypes qui seront repris plus tard avec humour dans la culture populaire et les spectacles des prestidigitateurs. On distingue généralement la magie blanche, dont les intentions sont moralement bonnes, de la magie noire, également appelée sorcellerie, dont les intentions sont moralement mauvaises. Dans les canons des conciles antérieurs au ix e siècle, l’ars magica est opposé à la divinatio. Si la divination s’intéresse aux augures, aux sorts et aux songes, la magie, de son côté, s’intéresse aux incantations, aux maléfices et aux → prestiges. Les sorciers agissent sur la maîtrise du temps, la santé, l’amour et la procréation. À partir du xii e siècle, une magie savante se développe à côté de la magie populaire. Les magiciens savants associent aux pratiques traditionnelles les sciences divinatoires et en particulier l’astrologie. Ils sont davantage tolérés par le clergé et leur influence pénètre dans les classes supérieures. C’est au xiii e siècle qu’apparaît le plus célèbre traité de magie sous le nom de Traité de Picatrix, traduit de l’arabe en latin par Aegidius de Tebaldis. À partir du xiv e siècle, la magie est assimilée à une hérésie. Magiciens et sorcières sont poursuivis par les inquisiteurs et brûlés en place publique. Conservée à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, la confession du magicien Jean de Bar témoigne de nombreuses pratiques comme la conservation de poils, cheveux et rognures d’ongles, l’utilisation du sang d’animaux ou la consécration d’anneaux et de miroirs. Les accusations de pacte avec le diable, de secte organisée et de complot contre la chrétienté se multiplient.
[f] →

Magic
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[ e ] → The etymology of the word magic goes back

to the esoteric practices of the Magi, a priestly caste of the Medes, a nomadic Indo-European race living on the Iranian plateau in the 9th century bc. The word has taken on a very wide meaning. It refers to many beliefs and practices outside the dogmas of religions that presuppose the existence of supernatural forces. These beliefs and practices vary greatly according to the civilization in question. In the West, the mediaeval period played a crucial role in the elaboration of models and archetypes that would be picked up with humour much later, in popular culture and during magicians’ shows. A distinction is generally made between white magic, which is morally good in intention, and black magic, also referred to as witchcraft, whose intentions are morally bad. In the canons of the Councils prior to the 9th century, ars magica was opposed to divinatio. While divination was interested in auguries, destinies and dreams, magic for its part was interested in incantations, evil spells, and marvels [ → prestige ]. Sorcerers could control time, health, love, and procreation. During the 12 th century, a learned strand of magic developed alongside popular magic. Scholarly magicians associated the science of divination, and in particular astrology, with traditional practices. They were better tolerated by the clergy and their influence penetrated into the upper classes. It was in the 13th century that the most famous treatise on magic appeared under the title Traité de Picatrix, translated into Latin from Arabic by Aegidius de Tebaldis. After the 14 th century, magic was assimilated with heresy. Magicians and witches were pursued by inquisitors and burnt on public squares. Preserved at the Bibliothèque nationale of France in Paris, the confession of the magician Jean de Bar testifies to many practices like the keeping of body hair, head hair and nail clippings, the use of animal blood, or the consecration of rings and mirrors. Accusations relating to pacts with the devil, organized sects, and plots against Christianity increased in number.

Magie Extraits d’un livre de tours de magie russe / Excerpts

from a Russian book of magic tricks, 1877

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balance where and when we saw fit, we would be able to manipulate that huge watercourse that maintains life at will. We would be able to irrigate the arid deserts, create lakes and rivers, and obtain a driving force of unlimited power. It would be the most effective means of making solar energy serve humanity.” [ → h.a.a.r.P. ] [ → 3 Jeudis de GaKona (Les) ]
Maquette [ f ] → De manière générale, une maquette est une

reproduction à une certaine échelle d’un système, d’une construction ou d’un objet. À la différence d’une représentation, une maquette imite son objet non pas depuis un angle ou un point de vue, mais de façon exhaustive en respectant toutes ses dimensions et proportions spatiales. L’humanité utilise des maquettes depuis l’Antiquité, notamment dans les domaines de l’architecture, de la construction navale et de la stratégie militaire. La finalité des maquettes est multiple. Il peut s’agir de tester, d’expérimenter ou d’éprouver, mais aussi de communiquer, d’instruire, de contempler ou de jouer. Autrement dit, sa finalité peut être à la fois utilitaire, cognitive, esthétique ou ludique. L’intérêt des maquettes réside la plupart du temps dans leur haut degré de réalisme. Elles sont en grande majorité des modèles réduits impliquant un processus de miniaturisation qui peut avoir quelque chose de fascinant. Le goût des maquettes est à l’origine de nombreuses activités de loisir dont le modélisme ferroviaire est sans doute l’une des plus codifiées. La pratique du modélisme ferroviaire remonte au xxe siècle. Ses adeptes s’adonnent à la création de réseaux sur lesquels circulent des trains électriques miniatures. Ces réseaux sont l’objet de décorations spectaculaires articulées autour de thématiques géographiques, saisonnières ou historiques. L’Américain John Whitby Allen est à l’origine du concept de « modélisme d’atmosphère ». Il conçoit à partir des années 1950 un réseau gigantesque de plus de 100 m2 appelé Gorre & Daphetid. Le modélisme ferroviaire bénéficie de l’existence de clubs, de fédérations, d’expositions et de revues spécialisées dans le monde entier. [ e ] → Generally speaking, a maquette is a reproduction of a system, building or object at a specified scale. Unlike a pictorial representation, a maquette imitates the object not from one angle or point of view, but exhaustively, respecting all its dimensions and spatial proportions. Human beings have been using maquettes since Antiquity, particularly in the fields of architecture, shipbuilding, and

military strategy. The purposes of the maquette are multiple. It can be a question of trying out, experimenting or testing, but also of communicating, instructing, looking, or playing. In other words, its purpose can be simultaneously utilitarian, cognitive, aesthetic, or ludic. As a rule the interest of maquettes lies in their high degree of realism. Most of them are reduced models involving a process of miniaturization that can be fascinating. The enjoyment of maquettes underlies many leisure activities, with model railroading undoubtedly being one of the best catalogued. The practice of model railroading goes back to the 20th century. Its proponents devote themselves to creating track networks with miniature electric trains running on them. These networks are the object of spectacular decorations centred on geographical, seasonal or historical themes. The American John Whitby Allen was the originator of the concept of “atmospheric model railroading”. Starting in the 1950s he designed a giant network that covered more than 100 Sq. M. called “Gorre & Daphetid”. Model railroading is helped along by the existence of clubs, federations, exhibitions and specialist magazines throughout the world.
MarillenknÖdel de MaMi wahler (les) [ d ] → Zutaten: (Für 4 Personen)

angewärmten Butter vermengen. Einen ziemlich festen Teig herstellen, ausrollen und in etwa handtellergroße Stücke teilen. Je mit einer entkernten und mit Zucker gefüllten Marille belegen. Knödel formen, so daß der Teig etwa ½ cm dick die Früchte umschließt. In schwach gesalzenem, kochendem Wasser 5–8 Minuten kochen. Brösel in reichlich Fett rösten, die Knödel darin wenden und mit Zucker bestreut anrichten. Statt Kartoffelteig kan auch Brand- oder Topfenteig genommen werden. → Topfenteig: Die Butter schaumig rühren, die Eier, den Zucker und das Salz zurühren. Mit dem gesiebten Mehl, dem durchpassierten Topfen und der Milch zu einem geschmeidigen Teig verarbeiten. → Brandteig: Die milch oder das Wasser mit der Butter und dem Salz aufkochen, das Mehl zugeben und zu einem Knödel abrühren. Vom feuer nehmen und die Eier unter Rühren einzeln zugeben Den erkalteten Teig auf ein bemehltes Backbrett schütten und ausrollen.
Masque jetable

counter-spy has no information to base his decryption on. The two major drawbacks of this system are the size of the keys and the need to have a random generator. It therefore cannot be used in the context of encoding a sizeable flow of data. [ → Stations de nombres ]
Matière

1 kg Marillen 1 1/2 kg Kartoffeln 550 g Mehl 4 Eßl. Zucker 4 Eßl. Butter 2 Eier Brösel Butter oder Schmalz → Topfenteig: 5 Eßl. Butter 120g Topfen 2 Eier 1 Eßl. Zucker 6 Eßl. Mehl 1 /2 Tasse Milch Salz → Brandteig: 3 Tassen Milch oder Wasser 7 Eßl. Butter 5 tassen Mehl 3–4 Eier Salz → Zubereitung: Die tags zuvor gekochten Kartoffeln schälen und reiben oder durch eine Kartoffelpresse drücken. Auf einem Nudelbrett mit dem Mehl, dem Zucker, den Eiern, dem Salz und der leicht

One-time pad [ f ] → Inventé en 1917, et appelé également chiffre de Vernam, le masque jetable est un algorithme de chiffrement réputé infaillible. Dans ce système de codage, la « clef » a exactement la même taille que le texte à chiffrer auquel elle est combinée pour obtenir le texte chiffré. Elle est dite « jetable », car une clef ne peut servir qu’une seule fois. Cette méthode repose sur une génération totalement aléatoire des clefs ; tout masque est en effet équiprobable, si bien qu’un contre-espion ne dispose d’aucune information pour baser sa cryptanalyse. Les deux inconvénients majeurs de ce système sont la taille des clefs et la nécessité de posséder un générateur aléatoire. Il est donc inutilisable dans le cadre du chiffrement d’un flux important de données. [ e ] → Invented in 1917 and also referred to as the Vernam cipher, the one-time pad is a reputedly infallible encryption algorithm. In this system of encoding, the “key” is exactly the same size as the text to be encoded, with which it is combined to obtain the encrypted text. It is said to be “one-time” because a key can be used only once. This method relies on a totally random generation of keys. Any code is equally probable, so that a

Matter [ f ] → Physique. L’idée qui guide la recherche de particules de plus en plus précises, au cœur même de la matière, trouve son origine dans les théories des philosophes matérialistes de l’Antiquité, Leucippe, Démocrite (420 av. J.-C.), Épicure (300 av. J.-C.) et plus tard Lucrèce (70 av. J.-C.), selon lesquelles la matière est discontinue, formée de grains insécables, les atomes. Cette hypothèse s’oppose alors à la pensée d’Empédocle d’Agrigente (ve siècle av. J.-C.), adoptée par Aristote, posant que tous les matériaux se composent de quatre éléments, terre (solide), eau (liquide), air (gazeux), feu (plasma) – auxquels la tradition ésotérique ajoutera un cinquième élément, l’éther ou esprit. C’est néanmoins en suivant cette physique des éléments que se développera, dans le monde arabe puis dans l’Occident médiéval, l’alchimie, dont certains principes, comme celui de transmutation, préfigurent, à mi-chemin de → l’occultisme et de l’intuition expérimentale, la physique nucléaire. C’est le xviiie siècle qui marque les débuts de la chimie moderne : la figure du Français AntoineLaurent Lavoisier symbolise un tournant tant dans les méthodes que dans les modes de pensée scientifiques, combinant expérimentation et modélisation théorique. Après avoir fait l’analyse de l’air et, à la suite du Britannique Henry Cavendish, celle de l’eau, battant ainsi en brèche la théorie des éléments, il est l’un des instigateurs d’une nouvelle nomenclature chimique, rigoureuse, basée sur la distinction entre corps simples et composés. Au fil du xixe siècle, les analyses des propriétés des corps s’accumulent, et le chimiste russe Dimitri Mendeleïev peut proposer en 1869 une première « Classification périodique des éléments » alors même que la théorie atomique n’est pas encore constituée. Son tableau compte alors trente éléments, classés selon le nombre de protons et le nombre total de nucléons de leurs atomes, contre cent quatorze en 2006. L’unification de l’électricité et du magnétisme, démontrée par l’Écossais James Clerk Maxwell en 1865, sera renforcée par les recherches réalisées au xxe siècle sur le photon : ainsi, ce sont bien des photons de longueurs d’onde différentes qui constituent la → lumière visible et les ondes radio comme les rayons X ou les rayons gamma.

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Parallèlement à l’analyse de plus en plus fine de la structure de la matière, la physique des particules travaille donc désormais à décrire et unifier les interactions macro et microscopiques qui déterminent ses comportements : les recherches sur les composantes de la matière vont de pair avec l’analyse des déterminants des quatre forces fondamentales de la physique – la force de gravitation, la force électromagnétique, l’interaction faible et l’interaction forte. Ainsi, les bosons lourds, découverts par les équipes du CERN en 1982, avaient été prédits par la théorie électrofaible de Sheldon Glashow, Abdus Salam et Steven Weinberg, qui unifie l’interaction électromagnétique et l’interaction faible, responsable de la radioactivité électronique et de la désintégration de certaines particules. Les recherches se concentrent actuellement sur le boson de Higgs, particule baptisée ainsi d’après le nom d’un des physiciens ayant proposé son existence, qu’un détecteur comme le → LhC sera capable de mettre en évidence. En parallèle, les recherches sur l’interaction forte, qui lie quant à elle les protons et les neutrons dans les noyaux d’atomes, ont mené à la modélisation de la structure des protons en quarks. On connaît aujourd’hui six types de quarks : le quark up (u), le quark down (d), le quark étrange (s), le charme (c), le bottom (b) et enfin le top (t). Et ce, sans compter les antiquarks. « Mais les observations des astrophysiciens révèlent que toute la matière visible que nous connaissons ne représente que 4 % de ce que contient l’univers. Ces 96 % de matière cachée de l’univers sont constitués de matière noire, énergie noire, de neutrinos s’ils ont une masse – ou peut-être de l’imperfection de la loi de Newton ou des estimations théoriques… C’est un domaine ouvert. », observe → 1 Jean-Pierre Merlo. [ e ] → Physics. The idea that guides the search for ever more precise particles at the very heart of matter has its origin in the theories of the materialist philosophers of Antiquity, Leucippus, Democritus (420 BC), Epicurus (300 BC) and at a later date Lucretius (70 BC), according to which matter is discontinuous, formed of indivisible grains, or atoms. This hypothesis was then in opposition to the ideas of Empedocles of Agrigentum (5th C. BC), adopted by Aristotle, positing that all materials are composed of four elements, earth (solid), water (liquid), air (gaseous), fire (plasma). The esoteric tradition added a fifth element to these, ether or spirit. Nevertheless, it was by following this physics of the elements that alchemy would develop, first in the Arab world, then in the medieval west, and certain of its principles, such as that of transmutation, prefigured nuclear

physics, halfway between occultism [ → occultisme ] and experimental intuition. It was the 18th century that marked the beginning of modern chemistry: the figure of the French scientist Antoine-Laurent Lavoisier symbolizes a turning point in scientific methods and ways of thinking alike, combining experimentation and theoretical modelling. After analyzing air and—following in the footsteps of the British scientist Henry Cavendish—water, so demolishing the theory of the elements, he became one of the instigators of a new rigorous chemical nomenclature, based on the distinction between simple and composite bodies. In the course of the 19th century, analyses of the properties of bodies accumulated, and in 1869 the Russian chemist Dmitri Mendeleyev was able to come up with a first “Periodic classification of the elements” at a time when atomic theory had not yet been constituted. His table then included 30 elements, classified according to the number of protons and the total number of nucleons in their atoms; there were 114 elements in 2006. The unification of electricity and magnetism, demonstrated by the Scotsman James Clerk Maxwell in 1865, would be reinforced by research into the photon carried out in the 20th century: thus it is in fact photons of different wave lengths that constitute visible light [ → lumière ] and radio waves like X-rays or gamma rays. In parallel with the ever more refined analysis of the structure of matter, particle physics henceforth worked on describing and unifying the macroscopic and microscopic interactions that determine its behaviour: research into the components of matter went hand in hand with analysis of the determinants of the four fundamental forces of physics— gravitational force, electromagnetic force, weak interaction and strong interaction. Thus the heavy bosons discovered by the CERN teams in 1982 had been predicted by the electroweak theory of Sheldon Glashow, Abdus Salam and Steven Weinberg, which unifies electromagnetic interaction and weak interaction, responsible for electronic radioactivity and the disintegration of certain particles. Research is currently concentrating on the Higgs boson, a particle thus named after one of the physicists who posited its existence, which a detector like the → LhC will be capable of revealing. In parallel, research into strong interaction, which for its part binds protons and neutrons into the nuclei of atoms, has led to the modelling of the structure of protons in terms of quarks. Six types of quark are known today: the up (u) quark, the down (d) quark, the strange (s) quark, the charm (c) quark, the bottom (b) quark and finally the top (t) quark. And that is not counting the antiquarks.

“But the observations of astrophysicists reveal that all the visible matter we know represents only 4% of what the universe contains. That 96% of hidden matter in the Universe is made up of black matter, black energy, neutrinos if they have mass. Or perhaps of the imperfection of Newton’s law or of theoretical estimates… It’s an open field”, comments → 1 Jean-Pierre Merlo. [ → antimatière ] [ → Détecteurs de particules ] [ → 1 Jeudis de CinQ MiLLiarDS D’annéES (Les) ] [ → 2 Mendeleïev, Dimitri ] [ → rayons cosmiques ]
Mauvaise herbe

Weeds [ f ] → Il n’y a pas de mauvaises herbes au sens botanique, ce sont simplement des adventices ou encore des herbes folles, des plantes qui se développent dans un endroit non désiré. Les principales mauvaises herbes présentes dans les cultures en France métropolitaine sont classées ci-après par famille botanique. Amaranthacées : amarante ascendante (Amarantus ascendens Lois.) ; amarante réfléchie (Amarantus retroflexus L.) Apiaciées : bifora radié (Bifora radians Bieb.) Astéracées : bleuet des champs (Centaurea cyanus L.) ; laiteron des maraîchers (Sonchus oleraceus L.) ; laiteron rude (Sonchus asper Hill) ; lampsane commune (Lampsana comunis L.) ; achillée mille-feuilles (Achillea millefolium L.) ; ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiaefolia L.) ; armoise commune (Artemisa vulgaris L.) ; camomille (Anthemis sp.) ; chanvre d’eau (Bidens frondosus L.) ; chardon des champs (Cirsium arvense Scop.) ; chrysanthème des moissons ou marguerite dorée (Chrysanthemum segetum L.) ; galinsoga (Galinsoga aristulata Bicknell) ; matricaire ou fausse camomille (Matricaria sp.) ; séneçon commun (Senecio vulgaris L.) ; souci des champs (Calendula arvensis L.) ; tussilage (Tussilago farfara L.) Borraginacées : bourrache officinale (Borago officinalis L.) ; buglosse d’Italie ou fausse bourrache (Anchusa azurea Mill.) ; gremil des champs (Lithospermum arvense L.) ; myosotis des champs (Myosotis arvensis Hill) ; petite buglosse (Lycopsis arvensis L.) Brassicacées : bourse à pasteur (Capsella bursapastoris Moench.) Caryophyllacées : compagnon blanc (Lychnis dioica L.) ; mouron des oiseaux (Stellaria media Cyrill) ; spergule des champs (Spergua arvensis L.) Chénopodiacées : arroche hastée (Atriplex

hastatus L.) ; arroche étalée (Atriplex patulus L.) ; chénopode à nombreuses graines ( Chenopodium polyspermum L.) ; chénopode blanc (Chenopodium album L.) ; chénopode hybride (Chenopodium hybridum L.) Convolvulacées : liseron des champs (Convolvulus arvensis L.) Crucifères : moutarde des champs (Sinapis arvensis L.) ; neslie à panicule (Neslia paniculata Desv.) ; ravenelle (Raphanus raphanistrum L.) Équisétacées : prêle (Equisetum sp.) Euphorbiacées : euphorbe réveille-matin (Euphorbia helioscopia L.) ; mercuriale annuelle (Mercurialis annua L.) Fabacées : lentille hérissée (Ervum hirsutum L.) Fumariacées : fumeterre officinale (Fumaria officinalis L.) Géraniacées : érodium à feuiles de ciguë (Erodium cicutarium L.) ; géranium à tiges grèles (Geranium pusillum L.) Graminées : agrostide ou jouet du vent (Agrostis spica-venti L.) ; avoine à chapelet (Arrhenatherum bulbosum Presl) ; digitaire sanguine (Digitaria sanguinalis Scop.) ; folle avoine (Avena fatua L.) ; panic ou panice ou pied de coq (Panicum crus-galli P.B.) ; pâturin annuel (Poa annua L.) ; pâturin commun (Poa trivialis L.) ; ray-grass ou ivraie (Lolium multiflorum Lame.) ; vulpin des champs (Alopecurus agrestis L.) ; sétaire (Setaria sp.) Lamiacées : lamier amplixicaule (Lamium amplexicaule L.) ; lamier pourpre (Lamium purpureum var purpureum L.) ; ortie royale (Galeopsis tetrahit L.) Malvacées : abutilon de Théophraste (Abutilon theophrasti) Ombellifères : carotte sauvage (Daucus carota L.) ; peigne de Vénus (Scandix pecten-veneris L.) Papavéracées : coquelicot (Papaver rhoeas L.) ; pavot argemone (Papaver argemone L.) Papilionacées : vesce commune (Vicia sativa L.) Plantaginacées : plantain élevé ou grand plantain (Plantago major L.) ; plantain lancéolé (Plantago lanceolata L.) Poacées : chiendent officinal (Elytrigia repens L. ou Agropyron repens L.) Polygonacées : patience crépue ou parelle (Rumex crispus L.) ; petite oseille ou oxalis (Rumex acetosella L. ou Oxalis acetosella L.) ; renouée des oiseaux (Polygonum aviculare) ; renouée liseron (Polygonum convolvulus L.) ; renouée persicaire (Polygonum persicaria L.) Portulacacées : pourpier (Portulaca oleracea) Primulacées : mouron des champs ou morgeline (Anagallis arvensis L.) Renonculacées : renoncule des champs

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Mauvaise herbe Alopecurus agrestis

Mauvaise herbe Daucus carota

Mauvaise herbe Avena fatua

Mauvaise herbe Viola tricolor

(Ranunculus arvensis L.) ; renoncule des marais (Ranunculus philonotis Retz.) ; adonis d’été ou goutte de sang (Adonis aestivalis L.) Résédacées : réséda jaune (Reseda lutea L.) Rubiacées : gaillet gratteron (Galium aparine L.) Scrophulariacées : linaire élatine ou velvote (Kickxia elatine L. Dumort.) ; véronique à feuilles de lierre (Veronica hederaefolia L.) ; véronique de Perse (Veronica persica Poir.) Solanacées : datura stramoine ou pomme épineuse (Datura stramonium L.) ; morelle noire (Solanum nigrum L.) Urticacées : ortie brûlante ou petite ortie (Urtica urens L.) Valérianacées : mâche ou doucette (Valerianella auricula D.C.) Violacées : pensée des champs (Viola tricolor L.) [ e ] → There are no weeds in the botanical sense, they are simply self-propagating or wild plants, ones that develop in places where they are not wanted. The main weeds found in crops in mainland France are classified below according to their botanical families Amaranthaceae: climbing amaranth (Amarantus ascendens Lois.); common amaranth (Amarantus retroflexus L.) Apiaceae: wild bishop (Bifora radians Bieb.) Asteraceae: cornflower (Centaurea cyanus L.); smooth sow-thistle (Sonchus oleraceus L.); prickly sow-thistle (Sonchus asper Hill); nipplewort (Lapsana comunis L.); yarrow (Achillea millefolium L.); ragweed (Ambrosia artemisiaefolia L.); mugwort (Artemisia vulgaris L.); chamomile (Anthemis sp.); beggar ticks (Bidens frondosus L.); creeping thistle (Cirsium arvense Scop.); corn marigold (Chrysanthemum segetum L.); shaggy soldier (Galinsoga aristulata Bicknell); feverfew (Matricaria sp.); groundsel (Senecio vulgaris L.); marigold (Calendula arvensis L.); coltsfoot (Tussilago farfara L.) Borraginaceae: borage (Borago officinalis L.); large blue alkanet (Anchusa azurea Mill.); common gromwell (Lithospermum arvense L.); field forgetme-not (Myosotis arvensis Hill); field bugloss (Lycopsis arvensis L.) Brassicaceae: shepherd’s purse (Capsella bursapastoris Moench.) Caryophyllaceae: white campion (Lychnis dioica L.); common chickweed (Stellaria media Cyrill); corn spurrey (Spergua arvensis L.) Chenopodiaceae: spear-leaved orache (Atriplex hastatus L.); common orache (Atriplex patulus L.); many-seeded goosefoot ( Chenopodium polyspermum L.); fat hen (Chenopodium album L.); mapleleaved goosefoot (Chenopodium hybridum L.)

Convolvulaceae: field bindweed (Convolvulus arvensis L.) Cruciferae: charlock (Sinapis arvensis L.); ball mustard (Neslia paniculata Desv.); wild radish (Raphanus raphanistrum L.) Equisetaceae: horsetail (Equisetum sp.) Euphorbiaceae: sun spurge (Euphorbia helioscopia L.); annual mercury (Mercurialis annua L.) Fabaceae: hairy tare (Ervum hirsutum L.) Fumariaceae: common fumitoy (Fumaria officinalis L.) Geraniaceae: common storksbill (Erodium cicutarium L.); small-flowered cranesbill (Geranium pusillum L.) Gramineae: wind grass (Agrostis spicaventi L.); tall oatgrass (Arrhenatherum bulbosum Presl); hairy crabgrass (Digitaria sanguinalis Scop.); wild oat (Avena fatua L.); barnyard grass (Panicum crus-galli P.B.); annual meadow grass (Poa annua L.); rough meadow grass (Poa trivialis L.); Italian rye grass (Lolium multiflorum Lame.); black-grass (Alopecurus agrestis L.); foxtail (Setaria sp.) Lamiaceae: henbit dead-nettle (Lamium amplexicaule L.); red dead-nettle (Lamium purpureum var purpureum L.); common help-nettle (Galeopsis tetrahit L.) Malvaceae: velvetleaf (Abutilon theophrasti) Papaveraceae: common poppy (Papaver rhoeas L.); prickly poppy (Papaver argemone L.) Papilionaceae: common vetch (Vicia sativa L.) Plantaginaceae: greater plantain (Plantago major L.); ribwort plantain (Plantago lanceolata L.) Poaceae: common couch (Elytrigia repens L. or Agropyron repens L.) Polygonaceae: curled dock (Rumex crispus L.); common sorrel (Rumex acetosella L. or Oxalis acetosella L.); knotgrass (Polygonum aviculare); wild buckwheat (Polygonum convolvulus L.); redshank (Polygonum persicaria L.) Portulacaceae: common purslane (Portulaca oleracea) Primulaceae: scarlet pimpernel (Anagallis arvensis L.) Renonculaceae: corn buttercup (Ranunculus arvensis L.); marsh buttercup (Ranunculus philonotis Retz.); summer pheasant’s eye (Adonis aestivalis L.) Resedaceae: wild mignonette (Reseda lutea L.) Rubiaceae: common cleavers (Galium aparine L.) Scrophulariaceae: sharp-leaved fluellen (Kickxia elatine L. Dumort.); lilac ivy-leaved speedwell (Veronica hederaefolia L.); common field speedwell (Veronica persica Poir.) Solanaceae: thorn-apple (Datura stramonium L.); black nightshade (Solanum nigrum L.)

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Umbelliferae: wild carrot (Daucus carota L.); shepherd’s needle (Scandix pecten-veneris L.) Urticaceae: annual nettle (Urtica urens L.) Valerianaceae: broad-fruited corn salad (Valerianella auricula D.C.) Violaceae: wild pansy (Viola tricolor L.)
Méliès, GeorGes [ f ] → 1861–1938. Illusionniste, cinéaste, décorateur et

entrepreneur, Georges Méliès est considéré comme l’un des grands pionniers du septième art. Il naît et grandit à Paris. Alors qu’il effectue un stage dans un grand magasin de Londres, il fréquente l’Egyptian Hall dirigé par l’illusionniste John Nevil Maskelyne et devient → prestidigitateur amateur. De retour à Paris, il donne ses premières séances d’illusionnisme au musée Grévin et à la galerie Vivienne. En 1888, grâce à la fortune de son père, il loue le Théâtre Robert-Houdin où il crée sa première « saynète magique », La Stroubaïka persane. Les saynètes magiques sont des tours de magie mis en scène à grand renfort de costumes et de décors. Georges Méliès rédige lui-même la publicité du tour → d’escapologie que constitue La Stroubaïka persane : « Vous présentez une planche garnie de ferrures, vous attachez le patient par les mains et par les pieds, et pour compléter l’illusion, vous faites sceller les cordes par le public. Vous suspendez cette planche par quatre cordes, après avoir couvert votre sujet. Il joue du tambour de basque, sonnettes, etc., et, au coup de pistolet, il se trouve parmi le public sans avoir brisé les liens, ni les scellés. » Une trentaine de « saynètes magiques » seront montées sur le même modèle. En 1891, il fonde l’Académie de prestidigitation. Après avoir eu connaissance du cinématographe des frères Lumière en 1895, il commence à tourner des films et crée sa propre société de production qui prendra le nom de Star Film. Influencé par ses connaissances en prestidigitation, il découvre les premiers trucages et effets spéciaux de l’histoire du cinéma qu’il met en pratique dans des films tels que Escamotage d’une dame chez RobertHoudin (1896) ou Un homme de têtes (1898). Il fait construire des studios de tournage à Montreuil. En 1902, son film Le Voyage dans la Lune est piraté aux États-Unis où il remporte un succès considérable. Il ouvre une succursale à New York. À partir de 1909, il fait distribuer ses films par Gaumont. En 1910, il entreprend une tournée en Europe avec un spectacle de magie intitulé Les Fantômes du Nil. Victime de la concurrence des magnats du cinéma, sa carrière commence à décliner, tandis qu’il réalise ses derniers films au lendemain de la première guerre mondiale. Le Théâtre Robert-

Houdin est fermé en 1923. Ruiné, il vend l’intégralité de son catalogue qui comporte plusieurs centaines de films. Profitant d’une concession appartenant à sa seconde épouse, il ouvre une boutique de confiseries et de jouets dans le hall de la gare Montparnasse. [ e ] → 1861–1938. An illusionist, film-maker, decorator and entrepreneur, Georges Méliès is regarded as one of the great pioneers of the seventh art. He was born and grew up in Paris. While working in a department store in London, he visited the Egyptian Hall, run by the illusionist John Nevil Maskelyne and became an amateur magician [ → prestidigitateur ]. Upon his return to Paris, he gave his first performances as an illusionist at the Musée Grévin and the Galerie Vivienne. In 1888, thanks to his father’s fortune, he hired the Théâtre Robert-Houdin where he created his first “saynète magique” (magic playlet), La Stroubaïka persane. These playlets were composed of magic tricks, staged with a lavish use of costumes and sets. Méliès himself wrote the publicity for the escapology [ → escapologie ] trick that is the basis of La Stroubaïka persane: “You present a plank fitted out with ironwork, you tie the victim to it by his hands and feet, and to complete the illusion, you get the audience to seal the ropes. You suspend the plank by four ropes, after covering your captive. A tambourine plays, bells ring, etc., and at the firing of a pistol, he is seated among the audience without having broken the ties or the seals.” Around thirty “saynètes magiques” based on the same model were staged. In 1891, he founded the “Académie de prestidigitation”. After getting to know the Lumière brothers’ cinematograph in 1895, he started to make films and created his own production company under the name Star Film. Influenced by his knowledge of magic, he discovered the first ways of faking and using special effects in the history of cinema, putting them into practice in films such as Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin (1896) or Un homme de têtes (1898). He had film studios built at Montreuil. His film Le Voyage dans la Lune was pirated in the United States in 1902 where it achieved considerable success. He opened a branch office in New York. After 1909, his films were distributed by Gaumont. In 1910, he embarked on a tour of Europe with a magic show entitled Les Fantômes du Nil. He fell victim to competition from the film magnates; his career started to go into decline and he made his last films immediately after World War I. The Théâtre Robert-Houdin was closed in 1923. Méliès was ruined, and sold his entire catalogue comprising several hundred films. Taking advan-

tage of a concession belonging to his second wife, he opened a sweet and toy shop in the concourse of the Montparnasse station. [ → robert-houdin ]
MéMoire

Memory [ f ] → Dans le langage des neurosciences la mémoire désigne une faculté de l’esprit commune aux animaux et aux hommes qui leur permet de se rappeler des expériences passées et des informations. Elle joue donc un rôle central dans les processus d’apprentissage. En informatique, elle désigne un dispositif physique qui permet de stocker et d’archiver des données. Si on se réfère à l’histoire des sociétés humaines, à la notion de conservation – qui se rapporte à → l’archive – et à celle d’apprentissage – qui se rapporte à la connaissance par l’individu de l’inscription de son existence dans celle d’une communauté qui l’a précédé dans le temps – s’est ajoutée au xxe siècle, après le traumatisme consécutif au nazisme et à l’initiative d’anciens déportés, la notion de « devoir de mémoire » qui désigne l’obligation morale et politique de se souvenir des crimes passés afin de prévenir à l’avenir leur répétition. [ e ] → In the language of neuroscience, memory refers to a mental faculty common to animals and human beings enabling them to recall past experiences and information. Thus it plays a central role in the process of learning. In computer technology, it refers to a physical contrivance making it possible to store and archive data. If we look at the history of human societies, in the 20th century another notion has been added to the notions of preservation (which relates to → archives) and learning (which relates to an individual’s awareness that his or her existence is inscribed in that of a community which came before in time). After the trauma resulting from Nazism, the notion of a “duty of memory” was initiated by those who had been deported to describe the moral and political obligation to remember past crimes in order their repetition in the future. [ → 4 Badaut-haussmann, Laëtitia ]
MentalisMe

Mentalism [ f ] → Branche de l’art de la prestidigitation qui consiste, pour les → prestidigitateurs, à imiter les pouvoirs paranormaux des médiums, en particulier la transmission de pensée. Elle est fondée au milieu du xixe siècle par le prestidigitateur → JeanEugène robert-houdin à l’occasion de la création de l’un de ses tours les plus célèbres intitulé La

Seconde Vue. Pour attirer le public, le tour est annoncé sur les affiches de ses Soirées fantastiques : « Dans cette séance, le fils de M. RobertHoudin, doué d’une seconde vue merveilleuse, après que ses yeux auront été couverts d’un épais bandeau, désignera tous les objets qui lui seront présentés par les spectateurs. » Dans ses Mémoires intitulés Une vie d’artiste, Jean-Eugène RobertHoudin révèle les circonstances hasardeuses de l’invention de ce tour : « Mes deux enfants étant un jour dans le salon, s’amusaient à un jeu créé par leur imagination enfantine. Le plus jeune avait bandé les yeux de son frère et lui faisait deviner les objets qu’il touchait, et, quand celui-ci, guidé par des suppositions, venait à nommer juste, le jeune prenait sa place. Ce jeu si simple, si naïf, fit cependant germer en moi une des idées les plus compliquées qui me soient jamais venues à l’esprit. Poursuivi par cette idée, je courus m’enfermer dans mon cabinet ; j’étais heureusement dans une de ces dispositions où l’intelligence suit avec docilité, avec plaisir même, les combinaisons que la fantaisie lui trace. Je m’appuyai la tête dans mes deux mains, et, sous l’influence d’une surexcitation que je provoquais, je posai les premiers principes de La Seconde Vue. » [ e ] → Branch of the art of magic and conjuring that involves magicians [ → prestidigitateurs ] imitating the paranormal powers of mediums, in particular thought transfer. It was founded in the mid-19th century by the magician → JeanEugène robert-houdin when he created one of his most famous tricks, entitled La Seconde Vue [ Second Sight ]. To attract the public, the trick was announced on the posters advertising his Soirées Fantastiques : “In this performance, the son of M. Robert-Houdin, endowed with the marvellous gift of second sight, his eyes covered with a thick blindfold, will name all the objects that are presented by the audience.” In his memoirs entitled Une vie d’artiste, Jean-Eugène Robert-Houdin revealed the chance circumstances leading to the invention of this trick: “My two children were in the sitting-room one day, amusing themselves with a game created by their childish imaginations. The younger one had blindfolded his brother and was getting him to guess the identity of the objects he was touching, and when he had managed to name them correctly, guided by making assumptions, the younger one took his place. This very simple, very naive game nonetheless gave rise to one of the most complex ideas that ever came to my mind. Gripped by this idea, I ran and shut myself in my study; fortunately I was in one of those frames of mind when intelligence obediently and pleasurably

