Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Les surfaces de contact sont quelconques. Le nombre de degrés de liberté est 1.2 . Ry et Rz. Ty.Liaison encastrement. Le nombre de degrés de liberté est 0. 4. Rx.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites. Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques).3 . Tz.Liaison glissière. 4. Tz. La rotation Rx est autorisée.Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Ry et Rz. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. La translation Tx est autorisée. Le nombre de degrés de liberté est 1. Page 18/ 106 . Parmi toutes les liaisons parfaites. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides.1 . intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4.

Le nombre de degrés de liberté est 3.Liaison linéique rectiligne.Liaison rotule. Le nombre de degrés de liberté est 4.Liaison appui plan. Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2.Liaison ponctuelle. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Les trois rotations Rx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Le nombre de degrés de liberté est 3.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4. Les 3 mouvements empêchés sont Tx.5 .6 .7 . Le mouvement Tx est empêché. Ry et Rz. Page 19/ 106 . Ty et Tz. Ry et Rz. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Ry et Rz sont autorisées. 4. 4. Le nombre de degrés de liberté est 5.4 . 4. y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2. Contact entre la génératrice (A. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact).

Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement. les études se font dans le plan. x ) .Ty.Tx. l’articulation et l’appui simple. Le repère local associé est R(A. translation selon l’axe (A. Dans le plan. y ) .Rz. il y a 3 mouvements indépendants : . y ) .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. translation selon l’axe (A. En génie civil. x . rotation autour de l’axe (A .

....2........ 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ...........2....................... 32 8............ 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces ....................... 22 III .............................................................. .... 32 8........................................................................................2 ......................... .......................... ....................................................................................................................................... ... 32 8.............................................. 31 8.........Notion de moment ....Actions intérieures et extérieures....................................................................................................... 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point...................................... ...................2...2..... 22 1°/ Notion de force..... 31 8.................... 24 2.......................... 24 2..........................Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 ..................Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison........2.............Liaison ponctuelle.......................................................Modélisation des actions mécaniques............... ............. 27 5°/ Isolement d’un système ................................................................. ......... 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids......7.....................2........Les différents types d’actions mécaniques.......4....................................Torseur associé...................Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil.................. 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact...........3 . 22 II ................Liaison encastrement............................ ............. 33 8...........................................Définition du moment d’une force par rapport à un point...........Liaison appui plan................................... 31 8.............. ......Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent......... 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force .......................................................................................................................................2...................1 ................Liaison linéique rectiligne........ .............................................................................................Liaison glissière..... ..................................... 32 8..Liaison rotule.............Liaison pivot......................1 ......................3................Exemple.........................................................................................................................................................1........Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I .....................Définition d’une action mécanique.....2 ...................................Torseur associé....................2...........................................5....... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact.......... 33 Page 21/ 106 ....6........................................... 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison......................................... .................................................... 31 8........ 31 8................

Les actions de contact se répartissent en trois groupes : .les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface. II .DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE.déformer un corps. La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids.créer un mouvement. . On peut distinguer deux grandes familles : . précontrainte. … Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2. On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : . tassements d’appui. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide. .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I .les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface.les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne. . Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique.LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES. droite ou non. Page 22/ 106 .les actions de contact. température. Exemples : charges appliquées. 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact. qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel. . électromagnétique ou électrostatique.maintenir un corps au repos. .les actions à distance. 2°/ Les actions mécaniques de contact.

Page 23/ 106 . Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2.sa direction. . .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas. . L’unité de la force est le newton noté N. (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force.MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES. 1°/ Notion de force. mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application. On appelle force une action mécanique de contact ou à distance. III . on la note F12 .son intensité. les actions sont surfaciques.son sens.

Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés.Exemple. Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force. moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin. 2. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer. par contre la position de la buse a changée . Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. Dans un premier temps.Notion de moment .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point. elle est nettement plus éloignée de la pelle. (Ici. compte tenu de sa position. le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin.1 . Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps. Page 24/ 106 .) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique.

F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d. noté M A F12 . ( ) est de Page 25/ 106 . M A F12 même sens que z.2 . et dont le point d’application est A. x . donc le x // (O.Définition du moment d’une force par rapport à un point.m. notée M A F12 . le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d . L’unité newton×mètre noté N. y ) . d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2. ( ) d A O z . Le moment de la force F12 par rapport au point A. z ) M A F12 ( ) moment est positif. F12 ( ) . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. est le ( ) x Convention de signe .Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. z ) .F12 et A sont dans le plan (O.Sens du vecteur moment : .

ou si F12 = 0. F12 ( ) . on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif . z ( ) le moment est négatif. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude. z ) . M A F12 est de sens opposé à z. on pourrait très bien choisir l’inverse. le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d . donc x ( ) d A O z // O.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). Page 26/ 106 .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . . Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A.F12 et A sont dans le plan (O. ( ) Attention. x . y ) .F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. 2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire).

est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique. F3S . Comme nous l’avons vu au paragraphe III. L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur.Torseur associé. . le moment de cette force. ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces . compte tenu de sa position. la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique.2-1. F4 S .Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 . Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + ... Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S . F2 S ... et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force .Torseur associé. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A.Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A.. .

Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué. On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} . Lorsque l’on isole un système matériel. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel. Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. Remarque : Le poids est toujours une action extérieure. Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 . 5°/ Isolement d’un système . suivant leur situation par rapport au système matériel choisi. il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments. c'est-à-dire isolé.Actions intérieures et extérieures. ⇒ voir figures ci-dessous.

Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas.Point d’application : G. dans un repère (O. x. Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier. Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique. 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids. g = 9. Ainsi. Page 29/ 106 . En effet. c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). avec g = accélération de la pesanteur. on prend une valeur arrondie : g = 10 m. les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau). . y) dont l’axe (O. g = −g ⋅ j . panneau et élingues isolé). les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas. Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel. centre de gravité du solide. Elingues.Sens : vers le bas.s-2 Remarque : en génie civil. En effet.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : . g P en newton N. le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme).Direction : la verticale passant par G. . m la masse du solide en kg.81 m. .s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ».Intensité : P = m . y) est vertical ascendant.

Page 30/ 106 . z ) . nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2. La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. fi est considérée perpendiculaire à si. mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. y. z ) . (i variant de 1 à n). x . x .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. Pour plus de commodité. ayant pour centre de surface le point Pi. y. L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. puisque si est très petite. Compte tenu des déformations locales. z ) . Ainsi. x . on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O. On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface. l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. c'est-à-dire sans adhérence. Le contact entre les solides est considéré parfait. y. fi est considérée comme uniformément répartie sur si. Dans ce cas théorique.

Autrement dit. Ty. Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé. Le nombre de degrés de liberté est 1.2 .Liaison pivot La rotation Rx est autorisée. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement. Le nombre de degrés de liberté est 0. ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.2. Dans le chapitre précédent. Tz.1.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent. ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 . Ry et Rz. 8. si un mouvement est empêché. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. c’est qu’il y a une action qui s’y oppose.1 . Par contre. Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis. Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx.Liaison encastrement.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison. 8.2.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison. nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations).2. 8.

Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry.5. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Ry et Rz. Ry et Rz sont autorisées. Le nombre de degrés de liberté est 3. Le nombre de degrés de liberté est 1.2. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Tz. Les trois rotations Rx. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty.4. Ry et Rz. Le nombre de degrés de liberté est 4.Liaison linéique rectiligne. La translation Tx est autorisée.2. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 3.2.2.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8.Liaison rotule.Liaison glissière. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 . ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8.Liaison appui plan. Ty et Tz.6. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.3. Rx.

S. l’articulation et l’appui simple.3 . Le mouvement Tx est empêché. Le nombre de degrés de liberté est 5.7.)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art.Liaison ponctuelle. Ry et Rz.2.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.S.L.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A. Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil. Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 .D.

.............................................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 ......................Organigramme de résolution d’un problème de statique............. ...............................Equilibre d’un système matériel....................... 38 IV ................... 36 III ................................ ................................................................ 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces....................Notion d’isolement... ................ 42 VI ........... 40 V ...................................................................................................... 35 1°/ Isolement d’un solide........................................... 37 1°/ Enoncé du PFS..................Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I .............. 43 Page 34/ 106 .................. 35 2°/ Isolement de plusieurs solides........ Isostaticité............................................. 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces ..................... 39 1°/ Hypostaticité.......................................................... ....................................... Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité..........................................................................................................................Degré d’hyperstaticité ....................... 35 II ............................................................. 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité...............................................................................................Principe fondamental de la statique ....................................................................................Systèmes matériels composés de plusieurs solides...........................

• distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs.tous les éléments connus concernant ces actions : • direction.1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0. destiné à décrire et à définir : . Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié. Dans le cas de plusieurs solides.Elingues . • intensité. • point d’application.1 m Câble de la grue Palonnier 1. Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I . les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures. • actions de contact. La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique. 1°/ Isolement d’un solide. Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : . . C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique). 1.l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau.5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides.5 m 1.1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. • sens.NOTION D’ISOLEMENT. … .Panneau) isolé 106 Page 35/ .toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids).l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier. Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier .

Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide. { } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + .. + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures..EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL.. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty . Page 36/ 106 .. Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide. + F i S + . y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n .. + M (F ) + . + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + ...Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II ..

⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G.PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. Donc. III . Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. au cours du temps. Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 . c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 . alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. dans l’espace. par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 . pour que le solide soit en équilibre. c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit. il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 . chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si.

concourantes. B et C. Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : . y) ). Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées.ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O. il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S . B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S . B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. comme c’est habituellement le cas en génie civil. non nulles et de points d’application respectifs A et B. (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 . x.

Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). On dit que le système est Isostatique.DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS . B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV . On dit que le système est Hyperstatique. On peut résoudre avec le PFS. le nombre d’inconnues. c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés. il y a trop d’inconnues.ou de même droite support. Il n’y a pas de solution. auquel cas le système est hypostatique. et NEQU . Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. Page 39/ 106 . On dit que le système est Hypostatique. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS. le nombre d’équations. il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori. Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS. Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS. Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible). Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. Isostaticité. Ainsi.

1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .Articulation : 2 inconnues .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité.Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 .Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 . ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.Appui simple : 1 inconnue .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 .

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC . b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 . 4 Nature du système Page 41/ 106 . Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS. on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS. si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE. donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique .NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) . Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS.

je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact. …) . JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME . PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 . B.ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V . ⋅ Actions à distance (Poids). C.Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique .J’écrit les renseignements connus (repères A. MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE.Je place le repère .…. les angles éventuels. les distances. Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère.

c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 . En B et C Encastrement.SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES. En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique. Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI .

