Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Ry et Rz.3 . Le nombre de degrés de liberté est 1. Ry et Rz. La translation Tx est autorisée. 4. Ty.Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques. Tz. Le nombre de degrés de liberté est 0.2 . La rotation Rx est autorisée. Parmi toutes les liaisons parfaites.Liaison encastrement.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Rx. Tz. intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4. Les surfaces de contact sont quelconques.1 . Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides.Liaison glissière. Le nombre de degrés de liberté est 1. Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques). Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. 4. Page 18/ 106 .

Ry et Rz sont autorisées. Le nombre de degrés de liberté est 3.7 . Les 3 mouvements empêchés sont Tx.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4.Liaison ponctuelle. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon. 4. Ry et Rz.4 . Le nombre de degrés de liberté est 3. Page 19/ 106 . Ry et Rz. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2.Liaison rotule. Le mouvement Tx est empêché. 4. Contact entre la génératrice (A. Les trois rotations Rx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry.Liaison linéique rectiligne.Liaison appui plan. Le nombre de degrés de liberté est 5. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Ty et Tz. 4. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx.5 . y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2. Le nombre de degrés de liberté est 4. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact).6 .

En génie civil. x . l’articulation et l’appui simple. translation selon l’axe (A. y ) . Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . x ) . rotation autour de l’axe (A . Le repère local associé est R(A. les études se font dans le plan.Tx. il y a 3 mouvements indépendants : . z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.Ty.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. Dans le plan.Rz. y ) . translation selon l’axe (A.

.........................................................................2........ 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids.Torseur associé...................2........................................................... 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ....... .............Liaison glissière...... ...........................Liaison linéique rectiligne............... 33 8.... ..........................................................................2... 24 2............ 31 8.................Définition du moment d’une force par rapport à un point....4...........................Notion de moment ..................................Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 ..........................................................7.....Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I .................................................. ........................Liaison ponctuelle.................................................... 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact........................................................ ............................. 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces ........Définition d’une action mécanique...........................................2...................2.................. 31 8............ 22 III . ...............3 ......................................... 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison...........Liaison rotule....... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact.....................................................................2.6.............................................................................................................................2 .... 32 8.........................................Torseur associé....................Les différents types d’actions mécaniques.............................. ....................................................................1 ....................................................................... .......................... 27 5°/ Isolement d’un système ......................3.... .. 32 8...... 22 1°/ Notion de force..................Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent..............................................................Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil... 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point........Modélisation des actions mécaniques...............................................Liaison encastrement...............Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison. ....1........................................ 31 8.... 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force ........... 31 8....2 ............................... 32 8...............................2......................................................................... 31 8..........................2........................ ....................... 32 8................................................... 24 2.............Actions intérieures et extérieures.....................................Liaison pivot....................... 33 Page 21/ 106 ....................Liaison appui plan...................................... ................. 22 II ...............................................................Exemple........5.............1 ...............................

… Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2. .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I . . La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids. 2°/ Les actions mécaniques de contact.les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface.déformer un corps.créer un mouvement. Page 22/ 106 . température. II .les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface. Exemples : charges appliquées.les actions à distance. . On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : . Les actions de contact se répartissent en trois groupes : .les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne.maintenir un corps au repos. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide.LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES. Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique. qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel. .DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE. tassements d’appui. droite ou non. 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact. On peut distinguer deux grandes familles : . précontrainte.les actions de contact. électromagnétique ou électrostatique. .

III .sa direction. . Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2. mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application. Page 23/ 106 . L’unité de la force est le newton noté N. on la note F12 .son sens. . .MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES. On appelle force une action mécanique de contact ou à distance.son intensité.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas. les actions sont surfaciques. 1°/ Notion de force. (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force.

2. (Ici. Page 24/ 106 . Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer.) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés. compte tenu de sa position. Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin. elle est nettement plus éloignée de la pelle.Notion de moment .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point. Dans un premier temps. par contre la position de la buse a changée . Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps. le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin.1 .Exemple. moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle.

m.Définition du moment d’une force par rapport à un point. est le ( ) x Convention de signe . donc le x // (O. Le moment de la force F12 par rapport au point A. L’unité newton×mètre noté N.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d.2 . M A F12 même sens que z. d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. z ) . 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. ( ) est de Page 25/ 106 .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2. notée M A F12 .F12 et A sont dans le plan (O. le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d .Sens du vecteur moment : . x .F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. ( ) d A O z . noté M A F12 . z ) M A F12 ( ) moment est positif. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. F12 ( ) . y ) . et dont le point d’application est A.

2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. on pourrait très bien choisir l’inverse. x . y ) . Page 26/ 106 . ( ) Attention. Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan. Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude. . F12 ( ) .F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. donc x ( ) d A O z // O. z ( ) le moment est négatif. on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif . ou si F12 = 0.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d .F12 et A sont dans le plan (O.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . M A F12 est de sens opposé à z.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). z ) . ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire).

est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique. le moment de cette force. compte tenu de sa position. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. Comme nous l’avons vu au paragraphe III. F2 S ... la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique.Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 ..Torseur associé. ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces . . F4 S .. Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + . Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S .Torseur associé.. F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 .Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A. . F3S . et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force .2-1. L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur.

Remarque : Le poids est toujours une action extérieure.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} .Actions intérieures et extérieures. ⇒ voir figures ci-dessous. Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. 5°/ Isolement d’un système . Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 . il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments. suivant leur situation par rapport au système matériel choisi. Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel. On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. c'est-à-dire isolé. Lorsque l’on isole un système matériel.

Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel. les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau). Page 29/ 106 . x. y) est vertical ascendant. y) dont l’axe (O.s-2 Remarque : en génie civil. 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids. En effet. Ainsi. g P en newton N.Sens : vers le bas. les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas.81 m.s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ». Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas. Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique.Direction : la verticale passant par G. le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme). dans un repère (O.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). centre de gravité du solide. on prend une valeur arrondie : g = 10 m. g = −g ⋅ j . Elingues. m la masse du solide en kg. . . panneau et élingues isolé). . En effet. g = 9. avec g = accélération de la pesanteur. Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier.Point d’application : G.Intensité : P = m . Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : .

ayant pour centre de surface le point Pi. Dans ce cas théorique. c'est-à-dire sans adhérence. Page 30/ 106 . La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. Le contact entre les solides est considéré parfait. x . on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O. (i variant de 1 à n). L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. x . y. z ) . nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2. Ainsi. fi est considérée comme uniformément répartie sur si. z ) . y. Compte tenu des déformations locales.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. Pour plus de commodité. y. tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface. fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. x . z ) . puisque si est très petite. l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. fi est considérée perpendiculaire à si.

8. ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 .2.Liaison encastrement. Ty. Tz.Liaison pivot La rotation Rx est autorisée. Le nombre de degrés de liberté est 0.1.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison. Ry et Rz. Dans le chapitre précédent. c’est qu’il y a une action qui s’y oppose.1 . Le nombre de degrés de liberté est 1. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé. Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis. Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé. nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations). ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison. 8. si un mouvement est empêché.2.2. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. Autrement dit. Par contre.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement.2 . 8.

Les trois rotations Rx. Le nombre de degrés de liberté est 3.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry.2. Le nombre de degrés de liberté est 3. Ry et Rz. Les 3 mouvements empêchés sont Tx.2. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 .Liaison linéique rectiligne. Le nombre de degrés de liberté est 4. La translation Tx est autorisée. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Le nombre de degrés de liberté est 1.Liaison rotule.4.5. Ty et Tz. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8.Liaison glissière. Ry et Rz sont autorisées. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Tz.6.2.3. Ry et Rz.2. Rx. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz.Liaison appui plan.

Liaison ponctuelle.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. Le mouvement Tx est empêché.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil.7. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art.3 . l’articulation et l’appui simple.S.S. Le nombre de degrés de liberté est 5. Ry et Rz.D. Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.L.2. Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 .)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx.

.... 37 1°/ Enoncé du PFS.......................................... 40 V ................................ 42 VI .................Degré d’hyperstaticité ........Systèmes matériels composés de plusieurs solides......................... Isostaticité................. ........... 35 2°/ Isolement de plusieurs solides................................. 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité......Organigramme de résolution d’un problème de statique...................Notion d’isolement..................................... 35 II ................................................................................................................................Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I ................. 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces.................................. 36 III ..................................................... .........................................Equilibre d’un système matériel........................................... 35 1°/ Isolement d’un solide............ 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces ............................................................................................ ....................... ....................................................................................................................................................................................................... 38 IV ......................... Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité...................................................Principe fondamental de la statique ............................................... 43 Page 34/ 106 .............................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 ..................... 39 1°/ Hypostaticité...........

l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau. 1. • distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs. Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : . .5 m 1.1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0.Elingues . La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique.tous les éléments connus concernant ces actions : • direction. les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures.1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. • point d’application. • actions de contact.NOTION D’ISOLEMENT. Dans le cas de plusieurs solides. C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique). • sens. 1°/ Isolement d’un solide. destiné à décrire et à définir : .toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids). Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier . Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié. • intensité.Panneau) isolé 106 Page 35/ . … . Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau.l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I .1 m Câble de la grue Palonnier 1.5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides.

+ F i S + .EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL. Page 36/ 106 ... Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide. { } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + . y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n .. + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures..Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II ... Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty . + M (F ) + . + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + ...

alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 . dans l’espace. L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère. Donc. au cours du temps.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si. ⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G. Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 . c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit. pour que le solide soit en équilibre. par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 .PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. III . c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 .

concourantes. comme c’est habituellement le cas en génie civil. y) ). (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 .ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 . Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées. x. Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : . B et C.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O. B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S . non nulles et de points d’application respectifs A et B. B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S .

c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés. Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). et NEQU . le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. le nombre d’équations. Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. On peut résoudre avec le PFS. il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori. auquel cas le système est hypostatique. il y a trop d’inconnues.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV . il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS. Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible). Page 39/ 106 .DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. On dit que le système est Hyperstatique. le nombre d’inconnues. On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS. le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan. Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS. On dit que le système est Isostatique.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS .ou de même droite support. On dit que le système est Hypostatique. Il n’y a pas de solution. Isostaticité. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC . Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . Ainsi.

Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 . 1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .Articulation : 2 inconnues .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 .Appui simple : 1 inconnue .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité.Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 . ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.

si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE. donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique . 4 Nature du système Page 41/ 106 . Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS.NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) . b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 . Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS. on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC .

C. ⋅ Actions à distance (Poids). JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME .je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact. Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère.Je place le repère .J’écrit les renseignements connus (repères A. MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V . les distances.…. …) .ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE. les angles éventuels.Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique . PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 . B.

