Vous êtes sur la page 1sur 102

220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 1

M I C R O M É G A

Chimie 1 re
S
LIVRE DU PROFESSEUR
DEUXIÈME ÉDITION

Sandrine Mathevet
Professeur au lycée Aux Lazaristes à Lyon

Karine Vasseur
Professeur au lycée La Martinière Monplaisir à Lyon

Joseph Thoral
Professeur au lycée Honoré-d’Urfé à Saint-Étienne

Ghislain Garcia
Professeur au collège Le Mourion à Villeneuve-lès-Avignon

sous la direction de

Jean-François Le Maréchal
Maître de conférences à l’École Normale Supérieure de Lyon

H AT I E R
220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 2

SO M MAI R E

Partie I. La mesure en chimie


1 Grandeurs physiques et quantité de matière . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Solutions ioniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3 Concentrations d’une solution ionique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Le coin bac Solutions aqueuses ioniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4 Conductimétrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5 Réactions acido-basiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
6 Réactions d’oxydoréduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Le coin bac Réactions acido-basiques – Réactions
d’oxydoréduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
7 Titrages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Le coin bac Conductimétrie et titrages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

Partie II. La chimie créatrice


8 Introduction à la chimie organique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
9 Groupes caractéristiques et réactivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Le coin bac La chimie créatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93

Partie III. L’énergie au quotidien


10 L’énergie en chimie ................................................................... 95

© HATIER, PARIS, 2005 ISBN 2-218-75127-5


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 3

Grandeurs physiques
1 et quantité de matière

La précision de la mesure est un aspect présent dans ce


ASPECTS PÉDAGOGIQUES chapitre et plus généralement dans tout le manuel, confor-
mément aux instructions du programme. Dans ce premier
ET SCIENTIFIQUES chapitre, la précision d’une mesure est centrée sur l’étude
de la précision de la verrerie. Cette approche sera réinves-
1. Introduction tie au chapitre 4 (Conductimétrie) puis au chapitre 7
(Titrages), comme cela est spécifié au B.O. Il est essentiel
Ce chapitre couvre le paragraphe I.A. et une partie du para- que l’élève sache que le résultat d’une mesure ne peut être
graphe I.B. du programme officiel (pages 196 et 197 du donné par une valeur exacte et qu’à chaque résultat est
B.O.). Le paragraphe I.A. est traité en activités et donne le associée une incertitude. Celle-ci dépend du matériel
ton de nombreux exemples et exercices. Du paragraphe I.B., choisi et des conditions d’utilisation de celui-ci. Des ren-
nous traitons le point 1 (Masse, volume, pression) et ses vois à des fiches techniques sont affichés par le logo FT
applications telles qu’elles sont spécifiées dans le point 3 tout au long de l’ouvrage.
(Applications au suivi d’une transformation chimique).
Cela fait du premier chapitre un chapitre de révisions qui
rappelle les notions fondamentales liées aux quantités de 3. Activités de découverte
matières des solides, des liquides (masse, volume) et des gaz et activités d’exploitation
(masse, volume, pression, volume molaire) dans le cas des Les concepts abordés dans ce chapitre apparaissent dans les
composés moléculaires. Tout ce qui est spécifique aux activités de découverte ou dans les activités d’exploitation.
composés ioniques est regroupé dans les chapitres 2 et 3. Les activités de découverte, placées avant le cours, permet-
Ces notions s’articulent dans le cours autour de trois parties : tent de faire le point sur ce que sont des grandeurs et sur leur
• La première partie montre brièvement l’intérêt historique importance pour décrire quantitativement un système
de la mesure en chimie. chimique.
• La deuxième partie permet de rappeler comment calculer Les deux activités courtes permettent de rappeler les notions
une quantité de matière à partir de la valeur de la masse m et de pression p, de volume V, de température T et de quantité
du volume V d’un liquide. La définition de la masse volu- de matière n, décrivant l’état gazeux. Les exemples proposés
mique est rappelée. À chaque mesure on associe la précision permettent de donner du sens à de telles grandeurs, condui-
de la mesure qui dépend de l’instrument utilisé. La définition sant ainsi l’élève de se les réapproprier.
de la concentration c d’une espèce chimique en solution est L’analyse d’une étiquette d’eau minérale a été choisie car
rappelée. Elle sera utilisée dans un exercice résolu avec elle met en évidence les grandeurs physiques utilisées à
l’eau oxygénée. L’équation d’état du gaz parfait est rappelée l’occasion d’un exemple de la vie courante. La nécessité
ainsi que la définition du volume molaire des gaz. d’afficher les valeurs de ces grandeurs est une obligation
• La troisième partie reprend l’étude du tableau d’avance- légale pour certains produits, en lien avec la sécurité
ment et du bilan de matière : on utilise la réaction du cal- des consommateurs ou la surveillance et la protection de
caire avec l’acide chlorhydrique. La production d’un gaz per- l’environnement.
met une étude à pression constante et une autre à volume Le tableau d’avancement associé à une réaction chimique
constant. étudié en fin de Seconde, est repris à partir de l’exemple
simple de la réaction du fer avec le soufre. Cet exemple a
2. La mesure été choisi car l’équation chimique correspondante est sim-
La mesure en chimie est fondamentale ; elle est constitu- ple, et son exploitation permet d’aborder de nombreuses
tive du développement de cette science, en particulier suite notions du chapitre. Le tableau d’avancement permet de
aux travaux de Lavoisier. Mesurer est une des activités de mettre en évidence le réactif limitant d’une réaction en envi-
base du chimiste, tant dans le domaine appliqué (contrôle) sageant plusieurs hypothèses. Les réactions secondaires de
que dans le domaine fondamental. Cette idée, exprimée la réaction étudiée mettent en valeur certains détails d’or-
dans les commentaires du programme, est traduite dans dre expérimental, comme les précautions de sécurité entou-
notre premier chapitre par une étude minutieuse de diffé- rant cette réaction. On souligne ainsi le caractère nocif de
rentes méthodes pour accéder à une quantité de matière. certaines espèces chimiques.
L’élève doit prendre conscience que certaines grandeurs se
Note : Dans tous les tableaux d’avancement de l’ouvrage, les quantités de
mesurent directement (masse, volume…) et que d’autres, matière sont exprimées en mole.
comme la quantité de matière, se déduisent d’une mesure.
Ce dernier aspect constitue une des difficultés de cette Deux activités d’exploitation, situées après le cours, per-
notion, qui serait probablement plus simple à enseigner s’il mettent d’appliquer les connaissances acquises.
existait des « molomètres ». Ce chapitre, conformément L’activité 5 intitulée la chimie des airbags permet de tra-
aux attentes du programme officiel, a comme objectif que vailler sur plusieurs équations chimiques successivement,
la grandeur quantité de matière cesse d’être une difficulté et pour chacune, d’utiliser l’outil tableau d’avancement, dont
pour les élèves. la maîtrise est essentielle en ce début d’année scolaire.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 3


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 4

L’activité 6 est une activité expérimentale mettant en jeu un


capteur de pression. Elle permet de déterminer la quantité DOC 2. Attaque du calcaire par un acide
de principe actif présente dans un comprimé d’aspirine en (p. 12)
appliquant la loi du gaz parfait autour de laquelle s’articulent
de nombreuses connaissances de ce chapitre. C’est un Commentaires
exemple d’étude d’une réaction chimique à volume constant. Cette deuxième activité courte reprend les concepts ren-
Dans l’esprit du programme, ce chapitre permet donc de contrés lors de l’activité précédente, mais la situation choi-
préciser les connaissances de la classe de Seconde relati- sie est maintenant celle d’une transformation chimique.
ves à l’étude quantitative de la réaction chimique. Un tel Une même transformation chimique est réalisée à pression
acquis est essentiel en Première S et sera réinvesti tout au constante (Fig. 1) et à volume constant (Fig. 2).
long de l’année. Comment déterminer la valeur de l’avancement x à chaque
instant, pour chaque situation expérimentale, en utilisant
les grandeurs physiques précédemment rencontrées ?
La notion de grandeur mesurable, qu’il s’agisse de la mesure
de la pression ou de la mesure du volume de gaz produit,
permet d’atteindre la valeur de l’avancement x, fondamen-
ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE tale pour l’étude des réactions chimiques.
Correction
DOC 1. Pourquoi le ballon éclate-t-il ? a. L’équation de la réaction est :
(p. 12) 2 H+ + CaCO3 → CO2 + Ca2+ + H2O
b. Fig. 1 : la pression du gaz étant fixé (patm) ; le volume
Commentaires gazeux augmente avec la quantité de matière nCO2.
Cette activité nous amène à réfléchir sur les causes de l’é- Fig. 2 : le volume étant constant, c’est la pression p du gaz
clatement de deux ballons. L’élève doit proposer dans un qui augmente avec la quantité de matière nCO2.
premier temps une approche généraliste sur les causes de c. Il a voulu réaliser un bain thermostaté afin que la tempé-
l’éclatement, avec un vocabulaire qui devra être précisé au rature du milieu réactionnel ne varie pas.
fur et à mesure de la discussion. Ensuite, il devra exprimer p V
ses idées en employant les termes exacts qui feront inter- d. Fig. 1 : nCO2 = atm gaz .
RT
venir les concepts de volume, de pression, de température,
∆p V
de quantité de matière qu’il a rencontré en fin de classe de Fig. 2 : nCO2 = ,
Seconde lors de l’étude des gaz. RT
Les deux exemples proposés lui permettent de donner du avec ∆p = p(air + CO2) – p(air initial).
sens à ces différentes grandeurs, lui permettant dès lors de e. L’avancement de cette réaction est x = nCO2, on suivra
mieux les maîtriser. x = (t) en appliquant les deux relations précédentes.

Correction
Ballon de foot : DOC 3. Eau minérale et grandeurs
a. Le ballon éclate, car il a subit un choc trop violent. Ce physiques (p. 13)
ballon sans doute trop gonflé est resté exposé au soleil trop
Commentaires
longtemps, ce qui a provoqué son éclatement.
Afin de faire émerger la nécessité de la mesure en chimie,
b. La pression p du gaz emprisonné dans la vessie était trop
les élèves sont invités à rechercher les différentes gran-
grande. L’enveloppe de cuir n’a pas résisté et s’est déchi-
deurs nécessaires à l’étiquetage d’une eau minérale. C’est
rée. Cette pression p a augmenté sous l’effet d’une éléva-
l’occasion de se questionner sur la façon dont ces gran-
tion de la température θ du gaz. Ce ballon, sans doute trop
deurs ont été mesurées, qu’il s’agisse de volume ou de pH.
gonflé renfermait une quantité de matière gaz n gaz trop
Cette activité permet de faire des rappels de Seconde à
importante.
propos de l’unité de concentration ainsi qu’à propos de l’é-
Le volume V du ballon n’a pas changé, car l’enveloppe de
lectroneutralité, relation essentielle que les élèves doivent
cuir n’est pratiquement pas élastique.
maîtriser afin d’écrire convenablement les formules des
Ballon sonde :
espèces chimiques ou d’ajuster la stœchiométrie d’une
a. Il n’y a pas d’air à haute altitude. Par conséquent, la pres- équation par exemple.
sion de l’air extérieur au ballon est nulle. Le manomètre Cette activité permet de faire le lien avec les exigences de la
indique p = 0 hPa législation pour les eaux minérales.
b. En revanche dans le ballon, une quantité de matière ngaz Le programme demande qu’à partir d’exemples pris dans la
est emprisonnée. vie courante, il soit montré aux élèves la nécessité de dispo-
La pression de ce gaz est p. À haute altitude, seule la mem- ser de techniques de mesure, dans le cadre de la mesure de
brane élastique du ballon s’oppose à la pression p du gaz quantités de matière. Il nous a semblé que l’observation
emprisonné. d’une étiquette d’eau minérale était à ce titre riche d’ensei-
Au fur et à mesure que la pression de l’air extérieur dimi- gnement. Volume, masse, concentration, pH … apparais-
nue (avec l’altitude), l’enveloppe élastique est sollicitée. Le sent et constituent l’occasion d’effectuer un travail simple
ballon augmente de volume. sur ces grandeurs fort utiles en chimie.
Lorsque la limite d’élasticité est atteinte, le ballon se Plusieurs questions sont volontairement ouvertes afin
déchire. que les élèves puissent imaginer et proposer des modes

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 4


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 5

opératoires. Une première approche d’un travail sur une La masse du résidu sec est inférieure à la masse totale. En
équation chimique est abordée afin d’ancrer cette activité effet, quand on chauffe l’eau à 180 °C, les ions hydrogéno-
dans le cadre de ce chapitre dont un des objectifs est de carbonate se transforment en dioxyde de carbone et en
reprendre les connaissances de Seconde sur les bilans de vapeur d’eau gazeux à cette température. La différence des
matière. La vérification de l’électroneutralité de la solution masses correspond à la masse de dioxyde de carbone et de
permet d’effectuer le calcul des quantités de matière des vapeur d’eau produites par la réaction chimique ci-dessus.
différents ions dissous, et de montrer la cohérence de tou- h. Le gaz présent naturellement dans cette eau est le
tes les indications de l’étiquette. La teneur en ions nitrate dioxyde de carbone, de formule chimique CO2.
permet enfin de souligner les normes à respecter afin 85 × 10–3
qu’une eau minérale puisse être commercialisée. i. nMg2+ = = 3,5 × 10–3 mol.
24,3
Correction j. La formule chimique de la silice est SiO2 (oxyde de sili-
cium). Le sable est constitué de silice.
1. a. • Le volume V = 33 cL. Connaître la valeur du volume
Note : La silice SiO2 n’est bien sûr pas soluble dans l’eau : c’est du sable. De la silice
pour comparer par exemple le prix au litre d’une eau com-
très divisée peut passer à travers les filtres usuels, et rester en suspension. On la
mercialisée dans des bouteilles de volumes différents. retrouve dans le résidu sec, mais en aucun cas, on ne peut parler de «solution»
• pH = 6. Savoir si l’eau est acide ou basique. Une eau miné- de silice dans l’eau. Les termes appropriés, qui ne sont pas du niveau de la
rale pétillante est souvent plus acide qu’une eau minérale Première S, sont suspension ou dispersion. Si les particules en suspension ont des
diamètres compris entre 10 – 4 et 10 – 7 cm, on parle de colloïde ; dans le cas d’un
plate. solide finement divisé dans un liquide, on parle de «sol».
• Composition moyenne en mg · L–1. La composition de la
solution est exprimée à l’aide de la grandeur concentration
massique. DOC 4. Réaction du fer avec le soufre (p. 14)
Note : Certaines eaux minérales indiquent simplement l’unité « mg » pour la
concentration des ions. C’est un abus de langage. Par ailleurs, il faut faire
Commentaires
remarquer aux élèves qu’on ne peut pas peser 90 mg d’ions calcium. Des rappels de Seconde sur la réaction chimique, les
b. • Utiliser une éprouvette graduée de volume suffisant, ou tableaux d’avancement et les bilans de matière sont repris
procéder en plusieurs étapes. dans cette activité. Les différents cas habituels (stœchio-
• Par pesée : peser la bouteille d’eau pleine, la vider et peser métrie et non-stœchiométrie) sont envisagés.
à nouveau la bouteille vide. La différence de masse donne L’étude expérimentale met ensuite l’accent sur les réactions
la masse de l’eau. Diviser cette masse par la masse volu- secondaires associées, notamment la pollution par le
mique de l’eau. On prendra, en première approximation, la dioxyde de soufre. Le dispositif de protection proposé, dans
masse volumique (attention aux unités) de l’eau pure, mais le mode opératoire, pour limiter le dégagement de dioxyde
on pourra tenir compte de la température. Par exemple, on de soufre et son principe sont sommairement étudiés ; ils
prendra ρ = 0,998 2 kg . L– 1 si la température est de 20 °C, donnent l’occasion d’aborder la dissolution dans l’eau d’une
ou suivant la précision recherchée, ρ = 1 kg · L– 1. espèce chimique gazeuse.
L’élève voit clairement que l’étude d’une réaction chimique
c. Le pH se mesure avec du papier-pH ou avec un pH-mètre.
ne se limite pas seulement à la réaction qu’il a choisi d’étu-
Cette seconde méthode de mesure est plus précise.
dier, mais que d’autres réactions, dites secondaires, sont
2. a. Cela signifie que la concentration massique en ions également à prendre en compte.
chlorure est 40 mg . L– 1. C’est la grandeur concentration Cette activité permet à l’élève de retrouver le tableau d’avan-
massique qui est exprimée en mg . L– 1. cement associé à l’étude d’une réaction chimique. Cet outil
b. Test des ions chlorure : le trouble est dû à la formation essentiel étant repris tout au long de l’année, il est important
d’un précipité, représenté par l’équation : Ag+ + Cl– → AgCl. que l’élève le maîtrise le plus tôt possible. La réaction du fer et
c. Un réactif permet de caractériser un ion s’il donne un test du soufre a été choisie pour que les coefficients stœchiomé-
perceptible et aussi spécifique que possible de cet ion. triques soient les plus simples, ceci afin de limiter les diffi-
cultés d’une première étude. Les différents cas habituels (stœ-
Note : Il n’y a que trois cations qui précipitent avec l’ion chlorure : Ag+, Pb2+ et
Hg22+. La précipitation du chlorure d’argent est donc raisonnablement spécifique.
chiométrie et non-stœchiométrie) sont envisagés.
La précipitation par les ions hydroxyde en revanche est peu spécifique : un grand
nombre d’ions donnent un précipité blanc : Mg2+, Al3+, Zn2+, Sn2+, Sn4+… Correction
1. a.
d. Le résidu correspond au solide restant après le chauffage Fe S FeS
à température élevée (180 °C) d’un volume donné d’eau
minérale. La masse du résidu sec est obtenue en chauffant E.I. x=0 a0 b0 0
1 L d’eau dans un grand bécher préalablement taré. Quand E.F. xmax a0 – xmax b0 – xmax xmax
toute l’eau s’est évaporée, le bécher et le résidu qu’il contient
sont portés à l’étuve à 180 °C. La pesée est alors effectuée. b. Hypothèses :
• si a0  b0, alors le soufre est le réactif limitant et xmax = b0 ;
e. On mesure la grandeur volume (pour le volume initial • si b0  a0, alors le fer est le réactif limitant et xmax = a0 ;
d’eau) et la grandeur masse. • si a0 = b0, les réactifs sont dans les proportions stœchio-
f. L’équation de la réaction est : métriques ; ils disparaissent en totalité et xmax = a0 = b0.
2 HCO3– → CO2 + CO2– 3 + H2O c. On a 3,0 g de soufre donc une quantité de matière initiale :
g. La somme des masses mentionnées sur l’étiquette est : b0 = 3,0/32,1 = 9,3 × 10 – 2 mol.
mtotale = 1 300 + 40 + 40 + 1 + 150 + 10 + 190 + 85 + 35 La quantité minimale de fer est telle que a0 = b0.
= 1 851 mg. La masse de fer nécessaire sera donc :
La masse du résidu sec est : mrésidu = 1 200 mg. mFe = 55,8 × 9,3 × 10 – 2 = 5,2 g.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 5


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 6

La masse de sulfure de fer formé sera : Il permet d’approfondir la question des airbags afin de
mFeS = xmax MFeS = 9,3 × 10 – 2 × 87,9 = 8,2 g. mieux connaître le principe de fonctionnement. L’aspect
physique de l’airbag, notamment le principe du capteur phy-
d. La masse de produit obtenue ne dépend que de la masse sique permettant son déclenchement, n’est évidemment pas
de réactif limitant, et pas de celle du réactif en excès. abordé dans le cadre de ce manuel de chimie. Toutefois, les
2. a. L’équation de la réaction est : 3 Fe + 2 O2 → Fe3O4. réactions chimiques qu’il met en œuvre sont décrites et per-
b. La formation d’oxyde de fer nécessite la présence de mettent de réinvestir les notions de tableau d’avancement,
l’élément chimique oxygène dans le système réactionnel. de volume molaire d’un gaz, fondamentale en début d’an-
Les réactifs Fe et O2 sont tous deux présents dans le sys- née de la classe de Première scientifique.
tème chimique. Le fer a été introduit lors de la pesée du
Correction
mélange réactionnel et le dioxygène est présent dans l’air.
a. La quantité de matière d’azoture de sodium :
Note : La température doit être élevée pour qu’une telle oxydation ait lieu. La
chaleur provient de l’exothermicité de la réaction principale. n0 = 65/(23 + 3 × 14) = 1,0 mol.
c. L’espèce chimique fer contenue dans l’acier est portée à Avancement 2 NaN3 2 Na 3 N2
haute température par le frottement du disque abrasif sur la
E.I. x=0 1,0 0 0
pièce à meuler. Cet échauffement en présence du dioxygène
de l’air ramène le fer aux conditions de la question 2. a. E.F. xmax 1,0 – 2 xmax 2 xmax 3 xmax
3. a. L’équation de la réaction est : S + O2 → SO2. xmax = 0,50 mol.
b. L’entonnoir relié à la trompe à eau permet l’aspiration du La réaction produit donc 1,5 mol de diazote N2.
dioxyde de soufre et sa mise en solution dans l’eau. (Le b. Le volume de diazote, dans les conditions de l’expé-
dioxyde de soufre est très soluble dans l’eau.) rience, est tel que V = 1,5 × 24 = 36 L.
c. 5 % du soufre correspondent à une quantité de matière Le volume du ballon étant de 35 L, celui-ci sera donc gonflé.
n′ = 0,05 × 9,3 × 10 – 2 = 5 × 10 – 3 mol qui réagissent pour pro-
Note : La pression du gaz dans l’airbag ainsi gonflé est peu supérieure à la pres-
duire une quantité de matière égale de dioxyde de soufre. sion atmosphérique.
La masse de dioxyde de soufre dégagé serait :
c.
mSO2 = MSO2 n′ = 64,1 × 5 × 10 – 3 = 0,3 g 10 Na 2 KNO3 K2O 5 Na2O N2
d. Vclasse = 3 × 10 × 6 = 180 m3.
E.I. x=0 1,0 excès 0 0 0
La masse de dioxyde de soufre par m3 d’air serait alors :
mSO2/Vclasse = 3 × 102 /180 = 1,6 mg . m– 3. E.F. xmax 1,0 – 10 xmax excès xmax 5 xmax xmax

Le seuil de toxicité (10 mg . m– 3) n’est pas atteint sur l’en- On a xmax = 0,10 mol.
semble du volume de la classe, mais localement, pour ceux La réaction 2 produit donc 0,10 mol de N2 supplémentaire.
qui sont proches de l’expérience, la valeur limite peut être
d. La pression dans le ballon sera donc augmentée par la
atteinte.
réaction 2. La réaction 2 entraîne une surpression dans le
e. Un litre d’eau dissout 2 mol de dioxyde de soufre. Pour ballon qui permet de mieux amortir le choc et d’assurer une
dissoudre tout le dioxyde de soufre produit, il faudrait un meilleure protection.
volume d’eau Veau = 5 × 10 – 3/2 = 2,5 × 10 – 3 L soit 2,5 mL.
Note : Le sodium métallique présente un danger : il réagit avec l’eau pour
Le débit d’une trompe à eau étant de 7 L . min– 1 et l’expé- produire du dihydrogène, gaz explosif. La réaction 2, dite de sécurité permet
rience durant 1 mn, 7 L d’eau se seront écoulés. Tout le d’éviter ce danger.
dioxyde de soufre aspiré par la trompe à eau est donc dis-
e. L’oxyde de sodium Na2O peut réagir avec l’eau suivant la
sous dans l’eau.
réaction :
f. Le système chimique ne peut pas se limiter au fer et au Na2O + H2O → 2 Na+ + OH–
soufre, car le mélange réactionnel se trouve au contact du On obtient alors une solution de soude, corrosive, qui peut
dioxygène de l’air qui est impliqué dans au moins deux réac- présenter un danger. La réaction 3, dite de combinaison,
tions chimiques secondaires. Il faudrait par exemple tra- permet d’éviter ce danger.
vailler sous atmosphère d’azote pour ne pas avoir de réac-
tions secondaires, puisque l’azote présent dans l’air ne
donne pas de réaction secondaire avec le fer et le soufre. TP 6. Aspirine et EXAO (p. 22)
Commentaires
Le mode opératoire proposé permet de suivre l’avancement
de la transformation chimique à volume constant : mise en
ACTIVITÉS D’EXPLOITATION solution d’un comprimé d’aspirine non effervescent dans
une solution d’hydrogénocarbonate de sodium.
L’évolution de la pression du dioxyde de carbone produit
DOC 5. La chimie des airbags (p. 21) par la réaction en fonction du temps est suivie par EXAO à
l’aide d’un capteur de pression, la réaction étant réalisée à
Commentaires volume constant. L’étude permet de vérifier la quantité de
Cette activité permet de travailler sur un sujet connu de principe actif présent dans un cachet d’aspirine 500.
tous : les élèves, futurs conducteurs, sont sensibilisés aux La loi du gaz parfait est utilisée dans l’exploitation de cette
questions de sécurité routière par des informations fournies expérience suivie par ordinateur. L’utilisation d’un tableau
parfois dans le cadre du lycée. d’avancement quand un produit de la réaction est sous

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 6


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 7

forme gazeuse représente une difficulté pour l’élève, diffi- Comme n – n0 = nCO2, alors nCO2 = (p – p0) V0 / R (θ0 + 273).
culté abordée dans cette activité. c. Tableau d’avancement de la réaction :
Le choix de cette activité permet de retrouver la quantité de
principe actif indiquée sur la boîte dans laquelle les com- C9H8O4 HCO3– C9H7O4– CO2 H2O
primés sont conditionnés. L’étude quantitative permet de E.I. x=0 a0 b0 0 0 solvant
travailler sur le gaz produit par la réaction, et d’utiliser l’é-
À chaque
quation d’état du gaz parfait. On utilise le capteur de pres- x a0 – x b0 – x x x solvant
instant
sion que l’élève a manipulé en classe de Seconde.
L’utilisation de l’EXAO est l’occasion de faire appel à une
technique qui se développe au lycée en sciences physiques, À chaque instant, x = nCO2 = (p – p0) V0 / R (θ0 + 273).
et que l’élève devra maîtriser. La quantité de matière restante de C9H8O4 est donc :
a0 – (p – p0) V0 / R (θ0 + 273).
Correction d. On trouve expérimentalement que la valeur de la pres-
1. Pour préparer 20 mL de solution d’hydrogénocarbonate sion se stabilise à pmax = 113 kPa.
de sodium NaHCO3 de concentration c = 0,5 mol · L–1, il faut À l’état final, la quantité de matière de C9H8O4 est nulle car
utiliser la quantité de matière : c’est le réactif limitant, d’où :
n = c V = 0,5 × 20 × 10 – 3 = 0,01 mol a0 = xmax = (pmax – p0) V0 / R (θ0 + 273)
La masse à peser est donc m = M n = 84,0 × 0,01 = 0,84 g. La quantité de matière de principe actif initialement pré-
On pèse 0,84 g d’hydrogénocarbonate de sodium. On sente dans le comprimé était :
mesure 20 mL d’eau avec une éprouvette graduée. On dis- a0 = (113 – 93,2) × 10 3 × 0,33 × 10 – 3 / (8,31 × 293)
sout l’hydrogénocarbonate de sodium dans un bécher = 2,68 × 10 – 3 mol.
contenant les 20 mL d’eau.
e. La masse molaire de l’aspirine est :
Notes : MC9H8O4 = 180,0 g . mol – 1.
• C’est seulement après le chapitre 2 que les élèves sauront relier la quantité de
matière d’un solide ionique à la concentration des ions en solution. C’est la rai- Donc : a0 = 0,500/180,0 = 2,78 × 10 – 3 mol.
son pour laquelle cette information est donnée dans l’énoncé. Le résultat est vérifié à 3,6 % près.
• Comme l’élève manipule peu lors de cette activité, nous en profitons pour lui
faire préparer cette solution. Par ailleurs, un solide est toujours plus concret Note : La valeur expérimentale est inférieure à la valeur théorique : le dioxyde
qu’une solution et l’élève « voit » mieux son réactif. de carbone est un peu soluble dans l’eau, donc la quantité de matière dioxyde
de carbone gaz déterminée par l’expérience est un peu plus faible que prévue.
a. Pour mesurer le volume V0, on remplit complètement le La solubilité de CO2 dans l’eau dépend de la pression partielle de CO2 et de la
ballon avec de l’eau du robinet. On transfère cette eau dans température. Dans notre cas, (20 °C, 21 kPa), elle est de 0,25 mmol dans 10 mL
(Handbook of Chemistry and Physics 1996/97, 77e éd. p. 6-7). C’est approxi-
une éprouvette graduée ; on trouve par exemple :
mativement la quantité de matière qui manque dans notre phase gazeuse.
V0 = 340 mL
2. a. On lit la valeur p0 sur le graphe ou dans le tableau de
mesure.
p(k Pa)
EXERCICES
110
100 Appliquer ses connaissances
90
80 13 Les volumes en mL sont :
70
60 V1 = 20 cm3 = 20 mL ;
50 t(s) V2 = 1,12 L = 1,12 × 10 3 mL ;
0 50 100 150 200 250 300 V3 = 0,05 L = 0,05 × 10 3 mL ;
V4 = 1,0 × 10 – 3 dm3 = 1,0 mL ;
p0 = 93,2 kPa. V5 = 5,45 × 10 – 3 µL = 5,45 × 10 – 6 mL.
Soit n0 la quantité d’air initiale. On a alors :
p0 V0 = n0 R (θ0 + 273) 14 Les volumes en L sont :
n0 = p0 V0 / R (θ0 + 273) V1 = 20 mL = 20 × 10 – 3 L ;
V2 = 20,0 mL = 20,0 × 10 – 3 L ;
or V0 = 0,34 – 0,01 = 0,33 L = 0,33 × 10 – 3 m3 (il faut sous-
V3 = 20 × 10 – 3 dm3 = 20 × 10 – 3 L ;
traire le volume de la solution).
V4 = 20,0 × 10 – 3 m3 = 20,0 L ;
Si θ0 = 20 °C, alors :
V5 = 20,50 × 10 6 µL = 20,50 L.
n0 = 93,2 × 10 3 × 0,33 × 10 – 3 / (8,31 × 293) = 1,3 × 10 – 2 mol.
b. Le volume accessible au gaz est constant ; c’est le volume 16 a. Le volume de cuivre utilisé est :
du ballon, diminué du volume de la solution. V = L × (π R2 – π (R – e)2) = 2π R e L
Sa température est constante, car on ne constate ni échauf- V = 2 × 3,14 × 7,5 × 10 – 3 × 1,2 × 10 – 3 × 50
fement ni refroidissement du ballon. V = 2,8 × 10 – 3 m3 = 2,8 × 103 cm3.
La quantité de matière nCO2 augmente, CO2 étant produit b. La masse de cuivre est :
pendant la réaction à partir de réactifs dissous. m = ρ V = 8,9 × 2,8 × 103 = 25 × 103 g = 25 kg.
À l’instant t, la pression est p.
Si on appelle n la quantité de gaz (air + CO2) à l’instant t on 17 a. La quantité de matière de méthane est :
peut écrire : n = V / Vm = 1,50 / 24
p V0 = n R (θ0 + 273), soit n = p V0 / R (θ0 + 273) n = 6,25 × 10 – 2 mol.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 7


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 8

b. La masse de gaz dans la bouteille est : quantité de matière de gaz emprisonné et le volume de ce
m = M n = (12,0 + 4 × 1,0) × 6,25 × 10 – 2 = 1,07 g. gaz sont restés constants.
c. Le ballon éclate sous l’effet d’une forte pression s’exer-
18 a. La quantité de matière de gaz butane présent dans çant sur l’enveloppe de cuir de l’intérieur vers l’extérieur.
la bouteille est : d. Pour éviter l’éclatement de ce ballon, il aurait fallu le
n = m / M = 15 × 103 / (4 × 12,0 + 10 × 1,0) dégonfler un peu afin de diminuer la quantité de matière de
m = 2,6 × 102 mol. n de gaz qu’il contient et par conséquent celle de p.
b. À la pression p = 1 000 hPa et à la température T = 20 + 273, 25 a. L’équation de formation du gaz acétylène est :
le volume occupé par cette quantité de matière de gaz serait : CaC2 + 2 H2O → C2H2 + Ca(OH)2
V = n R T / p = 2,6 × 102 × 8,31 × 293 /( 1 000 × 102) = 6,3 m3. b. On commence par déterminer la quantité de matière n
d’eau impliquée dans la réaction :
19 a. La salle de classe a pour volume : n = meau / Meau = ρeau Veau / Meau
V = L  h = 10,0 × 6,5 × 2,9 = 1,9 × 102 m3.
n = 1,0 × 5,0 × 10 – 2 / 18 = 2,8 × 10 – 3 mol.
b. Le volume de dioxygène est VO2 = 0,20 × 1,9 × 102 = 38 m3. Tableau d’avancement de la réaction :
La quantité de matière de dioxygène est par conséquent :
nO2 = V / Vm = 1,6 × 103 mol. CaC2 2 H2O C2H2 Ca(OH)2
–3
E.I. x=0 a 2,8 × 10 0 0
21 a. Une mole d’air est constituée de 0,80 mol de
–3
diazote et 0,20 mol de dioxygène : la masse des molécules E.F. xmax a – xmax 2,8 × 10 – 2 xmax 2 xmax xmax
présentes dans un tel échantillon est donc :
Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
m = 28,0 × 0,80 + 32,0 × 0,20 = 29 g
sont exprimés en mole.
Note : Dans la définition de la mole, il est spécifié que l’on doit considérer des Le réactif limitant étant l’eau, on aura :
entités identiques. Dans le cas de l’air, il faut considérer que ces entités sont des
molécules, sans spécifier plus précisément leur nature chimique. En effet, on 2,8 × 10 – 3 – 2 xmax = 0.
ne peut ajouter « 3 légumes chou + 2 légumes carotte » ; il convient d’ajouter La quantité de matière de gaz acétylène est a = 1,4 × 10 –3 mol.
« 3 légumes + 2 légumes ». c. La combustion du gaz acétylène est :
b. Considérons une mole de gaz (de masse M en g) et une 2 C2H2 + 5 O2 → 4 CO2 + 2 H2O
mole d’air (de masse 29 g). D’après la loi d’Avogadro- d. La combustion est dans les proportions stœchiomé-
Ampère, on peut affirmer qu’aux mêmes conditions de tem- triques.
pérature et de pression, ces deux échantillons de même L’acétylène et le dioxygène étant gazeux, on peut écrire :
quantité de matière occupent le même volume. D’après la nC2H2 / nO2 = VC2H2 / VO2.
définition de la densité, on a donc d = M / 29. En effet, les deux gaz étant considérés comme parfaits,
c. Si le gaz a pour densité d = 0,068, alors : on a : pVC2H2 = nC2H2RT et pVO2 = nO2RT.
M = 29 d = 2,0 g . mol – 1. On obtient alors :
Le seul gaz dont la masse molaire est 2 g . mol – 1 est le VC2H2 / VO2 = 2 / 5 = 0,4.
dihydrogène H2.
Or, Vair = 5 VO2. On aura donc :
d. Dans la grotte du chien, il y a du dioxyde de carbone CO2
VC2H2 /(Vair / 5) = 0,4 ;
produit naturellement.
La densité par rapport à l’air du dioxyde de carbone est : soit : VC2H2 / Vair = 0,4 / 5 = 0,08.
d = 44 / 29 = 1,5.
Ce gaz étant plus dense que l’air, il se localise au sol. Les 26 a. Les quantités de matière initiales sont :
animaux de petite taille qui pénètrent dans cette grotte sont a = 1,0 mol et b = 1,5 mol.
privés de dioxygène et meurent asphyxiés. b. Le réactif limitant est le réactif B : il est totalement
consommé par la réaction chimique.
22 a. L’équation de la réaction de combustion s’écrit : On lit sur le graphe xmax = 0,5 mol.
CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O c. À l’état final, on a 0,5 mol de A et 1,0 mol de C.
b. Le mélange est stœchiométrique si VCH4 / VO2 = 1 / 2. d. En fin de réaction, on a consommé 1,5 mol de B et 0,5 mol
c. Le volume total est VCH4 + VO2 = 10 mL. de A. On a formé 1,0 mol de C.
Les nombres de l’équation ajustée sont 1 pour le réactif A, 3
D’autre part, nous avons VO2 = 2 VCH4.
pour le réactif B et 2 pour le produit C.
On obtient : 3 VCH4 = 10 ml, donc VCH4 = 3,3 mL. e. L’équation de la réaction s’écrit : A + 3 B → 2 C
23 a. Le volume du ballon est : A B C
V = 4 π R / 3 = 4 π (11 × 10 ) / 3.
3 –2 3
E.I. x=0 1,0 1,5 0
V = 5,6 × 10 – 3 m3.
E.F. xmax 1,0 – xmax 1,5 – 3 xmax 2 xmax
La quantité de matière est n = pV / RT.
n = 2 000 × 102 × 5,6 × 10 – 3 / (8,31 × 298) = 0,45 mol.
b. Le volume V du gaz est resté inchangé puisque le ballon 27 a. L’équation de la réaction s’écrit :
en cuir est indéformable. Sa quantité de matière n est éga- 4 C3H5O9N3 → 6 N2 + O2 +10 H2O +12 CO2
lement restée inchangée puisqu’il n’y a pas eu de fuite. b. La quantité de matière de dynamite utilisée est :
La température T du gaz à l’intérieur du ballon a augmenté, n = m/M
car celle à l’extérieur a augmenté. La pression p de l’air = 500 / (3 × 12,0 + 5 × 1,0 + 9 × 16,0 + 3 × 14,0) = 500 / 227
dans le ballon a donc augmenté également puisque la n = 2,2 mol.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 8


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 9

c. Tableau d’avancement de la réaction : 29 a. L’équation de la réaction est : N2 + 3 H2 → 2 NH3.


b. Tableau d’avancement :
4 C3H5O9N3 6 N2 O2 10 H2O 12 CO2
E.I. x=0 n 0 0 0 0 N2 3 H2 2 NH3

E.F. xmax n – 4 xmax 6 xmax xmax 10 xmax 12 xmax E.I. x=0 4,0 2,0 0
E.F. xmax 4,0 – xmax 2,0 – 3 xmax 2 xmax
d. À l’état final xmax = n = 5,5 × 10 – 1 mol.
La quantité de matière de gaz produit est : Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
ngaz = (6 + 1 + 10 + 12) xmax ; sont exprimés en mole.
soit : ngaz = 29 × 5,5 × 10 – 1 = 16 mol. c. L’avancement maximal est xmax = 0,66 mol.
e.La pression du gaz dans l’enceinte après explosion est : d. p0 = 6,0 × RT / V0.
p = n R T / V = 16 × 8,31 × 573 / (50 × 10 – 6) = 1,5 × 109 Pa, e. Le nombre de moles de gaz est nT = 6,0 – 2x.
soit environ 15 000 atmosphères. f. p = (6,0 – 2 x)RT / V0.
Le rocher va exploser sous l’effet d’une telle pression. On a donc p = (6,0 × RT / V0) – (2RT / V0) x.
Il existe une relation affine entre la pression totale p et
28 a. La quantité de matière d’hydrogénocarbonate de l’avancement x de la réaction. Le coefficient directeur est
sodium présente dans 1,0 g de ce solide est : égal à (– 2 R T / V0).
a = m / M = 1,0 / (23,0 + 1,0 + 12,0 + 3 × 16,0) g. C’est le graphe du milieu qui convient, le coefficient
= 1,0 / 84,0 n = 1,2 × 10 – 2 mol. directeur de la droite étant négatif.
b. Tableau d’avancement de la réaction :

2 NaHCO3 Na2CO3 CO2 H2O Aller plus loin


E.I. x=0 a 0 0 0 30 a. Si le gaz de la bouteille est assimilable au gaz
parfait, on peut écrire : pV = nRT = mRT / M.
E.F. xmax a – 2 xmax xmax xmax xmax
La masse du gaz dans la bouteille est : m = pVM / RT.
c. On aura xmax = a / 2 = 6,0 × 10 – 3 mol. Pour θ = 25 °C, on obtient :
La composition du système chimique lorsque l’avancement m = 15 × 10 5 × 26 × 10 – 3 × 58 / (8,31 × 298) = 0,91 kg.
est maximal sera : La masse du gaz étant en réalité de 13 kg, on ne peut donc
0 mol de NaHCO3, 6,0 mmol de Na2CO3 , H2O et CO2. assimiler dans ces conditions le butane au gaz parfait.
d. b. Dans tout le calcul précédent, on a fait l’hypothèse que
le butane est assimilé au gaz parfait.
n (mmol) Le butane est en fait partiellement sous forme de liquide, ce
14 dont on peut se rendre compte en secouant une bouteille
12 pleine.
10 c. Le bilan de matière doit être effectué en quantité de
8 matière (en mole). La relation entre la masse et la quantité
6 de matière est utilisable. En revanche, la relation entre p, V,
4 T et n n’est utilisable que pour le gaz parfait, et n’est donc
2 pas applicable ici (voir question précédente). La quantité de
matière du butane est donc :
0 2 4 6 8
x (mmol) n = m / M = 13 × 10 3 / 58 = 2,2 × 10 2 mol.
d. Tableau d’avancement de la réaction de combustion :
2 C4H10 + 13 O2 → 8 CO2 + 10 H2O
Les droites ont pour équation :
n(NaHCO3) = 12 – 2 x ; 2 C4H10 13 O2 8 CO2 10 H2O
n(Na2CO3) = n(CO2) = n(H2O) = x. E.I. x = 0 2,2 × 10 2 nO2 0 0
e. On recueille un volume V = 60 mL de gaz CO2. E.F. xmax 2
2,2 × 10 – 2 xmax nO2 – 13 xmax 8 xmax 10 xmax
L’avancement est donc égal à x = 60 / (24,0 × 103) ;
soit x = 2,5 mmol. L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
C’est aussi la quantité de matière de H2O et Na2CO3. mole.
La quantité de matière de NaHCO3 restant est 6,9 mmol. Lorsque tout le butane sera brûlé, on aura :
f. Lorsque x = xmax, on devrait obtenir un volume de gaz tel xmax = 1,1 × 10 2 mol.
que VCO2 = 6,0 × 10 – 3 × 24,0 = 1,4 × 102 mL. Il faut donc : nO2 = 13 xmax = 15 × 10 2 mol.
Le volume gazeux mesuré est seulement de 95 mL. e. Il faut un volume d’air Vair = 5 VO2 = 1,7 × 10 5 L ,
La température devrait donner une valeur supérieure à la soit Vair = 0,17 × 10 3 m3 d’air.
valeur calculée. f. L’appartement de 80 m2 (de hauteur h = 2,5 m) a pour
La pression atmosphérique lorsqu’elle augmente provoque volume V = 80 × 2,5 = 0,20 × 10 3 m3.
la diminution du volume gazeux. Il y a tout juste assez d’air pour la combustion de la totalité
Si le solide initial contenait des impuretés, alors le volume de la charge de butane d’une bouteille de 13 kg.
de gaz produit par la réaction sera plus faible. Il est indispensable de disposer d’aérations efficaces lors de
g. Le dioxyde de carbone est faiblement soluble dans l’eau. l’utilisation d’un chauffage au gaz.
Cela permet d’expliquer en partie une valeur mesurée infé- Note : La norme préconise des aérations hautes et basses, ou mieux, l’utilisation
rieure à la valeur calculée. pour la combustion d’air extérieur et non de l’air du local qui doit être chauffé.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 9


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 10

32 a. Le gaz Hélium a une densité inférieure à celle de d. La masse totale des ions en solution et de la silice dans
l’air. Le ballon va donc s’élever sous l’action de la poussée 1 L d’eau d’Evian est :
d’Archimède. mtot. = 357 + 4,5 + 10 + 3,8 + 5 + 1 + 78 + 13,5 = 472,8 g.
En effet d = 4,0 / 29 = 0,40 < 1. e. La masse des ions carbonate obtenue par chauffage d’un
b. La quantité de matière de gaz Hélium est conservée. On litre d’eau d’Evian sera :
peut donc écrire : m = 60,0 × 2,93 × 10 – 3 = 175 × 10 – 3 g = 175 mg.
n = p V / RT = constante. La différence de masse avant et après le chauffage sera de
Les conditions expérimentales imposent : 357 – 175 = 182 mg.
T2 = T1 – 30 ; Masse du résidu à sec : 473 – 182 = 291 mg.
On lit sur l’étiquette 309 mg.
V2 = 4 π R23 / 3 ;
Le résultat est vérifié à 6 % près.
V1 = 4 π R13 / 3 ;
n = (p1 4 π R13 / 3) / RT1 = (p2 4 π R23 / 3) / RT2 ; 34 a. La masse de l’eau pour un volume de 20 mL est :
p1 R13 / T1 = p2 R23 / (T1 – 30) ; meau = ρeau Veau = 1,0 × 20 = 20 g.
p2 = p1 (R1 / R2)3 ((T1 – 30) / T1) ; La quantité de matière d’eau est neau = 20 / 18 = 1,1 mol.
b.
p1 = 1 000 × (1 / 1,5)3 × (268 / 298) = 266 hPa. Ca 2 H2O Ca(OH)2 H2
c. On a toujours n = constante.
E.I. x = 0 n0 1,1 0 0
p3V3 / RT3 = p1V1 / RT1.
E.F. xmax n0 – 2 xmax 1,1 – xmax xmax xmax
T3 = T1 (p3 / p1) (V3 / V1)
T3 = T1 (p3 / p1) (R3 / R1)3 c. La quantité de matière de gaz permettant de remplir
T3 = 298 × (200 / 1 000) (1,6 / 1)3 l’éprouvette est :
ng = V1 / Vm = 60 × 10 – 3 / 24 = 2,5 × 10 – 3 mol.
T3 = 244 K ;
d. Il faut que ng = xmax = 2,5 × 10 – 3 mol.
θ3 = 244 – 273 = – 29 °C. e. On aura donc n0 = 2 xmax = 5,0 × 10 – 3 mol.
f. La combustion s’écrit :
33 a. Après chauffage à 100 °C et évaporation totale 2 H2 + O2 → 2 H2O
de l’eau, il reste un dépôt solide dans le bécher. Ce g. La stœchiométrie sera respectée si VH2 / VO2 = 2.
dépôt est constitué de solides ioniques formés de h. Le volume total est VH2 +VO2+ VN2= 60 mL.
l’ensemble des cations et des anions qui étaient
On a donc : 2 VO2 + VO2 + 4 VO2 = 60 mL ; soit :
présents en solution, ainsi que de silice.
b. Quand on chauffe à 180 °C, les ions hydrogénocarbonate VO2 = 8,56 mL et VH2 = 17 mL.
se transforment chimiquement selon l’équation :
2 HCO–3 → CO2– 3 + CO2 + H2O
c. Les espèces chimiques CO2 et H2O, gazeuses dans les
conditions de l’expérience sont éliminées et la masse du
MATÉRIEL ET PRODUITS
résidu à sec (solide) va donc diminuer.
La quantité de matière d’ions HCO–3 est : TP 6. Aspirine et EXAO (p. 22)
357 / 61,0 = 5,85 × 10 – 3 mol.
• Un comprimé d’aspirine non effervescente (aspirine du
2 HCO–3 CO2 CO2–
3 H2O Rhône).
E.I. x = 0 5,85 × 10 – 3 0 0 solvant • Hydrogénocarbonate de sodium solide NaHCO3.
E.F. xmax 5,85 × 10 – 3 – 2 xmax xmax xmax solvant • Un ballon de 250 ml.
• Un bouchon à un trou avec tube coudé et tube flexible.
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en • Un interface EXAO.
mole. • Un capteur de pression.
À l’état final : xmax = 2,93 × 10 – 3 mol. • Un ordinateur avec logiciel Régressi (sinon un manomètre
On obtiendra 2,93 × 10 – 3 mol d’ions carbonate. et un chronomètre).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 1 – GRANDEURS PHYSIQUES ET QUANTITÉ DE MATIÈRE 10


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 11

2 Solutions ioniques

De façon générale, une molécule est polaire si elle présente


ASPECTS PÉDAGOGIQUES des liaisons polarisées et si sa géométrie est telle que les
barycentres des charges partielles positives et négatives ne
ET SCIENTIFIQUES coïncident pas. Nous avons convenu d’utiliser le terme de
charges partielles, et non pas simplement charges, pour évi-
1. Généralités ter toute confusion avec des ions ou avec la charge élé-
mentaire.
Le programme de Seconde se limitait à la dissolution On entend par charge partielle une charge électrique fic-
d’espèces chimiques moléculaires conduisant à des solutions tive, dont la valeur absolue (sans importance ici), souvent
moléculaires; les solutions ioniques n’étaient envisagées que inférieure à la valeur de la charge élémentaire, dépend de
dans le cas d’une dilution. On aborde ici la dissolution la différence d’électronégativité des atomes liés.
d’espèces chimiques ioniques ou moléculaires, conduisant à On fera remarquer aux élèves que la tendance pour un
des solutions ioniques appelées solutions électrolytiques. atome à acquérir une charge partielle peut, comme sa ten-
Outre des notions étudiées en Seconde et revues en partie dance à devenir un anion ou un cation, se déduire de la
dans le chapitre 1, comme l’utilisation du tableau d’avance- position de l’élément chimique correspondant dans la clas-
ment, le présent chapitre réinvestit des connaissances sification périodique.
acquises en Physique : interaction électrique, loi de La notion hors programme de moment dipolaire n’est pas
Coulomb, caractère conducteur de certains matériaux. Il abordée.
ouvre la voie à l’étude de la conductimétrie (chapitre 4).
Note : Il n’est fait référence à aucune échelle d’électronégativité. Il peut cepen-
Ce chapitre est axé sur deux notions essentielles.
dant être utile au professeur de savoir que l’on peut considérer grossièrement
L’explication du fait que des solutions ioniques puissent être qu’une liaison est covalente pure si la différence d’électronégativité entre les
obtenues par dissolution d’espèces chimiques moléculaires atomes liés est inférieure à 1, covalente polarisée pour une différence comprise
passe par l’introduction du caractère dipolaire d’une molé- entre 1 et 2, et ionique au-delà.
cule. Il faudra ensuite présenter le phénomène de solvata-
tion des ions, puisque l’énergie qu’il met en jeu est néces- 3. État physique des espèces
saire pour qu’une dissolution ait lieu. ou entités chimiques
L’étude des diverses réactions chimiques rencontrées (pré-
cipitation, dissolution) s’appuie sur la construction et l’ex- Une des particularités de ce chapitre est l’introduction
ploitation d’un tableau d’avancement. d’une notation précisant l’état physique des espèces chi-
Le cas des électrolytes faibles, c’est-à-dire d’une mise en miques considérées : (s) pour un solide, () pour un liquide,
solution s’accompagnant d’une transformation chimique (g) pour un gaz. De même, l’indice (aq) est introduit pour
non totale (solution d’acide éthanoïque par exemple), n’est indiquer la solvatation des ions ou des molécules en solu-
pas envisagé en classe de Première. tion aqueuse.
Les activités de découverte proposées avant le cours ont L’emploi des notations (s), () et (g) à la suite d’une formule
pour but de familiariser l’élève avec les notions de solide chimique, indiquant l’état physique d’une espèce chimique,
ionique (soluble ou non), et de solution aqueuse ionique. concerne donc le niveau macroscopique uniquement. Ainsi,
Les activités d’exploitation qui suivent le cours font inter- quand on évoque une molécule d’eau (niveau microsco-
venir des gaz : dissolution d’un gaz dans l’eau, précipitation pique), on ne met pas d’indice. En revanche, l’indice (aq) a
(appliquée en particulier à la reconnaissance d’ions en solu- été utilisé aussi bien pour un ion ou une molécule sol-
tion). Elles permettent de réinvestir les acquis et d’utiliser vaté(e) (niveau microscopique), que pour l’ensemble des
les grandeurs pression et volume. ions ou des molécules d’un certain type (niveau macrosco-
pique) dans une solution : cet indice précise que l’on s’inté-
resse à un ion solvaté, donc à un aquacomplexe, et non à un
2. Molécules dipolaires ion isolé ou à un ion dans un solide ionique.
Le caractère dipolaire d’une molécule est présenté confor- Les quelques exemples suivants permettent de préciser
mément aux commentaires du programme : une molécule notre point de vue :
constituée de deux atomes différents présente une dissy- • Par dissolution dans l’eau de chlorure de sodium NaCl(s),
métrie à l’origine de l’apparition d’un caractère dipolaire ; la on obtient une solution contenant des ions Na+(aq) et Cl–(aq).
liaison covalente entre les deux atomes est alors polarisée. • L’éthanol pur liquide est noté C2H6O(). En solution
La notion d’électronégativité est juste évoquée dans le aqueuse, on écrira C2H6O(aq).
cours, toujours conformément au programme, en signalant • H2 (g) désigne le gaz dihydrogène constitué des molécules
que, lorsque deux atomes sont liés par une liaison cova- H2.
lente, le plus électronégatif est celui qui attire davantage à Ces notations sont utilisées systématiquement dans le
lui le doublet d’électrons de liaison. cours du chapitre 2 et dans les activités et exercices qui le
La polarisation d’une liaison est d’autant plus marquée que suivent. Conformément aux commentaires du programme,
la différence d’électronégativité entre les deux atomes liés elles ont parfois été omises dans la suite du manuel, dans
est plus grande. un souci de simplification, à condition toutefois qu’il n’y ait

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 11


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 12

aucune confusion possible. Ainsi, il n’est pas ambigu d’é- b. On remarque que les cristaux de permanganate de potas-
crire la solution aqueuse de chlorure de sodium Na+ + Cl – sium et la solution, préparée en mélangeant l’espèce chi-
au lieu de Na+(aq) + Cl–(aq), car d’une part on indique qu’il s’a- mique correspondante à de l’eau distillée, ont la même cou-
git d’une solution, et d’autre part l’écriture Na+ + Cl– ne leur.
concerne que la solution et pas le solide.
Note : Les cristaux ioniques et la solution ionique correspondante possèdent
En revanche, dans le cas d’une solution de diiode, il faut les mêmes ions et en même quantité (même masse) : il y a conservation de la
écrire solution de diiode I2 (aq) bien que le mot solution soit matière lors d’une dissolution.
présent, car l’écriture I2 concerne à la fois l’espèce chimique
solide (que l’on notera I2 (s)) et la solution, elle est donc
On interprète la dispersion de la couleur par la dispersion
ambiguë.
des ions contenus dans les cristaux lors de leur disparition.
L’utilisation des indices prend une importance capitale au
Cela signifie également que certains ions (mais pas tous les
chapitre 10, où l’on étudie l’énergie mise en jeu lors d’une
ions présents, puisque certains sont incolores) sont respon-
transformation chimique : cette énergie dépend en effet de
sables de la couleur de la solution.
l’état physique des réactifs et des produits, qui doit être
impérativement précisé. c. Les cristaux de chlorure de potassium KCl(s) sont blancs.
Remarques : On observe la disparition des cristaux blancs de chlorure
• L’ion H+(aq) se note aussi H3O+ (ion oxonium). de potassium, la solution ionique obtenue est incolore.
• En solution alcoolique, on adopte l’indice (alc). d. D’après ce qui précède, ni les ions chlorure ni les ions
Exemple : Ag+(alc) (cf. page 188). potassium sont responsables d’une coloration particulière
• Dans le cas d’un atome isolé ou d’une molécule isolée, il puisque la solution de chlorure de potassium est incolore.
n’y a pas d’état physique à préciser. On en déduit donc que seul les ions permanganate sont
Exemple : atome H, atome Cl, molécule HCl. responsables de la coloration violette d’une solution de per-
Par contre, pour un gaz d’atomes d’hydrogène, on écrira H(g) manganate de potassium.
(cf. page 222). e. Représentation en deux dimensions :

ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE

DOC 1. Dissolution d’un composé coloré


(p. 32)
représentation représentation
Commentaires du solide de la solution
L’objectif de cette première activité est de faire le lien entre
la dispersion de la couleur et la dispersion d’entités chi- f. La répartition des ions dans le cristal est ordonnée
miques lors de la dissolution d’une espèce chimique dans (répartition régulière et répétitive) alors que dans la solu-
l’eau. tion ionique elle est aléatoire. De plus, les ions sont au
Cette activité s’appuie sur l’observation de la dissolution de contact dans le solide et sont dispersés en solution.
deux composés colorés. Il s’agit de comprendre qu’une Note : On verra plus loin une troisième différence : les ions sont solvatés en
solution ionique peut être obtenue par dissolution dans solution alors qu’ils ne le sont pas dans le solide ionique (sauf pour certains soli-
l’eau d’espèces chimiques solides et que les ions présents des hydratés).
en solution préexistaient dans l’espèce chimique ionique
avant sa mise en solution.
On insistera particulièrement sur la relation entre la disper- DOC 2. Solution et conduction (p. 32)
sion des ions et celle de la couleur en faisant remarquer que Commentaires
cette dernière est souvent, mais pas toujours, apparentée à
celle du solide. À cette occasion, il est important de souli- Cette deuxième activité se propose de rappeler pourquoi
gner qu’il est préférable de ne pas dire qu’un ion est coloré, une solution est conductrice. Volontairement courte, elle
mais qu’il est responsable de la couleur de la solution. s’appuie sur deux photos d’expérience et a pour but de réin-
Enfin, cette activité propose une réflexion (qui sera reprise vestir une des propriétés importantes d’une solution
au chapitre suivant) sur « l’organisation » des ions dans un ionique, son caractère conducteur. Il s’agira pour l’élève de
solide ionique et dans la solution obtenue après sa mise en comprendre qu’une solution ionique contient des ions et
solution. Une représentation simplifiée en deux dimensions c’est pour cela qu’elle conduit le courant.
est introduite. Note : Ce dispositif expérimental (inconnu de l’élève) a été choisi d’une part
Dans cette activité, comme dans toutes celles qui précèdent pour éviter le dispositif classique d’un tube à électrolyse (qui fait appel à d’au-
tres notions) et d’autre part pour insister de nouveau sur le fait qu’un cristal de
le cours, l’état physique des espèces chimiques et la solva- permanganate de potassium (Activité 1) contient bien des ions.
tation des ions ne sont pas encore précisés au moyen d’in-
dices. Il ne s’agit pas d’un oubli : l’introduction de ces nota- Correction
tions interviendra progressivement dans le cours, et elles
a. Le montage de l’expérience est constitué d’un circuit en
seront utilisées après le cours et dans toute la suite du
série comprenant un récipient, une lampe et un générateur
manuel.
de tension continue.
Correction b. L’eau pure ne conduit pratiquement pas le courant élec-
a. On observe la dispersion d’une coloration violette. trique (I ≈ 0 A) au contraire de l’eau salée (I ≠ 0 A).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 12


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 13

c. Les porteurs de charges qui assurent le passage du cou- La formule du sulfate de cuivre hydraté est :
rant dans l’eau salée sont les ions sodium Na+ et les ions CuSO4 , 5 H2O(s).
chlorure Cl–. b. La formule du chlorure de cuivre (anhydre) est : CuCl2(s).
d. Une solution qui conduit le courant électrique est une La formule du chlorure de cuivre hydraté est :
solution contenant des ions, et réciproquement. CuCl2 , 2 H2O(s).
c. Pour la solution de sulfate de cuivre préparée à partir du
solide anhydre et/ou hydraté :
DOC 3. Les ions et solutions ioniques CuSO4(s) → Cu2+(aq) + SO2–4 (aq).
(p. 33) Pour la solution de chlorure de cuivre préparée à partir du
solide anhydre et/ou hydraté :
Commentaires CuCl2(s) → Cu2+(aq) + 2 Cl–(aq).
Cette activité s’intéresse aux solides ioniques et aux solu- d. La dissolution d’une mole de sulfate de cuivre (anhydre
tions aqueuses correspondantes. Elle utilise le modèle des et/ou hydraté) dans l’eau engendre la formation d’une mole
solides ioniques qui a pour principal objectif de réinvestir d’ions cuivre et d’une mole d’ions sulfate.
les notions, concernant des notations, déjà introduites en La dissolution d’une mole de chlorure de cuivre (anhydre
classe de Troisième et de Seconde. Construite comme une et/ou hydraté) dans l’eau engendre la formation d’une mole
séance de travaux dirigés en classe entière, elle doit per- d’ions cuivre et de deux moles d’ions chlorure.
mettre à l’élève de vérifier qu’il maîtrise bien les prérequis e. Les solutions de chlorure de potassium et de sulfate de
indispensables pour aborder sereinement un cours délicat. sodium étant incolores, on en déduit que les ions K+(aq),
On en profitera pour vérifier de nouveau si la notion de cou- Na+(aq), Cl–(aq) et SO2–
4 (aq) ne contribuent pas à la couleur des
leur d’une solution a été comprise. solutions. L’énoncé 4 permet d’en déduire que les ions
Fe3+(aq) contribuent à la coloration orange de la solution et
Correction
que les ions Cu2+(aq) contribuent à la couleur bleue. De
1. a. De même que l’ion carbonate CO32– est constitué, selon même, on en déduit que les ions MnO4–(aq) confèrent à la
l’énoncé 1, d’un atome C et de trois atomes O, l’ion sulfate solution sa couleur violette.
est constitué d’un atome S et de quatre atomes O. Le
nombre de charges élémentaires est 2–, comme pour l’ion
carbonate de l’énoncé 1.
b. L’atome de baryum, appartenant à la famille des alcalino- DOC 4. Association d’ions en solution
terreux, a deux électrons sur sa dernière couche et a ten- (p. 34)
dance à les perdre pour satisfaire à la règle de l’octet en
devenant le cation baryum Ba2+. D’après l’énoncé 2, les Commentaires
charges des ions constituant le sulfate de baryum doivent Le modèle des ions qui s’associent en solution concerne
se compenser. L’ion baryum portant, comme l’ion sulfate, les réactions chimiques de précipitation, souvent utilisées
deux charges élémentaires, il faut un ion baryum par ion pour tester la présence d’un type d’ion en solution aqueuse.
sulfate pour que l’ensemble soit électriquement neutre. L’expression ions qui s’associent en solution remplace
c. avantageusement ions incompatibles, terme qui se ren-
contre parfois et qui peut prêter à confusion. Il s’agit d’un
Cations Cu2+ Al3+ K+
Anions modèle simple, basé sur un petit nombre d’énoncés qui, cer-
tes, font intervenir quelques approximations.
Cl– CuCl2 AlCl3 KCl Cette activité doit faire prendre conscience aux élèves
PO43– Cu3(PO4)2 AlPO4 K3PO4 qu’une solution ionique ne contient que des ions pouvant
coexister en solution, et que si, par mélange de solutions

