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Magalion

Né en 1935, après une enfance difficile, il poursuit une carrière à l'Armée Agent commercial pendant 15 ans, il parcourt la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie Déjà, depuis tout petit, il se rebelle aux préconçus conventionnels, éprouvant en lui le sentiment d'insatisfaction dû au manque d'une réalité, d'une vérité qu'il ne cesse de quémander au hasard de ses voyages et de ses rencontres Finalement, les préceptes d'un sage chinois le conduisent sur le bon chemin : « Si tu veux réussir, ne travaille que pour toi-même. Si tu veux la Lumière, cherche-la en toi-même. Fuis les associations,, les groupements, les dogmes imposés Libre, tu sauras que la Vérité est en toi et que c'est la seule à laquelle tu peux accorder ta Foi ». II s'exécute, il cherche, il trouve. II vérifie par l'expérience personnelle la réalité des démarches entreprises et décide, enfin, de partager ses découvertes avec ceux qui, comme lui, sont en quête des Vérités sublimes de la Vie

Au sommaire de cet ouvrage

Préambule

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Chapitre I : La "Fin" d'une mère. Chapitre II : Voyage vers la lumière.

Chapitre I : La "Fin" d'une mère. Chapitre II : Voyage vers la lumière.

Chapitre III : Au pays des pas perdus. Chapitre IV : La demeure des vivants. Chapitre V : Retour dans la matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII : Le retour de maman.

matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII
matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII
matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII
matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII
matière. Chapitre VI : Le guide du chemin. Chapitre VII : Espérance et paix. Chapitre VIII

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Epilogue.

AVERTISSEMENT

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Comme il est de son habitude, l'auteur renouvelle à tout lecteur l'exhortation destinée à le mettre en garde contre toute tentative de manipulation psychique et morale. « NE CROYEZ PAS A CE QUE VOUS ALLEZ LIRE ICI. RESTEZ LIBRES ET IMPARTIAUX. NE SOYEZ PAS COMME TOUS CES ADEPTES DES RELIGIONS ET DES SECTES PLUS OU MOINS RELIGIEUSES QUI SUIVENT AVEUGLEMENT LES CROYANCES ET LES DOGMES IMPOSES ». Par cet ouvrage, l'Auteur n'a d'autre intention que de vous présenter les fruits de ses expériences, de ses études et de ses conclusions, créatrices de sa Foi. Il n'a nullement l'intention de vous mener à changer vos croyances actuelles et il vous exhorte à les garder, si elles peuvent vous apporter paix, bonheur et joie de vivre. « NE CROYEZ PAS, TANT QUE VOUS NE RESSENTIREZ PAS LA VERITE MONTER DE VOTRE ETRE PROFOND », car personne ne peut vous donner VOTRE Vérité sinon l'Etre Réel qui vit en vous. Par ses propos, l'Auteur ne fait front à aucune association, à aucune organisation publique ou privée, et il n'exprime que les résultats de ses efforts dans la recherche de la Vraie Vérité.

"Deux seront couchés sur un lit, l'un mourra, l'autre vivra. Mais si les deux sont UN, qu'en sera-t-il de la mort ?" JéSUS - messages secrets.

A vous, Amis connus et inconnus,

A vous qui pleurez parents, amis,

Et tous ceux que vous dites disparus,

A vous je dédie ces pages de Vie.

Vous saurez que la mort vous trompe, Vous donnant amertume et solitude. Vous saurez que le voyage dans la tombe, N'enlève en rien l'infinie béatitude,

De ceux qui partent et restent près de vous. C'est un message d'espoir, une parole d'Amour, Que vous connaîtrez, chacun à votre tour, Plutôt que de vivre de chagrins, de tabous, Ouvrez vos yeux, ouvrez vos oreilles ! Un Etre de Lumière se tient près de vous,

II

vous guide, vous aime et sur vous II veille.

II

attend de vous que vous l'aimiez,

Pour vous accorder Bonheur et Amitié. Magalion,

PREAMBULE

Des centaines de livres proposant des dizaines d'hypothèses ont été édités au sujet de la réincarnation ou de la vie de l'au-delà des êtres terrestres. Plusieurs peuples et autant de civilisations englobent dans leurs croyances ce fait mystérieux et pourtant logique. Certains autres n'y croient nullement, et d'autres encore y restent indifférents. Nous vivons, nous les "blancs", dans un contexte socio-éducatif qui nous prive de cette vérité pourtant bien compréhensible, sinon tangible. La civilisation avancée, l'intérêt extrêmement poussé vers la jouissance des biens matériels, pour le plaisir ou par obligation, ont fait que l'être humain "normal" se contente de suivre les enseignements et les dogmes des organismes officiels tant laïques que religieux. Mais ce sont ces derniers, ces chefs des religions "blanchies" à l'extérieur, qui sont à l'origine de cette horde de mécréants qui sillonne la planète entre l'ignorance et l'indiffé­ rence.

Ainsi, les coeurs simples, les adeptes potentiels de la Lumière, se trouvent dans l'impossibilité quasi absolue de trouver et de suivre le chemin de la connaissance et de la libération spirituelle.

J'ai écrit : l'être humain "normal", mais j'aurais bien pu remplacer "normal" par "imbécile".

Comment définir, en effet, cet homme programmé, façonné, standardisé par les lois de la société humaine, par les idées préconçues, par la volonté dégradante des tenants

successifs du pouvoir, des faux pères religieux, des classificateurs physiologiques, psychologiques, psychiatriques et psychotechniques ? L'homme "normal" est un robot, un être qui connaît le mot "libre-arbitre", mais qui ne peut_pas s'en servir, car s'il s'en sert il devient "anormal" et justiciable. Oh ! Certes. En notre société tout homme se sent libre, indépendant, maître de lui-même. C'est la vision inculquée par les "maîtres à penser" dans le subconscient du bon peuple.

Et ça marche très bien, car l'homme, occupé par son frénétique "boulot, bistro, dodo", n'a plus le temps de penser à sa condition d'Homme, ses méditations quotidiennes étant tout entières centrées sur le comment payer ses impôts, ses cotisations, ses redevances, ses carburants, ses vacances et son pain familial. Il survit. Il arrive tant bien que mal à faire face à toutes ses obligations et il se sent "normal". Puis, un jour, quelques uns de ces hommes, en un moment de détente même involontaire, prennent le temps de méditer sur leur sort lis se disent alors: Mais qui suis-je? Est-ce là la vraie vie? Suis-je vraiment libre, maître île moi-même ? Puis-je m'appeler Homme ou suis-je esclave ? Ils comprennent finalement que la seule différence entre les esclaves des siècles passés et leur situation actuelle consiste à peu de choses près à l'interdiction des coups de fouet.

D'emblée une étincelle surgit dans leur esprit. Oui, il est bien nécessaire de se soumettre aux lois sociales, il est bien nécessaire de travailler, de se nourrir, de se reposer, de vivre en tenant compte de la présence des autres, mais ceci est l'affaire de l'homme terrestre. Ces courts instants de méditation ont ouvert le chemin de l'analyse, de l'étude intérieure profonde, de la prise de conscience de la vraie réalité. Une pensée nouvelle vient alors combler les moments de solitude :

"Je pense, donc JE SUIS". Ceci avait déjà été écrit depuis fort longtemps, maïs jamais n'était apparu si clair à l'esprit du nouveau penseur. Et soudain, un mot s'élève des profondeurs : "ESPRIT". - "Je suis homme, je suis corps, mais je suis aussi et surtout ESPRIT". La certitude d'une autre liberté est née. La certitude d'un espace infini qui est à tous et à chacun. Un espace où personne ne peut se prévaloir d'aucun sens de supériorité, où personne ne peut imposer, obliger, prendre, vouloir, juger. La vraie Vie commence. Une vie d'évolution, de recherche. Une vie qui mène infailliblement à la rencontre de la Lumière, de l'Amour, de la connaissance de soi, de la vr aie réalité de l'homme. Vous, chers lecteurs, cher (ère) Ami (e), n'avez-vous pas suivi ce chemin ? N'avez-vous pas eu, un certain jour, l'impression de vivre une vie qui n'était pas la vraie vie ? N'avez-vous pas profité d'un court instant de méditation pendant lequel une pensée nouvelle vous a soustrait à la réalité de la vie d'homme terrestre ? N'était-ce pas là le début de la vision de votre vie intérieure ? Je sais qu'il en est ainsi. Je le sais, car je vous connais, tout comme vous me connaissez. Les milliers de lecteurs de mes ouvrages "Le Chemin du Père" et "Guérisseur, Source de Vie" savent ce que je pense de la vie.

Ils savent que la vie sur Terre, malgré ses contraintes, ses peines et ses injustices, mérite vraiment d'être vécue, car elle nous donne l'occasion de nous connaître nous-mêmes, de connaître enfin QUI nous sommes en vérité et de prendre conscience de notre Vie Eternelle. C'était mon devoir de revenir à vous par cet ouvrage afin de combler les lacunes des précédents. Je vous propose l'approfondissement de sujets très importants, tels que la vérité

sur la vie de l'"au-delà" et la réalité de l'existence et de la présence de l'Etre de Lumière qui accompagne chacun de nous tout au long de nos différentes réincarnations et ce jusqu'à notre libération totale. Certes, je ne pouvais faire cela tout seul. Tout comme vous, je ne suis qu'un "étudiant", mais j'ai l'avantage de connaître l'Homme qui peut m'apporter l'aide nécessaire : ETHOR Vous le connaissez tout autant que moi. Je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises, mais je sais que vous en cherchez surtout la présence physique. Alors, je vous dis une seule chose : soyez "conscients", et sans aucun doute vous le rencontrerez vous aussi. Ensemble, nous allons franchir tous les obstacles qui nous ont caché, jusqu'ici, la réalité de nos longues pérégrinations et nous parviendrons ainsi jusqu 'aux sources éternelles de la Vie. Ceci fait, nantis de toutes les connaissances et gratifiés d'un regard nouveau sur le monde, vous pourrez de plein droit vous poser la question : « Suis-je » « normal » ? « Suis-je » « anormal » ?

Et vous jugerez.

Je vous renouvelle mon habituelle exhortation : « Ne croyez pas à ce que vous allez lire dans cet ouvrage. Faites d'abord l'effort d'aller toucher du doigt Lisez cet ouvrage

comme vous liriez un roman d'aventures, puis mettez en pratique les enseignements développés afin d'en constater leur réalité ». Et si vous n'avez pas la volonté d'effectuer cette démarche, tenez-vous-en à vos croyances actuelles, car si ces croyances vous apportent paix et bonheur, c'est à elles que vous devez vous rattacher. J'apporte toute mon estime à ceux qui lisent et se posent des questions. Je n'apporte aucune estime à ceux qui rejettent toute idée nouvelle sans avoir pris la peine de la vérifier par manque de volonté, par intérêt personnel ou par fanatisme ancré dans leur éducation. Lisez, réfléchissez, cherchez ! Les réponses que vous attendez ne peuvent venir de nulle part ailleurs que de l' intérieur de vous-mêmes.

CHAPITRE I

LA « FIN » D'UNE MERE

Les vignes verdoyantes entouraient la vieille ferme sur la colline. 'Dans le bas, les prés s'étendaient à perte de vue, animés par des dizaines de brebis au pâturage, taches blanches parmi le vert des herbes et les couleurs envoûtantes des fleurs sauvages.

En ces temps d'après-guerre, alors que dans les villes les gens cherchaient encore leur subsistance par la voie périlleuse du marché noir, il faisait bon vivre à la campagne, car la terre, bonne mère, ne cessait d'offrir ses fruits à tout venant. La ferme, tenue par un homme rustre au coeur doux, dégageait la paix et l'aisance. Les enfants s'adonnaient aux petites tâches rurales, surveillaient les brebis ou guidaient les boeufs au labourage. A l'intérieur, Marie, ta maman au coeur d'or, chantonnait gaiement ses mélodieuses chansons d'antan, toujours les mêmes, jour après jour, s'appliquant joyeusement à ses oeuvres de bonne ménagère et de parfaite cuisinière.

C'est là, parmi ces frères et soeurs "de lait" que grandissait ce petit garçon abandonné et recueilli un jour de printemps, quelques années auparavant, par le rustre paysan.

C'est là que s'éveillait peu à peu à la vie celui qui devait un jour recevoir le nom : "ETHOR". Les années s'écoulaient dans le calme des champs, dans la joie simple de la vie de campagne où hommes et bêtes domestiques ou de somme semblaient ne faire qu'un, tant l'amour les unissait en cette destinée commune au service de !a terre. Puis vint le jour du départ.

Appelé par une voie mystérieuse, le jeune garçon s'éloignait furtivement de la maison d'accueil et de ces êtres qui avaient su l'aimer et lui donner les premiers bagages de l'existence terrestre. Pendant quatre longues années il suivit les enseignements que le vieux berger rencontré dans la montagne dis-tillait paisiblement dans son âme. Le vieux berger, Initié Spirituel et Guérisseur, après lui avoir donné !e nom :"ETHOR", avait fait de lui un Adepte de la Connaissance Suprême, un Etre au coeur pur, un Homme UN avec son ESPRIT. Nul secret pouvait ternir la connaissance d'Ethor sur la vie terrestre ou de l"au-

delà".

La Vérité sur ses vies antérieures, le long cheminement de son Etre Intérieur faisaient de lui un Homme paré à tout événement de la vie terrestre et conscient de la réalité de ta Vie Eternelle. Chargé de ces ineffables bagages, il prit le chemin de la vie humaine et devint un homme parmi tous les autres afin que se réalisent les paroles du Berger ; "Tu dois parcourir le monde, tu dois connaître le monde, car ce que tu as appris, et que tu auras un jour à enseigner, n'aurait aucune valeur sans l'expérience personnelle".

Des années passèrent pendant lesquelles l'Adepte aux Mystères s'abandonna aux plaisirs de la vie, les moments de joie étant inexorablement suivis d'autres moments de tristesse, de peine et de remords. L'expérience forgeait l'homme et l'homme forgeait son caractère, sa personnalité, son intellect et son ârne. Que de fois la boue vint couvrir son corps physique et son âme meurtrie ! Que de fois la haine, la rancune et le dégoût vinrent torturer sa pensée et ses désirs de justice ! Mais chaque fois il se relevait, il reprenait le chemin, il abattait les obstacles, conscient de la nécessité des épreuves et fidèle aux directives de "son" berger. L'amour, la pitié, la charité et l'amitié, mais aussi la haine, l'égoïsme, l'injustice et l'intolérance lui donnèrent la connaissance des hommes. Quand il faut traverser un fleuve et qu'il n'y a qu'un seul pont, il faut bien passer par là C'était fait. Les souhaits de Maître Berger étaient exaucés. Il fallait maintenant savoir si (es enseignements du berger relatifs à "l'autre vie" étaient également fondés. C'était certain. Comment douter de Maître Berger ? Mais il fallait l'expérience. C'était nécessaire, sinon comment en parler aux autres ? Et comment exaucer, encore une fois, Maître Berger ? 11 arrive souvent qu'une pensée soudaine vienne vous rappeler des lointains

souvenirs.

Plongé dans sa méditation quotidienne, une pensée parasite

vint interrompre sa paix. La vieille ferme de la colline apparaissait à lui, voilée par une brume profonde. A l'une des fenêtres, un visage se dessinait lentement : Marie, la maman, la douce femme qui l'avait nourri de son sein, qui lui avait prodigué tant d'amour et qu'il n'avait plus vue depuis tant d'années. Le visage illuminé du plus beau sourire, elle lui faisait un signe de sa main ;

"Viens, viens

".

Ceux qui possèdent encore un peu d'intuition naturelle, savent qu'if ne faut pas rejeter certains signes du destin. Non seulement, Ethor, était intuitif, mais il avait, de plus, le sens du discernement et la vision claire des événements. Par cette simple pensée, il sut qu'il devait, sans tarder, rendre visite à son ancienne famille d'accueil. L'esprit entièrement occupé par un mauvais pressentiment, il fit le voyage comme un automate et parvint à la ferme à la tombée de ta nuit. Son père adoptif, ses frères et ses soeurs "de lait", étaient tous réunis dans une chambre autour du lit de la maman, mourante. Les yeux rougis par les larmes, ils se tournèrent vers lui, chacun faisant un geste d'impuissance. II s'approcha du chevet, prit dans les siennes l'une des mains de maman et déposa un tendre baiser sur son front. Maman ouvrit les yeux, le fixa d'un regard voilé, un doux sourire aux lèvres. Elle voulu parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Sa main se referma sur les siennes. Les yeux mourants virèrent vers le haut laissant le blanc opaque de la mort, alors qu'une longue expiration sans retour mettait fin à sa vie terrestre. D'un geste tendre, il baissa ses paupières, croisa ses mains sur sa poitrine et le silence devint le compagnon de voyage de son Ame Vivante. Il est des traditions qui persistent et durent malgré l'évolution rapide de la vie

moderne.

Dans les villes, la nouvelle coutume veut que les "chers" candidats au décès trépassent sur les lits des hôpitaux. Dans les villages et les campagnes on sort le mourant de l'hôpital afin qu'il ait la joie de quitter ses familiers dans la chambre et le lit qui l'ont hébergé durant de longues années.

Et pendant deux ou trois nuits on veille à tour de rôle le défunt, comme si cette compagnie pouvait l'aider à vaincre la crainte de ce déplacement entre la chambre et la tombe.

Car la tradition veut aussi que pour beaucoup d'hommes et de femmes le grand voyage se termine dans le caveau familial.

Pourtant, et pour une fois levons le chapeau, les prêcheurs ecclésiastiques crient à perle de voix que l'âme s'en va auprès de Dieu.

Ce n'est qu'auparavant, quand ils parlent dans leurs églises aux vivants, aux fidèles, qu'ils se réfèrent au Paradis, au Purgatoire et à l'Enfer. Lorsque le décédé est à leurs pieds, couché dans sa bière entre quatre cierges et

une épaisse fumée d'encens, là ils ne parlent plus d'Enfer. Là revient l'égalité entre les hommes. Tous vont auprès du Père pour l'Eternité.

Ils se ravisent quand-même un petit peu

"Mais viendra le jour de la

résurrection". La résurrection du corps ! Tous les vers se réuniront, s'empâteront dans la poussière et, autour

des os, s'il en reste, reformeront, rebâtiront ce corps tel qu'il était avant la mort. Oh ! vous, vieux pères de l'Eglise, falsificateurs de conciles, traducteurs hypocrites des saintes écritures, pourquoi avez-vous jeté en pâture à vos ouailles le mot "résurrection" pour "réincarnation " ? Vous ne saviez pas (ou ne vouliez pas) comment expliquer la disparition du

corps du Christ de son sépulcre. Et vous avez crié : "// est ressuscité" ! Et puisque Lui, le Christ est ressuscité, pourquoi pas tous les hommes ? Quel plaisir de revenir dans ce vieux corps et de le remonter lui aussi au ciel ! Quel plaisir de retrouver cette vieille chemise que l'on avait jeté aux immondices et de la remettre sur ce corps propre, juste après la douche du dimanche matin

!

Vous n'avez pas pensé (pardon), vous n'avez pas voulu dire que le corps appelé "Jésus" n'était peut-être pas mort sur la croix. Vous n'avez pas voulu dire que, peut-être, Joseph d'Arimathie, d'accord avec les romains, qui d'ailleurs ne l'avaient pas crucifié comme les autres criminels, l'avait "dé crucifié" avant sa mort et l'avait sorti, la nuit venue, de son sépulcre, l'avait soigné et caché, lui donnant ainsi la possibilité de finir sa vie ailleurs, au Cachemire par exemple ? Là, plusieurs milliers d'hommes et de femmes disent qu'ils descendent de Jésus. Ils pratiquent une religion quasi chrétienne et l'Eglise de Rome ne les condamne pas.

Et pourquoi cette même Eglise de Rome rechigne devant la découverte de tous ces manuscrits de la Mer Morte et n'admet que les quatre Evangiles revus et corrigés par les vieux pères des

conciles ?

Evidemment ! Comment auriez-vous pu, autrement, créer de toutes pièces cette fabuleuse tragédie de sa mort qui a tant fait de peine à vos fidèles cloués dans l'ignorance et qui suscite aujourd'hui encore les pires chagrins à la vue de ce Pape qui se promène, le Vendredi Saint, sous le poids écrasant de sa lourde croix ? Comment auriez-vous pu, sinon, fomenter tant de haine dans le coeur de vos croyants contre tout un peuple et durant deux millénaires ? Vous auriez pu dire que Jésus était mort, mais que le Christ était Vivant et qu 'il est toujours vivant tout comme est vivant le Christ présent en tout homme et en toute femme.

Vous auriez pu dire que dans la Bible et même dans les Evangiles il est souvent question de réincarnation, mais que vos anciens Pères traducteurs ont occulté ce mot, pour des raisons fort compréhensibles, bien sûr, mais qui n'ont plus aujourd'hui raison d'être, car toutes ces choses cachées viennent à la lumière et le simple fait de vouloir encore et toujours les imposer mène à la désertification des églises et à la solitude du clergé.

Mais cela est votre affaire. Continuez, et vous verrez / Comme voulait la tradition, Ethor resta une nuit toute entière, et seul, auprès du corps de sa maman nourricière. Instruit par Berger, il savait que le Corps Astral renfermant l'Ame et l'Esprit de la défunte restait près du corps, relié par son "cordon d'Argent". Assis près du lit, il contemplait ce visage sans vie et pourtant encore expressif, avec ce doux sourire rappelant une existence vouée à l'Amour, au don de soi, à la bonté. Que de souvenirs ! Il voyait dans ce visage ses premières années, ces jours joyeux entre champs et vignes, ces jeux avec les petits frères et soeurs qui l'avaient adopté, ces courses dans les prés, au printemps, avec les petits agneaux. Puis, soudaine, la vision de son départ, de sa fugue vers ta montagne, de la douleur causée à cette maman qui lui avait donné que de l'amour. Les larmes coulaient sur son visage, chaudes et amères, et pourtant il ne ressentait aucun sentiment de culpabilité, il ne regrettait rien, sauf cette douleur causée injustement. Brusquement, la caresse d'une main sur ses cheveux le fait sursauter. II se retourne d'un côté, puis de l'autre. Personne. Mais il sait "qui" l'a caressé. L'enseignement reçu ne lui laisse aucun doute. Alors, les mains bien posées sur les cuisses, le corps droit, il fixe de ses yeux un point à la racine de son nez sachant que cette position peut l'induire en quelques instants en état d'autohypnose, de concentration profonde. Un corps lumineux, d'abord nébuleux puis de plus en plus clair, flotte à hauteur de sa tête. Un visage souriant, les yeux exprimant la tendresse, l'amour, le bonheur Maman, son Corps Astral, son "Double", le porteur de l'Ame et de l'Esprit

Eternel !

Un cordon fluorescent argenté la relie au corps physique étendu sur le lit à hauteur du plexus solaire.

Comme un nuage vivant elle monte, elle descend, s'approche et s'en va, voltigeant dans les airs, manifestant l'étonnement, la surprise, la joie. Puis elle s'arrête fixant le corps sans vie et son visage devient triste comme si elle réalisait qu'elle venait de perdre un objet qu'elle avait aimé. Finalement, elle s'arrête et fait face à Ethor. Ses lèvres bougent, les mots sans son parviennent à l'entendement subtil de l'Initié. Ethor parle et il entend les sons de sa propre voix. Il fixe les lèvres de maman. Elles bougent, donc elle parle, mais aucun son ne parvient à son ouïe. Et pourtant il comprend tout ! Une autre présence attire son attention. Près du chevet un Etre d'une luminosité plus intense observe tout ce manège, le regard compatissant exprimant la bonté, la pureté, la simplicité. Des rayons lumineux l'obligent à porter le regard sur sa droite. Le sourire qu'il rencontre lui donne une sensation de paix, une joie immense, un sentiment profond de protection.

Son guide est là, près de lui, tout comme le Guide de maman est là, près du

chevet.

Pour la première fois il acquiert la certitude de la présence du Gardien auprès de chaque être humain. C'est alors qu'il note la majestueuses stature des Etres de Lumière et la stature "anormale" du corps éthéré de maman : deux mètres et même plus, la taille de son corps physique n'étant que d'lm.68. La surprise l'hébété entièrement. Est-ce un rêve, une vision, un jeu de son subconscient ? Il réalise, enfin, qu'il avait lui-même recherché cet état transcendant par lequel la conscience du raisonnement, assoupie, laisse la place aux attributs des facultés innées cachées

dans les profondeurs de l'être humain éveillant ainsi les possibilités d'action des sens sublimes de l'Esprit. Il voyait par l'oeil de l'Esprit. Il entendait par t'ouïe de l'Esprit Finalement, lui qui pensait, au début, veiller seul le corps de maman, se voit maintenant en compagnie de trois Etres de Lumière. Ces corps Subtils sont exactement la réplique des corps physiques à l'exception de la taille et de la clarté des couleurs, celui de maman étant bien moins brillant que ceux des Guides. Et les Guides n'ont pas "d'ailes". Ce sont pourtant Eux que la tradition religieuse appelle "les anges gardiens". Les mêmes mouvements, les mêmes gestes des mains et des lèvres copient ceux du corps physique lors d'un entretien, d'une discussion. Seule différence : pas de sons. Les paroles pénètrent directement en la conscience analytique par l'entremise des sens sublimes du Corps de Lumière. Certains pensent, et écrivent, que dans "l'au-delà" l'on communique par "télépathie". Je ne le pense nullement. Sinon, pourquoi ces gestes, ces mouvements des

lèvres ?

Les sons existent, c'est certain, mais ce sont des sons inaudibles pour les sens physiques, parfaitement adaptés aux sens subtils.

Ce sont le "double" des sons terrestres, tout comme le corps éthéré est le "double" du corps matériel C'est maman qui rompt le "silence" la première :

- Mon enfant, que je suis heureuse de te revoir. Cela faisait si longtemps !

Pourquoi étais-tu parti et pourquoi nous avoir abandonnés durant de si longues

années ?

Ethor ne répond pas. Il baisse les yeux, un peu mortifié. Maman reprend :

- Tu sais, je te pose ces questions pour te signifier mon reproche à cause des

souffrances que tu nous a causées, maïs maintenant que je vois les choses sous une autre

lumière et que je sais pourquoi tu l'as fait et où cela t'a amené, maintenant je suis fière de toi et je te remercie d'être ici près de moi.

- Maman, pardonne-moi. Je ne pouvais faire autrement, c'était plus fort que moi. Mais dis-moi, est-ce que tu souffres ?

- Souffrir, moi ? Tu ne vois pas que je suis heureuse ?

J'ai un peu de peine pour vous tous, mes enfants, qui êtes attristés par mon décès, et pour papa aussi, que j'ai dû laisser seul, mais je sais que vous penserez à lui. Et puis, nous ne tarderons pas à nous revoir. J'ai enduré bien des souffrances ces derniers temps. Maintenant je suis libre et la seule souffrance m'est causée par ce cordon qui me relie encore à ce vieux corps de matière.