B2 1y M B1 2 = .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme. A0 1y et D0 3x . Pour faire « apparaître » les actions intérieures. L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS.B2 1x C3 2x = .M B 2 1 C3 2y = . 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS. il faut isoler les barres 1.C2 3y M C3 2 = . Donc. Démarche à suivre : J’isole le portique. dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C . A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = . N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique. c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3).C2 3x B1 2y = . pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C. J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x . Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures. Page 44/ 106 .M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C). on peut déterminer les actions A 0 1x .

C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : . B2 1y .F2 + 2. et M B1 2 (puisque B1 2x = . B1 2y = .B2 1x . Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x .il y a 3 actions inconnues C3 2x . Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues. C3 2y = .B2 1y et M B1 2 = . je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.l’action D0 3x est connue. .5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x .F − 2. . B1 2y .C2 3y et M C 3 2 = . .il y a 3 actions inconnues B2 1x .M C 2 3 ). A 0 1x et A0 1y sont connues.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x .D − 2.C2 3x . A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12. J’isole la barre 2 : . M B 2 1 que je détermine avec le PFS.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : .F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2.5 = 2.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x .5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2.5 kN ⎪ ⎪4. C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = .les 3 actions F1 .5 kN ⎪ D = 12.M B 2 1 ).F1 = 30 + 20 = 12.

5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2.5 kN) B M B2 1 (20 kN.B2 1x .5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x .F1 = 20 kN.5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.m ⎩ B2 1 = 2.m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2.B2 1y et M B1 2 = . B1 2y = .B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12.F − 3. M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = . ⇒ M B1 2 (20 kN.5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 .M B 2 1 . y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2.5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2. M B 2 1 avec le PFS.m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2.5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN. B2 1y .m F1 A 1 x A 0 1y (2.

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : . 2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : . . .homogènes : tous les éléments du matériau. . . .continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre. AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée.utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin).les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives.de petites déformations. » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : . .de petits déplacements.le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites. Page 50/ 106 .la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale). aussi petits soient-ils. on parle de solide élancé. ont une structure identique. 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation.Mécanique des structures Sollicitations TS II .isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions.

Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés. dans ce paragraphe.des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi .des actions de liaisons R i .des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1). Nous allons. appelés efforts intérieurs. Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre. efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau. 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i . Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x). on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . Ces forces se développent à l’intérieur du matériau. .SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION . . déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière.EFFORTS INTERNES. Page 51/ 106 . III . On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x).

2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion.Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. (G. x). on appelle sollicitations les projections sur les axes (G. y) et (G.

Dans ces conditions.y + VZ (x). G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement. tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O.l’effort tranchant suivant y. x.z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan.x + Mf y (x). y).x + Vy (x). les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : . Mfz(x).Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion.le moment fléchissant suivant z.z 2 M 2 (x) = T(x). que nous noterons M(x).y + Mf Z (x). Vy(x). . que nous noterons V(x). représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 . . R1 (x) = N(x).l’effort normal N(x).

Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .

Si deux composantes au moins sont non nulles. on dit qu’on a une sollicitation simple. T. 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N. d’un pays à l’autre. Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre. torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . etc. on dit qu’on a une sollicitation composée. ou Mf existe alors que les autres sont nulles.somme des forces à gauche de la coupure. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . .somme des forces à droite de la coupure. traction+cisaillement. Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction. Quelle que soit la convention retenue.Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. V.

Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x).Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations. La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : . on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = . il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections. Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1.3 m Pour un problème dans le plan (O. La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre.Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . V et M en fonction de x. .5 m 0.des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière). y).des actions extérieures (connues). x. le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies. On obtient alors les diagrammes des sollicitations N.Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = .Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 .

Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P.3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations. 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45.F. Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre.5 m 0. on peut lire les valeurs des sollicitations.3 m Quel que soit x. Pour une abscisse x quelconque.10 x [ m ] Page 57/ 106 . pour tracer ces diagrammes.5 m 0. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1.S.6 kN. nous permet de déterminer les actions de liaison. on va faire varier l’abscisse x de la coupure.8 . et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations.m 1. Donc. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1. on peut s’intéresser aux sollicitations.

8 – x) m ] + [ .5 .5) = .5 m et x < 1.5 m Il faut distinguer le cas où x > 1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme. 2 valeurs aux limites x = 1.3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .5 1.5 × (1.5 × (1.5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.5 kN/m répartis sur (1.8 – x) m V(x) = .26.5 m : 0.1.5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ .34 Page 58/ 106 .26.5 m ⇒ V(1.5 kN/m répartis sur (1.5m : x > 1.8 x [ m ] - .8 m ⇒ V(1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.5) = .9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.8) = 0 x = 1.5 m ⇒ V(1.5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1.5 .8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.25 kN ] V(x) = .8 – x) = 5 x .1. 2 valeurs aux limites x = 1.

5 m et x < 1.m ] 1.8 – x)² / 2 ] + [ .5 1.5 x² + 34 x – 45.5 – x ) m ] M(x) = .5 x² + 9 x – 8.2.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .8 – x)/2] m M(x) = [ .225 kN.8 x [ m ] - .45.5 kN/m répartis sur (1.25 kN avec un bras de levier de (1.3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.5 m ⇒ M(1.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .5 (1.2.6 C’est l’équation d’une parabole.8 – x) m avec un bras de levier de [(1.225 kN x < 1.5) = -0.1 C’est l’équation d’une parabole.0.m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.8 – x)² / 2 ] M(x) = .m 1.8 m ⇒ M(1.5 (1.6 kN. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.225 .m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.5m : x > 1.5) = -0.5 m 0. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.6 Page 59/ 106 .6 kN.8) = 0 x = 1.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.5 m ⇒ M(1.

REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 . (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) .dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ). la relation reste exacte dx Page 60/ 106 . y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx. distantes de dx. Si on néglige dx². Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines. dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à . 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ). V(x) et M(x).dx − q( x ). ⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ).q(x).Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x).dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) . infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) . l’effort tranchant est constant.

dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx. si V s’annule dans une section. V varie linéairement et M est une parabole. M passe par un extremum.kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. Dans le sens des x croissants. Si V est négatif. Page 61/ 106 .dx + F. V est constant et M varie linéairement. REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant. si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0. on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . (2) ⇔ − M ( x ) + V( x ). M est croissant et inversement. donc un point singulier dans le diagramme de M(x). si le tronçon supporte une charge uniforme. en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé. M est maximum.

Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du .au +. on peut tracer la tangente à la courbe M(x). Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant. dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ .V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 . V(X) ET M(X). En tout point. Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant. Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire.RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X). Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -. Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant. Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant.

..... ..................................................................................................................................................................... 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées ....Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan ................... ........................................................................................ 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés................. 66 III ..................................... 64 2°/ Théorèmes de Guldin.............Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 ......................................................................................................... 65 II ........................................... 70 Formulaire Moment quadratique ............. 66 1°/ Définition........................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés .....................Centre de gravité....... 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie................................................................................................................................................... ................................................................... 64 1°/ Définition................................................................................... 71 Page 63 / 106 .............................................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I ........................................................... 66 3°/ Moment statique des surfaces composées..................................................... 68 IV .......................................................................................................... 68 4°/ Rayon de giration .......................................................................................................................................................Applications.................................................................... 69 Formulaire Centre de gravité...... 67 2°/ Théorème de Huygens.......................................... ..................Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan............................................................ 66 1°/ Définition.................... 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.............................

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . y M1 G O z x Mi Mn Par définition. Mn.CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons. dans l’espace. dmi. Pour déterminer la position de G dans le repère (O. La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau. le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i . → Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e. La relation devient : xG = ∫ V x i .dS S i yG = ∫∫ y . avec S la surface du solide. G est appelé centre de surface.S et dV = e. y.dV zG = ∫ V z i . un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1.dm m yG = ∫ V yi .dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV .dm −OG . On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG.dV yG = ∫ V yi .dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i . Mi. dm2.dm m (1) Soient xi. …. M2.dm = 0 G est aussi appelé centre de masse. …. yi et zi les coordonnées du point Mi. x. yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i .dS S i S Page 64 / 106 . de masse respective dm1.dV S Dans ce cas.dm = 0 V V OM i . ….dm − ∫ OG .dS. xG = ∫∫ x . ….dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i .dm m zG = ∫ V zi . z). il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG .dS S i S zG = ∫∫ z . Ce solide est de volume V. dmn.m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i .

son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie. un axe. 2°/ Théorèmes de Guldin. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. ou un centre de symétrie. Page 65 / 106 . » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne.

…. ….S yi .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . …. est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + . y) : Démonstration : y Mi dSi W( O . dSn et un axe Δ situé dans son plan. Sn. x ) (S) = yG . dS2. Mi. x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface. 1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1. On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ. composées de plusieurs surfaces S1. S2. dSi. de surface élémentaire dS1. Soit dans un repère (O.S et W( O . La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O . Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. y ) (S) = x G ... x. 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. Mn. x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 . M2. x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G .MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN.dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul.S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O. …. ….

» ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S. y) : I (O.MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi.dS + 2d ∫∫ ri G . et un axe Δ situé dans son plan. de surface élémentaire dSi.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III . x.d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 .d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G .dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S. x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O. augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes. Dans un repère orthonormé (O.dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r . y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S. On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ.

plus le moment quadratique est grand. est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + . Par définition : W( O.. x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG . 3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S.plus le moment quadratique est grand. S2. …. plus la section a du mal à tourner autour de l’axe. Sn.APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx.plus l’axe s’éloigne du centre de gravité. 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S . + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S .dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O . x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 . composées de plusieurs surfaces S1. y y’ x I(O. 2 IV .S 2 S y b ici.. S=b×h W( O. x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. x ') (S) + S. x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 . x ) (S) = I ( G .⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ). x ') (S) = I( O.d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O. On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S.y G I( G .yG I ( G . x ) (S) − S.

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

. 77 IV ............Sollicitation étudiée : l’effort normal .déformation ............... ......... 79 VI ................. 75 4°/ Généralisation........................Compression TS Chapitre 6 ..................................... 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux................................................................................................................ 73 II ......... 78 V ........ 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal............................ 79 Page 72 / 106 ............................................................................................................................Traction .................. 79 2°/ Condition de déformation.................. 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale ............... ................................................... 76 1°/ Notion de contrainte................. ................Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal........................................ 76 III ....................... 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte ..................................................Loi de Hooke........................... .......Coefficient de Poisson ν................................................................................. 79 VII ................................................................Mécanique des structures Traction .................................................................................................................................Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal..............................................Déformations dues à l’effort normal.......Contrainte due à l’effort normal..Loi de comportement des matériaux.......................................................................................................... 79 1°/ Condition de résistance................compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I ........................................Quelques ordres de grandeurs .....

