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République algérienne démocratique et populaire.

Université Djillali Liabes


Faculté de Médecine
Département de Pharmacie

TP N°01
Dosage de la créatinine
plasmatique.

Réalisée par:
• GHERMI Mohamed.
• CHAREF KHODJA Meriem.
• TAHRI Mahmoud.
• BETTAYEB Mohamed Amine.

4 ème année pharmacie G05.

Année universitaire : 2008 / 2009


TP N 01 DOSAGE DE LA CREATININE PLASMATIQUE

I- Définition :
Créa vient du grec kreas qui veut dire chair. Une mesure de la créatinine donne des
informations sur deux points : la fonction rénale et la masse musculaire. La
créatinine est une molécule chimique générée par le métabolisme musculaire. La
créatinine est produite à partir de la créatine, une molécule de première
importance pour la production d'énergie dans les muscles. Environ 2 % de la
créatine du corps sont convertis chaque jour en créatinine. La créatinine est
transportée par le sang vers les reins.

Pour un sujet donné, le taux plasmatique et la quantité de créatinine éliminée


quotidiennement dans les urines constituent des paramètres biologiques
remarquablement fixes.

Pour ces raisons, la valeur de la clairance de la créatinine revêt une signification


séméiologique fondamentale lors de l'étude d'une insuffisance rénale. La clairance
de la créatinine est indépendante de la diurèse, elle mesure directement la
filtration glomérulaire.
Le taux plasmatique est indépendant de l'apport protéique alimentaire ; il reflète la
masse musculaire du sujet et son métabolisme propre.
L'élimination est exclusivement urinaire, et donc toute variation de la clairance
renseigne directement sur l'état fonctionnel du rein.

II- Métabolisme :
1- Rappel physiologique :
a- Origine métabolique :
La créatinine provient de la déshydratation de la créatine, elle même
présente dans le muscle strié où elle permet le stockage d'ATP sous forme
de créatine phosphate ou phosphagène par une réaction catalysée par la
créatine kinase (CK).

b- Comportement de la créatinine au niveau du néphron


La créatinine subit la filtration glomérulaire ; elle n'est par la suite ni
réabsorbée ni excrétée au niveau du tubule. Sa clairance mesure le volume
du filtrat glomérulaire formé par seconde.
Clairance = 2 ml/seconde pour 1,73 m2 de surface corporelle (voir tables
des Dubois).

2- Formation de la créatine phosphate:


- Le phosphate de créatine est synthétisé dans les cellules à partir des
acides aminés.
- Dans sa structure on retrouve la molécule du glycocolle, dont l’Azote est
substitué par le noyau guanidinium de l’arginine et un méthyl provenant
de la méthionine.
- Le phosphate et la liaison riche en énergie provienne de l’ATP.

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3- Formation de la créatinine :
Le métabolisme de la créatine et donc celui de la créatinine peuvent être
résumés dans ce schéma explicatif.

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III- Méthodes d’explorations :


1- Détermination de la créatinine sanguine
Le sang total renferme de la créatine et de la créatinine. La créatine se trouve
surtout dans les globules rouges à des taux faibles, alors que la créatinine est
également répartie entre les globules et le plasma. La concentration en
créatinine totale du sang est remarquablement constante chez un sujet
donné, en fonction de sa masse musculaire. Elle ne dépend ni du régime, ni de
l'exercice physique, ni même d'autres influences biologiques. C'est le
constituant sanguin dont le taux est le plus fixe. La créatinine sanguine ne
varie pratiquement que dans les lésions rénales.
Son taux varie, chez l'adulte, de 50 à 105 pmol/l.

2- Clairance
Elle établit le rapport entre la quantité de cette substance apportée par le
plasma au niveau du rein et la quantité de cette substance éliminée par le
rein.
C'est le coefficient d'épuration plasmatique ou nombre de ml de plasma
totalement épurés par le rein dans l'unité de temps. Ce volume théorique
s'exprime dans le cadre des unités SI en ml/seconde. Il est utile, pour
manipuler simplement les clairances, de retenir que 24 h correspondent à 1
440 minutes et 86 400 secondes.