Encore un peu de temps, quelques jours, puis la chaleur de l'Energie de l'Ame brûlera ce lien et je pourrai suivre mon Guide qui m'assiste à chaque instant. Les deux Gardiens assistent, muets, à l'entretien. - Et après, maman, je ne te verrai plus ?

Aucune réponse, mais son Gardien prend la parole : - Après, mon enfant, nous nous verrons bien plus souvent, car tu as des choses, beaucoup de choses à apprendre, et nous te ferons visiter des lieux dont tu ne soupçonnes pas l'existence. Tu comprendras ce qu 'est la Vie et tu auras les preuves des mensonges par lesquelles une certaine classe d'hommes hypocrites empêche la plupart des autres d'entrer sur le chemin de la Vérité et de la Lumière du Royaume. Maintenant, reprends ton état normal d'être humain. Laisse ta maman suivre son chemin, car nous avons encore du travail à faire afin de la libérer définitivement du corps physique. Ce que tu veux savoir, tu le sauras en son temps. Nous reviendrons te voir et ton Gardien nous préparera le chemin, Les yeux grands ouverts, Ethor fait du regard le tour de la pièce Personne. Et pourtant il n'a pas rêvé. Tout est clair en lui. Sur le lit, le corps de maman est là, immobile, muet, le visage figé dans la sérénité de la mort physique.

Il reste là, prostré dans l'obnubilation, pensif, jusqu'au matin.

CHAPITRE II

VERS LA LUMIERE

Quelques mois passèrent pendant lesquels Ethor at-tendit inutilement le

"contact".

Par ce mot "contact", je ne veux nullement dire qu'il cherchait à appeler la "morte", fut-ce-t-elle sa maman nourricière. Berger le lui avait enseigné : "ne cherche jamais, de quelque manière que ce

soit, à contacter les décèdes. S'ils veulent te parler, ils le feront d'eux-mêmes, en rêve ou autrement".

II lui avait signifié sa désapprobation envers ceux qui, coûte que coûte,

cherchaient à appeler les "morts" lui présentant les dangers de telles démarches, les uns risquant des défaillances psychiques, les autres pouvant perdre leur droit à remonter au plan astral ou animique inhérent à leur état d'avancement spirituel. Lors de la nuit passée à veiller le corps de la maman décédée, il avait eu,

pour la première fois, la vision de son Gardien.

Ce fut pour lui une joie indescriptible et dès ce moment il apprit à communiquer avec Lui, devenu son compagnon de tous les jours et son Maître Instructeur. Certains lecteurs pourraient voir, ici, une anomalie entre ce que je viens d'écrire et l'enseignement donné dans l'ouvrage "Le Chemin du Père". Dans ce dernier, en effet, il n'est question que de la rencontre avec le Père Intérieur, l'Etre Réel. Celui qui peut tout, qui est tout.

Quel besoin, donc, d'avoir un Guide de plus si le Guide de l'être humain est le Père qui vit en lui ?

Notre égoïsme humain veut que nous voulions tout pour nous, êtres humains. Nous avons tout matérialisé, tout mis aux ordres et à la disposition de ce magnifique corps de chair. Et les curés des paroisses nous y ont grandement aidés, eux qui ont placé le Père, le Fils, le Saint-Esprit, la Vierge et tous les Saints au service de l'homme. Nous avons lu, dans "Le Chemin du Père" justement, que lors du départ du Cercle Spirituel, l'Embryon-Esprit était confié à un ETRE CONSCIENT de ce même Cercle à qui il serait lié jusqu'à son retour. L'Etre Conscient, l'Etre de Lumière, le Guide est donc le Gardien de l'Etre Réel de l'homme, le Gardien du Père Intérieur. Certes, puisque l'être psychique et physique est l'outil au service de l'Etre Spirituel, il va de soi que le Guide est le Gardien de la totalité de l'Homme, mais seulement quand les deux sont UN. C'est pourquoi il est bien difficile pour ceux qui n'ont pas encore dépassé le 3ème degré de l'échelle de vie, les matérialistes farouches, les mécréants, de ressentir la présence du Guide ni d'avoir la possibilité de communiquer avec Lui. Ethor, par l'enseignement reçu, connaissait déjà la présence de son Père Intérieur. Il était UN avec Lui et, après avoir parfait sa maturité physique et psychique par les expériences personnelles des épreuves de la vie terrestre, il lui restait à découvrir la Vie Spirituelle en partant des épreuves de la "mort" physique, de la vie dans les sphères proches de la terre puis du cercle astral et du cercle anîmique. D'ailleurs, ce nom "Ethor", n'appartient-il pas à son Etre Réel ?

N'est-il pas, Ethor, le nom du "Père" de cet homme inconnu que vous connaissez par mes ouvrages, mais que vous n'avez jamais rencontré ? Ne veut-il pas vous faire comprendre que vous avez un "Ethor" en vous, mais que vous devez le rechercher pour lui attribuer son Vrai Nom, VOTRE VRAI NOM ? Je sais que bon nombre de lecteurs du "Chemin du Père" ont déjà effectué cette démarche. J'en connais et je suis fier d'eux.

Je sais aussi que beaucoup d'entre eux ont découvert qui est en réalité Ethor, qui se cache sous ce nom qui, en principe, n'aurait pas dû être dévoilé puisque très personnel et secret. Mais ce qui est fait est fait et c'est pour cela que je donne ici autant d'explications. Pour que chacun trouve "son" Ethor en lui-même.

Comme il faisait habituellement tous les soirs, Ethor s'étendit sur son lit, son cristal de quartz sur le front, pour s'adonner à ses exercices méditatifs. C'était pendant ces moments d'abandon qu'il pouvait s'unir à son Père Intérieur et à son Guide après toute une journée vouée aux occupations normales d'homme terrestre.

Plusieurs fois déjà il avait demandé à son Guide de lui rechercher l'entretien promis par le Gardien de sa maman nourricière.

Ce soir-là, rejoint l'état d'auto-hypnose adéquat, grâce à la concentration profonde sur le point situé à l'intérieur de son front entre les sourcils, et aux vibrations du cristal de quartz, il se vit entouré d'une étrange lumière bleu-ciel, très brillante, presque aveuglante. Près de lui son Guide lui souriait et aux pieds du lit il reconnut le Gardien de

maman .

Ce fut ce dernier qui prit la parole ;

- Viens, donne la main à ton Guide et suis-nous. Le moment est venu que tu viennes visiter les pays de lumière.

Ethor prit la main de son Guide et fit un effort pour se soulever du lit. Debout, les pieds à terre, il se sentit étrangement léger. Il adressa une oeillade interrogatrice à son Guide qui, pour toute réponse, lui fit signe de regarder son Ht. Son corps était étendu sur le lit, les bras le long du corps, le cristal sur le front, tel qu'il s'était mis au début de son exercice. Etonné, presque ahuri, quelque peu craintif, il voulut parler, mais le serrement de sa gorge empêcha tout son, même subtil. Son Guide le rassura :

- N'aies aucune crainte, tu es avec nous. Ton corps repose sur le lit en état de léthargie, mais tu es relié à lui par ce cordon d'argent qui le maintient en vie, et grâce à ce cordon lu pourras réintégrer ton corps dès notre retour. C'est pour toi la première expérience de l'état que l'on appelle "le dédoublement". Nous allons quitter la terre et rejoindre le plan astral le plus proche afin que tu comprennes le début de la vie de "l'au-delà". Ta mère t'y attend. Tu pourras t'entretenir quelques temps avec elle, mais tu auras bien d'autres surprises. Tu as entendu parler d'un certain "tunnel noir" que doivent traverser les êtres humains, et les animaux aussi d'ailleurs, dès leur décès. Cela est parfaitement exact, mais certains disent et enseignent que le tunnel traversé, les décèdes se retrouvent directement dans les sphères astrales pour faire leurs premiers pas dans le nouveau monde.

Cela est faux, car le corps sublime du "décédé", après la traversée du tunnel doit revenir auprès de son corps physique auquel il est encore attaché par le cordon d'argent, mais cela seulement après avoir pris conscience de son nouvel état.

Quant au "dédoublement", tu sais déjà que tous les humains pratiquent ce mode de séparation du corps subtil très souvent, mais inconsciemment, au cours de leurs rêves. Quand ils rencontrent, en rêve, des personnes disparues, quand ils visitent des pays lointains, quand ils vivent des événements à venir et se réveillent avec l'absolue certitude d'avoir vraiment vu, entendu, vécu les faits rêvés, ils l'ont fait en état de dédoublement. Vous, les humains, vous appelez bien souvent cela les "rêves prémonitoires". Ce mot est exact, mais ce que la plupart ignorent c'est que pendant ces rêves ils se sont vraiment séparés de leur corps physique et qu'ils ont vraiment rencontré les personnes, vu les lieux, vécu d'avance les événements rêvés. Depuis ta naissance tu as agi de même sans le savoir. Ce soir tu fais l'expérience de cet état pour la première fois "consciemment". C'est pour cette raison que nous sommes venus ce soir. Pour t'accompagner tout au long de ce premier voyage afin de t'éviter tout danger, t'apprendre à écarter les obstacles et fortifier la confiance en toi-même. Il est, en effet, très dangereux de s'élancer soi-même dans cette entreprise, sans guide, sans préparation, sans connaissances surtout pour la première fois. En entrant dans la sphère la plus proche de la terre, certaines rencontres malheureuses pourraient non seulement empêcher toute progression, mais également provoquer sur le novice un état de frayeur tel, que le cordon d'argent pourrait se déchirer entraînant ainsi la mort du corps physique de l'imprudent. Je ne dis pas qu'il soit absolument nécessaire de demander la présence du Guide Cosmique. Je précise que pour effectuer ce voyage il est impératif d'y être bien préparé, d'avoir toutes les connaissances des mondes de l'au-delà, de ses habitants et d'effectuer cette démarche le coeur pur, quitte à s'y faire accompagner par un "médium" efficace et sincère, au moins pour la première fois. Maintenant partons. Tu verras, ce laps de temps te paraîtra très long, car nous aurons l'occasion d'effectuer bien de démarches, mais à ton retour tu reconnaîtras n'avoir donné qu'une seule de tes heures. Le temps est bien défini sur terre, car tout est organisé d'après le temps. La Nature elle-même est soumise au temps par ses saisons et les mouvements de l'espace. Hors des cercles de la matière, le temps n'a plus les mêmes valeurs, tout étant infini, immuable, éternel. Main dans la main, les trois Etres traversent les murs de la chambre et se retrouvent dans la nuit à peine étoilée, légers comme le vent, lumineux tels les rayons du soleil.

La nuit. Ethor sait qu'il est nuit. Et la nuit n'existe plus. Seul l'oeil humain peut voir l'ombre. Pour l'oeil du corps subtil seule la lumière existe. Le jour, rien que le jour. En un instant, sans vitesse, sans pesanteur, par un simple désir de la Pensée, ils se posent sur un sol aride jonché de pierres et de rochers. Les deux Guides se taisent, comme par amusement, laissant Ethor pensif à la découverte de ces nouveaux paysages. Son Guide ne tarde pas à l'interpeller :

- Sais-tu où nous sommes ?

- Non, mais certainement en un lieu désert et rocailleux de la Terre.

- Nous sommes sur la Lune, notre première étape.

Ce satellite terrestre se trouve, comme la Terre, dans le Cercle de la matière,

mais sert de sol d'accueil au Corps Astral des êtres humains, et du règne animal, qui sont décédés et ont quitté leur corps physique après la rupture du cordon de vie. Tous passent ici un bref laps de temps, car c'est ici que se prononce la destination astrale de chacun d'eux Ethor n'avait pas l'air de bien saisir.

- Je vais te donner tous les éclaircissements sur le trajet suivi par les défunts

à partir du moment de la mort du corps physique jusqu'à leur arrivée sur ce sol. Tu as assisté au décès de ta maman nourricière. Nous allons suivre pas-à-pas son cheminement, car jusqu'ici il est le même pour tous. Au moment du décès, dès le dernier souffle expiré, le Corps Astral enveloppant l'Ame et l'Esprit sort du corps physique en s'élevant lentement dans la même position où se trouve le corps. Parvenu à la hauteur d'environ deux mètres du corps, il reprend la position verticale restant toujours attaché au corps par le cordon d'argent. Sa conscience physique et psychique est morte avec les facultés cérébrales. Seule reste la conscience astrale qui est assoupie et qui réalise à peine son état d'existence. Cet assoupissement de la conscience provoque l'effet du tourbillon donnant l'impression de plonger et d'être aspiré avec force dans un boyau d'une obscurité profonde. Mais cette obscurité n'est due qu'à l'effacement temporaire des sens subtils de la vue et de l'ouïe entraîné par l'obnubilation de la conscience. C'est cela que l'on appelle "le passage dans le tunnel noir". Je te fais remarquer, en passant, que lors du décès le corps astral se détache du corps physique au même moment et dans

sa totalité, le cordon d'argent restant attaché au niveau du plexus solaire, alors que, lors d'un état de coma ou au cours d'un exercice de dédoublement pendant le rêve ou volontaire, le corps astral sort par le sommet de la tête et le cordon reste relié au niveau de la fontanelle. Ce passage dans le tunnel, donc, ne dure que quelques instants qui semblent toutefois insoutenables. Pour te rendre ce processus plus clair tu peux imaginer quelles sont les sensations ressenties par une personne tombée à l'eau et qui ne sait pas nager ou se trouve les mains liées. Avant de s'asphyxier elle perd tout contrôle de ses facultés mentales, tout pouvoir de ses sens et ces quelques secondes lui semblent sans fin. Mais le glissement dans le boyau ne donne aucune souffrance, la conscience étant endormie. Il n'y a qu'une légère sensation d'étonnement, d'extraordinaire, de singulier, d'inattendu. Tout reste figé comme lors d'une chute dans un profond précipice -Ces quelques instants passés, le temps que la conscience reprenne le contrôle de ses facultés, l'ambiance s'éclaircit, s'illumine et le "mort" redevient "vivant". Finalement, il n'y a pas de boyau, il n'y a pas de tunnel noir.

Ce n'est qu'une sensation passagère due au choc du dernier soupir, au détachement du corps subtil du corps physique, comme quand l'on reçoit un coup sur la tête ou l'on succombe à l'évanouissement. Dès la reprise de conscience, l'être subtil se retrouve près de son corps physique

sans vie.

Il voit tout ce qui se passe autour de ce corps, il voit ses familiers en pleurs et

aussi ceux qui feignent la fausse tristesse, ceux qui souffrent sincèrement et ceux qui se

réjouis-

sent secrètement de son départ. Car il n'a plus besoin d'entendre des paroles,

pour comprendre. Il perçoit tout dans la pensée, il voit tout par l'oeil astral

II ressent une sensation de légèreté, de liberté, de joie et de pitié pour ses

familiers en larmes.

Il voudrait les consoler, leur exprimer son bonheur, mais hélas, il ne peut, pour

l'instant, rien faire. Son état de félicité, son contentement, son bien-être, il le doit à la présence de l'Etre qui se tient près de lui, car dès son retour près du corps physique, son Guide, son "ange gardien" manifeste sa présence et l'accompagne désormais jusqu'à la destination astrale. C'est à ce moment, Ethor, que tu as pu voir l'Etre sublime de ta mère nourricière. Suivons son chemin jusqu'à ce que nous la rencontrions là où elle se tient actuellement. Son Gardien que tu vois ici, et qui a bien voulu venir nous accompagner, nous mènera auprès d'elle, car c'est grâce à l'étude de son cheminement que tu pourras comprendre l'utilité de ce voyage vers la Lumière pour ton expérience personnelle, mais aussi pour l'enseigner à ceux qui voudront bien t'entendre. Car tellement de choses ont été dites, écrites et enseignées sur cette vie de "l'au-delà", des choses tachées d'une fausseté dégoûtante, des suppositions ahurissantes sur lesquelles des dogmes ont été édictés et imposés au plus grand nombre permettant ainsi la manipulation totale de l'Ame et l'assoupissement de l'Esprit. Certes, d'aucuns ne voudront te croire, d'autres s'adonneront à la raillerie. Mais qu'importé. Plusieurs, les plus sincères, ceux qui sont proches de l'éveil, ceux-là te suivront et auront la Lumière.

CHAPITRE III

AU PAYS DES PAS PERDUS

Les funérailles eurent lieu deux jours après la veillée d'Ethor. Pour ces gens simples de campagne c'était un devoir que d'accompagner tout défunt à sa "dernière" demeure.

Un long cortège noircit le sol ocré du vieux chemin menant au cimetière du petit village à quelques kilomètres. Le cheval, déjà fourbu par l'âge et les travaux champêtres, prêté par un voisin, traînait lentement la charrette, la tête penchée vers le sol, devinant certainement le contenu du fardeau et la cause de son voyage. Aux premiers rangs, les membres de la famille suivaient tête baissée, les yeux rougis, le coeur empli de tristesse. Plus loin, derrière, certains profitaient de cette occasion pour discuter de leurs récoltes, de leurs problèmes familiaux, plaignant fortuitement la famille de la décédée, tout en adressant à la disparue des louanges pour sa vie exemplaire de bonne mère, travailleuse et honnête. A l'entrée du village le curé attendait le cortège pour s'y joindre à la dernière étape, entonnant "l'Ave-Maria" et le "De Profundis". La messe funèbre fut de courte durée. Seul le sermon du prêtre focalisa l'attention de l'assemblée des fidèles par ses rappels sur la vie passée de la défunte et surtout sur son bonheur dans le repos éternel auprès de Dieu :

- Sa place est désormais là-haut auprès du trône de Dieu en compagnie de tous les êtres chers qui sont partis avant elle. Jésus nous a laissé ces paroles : "Je vais avant vous, pour préparer une place pour chacun de vous auprès de mon Père .,.". Mais viendra le jour du dernier jugement. Alors viendra la résurrection de l'âme et du corps, précisait le bon curé.

Enfin, le cortège s'assembla dans le petit cimetière, piétinant ça et là les fleurs des tombes voisines, autour d'une cavité préparée d'avance, prête à recevoir ce fardeau inutile.

Quelques efforts pour descendre le cercueil, quelques pelletées de terre, un dernier adieu. Terminé. C'est là tout ce que les hommes ont fait, vu et compris, sauf un :

Ethor.

11 ne pouvait pas, évidemment, percevoir le corps astral de maman par ses yeux physiques, mais il éprouvait la sensation d'une présence, il concevait la réalité de la continuité de la vie et il savait que maman était là et qu'elle assistait, comme tous les autres, à son enterrement. C'est avec cette certitude qu'il attendit patiemment le "contact" que lui avait promis le Gardien de maman. Son Gardien continuait à lui prodiguer ses enseignements :

Ta maman est restée près de son corps durant tous les préparatifs des

funérailles. Combien de fois, en s'approchant de ses enfants et de papa, voulait-elle les consoler, leur dire de ne pas pleurer, qu'elle était heureuse, que cette mort n'était qu'un semblant d'éloignement !

Personne ne l'écoutait et les larmes continuaient d'arroser les joues de ceux qu'elle aimait. Elle était assise sur le cercueil lors du voyage vers le cimetière, près de son Guide. Elle était présente au sermon du bon curé, compatissant avec tes paroles de sa foi. Elle était présente aux adieux des pelletées de terre, et quand toute l'assemblée se fut éloignée du cimetière, elle se vit reliée encore à ce corps sans vie, terre dans la terre. Son Gardien était avec elle et, ensemble, ils attendaient que la chaleur de l'Energie Cosmique finisse de consumer le point d'attache du cordon d'argent. Mais cette action n'est pas rapide. Environ sept jours terrestres sont nécessaires

pour que le feu astral brûle le lien, à partir du moment du décès. Cela dépend du degré d'éveil spirituel du défunt et de la manière selon laquelle il a su mener sa vie terreste et alléger le fardeau de ses vies antérieures. L'attente de ta maman n'a duré que deux jours, car son coeur n'avait vécu que d'amour et d'abandon à son devoir dans la simplicité de la vie de campagne. Voici la raison pour laquelle aucune ablation ne devrait être pratiquée sur un corps même décédé, car tant que l'attache astralc existe, la conscience astrale ressent les douleurs et

se traîne ces souvenirs pendant tout le séjour dans "l'au-delà" et bien souvent aussi au cours de sa réincarnation suivante.

II en est de même de l'incinération. Les brûlures du corps physique restent dans

la mémoire astrale. Les ablations et l'incinération peuvent évidemment être pratiquées dès que le corps subtil s'est libéré, mais encore faudrait-il savoir à quel moment celui-ci s'est définitivement détaché et cela seuls ceux qui savent utiliser la faculté de la vision subtile

peuvent le déterminer.

Dans le cas contraire, mieux vaut attendre sept jours pleins après le décès du corps physique.

// va de soi que les dons volontaires d'organes en vue de sauver la vie de

certains malades constituent un atout pour le donneur, car son sacrifice, son sens du service, décharge d'autant le poids de son karma. Ce qu'il ne faut pas faire, c 'est de s'approprier des organes et autres parties du corps physique sans l'accord de l'intéressé. Ceux qui désirent être incinérés peuvent également le faire librement. Tant pis pour eux s'ils souffrent, bien que cela soit décidé dans l'ignorance des conséquences. En attendant que ce processus prenne fin, maman et son Gardien avaient entrepris l'analyse des événements vécus durant toute sa vie. Le tableau complet, dans ses moindres

détails, se déroulait devant elle comme sur un écran où ses pensées, ses désirs, ses actes, ses paroles revivaient et s'entremêlaient parmi de visages connus et inconnus, co-acteurs de sa vie terrestre. Ethor avança une demande :

- Tu m'as dit que lorsque le corps subtil se détache du corps physique, il voit tout, il entend tout.

Je suppose que c'est donc l'Etre Réel, l'Esprit qui reprend ses prorogatives. Dans ce cas quel besoin est-il d'être guidé et enseigné par le Guide puisque l'Esprit sait tout et peut tout ?

- Tu vas un peu vite. Tu oublies que le corps sublime dont nous parlons est le

Corps Astral de l'être humain, c'est-à-dire le SUBCONSCIENT, avec tous ses attributs et les facultés qui lui ont été donnés lors de son passage initial dans le Cercle Astral. Son Etre Réel, son Père Intérieur est encore en léthargie à l'intérieur de son Corps Animique et de son Corps Astral. Il ne commence à s'éveiller quelque peu que lorsque l'être humain se trouve sur les derniers sous-degrés du quatrième échelon de l'Echelle de Vie. Je te parlerai de tout cela quand le moment sera venu. C'est seulement quand l'éveil spirituel est bien avancé que le Père Intérieur prend la direction de la vie terrestre et de la vie de l'au-delà. Mais même dans ce cas, le Guide reste toujours près de son élève, car II doit l'instruire, le guider, le protéger et l'accompagner jusqu'à la prise de conscience totale

d'Etre Spirituel, n'ayant plus nullement besoin de se réincarner sur terre ni ailleurs, sauf pour les besoins de missions spéciales. *

- Le Guide, reste-t-il en permanence auprès de son protégé ?

- Non, pas du tout. Le Gardien ne vit pas sur le plan terrestre. // réside sur le Plan Spirituel, dans son Royaume, mais II est lié à son élève par les liens de la Pensée, tout comme le corps subtil est lié au corps physique par le cordon d'argent.

- Voir : Le Chemin du Père du même Auteur,

Mais il suffit que l'élève l'appelle, qu'il demande son aide pour que le Gardien manifeste sa présence auprès de lui, une présence réelle qui s'opère à la vitesse de la Pensée.

Nous sommes maintenant sur la Lune. Pense que tu es chez toi, sur terre, dans

ton corps physique. Peux-tu calculer le temps employé à émettre cette pensée ? Même pas un millième de seconde, et tu es chez toi, dans ton corps. Comprends-tu cela ?

- Oui, maintenant tout est clair et j'en suis stupéfait.

- Je laisse ma place au Gardien de maman. Il va t'instruire sur les derniers moments passés sur terre par l'Etre Vivant issu du "mort".

Le Gardien s'approche d'Ethor, lui tend la main et lui demande de s'asseoir près

de lui.

- Mon enfant, je vous ai écoutés, toi et ton Guide, et je vais poursuivre

l'enseignement. Pendant les deux jours et les deux nuits passés près de la tombe dans l'attente de la rupture du cordon, ta maman a revécu chaque instant de sa vie terrestre. Ceci est nécessaire pour chacun, car il faut que la conscience astrale s'éveille et s'imprègne de tout agissement ayant façonné cette même vie. Cette prise de conscience inscrit les événements sur la "peau" du corps astral dégageant les couleurs inhérentes à son état actuel. C'est ainsi que tout être astral peut connaître le caractère, la personnalité de son voisin, simplement en examinant les couleurs de son corps. Ces couleurs indiquent finalement le "poids" du "Karma", ce mot voulant signifier la destinée à venir de cet être, résultat de ses vies et de ses agissements passés.

Au fur et à mesure que les couleurs se fixent sur le corps astral, l'Energie brûle plus ou moins rapidement le point d'attache du cordon, ce temps étant déterminé par la différence d'intensité de la gamme chromatique. Si les couleurs sont claires, brillantes, ceci indique que le fardeau karmique est léger. De ce fait, le corps subtil sera vite libéré du corps physique. Si les couleurs sont sombres, mornes, sans éclat, plusieurs jours seront nécessaires pour que vienne la libération.

Tu comprends maintenant que personne ne juge les agissements de l'homme au delà de sa mort. Personne ne le condamne, personne ne le punit. Le jugement se fait par ses propres actions passées, par son mode de vie, par ses pensées, par ses victoires sur lui-même DU par ses négligences. Et ce jugement détermine sa récompense ou sa punition.

Et c'est cette gamme de couleurs qui détermine également le lieu du séjour, et sa durée, pour le laps de temps à passer dans les sphères astrales en vue de sa future réincarnation.

Revenons à ta maman. Dès que le corps astral se fut habillé de ses nouvelles couleurs, l'attache du cordon brûlée, nous pûmes quitter ces lieux terrestres pour venir ici, sur la Lune, centre d'accueil de tous les désincarnés, "gare de triage" d'où chacun se dirige vers la destination méritée.

Mes affirmations vont sûrement déclencher les hostilités de tous les mécréants terrestres, ainsi que leur hilarité. Je vois leur sourire compatissant, leur pitié pour le dément qui ose dire ou écrire de tels propos inconvenants. A ton retour sur Terre, si tu as l'intention de faire part à tes A ton retour sur Terre, si tu as l'intention de faire part à tes congénères de tes découvertes astrales, tiens compte des fausses croyances qui les habitent, mais passe outre, car un jour la lumière viendra et l'on rira de ceux qui ont ri. Crois-tu que la Lune soit là oit elle est pour le seul agrément de la Terre ? Elle a certainement son utilité matérielle, comme toutes les planètes et toutes les étoiles, mais comme toutes les planètes et toutes les étoiles elle a aussi son utilité cachée, invisible à l'homme, incompréhensible pour l'être à l'esprit borné et matérialiste. Les animaux sont, pour cela, bien plus intelligents que les hommes. Le chien, par exemple, pourquoi crois-tu qu'il hurle à la Lune quand elle est en phase pleine ? Par peur ? Pour annoncer la mort ? Pas du tout. Mais pour saluer LES "morts". Car il sait que certains de ses amis, animaux ou humains, bien "vivants" sur la Lune, partent ces soirs-là pour leur destination lointaine.