N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II . Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0.F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 .SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple.LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX.Mécanique des structures Traction . . Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux.Compression TS I . 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux.

Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young. du matériau et caractérise la rigidité du matériau. E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe. La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité. comme un ressort. ou module d’élasticité longitudinal (Ex). . elle revient à sa longueur initiale. L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. si on décharge l’éprouvette. un comportement élastique linéaire. ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte).en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »).déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte . celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes.Loi de Hooke.Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne. Ainsi. Fe S Page 74 / 106 . F . ΔL est appelé l’allongement absolu. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm². Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. (OA = droite de pente E) Dans cette zone.déformation . ou MPa.en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte . On dit que le matériau a. on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »). dans cette phase. .Mécanique des structures Traction .

ΔL > 0 Contraction latérale . on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture. . La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr.Partie AD : au-delà du point A.Mécanique des structures Traction . le domaine plastique. celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale.Compression TS . Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = . on rentre dans le domaine des grandes déformations. Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal . Page 75 / 106 .1 et 0.Coefficient de Poisson ν. c'est-à-dire une déformation permanente. c’est le phénomène de striction. Puis la rupture intervient (point D). ΔL < 0 Dilatation latérale . cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ».3 pour les métaux et 0. Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. A ce stade. on constate un allongement résiduel. celle-ci subit une déformation longitudinale εx .15 pour les bétons). L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0.Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas.5 (0. 3°/ Contraction ou dilatation latérale . mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort. si on décharge l’éprouvette. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal . respectivement une contraction ou une dilatation. -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. respectivement un allongement ou un raccourcissement. A ce stade.

1°/ Notion de contrainte.contrainte de rupture : σr .une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles.traction. . .Compression TS 4°/ Généralisation. III . Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux. on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau. flexion sur les bois.CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL.limite d’élasticité : σe . . Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section. d d d Page 76 / 106 . Dans une section droite de poutre. Tous ces essais font apparaître deux phases : .traction par flexion. il faut introduire la notion de contraintes. Pour cela. . . on réalise des essais sur des éprouvettes : .traction directe sur les métaux.module d’Young : E .une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes.coefficient de Poisson : ν. -compressions sur les bétons. . Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section. compression.Mécanique des structures Traction . par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons. En résistance des matériaux.

n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »).si N < 0 : effort normal de compression.Mécanique des structures Traction . on parle d’état de contrainte. Page 77 / 106 .Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites.1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. n défini de la façon suivante : ( ) en un point M. est df .n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure. 1 Pa = 1 N/mm² . x) : . 1 bar ≈ 105 Pa = 0. Le vecteur contrainte Φ M. sont orientées par deux vecteurs unitaires : . également appelées « facettes ». π . Ces surfaces. Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne). σ < 0. t = + . 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1. σ > 0. on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. sur la facette dirigée par le vecteur n . Autour du point M. ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal. 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² .si N > 0 : effort normal de traction. . n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures.t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n . Φ (M. il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité. selon l’orientation θ de la coupure.

− Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction).Mécanique des structures Traction . (a) (b) IV . Page 78 / 106 . loin des points d’application des charges concentrées. chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x). Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre. » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures.Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. − Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression). les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section. Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a). qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b). on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. Sous l’effet de l’effort normal.DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx. ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures.

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df . ⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III .CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0. . Vy≠0. Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 . .la ligne moyenne de la poutre est rectiligne.Mécanique des structures Flexion TS II . ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= . dS z Cette contrainte est la somme : . . notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique. . se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre.les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent.toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. .LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : . L’expérience montre qu’entre les points C et D.d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale).d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement).la section droite de la poutre est constante. les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment.la poutre admet un plan de symétrie longitudinal.

de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y .l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion. Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante. Considérons une surface élémentaire dS de la section S. dS est centrée sur le point P de coordonnées (y . Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 . avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation .d’après le principe de Navier . moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz. ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz. planes avant leur déformation. Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L .Bernoulli.Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz.le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS . Page 83 / 106 . z) : z G M z (x) S(x) . restent planes après leur déformation.l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz . axe principal de la section S. donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »). les sections droites.

⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G. y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement. . y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. v = ± h 2 Page 84 / 106 . Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre . x.σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre).σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré. z) est l’axe neutre. et réciproquement si Mz est négatif. Dans les conditions normales d’utilisation. (S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc. z) est le plan neutre et (G.Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz .

la ligne moyenne d’une poutre se déforme.ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations.section rectangulaire : I/v = b.ses dimensions.h²/6 ⇒ 2 inconnues.1 D3 .section circulaire : I/v = π. on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension. En général. b et h.D3/32 ≈ 0. il faut choisir un rapport entre b et h. Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ. .la forme et les proportions de la section.Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique. Page 85 / 106 . il reste deux groupes d’inconnues : . . ⇒ 1 inconnue a. sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux. Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis. La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée. Sous l’application de charges.section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. Exemples : . On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. IV .

et soit ρ. cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites). y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or. 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique. d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration.Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx. En effet. ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1.

θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A. que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples.en B. θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B. y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ . x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. x = 0 et y = 0 . Page 87 / 106 .en A. y est maximum pour y’ = 0. en traitant d’autres exemples.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : .l’allure du moment. c'est-à-dire pour x = l / 2.

