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Interview

Interview

PREMIÈRE , Comm ent avez-vous réagi

en apprenant qu e /ofoonriH Kingdomfera it

rouverture du Festival de Cannes?

WESANDERSON :J'étais sun:xçité! Surtout

qu'après avoir $Qumis notre candidature.

six lougtl"s semaines se sont écoulie; avant qu'on obtienne u"" rép<Jnse. Que voulez_

vous que je

ou. di

,?

C'est le plus grand

festival du monde,la plupart de mes r <'a1isateuJl; pr.;c~.;,; sonl françai s, dors

Aviez-vous déjà été contacte parl'e.quipe du festival aupar:avant?

Aü;un de mes films n 'a jamais été prêt à tffilpS!

J'en ai présenté à Venise. mais pIS àCannes.

Le scoutisme est un drôl e dethème pour

un film. Pourquoi cette idée? PQur m<.>i. le $\:outisme renvoie à ['Amérique

d'aman, <;elle des ""intureSde N(JI'm.ln I«>d<well

el du ma gazine Th

Saturday

Ewming Parr. Ou

!rom

,

toujoun; 1IaCe de ce passé dans certaines

îles du pa)'! où le temps semble s'être arrêté.

Ça. m

fascine. Edward Nonon, avNO qui je

voulais Irllv":llel <kpuis longt=tps, poss<'<k

= oulre ce , ~sag ., typiq~llllDEricain

qu'on çrQirait SQrt; d'une toi le de I«><;kwcll .

C'est son visage qui vous a inspiré ?

Un pal. oui. Mais en écrivanl, le promer

élément que j'ai eu en tète, ç'est çe lÇlTIlin

a\=

son chapeau de scout

Avez-vous été scout? Pas longtemps, deux mois à tout casser. Je n'ai janlllis fait de OImp scout. Je me souvi=s plus de mes excursions avec mil mè,-e archc'ologue.

Vous êtes-vous documenté surle sujetavei:

Roman Coppola, votre cosœnariste? On s'est plutôt fiés à notre imagination. En

revançhe, j'ai beauçoup IJavaillé m amont sur

le style du film a\=

le cosrumier el les producteurs. Em"ard nous a également conseillés.

mou diœcteur artistique,

Edward Norton a été scout? Non, mais ç'est un campeur expérimenté et un

a\=

il grimpe. il pilote des a\~oos

perdu <iU"lque pan dans la jungle, Edward seflIille compagnoo :idc'al poUf vous sortir de Là.

tur:ier 1 Il pan en expéditioo dans les bois,

Si vou s étiez

C·est bonà savoir

"'oonri~ Kingdom

s·inspire-t-il de votre propre vie comme vos films précédents? Il estplulôtné d'un questionœmmt sur la oaissaoce des sentimolts : cotntnenl faire

• PREMIËREMAl20 ll

quand on est trop jeune et qu'on tombe amoureux? Je me souviens o-ès clairement d'avoir été boul"'"""ié à çe moment-là., sans vraiment çomprendre çe qui m'arrivait.

Quel rôleajoué Roman Coppola?

Je travai liais depui s un an sur l'histoire quand, soudain, j e me suis ""uouvé en paooe s<'che. J'ai <bnç demandé à RQman de m'aider. II m'a pousse; dans mes r~1S en me posant pl6n de questions sur les personnages el SUf mes intentions . Puis il a eu cette inruitioo

géniale : d si les deux

avant de s'enfuir ensemble? Ils aura:ienllOUl

planifié,

dans le s<;énario. qU'(Jn a t

,&ots

se connaissaienl

etc. On a alors ~

les flash-back

miné en un mois.

Les e nfants du film sont plus matures que lesadult.es. Est-i:e un postulat absurde ou le pensez-vous vraiment? Je ne crois pas que les =fants soienl plus matures que Icsadultes, mais il arrive qu'ils soient sur un pied d'égalité av"" eux, çe qui, par connsle. donne cette impression.

Lorsque Suzy {Kara HaywardJ dit à Sam {Jared Gi/m anJ : " J·aurais aimé être orpheline commetoi, je trouve quetu as une vie vraiment spéciale », c·est déi:alé et triste à la fois. Est-i:e une bonne définition devotre cinéma?

Je ne raiSOTUle pIS en çes tennes quand j'""ris.

Je çhoisis des idées p=e

Je ne me dis jamais:« k i, j'ai été drôle ; 1à,

qu' clics sont bonrr:s.

je dois être ~lancolique.»11 se trouve que ce que j'aime est toujOUJ1i entre les deux 1En

m&ne temps, je me dMnaode parfois cornmenl

Icssp<Xtateurs vontappréhend

l'aspeçt

1IlIgi-«>mique de cmaines scènes. Par ~Ie dans ce dialogue à propos du cbien morI. L'un des perSOTUlages demande:« C'était un bon chien? », et l'autre lui répond:

« Qui sait ? Mais il ne métitait pas de mourir. »

Pour moi, ~'està la fois une s<;éne très triste el une grosse blague. (Rire.)

Vous évite z " l'émotion pure» par pudeur? Ne çroyez pas ça. J'essaie d'être dans l'émoti(Jn autant que possible, mais je ne peux pIS m'empiXherd'ymettrc de l'htmlQur. Je rec(Jnnais pourtant qu'en faisant ça, je prends le risque d'affaibl ir la slxmtanéité et l'authentkité dessmtiments de mes personnages.

Mais c'est votre signature

Voilà

ç'estçe qui rmd mon çinémadillCrent.

J'ai l'impression, à tort ou à raison, que

Redoutiez-vous letravailavei: les enfants? Au ç(Jntraire, j'ad(Jre ça ! En pntkulier l'étape

du casting. Quand vous a\

enfants sonl fascinaots à observer ~ à diriger. Ils n' (Jnt auçun problème av"" les çonsignes, son! appliqués. Consc:ienc:inIX el veulent vous faire plaisir. Le \TlIi bonhaJr pour \Dl c:inc'asle.

,z

trom'" les bons, les

Votre réputation de contro! freak ne serait donc pas usurp ée

C'est plus ou moins vrai. Sur La Famill. TM<mbaum, j'ai IJawillé av"" l'inunense Ge.-.:

Hackmao qui proposait souvenl sa prapre VCl1iion d'une s<;me pour un résultat inçroyable.

k n'ai rien oontrc çette faç(Jn de IJavailler, mais

ça m'angoisse =je ne suis passûr d'obtenir

ce que je veux. A\=

pas la question, donc je suis plus ""tendu!

les enfants.je "" me pose

Parmi tous les nouveaullvenus dans votre univers -Edward Norton, BruceWillis, Tilda

Swinton

-, il ya

Franc es McDormand. Sa

présence renforce la parenté plus ou moins lointaine e ntre vous et les frères Caen J'ad<1re leur IJavail depuis Sang jXJIff sang.

k leur ai toujOUJ1i envié œtte fa<;ulté d' ""rire

des dialogues aussi \;fs el sauvlIgemenl drôles. U"" anecdote : lapt~e fois que

j'ai vu Th. Big ùbo

b,

je suis ressorti

troublé de la proj""tion. Je n'arrivais pas àsavoir si j'aimais ou pIS. En le revoyant, non s=lemenl mes doutes onl été bala~, mais

ç'est devenu l'un de mes films préfCrés. J'awis besoin de le çomprendre avant de l'appréçier.

mais ç'est devenu l'un de mes films préfCrés. J'awis besoin de le çomprendre avant de l'appréçier.

ptopos de Lo "Ù, aquoliqult.

,

beaucoup de speclat.,

pll:mièrc visioo. : :'. sWs pliS non plus persuade que ,,;"', la deuxième rois. (Ri

)

,m~'

que ,,;"', la deuxième rois. (Ri ) ,m~' pet! fulue. avec un gl'll" prol'lOnai .

pet! fulue. avec un gl'll" prol'lOnai .

Diriez-yoU$ que ( 'H I voire film te phs

impt'HSionnisle

1

C'est le Il:nw quOon lOIi!ai ta it avec Robcn YCQI1lIIII. mon chefopérateur. Lïmallc

nurno'riq~.parfaitement hue el nette, De

COI1\'tDai1 pas ;, cette Iustotre qUI se dkoule

w'll'u ks anntts 60. L'idttitait d'flre prochc-s de la lli('nsibililê du Kodach.O<De, des

films de fmnille lCUlIês à celte êpoque.

Tout comme Fanlu lic />Ir. FfIIC, Hoonriw Kingdam parle de t'e nfance . Ave z,v oui

rimpression de dêbuter un nou~ ea u cycle?

Oui el non.Famastie MI'. Foxm'. surtoUt

wt dkouvric une 00\1\".11. façon de 1Ourtln" .

Par e"nnple. pour Moonris. Ki"gdom,

j'ai d'Iron! fait enlièrcmc:m 5tory-bœrder pui$ anim<:r le scénario. avant d'enregistra une voi x off Jl'}UI" raconter l'hiSIOire. Ça m's pcnris.

le mommt venu. de montrer la forme et le 'OIUnm des plans aux techniciens et aux

aclnlfS, ainsi que 1eur durêe apprOlUOllltive.

Nom .\-OW; "gakmmt conslnlit plus de

décolS que d'habitude ct util is.! de n0011nu$t'$ maquenes. Bn:r. les techniques d'animation

m'" f~temc:nt innucnc~.

Àqu

d

un long rnêlnlge qui seraillilué

en Fr

ce?

L'achon de mon prochain film le o:l!roulcra

rD Europe. mais je ne saiS pas mcore oU C"XaclCmcn~.Quoi qu'il arrive, ju:omplC bien

y mjtcltr "" peu de \"OCU esprit fi"mç11S.

-

J aIme est

.,

.

: « Jci, j

do is êl.re se Lrouve que ce que uj o urs enLre les d eux!"

WES ANDERSON

• - • J aIme est . , . : « Jci, j do is êl.re
• - • J aIme est . , . : « Jci, j do is êl.re

cahiercriti

ues 16 05

cahiercriti ues 16 05 Foster, architecte reprmnta~ un avion. lien entre ["homme et ciel. Il de
cahiercriti ues 16 05 Foster, architecte reprmnta~ un avion. lien entre ["homme et ciel. Il de
cahiercriti ues 16 05 Foster, architecte reprmnta~ un avion. lien entre ["homme et ciel. Il de

Foster, architecte

reprmnta~ un avion.

lien entre ["homme et ciel. Il
lien entre ["homme et
ciel.
Il
reprmnta~ un avion. lien entre ["homme et ciel. Il de Hong Sangsoo ** Seongjun, un réalisateur
reprmnta~ un avion. lien entre ["homme et ciel. Il de Hong Sangsoo ** Seongjun, un réalisateur

de Hong Sangsoo

**

Seongjun, un réalisateur qui ne tourne pl15 depuislongte'Tlps, revient Jo Séoul pour y retrouver on ~ie~ami Youngho, critique de c""ma. Il mort '-gaIement une ex et tprend d·une aut.w fenonle lui rHHmbl.lnt beaucoup. I.e douzième film de Hong Sangsoo l'5t. comme 11'5 précédents, ni tout à/ait le même. ni tout à fait un autre. 1.1' dnéaste "",ient ici au noir et blanc dl' ses débuts et. comme sOUVl'nt. fait de 'lOn pel"5onnage cent",l un réalisateur. SIl creuse le même sillon de film en film.

le Coréen 'amuse cette fois à le faire aussi dl' scène en scè Dialogues Ipléthoriqul'5l et situationslanodinesl se répètent donc par trois fois en 51' transformant . Ré3~téou fantasme? Chronologie ou désordre? Un seul et même jour ou plu,,;eurs? Ou

trois vel"5ions de la vie d·un homme. dans resprit du Hasard de Krzysztof

K lowski? C1'5 qll\'stions restent

sans réponses. et Cl' n ·est ni bien ni mal. c·est ainsi . Mais. malgré la démarche louable et une certai légèreté. le procédé oomble arrivé

à son terme. À tour

r à CI' point

en rond. Hong Sang""" épuise la matière même de 'lOn dnéma. Et le $pl'Clateur ""-'C. UI.

dnéma. Et le $pl'Clateur ""-'C. UI. Été 1965. CDIT1rT>e ils H pn>mis un~n .up

Été 1965. CDIT1rT>e ils H

pn>mis un~n .up

l'éyient

nt.»m et

Suzy, 12

nil,

5' enfuient ellHlT1ble

un mIItin, oemant ~ IYnique

IUrtetteb ~tirH de t. Nou,,"le-

Angleterre ils h brt~t.

lA ~"plgl"" Sh"rp, le chef ":lIUt

Wilrd et ln Biohop - les p

de Suzy- p

",,~che.

rent.

leur

rtent

lOB~

Bien""nue dans le monde de Wes

Anderson, celui des robes

àcol Claudine et des gros gilets

en laine. des dialogues décalés

et des décors stylisés, du spleen

et de la bé3titude. Modèle de

mi

en scène, le prologue nous

fait découvrir ["intérieur de la maison des Bishop au moyen de

oomptul'Ull trnvellings talér""",

""nt "'atiques ou réduits à la

drculaires et 'fflrticau •. Chaque

p~yestconçue(X)mme un

tableau dans [\'quelles personnages

pantomime. Tout est en plaœ. sous controle. c'est le cinéma d'un marioMl'ttiste doublé d'un

".,.ntriloque -les acteurs disent leurs

répliques <m'C un déta<:hement leI qu 'on les croirait ooufflées par

le cinéaste. Plus ençore que dans 51'S p~nt5 f~ms /Fantastic

/-Ir. Fox mis à partI. Andel"5on p<>US1,ie la sophistication à rextrême. Ce parti pris l'st totalement raccord avec runi,,-,1"5 du conte

qu·embrasse Moonrise Kingdom.

f~m émi

qui suscite une émotion similaire à celle éprow.oée devant une toile dl' maître. Ander'lOn évoque notamment IInfluence dl' lI11ust",teur Norman Rockwell

et 51'5 scènes du quotidien flirtant avec la caricature . On pense au55i au. impressionnistes. et en particulier à Auguste Renoir. qui s""ait mieux qll\' quiconque

don

s p<>lNOirde s"'}gestion sans limites. Au oorvice dl' la vision d·Ander'lOn. les acteu1"5 'amusent avec leur

mment g"'phiqll\'

r vil' à

tableau. avec un

im"9l'. Bruce Willis en tête. parfait

en flic

roptimisme. tJI.

urasthénique g"9né par

Bruce Willis en tête. parfait en flic roptimisme. tJI. urasthénique g"9né par ;M; PREMIËRE MAI 20
rralol'" Cousi" B. W BiS;'''!' L. B i s;',,/, , Su:zy B. SQ (17 J.'

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Cousi" B.

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SQ (17 J.'

rralol'" Cousi" B. W BiS;'''!' L. B i s;',,/, , Su:zy B. SQ (17 J.' ,

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-

- Moonrise Kingdom, le nouveau film de Wes Ande rso n, est un e mini at

Moonrise Kingdom, le nouveau film de Wes Ande rso n, est un e mini at ure t rag i-co mi que, do nt l'est hét ique uni que a fa it de so n réa lisa- te ur un e icô n e . Ma is qu'est-ce qu 'il a de plu s que les aut res?

*

"" ,,

,

mo pour etre Vral

IL SAIT S'ENTOURER

TOUl commence Il Austin. Un blad texan

hérissé de gTaue-del. do cow-boys Il ci-

est lOI que le réal,sateur James L. Brool<s sug-

gère à la Columbia do produire la version

longue . Cinq millions de doUars et deux ans

plus l ard. Boille Roekel se pnmd une tôle mo-

:

J'histoire de ces ados cambrioleurs. À les en

~~~~2~~~['~~~~~~ numentale en salle mais les critiques aooreIll

années SO, croire. il y a du talent Jà-dedans. Galvanisée,la

étudie vaguement laphilo

encore plus

bande des quatre s'en va pan<tglll" une maison Il Los Angeles. la ville de tou s les possibles-

Owen et v.s ne se quiner(Xn plus_ Au IlOénario

de IOUs les

ou devant la caméra. v.1$(m se

fltms d'Anderson Il l'exoopcion de Moonrise Kingdom. Bill MulTtly, Jason Schwartzman a

11 l'univers>lé el participe.

v<tguement, à des cours d'écriture .• On

était tous aUlOnr d'une table. J'étais

dans un win. Owen Wilsondans un iIlI- tre. on ne s'es!; pas ildressé la parole

six

mois.

On

pendant

~taitne\lfdansIaSillle

Ils SVInPi'thisent bl'\ls- c;uement dans un cou- loir, en se percutant au détour d'un virage, dé- rouvrent q u'ils ri!\'ent chacun d'être scéna- riste et se laro:;ent au déboné dans la rédac- tion d'un court mé-

"'" '

Roman

celle

Coppola

oomplétoront

aux

famille

rt'!QOmposée

coupsdecœur, impo;n;ant leurem- preinte à une filmographie recon- naissable emre toutes.

preinte à une filmographie recon- naissable emre toutes. À l'Age où les garçons s'escrime nt sur

À l'Age où les garçons s'escrime nt sur un ballCD de oostet, Wes An_ derson se pIque de littérature et s'envole des ftlms par paquets de douze derrière la rétine. Déjà dif_ férent. déjà artiste. cQuamfavais 10 ans. je réalisais des courts en super 8 avec mes frères. J 'essayals d 'imiter Les aventur;en; de l'lIrchll perdue. SMr Wars et sunout

L 'homme qui en savaiI trop, de Hitchcod::.•

Pendant$es années fac. il s'entiche de Godard. Truffaut, Bergman. Fellini, Scott FItzgerald. Joyce, dont il discute Pi'ss:ionnément les œu- vres avec l'anù Owen . Il y plàsera les chromos de son ullÎvers, ses munnures mélancoliques. ses escap&des enfantines et se grisera d 'autres influences au fil des ans. L'(fflrape oeurs de Salinger pour Rushmore. le <nnmanrlafll Cous- teilll pour lAliie aquMique; Prend> Ql"lneç_

rionde fned~ll\ Fenéuesurcourde Hil(:hwc~

Ql"lneç_ rionde fned~ll\ Fenéuesurcourde Hil(:hwc~ trage, BOUle Rocker. Avec Lu~e et An- drew,

trage, BOUle Rocker.

Avec

Lu~e et

An-

drew,

les frangins

d'Owen. Wes aussi a deux frères et il est aussi œlui du milieu, ce- lui qui doit en faire plus que le cadet et l'alné pour exister. Cest peut-être un détail pour vous, mais pour Wes ça \'eut

dire bœu~. Ils ne toumeM leur coo.n qu'après leurs études. avec les sous qu'ils gagnent ici.

dans une télé locale pour Wes. et sur les planches pour Owen. SUr les

eur Paris. Texas. ils efllloient le film au Festi- val de Sundanoe en 1994. Le bow::he hnlille y

de

conseils de Lt.L Kit Carson. l'a

le film au Festi- val de Sundanoe en 1994. Le bow::he hnlille y de conseils de
le film au Festi- val de Sundanoe en 1994. Le bow::he hnlille y de conseils de

CANNES 2012 MOONRISE KINGDOM

CANNES 2012 MOONRISE KINGDOM ~<À chaque film, je raconte ma vie.» et plus particulièrement Vous ne

~<Àchaque film, je raconte ma vie.»

et plus particulièrement Vous ne l'emporterez

pas aveç <vusde Capra pour La fàmille Tenen-

bal.llll_

.J'ai toujours été fasciné par New Yor~_

Je voulais créerune version exagérée de ['ima_

gerie new-')')rl<aise que je m'étais fabriquée.,

dit_il en citant Scorsese comme référence ul-

time de Big Apple_ Cet homme est désarmant_ Prévisible dans ses thèmes, déroutant dans ses voyages intériool'S. Avant de monter À bord du Darjeeling Limited. il s'ébroue ['imaginaire dans Le fleuve de Jean Rençir, Le narç;sse noir de Michael Powellet tous les Satyajit Ray_ ne" retire une enluminure indienne tarabiscotée de satin. hantée par le lyrisme de Renoir_ Au-

delà de la léalité, toojOUI'S_ À folUl de frôler ['ir_

léel, Anderson 00 devait un jour d'outrepasser ['humah Avec les figurines animées du Fan_ tastiç Mr_ Fox. ce sera chose faite_ Elles serom les fleurons de ce coffre à jooets dans lequel il fourrage depuis ses 10 ans_ fbur fuçonner son Mister Fox, lMls Anderson se replonge dans KingKçngdeSchœdsad::: et Cooper, La belle et la bétede Cocteau et les créatures de Ray Har~ I)'hausen lien garde les imperfoctiŒlS et y re~ troove les féeries de l'enfanœ. Cette enfanœ

Wes Anderson

qu'il arpente depuis ses débuts, qu'il mettra ensuite en scène dans Mocnrise Kingdom, en feuilletant Les aventures de Huckleberry Finn. Et en songeant à L 'éVil dé d'Alcatraz. Convo- quer Mar~1'wain etCliru Eastwood pourCŒIter la fugue de deux gosses, il làllait y penser.

pourCŒIter la fugue de deux gosses, il làllait y penser. n y aen lui quelque chose

n y aen lui quelque chose de sépia. Le costume de làbrique anglaise, une demi-taille 1;I'qI petit parce que c'est le summum du chic. Le cheveu Ià<pn milold d'antan. <ami bien peigné derrière les oreilles. Des superpositiŒlS cadlemire et ve~ lours sur cravate de soie. Et un sourire fané oomme un souvenir. Wes Andersonestà l'image de ses films' hors du temps et raffiné. Il a in~ venté le cinéma tiré à quautl épingles, celui dŒlt le style se définit par la somme de déulils. Le bandeau de tennis de lu~e WilsŒl dans La fa- mille Tenenbaum, les personnages cadrés de làœ CŒIlme des vieilles phews d'école, les inté~ rieurs aussi minutioosement décorés que des maisons de poupée, la gestuelle à la Jacques Thti et le train d'À bord du Darjeeling Limired.

Un vrai train qui IOule, dévoré de longs oouloirs à rendre dnglée une équipe de cinéma. à moins de l'embaucher au Cirque du SoleiL Soction

acrd:Iates.

_J'aurais pu tourner en studio, mais

j'avais poor qu'on sente le <tté làctiœ., se jus- tifie+iL Lui, il ne simule pas, il réintelplète le

réel et il bariole des tableaux suspendus eru.re rêve et nostalgie. Poor les déguisemerus des bestioles de Moonrise Kingdcrn, ils'estsoovenu du Carnaval des animaux, une pièœ qu'il avait jooée dans son enlànœ. Il a fait répliquer les oostumes d'aplès des clidlés de lui pris à œtte époque. Dans La famille Tenenbaum, Anjelica Huston porte les véritables lunettes de la mère du réalisateur. Normal, le persŒlnage qu'elle incarne, Erheline, est inspiré d'Anne Anderson, elle aussi archéologue, divŒ'Cée et quelque peu

brindezingue.

répète Wes AndersŒl. Elleest là. sa vie. Derrière œs gamins perdus et ces adolescents mélan~ oomiques, parmi œs tribus extravagantes et œs frèltlS bousillés qui se rafistolent au tout petit Ixmhoor. Plus belle que la vraie. I\lut-iltre. •

_Je racŒlte ma vie à chaque filnl>,

I\lut-iltre. • _Je racŒlte ma vie à chaque filnl>, La vie aquatique RusIuooœ -linIdODl Max Fisher,
La vie aquatique RusIuooœ -linIdODl Max Fisher,
La vie aquatique
RusIuooœ
-linIdODl
Max Fisher,

Mister Fox. un voleur de poules, s'attirl! les fou - dres de trois irta- mes fermiers.

L'océanographe SteveZissou P<lrt s ur les traces dun requin mythique, avecsafemme et cel ui qui pourrait être son fils .

D<lns les années 60, de ux gosses incom - pris prenrent la clé des champs pour IoivrI! leur amo ur ~ rabri de tous. au bord d'une plage Les flics, les sco uts se lanceri; ~ le urs

une grosse tête dé(J.Jisée en cancre, s'éprl!nd d'une prof ~ laquelle un na~b fait aussi du gring ue .

Troisje ur.es branques s1mprovi- sent cambrioleurs. braque ri; une librai- rie, la maison de rund'eux. brl!f. font n1mporte quoi .

Le P<rtriarche des Tenen~um rl!vient P<lrmi les siens vingt ans après son divorce Url retour accueilli avec des seri;iments mitigés P<lr ses enfants .

Limited

Trois frèrl!S en\<!- meri; un périple en Inde pour tenter de renouer leur lien, unarlaprèsla mort de le ur père .

•
meri; un périple en Inde pour tenter de renouer leur lien, unarlaprèsla mort de le ur

1

! i

1

,

16 A L'AFFICHE

MAI

Moonrise Kingdom ***

Wes Anderson trace son sillon a bsurde

mais oubliel'm otion.

) On aime. chez Wes Anderson. sa propension à traiter par l'absurde le rêve américain de la

famWe idéale et du travail bien accompli. Ses

hérm sont des marglnaux sympathiques qui

dynamitent le $','$tème. Il en est de même dans

Moonrise KingdQm où deux enfants mettent

toote une r(\glcn sensdessus dessous. Unjeune

scout orphelin détesté parses Cilrnarades et une adoen rébeD.i:::wl1'uguem. pourfuir les a:Iu1tes.

lis SOnt pOursuivis plrunchefscout totalement

dt'budé (R!w;lrd Ncnoo. pa1lit~ un licaroo.uwx

(Bn.Jœ Willis à l'opposédeses l'Ôles de rough

guyj et une responsable des services Sori;u,X

qui ré~ de meufflles enfarusen pensionnat

(l'ikI;.I 5willlOrl. hy.stériquement hilarante). Pas

élŒlnaru:, dans (::leS Q:mdilions. que lesenlants

aillent mal. Le film. situé dans les années 00.

aillent mal. Le film. situé dans les années 00. L'aspectfable est amplifiépar /lne mise en scène

L'aspectfable est amplifiépar /lne mise en scène surréaliste,

est amplifiépar /lne mise en scène surréaliste, se lit oomme un CŒlte mora/sur ['éducation et le

se lit oomme un CŒlte mora/sur ['éducation et

le rapport à li.! jeunesse_ \!ks Ande

l'aspeçt: fable de son histoire parsa misean

ampüfoe

o:,

9Cèoe SUITéalisœ. très dessinée. au 1I)n smiaire

à Fanrasrk Mr. Fox. iiOnadapWtion animée de

la nwvelle de RoaId DahL Moonrise Kingdom

aurait presque pu être undessin animé ! Un

regret. œpendarw à trop creuser le :;ilion du

symbole, Wes Anderson oublie de rendre ses pel$Ol'lnilge5 attachants et coupe le spectateur de touteémotion. l.e réalisateur refermealo~

le Ilvredecontes comme ill"avait ouvert: sur

une

Sophie Benamon

DotWHAodInoo.A_B<u:eW_~

Norton. TIld.tSwlnton

• l h :M

DotWHAodInoo.A_B<u:eW_~ Norton. TIld.tSwlnton • l h :M Je te promets ** Un mélo sirupeux sauvé par

Je te promets **

Un mélo sirupeux sauvé par Rachel McAdams.

>Loo et Paige forment un ccuple

he\uwx den. un ao:::ident va bri9l!l"

la paisible destinée. Car Paige !III

réYeiledeson œma en ayBIU Elut

oublié desdernièl"$$ années de

de rhornme

deven.l œ lomn-

Loo reœnquerra-I-il Paige?

qJ'ele ltimlil

S<I vie, ~

!:s ~

1è1le eSl la question à laquelle ce

film, liré d'une hl sl olre vraie.

sanao:.:he à répomre, SIlOS lésiner sur la guimauve. Je te prome/S

r9S!IIImbie è un roman Harlequin. sacriFlantè toutes les ligures im_ posées du mélo romantique. Les amoureux du genre y tIU.Iveront leurcompte.lesautres souff'''nt d'indigesticn. Mais tous S<lk.!enn rnaupélaôonde Roctd ~ à l'aise dans ce registre depuis

N'oubliejamais. • TtMeny Cheze

DI! Mldlael SuaY ' AIIee Ridlei

MtAdlms, OIoJ

g r,tum

· l h 44

Millemots-t-t

Eddie Murphy s'embourbe dans une comédie familiale.

> 11 IUt un tempsoù EddieMurphy

régn;.lir. sans partage sur l'humour

amério;ain vi.a des smnd up auxau-

dacieuses Iogcrrhées voarbales. Et

puis il y a eu Hollywood. l'impi-

toyable machine à reltrer dans le

rang. e l vo ici Eddie muselé. À l'image de son personnage d ans

.-l agent liiuéraire men-

AHJe ~

teurà qJi il ne re5le que ITile moIS

de mo:uT et qui

à

p

1OeI"

obllelllia rédemptlon en passant

par tous les stades de la I~nde

vie : devenir meilleur. écouter le

silence (?!). Gags. directiond 'ac-

teUl"S. rien ne survit àœ film pIaJ;

et cu&Zi6ue1. pas même IeCillœo assez sumlalisœ d'Alain Q!abal.

alAeuc du pitch d'origine. En un motcomme en mille : fuye:. •

Iris Ma=ocurnr.i

DI! 9tIIn RobbIob· AvecEddie

M

phJ.

Ketr)' WMIll ngtOn.•. • l h 31

Cannes

2012

··je n'avais ~as le talent necessalre pour faire un bon scout"

,

.

WesAnderson ouvre le Fest iva l de Cannes avec /v1oonrise Kingdom. Son amour pour Paris et le cinéma français, l'enfance, ses comédiens fétiches: on l'écoute .

par Jean-Baptiste Morain photo RüdyWaks

l'écoute . par Jean-Baptiste Morain photo RüdyWaks oilâ quelques films que nous SUivons de près et

oilâ quelques films

que nous SUivons

de près et apprécions

le cinéaste américain

indépendant, au te ur de La Famille

Tenenbaum, La VIe

aquatique, A bord du

Darjeeling Limited ou

du Fanlaslie Mr: Fox, son film d'animation

d'après Roald DaM. Cette année,

il présente son no uveau film. Moonrise

Kingdom, en ouverture de la compé tition

du Festival de Can nes, le 16 mai,

Comment aUez-vous, Wes Anderson 7

Très bien , me rti!

Où vivez-vous, finalement7 Aux Etats-

Un is ou à Paris 7

Pl.utôt il New York mais j"apprécie beaucoup Paris et je loue un appartement ici quelques mois par an. Pourquoi Paris 7 C·estla ville que je préfère au monde. Jy viens pour écrire et surtout pour ne rien fa ire. J·ai tourné un court

métr age ici, Hôtel Chevalier, qu i précédait A bord du Darjeeling Limited. Pendant Mr. Fox, qui se fabriquait il Londres,

de mes films, ou i, j" en suis consc ient. Mo n cinéma naît, je crois , non pas de mon enfa nce mais de sentiments

que j"avais enfant. Filmer, pour vous, ce serail replonger dans l'étllt de l'enfance 7 Dans Moonrise Kingdom, oui. Pour les aulres, je n·y ai pas réfléchi . J' ai tourné Rushmore, mon deuxième long métrage, dans la ville de mon lycée. Jévoquais

et recréais cla iremen t des

celte époq ue , J·ai souvent t' impression

d·utiliser mes souvenirs d·enfance ma is il en sort au fi nal quelque chose qui n·a

souvenirs de

le jour même de sa sortie en France.

je

vivais il Paris et faisa is des allers -

plus r ien

il voir avec le souvenir or iginel.

On y suilles aventures amoureuses

re

tours entre l es deux villes.

de deux préados, Suzy et Sam (qui est scout). sur une ile de La NouveUe -

Angleterre, t'été 1965.

Vous parlez rarement de vos origines, Vous êtes hien natif du Texas 7 Je suis né il Houston mais j"ai étudié

a

beaucoup in fluencé mon regard .

Oans la plupart de vos films, on retrouve souvent la mime sdne:

dans un travelling, vtlUS visUezle décor où se silue l'action du film, maison

trouvons. Dans Moonrise Kingdom, "

Wes Anderson

nous reçoit da ns

il Austin. Mon père dirigeait une agence de

ou bateau, comme s'il s'a gissait

l'appartement -bureau qu'il vient de Louer

pub et ma mère était archêologue, comme

d'une m.ison de poupées. Pourquoi 7

entre Mon t parnasse el Sainl - Germain - des - Prés. Ça sent encore la pein t ure

la maman de La FamiUe Tenenbaum. Ma mère pe ign ait aussi et je crois qu ' elle

C·est vrai, même si d' un film il I"autre les mouvements de caméra ne se

fraîche . On do it traverser les toilettes

ressemblent pas vu que nous tournons

pour passer

de la cuisine, et sa ver rière

L:enfance tient une grande place dans

parfo is en décors naturels, parfois

arrondie, au salon où notre hôte ne va pas tarder à apparaître, toujours aussi élégant, en costume marron assorti à sa l ongue mèche rousse .

votre cinéma, C'est encore plus flagrant dans Moonrise Kingdom puisque les deux héros ont 12 ans. Ma i s sur l'ensemble

en studio . Pour moi, cela permet tout simplemen t de faire comprendre au spectateur {"endroit où nous nous

Cannes

2012

je vou lais filmer

la famille sur le vif,

dans sa maison, comme si certaines

pièces contenaienl des éléments magiques, le grenier par exempLe.

Vous iles le seul i tourner ce genre

de plan et à le répéter de film en film . Je ne sais pas. C'est ainsi que je vois

le monde. Je n'ai pas l'impr ession de faire des choix, cela me vient de façon automatique . Je vais vous dire : à chaque fois que je travaille sur un nouveau

projet, je pense que je fais une œuvre

différente. Et quand le film est terminé ,

les gens me disent généralement

qu'il ressemble aux précédents (rires).

Dans Hoonrise Kingdom, vous f.iles

Les deux principau x acteurs, ici, sont les enfants, Comme on les retrouve dans toutes tes scènes, les adultes deviennent des personnages secondaires, Dans mon prochain film, le personnage principal, qui est un peu fou. a un voyant per sonnel assisté d'un adolescent. Je donnerai les rôles à des acteurs plus connus que mes préados. Je reste attaché à mes acteurs fétiches même si je ne sais pas encore qui jouera le rôle principal de mon prochain film, On a souvent dit que vos personnilges étlient des adultes qui n'ilrrivilient pas il devenir adultes. Peut-on dire que

Hoonrise Kingdom met en scène

un usage presque cOrK.plue' de La musique de Senjamin Britten . J'avais choisi d'utiliser celte musique

des enfants qui se comportent comme dendultes? Je crois surtout qu'Il y a très peu

avant même d'écrire l'histoire. C'est

de différence entre les adultes et

elle qui

les en fants. Les adultes manifestent

m'a inspiré . Au départ, je n'avais idée de ce que j' allais raconter

aucune

mais je savais une chose: qu'on verrait cette scène où des enfants écoutent

tout juste un peu plus de sagesse que les en fants, C'est grâce à leur simplicité que les en fants du film parviennent

la musique de Britten sur leur toume - dis que , Nous avons utilisé O\rche de Noé parce que mon frère et moi avons joué et chanté ce morceau quand nous étions enfants et que je l'ai toujours adoré , Au fur et à mesure que j'écrivais le scénario, je cherchais des morceaux

compren dre ce qui se passe et à se comporter comme des adultes, Ceta apporte un sentiment d'équilibre. QueUe position occupez-vous dans le cinéma américain? Je ne sais pas, J' ai lïmpression que le cinéma américain, que l'industrie change

à

de Britten qui puissent coller aux

si vite qu 'Il devient

difficile de se situer,

scènes. Il a pris de plus en plus de place, Avez-vous été scout? Pendant deux mois mais ce fut un désastre. Je savais que je ne deviendrais

Ma position doit se modifier à chaque film, Je n'ai pas une vision claire de la façon dont les studios me perçoivent. J'ai passé tellement peu de temps

jamais un bon scout. Je n'avais

à

los Angeles que je connais à peine

pas le talent nécessaire et t'univers du scoutisme ne me tentait guère. Le côté scout du film vient pour l'essentiel des dessins de Norman Rockwell.

le milieu hollywoodien . Ce que je sais, c'est que le cinéma est devenu un domaine où les responsables. les intertocuteurs changent d'une semaine

On retrouve dilns Hoonrise Kingdom

vos ilc!eurs de prédilection milis plus dans les rôles principlux

5I"~.lU5 l111

sur t'autre. Rien n'y a la

consistance, En France, les cinéastes,

une fois parvenus à une certaine

moindre

"mon cinéma naît. je crois,

non pu de mon

enfance mais de sentiments que rayais enfant"

réputation et Il un certain succès. ont la chance de pouvoir conserver

cette réputation pendant longtemps, Vous êtes d'accord avec ça? Pas forcément. Ce grands et vieux cinéastes fl"lnçilis ont toujours lutlnt de mal, voire plus. à finilncer leurs films. Milis sans doute moins qu 'lux Etlts-Unis. Quel est le plus grand cinéaste français selon vous? Moi, j'aime Olivier Assayas, Arnaud Oesplechin, J'apprécie vraiment rintelligence du cinéma français, Aux Etats-Unis,

on

Jaoui comme de grands intellectuels. On les prend très au sérieux, Ils ont écrit pour Allin Resnlis (On contllÎf '- chlnsonJ, l'un des plus grilnds cinélstes françilis VÎnnts . ÇilI dO Isseoir ceUe image d'intellectuels. J'aime beaucoup Le Goût des autres et Comme une image, J'avais bien

considère Jean - Pierre Bacri et Agnès

aimé aussi Un airde famille IréaUsé par Cédric Klapisch mais tiré d'une piece de théâtre de Bacri et Jaou; - ndlrl,

Vou, 51mblez tri, bien connilÎtre le cinéma frlnçlis. Il me plaît énormément, Mais Paris est hélas le pire endroit pour moi pour découvrir le cinéma français, à cause de l'absence de sous-titres, Vous l'Ivez toujours ilÎmé? Quand j'avais 17- 18 ans, j'adorais

Les ~OO Coups de Truffaut et

du jeu de Renoir, Vous pourriez: tourner un long métrilge en Fl"lnce ? Mon prochain film se déroule en Europe. Mais la France ou l'Angleterre sont des pays très chers. Oui sail? Ça me pla i rait beaucoup , oui, •

La Regle

Moonrise Kingdom

de Wes Anderson

li couple

.,."'_ria

fugueur

Killfdom:

d

S.mU~

Oilm~nJel

Sury l''--no

Hl)'WlnlJ

Sélection officielle, en compétition Le dandy texan explore à nouvea u

son petit monde coloré dans un f ilm d'aventure euphorique ,

S i l'on sait UI'Ie chose de Wes Anderson, c'est quïl n'appartiendra

probablement jamais il la famille des cinéastes· caméléons, ceux dont on mesure révolution aux brvsques changements [de ton, de forme, de récit) qui innervent leur filmographie, Le dandy texan serait plutôt du genre obtus, tenda nce monomaniaque, incapable de filmer la vie souterraine de quelques renards malicieux sans y importer son reliquaire pop ; incapable, aussi, de filmer llnde ou un hôtel parisien sans en faire les décors de sa petite collection d'obsessions , Mais aforee de ne jamais dêvier d'une formule qui a montré son succés, Wes Anderson s'expose aussi a un procès en paresse et l'on a trop souvent cru distinguer dans