Et quelle est cette force qui a su, et sait, éveiller les sentiments et l'imagination, illuminer l'inspiration des plus grands poètes, faire frémir le coeur des amoureux, sinon cet Amour qui se dégage des Ames en attente sur ce sol, le regard tourné vers la Terre, vivant du désir d'apporter bonté, espoir et secours ? Certes, les hommes ne voient que la matière, ne contrôlent que les mouvements, et ne pensent pas que la Vie habite en tous lieux, que la vie EST. Les Astronautes terrestres sont venus sur la Lune. Pourquoi ne pas leur demander s'ils n'ont rien remarqué d'autre que les pierres et les rochers ? Certains d'entre eux pourraient peut-être avancer d'autres arguments, mais c'est vrai qu'ils n'ont aucune envie de se faire maltraiter par les psychiatres, tout comme certains psychologues, bien avancés dans leurs découvertes, préfèrent se retrancher derrière un seul mot : "SURCONSCIENT". Nous allons nous rendre, maintenant, à l'endroit où sont en attente les désincarnés. En un instant Ethor et les Guides lurent en vue d'une immense plaine d'où se dégageait une lumière rosâtre contrastant fortement la couleur verte du sol lunaire. Des arbres en fleurs jonchaient de longues allées, les abords parsemés d'arbrisseaux dissimulant par leurs feuilles les prés aux couleurs variées.

Une rivière traversait la plaine et sur ses bords, comme dans les allées, un nombre incalculable d'hommes, de femmes et d'animaux de toute espèce, le corps lumineux aux différentes couleurs visibles au travers d'un fin nuage, comme un voile de soie.

D'aucuns promenaient en groupe semblant épris en de profondes discussions. D'autres, assis sur les bords de la rivière, se délectaient comme des enfants avec les animaux. D'autres encore, un peu à l'écart, pensifs, marchaient lentement en silence méditant certainement sur leur lourd passé- Comme sur la Terre, lors d'un grand rassemblement, c'est l'habit qui fait là distinction entre les hommes, ainsi se spécifiait ici la diversité d'état d'avancement, d'éveil, de caractère, de personnalité, par les couleurs plus ou moins vives qui se dégageaient de leurs corps. Ethor restait muet, hébété devant cette vision hétéroclite. Il ne voyait pas d'enfants, d'adultes ni de vieillards. Tous présentaient la même taille et démontraient le même âge. Des

hommes et des femmes entre trente et quarante ans, les hommes le crâne lisse, les femmes un voile vaporeux sur la tête. Seuls les traits du visage, qui devaient être le miroir du visage physique, permettaient de les distinguer les uns des autres, ainsi que les couleurs qui se dégageaient de leurs corps éthérés. Les animaux étaient conformes aux espèces terrestres, mais chaque espèce avait sa taille propre, et tous les corps de la même espèce fa même taille. Au contraire des hommes et des femmes dont le corps présentait toutes les couleurs de la gamme, le corps des animaux dégageait une seule couleur, blanc argenté, foncé, morne pour les espèces primitives et sauvages et de plus en plus clair et brillant au fur et à mesure de leur approchement vers les espèces du type domestique. Une étrange entente régnait entre les désincarnés humains et les animaux et entre les animaux eux-mêmes. Aucune agressivité, aucune peur. La paix, l'amour, la bonté entre tous et partout. Par un étroit chemin rocailleux débouchant sur cette oasis quasi magique, arrivaient sans interruption hommes et femmes accompagnés chacun par leur Gardien et des animaux, seuls, guidés assurément par leur instinct naturel. Quand on est sur Terre on ne peut nullement envisager ce grandiose va-et-vient d'être vivants, tel un cortège humain d'exilés fuyant les affres d'une guerre, provoqué ici par la mort de la chair. Ethor ne pouvait plus attendre. Il fallait que les Guides lui donnent les réponses à toutes ses questions. Il s'adressa à son Gardien :

- J'ai tellement de choses à te demander que je ne sais par où commencer. Dis-moi,

par quel miracle voit-on ici des arbres, des prés, des fleurs et de l'eau, alors que très sûrement nous savons que la Lune n'est qu'un vaste désert rocailleux et sans vie ?

- Ce que tu dis là n'est que la vision de l'oeil physique, la

représentation de la matière. Ce que tu vois en réalité est la vision de l'oeil subtil. Or, tu sais déjà que tout ce qui existe matériellement sur Terre et dans toute la création matérielle, existe tout d'abord sur le plan astral, invisible à l'oeil humain. Et il existe sur Terra aussi des lieux merveilleux habités par des Etres du Cercle Astral chargés de la programmation et de la surveillance de la vie des quatre éléments (le feu, l'air, l'eau et la terre), ainsi que des règnes minéral et végétal, que l'oeil humain ne peut

nullement percevoir, mais que certains privilégiés, étant déjà bien avancés sur l'Echelle de Vie, peuvent voir, visiter et certifier. Certains l'ont déjà dit et écrit, mais comment faire croire ces réalités à l'intellect obtus de ces terriens orgueilleux, imbus d'eux-mêmes, de leurs sciences qu'ils disent exactes, mais qui meurent d'emblée comme meurent toutes les choses de la terre ? Regarde ces êtres qui s'affairent près des arbres, dans les prés, sur l'eau de la rivière et sur les bords. Leur taille ne dépasse pas les cinquante de vos centimètres. Ce ne sont pas des êtres désincarnés, mais des membres du peuple du Cercle Astral. Ce sont les Génies élémentaires de la nature que les vrais visionnaires terriens ont appelé "Elfes", "Gnomes", "Lutins", etc. Tant pis pour les humains, s'ils ne veulent pas y croire. Ils se passent là d'une aide très appréciable dans leurs découver- tes de la nature et surtout dans les moyens de combat contre les maladies. Ce que tu vois ce n'est donc pas un miracle, mais un réalité normale de la

Création.

- Comment se fait-il qu'il n'y ait, ici, que des hommes et des femmes adultes, alors que parmi les décédés humains il y a des enfants et bien plus de vieillards ?

- Le Corps Astral n'a rien à voir avec l'âge du corps physique.

Le corps physique grandit et vieillît avec le temps, comme tout ce qui est matériel, alors que le corps subtil garde sa forme telle que l'Esprit et l'Ame l'ont reçue lors de leur passage dans le Cercle Astral avant leur première incarnation. Les traits du visage ce sont ceux de la moitié du temps de vie de l'être humain sur Terre, soit environ quarante ans, et peu importe si l'être humain meurt jeune ou vieux. Les traits du Corps Astral ne changent jamais et ce non seulement durant une vie, mais restent les mêmes pour toutes les réincarnations, quel qu'en soit le nombre, sauf quelques traits par­ ticuliers de ressemblance parentale qui n'affectent aucunement le Corps Astral, mais restent l'apanage du corps physique. Pour être plus clair, les lignes générales du visage physique de l'Etre réincarné au vingtième siècle seront les mêmes que celles du même Etre ayant vécu une réincarnation au 2ème siècle, sauf quelques traits particuliers dus à l'hérédité parentale du moment, au changement de sexe ou de race. La physionomie du corps subtil reste la même dans tous les cas.

L'homme noir, jaune, gris ou blanc, n'est ainsi que sur Terre, en tant qu'être matériel. Les couleurs du Corps Astral sont les mêmes pour tous.

- Que font-ils, ici, les animaux ?

- Les animaux, comme les humains, sont sujets à l'évolution, car ils doivent passer

par tous les stades de la vie animale. Le ver de terre ne sera pas toujours ver de terre, mais, grâce aux réincarnations, il deviendra serpent, crocodile, lion, boeuf, chien, chat. Parvenu au terme de son évolution, il rejoindra le Cercle Animique où son âme sera dissoute dans l'Energie Vitale de ce Cercle. Mais l'âme animale n'est pas obligée de se réincarner en toutes les races de la nature pour parvenir à sa maturité. C'est ainsi que parmi tous les animaux qui sont là devant toi, les brebis, les vaches, les boeufs, certains chats et autres chiens, ainsi que bons nombres d'oiseaux, de gallinacés et la plupart des ruminants sont d'ores et déjà destinés à rejoindre le Cercle Animique, leur évolution étant terminée. Les autres s'en iront sur les planètes du Cercle Astral, avec les désincarnés humains, pour parfaire leur éducation et préparer leur future réincarnation. Tu sais déjà que les animaux, à la différence des humains, ne sont pourvus, outre que du corps physique, que du corps astral et de l'âme, alors que les humains ont en plus l'Esprit.

Les croyances de certains peuples qui portent à admettre que l'animal peut se

réincarner dans l'humain et vice-versa, est donc entièrement erronée. L'Esprit de l'homme ne peut s'abaisser au corps animal et l'âme animale ne peut accéder au corps humain. * - J'ai vu les nouveaux venants accompagnés par leur Gardien. Je ne vois pas, par contre, les Gardiens des Etres déjà présents ici.

- Voir "Le Chemin du Père" du même auteur.

- Le Gardien accompagne son protégé jusqu'ici, puis le laisse seul jusqu'à son

départ. Alors il vient près de lui, vérifie l'ensemble de ses couleurs karmiques et l'accompagne à sa destination astrale.

- Combien de temps restent-ils ici les désincarnés ?

- Le temps qui leur est nécessaire pour que les nouvelles couleurs qui définissent leur position actuelle se fixent définitivement sur leur corps subtil. Ce processus commence lors de l'attente de la déchirure du cordon, après le décès, mais se termine durant leur séjour sur ce sol. La durée du séjour dépend de la facilité avec laquelle chacun peut analyser les événements de la vie passée su Terre et du courage qu'il emploie à reconnaître ses actions bonnes ou mauvaises. Les nouvelles couleurs sont en effet déterminées par ces actions.

Dans tous les cas, et pour te donner un indice, le séjour ne dépasse jamais les trente jours terrestres et les départs s'effectuent toujours et seulement lorsque la Lune est en phase pleine, ceci vu de la Terre, bien entendu-

- Où se trouve-t-elle, ma mère nourricière ?

- Elle est partie déjà depuis quelques temps, quatorze jours après son arrivée

sur ce sol.

Nous allons partir, nous aussi, et t'accompagner auprès d'elle. Elle sait que nous sommes venus à ta recherche et, tout comme toi, elle est heureuse de ton voyage. Ethor posa un dernier regard sur cette foule d'âmes en attente, devinant la joie de certains et l'anxiété des autres. Analyser tonte une vie, reconnaître ses propres fautes, avoir à accepter des torts alors que sur Terre on était certain

d'avoir raison. Abandonner tout orgueil, tout égoïsme, toute pensée cachée. Nu, entièrement nu devant soi-même, et plus aucun moyen de tricher, aucun moyen de détourner la vérité, aucune possibilité de fuite. Un sentiment de pitié l'envahit, vite réprimé. Il venait de comprendre qu'attaché à son corps physique par le cordon d'argent, il se laissait maîtriser par les sentiments humains, alors que là, sur ce sol béni, seul comptaient la Vérité et la Justice. Ce dernier regard lui rappela les hommes pensifs dans les grandes salles des gares et des tribunaux : Les salles des "pas perdus" où régnent la joie et la tristesse du départ, où frissonne l'anxiété du jugement.

CHAPITRE IV

LA DEMEURE DES VIVANTS

Laissant derrière eux cette première escale des désincarnés, Ethor et ses guides "s'envolèrent" vers les grands espaces. Tout autour, planètes et étoiles semblaient défiler à une vitesse vertigineuse, la vitesse d'un instant. D'emblée la couleur bleutée du ciel prit les teintes de l'arc-en-ciel. Cette épaisse couche colorée traversée, Ethor se sentit pris dans les tourbillons d'un

mirage.

Un ciel tout rose brillant se présentait à sa vue, et des astres immenses, chacun d'une couleur différente, étaient parsemés dé-ci, dé-là dégageant des rayons lumineux doux au regard.

Les trois voyageurs se "posèrent" sur le premier sol rencontré, l'astre à la couleur marron très clair. Ethor remarqua un changement étrange sur lui-même et sur les Guides. La couleur de son corps subtil était devenue marron clair, et les corps des Gardiens avaient perdu un peu de leur éclat semblant s'être entourés d'un léger nuage vaporeux. Des jardins immenses multicolores s'étendaient à perte de vue, entrecoupés de longs chemins sablonneux. De tous côtés des maisons bizarres en forme de pyramide, entièrement transparentes, laissaient entrevoir des êtres vivants, assis à même le sol, à l'écoute d'un orateur. Dans les allées, dans les jardins, de nombreux Etres, à l'apparence d'hommes et de femmes, se promenaient nonchalamment en groupe. D'autres, solitaires, marchaient lentement, un livre entre les mains, semblant concentrés sur des pages de la plus haute importance. Partout, des animaux de toutes espèces agrémentaient l'ensemble du paysage, les volatiles chantant et sautillant sur les arbres, les autres au repos près des arbrisseaux ou accompagnant joyeusement les promeneurs le long des chemins. Tous les corps, des Etres et des animaux, présentaient la même couleur marron clair, comme une fumée, un nuage en forme humaine marron clair, les hommes le crâne lisse et découvert, les femmes la tête recouverte par une sorte de voile de lumière vaporeuse de couleur à peine plus claire que le corps. Par-ci, par-là, des Etres à la couleur vaporeuse gris-clair, semblaient occupés aux travaux d'entretien, le visage presque inexpressif, mais plaisant, bon, quasiment figé en une attitude d'automate. Au travers de la paroi vitrée d'une maison-pyramide, Ethor eu la possibilité de mieux s'intéresser à l'un des orateurs. De ressemblance presque identique aux ouvriers du dehors, il présentait pourtant des traits plus sévères, une prestance plus imposante, mais toujours ce visage figé en cette attitude démontrant l'observance rigoureuse des directives reçues. Son corps lumineux, toujours formé de cette masse nébuleuse, était de couleur presque blanche. Sur la poitrine, comme imprimé sur la peau, un triangle la pointe vers le bas et en son centre un carré, le tout de couleur jaune. II en était à observer toutes ces scènes quand le Guide de maman l'interrompit. - Mon enfant, le moment des explications est venu. Depuis notre départ de la Lune je t'ai laissé tout le temps nécessaire pour que tu puisses admirer la beauté des Oeuvres de la

Création dans le sixième Cercle, le Cercle de la matière, et dans le début du cinquième, le Cercle Astral, où nous sommes maintenant Je vais tout te dire, et ton Guide m'y aidera, mais au fur et à mesure de mes explications, si tu as des questions précises à me poser, tu pourras m'interrompre à tout moment.

Tu as pu comprendre, jusqu'ici, comment cela se passe la mort du corps physique et comment le corps subtil est amené jusqu'au sol de la Lune et pourquoi. De là, le Gardien accompagne son protégé au lieu de sa résidence astrale qui n'est pas la même pour tous. En effet, lorsque, sur la Lune, les couleurs se sont bien précisées sur le corps subtil de chacun, le Gardien sait où il doit le diriger. Or, tu as bien noté, là-bas, que les corps des désincarnés ne présentaient pas les mêmes couleurs, certains dégageant plutôt du sombre, quelques uns même du noir, et d'autres, la plupart, des couleurs bien plus claires et brillantes. Ceux aux couleurs vraiment prononcées vers le gris-noir ce sont les désincarnés responsables de crimes atroces envers l'humanité, vers le règne animal, mais aussi à l'encontre de la nature. Ceux-là ne dépassent pas le Cercle de la matière. Ils restent sur une planète du système solaire : Mars. Les pires souffrances leurs sont réservées, non pas tellement pour les punir, mais pour qu'ils prennent conscience de leurs oeuvres contre-nature. Et puisque le corps astral est très chargé, il leur est d'autant plus difficile de comprendre la nature de ces oeuvres mauvaises. De plus, ils sont dans une totale obscurité due à la perte des sens de la vue et ce, justement, tant qu'ils n'ont pas pris conscience de leur état. Les pires bêtes sauvages leur tiennent compagnie, ainsi que certaines entités du

bas-astral.

Lorsqu'ils sont parvenus à cette prise de conscience, ils peuvent se réincarner sur Terre, une ou plusieurs fois, afin de recouvrer le droit d'entrer enfin dans le Cercle Astral. Certains n'y parviennent nullement. Alors, après un certain temps, ils sont pris en charge par les entités du bas astral et conduits par elles dans leur lieu de séjour, le septième Cercle, le Cercle des rémanences où ils seront entièrement détruits ou, ayant définitivement perdu l'Esprit, serviront à grossir le nombre des entités du bas astral. Viennent ensuite les désincarnés aux couleurs prononcées vers le gris. Ce sont ceux qui ayant commis sur terre des abominables crimes passionnels et sexuels, mais aussi ceux qui les ont commandités ou provoqués, et ceux, encore, qui sont à l'origine de la destruction de la vie en gestation.

Tous ceux-là sont accompagnés sur Vénus et suivent les traces des habitants de Mars, sauf que tous parviennent à prendre conscience de leurs erreurs et poursuivent donc leurs réincarnations. Je tiens à te faire remarquer que la Justice Cosmique n'est pas du même ordre que l'humaine. La justice humaine se base plutôt sur les actes de chacun. La Justice Cosmique oeuvre sur les intentions. Ainsi, qui vole un pain pour se nourrir et qu'il ne peut faire autrement, celui-là n'a aucune responsabilité, si ce n'est pas par sa propre négligence qu'il en est arrivé à cette situation.

Celui qui, sans le vouloir, tue un être humain, n'a aucune responsabilité, s'il n'a pas provoqué lui-même les circonstances.

Celui qui entraîne un être humain à commettre un crime, un vol ou une erreur quelconque, est doublement responsable, car il inscrit sur son corps astral son intention et le crime commis par l'autre. Saches que si beaucoup de choses peuvent être cachées à la Justice humaine, rien ne peut être soustrait à la Justice Cosmique, car tout ce qui est pense, fait, provoqué, s'inscrit infailliblement sur le corps astral déterminant ainsi les tons de ses couleurs. De ce fait, aucun Juge n'a lieu d'être sur le Plan Astral ni sur les autres. Le Juge Cosmique a déjà jugé dès que l'action est commise. Ce juge, chacun le porte en soi. J'attire également ton attention sur une pratique largement en vogue parmi les humains : L'appel des "morts", quel que-soit le moyen employé.

Le contact peut s'établir, bien entendu, mais seuls ceux qui sont encore sur la Lune ou ceux qui se trouvent désormais sur Mars et Vénus peuvent répondre à ces appels. Ils peuvent se présenter sous une fausse identité ou même en leur propre nom, mais tu comprends avec quel genre "d'esprits" le contact est établi. Ceux qui sont déjà sur le Plan Astral ne répondent jamais à ces appels, mais peuvent par contre provoquer eux-mêmes le "contact" de plusieurs façons et ceci uniquement pour le bien d'une personne aimée afin de l'aider ou de la protéger. Les humains, presque tous, sont si bornés qu'ils ne pensent pas que leur meilleur interlocuteur, ils l'ont à portée d'une simple pensée : leur Gardien. Qui, mieux que Lui, peut répondre à leurs attentes, leur apporter aide et secours ? Mais encore faudrait-il qu 'ils apprennent à l'interroger et tout d'abord à croire en Sa présence. Quant aux Etres qui sont déjà sur le Plan Astral, tout humain peut s'adresser à eux par la pensée. Ceux qui veulent se manifester le feront, s'ils le jugent nécessaire. Mais la meilleure façon d'attirer leur attention c'est de prier pour eux, car tous aspirent aux prières des humains qui leur sont nécessaires comme le pain aux terriens, ayant, eux, à se nourrir d'amour, de bonté et de paix. - Je t'ai parlé de ceux qui ne passent pas le Cercle Astral. Tous les autres, tous, passent au-delà de cette frontière invisible, car pour tous la seule voie de salut est représentée par les réincarnations.

Si les humains savaient lire entre les lignes, ils auraient compris déjà depuis fort longtemps la réalité et la nécessité des réincarnations, car plusieurs Instructeurs sont venus sur Terre pour répandre la Lumière et la Vérité. Mais leurs paroles ont été mal transcrites et mal traduites, sans compter celles qui ont été occultées par hypocrisie, par égoïsme, par désir de pouvoir et de domination. Ainsi, l'Orient qui croit en la réincarnation, en a fait un sujet tabou destiné à punir les méchants et à récompenser les bons, en rejetant les premiers dans les pierres et les animaux et en faisant des autres des dieux sur terre. L'Occident, lui, trompé dans la parole par ses chefs religieux, attend de pied ferme la résurrection du corps physique et finalement ne croit en rien. Seulement, le mot "rien" ne peut subsister. Alors l'Occident a pris un petit peu de partout, et les débats vont bon train entre les croyants et les mécréants, entre ceux qui veulent croire et ceux qui ne peuvent plus croire en quoi que ce soit, entre ceux qui ont compris une faible partie de la vérité et ceux qui n'ont rien compris du tout DU qui ne cherchent même pas à comprendre. Mais ta roue tourne et les enseignements reçus lors des séjours sur les sphères astrales font qu chaque génération un nombre toujours plus important de réincarnés apportent sur Terre cette nouvelle Lumière, cette Vérité incontestable i't le désir ardent de suivre les chemins de l'éveil spirituel.

Ainsi, le siècle à venir, après peut-être encore pas mal de méfaits perpétrés par des

peuples en ébullition à cause de leur retard dans la compréhension des lois spirituelles et des connaissances véritables de la Création, sera un siècle porteur de renouveau et la force des lois cosmiques permettra enfin la stabilisation des sentiments d'amour et de paix. Tout a déjà été mis en oeuvre. Les guerres déferleront sur les continents, mais la haine des instigateurs sera brisée par la Mort.

- Tu vois, dans ce ciel immense, sept Astres de couleur différente. Ce sont les

lieux de résidence des désincarnés de la Terre, mais également d'autres mondes, car la Terre n'est pas la seule planète habitée par les Esprits incarnés. Il existe plusieurs systèmes solaires dans l'Univers, et dans chacun d'eux des planètes sur lesquelles vivent des êtres au même titre

que sur la Terre et dans les mêmes conditions géologiques et botaniques. La seule différence consiste en l'état de leur développement physique, intellectuel et spirituel, la Terre se trou­ vant au milieu de l'échelle cosmique du développement. Nous sommes, ici, sur le sol du premier Astre du Cercle Astral. Ici, sont admis les désincarnés des mondes les plus sous-développés ainsi que les terriens du premier échelon de l'Echelle de vie. Tu peux noter que tous se ressemblent, les corps subtils étant les mêmes pour tous les mondes puisque issus de la même substance éthérée.

Il en est de même de l'Ame, puisque l'Esprit de l'être vivant, quel que soit le monde sur lequel il s'incarne, n'a qu'une seule et même source, le Cercle Spirituel. Je sais que tu as été stupéfait par la couleur de leur corps subtil qui a recouvert également ton corps. Cela vient du fait que tous les désincarnés en provenance d'un monde extérieur prennent ici la couleur distinctive de l'Astre. Leur corps subtil reprendra les nouvelles couleurs inhérentes à son état au terme de son séjour sur l'Astre, au moment de sa prochaine

réincarnation, avec les changements qui se seront opérés grâce à son travail et à ses nouvelles prises de conscience. Le même processus s'effectue sur les autres six astres du Cercle. Tu as également noté que les couleurs des ouvriers et des instructeurs, ainsi que la mienne et celle de ton Guide, ne sont pas semblables à celles des désincarnés. C'est qu'eux et nous, nous ne sommes pas des Etres désincarnés et avons la couleur spécifique à notre état. Les ouvriers et les instructeurs sont des Entités Astrales, les seconds étant de rang bien plus élevé que les premiers, dépourvus de libre-arbitre. L'Esprit et l'Ame ne sont pas en eux. Ils ne sont qu'Entités Astrales et effectuent le travail pour lequel ils ont été créés. Je te rappelle que les désincarnés en résidence sur ce sol n'ont, eux aussi, en éveil,

que la conscience astrale, leur Ame et leur Esprit étant encore en état de léthargie à l'intérieur d'eux-mêmes. Mais ils sont pourvus du libre-arbitre, dont ils peuvent, par l'enseignement qui leur est prodigué en ces lieux, avancer dans leur condition de compréhension et d'éveil ou refuser toute progression. C'est l'examen effectué périodiquement par leur Guide qui détermine la durée de leur séjour, le lieu et la condition de leur réincarnation. Ethor l'interrompit :

- Il me semble qu'on est loin de l'enfer, du purgatoire et du paradis prêches par les pères ecclésiastiques terrestres !

- S'ils avaient expliqué l'Evangile tel qu'il avait été écrit au commencement, ils

n'auraient jamais divulgué autant d'erreurs, car le Christ, en parlant de Géhenne, n'a jamais fait allusion à l'enfer pour les petits méchants, les pauvres pêcheurs, mais il parlait du septième Cercle, celui des rémanences, où sont destinés les grands criminels irréversibles

condamnés à la deuxième mort, la mort de leur Esprit qui revient fusionner dans la substance spirituelle du 3ème Cercle, et ce après avoir refusé l'amendement qui leur est proposé sur Mars lors de leur dernier décès. Tu vois toi-même qu'ici il n'est pas question de feu, de petits diablotins, de fourches ni de serpents hideux. Et pourtant c'est ici que viennent tous les êtres, terrestres et autres, qui en sont à leur état le plus grossier, primitif, donc sujets à tous les péchés et aussi à beaucoup de crimes, considérés comme tels par la loi humaine. La vie dans l'au-delà n'est pas faite pour punir, mais pour donner l'occasion de comprendre, de s'amender et d'avancer vers la Lumière. Alors que, il n'y a pas si longtemps, les punitions de la société terrestre touchaient particulièrement le corps, on voit aujourd'hui que tout est fait pour amener les pêcheurs, les coupables, vers la compréhension, par l'explication, l'analyse, la prise de conscience. Si cela se passe sur Terre, comment peuvent-ils, ces mêmes éducateurs, parler d'enfer, de feu, de flammes et de punitions ignobles dans les sphères du Royaume Céleste ? Le séjour dans l'au-delà, ce séjour que tu vois ici, a été traduit par "Purgatoire", ce qui signifie que c'est ici qu'on "purge", qu'on pleure, en attendant de pouvoir se rendre plus haut, au Palais de Dieu. Alors qu'ici on ne purge rien, on ne pleure pas. On apprend, on comprend, on se prépare une nouvelle vie, à revenir plus bas, sur Terre. Quant au Paradis, séjour éternel, chacun y viendra, s'il ne tombe avant, quand son Esprit, éclatant de magnificence, aura gagné le droit au Royaume du Père. J'ai voulu que l'on s'arrête ici, sur ce premier lieu de séjour, pour que tu vois le plus pénible des châtiments de l'au-delà". Et tu vois que de châtiments il n'y en a aucun.

