COMPTE RENDU D’AUDITION PAR LE GROUPE DE TRAVAIL DU CONSEIL DE PARIS RELATIF A LA

REFORME DES RYTHMES EDUCATIFS

Objectif du groupe de travail : éclaircir les groupes politiques du conseil de Paris sur la réforme en vue du conseil de Paris des 25 et 26 mars 2013. Etaient présents : - Colombe Brossel - Yves Contassot (EELV) - Catherine Bruno (UDI) - Danielle Simonet (GCPG) - Emmanuelle Becker (GCPG) - Jean-Pierre Caffet (PS) L’UMPPA était représenté par des assistants qui n’étaient pas à la table de discussion et ne sont pas intervenus. Les représentantes du collectif « Prenons le temps pour nos enfants » : - Habiba Amoura - Isabelle Konopniki - Cécile Duchatelet

Présentation :
Isabelle : Nous sommes un collectif de parents d'élèves, "Prenons le temps pour nos enfants!", mobilisés contre la réforme des rythmes éducatifs telle qu'elle se met en place actuellement à Paris et au niveau national, pour une autre réforme des rythmes éducatifs. Habiba : je suis membre du collectif de parents "Prenons le temps pour nos enfants" et Adhérente FCPE, représentante du groupe scolaire Barbanègre à Paris 19ème, ne me retrouvant pas dans les arguments et la prise de position de la FCPE Paris et nationale. Cécile : Nous regroupons des parents à titre individuel, des parents adhérents aux fédérations nationales ou indépendants, des parents élus ou non, des associations de parents d'élèves de groupes scolaires - 17 arrondissements sont représentés (sauf 6, 7 et 8), des parents de plus de 70 écoles différentes. La pétition a déjà recueilli 1490 signatures sur internet auxquels s’additionnent les pétitions papier sur le terrain.

Motivations :
Habiba : Nous sommes pour un retour à la semaine de 4 jours et demi d’école, nous nous demandons pourquoi cette réforme tant attendue commence par la forme sans traiter du fond, nous sommes profondément convaincus qu’il est primordial de réparer l’école actuelle avant toute chose, en effet, la question des rythmes n’est pas le point essentiel à réformer d’urgence. Ce qui est prioritaire pour nous est: Le retour aux 26h00 d’enseignement Une révision des programmes de 2008 trop lourds, instaurés par Mr Xavier DARCOS La formation des enseignants

Le recrutement et la formation des AVS, afin de favoriser l’intégration des enfants en situation de handicap, qui sont souvent tributaires du manque de dispositifs d’accueil dans les écoles. (Colombe Brossel à son voisin: c’est déjà le cas.) Habiba : Etant moi-même parent d’un enfant en situation de Handicap à qui on a proposé un mitemps scolaire, voire même l’école à la maison, je me demande dans quelle mesure mon enfant pourra être intégré avec l’application de ce décret, tel qu’il est actuellement. Que Mr le Maire (!) Cesse de fermer des classes, car alléger les rythmes c’est aussi alléger les effectifs. - réviser la logique comptable des seuils de fermetures et d‘ouverture de classe - la formation des animateurs et la déprécarisation des contrats des animateurs, - le retour et l’augmentation des RASED Et enfin, l’étude doit devenir dirigée et non plus surveillée. Isabelle : Ce qui favorise d’abord et avant tout l’échec scolaire, c’est la fatigue provoquée par une vie en collectivité surchargée. En quoi l’allongement du temps passé en grande collectivité va alléger la fatigue des enfants ? La réforme des rythmes éducatifs, c’est le début d’un mouvement de désengagement de l’état pour l’école publique. (Moment magique) Comment ne pas être inquiets, dans une politique de rigueur budgétaire, imposée par le gouvernement, du coût d’une telle réforme, (baisse des dotations de l’état de plusieurs milliards d’euros, aux collectivités locales) et de la pérennité de son financement ? Comment accepter, avec la charge toujours plus importante qui pèse sur les collectivités locales, les inégalités territoriales qui ne manqueront pas de s’aggraver ? (M. Caffet dit qu’il n’est pas questions ici du problème national). Cécile : J’insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’urgence à appliquer ce décret en septembre 2013, car dans l’urgence on ne fait rien de bon. Nous souhaitons que la mairie de Paris nous prouve qu’elle est capable de mettre en place un périscolaire de qualité. Qu’elle prenne le temps de développer le recrutement et de former des animateurs. Le questionnaire est soumis alors que la concertation n’est pas terminée. Il y a un problème de timing. Ce questionnaire ne possède que des questions fermées, aucun encart pour exprimer son avis. Nous demandons la non-application du décret en l’état, en septembre 2013, afin de prendre le temps d’intégrer tous ces éléments dans la réflexion de la loi de refondation de l’école. Pourquoi ne pas prendre le temps, de chercher des propositions innovantes et égalitaires. Pourquoi ne pas s’inspirer des projets d’écoles déjà existants et tout à fait probants. Si le décret devait être appliqué dès la rentrée de septembre 2013, que deviendront les projets d’école actuels? Par exemple : le groupe scolaire Soleil Bolivar et son cadre « école innovante » pourra-t-il continuer d’évoluer et de permettre aux enfants de s’épanouir de la même façon ?

