Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Le nombre de degrés de liberté est 1.3 . Parmi toutes les liaisons parfaites. 4. La rotation Rx est autorisée. Page 18/ 106 . Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques). Le nombre de degrés de liberté est 0. Ry et Rz. Tz. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Ry et Rz. Le nombre de degrés de liberté est 1.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites. intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4. Tz. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Ty.Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques.Liaison encastrement. Les surfaces de contact sont quelconques. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. 4. La translation Tx est autorisée.1 .2 . Rx.Liaison glissière.

Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2. Les trois rotations Rx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx.5 .Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4.7 . Ty et Tz. Le nombre de degrés de liberté est 5. 4. Contact entre la génératrice (A.Liaison linéique rectiligne. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx.Liaison appui plan. Le mouvement Tx est empêché. Le nombre de degrés de liberté est 4. Ry et Rz. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2.4 . 4.Liaison rotule. Ry et Rz. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact). Ry et Rz sont autorisées. 4. Le nombre de degrés de liberté est 3. Le nombre de degrés de liberté est 3.Liaison ponctuelle. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon.6 . Page 19/ 106 . Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx.

il y a 3 mouvements indépendants : . x . z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.Ty. rotation autour de l’axe (A . Dans le plan. En génie civil. y ) . x ) . translation selon l’axe (A. l’articulation et l’appui simple.Rz.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. translation selon l’axe (A. Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . Le repère local associé est R(A. les études se font dans le plan.Tx. y ) .

..... .................................................7.......1 .2................................ 22 III ..........................3 ............................. 33 Page 21/ 106 . 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point.Liaison pivot.................Liaison appui plan......... . ..............Les différents types d’actions mécaniques......................................Torseur associé.........................2.2............................... ............................................ 32 8..Exemple.............................................................. 32 8................................................Définition d’une action mécanique............................. 31 8............................................................................. 31 8.......... 31 8..Liaison linéique rectiligne.......2 ...........................................Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 ............2............................................... 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact......................................2..........3.......................................... .......... 31 8.......................................4.............................................................Liaison encastrement............................. 33 8............................... 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force ........ 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids.................. 32 8...................... 27 5°/ Isolement d’un système ....................... .................................... .... 22 II ....................................... .........................Définition du moment d’une force par rapport à un point.....................................1 ........... 32 8... ..................... 24 2..........2...........Liaison rotule............................... 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces ............................ ............................................. 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison........................ 31 8........................ 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ..............................................................Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil....Actions intérieures et extérieures....6................... ................ 24 2...........................................................Liaison glissière................................................... 22 1°/ Notion de force..........Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent............................................ ................Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison................Liaison ponctuelle........................................................................2 .......... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact...........................................................5.......................................2.......Torseur associé...............................Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I ..............2.............................Modélisation des actions mécaniques.....Notion de moment ............................................................................................................................................................1.......

On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : . … Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2. Page 22/ 106 . La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I . Les actions de contact se répartissent en trois groupes : . droite ou non.déformer un corps.les actions à distance. .les actions de contact. électromagnétique ou électrostatique. II . tassements d’appui.les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface.les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface. précontrainte.créer un mouvement. qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel. On peut distinguer deux grandes familles : . . . Exemples : charges appliquées. Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique.LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES. 2°/ Les actions mécaniques de contact. température. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide. 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact.DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE. .les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne. .maintenir un corps au repos.

mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force. III . On appelle force une action mécanique de contact ou à distance.son sens. .sa direction.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas. .MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application. on la note F12 . Page 23/ 106 . L’unité de la force est le newton noté N. Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2. . 1°/ Notion de force. les actions sont surfaciques.son intensité.

) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. 2. Dans un premier temps. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer. elle est nettement plus éloignée de la pelle. Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force. Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés. Page 24/ 106 . Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique. le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin. Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin.Notion de moment . par contre la position de la buse a changée . (Ici.Exemple.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point. compte tenu de sa position. moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle.1 .

m. Le moment de la force F12 par rapport au point A.Sens du vecteur moment : . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O.F12 et A sont dans le plan (O. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d. y ) . est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. donc le x // (O.Définition du moment d’une force par rapport à un point. L’unité newton×mètre noté N. z ) M A F12 ( ) moment est positif. F12 ( ) .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2.2 . noté M A F12 . x .F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. et dont le point d’application est A. ( ) est de Page 25/ 106 . 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. notée M A F12 . d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. ( ) d A O z . est le ( ) x Convention de signe . le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d .Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. z ) . M A F12 même sens que z.

Page 26/ 106 . x .Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. 2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. on pourrait très bien choisir l’inverse.F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. z ( ) le moment est négatif.F12 et A sont dans le plan (O.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . donc x ( ) d A O z // O.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). ou si F12 = 0. F12 ( ) . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. y ) . le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d . M A F12 est de sens opposé à z. ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire). on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif . z ) . . Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude. ( ) Attention. Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan.

Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S .. compte tenu de sa position...Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . le moment de cette force. F2 S .Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A. et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force .Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 .Torseur associé. ..Torseur associé. la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique. F4 S . Comme nous l’avons vu au paragraphe III. F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A. ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces . L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique.. F3S . .2-1. Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + . on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 .

Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée. 5°/ Isolement d’un système . Remarque : Le poids est toujours une action extérieure. Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel. ⇒ voir figures ci-dessous. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} . c'est-à-dire isolé. suivant leur situation par rapport au système matériel choisi. On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué. Lorsque l’on isole un système matériel. il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 .Actions intérieures et extérieures.

