Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Ry et Rz. Tz.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites. Parmi toutes les liaisons parfaites. Page 18/ 106 .1 .3 . Ry et Rz.Liaison glissière. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. 4. La translation Tx est autorisée. Ty. Tz. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. 4. Les surfaces de contact sont quelconques. Le nombre de degrés de liberté est 1. intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4. Le nombre de degrés de liberté est 0. Le nombre de degrés de liberté est 1. Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques). La rotation Rx est autorisée.2 .Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques.Liaison encastrement. Rx. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx.

Ry et Rz. 4. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Le nombre de degrés de liberté est 4. Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2. Le mouvement Tx est empêché. Les trois rotations Rx. 4.4 .Liaison appui plan. Contact entre la génératrice (A.6 . Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. Page 19/ 106 .Liaison ponctuelle.Liaison linéique rectiligne.5 . Le nombre de degrés de liberté est 5. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact).Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. 4.7 . Ry et Rz sont autorisées. Le nombre de degrés de liberté est 3. Ty et Tz. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz.Liaison rotule. Ry et Rz. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Le nombre de degrés de liberté est 3. y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2.

translation selon l’axe (A. y ) . translation selon l’axe (A.Ty. x ) . x . il y a 3 mouvements indépendants : . Dans le plan. l’articulation et l’appui simple. Le repère local associé est R(A. y ) .Rz. rotation autour de l’axe (A .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. En génie civil.Tx. Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . les études se font dans le plan. z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.

....................... 22 1°/ Notion de force........2 ........... ...........................................2 .....Exemple..... ............................. .......2................................. ..................................................................................................................................................... ... 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ................2........ 27 5°/ Isolement d’un système .............3 ................................ 31 8..............Liaison appui plan..............................................Modélisation des actions mécaniques. 33 Page 21/ 106 ....2...... 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces .......1 .............Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 ...............................................................................................Actions intérieures et extérieures.. 31 8...... ............................... ........Torseur associé...................................Liaison pivot........................................ ............................ 32 8....................................................... ........................................................ 24 2..... 32 8................4...................................................Définition du moment d’une force par rapport à un point............Liaison encastrement.............................Définition d’une action mécanique................................. .......... 31 8............... 22 II ......... 31 8...........7.Liaison glissière..... 24 2..................................... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact...................................... 22 III ......... 32 8............... 33 8................................................... 31 8........Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil....................................................................................Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I .............................................................................................................................5........ 32 8..............Liaison rotule......................2.............................................................. 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison......2............ .....................3................................................................... 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force ......................Notion de moment ..................... 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids..Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent........................Torseur associé.............................1...................................... 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact...........................................................................................................Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison...................................................Liaison ponctuelle.....Les différents types d’actions mécaniques..........2..... 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point......6...............................................2........................................... ...........Liaison linéique rectiligne............2.....................................1 ..

électromagnétique ou électrostatique. tassements d’appui. . Exemples : charges appliquées. II .LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES. droite ou non. qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel. température. On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : .les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I . 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact. . précontrainte.les actions à distance.les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface.créer un mouvement. Les actions de contact se répartissent en trois groupes : . Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique.maintenir un corps au repos.DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE. . On peut distinguer deux grandes familles : . Page 22/ 106 . 2°/ Les actions mécaniques de contact. . … Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2.déformer un corps.les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide. La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids. .les actions de contact.

. Page 23/ 106 . L’unité de la force est le newton noté N.son intensité.sa direction. On appelle force une action mécanique de contact ou à distance.son sens. mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application. .MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES. 1°/ Notion de force. les actions sont surfaciques. on la note F12 . Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2. III . .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas. (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force.

moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin. le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin. Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. 2. Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force.1 .) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. par contre la position de la buse a changée . Dans un premier temps. (Ici. Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés. elle est nettement plus éloignée de la pelle.Notion de moment .Exemple. Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique. compte tenu de sa position. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer. Page 24/ 106 . Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps.

z ) . est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. donc le x // (O. notée M A F12 .F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A.F12 et A sont dans le plan (O. est le ( ) x Convention de signe . z ) M A F12 ( ) moment est positif. noté M A F12 . et dont le point d’application est A.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2. Le moment de la force F12 par rapport au point A. F12 ( ) . d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. L’unité newton×mètre noté N.Définition du moment d’une force par rapport à un point.Sens du vecteur moment : . ( ) d A O z . ( ) est de Page 25/ 106 . M A F12 même sens que z. x . le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d .2 .m. 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d. y ) .

Page 26/ 106 . z ) . Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude. M A F12 est de sens opposé à z. ( ) Attention. x . F12 ( ) . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. y ) . Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan. le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d .F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). donc x ( ) d A O z // O.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. 2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. z ( ) le moment est négatif. on pourrait très bien choisir l’inverse. on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . .F12 et A sont dans le plan (O. ou si F12 = 0. ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire).

F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A.Torseur associé. compte tenu de sa position.Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 ... Comme nous l’avons vu au paragraphe III. la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique.. et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force . F4 S . . L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur.Torseur associé..Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A. on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 . . F3S .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces .. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + . F2 S . le moment de cette force. Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S .2-1. est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique.

