Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Les surfaces de contact sont quelconques. intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4. Ry et Rz. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides.Liaison glissière. Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques). Tz. Page 18/ 106 . Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Le nombre de degrés de liberté est 0.3 .Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites.Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques. Ry et Rz. 4. Le nombre de degrés de liberté est 1. Ty. 4. Tz.2 .1 . Parmi toutes les liaisons parfaites. Rx. Le nombre de degrés de liberté est 1. La rotation Rx est autorisée. La translation Tx est autorisée.Liaison encastrement. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty.

Le nombre de degrés de liberté est 3. 4. 4.7 .Liaison ponctuelle. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact). Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2. Contact entre la génératrice (A.Liaison linéique rectiligne. Ry et Rz.6 . Le nombre de degrés de liberté est 5. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. 4. Page 19/ 106 .5 . Les 3 mouvements empêchés sont : Tx.Liaison appui plan.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4. Le nombre de degrés de liberté est 4. Le mouvement Tx est empêché. y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Ry et Rz.Liaison rotule. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Le nombre de degrés de liberté est 3.4 . Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Ty et Tz. Ry et Rz sont autorisées. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon. Les trois rotations Rx. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx.

En génie civil. translation selon l’axe (A. y ) . translation selon l’axe (A.Rz. il y a 3 mouvements indépendants : . rotation autour de l’axe (A . z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.Tx.Ty. x ) . Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . Le repère local associé est R(A. l’articulation et l’appui simple. les études se font dans le plan. x . Dans le plan.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. y ) .

... 31 8...........................................2...................................................................... 31 8...........................Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent................ 32 8...........................Liaison appui plan........................2.................................................................Liaison rotule.Torseur associé............................2.........................1 ... 32 8............................... ..... 33 Page 21/ 106 ..Liaison ponctuelle..2..................... ..2............................Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 .....Exemple... 32 8........................................................... 32 8...........Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I ............................. 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact.....Les différents types d’actions mécaniques....................... 31 8.................. 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point................ 31 8....... 22 1°/ Notion de force.......... 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ............ 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison.........................................................................1. 22 III ................ .. ..................................................................3 ......2......................................2............................................1 ..................Liaison glissière................. 24 2.......................4.......... ......... 31 8..............................5................................................................................................................................... 22 II ..............................3....Définition du moment d’une force par rapport à un point............................................................................................................................................. ................Modélisation des actions mécaniques.................... 24 2....................2 ...............Actions intérieures et extérieures....................... ............................................................................................ 33 8..................... 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces ..........................................................................Notion de moment ..Liaison pivot.........Torseur associé......... 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids........... .........2............................................................ .............. 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force ....................................Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil............................................... 27 5°/ Isolement d’un système ....Liaison encastrement.........Définition d’une action mécanique.. ..................................6........7......... ............................................2 .........Liaison linéique rectiligne....................................................................................Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison................................ ......................................................... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact..............................

qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel.déformer un corps. température. II .les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface.DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE. .les actions de contact. . électromagnétique ou électrostatique. … Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2.LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES. . On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : . .les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I . Exemples : charges appliquées. tassements d’appui. . Les actions de contact se répartissent en trois groupes : .les actions à distance. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide. Page 22/ 106 . 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact. Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique.créer un mouvement. précontrainte. La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids. On peut distinguer deux grandes familles : . droite ou non. 2°/ Les actions mécaniques de contact.les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface.maintenir un corps au repos.

Page 23/ 106 .son intensité. . on la note F12 . 1°/ Notion de force. On appelle force une action mécanique de contact ou à distance. les actions sont surfaciques. III .son sens. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application.MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES. . (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force. Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2. mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. L’unité de la force est le newton noté N.sa direction. .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas.

Notion de moment . Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. Dans un premier temps. compte tenu de sa position.) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. Page 24/ 106 . (Ici. Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps. Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés.Exemple. moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle. 2. Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer. le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin.1 . Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique. par contre la position de la buse a changée . elle est nettement plus éloignée de la pelle. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point.

Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A.F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. z ) M A F12 ( ) moment est positif. le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d .m.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2.Sens du vecteur moment : . est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O.F12 et A sont dans le plan (O. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d. notée M A F12 . Le moment de la force F12 par rapport au point A. donc le x // (O.Définition du moment d’une force par rapport à un point. est le ( ) x Convention de signe . L’unité newton×mètre noté N. x . z ) . noté M A F12 . 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. et dont le point d’application est A. ( ) est de Page 25/ 106 . d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. F12 ( ) . y ) . ( ) d A O z .2 . M A F12 même sens que z.

.F12 et A sont dans le plan (O.F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. ou si F12 = 0.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire). x . F12 ( ) . on pourrait très bien choisir l’inverse. Page 26/ 106 . Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan. ( ) Attention. M A F12 est de sens opposé à z. z ( ) le moment est négatif. 2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. c'est-à-dire parallèle à l’axe (O.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). z ) . Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude. donc x ( ) d A O z // O. on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . y ) . le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d .

Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A.Torseur associé. Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S . Comme nous l’avons vu au paragraphe III. . F2 S .. F4 S . la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique. le moment de cette force. et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force . compte tenu de sa position..Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 . .2-1. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 . Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + .. F3S .Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A.. L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur..Torseur associé. est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique. ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces .

On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée. ⇒ voir figures ci-dessous. Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué. c'est-à-dire isolé. il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments. Lorsque l’on isole un système matériel.Actions intérieures et extérieures. Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel. 5°/ Isolement d’un système . suivant leur situation par rapport au système matériel choisi.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} . Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel. Remarque : Le poids est toujours une action extérieure. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 .

Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas. les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas. Elingues.Direction : la verticale passant par G. on prend une valeur arrondie : g = 10 m. Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel.Intensité : P = m .Sens : vers le bas.s-2 Remarque : en génie civil. 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids. Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique. y) dont l’axe (O. Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : . c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). y) est vertical ascendant. centre de gravité du solide.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. . Ainsi. panneau et élingues isolé). le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme). . Page 29/ 106 .81 m. les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau).Point d’application : G. En effet. g = −g ⋅ j . dans un repère (O. . Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier. g = 9. avec g = accélération de la pesanteur. x. g P en newton N. m la masse du solide en kg. En effet.s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ».

puisque si est très petite. La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. y. Ainsi. x . z ) . (i variant de 1 à n).Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. ayant pour centre de surface le point Pi. l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. Compte tenu des déformations locales. on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O. Dans ce cas théorique. L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. c'est-à-dire sans adhérence. fi est considérée perpendiculaire à si. z ) . Page 30/ 106 . y. z ) . tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface. x . fi est considérée comme uniformément répartie sur si. x . y. mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. Le contact entre les solides est considéré parfait. fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. Pour plus de commodité. nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2.

Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent. Dans le chapitre précédent.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison. Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé.1.Liaison pivot La rotation Rx est autorisée. Le nombre de degrés de liberté est 1.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison. Autrement dit. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement. ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 .Liaison encastrement. si un mouvement est empêché. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. 8.1 . Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides.2. c’est qu’il y a une action qui s’y oppose.2 . Tz.2. 8. Le nombre de degrés de liberté est 0.2. 8. nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations). Par contre. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. Ty. Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis. Ry et Rz. ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.

La translation Tx est autorisée. Rx. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz. Ty et Tz. Ry et Rz.Liaison rotule. Tz. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Les trois rotations Rx.Liaison linéique rectiligne.2. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx.Liaison appui plan. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. Le nombre de degrés de liberté est 1.6. Le nombre de degrés de liberté est 4.Liaison glissière. Le nombre de degrés de liberté est 3. Le nombre de degrés de liberté est 3. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty.4.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8.3. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.2.5. Ry et Rz. Ry et Rz sont autorisées. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8.2. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 .2. Les 3 mouvements empêchés sont Tx.

Liaison ponctuelle.2.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 .L.3 . Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A. l’articulation et l’appui simple.S.S.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8.D. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8. Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc. Le mouvement Tx est empêché. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Ry et Rz.7.)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D. Le nombre de degrés de liberté est 5.

.... 40 V .................................................................................................................................................................................................................................................................................................... 35 II ...................................... Isostaticité................................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 ....................Organigramme de résolution d’un problème de statique..................Degré d’hyperstaticité .......................... 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces ...............................Equilibre d’un système matériel.........Systèmes matériels composés de plusieurs solides............Principe fondamental de la statique .............. ............ 38 IV ..... 42 VI ...... 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces................ Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité............. 43 Page 34/ 106 ........................ .................................... 37 1°/ Enoncé du PFS............. 35 2°/ Isolement de plusieurs solides.............................................................Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I .................................................................... 36 III ............ 35 1°/ Isolement d’un solide...... 39 1°/ Hypostaticité........................................................ ...............Notion d’isolement............................................................................................. 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité............................................................................................... ..................................................

• actions de contact. C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique).Panneau) isolé 106 Page 35/ . La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique.1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. • intensité.l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau. Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau. destiné à décrire et à définir : .NOTION D’ISOLEMENT.tous les éléments connus concernant ces actions : • direction.1 m Câble de la grue Palonnier 1.5 m 1. Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : .5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides. 1. 1°/ Isolement d’un solide. . • sens.toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids).Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I . Dans le cas de plusieurs solides. … .Elingues . Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier .1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0. Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié. • distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs. les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures. • point d’application.l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier.

{ } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + . Page 36/ 106 . y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n .EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty ... Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide. + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures. + M (F ) + ... Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide...Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II .. + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + . + F i S + ..

au cours du temps. par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 . L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 . dans l’espace. ⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G. III . Donc. pour que le solide soit en équilibre. c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 . il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si.PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit. alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère.

Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : . x. B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S . y) ).ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 . comme c’est habituellement le cas en génie civil. non nulles et de points d’application respectifs A et B. B et C.concourantes. il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O. Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées. (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 .

Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC . le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS . B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV .DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. auquel cas le système est hypostatique. le nombre d’inconnues. Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). il y a trop d’inconnues. Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. On peut résoudre avec le PFS. On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS. Il n’y a pas de solution.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. Ainsi. et NEQU . On dit que le système est Hyperstatique. On dit que le système est Hypostatique.ou de même droite support. Page 39/ 106 . Isostaticité. Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS. Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan. On dit que le système est Isostatique. il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS. le nombre d’équations. Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible).

Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 . 1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 .Articulation : 2 inconnues . ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.Appui simple : 1 inconnue .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité.

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC . Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS. Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS. donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique . si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE.NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) . 4 Nature du système Page 41/ 106 . b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 . on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS.

Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique . JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME . les angles éventuels.J’écrit les renseignements connus (repères A. …) . PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 . Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère. les distances.Je place le repère .je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact. C.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V .…. ⋅ Actions à distance (Poids). MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE.ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE. B.