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MerZBoW

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follows the combinations the imagination outlines for it. I rested my head on my two hands, and under the influence of a self-induced exaltation, I laid down the first principles of Second Sight.”
MerZbow [ f ] → Projet du Tokyoïte Masami Akita créé en 1978,

Merzbow est l’un des plus illustres représentants d’une noise music radicale et extrême. En écho à l’art « Merz » et au Merzbau inventé par Kurt Schwitters, avec pour principe de construction la récupération de matériaux et de rebuts divers, la musique de Merzbow est composée à partir de bruits, de déchets sonores et d’éléments obtenus par la manipulation d’instruments sommaires, de bandes magnétiques ou d’ordinateurs. Jouant avec les fréquences, les saturations et les distorsions sonores au fil de morceaux pouvant excéder les vingt minutes, Merzbow remet à plat les distinctions entre bruit et musique, matière et forme, hasard et composition pour proposer à ses auditeurs une expérience esthétique limite. Dans une discographie qui compte plus de trois cents titres, parmi lesquels des collaborations avec Genesis P. Orridge ou Pan Sonic, on peut retenir l’emblématique Pulse Demon (Release, 1996) et surtout la Merzbox (Extreme, 2003) qui regroupe sur cinquante CD les → archives de l’artiste autour d’un mot d’ordre : « Welcome to the Pleasuredome of Noise ». Masami Akita est par ailleurs l’auteur de plusieurs livres, certains portant sur sa musique, d’autres sur l’architecture nippone d’avant-guerre ou sur le bondage ; il a aussi réalisé quelques films érotico-gore, comme Lost Paradise (1990), qui relève du genre très codé du film de seppuku féminin. [ e ] → Merzbow, the project created by Tokyo based Masami Akita in 1978, is one of the most praised representatives of radical and extreme noise music. Echoing Kurt Schwitters’ « Merz » art and Merzbau, whose principle of construction was the retrieval of found material and rubbish, Merzbow composes his music with noise, sound waste or elements obtained by the use of rough instruments, tape loops and computers. Working on frequencies, saturations, and sound distortions all along titles that can last more 20 minutes, Merzbow plays fast and loose with the distinctions between noise and music, matter and form, chance, and composition, to offer his listeners an extreme aesthetic experience. His discography includes over 300 cassettes and albums, including collaborations with Genesis P. Orridge or Pan Sonic. The emblematic Pulse Demon (Release, 1995) is worth noting, and above all the Merzbox (Extreme, 2003), which gathers

previous releases and archives on 50 CDs with the motto: « Welcome to the Pleasuredome of Noise ». Masami Akita is also the author of several books, some about his music, others about Japanese pre-war architecture or about bondage; he has also made some erotic-gore films, like Lost Paradise (1990), which have overtones of the very coded film genre of the female seppuku. [ → 1 harsh noise ] [ → 1 Jeudis de La MarQuE noirE (L es) ]
Mescaline [ f ] → « Au plus fort de son action la Mescaline apporte

des images aveuglantes ou cernées par la foudre, des tranchées de feu, ainsi que des hommes lointains ou liliputiennement petits, animés d’un mouvement rapide, plus proche de celui des pistons d’un moteur que d’aucun geste d’homme. Énormément de cristaux et tout finit tôt ou tard en cristaux. […] Plus faible encore, la Mescaline fait trembler toute chose de tout petits tremblements incessants, d’oscillations, d’emboîtements-déboîtements. Un infime permanent séisme y règne, qui fait songer à un processus ruiniforme, sans que rien, malgré les lézardes incessantes ne tombe en ruine. […] S’affaiblissant encore, la Mescaline distribuera jusqu’à épuisement des tissus moirés, des satins douteux, des objets nickelés dont le nickel a souffert et des revêtements aux tons aguicheurs. Par moments de très intenses et pures couleurs, mais tôt ou tard le bazar revient, réduisant à néant l’effet des beautés précédentes. Quelle que soit la couleur, la nuance douceâtre, véritable pelotage par la vision, est la plus courante. […] La Mescaline provoque un état vibratoire. Vibrations multiples, au début presque foudroyantes. À amplitudes anormales, avec beaucoup de pointes. […] L’allongement fantastique des images dans la vision mescalinienne pourrait avoir un rapport avec les pointes. […] L’image visuelle est (ou s’accompagne d’un phénomène qui est) du même ordre de grandeur peut-être que ces vibrations agrandies, ce qui expliquerait aussi l’interférence onde-image et aussi onde-pensée (cette dernière gênée jusqu’à la folie) […]. La Mescaline diminue l’imagination. Elle châtre l’image, la désensualise. Elle fait des images cent pour cent pures. Elle fait du laboratoire. […] Elle (la Mesc.) fait des images si exactement dépouillées de la bonne fourrure de la sensation, et si uniquement visuelles qu’elles sont le marchepied du mental pur, de l’abstrait et de la démonstration. Aussi est-elle l’ennemie de la poésie, de la méditation, et surtout du mystère. […] Dans la Mescaline, les images sont l’épiphénomène (abondant et gênant), mais c’est l’abstrait qui compte. On est

→ Georges Méliès, Un homme de têtes, 1898

→ Georges Méliès, Escamotage d’une dame au théâtre Robert-Houdin,1896

→ Mentalisme Gravure extraite de / Print from Jean-Eugène Robert-Houdin, Confidences et révélations, 1868

Mic
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MicroGraMMes

ModUlaire

Mod
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inondé de clartés. La réflexion la plus terre à terre, car on est très matter of fact, va après quelques ricochets à la métaphysique. Bondissant et rebondissant sur d’autres idées qui toutes lui sont tremplins, saisissant des rapports à la volée, elle ne cesse d’avancer vertigineusement, d’éclairer, de découvrir, filant avec un dévorant appétit de détection qui fait promptement négliger la foire optique qui l’accompagne ou les balbutiements de la langue surclassée. […] Au lieu d’un travail de construction, l’intelligence par la Mescaline fait surtout des parcours. […] La traverseuse d’espaces – d’ailleurs critique de l’autre intelligence – manque de sens critique, et suit son chemin, fonçant sans regarder les environs. » → 4 henri Michaux, Misérable Miracle. La Mescaline, 1972 (chapitre iii., « Caractères de la mescaline ») [ e ] → “When the action of mescaline is at its height, it produces blinding images, or images ringed with lightning, trenches of fire, as well as, in the distance, lilliputian men whose motions are more like those of the pistons of an engine than human gestures. Any amount of crystals, and sooner or later everything turns into crystals. […] Still weaker, mescaline makes everything tremble with constant little tremblings, oscillations, junctions -disjunctions. There is a permanent miniature seism which makes one think of a ruiniform process, presenting the aspect of ruins. Yet in spite of all the fissures nothing ever collapses. […] Growing still weaker, mescaline will distribute, to the point of surfeit, watered silks, dubious satins, nickled objects with the nickle chipped, and linings in flashy tones. At moments, very intense pure colours, but sooner or later the mess returns, nullifying the effect of the former beauty. Whatever the colour, the sweetish tone, a regular cajoling through the eyes, is the most common. [ … ] Mescaline provokes a vibratory state. Multiple vibrations, almost overwhelming at first, of abnormal amplitude and with a great many points. [ … ] The fantastic elongations of the images in mescalinian vision might be related to the points. [ … ] The visual image is (or is accompanied by a phenomenon that is) in the same size-category as these enlarged vibrations. This would also explain the wave-image interference as well as the wave-thought interference (though disturbed to the point of madness) [ … ]. Mescaline diminishes the imagination. It castrates, desensualizes the image. It makes images that are a hundred percent pure. Laboratory experiments. [ … ] But Mescaline makes images so completely stripped of the pleasant fur of sensation, and so wholly visual that they are the vehicles of the purely mental, of the abstract, of demonstration. It is also the enemy

of poetry, of meditation, and above all of mystery.
[…] In mescaline, the images are epiphenominal

(abundant and encumbering), but it is the abstract that counts. One is inundated with light. The most commmonplace thought, for one is very matter-offact, becomes metaphysical after a few rebounds. Bounding and rebounding on other ideas which serve as springboards, grasping connections instantaneously, it never stops advancing at a dizzy pace, never stops illuminating, discovering, flying along with an all devouring appetite for detection, so that the optical carnival accompanying it, or the idiotic stammerings of language it has superseded, are promptly forgotten. […] Through mescaline, the intelligence, instead of being constructive, is above all interested in covering ground. […] This traverser of space lacks a critical sense (but is critical of the other intelligence), pursues its course and plunges ahead without ever looking at anything around it.” → 4 henri Michaux, Miserable Miracle. The Mescaline, 1972 (chapitre III . “Characteristics of Mescaline”) [Trans. Louise Varese] [ → 4 FrESh hELL ] [ → 4 Jeudis de FrESh hELL (Les) ]
MicroGraMMes

Micrograms [ f ] → Manuscrits miniatures écrits par Robert Walser entre 1924 et 1933 constitués de cinq cent vingtsix feuillets disparates (papiers de récupération, enveloppes, pages de journaux, correspondances privées ou professionnelles, etc.), les microgrammes ont été découverts à la mort de l’écrivain et publiés en 2000, au terme d’un travail de déchiffrage d’une vingtaine d’années. Véritable terrain personnel et intime d’expérimentation et de création inventé par Robert Walser en réponse à une angoisse de l’écriture, les microgrammes constituaient des brouillons en attente d’une copie destinée à la publication. Comme le souligne Marion Graf, traductrice de Robert Walser, dans son article « Les Microgrammes comme paysages » (Habiter poétiquement, LaM, Villeneuve d’Ascq, 2010) : « Dans les années 1920, le procédé de l’écriture micrographiée devient le secret de la créativité de Walser. […] à la suite d’une crise ou d’une crampe qui avait représenté une “faillite” de sa main […] il s’est habitué à esquisser ses textes au crayon ; libre de “batifoler” sur le papier comme un enfant. C’est dans un deuxième temps que l’écrivain […] choisit et copie à la plume, avec quelques retouches, les textes qu’il destine aux journaux. D’une part, donc, l’atelier privé de l’artiste, le terrain de jeu et d’expérimentation soigneusement protégé des regards

par la micrographie ; de l’autre, le domaine public du copiste, astreint à “un système de copie comme bureaucratique”. » [ e ] → Miniature manuscripts written by Robert Walser between 1924 and 1933 made up of five hundred twenty-six loose pages (scrap paper, envelopes, newspaper, private or professional correspondence, etc.), the micrograms were discovered after the author’s death and published in 2000, after twenty years of deciphering. A personal and intimate field of experimentation and creation invented by Robert Walser as a response to his anxiety towards writing, the micrograms were so many rough drafts in preparation for a work destined for publication. As Marion Graf, Robert Walser’s translator has pointed out in her article “The micrograms as landscapes” (Habiter poétiquement, LaM, 2010): “In the 1920s, the micrographic writing process became the secret to Walser’s creativity. […] Following a seizure or a cramp which represented a ‘failure’ of the hand […] he became used to writing his texts in pencil; free to ‘frolic’ about on the paper like a child. Only later does the writer […] select and copy out in ink, with a few alterations, the texts that he then sends to journals. On one hand, the artist’s private studio, a space for play and experimentation carefully hidden from view thanks to excessively small handwriting; on the other hand, the copyist’s public domain, compelled to an ‘office-like copying system’.” [ → 4 Jeudis de FrESh hELL (Les) ]
Miroir noir

Black mirror [ f ] → voir p. 138 [ e ] → see p. 138 [ → Bragdon, Claude Fayette ] [ → 1 Matin des magiciens (Le) ] [ → occultisme ]
MnéMosyne (atlas)

l’objet de l’entreprise warburgienne opèrent un rétrécissement de l’espace et une accélération du temps, à la manière du montage cinématographique. Elle vise à identifier sous la surface d’une évolution progressive des formes de la création artistique la survivance de formes archaïques, ce qu’il appelait « descendre dans les profondeurs de la nature instinctuelle, où l’esprit humain épouse la matière sédimentée hors de toute séduction temporelle ». La « fonction mnémonique » des images doit s’entendre selon Aby Warburg comme leur pouvoir de transmettre et faire éprouver à ceux qui les contemplent les émotions anciennes dans leur survivance. [ e ] → Uncompleted project led by German art historian → 4 aby Warburg. Beginning in 1923, the Renaissance specialist devoted the six last years of his life to writing the Atlas Mnemosyne, which initiated an innovative method of writing and interpretation in art history. The historian proceeds by assembling and arranging iconographical documents pinned to large wood panels. The focus of his research is the surviving traces of Antiquity in Renaissance art and revealing the constants in the expression of human emotion, what he terms the “forms of pathos.” The method and the focus of Warburg’s enterprise create a sense of space contracting and time accelerating, much in the way of a film montage. The project seeks—underneath the surface of the progressive evolution of the forms of artistic creation—to identify the vestiges of archaic forms, what he described as “descending into the depths of instinctual nature, where the human mind adapts itself to the contours of deposited matter away from any temporal seduction.” The “mnemonic function” of these images, according to Aby Warburg, refers to their ability to transmit and stir in the beholder bygone emotions in their vestigial forms.
Modulaire

Mnemosyne (Atlas) [ f ] → Projet inachevé de l’historien de l’art allemand → 4 aby Warburg. À partir de 1923, ce spécialiste de la Renaissance consacre les six dernières années de sa vie à la constitution de l’Atlas Mnémosyne qui initie une méthode novatrice d’écriture et d’interprétation en histoire de l’art. L’historien opère par assemblages et arrangements de documents iconographiques qu’il fixe sur des grands panneaux de bois. L’objet de sa recherche est la survivance de l’Antiquité dans l’art de la Renaissance et la mise en évidence des constantes de l’expression des sentiments humains, ce qu’il appelle les « formes du pathos ». La méthode et

Modular [ f ] → Dont les possibilités peuvent croître par l’adjonction d’éléments autonomes et interconnectés. Ainsi, une structure modulaire peut se développer de manière additive. La conception de structures modulaires permet d’optimiser les coûts de fabrication par la production en série d’éléments de même forme. Elle participe ainsi de la rationalisation de la → production industrielle grâce à une standardisation des méthodes de travail et des produits. L’usage des formes modulaires dans l’art, dont l’exploration systématique des possibilités du cube par Sol LeWitt constitue un exemple paradigmatique, revient à importer dans un domaine d’activité

Mod
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ModUlaire

ModUlaire

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Miroir noir
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Au xvi siècle, le Dr. John Dee (1527–1608), médecin, mathématicien et astrologue proche de la cour d’Angleterre, utilise un petit miroir noir dans le cadre de ses recherches occultes. Ce miroir est un fragment poli d’obsidienne, roche volcanique vitreuse riche en silice et de couleur sombre. Il s’agit d’un objet sacré aztèque introduit en Europe après les conquêtes de Cortès en Amérique centrale (1527–1530). D’une manière générale, les alchimistes de la Renaissance attribuent des pouvoirs magiques aux miroirs et aux objets réfléchissants. À partir du xviie siècle, de nombreux peintres utilisent des miroirs noirs comme instruments d’optique. Également appelés « miroirs de Claude » en référence au peintre Claude Gelée, dit le Lorrain (1600 –1682), les miroirs noirs sont des miroirs convexes teintés, dont il existe de nombreux modèles, les variations portant sur la forme, la taille, la teinte ou le degré de convexité. La fonction de cet instrument est notamment d’aider la résolution des problèmes de perspective. Il facilite la représentation, les peintres copiant la nature reflétée et concentrée dans le miroir comme ils copieraient un tableau. Au lieu d’imiter une perception en trois dimensions, ils imitent une perception en deux dimensions.
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Black mirror
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In the 16 century, Dr. John Dee (1527– 1608), a mathematician, astrologist and doctor of medicine, closely linked to the English court, used a little black mirror in the context of his occult research. That mirror was a polished fragment of obsidian, a dark-coloured vitreous volcanic rock rich in silica. It was in fact a sacred Aztec object introduced into Europe after Cortés’s conquests in Central America (1527–1530). Renaissance alchemists generally attributed magic powers to mirrors and reflective objects. Starting in the 17th century, many painters used black mirrors as optical instruments. Also called “miroirs de Claude” in reference to the painter Claude Gelée, nicknamed le Lorrain (1600–1682), black mirrors are convex tinted mirrors; there are many models, varying in shape, size, hue, and degree of convexity. This instrument facilitates the solving of problems of perspective. It makes it easier for the painter to depict nature, reflected and concentrated in the mirror, which they can copy as they would another picture. Instead of imitating three-dimensional perception, they can imitate two-dimensional perception.
th

[f] →

[e] →

Modulaire Charlotte Posenenske, Vierkantrohre, Serie D,

Combinaison de quatre éléments/Combination of four elements, 1967. Estate Charlotte Posenenske (Francfort/ Frankfurt). Courtesy Burkhard Brunn

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~~~

Monstre Images extraites de/Images from

Conrad Lycosthenes, Prodigiorum ac Ostentorum Chronicon, 1557

Modulaire Charlotte Posenenske, Diagramme des éléments

pour / Diagram of elements for Vierkantrohre, Serie D, 1967. Estate Charlotte Posenenske (Francfort/Frankfurt). Courtesy Burkhard Brunn

MoM
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MoMiFication

Monstre

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autrefois indexé sur le modèle artisanal (connaissance par expérience, transmission du maître à l’élève, unité de la conception et de la fabrication, excellence) un modèle industriel (rationalisation, standardisation, division du travail, anonymat, banalité). Ces caractères propres à la production industrielle, une fois intégrés dans une démarche artistique témoignant de la capacité d’invention d’un individu et de sa vertu réflexive, deviennent l’instrument et l’expression d’un artiste confronté au devenir de la société moderne. [ e ] → Whose possibilities increase by adding autonomous and interconnected elements. A modular structure can thus develop in an additive manner. Designing modular structures is a way to optimize production costs by serially manufacturing elements of the same shape, thus rationalizing industrial production [ → production industrielle ] thanks to the standardization of work methods and products. The use of modular forms in art—of which the systematic exploration of the possibilities of the cube by Sol LeWitt is a paradigmatic example—means importing into an activity once founded on craft (learning through experience, transmission from master to pupil, unity in the conception and production, excellence), the industrial model (rationalization, standardization, division of labour, anonymity, banality). These characteristics inherent to industrial production, once they are integrated into the artistic statement as a manifestation of an individual’s inventive capacity and his reflexive virtues, become the instrument and the expression of an artist confronted with the future of today’s society. [ → Singularité ]
MoMification

Mummification [ f ] → « Voici comment ils procèdent à l’embaumement le plus précieux. D’abord, à l’aide d’un fer recourbé, ils extraient le cerveau par les narines, parties, par l’opération de ce fer, partie grâce à des drogues qu’ils versent dans la tête. Ensuite, avec une pierre d’Éthiopie tranchante, ils font une incision le long du flanc et retirent tous les intestins, qu’ils nettoient et purifient avec du vin de datte, et purifient une seconde fois avec des aromates broyés. Puis ils remplissent le ventre de myrrhe pure broyée, de cannelle et de tous autres aromates, à l’exception de l’encens, et le recousent. Cela fait, ils salent le corps en le recouvrant de natron pendant soixante-dix jours ; ils ne doivent pas le laisser dans le sel plus longtemps. Quand les soixante-dix jours sont écoulés, ils lavent le mort, enveloppent tout son corps de bandes taillées dans

un tissu de byssus, avec une couche de gomme (que les Égyptiens emploient ordinairement au lieu de colle). Les parents en prennent alors livraison ; ils font faire un étui en bois de figure humaine ; dans cet étui, ils enferment le mort et, inclus de la sorte, le gardent précieusement à l’intérieur d’une chambre funéraire, où ils le placent debout contre le mur. Avec ceux qui veulent le traitement moyen et désirent éviter de grandes dépenses, voici comment ils s’y prennent. Ils emplissent des seringues du liquide gras qui provient du genévrier cade, et ils en emplissent le ventre du mort sans l’ouvrir ni retirer les entrailles, faisant l’injection par le fondement et empêchant le lavement de revenir par où il est entré ; et ils mettent dans le sel pendant le nombre de jours prescrits. Le dernier jour, ils font sortir du ventre l’huile de cade qu’ils y avaient introduite ; telle est sa force qu’elle entraîne avec elle les intestins et les viscères, dissous ; quant aux chairs, elles sont dissoutes par le natron ; et il ne reste du mort que la peau et les os. Cela fait, les embaumeurs rendent le corps sans prendre plus de peine. Et voici le troisième genre d’embaumement, appliqué aux plus pauvres : on purifie les intestins avec de la syrmaia ; on met dans le sel pendant les soixante-dix jours ; et le corps est rendu pour être remporté. » Hérodote, Histoires, Livre ii, lxxxvi, lxxxvii & lxxxviii, « Coutumes égyptiennes et animaux sacrés » [ e ] → “The most perfect process of embalment is the following: as much as possible of the brain is extracted through the nostrils with an iron hook, and what the hook cannot reach is rinsed out with drugs. Next, the flank is laid open with a flint knife and the whole contents of the abdomen removed; the cavity is then thoroughly cleansed and washed out, first with palm wine and again with an infusion of pounded spices. It is then filled with pure bruised myrrh, cassia, and every other aromatic substance with the exception of frankincense, and sewn up again, after which the body is placed in natrum, covered entirely over, for seventy days— never longer. When this period, which must not be exceeded, is over, the body is washed and then wrapped from head to foot in linen cut into strips and smeared on the under side with gum, which is commonly used by the Egyptians instead of glue. In this condition the body is given back to the family, who have a wooden case made, shaped like the human figure, into which it is put. The case is then sealed up and stored in a sepulchral chamber, upright against the wall. When, for reasons of expense, the second quality is called for, the treatment is different: No incision is made and the intestines are not removed, but oil of cedar is

injected with a syringe into the body through the anus which is afterwards stopped up to prevent the liquid from escaping. The body is then pickled in natrum for the prescribed number of days, on the last of which the oil is drained off. The effect of it is so powerful that as it leaves the body it brings with it the stomach and intestines in a liquid state, and as the flesh, too, is dissolved by the natrum, nothing of the body is left but the bones and skin. After this treatment it is returned to the family without further fuss. The third method, used for embalming the bodies of the poor, is simply to clear out the intestines with a purge and keep the body seventy days in natrum. It is then given back to the family to be taken away.” Herodotus, Histories, 2nd Book, LXXXVI , LXXXVII & LXXXVIII : “Egyptian customs and animals” [ → 4 Boucand, raphaëlle ] [ → 4 Milhé, nicolas ] [ → Taxidermie ]
Monstre

Monster [ f ] → Du latin mostrum (avertissement des dieux, présage, prodige…) qui vient du verbe mostrare (désigner, indiquer, montrer). Depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne, les monstres étaient considérés comme une démonstration de la volonté divine. En tant que présages, ils étaient la manifestation la plus importante d’une variété de phénomènes naturels étonnants qu’on appelait aussi miracles, prodiges ou merveilles. Comme autant de signes miraculeux, les comètes, les tremblements de terre, les veaux à six pattes, les porcs à œil unique et les monstres humains confirmaient, contredisaient ou modifiaient ce que l’humanité s’imaginait être l’ordre des choses. Dans son ouvrage Des monstres & des prodiges (1573), le chirurgien français Ambroise Paré réunit une collection étonnante de monstres et merveilles, mettant sur le même plan le prodige et l’erreur, le merveilleux et le discours médical sur le corps anormal. Au fil de sa longue cohabitation avec les interprétations religieuses, à laquelle il met fin au début du xxe siècle, le discours humaniste et scientifique opère le passage de la notion de monstre en tant que prodige à celle d’erreur de la nature et de « monstre naturel ». Les monstres deviennent alors des signes de la fantaisie de la nature. En 1832, un autre médecin français, Geoffroy Saint-Hilaire, fonde la tératologie et retire ainsi au monstre son caractère d’extravagance corporelle pour en faire un simple spécimen pathologique. Avec lui, le fantaisiste, l’étrange, le curieux deviennent l’anormal, l’intolérable. La sécularisation et la rationalisation du dis-

cours scientifique s’accompagnent au xixe siècle, sur fond d’expansion impérialiste et de conquêtes coloniales, de l’essor d’un nouveau marché qui institutionnalise l’exhibition des monstres sous la forme d’un spectacle de foire. S’appuyant sur une tradition ancienne d’exhibition d’individus fantastiques – nains ou bossus – ou d’animaux savants, le nouveau spectacle se double d’un discours pseudo-scientifique, qui promet l’instruction en plus de l’excitation, comme par exemple au célèbre Barnum’s American Museum de New York, créé par l’entrepreneur de spectacles Phineas Taylor Barnum en 1841 et en activité jusqu’en 1865. On fait ainsi défiler des femmes obèses ou à barbe, des jumeaux siamois ou des infirmes, des hermaphrodites, des « sauvages de Bornéo » et des cannibales. Une multitude de corps d’apparence singulière font l’objet d’une mise en scène qui renforce et hyperbolise leur étrangeté dans un spectacle dont les spectateurs ressortent avec le sentiment réconfortant de leur propre banalité. Objet de mises en scènes orchestrées par l’entrepreneur de spectacle, le « monstre naturel » se révèle être en réalité un « monstre culturel », la marge bigarrée qui sert à délimiter la normalité. Au début du xxe siècle, la respectabilité bourgeoise considère le spectacle de monstres comme trop populaire et vulgaire, et son sentimentalisme transforme l’admiration craintive en pitié. Le monstrueux est dorénavant à plaindre, à soigner, voire à éliminer. [ e ] → Derived from the Latin mostrum (a warning from the gods, a portent, a wonder…) that comes from the verb mostrare (to designate, point to, show). From Antiquity to the modern era, monsters were regarded as a demonstration of divine will. As portents, they were the most important manifestation of a variety of amazing natural phenomena that were also called miracles, wonders or marvels. Like a succession of miraculous signs, comets, earthquakes, calves with six legs, pigs with only one eye and human monsters confirmed, contradicted or altered what humankind imagined was the order of things. In his book Des monstres & des prodiges (1573), the French surgeon Ambroise Paré brought together an astonishing collection of monsters and marvels, putting the wonder and the mistake, the marvellous and the medical debate on the abnormal body, on the same level. Over the course of its long coexistence with religious interpretations which it brought to an end in the early 20th century, the humanist and scientific discourse has effected the gradual change of the notion of the monster as a wonder to that of a mistake by nature and a “natural monster.” Monsters then became indications of the whimsicality of nature. In 1832,

Mor
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MorceaUX d’HoMMe

MUsiQUe enreGistrée

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another French doctor, Geoffroy Saint-Hilaire, founded teratology, removing from the monster its character as a bodily extravagance and turning it into a simple pathological specimen. The fanciful, the strange, the odd became the abnormal, the intolerable. Against a background of imperialist expansion and colonial conquests, the secularization and rationalization of the scientific discourse in the 19th century were accompanied by the expansion of a new market that institutionalized the exhibiting of monsters in the form of shows at fairs. Resting on an old tradition of exhibiting outlandish individuals—dwarves or hunchbacks— or performing animals, the new shows went hand in hand with a pseudo-scientific discourse, that promised to be instructive as well as offering excitement. For example, the famous Barnum’s American Museum in New York was created by the impresario Phineas Taylor Barnum in 1841 and carried on until 1865. So there was a procession of obese or bearded women, Siamese twins or cripples, hermaphrodites, “savages from Borneo” and cannibals. A multitude of strange-looking bodies were used to make a scenario that reinforced and hyperbolized their bizarre nature in a show which the audience left with the reassuring feeling of their own ordinariness. As the subject of scenarios orchestrated by impresarios, the “natural monster” turned out in reality to be a “cultural monster,” the variegated margin that serves to delimit normality. At the beginning of the 20th century, bourgeois respectability regarded shows parading monsters as too working-class and vulgar, and their sentimentality transformed fearful admiration into pity. Henceforth, the monstrous was to be pitied, cared for, or even eliminated. [ → Cyborg ] [ → 4 inquiétante étrangeté ] [ → 4 Mercier, Théo ] [ → Mutants ]
Morceaux d’hoMMe (des)

Pieces of human being [ f ] → Conséquence paradoxale de la globalisation, la fragmentation interne à l’humain est un processus s’étalant tout au long des temps modernes. Ce phénomène est couramment rapproché par les spécialistes de l’Inde et penseurs de la Tradition de l’ère de la déesse Kali (Kali Yuga). Ils peuvent y voir se manifester une forme d’autoanthropophagie passant également par la découpe de soi-même en objets-fétiches. Les symptômes sont nombreux : développement pandémique des personnalités multiples, projets de tabula rasa psychologiques du Dr Cameron, apparition chaotique et simultanée

des serial killers et des chaînes de restauration rapide, ou encore l’ubiquité métastatique des stars qui ne savent plus très bien où leur être se trouve lorsque les plus brillantes d’entre elles se posent la question (dans des affiches, des téléviseurs, des cerveaux humains ou des disques durs). Dans le monde contemporain, un homme n’apparaît jamais que « par morceaux ». Le → 3 Dispositif produit un courant électrique qui se propose de réagencer les morceaux les moins recomposables des hommes dans l’objectif de faire naître en eux des zones de bifurcation psychique. Le projet d’un « homme reconstitué » a maintes fois été évoqué dans l’histoire : il serait le fait de la voix divine bicamérale et celle-ci s’épiphaniserait sous la forme des Hommes-Oiseaux, lointains représentants d’une humanité de souche aux origines mal établies : Fravartis mazdéens ? Anges ? → Extraterrestres ? [ e ] → A paradoxical consequence of globalization, the fragmentation internal to human beings is a process extending throughout modern times. This phenomenon is routinely paralleled by experts on India and thinkers to the Tradition of the era of the goddess Kali (Kali Yuga). In it they see a form of auto-anthropophagy, also involving cutting oneself up into fetish objects. There are many symptoms of this happening: the pandemic development of multiple personalities, Dr. Cameron’s psychological tabula rasa projects, the chaotic and simultaneous appearance of serial killers and fast-food restaurant chains, or again the cancer-like ubiquity of stars who no longer really know where their being is centered when the most brilliant of them ask themselves that question (in posters, television sets, human brains or hard disks). In the contemporary world, the human being only ever appears “in pieces”. Le → 3 Dispositif produces an electric current that sets out to rearrange the least recomposable pieces of human beings with the objective of engendering within them zones of psychological bifurcation. The project of a “reconstituted human being” has been evoked many times in the course of history: it would seem to be the doing of the bicameral divine voice, which would be epiphanized in the form of Bird-men, remote representatives of an ancestral human species with hazily established origins: Mazdean Fravartis? Angels? Extraterrestrials [ → extraterrestre ]?
Motos → Chopper, → 1 indian Larry, → 2 Giraud, Fabien, → 1 Parrino, Steven, → Ghost rider, → hell’s angels, → 1 handforth, Mark, → hot rod, → 1 Mosset, olivier, → 1 Judd, Donald, → Tuning

Moustique

Musique enreGistrée

Mosquito [ f ] → Dans leur article séminal « Flying in Tune : Sexual Recognition in Mosquitoes » [« Voler en chœur : la reconnaissance sexuelle chez les moustiques » ] publié en 2006, Gabriella Gibson et Ian Russell, chercheurs à l’université de Greenwich, ont relevé un phénomène inspirant : pour trouver un partenaire de la bonne espèce les moustiques mâle et femelle comptent sur leur capacité à accorder leur « chant ». Les moustiques peuvent varier le bourdonnement émis par leur vol en variant la fréquence de leurs battements d’ailes. Ce phénomène, qui synchronise les battements d’ailes du mâle et de la femelle à la milliseconde près, leur autorise un bourdonnement synchrone et la copulation en plein vol. [ e ] → In their seminal paper “Flying in Tune: Sexual recognition in mosquitoes,” published in 2006, University of Greenwich researchers Gabriella Gibson and Ian Russell note an inspiring phenomenon: to find a partner of the right species type, male and female mosquitoes rely on their ability to “sing” in tune. Mosquitoes vary the buzzing sounds they produce by changing the frequency of their wing beats in flight. This phenomenon synchronizes the male and female wing beats to within a millisecond or less, allowing a harmonized buzz and mid-flight copulation. [ → 4 Meier, robin & Momeni, ali ]
Muscade [ f ] → Nom donné à une petite boule utilisée par les escamoteurs et les → prestidigitateurs dans leurs tours de magie, notamment les tours de → gobelets. Les muscades sont généralement en liège,

matériau connu pour sa légèreté. La similitude des petites boules avec les noix de muscade est à l’origine de leur nom. Parfois, le liège est enveloppé d’un tissu de couleur. L’expression « passez muscade », adoptée par le langage courant, se dit à propos d’une chose qui passe rapidement ou que l’on fait disparaître avec adresse. [ e ] → The name given to a small marble used by conjurers and magicians [ → prestidigitateur ] in their magic tricks, in particular tricks with cups [ → gobelet ]. “Muscades” are generally made of cork, a material known for its lightness. The little balls’ similarity to nutmegs (noix de muscade) lies behind their name. Sometimes the cork is wrapped in a coloured fabric. The expression “passez muscade” [hey presto!], adopted into everyday language, is used with regard to something that goes by quickly, or is skilfully made to disappear.