HO Cu(OH)2 Al(OH)3 KOH électrolytiques, on met en présence des ions qui ne peuvent
pas coexister en solution, alors ceux-ci vont s’associer pour
CO2–
3 CuCO3 Al2(CO3)3 K2CO3
former un solide appelé précipité. L’identification des ions
d. Anions : Cl– chlorure ; PO43– phosphate ; HO– hydroxyde ; Fe2+, Fe3+, Zn2+ et Cu2+ est ensuite abordée comme une
CO32– carbonate. application immédiate du modèle.
Cations : Cu2+ cuivre (II) ; Al3+ aluminium ; K+ potassium. On envisagera des situations dans lesquelles les approxi-
mations intervenant dans les énoncés du modèle sont légi-
e. Iodure de potassium : KI(s) → K+(aq) + I –(aq).
times. Le modèle sous-entend en effet qu’un solide est
Chlorure d’ammonium : NH4Cl(s) → NH4+(aq) + Cl–(aq).
considéré comme étant soit soluble soit insoluble dans
Carbonate de sodium : Na2CO3(s) → 2 Na+(aq) + CO2–3 (aq). l’eau. On choisira donc des espèces chimiques très solubles
Nitrate d’argent : AgNO3(s) → Ag+(aq) + NO3–(aq). ou quasi-insolubles dans l’eau.
Nitrate de zinc : Zn(NO3)2 (s) → Zn2+(aq) + 2 NO–3(aq).
Chlorure de baryum : BaCl2 (s) → Ba2+(aq) + 2 Cl–(aq). Correction
Sulfate d’aluminium : Al2(SO4)3(s) → 2 Al3+(aq) + 3 SO2–
4 (aq).
1. a. Il faut trois ions SO42– pour deux ions Al3+ (énoncé 1).
+ 3–
Phosphate de potassium : K3PO4(s) → 3 K (aq) + PO4 (aq).
Si l’échantillon comporte 6 × 1023 ions Al3+, alors il com-
porte (3/2) × 6 × 1023 = 9 × 1023 ions SO42–.
Hydrogénocarbonate de sodium :
b. La solution aqueuse de sulfate de sodium est constituée
NaHCO3(s) → Na+(aq) + HCO–3(aq).
d’ions sodium Na+ et d’ions sulfate SO42– dispersés parmi les
2. a. La formule du sulfate de cuivre (anhydre) est : molécules d’eau. Il y a deux fois plus d’ions sodium que
CuSO4(s). d’ions sulfate pour respecter l’électroneutralité (énoncé 1).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 13


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 14

c. Le filtrat est la solution initiale : la constitution n’a pas


changé (énoncé 2). ACTIVITÉS D’EXPLOITATION
2. a. Le système comporte deux anions et deux cations. Les
associations anion-anion ou cation-cation sont impossibles,
l’électroneutralité devant être respectée (énoncé 1). TP 5. Réactions de précipitation (p. 42)
Les associations anion-cation susceptibles de se faire sont :
Na+ et NO3–, Na+ et Cl–, Ag+ et NO3–, Ag+ et Cl–. Commentaires
b. On peut immédiatement rejeter l’éventualité des asso- Cette activité expérimentale s’intéresse en premier lieu aux
ciations Na+ et Cl–, et Ag+ et NO3– puisque ce sont les solu- solides ioniques, solubles ou insolubles dans l’eau, et utilise
tions initialement utilisées, donc les ions qui les constituent le modèle des ions qui s’associent en solution présenté lors
coexistent en solution (énoncé 5). Les solutions de nitrate de l’activité 4.
de sodium existent : les ions Na+ et NO3– coexistent donc L’association de certains ions en solution, conduisant à la for-
et ne s’associent pas en solution (énoncé 5). Le précipité est mation de précipités, est mise à profit pour réaliser des tests
donc constitué par l’association des ions Ag+ et Cl– : c’est de reconnaissance d’ions, ici les ions sulfate et chlorure.
un précipité de chlorure d’argent AgCl (énoncé 4). La troisième partie est l’occasion de construire un tableau
d’avancement pour effectuer un bilan de matière. Elle per-
c. Le bécher contient un précipité formé par l’association met, de même que la dernière partie, de réinvestir les
de trois ions Ag+ et trois ions Cl– et une solution contenant
notions de réactif limitant et réactif en excès, évoquées en
quatre ions Na+, trois ions NO3– et un ion Cl–.
fin de Seconde.
Les approximations que sous-entend l’utilisation des termes
solides solubles ou insolubles seront rendues légitimes ici
Ag+ NO –3 encore par l’utilisation d’espèces chimiques très solubles
précipité (sulfate de sodium, chlorure de sodium) ou quasi-insolubles
de chlorure Cl– Na+ (sulfate de baryum) dans l’eau.
d’argent AgCl On remarquera que tout test mettant en jeu une réaction de
précipitation est un test de reconnaissance commun aux
d. La poudre de chlorure d’argent ne disparaît pas dans deux sortes d’ions qui s’associent en solution.
l’eau : elle est insoluble dans l’eau puisqu’elle est constituée Rappelons que le test des ions chlorure (au moins) a déjà
d’ions Ag+ et Cl– dont on a montré à la question précédente été réalisé en classe de Troisième. Il est cependant rare-
qu’ils s’associent en solution. On ne peut dissoudre un ment acquis qu’un précipité est une espèce chimique solide,
solide ionique constitué d’ions qui ne peuvent coexister en ou qu’une solution de chlorure de sodium s’obtient par dis-
solution (énoncé 4). solution dans l’eau de chlorure de sodium solide et non pas
3. a. Dans le tube 1 ont été introduits les ions Fe2+, Cl–, Na+ en mélangeant des ions chlorure et des ions sodium…
et HO–. Les ions susceptibles de s’associer en solution sont
Na+ et Cl–, et Fe2+ et HO– (énoncés 1 et 5). Or la solution de Correction
chlorure de sodium Na+ + Cl– existe. Donc les ions qui s’as- 1. a. Dans les tubes 1 et 2, on obtient une solution homo-
socient en solution pour former le précipité sont Fe2+ et gène ; les solides introduits disparaissent, ils sont solubles
HO–. dans l’eau. Les ions qui les constituent ne s’associent pas en
De même, dans le tube 2, les ions Fe3+ et HO– s’associent en solution.
solution. Dans le tube 3 : Zn2+ et HO-. Dans le tube 4 : Cu2+ Dans le tube 3, le sulfate de baryum reste visible ; il est donc
et HO–. insoluble dans l’eau.
b. Les équations chimiques représentant les réactions de Les ions Ba2+ et SO2– 4 sont des ions qui s’associent en solu-
précipitation sont les suivantes (énoncé 1) : tion.
• Tube 1 : Fe2+ + 2 HO– → Fe(OH)2, précipité vert d’hydro- b. Contenu du tube 1 : solution de sulfate de sodium
xyde de fer . 2 Na+ + SO42– (ions Na+, SO42– et molécules d’eau).
• Tube 2 : Fe3+ + 3 HO– → Fe(OH)3, précipité orangé d’hydro- Contenu du tube 2 : solution de chlorure de sodium
xyde de fer. Na+ + Cl– (ions Na+, Cl– et molécules d’eau).
• Tube 3 : Zn2+ + 2 HO– → Zn(OH)2, précipité blanc d’hydro- Contenu du tube 3 : eau et sulfate de baryum solide BaSO4.
xyde de zinc. c. On réalise une filtration. Le filtrat est de l’eau, le solide
• Tube 4 : Cu2+ + 2 HO– → Cu(OH)2, précipité bleu d’hydro- recueilli dans le filtre est le sulfate de baryum.
xyde de cuivre.
d. On réalise une évaporation du solvant (eau) par chauf-
c. Les ions identifiés sont Fe2+, Fe3+, Zn2+ et Cu2+. Ces ions fage doux et prolongé. Il restera le sulfate de sodium solide.
s’associent en solution avec les ions HO– apportés par la
2. a. Il se forme un précipité blanc.
solution d’hydroxyde de sodium pour donner des précipités
de couleurs différentes : d’où une identification possible. b. Dans le tube ont été introduits les ions Na+, SO42–, Ba2+ et
Cl–.
Note : Des ions autres que Zn2+ s’associent en solution aux ions HO– pour
former un précipité blanc (exemple : Al3+…) c. Les ions d’une même solution ne s’associent pas. D’autre
part, seuls des anions et des cations peuvent s’associer. Les
associations possibles sont donc Na+ et Cl–, et Ba2+ et SO42–.
Les ions Na+ et Cl– ne s’associent pas puisque la solution
de chlorure de sodium existe. L’espèce chimique blanche
observée dans le tube est un précipité de sulfate de
baryum BaSO4.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 14


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:28 Page 15

d. L’équation de la réaction est la suivante :


TP 6. Expérience du jet d’eau (p. 43)
Ba2+ + SO42– → BaSO4
précipité blanc Commentaires
2+
e. Le test qui permet de caractériser des ions Ba (aq) en Cette activité permet de réinvestir des connaissances acqui-
solution consiste à rajouter des ions SO42–(aq). ses en classe de Seconde sur le comportement d’un gaz, à
3. a. Dans un tableau d’avancement, les quantités de l’échelle macroscopique et à l’échelle microscopique.
matière et l’avancement sont exprimés en mole. Elle se termine par un calcul de quantité de matière et de
concentration molaire, utilisant l’équation d’état du gaz par-
Ba2+ SO42– BaSO4 fait. Ce calcul peut paraître quelque peu difficile et décon-
–3 –3 certant, puisque la seule valeur numérique utilisée est celle
E.I. x=0 5,0 × 10 4,0 × 10 0
du volume molaire d’un gaz.
E.F. xmax 5,0 × 10– 3 – xmax 4,0 × 10– 3 – xmax xmax L’expérience sur laquelle l’élève est invité à réfléchir n’a rien
d’original : il s’agit de la traditionnelle expérience de disso-
b. L’avancement maximal correspond à la disparition, en lution d’un gaz dans l’eau, appelée expérience du jet d’eau.
totalité, de l’un des réactifs appelé réactif limitant. La trompe à eau évoquée dans le paragraphe 1. constitue
Si les ions Ba2+ disparaissaient en totalité : un dispositif que l’élève doit connaître et qu’il sera amené à
5,0 × 10 – 3 – xmax = 0, soit xmax = 5,0 × 10 – 3 mol mais la quan- utiliser dans des activités expérimentales, ce qui ne pré-
tité de matière de SO42– serait négative, ce qui ne convient sente d’ailleurs aucune difficulté particulière.
pas. Donc ce sont les ions SO42– qui disparaissent en tota- Le calcul qui termine cette activité fait intervenir l’équation
lité : 4,0 × 10 – 3 – xmax = 0, soit xmax = 4,0 × 10 – 3 mol et il d’état du gaz parfait et le volume molaire du gaz, mais ni la
reste 1,0 × 10 –3 mol Ba2+. nature du gaz dissous, ni le volume du ballon utilisé, ni le
La masse du précipité est : volume de solution obtenu dans le ballon en fin d’expé-
rience n’entrent en jeu.
m = n M = 4,0 × 10 –3 × 233,4 = 0,93 g.
Dans cette activité, qui suit le cours, on veillera à indiquer
c. Dans le filtrat, sont présents les ions Ba2+ restants l’état physique des espèces chimiques ou entités envisagées.
(1,0 × 10 – 3 mol) ainsi que les ions qui ne sont pas inter-
venus dans la réaction chimique : Na+ en quantité double Correction
de celle des ions SO42– introduits (pour respecter l’élec- 1. a. La trompe à eau diminue la pression du gaz du réci-
troneutralité de la solution de sulfate de sodium) soit pient auquel elle est reliée.
8,0 × 10 – 3 mol, et Cl– en quantité double de celle des ions b. La pression du gaz contenu dans le ballon diminue à
Ba2+ introduits (pour respecter l’électroneutralité de la solu- cause de l’aspiration par la trompe à eau. Cette pression
tion de chlorure de baryum), soit 1,0 × 10 –2 mol. étant inférieure à la pression atmosphérique, l’eau monte
d. Les masses doivent être voisines. Une masse expéri- dans le ballon.
mentale plus grande que la masse théorique peut provenir La trompe à eau déplace et entraîne hors du ballon les
d’un séchage insuffisant du précipité. Plus petite, il peut y molécules constituant l’air contenu dans le ballon. Ces
avoir eu des pertes (bécher mal rincé…). molécules, par leur agitation et les chocs sur la surface de
4. On observe la formation d’un précipité blanc (qui l’eau, empêchaient l’eau de monter dans le ballon. Le nom-
devient grisâtre à la lumière). bre de molécules dans le ballon diminuant, il y a moins de
chocs et l’eau monte, poussée par les chocs des molécules
a. On a introduit dans le tube 2 des ions Na+, Cl–, Ag+ et
de l’air de la salle sur la surface libre de l’eau du cristallisoir.
NO3–. Puisque seuls les ions Ag+ et Cl– s’associent en solu-
tion, ils constituent le précipité de chlorure d’argent AgCl 2. a. Dans le tube à essais a lieu la réaction chimique
qu’on observe et qu’on récupère dans le filtre. d’équation : H+(aq) + Cl–(aq) → HCl(g)
Le filtrat contient les ions Na+, NO3– et les ions Cl– en excès Un gaz est produit. Ce gaz arrive au contact du papier-pH
en solution aqueuse. mouillé ; il s’y dissout selon la réaction d’équation :
Après filtration, l’ajout au filtrat de quelques gouttes de HCl(g) → H+(aq) + Cl–(aq)
+
solution de nitrate d’argent conduit encore à l’obtention Les ions H (aq) sont responsables du changement de couleur
d’un précipité blanc (de même aspect que le précédent). du papier-pH.
b. L’ion argent Ag+ permet de mettre en évidence la pré- b. Pendant le remplissage du ballon par du chlorure d’hy-
sence d’ions chlorure dans une solution. L’équation de la drogène, on présente un papier-pH mouillé à l’orifice de
réaction qui a lieu est la suivante : sortie du tube droit vertical. Le changement de couleur du
Ag+ + Cl– → AgCl papier-pH traduit le fait que le ballon contient une quantité
précipité blanc notable de chlorure d’hydrogène.
qui noircit à la lumière c. Seule une diminution de la pression dans le ballon per-
met d’interpréter la montée de l’eau.
Note : La solution de nitrate d’argent utilisée ne doit pas être trop concentrée,
car si les élèves dissolvent trop peu de chlorure de sodium dans la partie 1. de d. Dans l’expérience 1. b., des molécules sont déplacées
l’activité expérimentale, il n’y aura plus d’excès d’ions chlorure, ce qui posera (par la trompe à eau). Dans l’expérience 2. c., une espèce
problème.
chimique moléculaire se dissout dans l’eau. Dans les deux
c. Le deuxième ajout de solution de nitrate d’argent mon- cas, la phase gazeuse contient une quantité de matière de
tre que des ions chlorure sont encore présents dans le fil- gaz plus faible, mais cette perte de matière de la phase
trat. Les ions chlorure sont en excès. gazeuse a une origine différente dans les deux expériences.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 15


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 16

e. c. Seule l’interaction attractive peut justifier la cohésion du


Cl
H cristal.
d. Le solide (même ionique) n’est pas conducteur.
e. La formule est CaF2.
eau
17 a. Iodure de potassium : KI(s) → K+(aq) + I –(aq).
Le schéma précédent représente le système chimique avant b. Carbonate de sodium : Na2CO3(s) → 2 Na+(aq) + CO32–(aq).
la dissolution du chlorure d’hydrogène. En noir et en gris c. Nitrate de zinc : Zn(NO3)2 (s) → Zn2+(aq) + 2 NO–3(aq).
figurent les molécules constituant l’air (N2 et O2 respec-
tivement) toujours présentes dans la phase gazeuse du d. Sulfate d’aluminium :
ballon. Al2(SO4)3(s) → 2 Al3+(aq) + 3 SO2–
4 (aq).

e. Chlorure d’ammonium : NH4Cl(s) → NH4+(aq) + Cl–(aq).


f. Chlorure de baryum : BaCl2 (s) → Ba2+(aq) + 2 Cl–(aq).
H +(aq)
Cl –(aq) g. Phosphate de potassium : K3PO4(s) → 3K+(aq) + PO43–(aq).
h. Bromure de cuivre : CuBr2(s) → Cu2+(aq) + 2 Br–(aq).
Le schéma ci-dessus représente l’état du système après la
18 a. Chlorure de calcium.
dissolution. L’eau est montée dans le ballon et les molécules
se sont dissociées ; on a des ions en solution. CaCl2 (s) → Ca2+(aq) + 2 Cl–(aq)
f. Lors de la dissolution dans l’eau du chlorure d’hydro- b. Hydrogénocarbonate de sodium.
gène, les molécules de chlorure d’hydrogène se sont disso- NaHCO3(s) → Na+(aq) + HCO–3(aq)
ciées en ions : HCl(g) → H+(aq) + Cl–(aq) c. Sulfate d’aluminium.
Pour prouver la présence d’ions en solution, on pourrait
Al2(SO4)3(s) → 2 Al3+(aq) + 3 SO2–
4 (aq)
montrer que la solution conduit le courant électrique.
Un test utilisant une solution de nitrate d’argent permettrait d. Phosphate de zinc.
de mettre en évidence la présence d’ions Cl–(aq). Zn3(PO4)2(s) → 3 Zn2+(aq) + 2 PO43–(aq)
Un test au papier-pH permettrait de mettre en évidence la e. Dichromate de potassium.
présence d’ions H+(aq) (cf. 2. a.). K2Cr2O7(s) → 2 K+(aq) + Cr2O2–
7 (aq)
g. Le ballon ne s’est pas totalement rempli puisque l’air,
initialement présent occupe toujours un certain volume (il 19 a. FeCl3(s).
n’y a pas de système d’aspiration). b. Ag2SO4(s).
h. Dans la phase gazeuse du ballon de volume V, avant c. KNO3(s).
l’aspiration, la quantité de matière de gaz est n = pV / RT. d. Ca3(PO4)2(s).
En supposant que la pression et la température sont les
mêmes en début et en fin d’aspiration, la nouvelle quantité 20 a. L’équation chimique de la dissolution :
de matière restant en phase gazeuse est : AlCl3(s) → Al3+(aq) + 3 Cl–(aq)
nrestant = p(V – V ) / RT, b. L’avancement et les quantités de matière sont exprimés
où V  est le volume d’eau aspiré. La quantité de matière n en mole :
du soluté HCl dissous est donc n = n – nrestant = pV / RT.
AlCl3(s) Al3+(aq) 3 Cl–(aq)

E.I. x=0 1 0 0

EXERCICES E.F. xmax 1 – xmax xmax 3 xmax

c. Après dispersion des ions, il y a une mole d’ions Al3+ et


trois moles d’ions Cl– en solution.
Appliquer ses connaissances d. La solution est conductrice puisqu’elle est ionique.
12 Les formules sont Mg2+ pour les ions magnésium et e. Les ions aluminium sont caractérisés par l’ajout d’une
Br– pour les ions bromure. solution d’hydroxyde de sodium en donnant un précipité
blanc d’hydroxyde d’aluminium.
14 La formule chimique du sulfate de potassium est : Les ions chlorure sont caractérisés par l’ajout d’une solu-
K2SO4(s) et la notation de sa solution aqueuse est : tion de nitrate d’argent en donnant un précipité blanc de
2 K+(aq) + SO42–(aq). chlorure d’argent qui noircit à la lumière.
La formule chimique du phosphate de calcium est 22 a. La formule de l’ion éthanoate étant C2H3O2– et celle
Ca3(PO4)2(s) et la notation de sa solution aqueuse est de l’ion magnésium étant Mg2+, la formule de l’éthanoate de
3 Ca2+(aq) + 2 PO43–(aq). magnésium tétrahydraté est donc : Mg(C2H3O2)2 , 4 H2O.
15 a. L’interaction entre les ions est une interaction élec- b. L’équation de dissolution de ce solide ionique dans l’eau
trique coulombienne. est :
b. L’interaction électrique entre les cations d’une part et les Mg(C2H3O2)2 , 4 H2O → Mg2+(aq) + 2 C2H3O2–(aq)
anions d’autre part est répulsive tandis que l’interaction m 0,108
c. m = = = 5,0 × 10–4 mol.
entre un cation et un anion est attractive. M 216,3

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 16


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 17

d. L’avancement et les quantités de matière sont exprimés 28 1. a. L’équation chimique de la dissolution est :
en mole : HNO3() → H+(aq) + NO–3 (aq)

x Mg(C2H3O2)2(s) Mg2+(aq) 2 C2H3O2(aq) b. La molécule est dipolaire puisqu’elle est dissociée et sol-
–4
vatée par un solvant polaire (l’eau).
E.I. 0 5,0 × 10 0 0
c.
E.F. xmax 5,0 × 10–4 – xmax xmax 2 xmax HNO3() H+(aq) NO3– (aq)

À l’état final, il reste : E.I. 0 n 0 0


n(Mg(C2H3O2)2) = 0 mol ; E.I. x n–x x x
n(Mg2+) = mol ;
E.F. n 0 n n
n(C2H3O2–) = 1,0 × 10–3 mol.
e. Raisonnons pour un litre :
À l’état final, il reste :
mMgCl2 = n M = 0,5 × 10–3 × 203,31 = 0,10 g.
n(HNO3) = 0 mol ;
24 1. a. Ag+(aq) + NO3–(aq) ; K+(aq) + NO3–(aq) ; n(H+) = n mmol ;
Pb2+(aq) + 2 NO3–(aq) ; K+(aq) + I–(aq) ; 2 K+(aq) + SO42–(aq). n(NO3–) = n mmol.
b. Expérience 1 : précipité d’iodure d’argent AgI (la solution D’après la stœchiométrie de l’équation chimique de la dis-
de nitrate de potassium existe). solution de l’acide nitrique, quel que soit le volume d’acide
Expérience 2 : précipité de sulfate de plomb PbSO4 (la solu- dissous, les quantités d’ions formés sont égales.
tion de nitrate de potassium existe).
30 a.
2. Ag+(aq) + I –(aq) → AgI(s). Les ions qui ne participent pas à
Représentation de Lewis Géométrie
la réaction sont K+ et NO3–.
Pb2+(aq) + SO42–(aq) → PbSO4 (s). Les ions qui ne participent H N
pas à la réaction sont K+ et NO3–. N H H
H
25 a. Les ions susceptibles de s’associer sont Na+ et SO42–, H H
ou Fe3+ et HO–.
b. Oui, toutes les liaisons NH (N plus électronégatif que H).
b. On observe un précipité d’hydroxyde de fer Fe(OH)3 (s).
c. Oui, la molécule est dipolaire car les barycentres des
L’équation de la réaction est :
charges partielles positives et négatives ne coïncident pas.
Fe3+(aq) + 3 HO–(aq) → Fe(OH)3 (s)
c. On a caractérisé l’ion Fe3+(aq). Un test similaire utilisant une N

solution d’hydroxyde de sodium permet de caractériser les
H
ions Fe2+(aq) (précipité vert), les ions Cu2+(aq) (précipité H
+
bleu)… H

27 1. a. b. d. L’ammoniac et l’eau sont deux espèces chimiques cons-


tituées de molécules dipolaires.
a. b. δ+
Hδ+
2δ – Aller plus loin
O 2δ –
32 1. Un ion Na+ a six voisins Cl–, un ion Cl– a six voisins
Hδ+ Na+.
δ+ e2
2. a. F = k = 4 × 10–10 N.
(a2)2
2. a. L’équation chimique de la dissolution est :
e2
HCl(g) → H+(aq) + Cl–(aq) b. F = k = 4 × 10–10 N.
(a2)2
b.
e2
c. F = k = 7 × 10–10 N.
H H (a)2
+
O –
H H Note : L’étude de ce solide ionique a pour but de montrer que chaque ion a pour
O H+ O +– + –+ plus proches voisins des ions de signes contraires, ce qui assure la cohésion du
cristal par interaction coulombienne. La notion de maille élémentaire est hors
H O 2δ – H – programme.
+
δ+ δ+
H H 33 1. a.

O 2δ –

δ+ δ+ +
H H
Cl– –
H H +

O

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 17


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 18

b. Un ion Cs+ (au centre) et un de ses plus proches voisins De façon générale, un solvant dipolaire dissout des espèces
Cl– (au sommet) s’attirent puisque le signe de leur charge chimiques dont les molécules sont dipolaires.
est opposé. Note : Il y a des exceptions…
2. La valeur de l’interaction coulombienne entre un ion et
d. On réalise un circuit électrique. Si un courant circule, la
l’ion de même signe le plus proche est : F= 5,4 × 10–9 N.
solution est une solution ionique. La solution de chlorure
La valeur de l’interaction coulombienne entre un ion et l’ion
d’hydrogène contient des ions H+(aq) et Cl–(aq).
de signe opposé le plus proche est : F = 7,2 × 10–9 N.
2. a. Les molécules d’éthanol et d’acide sulfurique sont
34 1. a. Loi de Coulomb : F = kq q′ / d 2. dipolaires. Les molécules de cyclohexane sont apolaires.
b. Soient : b. La solution d’acide sulfurique contient des ions H+(aq) et
• F1 la valeur de la force d’interaction dipôle-ion Li+ ; SO42–(aq). La solution d’éthanol contient des molécules
• F2 la valeur de la force d’interaction dipôle-ion Na+ ; d’éthanol C2H6O.
• F3 la valeur de la force d’interaction dipôle-ion K+. c. Par dissolution dans l’eau d’une espèce chimique consti-
La distance entre les charges q et δ (considérées comme tuée de molécules dipolaires, on n’obtient pas forcément
ponctuelles) est au minimum égale au rayon de l’ion. Cette une solution ionique (exemple : éthanol).
distance est plus faible pour Li+ que pour Na+ et plus faible
pour Na+ que pour K+. Or la valeur de la force d’interaction
augmente quand la distance diminue.
Donc F1  F2  F3. MATÉRIEL ET PRODUITS
Plus le rayon ionique est petit, plus la force d’interaction est
grande (et plus le phénomène de solvatation est important).
c. Soient F1′, F2′ et F3′ les valeurs des forces d’interaction TP 5. Réactions de précipitation (p. 42)
dipôle-ion Na+, dipôle-ion Ca2+ et dipôle-ion Tl3+ respecti-
vement (F1′ = F2). Si les distances entre charges, très voisi- • Sulfate de sodium en poudre.
nes dans les trois cas, sont notées d : • Chlorure de sodium en poudre.
F1′ = k q δ / d 2 F2′ = 2 k q δ / d 2 F3′ = 3 k q δ / d 2 • Sulfate de baryum en poudre.
• Solution de sulfate de sodium 0,20 mol · L–1.
Donc F3′ = 3 F1′, F2′ = 2 F1′
• Solution de chlorure de baryum 1,0 mol · L–1.
et F1′  F2′  F3′.
• Solution de nitrate d’argent (pas trop concentrée : envi-
Plus la charge est grande, plus la force d’interaction est ron 0,1 mol · L–1).
grande (et plus le phénomène de solvatation est important). • Spatules.
2. a. Les structures électroniques sont les suivantes : • Trois tubes à essais et leurs bouchons.
Na : (K)2(L)8(M)1 • Une pipette simple.
Mg : (K)2(L)8(M)2 • Un bécher (de 100 ml).
Al : (K)2(L)8(M)3 • Une pipette jaugée de 20 ml.
b. Les formules des ions sont Na+, Mg2+ et Al3+. • Une pipette jaugée de 5 mL.
c. Dans cet ordre des ions, le rayon ionique diminue et la • Un dispositif d’aspiratipon pour pipette.
charge électrique augmente. Donc la valeur de la force d’in- • Un entonnoir avec son support et deux filtres.
teraction augmente. • Deux béchers pour recueillir les filtrats.
35 1. a. Les atomes O et H ont des électronégativités • Une baguette de verre (agitateur).
différentes : les liaisons O  H sont polarisées. La géométrie • Une étuve ou un sèche-cheveux.
de la molécule (triangle) est telle que les barycentres des • Une balance au cg.
charges partielles positives et négatives ne coïncident pas.
b. L’expérience du jet d’eau permet de constater la solubilité
d’un gaz dans l’eau, un jet d’eau se formant du fait d’une TP 6. Expérience du jet d’eau (p. 43)
aspiration d’eau suite à une dépression créée par dissolution
du gaz. (Voir photographie page 93 du livre élève.) Les gaz • Un dispositif de trompe à eau.
ammoniac et chlorure d’hydrogène sont solubles dans l’eau. • Un manomètre.
c. Les molécules NH3 et HCl sont dipolaires (liaisons pola- • Une potence, une pince et une noix.
risées et non coïncidence des barycentres des charges par- • Un cristallisoir.
tielles positives et négatives). Les espèces chimiques cor-
• Une hotte.
respondantes sont solubles dans l’eau, solvant dipolaire.
Les molécules C3H8 sont apolaires (liaisons non polarisées), • Un bec-Bunsen.
de même que les molécules CH4 (coïncidence des barycen- • Solution concentrée de chlorure d’hydrogène.
tres). Les espèces chimiques correspondantes ne sont pas • Papier-pH.
solubles dans l’eau. • Compte-gouttes.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 2 – SOLUTIONS IONIQUES 18


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 19

3 Concentrations
d’une solution ionique

plus. Quant à la notion de concentration effective en ion,


ASPECTS PÉDAGOGIQUES elle sème le trouble, car les concentrations effectives en ion
ne sont pas forcément identiques pour les différents ions
ET SCIENTIFIQUES d’une même espèce chimique. Ainsi, dans une solution de
chlorure de fer (III), la concentration en ions fer est trois
1. De la quantité de matière à fois plus petite que celle en ions chlorure.
Nous nous sommes efforcés de respecter deux notations
la concentration
différentes pour ces grandeurs : c pour le soluté apporté et
L’objectif du chapitre est d’introduire la (on devrait dire [X] pour chaque ion. Alors qu’en classe de Seconde, ces
« les ») notion de concentration ionique. Dans ce chapitre, notations représentent la même chose [glucose] = cglucose, il
l’élève va distinguer la concentration en soluté apporté et n’en n’est plus de même et cCuCl2 est différent de [Cl–].
la concentration effective d’ions en solution. Centrales dans Pour vaincre ces difficultés, nous avons organisé un certain
la partie du programme relatif à la mesure, ces notions vont nombre d’activités qui mettent en jeu différents aspects de
être mises au service des calculs de bilans de matière dans la concentration. De plus, le cours reprend sur un exemple
le cas de réactions chimiques mettant en jeu des ions. Elles simple, que nous pensons suffisamment général (le cas de
seront utiles dans les chapitres suivants, en particulier dans CuCl2), les calculs qui reviennent fréquemment et les repré-
le chapitre 7 relatif aux titrages. sentations microscopiques qui leur donnent du sens.
La construction de ces nouvelles connaissances s’appuie
principalement sur des notions supposées déjà acquises :
– la concentration d’un substrat moléculaire (classe de
3. Utilisation de la grandeur concentration
Seconde) ; Le point de départ pour introduire la différence entre
– la quantité de matière de composés ioniques (chapitre concentration en soluté apporté et concentration effective
précédent) ; des ions en solution est la situation de dissolution d’un
– la réaction chimique et les calculs de bilan de matière composé ionique. Le chapitre précédent a montré que l’on
(classe de Seconde et chapitre 1). traite ce processus comme une équation chimique dont le
Toutes ces notions sont trop délicates pour pouvoir être bilan de matière fournit les quantités de matière de chacun
considérées comme réellement acquises et le travail de ce des ions en fonction de la quantité de matière en soluté.
chapitre a également le rôle de les consolider. Il ne faudra L’utilisation de la relation c = n/V connue depuis la classe
pas hésiter à y consacrer du temps. de Seconde permet d’introduire la concentration en soluté
apporté. Même si c’est la même relation que dans le cas des
composés moléculaires (I2, glucose, etc.), une différence de
2. Difficultés des élèves taille intervient : le soluté ionique n’est plus présent en solu-
La vie quotidienne prépare un peu à la notion de concen- tion, et on parle cependant de sa concentration. La situa-
tration dans le cas de composés moléculaires (par exemple tion est d’autant plus délicate que la représentation de la
avec le nombre de personnes dans une pièce, le nombre de dispersion du grand nombre d’ions qui constituent le cris-
voitures sur une route, etc.). En revanche, elle ne prépare tal est difficile à construire pour les élèves.
pas, ou peu, à la notion de concentration de composés La concentration molaire effective de chaque ion utilise la
ioniques, et en particulier aux difficultés inhérentes à la dis- même relation [X] = nX/V, mais la grandeur nX se rapporte
tinction entre concentration en soluté apporté et concen- à une notion nouvelle pour l’élève, celle de concentration
tration de tel ion. Par exemple, la relation entre la couleur en un type d’ions. Il faut donc prendre le temps d’expliquer
d’une solution et la concentration d’un ion en solution est ce qu’il y a de commun et de différent entre ces deux types
intéressante, mais n’aide pas à vaincre toutes les difficultés de concentration.
liées à cette notion dans le cas des composés ioniques.
Les difficultés de la construction de la notion de concen-
tration doivent être considérées à différents niveaux.
4. Concentration et mélange
• Dans le cas général, la notion de concentration met en jeu La détermination de concentration à la suite de mélanges
les grandeurs V et n, cette dernière n’étant pas simple pour de solutions perturbe fréquemment les élèves. Nous avons
les élèves, même si elle a été évoquée depuis la classe de traité dans le cours les deux cas principaux (sans et avec
Seconde. réaction) rencontrés afin de permettre aux élèves d’avoir
• Dans le cas des solutés ioniques, ces difficultés sont des informations claires et structurées sur le sujet. Il nous
accentuées par le fait qu’il faut distinguer la concentration semble important que les élèves comprennent qu’il faut d’a-
en soluté apporté et la concentration effective en tel ou tel bord raisonner en quantité de matière avant de raisonner
ion. La concentration en soluté apporté n’est pas une notion en concentration. Nous avons pour cela proposé une
simple pour les élèves parce qu’elle est purement formelle. méthode d’analyse et de résolution pour déterminer
En effet, le soluté n’existe plus en solution ; il s’est dissocié. la concentration d’ions présents en solution à l’issue
Il s’agit donc d’une concentration d’une entité qui n’existe d’un mélange. Les exercices résolus 1 et 2, pages 61 et 62,

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 19


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 20

prennent en charge les deux types de mélanges rencontrés dissoute ne permet pas à elle seule de caractériser une solu-
en cours, de même que de nombreux exercices proposés. tion. Pour cela, quelques questions sont posées à propos de
La détermination de concentrations lors de mélanges sans solutions colorées de concentration différentes.
réaction chimique nécessite également que l’on soit bien
clair sur les volumes à prendre en compte dans les calculs.
Correction
Trois volumes interviennent lors d’un mélange, celui des a. Lors de l’observation de la Fig. 1, on constate que
solutions initiales et celui de la solution finale. L’élève qui la solution de la Fig. 1 a est plus colorée que celle de
utilise de façon automatique la relation c = n/V passe régu- la Fig. 1 b.
lièrement à côté du fait qu’il n’y a pas qu’un volume V, mais b. Point de vue macroscopique :
V1, V2 et V1 + V2 . Les schémas du cours insistent bien sur Les points communs entre ces deux expériences sont :
ce point délicat. même solvant (eau), même masse de KMnO4 dissoute,
Lorsqu’une réaction chimique intervient lors du mélange, il même récipient.
faut réaliser un bilan de matière avant de répondre à la Les différences entre ces deux expériences sont : volumes
question sur la concentration. Cela fait intervenir un de solvant utilisés différents, couleurs des solutions utili-
tableau d’avancement et la détermination du réactif limi- sées différentes.
tant. C’est une difficulté importante qui dépasse largement Point de vue microscopique :
la compréhension de la relation de définition de la concen- Il y a autant d’ions dans les deux solutions (c’est un point
tration. Par ailleurs, les élèves peu habitués à traiter des commun), mais ces ions sont plus éloignés les uns des
bilans de matière faisant intervenir des ions peuvent s’en- autres, c’est-à-dire plus dispersés dans la deuxième solution
combrer de la présence des ions spectateurs dans l’équa- que dans la première.
tion de la réaction étudiée. Il faut y prendre garde. c. L’élève peut avoir le choix. Il voit bien que ni la masse, ni
Les notions de limite de solubilité lors de la dissolution d’un la quantité de matière ne peuvent caractériser une solution
composé ionique, et par conséquent le cas des précipitations puisque, dans ce cas, les masses de KMnO4 mises en jeu
non totales, ne sont pas au programme. On reste donc dans (donc les quantités de matière) sont identiques alors que les
l’étude de cas particuliers. Il faut en être conscient et ne pas solutions obtenues sont différentes. L’élève peut choisir
proposer d’exemples qui ne correspondraient pas à ces cas. entre les propositions « masse de KMnO4 par unité de
volume » et « quantité de matière de KMnO4 par unité de
5. Présentation du chapitre volume ».
L’activité 1 permet de revenir sur le lien entre concentra-
tion et quantité de matière et de faire réfléchir l’élève sur DOC 2. Cristal ionique, stœchiométrie
les grandeurs qui se conservent lors d’une mise en solution. et concentration (p. 52)
L’activité 2 réinvestit les notions sur les cristaux ioniques
vues au chapitre 2. Il s’agit ici de se placer à deux niveaux
Commentaires
de représentation, le cristal ionique et la solution issue de Les élèves ont utilisé des solides ioniques dans le chapitre
sa dissolution. précédent. Ils découvrent ici les cristaux ioniques au travers
Les activités 3 et 4, pages 53 et 54, sont l’occasion d’intro- de leur structure ordonnée et de leur mise en solution. Ils se
duire la notion de concentration d’un ion dans une solution construisent ainsi une représentation microscopique de la
ionique. On travaille dans l’activité 3 avec une solution dont dispersion des ions constituant les cristaux lors de leur dis-
la stœchiométrie n’est pas 1:1. Ainsi, les quantités de solution. Cela doit les aider à aborder plus facilement la
matière des ions et leurs concentrations en solution ne sont notion de concentration effective des ions en solution.
pas égales. Cette propriété est souvent difficile à compren- Correction
dre pour les élèves puisqu’elle débouche sur une non-éga-
a. Le cristal représenté contient dix-huit ions Cl– et autant
lité de la concentration en soluté apporté et des concentra-
d’ions Na+. L’électroneutralité du cristal a donc été prise en
tions des ions en solution.
compte.
L’activité 4, page 54, utilise une échelle de teintes que les
élèves doivent construire. Ceci permet une révision et une b. L’ion Na+ central possède six ions Cl– voisins immédiats.
mise en pratique des techniques expérimentales vues en De même, un des ions chlorure Cl– possède six ions Na+
Seconde. voisins immédiats.
L’activité 5, page 60, située après le cours, permet de réin- c. Si l’on s’était intéressé au cristal CaCl2, on aurait trouvé
vestir de nombreuses connaissances de ce chapitre et des deux fois moins d’ions Ca2+ que d’ions Cl–. En conséquence,
précédents. les nombres de voisins immédiats des ions Ca2+ et Cl–
auraient été différents.
d. Points communs :
ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE Il y a autant d’ions chlorure et d’ions sodium dans le solide
que dans la solution.
Différences :
DOC 1. Quantité de matière Le cristal est une structure ordonnée alors que la solution
et concentration (p. 52) ne l’est pas. Les ions sont dispersés dans la représentation
de la solution alors qu’ils sont groupés dans celle du cristal.
Commentaires e. Si le volume d’eau utilisé pour la dissolution du cristal
Le but de cette première activité est de faire prendre cons- était différente, le nombre d’ions ne changerait pas entre la
cience à l’élève des grandeurs qui caractérisent une solu- nouvelle solution et celle représentée. En revanche, la
tion et en particulier que la quantité de matière de soluté concentration de la solution changerait.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 20


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 21

Possibilité (2) : Na+, Cl– et HO– si la solution de chlorure de


TP 3. Solutions aqueuses ioniques cuivre est le réactif limitant (excès de solution d’hydroxyde
(p. 53) de sodium).
Possibilité (3) : Na+ et Cl– si les réactifs sont dans les pro-
Commentaires
portions stœchiométriques.
Cette activité a pour but de réutiliser la méthode de prépa-
e. Si le filtrat est bleu, il contient des ions Cu2+. Les possi-
ration d’une solution de concentration donnée (vue en
bilités (2) et (3) sont à éliminer.
Seconde) dans le cas de la dissolution d’un solide ionique
Si le filtrat est incolore, on peut éliminer la possibilité (1). Il
et d’amener l’élève à distinguer les concentrations effecti-
faut donc trancher entre les possibilités (2) et (3) en réali-
ves des ions en solution de la concentration en soluté
sant le test suivant :
apporté.
On verse un peu de solution de chlorure de cuivre dans le
C’est aussi l’occasion de distinguer précipité et solution, et
filtrat : s’il apparaît un précipité bleu, c’est que le filtrat
de faire l’inventaire des ions présents dans une solution
contient des ions HO–. Il s’agit du précipité Cu(OH)2. C’est
après qu’une réaction ait eu lieu, selon le réactif en excès.
la possibilité (2) qui est la bonne. S’il n’apparaît pas de pré-
Le calcul préliminaire du paragraphe 1. peut avoir été fait
cipité, c’est la possibilité (3) qu’il faut retenir.
sous forme d’exercice avant le T.P. Il faudra que l’élève
pense à tenir compte, lors du calcul de la masse molaire, du f. L’équation traduisant la réaction ayant eu lieu dans le
fait que le solide est hydraté. tube 2 est la suivante :
Le paragraphe 2. permet la distinction solution-précipité et Cu(H2O)2+ 2+
6 + 4 NH3 → Cu(NH3)4 + 6 H2O
donne en outre l’occasion de réinvestir la notion d’élément 3. a. La mise en solution du chlorure de cuivre s’écrit :
chimique et sa conservation (exemple de l’élément chi- CuCl2 , 2 H2O → Cu2+ + 2 Cl– + 2 H2O
mique cuivre ici). La partie 3. introduit les diverses concen- On peut construire le tableau d’avancement suivant dans
trations à maîtriser dans la suite, ainsi que leurs notations lequel l’avancement et les quantités de matière de réactif et
habituelles. de produits sont exprimées en mole :
Correction CuCl2, 2 H2O Cu2+ 2 Cl– 2 H2O
1. a. On utilise une fiole jaugée de 100 mL munie d’un E.I. x=0 5,0 × 10– 3 0 0 solvant
bouchon, une balance électronique (au cg), une coupelle et
E.F. xmax 5,0 × 10– 3 – xmax xmax 2 xmax solvant
une spatule, une pissette d’eau distillée et un entonnoir à
solide. Dans l’état final du système, le chlorure de cuivre est tota-
On introduit dans la coupelle, posée sur la balance tarée, lement dissous et xmax = 5,0 × 10 – 3 mol.
une masse m de chlorure de cuivre en poudre au moyen La solution contient donc 5,0 × 10 – 3 mol d’ions Cu2+ et
d’une spatule. 1,0 × 10 – 2 mol d’ions Cl–.
On verse dans la fiole jaugée, munie d’un entonnoir, le
contenu de la coupelle puis on rince la coupelle et l’enton- b. Les concentrations molaires correspondent à un litre de
noir à l’eau distillée, l’eau de rinçage s’écoulant dans la fiole solution.
jaugée. On remplit la fiole jaugée à moitié d’eau distillée, on [Cu2+] = 5,0 × 10 – 2 mol . L– 1 et [Cl–] = 1,0 × 10 – 1 mol . L– 1.
bouche et on agite. c. Si [Cl–] = 2,0 × 10 – 3 mol . L– 1 alors :
On complète à l’eau distillée jusqu’au trait de jauge, on [Cu2+] = 1,0 × 10 – 3 mol . L– 1
bouche et on agite de nouveau. La solution est prête. et :
b. La quantité de matière de chlorure de cuivre nécessaire c = 1,0 × 10 – 3 mol . L– 1.
pour préparer la solution est : Ce sera l’inscription portée sur le flacon.
n = cV = 5,0 × 10 – 2 × 100 × 10 – 3 = 5,0 × 10 – 3 mol. On remarque que l’électroneutralité de la solution est tou-
jours respectée.
La masse molaire du chlorure de cuivre hydraté est :
M = 170,5 g . mol– 1.
Donc la masse m de poudre à peser est : TP 4. Solutions aqueuses ioniques
m = n M = 5,0 × 10 – 3 × 170,5 = 0,85 g. et concentrations (p. 54)
2. a. On observe, dans le tube 1, un précipité bleu, dans le Commentaires
tube 2 une solution bleu foncé.
Le but de cette activité est double. Tout d’abord, il s’agit de
b. Il y a un précipité dans le tube 1 : son contenu n’est pas réinvestir les notions de la classe de Seconde sur la réalisa-
transparent. Il y a une solution dans le tube 2 : son contenu
tion de solution aqueuse. L’élève réutilise à cette occasion
est transparent.
le matériel de base du laboratoire (fiole jaugée, pipette jau-
c. Les ions introduits dans le tube 1 sont : Cu2+, Cl–, Na+ et gée…) qui est rarement bien nommé et revoit le vocabulaire
HO–. propre à la fabrication d’une solution. Il doit maintenant ne
Seuls les ions Cu2+ et HO– peuvent s’associer pour former plus confondre dilution et dissolution.
le précipité (les ions Na+ et Cl– ne s’associent pas en solu- Le paragraphe 2. permet de revenir sur les différents gestes
tion : les solutions de chlorure de sodium existent). inhérents à la préparation de solution. On mesure les volu-
La formule chimique du précipité est Cu(OH)2. mes avec une pipette jaugée.
d. Les ions susceptibles d’être présents dans le filtrat sont : Ensuite, il s’agit d’aborder le calcul des concentrations des
Possibilité (1) : Na+, Cl– et Cu2+ si la solution d’hydroxyde entités dissoutes lors d’un mélange de solutions aqueuses.
de sodium est le réactif limitant (excès de solution de chlo- C’est un sujet délicat que les élèves ne savent pas traiter et
rure de cuivre). dont ils n’ont parfois même pas conscience.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 21


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 22

La dernière partie de cette activité permet de raisonner sur


la notion de concentration effective molaire en ions et de ACTIVITÉ D’EXPLOITATION
faire la distinction avec la concentration molaire en soluté
apporté.
Correction TP 5. Transformation chimique
1. Note : Cette partie peut être préparée à la maison. produisant un gaz (p. 60)
a. On réalise ici une dilution au cours de laquelle il y a Commentaires
conservation de la matière. La quantité de matière en soluté
Cette activité expérimentale est classique : il s’agit d’étudier
apporté, c1V1 , prélevée dans S1 est égale à celle, c2V2 , qui
l’action de l’acide chlorhydrique sur un métal. Elle permet
se trouve en solution après dilution dans S2.
de réaliser des tests de caractérisation de réactifs et de pro-
On trouve : V1 = c2V2/c1 = 25 mL. duits, et se termine par une étude quantitative expérimen-
b. On verse un peu de solution S1 dans un récipient inter- tale effectuée à l’aide d’un tableau d’avancement.
médiaire. On prélève, à l’aide d’une pipette jaugée munie Dans la première partie de l’activité expérimentale, on uti-
d’une poire d’aspiration, 25 mL de solution S1 que l’on verse lise de l’acide chlorhydrique de concentration 2 mol . L– 1.
dans une fiole jaugée de 50 mL. On la remplit aux deux tiers La disparition totale du zinc n’est ici pas nécessaire.
d’eau distillée. On la bouche et on l’agite. La solution d’hydroxyde de sodium est également de
On pose la fiole sur une surface plane, puis on la complète concentration 2 mol . L– 1.
d’eau distillée jusqu’à ce que le bas du ménisque soit au niveau Après obtention du précipité d’hydroxyde de zinc, il faut
du trait de jauge. On la bouche et on l’agite par renversement. continuer à ajouter de la solution d’hydroxyde de sodium
c. On trouve : jusqu’à disparition totale du précipité : cela peut nécessiter
l’ajout supplémentaire de quelques millilitres de solution
Solution S3 S4 S5 S6 d’hydroxyde de sodium. Il ne faut pas se décourager : c’est
20 mL 25 mL 10 mL 5 mL un peu long si l’on procède goutte à goutte…
Volume à prélever Dans la deuxième partie, le zinc doit disparaître complète-
de S1 de S2 de S2 de S2
ment : c’est alors que l’on considère la réaction comme ter-
3. Note : Les concentrations des solutions mélangées sont très différentes minée. On utilise de l’acide chlorhydrique plus concentré
afin que les couleurs soient nettement intermédiaires entre celles de S1 et de S6. (6,0 mol . L– 1).
a. Les réponses des élèves peuvent être très différentes. Les élèves doivent être prévenus du danger lié à l’utilisation
Certains, sans réfléchir, diront que la concentration est de l’acide chlorhydrique et d’une solution d’hydroxyde de
égale à la somme des deux concentrations précédentes, soit sodium.
2,1 × 10 –4 mol . L– 1, d’autres à la moyenne.
Correction
b. La comparaison avec l’échelle de teintes montre que
la solution S7 se situe entre les solutions S2 et S3, soit 1. a. Une goutte d’acide chlorhydrique déposée sur un mor-
c7 ∈ [8,0 × 10 –5 mol . L– 1, 1,0 × 10 –4 mol . L– 1]. La solution ceau de papier-pH lui donne une couleur rouge caractéris-
est d’ailleurs plus proche de S3 que de S2. tique d’un milieu acide, donc de la présence d’ions H+(aq).
Pour tester la présence d’ions Cl–(aq), on verse quelques
c. Les quantités de matière en soluté apporté sont respec-
gouttes de solution de nitrate d’argent dans un prélèvement
tivement :
d’acide chlorhydrique. On observe un précipité blanc de
n1 = c1V1 = 3,0 × 10 –6 mol et n6 = c6V6 = 2,5 × 10 –7 mol. chlorure d’argent AgCl(s) (qui noircit à la lumière).
d. La quantité de matière n7 contenue dans S7 est égale à la b. On caractérise le dihydrogène H2 (g) au moyen de l’allu-
somme de n1 et n6, soit : mette enflammée (on entend « pof » ou « pouit » selon que
n7 = n1 + n6 = 3,3 × 10 –6 mol. de l’air est présent ou non dans le tube).
Le volume total de la solution S7 est égal à 40 mL. La réaction chimique se traduit par l’équation :
Ainsi, on a : 2 H2 (g) + O2 (g) → 2 H2O(g) ou ()
c7d = 3,3 × 10 –6 / (4,0 × 10 –2) = 8,1 × 10 –5 mol . L– 1. c. Les ions Zn2+(aq) proviennent de la transformation des ato-
e. Ce peut être l’occasion de discuter avec les élèves sur les mes de zinc sous l’action de l’acide chlorhydrique. Les ions
différences entre les valeurs déterminées expérimentale- Na+(aq) proviennent de la solution d’hydroxyde de sodium.
ment (cas de l’utilisation d’une échelle de teintes) et les Les ions H+(aq) proviennent de l’acide chlorhydrique.
valeurs issues d’un calcul (utilisation de c = n/V). Ce sont les ions Zn2+(aq) qui s’associent aux ions HO–(aq)
pour former le précipité Zn(OH)2(s).
4. a. Puisque ni les ions K+, ni les ions Ca2+ ne sont respon- Les ions Na+(aq) ne s’associent pas avec les ions HO–(aq) :
sables des couleurs des solutions les contenant, on peut en ces ions constituent une solution d’hydroxyde de sodium.
déduire que la coloration des solutions est due à la pré- Les ions H+(aq) et HO–(aq) ne s’associent pas pour former
sence des ions permanganate. L’échelle de teintes consti- un précipité ; s’ils s’associaient, ce serait pour former de
tuée précédemment peut donc être utilisée pour détermi- l’eau.
ner la concentration c′.
d. Zn(s) + 2 H+(aq) → Zn2+(aq) + H2 (g)
b. La solution de permanganate de calcium, notée Ca2+(aq)
+ 2 MnO4–(aq) contient deux fois plus d’ions permanganate e. Zn(OH)2 (s) + 2 OH–(aq) → ZnO2–
2 (aq) + 2 H2O()
que d’ions calcium. La concentration molaire effective en 2. a. Le gaz dihydrogène est insoluble dans l’eau.
ions permanganate est [MnO4–(aq)] = 2c′ = 7,0 × 10 –5 mol . L– 1.
b. L’équation d’état du gaz parfait s’écrit, pour une mole
L’encadrement de la solution serait [S4, S3], soit :
de gaz :
[5,0 × 10 –5 mol . L– 1, 7,0 × 10 –5 mol . L– 1]. pVm = RT, donc Vm = RT/p.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 22


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 23

T (K) = θ (°C) + 273,15 8 a. et b.


p s’exprime en Pa et Vm en m3 . mol – 1 ;
R = 8,31 J . mol – 1 . K– 1. Cations
c. Si on a utilisé par exemple 0,62 g de zinc, la quantité de Masse molaire Quantité de
Nom Formule
matière correspondante est 0,62/65,4 = 9,5 × 10 – 3 mol. (g . mol–1) matière (mol)
La quantité de matière d’ions H+ est : bicarbonate HCO–3(aq) 61,0 7,16 × 10–2
6,0 × 5,0 × 10 – 3 = 3,0 × 10 – 2 mol. chlorure Cl–(aq) 35,5 9,07 × 10–3
Le tableau d’avancement est le suivant. L’avancement et les sulfate SO42–(aq) 96,1 1,81 × 10–3
quantités de matière des réactifs et des produits sont expri- fluorure F–(aq) 19,0 5 × 10–4
més en mole.
Anions
Zn (s) 2 H+(aq) Zn 2+(aq) H2(g)
Masse molaire Quantité de
E.I. x=0 9,5 × 10– 3 3,0 × 10– 2 0 0 Nom Formule
(g . mol–1) matière (mol)
E.F. xmax 9,5 × 10– 3 – xmax 3,0 × 10– 2 – 2 xmax xmax xmax sodium Na+(aq) 23,0 7,43 × 10–2
potassium K+(aq) 39,1 3,38 × 10–3
Si xmax = 9,5 × 10 – 3 mol, alors la quantité de matière de zinc calcium Ca2+(aq) 40,1 2,2 × 10–3
dans l’état final est nulle et la quantité de matière d’ions magnésium Mg2+(aq) 24,3 4,5 × 10–4
H+(aq) est de 1,1 × 10 – 2 mol. La valeur xmax = 1,5 × 10 – 2 mol
est inacceptable puisque la quantité de matière de zinc c. Calculs des concentrations molaires effectives :
serait négative. [HCO3–(aq)] = 7,16 × 10 –2 mol . L– 1 ;
Si le volume molaire est voisin de 24 L . mol – 1, alors le
volume de dihydrogène formé doit être voisin de : [Cl–(aq)] = 9,07 × 10 –3 mol . L– 1 ;
9,5 × 10 – 3 × 24 = 0,23 L. [SO42–(aq)] = 1,81 × 10 –3 mol . L– 1 ;
d. Le résultat précédent et la valeur du volume trouvée [F-(aq)] = 5 × 10 –4 mol . L– 1 ;
expérimentalement sont très voisins. La réaction chimique [Na+(aq)] = 7,43 × 10 –2 mol . L– 1 ;
s’est déroulée comme prévu et les mesures effectuées sont
correctes. [K+(aq)] = 3,38 × 10 –3 mol . L– 1 ;
[Ca2+(aq)] = 2,2 × 10 –3 mol . L– 1 ;
[Mg2+(aq)] = 4,5 × 10 –4 mol . L– 1.
d. On peut identifier des ions chlorure au moyen d’une solu-
tion de nitrate d’argent (précipité blanc qui noircit à la
EXERCICES lumière : AgCl).
e. On peut identifier des ions sulfate au moyen d’une solu-
tion de chlorure de baryum (précipité blanc : BaSO4).

Appliquer ses connaissances 9 a. La quantité de matière de sel dans 1,0 L de sérum


7 a. Par définition : physiologique est :
n = cmV/M = 0,15 mol.
n = m/M = 0,269 / 134,5 = 2,00 × 10 –3 mol.
La concentration molaire en soluté apporté est :
b. La concentration molaire en soluté apporté est :
c = cmV/M = 0,15 mol . L– 1.
c = n/V = 8,00 × 10 –3 mol . L– 1.
b. On a : NaCl(s) → Na+(aq) + Cl–(aq)
c. L’équation de dissolution du chlorure de cuivre est : On peut établir le tableau d’avancement suivant :
CuCl2(s) → Cu2+(aq) + 2 Cl–(aq)
NaCl(s) Na+(aq) Cl–(aq)
d. On obtient le tableau d’avancement suivant :
E.I. x=0 0,15 0 0
CuCl2(s) Cu2+(aq) 2 Cl–(aq)
E.F. xmax 0,15 – xmax xmax xmax
E.I. x=0 2,00 × 10– 3 0 0
E.F. xmax 2,00 × 10– 3 – xmax xmax 2xmax L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
mole.
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en À l’état final, il ne reste plus de chlorure de sodium solide.
mole. Ainsi, xmax = 0,15 mol. Il s’est alors formé 0,15 mol d’ions
À l’état final, il ne reste plus de chlorure de cuivre solide. Na+(aq) et 0,15 mol d’ions Cl–(aq).
Ainsi, xmax = 2,00 × 10 –3 mol. Les concentrations molaires effectives des ions en solutions
Il s’est alors formé 2,00 × 10 –3 mol d’ions Cu2+(aq) et valent alors :
4,00 × 10 –3 mol d’ions Cl–(aq). [Na+(aq)] = [Cl–(aq)] = c = xmax/V = 0,15 mol . L– 1.
Les concentrations molaires effectives des ions en solutions
c. Dans 250 mL de sérum physiologique, on a alors :
valent alors :
nNa+ = nCl– = cV = 0,038 mol.
[Cu2+(aq)] = xmax/V = 8,00 × 10 –3 mol . L– 1
et [Cl–(aq)] = 2 xmax/V = 1,60 × 10 –2 mol . L– 1. 10 a. On a : NiBr2(s) → Ni2+(aq) + 2 Br–(aq)

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 23


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 24

b. On a : • Pour Al2(SO4)3 (s) :


NiBr2(s) Ni2+(aq) 2 Br–(aq)
Al2(SO4)3(s) 2 Al3+(aq) 3 SO42–(aq)
E.I. x=0 0,20 0 0
E.I. x=0 n 0 0
E.F. xmax 0,20 – xmax xmax 2 xmax
E.F. xmax n – xmax 2 xmax 3 xmax
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
mole. À l’état final, il ne reste plus de sulfate d’aluminium solide.
On voit que xmax = 0,20 mol. Il s’est formé 0,20 mol d’ions Ainsi, xmax = n = 5,0 × 10 –3 mol.
nickel et 0,40 mol d’ions bromure. Il s’est alors formé 1,00 × 10 –2 mol d’ions Al3+(aq) et
c. Par définition, on a : 1,50 × 10 –2 mol d’ions SO42–(aq).
Les concentrations molaires effectives des ions en solutions
[Ni2+(aq)] = xmax/V = 0,40 mol . L– 1
valent alors :
et [Br–(aq))] = 2xmax/V = 0,80 mol . L– 1.
[Al3+(aq)] = 2xmax/V = 1,0 × 10 –2 mol . L– 1
d. La concentration c en soluté apporté est égale à :
et [SO42–(aq)] = 3xmax/V = 1,5 × 10 –2 mol . L– 1.
c = n/V = 0,40 mol . L– 1.
On voit que la concentration molaire effective en ions nic- 13 a. L’équation de dissolution est :
kel est égale à c alors que la concentration molaire effective FeCl3(s) → Fe3+(aq) + 3 Cl–(aq)
en ions bromure est égale à 2c. On a :
FeCl3(s) Fe3+(aq) 3 Cl–(aq)
12 a. On fabrique trois solutions de même volume et pos-
E.I. x=0 n 0 0
sédant la même concentration molaire en soluté apporté.
Ainsi, la quantité de matière en soluté utilisée pour fabri- E.F. xmax n – xmax xmax 3 xmax
quer les trois solutions est la même et vaut :
b. À l’état final, il n’y a plus de chlorure de fer solide. Ainsi,
c = n/V = 5,0 × 10 –3 mol.
xmax = n.
b. • K2SO4(s) → 2 K+(aq) + SO42–(aq) À l’aide du tableau d’avancement, on voit que :
notation de la solution : 2 K+(aq) + SO42–(aq) ; nFe3+ = n et nCl– = 3 n.
• K3PO4(s) → 3 K+(aq) + PO3–4 (aq) ; c. Par définition : [Fe3+(aq)] = nFe3+/V = n/V
notation de la solution : 3 K+(aq) + PO3–4 (aq) ; et [Cl–(aq)] = nCl–/V= 3 n/V.
3+ 2–
• Al2(SO4)3(s) → 2 Al (aq) + 3 SO4 (aq) On voit que : [Cl–(aq)] = 3 [Fe3+(aq)].
notation de la solution : 2 Al3+(aq) + 3 SO42–(aq). d. On a : [Cl–(aq)] = 3 [Fe3+(aq)] = 4,5 × 10 –3 mol . L– 1.
c. • Pour K2SO4(s) : e. On sait que : V = 400 mL.
Ainsi, nFe3+ = [Fe3+(aq)]V = 6,0 × 10 –4 mol.
K2SO4(s) 2 K+(aq) SO42–(aq)
D’après le tableau, nFe3+ = n ; d’où : n = 6,0 × 10 –4 mol.
E.I. x=0 n 0 0 f. La concentration molaire c en soluté apporté est égale à :
E.F. xmax n – xmax 2 xmax xmax c = n/V = 1,5 × 10 –3 mol . L– 1.

