STÉPHANE GSELL

MEMBRE DE L’INSTITUT PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE

HISTOIRE ANCIENNE
DE

L’AFRIQUE DU NORD
TOME I
LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE LES TEMPS PRIMITIFS LA COLONISATION PHÉNICIENNE ET L’EMPIRE DE CARTHAGE

PARIS
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79

LIBRAIRIE HACHETTE

1, rue du Puy Griou. 15000 AURILLAC. spenatto@club-internet.fr D’autres livres peuvent être consultés ou téléchargés sur le site :

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HISTOIRE ANCIENNE
DE

L’AFRIQUE DU NORD
LIVRE PREMIER
LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE

CHAPITRE PREMIER
LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD
I La contrée dont nous nous proposons d’étudier l’histoire ancienne, jusqu’à la conquête arabe, s’étend, au Nord, entre le détroit de Gibraltar et l’extrémité Nord-Est de la Tunisie; au Sud, entre l’Anti-Atlas et le golfe de Gabés. Nous adoptons pour la désigner le terme conventionnel d’Afrique du Nord; on a aussi nommée Berbérie, Afrique Mineure. Nous y joindrons, comme une sorte d’annexe, le littoral du fond des Syrtes: dans l’antiquité, cette lisière du Sahara a été rattachée à l’État carthaginois, puis à l’Afrique romaine. Vaste quadrilatère, baigné par la mer à l’Ouest, au Nord et à l’Est, bordé par le désert au Midi, l’Afrique du Nord est isolée

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comme une île : les Arabes ont pu l’appeler l’Île de l’Occident(1). Mais cet isolement fait seul son unité. Elle est composée d’un grand nombre de régions disparates(2). II Celle qu’on nomme le Rif, et qui est encore fort mal connue, s’étend au Nord du Maroc actuel, opposant à la Méditerranée un front escarpé. A l’intérieur, se succèdent, à des intervalles rapprochés, des plis parallèles au rivage ; dans la partie NordOuest du pays, ils se recourbent vers le Nord, constituant avec les montagnes de l’Espagne méridionale un grand hémicycle, que le fossé de Gibraltar a coupé brusquement et qui marque la bordure d’un massif ancien, effondré dans la Méditerranée. La disposition du relief empêche la formation de rivières importantes. Mais, grâce au voisinage de la mer et il l’existence de montagnes élevées, les pluies sont abondantes; les vallées, courtes et étroites, qui sillonnent cette région tourmentée et d’accès malaisé, se prêtent il, l’arboriculture, à l’élevage et, par endroits, à la culture des céréales ; elles peuvent nourrir une forte population, capable de défendre son indépendance. A l’Est du Rif, débouche la Moulouia, qui, du moins dans

____________________ (1) Djezirat ci Maghrith. (2) Il n’a pas été écrit d’ouvrage général sur la géographie de l’Afrique du Nord depuis Élisée Reclus (Nouvelle Géographie universelle, tome XI, 1880). — Pour le Maroc, voir surtout Schnell, L’Atlas marocain, traduction Bernard (1808) ;Th. Fisher, Mitelmeer Bilder, I, p, 358 et suiv.; L. Gentil, le Maroc physique (1912) ; A. Bernard, le Maroc (1912), p. 11-34. — Pour l’Algérie, Bernard et Ficheur, Les Régions naturelles de l’Algérie, dans les Annales de Géographie, XI, 1902, p, 221-240, 330-367, 419-437. — Pour la Tunisie, Pervinquière, La Tunisie centrale, dans les Annales de Géographie, IX, 1900, p. 434-455 ; le même, Étude géologique de la Tunisie centrale (1913) ; le même, Le Sud tunisien, dans la Revue de Géographie, III, 1909, p. 393-410 ; Ph. Thomas, Essai d’une description géologique de la Tunisie, première partie, Aperçu sur la géographie physique (1907). — Pour la Tripolitaine, Méhier de Mathuisieulx, dans les Nouvelles Archives des missions, XII, 1904, p, 48-59, et dans les Publications de l’Association historique de l’Afrique du Nord, V, 1906, p. 47-81.

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son cours inférieur, a marqué pendant des siècles une limite entre des royaumes indigènes, puis des provinces romaines. Au Sud, une longue dépression(1), orientée de l’Est à l’Ouest, établit une communication facile entre l’Algérie et la côte de l’Atlantique. En suivant un affluent de gauche de la Moulouia, on arrive par Taza à un affluent de droite de l’oued Sebou, fleuve qui se jette dans l’Océan. Ce fut probablement par cette voie naturelle que passa la frontière militaire des Romains dans la Maurétanie Tingitane. Le reste du Maroc a pour épine dorsale le Haut-Atlas. Cette chaîne commence au-dessus de l’Océan, au cap Ghir, et, se dirigeant du Sud-Ouest au Nord-Est, forme une énorme muraille compacte, dont les sommets atteignent 4500 mètres et où les cols sont élevés et difficiles. Ce n’est qu’au Sud de la haute vallée de la Moulouia qu’elle s’abaisse et se morcelle, ouvrant des passages qui permettent d’atteindre sans peine les oasis sahariennes de l’oued Ziz et de l’oued Guir. Sur une grande, partie de son parcours, le Haut-Allas est flanqué, au Nord-Est, par les plissements parallèles du MoyenAtlas, au Sud-Ouest, par la chaîne de l’Anti-Atlas, rattachée au Haut-Atlas par l’énorme volcan éteint du Siroua. Au Nord et au Nord-Ouest du Haut et du Moyen-Atlas, s’étend, à partir du littoral, une région d’architecture tabulaire, que l’on a proposé d’appeler soit le plateau subatlantique, soit la meseta marocaine (parce qu’elle offre la même structure que la meseta ibérique, plateau central espagnol). Une longue falaise la divise en deux terrasses superposées, la première d’une altitude moyenne de 150 mètres, la seconde de 500 mètres, coupées par les lits profonds de quelques rivières qui se dirigent vers l’Océan, en s’écartant comme les branches d’un éventail. Étroites au Sud-Ouest, ces terrasses s’élargissent ensuite ;
____________________ (1) Qui fut un détroit à l’époque miocène, comme l’a montré M. Gentil.

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elles disparaissent au Nord pour faire place à la plaine d’alluvions de l’oued Sebou, entourée d’un pays de collines et de mamelons. Le long des côtes et sur une profondeur moyenne de 70 kilomètres, cette région est en général suffisamment arrosée par des pluies qu’amènent les vents d’Ouest. Il y a là d’excellentes terres, surtout les sols noirs auxquels on a donné le nom indigène de tirs et dont l’origine est encore très discutée. Cette partie du Maroc, dépourvue d’arbres, est, sur de vastes espaces, très propice à la culture des céréales ; elle offre aussi de riches pâturages au gros bétail; chevaux et bœufs. Mais les sources y sont très rares et l’on doit s’y procurer l’eau potable en creusant des puits profonds, ou en établissant des réservoirs. En arrière, s allonge une zone de steppes, dont la stérilité a pour cause la rareté des pluies, bien plus que la nature du sol. L’irrigation y est difficile à cause de la hauteur des berges des fleuves. On y élève des troupeaux qui, pendant l’été, doivent transhumer. Enfin, à une altitude moyenne de 600 mètres, au pied même des montagnes, qui attirent les pluies et dont les neiges gardent des réserves d’eau jusque vers la fin du printemps, de nombreuses sources peuvent servir à des irrigations et faire prospérer de magnifiques vergers. Des ceintures de jardins entourent les villes et les villages qui ont pris naissance dans, cette région élevée, au climat tempéré et salubre. Le; Haut et le Moyen-Atlas forment des écrans qui arrêtent le, nuages chargés d’humidité. Au delà de ces montagnes, la vie n’est possible que le long des rivières qui en sortent et dont l’eau sert à arroser des cultures. Du côté de l’Atlantique, entre le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas, l’oued Sous parcourt, sur environ 200 kilomètres, une plaine étroite, très encaissée. C’est un désert en dehors de la bande

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de jardins qui accompagne la rivière, entièrement utilisée pour les irrigations. L’oued Ziz, l’oued Guir et d’autres cours d’eau qui les rejoignent naissent sur le versant méridional du massif atlantique et vont alimenter, en plein Sahara, des chapelets d’oasis, dont les plus belles sont celles du Tafilelt. Plus à l’Ouest, l’oued Draa, d’abord à peu près parallèle à ces rivières, tourne ensuite brusquement vers le couchant et son sillon se prolonge jusqu’à l’Océan, à travers le désert. Des oasis bordent les rivières qui le forment et celles qui, sortant de l’Anti-Atlas, cherchent à le rejoindre. Au delà même du coude qu’il décrit, l’oued Draa garde quelque humidité souterraine, et de maigres cultures sont possibles dans son large lit. III L’Algérie comprend dans toute sa longueur une zone centrale de grandes plaines, situées à une altitude élevée, et, au Midi et au Nord, deux zones fort accidentées. Au Sud, c’est la série de montagnes, orientées du Sud-Ouest au Nord-Est, qui constituent l’Atlas saharien. Au Nord, s’étend, sur une largeur moyenne de cent kilomètres, le Tell, dont le nom se rattache à un mot arabe signifiant colline, plutôt qu’au mot latin tellus, terre cultivable. Le Tell est hérissé de chaînes confuses de différents âges, dirigées le plus souvent du Sud-Ouest au Nord-Est dans la partie occidentale de cette contrée, de l’Ouest à l’Est dans la partie orientale, jusque vers Bône, où une séparation assez nette est marquée par la plaine basse de la Seybouse. Il est fort difficile de débrouiller le chaos des montagnes du Tell(1).
____________________ (1) « Le Tell n’a pas d’unité orogénique. C’est un habit d’Arlequin » ; Gautier, Annales de Géographie, XX, 1911, p. 300.

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MM. Bernard et Ficheur l’ont tenté dans un mémoire(1) que nous avons beaucoup mis à contribution pour tracer cette rapide esquisse de l’Algérie. Le littoral est bordé par les débris, épars çà et là, d’un massif ancien, fait de gneiss et de schistes, contre lequel s’est dressée au Sud une chaîne calcaire. Le massif, qui couvrait une partie de l’espace occupé aujourd’hui par la Méditerranée, a été presque entièrement englouti. Le golfe de Bougie est une fosse creusée par cet effondrement, qui eut lieu à l’époque pliocène et fut accompagné de phénomènes volcaniques sur les bords de la fracture (2). Entre les restes de ce massif, dans le voisinage immédiat de la mer, s’insèrent quelques plaines basses, très étendues, mais dont les anciens n’ont pas pu tirer grand parti. Celle qui s’allonge au Sud-Ouest et au Sud d’Oran, et qu’encombre une cuvette sans écoulement, est rendue stérile par la salure des terres ; ce sel, arraché à des gisements situés sur le rebord de la plaine, est charrié par les eaux et vient s’amasser dans le lac. Plus à l’Est, deux rivières importantes, le Sig et l’Habra, se réunissent et forment, dans la plaine de la Macta, des marécages que les alluvions comblent peu à peu. Dans l’antiquité, le sol humide devait être presque partout impropre à la culture. On ne trouve guère de ruines que sur la lisière méridionale de ces deux plaines, le long d’une voie qui parait avoir marqué, pendant plus d’un siècle et demi, la frontière militaire de l’Empire romain. En arrière d’Alger, la Mitidja, que la colonisation française a rendue si prospère, fut jadis un golfe, puis un lac, qu’un bourrelet de collines séparait de lamer et que les apports des rivières qui viennent du Sud ont lentement comblé : l’écoulement des eaux y est encore imparfait. Le centre de la plaine
____________________ (1) Voir plus haut, p. 2, n. 2. (2) Bernard et Ficheur, l. c., p. 222. — Au Sud-Ouest d’Oran, la région d’Aïn Temouchent présente des vestiges de volcans, dont les cônes détruits et les coulées ont formé des terres noires, très fertiles, exploitées déjà dans l’antiquité.

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était probablement marécageux aux premiers siècles de notre ère. Des ruines romaines ne se rencontrent que sur les bords, de la Mitidja, au pied des montagnes qui l’enserrent de tous les côtés. A l’extrémité orientale de l’Algérie, une autre grande plaine s’étend près de la Méditerranée, derrière Bône. Elle, est aussi occupée en partie par des marécages. Parmi les pays montagneux qui bordent les côtes, le Dahra, limité au Sud par la vallée du Chélif, offre des plateaux dénudés, favorables à la culture des céréales, pourvus de sources abondantes, et des chaînes encadrant plusieurs vallées, dont les parties les plus fertiles ont été exploitées par les anciens. A l’Est du Dahra, la région schisteuse de Miliana est très ravinée et en général stérile, avec de maigres pâturages dans les clairières des forêts et quelques sols cultivables sur les lisières du massif. La grande Kabylie est constituée au centre par un plateau de terrains anciens, gneiss, schistes, micaschistes, et bordée au Sud par la chaîne calcaire du Djurdjura, aux cimes dentelées, dont la plus haute dépasse 2300 mètres. Des vallées trias encaissées coupent le plateau et « forment de véritables fossés entre les tribus dont les innombrables villages couronnent les crêtes(1) ». Le sol est peu fertile, mais l’eau abonde, grâce aux condensations que provoquent les hautes altitudes et aux réserves de neige que le Djurdjura garde jusqu’au mois de mai. C’est un pays d’arboriculture, où, dans l’antiquité, la population devait être déjà dense, mais où la colonisation romaine ne semble pas avoir pénétré. Au Nord, s’étend, de l’Est à l’ouest, la vallée de l’oued Sebaou, propice aux céréales, puis, entre ce fleuve et la mer, une chaîne de grès, au pied de laquelle des ruines de cités s’échelonnent le long du rivage. L’angle oriental de la Kabylie est aussi occupé, par des grès, qui portent de belles forêts de chênes.
____________________ 1. Bernard et Ficheur, l. c., p. 226.

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A l’Est de la grande Kabylie et jusqu’à Bône, la Méditerranée est bordée presque partout par des massifs très tourmentés, où les rivières se fraient péniblement un chemin. Les grès couvrent de vastes espaces, revêtus de magnifiques boisements de chênes. Les terres, siliceuses, se prêtent mal à la culture des céréales, sauf dans les vallées, d’ailleurs étroites, où des alluvions argileuses se sont déposées. Mais, dans cette région élevée et bien exposée aux vents humides, les pluies entretiennent de belles prairies et des vergers prospèrent autour de nombreuses sources. En dehors des forêts, elle parait avoir été assez peuplée aux temps antiques. A l’intérieur du Tell, des vallées, de hautes plaines, des plateaux séparent ou pénètrent les massifs montagneux. Des plaines, d’une altitude moyenne de 400 mètres, se succèdent à l’Est de la Moulouia jusqu’au delà de Mascara. Celle des Angads, qui fait partie du Maroc, est sèche et stérile. Celles qui s’étendent au Nord de Tlemcen et de Lamoricière sont mieux partagées. La plaine de Sidi bel Abbès est couverte de terres légères, friables, dans lesquelles sont incorporées des par celles de phosphate de chaux et qui n’ont pas besoin de beaucoup d’humidité pour porter de belles moissons. Les pluies, bien réparties il est vrai, atteignent à peine une hauteur annuelle de 40 centimètres à Sidi bel Abbès. La plaine d’Egris, au Nord de laquelle se trouve Mascara, en reçoit moins encore et la constitution du sol y est moins bonne : aussi n’a-t-elle que peu de valeur agricole. Ces plaines sont bordées au Midi par une série de grands gradins, formés de grès, de dolomies, de calcaires(1). Des rivières assez importantes prennent naissance dans cette région accidentée et la traversent pour se diriger vers le Nord, coulant dans des gorges ou dans des vallées étroites; elles débouchent
____________________ (1) Monts de Tlemcen, de Daya, de Saïda, de Frenda.

traverse les hantes plaines de l’Algérie centrale. Tlemcen. direction qu’il garde jusqu’à la mer. il y a des forêts étendues. défendue des vents brillants du Sud par le vaste talus auquel elle est adossée. s’appelait à l’époque romaine Pomaria (les Vergers). admirablement située à plus de 800 mètres d’altitude. ____________________ (1) Plaines du Djendel et d’Affreville. Frenda. compactes et profondes. sur une partie de son parcours. Le Chélif. Cette vallée n’est cependant pas un couloir largement ouvert : des étranglements. Les terres alluviales. il tourne vers l’Ouest. Bientôt. passant vers Franchetti. longeait. Sur les gradins. Les sources. plaines d’Orléansville et d’Inkermann. des bandes de terrains fertiles. La vallée qu’il suit forme une longue dépression entre le massif de Miliana et le Dahra. Tlemcen. il entre dans le Tell à Boghari. le rebord septentrional de ce haut pays. une population assez dense s’est installée. le massif de l’Ouarsenis. quelques zones marneuses sont propres à l’agriculture. au ‘Nord. Une frontière militaire. par Lalla Marnia. sur les sols favorables a la culture. et traversant. s’étant soudé â un cours d’eau méditerranéen.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. établie par les Romains vers le début du troisième siècle. mais clairsemées . qu’elle coupait ensuite. formés par des collines. permettent la création de beaux jardins. qui a sans doute été faite aussitôt après la conquête de la Maurétanie et qui a développé la colonisation. Lamoricière. soit dans l’antiquité. en particulier aux alentours de Saïda. plaine des Attafs. Tagremaret. Chanzy. tournée vers la mer. quelques-unes par des cascades. 9 brusquement sur le pays plat. la divisent en trois parties(1). nombreuses à la lisière des plaines. Elle était parcourue par une voie militaire romaine. Au delà même de cette frontière. et ce nom serait encore très justifié. au Sud. fleuve qui naît dans l’Atlas saharien. sont très fertiles quand elles sont arrosées. Mais la barrière du Dahra arrête les pluies qui. . dont elle reçoit les brises rafraîchissantes. soit plus tard.