Elingues. y) est vertical ascendant. Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : . centre de gravité du solide. En effet.Point d’application : G. panneau et élingues isolé). g P en newton N. En effet. le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme). Page 29/ 106 .Intensité : P = m . Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique. . Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas. les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau). . m la masse du solide en kg. avec g = accélération de la pesanteur. Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel.Direction : la verticale passant par G.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. y) dont l’axe (O. 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids.s-2 Remarque : en génie civil.s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ». g = 9. les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas. on prend une valeur arrondie : g = 10 m.81 m.Sens : vers le bas. Ainsi. c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). g = −g ⋅ j . x. Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier. dans un repère (O. .

fi est considérée perpendiculaire à si. fi est considérée comme uniformément répartie sur si. La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. x . x . z ) . fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. ayant pour centre de surface le point Pi. z ) . on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. Ainsi. c'est-à-dire sans adhérence. Pour plus de commodité. Page 30/ 106 . z ) . x . puisque si est très petite. L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. Le contact entre les solides est considéré parfait. nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2. Dans ce cas théorique. y. tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface. Compte tenu des déformations locales. y. y. (i variant de 1 à n).

Ry et Rz. 8.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Par contre. ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 . Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis. c’est qu’il y a une action qui s’y oppose.2. Le nombre de degrés de liberté est 0. ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison.Liaison pivot La rotation Rx est autorisée.Liaison encastrement. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. Tz.1. Ty.2 . Autrement dit. 8.1 . Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. Le nombre de degrés de liberté est 1. si un mouvement est empêché. nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations). Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison.2. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement. 8.2. Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé. Dans le chapitre précédent.

Les 3 mouvements empêchés sont : Tx.2. Les trois rotations Rx. Le nombre de degrés de liberté est 3.Liaison appui plan. Les 3 mouvements empêchés sont Tx.Liaison glissière. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.6. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz.2. Ty et Tz.2. Ry et Rz. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 1.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. Le nombre de degrés de liberté est 3. Ry et Rz. Rx.Liaison linéique rectiligne. La translation Tx est autorisée. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8.3. Le nombre de degrés de liberté est 4. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 .5. Tz.Liaison rotule.2. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry.4. Ry et Rz sont autorisées.

L.Liaison ponctuelle. Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc.2.3 .)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil. Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement. Ry et Rz. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A.S. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D. Le nombre de degrés de liberté est 5.7.S. Le mouvement Tx est empêché.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 .)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art. l’articulation et l’appui simple.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8.D.

................................................. 39 1°/ Hypostaticité................................................. 35 1°/ Isolement d’un solide........................ 38 IV .............................................................................. 43 Page 34/ 106 .......Equilibre d’un système matériel. 35 2°/ Isolement de plusieurs solides......................................... Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité...................... ..................... 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces.............................................................................Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I ................................................................ 40 V ......................... Isostaticité....................................................... 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces .......................................................................................................................................................................................................... ............. 37 1°/ Enoncé du PFS...............................................................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 ...... ...........................................................Notion d’isolement.......... 35 II ................................. 36 III ........................................Degré d’hyperstaticité ............Systèmes matériels composés de plusieurs solides................Organigramme de résolution d’un problème de statique....... 42 VI . ................................................. 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité.........Principe fondamental de la statique ............................................

5 m 1.NOTION D’ISOLEMENT.tous les éléments connus concernant ces actions : • direction.Elingues . • distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs. Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié. 1°/ Isolement d’un solide.l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau. La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique.5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides.Panneau) isolé 106 Page 35/ . Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau. les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures.1 m Câble de la grue Palonnier 1. Dans le cas de plusieurs solides. Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier .1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. • sens. • intensité. destiné à décrire et à définir : . … . C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique). Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : .toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids). • actions de contact. . 1.1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0. • point d’application.l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I .

.. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty .EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL.. y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n . { } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + . + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures.. + M (F ) + ... Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide.. + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + .. + F i S + . Page 36/ 106 . Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II .

Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 . dans l’espace. L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 . c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit. il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si. III . c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 .PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. Donc. alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . pour que le solide soit en équilibre. au cours du temps. ⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G. chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère.

B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S . il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O. B et C. (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 .concourantes.ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 . x. Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées. comme c’est habituellement le cas en génie civil. y) ). non nulles et de points d’application respectifs A et B. B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : .

Ainsi. Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . On dit que le système est Hypostatique.ou de même droite support.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan. Il n’y a pas de solution. Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible). B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV . Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori. On dit que le système est Hyperstatique. c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS . le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. Page 39/ 106 . et NEQU . Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS. On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC . Isostaticité. auquel cas le système est hypostatique. le nombre d’inconnues.DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. il y a trop d’inconnues. On peut résoudre avec le PFS. le nombre d’équations. On dit que le système est Isostatique. Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS.

Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 .Articulation : 2 inconnues . ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 .Appui simple : 1 inconnue .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité. 1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC . b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 . si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE. Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS. Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS. on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS. donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique . 4 Nature du système Page 41/ 106 .NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) .

J’écrit les renseignements connus (repères A. JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME . PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 .je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact.Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V . les distances. MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE. C.Je place le repère . B. …) . Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère.ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE. ⋅ Actions à distance (Poids).…. les angles éventuels.