C = U.V/P

C = clairance = volume de plasma totalement épuré.


U = concentration urinaire par litre.
P = concentration plasmatique par litre.
V = volume d'urines émises en une seconde (ou une minute).

Il suffit donc de doser la créatinine dans le plasma et dans l'urine, d'exprimer


les résultats dans la même unité, de connaître la diurèse (débit urinaire) par
seconde, pour calculer sa clairance. Il est essentiel au cours de l'épreuve (3 h
ou mieux 24 h) de mesurer exactement la diurèse et de faire boire
abondamment le sujet, afin d'avoir une diurèse supérieure à 1,5 1/24 h. La
valeur normale est de 2 ml/s.

De plus la formule C = U.V/P est valable pour le sujet adulte normal dont la
surface corporelle est voisine de 1,73 m2. Chez l'enfant et le nourrisson il faut
tenir compte de la surface corrigée Se :

Ce = C x 1,73/Se

La Se est obtenue grâce aux tables de Dubois qui permettent, en joignant par
une droite la taille et le poids, d'obtenir la surface corporelle recherchée à
l'intersection avec la ligne des surface corporelles.
Cette clairance correspond au débit de filtration glomérulaire DFG qui est un
des éléments essentiels dans l’étude de la fonction rénale.

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Sinon cette même DFG peut être calculé par la Formule de Cockcrott et
Gault (1976).
 Clairance de la créatinine = K x Poids (kg) x [140-âge(ans)] /
Créatinine(µmol/l)
K = 1,05 chez la femme
K = 1,25 chez l'homme

 Clairance créatinine (homme) = Poids (kg) x [140-âge (ans)] / Créatinine


(mg/l) x 7,2

 Clairance créatinine (femme) = 0,85 x Poids (kg) x [140-âge (ans)] /


Créatinine (mg/l) x 7,2.

 Conditions de l'utilisation de cette formule :


Age : entre 18 et 110 ans
Poids entre 35 et 120 kg
Sérum créatinine : 6 et 70 mg/l

IV- Méthodes de dosages :


Le sérum ou le plasma sanguin peuvent être utilisés indifféremment. Les
échantillons de sérum ou de plasma ou d'urines peuvent être conservés plusieurs
jours à l'abri de l'évaporation.

• Prélèvements :
- Sang veineux :
Matériel nécessaire :
Garrot, seringue et aiguille, désinfectant, coton, sparadrap, tubes avec ou
sans anticoagulant, gants.

Mode opératoire :
Le prélèvement se fait habituellement au pli du coude, on peut aussi le
réaliser en cas de problèmes sur la face dorsale de la main.
Prévoir tout d'abord les tubes nécessaires, mettre éventuellement
l'anticoagulant.
Se munir d'une seringue au volume correspondant aux analyses totales, en
comptant 5 ml par tube.
Garrotter le bras du patient, désinfecter la zone cutanée, décoincer une
première fois le piston de la seringue puis le remettre dans sa position
initiale.
Aboucher la seringue à l'aiguille et piquer la veine.
Tirer le piston, retirer tout d'abord l'aiguille, la jeter dans un récipient
destiné aux consommables jetables puis remplir les tubes en commençant
toujours par le tube sec, boucher immédiatement tous les tubes et remuer
soigneusement ceux contenant l'anticoagulant.

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Ne jamais remplir de tubes avec une seringue sur laquelle on a pas enlevé
l'aiguille (risque d'aérosols, d'éclaboussures et d'expulsion brutale de
l'aiguille).