ses dem iers opus les signes d' un essoulltement prochain, Moonrise Kingdom, dès son introduction [des plans·séquences qui glissent entre les pièces d'une maison de poupéel. menaçait a priori d'être ce film du déclin, !<Int il redistribue machinalement l'ensemble des motifs du cinéma d'Anderson, du débraillé haute couture des costumes il la perfection plastique de chaque dispositif. Le récit découvre également des personnages déja fréquentés par le cinéaste :

deux enfants solitaires in Iow, un jeune scoul orph elin et une mini Anna Karina dépressive, qui décident le temps d'un été de fu guer ensemble sur une ile au large de La Nouvelle·Angleterre, leur disparition soudaine provoquera une suite de petites déflagrations

dans leur entourage, rouvrant quelques blessures existentielles chez des parents et tuteurs tous mortifiés [dont le fidète Bill Murray, la recrue Bruce Willis et un Edward Norton bouleversanl en grand dadais aux yeux tristes[. C'est donc encore une histoire de I.mille [ctys 10 neti onnel Le J et d'enl~nee Herili. qu'observe Wes Anderson, mais cette fois·ci su r un mode volontiers mineur et plus buissonnier qu i constitue au final la petite réussite du film et sa relative origi nalité, Gouvemé par le rythme de la course de son jeune couple lugueur, Moonrisf! Kingdom s'assume en simple objet récréatif, un e quête amo ureuse palpitante, un geste purement libêratoire et fantasmatiq ue sur lequell.a réalité n'a auctlne prise [pas même la loudre qui s'abat sans

do mmages sur notre héros joulltuJ : un e aventure il tout prix , Dans ce registre, Wes Anderson n'a toujours pas d'équivalent pour filmer l'héroïsme de l'e nfance, ces cabanes que l'on érige avec trois bouts de ficelle, cet esprit de meute, ces premiers baisers qui font trembler le sol et ces comba ts homériques, Il prolonge au fond le mouvement de Fantasti(; Mf. Fox, son reto ur a un état sauvage conjugué il une forme d'euphorie perpétuelle qu'aucun drame ne peut entamer, On pourra certes regretter la patine tragique de ses premiers films mais au moins reconnaître le panache de l'aventure, ROmlin 810f1dtau

Moon ri

Kingdom de Wes

Anderson, avec Edward Norto n,

8iU Mu~, rolœ Swinlon [E.·U" 2012,1h34I.En5811e le16maÎ

lU51'll.~tiblesSl

SORtIES EN SALLES cINÉMA 06/06 30/05 16/05 09/0523/05
SORtIES EN SALLES cINÉMA
06/06
30/05
16/05 09/0523/05

MOONRISE kINgdOM

cINÉMA 06/06 30/05 16/05 09/0523/05 MOONRISE kINgdOM EN fANT RO i Débrouille, entraide et découverte de

EN fANT RO i

Débrouille, entraide et découverte de soi : WES ANDERSON décline les valeurs du scoutisme sur une gamme sixties et colorée dans Moonrise Kingdom, présenté en ouverture de la compétition cannoise.

_Par Juliette Reitzer

Comme un gosse qui garde au fond de sa poche un tas de trésors, bouts de ficelles et éclats de cailloux, Wes Anderson, 43 ans, a l’âme d’un col- lectionneur. Badges et fanions, Opinel et morceaux de bois, cabanes et feux de camp : le royaume enfantin qu’il érige dans Moonrise Kingdom en est la preuve. Sur une petite île au large de la Nouvelle-Angleterre, dans le Nord-Est des États-Unis, Sam, un scout orphelin et bino- clard, s’éprend de Suzy, une gamine solitaire et tourmentée. Tous deux

décident de se faire la malle, en amoureux. Nous sommes dans les années 1960, ils ont douze ans, des chaussettes hautes sur leurs gui- bolles maigrelettes et les genoux écorchés ; comme sortis d’une toile de Norman Rockwell. Leur fugue met en émoi la communauté scoute (emmenée par Edward Norton), les parents de Suzy (Bill Murray et Frances McDormand) et le shérif local (Bruce Willis) en même temps qu’elle annonce la fin du malaise existentiel qui colle aux basques de nos deux marmots. Et Anderson de signer un beau conte initiatique et romantique, filmé à hauteur de ses héros. Car ici, l’enfant est roi, jusqu’à pouvoir imprimer ses humeurs sur la météo. D’abord très solaire, avec ses couleurs acidulées, le film est balayé par une tempête dévastatrice quand les petits fugitifs sont rame- nés au bercail – Sam est même lit- téralement frappé d’un coup de foudre, dont il se relève sans dom- mages, à la manière d’un personnage

3 influences de Moonrise Kingdom

de Tex Avery. D’ailleurs, Moonrise Kingdom obéit tout entier aux dik- tats fantaisistes de l’enfance, avec ses objets du quotidien détournés en engins magiques, ses intérieurs soignés comme des maisons de poupées et ses adultes grotesques et empotés. La mise en scène de Wes Anderson, implacable et solennelle (travellings au cordeau, précision du cadre), sert d’écrin idéal au règne de ces héros à l’âge tendre. ♦

De Wes Anderson Avec : Jared Gilman, Kara Hayward… Distribution : StudioCanal Durée : 1h34 Sortie : 16 mai

: StudioCanal Durée : 1h34 Sortie : 16 mai 1… La B.O. du film, où se

1… La B.O. du film, où se côtoient le crooner country Hank Williams et Françoise Hardy, pourrait succéder à celle de Drive dans le cœur des festivaliers cannois.

2… On pense aux Quatre cents coups. « Mes réalisateurs français morts favoris : Jean Renoir, François Truffaut, Louis Malle, Jean-Pierre Melville », nous a confié Wes Anderson…

3… avant de poursuivre: « Mes réalisateurs français vivants favoris :

Arnaud Desplechin, Olivier Assayas, Jacques Audiard, Benoît Jacquot. » French connection.

116

favoris : Arnaud Desplechin, Olivier Assayas, Jacques Audiard, Benoît Jacquot. » French connection. 116 mai 2012

mai 2012

DR

© 2012 SPRF - All rights reserved

© Studio Canal

DR © 2012 SPRF - All rights reserved © Studio Canal Rick Baker (à gauche) maquillé

Rick Baker (à gauche) maquillé en alien sur le tournage de Men in Black III

nous avions déjà construit des extra- terrestres ! » Malgré ces quelques ratés, Baker a pris un plaisir com- municatif au fil de la création des cent vingt aliens qui sont sortis de son atelier : « Puisque l’action du film se déroule en grande partie en 1969, je leur ai dit : “Et si nous fai- sions une reconstitution historique des monstres de cette époque ?” Ils ont accepté, et j’ai pu ainsi rendre plein d’hommages aux séries B des années 1950 et 1960 : les aliens de Paul Blaisdell dans Invasion of the Saucer Men, ceux de Robot Monster ou le mutant de Metaluna dans Les urvivants de l’infini. » Et comme c’était déjà le cas sur le second Men in Black, Rick Baker y va aussi de sa petite apparition à l’écran, dans le rôle d’un alien au cerveau dispro- portionné : « C’est moi qui me suis incrusté sur le tournage (rires) ! D’ailleurs, j’ai tourné ma scène le jour de mon soixantième anni- versaire, c’était un beau cadeau ! J’adore me maquiller, c’est pour ça que je fais ce travail à la base. »

ESPècE RARE Star depuis les années 1980, Rick Baker est aujourd’hui en passe de devenir une légende. « Nous avons vécu l’âge d’or des effets spéciaux de maquillage. Cette époque est désor- mais révolue », se résigne-t-il. Baker, pourtant, n’a rien d’un passéiste : il fut l’un des premiers techniciens d’Hollywood à employer Photoshop, reste très actif sur le forum du logi- ciel de modélisation ZBrush sous le pseudonyme de « Monstermaker » et, surtout, a su garder sa pas- sion intacte. « Je n’ai jamais fait ce métier pour devenir un business- man, je déteste ça ! J’ai des locaux immenses, mais lorsque j’arrive le matin, après m’être assuré que tout se déroule bien pour mes employés, je me réfugie dans mon petit atelier privé, où je sculpte, peins, moule. » Intègre jusqu’au bout des griffes, amoureux des monstres de tout poil, Rick Baker est plus que jamais une espèce rare à Hollywood : « Créer des monstres, c’est ce que je fais, c’est ce que je suis. » ♦

Brève de projo

que je fais, c’est ce que je suis. » ♦ Brève de projo Homeland, Prix du

Homeland, Prix du public

Résumé des épisodes précédents… Le festival Séries mania,

dont la troisième saison s’est déroulée du 16 au 22 avril au Forum des images, est un peu le Cannes des séries télé. On y voit en avant-première et sur grand écran les meilleures séries du monde entier, des États-Unis à la Corée du Sud, de l’Australie

à la Norvège. On y rencontre

les stars du milieu : Dominic West, le Jimmy McNulty de The Wire, Terence Winter, ex-Soprano et créateur de Boardwalk Empire, ou encore Gideon Raff, l’un des pères de Homeland… Gratuit, ouvert

à tous, l’événement a attiré

12 000 spectateurs cette année.

Il s’est clos par le Prix du

public, décerné ex æquo

à la série britannique Top Boy

et à l’Américaine Homeland, tandis que le jury de la presse internationale, qui se concentrait sur les productions françaises,

a primé Ainsi

soient-ils.

_I.P.-F.

La technique

a primé Ainsi soient-ils. _I.P.-F. La technique À l’ancienne À l’heure où une majorité de

À l’ancienne

À

l’heure où une majorité

de films se tourne en numérique

– une évolution reflétée dans

Side by Side, documentaire produit par Keanu Reeves et présenté à Berlin –, le réalisateur Wes Anderson est revenu

à des techniques pré-digitales pour Moonrise Kingdom.

Le film a en effet été tourné en Super 16 mm : lancé dans les années 1920 comme le parent pauvre de la pellicule 35 mm,

le 16 mm fut longtemps utilisé

pour les films amateurs, les documentaires ou les

productions télé. À l’inverse du 16 mm classique, le Super

16 mm supprime un côté

des perforations de la pellicule pour obtenir un négatif plus grand et un format plus large. Son rendu granuleux convient parfaitement au style suranné

de Moonrise

Kingdom.

_J.D.

Moonrise Kingdom de Wes Anderson // Sortie le 16 mai

www.mwww.mkk2.com2.com

2929

30 CANNES

LIBÉRATION MERCREDI 16 MAI 2012

30 • CANNES LIBÉRATION MERCREDI 16 MAI 2012 Moonrise Kingdom : ceci n’est pas un Wes

Moonrise Kingdom : ceci n’est pas un Wes terne. PHOTO STUDIOCANAL

OUVERTURE Avec «Moonrise Kingdon», l’Américain est pour la première fois à Cannes.

Un conte cruel d’Anderson

SÉLECTION OFFICIELLE

MOONRISE KINGDOM

de Wes Anderson avec Jared Gilman, Kara Hayward, Bruce Willis, Edward Norton… 1 h 34. Sortie aujourd’hui.

On est trop sérieux quand on a 12 ans, trop lunaire aussi. Sous l’œil grand angle du jeune quadra Wes Anderson, c’est l’âge de tous les ravissements, toutes les sidérations, toutes les bascules, où surgit l’ivresse tétanique du pre- mier amour. Un âge d’échappées et de pactes terribles, dont Moonrise Kingdom fait sa trame élégiaque, s’accrochant à la fuite en socquet- tes de deux gosses enamourés à travers mers, bois et falaises, avec une troupe scoute, les services sociaux et toutes les névroses du monde adulte à leurs trousses. Boudeur. Suzy est une belle enfant au visage grave soupçonnée par ses parents d’être dé- pressive, Sam un orphelin ombrageux en uniforme et toque Crockett, promis aux élec- trochocs et, pire encore, à la garde de Tilda Swinton. Leur évasion leur fait traverser uto- pies enfantines avec Françoise Hardy pour marraine, premiers baisers, premières mor- sures –superbe scène où le garçonnet à la lè- vre très délicatement duvetée perce les oreilles de son amour de plage avec des ha- meçons, faisant ruisseler un filet de sang sous son menton boudeur. A moins que tout cela ne soit qu’une rêverie mi-enchantée, mi- hantée de Sam ou Suzy, inventée comme une parenthèse romanesque entre prologue et épilogue quasi identiques, en guise de doudou chimérique pour tromper les passions indici-

bles et l’ennui. Peu importe à vrai dire ; ce septième film d’Anderson, qui lui vaut sa première invitation à prendre part au cirque cannois, est le plus beau depuis la Vie aquati- que et une somme de son art dont la maîtrise affole plus encore qu’elle n’impressionne. Ça commence par une ouverture chorégra- phiée au rythme de fantaisie militaire, toute de mouvements de caméra millimétrés en maison de poupées. Autour il y a, nous dit-on, un détroit de la Nouvelle-Angleterre, l’archipel (fictif) de New Penzance, ses che- naux, ses bois, ses camps de scouts kakis Fort Lebanon et Camp Ivanhoe, son ferry, sa po- pulation famélique qui se morfond dans une

un art adolescent de la fugue, et une forme joyeuse à l’état du cinéma de son auteur, une manière de manifeste malicieux de son ambi- tion de symphonie totale de son propre style. Un film qui, du piège de la surstylisation, trouve une époustouflante échappatoire dans le style même, toujours plus de style.

Au risque de friser la cacophonie chic, il en- trelace ainsi tous les acquis d’une œuvre qui, bien que courte, a toutefois maintes fois sem- blé guettée par la sclérose maniériste, un étourdissement froid dans l’overdose d’effets de signature trop élégants. Récit initiatique comme Rushmore, roman sallingerien comme la Famille Tenenbaum, aventure pas- torale comme la Vie aquatique, ce Moonrise Kingdom a aussi la noir-

ceur mate d’A bord du Darjeeling Limited, la dimension de conte

d’un Fantastic Mr. Fox, dont l’hé- ritage plus patent encore tient à l’emprise totalitaire d’Anderson sur chacune des composantes du film, pourtant plus ouvert que jamais sur la

splendeur des lumières de décors naturels. Désormais passé par la toute-puissance dé- miurgique offerte par le cinéma d’animation, le cinéaste semble ici plus affairé que jamais à plier le monde et son casting all-star (Bruce Willis, Edward Norton, Harvey Keitel…) aux puissances de ses visions géométriques, d’en faire une glaise malléable à l’extrême liberté d’écriture qu’il s’offre.

C’est un cinéma ouvragé au couteau suisse, cet ustensile qui lui va si bien, et que l’on re- trouve en presque chacun de ses films. La couverture du magazine scout Indian Corn, des boîtes de pâtée pour chat, les tempes gri-

C’est un cinéma ouvragé au couteau

suisse, cet ustensile qui lui va si bien,

et que l’on retrouve en presque chacun de ses films.

solitude de phare, une monumentale tempête

à venir sous trois jours –un programme nar-

ratif, en somme. Dans la maison, l’une des

rares habitations de la région, le clan Bishop (cornaqué par l’épatant couple neurasthéni- que que forment Bill Murray et Frances Mc- Dormand) se délasse dans l’attente du dîner familial à l’écoute de The Young Person’s Guide to the Orchestra, une œuvre pédagogi- que de Benjamin Britten, destinée à donner

à entendre et différencier par une suite de va-

riations les différentes composantes d’un or- chestre symphonique: bois, cuivres, cordes, percussions. Le film trouve là avec fulgurance une synthèse de son entreprise esthétique,

ses de Tilda Swinton sous son brushing roux, plus que jamais chaque détail, chaque geste, chaque motif s’accorde avec une frénésie de cartoon à l’infinie sophistication de son féti- chisme envoûté. Ainsi constellé en chaque plan de giclées d’informations ou de croise- ments de récits concurrents, et délesté des langueurs slowburn des films précédents, Moonrise Kingdom accède étrangement par là à un caractère assez aérien. Foudre. Le film ne prolonge pas moins le res- sac douloureux qui balaie le cinéma d’Ander- son depuis que celui-ci entreprend d’opérer sa révolution adulte. Dans ses mondes éteints de miniatures neurasthéniques où soudain se lève un souffle aventureux, c’est une tragédie qui court et qui croît de film en film, offrant à chaque fois aux héros andersoniens un salut cruel et paradoxal : chez les Tenenbaum la mort d’un chien, dans la Vie aquatique celle d’un fils, dans le Darjeeling Limited celle d’un enfant. Ici, rien d’aussi tranchant, mais une noirceur terrible qui tapisse la cale du film et s’incarne dans ses portraits du désenchante- ment adulte – rien d’heureux ne se vit en de- hors d’un paradis chimérique déjà perdu. Cette ombre vient recouvrir l’intrigue enfan- tine de son écho cinglant, alors que dans son dernier volet le récit est livré aux splendeurs tonitruantes d’une nuit bleu argent d’oura- gan. Mais la foudre peut bien s’abattre sur un enfant, rien n’entravera ici la destinée ro- mantique des amants en culotte scoute. Pour eux, souffle la chanson, c’est encore «le temps des copains, le temps de l’amour, et de l’aventure. Quand le temps va et vient, on ne pense à rien, malgré ses blessures…»

JULIEN GESTER

65 e édition du festival international de cinéma 15 – 29 mai 2012 le programme
65 e édition du festival
international de cinéma
15 – 29 mai 2012
le programme
DeLillo,
Kerouac,
Hemingway
Les écrivains
montent
les marches
PAGES II-III,
VIII
Cannes
prend
la route
de l’Inde
Sans passer
par Bollywood
PAGE IV
Alexandre Desplat
L’homme-orchestre
du Festival
PAGE VII
Kara Hayward est la jeune Suzy
de «Moonrise Kingdom »,
film de l’Américain Wes Anderson,
en sélection cette année. STUDIO CANAL
Wes Anderson, en sélection cette année. STUDIO CANAL TouT ce que vous avez Toujours voulu savoir
TouT ce que vous avez Toujours voulu savoir sur woody allen sans jamais oser le
TouT ce que vous avez Toujours voulu savoir
sur woody allen sans jamais oser le demander.”
studio ciné live
WOODY ALLEN
cannes classics
festival de cannes
a documentary
un film de robert b. Weide
au cinéma le 30 mai
<<<<

26

26 0123 Jeudi 17 mai 2012

0123

Jeudi 17 mai 2012

26 0123 Jeudi 17 mai 2012 Wes Anderson : « J’exagère !» Septième long-métrage du cinéaste
26 0123 Jeudi 17 mai 2012 Wes Anderson : « J’exagère !» Septième long-métrage du cinéaste

Wes Anderson : « J’exagère !»

Septième long-métrage du cinéaste américain, «Moonrise Kingdom » ouvre le Festival avec style et panache

Entretien

L e 6 5 e Festival de Cannes s’ouvre sur une fugue enfan- tine. Celle qui rythme, d’une

suite de notes haletantes, Moonri- se Kingdom,deWes Anderson. Pré- senté en compétition, le film sor- tait en salles mercredi 16 mai. Sur une île de Nouvelle-Angleterre, en 1965, deux tourtereaux très rétro – un scout orphelin et une fan de Françoise Hardy – se cherchent un nid tandis qu’une tempête mena- ce et que les adultes s’affolent à leurs trousses. S’abriter du chaos environnant, avec altruisme, flam- me et méthode : tout un art que le cinéaste décline film après film, et qu’il détaille, sans faire de maniè- res, en entretien.

Pourquoi commencer votre film avec «T he Young Person’s Gui- de to the Orchestra », composé par Benjamin Britten ?

Très tôt, ce morceau s’est impo- sé àmoi. Il donne le la du film. Afin d’éduquer ses jeunes auditeurs, Britten y fait jouer une à une cha- que section d’un orchestre –les cor- des, les vents, les cuivres, les percus- sions –, avant de les assembler lors du finale. Pour moi, réaliser un film procède d’un processus simi- laire :j’ai beau en préparer soigneu- sement chaque fragment, la combi- naison finale est toujours une sur- prise. En guise d’écho, nous avons appliqué le principe de Britten à la musique du générique de fin, écri- te par Alexandre Desplat.

Vos films sont centrés autour de communautés dysfonctionnel - les : f amilles, gangs, équipages. C’est encore le cas dans «M oon - rise Kingdom ».

En effet, trois familles cohabi- tent : celle, biologique, de l’héroï- ne ;celle que se cherche l’orphelin ; celle de la troupe de scouts. Lors- que je réalise un film, j’essaye, pareillement, de réunir différen- tes individualités autour d’un pro- jet commun. Je suis incapable d’écrire seul un scénario. Mon par- tenaire, cette fois, était Roman Cop- pola. Un mois durant, il m’a aidé à ordonner mes idées.

Vos personnages semblent constamment à la r echerche d’une nouvelle maison – q u’elle prenne la forme d’un navire, d’un train, d’un terrier ou, com - me ici, d’une tente. Comment l’analysez-vous ?

Lorsque j’étais enfant, à Galves- ton, au Texas, ma mère a participé à l ’excavation d’une maison endommagée par une tempête, au début du XX e siècle. Je me souviens de chaque détail de l’édifice. Ça m’a marqué. Petit, j’étais très pro- che de mon père, je n’ai jamais souffert d’absence de ce point de vue. Cependant, depuis mes débuts, j’ai toujours veillé à m’en- tourer de figures paternelles, sans

veillé à m’en- tourer de figures paternelles, sans «Les Américains, en général, trouvent mes films très

«Les Américains, en général, trouvent mes films très lents : il ne s’y passe pas grand-chose comparé aux standards hollywoodiens. Pourtant, j’essaie de les rendre aussi rapides que possible. » JEAN-FRANÇOIS ROBERT POUR « L E M ONDE »

que j’arrive à me l ’expliquer. Le cinéaste James L. Brooks, qui a pro- duit mon premier long-métrage, Bottle Rocket (1996), a joué ce rôle- là. Je lui dois toute ma carrière.

Votre mise en scène frappe par sa minutie. Quels en étaient, cet- te fois, les leitmotivs ?

