Mécanique des structures

Modélisation des liaisons

TS

Chapitre 1 - Modélisation des liaisons
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 16
1°/ Solide réel et solide parfait. ...................................................................................................... 16 2°/ Système matériel........................................................................................................................ 16

II - Modélisation des liaisons parfaites. ................................................................................. 17
1°/ Définition d’une liaison parfaite. ............................................................................................. 17 2°/ Repère local associé au contact. ............................................................................................... 17 3°/ Notion de degré de liberté......................................................................................................... 17 4°/ Etude des liaisons parfaites. ..................................................................................................... 18
4.1 - Liaison encastrement........................................................................................................................... 18 4.2 - Liaison pivot........................................................................................................................................ 18 4.3 - Liaison glissière................................................................................................................................... 18 4.4 - Liaison appui plan. .............................................................................................................................. 19 4.5 - Liaison rotule. ..................................................................................................................................... 19 4.6 - Liaison linéique rectiligne. .................................................................................................................. 19 4.7 - Liaison ponctuelle. .............................................................................................................................. 19

5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. ................................................................................ 20

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I - DEFINITIONS.
1°/ Solide réel et solide parfait.
Le solide réel est le solide tel qu’il apparaît réellement. Il possède une masse constante et un volume dont les limites varient lorsqu’il est soumis à des actions mécaniques, suivant une loi connue (le ressort) ou non connue à priori. En mécanique statique, nous utilisons un modèle idéalisé : le solide parfait. Pour considérer un solide comme parfait, nous devons faire certaines hypothèses. Le solide parfait est : - Indéformable : sa masse est toujours constante, mais les limites de son volume ne varient pas quelles que soient les actions extérieures appliquées au solide (contre exemple : le ressort). Donc, la distance entre deux points quelconque d’un solide indéformable ne varie pas. - Homogène : les éléments constitutifs du matériau sont de même nature en tout point du solide et leur répartition est uniforme (contre exemple : le béton armé). - Isotrope : les propriétés physiques du matériau (notamment les propriétés mécaniques) sont les mêmes dans toutes les directions (contre exemple : le bois, sens parallèle ou sens perpendiculaire aux fibres). - Géométriquement parfait : les surfaces sont considérées comme parfaitement lisses, les surfaces sont modélisées par des plans, des cylindres, des sphères,… Un solide réel peut être considéré comme parfait dans le cas où les déformations de ce solide sont très petites.

2°/ Système matériel.
On appelle système matériel une quantité de matière, homogène ou non, dont la masse reste constante pendant son étude. Cette définition est indépendante de la notion de solide dont nous venons de parler et elle très générale, elle peut s’appliquer à beaucoup de choses. En effet, un système matériel peut être : - un solide, - plusieurs solides, - un morceau de solide, - une masse de fluide,... Ce qui est important en mécanique, c’est de bien choisir le système matériel. Une fois le système matériel choisi, il nous est possible de l’« isoler », ce qui revient à le définir de façon très précise, dans le but par exemple d’étudier son équilibre. Isoler un système matériel revient à diviser l’univers en deux parties : - d’une part, le système matériel, objet de notre étude, - d’autre part, l’extérieur, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas le système considéré.

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II - MODELISATION DES LIAISONS PARFAITES.
Une liaison mécanique entre deux pièces (ou entre deux groupes de pièces) est un ensemble de dispositions constructives permettant à ces deux pièces d’avoir l’une par rapport à l’autre certaines libertés de mouvements et de permettre la transmission de certains efforts. Dans ce paragraphe, les deux solides en contacts sont supposés indéformable.

1°/ Définition d’une liaison parfaite.
Une liaison parfaite est une liaison telle que : - les possibilités de mouvement relatifs sont obtenues à partir de surfaces de contact géométriquement parfaites qui ont entre elles un jeu de fonctionnement nul. - le contact de ces surfaces se fait sans adhérence. Une liaison parfaite est donc une liaison théorique.

2°/ Repère local associé au contact.
Pour décrire les contacts, on utilise un repère local associé au contact. Pour chaque cas, ce repère R (A, x , y, z ) est défini très clairement : - le point A est le centre géométrique de l’assemblage, - le vecteur x est porté par la normale au plan tangent commun ou par l’axe de symétrie de la liaison, - la base (x , y, z ) est orthonormée directe.

3°/ Notion de degré de liberté.
Considérons deux solides 1 et 2 liés et R (A, x , y, z ) le repère local associé à cette liaison. Nous pouvons définir dans R les différentes possibilités de mouvements relatifs indépendants de 1/2 (ou de 2/1).

Dans l’espace, il y a 6 mouvements indépendants : - Tx, translation selon l’axe (A, x ) - Ty, translation selon l’axe (A, y ) - Tz, translation selon l’axe (A , z )

- Rx, rotation autour de l’axe (A, x ) - Ry, rotation autour de l’axe (A, y ) - Rz, rotation autour de l’axe (A , z )

Définition : Le nombre de degré de liberté d’une liaison est le nombre de mouvements relatifs indépendants que la liaison autorise entre les deux solides Ce nombre est au plus égal à 6. Quand le nombre de degrés de liberté est égal à 0, les deux solides sont en liaison complète ; on dit : liaison d’encastrement. Quand le nombre de degré de liberté est égal à 6, les deux solides n’ont aucune liaison ; on dit : liaison libre.
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Le nombre de degrés de liberté est 1. Les surfaces de contact sont des surfaces cylindriques complémentaires et non de révolution (fréquemment prismatiques).Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4°/ Etude des liaisons parfaites. Rx. Le nombre de degrés de liberté est 0. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides. Page 18/ 106 . Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Parmi toutes les liaisons parfaites.Liaison encastrement. Tz. Ry et Rz. Tz.Liaison glissière. La translation Tx est autorisée.Liaison pivot Les surfaces de contact sont des surfaces de révolution complémentaires et non cylindriques. La rotation Rx est autorisée.3 . 4. Ty. Le nombre de degrés de liberté est 1. intéressons nous à celles le plus souvent rencontrées en génie civil : 4. Ry et Rz.2 . 4. Les surfaces de contact sont quelconques.1 .

Le mouvement Tx est empêché. Le nombre de degrés de liberté est 4. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Contact entre la génératrice (A.4 . Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx. Ry et Rz sont autorisées.Liaison appui plan.Liaison ponctuelle. Ry et Rz. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry. 4.Mécanique des structures Modélisation des liaisons TS 4. Les surfaces de contacts sont des surfaces sphériques de même centre et de même rayon.6 . y ) du solide 1 et un plan (P) du solide 2. Les surfaces de contact sont des surfaces planes (P la surface de contact).Liaison linéique rectiligne.Liaison rotule. Page 19/ 106 . Le nombre de degrés de liberté est 3. 4. Contact entre le point A de la sphère 1 et le plan (P) du solide 2. Le nombre de degrés de liberté est 3. Les trois rotations Rx. Le nombre de degrés de liberté est 5. Ty et Tz. 4. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx.5 .7 . Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx. Ry et Rz. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz.

l’articulation et l’appui simple. translation selon l’axe (A. les études se font dans le plan. En génie civil. rotation autour de l’axe (A .Tx.Rz.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 5°/ Les trois liaisons usuelles en Génie Civil. Dans le plan. y ) . Le repère local associé est R(A. z ) A y Rz Ty Tx x Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement. il y a 3 mouvements indépendants : . x ) . Liaison Modélisation y Mouvement(s) autorisé(s) - Nombre de degrés de liberté Mouvement(s) empêché(s) Tx Ty Rz Encastrement A x y 0 Articulation A x Rz 1 Tx Ty - y A x Tx Rz 2 Ty - Appui simple y A x Ty Rz 2 Tx - Page 20/ 106 . y ) . translation selon l’axe (A.Ty. x .

.Liaison linéique rectiligne.....................Définition d’une action mécanique.............................1 ................................ ........................Liaison ponctuelle..............................7.................. 22 II ............2........................... ..................3.................... 22 2°/ Les actions mécaniques de contact................................... ...........Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Chapitre 2 .2.....Liaison rotule........................ 23 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point................................................. .................. 22 1°/ Les actions mécaniques à distance ......Torseur associé... 24 2.................... .............................................................. ....Exemple... 31 8............................................. 27 5°/ Isolement d’un système ..Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison.............................................................................................1............................................... 31 8...........................................Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil....................................................................................................2...........................Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent..5. ...................................................3 ..... 24 2..... 29 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact...Liaison pivot............. 28 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids...............................Liaison glissière................................... 31 8..................................................... 32 8............Les différents types d’actions mécaniques...........................................................Torseur associé.....................2............................................................................. 31 8......................................................Modélisation des actions mécaniques...........2 ............ 32 8..... 22 1°/ Notion de force.......................4......................................................................... ................ 33 Page 21/ 106 ...................... 30 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison........................... 31 8....................................Modélisation des actions mécaniques SOMMAIRE I ........... 32 8... .....................................................................................................2.................2 .............. ........................................................................Liaison encastrement........2.........1 ...............Notion de moment ...................... 22 III ..............................Liaison appui plan.............. 27 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces .......................................6.............Définition du moment d’une force par rapport à un point.............................2.............................Actions intérieures et extérieures..... 33 8................. 25 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force ..... 32 8.............................2....................................................... ............................... ...................................

.LES DIFFERENTS TYPES D’ACTIONS MECANIQUES.les actions à distance.déformer un corps. Les actions de contact se répartissent en trois groupes : .créer un mouvement. . droite ou non. 1°/ Les actions mécaniques à distance L’action mécanique d’un solide 1 sur un solide 2 est dite à distance si les deux solides 1 et 2 ne sont pas en contact. qui est l’action exercée à distance par la Terre sur le système matériel. .les actions ponctuelles ou charges concentrées : l’effort de contact est concentré en un point ou sur une très faible surface.maintenir un corps au repos. température. . Remarque : autres actions à distance non utilisées en Génie Civil : actions magnétique.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS I . 2°/ Les actions mécaniques de contact.les actions réparties sur une surface ou charges surfaciques : l’effort est répartie sur une surface. tassements d’appui. Page 22/ 106 . … Une action mécanique est toujours l’action d’un solide (ou un fluide) 1 sur un autre solide 2.les actions de contact. La seule action mécanique à distance utilisée en Génie Civil est le poids. précontrainte.DEFINITION D’UNE ACTION MECANIQUE.les actions réparties sur une ligne ou charges linéiques : l’effort est réparti sur une ligne. Les actions mécaniques de contact existent dès qu’il y a contact entre 2 solides ou entre un fluide et un solide. II . On peut distinguer deux grandes familles : . électromagnétique ou électrostatique. On appelle « action mécanique » toute cause susceptible de : . Exemples : charges appliquées. .

L’unité de la force est le newton noté N. . .son sens. 1°/ Notion de force. mais qu’on peut parfois les ramener à des actions linéiques ou ponctuelles pour simplifier les calculs. . Page 23/ 106 . Une force s’exerce toujours d’un solide 1 sur un solide 2.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Exemples d’actions mécaniques de contact : Mur Poteau Charge ponctuelle représentant l’action du poteau sur la semelle Semelle de fondation Charge linéique représentant l’action du mur sur la semelle Semelle de fondation Charge surfacique représentant l’action de la neige sur la dalle Dalle Remarque : on s’aperçoit que dans tous les cas.sa direction. On appelle force une action mécanique de contact ou à distance. III .son intensité. on la note F12 . (Δ) Support F12 A Point d’application Intensité Le point d’application et la direction définissent le support (Δ) (ou droite support) de la force. Elle est représentée par un vecteur et caractérisée par : -son point d’application. les actions sont surfaciques.MODELISATION DES ACTIONS MECANIQUES.

le poids de la pelle hydraulique ne permet plus d’assurer la stabilité de l’engin. Poids de l’engin Elément à poser Poids de la buse Dans un second temps. Point de basculement Bras de levier du poids de l’engin Bras de levier du poids de la buse Le poids de la pelle tout comme celui de la buse sont inchangés. 2. ce qui augmente sa capacité à la faire basculer.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2°/ Notion de moment d’une force par rapport à un point. Page 24/ 106 .Exemple. par contre la position de la buse a changée . Cette capacité à faire basculer la pelle est due au « moment » de la force.1 . Les effets d’une force sur un solide dépendent de la position de la force par rapport à ce solide. Prenons un exemple concret : étudions l’action du poids propre d’une buse en béton soulevée par une pelle hydraulique. (Ici. Dans un premier temps.Notion de moment . compte tenu de sa position. moment de renversement de la buse auquel s’oppose le moment stabilisateur de la pelle.) Cette notion de moment est nécessaire pour traduire avec précision les effets d’une force. elle est nettement plus éloignée de la pelle. le poids de la pelle hydraulique permet de stabiliser l’engin.

Sens du vecteur moment : .Définition du moment d’une force par rapport à un point. est égale au produit de F12 par le ( ) O z M A F12 bras de levier d. noté M A F12 . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O.2 . z ) .Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 2. Le moment de la force F12 par rapport au point A. L’unité newton×mètre noté N.Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A.m. d A (Δ) y F12 ( ) 2 L’intensité de ce vecteur moment. donc le x // (O. ( ) est de Page 25/ 106 . et dont le point d’application est A. z ) M A F12 ( ) moment est positif.F12 et A sont dans le plan (O. ( ) d A O z . est le ( ) x Convention de signe . le moment est dit positif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = + d . y ) . est le vecteur perpendiculaire au plan défini par F12 et A. F12 ( ) . 2 P donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. M A F12 même sens que z.F12 fait tourner le solide dans le sens trigonométrique autour de A. x . notée M A F12 .

F12 et A sont dans le plan (O. ou si F12 = 0. donc x ( ) d A O z // O.F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. z ) .Si la force F12 fait tourner le solide dans le sens anti-trigonométrique autour de A. on pourrait très bien choisir l’inverse. 2 P M A F12 ( ) donc M A F12 et perpendiculaire à ce plan. Page 26/ 106 . F12 ( ) . x . le moment est dit négatif : Exemple : (Δ) y F12 M A F12 = − d . y ) . Représentation du vecteur moment dans le plan : Comme il n’est pas aisé de représenter un vecteur perpendiculaire au plan. ( ) Attention. ceci est une convention (c’est-à-dire un choix arbitraire). M A F12 est de sens opposé à z. . Il faudra donc toujours prendre soin d’indiquer le sens positif choisi sur vos schémas au début de chaque étude.Cas de nullité : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est nul si la droite support (Δ) passe par A (d = 0). z ( ) le moment est négatif.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS . c'est-à-dire parallèle à l’axe (O. on adoptera la représentation suivante : (Δ) y F12 (Δ) y 2 P M A F12 F12 2 P ( ) d A O M A F12 d A O ( ) x x Moment positif Propriétés : Moment négatif .

.. F4 S . .. Soit une force F12 appliquée en P sur un solide 2. la force seule ne suffit pas à caractérisée une action mécanique. et V par rapport au V F12 A U M A F12 = M A U + M A V ( ) ( ) ( ) 3°/ Modélisation de l’action mécanique due à une force . ( ) { ( )} 4°/ Modélisation de l’action mécanique due à un ensemble de forces . F3S .. est nécessaire pour traduire avec précision une action mécanique.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS .. Fn S { } On appelle « résultante » de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des forces F i S : R E S = ∑ F i S = F1S + F2 S + F3S + F4 S + . F2 S .Théorème de Varignon : le moment d’une force F12 par rapport à un point A est égal à la somme des moments de ses composantes U même point A.2-1. le moment de cette force. Soit un système matériel S soumis à une action mécanique définie par un ensemble E de n forces : E = F1S . F12 et M A F12 sont appelés les éléments de réduction du torseur τ F12 au point A. compte tenu de sa position. Comme nous l’avons vu au paragraphe III. .Fn S i =1 n On appelle « moment résultant » au point A de l’action mécanique de E sur S la somme vectorielle des moments au point A des forces F i S : M A (E S) = ∑ M A F i S i =1 n ( ) Page 27/ 106 .Torseur associé.Torseur associé. on note τ F12 le torseur tel que : { ( )} { ( )} { ( )} ⎧F1 ⎫ ⎧ ⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪F12 ⎪ τ F12 = ⎨ ⎬= ⎨ ⎬ ⎪M A F1 ⎪ P ⎪ 0 ⎪ ⎩ ⎭ 2 ⎭ A⎩ ( ) Le torseur τ F12 modélise l’action mécanique de la force F12 . L’écriture qui réunit la force et le moment de cette force par rapport à un point est le torseur.

On s’aperçoit alors qu’une même action peut être une action intérieure ou une action extérieure en fonction des éléments isolés. Exemple : Manutention d’un panneau préfabriqué. suivant leur situation par rapport au système matériel choisi. Câble de la grue Palonnier Selon l’étude que l’on souhaite menée. Une action mécanique extérieure au système matériel est une action exercée par un élément qui n’appartient pas au système matériel isolé sur un élément du système matériel. Lorsque l’on isole un système matériel. Elingues Panneau préfabriqué Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions des élingues sur le palonnier Actions des élingues sur le panneau G Poids du panneau Palonnier isolé Panneau isolé Page 28/ 106 . ⇒ voir figures ci-dessous. Remarque : Le poids est toujours une action extérieure.Actions intérieures et extérieures.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS L’action mécanique de E sur S est donc modélisable par le torseur {τ(E S)} tel que : {τ(E S)}= ⎧ RE ⎫ ⎪ ⎪ S ⎨ ⎬ ⎪M A (E S)⎪ ⎩ ⎭ A R E S et M A (E S) sont les éléments de réduction du torseur {τ(E S)} . Une action mécanique intérieure au système matériel est une action exercée par un élément de ce système matériel isolé sur un autre élément du même système matériel. on peut distinguer les actions mécaniques extérieures au système et les actions mécaniques intérieures au système matériel. 5°/ Isolement d’un système . c'est-à-dire isolé. il est possible d’isoler chaque élément indépendamment des autres ou bien d’isolé l’ensemble des éléments.

Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier Actions du palonnier sur les élingues Elingues G Actions du panneau sur les élingues Poids du panneau Elingues isolées Ensemble (Palonnier. on prend une valeur arrondie : g = 10 m. g P en newton N. En effet. Panneau) isolé Remarques : On s’aperçoit que lorsque les éléments sont assemblés (ensemble palonnier. . les actions interieures s’annulent 2 à 2 (l’action du panneau sur l’élingue s’annule avec l’action de l’élingue sur le panneau). y) est vertical ascendant. Page 29/ 106 . c’est le principe des actions mutuelles (principe d’action / réaction). m la masse du solide en kg.Point d’application : G. avec g = accélération de la pesanteur. Le torseur au point G des forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide peut se réduire à une force unique. Le champ de pesanteur est l’action mécanique à distance exercée par la Terre sur un système matériel. dans un repère (O.s-2 Nous apprendrons à déterminer la position du centre de gravité d’un solide au chapitre « Caractéristiques géométriques d’une section ». Le poids d’un solide est donc représenté par un vecteur poids P dont les caractéristiques sont : .Sens : vers le bas. .Intensité : P = m . En effet. g = −g ⋅ j .Direction : la verticale passant par G. panneau et élingues isolé).s-2 Remarque : en génie civil. 6°/ Modélisation de l’action à distance Poids. le moment résultant par rapport au point G de toutes les forces de pesanteur qui s’appliquent sur un solide est considéré nul (le champ de pesanteur est considéré uniforme). Le champ de pesanteur est toujours vertical vers le bas. g = 9. centre de gravité du solide. les actions entre ces solides (actions intérieures) n’apparaissent pas. Ainsi. x. . y) dont l’axe (O. Elingues.81 m.

z ) . puisque si est très petite. y. Dans ce cas théorique. x . ayant pour centre de surface le point Pi. c'est-à-dire sans adhérence. Page 30/ 106 . l’action mécanique du contact du solide 1 sur le solide 2 est modélisable en un point A quelconque par le torseur : n ⎧ F12 = ∑ f i ⋅ si ⎪ i =1 {τ(1 2)}= ⎪ ⎨ n ⎪M (1 2 ) = ∑ M A f i ⋅ si A ⎪ i =1 A⎩ ( ) ⎫ ⎪ ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ ⎭ Dans un repère R(O. y. Ainsi.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 7°/ Modélisation des actions mécanique de contact. (i variant de 1 à n). tout contact réel entre deux solides a lieu suivant une surface. La deuxième colonne indique les composantes algébriques de M A (1 2) dans R(O. on peut écrire les composantes de la résultante et du moment résultant : ⎛ F1 x ⎞ ⎛ M A (1 2 )x ⎞ ⎜ 2 ⎟ ⎜ ⎟ F1 ⎜ F12 y ⎟ et M A (1 2) ⎜ M A (1 2 )y ⎟ 2 ⎜ ⎟ ⎜ ⎜ M (1 2 ) ⎟ ⎟ ⎜ F1 z ⎟ z ⎠ ⎝ A ⎝ 2 ⎠ ⎧F1 x ⎪ 2 {τ(1 2)}= ⎪F12 y ⎨ ⎪ ⎪F1 z A⎩ 2 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ M A (1 2 )y ⎬ ⎪ M A (1 2 )z ⎪ ⎭ On peut alors écrire : La première colonne indique les composantes algébriques de F12 dans R(O. L’action mécanique du contact entre le solide 1 et le solide 2 se caractérise par une densité surfacique de forces fi s’exerçant sur chaque surface élémentaire si. nous choisirons le point A comme centre géométrique de l’assemblage considéré entre les solides 1 et 2. z ) . On peut considérer qu’une surface de contact entre deux solides est décomposables en n petites surfaces élémentaires si. fi est considérée comme uniformément répartie sur si. Pour plus de commodité. x . Le contact entre les solides est considéré parfait. mais fi peut varier d’une surface élémentaire à l’autre. x . z ) . fi est homogène à une force divisée par une surface et s’exprime en Newton par m² [ N/m² ] ou en Pascal [ Pa ]. fi est considérée perpendiculaire à si. y. Compte tenu des déformations locales.

