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Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du persan sur le manuscrit conservé à la "Bodleian Library"
Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du persan sur le manuscrit conservé à la "Bodleian Library"

Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du

persan sur le manuscrit conservé à la "Bodleian Library" d'Oxford,

publiés [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Ham Nšpr, al-Dn ab al-fat Omar bin Ibrhm (1048-1131). Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du
Ham Nšpr, al-Dn ab al-fat Omar bin Ibrhm (1048-1131). Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du

Ham Nšpr, al-Dn ab al-fat Omar bin Ibrhm (1048-1131). Les Quatrains d'Omar Kháyyám, traduits du persan sur le manuscrit conservé à la "Bodleian Library" d'Oxford, publiés avec une introduction et des notes, par Charles Grolleau. 1902.

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BmHjj^3ïiSiEBOEE3

Tiré

à cinq

cents exemplaires,

et paraphés

par

l'éditeur,

15 sur

3o

455

sur

sur

papier

papier

vergé

de

du

Chine,

Japon,

d'Arches,

de

de

de

tous numérotés

savoir

i

i6

46

à

à

15 ;

45

;

à 5oo.

:

LES

QUATRAINS

d'Omar

traduits

conservé

à

du

la

Khâyyâm

sur

le

manuscrit

persan BODLEIAN LIBRARY d'Oxford

publiés avec une Introduction

PAR

et des Notes

CHARLES

GROLLEAU

CHAT{fES

CAT{1{mGTCm

i3,

Faubourg

PARIS

Montmartre

1902

A

ALBERT

SÉR1EYS

Son

ami

C.

G.

INTRODUCTION

JJVTTiOmiCTlOJV

m&£$\

J|§ip

A P°^s'e

a cec'

aussi

bien

par

de divin

qu'elle

son

essence

que

échappe,

par

ses

manifestations,

bitions

aux

mensonges et des musées.

dorés

des

exhi-

On

l'entend

ou

on ne l'entend

pas

:

c'est

af-

faire

de

mais

on

surdité

ne

peut

ou

de

clairaudience

l'abstraire

de

la

spirituelle,

vie

intérieure

dont

elle

est

clouer,

morte,

l'expression

au mur

d'une

Pourtant,

participe,

figée

dans

une

dans

le

certaine

musicale,

pour

la

galerie.

langage

mesure,

humain,

elle

à

ses infir-

mités

dont

la plus

grande

est

d'être

multiforme,

2

-(

,0

)«-

ce qui

de l'expression

limite

son pouvoir,

au double

et de la transmission

point

de vue

universelle.

De

l'aveu

même

de

ceux

qui

nous

apportent

ses

indicibles

sont

qu'un

perçues.

Que

l'oeuvre

à

forme

native

beauté

?

les

beaux

vers

messages,

plus

ne

ont

faible

écho

des

donc,

prétend

harmonies

qu'ils

dirons-nous

tour,

et

lorsque,

en

reprenant

change

son

le traducteur

nous

en

la

la

conserver

Besogne

Par

quel

ingrate,

sortilège

s'il

en

est-il

fut

jamais.

possible

qu'une

étude

fervente

à

celle

nous

initie

à la beauté

intime

et

essentielle

extérieure

comme

d'un

chef-d'oeuvre

en langue

de

étrangère,

et

devenus

conscients

et

que,

l'émotion

 

subie,

nous

ne

pouvant

puissions

l'analyser

la

en

disserter,

notre

mée?

restituer

et

non

dans

défor-

langue

maternelle,

intégrale

Faut-il

conclure

de cette

faiblesse

à

l'inanité

des

traductions?

qu'elles entr'ouvent,

de nouvelles

serait,

lueurs

cas,

en

tout

Ce

serait

du moins,

fermer

et qui

la

porte laisse filtrer

de l'universelle

Beauté.

Ce

laisser

sans aliment

le

désir

légitime

par

elles,

et très

vers

fécond

d'aller,

le chef-d'oeuvre

à travers

lui-même.

elles

et

Quand

il

s'agit,

d'ailleurs,

incontesté,

les

les

traductions

différences

et

l'original

d'un

chef-d'oeuvre

que

l'on

note

entre

sont

intéressantes,

parce qu'elles révèlent,

de l'incapacité du traducteur,

d'émotion

si elles

ne procèdent

pas

les multiples

intrinsèquement

motifs

cet

contenait

que

original.