À l’état final, il ne reste plus de sulfate de potassium solide. 14 a. L’équation de dissolution est :
Ainsi, xmax = n = 5,0 × 10 –3 mol. Fe2(SO4)3(s) → 2 Fe3+(aq) + 3 SO42–(aq)
Il s’est alors formé 1,00 × 10 –2 mol d’ions K+(aq) et b. On a :
5,0 × 10 –3 mol d’ions SO42–(aq). Fe2(SO4)3(s) 2 Fe3+(aq) 3 SO42–(aq)
Les concentrations molaires effectives des ions en solutions E.I. x=0 n 0 0
valent alors :
E.F. xmax n – xmax 2 xmax 3 xmax
[K+(aq)] = 2xmax/V = 1,0 × 10 –2 mol . L– 1
et [SO42–(aq)] = xmax/V = 5,0 × 10 –3 mol . L– 1 c. À l’état final, le soluté est totalement dissous. Ainsi,
xmax = n .
• Pour K3PO4(s) : Il s’est formé 2n mol d’ions Fe3+ et 3n mol d’ions SO42–.
Les concentrations effectives en ions sont :
K3PO4(s) 3 K+(aq) PO43–(aq)
[Fe3+(aq)] = 2n/V et [SO42–(aq)] = 3n/V.
E.I. x=0 n 0 0 Sachant que c = n/V est la concentration en soluté apporté,
E.F. xmax n – xmax 3 xmax xmax on voit que :
[Fe3+(aq)] = 2c et [SO42–(aq)] = 3c.
À l’état final, il ne reste plus de phosphate de potassium
d. D’après ce qui précède, on voit que :
solide.
Ainsi, xmax = n = 5,0 × 10 –3 mol. [Fe3+(aq)] / [SO42–(aq)] = 2c/3c = 2/3.
Il s’est alors formé 1,50 × 10 –2 mol d’ions K+(aq) et e. La masse molaire de sulfate de fer (III) est égale à :
5,0 × 10 –3 mol d’ions PO43–(aq). M = 399,9 g . mol– 1.
Les concentrations molaires effectives des ions en solutions Par définition : n = m/M = 4,0/399,9 = 0,010 mol.
valent alors : f. On trouve :
c = n/V = 0,040 mol . L– 1 ;
[K+(aq)] = 3xmax/V = 1,5 × 10 –2 mol . L– 1 [Fe3+(aq)] = 0,080 mol . L– 1
et [PO43–(aq)] = xmax/V = 5,0 × 10 –3 mol . L– 1 [SO42–(aq)] = 0,120 mol . L– 1.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 24


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 25

15 a. La concentration molaire effective en ions nickel est La solution S2 apporte :


égale à : nAg+ = c V2 = 1,0 × 10 –3 mol.
[Ni2+(aq)] = cm/M = 7,0 /58,7 = 0,12 mol . L– 1. b.
Ag+(aq) Cl–(aq) AgCl(s)
b. La quantité de matière d’ions nickel en solution est :
E.I. x=0 nAg+ = 1,0 × 10– 3 nCl– = 2,0 × 10– 3 0
nNi2+ = cV = 0,54 mol.
c. On a : E.F. xmax nAg+ – xmax nCl– – xmax xmax
NiCl2(s) Ni2+(aq) 2 Cl–(aq)
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
E.I. x=0 n 0 0 mole.
E.F. xmax n – xmax xmax 2 xmax c. À l’aide du tableau d’avancement, on voit que les
ions argent constituent le réactif limitant. Ainsi,
D’après le tableau d’avancement, on voit que xmax = n et que xmax = 1,0 × 10 –3 mol et on récupère 1,0 × 10 –3 mol de
n = nNi2+ = 0,54 mol. précipité de chlorure d’argent.
d. La masse de chlorure de nickel NiCl2(s) nécessaire pour d. Il reste en solution : 1,0 × 10 –3 mol d’ions chlorure,
fabriquer la solution est égale à : 1,0 × 10 –3 mol d’ions calcium et 1,0 × 10 –3 mol d’ions nitrate.
mNiCl2 = xmax M avec M = 129,7 g . mol– 1. Le volume total VT de solution est :
D’où : m = 70 g. VT = V1 + V2 = 200 mL.
Les concentrations molaires effectives des ions sont :
16 a. La solution aqueuse de nitrate de cobalt s’écrit : [Ca2+(aq)] = [Cl–(aq)] = [NO–3(aq)] = 5,0 × 10 –3 mol . L– 1.
Co2+(aq) + 2 NO–3(aq).
19 a. Il s’est formé du sulfate de baryum, de formule
b. La masse molaire du nitrate de cobalt vaut : BaSO4(s).
M = 2 (14,0 + 3 × 16,0) + 58,9 = 182,9 g . mol– 1. b. Dans la solution S, on voit que :
Les concentrations molaires effectives extrêmes valent : [Na+(aq)] = 2 c et [SO42–(aq)] = c.
• si cm = 10,0 g . L– 1 : Dans la solution S′, on voit que :
c = cm/M = 10,0 / 182,9 = 5,47 × 10 –2 mol . L– 1 ; [Ba2+(aq)] = c′ et [Cl–(aq)] = 2 c′.
• si cm = 1,00 g . L– 1: La solution S apporte :
c = cm/M = 1,00 / 182,9 = 5,47 × 10 –3 mol . L– 1. nNa+ = 2 c V = 4,0 × 10 –4 mol
On utilise un tableau d’avancement. Soit n la quantité de et nSO42– = c V = 2,0 × 10 –4 mol ;
matière en soluté apporté Co(NO3)2(s). La solution S′ apporte :
nBa2+ = c′V′ = 2,5 × 10 –4 mol
Co(NO3)2(s) Co2+(aq) 2 NO3–(aq)
et nCl– = 2 c′V′ = 5,0 × 10 –4 mol.
E.I. x=0 n 0 0
c. On a :
E.F. xmax n – xmax xmax 2 xmax Ba2+(aq) SO42–(aq) BaSO4(s)
–4 –4
D’après le tableau, on voit qu’il se forme n mol de Co2+(aq) E.I. x=0 nBa2+ = 2,5 × 10 nSO42– = 2,0 × 10 0
et 2 n mol de NO–3(aq). E.F. xmax nBa2+ – xmax xmax xmax
Dans un volume V de solution, cela correspond à des
concentrations molaires effectives égales à : L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
[Co2+(aq)] = n/V = c et [NO–3(aq)] = 2n/V = 2c. mole.
Ainsi, d. On voit que nBa2+ > nSO42– : les ions sulfate constituent le
• si cm = 10,0 g . L– 1 : réactif limitant.
Ainsi, xmax = 2,0 × 10 –4 mol. Il s’est alors formé
[Co2+(aq)] = c = 5,47 × 10 –2 mol . L– 1 2,0 × 10 –4 mol de précipité.
et [NO–3(aq)] = 2c = 0,109 mol . L– 1 La masse molaire du sulfate de baryum est égale à :
• si cm = 1,00 g . L– 1 : M = 233,4 g . mol– 1.
[Co2+(aq)] = c = 5,47 × 10 –3 mol . L– 1 La masse de précipité formé est égale à : m = n M = 47 mg.
e. En solution, on a :
et [NO–3(aq)] = 2c = 0,0109 mol . L– 1. nBa2+ = 5 × 10 –5 mol,
c. Si on veut fabriquer 50 mL de chacune des solutions, il nCl– = 5,0 × 10 –4 mol,
faut : nNa+ = 4,0 × 10 –4 mol.
m = n M = c V M = cmV. Sachant que le volume total de solution est égal à 150 mL,
Ainsi, on a :
• si cm = 10,0 g . L– 1 : m = 0,50 g ; [Na+(aq)] = 2,7 × 10 –3 mol . L– 1 ;
• si cm = 1,00 g . L– 1 : m = 0,050 g. [Ba2+(aq)] = 3,3 × 10 –4 mol . L– 1 ;
18 a. Dans la solution S1, on a : [Cl–(aq)] = 3,3 × 10 –3 mol . L– 1.
2+ –
[Ca (aq)] = c1 et [Cl (aq)] = 2 c1.
20 Le volume total VT de solution est :
Dans la solution S2, on a : VT = V1 + V2 + V3 = 150 mL.
[Ag+(aq)] = [NO–3(aq)] = c. La solution S1 apporte :
La solution S1 apporte : nCu2+ = c1V1 = 5,4 × 10 –5 mol
nCl– = 2 c1V1 = 2,0 × 10 –3 mol. et nCl– = 2 c1V1 = 1,1 × 10 –4 mol.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 25


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 26

La solution S2 apporte : 24 a. Voir le schéma ci-dessous.


nK+ = nCl– = c2V2 = 1,4 × 10 –4 mol.
La solution S3 apporte :
nCu2+ = nSO42– = c3V3 = 1,6 × 10 –4 mol. acide
chlorhydrique
Le mélange contient alors :
nK+ = 1,4 × 10 –4 mol ;
nCu2+ = c1V1 + c3V3 = 2,1 × 10 –4 mol ;
nSO42– = 1,6 × 10 –4 mol ;
nCl– = 2 c1V1 + c2V2 = 2,5 × 10 –4 mol. zinc
Les concentrations molaires effectives des ions en solution
sont égales à :
[K+(aq)] = 9,3 × 10 –4 mol . L– 1 ;
b. La quantité de matière initiale de zinc est :
[Cu2+(aq)] = 1,4 × 10 –3 mol . L– 1 ;
1,31 / 65,4 = 2,00 × 10– 2 mol.
[SO42–(aq)] = 1,1 × 10 –3 mol . L– 1 ;
La quantité de matière initiale d’ions H+ est :
[Cl–(aq)] = 1,7 × 10 –3 mol . L– 1. 2,00 × 5,00 × 10– 3 = 0,100 mol
Zn(s) 2 H+(aq) Zn2+(aq) H2(g)
Aller plus loin E.I. x=0 2,0 × 10 –2
0,100 0 0
–2
21 a. Par définition : m = ρV = d ρeauV = 1,05 kg. E.F. xmax 2,0 × 10 – xmax 0,100 – 2 xmax xmax solvant

b. Sachant que la solution contient 10 % en masse de chlo- L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
rure d’hydrogène, il a fallu pour la préparer une masse de mole.
chlorure d’hydrogène égale à : xmax = 2,0 × 10– 2 mol
mHCl = P m = 105 g. La quantité de matière de dihydrogène prévisible est :
c. La quantité de matière de chlorure d’hydrogène néces- 2,0 × 10– 2 mol.
saire pour fabriquer la solution est : La quantité de matière d’ions zinc prévisible est :
n = m/MHCl = 105 / 36,5 = 2,88 mol.
2,0 × 10– 2 mol.
Par définition, la concentration molaire en soluté apporté
est égale à : c. Quantité de matière d’ions H+(aq) restante :
c = n/V = 2,88 mol . L– 1. 0,100 – 4,0 × 10– 2 = 6,0 × 10– 2 mol
d. Par définition : vHCl = nHCl Vm = 69 L. dans 50,0 mL de solution.
[H+(aq)] = 6,0 × 10 –2 / 0,0500 = 1,2 mol . L– 1.
23 a. Sur l’étiquette, on trouve la masse molaire, le pour-
centage massique (100 fois le rapport entre la masse m de [Zn2+(aq)] = 2,0 × 10 –2 / 0,0500 = 0,4 mol . L– 1.
d’acide sulfurique apporté et la masse totale m′ de la solu- [Cl–(aq)] = 2,0 mol . L– 1 (les ions Cl– ne sont pas intervenus
tion) et la densité. dans la réaction et le volume de solution n’a pas changé).
b. Phases R et S : elles indiquent le risque et les conditions d. D’après l’équation d’état du gaz parfait, pV = nRT, on a :
de sécurité liés à l’utilisation des « produits » dangereux,
conformément à la législation : la signification est ici lisible p = nRT/V = 2,00 × 10 –2 × 8,31 × 295 / (4,82 × 10 –4)
sur l’étiquette (et voir le manuel à la page 247). p = 1,02 × 105 Pa.
Icône : corrosif.
c. 1,00 L de solution pèse 1,83 kg.
Dans un 1,00 L, il y a :
m = 1,83 × 0,96 = 1,8 kg d’acide sulfurique.
Cela correspond à une quantité de matière n égale à :
n = m/M avec M = 98,1 g . mol– 1. MATÉRIEL ET PRODUITS
D’où : n = 18 mol.
d. Les 20,0 mL sont prélevés à la pipette jaugée (munie d’un TP 3. Solutions aqueuses ioniques (p. 53)
dispositif d’aspiration). On utilise une fiole jaugée de
500 mL dans laquelle on met d’abord de l’eau distillée, puis • Chlorure de cuivre CuCl2 , 2 H2O en poudre.
on ajoute l’acide avec précaution. Boucher, agiter. • Solution d’hydroxyde de sodium 1 mol . L– 1.
Compléter, boucher, agiter de nouveau. • Solution d’ammoniac 1 mol . L– 1.
Le prélèvement de 20,0 mL apporte une quantité de matière
• Une pissette d’eau distillée.
de soluté égale à :
• Une fiole jaugée de 100 mL avec bouchon.
18 × 20,0/1000 = 0,36 mol
• Une balance au cg.
qui se retrouve dans les 500 mL de la nouvelle solution. • Une coupelle.
La concentration molaire en soluté de la nouvelle solution
• Une spatule.
est :
c = 0,36/0,500 = 0,72 mol . L– 1. • Un entonnoir à solide.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 26


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 27

• Deux tubes à essais.


• Un entonnoir avec support, filtre, agitateur. TP 5. Transformation chimique
• Un bécher (pour recueillir le filtrat). produisant un gaz (p. 60)
• Acide chlorhydrique 2 mol . L– 1.
TP 4. Solutions aqueuses ioniques • Acide chlorhydrique 6 mol . L– 1.
et concentrations (p. 54) • Solution d’hydroxyde de sodium 2 mol . L– 1.
• Grenaille de zinc.
Pour chaque binôme : • Deux tubes à essais.
• Solution de permanganate de potassium K+(aq) + MnO4–(aq) • Allumettes.
de concentration en soluté apporté c = 2,0 × 10 – 4 mol . L– 1. • Une balance au cg.
• Pipettes jaugées de 5 mL, 10 mL, 20 mL et 25 mL. • Un erlenmeyer avec bouchon à deux trous.
• Une fiole jaugée de 50 mL avec un bouchon. • Un tube à entonnoir.
• Une pissette d'eau distillée. • Un tube à dégagement.
• Béchers de 100 mL. • Une cuve à eau, têt-à-gaz.
• Six tubes à essais. • Une éprouvette graduée de 250 ml.
• Un porte-tube à essai. • Un support (pour fixer l’éprouvette).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 3 – CONCENTRATIONS D’UNE SOLUTION IONIQUE 27


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 28

LE COIN
BAC

Solutions aqueuses ioniques


cement maximal xmax = 50 mmol. Le réactif est entièrement
consommé puisque sa quantité de matière est nulle.
PROBLÈMES DE BAC c. La quantité de matière de carbonate de calcium transfor-
mée est égale à l’avancement maximal. La masse cor-
respondante est :
1 QCM m = xmax MCaCO3 = 5,0 × 10 –2 × 100,1
1. a. m = n M. c. m = ρ V. m = 5,0 g.
d. À l’aide de la droite rose nCO2 = f (x), on peut lire que la
2. b. n = ρV / RT. d. n = V / Vm
quantité de matière de gaz formée est aussi égale à
3. La solution obtenue est : a. conductrice. l’avancement maximal.
La concentration molaire en soluté apporté est : c. c = n / V. Le volume de gaz correspondant dans les C.N.T.P. est :
4. b. m = n M = c V M = 2,0 × 10 –2 × 0,250 × 278 = 1,4 g. V = xmax Vm = 5,0 × 10 –2 × 24
5. c. La solution diluée est moins concentrée. V = 1,2 L.
d. La concentration des ions est divisée par dix. e. À l’aide de la droite rose nCO2 = f (x), on peut lire que
6. c. Les ions s’associent en solution. la quantité de matière de solide formée est encore égale
d. Le précipité peut être séparé de la solution par filtration. à l’avancement maximal puisque les nombres stœchio-
métriques sont égaux, soit nCO2 = nCaO.
2 Composés ioniques et solutions ioniques La masse d’oxyde de calcium obtenue est :
1. La formule et le nom du solide ionique dissous pour obte- m′ = xmax MCaO = 5,0 × 10 –2 × 56,1
nir les solutions ioniques mentionnées dans l’énoncé sont : m′ = 2,8 g.
a. BaCl2(s) : chlorure de baryum, et b. K3PO4(s) : phosphate
de potassium. 4 Combustion
2. a. Cu2+(aq) + 2 NO3–(aq) : solution de nitrate de cuivre. a. L’équation chimique de la réaction de combustion est :
b. 2 Na+(aq) + SO42–(aq) : solution de sulfate de sodium. 2 Mg(s) + O2(g) → 2 MgO(s)
3. a. Lors du mélange des solutions ioniques, les ions sus- b. Les quantités de matière de réactifs introduits sont :
ceptibles de s’associer sont Ba2+(aq) avec SO42–(aq) et Na+(aq) nMg = m / M = 7,29 / 24,3
avec Cl–(aq). nMg = 0,30 mol ;
b. Sachant que les ions chlorure et sodium coexistent, le pré-
nO2 = V / Vm = 6,0 / 24
cipité obtenu est le sulfate de baryum de formule BaSO4(s).
c. L’équation chimique traduisant sa précipitation est : nO2 = 0,25 mol.
Ba2+(aq) + SO42–(aq) → BaSO4(s) c. Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
sont exprimées en mole.
3 Décomposition par chauffage 2 Mg(s) O2(g) 2 MgO(s)
a. Le dispositif expérimental nécessite d’adapter un tube à
E.I. 0 0,30 0,25 0
dégagement à l’aide d’un bouchon troué au récipient
chauffé qui contient le carbonate de calcium ; la sortie du E.F. xmax 0,30 – 2 xmax 0,25 – xmax 2 xmax
tube à dégagement se fera directement dans une éprouvette La quantité de matière qui s’annule en premier est celle du
graduée pleine d’eau et renversée dans un cristallisoir. magnésium qui est donc le réactif limitant.
L’avancement maximal est tel que : 0,30 – 2 xmax = 0, soit :
xmax = 0,30/2 = 0,15 mol.
d. À l’état final : nMg = 0 mol ;
nO2 = 0,25 – 0,15 = 0,10 mol ;
nMgO = 2 × 0,15 = 0,30 mol.
e. La transformation n’est pas terminée à la date
t = 3 min puisque le volume de dioxygène restant V = 3,6 L
correspond à une quantité de matière en dioxygène égale à :
nO2 = V / Vm = 3,6/24 = 0,15 mol
b. La droite bleue nCaCO3 = f (x) permet de suivre l’évolution qui est supérieure à la quantité de matière à l’état final
de la quantité de matière du réactif et l’intersection de cette déterminée à la question d.. La transformation est donc tou-
droite avec l’axe des abscisses indique la valeur de l’avan- jours en cours.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE SOLUTIONS AQUEUSES IONIQUES 28


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 29

f. À cette date, l’avancement x est donc x = 0,10 mol. c. À l’état final, la quantité de matière en ions hydroxyde est
La quantité de matière de magnésium restante est : nulle, donc sa concentration ionique l’est également.
nMg = 0,30 – 2 × 0,10 = 0,10 mol, La quantité de matière en ions fer(III) est :
ce qui correspond à une masse : nFe3+ = 5,0 × 10 –5 – xmax = 4,7 × 10 –5 mol.
mMg = 1,0 × 10 –1 × 24,3 = 2,4 g. La concentration effective en ions fer (III) est donc égale à :
n 3+ –5
La quantité de matière de magnésie formée est donc égale à [Fe3+] = Fe = 4,7 × 10 –3 = 9,2 × 10 –4 mol . L– 1.
2x et la masse correspondante est de : VT (1 + 50) × 10
mMgO = 2 x MMgO = 2 × 0,10 × (24,3 + 16)
mMgO = 8,0 g.
6 Solution commerciale
g. La masse de magnésie formée à l’état final est :
m = 0,30 × 40,3 = 12 g. 1. La masse d’un litre de solution est :
h. Le volume de dioxygène restant à l’état final est : m = d ρeau V avec V = 1 L et ρeau = 1 000 g . dm–3 ;
VO2 = 0,10 × 24 = 2,4 L. m = 0,89 × 1 000 = 8,9 × 102 g.
La masse d’ammoniac contenue dans un litre de solution
dépend du pourcentage massique en NH3 :
5 Dissolution-Précipitation
mNH3 = 0,28 × 890 = 2,5 × 102 g.
1. Analyse qualitative La quantité de matière d’ammoniac contenue dans un litre
a. Les équations de dissolution dans l’eau des deux solides de solution est :
ioniques mentionnés dans l’énoncé sont : nNH3 = mNH3 / MNH3 = 2,5 × 102 / 17,0 = 15 mol.
NaOH(s) → Na+(aq) + HO–(aq) La concentration molaire en soluté apporté est donc de
Fe2(SO4)3(s) → 2 Fe3+(aq) + 3 SO42–(aq) 15 mol . L– 1.
b. Les ions susceptibles de s’associer en solution au cours de 2. D’après l’équation des gaz parfaits : pV = nRT.
l’expérience sont Na+(aq) avec SO42–(aq) et Fe3+(aq) avec HO–(aq). VNH3 = nNH3 RT / p
c. Sachant que les ions sulfate et sodium coexistent dans = 15 × 8,314 × 293 / (1 020 × 10 –3 × 105)
l’eau, le précipité observé est Fe(OH)3(s), hydroxyde de
= 0,36 m3,
fer (III).
L’équation chimique traduisant la formation du précipité est : soit une solubilité de 360 litres d’ammoniac gazeux par litre
Fe3+(aq) + 3 HO–(aq) → Fe(OH)3(s) de solution.
d. L’ion caractérisé par ce test est Fe3+(aq). 3. a. L’azote et l’hydrogène n’ayant pas la même électroné-
On peut citer les ions cuivre (II) qui donnent un précipité gativité, chaque liaison est polarisée. L’azote porte une
bleu d’hydroxyde de cuivre et les ions fer (II) qui donnent charge partielle négative qui n’est pas confondue avec le
un précipité verdâtre d’hydroxyde de fer (II). barycentre des charges partielles positives des atomes
d’hydrogène ; la molécule est donc polaire.
2. Analyse quantitative
b. Il existe des interactions coulombiennes (dipolaires)
a. La stœchiométrie de l’équation de mise en solution de entre les molécules d’eau et d’ammoniac en solution.
l’espèce ionique écrite en partie 1 montre que la quantité
de matière d’ions Fe3+(aq) en solution est égale à la quantité c. La solubilité de l’ammoniac est donc très bonne, car ces
de matière de sulfate de fer dissoute. interactions favorisent la solvatation dans l’eau.
La quantité de matière initiale en ions Fe3+(aq) est donc : d. L’équation de la réaction de dissolution dans l’eau est :
nFe3+ = c1V1 = 1,0 × 10 –3 × 50,0 × 10 –3 NH3(g) → NH3(aq)
nFe3+ = 5,0 × 10 –5 mol. 4. On veut préparer 250 mL d’une solution ammoniacale à
De même pour l’ion hydroxyde : 0,50 mol . L– 1.
nHO– = c2V2 = 1,0 × 10 –2 × 1 × 10 –3 a. Lors d’une dilution, la quantité de matière se conserve :
nHO– = 1,0 × 10 –5 mol. c0V0 = c′V′ avec c0 la concentration (mère) de la solution
Dans le tableau d’avancement de la réaction de précipita- commerciale, V0 le volume de la solution commerciale à
tion de l’hydroxyde de fer, les quantités de matière et prélever, c′ la concentration de la solution à préparer (fille)
l’avancement sont exprimées en mole. et V′ le volume de la solution diluée.
V0 = c′V′/c0
Fe3+ 3 HO– Fe(OH)3
V0 = 0,50 × 0,25/15 = 8,3 × 10 –3 L
–5 –5
E.I. 0 5,0 × 10 1,0 × 10 0
Le volume de solution commerciale à prélever est de
–5 –5
E.F. xmax 5,0 × 10 – xmax 1,0 × 10 – 3 xmax xmax 8,3 mL.
Le réactif limitant est constitué des ions hydroxyde. b. Le protocole opératoire est celui d’une dilution : on pré-
L’avancement maximal est donc : lève 8,3 mL à l’aide d’une pipette graduée que l’on transvase
xmax = 1,0 × 10 –5/3 = 3,3 × 10 –6 mol. dans une fiole jaugée de 250 mL. On complète jusqu’au trait
b. À l’état final, la quantité de matière de précipité est égale de jauge avec de l’eau distillée et on homogénéise.
à l’avancement maximal, ce qui correspond à une masse : Note : On peut utiliser une burette graduée.
m = xmax MFe(OH)3
= 3,3 × 10 –6 × (55,8 + 3 × 17) Remarque sur la sécurité : utiliser des gants et des
= 3,6 × 10 –4 g. lunettes de protection.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE SOLUTIONS AQUEUSES IONIQUES 29


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 30

4 Conductimétrie
1.3. Conductance ou admittance
ASPECTS PÉDAGOGIQUES
Dans le manuel de l’élève, UAB et I désignent respective-
ET SCIENTIFIQUES ment la tension efficace entre les électrodes et l’intensité
efficace traversant le circuit. Dans la mesure où le courant
L’objet de la conductimétrie est la mesure de la conducti- alternatif sinusoïdal ne fait pas partie du programme de
vité d’une solution, c’est-à-dire de l’inverse de sa résistivité. Première S, le terme efficace n’a pas été utilisé dans le
De telles grandeurs renseignent sur la présence d’ions en manuel pour des raisons de simplification.
solution et permettent de déterminer, suivant les condi- En toute rigueur, le rapport de l’intensité efficace par la ten-
tions, une concentration, un volume à l’équivalence, l’avan- sion efficace est l’admittance Y (c’est-à-dire l’inverse de
cement d’une réaction chimique… l’impédance) et non la conductance G (inverse de la résis-
Nous présentons ici certains aspects scientifiques et péda- tance). Dans le cas d’un électrolyte, ces deux grandeurs dif-
gogiques liés à ce domaine de la chimie. Conformément aux fèrent essentiellement par un terme capacitif, le terme
recommandations du programme, nous avons choisi d’in- inductif étant négligeable. On confondra donc conductance
troduire le principe d’une mesure de conductimétrie, les et admittance au niveau de la classe de Première S, l’erreur
contraintes techniques d’une telle mesure et l’intérêt de relative commise étant de quelques pour cent. Un conduc-
cette méthode pour la détermination de concentrations. timètre haut de gamme adapte automatiquement la fré-
Le champ des usages d’une telle technique au niveau de la quence de travail en fonction de l’admittance de la portion
Première S est limité, et il semble intéressant que le pro- de solution traversée par le courant (fréquence élevée pour
fesseur ait un aperçu global de ce qu’il pourra en faire, et des solutions très conductrices, fréquence faible pour des
des embûches que ses élèves devront surmonter. Nous ter- solutions peu conductrices), modélise la contribution de
minerons donc cette présentation en donnant les principa- l’effet capacitif de la cellule et la résistance des cordons,
les possibilités d’utilisation de la conductimétrie dans le puis affiche une valeur très proche de la conductance. Il
cadre de ce programme. fonctionne avec une tension efficace voisine de 250 mV.
Nous avons choisi d’être aussi précis que possible et de ne
1. Tension de travail jamais parler de « la conductance de la solution », expres-
sion impropre mais malheureusement présente dans trop
1.1. Impossibilité de l’usage d’un courant continu de documents écrits. Quand une grande précision nous a
Usuellement, pour déterminer la résistance ou la conduc- semblé nécessaire, nous avons écrit « la conductance de la
tance d’un conducteur, on utilise un courant continu. Cette portion de solution comprise entre les électrodes ». Quand
méthode est inadaptée lorsque le système étudié est une solu- il n’y avait pas d’ambiguïté, nous avons simplifié cette
tion ionique. En effet, pour qu’un courant continu traverse expression, mais sans jamais laisser croire au lecteur que
une solution électrolytique, il doit y avoir électrolyse. Les la solution a une conductance, pas plus qu’une solution n’a
transformations qui se déroulent aux électrodes demandent une résistance. En effet, la conductance mesurée dépend
de l’énergie, ce qui implique l’existence d’une force contre- de la cellule.
électromotrice, tension seuil en deçà de laquelle aucun cou- Le programme officiel prévoit l’étude des grandeurs d’in-
rant ne passe. La tension entre les électrodes est donc due à fluence, comme les paramètres géométriques de la cellule
plusieurs phénomènes et le terme ohmique RI ne constitue de mesure, ce qui laisse penser que la rigueur que nous
qu’une des contributions à la tension UAB, la détermination nous sommes imposés est dans l’esprit des concepteurs du
des autres contributions étant délicate voire impossible. programme.

Notes :
• À faible tension, les électrodes constituent un condensateur et la solution joue 2. Cellule de conductimétrie
le rôle du diélectrique ; dans ces conditions, un courant continu ne passe donc
pas au travers d’une solution électrolytique. 2.1. Constante de cellule
• À forte tension, les électrodes sont le lieu d’électrolyses, et un tel système ne
permet pas d’accéder simplement à la conductivité de la solution.
La constante de la cellule se définit comme le rapport entre
la conductivité (σ, grandeur intensive) et la conductance
(G, grandeur extensive). Lors d’une approche simplifiée,
1.2. Tension sinusoïdale cette constante de cellule est assimilée au rapport L/S de la
L’usage d’une tension variable s’impose donc, et la plus distance L entre les plaques par l’aire S d’une face de
classique d’entre elle, la tension sinusoïdale, est universel- plaque, les deux plaques étant supposées identiques. Une
lement retenue. À une tension assez faible pour qu’il n’y ait telle assimilation néglige de nombreux facteurs, comme les
pas électrolyse, on considère que le passage du courant est effets de bord où l’état de surface des électrodes. D’un point
de nature purement ohmique. Durant une demi-période, de vue technique, les effets de bord sont minimisés par une
une électrode repousse les cations et attire les anions ; il se bonne construction de la cellule, et l’état de surface des
produit l’inverse lors de la demi-période suivante. Il y a électrodes est optimisé par le choix d’électrodes en platine
donc déplacements de charges au sein de l’électrolyte. platiné. À ce propos, il convient de signaler que la cellule ne

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 30


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 31

doit pas être trop proche des parois du récipient, une dis- ainsi que de la nature et de la concentration de toutes les
tance insuffisante provoquant une distorsion des lignes de autres entités présentes en solution.
courant. Les termes λi sont donc difficilement calculables.
Le fait que la constante de cellule diffère notablement Lorsque les concentrations de tous les ions présents devien-
du rapport L/S impose, dans la pratique, qu’elle soit nent suffisamment faibles (10 –2 mol . L–1 voire 10 –3 mol . L–1),
déterminée avec une solution de référence (solution de chaque coefficient λi ne dépend plus que de la température
chlorure de potassium, le plus souvent) dont la conduc- et de la nature de l’ion Xi et peut être confondu avec la
tivité a été tabulée pour diverses concentrations et tem- conductivité molaire ionique à dilution infinie de l’ion Xi. La
pératures. Il y a là une difficulté pédagogique puisque formule ci-dessus s’approxime alors raisonnablement par
les élèves ne pourront pas faire le lien entre la valeur σ = ∑ λ0i [Xi (aq)]. Les cœfficients λ0i sont présents dans une
de la constante telle qu’ils la détermineront, par exem- table du rabat de couverture du livre de l’élève. Ceci
ple en suivant notre fiche technique FT6, qui est la façon explique pourquoi la linéarité de la conductance ou de la
habituelle d’opérer, et une détermination géométrique de conductivité avec la concentration d’un unique soluté
celle-ci, qui relève d’une modélisation dont l’application apporté n’est valable que pour de faibles concentrations.
réelle est fort éloignée. Lorsque la concentration en soluté apporté devient très faible
(environ 10 – 5 mol . L– 1), les impuretés naturellement pré-
2.2. Choix de la cellule sentes dans l’eau distillée ou permutée d’un laboratoire
peuvent avoir des contributions non négligeables à la conduc-
Lorsque l’on recherche une bonne précision, on opère avec tivité. On peut signaler la dissolution du dioxyde de carbone
des cellules de conductimétrie commerciales dont la rigi- atmosphérique dans l’eau initialement pure ; à l’équilibre,
dité est assurée par des plaques de verre et dont les faces à 25 °C, on a [H +(aq)]  [HCO 3–(aq)]  2 × 10 – 3 mol . L– 1, soit
en vis-à-vis sont en platine recouvert de platine finement un pH voisin de 5,7. Il ne faut pas oublier l’autoprotolyse
divisé (noir de platine). De telles cellules sont fragiles et de l’eau, source d’ions H +(aq) et HO –(aq), qui rend la conducti-
onéreuses. De façon plus économique, on peut utiliser des vité de l’eau pure non nulle. Ce phénomène d’autoprotolyse
cellules dont les plaques en vis-à-vis sont en métal poli : cui- de l’eau n’étant pas au programme de Première S, il n’a
vre et acier inoxydable conviennent. L’acier inoxydable est pas été abordé dans le livre de l’élève ; il peut cependant
préférable mais pose des problèmes de soudure avec le cui- intervenir lors du calcul de la solubilité de certains composés
vre des fils. L’inconvénient de ces métaux est leur piètre très peu solubles (halogénures d’argent, par exemple) à
tenue : la manipulation en présence des solutions usuelles partir de mesures de conductances. En effet, l’agitation
des activités expérimentales de Première S les font vieillir d’iodure d’argent, solide très peu soluble dans de l’eau
en quelques mois. Le choix d’une surface de carbone pose même extrêmement pure, apporte moins d’ions Ag+ et I –
également des problèmes, une telle surface étant particu- que l’eau ne contient d’ions H3O+ et HO–(aq). Les ions
lièrement absorbante et conservant la mémoire des précé- fournis par le solvant ne peuvent donc être négligés devant
dentes mesures. Quel que soit le choix de la nature des les ions apportés par la dissolution de cet halogénure
électrodes, la rigidité de l’assemblage peut être assurée par d’argent.
un bâti en plastique (en plexiglas, voir Fig. 1, page 73).

3. Électrolytes 3.2. Nature de l’électrolyte


Une lecture du tableau des conductivités molaires ioniques
3.1. Concentration de l’électrolyte à dilution infinie pour les ions (cations et anions) mono-
L’intérêt de la conductimétrie tient au fait que la grandeur valents montre un domaine étroit de valeurs (entre
observable, la conductivité, est proportionnelle, dans cer- 3 × 10 – 3 S . m2 . mol – 1 et 8 × 10 – 3 S . m2 . mol – 1) à l’excep-
taines mesures, aux concentrations des ions en solution. tion des ions H +(aq) et HO –(aq). Cette similitude de valeurs
Cela distingue cette méthode de la plupart des méthodes est due au fait que les tailles des ions solvatés en solution
électrochimiques, dont la pH-métrie, pour laquelle la gran- aqueuse sont semblables.
deur observée est proportionnelle au logarithme de la Une interprétation de la forte valeur des conductivités
concentration. Du point de vue des concepteurs du pro- molaires des ions issus de l’autoprotolyse de l’eau consiste
gramme, il s’agit d’une raison suffisante pour justifier l’em- à admettre que l’origine du déplacement de la charge est
ploi pédagogique de la conductimétrie. différente dans le cas des autres ions monovalents. Alors
Une difficulté de la relation entre la conductivité et la que tous les ions se déplacent effectivement sous l’effet du
concentration, grandeur intéressant le chimiste, tient à la champ électrique existant entre les électrodes, un autre
faible spécificité de la mesure. Dans le cas du pH, la phénomène se superpose au précédent pour les ions H +(aq)
réponse de l’électrode est spécifique de la concentration en et HO –(aq). Dans l’eau, ces ions et les molécules d’eau sont
ions H3O+, alors que dans le cas de la conductance, la associés par liaisons hydrogène, symbolisées ici par des
réponse dépend de tous les ions en solution. Dans le cas pointillés : ----
d’un unique soluté apporté, il existe une relation simple +
entre les concentrations des ions. En revanche, dans le cas H O H ---- O H ---- O H ---- O H
général, la conductance est une combinaison linéaire des
concentrations des ions présents. Cela s’exprime par la H H H H
relation σ = ∑ λi [Xi (aq)] où les coefficients λi sont les Il se produit un déplacement de doublets électroniques :
conductivités molaires ioniques des ions Xi. Cette relation +
est vérifiée dans toutes les situations expérimentales. H O H ---- O H ---- O H ---- O H
Cependant, les cœfficients λi dépendent de la température,
de la nature de l’ion Xi, de sa concentration en solution, H H H H

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 31


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 32

Ce déplacement conduit à un déplacement de charge (sans Cette relation permet donc de confirmer ou d’infirmer une
déplacement d’atomes) : hypothèse sur l’évolution d’un système avec le raisonne-
ment suivant :
H O ---- H O ---- H O ---- H O (a) On suppose que le mélange de deux solutions ne donne
H H H H pas lieu à une réaction chimique.
(b) On calcule les concentrations des ions en solution.
Ce type de déplacement de charge est plus rapide que la (c) On prévoit par le calcul la conductivité de la solu-
migration matérielle d’un ion. tion.
(d) On la détermine expérimentalement.
4. Usage de la conductimétrie (e) Si le système s’est transformé, la prévision est erro-
en Première S née et montre qu’une réaction a effectivement eu lieu.
Dans l’esprit du programme, c’est ainsi que nous avons
La conductivité présente, par rapport à la pH-métrie, l’a-
permis à l’élève de découvrir, puis d’étudier, la réaction
vantage d’éviter l’utilisation de la fonction logarithme, mais
entre un acide et une base par exemple (voir TP4, page 96).
elle conduit en revanche à certaines difficultés qu’il ne faut
Un tel usage de la conductimétrie, à la différence de
pas sous-estimer.
la courbe d’étalonnage, nécessite impérativement l’utili-
Les grandeurs manipulées ne sont pas familières aux chi-
sation d’un système cohérent d’unités, donc, par exem-
mistes, encore moins aux élèves. En particulier, la distinc-
ple, du système international avec la difficulté évoquée
tion entre les grandeurs conductance, conductivité et
ci-dessus relative à l’unité de concentration.
conductivité molaire ionique ne s’acquiert que lentement.
Il en va de même des unités qui leur sont associées.
Le terme siemens, à lui seul, perturbe les élèves, et, 4.3 Détermination de l’équivalence
pour être homogène, le système d’unité utilisé nécessite d’un titrage acido-basique
l’emploi de l’unité de concentration internationale :
En l’absence de la pH-métrie, le titrage acido-basique se
mol . m– 3. Il s’agit d’une unité peu familière, utilisée seu-
limite à l’usage des indicateurs colorés. Les concepteurs du
lement dans le contexte de la conductimétrie.
programme ont souhaité réinvestir la conductimétrie
Trois usages de la conductivité sont proposés par le pro-
comme méthode de détermination du point d’équivalence
gramme de Première S : la détermination d’une concentra-
d’un tel titrage. Le seul titrage envisageable dans le cadre
tion au moyen d’une courbe d’étalonnage, la détermination
du programme est le titrage d’un acide fort par une base
d’une concentration sans étalonnage, et la détermination de
forte, sans que ces termes soient utilisés. L’évolution de la
l’équivalence d’un dosage acido-basique.
conductivité est simple dans ce cas. Elle décroît avant
l’équivalence et croît après. Le minimum correspond à
4.1 Détermination d’une concentration l’équivalence, ce qui constitue un réinvestissement inté-
au moyen d’une courbe d’étalonnage, ressant de cette technique (voir TP4, page 140).
dans le cadre d’un unique soluté ajouté Un tel usage, forcément limité, ne permet pas une large
Cette utilisation est assez simple en apparence puisqu’il diversité d’applications. Cependant, l’objectif n’est pas d’ex-
s’agit d’une relation quasiment linéaire entre une grandeur plorer toutes les possibilités de la conductimétrie, mais de
expérimentale, la conductance, et une grandeur à détermi- l’utiliser pour introduire le concept de titrage. Nous avons
ner, la concentration. Quel que soit le système d’unités uti- respecté cette orientation du programme.
lisé, la méthode fonctionne bien. L’élève pourra donc
exprimer les concentrations en mol . L – 1 et utiliser l’unité 5. Conclusion
de conductance de son choix. La difficulté relative aux uni-
tés sera ainsi transparente. L’usage de la conductimétrie dans le programme de
Une difficulté cependant ne doit pas être négligée si l’expé- Première S se limite à quelques expériences de base, toutes
rience est effectuée, comme le requiert le programme, avec orientées sur la détermination d’une concentration, que ce
un montage électrique connectant un G.B.F., un ampère- soit par l’intermédiaire d’une courbe d’étalonnage, d’un cal-
mètre et un voltmètre. cul, ou d’un dosage.
En effet, l’élève remarquera éventuellement que le graphe Nous avons exploré toutes les possibilités recommandées
I = f (c) est tout aussi linéaire que le graphe G = f (c), tout par le B.O. de sorte que les efforts consentis par les pro-
en étant plus accessible puisque I est directement lu, alors fesseurs et par les élèves puissent être utilisés au mieux. Il
que G résulte d’un calcul. Cela pose un problème car la ne faut pas éluder les difficultés d’une telle technique, et
courbe d’étalonnage I = f (c) n’est utilisable que si la même nous avons mentionné celles liées aux grandeurs spéci-
tension est réutilisée lors de l’usage ultérieur de la courbe fiques de cette méthode, ainsi que celles relatives aux uni-
d’étalonnage. tés employées.
Enfin, les difficultés expérimentales liées aux électrodes
dépendront des choix effectués dans chaque établissement
4.2 Utilisation de la relation entre la conductivité pour le matériel utilisé. Les utilisateurs auront toujours la
et la concentration des ions en solution
possibilité de comparer leurs valeurs expérimentales à cel-
Il est possible, grâce à la relation σ = ∑ λ0i [Xi (aq)], de prévoir les données par le simulateur que nous avons implanté dans
une conductivité quand on connaît les concentrations des le cédérom Microméga Physique Chimie 1re S qui constitue
différents ions présents dans une solution. un point de repère intéressant.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 32


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 33

courant électrique doivent le guider dans son choix afin de


ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE proposer un classement en solution conductrice ou non
conductrice de l’électricité.
Correction
DOC 1. Migration des ions (p. 72) a. Les mesures d’intensité permettent de classer ces solu-
Commentaires tions en deux catégories : les solutions conductrices (eau-
L’objectif de cette activité est de comprendre que la conduc- sel de cuisine, eau-hydroxyde de sodium, eau-acide chlor-
timétrie est basée sur le caractère conducteur des solutions hydrique) et les solutions isolantes (eau distillée, eau-
ioniques à cause de la présence d’ions solvatés. éthanol, eau-sucre).
Elle permet à l’élève de revenir sur la relation entre Dans les solutions conductrices, il y a des ions provenant
« ions et migration », étudiée au chapitre 2, qui explique du soluté. Dans les solutions isolantes, il n’y a pas d’ions.
la conduction des solutions ioniques, notion fondamen- Note : L’élève est amené ici à réinvestir les connaissances du chapitre 2 sur les
tale pour une bonne compréhension de la technique de solutions ioniques.
L’élève n’est pas censé savoir que l’eau contient naturellement des ions H3O+ et
conductimétrie. HO– . Dans tout le manuel, nous tiendrons compte du fait qu’il ignore cette
information.
Correction
a. Si le papier était sec ou imbibé avec de l’eau pure, il ne b. À l’état solide, le sucre est constitué de molécules, alors
serait pas conducteur. Les ions de la solution constituent que le sel est constitué d’ions.
les porteurs de charge du courant électrique. Note : C’est à dessein que nous avons utilisé le vocabulaire sucre/sel de préfé-
rence à la nomenclature chimique dans ce début de chapitre. Le professeur
Note : C’est cette migration opposée des ions qui assure le passage du courant pourra en tirer parti.
électrique à l’intérieur de la feuille de papier imbibée d’une solution ionique.
c.
b. Après le passage du courant électrique, on observe une
tâche violette qui migre vers un des côtés de la feuille de eau- eau-
eau eau- eau- eau-
papier-filtre. Solution hydroxyde acide
distillée éthanol sucre sel
Note : Cette expérience est démonstrative si l’on fait passer une intensité impor- de sodium chlorhydrique
tante (28 mA comme sur la Fig. 2). On constate qu’il faut autour de 200 V, ce
G (S) 0 0 0 0,15 0,16 0,300
qui indique que la résistance d’un papier-filtre imbibé est de l’ordre du kiloohm.
L’usage d’une telle tension nécessite des précautions qui sont réalisées avec un
appareil d’électrophorèse par exemple. La cuve de protection n’apparaît par sur
d. La conductance G d’une solution moléculaire (donc non
la photo, mais doit impérativement être utilisée en classe. L’usage de métaux conductrice) est nulle, tandis que la conductance G d’une
de transition sous leur forme cationique ne permet pas une coloration suffisante solution ionique (donc conductrice) ne l’est pas.
pour voir dans des conditions habituelles la migration des porteurs de charge
positive. Note : Du point de vue électrique, les deux électrodes constituent un conden-
sateur qui ne fait pas obstacle au passage d’un courant alternatif, d’où l’utili-
c. Les cations migrent vers la borne négative du générateur sation d’un G.B.F. Son remplacement par un générateur de courant continu
et les anions migrent vers la borne positive. entraîne soit l’absence de courant, soit, à tension suffisante, la présence d’une
Les ions nitrate ont migré dans le même sens que les ions électrolyse qui transforme le système, ce qui n’est pas le cas ici.

permanganate alors que les ions potassium ont migré dans


l’autres sens. 3. La cellule conductimétrique (p. 73)
TP
d. Le côté de la feuille vers lequel la tâche violette a migré
(en arrière plan sur la photo) est relié à la borne positive du Commentaires
générateur puisque les ions permanganate sont des anions Cette activité expérimentale a un double but : dans un pre-
(MnO4–). mier temps, l’élève prend conscience de l’existence de gran-
e. On ne voit pas la migration des ions nitrate et potassium, deurs d’influence de la conductance en travaillant sur une
car ces ions ne contribuent pas à la couleur de la solution ; cellule simplifiée, construite à partir de deux lames de cui-
en effet la dissolution d’un cristal de nitrate de potassium vre et dans un second temps, il détermine une constante de
dans l’eau donne une solution ionique incolore. cellule commerciale par étalonnage à l’aide d’une solution
de chlorure de potassium de concentration connue.
La première partie consiste à trouver les grandeurs d’in-
DOC 2. Caractère conducteur de quelques fluence intervenant dans la mesure de la conductance d’une
solutions aqueuses (p. 72) solution ionique. L’élève doit avoir le temps de réfléchir et
nous recommandons, le cas échéant, de le laisser se trom-
Commentaires per en attendant qu’il constate l’inexactitude de sa prédic-
L’objectif de cette activité est de découvrir une méthode de tion à la suite de l’expérience.
détermination de la conductance d’une portion de solution. La seconde partie consiste à réaliser une opération d’éta-
En s’appuyant sur les acquis du chapitre 2, cette activité lonnage de la cellule de conductimétrie, indispensable pour
constitue une approche quantitative (mesures d’intensité) pouvoir calculer la conductivité d’une solution à partir de
du caractère conducteur de quelques solutions. la conductance de la portion de cette solution comprise
On y introduit le montage expérimental, qui est le fonde- entre les électrodes. À cette occasion, l’élève constate l’in-
ment de ce chapitre car il permet de déterminer la conduc- fluence de la température sur la conductivité.
tance. La conductance d’une portion de solution est définie. Dans cette activité, le temps consacré aux manipulations
L’élève doit imaginer des catégories qui permettent de clas- proprement dites est assez réduit, car il faut laisser du
ser quelques solutions aqueuses rencontrées dans la vie temps à l’élève afin qu’il s’approprie cette technique.
quotidienne ou au laboratoire. Les mesures d’intensité du La détermination de la constante de cellule devant être

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 33


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 34

réalisée méticuleusement, un temps conséquent lui est d. Une cellule conductimétrique commerciale est intéres-
imparti dans cette activité. La fiche technique 6 et un sante puisque, par construction, les valeurs de l’aire S et de
exercice du simulateur sont aussi dédiés à cette opération. l’espacement L sont fixées.
Note : Les valeurs numériques ci-dessous sont données à titre d’exemple puis- 2. a. c = 1,00 × 10–2 mol . L–1 = 10,0 × 10–3 mol . dm–3
qu’elles dépendent des conditions opératoires (appareil, température, etc.). = 10,0 mol . m–3.
σ
b. D’après la relation σ = k G, on obtient k = . En expri-
G
Correction
mant σ en S . m–1 et G en S, k s’exprime en m–1.
1. a. La liste des grandeurs d’influence possibles est : l’aire c. On mesure l’intensité du courant I et la valeur de la ten-
immergée S des électrodes, l’espacement L entre les
électrodes et la concentration c du soluté apporté pour la sion U à l’aide des multimètres. On calcule ensuite la
constitution de la solution. conductance G = I/U de la portion de solution. On mesure
la température θ de la solution et l’on en déduit, par lecture
b. Le mode opératoire peut être le suivant : dans une graphique, la conductivité σ de la solution. Enfin on calcule
solution de chlorure de sodium de concentration σ
c = 1,00 × 10–2 mol . L–1, on plonge une cellule conductimé- la constante de cellule k = .
G
trique dont les plaques de cuivre peuvent être plus ou moins À 25 °C, la courbe σ = f (ϕ) donne σ = 0,143 S . m–1.
plongées dans la solution et plus ou moins espacées l’une 0,143
de l’autre. k= = 16 m–1.
9,0 × 10–3
• Pour un espacement L = 2 cm constant, on fait varier On mesure l’intensité du courant I et la valeur de la tension
l’aire S immergée des électrodes et l’on mesure à chaque U à l’aide des multimètres. On calcule ensuite la conduc-
fois l’intensité du courant I et la valeur de la tension U à tance G de la portion de la solution d’eau minérale. On cal-
l’aide des multimètres. On calcule ensuite la conductance cule alors la conductivité de l’eau minérale grâce à la rela-
G de la portion de solution étudiée. tion : σ = k G ; on peut comparer la valeur trouvée à celle
• Pour une aire S = 4 cm2, on fait varier l’espacement L indiquée sur l’étiquette (exemple : San-Pellegrino).
entre les électrodes. On détermine I, U et G comme précé-
demment. TP 4. Conductance et concentration
• Pour un espacement L = 2 cm et pour une aire S = 2 cm2, d’une solution ionique (p. 74)
on fait varier la concentration c en soluté apporté en effec-
tuant deux ou trois dilutions (10e, 100e voire 1 000e) à partir Commentaires
de la solution mère c = 1,00 × 10–2 mol . L–1. On détermine I, Cette activité met progressivement en place une des rela-
U et G comme précédemment. tions essentielles de ce chapitre : la linéarité entre la
c. Plus la surface immergée S des électrodes augmente, conductance et la concentration en soluté unique ajouté
plus la conductance G augmente. dans un domaine de concentration. Au cours de sa pro-
Plus la distance L entre les électrodes augmente, plus la gression, l’élève vérifie que c’est effectivement la conduc-
conductance G diminue. tance, et non d’autres grandeurs électriques, que l’on doit
Plus la concentration c en soluté apporté augmente, plus la considérer pour obtenir une grandeur proportionnelle à la
conductance G augmente. concentration.
Ces résultats sont obtenus avec une cellule fabriquée avec Une seconde étape attire son attention sur le fait que si la
deux lames en cuivre mobiles soumise à une tension sinu- proportionnalité entre la conductance et la concentration en
soïdale d’environ U = 1 V et de fréquence f = 1 000 Hz, plon- soluté unique apporté est satisfaite quelle que soit la nature
geant dans une solution de chlorure de sodium de concen- de ce soluté, le coefficient de proportionnalité dépend de la
tration c = 0,10 mol . L–1 en soluté apporté. nature du soluté. La relation ainsi établie est utilisée pour
• Pour L = 2 cm et θ = 25 °C : déterminer une concentration inconnue en soluté.
Enfin, cette activité propose une étude quantitative : il s’a-
S (cm2) 2 3 4
git de vérifier une relation de proportionnalité entre
G (mS) 26 40 77 conductance et concentration dans certaines conditions, et
en particulier pour un unique soluté apporté. Cette vérifi-
• Pour S = 4 cm2et θ = 25° C : cation peut se faire à l’aide de tableaux de valeurs ou de
graphes tracés à la main ou à l’aide d’un tableur.
L (cm2) 1 2 3 4
Correction
G (mS) 87 72 42 36
1. a. L’unité de la résistance est l’ohm, symbole Ω.
• Pour S = 2 cm2 et L = 2 cm et θ = 25 °C : b. G = 1/R.
c (mol . L–1) 0,10 0,010 0,0010 c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3
G (mS) 26 2,5 0,25 I (mA) 0,04 0,13 0,43 1,22
Les valeurs expérimentales obtenues valident la réponse R (Ω) 1 × 104 3,8 × 103 1,2 × 103 4,1 × 102
établie en 1. a., à savoir que S, L et c sont des grandeurs
G (S) 8 × 10 – 5 2,6 × 10 – 4 8,6 × 10 – 4 2,4 × 10 – 3
d’influence puisque leur variation entraîne une modification
de G. Note : La valeur de l’intensité (I = 0,04 mA) ne doit pas être exprimée avec une
meilleure précision compte tenu de l’appareil utilisé lors de nos mesures. Dans
Note : On peut faire remarquer à l’élève que la température est aussi une gran- ce cas, la valeur de R et celle de G ne doivent donc pas faire apparaître plus
deur d’influence, mais qui n’est pas abordée faute de temps. d’un chiffre significatif.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 34


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 35

c. En revanche, il faut bien noter que le coefficient de pro-


portionnalité change avec la nature de la solution.
c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3 Dans le cas d’une solution aqueuse de chlorure de sodium,
I (mA) 0,07 0,21 0,68 1,98 il vaut 0,84 S . mol– 1. L, alors qu’il vaut 1,05 S . mol– 1. L dans
le cas d’une solution de chlorure de potassium.
4 3 3
R (Ω) 1,1 × 10 3,8 × 10 1,2 × 10 4,0 × 102
b. Pour déterminer la valeur de la concentration c0,
G (S) 8,8 × 10 – 5 2,6 × 10 – 4 8,5 × 10 – 4 2,5 × 10 – 3 on utilise le montage électrique précédent et on mesure
l’intensité traversant la cellule. On en déduit la conduc-
d. Note : Pour vérifier la proportionnalité, on peut calculer le rapport entre les tance.
deux grandeurs et vérifier qu’il est sensiblement constant.
On peut aussi tracer une courbe et vérifier que l’on obtient un segment de Enfin, grâce à la relation G = 1,05 c, on parvient à c0.
droite.
c. G = 1,24 × 10– 3/0,80 = 1,6 × 10– 3 S
Si on considère la résistance pour la première série de donc :
mesures : c0 = 1,6 × 10– 3/1,05 = 1,5 × 10– 3 mol . L– 1.
c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3 Note : Cette activité peut demander beaucoup de temps si les élèves sont lents
8 7 6 5
à calculer. L’utilisation d’un tableur permet de gagner du temps s’ils maîtrisent
R/c 1 × 10 1,3 × 10 1,2 × 10 1,4 × 10 cet outil.