- Urine :
Matériel nécessaire:
Un flacon pour analyse d'urine ou à défaut un récipient fermé propre et sec.
Mode opératoire :
Pour mesurer la clairance de la créatinine ou exprimer la protéinurie en
mg/jour, on pratique un prélèvement d'urine de 24 heures. Il est donc
préférable que le malade reste une journée et deux nuits à proximité du
laboratoire, ou qu'il effectue ce prélèvement chez lui, si on lui a bien
expliqué.
Le matin, faire uriner le malades dans les latrines. Il doit boire normalement
pendant l'épreuve.
Recueillir ensuite dans une grande jarre (minimum 3 litres) toutes les
urines de la journée, de la nuit et enfin celles du petit matin au réveil.
Boucher la jarre, puis l'agiter. Mesurer précisément le volume en ml grâce à
une éprouvette graduée en plastique de 2000 ml.
Procéder ensuite à un dosage de la créatinine urinaire.

Pour doser la créatinine, plusieurs méthodes ont été mises au point, parmi celles-
ci :

1- Méthodes enzymatiques :
a- Méthode enzymatique à lecture UV :

é
Créatinine > Créatine + ATP > Créatine(P) + ADP

é 

 
Phospho-énol-pyruvate + ADP > Pyruvate + ATP


Pyruvate + NADH.H+ > Lactate + NAD+.

La cinétique décroissante de disparition du NADH.H+ suivie à 340nm est


proportionnelle à la quantité de créatinine initiale présente.

b- Action d'une oxydase spécifique


Créatinine > Sarcosine + H2O2
é ! !

H2O2 + chromogène incolore > H2O + chromogène coloré


Rmrq:
 Chromogène incolore : 4-aminophénazone + acide 3-5 dichloro 2
hydroxybenzène sulfonique.
 Chromogène coloré : complexe quinone-imine rouge (absorbe à 520
nm).
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2- Méthode par réflectométrie :

C’est le cas des appareillages de chimie sur support solide.


Exemple : plaque « VITRAS » de dosage enzymatique de la créatinine sur une
plaque.
La plaque contient une série de couches afin de réaliser une cascade de
réactions enzymatiques. La créatinine est tout d’abord hydrolysée en
créatine :

é
Créatinine + H20 > créatine.

é
Créatine + H20 > sarcosine + Urée.
"#$%#$&

$
Sarcosine + 02 + H20 > glycine + formaldéhyde + H202
$'#

 $'#
H202 + leucodérivé > coloration proportionnelle à la
concentration en créatinine.

La créatine est alors hydrolysée en sarcosine, elle-même oxydée pour


produire du peroxyde d'hydrogène (eau oxygénée). L'eau oxygénée, en
présence de peroxydase, oxyde un leucodérivé qui se colore, et la vitesse de
coloration est alors mesurée en cinétique par réflectométrie. La vitesse de
réaction est proportionnelle à la concentration de créatinine présente dans le
sérum.

Rmrq :
Ces précédentes méthodes bien que très spécifique sont énormément
couteuses ce qui limite probablement leurs application générale dans le
laboratoire de biochimie.

3- Méthode colorimétrique cinétique de Jaffe :


Décrite pour la première fois en 1886, dans une solution alcaline, la
créatinine réagit avec le picrate pour former un produit jaune-rouge.

( )) !
Créatinine + acide picrique > complexe jaune-rouge

La vitesse de formation de colorant (intensité de la couleur) est directement


proportionnelle à la concentration de créatinine de l’échantillon. Elle est
déterminée par l’augmentation de l’absorbance à 512 nm.