La région. Ce massif est bordé à l’Ouest par la Mina. où l’on trouve des ruines antiques. et même dans les temps qui ont suivi l’invasion arabe. La frontière romaine dont nous venons de parler passait par là. riches en phosphate de chaux. tombent en trop petite quantité pour assurer la bonne venue des céréales et qui s’infiltrent mal dans un sol peu perméable. le plateau. les terrains. se distingue par sa fertilité des plaines élevées du centre de l’Algérie. d’ailleurs assez difficile. Grâce aux pluies qu’elle reçoit du Nord Ouest par la vallée de la Mina. Cette zone fertile se continue au Nord-Est. souvent.10 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Il forme un passage. mais. les terres d’alluvions. Il offre de belles forêts. qui la continuent sans transition. située au Sud et au Sud-Est de Tiaret. au Sud de l’Ouarsenis. Au delà des montagnes abruptes et ravinées qui dominent au Sud la plaine de la Mitidja. ne se prêtent guère qu’à l’élevage. pour aller couper le Chélif vers Boghari. facilement irrigable. sur la lisière méridionale de l’Ouarsenis. sauf dans quelques vallées. En grande partie incorporée par les Romains dans leur frontière militaire du IIe siècle. a de nombreuses sources et n’est pas dépourvu de terres propices aux céréales. C’est par une irrigation bien comprise ou par le choix d’autres cultures que la vallée du Chélif petit prospérer. au relief tourmenté. découpé par les profonds sillons des rivières qui s’éloignent vers l’Ouest. avant de rejoindre le Chélif dans une large plaine. qui la couvrent peuvent porter de belles moissons. argileux et nu. qui se dirige vers le Chélif. le long du Nahr Ouassel. descend un couloir donnant accès au plateau de Tiaret. de Médéa. le Nord et l’Est. qui. elle a été très peuplée dans l’antiquité. Le massif de l’Ouarsenis est formé de plissements confusément entassés autour d’un grand dôme calcaire et coupés par des affluents du Chélif. schisteux ou gréseux. entre la vallée . d’une altitude de 1000 à 1200 mètres.

Takriets et à Sidi Aïch. ou par des argiles d’où sortent des sources et qui portent de beaux pâturages. Mais. mêlées de phosphate de chaux. ne passait pas par Médéa. (2) Cnutier. les pluies sont souvent insuffisantes : la chaîne du Djurdjura les arrête. appelé plus bas oued Soummane. derrière la ____________________ (1) A. plus a l’Est. Le sol d’alluvions est très fertile. dans la partie septentrionale d’une région accidentée. qui craint moins la sécheresse. 11 du Chélif et les trois plaines des Beni Slimane. 1910. jouit pourtant de conditions plus favorables. qui en suivait la lisière méridionale. qui se suivent de l’Ouest. La plaine de Bouira conduit à la vallée de l’oued Sahel. au Sud d’Aumale. L’extrémité de la vallée. cette vallée est coupée par des obstacles : sur deux points(1). établie sur une large bande calcaire(2). que parcourent d’Ouest en Est des chaînes parallèles. 232. court moins de risques. y fut fondée dès l’époque d’Auguste. XIX. venant de la vallée du Chétif. Annales de géographie. représentant une ancienne vallée. Dans le Nord de la province de Constantine. à une altitude de 600-500 mètres. là encore. des Aribs et de Bouira. qui borde la grande Kabylie au Sud et à l’Est. ni par les plaines qui se suivent jusqu’à l’oued Sahel. Ce pays montagneux fut enfermé dans la frontière militaire du IIIe siècle. Les intervalles ravinés sont occupés çà et là par des marnes.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. La première de ces plaines souffre de la sécheresse . La voie militaire romaine. par Berrouaghia. le fleuve a de se frayer un passage a travers des barrières rocheuses. Sour Djouab et Aumale. depuis Boghari jusqu’à Sidi Aïssa. La culture des céréales est aléatoire . Elle filait plus au Sud. Comme celle du Chélif. Tubusuptu. . la région d’Aïn Bessem a de bonnes terres et reçoit assez d’eau de pluie : les ruines antiques y abondent. l’arboriculture. P. près de la mer. à l’Est. Les ruines s’y pressent et une colonie importante. qui constituent des terres fertiles.

ou se faufilent avec peine dans des gorges étranglées. les montagnes de grès ou de calcaire se succèdent. avec une altitude de 1200 à 800 mètres. Celui de Constantine est un ancien lac. . et qui va se rétrécissant et s’abaissant de l’Ouest à l’Est. Cependant. Deux bassins compris dans cette région furent surtout très peuplés. les établissements antiques ont été nombreux. par d’autres rivières qui vont se jeter plus loin dans la Seybouse. parcouru par la Seybouse. chaîne calcaire qui borde le massif ancien. une des branches de la Seybouse. On rencontre partout des ruines romaines au Sud de ce bassin. long d’environ 80 kilomètres de l’Ouest à l’Est. a dû son importance à une incomparable position défensive. qui en sort en rompant une barrière. les plaies sont abondantes. large d’une vingtaine de kilomètres. qui. enfin par le cours supérieur de la Medjerda : des terres fertiles. formant en quelque sorte la banlieue de la ville de Cirta (Constantine) . argileuses. qui commence dès le Maroc. offre des marnes favorables à la viticulture et aux céréales. s’allonge. et. bien avant la conquête romaine.12 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. généralement en rangs compacts. dans les provinces d’Oran et d’Alger. à l’arboriculture. dans le pays montagneux sillonné par l’oued Cherf. Le bassin de Guelma. sur un roc abrupt. Quoiqu’il ne soit pas particulièrement fertile. à l’élevage du gros bétail. il a été cultivé d’une manière intense. entre le Moyen et le haut-Atlas. là où les terres conviennent aux céréales. jusqu’aux hautes plaines de la zone centrale. une région de steppes. d’un aspect tourmenté. et par ses affluents. y couvrent de grandes étendues. IV Au Sud du Tell. saturées de phosphate de chaux. comblé par des argiles et des poudingues. Les rivières suivent d’étroites vallées.

p.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. (2) Voir Gautier. malgré la fertilité de ses terres d’alluvions. Région effondrée ou cuvette d’érosion(2). avec la belle oasis de Bou Saada. à cuvettes peu profondes. XXI. qui empâte des cailloux et des graviers. Il n’y pousse que d’humbles plantes. ou qui les franchissent. alimenté par les eaux du pourtour. recouvertes à peu près partout par une sorte de croûte calcaire. morcelés et ravinés par les érosions. qui résistent à la sécheresse et se plaisent dans les terrains salés. C’est un pays de maigres pâturages qui ne durent même pas toute l’année. presque à sec en été. dans la Géographie. Çà et là. meubles ou agglomérées. c„ p. et dont l’épaisseur varie de quelques centimètres à plusieurs mètres(1). très inférieure à celle des pays qui le flanquent. qui se prolongent dans la Tunisie occidentale. le plus souvent calcaires. même si les pluies y tombaient en quantité suffisante. la nature salée de beaucoup de terres rendraient la région impropre à la végétation arbustive et à l’agriculture. 98. Il reçoit peu de pluie et ne pourrait être qu’une steppe. s’intercale le Hodna. séparées par des rides légères et parsemées de grands lacs. 1. bassin fermé. des dunes forment une sorte de désert. au Nord du lac. s’il n’était le déversoir de rivières qui naissent dans les hautes montagnes de la bordure septentrionale du bassin. le Hodna n’a qu’une altitude moyenne de 400 mètres. L’existence de cette carapace. Au Sud. 420. Le Hodna a été incorporé au territoire romain. 1910. surgissent des chaînons. Entre ces steppes et les hautes plaines de la province de Constantine. qui offre au centre un grand lac. réceptacles en hiver d’eaux qui charrient des sels. Le centre de la province de Constantine est occupé par de hautes plaines. Le sol des steppes est formé d’alluvions d’ordinaire siliceuses. . aux flancs nus ou portant ____________________ (1) Bernard et Ficheur. 13 Elle se compose de vastes plaines. permettant des irrigations sur de grands espaces.

en Tunisie. 362. beaucoup plus nombreux et qui se rencontrent déjà dans le voisinage du Hodna. au Nord-Ouest de Batna : Bernard et Ficheur. A l’Est.. ____________________ (1) La même forme tabulaire se retrouve au Kef. de l’oued et Kébir. non loin de Khenchela. et se dirige du Sud-Ouest au Nord-Est. des eaux s’écoutent vers le Sud-Est. qui prend sa source au Nord de l’Atlas saharien. de genévriers. Les autres plaines septentrionales de la région dont nous parlons appartiennent au versant méditerranéen et sont parcourues par des rivières qui contribuent à la formation de la Soummane. mais qu’on observe déjà en Algérie. de thuyas. dont la plus remarquable est la Kalaa es Senam. Dans l’Algérie orientale et dans la Tunisie occidentale. mais dans de petites proportions.14 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. sont orientés du Sud-Ouest au Nord-Est. ainsi que par les affluents de cette rivière. d’oliviers sauvages. une maigre végétation de pins d’Alep. avant son entrée dans le Hodna. Celle de la Medjana s’incline vers le Sud et c’est la direction des cours d’eau qui vont rejoindra l’oued Ksob. où viennent s’amasser en hiver des eaux souvent salées. Enfin. ils se présentent souvent sous l’aspect de dômes à base circulaire ou elliptique : type caractéristique de l’orographie tunisienne. ils se dirigent de l’Ouest à l’Est. il y a des plaines à cuvettes centrales. mamelonnées dans la Medjana et aux alentours de Sétif. c. comme l’Atlas saharien . les érosions ont parfois découpé des tables. Au Sud. l. plus unies à l’Est. entre Tébessa et le Kef(1). Les plaines. Les autres. plates-formes aux pans abrupts. Une table analogue constitue une forteresse naturelle à la Meslaoua. l’oued Mellégue. . la nature des steppes des provinces d’Oran et d’Alger. Dans la partie Nord-Ouest de cette vaste région. d’autres plaines ont leur écoulement par l’affluent principal de la Medjerda. p. de la Seybouse. sont situées à des altitudes de 700 à 1000 mètres. comme les plissements du Tell de l’Algérie orientale. absorbées en été par l’évaporation : nous retrouvons là.

imprégnés de sel. qui s’étendent autour des cuvettes des bassins fermés. Cependant. Abandonnées en général aux pasteurs avant la conquête romaine. prolongement oriental du Haut-Atlas marocain. comme au Sud du bassin du Hodna. sauf en avant de l’Aurès et des monts de Batna. orientés du Sud-Ouest au Nord-Est. crêtes étroites et nues. couverts de limons et de marnes riches en phosphate de chaux. formées surtout de grès friables. V La zone centrale de l’Algérie est bordée au Midi par l’Atlas saharien. Au Sud des hautes plaines des provinces d’Oran et d’Alger. dont les masses provoquent des condensations. elles ont été ensuite habitées par une population agricole très dense. leur superficie est du reste assez restreinte. bien pourvue de sources et où une forte occupation militaire a donné l’essor à la colonisation. Les intervalles sont remplis par les débris infertiles de ces chaînes et l’on y retrouve les maigres plantes des steppes. ____________________ (1) Voir plus loin. Mais les pluies sont parfois insuffisantes dans les plaines du Nord . et même ailleurs. est mieux partagé. au chapitre IV. ne conviennent guère qui à l’élevage du mouton . . le massif du djebel Amour.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. enfin au Sud-Est et au Sud de Sétif. en particulier entre Souk Ahras et Tébessa. Les sols. surtout autour et au Sud du Kef. elles le sont souvent dans celles du Sud. De vastes espaces. Il a de beaux pâturages. Toutes ces plaines sont entièrement dénudées et il est probable que le défrichement n’a fait disparaître que des broussailles. la nature du sol n’étant pas favorable aux arbres(1). qui présente dans sa partie orientale de grandes tables aux flancs verticaux. sur la lisière de l’Aurès. s’allongent des plissements parallèles. 15 Cette zone n’est pas partout fertile. se prêtent au contraire fort bien à la culture des céréales.

C’est surtout. qui sont sans doute très anciens. Plus loin. Une érosion très intense a profondément creusé ces dépressions et entraîné jusqu’au Sahara des masses énormes de débris. un long passage s’ouvre vers le Midi. entre des forêts de thuyas. aplanis par les érosions et transformés en plaines. se partage en deux régions distinctes. Cette voie de communication importante entre les hautes plaines et le désert suit l’oued el Kantara. qui culmine à plus de 2300 mètres. commandé aujourd’hui par Batna et dans l’antiquité par Lambèse. Dans le Sud de la province de Constantine. de vastes dûmes elliptiques ont été décapés. comme la grande Kabylie. les sources. de genévriers et de cèdres. les plissements serrés de l’Atlas saharien disparaissent. le grand camp de l’Afrique romaine. un pays d’arboriculture. Au Nord. les sources abondent et les rivières peuvent servir à des irrigations. où la population indigène était dense aux premiers siècles de notre ivre. qui a coupé une barrière transversale par une courte gorge. A l’Est de l’oued el Arab. d’une altitude moyenne de 000 mètres. les monts calcaires dits de Batna. De belles forêts de chênes verts. fait suite à l’Aurès. coupé de ravins que des cailloux encombrent. Dans ce massif.16 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Le pays des Némenchas. qui dépassent 2000 mètres et portent des forêts de chênes. auquel on peut rattacher. de pin d’Alep. situé au Sud-Ouest de Tébessa. le djebel Chechar. de pins d’Alep et de genévriers . Entre ces monts et l’Aurès. assez nombreuses. s’inclinant vers le Sud-Ouest. s’étend le massif de l’Aurès. très tourmenté. séparent des vallées étroites. servent à irriguer des vergers et alimentent des villages. de genévriers. de l’Aurès. de cèdres couvrent les flancs des montagnes. au delà de laquelle on rencontre aussitôt une oasis saharienne. dont les rebords saillants indiquent le pourtour d’an- . Les plissements calcaires. au Nord-Ouest. minces et abrupts.

du djebel Chechar et des terrasses des Némenchas. qui. dirigés de l’Ouest à l’Est. creuse un long sillon dans le Nord du désert . puis elle suivait le bord méridional du massif de l’Aurès. Au Sud du Hodna. dans la région de Biskra . En Algérie. il n y pleut pas assez pour la culture des céréales. Les eaux abondantes qui dévalent du Haut-Atlas font. plantées d’oliviers et bien peuplées. bien au delà de leur frontière. nous l’avons dit. Elles doivent leur existence aux oueds qui sortent de l’Atlas saharien. A l’époque romaine. s’avançant de l’Ouest à l’Est. la limite de l’Empire longeait l’oued Djedi . Au Midi. les oasis de la lisière du désert ont beaucoup moins d’importance. L’orientation de ces terrasses et du bourrelet qui les termine’ au Sud se retrouve dans le relief de la Tunisie méridionale. entre des plissements des monts des Ouled Naïl. Ils ont occupé les oasis des Mans et. on grande partie. celles dés Zibans. 17 ciennes montagnes et donnent naissance à des sources. au Sud-Ouest des monts des Ouled Nail et à la tête de l’oued Djedi. ces plaines furent. les Romains ont établi. qui ne s’arrêtait qu’à peu de distance de Laghouat et gardait un passage reliant le Hodna et le Sahara. La région est sans arbres . Les principales sont celles de Laghouat. de ce côté. une série de gradins caillouteux. sillonnés et ravinés par des oueds.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. descendent vers le désert. . prospérer de belles oasis au Sud du Maroc. enfin celles qui se sont formées aux points où des rivières débouchent de l’Aurès. l’élevage du mouton est à peu près la seule ressource des indigènes. ou aux nappes souterraines qui sont alimentées par des eaux de même provenance. une ligne de postes militaires.

au mord du cours moyen du fleuve. orientées. entre la plaine de Bône. Des falaises à pic dominent la Méditerranée entre la plaine de Bône et le cap Blanc. . du massif. depuis la frontière algérienne jusqu’au confluent de l’oued Béja. en Khoumirie et de Mogodie. la Calle et Souk Ahras. La première a une vingtaine de kilomètres de longueur.18 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Elles sont interrompues par des dunes à l’Est de Tabarca. A l’extrémité opposée de la Dakhla. Au Sud d’une bonne partie de cette zone montagneuse. comme l’Atlas saharien. l’autre est beaucoup plus étendue. voisin de Bizerte. celle de Ghardimaou et celle de la Dakhla. les sépare. Il y a de beaux pâturages dans les vallées et les clairières. portent de magnifiques forêts de chênes. les sources nombreuses. du Sud-Ouest au Nord-Est. la Medjerda se heurte à des chaînes qu’elle franchit avec peine. Les pluies sont très abondantes. Les grès. coupées par de profonds ravins. Cette région très accidentée offre des suites de croupes allongées. VI La Medjerda naît dans les montagnes qui s’élèvent au Sud du bassin de Guelma et va déboucher dans le golfe de Tunis. la Medjerda traverse deux plaines. par des défilés tortueux. Elle pénètre en Tunisie après s’être glissée dans une cluse. qui furent autrefois des lacs. de même nature que ceux qui s’étendent plus à l’Ouest jusqu’à la grande Kabylie. coupée par le fleuve. et se continuent dans la Tunisie septentrionale. le point du littoral qui communique le plus facilement avec la vallée de la Medjerda. limitée par deux plissements d’un massif. séparées par des vallées courtes et étroites. dont les chaînes couvrent l’angle Nord-Est de l’Algérie. une barrière. Mais le sol siliceux se prête mal à la culture des céréales.

Les sources ont. à l’Est. à l’Ouest. Sur le plateau. Ellez. D’ordinaire. des oueds qui se jettent dans l’oued Mellègue . Le centre de la Tunisie est occupé. Comblées par les limons fertiles qu’ont apportés la Medjerda. la chaîne Zeugitane. les Grandes chaînes des anciens(1). formée de calcaires gris ou bleus. mélangées de phosphate de chaux et propres à la culture des céréales. ce sont l’oued Tessa. 19 et qu’elle longe ensuite jusque vers Tébourba. pour la plupart. p. 447-8. mais elles abondent. qui apporte en toute saison de l’eau au golfe de Tunis. Au Nord. Là. par un vaste plateau. au Sud et à l’Est. XXX. De là. par les alluvions que ses eaux entraînent vers la mer et souvent encore inondée. 441-3 (4) Pervinquière. commence sa basse plaine. Elles ont été exploitées dès l’époque punique. même avant la conquête romaine. les plaines de Ghardimaou et de la Dakhla. Maktar. Souk el Djemaa. sont d’admirables terres à céréales. des rivières s’échappent dans toutes les directions. C’est. dans le cours des siècles. XIV. ont un sol formé d’alluvions épaisses et fertiles. p. On y retrouve ____________________ (1) Polybe. au Nord-Est. il tombe assez de pluie. IX. très prospère. Les vallées. que ces rivières parcourent et qui s’étoilent autour du plateau central. parsemé de bosses irrégulières. l’oued Mellégue (qui rejoint ce fleuve dans la Dakhla) et d’autres rivières. accrue. . au Sud de la Medjerda. découpé par les érosions en tables. des cours d’eau qui vont converger vers la sebkha Kelbia. plus ou moins larges. aux crêtes dentelées(4). c. (2) Régions de Ksour. d’une hauteur moyenne de 800 mètres(2). Kessera. Henchir Mided. Tite-Live. l’oued et Kébir. dominent des marnes. appelé plus bas oued Miliane. 7 . près de Kairouan . dont les flancs tombent à pic sur des vallées profondes(3). l. (3) Pervinquière. l’oued Khalled et la Siliana. Tout ce pays fut jadis très peuplé. en réalité.. un débit médiocre. affluents de la Medjerda . 8. Annales de Géographie. Du plateau se détache. un immense dôme.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. très surbaissé. grâce à l’altitude.