Tous ces êtres désincarnés passent leur temps en réflexion, en méditation, en instruction. Ils revivent leurs vies passées, reconnaissent leurs erreurs, prennent conscience de leurs péchés et se proposent d'y remédier au cours de leurs future réincarnation. Quant au temps passé ici, il est incalculable, puisque le temps n'existe pas. Pas de nuits, pas de jours, pas de jeunesse, pas de vieillesse. Un trait unique qui peut représenter dix, trente, cinquante ans de temps terrestre. Le dix et le cinquante est ici ce que représente sur la Terre le départ d'un train à 16 heures et l'autre à 17 heures. Certains se réincarnent avant, d'autres après, mais aucune notion de temps ne peut

les affecter.

- Je pensais que les désincarnés décidaient eux-mêmes de leur destination future,

du lieu de leur réincarnation et de leur destinée. N'en est-il pas ainsi ? - Oui, mais pas pour ceux qui séjournent ici. Ils sont encore trop primaires. Leur Ame et leur Esprit sont encore assoupis. Ils ne peuvent prendre eux-mêmes cette responsabilité. Ce sont leurs Gardiens qui décident pour eux. Seuls ceux qui séjournent sur le 4ème Astre et au dessus peuvent décider par eux-mêmes, car alors l'Ame remplit déjà ses fonctions et l'Esprit reprend déjà, peu à peu, ses prérogatives. Pour que le tableau soit clair en ton esprit, voici l'ordre de distribution des désincarnés sur les Astres du Cercle, mais ceci ne concerne que les désincarnés de la Terre, car pour tous les autres mondes il en va parfois différemment :

- Sur te premier Astre : couleur marron-clair ; les désincarnés appartenant au

premier échelon de l'Echelle de Vie. ***

- Sur le 2ème : couleur jaune : les désincarnés appartenant au 2ème échelon de

l'Echelle.

- Sur le Sème : couleur orange : ceux appartenant au 3ème échelon.

- Sur te 4ème : partie de ceux appartenant au 4ème échelon.

- Sur le Sème : ceux appartenant aux plus hauts sous-degrés du 4ème échelon.

- Sur le 6ème : ceux appartenant aux premiers sous-degrés du 5èrne échelon.

- Sur le 7ème : ceux appartenant aux plus hauts sous-degrés du 5ème échelon et aux premiers sous-degrés du 6ème.

Les Etres des sous-degrés les plus hauts du 6ème échelon sont directement admis dans le Cercle Animique, ainsi que ceux du 7ème échelon, car ils ne sont plus soumis aux réincarnations. La couleur du 4ème Astre est : le rose. Celle du 5ème : le bleu. Cette du 6ème :

bleu-ciel Celle du 7ème : le violet.

- Comme tu vois, la distribution n'est pas conformément répartie, mais tu dois

tenir compte des désincarnés des autres mondes. En effet, ceux qui séjournent sur les 4ème, 5ème, 6ème et 7ème Astres viennent en grande partie des mondes déjà plus évolués que la Terre.

- Voir : "Le chemin du Père" du même auteur.

- Si j'ai bien saisi, l'admission sur l'un ou l'autre des Astres dépend des couleurs

du Corps Astral lors du séjour sur la Lune? - Absolument. Mais voilà comment cela se passe :

Tous les désincarnés humains, et par conséquent tous ceux qui sont actuellement incarnés sur Terre, et ailleurs, ont effectué leurs premiers séjours sur cet Astre où nous sommes actuellement. Ils ont ensuite été admis sur le 2ème, puis sur le 3ème et ainsi de suite jusqu'au 7ème, suivant leur degré d'avancement. Chacun, sur le Plan Astral, se trouve là où est sa place, conformément à son état d'éveil résultant des couleurs de son corps subtil. Et personne, je dis bien personne, ne peut enfreindre cette Loi. Personne ne peut séjourner, ni pas même visiter l'Astre situé au dessus de son niveau d'avancement. Je te dis cela, car je sais, et tu sais aussi, que certains êtres humains proclament effectuer des "voyages astraux" et avoir eu l'avantage de visiter tout le Royaume du Ciel et d'être parvenus jusqu'aux pieds du Trône du Père qu'ils appellent DIEU. Ceux-là ne sont que des farfelus et leurs affirmations ne sont que le fruit de leur imagination. Il en est de même pour toi. Tu as effectué ton séjour sur ce premier Astre il y a de cela bien longtemps. Tu en gardes encore le souvenir, maintenant que tu es hors de ton corps physique. Et tu gardes également le souvenir des Astres du dessus sur lesquels tu as déjà séjourné. Ainsi, ton Guide et moi, nous pouvons t'accompagner jusque sur l'Astre de ton dernier séjour, car tu ne peux savoir maintenant si, le moment venu, ta position astrale pourra te permettre de séjourner sur l'Astre supérieur.

Mais nous nous arrêterons sur l'Astre où séjourne ta mère nourricière, puisque cela nous te l'avons promis et qu'elle a des choses importantes à te dire. Pour le reste, saches que sur tous les Astres les conditions de séjour sont les mêmes que sur celui-ci. Sauf les changements venant de la couleur du corps subtil, égale à la couleur de l'Astre, de la qualité de l'enseignement, de plus en plus parfait suivant sa couleur, de la subtilité des Entités Astrales, ouvriers et instructeurs, et également de la durée du séjour, de plus en plus brève suivant la hauteur de l'Astre.

Et encore, tu sais que les Maîtres de Lumière du Cercle Spirituel suivent en

permanence toutes les opérations qui s'effectuent en ces lieux de séjour et sont toujours prêts à aider, à conseiller tous ceux qui nécessitent de leur secours. La beauté des lieux, des paysages, les sentiments de paix, de joie, d'amour et de bonheur croissent également conformément à la position de l'Astre. As-tu d'autres demandes à formuler ?

- Oh ! Oui. Mais je me demande toujours par où commencer. Pourtant, il y en a

une qui me semble importante : Est-ce que les parents, les frères et soeurs, les maris et les femmes, les enfants, peuvent séjourner ensemble ou pour le moins se rencontrer en ces lieux après le décès de leur corps physique ?

- Mais voyons ! Cela dépend de plusieurs éléments. Déjà faudrait-il qu'ils

décèdent ensemble. Dans ce cas ils séjourneraient ensemble sur la Lune. Ensuite il serait nécessaire que le décès des uns intervienne au cours de la période du séjour astral des autres. Et même si cela était, faudrait-il obligatoirement que la couleur de leurs corps subtils présente la même intensité et la même gamme, ce qui est bien souvent le cas.

En outre, supposant qu'ils puissent séjourner sur le même Astre, ils peuvent, pour une légère différence dans fa gamme des couleurs signifiant l'appartenance à un sous-degré différent sur l'Echelle de Vie, chacun se retrouver en un endroit différent, les conditions, les positions, les degrés d'instruction étant classés en plusieurs niveaux sur un même Astre. Les liens terrestres n'ont aucun sens dans "l'au-delà", car ici chacun suit son chemin individuel. Mais il arrive souvent que certains membres d'une même famille terrestre se retrouvent ensemble ici. Dans ce cas leurs liens n'ont plus aucune importance, sauf s'ils doivent, pour certaines raisons, reprendre un chemin commun lors de leur future réincarnation. Je lis en toi une pensée furtive. Tu penses au désarroi d'une femme, par exemple, qui a eu plusieurs maris En venant ici, qu'elle soit avec eux ou pas, elle ne ressentira aucun trouble, car, comme je viens de te dire, les liens terrestres sont sans conséquence. Par contre, beaucoup d'amitiés, et souvent des promesses de vie commune sur Terre, prennent leur origine en ces lieux et malgré l'oubli des attaches d'ici, après la naissance terrestre, les chemins de ces Etres se rejoindront, d'une manière ou d'une autre, pour que de telles promesses faites dans l'astral trouvent leur réalisation dans la vie matérielle. C'est là la raison de certaines amitiés indissolubles, de certaines amours qui, nonobstant les luttes et les souffrances, lient les partenaires à vie. C'est également la raison de certaines séparations et de mésententes entre amis ou époux qui, après parfois de longues attentes, rencontrent finalement l'être auquel ils s'étaient attachés avant leur réincarnation, et ce en dépit de l'éloignement de leurs résidences ou de leurs positions sociales, au hasard d'une heureuse rencontre.

CHAPITRE V

RETOUR DANS LA MATIERE

Viens, nous devons partir. Ta maman nous attend et, de plus, je dois rejoindre mon lieu de résidence dans le Cercle Spirituel, car j'ai, moi aussi, mes devoirs à accomplir. Ton gardien, avec qui tu vas achever ce voyage, n'avait nullement besoin de mon aide, mais il m'a demandé de me joindre à vous pour rendre plus forte ta certitude en cette en­ treprise et aussi pour faciliter la rencontre avec ta mère nourricière.

Quel spectacle hallucinant ! Aucune sensation de pesanteur, léger, libre, Ethor s'élève, auprès des deux Gardiens, dans ces espaces immenses. Sur sa gauche un Astre couleur jaune et déjà, devant lui, une autre de couleur orange. Pourtant une distance considérable doit les séparer. Le temps de le dépasser, un rien incalculable, et voici, se fondant dans la couleur rose du ciel, l'Astre rose, à peine plus foncé que la voûte infinie. Ils planent un instant au dessus du sol, puis se posent au sommet d'un promontoire. Des forêts sans fin, des collines aux couleurs variés et une vallée pittoresque le long de laquelle coule paisiblement un fleuve aux effluves roses. Le Gardien de maman rompt le silence enchanteur ;

- Nous n'allons pas rendre visite aux habitants de ces lieux. Ta maman séjourne ici

et je vais lui demander de nous rejoindre. Les désincarnés de cet Astre, pour ce qui est des terriens, appartiennent aux premiers sous-degrés du 4ème Echelon de l'Echelle de Vie. Ce sont ceux qui n'ont pas encore réalisé l'éveil spirituel, mais dont l'Ame a déjà manifesté sa présence par les qualités de coeur dans leurs agissements, les rendant bons, serviables, compréhensifs, se donnant à fond à leurs devoirs.

Mais, comme sur les autres Astres, il existe ici également plusieurs niveaux, chacun caractérisé par ses conditions de séjour, de durée et de mode d'instruction. Maintenant, avant que ne vienne ta maman, reconnais-tu l'Astre que l'on voit là-

haut ? Non, pas le premier de couleur bleue. L'autre, plus à droite émanant ses rayons de couleur bleu-ciel ?

- Oui, je me rappelle. C'est là où j'ai séjourné il n'y a pas si longtemps, avant ma

présente réincarnation. Je me rappelle de ma tristesse et même de mes larmes au moment de

partir.

- Mais 11 fallait partir. J'avais opéré moi-même mon choix. Je voudrais bien y

retourner, dès maintenant, si cela m'était possible. Mais je sais que sur Terre les années passent vite. Je n'aurai donc pas trop

à attendre.

- Tu n'es pas retourné à la Terre pour revenir sur cet Astre, mais pour poursuivre

ton chemin au dessus. Evidemment, c'est à toi de le mériter, mais je sais que je peux te faire confiance, et ton Gardien s'en chargera.

Le regard encore tourné vers le haut, Ethor n'aperçoit pas d'emblée la nouvelle

présence.

Sa maman est là, devant lui, toute rose, un sourire radiant de bonté, les bras ouverts prêts à l'accueillir.

Il se jette dans ses bras. Une étreinte chaleureuse, interminable. C'est alors qu'il

note que lui aussi, son corps, est de couleur rose, et que les Guides ont repris leurs tons resplendissants. Aucun mot ne sort de leurs lèvres. Le regard, l'émanation de leur amour profond passe par la pensée et veut tout dire, sans rien dire. C'est encore le Gardien de maman qui reprend :

- Maintenant que vous êtes réunis, je dois m'en aller Toi, mon enfant, tu

m'appelleras si tu ressens le besoin de ma présence et, dans tous les cas, je viendrai bientôt m'entretenir avec toi. Quant à toi, Ethor, je peux te faire une promesse : Vingt de tes années terrestres ne se passeront pas avant que nous ne nous retrouvions tous les quatre sur Terre.

V

Un salut de ses deux mains, un instant, un point brillant dans le ciel rose Ethor reste muet comme une âme rêveuse. Il s'adresse à son Guide :

- Qu'a t'Il voulu dire par sa promesse ?

- Tu ne devines pas ? Que peut-il se passer dans vingt ans ?

Maman sourit complaisamment, mais elle n'a pas l'air d'avoir tout saisi.

- Avant de partir - dit le Guide en s'adressant à maman -ton Gardien a voulu te

laisser un présent. Il connaît déjà ta destination future puisqu'il voit le choix que tu feras quand le moment sera venu. Mais garde-toi bien de négliger tes devoirs pendant ton séjour ici à cause de cette promesse. Ce peut être une mise à l'épreuve. - Et toi, Ethor, as-tu compris ce qu'il a voulu dire ?

- Oui. Il a voulu parler de la réincarnation future de maman, mais cela ne

m'explique pas que nous puissions nous retrouver ensemble. - Ne te pose pas d'autres questions à ce sujet. Si son Guide l'a dit, cela arrivera certainement. Mais écoutez plutôt ce que j'ai à vous dire, car tous ces enseignements serviront à toi, Ethor, pour l'accomplissement de ta mission sur Terre, et également à toi, maman, lors de ta prochaine réincarnation, puisque ton Esprit s'éveillera alors, et ta destinée te mènera à porter secours à ton prochain, sur les traces d'Elhor. Vous avez noté que soit le Guide de maman ou moi-même, nous n'avons jamais prononcé, jusqu'ici, de nom particulier. Tout Gardien a un Nom, mais seul peut le connaître son protégé quand son Esprit sera parvenu au degré d'éveil lui permettant de croire en sa présence et d'opérer avec Lui pour son propre avancement et pour l'exécution des missions à accomplir. Ton nom sur Terre, maman, était Marie. Personne ici ne t'a appelée de ce nom- là, car ici tu portes le Nom qui t'a été attribué lors de ton départ du Cercle Spirituel, alors que pour toi se préparait ta première incarnation. Et ce Nom, nul n'a à le connaître tant que les conditions ne seront pas propices.

Ceux qui sont ici avec toi, et qui le connaissent, le perdront dans l'oubli de leur réincarnation, tout comme toi tu perdras celui de tous tes compagnons et compagnes de cette demeure. Pour toi, Ethor, le temps était venu, et c'est pour cela que ton vrai Nom a pu être dévoilé. Tu as déjà été instruit de mille secrets au sujet des mondes de la Création par l'Homme qui t'a donné tout son savoir : BERGER Tu étais inscrit dans sa destinée et ton instruction faisait partie de sa mission.

Je sais que tu voudrais le rencontrer, mais tu peux facilement comprendre les raisons de cette impossibilité. Il séjourne dans le Cercle Anîmique et tu n'as aucun droit de monter jusqu'à lui. Mais il te voit, il sait que tu es ici. Il ne peut, lui non plus pour l'instant, venir vers toi. Procédons à un bref rappel de la réalité de la Création et des Mondes:

Tu as appris, Ethor, à connaître la Hiérarchie Cosmique. Tu sais que Dieu, l'Ineffable, la Lumière Unique et Infinie, est en dehors de la Création. Son Energie de Vie a donné naissance aux manifestations originelles de ce qui EST. Ainsi est venu le premier Cercle, le Cercle Divin, duquel découle le 2ème, le Cercle Subliminal. Vient, ensuite le 3ème, le Cercle Spirituel, puis le Cercle Animique, le Cercle Astral, le Cercle Matériel et enfin le 7ème, le Cercle des Rémanentes. *** L'Esprit de l'humain a ses origines dans le Cercle Spirituel où régne "Le PERE", le Père de tous les mondes, de toutes les manifestations animiques, astrales et matérielles, puisque

Voir « Le Chemin du Père » du même Auteur '

dans le Cercle Spirituel résident les derniers Etres pourvus de "Conscience" et donc de "libre-arbitre". Les Entités animiques et astrales n'ont pas de libre-arbitre, mais opèrent suivant la "programmation" incluse dans leur constitution. Elles effectuent le travail pour lequel elles ont été créées, sans pouvoir se demander pourquoi et sans défaillance aucune, telle l'abeille qui prend le nectar des fleurs ou construit les alvéoles de la ruche. L'Esprit-germe de l'humain est "tiré" de la substance spirituelle encore inconsciente, comme une goutte d'eau de l'immensité de la mer. Et comme la goutte d'eau il devient "individuel" tout en retenant les mêmes propriétés de la substance de base. Ce n'est qu'un embryon spirituel, tel le foetus humain, sans conscience particulière, mais avec les attributs de la substance spirituelle. Son rôle est de partir à la recherche de la conscience et de revenir dans son Royaume en tant qu'Etre Spirituel Conscient. Pour ce faire, il passe par le Cercle Animique où il reçoit son premier habit ou "corps", l'Ame. Il descend dans le Cercle Astral où il reçoit son second corps, le Corps Astral. Ces "Corps" sont chargés de toutes les qualités, de tous les défauts, de tous les attributs de la substance des deux Cercles et surtout de celle contenue dans la dernière partie du Cercle Astral, aux limites du Cercle de la Matière. De là, il est projeté dans un foetus humain. C'est là sa première incarnation, là commence sa vie terrestre. En supposant qu'au lieu d'être nourri et éduqué il soit abandonné dans la forêt, il deviendrait "animal-humain", car en lui seul le Corps Astral exerce ses fonctions. Et le Corps Astral est ce qu'on a dénommé le "SUBCONSCIENT".

Par les réincarnations successives l'embryon-Esprit devient enfant, adolescent, homme-Esprit, par les épreuves et les "prises de conscience" qui lui apportent sa maturité spirituelle.

Alors l'homme devient "UN", Esprit Conscient. Il abandonne son Corps Astral lors de sa dernière réincarnation, puis l'Ame lors de son dernier séjour dans le Cercle Animique, et est réintégré en ETRE SPIRITUEL CONSCIENT dans le Cercle Spirituel où il vivra éternellement.

C'est là le chemin normal de tout Esprit dans l'homme, à l'exception, bien entendu, de ceux qui sont "perdus" le long du parcours et qui vont terminer leur existence dans le Cercle de Rémanences. La réincarnation est le processus naturel permettant cette réintégration, et le séjour sur les Astres des Cercles Astral et Anîmique sont les moyens permettant l'avancement sur le chemin par les "prises de conscience" des agissements réalisés durant les périodes d'incarnation. As-tu compris cela, Ethor ? Et toi, maman ? Oui, répondent les deux Etres en rose, d'un signe de la tête. - Il vous est donc facile d'admettre, maintenant, la raison pour laquelle il n'y a pas de punition, ni de blâmes, sur les lieux de séjour de l'au-delà". Tout ceci parce que durant la vie sur Terre, chacun exprime le comportement dicté par son Subconscient, tant que son Ame n'est pas éveillée, et de son Ame tant que l'Esprit n'a pas pu manifester sa présence.

Il reste le libre-arbitre. C'est grâce à lui que s'effectuent les changements des couleurs sur le corps subtil, ce qui détermine la récompense ou la punition lors de la réincarnation suivante.

- Voir "Le Chemin du Père" du même auteur.

Car, et vous l'avez compris, les punitions et les récompenses se récoltent sur Terre, et les mêmes s'acquittent ou se réjouissent sur Terre.

Ceci ne concerne pas les désincarnés destinés à séjourner sur les planètes du Cercle de la Matière. Leur punition est effective en ces lieux, mais ne pourra s'acquitter que lors de leur future réincarnation, pour ceux qui pourront encore en bénéficier. Tu veux me poser une question, Ethor ?

- Oui. Je voudrais quelques précisions sur les "décédés" devant effectuer leur

séjour sur ces dernières planètes.

- Ces désincarnés ne sont pas, ou n'ont pas été, des êtres humains appartenant aux

premiers deux degrés de l'Echelle de Vie, car dans ce cas ils ne seraient pas entièrement responsables de leurs actes. Ce sont généralement des êtres ayant déjà bénéficié de nombreuses réincarnations et d'un niveau intellectuel assez et même très élevé. Mais lors de leurs séjours sur le plan astral, entre leurs réincarnations, ils ont refusé (oui amendement. Des couleurs claires ont alors été ajoutées à leur corps astral, par leur Guide; afin de leur permettre de se ressaisir durant leur vie sur Terre, mais malgré cela leur libre-arbitre les a conduits vers la répétition incessante d'actes contre les Lois de la nature, du bien-être de l'humanité et de l'ordre cosmique. Je parle de ces hommes qui, profitant d'une position sociale parfois très élevée, ont provoqué des massacres, ont fait preuve d'un sarcasme diabolique et sans pitié contre leurs frères humains les réduisant bien souvent à la misère, les poussant vers le désespoir, les accablant de souffrances insoutenables. Et viennent sur ces planètes non seulement les responsables, mais également ceux qui les ont soutenus, aidés, ceux qui ont exécuté leurs ordres machiavéliques. De même séjournent ici ceux qui ont causé des dévastations à la nature, par quelques moyens que ce soit, et tous ceux qui sont à l'origine des atroces souffrances des animaux quel qu'en ait été le motif ou le but. Et encore ceux qui sont à l'origine de massacres plus occultes, tels les législateurs responsables des avortements en série sur toute la planète Terre. Ils ont à leur charge plus de crimes, plus de "morts" que ne peuvent en compter les dernières guerres.

Bien évidemment ne comptent pas, parmi ceux-ci, les êtres qui ont commis des crimes, des erreurs ou des péchés sous l'influence de la colère suite à une injustice à leur encontre.

Ne comptent pas non plus ces centaines de milliers de femmes qui ont consenti à l'avortement, car elles n'ont fait que de se servir d'une loi sociale qui les en autorisait. Mais ce n'est pas pour cela que le péché est remis et reste sans conséquences. Tous ces êtres auront à s'acquitter de leur dette envers la Vie par des châtiments pouvant intervenir dans leur réincarnation suivante.

- Qu'en est-il de tous ces soldats voués à l'obéissance et obligés de tuer leurs

ennemis ?

- Ils n'ont aucune responsabilité, sauf ceux qui, se tâchant de héros, se sont servis

de leur position ou de leurs armes pour sacrifier des êtres innocents ou en situation de faiblesse, des êtres qui, bien qu'ennemis, étaient eux aussi les victimes des erreurs de leurs dirigeants.

- Quelles sont les punitions qu'encourent tous les désincarnés, quel que soit leur lieu de séjour, en expiation de leurs fautes ?

- Tout dépend de la gravité de la faute. Une partie peut être escomptée durant le séjour sur les Astres par le regret et l'affliction, suivis du désir sincère de s'amender. Mais il existe une Loi Cosmique appelée "Loi de Compensation" par laquelle on récolte ce que l'on a semé. Par cette Loi, non seulement on peut s'attendre à recevoir dans la vie future ce qu'on a semé dans la vie présente, mais bien souvent on récolte les fruits de ses propres actions au cours de la même vie. Dans tous les cas, telle situation reviendra à son auteur, mais en sens inverse :

Celui qui aura tué, sera tué, celui qui aura volé, sera volé, celui qui aura causé du mal, recevra du mal, et aussi, celui qui aura donné du bien, aura du bien, celui qui aura aimé, sera aimé. Jette un regard non seulement sur le pays où tu vis, mais sur toute la Terre. Vois ces peuples qui souffrent, qui se démènent dans la misère, qui vivent la haine au coeur, l'agressivité étant leur lot quotidien. Vois tous ces hommes et toutes ces femmes qui se plient sous le poids de la douleur, de la maladie, des défaillances physiques. Penses-tu que tout cela ait été donné en héritage aux Esprits incarnés? Non, cela a été mérité par les humains, d'une réincarnation à l'autre. Tout cela a été "fabriqué" par les humains qui doivent maintenant en supporter les conséquences. Les maladies n'existent pas sur le plan astral. Elles ne sont que sur Terre et sur d'autres planètes du même niveau et au dessous. Les hommes ont créé la maladie et sont punis par la maladie, même s'ils jettent la cause sur les virus et autres microbes qui sont partout, eux, mais ne s'attaquent qu'à ceux auxquels iîs sont destinés. Et que celui qui est attaqué soit un homme ou une femme de "bien" ou de mauvaise vie, cela n'est qu'un jugement hu-

main, car l'humain ne voit que les actes extérieurs et n'entend que les paroles qui sortent d'une bouche humaine. Or, chacun a son jardin secret et l'humain ne peut savoir de quelles herbes il est semé. C'est pour cela qu'avant que d'accuser Dieu, qu'il pense, l'homme, à s'accuser lui-même. Toutes ces "misères" ne viennent pas "d'en haut" et n'ont pas été données en héritage aux Esprits incarnés, mais en héritage aux Esprits réincarnés, par le libre-arbitre des humains déficients. En outre, les désincarnés d'un pays, d'une race ou d'une religion, ne se réincarnent pas forcément dans le même pays, la même race ou la même couleur. Aujourd'hui ils sont

blancs et demain ils seront noirs, ou jaunes ou gris. Aujourd'hui ils sont hommes, et demain ils seront femmes. Aujourd'hui ils sont en bonne santé, et demain ils seront handicapés ou traqués à vie par la maladie. Tout cela ne vient de personne d'autre que d'eux mêmes, de leur jardin secret. Alors, quand tu seras de nouveau sur Terre, dis aux humains de NE PAS CRAINDRE LA MORT, NI L'AU-DELA, mais de CRAINDRE LEUR VIE SUR TERRE, CAR C'EST PAR LEUR VIE PRESENTE QU'ILS PREPARENT LEUR VIE A VENIR. Le pays où s'escompte la punition, où l'on paye ses dettes, sauf cas extrêmes, n'est pas dans l'"au-delà", mais seulement et uniquement sur Terre. Que les humains bannissent ces faux tabous de l'enfer ou du purgatoire. L'enfer et le purgatoire sont sur la Terre et ont été créés par les hommes eux-mêmes. Les petits diablotins cornus, fruit de la fantasmagorie religieuse, ne sont autres que les humains désincarnés déchus, dirigés et manipulés par des élémentaux, placés là pour per- mettre à l'être humain de forger son Ame, éveiller, par le combat contre les tentations, son Esprit afin de parvenir, fort et conscient, dans son Royaume de Lumière. Dis également aux humains que lors du décès d'un être cher, ils ne pensent plus à pleurer le défunt, non seulement pour ne pas lui faire de la peine, mais parce que leur défunt est sur le chemin de la rédemption, quelle qu'ait été sa vie. Qu'ils pleurent sur eux-mêmes et sur ceux qui restent pour qu'ils trouvent le chemin de la Vérité.