Cette méthode a été minutieusement décrite pour ses avantages : simplicité


de détermination et faible coût des réactifs.
Le principal inconvénient de la méthode de Jaffé est son manque de
spécificité. Jusqu'à 20 % de la couleur générée lors des évaluations de sérum
ou de plasma peut provenir de substances endogènes autres que la

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créatinine, appelées chromogènes non créatinine. Les protéines, le glucose,


l'acide ascorbique, les céphalosporines et les α-céto-acides comme
l'acétoacétate et le pyruvate font partie de ces chromogènes non spécifiques
réagissant à la méthode de Jaffé. Selon leur concentration, ces composés
peuvent provoquer une surestimation de 18 à 20 µmol/L (0,2-0,4 mg/dL) de
la concentration de créatinine.
En même temps, l'augmentation de la concentration de bilirubine masque le
développement de la couleur, donnant des résultats de créatinine
erronément bas. Plusieurs médicaments couramment employés peuvent
également affecter les résultats de l'évaluation. Depuis sa première
application, de nombreuses modifications de la réaction de Jaffé ont été
décrites, concernant la composition du réactif ainsi que la procédure de
mesure.

Rmrq :
Plusieurs personnes ont affirmé que, ni la méthode de Jaffé, ni la méthode
enzymatique ne procure de résultats acceptables dans le contexte clinique.
Selon Thomas Hostetter, MD, MPH au National Kidney Disease Education
Program du National Institute of Health (USA) : “le rendu de résultats de
créatinine sérique peut varier de 30 % pour des laboratoires certifiés de
qualité”.
La connaissance de la méthodologie utilisée pour la mesure de la créatinine
est donc essentielle du fait que les interférences méthodologiques peuvent
altérer significativement les résultats et influencer ainsi les décisions
thérapeutiques.

V- Valeurs normales :
1- Créatininurie :
♂ : 1 à 1,8 g/24H. (9 - 16 mmoles/24H);
♀ : 0,8 à 1,2 g/24H. (7 – 10,5 mmoles/24H).

2- Créatininémie :
♂ : 6,8 à 13 mg/l. (60 – 115 µmoles/l);
♀ : 5,65 à 11,3 mg/l. (50 – 100 µmoles/l).
Enfant : 3,5 à 7,5 mg/l. (31 – 66 µmoles/l).
Nouveau née / Nourrisson : 2,3 à 5,6 mg/l. (20 – 50 µmoles/l).

3- Clairance de la créatinine :
≈ 120 ml /min / 1,73 m2.

Le sang des adultes et des jeunes particulièrement musclés peut contenir


davantage de créatinine que celui de la population moyenne. A l'opposé, le
sang des personnes âgées peut contenir moins de créatinine que la normale.
Une personne ne disposant que d'un rein peut présenter une créatinine
normale d'environ 160 µmol/L (1,8 mg/dL).

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VI- Application (TP) « Echantillon 92 » :


La méthode utilisée est celle de la coloration de Jaffe.
1- Préparation des réactifs :
• Acide picrique (17,5 mmol/l) :
MM= 229,1 g/mol.
V= 100 ml.
M= X.

X= 17,5 * 10-3 * 229,1 / 10.


X= 0,400925 g.

• NaOH (0,29 mol/l) :


MM= 40 g/mol.
V=100 ml.
M=Y.

Y= 0,29 * 40 /10.
Y=1,16 g.

2- Manipulation :

Solution de travail Echantillon Etalon


A 2ml 200µl
B 2ml 200µl

Pour chaque fois on mesure l’absorbance à 512nm à 30’’ puis à 90’’, la


concentration en créatinine est obtenue par l’équation suivante :

*+ ,-./+ ,-


C (échantillon) = [Etalon]
*+ ,)0!./+ ,)0!

DO à 30’’ DO à 90’’
A 0,506 0,536
B 0,524 0,582

0,582.0,524
C (échantillon) = [20]
0,536.0,524

C=38,66 mg/l

3- Interprétation des résultats :


La concentration obtenue (38,66 mg/l) est de loin supérieur des normes
usuelles comprises entre : 6,8 à 13 mg/l chez l’homme et 5,65 à 11,3 mg/l
chez la femme, cette hypercréatininémie peut être expliquée par plusieurs
processus pathologique dont essentiellement l’atteinte de la fonction rénale.