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 .SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES. En B et C Encastrement. En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique. Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation.

B2 1y M B1 2 = . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3). Page 44/ 106 . A0 1y et D0 3x . il faut isoler les barres 1. N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique. L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS. Pour faire « apparaître » les actions intérieures.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme. 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS. J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x . Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures. dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C .C2 3x B1 2y = .M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C). Donc. Démarche à suivre : J’isole le portique. pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C.M B 2 1 C3 2y = .B2 1x C3 2x = . A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = .C2 3y M C3 2 = . on peut déterminer les actions A 0 1x .

M C 2 3 ).le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x .les 3 actions F1 . et M B1 2 (puisque B1 2x = . A 0 1x et A0 1y sont connues.F − 2. C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = .il y a 3 actions inconnues C3 2x . Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues.B2 1x .5 kN ⎪ D = 12. B1 2y = .F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2. .5 = 2.l’action D0 3x est connue. M B 2 1 que je détermine avec le PFS.F2 + 2. B1 2y . C3 2y = . A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12.B2 1y et M B1 2 = .5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2. C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : .5 kN ⎪ ⎪4. Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x . . B2 1y .M B 2 1 ).F1 = 30 + 20 = 12.il y a 3 actions inconnues B2 1x .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : . je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.D − 2.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x .C2 3x . J’isole la barre 2 : .5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x .C2 3y et M C 3 2 = . .

m ⎩ B2 1 = 2.5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN.B2 1x .5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2.5 kN) B M B2 1 (20 kN. B1 2y = .5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 . M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = .m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2.5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2.m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2.B2 1y et M B1 2 = .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2. B2 1y .M B 2 1 .5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x .5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12. y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2. M B 2 1 avec le PFS.m F1 A 1 x A 0 1y (2. ⇒ M B1 2 (20 kN.F − 3.5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.F1 = 20 kN.B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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.utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin).de petits déplacements.de petites déformations.continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre.le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites. .homogènes : tous les éléments du matériau. . aussi petits soient-ils.la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale).HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : .les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives. » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : . . Page 50/ 106 . 2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : . on parle de solide élancé. . AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée. .Mécanique des structures Sollicitations TS II .isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions. 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation. ont une structure identique.

. Ces forces se développent à l’intérieur du matériau.Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés. déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière. On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x).des actions de liaisons R i . 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i .des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1).des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi . . appelés efforts intérieurs. Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . Nous allons. on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre. Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x). III . dans ce paragraphe.SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION . efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau.EFFORTS INTERNES. Page 51/ 106 .

y) et (G. 2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . x). on appelle sollicitations les projections sur les axes (G. (G.Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion.

Mfz(x). représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 . que nous noterons M(x). que nous noterons V(x).x + Vy (x). les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : . G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement. x. . tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O. Vy(x).z 2 M 2 (x) = T(x). R1 (x) = N(x).y + VZ (x). Dans ces conditions.y + Mf Z (x). .Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion.le moment fléchissant suivant z. y).l’effort tranchant suivant y.l’effort normal N(x).x + Mf y (x).z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan.

Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .

d’un pays à l’autre. Quelle que soit la convention retenue. Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre. ou Mf existe alors que les autres sont nulles.somme des forces à gauche de la coupure. on dit qu’on a une sollicitation simple.Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. Si deux composantes au moins sont non nulles. . on dit qu’on a une sollicitation composée. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . etc. traction+cisaillement. torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N.somme des forces à droite de la coupure. T. Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction. V.

.Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . x. On obtient alors les diagrammes des sollicitations N.des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière).Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 .Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = . Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x). V et M en fonction de x.Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations. y).5 m 0. La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre. le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies.3 m Pour un problème dans le plan (O.des actions extérieures (connues). La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : . on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = . Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1. il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections.

S. on peut s’intéresser aux sollicitations.6 kN.8 .5 m 0.Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P.m 1. Donc.3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations. et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1. 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45. nous permet de déterminer les actions de liaison. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1.5 m 0. Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre.10 x [ m ] Page 57/ 106 . on peut lire les valeurs des sollicitations.3 m Quel que soit x. pour tracer ces diagrammes.F. Pour une abscisse x quelconque. on va faire varier l’abscisse x de la coupure.

5 .8 – x) m ] + [ .5) = .8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.5 × (1.8 – x) = 5 x .5 . 2 valeurs aux limites x = 1.5 1.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1.25 kN ] V(x) = .5 m ⇒ V(1.26.5 kN/m répartis sur (1.5) = .1.5 m : 0.5m : x > 1.8) = 0 x = 1.5 kN/m répartis sur (1.5 m ⇒ V(1.1.8 m ⇒ V(1.5 m Il faut distinguer le cas où x > 1.8 – x) m V(x) = .26. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.8 x [ m ] - .9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.34 Page 58/ 106 .5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ . 2 valeurs aux limites x = 1.5 m et x < 1.5 × (1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.

8 – x) m avec un bras de levier de [(1.5 (1.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .225 .6 kN.8 – x)² / 2 ] + [ .25 kN avec un bras de levier de (1.m 1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.5 1.5 m ⇒ M(1.5) = -0.2.225 kN x < 1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.2.5) = -0.8 – x)/2] m M(x) = [ .45.8 m ⇒ M(1.5 kN/m répartis sur (1.1 C’est l’équation d’une parabole.5 – x ) m ] M(x) = .225 kN.5 m ⇒ M(1.5 x² + 34 x – 45.5 m et x < 1.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.8 x [ m ] - .6 Page 59/ 106 .5m : x > 1.m ] 1.5 x² + 9 x – 8.5 (1.5 m 0.8 – x)² / 2 ] M(x) = .5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.0.m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.6 kN.8) = 0 x = 1.6 C’est l’équation d’une parabole.

Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x).q(x). infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) . la relation reste exacte dx Page 60/ 106 . ⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ).dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ). Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines. y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx.dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) . dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à . V(x) et M(x).dx − q( x ). l’effort tranchant est constant. (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) . dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . distantes de dx. dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 . Si on néglige dx². (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ).

on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . (2) ⇔ − M ( x ) + V( x ).kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. V est constant et M varie linéairement. M est croissant et inversement. donc un point singulier dans le diagramme de M(x). si le tronçon supporte une charge uniforme.dx + F. REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque. M passe par un extremum. dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx. Dans le sens des x croissants. si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant. si V s’annule dans une section. Si V est négatif. en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé. Page 61/ 106 . M est maximum. V varie linéairement et M est une parabole.

Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant. dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ . Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du .V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 . on peut tracer la tangente à la courbe M(x). Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire.RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X).au +. Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire. Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant. CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -. En tout point. V(X) ET M(X). Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant.

....................... 68 4°/ Rayon de giration .......... 66 3°/ Moment statique des surfaces composées............................................................................................................................ 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées ....... 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés................................................................................... 66 1°/ Définition......................................................................................................................................................................................................................... 70 Formulaire Moment quadratique .......................................................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés ................. ........................................................Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 ................................................................................ 65 II ....................... 64 1°/ Définition............ ................Centre de gravité................................................................................ 68 IV ....................................................................... ... 66 1°/ Définition......................................................................................................................................................Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan ......... 69 Formulaire Centre de gravité...................................................................................... 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés................. 67 2°/ Théorème de Huygens......................................... 66 III .......................................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I ................................................................ 71 Page 63 / 106 ............ ...........Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan.......... 64 2°/ Théorèmes de Guldin............ 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie......................................................................................................................................................................Applications.....................

dS S i S Page 64 / 106 .dV S Dans ce cas. yi et zi les coordonnées du point Mi. La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau. y M1 G O z x Mi Mn Par définition.dm m zG = ∫ V zi . On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG. …. …. La relation devient : xG = ∫ V x i .dS. x. un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1. dmi.m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i .dV zG = ∫ V z i .dm − ∫ OG .dS S i yG = ∫∫ y . dmn. …. G est appelé centre de surface.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG . → Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e. M2.dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV .dm −OG .CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons. Mn. le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i . avec S la surface du solide. …. Ce solide est de volume V.dV yG = ∫ V yi . y. z).dm = 0 V V OM i . xG = ∫∫ x .dm m yG = ∫ V yi . dm2.dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i . Pour déterminer la position de G dans le repère (O. Mi. dans l’espace.dS S i S zG = ∫∫ z .dm = 0 G est aussi appelé centre de masse.dm m (1) Soient xi.dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i . yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i . de masse respective dm1.S et dV = e.

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. Page 65 / 106 . un axe. ou un centre de symétrie. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. 2°/ Théorèmes de Guldin. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie. son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie.

x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G . y ) (S) = x G . La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O .S et W( O . 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. M2. …. S2. …. dSi. …. x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + .MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN. x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface. Mi. Mn.S yi .. composées de plusieurs surfaces S1. dS2.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . ….dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul. Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. …. dSn et un axe Δ situé dans son plan. + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 . x. Sn. Soit dans un repère (O. y) : Démonstration : y Mi dSi W( O . On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ. de surface élémentaire dS1.. 1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1. x ) (S) = yG .S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O.

x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O. augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes. x. y) : I (O.MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi.dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S.dS + 2d ∫∫ ri G .dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r . On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ.d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 .d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G . y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S. et un axe Δ situé dans son plan. de surface élémentaire dSi.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III . » ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S. Dans un repère orthonormé (O.

3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S. 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG .S 2 S y b ici.dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O .plus le moment quadratique est grand. x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h . 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S .plus l’axe s’éloigne du centre de gravité. plus le moment quadratique est grand. …. . Sn. x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx. x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 . + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S . est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + . S=b×h W( O. Par définition : W( O.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . composées de plusieurs surfaces S1.. 2 IV . plus la section a du mal à tourner autour de l’axe.APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. y y’ x I(O.. S2.

x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 .y G I( G . x ) (S) = I ( G .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. x ') (S) = I( O. x ') (S) + S. On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S. x ) (S) − S.⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ).d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O.yG I ( G .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

... 79 1°/ Condition de résistance....................... 76 III ........... 73 II .........................................Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal............................Traction ............................................................déformation .....................................................Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal....................................................... 79 2°/ Condition de déformation...........Contrainte due à l’effort normal....................................................... .................................... 79 Page 72 / 106 ................... 79 VI ..........................Loi de Hooke.....................................................................Mécanique des structures Traction ................................................................................................Sollicitation étudiée : l’effort normal ... 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale ............................................................................................................................................................................................... 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte ............... 76 1°/ Notion de contrainte...compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I .......................... .. 77 IV ...............Déformations dues à l’effort normal........................Quelques ordres de grandeurs .................................. ........................................................................................Compression TS Chapitre 6 ............................... 78 V ...............Loi de comportement des matériaux........... 75 4°/ Généralisation.. 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal........... 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux............. 79 VII ................................................................Coefficient de Poisson ν................................ .........

.SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple. Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux.Compression TS I . N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II .LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX. Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0. 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux.F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 .Mécanique des structures Traction .

Loi de Hooke. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm². ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte). ou module d’élasticité longitudinal (Ex). celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes. L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. On dit que le matériau a. du matériau et caractérise la rigidité du matériau. Fe S Page 74 / 106 . .Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne. ou MPa. Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young. (OA = droite de pente E) Dans cette zone. si on décharge l’éprouvette.déformation . La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité. on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »). ΔL est appelé l’allongement absolu. elle revient à sa longueur initiale.Mécanique des structures Traction .déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte . comme un ressort. .en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte . E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe.Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. dans cette phase. un comportement élastique linéaire.en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »). Ainsi. Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. F .

mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort. La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr.Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas. . c'est-à-dire une déformation permanente. on rentre dans le domaine des grandes déformations. ΔL < 0 Dilatation latérale .1 et 0.5 (0.Compression TS . L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0. -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. A ce stade.3 pour les métaux et 0. 3°/ Contraction ou dilatation latérale . celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale. cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ». où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. Page 75 / 106 . ΔL > 0 Contraction latérale .Mécanique des structures Traction . c’est le phénomène de striction. celle-ci subit une déformation longitudinale εx . A ce stade.15 pour les bétons). on constate un allongement résiduel.Coefficient de Poisson ν. Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture. Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = . Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal . Puis la rupture intervient (point D).Partie AD : au-delà du point A. respectivement une contraction ou une dilatation. respectivement un allongement ou un raccourcissement. le domaine plastique. si on décharge l’éprouvette. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal .

Pour cela. 1°/ Notion de contrainte. compression. III . . Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section.une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles.coefficient de Poisson : ν.limite d’élasticité : σe . flexion sur les bois.module d’Young : E . Dans une section droite de poutre. .traction directe sur les métaux. par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons. .Mécanique des structures Traction . on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau. d d d Page 76 / 106 . Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . -compressions sur les bétons.traction par flexion. on réalise des essais sur des éprouvettes : . . . il faut introduire la notion de contraintes.Compression TS 4°/ Généralisation. les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section.traction.contrainte de rupture : σr . Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux. En résistance des matériaux. .une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes.CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL. Tous ces essais font apparaître deux phases : .

Ces surfaces. σ > 0.t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n . sont orientées par deux vecteurs unitaires : . on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. 1 Pa = 1 N/mm² . n défini de la façon suivante : ( ) en un point M. Autour du point M.si N > 0 : effort normal de traction. suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures. 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² .Mécanique des structures Traction .Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites. Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne).si N < 0 : effort normal de compression. σ < 0. est df . 1 bar ≈ 105 Pa = 0. n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. x) : . Φ (M. selon l’orientation θ de la coupure. il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité. t = + . on parle d’état de contrainte. . n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »). π . Le vecteur contrainte Φ M. ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal. 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1. sur la facette dirigée par le vecteur n . également appelées « facettes ».1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. Page 77 / 106 .n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure.

(a) (b) IV . loin des points d’application des charges concentrées. Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre. » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x). qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b).Mécanique des structures Traction . Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a). Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. − Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression).Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. − Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction).DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx. les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section. on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures. Sous l’effet de l’effort normal. Page 78 / 106 .

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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Vy≠0.LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : .CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0. L’expérience montre qu’entre les points C et D. .la poutre admet un plan de symétrie longitudinal. ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= .Mécanique des structures Flexion TS II .les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent.d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale). . notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique. Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 . Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df . les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment. .d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement).la section droite de la poutre est constante. se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre. .la ligne moyenne de la poutre est rectiligne. .toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. dS z Cette contrainte est la somme : . ⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III .

donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »).d’après le principe de Navier . restent planes après leur déformation. z) : z G M z (x) S(x) . ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz.l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz . Considérons une surface élémentaire dS de la section S. Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L . avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation .de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y .Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz. les sections droites.le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS . Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante. moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz. dS est centrée sur le point P de coordonnées (y . Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 . axe principal de la section S. planes avant leur déformation.l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion. Page 83 / 106 .Bernoulli.

y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement.Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz . (S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . et réciproquement si Mz est négatif. finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré. Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre . z) est le plan neutre et (G. Dans les conditions normales d’utilisation. z) est l’axe neutre. et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc. ⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G. y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. x.σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre). v = ± h 2 Page 84 / 106 .σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). .

section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. . Sous l’application de charges. il reste deux groupes d’inconnues : . On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. la ligne moyenne d’une poutre se déforme. Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ.D3/32 ≈ 0. Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis.1 D3 .la forme et les proportions de la section.h²/6 ⇒ 2 inconnues. IV . Exemples : . Page 85 / 106 . La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée. il faut choisir un rapport entre b et h. En général.section rectangulaire : I/v = b. b et h. .ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations. on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension. ⇒ 1 inconnue a.ses dimensions. sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux.Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique.section circulaire : I/v = π.

cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites). y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration. d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc.Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx. et soit ρ. on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or. 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. En effet. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique.

en traitant d’autres exemples.l’allure du moment. x = 0 et y = 0 . que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples. Page 87 / 106 . y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ .en B.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : . θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi.en A. x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. c'est-à-dire pour x = l / 2. θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A. y est maximum pour y’ = 0.

