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Vipère au Poing (Fiche de lecture)

Vipère au Poing (Fiche de lecture)

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Il s'agit dans ce document d'une description complète et détaillée du livre avec une analyse de base (niveau collège)
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Baptiste Doyen—Imbert En 4ème A Pour le 06/10/08

Professeur: M Gouzy

Fiche de lecture (Livre choisi: Vipère au Poing)

Partie A : Présentation

A1 : Le titre de l’œuvre est Vipère au Poing A2 : Le nom de l’auteur est Hervé Bazin A3 : L’édition du livre est Bernard Grasset A4 : La collection à laquelle l’ouvrage appartient est Le Livre de Poche A5 : Le Livre n’a pas été traduit ; il a donc était originalement écrit en français. A6 : Le livre contient 255 pages, l’histoire est répartie en 25 chapitres.

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Hervé Bazin est né le 17 avril 1911 à Angers, où il décèdera à l’âge de 85 ans. Vipère au Poing est son premier roman, largement autobiographique ; l’auteur s’est inspiré de sa propre mère pour façonner le personnage de Folcoche (Contraction de « Folle » et de « Cochonne »), mère du personnage principal, mère résolue à effacer toute joie et amour que pourrait recevoir ses trois fils et en particulier un (Jean Rezeau à qui on a attribué le sobriquet de Brasse-Bouillon). Elle lui voue avec ténacité et férocité un combat obstiné. Au sortir de l’enfance, Brasse-Bouillon, nous invite à ce choc, et quel place nous est réservé, une place de choix, c’est au travers du regard du personnage principal qu’on assiste au duel entre cette mère acerbe et un fils qui s’oppose farouchement à l’autorité maternelle. Le cadre du roman est le pays craonnais, région des pays de la Loire. Comme décrit précédemment, Vipère au poing est un roman autobiographique, la cadre choisi pour le roman correspond à celui de l’enfance de l’auteur. La majorité de l’histoire a lieu en la demeure de la famille Rezeau (famille du personnage principal), La Belle Angerie, déformation prétentieuse de « la Boulangerie ». Vaste domaine de plusieurs hectares, à l’origine était un fournil et fait aujourd’hui figure de manoir, la propriété est depuis deux siècles la fierté et l’honneur de la famille Rezeau. L’Histoire se passe dans l’entre-guerre, aux alentours des années vingt et trente. Ce roman c’est également la voix d’une nouvelle génération prête à faire changer la société. L’œuvre prend appui sur l’évolution personnelle du personnage principal, de l’enfance aux remous de l’adolescence. Ce n’est pas le même personnage que l’on à découvert au début et quitté à la fin. Avec cette évolution viennent opposition et affirmation de soi, parcours difficile sous le même toit d’une mère répressive et dominante. La structure schématique du roman repose sur trois parties distinctes. La première partie constitue à l’introduction du personnage de Folcoche, au début du roman Folcoche réside en Chine mais suite au décès de leur grand-mère, Brasse-Brouillon et ses frères (Ferdinand Rezeau dit Chiffe et Marcel Rezeau dit Cropette), Folcoche et Jacques Rezeau (son mari) sont alors tenus de rentrer pour s’occuper de La Belle Angerie. Le décès de la grand-mère marque le début du règne de Folcoche et fait prendre au récit une nouvelle tournure (élément déclencheur). Cette première partie peut être symbolisée par l’habitude de Folcoche, de planter sa fourchette en pleine chair de la main ; les quatre petites gouttelettes, perles de sang sont à mon sens la métaphore des victimes de cet odieux personnage, Brasse-Bouillon, ses deux frères et son père. La seconde partie est caractérisée par le ballet des différents précepteurs, le collège étant trop cher. Leurs journées sont marquées par des prières successives et les différentes messes, le comble du luxe et de la foi chez les Rezeau est de bien entendu disposer d’une chapelle à domicile, ouverte le jour du seigneur aux paysans, en signe de charité chrétienne. Cette seconde partie est le témoignage que Folcoche essaye de diviser ses enfants et achète Cropette : diviser pour mieux régner. La riposte se fait sentir, Brasse-Bouillon tente de dissimuler une tentative d’assassinat par une noyade dans l’Ommée (cours d’eau passant dans le domaine), ses frères et lui essaient d’empoisonner leur mère en augmentant sa dose de médicaments ; (suite à une infection au foie, Folcoche a été hospitalisé, période de répit reçue avec joie par toute la famille). Cette deuxième partie se termine par la fugue de Brasse-Brouillon, il quitte le pays craonnais pour demander justice auprès des parents de Folcoche, les Pluvignec vivant à Paris. Enfin la troisième partie est marquée par le départ de Brasse-Brouillon et de ses frères pour le collège. Folcoche a signé une traite de longue durée cette fois-ci, mais elle aura pour toujours marquée le cœur et l’esprit de ses enfants.