Recorded music [ f ] → L’apparition des premières techniques d’enregistrement et de rediffusion du son à la fin du xixe siècle marque le début d’une avalanche de bouleversements dans l’histoire de la musique. Edison dépose le brevet du premier phonographe en 1877. À la même époque, Berliner développe le gramophone. Marconi dépose un premier brevet de radioélectricité en 1896. Dès les premières années du xxe siècle, l’industrie du disque prend son essor. Le jukebox apparaît dans les bars américains. Il devient possible d’organiser des soirées dansantes et d’écouter de la musique en ne recourant qu’à des machines. Il devient également possible de sonoriser les projections cinématographiques. Pendant l’entre-deux-guerres, la radiodiffusion pénètre dans les foyers et jusque dans les automobiles. La musique s’industrialise et se démocratise. Elle devient un produit de consommation de masse. Le mode d’écoute des objets musicaux est démultiplié. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Columbia met au point le disque vinyle. Dans les années 1950, les vedettes de la pop music pulvérisent les records de vente. Plus puissante que jamais, l’industrie, qui dispose bientôt également de la télévision pour promouvoir les œuvres, dicte ses exigences aux artistes. La durée des morceaux, leur nombre, leur style et leur agencement répondent aux contraintes de la standardisation. Certains artistes s’emparent cependant de ces contraintes pour inventer de nouvelles esthétiques. Dans les studios EMI d’Abbey Road, les Beatles inventent avec Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) la notion d’album concept. À partir des années 1960, les discothèques et les clubs prennent une place de plus en plus importante dans la culture urbaine. Ils donnent naissance à des genres musicaux spécifiques comme le disco ou la house. La firme Philips met au point la minicassette audio qui amplifie le processus de démocratisation et ouvre la voie à de nouvelles pratiques du côté du public, comme le copiage et le piratage. Certains artistes, dont de nombreux DJ, s’approprient les machines et les supports mis au point par l’industrie. Ils les détournent de leur utilisation courante ou bien les poussent jusqu’aux limites de leurs possibilités. À la fin du xxe siècle, le développement de l’informatique provoque la révolution du numérique. Le CD commence à s’imposer à partir des années 1980. L’ordinateur s’invite dans les foyers. La musique enregistrée se dématérialise et continue à se démocratiser. Elle devient un objet d’échange, de stockage et de mixage illimités. La diffusion des fichiers MP 3, la multiplication des home studios

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et le téléchargement sur l’Internet provoquent une crise sans précédent de l’industrie du disque un siècle seulement après sa naissance. [ e ] → The appearance of the first sound recording and broadcasting techniques at the end of the 19th century initiated an avalanche of upheavals in the history of music. Edison lodged the patent of the first phonograph in 1877. At the same period, Berliner was developing the gramophone. Marconi lodged a first patent for radio electricity in 1896. At the start of the 20th century, the record industry took off. The jukebox made its appearance in American bars. It became possible to organize evening dances and listen to music, relying solely on machines. It likewise became possible to add sound to cinematographic projections. In the inter-war period, broadcasting made its way into private homes, and even into cars. Music was industrialized and democratized. It became a product of mass consumption. The means of listening to music increased in number. Just after World War II, Columbia perfected the vinyl disc. In the 1950s pop music stars smashed all sales records. The industry was more powerful than ever, and once it could avail itself of television to promote the works, it could dictate its terms to artists. The duration of the pieces, their quantity, their style and their presentation complied with the constraints of standardization. However, these restrictions inspired some artists to invent new aesthetic values. In EMI’s Abbey Road studios, the Beatles invented the idea of the concept album with Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967). From the 1960s discos and clubs occupied an increasingly important place in urban culture. They gave rise to specific musical genres like disco or house. The Philips company perfected the audio mini-cassette that furthered the democratization process and opened the way to new practices on the part of the public, like copying and pirating. Some artists, many of them DJs, appropriated the machines and supports perfected by the industry. They diverted them from their accepted use, or else pushed them to the very limits of their potential. At the end of the 20th century, the development of information technology triggered the digital revolution. CDs became popular during the 1980s. Computers made their way into private homes. Recorded music was dematerialized, and continued to become more democratic. It became an object of unlimited exchange, storage and mixing. The dissemination of MP3 files, the proliferation of home studios, and downloading on the Internet have caused an unprecedented crisis in the record industry, a mere century after its birth. [ → Backward messages ] [ → Merzbow ]

Mutants [ f ] → Comme les mutants, les artistes ont développé

une liberté de se mouvoir dans des sphères parallèles et comme les mutants, l’art fonde sa survie sur la → furtivité : notre radar ne permet pas à notre système interprétatif de déceler les indices alarmants. Visuellement, rien (ou presque) ne permet de distinguer un mutant d’un être humain, rien (ou presque) ne permet de distinguer une œuvre d’art d’un objet ordinaire. La différence est ailleurs. Mais dès qu’un mutant est identifié comme tel, il réintègre à nos yeux son statut d’origine (un → extraterrestre). Dès qu’une œuvre d’art est identifiée, elle abandonne son statut d’objet pour se transfigurer et rejoindre le monde de l’art. Ce qui compte, ce n’est pas la colonisation de nouveaux mondes. Les petits martiens verts aux rayons lasers – tout comme les artistes visionnaires aux pinceaux fous – s’en sont déjà chargés. Non, l’expansion continue de notre univers implique un mouvement de mise en glisse perpétuel, un cumul de l’identique activant une schizophrénie chronique, et l’art d’aujourd’hui travaille à ce développement. En génétique, une mutation est une modification irréversible de l’information génétique et héréditaire contenue dans un génome. C’est un phénomène spontané, dû à des erreurs dans le processus de réplication de l’ADN . Les mutations les moins favorables à la survie de l’individu sont éliminées par le jeu de la sélection naturelle. Les autres, favorables ou neutres, sont la principale source de diversité génétique, moteur de l’évolution. Dans certaines circonstances, le taux de mutation peut être augmenté par des facteurs physiques ou chimiques extérieurs, appelés agents mutagènes (→ ondes électromagnétiques, substances chimiques qui interagissent avec l’ADN tel que des pesticides). L’imaginaire contemporain qui s’est développé, dans la littérature et le cinéma de → science-fiction, autour de l’idée de créatures ou d’individus mutants semble donc avoir un rapport très lointain avec les dangers réels du phénomène de mutation génétique. Hybride d’homme et de mouche comme dans le film La Mouche (Kurt Naumann, 1958 ; David Cronenberg, 1986), super héros de la firme Marvel Comics, piranhas géants ou → moustiques tueurs des films de série Z… Ces créatures imaginaires semblent venir prendre la place auparavant occupée dans les → croyances populaires par les → monstres et autres créatures fantastiques pour assumer, dans la lignée de la créature du docteur Frankenstein de Mary Shelley, une fonction de réflexion sur les pouvoirs dont l’humanité s’est dotée grâce aux techno-sciences, sur les risques que celles-ci lui font encourir en

général et sur sa responsabilité collective. Le fleurissement d’un cinéma peuplé de mutants tels les célèbres hommes-champignons du film d’Ishiro Honda (Matango ou Attack of the Mushroom People, 1963) dans le Japon post-Hiroshima semble en être un indice. [ e ] → Like mutants, artists operate in parallel spheres and, like a mutant, art survives by being furtive [ → furtivité ] and by compromising our ability to establish clear interpretive sign-posts. Visually, nothing (or almost nothing) allows one to distinguish a mutant from a human being, and nothing (or almost nothing) allows one to distinguish a work of art from an ordinary object. The difference lies elsewhere. But as soon as a mutant is identified as such, he returns — we see it happen — to his original status of being an extraterrestrial [ → extraterrestre ]. As soon as a work of art is identified as such, it loses its status as an object only to be transfigured and returned to the world of art. This chronic schizophrenia is a defining characteristic of art-making today. What counts is not the colonization of new worlds but an accumulation of the identical. Art doesn’t invade or abandon one territory at the expense or in favour of another, but it constantly slides in and out of territories and across different spheres and personalities. In genetics, a mutation is an irreversible modification of the genetic and hereditary information contained in a genome. It is a spontaneous phenomenon caused by mistakes in the DNA ’s replication process. Mutations that are not conducive to the survival of the individual are eliminated by the intervention of natural selection. The other favourable or neutral ones are the main source of genetic diversity, the driving force of evolution. In some circumstances, the mutation rate can be increased by external physical or chemical factors called mutagenic agents (electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ], chemical substances such as pesticides that interact with DNA ). Therefore the scenario in the contemporary imagination that has developed in → science-fiction literature and films focusing on the idea of mutant creatures or individuals seems to have a very remote relationship to the real dangers of the phenomenon of genetic mutation. A hybrid of a human being and a fly as in the film The Fly (Kurt Naumann, 1958; David Cronenberg, 1986), superheroes from the Marvel Comics company, giant piranhas or killer mosquitoes [ → moustique ] in the Z series films: these imaginary creatures seem to have come and taken the place previously occupied in popular beliefs [ → croyance ] by monsters [ → monstre] and other fantastic creatures, and to have taken on, following

the creature created by Mary Shelley’s Dr Frankenstein, the role of thinking about the powers that humankind has given itself thanks to technology and science, the risks those powers cause it to run, and its collective responsibility. The flourishing of a cinema populated by mutants such as the famous mushroom people in Ishiro Honda’s film (Matango or Attack of the Mushroom People, 1963) in postHiroshima Japan seems to be a sign of this. [ → 4 Della negra, alain & Kinoshita, Kaori ] [ → 4 Mercier, Théo ]

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naUFraGe dU prestiGe

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Wreck of the Prestige [ f ] → En 2002, lors d’un transit entre la Lettonie et Singapour, le pétrolier le Prestige est pris dans une tempête dans l’océan Atlantique, au large de la Galice. Pour une raison demeurée mystérieuse, une brèche est ouverte dans la coque du navire. Le fioul commence à se répandre dans la mer. L’équipage est évacué. Inquiètes, les autorités espagnoles ordonnent le remorquage du Prestige vers le large. Le navire se brise et coule avec une partie de sa cargaison. Une immense marée noire souille les côtes de la Galice, de l’Aquitaine, de la Vendée et de la Bretagne. [ e ] → In 2002, in transit between Lithuania and Singapore, the oil tanker Prestige was caught in a storm on the Atlantic Ocean, off the coast of Galicia. For a still unexplained reason, the hull of the ship was breached. The fuel oil started to spread into the sea. The crew abandoned the ship. The concerned Spanish authorities ordered that the Prestige be towed out to sea. The ship broke in half and sunk with part of its cargo. A huge tide of black oil polluted the coasts of Galicia, Aquitaine, Vendée, and Brittany.

naufrage du Prestige / Wreck of the Prestige

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occUltisMe

ondes électroMaGnétiQUes

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Occultism [ f ] → Ensemble de courants spirituels et mystiques qui se développèrent principalement au xixe siècle. Parmi les grandes figures historiques de l’occultisme, on peut citer Alphonse Louis Constant (1810–1875), socialiste et kabbaliste français mieux connu sous le nom d’Éliphas Lévi, qui, dans son Histoire de la magie (1859), met en relation divers courants de la pensée ésotérique . Cet ouvrage, qui invente de fait l’occultisme, influença des artistes comme Arthur Rimbaud, J. K. Huysmans, André Breton et Erik Satie. Une autre source vérifiable est l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée, société ésotérique fondée à Londres au début du xxe siècle, dont → aleister Crowley (1875–1947) fut membre, puis apostat. Un portrait de Crowley figure sur la couverture d’un album des Beatles, Sergeant Pepper. Son imaginaire a inspiré, entre autres, certaines chansons de John Lennon et de David Bowie, preuve que l’ésotérisme a occupé une place importante au sein de la contre-culture et que Crowley y apparaissait comme le fondateur et l’incarnation même de l’occulte. [ e ] → A series of movements that mainly developed in the 19th century. Among the historical figures of occultism one can mention the French Socialist and Kabbalist, Alphonse Louis Constant (1810– 1857) better known as Éliphas Lévi, who brought together in his book The History of Magic (1859), several different strands of esoteric thought—in effect, inventing occultism —and influenced artists like Arthur Rimbaud, J. K. Huysmans, André Breton and Erik Satie. Another is The Hermetic Order of the Golden Dawn, an early 20th century esoteric society in London, and its renegade member, → aleister Crowley (1875 –1947). Crowley’s portrait was included on the cover of The Beatles’s Sergeant Pepper album, and his imagery finds its way into the songs of John Lennon and David Bowie among others, revealing Crowley’s position as a progenitor and avatar of the occult’s thriving within the counter-culture. [ → 1 Koester, Joachim ] [ → 1 MaTin DES MaGiCiEnS (L E) ] [ → Spiritisme ]
ondes cérébrales

des fréquences comprises entre 8,5 et 12 Hz. Elles caractérisent un état de conscience apaisé et sont principalement émises lorsque le sujet a les yeux fermés. Les ondes Bêta (fréquences comprises entre 12 Hz et 45 Hz) apparaissent en période d’activité intense, de concentration ou d’anxiété. Les fréquences supérieures à 24 Hz, généralement d’environ 40 Hz, sont parfois dénommées Gamma. Elles ont été récemment impliquées dans les processus de liage perceptif. Les ondes Delta (fréquences jusqu’à 4 Hz), normales chez le très jeune enfant, peuvent ensuite caractériser certaines lésions cérébrales. Les ondes Thêta (fréquences entre 4,5 et 8 Hz), observées principalement chez l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte, caractérisent également certains états de somnolence ou d’hypnose ainsi que lors de la mémorisation d’informations. [ e ] → Electromagnetic oscillation resulting from the electrical activity of brain, such as can be observed in electroencephalography (EEG ). These waves are very weak, somewhere in the microvolt range in human beings. Several types of waves cam be distinguished. Alpha waves have frequencies lying between 8.5 and 12 Hz. They are characteristic of a calm state of consciousness, and are emitted mainly when the subject’s eyes are closed. Beta waves (frequencies lying between 12 Hz and 45 Hz) appear at periods of intense activity, concentration or anxiety. Frequencies higher than 24 Hz, generally around 40 Hz, are sometimes called Gamma waves. They have recently been implicated in the processes of perceptual binding. Delta waves (frequencies up to 4 Hz), normal among very young children, can later characterize certain types of brain damage. Theta waves (frequencies between 4.5 and 8 Hz), observed mainly in children, adolescents and young adults, are also characteristic of some states of somnolence or hypnosis, and are also observed when information is being memorized. [ → Basse fréquence ] [ → 2 Berger, hans ] [ → Corticalart ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → étincelles du cerveau ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ]
ondes électroMaGnétiques

onde électromagnétique se déplaçant à la vitesse de la → lumière, dans une direction perpendiculaire à celle des lignes de champs électriques et magnétiques. Ces champs varient sinusoïdalement en fonction du temps. [ e ] → Model representing types of electromagnetic radiation. The presence of an electrical field and a magnetic field that are perpendicular to one another and vary in time produces an electromagnetic wave that moves at the speed of light [ → lumière ] in a direction perpendicular to that of the electrical and magnetic field lines. These fields vary sinusoidally according to time. [ → atmosphériques ] [ → Basse fréquence ] [ → Bobines de Tesla ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → h.a.a.r.P. ] [ → Pollution électromagnétique ] [ → Tesla, nikola ]
ondes électroMaGnétiques (effets)

Brainwaves [ f ] → Oscillation électromagnétique résultant de l’activité électrique du cerveau telle qu’on peut l’observer en électroencéphalographie (EEG ). Ces ondes sont de très faible amplitude, elles sont de l’ordre du microvolt chez l’être humain. On distingue plusieurs types d’ondes. Les ondes Alpha ont

Electromagnetic waves [ f ] → Modèle de représentation des rayonnements électromagnétiques. La présence d’un champ électrique et d’un champ magnétique, perpendiculaires l’un à l’autre et variant dans le temps, produit une

Electromagnetic waves (effects) [ f ] → On prête aux champs et rayonnements électromagnétiques de nombreux effets (physiques, psychiques et physiologiques), même si leur causalité n’est pas démontrée. Effets physiques : panne de courant, panne d’allumage moteur, perturbation voire explosion d’équipements électriques ou électroniques, ou mise en marche « spontanée », perturbation des fréquences radio et télé, décharge accélérée de piles ou de batteries, boussole affolée, goût métallique dans la bouche, fausse détection radar, anomalies photographiques, phénomènes de « poltergeist » (coups frappés, explosion d’ampoule, déplacement d’objet, condensation de l’humidité ambiante, objet s’enflammant…). Effets psychiques : hallucinations, voire accès à un autre niveau de réalité ou sorte d’« univers parallèle » – les hallucinations peuvent être visuelles (→ apparitions, magnétophosphènes, flashs lumineux, baisse de la luminosité…), sonores (voix, son suraigu, bourdonnements, craquements…), olfactives, gustatives ou tactiles (baisse de la température, sensation de courant d’air…) –, perturbation du fonctionnement des zones du langage (difficulté d’élocution, expression incompréhensible « en langues », voix intérieure), perception d’un silence anormal, impression de flottement ou de décorporation, impression subjective du retrait du cerveau de la tête, sensation de la présence de quelqu’un, de harcèlement ou d’être suivi, impression de « → déjà-vu », dépression, angoisse, agitation, peur panique, euphorie, soulagement de la douleur, amnésie temporaire, effets radiesthésiques, apparitions de « dons ». Effets

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ontoloGie

orGanisation scientiFiQUe dU traVail

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physiologiques : sensation de fatigue, endormissement, sommeil profond, réveil brusque, paralysie temporaire (akinésie) ou au contraire contractions musculaires spontanées (fasciculation), poussée de fièvre, nausées, hérissement des poils, tachycardie, avortement spontané, accélération de la régénération osseuse après une fracture ou tissulaire après une blessure, guérison « miraculeuse », marques rouges (production d’histamine), élévation de la température pouvant entraîner l’échauffement des tissus jusqu’à leur carbonisation, irradiation, mort du sujet. [ e ] → Many effects—physical, psychological and physiological—are attributed to electromagnetic fields and radiation, even it their causality has not been demonstrated. Physical effects: power failure, ignition failure, disruption or even explosion of electrical or electronic equipment, or “spontaneous” start-up, disturbance of radio and TV frequencies, accelerated discharge of batteries, wildly fluctuating compasses, a metallic taste in the mouth, wrong radar detection, photographic anomalies, poltergeist phenomena (knocking noises, explosion of light bulbs, displacement of objects, condensation of ambient humidity, objects bursting into flames…). Psychological effects: hallucinations, or even access to a different level of reality or sort of “parallel universe”—the hallucinations can be visual (→ apparitions, magnetophosphenes, flashes of light, drop in light level…), auditory (voices, very high-pitched sound, buzzing noises, creaking noises…), olfactory, gustatory or tactile (drop in temperature, feeling of a draught…)—, disturbance in the functioning of the language zones (difficulty in speaking, speaking incomprehensibly “in tongues”, inner voice), perception of an abnormal silence, impression of floating or “out-of-body” experience, subjective impression of brain withdrawing from the head, sensation of someone being present, of harassment or of being followed, “→ déjà-vu” impressions, depression, anxiety, agitation, panic fear, euphoria, relief from pain, amnesia during a short period of time due to effects of radiesthesia, appearance of “gifts”. Physiological effects: feeling of tiredness, drowsiness, deep sleep, sudden awakening, temporary paralysis (akinesia) or on the contrary spontaneous muscular contractions (fasciculation), spiking fever, nausea, hair standing on end, tachycardia, spontaneous abortion, speeding up of bone regeneration after a fracture or of tissue regeneration after a wound, “miracle” cures, red blotches (production of histamine), rise in temperature that may lead to the warming-up of the tissues to the point where they are carbonized, irradiation, death of the subject.

[ → antenne relais ] [ → autocombustion ] [ → 3 Begich, nick ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → hallucinations télépathiques ] [ → h.a.a.r.P. ] [ → Sensibilité électromagnétique ] [ → Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ] [ → Tesla, nikola ]
ontoloGie

Ontology [ f ] → En philosophie, l’ontologie se définit comme la science de l’être. Elle est une branche de la métaphysique. Appliquée au champ de la philosophie esthétique, l’ontologie s’intéresse à la définition de l’œuvre d’art. Elle interroge son essence et ses caractéristiques propres : en quoi l’œuvre d’art est-elle différente des autres objets ? Qu’est-ce qui la distingue ? Selon quel critère la reconnaît-on ? Existe-t-il une frontière entre le monde des œuvres d’art et celui des autres objets ? Cette frontière estelle définissable ? Est-elle franchissable ? Le débat sur l’ontologie de l’œuvre d’art connaît vraisemblablement l’épisode le plus étonnant de son histoire au début du xxe siècle lorsque sont exposés les ready-mades de → Marcel Duchamp : Roue de bicyclette (1913), Porte-bouteilles (1914), Fontaine (1915). Les ready-mades se présentent de façon paradoxale. Ils désacralisent violemment l’œuvre d’art en ravalant celle-ci au rang des objets ordinaires. En même temps, ils la légitiment de façon exemplaire en démontrant son extraordinaire pouvoir de métamorphose des objets ordinaires. Autrement dit, les ready-mades signent l’acte de décès de l’œuvre d’art en même temps qu’ils en garantissent l’immortalité. Ils prouvent que l’intervention de l’artiste peut se réduire de façon exponentielle sans que l’œuvre d’art ne perde un seul instant de son pouvoir, et que ce dernier dépend pour beaucoup de l’intelligence du contexte. Ils montrent également que la question de l’ontologie de l’œuvre d’art est certainement plus complexe et plus insaisissable qu’on ne pouvait le soupçonner. [ e ] → In philosophy, ontology is defined as the science of being. It is a branch of metaphysics. Applied to the field of aesthetic philosophy, ontology is interested in the definition of the work of art. It questions its essence and its special characteristics: In what respect does the work of art differ from other objects? What makes it distinct? What criterion do we use to recognize it? Is there a frontier between the world of works of art and that of other objects? Can that frontier be defined? Can

it be crossed? The debate about the ontology of the work of art experienced what is probably the most amazing episode in its history at the beginning of the 20th century when → Marcel Duchamp’s readymades were exhibited: Bicycle Wheel (1913), Bottle Rack (1914), and Fountain (1915). Readymades are paradoxical in the way they present themselves. They violently divest the work of art of its sacred aura by lowering it to the rank of an ordinary object. At the same time, they legitimize it in an exemplary way by demonstrating its extraordinary power to metamorphose ordinary objects. In other words, readymades sign the death certificate of the work of art at the same time as they guarantee its immortality. They prove that the artist’s intervention can be exponentially reduced without the work of art losing its power for a single instant, and that that power depends a great deal on understanding its context. They likewise show that the question of the ontology of the work of art is certainly more complex and elusive than we might suspect. [ → abandon de l’art ] [ → inframince ] [ → Journal de Thoreau (Le) ]
operational theory research institute (otri) [ f ] → Think tank créé par l’armée israélienne en 1996

in the context of “low intensity fighting” in the Middle East. With General (res.) Shimon Naveh at its head, the OTRI was thus able to call upon the officers of Tzahal to read the essays of Georges Bataille, Gregory Bateson, Gilles Deleuze or indeed Bernard Tschumi. While internal struggles for influence within the Israeli general staff led to its closure in spring 2006, the failure of the operations launched against Gaza and Lebanon that summer, led by Aviv Kochavi and Gal Hirsch respectively, both graduates of the Institute, seemed to confirm the superfluous intellectualism and lack of practical effectiveness of its set of doctrines. Nonetheless, Shimon Naveh is currently working as an adviser on “Expeditionary Warrior” operational experimentation for the US Marine Corps Development Command. [ → Essaimage ] [ → Géométrie inverse ] [ → 1 Weizman, Eyal ]
oraGe MaGnétique

afin que militaires, universitaires civils et experts en technologie travaillent à repenser ensemble, sur un plan tant théorique que pratique, les possibilités d’action tactiques et stratégiques de Tsahal dans le cadre du « conflit de basse intensité » moyen-oriental. Sous la direction du général de réserve Shimon Naveh, l’OTRI a ainsi pu enjoindre les officiers de Tsahal à lire les essais de Georges Bataille, Gregory Bateson, Gilles Deleuze ou encore Bernard Tschumi. Si des luttes d’influence internes à l’état-major israélien ont amené à sa fermeture au printemps 2006, l’échec des opérations lancées contre Gaza et le Liban l’été suivant, menées respectivement par Aviv Kochavi et Gal Hirsch, tous deux diplômés de l’Institut, a semblé sanctionner l’intellectualisme superflu et le manque d’efficacité pratique de son corps de doctrines. Shimon Naveh travaille néanmoins aujourd’hui comme conseiller à l’expérimentation opérationnelle « Expeditionary Warrior » (corps expéditionnaire) pour l’US Marine Corps Development Command. [ e ] → A think tank established by the Israeli army in 1996 so that the military, civilian university staff and technological experts could work together to rethink, at both a theoretical and practical level, Tzahal’s tactical and strategic options for action

Magnetic storm [ f ] → Appelé également tempête magnétique, l’orage magnétique est une perturbation du magnétisme terrestre liée aux variations de l’activité solaire. Les orages magnétiques ont pour principaux effets des perturbations importantes de la propagation des ondes radioélectriques dans → l’ionosphère ainsi que l’apparition des → aurores boréales. [ e ] → Magnetic storms, also referred to as geomagnetic storms, are a disturbance of the earth’s magnetism associated with variations in solar activity. Their main effects are major disturbances in the spread of radio-electric waves into the ionosphere [ → ionosphère ] and the appearance of the aurora borealis [ → aurore boréale ].
orGanisation scientifique du travail

Scientific management [ f ] → « Inspirée à l’origine par la décision d’introduire l’efficacité propre à la machine et un rendement accru dans l’usine américaine, une nouvelle conception du travail, en grande partie issue des principes d’organisation scientifique formulés en 1911 par Frederick Winslow Taylor, mettait en avant la standardisation des méthodes de travail, des outils et des pièces, les techniques de chaînes de montage, la division du travail en tâches minutieuses, hautement spécialisées, et le plus grand degré possible de précision mécanique dans le processus de fabrication. Les études de cadences, les nouvelles méthodes de formation, le contrôle et la planification de la production finirent par transformer non seulement le rôle de l’ouvrier, mais encore

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orGanisation scientiFiQUe dU traVail

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l’environnement de l’usine. Les résultats remarquables de l’organisation scientifique du travail ne furent pas longs à être salués. Les principes furent mis en pratique dans les bureaux, les organismes d’État et dans toutes sortes d’entreprises. La cafétéria, qui fit sa première apparition à Chicago en 1907, fut un éclatant exemple du nouveau rendement scientifique, et de fait le déclin de la pension de famille, à partir du tournant du siècle, a été expliqué, entre autres, par l’essor de l’organisation scientifique du travail, avec ses critères d’une plus grande propreté et d’une plus grande efficacité dans les restaurants. Dans La Mécanisation au pouvoir, Siegfried Giedion a décrit la façon dont les principes de Taylor entraînèrent la transformation de la cuisine et de la salle de bains américaines. La discipline nouvelle d’économie du foyer, ou de science domestique, avait un même point de départ, et au cours des premières décennies du xxe siècle l’opinion générale voulait que le foyer américain fût bientôt entièrement repensé, en accord avec les principes de l’organisation scientifique du travail, pour devenir (selon un partisan de la nouvelle conception du travail) “une usine dirigée par la ménagère afin de produire de jeunes citoyens”. » → 4 John Brinckerhoff Jackson, « Style artisanal et style industriel », in À la découverte du paysage vernaculaire, Actes Sud, Arles, 2003 [ e ] → “Originally inspired by a determination to introduce mechanical efficiency and greater production into the American factory, a new philosophy of work derived in large part from the principles of scientific management formulated in 1911 by Frederick Winslow Taylor emphasized standardization of work methods, tools, and parts, assembly-line techniques, division of labour into small, highly specialized tasks, and the greatest possible degree of mechanical precision in the manufacturing process. Time-and-motion studies, new methods of training, supervision, and production planning eventually transformed not only the role of the worker but the environment of the factory as well. The remarkable achievements of scientific management were not long in being recognized. The principles were applied in offices, government agencies, and many types of business enterprise. The cafeteria, which made its first appearance in Chicago in 1907, was a conspicuous example of the new scientific efficiency, and in fact the decline of the boarding house beginning at the turn of the century has been partly ascribed to the advent of scientific management with its higher standards of cleanliness and efficiency in restaurants. In Mechanization Takes Command, Siegfried Giedion has described how Taylor’s

principles led to the transformation of the American kitchen and bathroom. The new discipline of home economics or domestic science derived from the same source, and during the first decades of the 20th century it was widely assumed that the American home would soon be radically redesigned in accord with the principles of scientific management to become (according to one proponent of the new work philosophy) ‘a factory under the management of the housewife for the production of young citizen’.” → 4 John Brinckerhoff Jackson, “Craftsman Style and Technostyle” in Discovering the Vernacular Landscape, Yale University Press, 1984 [ → Production industrielle ]
orGone [ f ] → Terme créé par le psychanalyste Wilhelm Reich

(1897–1957) pour désigner le support physique et chimique qu’il prêtait à l’énergie libidinale. → 1 William S. Burroughs possédait une « cabine à orgone » censée augmenter l’énergie sexuelle et les capacités cérébrales. [ e ] → Term coined by the psychoanalyst Wilhelm Reich (1897–1957) to designate the physical and chemical basis he attributed to libidinal energy. → 1 William S. Burroughs owned an “orgone accumulator,” thought to increase sexual energy and brain power. [ → 1 Leary, Timothy ]
ouroboros

qui procède du conflit des opposés, et par conséquent constitue le secret du matériau premier qui […] sans aucun doute provient de l’inconscient de l’homme. » Carl Gustav Jung, Œuvres complètes, Vol. xiv [ e ] → A Greek word referring to the figure of a serpent or a dragon that bites its own tail. The oldest occurrences of this symbol are found in Egyptian inscriptions dating from the 16th century BC . Marking the boundary between the noun—the primordial ocean—and the ordered world, for the Ancient Egyptians it symbolized the cycle of time. In his interpretation of humankind’s age-old symbols the psychoanalyst Carl Gustav Jung was interested in the figure of the uroboros and its relationship to alchemy. “In the age-old image of the uroboros lies the thought of devouring oneself and turning oneself into a circulatory process, for it was clear to the more astute alchemists that the prima materia of the art was man himself. The uroboros is a dramatic symbol for the integration and assimilation of the opposite, i.e. of the shadow. This ‘feed-back’ process is at the same time a symbol of immortality, since it is said of the uroboros that he slays himself and brings himself to life, fertilises himself and gives birth to himself. He symbolises the One, who proceeds from the clash of opposites, and he therefore constitutes the secret of the prima materia which […] unquestionably stems from man’s unconscious.” Carl Jung, Collected Works, Vol. 14 [ → 4 Dorotte, antoine ]

Uroboros [ f ] → Nom grec désignant la figure d’un serpent ou d’un dragon qui se mord la queue. On retrouve les plus anciennes occurrences de ce symbole dans des inscriptions égyptiennes datant du xvie siècle avant notre ère. Marquant la limite entre le noun – l’océan primordial – et le monde ordonné, il symbolisait pour les anciens Égyptiens le cycle du temps. Le psychanalyste Carl Gustav Jung, dans son interprétation des symboles ancestraux de l’humanité, s’est intéressé à la figure de l’ouroboros dans son rapport avec l’alchimie. « Dans l’image ancestrale de l’ouroboros résident la pensée de la dévoration de soi et celle de la transformation de soi en un processus circulaire, tant il était clair aux plus astucieux des alchimistes que la matière première de l’art est l’homme lui-même. L’ouroboros est le symbole dramatique de l’intégration et de l’assimilation à l’opposé, c’est-à-dire à l’ombre. Ce processus en “retour” est dans le même temps symbole d’immortalité, puisqu’il est dit que de lui-même l’ouroboros s’occit, se ramène à la vie, se fertilise et se donne naissance. Il symbolise l’Un,

par
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paradoXe des JUMeaUX

pHysiQUe QUantiQUe

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paradoxe des juMeaux

Twin paradox [ f ] → Expérience fictive imaginée par Albert → 1 Einstein pour illustrer la dilatation du temps prévu par sa théorie de la → relativité. Si un homme ayant un frère jumeau partait pour un voyage dans l’espace en se déplaçant à une vitesse proche de celle de la → lumière, il trouverait, à son retour sur Terre, son frère jumeau plus vieux que lui. [ e ] → A fictitious experiment dreamt up by Albert → 1 Einstein to illustrate the time dilation foreseen by his theory of relativity [ → relativité ]. If a man with a twin brother set out on a journey in space, moving at a speed close to that of light [ → lumière ], on his return to Earth he would find his twin brother older than himself. [ → Espace-temps ] [ → Physique quantique ]
pépluM [ f ] → Genre cinématographique qui naît en Italie

dans les années 1910, le péplum ne porte toutefois son appellation que depuis 1963. C’est la bande de cinéphiles français du Mac-Mahon, emmenée par Bertrand Tavernier, qui apprécie ce genre de films d’aventures en costume qui le baptise ainsi. Il s’agit sans doute d’une version latinisée du terme grec peplos, désignant un vêtement féminin, mais peut-être aussi une tunique. Ce serait alors une référence au film de Henry Koster, La Tunique (1953), première démonstration du procédé Cinémascope. Une fois lancé en France en 1963, le terme est repris internationalement pour désigner des films d’aventures dont le contexte est l’Antiquité, la Rome antique, une Grèce plus ou moins légendaire, l’Égypte ancienne. Dans certains films, les héros antiques voyagent dans le temps, voire dans l’espace. Après son printemps italien d’avant la première guerre mondiale, le genre disparaît dans les années 1920 pour refleurir dans les années 1950 et 1960, principalement grâce aux industries cinématographiques italienne et américaine. Il est alors un cocktail des meilleurs ingrédients pour un spectacle populaire réussi : des héros virils incarnés par des comédiens au physique de culturiste, des femmes – impératrices ou esclaves – dont la plastique est soulignée par des tuniques satinées, de l’action, de la passion, le tout en technicolor. Le genre s’essoufflant dans les années 1970 trouve dans le péplum érotique un nouvel élan, notamment avec Messaline, impératrice et putain de Sergio Corbucci en 1977 et le Caligula de Tinto Brass en 1979. [ e ] → A cinematic genre which first saw the light of day in Italy between 1910 and 1920, the péplum— sword-and-sandals epic—has only been known as

such since 1963. It was the group of French film enthusiasts from the Mac-Mahon cinema, led by Bertrand Tavernier, that enjoyed this type of costume adventure film and gave the genre its name. No doubt it is a Latinate version of the Greek word peplos, designating a female garment, but perhaps also a tunic. In that case it would be a reference to Henry Koster’s film, The Robe (1953), the first demonstration of the Cinemascope process. After being launched in France in 1963, the term was adopted internationally to describe adventure films set in Antiquity, Ancient Rome, a more or less legendary Greece, or Ancient Egypt. In some films the antique heroes travel in time, or indeed in space. After thriving in Italy before the First World War, the genre disappeared in the 1920s to flourish again in the 1950s and 1960s, mainly thanks to the Italian and American film industries. It was then a cocktail of the best ingredients for producing a successful popular spectacle: manly heroes embodied by actors with body-builders’ physiques, women—empresses or slaves—whose curves are emphasized by satin-finish tunics, action, passion, the whole thing in Technicolor. The genre ran out of steam in the 1970s but found new impetus with the erotic péplum, in particular Sergio Corbucci’s Messalina Venere Imperatrice in 1977 and Tinto Brass’s Caligula in 1979. [ → 4 hercule ] [ → 4 hervé, Louise & Maillet, Chloé ] [ → Maciste ]
perGola [ f ] → De l’époque romaine à aujourd’hui, de la treille

physique quantique

médiévale aux vastes tonnelles du xviie siècle, jusqu’au mouvement Arts & Crafts et aux réinterprétations les plus contemporaines, la pergola est une forme bien ancrée dans la tradition en matière d’organisation de l’espace. À la frontière entre intérieur et extérieur, utilisée pour préserver du soleil, étayer la végétation et créer un espace de détente, la pergola demeure un élément architectural quasi irremplaçable. [ e ] → From the Romans to the present day, from the medieval arbour to the huge bowers of the 17th century, the Arts & Crafts movement and its most contemporary reinterpretations, the pergola is a form deeply anchored in tradition as regards the organization of space. At the borderline between inside and outside, used to shield from the sun, prop up vegetation and create a space to relax, the pergola remains an almost irreplaceable architectural element. [ → architecture vernaculaire ] [ → Vernaculaire ]

Quantum physics [ f ] → Élaborée dans les premières décennies du xxe siècle pour décrire et expliquer le comportement de la matière à l’échelle atomique, dont la physique classique s’avérait incapable de rendre compte, la physique quantique nous donne à concevoir un univers étrange, fort éloigné de nos repères quotidiens. La réalité dont cette science se préoccupe est pourtant bien la nôtre, l’espace, la matière et le temps qu’elle explore sont ceux qui nous environnent. Dès lors, les outils conceptuels qu’elle met en place ouvrent de nouvelles perspectives sur le monde. Avant tout, la physique quantique établit l’existence d’univers parallèles, à partir de l’analyse théorique de ce qui nous échappe à l’échelle microscopique. Cette part invisible de la réalité, bien plus vaste et plus complexe que ce que nous percevons, se comporte à peu près de la même manière que la partie visible, si ce n’est qu’elle s’organise en une infinité de regroupements comme autant de copies du « monde visible ». Ainsi, selon le physicien David Deutsch, « la réalité se comporte comme un multivers, une entité énorme qui, à grande échelle, possède une structure correspondante à plusieurs copies de l’univers tel qu’il est décrit par la physique classique, mais qui, à plus petite échelle, est un système unique et unifié. » S’il peut y avoir plusieurs univers, et autant de copies d’êtres et d’objets, il n’y a par contre qu’une réalité qui les « comprend » tous. L’art pourrait être l’un de ces univers parallèles : il partage des objets et des points communs avec notre univers quotidien, se manifeste à ses intersections, y est parfois invisible, parfois spectaculaire. Il n’est pas soumis exactement aux mêmes lois, mais, de même que les interactions déterminant la structure de la matière ont un impact à toutes les échelles, ses effets se répercutent et heurtent les autres couches du réel. Entre la chose de l’autre monde, le quotidien et l’œuvre d’art, tout est affaire de densité, d’interactions, de forces et d’efforts, plus souvent cérébraux, il est vrai, qu’à proprement parler physiques. [ e ] → Quantum physics was elaborated in the first decades of the 20th century to describe and explain the behaviour of matter at the atomic scale, which traditional physics proved incapable of accounting for. It asks us to conceive of a strange universe, very far removed from our everyday points of reference. The reality with which this science is concerned is nonetheless our reality; the space, matter and time it explores are those that surround us. This means that the conceptual tools it creates open up new views of the world. Above all, quantum