On constate que la résistance n’est pas proportionnelle à la


concentration. La courbe représentant R = f (c) n’est pas un
segment de droite.
Si on considère l’intensité pour la première série de
mesures : ACTIVITÉS D’EXPLOITATION
c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3
I/c 4,0 × 102 4,3 × 102 4,3 × 102 4,1 × 102 TP 5. Détermination de la concentration
d’un soluté (p. 82)
Si on considère l’intensité pour la deuxième série de
mesures : Commentaires
–1
c (mol . L ) 1,0 × 10 –4
3,0 × 10 –4
1,0 × 10 –3
3,0 × 10 –3 Au cours de cette deuxième activité expérimentale consa-
crée à la conductimétrie, l’élève retrouve la relation exis-
I/c 7,0 × 102 7,0 × 102 6,8 × 102 6,6 × 102 tant entre conductance et concentration dans le cas d’un
Dans chaque série de mesures, I est proportionnelle à c : unique soluté ajouté. Il doit mettre en œuvre ses capacités
• 1re série : I/c = (415 ± 15) mA . L . mol– 1 (précision 4 %) ; expérimentales (préparation d’une gamme d’étalonnage,
• 2e série : I/c = 680 ± 20 mA . L . mol– 1 (précision 3 %). soin des mesures) et ses capacités d’exploitation de résul-
tats expérimentaux (tracé et utilisation d’une courbe d’éta-
Cependant, I n’est pas proportionnelle à c quelles que soient
lonnage G = f (c)) pour vérifier la linéarité entre conduc-
les conditions puisqu’il faut que la tension soit constante
tance et concentration. En fin de manipulation, on aborde
pour que cette relation soit satisfaite.
une limite de la méthode d’étalonnage.
Si on considère la conductance, on obtient les résultats sui- Cette activité est réalisable dans le temps imparti à condi-
vants pour la première et la deuxième série d’expériences : tion que chaque binôme d’élèves soit bien organisé, en par-
ticulier dans la répartition des charges de travail entre les
c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3
deux élèves. Dans cette activité, la bonne utilisation
G/c (série 1) 0,8 0,87 0,86 0,81 d’un tableur est source d’efficacité. La fourchette proposée,
« entre 2 g et 3 g », de chlorure de sodium à peser est impor-
G/c (série 2) 0,9 0,87 0,85 0,83
tante de façon à éviter que tous les binômes obtiennent des
On vérifie que la conductance est bien proportionnelle à la solutions de concentrations trop voisines.
concentration quelles que soient les conditions, car le cœf-
ficient multiplicatif est le même dans les deux séries : Correction
G/c = (0,84 ± 0,04) S . L . mol– 1 (précision de 4,8 %).
La courbe représentative de G = f (c) est un segment de 1. a. c0 = 4m0 / 58,4 (en mol . L– 1) ; ne donner que trois chif-
droite. fres significatifs pour c0.
En conclusion, G = 0,84 c avec G en siemens et c en mole b. c1 = c0 /25 et c2 = c1/2 = c0 /50.
par litre (0,84 en S . L . mol– 1). Pour préparer S3, on peut pipeter 2 mL de S0 et compléter
2. a. On raisonne sur la conductance. à 250 mL, ou pipeter 50 mL de S1 et compléter à 250 mL.
c3 = c0 /125
c (mol . L – 1) 1,0 × 10 – 4 3,0 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3
Pour préparer S4, on pipette 10 mL de S1 et on complète à
G (S) 1 × 10 – 4 3,2 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3 3,0 × 10 – 3 250 mL.
G/c 1 1,1 1,0 1,0 c4 = c0 /625

On retrouve bien que la conductance est proportionnelle à 2. a. Exemple de valeurs numériques obtenues : m0 = 2,71 g
la concentration. soit :
Ici aussi on peut tracer une courbe représentant G = f (c), 2,71 1
c0 = × = 186 mol . m– 3.
et on obtient un segment de droite. 58,4 250 × 10 – 6

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 35


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 36

En opérant à 500 Hz sous 0,500 V on trouve les valeurs sui- Correction


vantes :
1. a. et b. Les valeurs mesurées de I à 25,5 °C pour
Solution S4 S3 S2 S1
UAB = 0,800 V sont données dans le tableau ci-dessous.
On en déduit G = I/UAB, puis σ = k G et A = σ/c.
–3
c (mol . m ) 0,297 1,48 3,71 7,42
I (mA) 0,12 0,60 1,49 2,76 Solution Li+ + Cl– Na+ + Cl– K+ + Cl–

G (S) 2,4 × 10 – 4 1,2 × 10 – 3 2,98 × 10 – 3 5,52 × 10 – 3 I (mA) 0,50 0,68 0,82


G (S) 6,3 × 10 – 4 8,5 × 10 – 4 1,0 × 10 – 3
b. La courbe obtenue est sensiblement un segment de
droite. On trouve G  7,9 × 10 – 4 c.  (S . m– 1) 0,99 × 10 – 2 1,3 × 10 – 2 1,6 × 10 – 2

d. On ne peut pas utiliser une courbe d’étalonnage Ai (S . m2 . mol– 1) 0,99 × 10 – 2 1,3 × 10 – 2 1,6 × 10 – 2
G = f (concentration en chlorure de sodium apporté) pour
déterminer la concentration d’un autre électrolyte. Le coef- Note : Les valeurs sont obtenues à 25 °C avec une constante de cellule
k = 16 m–1.
ficient de proportionnalité entre G et c dépend de la nature
du soluté apporté. c. On dispose de trois équations et quatre inconnues.
A1 = λLi+ + λCl– ; A2 = λNa+ + λCl– et A3 = λK+ + λCl–.
Note : On montre avec une des formules du cours que le coefficient de propor-
tionnalité entre la conductance et la concentration est égal à (λK+ + λCl–). On ne peut donc pas résoudre ce système d’équations.
Pour atteindre les conductivités molaires ioniques des
e. En extrapolant la courbe, on trouve une conductance
cations, il faudrait disposer d’une donnée supplémentaire.
G0 = 0,15 S pour S0.
Expérimentalement, on trouve I = 39,4 mA, soit Gexp = 0,079 S. d. On a λLi+ = A1 – λCl– ; λNa+ = A2 – λCl– ; λK+ = A3 – λCl–.
On ne peut utiliser une courbe d’étalonnage qu’entre les La conductivité molaire ionique de l’anion chlorure ne
valeurs extrêmes qui ont servi à son établissement. dépend pas du solide (LiCl, NaCl ou KCl) à l’origine de la
Note : Cette importante différence obtenue lors de l’extrapolation provient du
présence de l’ion Cl –(aq) en solution. Le classement des λi
fait que les conductivités molaires ioniques λ dépendent de la concentration est donc possible. Par ordre croissant, on obtient :
des ions en solution. Le simulateur Conductimétrie présent dans le cédérom λLi+  λNa+  λK+
tient compte de cette variation.
Dans la liste étudiée, K+ est le cation qui contribue le plus
à la conductivité, Li+ le cation qui y contribue le moins.
C’est donc le cation potassium qui se déplace le plus rapi-
TP 6. Conductance et conductivité (p. 83) demet puisque l’on a trouvé :
Commentaires A3  A2  A1
L’élève réalise une opération d’étalonnage de la cellule de Note : Comme précisé dans le cours, page 79, les conductivités molaires
conductimétrie, opération indispensable pour pouvoir cal- ioniques λ sont liés aux vitesses v de migration des ions dans des conditions
données. Ces vitesses sont constantes bien que les ions soient soumis à une
culer la conductivité d’une solution à partir de la conduc- force électrique constante (qE) parce qu’il s’exerce sur eux une force de frot-
tance de la portion de cette solution comprise entre les tement modélisable grâce à la relation de Stoke (6πaηv) dans laquelle a est le
électrodes. À cette occasion, il constate l’influence de la rayon de l’entité en déplacement. Il en résulte une vitesse limite (donc un λ)
inversement proportionnelle au rayon des entités solvatés. L’ordre des λ mon-
température sur la conductivité. Le but de cette activité est
tre que le rayon solvaté de Li+(aq) est plus gros que celui de K+(aq). Sous un
de familiariser l’élève avec la grandeur conductivité, car jus- champ E = 1 V . cm–1, la vitesse limite est si faible (v = 5 µm . s–1) qu’elle est
qu’ici il a essentiellement travaillé avec la grandeur conduc- rapidement atteinte. Rapportée à la taille de l’ion solvaté (entre 0,1 et 0,2 nm)
tance. cette vitesse correspond tout de même à un déplacement de l’ion de plusieurs
milliers de fois sa propre taille par seconde.
Dans cette activité expérimentale, l’élève utilise la relation
entre la conductivité d’une solution, les conductivités 2. a. U = 200 mV et I = 0,824 mA. À l’aide de la calculatrice,
molaires ioniques et les concentrations des solutés ajoutés. 0,824
Il vérifie expérimentalement l’influence de la taille et de G= = 4,12 mS.
200
la solvatation sur les conductivités molaires ioniques,
Note : Les valeurs de U et I sont prises à titre d’exemple parmi d’autres valeurs
puis le fait que la conductivité d’une solution peut être
possibles.
retrouvée à partir de celles de trois solutions judicieuse-
ment choisies. b. G = 4,11 mS et σ = 411 mS . m–1. La valeur de la
Cette activité utilise également le simulateur Conductimétrie conductance calculée est égale à la valeur de la conduc-
du cédérom. Il est à noter que les élèves en sont très deman- tance simulée.
deurs et donc réceptifs lors de ces séances. c. Les prévisions attendues sont :
Ce simulateur permet de changer à volonté la nature de la
– pour L = 2,0 cm et S = 2,0 cm2 : G = 4,11 mS et
solution ainsi que sa concentration, ce qui n’est pas envisa-
σ = 411 mS . m–1 ;
geable lors d’une activité expérimentale.
L’objectif des simulations proposées est double : d’une part – pour L = 2,0 cm et S = 4,0 cm2 : G = 8,23 mS et
prévoir, par calcul, des valeurs de conductance et/ou de σ = 411 mS . m–1
conductivité, puis les comparer à l’aide d’une simulation, et d. Les valeurs trouvées sont :
d’autre part comparer des conductivités molaires ioniques – pour L = 2,0 cm et S = 1,0 cm2 : G = 2,05 mS et
de différents ions entre elles. σ = 411 mS . m–1 ;
Note : Les valeurs numériques suivantes sont données à titre d’exemple puis- – pour L = 1,0 cm et S = 2,0 cm2 : G = 8,23 mS et
qu’elles dépendent des conditions opératoires (appareils, température,..) σ = 411 mS . m–1.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 36


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 37

e. L et S sont donc deux facteurs d’influence de la conduc- Cette règle du nombre de chiffres significatifs d’un résultat, fixé par le nombre
de chiffres significatifs de la donnée qui en comporte le moins, n’est pas valable
tance G qui est modifiée lors d’une variation de L ou de S ; pour tous les calculs, en particulier pas pour les soustractions.
ce n’est pas le cas pour la conductivité σ. En revanche, si le
rapport S/L reste constant entre deux expériences, la valeur 12 a. En raison de l’ajout d’eau, la concentration en ion a
de la conductance n’est pas modifiée. été divisée par deux ; il en est de même de la conductance
S
Note : En s’aidant de ce qui précède et des unités, G = σ L .
car elle est proportionnelle à la concentration :
–3
En doublant la concentration en soluté apporté de la solution, la nouvelle G3 = G1/2 soit G3 = 0,61 × 10 S.
conductance est G = 8,13 mS (σ = 813 mS . m–1). b. On mélange deux solutions de chlorure de sodium, il n’y
f. et g. Pour une solution de concentration dix fois moins a pas réaction. En notant c1 et c2 les concentrations respec-
importante, la conductance devrait être divisée par dix, ce tives de S1 et de S2, on a :
que l’on vérifie grâce au simulateur : G = 0,421 mS . m–1. 100 c1 + 100 c2 c1 + c2
[Na+] = [Cl –] = = .
(σ = 42,1 mS . m–1). 100 + 100 2
h. La conductance d’une portion de solution est donc pro- c. La concentration en soluté apporté étant la moyenne des
portionnelle à la concentration en soluté apporté de la solu- concentrations de S1 et de S2, la proportionnalité entre
tion. conductance et concentration permet d’écrire :
G + G2
i. Pour une solution de chlorure de sodium de concentra- G4 = 1 soit G4 = 1,33 × 10 – 3 S.
2
tion c = 0,01 mol . L–1, le simulateur affiche G = 1,18 mS et
σ = 118 mS . m–1. 14
j. La conductivité d’une solution d’acide chlorhydrique σ4 = c (λCu2+ + 2 λCl–)
étant supérieure à celle d’une solution de chlorure de = c [(λCu2+ + λSO2–
4
) + 2 (λH+ + λCl–) – 2 (λH+ + λSO2–
4
)].
sodium, il en résulte que la conductivité molaire ionique de En divisant membre à membre par la constante de cellule,
l’ion H+(aq) est supérieure à celle de l’ion Na+(aq) puisque les on arrive à :
deux solutés possèdent le même anion. G4 = G3 + 2 G1 – G2 = 1,44 × 10 – 3 S.
k. Pour une solution d’hydroxyde de sodium de concentra- 15 a.
tion en soluté apporté c = 0,010 mol . L–1, le simulateur affi-
che G = 2,37 mS et σ = 237 mS . m–1. c (mol . L– 1) 5,00 × 10 – 3 2,00 × 10 – 3 1,00 × 10 – 3 5,00 × 10 – 4
La conductivité d’une solution d’hydroxyde de sodium étant
G (S) 6,06 × 10 – 4 2,45 × 10 – 4 1,2 × 10 – 4 6,3 × 10 – 5
supérieure à celle d’une solution de chlorure de sodium de
même concentration, on peut affirmer que la conductivité c. La conductance de la solution de concentration inconnue
molaire ionique de l’ion hydroxyde est supérieure à celle de est 1,73 × 10 – 4 S.
l’ion chlorure puisque les deux solutés possèdent le même La lecture du graphe conduit à : c1 = 1,4 × 10 – 3 mol . L– 1.
cation.
16 a. La valeur de la constante de cellule est :
l. Le rayon ionique solvaté du cation sodium étant plus
k = σ /G = 127,8/1,45 = 88,1 m–1.
grand, le cation Na+(aq) se déplace plus lentement en solu-
b. Cette valeur est en accord avec celle du constructeur
tion que le cation potassium K+(aq) ; la conductivité d’une
puisque 0,9 cm–1 = 90 m–1.
solution d’hydroxyde de potassium devrait être supérieure
L’écart relatif est 100 × (90 – 88)/90 = 2,1 %.
à celle d’une solution d’hydroxyde de sodium.
c. L’aire de la surface S immergée est égale à :
La simulation confirme cette prévision puisque pour une
solution d’hydroxyde de potassium de concentration S = L/k = 1,0/0,90 = 1,1 cm2.
c = 0,01 mol . L–1, le simulateur affiche G = 2,61 mS Note : La formule k = L/S est approximative ; il ne faut pas chercher à repro-
et σ = 261 mS . m–1. On a bien : duire expérimentalement cet exercice dont le but est la compréhension de la
notion de constante de cellule qui, elle, est une notion essentielle.
σ (K+(aq) + HO-(aq)) > σ (Na+(aq) + HO-(aq)).
17 a.
k (m– 1) 17,1 22,5 34,2 99,8
 (S . m– 1) 0,118 0,116 0,126 0,114
EXERCICES
b. 0,11  σ  0,13 S . m– 1.
Cela représente une estimation acceptable de l’intervalle de
Note : Pour simplifier l’écriture, dans les corrigés, on notera : confiance sur σ ; il n’y a pas de raison de prendre un inter-
• σi la conductivité de la solution Si , valle significativement plus large.
• Gi la conductance de la portion de la solution Si comprise entre les électrodes c. 0,01/0,120 = 0,08. On peut considérer la conductivité
de la cellule.
comme constante à 8 % près.
Appliquer ses connaissances 19 b. La conductivité est sensiblement proportionnelle à
10 a. Le résultat, comme les données, doit comporter la concentration en soluté apporté.
trois chiffres significatifs : k = 0,476 cm . –1 c. L’abscisse du point d’ordonnée 1,84 × 10 – 2 S . m– 1 est la
concentration cherchée, soit 1,3 mol . m – 3.
b. La valeur de la constante de cellule est : k = 47,6 m–1.
c. Même réponse qu’en a. 20 1. La conductance de la solution de chlorure de
d. Puisque k = L/S, alors L = k S = 1,5 × 2,12 = 3,18 cm. potassium est :
1 1
Note : Cet exercice permet à l’élève de réinvestir ses acquis de Seconde sur les G0 = = = 1,39 × 10–3 S.
chiffres significatifs. R0 720

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 37


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 38

(R0 a trois chiffres significatifs, G0 doit en avoir el même 29 a. La concentration molaire effective de chacun des
nombre.) ions présents dans la solution est égale à :
On note k la constante de cellule : n mNaCl
σ 1,489 × 10–2 [Cl–] = NaCl =
k= = = 10,7 m–1. V MNaClV
G0 1,39 × 10–3 nNa2SO4 mNa2SO4
Le résultat ne comporte que trois chiffres significatifs, [SO42–] = =
MNa2SO4 MNa2SO4V
car une donnée en comporte trois, l’autre quatre. On est
limité par la donnée la moins précise. nNa2SO4 nNaCl m2 m1
[Na+] = 2 + =2 +
2. a. On admet la proportionnalité entre conductance et V V MNa SO V MNaClV 2 4
concentration. S3 est 20 fois plus concentrée que S0 ; sa b. σ = λNa+ [Na+] + λCl– [Cl–] + λSO42– [SO42–] = 40 mS . m–1.
conductance est donc 20 fois plus grande :
m2 0,2 0,2
20 σ = 5,0 × 10–3 (2 + ) + 7,6 × 10–3 ×
G′3 = 20 G0 = soit G′3 = 2,78 × 10–2 S. 142,1 × 2 58,5 × 2 58,5 × 2
R0
m2
b. L’erreur commise en confondant ces deux conductances + 16,0 × 10–3 × = 40 × 10–3 S . m–1.
142,1 × 2
est :
∆G = 2,78 × 10–2 – 2,62 × 10–2 soit ∆G = 1,60 × 10–3 S. On trouve m2 = 0,20 g.
σ c σ c c. Si le volume de la solution diminue de 20 % par évapora-
3. G0 = 0 = 0 (λK+ + λCl–) G1 = 1 = 0 (λH+ + λNO3–) tion (la solution se « concentre ») alors la conductivité est
k k k k
multipliée par 1,25, soit σ = 50 mS . m–1.
σ2 c0 σ c
G2 = = (λH+ + λCl–) G4 = 1 = 0 (λH+ + λCl–)
k k k k 31 a. On utilise la relation σ = k G.
En remarquant que : Solution S1 S2 S3 S4
λH+ + λCl– = (λH+ + λNO3–) + (λK+ + λCl–) – (λK+ + λNO3–)
 (S . m– 1) 1,28 × 10– 2 1,49 × 10– 2 1,52 × 10– 2 1,49 × 10– 2
On a : G4 = G1 + G0 – G2
soit : G4 = 3,86 × 10–3 + 1,39 × 10–3 – 1,32 × 10–3 b. En notant λX– la conductivité molaire de l’anion halogé-
nure étudié, on peut écrire σ = c (λK+ + λX–).
G4 = 3,93 × 10–3 S.
c. et d.
21 Anion λX– (S . m2 . mol– 1) écart relatif
– –3
I U G c k F (aq) 5,46 × 10 – 1,4 %

15 µ A 500 mV 12 mS 0,100 mol . L–1 1,2 cm–1 Cl –(aq) 7,54 × 10 – 3 – 1,2 %


– –3
15 × 10–5 A 0,500 V 12 × 10–2 S 100 mol . m–3 1,2 × 102 m–1 Br (aq) 7,80 × 10 – 0,1 %
I –(aq) 7,57 × 10 – 3 – 1,4 %
L S σ λ
On constate que les valeurs obtenues sont toutes en léger
0,1 dm 10 cm2 10 mS . cm–1 1 mS . cm2 . mol–1
défaut par rapport aux valeurs tabulées.
0,01 m 10 × 10–3 m2 1,0 S . m–1 1 × 10–7 S . m2 . mol–1 e. Classement des ions selon leur conductivité molaire
ionique croissante :
23 La conductivité σ d’une solution de chlorure d’alumi- F – < Cl – < I – < Br –
nium Al3+(aq) + 3 Cl–(aq) de concentration c = 1,0 × 10–2 mol . L–1 Ce classement ne correspond pas exactement à celui de la
en soluté apporté est : colonne des halogènes.
σ = λAl3+ [Al3+] + λCl– [Cl–3] = c (λAl3 + 3 λCl–) f. Cela est dû au fait que les conductivités molaires ioniques
avec c = 10 mol . m-3. diminuent lorsque la taille de l’ion solvaté augmente et non
celle de l’ion isolé.
Soit : σ = 10 (18,3 + 3 × 7,63) × 10–3 = 0,41 S . m–1.
25 a. La conductivité de la solution d’acide chlorhydrique Aller plus loin
est : –2
1
σ=kG= G = 1,0 × 10 × 4,11 × 10–3 = 0,41 S . m–1. 32 a. L’intervalle de confiance est [796 ; 808] en mV.
S 1,0 × 10–4 b. L’incertitude relative sur la tension est : 6/802 ≈ 0,0075.
b. Cette conductivité s’exprime aussi par la relation : La précision est de 0,8 %.
σ = λH3O+ [H3O+] + λCl– [Cl–3] = c (λH3O+ + λCl–) soit c. L’incertitude relative sur l’intensité est :
σ 0,41 3 × 0,0075 = 0,0225 mA.
c= = = 9,6 mol . m–3
λH3O+ + λCl (34,97 + 7,631) × 10–3
– L’incertitude absolue sur l’intensité est :
0,0225 × 1,27 = 0,03 mA.
c = 9,6 × 10–3 mol . L–1.
Imin = 1,24 mA et Imax = 1,30 mA.
27 La conductivité d’une solution d’hydroxyde de sodium d. G =
I
=
0,00127
= 1,58 mS
est σ = c (λNa+ + λHO–) U 0,802
avec c = 1,0 mol . m–3. I 0,00124
avec Gmin = min = = 153 mS
σ –3 Umax 0,808
Soit λHO– = – λNa+ = 24,4 × 10 – 5,0 × 10–3
c 1,0 I 0,00130
et Gmax = min = = 1,63 mS
λHO– = 19 × 10–3 S . m2 . mol–1 Umax 0,796

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 38


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 39

soit un encadrement de :
1,53 ms  G  1,63 mS MATÉRIEL ET PRODUITS
ou G = 1, 58 mS ± 0,05 mS.
Note : Cet exercice introduit de nouveaux concepts : incertitude absolue, incer-
titude relative, moyenne, intervalle de confiance et précision. Son objectif est de
TP 3. La cellule conductimétrique (p. 73)
persuader l’élève que tout résultat expérimental est entaché d’incertitude et que
l’écriture adoptée pour le résultat doit prendre en compte cette réalité. • Un G.B.F.
• Deux multimètres.
33 a. Dans un premier temps, il faut calculer les • Fils électriques.
conductances que l’on aurait obtenues à partir de solution • Deux plaques de cuivre.
de concentration c = 5,0 × 10 – 3 mol . L– 1 (celle de la
• Une cellule de conductimétrie commerciale.
solution cherchée). Pour ce faire, on utilise la relation de
proportionnalité entre conductance et concentration. • Deux pinces crocodiles.
Avec une solution d’iodure de potassium de concentration • Deux béchers de 250 mL ou 100 mL.
c = 5,0 × 10 – 3 mol . L– 1, on aurait obtenu une conductance • Un thermomètre.
1,70 × 10 – 2 • Solutions de concentration 1,00 × 10 – 3 mol . L– 1 et
G′3 = = 8,55 × 10 – 3 S. 1,00 × 10 – 2 mol . L– 1 : K+ + Cl –.
2
G5 = G′3 + G1 – G2 = 1,57 × 10 – 2 S. • Une eau minérale (exemple : San Pellegrino).
b. De façon analogue G6 = G4 + 2 G3 – 2 G2
soit : G6 = 1,69 × 10 – 2 S. TP 4. Conductance et concentration
d’une solution ionique (p. 74)
34 a. S1 : [Na+] = [Cl–] = c ;
S2 : 2 [Mg2+] = [Cl –] = 2 c ; • Un G.B.F.
+ – • Deux multimètres.
S3 : 3 [Al ] = [Cl ] = 3 c.
• Fils électriques.
b. σ1 = c (λNa+ + λCl–)
• Une cellule de conductimétrie.
σ2 = c (λMg2+ + 2 λCl–) • Quatre béchers de 100 mL.
σ3 = c (λAl3+ + 3 λCl–). • Étiquettes adhésives ou crayon à verre.
c. λNa+ = 4,97 × 10 – 3 S . m2 . mol– 1 • Solutions de concentration :
1,0 × 10 – 4 mol . L– 1, 3,0 × 10 – 4 mol . L– 1, 1,0 × 10 – 3 mol . L– 1
λMg2+ = 10,6 × 10 – 3 S . m2 . mol– 1
et 3,0 × 10 – 3 mol . L– 1 ; Na+ + Cl –.
λAl3+ = 18,3 × 10 – 3 S . m2 . mol– 1.
d. λNa+  λMg2+  λAl3+. On retrouve que la conductivité
molaire ionique augmente avec la valeur absolue de la
TP 5. Détermination de la concentration
charge. d’un soluté (p. 82)

35 1. a. AgCl(s) → Ag+(aq) + Cl–(aq). • Eau distillée ou permutée (environ 1 L par binôme).


• Chlorure de sodium solide (environ 4 g par binôme).
Note : On prévoit une faible concentration des ions car le chlorure d’argent est
peu soluble dans l’eau. • Une balance au cg.
• Une coupelle, une spatule.
b. σ1 = c (λAg+ + λCl–) = 1,9 × 10 – 4 S . m– 1.
• Un G.B.F.
La solubilité est la concentration maximale que l’on peut • Deux multimètres.
obtenir, notée ici c1 : • Une cellule de conductimétrie.
1,9 × 10 – 4 • Fils électriques.
c1 = = 1,4 × 10 – 2 mol . m– 3.
(6,19 × 10 – 3 + 7,64 × 10 – 3) • Fioles jaugées de 250 mL (avec un bouchons).
2. a. Zn(OH)2 (s) → Zn2+(aq) + 2 HO–(aq). • Quatre béchers de 400 mL.
b. La stœchiométrie de l’équation permet d’écrire : • Deux béchers de 100 mL.
• Pipettes jaugées : 2 mL (ou 50 ml), 5 mL, 10 mL.
[HO–] = 2 [Zn2+].
• Une poire à pipeter.
c. De même : σ2 = c2 λZn2+ + 2 c2 λHO– = 2,1 × 10 – 4 S . m– 1.
• Étiquettes adhésives ou crayon à verre.
La solubilité cherchée est :
2,1 × 10 –4
c2 = = 4,2 × 10 –3 mol . m–3. 6. Conductance et conductivité
(10,56 × 10 –3 + 2 × 19,92 × 10 –3) TP
(p. 83)
d. [Zn2+] = 4,22 × 10 – 3 mol . m– 3 ou 4,22 × 10 – 6 mol . L– 1.
[HO –] = 8,44 × 10 – 3 mol . m– 3 ou 8,44 × 10 – 6 mol . L– 1. • Solutions de concentration 10 – 3 mol . L– 1 : Li+ + Cl –,
Ces faibles valeurs de concentration montrent que l’on ne Na+ + Cl –, K+ + Cl –.
peut pas considérer l’hydroxyde de zinc comme une espèce • Un dispositif de mesure de la coductance.
soluble dans l’eau. • Béchers.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 4 – CONDUCTIMÉTRIE 39


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 40

5 Réactions acido-basiques

cule ou un ion susceptible de capter un ion H+ (définition


ASPECTS PÉDAGOGIQUES d’un acide et d’une base au sens de Brønsted). Bien que cela
ET SCIENTIFIQUES ne soit pas explicitement demandé par le programme, il
nous a semblé important de compléter ces définitions, qui
se situent au niveau microscopique, par des définitions au
niveau macroscopique : une espèce chimique est un acide
Ce chapitre est le premier de la partie I.D. du programme,
si sa dissolution dans l’eau pure, à 25 °C, donne une solu-
intitulée « Comment déterminer des quantités de matière en
tion de pH inférieur à 7… L’élève devra donc utiliser la
solution à l’aide de la réaction chimique ? ».
définition adaptée au niveau auquel on lui demande de rai-
L’objectif de cette partie, clairement mentionné dans le pro-
sonner (microscopique ou macroscopique).
gramme, est l’étude des titrages et de la notion d’équiva-
lence, les réactions de ces titrages devant être prises dans Note : Le programme n’est en effet pas très rigoureux quant à la différence entre
une « solution acide » et une « espèce chimique acide ». La phrase « Quelques
les domaines de l’acido-basicité et de l’oxydoréduction.
acides et bases usuels » qui figure dans le contenu du programme fait en fait
Ce chapitre permet donc d’introduire les connaissances référence aux solutions usuelles (voir commentaires du programme).
acido-basiques nécessaires pour mener à bien des titrages
de ce type dans le chapitre 7. 1.2. Quelques acides et bases usuels
Le chapitre 6, quant à lui, permettra d’introduire l’oxydoré-
duction. Ensuite seulement, nous ferons le parallèle, Après les définitions générales, les acides et bases usuels
comme le demande le programme, entre les réactions des laboratoires de chimie, ainsi que les solutions cor-
acido-basiques et les réactions d’oxydoréduction. Il nous respondantes, sont regroupés dans le tableau de la page 98
paraît en effet important que l’élève soit bien familiarisé du cours. L’objectif est ici de donner une culture de la chi-
avec les différentes notions abordées avant de lui deman- mie à l’élève, comme le souhaite le programme. C’est avec
der de les comparer. le même objectif que la plupart des acides et des bases des
Ce chapitre doit rester qualitatif puisque les notions de pH activités (de découverte ou d’exploitation) et des exercices
et bien sûr de pKa ne sont pas définies. Pour que qualitatif ont été choisis parmi ceux et celles les plus utilisés.
ne rime pas avec approximatif, nous avons clairement iden- Toujours avec ce même souci de culture de la chimie, les
tifié toutes les notions présentes dans le programme et paragraphes 3.2. et 3.3. du cours (p. 102) ainsi que plusieurs
nous les avons introduites avec rigueur, en distinguant ce exercices concernent les acides et les bases contenus dans
qui appartient au niveau microscopique et ce qui relève du les produits de la vie courante, comme le vinaigre, les détar-
niveau macroscopique. Dans tout le manuel, nous sommes trants, les déboucheurs de canalisations…
cohérents avec les définitions données ici. Leur introduc-
tion permet déjà d’apporter des connaissances substantiel- 1.3. Couple acide / base
les aux élèves, aussi bien théoriques qu’expérimentales. Nous introduisons la notion de couple acide / base à partir
d’exemples (activités 1, 2, 3 et cours p. 99) ou de façon plus
formelle (activité 4), en utilisant un modèle. Le passage
1. Introduction des différentes notions réciproque de l’acide à la base conjuguée peut se mettre en
1.1. Définition d’un acide, définition d’une base évidence à l’aide des indicateurs colorés, comme dans les
activités 1, 2 et 3. Plusieurs indicateurs colorés ont été uti-
Le programme demande de faire émerger la définition d’un
lisés dans ce chapitre, pour que l’élève se rende compte que
acide et d’une base au sens de Brønsted, à partir d’exem-
le changement de couleur d’un indicateur coloré donné a
ples de réactions acido-basiques. C’est donc ce que nous
lieu pour une valeur de pH qui lui est propre. Rien de plus
proposons, que ce soit dans les activités de découverte ou
n’a été dit à ce sujet qui est resté très qualitatif.
dans le cours. Dans les deux cas, on part des notions de
solution acide et de solution basique que les élèves connais-
sent depuis le collège et dont ils entendent parler dans la
1.4. Réactions acido-basiques
vie quotidienne. Puis, on introduit précisément les notions Plusieurs exemples de réactions acido-basiques ont déjà été
d’acide et de base. vus au début du chapitre. L’objectif de la troisième partie du
Dans le cours, deux exemples de réactions acido-basiques cours (p. 101) est donc de traiter des réactions acido-
sont considérés, ainsi que les critères qui permettent d’affir- basiques d’un point de vue phénoménologique : deux pro-
mer que ces réactions chimiques ont effectivement eu lieu : priétés générales de cette classe de réactions sont men-
disparition d’une espèce chimique et conductivité différente tionnées. Au niveau microscopique, à partir de l’équation
de celle qu’il y aurait en l’absence de réaction chimique. chimique, il s’agit du transfert d’ion H+. Au niveau macro-
L’écriture de l’équation de chacune des réactions envisagées scopique, à partir de l’expérience, il s’agit de la variation de
dans ce début de chapitre (activités 1, 2, 3 et cours) permet pH qui accompagne une réaction acido-basique en solution.
de mettre en évidence un transfert d’ions H+ entre les réac- L’élève dispose ainsi de deux indices simples pour savoir si
tifs. L’acide est donc défini comme une molécule ou un ion la réaction qu’il étudie est de type acido-basique ou non. Le
susceptible de céder un ion H+ et la base comme une molé- premier, le seul au programme, n’est pas opérationnel dans

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 40


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 41

le cas des activités expérimentales, et, notre approche de la Correction


chimie se voulant très proche de l’expérience, nous avons a. On voit sur la Fig. 1 que le BBT peut prendre deux cou-
été contraints de proposer le second. leurs différentes :
– la couleur jaune, lorsque le milieu est acide ;
2. Limites définies par le programme – la couleur bleue, lorsque le milieu est basique.
2.1. Réactions acido-basiques On a vu au collège que les solutions acides ont un pH infé-
rieur à 7,0.
Le programme délimite clairement le cadre d’étude Cet indicateur permet donc de tester l’acidité d’une solution
des réactions acido-basiques : toutes les transformations aqueuse.
considérées ne doivent impliquer qu’une seule réaction La solution d’acide chlorhydrique est acide ; celle d’hydro-
chimique, obligatoirement totale. L’introduction de la xyde de sodium est basique.
notion d’équilibre chimique sera faite en Terminale et la
b. Le vinaigre blanc constitue une solution acide (teinte
notion de force d’un acide ou d’une base ne doit donc pas
jaune du BBT). Son pH est inférieur à 7,0.
être abordée.
Cette limitation, qui n’est pas gênante en soi, impose cepen- c. La forme basique possède un proton de moins que la
dant une vigilance de façon à ne pas en sortir. Ainsi, elle forme acide.
empêche par exemple d’évoquer la présence simultanée des d. On aura le couple C27H28Br2O5S(aq) = C27H27Br2O5S–(aq) + H+.
ions H3O+ et HO–(aq) dans l’eau, car les élèves ne compren- La forme moléculaire C27H28Br2O5S(aq) présente dans une
draient pas pourquoi ces ions « ne réagissent pas ensem- solution aqueuse, colore en jaune cette solution.
ble ». Nous n’avons d’ailleurs pas donné d’explication La forme ionique C27H27Br2O5S–(aq), présente dans une solu-
précise, dans le chapitre 4, au fait que l’eau pure soit très tion aqueuse, colore en bleu cette solution.
légèrement conductrice. Enfin, cette limitation ne permet
e. La forme basique s’écrit C2H3O2– . Le couple acide / base
pas de dire qu’une solution acide contient forcément des
associé est C2H4O2 / C2H3O2– .
ions H3O+. En effet, pour l’élève, une solution d’acide étha-
noïque, par exemple, n’est constituée que de molécules d’a- f. La forme acide associée à l’ion HO– est la molécule H2O.
cide CH3CO2H(aq) et de molécules d’eau H2O. Le couple acide / base correspondant est H2O / HO–.

2.2. Que dire du pH ? DOC 2. Réaction acide/base (p. 94)


Le programme a introduit la conductimétrie pour éviter un Commentaires
enseignement quantitatif du pH. Nous n’avons donc pas Afin d’approfondir la notion de couple acide / base, cette
défini le pH et nous nous sommes limités à l’utiliser en tant activité illustre le passage de la forme acide du BBT à sa
que grandeur en relation avec l’acidité, comme les élèves le forme basique. Le transfert d’un ion H+ (niveau microsco-
font depuis le collège. pique) permet la transformation de la forme acide en forme
Une telle approche, certes très pauvre, est suffisante alors basique, ce qui se traduit au plan macroscopique par un
que son absence rendrait cet enseignement terriblement changement de couleur de la solution aqueuse. Il a lieu lors
théorique s’il était limité au transfert d’ion H+, et terrible- de l’ajout d’une solution acide lorsque le milieu initial est
ment compliqué s’il fallait en permanence utiliser la basique, et inversement.
conductimétrie lors d’une expérience mettant en jeu un sys- La notion de réaction acide / base est introduite ici avec un
tème acido-basique. exemple ; elle sera généralisée au chapitre suivant.
La notion de pH est par ailleurs également opportune en Le but de cette activité est de préparer l’élève à relier ce
chimie organique. En effet, l’utilisation du papier-pH est le qu’il a appris au collège à propos de l’acidité à ce qu’il sait
seul test préconisé par le programme pour caractériser un sur la réaction chimique, en particulier la description micro-
acide carboxylique ou une amine. scopique et la possibilité soit d’avoir un réactif limitant soit
d’être dans les proportions stœchiométriques. On envisage
aussi le fait qu’un ion a ou n’a pas de propriété acido-
basique. Une telle connaissance peut paraître triviale, mais
les élèves qui ne la possèdent pas sont privés d’un outil de
réflexion utile, en particulier pour comprendre pourquoi
ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE certaines entités (autre que H3O+ et HO–(aq)) apparaissent
dans les couples acide / base (par exemple NH 4+(aq)) et que
d’autres n’apparaissent jamais (Na+(aq) et Cl–(aq)), du moins
DOC 1. Couleurs des acides et des bases dans l’eau.
(p. 94) Il faut donc que les observations et l’usage des valeurs
numériques soient bien exploités, de même que les
Commentaires connaissances déjà acquises relatives à la réaction chi-
Afin d’illustrer les propriétés acides ou basiques d’une solu- mique. Il faut conserver à l’esprit que le présent chapitre se
tion aqueuse, on y ajoute quelques gouttes de bleu de bro- limite à faire comprendre ce qu’est un couple acide / base
mothymol. Le document proposé montre la coloration qui (introduit dans la précédente activité), et qu’une réaction
en résulte suivant le pH de la solution. acido-basique correspond à un transfert d’ions H+.
Pour expliquer cette différence de coloration, la notion de
couple acide / base est introduite, puis étendue à d’autres Correction
exemples qui font intervenir la molécule CH3CO2H ou l’ion a. Une solution est acide quand son pH est inférieur à 7 et
hydroxyde HO–. basique quand il est supérieur à 7. Les solutions 1 et 3 sont

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 41


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 42

acides, car leur couleur montre que leur pH est inférieur à 6 • CO / H2CO : n’est pas un couple acide / base.
(donc inférieur à 7). La solution 4 est basique puisque sa • H3O+ / HO– : n’est pas un couple acide / base.
couleur montre que son pH est supérieur à 7,6 donc à 7. La • H3O+ /H2O : est un couple acide/base car H3O+ = H2O + H+.
solution 2 est neutre, ou presque, car son pH est voisin de 7. La forme acide est H3O+.
b. Les ions chlorure et sodium n’ont pas de propriété acido- • H3O+ / H2O2 : n’est pas un couple acide / base.
basique. Dans les solutions de la Fig. 1, les ions qui ont une • C2H6 / C2H4 : n’est pas un couple acide / base.
telle propriété sont donc H3O+, NH+4 (aq) et HO–(aq). • CH3COOH / CH3COO– : est un couple acide / base car
c. Les équations correspondant aux réactions doivent faire CH3COOH = CH3COO– + H+. La forme acide est CH3COOH.
intervenir les ions qui ont des propriétés acido-basiques ; • HCO3– / CO2–
3 : est un couple acide / base car :
on doit donc écrire : HCO3– = CO2– +
3 +H .
H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
La forme acide est HCO3–.
et NH+4 (aq) + HO–(aq) → NH3 + H2O
qui correspondent toutes les deux à un transfert d’ions H+. c. La formule des anions est C12H6Cl2NO2–(aq).
d. Il est possible de formuler l’hypothèse qu’une réaction a d. La formule de la forme acide est C12H7Cl2NO2 (aq). Elle
effectivement lieu, bien que la solution du tube 4 soit restée s’obtient en ajoutant un ion H+ à la forme basique. La demi-
bleue ; l’équation correspondante est : équation s’écrit :
C12H7Cl2NO2 (aq) = C12H6Cl2NO–2(aq) + H+
H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
+
Les ions H3O sont limitants dans ces conditions. e. La solution bleue contient la forme basique du couple et
des ions sodium (incolores) : la forme basique est donc de
e. Le fait que la solution devienne verte montre qu’il n’y a
couleur bleue.
plus d’ions possédant des propriétés acido-basiques. Il ne
Lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique à la solution
reste ni H3O+ ni HO–(aq). Le mélange initial a donc été réalisé
bleue, celle-ci devient suffisamment acide et la forme
dans les proportions stœchiométriques. L’hypothèse de la
basique se transforme en la forme acide (énoncé 3). La
réaction acido-basique de la question d. est pertinente.
forme acide du couple acide / base considéré est donc
rouge.
DOC 3. Couple acide / base (p. 95) 2. a. Le sel de sodium du dichloroindophénol est une
Commentaires espèce chimique constituée d’ions. Les ions se solvatent
plus facilement dans l’eau (ou en solution aqueuse) que
Les questions de cette activité amènent l’élève à compren- dans les solvants organiques peu polaires (énoncé 5).
dre que deux entités chimiques qui forment un couple acide Or une espèce chimique est d’autant plus soluble dans un
/ base diffèrent d’un ion H+ et que la présence de la forme solvant donné que les entités chimiques qui la constituent
acide ou de la forme basique d’un couple dans une solution sont susceptibles de s’y solvater (énoncé 7). Par consé-
dépend de l’acidité de celle-ci. Conformément aux recom- quent, le sel de sodium du dichloroindophénol est plus solu-
mandations du programme, l’exemple considéré dans cette ble dans la solution aqueuse basique que dans le solvant
activité est un indicateur coloré, de façon à mettre en évi- organique peu polaire. Il se dissout donc dans la phase
dence de manière simple le passage d’une forme à l’autre aqueuse. Ceci est en accord avec le fait que la phase
du couple. aqueuse soit bleue et la phase organique incolore.
La seconde partie de l’activité réinvestit les connaissan-
ces du chapitre 2 concernant la solubilité des espèces b. Lorsque la phase aqueuse devient suffisamment acide, la
chimiques ioniques et moléculaires dans différents sol- forme basique bleue se transforme en la forme acide rouge
vants. (énoncé 3) : c’est ce qui est observé dans la Fig. 2a.
Le choix du sel de sodium du 2,6-dichloroindophénol Cette forme acide est une molécule qui se solvate préfé-
comme indicateur coloré est celui de T. Ross Kelly (Journal rentiellement dans un solvant organique peu polaire
of Chemical Education 1993 p. 848). Peu d’indicateurs colo- (énoncé 6). Ainsi, quand on agite l’ampoule à décanter,
rés permettent à une telle expérience d’être démonstrative. l’espèce chimique correspondant à la forme acide passe
dans la phase organique car elle y est plus soluble que dans
Correction la phase aqueuse (énoncé 7). Ceci explique le changement
1. a. Les deux entités A et B ne peuvent pas être neutres de couleur des deux phases de la Fig. 2b.
toutes les deux, car d’après l’énoncé 2 du modèle, l’entité A
s’obtient en ajoutant un ion H+ à l’entité B. Si B est une
molécule, alors A est nécessairement un cation. Si A est une
TP 4. Couple NH+4 (aq) / NH3 (aq) (p. 96)
molécule, alors B est un anion. Commentaires
b. Pour trouver les couples acide / base parmi les paires X / Y Pour introduire les réactions acido-basiques, les mesures
proposées, il suffit de regarder si les deux entités X et Y conductimétriques et les relations liant la conductivité aux
peuvent être liées par la demi-équation : concentrations des ions en solution sont réinvesties.
X = Y + H+ ou bien Y = X + H+ L’élève est amené à prévoir la conductivité d’un mélange
(énoncé 2 du modèle). dans l’hypothèse où il n’y a pas de réaction chimique. La
Si X = Y + H+, alors X / Y est un couple acide / base et la valeur expérimentale montre que l’hypothèse de départ
forme acide du couple est X. était fausse et qu’une réaction chimique a eu lieu. Les ajouts
Si Y = X + H+, alors Y / X est un couple acide / base et la successifs d’acide chlorhydrique puis d’une solution d’hy-
forme acide du couple est Y. droxyde de sodium permettent ensuite de passer réversi-
• NH4+ / NH3 : est un couple acide / base car NH4+ = NH3 + H+. blement de NH4+(aq) à NH3(aq). La notion de couple acide/base
La forme acide est NH4+. et de transfert d’ions H+ apparaît alors naturellement.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 42


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 43

L’utilisation de la conductimétrie est conforme à l’esprit du a. nH3O+ = nCl–introduits = c3V3 = 5,0 × 10– 3 mol.
programme et constitue une bonne préparation pour la b. nCl– = c1V1 + c3V3 = 6,0 × 10– 3 mol.
suite de la progression, puisque les titrages acido-basiques
seront effectués avec un suivi conductimétrique. c. En faisant l’hypothèse (qui se révélera fausse) qu’il n’y a
Les valeurs des concentrations des ions NH4+(aq) et Cl–(aq) pas de réaction chimique, les quantités de matière ne chan-
intervenant dans cette activité expérimentale sont un peu gent pas.
élevées (10 – 2 mol . L–1), ce qui conduit à des différences [NH4+(aq)] = nNH4+ / (V1 + V2 + V3) = 0,017 mol · L–1.
entre les valeurs théoriques des conductivités que l’on pour- [Cl–(aq)] = nCl– / (V1 + V2 + V3) = 0,10 mol · L–1.
rait calculer à partir des conductivités molaires ioniques
tabulées (à dilution infinie) et les valeurs mesurées. [H3O+] = nH3O+ / (V1 + V2 + V3) = 0,083 mol · L–1.
Cependant, ces concentrations ont été choisies ainsi pour σBth = λNH4+ [NH4+(aq)] + λCl– [Cl–(aq)] + λH3O+ [H3O+]
que la contribution des ions HO–(aq) à la conductivité soit
négligeable par rapport à celle des ions NH4+(aq) et Cl–(aq). La = 7,3 × 0,017 + 7,6 × 0,10 + 35 × 0,083.
conductivité molaire ionique des ions hydroxyde étant σBth ≈ 3,8 S · m–1.
beaucoup plus importante que celles des ions ammonium et d. σBexp = k GBexp.
chlorure, cette condition n’est satisfaite que si la concentra-
tion des ions hydroxyde est suffisamment faible. C’est le Les résultats expérimentaux pour la solution B sont :
cas ici puisque le pH des solutions utilisées varie entre I = 15,4 mA, UAB = 0,241 V.
10,3 et 9,3 : la concentration des ions HO–(aq) est donc GBexp = 63,9 mS, d’où : σBexp = 1,1 S · m–1.
voisine de 10 – 4 mol . L– 1. e. La valeur expérimentale est très inférieure à la valeur
Ce choix de travailler à des concentrations « élevées » n’est théorique. L’hypothèse de départ, à savoir qu’il n’y a pas eu
pas gênant car les valeurs des conductivités calculées n’in- de réaction chimique lors du mélange des solutions est
terviennent que qualitativement, à l’exception de la solution donc fausse.
(A). Mais dans ce cas, la correspondance entre la valeur Il y a eu une réaction chimique et les concentrations des
théorique et la valeur expérimentale est bonne grâce à la ions dans la solution ne sont pas celles calculées à la ques-
valeur de la conductivité de la solution étalon (calculée elle tion c.
aussi à partir des conductivités molaires ioniques à dilution Note : La réaction qui a lieu est la réaction acido-basique entre NH3 (aq) et H3O+.
infinie). Chaque ion H3O+ introduit est donc remplacé par un ion NH4+(aq), ce qui explique
que la conductivité expérimentale est inférieure à la conductivité calculée dans
Note : Les valeurs des conductivités molaires ioniques utilisées sont : l’hypothèse où il n’y aurait pas de réaction.
λNH4+ = 7,3 mS · m2 · mol – 1, λCl– = 7,6 mS . m2 . mol–1, Le calcul montre qu’après la réaction [NH4+(aq)] = 0,10 mol · L– 1,
λH3O+ = 35 mS · m2 · mol – 1, λNa+ = 5,0 mS . m2 . mol–1. [H3O+] ≈ 0 mol · L– 1 (on reste en pH basique). La concentration des ions Cl–(aq)
est celle calculée précédemment, puisque ces ions n’interviennent pas dans la
réaction. Néanmoins, la conductivité ne peut pas se calculer avec la relation
Correction σ = ∑ λi ci et les conductivités molaires ioniques à dilution infinie, car les
1. a. k = L / S = σE / GE. concentrations des ions NH4+(aq) et Cl–(aq) sont trop élevées.

Les résultats expérimentaux sont obtenus avec une cellule f. Dans le tableau d’avancement, l’avancement et les quan-
conductimétrique en acier inoxydable. N = 1 054 Hz ; tités de matière sont exprimés en mole.
solution étalon : UAB = 0,614 V ; I = 5,51 mA.
GE = I / UAB = 8,98 mS ; NH3(aq) H3O+ NH4+(aq) H2O
d’où k = 16,7 m–1. E.I. 0 10 × 10 –3
5,0 × 10 –3
1,0 × 10 –3
solvant
b. nNH+4 = nCl– = c1V1 = 1,0 × 10 – 3 mol ; –3 –3 –3
E.F. xmax 10 × 10 – xmax 5,0 × 10 – xmax 1,0 × 10 + xmax solvant
nNH3 = c2V2 = 1,0 × 10 – 2 mol.
On en déduit : xmax = 5,0 × 10 – 3 mol.
c. [NH4+(aq)] = [Cl–(aq)] = nNH+4 / (V1 + V2) = 0,018 mol . L– 1 ;
À l’état final :
[NH3 (aq)] = nNH3 / (V1 + V2) = 0,18 mol . L– 1. nNH+4 = 6,0 × 10 – 3 mol ;
d. σAth = λNH+4 [NH4+(aq)] + λCl– [Cl–(aq)] nNH3 = 5,0 × 10 – 3 mol.
σAth = (7,3 + 7,6) × 10 – 3 × 18 ≈ 0,27 S · m– 1. g. Chaque molécule NH3 (aq) ayant réagi a capté un ion H+,
Note : La concentration de NH3 (aq) étant égale à dix fois la concentration de cédé par un ion H3O+.
NH4+(aq) , le pH de la solution vaut pKa + 1 = 10,3. Par conséquent, les ions
HO–(aq) de la solution sont suffisamment minoritaires pour que leur contribu- 3. a. Dans le tableau d’avancement, l’avancement et les
tion (de l’ordre de 1,5 %) à la conductivité de la solution soit effectivement négli- quantités de matière sont exprimés en mole.
geable.

e. σAexp = k GAexp. NH4+(aq) HO–(aq) NH3 aq) H2O

Les résultats expérimentaux pour la solution A sont : E.I. 0 6,0 × 10– 3 c4V4 5,0 × 10– 3 solvant
I = 8,20 mA et UAB = 0,498 V. –3
E.F. xmax 6,0 × 10 – xmax c4V4 – xmax –3
5,0 × 10 + xmax solvant
GAexp = 16,5 mS, d’où : σAexp = 0,28 S · m– 1.
f. On doit trouver environ les mêmes valeurs pour σAexp et À l’état final, les quantités de matière des ions NH4+(aq) et des
σAth car l’hypothèse de la question b. est correcte. molécules NH3 (aq) de la solution doivent être égales aux
quantités de matière des ions NH4+(aq) et des molécules
2. NH3 (aq) de la solution A, soit :
Note : Conformément aux indications du programme, une solution de chlorure nNH4+ = 1,0 × 10 – 3 mol et nNH3 = 1,0 × 10 – 2 mol.
d’hydrogène peut se noter H+ + Cl– ou H3O+ + Cl–. Dans ce chapitre, il est plus
commode d’utiliser la deuxième notation. On en déduit que xmax = 5,0 × 10 – 3 mol.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 43


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 44

À la fin de la réaction chimique, la quantité de matière de c. Le pH doit être supérieur à 7 car la solution est basique.
l’un des réactifs au moins doit être nulle. Or nNH4+ ≠ 0. Il faut d. Les élèves doivent mesurer un pH de 11.
donc que nHO– = c4V4 – xmax = 0, d’où :
2. a. On peut écrire la demi-équation :
c4V4 = 5,0 × 10 – 3 mol et V4 = 10 mL. CO2 , H2O = HCO–3(aq) + H+
Note : Le pH de la solution est à nouveau égal à 10,3. Le couple CO2 , H2O/HCO–3(aq) est donc un couple acide/base.
b. Les conductances des portions de solutions A et C sont b. La forme basique HCO3–(aq) réagit avec les ions H3O+ de
différentes, car plusieurs paramètres de la conductivité de la l’acide pour donner la forme acide CO2 , H2O et de l’eau.
solution ont changé : par rapport à la solution A, des ions L’équation chimique est :
Cl–(aq) et des ions Na+(aq) ont été ajoutés. D’autre part, il y a HCO–3(aq) + H3O+ → CO2 , H2O + H2O
eu une petite dilution, puisque le volume de la solution A c. Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
était de 55 mL et que celui de la solution C est de 70 mL. sont exprimés en mole.
Les résultats expérimentaux pour la solution C sont :
I = 14,2 mA, UAB = 0,280 V et GCexp. = 50,7 mS ; HCO3–(aq) H3O+ CO2 , H2O H2O
d’où : σCexp. = 0,85 S · m– 1. E.I. 0 0,060 0,080 0 solvant
Note : Le fait que la valeur GCexp soit très supérieure à la valeur GAexp montre E.F. xmax 0,060 – xmax 0,080 – xmax xmax solvant
que l’effet de la dilution est plus faible que celui de l’augmentation des quanti-
tés de matière des ions dans la solution.
Il est inutile de vouloir vérifier la valeur de la conductivité de la solution à par- Le réactif limitant est HCO–3(aq) , donc xmax = 0,060 mol.
tir des conductivités molaires ioniques à dilution infinie, toujours pour des rai-
À l’état final : nH3O+ = 0,020 mol et nCO2, H2O = 0,060 mol.
sons de concentrations trop élevées.
d. c = 0,060 / 0,070 = 0,86 mol · L–1.
c. Il s’agit à nouveau d’ions H+. Chaque ion NH4+(aq) ayant e. La concentration en dioxyde de carbone dissous ne pou-
réagi a cédé un ion H+ à un ion HO–(aq).
vant excéder 0,03 mol . L–1, le CO2 excédentaire passe en
Note : Après la correction de cette activité expérimentale, l’institutionnalisa- phase gazeuse. On attend une effervescence de la solution
tion de la notion de couple acide / base et de transfert d’ions H+ lors d’une réac-
tion acido-basique peut être faite de la façon suivante :
pendant la réaction.
• Les entités chimiques NH4+(aq) et NH3 (aq) constituent un couple acide / base ; 3. a. Le pH a varié, ce qui met en évidence le fait qu’une
NH4+(aq) s’appelle la forme acide du couple et NH3 (aq) s’appelle la forme basique.
• NH3 (aq) se transforme en NH4+(aq) en réagissant avec H3O+. Lors de cette réac-
réaction acido-basique a eu lieu.
tion, il y a transfert d’un ion H+ de l’ion H3O+ à la molécule NH3(aq). b. Une partie du CO2 gazeux se dissout dans la solution du
• NH+4 (aq) se transforme en NH3 (aq) en réagissant avec HO–(aq). Lors de cette réac- bécher. Le CO2 ainsi dissous, noté CO2 , H2O, réagit avec les
tion, il y a transfert d’un ion H+ de l’ion NH+4 (aq) à l’ion HO–(aq).
• Les réactions chimiques impliquant un transfert d’ions H+ sont appelées des
ions HO–(aq) pour donner des ions HCO3–(aq) et de l’eau.
réactions acido-basiques. Lorsque la concentration en CO2 , H2O dissous est inférieure
à la valeur maximale possible, du CO2 gazeux se dissout à
nouveau dans la solution et réagit avec les ions HO–(aq) tant
qu’il en reste dans la solution.
Note : Au début de la réaction, le pH de la solution est de 11. À ce pH, le CO2
ACTIVITÉS D’EXPLOITATION dissous se transforme en CO32–(aq) selon l’équation chimique :
CO2 , H2O + 2 HO–(aq) → CO2– 3 (aq) + 2 H2O
Puis, lorsque le pH diminue, CO2 , H2O réagit avec CO2– 3 (aq) selon l’équation chi-

TP 5. Réaction entre un acide et une base mique : 2–


CO2 , H2O + CO3 (aq) → 2HCO3(aq) –

(p. 104) Dans cette expérience, on ne s’intéresse qu’au bilan de la transformation qui se
traduit par l’équation chimique :
CO2 , H2O + HO–(aq) → HCO–3(aq) + H2O
Commentaires La valeur du pH à la fin de la transformation se calcule par la formule :
Au cours de cette activité, les élèves doivent tout d’abord pH = pKa1 + log([HCO–3(aq)] / [CO2 , H2O]) = 4,9
prévoir la réaction acido-basique entre l’hydrogénocarbo- car pKa1 = 6,4 ;
[HCO3–(aq)] = 0,001 mol · L– 1 : il y a autant d’ions HCO3–(aq) qu’il y avait
nate de sodium et l’acide chlorhydrique en mettant en jeu d’ions HO–(aq) au départ ;
les couples CO2 , H2O(aq) / HCO–3(aq) et H3O+ / H2O. [CO2 , H2O] = 0,03 mol · L– 1 : la solution est saturée en CO2 dissous.
En dressant un tableau d’avancement, ils sont amenés à
trouver qu’une partie du dioxyde de carbone passe en phase c. L’équation chimique est :
gazeuse, ce qu’ils vérifient par l’expérience. CO2 , H2O + HO–(aq) → HCO–3(aq) + H2O
Le dioxyde de carbone ainsi produit est introduit dans une d. C’est la forme dissoute CO2 , H2O du dioxyde de carbone
solution d’hydroxyde de sodium et les élèves doivent alors qui est acide et qui peut céder un ion H+.
interpréter la variation du pH observée. Cette interprétation e. Si l’eau distillée est laissée à l’air libre, du dioxyde de car-
met en jeu les couples CO2 , H2O(aq) /HCO–3(aq) et H2O/HO–(aq). bone CO2 présent dans l’air s’y dissout. La forme dissoute
Cette activité expérimentale a été conçue pour que l’élève étant acide, le pH de la solution est inférieur à 7.
manipule des acides et des bases usuels, comme le recom- f. Soit on plonge l’extrémité du tuyau relié à la fiole dans
mande le programme et en particulier le dioxyde de car- de l’eau de chaux, pendant que la réaction chimique est en
bone. L’élève pourra ainsi donner du sens à l’écriture cours, soit on prélève dans la fiole le gaz avec une pipette
CO2 , H2O qui est différente des autres écritures utilisées et une poire d’aspiration de gros volume, et on l’injecte dans
jusqu’à présent. une solution d’eau de chaux, si l’on veut réaliser le test alors
Correction que la réaction est terminée.
1. a. Les ions présents sont Na+(aq) et HO–(aq). Note : La difficulté de cette question n’est pas de répondre que le gaz se carac-
térise par l’eau de chaux, mais de trouver comment le test peut être effectué
b. [Na+(aq)] = [HO–(aq)] = 0,001 mol · L–1. expérimentalement.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 44


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 45

DOC 6. La notion d’acidité au cours


des siècles (p. 105) EXERCICES
Commentaires
Cette activité permet de présenter l’évolution des idées
concernant la notion d’acidité au cours des siècles. Il nous Appliquer ses connaissances
a paru nécessaire de montrer aux élèves qu’une idée scien-
tifique et la théorie qui lui est associée se construisent pro- 8 a. NaOH(s), KOH(s), NaCl(s), HCl(g), NH3 (g), Na2CO3 (s),
gressivement. HNO3(), H2SO4 (), CO2 (g).
Ainsi plusieurs approches sont présentées : les références b. Espèces chimiques dont la solution est acide : HCl(g) et
à Lavoisier, Liebig, Arrhenius et enfin Brønsted illustrent HNO3 ().
bien ce lent cheminement des idées, avec à chaque étape Espèces chimiques dont la solution est basique : NaOH(s),
des améliorations successives. Elles ont permis d’affiner KOH(s), NH3 (g) et Na2CO3 (s).
ces notions et ont conduit à la théorie en vigueur dans les Espèce chimique dont la solution est neutre : NaCl(s).
programmes officiels.
9 a. Il est inférieur à 7.
Correction b. Aigre signifie acide, vinaigre signifie vin acide.
a. Pour identifier les acides et les bases avant le dévelop- 11 a.
pement de la chimie moderne, les indicateurs colorés
étaient extraits des végétaux tels le chou rouge, la mûre ou Solutions Solutions Solutions
le tournesol. Les solutions ainsi préparées prenaient des acides basiques neutres
couleurs différentes selon l’acidité du milieu.
détartrant déboucheur eau du robinet
b. Les quatre acides indiqués dans le texte sont l’acide jus de raisin de canalisations salive
nitrique HNO3, l’acide sulfurique H2SO4, le chlorure d’hy- lait eau de mer solution
drogène HCl qui, en solution, donne l’acide chlorhydrique. limonade eau savonneuse de chlorure de sodium
Le vinaigre est également une solution acide contenant de suc gastrique
l’acide éthanoïque CH3COOH.
b. Oui, l’électroneutralité d’une solution est toujours
c. Le programme de la classe de Première S nous amène à vérifiée, quelle que soit la solution.
développer la théorie des acides et des bases selon
Brønsted. 13 a. Il y a deux fois plus d’ions H3O+ que d’ions SO2–
4 (aq),
d. Dans la théorie d’Arrhenius, une base libère l’ion hydro- car la solution est électriquement neutre.
xyde lorsqu’elle se trouve en solution aqueuse. C’est le cas b. H3O+.
de l’hydroxyde de sodium NaOH. c. H+.
e. La molécule d’ammoniac NH3 ne peut libérer d’ion HO–, 14 On met quelques gouttes de l’indicateur coloré dans la
l’élément chimique oxygène n’apparaissant pas dans sa for- solution d’acide éthanoïque et on en déduit la couleur de la
mule. Ce n’est donc pas une base dans la théorie forme acide de l’indicateur coloré.
d’Arrhenius. On met ensuite quelques gouttes d’indicateur coloré dans
f. Elle peut cependant capter un ion H+ : elle répond donc chacune des solutions incolores. Les solutions acides sont
à la définition d’une base selon Brønsted. celles qui se colorent de la même façon que la solution
d’acide éthanoïque.
g. La chaux vive, ou encore oxyde de calcium, est repré-
sentée par la formule CaO. C’est un cas intéressant parce 16 a. La base conjuguée de l’acide propanoïque est l’ion
que l’élément H n’apparaissant pas dans sa formule, elle ne propanoate C3H5O2–.
peut libérer d’ion hydroxyde HO–. En revanche, elle réagit b. La demi-équation associée à ce couple est :
avec l’eau en lui arrachant un ion H+ (CaO(s) + H2O → C3H6O2 = C3H5O2– + H+
Ca 2+(aq) + 2 HO–(aq)). C’est donc une base selon la définition
c. L’ion ammonium NH+4 en solution dans l’eau libère H+ et
de Brønsted, et en toute rigueur pas selon la définition
sa base conjuguée NH3.
d’Arrhenius.
Un autre exemple : en mettant en solution le propanoate de
Note : Les tenants de la théorie d’Arrhenius diront que l’équation de la réaction sodium C3H5O2Na, on aurait en solution la forme basique
de la chaux avec l’eau montre que CaO permet la libération d’ions HO– et
C3H5O2–.
que c’est une base à ce titre. On voit là toute l’ambiguïté de cette théorie. La
théorie de Brønsted, en revanche, traite l’ion oxyde O2–, comme la forme
basique du couple O2– / HO-. L’ion oxyde O2– est donc la base conjuguée de
17 a. Un ion H+.
« l’acide » HO– qui est du même coup amphotère à cause du couple plus b. La base correspondante est HCO–2.
classique HO– / H2O.
c. O
h. La théorie de Liebig s’applique à cet exemple : en effet, H C
l’hydrogène acide de HCl est bien remplacé par un métal. O H
Cette réaction permet de former le chlorure de fer FeCl2. Le
métal fer Fe a bien remplacé l’hydrogène acide. d. O –
En revanche, la théorie de Brønsted ne s’applique pas ici : le
fer ne correspond pas à la définition d’une base au sens de
Brønsted.
H O 
C

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 45


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 46

18 a. NaOH(s) → Na+(aq) + HO–(aq) b. L’ion NH4+(aq) est la forme acide du couple NH4+(aq) /
b. HO–(aq). NH3(aq). Il est donc responsable de l’acidité de la solution
c. Le couple acide/base est H2O / HO–(aq). de chlorure d’ammonium.
c. On peut donner des exemples de solution contenant des
d. L’hydroxylamine donnant une solution basique, NH2OH est
ions HO–(aq) : soude, potasse, chaux…
donc la forme basique du couple du HNH2OH+(aq)/NH2OH(aq).
L’équation de la réaction s’écrit :
e. HNH2OH+(aq) = NH2OH(aq) + H+
NH4+(aq) + HO–(aq) → NH3(aq) + H2O
f. Caustique : qui attaque et corrode les tissus animaux et
d. NH4+(aq) / NH3(aq) et H2O/ HO–(aq) .
végétaux. L’hydroxylamine pure est explosive (voir l’acci-
dent de février 1999 en Pennsylvanie qui fit cinq victimes). e. Les quantités de matière de chaque ion sont données par
la relation n = cV.
20 a. La forme acide est indiquée en premier, la forme
basique en second : NH4+(aq) HO–(aq) NH3 (aq) H2O
HClO(aq) / ClO–(aq) ; HClO2 (aq) / ClO–2(aq) ; H3PO3 (aq) / H2PO–3(aq) ; E.I. x=0 n n 0 solvant
H3PO4 (aq) / H2PO–4(aq) ; H2PO–4(aq) / HPO2– 4 (aq). E.F. xmax n – xmax n – xmax xmax solvant
b. H2PO4– (aq) est la forme basique d’un couple et la forme
xmax = x.
acide d’un autre couple.
Les ampholytes. f. À l’état final, les seuls ions en solution sont Na+(aq) et
Cl–(aq) (résultat issu du tableau d’avancement).
22 a. C20H13O–4(aq). g. Les deux différences avec S1 sont la concentration des
b. S contient une base qui peut réagir avec la forme acide ions sodium et chlorure et le fait que dans le mélange il y a
de la phénolphtaléine. aussi NH3(aq) résultant de la réaction.
c. C20H14O4(aq) + HO–(aq) → C20H13O–4(aq) + H2O
d. H+. 27 a. La molécule d’ammoniac est la forme basique du
e. La phénolphtaléine est un indicateur coloré parce que couple NH4+(aq) / NH3(aq).
les formes acide et basique du couple n’ont pas la même b. Le couple acide / base du bleu de bromothymol est tel
couleur. que la forme acide (jaune) a la formule donnée dans
l’énoncé : C27H28Br2O5S(aq). La forme basique est donc
23 a. Cette équation met en évidence le fait que la molé- l’anion C27H27Br2O5S–(aq). L’équation de la réaction mettant
cule BrOH(aq) cède un ion H+ à l’ion HO–(aq) : la réaction en jeu les deux couples est :
chimique considérée est une réaction acido-basique.
C27H28Br2O5S(aq) + NH3(aq) → C27H27Br2O5S–(aq) + NH4+(aq)
b. BrOH(aq) / BrO–(aq) et H2O / HO–(aq).
c. L’acide est indiqué en premier, la base en second. c. L’eau monte dans le ballon parce que la dissolution dans
l’eau du gaz ammoniac dans le ballon produit une
25 a. Cl–(aq) et NH4+(aq). dépression par rapport à la pression atmosphérique qui
b. NH4+(aq) car il est susceptible de céder un ion H+. s’exerce sur l’eau du cristallisoir.
c. σ = (λCl– + λNH +) c = 0,15 S · m–1. 28 a. La réaction de l’acide HNO3 avec l’eau est :
4
d. HO– et K+.
HNO3() + H2O → H3O+ + NO–3(aq)
e. HO– car il est susceptible d’accepter un ion H+.
Cette solution est acide, car des ions H3O+ y sont présents.
f. NH4+(aq) + HO–(aq) → NH3 (aq) + H2O.
b. L’hydroxyde de sodium se dissout dans l’eau suivant
g. Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière l’équation : NaOH(s) → Na+(aq) + HO–(aq)
sont exprimés en mole. Cette solution est basique, car elle contient les ions hydro-
NH4+(aq) HO–(aq) NH3 (aq) H2O
xyde HO– en solution.
La quantité de matière de NaOH(s) introduite est :
–3 –3
E.I. x=0 10 × 10 1,0 × 10 0 solvant n0 = 0,10 mol.
E.F. x = xmax 10 × 10– 3 – xmax 1,0 × 10– 3 – xmax xmax solvant
NaOH(s) Na+(aq) HO–(aq)
On en déduit : xmax = 1,0 × 10 – 3 mol. E.I. x=0 n0 0 0
Quantité de matière et concentration des ions dans la solu-
E.F. xmax n0 – xmax xmax xmax
tion :
HO–(aq) NH4+(aq) Cl–(aq) K+(aq) À l’état final, on a xmax = 0,10 mol.
n(mol) 0 9,0 × 10– 3 1,0 × 10– 2 1,0 × 10– 3
On a : [Na+(aq)] = [HO–(aq)] = xmax / V = 0,10 mol · L–1 = c2.
c. L’équation de la réaction s’écrit :
c(mol · L– 1) 0 9,0 × 10– 3 1,0 × 10– 2 1,0 × 10– 3
H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
Conductivité : σ = ∑ λici = 0,15 S · m– 1. Le tableau d’avancement est :
Note : La conductivité est inchangée car pour chaque ion HO–(aq) ajouté (ion
qui est consommé par la réaction), un ion K+(aq) est également ajouté, un H3O+ HO–(aq) 2 H2O
ion NH4+(aq) est consommé et les produits de la réaction sont des molécules.
Or λK+ = λNH+4. E.I. x=0 n1 n2 solvant
E.F. xmax n1 – xmax n2 – xmax xmax
26 a. Les ions Cl–(aq) et Na+(aq) n’appartiennent pas à des
couples acide / base et n’ont donc pas de propriétés acido- Lorsque V1 = V2 , on a : n1 = c1 V1 = 1,0 × 10–2 × V1
basiques. et n2 = c2 V1 = 0,10 V1.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 46