Que

ceci

serve

de

préambule

et

d'excuse

à

la

offerte

duction

nombreux

traduction

par

des

d'Omar

français.

par

Quatrains

lecteur

du

J^hâyyâm,

Cette

que

tra-

de

reflétant

nous

au

se justifie,

reste,

ce fait

tous

manuscrits

existent,

—(

>2

)—

jusqu'à

un

certain

mais n'offrant

parfaite.

il

persan,

homogénéité

Il

serait difficile,

point

pas,

la

pensée

du

comme

celui-ci,

poète

une

est vrai,

d'affirmer

qu'il

est

le seul

les

parmi

ceux

conservent

est

cer-

de l'ère

cent

cin-

formelles,

celui

qui

des

bien

authentique

est

que

Ce

Bibliothèques

c'est

qu'il

qu'il

d'Europe.

qui ancien (1460

seulement

tain,

le plus contient

chrétienne),

quante-huit

sans contradictions

s'est

versions

quatrains,

la

peine

sans répétitions

vérifier

ce

de pensée

de

et, pour la

jour,

donné

plupart

donne

publiées

jusqu'à

l'impression

d'une

oeuvre originale.

Je ne songe point

à médire

du travail

de mon

devancier,

cieux,

qui

M.

Nicolas,

essaya

jadis

si érudit,

de

faire

si conscien-

connaître

en

France

l'oeuvre

honorable

de Khâyyâm.

tentative,

Ce

ne fut

fit

avorter

qui

cette

traduction

ce

pas tant

la

elle-même

que le choix

du manuscrit.

Des quatrains,

évidemment

apocryphes,

y abon-

-(

.3

y-

dent,

tiples

Du

la pensée

de son

fut,

de

maîtresse

se noie

même,

en

de

mul-

des

aux

de

répétitions.

fait

originalité

des

les

son

le livre

proie

Rubaiyat

scoliastes

l'âme

de

depuis

siècles,

en

toutes

écoles.

douloureux

L'indécision

Khàyyâm,

scepticisme

cherche

à

dans

qui

réel

s'apaiser

et du palpable,

son

ses cris

éducation

Destinée

que

les joies

d'angoisse

première

brèves

du

devant

la

lui

mon-

trait implacable,

vait bien apparaître

comme suffisamment et clairement expliqué, mais

son

voile

sa science

amère,

tout

cela pou-

prévenu

de

morne

et

d'un

pour

bré-

rêve

à l'observateur

non

la

phraséologie

de

orientale,

pailletée

enveloppant

brume

lui

et

les

cette

pensée

mystérieux

donnait

plaintive,

symbole,

eux seuls l'interprétation

viaires

l'aspect

en

horx

Soufis

revendiquèrent

définitive.

Petits

du

nocturnse

pessimistes,

impuissant,

partout

où

des

la

copies

langue

circulaient,

persane

sans

doute,

était

comprise

et

admirée,

les

motifs

thème.

et

que

-.(

14

)—

chacun

inscrivait

son

âme

exécutait

aux

sur

le

marges

même

Peut-être

des

quatrains,

s'appariant

quatrains

comme

pensée

authentiques,

l'oeuvre

de

vinrent

mais

de

originale,

redites

et

plates

le nombre,

grossir

des quatrains

dus

à l'âme

Khâyyâm.

Mais

la

destinée

de

vraiment

nouveaux

et

et

comme

forme

aux

s'ajoutèrent-ils

est

il

probable

ainsi

à

que

ridicules

amplifications

doute

désenchantée

sans

restreint,

du

vieux

cette

oeuvre

curieuse

n'était pas seulement

émouvante et simple, unique dans la littérature

que sa sobriété,

son

élégance

faire

: elle

persane,

fications

vir

contradictoires.

disparût

pour

place

devait

de rhétorique

à

des

de

motif

interprétations

à

des

ampli-

plus

tard

ser-

absolument

Celle

moins

qu'a

étrange,

voulue

et

j'en

M.