Elle a un émissaire qui la relie quelquefois. au Nord-Est de Kairouan. la longue plaine de l’oued Miliane. Des lacs à fond argileux se forment en hiver au centre de ces plaines. du Sud-Ouest. cultivée partout dans l’antiquité . ne laissant guère sur le sol. Le plus important. et ils n’alimentent que très médiocrement la sebkha. que des efflorescences salines. comme celui d’El Djem. ou de plateaux très peu élevés. mais non le plus étendu. pendant l’été. Cette chaîne se dirige d’abord du Sud-Ouest au Nord-Est. rivière qui se détourne ensuite vers le Sud-Est pour rejoindre la sebkha Kelbia. où convergent de nombreux oueds. puis. les côtes plates qui courent du golfe de Hammamet au golfe de Gabès précèdent la région dite du Sahel. Des plissements secondaires la flanquent et encadrent avec elle. Dans la Tunisie orientale. après de . haut de près de 1300 mètres. car il n’y a que fort peu de sources dans cette région. soit dans le plateau central. La sebkha Kelbia n’est cependant jamais tout à fait à sec. près de Hammam Lif. d’où les Romains ont tiré l’eau nécessaire à l’alimentation de la grande ville de Carthage. où il ne pleut guère. comme toutes les montagnes de la Tunisie septentrionale et centrale . au Sud. Deux autres plis se prolongent jusqu’à l’extrémité de la péninsule du cap Bon. bande de plaines basses. la fertile vallée de l’oued Miliane. souvent morcelés. elle s’oriente vers le Nord et aboutit au fond du golfe de Tunis. qui viennent du Nord-Ouest. massif riche en sources. de l’Ouest. dont la cuvette est légèrement concave et que limitent de faibles bourrelets. Au-delà. Ils ne sont pas grossis en route par des affluents. leur eau étant absorbée par l’évaporation. des séries de dômes. comme l’Enfida (entre la chaîne Zeugitane et la mer). s’étendent des bassins.20 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. est la sebkha Kelbia. au Nord. ou s’infiltrant dans des sols très perméables. et prennent leur origine soit dans la chaîne Zeugitane. séparés par des cuvettes : en particulier au djebel Zaghouane.

en général. La Tunisie orientale a des espaces salés. le sous-sol reste humide c’est là que se développent les racines des arbres. une couche de tuf calcaire. où le sable absorbe rapidement la pluie et que les racines des céréales ne dépassent pas. un bassin maritime. les pluies sont très souvent insuffisantes pour la bonne venue des céréales : la chaîne Zeugitane et la masse du plateau central les arrêtent du côté du Nord-Ouest. sur les cultures fruitières. la constitution du sol se prête très bien à l’arboriculture. Par malheur. Les blés des environs de Sousse étaient fameux dans l’antiquité pour la grosseur de leurs épis. en particulier sur la culture de l’olivier. à une profondeur assez faible. le plus grand est la sebkha Sidi et Hani. Ce serait à peu près car ligne passant par Kasserine. la sebkha d’Hergla. Ainsi. A l’Ouest de cette zone. à une lagune du littoral. dans des campagnes où les oueds ne traînent que de misérables filets d’eau. communiquant avec ____________________ (1) Rapport. au Sud-Est de Kairouan. édition de 1809. Alors que la surface est complètement desséchée. Djilma. peu perméable. des plantations d’oliviers couvrirent une grande partie des steppes que parcouraient auparavant les troupeaux des nomades. légères. s’étend une région bordée au Midi par une vaste dépression vers laquelle elle s’abaisse. Sous la couche supérieure. A l’époque romaine. sont composées d’éléments fertiles. Si les récoltes sont assez régulières autour de Sousse. Cette dépression n’a jamais été. qui ne comportent que l’élevage du mouton. Mais. (2) On ne peut user la limite que d’une façon assez arbitraire. . Tunis. comme on l’a soutenu. Sbéitla. une population nombreuse peut vivre par les cultures fruitières. Mais. Bourde(1). elles deviennent très aléatoires plus au Sud et à l’intérieur du pays. au Sud du plateau central et des plaines qui continuent celles de la province de Constantine(2). les terres. où les sources sont très rares.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. On rencontre d’autres lacs plus au Sud. taris en été. existe. dans le centre de la Tunisie. comme l’a montré M. 21 fortes pluies.

mer. dans les lieux où des aménagements hydrauliques pouvaient procurer aux hommes l’eau nécessaire pour vivre et faire quelques irrigations. sur la. ____________________ (1) La Blanchère. appelé chott et Fedjedje. accompagnés d’autres arbres fruitiers. qui projette au Nord-Est un long bras. courent. dans diverses directions. il y a de belles oasis dans le Djerid. A la lisière même du Sahara. par le chott Gharsa et. dominant de larges plateaux.. à profil courbe. pendant une partie de l’année. Elle est remplie par le chott et Djerid. Cette région est presque entièrement dénudée. p. que la domination romaine a atteinte. Ce pays de transition produit à la fois des dattes et des olives(1). les plissements qui s’allongent vers la latitude de Gafsa et plus au Sud. 1897. dont le centre est occupé. isolées ou soudées entre elles. des chèvres et des chameaux. Les pauvres pâturages des steppes sont broutés par des moutons. le golfe de Gabès. Dans la Tunisie méridionale. par une suite de sebkhas aux contours capricieux. enfin. limitant des vallées ou des plaine. par des mares. Autour des rares sources. dans le Nefzaoua. de petites arêtes. Les cultures arbustives. dons les Nouvelles Archives des missions. avec leurs palmiers. le sol n’est pas infertile beaucoup de terres sont riches en débris de phosphate de chaux. plus à l’Ouest (au Sud de l’Algérie). Au Nord de Gafsa. sont généralement orientés de l’Ouest à l’Est. à Gabès. à l’Est du chott et Djerid et au Sud du chott et Fedjedje . qui résistent mieux à la sécheresse. Cependant. Mais la pluie tombe trop rarement pour assurer les récoltes de céréales.22 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. . entre le chott el Djerid et le chott Gharsa. 83. dont la principale est le chott Melghir. en maints endroits. jusqu aux chotts. aux premiers siècles de notre ère. VII. Ces chaînes hérissent le pays. se sont développées. se sont formées des oasis.

pour des raisons tirées de l’histoire. qui s’élève en pente très douce vers l’intérieur. ne forma qu’une province avec la Crête. en Tunisie. l’Afrique du Nord. tourné vers le Sud. depuis les environs de Gabès jusqu’au voisinage du cap Misrata. de ce côté. sauf dans sa partie Nord-Ouest. sorte d’île qui appartient à la Méditerranée orientale. formant un vaste demi-cercle. Sablonneuse et sèche. devenue romaine. C’est la Djeffara des indigènes. VII 23 Comme nous l’avons dit. dont la profondeur atteint 100 kilomètres à la frontière tunisienne et diminue vers l’Est. nous rattachons à l’Afrique du Nord. qui se dressent à une altitude moyenne de 300 mètres. contrée à physionomie bien distincte. . où elle est très étroite : la proximité du bourrelet dont nous allons parler la fait. plus tard. le vaste golfe des Syrtes. A l’Est de la grande sorte. bas. semé d’oasis que séparent des espaces déserts. précède un pays de plaines légèrement ondulées. s’étend la Cyrénaïque. Cette ____________________ (1) Depuis les parages de Djerba jusqu’aux ruines de Sabratha. bordé de dunes derrière lesquelles des lagunes s’étalent çà et là(1). le littoral. Entre Gabés et le cap Misrata. les terres qui bordent au Sud. elle appartient à un monde tout différent de ce que nous appelons. pour des cultures exigeant peu d’eau.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. la Cyrénaïque. Une colonisation prospère en fit un pays grec . Géographiquement et historiquement. elle n’est pas habitée. Elle ne l’était pas davantage à l’époque antique. La Djeffara est dominée à pic par une longue suite de falaises calcaires. bénéficier de quelques pluies et permet d’utiliser jusque dans la plaine les oueds qui descendent des hauteurs.

dans la direction de Khoms et de Lebda. sur les pentes. au delà des éboulis de la frange saharienne. Certaines parties ont été détachées de la masse. (2) Dans le pays des Ourghammas.. elles constituent des avant-chaînes dans la partie Nord-Ouest du Djebel(2). ont été constituées des terrasses étagées. que bordent des murs de soutènement et qui portent des champs d’orge ou des arbres fruitiers. (3) Collines de Msellata. Derrière le Djebel. Au pied même des falaises. n’est que le rebord d’un immense plateau saharien. les pluies. les couloirs tortueux. de ce coté. et servent à des irrigations . Mais les oueds s’épuisent très vite.par des collines s’élevant au-dessus du littoral(3). . djebel Demmer. venant de l’Ouest. Ces ravins sillonnent le plateau saharien qui. de Taorga. s’incline vers l’Orient et qui n’est qu’une vaste solitude. djebel Douirat. la Djellara. est bordé par la longue lagune. djebel Yffrène. Au Nord-Est. démantelée par les érosions. Elle est loin d’avoir l’aspect régulier d un rempart continu. ils n’ont pas la force de traverser. Sur une largeur variable. zone(1). l’irrigation rend la culture possible. aujourd’hui desséchée. elle a été découpée. immense champ de pierres. et qui se prolonge.24 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. déchiquetée. qui forme une sorte de grand bastion. en avant du djehel Demmer. que les indigènes appellent le Djebel (la Montagne). Le littoral occidental de la grande Syrte. djebel Nefousa. en saillie sur la bordure. Parfois. ce qu’un nomme le djebel Tarhouna est un plateau raviné. djebel Gariana. Des ruisseaux se précipitent en cascatelles à travers les crevasses. commence le désert. au Sud-Est du cap Misrata. surtout des oliviers et des figuiers. elle se présente en gradins. permettent à une population assez nombreuse de vivre dans cette région. Le brusque obstacle du Djebel contraint les vents humides qui soufflent quelquefois de la mer à se décharger de la vapeur d’eau qu’ils contiennent . vers laquelle convergent de nombreux oueds. Mais les fonds plats et souvent assez larges des oueds ____________________ (1) Elle porte successivement les noms de djebel Matmata. quoique peu fréquentes.

le Rif et l’Atlas forme un ensemble assez bien agencé(1) . d’ailleurs tourmenté. La France est un pays d’harmonie et d’équilibre. un grand plateau. Il n’y a rien à tirer de cette région. mais n’ayant qu’une largeur médiocre. au développement d’une civilisation uniforme. coupant eu deux le pays obéissant au sultan du Maroc. à l’Est. même à proximité de ces deux régions. il en est d’autres que la nature a isolées : au Nord du Maroc. occupe le centre de la Tunisie. depuis l’océan Atlantique jusqu’au golfe des Syrtes. elles se succèdent sans violents contrastes. Fischer. le Rif. Mais. . A l’Ouest. et ne se refusent pas à de pauvres cultures. la contrée fertile comprise entre l’Océan. . le pays très accidenté des Zaërs sépare les deus régions qui ont actuellement pour capitales Fez et Merrakech. Dans les intervalles pierreux qui les séparent. et de nombreuses vallées en rayonnent. il a suffi aux anciens d’établir. voir Th.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. une route assurant les communications avec la Cyrénaïque. hérissé de chaînes ____________________ (1) Il ne faut cependant pas en exagérer l’unité . VIII Cet aperçu géographique montre combien l’Afrique du Nord manque de cohésion. Au Sud de l’oued Bou Regreg. Il n’en est pas de même de la Berbérie. 25 sont imprégnés de quelque humidité. comme ils le sont encore aujourd’hui. Si les régions que renferme la France sont très différentes. terrestres et fluviales. Au Sud de la grande Syrte. elles se groupent autour d’un noyau central. 370.MittelmeerRilder. le désert s’avance jusqu’au rivage. elle se prête mal à la formation d’un empire unique. circulant par un parcours souterrain. il est vrai. p. le long de la côte. II. elles s’ouvrent et se parcourent par des voies faciles. la vie a toujours été impossible. S’étendant sur une longueur de plus de quatre cents lieues. Ces thalwegs ont été peuplés dans l’antiquité.

Dans le Tell algérien. La navigation n’est possible que sur deux ou trois fleuves de l’Ouest du Maroc(1). en hiver. compactes . en amont et en aval des Grandes Plaines. ou doivent rompre çà et là des obstacles. Pour gagner la Méditerranée. deux régions tourmentées. au Sud. ou n’ont qu’un débit insignifiant pendant l’été . Le fleuve le plus important de l’Afrique septentrionale. sont parfois resserrés entre deux plissements. où sa vallée se réduit à un couloir. Plus loin vers l’intérieur. qui sont séparés de la mer par une barre dangereuse. par des défilés étroits. . d’autres. ou par de brusques cascades . mal conformé. Leurs vallées mêmes n’offrent que rarement des voies d’un accès facile. Entre les plaines de Guelma et de liane. dont le cours s’adapte à l’orientation générale du relief. l’Algérie est obstruée par des montagnes le long de la Méditerranée. le massif boisé de la Khoumirie. traverse. Les autres rivières se dessèchent presque toutes. ils se fraient avec peine un passage par des gorges profondes et tortueuses. ce sont pour la plupart des torrents. Les rivières de la Berbérie ont quelquefois servi de limites politiques. se précipitant dans un lit encombré de rochers. Beaucoup changent de nom. la Seybouse est un fossé à parois rocheuses. de nombreux oueds coupent transversalement des chaînes parallèles à la mer. selon les pays qu’elles ____________________ (1) Surtout l’oued Sebou. en grande partie occupée par des steppes à l’intérieur des terres. la Medjerda. le Sous. Dans l’intervalle.26 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. par de fortes pentes. qui s’enfonce entre deux hauts remparts . des oueds vont se perdre dans des cuvettes sans issue. Dans ce corps long et mince. les cours d’eau n’assurent pas la circulation. au Nord de la Tunisie. les longues vallées du Chélif et de la Soummane s’étranglent en deux endroits. Mais leur rôle économique a toujours été très modeste.

certains massifs montagneux sont très peuplés. qui contrastent avec la pauvreté et la rudesse des pays environnants. 27 parcourent : ce qui prouve qu’on ne les suit guère. les villes du Tell se sont élevées auprès de sources abondantes et dans des lieux faciles à défendre . p. des carrefours fluviaux. La valeur des pays plats est. par des passages dont les montagnards sont les maîtres. 5) disait des Espagnols : « . 136. agités par des ambitions vulgaires et de mesquines querelles de voisinage ? Il est certain que les Berbères ont trop souvent dépensé leur énergie dans des luttes. d’autres stérilisés par la forte proportion de sel qui se mêle à la terre. de coteries. jalouses de leur indépendance. de villages. Ils ont presque toujours manqué des sentiments de large solidarité qui constituent les nations(2). et qui communiquent difficilement entre eux. Au delà du littoral. n’occupant que des territoires restreints. (2) On peut dire d’eux ce que Strabon (III. 163. le Maroc. malgré la médiocrité du sol.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. mais incapables d’en entreprendre de grandes. fort inégale. de tribus. Il s’y est formé de petites sociétés. surtout le centre de la Tunisie et l’Ouest du Maroc. la grande Kabylie.. car les hommes s’y sentent plus en sécurité qu’ailleurs tels l’Aurés. » . n’ayant d’audace que pour les petites choses. d’autres sont marécageux. Parmi les régions naturelles de l’Afrique du Nord. Sauf quelques régions étendues. de familles. _____________________ (1) Il n’en est pas de même du Moyen et du Haut-Atlas. parce qu’ils n’avaient pas su se former en sociétés fortes et puissantes. Cette vaste contrée était-elle donc destinée à n’avoir d’autre histoire que les annales monotones d’une foule de cantons. sans grandeur et sans intérêt.. les espaces fertiles ne forment que des îlots. Les uns ne reçoivent pas assez de pluie. 4. elles n’ont pas été. où la densité de la population est faible : Bernard. le Rif(1). comme tant de cités gauloises. d’individus. nous l’avons vu.

Rome fit. Les nomades du Sud eurent besoin des céréales moissonnées par les agriculteurs du Tell. auxquels ils apportèrent les laines de leurs troupeaux et les dattes des oasis. celle dont dérivent tous les dialectes berbères. Dans les stations qui remontent à da civilisation de la pierre. Une seule langue s’est répandue partout. naquirent sans doute des besoins de la défense et de l’attaque. un royaume se constitua dans le Maroc. redevenue aux premiers siècles de notre ère une des plus grandes villes du monde. Tandis que Lyon fut véritablement la capitale des Gaules. comme la vallée du Nil et les plaines ouvertes de la Mésopotamie(1). en plusieurs étapes. Carthage s’annexa une grande partie de la Tunisie. Ses maîtres n’ont jamais pu faire accepter leur domination d’une manière définitive et complète. Enfin. beaucoup de pasteurs à transhumer. La domestication de certains animaux dut rendre les relations plus fréquentes et plus régulières : le climat obligeait. Cependant des rapports se sont établis de bonne heure entre les habitants des diverses régions de l’Afrique septentrionale. Mais chacune des provinces qu’elle créa vécut de sa vie propre. l’Afrique du Nord n’a jamais eu une entière unité politique et administrative.28 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. mais coupant en tronçons la longue bande nordafricaine. Les conditions de l’exploitation du sol sont autres dans la Berbérie. on trouve déjà des indices de lointains échanges. Carthage. Dans l’antiquité. Plus tard. que nous appelons des tribus. . par conséquent un gouvernement obéi de tous. unissant des régions naturelles distinctes. des États se formèrent. en effet. la conquête de tout le pays. ne fut que le chef-lieu d’une de ces provinces. d’autres royaumes s’étendirent sur l’Algérie et la Tunisie occidentale. Des groupements. Les souverains des grands royaumes maures et numides ne paraissent pas avoir été aussi absolus qu’ils ____________________ (1) Où l’agriculture dépend d’irrigations qui exigent des mesures générales et solidaires.

dans les massifs montagneux qui dominaient et isolaient les riches campagnes. La paix romaine fut fréquemment troublée par des révoltes d’indigènes. comme Carthage. dans les plaines et les plateaux fertiles . La structure du pays maintenait chez ses diverses populations le contraste des mœurs et des intérêts. l’autre. maîtresse de ses destinées. elle n’a pas réussi à fondre dans une harmonie durable des éléments aussi disparates. 29 prétendaient l’être. et d’où elle guettait les occasions favorables pour se précipiter au pillage. dans les régions déshéritées des steppes. La civilisation et la barbarie vivaient côte à côte : l’une. ils eurent souvent. et. . Cette opposition a empêché la formation d’une nation berbère.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. il réprimer les soulèvements de leurs sujets. après plusieurs siècles d’occupation. quand la conquête étrangère a pu imposer à l’Afrique septentrionale une apparence d’unité. dont les moins graves ne furent pas celles qui éclatèrent sous le BasEmpire.

p. (3) Il n’en fut pas de même.CHAPITRE II L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN I L’Afrique du Nord est à peine une terre africaine. Des textes grecs et latins nous apprennent que des populations noires occupaient dans l’antiquité la plupart des oasis du Nord du Sahara(2). conf. en tout cas. Voir livre II. Mais il ne créa pas. de liens politiques. . Les Almoravides. voir chap. Schirmer. il la fin du seizième. qui existe depuis de longs siècles(1). le Sahara. étendirent leur domination jusqu’au Soudan . Au Sud. il n’influa pas sur la civilisation des deux contrées(3) Du côté de l’Orient. on devine des rapports très anciens ____________________ (1) Pour le climat du Sahara dans l’antiquité. 237-8. du Moins aux temps historiques. IV. ils n’empiétaient pas. à notre connaissance. Le transit entre l’Afrique septentrionale et le Soudan dut se développer avec l’emploi général du chameau. il est vrai. elle est isolée du centre du continent par un immense désert. à quelques époques plus récentes. sur la Berbérie proprement dite. III. au onzième siècle. le sultan marocain El Mansour. chap. Mais nous ne savons pas si ces « Éthiopiens » étaient étroitement apparentés aux Soudanais . (2). La propagation de la religion chrétienne au Soudan se fit par l’Afrique du Nord. vers les IIIe et IVe siècle de notre ère.