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 47

À l’état final, il reste des ions HO–. La solution est donc basique. Calcul de la conductivité :
σ = λCl– [Cl–(aq)] + λHO–[HO–(aq)] + λK+ [K+(aq)]
Note : Les ions Na+ et Cl– n’ont pas de propriétés acido-basiques.
σ = 7,63 × 0,010 + 19,8 × 0,0080 + 7,35 × 0,018
d. Si V2 = V1 / 10, on a cette fois à l’état initial autant d’ions
H3O+ que d’ions HO–(aq). On est dans les proportions stœ- σ = 0,37 S . m– 1.
chiométriques et le mélange final est neutre : pH = 7. On voit que, dans ce cas, la conductivité diminue. Il vaut
donc mieux ajouter 1,0 g de chlorure de potassium, comme
29 a. La base conjuguée de l’acide lactique est l’ion lactate le confirme le calcul suivant.
C3H5O3–(aq). • Ajout de 1,0 g de chlorure de potassium
b. Les ions hydrogénocarbonate HCO3–(aq) réagissent avec Nombre de moles d’ions Cl– et K+ introduits :
l’acide lactique selon l’équation : n = 1,0 / 74,6 = 0,013 mol.
Calcul de la conductivité :
HCO3–(aq) + C3H6O3(aq) → H2O + CO2(aq) + C3H5O3–(aq)
σ = σ0 + λK+ [K+(aq)] + λCl– [Cl–(aq)introduits]
c. L’acide lactique réagit avec l’ion hydrogénophosphate
σ = 0,43 + 7,35 × 0,013 + 7,63 × 0,013
suivant l’équation :
σ = 0,62 S . m– 1.
HPO42–(aq) + C3H6O3(aq) → H2PO4–(aq) + C3H5O3–(aq)
d. • Ajout de 2,0 g d’hydroxyde de potassium
Les couples en présence sont C3H6O3(aq) / C3H5O3–(aq) et Nombre de moles d’ions HO– et K+ introduits :
H2PO4–(aq)) / HPO42–(aq). n = 2,0 / 56,1 = 0,036 mol.
d. Puisque l’ion hydrogénophosphate est un ampholyte, Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
c’est qu’il est également l’acide d’un autre couple, qui est sont exprimés en mole.
donc HPO42–(aq) / PO43–(aq).
H3O+ HO–(aq) 2 H2O
e. Il faut faire réagir HPO42–(aq) avec une base, par exemple
HO– suivant l’équation : E.I. x=0 0,010 0,036 solvant

HPO42–(aq) + HO–(aq) → PO43–(aq) + H2O E.F. xmax 0,010 – xmax 0,036 – xmax solvant
+ –1
On a : xmax = 0,010 mol et [H3O ] = 0 mol . L ;
[HO–(aq)] = 0,026 mol . L– 1.
Aller plus loin σ = λCl– [Cl–(aq)] + λHO–[HO–(aq)] + λK+ [K+(aq)]
σ = 7,63 × 0,010 + 19,8 × 0,026 + 7,35 × 0,036
31 Dans cet exercice, le volume de la solution est σ = 0,86 S . m– 1.
constant. Comme ce volume est égal à 1,0 L, la • Ajout de 2,0 g de chlorure de potassium :
concentration d’un ion (en mol . L– 1) et sa quantité de Nombre de moles d’ions Cl– et K+ introduits :
matière (en mol) ont la même valeur. n = 2,0 / 74,6 = 0,027 mol.
a. H3O+ et Cl–(aq). σ = σ0 + λK+ [K+(aq)] + λCl– [Cl–(aq)introduits]
b. σ0 = λH3O+ [H3O+] + λCl– [Cl–(aq)] σ = 0,43 + 7,35 × 0,027 + 7,63 × 0,027
= (λH3O+ + λCl–) c = 0,43 S . m–1. σ = 0,83 S . m– 1.
c. Les deux espèces chimiques considérées sont des espè- On voit que, dans ce cas, il vaut mieux ajouter de l’hydro-
ces chimiques ioniques. La conductivité molaire ionique xyde de potassium.
des ions hydroxyde étant plus importante que celle des
32 a. On peut penser que la conductivité de la solution n’a
ions chlorure, on pourrait penser que l’hydroxyde de
pas varié car seules des molécules ont été introduites dans
potassium augmentera la conductivité de la solution de
la solution.
façon plus importante que le chlorure de potassium.
b. La valeur différente de la conductivité de la solution
Cependant, lorsque l’on dissout de l’hydroxyde de potas-
indique que la concentration de certains ions présents dans
sium dans la solution, une réaction chimique a lieu entre
la solution a changé : une réaction chimique a eu lieu, car il
les ions H 3O+ et les ions HO –(aq) qui se transforment en
n’y a pas eu de dilution.
molécules d’eau. La conductivité de la solution n’augmen-
c. CO2 , H2O(aq) / HCO3–(aq), HCO–3(aq) / CO2– –
3 (aq) et H2O / HO (aq)
tera donc pas forcément, même si on introduit des ions
supplémentaires. d. Chaque fois que deux ions HO–(aq) réagissent, il apparaît
un ion CO2–3 (aq).
• Ajout de 1,0 g d’hydroxyde de potassium
Nombre de moles d’ions HO– et K+ introduits : Or λCO32–  2 λHO– : la conductivité de la solution a donc
n = 1,0 / 56,1 = 0,018 mol. diminué.
Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière e. Le pH de la solution finale est inférieur au pH de la solu-
sont exprimés en mole. tion basique initiale car une espèce chimique acide y a été
dissoute.
H3O+ HO–(aq) 2 H2O
33 1. a. [HIc(aq)] / [Ic–(aq)] = 0,01 : la solution est jaune.
E.I. x=0 0,010 0,018 solvant
b. [HIc(aq)] / [Ic–(aq)]  10 : condition réalisée si pH  2,5.
E.F. xmax 0,010 – xmax 0,018 – xmax solvant c. Lorsque le pH est compris entre 3 et 4, aucune des deux
formes n’est prédominante. La couleur correspond au
On a : xmax = 0,010 mol et [H3O+] = 0 mol . L– 1 ; mélange du rouge et du jaune, soit une couleur orangée.
[HO–(aq)] = 0,0080 mol . L– 1. d. Tant que pH  2,5 , la solution est rouge.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 47


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 48

Lorsque 2,5  pH  4,5 , [HIc(aq)] / [Ic–(aq)] varie entre 10 et • Trois béchers de 100 mL.
0,1 : la solution contient alors environ autant d’entités • Trois béchers de 50 mL pour effectuer les pélèvements.
HIc(aq) que d’entités Ic–(aq) , elle est donc orange. • Une pissette d’eau distillée.
Lorsque pH  4,5 , la solution est jaune.
2. a. Non : la couleur jaune indique uniquement que pH  4,5.
b. La solution est assurément basique puisque le pH  8.
c. pH  3 : l’hélianthine est rouge. TP 5. Réaction entre un acide
3  pH  5 : le vert de bromocrésol est vert. et une base (p. 104)
5  pH  7 : le vert de bromocrésol est vert ou bleu et le
rouge de phénol est jaune. Pour chaque binôme :
7  pH  10 : le rouge de phénol est orange. • Solution d’hydroxyde de sodium 0,001 mol . L– 1.
pH 10 : la phénolphtaléine est rose fuchsia. • Acide chlorhydrique 4 mol . L– 1.
• Un support muni de deux pinces.
• Un tuyau souple.
• Papier-pH.
MATÉRIEL ET PRODUITS • Une soucoupe.
• Une spatule.
TP 4. Couple NH+4 (aq)/NH3(aq) (p. 96) • Un entonnoir.
• Un bécher de 100 mL.
• Solution étalon de chlorure de potassium 0,010 mol . L– 1. • Une éprouvette de 50 mL.
• Solution de chlorure d’ammonium 0,20 mol . L– 1. • Une fiole à vide de 250 mL et un bouchon à un trou.
• Solution d’ammoniac 0,20 mol . L– 1. • Une ampoule de coulée ou tulipe avec robinet.
• Acide chlorhydrique 1,0 mol . L– 1. • Une pissette d’eau distillée.
• Un dispositif de mesure de la conductance. Pour l’ensemble de la classe :
• Une pipette graduée ou jaugée (prélèvement de 0,50 mL). • Hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3(s).
• Une pipette jaugée de 50 mL. • Une ou deux balances.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 5 – RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES 48


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 49

6 Réactions d’oxydoréduction
• Les demi-équations acido-basiques sont simples alors que
ASPECTS PÉDAGOGIQUES les demi-équations d’oxydoréduction nécessitent la mise en
ET SCIENTIFIQUES œuvre d’une nouvelle technique d’ajustement de la stœ-
chiométrie.
• Les élèves ajustent aisément la stœchiométrie des équa-
1. L’oxydoréduction tions acido-basiques alors que celle des équations d’oxydo-
et les nouveaux programmes réduction pose un réel problème, qui perdure bien au-delà
de la classe de Première S et après le Bac à l’occasion
Lors de l’enseignement de l’oxydoréduction, le professeur d’examens de l’enseignement supérieur.
doit jouer au moins avec trois registres : celui qui est expli- Ces difficultés ont été gérées à la fois en activités de décou-
citement le registre du programme et qui présente une nou- verte et dans le cours, d’abord en présentant la réaction
velle classe de réactions caractérisée par un transfert d’oxydoréduction d’un point de vue purement expérimental
d’électrons, le registre des combustions auquel les élèves dans des situations où les produits de la réaction peuvent
sont familiarisés depuis le collège mais qui est peu présent être caractérisés aisément. Ensuite, la notion de couple est
dans ce chapitre, et enfin, le registre de l’ensemble des réac- introduite dans le cas de couples simples, Na+(aq)/Na(s),
tions d’oxydoréduction qui font partie de notre environne- Cu2+(aq)/Cu(s), en insistant sur le passage réciproque de la
ment : en biologie humaine, au niveau de la dégradation de forme oxydée à la forme réduite.
la végétation, de la corrosion… ; ces réactions sont abor- Une fois la notion de couple installée, nous proposons une
dées à titre d’exemples à la fin du cours et dans quelques activité qui permet d’ajuster la stœchiométrie des demi-
activités. Les élèves n’ont pas eu l’occasion d’analyser ces équations. Enfin, une activité d’exploitation utilise ces
transformations du point de vue de la chimie, et cette nou- notions en relation avec la classification périodique comme
velle approche permet d’en donner quelques exemples. cela est suggéré au B.O.
C’est la raison pour laquelle l’activité 1, page 114, présente
le problème de la corrosion. Ce problème est à nouveau
évoqué à la page 121 du cours (paragraphe 3.2.). En ce qui
3. Oxydant et forme oxydée
concerne l’oxydoréduction et la vie, une activité documen- Dans ce chapitre comme dans l’ensemble de l’ouvrage, nous
taire, page 125, en offre un aperçu. avons distingué les notions de forme oxydée et de forme
réduite d’un couple d’une part, et celles d’oxydant et de
2. Parallélisme entre acido-basicité réducteur d’autre part. Nous n’utilisons les termes d’oxydant
et oxydoréduction et de réducteur que pour les réactifs des réactions, c’est-à-
dire uniquement quand les entités chimiques sont effective-
Comme dans le cas des acides et des bases, le programme ment oxydantes ou réductrices. Les termes forme oxydée et
est fondé sur une approche exclusivement microscopique forme réduite sont donc plus généraux. Dans l’écriture des
centrée sur le transfert d’électrons. Cela permet de présen- couples oxydant/réducteur, nous nous sommes astreints à
ter le parallèle entre l’acido-basicité et l’oxydoréduction écrire toujours la forme oxydée en tête. Il n’est pas indispen-
dont la caractéristique commune est le transfert d’une par- sable d’imposer cette contrainte aux élèves, mais il nous a
ticule. Dans les activités, le cours et les exercices, nous semblé que ce pourrait être un repère simple pour eux si
avons lié cette approche microscopique et une approche notre livre (leur livre) était homogène sur ce point.
macroscopique à laquelle les élèves sont attachés car elle En ce qui concerne l’écriture des demi-équations d’oxy-
leur est perceptible. Ils découvrent, dans certains cas, une doréduction, quand la demi-équation est seule, nous avons
interprétation de situations de la vie quotidienne (voir cours toujours écrit la forme oxydée dans le membre de gauche.
p. 121, activités 6 et 7, exercices 26 et 36). En revanche, quand ces demi-équations préfigurent l’écri-
Afin de favoriser la compréhension des élèves et de rester ture d’une équation, nous avons disposé les demi-équa-
dans l’esprit du programme, dans le présent chapitre, nous tions dans le sens où leur addition permet d’obtenir
avons adopté une présentation très proche de celle utilisée l’équation d’oxydoréduction.
dans le chapitre concernant les acides et les bases. Les défi- Conformément au programme, l’approche proposée dans
nitions importantes sont formulées de façon analogue, et ce chapitre est qualitative. Le seul aspect quantitatif pris
l’élève qui se sera investi dans l’étude des acides et des en compte est appliqué à la réaction chimique, en lien avec
bases, abordera ce chapitre avec une plus grande facilité. l’utilisation des tableaux d’avancement vus en Seconde et
Pour les élèves, le parallèle entre le transfert d’ions H+ rappelés dans les deux premiers chapitres.
(nous n’avons jamais utilisé le terme de proton) et le trans-
fert d’électrons n’est pas simple à utiliser dans un premier
temps puisque de grandes différences interviennent,
4. Nombres d’oxydation
comme par exemple le fait que : L’étude des nombres d’oxydation n’étant pas mentionnée au
• Les couples acide/base ne mettent en jeu qu’un unique H+ programme, nous n’avons pas utilisé ce concept, ni explici-
alors que les couples oxydant/réducteur peuvent mettre en tement comme par exemple dans certains ouvrages qui
jeu plusieurs électrons. recommandent l’usage des nombres d’oxydation pour ajuster

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 49


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 50

la stœchiométrie des équations chimiques, ni implicitement ces éléments chimiques sont le dioxygène et l’eau, toutes
pour parler des ions fer (II) ou fer (III). Nous n’avons que deux présentes dans l’air humide.
rarement utilisé cette notation dans le manuel de l’élève. d. D’après la neutralité électrique de la matière et la stœ-
Nous nous sommes cependant autorisés cette notation chiométrie de l’oxyde, l’élément chimique fer se trouve sous
commode dans le présent livre du professeur. Il faut à ce pro- la forme ionique Fe3+.
pos faire remarquer que l’ajustement de la stœchiométrie
e. Pendant la réaction, les particules transférées entre le fer
d’une équation par la technique des demi-équations ne doit
et le dioxygène sont des électrons.
être utilisé que pour les réactions en solution aqueuse. Pour
les réactions en phase sèche (Fe2O3 + Al, par exemple) il ne f. Ce test chimique a permis de mettre en évidence le dihy-
faut pas utiliser ce formalisme. La raison est simple : les drogène.
demi-équations correspondantes, qui s’écriraient : g. Il s’est formé des cations Fe2+(aq) pendant la réaction.
Fe2O3 + 6 H+ + 6 e– = 2 Fe + 3 H2O h. Des électrons ont à nouveau été échangés.
Al2O3 + 6 H+ + 6 e– = 2 Al + 3 H2O
font intervenir les ions H+ et l’eau, absents, puisque l’on DOC 2. Notion de couple
n’est pas en solution aqueuse. oxydant/réducteur (p. 114)
5. Oxydoréduction en milieu acide Commentaires
et en milieu basique L’objectif de cette activité est double. Dans un premier
Le formalisme d’écriture des demi-équations permet d’écrire temps, il vise à amener l’élève à faire une analogie entre les
facilement les équations d’oxydoréduction. Souvent, l’équa- réactions acido-basiques étudiées au chapitre précèdent et
tion finale fait apparaître des ions H+(aq). Une telle écriture les réactions d’oxydoréduction qui sont l’objet de ce chapi-
indique donc que des ions H+(aq) sont produits ou consom- tre. On insiste sur la différence entre les particules échan-
més suivant les cas. Il arrive cependant que la réaction gées : H+ au sein d’un couple acide/base et e– au sein d’un
se fasse expérimentalement en milieu basique (réaction couple oxydant/réducteur. Dans un second temps, on réin-
d’une solution d’hydroxyde de sodium avec l’aluminium par vestit des acquis de collège concernant les couples cation
exemple). Le formalisme aboutit alors à une écriture qui tra- métallique/métal.
duit mal les conditions expérimentales puisque les H+(aq) Enfin, la dernière question e. permet d’introduire la diffé-
apparaissant dans l’équation chimique ne sont pas présents rence entre une demi-équation (un couple) et une équation
en solution. Il faut donc pouvoir transformer l’écriture d’oxydoréduction (intervention de deux couples).
comportant les H+(aq) en une écriture avec des HO–(aq). Correction
Nous n’avons pas développé cela dans le cours, mais
a. Par exemple, les entités NH4+ et NH3 constituent les
quelques exercices (31 et 36) prennent en charge cet
formes acide et basique d’un couple acide/base. Elles sont
aspect des équations chimiques. À chaque fois, nous avons
susceptibles d’échanger la particule H+ suivant la demi-
opté pour une démarche qui vise à écrire, dans un premier
équation :
temps, l’équation avec les ions H+(aq), puis à ajouter for-
NH4+(aq) = NH3(aq) + H+
mellement l’équation H+(aq) + HO–(aq) → H2O. Cette démar-
che nous a semblé appropriée dans le cadre du pro- b. Puisque dans le cas d’un couple oxydant/réducteur,
gramme, tout en tenant compte de certaines réalités la particule échangée est l’électron, on peut concevoir
expérimentales. des couples pour lesquels l’oxydant et le réducteur ne
diffèrent que par le nombre d’électrons : une forme du
couple va perdre des électrons tandis que l’autre forme va
en gagner. La forme oxydée (l’oxydant) et la forme réduite
(le réducteur) peuvent se transformer l’une en l’autre par
ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE transfert d’électrons ; les deux formes étant liées par
l’équation :
« forme possédant le moins d’électrons » + n e–
DOC 1. Notion de réaction = « forme possédant le plus d’électrons ».
d’oxydoréduction (p. 114) Exemple : Fe2+/Fe.
Commentaires Note : Dans cette définition, il n’est question que des couples oxydant/réducteur
simples (Zn2+/Zn, Fe3+/Fe2+), mais rapidement, il faudra introduire les couples
Les objectifs de cette activité sont d’une part de faire pren- complexes comme MnO4–/Mn2+ qui n’échangent pas seulement des électrons.
dre conscience à l’élève du phénomène d’oxydoréduction
dans la vie de tous les jours et d’autre part de faire apparaî- c. Les exemples peuvent être choisis parmi les couples sui-
tre la nécessité de considérer la notion de transfert électro- vants : Ag+/Ag ; Cu2+/Cu ; Zn2+/Zn ; Al3+/Al ...
nique pour en aborder une interprétation. d. On complète les schémas suivants par :
Fe2+ + Fe ; Zn2+ + Cu
Correction
e. On pourra faire constater aux élèves la différence entre
a. On constate de la rouille sur la chaîne de la Fig. 1.
les deux situations, la première représentant l’échange
b. Le métal transformé est le fer Fe. d’électrons entre la forme oxydée (Fe2+) et la forme réduite
c. D’après la formule de la rouille, les réactifs nécessaires (Fe) d’un couple, la seconde représentant l’échange d’élec-
à cette réaction doivent contenir les éléments hydrogène et trons entre l’oxydant (Cu2+) et le réducteur (Zn) d’une réac-
oxygène. Les espèces chimiques susceptibles d’apporter tion d’oxydoréduction, objet d’étude du chapitre.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 50


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 51

nous a incités à ne pas faire écrire les équations chimiques puisque cette acti-
DOC 3. Échanges d’électrons (p. 115) vité peut être utilisée par les élèves en activité de découverte.

Commentaires c. Cu(s) + Cu2+(aq) + 2 Cl–(aq) → 2 CuCl(s)


Cette activité s’organise autour de réactions classiques met- d. Puisque Cl– est un anion monochargé, il en est de même
tant en jeu l’élément chimique cuivre. Avant que l’élève pour Cu dans l’espèce chimique CuCl(s).
n’apprenne le formalisme des demi-équations, il est guidé e. Le cuivre métallique a perdu un électron et l’ion cuivre (II)
pour que les notions de couple oxydant/réducteur et en a gagné un.
d’échange d’électrons prennent sens. 3. a. Cu2+(aq)/Cu(s) et Ag+(aq)/Ag(s).
Seules les connaissances de base de la chimie, essentielle-
Cu2+(aq)/Cu(s) et Fe2+(aq)/Fe(s).
ment vues en Seconde, sont requises. L’élève est invité à jus-
tifier, dans un cas particulier, la différence entre une réac- b. Cu2+(aq) + 2 e– = Cu(s)
tion acido-basique et une réaction d’oxydoréduction grâce Ag+(aq) + e– = Ag(s)
aux particules échangées entre les entités réagissantes. Une Fe2+(aq) + 2 e– = Fe(s)
telle réflexion sur la comparaison de la nature des particu- c. Cu2+(aq) + 2 e– = Cu(s)
les échangées est conforme aux attentes du B.O.
Cu+(aq) + e– = Cu(s)
Les réactions chimiques utilisées dans cette activité sont
simples à réaliser expérimentalement, sauf celle entre le ou CuCl(s) + e– = Cu(s) + Cl–(aq)
cuivre et le chlorure de cuivre (II). Cette dernière doit être Note : Ces deux dernières écritures sont acceptables mais cette activité étant
réalisée à l’abri de l’air dans de l’acide chlorhydrique une activité de découverte, les élèves en sont à leurs toutes premières demi-
concentré et chaud car le cuivre (I) s’oxyde en cuivre (II) à équations et l’écriture Cu+(aq) + e– = Cu(s) leur est plus accessible.

l’air ; la réalisation de cette réaction prend du temps et n’est d. Dans le cas du couple NO3–(aq)/NO(g), les entités du cou-
pas recommandée en classe. ple n’échangent pas seulement des électrons.
Le choix des systèmes chimiques a été guidé par l’aspect e. NO–3(aq) + 4 H+(aq) + 3 e– = NO(g) + 2 H2O
perceptible des transformations chimiques qui leur sont
associées et par le fait que le couple oxydant/réducteur
impliquant l’élément chimique cuivre fonctionne dans les DOC 4. Stœchiométrie d’une réaction
deux sens. d’oxydoréduction (p. 116)
Comme la méthode d’ajustement de la stœchiométrie des
demi-équations n’a pas encore été introduite (elle le sera Commentaires
dans l’activité suivante), seuls des couples simples sont uti- L’élève est amené à réaliser qu’il n’est pas possible d’ajuster
lisés, sauf celui impliquant l’ion nitrate pour lequel l’élève la stœchiométrie de certaines équations chimiques par les
est guidé. techniques vues au collège et en classe de Seconde ; c’est le
Correction cas, en particulier, de l’équation des ions permanganate
avec le dioxyde de soufre.
1. a. Les réactifs sont Cu(s) et Ag+(aq), les produits sont Dans la suite de l’activité, l’élève est guidé pour découvrir
Cu2+(aq) et Ag(s). pas à pas une nouvelle technique mettant en jeu deux demi-
b. L’équation chimique correspondante est : équations. À la suite d’une telle activité, l’élève est capable
Cu(s) + 2 Ag+(aq) → Cu2+(aq) + 2 Ag(s) d’ajuster la stœchiométrie des équations d’oxydoréduction
c. Le cuivre perd des électrons. habituelles.
Nous avons pensé qu’il fallait commencer par un cas simple
d. Cu2+(aq) + Fe(s) → Cu(s) + Fe2+(aq). afin que l’élève ne se décourage pas en début d’activité. Puis
Les ions cuivre gagnent des électrons.
nous avons choisi d’introduire la méthode d’ajustement de
e. Le but de cette question n’est pas de faire formuler une la stœchiométrie des équations d’oxydoréduction par un cas
définition générale d’un couple oxydant/réducteur (voir complexe qui justifie la nécessité d’un outil pour ajuster de
p. 118) correcte par les élèves, mais de leur faire globaliser telles équations chimiques. Notre expérience des examens
les questions précédentes. Nous suggérons que le profes- avec des étudiants post-bac qui butent sur des questions
seur explique ce qui ne va pas dans les propositions erro- aussi simples que l’ajustement d’une équation d’oxydoré-
nées des élèves plutôt que de donner sa propre définition. duction plaide en faveur de la nécessité de justifier le besoin
2. a. Le couple Cu2+(aq)/Cu(s) est intervenu puisque Cu(s) de ces procédures d’ajustement. Il nous semble que les élè-
fait partie des réactifs et que Cu2+(aq) fait partie des produits ves ont plus de chance d’être convaincus de la nécessité de
(une vidéo du cédérom montre cette réaction qu’il est pré- disposer d’un outil leur permettant d’ajuster la stœchiomé-
férable de réaliser dans un laboratoire bien aéré à cause de trie des équations chimiques « impossibles ».
la toxicité du dioxyde d’azote). Correction
b. Non, bien sûr, les acides réagissent avec les bases, mais
pas seulement avec les bases. S’il en était ainsi, il faudrait
1. a. Les nombres stœchiométriques à déterminer sont
a = c et b = d qui assurent la conservation des éléments.
montrer qu’un ion H+ a été échangé, ce qui n’est pas le cas
puisque le passage du cuivre aux ions cuivre se fait avec un b. La conservation de la charge entraîne :
échange d’électrons. a × 0 + b × (+1) = c × (+2) + d × 0 , soit b = 2c
Note : Attention, pour certains acides comme l’acide chlorhydrique, l’acide Si c = 1 alors a = 1 et b = d = 2.
éthanoïque… l’oxydant est l’ion hydrogène alors que pour d’autres comme l’a- c. La stœchiométrie de l’équation chimique suivante peut
cide nitrique l’oxydant est l’ion nitrate.
Dans ce cas, le couple est NO3–(aq)/NO(g). Le monoxyde d’azote ainsi produit
donc être ajustée :
réagit avec le dioxygène pour produire le dioxyde d’azote roux. Cette difficulté Cu(s) + 2 Ag+(aq) → Cu2+(aq) + 2 Ag(s)

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 51


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 52

2. a. Avec les nombres stœchiométriques x, y, x′ et y′, les ions permanganate. Cette réaction n’est pas fréquem-
l’équation chimique s’écrit : ment rencontrée parce qu’on cherche souvent à l’éviter. En
particulier, l’acidification d’une solution de permanganate
x SO2 (aq) + y MnO–4(aq) → x′ SO2– 2+
4 (aq) + y′ Mn (aq) de potassium est réalisée grâce à une solution d’acide sul-
La conservation de l’élément chimique S impose que x = x′ furique et non à l’aide d’une solution d’acide chlorhydrique.
et la conservation de Mn impose que y = y′.
Correction
b. La conservation de la charge impose que 2y = x, et la
conservation de l’élément O impose que 2y = – 4x. La seule
1. a. Du dihydrogène a été formé. On aurait pu le caracté-
riser par inflammation. On a le couple H+(aq)/H2 (g) (on ne
solution mathématiquement acceptable est x = y = 0 ; cette
solution n’est pas intéressante en chimie. sait pas encore si l’autre couple est Fe2+(aq)/Fe(s) ou
Fe3+(aq)/Fe(s)).
c. Il n’y a donc pas de solution acceptable pour la recherche
des valeurs de e, f, g et h. Par conséquent, la stœchiométrie Note : La caractérisation n’est pas demandée car dans ces conditions, peu de
de l’équation chimique proposée ne peut être ajustée. dihydrogène est produit et les élèves risquent de ne pas y parvenir.

3. a. SO42–(aq) / SO2 (aq) + 2 H2O b. Fe2+(aq)/Fe(s) ou Fe3+(aq)/Fe(s). On peut caractériser les


Note : On utilise le symbole / et non = puisque la stœchiométrie n’est pas encore ions fer formés par la couleur de l’hydroxyde (Fe(OH)2(s)
ajustée dans cette écriture. vert ou Fe(OH)3(s) rouille), ou, avec l’habitude, directement
à partir de la couleur de la solution.
b. SO42–(aq) + 4 H+(aq) / SO2 (aq) + 2 H2O
c. Le précipité est vert, ce qui caractérise la présence d’ions
c. SO42–(aq) + 4 H+(aq) + 2 e– = SO2 (aq) + 2 H2O Fe2+(aq).
Note : La stœchiométrie de la demi-équation est maintenant ajustée. On a rem-
Note : Pendant les premiers ajouts, puisque les ions fer ne réagissent pas avec
placé le symbole / par le symbole =.
les ions HO–(aq) ajoutés, on doit penser que ces derniers ont forcément réagi
On utilise la même démarche pour écrire la demi-équation avec les ions H+(aq) présents en excès lors de la réaction avec le fer métallique.
Les potentiels normaux éventuellement impliqués sont :
du couple MnO4–(aq) / Mn2+(aq) :
E0(Fe2+/Fe) = – 0,44 V;
MnO–4 (aq) / Mn2+(aq) + 4 H2O E0(H+/H2) = 0 V ;
E0(Fe3+/Fe) = + 0,77 V ;
MnO–4 (aq) + 8 H+(aq) / Mn2+(aq) + 4 H2O E0(O2/H2O) = 1,23 V.
MnO–4 (aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O La seule réaction qui a pu avoir lieu est la formation de Fe2+. Cependant, il y a
toujours un peu de dioxygène présent et des traces d’ions Fe3+ peuvent être pré-
4. a. et b. 5 SO2 (aq) + 10 H2O = 5 SO42–(aq) + 20 H+(aq) + 10 e– sentes. Elles ne sont jamais assez importantes pour gêner la caractérisation de
2 MnO–4 (aq) + 16 H+(aq) + 10 e– = 2 Mn2+(aq) + 8 H2O Fe2+.

c. 5 SO2 (aq) + 2 MnO–4 (aq) + 2 H2O d. Fe(s) + 2 H+(aq) → Fe2+(aq) + H2 (g)


→ 5 SO42–(aq) + 2 Mn2+(aq) + 4 H+. 2. a. On observe la décoloration de l’indigo dans le tube à
On a remplacé le symbole = des demi-équations par le sym- boules. L’espèce chimique caractérisée est nécessairement
bole → des équations. un gaz. Il s’agit du dichlore Cl2 (g), résultant de l’oxydation,
due à l’ion permanganate, des ions chlorure présents en
solution.
ACTIVITÉS D’EXPLOITATION
Notes :
• Si l’on ne dispose pas de tube à boules, on peut utiliser un papier imbibé d’in-
digo. L’intérêt du tube à boules est qu’il n’y a pas de fuite, donc pas d’odeur du
TP 5. Réactions impliquant gaz qui s’échappe. Il est essentiel, lors de l’utilisation du tube à boules, de ne
l’élément chimique fer (p. 123) remplir que la partie en U inférieure, sans remplir les boules, faute de quoi, elles
ne joueraient plus leur rôle de système anti-retour pour l’une, et anti-déborde-
Commentaires ment pour l’autre.
• Lors de cette réaction, la formation du gaz dichlore est visible mais peut
Les notions de base de l’oxydoréduction sont utilisées pour cependant passer inaperçue, car les bulles formées sont petites et la solution
comprendre l’oxydation du fer en présence d’acide chlor- est très colorée. Ces bulles sont même visibles sur la photo du manuel, au
niveau du ménisque, quand on regarde attentivement.
hydrique. L’élève caractérise les produits formés et peut • L’indigo est une molécule organique qui possède des doubles liaisons dont
ainsi mettre en relation l’équation chimique et l’expérience l’une d’elles subit une addition du dichlore lors du test. Il en résulte une perte
qu’il vient de réaliser. de conjugaison du système π insaturé et donc une décoloration.
La présence de l’ion chlorure provenant de l’acide chlorhy- • La réaction a été proposée avec un tube à boules. De nombreux avantages
sont liés à cette méthode :
drique utilisé est prise en compte dès que l’on souhaite – un meilleur contrôle du gaz qui s’échappe (dès que l’indigo est décoloré, on
oxyder les ions Fe2+(aq). En effet, l’ion permanganate peut met le contenu du tube dans l’évier avec beaucoup d’eau, ce qui atténue consi-
également oxyder l’ion chlorure ; l’élève le met en évidence, dérablement les émissions de dichlore dans le laboratoire) ;
en caractérisant le peu de dichlore qui se forme au moyen – une diminution des quantités de réactif utilisé ;
– aucun risque de retour ou de débordement si le tube est correctement rempli.
d’une solution d’indigo.
Enfin, un aspect quantitatif de l’expérience permet de réin-
b. Dans le tube à essais, on a oxydé des ions chlorure par
vestir l’utilisation du tableau d’avancement d’une réaction,
les ions permanganate.
dans le cas de l’oxydation d’une solution de sulfate de
10Cl–(aq) + 2MnO4–(aq) + 16H+(aq) → 5Cl2(g) + 2Mn2+(aq) + 8H2O
fer (II) par une solution de permanganate de potassium.
Cette partie constitue une préparation au chapitre suivant c. La présence d’un précipité de couleur rouille montre que,
puisqu’il s’agit de la même démarche que celle qui sera uti- en solution, on a des ions Fe3+(aq). On pourrait caractériser
lisée pour aborder la notion de titrage. cette solution en ajoutant de la soude jusqu’à apparition
Les expériences décrites dans cette activité expérimentale d’un précipité. Il faut en ajouter suffisamment pour neutra-
sont assez classiques, sauf l’oxydation des ions chlorure par liser l’acidité du milieu réactionnel.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 52


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 53

Note : La décoloration de la solution passe en fait par une teinte lie-de-vin qui Les réducteurs moyens sont au centre de la classification
montre que l’on est en présence d’ions Mn (III) provenant de la réaction des
périodique ; le cuivre, l’argent et l’or étant dans la
ions Mn (VII) et Mn (II). Pour les élèves, cette nuance de couleur n’est généra-
lement pas perceptible et ils attribuent le changement de couleur soudain à la 11e colonne.
fin de la disparition des ions permanganate. Les oxydants moyens sont sur la droite de la classification
d. L’équation chimique rendant compte de la précipitation périodique.
est : Fe3+(aq) + 3 HO–(aq) → Fe(OH)3 (s) Les oxydants puissants sont en haut et à droite.
e. 5Fe2+(aq) + MnO4–(aq) + 8H+(aq) → 5Fe3+(aq) + Mn2+(aq) + 4H2O Note : En l’absence des potentiels de référence E0, cette catégorisation semi-
quantitative des oxydants et des réducteurs peut être mise à profit par le pro-
f. La quantité de matière initiale d’ions Fe2+(aq) est approxi- fesseur pour parler des dangers des réactions d’oxydoréduction. Certaines sont
mativement cV. Elle n’est pas exactement connue, car une particulièrement violentes (voir la Fig. 3, p. 118), d’autre sont douces par exem-
partie des ions Fe2+(aq) est oxydée. Celle d’ions permanga- ple celles qui se déroulent au sein des organismes vivants. On pourra aussi évo-
quer la réglementation qui interdit de stocker dans le même placard les dihalo-
nate est 4 × 10 – 3 × 0,0050 = 2 × 10 – 5 mol. gènes et les métaux par exemple.
5 Fe2+(aq) MnO4–(aq) 5 Fe3+(aq) Mn2+(aq) c. Dans chaque système, on constate qu’il y a un oxydant
E.I. x=0 cV 2 × 10 –5
0 0 (puissant ou moyen) et un réducteur (puissant ou moyen).
Ce sont donc les deux réactifs. L’équation chimique est
E.F. xdéc. c V – 5xdéc. 2 × 10 – 5 – xdéc. 5xdéc. xdéc. ensuite écrite à l’aide des demi-équations de chacun des
Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière couples concernés.
sont exprimés en mole. Système 1 : Cl2 (aq) + Zn(s) → 2 Cl–(aq) + Zn2+(aq)
Système 2 : I2 (aq) + Ca(s) → 2 I–(aq) + Ca2+(aq)
Notes :
• L’indice déc. indique que l’on s’intéresse au système chimique au moment où Système 3 : 4 Fe(s) + 3 O2 (g) + 12 H+(aq) → 4 Fe3+(aq) + 6 H2O
la décoloration est perçue.
• Dans le tableau, seuls figurent les ions « intéressants » pour le bilan de matière.
2. a. Bijouterie, monnaie.
b. Frapper la monnaie, ou battre la monnaie, c’est fabriquer
Au moment de la décoloration, tous les ions permanganate
des pièces de monnaie à partir d’un métal (ou d’un alliage).
ont réagi, donc 2 × 10 – 5 – xdéc. = 0, soit xdéc. = 2 × 10 – 5 mol.
La colonne 11 est constituée des trois métaux historique-
Le volume V, déterminé expérimentalement, est voisin de
ment utilisés pour frapper la monnaie.
2 mL, ce qui donne bien cV – 5xdéc. = 0.
On trouve que l’on est effectivement dans les proportions Note : Actuellement, les alliages qui constituent la monnaie dépendent de la
facilité d’approvisionnement et du coût des métaux. Les métaux précieux
stœchiométriques.
(argent à 90 % ou or) ne sont plus utilisés que pour les pièces commémoratives
Note : Mn(OH)2, blanc, précipite également, mais vers pH 9, c’est-à-dire bien à l’usage des numismates. Le nickel a remplacé l’argent, 20 fois plus cher, et les
après la précipitation de Fe(OH)3 qui a lieu dès pH 2 dans ces conditions. alliages à base de cuivre ont remplacé l’or, 4 600 fois plus cher (Quid 2000,
p. 1827). En langage familier, les Américains appellent leur pièce de 1 cent le
g. Si l’on avait utilisé la solution contenant des ions Cl–(aq) copper (cuivre) et leur pièce de 5 cents le nickel.
et des ions Fe2+(aq), il y aurait eu simultanément deux réac-
c. Fer et magnésium s’oxydent trop facilement. Les pièces
tions chimiques (voir l’expérience précédente). Lorsqu’un
« disparaîtraient » en quelques années et leurs utilisateurs
système chimique est le siège de plusieurs réactions chi-
n’auraient pas confiance.
miques impliquant une même entité, on ne peut pas établir
de tableau d’avancement. d. L’or s’oxyde encore plus difficilement que le cuivre. Cela
se constate dans la vie quotidienne en comparant l’état
légèrement oxydé des vieilles casseroles en cuivre aux inal-
DOC 6. Oxydoréduction et térables bijoux en or.
classification périodique (p. 124)
Note : L’or n’est pas oxydé par le dioxygène de l’air. Les contacts dorés des ordi-
nateurs gagnent en fiabilité; en effet, les oxydes qui se forment sur des contacts en
Commentaires cuivre sont peu conducteurs et les contacts n’assurent plus leur rôle.
Cette activité donne un aperçu général de l’oxydoréduction
à travers des corps simples comme les dihalogènes, le
3. a. Al3+ et O2–. Al3+ est la forme oxydée du couple
dioxygène et les métaux. Du point de vue de l’oxydoréduc- Al3+/Al(s) et O2– est la forme réduite du couple O2 (g)/O2–.
tion, cela représente un classement pertinent qui doit être b. L’atmosphère terrestre comporte environ 80 % de N2 (g) et
connu des élèves. 20 % de O2 (g). Si de l’aluminium métallique existait dans la
Le rôle des métaux cuivre, argent et or, utilisés pour les usa- croûte terrestre, il s’oxyderait.
ges nobles comme la monnaie, la bijouterie ou les contacts c. L’expression « extraire l’aluminium d’un minerai » n’est
électroniques, est traité du point de vue de l’oxydoréduction. pas correcte. L’aluminium métallique n’est pas présent dans
L’élève est ensuite amené à comprendre pourquoi, sur le minerai. Il faudrait dire « l’aluminium, obtenu par réduc-
Terre, les métaux ne sont pas présents à l’état natif, mais à tion des ions Al3+ du minerai ».
l’état d’oxydes, et une réflexion sur l’expression extraire 4. a. Le calcium est oxydé suivant la réaction :
l’aluminium d’un minerai est reconsidérée.
Ca(s) + 2 H+(aq) → Ca2+(aq) + H2 (g)
Enfin, toujours du point de vue de l’oxydoréduction, une
On devrait dire : « les os contiennent l’élément chimique cal-
réflexion sur ce que l’on entend par le calcium des os ou le
cium », ou « les os contiennent des ions Ca2+ ».
fluor du dentifrice est initiée.
b. Le fluor est en haut à droite de la classification pério-
Correction dique. Le difluor est donc un oxydant puissant. C’est la
1. a. Na+(aq)/Na(s) ; Zn2+(aq)/Zn(s) ; H+(aq)/H2 (g) ; Cl2 (aq)/Cl–(aq) ; forme oxydée du couple F2/F –. On devrait parler des « den-
I2 (aq)/I–(aq). tifrices aux ions fluorures » et non « au fluor ».
b. Les réducteurs puissants sont dans les deux premières c. La respiration est une réaction d’oxydoréduction entre le
colonnes. dioxygène inspiré et de nombreuses espèces chimiques

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 53


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 54

présentes dans les cellules, en particulier le glucose. La Cela montre que NAD+ et NADH constituent un couple oxy-
forme réduite du dioxygène est l’eau, qui se trouve effecti- dant/réducteur.
vement présente dans l’air expiré. b. La forme oxydée est dans le même membre que les
électrons, c’est NAD+ ; NADH est la forme réduite.
DOC 7. Le couple NAD+/NADH (p. 125) c. NAD+ + H+ + 2 e– = NADH
Commentaires 2. a. C2H4O(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– = C2H6O(aq)
L’activité mettant en jeu le couple NAD+/NADH est située L’alcool est la forme oxydée.
en fin de chapitre parce qu’elle se place comme une utilisa- b. NAD+ + C2H6O(aq) → NADH + C2H4O + H+(aq)
tion des concepts d’oxydoréduction à des molécules que les c. Les ions H+(aq) interviennent dans le membre de droite de
élèves ont vu dans leur cours de SVT. Ce lien interdiscipli- la réaction d’oxydoréduction, ils sont produits par la réac-
naire proposé est rigoureusement présenté dans le cadre de tion : l’acidité du milieu cellulaire va donc augmenter.
ce chapitre, sans concession aucune au vocabulaire ou aux
idées propres à la biologie. d. Pour répondre à la question, il faut écrire l’équation de la
Certaines difficultés telles que les notations NAD+ et NADH réaction d’oxydation de l’alcool par les ions permanganate :
sont progressivement prises en charge du point de vue de la 2 MnO4–(aq) + 5 C2H6O(aq) + 6 H+(aq) →
chimie dans la première partie. Tout se passe comme si les 2 Mn2+(aq) + 5 C2H4O(aq) + 8 H2O
lettres NAD correspondaient au fragment C21H27N6P2O14. On Cette équation montre que des ions H+(aq) sont consommés,
aurait tout aussi bien pu écrire le couple X+ / XH, sauf que le ce qui induit forcément une diminution de l’acidité de la
lien avec le cours de biologie s’en serait trouvé amoindri. solution.
La seconde partie compare, du point de vue des équations 3. a. O2 + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 H2O
chimiques, l’oxydation de l’éthanol par l’ion permanganate
et par l’ion NAD+. Cela reste donc formel, mais la réaction
b. Cette équation s’obtient par combinaison des deux demi-
équations. On trouve :
chimique d’oxydation des alcools ne sera étudiée que trois
chapitres plus tard dans la partie chimie créatrice. 2 NADH + 2 H+(aq) + O2 → 2 NAD+ + 2 H2O
La dernière partie élève un peu la réflexion et aborde une c. L’acidité du milieu cellulaire diminue cette fois puisque
autre propriété essentielle de NAD+, qui est d’être rapide- des ions H+(aq) sont consommés.
ment régénéré dans l’organisme. Cela apparaît dans l’acti- d. Le dioxygène arrive dans le sang par les poumons et est
vité au travers d’un bilan de matière. La notion de coenzyme transporté jusqu’aux cellules par l’hémoglobine.
n’est pas évoquée mais le lien est fait, afin que le professeur
e. Il faut déterminer la quantité de matière d’alcool :
de biologie trouve les élèves préparés à l’aborder.
Du point de vue chimique, le potentiel de référence du cou- n = m / M = 16 / 46 = 0,35 mol.
ple est E0 = 0,317 V à pH = 7. La réactivité de NAD+ provient Il faut la même quantité de matière de NAD+ dont la masse
de son noyau pyridinium dont la fonction oxydante est due molaire est 670 g · mol–1, soit :
à la capacité de l’azote N+ à capter formellement un hydrure mNAD = 0,35 × 663 = 2,3 × 102 g.
H–. Réciproquement, le réducteur NADH peut fournir un
f. Dès que NAD+ est réduit par l’alcool en NADH, ce dernier
hydrure. Du point de vue biochimique, c’est un coenzyme,
est réoxydé par le dioxygène en NAD+ et peut ainsi être
c’est-à-dire une entité non protéique consommée lors d’une
réutilisé.
réaction enzymatique (alors que l’enzyme ne l’est pas) et qui
est régénérée par ailleurs. Du point de vue commercial,
NAD+ et NADH se trouvent dans les catalogues de produits
chimiques (100 € les 5 g). Sur Internet, on peut s’approvi-
sionner en NADH sous différentes formes (typiquement des
gélules de 5 mg) dont les vertus, que nous ne sommes pas
EXERCICES
habilités à commenter, vont du régime pour sportifs au
rehausseur de facultés intellectuelles.
Correction
Appliquer ses connaissances
1. a. On peut écrire la demi-équation : 12 a. Ca2+(aq) + 2 e– = Ca(s)
H b. Cu2+(aq) + 2 e– = Cu(s)
C c. 2 H+(aq) + 2 e– = H2 (g)
C15H21N5P2O13 N+ C CONH2
d. I2 (s) + 2 e– = 2 I–(aq)
+ H+(aq) + 2 e– =
H C C C H 14 a. 2 H3O+ + 2 e– = H2 (g) + 2 H2O
b. H2O2 (aq) + 2 e– = 2 HO–(aq)
H
c. O2 (g) + 2 H+(aq) + 2 e– = H2O2 (aq)
H d. H3O+ est identique à H+(aq)
C15H21N5P2O13 C CONH2 Forme réduite : a. H2 (g) ; b. HO–(aq) ; c. H2O2 (aq).
N C
16 a. et b.
H C C C H
• MnO4–(aq) /MnO2 (s) :
H H MnO4–(aq) + 4 H+(aq) + 3 e– = MnO2 (s) + 2 H2O

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 54


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:29 Page 55

• MnO4–(aq) /Mn2+(aq) : derrière ces symboles il y a du sens. C’est aussi la raison pour laquelle des
photos ont été proposées. Le professeur pourra les commenter avec ce même
MnO4–(aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O objectif de rendre concrètes ces équations.

• MnO2 /Mn2+(aq) :
22 a. Une solution aqueuse d’iodure de potassium est
MnO2 (s) + 4 H+(aq) + 2 e– = Mn2+(aq) + 2 H2O incolore.
c. La solution incolore contient l’ion Mn2+(aq), la solution b. Une solution aqueuse d’eau oxygénée est incolore.
violette contient l’ion MnO4–(aq) et le solide marron foncé est
le dioxyde de manganèse MnO2 (s). c. Le changement de couleur traduit le fait qu’une réaction
chimique a eu lieu.
17 • NO2 (g) /NO(g) : d. I2 (aq) + 2 e– = 2 I–(aq)
NO2 (g) + 2 H+(aq) –
+ 2 e = NO(g) + H2O H2O2 (aq) + 2 H+(aq) + 2 e– = 2 H2O
• N2O4 (g) /NO(g) : H2O2 (aq) + 2 H+(aq) + 2 I–(aq) → 2 H2O + I2 (aq).
N2O4 (g) + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 NO(g) + 2 H2O La réaction nécessite des ions H+(aq). L’acide sulfurique les a
• N2O4 (g) /NO2 (g) ne constitue pas un couple oxydant/réduc- fournis.
teur ; en effet, la transformation de N2O4 (g) en NO2 (g) s’écrit Notes :
N2O4 (g) → 2 NO2 (g), ce qui ne correspond pas à un transfert • La réaction aurait lieu également sans acide sulfurique, mais pédagogique-
d’électrons. ment, il est important que tous les réactifs soient ajoutés. Il faut ajouter peu
d’acide car en milieu très acide, le dioxygène de l’air oxyde lentement, mais
visiblement, les ions iodure en diiode.
18 a. Li+(aq) + e– = Li(s) • Attention, en milieu basique, le diiode se décolore, non pas par réduction sim-
b. Un électron. ple, mais par dismutation en donnant des ions iodure et iodate IO–3 (3 I2 + 3 H2O
→ IO–3 + 5 I– + 6 H+).
c. Les électrons apportés par les atomes de lithium consti- • Le diiode n’est soluble dans l’eau qu’en présence d’une grande quantité d’ions
tuent le doublet liant de la liaison H  H. Ils sont donc loca- iodure. Si l’eau oxygénée était ajoutée en trop grande quantité par rapport à la
lisés entre les deux atomes d’hydrogène de la molécule. quantité d’ions iodure en solution, il n’y aurait plus assez d’ions iodure en solu-
tion pour maintenir dissous le diiode formé. Il en résulterait la formation de
19 a. Les couples mis en jeu sont Zn2+(aq) /Zn(s) et diiode solide, se présentant sous forme d’un précipité noir.
• L’eau oxygénée vendue en pharmacie est conditionnée en 10, 20 ou 30 volu-
H+(aq) /H2 (g). Les demi-équations d’oxydoréduction sont : mes, ce qui correspond à 1, 2 ou 3 mol . L– 1 respectivement. Ce sont donc des
Zn2+(aq) + 2 e– = Zn(s) et 2 H+(aq) + 2 e– = H2 (g) solutions concentrées qu’il faut diluer pour cette activité.
Stocker l’eau oxygénée au réfrigérateur permet de ralentir sa dismutation
b. 2,18 g de zinc correspondent à 0,033 mol. Il s’échange (→ O2 + 2 H2O) et la perte de son titre.
donc ne = 0,066 mol d’électrons pendant la réaction. La
e. L’addition d’une plus grande quantité d’eau oxygénée
charge d’un électron étant e = – 1,6 × 10 – 19 C, 0,066 mol
permet la production d’une plus grande quantité de diiode
représente une quantité d’électricité Q telle que :
(solution plus colorée). Cela indique que les ions iodure
Q = NA e ne = – 6,3 × 10 3 C sont en excès dans le tube n° 1. L’eau oxygénée est le réactif
c. Q = ne– F = 6,67 × 10–2 × 9,65 × 104 = 6,4 kC. limitant.
d. Q′ = I ∆t = 0,300 × (35 × 60) = 630 C. f. Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
La charge électrique Q transférée par la réaction de l’acide sont exprimés en mole :
sur 2,18 g de zinc est environ dix fois plus importante que
H2O2(aq) 2 I–(aq) 2 H+(aq) 2 H2O I2(aq)
la charge électrique Q′ mise en jeu par la pile plate de 4,5 V.
E.I. 0 3 × 10–5 6 × 10–3 excès excès
21 a. La couleur de la solution contenant les ions fer (II)
avant ajout des ions permanganate est incolore (ou vert E.F. xmax 3 × 10–5 – xmax 6 × 10–3 – 2 xmax excès excès xmax
pâle, les deux réponses sont acceptables).
Le réactif limitant est l’eau oxygénée, à l’état final
b. La couleur de la solution contenant les ions permanga- 3 × 10–5 – xmax = 0 soit un avancement maximal
nate est violette. xmax = 3 × 10–5 mol.
c. La couleur de la solution contenant les ions fer (III) après À l’état final, il se forme nI2 = 3 × 10–5 mol de diiode.
ajout des ions permanganate est orangée.
d. Il y a bien eu transformation chimique sinon le mélange 23 a. Ag+(aq) + e– = Ag(s) et Cu2+(aq) + 2 e– = Cu(s)
aurait eu une coloration violette. b. 2 Ag+(aq) + Cu(s) → 2 Ag(s) + Cu2+(aq)
e. Les ions permanganate ont été réduits, ils ont oxydé les
ions fer (II). 25 a. La rouille résulte d’une oxydation du fer. C’est une
f. Les ions Fe2+(aq) ont été oxydés en ions Fe3+(aq), ils ont forme oxydée du fer.
réduit les ions permanganate MnO4–(aq). La rouille se forme lorsque du fer est abandonné à l’air
humide sans protection.
g. Fe3+(aq) + e– = Fe2+(aq)
MnO–4 (aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O b. FeO(OH) et Fe2O3 , H2O sont deux écritures équiva-
lentes ; la seconde fait apparaître deux fois plus d’atomes
h. MnO–4 (aq) + 5 Fe2+(aq) + 8 H+(aq)
que la première.
→ Mn2+(aq) + 5 Fe3+(aq) + 4 H2O
Fe(s) + 2 H2O = FeO(OH)(s) + 3 H+(aq) + 3 e–
i. On s’aperçoit que des ions H+(aq) font partie des réactifs.
c. Il faut combiner la demi-équation précédente avec :
La réaction doit donc être réalisée en milieu acide.
O2 (g) + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 H2O
Note : Cette question anodine permet de sortir l’élève du pur formalisme dans
lequel une telle activité le contraint forcément un peu, afin de lui montrer que Cela donne : 4 Fe(s) + 3 O2 (g) + 2 H2O → 4 FeO(OH)(s)

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 55


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 56

26 1. a. Parmi les réactifs, l’oxydant est l’ion hypochlorite D’après le tableau, à l’état final, la quantité de cuivre formé
et le réducteur est l’ion chlorure. (dépôt métallique) est égale à l’avancement maximal de la
réaction :
b. Les couples oxydant/réducteur mis en jeu sont : m 0,030
ClO–(aq)/Cl2(aq) et Cl2(aq)/Cl–(aq). xmax = nCu = Cu = = 4,7 × 10–4 mol.
MCu 63,5
Les demi-équations sont : Le plomb est donc bien en défaut.
2 ClO–(aq) + 4 H3O+ + 2 e– = Cl2(aq) + 6 H2O c. La concentration molaire des ions Pb2+ est :
2 Cl–(aq) = Cl2(aq) + 2 e– m 2+ x 4,7 × 10–4
[Pb2+] = Pb = max = = 1,9 × 10–3 mol · L–1.
L’équation de la réaction est : V V 0,25
ClO–(aq) + 2 H3O+ + Cl–(aq) → Cl2(g) + 3 H2O d. La quantité de matière restante en ions Cu2+(aq) est :
2. a. Dans une réaction de dismutation, la même espèce nCu2+ = 2,5 × 10–3 – xmax
(celle qui se dismute) est à la fois l’oxydant et le réducteur, La concentration molaire en ions Cu2+(aq) est :
il s’agit de l’ion hypochlorite qui intervient donc dans les m 2+ 2,5 × 10–4 – 4,7 × 10–4
[Cu2+] = Cu = = 8,1 × 10–3 mol · L–1.
deux couples. V 0,25
Les couples oxydant/réducteur mis en jeu sont :
e. La quantité de matière initiale en plomb (métallique) est telle
ClO–(aq) /Cl–(aq) et O2(g)/ClO–(aq). que nPb – xmax = 0, donc la masse du petit morceau de plomb
b. La matière plastique opaque des berlingots a pour but introduit est :
d’éviter l’exposition à la lumière de l’eau de Javel. Les ions mPb = xmax MPb = 4,7 × 10–4 × 207,2 = 0,098 g.
hypochlorite subissant inéluctablement une réaction de dis-
31 1. a. Al3+(aq) + 3 e– = Al(s)
mutation, leur concentration diminue au cours du temps, ce
qui explique la date limite d’utilisation de cet agent de blan- 2 H+(aq) + 2 e– = H2 (g)
chiment (qui correspond à une teneur suffisante en principe 2 Al(s) + 6 H+(aq) → 2 Al3+(aq) + 3 H2 (g)
actif).
b. L’équation de la question a. n’est pas acceptable, bien que
29 a. 2 S2O2– + I2 (aq) → S4O62–(aq) + 2I – l’aluminium soit un réactif et que le dihydrogène soit un
3 (aq) (aq)
produit dans les deux cas.
b. Deux couples oxydant/réducteur sont en présence :
c. Al3+(aq) + 4 HO–(aq) → AlO–2(aq) + 2 H2O
S4O62–(aq)/S2O2– –
3 (aq) et I2 (aq)/I (aq). Ce n’est pas une équation d’oxydoréduction, car elle ne met
c. Il faut 5,0 × 10 – 3 mol d’ions thiosulfate, soit un volume de pas en jeu de couples oxydant/réducteur.
100 mL. Cela se déduit d’un tableau d’avancement : d. En ajoutant membre à membre H2 (g) = 2 H+(aq) + 2 e– et
2 H+(aq) + 2 HO–(aq) → 2 H2O, on obtient :
2 S2O32–(aq) I2 (aq) S4O62–(aq) 2 I–(aq)
H2 (g) + 2 HO–(aq) = 2 H2O + 2 e–
E.I. x=0 cV 2,5 × 10 – 3 0 0
Note : Il faut mettre le symbole = et non → car la présence d’électrons montre
–3 qu’il s’agit d’une demi-équation et non d’une équation. Cette demi-équation
E.F. xmax cV – 2xmax 2,5 × 10 – xmax xmax 2xmax
représente le couple oxydant/réducteur de l’eau en milieu basique.
Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière e. Si on ajoute membre à membre :
sont exprimés en mole. 2 Al(s) = 2 Al3+(aq) + 6 e–
xmax = 2,5 × 10 – 3 mol, donc V = 0,10 L. 2 Al (aq) + 8 HO–(aq) → 2 AlO–2(aq) + 4 H2O
3+

d. nI– = 2 xmax = 5,0 × 10 – 3 mol. et : 6 H2O + 6 e– = 3 H2 (g) + 6 HO–(aq)


on trouve, après simplification :
30 a. Les couples oxydant/réducteur mis en jeu sont : 2 Al(s) + 2 HO–(aq) + 2 H2O → 2 AlO–2(aq) + 3 H2 (g)
Cu2+(aq) /Cu(s) et Pb2+(aq) /Pb(s). Il s’agit bien d’une réaction de l’aluminium avec les ions
Les demi-équations associées à chaque couple sont : hydroxyde en milieu aqueux. Les produits de la réaction
Cu2+(aq) + 2 e– = Cu(s) sont l’ion aluminate et le dihydrogène.
2. a.180 mL de H2(g) correspondent à 0,180/24 = 7,50 × 10 –3 mol
Pb(s) = Pb2+(aq) + 2 e– de dihydrogène.
On pose le tableau d’avancement suivant, dans lequel
Cu2+(aq) + Pb(s) → Cu(s) + Pb2+(aq)
l’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
b. Le plomb est le réactif limitant puisqu’il est entièrement mole.
consommé (voir l’énoncé). 2 Al(s) 2 HO–(aq) 2 H2O 2 AlO2–(aq) 3 H2 (g)
La quantité de matière initiale en ions cuivre (II) est : E.I. x=0 n excès excès 0 0
n(Cu2+(aq)) = c V = 1,0 × 10–2 × 0,250 = 2,5 × 10–3 mol.
E.F. xmax n – 2xmax excès excès 2xmax 3xmax
Dans le tableau, les quantités de matière et l’avancement
sont exprimés en mole. On obtient 3 xmax = 7,5 × 10 – 3 mol.
D’où xmax = 2,5 × 10 – 3 mol et n = 5 × 10 – 3 mol.
Cu2+ Pb Cu Pb2+
b. Chaque aluminium met en jeu trois électrons ; il faut en
E.I. 0 2,5 × 10 – 3 nPb 0 0 tout 15 × 10 – 3 mol d’électrons.
La charge transférée est – 1,4 × 10 3 C. C’est une valeur néga-
E.F. xmax 2,5 × 10 – 3 – xmax nPb – xmax nCu = xmax nPb2+ = xmax
tive puisque la charge d’un électron est négative.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 56


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 57

33 a. Les éléments chimiques Br et I sont dans l’avant 2. a. Dans 1 L d’eau de Javel à la concentration
dernière colonne de la classification périodique. Les ions 0,30 mol . L–1, il y a 0,30 mol d’ions ClO–(aq) qui peuvent
Br– et I– ont donc certaines propriétés similaires : l’ion donc produire, en milieu acide, 0,30 mol de dichlore. On
Br–(aq) devrait réagir de manière analogue à l’ion I–(aq). peut retrouver cela avec un tableau d’avancement :
b. Les couples oxydant/réducteur sont : Br2 (aq)/Br–(aq) et ClO–(aq) Cl–(aq) 2 H+(aq) Cl2 (g) H2O
H2O2 (aq)/H2O.
E.I. x=0 0,30 0,30 excès 0 solvant
L’équation chimique est :
2 Br–(aq) + H2O2 (aq) + 2 H+(aq) → Br2 (aq) + 2 H2O E.F. xmax 0,30 – xmax 0,30 – xmax excès xmax solvant
c. L’ion bromure a été oxydé par l’eau oxygénée. La quantité de matière de Cl2 est xmax = 0,30 mol.
Notes : b. 0,30 mol correspond à 7,2 L de dichlore gazeux. Une telle
• Pour être plus complet, il faudrait, comme précédemment, montrer que la eau de Javel titre donc 7,2 degrés chlorométriques.
couleur due au dibrome s’accentue si l’on ajoute plus d’oxydant H2O2 (aq).
• Dans ce tube, il y a donc des ions K+(aq) et des ions Br–(aq) (puisque l’eau oxy- c. Un litre d’eau de Javel titrant 48 degrés chlorométriques
génée est le réactif limitant). Il y a également des molécules Br2 (aq) (et H2O). peut donc libérer 48 L de dichlore gaz, soit 2 mol. La concen-
d. La seconde partie de l’expérience 2 est une extraction. tration des ions ClO–(aq) en solution est donc 2 mol . L–1.
Cette extraction par le cyclohexane montre la présence de On peut présenter cela sous forme d’un tableau d’avance-
diiode I2, car la phase organique présente une teinte violette ment :
caractéristique. Lorsqu’on ajoute 1 mL de solution d’iodure ClO–(aq) Cl–(aq) 2 H+(aq) Cl2 (g) H2O
de potassium, la réaction qui a lieu produit du diiode sui- E.I. x=0 n n excès 0 solvant
vant l’équation chimique :
2 I–(aq) + Br2 (aq) → I2 (aq) + 2 Br–(aq) E.F. xmax n – xmax n – xmax excès xmax = 2 solvant