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pHysiQUe QUantiQUe

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physics establishes the existence of parallel universes, based on the theoretical analysis of what escapes us at the microscopic scale. This invisible portion of reality, far huger and more complex than what we perceive, behaves in much the same way as the visible part, except that it is organized in an infinity of regroupings, like so many copies of the “visible” world. Thus, according to the physicist David Deutsch, “reality behaves as a multi-verse, a huge entity which, on a large scale, has a structure corresponding to several copies of the universe as it is described by traditional physics, but which, on a smaller scale, is a single, unified system.” If there can be several universes, and the same number of copies of beings and objects, on the other hand there is only one reality which “comprises” them all. Art could be one of those parallel universes: it shares objects and points in common with our everyday universe, shows up at its intersections, is sometimes invisible in it, and sometimes spectacular. It is not subject to exactly the same laws, but, just as the interactions determining the structure of matter have an impact at every scale, its effects have repercussions and bump into other layers of reality. Between the thing from the other world, the everyday world, and the work of art, everything is a question of density, interactions, forces and efforts, as often as not cerebral efforts, it is true, more than ones that are properly speaking physical. [ → 1 Deutsch, David ] [ → Matière ] [ → 2 Mendeleïev, Dimitri ]
pinetti, Giuseppe [ f ] → 1750–1800. Célèbre prestidigitateur né en Tos-

Péplum Affiches de film / Movie posters

Pergola

cane, il obtient ses premiers succès en Italie avant de se produire à Paris sous le règne de Louis XVI au théâtre des Menus Plaisirs du Roi. Il se fait alors appeler « chevalier Joseph Pinetti ». Il est l’auteur d’un des tout premiers traités de prestidigitation intitulé Amusements physiques (1784) où l’on peut apprendre la « manière de faire meugler, comme si elle était en vie, une tête de veau cuite et servie sur une table », « le moyen d’éteindre deux bougies et d’en allumer deux autres, éloignées des premières d’environ trois pieds, par un coup de pistolet chargé à poudre comme à l’ordinaire » ou encore « la manière d’enlever la chemise à quelqu’un sans le déshabiller et sans avoir besoin de compère ». S’intéressant autant à l’expérimentation scientifique qu’à la mise en scène, il apparaît de nos jours comme l’un des pionniers de la prestidigitation moderne. Dans Une vie d’artiste, Mémoires entremêlés de fiction, → Jean-Eugène robert-houdin met en scène une rivalité haineuse entre Giuseppe

Pinetti et le comte Edmond de Grisy, dit Torroni. Jaloux et inquiet du succès grandissant du jeune comte, Pinetti lui tend un piège en sabotant une importante représentation à Naples. Humilié, Torroni cherche à se venger. Il devance Pinetti dans ses tournées et présente, avec davantage d’adresse, les mêmes tours que ce dernier. Pinetti s’enfuit jusqu’en Russie où il meurt ruiné et malade. [ e ] → 1750–1800. A famous magician born in Tuscany who had his first successes in Italy before performing in Paris at the Menus Plaisirs du Roi theatre, during the reign of Louis XVI . He then described himself as “chevalier Joseph Pinetti”. He was the author of one of the very first treatises on magic and conjuring, entitled Amusements physiques (1784). In it we can learn “how to make a calf’s head, cooked and served on a table, moo as if it were alive”, “the means of extinguishing two candles and lighting two others, about three feet apart, by a shot from a pistol normally loaded with powder”, or again “how to remove someone’s shirt without undressing him and without needing a confederate”. He was interested in scientific experimentation and in staging, and is nowadays considered as one of the pioneers of modern magic and conjuring. In Une vie d’artiste, memoirs interspersed with fiction, → Jean-Eugène roberthoudin describes a hostile rivalry between Giuseppe Pinetti and the Comte Edmond de Grisy, known as Torroni. Jealous, and worried by the young count’s growing success, Pinetti set a trap for him by sabotaging a major performance in Naples. Torroni was humiliated, and sought to avenge himself. He went ahead of Pinetti on his tours and presented the same tricks as he did, but with greater skill. Pinetti fled to Russia where he died, ruined and ill. [ → Prestidigitateur ]
pirate → 1 Bellamy, Samuel, → 1 Capitaine Misson, → 1 Kidd, William, → 1 Teach, Edward playboy [ f ] → Magazine masculin américain créé par

Hugh Hefner. Son premier numéro, paru en décembre 1953, porte une photographie de Marilyn Monroe en couverture. Le magazine devient vite célèbre et populaire pour ses photographies de femmes nues, ses articles de life style et sa ligne politique libertarienne qui allie l’affirmation de la liberté de l’individu face aux pressions de la société (notamment au rigorisme moral du protestantisme américain) et une philosophie de la réussite individuelle conforme au modèle social

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pollUtion électroMaGnétiQUe

porcia

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dominant. Pour son deuxième numéro, Art Paul, directeur artistique du magazine pendant trente ans, dessine la silhouette du lapin portant un nœud papillon. Celui-ci est immédiatement adopté comme logo et mascotte, évoquant avec humour un idéal de performance sexuelle. En 1970, la bibliothèque du Congrès des États-Unis lance une édition en braille du magazine masculin, ne contenant ni image ni publicité, qui devient le premier magazine de charme à intégrer ce programme spécial à l’attention des malvoyants. [ e ] → An American men’s magazine created by Hugh Hefner. The first issue, published in December 1953, had a photograph of Marilyn Monroe on the cover. The magazine rapidly became famous and popular for its photographs of naked women, its lifestyle articles, and its libertarian political stance that combined the assertion of the individual’s freedom in the face of society’s pressures (specifically the moral strictness of American Protestantism) and a philosophy of individual success in line with the dominant social model. For the second issue, Art Paul, the magazine’s artistic director for thirty years, drew the silhouette of a rabbit wearing a bow tie. It was immediately adopted as a logo and mascot, a humorous evocation of an ideal of sexual prowess. In 1970, the library of the United States Congress launched a Braille edition of the men’s magazine, containing neither pictures nor advertising, that became the first popularappeal magazine to be included in this special program intended for the partially sighted. [ → 4 FrESh hELL ] [ → 4 Bloom, Barbara ]
pledGe [ f ] → voir p. 160 [ e ] → see p. 160 [ → Prestige ] [ → Turn ] pollution électroMaGnétique

atmosphérique). Ce phénomène dépend essentiellement de la puissance, de la fréquence et de la durée d’exposition. Un rayonnement électromagnétique est dit « ionisant » à partir du moment où il possède suffisamment d’énergie pour arracher des électrons aux atomes exposés. Bien qu’elles fassent l’objet de controverses, de nombreuses études ont mis en évidence qu’une exposition prolongée à des rayonnements de forte intensité pouvait augmenter le risque de tumeurs du cerveau, de leucémie et de troubles du sommeil notamment. [ e ] → A physical phenomenon describing the exposure of living creatures or equipment to an electromagnetic field emitted by electrical equipment (medical imaging; industrial devices for measuring, sterilizing or producing electricity; relay masts [ → antennes relais ] ; IT , radio and audiovisual networks; high-voltage lines; radar systems; electrical household equipment and consumer electronics such as microwave ovens, television sets and computers) or occurring naturally (electric charges present in the atmosphere, magnetic fields arising from solar and atmospheric activity). This phenomenon basically depends on the power, frequency and length of exposure. Electromagnetic radiation is said to be “ionizing” as soon as it has enough energy to snatch electrons from the atoms exposed. Numerous studies, albeit disputed, have shown that prolonged exposure to high-intensity radiation could increase the risk of brain tumours, leukaemia and sleeping problems in particular. [ → 3 Begich, nick ] [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → h.a.a.r.P. ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ]
porcia (bataille de)

Pirates Stede Bonnet

Pirates Edward England

Electrosmog [ f ] → Phénomène physique décrivant l’exposition d’êtres vivants ou d’appareils à un champ électromagnétique émis par des appareils électriques (imagerie médicale ; dispositifs industriels de mesure, de stérilisation ou de production d’électricité ; → antennes relais ; réseaux informatiques, radiophoniques, audiovisuels ; lignes à haute tension ; radars ; appareils électroménagers et électroniques grand public tels que fours à micro-ondes, téléviseurs et ordinateurs) ou d’origine naturelle (charges électriques présentes dans l’atmosphère ; champs magnétiques issus de l’activité solaire et

Porcia (Battle of) [ f ] → Du 1er au 3 mai 1809, les troupes françaises et italiennes affrontent les troupes autrichiennes sur la commune de Porcia en Frioul-VénétieJulienne. Le 16 avril 1809, en dépit de l’infériorité numérique de ses troupes et contre l’avis de son état-major, Eugène de Beauharnais, fils adoptif de l’Empereur Napoléon et vice-roi d’Italie, avait lancé, à Sacile, l’offensive contre les troupes de l’Archiduc d’Autriche Jean. Après avoir subi de lourdes pertes (trois mille morts et trois mille cinq-cents blessés), les troupes franco-italiennes durent se replier en désordre derrière le fleuve Tagliamento, puis derrière la Livenza. Eugène de Beauharnais lança une contre-attaque depuis ses positions de repli le 28 avril 1809. Bénéficiant de l’appui de l’armée allemande, les armées

Pirates Howell Davis

Pirates Bartholomew Roberts

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positron

postcolonial

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Pledge
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Mot anglais que l’on peut traduire par « engagement » ou « promesse ». The pledge, ou « la présentation », est le nom de la première étape d’un tour de magie selon la théorie du → prestidigitateur Alfred Borden dans le roman The Prestige de → Christopher Priest.
[f] →

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[ e ] → A commitment or promise. The pledge is the name given to the first stage of a magic trick according to the theory of the magician [ → prestidigitateur ] Alfred Borden in the novel The Prestige by → Christopher Priest.

~~~

napoléoniennes menèrent à partir de là une série de batailles jusqu’à la victoire finale à Wagram le 6 juillet 1809. En 2009, sous l’égide de la commune de Porcia, de l’Associazione Studi Napoleonici et de l’association Pro Porcia, les habitants se sont livrés à une reconstitution en costume d’époque, à l’occasion du deux centième anniversaire de cette bataille napoléonienne. [ e ] → From May 1 to 3, 1809, French and Italian troops confronted Austrian troops at the commune of Porcia in Friuli-Venezia Giulia. On April 16, 1809, despite the numerical inferiority of his troops and against the judgement of his general staff, Eugène de Beauharnais, Emperor Napoleon’s adopted son and Viceroy of Italy, had launched an attack at Sacile against the troops of Archduke John of Austria. After suffering heavy losses (3,000 dead and 3,500 wounded) the Franco-Italian troops had to withdraw in disarray behind the Tagliamento River, then behind the Livenza. Eugène de Beauharnais launched a counter-attack from his fallback positions on April 28, 1809. Benefiting from the support of the German army, the Napoleonic armies conducted a series of battles culminating in final victory at Wagram on July 6, 1809. In 2009, under the aegis of the commune of Porcia, the Associazione Studi Napoleonici and the Pro Porcia association, the inhabitants of the commune enacted a reconstruction in period costume, to coincide with the 200th anniversary of that Napoleonic battle. [ → 4 Pugnaire, Florian & raffini, David ]
positron [ f ] → Physique. Le positron est, par définition, un

antiélectron. Leurs charges électriques valent toutes deux 1, mais, alors que celle de l’électron est négative, celle du positron est positive – d’où son nom. Les deux particules ont cependant la même masse et la même forme. S’il y a des électrons dans chaque atome de la matière qui nous environne, il n’y a en revanche aucun positron : lorsqu’il en apparaît un, il s’annihile immédiatement avec un électron voisin, produisant un flash de radiation très énergétique, les « photons gamma ». En effet, lors de la rencontre d’un électron et d’un positron, la combinaison de leurs charges électriques est de zéro, mais leurs masses deviennent énergie. Suivant la fameuse équation → 1 d’Einstein E = mc2 – où « E » est l’énergie, « m » la masse et « c » la vitesse de la → lumière, la masse étant ici multipliée par deux puisqu’il y a deux masses identiques, celles de l’électron et du positron – l’énergie disponible correspond à l’énergie de deux fois la masse d’un électron. Cette quantité paraît a priori négligeable, l’électron et le positron étant minuscules,

mais le « taux de change », soit la vitesse de la lumière élevée au carré, est considérable. À partir de l’énergie ainsi produite, d’autres particules peuvent se créer ainsi que de la lumière. Le phénomène du rayonnement gamma se produit naturellement, bien que rarement, lors de certaines désintégrations radioactives. Il a trouvé un usage particulier en médecine, avec le développement de la tomographie à émission de positrons (TEP ) : il s’agit d’injecter une substance radioactive dans l’organisme d’un patient, substance dont la désintégration génère un positron qui s’annihile avec un électron. L’observation des rayons gamma qui en résultent permet de tracer le fluide injecté et ainsi de cartographier de manière non-invasive une zone comme le cerveau. [ e ] → Physics. The positron is, by definition, an antielectron. Their electric charges are both equivalent to 1, but the electron charge is negative whereas the positron has a positive one—hence its name. Both particles have the same mass and the same shape. There are electrons in every atom of the matter around us. On the other hand, there are no positrons: when one appears, it is immediately annihilated with a nearby electron in a very energetic flash of radiation which is called a “gamma photon”. When an electron is put in contact with a positron, the electric charge becomes zero, but their masses become energy. In accordance with → 1 Einstein’s famous equation E = mc2—where “E” stands for energy, “m” for mass and “c” for the speed of light [ → lumière ] , the mass being here multiplied by 2 since there are two identical masses, those of the electron and the positron— this available energy corresponds to the energy of two times the mass of an electron. That may not seem to be much at first sight, for the electron and the positron are minute, but the “rate of change”, the speed of light squared, is huge. Other particles and light can be created from that energy. The phenomenon of the gamma photon occurs naturally, although seldom, in certain radioactive disintegrations. It is used in a peculiar way in medicine, as a technique called Positron Emission Tomography (PET ) which consists in injecting a radioactive substance into a patient’s body. The radioactive disintegration of that substance generates a positron that is annihilated with a nearby electron: observation of the resulting gamma photons reveals the fluid’s trajectory and helps map a sensitive area such as the brain in an non-invasive way. [ → antimatière ] [ → Dirac (équation de) ] [ → 1 Galfard, Christophe ] [ → Matière ]

[ → 1 Jeudis de π, nouVELLES Du MonDE rEnVErSé (Les) ] [ → 1 neuropsychanalyse ]
postcolonial [ f ] → Dans le contexte de la décolonisation, diverses

voix et théories critiques se font entendre (Franz Fanon, Claude Lévi-Strauss) qui mettent en cause l’européocentrisme de la pensée héritée des Lumières. Deux décennies plus tard, des chercheurs indiens en sciences sociales (Homi Bhabha, Gayatri Chakravorty Spivak) prennent leur expérience vécue, le partage entre une culture domestique indienne et une éducation académique britannique, pour point de départ d’une réflexion originale. Cette réflexion sur leur propre identité les conduit à forger la notion d’identité hybride et volatile et à entreprendre une réfutation du paradigme colonial. Cette dernière passe par la contestation de l’idée de progrès historique et l’instauration d’un rapport critique au temps et à l’histoire qui revalorise la distance spatiale comme distance critique. Leur visée n’est pas une inversion des rapports de domination – sociaux, politiques, épistémologiques –, mais un changement radical des formes de relations entre les différentes parties du monde. La théorie postcoloniale s’attache à déconstruire les impensés de la modernité et à débarrasser la culture des effets résiduels de la colonisation. [ e ] → In the context of decolonization, various voices and critical theories made themselves heard (Franz Fanon, Claude Lévi-Strauss) that challenged the Eurocentrism of thought inherited from the Enlightenment. Two decades later, Indian researchers in the social sciences (Homi Bhabha, Gayatri Chakravorty Spivak) used their personal experience—between domestic Indian culture and a British academic education—as the starting point for a new current of thought. This reflection on their own identity led them to forge the notion of a hybrid and volatile identity and undertake a refutation of the colonial paradigm. The latter involves a challenge to the idea of historical progress and the establishment of a critical relationship to time and history that revaluates spatial distance as critical distance. Their aim is not to overturn the balance of power—socially, politically, epistemologically—but to incur a radical change in the forms of relations between different parts of the world. Postcolonial theory strives to deconstruct the non-thoughts of modernity and rid culture of the residual effects of colonization.

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postcolonial

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Prestidigitateur
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Un prestidigitateur (également appelé illusionniste) est un artiste qui, par l’adresse de ses mains et l’usage d’artifices, produit des illusions en faisant disparaître, apparaître, changer de position ou d’apparence des objets ou des corps. Le mot prestidigitateur n’apparaît qu’au xix e siècle avec le développement de cette pratique. Jusqu’alors, on parle d’escamoteur ou de physicien. Au départ, les escamoteurs ne pratiquent que des tours simples comme les tours de → gobelets. Ils se produisent dans les foires et voyagent à la façon des saltimbanques. À partir du xviiie siècle, certains artistes tels que → Giuseppe Pinetti ou Henri Decremps enrichissent le répertoire des escamoteurs au point de transformer leur profession. Les escamoteurs deviennent des célébrités. Ils se produisent sur les scènes des théâtres et dans les salons de l’aristocratie. Au cours du xixe siècle, la prestidigitation devient un art à part entière et s’enrichit de différentes spécialités comme → l’escapologie, le → mentalisme ou la → lévitation. Dans son livre Confidences et révélations (1868), → Jean-Eugène robert-houdin évoque les circonstances exactes de l’apparition du terme de prestidigitateur : « Jules de Rovère était fils de parents nobles, ainsi que l’indique la particule qui précède son nom. En montant sur la scène, le physicien aristocrate voulut un titre à la hauteur de sa naissance. Le nom vulgaire d’escamoteur avait été repoussé bien loin par lui comme une triviale dénomination ; celui de physicien était généralement porté par ses confrères et ne pouvait par cela même lui convenir ; force lui fut d’en créer un pour se faire une place à part. On vit donc, un jour, sur une immense affiche de spectacle, s’étaler pour la première fois, le titre pompeux de prestidigitateur ; l’affiche donnait en même temps l’étymologie de ce mot : presto digiti (agilité des doigts). Venaient ensuite les détails de la séance, entremêlés de citations latines, qui devaient frapper l’esprit du public en rappelant l’érudition de l’escamoteur ; pardon, du prestidigitateur. Ce mot, ainsi que celui de prestidigitation du même auteur, fut promptement adopté par les confrères de Jules de Rovère, tant ils furent séduits par d’aussi beaux noms. L’Académie elle-même suivit cet exemple ; elle sanctionna la création du physicien et la fit passer à la postérité. »
[f] → [e] →

Magician
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A magician (also called an illusionist) is an artist who produces illusions through the skill of his hands and the use of ingenious tricks, making objects or bodies vanish, materialize, change position or appearance. The French word prestidigitateur only came into the language in the 19th century with the development of this skill. Until then people spoke of escamoteurs [conjurers] or physiciens. Initially, conjurers only carried out simple tricks like those with cups and marbles [ → gobelet]. They performed at fairs and travelled around in the same way as strolling players. Starting in the 18th century some artists like → Giuseppe Pinetti or Henri Decremps enriched the conjurer’s repertory to the point of transforming the profession. Conjurers became celebrities. They performed on stage at theaters and in the drawing-rooms of the aristocracy. During the 19th century, magic became an art in its own right, with different specialities like escapology [ → escapologie ], mentalism [mentalisme] or levitation [ → lévitation ]. In his book Confidences et révélations (1868), → Jean-Eugène roberthoudin describes the precise circumstances in which the word prestidigitateur came into being: “Jules de Rovère was the son of noble parents, as is indicated by the ‘de’ in front of his family name. When he went on the stage, the aristocratic physicien wanted a title on a par with his birth. He rejected the vulgar name escamoteur [conjurer] as a trivial description of his profession; the term physicien was generally used by his fellow practitioners and for that very reason could not do for him; he was obliged to create a name to give himself a special place. So one day on a huge show poster we saw the pompous title prestidigitateur displayed for the first time; the poster also gave the word’s etymology: presto digiti (agility of the fingers). Then followed details of the performance, interspersed with Latin quotations which were intended to strike the mind of the public by reminding them of the erudition of the conjurer—sorry, of the prestidigitateur. This word, along with the expression prestidigitation coined by the same man, was promptly adopted by Jules de Rovère’s fellow practitioners, so delighted were they with such fine names. The French Academy itself followed suit; it approved de Rovère’s creation and caused it to pass down to posterity.”

Prestidigitateur Georges Méliès, Escamotage d’une dame au

théâtre Robert- Houdin,1896

Prestidigitateur J.N. Maskelyne et son automate, Psycho /

J.N. Maskelyne and Psycho, his automaton

Prestidigitateur Extraits d’un livre de tours de magie russe /

Excerpts from a Russian book of magic tricks, 1877

pre
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prestidiGitateUr

protocinéMa

pro
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prestidiGitateur

mode de vie, d’une esthétique et d’une morale.
[ e ] → Mode of production characterized by the mecha-

Magician [ f ] → voir p. 162 [ e ] → see p. 162
prestiGe [ f ] → voir p. 165 [ e ] → see p. 165 [ → naufrage du Prestige ] priest, christopher [ f ] → *1943. Écrivain de science-fiction né en Angle-

terre. Ses principaux romans sont The Inverted World (1974), The Space Machine (1976) et The Prestige (1995). Les thèmes du double et du simulacre occupent une place privilégiée dans son œuvre, laquelle est souvent comparée à celle de Philip K. Dick. [ e ] → *1943. A science-fiction writer born in England. His best known novels are The Inverted World (1974), The Space Machine (1976) and The Prestige (1995). The themes of the double and the simulacrum take pride of place in his work, which is often compared to that of Philip K. Dick. [ → Pledge ] [ → Prestige ] [ → Turn ]
production industrielle

nization of production, its large-scale development, and the standardization of its products. It results in the submission of working conditions to the imperatives of mechanized and standardized production in order to reduce the quantity of energy dispensed proportionately for the manufacture of identical products and to accelerate the rhythm of production. This method of labour organization, developed empirically in capitalist industry before being rationally perfected by Fordism and Taylorism in the beginning of the 20th century, is characterized by the division and the specialisation of labour, the separation of intellectual work and manual labour, and the reduction of production operations to solely their physical and mechanical aspect. Industrial production calls for the industrial worker to develop the psychological and behavioural tendencies necessary to adapt to this form of work, such as mechanical and automatic attitudes. Thus industrial production produces not only standardized, functional, and inexpensive products, but also, insofar as it denotes a certain social organization, a lifestyle, an aesthetic, and a morality. [ → Modulaire ] [ → organisation scientifique de travail ] [ → 4 Valeur du travail ]
profonde [ f ] → Dans le jargon des prestidigitateurs, une

Prestige
~~~
Vient du latin praestigium qui signifie « artifice » ou « illusion ». À la Renaissance, il désigne une illusion dont les causes sont surnaturelles, puis, au xviiie siècle, un artifice séducteur comme ceux qui sont inventés par les → prestidigitateurs et que l’on désigne aujourd’hui couramment par l’expression « tour de magie ». Cette signification première du mot « prestige » se perd au cours du xxe siècle. Elle inspire cependant à l’écrivain Christopher Priest le titre de son roman The Prestige [ Le Prestige ] paru en 1995. Le livre raconte le duel entre deux prestidigitateurs fictifs, Alfred Borden et Rupert Angier, dans le contexte de l’Angleterre industrielle de la fin du xixe siècle. Ce duel n’est pas sans rappeler celui de deux autres prestidigitateurs, cette fois réels, → Giuseppe Pinetti et Edmond de Grisy, dit Torrini, dont l’histoire est racontée en détail par → Jean-Eugène robert-houdin dans ses Mémoires. Dans The Prestige, Christopher Priest énonce, par la voix de l’un de ses protagonistes, ce qui apparaît comme un principe fondamental de l’art de la prestidigitation, à savoir que les tours de magie se divisent toujours en trois étapes. La première s’appelle « the → pledge ». Il s’agit de la préparation, sorte de prélude au cours duquel le prestidigitateur expose les accessoires de son tour et fixe l’attention du public. La seconde étape s’appelle « the → turn ». Il s’agit de l’exécution. Le prestidigitateur se met alors en action en jouant secrètement de son adresse. Pour le public, le suspens commence. La troisième étape s’appelle « the prestige ». Il s’agit de la révélation de l’effet magique à proprement parler, au cours de laquelle le public manifeste sa surprise, voire sa stupéfaction. Le Prestige est également un pétrolier qui fit naufrage en 2002. La Prestige est une bière blonde haïtienne.
[f] → [e] →

Prestige
~~~
The word comes from the Latin praestigium meaning “artifice” or “illusion”. During the Renaissance, it referred to an illusion that had supernatural causes; in the 18th century, to an appealing trick like those invented by magicians [ → prestidigitateur], commonly known today as “magic tricks”. That first meaning of the word “prestige” was lost during the 20th century. Nonetheless, it inspired the title of the writer Christopher Priest’s novel The Prestige, published in 1995. The book tells the story of a duel between two fictional magicians, Alfred Borden and Rupert Angier, set in the context of late 19th-century industrial England. That duel has some reminiscences of the rivalry between two real magicians, → Giuseppe Pinetti and Edmond de Grisy, known as Torrini; their story is told in detail by → JeanEugène robert-houdin in his memoirs. In The Prestige, Christopher Priest states, through the voice of one of his protagonists, what seems to be a fundamental principle of the art of magic and conjuring, namely that magic tricks are always divided into three stages. The first is called the → pledge. This has to do with the preparation, a sort of prelude during which the magician exhibits the accessories of his tricks and secures the audience’s attention. The second stage is called the → turn . This is about the execution of the trick. The magician then goes into action, making secret play with his skill. For the audience, the suspense begins. The third stage is called the prestige. This concerns the revelation of what may properly be called the magic effect, during which the audience manifests its surprise, or even its stupefaction. The Prestige was also an oil tanker that was wrecked in 2002. It is also the name of a Haitian pale ale.

Industrial production [ f ] → Mode de production caractérisé par la mécanisation de la production, son développement à grande échelle et la standardisation de ses produits. Elle a pour corollaire la soumission de l’organisation du travail aux impératifs d’une production mécanisée et standardisée afin de réduire la quantité d’énergie dépensée proportionnellement pour la fabrication d’un même produit et d’accélérer le rythme de production. Cette organisation du travail, développée de façon empirique dans l’industrie capitaliste avant d’être rationnellement perfectionnée par le fordisme et le taylorisme au début du XX e siècle, se caractérise par la division et la spécialisation des tâches, la séparation du travail intellectuel et du travail manuel, la réduction des opérations de production à leur seul aspect physique et machinal. La production industrielle demande que soient développées chez le travailleur industriel les dispositions psychologiques et comportementales nécessaires pour qu’il s’adapte à cette forme de travail, des attitudes machinales et automatiques. Ainsi la production industrielle est productrice non seulement de produits standardisés, fonctionnels et peu coûteux, mais aussi, dans la mesure où elle désigne un certain type d’organisation sociale, d’un

profonde est une poche spéciale dissimulée dans l’habit du → prestidigitateur. « Ces poches, précise → Jean-Eugène robert-houdin dans Comment on devient sorcier (1868), ne servent qu’à déposer des objets pour s’en débarrasser ; mais on ne peut rien y prendre attendu que, comme l’indique leur nom, elles sont trop profondes pour que la main puisse en atteindre le fond. » [ e ] → In the jargon of magicians, a profonde is a special deep pocket concealed in the coat of the magician [ → prestidigitateur ] ; they are also known as pochettes. “We put items into these pockets,” → Jean-Eugène robert-houdin explains in Comment on devient sorcier (1868), “in order to get rid of them; but nothing can be taken out of them, given that, as their name indicates, they are too deep for the hand to be able to reach their bottom.” [ → Fake ] [ → Gimmick ]
protocinéMa