Les ressemblances physiques d’une partie des habitants permettent de croire à des parentés plus on moins étroites. 222 . p. (4) Conf. p. Berger. Ce fut seulement à la fin des temps antiques que la voie de terre fut suivie par les conquérants arabes . 4 et 83. « Si vous voulez en croire la renommée. C’est avec les deux péninsules européennes qui s’avancent vers elle. les conquérants fatimides prirent la même route. sa flore. bien plus qu’à l’Afrique. XVI.de la Société de géographie d’Alger. XVII. Pour gagner l’Égypte. mais si vous tenez compte des vents et du ciel. 2. Je ne crois pas qu’au vers 413 on puisse lire par : pars se justifie par le contexte (tertia pars. Pars erit Europae. 3 : « In divisione orbis terrae plerique in parte tertin Africam posuere. etc.) et aussi par le passage de Salluste cité à la note précédente. IX. chap. Cuncta velis . et. p. Joly. . pauci tantummodo Isiam et Europam esse. III. Bernard et Ficheur. Tertia pars rorum Libye. Geschiekte der wissenschaftlichen Erdkunde der Griechen. et credere famae. Dei. » Autant que son climat. Annales de Géographie. » Voir aussi saint Augustin. XII. Conf. 78. at. si ventos caelumque sequaris. vous la regarderez comme une partie de l’Europe. Jugartha. La Berbérie appartient à la Méditerranée occidentale. Des anciens la plaçaient en Europe(2). Orose. Elle ressemble surtout à l’Espagne(4) par les hautes terres qui occupent la ____________________ (1) Voir livre Il. sa structure. à l’époque historique. 17 . Bull. trois siècles après. dans une certaine mesure. 2e édit. I. Les langues ont la même origine lointaine. la troisième partie du monde est la Libye.. puis latine. XI. en sens inverse. qu’elle a eu les relations les plus nombreuses et les plus fécondes. n. (2) Salluste. Vers le second millénaire avant une divinité égyptienne était adorée dans le Sud-Ouest de l’Algérie(1). 283 et suiv. 1907. Mais. sed Africam in Europa. Adv. les relations par terre entre le Nord-Ouest et le Nord-Est du continent n’eurent aucune importance : les déserts qui bordent la grande Syrte séparaient la Cyrénaïque grecque de l’Afrique carthaginoise. paganos. Civ. 411-3 . 1902. 1. II. sa faune la rattachent au Sud de notre continent. (3) Pharsale. dit Lucain(3).L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 31 entre la Berbérie et le Nord-Est de l’Afrique. l’Italie et l’Espagne.

p. Gentil. 3. le Maroc physique. La Tunisie a peut-être été reliée à l’Italie pendant une partie de l’époque quaternaire. dans des temps où ces deux contrées pouvaient être déjà habitées par des hommes(2). çà et là. XVII. M. 707 et suiv. à l’Ouest du détroit. qui se fraient difficilement un passage vers la mer et sont des sillons plutôt que des voies. Tissot (Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. 1906. XVII. Boule. pendant des périodes plus ou moins prolongées. la Méditerranée et l’Océan communiquaient peut-être par des détruits. La mer intérieure n’est que très rarement voilée par des brouillards et. même pour des primitifs. apud de Segonzac. Il est vrai qu’auparavant. IX. s’étendent dans le voisinage du littoral. p. s’ouvrant 1’un au Nord de la Cordillère bétique. Strabon (II. au pied de montagnes escarpées. p. 283-4) se demande si.32 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. par le régime et la disposition des rivières. dans sa forme actuelle. e. 93 et suiv. 2. 1878. En général. une communication terrestre n’a pas existé. torrents en hiver. 16030 au point le plus large. par les plaines basses qui. se profilant dans les clairs horizons. 173 et suiv. 3. Le détroit de Gibraltar ne date que du début de l’époque pliocène(1). on peut se fier au calme de ses flots. 19 . 1ère partie.) est disposé à croire que le détroit s’est élargi depuis les temps historiques. la Méditerranée occidentale n’est pas un obstacle infranchissable. Nous aimais mieux admettre des erreurs dans le calcul des distances. 1. 283. entre le détroit et le Nord-Est de la Tunisie. à l’époque pliocène. entre le Maroc et la péninsule ibérique. Boule (dans l’Anthropologie. les lignes grises des îles. 6) indique une largeur de 60 à 70 stades (11100 et 12050 mètres) . les côtes d’Afrique. Ailleurs. majeure partie des deux contrées. inférieurs aussi aux chiffres actuels. fossés pour la plupart desséchés en été. p. Pline l’Ancien (III. 3 et 4) donne d’autres chiffres. De son côté. Du reste. Au cœur de l’Atlas p.. 5. Exactement 13800 mètres au point le plus étroit. ne disposant que de moyens de navigation très rudimentaires. Le détroit de Gibraltar a seulement quatorze kilomètres de largeur(3) : il convient d’ajouter que les courants et les vents rendent le passage difficile. . L’Afrique du Nord fut soudée jadis à l’Europe. ____________________ 1. l’autre au Sud du Rif : Gentil. pouvaient guider les traversées et promettaient des abris.

qui.. p: 88). Jug. on ne risque guère de s’abîmer sur des récifs. Etc. VII. édit. parcourant librement des terres basses. 310 et suiv. l. 246. Jug. Édifices. 63 . cependant. Il n’offre pas de découpures profondes. 634. 5 : « mare. Les golfes . 246-7. p. sur ce littoral. « Mer sans ports ». 510 . II. les abris sont peu nombreux. Lucain. 4.. Tissot. Josèphe. inportuosum ». e. Silius Italicus. qui règnent parfois sur la Méditerranée pendant plusieurs jours et qui sont un obstacle à la navigation à voile. IX. certains courants peuvent contrarier les marins. 110 (Geographi graeci minores. de mai à octobre. Johannide. 356 et suiv. I. sont bordées par de grandes profondeurs : avant de les atteindre. 3. Pomponius Méla I. 3. soit par les vents du Sud. p.. Il est vrai que. III. Géographie de la province romaine d’Afrique. II. Jug. VIII.. Salluste. XVII. dit Salluste. De Syrticis emporiis. que. en hiver. Bell. LXXVIII. fréquemment. 35 et 37. par la plus grande partie de la côte septentrionale. Müller. soit par les vents du Nord(3). Il faut aussi tenir compte des calmes plats. Stace. vents de Nord-Est et d’Est. de l’Algérie et de la Tunisie : s’il favorise les voyages d’Ouest en Est. qui poussent les navires à la côte. :320 . 223. par le parallélisme du rivage et des montagnes qui le bordent. I. formant des havres bien protégés : ce qui s’explique. XVII.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 33 ____________________ 1. venant de l’océan. L’historien exagère. Les parages des Syrtes étaient très redoutés des anciens et célèbres par leurs naufrages(2) : le plus grand de ces golfes est surtout dangereux. 2. Tels sont ceux qui se heurtent autour du cap Bon : tel celui qui. 1. Conf. Conf. . Thébaïde. 416-7. 381. 117-123 . jud. longe le littoral du Maroc. IX. il gêne ceux qui s’accomplissent dans le sens opposé. Procope. 3. Silius Italicus. 5. Corippus. des vents violents déchaînent de subites tempêtes(1) : vents qui soufflent de l’Ouest et du NordOuest. XVII. viennent bouleverser les flot(4). XVII. « Mare saevum ». Aux approches des côtes. VI. dit Salluste(5). Mais les relations maritimes de l’Afrique du Nord avec les autres contrées méditerranéennes sont surtout entravées par la nature de ses côtes.. 3. — Cette mauvaise réputation était d’ailleurs exagérée : voir Perroud. Lucain.. Il est exact. Tissot. 439 et suiv. Périple du Pseudo-Scylax.

. 107.. XXVII. celui de Tunis. :303 et suiv. 198 et suiv. sans défense contre les vents d’Ouest et du Nord : on n’y trouve aucun bon abri. 3. le long de l’Océan. l. 7. le reflux accroît les dangers d’échouement(6). 3. gr. Sur ces marées. Plus tard. les abris sûrs font défaut(5). 8. 3-4. des suites de falaises et de dunes foraient un rivage monotone. 6. Méla. Corippus. . Denys le Périégéte. 112. et celles de la Tripolitaine sont basses. 4. V. 5.. autant que possible. voir Polybe. Voir à ce sujet Bérard. contre lesquelles les navires. mais il a tort. I. au Nord-Est. Le littoral septentrional de la Berbérie consiste surtout en des pentes raides ou en des falaises verticales. Pendant longtemps. les Phéniciens et l’Odyssée. min. l.. Conf. où la marée s’élève jusqu’à trois mètres. creusées par des empiétements de la mer sur des terrains peu résistants : elles sont plus ou moins exposées aux souffles du large. Procope. 26 . 17 et 20 . I. V. Dans la petite Syrie. et le commentaire d’Eustathe (dans Geogr. 33 . 33 . 20 . 232) . les marins de l’antiquité avaient besoin de nombreux ports. Polybe. Bell. à peu près dépourvu de fortes saillies et de baies(2). Pourtant. I. A l’Ouest. Pline. les vaisseaux s’aventurèrent plus facilement en ____________________ 1. Solin. après avoir fait leur provision d’eau. il s’abaisse. 3. entraînés par les vents. Le soir. 109. XVII. Strabon (XVII. 339-360. exposées aux vents d’Est et de Nord-Est(3). mais il est alors bordé de dunes. I. Conf. vand.1. 2-3 . Johannide. II. Lucain . 2. Sur quelques points. 1. risquent de se briser. p. Conf. Ceux de l’Algérie s’ouvrent très largement au Nord. 39. Il n’y a ailleurs que des échancrures. Salluste. ils tiraient leur bâtiment sur la grève : ils se rembarquaient au jour. Méla. II. côtés d’où viennent des vents redoutables. c. 303 et suiv. Méla. 3 . étendus sont rares(1). XVII. A ce cabotage primitif. Strabon. . Jug. sablonneuse.. 2) dit le contraire. 1.: Pline.34 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. c. souvent bordées de lagunes et précédées de hauts-fonds(4) . 3. Strabon. c. 13. IX. 3. 1. p. de Müller. Les côtes orientales de la Tunisie. Conf. ils s’arrêtaient. LXXVIII. Srabon. là aussi. ils craignirent de s’éloigner des rivages et évitèrent de voyager la nuit. il fallait de nombreuses escales(7).

Cherchel. n° 20. Voir aussi Pseudo-Scylax. de l’Afrique du Nord. C’était aussi la difficulté de pénétrer dans l’intérieur du pays. Mais.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 35 pleine mer et. 4. ils occupaient des embouchures de rivières c’était le cas de plusieurs ports du Maroc. de Leptis Magna en Tripolitaine(2). . Rachgoun (Portus Sigensis). Dellys. la Table de Peutinger. l’itinéraire d’Antonin. en quête de refuges. sur le littoral septentrional. Stora. Plus tard. ailleurs. la plupart médiocres ou mauvais. I. Aussi. Ce n’était pas seulement la rareté des bons ports naturels qui pouvait écarter les étrangers. D’autres ports furent établis en arrière d’une ou de plusieurs îles. les plaines bordant la mer sont rares et ____________________ 1. le havre se trouve en règle à l’Est du cap. Gsell. défendus contre les convoitises des indigènes. en construisant des jetées. les ports abondaient-ils sur les côtes africaines. 2. Atlas archéologique de l’Algérie. Arzeu. Gr. dans le port. parfois. Ptolémée. conf. Voir aussi dans Scylax la mention d’îles situées probablement entre Cherchel (Ιουλίου άχρα) et l’île de Rachgoun et qui paraissent avoir disparu. soit pour y trafiquer. Thapsus. Bône. sur l’Océan. Souvent encore. le port était abrité par un cap. qui le couvre des vents dangereux d’Ouest et de Nord-Ouest(4). ils demeurèrent au mouillage. très rapprochées de la côte(3). Les Phéniciens recherchaient ces positions avantageuses : l’île formait un écran contre les vents du large . Melilla. l’ensablement par les alluvions est un grave obstacle. III (Geogr. ou en creusant des bassins intérieurs. I. à la merci des sautes de vent. Tipasa. Min. Mogador. on constitua quelques ports artificiels.. Collo. Mais la navigation resta assez timorée. Tabarca. Alger. Sur la côte septentrionale. pointe en roches dures qui avait mieux résisté à l’érosion que les parages voisins . l’accès des fleuves est rendu difficile par l’existence d’une barre . même à l’époque romaine. 90) : Il s’agit peutêtre de Ténès . soit pour en prendre définitivement possession. 12. Bougie. Alger. elle était aussi un emplacement favorable pour des entrepôts. Utique. Quelques-uns étaient bons. 3. le Stadiasme. p. comme le prouvent les indications d’écrits qui datent du IIe et du IIIe siècle de notre ère(1).

des chaînes de montagnes se dressent comme des remparts. t 9. et non auprès de cette ville voir Gsell. 18. Au Nord-Est. le golfe de Tunis. 3. jusqu’aux steppes. Des places maritimes ont pu être créées à leur débouché : Tabarca. ou immédiatement au-dessus des flots. ____________________ 1. sur lequel les Phéniciens fondèrent Utique et Carthage. par conséquent. P. près de l’oued et Kébir: Hippone. n° 180. Des côtes de l’Océan et de la Tunisie orientale. il doit s’avancer jusqu’aux espaces parcourus par les nomades. jusqu’au Sahara. des plaines fertiles. 2. non loin de la Seybouse(2). Mais ces routes s’étranglent bientôt(3). . Voir p. Cependant la vallée de la Medjerda n’est pas une voie dépourvue d’obstacles(4). par conséquent à quelques kilomètres d’Hippone.36 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. il doit pénétrer dans les massifs montagneux qui servent de repaires aux pillards. il lui est malaisé de s’enfermer dans les régions dont la possession lui semble profitable. Il y a bien quelques voies d’accès vers l’intérieur. au-dessus de ces plaines. destinées à avoir avec elle les relations les plus suivies. Atlas. en face de la Sicile. s’avance d’une cinquantaine de kilomètres dans les terres : il reçoit un fleuve important. Voir p. Bougie. nous avons vu(1) qu’elles n’avaient que peu de valeur pour les anciens. la Medjerda. Presque partout. Il est entraîné à étendre sa domination sur les peuplades belliqueuses qui menacent sa conquête . du littoral. à l’entrée de la Méditerranée occidentale. la pénétration est plus facile. 6-7. à l’extrémité de la vallée de la Soummane. 20. L’Ubus (la Seybouse) débouchait dans l’antiquité plus à l’est qu’aujourd’hui. Ce fut dans l’antiquité la porte principale de l’Afrique du Nord. 4. ils sont déjà éloignés des contrées qui font face à la Berbérie et qui sont. mais c’est précisément dans ces parages que les ports naturels manquent le plus. Lorsqu’un conquérant a pris pied dans ce pays. en outre.

qui ont conquis une grande partie de l’Espagne. Parmi ses provinces africaines. à certains égards. un prolongement de l’Italie. Quand les Phéniciens s’établirent d’une manière durable en Afrique. Rome ne s’implanta en Tunisie que pour empêcher son ennemie de renaître et pour garder le passage entre les deux bassins de la mer intérieure . comme sur la Tunisie et sur les rivages de l’Algérie et du Maroc. avec une longue obstination. Cependant les affinités de l’Afrique du Nord avec les pays qui sont si voisins d’elle devaient nécessairement créer des civilisations et des dominations communes. Les Celtes et les Goths. elle répandit les mœurs latines en Afrique. elle avança ses frontières vers le Sud. alors qu’elle possédait déjà un vaste empire colonial. Elle s’attacha surtout. Carthage ne se constitua un territoire africain que plus de trois siècles après sa fondation. Le détroit de Gibraltar a dû arrêter plus d’un peuple(1) . à maintenir et à accroître ses possessions de Sicile. dans l’antiquité historique. comme en Espagne et en Gaule. elle attendit près de deux cents ans pour occuper toutes les côtes africaines. n’ont pas traversé le détroit . la Maurétanie Tingitane. jusqu’à l’extrême Ouest. l’attrait assez médiocre qu’elle a exercé. une sorte ____________________ 1. Rome soumit tous les peuples de la mer intérieure. ils paraissent s’être souciés surtout d’occuper l’entrée de la Méditerranée occidentale et de jalonner d’une suite de stations la route qui reliait l’Espagne au bassin oriental de cette mer. Carthage régna en Espagne et sur une partie des îles méditerranéennes. voulant être maîtresse du détroit qui donne accès à la Méditerranée occidentale. Ce fut pour se défendre qu’à plusieurs reprises.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN II 37 Toutes ces difficultés expliquent l’isolement relatif de la Berbérie. les Vandales seuls l’ont traversé en masse. la Proconsulaire fut.

dans une certaine mesure. elle s’est enrichie à ses dépens par la piraterie. Histoire de la Gaule. Plus tard. 1. voire même ses mœurs et ses croyances. Jullian. après avoir conquis le Maghrib . A la domination des Vandales. l’Islam s’étendit en Espagne et en Sicile. On comprend qu’elle ait pu servir de lieu de passage et de champ de bataille entre l’Occident et l’Orient. qui soumit une partie de l’Occident et y répandit ses marchandises. La pointe Nord-Est de l’Afrique Mineure. p. Au seuil des deux bassins. Les Portugais et Charles-Quint ont tenté de s’établir dans l’Afrique du Nord. ce fut surtout en Afrique que s’élabora la fusion des éléments orientaux et occidentaux dans le christianisme. .38 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. sépare les deux bassins de la Méditerranée. qui n’est éloignée de la Sicile que de 140 kilomètres. de boulevard de l’Espagne. 66 et suiv. la civilisation musulmane du Maroc et de l’Ouest de l’Algérie ressembla à celle de la péninsule ibérique. Rome abattit sa rivale et fit régner dans tout l’Occident la civilisation latine. Aux premiers siècles de notre ère. Puis. dont la France est désormais maîtresse. que. succéda celle de l’empire byzantin. elle ait eu une destinée comparable à celle de la France. ces Germains qui vinrent par l’extrême Ouest. tandis que sa pointe Nord-Ouest limite avec l’Espagne l’extrémité du bassin occidental. dont l’histoire est dominée par l’opposition et l’action réciproque du Midi et du Nord(1). à l’époque turque. le commerce de la Berbérie s’est fait surtout avec les autres pays de la Méditerranée occidentale : d’où l’importance qu’ont dans cette contrée les villes maritimes. L’une de ses petites faces est tournée vers le bassin oriental. à la fois héritier de Rome et représentant ____________________ 1. Depuis des siècles. elle n’a pas pu se passer d’elle : à l’époque vandale. Carthage fut une nouvelle Tyr. Même quand elle n’a pas été rattachée à l’Europe par des liens politiques et des relations pacifiques.