"Laissez les morts pleurer leurs morts. Les vivants ne pleurent pas les vivants".

- Pourquoi, lors de la réincarnation, l'être humain oublie-t-il ses séjours dans "l'au- delà", ses vies antérieures, et la présence de son Esprit ?

- Pour une raison très simple : Si la mémoire de ses vies antérieures et de sa vie

dans "l'au-delà" lui restait, il aurait également la vision de ses vies futures et son libre-arbitre n'aurait plus aucune raison d'être. Connaissant parfaitement le déroulement de chacune de ses vies sur Terre, il deviendrait principalement amorphe et l'Esprit n'aurait aucune occasion de s'éveiller à la Conscience du moment que ce serait uniquement l'être humain par son psychisme et son subconscient qui dirigerait sa vie à sa guise. Or, l'Esprit se métamorphose exactement comme un être humain depuis sa naissance jusqu'à l'âge adulte et ce changement ne peut intervenir que par l'expérience, par une succession continuelle de "prises de conscience" et donc par les épreuves, par le combat, par les chutes et les redressements. Les petits-enfants ont un souvenir vague de leur dernier séjour dans l'au-delà. C'est pour cela que bien souvent ils parlent ou ils jouent avec des présences invisibles. Ce n'est

nulle-

ment de l'affabulation. Aucun Etre invisible n'est près d'eux, mais ils se croient encore présents sur le monde astral.

Puis, l'éducation, la présence des parents et des amis, l'ouverture progressive de l'intellect, font que vers l'âge de sept ans tout cela s'estompe.

- Veux-tu m'expliquer la consistance et le fonctionnement de ce qu'on appelle "le

karma" ?

- Ce processus est très simple et cela se passe régulièrement sur tous les lieux de

séjour quelque soit le degré d'éveil des désincarnés. Sur les trois premiers Astres, là où séjournent les Etres dont l'Esprit est encore assoupi, le Gardien de chacun d'eux surveille l'avancement progressif découlant de leurs examens profonds de la vie passée et des nouvelles directives imparties par les Instructeurs. Quand il juge que son protégé est prêt à reprendre le chemin, II inscrit sur son Corps Astral le parcours général de sa prochaine réincarnation, sa destinée, avec son lot

de joies et de souffrances, le lieu de sa naissance, ses nouveaux parents et jusque le moment et les circonstances de son futur décès. Tout est enregistré sur son Corps Astral, qui est le SUBCONSCIENT de l'être

humain.

Sans le savoir, croyant agir à sa guise, l'être humain sera guidé par ce qui est inscrit dans son subconscient. Mais, grâce aux facultés de son libre-arbitre, il aura la possibilité d'annihiler les tendances négatives et d'alléger ainsi le poids de son "Karma", de telle sorte que les couleurs reçues lors de son départ du lieu de séjour pourront être changées en des couleurs plus claires et brillantes. Ceci pourra lui permettre de progresser d'un ou plusieurs sous-degrés sur l'échelle d'avancement.

Mais le libre-arbitre pourrait également le conduire vers le choix des contraires. Sa ligne générale de destinée resterait alors inchangée, mais son Corps Astral se chargerait alors de couleurs de plus en plus sombres, alourdissant son "Karma" pour le restant de sa vie terrestre et l'obligeant à revenir sur le même Astre lors de son prochain séjour dans l'au-delà.

Les désincarnés du quatrième Astre et au dessus sont exactement soumis aux mêmes conditions et au même chemin, mais pour eux ce n'est pas le Gardien qui décide de leur destinée. Ce sont eux-mêmes. En effet, au terme de leur période d'instruction et après mûre réflexion, ils présentent à leur Gardien le choix effectué quant au lieu, à la famille et aux conditions de leur réincarnation. Ils choisissent les épreuves à supporter pour que tous les éléments permettant l'éveil de l'Esprit et l'avancement sur les degrés de l'échelle de Vie soient réunis. Ils se préparent à souffrir de situations parfois difficiles et contraignantes, pourvu que leur désir de progrès soit satisfait. Certains, par trop enthousiastes, tendent à accorder leur préférence à des épreuves pouvant être au dessus de leurs forces. Le Gardien les conseille et les oblige parfois à revoir leurs décisions afin que toutes les chances leurs soient accordées. Ce sont surtout les désincarnés appartenant au 4ème échelon de l'Echelle qui paraissent les plus audacieux dans leurs choix, car leur jugement quant aux possibilités de réalisation n'est pas encore assez clair. Mais le Guide leur indique le chemin conforme à leurs aptitudes. Les choix effectués, le Gardien imprime la ligne de destinée sur leur Corps Astral et les nouvelles couleurs habillent ces Etres prêts à la réincarnation.

Malgré toutes ces attentions, plusieurs d'entre eux ne suivront pas le conseils reçus, toujours à cause de leur libre-arbitre qui les aura dirigés, durant leur vie terrestre, vers des choix non conformes aux engagement pris sur l'Astre. Leur ligne de destinée ne changera pas, maïs des souffrances pénibles s'ajouteront à celles qu'eux-mêmes avaient demandé et leur "Karma" plus lourd les obligera à recommencer le séjour sur les mêmes lieux.

Ces faits deviennent plus rares pour les Etres séjournant sur le 5ème Astre et n'adviennent plus du tout à ceux du 6ème et du 7ème. L'Esprit, parvenu à un haut degré d'éveil permet l'inscription de la ligne de destinée sur le Corps Animique. Leur avancement sur les degrés de l'Echelle est assuré et la force de leur volonté les guide assidûment vers la réalisation de leurs engagements. Ce sont eux qui choisissent parfois les épreuves les plus pénibles les exposant, durant leur vie terrestre, à des situations

pouvant attiser la risée des matérialistes, la haine, la rancune, la dépréciation et parfois l'envie.

Leur choix pour une vie de richesse ou de pauvreté n'a qu'un seul but :

effacer les derniers poids de leur "Karma" pour rendre à l'Esprit, maintenant ressuscité, toutes ses prérogatives afin que, "UN", II puisse parcourir le dernier trait du Chemin de Lumière.

- Dites-moi, Ethor et maman, est-ce que tout cela est clair pour vous ?

Maman eut une expression affirmative. Ethor s'avança :

- Je serais heureux de connaître le principe d'évaluation des péchés commis par les êtres humains. Est-ce possible ?

- Oui, c'est possible, mais pas maintenant.

Maman doit faire retour auprès des siens et toi, tu dois réintégrer ton corps physique, car sur la Terre l'heure passe. Tu vas faire tes adieux à Maman. Si tu as encore à la rencontrer, cela se fera en d'autres lieux et quand l'heure sera venue. Laissons-la à son repos et à ses occupations, mais moi aussi je t'assure que tu la reverras. Il s'éloigna de quelques pas. Ethor serra fort dans ses bras celle qui lui prodigua

le premier sourire, là-bas, sur la Terre, le visage penché sur un vieux petit berceau, dans une chambre de la vieille ferme sur fa colline verdoyante. Sans rien dire, une douceur extrême dans les yeux, elle se retourna et s'éclipsa derrière les arbres, loin dans la forêt. Ethor fît face à son Gardien qui le prit par la main et lui dit - Partons. Je vais t'accompagner à ton corps et rejoindre ensuite ma demeure. Tu sais que si tu veux ressentir la présence de maman tu peux le faire à n'importe quel moment, mais seulement par la Pensée. Sois certain qu'elle saura que tu penses à elle et; par sa Pensée également, elle t'enverra ses effluves d'amour et de bonté. Les désincarnés ne peuvent voir le Cercle de la matière ni ses habitants, car l'épaisse couche de I'arc-en-ciel ne laisse rien filtrer, mais rien ne peut arrêter les émanations de la Pensée. Tu pourras faire de même avec moi, mais cela tu le sais. Nous sommes liés par la Pensée et je viendrai prés de toi à chacun de tes appels. Quand tu sera prêt, tu m'appelleras pour que je réponde à la demande que tu m'as faite et à bien d'autres encore. La couche de l'arc-en-ciel, le ciel bleu, la Terre. Un instant. Ethor se vit pénétrer dans son corps, le Guide à ses côtés.

- Ses yeux s'ouvrirent. II prit le cristal de quartz dans sa main et se releva. Vingt heures à l'horloge. Une heure, une heure de rêve, une heure de Lumière. Il se dirigea vers la cuisine pour son repas du soir.

CHAPITRE VI

LE GUIDE DU CHEMIN

Les jours passaient. Inspiré par les souvenirs des grandes images observées dans ces mondes inconnus, la foi fortifiée par les nouvelles connaissances dont il avait bénéficié, Ethor se met à la recherche de tout indice pouvant lui permettre de reconnaître l'état d'avancement et la position sur l'Echelle de Vie des hommes et des femmes qui l'entourent. Cette démarche, non pas pour vérifier l'exactitude des enseignements des Guides, ce dont il ne doutait nullement, mais pour comprendre s'il était possible, tout en étant dans la matière, de percevoir et de déchiffrer les couleurs indicatives de l'état astral des êtres humains. Formé par Berger qui lui avait demandé de ne rien dire, de ne rien écrire sans auparavant en avoir vérifié l'exactitude par l'expérience professionnelle, il se devait de poursuivre ses recherches comme il l'avait toujours fait. Les raisons des actes, les pensées, les turpitudes du psychisme humain n'avaient plus de secrets pour lui, pour les avoir vécus lui-même. Son expérience humaine était donc faite. Le voyage dans les sphères astrales, les visions concrètes de la vie des désincarnés sur les différents Astres, les paroles des Guides, venaient de lui assurer l'expérience occulte de la réalité de la vie éternelle et de l'inexistence de la "mort" telle qu'elle est conçue par les humains. Les désirs de Berger venaient d'être satisfaits. Se servant de ses qualités de "Guérisseur " il étudie les moyens de parvenir à la vision de "l'Aura" de ses patients. Par sa vue physique il n'observe absolument rien, malgré tous ses efforts et la mise en pratique de méthodes dont il avait pu avoir connaissance. A l'aide d'une musique appropriée et de suggestions hypnotiques, il induit quelques uns de ses patients en état d'auto-hypnose profonde pensant que l'assoupissement de la conscience aurait pu rendre plus facile l'extériorisation des effluves subtiles, Rien, toujours rien. Une pensée effleure son esprit. Pourquoi ne pas demander à son Guide ? Une sensation de gène éveille en lui l'hésitation. Il lui avait pourtant dit, le Guide, avant de s'en aller :

"Quand lu veux ma présence, une simple Pensée opérera le miracle. Je serai près de toi". Qu'est-ce donc ce sentiment d'embarras ? La crainte de déranger le Gardien céleste ? Une pudeur causée par l'appréhension due à ce fâcheux complexe d'infériorité souvent caché, mais toujours présent dans les bas-fonds du psychisme humain ? Ses réflexions ne durent qu'un instant. Retiré en son « lieu solitaire » il émet LA Pensée.

La Présence est là. Il ressent la joie, la paix, l'amour remonter du plus profond de lui-même et rayonner tout autour de lui. Il n'a pas utilisé le cristal de quartz, ni même pas le point de l'oeil subtil. Il ne voit pas son Gardien, mais il sait qu'il est présent et qu'il peut converser avec Lui tel un ami venu lui rendre visite. n l'appelle par son Nom. Ce Nom que son Guide lui-même lui a confié, mais qui ne doit être dévoilé à personne. Ce Nom que tous les Gardiens de tous les hommes et de toutes les femmes possèdent, mais qu'ils ne peuvent confier qu'à leur protégé quand celui-ci aura su accepter sa présence, éveiller sa Foi en la Miséricorde du Père en reconnaissance du don qui lui est accordé. - Je te remercie d'être venu. Je voudrais reprendre le cours des enseignements tronqués lors de notre départ de l'Astre rosé. Est-ce possible ? - Pas encore, car aujourd'hui tu n'es pas prêt. Ce n'est pas pour cela que tu m'as appelé, mais pour une intervention bien précise. Mais saches, tout d'abord, que tu n 'as aucune gêne à ressentir pour le fait de m'appeler. N'as tu pas compris que nous sommes "UN" ?

Ne sais-tu pas que je fais partie de ta Pensée, comme tu es en la mienne ? Eprouves-tu de l'embarras quand tu penses tout simplement à ton épouse, à tes enfants, à tes parents, à ton travail ou au pain dont tu te nourris au cours de tes repas ? Or, je suis ton pain quotidien, ta nourriture de tout instant. Nous sommes liés depuis des millénaires, et depuis lors je te protège, je veille sur toi Mais toi, tu ne me connaissais pas. Tu es parvenu au degré d'éveil qui permet à ton Esprit de faire valoir ses prérogatives, d'assurer la maîtrise de l'intégralité de son temple, si tu t'abandonnes à Lui. Nous sommes "UN", mais tu es et tu vis sur la Terre, dans la matière. Vis donc, tant que tu es sur la Terre, en homme humain, conscient toutefois, que tu es Homme sur la Terre.

Cet état de conscience te permet la vision de ma présence et tu vois que nous pouvons nous entendre même sans l'utilisation de l'oeil subtil. La Pensée, notre Pensée unie est l'outil de notre union spirituelle. C'est uniquement quand tu veux me "voir" que tu auras à utiliser les moyens de la vision subtile, mais tu ne peux faire cela n'importe où et n'importe quand, alors que, par la Pensée, tu peux ressentir et jouir de ma Présence à tout instant Ces derniers jours tu as fait des efforts pour obtenir la vision du corps subtil des humains. En fait, tu cherches la vue de l'aura. L'aura n'est pas le Corps Astral, mais le rayonnement de ce Corps. Tout corps, subtil ou matériel, émet des rayonnements. La seule différence consiste en ce que les humains, les animaux et toutes les espèces végétales rayonnent de leur corps astral, alors que les éléments du règne minéral émettent des radiations provenant des sels qui les composent. Les rayonnements de l'aura rendent possible la vue des couleurs inscrites sur le Corps Astral de l'humain, mais tes démarches ont été inutiles, car tu as cherché l'extériorisation des couleurs au lieu de la pénétration subtile de tes propres facultés. Tu as employé ces facultés lors de la vision du corps subtil de ta maman au moment de son décès. Tu as employé les mêmes facultés pour nous voir, moi et le Guide de maman, lorsque tu nous a appelés pour le voyage dans "l'au-delà", Sers-toi des mêmes facultés pour voir l'aura des humains et de tout ce qui est sur la Terre.

Ce qui est subtil ne peut être vu que par les moyens subtils. Tu n'as plus besoin de moi, pour le moment Tu as assez à faire pour parvenir à la vision que tu recherches. Je te donne ce seul conseil : N'emploie ces moyens qu 'à bon escient et seulement quand tu cherches des indications pour apporter le bien-être à ton prochain.

En effet, après une certaine expérience, tu peux parvenir à la vision instantanée des couleurs de l'aura, mais aussi à la compréhension immédiate des pensées émises par l'humain en ta présence. Ceci représente, bien entendu, un avantage pour toi, mais également un danger, car bien souvent tu pourras te sentir mal à l'aise face à tant de turpitudes, mais cela constituerait aussi un viol du jardin secret de chacun, ce qui est condamnable par la Loi Cosmique. Je te quitte. Quand tu seras prêt pour un long entretien, appelle-moi, mais je veux que tu choisisses les moyens de la vue subtile. Ethor se prend quelque temps pour parfaire l'expérience convoitée. Il a bien retenu les conseils de son Guide : "Ne s'en servir qu'à bon escient".

Le patient lui avait déjà rendu visite plusieurs fois. Ethor le soulageait par l'Energie, mais le mal ne reculait pas ***. C'est là qu'il veut éprouver ses capacités. *** Voir « Guérisseur. Source de Vie » du même Auteur

Le patient allongé sur le petit lit, il lui donne avec profusion l'Energie qu'il capte par la Pensée. Une douce musique adoucit l'ambiance. Le patient se laisse aller à un léger assoupissement. Ethor fixe, du regard intérieur, le point à l'arrière de la racine du nez, là où est l'oeil subtil. Quelques instants suffisent. Sa conscience s'assoupit, une nuée argentée semble entourer le corps du patient. Autour de la tête des couleurs se dessinent se prolongeant vers le corps. Il sait, sans l'avoir jamais appris, ce que ces couleurs indiquent dans le corps du malade. Il note une striée presque noire partant du sommet de la tête, du côté droit, et disparaître sous l'épaule. Il comprend, il sait de quel mal souffre son patient alors que, d'après ce dernier, les médecins n'avaient rien trouvé d'anormal. Tumeur cancéreuse au poumon droit. Il reprend son état normal et susurre au patient de se lever, la séance étant

terminée.

- Avez-vous passé une radio des poumons ?

- Oui. Tout est normal.

- Demandez à votre médecin le scanner. Vous me donnerez les résultats.

Dix jours plus tard la tumeur cancéreuse en phase initiale est diagnostiquée. Ethor sait, maintenant, comment se servir de cet atout supplémentaire pour le bien-être de son prochain. Il répète ce mode d'action sur plusieurs patients afin d'en obtenir la maîtrise et il trouve que les effets sont bénéfiques surtout pour les malades du psychisme ; angoisses, anxiétés, psychoses, complexes et autres.

II évite, suivant les conseils de son Guide, la vision directe face à ses interlocuteurs sachant que nul n'a le droit de forcer l'analyse du jardin secret. Considérant qu'il peut poursuivre sur le chemin de la connaissance, il se prépare pour la rencontre avec son Gardien. Allongé sur son lit, après avoir paré à tout dérangement, le cristal de quartz sur le front, il fixe le point subtil intérieur et sombre dans un état d'assoupissement profond après avoir demandé la présence de son Guide.

Sa vision intérieure s'éveille, le Guide est là, près de lui, son sourire radieux sur

les lèvres.

- Alors, mon enfant, que penses-tu de la vision de l'aura ?

- C'est merveilleux ! Je sais que je peux vraiment rendre de grands services à

tous ces hommes et ces femmes qui souffrent et pour qui la médecine ne peut pas toujours trouver les solutions adéquates.

- Veux-tu qu'on reprenne nos enseignements ?

Tu voulais connaître l'évaluation des fautes commises par les humains. Certaines de mes réponses vont peut-être te confondre, mais tu dois toujours tenir présent à l'esprit que les fautes jugées par les hommes n'ont pas la même valeur aux yeux de la Loi Cosmique. Finalement, la plupart des humains commettent très rarement les péchés susceptibles d'être sanctionnés par les Instances Spirituelles. Seuls les responsables de forfaits contre l'ordre de la nature sont jugés par les Maîtres de Lumière. Je parle ici de crimes commis contre l'humanité, contre le régne animal, le règne végétal et la Terre elle-même. Les responsables sont punis par leur séjour sur les planètes du Cercle Matériel, mais puisque dans l'Univers tout

est "un", les autres humains doivent supporter les conséquences de ces crimes durant leur séjour terrestre. Toutefois, ces souffrances récoltées indûment ne sont pas inutiles, car elles permettent l'allégement de leur karma personnel. Il se peut, en outre, que bon nombre de ces êtres involontairement soumis à ces punitions collectives, se soient où aient été réincarnés là où ces événements devaient arriver pour escompter, justement, leurs dettes passées. Pour cette raison certains se disent : "Mais qu'ai-je fait au Bon Dieu pour mériter tout cela ?". Comme si c'était Dieu qui, dans son Amour, pensait à leur envoyer ces châtiments.

Je te fais remarquer que cette pensée effleure l'esprit de bien d'autres. De tous ceux et celles qui, quel que soit le chagrin, le malheur ou l'accident qui s'abat sur eux, ne pensent nullement que cela fait partie de leur destinée, du karma qu'ils se sont eux-mêmes préparé avant leur réincarnation et mérité au cours de leurs vies antérieures. Un autre crime contre l'humanité est constitué par l'avortement, le volontaire, alors qu'il existe mille et un moyens de contraception. En plusieurs pays de la Terre cela a été légalisé et accepté par les moeurs. La responsabilité des législateurs est donc engagée et cela décharge d'autant la faute de ces femmes qui pensent tout naturellement accomplir un acte singulier. On commémore bien souvent les holocaustes et les victimes des guerres fratricides, ce qui est très respectable pour que, par ces souvenirs, ces crimes puissent être écartés à jamais, mais d'autre part on admet l'élimination systématique d'êtres négligemment ou volontairement conçus, sans tenir compte que ce sont des êtres vivants et que l'Esprit est en eux.

On détourne ainsi les Lois de la nature tout en refoulant de la Terre ceux qui avaient préparé leur réincarnation en vue de leur avancement spirituel. Il en est de même pour ceux qui commettent des actes ignobles contre la vie des animaux. Massacres, tortures, exterminations, et ce quelle qu'en soit la raison, y compris les besoins alimentaires.

La responsabilité ne concerne pas tellement ceux qui se nourrissent de viande, car cela fait partie des moeurs et des habitudes, mais plutôt ceux qui font métier de tueurs et d'égorgeurs et en particulier ceux qui accumulent les profits financiers par ces crimes atroces. Mais les mangeurs de viande ne sont pas en reste. Dans le Cercle Animique, en effet, là où opère l'âme groupe de chaque espèce, est formulée la punition inhérente à ces crimes. Lors du passage de l'animal dans le Cercle Astral, au moment de son séjour et avant sa réincarnation, sont inculqués dans son corps subtil des germes porteurs de maladies qui restent en incubation jusqu'à ce que son corps physique soit prêt à la consommation. Ces germes ne se développent pas dans sa chair, mais dans la chair de l'humain qui l'a consommé. Ainsi l'humain est contaminé et les manifestations des symptômes de la maladie ne tardent nullement à donner leurs signes. Les maladies provoquées par ces germes ne sont pas les mêmes pour tous les "mangeurs" de la même viande. Tout humain a son terrain spécifique comportant des parcelles robustes et d'autres faibles. C'est sur ces dernières que les germes vont s'attaquer. Ainsi, en passant par les rhumatismes, la goutte, le diabète, certains ulcères et la plupart des cancers, on arrive à plusieurs déficiences mentales causées également par la

souffrance infligée à l'animal lors de son abattage et retenue dans ses chairs mortes- Les germes sont inculqués principalement dans le corps subtil des ruminants. Ce sont eux, en effet, les plus proches de leur dernière incarnation, ces animaux doux et paisibles, principale matière comestible de l'espèce humaine. Certains pensent que les plus évolués sont les chiens et les chats. Cela est vrai pour un faible nombre. Peux-tu accepter l'idée que l'un de ces gros chiens coléreux, très "bon" seulement pour son maître, puisse en être à sa dernière réincarnation ? Ne sont-ils pas plus prêts ce bon chat solitaire, ce petit toutou affectueux, cette blanche brebis aimable, cette charmante chèvre paisible, cette vache qui ne sait que donner et ce boeuf fourbu au labeur ou ce cheval appelé justement "le meilleur ami de l'homme" ? L'homme n'a jamais été fait pour se nourrir de la chair des animaux, mais de leurs produits qui, mélangés aux produits de le terre, ne peuvent que constituer sa meilleure alimentation. Les peuples de la Terre se laissent duper par les hommes de science, par les maîtres de la médecine. Ceux-ci savent que la chair animale apporte à l'homme douleurs et maladies, mais se taisent pour plusieurs raisons parmi lesquelles la raillerie et l'intérêt monétaire : Tant qu'il y aura des malades, il y aura des médecins. Les crimes contre le règne végétal et la Terre sont attribués à ceux qui détruisent intentionnellement par le feu ou par ces armes terribles, fruit des composants de la terre elle-même, provoquant dévastations et déséquilibres dans son atmosphère. Quant aux péchés de l'humain pris individuellement, le tout a été précisé par le Christ lors de son séjour sur Terre grâce à son unique commandement : "Aimez-vous les uns les antres". Tout le mal que l'un fait contre l'autre, toute cause de souffrance, physique ou morale, tout tort provoqué par l'égoïsme, l'envie, la haine, le désir de possession ou de satisfaction personnelle, tout ce qui porte avantage à l'un et dommage à l'autre, tout ceci constitue péché. Tout ce qui est contraire à l'amour et à la charité envers ses frères constitue un péché.

Et tout péché charge inexorablement les couleurs du corps astral du coupable déterminant son karma.

Ces dettes s'escomptent au cours de cette même vie ou dans la prochaine par des maladies, des retournements de situation, des chagrins familiaux, voire des accidents ou des pertes affectives. Et personne ne juge, personne ne condamne.

Le coupable se juge lui-même et se condamne par lui-même, car son juge et son bourreau siègent en lui.

Les punitions encourues sur Terre par l'effet de la loi humaine n'ont aucune

conséquence sur la charge de son karma, sauf si cela a permis au pécheur de retrouver le sentiment de regret et de repentir et de l'exprimer sincèrement à l'offensé, celui-ci étant dans l'obligation d'accepter et de pardonner sous-peine de prendre pour lui les fautes du pécheur et sa nouvelle faute produite par le refus du pardon. Voici. Que celui qui peut comprendre, comprenne la vérité de ces paroles. • Mais alors, que faut-il faire quand l'on est agressé, injurié, malmené ou dupé ?

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Qui se fait brebis, le loup le mange. Il ne s'agit nullement d'être brebis, face au loup.

Celui qui provoque, qui insulte, qui porte le mal, a en lui la haine, l'égoïsme, l'envie et la méchanceté. Son corps astral est encore très sombre. Il n'a pas dépassé le 3ème échelon de l'Echelle de Vie. Le subconscient est son maître et l'Ame n'a encore aucune prérogative sur son libre-arbitre. Le devoir de tout homme et de toute femme se trouvant face à cet être est de l'aider à se placer sur le chemin de l'avancement. Si, pour cela, les paroles sont insuffisantes, la manière forte est à employer, dans le calme et la certitude de son propre bon droit. Il ne faut pas oublier que quoi qu'on lui fasse, cela est un acte d'amour envers lui qu'il reconnaîtra lors de ses méditations au cours de son séjour dans "l'au-delà", s'il n'y est pas parvenu sur Terre. Je ne te dis pas qu'il faille toujours user du bâton. Je te dis que le bâton fait bon ménage avec le sermon. Certains, quand tu leur donnes un oeuf, te prennent un boeuf. Donne leur un boeuf, si nécessaire, mais casse leur l'oeuf sur la tète si le boeuf ne leur suffit pas. La bonté n'est pas la niaiserie. La bonté s'associe à la justice et l'amour au respect mutuel. Hors de cela, celui qui par bonté ou par nonchalance permet au loup d'égorger la brebis, celui-là prend pour lui sa propre faute et la faute du loup. Dans tous les cas, le loup mourra dans sa peau, s'il ne s'amende pas, et reviendra dans sa peau de loup chargée de souffrances et de déboires jusqu'à ce que sa conscience ne s'éveille.