Je voulais m’entourer d’une équipe resserrée, de manière à fil- mer les enfants et la nature de manière aussi intime que possi- ble. Par ailleurs, le fait d’avoir tra- vaillé sur un film d’animation, Fan- tastic Mr. Fox , a influé sur ma manière de découper les scènes et de construire les décors, notam- ment ceux de la scène d’ouverture.

Pourquoi avoir situé le film sur une île, en Nouvelle-Angleterre ?

Je me suis inspiré des îles Naus- hon, au large du Massachusetts. Une réglementation assez stricte les préserve depuis des décennies. Il n’y a pas de voitures, les maisons sont restées intactes. On y remon- te le temps, c’est fascinant.

Vous vivez entre Paris et New York. De quel continent vous sen- tez-vous le plus proche ?

J’ai découvert le cinéma améri- cain avant le cinéma européen, mais les deux comptent autant pour moi aujourd’hui. François Truffaut, Jean Renoir et Louis Mal- le font partie de mes dix cinéastes

préférés. L’Enfance nue, de Mauri- ce Pialat, a eu une grande influen- ce sur Moonrise Kingdom, d e même que deux films anglais réali- sés dans les années 1970 – Melody, de Waris Hussein, et Black Jack, de Ken Loach – que j’ai montrés à tou- te mon équipe. Les amours enfanti- nes y sont très bien décrites. L’idée du déluge est venue de Noah’s Flood, de Benjamin Britten, un opé- ra que j’ai découvert enfant,à l’égli- se. Un roman noir, Let’s Kill Uncle, de Rohan O’Grady – l’histoire d’un gamin pourchassé sur une île pen- dant une tempête –, a également nourri mon écriture. J’en possède d’ailleurs les droits.

Face à l a n eurasthénie qui les guette, vos héros décampent souvent à t oute berzingue. Une impression décuplée par le mon- tage, précis et frénétique. Pour- quoi tant de célérité ?

Les Américains, en général, trou- vent mes films très lents : il ne s’y passe pas grand-chose comparé aux standards hollywoodiens. Pourtant, j’essaie de les rendre aus- si rapides que possible. Je ne suis pas Spike Jonze, capable de sauter du toit d’un immeuble pour le bien d’un travelling. Mais, à mon échelle, réaliser un film est une sacrée aventure ! J’y mets toute ma hardiesse, tout mon courage.

Vos films témoignent d’un rap- port ambivalent à l ’ordre, à l a fois refuge et repoussoir. D’où cela vient-il ?

Je crois que je n’aime guère l’autorité. C’est un complexe que je cultive depuis longtemps. Mais cela relève davantage d’une attitu- de que d’une réelle radicalité. Dans Moonrise Kingdom, l es enfants sont tout aussi perdus et irrespon- sables queles adultes. Dans ce nau- frage collectif, mon empathie va, en priorité, au personnage de la jeune fille.

Dans quelle mesure votre ciné- ma s’imprègne-t-il des imprévus du tournage ?

Un film doit être préparé avec soin, de manière à p révenir les erreurs les plus graves, mais je suis attentif aux surprises, aux accidents. Un effet de lumière, un regard peuvent déjouer, d’une pri- se à l ’autre, mes plans et altérer l’humeur d’ensemble. Dans cha- que film réside un aspect docu - me nt ai re . Même dans Fantastic Mr. Fox, il restait une part d’aléa et de spontanéité – dans l’enregistre- ment des voix, par exemple.

A vos yeux, le travail d’un cinéas- te s’ ap pa re nt e- t- il à c elui du chef d’une troupe scout ?

J’ai été scout pendant deux mois, adolescent, mais ça ne m’a pas emballé. Le scoutisme est un rituel qui recrée, sous une forme organisée et domestiquée, la sau- vagerie qu’enduraient les pion- niers américains. Le scoutisme m’intéresse lorsqu’il perd pied, quand cette sauvagerie originelle, presquemythologique, reprend le dessus.

Vos films jouent beaucoup sur les effets de contraste, sur les associations inattendues de cou- leurs, de matériaux ou de clas - ses sociales. Ici, le héros est orphelin, l’héroïne fille de bonne famille…

J’exagère, c’est vrai, et j’aime ça ! Extrapoler àpartir d’un détail, ren- dre plus saillantes les différences… Le scénario sur lequel je travaille actuellement pousse encore plus loin cette idée. C’est un film d’aven- tures, que j’aimerais réaliser à Paris – mais cette décision dépend encore d’un certain nombre d’im- pondérables. p

Propos recueillis par Aureliano Tonet

Un scandale chez les scouts pour une comédie poétique et farfelue

LA FACTURE de certains artistes se reconnaît au premier coup d’œil. Wes Anderson, insolite démiurge tombé du ciel texan, cultive depuis toujours cette singularité. C’est encore le cas de son septième long-métrage, Moonrise Kingdom. Nul besoin d’une exégèse appro-

fondie pour cerner les raisons d’une telle singularité : le cinéma d’Anderson est une lutte sans ces- se recommencée pour ordonner et conjurer à la fois l’instabilité d’un monde où adultes et enfants confondent leurs prérogatives. Tâche titanesque, héroïque, menée avec une méticulosité de dandy. Quant à la poétique farfelue qui préside à cette tentative de restau- ration, il n’est qu’à se laisser porter par les titres de ses films pour en mesurer la bizarrerie : Bottle Roc- ket (1996), La Famille Tenenbaum (2001), La Vie aquatique (2004), A bord du Darjeeling-Limited (2007)… Autant de bulles protectri- ces régentées par une fantaisie obsessionnelle, autant de mini- royaumes promulguant leurs pro- pres lois morales et esthétiques, où évoluent à plaisir de grands mélancoliques dysfonctionnels auxquels quelques compagnons de route du cinéaste (Bill Murray, Owen Wilson, Jason Schwartzman) prêtent obligeamment leurs traits. Moonrise Kingdom (« le royau- me du lever de Lune ») nous invite à visiter un nouveau sanctuaire, celui d’une île cossue et préservée de la Nouvelle-Angleterre en 1965, où un rassemblement scout a planté son camp. Eu égard aux fer- mes valeurs individuelles et col- lectives exaltées par le mouve- ment du major général Baden-

Powell, l’histoire se noue, au petit matin, sur une note plaisamment scandaleuse : au camp Ivanhoé, un membre de la troupe a déserté le jamboree. On apprend bientôt, par un jeu subtil de retours en arrière mêlés à la trame des événe- ments actuels, que ce jeune gar- çon solitaire et déterminé se nom- me Sam Shakusky, et que sa fugue a quelque rapport avec sa condi- tion d’orphelin abandonné par ses tuteurs. Non moins d’ailleurs qu’avec la rencontre de Suzy Bis- hop, petite rousse piquante en compagnie de laquelle il fomente depuis un an cette commune esca- pade, après avoir connu l’épipha- nie de son apparition en corbeau lors d’un spectacle costumé don- né au catéchisme.

Tapisserie musicale

Et tandis que les deux jeunes adolescents (interprétés au petit poil par les débutants Jared Gil- man et Kara Hayward) jouent le plus solennellement du monde à Davy Crockett sur la piste native des Etats-Unis d’Amérique, le spec- tateur est invité à faire connais- sance avec la troupe bigarrée qui s’élance à leur poursuite. Le capi- taine de police Sharp, célibataire endurci au grand cœur (Bruce Willis) ; les parents de Suzy, cou- ple d’avocats gravé dans le bois de la bourgeoisie locale, avec le mari en mélomane fatigué (Bill Mur-

ray) et la femme (Frances McDor- mand) qui distrait son ennui par une liaison clandestine, mais non moins monotone, avec le capitai- ne Sharp ; madame « services sociaux », dangereuse pimbêche le doigt sur la couture de l’unifor- me (Tilda Swinton) ; et puis la meute des scouts, dirigée par quel- ques figures hautes en couleur. Tout cela, mené tambour bat- tant entre clair de Lune romanti- que, nature virginale et tornade d’apocalypse, renvoie aux délices revisitées de la «Bibliothèque ver- te » et du roman d’aventures. A cela près que l’aventure selon Wes Anderson est passablement domestiquée par la mise au cor- deau esthétique et le fétichisme vintage. Le plan-séquence panopti- que de l’ouverture du film dans la maison des Bishop, tout en travel- lings et en panoramiques filés, annonce ainsi la virtuosité d’un film qui ne semble pouvoir affron- ter la cruauté du monde qu’à condition de le réduire à l’état de maquette. L’exaltation maniériste de cet esprit d’enfance, qu’Anderson par- tage à sa manière avec la nouvelle école de la comédie américaine, a cela de particulier qu’elle ne célè- bre plus la jeunesse et la sauvage- rie de l’Amérique, mais témoigne au contraire de l’inquiétude de son déclin, dès lors que les adultes s’y comportent comme des

gamins et les enfants comme des petits vieux. Il serait donc vain de reprocher au cinéaste cette obsession de la maîtrise : elle est la condition d’une création qui fonde sa pro- pre liberté sur la terreur de la liber- té, telle que la génération antérieu- re (Anderson est né en 1969) en aurait gravement mésusé. Le seul monde vivable reste celui qu’on se réinvente de bric et de broc, par l’exacerbation du style, l’agence- ment des harmonies, la luxurian- ce de l’artifice. Un monde bancal, certes, mais avec un maximum de tenue. Un monde où la country joyeu- se d’Hank Williams (Honky Ton- kin’), le brio contemporain de Ben- jamin Britten (Variations et fugue sur un thème de Purcell) et le yé-yé glamour de Françoise Hardy (Le Temps de l’amour) trament la tapisserie musicale sur laquelle un orphelin trop tôt mûri peut rencontrer un adulte dont la géné- rosité de cœur soit à la mesure de sa peine. Au seul chapitre de l’orga- nisation de ce petit miracle, il faut reconnaître à Wes Anderson un talent fou. p

Jacques Mandelbaum

Film américain de Wes Anderson. Avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray, Frances McDormand, Tilda Swinton, Jason Schwartzman, Jared Gilman, Kara Hayward (1 h 3 4). En salles le 16 mai.

Jared Gilman, Kara Hayward (1 h 3 4). En salles le 16 mai. Dmitri Hvorostovsky L
Dmitri Hvorostovsky L E P L U S CÉLÈBRE B A R Y T O
Dmitri Hvorostovsky
L E
P L U S
CÉLÈBRE B A R Y T O N R USSE
Récital unique le lundi 21 mai à 20 h
Rac hmanino v, Ta neie v, L i s z t , Tc haïk o v ski
Réservations : 01 40 28 28 40
www.chatelet-theatre.com
Aux caisses de 14 h 30à19 h

0123

Mai 2012

0123 Mai 2012 semaine de la critique la sélection Aqui y A lla d’Antonio Mendez Esparza

semaine de la critique la sélection

Aqui y A lla d’Antonio Mendez Esparza

De retour des Etats-Unis

après des années d’absence, Pedro retrouve les siens dans le petit village mexicain de Guerrero.

> Avec Teresa Ramírez Aguirre

(1 h50).

Au galop

de Louis-Do

de Lencquesaing

Paul est écrivain, vient de perdre son père et doit s’occuper de sa fille. Il entreprend néanmoins de conquérir son éditrice, Ada, une mère de famille. Acteur touche-à-tout, Louis-Do de Lencquesaing signe là son premier long-métrage.

> Avec Louis-Do de Lencque-

saing, Valentina Cervi (1 h50).

Les Voisins de Dieu de Meni Yaesh

Trois jeunes hommes se chargent de faire respecter la loi religieuse dans un quartier de Bat Yam, en Israël.

> Avec Roy Assaf (1 h38).

Hors les murs de David Lambert

En Belgique, Paulo, un jeune pianiste, quitte sa

fiancée pour Ilir, un bassiste d’origine albanaise.

> Avec Guillaume Gouix, David

Salles (1 h 38).

Peddlers de Vasan Bala

Lire l’article page IV.

> Avec Gulshan Devaiah (1 h56).

Los Salvajes d’Alejandro Fadel

Cinq adolescents s’évadent d’un centre de redressement argentin. Leur fuite ressemble à un western mystique.

> Avec Leonel Arancibia (1 h 5 9).

Sofia’s Last

Ambulance

d’Ilian Metev

Trois ambulanciers pétant de vie tentent de ne pas perdre courage, dans un système de santé bulgare lui-même malade.

> Avec Krassimir Yordanov,

Mila Mikhailova (1 h 15).

SÉANCES SPÉCIALES

Broken de Rufus Norris

Skunk, une jeune femme témoin d’une agression brutale, se sent soudain

étrangère à sa propre vie. Ce premier long-métrage anglais sera le film d’ouverture de la Semaine.

> Avec Tim Roth, Cillian Mur-

phy (1 h30).

Augustine d’Alice Winocour

En 1885, le professeur

Charcot trouve en Augustine, 19 ans, la patiente idéale de ses cours publics sur l’hystérie. Leur relation évoluera.

> Avec Vincent Lindon, Soko

(1 h 42).

J’enrage de son absence de Sandrine Bonnaire

Jacques et Mado se retrouvent, dix ans après. Le premier long-métrage de fiction réalisé par l’actrice française.

> Avec William Hurt, Alexan-

dra Lamy (1 h38).

FESTIVAL DE CANNES 2012

VII

Hurt, Alexan- dra Lamy (1 h38). FESTIVAL DE CANNES 2012 VII L’ACID, ils sont tombés dedans

L’ACID, ils sont tombés dedans petits

L’Agence du cinéma indépendant pour sa diffusion fête ses 20 ans. De Claire Denis à Lucas Belvaux, les grands noms du cinéma d’auteur français sont passés par là. Normal : ils en furent àl’origine

Q ue le filmeur ne se décourage pas, quelques bonnes fées veillent sur lui. D’Alain Cavalier à Claire Denis, de Serge Bozon à Pierre Schoeller,

nombre de grands cinéastes sont un jour passés par l’ACID, depuis qu’il y a vingt ans, en novembre 1992, l’Agence du ciné- ma indépendant pour sa diffusion a fait irruption dans le paysage. L’ACID a débarqué un an plus tard au

Festival de Cannes – c’était en mai 1993 – parce que l’envie d’y montrer quelques premiers films était trop forte. Premier du genre, Parfois trop d’amour, de Lucas Bel- vaux, y fut alors projeté. Ce road-movie intimiste n’avait pas de distributeur, seule- ment l’estime de quelques cinéastes. Lucas Belvaux ne l’a pas oublié. « Je traî- nais mon film depuis plus d’un an sans grand espoir de le voir sortir un jour, per- suadé qu’il n’intéressait personne, que je l’avais raté et que mon expérience de réali- sateur s’arrêterait là. Ce sont les réalisa- teurs de l’ACID qui m’ont fait prendre conscience que mon film était digne de plus d’intérêt », écrit le réalisateur, dans un

texte joliment intitulé « J amais trop d’Acid ».

Mécanique solidaire

Les réalisateurs sont vite devenus accros : l’ACID, pour ne pas décrocher de l’affiche ! L’Agence est, en effet, d’abord née de la colère de cinéastes français lassés de voir des films d’auteur trop vite éjectés des écrans : en novembre 1991, ils rédigè-

rent un appel solennel, Résister, signé par 180 réalisateurs (Lucas Belvaux, Xavier Beauvois, Danièle Dubroux, Jeanne Labru- ne, Luc Moullet, Alain Tanner, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn…). A l’épo- que, Lucas Belvaux résumait l’originalité du projet de l’ACID en quelques mots :

« S ortir différemment des films diffé -

rents. » Comment ? P ar la grâce d’une mécanique solidaire : des cinéastes recon- nus et aguerris sélectionnent des œuvres, souventsignées par des auteurs inconnus, et s’engagent à les soutenir avant, pen- dant et après leur sortie en salles.

soutenir avant, pen- dant et après leur sortie en salles. Chaque année, la roue tourne :

Chaque année, la roue tourne : l’ACID présente sur la Croisette une dizaine de films. La plupart des œuvres « arrivent » sans distributeur. L’infusion cannoise est censée y remédier. En 2011, sur neuf longs- métrages, seuls deux avaient déjà leur contrat de distribution. Quatre de plus ont ensuite trouvé preneur ; r estent trois films qui sont «en discussion avancée ». La force de l’ACID, c’est aussi son partenariat noué avec 250 cinémas art et essai. A Can- nes, les salles de projection sont remplies aux deux tiers d’exploitants qui guettent les réactions du public et testent le poten- tiel d’un film. «Oninverse le système de l’of- freetdelademande. On convainc les exploi- tants avant que les distributeurs ne déci- dent de sortir le film », souligne la déléguée générale de l’ACID, Fabienne Hanclot. Le reste de l’année, à Paris, la fourmi ACID soutient la diffusion d’œuvres qui sortent sur moins de 40 copies, prenant le

« Stalingrad Lovers », premier long-métrage de Fleur Albert, docu-fiction autour de la drogue et de l’exclusion sociale à Paris. DR

relais du distributeur quatre semaines après la sortie nationale d’un film. Citons Dancing (2003), de Patrick Mario Bernard, Pierre Trividic et Xavier Brillat, ou encore Tropical Malady (2004) : le film d’Apichat- pong Weerasethakul, bien que sélection- né en compétition officielle en 2004, n’en restait pas moins fragile – et l’on se sou- vient que le dernier film du réalisateur thaïlandais, Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, n’a trouvé un distributeur que le jour où il allait obte- nir la Palme d’or, en 2010. Pour l’ACID, le cas de Noces éphémères, de Reza Serkanian, reste exemplaire : pré- senté sur la Croisette en 2011, sorti en sal- les le 9novembre, le film iranien continue son chemin. Il a déjà fait étape dans une centaine de salles. Et il tourne encore. Tant qu’il restera un spectateur pour dire : « Je veux voir. » p

Clarisse Fabre

pour dire : « Je veux voir. » p Clarisse Fabre Alexandre Desplat mène Cannes àlabaguette
pour dire : « Je veux voir. » p Clarisse Fabre Alexandre Desplat mène Cannes àlabaguette

Alexandre Desplat mène Cannes àlabaguette

Entre Paris et Hollywood, le maestro français a composé la musique de six films sélectionnés

C ’est rarement sur les composi- teurs de musiques de film que

se braquent les projecteurs.

Mais le métier a ses stars, et Alexan- dre Desplat n’est pas la moins brillan- te. Né à Paris, où il travaille encore régulièrement, il est aujourd’hui un des compositeurs les plus célèbres d’Hollywood. On lui doit, en vrac, les partitions d’Harry Potter, de Twili- ght, ou encore des derniers films de Roman Polanski.

Depuis 2003, quand La Jeune fille à la perle lui a ouvert les portes des majors, cet homme élégant, à la voix douce et au regard pénétrant, a impo- sé son style symphonique façonné par des boucles répétitives emprun- tées à la musique minimaliste… «Au bout d’un temps, on oublie vos origi- nes. C’est la magie d’Hollywood ! La machine intègre tous les talents. Ensuite, c’est à chacun de s’accrocher, car elle va très vite. Si elle vous jette, elle ne vous reprend plus. » A C annes, cette année, son nom

est associé à p as moins de six films en Sélection officielle : Moonrise Kingdom , d e W es Anderson, De rouille et d’os,de Jacques Audiard, Rea- lity, d e M atteo Garrone, Roman Polanski :AFilm Memoir, de Laurent Bouzereau, Renoir, de Gilles Bourdos, et Journal de France, de Raymond Depardon et Claudine Nougaret. Enfin, il y animera une masterclass. Depuis Maurice Jarre, Michel

Legrand ou Georges Delerue, le fil musical s’était dénoué entre le ciné- ma français et Hollywood. Qu’Alexandre Desplat soit celui qui le retisse n’est pas une coïncidence. Elevé par une mère d’origine grec- que et un père français, dans le souve- nir de la Californie des années 1950, où ils s’étaient rencontrés, il a baigné dans un environnement multicultu- rel, saturé de jazz et de musiques du

monde. Le cinéma le happe très jeune, quand il commence à fréquen-

ter la Cinémathèque et toutes les sal- les de Paris, revoyant les films toute la journée pour en étudier les orches- trations dans le moindre détail… Parmi les jalons de son parcours, il cite les rencontres et les conversa- tions avec Maurice Jarre et Georges Delerue, justement. Le résultat est là, dans ce discours dépourvu d’ambi- guïté sur les places respectives accor- dées à la musique dans les films de part et d’autre de l’Atlantique : « Le cinéma américain s’est construit en intégrant la musique à la dramatur- gie. Aujourd’hui, l’héritage des années 1930 et 1940, de Franz Wax- man ou Bernard Herrmann, est enco- re très présent… Il y a là un respect énorme pour la musique de cinéma. C’est pour cela que Delerue est venu aux Etats-Unis… En France, c’est moins le cas. C’est un cinéma littérai- re, basé sur le verbe. Et cela me va très bien aussi. »

N’empêche : quelques jours avant l’ouverture du Festival, le composi- teur était à Los Angeles pour enregis- trer la musique du prochain film de Ben Affleck. « J’enregistre au studio Sony, avec une soixantaine de cordes. Si je demandais huit trompettes en

«En France, c’est un cinéma littéraire, basé sur le verbe. Et cela me va très bien aussi »

plus, on me dirai t : “Super idée ! vas-y !” Alors qu’en France ce serait plutôt : “Tu feras aussi bien avec vingt cordes.” C’est à la fois une question de budget et de culture. Il y a cette peur que la musique écrase l’image. Mais ce qui compte, c’est comment elle entre, comment elle sort de l’image. » Avec Jacques Audiard, il n’a pas ce

problème. Les deux hommes se sont construits ensemble, depuis le pre- mier long-métrage du cinéaste, Regarde les hommes tomber. « L a confiance est la base du travail. Elle se construit beaucoup sur le premier film. Une fois que le vocabulaire com- mun a été trouvé, toutes les libertés sont possibles. » De rouille et d’os est leur septième film en commun. Ce goût pour les collaborations de long terme se reflète dans ses films cannois : que ce soit avec Gilles Bour- dos, complice de longue date ; Wes Anderson, qu’il accompagne depuis Fantastic Mr. Fox, ou Roman Polans- ki, à qui il reste fidèle en s’associant au documentaire que lui consacre Laurent Bouzereau. Avec Matteo Gar- rone, c’est une première, mais à l’en- tendre évoquer «la poétique » de son cinéma, gageons que ce n’est pas la dernière. p