Une translation est empêchée grâce à une force de même direction et de sens opposé. à chaque degré de liberté bloqué par une liaison correspond une composante non nulle du torseur associé à l’action mécanique transmissible par cette liaison. Ry et Rz. 8. Les 5 mouvements empêchés sont : Tx. Une rotation est empêchée grâce à un moment de même axe mais de sens opposé.1 .1. si un mouvement est empêché. Tz. Dans le chapitre précédent.2 . nous avons défini les 6 degrés de liberté dans l’espace (trois translations et trois rotations). Aucun mouvement relatif possible entre les deux solides.Torseurs associés aux liaisons dans l’espace étudiées au chapitre précédent.Liaison pivot La rotation Rx est autorisée. Autrement dit. ⎧F1 x M (1 2 ) ⎫ A x ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8.2. Lorsqu’un mouvement du solide 1 par rapport au solide 2 est permis.Relation entre les degrés de liberté d’une liaison et le torseur associé à cette liaison. c’est que rien ne s’oppose à ce mouvement. Ty. 8.Liaison encastrement. Le nombre de degrés de liberté est 0.2. 8.2. Le nombre de degrés de liberté est 1.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8°/ Modélisation des actions mécaniques de liaison. ⎧F1 x ⎫ 0 ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A Page 31/ 106 . c’est qu’il y a une action qui s’y oppose. Par contre.

2. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ M A (1 2)y ⎬ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 ⎪ ⎪0 M A (1 2)z ⎭ ⎩ A 8. Les trois rotations Rx. Rx.Liaison linéique rectiligne.5. Ry et Rz. Les 3 mouvements empêchés sont : Tx. Le nombre de degrés de liberté est 4.Liaison appui plan. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et une rotation Rx.2. La translation Tx est autorisée. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et deux rotations Rx et Ry.3.2. Ry et Rz sont autorisées. Les 5 mouvements empêchés sont : Ty. Les 3 mouvements empêchés sont Tx. Les 2 mouvements empêchés sont : Tx et Rz.Liaison rotule. Le nombre de degrés de liberté est 3.Liaison glissière.4.Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8. Le nombre de degrés de liberté est 3.2. ⎫ ⎧F12 x 0 ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0 ⎬ ⎪0 M A (1 2)z ⎪ ⎭ ⎩ A Page 32/ 106 .6. ⎧0 M A (1 2 )x ⎫ ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y M A (1 2 )y ⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z M A (1 2 )z ⎪ ⎩ ⎭ A 8. Ry et Rz. Ty et Tz. ⎧F1 x 0⎫ ⎪ 2 ⎪ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2 )}= ⎨F12 y 0⎬ ⎪ ⎪ ⎪F12 z 0⎪ ⎩ ⎭ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 1. Tz.

Mécanique des structures Modélisation des actions mécaniques TS 8.S. Mouvement(s) autorisé(s) Mouvement(s) empêché(s) Liaison Modélisation D. Inconnues de liaison (Poutre isolée) y Torseur de liaison y Encastrement A x y - 0 Tx Ty Rz Ax MA y A Ay ⎧A x ⎪ x {τ(Enc.D. Ry et Rz.S.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧A x {τ(A. Deux translations Ty et Tz sont autorisées et trois rotations Rx.)}= ⎪A y ⎨ ⎪ 0 A⎩ ⎧0 {τ(A.7.)}= ⎪ 0 ⎨ ⎪0 A⎩ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ 0⎫ ⎪ 0⎬ 0⎪ ⎭ y A x Tx Rz 2 Ty y x Appui simple y Ay A x Ty Rz 2 Tx - Ax A x Page 33/ 106 .3 . Le mouvement Tx est empêché.L. ⎧F12 x 0⎫ ⎪ ⎪ Le torseur associé est {τ(1 2)}= ⎨ 0 0⎬ ⎪0 0⎪ ⎩ ⎭ A 8. Le nombre de degrés de liberté est 5. Trois liaisons sont utilisées : l’encastrement.)}= ⎨A y ⎪ 0 A⎩ 0 ⎫ ⎪ 0 ⎬ MA ⎪ ⎭ Articulation A x Rz 1 Tx Ty - Ax A x Ay y A ⎧A x {τ(Art. l’articulation et l’appui simple.Torseurs associés aux liaisons dans le plan utilisées en génie civil.Liaison ponctuelle.2.

...........................................................................................................Systèmes matériels composés de plusieurs solides............ 36 III .............................. 39 1°/ Hypostaticité..........................................Principe fondamental de la statique ............................................................. 39 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité................................................................ Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité....................Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Chapitre 3 . 43 Page 34/ 106 ...........Principe fondamental de la statique Détermination d’actions mécaniques s’exerçant sur un système en équilibre SOMMAIRE I ............... ..................................................................................................................Degré d’hyperstaticité .............................................................. 40 V ....................Equilibre d’un système matériel........................................... 38 IV . 37 1°/ Enoncé du PFS...................................... ................. 35 II ...........................................................................................................................Organigramme de résolution d’un problème de statique........... 37 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces ................................................................................. 35 1°/ Isolement d’un solide........................ .............. 38 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces......... 35 2°/ Isolement de plusieurs solides................................................................................................ ............................. 42 VI .............. Isostaticité.....Notion d’isolement.............

Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS I . Isolé un solide consiste à réaliser un dessin précis (si possible à l’échelle) du solide étudié.l’action du panneau sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le panneau.1 m C T3 x Actions des élingues sur le palonnier 0. • distances entre les actions et les axes ou points choisis pour les calculs.1 m Câble de la grue Palonnier 1. Exemple : isolons cette fois l’ensemble palonnier + élingues + panneau : . 1. … . • point d’application. C’est la première étape de toute résolution en statique (et en dynamique). 1°/ Isolement d’un solide. La notion d’isolement est fondamentale dans l’analyse et la résolution des problèmes de mécanique. Exemple : reprenons l’exemple du palonnier utilisé pour la manutention d’un panneau. Tension du câble de la grue Poids propre du palonnier G Poids du panneau Ensemble (Palonnier . . Dans le cas de plusieurs solides.tous les éléments connus concernant ces actions : • direction.1 m T1 Tension du câble de la grue y Elingues A p Poids propre du palonnier O B T2 0. les actions mutuelles exercées entre les solides de l’ensemble deviennent des efforts intérieurs et ne doivent pas alors être comptabilisés dans le nombre des actions extérieures.Panneau) isolé 106 Page 35/ . destiné à décrire et à définir : .toutes les actions extérieures qui s’y exercent : • actions à distance (poids). • sens. • intensité.5 m Panneau préfabriqué Palonnier isolé 2°/ Isolement de plusieurs solides.Elingues .l’action du palonnier sur les élingues s’annule avec l’action des élingues sur le palonnier.NOTION D’ISOLEMENT. • actions de contact.5 m 1.

.. ce mouvement se décompose de la façon suivante : y Translation y G Rotation x y R (S) MG E ( S) x G (S) O x ⇒ un déplacement d’ensemble du solide (selon une trajectoire définie par les différentes Tx positions du centre de gravité G du solide) défini par le vecteur translation : T Ty .. Rx ⇒ une rotation du solide autour de G définie par le vecteur : Ω R y directement lié au Rz moment résultant M G (E ) des forces extérieures appliquées au solide. + Fn S n ( ) ( ) MP E ( S) = ∑ M (F ) = M (F ) + M (F ) + . + M (F ) + . + F i S + ...Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS II . y F1S F2 S Fk S Soit un solide indéformable soumis à un ensemble de n forces extérieures E = Fi S i =1 à n . + M (F ) P i i =1 S P 1 S P 2 S P i S P n S Si ce solide est animé d’un mouvement provoqué par l’ensemble de forces extérieures. Page 36/ 106 .. Tz ce vecteur est directement lié à la résultante R des forces extérieures appliquées au solide. { } (S) Fn S R Les éléments de réduction en un point P du torseur associé à cet ensemble de forces sont : n ⎧ R = ∑ Fi S ⎪ ⎪ i =1 ⎨ n ⎪M E = M Fi ∑ P S P S i =1 ⎪ ⎩ FiS P MP E ( S) x O R = Résul tan te Moment résul tan t ∑F i =1 n i S = F1S + F2 S + .EQUILIBRE D’UN SYSTEME MATERIEL...

dans l’espace. Nous venons de voir que : ⇒ R engendre un mouvement de translation du centre de gravité du solide. III . pour que le solide soit en équilibre. L’équilibre du système est donc défini par l’absence de mouvement de ce système. au cours du temps. alors le moment résultant par rapport à un point P quelconque est nul M P (E ) = 0 . chaque point de ce système conserve une position fixe par rapport à ce repère.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Equilibre d’un système : Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère si. il faut et il suffit que R = 0 et M G (E ) = 0 . c'est-à-dire {τ(E )} = {0} Remarque : si R = 0 et M G (E ) = 0 . Un système matériel est en équilibre par rapport à un repère fixe si et seulement si les éléments de réduction du torseur des actions extérieures appliquées à ce système sont nuls : ⎧ M P FExt Syst ⎫ x⎪ ⎪FExt Syst x ⎪ ⎪ R = 0 et M P (E ) = 0 . Donc. par 6 équations d’équilibre : ⎧FExt = 0 ⎪ Syst x ⎪ 3 équations de la résultante : ⎨FExt Syst y = 0 ⎪ ⎪FExt Syst z = 0 ⎩ ⎧M FExt =0 ⎪ P Syst x ⎪ et 3 équations du moment résultant : ⎨M P FExt Syst = 0 y ⎪ ⎪M P FExt =0 Syst z ⎩ ( ) ( ) ( ) Page 37/ 106 . ⇒ M G (E ) engendre un mouvement de rotation du solide autour de G.PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA STATIQUE 1°/ Enoncé du PFS. c'est-à-dire τ FExt Syst = ⎨FExt Syst M P FExt Syst ⎬ = { 0 } y y ⎪ ⎪ ⎪ ⎪FExt Syst z M P FExt Syst z ⎭ P⎩ { ( )} ( ) ( ) ( ) Ce qui se traduit.

comme c’est habituellement le cas en génie civil. B B2S A 1S (S) A 3°/ Système en équilibre sous l’action de trois forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de trois forces A 1S . B 2 S et C 3S non nulles et de points d’application respectifs A. y) ). (S) A A 1S B2S B C B2S A 1S C 3S C3 S A 1S + B 2 S + C 3 S = 0 .ou parallèles A 1S (S) A B A 1S B2S C C 3S B2S C 3S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 Page 38/ 106 . B et C. il ne reste plus que 3 équations d’équilibre : ⎧FExt Syst = 0 ⎪ x 2 équations de la résultante : ⎨ ⎪FExt Syst y = 0 ⎩ et 1 équation du moment résultant : M P FExt Syst = 0 z ( ) 2°/ Système en équilibre sous l’action de deux forces Soit un solide (S) soumis uniquement à l’action de deux forces A 1S et B 2 S .concourantes. x. Ce solide reste en équilibre si la résultante des trois forces est nulle et que les trois forces sont coplanaires et : . non nulles et de points d’application respectifs A et B. Ce solide reste en équilibre si les deux forces sont égales et opposées.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Lorsqu’il s’agit d’un problème plan (par exemple le plan (O.

Ce qui se traduit par 6 équations d’équilibre dans l’espace et 3 équations d’équilibre dans le plan. Le PFS traduit le fait qu’un système matériel est en équilibre sous l’action d’actions mécaniques extérieures si tous les mouvements sont bloqués (empêchés). Pour savoir si un problème de statique peut être résolu avec le PFS. auquel cas le système est hypostatique. Isostaticité. B2S C 3S A 1S B2S C 3S A B (S) C A 1S A 1S + B 2 S + C 3S = 0 IV . Si DH = 0 Si DH > 0 Il faut aussi vérifier que le système ne comporte aucun mécanisme (aucun mouvement possible). On dit que le système est Hyperstatique. Ainsi. On note DH le degré d’hyperstaticité : Si DH < 0 DH = NINC . On peut résoudre avec le PFS. Pour pouvoir résoudre un problème de statique avec le PFS. le nombre d’inconnues varie de 1 à 6 dans l’espace et de 1 à 3 dans le plan. il faut que le nombre d’inconnues soit égal au nombre d’équations d’équilibre. On dit que le système est Isostatique. le nombre d’équations.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS . On ne peut pas résoudre qu’avec le PFS. Il n’y a pas de solution. Le degré d’hyperstaticité permet de comparer le nombre d’inconnues au nombre d’équations : soit NINC . le nombre d’inconnues.NEQU tous les degré de liberté ne sont pas bloqués. Hyperstaticité et Degré d’hyperstaticité. et NEQU . il faut déterminer le degré d’hyperstaticité du système. Page 39/ 106 . On dit que le système est Hypostatique.DEGRE D’HYPERSTATICITE 1°/ Hypostaticité. Chaque degré de liberté supprimé engendre une inconnue de liaison à priori.ou de même droite support. le nombre d’inconnues est égal au nombre d’équations. il y a trop d’inconnues. c’est-à-dire si tous les degrés de liberté sont supprimés.

Encastrement : 3 inconnues Inconnues extérieures en rouge b) Dénombrer les inconnues de liaison intérieures (entre les solides constituant Inconnues intérieures en vert le système) : 4 .Encastrement : n barres encastrées 1 2 ⇒ (n-1)×3 inconnues n i c) NINC = nombre d’inconnues de liaison ext + nombre d’inconnues de liaison int NINC = 15 Page 40/ 106 .Appui simple : 1 inconnue .Articulation : n barres articulées 1 2 2 Calcul de NINC : n i 1 ⇒ (n-1)×2 inconnues 3 2 2 4 4 5 1 2 2 .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS 2°/ Détermination du degré d’hyperstaticité. 1 Calcul de NEQU : 1 2 3 b) Comptabiliser 3 équations par barre : NEQU= nombre de barres×3 4 5 NEQU = 5×3=15 a) Dénombrer les inconnues de liaison extérieures (entre le système global et l’extérieur) : .Articulation : 2 inconnues . ETAPES OPERATIONS EXEMPLE a) Numéroter chaque solide (barre) du système.

b) On dira que : Si DH< 0 et/ou présence d’un Le système ne comporte aucun mécanisme mécanisme et DH = 0 . si ce n’est pas le cas le système est HYPOSTATIQUE. on peut donc résoudre n’y pas de solution le problème avec les équations du PFS.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS ETAPES 3 Calcul de DH OPERATIONS EXEMPLE DH = NINC . Si DH>0 et pas de mécanisme : Le système est HYPERSTATIQUE et on ne peut pas trouver les inconnues de liaison avec le seul PFS. 4 Nature du système Page 41/ 106 . donc le système Le système est HYPOSTATIQUE et il est isostatique .NEQU DH = 15 –15 =0 a) vérifier qu’aucun solide ou ensemble de solide appartenant au système ne constitue un mécanisme (mouvement instable possible) . Si DH = 0 et pas de mécanisme : le système est ISOSTATIQUE et on peut trouver les inconnues de liaison grâce au PFS.

J’écrit les renseignements connus (repères A. les angles éventuels. les distances.ORGANIGRAMME DE RESOLUTION D’UN PROBLEME DE STATIQUE. …) .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS V .je fais le bilan des actions extérieures : Actions connues (en vert) ⋅ Actions de contact. B. Actions inconnues (en rouge) = inconnues de liaison Toujours dessinées dans le sens positif du repère. MODELISATION DU SYSTEME CALCUL DU DEGRE D’HYPERSTATICITE LE SYSTEME EST HYPOSTATIQUE PAS DE SOLUTION LE SYSTEME EST ISOSTATIQUE. PFS {τ(A Ext Sys )}= {0} OU ⎧ F =0 ⎪∑ x ⎪ ⎨∑ Fy = 0 ⎪ ⎪∑ M I Fi = 0 ⎩ () SCHEMA RECAPITULATIF Je redessine le système isolé avec toutes les actions Page 42/ 106 . JE PEUX APPLIQUER LE PFS LE SYSTEME EST HYPERSTATIQUE LE PFS NE SUFFIT PAS ISOLEMENT DU SYSTEME .Je place le repère . ⋅ Actions à distance (Poids).….Je dessine le(s) solide(s) dans la même position géométrique . C.

En D Appui simple F1 = 10 kN F2 = 15 kN On isole le portique.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS VI . Prenons l’exemple d’un portique : y + F2 B 1m C 2 2m 1 A 0 2m 2m 3 D 0 x F1 En A Articulation. En B et C Encastrement.SYSTEMES MATERIELS COMPOSES DE PLUSIEURS SOLIDES DETERMINATION DES ACTIONS INTERIEURES. c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3) : y + B1 2x B2 1x B2 1y M B2 1 F2 B C F1 F2 A 0 1x B1 2y M B1 2 F1 2 1 3 D x A0 1y D0 3x C3 2x C3 2 y M C3 2 C2 3x C2 3y M C2 3 A 0 1x A A 0 1y D 0 3x BILAN DES ACTIONS EXTERIEURES INTERIEURES Page 43/ 106 .

pour déterminer les actions de liaison au nœud B et C.B2 1y M B1 2 = . il faut isoler les barres 1. dessinons la structure éclatée : M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x y + B1 2y C 3 2y C 2 3y y B2 1y MC2 3 C B2 1x B M B2 1 STRUCTURE ECLATEE x C 2 3x + F1 A 0 1x A 1 3 D x A 0 1y D 0 3x Détermination des actions de liaison aux nœuds B et C . on peut déterminer les actions A 0 1x . A0 1y et D0 3x en appliquant le PFS N EQU = 3 × 3 = 9 Le principe des actions mutuelles dit : B1 2x = .B2 1x C3 2x = . c’est-à-dire le système matériel composé des 3 solides (1+2+3).M B 2 1 C3 2y = .Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS Remarques : ⎫ ⎬ ⇒ DH = 9 − 9 = 0 et il n’y a pas de mécanisme. Donc. Pour faire « apparaître » les actions intérieures. Page 44/ 106 . N INC = 1 × 1 + 1 × 2 + 2 × 3 = 9 ⎭ ⇒Le système matériel (1+2+3) est isostatique. J’applique le PFS et je détermine les actions A 0 1x . 2 et 3 séparément pour que ces actions deviennent des actions extérieures et pouvoir appliquer le PFS. Mais le PFS s’applique pour des actions extérieures. Démarche à suivre : J’isole le portique.C2 3x B1 2y = . L’outil à notre disposition pour déterminer des actions est le PFS. A0 1y et D0 3x .M C2 3 On cherche à déterminer les actions de liaison intérieures (aux nœuds B et C).C2 3y M C3 2 = .

