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Le Diffusionnisme

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REPUBLIQUE DU BENIN @@@@@ UNIVERSITE D’ABOMEY CALAVI @@@@@@@ FACULTE DES LETTRES, DES ARTS ET DES SCIENCES HUMAINES

@@@@@@@@@ DEPARTEMENT DE SOCIOLOGIE –ANTHROPOLOGIE @@@@@@@@@@@@

COURS : HISTOIRE DE L’ANTHROPOLOGIE

THEME

LE DIFFUSIONNISME

Sur la supervision de Mr Gomido Jean-Marie BOTCHI

Année académique : 2012 – 2013

EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME

LISTE DES MEMBRES 1. DAKE 2. DAKPO 3. AGBAZAHOU 4. KOUNOUDJI 5. VIGAN 6. ABATTAN 7. AGBACLA 8. NITCHA 9. TCHOGBE 10.MIGNONNOU 11.MAMA 12.DOSOU-YOVO 13.ADOHOUMON 14.ABDOU-LAYE 15.AMIDOU 16.AKPAMOLI 17.AFFAMOU 18.D’ALMEIDA Expédit Lydie Paulette Cécile A. D. Jéros Hermann Judith Débora Pascal Joachim Ayouba Maximus Germain Mouttalib Zikirou Hermine Marceline Gilchrist 67891373 94307718 67599738 96884187 66741598 64530945 96799668 96521812 64621440 68348567 (Responsable du groupe) 65176929 97751677 66016135 97695839 94823020 97318953

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EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME

PLAN
Introduction I- /Définition et Contexte A) Définition B) Contexte II-/Les idées forces et les auteurs III-/Les Critiques du diffusionnisme Conclusion

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EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME

INTRODUCTION

Il existe certes un sens sociologique du terme « diffusion » qui se rapporte à la seule propagation des idées, soit directement, de bouche à oreille (rumeur), soit indirectement, par le livre et les moyens de propagande dits audio-visuels. Il s'agit là d'un sens restreint, que l'on ne retiendra pas ici. Dans un autre sens, celui que lui donne l'anthropologie culturelle, il se rapporte à la propagation de traits culturels, aussi bien spirituels (institutions sociales, mythes ou rites) que matériels (types de céramique, techniques agricoles, etc.), de la société où ils sont apparus à des sociétés culturellement différentes. Or, justement, les recherches des ethnologues ont bien montré entre des cultures géographiquement proches sans doute, mais aussi parfois fort différentes les unes des autres, l'existence de faits de récurrence, qui ne peuvent être expliqués seulement par les lois du hasard. L'évolutionnisme expliquait ces faits de similitude en postulant que toute civilisation passe, au cours de son histoire, par les mêmes étapes de développement. Les partisans du parallélisme ont recours à la notion de convergence : ces similitudes proviennent de ce que les esprits humains en tant que tels étant partout identiques, les mêmes traits culturels peuvent être inventés en divers endroits sans qu'il y ait emprunt, ou encore de ce que, par suite de la similarité des milieux soit extérieurs (savane, forêt), soit intérieurs (mentalités collectives), des institutions et des techniques très différentes à l'origine tendent en se développant à se ressembler de plus en plus, d'une façon externe, d'ailleurs, bien plus que dans leur structure profonde. Le diffusionnisme enfin explique ces mêmes similitudes par des emprunts entre sociétés et cultures différentes.

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EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME

I-/Définition et Contexte
A) Définition
Le diffusionnisme est, en anthropologie et sociologie, une appréhension des cultures humaines par leur distribution dans l'aire, leur historicité et les dynamiques géographiques associées. Le diffusionnisme va s'institutionnaliser en tant que courant de pensée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle notamment en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. Première critique de l'évolutionnisme, le diffusionnisme est considéré comme la deuxième grande théorie anthropologique après celui-ci.

B) Contexte
On peut considérer Boas comme le père du diffusionnisme, même si l'idée de diffusion existait avant lui. En effet, dans sa critique de l'évolutionnisme, il ne veut pas renier l'histoire, mais substituer à l'« évolution biologique » une autre forme d'évolution, qu'il appelle l'« évolution culturelle » : « Aucun événement ne se passe dans la vie d'un peuple sans produire des effets sur les générations postérieures. » Le grand problème consiste alors à distinguer quand les éléments culturels semblables sont le fruit de l'unité psychique des hommes (convergence) ou, au contraire, d'emprunts. Comme les sociétés sur lesquelles il travaillait, celles des Indiens d'Amérique du Nord, ne possédaient pas de documents historiques, il lui fallait trouver une méthode originale pour résoudre ce problème. Cette méthode est la suivante : 1. elle considère chaque culture comme composée d'un certain nombre de traits culturels relativement indépendants, dont certains peuvent passer dans d'autres cultures ; 2. elle refuse de prendre un trait culturel isolé, mais considère toujours un ensemble de traits culturels liés (principe de complexité) ; ainsi, un conte contient un certain nombre de thèmes qui forment des séquences et, si on retrouve en deux endroits différents les mêmes thèmes dans une même séquence, ce ne peut être un fait de hasard, il s'agit d'un phénomène de diffusion si ces mêmes séquences thématiques se retrouvent dans une aire continue – c'est-à-dire sans interruption géographique –, on a de plus fortes raisons encore de penser à une diffusion d'un centre à la périphérie de cette aire, la périphérie étant délimitée par la perte de certains éléments de ces séquences : c'est le principe de l'aire continue. Soit, en effet, un mythe de six éléments (XACEGV) dans une aire de distribution continue à la périphérie, certains éléments disparaissent (XACV, XAGV, XACG, XCEV), mais les éléments qui restent appartenant à la même combinaison et se trouvant dans une aire continue