Il faut laisser le temps au milieu associatif de s’organiser, de développer des projets, d’être en mesure de répondre aux nouveaux besoins qu’impliquent les changements de rythme. Les parents d’élèves sont souvent très impliqués dans le tissu associatif et y font appel pour les activités extra-scolaires. Les associations ne vont pas forcément pouvoir maintenir leurs activités et risquent de ne pas survivre à ce changement, des emplois risquent de disparaître. L’offre périscolaire ne sera pas un employeur des intervenants des associations. En effet ce sont des professionnels qualifiés qui ont des rémunérations bien plus élevées que des animateurs. La ville de Paris ne pourra pas y avoir recourt, le tissu associatif français est une richesse qu’il faut préserver. A la fin de notre intervention, C. Brossel a fait 2 précisions : 1) Le décret n’empêche pas les projets spécifiques d’exister et de continuer, elle le dit deux fois. Cécile : il s’agit de l’aspect financier de ces projets ! C. Brossel : le décret ne les empêche pas. 2) Le maire de Paris ne décide pas de la fermeture des classes. Il fournit les tables et les chaises. (Évidemment elle a sauté sur l’occasion) Habiba : Pardonnez-moi ce lapsus révélateur de ce que je pense, je sais que les fermetures de classes dépendent uniquement du Ministère de l’Education Nationale, mais M. le maire, dans sa volonté de nous imposer l’application de ce décret coûte que coûte en septembre 2013, à tant de choses qui lui sont imputables… , la liste est longue… La parole a été donnée aux groupes politiques :  Yves Contassot a passé son tour. (Ayant déjà eu nos arguments lors de notre rendez-vous avec lui) - Isabelle KONOPNIKI engagement "Prenons le temps pour nos enfants ! " - Karine BUGEJA : engagement "Atd quart monde"  J.P. Caffet : Dans le cadre de ce groupe je m’intéresse à ce que demande la réforme, vous avez une plateforme de revendications bien plus large… qui dépasse largement le cadre de ce groupe de travail. Finalement vous ne nous dite rien de la réforme, - Pourquoi cette réforme n’est-elle pas essentielle pour vous ?  C. Bruno : Le nom du collectif répond très bien à la situation actuelle. Il faut prendre du temps pour mettre en place la réforme. Nous avons évoqué la formation ; - Quel est votre sentiment sur la formation des animateurs ? - Quel temps pour leur formation ? - Comment va-t-on employer le temps libéré des enfants?  E. Becker : - Comment envisageriez-vous la concertation après la décision du conseil de Paris ? - A propos de la « co-éducation », avez-vous réfléchi à ce qui revient au national et ce qui devrait être pris en charge par la ville ?

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Que pensez-vous du lien qui devrait exister entre les différents éducateurs ? Comment percevez-vous l’état du périscolaire à Paris ? Que souhaiteriez-vous pour le périscolaire à Paris ? D. Simmonet : Comment avez-vous perçu le questionnaire de la ville de Paris ?

C. Brossel passe à la question d’Emmanuelle Beker en la déformant : Comment envisagerions-nous la concertation après la décision du conseil de Paris ? Qui devient : Que pensez-vous de la concertation ? La parole nous est enfin donnée pour répondre à quelques questions, nous constatons que la stratégie était de poser toutes les questions à la suite avant qu’on ne nous donne à nouveau la parole, c’est frustrant et nous n’avons pas eu le temps de répondre à toutes les questions :

Nos Réponses :
Cécile à propos du questionnaire de la ville de Paris : (D. Simonet) Il n’est pas donné d’outils pour pouvoir répondre en fonction de ce qui est bien pour l’enfant mais seulement en fonction de ce qu’on préfère. Il aurait fallu indiquer les points positifs et négatifs des propositions d’organisation pour que les personnes aient un avis éclairé. Tout le monde préfère avoir deux jours de weekend mais ce n’est pas pour cela que c’est bien pour l’enfant. Le questionnaire est soumis alors que la concertation n’est pas terminée, il y a un problème de timing ! A quoi sert la concertation ?