Heureux celui qui aura su, au plus tôt, l'aider à éveiller sa conscience, quel que soit le moyen employé. Les enfants de ces jours manquent de respect, de bonté, d'amour, de volonté et même d'instruction. Ils "veulent", de

gré ou de force. Aucune faute leur incombe. La faute est à la charge de ceux qui, parents et éducateurs, ont déposé le bâton dans la cave à souvenirs. Mieux vaut un coup de bâton suivi d'un amendement sur Terre, qu'un long séjour dans l'au-delà suivi d'interminables réincarnations. Je te répète : La justice humaine n'a des yeux que pour les actes.

La Justice Cosmique, présente en chaque être humain, tient compte des actes et des intentions, mais elle sanctionne principalement ces dernières. Tu vois cet homme qui quitte l'épouse et plusieurs enfants pour un simple caprice, attiré par la passion envers une autre femme. Tu vois cette femme qui en fait de même à ['encontre de son mari et de ses enfants. La justice humaine ne les condamne pas, au nom de la liberté de la personne. La Justice Cosmique les condamne deux fois : pour le manquement à la promesse initiale d'amour, l'adultère, et pour les torts causés à l'un et aux autres suivis de souffrances et de peines et aussi, peut-être, pour avoir engendré la haine dans le coeur de celui qui se voit trahi.

La justice humaine condamne celui qui dérobe autrui, quelle qu'en soit la raison, et également celui qui ne paye pas ses impôts, même s'il est entièrement démuni et proche du désespoir.

La Justice Cosmique tient compte des raisons de l'acte du premier et donne à celui qui ne peut donner. Un seul commandement peut te faire connaître la conduite à suivre pour ne pas transgresser la Loi Cosmique :

"Aime ton prochain comme toi-même et ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que les autres te fassent".

Je sais ce que tu penses : "Oui, je veux bien suivre ces directives, mais si les attires ne les suivent pas envers moi, à quoi cela me servira-t-il ? Je serai la brebis. "

Commence donc par suivre ces directives toi-même et ne t'occupe pas des autres, car comme l'aimant attire la limaille, ton comportement attirera beaucoup de tes frères, et ils feront comme toi. Et si jamais certains loups persistent, tu auras toujours la solution du bâton. Les bastonnades données pour la bonne cause ne te seront nullement comptées, sauf à te parer des injustices de la justice humaine.

- J'ai bien compris et je te remercie, mais il me reste des éclaircissements à te

demander au sujet du Guide Spirituel. Je sais que tout être humain est lié par la Pensée à son Gardien, mais pourquoi tous les humains ne perçoivent-ils pas sa présence ou pourquoi tous les Gardiens ne se

manifestent-ils pas à leurs protégés ? Combien de pécheurs ne seraient-ils pas en état de péché si cette présence était effective !

- Oui, ce serait vraiment le Paradis sur Terre. Mais as-tu oublié les raisons du

cheminement de l'Esprit ? Je t'ai déjà expliqué que lors de la naissance du corps physique sur la Terre, l'Esprit et l'Ame se trouvent à leur état d'avancement et d'éveil conforme au degré auquel ils étaient parvenus lors de leur dernière réincarnation, rehaussés, cependant, par le désir de poursuivre leur chemin vers la Lumière par l'instruction reçue sur le Plan Astral et les con­ seils du Gardien. Tout ceci est contenu dans le Subconscient de sorte que l'être humain se sent inconsciemment engagé vers l'exécution du programme reçu ou décidé.

Or, je t'ai également dit que l'Ame d'abord et l'Esprit ensuite, ne peuvent "s'éveiller" que par la prise de conscience des événements vécus par l'être humain au cours de sa vie terrestre. Le Subconscient pousse l'homme ou la femme à exécuter ses ordres suivant ses enregistrements, mais ces êtres ont la faculté du libre-arbitre. Ils peuvent donc modifier à leur guise, par la force de leur volonté, les "poussées" du Subconscient. C'est cela qui fait le mérite des uns et la perte des autres.

L'action du Gardien n'est donc nullement nécessaire, mais cela n'exclut en rien sa présence et sa surveillance auprès de son protégé, car c'est lui qui assure la poursuite du chemin sur la Ligne de destinée tracée à l'avance pour ceux qui n'ont pas encore dépassé le 3ème Echelon de l'Echelle de Vie. Puis, au fur et à mesure que son protégé avance sur les sous-degrés et les degrés de l'Echelle, le Gardien abandonne ses prérogatives au profit de l'Ame et de l'Esprit progressivement éveillés. Là aussi II reste présent, prêt à toute action de sauvegarde, si certains dangers, certaines erreurs risquent de dévier la ligne de destinée. Quand finalement, l'être humain est parvenu à la prise de conscience de la présence en lui de l'Ame et de l'Esprit, il ressent également la réalité du Gardien, et c'est alors qu'il apprend à demander son aide et sa protection grâce à la Pensée, lien qui les rend tous deux inséparables. Alors que l'être humain se trouve sur les sous-degrés du 5ème Echelon, non seulement il connaît l'Ame, l'Esprit et le Gardien, mais il a également appris à "s'entretenir" avec Eux par une présence effective révélée par la visualisation ou le "dédoublement".

Toutefois, l'appartenance à l'un ou à l'autre échelon de l'Echelle de Vie, n'exclue en rien la possibilité de demander la présence et l'aide du Gardien quand cela s'avère nécessaire-La seule condition est de "croire" en sa réalité, en son existence et de Le visualiser grâce aux liens de la Pensée. Toute demande d'aide, de solution aux problèmes courants de la vie peut Lui être présentée. Le Gardien sait quels sont les intérêts de son protégé et opérera conformé­ ment à ses mérites, à la direction de sa ligne de destinée et à la justice, sans tenir compte, bien entendu, des désirs personnels parfois et bien souvent dictés par l'égoïsme, l'envie et l'orgueil humains. Le but principal du Gardien est d'accompagner l'Esprit depuis son départ du Cercle Spirituel jusqu'à son retour à ce même Cercle, Les péripéties de la vie terrestre ne sont là que pour permettre à l'Esprit de

parfaire sa maturité, et les épreuves pour lui procurer les occasions des prises de conscience. II est donc nécessaire que chacun souffre de certaines épreuves qui paraissent bien souvent injustes et contraignantes, mais qui ont leurs buts et leurs utilités. Pourtant, le Gardien peut intervenir pour alléger les souffrances, fortifier le courage et soulager d'une partie du fardeau, si cela est mérité. As-tu d'autres demandes à présenter ?

- Oui. Une encore : Le Gardien de maman, et toi, vous m'avez fait comprendre que je la reverrai dans quelques temps sur la Terre. Comment pourrai-je la reconnaître ?

- Elle-même t'apportera le message, la preuve de son retour.

Le moment venu, ouvre les yeux et dresse les oreilles. Comme un éclair le

message te pénétrera.

- Je dois m'en aller. Je pense t'avoir donné tous les éclaircissements et les explications demandées. Je sais que dorénavant nous nous rencontrerons bien plus souvent, et même, il sera tout à fait inutile de parler de rencontres, car nous serons unis à tout instant, chacun de tes actes, chacune de tes paroles, chacune de tes pensées ne pouvant s'exprimer sans une sensation subtile de ma présence. Maintenant tu peux ressentir la réalité de cette Force, de cette Energie invisible qui fait que le "loi" conscient, ton Ame, ton Esprit, moi-même, tous les Etres désincarnés,

tous les Etres de Lumière de tous les Plans de la Création, tous, nous ne soyons qu"'UN" avec le Père Céleste. Tous, sauf les choses et les êtres de la Matière. Et les êtres humains qui ne voient que la matière, qui ne pensent qu'à la matière, qui ne croient qu'en la matière, sont aveugles et sourds, et leur temple est plongé dans l'obscurité et dans l'inconscience. Pour ceux-là, rien n'existe en dehors de la sphère terrestre. Pour ceux-là rien ne va plus loin que la fosse recouverte de marbre supportant, dernière hypocrisie, la Croix protectrice des croyants en l'invisible. Et si ce n'est la Croix, un autre signe distinctif les engage au dernier recours, celui auquel ils n'ont jamais cru. A bientôt, Ethor. Parle aux humains de tout ceci. Dis-leur que même les animaux les plus humbles perçoivent l'invisible, peut-être à cause de leur humilité. Qu'ils combattent leur fierté, leur égoïsme, leur suffisance, leur vanité, leur présomption ridicule et qu'ils se donnent humblement à l'Amour de Celui qui depuis leur premier pas dans le mouvement de la Création a tenu sa main sur leur épaule, les guidant à leur insu, les poussant vers la Lumière, les engageant toujours plus haut dans le Sentier de la Vie : leur Gardien du Chemin.

Le silence. Ethor ouvre les yeux. Il fixe la voûte blanche au dessus de lui. Plus

rien.

D'une main il ôte le cristal de quartz de son front. Il se lève et se dirige vers son bureau. Il a tellement de merveilles à rédiger !

CHAPITRE VII ESPERANCE ET PAIX

Comblé par cette richesse spirituelle inestimable, Ethor reprend le cours normal de sa vie. Les enseignements des Guides lui ont apporté une confiance absolue en ses oeuvres partagées entre l'aide physique et morale à son prochain et la compilation des résultats de ses expériences terrestres et astrales. Certes, le moment n'est pas encore venu de jeter les perles aux pourceaux, mais les pourceaux sont déjà sur le chemin du renouveau. Ethor sait qu'une vague croissante de chercheurs de Lumière se répand progressivement sur la planète.

Autant préparer d'avance la nourriture afin d'être prêt à satisfaire les affamés. Des années passent pendant lesquelles, grâce à cette source inépuisable d'enseignements, il perfectionne ses acquis et se rend maître des disciplines inhérentes aux sciences inconnues ou dépréciées par les orgueilleux adeptes de la suffisance humaine. Des preuves ! Les humains ne veulent que des preuves.

II fait le tour du monde terrestre, et il n'a pas besoin de se déplacer pour cela, à

la recherche de toutes les croyances auxquelles les peuples sont soumis. Les mensonges ahurissants des uns se confondent aux inepties simplettes des autres. Chacun a créé un Dieu à sa convenance, un "au-delà" à son plaisir, des Anges à son service, des démons à ses ordres. Chacun voit Dieu à sa porte et Satan à la porte du voisin,

II voit les vicaires du Christ se plier au tintement des pièces d'or s'amoncelant

aux pieds de la Croix sacrée, les orifices muraux se remplir au bénéfice des disparus condamnés par ces mêmes vicaires à l'attente du purgatoire. Des sous, des sous et encore

des sous, mais en échange une ferme promesse mirifique : la vie éternelle dans les salons de Dieu et la résurrection du corps tant chéri.

Il voit ces âmes en pérégrination, qui furent humaines, se réincarner dans le

buffle et le léopard, et ce chien, bon serviteur, revenir dans le corps du fils du Maharadjah.

Il voit cela dans la pensée des fidèles et il scrute profondément par ci, par là à la recherche d'un indice, d'une preuve ; Rien que des chimères.

Il cherche les âmes de ces héros partis, après avoir massacré les infidèles, à la

conquête des jardins du Paradis, promesse formelle de leurs chefs infaillibles, et ne trouve que des êtres plies sous le poids d'un lourd fardeau attendant anxieusement le temps du

retour sur la Terre pour expier et renaître à la vie.

Il cherche, il voit, il pleure compatissant la bêtise des hommes, et il voudrait

tant faire, tant dire, mais il sait que les hommes lui demanderaient des preuves. Alors, après avoir tant médité, il trouve une solution, la seule crédible : "Comment ai-je fait, moi, pour acquérir la

A

certitude en ces choses auxquelles je crois ? N'ai-je pas moi-même fait l'effort d'aller en vérifier l'authenticité ? "

La preuve est bien là. Pourquoi croire en ce que les autres disent, fussent-ils papes, rabbins, marabouts ou moines rasés ? Pourquoi ne pas aller soi-même reconnaître les lieux où la vie se passe, au delà des frontières île la Terre ? Ainsi, finalement, chacun pourrait croire en ce que vraiment il a vu et une grande Force le pénétrerait : LA FOI. Pensez ! Plus de guerres de religion, plus de fanatismes, plus de mensonges, plus de crimes, plus de racisme, plus de dogmes, plus de sectes et plus de sous dans les orifices.

La vérité, rien de plus ou de moins que la vérité et six milliards de frères sur la

Terre.

Utopie ? Que non ! Il suffit que chacun se prenne par la main et qu'il fasse les efforts nécessaires, car ce travail, personne ne peut le faire à la place de l'autre. Ce travail, chacun doit le faire pour lui et par lui-même. C'est le salaire à payer pour être finalement en paix avec soi-même et avec les autres. C'est ainsi qu'Ethor prend sa décision. La décision d'expliquer, de livrer ses connaissances aux humains. Mais il y met une condition ; Que celui qui est prêt à croire, comme il a cru jusqu'aujourd'hui à toutes les foutaises débitées par les vénérables pères de la Terre, qu'il jette au feu ses enseignements et qu'il reste tel qu'il est, car la vérité n'est pas digne de lui, les moutons étant au dessus de toute vérité. Ethor ne peut parler que de ce qu'il a vu. Ceux qui veulent des preuves, qu'ils aillent les chercher eux-mêmes. Et il vous dit comment faire.

Dans une classe de vingt élèves, on sait que cinq d'entre eux sont probablement destinés à poursuivre leurs études, alors que les quinze restants deviennent des employés subalternes ou des travailleurs manuels. Ces pourcentages se confirment dans toutes les disciplines de l'organisation sociale

humaine.

Il ne peut en être autrement pour les chercheurs de la Vérité.

Nombreux sont ceux à ressentir le désir de parfaire leur instruction psychique et spirituelle, déçus par le manque d'entrain des institutions officielles pour les choses qui sont au dessus de la vie purement matérielle. Une ardeur enthousiaste venant du plus profond de leur être sème une légère incertitude sur la réalité, la vérité des assertions de ces hommes officiellement au service de l'Esprit, mais pratiquement au service de tout ce qui ne l'est pas. Un défaut de croyance vient alors perturber leur paix intérieure et mille questions viennent tourbillonner dans leur intellect ouvrant les portes à toutes leurs facultés Imaginatives. Ces questions demandent des réponses, et ces réponses ne peuvent être trouvées au coin de la rue. Le désir grandissant, ils se jettent tête baissée dans la jungle des ouvrages traitant de psychologie, de sciences occultes, de magnétisme, de radiesthésie, de cartomancie, de numérologie, de sorcellerie, de développement personnel, de réincarnation, de la vie de "l'au- delà" et des promenades des Anges.

C'est bien connu que ceux qui entrent, sans guide, dans la jungle, risquent de se perdre. Et c'est là où se perdent les quinze élèves. Les autres parviennent, parfois inconsciemment et guidés par une Force inconnue, mais bien présente en leur coeur, à poser leurs yeux sur un ouvrage traitant vraiment de la vraie Vérité.

Une joie immense les fait rayonner de bonheur et le petit désir devient énorme au fur et à mesure que les pages tournent. Leur nouveau chemin se dessine lentement, mais sûrement. Et le bonheur persiste, tant que les mots imprimés n'expriment que de belles histoires de Paradis, d'Anges, d'Esprits en promenade dans les jardins éternels. Terminée la théorie, voici la pratique. Et c'est là que se perdent quinze autres élèves de la nouvelle classe. C'est ainsi qu'un jour le grand Maître a pu dire : "Beaucoup sont les appelés, mais peu les élus". Le choix s'opère de lui-même. Les appelés non élus confirment alors les dires de la

fable :

"Le renard mourait d'envie à la vue du raisin. Il s'étirait de toutes ses forces pour en saisir avidement une grappe, mais le raisin était haut perché, hors de portée du renard, Déçu, brûlant de rage il s'en alla, le renard, disant :

"Tant mieux. De toute façon ce raisin n'était pas bon". Les appelés non élus continueront bien longtemps à se jeter tête baissée dans la jungle des ouvrages devenus occultes comme la science désirée et rejetée pour cause de non- engagement personnel. Car certains, beaucoup, veulent bien changer de vie, recevoir les enseignements de la Vérité, connaître consciemment toutes ces choses qu'ils ressentent timi­ dement dans les profondeurs de leur esprit, posséder l’élixir qui ravive leurs espérances, mais ils s'attendent à ce que toutes ces choses leur soient données toutes prêtes, toutes faites, par un Maître qui pense pour eux, qui travaille pour eux, qui quémande pour eux.

Et puisque ces Maîtres sont rares et que les baguettes magiques n'existent quasiment plus sur la planète, alors ils se retournent contre ceux qui ont eu le courage d'agripper et de manger le raisin en les chargeant de railleries, en les taxant de fous, de menteurs, d'illuminés, sans avoir pris la peine de leur demander comment et pourquoi ils sont parvenus à la Lumière. C'est donc pour ces rares élus qu'Ëthor prépare un ensemble de préceptes susceptibles de les amener à bon port. Ces règles ne peuvent être que le fruit de son expérience personnelle, car, fidèle à ses habitudes, il ne veut rien donner, rien proposer qu'il n'ait éprouvé lui-même. Son but est d'aider tous ceux qui ont pris conscience des futilités de la vie exclusivement matérielle, tous ceux qui ont compris que l'homme n'est pas seulement cet amas d'os et de chair, tous ceux qui en un instant de clarté mentale ont saisi l'importance de leur vie intérieure et acquis même seulement la minime parcelle de certitude de la présence en eux de l'Esprit, leur père Intérieur. Ces êtres ce sont ceux qui se trouvent actuellement sur les sous-degrés du 4ème Echelon de l'Echelle de Vie. Ceux qui se trouvent encore sur le 3ème n'ont aucune chance de lire ces lignes préférant les romans policiers et d'espionnage. Les Adeptes du 5ème Echelon y trouveront également l'aide susceptible de leur faciliter les expériences entreprises ou de leur donner les moyens de parvenir enfin aux résultats souhaités, si certains obstacles les en ont empêchés. Le but premier de l'avancement spirituel est de parvenir à remonter tous les sous-degrés du 4ème Echelon et de parvenir au 5ème.

La raison est simple : Les désincarnés du 5ème Echelon séjournent, dans l'au- delà, sur le 6ème Astre, l'Astre bleu-ciel. Sur cet Astre l'instruction est directement prodiguée par les Gardiens et par des Maîtres de Lumière. Les inscriptions inhérentes à la ligne de destinée sont imprimées sur l'Es­

prit, ce qui signifie que l'Esprit est désormais Maître de toute la personnalité humaine lors de sa prochaine réincarnation. Aucune barrière ne peut plus barrer le chemin de la libération. Les désincarnés du 4ème Echelon séjournant sur le Sème Astre, le bleu, reçoivent les inscriptions sur l'Ame. Pour eux aussi la voie vers la conquête de la liberté est ouverte, mais quelques dangers persistent encore dus à l'attraction des possessions matérielles.

Quelles sont donc les règles pouvant permettre ce passage rapide entre un sous-degré et l'autre et enfin de passer à l'échelon supérieur ? Les difficultés ayant été créées par les hommes, elles ne peuvent subsister sur le chemin de l'Esprit. Tout est très simple En fait, elles ont déjà été énoncées dans le précédent

chapitre :

- Aimez-vous les uns les autres,

- Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que les autres vous

fassent,

- Aimez toute la création et toutes les créatures,

- Ayez la Foi, la certitude en la Présence de Dieu, du Père et en toute la Hiérarchie Spirituelle,

- Ne soyez pas passifs. Adonnez-vous aux oeuvres de charité, aidez votre

prochain, répandez la Lumière, - Priez, en votre lieu secret, l'Amour du Christ, l'Energie de l'Esprit Saint, la Miséricorde du Père et la Gloire de Dieu, car la prière va au-delà de la conscience

humaine, elle éclaire l'Esprit et revient à vous chargée des bienfaits et des grâces demandées.

- Engagez-vous sur le Chemin et ne déviez pas jusqu'à ce que la Lumière ne

vous éclaire d'elle-même. Si vous tombez, relevez-vous et soyez forts et persévérants,

- Vivez sur Terre par les lois de la Terre, mais n'oubliez pas la présence en vous de votre Ame et de l'Esprit, votre Père.

Ainsi soyez "UN",

- Pardonnez, car le pardon efface vos péchés et vous apporte la joie,

- Alors, le Bonheur, l'Amour, l'Abondance, la Paix et la Vie seront en vous et

vous accompagneront à tout instant sur le chemin. Saints ? Tous des saints ? Faut-il être saint pour suivre les lois de la Création ? Pour ne faire que ce pour quoi nous avons été faits ? Est-ce si difficile tout cela ? D'aimer son prochain, d'éveiller son respect, sa considération et le désir d'en faire autant ? Il suffit de réfléchir, d'analyser, d'être toujours "présent" en tout acte, toute parole, toute pensée. L'habitude, comme toujours, fait le reste, mais il faut tout d'abord l'habitude. Et elle s'obtient par la persévérance. Par ce mode de vie l'on n'obtient pas seulement la Paix et le Bonheur. Les difficultés du passage des sous-degrés s'estompent sans aucun effort et le résultat sera bien visible lors de l'arrivée, non lointaine, dans la vie de "l'au-delà".

Mais certains désirent plus. Certains désirent connaître les moyens leur permettant la rencontre avec leur Gardien ou, pour le moins, de ressentir sa présence. Pour cela aussi les difficultés sont minimes.

Le Gardien est lié à son protégé par la Pensée. C'est donc par la Pensée que l'on peut l'appeler. Même s'il ne se manifeste pas à la vue physique, cela n'empêche en rien la réalité de sa présence. II suffit alors de Lui parler, de Lui présenter ses requêtes, de croire en Lui et de

l'aimer.

Ses réponses viennent toujours en temps voulu et de la manière qu'il jugera

adéquate.

Les Saints Thomas ne sont pas satisfaits. Ils veulent "voir". Qu'ils suivent donc les règles suivantes :

Retirés en un lieu calme, après avoir écarté tout dérangement, qu'ils se couchent sur un lit, les bras le long du corps, les jambes écartées, la respiration lente et profonde.

Dans la main gauche ils serrent pendant une dizaine de minutes leur cristal de quartz afin qu'il se chauffe à la température de la main. Qu'est ce que le cristal de quartz ? C'est une pierre blanche, transparente, solide, polyédrique, terminée par des facettes planes, unies, régulières qui sont placées symétriquement les unes par rapport aux autres (dictionnaire). Il est souvent appelé "cristal de roche". Les meilleurs exemplaires viennent du Brésil ou des Etat-Unis. Le cristal qui nous concerne doit être incolore et le plus transparent possible. Sa hauteur doit être de 5 cm et son diamètre de 1 cm.

La seule difficulté consiste à le trouver, car il ne s'agit pas de se servir de n'importe quel cristal. Pour cela, deux solutions. La première implique le déplacement en une ou plusieurs boutiques spécialisées dans la vente des minéraux. Il en existe partout et dans chaque ville, mais le choix ne peut être fait que par l'acheteur. Refuser catégoriquement les propositions ou les conseils des vendeurs. Ceci pour la simple raison que le cristal de quartz émet des vibrations et celles-ci doivent absolument être en concordance avec le corps astral de l'intéressé. Finalement, ce n'est pas l'acheteur qui choisit le cristal, mais le cristal qui choisit

l'acheteur.

En observant attentivement les cristaux en exposition, l'acheteur est subtilement attiré par un cristal, et un seul. Il convient donc de passer par autant de boutiques que nécessaire afin de trouver le cristal qui convient à sa propre personnalité. Il est un autre moyen de se procurer le cristal sans le rechercher soi-même. Certaines entreprises de vente par correspondance connaissent les propriétés des cristaux de quartz et savent que ses vibrations doivent impérativement être à l'unisson de celles de l'utilisateur. Le cristal obtenu, il reste maintenant à le purifier, à le personnaliser et à le charger de son intention. Le quartz est un cristal qui capte et retient les énergies à froid et qui les réémet à chaud. Là est la nécessité de le chauffer lors de son utilisation. En possession de son cristal, l'adepte doit procéder à sa

purification.

Placer le cristal dans un verre assez grand après y avoir mis trois cuillerées à soupe de gros sel et de l'eau de source ( que l'on trouve dans toutes les grandes surfaces

d'alimentaires) de telle sorte que le cristal soit entièrement recouvert d'eau salée. Le laisser toute la nuit. Le matin suivant, sortir le cristal, vider le verre dans la cuvette des W-C, rincer abondamment le cristal à l'eau froide du robinet et le laisser sur le rebord d'une fenêtre, au soleil, pendant au moins deux heures. Ne pas essuyer le cristal. Il doit sécher au soleil. Maintenant que le cristal est purifié, il faut procéder à la charge. Se retirer de tout bruit. Allumer une bougie. Placer le cristal devant la flamme de la bougie de façon à voir la flamme au travers du cristal. Fixer ainsi la flamme en tournant le cristal dans tous les sens par toutes les facettes durant quelque minutes. Porter le cristal sur le front, sa base touchant le haut du nez. Le maintenir contre le front par la main droite ( qui donne, alors que la gauche

reçoit).

Les yeux fermés, pencher la tête vers le bas pour que le contenu de la Pensée se déverse dans le cristal. Visualiser le Gardien, tel que l'on désire qu'il soit. L'imaginer à la ressemblance humaine, homme ou femme, à sa convenance. L'important ce n'est pas sa physionomie, mais la force du désir de voir le

Gardien.

Ceci fait (deux ou trois minutes), déverser le contenu de la Pensée dans le cristal au moyen de l'imagination. Voir, visualiser le Gardien à l'intérieur du cristal. Répéter ceci trois ou quatre fois, tant que l'on est bien sûr que la visualisation a été correctement effectuée.

Le cristal de quartz est maintenant chargé de l'intention de l'utilisateur. Il peut être porté sur soi, dans une poche ou dans un petit sachet en tissus naturel (lin, coton, fil) de la couleur de son signe astral, mais il doit être placé, la nuit, sous l'oreiller. Tous les matins il sera nécessaire de le passer sous l'eau froide du robinet afin de le décharger des scories négatives amassées au cours de la journée et de la nuit. Ne jamais l'essuyer. Attendre qu'il sèche naturellement avant de le remettre sur

soi.

Par ces moyens on peut également charger d'autres cristaux de quartz pour des besoins spécifiques (santé, amour, abondance, etc.) , mais tout cristal ne peut contenir que la charge d'un seul besoin. L'utilisation du cristal chargé est très simple : Une ou deux fois par jour, prendre le cristal dans la main gauche et le chauffer à la température de la main, puis le placer sur le front en le maintenant toujours de la main gauche. Visualiser l'intention correspondante à la charge du cristal pendant quelques minutes. Si le cristal a été chargé pour des raisons de santé, le placer alors sur la partie malade durant une vingtaine de minutes. Si l'intention concerne des soucis d'argent, le placer sur la fontanelle. Pour les questions sentimentales, sur le coeur. Pour le sommeil ou les maladies nerveuses, sur le plexus solaire. La pointe doit impérativement être dirigée vers le haut du corps, sauf sur la fontanelle où elle doit être en direction du front, Le cristal, une fois chargé, maintient indéfiniment la charge, sauf s'il est plongé dans l'eau salée. Dans ce cas on peut le recharger de la même intention ou en changer l'utilisation.