~~~

~~~

Proto-cinema [ f ] → Dit aussi « précinéma ». Le terme désigne les diverses techniques mises au point pour animer

pui
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pUits artésien

pUits artésien

pui
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Production industrielle

et/ou projeter des images – et s’étant considérablement développées au xixe siècle –, en jouant du phénomène de la persistance rétinienne (capacité de l’œil à conserver une image vue superposée à celle qu’on est en train de voir), ce qui permet de donner l’impression de mouvement dans une succession d’images fixes. L’ensemble de ces techniques ont été rendues obsolètes suite à l’apparition du cinématographe, dont les frères Lumières déposent le brevet en 1895. Parmi ces inventions servant à montrer, projeter ou capter des images en mouvement, on compte la lanterne magique, le thaumatrope, la roue de Faraday, le phénakistiscope, le zootrope, le praxinoscope, le praxinoscope à projection, le zoopraxiscope, le kinétoscope et le kinétographe. [ e ] → Also called “pre-cinema.” The term is used to describe the various techniques perfected to animate and/or project images, which were considerably developed in the 19th century, making use of the phenomenon of persistence of vision (the eye’s capacity to preserve a seen image superimposed on the one we are in the act of seeing), which makes it possible to give the impression of movement from a succession of fixed images. All of these techniques were made obsolete following the appearance of the cinematograph, patented by the Lumière brothers in 1895. Among the inventions used to show, project or capture moving images are the magic lantern, the thaumatrope, the Faraday wheel, the phenakistiscope, the zootrope, the praxinoscope, the projection praxinoscope, the zoopraxiscope, the kinetoscope, and the kinetograph. [ → 4 hervé, Louise & Maillet, Chloé ]
puits artésien

Protocinéma Salon de kinétoscope à San Francisco/Kine-

toscope parlor in San Francisco, ca. 1895

Artesian well [ f ] → Puits duquel l’eau jaillit spontanément, à la manière d’un geyser. Ce phénomène a été mis en évidence en 1126 par les moines de l’abbaye de Lillers, en Artois, d’où son nom. Le premier puits artésien parisien a été foré entre 1833 et 1841 par l’ingénieur Louis-Georges Moulot à l’instigation de → 4 François arago, alors maire de la capitale. [ e ] → A well from which the water wells up spontaneously, as with a geyser. This phenomenon was revealed in 1126 by the monks of the Abbaye de Lillers in Artois, the place name after which it is called. The first artesian well in Paris was drilled between 1833 and 1841 by the engineer LouisGeorges Moulot at the instigation of → 4 François arago, at that time mayor of the capital. [ → 4 Verde, Cyril & Collins, Mathis ]

Protocinéma Kinétoscope/Kinetoscope

quo
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QUotient scHiZopHréniQUe

QUotient scHiZopHréniQUe

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q

quotient schiZophrénique

Schizophrenic quotient [ f ] → L’art contemporain pourrait être apparenté à un film → d’alfred hitchcock qui s’arrêterait au milieu de la projection. Au moment où le film est suspendu, on ne connaît pas la solution de l’énigme ; on peut certes accumuler les hypothèses, imaginer une multitude d’interprétations possibles, mais la représentation reste cassée, irrésolue. Alors que notre cerveau doit sans cesse se référer à des critères de choix clairs et à des solutions tranchées, l’art contemporain prend justement le parti inverse. En guise d’hygiène de l’esprit, il nous force à abandonner nos systèmes de → croyance au profit de processus de connaissance multiples, à laisser fonctionner nos connexions neuronales à l’état brut, bref, à accepter une forme de schizophrénie. L’esprit fracturé en deux, l’exposition devient un système d’activation directe des synapses, où ni l’œil ni le cerveau ne peuvent plus se fixer sur un point précis, accumulant, sans pouvoir s’arrêter, sensations et interprétations. Ainsi, on poserait que toute œuvre d’art est dotée d’un quotient schizophrénique : son « intérêt », sa valeur ont en effet bien peu à voir avec son esthétique, pas plus qu’avec la fixité et la permanence de sens qu’elle propose. Mais plus l’œuvre est capable de → 2 glissements et de renversements, plus son quotient schizophrénique est élevé, plus elle soulève alors de possibles, suscite de scénarios et gagne en densité. Une œuvre d’art pertinente est celle qui parvient à être une chose et une autre à la fois, relevant de plusieurs systèmes en même temps et développant cette capacité à glisser d’une interprétation à une autre, d’une sphère à une autre, pour tester sans cesse les capacités élastiques de la réalité. [ e ] → Contemporary art could be likened to an → alfred hitchcock film which had stopped in the middle of being projected. At the point where the film is left hanging, we do not know the solution to the enigma; we can of course come up with many conjectures, imagine a multitude of possible interpretations, but the screening remains broken, unresolved. While our brain constantly has to refer to clear criteria of choice and cut-and-dried solutions, contemporary art takes the very opposite path. As a way of cleansing our minds, it forces us to abandon our belief [ → croyance ] systems in favour of multiple processes of knowledge, to let our neuronal connections function in their raw state, in short to accept a form of schizophrenia. With the mind broken in two, an exhibition becomes a system of direct activation of the synapses, where neither the eye nor the brain

can hone in on a precise point, but accumulate sensations and interpretations, without being able to stop. Thus we would suggest that every work of art is endowed with a schizophrenic quotient: its “interest,” its value actually has very little to do with its aesthetic, any more than with the fixity and permanence of meaning it offers. But the more the work is capable of slides [ → 2 glissement ] and reversals, the higher its schizophrenic quotient, the more possibilities it then raises, the more scenarios it prompts, the more it gains in density. A relevant work of art is one that succeeds in being one thing and another simultaneously: it comes under several systems at the same time, and develops that capacity to slide from one interpretation to another, from one sphere to another, in order constantly to test the elastic capacities of reality. [ → élasticité ] [ → Fonction Etc. ] [ → Vision-fenêtre ]

rad
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radioactiVe Boy scoUt

rayons cosMiQUes

ray
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r

radioactive boy scout [ f ] → En français, « Scout radioactif ». Adolescent de

17 ans qui, dans les années 1990, avait construit une centrale nucléaire dans sa chambre, en grattant des centaines de montres pour récupérer le peu de radium qu’il y avait sur chaque montre. Sans aucun but terroriste ni politique, il avait tout de même réussi à faire évacuer tout son quartier à cause d’un taux de radioactivité très élevé. [ e ] → A 17-year-old in the 1990s who built a nuclear power station in his bedroom by scraping off hundreds of watches to recover the small amount of radium there was on each watch. He had no terrorist or political aim. All the same, he did manage to have his whole district evacuated because of a very high level of radioactivity. [ → 2 hahn, David ] [ → 2 Giraud, Fabien] [ → Positron ] [ → 2 Siboni, raphaël ]
radioGonioMétrie

mica vanes can revolve, each with one of its sides blackened by smoke and the other silvery. Exhibited to light [ → lumière ], these vanes start to turn, going faster as the light becomes stronger. It was invented by William Crookes to measure magnetic radiation, but why the device starts to rotate has been the subject of several scientific debates. In fact the radiometer does not start to rotate solely under the effects of light, for it can be observed that the heat of the hand is enough to set the device turning, albeit slowly. [ → 4 Cassière, Pierre-Laurent ] [ → Son optique ]
raël [ f ] → Ex-chanteur et journaliste sportif, Raël, de

Radiogoniometry [ f ] → Technique visant à déterminer la position d’un émetteur → d’ondes électromagnétiques, soit en employant plusieurs récepteurs en des positions différentes, soit par calcul en fonction de la cinématique propre du récepteur. [ e ] → Technique aiming to determine the position of a transmitter of electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ], either by using several receivers in different positions, or by a calculation based on the receiver’s own kinematics.
radioMètre de crookes

Crookes radiometer [ f ] → Le radiomètre de Crookes consiste en une ampoule sous vide partiel contenant un système rotatif constitué d’un axe de métal sur lequel peut tourner un ensemble de quatre palettes de mica dont chacune a une de ses faces noircie au noir de fumée et l’autre argentée. Exposées à la → lumière, ces palettes se mettent à tourner, et d’autant plus vite que la lumière est forte. Il a été inventé par William Crookes pour mesurer les radiations magnétiques, mais les causes de la mise en rotation du dispositif ont été le sujet de plusieurs débats scientifiques. De fait, le radiomètre n’entre pas en rotation uniquement sous les effets de la lumière, car on constate que la chaleur de la main est suffisante pour que tourne, même lentement, le dispositif. [ e ] → The Crookes radiometer consists of bulb containing a partial vacuum; inside is a rotating system consisting of a metal axis on which a set of four

son vrai nom Claude Vorilhon, fonde en 1974 le mouvement raélien. La doctrine du mouvement se base sur le contact qu’aurait eu Raël avec des → extraterrestres technologiquement avancés, les « Elohim », qui auraient créé la vie sur Terre. Les → croyances des adeptes sont fondées sur l’importance des avancées scientifiques et technologiques et en particulier sur le fait que le → 2 clonage et le → transfert de conscience permettraient d’atteindre l’immortalité. Le mouvement promeut les recherches sur le clonage humain, à travers les activités de la société Clonaid, présidée depuis 2003 par Brigitte Boisselier. [ e ] → In 1974 Raël, a former singer and sports journalist whose real name is Claude Vorilhon, founded the Raelian movement. The movement’s doctrine is based on the contact Raël claims to have had with technologically advanced aliens[ → extraterrestre ], the “elohim,” who purportedly created life on Earth. The beliefs [ → croyance ] of its followers are based on the importance of scientific and technological advances, and in particular on the fact that cloning [ → 2 clonage ] and the transfer [ → transfert ] of consciousness would make it possible to achieve immortality. The movement promotes research into human cloning through the activities of Clonaid, a company presided over by Brigitte Boisselier since 2003. [ → 2 Motti, Gianni ] [ → Enlèvements extraterrestres ]
rayons cosMiques

Cosmic Rays [ f ] → Physique. Toute la surface de la Terre est en permanence frappée par des rayons cosmiques, à raison d’une moyenne de 1 rayon cosmique / m2/min. (flux de référence au niveau de la mer). Découverts par le physicien Victor Franz Hess en 1912, qui reçut avec Carl Anderson en 1936 le

prix Nobel de physique, ces rayons se composent essentiellement de muons (μ±), particules interagissant peu avec la → matière mais particulièrement énergétiques. Ils sont le produit de l’impact provoqué par la rentrée dans l’atmosphère terrestre du rayonnement cosmique primaire constitué de protons provenant du Soleil et de l’espace intergalactique. Leur rencontre avec les atomes d’oxygène et d’azote de l’air provoque une cascade d’interactions, appelée gerbe atmosphérique ; dans ces chocs sont produits des protons et des neutrons secondaires, des pions et des kaons qui interagissent à leur tour fortement ou se désintègrent en muons, électrons et neutrinos. Les muons interagissent très peu avec l’air et se désintègrent à leur tour en électrons, neutrinos et antineutrinos. C’est la dilatation relativiste du temps selon la → relativité restreinte formulée par → 1 Einstein en 1905 qui nous permet de détecter au niveau du sol beaucoup des muons produits dans les gerbes cosmiques par l’impact des protons primaires dans l’atmosphère terrestre. Les muons et les neutrinos cosmiques peuvent être détectés grâce à des expériences au sol ou souterraines : avant les années 1950 et la construction d’accélérateurs de particules puissants, l’observation des rayons cosmiques a ainsi été à la source des premières découvertes de particules et d’antiparticules non-atomiques comme le → positron, le muon, le pion et des « particules étranges » parmi lesquelles le lambda, dont les traces en V ne sont précédées d’aucune trace dans les plaques photographiques. → 1 JeanPierre Merlo précise : « Savoir que nous vivons traversés en permanence par toutes ces particules cosmiques peut faire reculer la crainte de la radioactivité née à juste raison des ravages des premières bombes nucléaires et plus récemment de l’accident de Tchernobyl. Un faible niveau de radioactivité comme celui des rayons cosmiques peut ainsi être apprécié comme inoffensif. » [ e ] → Physics. The whole surface of the Earth is permanently being hit by cosmic rays, at an average of 1 cosmic ray / cm2 / min. (reference flux at sea level). These rays, discovered in 1912 by the physicist Victor Franz Hess, who along with Carl Anderson was awarded the Nobel prize for physics in 1936, are mainly composed of muons (μ±), particularly energetic particles that interact very little with matter [ → matière]. They are the product of the impact provoked by the entry into the earth’s atmosphere of the primary cosmic radiation constituted by protons coming from the Sun and intergalactic space. Their encounter with the air’s oxygen and nitrogen atoms provokes

reb
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reBoot

relatiVité

rel
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a cascade of interactions, called an atmospheric shower; in these impacts secondary protons and neutrons are produced, pions and kaons which in their turn interact powerfully, or disintegrate into muons, electrons and neutrinos. The muons interact very little with air and in their turn disintegrate into electrons, neutrinos and antineutrinos. It is the relativist dilation of time in accordance with the restricted relativity [ → relativité ] formulated by → 1 Einstein in 1905 that enables us to detect at ground level a lot of the muons produced in the cosmic showers by the impact of the primary protons on the earth’s atmosphere. Cosmic muons and neutrinos can be detected thanks to experiments on or under the ground: prior to the 1950s and the construction of powerful particle accelerators, observation of cosmic rays thus lay behind the first discoveries of non-atomic particles and antiparticles such as the → positron, muon and pion, and “strange” particles, including the lambda particle: its traces in “V” shape are preceded by no trace on the photographic plates. → 1 Jean-Pierre Merlo says: “Knowing that we are living permanently penetrated by all these cosmic particles can help lessen our fear of radioactivity, justifiably inspired by the ravages caused by the first nuclear bombs and more recently the accident at Chernobyl. Thus a low level of radioactivity such as that from cosmic rays can be understood to be harmless.” [ → antimatière ] [ → Détecteur de particules ] [ → LhC ] [ → 1 Jeudis de π, nouVELLES Du MonDE rEnVErSé (L es) ]

relativité

reboot [ f ] → En informatique, le verbe anglais reboot signifie

« redémarrer ». Dans les domaines du cinéma, de la série télévisée et du jeu vidéo, un reboot est une nouvelle version d’une histoire dans laquelle le scénariste adopte le même point de départ que dans cette histoire, mais prend ensuite une direction différente. En ce sens, la notion de reboot est voisine d’autres notions scénaristiques comme le remake ou le spin-off. [ e ] → In computer technology “reboot” means starting up again. In the fields of cinema, TV series and video games, a reboot is a new version of a story in which the scriptwriter adopts the same starting point as in the original story, but then takes a different direction. In this meaning, the notion of a reboot is close to other scriptwriting concepts like a remake or a spin-off.

Relativity [ f ] → Idée selon laquelle tout phénomène doit être considéré comme relatif à un système de référence dans lequel il est observé. Au xviie siècle, Galilée formule un principe de relativité qui structure l’ensemble de la → physique classique. Selon ce principe, le temps est rigoureusement absolu : la simultanéité de deux événements est vraie quel que soit le système de référence adopté. Toujours selon ce principe, l’espace, lié à la fixité des étoiles, est homogène et continu. Au xxe siècle, Albert → 1 Einstein provoque une véritable révolution dans le champ de la physique classique en remettant en cause le principe de relativité de Galilée. Il conteste le caractère absolu du temps ainsi que la fixité des étoiles et l’homogénéité de l’espace. Selon lui, l’Univers est en mouvement et il n’existe pas de point fixe dans le temps et dans l’espace. Il postule que la vitesse de la → lumière dans le vide demeure la seule constante valable quel que soit le référentiel envisagé, et qu’aucun signal ni aucun corps dans l’univers ne peuvent la dépasser. La vitesse de la lumière devient le nouvel absolu sur lequel s’échafaude l’ensemble du système et des mesures. Le temps et l’espace deviennent relatifs au mouvement et à l’énergie. Ils peuvent se dilater ou se contracter. [ e ] → Idea according to which every phenomenon must be regarded as relative to the reference system in which it is observed. In the 17th century, Galileo formulated a principle of relativity that structured all aspects of traditional physics [ → physique classique ]. According to that principle, time is strictly absolute: the simultaneity of two events is true, regardless of the reference system adopted. This principle also dictates that space, linked to the fixed nature of the stars, is homogeneous and continuous. In the 20th century, Albert → 1 Einstein triggered a real revolution in the field of traditional physics by challenging Galileo’s principle of relativity. He disputed the absolute character of time as well as the fixed nature of the stars and the homogeneity of space. According to Einstein, the Universe is moving, and there are no fixed points in time and space. He postulated that the only valid constant, in every frame of reference, is the speed of light [ → lumière ] in a vacuum, which cannot be surpassed by any signal or body in the universe. The speed of light became the new absolute, around which the entire system and all measurements are constructed. Time and space become relative to movement and energy. They can dilate or contract. [ → Espace-temps ] [ → Vision-fenêtre ]

raël Raël & Brigitte Boisselier, Présidente de la

société Clonaid / CEO of the Clonaid company

rhombicuboctaèdre Dessin par Léonard de Vinci reproduit

dans La Divine Proportion de Luca Pacioli / Drawing by Leonardo da Vinci repdroduced in Luca Pacioli’s About the divine proportions, 1509

rhombicuboctaèdre Jacopo de Barbari, Portrait de Luca

Jean-Eugène robert-houdin Gravures extraites de / Prints

Pacioli/Portrait of Luca Pacioli, ca. 1496

from Jean-Eugène Robert-Houdin, Confidences et révélations (1868)

res
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resiGniFication

roBert-HoUdin

rob
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resiGnification [ f ] → Terme courant dans le discours des sciences

humaines qui hérite de la sémiotique de Roland Barthes le fait d’envisager le monde social comme un système de signes et de la pensée poststructuraliste, notamment celle de Jacques Derrida, une attention aux implications de toute traduction. La démarche de Barthes repose sur l’application des structures, des méthodes et des instruments théoriques de la linguistique de Ferdinand de Saussure dans le champ plus large de la vie sociale, de ses représentations et de ses modes de communication. Le monde social s’y donne à lire comme texte. L’œuvre de Jacques Derrida, influencée par celle de Martin Heidegger, affirme l’autonomie du langage et la nécessité d’y mettre à jour des principes internes d’intelligibilité, plutôt que les chercher en vain dans un réel supposé le précéder. Le terme « resignification » désigne des → 4 usages par lesquels des individus ou des groupes s’approprient des objets sociaux et les détournent de leur signification première pour y insuffler un sens nouveau. [ e ] → A common term in social sciences discourse which inherited from the semiotics of Roland Barthes a perception of the world as a system of signs, and from post-structuralism—notably that of Jacques Derrida—an attention to the implications of translation. Barthes’ approach is based on applying the structures, methods and theoretical instruments of Ferdinand de Saussure’s linguistics within the larger frame of society, and its representations and modes of communication. The social world can thus be deciphered like a text. Jacques Derrida’s body of work, influenced by Martin Heidegger, affirms the autonomy of language and the need to discern within it internal principles of intelligibility, rather than to search vainly within a reality which supposedly precedes language. The term “resignification” designates practices [ → 4 usage ] through which individuals or groups appropriate social objects and divert them from their original meaning in order to infuse them with new meaning. [ → 4 Zarka, raphaël ]
rhoMbicuboctaèdre

de Barbari représente un rhombicuboctaèdre en verre dans le portrait qu’il réalise de l’homme de science. En 2001, → 4 raphaël Zarka découvre des → 4 brise-lames en forme de rhombicuboctaèdre abandonnés le long d’une route entre Sète et Narbonne. Il les photographie et débute ainsi sa série des Formes du repos qui inventorie des objets de forme géométrique créés et abandonnés par l’homme. Cette rencontre inattendue marque aussi le début d’une enquête de l’artiste à propos des différentes occurrences de cette forme, « fort utile en beaucoup d’occasions pour qui sait bien en disposer » selon Luca Pacioli. [ e ] → A semiregular polyhedron with 26 facets—18 squares and eight triangles. Archimedes [ → 4 archimède ] is credited with its discovery and is thought to be the first person to describe it, along with 12 other semiregular polyhedrons. During the Renaissance, Luca Pacioli, a mathematician and author of About the divine proportions, rediscovers it. In 1495, the painter Jacopo de Barbari figures a glass rhombicuboctahedron in his portrait of the Italian scientist. In 2001, → 4 raphaël Zarka discovers breakwaters [ → 4 brise-lames] shaped like rhombicuboctahedrons, abandoned along the road between Sète and Narbonne. He photographs them, and thus begins the series Formes du repos [Shapes of rest], an inventory of geometrically shaped objects created and abandoned by man. This unexpected incident also marks the beginning of the artist’s investigation into the different occurrences of this shape that can “prove quite useful on many occasions for he who uses it well,” according to Luca Pacioli.
rhoMboèdre

Rhombohedron [ f ] → Figure géométrique, le rhomboèdre est un polyèdre dont les faces sont en forme de losanges. Cas particulier d’un parallélépipède où toutes les arêtes ont la même longueur, le rhomboèdre est par ailleurs le résultat de la déformation du cube. [ e ] → A geometric figure, the rhombohedron is a polyhedron the faces of which are lozenge-shaped. It is a special case: a parallelepiped where all the edges are the same length. It also results from the distortion of a cube.
robert-houdin, jean-euGène [ f ] → 1805-1871. Généralement considéré comme

Rhombicuboctahedron [ f ] → Polyèdre semi-régulier à vingt-six surfaces, dont dix-huit carrés et huit triangles. Sa découverte est attribuée à → 4 archimède qui aurait été le premier à le décrire aux côtés de douze autres polyèdres semi-réguliers. À la Renaissance, Luca Pacioli, mathématicien et auteur du Traité de la divine proportion, le redécouvre. En 1495, le peintre Jacopo

le plus grand prestidigitateur de l’histoire, Jean-Eugène Robert-Houdin apparaît comme celui qui révolutionna les codes de la profession en modernisant la mise en scène et en élargissant le répertoire. Il abandonne les robes de magicien,

les chapeaux pointus et les formules pontifiantes au profit d’un habit sobre et d’un langage élégant. Fils d’un horloger de Blois, il fait des études pour devenir notaire, mais, davantage intéressé par la mécanique que par le droit, il se réoriente vers l’horlogerie. Il découvre par hasard l’art de l’escamotage qui devient sa passion. En 1830, il s’installe comme horloger à Paris et consacre son temps libre à mettre au point des automates comme La Leçon de chant (un oiseau qui apprend à siffler) ou L’Écrivain-Dessinateur qui impressionne le roi Louis-Philippe lors de l’Exposition universelle de 1844. Il conçoit un réveil briquet : « Le soir, on le mettait près de soi, et à l’heure désirée, un carillon réveillait le dormeur, en même temps qu’une bougie sortait tout allumée d’une petite boîte où elle se trouvait enfermée. » En 1845, il inaugure son théâtre des Soirées fantastiques au Palais-Royal, où, pendant plusieurs années, le public afflue de toute l’Europe. Il perfectionne son style et invente de nombreux tours comme La Bouteille inépuisable, L’Oranger fantastique, La Pêche merveilleuse ou La Pendule aérienne. Avec La Seconde Vue et La Suspension éthéréenne, il crée les premiers tours de → mentalisme et de → lévitation de l’histoire. À la requête de l’armée française, il est envoyé en Algérie pour contribuer à la lutte contre l’influence des marabouts sur les populations arabes. À la fin de sa vie, il se retire dans sa propriété de Blois dont il truque le jardin avec des commandes électromagnétiques et continue à concevoir des automates. Tout en rédigeant ses Mémoires, il dépose des brevets sur des appareils d’optique et s’intéresse à l’utilisation de l’électricité pour la vie quotidienne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Une vie d’artiste (1858), Comment on devient sorcier (1868) et Confidences et révélations (1868). [ e ] → 1805–1871. Generally considered the greatest magician in history, Jean-Eugène Robert-Houdin revolutionized the codes of the profession by modernizing the staging of magic and widening the repertoire. He abandoned magicians’ robes, pointed hats and pontificating formulas in favour of a modest coat and elegant language. He was the son of a watchmaker from Blois, and studied to become a notary. As he was more interested in mechanics than in law, he changed course and went in for watchmaking. He discovered the art of conjuring by accident, and it became his passion. In 1830 he set up as a watchmaker in Paris, devoting his free time to perfecting automata like La Leçon de chant (The singing lesson—a bird that learns to whistle) or L’Écrivain-Dessinateur [ The writer and graphic artist ], which impressed

King Louis-Philippe at the 1844 Exposition universelle. He designed an alarm clock cum lighter: “At night you placed it near you, and at the desired time a carillon awakened the sleeper, at the same time as a candle emerged ready lit from a little box in which it was enclosed.” In 1845, he officially opened his Théâtre des Soirées Fantastiques at the Palais Royal, and for several years audiences flooded in from all over Europe. He perfected his style and invented a great many tricks such as La Bouteille inépuisable [ The inexhaustible bottle ], L’Oranger fantastique [ The fantastical orange tree ], La Pêche merveilleuse [ The marvelous peach ] or La Pendule aérienne [ The aerial clock ]. With La Seconde Vue [ Second sight ] and La Suspension éthéréenne [ The ethereal suspension ] he created the first mentalism [ → mentalisme ] and → levitation tricks in history. At the French Army’s request, he was sent to Algeria to contribute to combating the influence of marabouts—holy men— on the Arab population. At the end of his life, he withdrew to his property in Blois, filling the garden there with electromagnetic switches and continuing to design automata. While writing his memoirs, he lodged patents on optical instruments, and took an interest in the uses of electricity for everyday living. He wrote several books, including Une vie d’artiste (1858), Comment on devient sorcier (1868) and Confidences et révélations (1868). [ → Prestidigitateur ]

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saint Florian

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saint florian [ f ] → Dit aussi Florian de Lorch. Mort en 304, Florian

est un saint chrétien, patron de la Pologne et de la ville de Linz (Autriche), des ramoneurs, des pompiers et des brasseurs (en Bavière et en Autriche). Commandeur de l’armée impériale dans la province de Norique (correspondant actuellement à la Styrie, à la Carinthie, à une partie de la Bavière et aux régions de Vienne et de Salzbourg) sous le règne de Dioclétien et de Maximien Hercule, alors que l’Empire romain était en lutte contre l’expansion du christianisme, et adepte de la foi chrétienne, Florian fut torturé, puis jeté dans le fleuve Enns avec une pierre autour du cou, pour avoir refusé d’effectuer un sacrifice à une divinité romaine. Il serait apparu à une femme après sa mort, lui demandant de lui offrir une sépulture, ce qui aurait été fait à Cracovie. La légende raconte aussi qu’il aurait un jour éteint un grand feu avec un simple seau d’eau, ce qui lui vaut son statut de saint patron des pompiers. [ e ] → Also known as Florian of Lorch. A Christian saint who died en 304, Florian is the patron saint of Poland and the town of Linz (Austria), chimney sweeps, firefighters and brewers (in Bavaria and Austria). He was the commander of the imperial army in the province of Noricum (corresponding today to Styria, Carinthia, and part of Bavaria, and the Vienna and Salzburg regions) during the reign of Diocletian and Maximian Hercules, at the time when the Roman Empire was combating the expansion of Christianity. He himself embraced the Christian faith. He was tortured, then thrown into the River Enns with a stone round his neck, for refusing to make a sacrifice to a Roman divinity. He is reported to have appeared to a woman after his death, asking her to give him a burial, which was done in Krakow. Legend also recounts that he one day extinguished a major fire with just a bucket of water, which is why is the patron saint of firefighters. [ → 4 FrESh hELL ]
sarGaM [ f ] → Les svara sont les sept notes de la gamme musi-

s’il n’existe que sept notes, elles se répètent à l’octave supérieure et à l’octave inférieure. Ainsi, quand on monte la gamme et que l’on atteint Ni, la gamme reprend sur Sa, Re, Ga, etc. Il s’agit du registre supérieur. De même, lorsque l’on descend la gamme, elle ne s’arrête pas à Sa, mais continue avec Ni, Dha, etc. ; c’est là le registre inférieur. [ e ] → Swar are the seven notes of the Indian musical scale. At a fundamental level they are similar to the sol-fa of Western music. Two of these swar are noteworthy in that they are immutably fixed. These two notes are shadj (Sa) and pancham (Pa) and are referred to as achala swar. These two swar form the tonal foundation for all the Indian classical music. The other notes have alternate forms and are called chala swar. The swar (notes) are assembled to make the scales. These scales are called saptak. The swar have special relationships with each other. Although there are only seven notes they repeat in the upper and lower directions. Therefore, when ascending the scale when one reaches Ni, then the scales starts over with Sa, Re, Ga, etc. This is the upper register. By the same token when one is descending the scale, it does not stop at Sa but continues down. [ → 4 Druphad ] [ → 4 Meier, robin & Momeni, ali ] [ → Moustique ]
satanisMe

Satanism → 1 ajemian, Jason & Lucas, → 1 anger, Kenneth, → 1 Backmasking, → Backward messages, → 1 Backward tapes, → Crowley, aleister, → 1 Decrauzat, Philippe, → 1 Kirpikistan, → occultisme, → 1 Violette, Banks
science-fiction

cale indienne. Elles sont fondamentalement similaires au solfège de la musique occidentale. Deux des svara sont à distinguer, car toujours fixes. Ce sont les notes shadj (Sa) et pancham (Pa) et que l’on nomme achala svara. Ces deux svara forment le fondement tonal de toute la musique classique indienne. Les autres notes ont des formes alternées et sont dites « chala svara ». Les svara (notes) forment des gammes, appelées saptak. Les svara ont des relations spécifiques entre elles.Même

Science fiction [ f ] → La science-fiction n’a pas attendu des philosophes comme Baudrillard pour mettre en exergue cette fantastique puissance d’évocation, cette machine schizophrénique que constitue notre désir de cumul de l’identique, et par extension le → 2 clonage et la simulation. Le grand sujet de la science-fiction n’a pas été de forger un « au-delà du réel ». La → physique quantique a brillamment montré que, s’il peut y avoir plusieurs univers (des « multivers »), il n’y a en revanche qu’une seule réalité. Les petits hommes verts en soucoupes volantes ne signifient rien. Les vrais acteurs de la science-fiction sont les → mutants. Rien visuellement ne les distingue des êtres humains (à la limite un petit doigt raide pour les envahisseurs de bas étages ou un gros accent autrichien pour

un Terminator). Ils peuvent intégrer n’importe quelle identité et muter facilement d’un corps à l’autre. Le mutant, c’est mon voisin, mon frère, mon fils. Quelle importance ? Ce qui compte, c’est de partager la même identité et que sur cette terre et d’autres planètes, mon double existe, multipliant à l’infini le nombre de mes vies possibles. Par l’intermédiaire de ses mutants, la science-fiction a désagrégé la traditionnelle logique du « ou… ou… » au profit de celle, plus polysémique et féconde, du « et… et… ». Fort de cette logique du « et », la science-fiction n’a eu de cesse d’activer ce → qu’umberto Eco définit de manière si succincte et si pertinente par la « → Fonction Etc. » et de tester ainsi les capacités « élastiques » de la réalité, de lui greffer des couches additionnelles, de l’étirer au maximum et de révéler par là même un corps indéchirable, extensible et pliable à volonté. Elle s’est constamment efforcée de transférer, de transmuter des données d’une zone à une autre, d’éprouver cette formidable → élasticité, et d’élaborer ainsi une véritable schizophrénie du réel. La capacité de la science-fiction à activer des mouvements d’oscillations constantes entre plusieurs zones du réel est à mettre en parallèle avec la façon de travailler des artistes d’aujourd’hui. La science-fiction comme clef de lecture de l’art contemporain, la schizophrénie comme moteur. [ e ] → Science fiction did not wait for philosophers like Baudrillard to underline the fantastic power of evocation, the schizophrenic machine constituted by our desire for the accumulation of the identical, and by extension for cloning [ → 2 clonage] and simulation. The major subject of science fiction has not been the forging of “somewhere beyond reality”. Quantum physics [ → physique quantique] has brilliantly demonstrated that there may be several universes (“multiverses”), but on the other hand there is only one single reality. Little green men in flying saucers mean nothing. The real players in science fiction are → mutants. Visually nothing distinguishes them from human beings (at most a rigid little finger for the invaders of lower levels or a strong Austrian accent for a Terminator). They can assume any identity and easily mutate from one body to another. The mutant is my neighbour, my brother, my son. What does it matter? The important thing is sharing the same identity, and that my double exists on this earth and other planets, multiplying the number of my potential lives ad infinitum. Through the agency of its mutants, science fiction has broken up the traditional logic of “either… or…” in favour of the more polysemic and fruitful logic of “and… and…”. Empowered by this “and” logic, science

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fiction has unceasingly activated what → umberto Eco defines so succinctly and pertinently as the “Function of Etc.,” [ → Fonction Etc. ] so testing the “elastic” capacities of reality, grafting extra layers on to it, stretching it to the maximum and by that very means revealing a body that is as tearproof, stretchable and flexible as wished. It has constantly endeavoured to transfer, transmute data from one zone to another, to try out that tremendous elasticity [→ élasticité], and so elaborate a true schizophrenia of the real. Science fiction’s capacity to activate constantly oscillating movements between several zones of reality can be paralleled with the working methods of today’s artists. Science fiction as a key to interpreting contemporary art, with schizophrenia as the moving force. [ → 2 Clonage ] [ → Physique quantique ] [ → Quotient schizophrénique ]
scot, reGinald [ f ] → Vers 1538–1599. Gentilhomme autodidacte, écri-

to have supernatural powers. Book XIII of The Discovery of Witchcraft is akin to a meticulously detailed inventory of conjuring tricks and other illusionistic procedures: how to transform cards, guess thoughts, make coins disappear, stick a blade into one’s body, etc. Looking back, it appears as the first conjuring treatise in history. [ → Croyance ] [ → Magie ] [ → Mentalisme ] [ → Prestidigitateur ]
secret decoder rinGs [ f ] → Jouets offerts pour l’achat de céréales, biscuits

vain, trésorier, juriste et parlementaire anglais. En 1574, il publie un ouvrage préconisant la culture du houblon dans le Kent, puis en 1584, un important traité rationaliste qui démystifie la sorcellerie : The Discovery of Witchcraft. Au xviie siècle, le livre, jugé athée, sera l’objet d’un autodafé ordonné par le roi Jacques Ier. Reginald Scot critique la fabrication du mythe de la sorcière, une femme pauvre, vieille et sans religion, qui devient progressivement suspecte et effraie son entourage jusqu’à la psychose collective. Il analyse les pratiques de tous ceux qui prétendent détenir des pouvoirs surnaturels. Le Livre XIII de The Discovery of Witchcraft s’apparente à un inventaire minutieusement détaillé des tours de passe-passe et autres procédés illusionnistes : comment transformer des cartes, deviner une pensée, faire disparaître les pièces de monnaie, s’enfoncer une lame dans le corps, etc. Il apparaît à rebours comme le premier traité de prestidigitation de l’histoire. [ e ] → Ca. 1538–1599. A self-taught English gentleman, writer, Treasury official, legal expert, and parliamentarian. In 1574 he published a book advocating the growing of hops in Kent. In 1584 he published The Discovery of Witchcraft, an important rationalist treatise demystifying witchcraft. In the 17th century the book was judged to be atheist, and burnt during an auto-da-fé on the orders of King James I. Reginald Scot criticized the making of the myth of the witch, a poor old woman with no religion, who little by little became suspect, and scared those around her to the point of collective psychosis. He analyzed the practices of all those who claimed

et boissons chocolatées dès les années 1940. Ovomaltine était la principale marque à fournir ces décodeurs, indispensables pour déchiffrer les messages codés diffusés lors des émissions qu’elle parrainait comme Little Orphan Annie ou Captain Midnight. [ e ] → Toys given free when people bought cereals, biscuits and chocolate-flavoured drinks since 1940s. Ovaltine was the main brand to supply these decoders, essential for deciphering the coded messages broadcast during programs it sponsored, like Little Orphan Annie or Captain Midnight.
sensibilité électroMaGnétique

gies of the mobile telephony type, what is known as the TTM group, specifically including UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), WIFI , WIMAX and BLUETOOTH . The exposure to the electromagnetic fields of fluo-compact bulbs, very high-voltage lines or microwave ovens can also be a source of discomfort. Recognized by the World Health Organization, electrosensitivity is apparently a problem where physical or psychological symptoms are caused or aggravated by electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ]. Although this causal links is not officially accepted, electrosensitivity is regarded as a disability in Sweden and an illness in Germany. However it continues to be ignored by quite a few other governments. While many independent and undisputed studies have demonstrated both its reality and the physiological link with exposure to electromagnetic fields, nonetheless none of the symptoms observed is part of a recognized syndrome. [ → antenne relais ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ]
sérendipité

Electromagnetic sensitivity [ f ] → La sensibilité électromagnétique ou électrosensibilité est une pathologie au développement rapide dont l’origine se concentre autour des technologies sans fil du type téléphonie mobile, groupe dit « TTM », dont font notamment partie l’UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), le WIFI , le WIMAX et le BLUETOOTH . L’exposition aux champs électromagnétiques d’ampoules fluocompactes, de lignes à très haute tension ou de fours à micro-ondes peut également être une source de gêne. Reconnue par l’OMS , l’électrosensibilité serait un trouble physique ou psychologique causé ou aggravé par des → ondes électromagnétiques. Bien que ce lien de causalité ne soit pas officiellement admis, l’électrosensibilité est considérée comme un handicap en Suède ou une maladie en Allemagne. Elle reste cependant ignorée de nombre d’autres gouvernements. Si de nombreuses études indépendantes et non contestées en ont démontré à la fois la réalité et le lien physiologique avec l’exposition aux champs électromagnétiques, aucun des symptômes observés ne fait cependant partie d’un syndrome avéré. [ e ] → Electromagnetic sensitivity or electrosensitivity is a rapidly developing pathological condition the origin of which is centered on wireless technolo-

Serendipity [ f ] → De l’anglais serendipity, mot inventé en 1754 par l’homme de lettres anglais Sir Horace Walpole pour qualifier une découverte que l’on fait alors qu’on est engagé dans une recherche initiale ayant un autre objet. La fortune du terme dans le domaine de la recherche scientifique est liée à l’intérêt porté aux vertus du hasard, de l’erreur, de la fausse route et de leurs capacités créatrices versus le modèle dominant d’une raison infaillible dans sa méthode et ses résultats. Ce mode de recherche, dont le nom hérite du vieux nom persan du Sri Lanka, n’a en effet qu’un défaut, il est imprévisible. [ e ] → The English word “serendipity” was coined in 1754 by the English man of letters Sir Horace Walpole to describe a discovery that is made when someone is initially engaged in research that has a different purpose. The fate of the term in the field of scientific research is bound up with the interest taken in the merits of chance, error, the wrong path and their creative capacities as against the dominant model of infallible reason in one’s method and results. This method of research, its name based on the old Persian name for Sri Lanka, has just one defect: it is unpredictable. [ → 4 DynaSTy ] [ → 4 Samson, Bettina ]
servante [ f ] → Jean-Eugène robert-houdin donne une défi-

on devient sorcier (1868) : « La gibecière, appelée plus généralement servante, est une tablette placée derrière la table du côté opposé aux spectateurs, à hauteur de fond du tiroir dont elle prend la place ; elle sert à déposer des objets qui semblent s’évanouir et à recéler ceux qui doivent apparaître mystérieusement. Cette tablette est garnie d’un rebord pour que les objets qui y sont déposés ne tombent pas, et d’un tapis pour éviter le bruit. Quelques → prestidigitateurs rembourrent ce tapis avec de la sciure de bois pour éviter le rebondissement des objets qu’on y laisse tomber. » [ e ] → Jean-Eugène robert-houdin gave a definition of this device in his book Comment on devient sorcier (1868): “The pouch compartment, more usually referred to as a servante, is a shelf placed behind the table on the opposite side from the onlookers, at the height of the drawer bottom it replaces; it is used to deposit objects that seem to disappear, and conceal those that have to appear mysteriously. This shelf is equipped with an edge so that the objects deposited there do not fall out, and with a cloth bottom to prevent any noise. Some magicians [ → prestidigitateur ] pad this cloth with wood shavings to make sure objects dropped into it do not bounce back out.” [ → Fake ] [ → Gimmick ] [ → Profonde ]
shadow (the) [ f ] → Émission radio préférée de → 3 Paul Laffoley

nition de cet artifice dans son ouvrage Comment

alors qu’il était enfant, et diffusée à partir de 1931 sur les ondes de la station de radio WEEI, comme partie de The Blue Coal Radio Review. Le personnage de « The Shadow » [L’Ombre] était le parfait alter ego du riche étudiant en sciences, Lamont Cranston. Alors qu’il voyageait jadis en Orient, il avait découvert le pouvoir de brouiller la vision (et l’esprit) des hommes de sorte qu’ils ne puissent plus le voir. L’Homme invisible de H. G. Wells servit de modèle à The Shadow, héros qui n’avait pas à se soucier d’absorber des produits chimiques pour devenir le plus grand combattant du monde à ADN humain. Sa véritable identité n’était connue que de son amie et compagne de toujours Margot Lane. Même lorsqu’il incarnait The Shadow, Lamont restait un être physique, sa présence pouvant être, selon ses propres dires, détectée par un faisceau photoélectrique et son corps détruit par ce même faisceau. À la radio, Orson Welles incarna Lamont Cranston jusqu’à ce qu’il s’en lasse. Enfin, les voix de Brett Morrison pour Lamont et de Gertrude Warner pour Margot furent celles qu’allait retenir le public. En 1954, l’émission prit brutalement fin.

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[ e ] → 3 Paul Lafolley’s favourite radio programme when

he was a child. The radio drama was broadcasted on station WEEI from 1931, as part of a radio show called The Blue Coal Radio Review. The character of “The Shadow” was the alter ego of the wealthy student of science, Lamont Cranston, who long ago while travelling in the Orient discovered the power to cloud men’s minds so that they could not see him. H.G. Wells’s Invisible Man was the model for The Shadow, without the bother of imbibing chemicals, thereby becoming the world’s greatest fighter possessed of human DNA . His true identity was known only to his constant friend and companion Margot Lane. The fact that Lamont, even in his incarnation as The Shadow, remained a physical being was revealed when he admitted to Margot that his presence could be detected by a photoelectric beam and perhaps destroyed by it. Orson Welles became Lamont Cranston on the radio until he could not take it any longer. Finally the voices of Brett Morrison as Lamont and Gertrude Warner as Margot took over, and are the voices most people are familiar with. In 1954 the show ended abruptly and was never heard from again. [ → Disparaître (instructions pour) ] [ → 3 homme invisible ]
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Singularity [ f ] → Suite à la Révolution française, la suppression des anciennes corporations puis de l’Académie laisse les artistes sans structures collectives d’organisation et avec l’obligation de redéfinir leur identité et d’adopter de nouveaux critères d’évaluation. Avec la génération romantique se met en place un régime de singularité, selon lequel la qualité d’une œuvre d’art ne dépend plus de sa conformité à une tradition et son excellence de la satisfaction de critères esthétiques et moraux. L’ancien curriculum est remplacé par l’impératif d’originalité de l’œuvre, c’est-à-dire sa nouveauté, son unicité, son émancipation de la morale établie et sa capacité à constituer une rupture. À partir de là, ce qui était auparavant l’exception et permettait de définir les grands artistes devient la norme et l’attente normale adressée à tout artiste. À la fin du xixe siècle, au sein des avant-gardes artistiques, la contestation devient la règle de fonctionnement. Cet impératif est paradoxal dans la mesure où la singularité ne peut pas être prise comme modèle sans être, de ce fait, démentie. Le régime de singularité qui caractérise l’art moderne oblige les artistes à inventer constamment des façons renouvelées de se singulariser. Dans un tel cadre, une stratégie paradoxale, commune aux œuvres pop

et minimales ( → 1 art minimal), a consisté à adopter des formes impersonnelles pour se tenir à distance d’une singularité devenue banale. La logique qui sous-tend cette critique du caractère normatif et contradictoire de la singularité moderniste obéit néanmoins toujours à son réquisit de différenciation. [ e ] → After the French Revolution, the dissolution of the old guilds followed by that of the Académie left artists with no collective organisational structures: they had to redefine their identity and adopt new evaluation criteria. The Romantics introduced a regime of singularity which posits that the quality of an artwork no longer depends on its conformity to a tradition or its excellence in satisfying aesthetic and moral criteria. The old curriculum is replaced by the imperative for originality in works, i.e. their novelty, uniqueness, their emancipation from established morality and their ability to break with the past. From that point, what was once the exception and served to define great artists becomes the norm and is a normal expectation addressed to all artists. At the end of the 19th century, among the artistic vanguard, dissent became the rule. This imperative is paradoxical in the sense that singularity cannot be used as a model without, in the same instant, belying itself. The regime of singularity which characterizes modern art requires artists to constantly invent new ways of being singular. In this context, a paradoxical strategy—common to Pop Art and Minimalism [ → 1 art minimal]—consisted in employing impersonal forms in order to maintain distance from singularity turned banal. The logic underlying this critique of the normative and contradictory character of modernist singularity still obeys its imperative of differentiation.
skate-board [ f ] → Dans les années 1930, les patins à roulettes et

les trottinettes sont en vogue aux États-Unis. Les enfants des familles pauvres bricolent des sortes de trottinettes qu’ils appellent scooter skate. Débarrassés de leur guidon, ceux-ci deviennent les premiers skate-boards. L’Amérique prospère de l’après-guerre, qui s’adonne aux loisirs de masse et invente la « culture jeune », voit se développer le skate-board comme une nouvelle pratique sportive urbaine. À la fin des années 1950, des surfeurs californiens commencent à s’intéresser à ces planches à roulettes qu’on appelle alors sidewalk surfboard. La pratique se développe dans les années 1960. En 1963, des skateurs commencent à « skater » des piscines vides à Los Angeles. En 1965, la pratique du skate-board est interdite dans

une vingtaine de villes américaines. En 1969, des skateurs se mettent à utiliser comme rampes les plans inclinés que leur offre l’espace urbain. La même année, l’invention du kicktail, l’inclinaison de l’arrière de la planche, permet la naissance du kick turn, première figure de skate qui ne soit pas directement empruntée au surf. Dans les décennies qui suivent, le skate-board se développe comme une culture à part entière, avec ses stars (Tony Alva, Jay Adams, Stacy Peralta, Tony Hawk, Steve Caballero…), ses entreprises, ses magazines, ses championnats, ses espaces dédiés, ses périodes fleurissantes, ses crises et ses récessions. Comme le fait remarquer Iain Borden dans Skateboarding, Space and the City: Architecture and the Body (Berg, Oxford, 2001), le street-skating, premier → sport de glisse spécifiquement urbain, opère une véritable → resignification de la ville et de son espace en transformant piscines, plans inclinés, rampes d’escalier, en autant de spots, les détournant de leur → 4 usage original pour en définir de nouveaux usages. Selon → 4 raphaël Zarka, « dans une architecture conçue non plus pour le citoyen mais pour le → 4 consommateur, le skateur pose la question de l’usage que nous faisons de la ville. » [ e ] → In the 1930s, roller skates and scooters were all the rage in the United States. The kids of poor families cobbled together a type of scooter they called the scooter skate. Freed from handlebars, these became the first skateboards. Prosperous post-war America, which devoted itself to mass leisure and invented “youth culture”, saw the skateboard develop as a new urban → sport. Toward the end of the 1950s, California surfers were interested in the skateboards that were then called sidewalk surfboards. The custom developed in the 1960s. In 1963, skaters started “skating” drained swimming pools in Los Angeles. In 1965, skateboarding was prohibited in around twenty American cities. In 1969, skaters took to using inclined planes in public urban spaces as ramps. The same year, the invention of the kicktail, the upward slope at the back of the board, saw the birth of the kick turn, the first skating move not directly borrowed from surfing. In the decades that followed, the skateboard developed as a full-fledged culture with its own stars (Tony Alva, Jay Adams, Stacy Peralta, Tony Hawk, Steve Caballero…), businesses, magazines, championships, parks, thriving phases, crises and recessions. As Iain Borden remarks in Skateboarding, Space and the City: Architecture and the Body (Berg, 2001), street-skating, the first specifically urban board → sport, brings about a true → resignification of the city and its spaces by transforming pools, inclined planes and hand-