En B et C Encastrement.SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES. Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation. En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 .

M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C). N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique.C2 3y M C3 2 = . il faut isoler les barres 1.B2 1y M B1 2 = .C2 3x B1 2y = . Démarche à suivre : J’isole le portique. Pour faire « apparaître » les actions intérieures. J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x . on peut déterminer les actions A 0 1x . Page 44/ 106 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme. 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS.M B 2 1 C3 2y = . A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = . pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C. Donc. Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures. dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3). A0 1y et D0 3x .B2 1x C3 2x = . L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS.

C2 3x .D − 2. Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues.5 kN ⎪ D = 12.F2 + 2. C3 2y = . A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12. . J’isole la barre 2 : .le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x . Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x . . B2 1y .l’action D0 3x est connue. et M B1 2 (puisque B1 2x = .M C 2 3 ).5 = 2.C2 3y et M C 3 2 = . je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.B2 1x . M B 2 1 que je détermine avec le PFS.il y a 3 actions inconnues C3 2x .5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x .les 3 actions F1 . A 0 1x et A0 1y sont connues.5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2.F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : .B2 1y et M B1 2 = .il y a 3 actions inconnues B2 1x . .5 kN ⎪ ⎪4.F1 = 30 + 20 = 12. B1 2y . B1 2y = .M B 2 1 ). C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : . C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = .F − 2.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x .

B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 .5 kN) B M B2 1 (20 kN.5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x . M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = . M B 2 1 avec le PFS.m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2.m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2. B2 1y .5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN.B2 1y et M B1 2 = .m ⎩ B2 1 = 2.B2 1x .F − 3.5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2.F1 = 20 kN. B1 2y = .5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12. ⇒ M B1 2 (20 kN. y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2.5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2.m F1 A 1 x A 0 1y (2.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2.M B 2 1 .

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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de petits déplacements.continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre. ont une structure identique. . » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : . Page 50/ 106 . .utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin). 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation. aussi petits soient-ils.la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale). . . on parle de solide élancé.HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : . . .homogènes : tous les éléments du matériau. AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée. 2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : .le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites.Mécanique des structures Sollicitations TS II .isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions.les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives.de petites déformations.

des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi . .des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1). Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . Nous allons.SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION .Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés. efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau. dans ce paragraphe. déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière. appelés efforts intérieurs. Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre. III . Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x).EFFORTS INTERNES. Page 51/ 106 . On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x). .des actions de liaisons R i . 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i . on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). Ces forces se développent à l’intérieur du matériau.

2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . on appelle sollicitations les projections sur les axes (G. (G. x).Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. y) et (G. z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion.

x. .y + VZ (x). les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : .le moment fléchissant suivant z. que nous noterons M(x).z 2 M 2 (x) = T(x). Vy(x). représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 . que nous noterons V(x). Dans ces conditions.z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan.x + Mf y (x). y). . R1 (x) = N(x).x + Vy (x). Mfz(x).Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion.y + Mf Z (x). tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O. G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement.l’effort normal N(x).l’effort tranchant suivant y.

Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .

Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. T. . etc. on dit qu’on a une sollicitation composée. V. 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N. torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . Quelle que soit la convention retenue. on dit qu’on a une sollicitation simple. Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction. d’un pays à l’autre. Si deux composantes au moins sont non nulles. traction+cisaillement. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre.somme des forces à droite de la coupure. ou Mf existe alors que les autres sont nulles.somme des forces à gauche de la coupure.

La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre.Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = . le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies. Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1. V et M en fonction de x.des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière).Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x). y).3 m Pour un problème dans le plan (O. La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : . .Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 . On obtient alors les diagrammes des sollicitations N. on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = .5 m 0.Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations. x. il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections.des actions extérieures (connues).

5 m 0. nous permet de déterminer les actions de liaison.8 . on peut s’intéresser aux sollicitations. on va faire varier l’abscisse x de la coupure. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1.S.6 kN. Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre.Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P. pour tracer ces diagrammes. Donc.m 1.F.3 m Quel que soit x. 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45.3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations. et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations. Pour une abscisse x quelconque. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1. on peut lire les valeurs des sollicitations.5 m 0.10 x [ m ] Page 57/ 106 .

5) = . On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.5 .8 – x) m V(x) = .5 kN/m répartis sur (1.8 – x) m ] + [ .5) = .26.8 m ⇒ V(1.5 kN/m répartis sur (1.26.1.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1.8) = 0 x = 1.8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire. 2 valeurs aux limites x = 1.8 x [ m ] - .5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.5 .3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .1.5 × (1.5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.5 m et x < 1.5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ .5 m : 0.25 kN ] V(x) = .5m : x > 1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme. 2 valeurs aux limites x = 1.5 1.5 m ⇒ V(1.5 m ⇒ V(1.5 × (1.8 – x) = 5 x .34 Page 58/ 106 .5 m Il faut distinguer le cas où x > 1.