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI . Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation. En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique. c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 . En B et C Encastrement.SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES.

M B 2 1 C3 2y = . Donc. Pour faire « apparaître » les actions intérieures.M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C). N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique. Page 44/ 106 . il faut isoler les barres 1. Démarche à suivre : J’isole le portique. on peut déterminer les actions A 0 1x . dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C .C2 3x B1 2y = .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme. c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3). pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C.C2 3y M C3 2 = . L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS. A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = . Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures.B2 1x C3 2x = . A0 1y et D0 3x . 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS. J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x .B2 1y M B1 2 = .

il y a 3 actions inconnues B2 1x .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : . J’isole la barre 2 : . je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.F − 2. A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12. .le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x . .l’action D0 3x est connue.B2 1x .C2 3x . M B 2 1 que je détermine avec le PFS.5 kN ⎪ D = 12. B1 2y . et M B1 2 (puisque B1 2x = . Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x . Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues.il y a 3 actions inconnues C3 2x .le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x .D − 2. C3 2y = . C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : .B2 1y et M B1 2 = .5 = 2.5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x . B1 2y = .F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2. C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = .M B 2 1 ). B2 1y .5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2.5 kN ⎪ ⎪4.C2 3y et M C 3 2 = .F2 + 2.M C 2 3 ).les 3 actions F1 .F1 = 30 + 20 = 12. A 0 1x et A0 1y sont connues. .

F1 = 20 kN.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2.5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x .5 kN) B M B2 1 (20 kN.m ⎩ B2 1 = 2.F − 3.m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2. M B 2 1 avec le PFS.5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12.5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 . y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2. B1 2y = . B2 1y .B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.M B 2 1 . M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = . ⇒ M B1 2 (20 kN.5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2.5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2.B2 1x .m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2.B2 1y et M B1 2 = .m F1 A 1 x A 0 1y (2.5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN.

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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Page 50/ 106 .isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions. . AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée.de petits déplacements. aussi petits soient-ils.homogènes : tous les éléments du matériau.utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin).HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : . . » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : .continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre. on parle de solide élancé.la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale). 2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : .les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives. .de petites déformations.Mécanique des structures Sollicitations TS II . ont une structure identique.le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites. . . 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation. .

III . appelés efforts intérieurs.Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés.des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi . Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . dans ce paragraphe. Page 51/ 106 . On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x).des actions de liaisons R i . Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x). . Nous allons. 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i . Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre. on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière. Ces forces se développent à l’intérieur du matériau. .EFFORTS INTERNES.des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1). efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau.SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION .

y) et (G.Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. (G. z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion. 2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . x). on appelle sollicitations les projections sur les axes (G.

x + Vy (x).z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan.y + VZ (x). tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O. . x. Mfz(x). y). que nous noterons M(x). représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 .le moment fléchissant suivant z.x + Mf y (x). G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement. .Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion.z 2 M 2 (x) = T(x).l’effort normal N(x). les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : . R1 (x) = N(x). que nous noterons V(x).y + Mf Z (x). Vy(x). Dans ces conditions.l’effort tranchant suivant y.

Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .

V. on dit qu’on a une sollicitation composée. Quelle que soit la convention retenue.somme des forces à droite de la coupure. 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N.somme des forces à gauche de la coupure. T. etc.Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. . Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction. on dit qu’on a une sollicitation simple. Si deux composantes au moins sont non nulles. torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . traction+cisaillement. d’un pays à l’autre. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre. ou Mf existe alors que les autres sont nulles.

Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = . On obtient alors les diagrammes des sollicitations N.des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière). V et M en fonction de x. x.3 m Pour un problème dans le plan (O. le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies. y). Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x). La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre.Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 . . on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = .des actions extérieures (connues). La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : . Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1.Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections.Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations.5 m 0.

Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P.8 . nous permet de déterminer les actions de liaison. Pour une abscisse x quelconque. on peut s’intéresser aux sollicitations. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1.3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations.5 m 0. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1. on peut lire les valeurs des sollicitations. Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre. pour tracer ces diagrammes.F.5 m 0. et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations.S.10 x [ m ] Page 57/ 106 . 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45. on va faire varier l’abscisse x de la coupure.m 1.3 m Quel que soit x. Donc.6 kN.

On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.5m : x > 1.26.1.5 m : 0.25 kN ] V(x) = .8 – x) m ] + [ .5 m et x < 1.5 × (1.5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.5 .8 m ⇒ V(1.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1.5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ .9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.5 m ⇒ V(1.8 x [ m ] - . 2 valeurs aux limites x = 1.5 m Il faut distinguer le cas où x > 1.8 – x) = 5 x .8 – x) m V(x) = .5) = . 2 valeurs aux limites x = 1.5 .26.1.34 Page 58/ 106 .5 kN/m répartis sur (1.5 × (1.5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.8) = 0 x = 1.5 1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.5) = .5 m ⇒ V(1.5 kN/m répartis sur (1.