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rails into so many centres, diverting them away from their original → 4 usage to define new ones. According to → 4 raphaël Zarka, “in an architecture conceived not for the citizen but for the consumer [→ 4 consommateur], skaters question the way in which we inhabit our cities.”
sockandawe.coM [ f ] → Jeu en ligne qui propose aux internautes d’envoyer sa → 4 chaussure au visage de → 4 George W. Bush. À chaque lancer de chaussure est diffusée la voix de → 4 Muntazar al-Zaidi criant à l’attention

[ e ] → When in the late 1920s research was being

du président des États-Unis : « Ceci est ton baiser d’adieu, chien ! » [ e ] → Online game in which the player throws a shoe [ → 4 chaussure ] in the face of → 4 George W. Bush. Each throw is accompanied by the voice of → 4 Muntazar al-Zaidi who yelled to the president of the United States: “This is a farewell kiss from the Iraqi people, you dog!”
son optique

Graphical sound [ f ] → Lorsque à la fin des années 1920 en Union Soviétique des recherches furent menées sur le son qui accompagnait les films et les films d’animation, Mikhail Tsekhanovski exprima tout haut l’idée : « Et si nous prenions une de ces frises de la Grèce antique ou de l’Égypte ancienne comme bandeson ? Peut-être entendrions-nous quelque musique archaïque inconnue ? » → 2 andrei Smirnov & Lubov Pchelkina expliquent qu’il faisait référence aux formes et aux silhouettes des vases et à leur possible utilisation comme ondes capables de générer du son. C’est à ce moment précis que naquirent les techniques de création optique de sons, sans doute les premières bandes-son électroniques jamais créées. En 1936, on distinguait ainsi en Union Soviétique quatre grandes catégories de son optique : le son ornemental dessiné à la main (→ arseny avraamov et Boris Yankovsky, à ses débuts), le son papier fait main (Nikolaï Voinov, 1900 – 1958), le variophone ou son papier automatisé (Evgeny Sholpo, Georgy Rimsky-Korsakov) et l’analyse spectrale, la décomposition et la technique de resynthétisation (Boris Yankovsky). Les chercheurs travaillant sur le son optique durent, au cours de ces quelques années, faire face à d’énormes difficultés techniques et théoriques (ainsi que pratiques). Les résultats de leurs recherches furent aussi surprenants qu’inattendus, et en avance de plusieurs décennies sur leur époque. Mais leur conflit avec l’État s’est avéré fatal pour eux : en moins de dix ans, tous leurs travaux furent interrompus et presque immédiatement oubliés.

developed to accompany films and animations in Russia, Mikhail Tsekhanovsky voiced the idea: “What if we take some Egyptian or ancient Greek ornaments as a sound track? Perhaps we will hear some unknown archaic music?” → 2 andrei Smirnov & Lubov Pchelkina explain that he was referring to the shapes and outlines of vases and how these could be used as if wave forms to generate sound. It was at this precise moment that Graphical Sound techniques were invented—possibly the first electronic soundtracks ever created. In 1936 there were four main trends of Graphical Sound in Soviet Russia: hand-drawn Ornamental Sound (→ arseny avraamov, early Boris Yankovsky); handmade Paper Sound (Nikolai Voino); Variophone or automated Paper Sound (Evgeny Sholpo, Georgy Rimsky-Korsakov); and the spectral analysis, decomposition and resynthesis technique (Boris Yankovsky). Researchers involved in Graphical Sound had to overcome enormous technical and theoretical (as well as more mundane) difficulties during its short existence. The results of their work were surprising and unexpected, and ahead of the group’s time by decades. However, their clash with the state proved fatal: in fewer than ten years, all of their work had ended and was almost instantly forgotten. [ → 4 Cassière, Pierre-Laurent ]
sous-Marins (filMs de)

Sous-marin / Submarine. Photo DR

Son optique Evgeni Sholpo et son variophone /Evgeni

Sholpo working with the variophone, 1934. State Film Archive, Krasnogorsk

Submarines (Films of) [ f ] → Le sous-marin est sans doute le navire de combat le plus ambivalent qui soit, à la fois tout-puissant lorsqu’un ennemi est observé dans le périscope, et extrêmement vulnérable lorsqu’il se trouve encerclé de grenades sous-marines et que la coque se met à craquer et les boulons à sauter sous l’effet de la pression de l’eau. De nombreux films ont transposé à l’écran les aventures des sous-mariniers tels que The Bedford Incident (1965) de James B. Harris, dans lequel un reporter est affecté sur le destroyer USS Bedford lorsque celui-ci repère un sous-marin soviétique. L’Odyssée du sous-marin Nerka (1958) de Robert Wise raconte l’histoire du commandant d’un sous-marin coulé dans le détroit de Bango par un destroyer japonais, Akikaze, bien décidé à y retourner une fois affecté sur le sous-marin Nerka. Dans À la poursuite d’Octobre Rouge (1990) de John McTiernan, l’un des meilleurs officiers russes tente de passer à l’Ouest et de livrer le fleuron de la marine soviétique aux Américains. U-571 (2000) de Jonathan Mostow met en scène le U-571 immobilisé à la suite du grenadage d’un destroyer anglais. Le S33 se rend sur place pour tenter de s’emparer

Son optique Disques découpés formant les ondes sonores

du variophone d’Evgeni Sholpo/Evgeni Sholpo’s Variophone disks with cut wave shapes, 1934. State Film Archive, Krasnogorsk

Spectre électromagnétique / Electromagnetic spectrum

Spiritisme Séance de spiritisme / Spiritualism session (Fritz Lang, Doktor Mabuse der Spieler, 1922)

spe
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spectre électroMaGnétiQUe

sport

spo
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de la machine Enigma et simultanément un sousmarin allemand quitte Lorient pour réparer le sousmarin endommagé. [ e ] → The submarine is undoubtedly the most ambivalent fighting ship in existence, simultaneously all-powerful when an enemy is spotted in the periscope, yet extremely vulnerable: when it is encircled by depth charges, the hull starts to crack and the bolts to give way under the impact of water pressure. Many films have transposed the adventures of submariners to the screen, such as The Bedford Incident (1965) by James B. Harris, where a reporter is posted on to the destroyer USS Bedford when it locates a Soviet submarine. Run Silent, Run Deep (1958) by Robert Wise, tells the story of the commander of a submarine sunk in the Bungo Strait by the Japanese destroyer Akikaze, quite determined to go back there once he is posted to the submarine Nerka. In The Hunt for Red October (1990) by John McTiernan, one of the ace Russian officers tries to go over to the West and hand over the pride of the Soviet navy to the Americans. U571 (2000) by Jonathan Mostow features the U-571, immobilized after being depth-charged by a British destroyer. The S33 goes to the spot to try and get hold of the U-571’s Enigma machine, while at the same time a German submarine is leaving Lorient to repair the damaged submarine. [ → 3 Jeudis de SPy nuMBErS (Les) ]
spectre électroMaGnétique

ton energy or wavelength. The portion of the electromagnetic spectrum visible to the naked eye is tiny in relation to its total extent. Electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ] measured in Hertz are categorized into bands or frequencies: ELF [Extremely Low Frequencies], VLF [Very Low Frequencies] (GO radio), LF [Low Frequencies] (GO radio), MF [Medium Frequencies] (MW radio), HF [High Frequencies] (SW radio, radiotelephone, CB), VHF [Very High Frequencies ] (TV, FM), UHF [Ultra High Frequencies] (TV, radar & microwaves—L, S bands), SHF [Super High Frequencies] (radar & microwaves—C, X, K bands), EHF [Extremely High Frequencies] (radar & microwaves), and, beyond 300 GHz, infrared, visible light [ → lumière ], → ultraviolet, X-rays and gamma rays. [ → Basse fréquence ] [ → Lumière noire ] [ → ultraviolet (rayonnement) ]
spiritisMe

Electromagnetic spectrum [ f ] → Le spectre électromagnétique est la décomposition du rayonnement électromagnétique selon ses différentes composantes en termes de fréquence (ou période), d’énergie des photons ou encore de longueur d’onde. La portion du spectre électromagnétique visible par l’œil est infime par rapport à son étendue totale. Mesurées en hertz, les → ondes électromagnétiques sont découpées en bandes ou fréquences : ELF [Extremely Low Frequencies], VLF [Very Low Frequencies] (radio GO), LF [Low Frequencies] (radio GO), MF [Medium Frequencies] (radio OM), HF [High Frequencies] (radio OC, radiotéléphone, CB), VHF [Very High Frequencies] (TV, FM), UHF [Ultra High Frequencies] (TV, radar et micro-ondes – bandes L, S), SHF [Super High Frequencies] (radar et micro-ondes – bandes C, X, K ), EHF [Extremely High Frequencies] (radar et micro-ondes) et, au-delà de 300 GHz, infrarouge, → lumière visible, → ultraviolet, rayons X et rayons gamma. [ e ] → The electromagnetic spectrum is the breakdown of electromagnetic radiation following its various components in terms of frequency (or period), pho-

Spiritualism [ f ] → Science occulte [ → occultisme ] dont le principe est de provoquer, par l’intermédiaire d’un médium, individu aux capacités parapsychiques particulières, la manifestation des esprits et de dialoguer avec eux à des fins souvent divinatoires, le spiritisme connaît son plein essor au milieu du xixe siècle. Le terme est forgé par Allan Kardec, qui publie en 1857 Le Livre des esprits – contenant les principes de la doctrine spirite sur l’immortalité de l’âme, la nature des esprits et leurs rapports avec les hommes, les lois morales, la vie présente, la vie future et l’avenir de l’humanité, qui établit tout un corps de pensée spiritualiste, affirmant l’immortalité de l’esprit et sa réincarnation, l’existence d’une cause première à tout et d’une intelligence suprême, et la présence de la vie sur d’autres planètes que la Terre. Le spiritisme trouve son origine aux États-Unis, à la fin des années 1840, avec l’extraordinaire engouement public suscité par deux jeunes médiums, les sœurs Margaret et Kate Fox, entrées en communication par un système de coups frappés avec les esprits d’une ferme hantée de l’État de New York. Une quasi-religion spiritualiste prend son essor, à travers revues, réunions publiques et révélations de talents médiumniques. L’enthousiasme pour les tables tournantes traverse bientôt l’Atlantique et trouvera dans Victor Hugo, alors en exil à Guernesey, un de ses plus fervents adeptes. Initié à l’art spirite par Delphine de Girardin, il est bouleversé par une séance au cours de laquelle semble se manifester sa défunte fille Léopoldine, le 11 septembre 1853 ; pendant plus d’un an, Hugo invoquera, avec le cercle de ses proches,

les esprits de Chateaubriand, Napoléon ou Dante, et composera sous leur dictée plusieurs dessins ainsi que le poème Ce que dit la bouche d’ombre. Religion laïque paradoxale dans un siècle de révolutions, pensée irrationnelle marquée par le romantisme noir et les anciens mythes réactualisés par la littérature gothique et fantastique, le spiritisme tient aussi de doctrines scientifiques de la fin du xviiie siècle mettant l’accent sur l’importance des fluides et des énergies censés lier le corps et l’esprit humain : le magnétisme de Franz Anton Mesmer, les théories de l’électricité animale de Luigi Galvani. Se heurtant à l’essor du positivisme et de la rationalité scientifique, le spiritisme ne perd pas de sa popularité avec l’esprit fin de siècle, et ce d’autant qu’il suscite désormais la curiosité des cliniciens, psychiatres et psychologues : Jean-Martin Charcot s’intéresse aux « démoniaques », étudie le somnambulisme et la catalepsie, réhabilite l’hypnose à laquelle Sigmund Freud a bientôt recours. [ e ] → An occult [ → occultisme] science based on the principle of conjuring up spirits through the agency of a medium, a person with special parapsychic powers, and carrying on a dialogue with them, often for divinatory purposes. Spiritualism was at its height in the mid-19th century. The term was forged by Allan Kardec, who in 1857 published Le Livre des esprits—contenant les principes de la doctrine spirite sur l’immortalité de l’âme, la nature des esprits et leurs rapports avec les hommes, les lois morales, la vie présente, la vie future et l’avenir de l’humanité, which established a whole body of spiritualist thought, asserting the immortality and reincarnation of the spirit, the existence of a primary cause of everything and of a supreme intelligence, and the presence of life on planets other than Earth. Spiritualism originated in the United States in the late 1840s, with the extraordinary public infatuation aroused by two young mediums, the sisters Margaret and Kate Fox, who entered into communication with the spirits on a haunted farm in New York state through a system of knocking. A spiritualist quasi-religion took off, through magazines, public meetings and revelations of mediumistic talents. The craze for table-turning soon crossed the Atlantic, and found one of its most fervent supporters in Victor Hugo, in exile in Guernsey at the time. Initiated to spiritualism by Delphine de Girardin, he was overwhelmed by a séance in the course of which his dead daughter Léopoldine seemed to make contact, on 11 September 1853; for more than a year Hugo together with his close friends and family would invoke the spirits of Chateaubriand, Napoleon or Dante, and he composed several drawings following their instructions, as well as the

poem Ce que dit la bouche d’ombre. A paradoxical secular religion in a century of revolutions, irrational thought marked by the black romanticism and ancient myths given new actuality by Gothic or fantastic literature, spiritualism was also influenced by late 18th-century scientific doctrines, which stressed the importance of the fluids and energies thought to bind the human body and spirit: Franz Anton Mesmer’s magnetism, Luigi Galvani’s theories of animal electricity. Spiritualism came up against the rise of positivism and scientific rationality, but did not lose its popularity with the fin de siècle attitude, especially as it then aroused the curiosity of clinicians, psychiatrists and psychologists: Jean-Martin Charcot was interested in people “possessed by the devil”, studied somnambulism and catalepsy, and rehabilitated hypnosis, which was soon afterwards taken up by Sigmund Freud. [ → 1 indes à la planète Mars (Des) ] [ → Kunz, Emma ] [ → 1 Lournoy, Théodore ] [ → 1 Müller, Catherine-élise ] [ → 1 nécromancie ]
sport [ f ] → L’un des faits les plus notables de l’histoire du

sport moderne est sans doute sa médiatisation croissante. Cette médiatisation est corrélative au développement des mass médias qui ont trouvé dans le sport l’un de leurs contenus de prédilection. En l’espace de quelques décennies, la presse écrite, la radio et la télévision ont métamorphosé le sport en exploitant ses qualités spectaculaires et son potentiel dramaturgique. Le public a décuplé. Les sportifs se sont professionnalisés. Les champions sont devenus des idoles dont l’aura égale celle des artistes ou des responsables politiques, et dont les revenus rivalisent avec ceux des entrepreneurs les plus prospères. Certaines compétitions comme les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football sont devenus des événements planétaires sans équivalent dans le champ culturel. De nombreuses villes ont entrepris des projets pharaoniques pour accueillir les foules dans leur stade. Cette médiatisation du sport s’accompagne de nombreuses critiques. Certaines voix lui reprochent d’exacerber la compétition au risque de mettre en péril la santé des joueurs, d’attiser la violence parmi les spectateurs et de trahir l’esprit original du sport. D’autres lui reprochent des enjeux financiers excessifs encourageant la corruption ou la fraude et faussant la libre concurrence entre sportifs. D’autres encore soulignent les risques d’une manipulation d’ordre idéologique consistant à divertir les masses pour mieux les contrôler.

sta
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stations de noMBres

systéMe GénératiF

sys
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[ e ] → One of the most noteworthy phenomena in

Station de nombres, derrière l’hôtel The Dorchester, Londres / Numbers station, behind The Dorchester Hotel, London. Photo : Akin O. Fernandez

the history of modern sport is undoubtedly its increasing mediatization. This mediatization goes hand in hand with the development of the mass media which have made sport one of their favourite contents. In the space of a few decades, the printed press, radio and television have transformed sport by exploiting its spectacular qualities and its dramatic potential. The audience has increased tenfold. Sportsmen have turned professional. Champions have become idols whose aura is equal to that of artists or political figures, while their income rivals that of the most prosperous businessmen. Some competitions such as the Olympic Games or the Football World Cup have become global events that have no equivalent in the cultural field. Many cities have undertaken huge-scale projects to accommodate the crowds in their stadiums. This mediatization of sport has not failed to attract a great deal of criticism. Some people reproach it with heightening competition at the risk of putting the players’ health in danger, fanning violence among the spectators, and betraying the original spirit of sport. Others criticize the excessive financial sums at stake, encouraging corruption or fraud, and skewing free competition between athletes. Yet others draw attention to the risks of manipulation of an ideological nature, consisting of entertaining the masses as a means of better controlling them.
stations de noMbres

Station de nombres, Ambassade de Hongrie, Londres / Numbers station, Hungarian Embassy, London. Photo : Akin O. Fernandez

Station de nombres Ambassade de Chine / Chinese

Embassy, Londres / London

Numbers Stations [ f ] → Les stations de nombres émettent sur les hautes fréquences des messages cryptés en morse, en phonie, en RTTY (radiotélétype) ou dans des modes spécifiques. Il s’agit le plus souvent de séquences de nombres ou de lettres. Les idées les plus diverses ont circulé au sujet du contenu de ces messages cryptés dont il est impossible de déterminer la provenance : prévisions météorologiques, cours de la bourse, communications codées entre narcotrafiquants, transmissions de services de renseignements ou bien simples tentatives d’intoxication par l’envoi de messages incohérents… Recensées en une classification, les stations de nombres sont répertoriées par le groupe → EniGMa. Le code identifiant chaque station est composé d’une lettre suivie de deux chiffres. La lettre fait référence à la langue d’émission : « E » pour les émissions en anglais, « G » pour les émissions en allemand (ces émissions étant devenues beaucoup plus rares depuis la chute du mur de Berlin). « S » désigne une pluralité de langues slaves et « V » des stations émettant en phonie, notamment

à partir d’Europe centrale. « M » renvoie au mode de transmission en morse et « X » à tous les autres modes (signaux ressemblant à des chants de baleine, suites de bips, etc.). Enfin, de façon à les différencier, certaines stations sont affublées de surnoms qui proviennent soit d’une particularité de la transmission, soit de leur origine supposée. [ e ] → Numbers stations broadcast High Frequencies coded messages in Morse, speech, RTTY (radioteletype) or special modes. As often as not they are sequences of numbers or letters. The widest range of ideas have circulated regarding the contents of these coded messages whose source it has not been possible to determine: weather forecasts, stock prices, coded communications between drug traffickers, transmissions by information services, or indeed simple attempts to disseminate disinformation by sending incoherent messages… Identified under one classification, numbers stations are catalogued by the → EniGMa group. The identification code of each station is composed of a letter followed by two digits. The letter refers to the language of the broadcast: “E ” for broadcasts in English, “G ” for broadcasts in German, (these have become much less frequent since the Berlin Wall came down). “S ” designates a number of Slav languages, and “V ” stations using voice transmission, from Central Europe in particular. “M” refers to the transmission mode, namely Morse, and “X ” to all other modes (signals resembling the singing of whales, sequences of beeps, etc.). Finally, so as to differentiate them, some stations are given nicknames that come either from some peculiarity in the transmission, or from their presumed origin. [ → 3 SPy nuMBErS ] [ → 3 o’dell, Matt ]
strudel [ f ] → Pâtisserie inventée à l’époque de l’empire des

150 gr. Zucker 1 Essl. Zimt 100 gr. geschmolzene Butter 100 gr. Semmelbrösel Margarine zum Ausfetten Puderzucker Zubereitung: → Mehl mit dem Salz vermischen. In die Mitte, eine Mulde drücken. Wasser mit Öl, Essig und Ei verquirlen und hineingeben. Daraus einen geschmeidigen Teig kneten. 30 Minuten an einem warmen Platz ruhen lassen. → In der Zwischenzeit, die Füllung bereiten: Äpfel schälen, vierteln, entkernen und in feine Scheibchen schneiden. Mit Rosinen, Haselnüssen oder Mandeln, Zucker und Zimt vermischen. Dann den Teig in zwei Teile teilen. → Den 1. Teil auf einem Küchentuch ausrollen. Ränder vorsichtig anheben und über dem Handrücken dünn ausziehen. Mit etwas geschmolzener Butter bestreichen und der Hälfte der Semmelbrösel bestreuen. → Auf einer Seite mit der Hälfte der Füllung belegen. An den Enden einschlagen. Den Strudel durch Anheben des Tuches von einem Rand her aufrollen. Andrücken. Genauso den 2. Strudel bereiten. → Dann eine grosse rechteckige feuerfeste Form (oder Blech) gut einfetten. Beide Strudel nebeneinander hineinlegen mit der restlicher geschmolzener Butter bestreichen. In der vorgeheizten Backröhre bei guter Hitze 35–45 Minuten backen. Mit Puderzucker bestreuen.
systèMe Génératif

Habsbourg et présente sous formes diverses dans le monde entier. [ e ] → A pastry originated in the Habsburg Empire and present under various forms worldwide.
strudel de MaMi wahler (le) [d] → Zutaten : (Für 2 kleine Strudel)

→ Teig : 300 gr. Mehl 1 Prise Salz 8 Essl. lauwarmes Wasser 2 Essl. Essig 5 Essl. Öl 1 Ei → Füllung: 2 kg Äpfel 100 gr. Rosinen 100 gr. gehackte Haselnüsse oder Mandeln

Generative system [ f ] → Le terme de « système génératif » réfère à des systèmes qui utilisent un ensemble restreint de règles basiques pour produire des combinaisons extrêmement variées et imprévisibles. Les automates cellulaires, notamment le célèbre Game of Life [Jeu de la vie] inventé par le mathématicien britannique John Horton Conway aux débuts des années 1970, constituent un des exemples les plus connus de systèmes génératifs. Un automate cellulaire consiste en une grille régulière de « cellules » contenant chacune un « état » choisi parmi un ensemble fini et qui peut évoluer au cours du temps. L’état d’une cellule au temps t+1 est fonction de l’état au temps t d’un nombre fini de cellules appelé son « voisinage ». À chaque nouvelle unité de temps, les mêmes règles sont appliquées simultanément à toutes les cellules de la grille, produisant

syn
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syndroMe d’eFFondreMent

syndroMe d’eFFondreMent

syn
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une nouvelle « génération » de cellules dépendant entièrement de la génération précédente. Le modèle des automates cellulaires est remarquable par l’écart entre la simplicité de sa définition et la complexité que peuvent atteindre certains comportements générés. Les systèmes génératifs peuvent également être utilisés en art (art numérique génératif), dans les → jeux vidéo (par exemple le très récent Spore, jeu dans lequel le joueur crée la vie et la fait évoluer à partir d’une cellule) ou encore en musique (musique générative créée par un système ou utilisant des algorithmes numériques). Dans le domaine de la musique pop, musiciens et ingénieurs informatiques ont développé des systèmes génératifs visant à automatiser la composition de mélodies et de paroles afin de créer des « tubes ». Pour → 2 LaST ManoEuVrES in ThE DarK , → 2 Fabien Giraud et → 2 raphaël Siboni avaient ainsi demandé à Robin Meier et Frédéric Voisin de réaliser un système d’intelligence artificielle capable d’apprendre et d’imiter un catalogue musical choisi. Ces deux musiciens chercheurs expérimentent des systèmes génératifs de leur conception qui s’inspirent de systèmes biologiques, tels que les interactions entre lucioles (lesquelles parviennent à synchroniser leurs scintillements), les réseaux de neurones ou les cellules cardiaques… Leur programme est capable, par exemple, d’apprendre tout un ensemble de transcriptions musicales et de paramètres de mixage, mais aussi de l’imiter, de l’analyser sans supervision et d’extraire les règles implicites présentes dans les morceaux de musique pour créer une nouvelle musique. [ e ] → The term “generative system” refers to systems that use a restricted number of basic rules to produce extremely varied and unpredictable combinations. Cellular automata, in particular the famous Game of Life invented by the British mathematician John Horton Conway in the early 1970s, are among the best-known examples of generative systems. A cellular automaton consists of a regular grid of “cells” each containing a “state” chosen from among a finite number that can develop over time. The state of a cell at the time t+1 is a function of the state at the time t of a finite number of cells called its “neighbours”. At each new unit of time, the same rules are applied simultaneously to all the cells in the grid, producing a new “generation” of cells entirely dependent on the previous generation. The cellular automaton model is remarkable for the disparity between the simplicity of its definition and the complexity some of the behaviours generated can achieve. Generative systems can also be used in art (generative digital art), in video games (for example the very recent Spore, a game where

the player creates life and makes it evolve from a cell), or in music (generative music created by a system or using digital algorithms). In the field of pop music, musicians and computer engineers have developed generative systems that aim to automate the composition of melodies and words in order to create “hits”. For → 2 LaST ManoEuVrES in ThE DarK , → 2 Fabien Giraud and → 2 raphaël Siboni asked Robin Meier and Frédéric Voisin to create a system of artificial intelligence capable of learning and imitating a selected catalogue of music. These two musicians-cum-researchers experimented with systems that would generate their conception, inspired by biological systems such as the interactions between fireflies (which manage to synchronize their glowing moments), neuronal networks or cardiac cells. For example, their program is capable of learning a whole set of musical transcripts and mixing parameters, but also of imitating them, analyzing them unsupervised, and extracting the implicit rules present in the pieces of music to create new music.
syndroMe d’effondreMent des colonies d’abeilles

Beehive Colony Collapse Disorder [ f ] → Caractérisé par la désertion de leur ruche par les abeilles en dehors de la période hivernale ainsi que par l’absence de cadavres des apidés à proximité, ce syndrome d’effondrement ou CCD (pour l’expression anglaise Colony Collapse Disorder) est le nom donné à un phénomène d’abord appelé « syndrome de → disparition des abeilles » ou également « FallDwindle Disease » (maladie du déclin automnal des abeilles). Ce phénomène dont l’ampleur devient épidémique reste inexpliqué. Les études en cours ne permettent à ce jour que de supposer une synergie entre plusieurs causes. Cependant, certaines théories voient dans les ondes émises par les → antennes relais des causes de l’effondrement des colonies d’abeilles. [ e ] → Characterized by bees’ desertion of their hives outside the winter period and by the absence of any apian corpses nearby, CCD (Colony Collapse Disorder) is the name given to a phenomenon initially called the honey bee depopulation [ → disparition ] syndrome or fall dwindle disease. This phenomenon which is becoming epidemic in scale is still unexplained. The studies under way so far only allow us to surmise a synergy between several causes. However, certain theories see the waves emitted by mobile phone masts [ → antenne relais ] as a source of disturbances which lead to the collapse of bee colonies. [ → ondes électromagnétiques (effets) ]

tab
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taBle rase

terrella

ter
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t

table rase [ f ] → La formule latine tabula rasa signifie littérale-

ment « page blanche » ou « écrit effacé ». Elle se réfère à la tabula, une planche recouverte de cire sur laquelle on écrivait, et dont les inscriptions pouvaient être effacées afin d’y inscrire un nouveau texte. Cette pratique d’effacement des textes et de recyclage des surfaces d’inscription se retrouve jusqu’à l’époque médiévale quand des parchemins étaient lavés de leur texte pour être réutilisés, ce qui a occasionné la perte totale ou partielle de nombreux textes anciens. En philosophie, la formule désigne la théorie empiriste selon laquelle l’intellect humain serait une surface vierge sur laquelle la sensation vient imprimer toute idée. Esquissée par Aristote dans son traité De l’âme qui considère que les idées sont dans l’intellect en entéléchie, c’està-dire seulement en puissance, et actualisées par l’expérience sensible, cette théorie est radicalisée par les empiristes anglais au xviie siècle, comme John Locke qui considère que toute notion est dérivée de la sensation. On trouve une autre figure moderne de la table rase chez René Descartes : constatant à l’issue de ses études que tout le savoir qu’on lui a enseigné était incertain, il systématise le doute éprouvé en une méthode qui le conduit à révoquer toute notion à l’exception du « Je pense. », entreprise de destruction préalable à la refondation à neuf de l’édifice du savoir sur la base des mathématiques. On peut considérer que le geste intellectuel de Descartes trouve dans le mouvement révolutionnaire moderne, dont 1789 est le moment fondateur, une traduction politique. Le texte de L’Internationale, chant écrit par Eugène Pottier durant la répression de la Commune de Paris en 1871 et adopté comme hymne par la iie Internationale en 1904, l’énonce clairement en appelant à faire table rase du passé, énonçant que le monde doit changer de base, et la foule esclave qui n’est rien est appelée à devenir tout. [ e ] → The Latin expression tabula rasa literally means “blank page” or “writing erased.” It refers to the tabula, a tablet covered with wax used for writing; what was written on it could be erased so that a new text could be inscribed there. The practice of the erasure of texts and the recycling of writing surfaces continued until the medieval period when parchments were washed clean of their texts and reused, which led to the total or partial loss of a great many ancient texts. In philosophy the term refers to the empiricist theory according to which the human intellect is supposedly a blank sheet on which sensation imprints all ideas. It was outlined by Aristotle in his treatise De anima which takes the view that ideas are in the intellect in entelechy,

i.e. only as potential, and are converted into reality by tangible experience. This theory was made more radical by 17th-century English empiricists, such as John Locke who thought that all notions were derived from sensation. Another modern take on the tabula rasa can be found in René Descartes: observing at the conclusion that all the knowledge he had been taught was uncertain, he systematized the doubt felt into a method that led him to call all ideas into question, except for “I think,” a destructive undertaking preliminary to the refounding from scratch of the structure of knowledge on the basis of mathematics. It may be thought that Descartes’s intellectual gesture is translated into politics in the modern revolutionary movement, with 1789 as its starting point. The words of The Internationale, a song written by Eugène Pottier during the repression of the Paris Commune in 1871 and adopted as an anthem by the Second International in 1904, spell this out clearly by calling for a clean sweep of the past, declaring that the world must change fundamentally, and the enslaved masses that are nothing are destined to become everything. [ → 4 FrESh hELL ]
taxiderMie

tury. It is in fact found in Louis Dufresne’s Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle published in 1803–1804. Louis Dufresne was a French ornithologist who worked out a preservation technique using arsenic, to whom the Musée d’Histoire Naturelle is indebted for its major bird collection. The principle of taxidermy is to reconstruct a “skeleton” of the animal from metal or wood and stretch the skin over it, after it has been tanned and protected from deterioration by a treatment based on chemical agents. Organs that cannot be preserved, like the eyes or the tongue, are replaced by artifacts. In French the term “empaillement” is also used because for a long time the animal’s “skeleton” was made from straw. [ → 4 Boucand, Gaëlle ] [ → 4 Milhé, nicolas ]
terrella [ f ] → Mot latin pour « petite Terre », la terrella désigne

Taxidermy [ f ] → Désigne l’art de donner à des animaux morts l’allure du vivant. Si la pratique est ancienne et remonte à l’Antiquité, avec les différentes techniques de → momification mises au point par les Égyptiens, le terme apparaît dans la langue française au tournant du xviiie et du xixe siècle. On le trouve en effet dans le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle de Louis Dufresne paru en 1803 – 1804. L’ornithologue français élabora une technique de conservation à l’arsenic à laquelle le Muséum d’histoire naturelle doit sa grande collection d’oiseaux. Le principe de la taxidermie consiste à reconstituer un squelette de l’animal, en métal ou en bois, sur lequel on tend sa peau après l’avoir tannée et protégée de la dégradation par un traitement à base d’agents chimiques. Les organes qui ne peuvent pas être conservés, comme les yeux ou la langue, sont remplacés par des artefacts. On utilise aussi le terme « empaillement » car le « squelette » de l’animal a longtemps été confectionné en paille. [ e ] → Name given to the art of preserving dead animals for exhibition in a lifelike state. While the practice is old, going back to Antiquity, with the various embalming [ → momification ] techniques perfected by the Egyptians, the word first appeared in the French language at the turn of the 18th/19th cen-

une sphère magnétique représentant la terre en modèle réduit. Elle est utilisée à l’aube du xxe siècle par → 3 Kristian Birkeland pour expliquer les mécanismes à l’origine des → aurores boréales. Le scientifique norvégien avait fait de son outil d’expérimentation l’objet d’un véritable spectacle grand public. Décrite dans son livre, The Norwegian Aurora Polaris Expedition 1902–1903, la terrella se compose d’une sphère métallique plongée dans le vide et munie d’un aimant qui simule le magnétisme terrestre. Un circuit électrique est établi entre la terrella (l’anode) et une cathode située en périphérie du caisson assurant le vide. Les électrons portant le courant électrique cherchent à passer de la cathode vers la terrella, en suivant les lignes de champ magnétique et convergeant ainsi en une couronne centrée autour des pôles de l’aimant. Dans l’atmosphère raréfiée du caisson, les électrons interagissent alors pour créer une lueur diffuse simulant les lueurs aurorales. Avec sa terrella, Birkeland invente le concept de → vent solaire. Le chercheur français → 3 François Forme remarque que nous commençons seulement à mesurer toute la portée de cette expérience que Birkeland avait réalisée avec des moyens de fortune. [ e ] → A Latin word meaning “little earth,” the Terrella designates a magnetic sphere representing the Earth on a reduced scale. At the dawn of the 20th century it was used by → 3 Kristian Birkleland to explain the mechanisms underlying the aurora borealis [ → aurores boréales ]. The Norwegian scientist had turned his tool for experiments into a showpiece for the public at large. Described in his book, The Norwegian Aurora Polaris

ter
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terreUr

tesla

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Expedition 1902–1903, the Terrella consists of a metallic sphere immersed in a vacuum and provided with a magnet that simulates terrestrial magnetism. An electric circuit is established between the Terrella (the anode) and a cathode positioned at the periphery of the casing ensuring the vacuum. The electrons bearing the electric current try to pass from the cathode towards the Terrella, following the magnetic field lines and so converging in a crown centered round the poles of the magnet. In the rarified atmosphere of the casing, the electrons then interact to create a diffuse glow, simulating the northern lights. With his Terrella, Birkeland invented the concept of the solar wind [ → vent solaire ]. The French researcher → 3 François Forme comments that we are only beginning to appreciate the full implications of the experiment Birkeland carried out with makeshift resources. [ → 3 allouche, Dove & richer, évariste ] [ → ondes électromagnétiques ] [ → orage magnétique ]
terreur [ f ] → Dans la Phénoménologie de l’Esprit (1807),

people, the suppression of defence, the creation of independent police bodies, mass executions) established by the Committee of Public Safety under Robespierre between the summer of 1793 and the summer of 1794, in order to save the threatened Republic. In this chapter Hegel writes: “Universal freedom, therefore, can produce neither a positive work nor a deed; there is left for it only negative action; it is merely the fury of destruction. […] The sole work and deed of universal freedom is therefore death, a death too which has no inner significance or filling, for what is negated is the empty point of the absolutely free self. It is thus the coldest and meanest of all deaths, with no more significance than cutting off a head of cabbage or swallowing a mouthful of water.” [ → iconoclasme ] [ → Juda (rois de) ] [ → Table rase ]
tesla coilers [ f ] → Communauté mondiale des amateurs d’expériences sous haute tension avec des → bobines de Tesla, les tesla coilers créent dans leur garage des → 3 arcs électriques aux dimensions spectaculaires, s’inspirant des travaux réalisés par → nikola Tesla

→ Terrella Kristian Birkeland durant une expérience avec la Terrella / Kristian Birkeland during an experiment with the Terella. Copyright Observatoire de Paris

ouvrage dont la finalité est de décrire en totalité l’essence intégrale de l’homme, Hegel consacre le dernier chapitre de la section « L’esprit devenu étranger à soi-même, la culture » à « La liberté absolue et la terreur ». Il s’y réfère de façon explicite à la période d’intense répression (simplification des procédures de mise en accusation, suppression de la défense, création d’organes de polices indépendants, exécutions de masse) mise en place par le Comité de salut public, dirigé par Robespierre, entre l’été 1793 et l’été 1794, pour sauver la République menacée. Dans ce chapitre Hegel écrit : « La liberté universelle ne peut donc produire ni une œuvre positive ni une opération positive ; il ne lui reste que l’opération négative ; elle est seulement la furie de la destruction. […] L’unique œuvre et opération de la liberté universelle est donc la mort, et, plus exactement, une mort qui n’a aucune portée intérieure, qui n’accomplit rien, car ce qui est nié c’est le point vide de contenu, le point du Soi absolument libre. C’est ainsi la mort la plus froide et la plus plate, sans plus de signification que de trancher une tête de chou ou d’engloutir une gorgée d’eau. » [ e ] → In Phenomenology of Spirit (1807), a book whose ultimate purpose is to describe man’s integral essence in its totality, Hegel devotes the final chapter of the section “Self-alienated Spirit. Culture” to “Absolute Freedom and Terror.” He refers explicitly to the period of intense repression (the simplification of the procedures for accusing

à la fin du xixe siècle.
[ e ] → A worldwide community of fans of high-tension experiments with Tesla coils [ → bobines de Tesla ],

the Tesla coilers create spectacularly large electric arcs [ → 3 arcs électriques ] in their garages, inspired by the work done by → nikola Tesla at the end of the 19th century. [ → Geek ] [ → 3 Terren, Peter ] [ → 3 Jeudis de GaKona (Les) ]
tesla, nikola [ f ] → 1856–1943. Inventeur et ingénieur serbe dans

le domaine de l’électricité, il est considéré comme l’un des plus grands scientifiques de l’histoire de la technologie. Destiné à devenir prêtre, il réussit à obtenir l’autorisation de son père pour faire des études d’ingénieur. Il se consacre alors exclusivement à la science, vivant par et pour ses inventions. Il a eu le souci constant de mettre son exceptionnelle puissance mentale au service de l’humanité et de l’amélioration des conditions de vie de ses semblables. Auteur de plus de sept cents brevets, il est notamment l’inventeur du générateur de courant alternatif – pour lequel il a découvert le principe du champ magnétique rotatif – ainsi que de la → bobine de Tesla – avec laquelle il a ouvert la voie à la → 3 transmission sans fil d’énergie et d’informations. Ses recherches sur → l’ionosphère

Tesla coilers Peter Terren, www.tesladownunder.com

the
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tHéorÈMe de calVitie

tHéréMine

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et les → ondes électromagnétiques sont aujourd’hui à la base du centre de recherche américain → h.a.a.r.P. [ e ] → 1856–1943. A Serb inventor and engineer in the field of electricity, he is regarded as one of the greatest scientists in the history of technology. Intended for the priesthood, he managed to get his father’s permission to study engineering. He then devoted himself exclusively to science, living through and for his inventions. He was constantly concerned with putting his exceptional mental powers at the service of humanity and the improvement of the living conditions of his fellow human beings. He registered more than 700 patents, and in particular is the inventor of the alternating current generator – for which he discovered the principle of the rotating magnetic field – as well as of the Tesla coil [ → bobine de Tesla ], with which he made possible the wireless transmission of energy [ → 3 transmission sans fil d’énergie ] and information. His research into the ionosphere [ → ionosphère ] and electromagnetic waves [ → ondes électromagnétiques ] is fundamental to the American research centre → h.a.a.r.P. today.
théorèMe de calvitie

thereMin, léon [ f ] → 1896–1993. Connu pour son invention éponyme, le → thérémine, premier instrument de musique

Baldness Theorem [ f ] → Le « théorème de calvitie » stipule qu’un trou noir est entièrement décrit par trois paramètres : sa masse, sa charge électrique et son moment cinétique, et ce quels que soient son mode de formation et la nature de la matière qui a servi à le former. Le physicien américain John Archibald Wheeler a résumé le phénomène par la formule restée célèbre : « Black holes have no hairs [Un trou noir n’a pas de poils] ». Une des conséquences de ce théorème est qu’il n’existe pas de possibilité de distinguer un trou noir fait de matière ordinaire d’un trou noir fait → d’antimatière. [ e ] → The “baldness theorem” lays down that a black hole is completely defined by three parameters: its mass, its electric charge and its kinetic momentum, and this is so however it was formed and whatever the nature of the matter that served to form it. The American physicist John Archibald Wheeler summed this phenomenon up in a formula that has remained famous: “Black holes have no hairs”. One of the consequences of this theorem is that there is no possibility of distinguishing a black hole made of ordinary matter from a black hole made of antimatter [ → antimatière ]. [ → 1 états généraux du poil ] [ → 1 Galfard, Christophe ] [ → 1 Trous noirs ]

électronique produit industriellement annonçant les prémices de la musique électronique et augurant une évolution artistique nouvelle et plus technologique, Léon Theremin est une des figures les plus charismatiques de l’histoire des technologies électroniques et audio. Physicien, musicien et ingénieur, il a travaillé au développement d’innombrables projets, essayant souvent de combiner la musique à la couleur, au geste, à l’odorat ou au toucher, dont le → 2 terpsitone – plate-forme musicale permettant aux danseurs de contrôler le son par le mouvement de leur corps. Il a également conçu la première machine rythmique, le → 2 rythmicon, basé sur les découvertes de son ami, théoricien de la musique et compositeur russe, Joseph Schillinger (1895–1943). Comme le soulignent → 2 andreï Smirnov & Lubov Pchelkina, l’histoire de la vie de Theremin est fascinante et bien connue, ne serait-ce que par les années où il travailla pour le NKVD (KGB ) entre 1939 et 1962. En plus de lui avoir offert un statut de figure culte de la musique électronique en Occident, son invention musicale révolutionnaire a abouti à des applications technologiques multiples dans les domaines civil et militaire, pour la surveillance et l’espionnage. Il est presque impossible aujourd’hui d’imaginer le moindre synthétiseur, la moindre alarme antivol ou la moindre porte automatique sans son travail précurseur. Theremin développa la plupart de ses inventions en Russie et aux États-Unis entre 1920 et 1938. Il rentra en Russie début 1939, où il fut bientôt arrêté et condamné à huit ans de goulag. Par bonheur, il fut transféré, après un an en Sibérie, dans la région extrêmement rude de Kolyma, à Shagara, la prison du KGB réservée aux scientifiques à Moscou. Après sa libération en 1947 et jusqu’à sa retraite en 1962, il poursuivit son travail pour le KGB. Il s’installa ensuite au laboratoire acoustique du Conservatoire national de Moscou, où il essaya de faire revivre ses inventions et recherches américaines. Léon Theremin mourut le 4 novembre 1993. Il avait rêvé d’être enterré dans le permafrost et ressuscité le jour où les avancées de la science le permettraient, mais il fut inhumé au cimetière de Kuntsevo, à Moscou. [ e ] → 1896–1993. Well-known for his eponymous invention, the Theremin [ → thérémine ], the first commercially produced electronic musical that heralded the dawn of electronic music and a new, technologically based trend in the arts. Leon Theremin is one of the most charismatic figures in the history of electronic and audio technology was

Leon Theremin. As a physicist, musician and engineer he worked on the development of innumerable projects and ideas—often trying to combine music with colour, with gesture, scent and touch— including the → 2 Terpsitone—a musical platform for dancers to control sound through the motion of their bodies. He also created the first rhythm machine—the → 2 rhythmicon—based on the ideas of his friend, the Russian musical theorist and composer Joseph Schillinger (1895–1943). As → 2 andrei Smirnov & Lubov Pchelkina emphasise, Theremin’s life story is a fascinating and welldocumented one, not least for his years working for NKVD (the KGB ) between 1939 and 1962. His groundbreaking musical invention led to the application of the technology for a variety of civilian, military, surveillance and espionage purposes, adding to his status as a cult figure in electronic music in the West. It is hardly possible today to imagine any synthesizers, burglar alarms or automatic doors without his pioneering research. He developed most of his inventions in Russia and the US between 1920 and 1938. In early 1939 he returned to Soviet Russia where he was soon arrested and condemned for 8 years of GULAG camps. Fortunately, after one year in Kolima (a brutal area in Siberia) he was moved to Moscow Sharaga—a special NKVD prison for scientists. After his release in 1947 he continued working for the KGB until his retirement in 1962 when he moved to the Acoustical Laboratory at Moscow State Conservatory, where he tried to revive his American inventions and research. Leon Theremin died on November 4, 1993. He had dreamed of being buried in permafrost, to be recovered when science reached an appropriate level, but instead was buried in Kuntsevo cemetery, Moscow. [ → 2 Son Z ] [ → 2 Jeudis de D’unE réVoLuTion À L’auTrE
(Les) ]

nikola Tesla Transmission sans fil d’énergie électrique.

Projet de Nikola Tesla pour la tour de transmission Wardenclyffe à Shoreham, Long Island / Wireless transmission of electrical energy. Nikola Tesla’s project for the Wardenclyffe transmission tower in Shoreham, Long Island (NTp7, Nikola Tesla Museum, Belgrade)

théréMine

Theremin [ f ] → Inventé par → Léon Theremin en 1919. Premier instrument de musique électronique jamais produit en série. Theremin découvrit la possibilité de produire un son à fréquence variable, alors qu’il installait une station radio en Russie durant la guerre civile. Il fut embauché peu après par l’Institut de physique et de technologie à Pétrograd. Afin de mesurer la résistance diélectrique des gaz, il développa un instrument permettant de produire des sons dont la fréquence pouvait être contrôlée par le corps humain. D’après les témoins, le jour suivant, Theremin « jouait du

→  Thérémine Thereminvox de Léon Theremin (fin des années
1950) / Leon Theremin’s Thereminvox (late 1950s)

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tHéréMine

transFert

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Transfert
~~~
Figure essentielle du répertoire des → prestidigitateurs . Elle associe → disparition et → apparition dans un seul et même tour. Un transfert consiste à faire disparaître un objet ou un corps à un endroit de l’espace pour le faire réapparaître, de façon apparemment magique, à un autre endroit de l’espace. Les tours de → gobelets comportent de nombreux transferts appliqués à des → muscades. À la fin du xix e siècle, → harry houdini remporte un grand succès avec un tour intitulé La Malle des Indes basé sur un transfert de personnes. Dans le roman de science-fiction The Prestige, l’écrivain → Christopher Priest imagine une rencontre entre un prestidigitateur (fictif) nommé Rupert Angier et le célèbre ingénieur spécialiste d’électricité → nikola Tesla (1856 1943). Les deux personnages, dont l’un incarne l’art et l’autre la science, parviennent à repousser les limites physiques d’un tour de transfert traditionnel en fabriquant une machine à téléporter, autrement dit à transporter un corps par un processus de décomposition et de recomposition instantané. De nombreuses œuvres de sciencefiction, comme la célèbre série télévisée Star Trek créée dans les années 1960 par exemple, comportent aussi des procédés de téléportation. En effet, depuis que le caractère indépassable de la vitesse de la → lumière a été théorisé par Albert Einstein au début du xxe siècle, les auteurs qui désirent faire voyager leurs personnages dans l’univers sont contraints d’imaginer des moyens de déplacement radicalement différents du mouvement continu.
[f] → [e] →