En effet, le dibrome est le seul oxydant présent dans le tube On en déduit n = 2 mol.
(voir la liste des entités chimiques dans la note ci-dessus). d. À partir de 0,25 L d’eau de Javel commerciale, on peut
donc produire 12 L de gaz dichlore.
e. et f. Le niveau de toxicité est atteint si le volume de la
Aller plus loin pièce est inférieur à 12 000 m3.
Pour une pièce de 3 m de hauteur, cela représente une sur-
34 a. 35 g de dibrome (M = 160 g . mol– 1), représentent face au sol de 4 000 m2, soit l’équivalent de 40 appartements
0,22 mol. La concentration est donc 0,22 mol . L– 1. de 100 m2. C’est une surface immense bien plus grande que
b. Br2 (aq) + 2 I–(aq) → 2 Br–(aq) + I2 (aq) les salles habituelles. L’utilisation d’un berlingot d’eau de
c. Dans 10 mL de la solution de dibrome, il y a 2,2 × 10 – 3 mol Javel commerciale ne doit donc en aucun cas faire interve-
de dibrome. Il faut au moins 4,4 × 10 – 3 mol d’ions iodure. La nir un produit commercial acide sous peine d’intoxication
masse d’iodure de potassium minimale à dissoudre est donc de l’utilisateur.
0,73 g. Ces résultats s’obtiennent à partir du tableau d’avan-
cement suivant :
Br2 (aq) 2 I–(aq) 2 Br–(aq) I2 (aq)
MATÉRIEL ET PRODUITS
E.I. x=0 2,2 × 10 – 3 n 0 0
TP 5. Réactions impliquant l’élément
E.F. xmax 2,2 × 10 – 3 – xmax n – 2xmax 2xmax xmax
chimique fer (p. 123)
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
mole. • Fer en poudre (0,3 g par binôme).
On obtient xmax = 2,2 × 10 – 3, donc n = 4,4 × 10 – 3 mol. • Acide chlorhydrique 6 mol . L– 1.
d. Le volume n’a pas d’importance. Seule la quantité de • Solution de d’hydroxyde de sodium 2 mol . L– 1.
matière compte. • Permanganate de potassium en poudre.
• Solution de permanganate de potassium en poudre
36 1. a. 2 ClO–(aq) + 4 H+(aq) + 2 e– = Cl2 (g) + 2 H2O 5 × 10–3 . mol . L– 1 préacidifiée à l’acide sulfurique.
Cl2 (g) + 2 e– = 2 Cl–(aq) • Solution de sulfate de fer 0,05 mol . L– 1 préacidifiée à
l’acide sulfurique.
b. Cl2 (g) + H2O → ClO–(aq) + Cl–(aq) + 2 H+(aq)
• Solution aqueuse d’indigo.
Cette réaction d’oxydoréduction est originale, car les deux
• Trois tubes à essais et leur support.
couples mis en jeu, ClO–(aq)/Cl2 (g) et Cl2 (g)/Cl–(aq) ont une
entité commune. • Un erlenmeyer, un bouchon à un trou de diamètre adapté
et un réfrigérant à air (ou du matériel de mini-chimie).
c. Si l’on ajoute l’équation chimique précédente à l’équation
• Un bain-marie bouillant.
2 H+(aq) + 2 HO–(aq) → 2 H2O, on trouve :
• Deux pipettes simples et une poire compte-gouttes.
Cl2 (g) + 2 HO–(aq) → ClO–(aq) + Cl–(aq) + H2O
• Une spatule.
d. Les ions présents dans l’eau de Javel sont ceux issus de • Un tube à boules et un bouchon à un trou pour tube à
la réaction précédente, soit ClO–(aq) et Cl–(aq), sans oublier essais (ou papier-filtre et hotte bien ventilée).
les ions Na+(aq) apportés avec les ions hydroxyde.
Note : Certanes solutions sont proposées préacidifiées ; cela évite l’utilisation
e. Non, il est la forme réduite du couple Cl2 (g)/Cl–(aq). L’ion d’acide sulfurique concentré par les élèves. Si une solution est préacidifiée, cela
oxydant contenu dans l’eau de Javel est donc l’ion ClO–(aq). doit impérativement être indiqué sur l’étiquette.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 6 – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 57


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 58

LE COIN
BAC

Réactions acido-basiques –
Réactions d’oxydoréduction
La demi-équation de ce couple est :
PROBLÈMES DE BAC HSO3–(aq) = H+ + SO32–(aq)
d. Dans 0,10 g de NaOH, il y a :
n = 0,10 / (23,0 + 16,0 + 1,0)
1 Les éléments chimiques Cl et I
n = 2,5 × 10 –3 mol d’ions Na+
a. Le milieu devient acide parce qu’il se forme des ions et autant d’ions HO–.
H+(aq), comme l’indique l’équation chimique proposée dans Il se produit une réaction acido-basique d’équation :
l’énoncé.
HSO3–(aq) + HO–(aq) → SO32–(aq) + H2O
b. Le milieu devient conducteur parce qu’il se forme des
ions en solution. e. Le tableau d’avancement est :
c. Les couples mis en jeu sont H+(aq) /H2O et H2O/HO–(aq). HSO3–(s) HO–(aq) SO32–(aq) H2O
L’équation chimique est donc : E.I. x=0 2,2 × 10 –2 2,5 × 10 –3 0 solvant
H+(aq) + HO–(aq) → H2O
–2 –3
E.F. xmax 2,2 × 10 – xmax 2,5 × 10 – xmax xmax solvant
d. La demi-équation est :
HClO(aq) = ClO–(aq) + H+ L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
L’équation de la réaction est : mole.
HClO(aq) + HO–(aq) → ClO–(aq) + H2O Les ions hydroxyde sont limitants. On a donc :
e. Les formes oxydées sont Cl2(aq) et I2(aq) et les formes xmax = 2,5 × 10 –3 mol.
réduites correspondantes Cl–(aq) et I–(aq). La quantité de matière d’ions HSO3–(aq) restant en solution
L’équation de la réaction est : est donc :
Cl2(aq) + 2 I–(aq) → 2 Cl–(aq) + I2(aq) n = 2,2 × 10 –2 – xmax
f. HClO(aq) + 2 I–(aq) + H+(aq) → Cl–(aq) + I2(aq) + H2O n = 2,2 × 10 –2 – 2,5 × 10 –3
g. 3 ClO–(aq) + I–(aq) → 3 Cl–(aq) + IO3–(aq) n = 2,0 × 10 –2 mol.
f. SO42–(aq) + 3 H+(aq) + 2 e– = HSO3–(aq) + H2O
2 Propriétés des ions HSO3–(aq) g. HSO3–(aq) + Br2(aq) + H2O → SO42–(aq) + 2 Br–(aq) + 3 H+(aq)
a. La quantité de matière de NaHSO3(s) contenue dans h. La quantité de matière d’ion HSO3–(aq) dans S a déjà été
m = 2,3 g est : calculée à la question b. On peut établir le tableau d’avan-
n=m/M cement de sa réaction avec le dibrome :
n = 2,3 / (23,0 + 1,0 + 32,1, + 16,0 × 3)
HSO3–(aq) Br2(aq) H2O SO42–(aq) 2 Br–(aq) 3 H+(aq)
n = 2,2 × 10 –2 mol.
E.I. x = 0 2,2 × 10 –2 nBr2 solvant 0 0 0
b. Le tableau d’avancement est :
E.F. xmax 2,2 × 10 –2 – xmax nBr2 – xmax solvant xmax 2 xmax 3 xmax
NaHSO3(s) Na+(aq) HSO3– (aq)
E.I. 0 2,2 × 10 –2 0 0 L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
mole.
E.F. xmax 2,2 × 10 –2 – xmax xmax xmax
La quantité minimum de dibrome qui peut réagir est impo-
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en sée par le fait que les ions HSO3–(aq) sont limitants.
mole. On a donc : xmax = 2,2 × 10 –2 mol et
Quand les 2,3 g sont totalement dissous, on a :
nBr2 = 2,2 × 10 –2 mol.
–2 –2
2,2 × 10 – xmax = 0, soit xmax = 2,2 × 10 mol. i. Cela correspond à la masse :
La concentration des ions est donc :
mBr2 = 2,2 × 10 –2 × 2 × 79,9 = 3,5 g.
[Na+(aq)] = [HSO3–(aq)] = xmax / V
j. À la question c., la particule échangée est H+ alors que
= 2,2 × 10 –2 / 0,100 = 0,22 mol . L– 1. c’est un électron e– à la question g.
c. La forme basique correspondant à HSO3–(aq) est SO32–(aq). k. L’ion HSO3–(aq) est un ion amphotère.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 58


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 59

e. Cette quantité de matière est présente dans le volume VB :


3 Couleurs et chimie des acides et des bases
VB = nB / cB
a. Les couples sont C15H15N3O2(aq) / C15H14N3O2–(aq) et
VB = 5,0 × 10 –5 / 1,0 = 5,0 × 10 –5 L
NH4+(aq) / NH3(aq).
soit : VB = 0,050 mL.
b. C’est une réaction acido-basique puisqu’elle consiste en
l’échange d’un ion H+. f. Un tel volume est trop petit pour le prélever précisément
c. Le rouge de méthyle est un indicateur coloré acide/base, avec la verrerie habituelle de laboratoire.
puisqu’il change de couleur lors d’une réaction acido- g. Si l’on veut qu’il y ait la quantité de matière
basique. n B = 5,0 × 10 –5 mol dans V′ B = 5,0 mL, et non plus dans
VB = 0,050 mL, il faut effectuer une dilution d’un facteur
d. Il faut déterminer la quantité de matière de rouge de
100, c’est-à-dire introduire 1 mL de solution initiale dans
méthyle mise en jeu dans l’expérience pour établir le
100 mL, ou 10 mL dans 1,00 L, etc.
tableau d’avancement de la réaction.
Un volume VA = 50 mL d’une solution de concentration mas-
sique cm = 0,269 g . L–1 contient la masse mA = cm VA de 4 Les responsables de la rouille
rouge de méthyle.
a. La formation de la rouille résulte d’une oxydation du fer.
Cela correspond à la quantité de matière : b. Les ions Cl–(aq) et Br–(aq) sont les formes réduites des
nA = mA / MA = cm VA / MA couples Cl2(g) / Cl–(aq) et Br2(aq) / Br–(aq) et ne peuvent être
nA = 0,269 × 5,0 × 10 –2 / 269 responsables d’oxydation.
Les cations Na+(aq) et Ca2+(aq) sont effectivement des formes
nA = 5,0 × 10 –5 mol.
oxydées de couples, mais ne sont jamais des oxydants. La
Le tableau d’avancement de la réaction est : formation de la rouille ne peut donc pas venir des ions de
l’eau de mer.
C15H15N3O2(aq) NH3(aq) C15H14N3O2–(aq) NH4+(aq)
c. O2(g) est la forme oxydée du couple O2(aq) / H2O(), et c’est
E.I. x=0 5,0 × 10– 5 nB 0 0 un oxydant notoire. Il peut donc être responsable de
E.F. –5
xmax 5,0 × 10 – xmax nB – xmax xmax xmax l’oxydation du fer. H2O(), en tant que forme réduite, ne
peut pas être responsable de l’oxydation du fer, mais en
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en tant que forme oxydée du couple H2O()/H2 pourrait oxyder
mole. le fer (et le fait effectivement, mais pas sous forme de
La quantité de matière nB d’ammoniac nécessaire est celle rouille). En revanche, H2(g) n’est qu’une forme réduite et
qui correspond aux proportions stœchiométriques. Il faut ne peut en aucun cas être responsable de la formation de la
donc que nB = 5,0 × 10 –5 mol. rouille.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE RÉACTIONS ACIDO-BASIQUES – RÉACTIONS D’OXYDORÉDUCTION 59


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 60

7 Titrages

2. Présentation du chapitre
ASPECTS PÉDAGOGIQUES
Nous avons limité notre approche à la présentation de la
ET SCIENTIFIQUES notion de titrage et de son principe, illustrée par quelques
exemples. Le concept d’équivalence est défini, en suivant
1. Introduction les instructions officielles, comme un état du système pour
lequel il y a inversion du réactif limitant. Les exemples de
Le chapitre intitulé Titrages achève la première partie du titrages développés dans ce chapitre utilisent des tableaux
manuel. Comme précisé dans l’introduction du B.O. d’avancement.
page 196, « Le principal objectif de cette première partie est L’introduction de la notion de titrage est proposée sous
de montrer comment la chimie permet d’accéder à la forme de deux activités de découverte, courtes, mettant en
détermination de concentrations ou de quantités de jeu pour la première une réaction acido-basique et pour la
matière… ». Cet objectif a été atteint dans le cas particulier seconde une réaction d’oxydoréduction.
de la conductimétrie au chapitre 4 ; le chapitre 7 aborde un La première activité est basée sur la mesure de la conduc-
cas différent et plus général, celui des titrages. Nous avons, tivité de mélanges de solutions dont la conductivité initiale
comme le demande le programme, traité simultanément les est la même. L’idée est de montrer que lors du mélange de
titrages acido-basiques et les titrages d’oxydoréduction en solutions qui réagissent entre elles, la conductivité est
nous limitant aux titrages directs, c’est-à-dire aux situations modifiée. Ainsi, la conductivité peut permettre le suivi
pour lesquelles l’entité chimique dont on cherche à déter- d’une transformation chimique à condition que celle-ci
miner la quantité de matière est elle-même impliquée dans mette en jeu des ions.
la réaction chimique du titrage. La seconde activité est basée sur l’observation de l’évolu-
L’enseignant doit être conscient qu’un titrage requiert l’exis- tion de la couleur d’un mélange lors d’une réaction d’oxy-
tence d’une réaction chimique totale, rapide et pour laquelle doréduction. L’élève est alors amené à utiliser les expres-
l’équivalence peut être déterminée. sions « réactif limitant » et « réactif en excès » pour
Pour les élèves de Première S, toutes les réactions envisa- expliquer cette évolution.
gées depuis que la chimie leur est enseignée sont totales ; il L’activité 3 introduit la notion de titrage et d’équivalence
ne leur a jamais été dit que les réactions pouvaient être limi- grâce à un titrage d’oxydoréduction.
tées (ou équilibrées). De même, la cinétique n’a pas encore L’activité 4 introduit le titrage conductimétrique et l’utili-
été abordée et la notion de réaction rapide ou lente leur est sation de l’évolution de la conductivité du mélange réac-
inconnue. Ainsi, la seule condition qu’il est nécessaire d’a- tionnel pour déterminer l’équivalence.
border est la troisième, relative à l’équivalence.
Deux situations vont être présentées pour la détermination
3. L’équivalence
de l’équivalence : l’utilisation d’une méthode physico-
chimique (la conductimétrie) et l’utilisation d’un change- Nous avons adopté la définition de l’équivalence proposée
ment de couleur. par le programme : « L’équivalence est définie comme l’état
La conductimétrie sera utilisée uniquement, comme le du système dans lequel le réactif titré devient le réactif limi-
demande le programme, dans le cas de la réaction d’un tant alors qu’avant l’équivalence le réactif limitant était le
acide fort avec une base forte (sans que soit précisée cette réactif titrant ». Cette définition précise que l’équivalence
notion, hors programme, de force d’un acide). est un état du système, bien que dans le langage courant, les
Le titrage colorimétrique est présenté dans le cas des titra- chimistes évoquent l’équivalence comme un moment du
ges d’oxydoréduction quand certains réactifs ou produits titrage.
sont naturellement colorés, tels le titrage iodométrique et Dans notre présentation, nous avons confondu équivalence
le titrage manganimétrique, en accord avec le programme. et fin de titrage, ce qui signifie que nous n’avons utilisé que
Bien que le point de vue historique n’ait pas été considéré des situations expérimentales pour lesquelles la manifesta-
dans ce chapitre, il faut se rappeler que l’utilisation systé- tion perceptible d’un événement, tel que le minimum de la
matique des titrages au XIXe siècle a permis le dévelop- courbe σ = f (V) ou le changement de couleur, correspond
pement d’une chimie dite « pure », qui a conduit à la décou- effectivement à l’état pour lequel le réactif qui était limitant
verte des soixante éléments chimiques inconnus de devient en excès. Une telle situation est bien évidemment
Lavoisier et de nombre de leurs composés, et d’une recherchée par le chimiste, mais elle n’est pas toujours
chimie dite « appliquée », au service du suivi des procédés réalisée. Ainsi, un titrage acido-basique utilisant un indica-
de fabrication agroalimentaires entre autres. Quelques-unes teur coloré non approprié peut donner un changement de
de ces informations ont été données au chapitre 1 afin de couleur correspondant à la fin du titrage alors que le sys-
préfigurer l’objectif de cette partie du programme, mais tème n’est pas à l’équivalence. De telles situations n’ont pas
elles n’ont pas été développées dans ce chapitre 7. été abordées dans ce chapitre.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 60


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 61

Du point de vue pédagogique, nous nous sommes attachés minimale puis pour la borne maximale. Cette redondance
à montrer, par des calculs de bilans de matière aussi sim- possède l’avantage de simplifier la présentation des calculs
ples que possible, que l’événement perceptible de fin de d’incertitude et de faire en sorte que l’élève puisse la met-
titrage correspondait effectivement à l’équivalence. tre en pratique. Il s’agit d’une approche plus fine que celle
Par exemple, afin de ne pas imposer dogmatiquement que proposée en Seconde qui se limitait à donner une règle sim-
le minimum de la courbe σ = f (V) correspond à l’équiva- ple pour déterminer le nombre de chiffres significatifs d’un
lence, nous avons présenté une suite de bilans de matière résultat.
(Tab. 4, p. 145) qui montre qu’il en est ainsi. Il en est de La détermination des bornes d’un intervalle de confiance
même pour le changement de couleur d’un titrage colori- est donc une amélioration significative. L’intervalle de
métrique (Tab. 5, p. 146). Ce type d’approche des titrages confiance a souvent été écrit à l’aide de deux inégalités, par
fait partie des contenus officiels du B.O. : « Utilisation d’un exemple 0,135  c  0,142 (en mol . L– 1).
tableau décrivant l’évolution du système au cours du La fin de la première activité de découverte aborde cette
dosage ». notion d’incertitude dans le cas d’un titrage et elle met
La détermination de l’équivalence à l’aide de l’évolution de expérimentalement en évidence la différence entre l’usage
la conductivité d’une solution est une nouveauté dans l’en- d’une éprouvette et celui d’une pipette. Dans ce cas, on s’in-
seignement au niveau du lycée. Nous avons limité cette téresse en premier lieu à la précision de la verrerie utilisée,
approche au cas du titrage d’un acide fort par une base puis la précision d’un titrage est traitée plus complètement,
forte, en insistant sur le fait que cette technique est un cas et l’intervalle de confiance est déterminé dans un cas parti-
particulier. Il faut à tout prix éviter que les élèves ne géné- culier. Le calcul des bornes minimale et maximale de l’in-
ralisent abusivement cette utilisation de la conductimétrie tervalle est effectué. Le paragraphe 3. 3 du cours, page 147,
et qu’ils ne l’associent à tous les cas de détermination de l’é- est consacré à ce sujet. Plusieurs exercices prennent éga-
quivalence. Cette technique doit de plus être réservée aux lement en charge cette difficulté. Ainsi, l’élève pourra s’y
titrages pour lesquels la dilution due au réactif ajouté est entraîner, et surtout, il percevra l’importance de la notion
négligeable : typiquement, le volume à l’équivalence doit de précision.
être inférieur à 5 % du volume total, et si l’on peut descen-
dre à 2 %, ce n’est que mieux. En effet, si l’on peut négliger
la dilution, l’évolution de la conductance (ou de la conduc- ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE
tivité) en fonction du volume versé correspond à un seg-
ment de droite avant l’équivalence, et à un segment de
droite après l’équivalence, le changement de pente cor- TP 1. Initiation au titrage acide/base
respondant à l’équivalence. Il faut remarquer que, comme (p. 138)
pour un suivi pH-métrique, on peut réaliser un tel titrage
sans avoir à effectuer de calculs de conductimétrie, et sans Commentaires
même maîtriser cette technique. En effet, le problème des Le but de cette activité est de réfléchir sur l’évolution de la
unités évoqué au chapitre 4 n’importe plus ici puisqu’on a conductivité du mélange de deux solutions en l’absence,
seulement besoin de l’évolution d’une grandeur (G ou σ), et puis en présence d’une réaction chimique, sans qu’aucun
que seul le volume correspondant au point singulier de l’é- calcul ne soit mis en jeu. Cela conduit à introduire la notion
volution compte. de titrage suivi par conductimétrie.
Nous proposons une activité mettant en jeu les technolo- Les deux premiers mélanges concernent des solutions qui ne
gies de l’information et de la communication (TICE). réagissent pas entre elles. L’élève en déduit que le mélange
L’activité 6 utilise le simulateur « dosage conductimé- de solutions de même conductivité possède cette conducti-
trique » présent dans le cédérom. Cette activité est l’occa- vité, tout comme le mélange de deux solutions de même
sion de réinvestir et d’exploiter les connaissances rencon- température doit avoir cette température. Cette propriété
trées dans le cours. Il s’agit aussi de s’interroger sur le rôle n’est bien sûr vraie qu’en l’absence de réaction chimique, ce
des ions spectateurs en solution, dont leur incidence sur la qui va être pris en compte dans la suite de l’activité.
valeur de la conductivité de la solution. Les trois derniers mélanges concernent la réaction entre un
acide et une base. La conductivité résultante dépend alors
4. Précision des proportions de réactifs utilisés. Elle peut diminuer ou
augmenter suivant les cas, ce qui entraîne un questionne-
La détermination de la précision d’un titrage fait explicite- ment intéressant lié au caractère limitant de l’un ou l’autre
ment partie des connaissances exigibles : « Estimer la pré- des réactifs. On touche le cœur du problème du titrage suivi
cision du titrage (justification du nombre de chiffres par conductimétrie.
significatifs employés) ». Nous avons utilisé la même appro-
che que celle des chapitres 1 (Grandeurs physiques Correction
et quantité de matière) et 4 (Conductimétrie). Cette a. Les solutions M1 et M2 sont constituées de mélanges de
approche consiste à : solutions de même conductivité qui ne réagissent pas entre
– recenser les différentes incertitudes sur les grandeurs elles. La solution résultante possède cette conductivité.
mises en jeu ;
Note : Seul un raisonnement qualitatif est attendu. La démonstration proposée
– trouver la valeur minimale puis la valeur maximale de la ci-dessous élève sensiblement le niveau d’abstraction. En effet, on a :
grandeur déterminée par le titrage, en effectuant une majo- σ = (λH3O+ + λCl–) c1 = (λNa+ + λCl–) c2.
ration et une minoration compte tenu des incertitudes La concentration de chacun des ions dans le mélange M1 est :
c V
mises en jeu. [H3O+] = 1 1
V1 + V2
Cette approche est conceptuellement simple mais nécessite c1 V1 + c2 V2
[Cl–(aq)] =
d’effectuer deux fois le même calcul : pour la borne V1 + V2

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 61


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 62

[Na+(aq)] =
c2 V2 limitant dans le mélange au début de l’addition, puis finale-
V1 + V2 ment devient le réactif en excès après que la solution a été
La conductivité du mélange M1 est donc :
totalement décolorée.
λH3O+ c1 V1 + λCl– c1 V1 + λCl– c2 V2 + λNa+ c2 V2
σ1 =
V1 + V2 c. et d.. La solution est initialement incolore, puisqu’il n’y a
σ V1 + σ V2 pas de diiode (qui est le réactif limitant), et reste incolore
σ1 = =σ
V1 + V2 tant que les ions thiosulfate constituent le réactif en excès.
Une autre démonstration consisterait à prendre en compte le caractère intensif Dès que le diiode devient le réactif en excès, la solution se
de la conductivité qui ne doit donc pas dépendre du volume de solution consi-
déré : V1 ou V1+ V2.
colore progressivement.
Un raisonnement analogue conduit à trouver que la conductivité σ2 du mélange
M2 est égale à σ.
DOC 3. Titrage des ions fer Fe2+ (p. 139)
Les mélanges M3 et M4 concernent des solutions de même
conductivité qui sont le siège d’une réaction acide/base. Ces Commentaires
mélanges contiennent en particulier des ions H3O+ et des Dans les deux premiers paragraphes de cette activité, les
ions HO–(aq) qui réagissent suivant la réaction d’équation : notions de titrage et d’équivalence d’un titrage sont définies
H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O à partir de l’exemple de la réaction des ions Fe2+(aq) avec les
Ces ions sont consommés et sont donc moins concentrés ions MnO4–(aq).
que dans les mélanges précédents, ce qui entraîne une De manière plus générale, on évoque les conditions que doit
diminution de la conductivité du mélange résultant. satisfaire une réaction chimique, afin de servir de support
de titrage.
Note : Les concentrations et les volumes utilisés sont tels que ces mélanges sont Dans le troisième paragraphe, l’élève est amené à estimer
quasiment dans les proportions stœchiométriques. La diminution de la conduc-
tivité est donc optimisée.
la précision du titrage effectué, en prenant en compte la
précision de la concentration titrante ainsi que celle de la
La conductivité du mélange M5 est supérieure à celle du verrerie utilisée.
mélange M4. En effet, le faible excès d’ions HO–(aq) présent Ce titrage est présenté dans une vidéo du cédérom.
dans le mélange M4 est consommé immédiatement par l’a-
jout d’acide chlorhydrique. L’acide chlorhydrique apporte Correction
des ions Cl–(aq) et H3O+ et contribue à augmenter la concen- 1. a.
tration des ions présents, donc la conductivité de la solution. 5Fe2+(aq) + MnO–4(aq) + 8H+(aq) → 5Fe3+(aq) + Mn2+(aq) + 4H2O
b. Expérimentalement, on obtient : b. Si l’on observe la décoloration totale de la solution de
Mélange M1 M2 M3 M4 M5 permanganate de potassium, on peut dire que l’ion MnO–4 (aq)
est en défaut.
Conductivité
4,46 × 10–2 4,33 × 10–2 2,62 × 10–2 1,18 × 10–2 1,91 × 10–2 c. On peut en déduire que 15,8 mL correspond à des pro-
σ (S · m–1)
portions stœchiométriques pour les ions Fe2+(aq) et
c. On constate que les mesures expérimentales sont confor- MnO–4 (aq).
mes aux prévisions, aux erreurs expérimentales près.
Note : Les proportions ne sont pas intégralement stœchiométriques à cause des
ions H+(aq) qui sont en excès.

TP 2. Initiation au titrage La concentration des ions Fe2+(aq) se déduit du tableau


oxydant/réducteur (p. 138) d’avancement suivant :

Commentaires 5 Fe2+ MnO4–(aq) 8H+(aq) 5 Fe3+(aq) Mn2+(aq) 4H2O


Lors de cette activité, les élèves étudient la réaction chi- E.I. x = 0 n 7,9 × 10 –4 excès 0 0 solvant
mique entre les ions thiosulfate et le diiode sous plusieurs –4
E.F. xmax n – 5xmax 7,9 × 10 – xmax excès 5xmax xmax solvant
aspects. Dans un premier temps, les élèves ajoutent pro-
gressivement une solution de thiosulfate de sodium à un Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière
volume connu de solution de diiode. Cette réaction met en sont exprimés en mole.
jeu des solutions colorées et l’évolution de cette coloration Les proportions étant stœchiométriques, on a :
au cours de la réaction chimique permet à l’élève de réflé-
7,9 × 10 – 4 – xmax = 0 soit xmax = 7,9 × 10 – 4 mol
chir sur la nature du réactif limitant et du réactif en excès.
Dans un second temps, on amène l’élève à réfléchir sur On en déduit que n = 5xmax = 4,0 × 10 – 3 mol
l’évolution de la coloration si on ajoutait maintenant une soit : [Fe2+(aq)] = 0,20 mol . L–1.
solution de diiode à un volume connu de thiosulfate de
sodium.
d. La solution resterait violette. Dès la goutte supplé-
mentaire après 15,8 mL, les ions permanganate sont en
Correction excès.
a. Au cours de l’addition de la solution de thiosulfate de e. L’acide sulfurique apporte les ions H+(aq) nécessaires à la
sodium, la coloration jaune de la solution de diiode dans réaction (voir l’équation chimique de la question a.).
l’erlenmeyer diminue progressivement jusqu’à devenir f. L’addition de solution d’hydroxyde de sodium à une solu-
incolore. tion identique à la solution initiale conduirait à la formation
b. On interprète la diminution progressive de la couleur par d’un précipité vert de formule Fe(OH)2 (s).
le fait que le diiode, responsable de la coloration de la solu- Après l’addition des 15,8 mL, l’élément chimique fer est uni-
tion présente dans l’erlenmeyer, est consommé lors de la quement présent sous forme d’ions Fe3+(aq), et le même test
réaction avec les ions thiosulfate. Celui-ci est le réactif conduirait à un précipité de couleur rouille Fe(OH)3 (s).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 62


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 63

Note : Il faut préciser aux élèves, même si c’est évident pour un chimiste, que le Au lieu de 15,8 mL, on considère que l’on a 15,75 mL.
test ne se fait pas sur la solution précisément prélevée, mais sur un autre pré-
Au lieu de 0,050 mol . L–1 on considère que l’on a
lèvement de la solution à titrer.
0,049 5 mol . L–1.
2. a. Il s’agit de l’ion Fe2+(aq). La réaction chimique a effec- Un calcul similaire à celui de la question 1.c. donne
tivement permis de déterminer sa concentration dans la [Fe2+(aq)] = 0,195 mol . L–1.
réaction initiale. • Valeur maximale :
b. La réaction est beaucoup trop lente pour être utilisable. Au lieu de 20,00 mL, on considère que l’on a 19,98 mL.
Rien ne permet de dire que les quantités de matière des Au lieu de 15,8 mL, on considère que l’on a 15,85 mL.
réactifs étaient dans les proportions stœchiométriques. Au lieu de 0,050 mol . L–1 on considère que l’on a
La détermination de la quantité de matière de dioxygène de 0,050 5 mol . L–1.
l’air qui a réagi serait pratiquement impossible. On trouve [Fe2+(aq)] = 0,200 mol . L–1.
c. À l’équivalence, les réactifs Fe2+(aq) et MnO4–(aq) ont été L’intervalle de confiance est de 0,005 mol . L–1 autour de la
introduits dans les proportions stœchiométriques. valeur 0,198 mol . L–1.
Le deuxième chiffre 9 n’est pas significatif. Soit on donne le
Note : Le système n’est pas intégralement dans les proportions stœchiomé-
résultat sous la forme 0,198 ± 0,005 mol . L–1, soit sous la
triques car les ions H+(aq) sont en excès. Le statut des ions H+(aq), HO–(aq) ou de
H2O dans les réactions d’oxydoréduction est un peu particulier. On peut dire forme 0,20 mol . L–1, ce qui, par convention, garantit un
que le système est dans les proportions stœchiométriques, au moment de résultat compris entre 0,195 et 0,205 mol . L–1.
l’équivalence, pour signifier que le réducteur et l’oxydant sont dans les propor-
tions stœchiométriques.

d. Pour être utilisable lors d’un titrage, une réaction chi- TP 4. Titrage conductimétrique (p. 140)
mique doit être suffisamment rapide, et doit permettre la
Commentaires
détection de l’équivalence afin de pouvoir déterminer la
concentration de l’un des réactifs. Cette activité permet de réinvestir les notions de conducti-
métrie et de réaction acide/base vues lors des chapitres pré-
Note : Les élèves ne connaissant que les réactions totales, cette condition, éga-
cédents. Les élèves découvrent une méthode expérimentale
lement nécessaire pour la réaction d’un titrage, ne peut donc être attendue des
élèves. basée sur l’évolution de la conductivité au cours d’un titrage
acido-basique, ce qui leur permet de déterminer le volume
3. a. versé à l’équivalence.
L’élève est amené à se familiariser avec le vocabulaire inhé-
rent à un titrage et avec l’utilisation d’une burette. Un tel
travail se poursuivra en Terminale S.
L’exploitation des valeurs expérimentales fait prendre
conscience à l’élève que la détermination du volume versé
à l’équivalence ne s’obtient pas directement, mais nécessite
d’extrapoler les valeurs mesurées.
Enfin, cette activité, longue pour les élèves les plus lents,
peut être traitée en deux temps : la partie expérimentale en
éprouvette erlenmeyer pipette jaugée (2 traits) séance de TP et la partie exploitation à la maison.
La pipette jaugée est la plus précise, puis vient l’éprouvette Correction
graduée, et enfin l’erlenmeyer dont les graduations ne sont
pas précises.
1. a. Une solution contenant des ions Na+(aq), Cl–(aq) et H O+ 3
peut exister pour peu que les charges se compensent. On
Note : Pour la verrerie de précision, on distingue la classe A et la classe B, l’obtient en mélangeant une solution de chlorure de sodium
moins précise. La précision est parfois indiquée à même la verrerie ; elle l’est
et de l’acide chlorhydrique.
souvent sur le catalogue du fournisseur. Elle change également avec le volume
nominal de la pipette ; par exemple : 0,008 mL pour une pipette de 1 mL, Note : Beaucoup d’élèves pensent qu’une solution qui contient deux cations et
0,01 pour une pipette de 2 mL... un anion ne peut exister à cause de l’électroneutralité. Il faut laisser les élèves
Les pipettes deux traits sont un peu plus précises (exemple : 10 ± 0,015) que les avec cette conception le temps de ce TP qui permet de développer l’idée
pipettes un trait (exemple : 10 ± 0,02 mL). contraire.
Enfin, la température influe sur la valeur mesurée ; 20 mL d’eau à 22 °C pèsent
moins que 20 mL d’eau à 18 °C. Le fournisseur indique que les mesures sont b. Dans ce cas, σ = λH3O+[H3O+] + λNa+[Na+] + λCl–[Cl–].
exactes à 20 °C. Cette erreur n’est pas une incertitude ; elle est systématique et
pourrait être corrigée par calcul. Le seul point qui n’est pas prévisible est le soin
c. Au début du titrage, le réactif limitant correspond aux
apporté par le manipulateur. ions HO–(aq) apportés en faible quantité par la solution
contenue dans la burette.
b. Voir ci-contre les schémas acceptables pour une burette :
d. Il faut ajouter suffisamment d’ions HO–(aq) pour consom-
Avec une précision de 0,05 mL, la précision de
mer la totalité des ions H3O+ initialement introduits dans le
la burette graduée est proche de celle de la
bécher. Les ions HO–(aq) sont alors ajoutés en excès et les
pipette, surtout si elle est utilisée pour des volu-
ions H3O+ constituent le réactif limitant.
mes suffisamment grands. En effet, 0,05 mL sur
1 mL représente une incertitude relative de 5 % e. Les ions présents sont H3O+ et Cl–(aq).
et de 0,25 % sur un volume de 20 mL. f. Avant l’équivalence, les ions en solution sont : H3O+,
c. Pour déterminer l’intervalle de confiance, on cherche la Cl–(aq) et Na+(aq).
valeur minimale et la valeur maximale que l’on pourrait g. Avant l’équivalence, la quantité de matière des ions chlo-
obtenir pour la concentration des ions Fe2+(aq). rure ne change pas puisqu’ils ne sont pas impliqués dans
• Valeur minimale : une réaction chimique. La quantité de matière des ions
Au lieu de 20,00 mL, on considère que l’on a 20,02 mL. hydronium diminue puisqu’ils sont consommés par la

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 63


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 64

réaction de titrage ; celle des ions sodium augmente puis-


qu’on les ajoute sans qu’ils soient consommés. 0,25 (S . m–1)
h. En supposant que le volume varie peu, la concentration 0,2
des ions chlorure ne change pas, celle des ions hydronium
diminue et celle des ions sodium augmente. 0,15
i. À chaque ajout de la solution titrante, des ions Na+(aq) 0,1
et HO–(aq) sont ajoutés en quantité égale. Les ions HO–(aq)
réagissent avec autant d’ions H3O+. Cela revient à rempla- 0,05
VB (mL)
cer chaque ion H3O+ que l’on fait réagir par un ion Na+(aq). 0
j. Avant l’équivalence, la conductivité de la solution dimi- 0 5 10 15 20
nue puisque des ions H3O+ sont remplacés par des ions
Na+(aq) de plus faible conductivité molaire ionique.
b. Le graphe est constitué de deux demi-droites. On
extrapole la valeur de σ pour VB = 20 mL et l’on trouve
k. • Une fois que les ions HO–(aq) sont en excès, les ions pré- σ ≈ 0,21 S . m–1.
sents en solution après l’équivalence sont : HO–(aq), Cl–(aq) et
c. Ce graphe est en accord avec les prévisions de la ques-
Na+(aq).
tion 1. j. : on voit que σ diminue avant l’équivalence, puis
• Après l’équivalence, la quantité de matière des ions chlo-
augmente ensuite.
rure ne change pas puisqu’ils ne sont pas consommés. Celle
Note : Il se peut que l’élève soit face à un désaccord entre ses prévisions et le
des ions hydroxyde augmente puisqu’ils ne sont plus
résultat de ses expériences. Sa réflexion sera intéressante seulement si le pro-
consommés par la réaction de titrage, de même que celle fesseur s’est assuré que le graphe obtenu est correct.
des ions sodium puisqu’on les ajoute en solution sans qu’ils
ne réagissent.
3. a. Graphiquement, on voit que Véq correspond au mini-
mum de σ. On lit : Véq ≈ 8 mL.
• Dans ce cas, la concentration des ions chlorure ne change
Note : Si l’on fait mesurer trop de points expérimentaux entre 6 et 14 mL,
pas ; celle des ions hydroxyde et des ions sodium augmente. l’élève pensera que le volume à l’équivalence est celui qui correspond à la
• On ajoute en solution des ions qui ne sont plus consom- plus petite des valeurs de la conductivité qu’il a trouvé avec ses expériences,
més par des réactions chimiques : la conductivité de la solu- alors qu’il faut passer par une phase d’extrapolation des données. Avec le proto-
tion augmente de nouveau. cole tel que nous l’avons fourni, l’intérêt de l’extrapolation apparaît effective-
ment indispensable.
2. a. On obtient le graphe suivant : b. La quantité d’ions hydroxyde introduite en solution est
égale à : nHO–= cBVb = 2,0 × 10–4 mol. Ces ions sont totale-
0,25 (S . m–1) ment consommés dès leur introduction en solution. La
quantité d’ions hydroxyde restante est nulle.
0,2 c. Initialement, on a introduit :
0,15 nA = cAVA = cBVéq = 8,0 × 10–4 mol.
d. On a :
0,1 H3O+ HO–(aq) 2 H2O
0,05 E.I. x=0 cAVA cBVB = 2,0 × 10 –4
solvant
VB (mL)
0 E.F. xmax cAVA – xmax cBVB – xmax = 0 solvant
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
L’avancement et les quantités de matières sont exprimés en
On voit que les points expérimentaux semblent alignés. On mole.
peut prévoir pour VB = 8,0 mL, σ ≈ 0,07 S . m–1. e. Voir le tableau récapitulatif ci-dessous.
VB (mL) 0 2,0 4,0 6,0 14,0 16,0 18,0 Véq
Conductivité
0,226 0,184 0,143 0,105 0,137 0,18 0,212 0,061
(S . m–1)
Quantité de
matière d’ions 0 2,0 × 10–4 4,0 × 10–4 6,0 × 10–4 1,4 × 10–3 1,6 × 10–3 1,8 × 10–3 8,0 × 10–4 – cAVA
HO–(aq) ajoutés
(mol)
Quantité de
matière d’ions 0 0 0 0 1,4 × 10–3 – cAVA 1,6 × 10–3 – cAVA 1,8 × 10–3 – cAVA 0
HO–(aq) restants
(mol)
Quantité de
matière d’ions 0 2,0 × 10–4 4,0 × 10–4 6,0 × 10–4 cAVA cAVA cAVA cAVA
H3O+ disparus
(mol)
Quantité de
matière d’ions cAVA – 2,0 × 10–4 cAVA – 4,0 × 10–4 cAVA – 6,0 × 10–4 0 0 0 0
cAVA
H3O+ restants
(mol)
Réactif en excès H3O+ H3O+ H3O+ H3O+ HO–(aq) HO–(aq) HO–(aq) aucun

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 64


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 65

f. À l’équivalence, il y a changement de nature du réactif réversible jusqu’à un certain point, ce point dépendant en
limitant. Dans ce cas, tous les réactifs sont consommés. Il particulier de la quantité d’ions triiodure en solution. Moins
ne reste plus d’ions HO–(aq) et H3O+ en solution. il y en a, plus elle est réversible.
g. Dans ce cas, on a : cAVA = cBVéq. Correction
On trouva :
cA = cBVéq / VA = 0,080 mol . L– 1. 1. On se place dans le cas où Véq = 10 mL.
h. À l’équivalence, les réactifs sont introduits dans les pro- a. I2 (aq) + 2 S2O2– – 2–
3 (aq) → 2 I (aq) + S4O6 (aq)
portions stœchiométriques. b. La quantité de matière d’ions thiosulfate introduite à
l’équivalence est :
c1 Véq = 0,10 × 0,010 = 1,0 × 10 – 3 mol.
ACTIVITÉS D’EXPLOITATION Celle de diiode initialement introduite est cI2 VI2.
Le tableau d’avancement de cette réaction est :

TP 5. Deux titrages utilisant I2(aq) 2 S2O2–


3 (aq) 2 I–(aq) S2O2–
6 (aq)

le couple I2 (aq)/I–(aq) (p. 149) E.I. x=0 cI2 VI2 1,0 × 10– 3 0 0
–3
Commentaires E.F. xéq cI2 VI2 – xéq 1,0 × 10 – 2 xéq 2 xéq xéq
Dans un premier temps, les élèves effectuent le titrage À l’équivalence, on a simultanément : cI2VI2 – xéq = 0 et
d’une solution de diiode par une solution de thiosulfate de 1,0 × 10 – 3 – 2 xéq = 0.
sodium. Puis, on s’intéresse à un produit de la vie courante :
On en déduit : xéq = 0,50 × 10 – 3 mol.
l’eau de Javel. Pour finir, on réalise le titrage d’une solution
d’eau de Javel commerciale. D’où : cI2 = 0,50 × 10 – 3 / 5,0 × 10 – 3 = 0,10 mol . L–1.
Le titrage de l’eau de Javel est un titrage classique dont la
difficulté peut être portée à différents niveaux en fonction
2. a. R31 : Au contact d’un acide, dégage un gaz toxique.
R34 : Provoque des brûlures.
de l’énoncé qui accompagne le mode opératoire. Dans cette
S2 : Conserver hors de portée des enfants.
activité expérimentale, nous proposons une expérience
S28 : Après contact avec la peau, se laver immédiatement à
volontairement simplifiée, dans laquelle l’élève est guidé
grande eau.
avec un mode opératoire en plusieurs temps. À l’aide de
quelques questions, il devra en proposer une exploitation, b. L’eau de Dakin est de l’eau de Javel très diluée. Comme
ce qui l’obligera à réinvestir les connaissances introduites pour toute espèce chimique dangereuse, les risques liés à
dans le chapitre 6 sur l’oxydoréduction. son utilisation diminuent considérablement avec la dilution.
Le titrage opposant le diiode aux ions thiosulfate est un Note : L’eau de Dakin est de l’eau de Javel diluée à 1,5°chl (alors que l’eau de
« bon » titrage. Son intérêt est double : on l’utilise pour ses Javel commerciale titre 48°chl), dont le pH a été ajusté à 9,4 avec du hydrogé-
nocarbonate de sodium, et stabilisée vis-à-vis de la lumière par du permanga-
vertus pédagogiques, car il illustre simplement les princi-
nate de potassium (10 mg . L–1).
paux aspects des titrages, et on l’utilise également parce
que c’est le titrage de base d’une large classe de titrages c. La phénolphtaléine a pris sa couleur fuchsia pendant un
appelés titrages iodométriques. court instant, car l’eau de Javel est basique.
Bien que le diiode puisse être considéré comme auto-indi- Note : La phénolphtaléine se décolore dans l’eau de Javel parce qu’elle est irré-
cateur de l’équivalence, la teinte jaune pâle que prend la versiblement transformée par oxydation.
solution au moment du virage n’est généralement pas suffi-
samment visible pour assurer une détermination franche de 3.
l’équivalence. On a longtemps renforcé cette coloration par Notes :
l’usage d’empois d’amidon qui permet de substituer le • L’eau de Javel proposée aux élèves est diluée 100 fois pour raison de sécurité.
virage du jaune pâle à l’incolore par un virage du bleu nuit L’eau de Javel commerciale est concentrée donc dangereuse au contact de la
à l’incolore, plus franchement repérable. L’inconvénient de peau. De plus, l’addition d’acide (il y en aura sur les paillasses lors de cette acti-
vité expérimentale) provoque instantanément la production de dichlore, gaz
l’empois d’amidon tient à la nécessité de le préparer le jour toxique dont la production dans un local entraîne l’évacuation immédiate.
même et à sa non-conservation. On trouve maintenant, sur • L’eau de Javel se détériore lentement mais inexorablement par dismutation.
le marché, différents substituts de l’empois d’amidon pré- Cette dégradation commence dès sa fabrication et après 6 mois de stockage à
sentés sous la forme d’une poudre blanche avec les noms 20 °C, son titre est diminué par 2 (J.L. Vigne, références ci-dessous). Pour cette
activité, on peut donc trouver des résultats différents suivant l’âge
de Iotec® ou thiodène®. L’un comme l’autre sont des formes de l’eau de Javel. En aucun cas, il ne faut utiliser une eau de Javel qui a été stoc-
solubles dans l’eau froide de l’amidon. kée plusieurs mois : concernant l’usage domestique, ses propriétés bactérici-
À la différence des indicateurs colorés, l’amidon peut être des ont disparu, et concernant le TP, il serait raté.
mis en quantité substantielle ; il en résulte une coloration L’eau de Javel : sa chimie et son action biochimique. G. Durliat, J.L.Vignes et
J. N. Joffin, B.U.P. mars 1997 n° 792 p. 451-472.
soutenue permettant une bonne détermination de l’équiva- Expériences sur l’eau de Javel. G. Durliat, S. Lognon et J.L.Vignes, B.U.P. mars
lence. De plus, cet additif doit être introduit peu avant 1997 n° 792 p. 473-483.
l’équivalence, et pas au début du titrage comme pour
a. Il s’est formé du diiode (X = I2), caractérisé par sa couleur.
l’hélianthine par exemple.
Pour déterminer la quantité de matière de diiode formée,
Pourquoi ? On sait l’expliquer depuis la fin des années 1970,
on peut réaliser le titrage du paragraphe 1.
quand T. Marks a déterminé l’origine de la couleur bleue
nuit obtenue. Il s’agit d’un complexe, c’est-à-dire d’une b. Si Véq est le volume équivalent, la quantité de matière de
association entre une molécule d’amidon et quelques diiode est donnée par un tableau d’avancement similaire à
ions triiodure. La molécule d’amidon est un polymère du celui vu en 1. b. On en déduit que nI2 = Véq × 0,10/2.
glucose qui piège l’ion triiodure I3–. Cette complexation est c. Les couples sont ClO–(aq)/Cl–(aq) et I2 (aq)/I–(aq).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 65


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 66

Leurs demi-équations respectives sont : e. On obtient le graphe ci-dessous :


ClO–(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– = Cl–(aq) + H2O
2 I–(aq) = I2(aq) + 2 e– (S . m–1)
0,6
d. On peut déduire la relation entre nI2 et nClO– d’un tableau
0,5
d’avancement :
0,4
CIO–(aq) 2 I–(aq) 2 H+(aq) CI–(aq) I2(aq) 4 H2O 0,3
E.I. x = 0 nCIO– nI– excès 0 0 solvant 0,2
E.F. xmax nCIO– – xmax nI– – 2 xmax excès xmax xmax solvant 0,1
V1(mL)
0
Les ions I–(aq)
sont en excès : la quantité de matière des ions 0 5 10 15 20 25
ClO–(aq) est donc nulle à l’état final. On en déduit que
xmax = nClO– . Or, le tableau d’avancement montre également Ce graphe est composé de deux portions de droites qui se
qu’à l’état final, la quantité de matière de diiode est coupent en un point pour lequel la conductivité est mini-
nI2 = xmax. La relation entre les quantités de matière d’ions male. Avant ce point, la conductivité diminue et augmente
hypochlorite et de diiode est donc nClO– = nI2. après, conformément aux prévisions.
f. Le volume versé à l’équivalence correspond à la valeur
e. La concentration en ions hypochlorite dans l’échantillon minimale de la conductivité. On lit Véq = 12 mL, valeur cal-
est : [ClO–(aq)] = nClO–/V0 ; culée à la question b.
nClO est déterminée à partir du dernier titrage.

Dans l’échantillon commercial, la concentration en ions


2. a. Avant l’équivalence, les ions H3O+ sont consommés
dès leur introduction en solution. Leur quantité de matière
hypochlorite est 100 fois supérieure.
est donc nulle. Après l’équivalence, ils ne sont plus consom-
més et leur quantité de matière augmente puisqu’on conti-
nue d’en ajouter.
DOC 6. Utilisation du simulateur Dosage b. De même, avant l’équivalence, les ions HO–(aq) sont
conductimétrique (p. 150) consommés par la réaction chimique, leur quantité de
matière décroît. Après l’équivalence, il n’y a plus d’ions
Commentaires
HO–(aq) en solution. Leur quantité de matière est donc nulle.
Cette activité permet de clore ce chapitre en revenant sur c. C’est ce que l’on observe sur le graphe ci-dessous.
de nombreuses propriétés des titrages conductimétriques.
L’analyse des différentes courbes que propose le simulateur n (10 –6 mol)
permet à l’élève de se questionner sur un certain nombre de 5
points fondamentaux pour la compréhension des réactions
de titrage. Il sera question de comprendre quels ions sont 4
présents en solution avant et après l’équivalence, et pour- 3
HO–
quoi la quantité de matière de certains ions en solution est H3O+
2
constante alors que d’autres varient. L’effet de la dilution,
qui permet de préparer les élèves aux titrages pH-métriques 1
V1(mL)
de Terminale S, est abordé en fin d’activité. 0
0 5 10 15 20 25
Correction
1. On lit : σ0 = 0,325 mS . m–1. d. Les ions K+(aq) ont été apportés en solution en même
a. Le titrage met en jeu les couples H3O+/H2O et H2O/ temps que les ions HO–(aq). Ces ions sont spectateurs,
HO–(aq). L’équation chimique du titrage s’écrit : aucune réaction chimique ne les consomme : leur quantité
de matière est constante quel que soit le volume V1 ajouté.
H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
Les ions Cl–(aq) sont apportés en solution en même temps
b. À l’équivalence, les réactifs sont dans les proportions que les ions H3O+. Ils sont spectateurs, aucune réaction chi-
stœchiométriques. mique ne les consomme : leur quantité de matière augmente
On a alors : cAVéq = cBV2. en même temps que le volume V1 ajouté. Le résultat était
D’où : Véq = cBV2 /cA = 12,0 mL. donc prévisible.
c. Avant l’équivalence, le réactif limitant se trouve dans la n (10 –6 mol)
burette ; il est entièrement consommé dès son introduction
5
en solution. Il s’agit des ions hydronium H3O+. Après l’équi-
Cl–
valence, le réactif limitant a changé. Il s’agit des ions HO–(aq) 4
qui ont été totalement consommés suivant la réaction 3
décrite en a. K+
2
d. Avant l’équivalence, on ajoute des ions H3O+ et Cl–. Les
ions hydroxyde sont consommés par la réaction chimique 1
précédente et remplacés en solution par des ions Cl–(aq) de V (mL)
0
conductivité molaire ionique plus faible. La conductivité de 0 5 10 15 20 25
la solution diminue. Note : Les élèves peuvent être déroutés face à ces deux graphes, car ils pour-
Après l’équivalence, les ions H3O+ ajoutés ne sont plus raient s’attendre à ce que la quantité de matière d’ions Cl– ne varie pas puisqu’ils
consommés et la conductivité de la solution augmente. sont spectateurs.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 66


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 67

e. Les courbes se croisent pour V1 = Véq. Cela est normal 12 a. I2 (aq) + 2 S2O2– – 2–
3 (aq) → 2 I (aq) + S4O6 (aq)
puisqu’à l’équivalence les seuls ions en solution sont les b. Pour préparer 0,250 L d’une solution de concentration
ions spectateurs qui, pour respecter l’électroneutralité, doi- c = 2,00 × 10 – 3 mol . L–1, il faut disposer de la quantité de
vent être en quantité égale. matière n = 5,00 × 10 – 3 mol. Dans le cas du thiosulfate de
f. On lit : nCl– = nK+ = 2,4 × 10–6 mol. sodium solide, il faut donc peser (dans une soucoupe, par
Le volume total est : VT = 180,0 + 20,0 + 12,0 = 212,0 mL. exemple) une masse m = 5,00 × 10 – 3 × 248,2 = 1,24 g. On
Les concentrations des ions K+(aq) et Cl–(aq) sont : introduit cette masse, à l’aide d’un entonnoir, dans une fiole
jaugée de 250 mL, puis on rince à l’eau distillée la soucoupe
[K+(aq)] = [Cl–(aq)] = 2,4 × 10–6 / 0,2120 = 1,1 × 10–5 mol . L–1. et l’entonnoir. On ajoute ensuite un peu d’eau distillée pour
g. On a : σéq = λK+[K+(aq)] + λCl–[Cl–(aq)] = 1,7 × 10–4 S . m–1. dissoudre le solide, on bouche et agite la fiole, puis on com-
plète au trait de jauge avec de l’eau distillée avant d’homo-
On trouve le même résultat que celui affiché dans le tableau
généiser à nouveau l’ensemble.
aux chiffres significatifs près.
c. Il faut faire un titrage qui consisterait à introduire, à la
On constate que ce sont les ions spectateurs K+(aq) et Cl–(aq)
pipette jaugée, par exemple 10,0 mL de la solution de diiode
qui sont responsables de la conductivité du mélange réac-
dans un erlenmeyer, puis à ajouter jusqu’à l’équivalence, à
tionnel à l’équivalence.
l’aide d’une burette graduée, la solution de thiosulfate de
h. Si l’on avait mis un volume d’eau différent, on aurait sodium préparée à la question b.
obtenu des valeurs différentes de la conductivité et des d. L’équivalence est repérée par la décoloration de la solu-
concentrations des ions. La valeur de Véq et celles des quan- tion, initialement jaune.
tités de matière des ions présents seraient les mêmes.
15 a. Un titrage acido-basique doit avoir lieu entre les
Note : Cette question permet d’ancrer chez les élèves le fait qu’une dilution ne
modifie pas le volume versé à l’équivalence. Cela sera repris en Terminale au
ions H3O+ et une entité basique. Seule la solution
moment de l’étude des titrages acido-basiques suivi par pH-métrie. d’hydroxyde de potassium convient.
Les élèves n’auraient pas pu retrouver par le calcul la valeur de σéq, car le simu- b. La solution titrante est la solution d’hydroxyde de
lateur a été programmé en utilisant des valeurs des λi dépendantes de la potassium, la solution titrée est la solution de chlorure
concentration.
d’hydrogène.
c. On place dans une burette graduée la solution d’hy-
droxyde de potassium et dans un bécher la solution de chlo-
rure d’hydrogène. On met dans le bécher un barreau aimanté
EXERCICES et l’on place le bécher sur un dispositif d’agitation magné-
tique. Après avoir étalonné un conductimètre, on trempe une
cellule de conductimétrie, reliée à un conductimètre, dans la
Appliquer ses connaissances solution à titrer et l’on suit l’évolution de la conductivité de la
solution lors de l’ajout de la solution titrante.
9 a. (1) est une équation d’oxydoréduction. d. On a : H3O+ = H2O + H+ et H2O = HO–(aq) + H+.
(2) est une équation de réaction acido-basique. On obtient alors : H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
b. Couples oxydant/réducteur mis en jeu dans l’équation e. Avant l’équivalence, le réactif limitant est le réactif
(1) : titrant, c’est-à-dire les ions HO–(aq). Après l’équivalence, les
ClO–(aq)/Cl2 (g) et Cl2 (g)/Cl–(aq). ions HO–(aq) sont en excès en solution et les ions H3O+ sont
Couples acide/base mis en jeu dans l’équation (2) : limitants.
f. L’allure de la courbe est la suivante :
HClO(aq)/ClO–(aq) et H3O+/H2O.