3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.6 kN.5 1.5 kN/m répartis sur (1.5 m 0.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.8 x [ m ] - .6 kN.5 m et x < 1.m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .8 – x)/2] m M(x) = [ .5 x² + 9 x – 8.8 m ⇒ M(1.5) = -0.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .8) = 0 x = 1.8 – x)² / 2 ] M(x) = .2.225 kN.8 – x)² / 2 ] + [ .5) = -0.6 Page 59/ 106 .5m : x > 1.225 kN x < 1.0.45.m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.5 m ⇒ M(1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.m 1.8 – x) m avec un bras de levier de [(1.5 (1.2.5 – x ) m ] M(x) = .5 x² + 34 x – 45.5 (1.25 kN avec un bras de levier de (1.5 m ⇒ M(1.1 C’est l’équation d’une parabole.m ] 1.6 C’est l’équation d’une parabole.225 .

distantes de dx. la relation reste exacte dx Page 60/ 106 .q(x). REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 . y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx. infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) .dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ). dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à .dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) . Si on néglige dx². dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ). 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) . Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines.Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x). dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). l’effort tranchant est constant. ⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ). V(x) et M(x).dx − q( x ).

on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . (2) ⇔ − M ( x ) + V( x ).dx + F. REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque. si V s’annule dans une section. M passe par un extremum. V varie linéairement et M est une parabole. dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx. M est maximum. V est constant et M varie linéairement. Page 61/ 106 . en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant. Dans le sens des x croissants. M est croissant et inversement. donc un point singulier dans le diagramme de M(x). si le tronçon supporte une charge uniforme. Si V est négatif.kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0.

V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 .RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X). Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire. Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant. on peut tracer la tangente à la courbe M(x).au +. Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant. Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant. En tout point. Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant. Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du . V(X) ET M(X). dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ . Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -.

.................................................. ....................................................... 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie...............................................................................Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan.....................................................................................................................................................................................................................Centre de gravité..................................................................................................... 66 3°/ Moment statique des surfaces composées............................................ 70 Formulaire Moment quadratique .................... 71 Page 63 / 106 .......................... ........... 68 IV ... 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées .......................................................................................... 64 1°/ Définition................. 69 Formulaire Centre de gravité........................................ 65 II .......................................................... 66 1°/ Définition............................................................... 66 1°/ Définition....................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I ....................................................................................................................................................................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés ... 67 2°/ Théorème de Huygens.................... .... 68 4°/ Rayon de giration ..................................................................... 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés............................................................................................................... 66 III ........................Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 ................................................... 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés......................................................... 64 2°/ Théorèmes de Guldin...... ...Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan ....................................Applications.............................................................................

Ce solide est de volume V. On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG. G est appelé centre de surface.CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i .dS S i yG = ∫∫ y .dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV . dans l’espace.dS S i S Page 64 / 106 . de masse respective dm1. Mi.S et dV = e. …. y M1 G O z x Mi Mn Par définition. yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i .dS.dV zG = ∫ V z i .dm = 0 G est aussi appelé centre de masse. x. …. avec S la surface du solide. La relation devient : xG = ∫ V x i . ….dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i . il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG . dmn. Mn. → Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e.dV yG = ∫ V yi . ….dm m yG = ∫ V yi .dm m zG = ∫ V zi . y. La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau. dm2. Pour déterminer la position de G dans le repère (O. dmi. M2.dm = 0 V V OM i .dS S i S zG = ∫∫ z .dV S Dans ce cas. un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1.dm − ∫ OG .dm m (1) Soient xi.dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i . yi et zi les coordonnées du point Mi.dm −OG . z). xG = ∫∫ x .m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i .

» Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie. 2°/ Théorèmes de Guldin.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. Page 65 / 106 . » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. ou un centre de symétrie. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie. un axe.

M2. 1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1. composées de plusieurs surfaces S1. est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . Mn. dS2.dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul.S yi . x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G . x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. x. …. Mi.. y) : Démonstration : y Mi dSi W( O . …. Sn.S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O. …. x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface. y ) (S) = x G .. x ) (S) = yG . 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. …. Soit dans un repère (O. de surface élémentaire dS1. On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ. + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 .S et W( O . dSi. Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. S2. La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O .MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN. …. dSn et un axe Δ situé dans son plan.

d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 . x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O. On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ. augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes. de surface élémentaire dSi. » ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S.dS + 2d ∫∫ ri G .MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi.d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G .dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r . et un axe Δ situé dans son plan.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III . y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S. Dans un repère orthonormé (O. y) : I (O.dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S. x.

2 IV .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + . S2. x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 . x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h . S=b×h W( O. + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S .. y y’ x I(O. Par définition : W( O.dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O . 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.. Sn. .S 2 S y b ici. plus la section a du mal à tourner autour de l’axe. 3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S.plus le moment quadratique est grand. plus le moment quadratique est grand. x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG .plus l’axe s’éloigne du centre de gravité. 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S . composées de plusieurs surfaces S1. x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx.APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. ….

y G I( G .⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . x ) (S) − S.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. x ') (S) = I( O.d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O. x ') (S) + S. x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ). x ) (S) = I ( G .yG I ( G . On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S. x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

Compression TS Chapitre 6 ..... 79 VI ..................................déformation ................................ 79 VII ................................Contrainte due à l’effort normal................ ...................................................................................................................................................................Coefficient de Poisson ν.......................... 77 IV ..............................................Mécanique des structures Traction ............................................................................................. 79 2°/ Condition de déformation..................................... 76 1°/ Notion de contrainte.......................... 75 4°/ Généralisation..... 78 V ................... 79 1°/ Condition de résistance......Traction .................. 73 II .....Sollicitation étudiée : l’effort normal .............Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal...................................... 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal..................... ............................. 79 Page 72 / 106 .......................................................Quelques ordres de grandeurs .....................................................................................Loi de comportement des matériaux................................................... 76 III .........Déformations dues à l’effort normal..........................................................................................................................................Loi de Hooke........................compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I ................................. 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte ................ 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux. ...................Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal................................... .................................. 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale ...........