dirai

Nicolas

plus

n'est

loin

pas

quelques

la

mots.

nous

Les

écrits

tracer

Le

J'ai

savons

d'abord

-(

à

de

la vie

renseignements,

'5

y-

noter

rapidement

de

Khâyyâm.

glanés

çà

et

là

arabes

une

ou

persans,

très

biographie

ne permettent brève.

ce

dans

que

poète

astronome

naquit

probablement

que

les

de

en

l'an

433

de

Nishapour,

l'hégire

(1040

de l'ère

ville

alors

célèbre,

dont

chrétienne), la renommée

à

contrebalançait

que devait

ruiner

celle

pour

de

et

du

Bagdad au treizième

Caire,

et

jamais,

siècle,

le grand une date

n35;

les

massacreur

Gengis-Khan.

11 mourut

à

qu'il

est possible

de fixer

entre

témoignages

les plus

autorisés

1111 et

parlent

de

1123.

Son

nom

de Khâyyâm le métier

probable

père

mais

exerçait

il

est peu

paraît

indiquer

que son

de « fabricant

de tentes

»,

qu'il

l'ait

entrepris

à son

tour,

l'étude

culier,

son

des

existence

sciences

de l'astronomie.

ayant

été

toute

mathématiques

consacrée

et,

en parti-

à

-(

.6

)-

L'histoire,

l'élève

docteurs

de

ou

Muvaffiq

la

légende,

ed

Din,

de

Khorasan,

et

veut

un

des

qu'il

qu'il

plus

ait

condisciples

destinée

fut

et

amis

pour

extraordinaire.

deux

enfants

ait

été

fameux

eu

pour

dont

la

L'un

Nizam

Melik

Bey,

d'eux

ul

Mulk,

devait

le

porter

le

vizir

d'Alp

nom

Arslan,

célèbre

puis

Shah,

fondateur

fils

et petit-fils

de la dynastie

du

Tartare

Toghrul

des

Seljucides.

de

de

L'autre

était

Hassan

i Sabbah,

celui

qui

devait

être

le fameux

« Vieillard

de

la

secte

des

Haschichins.

de la Montagne

», chef

Ces

trois

amis

firent

ensemble

le

serment

de

s'aider

mutuellement,

au

cas

l'un

ou

l'autre

parviendrait

vant

souvenir

son

à la fortune.

désir,

fidèle

dans

une

que

garda

Omar

dut

de vivre,

sui-

médiocrité

ce

dorée,

au

de

serment

Nizam

ul

Mulk,

monté

au faîte

des grandeurs.

La

tomba,

destinée

disent

ce

certains

de

dernier

auteurs,

fut

plus

sous

amère.

le poignard

11

-(

>7

)-

d'un fanatique affilié à la secte sanguinaire d'Has-

san i Sabbah.

Les

Mulk,

Seljucides,

sous

se montraient

les

l'influence

protecteurs

de

Nizam

ul

éclairés

et

bienveillants

de

des

sciences

et des

arts.

Leur capi-

nom-

tale possédait

bre

dix bibliothèques Omar

et un grand l'observatoire

collèges.

de

dirigea

Merw

et

fut

l'un

des huit

astronomes

buèrent

à la réforme

du

calendrier

1074.

Après

Nishapour,

de Melik

la mort

où

Shah,

le

de

Nizam

ul

Sendfer,

Mulk,

sultan

semble

l'avoir

contri-

qui

musulman

en

il

revint

à

troisième

fils

de soins

entouré

et d'honneurs.

De

deux

seuls nous

ses ouvrages

scientifiques, : Démonstration

chez

un

sont parvenus,

d'algèbre (traduit

en

l'un

de problèmes

Leroux,

et publié et

Ernest

i85i,

Traité

Woepke),

sur quelques manuscrit

par

difficultés des définitions d'Euclide

à la Bibliothèque de Leyde).