5 kN ⎪ ⎪4.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS J’isole la barre 1 : . C3 2y = .B2 1x . . J’isole la barre 2 : . C3 2y et M C 3 2 que je détermine avec le PFS J’isole la barre 3 : .F2 + 2. C2 3y et M C 2 3 (puisque C3 2x = . B1 2y .F1 = 30 + 20 = 12. A0 1y et D0 3x : y + F2 B C 2 1 3 D x F1 A 0 1x A D0 3x ⎧ ⎧∑ F/ x = 0 ⎪A 0 1x = − F1 = −10 kN ⎧A 0 1x + F1 = 0 ⎪ ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + D 0 3y − F2 = 0 ⇔ ⎨A 0 1y = F2 − D 0 3y = 15 − 12. je vérifie que le solide 3 est bien en équilibre et donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.il y a 3 actions inconnues C3 2x .il y a 3 actions inconnues B2 1x .5 kN ⎩ 0 3y F2 B C 2 1 Page 45/ 106 3 D F1 x . . et M B1 2 (puisque B1 2x = . M B 2 1 que je détermine avec le PFS. Application numérique : J’isole le portique (1+2+3) et j’applique le PFS pour déterminer les actions A 0 1x .F − 2. . Toutes les actions appliquées au solide 3 étant connues. B1 2y = . A 0 1x et A0 1y sont connues.M C 2 3 ).5 kN ⎪ D = 12.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions B1 2x .C2 3x .les 3 actions F1 .D − 2.le principe des actions mutuelles me permet de déterminer les actions C2 3x .5 = 2.C2 3y et M C 3 2 = .l’action D0 3x est connue. B2 1y .B2 1y et M B1 2 = .M B 2 1 ).F = 0 ⎪ 0 3y 2 1 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎪D 0 3y = 2.5 kN ⎩ 4 4 ⎩ y A 0 1y + ⎧A 0 1x = −10 kN ⎪ ⇒ ⎨A 0 1y = 2.

y + B2 1y B2 1x B M B2 1 F1 A 1 x ⎧∑ F/ x = 0 ⎧− A 0 1x + F1 + B2 1x = 0 ⎪ ⎪ ⎪ PFS ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⇔ ⎨A 0 1y + B2 1y = 0 ⎪ ⎪− 2. M B 2 1 avec le PFS.5 kN) C 3 2y Page 46/ 106 .m ⎩ B2 1 = 2.Mécanique des structures Principe fondamental de la statique TS A A 0 1y (2.5 kN) A 0 1x (10 kN) D0 3x (12.B2 1y et M B1 2 = .F − 3.B + M 1 2 1x B2 1 = 0 ⎩ ⎪∑ Mt / A ⎩ A 0 1y (2.5 kN ⇔ ⎨ B2 1y = − A 0 1y = −2. B2 1y .5 kN) A 0 1x (10 kN) J’isole la barre 2.M B 2 1 .m) ⎧ B2 1x = 0 ⎧ B2 1x = A 0 1x − F1 = 10 − 10 = 0 ⎪ ⎪ ⇔ ⎨ B2 1y = −2.m) B F2 C 2 C3 2x x B1 2y (2.m F1 A 1 x A 0 1y (2.5 kN) J’isole la barre 1 et je détermine B2 1x . ⇒ M B1 2 (20 kN. M B1 2 y + M C3 2 F2 B C 2 C3 2x x B1 2x Principe des actions mutuelles : B1 2y y C 3 2y + M C3 2 B1 2x = .5 kN) B M B2 1 (20 kN.B2 1x .5 kN) A 0 1x (10 kN) y + B2 1y (2.F1 = 20 kN.5 kN ⎪M ⎪M ⎩ B2 1 = 20 kN. B1 2y = .

Mécanique des structures

Principe fondamental de la statique

TS

Je détermine C3 2x , C3 2y et M C 3 2 avec le PFS.
⎧∑ F/ x = 0 ⎪ ⎪ ⇒ ⎨∑ F/ y = 0 ⎪ ⎪∑ Mt / A ⎩

PFS

⎧C ⎪ 3 2x = 0 ⎪ ⇔ ⎨B +C −F = 0 1 2y 3 2y 2 ⎪ +M −M =0 ⎪− 2.F + 4.C 2 3 2y C3 2 B1 2 ⎩

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = F2 − B1 2 y = 15 − 2,5 = 12,5 kN ⎪M ⎩ C 3 2 = 2.F2 − 4.C3 2 y + M B1 2 = 30 − 50 + 20 = 0
y

⎧C3 2 x = 0 ⎪ ⇔ ⎨C3 2 y = 12,5 kN ⎪M ⎩ C3 2 = 0

+

M B1 2
(20 kN.m) B

F2
C 2 x

B1 2y
(2,5 kN)

C 3 2y
(12,5 kN)

J’isole la barre 3. (Vérification)
y

C 2 3y
C2 3x
C

MC2 3

+
3 D x C y

C 2 3y
(12,5 kN)

D0 3x
(12,5 kN)

+
3 D x

Principe des actions mutuelles :

C3 2x = - C2 3x ,

C3 2y = - C2 3y
et M C 3 2 = - M C 2 3 .

D0 3x
(12,5 kN)

Le solide 3 est bien en équilibre, donc que je n’ai pas fait d’erreur de calcul.
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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

Chapitre 4 - Théorie des poutres
SOMMAIRE

I - Définitions........................................................................................................................... 49 1°/ Notion de poutre ........................................................................................................... 49 2°/ Géométrie des poutres - Cas courants ........................................................................ 49 II - Hypothèses fondamentales de la théorie des poutres ...................................................... 50 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres.................................................................... 50 2°/ Hypothèses sur le matériau.......................................................................................... 50 3°/ Hypothèses sur les déformations ................................................................................. 50 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures........................................................................ 51 III - Sollicitations dans une section - Efforts internes........................................................... 51 1°/ Notion de coupure......................................................................................................... 51 2°/ Définition des sollicitations .......................................................................................... 52 3°/ Conventions de signe .................................................................................................... 54 4°/ Sollicitations simples ou composées ............................................................................ 55 5°/ Diagrammes des sollicitations...................................................................................... 56 6°/ Relations entre Q(x), V(x) et M(x). .............................................................................. 60

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Mécanique des structures

Sollicitations

TS

I - DEFINITIONS
1°/ Notion de poutre
On appelle poutre un solide engendré par une aire plane (S) dont le centre de gravité G décrit une courbe (G0G1), le plan de (S) restant perpendiculaire à cette courbe.

G0

G

G1 S0 S

(S) est appelée section droite, (S0) section origine, (S1) section extrémité, (G0G1) est la fibre moyenne de la poutre

S1

2°/ Géométrie des poutres - Cas courants
Si la fibre moyenne de la poutre (G0G1) est : - contenue dans un plan ⇒ on parle de poutre plane, - une droite ⇒ on parle de poutre droite, - une courbe ⇒ on parle de poutre gauche. Si le plan (G0G1) est un plan de symétrie géométrique et mécanique (la section de la poutre est symétrique par rapport à ce plan et le chargement aussi), on parle de poutre à plan moyen. Exemple :

Toutes les poutres étudiées seront planes (les problèmes étudiés sont des problèmes plans), généralement droites et à plan moyen. La section droite (S) peut être : - constante le long de (G0G1), poutre à section constante - variable en fonction des efforts qu’elle supporte, poutre à section variable.

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2°/ Hypothèses sur le matériau Les matériaux envisagés sont supposés : .de petites déformations.isotropes : les propriétés mécaniques sont les mêmes en tous points et dans toutes les directions. . on parle de solide élancé. Page 50/ 106 .le rayon de courbure de la fibre moyenne est grand par rapport aux dimensions des sections droites. . .continus : les propriétés varient de manière continue d’un point à l’autre. .homogènes : tous les éléments du matériau.utilisés dans le domaine élastique : les relations entre contraintes et déformations sont linéaires = loi de HOOKE (voir plus loin).Mécanique des structures Sollicitations TS II . ont une structure identique. . .la longueur de la fibre moyenne est grande devant les dimensions des sections droites (longueur supérieure à 10 fois la plus grande dimension transversale).de petits déplacements. AVEC HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS SANS HYPOTHESES DE PETITES DEFORMATIONS ⇒ La contraction latérale des poutres est négligée. » Ce qui est correctement vérifié par l’expérience sous réserve d’avoir : . 3°/ Hypothèses sur les déformations Hypothèse de NAVIER-BERNOULLI : « les sections planes normales aux fibres avant déformation restent planes et normales aux fibres pendant et après la déformation.les éventuelles variations de l’aire de la section droite sont faibles et progressives. aussi petits soient-ils.HYPOTHESES FONDAMENTALES DE LA THEORIE DES POUTRES 1°/ Hypothèses sur la géométrie des poutres Trois hypothèses sur la géométrie des poutres : .

Nous allons. Ces forces se développent à l’intérieur du matériau.des actions de liaisons R i . .des forces que le tronçon de droite (2) exerce sur le tronçon de gauche (1). efforts internes ou encore efforts de cohésion car il assurent la cohésion (la liaison) entre les particules constitutives du matériau. . Ce tronçon est en équilibre sous l’action : . Fi F2 F1 y G0 G G1 x z S(x) Ri R2 R1 Pour connaître ce qui se passe à l’intérieur de la poutre. 1°/ Notion de coupure Soit une poutre droite en équilibre soumises à des actions extérieurs quelconques Fi et à des actions de liaisons quelconques R i . déterminer quels sont les efforts qui se développent à l’intérieur de la matière. appelés efforts intérieurs.des forces extérieures qui lui sont appliquées Fi .Mécanique des structures Sollicitations TS 4°/ Hypothèses sur les actions extérieures Hypothèse de SAINT-VENANT : les résultats de la résistance des matériaux ne s’appliquent valablement qu’à une distance suffisamment éloignée de la région où sont appliqués les efforts concentrés. dans ce paragraphe. on effectue par la pensée à l’abscisse x une coupure fictive au droit d’une section notée S(x). Isolons le tronçon de poutre situé à gauche de la section S(x).SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION .EFFORTS INTERNES. III . On peut exprimer ces « efforts internes » sous la forme d’un torseur pris au centre de gravité de la section S(x). Page 51/ 106 .

2 y Vy (x) V(x) R1 (x) 2 N(x) G x V (x) z z N ( x ) : effort normal R2 (x) Vy ( x ) : effort tranchant selon y 1 VZ ( x ) : effort tranchant selon z Page 52/ 106 . x). on appelle sollicitations les projections sur les axes (G.Mécanique des structures Sollicitations TS Tronçon de gauche (1) isolé : y Fi R1 (x) 2 G0 G x M 21 (x) G z S(x) Ri Action du tronçon de droite (2) sur le tronçon de gauche (1) = torseur des efforts internes de cohésion : ⎧R (x) ⎫ 2 ⎪ {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ 2°/ Définition des sollicitations Par définition. (G. z) des vecteurs R1 (x) et 2 M 21 (x) : G R1 (x) : résultante générale des efforts de cohésion. y) et (G.

Vy(x). que nous noterons M(x). tous les efforts extérieurs étant situés dans le plan (O. G y M y(x) f M (x) f M 21 (x) G G x T(x) Mf z (x) z MG 2 1 T( x ) : moment de torsion (x) M f y ( x ) : moment fléchissant autour de y M f Z ( x ) : moment fléchissant autour de z Le torseur des efforts internes de cohésion s’écrit alors : ⎧R (x) ⎫ 2 {τ(2 1)}= ⎪ 1 ⎪= ⎨ ⎬ ⎪M 21 (x)⎪ G ⎭ G⎩ ⎧N(x) T(x) ⎫ ⎪ ⎪ ⎨Vy (x) Mf y (x)⎬ ⎪ ⎪ ⎩VZ (x) Mf Z (x)⎭ G Ce torseur correspond à un torseur d’encastrement.y + VZ (x). que nous noterons V(x).y + Mf Z (x). x.z G 1 REMARQUE : les problèmes que nous sommes amenés à traités sont des problèmes plan. R1 (x) = N(x).l’effort normal N(x).z 2 M 2 (x) = T(x). les seules composantes non nulles du torseur des sollicitations sont : .x + Mf y (x). Dans ces conditions.Mécanique des structures Sollicitations TS M 21 (x) : moment résultant au point G des efforts de cohésion.l’effort tranchant suivant y. .le moment fléchissant suivant z. Mfz(x). y).x + Vy (x). représentés de la façon suivante : y Fi V(x ) M(x) G N( x ) Ri x Page 53/ 106 . .

Equilibre du tronçon 1 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 1 ⎪ 21 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎟ ⎜ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −∑ FExt 1 ⎪ 1 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 2 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 1⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = − Somme des forces à gauche de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = − Somme des moments des forces à gauche de la sec tion S 1 ⎩ .Mécanique des structures Sollicitations TS 3°/ Conventions de signe Etudions l’équilibre des 2 tronçons de poutre séparés par la section S(x) : Forces extérieures de y gauche : FExt 1 R21 (x) G0 S0 z G x S Forces extérieures de droite : FExt 2 M 21 (x) G R12 (x) = −R21 (x) G G1 Tronçon de gauche (1) isolé M 12 (x) = − M 21 (x) G G S S1 Tronçon de droite (2) isolé .Equilibre du tronçon 2 : ⎧R ( x ) + ∑ F = 0 Ext 2 ⎪ 12 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 1 ( x ) + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ = 0 ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ Principe des actions mutuelles ⇒ ⎧R1 ( x ) = −∑ FExt 2 ⎪ 2 ⎪ ⇔⎨ ⎪ M 1 ( x ) = −∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G 2 ⎝ 2⎠ ⎩ ⎧R2 ( x ) = −R1 ( x ) ⎪ 1 2 ⎨ ⎪ M 2 (x) = − M 1 (x) G 2 ⎩ G1 ⎧R2 ( x ) = + ∑ FExt 2 ⎪ 1 ⎪ ⇒⎨ ⎪ M 2 ( x ) = + ∑ M G ⎛ FExt ⎞ ⎜ ⎟ ⎪ G1 ⎝ 2⎠ ⎩ Page 54/ 106 .

V. Si deux composantes au moins sont non nulles. etc. T. on dit qu’on a une sollicitation simple.somme des forces à droite de la coupure.somme des forces à gauche de la coupure. Les conventions de signe varient d’un livre à l’autre. on dispose toujours de deux possibilités (au signe près) pour déterminer les efforts internes : . . torsion+cisaillement… Sollicitations composées Page 55/ 106 Flexion composée N Vy 0 Mfz Sollicitations simples . on dit qu’on a une sollicitation composée. Quelle que soit la convention retenue. traction+cisaillement.Mécanique des structures Sollicitations TS ⎧R2 ( x ) = Somme des forces à droite de la sec tion S ⎪ 1 ⇔⎨ ⎪ MG 2 ( x ) = Somme des moments des forces à droite de la sec tion S 1 ⎩ REMARQUE : aucune convention n’est ni normalisée ni imposée. d’un pays à l’autre. ou Mf existe alors que les autres sont nulles. 4°/ Sollicitations simples ou composées Si une seule composante N. Cas Traction Schéma Composantes V T 0 0 Observations N N Mf 0 Cisaillement 0 V 0 0 Torsion 0 0 T 0 Flexion pure 0 0 0 Mfz Flexion simple 0 Vy 0 Mfz Flexion + Torsion Flambement ou Flambage 0 Vy T Mfz Non traité en BTS N 0 0 Mfz Vy Flexion déviée 0 Vz Mfz Mfy Non traité en BTS REMARQUE : d’autres cas sont possibles : flexion+torsion+traction.

.3 m Pour un problème dans le plan (O.5 m 0.des actions extérieures (connues).Mécanique des structures Sollicitations TS 5°/ Diagrammes des sollicitations. il suffit alors de faire varier x le long de la poutre pour connaître les sollicitations dans toutes les sections. La première étape consiste à exprimer les sollicitations dans une section S(x) quelconque de la poutre en fonction : . x. On obtient alors les diagrammes des sollicitations N. V et M en fonction de x. y). La finalité de la théorie des poutres est de connaître le comportement des particules dans toute section d’une poutre. le torseur est de la forme : ⎧N(x) 0 ⎫ {τ(2/1)}= ⎪V(x) 0 ⎪ ⎬ ⎨ ⎪ ⎪ 0 M(x) ⎭ G⎩ Avec les conventions choisies.Σ des forces horizontales à gauche de la coupure V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure = . Connaissant les sollicitations dans une section quelconque S(x).Σ des moments des forces à gauche de la coupure Page 56/ 106 . on obtient pour l’équilibre des tronçons de droite et de gauche : N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure = .des actions de liaisons (calculées en appliquant le PFS à la poutre entière).Σ des forces verticales à gauche de la coupure M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure = . Exemple : 25 kN 5 kN/m Considérons pour exemple la poutre encastrée ci-contre soumise à des forces extérieures telles qu’elles sont représentées : 10 kN 1.

m 1.6 kN. 25 kN 5 kN/m 10 kN 10 kN x 34 kN 45.3 m Les diagrammes sont une représentation graphique des valeurs des sollicitations.10 x [ m ] Page 57/ 106 .8 .5 m 0. Pour une abscisse x quelconque.5 m 0. nous permet de déterminer les actions de liaison.3 m Quel que soit x. Donc.F. on a N(x) = Σ des forces horizontales à droite de la coupure N(x) = -10 kN DIAGRAMME DE L’EFFORT NORMAL : N(x) [ kN ] 1. on peut lire les valeurs des sollicitations. pour tracer ces diagrammes.Mécanique des structures Sollicitations TS ⇒ Tracé des diagrammes des sollicitations : y Le P. on va faire varier l’abscisse x de la coupure. EFFORT NORMAL : y 10 kN x 10 kN x 1. on peut s’intéresser aux sollicitations. et on va calculer à chaque fois les valeurs des sollicitations. Connaissant alors toutes les actions extérieures appliquées à la poutre.S.

8 x [ m ] - .34 Page 58/ 106 . 2 valeurs aux limites x = 1.26.Mécanique des structures Sollicitations TS EFFORT TRANCHANT : y 25 kN 5 kN/m x x 34 kN 1.5 m ⇒ V(1.5 m Il faut distinguer le cas où x > 1.8) = 0 x = 1. 2 valeurs aux limites x = 1.5 m : DIAGRAMME DE L’EFFORT TRANCHANT : V(x) [ kN ] 1.5 kN V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = [ .5 × (1.1.25 kN ] V(x) = .5 m ⇒ V(1.5m : x > 1.5 m : 0.5 m et x < 1. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.8 – x) m V(x) = .5 .8 – x) = 5 x .5 kN/m répartis sur (1.5 .3 m V(x) = Σ des forces verticales à droite de la coupure V(x) = .5 × (1.8 m ⇒ V(1.5 1.1.8 – x) -25 = 5 x -34 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire. On a besoin de 2 points pour tracer le diagramme.8 – x) m ] + [ .5) = .5 kN x = 0 m ⇒ V(0) = -34 kN x < 1.26.5 kN/m répartis sur (1.9 C’est l’équation d’une droite : le diagramme est linaire.5) = .

8 – x)/2] m M(x) = [ .45.5 x² + 34 x – 45.5 m ⇒ M(1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.Mécanique des structures Sollicitations TS MOMENT FLECHISSANT y 25 kN 5 kN/m x 10 kN 10 kN x 34 kN 45.8) = 0 x = 1.5 x² + 9 x – 8.5 m ⇒ M(1. On peut calculer les 2 valeurs aux limites : x = 1.3 m Il faut également distinguer le cas où x > 1.225 kN.5 m 0.5 1.m DIAGRAMME DU MOMENT FLECHISSANT : M(x) [ kN.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = .5 – x ) m ] M(x) = .225 .5 (1.5 m : M(x) = Σ des moments des forces à droite de la coupure M(x) = [ .6 Page 59/ 106 .m 1.225 kN x < 1.5) = -0.8 x [ m ] - .5) = -0.m x = 0 m ⇒ M(0) = -45.5 kN/m répartis sur (1.6 kN.5 (1.5 m et x < 1.8 – x) m avec un bras de levier de [(1.8 m ⇒ M(1.5m : x > 1.1 C’est l’équation d’une parabole.m ] 1.8 – x)² / 2 ] + [ .6 kN.2.0.8 – x)² / 2 ] M(x) = .6 C’est l’équation d’une parabole.2.25 kN avec un bras de levier de (1.

Considérons un tronçon de poutre chargé par une charge répartie q(x) (éventuellement variable) et délimité par deux sections S et S1 infiniment voisines. (1) + (2) ⇒ q ( x ) = d²M(x) = M' ' (x) . 2 + M ( x ) + dM ( x ) = 0 ⎩ ⎩ (1) (2) () (1) ⇒ q ( x ) = − dV ( x ) = −V' ( x ) . dx soit M ' ( x ) = − V( x ) ⇒ la dérivée du moment est égale à -(l’effort tranchant). y q(x) V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 dV(x) et dM(x) représentent les variation élémentaires de V(x) et de M(x) sur la distance dx. la relation reste exacte dx Page 60/ 106 .dx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ V( x ) = − = − M ' ( x ) . dx soit V' ( x ) = −q ( x ) ⇒ la dérivée de l’effort tranchant est égale à . REMARQUE 1 : s’il n’y a pas de charge entre S et S1 : (1) ⇔ −V( x ) + V( x ) + dV( x ) = 0 ⇒ dV( x ) = 0 .dx − q( x ). l’effort tranchant est constant.Mécanique des structures Sollicitations TS 6°/ Relations entre q(x). dx ² soit M ' ' ( x ) = q ( x ) ⇒ la dérivée seconde du moment est égale à q(x). distantes de dx. infiniment petit du deuxième ordre : dM ( x ) ( 2) ⇒ V ( x ) = − = −M ' ( x ) . Si on néglige dx². ⇒ Equilibre du tronçon : ⎧− V( x ) + q( x ). (2) ⇔ −M ( x ) + V( x ). V(x) et M(x).dx + V( x ) + dV( x ) = 0 ⎧∑ Fy = 0 ⎪ ⎪ ⇔⎨ ⎨ dx ² ⎪∑ M G 1 F = 0 ⎪− M ( x ) + V( x ).q(x).