Isabelle Regnier

gageons que ce n’est pas la dernière. p Isabelle Regnier films présentés par l’acid Casa Nostra

films

présentés

par l’acid

Casa Nostra

de Nathan

Nicholovitch

En route vers la banlieue parisienne pour retrouver

leur père mourant, un frère

et ses sœurs se

redécouvrent.

> Avec Céline Farmachi (1 h34).

The End

d’Hicham Lasri

A Casablanca, un jeune

marginal se prend d’affection pour une femme enchaînée à un volant de voiture

> Avec Sam Kanater (1 h 45).

Ini Avan d’Asoka Handagama

Deux ans après la fin de la guerre au Sri Lanka, un ex-combattant tamoul retourne chez lui.

> Avec Dharshan Dharmaraj (1 h04).

Noor de Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti

Au Pakistan, Noor veut devenir un homme.

> Avec Noor, Uzma Ali (1 h 18).

Room 514 de Sharon Bar-Ziv

Enquêtrice dans l’armée israélienne, Anna mène des interrogatoires zélés.

> Avec Asia Naifeld (1 h30).

Sharqiya

d’Ami Livne

Dans un bout de désert d’Israël où il ne se passe presque rien, un village est menacé de démolition.

> Avec Adnan Abou Wadi (1 h25).

Stalingrad Lovers de Fleur Albert

A Paris, survivre dans la rue

ou y mourir quand on est accro au crack.

> Avec Carole Eugénie (1 h23).

La Tête la première d’Amélie Van Elmbt

Zoé décide d’approcher un écrivain qu’elle admire et de trouver un sens à sa vie… Elle croise Adrien, un acteur qui décide de la suivre

> Avec Alice de Lencquesaing, Jacques Doillon (1 h 40).

La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh

Un réalisateur français d’origine égyptienne retourne en Egypte pour réaliser un film sur les apparitions de la Vierge.

> (1 h25).

un film sur les apparitions de la Vierge . > (1 h25). EXPOSITION 24.10.2012 – 27.01.2013
EXPOSITION 24.10.2012 – 27.01.2013 EXPOSITION 10.04 – 04.08.2013 cinematheque .fr Grands mécènes de La
EXPOSITION
24.10.2012 – 27.01.2013
EXPOSITION
10.04 – 04.08.2013
cinematheque .fr
Grands mécènes de
La Cinémathèque française
©Ciné-Tamaris /©c oll. Cinémathèque française

Wes Anderson retombe en enfance

Wes Anderson retombe en enfance LE FIGARO. - Quelle drôle d'idée, cette histoire d'amour entre deux

LE FIGARO. - Quelle drôle d'idée, cette histoire d'amour entre deux enfants de 12 ans!

Wes ANDERSON. - En général, je pars de personnages ou d'un univers particulier. Dans Moonrise Kingdom, j'ai voulu recréer une émotion. Entre Sam et Suzy, il y a un amour puissant, direct, à la fois plein d'innocence et de maturité. Ils suivent leur pur instinct.

Des réminiscences de votre premier amour?

Pas de cette expérience précise, mais du sentiment amoureux. J'avais 11 ans et j'aimais secrètement la fille la plus populaire de l'école et, plus tard, du lycée. Je ne lui ai jamais déclaré ma flamme. Le destin nous a réunis à Rhode Island, où j'allais tourner Moonrise Kingdom. Un soir, au restaurant, on s'est retrouvés dos à dos. Elle est venue me saluer. Je ne lui ai pas parlé de moi ou du film. Elle m'a dit qu'elle venait d'emménager sur l'île. J'ai imaginé qu'elle avait divorcé…

Quel enfant étiez-vous?

Un rêveur. J'écrivais des histoires, des pièces de théâtre que je mettais en scène. Un jour, mon père m'a prêté sa caméra super-8. Il se doutait que cela m'amuserait. Il avait raison. J'avais 8 ans et je n'arrêtais pas de faire des films. Plus tard, j'ai étudié la philosophie pour imiter mon grand frère. Une manière de m'initier à l'écriture…

Vous nous plongez dans un camp de scouts. Vous, le dandy en velours côtelé, on vous imagine mal en ancien scout!

J'ai été scout, très brièvement, à peine pendant quelques semaines. En revanche, je suivais souvent pendant les vacances ma mère archéologue. Son terrain de jeu, c'était le Texas et

les «Native Americans». Dans les excavations, on trouvait des bris de poterie et des os! Cela a dû me marquer. Dans La Famille Tenenbaum, il y avait un clin d'œil à ma mère à travers le personnage d'archéologue d'Angelica Huston. Dans mon film d'animation, Fantastic Mr. Fox , le renard passait son temps à creuser des trous!

Vos parents ont divorcé lorsque vous aviez 8 ans. Est-ce pour cette raison que vous vous êtes construit une famille de cinéma, avec des Bill Murray ou Roman Coppola, qui a écrit avec vous Moonrise Kingdom ?

Je ne sais pas… En tout cas, j'aime l'esprit de troupe. Parfois, elle s'agrandit, avec aujourd'hui Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand…

Vous êtes né le 1er mai 1969. Pourquoi situez-vous l'action du film lors de l'été 1965?

Pour ces jeunes, le monde aura beaucoup changé lorsqu'ils auront 20 ans. Ce sera la fin de l'innocence, d'une période heureuse pour l'Amérique.

Vous avez la réputation d'être un maniaque du détail.

C'est lié à ma nature, à ma personnalité, mais je ne suis pas un obsédé. Je considère qu'il est toujours possible de faire mieux. Et de rendre un univers plus riche et plus intéressant en lui ajoutant une texture, des éléments ou des informations qui créent la surprise.

Si vous deviez vivre sur une île déserte, quel film, quel livre, quel tableau emporteriez- vous?

La Règle du jeu de Jean Renoir, un chef-d'œuvre. Un roman de P.G. Wodehouse pour garder le moral au beau fixe. Un tableau de Mondrian pour le dépaysement!

Le cinéaste américain ouvre le Festival de Cannes avec « Moonrise Kingdom ». Portrait d’un garçon lunaire

Le cinéaste américain ouvre le Festival de Cannes avec « Moonrise Kingdom ». Portrait d’un garçon lunaire mais terriblement attachant.

Ses films ne ressemblent à ceux de personne. Depuis ses débuts, Wes Anderson est le seul à confectionner ces ovnis colorés, peuplés de gamins perdus, de jeunes mal ajustés et de parents en perdition. Avec « Moonrise Kingdom », qui se déroule durant l’été 1965, le réalisateur ouvre une nouvelle fois la porte sur le monde de l’enfance. « Je voulais faire revivre la pureté des émotions liées au premier amour, au premier baiser. Et ranimer l’époque où l’on vit les aventures intensément, où l’on croit de toutes ses forces que la réalité et la fiction peuvent cohabiter. » Autour de deux mômes amoureux qui s’enfuient pour être ensemble, le cinéaste crée une galerie de personnages originaux, interprétés avec un mélange de sérieux et de fantaisie.

L’attention aux détails est devenue sa marque de fabrique. Qui d’autre que lui aurait pu imaginer l’invraisemblable dégaine de son jeune héros, avec sa toque style Davy Crockett, sa pipe et ses lunettes ? Qui aurait exigé une caravane Spartanette 1952 pour y loger un capitaine de police ? Qui aurait eu l’idée de rebaptiser une représentante féminine de l’autorité « Services sociaux » ? « Le look entier du film doit être cohérent et créer une nouvelle réalité. »

«Mes personnages me ressemblent: inadaptés, complexés

»

Indéniablement, c’est en partie la somme de tous ces détails microscopiques, des costumes aux décors en passant par les couleurs, les répliques, les gestes ou les regards qui fait la singularité de son univers cocasse. Qu’il s’agisse de monter dans un train en Inde (« A bord du Darjeeling Limited ») ou de voguer sur la Méditerranée (« La vie aquatique »), chacun des ses films est une aventure qu’il enrichit de situations vécues. « Mes personnages me ressemblent. Ils sont inadaptés, complexés, vulnérables, comme je l’ai été pendant longtemps. »

Né en 1969 à Houston, coincé entre un frère aîné qui reçoit toute l’attention et un frère plus jeune qui est chouchouté, Wes se souvient qu’enfant il se réfugie dans sa bulle. Il dessine, bricole et, dès l’âge de 10 ans, participe à la création des spectacles de son école. La découverte de « L’attrape-cœurs » de J.D. Salinger et de son Holden Caulfield sera majeure. Après des études de philo à la fac d’Austin, où il se lie d’amitié avec Owen Wilson, Wes Anderson hésite un temps à devenir architecte ou écrivain, mais trouve vite sa raison d’être dans le cinéma. De « Bottle Rocket » à « Rushmore » en passant par « La famille Tenenbaum » jusqu’à « Fantastic Mr. Fox », il va se bricoler un univers à part où il trébuche sur la difficulté d’être synchrone avec la vie, où la violence et la douleur sont neutralisées par un sens de l’absurde poussé à l’extrême.

Il est profondément américain, de culture et d’héritage ; sa formidable curiosité est attirée par tout ce qui vient d’ailleurs. Et c’est en découvrant les films de Jean Renoir, François Truffaut et Louis Malle qu’il tombe amoureux de la France. Se partageant désormais entre Paris, Londres et New York, le cinéaste voyage mais ne s’éparpille pas et retrouve dans ses films sa tribu d’acteurs fidèles. La notion de famille reste d’ailleurs le point central de son œuvre, et il ne tente même plus de s’en éloigner : « La vie de famille m’a façonné et c’est ce que je connais le plus intimement. » Avec ses cheveux longs, ses mains fines de pianiste et son allure de dandy, l’ancien geek est devenu chic. Son penchant naturel pour la drôlerie mélancolique a redéfini les contours du rire américain. Convié au Festival de Cannes avec un film dédié à sa compagne, Juman, Wes Anderson a atteint l’âge d’homme. Enfin

Christine Haas - Paris Match

diStribution

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Cannes hôtel residéal 06400 Cannes tél. : 04 93 06 51 24 StudioCanal présente un film

StudioCanal

présente

un film FoCuS FeatureS international/indian PaintbruSh un film ameriCan emPiriCal

international/indian PaintbruSh un film ameriCan emPiriCal un film de Wes Anderson d’après un scénario écrit par

un film de Wes Anderson

d’après un scénario écrit par Wes Anderson & Roman Coppola

avec

Bruce Willis Edward Norton Bill Murray Frances McDormand Tilda Swinton Jason Schwartzman Bob Balaban

et pour la première fois à l’écran

Jared Gilman et Kara Hayward

durée : 1h34

Sortie le 16 mai 2012

L'histoire sur une île au large de la nouvelle-angleterre, au cœur de l’été 1965, suzy

L'histoire

sur une île au large de la nouvelle-angleterre, au cœur de l’été 1965, suzy et sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble.

alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté.

Notes de production

DEUX ENFANTS

ET UN SECRET

Choisir deux jeunes acteurs n’ayant que peu ou pas d’expérience pour interpréter les deux rôles clés aurait pu se révéler risqué, mais cela n’a pas arrêté Wes Anderson qui les a choisis après un long processus de casting. Jared Gilman a passé une première audition puis a été rappelé trois fois en six mois. Il se souvient : «Un soir, après l’école, j’ai demandé à ma mère si elle avait des nouvelles. Elle ne m’a pas ré- pondu tout de suite, elle a appelé mon père, et il a pris son temps pour ména- ger le suspense… Quand il m’a enfin dit

que j’avais le rôle, j’ai crié, j’ai ri et j’ai pleuré. Ça a probablement été le plus beau jour de ma vie !» À propos de son personnage, Sam Shakusky : «C’est un garçon gentil qui

a d’extraordinaires talents de scout. Il

a gagné plein de badges mais il est

malmené par ses frères adoptifs (Sam est orphelin) et par les autres scouts. Il

rencontre Suzy lors d’un spectacle à l’église et pendant un an, ils élaborent un plan pour s’enfuir ensemble.» La mère de Kara Hayward a été plus di- recte lorsqu’elle lui a annoncé la bonne nouvelle. La jeune actrice se souvient :

«Je venais juste de rentrer de l’école, et ma mère m’a dit que j’étais prise. Il m’a fallu une minute pour réaliser. C’était génial ! Ma petite vidéo de cinq minutes lors de la première audition m’avait finalement permis de décrocher le rôle. J’adore mon personnage : très sensible mais avec du caractère. Suzy Bishop est incomprise chez elle, elle vit avec trois petits frères, un père qui a des pro- blèmes et une mère qui a une liaison.» Les deux jeunes acteurs amateurs se sont totalement investis dans ce projet. Pour se préparer, ils ont appris la totalité du scénario avant le tournage. Kara Hayward : «J’ai une bonne mé- moire. Ça a donc été facile, j’ai lu et relu le scénario jusqu’à ce que je le connaisse par cœur.» Jared Gilman : «J’avais dû mémoriser certains passages du scénario pour les

auditions. Puis, avant le tournage, nous avons fait plusieurs répétitions avec Kara, pour lesquelles j’ai pratiquement appris la totalité de mes répliques. Lorsque nous avons officiellement commencé à tourner, je connaissais parfaitement le scénario. J’avais un enregistrement du texte lu à voix haute que je réécoutais sans arrêt.» Kara et Jared ont commencé par répéter ensemble dans les bureaux de la pro- duction. Wes Anderson souhaitait qu’ils étudient leurs personnages, qu’ils se sentent à l’aise en les incarnant et qu’ils comprennent qui étaient Suzy et Sam, et pourquoi ils agissent de cette façon. Il leur a donc demandé de travailler cer- tains points chez eux. Jared : «J’ai pris des cours de canoë, quelques cours de karaté et j’ai appris à cuisiner notamment au-dessus d’un feu. Et puis, comme le film se déroule en 1965, Wes m’a demandé de regarder le film de Don Siegel avec Clint Eastwood, L’ÉVADÉ D’ALCATRAZ, qui se déroule en 1963. Je pouvais aussi m’inspirer de mes parents, puisqu’ils ont grandi dans les années 1960.»

Kara : «À la demande de Wes, Jared et moi nous nous sommes écrit. Nous avons échangé des lettres car dans l’histoire, Sam et Suzy s’écrivent régu- lièrement pendant l’année qui suit leur rencontre. Wes nous faisait commencer avec le début de leurs phrases…» Jared : «Dans le scénario, les lettres passent de l’un à l’autre en s’interrom- pant au milieu d’une phrase. Wes a pensé que nous pourrions peut-être les terminer.» Kara et Jared ont naturellement débuté leur correspondance avec les moyens de communication actuels, par e-mails. Mais Wes Anderson y a rapidement mis un terme. Kara : «Il trouvait que les e- mails n’étaient pas assez authentiques. Il voulait de vraies lettres, manuscrites.» Une fois leur correspondance électro- nique abandonnée au bénéfice d’une relation épistolaire traditionnelle, les jeunes acteurs se sont pris au jeu. Kara : «J’ai beaucoup appris sur Jared. Il est très amusant !» Jared : «Les lettres de Kara compre- naient même une petite étiquette en haut

qui disait : «Suzy Bishop», avec une fausse adresse.» Jared : «À chaque fois que je mettais la toque style Davy Crockett et les lunettes de Sam - qui sont différentes des miennes - je me disais : «Maintenant, je suis Sam.» Le week-end, le réalisateur invitait le duo à venir voir les rushes montés et discutait avec eux de l’alchimie à l’écran. Jared :

«Nous avons répété des scènes, mais pas celle du baiser. Wes voulait qu’elle semble naturelle étant donné que c’est le premier baiser de Sam et Suzy.» Kara a fait une autre découverte lorsque Frances McDormand, qui interprète sa mère, Mme Bishop, lui a montré la machine à écrire dans le bureau. La jeune actrice se souvient en riant : «Je n’en avais encore jamais vu en vrai. Fran m’a montré comment cela fonctionnait en tapant nos noms. Grâce aux accessoires, j’ai vraiment eu l’impression d’être dans les années 1960. Je crois que ma scène préférée est celle où Suzy est dans le bain et discute avec sa mère. C’est une scène pleine de tendresse, d’amour et d’émotion qui montre ce que ressent

Suzy. Voir Fran interpréter quelqu’un d’autre, et devoir faire la même chose, a été fantastique. J’ai adoré.» Les partenaires de Jared ont eux aussi pris le jeune garçon sous leur aile. Bruce Willis l’a encouragé à relire et à dire ses répliques avant le tournage, même s’il les avait déjà toutes en mémoire. Jared :

«Bill Murray m’a entendu dire à l’un des costumiers que je ne savais pas nouer ma cravate, du coup il m’a demandé de venir le voir. Il m’a montré comment faire, puis il m’a laissé essayer. Grâce à lui, j’ai appris à faire un nœud de cravate.» Kara : «Bill nous a également recom- mandé de fredonner le matin pour chauffer notre voix pour le tournage. Et ça marche vraiment !» Un autre membre de l’équipe a dû préparer sa voix : Bob Balaban qui interprète le narrateur de MOONRISE KINGDOM. Bob Balaban : «J’ai lu le scénario d’une traite. C’était très drôle, avec des personnages et des dialogues géniaux très écrits. Les répliques étaient vraiment excellentes.»

L’acteur s’est laissé pousser la barbe pendant des semaines pour correspondre à l’idée que Wes Anderson avait du personnage. Bob Balaban : «On voit que le narrateur reflète le style du film. Suzy, la jeune fille, lit beaucoup et adore les romans d’aventures pour enfants. Je dirais que je suis un peu comme la voix du livre, la voix de sa propre aventure, qu’elle écrit dans sa tête. Mais mon personnage est aussi en relation avec le jeune garçon à l’écran.»

le CinÉma de

WeS anderSon

Jeremy Dawson, producteur : «L’histoire de MOONRISE KINGDOM est universelle et parle à chacun d’entre nous parce que c’est celle d’un premier amour et d’un été magique. Elle parle d’un jeune garçon et d’une jeune fille qui s’enfuient pour être ensemble. Dans ce film, il y a de la douceur, du charme et de l’humour. Le titre fait référence à la baie où s’enfuient les deux enfants. Sur

la carte, le nom technique est Goulet de marée au mile 3.25… mais pour eux c’est un lieu secret et magique qu’ils baptisent Moonrise Kingdom.» Ces deux noms, l’un technique et l’autre plus poétique et évocateur, illustrent l’attention créative portée aux détails qui est devenue, pour les spectateurs, la marque des films de Wes Anderson. Le réalisateur a coécrit le scénario de MOONRISE KINGDOM avec Roman Coppola. Le film marque leur deuxième collaboration sur un scénario, après À BORD DU DARJEELING LIMITED en

2007.

Bob Balaban : «J’ai été frappé par la façon dont Wes réalise ses films avec une sensibilité très particulière. Ce n’est pas uniquement un esprit talentueux, c’est un esprit organisé et généreux. Il fait des films comme personne, mais pas par volonté de se différencier : il fait des films originaux et différents parce qu’il est réellement ainsi.» Tous les collaborateurs de Wes Anderson s’accordent quant à la précision de sa mise en scène. Il sait exactement ce qu’il

veut et comment faire pour l’obtenir avant d’arriver sur le plateau de tournage. Cet état d’esprit lui permet de savourer pleinement le processus de création. Lorsque Wes Anderson travaille, il le fait avec une réelle joie, et il invite les acteurs comme l’équipe à partager et à contribuer à sa vision. Bob Balaban : «Il est ferme, et pourtant l’atmosphère est très détendue sur le tournage. Les acteurs l’adorent. Il vous laisse faire si tout se passe bien, mais s’il veut vous dire quelque chose, il saura très bien comment s’y prendre.» Jeremy Dawson : «En tant que scénariste, producteur et réalisateur, Wes s’implique dans chaque composante du film, de la création des costumes jusqu’au casting. Tous ces éléments ont un rôle à jouer dans l’univers qu’il veut créer.» L’enthousiasme de Wes Anderson est communicatif et se propage à toute son équipe, dont beaucoup sont des collaborateurs de longue date. Jeremy Dawson : «Il veut que le film soit une aventure pour toutes les personnes qui participent à sa création, qu’il s’agisse

: «Il veut que le film soit une aventure pour toutes les personnes qui participent à

de monter dans un train en Inde ou de voguer sur la Méditerranée. MOONRISE KINGDOM s’est évidemment montré à la hauteur de cette tradition. Wes s’efforce toujours d’évoluer en tant que réalisateur, en essayant de nouvelles choses et en s’enrichissant de ses expériences sur ses précédents films.» L’ensemblière Kris Moran : «Le processus de création proprement dit lui tient à cœur. Mais il est aussi attentif à tous ceux qui l’entourent, à l’atmosphère sur le plateau, ce qui est très motivant pour nous. Lorsque l’on fait un film, c’est cet état d’esprit créatif que l’on recherche.» Même lorsqu’il faut refaire une multitude de prises pour obtenir une scène exactement comme il l’a envisagée, Wes Anderson reste calme et ne met de pression à personne. Cette attitude lui a particulièrement été utile sur MOONRISE KINGDOM, puisque les acteurs principaux, et la plupart des figurants, étaient des enfants. Bob Balaban : «Wes sait s’y prendre avec les enfants, il les encourage et les soutient.»

Le réalisateur se sent proche des enfants