II était question de l'utilisation du cristal de quartz pour faciliter la rencontre avec le Gardien. Pendant que le cristal chauffe dans la main gauche, les yeux fermés, le regard se fixe sur un point situé au dessus de la racine du nez, mais à l'intérieur du front. Si cela présente des difficultés la première fois, il suffît de faire auparavant des exercices les yeux ouverts. Diriger alors les yeux sur un point entre les sourcils et les maintenir en état de louchement durant de brèves périodes au début et plus longtemps par la suite, jusqu'à ce que cette position ne présente plus de fatigue. Lorsque cette habitude est prise, on reprend l'exercice les yeux fermés. Le meilleur moment pour effectuer ces exercices c'est le soir au coucher. C'est même la meilleure façon de parvenir au sommeil, pour ceux qui pensaient ne pouvoir se passer de certains petits comprimés chimiques. Après plusieurs exercices, quand la position peut être maintenue assez longtemps sans fatigue, l'obscurité intérieure se change en une belle couleur bleu-ciel. Des points lumineux argent-vif se déplacent de tous les côtés dans cet espace

bleuté.

Il devient facile, alors, de fixer l'un de ces points et de l'attirer vers soi. Le point grandit, s'élargit, s'approche et éclate laissant apparaître un visage, un paysage ou d'autres signes que chacun pourra interpréter à sa guise. C'est là le "flash" des voyants. Ceci indique que le 3ème oeil s'est ouvert et que la vision subtile est devenue possible. Quand, donc, la couleur bleu-ciel apparaît à l'intérieur du front, nos "saints Thomas" placent le cristal de quartz, désormais chaud, sur le front et reportent le bras gauche le long du corps. L'énergie du cristal, conforme à leur intention, renforce grandement les vibrations de la Pensée. Un seul point lumineux se présente dans l'espace visuel. Il grandit, il éclate. Le Gardien est là devant eux non pas, peut-être, tel qu'ils l'avaient imaginé, maïs tel qu'il est en réalité. C'est une vision magique, mirobolante, la première fois ! Le coeur palpite joyeusement et une grande sensation de paix s'épand dans l'être tout entier. Les "Saint-Thomas" ne sont plus. La Foi les a rendus croyants. La suite est facile à comprendre. Par l'habitude, la position peut être maintenue pendant bien plus de temps. Le Gardien peut maintenant aider son protégé "visuellement" et les entretiens deviennent plus crédibles. L'adepte peut finalement, et en toute sécurité, envisager ses premières expériences de "dédoublement". Il n'est plus seul. Les dangers, les obstacles sont définitivement écartés. Une nouvelle vie commence. La vie de la certitude, de la croyance par son expérience personnelle, la vie de la vérité vécue et du refus conscient des fausses vérités dictées. L'homme devient Homme, UN, conscient de sa réalité, de son origine, de son parcours astral et terrestre, de sa destination. L'Espérance fleurit dans son coeur et la paix l'accompagne à chacun de ses

pas.

Certains, pourtant, n'iront pas jusque là. Le manque de confiance, de persévérance et peut-être même la peur, feront qu'ils s'arrêteront face au premier obstacle.

Qu'ils suivent alors les directives suivantes :

Seuls, bien détendus, les yeux ouverts ou fermés, qu'ils visualisent leur Gardien derrière eux, la main sur leur épaule droite. Qu'ils pensent que le Gardien est vraiment là, tout près, qu'ils imaginent cette présence comme la présence d'un ami dont ils sont certains qu'il est derrière eux. Ceci ne représente aucune difficulté. Qu'ils s'adressent au Gardien présentant les demandes une à une :

V

« M'est-il permis d'aller à tel endroit ? » ou « Que dois-je faire pour obtenir tel résultat » ou « N'est-il rien arrivé de mal à mon fils qui est en retard ? », etc. On ferme les yeux, on visualise le visage du Gardien tout près de l'épaule droite et on attend, confiant, quelques instants.

Un signe de tête, et des paroles inaudibles vont directement à la conscience intuitive permettant ainsi de comprendre la réponse recherchée. Il suffit de pratiquer quelque temps ces instructions pour se rendre compte de la réalité, de la véracité et de l'utilité d'une telle démarche. Heureux ceux pour qui l'Entendement est la Lumière qui les conduit.

CHAPITRE VIII

LE RETOUR DE MAMAN

Les années se succédaient, paisibles, entre travail, voyages, expériences et méditations. Le temps avait blanchi quelque peu les tempes de cet Homme qui s'employait au bien-être des plus souffrants, à l'étude des Vérités profondes, inépuisable dans l'épanchement des facultés qu'il avait su porter à l'épanouissement par son engagement personnel, par sa persévérance et son amour au service du prochain. Parfois, inopinément, une pensée venait iui rappeler les temps de sa jeunesse, les temps où la vie simple de campagne lui apportait les joies des champs de blé, des prés verdoyants, des animaux au coeur plus pur que l'humain, des repas frugaux, des chants interminables dans les allées des vignes, de l'amour sublime de ces êtres sans tache dont la richesse du coeur remplaçait ineffablement les restrictions matérielles. Il se voyait, plus grand, après les années passées en compagnie de Berger, courir par ci, par là, à la recherche de ses vrais parents. Les indices étaient rares, mais ils savaient, pour l'avoir appris de sa maman nourricière, qu'une "dame" était venue un jour lui rendre visite, alors qu'il n'avait pas plus de deux ou trois ans. Elle n'avait pas donné son nom, mais en l'accompagnant à la gare du village, le père nourricier avait entendu le nom d'une petite ville alors qu'elle demandait son billet de voyage. C'était peu, mais il fallait s'en contenter. Le train l'avait amené à la petite ville, là-bas dans la plaine. Inconnu parmi les inconnus, il ne voyait pas d'emblée comment s'y prendre. Demander quoi, et à qui ? Soudainement une pensée venait lui apporter un semblant d'espoir. Il savait qu'en ces temps-là les naissances se passaient à la maison de la parturiante, et ce d'autant plus si la naissance devait être cachée. Il ne lui restait plus qu'à s'enquérir de l'adresse des éventuelles sages-femmes. Deux, seulement, dans ce grand village. En proie à l'émotion, un peu intimidé, il se présente à la première. La trentaine, blonde, assez jolie, elle n'avait de vrai que l'agréable sourire sur les

lèvres.

- Excusez-moi, Madame, je me suis trompé de porte. Comment aurait-elle pu, en effet, l'assister à sa naissance, compte-tenu de son jeune

âge ?

Prenant la direction de la seconde, il pensait déjà avoir effectué le voyage pour rien. Il fallait mener à bon terme la démarche entreprise. La porte s'ouvre. Une dame d'une soixantaine d'années, le regard doux, l'air bonasse, lui fait signe d'entrer.

Ethor va droit au but :

- Madame, je suis né je ne sais où. Je ne connais pas mes parents, mais j'ai grandi dans une ferme, non loin de tel village. Je sais qu'une dame est venue me voir quand j'avais à peine deux ou trois ans, mais je ne sais pas qui elle est. Je viens vous voir pour vous demander si vos souvenirs vous rappellent un tel événement. La dame reste bouche-bée, étonnée, surprise, le regard fixé sur lui, hagard. Cela ne dure qu'un instant. Elle parle :

- Oui, je me rappelle. C'est moi qui t'ai mis au monde. Tu étais si beau ! Quelle peine

ai-je éprouvée quand ta maman a dû prendre, par contrainte, la décision de t'abandonner. La dame qui est venue te rendre visite quand tu étais tout petit, cette dame c'est moi. Ta maman m'avait demandé de le faire, car malgré tout, en secret, elle t'aimait et t'aime toujours. Nous parlons souvent de toi quand nous nous rencontrons. Combien de fois elle a été

sur le point de venir te reprendre, mais elle a toujours pensé que le fait de t'arracher à ta famille adoptive t'aurait causé d'énormes chagrins. Elle s'est donc sacrifiée pour que tu n'aies pas à lui reprocher cela. Et la dame lui fait le récit complet de sa naissance. Elle lui fait part de la sévérité de son grand-père vis-à-vis de sa maman et de sa détermination à l'abandonner pour sauver l'honneur de la famille.

- Ta maman était institutrice et tu sais, en ces temps-là, concevoir un enfant avant le

mariage, cela signifiait le renvoi pur et simple du corps des enseignants, sans compter la risée des voisins, la honte devant tout le village. - Où se trouve-t-elle, ma mère ? Puis-je lui rendre visite ?

- Elle habite ici. Tu sais, elle ne s'est jamais mariée. Elle aurait pu le faire après le

décès de son père, mais celui qu'elle aimait, ton père, était également décédé, prisonnier en Alle­ magne, juste avant la fin de la guerre. Si tu le permets, je vais la voir et lui parler de toi avant que tu lui rendes visite, car je pense qu'il faille la préparer. En attendant tu restes ici avec moi. Je suis seule et j'ai une chambre pour toi.

La dame partie, Ethor cherchait à se préparer pour le mieux à cette rencontre.

L'anxiété, le trouble et une légère agitation éveillaient en lui un sentiment de gêne et quelques gouttes ruisselaient sur son front. L'attente fut brève. Juste le temps de se remettre de l'émotion provoquée par son imagination.

- Viens, ta maman t'attend. J'ai bien fait d'aller la prévenir, car sans cela elle aurait eu

un choc terrible-lis arrivent tous deux devant un portail en bois teinté. Maman devait guetter leur

arrivée, car la porte s'ouvre d'emblée laissant paraître une femme mince, à l'apparence austère, la quarantaine, le visage déjà marqué par les rides. Ce n'était que l'apparence extérieure, car à la vue des visiteurs, les traits de maman deviennent subitement doux, le regard tendre et un sourire gracieux illumine tout son visage. Les bras grand'ouverts, elle ne prononce qu'un mot : "Mon enfant, mon enfant, mon enfant !", et ses bras se resserrent sur lui en une étreinte comblée de tendresse, d'affection.

d'amour, disant tout dans son silence, plus forte que toute parole, que tout discours.

Les festivités n'avaient plus de fin et en même temps toute "l'histoire" de sa naissance, de son abandon, de sa vraie famille, remontait à la lumière. Tout. Du côté de maman. Rien du côté de papa.

- Maman, maintenant que tu m'as parlé de notre famille, parie-moi aussi de mon père

et de sa famille. Il ressent une réticence quasi volontaire, mais il veut savoir ; c'est pour cela qu'il est

venu.

Maman a compris, elle ne peut reculer, gâcher le plaisir de cette première rencontre.

- Tu sais, si je ne t'ai pas encore parlé de ton père, ce n'est pas pour te cacher son identité ou quoi que ce soit d'autre, mais tout simplement parce que les membres de sa famille nourrissent une haine farouche contre moi.

-

Je sais que tu aspires peut-être à les rencontrer, mais je serais heureuse si tu pouvais

t'en abstenir.

Ma seule faute c'est d'avoir obéi à mon père qui ae m'a jamais permis de me marier avec lui, car j'étais institutrice et lui ouvrier. Mon père considérait qu'il n'était pas fait pour moi, à cause, tout simplement, de la différence de situation sociale. Les anciens pensaient ainsi. J'ai voulu me battre contre cette décision, mais je me suis laissée vaincre par la pitié envers lui. En effet, ma maman était déjà décédée et mon père était resté seul. J'ai dû faire ce choix et ceci a causé la colère, puis la haine de toute la famille de ton père contre moi, car il m'ai­ mait et il était très malheureux.

Nonobstant cela, nous nous étions fait ta promesse de nous marier dès que les circonstances l'auraient permis, mais la guerre est venue. Il est parti et je ne l'ai jamais plus revu.

Les larmes coulaient des yeux de maman pendant qu'Ethor essuyait furtivement ses yeux rougis.

- Maman, je comprends la douleur occasionnée par ce drame, mais je voudrais

que tu saches que jamais je n'ai gardé dans mon coeur de rancune contre toi ou contre lui. Je ne connaissais pas les circonstances de ma naissance et, c'est certain, cela me donnait parfois un peu de chagrin, surtout au cours de mon adolescence, mais j'ai eu la chance de com­ prendre, par la suite, que les parents n'ont aucune responsabilité quant à la ligne de vie et de destinée de leurs enfants. Je sais que tu ne peux, pour le moment, comprendre mes paroles. Saches, pourtant, que ce sont les enfants qui choisissent leur naissance et leur destinée bien avant d'être conçus. Je t'expliquerai cela au moment opportun. Donne-moi seulement un dernier renseignement : Comment s'appelait-il mon

papa ?

- Jean. Jean ALEXIO. -

- Merci, maman. Je dois bientôt partir, car j'ai, moi aussi, mes engagements. Je

reviendrai te voir. Je passerai, si tu me le permets, mes vacances avec toi- De toute façon, maintenant que nous nous sommes retrouvés, rien ne pourra nous empêcher de nous revoir

souvent,

Maman ne pouvait cacher son bonheur. Ethor s'efforçait de contenir son émotion devant tant d'effusion de tendresse. Une longue étreinte mettait fin à l'entretien.

Le train était en gare, prêt au départ. Ethor savourait sa joie. Il venait d'obtenir ce qu'il cherchait en vain depuis tant d'années : Retrouver ses vrais parents. Il ne restait que sa mère, mais il connaissait au moins le nom de son père. ALEXIO, ce nom qu'il aurait dû porter depuis sa naissance, ce nom qui, s'il l'avait porté, aurait changé incontestablement toute sa vie, toute sa destinée. Il pensait, méditait, raisonnait. La sentence venait de tomber nette, rapide comme un éclair, en même temps qu'un large sourire sur ses lèvres : II était heureux de ne pas avoir porté ce nom. Heureux, car par ce nom il aurait manqué Berger et tous ses enseignements sur les mystères de la Vie. Que de souvenirs enfouis dans une mémoire ! Et quels efforts à déployer pour les refouler au fond de soi-même ! L'un s'en va, l'autre revient. Ethor se remet au travail. L'occupation retient l'attention et empêche les vagabondages de l'imagination. Qu'il croit. Une pensée se faufile insidieusement parmi ses raisonnements et refuse de descendre dans le sous-sol à souvenirs.

La vieille ferme sur la colline remonte à l'attention de son esprit. Elle va, elle vient, il la rejette, elle revient. Pour s'en défaire il y prête attention, car il sait que parfois les signes du destin se collent à l'esprit comme la sangsue à l'animal sans moyens de défense. Il ressent un appel. Il doit revenir à la ferme, car un événement inconnu demande sa présence. Son travail et ses déplacements ne lui permettaient pas de s'y rendre trop souvent. Cela faisait cinq ans désormais qu'il ne voyait plus ses frères et soeurs "de lait". Il savait que chacun d'eux était parti par son chemin à cause du mariage ou pour le

travail.

Un seul était resté là, prenant la suite du vieux père décédé, lui aussi, quelques années auparavant. Père de six grands enfants, il s'adonnait aux travaux de la terre suivant la vieille tradition paysanne. C'étaient là les dernières nouvelles en possession d'Ethor. Il se prend quelques jours pour régler ses engagements les plus urgents puis se met sur le chemin de la vieille ferme qu'il doit rejoindre en quatre ou cinq heures de voiture. Le voyage est agréable et à l'heure prévue il se trouve sur le vieux chemin menant à la colline. Dans la cour de la ferme, Joseph, son frère, s'affaire activement sur une roue du

char à foin.

Ethor descend de voiture, s'approche et lit l'étonnement sur le visage du frère :

- Quelle surprise ! Quel est le vent qui t'amène, après de si longues années ?

- Oui, ça fait longtemps. Mais tu sais que je suis toujours par monts et par vaux.

Et puis, mon travail ne me laisse pas beaucoup de temps. Dis-moi Joseph, quand c'est que tu

te décides à demander le téléphone ? Cela serait bien plus facile !

- Je sais, je sais, mais par ici on n'est pas encore trop bien équipés. Il faut au moins

deux ans, après la demande, pour que ces messieurs daignent venir l'installer. Alors pour le moment je m'en passe. Regarde, sur le chemin il n'y a encore aucun poteau. Avant qu'ils se décident à les installer on a le temps de vieillir !

- Comment ça va dans la maison ?

- Très bien pour le moment. Mais dis-moi, es-tu vraiment venu pour rester

quelques temps avec nous ? Tu sais que tu nous fais toujours plaisir.

présence et d'ailleurs nous gardons en permanence une chambre pour toi, mais toi tu te fais rare, comme si cette ferme n'avait plus aucun intérêt pour toi.

- Ne dis pas de bêtises ! Je vous aime bien, tous, mais comme je viens de te le dire, c'est le temps qui me manque.

Nous aimons ta

Cette fois je vais quand même rester quelques jours, si cela ne dérange personne.

- Déranger ? Tu peux rester ici tant que tu veux, même toute ta vie si ça peut te

faire plaisir. Tout en s'appliquant à son travail, Joseph parlait de tous les autres membres de la famille, Charles s'était installé en ville et avait ouvert une épicerie. France était mariée avec un maçon. Bernard avait été engagé par les services de la mairie. Enfin, tous ses enfants étaient bien installés et en bonne santé. Ethor était heureux d'entendre toutes ces bonnes nouvelles, mais il s'attendait à ce que Joseph lui parle d'un événement nouveau, de quelque chose qui sorte de la routine. Rien, tout était normal autour de lui. S'était-il trompé, Ethor ? Pourtant "ses" signes ne le trahissaient jamais. Son intuition était sûre. Il en avait fait l'expérience à maintes reprises.

Curieuse à la vue de la voiture, Rose, l'épouse de Joseph, était sortie de sa cuisine,

courant à la rencontre d'Ethor, manifestant joyeusement sa surprise et son bonheur de le revoir après de si longues années. Joseph interrompt ses effusions ;

- Es-tu fatigué ? Sinon je vais te faire visiter la nouvelle cave en attendant que vienne l'heure du repas. Les deux hommes s'éloignent en direction d'une bâtisse accolée aux murs de la

ferme.

D'une visite à l'autre, d'un sujet de discussion à l'autre, l'heure passe et les deux frères s'approchent de la cuisine. La table est prête. Les plats fumants ouvrent l'appétit. Rosé indique à Ethor une chaise en tête de table, signe de respect pour les invités. C'est alors qu'Ethor note la présence d'un petit enfant occupé à remuer peluches et poupées dans son parc à jouets. Il adresse une oeillade interrogatrice à Joseph.

- Excuse-moi. Tout-à-1'heure je n'ai pas pensé à te dire que France, notre fille, a eu

un enfant nous obligeant à devenir grand-père et grand-mère. Elle nous a tout à coup vieillis, mais notre joie est tellement grande que nous ne nous en sommes même pas aperçus. C'est une petite fille. Elle a dix-huit mois. Ethor ne l'écoute plus. 11 fixe le visage de la petite. Ce visage lui rappelle quelque chose, quelqu'un. Les yeux bleu-ciel, pétillants, pleins de vivacité, brillent avec éclat et le fixent d'une manière étrange. Ethor se lève et s'approche du petit parc. D'une main il caresse la petite tête blonde. Un sourire lui répond et les yeux ne le lâchent pas. Deux bras se tendent vers lui. Facile à comprendre. Il la soulève et la serre fort contre lui, sur son coeur. Rose exprime son étonnement :

- Comment se fait-il qu'elle veuille venir dans tes bras, alors que d'habitude elle est sauvage comme un renard et personne ne peut la toucher ? Ethor lance une boutade :

- C'est normal Toutes les filles me sont toujours tombées dans les bras !

Et il étudie les traits de ce petit visage, en silence, mais sa pensée vole, traverse le temps et il se rappelle le visage de la maman nourricière alors que, petit enfant, il sautillait sur ses genoux pinçant allègrement son nez, ses oreilles et sa bouche.

- Dis-moi, Joseph. Ne trouves-tu pas qu'elle ressemble à maman ?

- Tu sais, je n'y ai jamais prêté attention. Nous avons tellement l'habitude de la voir, puisque c'est Rose qui la garde, que ces choses-là nous échappent.

- Pourtant, regarde bien ses yeux et même le front. Tiens, tu as la photo de maman là sur le buffet. Tu peux constater toi-même ! Joseph prend la photo et fait le tour d'horizon d'un air incrédule.

- Tu as peut-être raison. Oui, les yeux sont sûrement les siens. Très bien. Elle ressemble au moins à quelqu'un de notre

famille !

Ethor en est de plus en plus certain. Il s'adresse à Rose :

- Comment s'appelle-t-elle ?

- ALEXIA. C'est France qui a voulu l'appeler de ce nom-là. Je n'ai jamais

compris pourquoi. Nous n'avons pas l'habitude de ces noms qui viennent de je ne sais où,

mais c'est elle la maman et alors

amen.

Le visage d'Ethor devient comme de marbre. Il se rappelle la réponse de son Gardien à sa dernière demande :

"Elle-même t'apportera le message

Ouvre les yeux et dresse les oreilles.

Comme un éclair le message te pénétrera" ALEXIO, ALEXIA. Le message ! Comment ne pas comprendre ? Ce nom qu'il n'a jamais pu porter c'est elle, maman, qui le porte maintenant par le corps de cette petite fille !

Rose s'inquiète :

- Tu n'es pas bien ? Tout à coup tu es devenu tout pâle.

- Ce n'est rien, Rose. J'ai simplement eu un petit vertige, mais c'est déjà passé. La nuit fût longue pour Ethor.

Malgré toutes ses possibilités, le sommeil lui refusait sa coopération.

Il pensait :

"Ce n'est pas possible. Maman est déjà revenue !" Comment expliquer cela à la famille ?. Non, impossible. Ils me taxeraient tous de fou. C'est un secret entre elle et moi. Je n'ai pas le droit de le dévoiler, au moins pour le moment.

Mais cette fille, je ne peux pas la laisser ici, comment faire ? Le Gardien lui avait dit :

"Tu as une mission à accomplir, tu marcheras sur les traces d'Ethor".

Si elle est ici et moi ailleurs, très loin, comment pourraient-elles se réaliser les

paroles du Gardien ?

Et les mêmes questions revenaient, suivies des mêmes réponses : Aucune. Finalement, vers le petit matin, une idée lumineuse vient l'apaiser.

II se lève, traverse la cour et se dirige vers l'immense vignoble. Seul, l'air pur

de la colline lui apporte la sérénité et la paix. Il s'arrête près d'un pommier. Il s'assoit, les jambes croisées en tailleur, les yeux fixant le point de l'oeil subtil. Il appelle son Gardien.

- Très bien, mon enfant, tu as compris le message. Ne te fais aucun soucis.

Quand le temps sera venu elle sera près de toi. Tu lui donneras tout ton savoir et elle suivra tes traces. Ne parle de cela à personne, car personne ne peut te comprendre, de la famille. Laisse les événements suivre leurs cours et vis en paix Sa destinée est tracée et ce qui doit être sera.

Ethor reprend le chemin de la maison. Ses familiers sont levés et le regardent d'un air curieux. Il sourit à tous, souhaite le bonjour et se met à table, la petite fille sur les genoux.

- Tu sais, Rose, tu diras à France que cette petite fille est ma filleule. Même si

elle a déjà un parrain de baptême, aucune importance. Son parrain c'est moi. Et ne me demandez aucune explication, car je n'aurai aucune réponse à vous donner.

Pendant une semaine il savoure la présence de la petite fille, sa petite nièce-

maman.

II part, avec la promesse, à Rose et à Joseph, de revenir bientôt. C'est sûr qu'il reviendra ! Maintenant il sait pourquoi.

EPIL0GUE

J'ai terminé le récit des "aventures" d'Ethor. Ce que vous avez appris sera certainement utile à bon nombre d'entre vous et sera motif de moquerie pour certains autres, ceux qui, avec raison, auront considéré la valeur de ces aventures aux mêmes dimensions que celles de Tintin ou d'Alice au pays des merveilles, J'écris : "avec raison", car si les connaissances spirituelles de ces derniers n'ont pas dépassé les frontières de leur intellect, il serait incorrect de leur imposer, ou même seulement de leur proposer, d'autres appréciations. J'ai toujours su apprécier le mot : "liberté", surtout si derrière lui je voyais le mot:

"expression ". Le marchand de légumes étale sa marchandise à la vue du public. Parmi ses articles on trouve souvent des poireaux. Je sais que certains n'aiment pas les poireaux, mais, d'après les dires du marchand, jamais personne n'est venu lui dire de les jeter.

Ceux qui les aiment les achètent. Ceux qui se sentent dégoûtés à leur vue, passent et s'en vont. Les livres sont exposés en vitrine. Chacun est libre d'acheter le titre qui l'attire et de refuser les autres. Et si le contenu n'est pas à son goût, tant pis pour lui. Il lui reste le plaisir de l'offrir au premier passant rencontré dans la rue.

Cela s'appelle "liberté", et ce mot s'applique également à ceux qui proposent livres et articles divers par correspondance. Une lettre, une publicité ne signifient pas "obligation", mais proposition. La

liberté n'est entachée en rien. Celui qui "ressent" la bonne affaire commande, l'autre aura

un peu plus de papier dans sa poubelle, et l'affaire s'arrête là. Enfin là.

, elle devrait s'arrêter

Il en est qui, tout en sachant qu'ils n'aiment pas les poireaux, ne résistent pas à leur belle couleur jaune-vert et les achètent quand-même. Chez eux, le paquet à la main, ruminent le regret, mais n'osent pas rendre les poireaux au marchand. Ils préfèrent prendre leur plus belle plume et écrire un tas de choses, parfois non trop délicates, au marchand qui, lui, évidemment, n'y est pour rien. Je dis à tous ceux, fort nombreux, qui aiment les poireaux ; "Achetez les poireaux, car ils sont très bons et font du bien à la santé". Et je dis à ceux, fort peu nombreux, qui n'aiment pas les poireaux : "N'achetez pas les poireaux, car vos intestins ne les supportent pas !" Tout ceci pour vous dire que certains, quatre ou cinq, m'ont écrit chacun une lettre, suite à la lecture du Chemin du Père et de Guérisseur, Source de Vie, en me disant :

« Monsieur, je ne croîs pas en la vie de "l'au-delà", je ne crois pas à votre Energie Universelle. Pourquoi donc écrivez-vous tous ces enfantillages ? » J'ai répondu à chacun d'eux, et je réponds ici et d'avance à ceux qui seront tentés de m'écrire après la lecture de cet ouvrage. Je ne suis pas marchand de poireaux et je ne cherche pas des poireaux. Si poireaux devait-il y être, j'en serais le premier et le plus grand, car je crois aux principes énoncés par Ethor. Je

crois en lui non pas parce qu'il m'a éberlué par une de ses conférences, mais parce que j'ai vérifié, constaté, éprouvé moi-même la véracité de ses dires. D'aucuns peuvent penser que je n'aime pas la critique. J'aime la critique, j'aime la discussion, j'ai un esprit très large, mais je refuse de suivre ceux qui veulent m'empêcher d'écrire ceci ou cela pour le simple fait qu'eux n'y croient pas. Si j'ai envie de croire en la victoire de l'équipe de Grabels sur le Paris S.G., je

me sens libre de le faire et de le crier sur les toits, tout comme crient sur les toits ceux qui croient en la victoire du Paris S.G. Faisons donc comme ces deux amis qui se rencontrent sur la Canebière :

- Eh, Jeannot, tu connais la différence entre la Chance et la Mort?