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4- Conduite à tenir devant une hypercréatininémie :


Dans ce chapitre nous nous limiterons à la découverte d’une insuffisance
rénale débutante.
a- Circonstance de découverte :
En-dehors de quelques complications bruyantes souvent trompeuses
(syndrome œdémateux ou élévation tensionnelle aigue orientant
souvent le malade vers le cardiologue) ou tardives (anémie, troubles
phosphocalciques), l’insuffisance rénale chronique se manifeste par
peu de symptômes cliniques. Ceci est particulièrement vrai pour
l’insuffisance rénale débutante dont le caractère asymptomatique,
indolent, sont volontiers considérés comme synonyme de « peu
grave », à la fois par les malades et les praticiens. C’est pourtant à ce
stade débutant que les possibilités thérapeutiques sont les plus
nombreuses et les plus efficaces pour influer sur le cours évolutif de la
néphropathie.

b- Diagnostique (+) de l’insuffisance rénale :


L’interprétation de la créatinine plasmatique reste un point important
du dépistage et du diagnostic de l’insuffisance rénale.
L’augmentation de la créatinine plasmatique n’est qu’un signe peu
sensible et tardif pour dépister une altération débutante de la fonction
rénale. En pratique, les valeurs “normales” de la créatinine
plasmatique ne définissent que la distribution gaussienne de la
créatinine plasmatique mesurée dans la population (moyenne ± 2 SD)
mais n’indiquent pas les seuils de valeurs définissant l’insuffisance
rénale. Pour sensibiliser l’évaluation de la fonction rénale a partir de la
créatinine plasmatique, il est recommande de recourir
systématiquement à la clairance estimée par la formule de Cockcroft
et Gault (COcr).

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Un autre avantage lié à la créatinine corrigée selon Cockcroft est que


les variations de la clairance estimée vont dans le même sens et sont
grossièrement corrélées aux variations de la filtration glomérulaire
(intérêt évolutif +++ pour le suivi de la fonction rénale chez une même
personne en l’absence de variation de la masse musculaire).
L’interprétation de la COcr est la suivante :

 Une COcr > 90 ml/min. correspond à une fonction rénale normale


 Une COcr < 60 ml/min. traduit une insuffisance rénale modérée.

L’interprétation d’une COcr comprise entre 90 et 60 ml/min. doit


prendre en compte les signes rénaux associés et l’âge :

Une COcr comprise entre 90 et 60 ml/min. associée à des signes


biologiques (protéinurie, hématurie), radiologiques ou histologiques
de néphropathie correspond à une insuffisance rénale débutante.

Une COcr comprise entre 90 et 60 ml/min. sans aucun autre signe de


néphropathie peut correspondre à une fonction rénale normale basse
ou à une néphropathie débutante. C’est l’évolution sous surveillance
qui tranchera entre les deux situations. Cette situation est
particulièrement fréquente chez les sujets âgés (influence ++ de l’âge
dans la formule de Cockcroft) et l’on parle volontiers de vieillissement
“physiologique” de la fonction rénale. Cette notion est cependant
erronée car la diminution de la filtration glomérulaire et de la
clairance selon Cockcroft n’est pas systématique avec l’âge (1/3 des
individus restent stables) et elle est habituellement associée à une
HTA et/ou un terrain athéromateux (néphropathie vasculaire a
minima probable).

c- Diagnostic différentiel IR chronique vs. Aiguë


Pour affirmer le caractère chronique d’une insuffisance rénale, il
existe 3 critères :
 Critère anamnéstique : antécédent de maladie rénale, dosages
élevés anciens de créatininémie
 Critère échographique : la taille des reins est diminuée au cours de
l’IRC : <10 cm à l’échographie (ou < 3 vertèbres sur un cliché
d’ASP).
 enfin critères biologiques : deux anomalies orientent vers une IRC:
Anémie normochrome normocytaire arégénérative (secondaire au
défaut de production d’érythropoïétine)
Hypocalcémie (carence en vitamine D active (calcitriol) par défaut
d’hydroxylation rénale).

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