10 Équations acido-basiques et couples acide/base : (S . m–1)


b. CH3COOH(aq)/CH3COO–(aq) et H2O/HO–(aq) ;
c. NH4+(aq)/NH3 (aq) et H3O+/H2O.
Équations d’oxydoréduction et couples oxydant/réducteur :
a. I2 (aq)/I–(aq) et SO42–(aq)/SO2 (aq) ;
d. CrO42–(aq)/Cr3+(aq) et CH3COOH(aq)/C2H5OH(aq) ;
V (mL)
e. O2 (g)/H2O2 (aq) et I2 (aq)/I–(aq) ;
f. MnO4–(aq)/Mn2+(aq) et O2 (g)/H2O2 (aq). g. On peut utiliser un indicateur coloré comme le bleu de
Notes : Ce n’est pas parce que l’ion H+(aq) est présent dans une équation chi- bromothymol, qui est jaune avant l’équivalence et bleu après.
mique qu’il s’agit d’une équation acido-basique.
L’équation g. ne correspond à une équation acido-basique qu’au sens de Lewis,
19 a. L’équation est : Fe(s) + 2 H+(aq) → Fe2+(aq) + H2 (g)
ce qui n’est pas envisagé en classe de Première. Il s’agit d’une équation d’oxydoréduction puisque le fer
cède des électrons qui sont captés par les ions hydrogène.
11 Équations acido-basiques et couples acide/base : b. H2SO4() → 2 H+(aq) + SO42–(aq)
a. C6H8O6(aq)/C6H7O–6(aq) et H2O/HO–(aq) nH2SO2 = cAVA = 0,050 × 1 = 0,05 mol.
e. HCOOH(aq)/HCOO–(aq) et H2O/HO–(aq)
H2SO4() 2 H+(aq) SO42–(aq)
Équations d’oxydoréduction et couples oxydant/réducteur :
E.I. x=0 0,05 0 0
b. MnO4–(aq)/Mn2+(aq) et CO2 (g)/H2C2O4 (aq).
E.F. xmax 0,05 – xmax 2 xmax xmax
d. H+(aq)/H2(g) et Al3+(aq)/Al(s)

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 67


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 68

L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en La quantité de matière d’acide dans la solution S est égale
mole. à 10 nA, soit 9,9 × 10 – 3 mol.
À l’état final 0,05 – xmax = 0, donc xmax = 0,05 mol et la quan- c. La masse d’acide mA est :
tité de matière d’ions hydrogène est 0,1 mol. mA = nAMA = 9,9 × 10 – 3 × 97,1 = 0,96 g.
c. La quantité de matière initiale de fer métallique est d. Dans 1,00 g de détartrant, il y a 0,96 g d’acide sulfamique.
n = 0,725/55,8 = 0,0130 mol. Le pourcentage massique P d’acide est donc égal à 96 %.
Fe(s) 2 H+(aq) Fe2+(aq) 2 H2(g) 21 a. Pour le volume prélevé à la pipette jaugée :
E.I. x=0 0,0130 0,1 0 0 9,98  V0  10,02 (en mL).
E.F. xmax 0,0130 – 2 xmax 0,1 – 2 xmax xmax 2 xmax Pour le volume prélevé à l’éprouvette graduée :
9,5  V0  10,5 (en mL).
L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
b. I2 (aq) + 2 S2O3 (aq) → S4O2–
2– –
6 (aq) + 2 I (aq)
mole.
À l’état final, il n’y a plus de fer puisque c’est le réactif limi- La quantité de matière initiale de thiosulfate de sodium est :
tant, et xmax = 0,0130 mol. C’est également la quantité de n = c0V0.
matière d’ions fer formée. La quantité de matière de diiode versée à l’équivalence est :
d. La concentration en ions Fe2+ : n′ = c1Véq = 0,25 × 0,0141 = 3,5 × 10 – 3 mol.
[Fe2+(aq)] = xmax/VT = 0,0130/0,1000 = 0,130 mol . L–1.
I2(aq) 2 S2O32–(aq) S4O62–(aq) 2 I–(aq)
Note : C’est expérimentalement la meilleure façon d’obtenir une solution d’ion
fer (II) de concentration précisément connue. Le paramètre limitant la préci- E.I. x=0 c1Véq c0V0 0 0
sion de la concentration est généralement la pureté du fer métallique utilisé.
E.F. xéq c1Véq – xéq c0V0 – 2 xéq xéq 2 xéq
e. MnO4–(aq) + 5Fe2+(aq) + 8H+(aq) → Mn2+(aq) + 5Fe3+(aq) + 4H2O
À l’équivalence, on a simultanément c1Véq – xéq = 0 et
Note : La solution de permanganate de potassium que l’on titre est dans la c0V0 – 2xéq = 0.
burette, car il faut éviter que la réaction secondaire d’équation :
MnO–4 + 4 Mn2+ + 8 H+ → 5 Mn3+ + 4 H2O On en déduit xéq = c1Véq et c0 = 2 c1Véq/V0.
ait lieu. En procédant ainsi, on n’a jamais en présence avant l’équivalence, des Numériquement, c0 = 0,71 mol . L–1.
quantités importantes d’ions MnO–4 et Mn2+.
c. On a : 0,245  c1  0,255 (en mol . L–1).
f. On peut en déduire que le volume versé à l’équivalence Le volume à l’équivalence a été déterminé avec une burette
est 8,7 mL. graduée en dixième de millilitre. Si l’on admet que l’on peut
g. Les quantités de matière initiales sont : visualiser le changement de couleur de la solution titrée à
la goutte près, l’encadrement sur ce volume est :
nFe2+ = [Fe2+(aq)]V = 0,0130 × 2,00 × 10–2 = 2,60 × 10 – 3 mol
14,05  Véq  14,15 (en mL).
pour les ions Fe2+(aq), et n′ pour les ions MnO4–(aq).
L’encadrement sur la concentration en ions thiosulfate est :
MnO4–(aq) 5 Fe2+ 8H+(aq) 5 Fe3+(aq) Mn2+(aq) 4H2O 2 × 14,05 × 0,245/10,02  c0  2 × 14,15 × 0,255/9,98
E.I. x = 0 n′ 2,60 × 10 –3 excès 0 0 solvant soit : 0,687  c0  0,723 (en mol . L–1).
E.F. xéq n′ – xéq 2,60 × 10 –3 – 5 xéq excès 5 xéq xéq solvant cmin = 0,687 mol . L–1 et cmax = 0,723 mol . L–1.
d. Si la solution de thiosulfate de sodium a la concentration
À l’équivalence, on a simultanément : cmin, la formule démontrée à la question b. permet de trou-
n′ – xéq = 0 et 2,60 × 10 – 3 – 5 xéq = 0. ver Véq = c0V0/2c1.
On en tire n′ = xéq = 5,20 × 10 – 4 mol ; c’est la quantité d’ions Les encadrements relatifs à ces différentes grandeurs sont,
permanganate versée à l’équivalence. lors de cette expérience :
D’où : [MnO4–(aq)] = xéq /Véq = 5,20 × 10 – 4/8,7 × 10 – 3 9,5  V0  10,5 (en mL)
= 6,0 × 10 – 2 mol . L–1. 0,245  c1  0,255 (en mol . L–1).
L’encadrement de Véq est donc :
Notes :
• Il est important d’utiliser de l’acide sulfurique lors de l’attaque du fer pour évi- 0,687 × 9,5/(2 × 0,255)  Véq  0,687 × 10,5/(2 × 0,245)
ter d’être en présence d’ions chlorure, oxydables par les ions permanganate.
• L’exercice a détaillé une bonne méthode d’étalonnage d’une solution de per-
12,8  Véq  14,7 (en mL).
manganate de potassium. En effet, ces solutions ne sont pas stables et doivent Note : On constate un intervalle très important, dû à l’incertitude sur V0.
être titrées avant chaque utilisation minutieuse.
e. Si la concentration est cmax, l’encadrement de Véq est alors :
20 a. H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O 0,723 × 9,5/(2 × 0,255)  Véq  0,723 × 10,5/(2 × 0,245)
b. Soit Véq le volume de solution d’hydroxyde de sodium 13,5  Véq  15,5 (en mL).
introduit.
f. Pour le second titrage, on peut donc s’attendre à un
H3O+ HO–(aq) 2 H2O volume à l’équivalence dans l’intervalle [12,8 mL ; 15,5 mL]
E.I. x=0 nA cVéq solvant
E.F. x = xéq nA – xéq cVéq – xéq solvant Aller plus loin
À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans les pro- 24 a. Les ions Na+(aq) ont été apportés en même temps que
portions stœchiométriques et on a donc : les ions HO–(aq) en solution. Ils sont spectateurs, ne réagis-
–4
nA = cVéq = 9,9 × 10 mol. sent avec rien et leur quantité de matière est constante au

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 68


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 69

cours du titrage. Lors du titrage colorimétrique, les quanti- e. Pour V1 = 8,0 mL, on obtient le tableau ci-après où les
tés de matière des ions spectateurs K+(aq) et SO42–(aq) restent, quantités de matière sont exprimées en mole :
bien sûr, constantes, mais elles ne sont pas représentées sur
le graphe. 5 H2O2 2 MnO4– 5 O2 2 Mn2+

b. Les ions HO–(aq) et Fe2+(aq) sont les réactifs titrés. Ainsi, E.I. 3,0 × 10–4 8,0 × 10–5 0 0
leurs quantités de matière en solution vont décroître au E.F. 1,0 × 10 –4
0 2,0 × 10 –4
8,0 × 10–5
cours du titrage puisqu’ils seront consommés par la réaction
de titrage. Au-delà de l’équivalence, ces ions ont disparu et f. De même, on a :
leur quantité de matière est constante et égale à zéro.
Volume de S1 (mL) 12,0 20,0
L’ion Mn2+(aq), tout comme l’ion Fe3+(aq), est un produit de la
réaction. Il est fabriqué au cours de la réaction de titrage et Couleur du mélange incolore violet
sa quantité de matière en solution augmente avant l’équiva- Quantité de matière d’ions MnO–4
1,2 × 10–4 mol 2,0 × 10–4 mol
lence, jusqu’à atteindre sa valeur maximale pour l’équiva- ajoutés
lence. Au-delà de l’équivalence, la réaction chimique s’est Quantité de matière d’ions MnO–4
arrêtée puisque les ions Fe2+(aq) sont en défaut : quel que 0 8,0 × 10–5 mol
restants
soit le volume de solution de permanganate de potassium
versé en solution, la quantité d’ions Mn2+(aq) reste constante Quantité de matière de H2O2 restant 0 0
et égale à sa valeur maximale. Réactif en excès aucun MnO4–
L’équivalent de cet ion dans le titrage acido-basique est le
produit de cette réaction, c’est-à-dire l’eau. Puisqu’il s’agit g. On peut dresser, par analogie avec ce qui précède, le
d’une molécule, H2O ne participe pas à la conduction élec- tableau d’avancement suivant :
trique dans la solution et n’est pas représentée sur le graphe.
5 H2O2 2 MnO4– 5 O2 2 Mn2+

25 a. On a : E.I. c2V2 c1Véq 0 0


5 H2O2(aq) + 2 MnO4–(aq) + 6 H+(aq) → 5 O2(aq) + 2 Mn2+(aq) + 8 H2O E.F. c2V2 – 5 xéq c1Véq – 2 xéq 5 xéq 2 xéq
b.
À l’équivalence, les réactifs sont dans les proportions stœ-
Volume de S1 (mL) 0,0 chiométriques. On a :
Couleur du mélange incolore c1Véq – 2 xéq = 0 et c2V2 – 5 xéq = 0,
Quantité de matière d’ions MnO–4 ajoutés 0 soit : 5 c1V1 = 2 c2V2.
Quantité de matière d’ions MnO–4 restants 0 On en déduit c2 :
Quantité de matière de H2O2 restant –4
3,0 × 10 mol c2 = 5 c1Véq / 2 V2 = 1,0 × 10–2 mol . L– 1.
Réactif en excès H2O2

c. Dans le simulateur, on lit :


nMnO4– = 0 mol et nH2O2 = 2,5 × 10–4 mol.
MATÉRIEL ET PRODUITS
d. On a ajouté : nMnO4– = c1V1 = 2,0 × 10–5 mol.
On obtient :
TP 1. Initiation au titrage acide/base
(p. 138)
Volume de S1 (mL) 2,0
Couleur du mélange incolore • Acide chlorhydrique H3O+ + Cl–(aq) de concentration en
Quantité de matière d’ions MnO–4 ajoutés 2,0 × 10–5 mol soluté apporté c = 1,0 × 10–3 mol . L–1 .
Quantité de matière d’ions MnO–4 restants 0 • Solution de chlorure de sodium Na+(aq) + Cl–(aq) de
Quantité de matière de H2O2 restant 2,5 × 10–4 mol concentration en soluté apporté c = 3,5 × 10–3 mol . L–1.
Réactif en excès H2O2 • Solution d'hydroxyde de sodium Na+(aq) + HO–(aq) de
concentration en soluté apporté c = 1,8 × 10–3 mol . L–1.
De même, on a dans le simulateur, on lit : • Une éprouvette graduée de 50 mL.
nMnO4– = 0 mol et nH2O2= 1,0 × 10–4 mol. • Deux béchers de 150 mL.
On a ajouté : • Un conductimètre étalonné.
nMnO4– = c1V1 = 8,0 × 10–5 mol. • Une pissette d'eau distillée.
On obtient :
Volume de S1 (mL) 8,0 TP 2. Initiation au titrage
Couleur du mélange incolore oxydant/réducteur (p. 138)
Quantité de matière d’ions MnO–4 ajoutés 8,0 × 10–5 mol
• Solution de thiosulfate de sodium 2 Na+(aq) + S2O32–(aq) de
Quantité de matière d’ions MnO–4 restants 0
concentration en soluté apporté c = 0,02 mol . L–1.
Quantité de matière de H2O2 restant 1,0 × 10–4 mol
• Solution de diiode I2(aq) de concentration en soluté
Réactif en excès H2O2
apporté c = 0,01 mol . L–1.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 69


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 70

• Une burette graduée de 25 mL avec son support.


• Béchers de 50 mL. TP 5. Deux titrages utilisant le couple
• Un dispositif d'agitation magnétique. I2(aq)/I–(aq) (p. 149)
• Un erlenmeyer de 100 mL.
• Une pissette d'eau distillée. • Solution de thiosulfate de sodium 0,10 mol . L–1.
• Solution de diiode de concentration voisine de
0,1 mol . L–1.
• Solution d’iodure de potassium 0,1 mol . L–1.
TP 4. Titrage conductimétrique (p. 140) • Iotech® ou thiodène® ou empois d’amidon.
• Acide chlorhydrique 6 mol . L–1.
• Acide chlorhydrique H3O+ + Cl–(aq) de concentration en • Solution de phénolphtaléine.
soluté apporté cA ≈ 0,080 mol . L–1 (pour avoir des valeurs • Eau de Javel et solution d’eau de Javel diluée 100 fois.
similaires au corrigé). • Un système d’agitation magnétique.
• Solution d'hydroxyde de sodium Na+(aq) + HO–(aq) de • Une burette de 25 mL.
concentration en soluté apporté c = 0,100 mol . L–1. • Un erlenmeyer de 100 mL.
• Une burette graduée de 25 mL avec son support. • Une pipette jaugée de 5 mL, une de 10 mL.
• Un bécher de 250 mL. • Une spatule.
• Un bécher de 50 mL. • Gants (pour l’eau de Javel commerciale).
• Une éprouvette graduée de 250 mL. • Une pipette simple.
• Un dispositif d'agitation magnétique. • Une poire de prélèvement de 1 mL.
• Un conductimètre étalonné. • Un tube à essais et son support.
• Une pissette d'eau distillée. • Une éprouvette graduée (> 25 mL).

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE 7 – TITRAGES 70


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 71

LE COIN
BAC

Conductimétrie et titrages
2 Titrage d’une solution d’acide sulfurique
PROBLÈMES DE BAC par conductimétrie
a. L’équation de dissolution de l’acide sulfurique est :
H2SO4() → 2 H+(aq) + SO42–(aq)
1 Détermination de la concentration
b. On peut dresser un tableau d’avancement :
par deux méthodes
H2SO4() 2 H+(aq) SO42–(aq)
1. Utilisation directe de la conductimétrie
a. HCl(g) → H+(aq) + Cl–(aq). E.I. x=0 n 0 0
b. On a : c = [H+(aq)] = [Cl–(aq)]. E.F. xmax n – xmax 2 xmax xmax
c. C’est de l’acide chlorhydrique. L’acide sulfurique se dissout totalement en solution :
d. kcell = 8 × 101 m–1. n = xmax = c V
e. σ = λCl– [Cl(aq)–] + λH+[H+(aq)] = (λCl– + λH+) c = kcell G0 où c est la concentration en soluté apporté.
soit : c = kcell G0 / (λCl– + λH+) À l’aide du tableau d’avancement, on voit que :
f. Application numérique : nH+ = 2 xmax = 2 c V.
c = 8 × 101 × 1,6 × 10 –3 / (7,6 + 35,0) × 10 –3 La concentration molaire effective des ions H+(aq) est :
c = 3 mol . m –3 [H+(aq)] = [H3O+] = nH+ / V = 2 c.
soit : c = 3 × 10 –3 mol . L–1. c. L’équation du titrage est :
2. Utilisation d’un titrage H3O+ + HO–(aq) → 2 H2O
a. Le volume V1 doit être prélevé avec une pipette jaugée de d. Le volume versé à l’équivalence Véq est l’abscisse du
25,0 mL et l’eau doit être ajoutée avec une éprouvette graduée. point d’intersection des deux demi-droites.
b. L’addition de la solution basique est effectuée à l’aide On lit Véq = 12,0 mL.
d’une burette graduée. e. À l’équivalence, les réactifs sont dans les proportions
c. Le volume à l’équivalence est déterminé par le point stœchiométriques.
anguleux de la courbe de titrage.
Ainsi, on a : nHO– versés = nH3O+ sol ,
On lit Véq = 16,0 mL. La précision de la lecture sur le graphe
permet d’afficher trois chiffres significatifs. soit : c′ Véq = 2 c V car [H3O+] = 2 c
d. L’équation de la réaction de titrage est : D’où : c = c′ Véq / 2 V
H+(aq) + HO–(aq) → H2O c = 1,2 × 10 –3 mol . L–1.
e. Le tableau d’avancement à l’équivalence est : f. À l’équivalence, seuls les ions spectateurs Na+(aq) et
H+(aq) HO–(aq) H2O SO42–(aq) sont présents en solution. Leur quantité de matière
est :
E.I. x=0 nH+ = cAVA nHO– = cBVéq solvant nNa+ = c′ Véq
E.F. xéq nH+ – xéq = 0 nHO– – xéq = 0 solvant = 1,2 × 10 –4 mol
et : nSO42– = c V
f. La condition d’équivalence est exprimée dans le tableau = 6,0 × 10 –5 mol.
par le fait que nH+ = nHO– = 0 à l’état final.
Le volume total de solution à l’équivalence est :
On en déduit que : cAVA = cBVéq ,
VT = V + Véq + Veau = 212 mL.
soit : cA = cBVéq / VA Les concentrations des ions sont :
cA = 5,00 × 10 –3 × 16,0 / 25,0 [Na+(aq)] = nNa+ / VT = 5,7 × 10 –4 mol . L–1
= 3,20 × 10 –3 mol . L–1. et : [SO42–(aq)] = nSO42– / VT = 2,8 × 10 –4 mol . L–1.
g. La seconde méthode de détermination de la concentra- g. La conductivité est donnée par la relation :
tion est plus précise puisque l’on peut exprimer le résultat
σ = λNa+ [Na+(aq)] + λSO42– [SO42–(aq)]
avec trois chiffres significatifs, alors que l’on a pu en avoir
qu’un par la première méthode. Cela tient au fait que la σ = 5,0 × 10 –3 × 5,7 × 10–1 + 1,6 × 10 –2 × 2,8 × 10 –1
constante de cellule était connue avec une faible précision. σ = 7,3 mS . m–1.
En revanche, le titrage a permis de maîtriser la précision de Graphiquement, on lit : σ ≈ 7 mS . m–1. Les deux valeurs
la totalité des grandeurs impliquées dans l’expérience. sont proches.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE CONDUCTIMÉTRIE ET TITRAGES 71


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 72

h. On obtient le graphe ci-dessous : La solution de permanganate de potassium a donc été bien


préparée puisque la valeur c trouvée est presque identique
n(10 –3 mol) à la valeur c0 initialement prévue.
0,25 e. Il a fallu acidifier la solution d’acide oxalique pendant le
Na+(aq) titrage parce que des ions H+(aq) figurent parmi les réactifs
0,2
de l’équation.
0,15 f. La quantité de matière d’ions Mn2+(aq) augmente progres-
0,1 SO42–(aq) sivement pendant le titrage puisque ces ions font partie des
0,05 produits de la réaction.
g. L’équivalence est l’état du système pour lequel le réactif
0 5 10 15 20 25 limitant, initialement les ions permanganate, deviennent en
V (mL) excès. Dans cet état, apparaît la couleur violette de la solu-
tion puisque les ions permanganate sont présents.
i. On ajoute de l’eau pour plusieurs raisons :
– une raison expérimentale : il faut que la cellule soit tota-
lement immergée ;
4 Courbe d’étalonnage et titrage
– une raison théorique : on ne peut utiliser la relation per- a. Il faut déterminer la conductance de chaque solution
mettant de relier la conductivité aux concentrations que avant de faire le graphe.
pour des solutions suffisamment diluées ;
U(V) 0,20 0,20 0,20 0,20
– par commodité : si le volume de la solution titrée est
grand par rapport à celui de la solution titrante ajoutée, l’é- I(mA) 0,10 0,30 0,50 0,80
volution de la conductivité peut être modélisée par deux G(mS) 0,50 1,5 2,5 4,0
segments de droite, ce qui simplifie la lecture du volume de c(mol . L )–1
1,00 × 10 –3
3,00 × 10 –3
6,00 × 10 –3
1,00 × 10 –2
solution titrante versé à l’équivalence.
G(mS)
3 Étalonnage d’une solution 5 10–3

de permanganate de potassium 4 10–3


a. Il faut déterminer la masse m0 de permanganate de
3 10–3
potassium à peser pour que la quantité de matière mise en
solution, soit : 2 10–3
n0 = c0 V
1 10–3
n0 = 1,0 × 10 –2 × 0,5000
n0 = 5,0 × 10 –3 mol.
0 2,5 10–3 5 10–3 7,5 10–3 10 10–3
m0 = n0 M c (mol.L–1)
–3
m0 = 5,0 × 10 × (39,1 + 54,9 + 4 × 16,0)
b. I = UAB G = UAB kcell σ = k′ σ (car UAB est constante dans
m0 = 0,79 g. cette expérience).
Cette masse doit être introduite dans une fiole jaugée de c. On lit : Véq = 8,0 mL.
500 mL ; 400 mL d’eau environ doivent être introduits et agi- d. Le tableau d’avancement à l’équivalence est :
tés jusqu’à dissolution complète du permanganate de potas-
sium. Un ajout d’eau complétant le volume jusqu’au trait de H+(aq) HO–(aq) H2O
jauge doit être effectué, la fiole doit être bouchée, agitée par E.I. x=0 cAVA cBVéq solvant
retournement et étiquetée.
E.F. xéq cAVA – xéq cBVéq – xéq solvant
b. Les couples impliqués sont MnO4–(aq)/Mn2+(aq) et
CO2(aq) /H2C2O4(aq) ; il s’agit de couples oxydant/ réducteur L’avancement et les quantités de matière sont exprimés en
dont les demi-équations sont : mole.
MnO4–(aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O À l’équivalence : cAVA - xéq = 0 et cBVéq – xéq = 0.
2 CO2(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– = H2C2O4(aq) D’où : cA = cBVéq / VA
c. Le tableau d’avancement à l’équivalence est : = 5,00 × 10 –2 × 8,0 / 100
2 MnO4–(aq) 5 H2C2O4(aq) 6 H+(aq) 2 Mn2+(aq) 10 CO2(aq) 8 H2O cA = 4,0 × 10 –3 mol . L–1.
E.I. x = 0 Véq c VR cR excès 0 0 solvant e. La conductivité σ de l’acide chlorhydrique de concentra-
tion cA = 4,0 × 10 –3 mol . L–1 est connue à l’instant initial du
E.F. xéq Véq c – 2 xéq VR cR – 5 xéq excès 2 xéq 10 xéq solvant
titrage, on a : σ = 0,165 S . m–1.
d. Par définition de l’équivalence, on a : La conductance d’une portion de cette solution peut être
déduite de la courbe d’étalonnage :
Véq c – 2 xéq = 0 et VR cR – 5 xéq = 0
G = 2,0 × 10 –3 S.
ce qui donne : xéq = Véq c / 2 = VR cR / 5
On en déduit la constante de cellule :
soit : c = 2 VR cR / 5 Véq kcell = σ / G
ou : c = 2 × 10,0 × 2,00 × 10 –2 / 5 × 8,10 = 0,165 / 2,0 × 10 –3 = 82 m–1
c = 9,88 × 10 –3 mol . L–1. soit : kcell = 0,82 cm–1.

PARTIE I – LA MESURE EN CHIMIE CONDUCTIMÉTRIE ET TITRAGES 72


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 73

Introduction
8 à la chimie organique

Les exercices que nous proposons dans ce chapitre vont


ASPECTS PÉDAGOGIQUES d’exercices classiques permettant de pratiquer les notions de
base sur la chaîne carbonée, l’isomérie et la nomenclature, à
ET SCIENTIFIQUES des exercices plus originaux relatifs aux polymères et à la
chimie industrielle. Ils montrent que l’on peut, à partir de
1. Introduction notions élémentaires de chimie organique, se poser des ques-
tions relativement fines qui touchent soit le niveau fonda-
Ce chapitre ouvre la seconde partie du programme intitulée mental de la chimie, soit son niveau pratique ou appliqué.
La chimie créatrice. Après une série de chapitres portant
sur la mesure, dans lesquels l’importance des calculs a posé
des difficultés pour certains élèves, la chimie organique 3. Produits dangereux
abordée ici paraît beaucoup plus qualitative. Dans cette par- et chimie organique
tie, on découvre un autre domaine de la chimie qui occupe et Les nombreuses activités expérimentales proposées utili-
passionne une partie importante de la communauté des chi- sent des réactifs et des solvants que nous avons choisi en
mistes : celui de la création des molécules. La chimie orga- minimisant les dangers qu’ils représentent ; cependant, on
nique n’est pas le seul domaine où la créativité du chimiste ne peut pas faire de chimie organique expérimentale (le
peut s’exercer, mais c’est certainement celui où les molécu- programme officiel requiert 4 ou 5 TP) sans utiliser de pro-
les créées sont les plus complexes. duits dangereux. Des logos indiquant les risques encourus
Le programme officiel demande que cette nouvelle partie ont donc été placés en évidence dans les activités, avertis-
traite les quatre points suivants : sant ainsi les élèves des dangers que présentent ces pro-
1. Qu’est-ce que la chimie organique ? duits. Les phrases R et S doivent être réinvesties à l’occa-
2. Le carbone élément de base de la chimie organique. sion de ces activités.
3. Quelques dates dans l’histoire de la chimie organique.
4. L’omniprésence de la chimie organique.
Les pages d’entrée de la partie II (pages 162 et 163) répon-
dent à cette demande en illustrant la situation de l’homme
face aux transformations chimiques relatives à la chimie ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE
organique « naturelle ». Ces pages peuvent faire l’objet des
commentaires du professeur.
DOC 1. Notion de squelette carboné
2. Présentation du chapitre (p. 166)
Le premier chapitre de cette deuxième partie se limite aux Commentaires
hydrocarbures et traite donc, en plus de la partie II.A du
Cette première activité est un lien entre ce que les élèves
B.O., les parties II.B.1 et 2 (le point 3 sera abordé lors du
ont vu en Seconde dans la partie sur la constitution de la
chapitre 9). Nous avons suivi les recommandations officiel-
matière et la nouvelle notion de squelette carboné. À l’aide
les qui donnent une grande importance au squelette carboné
de quelques questions, la règle de l’octet et les formules
que nous avons étudié dans les activités de découverte 3, 4
développées sont réinvesties autour de la photo d’un
et 5. Au cours de ces activités, nous avons introduit l’écri-
modèle moléculaire du butane. Les élèves doivent compter
ture topologique, l’isomérie et la nomenclature. Ces trois
des liaisons chimiques, des atomes, et proposer leur défini-
notions sont à la base de la chimie organique. Elles ne font
tion du squelette carboné dans un cas particulier.
que très peu appel à la réactivité, mais mettent en place les
deux moyens descriptifs importants utilisés par le chimiste Correction
organicien : a. Dessin de la molécule de la Fig. 1 :
• La symbolique : l’écriture topologique est une simplifica-
tion astucieuse de la notation lourde que constitue la for- H H H H
mule développée. Elle représente la façon la plus concise H C C H
de noter une molécule tout en explicitant ses spécificités. C C C
H H
• Le langage : il faut pouvoir nommer les « objets » d’étude H H H H
de ce domaine scientifique. À cet égard, la connaissance de
la nomenclature est donc incontournable. b. Chaque atome de carbone est entouré de 4 liaisons, soit
Nous avons limité l’introduction des concepts de base de la effectivement un octet d’électrons.
chimie organique aux alcanes et aux alcènes. c. Le squelette carboné est constitué de l’enchaînement des
Les alcynes ne sont pas absents, mais seulement évoqués atomes de carbone d’une molécule.
dans le cours (p. 174), conformément au programme qui se d. Dessin du squelette carboné de la molécule :
limite à mentionner l’existence des triples liaisons au cours C C
d’un commentaire. C C C

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 73


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 74

e. Il y a deux autres squelettes carbonés possibles : e. Exemple de deux molécules de formules C6H14 :
C H H H H H H H H
C C H H H H
C C C C C C C H C C
C C C C C HC
(a) C (b) C H C H H
H H HH H H H C H
f. Les deux molécules correspondantes sont : H
H H
H
HH H H H
C
H C
H
C
H
H H DOC 3. De la représentation de Lewis à
C C H H C C C H l’écriture topologique (p. 167)
H H H
H C C Commentaires
H H H H
H H Sans qu’aucun prérequis de chimie organique ne soit initia-
(a) (b)
lement nécessaire, l’élève est amené à dégager la notion
Leur formule brute est C5H12, ce sont donc des isomères. fondamentale de squelette carboné. L’écriture topologique
est introduite naturellement comme une représentation du
DOC 2. Structure et propriétés physiques squelette carboné dont l’objet est de simplifier la représen-
des dérivés du pétrole (p. 166) tation des formules développées. Cette approche de l’écri-
ture topologique se limite aux alcanes. À la fin de l’activité,
Commentaires l’élève est amené à comprendre pourquoi des écritures
Cette deuxième activité, bien que courte comme la précé- topologiques apparemment différentes peuvent correspon-
dente, contraste fortement puisqu’il s’agit d’introduire la dre à une unique molécule.
notion d’hydrocarbure à partir de mots et de photos de la L’écriture topologique est la notation la plus fréquemment
vie quotidienne (fioul, goudron, etc.). Il est demandé aux utilisée en chimie organique. Elle pose principalement deux
élèves de réfléchir sur la constitution du mot « hydrocar- problèmes aux élèves :
bure » pour tenter de lui donner un sens, et de le comparer • Le premier, rapidement réglé, est celui de l’écriture d’une
à une dizaine de formules brutes d’hydrocarbures données molécule. Le mécanisme mental le plus simple mis en place
dans un tableau. Ces hydrocarbures, présents dans la vie de par l’élève passe par la formule développée, pour laquelle
tous les jours, sont utilisés pour faire découvrir l’influence un point de repère fort existe, celui de la règle de l’octet
de la longueur de leur squelette carboné sur leur état phy- pour le carbone et les principaux éléments chimiques cou-
sique. Il est également question d’introduire les notions de ramment utilisés en chimie organique.
squelette carboné ramifié ou linéaire. • Le second est plus difficile à déceler par le professeur. Les
Correction élèves, puis les étudiants de premier cycle, ont souvent une
a. Hydrocarbure est le nom donné aux espèces chimiques compréhension partielle lors de la lecture d’une écriture
constituées uniquement des éléments chimiques C et H. topologique. En effet, de nombreuses liaisons sont omises
et l’élève risque donc de ne pas prendre en compte certains
b. L’état physique des hydrocarbures est donné dans le atomes d’hydrogène. Cela peut entraîner l’écriture de molé-
tableau ci-dessous : cules ne respectant pas la règle de l’octet.
Nom État physique Dans le cas de la pyridine, par exemple, les étu-
Essence* liquide diants ne font pas forcément attention au nombre
Fioul* liquide
d’atomes d’hydrogène portés par chaque atome
de carbone (1 H) et par l’atome d’azote (0 H). N
Gaz de ville gaz
Cette inattention a des conséquences fâcheuses pour la
Propane gaz compréhension de la chimie de cette entité.
Butane gaz Un point plus général dans l’écriture des formules dévelop-
Goudron* solide pées est relatif aux conformères. Les élèves, n’étudiant pas ce
G.P.L. (mélange 50/50) gaz concept avant l’université, peuvent hésiter à identifier diffé-
Essence de térébenthine liquide rentes conformations du butane (par exemple) comme cor-
respondant à la même molécule. Pour les aider à se forger
Paraffine* solide
quelques points de repère, la 4e partie de cette activité donne
* Constitué d’un mélange d’hydrocarbures. des règles simples qui utilisent les écritures topologiques.
c. On constate que les espèces chimiques aux faibles mas- L’activité proposée ici, spécifiquement dévolue à l’appren-
ses moléculaires sont des gaz. Si cette masse est élevée, tissage de l’écriture topologique n’est pas superflue et elle
l’espèce chimique est solide. Entre les deux, les espèces chi- permet aux élèves d’acquérir les bases nécessaires à la
miques sont liquides. (Toutes ces observations sont valables manipulation de ce formalisme.
dans les CNTP).
d. Formules du propane (a) et du butane (b) : Correction
H H H H H H 1. a. H H H H H
H C H H C C H C C H H C C C H
C C C C H
H H H H H H H
(a) H H H (b) H H H

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 74


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 75

b. H H H H H H DOC 4. Chaîne carbonée et isomérie


H C C C C C C H (p. 168)
H H H H H H Commentaires
C6H14 Les notions de squelettes linéaires, ramifiés et cycliques
c. Une formule développée fait apparaître toutes les liaisons sont fondamentales pour l’étude de la chimie organique.
d’une molécule. À la différence de la représentation de En effet, la nomenclature par exemple, puis plus tard la
Lewis, les doublets non liants n’y sont pas représentés. réactivité des espèces chimiques en dépendent. Une appro-
Dans le cas d’un hydrocarbure, aucun atome ne possède de che de l’étude des alcènes puis de la notion d’isomérie en
doublet non liant. La représentation de Lewis est alors iden- découlent naturellement et sont donc abordées dans l’acti-
tique à la formule développée. vité. L’élève est alors capable de reconnaître la quasi-tota-
lité des structures de bases relatives aux hydrocarbures,
2. a. Non, un squelette carboné n’est pas une telle repré-
qu’il s’agisse d’alcanes, d’alcènes ou de leurs dérivés, qu’il
sentation, car les atomes de carbone d’une représentation
faille les représenter ou décrire la nature de leur squelette
de Lewis respectent toujours la règle de l’octet, ce qui n’est
carboné.
pas le cas dans l’écriture d’un squelette carboné.
b. C  C  C  C pour le butane et C pour le méthane. Cette activité suppose que l’élève connaisse l’écriture topo-
logique. Celle-ci y est en effet utilisée, de façon simple, mais
H H H H H
sans être définie (l’activité précédente ayant joué un tel
c. Il s’agit de H C C C C C H , soit C5H12. rôle). Cette activité va plus loin que la précédente qui se
limitait aux hydrocarbures insaturés. Les alcènes sont trai-
H H H H H
tés ici, mais cependant, sans que l’isomérie Z et E ne soit
d. Il s’agit de C4H10 et C6H14 dont les formules développées abordée.
sont respectivement :
H L’isomérie est présentée dans cette activité, avec sa défi-
H H nition la plus globale, à partir des formules brutes et déve-
H H H H H C H loppées. Il s’agit d’une première approche. Rappelons que
H C C C H et H C C C C H l’isomérie, dans le cadre du programme de Première S, se
limite à :
H C H H C H H • L’isomérie de constitution : elle correspond à des enchaî-
H H H H nements différents d’atomes au sein des deux isomères.
H H
L’isomérie de constitution est limitée d’abord à une isomé-
e. C  C  C  C  C ou C C C C ... rie due au squelette carboné.
C • L’isomérie de position, qui est également une isomérie de
constitution, est ensuite abordée dans le cas des alcènes
(but-1-ène et but-2-ène) et sera reprise au chapitre suivant
3. a. ou dans le cas aldéhyde / cétone, dans le cas des alcools (pro-
pan-1-ol et propan-2-ol) ou dans le cas des dérivés halogé-
nés (1-bromopropane ou 2-bromopropane).
b. Propane :
• L’isomérie Z et E : elle correspond à un cas particulier de
c. Le méthane ne possède qu’un seul carbone, son écriture diastéréoisomérie, c’est-à-dire une isomérie pour laquelle
topologique se réduirait à un point, ce qui n’est pas intéres- les deux isomères possèdent le même enchaînement d’ato-
sant. mes, mais diffèrent par une répartition géométrique de cer-
d. tains atomes autour d’un élément géométrique responsable
4. a. On passe de la première à la seconde en modifiant de l’isomérie (il s’agit de la double liaison C 
 C).
l’orientation du segment de droite autour du point n° 3 sur Un même type d’isomérie propre aux molécules cycliques
le dessin ci-dessous. existe aussi mais n’est pas abordé à ce niveau (cis ou trans
3 1,2-diméthylcyclohexane par exemple) ; dans le cas des
1 cycles, l’élément géométrique responsable de l’isomérie est
2 le cycle.
On passe de la première écriture à la troisième en tournant Les termes : diastéréoisomère, isomère de constitution…
le dessin, puis en modifiant l’orientation du segment de n’ont pas été utilisés dans le manuel de l’élève.
droite autour du point n° 3.
On passe de la première écriture topologique à la quatrième Nous avons tenu, à l’occasion d’une question, à ce que les
en retournant deux fois le dessin. élèves prennent conscience du fait que deux isomères, bien
que possédant par définition des formules brutes iden-
b. Les deux premières écritures ne sont pas équivalentes,
tiques, possèdent des propriétés chimiques différentes. La
les deux suivantes le sont.
notion d’isomérie est en effet toute nouvelle, puisqu’en
c. classe de Seconde elle n’a été qu’esquissée mais pas utilisée
dans le cadre de la réaction chimique, et tout ce qui peut
être mentionné à propos des isomères aide les élèves à
Attention à ne pas donner d’écritures équivalentes. « construire du sens » autour de cette notion.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 75


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 76

Correction CCC
e. C  C 
1. a. La solution n’est pas unique, il existe par exemple : CCCC
C
H H H f.
C C C
H H H H H C C C H
C C C C C
H C C C C H H C H C C C C C C
H H
H H H H H CH3 CH3 CH3
b. Formule brute de 
1 et 
2 : C6H14, formule brute de 
3 : C CH3 C CH3 C
C6H12. H2C CH2 H3C CH H3C CH2
H 
1 
2 
3
H H
H H H H H H H C 3. a. Les schémas ont été donnés en 1. a.
H H b. Il y en a trois :
H C C C H C C H
C C C H C C C
H H H H H H H H H H H H
c. Ils ont tous les deux C6H12 pour formule brute.

1 
2
d. Les propriétés chimiques de deux isomères peuvent être
H H très différentes.
H H
C C Une formule brute peut représenter plusieurs isomères. À
H H chaque isomère correspond une espèce chimique caracté-
C C
H H risée par ses propriétés physiques (température d’ébullition
C C
H H par exemple) qui différent d’une espèce chimique à l’autre.
H H On ne peut donc faire correspondre une température d’é-

3 bullition à une formule brute.
c. 1 est linéaire, 
2 est ramifié et 
3 est cyclique.
Une chaîne est linéaire quand les atomes de carbone du sque- DOC 5. Introduction à la nomenclature
lette carboné n’ont que un ou deux atomes de carbone voi- (p. 169)
sins.
Une chaîne est ramifiée si au moins un atome de carbone Commentaires
possède trois ou quatre atomes de carbone voisins. Une introduction à la nomenclature systématique est pro-
Une chaîne est cyclique si aucun carbone ne se trouve en posée, et des structures de plus en plus compliquées sont
position d’extrémité de chaîne, c’est-à-dire qu’aucun car- analysées et nommées. On commence par les alcanes linéai-
bone n’a un unique voisin. res, pour terminer avec leurs homologues ramifiés.
Note : Il existe également des hydrocarbures cycliques ramifiés, comme le Les bases de la nomenclature étudiées dans cette activité
méthylcyclohexane. Il y a plusieurs façons de définir les termes ramifié, sont nécessaires et suffisantes pour aborder, dans la suite
cyclique... du programme, la nomenclature des composés des diffé-
d. CH4 ; C2H6 ; C3H8 ; C4H10. rentes familles envisagées. Les élèves ont déjà entendu par-
Formule générale : CnH2n + 2. ler de méthane, de propane et de butane. Cette introduction
e. Les formules C5H12 et C6H14 des alcanes linéaires ayant de la nomenclature utilise le fait que ces mots sont fami-
cinq et six atomes de carbone respectent également la for- liers, bien que leur sens précis soit inconnu. Puis la généra-
mule générale CnH2n + 2. lisation s’opère progressivement.
Pour les alcanes ramifiés, cette formule convient égale- Nous avons respecté les règles de la nomenclature moderne.
ment. Cela peut se constater sur quelques exemples, ou en Par exemple :
considérant que l’on constitue un alcane ramifié à partir • Les noms sont écrits d’un seul tenant (méthylpropane et
d’un alcane linéaire en changeant de place les atomes sans non méthyl-propane ou méthyl propane) sauf si des chiffres
ajouter ou faire disparaître d’atomes. viennent entrecouper le mot (propan-2-ol). Cela complique
Pour les alcanes cycliques, la formule CnH2n + 2 n’est pas un peu la lecture d’un nom officiel, mais les règles sont déci-
valable comme le montre le contre-exemple  3 de formule dées par des instances internationales (International Union
C6H12. of Pure and Applied Chemistry) où la France est représen-
Note : On peut même montrer que la formule CnH2n + 2 n’est en fait jamais vala-
tée; ces règles sont ensuite adaptées à la langue française par
ble pour un cycloalcane, chaque cycle ôtant deux atomes d’hydrogène. un comité francophone. Ainsi ketone devient cétone par
exemple.
2. a. C3H6.
• Un chiffre précède toujours ce qu’il positionne, c’est-à-
b. dire que l’on écrit but-1-ène et non butène-1, ou 2-méthyl-
H H H
pentane et non méthyl-2-pentane.
C3H8 H C C C H • On indique un numéro de positionnement uniquement s’il
y a plusieurs possibilités, par exemple, il n’existe qu’un seul
H H H
méthylpropane, il est donc inutile de préciser que la ramifi-
c. Chaque atome est entouré de quatre doublets liants, soit cation est en deuxième position. Cela demande un effort
huit électrons. pour l’élève qui doit trouver un nom. C’est une habitude
d. H H qu’il faut prendre, et qui n’est pas toujours simple pour les
C C
H H élèves.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 76


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 77

Les termes « méthyl » et « éthyl » sont en toute rigueur utili- f. Le méthylbutane est forcément le 2-méthylbutane
sés soit tels quels quand le mot est intégré à un nom com- puisque le 1-méthylbutane et le 4-méthylbutane sont le pen-
posé (méthylbutane), soit avec la lettre e en position finale tane et que le 3-méthylbutane est identique au 2-méthylbu-
(méthyle, éthyle) quand il s’agit du mot isolé (par exemple, tane. Numéroter le substituant est superflu dans ce cas.
le substituant méthyle). Nous n’avons pas voulu perturber En revanche, il existe deux molécules de méthylpentane,
les élèves avec ce détail, mais nous avons essayé d’être avec le substituant en positon 2 ou 3. En effet, le 1 et le 5
rigoureux dans cet usage. Il en est ainsi pour d’autres règles correspondent à l’hexane et le 4 est identique au 2.
que nous n’avons pas mentionnées mais que nous avons g. 3-éthyl-2-méthylhexane.
cependant respectées. h. Écriture topologique du 2,2,3-triméthylpentane :
La nomenclature telle qu’elle est présentée de nos jours
résulte d’un long cheminement. Le premier savant à y avoir
mis de l’ordre fut Lavoisier. Ayant introduit le concept d’é-
lément chimique, il s’en est servi pour simplifier la dénomi-
nation initiée au Moyen Âge (esprit de sel pour HCl, vitriol
pour H2SO4…). La nomenclature de Lavoisier ne concernait ACTIVITÉS D’EXPLOITATION
que la chimie inorganique. La nomenclature en chimie orga-
nique est venue beaucoup plus tard puisque la structure des
molécules organiques n’a pas été connue avant le XXe siècle TP 6. Ébullition et distillation (p. 178)
(1874 : LeBel montre que le carbone est tétraédrique ; 1913 :
Lewis introduit le concept de liaison covalente). Commentaires
Une partie des noms communs (benzène, pyrrole…) est Ce TP met en œuvre des distillations à l’occasion desquelles
non seulement restée, mais a même servi de base à la une réflexion sur la différence entre corps pur et mélange est
nomenclature systématique moderne. Les derniers déve- mise en œuvre. Les élèves doivent assembler eux-mêmes
loppements important de la nomenclature concernent la leur dispositif et constater que dans le cas d’un corps pur, soit
nomenclature des molécules chirales (R et S). le pentane, soit l’heptane, la température en bas et en haut
Si l’on peut assez simplement enseigner les base de la de la colonne est identique et ne varie pas pendant toute la
nomenclature, être capable de nommer n’importe quelle durée de la distillation. La relation entre la température
molécule est un véritable métier ; de tels spécialistes sont d’ébullition d’un alcane linéaire et la longueur de son sque-
utilisés par les banques d’informations en chimie (Chemical lette carboné est évoquée puisqu’il est suggéré que tous les
Abstract par exemple). binômes ne distillent pas le même hydrocarbure. Dans un
second temps, des mélanges de pentane et d’heptane dans
Correction différentes proportions sont distillés et les élèves doivent
1. a. C2H6, éthane ; C5H12, pentane. arriver à la conclusion que la température en bas de colonne
b. Méthane, propane, butane. diffère de celle en tête de colonne, et que ces deux tempéra-
Ce sont des hydrocarbures possédant respectivement un, tures s’élèvent pendant la distillation. Une comparaison avec
trois et quatre atomes de carbone dans leur squelette. la description du processus de raffinage est suggérée.
H Il semble important que les élèves donnent du sens à la dif-
H H férence entre la température d’ébullition d’un mélange et
H C H celle d’un corps pur, bien qu’il soit impossible de le théoriser
2. a. H C C C H au niveau de la Première S. Insister sur l’invariance de cette
caractéristique physique est insuffisant ; en effet, un mélange
H H H porté à l’ébullition dans un dispositif à reflux bout également
à température fixe. C’est seulement si le système à l’ébulli-
tion perd de la matière, comme dans le cas de la distillation,
b. que la différence entre le corps pur et le mélange apparaît.
2-méthylpentane 3-méthylpentane
Une seconde idée fausse que ce TP combat est le fait que
Ces molécules sont isomères (C5H12). l’ébullition d’un mélange, par exemple de pentane et d’hep-
tane, ne s’effectue pas à la température d’ébullition du
c. pentane pendant que cette espèce chimique passe en phase
2-méthylhexane 3-méthylhexane vapeur, puis que la température s’élève à celle de l’ébullition
d. de l’heptane quand tout le pentane est parti. L’observation
de ce qui se passe en tête de colonne uniquement renforce-
rait cette conception erronée. C’est la raison pour laquelle
le suivi simultané de la température en bas et en tête de
Il s’agit effectivement de la même molécule. On conserve le colonne est suggéré dans le protocole. Quelques questions
nom qui désigne la chaîne carbonée la plus longue, ici, le en fin de TP suggèrent que cette idée peut-être discutée en
méthylbutane. classe, ce qui donne de l’importance au rôle de la colonne
Le 1-méthylpropane est le butane. Le 4-éthylbutane est dans une distillation, et qui permet de justifier la hauteur
l’hexane. des tours de raffinage.
e. Le 2-méthylpentane et le 4-méthylpentane (ci-dessous)
correspondent en fait à la même molécule. Correction
1.
Note : Le programme de Seconde n’a pas introduit le terme de corps pur mais
celui d’espèce chimique. Ces deux notions sont équivalentes au niveau du lycée.
Il s’agit du 2-méthylpentane car 2 est inférieur à 4. Nous avons préféré utiliser celui qui est consacré en thermodynamique.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 77


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 78

a. Reprendre la Fig. 1 de la page 178 et légender avec les


termes ci-dessous. DOC 7. Polymérisation de l’éthylène
• thermomètre ; (p. 179)
• tête de colonne ;
L’objectif de cette activité est de comprendre les notions de
• colonne à distiller ;
polymère et de polymérisation en proposant une analogie
• ballon bicol ;
avec une situation de la vie quotidienne. L’élève est amené
• chauffe-ballon / dispositif de chauffage ;
à prendre conscience à la fois de la spécificité du mono-
• condenseur ;
mère qui, dans le cas des polyadditions, doit être un alcène,
• éprouvette / recueil du distillat ;
et du polymère, molécule particulière constituée de longues
Le schéma fourni ici sert uniquement de repère.
chaînes carbonées. Une approche de ce qui se trouve au
bout de la chaîne d’un polymère est abordée au moyen d’un
thermomètre exemple.
colonne tête de colonne Cette activité permet ainsi de dépasser le stade de la seule
à distiller écriture de l’équation de polymérisation : n C2H4 → (C2H4)n,
condenseur insuffisante pour résoudre les problèmes que l’on se pose
habituellement. La polymérisation est une réaction d’un
éprouvette
graduée genre nouveau pour les élèves et les difficultés sont plus
variées que l’on peut l’imaginer au prime abord. Parmi les
difficultés, on compte :
ballon • La longueur des molécules qui interdit que le polymère
bicol soit écrit explicitement ; on utilise alors un symbolisme dif-
chauffe- férent de celui utilisé habituellement en chimie organique
ballon (on utilise des points de suspension ou l’indice n).
• Le fait qu’il s’agit de la première réaction d’addition d’un
alcène est une difficulté. La notion d’ouverture d’une dou-
ble liaison n’est pas aussi simple qu’il y paraît.
b. C5H12 pour le pentane et C7H16 pour l’heptane, soit
• On ne forme pas un unique produit comme dans les cas
respectivement :
habituels. En effet, il y a une dispersion des produits for-
més, le nombre d’unités monomériques variant d’une molé-
c. La température d’ébullition est plus élevée quand la lon- cule à l’autre.
gueur de la chaîne carbonée est supérieure. Ces difficultés étant présentées, il faut pouvoir les aborder et
d. La température d’ébullition du liquide, mesurée directe- proposer une pédagogie adaptée. Plusieurs possibilités exis-
ment dans le ballon, est identique à celle récupérée à l’en- tent et nous avons combiné deux approches qui ont séparé-
droit de sa récupération, c’est-à-dire en tête de colonne. ment fait leurs preuves dans d’autres situations : l’utilisation
Cela montre qu’il s’agit du même liquide, car cette cons- d’une analogie et l’utilisation d’énoncés auxquels les élèves
tante physique est une caractéristique de l’espèce chimique. doivent se référer pour répondre aux questions posées.
2. a. La température monte progressivement dans le bal- Nous sommes conscients des dangers d’un enseignement
lon du bicol jusqu’à 95 °C. En tête de colonne, elle monte, par analogie. L’élève comprend une situation proche de
puis se stabilise entre 39 et 42 °C, puis monte et se stabilise celle qui est le but de l’apprentissage, mais qui en diffère
à 95 °C. forcément par des aspects souvent importants. L’enseignant
doit donc être prudent.
température (°C) L’enseignement avec une suite d’énoncés est intéressant car
95 l’élève peut comprendre à son rythme les principes de
bases des concepts à étudier. En effet, quand il ne sait pas
répondre à une question, l’élève est invité à relire les énon-
cés proposés dont la compréhension révèle généralement
tout ou partie de la réponse. Or, ces énoncés recèlent
42 quelques-unes des définitions ou des propriétés importan-
21 tes qu’il faut connaître ; chercher à en comprendre le sens
0 profond est une voie d’apprentissage.
0 temps Un enseignant qui souhaite tirer le meilleur parti d’une telle
activité ne doit pas corriger le travail de ses élèves en don-
Il n’y a de stabilité que si le liquide dont on mesure la tem- nant les réponses correctes, mais en indiquant quels énon-
pérature est un corps pur, c’est-à-dire une espèce chimique cés ne sont pas respectés à l’occasion des erreurs commises
donnée. par l’élève. À ce dernier de trouver pourquoi et d’y remédier.
b. La distillation avec deux hydrocarbures est une simplifi-
Correction
cation d’une raffinerie où la distillation porte sur le mélange
d’un grand nombre d’hydrocarbures constituant majoritai- a. et b.
rement le pétrole.
c. Les binômes qui ont un mélange riche en heptane ont
une température d’ébullition supérieure aux autres. Dans
tous les cas, l’évolution aboutit à 95 °C, correspondant à l’é-
bullition de l’heptane pur. Cas A Cas B Cas C

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 78


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 79

c. On a formé des cycles ou des chaînes. b. Pour n = 2, la formule est C2H6 et pour n = 3, c’est C3H8.
d. Mêmes schémas que ci-dessus, mais chaque est Les formules développées correspondantes sont :
 CH2 dans le cas A′ (analogue de A) et
remplacé par CH2  H H H H H
par  CH2  CH2  dans les cas B′ ou C′ (analogues de B et
C), et est remplacé par Imp. H C C H H C C C H
Note : C’est à dessein que l’on propose un nombre impair de molécules H H H H H
d’éthylène car spontanément, les élèves proposent deux chaînes d’égale lon-
gueur. Il est préférable, en vue des questions suivantes, qu’ils aient conscience
c. Ces molécules appartiennent à la famille des hydro-
que les chaînes ne sont pas toutes identiques. carbures.
e. Polymérisation. 16 a. Formule brute : C5H12.
Note : Dans la réalité, la formation de cycle est peu favorisée. En synthèse, la
b. CH3 CH2 CH CH3
réaction de cyclisation d’une chaîne est rarement utilisée car le risque d’allon-
gement de chaîne est grand. Pour synthétiser un macrocycle (éther-couronne CH3
par exemple), on utilise la technique appelée « haute dilution » de sorte que l’ex-
trémité d’une chaîne ait moins de chance de rencontrer l’extrémité d’une autre
chaîne que l’autre extrémité de sa propre chaîne.
17 a. C3H8 : CH3  CH2  CH3
f. La masse molaire de l’éthylène est 28 g . mol– 1. Dans 1 g C4H10 : CH3  CH2  CH2  CH3
22
d’éthylène, il y a donc 2 × 10 molécules. Dans un tel cas, C6H14 : CH3  CH2  CH2  CH2  CH2  CH3.
il se forme de longues chaînes.
b.
g. Le polyéthylène se rencontre dans les objets extrême- C3H8 C4H10 C6H14
ment plats (film, sac de polyéthylène) et plus généralement
dans de nombreux types d’emballages. L’inconvénient du c. La température d’ébullition augmente avec la longueur
polyéthylène est sa mauvaise tenue à la chaleur. de la chaîne carbonée, dans le cas des alcanes linéaires.
h. Si l’on ne fait pas intervenir d’impuretés, le carbone ter- Note : Il est important de ne pas omettre la précision relative au fait que les alca-
nes doivent être linéaires pour pouvoir comparer leur constantes physiques.
minal de chaque chaîne ne respecte pas la règle de l’octet. Dès que les alcanes sont ramifiés, il n’y a plus d’évolution simple de leurs
i. C6H12 est CH2  CH  CH2  CH2  CH2  CH3. constantes physiques.
Note : Lors d’une polymérisation, une chaîne peut être le siège du transfert d’un
atome d’hydrogène. L’extrémité qui perd un H devient insaturée, celle qui gagne 18 a. L’essence reste en surface, car sa densité est
un H devient saturée. L’échange a lieu entre deux chaînes voisines et non d’une inférieure à celle de l’eau.
extrémité à l’autre de la même chaîne.
b. L’eau de pluie coule et se retrouve au fond du bac, car sa
densité est supérieure à celle de l’essence.
c. La densité du pétrole est inférieure à celle de l’eau de mer
puisque les marées noires polluent en surface.

EXERCICES 20 a. et b.

C2H4 C3H6
c. C4H8 :
Appliquer ses connaissances
12 a. Le squelette carboné est C  C  C.
b. La formule développée est :
H H H 21 a.

H C C C H
H H H b.
c. La formule brute est C3H8.
c.
13 Il faut écrire un C entouré de quatre liaisons,
positionner un autre C au bout de chaque liaison et 22 a. L’alcane linéaire possédant le même squelette
compléter l’octet avec des H (3 H par C). Cela donne : carboné est donné ci-dessous et sa formule brute est C5H12
et non C5H10.
CH3
H H H H H
CH3 C CH3
H C C C C C H
CH3
H H H H H
15 a. La formule pour laquelle n = 1 est CH4. La formule b. Une formule possible de l’alcène est :
développée correspondante est :
H H H
H
H C C C H
H C H C C H H H
H H H

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 79


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 80

c. Les isomères de cet alcène sont : 32 a. On brûle du méthane CH4, du propane


H H H H H H CH3  CH2  CH3 et du butane CH3  CH2  CH2  CH3.
H HH H
C C C b. Ce sont des hydrocarbures linéaires, leur température
H C C C H C C C d’ébullition augmente donc avec la longueur de leur chaîne.
H H
H HH H C
H H Note : On a θéb = – 161 °C, θéb = – 42 °C, θéb = – 0,5 °C respectivement. Le
méthane n’est jamais stocké par des particuliers, c’est le gaz de ville, délivré au
24 a. CH2 
 CH  CH 
 CH2 (but-1,3-diène) (il existe moment de la consommation. Le propane est le seul gaz commercial, stocka-
ble en bouteille sous pression, et utilisable à l’extérieur, même l’hiver dans nos
bien d’autres exemples). régions. L’usage du butane est déconseillé en extérieur, car en hiver, il se liqué-
b. Par exemple l’hexa-1,3-diène : fierait et serait inutilisable comme gaz.

CH2 
 CH  CH   CH  CH2  CH3 c. Seul le butane possède un isomère (le méthylpropane).

25 a. 
1 : C6H14, 
2 : C6H14, 
3 : C6H12, 
4 : C6H14, 
5 : C6H14. 33 a. CaC2 + 2 H2O → CaO + C2H2
b. Les molécules  1 ,2 ,4 et 5 sont isomères. b. H  C 
 CH  H
c. Il y a cinq possibilités (attention, il y a une possibilité c. 2 C2H2 + O2 → 4 C + 2 H2O
d’isomérie Z et E). d. Les produits de la combustion complète d’un hydrocar-
bure sont CO2 et H2O.
L’équation chimique de la combustion complète de
l’acétylène est : 2 C2H2 + 5 O2 → 4 CO2 + 2 H2O
34 a. L’essence est obtenue à partir des hydrocarbures
contenus dans le pétrole.
b. Le pétrole est issu de la décomposition du plancton qui
27 a. 
1 : 3-méthylpentane ; 
2 : 2-méthylbutane (et non
s’est amassé au fond des mers. Le sel est celui de la mer et
3-méthylbutane) ; 
3 : 3-méthylbutane (et non 2-éthylbutane,
l’eau provient à la fois de la mer et de la décomposition des
car la chaîne carbonée la plus longue doit être considérée
protéines du plancton.
pour nommer le radical du nom de l’espèce chimique) ;
4 : propane (et non méthyléthane) ; 5 : cyclohexane. Note : On entend dire parfois que le pétrole est le produit de la transformation
de forêts : ce n’est le cas que pour le charbon.
b. Seules les espèces chimiques 1 et 3 sont isomères.
c. Avec une ampoule à décanter.
29 a.
d. Les hydrocarbures linéaires gazeux sont le méthane,
b. Le groupe éthyle ajouté est en gras dans les écritures l’éthane, le propane et le butane. Quand la chaîne carbonée
topologiques suivantes : est plus longue, la température d’ébullition augmente au-
delà de celle du pentane (36 °C) et les hydrocarbures ne
sont plus gazeux dans les conditions normales.
e. Le raffinage est une distillation.
La première écriture correspond au méthylbutane et la f. Les fractions s’appellent des coupes.
seconde au pentane. g. Les squelettes carbonés sont allongés, raccourcis, rami-
c. Ce sont deux isomères. fiés, cyclisés ou déshydrogénés.
h. Il n’y a pas qu’une seule molécule de formule C5H12. Il y
30 a. Les isomères de formule C4H10 sont : a le pentane, le méthylbutane et le diméthylpropane.
Note : Toute numérotation est inutile puisqu’il n’y a à chaque fois qu’une unique
possibilité pour positionner la ramification.

Il s’agit du butane et du méthylpropane respectivement. i. Pent-1-ène ; (Z) ou (E) pent-2-ène.


b. Les isomères de formules C6H14 sont : 2-méthylbut-1-ène ; 2-méthylbut-2-ène ; 3-méthylbut-1-ène.
Il n’y a pas de possibilité de déshydrogénation du dimé-
thylpropane sans modification profonde du squelette
carboné.