Des guerriers libyens ou berbères conquirent l’Espagne au profit de Carthage et de l’Islam. Incapables de réunir en un faisceau toutes leurs forces. se sont présentées à eux. par sa position géographique. . Mais elle a beaucoup plus reçu que donné. d’un abord et d’une pénétration difficiles. Isolée par la mer et par le disert. la conquête arabe rompit les liens qui attachaient l’Afrique au monde latin et y implanta la religion et la langue de l’Islam.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 39 de la civilisation gréco-orientale. ses habitants ont accepté ou subi les suprématies matérielles et les influences morales qui. Ils ont même contribué à les propager. Enfin. successivement. disparut complètement de leur patrie. quelques siècles après. de fonder un empire et de créer une civilisation qui leur fussent propres. les grands écrivains latins de l’Afrique chrétienne aidèrent puissamment au triomphe d’une religion qui. fit tenir une place importante de l’histoire de la Méditerranée. l’Afrique du Nord était cependant appelée.

Essai sur la province romaine de Maurétanie césarienne. . dans Bull. ____________________ 1.dans Petermanus. XXVIII. 23 et suiv. ou si elle a été surtout l’œuvre de l’intelligence et de l’énergie des hommes . dans Bulletin de l’Académie d’Hippone. 1897. dans Petermanus Mitteilungen. le même. p. Ergäunzungsheft LVIII. 1879. dans Nouvelles Archives des missions. 29-47 . p. 44-46 . 1-4 . Nous devons l’examiner de très près. 87-94 . VII. dans Verhandlungen des arhten deutschen Geographentages (Berlin. Leiter.CHAPITRE III LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ I Le climat de l’Afrique du Nord s’est-il modifié depuis l’antiquité ? Cette question a été souvent posée(1). 1900. La Blanchère. D’Hippone. 1896. de l’Acad. ou lui demander au contraire des leçons utiles au temps présent. Note sur la diminution des pluies en Afrique. p. 1896.. si nous devons nous borner à regretter un passé qui ne revivra plus. Carton. XXIX. p. le même.Mitteil. Cat. historiens et physiciens. Utudien üler. III. le même. XXVII. Voir en particulier: Th.77. p. le même. p. 1800. 40-48. et les réponses ne concordent pas.89 . Die Frage der Klimaänderung während geschichtticher Zeit in Nord-Afrika. XXIV. dans Abhandlungen der geographischen Gesellschaft in Wien. dans Revue tunisienne. 1894. Partsch. Climatologie et agriculture de l’Afrique ancienne. Fischer. 1899). p. n° 1. car elle est fort importante. 1-43 . dans Annales de la Société géologique du Nord. . 1883. Pendant une partie de l’époque dont nous écrivons l’histoire. p. l’Afrique septentrionale a joui d’une grande prospérité agricole : il s’agit de savoir si cette prospérité a eu pour cause principale un climat plus favorable à la culture que le climat d’aujourd’hui. Variations du régime des eaux dans l’Afrique du Nord. p. 116-123 .

Ces refroidissements peuvent être funestes à la végétation. Th. qui modère la chaleur en été : voir Gentil. c. II. Pour la Tunisie. du moins dans le cours de la journée. même à proximité du littoral. Thévenet.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 41 Indiquons tout d’abord les traits généraux du climat actuel(1). modère l’évaporation. pendant une partie de la nuit. Mittelmeer-Bilder. 3. elle atténue l’ardeur des rayons du soleil. Knox. tombe au-dessous de zéro dans le voisinage du sol(2). 1906) . 1911). Cette contrée offre une très grande étendue de côtes. Gentil. p. mais dans la partie méridionale de cette zone. Mais l’Afrique du Nord est. 232-4. dans son ensemble. qui saut causés par le rayonnement dans les temps clairs. il arrive souvent en hiver. et L. l’humidité de l’air est pénible pourtant. un pays de ____________________ 1. 24. p. et parfois même au printemps. p. .. pour l’Algérie. 244-271. le long desquelles l’influence régulatrice de la mer établit un climat où les maxima de chaleur et de froid ne présentent pas de grands écarts. tempère sa brûlante sécheresse. et qu’il s’élève au-dessus de 30 degré centigrades. p. que la température. de l’Algérie et de la Tunisie. p. Résumé dans A. Essai de climatologie algérienne (Alger. et. la brise de mer souffle au milieu de la journée et apporte une fraîcheur bienfaisante(3). Fischer. jusqu’à une hauteur d’environ un mètre. Cependant le voisinage ou l’éloignement de la mer et la diversité des altitudes y déterminent des différences de température bien marquées. the Climate of the continent of Afrika (Londres. voir surtout Ginestous. Il est rare que le thermomètre descende audessous de zéro. 32-63. longée par un courant marin froid. 2. 1. des refroidissements nocturnes. 1896) . L’Afrique du Nord est située dans la zone tempérée boréale. De mai à septembre. Culture du Midi. Il faut néanmoins tenir compte. 303-306. le Maroc physique. Elle est comprise en effet entre le 29° de latitude Nord (extrémité occidentale de l’Anti-Atlas) et le 37° (extrémité Nord-Est de la Tunisie). En été. et qui affectent la couche inférieure de l’atmosphère. pour le Maroc. Surtout sur la côte occidentale du Maroc. Elle appartient donc à l’aire des pays chauds. 12. Rivière et Lecq. fréquents en Afrique. Études sur la climat de la Tunisie (Tunis. 37. quand le siroco sévit.

soit plusieurs jours(1). il convient de réserver le nom de siroco à un vent sec. hautes terres. même au printemps. Son influence sur les êtres vivants ____________________ 1. sauf lorsqu’il passe sur des montagnes couvertes de neige. Quoiqu’il puisse éclater en toute saison. -11 à Sétif. pompant l’humidité. dans une saison où la gelée est particulièrement redoutable aux cultures. Le vent chaud du Sud est très rare au Maroc. la chaleur et l’évaporation sent intenses. il se déchaîne surtout en été et dure soit quelques heures à peine. -5 au Kef. -13 à Batna. Tantôt il ne se manifeste que sur une étendue très limitée. et durant en général peu de temps. Conformément à l’étymologie qui vient d’être indiquée. Ce nom. le thermomètre peut descendre dans la journée à -9° degrés à Tiaret. En hiver. sans perturbation apparente de l’atmosphère. le rayonnement produit des rosées. il ne .42 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. qui réparent. Il souffle avec violence. tombant verticalement. Parmi les vents. est donné dans l’Europe méridionale et quelquefois méfie dans l’Afrique du Nord. Mais la fraîcheur des nuits exerce une action tonique sur les hommes et les animaux . qui l’arrête. au Nord du Haut-Atlas. dans une certaine mesure. Les froids nocturnes que le rayonnement provoque à la surface du sol sont souvent très vifs. les effets de l’évaporation diurne. dont la direction varie par conséquent du Sud-Est au Sud-Ouest. A Alger. Il peut traverser la mer et s’avancer jusqu’aux côtes méridionales de l’Espagne et au centre de l’Italie. la transparence de l’atmosphère laisse toute leur force aux rayons du soleil . qui parait venir du grec (d’un mot signifiant dessécher). l’écart entre les températures extrêmes augmente. A mesure qu’on s’élève et qu’on s’éloigne du littoral. Tantôt c’est un vent d’origine saharienne. Dans les jours d’été. amenant une chaleur de four. Il en est résulté des confusions. le siroco présente des caractères spéciaux. obscurcissant l’air par les poussières qu’il entraîne. La fréquence du siroco varie beaucoup selon les régions. -6 à Maktar. à des vents d’hiver humides et chauds.

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est déprimante. Il dessèche la Végétation et est particulièrement redoutable à la vigne ; les céréales, moissonnées au début de l’été, sont moins exposées à ses ravages(1). Le siroco mis à part, les vents qui dominent pendant l’hiver sont ceux du Sud-Ouest et de l’Ouest au Maroc, du NordOuest en Algérie et en Tunisie. Dans cette saison, ceux du SudOuest et de l’Ouest sont fréquents aussi en Algérie. Les vents dominants d’été viennent du Nord et du Nord-Est au Maroc et en Algérie, du Nord-Est et de l’Est sur la côte orientale de la Tunisie(2). C’est la quantité plus ou moins forte des pluies et leur répartition plus ou moins favorable à la végétation, beaucoup plus que la qualité des sols, qui font la valeur économique des régions : pays de cultures et d’arbres ; steppes où ne poussent que des plantes permettant l’élevage d’espèces animales sobres ; enfin déserts. Les pluies sont amenées dans l’Afrique septentrionale par les vents du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Nord-Ouest, qui; ayant passé sur de vastes surfaces marines, arrivent chargés de vapeur d’eau. En Algérie, pays au les conditions météorologiques ont été assez bien étudiées, on a constaté que les précipitations les plus fréquentes, les plus abondantes et les plus étendues sont dues aux vents du Nord-Ouest. La saison pluvieuse coïncide à peu près avec l’hiver, en y comprenant la seconde moitié de l’automne et le début du printemps, entre les mois d’octobre à novembre et d’avril-mai : c’est la période de l’année où les vents dont nous venons de parler dominent et où la vapeur d’eau qu’ils contiennent rencontre au-dessus des terres africaines des températures plus
___________________ souffle qu’un petit nombre du tours par an. Il est au contraire fréquent dans l’Est et le Sud de la Tunisie, où il ne rencontre pas d’obstacle. M. Ginestous (l. c., p. 404) compte 113 jours du siroco à Sousse, 134 à Kairouan. 1. Surtout l’orge, qui mûrit un mois plus tôt que le blé. 2. Les vents d’Est soufflent presque toute l’année dans le Sud de la Tunisie.

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ou moins froides, qui la forcent à se condenser. Il y a souvent dans cette saison deux époques de précipitations plus abondantes, deux maxima, séparés par une période de sécheresse. Entre mai et octobre, les pluies tombent rarement et sont de courtes ondées, d’ordinaire sous forme d’orage. Elles font presque entièrement défaut en juillet et en août. Les vents dominants du Nord-Est et d’Est ne trouvent pas, au-dessus du sol surchauffé, les conditions atmosphériques nécessaires à la condensation de la vapeur d’eau dont ils se sont imprégnés en passant sur la Méditerranée. Les chaleurs précoces provoquent sur les montagnes la fusion rapide des masses neigeuses, qui, dans des pays plus septentrionaux, constituent des réserves, alimentant les rivières à la fin du printemps et pendant une partie de l’été. Les neiges disparaissent en mai des hauts sommets de la Kabylie. Elles durent plus longtemps sur l’Atlas marocain, beaucoup plus élevé, et ont une influence heureuse sur le débit des cours d’eau ; mais, même dans cette région, elles ont à peu près achevé de se fondre en juillet, sauf peutêtre dans des anfractuosités que le soleil ne chauffe pas(1). On sait ce que sont en été; la plupart des rivières de l’Afrique du Nord. Cette saison sèche est, il est vrai, un peu atténuée par l’humidité que la brise de mer porte parfois assez loin dans l’intérieur, et aussi par les rosées, Quand elle n’empiète pas trop sur l’automne et sur le printemps, elle n’entrave pas la culture des céréales, dont le développement a lieu pendant la saison des pluies. Elle ne peut être que profitable à la vigne et à l’olivier et, d’une manière générale, elle ne nuit guère à la végétation arbustive, assez résistante pour la supporter. Mais elle crée de grosses difficultés à l’élevage. Quant, la saison humide, elle se présente avec des irrégula____________________ 1. Cof. Gentil, le Maroc physique, p. 263-6.

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rités qui font courir des risques graves à l’agriculture. Quelquefois, les pluies manquent presque entièrement : c’est heureusement l’exception. Pour un même lieu, les variations dans la hauteur totale des chutes sont souvent très fortes d’un hiver à l’autre(1), sans qu’on puisse expliquer les causes de ces différences(2). Mais la quantité des pluies a beaucoup moins d’importance que leur répartition. « A Sidi bel Abbès, la moyenne annuelle des pluies n’atteint pas 0 m. 400, mais, grâce il leur bonne répartition, les récoltes donnent presque toujours les meilleurs résultats(3). » Il faut surtout que l’eau du ciel tombe en octobrenovembre, afin qu’on puisse labourer les terres desséchées et faire les semailles, puis en mars-avril, afin que les plantes déjà formées s’imbibent de l’humidité nécessaire pour résister au soleil déjà chaud et achever leur maturité, Dans l’intervalle, il faut des alternatives de pluie et de beau temps(4). Or, souvent, les pluies d’automne se font attendre, ce qui retarde les semailles et, par contrecoup, l’époque de la maturité, qui doit s’effectuer lorsque le soleil est devenu très ardent et après la date normale du maximum des pluies printanières. Souvent, la sécheresse, se prolongeant pendant des semaines et même des mois(5), empêche la germination des grains et la croissance
____________________ 1. Pluies à Alger en 1893, 0 m. 516 ; en 1889, 0 m. 978 : Thévenet, p. 65. — A Aïn Braham, en 1893, 0 m. 925 ; en 1894, 2 m. 253 ; A Tunis, en 1904, 0 m. 311 ; en 1892, 0 m. 639. Au Kef, en 1897, 0 m. 310 ; en 1898, 0 m. 913. A Gafsa, en 1891, 0 m. 132 ; en 1892, 0 m. 433. Voir Ginestous, p. 219 et 220. — Au cap Spartel, en 1896, 0 m. 872, ; en 1897, 1 m. 143 ; Gentil, l. c., p. 261. 2. On connaît la théorie de Brückner. Ce savant admet des cycles d’une durée moyenne de 33 ans, comprenant chacun une suite de variations dans la température et la pluie, variations qui se reproduiraient au cycle suivant. Mais nous n’avons pas les moyens de contrôler cette théorie pour l’Afrique du Nord. Notons cependant qu’à Alger, il s’est écoulé 36 ans entre les deux maximum de pluies des périodes 1850-4 et 1886-1890 : Gauckler, dans Annales de Géographie ; XII, 1903, p.331. 3. Lecq, l’Agriculture algérienne (Alger, 1890), p. 12. 4. Lecq, 1. c., p. 9-10. 5. Sur sept années, de 1887 à 1893, M. Saurin (l’Avenir de l’Afrique du nord, Paris, 1890, p. 20) a compté, à Tunis six hivers ayant eu des sécheresses d’au moins deux mois.

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des plantes. Enfin, les pluies de printemps, décisives pour la récolte des céréales, peuvent manquer tout à fait ou être très insuffisantes. Ces pluies si capricieuses ne sont pas toujours bienfaisantes. Elles ont fréquemment une allure torrentielle(1). C’est ce qui explique,par exemple, pourquoi Alger, avec cent jours de pluie, a une tranche d’eau supérieure à celle de Paris, où la moyenne des pluies est de cent quarante jours (Alger, 0 m. 682 ; Paris. 0 m. 594)(2).Au lieu de pluies fines et prolongées qui humectent le sol sans l’inonder et le bouleverser, qui pénètrent jusque dans les profondeurs et y forment des nappes d’où jaillissent les sources, de véritables trombes se précipitent. Alors, surtout dans les terrains argileux, nombreux en Afrique, les eaux ruissellent rapidement sur les surfaces inclinées, sur les sols durcis par le soleil. Dans les ravins où elles convergent, des torrents se gonflent et roulent avec d’autant plus de force que les pentes sont souvent très raides et les différences de niveaux brusques dans cette contrée tourmentée ; ils entraînent d’abondantes quantités de terre végétale, provoquent des éboulements, creusent de profonds sillons, causent par leurs inondations de grands ravages ; presque aussitôt après leur lit est vide. Ces méfaits; du ruissellement ont été aggravés, depuis des siècles, par le déboisement, dont nous aurons à reparler(3). Les surfaces planes peu perméables, sur lesquelles les eaux de ces pluies sauvages tombent directement du ciel ou dévalent des montagnes, se transformant subitement en des lacs, qui, du reste, disparaissent vite ; car l’évaporation est très forte par suite de l’ardeur du soleil, fréquemment aussi de la violence du
____________________ 1. Voici quelques exemples pour la Tunisie (Ginestous, p. 384, 398, 403, 417) ; à Kelibia, du 26 novembre au premier décembre 1899, 0 m. 386 de pluie ; au Kef, le 19 septembre 1888, 0 m. 384. 2. Je donne ici les chiffres indiqués par M. Gauckler, dans Annales de Géographie, XII, p. 213. 3. Voir chap. IV.