Transfer
~~~
A crucial feature in the repertoire of magicians [ → prestidigitateurs ]. It associates disappearance [ → disparition ] and → apparition in one and the same trick. A transfer consists of making an object or body disappear from one place and making it reappear, seemingly by magic, in another. Tricks with cups [ → gobelet ] entail numerous transfers involving marbles [ → muscade ] . At the end of the 19th century → harry houdini had great success with a trick entitled The Indian Trunk based on a transfer of individuals. In the science-fiction novel The Prestige, the writer → Christopher Priest imagines a meeting between a (fictitious) magician called Rupert Angier and → nikola Tesla (1856–1943), a famous engineer specializing in electricity. The two characters, one embodying art and the other science, succeed in pushing back the physical limits of a traditional transfer trick by manufacturing a teleporting machine, that will transport a body by an instantaneous process of decomposition and recomposition. A great many science-fiction works, for example the famous TV series Star Trek created in the 1960s, also include teleportation procedures. In fact, since the theory that the speed of light [ → lumière ] cannot be exceeded was formulated by Albert Einstein at the beginning of the 20th century, authors who wish to have their characters travel in the universe have been forced to think up means of displacement that are radically different from continuous movement.

voltmètre ». En 1921, Léon Theremin jouait devant un Lénine fasciné, qui l’invitait pour une tournée en Russie au service de la promotion de l’« électrification » du pays. En 1927, → arseny avraamov soulignait que « l’invention du thérémine est à la fois la première véritable bombe sous les fondations du vieux monde musical, et une des pierres de touche de celles du futur ! » En 1929, la RCA commençait à fabriquer des thérémines aux ÉtatsUnis. Lancé après le crack boursier de 1929, le thérémine, à défaut d’être un succès commercial, fascina le public, aux États-Unis comme ailleurs. Robert Moog débuta sa carrière dans les années 1950 en faisant fabriquer des thérémines. La Moog Music Company a depuis vendu des milliers de thérémines dans le monde entier. [ e ] → Invented by → Léon Theremin in 1919. The first commercial electronic musical instrument ever produced. Theremin realized the possibility of producing pitched sound whilst fixing a radio station in Russia during the Civil War. Soon after he was hired by the Institute for Physics and Technology in Petrograd. To measure the dielectric resistance of gases he developed a tool that could produce controllable pitched sounds relative to the human body. According to witnesses, the next day Theremin was “playing a voltmeter”. In 1921 Leon Theremin performed for a fascinated Lenin, who invited him to tour Russia, promoting the idea of “electrification” of the country. In 1927, → arseny avraamov underlined “The Theremin invention is the first real mine under the foundations of the old musical world and simultaneously one of the cornerstones of the future!” In 1929 America’s RCA started to manufacture Theremins. Released after the Stock Market Crash of 1929, although it was not a commercial success, it fascinated audiences in America and abroad. Robert Moog started his career building Theremins in the 1950s. His Moog Music Company has since sold thousands of Theremins across the World. [ → 2 Jeudis de D’unE réVoLuTion À L’auTrE
(Les) ] [ → 2 Son Z ]

Turn
~~~
[ f ] → Mot anglais que l’on peut traduire par « tour ».