(2) ⇔ − M ( x ) + V( x ). en se référant à l’abscisse curviligne (s) des sections : dV(s) q (s) = − ds dM (s) V (s) = − ds d ² M (s) q (s) = ds ² ⇒ Conséquences : dans un tronçon de poutre non chargé. M est croissant et inversement. dx et (1) indique qu’il y a une discontinuité dans la valeur de dM(x)/dx. M passe par un extremum. si le tronçon supporte une charge uniforme. Dans le sens des x croissants. Si V est négatif. Page 61/ 106 . REMARQUE 3 : on obtient des résultats analogues avec une poutre plane courbe supportant une charge quelconque.kdx + M ( x ) + dM( x ) = 0 dM ( x ) ⇒ si on néglige kdx. M est maximum. V est constant et M varie linéairement. donc un point singulier dans le diagramme de M(x). V varie linéairement et M est une parabole.Mécanique des structures Sollicitations TS REMARQUE 2 : s’il y a une force concentrée entre S et S1 : y F kdx V(x)+dV(x) M(x) G G1 x M(x)+dM(x) V(x) S x x+dx S1 (1) ⇔ −V( x ) − F + V( x + dx ) = 0 ⇔ V( x + dx ) = V( x ) + F il y a une variation brutale de l’effort tranchant. si V passe d’une valeur 0< à une valeur >0. on a encore : V ( x ) = − = −M' (x ) . si V s’annule dans une section.dx + F.

dont l’angle orienté avec l’horizontale est : tan-1[ . Si q(x) < 0 alors V(x) est croissant. M(x) est mini quand V(x) passe du + au -. En tout point. CONSEQUENCES EXEMPLES RELATIONS Mécanique des structures V’(x) = -q(x) Si q(x) = 0 alors V(x) est constant. Si v(x) = 0 alors M(x) est constant (flexion pure) Si V(x) = cte alors M(x) est linéaire. on peut tracer la tangente à la courbe M(x).RELATIONS IMPORTANTES ET UTILES AU TRACE DES DIAGRAMMES DE N(X). Si q(x) = cte alors V(x) est linéaire. Si V(x) < 0 alors M(x) est croissant.V(x) ] M’’(x) = q(x) Si q(x) > 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le haut Si q(x) < 0 alors la concavité de la courbe M(x) est tournée vers le bas Si q(x) = 0 alors M(x) = ax + b (linéaire) Si q(x) = cte alors M(x) = ax² + bx + c (parabole) Si q(x) linéaire alors M(x) = ax3 + bx² + cx + d (hyperbole) TS Page 62/ 106 . V(X) ET M(X).au +. Sollicitations M’(x) = -V(x) Quand V(x) s’annule alors M(x) passe par un extremum (tangente horizontale) : M(x) est maxi quand V(x) passe du . Si q(x) > 0 alors V(x) est décroissant. Si V(x) > 0 alors M(x) est décroissant.

........ 65 II ................................................................. 64 2°/ Théorèmes de Guldin...............................................................................................Applications........................................ 68 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés........ 70 Formulaire Moment quadratique .................................................................................................................................................................................................................................................... 68 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés...................................................................................................... 67 3°/ Moment quadratique des surfaces composées ..... 69 Formulaire Centre de gravité............................................... 66 1°/ Définition................................................................. 68 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. .................. .... 71 Page 63 / 106 ........................................................................................ 64 1°/ Définition...........Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Chapitre 5 .........Moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan................... 66 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés ................ 66 1°/ Définition............................................Moment quadratique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan ................................ 68 IV .................. 67 2°/ Théorème de Huygens.................................... 66 III ...... 68 4°/ Rayon de giration .......................................................... ......................................................................................................Centre de gravité.....................................................................Caractéristiques géométriques des sections SOMMAIRE I .................... ................................................................................................................................................................................................................................................................... 66 3°/ Moment statique des surfaces composées.............................

→ Cas où le solide est d’épaisseur constante e : V = e. yG et zG du centre de gravité G : xG = ∫ V x i .dm m yG = ∫ V yi . le centre de gravité de l’ensemble des n points est le point G tel que : ∫ V GM i .CENTRE DE GRAVITE 1°/ Définition Considérons. Ce solide est de volume V. dmi. xG = ∫∫ x . Pour déterminer la position de G dans le repère (O.dm m zG = ∫ V zi . il faut mettre cette définition sous une forme plus facile à exploiter : GM i = GO + OM i = OM i − OG ⇒ ∫ OM i − OG . …. x.m = 0 ⇔ OG = ∫ V OM i . y. de masse respective dm1.dV zG = ∫ V z i . yi et zi les coordonnées du point Mi.dm m → Cas où le matériau est homogène : ρ = cte avec m = ρV et dm = ρdV . On obtient à partir de la relation (1) les coordonnées xG. La relation devient : xG = ∫ V x i .dm = 0 G est aussi appelé centre de masse.dV S Dans ce cas.dm = 0 V ( ) ∫ ⇔∫ ⇔∫ ⇔ V OM i . …. M2.dm − ∫ OG . un solide comme étant constitué d’un ensemble de n points matériels M1. G est appelé centre de surface.dm = 0 V V OM i .S et dV = e. dm2. ….dS. Mi. dans l’espace.dm −OG ∫ dm = 0 V V OM i . z).dS S i S zG = ∫∫ z . …. dmn. Mn.dm −OG .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS I . La relation devient : V V V Les coordonnées du centre de gravité sont alors indépendantes de la nature du matériau.dS S i S Page 64 / 106 .dS S i yG = ∫∫ y . y M1 G O z x Mi Mn Par définition.dV yG = ∫ V yi .dm m (1) Soient xi. avec S la surface du solide.

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Propriété : Si un solide possède un plan. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’une plaque semi circulaire : R ZG G 4 π R3 3 R Volume engendré par la rotation de la plaque = Surface du demi disque = π R2 2 π R2 4 3 ⇒ πR = × 2 π zG 2 3 4R ⇔ zG = 3π REMARQUE : Les théorèmes de Guldin ne peuvent pas servir à la détermination des centres de gravité des volumes. sur l'axe de symétrie ou au centre de symétrie. son centre de gravité est situé respectivement dans le plan de symétrie. 2°/ Théorèmes de Guldin. Page 65 / 106 . un axe. » Exemple : Détermination du centre de gravité d’un demi-cerceau : G ZG Surface décrite par la rotation du demi-cerceau = 4 π R² Longueur de la ligne = π × R Circonférence décrite par G = 2 π zG ⇒ 4 π R² = π R × 2 π zG 2R ⇔ zG = π 2ème théorème : « Le volume engendré par une surface plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la surface par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. 1er théorème : « La surface engendrée par une ligne plane tournant autour d’un axe de son plan mais ne le traversant pas est égale au produit de la longueur de la ligne par la longueur de la circonférence décrite par le centre de gravité de cette ligne. ou un centre de symétrie.

y) : Démonstration : y Mi dSi W( O . y ) (S) = x G . + WΔ (Sn ) Page 66 / 106 . x ) (S) = yG . x) de son plan est égal au produit de la surface par la coordonnée yG du centre de cette surface.S yi .. Sn. x.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS II . …. Soit dans un repère (O. x) : Wx (S) = ∫∫ yi dS⎫ S ⎪ ⎪ ⎬ ⇒ Wx (S) = y G .. Mi dSi ri S Théorème 1 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe situé dans son plan est égal au produit de la surface par la distance de son centre de gravité à l’axe considéré. ….S et W( O . dSi. …. La démonstration est évidente : si y G = 0 alors W( O . On appelle moment statique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : WΔ (S) = ∫∫ ri dS S ri étant la distance de dSi à Δ. dSn et un axe Δ situé dans son plan.MOMENT STATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN. dS2. M2.dS ∫∫S ⎪ yG = ⎪ S ⎭ yi S O x Théorème 3 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe de son plan passant par le centre de cette surface est nul. …. ….S Moment statique de la surface plane S par rapport à l’axe (O. Mn. Mi. de surface élémentaire dS1. S2. est égal à la somme arithmétique des moments statiques des n surfaces : WΔ (S) = WΔ (S1 ) + WΔ (S2 ) + . 2°/ Moment statique dans un système d’axes orthonormés Théorème 2 : le moment statique d’une surface plane par rapport à un axe (O. x ) (S) = 0 3°/ Moment statique des surfaces composées Le moment statique d’une surface S. composées de plusieurs surfaces S1. 1°/ Définition Δ Considérons une surface plane S constituée de n points matériels M1.

dS = 0 définition du centre de gravité⎫ ⇒ I (S) = I (S) + S. » ΔG Δ Théorème de Huygens : Mi 2 dSi IΔ (S) = I Δ G (S) + S. On appelle moment quadratique de la surface S par rapport à l’axe Δ la quantité : I Δ (S) = ∫∫ ri dS 2 S ri étant la distance de dSi à Δ. x. x ) (S) = ∫∫ y i dS et 2 S I(O.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS III . augmenté du produit de l’aire de la surface S par le carré de la distance entre les deux axes.MOMENT QUADRATIQUE D’UNE SURFACE PLANE PAR RAPPORT A UN AXE DE SON PLAN 1°/ Définition Mi dSi ri Δ S Considérons toujours la même surface plane S constituée de n points matériels Mi. y ) (S) = ∫∫ x i dS 2 S 2°/ Théorème de Huygens Théorème de Huygens : « Le moment quadratique d’une surface plane S par rapport à un axe quelconque Δ de son plan est égal au moment quadratique de cette surface par rapport à un axe ΔG parallèle à Δ et passant par le centre de gravité G de la surface S. y) : I (O.dS + d 2 ∫∫ dS 2 S S S ⇔ I Δ (S) = ∫∫ ri G + 2ri G d + d 2 dS 2 ( ) ) ∫∫ r .d ⎪ ⎬ ∫∫ dS = S surface de la sec tion considérée ⎪ ⎭ S iG Δ ΔG S 2 Page 67 / 106 . et un axe Δ situé dans son plan. de surface élémentaire dSi. Dans un repère orthonormé (O.dS + 2d ∫∫ ri G .d ri G G S d Démonstration : 2 Par définition : I Δ (S) = ∫∫ ri dS S Remplaçons ri par sa valeur ri = ri G + d : ⇒ IΔ (S) = ∫∫ ri G + d dS 2 S S ( ⇔ IΔ (S) = ∫∫ ri G .

Par définition : W( O.. S2. x ) (S) = bh 2 et 2 yG = h .plus le moment quadratique est grand.APPLICATIONS 1°/ Moment statique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés.plus l’axe s’éloigne du centre de gravité.dy = ∫ dx ∫ y 2dy 2 2 b h S S 0 0 ∫ h y b 0 dx = [x ]0 = b b G dS x x’ ∫ x h 0 O b ⎡ y3 ⎤ h3 y dy = ⎢ ⎥ = ⎣ 3 ⎦0 3 2 h d’où I(O .S 2 S y b ici. y y’ x I(O.. S=b×h W( O. plus la section a du mal à tourner autour de l’axe. …. 2 de même i y = Iy S ou Iy = iy ⋅ S . 3°/ Moment quadratique des surfaces composées Le moment quadratique d’une surface S. . est égal à la somme arithmétique des moments quadratiques des n surfaces : IΔ (S) = IΔ (S1 ) + IΔ (S2 ) + . 2 G h d’où O 2°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport à un de ses côtés. x ) (S) = bh 3 3 Page 68 / 106 .Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS Remarque : le moment quadratique caractérise l’aptitude d’une section à tourner autour d’un axe : . x ) (S) = ∫∫ yi dS = yG . plus le moment quadratique est grand. x ) (S) = ∫∫ yi dS = ∫∫ yi dx. 2 IV . + IΔ (Sn ) 4°/ Rayon de giration Il est défini comme la racine carrée du moment d’inertie divisée par l’aire S de la surface : ix = Ix S ou Ix = ix ⋅ S . Sn. composées de plusieurs surfaces S1.

y G I( G .⎜ ⎟ 3 ⎝2⎠ 2 I( G . On applique le théorème d’Huygens : IΔ (S) = IΔ G (S) + S.Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS 3°/ Moment quadratique d’un rectangle par rapport aux axes de symétrie. x ) (S) − S. x ') (S) = bh 3 12 Page 69 / 106 . x ') (S) + S. x ') (S) = 2 bh 3 ⎛h⎞ − (bh ).d 2 2 ⇒ ⇔ ⇔ ⇔ I ( O. x ') (S) = I( O. x ) (S) = I ( G .yG I ( G .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : CENTRE DE GRAVITE Page 70 / 106 .

Mécanique des structures Caractéristiques géométriques des sections TS FORMULAIRE : MOMENT QUADRATIQUE Page 71 / 106 .

......................................... 73 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux..compression Etude de l’effort normal SOMMAIRE I .............................................. 74 3°/ Contraction ou dilatation latérale .........Calcul de la variation de longueur d’une poutre droite soumise à un effort normal.......................... 79 VII ..........................................Sollicitation étudiée : l’effort normal ................................................. 73 2°/ Analyse de la courbe contrainte .. 73 II ........................ 79 1°/ Condition de résistance..........................déformation ........................................................................................................................Déformations dues à l’effort normal...... ..... 76 III ...................................Traction ........Loi de comportement des matériaux.............Coefficient de Poisson ν......................................................................... .........................................Dimensionnement des éléments soumis à un effort normal..............................Compression TS Chapitre 6 ............... 77 IV .................... 79 Page 72 / 106 .............................. 79 VI .... 76 1°/ Notion de contrainte..................................................................Loi de Hooke...........................................................................................Quelques ordres de grandeurs ....................Mécanique des structures Traction . 76 2°/ Contrainte due à l’effort normal.............. 78 V ...............................................................................Contrainte due à l’effort normal.................................................................................................... ............ 79 2°/ Condition de déformation........................................... 75 4°/ Généralisation....................................................... ...........................

F Représentation simplifiée d’une machine d’essai de traction -F Page 73 / 106 . N(x) < 0 : compression simple ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨ 0 ⎪ 0 0⎪ ⎭ G⎩ II . Soumettons cette barre à une sollicitation de traction en lui appliquant à chaque extrémité un effort F : x x F F ΔL S0 L0 L0 Essai de traction sur une éprouvette d’acier doux. 1°/ Essai de traction sur une éprouvette en acier doux.Compression TS I .SOLLICITATION ETUDIEE : L’EFFORT NORMAL On considérera qu’une poutre est sollicitée en traction simple ou en compression simple lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul effort normal N : N(x) ≠ 0 y T(x) = 0 Vy (x) = 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) = 0 z S(x) G N( x ) x N(x) > 0 : traction simple.LOI DE COMPORTEMENT DES MATERIAUX.Mécanique des structures Traction . Considérons une barre d’acier doux de longueur initiale L0 et dont la section initiale S0 est constante sur la longueur L0. .

E s’exprime en MPa Le point A marque la fin de la zone élastique de la courbe.en abscisse : l’allongement relatif ε x = On obtient alors la « courbe contrainte . on reporte sur un graphique : ΔL (ε = lettre grecque « epsilon »). Ainsi. si on décharge l’éprouvette. ce qui signifie que la déformation est proportionnelle à l’effort exercé (ou que l’allongement relatif est proportionnel à la contrainte). Ceci se traduit par la loi de Hooke : F ΔL σ = E×ε = E× ou S L E est le module d’Young. comme un ressort. Pour pouvoir comparer les caractéristiques mécaniques des matériaux. (OA = droite de pente E) Dans cette zone. ou MPa.en ordonnée : la contrainte σ = (σ = lettre grecque « sigma »). On dit que le matériau a. L0 ε est sans unité puisque c’est le rapport de deux longueurs. . dans cette phase.Mécanique des structures Traction . un comportement élastique linéaire. Fe S Page 74 / 106 . elle revient à sa longueur initiale. ΔL est appelé l’allongement absolu.Partie OA : la courbe est sensiblement rectiligne.Compression TS On peut enregistrer à l’aide de comparateurs l’allongement ΔL de l’éprouvette en fonction de l’intensité de l’effort F. La contrainte σe = correspondante est appelée la limite d’élasticité. F .Loi de Hooke. du matériau et caractérise la rigidité du matériau. S0 σ est l’effort par unité de surface en N/mm².déformation . celles-ci doivent être établies indépendamment des sections S0 et longueurs L0 des éprouvettes.déformation » du matériau de l’essai qui a l’allure suivante : σ= F S0 σr σe = Fe S0 C A B Striction D Rupture Courbe contrainte déformation de l’acier doux α O tan-1α = E ε x = ΔL L0 2°/ Analyse de la courbe contrainte . ou module d’élasticité longitudinal (Ex). .

ΔL > 0 Contraction latérale . L0 d0 ε⊥ εx Le coefficient ν est le rapport de ces deux déformations : ν = − ν est compris entre 0. x x F ΔL d 2 d0 ΔL Poutre avant déformation F Δd 2 Δd 2 Δd Δd 2 L0 Poutre avant déformation -F Cas de la traction Allongement longitudinal . . celle-ci subit une déformation longitudinale εx . Page 75 / 106 . -Au-delà de B : on observe un allongement important pour une faible augmentation de la contrainte. celle-ci ne retrouve pas sa longueur initiale. c'est-à-dire une déformation permanente. on observe une diminution de la section de la barre dans la zone où va se produire la rupture.1 et 0. Δd < 0 L0 d0 d -F Cas de la compression Rétrécissement longitudinal . c’est le phénomène de striction.15 pour les bétons). mais aussi une déformation latérale ε ⊥ perpendiculairement à la direction de l’effort. respectivement une contraction ou une dilatation. le domaine plastique.Partie AD : au-delà du point A.3 pour les métaux et 0. si on décharge l’éprouvette.Compression TS . cette partie de la courbe est appelée « palier plastique ». on constate un allongement résiduel. Puis la rupture intervient (point D). respectivement un allongement ou un raccourcissement. ΔL < 0 Dilatation latérale . La courbe se relève jusqu’à un maximum C qui correspond à la limite de rupture σr. A ce stade. où les allongements ne sont plus proportionnels aux efforts. 3°/ Contraction ou dilatation latérale . Δd > 0 Déformations longitudinale ε x = ΔL Δd et transversale ε ⊥ = .Coefficient de Poisson ν. A ce stade. Lors d’un essai de traction ou de compression sur une poutre. on rentre dans le domaine des grandes déformations.Entre A et B : l’éprouvette s’allonge alors que l’intensité de la charge ne varie pratiquement pas.5 (0.Mécanique des structures Traction .

par fendage ou directe pour les mortiers et les bétons. -compressions sur les bétons. Pour définir les caractéristiques mécaniques des matériaux. . . Dans une section droite de poutre.coefficient de Poisson : ν.Mécanique des structures Traction . Elles permettent de savoir quelle est la section la plus sollicitée mais ne donnent aucune indication sur ce qu’il se passe en chaque point de la section. 1°/ Notion de contrainte. d d d Page 76 / 106 . il faut introduire la notion de contraintes.traction directe sur les métaux. . on réalise des essais sur des éprouvettes : . En résistance des matériaux.une phase de déformation plastique où les déformations sont partiellement permanentes. . Tous ces essais font apparaître deux phases : . on fera l’hypothèse que l’on reste dans la phase élastique du matériau.traction. les sollicitations sont les éléments de réduction des forces internes de cohésion au centre de gravité de la section.limite d’élasticité : σe .module d’Young : E .une phase de déformation élastique linéaire pour laquelle s’applique la loi de Hooke et où les déformations sont réversibles. .CONTRAINTE DUE A L’EFFORT NORMAL.contrainte de rupture : σr . compression.traction par flexion. III . Ces essais permettent de déterminer les caractéristiques suivantes : . . Pour cela.Compression TS 4°/ Généralisation. flexion sur les bois.

x) : . 1 MPa = 106 Pa = 1 N/ mm² = 1 MN/m² . Autour du point M. 1 Pa = 1 N/mm² . Le vecteur contrainte Φ M.1 MPa = 1 daN/cm² Si on projette Φ M. . on parle d’état de contrainte. sur la facette dirigée par le vecteur n . n défini de la façon suivante : ( ) en un point M.Mécanique des structures Traction . ( ) 2°/ Contrainte due à l’effort normal.si N > 0 : effort normal de traction. t = + . est df . sont orientées par deux vecteurs unitaires : . n ) = lim dS i2 1 dS→ 0 Le vecteur contrainte est donc le rapport d’une force à une surface : l’intensité d’une contrainte est homogène à une pression et s’exprime en Pa. σ < 0. 1 bar ≈ 105 Pa = 0. 2 ( ) Sur chaque surface dS s’exerce des forces de cohésion df i 2 1 dues à l’action de 2 / 1. Page 77 / 106 . selon l’orientation θ de la coupure. Ces surfaces. Φ (M. n sur les directions n et t on obtient respectivement la contrainte normale σ et la contrainte tangentielle τ (τ = lettre grecque « tau »). π .n : vecteur unitaire normal à la facette et dirigé vers l’extérieur de la coupure. il existe une infinité de facettes et le vecteur contrainte varie d’une facette à l’autre : il n’existe pas qu’une contrainte en un point mais une infinité.si N < 0 : effort normal de compression.Compression TS Etudions une poutre dans laquelle nous effectuons une coupure imaginaire de section S et d’orientation quelconque : Isolons le tronçon 1 et divisons la section S en surfaces élémentaires dS infiniment petites.t : vecteur unitaire tangent à la facette et tel que n . Sur une section droite S (facettes perpendiculaires à la fibre moyenne). σ > 0. on peut considérer que l’action de l’effort normal est une répartition uniforme de contraintes normales : y σ= z σ(x) N S et τ=0 G N( x ) x Le signe de N est défini par rapport à l’orientation de l’axe (G. également appelées « facettes ». suffisamment éloigné des points d’application des charges extérieures.