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vent(1). Dans des terres plus faciles à pénétrer, il arrive que le sol se détrempe tellement que les labours d’automne se font dans de mauvaises conditions, que les grains enfouis dans les champs et les racines naissantes pourrissent. Les précipitations torrentielles prennent parfois la forme d’orages de grêle, qui sévissent dans les pays élevés du Tell, c’est-à-dire de la partie cultivable de la Berbérie. Ils ont lieu principalement en hiver et au printemps : dans cette dernière saison, ils peuvent être fort nuisibles à la végétation. Les différentes régions de l’Afrique du Nord reçoivent des quantités de pluie fort diverses. Par exemple, à Aïn Draham, en Khoumirie, la moyenne annuelle est de 1 m. 641 ; à Philippeville, de 0 m. 766 ; à Constantine, de 0 m. 632; à Batna, de 0 m. 399 : à Tébessa, de 0 m. 344 ; à Biskra, de il 0 m. 170(2). Ces inégalités tiennent à plusieurs causes : voisinage ou éloignement de la mer: différences d’altitudes : accès plus ou moins facile que tel ou tel pays offre par son exposition aux courants atmosphériques chargés de vapeur d’eau. Les vents humides viennent, nous l’avons dit, du SudOuest, de l’Ouest et du Nord-Ouest, après avoir passé soit sur l’océan, soit sur la Méditerranée. Les côtes occidentale et septentrionale du Maroc, les côtes de l’Algérie. la côte septentrionale de la Tunisie, que ces vents rencontrent tout d’abord, sont donc favorisées sous le rapport des pluies. Cependant elles ne le sont pas d’une manière uniforme. En face du Maroc et de la province d’Oran, la Méditerranée est beaucoup moins large qu’en face des provinces d’Alger et de Constantine et de la Tunisie ; elle offre par conséquent un champ d’évaporation moins vaste.
____________________ 1. M. Bernard (Une Mission au Maroc, Paris, 1904, p.9) observe que, dans le Maroc occidental, l’évaporation paraît être moins intense qu’en Algérie, la température souvent couvert après les pluies.

2. Les chiffres que je cite ici et plus loin sont empruntés à M. Thévenet (p. 62, 63) et à M. Ginestous (p. 20) : Tunisie, années 1886-1900). Ils ne peuvent prétendre qu’à une exactitude approximative.

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A l’angle Nord-Ouest du Maroc, cet inconvénient est compensé par les vents qui viennent de l’Océan(1). Mais, plus à l’Est, les vents du Sud-Ouest qui arrivent jusqu’à l’Oranie se sont dépouillés de la majeure partie de leur humidité sur l’Atlas marocain ; d’autre part, les vents, particulièrement pluvieux, du Nord-Ouest atteignent le rivage africain après s’être presque débarrassés, de leur vapeur d’eau sur les hautes montagnes du Sud de l’Espagne, et sans avoir pu la remplacer suffisamment dans leur courte traversée de la Méditerranée(2). Plus loin vers l’Est, et à peu près depuis l’embouchure du Chélif, ils se chargent d’humidité : au-dessus de la mer intérieure, qui s’élargit de plus en plus, et ils viennent aborder de front le littoral, presque perpendiculaire à la direction qu’ils suivent. Il en résulte une augmentation des pluies, surtout au pied des massifs montagneux de la grande et de la petite Kabylie. Les moyennes sont, à Ténès, de 0 m. 594 ; à Alger, de 0 m. 766(3) ; à Bougie, de 1 m. 306 ; à Djidjeli, de 1 m. 007 ; à Bône, de 0 m. 738 ; à la Calle, de 0 m. 861 ; à Tabarca, de 1 m. 094. Quant à la côte orientale de la Tunisie, les vents pluvieux d’hiver ne l’atteignent qu’après avoir soufflé sur des espaces terrestres auxquels ils ont abandonné la plus grande partie de leur vapeur d’eau. Aussi les moyennes annuelles y sont-elles beaucoup moins élevées : 0 m. 471 à Tunis, 0 m. 415 à Sousse, 0 m. 246 à Sfax, 0 m.190 à Gabès(4). Soit dans le voisinage de la mer, soit à l’intérieur des terres, il faut tenir compte des altitudes pour expliquer les différences des précipitations. On sait que les montagnes provoquent la
____________________ 1. En dehors du détroit, au cap Spartel, la moyenne des pluies a été de 0, m. 810 pour la période 1894-1904 : Fischer, Mittelmeer-Bilder, II, p. 335. 2. Bernard et Ficheur, dans Annales de Géographie, XI, 1902, p. 233. Conf. Thévenet, l. c., p. 62, 71. — Moyenne annuelle à Oran : 0 m. 486. 3. Selon Gauckler, O m. 682 ; voir plus haut, p. 46. 4. Chiffres donnés par M. Ginestous (p. 201), pour la période 1886-1900. Pour la période 1900-1904, M. Ginestous (p. 218) indique les chiffres suivants : Tunis, 0 m. 399 ; Sousse, 0 m. 367 ; Sfax, O m. 130 ; Gabès, 0 m. 159.

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formation des pluies : les courants qui viennent les heurter se refroidissent par le mouvement d’ascension qu’ils subissent et par la rencontre de températures plus basses que la leur; ce qui amène la condensation de la vapeur qu’ils contiennent et des chutes d’eau, ou, si l’air est au-dessous de zéro, des chutes de neige. Plus le massif est élevé, plus la barrière qu’il présente aux vents humides est abrupte, plus les précipitations sont abondantes. Mais les montagnes sont de véritables écrans, qui arrêtent la pluie, d’une manière plus ou moins complète, au détriment des pays qui s’étendent en arrière, surtout si ces pays sont des dépressions brusques et profondes : les courants, qui se sont déchargés d’une grande partie de leur humidité en gravissant les pentes, s échauffent dans leur mouvement descendant et la vapeur d’eau qu’ils contiennent encore ne se condense que très difficilement. On peut poser en principe que, dans l’Afrique septentrionale, les côtés Nord-Ouest et Nord d’une chaîne, d’un massif reçoivent beaucoup plus de pluie que les côtés Sud et Sud-Est. Il s’ensuit qu’à proximité du littoral, les régions à altitude élevée ont, en règle générale, un climat d’hiver plus humide que les terres basses. A Fort-National, dans la grande Kabylie, il tombe 1 m. 121 de pluie ; à Taher, dans la petite Kabylie, 1 m. 153 ; le maximum est atteint en Khoumirie, à Aïn Draham, où, à une altitude de 1019 mètres, on a constaté une moyenne de 1 m. 641(1). Au contraire, certaines régions très voisines de la côte ne reçoivent que des précipitations peu abondantes, si des montagnes empêchent l’accès des vents humides. Tel est le cas de la vallée du Chélif, dépression séparée de la mer au Nord, par les terrasses et les chaînes du Dahra, dominée en outre au Sud par la massif de l’Ouarsenis, qui attire les nuages : à Orléansville, la moyenne est de 0 m. 442. Il en est de même
____________________ 1. Années 1886-1900 ;1 m. 670 pour la période 1900-1904.

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de la vallée profonde de la Soummane, au Nord et au NordOuest de laquelle le Djurdjura forme une puissante barrière. En arrière de la Khoumirie, la tranche annuelle s’abaisse à 0 m. 478 dans la plaine de la Medjerda, à Souk el Arba. A l’intérieur, la diminution des pluies devrait être en proportion de la distance qui sépare les diverses régions de la mer, d’où viennent les courants humides, si le relief du sol et l’exposition ne déterminaient pas des variations importantes. Lorsque le relief est disposé de telle sorte que des plans successifs s’étagent, se présentant de front aux vents chargés de vapeur d’eau, lorsque des couloirs inclinés sers la côte ouvrent à ces vents des voies d’accès, les pluies peuvent pénétrer fort loin. Ainsi, la partie centrale de la Tunisie, avec ses hautes plaines, avec ses plateaux, coupés par des vallées encaissées, avec le rempart que forme la chaîne Zeugitane, offre une aire étendue de condensations ; quoique les montagnes situées plus au Nord enlèvent aux vents une bonne partie de leur humidité, elles ne sont pas assez élevées pour l’accaparer. Le Kef reçoit 0 m. 543 de pluie ; Souk et Djemaa, 0 m. 508. Nous avons dit(1) qu’en Algérie, le couloir de la vallée de la Mina permet aux courants humides de parvenir facilement à la région de Tiaret, où la haute altitude est favorable aux condensations(2) : la moyenne est de 0 m. 744. Loin dans le Sud, les massifs montagneux importants provoquent des recrudescences de pluie. Tandis que, dans les steppes des provinces d’Alger et d’Oran, les chutes ne dépassent guère 0 m. 200, elles atteignent presque le double dans l’Atlas saharien, qui forme la bordure méridionale de ces steppes : 0 m. 389 à Géryville, 0 m. 380 à Djelfa. Mais, en arrière, c’est-à-dire au Sud et au Sud-Est des écrans que forment les montagnes de l’intérieur, la diminution des pluies s’accuse nettement : 0 m. 398 à Sidi bel Abbès, derrière
____________________ 1. P. 10. 2. Conf. Bernard et Ficheur, l. c., p. 347.

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la chaîne du Tessala : 0 m. 453 à Sétif, derrière le massif des Babors (où la moyenne dépasse un mètre) ; O m. 269 à Bou Saada, dans la dépression du Hodna, bordée au Nord par un cercle de hautes montagnes ; 0 m. 450 environ dans l’Enfida, derrière la chaîne Zeugitane ; moins encore à Kairouan (0 m. 364(1)). Au Sud du Maroc, immédiatement en arrière du rempart énorme de l’Atlas, le ciel est serein presque toute l’année dans la région de l’oued Sous et sur la lisière septentrionale du Sahara. Laghouat et Biskra, situées au pied méridional de l’Atlas saharien, ne reçoivent que 0 m. 187 et 0 m.170 de pluie. Ainsi, existence d’une saison presque entièrement sèche pendant quatre mois au moins (la durée de cette saison varie suivant les pays) ; quelquefois, sécheresse presque absolue pendant toute l’année ; fréquemment, au cours de la saison humide, insuffisance et mauvaise répartition des pluies, périodes de sécheresses prolongées ; régime torrentiel des chutes ; évaporatien abondante et rapide ; distribution fort inégale des pluies sur les régions hautes ou basses, accidentées ou plates qui s’enchevêtrent souvent dans un grand désordre : tels sont les caractères principaux du climat actuel de l’Afrique septentrionale.

II Quel était le climat de cette contrée dans l’antiquité ? Depuis l’apparition de l’homme (les historiens n’ont pas à remonter plus haut), il s’est assurément modifié. A l’époque pléistocène ou quaternaire, pendant la période à laquelle appartiennent les plus anciens outils de pierre trouvés en Afrique, il devait être, d’une manière générale, plus chaud et plus humide

____________________ 1. 0 m.308 pour la période 1900-1904.

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qui aujourd’hui(1), comme l’indiquent les ossements de certains animaux, recueillis avec ces instruments : éléphants (de l’espèce dite Elephas atlanticus), rhinocéros, hippopotames(2). Le Sahara, sans doute plus sec que la région méditerranéenne(3), n’était cependant pas un désert(4). Il est permis de supposer qu il a pu être traversé par des animaux qui ont besoin de quantités abondantes d’eau(5), car on a constaté l’identité d’un certain nombre d’espèces qui existaient alors en Berbérie et qui vivent encore aujourd’hui au Soudan et dans l’Afrique australe(6). Un climat chaud et très humide régna dans l’Europe centrale pendant une partie de l’époque quaternaire, dans le long intervalle de deux périodes glaciaires ; c’est alors qu’apparaissent dans cette contrée les plus anciens vestiges de l’industrie humaine : puis vint une période de froid humide, suivie d’un climat à la fois sec et froid, caractérisé, au point de vue de la faune, par le renne ; les cavernes servirent de demeures aux hommes. Ce refroidissement dut aussi se faire sentir dans l’Afrique du

____________________ 1. Mais non pas, semble-t-il, pendant toute la durée de l’époque pléistocène : voir Pomel, dans Comptes rendus de l’Académie des Sciences, CXIX, 1894, p. 314 et suiv. ;Gautier, Annales de Géographie, XX, 1911, p. 442 ; Flamand, Recherches géologiques et géographiques sur le Haut-Pays de l’Oranie, p. 744-5. — Noter que, même pendant la période dont nous parlons, il y avait dans l’Afrique du Nord des animaux qui s’accommodent aujourd’hui d’un climat chaud, mais sec : la girafe, le zèbre, le chameau. 2. A Gafsa, dans le Sud de la Tunisie, des alluvions superposés sur une grande épaisseur contiennent des outils paléolithiques offrant les types les plus primitifs. L’étude de la formation de ces alluvions a convaincu M. de Morgan qu’il y avait eu à cette époque des précipitations atmosphériques très abondantes et très violentes (Revue de l’École d’anthropologie, XX, 1910, p. 220). 3. Gautier, Sahara algérien, p. 20. 4. L’argument tiré de la botanique, que Schirmer (le Sahara, p. 135) invoque pour affirmer la très haute antiquité du désert au Sahara, n’est nullement péremptoire. Voir Chudeau, Sahara soudanais, p. 130. 5. La question est, il est vrai, très obscure, car il y a lieu d’admettre que, dans une période quaternaire, peut-être celle dont nous parlons, un désert coupant les communications, s’étendait sur le Nord du Soudan : Chudeau, l. c., p. 272 et suiv. 6. Voir chap. IV. Plus tard, la faune de la Berbérie et celle du Soudan se distinguèrent très nettement ; le Sahara ne fut plus un pont, mais une barrière :Kularlt, Studien zur Zoogengraphie, l. p. 32 et suiv., 83 ; II, p. 233.

3. p. Il est bien difficile de dire ce qu’a été exactement le climat de l’Afrique septentrionale pendant la longue série de siècles qui s’écoula entre cet âge primitif de l’humanité et l’époque à laquelle appartiennent les documents historiques les plus anciens. amenant peut-être l’homme à s’abriter sous des grottes. Voir chap. Notons. animal auquel un ciel trop humide ne convient pas(5) . ils manquent. d’autre part. y causant la disparition(1) ou la diminution de quelques espèces animales. 4. 40. où il n’y n pas d’eau.. Même pour le Sud de la Tunisie. Bernard.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 53 Nord. occupaient des lieux où les conditions climatériques permettraient encore de fonder des établissements permanents(6). l’abondance des débris d’œufs d’autruche. Partout où il y a de l’eau . des espèces aujourd’hui disparues ne sont que faiblement représentées(4). Mais il fut beaucoup moins marqué que dans le centre de l’Europe(2). p. Collignon écrit (Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. de nos jours. Ce ne fut pas 1’absence de communications terrestres qui empêcha le renne de venir habiter l’Afrique du Nord . la faune qui accompagne les restes de l’industrie paléolithique la plus récente et de l’industrie néolithique vit. les ateliers. il en est de même sur les montagnes : mais d’une manière presque constante. qui ne s’accommodent point d’un air trop sec. celle des escargots. 2. M. même sur les montagnes très élevées de l’Atlas marocain(3).. c’est-à-dire le milieu du premier millénaire avant JésusChrist. les silex abondent et. à ciel ouvert ou dans des abris sous roche. ____________________ 1. IV. on trouve une source. d’une part. Les stations. on ne trouve que des pièces isolées. dans le Tell. 1887. 5. Elephas atlanticus. ou pourrait vivre encore dans le pays . Il faut ajouter que cette affirmation n’est certaine que pour les autruches actuelles. le pied de celles-ci est couvert d’ateliers. ou sont plus rares. 6. puis hippopotame et rhinocéros. le Maroc. XXI. Dans les plaines et le fond des vallées. que l’on a rencontrés sur divers points du Tell. en Europe même. 197) : « Partout où. On peut seulement constater que. il ne pénétra pas dans la péninsule italique et il paraît s’être arrêté en Espagne au Nord-Est de la Catalogne. Il n’y a probablement jamais eu de glaciers en Berbérie.

car le climat de cette partie de l’Afrique a pu s’étendre ou exercer une influence plus ou moins marquée sur les pays qui l’avoisinent au Nord. Le Sahara est en dehors de la contrée qui fait l’objet de notre étude. Il est cependant peu probable que des troupeaux d’éléphants y trouveraient encore. qui se baignent en été et craignent la chaleur sèche. 1. Voir Livre II. 1910. Au Sud de la Berbérie. chap. De nos jours. presque autant qu’à Sétif et à Sousse . 3. 2. qu’aux environs et au Sud de Gabés. p. 369 à Aflou. l’extrême abondance des stations néolithiques parait indiquer un climat moins sec que le climat actuel. exécutées. en nombre vraiment extraordinaire. l’alimentation liquide et solide nécessaire à leur existence. Voir Livre II. L’hypothèse d’une modification de climat dans cette région n’est donc pas invraisemblable. existent des gravures rupestres. ceux-ci sont considérables . l’Atlas saharien n’est pas assurément un pays désertique : il tombe près de 400 millimètres de pluie dans le djebel Amour(2). Pourtant il ne sera pas inutile d’en parler ici. dans le Nord du grand désert(3). Elles semblent indiquer qu’un climat assez différent du climat actuel régnait alors dans les montagnes qui bordent le Sahara : les éléphants et les grands buffles apparaissent fréquemment parmi les animaux représentés(1). dans les derniers temps de l’industrie néolithique. au moins brièvement. a cru reconnaître qu’elles témoignent de pluies beaucoup moins intenses et moins torrentielles depuis l’époque de l’industrie paléolithique récente (Revue de l’École d’anthropologie. III. de Morgan. au moins en partie.54 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Quant aux buffles. C’est un fait bien connu que des stations et des ateliers dits préhistoriques se rencontrent. 389 à Géryville. autant qu’à Sidi bel Abbés. étudiant les alluvions de l’Oued Baïche. 220). ils sont moins importants au niveau des thalwegs actuellement arides. on ne voit guère comment ils pourraient vivre dans l’Atlas saharien. chap. dans l’Oranie surtout. XX. 0 m. . 0 m. I. pendant la saison chaude. les sources n’y manquent pas et on y voit des fort ts et de bons pâturages. — Gafsa. M. L’importance de beau____________________ à l’heure actuelle. » Il faut avouer cependant.

LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 55 coup de ces établissements atteste qu’ils ont été occupés pendant fort longtemps. ils présentent une étroite parenté. 134. 135.. des pilons. que l’industrie de la pierre. Livre II. Cette observation est de M. Mais ces vallées plus ou moins humides se creusaient à travers un pays. . réceptacles naturels des eaux. dont le climat était déjà assez sec pour que l’autruche y vécût(5) : des restes d’œufs de cet oiseau abondent dans presque toutes les stations néolithiques sahariennes. qui descend peut-être jusqu’à l’époque historique et remonte sans doute beaucoup plus haut. p. chap. Certaines parties du Sahara étaient-elles alors cultivables ? Ces découvertes permettent tout au moins de poser la question(2). se soit maintenue dans le Sahara plus longtemps qu’ailleurs. 3. Puis les dépressions elles-mêmes sont devenues de moins ___________________ 1. 4. p. Gautier. On y trouve des mortiers. nous le verrons(3). soit d’une manière permanente. plaines d’alluvions des anciens fleuves(4). Gautier. ibid. 5. Schirmer (le Sahara. p. 134). les mêmes formes. Une population nombreuse a donc vécu dans le désert actuel pendant une période aux limites incertaines. des rouleaux. mais très longue. des types néolithiques. Sahara algérien. soit par intermittences. souvent même une entière ressemblance avec ceux qui se rencontrent en Égypte et qui datent de plusieurs milliers d’années avant notre ère. conservant les mêmes procédés. Mais il serait imprudent d’établir un synchronisme entre les civilisations lithiques des deux contrées : il est possible. 130. Les outils. I. qui servaient à écraser des grains(1). Il faut observer que les stations et ateliers du Sahara ne se trouvent guère que dans des régions qui sont encore ou ont été des dépressions. les armes en pierre que l’on a recueillis offrent. Gautier. Au Sud-Est de l’Algérie. pour la plupart. p. 2. dans l’Erg oriental.

c. au VIIe siècle de l’ère chrétienne. morcelées. en moins habitables pour l’homme. 181 (c’est-à-dire jusqu’à la longitude des Colonnes d’Héraclès). 2. prouvent que cette contrée était alors un désert. L’eau qui coulait jadis la surface ou à une faible profondeur est maintenant absorbée par les dunes et se cache sous le sol. l. sans pluie. le pays est désert. dont quelques-uns ont été souvent cités. 4. sans animaux. Cela a été bien expliqué par M. IV. obstruées. Des dunes de sable. formées aux dépens des dépôts d’alluvions. sans bois. IV.56 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. D’autre part. voir Schirmer.. III Passons à la période pour laquelle nous disposons de documents historiques. au Ve siècle avant Jésus-Christ. Gautier. 120-138. la fin de l’antiquité. et on n’y trouve aucune humidité(5). 185. « une région de sables. au bien elle s’évapore rapidement dans des cuvettes sans issue. indiquant. C’est Hérodote. Elle commence. On peut cependant se demander si l’engorgement des vallées suffit à expliquer un changement aussi complet dans le régime hydrographique. c. Nous parlerons d’abord du Sahara(2) Des textes. Au delà. 5. » C’est ____________________ 1. les ont peu à peu barrées. au delà de la zone maritime et de la zone habitée par des bêtes sauvages. Pour le climat du Sahara dans les temps historiques. 32. façonnées par le vent. vers le midi et l’intérieur de la Libye. . l’invasion arabe. p. sans eau. si la diminution des pluies n’a pas contribué au dessèchement progressif du Sahara. II. 1. 41 et suiv. marque pour l’Afrique du Nord. nous l’avons dit. comblées(1).… une zone de sables qui s’étend depuis Thèbes d’Égypte jusqu’aux Colonnes d’Héraclès(4). 3.. terriblement sèche et vide de tout(3)..

mentionnant « la partie de la Libye où il ne pleut pas avec des palmiers grands et beaux(1) ». 33. s’étend sur un vaste espace une région inhabitable.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 57 Théophraste. — « La région. 4. stérile et sèche(3) ». est inculte et recouverte de sables stériles. qui s’étend au Sud (de la Cyrénaïque). Dipsad. On n’y voit ni oiseau. entourée de déserts difficiles à franchir. — Voir encore Méla. V. s’étendent-ils. 5. 5.. l’antilope bubale]. écrit Diodore de Sicile(4). ne présentant aux yeux aucune variété. III. sans arbres. parce que la nature du ciel y est brûlante et que l’été y règne presque toujours. 3. dit-on. dit à son tour Pomponius Méla. I. sauf la gazelle et le bœuf [c’est-à-dire. 3. ni quadrupède. « déserte. Naturales quaestiones. la Libye intérieure. au delà du littoral. 5. XVII. IV. en un ____________________ 1. » Quoique ces divers passages(9) contiennent certains détails contestables. II. 59. I. » Le vent violent du Sud « y pousse les sables comme les vagues de la mer(6) ». Pour les anciens. Pline l’Ancien.. Hist. 7. » — « La plus grande partie de l’Afrique. 39. qui nous montre. vers l’intérieur. 6. Aussi les sables arides. Citons enfin Sénèque(7) : « Si les solitudes de l’Éthiopie(8) sont sèches et si l’on ne trouve dans l’intérieur de l’Afrique que peu de sources. III. 2. Conf. ils ne laissent aucun doute sur la nature désertique du Sahara à l’époque historique. sans cultures. C’est Strabon. Voir encore Lucien. sans doute. rocailleuse. est stérile et manque d’eau courante. Il convient cependant d’observer qu’au delà du Maroc.. sablonneuse(2). ou déserte à cause de la sécheresse du ciel et des terres(5). 43. I 32 : à l’Ouest des Garamantes (Fezzan actuel). c’est. ni rien qui puisse récréer le regard. Au loin. 3. Plant. l’Éthiopie commençait au Sud de notre Berbérie. ni plante. 31. I. Elle ressemble à une mer. la terre n’offre que des amas de dunes. qui ne reçoivent que rarement let pluie et la boivent sans retard. 8. 9. 6. 23 (il s’agit de la région située un delà de la grande Syrie et de la Cyrénaïque). .

3. on ne doit pas conclure de ses assertions que le Sahara. Il est pourtant probable qu’on le traversait plus facilement. 44. entre les caps Juby et Bojador. Périple.. Méla. Nous venons de citer les auteurs qui attestent le contraire. min. 1 (la Libye. XVII. dans son ensemble. III. au-dessus de la Maurusie. . la région de la Saguia el Hamra offrait. On doit chercher à expliquer par des causes particulières l’existence des fleuves et du lac mentionnés par Hannon . 5 (le pays des Éthiopiens occidentaux. Athénée (II.58 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 8. ont pu être les convoyeurs. ou enseveli sous les sables). chasseurs d’Éthiopiens (Hérodote. p. Les Garamantes. voir Strabon. chap. montrent que. Dès l’époque carthaginoise. au milieu de l’Afrique. 4. 9 et 10 (Geogr. 3. — Hérodote (IV. au Sud du Maroc. Mais d’autres textes prouvent aussi que le littoral de l’Océan. est très peu habité) . celui-ci communiquait avec un autre grand fleuve. conduites par des officiers romains et accompagnées par des Garamantes. p. vers le Ve siècle avant notre ère. 100 (le littoral de l’Océan. Peut-être n’était-ce que la première partie d’une route de caravanes conduisant au Soudan. c) parle d’un Carthaginois. est en majeure partie déserte) . Magon. Conf. plein de crocodiles et d’hippopotames(1). XVII. gr. est ou torride. des caravanes franchirent le Sahara(5). p.. Voir Livre III. des troupes. Si nous sommes très mal renseignés sur les relations que 1’Afrique’septentrionale a eues dans l’antiquité avec le Soudan.). point du littoral de l’Atlantique qui parait répondre à la Saguia el Hamra. ibid. XVII. l. le Carthaginois Hannon remonta un grand fleuve. d’aprés Artémidore (le pays des Éthiopiens occidentaux est sec et très chaud) . et aussi les pourvoyeurs de ces caravanes. 323. 8-9). sur lesquelles nous reviendrons(2). Ces indications. émissaire d’un vaste lac . Plus tard. Outre le passage d’Hannon dont nous parlerons plus loin. 183) indique qu’on mettait trente jours pour aller de chez les Lotophages (c’est-à-dire du littoral entre les deux Syrtes. III. à l’intérieur et le long de l’Océan. le long de la mer extérieure. où il y avait des villes de commerce phéniciennes) au pays des Garamantes. 22. 3. ait joui d’un climat beaucoup plus humide que de nos jours. ce n’est pas une raison pour les nier(4). un aspect bien différent de celui qu’elle présente aujourd’hui. I. 2. 5. Schirmer. vers la fin du premier siècle de notre ère. 3. firent ____________________ 1. était déjà un désert(3). c. qui traversa trois fois le désert.

ne connurent le chameau que plus tard. dans Mélanges de l’École française de Rome. qui dit expressément que l’Orient est la patrie de ces . (conf.. Lucullus. voir entre autres : Tissot. d’un mot que M. de la Société d’anthropologie de Lyon. 210-4. p. l’occupation par les Romains de certaines oasis. d’Hippopotames. p. Schirmer.44: Cagnat. partant du rivage des Syrtes. 1903. 1901. III (remarquer que le chameau actuel craint les climats humides). Basset croit d’origine arabe. s’enfonçaient dans le désert. Le chameau a pourtant existé dans le Tell à une époque très ancienne. c. Actes du XIVe congrès des Orientalistes. Reinach. 349-354 . 9. les Garamantes durent être les convoyeurs du Sahara(4). 3. d’Oen. 331-3 . Sur cette question. dans leur guerre contre Antiochus : Plutarque. 230. Essai sur le règne de L’empereur Domitien. La grande prospérité des villes de la Tripolitaine. II. II. 328. l’espèce à une bosse existe en Afrique. selon M. On ne connaît. Basset(8). ne s’expliquent guère que par un trafic actif avec le Soudan : trafic dont les maîtres du littoral profitaient et qu’ils cherchaient à protéger. de Gigthi. p. XX. Ou. qui firent des expéditions en Afrique au cours des première et seconde guerres puniques. commandaient ces routes(3). Conf. 341) : tous. p. de Sabratha. Il n’est jamais mentionné au temps de la domination carthaginoise(9). Voir Toutain. Des pistes. du dromadaire. 1896. Or. p. qui parle des chameaux de la Bactriane et de l’Arabie. 2e édit. avec des outils de type chelléen et des restes d’éléphants. p. pour parler exactement. 1.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 59 ____________________ 1. de Leptis Magna. 33. Géographie de la province romaine d’Afrique. XLIX. Des ossements de cet animal ont été trouvés à Ternillne. Il n’est pas impossible qu’il ait disparu avant l’époque historique et qu’il n’ait été réintroduit dans l’Afrique du Nord qu’aux environs de notre ère. aucun nom berbère qui le désigne. 2. p. Revue africaine. de Tacapes(2). au delà des frontières de l’empire. Pline l’Ancien. Comme les Touaregs actuels. nous savons que l’emploi du chameau(5) comme bête de somme est assez récent dans le Nord de l’Afrique(6). Armée romaine d’Afrique. dans Collections du musée Alaoui. mais qui ne pouvait pas se faire sans l’entremise des indigènes. Les Romains. voir chap. de même(1). p. On a aussi constaté l’existence du chameau (dromadaire) dans quelques stations néolithiques. dans Bull. Il ne figure pas sur les gravures rupestres préhistoriques(7). Seule. 65. Toutain.119 et suiv. XVI. 8. 321-5. Gsell. Flamand. p. 5. les dialectes berbères se servent pour désigner le chameau. p. 7. 6. I.. 4. et de rhinocéros . qui. 63 et suiv.

c. Aucune de ces images ne parait être antérieure au Bas-Empire. — Lampe chrétienne : Catalogue du monde Alaoui. p. V. II. BeIl vand. pris par les Romains). Ammien Marcellin. 118). 23 (conf. dans Geographi latini minores. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Il n’est pas certain. parait ignorer leur existence dans l’Afrique septentrionale. à la lisière du désert. 17 et suiv. XXIX. 1904. pl. 341. La prospérité économique de la Tripolitaine prit certainement un grand essor sous la dynastie des Sévères. p. le climat du Tell ne leur convient pas. mais on n’en faisait sans doute qu’un usage restreint(3). IV. . 353. XCVII. les chevaux des troupes vandales et byzantines qui allaient combattre dans le Sud n’étaient encore accoutumés ni à leur aspect. Bull.. lat. qui sont aussi d’une époque tardive(7). 1899.60 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Vibius Sequester. Tissot. 29-30. XLVII. pl à la p. dont l’un est attelé à une charrue). — Notons qu’à la fin animaux(1). 6. VII. 1. p. : en 363. dont le chef était originaire de Lupus Magna. 2. 351. p. 1. Bull. 3. ni à leur odeur. 3 . 53. Johanide. 1902 p. Procope. p. Méhier de Mathtuisieulx. 377. 422 et suivi. 246. p.. Bell. 238.). Les chameaux furent aussi employés dans le Tell . X. Supp1. Dessins et bas-reliefs . XII. voir Ammien Marcellin.. de l’Académie d’Hippone. 116 (Sud de la Tunisie). Supplément. P. fig. p. 22) . Voir aussi une peinture murale de la région de Sousse. c. 407. 17 171978. n. afric. Au VIe siècle. 4) . fig. VIII. 83. 1900. que cette figurine ait été faite sur un moule fabriqué dans l’Afrique latine. Peut-être des découvertes futures permettront-elles d’assigner une date plus reculée à l’emploi général du chameau dans les caravanes sahariennes(8) cependant . XXIV et 123. LXVIII. 40. n° 1436.. plusieurs images de chameaux. représente un homme sur un chameau (Reinach. 6. 93. 4 (vingt-deux chameaux de l’armée de Juba. VIII. Il y en avait cependant dans cette contrée dès l’époque de Jules César(2). ____________________ 1. Mélanges de l’École de Rome. 7. 7 . il est confirmé par d’autres textes du VIe siècle(5) et par des documents archéologiques(6). 580. 3 (au Sud-Ouest de Tébessa) . 194 . Cagnat 1. 303 (conf. 11. 8. 489 . 8. Ce fut à cette époque que Rome fait des garnisons dans les oasis situées sur les routes du Soudan. date du Bas-Empire(4) . dans Nouvelles Archives des missions. Narrative of travels and discoveries. le général Romanus exige des habitants de Leptis Magua quatre mille chameaux pour faire ses transports. 6. 333. semble-t-i1 . n° 88.II. ibid. archéologique du Comité. Le premier texte qui nous montre un grand nombre de chameaux servant à des transports. pl. 5. — Voir aussi Végèce. 1906. cependant. qui date du Haut-Empire : Catalogue du musée Alaoui. X (Ghirza en Tripolitaine . VII. 77. fig. 4. pi. VIII. ce qui favorisa évidemment le commerce des caravanes. Denham et Clapperton. III. 40. Une terre cuite de Sousse. pl. p.. 23 et suiv. l. Mais ils s’y répandirent peu. n° 33 (au Sud-Ouest de Biskra) . XVIII. et Corpus inser. XXVIII. Peut-être le développement du trafic transsaharien fit-il alors adopter définitivement l’usage du chameau. 474 . 5. 147. 397 . qui date probablement du second siècle de notre ère. Corippus. l.. fig. VI.

est beaucoup plus exigeant. 115 (écrit attribué à Saint Augustin dans Migue. mais cette opinion est certainement erronée. Or. Conf. Hérodote. 131) a soutenu que le méhari est un animal propre au Sahara. Hérodote IV. 7. —Il existe au Sahara (dans le Fezzan. 1. Min. Rolfs (cité par Schimer. 4. le silence de Pline. 84-87. distinct du chameau d’origine arabe. destinées à abreuver et à nourrir leurs bêtes . il est vrai. 94. » 6. sive com ponit ». mais aussi plus au Nord. 54. il serait déraisonnable de traversern le Sahara avec des bœufs. Questiones ex utroque Testamento mixtim. qui sont à la lisière méridionale du Sahara. p.. qui vivaient peut-être dans le Tibesti. 137°. 128 . en face de l’île de Cerné. gr. Gautier. 3. Pseudo-Scylax. passaient pour de bons cavaliers. dans un pays privilégié. établis sur la côte de l’Océan. l’âge de celles du Tibesti est incertain. Des Éthiopiens occidentaux. 108. 318 . d’origine soudanaise. mais enveloppé par le désert. si le chameau peut rester une huitaine et même une dizaine de jours sans boire. Périple. Gautier. IV. Sahara algérien. 2350 : « Garamuntum. c’était sur des chars attelés de quatre chevaux que les habitants du Fezzan actuel. parait interdire de remonter plus haut que la fin du premier siècle(1). allaient donner la chasse aux Éthiopiens troglodytes(2). Mais. Le méhari est un chameau dont les qualités de vitesse et d’endurance ont été obtenues par sélection et dressage . qui servaient de montures(5) et probablement de bêtes de somme. Duveyrier en a signalé dans l’oasis se Ghat : voir Gautier. au IVe siècle avant Jésus Christ(3). conf. p. p. et dans le Tibesti) des gravures rupestres représentant des bœufs. p. Patrologie latine XXXIV-V. 137. Au temps d’Hérodote. non seulement dans l’Adrar des Horass et dans l’Aïr. pour ne pas parler du bœuf(7). Sahara soudanais. quoique aucun texte n’en mentionne. Outre leurs chevaux. les Garamantes. I. Les indigènes qui s’avançaient à travers le Sahara à cheval ou sur des chars s’astreignaient-ils à emporter des provisions. 183. les Garamantes possédaient des bœufs(4). 5. qui était allé en Afrique. p. regibus tauri placurunt ad sessum. 203.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 61 ____________________ du IIIe siècle. qui supra Tripolim Afrorum sunt. Celles de Telliz Zarhène paraissent être antérieures aux temps dont nous parlons ici . 183. p. l’Africain Arnobe (Il. Gautier. 112 (Geogr. la Conquête du sahara. à Telliz Zarhène. quoique la chose ne soit pas absolument impossible (Schirmer. Il y a des bœufs à bosse (zébus. Ils ont pu employer aussi des ânes(6). sive cum sumit onera. au Ve siècle avant notre ère. 2. le cheval. p. Chudeau. dans l’Ahaggar . p. 23) parle du chameau comme d’un animal qu’il connaît bien : « discit) ramelus sese submittere. p.