⇒ voir figures ci-dessous. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée. Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. 5°/ Isolement d’un système . c'est-à-dire isolé. Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué.Actions intérieures et extérieures. Remarque : Le poids est toujours une action extérieure. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel. il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 . suivant leur situation par rapport au système matériel choisi. On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. Lorsque l’on isole un système matériel.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} . Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel.

centre de gravité du solide. y) est vertical ascendant. y) dont l’axe (O. c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). g P en newton N. Ainsi. En effet.81 m.Sens : vers le bas. Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier. Page 29/ 106 . avec g = accélération de la pesanteur. Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel. le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme). m la masse du solide en kg.s-2 Remarque : en génie civil. Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique. Elingues. on prend une valeur arrondie : g = 10 m. . g = −g ⋅ j .Intensité : P = m . les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau). panneau et élingues isolé).Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. dans un repère (O. . Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : . 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids. Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas.Direction : la verticale passant par G. g = 9. x. .Point d’application : G. En effet.s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ». les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas.

Compte tenu des déformations locales. L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. x . ayant pour centre de surface le point Pi. x . Ainsi. fi est considérée comme uniformément répartie sur si. l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. fi est considérée perpendiculaire à si. On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. z ) . y. x . on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O. z ) . Pour plus de commodité. c'est-à-dire sans adhérence. Page 30/ 106 . nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2. z ) . y. Le contact entre les solides est considéré parfait. puisque si est très petite. tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. (i variant de 1 à n). mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. Dans ce cas théorique. y.

1. Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis. Par contre. Dans le chapitre précédent. Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé. ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement.2. Ty. Le nombre de degrés de liberté est 0. Tz.Liaison pivot La rotation Rx est autorisée. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. Le nombre de degrés de liberté est 1.2 . Autrement dit.2.Liaison encastrement.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison. 8.1 . ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 . Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations). 8. 8.2. c’est qu’il y a une action qui s’y oppose. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. si un mouvement est empêché. Ry et Rz.

Liaison glissière.4. La translation Tx est autorisée.5. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. Ry et Rz. Le nombre de degrés de liberté est 3. Ty et Tz.3. Tz.2. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 . Le nombre de degrés de liberté est 3.Liaison linéique rectiligne.Liaison appui plan.2. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Les trois rotations Rx. Ry et Rz. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.Liaison rotule.2. Ry et Rz sont autorisées. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Rx. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 1.2.6. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 4.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty.

Liaison ponctuelle.S.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 . Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc. Ry et Rz. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D. Le nombre de degrés de liberté est 5. Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. l’articulation et l’appui simple. Le mouvement Tx est empêché.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil.2.7.L.)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art.3 .S. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.D.

................................... 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces................ 35 1°/ Isolement d’un solide..................................................................................................................................... 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité..............................................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 .......................... 35 II ... 37 1°/ Enoncé du PFS........Notion d’isolement............................................ 43 Page 34/ 106 .......................................................Equilibre d’un système matériel........................... Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité....................................................................Degré d’hyperstaticité ....................... 35 2°/ Isolement de plusieurs solides........... ................ ............ 39 1°/ Hypostaticité......................................................................................... 40 V ................................................ 36 III ............ ........................ 42 VI ............... .............................Organigramme de résolution d’un problème de statique............... 38 IV ............Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I ...................................................................................................Principe fondamental de la statique ............................................Systèmes matériels composés de plusieurs solides............. 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces ..................... Isostaticité.....................................................................................................................................

Elingues . • sens.5 m 1. 1. • point d’application.5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides. Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : .Panneau) isolé 106 Page 35/ .1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. destiné à décrire et à définir : . Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau. les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures. La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique. Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier .l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier. 1°/ Isolement d’un solide.1 m Câble de la grue Palonnier 1. • intensité.NOTION D’ISOLEMENT. .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I . Dans le cas de plusieurs solides. • distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs. Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié.l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau. … .1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0.toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids).tous les éléments connus concernant ces actions : • direction. C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique). • actions de contact.

. Page 36/ 106 . + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures. { } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + .. + F i S + . + M (F ) + ..EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL. Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide. + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + .. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty ..Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II .. Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide.. y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n ..

alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. Donc. dans l’espace.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si. il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 . par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 . III . au cours du temps. Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. pour que le solide soit en équilibre.PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 . chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère. c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit. ⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G. Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 .

B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. x.ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 . (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 . Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées. non nulles et de points d’application respectifs A et B. comme c’est habituellement le cas en génie civil. B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S .concourantes.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O. il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S . B et C. Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : . y) ).

il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. On peut résoudre avec le PFS. Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS. et NEQU . On dit que le système est Isostatique. Ainsi. le nombre d’inconnues. Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan.DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés. Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori. On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. Il n’y a pas de solution. Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV . il y a trop d’inconnues. Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible). le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. Isostaticité. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC . On dit que le système est Hypostatique.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS . le nombre d’équations. On dit que le système est Hyperstatique. Page 39/ 106 . Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. auquel cas le système est hypostatique.ou de même droite support. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS.

Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité. ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.Appui simple : 1 inconnue .Articulation : 2 inconnues . 1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 .

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC . Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS.NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) . donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique . 4 Nature du système Page 41/ 106 . on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS. Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS. si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE. b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 .

ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE. les angles éventuels. PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 . ⋅ Actions à distance (Poids). MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE. JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME . Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère.J’écrit les renseignements connus (repères A. B.Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique . C.je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact. les distances. …) .Je place le repère .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V .….