(a) (b) IV . − Δdx correspond à un raccourcissement si N(x) < 0 (Compression). » ⇒ Près des points d’application des forces extérieures. Ce tronçon est compris entre les sections Si et Si+1. Sous l’effet de l’effort normal. la distribution des contraintes est perturbée par la proximité du chargement (cas a). Page 78 / 106 . on leur applique N( x ) Δdx σ = E ⋅ εx la loi de Hooke : ou = E⋅ S dx Tous les tronçons de fibres de longueurs dx subissent une déformation : Δdx = N(x ) dx SE Ce qui signifie que la section se déplace parallèlement à sa position d’origine. qui peut pourtant être dû à des chargements différents (cas b). Cela est conforme à l’hypothèse de Bernoulli selon laquelle les sections droites restent droites après déformation. σ ne dépend que de la valeur de l’effort normal N(x).Compression TS Remarque : On peut expliquer ici l’hypothèse de Saint Venant vue dans le chapitre sur la théorie des poutres : « dans une section. chaque fibre du tronçon subit une déformation Δdx.Mécanique des structures Traction . ⇒ Loin des points d’application des forces extérieures. loin des points d’application des charges concentrées. les contraintes ne dépendent que des éléments de réduction des forces situées à droites (ou à gauche) de la section.DEFORMATIONS DUES A L’EFFORT NORMAL y Isolons un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx. − Δdx correspond à un allongement si N(x) > 0 (Traction). Fibre Si Si+1 S’i+1 N( x ) N( x ) x dx Δdx Chaque fibre de poutre étant considérée indépendamment l’une de l’autre.

Mécanique des structures

Traction - Compression

TS

V - CALCUL DE LA VARIATION DE LONGUEUR D’UNE POUTRE DROITE SOUMISE A UN EFFORT NORMAL (DEPLACEMENTS).
L’allongement (ou raccourcissement) total de la poutre est égal à la somme des allongements de tous les tronçons élémentaires qui la constituent : L N( x ) Pour une poutre de longueur L : ΔL = ∫ dx 0 SE NL ΔL = Si N et S sont constants, on a : SE

VI - DIMENSIONNEMENT DES ELEMENTS SOUMIS A UN EFFORT NORMAL.
1°/ Condition de résistance.
Dans les conditions normales d’utilisation, on doit vérifier que la contrainte maximale σmax dans la section la plus sollicitée de la poutre reste inférieure à une valeur σ (contrainte admissible) fixée expérimentalement ou réglementairement. Souvent, σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe :
σmax = σ N max ≤σ= e S γ

avec γ (γ = lettre grecque « gamma ») un coefficient de sécurité.
Attention : pour les poutres élancées soumises à de la compression, la vérification de la condition de résistance ne suffit pas, il faut se mettre à l’abri d’une ruine par flambement, phénomène d’instabilité de forme qui peut intervenir pour des efforts inférieurs à ceux que peut supporter le matériau (voir chapitre sur le flambement).

2°/ Condition de déformation
En fonction du type d’élément, l’allongement ou le raccourcissement ne doit pas dépasser une limite admissible, qui, si elle était dépassée, compromettrait l’utilisation de l’ouvrage : ΔL ≤ valeur fixée

VII - QUELQUES ORDRES DE GRANDEURS
Il est bon de connaître quelques ordres de grandeur en ce qui concerne les caractéristiques mécaniques des matériaux les plus employés en Génie Civil :
Béton :

- Résistance à la compression : fcj = 20 à 40 MPa (60 à 120 pour les BHP) - Résistance à la traction : ftj ≈ 1/10ème de fcj (ftj = 0,6 + 0,06.fcj en MPa) - Module d’Young : E ≈ 35000 MPa (Eij ≈ 11000.(fcj)1/3) - Limite élastique : fe = 500 MPa - Résistance à la rupture : σr = 550 MPa - Module d’Young : Es = 200000 MPa

Acier HA pour béton :

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Mécanique des structures

Flexion

TS

Chapitre 7 - Flexion pure Etude du moment fléchissant
SOMMAIRE

I - Sollicitation étudiée : moment fléchissant......................................................................... 81 II - Les effets du moment fléchissant : étude expérimentale................................................. 82 III - Contraintes normales de flexion..................................................................................... 82
1°/ Principe d’équivalence .............................................................................................................. 82 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion ............................................................................. 83 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. ................................................................ 84

IV - Etude des déformations dues au moment fléchissant..................................................... 85
1°/ Etude des déformations. ........................................................................................................... 85 2°/ Etude de la déformée................................................................................................................. 85 3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. ....................... 86

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Mécanique des structures

Flexion

TS

I - SOLLICITATION ETUDIEE : MOMENT FLECHISSANT
On considérera qu’une poutre (on se limite à l’étude des poutres droites) est soumise à de la flexion pure lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à un seul moment fléchissant (autour de l’axe Gz par exemple) Mz :
y

N(x) = 0

T(x) = 0

Vy (x) = 0 My (x) = 0 VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0
z G

M z (x)

S(x)

x

0 ⎫ ⎧0 ⎪ {τ(2 1)}= ⎨0 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪0 M (x)⎪ z ⎭ G⎩
Essai de flexion réalisé en laboratoire :
y A P P= 1000daN B C D x

Vy 1000

[daN]
+ -

x

- 1000 Mz [daN.m] 1000
+

y A

P

P= 1000daN B x
Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0 Flexion pure Vy = 0 Mz = cte Flexion simple Vy ≠ 0 Mz ≠ 0

x

C 1m 1m

D 1m

Entre C et D, on peut étudier les effets du moment fléchissant seul.

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⇒ les fibres situées au dessus du plan neutre raccourcissent : elles sont comprimées ⇒ les fibres situées en dessous du plan neutre s’allongent : elles sont tendues III .la section droite de la poutre est constante.Mécanique des structures Flexion TS II .toutes les forces appliquées à la poutre sont perpendiculaires à la ligne moyenne et contenues dans le plan de symétrie longitudinal. les fibres de la poutre soumise au chargement décrit précédemment.d’une composante perpendiculaire à la facette σx (contrainte normale). dS z Cette contrainte est la somme : . .la poutre admet un plan de symétrie longitudinal.CONTRAINTES NORMALES DE FLEXION 1°/ Principe d’équivalence Considérons une section droite S de poutre soumise à de la flexion composée (N≠0.LES EFFETS DU MOMENT FLECHISSANT : ETUDE EXPERIMENTALE Reprenons l’exemple de la poutre de laboratoire précédente et précisons que : . . L’expérience montre qu’entre les points C et D. Vy ( x ) M z (x) τ dS df ds σx G N( x ) S(x) x Page 82 / 106 . .d’une composante tangentielle τ (contrainte de cisaillement). Mz≠0) : Sur une facette infiniment petite dS de cette section s’exerce une force de cohésion df . Vy≠0. . se déforment selon des arcs de cercles parallèles (on parle de flexion circulaire) : ⇒ la ligne moyenne GG’ et le plan Gxz correspondant ne subissent aucune déformation : on parlera donc de fibre neutre et de plan neutre. .la ligne moyenne de la poutre est rectiligne. ce qui correspond à une contrainte : y df Φ= .les hypothèses de la théorie des poutres s’appliquent. notamment : on reste dans le domaine des petites déformations et la loi de Hooke s’applique.

de plus la loi de Hooke donne : σx = E ⋅ ε x d’où σx = E(k1 + k 2 y) = K1 + K 2 y .d’après le principe de Navier . Considérons une surface élémentaire dS de la section S. z) : z G M z (x) S(x) . axe principal de la section S. planes avant leur déformation.l’expression (2) donne : M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS = −K 2 ∫∫ y 2dS S S ⇒ on remarque que ∫∫ y dS = I 2 S Gz . donc que ce terme est nul (voir chapitre « caractéristiques géométrique d’une section »). restent planes après leur déformation.le principe d’équivalence donne : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS .l’expression (1) donne alors : ⇒ on remarque que S (S’) (S) Raccourcissements relatifs G y x Allongements relatifs L ΔL Analyse des déformations longitudinales consécutives à la flexion.Bernoulli. avec ici N(x) = 0 (1) (2) M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S S Position après déformation y Position avant déformation . Donc la déformation des fibres est proportionnelle à y : ΔL = ε x = k1 + k 2 y (équation d’une droite) L . Page 83 / 106 . moment quadratique de S par rapport à l’axe Gz. dS est centrée sur le point P de coordonnées (y .Mécanique des structures Flexion TS L’action des forces de cohésion sur la section se réduit en G au torseur : ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ Le principe d’équivalence exprime juste le fait que les sollicitations sont les éléments de réduction des forces élémentaires df qui s’exercent sur chacune des facettes dS : N(x ) = ∫∫ σx ⋅ dS S Vy (x ) = ∫∫ τ ⋅ dS S M z (x ) = ∫∫ − y ⋅ σx ⋅ dS S 2°/ Calcul des contraintes normales de flexion y P dS x Le système des forces extérieures se réduit à Mz qui est porté par Gz. Il reste alors : K1A = 0 ⇒ K1 = 0 . ∫∫ σ S x ⋅ dS = ∫∫ (K1 + K 2 y)dS = K1S + K 2 ∫∫ ydS = 0 S S ∫∫ ydS est le moment statique de la section par rapport à Gz. les sections droites. Nous verrons plus tard pourquoi cette précision est importante.

z) est le plan neutre et (G. v = ± h 2 Page 84 / 106 . ⇒ σx = 0 pour y = 0 : (G.Mécanique des structures Flexion TS D’où : K2 = − Mz . Dans les conditions normales d’utilisation.σx > 0 si y < 0 (traction dans les fibres situées sous l’axe neutre). z) est l’axe neutre. x. (S) σ ⇒ si le moment Mz est positif : . finalement : σ x = − ⇒ σx est proportionnel à l’ordonnée y du point considéré.σx < 0 si y > 0 (compression dans les fibres situées au-dessus l’axe neutre). on doit vérifier que la contrainte maximale σmax reste inférieure à une valeur limite σ fixée expérimentalement ou réglementairement. et il reste : IGz Mz y IGz σx = K 2 y Donc. . y y z G x G x Représentation de la répartition des contraintes normales σ dans une section droite S d’une poutre fléchie. et réciproquement si Mz est négatif. y σx < 0 : Compression y σx > 0 : Traction σx σx σx > 0 : Traction Moment fléchissant positif σx < 0 : Compression Moment fléchissant négatif 3°/ Condition de résistance aux contraintes normales. Souvent σ est calculée à partir de la limite d’élasticité σe : σmax = − avec Mz ⋅ v σ ≤σ= e IGz γ γ : coefficient de sécurité v : ordonnée de la fibre la plus éloignée de l’axe neutre .

On se propose de déterminer l’équation y(x) de cette déformée en fonction de x. Dimensionnement pratique d’une section : L’inéquation précédente peut se mettre sous la forme : IGz v ≥ − Mz σ Lorsque Mz et σ sont définis. IV .la forme et les proportions de la section.Mécanique des structures Flexion TS La relation précédente peut se mettre également sous la forme : σ max = − Le rapport I Gz Mz IGz v ≤σ= σe γ est appelé module de flexion élastique. on choisit la forme et les proportions de la section et l’inéquation permet de déterminer une dimension. .1 D3 . Exemples : . . b et h. il reste deux groupes d’inconnues : . Etudions un tronçon élémentaire de poutre de longueur dx : la section S’ tourne par rapport à S d’un angle dθ. il faut choisir un rapport entre b et h. Sous l’application de charges.h²/6 ⇒ 2 inconnues. Page 85 / 106 . ⇒ 1 inconnue a.ETUDE DES DEFORMATIONS DUES AU MOMENT FLECHISSANT 1°/ Etude des déformations.section carrée : I/v = a3/6 ⇒ 1 inconnue D. la ligne moyenne d’une poutre se déforme.ses dimensions.D3/32 ≈ 0. La loi de Hooke nous permet de calculer l’allongement (ou le raccourcissement) d’une fibre : O ρ dθ Δdx et σx = E ⋅ ε x dx M ⋅y Δdx σ x σ ⇒ = ⇔ Δdx = x dx ⇔ Δdx = − z dx dx E E E ⋅ IGz εx = G y S G’ dθ Δdx S’ x L’angle de rotation en radians vaut : Mz Δdx dθ ≈ tan dθ = dx = − y E ⋅ I Gz (1) dx 2°/ Etude de la déformée.section circulaire : I/v = π. En général.section rectangulaire : I/v = b. sa valeur est donnée dans les v catalogues de profilés métalliques commerciaux.

3°/ Exemple de calcul de la déformée par la méthode de la double intégration. on peut écrire : ρ = On peut donc écrire : y' ' ( x ) = 1 dθ = ρ dx (2) 1 y' ' ( x ) Or. le rayon de courbure entre ces deux sections : En géométrie analytique. (1) + (2) ⇒ y' ' = sous une autre forme : EI Gz y' ' = EIGz dθ = Mz dx Cette expression qui donne la dérivée seconde de la déformée en fonction du moment fléchissant est appelée loi moment-courbure ou formule de la double intégration. d’après (1) : dθ = Mz dθ Mz dx ⇒ = E ⋅ I Gz dx E ⋅ IGz Mz E ⋅ IGz Donc. y q Poutre sur deux appuis chargée uniformément : A B x l qx ² qlx Equation du moment : M(x) = − + 2 2 Mz l + x ⇒ EIy' ' ( x ) = − q x x ² + ql 2 2 x3 x² ⇔ EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql + k1 6 4 4 3 x x ⇔ EIy( x ) = −q + ql + k1x + k 2 24 12 Page 86 / 106 . cette équation permet de déterminer l’équation de la déformée y(x) en intégrant deux fois l’équation du moment Mz(x) (et en utilisant les conditions aux limites). et soit ρ. ρ = dx (1 + y'²(x ) ) 2 = dθ y' ' ( x ) 3 Comme le terme y’²(x) est négligeable devant 1.Mécanique des structures Flexion TS Soient deux sections distantes de dx. En effet.

y Allure de la déformée : A θA ymax θB B x Remarque : l’allure de la déformée ≈ .en B. Page 87 / 106 . x = l et y = 0 ⇒ k2 = 0 ⇒ 0 = −q l4 l4 l3 + q + k1l ⇒ k1 = −q 24 24 12 l3 x4 x3 + ql −q x 24 12 24 L’équation de la déformée est donc : EIy( x ) = −q Cette équation du 4ème degré ne nous intéresse qu’entre 0 et l. Valeurs intéressantes : Flèche maximale : 5ql 4 l4 l4 l4 l⎞ ⎛ ⇒ y max = − EIy⎜ x = ⎟ = −q +q −q 384EI 2⎠ 24 × 16 12 × 8 24 × 2 ⎝ Rotations aux appuis : l3 x3 x² EIy' ( x ) = EIθ( x ) = −q + ql − q 6 4 24 Rotation au point A. en traitant d’autres exemples. c'est-à-dire pour x = l / 2. x = 0 et y = 0 . θB pour x = l : B EIθ( x = l ) = −q ql 3 l3 l3 l3 ⇒ θB = + +q −q 24EI 6 4 24 Nous verrons aussi.Mécanique des structures Flexion TS Calcul des constantes d’intégration : .en A. que la méthode de la double intégration peut nous permettre de résoudre des structures hyperstatiques simples.l’allure du moment. θA pour x = 0 : ql 3 l3 EIθ( x = 0) = −q ⇒ θA = − 24EI 24 Rotation au point B. y est maximum pour y’ = 0.

................................................................................... 91 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant...................Calcul de la contrainte tangentielle τ............Mécanique des structures Cisaillement TS Chapitre 8 .............................2 ...................................................................................... ... ..........................................Cisaillement de flexion Etude de l’effort tranchant SOMMAIRE I ............................................. 91 II .Cisaillement simple .... .......... 89 3°/ Contrainte de cisaillement simple................................................................................................................. 91 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion................ 89 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant........................................................... 92 3..................Définition .......Condition de résistance .......... 90 3............... 90 3.. 89 2°/ Essai de cisaillement ...........2 ........... 95 Page 88 / 106 ..................................... .......Etude du cisaillement simple........................... .1 . .........3 ...............Section réduite..................................................................... 94 3.....Répartition de la contrainte de cisaillement simple..................Loi de comportement du matériau................Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire.......1 .......Etude du cisaillement de flexion........................................................................................................................... 94 III ................................................................................................................. 91 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement ............ 92 3.......................................

y Vy ( x ) z N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 et / ou VZ (x) ≠ 0 Mf Z (x) = 0 G Vz ( x ) S(x) x ⎧ 0 0⎫ ⎪ ⎪ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎬ ⎪ ⎪ V (x) 0 ⎭ G⎩ Z Exemples d’éléments soumis à un effort tranchant : ⇒Fil de fer que l’on tente de sectionner ⇒Poutre appuyée sur un corbeau -F -F S Section cisaillée S Section cisaillée F F 2°/ Essai de cisaillement . lors d’un essai de cisaillement on observe : .ETUDE DU CISAILLEMENT SIMPLE.un déplacement relatif : J γ= e e -F e -F J S S F τ F A R Page 89 / 106 . Sans entrer dans les détails. 1°/ Sollicitation étudiée : l’effort tranchant. En effet.Loi de comportement du matériau.Mécanique des structures Cisaillement TS I . les notions acquises pour l’effort normal peuvent être transposées à l’effort tranchant. On considérera qu’une section droite de poutre est soumise à un effort tranchant lorsque les éléments de réduction des efforts internes de cohésion se ramènent à la seule sollicitation V.

Mécanique des structures Cisaillement TS . E G= avec E : module d’élasticité longitudinal 2(1 + ν ) et ν : coefficient de Poisson Attention : contrairement au cas de la compression ou de la traction simple (où la contrainte normale σ est uniformément répartie dans la section droite).Répartition de la contrainte de cisaillement simple. Page 90 / 106 .1 . 3°/ Contrainte de cisaillement simple. dans la zone de déformation élastique : J τ = G⋅ e (loi de Hooke pour le cisaillement).Définition Soit une section droite par laquelle nous isolons la partie gauche d’une poutre. Chaque force qui s’applique sur une surface dS permet de définir une contrainte tangentielle df ou contrainte de cisaillement : τ = i en MPa.La contrainte de cisaillement est représentée par τ. . 3. la contrainte de cisaillement τ n’est pas à priori uniformément répartie dans la section. Supposons que la seule sollicitation à laquelle soit soumise cette section droite est un effort tranchant Vy.une zone de déformation plastique AR. . dS 3. en MPa.2 . telle que. G est appelé module d’élasticité transversal.une zone de déformation élastique OA (droite de pente G). Les forces df i sont tangentes à S étant donné que la section n’est soumise qu’à un effort de cisaillement (il n’y a pas de force normale à S. y y Vy ( x ) dS df1 z z S(x) G dS df 2 G x dS df 3 Chaque surface élémentaire dS subit une force d’intensité df due à l’action du tronçon de droite sur le tronçon de gauche. donc pas de contrainte normale σ).

y y Vy ( x ) z z G S(x) τx τy dS G τx = τy M z (x ) x Page 91 / 106 . C’est ce que nous allons voir dans la suite du chapitre. il existe la même contrainte τ dans le plan perpendiculaire. II .ETUDE DU CISAILLEMENT DE FLEXION. il faut connaître (admettre) la loi simple suivante (théorème de réciprocité de Cauchy) : Lorsqu’il existe en un point une contrainte de cisaillement τ dans un plan d’un élément. Une section droite de poutre travaillant en flexion est soumise à un effort tranchant et un moment fléchissant : y Vy ( x ) N(x) = 0 T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 Mf y (x) = 0 VZ (x) = 0 Mf Z (x) ≠ 0 x z G M z (x) S(x) ⎧ 0 0 ⎫ ⎪ {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) 0 ⎪ ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : ⎪ MZ (x)⎪ 0 ⎭ G⎩ 2°/ Loi de réciprocité des contraintes de cisaillement Pour comprendre le comportement des matériaux soumis au cisaillement. on peut considérer que la répartition des contraintes de cisaillement V est uniforme dans la section : τ = S Attention : ce n’est pas le cas en cisaillement de flexion (effort tranchant concomitant à un moment fléchissant).Mécanique des structures Cisaillement TS En cisaillement simple. 1°/ Sollicitation étudiée : effort tranchant concomitant à un moment fléchissant.