Compression TS I . N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II .Mécanique des structures Traction . Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux. 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux.F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 . Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0.SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple. .LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX.

un comportement élastique linéaire. On dit que le matériau a. . celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes. Ainsi. on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »). ou MPa. . ΔL est appelé l’allongement absolu. (OA = droite de pente E) Dans cette zone. si on décharge l’éprouvette. dans cette phase. L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm².déformation .déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte .en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte .Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. ou module d’élasticité longitudinal (Ex).en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »).Mécanique des structures Traction .Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne. E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe. elle revient à sa longueur initiale. ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte). La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité. du matériau et caractérise la rigidité du matériau. Fe S Page 74 / 106 .Loi de Hooke. F . Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young. comme un ressort.

où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. respectivement une contraction ou une dilatation.Compression TS . Page 75 / 106 . celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale. L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0.Coefficient de Poisson ν. c'est-à-dire une déformation permanente. on rentre dans le domaine des grandes déformations. A ce stade.Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas.5 (0. Puis la rupture intervient (point D). celle-ci subit une déformation longitudinale εx . ΔL < 0 Dilatation latérale . respectivement un allongement ou un raccourcissement.Partie AD : au-delà du point A. A ce stade.15 pour les bétons). Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. 3°/ Contraction ou dilatation latérale . cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ». ΔL > 0 Contraction latérale . si on décharge l’éprouvette. c’est le phénomène de striction. on constate un allongement résiduel. le domaine plastique. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal . Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = .3 pour les métaux et 0.1 et 0. . -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture.Mécanique des structures Traction . Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal . La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr. mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort.

1°/ Notion de contrainte.limite d’élasticité : σe . En résistance des matériaux.Mécanique des structures Traction . d d d Page 76 / 106 .contrainte de rupture : σr . -compressions sur les bétons.module d’Young : E . les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section. .traction. Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux. . on réalise des essais sur des éprouvettes : . Tous ces essais font apparaître deux phases : . Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section.une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles.Compression TS 4°/ Généralisation. par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons. Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . il faut introduire la notion de contraintes.traction directe sur les métaux. on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau. III . flexion sur les bois.traction par flexion.CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL. Dans une section droite de poutre. compression.une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes. . Pour cela.coefficient de Poisson : ν. . . .

sur la facette dirigée par le vecteur n . Φ (M.t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n . Autour du point M. σ > 0.1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² . il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité.Mécanique des structures Traction . σ < 0. n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. π . est df . également appelées « facettes ». on parle d’état de contrainte.n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure.si N < 0 : effort normal de compression. n défini de la façon suivante : ( ) en un point M. 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1. suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures. x) : . 1 bar ≈ 105 Pa = 0. Ces surfaces. Le vecteur contrainte Φ M. selon l’orientation θ de la coupure. on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne). Page 77 / 106 . t = + .si N > 0 : effort normal de traction. sont orientées par deux vecteurs unitaires : .Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites. 1 Pa = 1 N/mm² . . n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »). ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal.

loin des points d’application des charges concentrées.Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures. chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx. Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre. Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. − Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction). Page 78 / 106 . (a) (b) IV . qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b). − Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression).Mécanique des structures Traction . Sous l’effet de l’effort normal.DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx. ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a). les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x).

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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L’expérience montre qu’entre les points C et D. Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df .CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0. dS z Cette contrainte est la somme : .toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. Vy≠0. notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique.LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : . .la poutre admet un plan de symétrie longitudinal. ⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III . Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 .d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement). . . les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment. ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= .d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale).la ligne moyenne de la poutre est rectiligne.les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent.la section droite de la poutre est constante. . se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre.Mécanique des structures Flexion TS II . .

l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz .de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y . Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 . planes avant leur déformation.le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS . Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante. les sections droites.Bernoulli.l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion. z) : z G M z (x) S(x) .d’après le principe de Navier . Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L . ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz. Considérons une surface élémentaire dS de la section S. dS est centrée sur le point P de coordonnées (y . restent planes après leur déformation. avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation .Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz. Page 83 / 106 . moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz. donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »). axe principal de la section S.

z) est le plan neutre et (G. finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré. et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc. x. et réciproquement si Mz est négatif. Dans les conditions normales d’utilisation.σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre). (S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . ⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G. Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre .σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). . y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. v = ± h 2 Page 84 / 106 . y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. z) est l’axe neutre. on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement.Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz .

sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux. La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée. il reste deux groupes d’inconnues : . En général.h²/6 ⇒ 2 inconnues.section circulaire : I/v = π. . Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis.Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique.ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations.section rectangulaire : I/v = b. IV . il faut choisir un rapport entre b et h. Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ.la forme et les proportions de la section. Exemples : . ⇒ 1 inconnue a. .1 D3 . la ligne moyenne d’une poutre se déforme. On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. b et h.D3/32 ≈ 0. Page 85 / 106 . on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension.section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. Sous l’application de charges.ses dimensions.

3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique. et soit ρ. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration. cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites). y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . En effet. ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1. d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc. on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or.Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx.

c'est-à-dire pour x = l / 2. y est maximum pour y’ = 0. Page 87 / 106 .en B.l’allure du moment. que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples. x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ . θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : . en traitant d’autres exemples. x = 0 et y = 0 . θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A.en A.