En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique. c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 . En B et C Encastrement.SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES. Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI .

il faut isoler les barres 1. A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = . Donc.M B 2 1 C3 2y = . Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures.C2 3x B1 2y = .B2 1x C3 2x = . Pour faire « apparaître » les actions intérieures. Page 44/ 106 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme.C2 3y M C3 2 = . dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C . pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C. A0 1y et D0 3x .B2 1y M B1 2 = .M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C). J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3). Démarche à suivre : J’isole le portique. 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS. on peut déterminer les actions A 0 1x . N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique. L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS.

le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x . C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = .M B 2 1 ).l’action D0 3x est connue.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x . et M B1 2 (puisque B1 2x = .B2 1y et M B1 2 = .F2 + 2. Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues. . . Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x .C2 3y et M C 3 2 = .il y a 3 actions inconnues B2 1x .les 3 actions F1 . B2 1y .5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x .F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2. A 0 1x et A0 1y sont connues. B1 2y . je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul. C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : . J’isole la barre 2 : .5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2.5 kN ⎪ ⎪4. A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12.5 = 2.B2 1x .M C 2 3 ).D − 2. B1 2y = .F1 = 30 + 20 = 12.il y a 3 actions inconnues C3 2x . C3 2y = .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : . . M B 2 1 que je détermine avec le PFS.C2 3x .F − 2.5 kN ⎪ D = 12.

5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12.5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x .B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.5 kN) B M B2 1 (20 kN. B1 2y = .5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2.m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2. M B 2 1 avec le PFS.m F1 A 1 x A 0 1y (2.B2 1y et M B1 2 = .F − 3. M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = . ⇒ M B1 2 (20 kN. y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2.5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN.m ⎩ B2 1 = 2.F1 = 20 kN.M B 2 1 .m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2.B2 1x .5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 .5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2. B2 1y .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2.

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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.utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin). AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée.homogènes : tous les éléments du matériau.isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions.HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : .continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre. .de petits déplacements. .de petites déformations. ont une structure identique.les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives. on parle de solide élancé. . 2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : .la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale). 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation. . » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : .le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites. Page 50/ 106 .Mécanique des structures Sollicitations TS II . aussi petits soient-ils. .

On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x).Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés.SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION . 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i . III . Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x). .des actions de liaisons R i .EFFORTS INTERNES. on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). . déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière. dans ce paragraphe.des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi . Nous allons. Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . appelés efforts intérieurs. Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre.des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1). efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau. Ces forces se développent à l’intérieur du matériau. Page 51/ 106 .

Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion. 2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . (G. on appelle sollicitations les projections sur les axes (G. y) et (G. x).

Mfz(x).z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan. R1 (x) = N(x).x + Mf y (x). Vy(x).y + Mf Z (x).z 2 M 2 (x) = T(x). tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O. Dans ces conditions. . . les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : .l’effort tranchant suivant y.x + Vy (x). que nous noterons V(x). x. représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 .l’effort normal N(x).le moment fléchissant suivant z.y + VZ (x).Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion. y). que nous noterons M(x). G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement.

Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .

on dit qu’on a une sollicitation simple. etc. traction+cisaillement.somme des forces à gauche de la coupure. ou Mf existe alors que les autres sont nulles. Quelle que soit la convention retenue. d’un pays à l’autre. 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N.somme des forces à droite de la coupure. Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . . torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . Si deux composantes au moins sont non nulles. T. on dit qu’on a une sollicitation composée. V.Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction.

Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 .des actions extérieures (connues). on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = . La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre. il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections.3 m Pour un problème dans le plan (O.5 m 0. La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : .Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . . V et M en fonction de x. y).Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations.des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière).Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = . Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1. le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies. Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x). On obtient alors les diagrammes des sollicitations N. x.

3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1. Pour une abscisse x quelconque.5 m 0.8 . nous permet de déterminer les actions de liaison. on peut s’intéresser aux sollicitations. on va faire varier l’abscisse x de la coupure. on peut lire les valeurs des sollicitations.F.3 m Quel que soit x.S. Donc. et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations.10 x [ m ] Page 57/ 106 . Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre.5 m 0. pour tracer ces diagrammes.Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P.6 kN. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1.m 1. 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45.

5 m ⇒ V(1.3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .5 m Il faut distinguer le cas où x > 1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.5 .5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ .5 .8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.5 m ⇒ V(1.1.5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.5) = .8) = 0 x = 1.26.5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1. 2 valeurs aux limites x = 1.8 x [ m ] - .5 kN/m répartis sur (1.26.34 Page 58/ 106 .5 kN/m répartis sur (1.5m : x > 1.8 – x) m ] + [ .9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.8 – x) m V(x) = . On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.8 m ⇒ V(1.5 × (1.5) = . 2 valeurs aux limites x = 1.5 1.5 m : 0.25 kN ] V(x) = .1.8 – x) = 5 x .5 m et x < 1.5 × (1.

On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.2.45.6 Page 59/ 106 .5 (1.8 – x)/2] m M(x) = [ .8) = 0 x = 1.6 C’est l’équation d’une parabole.8 – x) m avec un bras de levier de [(1.5 m et x < 1.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.1 C’est l’équation d’une parabole.5 1.8 – x)² / 2 ] + [ .5 x² + 9 x – 8.8 – x)² / 2 ] M(x) = . On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.0.5m : x > 1.5 (1.25 kN avec un bras de levier de (1.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .5 m 0.m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.5 m ⇒ M(1.225 .5) = -0.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .5 – x ) m ] M(x) = .m ] 1.8 m ⇒ M(1.225 kN.5) = -0.5 x² + 34 x – 45.m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.m 1.225 kN x < 1.6 kN.6 kN.5 m ⇒ M(1.2.8 x [ m ] - .5 kN/m répartis sur (1.

⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ). 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à . distantes de dx. (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ).dx − q( x ). y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx.dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) . l’effort tranchant est constant.dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ). la relation reste exacte dx Page 60/ 106 .q(x). REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 . Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines. dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). Si on néglige dx². infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) .Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x). dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). V(x) et M(x). (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) .

V est constant et M varie linéairement. M est croissant et inversement. Dans le sens des x croissants. Si V est négatif. si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0. Page 61/ 106 .kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. si V s’annule dans une section. donc un point singulier dans le diagramme de M(x). on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . V varie linéairement et M est une parabole. dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant.dx + F. REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque. (2) ⇔ − M ( x ) + V( x ). M est maximum. en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé. M passe par un extremum. si le tronçon supporte une charge uniforme.

Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant. dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ . Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire. Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant. on peut tracer la tangente à la courbe M(x).au +. CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -.RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X). Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire. V(X) ET M(X). Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du . Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant.V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 . En tout point.

........................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I ............................................................................................................................ 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie.................................................................................... 64 2°/ Théorèmes de Guldin........................ 70 Formulaire Moment quadratique ................................................... 67 2°/ Théorème de Huygens.......................... 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés................................................ 68 4°/ Rayon de giration ............................................. 69 Formulaire Centre de gravité............................................ 64 1°/ Définition............................. 66 1°/ Définition.........................................................................................................................................................................................Centre de gravité........................ 71 Page 63 / 106 ....................................................................................................................................................................................................................................................................... 68 IV ..............................................Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan.... 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.............................. 66 1°/ Définition........... ............................................................................................................................ ......... .............. 66 3°/ Moment statique des surfaces composées..Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan .................................................. ..Applications................................ 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées ..................................................................................Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 ...................................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés ........ 66 III ................................... 65 II ............................................................

dm −OG . dm2. yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i .dm = 0 V V OM i . un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1.dS S i yG = ∫∫ y . …. le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i . …. On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG. Mn. de masse respective dm1. il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG . Mi.dm = 0 G est aussi appelé centre de masse. M2. xG = ∫∫ x .dV zG = ∫ V z i .dS S i S Page 64 / 106 . Ce solide est de volume V.dm − ∫ OG . La relation devient : xG = ∫ V x i . avec S la surface du solide. ….CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons. y M1 G O z x Mi Mn Par définition.dm m (1) Soient xi. z). → Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e. G est appelé centre de surface. ….dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV .dm m yG = ∫ V yi . Pour déterminer la position de G dans le repère (O.m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i .dS. yi et zi les coordonnées du point Mi.S et dV = e.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau.dV yG = ∫ V yi . dmi.dm m zG = ∫ V zi .dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i . y.dV S Dans ce cas. dmn. dans l’espace. x.dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i .dS S i S zG = ∫∫ z .

ou un centre de symétrie. Page 65 / 106 . » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. 2°/ Théorèmes de Guldin.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. un axe.

1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1. Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. dS2. Mi. Mn. 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. de surface élémentaire dS1.. est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + . ….S yi . + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 . M2. …. dSi. dSn et un axe Δ situé dans son plan.MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN. …. y) : Démonstration : y Mi dSi W( O . x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface. On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ. y ) (S) = x G . composées de plusieurs surfaces S1. Soit dans un repère (O. Sn. La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O .. x.dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul. x ) (S) = yG . ….S et W( O . S2. ….S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O.

MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi. Dans un repère orthonormé (O.dS + 2d ∫∫ ri G . x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O.dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r . y) : I (O.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III .dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S. de surface élémentaire dSi. On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ. augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes. » ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S. y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S.d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G . et un axe Δ situé dans son plan.d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 . x.

Par définition : W( O. S=b×h W( O. plus le moment quadratique est grand.plus l’axe s’éloigne du centre de gravité. 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S . plus la section a du mal à tourner autour de l’axe.S 2 S y b ici. composées de plusieurs surfaces S1. est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S . x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG .dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O . . S2. Sn. …. 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h .APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.. x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 . 3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S. y y’ x I(O. 2 IV .plus le moment quadratique est grand.. x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx.

y G I( G . x ) (S) − S. x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ).d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O.⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . x ') (S) = I( O. x ) (S) = I ( G .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. x ') (S) + S.yG I ( G . x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 . On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S.

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

.......... 79 1°/ Condition de résistance........ 79 VI ...............................................................Mécanique des structures Traction .................................Coefficient de Poisson ν.......................................................................... 77 IV .......................Contrainte due à l’effort normal........................................................................... ...............Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal....Sollicitation étudiée : l’effort normal .....Quelques ordres de grandeurs ....................................................................................................................................................................................................... 73 II ..........compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I ...........................................................Déformations dues à l’effort normal............................................................... 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte .......................... 79 2°/ Condition de déformation.........................Compression TS Chapitre 6 .................................................................... 79 Page 72 / 106 .................................. 79 VII ..... 76 III ........................... 78 V ................ 76 1°/ Notion de contrainte..................Traction ....................................................Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal.......... 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal.Loi de Hooke......................................... ......................................Loi de comportement des matériaux.............. ...................déformation ... 75 4°/ Généralisation............ 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale ........................... .......................................................... 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux........................................

SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple. 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux. Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux. .F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 .Compression TS I .LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX.Mécanique des structures Traction . Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0. N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II .

. ou module d’élasticité longitudinal (Ex). ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte).déformation . ΔL est appelé l’allongement absolu. Fe S Page 74 / 106 . Ainsi.en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »). .en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte .Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne. un comportement élastique linéaire. elle revient à sa longueur initiale. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm². dans cette phase. ou MPa. L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe. on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »).Loi de Hooke. du matériau et caractérise la rigidité du matériau. (OA = droite de pente E) Dans cette zone. si on décharge l’éprouvette. F .Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité. Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young.déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte . comme un ressort.Mécanique des structures Traction . Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. On dit que le matériau a. celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes.

Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas.5 (0. L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0. Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = . A ce stade. Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal . celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale. Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal .3 pour les métaux et 0. on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture. mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort.Compression TS . respectivement une contraction ou une dilatation. .15 pour les bétons). cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ».Coefficient de Poisson ν. celle-ci subit une déformation longitudinale εx . ΔL > 0 Contraction latérale . le domaine plastique.Mécanique des structures Traction . -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. ΔL < 0 Dilatation latérale . c'est-à-dire une déformation permanente.1 et 0. La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr. Page 75 / 106 . si on décharge l’éprouvette. Puis la rupture intervient (point D). on constate un allongement résiduel. on rentre dans le domaine des grandes déformations. respectivement un allongement ou un raccourcissement. c’est le phénomène de striction. A ce stade.Partie AD : au-delà du point A. où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. 3°/ Contraction ou dilatation latérale .

il faut introduire la notion de contraintes.module d’Young : E . Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . . 1°/ Notion de contrainte. compression.traction. Pour cela. III . -compressions sur les bétons. En résistance des matériaux. flexion sur les bois. . on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau. les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section.traction par flexion. Tous ces essais font apparaître deux phases : . Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux.contrainte de rupture : σr . d d d Page 76 / 106 .une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles. . par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons.traction directe sur les métaux.Compression TS 4°/ Généralisation. Dans une section droite de poutre. Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section. .coefficient de Poisson : ν.CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL.Mécanique des structures Traction . on réalise des essais sur des éprouvettes : .limite d’élasticité : σe . . .une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes.

. suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures. x) : .1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. π . est df . Ces surfaces.n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure. Φ (M.Mécanique des structures Traction .t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n .si N < 0 : effort normal de compression. t = + . on parle d’état de contrainte. 1 bar ≈ 105 Pa = 0. on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité. n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »). selon l’orientation θ de la coupure. 1 Pa = 1 N/mm² . ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal. Autour du point M. Page 77 / 106 . Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne). 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² . σ < 0. n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. sont orientées par deux vecteurs unitaires : . n défini de la façon suivante : ( ) en un point M. également appelées « facettes ». sur la facette dirigée par le vecteur n .Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites. σ > 0. 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1.si N > 0 : effort normal de traction. Le vecteur contrainte Φ M.

chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx. − Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression). − Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction). les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section. » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures.DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx. on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x).Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. Page 78 / 106 . (a) (b) IV . qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b). loin des points d’application des charges concentrées. Sous l’effet de l’effort normal. ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures.Mécanique des structures Traction . Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a).

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale). dS z Cette contrainte est la somme : . Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 . ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= .toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. .d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement). les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment. Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df . L’expérience montre qu’entre les points C et D. . se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre. Vy≠0.CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0.Mécanique des structures Flexion TS II . ⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III .LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : .les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent. . notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique.la section droite de la poutre est constante.la poutre admet un plan de symétrie longitudinal. . .la ligne moyenne de la poutre est rectiligne.

donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »).Bernoulli. les sections droites. Considérons une surface élémentaire dS de la section S. Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L .le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS . restent planes après leur déformation. axe principal de la section S. dS est centrée sur le point P de coordonnées (y .d’après le principe de Navier . z) : z G M z (x) S(x) . Page 83 / 106 . moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz. Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante. avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation .Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz.l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz . ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz.l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion.de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y . planes avant leur déformation. Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 .

Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz . (S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement. x. y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. Dans les conditions normales d’utilisation.σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre). ⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G. y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre . finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré. z) est l’axe neutre. et réciproquement si Mz est négatif.σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). . z) est le plan neutre et (G. v = ± h 2 Page 84 / 106 . et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc.

section rectangulaire : I/v = b. On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée. Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ.1 D3 . En général.section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. il faut choisir un rapport entre b et h. sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux.ses dimensions.h²/6 ⇒ 2 inconnues. Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis. Page 85 / 106 . b et h. la ligne moyenne d’une poutre se déforme. . on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension. IV .D3/32 ≈ 0.ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations. Sous l’application de charges. il reste deux groupes d’inconnues : .Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique.section circulaire : I/v = π. Exemples : . . ⇒ 1 inconnue a.la forme et les proportions de la section.

ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1. En effet. et soit ρ. d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc. on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or. 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites).Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique.

l’allure du moment. que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples. θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : .en B. y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ . y est maximum pour y’ = 0. en traitant d’autres exemples. c'est-à-dire pour x = l / 2. Page 87 / 106 .en A. x = 0 et y = 0 . x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi.

