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Phamacie galénique LES COMPRIMES

I- Généralités:
Les comprimés sont des préparations solides contenant une unité de prise
d’un ou plusieurs PA. Ils sont obtenus en agglomérant par compression un
volume constant de particules. Les comprimés sont destinés à la voie orale
et on peut distinguer :
- Les comprimés nus (non enrobés) ;
- Les comprimés enrobés ;
- Les comprimés spéciaux.

1- Avantage :
- Emploi facile ;
- Dosage précis par unité de poids ;
- Milieu sec et condensé favorable à une bonne conservation ;
- Forme intéressante pour des PA peu solubles ;
- Prix de revient peu élevé ;
- Saveur désagréable masquée (enrobage) ;
- Possibilités d’une association de plusieurs PA incompatibles (Cp.
Multicouches) ;
- Prolongateur de la libération de certains PA (Cp LP).

2- Inconvénients :
- Sont parfois irritants pour la muqueuse gastro-intestinale ;
- Ne convient pas pour les PA liquides (sauf très faibles qtt) ;
- De mise en point (formulation) délicate.

II- Les comprimés non enrobés:


Ils comprennent les comprimés à couche unique ou à couches multiples.
1- Fabrication:
Les comprimés sont obtenus par compression et doivent alors répondre
à 2 qualités :
- Une cohésion entre les particules  dureté suffisante ;
- Un délitement facile.

a- Les adjuvants :
 Diluants :
Ce sont des poudres inertes (remplissage) [lactose, amidon, sels
minéraux].

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 Liants :
Utilisés secs, en solution ou en pseudo solution [gommes, MC,
CMC, amidon, PEG 4000-6000, PVP].
- Favoriser la cohésion des particules ;
- Réduire la force de compression

 Lubrifiants :
• Pouvoir glissant : Amélioration de la fluidité de la poudre lors
de l’écoulement dans la trémie, ce qui assure un bon
remplissage de la chambre de compression et donc régularité
du poids des cps.
[Talc, amidon, acide stéarique, silice …].
• Pouvoir anti-adhérant : diminution de l’adhérence des
particules ou grains aux poinçons et à la matrice.
• Pouvoir antifriction : réduction des frictions entre les
particules ce qui assure une meilleur transmission de la force
de compression dans le mélange à comprimer, de plus ils
donnent un bel aspect brillant aux comprimés. Ils sont
ajoutés juste avant la compression sous forme de poudre en
quantité assez faible (0,5 à 2%).
[Stéarate de Ca, Zn, Al et acide stéarique …]
On peut utiliser des lubrifiants en solution dans un solvant
volatil (PEG 4000-6000, benzoate de Na …).

 Délitant :
Accélération de la désintégration des comprimés et ainsi la
libération du PA :
- Produits de solubilité ≠ à celle des PA (amidon, lactose, sels
minéraux) ;
- Produits gonflants dans l’eau (CMC, amidon …) ;
- Mélanges effervescents.

 Mouillants : Compenser les propriétés hydrophobes de certains


PA.
 Substance tampons :
- Protéger le PA contre les variations du PH au cours de la
conservation ;
- Réduire l’action irritante du PA au niveau des muqueuses
(glycocolle, sels de calcium) ;

 Colorants : Evitent les confusions et améliorer l’aspect.

 Aromatisants : masquer le goût

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b- Les procédés de fabrication :


i) Compression directe :
• Avantage :
- Application facile et rapide ;
- Réduction du nombre d’opération (gain de temps et
d’argent) ;
- Convient pour les PA sensibles à la chaleur et à
l’humidité.

• Formulation :
Le but est d’obtenir un mélange comprimable, il existe pour
cela deux possibilités selon la dose de PA :
- PA à forte dose, compression directe ;
- PA à faible dose (<20%), on ajoute des excipients pour
compression directe :
 Cellulose microcristalline (Avicel®) ;
 Amidon modifié ;
 Lactose spray dray.

• Compression :
Elle s’effectue dans une chambre de compression dont le
volume est adapté à la dose médicamenteuse.
La chambre de compression est limité latéralement par les
parois de la matrice et aux deux extrémités par des surfaces
mobiles appelées (poinçons) et dont le mouvement vertical
assure la compression.

ii)
ii) Granulation :
C’est le mode le plus utilisé, son but est de transformer 1 poudre
(PA + Excipient) en agrégats solides ± denses appelés « granules
ou grains ».
 Avantage :
- Densification du mélange de poudre ;
- Elimination de l’aire qui gène la compression ;
- Amélioration de l’écoulement ;
- Porosité supérieur des grains.

• Granulation par voie humide (GVH) :


1- Mélange :
PA + excipient ----> dans un mélangeur.

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2- Mouillage :
Il consiste à humecter le mélange avec un liquide de
mouillage additionné ou non d’un liant (mélange 
pâte).
Le liquide de mouillage ne doit dissoudre que
légèrement la poudre, pour cela on utilise souvent l’eau
mais dans le cas où :
- Le PA est trop soluble dans l’eau ;
- Le PA est altéré par l’eau (hydrolysable).
L’eau est ici remplacée par l’alcool ± dilué. Le mouillage
se fait dans un mélangeur malaxeur.
3- Granulation :
La pâte est contrainte à passer à travers :
- Une surface perforée (granulateur rotatif) ;
- Une grille calibrée (granulateur oscillant).
4- Séchage :
Dans des étuves ou dans des lits d’air fluidisé T° = 30 à
60°C.
5- Tamisage :
6- Compression :
La GVH peut s’effectuée en lit d’air fluidisé muni d’une buse
de pulvérisation ou en turbine.

