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ECRITURE D’UN SONNET

Rimes imposées choisies au hasard.


Ecriture collective.

Le Prince Charmant

Le maire a demandé // que je parte en voyage :


Pour mon grand désespoir // je ne suis pas gracieux,
Je suis l’intrus de ce village silencieux,
Dès le premier jour on m’appelait le « carnage ».

J’ai des boutons de gobelin sur le visage


Pourtant je juge mon sourire délicieux
J’ai tant d’honneur à porter ce dentier précieux
Je cache mon œil pourri sous un gros bandage.

Je sais, on me dit très souvent que je suis moche


Sous mes ongles de pieds j’ai de gros champignons
Et on m’a creusé le cerveau à coups de pioche.

Mes habits sont toujours couverts de grosses tâches,


Je ronfle le soir comme un volcan en fusion,
Mais quand j’enlève mon masque… J’ai du panache !

Les 5e C

Ce poème est un portrait comique. On peut prouver que c’est un portrait par la présence des
nombreux pronoms personnels de la première personne, et la dominante descriptive du poème
avec les verbes « être » et « avoir ».

La chute révèle qu’il s’agit d’un déguisement. C’est grâce à elle que l’on comprend que le
narrateur nous fait une petite blague.
Une chute est une phrase, un vers qui retourne le sens complet d’un texte, ou en délivre enfin
la clef. C’est une révélation qui change le sens complet de ce qu’on a lu auparavant.
En poésie, ce peut être aussi un vers qui tranche complètement avec le reste du poème :
Jacques Roubaud par exemple écrit son poème « le Maki Mococo» avec une chute : le dernier
vers ne comprend aucun son commun avec le reste du poème. Cela a un effet inattendu et
donc comique.

Allitérations en [r] et :[s] dominantes.

V. 1 et 2 le rythme très régulier permet de repérer les deux hémistiches (hémistiche : six
syllabes d’un alexandrin) et la césure (coupe forte entre deux hémistiches) marquée ici par //

En orange : une comparaison.

Champ lexical de la laideur : « boutons » « gobelin » « dentier » « pourri » « bandage »


« moche » « gros champignons » (mycose, et non champignons des bois), « tâches ».

« Carnage » : emploi métaphorique. Son visage ressemble à un carnage.


Sens littéral de carnage : Action de tuer, de mettre en pièces (d'une manière violente et
sanglante) une grande quantité d'animaux ou d'hommes; résultat de cette action. Horrible
carnage; champ(s), scène(s) de carnage. (Source : TLF)