... 95 Page 88 / 106 ....... 94 III .......1 ............... 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement ........... .....................Section réduite............................ 90 3... 92 3...........................3 ...Loi de comportement du matériau.................................... 94 3..................... 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant....................2 ..........................................2 ......................... ........ 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant...........................................Définition .................................................................................................. 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple....... 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion........... ...................Etude du cisaillement simple....... 89 2°/ Essai de cisaillement ........Etude du cisaillement de flexion..................................................................................................................................................Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I ...........Cisaillement simple .....................................1 .................................................................................................................... .................................................. 90 3.................................. 91 II ........... ..................................................................................... ...............................Calcul de la contrainte tangentielle τ...............Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire.......Répartition de la contrainte de cisaillement simple.......................... 92 3.......Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 ....................................................Condition de résistance ....

lors d’un essai de cisaillement on observe : .un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 . Sans entrer dans les détails. 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant. y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement .Mécanique des structures Cisaillement TS I .Loi de comportement du matériau. On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V. les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant. En effet.ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE.

Répartition de la contrainte de cisaillement simple.1 . y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche.une zone de déformation plastique AR. la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section.La contrainte de cisaillement est représentée par τ. . en MPa. 3°/ Contrainte de cisaillement simple.Mécanique des structures Cisaillement TS . dS 3. 3. Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy.2 .une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). G est appelé module d’élasticité transversal.Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre. donc pas de contrainte normale σ). dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement). . E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite). telle que. Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S. Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa. Page 90 / 106 .

1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant.Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple. C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre. il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. II . on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant).ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 . il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement.

On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L. 3. y ) y x x dx Page 92 / 106 . C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle.1 . 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion. y ) σ x (x + dx . y ) z τ x (x . les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal.Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. y σ x (x.Calcul de la contrainte tangentielle τ. b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y.

y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx . on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b. y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 .Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. Elle ne varie qu’en fonction de y. y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement. y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . En projection sur x.I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné). la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. cela donne : τ x (x . y ) = − τ x (x . y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x . y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x .

τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3. on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole.Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire. IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .3 .Mécanique des structures Cisaillement TS 3.Section réduite.2 .

τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A .Acier : 100 MPa .CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression.Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A . On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : . τmax ≈ Vy A âme III . Par contre le concepteur n’a. pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible. Pour le béton armé.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1. on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure.Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1. ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement. τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme . la résistance au cisaillement est très faible.5 MPa Pour le béton. c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 . en général.2 MPa .

...................................... 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx............... 101 Page 96 / 106 ...................................................................................................... 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés. 97 2°/ Position du plan neutre .........................Contraintes tangentielles :..Cas particulier d’une section rectangulaire ............................................Sollicitation étudiée :.....................................Flexion composée SOMMAIRE I .......................................Dimensionnement en flexion composée..................................................................Contraintes normales ............................... 100 VI ....... 97 III ....... 98 IV ....................................................Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 .............................................Noyau central ......................................................................................................................................................................................................................................................................................... 98 3°/ Force excentrée équivalente . 97 II .... 100 V .................................................................................................

SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II . ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales. Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y.CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N. III . y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ». elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée. Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum.Mécanique des structures Flexion composée TS I .

est inférieure à la contrainte normale due à N.e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés . on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées.en valeur absolue. σ F x .Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 . Dans tous les cas.N.Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition. σ N x . 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = .Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion. la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue. le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section .

2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 .Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. est supérieure à la contrainte normale due à N. σ N x . le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones. l’une comprimée et l’autre tendue.en valeur absolue. σ F x .Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± .

Mécanique des structures Flexion composée TS IV . e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes. La répartition des contraintes est trapézoïdale. il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas).NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. De même. dans un ouvrage en maçonnerie. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction.CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . une zone tendue et une zone h2 comprimée. y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V . c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : . L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6. σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire.e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes.h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes.

la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i. la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI . la ligne de contrainte nulle passe par A .section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. le noyau central est un cercle de rayon a.section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire. le noyau central est un losange. c’est-à-dire pour e = a. On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : .Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons. Lorsque la charge est en j. pour toute une section. Page 101 / 106 . Lorsque N est sur son contour.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz). ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij.

...................................................................................Le flambement SOMMAIRE I ........................Contrainte critique d’Euler.................. 105 V ..........................................Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 .................................... 103 II ............. 103 III ............................................ 103 IV .................... 106 Page 102 / 106 ...........................Qu’est-ce que le flambement ?.................................................Mise en évidence du flambement .................................................Charge critique d’Euler Nc ...........Dimensionnement et vérification des sections..................... 106 VI ...................................Influence des liaisons aux appuis ...................................

perpendiculaire à (G. x.N y B N l0 y x Habituellement. en ce qui concerne l’équilibre statique. la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. de ligne moyenne rectiligne. En effet. II .pour un effort N inférieur à une limite Nc. On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre. les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation. cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne. x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler.Mécanique des structures Flambement TS I . et soumettons la à un effort normal de compression centré. . la poutre est comprimée.QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion. Dans ce qui suit. dans certains cas. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes. de section droite constante. Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément. y). nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent. Pour le schéma cicontre par exemple.CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B.Lorsque N atteint Nc. z) (rotation de la poutre autour de l’axe z). x III . Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. articulée à ses deux extrémités.MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale). elle reste rectiligne et se raccourcit. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. De même. dans le cas du flambement. M(x) = . la flexion se produit dans le plan (A. On observe successivement deux types de sollicitation : . y est la déformée de cette fibre. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 . les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents.

elle est dite en équilibre stable. 2. Remarques : Page 104 / 106 . 3. . donc A = 0 Pour x = l0.Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre. … π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée . c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 . elle est dite en équilibre neutre. donc B sin ωx = 0 A étant nul.N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement.N < Nc : compression simple. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N. il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0. la poutre reste droite.voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . y(l0) = 0 . . ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1.N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. y(0) = 0 . A noter que B = ymaxi est en général petit. y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée.