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EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME

II-/Les idées forces et les auteurs
Le diffusionnisme qui a été théorisé par des auteurs tels que Boas, Kroeber, Grabner, Frobenius, procède d’une critique de l’évolutionnisme et du fonctionnalisme. Il est fondé sur le postulat que les inventions naissent dans des cercles culturels restreints à partir desquels elles se diffusent. Par conséquent, les sociétés se développent beaucoup plus par emprunt et par imitation à la suite des contacts culturels provoqués par les migrations ou par les guerres. Ainsi par exemple, l’apparition de deux traits culturels similaires dans deux sociétés distinctes sera appréhendée par les diffusionnistes comme le résultat d’emprunt direct ou indirect fait par l’une des sociétés à l’autre. Ce postulat interprété à l’extrême, fait du diffusionnisme un évolutionnisme qui refuse de s’assumer dans la mesure où selon leur logique, la civilisation serait partie d’un cercle restreint que certains ramènent à l’Egypte. Ce sont toutes ces ambiguïtés qui ont fait dire à Lombard (1994 : 44) que comme l’évolutionnisme, le diffusionnisme croît à l’égalité des hommes et à l’inégalité des cultures, le monde présentant des foyers culturels plus avancés que d’autres. Par contre, il n’affirme que la même confiance dans le génie de l’homme et sa faculté à progresser par invention. Cependant, certains auteurs, notamment Boas, ont su analyser le concept de culture de manière dialectique en montrant que les causes de transformation, de changement social sont à la fois internes et externes. En, effet « l’emprunt culturel ne peut lui-même s’effectuer que dans certaines conditions liées aux structures de la société réceptive (Pottier 1989 : 34).

III-/Les Critiques du diffusionnisme
L'hyper-diffusionnisme est complètement abandonné. Car il repose sur des similitudes si extérieures et si fragiles qu'il ne peut convaincre personne : par exemple, « les plates-formes en pierre de Polynésie, les tertres de la vallée de l'Ohio sont tenus pour des formes vestigiales ou marginales des pyramides [...]. Le fémur d'un roi africain mort, conservé à des fins rituelles, représente une diffusion de la momification égyptienne. Toute grosse pierre commémorative passe pour un monument mégalithique de même origine » (Herskovits). L'absence, dans cette doctrine, de tout critère de diffusion fait que nous avons affaire ici à une caricature du diffusionnisme. L'école historico-culturelle n'a plus, en dehors du Cercle de Vienne, que de rares représentants. Car, si elle est plus prudente dans ses reconstitutions historiques, elle ne tient pas suffisamment compte de la distance. On trouverait par exemple, en Océanie chez les Papous, en Afrique occidentale et au Congo, dans quelques cultures indiennes d'Amérique du Sud, des « complexes culturels »
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EXPOSE SUR LE DIFFUSIONNISME semblables : sociétés secrètes avec masques, cannibalisme, boucliers en jonc et en bois, xylophones et flûtes de Pan, etc. Peut-on en déduire une origine unique à partir de laquelle ce complexe se serait diffusé ? Mais, comme le remarque Herskovits, ces éléments « ne forment un complexe que dans l'esprit du savant ; ils n'ont pas d'association fonctionnelle dans les régions où ils se manifestent ». Les principes mêmes à partir desquels cette école a pu se fonder, les idées d'aire chronologique et de diffusion concentrique, ont été critiqués sévèrement par Dixon, car si les faits de diffusion existent bien, la diffusion se fait en général « sans ordre », elle ne va pas toujours d'un centre à la périphérie, mais le plus souvent, au contraire, ces éléments ont une « origine marginale » ; enfin, lorsqu'on passe d'une culture à une autre, les emprunts sont tellement modifiés par la culture qui les prend qu'il est fort hasardeux d'essayer de les reconnaître. Le caractère arbitraire des reconstitutions élaborées par l'école historico-culturelle a fait abandonner ce genre de recherches à partir de 1930 environ. Toutefois, l'élimination de l'hyper-diffusionnisme, comme celle des reconstitutions hasardeuses de l'école austro-allemande, n'empêche pas l'ethnologie contemporaine de conserver, dans son système théorique, le concept de diffusion à côté de celui de convergence. Seulement, ce concept de diffusion est de plus en plus raffiné.

CONCLUSION
Le diffusionnisme n’admet qu’un type de changement celui qui vient de l’extérieur puisque tout s’explique par l’emprunt ou la contagion. Il ne prend pas en compte les conditions d’éloignement. Et surtout, il postule que les sociétés sont incapables de se restructurer elles-mêmes, et sous-estime manifestement l’innovation et la créativité humaine.

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