8 m ⇒ M(1.3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.25 kN avec un bras de levier de (1.5 (1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .5 m 0.5 m ⇒ M(1.5m : x > 1.0.m ] 1.5 m et x < 1.6 Page 59/ 106 .225 kN x < 1.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.8) = 0 x = 1.6 C’est l’équation d’une parabole.5 – x ) m ] M(x) = .8 – x)² / 2 ] M(x) = .5) = -0. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.5 (1.8 – x) m avec un bras de levier de [(1.45.1 C’est l’équation d’une parabole.8 x [ m ] - .2.5 x² + 34 x – 45.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .225 .m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.6 kN.m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.8 – x)² / 2 ] + [ .5 1.m 1.5 kN/m répartis sur (1.6 kN.5) = -0.5 x² + 9 x – 8.5 m ⇒ M(1.8 – x)/2] m M(x) = [ .2.225 kN.

dx − q( x ). dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ). 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . distantes de dx. dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à . ⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ). y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx. Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines. la relation reste exacte dx Page 60/ 106 .dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ). infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) . Si on néglige dx².q(x).Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x). l’effort tranchant est constant. V(x) et M(x). (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) . REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 .dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) .

donc un point singulier dans le diagramme de M(x). si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0. V varie linéairement et M est une parabole. V est constant et M varie linéairement. Page 61/ 106 . en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé. on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . Dans le sens des x croissants.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant. M passe par un extremum. si V s’annule dans une section. M est maximum. (2) ⇔ − M ( x ) + V( x ). M est croissant et inversement. si le tronçon supporte une charge uniforme. Si V est négatif.kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque. dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx.dx + F.

V(X) ET M(X). Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant. dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ .au +. Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant. on peut tracer la tangente à la courbe M(x). Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant.RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X). Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire.V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 . CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -. Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du . En tout point. Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire.

........................................................................................ 68 IV .......................Centre de gravité............ ...................................... 71 Page 63 / 106 ............ 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.................................................................... 68 4°/ Rayon de giration ............................................... 65 II ................................................................................ 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés........................................................................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés ................................Applications......................... ... 66 III ......................................... 66 1°/ Définition........................................................ 66 1°/ Définition......................................................................................... ......................................................................... 67 2°/ Théorème de Huygens...........................................................................................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I .. 64 1°/ Définition...........................Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan .......................................................... 64 2°/ Théorèmes de Guldin..... .............. 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie................................................................................Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 ................ 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées ..... 69 Formulaire Centre de gravité....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan...................... 70 Formulaire Moment quadratique ................................... 66 3°/ Moment statique des surfaces composées.............................................................

dm2.dm m zG = ∫ V zi .dS S i yG = ∫∫ y . …. La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau. il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG . dmi.dm m (1) Soient xi. La relation devient : xG = ∫ V x i . Pour déterminer la position de G dans le repère (O. …. x. On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG.dm = 0 V V OM i . z). …. y.CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons. …. yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i .dm −OG . avec S la surface du solide.dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV . un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1. le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i .dV S Dans ce cas.dV yG = ∫ V yi .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . M2. G est appelé centre de surface.dV zG = ∫ V z i .dm − ∫ OG . yi et zi les coordonnées du point Mi.dS S i S zG = ∫∫ z . y M1 G O z x Mi Mn Par définition. Ce solide est de volume V.dS. xG = ∫∫ x . Mi. de masse respective dm1.m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i .dS S i S Page 64 / 106 . → Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e. Mn. dans l’espace.dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i .dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i .S et dV = e.dm m yG = ∫ V yi . dmn.dm = 0 G est aussi appelé centre de masse.

» Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie. ou un centre de symétrie.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. un axe. Page 65 / 106 . 2°/ Théorèmes de Guldin. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie.

x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface. dSn et un axe Δ situé dans son plan. Sn. La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O . y ) (S) = x G . de surface élémentaire dS1. On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ.. 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. Mn. Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. …. y) : Démonstration : y Mi dSi W( O .S yi . S2. x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. dSi. x ) (S) = yG . Soit dans un repère (O. M2. 1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1. + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 .S et W( O . est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + . x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G . composées de plusieurs surfaces S1.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . ….dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul.S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O. ….MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN. …. ….. Mi. dS2. x.

y) : I (O. » ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S. augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes. de surface élémentaire dSi.dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S.d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G .d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 . Dans un repère orthonormé (O. On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ.MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi. x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O. x. et un axe Δ situé dans son plan.dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r .dS + 2d ∫∫ ri G .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III . y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S.

composées de plusieurs surfaces S1. . 2 IV .S 2 S y b ici. x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h .plus le moment quadratique est grand. 3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S.. plus le moment quadratique est grand.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S . Par définition : W( O. plus la section a du mal à tourner autour de l’axe. y y’ x I(O. …. x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx. Sn.plus l’axe s’éloigne du centre de gravité. S2. x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 .. x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG . + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S . S=b×h W( O. 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O . est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + .APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.

x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ).⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . x ') (S) = I( O. x ) (S) = I ( G .d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O.y G I( G . x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 .yG I ( G . x ') (S) + S. x ) (S) − S.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S.

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

...compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I ................ ............... ......... 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux...................................................Sollicitation étudiée : l’effort normal ....... 79 VII ............Compression TS Chapitre 6 .......... 79 1°/ Condition de résistance...............................Loi de Hooke..........................Coefficient de Poisson ν............. 73 II ..........Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal................................................................... 79 2°/ Condition de déformation.......... 75 4°/ Généralisation......................... 79 VI .............................................................................................................déformation ............. 79 Page 72 / 106 ....................................................Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal.... 76 III ...... 78 V ........................................................................................ 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale .............................Loi de comportement des matériaux............................................Contrainte due à l’effort normal.........................Déformations dues à l’effort normal.................Traction .Quelques ordres de grandeurs ............................................... 76 1°/ Notion de contrainte.... 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal................................................................................................................................... .......................Mécanique des structures Traction ...................................................................................................... 77 IV ............................................... .... 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte ............................................................................................................................