(en

Divers

écrivains

-(

«8

)-

orientaux

nous

ont

conservé

les titres

Le

Zij

de sept

i Melik

autres

traités

:

Shahi,

tables

astronomiques

(probablement un résumé des travaux entrepris

pour la réforme

du calendrier)

;

Un Manuel

de science naturelle

(titre

inconnu);

Hl\awn

£/

Mizan

Wal

livre

de métaphysique;

TakUf,

livre

de métaphysique; traité

scientifique;

Wajud,

ulfiuhjn,

Lazoazim

ul

flmhjna,

traité

de

science

natu-

relle;

Un

Traité

sur les méthodes indiennes

pour l'ex-

traction

des racines carrées et cubiques.

Jemâl Eddin

El

Qifti

(xnie siècle de l'ère

chré-

tienne)

dit

de

lui

: « Khâyyâm

était

un

des pre-

miers

losophie

rification

savants de son époque,

de l'ancienne

Grèce

de

l'âme

par

connaissant

et exhortant

la phi-

à la pu- Son

de bonnes

actions.

était basé sur celui

prenant

système

politique

Les soufis de nos jours,

texte

de Platon.

de ses vers

-(

'9

K-

et

des

images

dont

il

se sert,

le

revendiquent

comme

un des leurs,

est

et

de

mais

et

il

est

sur

les

évident

des

idées

sa

que

basée

sur

religion

d'équité

de la religion « 11 encourut

purement

liberté

principes

générales

et

des

universelle.

le

blâme

des

ignorants

et

dut

le

fanatiques

nions.

moins

désir

garder

un

Le

pèlerinage

par

la

qu'il

inspiré de fermer

acte

bouche

silence

fit

à

la

de piété

sur

ses opi-

Mecque

que

par

fut

le

à

ses adversaires.

11

n'en

fut

pas

moins

 

considéré

par

beaucoup

comme

hétérodoxe.

»

Ses concitoyens

fanatiques.

étaient

d'ailleurs

turbulents

et

leur

ava-

Omar

Khâyyâm,

le libre

esprit,

était

un

scandale.

Il

dut

subir

de

cruelles

nies.

Ainsi

qu'il est incertaine.

Il

ne reste

quisse,

qu'à

est

dit

plus,

la date

de sa mort

plus

pour

haut,

achever

cette

brève

es-

de

la

tombe

du

rappeler,

au sujet

-(

2o

y-

vieux poète, cette délicieuse histoire,

la saveur

a toute

Nizami-

première

11 i2-i3),

Isfi-

qui

de

la

d'une

légende.

le

Elle

se

lit

i'Aruzi

de

moitié

du

xii'

«

En

l'an

Imam

Omar

dans

Chahar

Makala

Samarcande,

siècle

:

de

l'Hégire

Khâyyâm

écrit

5o6

dans

D.

(A.

et

Muzaffar

Kwaja

zari

chands

Au

s'étaient

milieu

arrêtés

à Balk,

dans

d'esclaves,

du

et je me joignis nous

que

repas

la rue

des Mar-

à leur

société.

fîmes

ensemble,

j'entendis

dire

:

«

fois

« Ma

par

Omar,

tombe

an des

«

cet

argument

sera située

en

arbres

laisseront

de

un lieu

la Vérité

»,

où deux

leurs

tomber

« fleurs.

bien

qu'il

» Cette

assertion

fût

certain

pour

me

moi

parut

qu'un

incroyable,

tel

homme

ne pouvait «

prononcer

j'arrivai

(A.

Quand

53o

l'Hégire

D.

des

paroles

à

Nishapour,

n35-36),

oiseuses.

il

y

en

l'an

avait

de

déjà

quelques

était

voilé

années que le visage

par

la poussière

et

de ce grand

que

homme

ce bas monde

était

naissais

privé

de

sa présence.

pensée

Comme

droits

lui

je

recon-

maître,

sur

ma

les

d'un

escorté

visiter

le lieu

de sa sépulture,

conduisit

sur

j'allai

guide.

Hira;

par un

de

et

Celui-ci

je tournai

me

au

cimetière

à gauche,

ses indications,

découvris

mur

sa tombe.

par-dessus

lequel

Elle

se trouvait

des poiriers

au pied

d'un

et des pêchers

balançaient

fleurs

y

leurs

étaient

branches,

tombés

et tant

qu'elle

en

de pétales

de

était

entiè-

rement

recouverte.