36 a. n CH2 
 CH2 →  (CH2  CH2)n .
b. Le polymère est un solide.
c. n CH2 
 CH  CH3 →  (CH2  CH)n .
Leur nom est, dans l’ordre : hexane, 2-méthylpentane, CH3
3-méthylpentane, 2,2-diméthylbutane, 2,3-diméthylbutane.
37 a. – (CH2  CH2)n  + 3n O2 → 2n CO2 + 2 n H2O
31 a. Il existe trois isomères dont le nom contient le mot
b. Non, la fumée noire contient du carbone, or les seuls pro-
butène : le but-1-ène, le (Z)-but-2-ène et le (E)-but-2-ène.
duits indiqués sont CO2 et H2O.
b. Le métylpropène (CH3)2C   CH2 a la formule brute C4H8 ; c. Non, le polyéthylène et le polypropène sont constitués
c’est un isomère du butène et son nom ne contient pas le uniquement des éléments chimiques C et H, donc les pro-
mot butène. duits de combustion sont dans les deux cas (si la combus-
Note : Le cyclobutane et le méthylcyclopropane sont aussi dans ce cas. tion est complète) CO2 et H2O.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 80


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 81

d. Le PVC contient l’élément chimique Cl, qui ne peut b. Il y a, a priori, plusieurs possibilités pour positionner la
se retrouver dans CO2 ou H2O. On peut donc distinguer double liaison de l’acide oléique, entre deux atomes de car-
les deux polymères par l’analyse de leurs produits de bone consécutifs de la chaîne (sauf COOH).
combustion. c. Il y a 16 positions possibles pour la double liaison dans
la chaîne.
38 a. Certains objets, reconnaissables à leur logo PS, d. 15 des 16 positions de la double liaison donnent lieu à
sont fabriqués en polystyrène, par exemple des gobelets en une isomérie Z et E. Si la double liaison se trouve en bout
plastique transparent. De nombreux matériaux d’isolation de chaîne (CH2   CH  CH2…) il n’y a pas d’isomérie Z et E
sont en polystyrène expansé. possible.
b. Le motif du polystyrène est  CH2  CHA  Le nombre d’isomères pour une chaîne linéaire est donc de
ou  CH2  CH(C6H5) . 15 + 16 = 31.
c. e. Les bougies en acide stéarique ont remplacé les vieilles
A A A A A
bougies de suif qui produisaient beaucoup de fumée, noir-
cissant les chaumières et les poumons de leurs utilisateurs.
d. L’enchaînement suivant correspond aussi à cinq motifs : 43 a. L’atome peut établir quatre liaisons covalentes avec
A A A A ses voisins.
En effet, l’atome C possède quatre électrons, il faut donc
qu’il acquière quatre électrons supplémentaires, ce qui est
possible avec quatre liaisons covalentes.
A b. L’hydrogène doit satisfaire à la règle du duet. Comme l’a-
e. Le motif est une petite chaîne carbonée de deux atomes tome possède un unique électron, il doit se lier avec un
différents, puisque l’un porte deux atomes d’hydrogène et unique voisin.
l’autre porte un atome H et un groupe A. Appelons « queue  CH2 ; CH3  C 
c. CH4 ; CH2  
 CH ou CH2  C  CH2.
du motif » l’atome de carbone du motif qui porte A et « tête »
Note : Cette dernière formule est celle de l’allène. C’est une structure électro-
l’autre atome de carbone du motif. L’écriture topologique de nique existante mais peu commune.
la réponse à la question c. donne des enchaînements en tête
à queue (la tête d’un motif est accroché à la queue du sui- d. La plus petite molécule est X 
C
 X.
vant). L’enchaînement suivant est en tête à tête : 
e. X  O ou S.
A A A 44 1. a. Le craquage est une modification du squelette
carbonée qui conduit à la production d’hydrocarbures
insaturés.
A A b. Il n’y a pas une équation chimique du craquage, car de
nombreuses molécules à longues chaînes se transforment
Dans la réponse à la question d., l’enchaînement proposé
en de nombreuses molécules à courtes chaînes. Il s’agit
est aléatoire.
d’une modélisation au sens où l’on simplifie le système chi-
Note : Il n’y a pas de convention pour désigner la queue ou la tête d’un motif. mique en le ramenant à une unique espèce chimique.
f. Dans le cas du polyéthylène, le motif est  CH2  CH2  ; c. C6H14 → 3 C2H4 + H2
il est symétrique et l’on ne peut distinguer la tête de la d. C8H18 → 4 C2H4 + H2
queue. e. La formule CnH2n + 2 est exacte pour les premiers hydro-
g. Le motif du polypropène est du même type que celui du carbures linéaires CH4, CH3  CH3, CH3  CH2  CH3. Un
polystyrène, mais A est le groupement méthyle. Le motif a allongement de la chaîne de 1 carbone correspond à l’in-
bien une tête et une queue différentes et l’on a les trois sertion de 1 CH2. À chaque fois que l’on ajoute 1 C à la for-
mêmes types d’enchaînements qu’avec le polystyrène. mule brute, il faut effectivement ajouter 2 H.
Si l’hydrocarbure n’est pas linéaire, alors il est isomère d’un
hydrocarbure linéaire et la formule brute est la même. La
Aller plus loin formule CnH2n + 2 est donc générale.
f. L’équation chimique est : 2 CnH2n + 2 → n C2H4 + 2 H2
40 a. Les éléments C et H se retrouvent dans CO2 et H2O.
b. HCl est un gaz soluble dans l’eau, en particulier dans Note : Démontrer que la formule d’un hydrocarbure est CnH2n+2 n’est pas
immédiat.
l’eau de pluie. Il acidifie la pluie. Démonstration acceptable : La règle est vérifiée pour le méthane CH4 (n = 1).
Note : Les principaux responsables des pluies acides sont les oxydes de soufre Pour construire un hydrocarbure pour lequel n = 2, il faut, par la pensée, insé-
et d’azote, présents en quantités bien supérieures au chlorure d’hydrogène. rer un groupement CH2 dans une liaison C  H. Cela conduit à
l’hydrocarbure de formule C2H2 × 2 + 2 = C2H6. On peut ainsi construire de proche
c. Na2O et CaO. On retrouve ces oxydes dans les cendres. en proche des hydrocarbures de taille croissante en insérant le groupement CH2
dans une liaison C  H. Or CH2 est précisément ce qu’il faut pour passer de l’or-
Note : On remarque que les cendres sont basiques puisqu’en présence d’eau, dre n à l’ordre n + 1 dans la formule CnH2n + 2.
Na2O produit une solution d’hydroxyde de sodium et CaO de l’eau de chaux, Autre démonstration : Un hydrocarbure saturé non cyclique possédant n ato-
qui sont deux solutions basiques. La cendre fut la première base utilisée par les mes de carbone doit, pour respecter la règle de l’octet, engager 4n liaisons chi-
chimistes arabes, au temps d’Alexandrie. miques. Entre eux, les n atomes de carbone engagent déjà n – 1 liaisons si l’hy-
drocarbure est non cyclique et saturé. Chacune de ces n – 1 liaisons reliant
42 a. deux atomes de carbone doit être comptée deux fois (une fois pour chaque car-
bone). Il en manque donc 4n – 2(n – 1) = 2n + 2. C’est donc le nombre d’hydro-
CH3  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2 gènes nécessaires pour que l’hydrocarbure respecte la règle de l’octet.
 CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  CH2  COOH
g. Soit M la masse molaire de l’hydrocarbure servant à
COOH modéliser la coupe subissant le craquage. Dans une tonne

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 81


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 82

d’hydrocarbure, il y a 106 / M mol d’hydrocarbure qui, d’atomes de carbone, plus sa température d’ébullition est
d’après l’équation chimique de la question f., produit la élevée.
même quantité de matière de dihydrogène. On voit donc 2. a. L’eau est un liquide bouillant à 100 °C, alors que le
que cette quantité de matière diminue avec la masse méthane est un gaz, même à température ambiante (sa
molaire de l’hydrocarbure subissant le craquage. température d’ébullition est – 161,5 °C). Ces deux espèces
2. a. 6 CnH2n + 2 → n C6H6 + (3n + 6) H2 chimiques ont des masses molaires très proches (18 et
b. La masse molaire de l’hydrocarbure modèle est 12n + 26. 16 g . mol– 1).
La quantité de matière dans une tonne est 106 / M mol. La b. L’eau est une molécule dipolaire, ce qui n’est pas le cas
quantité de dihydrogène produite est donc : du méthane ; on peut expliquer la plus grande difficulté de
x = (3n + 6) 106 / 6M mol, quantité qu’il faut comparer à l’eau à passer de l’état liquide à l’état vapeur, comparé au
y = 106 / M mol. Comparer x et y revient à comparer méthane, par la présence des interactions dipôle-dipôle
(3n + 6) / 6 et 1. On voit donc que la quantité de matière de entre molécules d’eau.
dihydrogène produite par le reformage est toujours plus Note : Le nom précis de ces interactions intermoléculaires est « liaison hydro-
gène », terme inconnu des élèves.
grande que celle produite par le craquage, et que cette dif-
férence s’accroît avec le nombre d’atomes de carbone du c. Un hydrocarbure saturé possède la formule CnH2n + 2.
squelette carboné. Une telle molécule possède donc 8n + 2 électrons.
Note : Les applications numériques sont proposées en tonnes, car il s’agit d’un
L’interaction de van der Walls augmente donc avec le nom-
réel problème industriel mettant en jeu un gaz dont la production possède une bre n d’atomes de carbone. Cela explique bien que les
importance économique. Généralement, les unités de reformages produisant hydrocarbures les plus lourds soient les moins volatiles.
beaucoup de dihydrogène sont couplées avec des usines de production d’am- d. Non. Le pentane et le diméthylpropane, isomères, pos-
moniac. Les gaz ne sont en principe ni stockés bien longtemps, ni transportés
(à l’exception du méthane).
sèdent autant d’électrons et devraient avoir la même tem-
pérature d’ébullition, ce qui n’est pas le cas. Il en est de
45 1. a. Le raffinage consiste à séparer « grossièrement » même pour l’hexane et le diméthylbutane.
les constituants du pétrole. e. Il semble, d’après ces données, que le caractère ramifié
b. On utilise le principe de la distillation fractionnée. d’un squelette carboné soit la cause d’une température
c. La partie haute de la tour est moins chaude que sa partie d’ébullition faible de l’espèce chimique correspondante,
basse, or plus un hydrocarbure possède un grand nombre comparativement à son isomère linéaire.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 8 – INTRODUCTION À LA CHIMIE ORGANIQUE 82


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 83

9 Groupes caractéristiques
et réactivité

3. Familles de composés organiques


ASPECTS PÉDAGOGIQUES et réactivité
ET SCIENTIFIQUES Tant dans la première activité que dans le cours, nous avons
choisi de traiter des familles chimiques au programme
1. Introduction comme d’un ensemble, plutôt que d’effectuer une étude
spécifique à chacune d’elles, par exemple dans des activi-
Ce chapitre couvre la partie II.B.3 du programme officiel et
tés différentes. C’est ainsi que la première activité (p. 188 et
correspond à l’initiation à la réactivité. Dans l’esprit du pro-
189) traite, selon un même modèle, de cinq familles chi-
gramme, nous avons abordé la reconnaissance d’une
miques au travers de définitions, de critères de reconnais-
famille chimique, autant à la lecture d’une formule déve-
sance et de tests chimiques.
loppée qu’à la suite d’un ou plusieurs tests caractéristiques.
De même, le cours présente tout d’abord les caractéris-
Les familles chimiques sont les amines, les composés halo-
tiques de six familles chimiques sous forme d’un grand
génés, les alcools, les aldéhydes, les cétones et les acides
tableau (Tab. 1, p. 192 et 193). Ensuite seulement (para-
carboxyliques. Une étude plus fine de la réactivité de la
graphes 2. et 3. p. 195-198), la réactivité des alcools est
famille des alcools est présentée, tant du point de vue de la
abordée.
réactivité au laboratoire, que du point de vue structural ou
La réactivité des alcools donne l’opportunité de revoir les
qu’avec un intérêt industriel sous-jacent.
réactions d’oxydoréduction, comme cela est précisé dans
les commentaires du programme. C’est aussi l’occasion d’a-
2. Réactions en chimie organique border deux nouveaux types de réactions : la déshydrata-
La création de molécules est l’une des grandes activités des tion (qui est un exemple de réaction d’élimination) et la
chimistes. Une idée importante que nous cherchons à faire substitution. Au-delà des équations chimiques que l’élève
passer repose sur le contraste entre l’immense variété doit connaître, nous pensons qu’il est important de mettre
d’espèces chimiques organiques, et le petit nombre de réac- en avant les caractères structuraux différents de ces réac-
tions qu’il faut connaître pour prévoir l’évolution d’un sys- tions. Les réactions de déshydratation entraînent une pro-
tème chimique impliquant des réactifs organiques. fonde modification de la structure géométrique : nous pro-
Pour comprendre cette idée, il faut avoir pris conscience du posons d’utiliser les modèles moléculaires pour montrer
fait que la réactivité d’une espèce chimique est inscrite dans d’une part, le passage d’une structure tétraédrique à une
sa structure, donc dans sa formule développée. La notion structure plane, et d’autre part, une modification de struc-
de groupe caractéristique permet ainsi d’articuler le classe- ture électronique : la création d’une double liaison. Grâce
ment des formules avec cette réactivité dès qu’on a compris aux modèles moléculaires, la différence avec la réaction de
que ce qui réagit dans une molécule est d’abord son groupe substitution saute aux yeux.
caractéristique. Ainsi, si les alcools réagissent pour beau- Cette approche structurale nourrit cette partie sur la réac-
coup de la même manière, c’est parce qu’ils comportent tivité, et constitue une approche nouvelle de la réaction chi-
tous un groupe OH et que la transformation de la molécule mique sans qu’aucune difficulté conceptuelle ne soit intro-
implique en priorité celle de ce groupe. duite.
À la différence de la chimie des solutions aqueuses ou de Les applications industrielles de la réactivité des alcools
la chimie générale, la chimie organique n’est pas aussi sont demandées par le programme officiel. Nous avons
prévisible : l’addition d’un acide diminuera le pH d’une choisi un cas simple, celui du méthanol, qui permet de réin-
solution, comme le précipité de chlorure d’argent se for- vestir la quasi-totalité des réactions vues dans le chapitre à
mera à coup sûr, mais l’expérience en chimie organique propos d’un produit de première importance dans l’indus-
semble souvent plus capricieuse pour le non-expert. La trie chimique moderne :
raison est simple : on a affaire à des composés molécu- • L’oxydation en formaldéhyde qui est une étape importante
laires qui, du fait qu’ils existent, sont raisonnablement dans l’industrie des polymères (résine phéno-formol par
stables. Dans le cas des composés organiques, il faut donc exemple). Dans l’industrie, son oxydation n’est pas per-
vaincre une certaine forme d’inertie chimique (l’énergie manganique mais utilise le dioxygène de l’air.
d’activation) qui est moins présente lorsqu’un anion réagit • Le passage du méthanol au chlorométhane est également
avec un cation par exemple. Les conditions expérimenta- important. Le chlorométhane est produit par chloration
les sont donc plus pointues en chimie organique, et le pro- directe du méthane entre 400 °C et 500 °C.
fesseur qui tente une expérience devra s’assurer de la C’est un intermédiaire de synthèse utilisé comme réactif
qualité du mode opératoire qu’il met en œuvre. D’un point méthylant dans la synthèse de silicones, de méthylcellu-
de vue pratique, les tests décrits le sont dans un cas par- loses, d’aromatiques méthylés…
ticulier et avec un caractère général. Il ne faudra donc pas • Le passage à la méthylamine complète, appelé dans
s’étonner que certains protocoles obtenus par généralisa- l’industrie « la chimie en C1 », c’est-à-dire la chimie des
tion de ceux indiqués dans notre ouvrage ne fonctionnent composés ne contenant qu’un seul carbone. Le passage à
apparemment pas. l’amine résulte d’une réaction avec l’ammoniac dans des

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 83


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 84

conditions peu accessibles hors de l’industrie (400 °C, Cette activité est abondamment illustrée. Il nous semble en
3 MPa, catalysé par Al2O3). effet important que l’élève voie ces illustrations, et si possi-
La méthylamine est un intermédiaire dans l’industrie phar- ble, ces tests en classe ou en TP. Leur réalisation, pour être
maceutique, celle des colorants et des pesticides. De nom- parlante, nécessite que les concentrations soient ajustées,
breuses molécules issues de synthèses industrielles et et que le représentant de chaque fonction organique soit
contenant un atome d’azote sont issues de la méthylamine. bien choisi. Les documents proposés correspondent aux
• Une application de déshydratation intermoléculaire impli- espèces chimiques mentionnées dans le texte de l’activité
quant le méthanol a été mentionnée pour son importance mais de nombreux autres réactifs organiques peuvent être
socio-économique. Le MTBE (méthyltertiobutyléther) est utilisés. À titre d’exemple, la caractérisation d’un dérivé
un additif important des carburants automobiles. C’est un halogéné a été effectuée avec le 2-bromo-2-méthylpropane
succédané du tétraéthylplomb. qui est particulièrement réactif. S’il fallait choisir un autre
dérivé halogéné, il faudrait se rappeler que la réaction mise
4. Savoir-faire exigible en jeu est une E1. Il suffit donc de choisir un dérivé halo-
géné favorisant une cinétique d’ordre 1.
Un certain nombre de techniques doivent être acquises par
les élèves au regard du programme officiel : Correction
– le chauffage à reflux (p. 200) ; 1. a. CH2 
 CH  CH2  CH2  CH3.
– la filtration sous vide (p. 200) ; Le groupe caractéristique du pent-1-ène est la double liaison
– la CCM (p. 190) ;
C
C . D’après l’énoncé 1, c’est en effet le seul groupe
– la distillation (p. 190).
Ces techniques sont utilisées dans les activités expéri- d’atomes non reliés par une simple liaison.
mentales proposées dans ce chapitre (pages entre paren- b. D’après l’énoncé 3, c’est lors de l’addition du pent-1-ène
thèses dans la liste précédente). Pour toutes les activités qu’une modification perceptible du milieu réactionnel a
expérimentales proposées, de nombreuses questions favo- lieu. Le test au dibrome est donc positif lorsqu’il y a déco-
risent la réflexion de l’élève sur ce qu’il a fait. Cela permet loration.
de créer un lien intéressant avec le cours.
Note : Les solutions concentrées de dibrome sont en équilibre avec une forte
pression de vapeur de gaz dibrome. Ce dernier étant toxique, de telles solutions
doivent être conservées dans un flacon bien étanche.

c. D’après l’énoncé 2, il faudrait montrer que d’autres molé-


ACTIVITÉS DE DÉCOUVERTE cules présentant un tel groupe caractéristique donnent un
résultat positif à ce test, c’est-à-dire une décoloration de
l’eau de brome (énoncé 3). Il faudrait aussi montrer que des
DOC 1. Groupes caractéristiques molécules ne possédant pas ce même groupe caractéris-
(p. 188-189) tique donnent un résultat négatif à ce test. Les molécules
possédant un même groupe caractéristique appartenant à
Commentaires une même famille chimique (énoncé 4), le test est alors
À partir de quelques énoncés très généraux donnant à caractéristique de la famille des alcènes.
l’élève les bases du raisonnement en chimie organique, 2. a. Fluor, chlore, brome et iode.
on introduit les différentes familles chimiques : alcènes,
composés halogénés, alcools, aldéhydes et cétones. Note : L’astate est un élément chimique artificiel, résultant de synthèses nucléai-
res. Il n’est pas intéressant de l’inclure parmi les halogènes.
À chaque fois, l’élève est amené à comprendre pourquoi, à
un groupe caractéristique donné identifiable sur la formule b. H
de la molécule, est associée une réactivité propre d’une
famille organique. Cette réactivité lui donne alors la possi- H C Cl
bilité d’identifier un échantillon inconnu d’une espèce chi- H
mique organique.
Avec la définition que nous donnons de la famille des Note : Dans la formule développée, on n’est pas tenu de mettre en évidence les
doublets non liants : ici le chlore en a trois (non représentés).
alcools : « un alcool dérive d’un alcane par remplacement
d’un atome H par un groupe d’atome OH » (p. 189, para- c. La position des halogènes dans la classification pério-
graphe 3.), nous avons fait le choix de respecter le pro- dique oblige les atomes de la famille des halogènes à être
gramme. Nous ne précisons pas que le carbone portant le liés par une unique liaison chimique. Ils ne peuvent donc
groupe caractéristique doit être « tétragonal », comme cela pas, comme les atomes de carbone, participer au squelette
peut être lu dans d’autres ouvrages dans le but de préparer de la molécule et doivent être limités à prendre la place
les élèves à ne pas considérer le groupe OH d’un acide car- d’un atome d’hydrogène de l’alcane correspondant.
boxylique comme un signe d’appartenance à la famille des Note : Tous les atomes d’hydrogène d’un alcane peuvent formellement être rem-
alcools. Cette précision est superflue. placés par des atomes d’halogène (à la différence des alcools pour lesquels la
La progression proposée commence par quelques énoncés molécule est instable quand trop d’atomes H sont remplacés par des groupes OH;
par exemple, CH2(OH)2 se déshydrate spontanément en méthanal).
que l’élève devra utiliser pour répondre aux questions
posées par la suite. Dans ces énoncés, un groupe caracté- d. Ag+(alc) + C4H9Br(alc) → AgBr(s) + C4H8 (alc) + H+(alc)
ristique est défini. La définition est immédiatement utilisée L’espèce chimique organique C4H8 résultante est un alcène
dans le cadre d’une famille connue des élèves depuis le cha- (méthylpropène).
pitre précédent, celle des alcènes. C’est seulement à partir
Notes :
du paragraphe 2. que de nouveaux groupes caractéristiques • Il se forme également du tertiobutanol avec le peu d’eau présente, et un éther
sont introduits. (l’oxyde d’éthyle et de tertiobutyle) par réaction avec l’alcool. Ces deux espèces

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 84


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 85

chimiques résultent d’une évolution possible du carbocation C4H9+ qui se forme Il existe deux pentanones (et deux seulement). La pentan-2-
lors de l’arrachage de l’ion chlorure par l’ion argent. one et la pentan-3-one. La « pentan-1-one » est en fait le pen-
• La solution aqueuse de nitrate d’argent pourrait être utilisée dans le cas du
bromure de tertiobutyle, mais son usage n’est pas généralisable aux autres déri-
tanal et la « pentan-4-one » est la pentan-2-one.
vés halogénés. Dans certains cas, il est nécessaire de chauffer un peu le sys- e. Non, le test à la 2,4-DNPH n’est pas caractéristique de la
tème réactionnel pour faire apparaître le précipité, en particulier avec les chlo- famille des cétones, puisque les représentants de la famille
rures d’alkyles primaires.
des aldéhydes donnent aussi un test positif.
e. On sait que le bromure d’argent est insoluble (en parti- f. Pour savoir si un échantillon est constitué d’une espèce
culier dans l’eau), or, pour former un précipité comme chimique faisant partie de la famille des cétones, il faut lui
AgCl(s) ou AgBr(s), il est indispensable que l’élément chi- faire subir deux tests : celui de la 2,4-DNPH et celui du réac-
mique Cl ou Br soit présent parmi les réactifs. tif de Fehling. Il s’agira d’une cétone si le premier test est
f. C’est un test chimique parce que, comme cela est indiqué positif et le second négatif.
dans l’énoncé 3, il permet une modification perceptible du
g. Pour montrer qu’il s’agit effectivement d’une réaction
milieu réactionnel. Par ailleurs, d’après l’énoncé 2, cette
d’oxydoréduction, il faut pouvoir écrire les demi-équations
réaction chimique révèle la présence d’un groupe caracté-
de chaque couple :
ristique : celui de la famille des composés halogénés.
2 Cu2+(aq) + H2O + 2 e– = Cu2O(s) + 2 H+(aq)
g. On peut répondre en modifiant l’halogène (mais pas avec
le fluor, trop stable) ou la chaîne carbonée. C4H8O(aq) + H2O = C4H8O2 (aq) + 2 H+(aq) + 2 e–
3. a. Il s’agit de CH3  CH2  CH2  CH2  OH et de L’équation chimique traduisant l’oxydoréduction est donc :
CH3  CH2  CHOH  CH3. Il n’y en a que deux car, par 2Cu2+(aq) + C4H8O(aq) + 2H2O → Cu2O(s) + C4H8O2(aq) + 4H+(aq)
exemple, CH3  CHOH  CH2  CH3 est identique à
Notes :
CH3  CH2  CHOH  CH3. • Afin de résorber les ions H+ formés, la réaction est réalisée en milieu basique.
b. CH3  CH2  CH2  CH2  OH est le butan-1-ol et Le cuivre est sous forme d’un complexe de tartrate (C4H4O2– 6 ) de cuivre (solu-

CH3  CH2  CHOH  CH3 est le butan-2-ol. tion et de couleur bleue plus marquée que celle de l’aquacomplexe), et l’acide
carboxylique obtenu est en fait sous sa forme basique. Les demi-équations et
c. L’ion permanganate est réduit, donc une autre entité chi- l’équation suivantes traduisent mieux la réalité, mais ne sont pas exigibles des
mique (l’alcool) est forcément oxydée. Il s’agit donc d’une élèves à ce niveau :
réaction d’oxydoréduction. La réduction de l’ion perman- 2 Cu(C4H4O6)22–(aq) + 2 HO–(aq) + 2 e– = Cu2O(s) + 4 C4H4O2–
6 (aq) + H2O

ganate est révélée par la décoloration de la solution. Seule, C4H8O(aq) + 3 HO–(aq) = C4H7O2–(aq) + 2 H2O + 2 e–

en effet, l’entité MnO4– (aq) peut être responsable de la cou- 2 Cu(C4H4O6)2– –


2 (aq, bleu) + C4H8O(aq) + 5 HO (aq)
→ Cu2O(s, rouge brique) + C4H7O–2(aq) + 4 C4H4O2–
6 (aq) + 3 H2O
leur violette de la solution.
• En Seconde (en biologie) il a été vu que de nombreux sucres donnent avec le
d. MnO4– (aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O réactif de Fehling un test positif, qui se manifeste par l’apparition d’un préci-
C4H10O(aq) = C4H8O(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– pité rouge brique (Cu2O(s)). On peut maintenant réinterpréter ces expériences
en précisant que ces sucres contiennent le groupe caractéristique présent dans
2 MnO4– (aq) + 5 C4H10O(aq) + 6 H+(aq) → 2 Mn2+(aq) + 5 C4H8O(aq) + 8 H2O les aldéhydes.

Note : Les élèves ne peuvent pas encore savoir que l’aldéhyde est également
oxydé en acide carboxylique par les ions permanganate. TP 2. Synthèse de la butanone
e. Il faudrait montrer que d’autres alcools sont aussi oxy- et chromatographie (p. 190)
dés dans ces conditions, et que des représentants d’autres
Commentaires
familles ne le sont pas.
Cette première synthèse organique permet aux élèves de
Note : Nous avons choisi, pour cette introduction de la famille des alcools, de
découvrir une préparation qui combine une oxydation et
ne pas évoquer la notion de classes d’alcool qui ne figure pas au programme
officiel. Cette approche de l’oxydation est donc forcément incomplète du point une distillation du produit au fur et à mesure de sa forma-
de vue de la chimie. Du point de vue de l’élève, ce test caractéristique apparaît tion. Il est préférable d’avoir préalablement introduit la
comme un lien entre l’oxydoréduction et ce chapitre de chimie organique. notion de groupes caractéristiques ainsi que le passage, par
4. a. b. et c. oxydation, des alcools aux aldéhydes ou aux cétones.
O O O Cette oxydation est mise en évidence à la fois par la déco-
loration du réactif (K+(aq) + MnO–4(aq)) et par l’identification
H3C C CH3 H3C C H H C H de la cétone formée.
propanone éthanal méthanal Une chromatographie sur couche mince de la 2,4-dinitro-
Dans le cas du méthanal, le carbone doit engager une liai- phénylhydrazine et du dérivé caractéristique de la butanone
son simple avec chaque H et une liaison double avec O, il précipité, simple à mettre en œuvre, montre bien l’intérêt
ne peut donc être lié à d’autres atomes. Le méthanal est de la technique d’autant plus que ces deux espèces chi-
donc l’unique aldéhyde avec deux atomes H sur le carbone miques sont colorées.
portant le groupe caractéristique C  O. Correction
d. Le propanal est une molécule de trois atomes de carbone 1. a. Le couple mis en jeu est : C4H8O(aq) / C4H10O(aq).
(radical prop) et qui contient, comme le méthanal et l’étha- Les demi-équations sont :
nal le suffixe al, c’est donc un aldéhyde ; sa formule semi- C4H10O(aq) = C4H8O(aq) + 2 H+(aq) + 2 e–
développée est : CH3  CH2  CHO (avec une double liaison MnO4–(aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O
entre C et O).
D’où l’équation :
L’« éthanone », étant donné son nom, devrait être une
cétone (one) de deux atomes de carbone (éth). Ce n’est pas 2MnO4–(aq) + 5C4H10O(aq) + 6H+(aq) → 2Mn2+(aq) + 5C4H8O(aq) + 8H2O
possible vue la façon dont la famille des cétones est définie b. La quantité de matière d’alcool est :
dans l’énoncé. nred = m /M = 0,81 / 74 = 0,011 mol.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 85


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 86

Celle d’ions permanganate est : lequel seul l’alcool primaire ne réagit pas, contrairement
nox = cV = 0,010 × 0,050 = 5,0 × 10 – 4 mol au test d’oxydation, avec le permanganate de potassium
K+(aq) + MnO4–(aq) par exemple, où c’est l’alcool tertiaire qui
2 MnO4– 5 C4H10O(aq) 6 H+(aq) 2 Mn2+(aq) 5 C4H8O(aq) 8 H2O ne réagit pas.
E.I. x = 0 5,0 × 10–4 0,011 excès 0 0 solvant Ces tests sont basés sur des phénomènes chimiques diffé-
–4 rents. Dans le cas du test de Lucas, il s’agit d’une réaction
E.F. xmax 5,0 × 10 – 2 xmax 0,011 – 5 xmax excès 2 xmax 5 xmax solvant
de substitution alors que dans le cas d’une réaction avec le
Dans le tableau, l’avancement et les quantités de matière permanganate de potassium, il s’agit d’une oxydation.
sont exprimés en mole. Correction
On déduit du tableau que xmax = 2,5 × 10 – 4 mol : il reste 0,010
mol d’alcool quand il n’y a plus d’ions permanganate. 1. a. On a :
L’alcool est donc en large excès. H H H H H H H H
La décoloration de la solution confirme le résultat de ce H C C C C OH H C C C C H
calcul.
c. La température θ1 est inférieure à 99 °C qui est la tempé- H H H H H H OH H
rature d’ébullition du butan-2-ol ou à 100 °C qui est celle de
H
l’eau. Cela montre qu’une autre espèce chimique est en train 
1 
2
de distiller. Il s’agit de la butanone (θéb = 80 °C). HH C HH
Note : On trouve θ1 entre 85 et 88 °C. Il s’agit en fait d’une co-distillation de H C C C H
cétone et d’eau car la quantité de cétone est faible dans les conditions de cette
expérience. H O H
d. Le distillat présente deux phases, il ne peut donc être H
constitué d’une unique espèce chimique.
e. Il faut effectuer un test à la 2,4-DNPH.
f. La température θ2 est voisine de 100 °C. Il s’agit d’un b. La première molécule se
3
nomme butan-1-ol, car elle
mélange constitué de l’excès de butanol et d’eau. dérive du butane et que le groupe caractéristique se trouve
g. On attend au plus 5 xmax de cétone, soit : sur le carbone 1. La seconde se nomme butan-2-ol, car elle
dérive du butane et que le groupe caractéristique se trouve
m = 5 xmax M = 0,090 g.
sur le carbone 2 et la troisième 2-méthylpropan-2-ol, car elle
2. a. La 2,4-DNPH est une espèce chimique toxique. Sa toxi- dérive du 2-méthylpropane et que le groupe caractéristique
cité s’exprime par inhalation (R23), par contact avec la peau se trouve sur le carbone 2.
(R24) et en cas d’ingestion (R25). Elle doit être manipulée
avec soin en évitant tout contact avec la peau (S24) et avec
c. Dans un alcool primaire, le carbone portant le groupe-
ment OH est relié à un seul autre atome de carbone.
les yeux (S25). L’utilisation d’une pipette et le nettoyage de
Dans un alcool secondaire, le carbone portant le groupe-
la paillasse, si des gouttes sont renversées, sont obligatoires.
ment OH est relié à deux autres atomes de carbone.
b. Le test à la 2,4-DNPH confirme que l’oxydation du buta-
Dans un alcool tertiaire, le carbone portant le groupement
nol en butanone a eu lieu et que cette espèce chimique se
OH est relié à trois autres atomes de carbone.
retrouve effectivement dans le distillat.
c. Il est plus prudent de montrer que le réactif utilisé ne 2. a. L’alcool primaire ne réagit pas lors du test de Lucas.
donne pas un test positif. Les produits formés lors des réactions avec les alcools
secondaire et tertiaire sont obtenus par substitution du
3. a. Cette technique permet de séparer les constituants groupe OH par Cl :
d’un mélange d’espèces chimiques.
b. Il n’y a qu’une tache jaune au-dessus du dépôt du filtrat.
Ce dernier ne contient donc qu’une seule espèce chimique pour l’alcool tertiaire et pour l’alcool secondaire
colorée.
Notes :
Cl Cl
• La plaque utilisée lors de la réalisation de notre expérience était une couche Les molécules produites appartiennent à la famille des
de gel de silice d’épaisseur 0,2 mm sur plastique, taillée aux dimensions composés halogénés.
5 × 10 cm2.
Le Rf des produits est 0,6 pour l’hydrazone et 0,4 pour la 2,4-DNPH. b. On constate que la réactivité des alcools diffère suivant
• La solution de 2,4-DNPH utilisée pour la chromatographie n’est pas celle du leur classe. Ainsi, l’alcool tertiaire réagit à froid au test de
test. Lucas, l’alcool secondaire à chaud et l’alcool primaire ne
• L’élution à l’éther est de loin préférable à une élution à l’éthanol, plus lente et
moins efficace pour séparer les deux substrats.
réagit pas. On identifie ainsi les classes des alcools grâce à
leur réactivité lors de ce test.
c. Les chlorures d’alkyle formés ici sont peu solubles en
DOC 3. Les trois classes d’alcool solution aqueuse. Le trouble qui apparaît lors du test cor-
(p. 191) respond à une émulsion dont une des phases est la phase
aqueuse et l’autre la phase organique dans laquelle se
Commentaires trouve le chlorure d’alkyle.
Le but de cette activité de questionnement est de montrer d. On remplace un groupe OH par un atome de chlore Cl.
qu’au sein d’une même famille, les alcools, la réactivité de Ce dernier peut engager une liaison avec le carbone précé-
ces molécules est différente et dépend de la position du demment lié à l’oxygène du groupe OH. Ainsi, la structure
groupe caractéristique dans la chaîne carbonée. de l’atome de carbone n’est pas modifiée.
Nous avons fait le choix de montrer ici le test de Lucas dans On obtient :

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 86


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 87

. froid pour réaliser la filtration : il suffit que le ballon soit


par substitution du groupe OH de
manipulable sans risque de brûlure.
Cl OH 2. Isolement de l’acide
3. a. On a : C2H4O(aq) + 2H (aq) + 2 e = C2H6O(aq)
+ –
Avant la filtration, on pourra remarquer que l’odeur du
b. L’aldéhyde formé possède deux atomes de carbone, il mélange réactionnel est celle de l’amande amère, due à la
dérive de l’éthane. Il s’agit de l’éthanal. On peut mettre sa présence d’un peu de benzaldéhyde provenant du léger
présence en évidence à l’aide d’un test à la 2,4-DNPH ou à défaut de permanganate de potassium. La filtration sous
l’aide du réactif de Schiff. vide est une exigence du programme, c’est la raison pour
c. On a : O2(g) + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 H2O laquelle une illustration spécifique est fournie, détaillant le
En combinant les deux demi-équations, on obtient : montage du filtre Buchner. Nous attirons l’attention du pro-
O2(g) + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 H2O fesseur sur la fixation de la fiole à vide à un support stable.
La filtration est très longue si tout le dioxyde de manganèse
C2H6O(aq) = C2H4O(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– (× 2) est introduit dans le filtre. On pourra laisser une partie
2 C2H6O(aq) + O2(g) → 2 C2H4O(aq) + 2 H2O importante du résidu solide dans le ballon, en filtrant spéci-
fiquement le surnageant et en rinçant plusieurs fois le solide
d. On a : C2H4O2(aq) + 2H+(aq) + 2 e– = C2H4O(aq) + H2O à même le ballon. Si l’on dispose de célite (ou terre de dia-
e. C2H4O2(aq) appartient à la famille des acides carboxy- tomée), on en tapisse le filtre Buchner sur 2 cm de haut et
liques. Il s’agit de l’acide éthanoïque. On peut mettre en évi- l’on verse le mélange réactionnel sur la célite. La filtration
dence sa présence en mesurant le pH de la solution. Celui- est alors remarquablement favorisée. La célite est ensuite
ci doit être acide. jetée avec le dioxyde de manganèse en fin de filtration.
f. De même, on a : Si le filtrat d’un élève est légèrement violet - cela arrive si
C2H4O(aq) + H2O = C2H4O2(aq) + 2H+(aq) + 2 e– l’introduction des réactifs n’a pas été assez soignée - le
décolorer avec un minimum de solution concentrée d’hy-
et O2(g) + 4 H+(aq) + 4 e– = 2 H2O drogénosulfite de sodium Na+ + HSO3– (bisulfite de sodium).
D’où : 2 C2H4O(aq) + O2(g) → 2 C2H4O2(aq) Le pH est basique car la synthèse consomme des ions H+(aq).
Comme on part d’eau à pH 7, des ions HO–(aq) sont produits.
Le milieu réactionnel étant basique à cause de la synthèse
(l’élève en prend conscience lorsqu’il écrit l’équation de la
ACTIVITÉS D’EXPLOITATION synthèse pendant le travail de réflexion), l’acide benzoïque
est sous sa forme basique (ion benzoate).
4. Oxydation d’un alcool (p. 200) Lors de l’acidification du filtrat, l’ion benzoate est protoné
TP
et l’acide benzoïque, peu soluble dans l’eau, précipite.
Commentaires L’acide étant d’autant plus soluble que la température est
Cette activité a été construite autour de l’expérience de élevée, il faut impérativement filtrer à température aussi
l’oxydation de l’alcool benzylique en acide benzoïque. Sa basse que possible, sous peine de diminuer considérable-
présentation simplifiée permet de réinvestir les connais- ment le rendement de cette synthèse. L’utilisation de glace
sances de base du chapitre 5 sur les couples acide/base. est vivement recommandée.
Chauffage à reflux, filtration sous vide, précipitation en La filtration doit être effectuée sans célite, bien sûr, car
milieu acide sont proposés à la fois à la manipulation et à c’est le solide que l’on récupère cette fois.
la réflexion des élèves, conformément au B.O. Le rendement Rt est donné par :
Rt =100 × mac benz Malc benz / Malc benz malc benz
Commentaires sur la synthèse et les expériences
réalisées : La notion de rendement doit être spécifiquement distinguée
de celle d’avancement. Pour les élèves, l’avancement tend
1. Synthèse d’un acide carboxylique toujours vers la valeur maximale. Le rendement est relatif
Les proportions sont pratiquement stœchiométriques, avec à ce qui est récupéré en fin de synthèse, toutes pertes
un très léger défaut de permanganate de potassium, de confondues.
sorte que le filtrat, lors de l’isolement de l’acide benzoïque, Le rendement caractérise l’activité de synthèse, alors que
ne soit pas coloré. l’avancement caractérise la réaction de synthèse.
L’intérêt de l’alcool benzylique (par rapport aux autres
Correction
alcools) est d’avoir un aldéhyde non énolisable, dont l’oxy-
dation en acide carboxylique se fera sans produit secon- 3. a. et b. L’acide benzoïque n’est pas soluble à froid, mais
daire. En effet, la plupart des aldéhydes (et des cétones) est bien soluble à chaud.
sont en équilibre avec un énol, par exemple : Note : Les proportions préconisées permettent une solubilisation totale à
chaud, ce qui est très démonstratif.
O OH
Au refroidissement, la recristallisation de l’acide benzoïque sous forme de bel-
les aiguilles blanches peut advenir si les proportions utilisées par les élèves sont


H H adéquates. Cette technique n’est pas au programme de la classe de Première,
mais si le phénomène intervient avec un ou plusieurs groupes, il est intéressant
La double liaison de l’énol est réactive face à l’ion perman- de le faire remarquer.
ganate. Comme un tel équilibre n’est pas réalisable avec le
benzaldéhyde, la synthèse proposée dans l’activité est rela- c. La solution chaude est acide (pH entre 2 et 3) car
tivement « propre ». c’est une solution d’un acide carboxylique (dans ce cas,
Il n’est pas nécessaire que le mélange réactionnel soit très pKa = 4,2). Cela permet aux élèves de vérifier qu’une solu-
tion d’un acide carboxylique est acide (test d’identification

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 87


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:30 Page 88

vu en cours). thèse organique est possible si des ions sont créés (ou
d. L’aldéhyde (benzaldéhyde) correspondant à l’oxydation consommés). C’est les cas des ions H+(aq) et Cl–(aq) qui ne
de l’alcool aurait aussi pu se former lors de cette synthèse. peuvent s’associer, car HCl est un acide fort, et qui restent
e. L’échantillon synthétisé possède les mêmes propriétés de donc en solution sous forme d’ions. Ils provoquent l’aug-
solubilité (en fonction de la température et du pH) que mentation de la conductivité qui se met en évidence comme
l’échantillon de référence. cela a été vu lors de la première partie du programme.
Note : L’acide benzoïque est également soluble à froid mais en milieu basique. Correction
C’est alors l’ion benzoate que l’on trouve en solution. Quand on acidifie une telle Cl
solution, le solide précipite. On a l’impression qu’il est en plus grande quantité
qu’initialement. Cela provient du fait que le précipité est plus dispersé que les 1. a.
cristaux initiaux.
Ce n’est pas une espèce chimique ionique.
f. La valeur du pH montre que le milieu est basique ; dans
ces conditions, l’acide benzoïque de référence est soluble. b. On ajoute une goutte du liquide à tester à 1 mL d’une solu-
Le produit cherché est donc bien dans le filtrat. tion alcoolique de nitrate d’argent. Si c’est un dérivé halo-
géné, on attend un précipité blanc d’halogénure d’argent.
Note : Ces tests permettent également à l’élève de réfléchir sur le mode opéra-
toire utilisé lors de la synthèse, en particulier sur le fait qu’après la réaction, l’a- c. La conductivité de la solution augmente. On peut penser
cide benzoïque est sous sa forme soluble (ion benzoate) et qu’il est précipité qu’il se forme des ions en solution.
après filtration par acidification du filtrat.

4. a. MnO4–(aq) + 4 H+(aq) + 3 e– = MnO2 (s) + 2 H2O 2. a. On peut proposer l’équation chimique suivante :
C4H9Cl(aq) + H2O → C4H9OH(aq) + H+(aq) + Cl–(aq)
C6H5CH2OH(aq) + H2O = C6H5COO–(aq) + 5 H+(aq) + 4 e–
Il s’est formé un alcool C4H9OH(aq), des ions hydrogène et
b. 4 MnO4–(aq) + 3 C6H5CH2OH(aq) chlorure (responsables de l’augmentation de conductivité).
→ 4 MnO2 (s) + 3 C6H5COO–(aq) + 4 H2O + HO–(aq) b. Il s’agit d’une réaction de substitution : on a remplacé
Note : Cette écriture est préférable à la suivante : l’atome de chlore par le groupe hydroxyle OH.
4 MnO4–(aq) + 3 C6H5CH2OH(aq) → 4 MnO2(s) + 3 C6H5COOH(aq) + H2O + 4 HO–(aq)
c. Les tests permettant de détecter les ions en solution
Cette dernière traduit que l’acide benzoïque est sous forme acide, ce qui n’est
pas cohérent avec le fait que le pH est basique ; seule la forme basique (ion car-
sont :
boxylate) est présente en solution. Un tel niveau de réflexion n’est pas acces- – le test au papier-pH pour détecter la présence des ions
sible aux élèves de Première S, c’est la raison pour laquelle les couples à utili- H+(aq) : on doit détecter une diminution du pH (donc une
ser ont été donnés dans l’énoncé. acidification du milieu) ;
c. L’équation d’oxydoréduction (correctement écrite à la – le test au nitrate d’argent pour détecter la présence des
question b., voir la note ci-dessus) montre que l’on produit ions Cl–(aq) : on doit obtenir un précipité blanc de chlorure
deux bases : l’ion benzoate et l’ion hydroxyde. Il est raison- d’argent qui noircit à la lumière.
nable de penser que le pH du système sera supérieur à 7 d. Le test des ions chlorure n’est pas une preuve satisfai-
puisque le système, initialement à pH 7, a produit deux for- sante puisque les ions chlorure sont certes produits par la
mes basiques de deux couples acide/base. réaction chimique mais peuvent également être arrachés
5. L’acide benzoïque est peu soluble dans l’eau froide. En par les ions argent au 2-chlorométhylpropane (voir le test
revanche, à chaud, il est bien soluble. Lors du refroidisse- des composés halogénés).
ment de la solution chaude, l’acide benzoïque précipite. e. Pour identifier un tel alcool, on peut réaliser une oxyda-
a. C6H5COOH(aq) + HO–(aq) → C6H5COO–(aq) + H2O tion ménagée avec une solution de permanganate de potas-
b. En milieu basique, l’acide se transforme en ion benzoate sium acidifiée (dont le résultat doit être négatif puisqu’il s’a-
et passe en solution. En milieu basique l’ion benzoate est git d’un alcool tertiaire) ou réaliser le test de Lucas décrit
protoné par la réaction d’équation : dans l’activité 3 (qui sera positif).
C6H5COO–(aq) + H+(aq) → C6H5COOH(aq) f. Initialement, on a :
et l’acide benzoïque se forme à nouveau. Comme il est nchloro = 0,50 × 0,85 / 92,6 = 4,6 × 10 – 3 mol.
insoluble dans l’eau froide, cela se traduit par une préci- On peut dresser le tableau suivant où l’avancement et les
pitation. quantités de matière sont exprimés en mole.

TP 5. Étude d’une réaction


C4H9Cl(aq) H2O C4H9OH(aq) H+(aq) Cl–(aq)
de substitution (p. 202)
État initial x=0 4,6 × 10 –3 solvant 0 0 0
Commentaires
État
Cette étude réinvestit les connaissances acquises en x 4,6 × 10 –3 – x solvant x x x
intermédiaire
conductimétrie au cours de l’année en relation avec les
groupes caractéristiques étudiés dans ce chapitre. L’élève État final x = xmax 4,6 × 10 –3 – xmax solvant xmax xmax xmax
effectue une réaction chimique au cours de laquelle un g. D’après le tableau d’avancement, on voit que pour un état
dérivé chloré est transformé en alcool. intermédiaire, nH+ = nCl– = x.
Le but de cette activité est de répondre à un des objectifs Ainsi, en appelant le volume total VT , on a :
du programme dont un commentaire, évoque « le passage [H+(aq)] = [Cl–(aq)] = x / VT .
d’un groupe à un autre (RX/ROH) ». Nous avons choisi
l’hydrolyse du chlorure de tertio-butyle en milieu eau-acé- h. À l’état final, on a :
tone. C’est une réaction de substitution. xmax = 4,6 × 10 – 3 mol
Utiliser la conductimétrie pour suivre l’évolution d’une syn- et nH+ = nCl– = xmax = 4,6 × 10 – 3 mol.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 88


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 89

Puisque VT = 200 mL, on a : 


1 est un composé halogéné et s’appelle le bromoéthane.
[H+(aq)] = [Cl–(aq)] = xmax /VT = 2,3 × 10 – 2 mol . L– 1. 
2 est une cétone, il s’agit de la propanone (ou acétone).

3 est un aldéhyde, il s’agit du butanal.
i. On a la relation : σ = λH+[H+(aq)] + λCl–[Cl–(aq)]. 
4 est un alcool, il s’agit du méthylpropan-2-ol.
Puisque, [H+(aq)] = [Cl–(aq)] = x/VT, on a :
12 a. H H H H
σ = (λH+ + λCl–) x .
VT H C C O H H C N
j. À partir des valeurs de la conductivité σ, on obtient les
H H H H
valeurs de x : x = σ VT / (λH+ + λCl–).
H
On obtient les valeurs expérimentales du tableau ci-dessous.
t (min) 0,5 3 6 9 12 15 18 21
H C O H H C C O

σ (S . m–1) 0,0049 0,076 0,152 0,188 0,2 0,204 0,205 0,206 O H H


x (mol) 0,02 0,36 0,71 0,88 0,94 0,96 0,96 0,97 b. Ces molécules appartiennent respectivement aux
k. À l’état final, on a : familles suivantes : alcool, amine, acide carboxylique et
aldéhyde.
σf = (λH+ + λCl–) xmax / VT = 0,80 S . m– 1.
c. Les noms des molécules sont respectivement : éthanol,
Expérimentalement, on a : méthylamine, acide méthanoïque, acide éthanoïque.
σexp = 0,21 S . m– 1.
Note : Le nom usuel de l’acide méthanoïque est l’acide formique et celui de
L’ordre de grandeur est correct : la différence entre la valeur l’acide éthanoïque est l’acide acétique.
théorique et la valeur expérimentale est due au fait que
l’une est calculée dans l’eau et l’autre est déterminée dans 13 a.
un mélange eau-acétone.
H
l. La courbe de x en fonction du temps est croissante, part
de zéro, puis tend vers sa valeur maximale xmax. Cette H O H H H H H
courbe est déduite des valeurs expérimentales du tableau
H C C C H H C C O H H C C C Br
ci-dessus.
H H H H O H H H
avancement (mol)
1,20 1 2 3
1,00
H H H H H O H H H H
0,80 H
0,60 H C C C C H H C C C C H H C C C
0,40 H H N H H H H H H O
0,20 temps (min) H H
0,00
0 5 10 15 20 25 4 5 6

H H H HH C HH
EXERCICES H C C C O H H C C C H
H H H H Cl H
7
Appliquer ses connaissances H 8

11 a. H H H H HH C HH
H C C C H
HCCH HCCCH
H O H
H Br H O H H
1 2 9
H H H H b. Ces molécules appartiennent respectivement aux
O
familles suivantes : alcool  1 , acide carboxylique  2,
CCCCH H O H composé halogéné  3 , amine  4 , cétone  5 , aldéhyde 
6,
H alcool 
7 , composé halogéné  8 , et alcool  9.
H H H HC  C  CH c. Le squelette carboné de chacune de ces molécules
3 contient respectivement 3, 2, 3, 4, 4, 3, 3, 4, 4 atomes de car-
H H CH H
bone.
d. Propan-2-ol, acide éthanoïque, 1-bromopropane,
H
2-aminobutane, butanone, propanal, propan-1-ol, 2-chloro-
4 méthylpropane et méthylpropan-2-ol.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 89


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 90

15 a. Elles ont toutes même formule brute : C5H10O. d. S’il n’y a pas d’isomère, c’est que le squelette carboné est
tout petit ; seuls le bromométhane ou le bromoéthane cor-
b. Seules 3 et 
5 sont identiques, ainsi que 
8 et 
9.
respondent à cette description. On peut les distinguer par
Ce sont huit isomères.
une propriété physique comme la température d’ébullition
1 pentan-3-one ; 
 2 3-méthylbutanone ;  3 pentan-2-one ;
ou l’indice de réfraction par exemple.

4 cyclopentanol ;  5 pentan-2-one ; 6 2,2-diméthylpropa-
nal ; 
7 3-méthylbutanol ; 
8 pentanal ;  9 pentanal. 25 a. Il faut écrire les demi-équations de chaque couple :
Note : On remarquera qu’une cétone et qu’un alcool peuvent être isomères. C3H8O(aq) = C3H6O(aq) + 2 H+(aq) + 2 e–
MnO4–(aq) + 8 H+(aq) + 5 e– = Mn2+(aq) + 4 H2O
17 a. En présence d’un excès de solution oxydante, un
alcool primaire s’oxyde en aldéhyde puis en acide D’où l’équation :
carboxylique. Chacun de ces composés est un produit 2 MnO4–(aq) + 6 H+(aq) + 5 C3H8O(aq)
possible de la réaction qui donne en outre des ions Mn2+.
→ 2 Mn2+(aq) + 8 H2O + 5 C3H6O(aq)
b. Pour l’aldéhyde, le test au réactif de Fehling convient et
b. Il s’agit d’une réaction d’oxydoréduction.
pour l’acide carboxylique une mesure de pH suffit.
c. Le produit organique formé est de la famille des cétones
Note : Il est nécessaire pour la caractérisation de l’acide carboxylique que et peut être mis en évidence par un test à la 2,4-DNPH.
l’espèce chimique ait été extraite, car le milieu réactionnel oxydant est égale-
ment acide.
d. Si l’on était parti du propan-1-ol, on aurait formé le pro-
panal.
18 a. Les molécules organiques appartiennent à la famille En plus du test à la 2,4-DNPH, on aurait pu utiliser le test de
Fehling ou de Tollens, tous deux spécifiques des aldéhydes.
des amines.
b. La molécule 1 se nomme 2-aminopropane (ou isopro- Note : Suivant les conditions de concentration, de température, de durée de la
réaction, l’oxydation peut aller jusqu’à l’acide propanoïque.
pylamine) et la molécule 2 se nomme aminopropane (ou
propylamine ou propanamine). 26 a. On peut proposer :
c. Une solution contenant des amines est basique. Une CH3I + H2O → H+(aq) + I–(aq) + CH3OH(aq)
mesure du pH permet de vérifier la présence de telles espè- b. Le produit organique formé appartient à la famille des
ces chimiques en solution aqueuse. alcools. Il s’agit du méthanol.
H c. On peut réaliser soit le test au permanganate de potas-
20 a. CH3 C
O sium soit le test de Lucas.
On peut l’obtenir par oxydation de l’éthanol. 27 a. Une oxydation ménagée est une oxydation sans
b. CH3CHO + H2O = CH3COOH + 2 H+(aq) + e– modification de la chaîne carbonée (passage d’un groupe
c. L’éthanal fournit des électrons, il s’oxyde donc. alcool à un groupe carbonyle ou carboxyle dans ce cas).
d. Il faut que l’élément chimique argent présent dans le b. L’éthanol est un alcool primaire. Les produits de son oxy-
réactif de Tollens subisse une réduction. L’ion Ag+ devient dation ménagée par le dioxygène de l’air sont l’éthanal A
Ag métal, ce qui est cohérent. (aldéhyde) et l’acide éthanoïque B (acide carboxylique).
L’équation de la réaction de formation du miroir d’argent c. On peut écrire :
est : – formation de l’éthanal A :
Ag+(aq) + CH3CHO(aq) + H2O → Ag(s) + CH3COOH(aq) + 2 H+(aq) 2 C2H5OH + O2 → 2 C2H4O + 2 H2O
Il se forme donc de l’argent métallique, qui, nappant les – formation de l’acide éthanoïque B à partir de l’éthanal :
parois du tube, apparaît sous forme de miroir. 2 C2H4O + O2 → 2 C2H4O2
d. On peut caractériser la présence de l’éthanal en imbibant
22 a. NH NH2 un papier de réactif de Schiff et en le présentant aux
b. Ce sont des amines. vapeurs qui se dégagent lors de l’expérience. Pour caracté-
c. Mises en solution dans l’eau, elles provoquent une aug- riser la présence d’acide carboxylique, on peut utiliser du
mentation du pH. On peut ainsi mesurer le pH d’une telle papier-pH.
solution qui doit être basique.
28 a. Le butan-1-ol appartient à la famille des alcools.
d. Non, toutes les amines produisent une augmentation du
b. Le butan-1-ol a pour formule brute C4H10O et son écriture
pH.
topologique est : OH
e. L’équation de la réaction avec l’acide chlorhydrique est :
C2H7N(aq) + H3O+ → C2H7NH+(aq) + H2O c. Cette réaction chimique est une réaction de substitution.
d. Le test avec la solution de nitrate d’argent est positif mais
23 a. On ne peut rien en conclure ; il y a de nombreuses ce n’est pas surprenant puisque le milieu réactionnel
possibilités : solution d’acide chlorhydrique, solution de contient initialement de l’acide chlorhydrique, donc des
bromure de sodium, composés halogénés… ions chlorure.
b. On peut en déduire qu’il s’agit d’un composé halogéné. e. En isolant le produit, on a éliminé les traces résiduelles
c. Avec le résultat des questions précédentes, il y a deux éventuelles d’acide chlorhydrique. Ainsi, le test au nitrate
possibilités pour le précipité blanc : AgCl(s) et AgBr(s) (car d’argent caractérise uniquement le produit formé. Puisqu’il
AgI(s) est jaune). Les masses molaires de AgCl(s) et AgBr(s) est positif, on peut en déduire qu’il s’agit d’un composé
sont 143,4 g . mol– 1 et 187,8 g . mol– 1 respectivement. On halogéné.
sait maintenant qu’il s’agit d’un composé bromé et non d’un f. L’halogène Cl a remplacé le groupement OH. Il s’est formé
composé chloré. du 1-chlorobutane, de formule C4H10Cl.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 90


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 91

30 a. Il s’agit d’un composé halogéné. d. Il s’agit d’une élimination ; c’est une réaction normale des
alcools :
b. On peut la caractériser par un test au nitrate d’argent C4H7NO → C4H5N + H2O
alcoolique. On forme alors (éventuellement à chaud) un
e. Cette espèce chimique donne un test positif à l’eau
précipité de chlorure d’argent.
de brome et donne un pH acide une fois introduite dans
c. Les quatre isomères possibles sont : le 1-chlorobutane,
l’eau.
le 2-chlorobutane, le 2-chloro-2-méthylpropane et le
1-chloro-2-méthylpropane dont les écritures respectives f. Le test à l’eau de brome est normal puisqu’il y a une dou-
sont les suivantes : ble liaison carbone-carbone. En revanche, le groupe carbo-
nyle est ni celui d’une cétone, ni celui d’un aldéhyde (voir
Cl leur définition). Il est normal que le test à la 2,4-DNPH soit
négatif.
Cl g.
CH3
Cl
Cl CH2 C

C
d. Le squelette carboné de l’alcool et celui du composé
O OCH3
chloré sont identiques et non ramifiés ; il s’agit donc
du 1-chlorobutane ou du 2-chlorobutane, provenant On trouve des règles en plastique transparent et des visiè-
du butan-1-ol ou du butan-2-ol respectivement. Seul le res de casque de moto en plexiglas.
butan-1-ol conduirait à un aldéhyde qui donnerait un test
positif au réactif de Fehling. Le dérivé chloré formé est
donc le 1-chlorobutane.
e. C4H9OH(aq) + H+(aq) + Cl–(aq) → C4H9Cl + H2O MATÉRIEL ET PRODUITS
Note : Bien que ce ne soit pas exigible des élèves, on ne mettra pas l’indice (aq)
au composé halogéné qui, n’étant pas soluble dans l’eau, forme une phase à part
lors de cette synthèse. En toute rigueur, il devrait avoir l’indice () car c’est un
TP 2. Synthèse de la butanone
liquide dans les conditions de l’expérience. et chromatographie (p. 190)
f. On a : 2 Cu2+(aq) + 2 HO–(aq) + 2 e– = Cu2O(s) + H2O • Butan-2-ol (0,8 g par binôme).
C4H8O(aq) + H2O = C4H8O2(aq) + 2 H+(aq) + 2 e– • Solution de permanganate de potassium (0,01 mol . L–1)
acidifiée (2 mol . L–1 en acide sulfurique).
g. C4H8O(aq) + 2 Cu2+(aq) + 4 HO–(aq)
• Réactif 2,4-DNPH (pour la formation de l’hydrazone ;
→ C4H8O2(aq) + Cu2O(s, rouge brique) + 2 H2O pour 1 L de réactif : 50 g de DNPH, 600 mL d’acide
Note : Les ions Cu2+(aq) complexés par des ligands tartrates sont solubles même
phosphorique à 85 % et 390 mL d’éthanol).
en présence d’ions hydroxyde ; c’est une des originalités du réactif de Fehling. • Solution de 2,4-DNPH dans l’éthanol (témoin de CCM).
• Éthanol (quelques mL par binôme).
• Éther (éluant, quantité suivant la taille de la cuve).
• Pierre ponce ou équivalent.
Aller plus loin • Un montage de distillation avec un thermomètre en haut
de colonne (θ < 100 °C).
32 a. Il y a le groupe caractéristique des alcènes et celui • Deux tubes à essais et leur support.
des alcools. • Deux pipettes simples et poire d’aspiration.
• Une cuve pour CCM.
b. On caractérise la double liaison par la décoloration de
• Une plaque de chromatographie (silice, pas nécessaire-
l’eau de brome.
ment fluorescente).
c. La solution de permanganate colore le jus en violet car
• Un entonnoir et filtre plissé (petit ou moyen).
c’est sa couleur, et la décoloration est due à la présence de
molécules présentant le groupe caractéristique  OH pré-
sent dans le jus, dont le citronellol. DOC 3. Les trois classes d’alcool (p. 191)
d. Le réactif de Fehling est également un réactif des sucres,
et il y en a dans les jus de fruits. Le test peut donc être posi- • Trois tubes à essais avec bouchons.
tif à cause du sucre et non pas du citronellol. • Porte-tube à essai.
e. 3,7-diméthyloct-6-èn-1-ol. • Réactif de Lucas (voir préparation ci-dessous).
f. On passe de C10H20O à C10H22O2 en ajoutant une molécule • Butan-1-ol.
H2O. L’eau est bien sûr présente dans le vin. • Butan-2-ol.
• Méthylpropan-2-ol.
34 a. CH3COCH3, • Un dispositif pour bain-marie.
• Un tortillon de cuivre placé sur un agitateur en verre.
O • Éthanol.
b. Il y a une triple liaison entre C et N (et un doublet non • Un ballon.
liant sur N). • Papier-pH.
c. Il y a le groupe caractérisitique  OH. • 2,4-DNPH (voir préparation ci-après) ou réactif de
Note : Il ne s’agit en fait pas d’une fonction alcool, mais d’une fonction cyan- schiff.
hydrine, dont le nom n’est pas exigible des élèves. • Un dispositif de chauffage.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 91


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 92

• Un bécher de 50 mL.
TP 4. Oxydation d’un alcool (p. 200) • Une éprouvette graduée de 250 mL.
• Un dispositif d’agitation magnétique.
• Permanganate de potassium solide (7,8 g par binôme).
• Une pipette graduée de 1 mL.
• Alcool benzylique (5,4 mL).
• Un conductimètre étalonné.
• Acide benzoïque (référence pour effectuer des tests).
• Un chronomètre.
• Acide chlorhydrique 6 mol . L–1.
• Une pissette d’eau distillée.
• Solution d’hydroxyde de sodium 2 mol . L–1.
• Une pissette d’eau distillée.
• Célite (facilite la filtration, optionnel).
Préparation du réactif à la 2,4-DNPH
• Solution d’hydrogénosulfite de sodium (éventuellement). Dissoudre 50 g de 2,4-DNPH dans un mélange de 600 mL
• Eau glacée (optionnelle). d’acide phosphorique à 60 % et de 400 mL d’éthanol.
• Un montage à reflux (bicol, condenseur, ampoule de cou- La solution se conserve des années à température
lée, chauffe ballon). ambiante.
La 2,4-DNPH est classée comme toxique et l’acide phos-
• Un agitateur magnétique et barreau (de préférence de
phorique concentré est dangereux. La préparation de ce
forme ovoïde).
réactif nécessite le port de gants, son utilisation nécessite
• Un système de filtration sous vide (support et pince, fiole,
en principe la même précaution.
filtre Buchner, cône de filtration, papier-filtre du bon dia-
mètre, accès à une trompe à eau).
• Tubes à essais et leur support. Préparation du réactif de Lucas
• Un dispositif de chauffage des tubes à essais (pince de Dissoudre 62 g de chlorure de zinc (poudre blanche) dans
bois, bec Bunsen). 58 g d’acide chlorgydrique concentré. Utiliser un flacon
• Un papier-pH. bouché. Agiter de temps en temps.
• Papier absorbant et/ou accès à une étuve (pour le séchage Le réactif se conserve éternellement dans un flacon bien
de l’aide benzoïque). bouché, si toutefois le bouchon résiste aux vapeurs acides.
• Un Accès à une balance. Un tel acide chlorhydrique titre 12 mol . L–1 et doit être
manipulé avec des gants, tout comme le réactif de Lucas, et
• Une spatule.
si possible sous une hotte ventilée;
• Une pipette simple.

Préparation du réactif de Tollens


TP 5. Étude d’une réaction de Il se prépare extemporanément à partir d’une solution à
substitution (p. 202) 10 % en masse de nitrate d’argent dans laquelle on ajoute
progressivement une solution d’ammoniac (concentration
• Acétone. moitié de la solution commerciale). Il se forme rapidement
• 2-chlorométhylpropane. un précipité. On continue d’ajouter la solution ammoniacale
• Une burette graduée de 25 mL avec son support. en agitant jusqu’à ce que le précipité disparaisse totalement;
• Un bécher de 400 mL. Un tel réactif coûte cher et ne doit pas être gaspillé.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE 9 – GROUPES CARACTÉRISTIQUES ET RÉACTIVITÉ 92


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 93

LE COIN
BAC

La chimie créatrice
f. Ag+(aq) + e– = Ag(s)
PROBLÈMES DE BAC C4H8O(aq) + H2O = C4H8O2(aq) + 2 H+(aq) + 2e–
C4H8O(aq) + 2 Ag+(aq) + H2O → C4H8O2(aq) + 2 Ag(s) + 2 H+(aq).

La chimie créatrice g. La quantité de matière de (A) est :


n = m / M = 12,5 / 88,0 = 0,142 mol.
1 Isomères du propanol Il faut la même quantité de matière d’aldéhyde, soit la
masse :
OH
m′ = n M′ = 0,142 × 72,0 = 10,2 g.
CH2 OH CH h. On peut aussi oxyder l’alcool primaire CH3CH2CH2CH2OH.
a. H3C CH2 H3C CH3
i. On peut obtenir (B) à partir de l’aldéhyde dont une écri-
Propan-1-ol Propan-2-ol ture topologique est :
b. Le propan-1-ol est un alcool primaire et le propan-2-ol est
CHO
un alcool secondaire.
c. L’autre isomère est : H3C CH2 O CH3

2 La chimie des alcènes 4 Réaction d’un alcool


a. a. 1 et 2 correspondent à la même molécule : le 2-méthyl-
b. Les deux dernières représentations correspondent à des pentan-3-one.
isomères E / Z : E-pent-2-ène
b. Ce sont deux écritures topologiques qui correspondent
et Z-pent-2-ène.
à la même espèce chimique.
c. Il s’agit du pent-1-ène :
c. Il faut oxyder le 2-méthylpentan-3-ol.
HO + H2O
→ d. On peut envisager le 2-méthylpent-2-ène, et le 4-méthyl-
d. Dispositif expérimental : pent-2-ène.
e. Pour ce dernier, il existe deux isomères Z et E, on obtient
donc le 2-méthylpent-2-ène.
sortie f. On pourrait le caractériser par un test à l’eau de brome
d’eau (ce test ne permet pas de distinguer les deux alcènes de la
acide question d).
sulfurique entrée
d’eau
alcool 5 Classe d’un alcool
OH
HO
a. OH
b. Le test au miroir d’argent met en évidence la présence
d’un aldéhyde. Or si l’alcool est secondaire, on obtiendra
e. Il faut tester la présence d’alcène, avec un test à l’eau de
une cétone et l’on ne saura pas si le test est négatif parce
brome.
qu’on l’on a utilisé une cétone ou parce que l’oxydation n’a
pas eu lieu.
3 Préparation d’un acide c. Il vaut mieux faire le test à la 2,4-DNPH, qui est positif,
a. L’espèce chimique possède le groupe COOH. que l’on obtienne un aldéhyde ou une cétone.
b. (A) : d. On a donc initialement un alcool secondaire.
COOH
COOH
6 Acide et base en chimie organique
c. (B) :
d. L’aldéhyde qui permet de préparer (A) est : CHO a. À l’aide de papier-pH.
e. C’est le butanal. b. (A) possède le groupe COOH, et (B) possède un atome N.

PARTIE II – LA CHIMIE CRÉATRICE LA CHIMIE CRÉATRICE 93


220756_CHAP_01à10 2/08/05 11:31 Page 94

H H b. Z-hex-3-ène.
O H
c. H C C H C N c. Ce test indique que l’espèce chimique est un halogéno-
O H alcane.
H H H
L’équation chimique est :
d. On attend la réaction acido-basique d’équation :
CH3COOH(aq) + CH3NH2(aq) → CH3COO-(aq) + CH3NH+3 (aq) C6H12 + HBr → C6H13Br
d. On obtient un alcool qui peut être l’hexan-1-ol, l’hexane-
7 Préparation d’une cétone 2-ol, ou l’hexane-3-ol, mais puisque le produit dérive
de l’hex-3-ène, on peut faire l’hypothèse qu’il s’agit de
a. Le système de chauffage n’a pas été représenté. l’hexan-3-ol.
b. La solution de permanganate de potassium a été ajoutée e. On obtient des alcools, dont la longueur du squelette car-
à l’aide de l’ampoule de coulée (pièce de verrerie la plus à boné est différente, et qui sont d’autant moins solubles qu’il
gauche). y a d’atomes de carbone.
c. Il s’agit du condenseur.
d. On peut produire une cétone ou un aldéhyde suivant la
classe de l’alcool initial, et tous deux donnent un test posi- 9 Alcène et polymère
tif à la 2,4-DNPH.
e. Un test du miroir d’argent, ou un test de Fehling est CH3
nécessaire. a. Le motif est : CH2 CH
f. 2 MnO4–(aq) + 5 C4H10O(aq) + 6 H+(aq)
b. Il s’agit du propène.
→ 2 Mn2+(aq) + 5 C4H8O(aq) + 8 H2O