On détermine l’expression de la contrainte tangentielle longitudinale τx : y F F F h y x z Soit une poutre droite de longueur L. y ) y x x dx Page 92 / 106 . y ) z τ x (x .1 . y σ x (x. 3°/ Expression et répartition des contraintes de cisaillement de flexion. 3. C’est le cas par exemple des poutres en bois lamellé-collé. les vecteurs contrainte tangentielle longitudinale τx et contrainte tangentielle transversale τy doivent être disposés symétriquement par rapport à l’arête des facettes et il y a donc deux orientations possibles : τx τy τx τy Cette propriété a un intérêt notamment quand la contrainte de cisaillement limite (admissible) du matériau n’est pas la même dans le sens longitudinal et dans le plan transversal.Mécanique des structures Cisaillement TS Sur un petit élément de poutre isolé. b x x + dx L On isole un petit élément de poutre situé entre les abscisses x et x + dx (la face intérieure de cet élément se trouve à l’ordonnée y.) et on reporte sur cet élément isolé l’ensemble des contraintes dont la projection sur l’axe x est non nulle.Calcul de la contrainte tangentielle τ. y ) σ x (x + dx . de largeur b et de hauteur h soumise à des actions extérieures.

I Gz y ⇒ on peut considérer que la contrainte de cisaillement est constante parallèlement à l’axe z (sur toute la largeur b pour y donné). En projection sur x. la somme des forces exercées sur cet élément est égale à zéro. y ) ⋅ b ⋅ dx − τ x (x . y ) ⋅ dS = 0 h 2 h 2 y y (1) On connaît l’expression des contraintes normales de flexion : σ x (x . on obtient pour la contrainte tangentielle longitudinale l’expression suivante : τ(y ) = Pour une section droite de largeur b variable : Vy ⋅ WGz (y ) b. τ(y ) = Vy ⋅ WGz (y ) I Gz ⋅ b(y ) z τx y G b x Page 93 / 106 . cela donne : τ x (x . y ) = − τ x (x . y ) ⋅ dS − ∫ σ x (x + dx .Mécanique des structures Cisaillement TS A l’équilibre. y ) = − M z (x ) h 2 M (x + dx ) h 2 ⋅ ∫ y ⋅ dS + z ∫y y ⋅ dS = 0 y IGz IGz ⇔ h M z (x + dx ) − M z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS y dx b ⋅ IGz h dM z (x ) 1 2 ⋅ ⋅ ∫ y ⋅ dS dx b ⋅ IGz y ⇔ ⇒ on reconnaît l’expression du moment statique par rapport à l’axe Gz de la surface située au dessus de l’ordonnée y : WGz (y ) = ∫ y ⋅ dS h 2 y ⇒ et on connaît la relation qui lie le moment fléchissant à l’effort tranchant : dM z (x ) V (x ) = − dx ⇒ finalement. Elle ne varie qu’en fonction de y. y ) ⋅ b ⋅ dx + ∫ σ x (x . y ) = − M z (x) ⋅y I Gz On remplace cette expression dans l’équation (1) : ⇒ τ x (x .

Mécanique des structures Cisaillement TS 3.Section réduite.3 .Calcul de la valeur maximum de la contrainte tangentielle τmax pour une section rectangulaire Pour une section rectangulaire. on peut exprimer la valeur de la contrainte en fonction de l’ordonnée y : y IGz = A y bh 3 12 ⎛h ⎞ 1 ⎛h ⎞ WGz (A ) = b ⋅ ⎜ − y ⎟ ⋅ ⋅ ⎜ + y ⎟ ⎝2 ⎠ 2 ⎝2 ⎠ h G z b 6 ⋅ Vy ⎛ h 2 ⎞ ⎜ − y2 ⎟ d’où : τ(y ) = 3 ⎜ ⎟ bh ⎝ 4 ⎠ C’est l’équation d’une parabole.2 . τ est maximum pour y = 0 h τ = 0 pour y = ± 2 Répartition des contraintes τx dans une section rectangulaire : y τmax G τx 3. IGz ⋅ b(y ) WGz (A ) Cette valeur (que l’on retrouve dans les tableaux des profilés commerciaux) permet de calculer rapidement la contrainte de cisaillement maximale : On appelle section réduite Ar (ou Av) la valeur minimale du rapport : τ max = Vy Ar Page 94 / 106 .

τmax ≈ Vy A âme III .CONDITION DE RESISTANCE Comme pour la traction ou la compression. τmax = Ar = 4 3 A Section en I Ar ≈ Aâme . la résistance au cisaillement est très faible.5 MPa Pour le béton. Pour le béton armé. pas à se soucier de la déformation due au cisaillement qui est très faible.2 MPa . Par contre le concepteur n’a.Bois résineux perpendiculairement aux fibres : 1. τ max = Ar = 3 2 A Section circulaire 4 Vy 3A .Mécanique des structures Cisaillement TS Contrainte de cisaillement maximale pour des sections courantes : Section rectangulaire : 3 Vy 2A .Acier : 100 MPa . c’est l’ensemble béton+acier q Page 95 / 106 . en général.Bois résineux longitudinalement aux fibres : 1. On retiendra donc pour le dimensionnement une seule inéquation : τmax ≤ τ Quelques ordres de grandeurs pour τ : . ce qui explique que l’on ne fasse pas travailler ce matériau au cisaillement. on définit une contrainte limite (admissible) de cisaillement τ qui ne doit être dépassée en aucun point de la structure.

..................... 100 VI ................................................................... 101 Page 96 / 106 .............................................................................Cas particulier d’une section rectangulaire .......................................................Noyau central ............Flexion composée SOMMAIRE I .............................................................................................................................................................. 97 1°/ Expression de la contrainte normale σx............................Dimensionnement en flexion composée................Mécanique des structures Flexion composée TS Chapitre 9 ......................................................... 100 V ......................................................................................... 98 IV ......................................................................... 98 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés..........Contraintes normales .....Contraintes tangentielles :...... 97 II .......Sollicitation étudiée :................................................................. 98 3°/ Force excentrée équivalente ................................................................ 97 III ........................................................ 97 2°/ Position du plan neutre ............................

CONTRAINTES NORMALES 1°/ Expression de la contrainte normale σx L’effort normal N crée des contraintes normales uniformes σ N x = compressions ou des tractions selon le sens de N. III .SOLLICITATION ETUDIEE : On considérera qu’une poutre est soumise à de la flexion composée lorsque les éléments de réduction du torseur des efforts internes de cohésion se réduisent à : y Vy ( x ) N(x) ≠ 0 N( x ) x T(x) = 0 Vy (x) ≠ 0 My (x) = 0 z G M z (x) S(x) VZ (x) = 0 MZ (x) ≠ 0 ⎧N(x) 0 ⎫ ⎪ ⎪ 0 ⎬ Torseur des efforts internes de cohésion : {τ(2 1)}= ⎨Vy (x) ⎪ ⎪ 0 Mz (x)⎭ G⎩ II .CONTRAINTES TANGENTIELLES : Elles sont dues uniquement à l’effort tranchant Vy et se calculent par la méthode vue au chapitre « Cisaillement ». elles ne jouent pas un rôle particulier dans la flexion composée.Mécanique des structures Flexion composée TS I . y N N qui sont des S Mz ⋅ y qui sont des IGz y y Mz x N + Mz G + G x = G x y σNx y Le plan neutre (σ = 0) passe par G y σ ( N + F) x G σx + G σ Fx σx = G σx Le plan neutre (σ = 0) ne passe pas par G σN x = N S + σF x = − Mz ⋅y IGz = σ( N + F ) x = N Mz − ⋅y S IGz Page 97 / 106 . Le moment de flexion Mz crée des contraintes normales σ F x = − compressions et des tractions en fonction de y. ⇒ On fait abstraction de V pour le calcul des contraintes normales. Comme elles sont nulles sur les fibres extérieures où les contraintes normales sont maximum.

est inférieure à la contrainte normale due à N. σ N x . Dans tous les cas.Si σF x = σ N x : Page 98 / 106 . le plan neutre (σx = 0) est en dehors de la section . la section est entièrement comprimée ou entièrement tendue. on obtient en un point de cote y : N M σx = − z ⋅ y S IGz 2°/ Position du plan neutre Le plan neutre est défini par σx = 0 : ⇒ N Mz − ⋅y = 0 S IGz N ⋅ IGz ⇔ y1 = S ⋅ Mz La position du plan neutre est fonction des charges appliquées. σ F x .N.Si σF x < σ N x : la contrainte normale maximum de flexion.e N + Mz G N ≡ e G avec e = − Mz N N N⋅e N⎛ S ⎞ ⎟ − ⋅ y = ⎜1 − e ⋅ y ⋅ ⎜ S IGz S⎝ IGz ⎟ ⎠ I i z = Gz on rappelle l’expression du rayon de giration : S N ⎛ e⋅ y ⎞ σ x = ⎜1 − 2 ⎟ la contrainte normale devient : S⎜ iz ⎟ ⎝ ⎠ I N ⋅ IGz N ⋅ IGz et le plan neutre : ⇒ y 1 = − Gz y1 = = S⋅ e S ⋅ M z S ⋅ (− Ne ) La contrainte normale peut alors s’écrire : σ x = 4°/ Diagramme de représentation de σx : les différents cas rencontrés . 3°/ Force excentrée équivalente L’ensemble N+M peut être remplacé par une force équivalente N d’excentricité e et dont le moment vaut Mz = .Mécanique des structures Flexion composée TS En appliquant le principe de superposition.en valeur absolue.

est supérieure à la contrainte normale due à N. le plan neutre est situé dans la section qui est donc divisée en 2 zones.en valeur absolue.Si σF x > σ N x : h 2 la contrainte normale maximum de flexion. σ F x .Mécanique des structures Flexion composée TS alors le plan neutre est situé à l’ordonnée y1 = ± . l’une comprimée et l’autre tendue. σ N x . 2 N ⋅ IGz iz Ordonnée du plan neutre : y1 = =− S ⋅ Mz e DIAGRAMMES DE REPARTITION DES CONTRAINTES NORMALES dues à N et Mz dues à N dues à Mz Cas où σF x < σ N x Cas où σF x = σ N x Cas où σF x > σ N x N<0 M>0 Section entièrement comprimée y1 = − h 2 N<0 M<0 Section entièrement comprimée y1 = + h 2 N>0 M>0 Section entièrement tendue y1 = + h 2 N>0 M<0 Section entièrement tendue y1 = − h 2 Page 99 / 106 .

σ1 σ2 σ1 = 2N/S - 6 triangulaire. y1 = − 12e e >h : il y a changement de signe des y1 σ2 V . » h/3 h/6 h/3 h/3 Page 100 / 106 Noyau central : . il ne peut y avoir de contrainte de traction dans la base (car le sol ne s’y oppose pas). une zone tendue et une zone h2 comprimée.e <h : il n’y a pas de changement de signe 6 des contraintes.Mécanique des structures Flexion composée TS IV . e =h : la répartition des contraintes est σ2 = 0 σ1 - 6 contraintes. aucune section ne doit supporter de contrainte de traction. D’où la règle suivante : R « La résultante des forces extérieures doit passer dans le tiers central des sections. De même. L’excentricité de la force extérieure doit donc rester ≤ h/6. La répartition des contraintes est trapézoïdale.NOYAU CENTRAL Règle du tiers central : Dans le cas d’une construction fondée sur le sol. c'est-à-dire pour y = ± h : 2 ⎡ 1 12e ⎛ h ⎞⎤ N ⎛ 6e ⎞ N⎛ 6 ⎞ σ x extrêmes = N ⎢ − 3 ⎜ ± ⎟⎥ = ⎜1 ± ⎟ ⇔ σ x extrêmes = ⎜1 ± e ⎟ bh ⎝ h ⎠ h ⎠ ⎣ bh bh ⎝ 2 ⎠⎦ bh ⎝ Trois cas sont alors possibles : .CAS PARTICULIER D’UNE SECTION RECTANGULAIRE Plaçons nous dans le cas d’une section rectangulaire de hauteur h et de largeur b : bh 3 S = b. dans un ouvrage en maçonnerie.h et IGz = 12 Les relations que nous avons vues donnent : N 12 N ⋅ e N ⎛ 12e ⎞ ⇒ σx = − ⋅y = ⎜1 − 2 ⋅ y ⎟ 3 bh bh bh ⎝ h ⎠ 3 2 N ⋅ bh h =− et ⇒ y1 = 12 ⋅ bh ⋅ (− Ne) 12e Calculons les contraintes extrêmes.

le noyau central est un cercle de rayon a. la ligne de contrainte nulle passe par A . ″ ″ ″ ″ AD Lorsque la charge se déplace sur ij. Lorsque N est sur son contour.Mécanique des structures Flexion composée TS Cherchons.DIMENSIONNEMENT EN FLEXION COMPOSEE Il est en général trop compliqué de tenir compte des deux sollicitations (N et Mz). On dimensionne une section en tenant compte de l’effet prépondérant et on vérifie les contraintes sous l’action des deux sollicitations. le noyau central est un losange. c’est-à-dire pour e = a. la forme et les dimensions de la région où on peut appliquer un effort de compression sans créer de contrainte de traction : . Page 101 / 106 .section rectangulaire : A e k j D b/3 b/3 b/3 i B h/3 h/3 h/3 C section Dans le cas d’une rectangulaire. la ligne de contrainte nulle est AB ″ ″ ″ i.section circulaire : N a R Du fait de la symétrie. pour toute une section. Lorsque la charge est en j. la ligne de contrainte nulle est tangente au contour de la section ⇒ y1 = R y1 = − I Gz S⋅e avec IGz = π R4 4 et S = π R² d’où a = R 4 ⇒ y1 = − π R4 R2 =− = R et e = a 4 π R 2e 4e VI .

Le flambement SOMMAIRE I .......................................Mécanique des structures Flambement TS Chapitre 10 ...............Contrainte critique d’Euler............. 103 III ...................................................................................................................................................Dimensionnement et vérification des sections.......................................................Mise en évidence du flambement ........Qu’est-ce que le flambement ?...........Influence des liaisons aux appuis .......................................... 106 VI .................................... 106 Page 102 / 106 .....Charge critique d’Euler Nc .................................................................... 103 II ... 103 IV .............................. 105 V ...................................

y). x III . M(x) = . elle reste rectiligne et se raccourcit.N y B N l0 y x Habituellement. On observe que la flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction de plus faible moment quadratique de la section de la poutre. II . la poutre est comprimée. dans certains cas. les déformations ne peuvent plus être supposées infiniment petites et négligées comme dans les chapitres précédents. de section droite constante. Le risque de flambement d’un élément étant lié aux dimensions de cet élément.pour un effort N inférieur à une limite Nc. de grandes déformations peuvent être causées par des accroissements de charge infimes. nous allons au contraire prendre en compte l’influence des déformations sur l’équilibre statique et considérer le moment secondaire qu’elles provoquent. En effet. mais dont l’étude est différente de la flexion composée parce que les méthodes sont différentes et que le flambement est un phénomène rapidement destructif.Lorsque N atteint Nc. Dans ce qui suit. la flexion se produit dans le plan (A. y est la déformée de cette fibre. les forces extérieures ne sont plus proportionnelles aux déformations et. de ligne moyenne rectiligne. x N B z l0 y G y A La valeur Nc (ou Fc) de l’effort de compression à partir de laquelle se produit le flambement s’appelle charge critique d’Euler. on considère que les déformations sont petites et que la fibre moyenne n’a pas bougé après déformation. articulée à ses deux extrémités. en ce qui concerne l’équilibre statique. De même.MISE EN EVIDENCE DU FLAMBEMENT Considérons une pièce élancée (telle que sa longueur soit très supérieure à sa plus grande dimension transversale).QU’EST-CE QUE LE FLAMBEMENT ? Le flambement est en fait une sollicitation composée de compression et de flexion.Mécanique des structures Flambement TS I . Pour le schéma cicontre par exemple. la poutre fléchit brusquement et se rompt très vite. cette ligne moyenne prenne une très légère courbure (accentuée sur le schéma ci-contre) Si x et y sont les coordonnées d’un point courant G de la fibre moyenne. . On observe successivement deux types de sollicitation : . et soumettons la à un effort normal de compression centré.CHARGE CRITIQUE D’EULER NC Modélisons la poutre par sa ligne moyenne AB et supposons que sous l’influence des efforts en A et B. z) (rotation de la poutre autour de l’axe z). dans le cas du flambement. Ce moment de flexion dans la section vaut : M z (x ) = − N ⋅ y y A -N Page 103 / 106 . x. on dit que le flambement est un phénomène d’instabilité de forme. Tous ces phénomènes sont connus sous le nom d’instabilité élastique. perpendiculaire à (G.

N = Nc : la poutre peut rester droite ou fléchir (flamber) avec une flèche égale à B. elle est dite en équilibre stable. y(x ) = B sin⎜ ⎟ ⎜ l ⎟ ⎝ 0 ⎠ (1) ⎫ π2 N ⇒ ω2 = 2 = ⎬ (2)⎭ EIGz l0 La résolution de cette équation permet de trouver N provoquant la déformée. donc B sin ωx = 0 A étant nul. La solution générale de cette équation est de la forme : N (1) EI Gz Détermination des constantes avec les conditions aux limites : Pour x = 0. la poutre reste droite. il est évident que B ≠ 0 (sinon pas de flambement). 3. 2. B augmentera très rapidement avec un léger accroissement de N. … π n = 1 1er mode de flambement ⇒ ω = (2) l0 y = A cos ωx + B sin ωx avec ω²= ⎛πx⎞ Equation de la déformée .voir paragraphe suivant) et IGz le moment quadratique le plus faible (ce n’est pas toujours le cas) Plusieurs cas sont possibles pour la poutre : . ⇒ sin ω l0 = 0 ⇔ ω l0 = n π avec n = 1. elle est dite en équilibre neutre. Remarques : Page 104 / 106 . c'est-à-dire la charge critique d’Euler Nc au-delà de laquelle le flambement se produit : Nc = π2 EIGz 2 l0 dans le cas de la poutre bi-articulée étudiée (lf = l0 .N < Nc : compression simple. y(0) = 0 . .N > Nc : il y a instabilité en position droite (équilibre instable) avec une forte tendance au flambement. donc A = 0 Pour x = l0. y(l0) = 0 . A noter que B = ymaxi est en général petit.Mécanique des structures Flambement TS Utilisons la formule vue au chapitre sur la flexion : EIGz y' ' = M z (x ) ⇔ EIGz y' '− M z (x ) = 0 ⇔ EIGz y' '+ N y = 0 N ⇔ y' '+ y=0 EIGz équation différentielle du 2ème ordre. .