en partie parce que ses films allient le sérieux des adultes à la fantaisie et l’ima- gination pure. MOONRISE KINGDOM est une porte ouverte sur le monde des enfants et leurs secrets et sur les moments magiques associés aux étés de l’enfance. Roman Coppola, coscénariste : «Wes avait ce concept en tête depuis long- temps : cet univers, les personnages et ce sentiment d’enfance, et nous avons passé du temps ensemble à en discu- ter. Nous avons découvert une façon de communiquer, de plaisanter et de creuser les choses l’un chez l’autre qui

a libéré et donné forme à toutes ces

idées. Après avoir engagé ce dialogue, nous nous sommes très rapidement mis à écrire. La façon dont tout cela se passe est toujours assez mystérieuse… Mon rôle dans l’écriture a été de mettre l’ac- cent sur certaines idées et d’aider à les préciser. Avoir quelqu’un sur qui tester ses idées aide à débloquer les choses. C’était un peu ma fonction principale :

tester, mettre en forme et rédiger.»

Ensemble, Wes Anderson et Roman

Coppola ont créé une riche mosaïque de personnages hauts en couleur dont les liens s’entrecroisent, qui nous plonge au cœur de la communauté insulaire de New Penzance. La ville est un endroit dépeint très concrètement, peuplé de toute une variété de personnages com- plexes. Cette grande richesse a permis aux ac- teurs de se sentir immédiatement capti- vés par l’histoire. Tilda Swinton : «Le scénario vous trans- porte dans un univers totalement original dès la première page. Un univers magni- fiquement conçu et agencé, un plaisir de cinéma.» Bill Murray : «C’est vraiment un excellent scénario. Il vibre d’une énergie particu- lière. Roman et Wes font vraiment un tra- vail exceptionnel ensemble.»

aVenture À

rHode iSland

Pour tourner leur film, l’équipe a choisi le Rhode Island et ses multiples possibilités, après ce que Jeremy Dawson qualifie de «repérage Google». Le chef décorateur Adam Stockhausen :

«Le processus de repérage a été inhabituel. Wes, Jeremy, la coproductrice Molly Cooper et moi-même étions à New York et cherchions des informations sur des îles.» Jeremy Dawson : «L’histoire avait été écrite pour se dérouler sur une île, si possible située au large de la Nouvelle- Angleterre. Mais nous avons aussi cherché sur la côte Est, sur la côte Ouest, et même au large des Cornouailles.» Avec une population restreinte et peu de voitures, New Penzance est un lieu qui se prête bien à l’imagination des enfants et à leur sens de l’aventure. Les kilomètres de côtes magnifiques de Rhode Island ainsi que sa géographie ont fait le

reste. La topographie de l’État de Rhode Island comprend de vastes prairies et de profonds ravins, des reliefs, des forêts et des plages, et des baies rocheuses. Parmi les nombreux lieux de tournage de l’État, MOONRISE KINGDOM a notamment été tourné juste avant l’été dans la baie de Narragansett, au camp de Yawgood, dans une réserve de près de 730 hectares, et dans l’église chargée d’histoire de Newport, Trinity Church, fréquentée par George Washington. L’équipe voulait un tournage le plus léger possible, aucun gros camion, et pas de caravanes pour l’équipe ou les acteurs qui devaient arriver sur le plateau prêts à tourner. Prudence Island, dans la baie de Narragansett, a probablement été le lieu de tournage le plus exceptionnel du film. Jeremy Dawson : «Il n’y a aucune infrastructure là-bas, seulement une minuscule boutique. Il a fallu obtenir l’accord des autorités environnementales locales avant de se rendre sur certaines plages de galets, et affréter un ferry pour transporter les membres de l’équipe

sur le site. C’est palpable à l’écran :

Prudence Island a vraiment l’air d’un endroit vierge.» Grâce à la diversité géographique de Rhode Island et à une équipe de tournage allégée, il n’était pas rare que la production change de lieu et tourne dans trois ou quatre endroits différents dans la journée - ici un parc, là une plage, et pour finir une cascade. Wes Anderson avait fait un pré-tournage plusieurs semaines avant le début des prises de vues principales avec une équipe réduite pour tourner des plans - la plupart au cœur d’une végétation naturelle - qui ont été inclus dans le film. Cette équipe minimale a bénéficié d’une grande liberté. Jeremy Dawson : «On s’est simplement promenés à travers l’État en camping- car et avons tourné notamment avec les jeunes acteurs. Grâce aux petites caméras légères, nous n’étions pas embarrassés par du matériel volumineux. La technologie et la créativité sont allées de pair.» Jared : «Le pré-tournage a permis de

filmer beaucoup de plans improvisés. Nous avons passé une semaine entière dans la forêt.» Bob

filmer beaucoup de plans improvisés. Nous avons passé une semaine entière dans la forêt.» Bob Balaban : «Quand le tournage principal a débuté, nous avions tous l’impression d’être dans un camp de vacances, ou dans une cour de récréation bien gérée avec des règles à respecter.» C’était exactement ce que Wes Anderson souhaitait, que les acteurs et l’équipe vivent une expérience aussi collective que possible durant le tournage. Bill Murray : «Mon premier jour de travail s’est déroulé dans un décor de camp de vacances, et j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de caravanes ni rien de ce genre. Nous avions des tentes, de petites tentes. Il faisait environ 4 degrés dehors et il pleuvait, mais à 51 personnes sous une tente, l’atmosphère se réchauffe vite ! Au bout de quelque temps, on se sentait bien.» Jeremy Dawson : «Cette histoire, c’est la vision qu’avait Wes Anderson de l’année 1965. Ses films précédents se sont toujours déroulés à une période impossible à déterminer, où se mêlent

passé et présent. Wes a toujours fait des story-boards en préproduction. Comme pour FANTASTIC MR. FOX, nous avons monté les story-boards avec des voix et de la musique, pour tester quelques-unes des séquences.»

leS dÉCorS

Les recherches pour les décors comme pour les costumes ont commencé par rassembler une importante collection de photographies. Le directeur artistique Gerald Sullivan : «La tâche la plus im- portante pour le département décoration a été de faire des recherches sur l’archi- tecture de l’époque et de la région, ce qui veut dire à la fois les intérieurs et les extérieurs. Nous avons donc étudié les maisons sur les îles, les phares, les mai- sons à bardeaux - tout cela en constante collaboration avec Wes, qui avait ras- semblé un tas de photos pour que nous les utilisions dans nos créations.» L’ensemblière Kris Moran, qui avait travaillé pour la première fois avec

le réalisateur comme accessoiriste de plateau sur LA FAMILLE TENENBAUM, déclare : «Wes veille au moindre détail. Nous avons fait le tour des boutiques d’antiquités et avons emprunté des objets à des membres de l’équipe et aux gens qu’on rencontrait. Si Wes avait repéré quelque chose qu’il aimait sur le porche d’une maison en se promenant, nous partions à la recherche de cet objet. Quand je meublais un décor, c’était souvent avec des objets qui n’étaient pas nécessairement emblématiques de l’époque, mais étaient intéressants pour étoffer le profil et le passé des personnages. Ce film a une esthétique un peu différente de celle des autres films de Wes. C’est un peu plus rustique, un peu plus accueillant et confortable.» Il a souvent été impossible de trouver les accessoires d’époque, les meubles ou vêtements vintage en quantité suffisante pour le film. La caravane où habite le capitaine Sharp, interprété par Bruce Willis, fut une exception. La Spartanette de 1952 tant convoitée a été dénichée par l’intermédiaire d’un

concessionnaire au Texas. Kris Moran :

«Pour que la caméra de Robert Yeoman puisse se déplacer à l’intérieur, nous avons dû la découper en deux puis la reconstruire. L’intérieur était intact, mais nous l’avons reconfiguré pour pouvoir obtenir un champ de vision de 360 degrés à l’intérieur. Ensuite nous avons complètement remeublé la Spartanette.» L’ensemblière se souvient des difficultés rencontrées par son équipe pour trouver les tentes du camp de la Troupe 55 des scouts d’Amérique du Nord sous le commandement du chef scout Ward, joué par Edward Norton. Après avoir fait le tour du pays pour dénicher de vieux stocks de tentes, ils ont découvert que même les surplus militaires n’en avaient pas suffisamment. Seules quelques tentes d’époque avaient été trouvées - et la plupart n’étaient ni de la bonne couleur, ni de la bonne forme, ni de la bonne taille, car Wes Anderson avait indiqué la couleur du passepoil des tentes des scouts (jaune vif) et de leur doublure (écossaise, dont un mur écossais pour la tente personnelle de Ward).

Les tentatives de transformation des tentes existantes n’ayant rien donné, elles ont été faites sur

Les tentatives de transformation des tentes existantes n’ayant rien donné, elles ont été faites sur mesure par Tentsmiths, une société du New Hampshire spéciali- sée dans la fabrication de tentes pour les spectacles de reconstitutions historiques. En tant que chef décorateur, Adam Stockhausen a supervisé la totalité de l’as- pect visuel de MOONRISE KINGDOM. Ses recherches ont été variées. Il com- mente : «Je me suis documenté sur tout, depuis le mode de vie général jusqu’aux objets les plus particuliers. Je me suis demandé, par exemple, en quelle année exactement les interrupteurs avaient été intégrés sur les veilleuses, afin qu’on ne fasse pas d’erreur.» Jeremy Dawson : «Adam a fait un boulot incroyable, en particulier avec ses recherches sur les origines du scoutisme et des camps de vacances.» L’équipe d’Adam Stockhausen s’est révélée inventive et pleine de ressources. Ils ont fabriqué les panneaux fléchés du camp avec des bâtons et des rondins attachés ensemble. Comme pour les tentes, les canoës nécessaires à l’histoire

ont été fabriqués spécialement pour correspondre aux caractéristiques requises. Il n’était pas rare de voir les membres de l’équipe tester dans la piscine de l’hôtel Holiday Inn Express local les canoës fraîchement peints. Étant construits en contreplaqué, leur flottabilité n’était pas toujours assurée. En fin de compte, dans beaucoup de scènes nécessitant l’utilisation des canoës, de lourdes quilles, qui n’apparaissent pas à l’écran, ont dû être placées sous les embarcations afin de permettre aux acteurs de se concentrer sur leur scène sans craindre de chavirer. Les artisans de la région de Rhode Island ont joint leurs efforts à ceux de l’équipe. Kris Moran : «Un artiste local, James Langston, a sculpté de petits ratons laveurs à l’avant des canoës et des totems. Chris Wiley a fait des sculptures d’épis de maïs pour la tente du chef scout Ward. Un autre artiste a fabriqué tous les meubles en rondins à l’intérieur de cette tente et les a teints à la chicorée. Nous avons même fait appel à un sculpteur à la tronçonneuse pour

faire certains totems placés au-dessus du fléchage pour le camp scout.» La maison choisie pour représenter l’extérieur de la maison des Bishop est l’ancien phare Conanicut Light, à Jamestown, dans l’État de Rhode Island. Pour l’intérieur, un décor empruntant des éléments à quatre maisons différentes

a été créé sur un plateau de tournage

dans une boutique vacante d’un centre commercial local de Middletown, à Rhode Island. Jeremy : «Dans chacune de ces quatre

maisons, nous avons puisé de l’inspiration

et des références. Adam a imaginé un

hybride, qui prend pleinement vie dans

la scène d’ouverture du film.»

Adam Stockhausen : «Chaque maison était unique. Mis ensemble, nos éléments préférés de ces maisons constituent un foyer qui en dit long sur la famille éclectique et particulière qui y vit.» Les quatre maisons qui ont nourri l’esthétique de l’intérieur de la maison des Bishop sont Comfort Island, à Alexandria Bay sur le fleuve Saint Laurent ; Stafford House, sur Cumberland Island

dans l’État de la Géorgie ; le Cottage à Ten Chimneys, dans le Wisconsin, et Clingstone dans la baie de Narragansett dans le Rhode Island. Kris Moran : «Les peintures murales avec les arbres sont des répliques des murs de Comfort Island. Les bardeaux intérieurs sont une caractéristique de Clingstone. Le mobilier de cuisine reproduit celui d’Alexandria Bay. À l’écran, toutes les parties s’imbriquent de façon cohérente pour former la maison de la famille Bishop.» Gerald Sullivan : «Elle a un style très Nouvelle-Angleterre - une architecture qu’on ne trouve nulle part ailleurs.» Comme avec la Spartanette, les mouvements de caméra voulus par Wes Anderson et Robert Yeoman pour la scène d’ouverture ont nécessité une sorte de «dissection» de l’intérieur de la maison. Adam Stockhausen : «Tout est parti du désir de Wes de filmer en se déplaçant dans la maison de façon très précise, de pièce en pièce, en une prise continue, pour la séquence d’ouverture.» Filmer en studio a permis de contourner

légèrement les règles de l’architecture et de la physique pour ne pas être entravés par l’emplacement précis des fenêtres, des portes et des pièces. Gerald Sullivan :

«Wes a été un collaborateur constant, un vrai partenaire tout du long, toujours ouvert aux idées. Il pouvait encore apporter des idées et améliorer les choses 24h, voire une heure, avant le tournage.» Les caractéristiques uniques de la maison des Bishop, comme le panneau lambrissé sur la partie inférieure des murs, contribuent à créer un intérieur éclectique qui donne l’impression d’une certaine ancienneté. Les livres sont présents partout, reflétant la vocation d’avocats des parents. Certains sont très anciens, tandis que d’autres ont été fabriqués par l’équipe. De nombreux meubles et œuvres d’art ont été loués à Comfort Island, notamment les œuvres du peintre Alson Skinner Clark. La maison étant un ancien phare, l’intérieur des Bishop est également imprégné du thème de la mer. Bien que l’histoire se déroule en 1965,

la maison elle-même ne reflète pas une période particulière mais plutôt le mélange de détails d’époque allant jusqu’au milieu des années 1960. Kris Moran : «Nous avons intégré au décor des objets des années 1940 et 1950, que les personnages auraient pu amasser au fil de leur vie et qui reflètent un profond amour de l’art.»

leS CoStumeS

La chef costumière Kasia Walicka Maimone : «Pour les costumes, notre point de départ a été la recherche visuelle. Wes s’était beaucoup documenté. Nous avons étudié une multitude de photographies, essentiellement dans des livres, à la recherche d’indices et d’éléments pour enrichir et développer les personnages.» En se fondant sur la vision élaborée du réalisateur et sur leur travail commun, la chef costumière a pu améliorer et réali- ser ce que Wes Anderson avait en tête. Elle déclare : «Les étapes suivantes ont

consisté à réaliser des collages et des croquis. Wes me donnait immédiate- ment ses impressions et nous définissions un peu plus précisément ce qu’il fallait faire. Lors des essayages, il y avait tou- jours une phase d’ajustement. Pas seu- lement pour savoir s’il fallait modifier la couleur ou la forme d’un costume, mais pour déterminer si ce que nous avions créé correspondait à nos attentes et avait du sens vis-à-vis du personnage et de l’histoire.» Jeremy Dawson : «Les costumes sont détaillés et complexes, et comprennent de petites touches tirées de différentes références. Les costumes des animaux de l’arche de Noé dans les scènes du spectacle de l’église ont été influencés par la version du «Carnaval des Animaux» interprétée par Leonard Bernstein et Benjamin Britten. Enfant, Wes a joué dans ce spectacle, nous avons donc regardé les photos de sa famille et celles du chef d’orchestre du spectacle.» De nombreux costumes ont été faits à la main. Kasia Walicka Maimone : «Beau- coup ont été fabriqués d’après des mo-

dèles de l’époque ou créés d’après nos recherches. Mais ensuite nous nous les sommes appropriés, tout en restant tou- jours très proches de la vision de Wes.» L’avis des acteurs a été sollicité, bien que les résultats des essayages n’aient pas toujours été flatteurs. Bill Murray raconte en soupirant :

«Les pantalons de mon personnage, M. Bishop sont fabriqués à partir de morceaux de tissu différents cousus en- semble, et ils sont très courts.» Toutefois, la chef costumière précise :

«Les costumes de M. Bishop sont les plus neutres de tous. Son personnage est plus conservateur que les autres. Ce qui nous a demandé le plus de recherche, ce sont les «saddle shoes», les chaussures plates bicolores que Suzy porte au catéchisme, car nous en cherchions avec des semelles en cuir comme cela se faisait dans les années 1960, alors que les chaussures contemporaines n’ont pas de semelles en cuir. Nous avons quand même fini par en dénicher une paire bleue et une paire rouge, l’une dans une boutique à New York et l’autre sur internet.»

C’est cependant la conception, puis la fabrication des uniformes des scouts qui ont représenté le plus grand défi vestimentaire. Après avoir consulté Wes Anderson et Adam Stockhausen, Kasia Walicka Maimone et son département ont créé chacun des éléments des uniformes, des chaussettes jusqu’aux écussons. Les insignes de la mascotte, le raton laveur, fabriqués en feutre, ont été cousus à la main sur les uniformes. Le groupe de figurants des scouts comprenait majoritairement des troupes de scouts de la baie de Narragansett, qui ont été heureux de faire de la figuration et de découvrir comment on tourne un film. Bill Murray : «Certains d’entre eux ont remporté un badge du mérite en cinématographie.» La chef costumière : «Il y avait beaucoup de scouts dans les scènes de grande en- vergure. Nous avons créé 350 uniformes mais les plus intéressants à créer ont été ceux du chef scout Ward, de M. Bishop, et de Services Sociaux.» Dans MOONRISE KINGDOM, «Services Sociaux» n’est ni un service ni un groupe :

il s’agit du nom d’un personnage inter- prété par Tilda Swinton. Les vrais employés des services sociaux ne portaient pas d’uniformes, Kasia Walicka Maimone a donc cherché l’ins- piration du côté de l’Armée du Salut et des uniformes militaires féminins. Elle en a ensuite souligné les formes et ral- longé les capes jusqu’à ce qu’elle trouve la tenue définitive comportant chapeau et perruque pour la plus grande joie de Tilda Swinton. L’uniforme de Services Sociaux était le costume le plus structuré et le plus ajusté de tous. Tilda Swinton : «Services Sociaux repré- sente l’autorité, la force majeure. Lorsque cela tourne au chaos, on l’appelle pour rétablir l’ordre. Elle porte un uniforme tailleur pantalon bleu et blanc et un cha- peau dans le style de ceux des officiers de l’Armée du Salut. Elle a un ruban rouge noué autour du cou. Plusieurs références cinématographiques, et diffé- rents acteurs et actrices nous ont inspirés. J’ai adoré jouer là-dessus avec Wes.» Le costume du personnage de Frances McDormand, Mme Bishop, est un

mélange des styles vestimentaires des femmes artistes, peintres et écrivains des années 1960. Pour Wes Anderson, bien que Mme Bishop soit avocate de profes- sion, elle a grandi dans une maison rem- plie de personnes créatives, sa tenue est donc imprégnée d’éléments plus colorés. Comme le note Tilda Swinton : «Ma mère avait des vêtements comme ceux que porte Fran. Je me souviens très bien de toutes ces couleurs de mon enfance. Les costumes sont très justes. Dans cette histoire, notre groupe d’adultes dé- couvre au cours du processus qu’ils ne sont ni moins enfantins ni plus mûrs que les deux enfants. Ça a été très amusant, une vraie joie de faire partie de ce film. C’est un film très ludique au sein d’une structure très maîtrisée.» Tilda Swinton, Frances McDormand, Bruce Willis et Edward Norton n’avaient jamais travaillé avec Wes Anderson au- paravant. Le producteur, Jeremy Dawson :

«MOONRISE KINGDOM représente un style et une atmosphère différents pour Bruce et Ed, et je pense que cela va sur- prendre les spectateurs.»

Bill Murray et Jason Schwartzman ont travaillé pour la première fois avec Wes Anderson en 1998, dans RUSHMORE, et ont à nouveau collaboré avec lui de nombreuses fois. Jeremy Dawson :

«C’est toujours formidable d’avoir Bill ou Jason dans un film. Bill nous pousse tous à aller de l’avant, il est notre moteur.»

formidable d’avoir Bill ou Jason dans un film. Bill nous pousse tous à aller de l’avant,

Devant la caméra

Bruce Willis

le CaPitaine SHarP

Bruce Willis était récemment sur les écrans dans RED de Robert Schwentke, EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE de et avec Sylvester Stallone, et TOP COPS de Kevin Smith. Il a joué également dans BRAQUEURS de Mike Gunther. On le retrouvera dans LAY THE FAVORITE de Stephen Frears, G.I. JOE :