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Partie B : Résumé

La Belle Angerie, le chignon de grand-mère, les vingt-quatre prières diverses de la journée, les tartes aux prunes, les marronniers en fleurs ; l’ensemble paraît être harmonieux jusqu’au jour où la grand-mère de Jean et de Ferdinand décède, fin d’une période de paix. Les parents de Jean et de Ferdinand, suivi du cadet Marcel sont alors contraints de quitter la Chine et de revenir en France ; le cœur agité par le retour d’une mère alors inconnue, le bruit assourdissant des machines envahissant la gare, une maman c’est mieux qu’une grand-mère leur avait on dit, s’en suivirent deux gifles, magistrales, qui noyèrent à jamais tout sentiment d’affection ou d’attache, préambule d’un récit devenu drame. Paule met alors en place une nouvelle organisation, qu’elle veut sévère et stoïque. Elle fixe un ensemble de règles et impose un horaire épuisant à ses enfants, ces-derniers privés de tout confort sont assujettis au nettoyage du parc et à suivre l’enseignement du père Trubel, premier précepteur. Paule (surnommée Folcoche par Ferdinand) régente son entourage proche et instaure un climat de méfiance basé sur la négation absolue de la personnalité de chacun en commettant des atteintes tant physique que morale. Un sentiment de vengeance à l’égard de leur mère commence à paraître, Brasse-Bouillon (surnom donné à Jean) se révèle être celui le plus téméraire des trois. Le père lui, se tient en retrait de ce rapport conflictuel jusqu’au jour où Folcoche au terme d’une partie de chasse, exaspérée du bonheur des ses enfants, décide de mettre un terme à ce loisir, Jacques, le père, prend alors les rennes du premier mouvement d’insurrection anti-Folcoche, humiliée elle enferme ses trois fils pour les battre ; Brasse-Bouillon lui résiste, violemment réprimé par Folcoche qui ira jusqu'à l’épuisement. Première faille du régime, Folcoche est malade du foie et ce sont des VF gravés sur les arbres du domaine qui la saluent, vengeance à Folcoche, éternel sentiment de la Belle Angerie traduit par ces initiales qui la défie ; la défie de revenir semer son fléau. Eclaircie de bonheur dans la tempête, période de repos approuvée par l’ensemble de la famille. Folcoche va crever ! Folcoche va crever ! Folcoche va crever ! Entonne en cœur ses enfants, cette phrase résonne comme un chant libérateur de l’oppresseur, un chant d’allégresse entre les murs du manoir. Le « Cartel des gosses » (groupuscule séditieux établi par Brasse-Bouillon) forge l’opposition en prévision d’un éventuel retour de Folcoche ; le mouvement ancre ses principes dans l’adversité et le refus total de l’autorité maternelle. Il organise la résistance, rallie à sa cause le précepteur et le père. Folcoche revient. Ses efforts ubuesques de rétablir l’ordre comme autrefois échouent ; elle est contrainte de changer de stratégie. Elle met en place une nouvelle politique plus subtile, n’attaque plus de front et œuvre pour l’affaiblissement progressif de l’opposition. La réponse est sévère et sans appel, ses trois enfants, tentent à deux reprises d’assassiner leur mère. Brasse-Bouillon sera fouetté, refusant cette punition, il fugue dans la nuit en direction de Paris pour demander justice auprès de ses grands parents maternels. Il sera finalement ramené par son père. Suite à cette fugue, Folcoche tente d’envoyer Brasse-Bouillon en maison de correction. Celle-ci dissimule une importante somme d’argent dans sa chambre, Jean serait ainsi accusé du vol, ce qui le mènerait droit vers la maison de redressement. Mais il surprend sa mère et lui ramène finalement l’argent. Il lui propose de ne pas dévoiler la vérité à condition qu’elle le laisse, lui et ses frères aller au collège.