INFLUENCE DES LIAISONS AUX APPUIS On peut généraliser les résultats établis pour la poutre bi-articulée pour des poutres dont les conditions d’appuis sont différentes.Le flambement se produit suivant un axe perpendiculaire à l’axe du moment quadratique le plus faible. L’expression générale de la charge critique d’Euler est : Nc = π 2 EI Gz ou y lf 2 avec lf : longueur de flambement Longueur de flambement lf en fonction des liaisons aux appuis A et B sont sur la même verticale Déplacement de B en tête de poteau d B B B B d B l0 A A A A A lf = l0 lf = 2 l0 2 lf = l0 2 lf = 2 l 0 lf = l0 Il faut en pratique envisager lfy et lfz pour déterminer les conditions de flambement dans les deux directions.CONTRAINTE CRITIQUE D’EULER Page 105 / 106 . le flambement se produit dans le plan (x. celle du triangle équilatéral (c) est celle qui résiste le mieux au flambement (21% plus résistante que la section circulaire).Pour les cinq sections représentées. IV .Mécanique des structures Flambement TS . . z). V . toutes de même aire. Pour les deux sections représentées. Iy < Iz.

la contrainte critique σc est définie par la π 2 EI Gz ou y σc = relation : 2 lf ⋅S on sait que i z ou y = IGz ou y S le rayon de giration. . …) Page 106 / 106 . béton armé.si σc > σe : la poutre périra par écrasement (ou compression simple sans flambement) dès que σ atteindra la valeur σe. ⇒ Voir les cours correspondants (BA. donnant un élément de sécurité vis-à-vis du flambement. et on définit une nouvelle grandeur : λ z ou y = lfz ou y i z ou y σc = l’élancement (sans unité) π2E λ2 La contrainte critique s’exprime alors sous la forme : (1) Supposons que la poutre soit parfaitement rectiligne. Le flambement surviendra dans ce cas avant que σ n’atteigne σc.si σc < σe (limite élastique) : il y aura ruine par flambement dès que σ atteindra la valeur σc. La relation (1) fait apparaître la notion d’élancement critique (pour σc = σe ). VI . Pour une poutre comprimée de section S. que l’effort N soit centré et que le N matériau soit parfaitement homogène. il n’y a aucun risque de flambement. à partir duquel la poutre devra être calculée au flambement : E λc = π σe Notons que cette valeur de l’élancement critique ne dépend que des caractéristiques mécaniques du matériau. Dans ce cas. bois. béton précontraint) adaptent la théorie d’Euler à ses particularités pour chaque matériau. c’est pourquoi les différents règlements de calcul (acier.…). Le dimensionnement se fait en compression simple.Mécanique des structures Flambement TS A la force critique d’Euler Nc correspond une contrainte critique. Attention : ce raisonnement n’est plus valable en flexion composée (si la poutre a un défaut de rectitude ou si N n’est pas bien centré.DIMENSIONNEMENT ET VERIFICATION DES SECTIONS Les conditions réelles de liaisons sont différentes des modèles théoriques et varient selon les matériaux . qui peut prendre le nom de contrainte critique limite ou admissible. Soit σ = la contrainte dans la poutre : S .

Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 MECANIQUE DES STRUCTURES METHODES ENERGETIQUES Page 1 .

.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES...... 20 II .. 3 c ....Notion de potentiel d'une structure ....................................... 14 b ..........................Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO............. 13 a ......Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.. 22 a .....Cas d’une structure hyperstatique de degré 1................................................................ ................. 12 4°/ THEOREMES ENERGETIQUES ............. 6 b ....... ....................... 22 2°/ METHODES DES FORCES........................................................................................ 7 c .........................................................................................................................Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 SOMMAIRE I ......................... 3 b ........ 14 c ............ 24 3°/ THEOREME DE MENABREA......... 6 a .................... Wdéf......Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité....THEORIE DU POTENTIEL INTERNE................................................. en tant que fonction des variables efforts extérieurs ................................................... 12 d ...........................énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures..............................Expression du potentiel.......... 3 a ...Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive........... 5 2°/ HYPOTHESES THERMODYNAMIQUES .................................................................................... 22 1°/ INTRODUCTION... .................................................. 16 d .................................................................... NOTION DE POTENTIEL D'UNE STRUCTURE..................Travail élémentaire d’une force......................................... 25 Page 2 ...........................................................................................Travail d'une force......................................................Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental....................................................................................................................................Calcul de Wext ......... ................. 5 3°/ THEOREME FONDAMENTAL DE L'ENERGIE........ 19 e ............................ .......... 22 b .................................................. 3 1°/ INTRODUCTION: TRAVAIL D'UNE FORCE....... ou théorème de MULLER-BRESLAU ..................................... ............................... ..........................................................Notations utilisées pour les démonstrations. ...............................Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1.................

Lorsque P augmente. On suppose en outre que P est appliqué progressivement. sauf mention particulière.on reviendra sur cette hypothèse dans le paragraphe suivant. Le travail élémentaire dW d’une force F dont le point d’application A se déplace de entre A et A’ ( dl = AA' ) est égal au produit scalaire de F par dl . Page 3 .dl. Il ne s'agit ici que de rappel de la notion de travail par l'intermédiaire de deux exemples: Exemple 1 : étude d'une poutre en flexion.Travail d'une force. notion de potentiel d'une structure. c'est-à-dire de manière réversible (du point de vue thermodynamique) .Travail élémentaire d’une force. dW = F .THEORIE DU POTENTIEL INTERNE.dl = F.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 I . 1°/ Introduction: Travail d'une force. la flèche f de la poutre au droit du point d'application de P augmente proportionnellement à P si le matériau constituant la poutre est élastique linéaire. a .cosθ A F θ A’ dl b . soumise à l'effort P. Soit λ un paramètre compris entre 0 et 1 permettant de décrire l'évolution de l'effort appliqué. REMARQUE : l'étude faite ici concerne essentiellement. des structures planes chargées dans leur plan. entre 0 et P.

λP (λ + dλ) P . P on néglige le terme (dλ)² . . . 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . celle de f est représentée par le tableau suivant: 0 : état initial . dλ . . . . . dλ . P. et Page 4 . . f . le matériau constituant la tige est élastique linéaire.λdλ 0 0 1 1 puisque ni f ni P ne dépendent de λ. P 0 . λf (λ + dλ) f . conjointement. Comme dans l'exemple précédent. Expression du travail élémentaire effectué pour passer de l'état (λ) à l'état (λ + dλ) : dW = [(λ + dλ)f . Il reste alors: dW = λ . f. . P 2 ∫ dW = ∫ f . 1 : état final P f où dλ représente une variation très faible du paramètre λ. . travail à fournir pour l'allonger de Δ. . f. par rapport au terme λ . (λ + dλ) P = λ . P + (dλ)² . .P. Exemple 2 : Etude d'une barre en traction. dλ . travail total effectué entre l'instant initial (0) et l'instant final (l) représente donc l'intégration de dW entre 0 et l. d'où: W= Soit W= 1 f. f . . f 0 . f . P qui représente un infiniment petit d'ordre 2.λf].Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'évolution de P et. P W.

.Notion de potentiel d'une structure En mécanique des structures. 0≤λ≤1 état (λ) état (λ + dλ) . 0 . λΔ (λ + dλ) Δ . Δ 0 . . λF (λ + dλ) F . 2°/ Hypothèses thermodynamiques REMARQUE : ces hypothèses sont applicables au chapitre sur les méthodes énergétiques dans son ensemble. . .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 l'effort F est appliqué progressivement. . Un tableau analogue à celui de l'exemple précédent. Page 5 . . . C'est le travail effectué de manière réversible par des forces pour passer de l'état initial (d'indice (0)) à l'état final (d'indice (1)).on négligera le poids propre des structures. Δ 2 ∫ dW 0 1 c . . . 0 ≤ λ ≤ 1 s'écrit: F 0 : état initial . traduisant l'évolution de F et de l'allongement associé Δ. . . . F . .les effets thermiques ne seront pas pris en compte. 1 : état final F Δ D'où l'expression du travail élémentaire.le matériau constituant les structures étudiées a une loi de comportement élastique linéaire. Ces hypothèses sont les suivantes: . Δ Le travail global W qu'il est nécessaire de fournir au barreau pour l'allonger de Δ a alors pour expression: W= soit W= 1 F. . dλ . on parle aussi d'énergie potentielle d'un système. . par un raisonnement analogue à celui utilisé pour l'exemple précédent: dW = λ .les transformations sont réversibles: elles se produisent suffisamment lentement pour que le système soit à chaque instant dans un état d'équilibre. par l'intermédiaire du paramètre d'évolution λ.

de manière réversible. dans toute transformation réversible: Wext +Wint =0 REMARQUE : autre formulation du théorème fondamental: Les structures étudiées dans ce cours sont des structures déformables. on peut parler de potentiel pour le travail (en fait de différence de potentiel). Corollaire: on a en effet: on en déduit l'égalité: qui s'énonce encore: La somme des travaux des efforts intérieurs au système est égale à l'opposé de l'énergie de déformation de ce système. la somme des travaux des efforts extérieurs et des travaux des efforts intérieurs au système est nulle.Wdéf Page 6 . en statique. l'énergie apportée par l'extérieur sert intégralement à déformer le corps.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Justification du terme de potentiel: Avec l'hypothèse de réversibilité des transformations. On a donc: Wext = Wdéf avec: Wext : énergie apportée par le travail des efforts extérieurs. Le matériau constituant ces structures ayant un comportement élastique linéaire. ⎧Wext + Wint = 0 ⎨ ⎩Wext = Wdéf Wint = . Ceci nous conduit à l'autre énoncé du théorème fondamental de l'énergie: La somme des travaux des efforts extérieurs appliqués au système est égale à l'énergie de déformation de ce système. Le potentiel est caractéristique des paramètres de l'état. Wdéf : énergie de déformation. l'énergie fournie par le travail des efforts extérieurs appliqués à la structure va servir à la déformer. car ce travail ne dépendra que de l'état initial et de l'état final du système. REMARQUE : le potentiel est toujours défini à une constante additive près.la force dont dérive ce potentiel étant appelée une force conservative -. a .énoncé du théorème sous la forme utilisée en mécanique des structures. et non de l'état lui-même. indépendamment des états intermédiaires . la notion de différence de potentiel élimine l'imprécision introduite par la présence de cette constante. 3°/ Théorème fondamental de l'énergie. Pour un solide isolé.

Les deux exemples précédents nous permettent d'écrire. ∗ Expression de Wext.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 L'étape suivante va constituer maintenant en la détermination des différents termes Wext et Wdéf. yF 2 ∗ Expression de Wdéf.de dire que l'énergie de déformation représente le travail dû aux contraintes. l'énergie de déformation se met sous la forme: Page 7 . Elle représente le travail dû aux contraintes et aux déformations engendrées par ces contraintes. REMARQUE : il serait plus exact . sous réserve de vérifier les hypothèses thermodynamiques: Wext = 1 F (déplF) 2 F : représente l'effort extérieur appliqué (déplF) : représente le déplacement dans le sens de cet effort F encore noté yF REMARQUE : la notion de travail s'écrit mathématiquement sous la forme d'un produit scalaire. Calculons maintenant l'expression de l'énergie de déformation Wdéf.mais plus difficile à comprendre . L'effort extérieur est appliqué progressivement. il induit un déplacement de la structure. énergie de déformation. Seule aura donc un effet la composante du déplacement ayant même direction que l'effort. déplacement proportionnel à l'effort extérieur lorsque le comportement du matériau est élastique linéaire. et avec une écriture purement formelle. ici F. dans le champ de déformations engendré par ces contraintes (élasticité linéaire). On a donc: Wext = 1 F . Par analogie avec l'expression précédente (Wext). Wdéf. Reprenons les deux exemples traités au début du chapitre. b . travail des efforts extérieurs.Calcul de Wext .

Page 8 . on sait que dans ce cas il est possible d'appliquer le principe de superposition. .χ :τ. ainsi que les déplacements sont infiniment petits.ε) 2 avec une loi de comportement élastique linéaire. contraintes normales . chargées dans leur plan: . En outre les déformations. compression . Fτ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes tangentielles (γ). ce qui nous permet d'écrire l'énergie de déformation comme la somme des énergies de déformation relatives aux sollicitations simples: Total T. ou à la compression (C). ( Wdéf = Les parenthèses sont là pour montrer l'aspect formel de cette écriture. vis-à-vis des sollicitations élémentaires. Il nous faudra donc prendre en compte les différentes sollicitations. WdéfC : énergie de déformation relative à la traction (T). Torsion Wdéf : énergie de déformation relative à la torsion.flexion. contraintes tangentielles . en se limitant ici à l'étude des structures planes. T. Fσ Fτ Torsion Wdéf = WdéfC + Wdéf + Wdéf + Wdéf Cette écriture est relative au cas de structures planes.torsion :σ.γ On calculera de cette manière chacun des termes de l'énergie de déformation de la structure. et les déformations engendrées par ces contraintes.ε :σ.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 1 σ.traction. Cette expression de l'énergie de déformation va donc faire intervenir les différents types de contraintes dus aux diverses sollicitations.γ :τ. Fσ Wdéf : énergie de déformation relative à la flexion (F) et aux contraintes normales (σ).

La démonstration étant alors identique pour l'une ou l'autre des sollicitations. Il s'agit ici de sollicitation de traction simple. on peut alors écrire que l’énergie de déformation du tronçon est égale au travail des efforts extérieurs appliqués à ce tronçon (soit ici N). on avait trouvé : N dx dA = où N représente l’effort normal N(x) ES dWdéf = 1 (N(x))² dx 2 ES Ce qui nous permet d’écrire : dWdéf = d’où l’expression de l’énergie de déformation relative à la traction simple. 2 1 = N × dA 2 où l’on appelle dA l’allongement du tronçon de longueur dx. Si l’on se réfère au chapitre sur la traction simple. Pour ce tronçon de longueur dx. donc on adoptera la représentation de la figure b. ou à la compression simple : Page 9 . on a : 1 N × (allongement du tronçon dx). que s'il y a compression simple. On suppose donc. Les équations d'équilibre montrent que l'effort normal est constant.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 ∗ Calcul des différents termes de l'énergie de déformation: Effet de la traction. on se place dans le cas de la traction simple. il n'y a pas apparition du phénomène de flambement. ou de la compression. ou de compression simple. a b Isolons à l’intérieur un tronçon de longueur dx. N est un effort extérieur. Considérons le barreau en traction simple de la figure a ci-dessous.

Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

T, WdéfC = ∫

(N(x))² dx structure 2ES

L’intégrale étant faite sur toute la longueur de la structure.

Effet de la flexion:

Il faut ici distinguer l’effet des contraintes normales (traduction du travail en terme de moment fléchissant M (x)), de l'effet des contraintes tangentielles (traduction du travail en terme d'effort tranchant V (x)).

Expression du travail en terme de moment fléchissant M (x)

L'énergie de déformation élémentaire, due aux contraintes normales est donnée par :
Fσ dWdéf =

1 M(x).dα 2

Or on a vu, dans l'étude de la sollicitation de flexion que la courbure de la poutre, χ était donnée par:
M 1 dα = = EI R dx Fσ En reportant la valeur de dα dans l'expression de dWdéf , on obtient: χ=
Fσ dWdéf =

1 (M(x))² dx 2 EI

D'où la valeur de l'énergie de déformation relative au terme de moment fléchissant:
Fσ Wdéf = ∫

structure

(M(x))² dx 2EI

où EI représente le module de rigidité en flexion de l'élément de structure étudié. Il s'agit là encore d'une intégrale à calculer sur toute la longueur de la structure.

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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

Expression du travail en terme d'effort tranchant V (x)

Par analogie avec l'étude conduite en terme de moment fléchissant, on détermine l'énergie de déformation relative au terme d'effort tranchant, pour laquelle interviennent: - la contrainte de cisaillement τ, - la déformation associée γ. On obtient pour cette énergie de déformation, sous sa forme intégrée :
Fτ Wdéf = ∫

structure

(V(x))² dx 2GS'

S' représente la section réduite, à prendre en compte vis-à-vis du cisaillement, G représente le module d'élasticité transversal, défini en fonction du module d'Young E et du coefficient de Poisson v du matériau, par la relation: E G= 2(1 + ν)
Expression du travail en terme de moment de torsion Mt

On admettra le résultat, démontré d'une manière analogue à celle utilisée pour les effets de N(x), M(x), ou V(x). Sous sa forme intégrée, on obtient, pour l'énergie de déformation de la structure:
Torsion =∫ Wdéf

structure

(M t )² dx 2GK

GK représente le module de rigidité en torsion, K représente la rigidité en torsion, encore appelée constante de Leduc.

On en déduit la forme générale du POTENTIEL TOTAL de la structure, dans le cas d'une structure plane, chargée dans son plan: V² M² M t ² ⎞ ⎛ N² + + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI 2GK ⎠ ⎝

Wdéf = W = ∫ REMARQUES :

1. - Afin de simplifier l'écriture précédente, la dépendance vis-à-vis de x dans les termes N(x), V(x), M(x) n'apparaît pas explicitement; elle est toutefois toujours sous-entendue pour les calculs. 2. - Lorsqu'il n'y a pas de phénomène de torsion, l’énergie de déformation se réduit à trois termes:
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Mécanique des structures

Méthodes énergétiques

TS 2

V² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎜ ⎟dx structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ 3. - A l'intérieur de l'intégrale, le terme dx représente l'élément différentiel de longueur, pris sur la ligne moyenne de l'élément de structure considéré, mais l'intégrale est prise sur l'ensemble de la structure. V² est 4. - Dans la plupart des calculs, il s'avère que la contribution apportée par le terme 2GS' faible, pour la flexion elle est de l'ordre de quelques % par rapport à la contribution M² apportée par le terme .Dans la plupart des cas, on négligera donc l'effet du terme 2EI V² : on dit, dans ce cas, que l'on néglige l'effet de l'effort tranchant. 2GS' W=∫
c - Exemples d'application : utilisation directe du théorème fondamental.

⇒ Voir T.D.
d - Limites de d'utilisation directe du théorème fondamental.

Le calcul précédent nous a permis de calculer la flèche en B parce que l'effort P appliqué était vertical, donc dans le sens du déplacement cherché. Considérons maintenant la structure suivante:

On pourrait, ici encore, calculer directement le déplacement horizontal en B, car l'effort extérieur est, d'une part appliqué lui-même en B, d'autre part cet effort est horizontal (penser à la signification mathématique du travail sous la forme d'un produit scalaire). Mais si l'on s'intéresse à la rotation du nœud B (le terme déplacement est à prendre ici dans sa forme générale, translation ou rotation), il est impossible de la calculer en employant la méthode directe.

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tantôt en termes d'énergie de déformation.la méthode géométrique (théorème de Verechtchaguine). exprimé de plusieurs manières que l’on va fabriquer les théorèmes énergétiques généraux. et c’est à partir de lui seul.la méthode analytique (calcul de l'intégrale. . Le point de départ est l’expression du potentiel de la structure. là encore elle ne permet pas de déterminer le déplacement en un point d'une poutre soumise à une densité de charge. V(x). Page 13 . analytiquement).YB . tel que l’on puisse écrire le travail des efforts extérieurs sous la forme F. Or N(x). . l'application directe du théorème fondamental suppose que l'on peut accéder au calcul de N(x). 4°/ Théorèmes énergétiques Le potentiel sera maintenant exprimé: . deux méthodes de calculs peuvent être utilisées: . 2 Là encore il faudra avoir recours à une méthode plus générale.tantôt en fonction des efforts extérieurs. il faudra donc avoir recours à une méthode plus générale. M(x) se calculent à partir des équations d'équilibre de la structure. Enfin la méthode directe suppose l'existence d'un effort concentré au point et dans le sens où l'on recherche le déplacement. une première justification de l'intérêt de fabriquer une méthode plus générale.le théorème de Castigliano (théorème intermédiaire: Théorème de Maxwell-Betti). donc. le théorème fondamental ne peut pas s'appliquer.le théorème de Menabrea (dans le seul cas des structures hyperstatiques).Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On trouve là. La construction de cette méthode générale va faire l’objet de la suite du cours. Dans le cas de structures hyperstatiques. Pour les applications. déterminées par la statique. On en déduira: . V(x). il n’y a pas ici d’effort concentré 1 appliqué en B. M(x). . Considérons par exemple la poutre suivante : Si l’on s’intéresse au déplacement vertical en B. En outre. à partir d'idées analogues à celles qui ont conduit notre raisonnement jusqu'ici.

dû à Fi= 1 (déplacement unitaire). on pose Δii = Fi δii. on obtient pour le potentiel exprimé comme fonction des variables efforts extérieurs: W= 1 n ∑ Fi Δ i 2 i =1 Si n efforts extérieurs Fi sont appliqués à la structure. dû à Fi .Notations utilisées pour les démonstrations. On appelle: Δi : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à Fi = 1 (déplacement unitaire). Δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. b . dû à Fi. (S) : où i et j sont des indices muets. et par généralisation. Δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. en tant que fonction des variables efforts extérieurs Par analogie avec l'expression utilisée lors de l'étude du paragraphe précédent.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 a . on pose Δji = Fi δji δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. On a d'autre part: Δ i = ∑ Fjδ ij j =1 n Page 14 . δii : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. dû à l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure. on pose Δij = Fj δij. dû à à Fj= 1 (déplacement unitaire) Δji : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fj. dû à Fj .Expression du potentiel. δij : la valeur algébrique du déplacement dans le sens de Fi. Considérons la structure suivante.