Compression TS I . . Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0. N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II . Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux.LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX.F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 . 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux.Mécanique des structures Traction .SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple.

(OA = droite de pente E) Dans cette zone. . dans cette phase. celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes. Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young. ou MPa. Ainsi. . ou module d’élasticité longitudinal (Ex). La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité.déformation .Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne.Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte). comme un ressort. un comportement élastique linéaire. elle revient à sa longueur initiale.déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte . L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. On dit que le matériau a.en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte .Mécanique des structures Traction . ΔL est appelé l’allongement absolu. E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe. F . Fe S Page 74 / 106 . si on décharge l’éprouvette. on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »).en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »). Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. du matériau et caractérise la rigidité du matériau.Loi de Hooke. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm².

A ce stade. ΔL < 0 Dilatation latérale . La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr. celle-ci subit une déformation longitudinale εx .Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas.Compression TS . A ce stade. -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal . on constate un allongement résiduel. . si on décharge l’éprouvette.5 (0.Mécanique des structures Traction .Partie AD : au-delà du point A. mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort. L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0. ΔL > 0 Contraction latérale . Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = . Page 75 / 106 . 3°/ Contraction ou dilatation latérale . le domaine plastique. Puis la rupture intervient (point D). où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale. on rentre dans le domaine des grandes déformations. on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture. respectivement un allongement ou un raccourcissement.3 pour les métaux et 0.15 pour les bétons). cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ». Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. c’est le phénomène de striction. respectivement une contraction ou une dilatation.Coefficient de Poisson ν. c'est-à-dire une déformation permanente. Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal .1 et 0.

.Mécanique des structures Traction .limite d’élasticité : σe .coefficient de Poisson : ν. 1°/ Notion de contrainte. par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons.traction. compression. flexion sur les bois. Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . . on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau. on réalise des essais sur des éprouvettes : . III . .Compression TS 4°/ Généralisation. Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux. . . -compressions sur les bétons. . d d d Page 76 / 106 . les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section.traction par flexion.contrainte de rupture : σr .traction directe sur les métaux. Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section. Dans une section droite de poutre. Tous ces essais font apparaître deux phases : .module d’Young : E .une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles. il faut introduire la notion de contraintes. En résistance des matériaux.CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL. Pour cela.une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes.

n défini de la façon suivante : ( ) en un point M.si N < 0 : effort normal de compression.Mécanique des structures Traction .1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal. 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1. 1 bar ≈ 105 Pa = 0. n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne).t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n .Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites.si N > 0 : effort normal de traction. . Page 77 / 106 . Autour du point M. sont orientées par deux vecteurs unitaires : . n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »). Ces surfaces. il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité. Φ (M. 1 Pa = 1 N/mm² . π . t = + . également appelées « facettes ». selon l’orientation θ de la coupure. Le vecteur contrainte Φ M. suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures. x) : . on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² . σ > 0. sur la facette dirigée par le vecteur n . on parle d’état de contrainte. est df . σ < 0.n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure.

− Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression). Sous l’effet de l’effort normal. Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre. ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures. Page 78 / 106 . − Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction).Mécanique des structures Traction . loin des points d’application des charges concentrées. » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures. les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section. (a) (b) IV . qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b). Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x).DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx.Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx. Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a).

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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. .la ligne moyenne de la poutre est rectiligne. Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df . Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 . .Mécanique des structures Flexion TS II .LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : . ⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III .d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale).CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0.les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent. . Vy≠0. . dS z Cette contrainte est la somme : . L’expérience montre qu’entre les points C et D.la poutre admet un plan de symétrie longitudinal. notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique.toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment. se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre.la section droite de la poutre est constante. ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= .d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement).

Page 83 / 106 .de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y . donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »). Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 . dS est centrée sur le point P de coordonnées (y . Considérons une surface élémentaire dS de la section S. avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation .le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS . axe principal de la section S. z) : z G M z (x) S(x) . planes avant leur déformation. ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz.l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz . Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L .Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz. restent planes après leur déformation.Bernoulli. moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz.l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion. Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante. les sections droites.d’après le principe de Navier .

(S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement.Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz . x.σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. z) est l’axe neutre. .σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre). Dans les conditions normales d’utilisation. ⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G. y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. et réciproquement si Mz est négatif. et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc. Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre . z) est le plan neutre et (G. v = ± h 2 Page 84 / 106 . finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré.

b et h.section circulaire : I/v = π.ses dimensions. . . il reste deux groupes d’inconnues : . Sous l’application de charges.section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux. La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée.Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique. En général.la forme et les proportions de la section. Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ. Page 85 / 106 . la ligne moyenne d’une poutre se déforme.h²/6 ⇒ 2 inconnues. il faut choisir un rapport entre b et h. Exemples : . Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis.ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations.section rectangulaire : I/v = b.D3/32 ≈ 0. On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. IV .1 D3 . ⇒ 1 inconnue a. on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension.

on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or. En effet.Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx. ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique. et soit ρ. 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites). y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration.

en B.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : . que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples.en A. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A. x = 0 et y = 0 . x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. en traitant d’autres exemples. y est maximum pour y’ = 0. θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi. c'est-à-dire pour x = l / 2. Page 87 / 106 . θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B.l’allure du moment. y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ .

........................................................................ 92 3........ .................Répartition de la contrainte de cisaillement simple................................ .. 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion.................................................................................... 94 3....................................... ......... 90 3...................... 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant............................Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 ................................................... ................. 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple............... 90 3.........................................1 ......................................................1 .............. 95 Page 88 / 106 .....Cisaillement simple .Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire.............................. 92 3..................... 89 2°/ Essai de cisaillement .................................. 91 II ........2 ..................................................................................................... 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant...........Condition de résistance ..................................................2 .................. 94 III ............................................................................... ........ 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement ................................................................Calcul de la contrainte tangentielle τ...............Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I .......Définition ..................3 ...................Etude du cisaillement de flexion..................Loi de comportement du matériau.......................................................Section réduite.............................Etude du cisaillement simple..... .

1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant. les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant. On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V. En effet. y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement . lors d’un essai de cisaillement on observe : .un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 .Loi de comportement du matériau. Sans entrer dans les détails.Mécanique des structures Cisaillement TS I .ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE.

Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre.Mécanique des structures Cisaillement TS .une zone de déformation plastique AR.une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). G est appelé module d’élasticité transversal. Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa. dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement).La contrainte de cisaillement est représentée par τ.Répartition de la contrainte de cisaillement simple. 3°/ Contrainte de cisaillement simple.1 . y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche. Page 90 / 106 . Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy.2 . 3. dS 3. . telle que. en MPa. donc pas de contrainte normale σ). . Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S. E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite). la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section.

Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement. C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre. 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant.Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple. il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 . il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant).ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. II .

y ) y x x dx Page 92 / 106 .Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. y ) z τ x (x . C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion.Calcul de la contrainte tangentielle τ. On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L. y σ x (x.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle. de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures.1 . y ) σ x (x + dx . b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y. 3. les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal.

y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx . on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b.Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. Elle ne varie qu’en fonction de y. y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . En projection sur x. la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement. y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x . y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x . cela donne : τ x (x . y ) = − τ x (x . y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 .I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné).

3 . IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .Section réduite.Mécanique des structures Cisaillement TS 3.2 . τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3. on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole.Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire.

Pour le béton armé. ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement.Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A . on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure.CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression. τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A . Par contre le concepteur n’a.2 MPa . en général. la résistance au cisaillement est très faible.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1.5 MPa Pour le béton.Acier : 100 MPa .Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1. τmax ≈ Vy A âme III . On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : . τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme . c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 . pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible.

.......Noyau central ......................................................................................................................... 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx.................................................................................................................................................................................................. 97 II .................................... 100 VI .......................................................... 97 2°/ Position du plan neutre ...............................................Flexion composée SOMMAIRE I .Contraintes normales ...... 98 3°/ Force excentrée équivalente .......Sollicitation étudiée :............................................................... 101 Page 96 / 106 ................................................... 100 V ......... 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés................... 98 IV ............................................................................Dimensionnement en flexion composée............................................Contraintes tangentielles :.......................................................Cas particulier d’une section rectangulaire ..........................................Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 .................... 97 III ......................................

Mécanique des structures Flexion composée TS I .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ». III . Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum. Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y. y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 . ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales.CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N.SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II . elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée.

N. 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = . le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section .en valeur absolue. on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées. Dans tous les cas. σ N x .Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 . σ F x .e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés .Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition. est inférieure à la contrainte normale due à N.Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion. la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue.

en valeur absolue.Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± .Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. σ N x . est supérieure à la contrainte normale due à N. σ F x . 2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 . le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones. l’une comprimée et l’autre tendue.

y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V .e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections. La répartition des contraintes est trapézoïdale. σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire.h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes. De même. L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6.CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : . une zone tendue et une zone h2 comprimée. il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas). » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . dans un ouvrage en maçonnerie.Mécanique des structures Flexion composée TS IV . e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes.NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction.

le noyau central est un cercle de rayon a.Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz). le noyau central est un losange.section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij. Lorsque N est sur son contour. Page 101 / 106 . On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. pour toute une section. la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : . Lorsque la charge est en j. la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI .section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire. c’est-à-dire pour e = a. la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i. la ligne de contrainte nulle passe par A .

...... 106 VI ............................................................................................................Le flambement SOMMAIRE I ... 103 III ................................................. 103 II ............ 106 Page 102 / 106 ..........Charge critique d’Euler Nc .................Influence des liaisons aux appuis ....................................................................................................................Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 ................................Dimensionnement et vérification des sections......Mise en évidence du flambement .... 105 V ................... 103 IV ...............................................................................Qu’est-ce que le flambement ?......Contrainte critique d’Euler........................................

dans le cas du flambement. Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. elle reste rectiligne et se raccourcit. les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. II . M(x) = . z) (rotation de la poutre autour de l’axe z).Mécanique des structures Flambement TS I . y est la déformée de cette fibre. en ce qui concerne l’équilibre statique.N y B N l0 y x Habituellement. On observe successivement deux types de sollicitation : . Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément. On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre. En effet. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. De même. articulée à ses deux extrémités. les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. de section droite constante. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 . cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne. .CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B. Dans ce qui suit.pour un effort N inférieur à une limite Nc. et soumettons la à un effort normal de compression centré. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation. x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler. nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent. dans certains cas.QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion. la poutre est comprimée. la flexion se produit dans le plan (A. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes. de ligne moyenne rectiligne. Pour le schéma cicontre par exemple.Lorsque N atteint Nc. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. y). perpendiculaire à (G.MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale). x III . x.