...................... .......................Définition ...................... 91 II ..............1 ................................. 95 Page 88 / 106 ................................... 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion................................2 . 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple...........................................................1 ............. ...........Répartition de la contrainte de cisaillement simple............. .......... ..Calcul de la contrainte tangentielle τ...... 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement ... ....... 90 3.......................3 ............................................................................................................... 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant... ........................... 94 3...Etude du cisaillement de flexion...................................................................................................................................................Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire.................................................................. 92 3.........Loi de comportement du matériau.Etude du cisaillement simple.......................................Cisaillement simple ....................................................... 94 III ........................................... 89 2°/ Essai de cisaillement ..Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 ............................................................................................ 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant.................................................Section réduite............................................. 92 3...........Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I .. 90 3......................Condition de résistance ..2 ............................................

On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V. lors d’un essai de cisaillement on observe : . les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant. y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement . En effet. Sans entrer dans les détails. 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant.ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE.Loi de comportement du matériau.un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 .Mécanique des structures Cisaillement TS I .

en MPa. Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S. Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy. .1 . 3.2 . dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement).La contrainte de cisaillement est représentée par τ. G est appelé module d’élasticité transversal. E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite). telle que. Page 90 / 106 . dS 3.Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre. la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section. donc pas de contrainte normale σ). 3°/ Contrainte de cisaillement simple.une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). . Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa.Répartition de la contrainte de cisaillement simple.Mécanique des structures Cisaillement TS . y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche.une zone de déformation plastique AR.

on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant). C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre.Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple. 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant. il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. II .ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement. y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 .

) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle. y σ x (x.Calcul de la contrainte tangentielle τ. b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y. 3. y ) y x x dx Page 92 / 106 .1 .Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion. y ) z τ x (x . les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal. C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. y ) σ x (x + dx . de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures. On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L.

y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . Elle ne varie qu’en fonction de y.I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné). y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . cela donne : τ x (x . y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x . la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b. y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x . τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 . En projection sur x. y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement. y ) = − τ x (x .Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx .

2 .Mécanique des structures Cisaillement TS 3. τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3.Section réduite. IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire.3 . on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole.

en général.Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A . Pour le béton armé.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1. Par contre le concepteur n’a. pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible.5 MPa Pour le béton. τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A . ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement. On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : .CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression.Acier : 100 MPa . on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure.Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1. τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme . la résistance au cisaillement est très faible. τmax ≈ Vy A âme III .2 MPa . c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 .

............... 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx................................Dimensionnement en flexion composée............................ 98 3°/ Force excentrée équivalente ....................................................Sollicitation étudiée :.............................................................................. 101 Page 96 / 106 .............................................. 97 III .....................................Contraintes normales ........ 100 VI ................................ 97 2°/ Position du plan neutre ........................................................................................... 98 IV ........................................................Noyau central ........................................Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 .....Flexion composée SOMMAIRE I ..................Contraintes tangentielles :........................................................................................................................................ 100 V ..................................Cas particulier d’une section rectangulaire ...... 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés......................................................................................................................................................... 97 II ...........................

Mécanique des structures Flexion composée TS I .SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II .CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N. Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum. ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales. III . elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée. y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ». Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y.

N.e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés . σ F x . le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section .en valeur absolue. σ N x . Dans tous les cas. la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue. on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées. 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = .Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion. est inférieure à la contrainte normale due à N.Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 .Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition.

l’une comprimée et l’autre tendue. σ F x . est supérieure à la contrainte normale due à N.Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± .en valeur absolue. σ N x .Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones. 2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 .

De même. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction. La répartition des contraintes est trapézoïdale.NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections.Mécanique des structures Flexion composée TS IV . L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6. une zone tendue et une zone h2 comprimée. c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : . il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas).e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes.h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes. σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire. y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V . » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . dans un ouvrage en maçonnerie.CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes.

Page 101 / 106 . c’est-à-dire pour e = a.section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire. Lorsque N est sur son contour. le noyau central est un cercle de rayon a. ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij. la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI . Lorsque la charge est en j.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz).Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons. On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. pour toute une section. la ligne de contrainte nulle passe par A . la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : .section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. le noyau central est un losange. la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i.

...................................................................... 106 Page 102 / 106 ..Influence des liaisons aux appuis ....................................................Charge critique d’Euler Nc ..........Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 ...........Le flambement SOMMAIRE I ....................... 103 IV .....................................Mise en évidence du flambement ............................................. 103 II .........................................Dimensionnement et vérification des sections............. 105 V .............Qu’est-ce que le flambement ?............................................................... 106 VI .........Contrainte critique d’Euler................................................................. 103 III .....................................................

MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale). z) (rotation de la poutre autour de l’axe z). la flexion se produit dans le plan (A. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 .Mécanique des structures Flambement TS I . Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. perpendiculaire à (G. la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. . en ce qui concerne l’équilibre statique.CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B. et soumettons la à un effort normal de compression centré. de section droite constante. En effet. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre. x. Pour le schéma cicontre par exemple. II . On observe successivement deux types de sollicitation : . la poutre est comprimée. nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent.pour un effort N inférieur à une limite Nc. M(x) = . x III . dans certains cas. dans le cas du flambement.N y B N l0 y x Habituellement. articulée à ses deux extrémités. les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. de ligne moyenne rectiligne. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation.Lorsque N atteint Nc.QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion. elle reste rectiligne et se raccourcit. De même. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes. x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler. y). les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. y est la déformée de cette fibre. Dans ce qui suit. Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément. cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne.

Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre. donc A = 0 Pour x = l0. donc B sin ωx = 0 A étant nul.N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. elle est dite en équilibre neutre. 3. il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 . ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1. y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée.voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . y(l0) = 0 . y(0) = 0 . 2. . la poutre reste droite. … π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée . B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N.N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement. A noter que B = ymaxi est en général petit. elle est dite en équilibre stable. Remarques : Page 104 / 106 .N < Nc : compression simple. . La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0.

. toutes de même aire. celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire). IV .CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . V . le flambement se produit dans le plan (x. L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions. z). Pour les deux sections représentées.INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes.Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible.Pour les cinq sections représentées.Mécanique des structures Flambement TS . Iy < Iz.

⇒ Voir les cours correspondants (BA. . qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible. donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau. Pour une poutre comprimée de section S.si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc.DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux . il n’y a aucun risque de flambement. Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré.Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. Le dimensionnement se fait en compression simple. La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ). c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier. Soit σ = la contrainte dans la poutre : S . bois.…). Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc. la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration. VI . béton armé. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. Dans ce cas. …) Page 106 / 106 .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

.....................................Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1............................................APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES........................................................................................................... 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES ..........Travail élémentaire d’une force................................................ 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES ............. 22 1°/ INTRODUCTION............................ .......... 3 a ................ 6 b ........................................................................................................................ .................... 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE...................... 14 b ..........Notion de potentiel d'une structure ................................................. NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE.................................................. ..................... ............Expression du potentiel...................Cas d’une structure hyperstatique de degré 1.................... 14 c .........................Notations utilisées pour les démonstrations................. 13 a ....................................................Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO.Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental...................... ......................... 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE...Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive.................................. 16 d ..................... 12 d .......... ....................................Travail d'une force................................................................. .. 22 2°/ METHODES DES FORCES...Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ..... 6 a .......................... en tant que fonction des variables efforts extérieurs ..................................... 25 Page 2 .................................................................................. ....................................... Wdéf.................................. 22 a ....................... 24 3°/ THEOREME DE MENABREA........................... ou théorème de MULLER-BRESLAU ............................ 3 b ....................Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental................................ 20 II ...................................Calcul de Wext ..............................THEORIE DU POTENTIEL INTERNE................................................... 7 c ................. 22 b ..........................................................Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité... 19 e ..........énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures..... 3 c .............

dl. la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire. c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) . sauf mention particulière. notion de potentiel d'une structure. entre 0 et P. 1°/ Introduction: Travail d'une force. Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I .on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant.THEORIE DU POTENTIEL INTERNE. Lorsque P augmente.dl = F. des structures planes chargées dans leur plan. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl . dW = F . Page 3 .cosθ A F θ A’ dl b . soumise à l'effort P.Travail d'une force. a . Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué. On suppose en outre que P est appliqué progressivement. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement.Travail élémentaire d’une force.

λf]. f. . dλ . .P. . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . d'où: W= Soit W= 1 f.λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. . P + (dλ)² . celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . (λ + dλ) P = λ . . λP (λ + dλ) P . P on néglige le terme (dλ)² . dλ . . Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . Comme dans l'exemple précédent. P qui représente un infiniment petit d'ordre 2. P 0 . . f. 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. le matériau constituant la tige est élastique linéaire. . travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. et Page 4 . dλ . Il reste alors: dW = λ . P 2 ∫ dW = ∫ f . f . conjointement.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. P W. f 0 . . par rapport au terme λ . Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. λf (λ + dλ) f . f . . P. f . . . travail à fournir pour l'allonger de Δ.

. par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ . on parle aussi d'énergie potentielle d'un système.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement. Page 5 . . par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ.le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire. F . .on négligera le poids propre des structures. Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent. Ces hypothèses sont les suivantes: . . 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire. dλ . . Δ 0 . traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. Δ 2 ∫ dW 0 1 c . .Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. . . . . . . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F.les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble. . 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . 0 . C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)). λΔ (λ + dλ) Δ . .les effets thermiques ne seront pas pris en compte. . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . λF (λ + dλ) F .

Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système. indépendamment des états intermédiaires . 3°/ Théorème fondamental de l'énergie. et non de l'état lui-même.Wdéf Page 6 . Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. en statique. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). de manière réversible. a . Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps. Wdéf : énergie de déformation. l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante.énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures. On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations. Pour un solide isolé. Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près.la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -. dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables.

Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf. REMARQUE : il serait plus exact . déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. énergie de déformation. ici F.Calcul de Wext . et avec une écriture purement formelle. Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. il induit un déplacement de la structure. Wdéf. b . On a donc: Wext = 1 F . ∗ Expression de Wext. L'effort extérieur est appliqué progressivement. yF 2 ∗ Expression de Wdéf. dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire).de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes. Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire. travail des efforts extérieurs. Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort. sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire. Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 . Par analogie avec l'expression précédente (Wext).mais plus difficile à comprendre .

Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion. contraintes normales . Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ).ε :σ. vis-à-vis des sollicitations élémentaires.torsion :σ. En outre les déformations. et les déformations engendrées par ces contraintes. WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T). ainsi que les déplacements sont infiniment petits. chargées dans leur plan: . Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations.traction.γ :τ. contraintes tangentielles .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations.flexion. Page 8 . . en se limitant ici à l'étude des structures planes. Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). compression . T.ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire.χ :τ. on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition. ou à la compression (C). Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes. ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T.

on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple. ou de la compression. Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. ou à la compression simple : Page 9 . N est un effort extérieur. on a : 1 N × (allongement du tronçon dx). donc on adoptera la représentation de la figure b. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N). Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant. La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. Pour ce tronçon de longueur dx. Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx. On suppose donc. on se place dans le cas de la traction simple. que s'il y a compression simple. ou de compression simple.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

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Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là. deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: . déterminées par la statique. .tantôt en fonction des efforts extérieurs. V(x). . le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer. Or N(x).le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques).la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). analytiquement). Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. V(x). une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale. On en déduira: . il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B. . tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F.tantôt en termes d'énergie de déformation. M(x). exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux. à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici. Dans le cas de structures hyperstatiques. Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours. Page 13 . donc. 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale. En outre. M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure. et c’est à partir de lui seul. 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: .le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x).YB . Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B.la méthode analytique (calcul de l'intégrale. Pour les applications. il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale.

on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj.Notations utilisées pour les démonstrations.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a . dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). dû à Fi . dû à Fj . b . on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure. on pose Δii = Fi δii. dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure.Expression du potentiel. δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent. Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à Fi. dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). (S) : où i et j sont des indices muets. Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. et par généralisation. dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. Considérons la structure suivante. on pose Δij = Fj δij.

potentiel de la structure. que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan. indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points. on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti).W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. . Page 15 . REMARQUE: De ce fait. l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche. l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure. REMARQUES : .Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence. C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i. j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj. Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W. il n'y a pas de torsion). il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure.

On a donc. Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi. Ce théorème.On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. on applique progressivement en j l'effort Fj. Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti. son énergie de déformation est W1 . lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. Δij = Fj . 1 Valeur du travail effectué : W2 .W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2. petites déformations. de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii. noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure. Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée. La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . La structure se déplace de S1 en S2. mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements. pour l'état final. Les deux points sont supposés être à la même température Fi . Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. le point j s'est déplacé de Δji.Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO. lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj. La structure se déplace de S2 en S3.

Valeur du travail effectué : W’2 . La structure se déplace de S1 en S’2.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 . l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. on applique progressivement en i l'effort Fi. La structure se déplace de S’2 en S3.W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj. le point i s'est déplacé de Δij.W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 .W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2. La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 . de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj.

Les énergies de déformation sont donc identiques. Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation). Si Fi et Fj sont unitaires. Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. On part du même état initial S1. ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α). Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. que l'on suive le trajet (α). cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire.

d . à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement. on fera intervenir un effort fictif X. Page 19 .Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive.D. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. au point et dans le sens du déplacement Δ cherché. de tous les termes δij et δji égaux. X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. X → effort fictif. X) représente l'énergie de déformation de la structure. après dérivation. C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement. il n'y a pas d'effort appliqué. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO. coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T. Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental.

Elle est.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. ⇒ voir T. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. Exemples d'application: e . ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure.D. dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures. ceci dans le but de simplifier les écritures.Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité. afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano. cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 . bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation.

on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure. Fi représente un effort concentré appliqué en i. sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure.D. REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi. On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i. M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). Exemples d'application : Page 21 . structure ES ∫ V Vi dx . structure EI ∫ NN i dx . II faudrait écrire M(x).

Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques. . Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1. encastrée en A. 1°/ Introduction.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES. Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche). de rigidité en flexion EI = constante. Ces deux méthodes.la méthode des forces. en ce qui nous concerne. différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : . 2°/ Méthodes des forces. Considérons une poutre de longueur l. sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p. La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . Soit Δ1 = 0 Page 22 . Nous allons. l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort.la méthode des déplacements. étudier la méthode des forces. a . l’autre qui prend comme point de départ les déplacements.

Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 . on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p). (S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1. (S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1. Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition.

Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1. Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité. Le principe reste identique à ce que nous venons de voir. b . on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 . M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela. Lorsqu’on rend la structure isostatique. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p).

∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. on a δ21 = δ12 2. le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul.-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. REMARQUE : 1. on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre. Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 . Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques.-Théorème de Maxwell-Betti. 3°/ Théorème de Ménabréa.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 . 2 . 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.Définitions et notations.2 – Notations. 3 – Théorème des trois moments. 1. 1.Formulaire des rotations usuelles.1 – Définitions.Poutre isostatique associée. 5 . Page 1 / 8 .

….2 – Notations. Une poutre continue est une poutre droite horizontale. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique. sans encastrement. Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples. 1. La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales.Définitions et notations. 1. …. An Les travées sont numérotées de 1 à n. Ai. Page 2 / 8 . On note Li la portée ou longueur de la travée i. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1). On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai. Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0.1 – Définitions. reposant sur plus de deux appuis simples.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 .

A i-1. …. …. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1. Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . …. ….Poutre isostatique associée. Par exemple. Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 . Mi-1. En fait. Mi. A i+1. Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue. A i. Mi+1.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale. dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 . donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i. considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes. donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i. i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments.Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 .M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI . Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées. Page 6 / 8 .

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte. l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' . pour le moment fléchissant. Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis. on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 . Soit.θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.

I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.Formulaire des rotations usuelles.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 .

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