• Granulation par voie sèche (GVS) :


Elle est utilisée lorsque le PA est thermosensible,
hydrolysable ou très soluble dans le liquide de mouillage.
1- Mélange :
PA + excipient + liant (sous forme de poudre sèche).
2- Compactage ou précompression :
C’est une compression à l’aide de presses :
- Presses à comprimer qui donnent des comprimés très
dures appelés « briquettes » ;
- Presses à cylindres où la poudre est compactée en
plaques entre les 2 cylindres.
3- Broyage - Tamisage:
Les briquettes ou les plaques sont concassés et les grains
sont tamisés. Ce procédé est plus long, chère et utilisé en
dernier recours.

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III- Comprimés enrobés :


Leurs surface est recouverte d’une où de plusieurs couches de diverses
substances, ils sont constitués :
- D’un noyau qui est un comprimé nu ;
- D’une couverture.
1- Intérêt de l’enrobage :
- Masquer une saveur, odeur ou couleur désagréable d’un
comprimé ;
- Protéger le PA contre les agressions extérieurs (oxygène, lumière,
humidité … ou l’action des sucs digestifs ;
- Protéger la muqueuse digestive contre l’action irritante de certains
PA ;
- Prévenir certaines incompatibilités ;
- Modifier la libération de certains PA.
2- Procédés d’enrobage :
a- La dragéification :
C’est une technique d’enrobage classique, elle consiste à appliquer
sur le noyau un sirop de sucre ± épais, qui par évaporation, du
solvant se cristallise et forme une dragée. Les noyaux doivent être
suffisamment bombés.
1- Appareillage :
La dragéification est réalisée dans des turbines qui sont des
récipients ± sphériques en cuivre ou en acide inoxydable
tournant autour de leur axe qui est incliné à 45°.
Les turbines sont équipées d’un dispositif permettant d’insuffler
de l’air chaud ou froid selon les phases de l’opération.
Certaines turbines ont leur parois perforées ce qui permet le
passage de l’air à travers les dragées.

2- Etapes de la dragéification :
 Vernissage :
Ou isolement du noyau dans le but de le protéger contre
l’humidité des liquides provenant des étapes suivantes.
Il consiste à appliquer sur le noyau, 1 vernis composé d’une
résine (gomme laque, acétate de polyvinyle, macrogol
20000 …) en solution dans un solvant non aqueux et volatil
(alcool 96°, acétone …) et parfois des substances
hydrophobes (paraffine, huile de ricin, cire …) dans le but de
rendre le vernis imperméable.
Le choix du vernis est très important car il a une influence
sur la vitesse de délitement.

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 Gommage :
Son but est de faire adhérer les couches ultérieures de
montage.
Il consiste à fixer sur le noyau alternativement une solution
adhérente (sirop de sucre, solution de gélatine ou de
gomme arabique) et une poudre de gommage à base de
talc, de gomme arabique et produits divers.

 Montage ou grossissage :
Il conduit à la forme et au volume de la dragée et consiste à
additionner successivement un sirop ± cuit (concentré et très
chaud au départ pour faire grossir la dragée.
Le séchage de chaque couche de sirop est assurée par un
courant d’air chaud (dilué à la fin pour combler les
irrégularités de surface ‘lissage’ en provoquant une
cristallisation lente et fine du sucre.
Le séchage est assuré par un courant d’air froid, les dragées
sont étuvées plusieurs heures pour parfaire le séchage.

 Coloration :
Par application du même sirop que celui du lissage, auquel
on a ajouté un colorant.

 Lustrage ou polissage:
Son but est de donner un bel aspect brillant aux dragées.
Il consiste à introduire dans la turbine en mouvement des
cires (d’abeilles, carnauba, synthétique …) en solution dans
un solvant volatil ou sous forme de pain ou copeaux qu’on
laisse tourner un certain temps avec les dragées.

b- Enrobage à base de poudre :


- Le sirop de sucre est remplacé par des poudres très fines de :
talc, amidon, carbonate de Ca … délayées dans un sirop de
sucre ou dans une solution de gomme arabique diluée.
- La couverture obtenue est moins dure et + résistante à la
chaleur et à l’humidité que celle d’une dragée.
- Ce procédé est plus économique et plus rapide que la
dragéification.

c- Pelliculage :
Les comprimés sont recouverts d’une fine pellicule, sans modification
de poids ou de forme, la pellicule est constituée :

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- D’agents
D’agents filmogènes
filmogènes :
- Leur solubilité conditionne le mode d’action des comprimés, on
utilise :
 Des polymères gastrosolubles : HPMC …
 Des polymères gastrorésistant (entérosoluble) : Acétophtalate
de cellulose, phtalate d’HPMC …
 Des polymères insolubles : EC, polymère méthacryliques.

- D’agents plastifiants :
Ils améliorent la résistance mécanique du film et assure sa
souplesse ce qui permet un meilleur étalement.

- Des poudres de charge :


Elles sont ajoutées afin de :
 Dissimuler un aspect ou une couleur désagréable ;
 Réduire la sensibilité à la lumière ;
 Eviter le collage des noyaux entre eux.
Exemple : talc, oxyde de titane.

Les liquides d’enrobage sont des solutions ou dispersions aqueuses


organiques, ils sont introduits soit dans des turbines soit dans un
séchoir à lit d’air fluidisé. Le matériel utilisé doit être équipé d’un
dispositif anti déflagrant lorsque le solvant est organique (pour éviter
l’explosion, inflammation …).

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