................................................................................ 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion... 92 3..................... 91 II .............. 90 3.................................................................................. ........ 92 3...........................Calcul de la contrainte tangentielle τ............................Etude du cisaillement simple..................... 90 3......................1 .............................. .................... 95 Page 88 / 106 ........................................................ 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant...... 94 III ........................ 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement .............................. ................................................Cisaillement simple ...............................Condition de résistance .......... ................................... .............................................................................. 94 3.... 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant...............................Section réduite.................................2 .................................................... 89 2°/ Essai de cisaillement ..............................Etude du cisaillement de flexion.....................2 ............................. ..............Loi de comportement du matériau....Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire..............................................................................1 ...............................Définition .......... 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple..............Répartition de la contrainte de cisaillement simple..........3 ..Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 ..............................Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I ...................................

lors d’un essai de cisaillement on observe : .Loi de comportement du matériau.ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE. En effet. les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant.Mécanique des structures Cisaillement TS I . y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement . Sans entrer dans les détails. On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V. 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant.un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 .

dS 3.Mécanique des structures Cisaillement TS . la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section. 3°/ Contrainte de cisaillement simple. dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement).une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy. .Répartition de la contrainte de cisaillement simple. en MPa. telle que. Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa. y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche.une zone de déformation plastique AR. Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S. 3. .La contrainte de cisaillement est représentée par τ.1 . E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite). G est appelé module d’élasticité transversal.2 . donc pas de contrainte normale σ). Page 90 / 106 .Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre.

il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement. C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre. y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 . II . on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant).Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple.ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant.

Calcul de la contrainte tangentielle τ. b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y. 3.Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. y ) z τ x (x . y σ x (x. C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. y ) σ x (x + dx . y ) y x x dx Page 92 / 106 . de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures. les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle.1 . 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion. On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L.

En projection sur x.Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. y ) = − τ x (x . Elle ne varie qu’en fonction de y. y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx . y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x . y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b. y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x .I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné). cela donne : τ x (x . y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement. la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 .

2 . on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole.Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire.Section réduite. IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .3 . τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3.Mécanique des structures Cisaillement TS 3.

τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A .5 MPa Pour le béton. τmax ≈ Vy A âme III . en général.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1. ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement.Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1. Pour le béton armé.CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression. Par contre le concepteur n’a. pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible. τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme . la résistance au cisaillement est très faible.Acier : 100 MPa .Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A . On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : . c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 . on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure.2 MPa .

.. 97 II ......................Sollicitation étudiée :... 97 III .......Contraintes normales ................................................................................................................................................................................................................................................................................................................... 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés.............................................Noyau central ..............Contraintes tangentielles :........ 100 VI ... 98 3°/ Force excentrée équivalente ............ 98 IV ... 97 2°/ Position du plan neutre ........................................................................................................................Cas particulier d’une section rectangulaire ............................ 100 V .............................. 101 Page 96 / 106 .......................Flexion composée SOMMAIRE I .......................................................................................................................................Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 ................................................Dimensionnement en flexion composée........................................................ 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx............................

y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ».Mécanique des structures Flexion composée TS I .SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II . III . Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum. Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y.CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N. elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée. ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales.

e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés .Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition. Dans tous les cas. est inférieure à la contrainte normale due à N.Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion.en valeur absolue.Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 . σ N x . la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue. on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées. 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = .N. le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section . σ F x .

σ N x . σ F x .Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± . l’une comprimée et l’autre tendue. est supérieure à la contrainte normale due à N. 2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 .en valeur absolue.Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones.

e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections.CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. une zone tendue et une zone h2 comprimée. » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6.NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas).e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes. La répartition des contraintes est trapézoïdale. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction. y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V .Mécanique des structures Flexion composée TS IV . c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : . dans un ouvrage en maçonnerie. De même.h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes. σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire.

Lorsque la charge est en j.section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. Lorsque N est sur son contour.section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz). le noyau central est un cercle de rayon a. la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI . la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i. la ligne de contrainte nulle passe par A . pour toute une section. le noyau central est un losange. c’est-à-dire pour e = a. On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. Page 101 / 106 . la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : . ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij.Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons.

............Contrainte critique d’Euler.......................... 105 V ..................................Le flambement SOMMAIRE I .........................................................................................................Mise en évidence du flambement ..............................Charge critique d’Euler Nc ........Influence des liaisons aux appuis ....................Qu’est-ce que le flambement ?.... 106 VI .......................... 103 II .. 103 IV ..........Dimensionnement et vérification des sections.............................. 106 Page 102 / 106 ...............................................................................................................................Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 .... 103 III .....................................................................

On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre. y). En effet. en ce qui concerne l’équilibre statique.MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale). Dans ce qui suit. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. articulée à ses deux extrémités. Pour le schéma cicontre par exemple. Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. De même.Mécanique des structures Flambement TS I . la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. . les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation. x III . de ligne moyenne rectiligne. les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne. de section droite constante. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif. dans certains cas. y est la déformée de cette fibre. dans le cas du flambement. x. et soumettons la à un effort normal de compression centré.Lorsque N atteint Nc.CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B. la flexion se produit dans le plan (A. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 . x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes. M(x) = . nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent. II .pour un effort N inférieur à une limite Nc. perpendiculaire à (G.N y B N l0 y x Habituellement. z) (rotation de la poutre autour de l’axe z).QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion. On observe successivement deux types de sollicitation : . Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément. elle reste rectiligne et se raccourcit. la poutre est comprimée.