.................................Répartition de la contrainte de cisaillement simple........1 ..Section réduite.........................................................................Etude du cisaillement de flexion............ .... 90 3.............................................Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire... 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple...............................................1 ............................................................... 89 2°/ Essai de cisaillement .... 94 3.....Cisaillement simple ............ ....... 92 3.............................Condition de résistance ....................... 95 Page 88 / 106 ................ 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant............ .Loi de comportement du matériau................. 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement ....2 ............................................................................................................................... 92 3................................................. 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant....................Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 ..................................... 91 II ............................... 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion..................... ............... ...............................................Calcul de la contrainte tangentielle τ.............2 ..................Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I .................Définition ........................................................................ 94 III ........................... 90 3.............................Etude du cisaillement simple................................................................................................3 .......................... .....................................

En effet. 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant.ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE.Loi de comportement du matériau. y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement . les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant. lors d’un essai de cisaillement on observe : . On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V. Sans entrer dans les détails.un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 .Mécanique des structures Cisaillement TS I .

dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement).1 . Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy.Mécanique des structures Cisaillement TS . en MPa. dS 3. 3°/ Contrainte de cisaillement simple. la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section. Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S.Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre.une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa.La contrainte de cisaillement est représentée par τ. 3. . G est appelé module d’élasticité transversal.une zone de déformation plastique AR.2 . y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche.Répartition de la contrainte de cisaillement simple. telle que. E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite). Page 90 / 106 . . donc pas de contrainte normale σ).

Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple. il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement.ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant). 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant. C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre. II . y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 .

y ) σ x (x + dx . 3. de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures. y ) z τ x (x . On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L.Calcul de la contrainte tangentielle τ. y σ x (x.Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. y ) y x x dx Page 92 / 106 . C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion. b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle.1 . les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal.

cela donne : τ x (x . y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement.I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné). En projection sur x.Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x . on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b. y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx . la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x . y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . Elle ne varie qu’en fonction de y. y ) = − τ x (x . τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 .

on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole. τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3.Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire.Section réduite.Mécanique des structures Cisaillement TS 3. IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .2 .3 .

c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 . en général. τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme .Acier : 100 MPa .Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1.CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression. τmax ≈ Vy A âme III . Pour le béton armé.Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A . ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1.5 MPa Pour le béton. On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : . pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible. Par contre le concepteur n’a. on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure. τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A .2 MPa . la résistance au cisaillement est très faible.

...................................... 97 III ....................................Contraintes normales ........................... 98 IV .................................................................................................................................................................................................................Flexion composée SOMMAIRE I ................ 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx.........................................................................................................Cas particulier d’une section rectangulaire ................. 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés.........Sollicitation étudiée :............................................................................................................................................... 100 VI ......................................................................... 100 V ........... 101 Page 96 / 106 ...............................................................Contraintes tangentielles :........Dimensionnement en flexion composée........... 97 II .............................................................. 97 2°/ Position du plan neutre ..............Noyau central ........................................ 98 3°/ Force excentrée équivalente .Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 ...........

Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y.Mécanique des structures Flexion composée TS I . Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum. elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée. ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales. III .SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II . y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ».CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N.

Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion. on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées. σ N x . est inférieure à la contrainte normale due à N. Dans tous les cas.Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 .e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés .en valeur absolue.N. 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = . le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section .Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition. σ F x . la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue.

σ F x . σ N x . 2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 .en valeur absolue.Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± . l’une comprimée et l’autre tendue.Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. est supérieure à la contrainte normale due à N. le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones.

une zone tendue et une zone h2 comprimée. y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V . e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes.e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes. De même. » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire.Mécanique des structures Flexion composée TS IV . L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6.CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : .NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction. il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas).h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections. dans un ouvrage en maçonnerie. La répartition des contraintes est trapézoïdale.

pour toute une section. ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz).section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire. la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i. On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. le noyau central est un losange.Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons. Lorsque N est sur son contour. Page 101 / 106 . la ligne de contrainte nulle passe par A . la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI . le noyau central est un cercle de rayon a.section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. c’est-à-dire pour e = a. la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : . Lorsque la charge est en j.

...................................................................Dimensionnement et vérification des sections..........................................................Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 ..........................................Le flambement SOMMAIRE I ....Contrainte critique d’Euler............... 106 VI ...Charge critique d’Euler Nc .................................................. 105 V ............................................Qu’est-ce que le flambement ?................................ 106 Page 102 / 106 ........................................................................ 103 II ..........................Mise en évidence du flambement ...............................Influence des liaisons aux appuis ............... 103 IV .. 103 III ..............................................

De même. dans certains cas. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. la flexion se produit dans le plan (A. cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne. Dans ce qui suit. Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation. x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler. de ligne moyenne rectiligne. M(x) = .Mécanique des structures Flambement TS I . perpendiculaire à (G. z) (rotation de la poutre autour de l’axe z). elle reste rectiligne et se raccourcit. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes.Lorsque N atteint Nc. et soumettons la à un effort normal de compression centré. x. On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre.N y B N l0 y x Habituellement. la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. En effet.MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale). en ce qui concerne l’équilibre statique. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. articulée à ses deux extrémités. x III . . Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. II . la poutre est comprimée. les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 . de section droite constante.pour un effort N inférieur à une limite Nc. nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent.CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B.QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion. dans le cas du flambement. y est la déformée de cette fibre. On observe successivement deux types de sollicitation : . y). Pour le schéma cicontre par exemple.

la poutre reste droite. … π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée . ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1. donc A = 0 Pour x = l0. donc B sin ωx = 0 A étant nul. . y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée. y(l0) = 0 . c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 .voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . 3. 2. elle est dite en équilibre stable.Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre. .N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement. La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N. Remarques : Page 104 / 106 . y(0) = 0 . il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). elle est dite en équilibre neutre.N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. A noter que B = ymaxi est en général petit.N < Nc : compression simple.

V . celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire). IV . L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions. .CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . le flambement se produit dans le plan (x. Pour les deux sections représentées. toutes de même aire. Iy < Iz.Pour les cinq sections représentées. z).Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible.Mécanique des structures Flambement TS .INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes.

La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ).si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc. bois.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier. …) Page 106 / 106 . Pour une poutre comprimée de section S. Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré. Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc. Le dimensionnement se fait en compression simple. béton armé. à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. Dans ce cas. la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration. béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau. il n’y a aucun risque de flambement. que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. ⇒ Voir les cours correspondants (BA.Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. . Soit σ = la contrainte dans la poutre : S . donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement. qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible.DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux .…). VI .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

............................................................ 20 II ............................. 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES ........ 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES .................................Notations utilisées pour les démonstrations.............................................. 19 e .................................... 22 1°/ INTRODUCTION.............................. 25 Page 2 ........ 22 b ..... 7 c ..................Travail d'une force...Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental. 6 a ............. 6 b ............... 3 a ................... 14 c .......................... ...........................Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité...............................................énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures......Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive..................................... ou théorème de MULLER-BRESLAU ......................................Travail élémentaire d’une force............................................................................... 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE...... .............................................Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1....................Expression du potentiel............... ..........................................................Cas d’une structure hyperstatique de degré 1....................... 3 b ........... 16 d ............................................... Wdéf..............................Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ..................Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO................................................................ 22 2°/ METHODES DES FORCES........................................Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental................................................................................................................... 24 3°/ THEOREME DE MENABREA.............. 12 d ...............................Calcul de Wext ............................... .............. NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE............ 22 a ........................ 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE.... .................................... ............................... ...........................................................APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES........................THEORIE DU POTENTIEL INTERNE.... en tant que fonction des variables efforts extérieurs .......................Notion de potentiel d'une structure ......... 14 b ................................ 13 a ........................................................................... .................. 3 c ..............................

Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion.dl.on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant.dl = F. On suppose en outre que P est appliqué progressivement. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement. la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire. notion de potentiel d'une structure. c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) . Page 3 . des structures planes chargées dans leur plan.Travail élémentaire d’une force. dW = F . Lorsque P augmente. a .THEORIE DU POTENTIEL INTERNE. soumise à l'effort P. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl . Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué. entre 0 et P.cosθ A F θ A’ dl b .Travail d'une force.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I . sauf mention particulière. 1°/ Introduction: Travail d'une force.

f. . travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. (λ + dλ) P = λ .λf]. dλ . Il reste alors: dW = λ . Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . f 0 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. conjointement. . f . . P W. . le matériau constituant la tige est élastique linéaire. λf (λ + dλ) f . celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . . . P qui représente un infiniment petit d'ordre 2. d'où: W= Soit W= 1 f.λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. dλ . . λP (λ + dλ) P . travail à fournir pour l'allonger de Δ. . P + (dλ)² . .P. Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. P 2 ∫ dW = ∫ f . . f. P 0 . et Page 4 . . P. P on néglige le terme (dλ)² . dλ . f . . par rapport au terme λ . Comme dans l'exemple précédent. f .

Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. on parle aussi d'énergie potentielle d'un système. F . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F. 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) .les effets thermiques ne seront pas pris en compte. 0 . Ces hypothèses sont les suivantes: . traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. λΔ (λ + dλ) Δ . . Δ 2 ∫ dW 0 1 c . Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent. . . Δ 0 . par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ. . . C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)). 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire. 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement.les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . . . . . λF (λ + dλ) F . . . par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ .on négligera le poids propre des structures. . . .le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire. Page 5 . dλ . .

de manière réversible. indépendamment des états intermédiaires . Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système. Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. a . en statique. ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations. et non de l'état lui-même. Pour un solide isolé. l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs. Wdéf : énergie de déformation.Wdéf Page 6 . la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près.énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système.la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -. 3°/ Théorème fondamental de l'énergie. dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables.

Calcul de Wext . énergie de déformation. il induit un déplacement de la structure. Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre. sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire.de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes. Par analogie avec l'expression précédente (Wext).mais plus difficile à comprendre . REMARQUE : il serait plus exact . Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf. déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. yF 2 ∗ Expression de Wdéf. On a donc: Wext = 1 F . travail des efforts extérieurs. ici F. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort. Wdéf. Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire. dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire). ∗ Expression de Wext. b . Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. L'effort extérieur est appliqué progressivement. et avec une écriture purement formelle.

Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T). Page 8 .ε :σ. en se limitant ici à l'étude des structures planes. compression . Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations. ou à la compression (C). chargées dans leur plan: .χ :τ. contraintes tangentielles . T. Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure. ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ.ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire. Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ). on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition.γ :τ. ainsi que les déplacements sont infiniment petits. contraintes normales .flexion. En outre les déformations. et les déformations engendrées par ces contraintes. ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations.torsion :σ. vis-à-vis des sollicitations élémentaires.traction. .

Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N). a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx. N est un effort extérieur. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. ou de la compression. ou de compression simple. ou à la compression simple : Page 9 . donc on adoptera la représentation de la figure b. On suppose donc. La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. on se place dans le cas de la traction simple. que s'il y a compression simple. Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous. Pour ce tronçon de longueur dx. Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple. on a : 1 N × (allongement du tronçon dx). 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

Page 10

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
Page 11

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

Page 12

il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale. . 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: . l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x). il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B. V(x). une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale. Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. V(x).tantôt en fonction des efforts extérieurs. 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale. tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F. M(x). . là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. On en déduira: .le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques). exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux.le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). Or N(x). Pour les applications. . Page 13 .la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. donc. déterminées par la statique. Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B.la méthode analytique (calcul de l'intégrale. le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer. La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours. analytiquement). deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: . M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là. à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici.tantôt en termes d'énergie de déformation.YB . Dans le cas de structures hyperstatiques. En outre. et c’est à partir de lui seul.

dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. et par généralisation. on pose Δii = Fi δii. on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure. Considérons la structure suivante.Expression du potentiel. dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. (S) : où i et j sont des indices muets.Notations utilisées pour les démonstrations. en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent. dû à Fi . δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. on pose Δij = Fj δij. Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. b . dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). dû à Fi. dû à Fj . δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a .

C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel. REMARQUE: De ce fait.Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence. Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W.W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche. Page 15 . l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure. j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj. potentiel de la structure. . il n'y a pas de torsion). on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti). il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure. indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points. REMARQUES : .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i. que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan.

petites déformations. La structure se déplace de S2 en S3. lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj. Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure. on applique progressivement en j l'effort Fj. Ce théorème.W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi.Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO. son énergie de déformation est W1 . de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii. mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements. La structure se déplace de S1 en S2. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée. Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti. 1 Valeur du travail effectué : W2 .On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. Δij = Fj . lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. Les deux points sont supposés être à la même température Fi . La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 . On a donc. le point j s'est déplacé de Δji. pour l'état final.

de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj. La structure se déplace de S1 en S’2.W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2. le point i s'est déplacé de Δij. l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. La structure se déplace de S’2 en S3.W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 . La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 . on applique progressivement en i l'effort Fi.W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 . Valeur du travail effectué : W’2 .

Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α). Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire. ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1. que l'on suive le trajet (α). Les énergies de déformation sont donc identiques. Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). On part du même état initial S1. cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . Si Fi et Fj sont unitaires.

X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. Page 19 . au point et dans le sens du déplacement Δ cherché. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental.D. on fera intervenir un effort fictif X. coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T. d . Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi. C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. il n'y a pas d'effort appliqué. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W. de tous les termes δij et δji égaux. X) représente l'énergie de déformation de la structure. X → effort fictif. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. après dérivation.Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive. à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO.

ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure. Elle est. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 .Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité. Exemples d'application: e . afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano. ⇒ voir T. Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire.D. bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures. ceci dans le but de simplifier les écritures.

Exemples d'application : Page 21 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure. M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). structure EI ∫ NN i dx . REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i. sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T. II faudrait écrire M(x). structure ES ∫ V Vi dx . Fi représente un effort concentré appliqué en i. ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure.D. Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi.

Soit Δ1 = 0 Page 22 . en ce qui nous concerne.la méthode des forces. Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1. Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. 2°/ Méthodes des forces. a . l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort. sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p. l’autre qui prend comme point de départ les déplacements. étudier la méthode des forces. 1°/ Introduction. Nous allons. . La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S). encastrée en A. de rigidité en flexion EI = constante. (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche).la méthode des déplacements.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques.Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. Ces deux méthodes. Considérons une poutre de longueur l. différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition. Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 . (S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1. (S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1. on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p). Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1).

on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. b . Le principe reste identique à ce que nous venons de voir. ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 .Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p). M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1. Lorsqu’on rend la structure isostatique. Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela.

on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre. on a δ21 = δ12 2.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul. Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques. REMARQUE : 1. Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi.-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 .-Théorème de Maxwell-Betti. ∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi. 3°/ Théorème de Ménabréa.

2 – Notations. 2 .Définitions et notations. 3 – Théorème des trois moments. 1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 . 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.Poutre isostatique associée.Formulaire des rotations usuelles. 5 . 1.1 – Définitions. Page 1 / 8 .

sans encastrement. On note Li la portée ou longueur de la travée i.1 – Définitions. Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 . 1.Définitions et notations. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1). Une poutre continue est une poutre droite horizontale. La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales. …. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique. …. On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai. reposant sur plus de deux appuis simples.2 – Notations. Page 2 / 8 . Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0. An Les travées sont numérotées de 1 à n. Ai. 1.

Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 . Mi+1. …. …. …. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . A i. A i-1. A i+1. En fait. Par exemple. Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1. …. Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. Mi-1. A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue.Poutre isostatique associée. Mi. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1.

considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes. donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale. dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i. donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 .

M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI .Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 .Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments. Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées. Page 6 / 8 .

pour le moment fléchissant. on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 . l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte. Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis. Soit.θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.Formulaire des rotations usuelles.I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 .