Oui que je la connais. Y en a pas. L'une et l'autre frappent quand elles veulent. - T'as raison, mais moi j'en connais une, de différence. La Chance peut frapper

-

partout et n'importe quand, la Mort frappe partout et n'importe quand.

- Toi aussi t'as raison, Dédé. Le plus fada c'est celui qui ne croit ni à l'une, ni à

l'autre.

Et les deux amis restent amis et s'en vont chacun par leur chemin. Presque tous vous pensez ; "Mais qu'est-ce que cela a à voir avec ce que nous venons de lire jusqui 'ici ? " Et vous avez raison, ça n'a rien à voir. Mais cela concerne peut-être ce qui va

suivre.

Et ce qui va suivre, je rechigne quelque peu à vous le dire, car cela engage davantage votre croyance en des choses invisibles qui ne se passent pas dans l'au-delà, mais bien ici et à n'importe quel moment. Vous savez déjà que quand un homme, ou une femme, se met sur le chemin de l'accomplissement personnel, de l'éveil de l'Esprit, le subconscient cherche par tous les moyens à l'en empêcher. Les enseignements du Chemin du Père vous en ont bien spécifié les raisons. Or, le subconscient ne représente pas la seule entrave à cette démarche, car il y a d'autres puissances qui ont pour but de freiner les élans des débutants. Ce sont les entités du bas astral, les entités que les églises ont appelés les

"démons".

Mais soyez sans crainte. Les démons ecclésiastiques sortant tout droit de l'enfer, avec leurs cornes et la fourche rougie au feu de chair humaine n'ont rien à voir avec les entités dont je désire vous entretenir. Vous connaissez les raisons pour lesquelles tous ces diables et leurs enfers ont été enfantés. Les tragédiens ont bien su y faire puisque pendant de longs siècles des millions d'être humains ont tremblé devant les uns et les autres. Les entités dont je vous parle ne sont autre que des "fantômes" d'êtres humains désincarnés et déchus, encadrés et manipulés par les entités astrales peuplant les lieux des dernières vibrations du Cercle astral : les élémentaux, Vous rappelez-vous ?

"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas".

Ne voyez-vous pas, sur la Terre, l'aimable brebis qui vous donne lait et laine sans rien vous demander en échange sinon un peu de protection contre les loups ? Ne voyez-vous pas, sur la Terre encore, l'ignoble scorpion qui vous donne son venin sans rien vous demander en échange sinon votre mort ?

Voyez-vous, maintenant, puisque ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pourquoi il existe sur le plan astral les Elémentals et les élémentaux ? Pouvez-vous en concevoir l'utilité des uns et le danger des autres ? Alors vous avez compris où je veux en venir. Pour mieux vous décrire le mode d'action des élémentaux, je vais vous donner un exemple vécu par moi-même et que je peux donc vous certifier. Certes, je ne vous oblige pas à me croire, mais cela m'importe peu, du moment que je sais que ce fait est réel puisque je l'ai de mes yeux vu. Au début, lorsque je faisais mes premiers pas sur le chemin de l'éveil, comme tous les débutants je cherchais par ci, par là les indices susceptibles de m'aider dans mes démarches. Les librairies étaient devenues ma salle de jeux préférée. Je cherchais sans relâche et bien souvent j'atteignais mon but, car les livres commençaient à s'amonceler sur toutes les tables de la maison. Je vous passe toutes les inepties que j'ai dû avaler pour me rendre compte, justement, que c'étaient des inepties. Mais parmi toutes ces oeuvres littéraires quelque chose, de temps en temps, méritait l'attention et le respect. Jusqu'au jour où, par hasard (auquel je ne crois pas tellement) ou par impulsion de l'Ame, je faisais une rencontre extraordinaire.

Chez un bouquiniste d'une rue piétonne, alors que je feuilletais un vieux livre d'un auteur dont le nom s'est effacé de ma mémoire, je ressens un regard fixé sur moi. Je me re­ tourne tout lentement pour ne pas faire comprendre à l'importun qu'il avait réussi son coup,

celui de m'obliger à me retourner, chose celle-là que je connaissais depuis longtemps et dont je me servais, plus jeune, pour la conquête des jeunes-filles. Un vieux monsieur, large chapeau sur la tête, cheveux blancs tombant sur les épaules, longue barbe blanche, me faisait face, un large sourire aux lèvres. Je fais comme lui. Je le fixe dans les yeux, mais sans sourire.

- Jeune homme, prenez celui-ci.

Et il me tend un vieux livre tout fripé et jauni.

- Il est déjà payé. Donnez-y un coup d'oeil et dites-moi si

cela fait votre affaire. Je tourne quelques pages, je cherche la table des matières et je dis : "Oui, ça m'intéresse". L'homme n'était plus là, perdu dans la foule. Je regarde le bouquiniste.

- Le monsieur l'a déjà payé. Il est à vous.

Je m'en vais. Les pensées tortillent mes méninges. Arrivé à la maison, je me jette sur le livre comme un affamé sur le pain de l'aumône. Auteur italien, traduit en français en 1884. Merveille des merveilles ! Voilà ce que je cherchais ! Et pendant des soirées entières (la télévision n'était pas dans chaque foyer), je dévorais littéralement le nectar de ces pages. Jusqu'à ce qu'une nuit le drame vienne mettre fin à mon appétit. Comme d'habitude, à lecture terminée, je place le livre sur la table de nuit et je m'abandonne au sommeil. Quand, je ne sais pas, l'heure non plus. Je me réveille en sursaut, je m'assois sur le lit et je vois un être ressemblant à un nain de Blanche neige, mais tout noir, faire des signes étranges sur mon livre. Il me regarde avec un sourire chargé de sarcasme et il disparaît. Je n'ai même pas le temps d'avoir peur. J'allume la lumière, je regarde tout autour du lit, je vois le livre. Tout est à sa place.

Un rêve, comme tant d'autres. Et pourtant, non. J'en suis certain, je n'ai pas rêvé, j'étais bien réveillé. J'oublie tout et je me rendors.

Les rayons du soleil qui passent à travers les persiennes m'obligent à me lever.

Encore un peu assoupi, je me dirige vers la salle de bains, mais la pensée désormais fixée sur l'événement de la nuit me tournille dans la tête sans relâche.

Finalement, en reprenant mes occupations, je retrouve un peu de paix et je finis même par oublier ce fait étrange. Jusqu'au soir. Au moment de reprendre le livre pour en poursuivre la lecture, une sensation de gêne, de recul, me pousse à m'abstenir. Comme si ce livre contenait du poison.

Pensant aux effets de la fatigue, je me mets au lit et je m'endors sans autre préoccupation. Le lendemain soir les mêmes effets se représentent. Encore une fois je m'efforce de ne pas y prêter attention, mais mes sourcils commencent à se froncer exprimant les signes d'une préoccupation naissante. Le matin suivant je prends le temps nécessaire pour élucider le problème. Je trouve anormal ce changement qui s'opère en moi. Je prends le livre, je le serre entre mes mains quelques secondes, je l'ouvre et commence à lire. Un désir incontrôlable remonte du plus profond de moi-même. Le jeter, le brûler, m'en défaire au plus vite !

Dix minutes plus tard un feu bleuté consumait les pages de ce livre qui m'avait

apporté un si grand et si bref bonheur. Mon ignorance m'aida, avec le temps, à oublier le fait mystérieux, le livre, le rêve éveillé et aussi le diablotin de Blanche neige. Tout est bien, même les mauvaises choses, quand elles n'arrivent qu'une fois. Deux ans plus tard, toujours à la recherche de la méthode miracle pour parvenir à mes fins, je trouve un livre exceptionnel traitant de Yoga : "Yoga et Vie" d'un auteur allemand. Très bien écrit, les directives des exercices sont d'une clarté sans détours. Je me mets à l'oeuvre bien décidé à parvenir à cette fameuse "montée de Kundalini", ce serpent, ce feu qui brûle, toujours vivant, dans les méandres du chakra de base. Pendant six mois je suis à la lettre les enseignements de ce grand Maître. Les résultats sont tangibles. Je me sens entièrement transformé. Mince, sportif, agile, je sens circuler en moi une énergie telle que même les dieux des Olympes auraient pu m'envier.

Et voici venu le grand jour. Un exercice particulier doit maintenant ouvrir la porte à dame Kundalini. Je m'y applique de toute ma bonne volonté, jointe à une petite crainte, peur même, car l'auteur dit que si l'exercice est mal fait, Kundalini peut aller brûler certaines cellules du cerveau. Chose, celle-là, qui n'est pas pour m'induire à la jubilation extrême. Suivant parfaitement les indications, je mets en pratique les diverses postures, je règle la respiration, je visualise l'énergie sacrée et je l'accompagne de ma Pensée tout au long de sa montée dans ma colonne vertébrale. Tout se passe à merveille. L'exercice terminé, je sens en moi une chaleur agréable me donnant une impression de bien-être, d'euphorie II ne me reste plus qu'à attendre les résultats qui doivent intervenir dans les

trois jours.

Le soir, fier de moi, un léger sourire aux lèvres, dû au bien-être du feu intérieur, je m'abandonne au sommeil réparateur.

Un tressaillement subit me sort du sommeil. Là, près de mon lit, un nain grossier, noir, bossu, sautille comme un enfant, fait un geste étrange en ma direction et disparaît dans le néant. Cette fois c'en est de trop. Mes efforts ne me permettent pas d'oublier et le sommeil s'en est allé avec le nain. Mais une douleur atroce m'oblige à porter mes mains derrière, au niveau des lombaires. Je veux me lever. Pas moyen, je suis bloqué sur place, les jambes ne m'obéissent plus. Médecin, radios, hôpital. Huit jours de repos forcé agrémenté par quinze perforations fessières opérées, heureusement, par une blondinette au sourire éclatant et aux mains douces comme le velours de Cadix. La vie reprend son cours et les exercices de yoga restent au placard en compagnie du livre qui les prodigue.

Le temps s'envole et me fait oublier, peu à peu, le désir des recherches des domaines inconnus. Jusqu'à ce que "Au hasard d'une randonnée dans le massif des Maures, en Provence, j'eus le plaisir de faire la connaissance d'un homme à l'apparence calme, posée, et dégageant un flux magnétique extraordinaire (voir Le chemin du Père, page 19). Mon instruction était assurée et mon avancement vers l'éveil tant souhaité prenait enfin une tournure concrète. J'ai parlé à Ethor de tous ces mystères, de ces diable-teaux et de ces événements

étranges.

Je n'ai fait qu'attiser un petit sourire compatissant, mais également les réponses que

j'attendais.

Et c'est ce que je vous ai expliqué au sujet de ces entités astrales qui n'ont rien d'autre à faire que de contrarier l'avancement spirituel des êtres humains désirant s'engager sur le chemin de la Lumière. Cela est très bien, maïs comme il n'existe pas de problème sans solution, ainsi il n'existe également pas d'attaque sans parade. Ethor m'a donc livré l'un des moyens secrets qui permettent de repousser les attaques des diablotins. Secret que je vais vous confier. Vous savez que je ne suis pas particulièrement attiré par les églises et bien moins par leur assortiment d'images et de médailles que les bons pères considèrent nécessaires à la sauvegarde de l'âme et à la conquête du Paradis. Ils ne disent pas, par contre, que tout cet attirail sert plutôt à l'enrichissement du temple et qu'ils sont devenus, grâce à cela, des vrais présidents-directeurs-généraux d'entreprises grandement commerciales. Pourtant il en est une qui, bien entendu, est largement commercialisée par toutes les boutiques à tendance religieuse, mais qui, en principe, ne le devrait pas. Cette médaille un peu particulière est un legs laissé par un moine italien qui vécut entre 480 et 547 après J.C. En ces temps-là, l'attirail religieux n'existait pas encore, tel qu'il se présente de nos

jours.

Ce moine était un chercheur acharné et, visité lui-aussi par ces fameux diablotins, il découvrit le moyen de les mettre en fuite. Ce moyen était matérialisé par un pantacle. C'est ainsi qu'est née la "Médaille de Saint Benoît", fondateur de l'Ordre Bénédictin. Aucun autre moine, ou prêtre ou ecclésiastique d'aucune sorte n'a autorité pour la consécration et la bénédiction de cette médaille en dehors des moines bénédictins.

Et pourtant le curé de votre paroisse en bénit des centaines par an d'un signe négligent de la main, ne pensant même pas qu'il vous laisse entre les mains un simple morceau de métal bien poli et nickelé, sans autre pouvoir que celui que vous êtes capable de lui attribuer. Mais l'utilisation première de ce pantacle ne comportait nullement la bénédiction d'un moine, fusse-t-il bénédictin. Cela est venu bien plus tard; quand l'un des Papes a généralisé la bénédiction en autorisant tous les prêtres à la pratiquer pour tout et pour rien. Des documents ont été retrouvés par lesquels Père Benoît explique l'utilisation parfaite de son pantacle qui était alors en bois gravé, mais qui peut être préparé en n'importe quelle matière si les signes qui le composent sont respectés. Un rituel spécial est à effectuer sur le pantacle dès sa confection ou sa fabrication

terminée.

Je ne vous parlerai pas de ce rituel, car il comporte des opérations hors de portée des non initiés. Ce qui peut vous intéresser, c'est la possession du pantacle et le rituel de personnalisation qui est indispensable pour qu'il devienne agissant en toute occasion. Car, non seulement vous pourrez vous en servir pour éloigner larves astrales et diableteaux, le cas échéant, maïs également comme pantacle protecteur contre toute pensée, parole, action négative dirigée contre vous, d'où qu'elle vienne. Père Benoît n'a pas utilisé la croix catholique pour son pantacle, mais la croix carrée, à quatre branches égales. Cette croix est un symbole qui date de la nuit des temps, des Atlantes, certainement, et qui indique bien les quatre puissances de la Nature (éléments) : Feu, Air, Eau et Terre, qui donnent naissance; au point de leur rencontre, au centre, à l'Ether, l'Energie Universelle, mais qui prennent également naissance de lui, puisque du centre il se dégage vers les quatre directions. Il y a donc un va-et-vient continu qui produit des vibrations, les vibrations subtiles de l'Energie Cosmique. Le pantacle de Père Benoît est donc ainsi :

D'un côté, son effigie qui a été imposée après sa mort par les moines, ses successeurs, car à l'origine cette face comportait tout simplement un triangle la pointe vers le haut et un petit cercle au milieu représentant l'oeil de Dieu. De l'autre côté est gravée la croix carrée chargée des lettres initiales d'une formule d'exorcisme. Ces lettres font également le tour de la croix et terminent l'exorcisme. Aucun curé, aucun moine ne vous donne la formule complète, ce qui empêche l'utilisation concrète du pantacle, car le pantacle est un symbole, mais la parole le rend vivant.

Vous serez tes rares adeptes de la connaissance à posséder cette formule et vous vous en servirez avantageusement pour votre défense et votre paix. Les lettres gravées sur le pantacle sont les suivantes :

a) - sur la croix : de haut en bas : CS.S.M.L de gauche à droite : N.D.S.M.D.

b) - autour de la croix en partant du haut à droite :

V.R.S-N.S.M.V. -S.M.Q.L-l.V.R-

Voici la formule en clair :

Qui signifie :

CRUX SANCTA SIT MIHI LUX

NON DRACO SIT MIHI DUX

CHEF

SAINTE CROIX SOIS MA LUMIERE QUE LE DRAGON NE SOIT PAS MON

VADE RETRO SATANA

NUNQUAM SUADE MIHI VANA SUNT MALA QUAE LIBAS IPSE VENENA BIBAS.

EN ARRIERE SATAN

INUTILE DE ME PERSUADER CE N'EST QUE LE MAL QUE TU DONNES BOIS TOI-MEME TON VENIN.

Notez les initiales de chaque mot. Vous y trouverez les initiales gravées sur et autour de la Croix. Que faut-il faire pour activer le pantacle ? Il faut déjà être en sa possession et, si vous voulez vous contenter de la médaille que vous pouvez trouver dans chaque boutique religieuse, à vous d'aller en faire l'acquisition et d'effectuer ensuite le petit rituel que je vous donne aux pages 153 et Toutefois, j'ai bien l'intention de trouver un fabricant susceptible de confectionner non pas la médaille, mais le vrai pantacle du Père Benoît, Je n'ai aucune intention de faire du commerce, mais je pense vraiment que cela pourrait vous rendre de grands services, car vous ne parviendrez pas à vous procurer ce pantacle, l'original ayant été substitué déjà depuis fort longtemps par la médaille des Pères Bénédictins. En outre, je penserai moi-même à effectuer le rituel spécial obligatoire après sa fabrication et avant qu'il vous soit livré. Il ne vous restera qu'à suivre, pour que le pantacle soit prêt à vous apporter ses bienfaits et son aide, mes indications ci- dessous. Tenez bien compte, cependant, de ce que mes directives n'ont absolument aucun rapport ni aucune référence avec ces moyens mystérieux utilisés par les mages, les sorciers et autres spécialistes des sciences dites occultes, avec lesquels je n'ai aucune affinité. Ce que je vais vous demander de faire, dérive des choses de la nature et aucune force occulte n'a de place dans ces opérations. Veuillez également ne pas me tenir rigueur pour l'appellation personnelle que je donne à Benoît : « Père » au lien de « Saint ». Je n'étais pas avec lui dans les années 500, ou pour !e moins je ne m'en rappelle aucunement, et je n'ai pas compté non plus ses réincarnations. Je ne peux donc pas savoir s'il était saint ou pas. L'Eglise nomme des milliers de saints pour la simple raison qu'elle pense que l'homme n'a qu'une seule vie à passer sur terre. Et ces saints lui rendent d'énormes services. Ainsi, Joseph est saint pour avoir été le père terrestre, et même pas légitime, de

Jésus.

Dominique est saint pour avoir fondé l'ordre des Dominicains, ceux-là mêmes qui ont rendu des fiers services à la papauté par leurs tortures, sévices et massacres en donnant naissance à la « sainte » inquisition. Enfin , Pie XII était également appelé « saint père » pour avoir été pape. Pourtant certaines méchantes langues disent que bientôt la lumière apportera des faits par lesquels on découvrira qu'il n'était pas si saint que ça. Mais cela n'est pas notre affaire. Que ceux qui croient aux saints ne tiennent pas compte de mes remarques et qu'ils continuent de les honorer et de leur adresser leurs prières, ci cela leur fait du bien.

De nombreux lecteurs m'ont fait part de leurs difficultés qu'ils attribuent à la malveillance de parents ou de voisins jaloux, haineux et bien souvent méchants.

Ce n'est pas à moi de croire ou de ne pas croire à cela, mais puisque je propose le pantacle du Père Benoît, je vais aussi proposer la manière de se dégager de ces vibrations néfastes avant, justement, d'utiliser les bienfaits du pantacle. Ceux qui se senitent yraiinent_«.mal dans leur peau » : Qu'ils se procurent un vase de terre cuite, un litre de vinaigre de vin rouge, 21 gousses d'ail et un paquet de gros sel marin. Vider le vinaigre dans le vase, ajouter un demi kilo de gros sel et les 21 gousses d'ail épluchées. Tourner avec le manche d'une cuillère en bois et placer le vase sous le lit à hauteur du plexus solaire du dormeur. Laisser pendant vingt-et-une nuits et vingt-et-un jours, sans toucher ni regarder. Le vingt-deuxième jour retirer le tout (toutes les « saletés » seront autour du vase avec le sel). Jeter le vinaigre, le sel et les gousses d'ail dans la cuvette des WC ou les enterrer dans le jardin. Casser le vase, le jeter aux immondices ou l'enterrer avec les produits II se peut que ces nuits, principalement les premières, soient quelque peu agitées, Cela est bon signe, l'opération réussit. Ceux qui ne sont pas certains de leur " propreté" :

Qu'ils agissent de même, mais pendant sept nuits et sept jours seulement avec sept gousses d'ail, un quart de litre de vinaigre et sept cuillerées à soupe de gros sel. Ceci fait, vous pouvez procéder à la personnalisation du pantacle :

Placez votre pantacle dans un verre rempli de gros sel marin et laissez-le deux heures, si possible exposé au soleil. Après ce laps de temps, prenez le pantacle, rincez-le abondamment sous l'eau froide du robinet et gardez-le dans la main droite. De la gauche tenez la formule d'exorcisme et placez-vous devant une bougie allumée. Fixez la flamme quelques minutes et lisez ensuite trois fois la formule, mais en

latin.

Ceci pour la seule raison que les lettres gravées sur le pantacle représentent les initiales des mots de la formule, ce qui n'est pas le cas pour la traduction française. Maintenant, vous pouvez porter le pantacle en pendentif ou le mettre dans une poche à portée de la main pour les cas urgents. N'éteignez pas la bougie. Laissez-la se consumer entièrement. Vous n'avez pas besoin de vous servir d'une bougie entière, qui durerait toute

une journée. Coupez-en deux ou trois centimètres et servez-vous de ce petit bout. Une petite bougie d'anniversaire peut également faire l'affaire. Portez sur vous, dans votre portefeuille, la formule en latin que vous pouvez écrire de votre main sur un petit bristol. Faites un essai : un matin que vous n'êtes pas en forme optimale ou que vous sentez l'angoisse vous perturber, serrez le pantacle dans la main droite, prenez la formule de la gauche et lisez-la trois fois. Vous ressentirez une certaine euphorie remettre votre moral au beau fixe. La nuit, placez votre pantacle derrière votre tête, suspendu au mur ou au lit. Il serait bien, pour vous, d'apprendre par coeur cette formule. Elle pourrait vous rendre service à maintes occasions urgentes. N'oubliez jamais que, quand vous vous en servez, vous devez répéter la formule d'une voix autoritaire, confiante, sûre. Vous, Esprit, vous êtes au dessus de ces misérables entités astrales. Vous êtes le Chef, vous commandez, vous ordonnez, vous imposez.

Aucune crainte ! Elles ne peuvent que vous obéir. Vous avez avec vous, sur vous, la CROIX DU POUVOIR ! Comme les chiens, ces entités n'attaquent que ceux qui font preuve de timidité, de faiblesse, de manque d'assurance. Le pantacle peut certes vous parer de toutes les méchancetés à venir, mais il ne peut vous « laver » des négativités et des larves déjà fixées sur votre corps astral depuis peut- être fort longtemps. C'est pour cette raison que vous devez auparavant effectuer le nettoyage par le vinaigre, le sel et l'ail. Cristal de quartz, pantacle, pendentifs divers en tout genre, n'allez pas décorer votre poitrine tels ces vendeurs de gris-gris sur les ports méditerranéens. Contentez-vous du juste nécessaire afin de ne pas ajouter du poids à votre corps physique, mais de soulager le fardeau karmique du corps astral. Les cristaux de quartz peuvent très bien être enveloppés dans du coton et placés dans une boîte en carton ou en bois (pas de métal) de telle sorte à être toujours prêts au moment de s'en servir. Seul le quartz chargé à l'intention du Guide personnel peut, le cas échéant, être placé dans le sac à main ou dans un petit sachet en coton tenu à la ceinture par une cordelette et replié à l'intérieur du pantalon. Le pantacle, si vous décidez de le porter en pendentif, veillez bien à le déposer au moment de prendre votre bain, car il ne faut absolument pas le mouiller. L'humidité de la transpiration, par contre, n'a aucune importance. S'il vous arrive de le mouiller, vous devez recommencer le petit rituel du début. S'il noircit, suite au captage des vibrations négatives, nettoyez-le de temps en temps avec du coton et un peu d'alcool. Certes, toutes ces choses ne semblent avoir de rapport avec l'avancement spirituel, notre but principal, mais il ne faut jamais oublier que nous vivons sur terre et que, par conséquent, certaines contrariétés peuvent venir altérer le bien-être de notre corps physique et de notre psychisme. C'est pour cela que certains moyens peuvent avantageusement être emplyés pour se parer d'éventuelles nuisances bien souvent inattendues. Rien n'empêche de vivre sur terre et de suivre le Chemin de l'éveil de l'Esprit. Rien n'empêche de suivre le Chemin de l'Esprit et de vivre sur terre, car c'est justement sur terre qu'il nous faut chercher et trouver ce Chemin. Le corps physique et l'Esprit sont « UN », unis par des liens subtils qu'il convient de reconnaître et entretenir. Si vous mettez en pratique, pas à pas, tous les enseignements, les préceptes exposés dans cet ouvrage, nul doute que vous parviendrez à ressentir en vous une nouvelle force susceptible de vous propulser harmonieusement vers les hauteurs de la Lumière de la Vraie Vie.

Ce n'est que par la connaissance que l'on peut vaincre l'angoisse, l'anxiété, la peur

de la vie.

C'est par la connaissance, et par elle seulement, que l'on parvient à vaincre la peur de la mort. La lecture de cet ouvrage vous a apporté la connaissance. Maintenant vous savez. A vous d'en tirer les conséquences afin que votre présent séjour terrestre ne soit plus une succession de peines, de souffrances et de hasards incontrôlables, mais une suite ininterrompue de joies, d'événements heureux, de jouissances parfaitement attendues, reconnues et contrôlées.

Et puis, tenez bien présent à l'esprit que tout ce que vous faites durant cette vie, non seulement peut conditionner votre séjour présent sur terre, mais conditionnera infailliblement votre prochain séjour dans l'au-delà et votre future réincarnation. Ceux qui agissent contre leur prochain, ceux qui sèment le mal, ici et maintenant, le font parce qu'ils ne songent pas, par ignorance, à la réalité des réincarnations. Vous, laissez-les faire sans omettre, le cas échéant, de leur prodiguer votre

lumière.

Le temps viendra, pour eux aussi et peut-être après de longues réincarnations, où la vérité paraîtra immanquablement à leurs yeux leur donnant à profusion, après d'immenses re­ grets, les joies de la certitude du chemin retrouvé. N'oubliez pas la Loi Cosmique de Compensation :

« Celui qui sème le bien récoltera le bien. Celui qui sème le mal récoltera le

mal.

Tout est là. Et ceci implique l'Amour pour toute la Création et pour toutes les

créatures.

Encore une fois je vous quitte, pas pour longtemps, je l'espère, en adressant à chacun de vous, et bien sincèrement, tous mes voeux de bonheur, d'amour, de réussite et de paix.

Achevé d'imprimer le 17 septembre 1996 sur les presses de Dominique Guéniot, imprimeur à Langres - Saints-Geosmes

Des hauteurs du petit village du Var où les nuits étoîlées engagent aux voyages vers la Lumière. Avril 1996

Dépôt légal : octobre 1996 - N° d'imprimeur: 2733