… π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée . donc A = 0 Pour x = l0. y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée. donc B sin ωx = 0 A étant nul. la poutre reste droite.N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement. y(0) = 0 .Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre. 3.N < Nc : compression simple. ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N. . elle est dite en équilibre stable. y(l0) = 0 .N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. elle est dite en équilibre neutre. La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0. il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). .voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . Remarques : Page 104 / 106 . A noter que B = ymaxi est en général petit. c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 . 2.

Mécanique des structures Flambement TS . celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire). .CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . toutes de même aire.Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible. V . le flambement se produit dans le plan (x.INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes. z).Pour les cinq sections représentées. Pour les deux sections représentées. IV . L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions. Iy < Iz.

à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. bois. ⇒ Voir les cours correspondants (BA. VI . Pour une poutre comprimée de section S. que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. il n’y a aucun risque de flambement.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré. Le dimensionnement se fait en compression simple.…).DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux . c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. Dans ce cas. qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible. …) Page 106 / 106 . béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau. La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ). . béton armé.si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc.Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc. Soit σ = la contrainte dans la poutre : S . donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement. la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration.

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

.............................................................Travail élémentaire d’une force............ ........................................... 6 b ........... 22 1°/ INTRODUCTION.........................................................................APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES........ 14 c ........ 3 b .................................................................................................................................................. 22 a ................................ 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES .......... 24 3°/ THEOREME DE MENABREA.................................................................... .......THEORIE DU POTENTIEL INTERNE.....................Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité...................................................... Wdéf.................................................................Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1....................Notion de potentiel d'une structure ................................................ 22 b ......................... ou théorème de MULLER-BRESLAU ......Notations utilisées pour les démonstrations............................... 6 a ........ en tant que fonction des variables efforts extérieurs ..... 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE.... ....................Cas d’une structure hyperstatique de degré 1........... 20 II ... 14 b .. ........................Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.................................................................. ...........Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO............................ 3 a .... 3 c ....................... 25 Page 2 ........................ ...................Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental................ 12 d ......... NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE........................................................................................................ 7 c ............................... ............................................................................................................. 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES ...........énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures................ 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE...............Travail d'une force.......................................................Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ...................................... 13 a ................................. 19 e ....................... ..............................Calcul de Wext .................... 22 2°/ METHODES DES FORCES...............Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive......Expression du potentiel....... 16 d ........

la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire. On suppose en outre que P est appliqué progressivement. entre 0 et P. soumise à l'effort P.cosθ A F θ A’ dl b . Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion.THEORIE DU POTENTIEL INTERNE. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl .Travail d'une force. Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué.dl.dl = F.on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I . Page 3 .Travail élémentaire d’une force. 1°/ Introduction: Travail d'une force. sauf mention particulière. a . notion de potentiel d'une structure. dW = F . des structures planes chargées dans leur plan. c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) . Lorsque P augmente. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement.

. P 0 . . par rapport au terme λ .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. .λf]. P. f .P. . f . celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . dλ . P on néglige le terme (dλ)² . λf (λ + dλ) f . le matériau constituant la tige est élastique linéaire. .λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. travail à fournir pour l'allonger de Δ. . f. λP (λ + dλ) P . (λ + dλ) P = λ . d'où: W= Soit W= 1 f. 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. . . . f 0 . conjointement. Comme dans l'exemple précédent. f . . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . et Page 4 . dλ . P + (dλ)² . P 2 ∫ dW = ∫ f . P W. dλ . f. . P qui représente un infiniment petit d'ordre 2. Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. Il reste alors: dW = λ . .

λF (λ + dλ) F . . F . 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire. . Δ 2 ∫ dW 0 1 c .les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. on parle aussi d'énergie potentielle d'un système. . Page 5 .on négligera le poids propre des structures. Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement. Ces hypothèses sont les suivantes: . . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . dλ . 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble.les effets thermiques ne seront pas pris en compte. 0 .le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire. . 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. . . par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ . . . . . par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ. C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)). . .Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. . . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F. Δ 0 . λΔ (λ + dλ) Δ .

la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante.la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). de manière réversible. Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. Pour un solide isolé. l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps. Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système.énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures. Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. Wdéf : énergie de déformation. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près. Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle. et non de l'état lui-même.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations. l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. 3°/ Théorème fondamental de l'énergie.Wdéf Page 6 . dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables. a . ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . en statique. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système. On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs. indépendamment des états intermédiaires .

sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire.de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes.Calcul de Wext . ∗ Expression de Wext. On a donc: Wext = 1 F . Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre. Wdéf. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 . L'effort extérieur est appliqué progressivement. déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. et avec une écriture purement formelle. Par analogie avec l'expression précédente (Wext). Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. ici F. travail des efforts extérieurs.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. énergie de déformation. il induit un déplacement de la structure.mais plus difficile à comprendre . Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf. dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire). Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire. REMARQUE : il serait plus exact . b . Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort. yF 2 ∗ Expression de Wdéf.

Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations.γ :τ.χ :τ. contraintes normales . ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. En outre les déformations. et les déformations engendrées par ces contraintes. on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition. . Page 8 . WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ.flexion. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations. Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ).traction.torsion :σ. T. ou à la compression (C). chargées dans leur plan: . ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T. Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). compression . Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure. Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion. vis-à-vis des sollicitations élémentaires.ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire. ainsi que les déplacements sont infiniment petits. en se limitant ici à l'étude des structures planes.ε :σ. contraintes tangentielles .