Pour les cinq sections représentées.INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes.Mécanique des structures Flambement TS . L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions. Pour les deux sections représentées.Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible.CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . IV . le flambement se produit dans le plan (x. . V . toutes de même aire. z). Iy < Iz. celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire).

Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. béton armé. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. il n’y a aucun risque de flambement. qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible. que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. bois. Dans ce cas. Le dimensionnement se fait en compression simple. ⇒ Voir les cours correspondants (BA. La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ). Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré. Pour une poutre comprimée de section S. béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau. à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc.…). VI .DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux . Soit σ = la contrainte dans la poutre : S . …) Page 106 / 106 . c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier. la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration. donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement.si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

......... 6 b ............................................................................................. 19 e ....... .......................Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive...... ou théorème de MULLER-BRESLAU .............. ................................ 20 II ...Notion de potentiel d'une structure ......Travail élémentaire d’une force........... 3 a ......... ...... en tant que fonction des variables efforts extérieurs ...........................................Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ....................Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité................................................................................ 3 b ................................ Wdéf.................................... 12 d ................................... 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES ........................................THEORIE DU POTENTIEL INTERNE.................................... 16 d .................................................................. .Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO.............................................. 22 1°/ INTRODUCTION...............Notations utilisées pour les démonstrations.................Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental... 22 b ...... 13 a ........................................ 6 a ......... ............................................................................ 14 b ............................................................................ 25 Page 2 .....................................énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures.....APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES.......................... 14 c ..................................................Expression du potentiel...................................................................Travail d'une force........ 7 c ......... NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE...................................... 22 2°/ METHODES DES FORCES.... ....................................................................................Cas d’une structure hyperstatique de degré 1.................................................. 3 c ..................................................... 22 a ................................................... ............................................................................................ ...Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1... 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES ................ 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE.................... 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE....Calcul de Wext ................... 24 3°/ THEOREME DE MENABREA...........

Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement.cosθ A F θ A’ dl b . Lorsque P augmente. sauf mention particulière. a . Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I . soumise à l'effort P. entre 0 et P. c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) .dl.Travail d'une force. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl . On suppose en outre que P est appliqué progressivement. 1°/ Introduction: Travail d'une force. notion de potentiel d'une structure.THEORIE DU POTENTIEL INTERNE.on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant.Travail élémentaire d’une force. dW = F . Page 3 .dl = F. des structures planes chargées dans leur plan. la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire.

. P qui représente un infiniment petit d'ordre 2. P 2 ∫ dW = ∫ f . P + (dλ)² . . travail à fournir pour l'allonger de Δ. λf (λ + dλ) f . f . . f. (λ + dλ) P = λ .λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. d'où: W= Soit W= 1 f. celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . . λP (λ + dλ) P . .P. . dλ . dλ . f . 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. P.λf]. et Page 4 . . f . . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . dλ . Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . . P W. P 0 . conjointement. f. Comme dans l'exemple précédent.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. f 0 . . Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. Il reste alors: dW = λ . . par rapport au terme λ . P on néglige le terme (dλ)² . travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. . le matériau constituant la tige est élastique linéaire.

dλ . Ces hypothèses sont les suivantes: . . Δ 0 . . . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F.on négligera le poids propre des structures. . C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)). 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . Page 5 . 0 . . 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire. . . .les effets thermiques ne seront pas pris en compte. 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble. par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ . on parle aussi d'énergie potentielle d'un système. . . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) .le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire.Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. . F . traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. . . λΔ (λ + dλ) Δ . . λF (λ + dλ) F . par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ. . Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement.les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. Δ 2 ∫ dW 0 1 c .

l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps. de manière réversible. la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). en statique. Pour un solide isolé. et non de l'état lui-même. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près. 3°/ Théorème fondamental de l'énergie.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations.énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures.Wdéf Page 6 . a . la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante. indépendamment des états intermédiaires .la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -. On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs. Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système. Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. Wdéf : énergie de déformation. Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables.

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 . dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire). b . ∗ Expression de Wext. L'effort extérieur est appliqué progressivement. déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort. ici F. Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf. Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. On a donc: Wext = 1 F . travail des efforts extérieurs. yF 2 ∗ Expression de Wdéf. REMARQUE : il serait plus exact . Par analogie avec l'expression précédente (Wext). énergie de déformation. il induit un déplacement de la structure. et avec une écriture purement formelle. sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire. Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire. Wdéf.Calcul de Wext .mais plus difficile à comprendre .de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes.

ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T. Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). contraintes tangentielles . Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion. ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. ainsi que les déplacements sont infiniment petits. et les déformations engendrées par ces contraintes. T. chargées dans leur plan: . WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T).ε :σ. . contraintes normales . Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations. En outre les déformations.ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire.χ :τ.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ. ou à la compression (C). compression . on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition. en se limitant ici à l'étude des structures planes. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations. Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ).γ :τ.torsion :σ. Page 8 . vis-à-vis des sollicitations élémentaires.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure.traction.flexion. Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes.

ou à la compression simple : Page 9 . on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N). Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. ou de compression simple. Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous. que s'il y a compression simple. Pour ce tronçon de longueur dx. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. donc on adoptera la représentation de la figure b.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. On suppose donc. ou de la compression. La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant. N est un effort extérieur. 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx. on a : 1 N × (allongement du tronçon dx). on se place dans le cas de la traction simple. a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

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V(x).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là. Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. Dans le cas de structures hyperstatiques. déterminées par la statique.la méthode analytique (calcul de l'intégrale. . 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale. La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours. exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux. M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure. deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: . il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B.tantôt en termes d'énergie de déformation. l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x). tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F. donc. le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer.le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale.tantôt en fonction des efforts extérieurs. 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: . V(x).le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques).YB . et c’est à partir de lui seul. Pour les applications. là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. . analytiquement). une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale. On en déduira: . Or N(x).la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). M(x). En outre. Page 13 . à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici. . Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B.

en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent. on pose Δij = Fj δij. on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure. On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi.Notations utilisées pour les démonstrations. (S) : où i et j sont des indices muets. b . dû à Fi. dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj.Expression du potentiel. dû à Fi .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a . δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à Fj . Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. et par généralisation. dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). Considérons la structure suivante. dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). on pose Δii = Fi δii.

il n'y a pas de torsion). indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points. . potentiel de la structure. l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure. REMARQUES : . on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti).Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence.W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche. Page 15 . Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W. j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i. que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan. C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel. REMARQUE: De ce fait. il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure.

Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti. mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements.W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2. Δij = Fj . on applique progressivement en j l'effort Fj. La structure se déplace de S1 en S2. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure. noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. son énergie de déformation est W1 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . Ce théorème. La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 .On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. le point j s'est déplacé de Δji. Les deux points sont supposés être à la même température Fi . Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée. lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. petites déformations. Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi. pour l'état final. La structure se déplace de S2 en S3. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. On a donc. 1 Valeur du travail effectué : W2 . lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj. de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii.Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO.

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 . de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj.W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj. le point i s'est déplacé de Δij. Valeur du travail effectué : W’2 . La structure se déplace de S1 en S’2. l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. La structure se déplace de S’2 en S3.W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 . on applique progressivement en i l'effort Fi.W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2. La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 .

Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation). Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. que l'on suive le trajet (α). Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1. Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . Si Fi et Fj sont unitaires. On part du même état initial S1. Les énergies de déformation sont donc identiques.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α). ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire.

Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. de tous les termes δij et δji égaux. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO. coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T.D. à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental. X) représente l'énergie de déformation de la structure.Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive. d . après dérivation. Page 19 . il n'y a pas d'effort appliqué. on fera intervenir un effort fictif X. X → effort fictif. au point et dans le sens du déplacement Δ cherché. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement.

ceci dans le but de simplifier les écritures. Elle est. afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano.D. Exemples d'application: e .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation.Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité. cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire. Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 . ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure. ⇒ voir T.

Fi représente un effort concentré appliqué en i. M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). Exemples d'application : Page 21 .D. REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure. II faudrait écrire M(x).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure. Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi. ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . structure EI ∫ NN i dx . structure ES ∫ V Vi dx . sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T. On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i.

Soit Δ1 = 0 Page 22 . différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : . 1°/ Introduction. Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1.la méthode des déplacements. . encastrée en A. en ce qui nous concerne. sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p. Nous allons.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S). de rigidité en flexion EI = constante. (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche).APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES. l’autre qui prend comme point de départ les déplacements. Ces deux méthodes.Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. Considérons une poutre de longueur l. étudier la méthode des forces.la méthode des forces. Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques. l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort. a . 2°/ Méthodes des forces.

(S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1. on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p). Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1). (S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition. Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela. Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité. Lorsqu’on rend la structure isostatique. b . M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1. on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. Le principe reste identique à ce que nous venons de voir. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p). ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 .Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1.

-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques. Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi. on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. REMARQUE : 1.-Théorème de Maxwell-Betti. ∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi. le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 . on a δ21 = δ12 2. 3°/ Théorème de Ménabréa.

1 – Définitions. 1. 2 .Définitions et notations. Page 1 / 8 . 5 . 3 – Théorème des trois moments.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 .Formulaire des rotations usuelles. 1.Poutre isostatique associée. 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.2 – Notations.

1. Ai. …. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1). On note Li la portée ou longueur de la travée i. Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples. reposant sur plus de deux appuis simples. sans encastrement. On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai.1 – Définitions.Définitions et notations. …. An Les travées sont numérotées de 1 à n. Page 2 / 8 . 1. Une poutre continue est une poutre droite horizontale. La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 . Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0.2 – Notations.

Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1. …. Mi.Poutre isostatique associée. …. En fait. Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis. A i+1. A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue. …. Mi-1. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . Mi+1. Par exemple. A i. …. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1. Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. A i-1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 .

donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i. dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 . donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale. i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i. considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes.

Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments.Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 . Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .

Page 6 / 8 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées.

Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis. pour le moment fléchissant.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte.θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison. Soit. l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' . on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 .

Formulaire des rotations usuelles.I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 .

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