… π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée .N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. y(0) = 0 . donc A = 0 Pour x = l0. la poutre reste droite. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N. y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée. 2.Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre.N < Nc : compression simple. elle est dite en équilibre stable. y(l0) = 0 . ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1. Remarques : Page 104 / 106 . 3. donc B sin ωx = 0 A étant nul.voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . . . c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 . A noter que B = ymaxi est en général petit.N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement. il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0. elle est dite en équilibre neutre.

le flambement se produit dans le plan (x. Pour les deux sections représentées. IV . toutes de même aire.Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible. V . L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions.Pour les cinq sections représentées.Mécanique des structures Flambement TS .CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . Iy < Iz. z).INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes. celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire). .

DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux . à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. il n’y a aucun risque de flambement. ⇒ Voir les cours correspondants (BA.…). Pour une poutre comprimée de section S. Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré. donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. Le dimensionnement se fait en compression simple. Soit σ = la contrainte dans la poutre : S . …) Page 106 / 106 . que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc.Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier. bois. qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible. béton armé. Dans ce cas. . béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau.si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc. la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. VI . La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ).

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

.......................Expression du potentiel............................................. 22 2°/ METHODES DES FORCES........................................................................Travail élémentaire d’une force..............APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES......................................... Wdéf................................................. 14 c ............Cas d’une structure hyperstatique de degré 1................ .....................................Travail d'une force.................. ...... 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES .................................................................... 6 a .......................... 3 b . .........Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO...................................................... .............................. NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE....................................................................... ......... 22 b .... 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE................... 22 1°/ INTRODUCTION................................Notion de potentiel d'une structure .............................................................................................Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité.......... 3 a ......................................... 25 Page 2 ............................... 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE................ 3 c .. 20 II ................ 6 b ....... 19 e .................... 16 d ................................................. .........................Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.......................................................... 22 a ... 7 c .......................................................Notations utilisées pour les démonstrations................................................................. ..................................................Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental........................... ...................................................... 24 3°/ THEOREME DE MENABREA............... 14 b ...................................................énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures................................... 12 d .................. 13 a .............Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1................... en tant que fonction des variables efforts extérieurs ......... ou théorème de MULLER-BRESLAU ..........................Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive................................................................. 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES .......THEORIE DU POTENTIEL INTERNE...Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ..Calcul de Wext ......

c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) .Travail d'une force.on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant. notion de potentiel d'une structure.Travail élémentaire d’une force. Lorsque P augmente. 1°/ Introduction: Travail d'une force. Page 3 . sauf mention particulière. Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion. entre 0 et P. la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I .dl. Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement. dW = F . soumise à l'effort P. a .dl = F.cosθ A F θ A’ dl b .THEORIE DU POTENTIEL INTERNE. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl . On suppose en outre que P est appliqué progressivement. des structures planes chargées dans leur plan.

celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . Il reste alors: dW = λ . le matériau constituant la tige est élastique linéaire. f . . f . λf (λ + dλ) f . et Page 4 . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . P + (dλ)² . dλ . dλ . f.P. f. travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. .λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. P. . P 0 . P qui représente un infiniment petit d'ordre 2. .λf]. travail à fournir pour l'allonger de Δ. . . par rapport au terme λ .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. P W. 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. Comme dans l'exemple précédent. P on néglige le terme (dλ)² . conjointement. P 2 ∫ dW = ∫ f . Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . . dλ . d'où: W= Soit W= 1 f. . (λ + dλ) P = λ . . . . f . f 0 . λP (λ + dλ) P . .

. .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement. Δ 0 . C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)). dλ .le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire.les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble.Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ .les effets thermiques ne seront pas pris en compte. par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ. . . . Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent. . . . F .on négligera le poids propre des structures. . . 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire. λΔ (λ + dλ) Δ . . 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . 0 . Ces hypothèses sont les suivantes: . λF (λ + dλ) F . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F. traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . on parle aussi d'énergie potentielle d'un système. . Page 5 . . . Δ 2 ∫ dW 0 1 c . .

indépendamment des états intermédiaires . Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système. Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. de manière réversible. On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs. et non de l'état lui-même.la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations. l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps. Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près. 3°/ Théorème fondamental de l'énergie. a .énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système. la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle.Wdéf Page 6 . la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. en statique. dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables. l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. Wdéf : énergie de déformation. Pour un solide isolé.

Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre. b . Wdéf. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 . déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf. ∗ Expression de Wext. L'effort extérieur est appliqué progressivement. Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. et avec une écriture purement formelle. On a donc: Wext = 1 F . REMARQUE : il serait plus exact . sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire. Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. ici F. yF 2 ∗ Expression de Wdéf. travail des efforts extérieurs. énergie de déformation.Calcul de Wext . dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire). il induit un déplacement de la structure. Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort.de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes. Par analogie avec l'expression précédente (Wext).mais plus difficile à comprendre .

en se limitant ici à l'étude des structures planes. T. vis-à-vis des sollicitations élémentaires.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure. Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations. Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ). En outre les déformations. compression . et les déformations engendrées par ces contraintes. Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes. Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion. Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations. Page 8 .flexion.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ.γ :τ. chargées dans leur plan: .torsion :σ. contraintes tangentielles . .ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire. ou à la compression (C).χ :τ. WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T).ε :σ. on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition. ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. ainsi que les déplacements sont infiniment petits.traction. contraintes normales .