La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. on se place dans le cas de la traction simple. a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx. ou à la compression simple : Page 9 . ou de compression simple. on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N). N est un effort extérieur. ou de la compression. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant. Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. que s'il y a compression simple. On suppose donc. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous. on a : 1 N × (allongement du tronçon dx).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. donc on adoptera la représentation de la figure b. Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. Pour ce tronçon de longueur dx. 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx. on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
Page 11

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

Page 12

. M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure.tantôt en termes d'énergie de déformation.le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques). La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours.le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). et c’est à partir de lui seul. On en déduira: .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là. analytiquement). l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x). Page 13 . . à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici. Pour les applications. il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale.la méthode analytique (calcul de l'intégrale.tantôt en fonction des efforts extérieurs.la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B. V(x). une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale. tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F. . V(x). là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. Or N(x).YB . déterminées par la statique. Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B. deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: . Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. En outre. exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux. Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. donc. 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale. le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer. Dans le cas de structures hyperstatiques. M(x). 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: .

dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). dû à Fj .Expression du potentiel. on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. dû à Fi. On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à Fi .Notations utilisées pour les démonstrations. Considérons la structure suivante. on pose Δii = Fi δii. dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent. (S) : où i et j sont des indices muets. b . et par généralisation. Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. on pose Δij = Fj δij. δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a . on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure.

REMARQUES : . l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i. Page 15 . potentiel de la structure. REMARQUE: De ce fait. C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel. j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj. on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti). Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W.Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence. il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure. . l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure. indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points.W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. il n'y a pas de torsion). que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan.

Les deux points sont supposés être à la même température Fi . La structure se déplace de S2 en S3. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure. La structure se déplace de S1 en S2. lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii. le point j s'est déplacé de Δji.On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements. 1 Valeur du travail effectué : W2 . noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée.Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO. Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti. La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 . petites déformations. Δij = Fj . son énergie de déformation est W1 . Ce théorème. Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi. on applique progressivement en j l'effort Fj. On a donc. pour l'état final.W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2.

Valeur du travail effectué : W’2 .W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2. on applique progressivement en i l'effort Fi. le point i s'est déplacé de Δij.W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj. La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 .W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 . La structure se déplace de S1 en S’2. l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj. La structure se déplace de S’2 en S3.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α). Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. On part du même état initial S1. Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire. ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1. cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. Les énergies de déformation sont donc identiques. Si Fi et Fj sont unitaires. que l'on suive le trajet (α). Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation).

X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO.D. on fera intervenir un effort fictif X. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W. à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi. X → effort fictif.Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive. d . X) représente l'énergie de déformation de la structure. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. Page 19 . C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement. il n'y a pas d'effort appliqué. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. de tous les termes δij et δji égaux. après dérivation. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental. au point et dans le sens du déplacement Δ cherché.

Elle est. afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano.Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. ceci dans le but de simplifier les écritures. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 . cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation. ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure.D. Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. Exemples d'application: e . dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures. ⇒ voir T.

II faudrait écrire M(x). structure EI ∫ NN i dx . on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure.D. On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i. REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). structure ES ∫ V Vi dx . ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi. sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T. Fi représente un effort concentré appliqué en i.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure. Exemples d'application : Page 21 .

sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p.la méthode des déplacements.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . 1°/ Introduction. . Considérons une poutre de longueur l.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES. encastrée en A. étudier la méthode des forces. Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques. de rigidité en flexion EI = constante.Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. 2°/ Méthodes des forces. Ces deux méthodes. a .la méthode des forces. Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. l’autre qui prend comme point de départ les déplacements. La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S). Nous allons. (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche). Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1. l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort. Soit Δ1 = 0 Page 22 . différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : . en ce qui nous concerne.

Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1). on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p). (S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition. (S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1. Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela. M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1. Le principe reste identique à ce que nous venons de voir. Lorsqu’on rend la structure isostatique.Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p). Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité. on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. b . ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 .

Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi.-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. REMARQUE : 1. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 . 3°/ Théorème de Ménabréa.-Théorème de Maxwell-Betti.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. on a δ21 = δ12 2. le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul. Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques. ∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi. on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre.

1 – Définitions.2 – Notations. Page 1 / 8 . 1. 5 . 3 – Théorème des trois moments.Formulaire des rotations usuelles. 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.Poutre isostatique associée. 1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 .Définitions et notations. 2 .

Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples. La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique. …. On note Li la portée ou longueur de la travée i. Ai. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1).2 – Notations. On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai.1 – Définitions. …. Une poutre continue est une poutre droite horizontale. sans encastrement. Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0. 1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 . 1. reposant sur plus de deux appuis simples.Définitions et notations. An Les travées sont numérotées de 1 à n. Page 2 / 8 .

Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 . En fait. Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis.Poutre isostatique associée. A i. A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1. A i-1. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . Par exemple. Mi+1. …. …. Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. …. Mi. Mi-1. …. A i+1.

dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale. considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes. donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i. donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 .

Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments. Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI .

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées. Page 6 / 8 .

Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis.θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison. l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' . pour le moment fléchissant. Soit.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte. on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 .

Formulaire des rotations usuelles.I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.