RETALIATION de Jon M. Chu, EXPENDABLES 2 de Simon West et LOOPER de Rian Johnson. Il retrouvera le rôle de John McClane pour la cinquième fois avec A GOOD DAY TO DIE HARD, réalisé par John Moore et dont il sera producteur exécutif. Le film sortira en 2013. Ayant grandi dans le New Jersey, Bruce Willis fait des études de théâtre au Montclair State College. Il acquiert une première expé- rience dans diverses pièces et de nombreux spots publicitaires, avant d’obtenir en 1984 le rôle principal de la pièce de Sam Shepard «Fool for Love», qui se jouera plus d’une cen- taine de fois à Broadway.

qui se jouera plus d’une cen- taine de fois à Broadway. Bruce Willis fait ses débuts

Bruce Willis fait ses débuts à la télévision en 1985 grâce au personnage du détective privé David Addison qu’il crée dans la série «Clair de Lune». Pour ce rôle, il remporte plu- sieurs prix d’interprétation, dont l’Emmy et le Golden Globe. Il fait quelque temps plus tard ses débuts sur

le grand écran dans la comédie romantique de Blake Edwards BOIRE ET DÉBOIRES, puis retrouve le réalisateur pour MEURTRE À HOLLYWOOD. C’est avec le personnage de John McClane que Bruce Willis s’impose dans le monde en- tier : PIÈGE DE CRISTAL de John McTiernan. Avec le même succès, l’acteur retrouvera son personnage devenu culte pour 58 MINUTES POUR VIVRE de Renny Harlin, UNE JOURNÉE EN ENFER de John McTiernan, qui bat les records du box-office 1995, et DIE HARD 4 : RETOUR EN ENFER de Len Wiseman en 2007. Parmi ses rôles les plus marquants figurent également le héros du film de Luc Besson LE CINQUIÈME ÉLÉMENT, le voyageur du temps de L’ARMÉE DES 12 SINGES de Terry Gilliam, le boxeur du film de Quentin Tarantino nom- mé à l’Oscar et lauréat de la Palme d’Or à Cannes PULP FICTION, le séducteur de

UN HOMME PRESQUE PARFAIT de Robert Benton et le vétéran du Vietnam traumatisé de UN HÉROS COMME TANT D’AUTRES de Norman Jewison. En 1998, Bruce Willis partage avec Billy Bob Thornton la vedette de

CHACAL de Michael Caton-Jones et CODE MERCURY de Harold Becker. Dans un registre différent, il triomphe à nouveau dans deux films de M. Night Shyamalan : INCASSABLE et SIXIÈME SENS,

la superproduction d’action et d’aventure de Michael Bay ARMAGEDDON.

cité à six Oscars. Pour son interprétation dans ce dernier film, Bruce Willis remporte

Côté comédie, il prête sa voix au bébé de

le

People’s Choice Award du meilleur acteur.

ALLÔ MAMAN, ICI BÉBÉ et sa suite, ALLÔ

Il a également partagé avec Michelle Pfeiffer

MAMAN C’EST ENCORE MOI, réalisés par

la

vedette d’UNE VIE À DEUX de Rob Reiner

Amy Heckerling. Il est le partenaire de Tom

et

a été celle de BREAKFAST OF CHAMPIONS

Hanks dans LE BÛCHER DES VANITÉS de

d’Alan Rudolph, d’après le célèbre roman

Brian De Palma et celui de Demi Moore et Glenne Headley dans le drame psycholo- gique PENSÉES MORTELLES d’Alan Rudolph. Il campe un cambrioleur dans la comédie d’aventures de Michael Lehmann HUDSON HAWK GENTLEMAN ET CAMBRIOLEUR, puis le gangster Bo Weinberg dans BILLY BATHGATE de Robert Benton. Il joue ensuite dans THE PLAYER de Robert Altman puis tourne LA MORT VOUS VA SI BIEN de Robert Zemeckis. Après le rôle d’un détective privé dans LE DERNIER SAMARITAIN de Tony Scott, il est

de Kurt Vonnegut, dont il était aussi le pro- ducteur exécutif. Il a aussi produit et inter- prété MON VOISIN LE TUEUR de Jonathan Lynn et a joué dans SALE MÔME de Jon Turteltaub. On l’a retrouvé dans BANDITS de Barry Levinson et dans le film de guerre de Gregory Hoblit MISSION ÉVASION. Il a ensuite joué dans LES LARMES DU SOLEIL d’Antoine Fuqua, MON VOISIN LE TUEUR 2 de Howard Deutch, OTAGE de Florent Siri, dont il était aussi producteur, et SIN CITY de Frank Miller et Robert Rodriguez. Il a été la vedette de 16 BLOCS de Richard Donner et

un agent de la police fluviale dans PIÈGE

a joué dans SLEVIN de Paul McGuigan. Il

EN EAUX TROUBLES de Rowdy Herrington

a prêté sa voix à RJ le raton laveur dans la

puis joue dans une fable douce-amère, L’IRRÉSISTIBLE NORTH de Rob Reiner. Il tourne ensuite un thriller sensuel, COLOR OF NIGHT de Richard Rush, puis FOUR ROOMS de Quentin Tarantino, Allison Anders, Robert Rodriguez, Alexander Rockwell, DERNIER RECOURS de Walter Hill, ainsi que LE

version originale du film d’animation NOS VOISINS LES HOMMES. Il a depuis été l’interprète d’ALPHA DOG, écrit et réalisé par Nick Cassavetes, DANGEREUSE SÉDUCTION, un thriller de James Foley, PLANÈTE TERREUR de Robert Rodriguez, PANIQUE À HOLLYWOOD de

Barry Levinson et CLONES, un thriller futu- riste de Jonathan Mostow. Bruce Willis a fait par ailleurs une apparition remarquée dans la dernière émission de la très populaire série «Dingue de toi» et a rem- porté un Emmy Award pour son rôle en guest star dans la série culte «Friends». Il conserve toujours des liens avec le théâtre. Il a cofondé en 1997 A Company of Fools, une compagnie théâtrale associative qui développe et soutient les arts du théâtre. Il a mis en scène et interprété la comédie noire de Sam Shepard «L’Ouest, le vrai» au Liberty Theatre de Hailey, dans l’Idaho. La pièce, qui dépeint la relation complexe entre deux frères, a été diffusée sur Showtime et est dé- diée au frère disparu de Bruce Willis, Robert. Musicien accompli, Bruce Willis a enregistré en 1986 un album chez Motown : «Bruce Willis : The Return of Bruno», qui est resté classé dans les charts pendant 29 semaines et a été disque de platine. Le hit «Respect Yourself» a été classé en cinquième position au chart Billboard. Il a sorti trois ans plus tard un second album, «If It Don’t Kill You, It Just Makes You Stronger». En 2002, il s’est produit en tournée aux États-Unis avec son groupe, Bruce Willis and the Blues Band, avec qui il donne régulièrement des concerts. Il s’est rendu en Irak pour jouer pour les troupes américaines. Il a créé avec son frère David Willis et leur associé Stephen Eads la société de produc- tion Willis Brothers Films à Los Angeles.

Edward Norton

le CHef SCout Ward

Acteur plébiscité, Edward Norton a récemment partagé avec Robert De Niro

On a pu le voir par la suite dans LES JOUEURS de John Dahl, FIGHT CLUB de

et l’un des producteurs de LEAVES OF GRASS, écrit et réalisé par Tim Blake Nelson.

l’affiche de STONE, réalisé par John Curran.

David Fincher, THE SCORE de Frank Oz

Edward Norton a par ailleurs participé sans

sera prochainement sur les écrans dans JASON BOURNE : L’HÉRITAGE de Tony Gilroy.

Il

et CRÈVE, SMOOCHY, CRÈVE ! de Danny DeVito. On le retrouve dans DRAGON ROUGE de Brett Ratner, LA 25E HEURE

être crédité à l’écriture du scénario de FRIDA de Julie Taymor, lauréat de deux Oscars. En tant que membre de la Signature Theatre

Edward Norton a été nommé à l’Oscar et

de Spike Lee, dont il était coproducteur,

Company de New York, Edward Norton s’est

a

remporté le Golden Globe du meilleur

BRAQUAGE À L’ITALIENNE de F. Gary Gray.

produit dans un grand nombre de pièces,

acteur dans un second rôle dès son premier film, PEUR PRIMALE de Gregory Hoblit, en 1997. Il a été couronné dans la foulée par les Prix du meilleur acteur dans un second rôle du National Board of Review et de la Los Angeles Film Critics Association pour TOUT

Il incarne le roi Baudoin dans le film de Ridley Scott KINGDOM OF HEAVEN. En 2005, il tourne DOWN IN THE VALLEY, écrit et réalisé par David Jacobson, dont il est aussi producteur. Le film est présenté au Festival de Cannes 2006. Il est également

dont la première de «Fragments» d’Edward Albee, en 1994, «Lovers» de Brian Friel et «Italian American Reconciliation» de John Patrick Shanley. Avec la troupe, il a donné trois mois de représentations off-Broadway de la pièce «Burn This» de Lanford Wilson.

LE

MONDE DIT I LOVE YOU de Woody Allen,

à la fois interprète et producteur du VOILE

Il a obtenu l’Obie Award 2003 pour son

et

par la Boston Film Critics Association

DES ILLUSIONS de John Curran. Il joue par

interprétation.

pour LARRY FLYNT de Milos Forman, PEUR PRIMALE et TOUT LE MONDE DIT I LOVE YOU. Il a été nommé à l’Oscar du meilleur

ailleurs dans L’ILLUSIONNISTE de Neil Burger. On l’a vu ensuite dans le rôle-titre de L’INCROYABLE HULK de Louis Leterrier. En

Edward Norton a fait ses débuts de réalisateur et de producteur avec AU NOM D’ANNA, dont il était aussi l’un des interprètes.

acteur deux ans plus tard pour AMERICAN HISTORY X de Tony Kaye.

2008, il a joué dans LE PRIX DE LA LOYAUTÉ de Gavin O’Connor. Il a été depuis la vedette

Il a fondé et dirige Class 5 Films en partenariat avec le scénariste nommé à

l’Oscar Stuart Blumberg et le producteur Bill Migliore. DOWN IN THE VALLEY et LE VOILE DES ILLUSIONS, sortis en 2006, ont été les deux premières productions Class 5. Plus récemment, la société a produit LEAVES OF GRASS et la première réalisation de Stuart Blumberg, THANKS FOR SHARING. Class 5 développe des adaptations de «Buffalo for the Broken Heart» de Dan O’Brien et de «Motherless Brooklyn» de Jonathan Lethem, dont Norton écrit actuellement le scénario. Le département documentaires de Class 5 produit des films sur la nature, la science et d’autres sujets. «By the People :

métrage documentaire sur Obama et la campagne présidentielle américaine 2008,

a été notamment produit par Norton, Bill

Migliore et Stuart Blumberg, et réalisé par Amy Rice et Alicia Sams. Diffusé sur HBO en novembre 2009, il a été nommé à trois Emmy Awards et en a obtenu un. Parmi les

autres productions figurent «The Great Rivers Expedition», réalisé en Chine par Jim Norton en 2003, et «Dirty Work», un film de David Sampliner présenté au Festival de Sundance

et diffusé sur le Sundance Channel.

Class 5 a également collaboré avec la Sea Studios Foundation sur leur série scientifique plébiscitée pour National Geographic,

«Strange Days on Planet Earth», que Norton anime et dont il est narrateur. Class 5 s’est associé avec la société de Brad Pitt, Plan B Entertainment, et avec National Geographic pour produire une série épique en dix épisodes pour HBO d’après le livre de Stephen Ambrose, «Undaunted Courage», sur l’expédition de Lewis et Clark. Norton et Pitt en seront les producteurs exécutifs. Edward Norton s’investit beaucoup dans la défense de l’environnement et le progrès social. Il a lié son nom à de nombreuses œuvres philanthropiques.

The Election of Barack Obama», un long
The Election of Barack Obama», un long

Bill Murray

m. biSHoP

Pour son interprétation d’Herman Blume dans le deuxième film de Wes Anderson, RUSHMORE, en 1998, Bill Murray a remporté le New York Film Critics Circle Award, le National Society of Film Critics Award, le Los Angeles Film Critics Association Award et l’Independent Spirit Award du meilleur second rôle, ainsi qu’une citation au Golden Globe. Il a joué depuis dans tous les films du réalisateur : LA FAMILLE TENENBAUM, LA VIE AQUATIQUE, À BORD DU DARJEELING LIMITED et FANTASTIC MR. FOX, dans lequel il prêtait sa voix au personnage de Blaireau. Né à Chicago, Bill Murray débute au théâtre :

il est l’un des comédiens de la célèbre troupe d’improvisation du Second City Theater. Au cours de la deuxième saison de «Saturday Night Live», l’émission culte de NBC, Bill Murray succède à Chevy Chase dans l’équipe de «Not-Ready-for-Prime-Time- Players». Alternant le burlesque et l’ironie, il

s’impose comme l’un des comiques les plus appréciés des U.S.A. et remporte un Emmy Award du meilleur scénario pour son travail sur cette émission. C’est dans ARRÊTE DE RAMER, T’ES SUR LE SABLE, une comédie d’Ivan Reitman, que Bill Murray apparaît pour la première fois sur le grand écran. Il retrouve le réalisateur dans LES BLEUS, puis S.O.S. FANTÔMES et S.O.S. FANTÔMES 2. Il est cité au Golden Globe pour S.O.S. FANTÔMES en 1984. Au cours d’une carrière bien remplie, Bill Murray a interprété des films variés allant de la comédie au film dramatique. Parmi ses premiers films figurent LE GOLF EN FOLIE de Harold Ramis, WHERE THE BUFFALO ROAM d’Art Linson, TOOTSIE de Sydney Pollack, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS de Frank Oz, LE FIL DU RASOIR de John Byrum, dont il est également coscénariste, FANTÔMES EN FÊTE de Richard Donner, QUOI DE NEUF

BOB ? de Frank Oz, ou encore MAD DOG AND GLORY de John McNaughton.

Il était Phil Connors, le journaliste prisonnier d’une boucle du temps dans UN JOUR SANS FIN de Harold Ramis, et a joué ensuite dans ED WOOD de Tim Burton, KINGPIN de Peter

et Bobby Farrelly, UN ÉLÉPHANT SUR LES

BRAS de Howard Franklin, L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP PEU de Jon Amiel, SEX

CRIMES de John McNaughton, BROADWAY 39e RUE de Tim Robbins, HAMLET de Michael Almereyda, CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES de McG, et le segment «Delirium» de COFFEE AND CIGARETTES de Jim Jarmusch. Il a été nommé à l’Oscar 2004 du meilleur acteur et a remporté le Golden Globe pour son interprétation dans le film de Sofia Coppola LOST IN TRANSLATION. Il

a également obtenu le BAFTA Award, le

Boston Society of Film Critics Award, le

Broadcast Film Critics Association Award, l’Independent Spirit Award, le Los Angeles Film Critics Association Award, le National Society of Film Critics Award et le New York Film Critics Award. Il a prêté sa voix à Garfield dans GARFIELD de Peter Hewitt puis dans GARFIELD 2 de Tim Hill. Il a joué en 2005 dans BROKEN FLOWERS de Jim Jarmusch, lauréat du Grand

Prix du Jury à Cannes et de plusieurs autres prix, et a été nommé au Satellite Award pour sa prestation. Il était l’écrivain dans le film d’Andy Garcia ADIEU CUBA, et l’Agent 13 dans MAX LA MENACE de Peter Segal. Bill Murray a plus récemment joué le maire Cole dans LA CITÉ DE L’OMBRE de Gil Kenan. Il a tourné à nouveau sous la direction de Jim Jarmusch dans THE LIMITS OF CONTROL et a joué dans LE GRAND JOUR d’Aaron

Schneider. Il était dernièrement sur les écrans dans PASSION PLAY, écrit et réalisé par Mitch Glazer. On le retrouvera dans HYDE PARK ON HUDSON, un film historique de Roger Michell écrit par Richard Nelson dans lequel il incarne Franklin Delano Roosevelt, avec Laura Linney pour partenaire. La sortie du film est prévue fin 2012. Bill Murray est l’auteur d’un livre, «Cinderella Story : My Life in Golf».

La sortie du film est prévue fin 2012. Bill Murray est l’auteur d’un livre, «Cinderella Story

Frances McDormand

mme biSHoP

Frances McDormand a remporté l’Oscar 1997 de la meilleure actrice pour son interprétation de Marge Gunderson dans FARGO de Joel et Ethan Coen. C’est sous

la direction des frères Coen qu’elle a débuté au cinéma : ses deux premiers films étaient SANG POUR SANG et ARIZONA JUNIOR. Elle les a retrouvés en 2001 pour THE BARBER : L’HOMME QUI N’ÉTAIT PAS LÀ, avec Billy Bob Thornton, et plus récemment en 2008 pour BURN AFTER READING. Frances McDormand a été citée à l’Oscar du meilleur second rôle dès son troisième film, MISSISSIPPI BURNING d’Alan Parker, en

1988.

Au début des années 90, elle a été l’interprète

de films aussi divers que CHATTAHOOCHEE de Mick Jackson, DARKMAN de Sam Raimi, HIDDEN AGENDA, SECRET DÉFENSE de Ken Loach, PASSED AWAY de Charlie

Peters, ou SHORT CUTS de Robert Altman, qui a obtenu le Golden Globe et le Prix de la meilleure interprétation d’ensemble au Festival de Venise. En 1995, elle joue dans RANGOON de John Boorman, puis, après FARGO, dans LONE STAR de John Sayles et PEUR PRIMALE de Gregory Hoblit. On la retrouve dans LES AMATEURS d’Alan Taylor, PARADISE ROAD de Bruce Beresford puis MADELINE de Daisy von Scherler Mayer. Elle est ensuite la partenaire de Michael Douglas et Tobey Maguire dans WONDER BOYS de Curtis Hanson. Frances McDormand est nommée à l’Oscar, au BAFTA Award, au Golden Globe et au Screen Actors Guild Award pour son interprétation d’Elaine dans PRESQUE CÉLÈBRE de Cameron Crowe. Pour ses interprétations dans ces deux films, elle est

citée au titre de Meilleure actrice dans un second rôle par la Los Angeles Film Critics Association. On la retrouve dans LAUREL CANYON de Lisa Cholodenko, PÈRE ET FLIC de Michael Caton-Jones, avec Robert De Niro, puis dans TOUT PEUT ARRIVER de Nancy Meyers, avec Jack Nicholson et Diane Keaton. Pour sa prestation dans L’AFFAIRE JOSEY AIMES de Niki Caro, avec Charlize Theron, elle a été nommée à l’Oscar du meilleur second rôle, au Golden Globe et au SAG Award. Elle a joué depuis dans FRIENDS WITH MONEY, écrit et réalisé par Nicole Holofcener. Elle a obtenu pour ce film l’Independent Spirit Award du meilleur second rôle. En 2008, elle jouait dans MISS PETTIGREW de Bharat Nalluri. On a pu la voir en 2011 dans THIS MUST BE THE PLACE de Paolo Sorrentino et dans

2011 dans THIS MUST BE THE PLACE de Paolo Sorrentino et dans TRANSFORMERS 3 : LA

TRANSFORMERS 3 : LA FACE CACHÉE DE LA LUNE de Michael Bay. Elle prête sa voix au personnage du capitaine Chantel DuBois dans MADAGASCAR 3 : BONS BAISERS D’EUROPE, réalisé par Eric Darnell. Formée à la Yale School of Drama, Frances McDormand a connu de nombreux succès à Broadway et a été nommée au Tony Award pour sa prestation dans le rôle de Stella dans «Un tramway nommé désir». Elle a joué «Far Away» de Caryl Churchill, dans une mise en scène de Stephen Daldry, au New York Theatre Workshop, et s’est produite au Lincoln Center Theatre dans «The Sisters

Rosenzweig» et au Public Theatre dans «The Swan». Elle a depuis joué Blanche dans «Un tramway nommé désir» au Gate Theater de Dublin et a été l’interprète de la production par la Blue Light Theater Company de «Œdipe» avec Billy Crudup. Elle a passé deux ans avec le Wooster Group, à préparer puis jouer «To You, The Birdie !». Elle est revenue à Broadway dans «The Country Girl» de Clifford Odets, dans une mise en scène de Mike Nichols. Elle y avait pour partenaire Morgan Freeman. Plus récemment, elle a joué, toujours à Broadway, dans la pièce à succès de David Lindsay-

Abaire «Good People» dans une mise en scène de Daniel Sullivan. Son interprétation de Margie Walsh lui a valu le Drama League, le Drama Desk, l’Outer Critics Cricle et le Tony Award de la meilleure comédienne. Elle a été l’interprète de plusieurs téléfilms dont «Crazy in Love» de Martha Coolidge, «The Good Old Boys» de Tommy Lee Jones, «Talking With…» de Kathy Bates et «Hidden in America» de Martin Bell, avec Jeff Bridges, pour lequel elle a été nommée à l’Emmy Award. Elle est la narratrice de la série télévisée «State of Grace».

Tilda Swinton

SerViCeS SoCiaux

Tilda Swinton est née en Écosse et a fait ses débuts sur le grand écran sous la direction de son ami et mentor, le réalisateur anglais Derek Jarman, dans CARAVAGGIO en 1985. Ils tourneront ensemble sept autres films avant la mort de Jarman en 1994. Tilda Swinton a ainsi été l’interprète de THE LAST OF ENGLAND, THE GARDEN, WAR REQUIEM, EDWARD II, pour lequel elle a remporté la Coupe Volpi de la meilleure actrice au Festival de Venise en 1992, et WITTGENSTEIN. En 1992, sa réputation de comédienne s’étend à l’international : elle est plébiscitée pour son portrait du rôle-titre androgyne d’ORLANDO, l’adaptation par Sally Potter du roman de Virginia Woolf. Tilda Swinton a été au cours de sa carrière l’interprète de plusieurs films majeurs du cinéma contemporain. Elle a tourné sous la direction de réalisateurs comme Danny

Boyle pour LA PLAGE, Tim Roth pour THE WAR ZONE, Scott McGehee et David Siegel pour BLEU PROFOND, pour lequel elle a été nommée au Golden Globe et à l’Independent Spirit Award, Spike Jonze pour ADAPTATION, Cameron Crowe pour VANILLA SKY, Robert Lepage pour MONDES POSSIBLES, Norman Jewison pour CRIME CONTRE L’HUMANITÉ, Francis Lawrence pour CONSTANTINE, Joel et Ethan Coen pour BURN AFTER READING, pour lequel elle a été nommée au BAFTA Award, David Fincher pour L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON, pour lequel elle a obtenu un London Critics Circle Film Award, Béla Tarr pour L’HOMME DE LONDRES et Jim Jarmusch pour BROKEN FLOWERS et THE LIMITS OF CONTROL. Outre Jim Jarmusch, elle a tourné à plusieurs reprises avec d’autres réalisateurs, dont Lynn Hershman-Leeson, avec qui elle a tourné CONCEIVING ADA, TEKNOLUST, dans

lequel elle tenait quatre rôles, et STRANGE CULTURE, mais aussi John Maybury, sous la

direction duquel elle a tourné «Man to Man» et LOVE IS THE DEVIL, et Luca Guadagnino pour LES PROTAGONISTES, THE LOVE FACTORY et plus récemment AMORE, qu’elle

a également coproduit.

Tilda Swinton a joué par ailleurs dans YOUNG ADAM de David Mackenzie et

ÂGE DIFFICILE OBSCUR de Mike Mills. Elle

a campé l’impressionnante Sorcière Blanche

dans LE MONDE DE NARNIA Chapitre 1 :