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Jean a enfin gagné, il puise sa force dans la détresse de sa mère. Folcoche est battue, la vipère étranglée. Partie C

Paule Pluvignec : Epouse de Jacques Rezeau. Ses enfants la surnomment Folcoche (Contraction créée par Ferdinand des mots « Folle » et « Cochonne »). Folcoche ne fait preuve d’aucune affection maternelle et mène une politique tyrannique sur ses enfants, en particulier à l’encontre de Brasse-Bouillon. Folcoche c’est le personnage d’une mère fragile dissimulée sous une autorité sévère et péremptoire. Elle donnera tout son temps et toute son énergie à la répréhension, à un tel point qu’elle finira par devenir gravement atteinte du foie, mais elle tiendra bon, par peur que ses enfants puissent peut-être lui échapper. Considérant ses enfants comme ennemis, elle encourage l’aversion qu’ils ont pour elle. Elle n’a pas su tisser des liens avec eux et brisent aussi parfois, ceux qu’ils peuvent avoir entre eux. Elle fait tout pour paraître forte et puissante, le subterfuge cessera bientôt. Brasse-Brouillon est le premier à la défier, il haie sa mère, il l’a provoque. Il sait sont mode de fonctionnement puisqu’il est celui qui lui ressemble le plus, ces deux personnages qui s’affrontent sont en réalité ceux qui s’apparentent le plus ; Brasse-Bouillon est alors en possession d’un outil puissant ; il devine, comprend les intentions de Folcoche, il l’a précède puisqu’à sa place il aurait agit pareillement. Jacques Rezeau : Contrairement à l’immonde personnage de Folcoche, l’auteur nous propose cette fois-ci un personnage pusillanime et couard, méprisant son rôle de père par lâcheté ou par peur. Dans le combat que se voue le restant de la famille il est spectateur et réagit uniquement quand il sent que son propre intérêt pourrait être menacé. Ce père se cacherait-il derrière le personnage autoritaire et écrasant de Folcoche pour dissimuler ses faiblesses, par manque de confiance en lui-même ou par abandon de son rôle de père. La raison de cette union entre ces deux opposés ? L’explication se trouve peut-être dans le livre, il est dit que Paule Pluvignec offrait à son acquéreur une dote s’élevant à trois cent mille franc or. Cette neutralité du père envers la situation a bénéficiée à ses trois enfants, ils ont joué de lui, BrasseBouillon a utilisé son père pour se défendre, se servant du prétexte de son statut de chef de famille pour se protéger. L’auteur par le personnage de ce père lâche et indolent n’essaierait-il d’équilibrer la balance avec Folcoche ; malheureusement c’est dans ce contexte familial bien singulier que Brasse-Bouillon, Cropette et Chiffe tentent de se bâtir une personnalité, une identité propre, entre une mère excessive et une timide apparence de paternité. Jean, Ferdinand et Marcel Rezeau dit Brasse-Bouillon, Chiffe et Cropette. Le roman converge plus spécialement sur le personnage de Brasse-Bouillon, le personnage se révèle plus fin, plus perfide que ses deux autres frères. Il est celui qui s’oppose le plus au régime de terreur de Folcoche. Il anime ses frères d’un sentiment de rébellion. Acteur de l’opposition, il mène de nombreuses actions pour nuire à sa mère. La réponse au système de Folcoche s’accentue d’années en années, on assiste même â la fin du roman à une passation de pouvoir entre Folcoche et Brasse-Bouillon, il devance sa mère, on peut dire qu’elle lui a