Isabelle à propos de la concertation : La concertation a finalement à peine commencé, les 4 grandes réunions n’étant pas de la concertation ! (Mais du spectacle rajoute Danielle Simonet). Les réunions qui ont pu être organisées dans les écoles avec tous les personnels concernés et les parents étaient très constructives et instructives (on ne s’est jamais autant parlé). Isabelle en réponse à la question : Pourquoi cette réforme n’est-elle pas essentielle pour vous ? Cela crée une divisions entre l’école et le périscolaire. L’animateur n’est pas un professionnel de la musique, du sport ou de la culture. Savoir jouer de la guitare ne fait pas d’une personne un professeur de musique. Une réforme des rythmes éducatifs qui démarre avec des fermetures de classes, des effectifs trop lourds et des déplacements de postes vers les TPS (très petites sections) n’est pas une réforme constructive, on déshabille Pierre pour rhabiller Jacques….

Les conservatoires sont sous dimensionnés. Les parents doivent aujourd’hui attendre toute la nuit devant les conservatoires pour espérer avoir une place, il n’y a pas suffisamment de professeurs. Venir dans les écoles n’est pas la même chose que l’enseignement dispensé par les conservatoires. Cela va créer des distensions. Le choix des parents ne doit pas être compromis. Cela va accentuer l’école à 2 vitesses et creuser les inégalités entre les enfants dont les parents pourront payer des cours ou auront pu avoir une place et ceux qui n’auront pas les moyens ou n’auront pas eu de place.

Habiba en réponses aux questions de : - C. Bruno Quel est votre sentiment sur la formation des animateurs ? - E. Becker : Comment percevez-vous l’état du périscolaire à Paris ? Que souhaiteriez-vous pour le périscolaire à Paris ? Nous avons sondés les parents Parisiens membres du collectif "Prenons le temps pour nos enfants!", mais également d’autres parents Parisiens, et nous constatons que l’état du périscolaire est vraiment à déplorer. Mais puisque je peux m’exprimer sur le sujet, je vais parler d’un sujet que je connais bien : Je participe à un groupe de travail sur la formation des animateurs dans le 19ème arrondissement de paris, ce groupe a été mis en place à l’initiative de l’UL 19ème, avec l’accord de M. Nicolas NORDMAN, M. Wilfrid BLERALD et M. Eric DUHAUSSE, ainsi que deux formateurs qui sont en charge de "former" les futures animateurs. Pour commencer, je pense que le contenu est trop riche pour être assimilé en un seul jour.
(Isabelle : et trop chargé d’aspects administratifs).

8h00 de formation c’est bien trop peu pour permettre aux animateurs d’être correctement formés, un minimum de 15 jours de formations serait bien plus instructif, Le BAFA devrait être un prérequis, quel que soit le statut. Il faudrait prendre le temps de développer le recrutement et de former des animateurs, les titulariser, mais en faisant attention de ne pas titulariser n’importe qui car il faut le dire, nous sommes tous en accord avec la réinsertion sociale, mais lorsqu’il s’agit de nos enfants, dans une certaine mesure et de façon encadrée. Nous voulons qu’il y ait une péréquation lors du recrutement, Il faut veiller à la mixité sociale, il est donc important que les recrutements ne se fassent plus localement par arrondissements mais à l’échelle parisienne. Le maire pourrait aussi se mettre en lien avec le vice-chancelier de l’université afin que d’avantage d’étudiants puissent accéder aux postes d’animateur et partager/transmettre leur savoir. Isabelle en complément : Nous souhaitons que la mairie de Paris nous prouve qu’elle est capable de mettre en place un périscolaire de qualité.

Isabelle à propos de la question : Que pensez-vous du lien qui devrait exister entre les différents

éducateurs ? Il n’y a rien dans le décret sur la transversalité et sur la complémentarité qu'il pourrait y avoir entre le scolaire et le périscolaire. Le fait qu'il y ait l'école d'un côté et le périscolaire de l'autre nous conforte dans l'idée que ces temps libérés risquent d'être de la garderie... Madame Brossel met fin à la concertation qui a durée 20 minutes, vient nous saluer et nous indique la sortie…

Nous aurions aimé ajouter : - Que faire le choix du mercredi serait une catastrophe, pour toutes les raisons déjà évoquées maintes fois. - Insister sur le fait que les enseignants ne sont pas éducateurs de jeunes enfants, (accueil des TPS) - Que les structures d’accueil en maternelle ne sont pas adaptées pour accueillir les tout petits Et quelques autres sujets importants…. Nous avons fait savoir à Colombe Brossel qu’elle recevra d’ici la semaine prochaine l’intégralité de nos doléances. Elle nous invite à contacter M. Jean Bernard Senon – directeur adjoint du cabinet de Colombe Brossel. Jean Bernard senon Directeur adjoint de cabinet 01.42.76.44.91 Jean-bernard.senon@paris.fr 30 minutes d’audition.

Compte-rendu écrit par : - Habiba Amoura - Isabelle Konopniki - Cécile Duchatelet Pour le collectif de Parents Parisiens « Prenons le temps pour nos enfants ! »
*http://prenonsletempspournosenfants.blogspot.fr/*

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