LE LION, LA SORCIÈRE BLANCHE ET L’ARMOIRE MAGIQUE et a fait une apparition dans LE MONDE DE NARNIA Chapitre 2 : LE PRINCE CASPIAN, tous deux réalisés par Andrew Adamson, avant de retrouver son personnage dans LE MONDE DE NARNIA Chapitre 3 : L’ODYSSÉE DU PASSEUR D’AURORE sous la direction de Michael Apted.

DU PASSEUR D’AURORE sous la direction de Michael Apted. En 2008, elle a remporté l’Oscar et

En 2008, elle a remporté l’Oscar et le BAFTA Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation dans MICHAEL CLAYTON de Tony Gilroy. Elle a également été nommée au Screen Actors Guild Award et au Golden Globe. Elle a tenu le rôle-titre de JULIA d’Erick Zonca, dont la première a eu lieu au Festival de Berlin 2008, et a été nommée pour sa prestation au César de la meilleure actrice. À sa sortie au Royaume-Uni, le film lui a valu l’Evening Standard British Film Award de la meilleure actrice. Plus récemment, elle a joué dans WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN de Lynne Ramsay, dont elle était aussi productrice exécutive. Sa prestation lui a valu de nouvelles citations au Golden Globe et au Screen Actors Guild Award, ainsi qu’au BAFTA Award, au London Critics Circle Award, et au Critics Choice Movie Award. Elle a remporté un National Board of Review Award. En 1995, Tilda Swinton a conçu et interprété son installation d’art plébiscitée «The Maybe», dans laquelle elle se mettait en scène elle-même, endormie dans une vitrine de verre pendant huit heures par jour durant sept jours. Cette œuvre a été présentée à la Serpentine Gallery à Londres, en collaboration avec une installation qu’elle a conçue avec Cornelia Parker. Plus

de 22 000 personnes sont venues voir «The Maybe», ce qui en a fait l’exposition la plus

populaire du moment. L’année suivante, en collaboration avec les artistes français Pierre

et Gilles, elle a recréé l’exposition au Museo

Barracco à Rome, pour un nombre similaire de visiteurs.

À l’été 2008, Tilda Swinton a lancé le festival

de cinéma Ballerina Ballroom Cinema of Dreams dans sa ville natale, Nairn, en Écosse. En 2009, le festival a connu une

édition à Pekin, le Scottish Cinema of Dreams,

et a voyagé sous forme de cinéma itinérant

de Kinlochlevan sur la côte Ouest de l’Écosse

à Nairn sur la côte Est. Les trois festivals sont devenus des événements internationaux. En 2010, Tilda Swinton et Mark Cousins ont inauguré la fondation 8 and a Half, qui s’est donné pour objectif de célébrer les huitièmes anniversaires et demi des enfants pour les amener à découvrir le cinéma de façon magique. Tilda Swinton est la muse et la collaboratrice des créateurs Viktor & Rolf. En 2003, elle

a travaillé avec eux sur leur «One Woman

Show», une collection dont les modèles ont entièrement été créés pour elle et où les mannequins étaient maquillés pour lui

ressembler. Sa plus récente contribution à

la mode a été un film collaboratif avec Ryan

McGinley pour Pringle of Scotland - dont elle demeure l’égérie pour les collections féminines comme masculines - qui a été salué par les grandes figures du secteur.

Jason Schwartzman

le CouSin ben

Jason Schwartzman a débuté au cinéma en 1998 dans le rôle de Max Fischer dans la comédie à succès de Wes Anderson

RUSHMORE. Il a été nommé au Chicago Film Critics Award du meilleur espoir. Il a retrouvé

le réalisateur sur À BORD DU DARJEELING

LIMITED, avec Adrien Brody et Owen Wilson, dont il était coscénariste avec Anderson et Roman Coppola, et pour le court métrage «Hotel Chevalier» avec Natalie Portman. Il

a aussi prêté sa voix au personnage d’Ash

dans le plus récent film de Wes Anderson, FANTASTIC MR. FOX. Après ses premiers pas sur le grand écran dans RUSHMORE, Jason Schwartzman a joué dans plusieurs autres longs métrages :

SIMONE, écrit, produit et réalisé par Andrew Niccol, SLACKERS de Dewey Nicks, C.Q. de Roman Coppola, SPUN de Jonas Akerlund, JUST LIKE MONA de Joe Pantoliano. On l’a vu par la suite dans J’ADORE

HUCKABEES de David O. Russell, SHOPGIRL d’Anand Tucker - il a été nommé au Satellite Award pour ce film -, ainsi que dans MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE de Nora Ephron, et MARIE-ANTOINETTE, écrit et réalisé par Sofia Coppola. Il était aussi à l’affiche de FUNNY PEOPLE de Judd Apatow, THE MARC PEASE EXPERIENCE de Todd Louiso et SCOTT PILGRIM d’Edgar Wright. Il a joué très ré- cemment dans A GLIMPSE INSIDE THE MIND OF CHARLES SWAN III, écrit et réalisé par Roman Coppola. Jason Schwartzman a tenu son premier rôle à la télévision dans «Cracking Up», écrit par Mike White. Il a joué dans trois saisons de la série «Bored To Death». Jason Schwartzman est également musicien. Il a été le batteur principal de Phantom Planet. Leur deuxième album en studio, «The Guest», dont Jason Schwartzman a signé plusieurs

titres, est sorti chez Epic Records en février 2002, suivi par une tournée de 14 mois avec Incubus. En 2006, Jason Schwartzman s’est engagé dans une nouvelle aventure avec le groupe Coconut Records, dont il est l’unique membre. Coconut Records a sorti son premier album, «Nighttiming», en 2007, avec la contribution de Incubus et Kirsten Dunst. Jason Schwartzman a écrit toutes les chansons et joue presque toutes les partitions instrumentales. La chanson «West Coast» a illustré un épisode de la série «Newport Beach» et le film de Matt Reeves CLOVERFIELD. Le second album de Coconut Records, «Davy», est sorti en janvier 2009.

Beach» et le film de Matt Reeves CLOVERFIELD. Le second album de Coconut Records, «Davy», est

Bob Balaban

le narrateur

Bob Balaban a dernièrement réalisé le téléfilm «Georgia O’Keeffe», qui a été nommé à trois Golden Globes et neuf Emmy Awards. Il a également valu au réalisateur sa seconde nomination aux Emmy Awards dans la catégorie meilleure réalisation pour une minisérie ou un téléfilm, récompense pour laquelle il avait été cité une première fois pour «Bernard et Doris», qu’il avait également produit. Ce dernier téléfilm a été nommé dix fois en tout aux Emmy Awards et trois fois aux Golden Globes. Bob Balaban a aussi été cité aux Directors Guild of America Awards pour la réalisation de ces deux films. Il a été nommé à l’Oscar et au Golden Globe en tant que producteur de GOSFORD PARK, cité dans la catégorie meilleur film, qui valut à Robert Altman le Golden Globe du meilleur réalisateur et à Julian Fellowes l’Oscar du meilleur scénario original, d’après une idée

de Robert Altman et Bob Balaban. Ce dernier

a partagé le prestigieux Directors Guild of

America Award de la meilleure distribution avec ses partenaires dans le film, et le BAFTA Award du meilleur film britannique, l’Alexander Korda Award, avec les autres producteurs du film. Il a produit, réalisé et coécrit THE LAST GOOD TIME et réalisé PARENTS, avec Randy Quaid, Sandy Dennis et Mary Beth Hurt. Il a créé,

écrit et produit la série télévisée d’animation «Hopeless Pictures» et été le producteur exécutif du jeu télévisé «Celebrity Charades». En 2002, Bob Balaban a produit et mis en scène la pièce off-Broadway à succès d’Erik Jensen et Jessica Blank, «The Exonerated» qui

a remporté le Drama Desk Award et l’Outer

Critics Circle Award, puis a produit et mis en scène la tournée du spectacle. Il a ensuite réalisé le téléfilm tiré de la pièce, adaptée

par les dramaturges, avec Susan Sarandon, Danny Glover, Aidan Quinn, Delroy Lindo et Brian Dennehy. En tant qu’acteur, Bob Balaban a joué dans plus de cinquante films, dont des classiques tels que MACADAM COWBOY de John Schlesinger, CATCH 22 de Mike Nichols, RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE de Steven Spielberg et TRUMAN CAPOTE de Bennett Miller. Il a joué dans les films de son ami Christopher Guest, WAITING FOR GUFFMAN, BÊTES DE SCÈNE, A MIGHTY WIND et FOR YOUR CONSIDERATION. On l’a également vu, entre autres, dans ALICE et HARRY DANS TOUS SES ÉTATS réalisés par Woody Allen, BOB ROBERTS et BROADWAY, 39e RUE de Tim Robbins et CLOCKWATCHERS et THE CONVINCER dirigés par Jill Sprecher. Il a joué à Broadway dans des pièces telles

que «Plaza Suite», «Speed-the-Plow» et «Le Revizor», qui lui a valu une nomination aux Tony Awards. Il a joué dans les pièces off- Broadway «You’re a Good Man, Charlie Brown» et «Marie and Bruce», entre autres. Pour son prochain projet théâtral, il mettra en scène la production de la pièce de Lucy Boyle «The Blue Deep», avec Blythe Danner, lors de l’édition de juillet 2012 du Williamstown Theater Festival. Bob Balaban est l’auteur de la série de livres best-sellers pour enfants «McGrowl» publiés chez Scholastic, et a commencé à écrire une deuxième série intitulée «The Creature from the Seventh Grade».

Jared Gilman

Sam

Jared Gilman a décroché le rôle de Sam dans MOONRISE KINGDOM à l’âge de 12 ans. C’est son premier rôle en tant qu’acteur professionnel. Il a étudié l’art dramatique et la réalisation dans différents studios formant aux arts de la scène et dans des camps de vacances. Il aime écrire, jouer et monter ses propres vidéos d’action.

Aujourd’hui âgé de 13 ans, Jared Gilman va au collège dans le New Jersey où il est né, et fait partie des équipes de cross-country et d’escrime de son école. Outre jouer la comédie, il est passionné de golf.

école. Outre jouer la comédie, il est passionné de golf. Kara Hayward Suzy Kara Hayward est

Kara Hayward

Suzy

Kara Hayward est née et a grandi dans le Massachusetts. Elle a joué dans une pièce pour la première fois dans un camp de vacances et s’est découvert une passion pour la comédie. MOONRISE KINGDOM est son premier film, elle avait 12 ans à l’époque du tournage et en a 13 aujourd’hui.

Kara Hayward est membre de l’organisation Mensa depuis qu’elle a 9 ans. Outre jouer la comédie, elle aime lire, danser et écrire, notamment de la poésie. Ses œuvres d’art et ses poèmes ont été publiés au niveau local ainsi que dans des livres tels que «Inspired» et «A Celebration of Poetry».

poèmes ont été publiés au niveau local ainsi que dans des livres tels que «Inspired» et

Derrière la caméra

Wes Anderson

rÉaliSateur, SCÉnariSte, ProduCteur

Né à Houston, au Texas, Wes Anderson a fait ses études à l’University of Texas à Austin. En 1996 il a réalisé son premier film, dont il était déjà scénariste : BOTTLE ROCKET, comédie interprétée par Owen Wilson et Luke Wilson. Son deuxième film comme réalisateur et scénariste a été RUSHMORE en 1998, dans lequel il dirigeait Bill Murray, Luke Wilson et Jason Schwartzman. Wes Anderson a remporté pour ce film l’Independent Spirit Award du meilleur réalisateur. Il a obtenu pour ces deux films un prix de la Los Angeles Film Critics Association.

Wes Anderson a ensuite produit, réalisé et écrit LA FAMILLE TENENBAUM, avec Gene Hackman, Anjelica Huston, Gwyneth Paltrow, Ben Stiller, Luke Wilson, Owen Wilson et Bill Murray. Il a écrit, produit et réalisé le film choral LA VIE AQUATIQUE, dans lequel il dirigeait Bill Murray, Owen Wilson, Cate Blanchett, Anjelica Huston, Willem Dafoe, Jeff Goldblum et Michael Gambon. Il a ensuite été scénariste, réalisateur et producteur de À BORD DU DARJEELING LIMITED, avec Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman.

Wes Anderson a depuis réalisé, écrit et produit un film d’animation, FANTASTIC MR. FOX, avec les voix de George Clooney, Meryl Steep, Jason Schwartzman, Bill Murray et bien d’autres. Le film a été nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation et à celui de la meilleure musique originale, composée par Alexandre Desplat. Il a également coécrit et réalisé le court métrage en 16 mm «Hôtel Chevalier».

Roman Coppola

SCÉnariSte

The Directors Bureau, une société de produc- tion qui compte de nombreuses récompenses. Avec TDB, Roman Coppola a réalisé cer- tains des clips les plus remarqués et les plus influents de ces dernières années, pour des groupes comme The Strokes et Green Day, et des spots publicitaires pour des clients comme Coca-Cola, Honda et le New Yorker. Son travail lui a valu plusieurs prix dans l’in- dustrie publicitaire, dont une nomination au Grammy Award et deux MTV Vidéo Music Awards. Son clip pour «Funky Squaredance» de Phoenix a été invité à figurer dans les col- lections permanentes du Museum of Modern Art. Roman Coppola est associé fondateur de Photobubble Company, qui commercialise une structure gonflable brevetée rétroéclai- rée pour prises de vues et effets spéciaux (www.photobubblecompany.com).

Roman Coppola était coscénariste et produc- teur du film de Wes Anderson À BORD DU DARJEELING LIMITED. Roman Coppola a grandi dans le monde du cinéma et y a occupé une grande variété de fonctions allant de preneur de son à directeur de la photographie, en passant par scénariste ou producteur. Il a entamé sa carrière de réa- lisateur à la tête de la deuxième équipe et sur les effets visuels du film de Francis Coppola DRACULA, et a reçu pour une nomination au BAFTA Award des meilleurs effets visuels. Sa première réalisation, C.Q., a été présen- tée au Festival de Cannes en 2001. Par la suite, Roman Coppola a été réalisateur de la deuxième équipe de films comme LOST IN TRANSLATION et MARIE-ANTOINETTE de Sofia Coppola, et LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson. Entrepreneur et businessman, Roman Coppola est le fondateur et le propriétaire de

Il est président de la société pionnière de San Francisco American Zoetrope. Il a été entre autres producteur de SOMEWHERE de Sofia Coppola, qui a remporté le Lion d’or au Festival de Venise 2010. Il a également produit SUR LA ROUTE, le nouveau film de Walter Salles tiré du classique de la littérature de Jack Kerouac, «Sur la route». Son prochain film comme réalisateur et scé- nariste, A GLIMPSE INSIDE THE MIND OF CHARLES SWAN III, est interprété par Charlie Sheen, Bill Murray, Patricia Arquette, Mary Elizabeth Winstead et Jason Schwartzman.

Scott Rudin

ProduCteur

Scott Rudin a dernièrement été producteur de EXTRÊMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRÈS de Stephen Daldry, d’après le roman de Jonathan Safran Foer, MILLÉNIUM :

LES HOMMES QUI N’AIMAIENT PAS LES FEMMES de David Fincher, MARGARET de Kenneth Lonergan, TRUE GRIT de Joel et Ethan Coen, THE SOCIAL NETWORK de David Fincher, FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson, PAS SI SIMPLE de Nancy Meyers, GREENBERG de Noah Baumbach, et pro- ducteur exécutif des films LE STRATÈGE de Bennett Miller, avec Brad Pitt, Jonah Hill et Philip Seymour Hoffman, LES CHEMINS DE LA LIBERTÉ de Peter Weir et JULIE & JULIA de Nora Ephron. Il était auparavant le producteur des NOCES REBELLES de Sam Mendes, nommé à trois Oscars, de DOUTE, écrit et réalisé par John

Patrick Shanley d’après sa pièce, et de STOP-LOSS de Kimberly Peirce. Il était aussi le producteur exécutif de DEUX SŒURS POUR UN ROI de Justin Chadwick, THERE WILL BE BLOOD, LE SANG DE LA TERRE de Paul Thomas Anderson, nommé à l’Oscar du meilleur film, MARGOT VA AU MARIAGE de Noah Baumbach, À BORD DU DARJEELING LIMITED de Wes Anderson, NO COUNTRY FOR OLD MEN - NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME des frères Coen, Oscar du meilleur film, et CHRONIQUE D’UN SCANDALE de Richard Eyre. Parmi ses prochaines productions figure THE DICTATOR de Larry Charles. Après avoir assisté certains des plus grands producteurs de Broadway, Scott Rudin dirige le casting de spectacles à succès tels «Pippin» ou «Annie». Il s’installe à Los Angeles en

1980 et y coproduit son premier film, MRS. SOFFEL de Gillian Armstrong. Il est ensuite producteur exécutif sur un documentaire, «He Makes Me Feel Like Dancing», qui rem- porte un Emmy et un Oscar. Il occupe les mêmes fonctions sur la minisérie «La Rançon de la gloire». Scott Rudin entre ensuite au département pro- duction de la 20th Century Fox, dont il assure- ra la présidence. Il y supervise la création de films comme PREDATOR de John McTiernan, ALIENS, LE RETOUR de James Cameron, LA MOUCHE de David Cronenberg, PIÈGE DE CRISTAL de John McTiernan, BROADCAST NEWS de James L. Brooks, WALL STREET d’Oliver Stone, ARIZONA JUNIOR de Joel et Ethan Coen, BIG de Penny Marshall ou encore WORKING GIRL de Mike Nichols. Au cours de sa longue carrière, Scott Rudin a

produit des films extrêmement variés. Au début des années 90, il produit ou assure la produc- tion exécutive de films comme L’EXPÉRIENCE INTERDITE de Joel Schumacher, FENÊTRE SUR PACIFIQUE de John Schlesinger, À PROPOS D’HENRY de Mike Nichols, LE PETIT HOMME de Jodie Foster, LA FAMILLE ADDAMS et LES VALEURS DE LA FAMILLE ADDAMS de Barry Sonnenfeld, SISTER ACT d’Emile Ardolino et SISTER ACT, ACTE 2 de Bill Duke, JENNIFER 8 de Bruce Robinson, LA FIRME et SABRINA de Sydney Pollack, À LA RECHERCHE DE BOBBY FISCHER de Leslie Harris, UN HOMME PRESQUE PARFAIT de Robert Benton, L’AMOUR EN ÉQUATION de Fred Schepisi, CLUELESS d’Amy Heckerling. La fin des années 90 est mar- quée par LE CLUB DES EX de Hugh Wilson, MOTHER d’Albert Brooks, LA RANÇON de Ron Howard, MARVIN’S ROOM de Jerry Zaks, IN AND OUT de Frank Oz, L’HEURE MAGIQUE de Robert Benton, THE TRUMAN SHOW de Peter Weir, PRÉJUDICE de Steven Zaillian, SOUTH PARK, LE FILM de Trey Parker, À TOMBEAU OUVERT de Martin Scorsese, SLEEPY HOLLOW de Tim Burton, LES CENDRES D’ANGELA d’Alan Parker. À partir de 2000, Scott Rudin produit WONDER BOYS de Curtis Hanson, L’ENFER DU DEVOIR de William Friedkin, SHAFT de John Singleton, ZOOLANDER de Ben Stiller, LA FAMILLE TENENBAUM de Wes Anderson, IRIS de Richard Eyre, ORANGE COUNTY de Jake Kasdan, DÉRAPAGES INCONTRÔLÉS

de Roger Michell. En 2002, il a été produc- teur de THE HOURS de Stephen Daldry. Le film a été nommé à 9 Oscars, dont celui du meilleur film, et a remporté le Golden Globe

du meilleur film. Nicole Kidman a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice. Scott Rudin a produit par la suite des films comme ET L’HOMME CRÉA LA FEMME de Frank Oz, UN CRIME DANS LA TÊTE de Jonathan Demme, LE VILLAGE de M. Night Shyamalan, J’ADORE HUCKABEES de David O. Russell, TEAM AMERICA de Trey Parker, LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson, CLOSER, ENTRE ADULTES CONSENTANTS de Mike Nichols, LES DÉSASTREUSES AVENTURES DES ORPHELINS BAUDELAIRE de Brad Silberling, LA COULEUR DU CRIME de Joe Roth, PLAYBOY À SAISIR de Tom Dey, VÉNUS de Roger Michell.

Il était aussi le producteur exécutif de THE

QUEEN de Stephen Frears, cité à l’Oscar du meilleur film et pour lequel Helen Mirren

a obtenu l’Oscar et le BAFTA Award de la

meilleure actrice, et de NOUVELLE DONNE de Joachim Trier. Scott Rudin a également à son actif une so- lide carrière de producteur de théâtre et de spectacles. Il détient le Tony Award 1994 du meilleur spectacle musical pour «Passion» de Stephen Sondheim et James Lapine. Il a produit «Indiscrétions», cité au Tony Award de la meilleure pièce en 1995, et «A Funny Thing Happened On The Way To The Forum» de Jerry Zaks, ainsi que «Hamlet»,

«Seven Guitars» et «Skylight». Citons aussi «The Chairs», «The Judas Kiss», «Stupid Kids», «The Wild Party» avec le New York Shakespeare Festival, «Copenhagen», lau- réate du Tony Award de la meilleure pièce, «The Designated Mourner» et «The Goat», elle aussi Tony Award de la meilleure pièce. Il a aussi produit «Closer/Tout contre» de Patrick Marber à Londres et New York, et «On the Town», «The Blue Room», «The Most Fabulous Story Ever Told», «Amy’s View», «The Ride Down Mt. Morgan», «The Caretaker» à Londres, «Medea», «Caroline or Change», «The Normal Heart», «Qui a peur de Virginia Woolf ?» et «Doute» de John Patrick Shanley, lauréate du Tony Award de la meilleure pièce. Il a produit également «Red Light Winter», «Faith Healer», «The History Boys», qui a remporté le Tony Award de la meilleure pièce, «Shining City», «Stuff Happens», «The Vertical Hour» et «L’année de la pen- sée magique». Il est aussi le producteur des pièces jouées plus récemment «Gypsy», «Le Dieu du carnage», «Barrières», couron- née par le Tony Award 2010 de la meil- leure reprise, ainsi que «The House of Blue Leaves», «Jerusalem», «The Motherf**ker with the Hat», «The Book of Mormon», «One Man», «Two Guvnors» et «Mort d’un commis voyageur».

Steven Rales

ProduCteur

Steven Rales a fondé la société de production Indian Paintbrush en 2006, à Santa Monica. La société a produit des films comme À BORD DU DARJEELING LIMITED et FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson, LIKE CRAZY de Drake Doremus et YOUNG ADULT de Jason Reitman.

DU DARJEELING LIMITED et FANTASTIC MR. FOX de Wes Anderson, LIKE CRAZY de Drake Doremus et

Jeremy Dawson

ProduCteur

Jeremy Dawson poursuit sa collaboration avec Wes Anderson - une collaboration qui a débuté lorsqu’il était superviseur des ef