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transmis ce sentiment de domination ; baigné dans cette relation de rivalité, il calque en quelque sorte la relation qu’elle a entretenue avec lui, en inversant les rôles. Les deux autres frères partagent des relations analogues que celles de Brasse-Bouillon avec leur mère, leur relation quoique conflictuelle, génère néanmoins moins d’éclat, ce ne sont pas des personnalités de la même trempe qui s’affrontent à l’instar de Brasse-Bouillon et de Folcoche.

Partie D : Aprréciation

Vipère au Poing c’est le roman d’une mère hargneuse, un témoignage d’animosité envers ses enfants, une déclaration de haine. Un vent glacial souffle sur cette famille, la cause ? Une mère agressive, ivre de vengeance et de répression. Pour résister aux assauts du vent, ne pas plier sous les bourrasques de cruauté, ses trois enfants n’auront pour unique choix que de prendre racine dans l’opposition et la rébellion. L’auteur engage le lecteur dès le début du roman à une réflexion particulière, portée sur le titre de l’œuvre, en particulier sur la signification exacte de cette vipère et du poing. Il est suggéré un parallèle, entre Folcoche et la vipère, le poing serait celui de son fils Jean, ce poing c’est le plus tenace de tous, celui qui osera le plus se lever, celui dont la vigueur fait pâlir l’ennemi. Cette rencontre entre cette vipère et ce poing est représentée au début du roman par un évènement un peu singulier ; au hasard d’une promenade dans le domaine, Jean découvre une vipère qu’il saisit durant son sommeil et finit par l’étouffer. Cette vipère peut être également symbolisée par l’aversion et l’acerbité que cette mère entretient avec ses enfants ; Jean lui est supérieur, il l’étouffe, étrangle de vengeance cette haine comme il le fit avec la vipère, de ce vécu nait une rage féroce prenant des apparences de trophée, qu’il agite et revendique fièrement. Ce paysage familial de désolation, d’une enfance en ruine de bonheur, se révèle être finalement le point de départ d’une course, un pari lancé sur la vie, l’énergumène de Brasse-Bouillon se trouve être un farouche participant ; différent des autres, certes parce que lui, il avance vipère au poing. Le lecteur peut-être amené à s’interroger sur la véritable nature de cette tension, tissée au fil des années, persévérance sur le chemin du conflit et de la haine, de cette mère qui destine ses enfants à une lutte sans fin. Le roman à aucun moment ne suggère la moindre explication et les protagonistes ne semblent pas s’interroger, aussi le lecteur peut se voir proposer différentes explications, chacune d’elles empreintes d’une expérience personnelle ou d’un soulagement de ne pas y avoir été confrontée. Ce venin de vipère qui coule dans les veines de ses enfants, se diffusera-t-il comme un poison en eux, une substance dangereuse prenant possession de leur être, même le plus intime, ou au contraire bardé d’un sentiment de vengeance, ce poison leur procurera rage et force pour avancer dans la vie ? Enfin, ce roman s’adresse plus particulièrement à de jeunes gens ; le lecteur masculin peut néanmoins plus s’approprier l’histoire sur le plan du passage de l’enfant au jeune adulte. Le lecteur, témoin de ce Monstre maternel peut s’agripper à l’histoire, sans jamais pouvoir intervenir, ni agir sous le poids de la frustration qu’il sucite.

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