Page 15 . potentiel de la structure. j sont des indices muets (jouant le même rôle) servant à numéroter l'effort extérieur appliqué : il y a ici n efforts extérieurs désignés par Fi ou Fj.Les coefficients δij sont parfois appelés coefficients d'influence. l'égalité (2) → donnera la valeur de ce déplacement en fonction des efforts extérieurs appliqués à la structure. REMARQUES : . il n'y a pas de torsion). indépendamment de l'existence ou non d'efforts extérieurs en ces points.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 On reporte l'expression de Δi dans l'écriture de W : W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδij 2 i=1 j=1 où i.W apparaît comme une forme quadratique des variables d'efforts extérieurs. il sera maintenant possible de calculer des déplacements en chaque point de la structure. on démontrera par la suite leur symétrie: δij = δji (MaxwelI-Betti). . REMARQUE: De ce fait. que l'on va mettre en place les théorèmes énergétiques: (1) W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 (2) W=∫ T² M² ⎞ ⎛ N² + + ⎟dx ⎜ structure 2ES 2GS' 2EI ⎠ ⎝ (cas d'une structure plane chargée dans son plan. C'est en travaillant sur les deux expressions ci-dessous du potentiel. l'égalité (1) → va être reliée au déplacement que l'on cherche. Méthode utilisée pour la mise en place des théorèmes: Les égalités (1) et (2) ne sont que deux écritures différentes de la même quantité W.

Recherche du déplacement en un point d'une structure: théorème de Maxwell-Betti et théorème de CASTIGLIANO. petites déformations. Théorème de réciprocité de Maxwell-Betti.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 c . 1 Valeur du travail effectué : W2 . Δij = Fj . mais conduisent au même état final : on suppose en effet vérifiées les conditions d'application du principe de superposition : petits déplacements. relatif à la symétrie des termes δij est nécessaire à la démonstration du théorème. de manière progressive : le déplacement induit au point i est noté Δii. noté (S3) même valeur de l'énergie de déformation W3. le point j s'est déplacé de Δji. l'effort Fi étant déjà appliqué à la structure. pour l'état final. La structure se déplace de S2 en S3. Ce théorème concerne la symétrie du produit Fi Δij vis-à-vis des indices: Le déplacement d'un point j de la structure appartenant au support de Fi. Les deux points sont supposés être à la même température Fi . lorsqu’est appliqué en i l'effort Fi est égal au déplacement du point i appartenant au support de Fi. son énergie de déformation est W1 . La valeur du travail effectué entre S2 et S3 est égale à : Page 16 . Cas de chargement (α) : L'application de l'effort Fi.W1 = Fi Δ ii 2 A partir de l'état S2. La structure se déplace de S1 en S2. Δji Démonstration: Considérons une structure de configuration initiale (S1) lorsqu'elle n'est pas chargée. Ce théorème.On charge cette structure de deux manières: cas (α): on applique d'abord Fi → configuration intermédiaire (S2) puis on applique Fj → configuration finale (S3) cas (β): on applique d'abord Fj → configuration intermédiaire (S’2) puis on applique Fi → configuration finale (S3) Les deux trajets de chargement (α) et (β) sont différents. lorsqu’est appliqué en j l'effort Fj. on applique progressivement en j l'effort Fj. On a donc.

de manière progressive : le déplacement induit en j est noté Δjj.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 W3 . Valeur du travail effectué : W’2 . on applique progressivement en i l'effort Fi. La valeur du travail effectué entre S’2 et S3 est égale à : W3 . le point i s'est déplacé de Δij.W1 = 1 Fj Δ jj 2 A partir de l'état S’2.W2 = 1 Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 L'énergie de déformation globale est égale à : 1 1 W3 – W1 = Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij 2 2 Cas de chargement (β) : Application de l'effort Fj. l'effort Fj étant déjà appliqué à la structure. La structure se déplace de S1 en S’2.W’2 = 1 Fi Δ ii + FjΔ ji 2 L'énergie de déformation globale est égale à : W3 – W1 = 1 1 Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 Page 17 . La structure se déplace de S’2 en S3.

ou (β) : 1 1 1 1 Fi Δ ii + Fj Δ jj + Fi Δ ij = Fj Δ jj + Fi Δ ii + FjΔ ji 2 2 2 2 D'où Fi Δ ij = FjΔ ji REMARQUES: 1. Seules interviennent ici les composantes des déplacements qui sont dans le sens de l'effort Fi. ou Fj : cela est dû au fait que le travail s'écrit sous la forme d'un produit scalaire. Δi = ∂W ∂Fi REMARQUE : Fi est pris au sens large de la définition d'un effort (force ou couple). Démonstration du théorème: L'expression du potentiel en fonction des variables efforts extérieurs est donnée par: W= 1 n n ∑∑ Fi Fjδ ij 2 i =1 j=1 Page 18 . que l'on suive le trajet (α). Si Fi et Fj sont unitaires.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 S3 représente le même état final que celui auquel on arrive par le trajet de chargement (α). Théorème: Le déplacement algébrique du point d'application d'une force sur son support est égal à la dérivée du potentiel par rapport à cet effort. On part du même état initial S1. ou encore Enoncé du théorème de CASTIGLIANO. cela signifie Fi = 1 et Fj = 1. Δ ij = Δ ji δ ij = δ ji (symétrie des coefficients) 2. Il en résulte que Δi constitue un déplacement au sens large (translation ou rotation). Les énergies de déformation sont donc identiques.

au point et dans le sens du déplacement Δ cherché. on constate que le théorème de Maxwell-Betti est fondamental. après dérivation. coefficient 2 Exemples d'application: ⇒ voir T. on fera intervenir un effort fictif X. donc de faire disparaître le 1 qui intervient dans W. X → effort fictif. par la relation: ∂W Δi = ∂Fi Si. Le théorème de Castigliano permet de calculer le déplacement Δi dans le sens et au point où est appliqué un effort Fi.Cas où il n y a pas d'effort extérieur appliqué au point et dans le sens où l'on cherche le déplacement: théorème de la charge fictive Méthode utilisée: charge fictive. de tous les termes δij et δji égaux. à l'endroit où l'on désire calculer un déplacement. Page 19 . X) représente l'énergie de déformation de la structure. X ) ⎞ Δ=⎜ ⎟ ⎝ ∂X ⎠ X =0 où W(P. il n'y a pas d'effort appliqué.D. L'expression de Δ sera donnée par la relation obtenue en appliquant sur X le théorème de Castigliano : ⎛ ∂W (P. C'est en effet lui qui permet d'effectuer le regroupement. calculée en fonction de : P → désignant globalement l'ensemble des efforts extérieurs appliqués à la structure.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 on a d'autre part Δ i = ∑ Fjδ ij et j =1 n ∂W = ∑ Fj δ ij = Δ i ∂Fi j=1 n δ ij = δ ji Calcul de REMARQUE: pour la démonstration du théorème de CASTIGLIANO. d .

afin de permettre le calcul de Δ par application du théorème de Castigliano.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 REMARQUE : X est un effort fictif. Elle est.Généralisation du théorème de Castigliano : théorème de la charge unité. ou théorème de MULLER-BRESLAU Enoncé du théorème : Le travail d'un effort unitaire appliqué à une structure chargée est égal au travail des efforts internes qu’il développe dans cette structure. bien évidemment vraie sur l'ensemble des termes que comporte l'énergie de déformation. cette raison qu'après avoir calculé ∂X X ne fait que servir d'intermédiaire.D. Exemples d'application: e . Δi = ∫ ⎡ M M i N N i V Vi ⎤ + + ⎢ ⎥ ES GS' ⎦ ⎣ EI structure (cas d'une structure plane chargée dans son plan) Démonstration : on a: Δi = ∂W ∂Fi (Castigliano) W=∫ structure (M (x ))² dx 2EI REMARQUE : La démonstration est faite sur le seul terme de moment fléchissant. qui donc n'existe pas dans la structure réelle: c'est pour ∂W on prend la valeur de cette expression pour X = O. ceci dans le but de simplifier les écritures. dans les déformations élastiques dues aux charges extérieures. M ∂M ∂W =∫ dx structure EI ∂F ∂Fi i Page 20 . ⇒ voir T.

II faudrait écrire M(x). on obtient : ∂Fi ∂Fi Δ= MM i ∂W =∫ dx structure EI ∂Fi Rappel: signification de Δi : c'est le déplacement dans le sens de Fi dû à l'ensemble des forces appliquées à la structure.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 où M représente le moment fléchissant en un point courant de la structure. structure ES ∫ V Vi dx . On peut donc écrire: ∂M = «distance» = M ( Fi= l ) = M i ∂Fi on note en effet M i le moment dû à Fi = 1 (ou Fi )appliqué en i. structure EI ∫ NN i dx . Exemples d'application : Page 21 .D. sont structure GS' appelées intégrales de MOHR ⇒ voir T. ∂W ∂M dans l'expression de Si l'on reporte la valeur de . M est toujours linéaire par rapport à un effort concentré : c'est le produit de cet effort par la distance au point en lequel on le calcule (en expression formelle). Fi représente un effort concentré appliqué en i. REMARQUE : Les intégrales du type ∫ MM i dx . Fi représente un effort concentré unitaire appliqué en i dans le même sens que Fi.

sur appui simple en B et soumise à une charge uniformément répartie p.Cas d’une structure hyperstatique de degré 1. l’une pour laquelle le point de départ est la notion d’effort. différentes mais aboutissant aux mêmes résultats sont : . Choisissons pour inconnue hyperstatique l’action de liaison en B notée X1. de rigidité en flexion EI = constante.APPLICATION A LA RESOLUTION DE SYSTEMES HYPERSTATIQUES. Soit (S) cette structure : Cette structure est hyperstatique de degré 1. étudier la méthode des forces. Deux méthodes sont très utilisées pour le calcul des structures hyperstatiques. 1°/ Introduction. en ce qui nous concerne.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 II . . (S’) sera identique à (S) si l’inconnue hyperstatique X1 est telle que le déplacement vertical du point B sous l’effet de p et de X1 est nul (la liaison l’empêche). La structure (S’) est la structure isostatique associée à (S). Ces deux méthodes. encastrée en A. Soit Δ1 = 0 Page 22 . Nous allons.la méthode des forces. l’autre qui prend comme point de départ les déplacements. a . Considérons une poutre de longueur l.la méthode des déplacements. 2°/ Méthodes des forces.

(S1) : structure soumise à l’inconnue hyperstatique X1. Δ1 = 0 On a donc ⎧(S) = (S 0 ) + (S1 ) ⎨ ⎩et Δ 1 = 0 Traduction au niveau des déplacements : Δ1 = Δ10 + Δ11 = 0 Δ10 : déplacement dans le sens de X1 dû aux charges extérieures (structure S0) p Δ10 Δ11 : déplacement dans le sens de X1 dû à X1 (structure S1). on peut écrire que (S’) est la superposition de 2 systèmes : (S’) = (S0) + (S1) (S0) : structure soumise au seul chargement extérieur (ici p). (S’) est identique à (S) si on rajoute la condition sur le déplacement Δ1. Δ11 = δ11 × X1 Δ11 = X1 × 1 δ11 X1 On peut donc écrire : Δ10 + δ11 × X1 = 0 ⇔ X1 = − Δ 10 δ11 Page 23 .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En utilisant le principe de superposition.

Le principe reste identique à ce que nous venons de voir. Considérons une structure hyperstatique de degré 2 : Le nombre d’inconnues hyperstatiques étant égal au degré d'hyperstaticité.Structures hyperstatiques de degré supérieur à 1. Lorsqu’on rend la structure isostatique. M1 (x) : moment fléchissant dû à X1 = 1. on fait apparaître 2 inconnues hyperstatiques X1 et X2. b .Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 Calcul de Δ10 et de δ11 : Pour cela. on applique le théorème de la charge unité : Δ 10 = ∫ et δ 11 = ∫ M 0 (x) M 1 (x) dx EI M 1 (x) M 1 (x) dx EI structure structure M 0 (x) : moment fléchissant dû au chargement extérieur (ici p). ainsi que deux conditions sur les déplacements en B et C : Page 24 .

3°/ Théorème de Ménabréa. on obtient : ∂W Théorème de Ménabréa : =0 ∂X i Page 25 . le déplacement Δi dans la structure réelle étant nul. Ce théorème est une application de théorème de Castigliano au calcul des actions hyperstatiques. ∂W ∂Fi où W est l’énergie exprimé en fonction de toutes les variables et Δi le déplacement dans le sens de l’effort Fi.Mécanique des structures Méthodes énergétiques TS 2 En appliquant le principe de superposition. on peut écrire : (S) = (S0) + (S1) + (S2) La traduction de ce principe au niveau des déplacements donne : Δ1 = Δ10 + Δ11 + Δ12 = 0 Δ2 = Δ20 + Δ21 + Δ12 = 0 Ce système s’écrit encore : ⎧X 1 δ11 + X 2 δ12 = −Δ 10 ⎨ ⎩X 1 δ 21 + X 2 δ 22 = −Δ 20 On a un système de deux équations à deux inconnues que l’on peut résoudre.-Les inconnues hyperstatiques Xi peuvent être un effort ou un couple. Le théorème de Castigliano permet d’écrire : Δi = Si en remplace l’effort Fi par l’inconnue hyperstatique Xi.-Théorème de Maxwell-Betti. REMARQUE : 1. on a δ21 = δ12 2.

Poutre isostatique associée. 3 – Théorème des trois moments.2 – Notations.Définitions et notations. 1. Page 1 / 8 . 2 .1 – Définitions. 5 .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Poutres continues Théorème des trois moments 1 . 1. 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison.Formulaire des rotations usuelles.

…. 1. Une poutre continue est une poutre droite horizontale. donc le degré d’hyperstaticité est égal à (n-1). La poutre est soumise à des charges verticales et les actions de liaisons sont verticales.1 – Définitions. sans encastrement.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 1 . …. Page 2 / 8 . An Les travées sont numérotées de 1 à n. Soit par exemple la poutre continue suivante : On remarque que les appuis sont constitués d’une articulation et de n appuis simples. 1. A0 A1 L1 L2 A2 Ai-1 Li Ai An-1 Ln An Il y a (n+1) réactions d’appui et on peut écrire 2 équations de la statique. On note Li la portée ou longueur de la travée i.2 – Notations.Définitions et notations. Les appuis sont numérotés de 0 à n : A0. Ai. On note i la travée située entre les appuis Ai-1 et Ai. reposant sur plus de deux appuis simples.

En fait. A i. A i-1. …. A n-1 et que l’on fait apparaître en représentant la structure isostatique associée à la poutre continue. Par exemple.Poutre isostatique associée.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 2 . Une poutre continue comportant n travées peut être décomposée en n poutres isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue avec en plus les moments aux appuis. Mi-1. Mi+1. …. Mi. …. …. la poutre continue à trois travées suivante peut être décomposée en trois travées isostatiques : p2 p1 A0 A1 p3 A2 A3 L1 L2 L3 p1 M1 M1 p2 M2 M2 p3 A2 A3 = A0 L1 A1 + A1 L2 A2 + L3 M0 et M3 = 0 Page 3 / 8 . Les valeurs de M0 et Mn sont nulles puisque A0 et An sont des appuis simples et qu’il n’y a pas de couple extérieur appliqué en ces points. Mn-1 qui s’exercent au droit des appuis A1. A i+1. cela consiste à prendre comme inconnues hyperstatiques les (n-1) moments fléchissants sur appuis M1.

i-1 et i+1 : pi pi-1 Ai-2 Ai-1 pi+1 Ai Ai+1 Li-1 Li Li+1 Mi-2 = Ai-2 pi-1 Mi-1 Mi-1 pi Mi Mi + Ai-1 Ai-1 Li Ai + Ai pi+1 Ai+1 Mi+1 Li-1 Li+1 On appelle : Mi désigne le moment sur l’appui Ai (Mi < 0) Mi-1 désigne le moment sur l’appui Ai-1 (Mi-1 < 0) Mi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i de la poutre continue Moi(x) désigne le moment fléchissant dans la travée i isostatique associée et chargée seulement par pi(x) sans les moments sur appuis Mi et Mi-1 θi’’ désigne θ i’ désigne θ0i’’ désigne associée θ0i’ désigne associée E I Li la rotation à droite de la travée i. dans la travée i isostatique Le module d’Young du matériau constitutif de la poutre Le moment quadratique de la poutre suivant l’axe de flexion concerné La portée de la travée i Pour que nos poutres isostatiques associées se comportent comme la poutre continue d’origine il faut écrire l’égalité des rotations sur les appuis : Rotation à gauche de l’appui = Rotation à droite de l’appui Soit pour l’appui Ai : θi’’ = θi+1’ Page 4 / 8 . donc à droite de l’appui Ai-1 la rotation à droite de la travée i.Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 De façon plus générale. dans la travée i isostatique la rotation à droite de la travée i. donc à gauche de l’appui Ai la rotation à gauche de la travée i. considérons à présent la travée i d’une poutre continue et ses deux travées adjacentes.

M i ⎜ ⎛x⎞ ⎟ ⎜L ⎟ ⎝ i⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ ∫ × 1 LiMi 6EI .Mi dx θi’ = Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI Rotation θi’’ à gauche de Ai × 1 1 θi’ = LiMi 3EI .Mi dx Effet de Mi-1 : Chargement Mi-1 Diagramme du moment M(x) Mi-1 Ai-1 Li Ai Li Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Equation du moment M(x) = M i−1 ⎜ 1 − x ⎛ ⎜ ⎝ x⎞ ⎟ Li ⎟ ⎠ Rotation θi’ à droite de Ai-1 ∫ × Mi-1 1 LiMi-1 3EI dx θi’ = Page 5 / 8 . Intéressons nous à la travée i : Mi-1 Ai-1 pi Ai Li Mi Calculons pour cette travée les rotations θi’ et θi’’ en appliquant le principe de superposition : Effet de Mi : Chargement Mi M(x) Ai-1 Ai Li Mi Théorème de la charge unitaire : 1 1 θi’ = EI Ai-1 θi’ θi’’ Ai Diagramme du moment Equation du moment Li x M(x) = .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 3 – Théorème des trois moments.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Rotation θi’’ à gauche de Ai Théorème de la charge unitaire : 1 θi’ = EI ∫ M × i-1 1 1 θ i’ = LiMi-1 6EI dx Effet de M0i : Chargement pi Diagramme du moment M(x) Li Ai-1 Li Ai x Equation du moment M(x) = M0i(x) Rotation θi’ à droite de Ai-1 Rotation θi’’ à gauche de Ai θ0i’ θ0i’’ Rotation θi’ à droite de Ai-1 par superposition : θi'= − 1 1 Li Mi + L i M i−1 + θ0i' 6EI 3EI Rotation θi’’ à gauche de Ai par superposition : θi''= − 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' 6EI 3EI Egalité des rotations : θi’’ = θi+1’ ⇔ − 1 1 1 1 L i M i-1 + L i M i + θ0i'' = − L i +1 M i +1 + L i+1 M i + θ0i+1' 6EIi+1 3EIi+1 6EIi 3EIi M i-1 L i 6EI i M i ⎛ L i L i +1 ⎞ M i +1 L i +1 ⎟+ ⎜ − = θ0i+1' . Page 6 / 8 .θ0i'' 3E ⎜ I i I i+1 ⎟ 6EI i+1 ⎠ ⎝ ⇔ + Equation des 3 moments pour E = Cte et I différent selon les travées.

θ0i'' ) 4 – Expression des sollicitations et actions de liaison. l’équation des trois moments se simplifie : ⇔ M i-1 L i + 2M i L i + L i+1 ( ) + M i+1 L i+1 = 6EI ( θ0i+1' .Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 Dans le cas où on a toujours E = Cte mais aussi I = Cte. on peut écrire : ⎛ x M i (x) = M 0 i (x) + M i−1 ⎜ 1 − ⎜ Li ⎝ ⎞ ⎟ + Mi x ⎟ Li ⎠ De même pour l’effort tranchant : V i (x) = V0 i (x) + M i −1 Li − Mi Li On déduit les actions de liaisons des valeurs de l’effort tranchant à droite et à gauche de l’appui Ai : YA i = V i L i ( )−V ( 0 ) i +1 Page 7 / 8 . pour le moment fléchissant. Soit. Les sollicitations dans la travée hyperstatique sont déterminées par superposition des sollicitations dues au chargement extérieur et celles dues aux moments sur appuis.

Mécanique des structures Poutres continues – Théorème des trois moments TS 2 5 . Cas de poutre sur deux appuis simple de rigidité E.Formulaire des rotations usuelles.I = Cte Cas de charge θi’ à droite de Ai-1 θi’’ à gauche de Ai P Ai-1 L/2 L L/2 Ai − PL² 16EI PL² 16EI P Ai-1 a L b Ai − Pab(L + b) 6EIL Pab(L + a) 6EIL p Ai-1 Ai pL3 − 24EI pL3 24EI L p Ai-1 a L b Ai − pa²(2L − a)² 24EIL pa²(2L² − a²) 24EIL Page 8 / 8 .

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