ou à la compression simple : Page 9 . on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple. que s'il y a compression simple. Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous. N est un effort extérieur. on se place dans le cas de la traction simple. 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx. La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. on a : 1 N × (allongement du tronçon dx). donc on adoptera la représentation de la figure b. Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. On suppose donc. Pour ce tronçon de longueur dx. Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. ou de la compression. a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx. ou de compression simple.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

Page 10

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
Page 11

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

Page 12

le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer. là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x). Page 13 . . 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: .la méthode analytique (calcul de l'intégrale. Dans le cas de structures hyperstatiques. à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici. et c’est à partir de lui seul. En outre.tantôt en fonction des efforts extérieurs. . tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F. Pour les applications. . il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B. il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale. Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. déterminées par la statique.tantôt en termes d'énergie de déformation. donc. exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux. Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B. M(x). deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: .YB . La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là.le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques). une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale.le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). On en déduira: . V(x). 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale. V(x). M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure.la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). analytiquement). Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. Or N(x).

dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. on pose Δii = Fi δii. δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure. Considérons la structure suivante. b . (S) : où i et j sont des indices muets.Expression du potentiel. en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent. et par généralisation. on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. dû à Fj . dû à Fi . dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . on pose Δij = Fj δij.Notations utilisées pour les démonstrations. dû à Fi.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a .

C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel. il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure. Page 15 .Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence. potentiel de la structure. il n'y a pas de torsion). que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan. .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i. indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points. l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche.W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. REMARQUE: De ce fait. REMARQUES : . j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj. on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti). Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W. l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure.

Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée. son énergie de déformation est W1 . 1 Valeur du travail effectué : W2 . Δij = Fj . Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti. petites déformations.W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure.Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO. on applique progressivement en j l'effort Fj. On a donc. le point j s'est déplacé de Δji. lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj.On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi. Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. pour l'état final. mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 . Ce théorème. La structure se déplace de S2 en S3. La structure se déplace de S1 en S2.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii. Les deux points sont supposés être à la même température Fi .

La structure se déplace de S’2 en S3. le point i s'est déplacé de Δij.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 . l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj. on applique progressivement en i l'effort Fi.W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2. Valeur du travail effectué : W’2 .W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 .W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj. La structure se déplace de S1 en S’2. La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 .

Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. Les énergies de déformation sont donc identiques. cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation). Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire. que l'on suive le trajet (α). ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1. On part du même état initial S1. Si Fi et Fj sont unitaires.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α).

X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W. X) représente l'énergie de déformation de la structure. Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi. au point et dans le sens du déplacement Δ cherché. on fera intervenir un effort fictif X.D. après dérivation. il n'y a pas d'effort appliqué. à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. Page 19 .Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive. de tous les termes δij et δji égaux. C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement. d . coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. X → effort fictif.

Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation.D. ⇒ voir T. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 . ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure. ceci dans le but de simplifier les écritures. dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures.Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité. Elle est. afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire. Exemples d'application: e .

Exemples d'application : Page 21 . structure ES ∫ V Vi dx .D. II faudrait écrire M(x). sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T. ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure. On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i. M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). structure EI ∫ NN i dx . Fi représente un effort concentré appliqué en i.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure. Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi.

l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort. (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche). Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques.la méthode des forces. sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p.Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. 1°/ Introduction. .la méthode des déplacements. de rigidité en flexion EI = constante. La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S). Nous allons. a . Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. encastrée en A. différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : . Soit Δ1 = 0 Page 22 . Ces deux méthodes.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES. 2°/ Méthodes des forces. Considérons une poutre de longueur l.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . étudier la méthode des forces. Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1. l’autre qui prend comme point de départ les déplacements. en ce qui nous concerne.

(S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1. Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition. (S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1. Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1). on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p).

on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p). Lorsqu’on rend la structure isostatique. b . ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 . Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité. M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela. Le principe reste identique à ce que nous venons de voir.Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1.

on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre. ∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. REMARQUE : 1.-Théorème de Maxwell-Betti. 3°/ Théorème de Ménabréa. Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques. on a δ21 = δ12 2. le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul.-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 . Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi.

2 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 . Page 1 / 8 .Poutre isostatique associée.1 – Définitions.2 – Notations.Définitions et notations. 1. 5 . 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison. 1.Formulaire des rotations usuelles. 3 – Théorème des trois moments.

Définitions et notations. Ai. reposant sur plus de deux appuis simples. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1).2 – Notations. 1.1 – Définitions.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 . Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples. …. 1. …. sans encastrement. Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0. An Les travées sont numérotées de 1 à n. La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales. On note Li la portée ou longueur de la travée i. Une poutre continue est une poutre droite horizontale. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique. Page 2 / 8 . On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai.

A i. Par exemple. Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1.Poutre isostatique associée. …. …. Mi+1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 . A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue. Mi. En fait. A i-1. A i+1. Mi-1. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . …. Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1. ….

dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 . i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i. donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i. donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments.Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 . Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI .

Page 6 / 8 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées.

θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison. pour le moment fléchissant. on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte. l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' . Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis. Soit.

I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 .Formulaire des rotations usuelles.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.

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