Alors

qu'il

je

me

avait

mis

la terre

et

dit

devant

moi,

à pleurer,

parce

dans

toutes

les

je

me

en

la

que,

cité

sur

régions

souvins

de

de Balkh,

la surface

du globe

ce

et

de

ha-

bité,

Que

sa miséricorde!

n'ai

je

Dieu

jamais

qu'il

»

Cette

tombe

est,

vu

quelqu'un

de pareil

à lui.

soit

béni

paraît-il,

et exalté

— l'ait

en

visible

encore.

11 y

années

à peine,

provenaient

par

a quelques

dont

recouvre,

les

boutures

furent

plantés

deux

petits

du jardinet

rosiers,

qui

la

les soins

de YOmar

-(

22 y-

J(hâyyâm

révélateur

Club sur la tombe

de son enthousiaste

:

le

poète

anglais Fitz

Gerald.

C'est

à

ce

doit

Khâyyâm veau l'auréoler.

délicieux

ce reflet

écrivain,

de gloire

en effet,

que

qui vient

à nou-

Dr

Dans

la première

Thomas

Hyde

moitié

avait

cité

du

xvne

quelques

siècle,

le

quatrains

dans

son

livre

Veterum

Persarum

début

du

xvme

siècle,

Sir

Gore

7{e!igio;

Ouseley

au

don-

nait

la première

traduction

anglaise

de quelques

autres;

tall transcrivit

en 1818,

le baron

quelques

Von

rubaiyat

toire

des

lettres

persanes;

en

Hammer

Purgs- dans son His-

1827,

Friedrich

Rùckert,

dans Grammaiik

Poetik

und 7{hethorik

der Verser, produisit

tions des vers de Khâyyâm.

à l'appui

de

ses disserta-

Tout

cela ne sortait

pas du cadre des savantes

recherches

où se complaisent

les orientalistes.

-(

23

)-

Ce

fut

Edward

et profond

érudit,

lège

» à Calcutta,

Byles

Cowell,

du

président

fit

connaître

qui

un

admirable

« Sanscrit

Col-

à Fitz

Gerald

le chef-d'oeuvre

persan.

11 avait

lui-même

publié,

dans

la

Calcutta

T^eview,

un

travail

des plus

re-

marquables, une pénétrante analyse des quatrains

d'Omar qu'illustraient des citations nombreuses.

Fitz

Gerald,

que

la

tournure

de

son

esprit

d'avance

désignait

de

ce

pessimisme

pour

être

original,

l'éloquent

après

de

interprète

conscien-

cieuses

chez

des

études

Quaritch,

Rubaiyat.

et

en

une

initiation

patiente,

publia

1859,

'a première

traduction

Cette

mince

brochure,

et

tirée

à deux

sans

cent

cin-

nom

d'au-

Les

deux

entre

les

pour

len-

quante exemplaires

teur, n'éveilla pas l'attention

imprimée

par

publique.

l'auteur

cents exemplaires

mains

laissés

de

son

libraire,

restèrent

qui

longtemps ne les écoula

à ce dernier,

au prix

compte

tement,

que

de un penny.

—(

24

)-

]]

toute

amer,

d'être

tré,

tenait

faut

dire

qu'avec

bruyante,

qui

un

de

élégant

mépris

célébrité

Fitz

l'ami

le

doublé

ne

d'un

pas

l'on

scepticisme

cependant

rencon-

ait

qui

qui

fut

Gerald,

le plus

silence

laissa

que

fervent

sur

cette

lui

un

garda

production

Carlyle,

fort

à coeur.

cependant

de ses intimes,

qu'il

estimait

n'apprit

infiniment,

la paternité vers

que

de

1873.

ce poème,

Dante

Gabriel

Rossetti

fut,

à découvrir

la brochure

dans

dit-on,

la

boîte

le premier

de

Qua-

ritch.

On

Quant

verture

ne compte

plus

à la première,

aujourd'hui

une petite

de papier

brun,

son

prix

aujourd'hui

Manche.

qu'aux

bibliophiles

les

rééditions.

plaquette

à cou-

n'est

abordable

rentes

d'outre-

Disons

son

auteur,

de

suite

que

les

libertés

Fitz

les

Gerald

a pris,

plus

grandes.

A

avec

l'ar-

rangement

<