The turn, ou « la transformation », est le nom de la deuxième étape d’un tour de magie selon la théorie du → prestidigitateur Alfred Borden dans le roman The Prestige de → Christopher Priest.

~~~
[ e ] → An English word more or less synonymous with “trick”. The turn is the name given to the second stage of a magic trick, according to the theory of the magician [ → prestidigitateur ] Alfred Borden in the novel The Prestige by → Christopher Priest.

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transfert

Transfer [ f ] → voir p. 196 [ e ] → see p. 196 [ → Espace-Temps ] [ → Prestige ] [ → Physique quantique ]

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transMetteUr aMpliFicateUr

UnaBoMBer

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transMetteur aMplificateur

Magnifying Transmitter [ f ] → Invention majeure de → nikola Tesla, le transmetteur amplificateur utilise la terre par excitation pour la → 3 transmission sans fil d’énergie. Nikola Tesla avait ainsi réussi, lors d’une démonstration, à produire des décharges électriques d’une intensité suffisante pour allumer deux cents ampoules à incandescence situées à 42 km de sa station émettrice. La tour de transmission → Wardenclyffe abritait le cœur du transmetteur amplificateur, de manière à diffuser de l’énergie en tout point de la planète. [ e ] → The magnifying transmitter, a major invention by → nikola Tesla, uses the earth to transmit wireless energy [ → 3 transmission sans fil d’énergie ] via excitation. Thus during a demonstration Nikola Tesla succeeded in producing electrical discharges powerful enough to light two hundred incandescent bulbs located at a distance of 42 km from his transmitting station. The core of the magnifying transmitter was located at the → Wardenclyffe transmission tower in such a way as to relay energy to any point on the planet.
tuninG → Chopper, → 1 Dewar, Daniel & Gicquel, Grégory, → 2 Siboni, raphaël, → 1 Vigny, Stéphane turn [ f ] → voir p. 197 [ e ] → see p. 197 [ → Pledge ] [ → Prestige ]

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ultraviolet (rayonneMent)

Ultraviolet (radiation) [ f ] → Le rayonnement ultraviolet (UV) est un rayonnement électromagnétique d’une longueur d’onde intermédiaire entre celle de la → lumière visible et celle des rayons X, situé « au-delà » du violet sur le → spectre électromagnétique. Le violet est en effet la couleur de longueur d’onde la plus courte de la → lumière visible. Les ultraviolets ont été découverts en 1801 par le physicien allemand Johann Wilhelm Ritter d’après leur action chimique sur le chlorure d’argent. Les ultraviolets peuvent être subdivisés en UV proches (380-200 nm de longueur d’onde) et UV extrêmes (200-10 nm). Quand on considère les effets du rayonnement UV sur le corps humain, ils sont souvent classés en UV-A (400-315 nm), UV-B (315-280 nm) et UV-C (280-10 nm). [ e ] → Ultraviolet (UV) radiation is electromagnetic radiation with a wavelength lying between that of visible light [ → lumière ] and that of X-rays, lying “beyond” violet on the electromagnetic spectrum [ → spectre électromagnétique ]. For violet is actually the colour of the shortest wavelength of visible light. Ultraviolets were discovered in 1801 by the German physicist Johann Wilhelm Ritter as a result of their chemical action on silver chloride. Ultraviolets can be subdivided into near UV rays (380-200 nm) and extreme ultraviolets (200-10 nm). When the effects of UV radiation on the human body are under consideration, they are often categorized as UV-A (400-315 nm), UV-B (315-280 nm) and UV-C (280-10 nm). [ → ondes électromagnétiques ]
unaboMber [ f ] → *1942. Libertaire américain. Brillant mathémati-

cien, ancien professeur à l’université de Berkeley mais aussi terroriste, → Theodore Kaczynski, dit «Unabomber», a fait l’objet de la chasse à l’homme la plus coûteuse du FBI . Emprisonné depuis son arrestation le 3 avril 1996, il est accusé d’avoir adressé durant dix-huit ans (entre mai 1978 et avril 1995) seize colis piégés à des professeurs d’universités et à des informaticiens en particulier, faisant trois morts et vingt-trois blessés chez ces personnes qu’il jugeait responsables d’une évolution technologique destructrice pour l’humanité et la nature. Il confectionnait ses colis piégés dans sa cabane du Montana où il vivait depuis vingt-cinq ans. Unabomber a tenu un journal intime où il détaillait ses activités courantes, allant jusqu’à décrire ses frustrations lorsqu’une bombe n’explosait pas selon ses attentes. Le journal était rédigé dans un langage chiffré que les policiers étaient

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UnaBoMBer

Utopies aMéricaines

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unabomber Manifeste d’Unabomber / Unabomber’s manifesto ; Collection Newsmuseum, Washington D.C. Photo : James P. Blair

incapables de décoder. En novembre 2006, suite à la découverte d’un annuaire cryptographique parmi les papiers de Kaczynsky, la CIA parvint enfin à le décrypter. [ e ] → *1942. An American libertarian. A brilliant mathematician, a former professor at the University of Berkeley, but also a terrorist, → Theodore Kaczynski, known as Unabomber, was the object of the FBI’s most expensive manhunt. Held in prison since his arrest on 3 April 1996, he is accused of having sent sixteen booby-trapped parcels over the course of eighteen years (between May 1978 and April 1995) to university professors and computer experts in particular, causing three deaths and twenty-three injuries among those individuals he regarded as responsible for a technological development destructive for humankind and nature. He prepared these booby-trapped parcels in the hut in Montana he had lived in for 25 years. Unabomber kept a private diary where he listed his current activities, going so far as to describe his feelings of frustration when a bomb failed to explode according to his expectations. The diary was written in a code the police were unable to decipher. In November 2006, following the discovery of a cryptographic directory among Kaczynsky’s papers, the CIA finally succeeded in decrypting it. An exhibit in the case, his book collection was reconstituted by the artists’ collective for. It could be consulted in order to evaluate how dangerous it was. An original way of travelling in the mental universe of this criminal who spent eighteen years combating technological progress. [→ 2 ChâTEau DE ToKyo/PaLaiS DE
FonTainEBLEau ] [ → Disparaître (instructions pour) ] [ → 2 Bibliothèque d’unabomber (La) ] [→ 2 Winter, Dora ]

Creagh, de tentatives de lutte contre un système

omnipotent, ouvrant une autre voie, originale et non-exclusive, vers l’émancipation sociale. Du voyage du socialiste anglais Robert Owen en 1825 aux premières communautés fouriéristes, et des mouvements contestataires des années 1960 à l’écologie (→ 3 Twin oaks, Virginie) et aux groupes punks (→ 3 Collectif a Go-Go, Massachusetts) ou lesbiens (→ 3 WomanShare, Oregon) d’aujourd’hui, les États-Unis ont abrité nombre de communautés utopiques. Souvent installés dans des paysages magnifiques et isolés, mais aussi dans un hôtel en pleine ville ou exploitant une mine de charbon sur leur territoire, ces groupes mettent à l’épreuve une volonté de vivre en dehors de la logique de la société dominante. [ e ] → For nearly two centuries community experiments in the United States have been a misunderstood, yet always topical phenomenon, attesting, as → 3 ronald Creagh notes, to attempts to fight against an all-powerful system, opening up another original and non-exclusive path towards social emancipation. From the journey by the Welsh socialist Robert Owen in 1825 to the first Fourierist communities, from the protest movements of the 1960s to ecology (→ 3 Twin oaks, Virginia) and the punk (→ 3 Collective a Go-Go, Massachusetts) or Lesbian (→ 3 WomanShare, Oregon) groups of today, the United States has sheltered a good many Utopian communities. These groups, often living in superb, isolated landscapes, but also in a hotel in the middle of a town, or running a coal mine on their land, test out a desire to live outside the logic of the dominant society. [ → 3 Jeudis de ChaSinG naPoLEon (Les) ]

used space [ f ] → Terme utilisé par George Lucas qui introduit

l’idée d’un futur usé et poussiéreux, un espace peuplé d’hommes-chiens portant des arbalètes, comme dans La Guerre des étoiles… [ e ] → Expression used by George Lucas and that introduces the idea of a worn-out, dusty future, a space populated by dog-men carrying crossbows, as in Star Wars… [ → 2 Darth Vador ] →
unabomber Gardar Eide Einarsson, Sans titre (por-

trait) / Untitled (portrait), 2005 (détail /detail) ; Collection PPP/HL ; Courtesy de l’artiste / of the artist & galerie Loevenbruck, Paris

utopies aMéricaines [ f ] → Les expériences communautaires aux États-

utopies américaines Twin Oaks dans les années 1970 /

Twin Oaks in the 1970s. Photo : Ray Jesse Blatt

Unis constituent depuis près de deux siècles un phénomène à la fois méconnu et toujours actuel qui témoigne, comme l’observe → 3 ronald

vaM
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VaMpires

Vision-Fenêtre

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v

vaMpires (les) [ f ] → Série en dix épisodes de Louis Feuillade (1915–

1916). Profitant de la mode des séries policières importées des États-Unis et soucieuse de contrer l’adaptation prochaine des Mystères de New York d’après le roman The Exploits of Elaine d’Arthur B. Reeve par la société Pathé, la Gaumont et Louis Feuillade s’empressent de lancer cette nouvelle série policière, en plein milieu de la première guerre mondiale. En dépit d’une campagne défavorable menée par la critique, qui juge le spectacle vulgaire, et par les autorités, soucieuses de morale publique, la série connaît un honorable succès populaire. Elle raconte la lutte d’un journaliste enquêteur, Philippe Guérande, contre une association de puissants et ingénieux malfaiteurs qui commettent nombre de crimes restés impunis. Cette bande, qui s’est donné le nom de « Vampires », est dirigée par deux redoutables et mystérieux individus, Le Grand Vampire et Irma Vep – anagramme de vampire. Cette dernière, vêtue d’une cagoule et de vêtements moulants noirs qui lui confèrent une silhouette furtive, est restée dans l’imaginaire une ombre qui hante les salles du Louvre. Le personnage immortalisé par l’actrice fétiche Musidora devient du même coup la première « vamp » et femme fatale du cinéma, et installe la mythologie des Vampires aux lisières du fantastique. Outre ce personnage, la précipitation dans laquelle la série est écrite et tournée – certains de ses acteurs masculins disparaissant au front – installe dans la série un climat de poésie brute et simple qui séduisit quelques années plus tard les surréalistes, principaux artisans de sa réhabilitation artistique. [ e ] → A series in ten episodes by Louis Feuillade (1915–1916). Taking advantage of the fashion for detective serials imported from the United States, and keen to counter the Pathé company’s forthcoming adaptation of the Mystères de New York based on Arthur B. Reeve’s novel The Exploits of Elaine, the Gaumont and Louis Feuillade rushed to launch this new detective series right in the middle of World War I. Despite a disapproving reaction from the critics who regarded it as vulgar, and from the authorities who were concerned about public morals, the series enjoyed reasonable popular success. It tells of the struggle by an investigative journalist Philippe Guérande to combat an association of powerful and ingenious wrongdoers who are committing quite a few crimes that are going unpunished. This gang that has named itself the “Vampires” is run by two redoubtable and mysterious individuals, Le Grand Vampire and Irma Vep—an anagram of “vampire.” Wearing a hood and black figure-hugging clothes that give her a

stealthy outline, in the popular imagination Irma Vep has remained a shadow that haunts the rooms of the Louvre. The character immortalized by the inspirational actress Musidora at the same time became the first cinema “vamp” and femme fatale, placing the Vampires mythology on the borderline of fantasy. Apart from this character, the haste with which the series was written and filmed—certain of its male actors going off to the front—endows it with a climate of crude, simple poetry that a few years later attracted the Surrealists, the main proponents of its artistic rehabilitation. [ → 4 Moriceau, Benoît-Marie ]
vent solaire

vie artificielle

Artificial life [ f ] → Formes de vie générées par des algorithmes. Le concept remonte à Alan Turing et aux premiers ordinateurs. [ e ] → Forms of life generated by algorithms. The concept goes back to Alan Turing and the first calculators. [ → 1 Lattaud, Claude ]
vision-fenêtre

Solar wind [ f ] → Flux d’électrons et protons éjecté continuellement par le Soleil. Cette « soupe » de particules libres peut provoquer des → aurores boréales lorsqu’elle pénètre dans l’atmosphère terrestre à proximité des pôles. [ e ] → Flux of electrons and protons continually ejected by the Sun. This “soup” of free particles can cause the occurrence of the aurora borealis [ → aurore boréale ] when it penetrates the earth’s atmosphere near the poles. [ → 3 Birkeland, Kristian ] [ → orage magnétique ] [ → Terrella ]
véritables préludes flasques (pour un chien)

Truly Flabby Preludes (for a dog) [ f ] → Œuvre musicale composée par Erik Satie en 1912, ironiquement dédiée aux chiens. [ e ] → Musical work composed by Erik Satie in 1912, ironically dedicated to dogs. [ → 3 ChaSinG naPoLEon ] [ → 3 allen, Dave ]
vernaculaire

Vernacular [ f ] → Du latin vernaculum, qui désignait tout ce qui était dressé (esclaves compris), élevé, tissé, cultivé, confectionné à la maison, par opposition à ce que l’on se procurait par l’échange. Le terme sert à désigner ce qui est propre à une région, un pays ou ses habitants. [ e ] → From the Latin vernaculum, which designates all that is trained (including slaves), raised, woven, cultivated, and prepared at home, in contrast to what is procured through exchange. The term designates what is particular to a region, a country, or its inhabitants. [ → architecture vernaculaire ]

Window vision [ f ] → Pendant plusieurs siècles, l’appréhension d’une œuvre d’art, quelle qu’elle soit, était fonction d’un ensemble de conditions spécifiques : composition, cadre, puis accrochage étaient autant de paramètres clôturant l’expérience de l’œuvre et lui assignant un lieu précis. Cette « vision-fenêtre » imposait au spectateur de se concentrer sur des images considérées pour elles-mêmes, mais demeurant isolées les unes des autres ; manière de délimiter et de justifier réciproquement la place et l’« autonomie » de l’un et de l’autre. Le xxe siècle a multiplié les coups de boutoir contre ce système de contraintes et de restrictions. Décisif en la matière, →1 l’art minimal, en proposant des objets volontairement insignifiants, les posait comme autant d’éléments transitifs permettant à la perception de glisser dans l’espace. Alors que l’accrochage pétersbourgeois demandait au visiteur de se concentrer tour à tour sur une série de cadres, l’art minimal fait déraper la « vision-fenêtre » ; l’artefact, le lieu, la → lumière et le visiteur lui-même sont désormais comme une globalité, fondant les uns avec les autres autant de relations, voire de conditions concomitantes. L’expérience de l’exposition devient une dynamique du regard et de l’esprit, dans un espace à traverser et à activer sur un plan physique aussi bien qu’intellectuel et mental, voire pataphysique. La mise en glisse ne s’arrête pas là : les artistes décomposent leurs gestes et décadrent leurs pratiques, désormais mutantes et furtives,, et la relation linéaire sur laquelle restait bloquée la vision-fenêtre est dépassée par l’éclatement des interprétations et l’infinité des univers possibles auxquels elles renvoient. [ e ] → For several centuries the apprehension of a work of art, whatever it was, depended on a set of specific conditions: composition, frame, then hanging were all parameters enclosing the experience of the work and assigning it a particular place. That “window vision” forced the viewer to concentrate on images considered for themselves, but remaining isolated from one another; a way of defining the boundaries of the place and the “autonomy”

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Visite des MonUMents de passaic

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Vampires (Les) Musidora dans/in Les Vampires de/by

Louis Feuillade, 1915–1916

of work and viewer, and justifying them towards one another. The 20th century has increased the number of assaults on this system of constraints and restrictions. Minimal art [ → 1 art minimal] is crucial in this regard. It offered intentionally insignificant objects, and placed them like so many transitive elements allowing perception to slide into space. While the close “Petersburg” hanging required visitors to concentrate on a series of pictures in turn, minimal art sends the “window vision” into a skid; the artifact, the place, the light[ → lumière ] and the visitor now resemble a total entity, founding with one another an equal number of relationships, or even concomitant conditions. The experience of the exhibition becomes a dynamics of the gaze and the mind, in a space to be crossed and activated on a physical as well as an intellectual and mental level, a pataphysical one even. The slippage does not stop there: the artists decompose their gestures and unframe their practices, which are now mutating and furtive, and the linear relationship on which window vision remained locked is overtaken by the explosion of interpretations and the infinity of possible universes they may refer to. [→ Furtivité ] [→ Mutants ]
visite des MonuMents de passaic

Waerdenclyffe (Tour de transmission) en construction à

Shoreham, Long Island, ca. 1903 / Wardenclyffe transmission tower (partial stage of completion) in Shoreham, Long Island, ca. 1903. (MNT, VI/IV, 30, Nikola Tesla Museum, Belgrade)

A tour of the monuments of Passaic [ f ] → En décembre 1967 paraît dans Artforum, « A Tour of the Monuments of Passaic », le récit par Robert Smithson d’un voyage effectué en autobus un samedi de 1967 dans cette petite ville du New Jersey, proche des lieux de son enfance. La ville apparaît déserte. Dans les chantiers abandonnés par leurs ouvriers, les tuyaux crachant l’eau de l’étang dans le fleuve paraissent une « fontaine monumentale », les machines au repos ressemblent à « des créatures préhistoriques enlisées dans la boue ». Au fil de son récit, qui rappelle l’exercice surréaliste de déambulation dans les rues de Paris, l’artiste décrit les chantiers de construction (« les murs de culée en béton portant les deux bras de la nouvelle autoroute qu’on était en train de construire »), les éléments de mobilier urbain (« […] un bac à sable, ou plutôt un désert miniature »), comme des → 4 monuments. Apparaissant comme à l’état de photographies, plus comme des images que comme des objets fonctionnels, ces monuments rappellent à Smithson sa visite de Rome qui fut « comme une rencontre avec le cauchemar de l’histoire européenne ». Celle des monuments de Passaic, qualifiés par l’artiste de « ruines à l’envers », révèle l’histoire du futur. Ces ruines sont

celles de « tous les bâtiments neufs qui finiraient par y être construits », des édifices qui « s’élèvent en ruine avant d’être construits ». Cette visite d’un véritable non-lieu, typique d’un environnement pavillonnaire dénué de tout héritage historique, est l’occasion pour l’artiste d’une réflexion sur son rapport au temps et à l’histoire. Au terme de ce retour sur les lieux de son enfance, Robert Smithson fait le constat paradoxal que ces lieux ne portent les traces d’aucun passé, mais celles d’un avenir standardisé, celui des banlieues qui ont « introduit dans l’art une nouvelle conscience du terne et de l’insipide ». [ e ] → In December 1967, “A Tour of the Monuments of Passaic” was published in Artforum, a story by Robert Smithson of a journey made by bus one Saturday in 1967 to the small New Jersey town, close to where he grew up. The town seemed deserted. In the construction sites abandoned by their workers, pipes sputtering water from the pond into the river seemed like a “monumental fountain,” the machines at rest resembled “prehistoric creatures trapped in the mud.” In the course of his story, which recalls the Surrealist exercise of wandering the streets of Paris, the artist described the construction sites (“concrete abutments that supported the shoulders of a new highway in the process of being built”), the elements of urban furnishings (“[…] a sand box, or rather a model desert”), like → 4 monuments. Appearing photographically, more like images than functional objects, these monuments remind Smithson of his visit to Rome, which was “sort of an encounter with European history as a nightmare.” Visiting the monuments of Passaic, described by the artist as “ruins in reverse,” revealed the history of the future. These ruins were those of “all the new construction that would eventually be built,” of buildings that “rise into ruin before they are built.” This visit to a “non-place,” typical of a residential environment stripped of all historical heritage, is the occasion for the artist to reflect on his relationship to time and history. At the end of this return to the places of his childhood, Smithson made the paradoxical acknowledgement that these places do not bear the traces of the past but those of a standardized future, one in which the suburbs have “brought to art a new consciousness of the vapid and the dull.”
vonu (voluntary non vulnerable society) [ f ] → En 1973, Mike Freeman publie VONUlife, un

journal hippie qui s’inscrit dans la tradition libertaire américaine des anarcho-primitivistes, héritière de → 3 henry David Thoreau qui, dans

Walden, ou La Vie dans les bois (1854), proposait la fuite hors de la société comme forme de résistance. Ce journal est adressé à ceux qui veulent devenir invisibles au regard de la société. Après la publication du manifeste What is VONU ? [Qu’est-ce que VONU ?], Freeman s’échappe dans les forêts de l’Oregon et disparaît à jamais. Aujourd’hui certains disent qu’il y a des milliers de Mike Freeman, anonymes et invisibles, puisque Mike Freeman peut devenir le nom de quiconque désire sortir du champ de la surveillance de notre société pour disparaître. On ne peut repérer ou rencontrer ou trouver d’informations au sujet des partisans de cette stratégie d’échappement à notre société de l’information et du contrôle, à l’exception des textes originaux et de leurs fac-similés. Un alphabet secret aurait été élaboré par ses partisans afin que leurs communications ne soient pas interceptées. Une recherche sur Internet ne permet pas d’accéder à plus qu’au récit cocasse par un certain Ben Best de son « stage VONU » auprès d’un mystérieux Tom Marshall dans une forêt de l’Oregon et aux occurrences liées aux expositions → 4 d’oscar Tuazon et Eli Hansen se référant au VONU . Que cette absence d’information signale le succès d’un « devenir imperceptible » à l’époque de la surveillance généralisée ou une blague visant à mettre en échec notre « volonté de savoir », VONU semble le nom d’un questionnement infini de toute possibilité de résister à la contrainte sociale et de parvenir à l’autodétermination. [ e ] → In 1973 Mike Freeman published VONUlife, a hippie newspaper that was in the American libertarian tradition of anarchic primitivists, descended from → 3 henry David Thoreau. In Walden, or Life in the Woods (1854), Thoreau suggests escaping from society as a form of resistance. The newspaper was directed at those who want to become invisible to the eyes of society. After publishing the manifesto What is VONU? Freeman took refuge in the forests of Oregon, disappearing for ever. Today some people say that there are thousands of Mike Freemans, anonymous and invisible, since Mike Freeman can become the name of anyone who wants to exit from our society’s field of surveillance and disappear. We cannot track down or meet or find information about those who adopt this strategy of escaping from our society dominated by information and control, other than in original texts and facsimiles of them. A secret alphabet has supposedly been worked out by those who adopt the strategy so that their communications are not intercepted. An Internet search only allows us access to the comical account by one Ben Best of his “VONU probationary period” with a mysterious character

von
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VonU

WardenclyFFe

war
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by the name of Tom Marshall in a forest in Oregon, and the incidents associated with the exhibitions by → 4 oscar Tuazon and Eli Hansen that relate to VONU . Whether this absence of information indicates the success of “becoming imperceptible” at a period of widespread surveillance or is a joke aimed at foiling our “desire to know,” VONU seems to be the name of an endless questioning of any possibility of withstanding social constraint and achieving self-determination. [ → Disparaître (instructions pour) ] [→ Furtivité ] [ → 3 Primitivisme ]

w

wardenclyffe (tour de transMission)

Wardenclyffe (Transmission tower) [ f ] → Construite à partir de 1901 à Shoreham, Long Island, la tour de transmission Wardenclyffe a été conçue par → nikola Tesla dans le cadre de ses recherches sur la → 3 transmission sans fil d’énergie électrique par → l’ionosphère. [ e ] → Built from 1901 in Shoreham, Long Island, the Wardenclyffe transmission tower was designed by → nikola Tesla as part of his researches related to wireless transmission of electrical energy [ → 3 transmission sans fil d’énergie ] across the ionosphere [ → ionosphère ]. [ → 3 Transmetteur amplificateur ]

yod
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yodel

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yodel

Yodeling [ f ] → Le yodel est une technique vocale qui permet à un chanteur de passer sans intermédiaire de sa voix de poitrine à sa voix de tête et vice-versa, de manière rapide et répétée, en prenant appui sur des coups de glotte. Il en résulte des vocalises où les aigus et les graves se succèdent et se mêlent de manière aussi étourdissante que jouissive tant pour le musicien que pour son public. Typique de la musique folklorique alpine, du Tyrol à la Bavière en passant par la Suisse, cette technique se retrouve dans les chants traditionnels de nombreuses cultures, notamment dans les polyphonies pygmées, et a été mise à profit par la country music et le bluegrass texan. On peut compter au répertoire yodelisant du xxe siècle des chefs-d’œuvre du blues, à commencer par le Standin’ On The Corner du grand maître américain du folk yodelé Jimmie Rodgers, accompagné par Louis et Lil Armstrong ; des classiques du music-hall, comme Le Coucou de ma Grand’Mère d’Andreany ; des hits de la pop, comme Wind It Up de Gwen Stefani, titre inspiré de la comédie musicale montagnarde La Mélodie du bonheur ; les parodies frénétiques de grands airs d’opéra dans lesquelles s’illustre Mary Schneider, reine du yodel australien ; et surtout, le célèbre cri de Tarzan poussé par Johnny Weissmuller. Selon → 1 Jean-Pierre Guis, l’intérêt du yodel va cependant bien au-delà de son aspect folklorique : le jeu de graves et d’aigus qui le caractérise induit un brouillage des identités sexuelles et des stéréotypes culturels associés aux sons et aux tessitures musicales. On associe « spontanément » la voix grave au masculin et, par contraste, la voix aiguë au féminin. Ces soi-disant oppositions sont pourtant des constructions sociales qui relèvent de la logique de genres analysée par Judith Butler. Le yodel masculin est alors à comprendre comme une critique de la pseudo-raison sexuelle en musique : « L’oscillation rapide, à la limite de la confusion, entre le registre grave et l’aigu dévirilise le mâle. Le voilà transformé en folle, en travelo d’opérette, avec tout le ridicule souvent associé à ce genre de mise en scène et de remise en question de la sexualité hétéronormée. C’est pour cela que le yodel fait souvent rire : comme va-et-vient rapide entre voix grave et voix aiguë, c’est-à-dire entre masculin et féminin, il induit une forme d’indifférenciation et d’ambiguïté sexuelle. Le yodel est une sorte de travestissement, dont le comique peut être éclairé en le rapportant au ridicule de l’adolescent qui mue, commençant une phrase dans un registre et la terminant avec sa voix de tête. Quand la voix déraille, sort des rails, ou délire, c’est aussi

le signe d’une grande tension sexuelle », souligne Jean-Pierre Guis. Ainsi que Pascal Quignard a pu le noter dans son livre La Leçon de musique, la voix aiguë ne caractérise pas seulement la femme, mais aussi le petit garçon avant sa mue ; une voix que celui-ci perd en grandissant et qu’il n’aura de cesse de rechercher dans la musique. Jean-Pierre Guis voit dans le yodel un autre moyen pour l’homme de laisser remonter en lui sa voix d’enfant, en une jubilation innocente. Brouillant tous les codes, le yodel s’affirme comme une performance physique particulièrement forte : s’y mêlent d’ailleurs souvent des cris d’animaux, l’appel du coucou, le jappement du coyote, le mugissement de la vache, révélant in fine la part joyeusement bestiale de l’être humain. [ e ] → Yodeling is a vocal technique which enables a singer to pass without a break from his chest voice to his head voice and vice versa, rapidly and repeatedly, using the support of glottal stops. This results in vocal exercises where the bass and treble notes follow and mingle in a way that is as stunning as it is brilliant, for the musician and his audience alike. This technique which is typical of Alpine folkloric music, from Tyrol to Bavaria by way of Switzerland, is found in the traditional songs of many cultures, in particular in Pygmy polyphonic chants, and has been exploited by country music and Texan bluegrass. The list of examples of 20th-century yodeling includes masterpieces of the blues, starting with Standin’ On The Corner by Jimmie Rodgers, the great American master of yodeled folk, accompanied by Louis and Lil Armstrong; music-hall classics like Le Coucou de ma Grand’Mère by Andreany; pop hits like Wind It Up by Gwen Stefani, a title inspired by the musical The Sound of Music, with its mountain setting; the frenzied parodies of great tunes from opera which are the speciality of Mary Schneider, the queen of Australian yodeling; and above all the famous Tarzan whoop emitted by Johnny Weissmuller. According to → 1 Jean-Pierre Guis, the interest of yodeling goes well beyond its folkloric aspect: the interplay of bass and treble notes that characterize it leads to a blurring of the sexual identities and cultural stereotypes associated with sounds and musical tessitura. The bass voice is “spontaneously” associated with the male, and in contrast the treble voice with the female. However, these supposed oppositions are social constructs which have to do with the logic of genders analyzed by Judith Butler. So the male yodel should be understood as a criticism of sexual pseudo-reason in music: “The rapid oscillation, verging on confusion, between the bass and treble

makes the male seem less manly. Here he is transformed into a madwoman, an operetta drag queen, with all the ridiculousness often associated with this kind of scenario and the requestioning of standard heterosexuality. That is why yodeling often provokes laughter: as a rapid to and fro between a bass voice and a treble voice, i.e. between masculine and feminine, it induces a form of lack of differentiation and sexual ambiguity. Yodeling is a sort of disguise, the comic side of which can be elucidated by relating it to the ridiculousness of the adolescent boy as his voice breaks, starting a sentence in one register and finishing it with his head voice. When the voice goes off the rails, or raves, it is also the sign of great sexual tension,” Jean-Pierre Guis stresses. As Pascal Quignard was able to note in his book La Leçon de musique, the treble voice is characteristic not just of women, but of little boys before their voices break; a voice the child loses as he grows up and will ceaselessly look for in music. Jean-Pierre Guis sees yodeling as another means for men to allow their child’s voice to arise again, in innocent jubilation. Blurring all the codes, yodeling asserts itself as a particularly powerful physical performance: moreover there are often animal calls mixed up in it, the sound of the cuckoo, the yelp of the coyote, the mooing of the cow, ultimately revealing the joyously bestial side of the human being. [ → 4 Cor des alpes ] [ → 1 Jeudis de CinQ MiLLiarDS D’annéES (Les)]
ZoMbie [ f ] → Type de mort vivant particulièrement répandu de

nos jours, du cinéma de genre à la philosophie de l’esprit. Le mot même provient du folklore vaudou, où il désigne un humain passé sous le contrôle d’un sorcier qui le maintient, grâce à une forme d’empoisonnement ou d’envoûtement, entre la vie et la mort. Sont venus s’y agréger les traits des fantômes revenant d’outre-tombe, des goules dévoreuses de chair humaine et des légions de pestiférés pour former le modèle international actuel du cadavre en décomposition, aux mouvements lents mais implacables, dénué d’intelligence et de volonté, sinon celle de traquer jusqu’au dernier représentant de l’espèce humaine pour s’en repaître. C’est la série de films d’horreur initiée par George A. Romero et James A. Russo avec La Nuit des morts vivants (→ 4 1968) qui a mis en place la description canonique du zombie, ainsi que la définition corollaire des moyens de se défendre contre ses attaques. Selon la doxa, le zombie est très sensible au feu, aux blessures à la tête et, bien sûr, à la décapitation ; stupide, il ne sait manier d’autres

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ZoMBie

ZoMBie

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Zombie George A. Romero, Night of the Living Dead, 1968

→  yodel  Club suisse de yodel / Swiss yodeling club,
Monroe (USA)

Zombie Edward D. Wood, Jr., Plan 9 from Outer Space,

1956 -1956

outils que des armes de poing ; lent, il peut facilement être pris de vitesse. La mythographie attribue cependant au zombie une faculté problématique, mis à part la résistance qui va de pair avec l’insensibilité de son corps sans vie : à défaut de tuer, les blessures qu’il inflige transforment à leur tour ses victimes en zombie. Par conséquent, que le retour des morts parmi les vivants soit dû à de douteuses expérimentations scientifiques, aux retombées de la bombe atomique, à la redécouverte de sortilèges antiques ou à une malédiction divine, il est toujours plus urgent de les fuir ou de lutter contre leur prolifération que de rechercher les responsables de leur apparition. La menace représentée par le zombie est dès lors aussi inexorable que paradoxale. Tandis que les plus célèbres morts vivants étaient des êtres d’exception venus de pays lointains – à commencer par le vampire, aristocrate d’un romantisme anachronique –, le zombie est banal, sans volonté, sans émotions : prolétaire de l’horreur, il trouve sa force dans le nombre. Il appartient à notre quotidien, s’affirme comme notre semblable. Ainsi, à mesure que le fléau progresse, voisins, amis, parents deviennent à leur tour des → monstres dont le visage décomposé et pourtant identifiable figure l’horreur de notre propre aliénation. Au lieu d’un simple memento mori, la leçon des zombies est celle d’émules de l’école de Francfort : rends-toi compte que tu ne vis pas. [ e ] → A zombie is a type of living dead creature that is particularly widespread at present, from genre cinema to the philosophy of the mind. The word itself comes from voodoo folklore, where it refers to a human being who has come under the control of a sorcerer who uses a form of poisoning or magic to keep him between life and death. Ghosts returning from beyond the tomb, ghouls that eat human flesh and legions of plague victims have been incorporated into the concept. Together, they form the current international model of the decomposing corpse moving slowly but implacably, devoid of understanding and will, except the will to track down every last representative of the human species to gorge on them. It was the series of horror films initiated by George A. Romero and James A. Russo with Night of the living dead (→ 4 1968) which established the canonical description of the zombie, as well as the corollary definition of the means of defending oneself from its attacks. According to the doxa, zombies are very sensitive to fire, head wounds, and of course decapitation; they are stupid, and do not know how to handle any tool other than handguns or knives; they are slow, and can easily by caught by speed. However,

mythography attributes one problematic ability to the zombie, apart from the toughness that goes hand in hand with the insensitivity of his lifeless body: rather than killing his victims, the wounds he inflicts on them transform them into zombies in their turn. Consequently, whether the return of the dead among the living is due to doubtful scientific experiments, the fall-out of the atomic bomb, the rediscovery of ancient spells or a curse by the gods, it is always a matter of greater urgency to run away from them or fight against their proliferation than to look for those responsible for their appearance. The threat represented by a zombie then becomes as inexorable as it is paradoxical. While the most famous living dead were exceptional creatures from far-off countries— starting with the vampire, an outdatedly romantic aristocrat—zombies are ordinary, devoid of will or emotions: the proletarians of horror, they find their strength in numbers. The zombie is part of our everyday life and resembles us. Thus as the scourge progresses, neighbours, friends and relations in their turn become monsters [ → monstres ] whose decomposed yet identifiable faces portray the horror of our own alienation. Instead of being a simple memento mori, the lesson of the zombies is that of adherents of the Frankfurt school: realize that you are not alive. [ → 1 Brooks, Max ] [ → Essaimage ] [→ 2 LaBruce, Bruce ]

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#

18 (khZ) [ f ] → Limite supérieure des fréquences audibles

par les êtres humains. Les ondes sonores restent audibles pour les chiens jusqu’à environ 35 kHz. [ e ] → Upper limit of the frequencies audible by human beings. Sound waves remain audible by dogs up to around 35 kHz. [ → 3 allen, Dave ] [ → Véritables préludes flasques (pour un chien) ]
80 (kM) [ f ] → Altitude de la basse → ionosphère. [ e ] → Altitude of the lower ionosphere [ → ionosphère ]. 271 (ducati Model) [ f ] → Modèle des → 4 chaussures jetées par le journaliste irakien → 4 Muntazer al-Zaidi au visage du président américain → 4 George W. Bush, rebaptisé

haleine : l’inventaire photographique de toutes les rues et les maisons de → 3 reykjavík (33 000 diapositives). La même année, le → 3 Community reinvestment act s’efforce d’encadrer les prêts hypothécaires à risque. [ e ] → In 1977, → Theodore Kaczynski—who doesn’t yet answer to the name → unabomber—lives alone in a small cabin [→ cabane ] in Montana in anticipation of the “collapse of the technological system.” → 3 Paul Laffoley finishes The Renovatio Mundi in the confines of a fifteen square meter atelier, and → 3 Dieter roth works on a long-term project: a photographic inventory of all the streets and houses in → 3 reykjavík (33,000 slides). That same year, the → 3 Community reinvestment act is passed, an attempt to regulate subprime loans.
100 000 000 000 [ f ] → Nombre moyen de neurones dans le cerveau

pour l’occasion « The Bush Shoe » par son fabricant, → 4 Baydan Shoe. [ e ] → Model of the shoes [ → 4 chaussures ] thrown by the Iraqi journalist → 4 Muntazer al-Zaidi at the American president → 4 George W. Bush, renamed for the occasion “The Bush Shoe” by its manufacturer, → 4 Baydan Shoe. [ → 4 al-amiri, Laith ] [ → sockandawe.com ] [ → 4 SyMBoL oF CouraGE ]
380 (nM) [ f ] → Limite inférieure du spectre visible. Longueur

humain.
[ e ] → Average number of neurons in the human brain. [ → Cerveaux (Contrôle des) ] [ → étincelles du cerveau ] [ → ondes cérébrales ] [ → ondes électromagnétiques (effets) ]

d’onde correspondant à la couleur violette.
[ e ] → Lower limit of the visible spectrum. Wavelength

corresponding to the colour purple. [ → Lumière ] [ → Spectre électromagnétique ] [ → ultraviolet (rayonnement) ]
750 (nM) [ f ] → Limite supérieure du spectre visible. Longueur

d’onde correspondant à la couleur rouge.
[ e ] → Upper limit of the visible spectrum. Wavelength

corresponding to the colour red. [ → Lumière ] [ → Spectre électromagnétique ]
1977 [ f ] → En 1977, → Theodore Kaczynski – qui ne répond pas encore au surnom de → « unabomber » – vit isolé dans une petite → cabane du Montana en

prévision de « l’effondrement du système technologique ». → 3 Paul Laffoley termine The Renovatio Mundi, confiné dans les 15 m2 de son atelier et → 3 Dieter roth travaille à un projet de longue

a-Z
214

enGlisH - FrencH indeX

enGlisH - FrencH indeX

a-Z
215

a
Abandonment of art → abandon de l’art Acceleration → accélération Alien abductions → Enlèvements extraterrestres Alphorn → Cor des alpes Antimatter → antimatière Artesian well → Puits artésien Artificial life → Vie artificielle Atmospherics → atmosphériques Aurora borealis → aurore boréale

Electromagnetic waves (effects) → ondes électromagnétiques (effets) Electrosmog → Pollution électromagnétique Escapology → Escapologie Evrugo Mental State → Evrugo (état mental d’) Extraterrestrial → Extraterrestre Exurbanization → Exurbanisation

M
Magic → Magie Magician → Prestidigitateur Magnetic storm → orage magnétique Magnifying Transmitter → Transmetteur
amplificateur

Scientific management → organisation scientifique
du travail

f
Flourish → Fioriture Fraction line → Barre de fraction Function of Etc. → Fonction Etc. Furtivity → Furtivité

b
Baldness Theorem → Théorème de calvitie Battle of Cable Street → Cable Street (Bataille de) Beehive Colony Collapse Disorder → Syndrome
d’effondrement des colonies d’abeilles Belief → Croyance Benway Institute → institut Benway Bicameral Brain → Bicaméral (cerveau) Black aurora → aurore noire Black light → Lumière noire Black mirror → Miroir noir Boredom → Ennui Brain sparks → étincelles du cerveau Brainwaves → ondes cérébrales

G
Generative system → Système génératif Geodesic → Géodésique God → Dieu Goreans → Goréens Graphical sound → Son optique

Modernist movement → Mouvement moderne Matter → Matière Memory → Mémoire Mentalism → Mentalisme Micrograms → Microgrammes Mnemosyne (Atlas) → Mnémosyne (atlas) Mobile phone mast → antenne relais Modular → Modulaire Monster → Monstre Mosquito → Moustique Mummification → Momification

Serendipity → Sérendipité Singularity → Singularité Slippage → Glissement Solar wind → Vent solaire Sonic weapons → armes sonores Space-time → Espace-Temps Submarines (Films of) → Sous-marins (Films de) Swarming → Essaimage Swiss National Exposition (Geneva, 1896) →
Exposition nationale suisse (Genève, 1896)

t
Taxidermy → Taxidermie Telepathic hallucinations → hallucinations
télépathiques Tesla coil → Bobine de Tesla Theremin → Thérémine Thoreau’s Journal → Journal de Thoreau (Le) Tour of the monuments of Passaic → Visites des monuments du Passaïc Transfer → Transfert Truly Flabby Preludes (for a dog) → Véritables préludes flasques (pour un chien) Twin paradox → Paradoxe des jumeaux

n
NDE (Near Death Experience) → EMi (Expérience
de mort imminente)

h
Heterotopia → heterotopie How can you check that you really have been abducted by aliens? → Comment vérifier que vous
avez bien été enlevé par des extraterrestres ? Hurricane Katrina → Katrina (ouragan) Hypertext → hypertexte Hysteria → hystérie

Numbers Stations → Stations de nombres

o
Occultism → occultisme One-time pad (OTP) → Masque jetable Ontology → ontologie

c
Cabin → Cabane Cine eye → Ciné-Œil Climate manipulation → Manipulation du climat Cocaine → Cocaïne Collectives → Collectif Construction site → Chantier Controlling the brain → Cerveaux (contrôle des) Cosmic rays → rayons cosmiques Crookes radiometer → radiomètre de Crookes Cup → Gobelet

p
Palming → Empalmage Particle detectors → Détecteurs de particules Patter → Boniment Phone box → Cabine téléphonique Pieces of human being → Morceaux d’homme (Des) Porcia (Battle of) → Porcia (Bataille de) Proto-cinema → Protocinéma

u
Ultraviolet (radiation) → ultraviolet (rayonnement) Unabomber’s Book Collection (a selection) → bibliothèque d’unabomber (La) (une sélection) Uroboros → ouroboros

i
Iconoclasm → iconoclasme Industrial production → Production
industrielle

v
Vernacular → Vernaculaire Vernacular architecture → architecture
vernaculaire

d
Dirac’s Equation → Dirac (équation de) Disappear (how-to) → Disparaître
(instructions pour) Double bind → Double contrainte Dynamistograph → Dynamistographe

Infra-thin → inframince Inverse geometry → Géométrie inverse Ionosphere → ionosphère Isochronism of pendulums → isochronisme des
pendules

q
Quantum physics → Physique quantique

Video game → Video game

k
Kings of Judah → Juda (rois de) Kodiak Island → Kodiak (Île de) Krays Twins → Krays (frères Jumeaux)

r
Radiogoniometry → radiogoniométrie Rainbow Warriors (The) → Guerriers de l’arc-enciel (Les)

w
Wand → Baguette Wardenclyffe (Transmission tower) → Wardenclyffe
(Tour de transmission)

e
Elasticity → élasticité Electric arc → arc électrique Electromagnetic sensitivity → Sensibilité
électromagnétique

l
Labyrinth → Labyrinthe Levitation → Lévitation LHC (Large Hadron Collider) → LhC (Grand Collisionneur de Protons) Light → Lumière Low Frequency → Basse fréquence Lynching → Lynchage

Random → aléatoire Recorded music → Musique enregistrée Relativity → relativité Rhombicuboctahedron → rhombicuboctaèdre Rhombohedron → rhomboèdre

Weeds → Mauvaise herbe Wild Bunch (The) → horde Sauvage (La) Window vision → Vision-fenêtre Wreck of the Prestige → naufrage du Prestige

y
Yodeling → yodel

Electromagnetic spectrum → Spectre
électromagnétique

s
Satanism → Satanisme Schizophrenic quotient → Quotient
schizophrénique

Electromagnetic waves → ondes
électromagnétiques

the pledge / the turn / the prestige

(...) Every magic trick consists of three acts.
Christopher Priest dans un entretien avec Marc-Olivier Wahler, mars 2011 / Christopher Priest in an interview with Marc-Olivier Wahler, March 2011

# 01

the pledge

Mark handforth, Honda, 2002 ; Vespa, 2001 ; Vincent lamouroux, Scape, 2006 ; philippe decrauzat, Fade In Out, 2006 ; Jonathan Monk , Constantly Moving Whilst Standing Still, 2005 ; François Morellet , Pi Weeping Neonly, 2006

the pledge

# 02

the pledge

→ 2 Christoph Büchel, Dump, 2008

# 03

the pledge

→ 1 Ronald Bladen, Cathedral Evening, 1971 ; Three Elements, 1965

# 04

the pledge

iMages

steven parrino, instructions données à Marc-Olivier Wahler pour la préparation de son exposition au CAN / instructions given to Marc-Olivier Wahler for the preparation of his exhibition at CAN, Neuchâtel, 1998

the pledge

# 48 – # 75

# 05

the pledge

→ 1 Steven Parrino, 13 Shuttered Panels for Joe Ramone, 2001

# 06

the pledge

dadamaino, Volume, 1958

# 07

the pledge

laurie simmons, Girl Vent Press Shots, 1989

# 08

the pledge

Werner reiterer, Beginnings of Space Travel, 2002

# 09

the turn

→ 3 Roman Signer, Parapluies, 2009

the turn

# 10

the turn

→ 3 Ceal Floyer, ON AIR, 2009

# 11

the turn

→ 3 Gardar Eide Einarsson, Garbage (Class 1-5), 2009 ; Garbage (Class 6-10), 2009

# 12

the turn

→ 2 Melvin Moti, No Show, 2004

# 13

the turn   m 2 Arcangelo Sassolino, Afasia 1, 2008

# 14

the turn

roman signer, Water boots, 1986

# 15

the turn

robert Barry, Electromagnetic Energy Field, 1968

# 16

the turn

Jason dodge, Amethyst, Garnets, Sapphires, Aquamarine, Quartz, Topaz, Rubies, Tourmaline, Inside an Owl, 2006. Pendant le processus de taxidermie, des pierres précieuses furent placées à l’intérieur du hibou. / During the process of embalmment, precious gems have been placed inside of an owl.

# 17

the turn → 3 Robert Gober, Drain, 1989

# 18

the prestige

→ 2 Jonathan Monk, Meeting #7, 2008

the prestige the prestige

# 19

the prestige

hannah rickards, Birdsong, 2002

# 20

the prestige

pierre huyghe, Timekeeper, 1999

# 21

the prestige

→ 3 Ryan Gander, Nathaniel Knows, 2009

# 22

the prestige

John dee, Dr Dee’s Magical Mirror, XV e – XVI e av. J.-C. / 15th–16th century AD

# 23

the prestige

rossella Biscotti, The Heads in Question, 2009

# 24

the prestige

ugo rondinone, lax low lullaby, 2010

# 25

the prestige

piero Manzoni, Socle du monde, 1961

# 26

the prestige

gianni Motti, Mani Pulite, 2005

# 27

the prestige

Christian Jankowski, Direktor Pudel (Director Poodle), 1998/2003

# 28

the prestige

abigail lane, Youknowwhoyouare, 2004

#29

the prestige

Marcel duchamp, Mirror, 1964

# 30

the prestige

→ 2 Jonathan Monk, Meeting #13, 2008

A la Tour Eiffel, le 13 Octobre 2008 à midi

Crédits iMages / iMage Credits # 01

→ 1 Mark handforth, Honda, 2002
Collection Paul Rubell → 1 Mark handforth, Vespa, 2001 Collection particulière / private collection → 1 Vincent lamouroux, Scape, 2006 Courtesy de l’artiste / of the artist → 1 philippe decrauzat, Fade In Out, 2006 Courtesy galerie Praz-Delavallade (Paris) → 1 Jonathan Monk, Constantly Moving Whilst Standing Still, 2005 Collection Dr Paul Marks Courtesy Meyer Riegger (Karlsruhe) → 1 François Morellet, Pi Weeping Neonly, 2006 Courtesy de l’artiste / of the artist © ADAGP (Paris) 2011 Photo : Marc Domage

# 08

→ 2 Werner reiterer, Beginnings of Space Travel, 2002
Collection particulière / private collection Courtesy galerie Loevenbruck (Paris) Photo : André Morin

# 1 8 m 2 Jonathan Monk, Meeting #7, 2008

Collection privée / private collection   m 2 TiME BETwEEn SPACES
# 19

→ 2 ChâTEAu dE Tokyo / PAlAiS dE FonTAinEBlEAu
# 09

→ 3 hannah rickards, Birdsong, 2002
Courtesy de l’artiste / of the artist Photo : André Morin

→ 3 roman signer, Parapluies, 2009
Courtesy Art:Concept (Paris) Photo : André Morin

→ 3 ChASinG nAPolEon
# 20 pierre huyghe, Timekeeper, 1999

→ 3 GAkonA
# 10

→ 3 Ceal Floyer, On Air, 2009
Courtesy galerie Esther Schipper (Berlin), Lisson Gallery (Londres / London) & 303 Gallery (New York) © ADAGP (Paris) 2011 Photo : André Morin
# 21

Courtesy Marian Goodman Gallery (Paris, New York) © ADAGP (Paris) 2011

→ 3 ryan gander, Nathaniel Knows, 2009
Courtesy Flowerman Collection (Hiroshima) Photo : André Morin

→ 1 Cinq MilliARdS d’AnnéES
# 02

→ 3 GAkonA
# 11

→ 3 ChASinG nAPolEon
# 22 John dee, Dr Dee’s Magical Mirror, xve – xvie av. J.-C. /

→ 2 Christoph Büchel, Dump, 2008
Collection Juan Carlos Verme Courtesy Christoph Büchel & Hauser & Wirth (Zurich, Londres / London) Photo : A. Burger

→ 3 gardar eide einarsson, Garbage (Class 1–5), 2009
Courtesy de l’artiste / of the artist, Standard (Oslo) & galerie Bugada & Cargnel (Paris) → 3 gardar eide einarsson, Garbage (Class 6 –10), 2009 Courtesy de l’artiste / of the artist, Standard (Oslo) & galerie Bugada & Cargnel (Paris) Photo : André Morin

15th-16th century AD © The Trustees of the British Museum
# 23 rossella Biscotti, The Heads in Question, 2009

→ 2 duMP
# 03

→ 1 ronald Bladen, Cathedral Evening, 1971
Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Collection Marzona (Berlin) → 1 ronald Bladen, Three Elements, 1965 Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Collection Marzona (Berlin) Photo : Marc Domage © ADAGP (Paris) 2011
# 12

→ 3 ChASinG nAPolEon → 2 Melvin Moti, No Show, 2004 → 2 no Show
   

Courtesy de l’artiste / of the artist & Prometeogallery di Ida Pisani (Milan, Lucca) Photo : Ela Bialkowska
# 24 ugo rondinone, lax low lullaby, 2010

# 1 3 m 2 arcangelo sassolino, Afasia 1, 2008

Courtesy Sadie Coles HQ (Londres / London) © Ugo Rondinone Photo : Stefan Altenburger Photography
# 25 piero Manzoni, Socle du monde, 1961

m 2 AFASiA Courtesy de l’artiste / of the artist
# 1 4 roman signer, Water boots, 1986

→ 1 ThE ThiRd Mind
# 04

→ 1 steven parrino, instructions données à Marc-Olivier
Wahler pour la préparation de son exposition au CAN / instructions given to Marc-Olivier Wahler for the preparation of his exhibition at CAN, Neuchâtel, 1998

Courtesy Art:Concept (Paris) Photo : Marek Rogowiec
# 1 5 robert Barry, Electromagnetic Energy Field, 1968

HEART, Herning Museum of Contemporary Art Courtesy Fondazione Piero Manzoni (Milan) © ADAGP (Paris) 2011 Photo : Lilian Bolvinkel
# 26 gianni Motti, Mani Pulite, 2005

# 05

→ 1 steven parrino, 13 Shuttered Panels for Joe
Ramone, 2001 Collection de la famille Parrino / collection of the Parrino family & Gagosian Gallery (New York) Photo : Marc Domage

Courtesy Walker Art Center (Minneapolis) T.B. Walker Acquisition Fund, 2008
# 1 6 Jason dodge, Amethyst, Garnets, Sapphires, Aquamarine,

Collection privée / private collection Courtesy de l’artiste / of the artist Photos : Stefan Altenburger (gauche / left) ; Gianni Motti (droite / right)
# 2 7 Christian Jankowski, Direktor Pudel (Director Poodle),

→ 1 STEvEn PARRino RéTRoSPECTivE 1981– 2004
# 06 dadamaino, Volume, 1958

Courtesy Vedovi Gallery (Bruxelles / Brussels)
# 07 laurie simmons, Girl Vent Press Shots, 1989 # 17

Quartz, Topaz, Rubies, Tourmaline, Inside an Owl, 2006 Pendant le processus de taxidermie, des pierres précieuses furent placées à l’intérieur du hibou. / During the process of embalmment, precious gems were placed inside an owl. Courtesy Casey Kaplan Gallery (New York)

1998-2003 Courtesy de l’artiste / of the artist
# 28 abigail lane, Youknowwhoyouare, 2004

Courtesy de l’artiste / of the artist
# 29 Marcel duchamp, Mirror, 1964

→ 3 robert gober, Drain, 1989
Collection S.M.A.K., Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, (Gand / Gent) Photo : André Morin

Courtesy Laurie Simmons & Salon 94 (New York)

© Succession Marcel Duchamp / ADAGP (Paris) 2011
# 30 m 2 Jonathan Monk, Meeting #13, 2008

→ 3 ChASinG nAPolEon

m

 2

TiME BETwEEn SPACES