3. 178 . « ingens palus… Tritunis… » Conf. a été. également trempés.62 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. pour traverser le désert. de grands végétaux. Ptolémée.n XVII. un grand changement hydrographique. du djebel Amour. IV. météorologique. je crois. . de l’Atlas marocain .. le Nord du Sahara. étaient alors moins espacés le long des pistes du désert. 6. Mais il ne faut pas se faire illusion sur la fragilité d’une telle hypothèse. I. 3. Nouvelles archives des missions. naturellement. si l’on veut. s’est produit. durant plusieurs jours ? C’est possible(1) : cependant on est en droit de supposer que les points d’eau. de l’oued ____________________ 1. il dit que. la dépression qui existe en effet au pied de l’Atlas saharien . 7 . hygrométrique. qui s’accumulent de plus en plus dans les anciennes vallées du Sahara. à Méla. les fonds. Peut-être aussi les pluies qui alimentaient ces points d’eau sontelles devenues plus rares. les vallées. Ces textes réduisent. Cette humidité s’étendait sur les espaces contigus. 36 . Il est tout à fait hors de doute que le Sud de cette contrée. une région très mouillée. de ce Niger. VII. 3. et aussi les pâturages. encore imprégnées. 1897. pleine de marécages et. les Pharusiens (peuple vivant dans le Sud du Maroc) attachent des outres pleines d’eau sous le ventre de leurs chevaux. 2. de ce fleuve vague que les auteurs anciens entrevoient presque tous derrière la Berbérie . des plateaux les moins élevés. que les textes(3) ne nomment jamais que paludes . IV A-t-on au moins des raisons d’admettre que le climat se soit modifié à la lisière septentrionale du Sahara et dans la partie de la Berbérie qui borde le désert au Nord ? La Blanchière a écrit à ce suje(2) : « Il est une partie de la Libye du Nord où. et depuis les temps historiques. Hérodote. les longs thalwegs de l’Igharghar. certainement. au moins en partie. 31-33. IV. Strabon. La cuvette des chotts. Conf. le bassin de ce Nil. p. Leur nombre a pu diminuer par suite des progrès des dunes.

de l’oued Zousfana. Périple. 6). de l’oued Ghir.. de l’oued Djedi. Il trouve des solitudes de sable noir. » L’étude des textes ne permet pas d’adopter cette opinion. de l’oued Guir. A ceux que nous allons citer. la plupart des témoignages grecs et latins.. Les colons le découvrent tel qu’il est aujourd’hui. les plus anciens comme les plus récents. d’Igli à Figuig. quoique l’expédition ait lieu en hiver. c’est-à-dire de la Berbérie : « Latere quod ad meridiem vergit fontium inops et infamis siti. Au milieu du premier siècle de notre ère. Comment s’est faite la transformation ? Comment la sécheresse a-t-elle triomphé. 3. la flore disparue. ce pays est inhabitable à cause de la chaleur(3) : La rivière que le roi Juba identifiait avec le Nil et qui prenait sa source dans une montagne au Sud de la Maurétanie. véritables vestibules du désert. 5). en s’avançant dans la direction du fleuve Ger.. qui.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 63 Mia. où. puis nous apprécierons la valeur de ceux qui semblent les contredire. le général romain Suétonius Paulinus le rencontre dès qui il a franchi l’Atlas marocain. nous montrent une suite de régions sèches. l’agriculture. Pline. reliée ou non aux forêts du Nord. ajouter Salin (XXVII. min... la faune. au Sud du Maroc(2). non loin de l’Océan coulait ____________________ 1. V. Mais il en a été ainsi. 8 (Géogr. Hannon longe le désert dès qu’il a dépassé le Lixos. quand elle Vient buter contre le Sahara. est encore un marais : tout cela fut jadis une espèce de jungle. De l’Océan jusqu’au fond de la grande Syrte. ça et là. bien plus riche de sources. I. en meilleur état toutefois. peut-être l’oued Guir d’aujourd’hui. Au moment où l’Afrique du lord est entièrement colonisée. gr. p. ceux de l’oued Draa.. Nous les examinerons tout d’abord(1) . » 2. du puits et d’oasis. Vers le Cinquième siècle avant Jésus-Christ. émigré vers le Sud ? C’est ce que nous ne saurions dire. . c’est-à-dire l’oued Draa.. font saillie des roches qui paraissent brûlées . s’y heurte bien à un désert. 14. Il dit de l’Africa.

. 7. 31 et 32 : «per deserta et ardentia ». à la page 112 (d’après un croquis de Tissot). p. pour cette région. 5. 19. au témoignage de Pline. faciles à traverser. Dans le Sud de la Tunisie(3). II. 1903. p. 4. 138. Pline. Partsch (écrit cité plus haut. 126. établie au début de l’ère chrétienne. brûlante. a été trouvée c sur le bord du chott. ne s’est pas abaissée. p. 111 et fig. Or le rebord de ce puits ne dépasse que de deux ou trois pieds le sol environnant(5). on rencontre un puits ancien (Rir el Menzol). Tacapes (Gabès) était. sur une piste. qui s’alimentait par une nappe d’eau douce. une oasis au milieu des sables(7). Au milieu même du chott et Djerid. Au sud des chotts. Tissot. I. brûlés par le soleil(2) ». Corippus. 3. Pline. et une borne. stérile(1) » Au Sud du massif de l’Aurès. I. la critique de ces textes. Géographie. obstrué depuis longtemps. même pour de lourds chariots. Johannide. blatte au 155e mille. . à travers une région « déserte. XVIII. La croûte de sel qui forme la surface de ces lac. Conf. il n’y avait à cet endroit que des efflorescences salines. qui contiennent manifestement de graves erreurs. 188 : « in mediis harensis ». 2. Voir dans Tissot. chercher des arguments en faveur d’une modification de l’hydrographie dans les indications qu’Hérodote. p. 6. 40. au sud-Est de Gabès et le long de la route qui reliait l’Africa à la Cyrénaïque. Toutain. Il ne faut pas. p. 204 et carte. le Pseudo-Scylax et Ptolémée donnent sur le lac Tritonis et le fleuve Triton. Il est évident qu’autrefois la croûte saline qui permettait de l’atteindre ne devait pas.64 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. La grande voie militaire. Thomas. qui parait l’avoir visitée. I. V. comme aujourd’hui. sablonneuse. on essayait de remédier à la pénurie ____________________ 1. près des dernières terres cultivables(6) peut-on conclure que. franchissait l’extrémité Nord-Est du chott el Fedjedje. 100 et suiv. qui reliait Tébessa à Gabès. Vadis (aujourd’hui Badès) était située « dans des sables secs. dans Mémoires des antiquaires de France. Essai d’une description géologique de la Tunisie. le chott el Djerid et le chott et Fedjedje n’étaient pas plus étendus dans l’antiquité que nos jours(4). ou du moins ne devait guère s élever au-dessus du niveau actuel. LXIV.

Jugurtha. p. IV. 1897). 26 : conf. . VI. s’étendant dans la direction du pays des Garamantes » . Le littoral de la grande Syrte est. dans un désert sans eau. 173 . à une quarantaine de kilomètres au Sud-Est du Gabès . 82. p. IX. 431 et suiv. dit Pline(9). 175. dit Corippus(10). desséché. où s’élevaient les villes de Sabratha et d’Oea. 283-6 . II. 9. où il ne pleut pas. 402-3. infesté de serpents) . Ibid. Patea Pallene. 473 et suiv. 1904. Ptolémée.. Carton. conf. VI. Hérodote indiquait déjà(7) que le pays situé dans le fond de la Syrte était dépourvu d’eau(8).-C. I. Corippus. au delà de la bordure du plateau saharien. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie (Tunis. Johannide. Ibid. — Conf. Voir aussi Diodore. 10.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 65 de l’eau courante par des puits et des citernes. — En 347. 7. on ne pouvait pas plus y vivre autrefois qu’aujourd’hui(4). p. C’eût été un prodige. 23. XVII. « de vastes déserts. Anthologia latina. le long de la grande Syrte. pas de ruines dans la région plate appelée aujourd’hui la Djeffara(3) . un pays sablonneux. au dire d’un poète africain. il n’y a. A l’intérieur. où il n’y a nul moyen d’aller ni de vivre ». l’armée d’Ophellas s’engage. 3. 8. Nouvelles archives des missions. 202 et suiv. LXXIX. 3. et le rebord du plateau saharien. conf. 116-117 : « Muctuniana manus calidis descendit ab oris Quae Tripolis deserta calit. 4). 493 et suiv. si nécessaires aux voyageurs que les Itinéraires anciens les mentionnaient(1). V. 34. Des vers de Lucain(6) décrivent cette côte. de voir les ravins des Syrtes apporter de l’eau à la mer(2).. les Byzantins et les indigènes se livrèrent une grande bataille pour la possession d’une rivière qui donnait de l’eau. 4. Conf. Corippus. 17 et suiv. Entre le rivage. 275. p. 20 et 23. 513. . Cinq cents ans plus tôt. — Voir aussi Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. 294. V. ____________________ 1. inhabitable. p.. . où la chaleur et la poussière s’opposent à toute végétation. IV. 3. 6. » 5. XX. Supra. Pour se rendre de la côte chez les Garamantes. Table de Peutinger: Puico (au Sud des chotts) . XIII. 3. Ad Cisternus (conf. II. 523-5. « des lieux tristes. . 35. p. stérile. 42 (à la fin du Ive siècle avant J. conf. Méhier de Mathuisieulx. 2.. Johannide. Puten nigra (sur la route du littoral). IV. Tel était le littoral.. dit Strabon(5). Salluste. dont les falaises dominent à pic la Djeffara. n° 349. citait le désert brûlant.

sur une longueur de 600 kilomètres. I. V. Depuis le coude à partir duquel il se dirige vers l’Ouest. que les riverains du fleuve étaient. Or. 2. p. p. trouve un grand fleuve. V. arrivant à l’embouchure du Lixos. Geographi latini minores. 63. 6. mais. on suivait des pistes jalonnées par des puits. 6. un large fossé. 4. XI. Il suffisait aux indigènes de combler ces puits avec du sable pour supprimer les communications(1). p. Kobelt (Studien zur Zoographie I. Sans doute. c’est d’ordinaire. de nos jours. au dire d’Hannon. Sur l’Atlantique. dit-il. dans Qellen undForschungen de Sieglin. 14-15). même si cette cause d’épuisement disparaissait..66 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 1906. il faut tenir compte des irrigations qui saignent le fleuve dans la partie supérieure de son cours. gr. décrivant la côte. .. un ou deux lacs. qui paraît correspondre aussi à l’oued Draa(5). Quaestiones Plinianae geographicae. sur les rives duquel des nomades font paître des troupeaux(2). Périple. Hannon. Il semble bien qu’il en ait été autrement au temps d’Hannon : celui-ci n’aurait pas qualifié de grand fleuve un lit desséché(4). 3. sans insister sur cette remarque. Je noterai cependant. p. signalait des crocodiles dans le Darat. 9. de hautes montagnes. Mais ce n’est là qu’une fragile hypothèse. note à la page 5) ou de Polybe (comme on le dit généralement : opinion défendue par Klotz. Le Lixos. l’oued Draa n’apporte guère d’eau à la mer. 38. le courant n’atteindrait probablement pas l’Océan. est l’oued Draa. et non des sédentaires qui auraient utilisé l’eau du Lixus pour des cultures. 5. Cela ferait croire que les montagnes qui alimentent ce fleuve et ses affluents. recevaient plus de pluie qu’aujourd’hui(6). 79) suppose qu’il existait autrefois. on le sait(3). Citons maintenant quelques témoignages qui paraissent aller à l’encontre de ceux que nous venons d’indiquer. Il est malaisé de dire si c’est une citation d’Agrippa (voir Riese. Pline. 6 (Géogr. Voir plus haut. qui vient. Pline. min. ____________________ 1. c’est-à-dire le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas. des pasteurs nomades. Plus tard. Polybe (ou Agrippa). qui lui servaient de réservoirs et lui assuraient un débit abondant en toute saison. sur le cours supérieur de l’oued Draa. n’ayant qu’un cours souterrain. 5. sauf dans des crues exceptionnelles.

d’après Juba. des crocodiles dans un lac situé chez lez Masaesyles. 33. Voir aussi Méla. le même. 51 (d’après Juba) . Il y avait aussi des crocodiles dans une ou plusieurs rivières qui.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 67 ____________________ 1. . Pourtant les dispositions de certains ouvrages défensifs . A peu de distance au Sud de l’oued Djedi. 142. XXII. Flamand. LXXV. au Muséum (indications de M. la dépouille. il serait nécessaire d’admettre que l’oued Djedi fournissait un volume d’eau assez considérable pour suffire à des irrigations très étendues(4). 52) indique également. d’autres raisons portent à croire que ce fossé marquait une frontière romaine et qu’il est resté toujours à sec(5). Ier 48. il en vit encore en plein Sahara(3). I. p. V. 29. dans Mélanges Boissier. 13. 5). 227 et suiv. n°69. la trace d’un gigantesque fossé. Dinaux. dont le lit est parallèle à celui de l’oued Djedi. 2. comme l’oued Draa. Pausanias. p. Pausanias (I. 6 . 15. on peut suivre. p. construits par des maçons indigènes. 3. dans le Tassili des Azdjers . S’il en était ainsi. existent des vestiges de bourgs. mais qui sont aussitôt absorbées par le sable. 5. Il partait de la rivière et on l’a naturellement regardé comme un ouvrage d’hydraulique agricole. 2. 96 : Ammien Marcellin. Mais on n’a retrouvé aucun débris de l’immense barrage de dérivation qu’il aurait fallu construire sur le lit de la rivière : d’ailleurs. dont les indications sont du reste très sujettes à caution. dans Enquête administrative sur les travaux hydrauliques anciens en Algérie. parle de trois rivières qui descendent de l’Atlas. Pline. Voir aussi Schirmer. Avaient-elles plus d’eau que n’en ont de nos jours l’oued Ziz ou l’oued Guir ? Il ne faudrait pas l’affirmer trop vite(2). Des crocodiles pourraient vivre dans les rivières que nous venons de nommer . — Pline (V. Gsell. le Sahara. qui naît près de Laghouat et se prolonge vers l’Orient jusqu au Sud-Est de Biskra. a été envoyée par ce dernier à Paris. sur environ soixante kilomètres. sortaient de l’Atlas et que des anciens identifiaient avec le Nil(1). dans la Maurétanie Césarienne. Sur les bords de l’oued Itel. III. à une cinquantaine de kilomètres au Sud. 8 . Crocodile (espèce du Nil) capturé en 1909 par le capitaine Niéger. Flamand). 142. Conf. 33. Atlas archéologique de l’Algérie. 1. Paul Orose. Dion Cassius. adressée à M. 4.

On est cependant tenté de se demander si ces vestiges ne témoignent pas d’une densité de population que ne comporterait point le climat actuel. 1903. comme aussi au Sut-Est de Gabès. Annales de la Société géologique du Nord. archéologique du Comité. Carton. Faut-il admettre un changement de climat ? Suffirait-il. De nombreux tombeaux sont des tumulus. et seulement pendant une partit de l’année. de fabrication romaine. 1899. pour le pays du Sud-Est de Gabès. Blanchet. Bull. Bull. Sur le sol de ces anciens établissements gisent des fragments de poteries vernissées. XV. du moins des mœurs sédentaires. Ils ont probablement été élevés par les villageois voisins(1). prouvent que l’on s’est efforcé d’imiter les forteresses romaines ou byzantines. pour ranimer la vie passée ? C’est ce que nous ignorons. 10-13. à l’Est du chott el Djerid. sinon un peuplement très dense. p. .. entre les Monts des Matmatas et la mer. 2. elles attestent. p.de la manière la plus judicieuse et la plus attentive. permet de croire que le « régime des pluies s’est modifié défavorablement depuis l’époque romaine » : Toutain. ____________________ 1. — Dans le Nefzaoun. p. les ressources que pouvaient leur offrir les oueds descendant des montagnes. de faire des barrages sur la rivière. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. et ils ont utilisé. nous le savons. En tout cas. dans des conditions semblables d’exploitation du sol et d’emploi de l’eau disponible(2). dans un pays qui n’est plus occupé que par des nomades. 1887. car les centres habités ont pu se déplacer. après avoir décrit la province d’Afrique. Les ruines romaines abondent au Sud et au Sud-Est du massif de l’Aurès. mais on y a trouvé des objets en fer. archéologique du Comité. des poteries vernissées. 137-142. Pline l’Ancien. 339. Conf.68 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 1896. Il n’est pas certain que ces ruines datent toutes de la même époque. les pluies. p. 44. type de sépulture qui remonte sans doute à une haute antiquité. Les anciens. Hamy et Lerny. ont choisi pour l’exploitation de ces régions des cultures exigeant très peu d’eau. l’existence de citernes qui ne pourraient plus être alimentées aujourd’hui. de creuser des puits. les nappes souterraines. au contraire.

Le Cinyps est l’oued Oukirré. djebel Nefousa)(4). d’où sort le fleuve Cinyps(6). soit pâturage. Nouvelles Archives des missions. 6. Des bois très épais sont signalés par Hérodote(5) à deux cents stades de la mer. Ou y voit encore « de belles plantations ____________________ 1. à la petite Syrte(2). 4. bientôt. Le même historien parle avec enthousiasme du pays parcouru par ce fleuve(7) : « La région du Cinyps vaut les meilleures terres du monde pour les céréales et ne ressemble en rien au reste de la Libye. . 1904. » 5. il n’a pas à craindre la sécheresse. Le sol est noir. ni l’excès des pluies. Pline reparle de ce pays où l’on trouve des éléphants : « Éléphantos fert Africa ultra Syrticas solitudines. en arrière de Lebda. 26. IV. Viennent ensuite des saltus(3). IV. Djebel Douirat. de vastes déserts et. arrêtent les vents chargés d’humidité et reçoivent quelques pluies. 32). dit-il(1). V. qui signifie. dans la zone appelée par les indigènes le Djebel (monts des Matmatas. à la colline des Grâces. car il pleut dans cette partie de la Libye. soit maquis. 198. » Les terres élevées qui dominent presque le rivage.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 69 parle des deux Syrtes. au delà. des solitudes où vivent des éléphants . Voir Méhier de Mathuisieulx. plus à l’intérieur. 7. qui sont éloignés des Augiles de douze journées de marche. Dans un autre passage (VIII. « Pour aller. sur la bordure du plateau saharien. En venant du Nord. 175. XIII. il faut traverser des déserts de sable. comme le prouve le contexte. 2.. 3. qui débauche dans la mer à peu de distance au Sud-Est de Lebda et dont le cours est plus étendu que ne le croit Hérodote. 96. pleins d’un grand nombre de bêtes sauvages et. c’est-à-dire dans le pays situé au Sud de Lebda (autrefois Leptis Magna). arrosé par des sources . les Garamantes. de trois cents pour un. d’une manière générale.. lieu couvert de végétation naturelle : soit forêt. les saltus et les lieux habités par des éléphants devaient se trouver entre le golfe de Gabès et le Fezzan. Ici le sens parait être maquis. p.. » D’après ces indications. Le produit des récoltes y est avec la semence dans le même rapport que sur la terre de Babylone. C’est à dessein que nous ne traduisons pas ce mot. infestés de serpents.

On produit quelques arguments pour soutenir qu’il était plus humide dans l’antiquité que de nos jours. c. troisième série. M. V. On y a ménagé les eaux avec le plus grand soin. dans Archives des missions. Méhier de Mathulsieulx. Carton. ou formait des nappes souterraines. 18) au cap Céphales. d’innombrables troupeaux de moutons(1) ». 1883. dans le demi-millénaire qui précéda l’ère chrétienne et dans celui qui la suivit. 63. dans Publications de l’Association historique de l’Afrique du Nord.) parle de barrages colossaux. Pourtant il parait certain que. à l’Est de l’embouchure du Cinyps . La Blanchère. la région du Djebel est moins favorisée. V Il nous reste à étudier le climat de la Berbérie proprement dite. plus boisées peut être qu’aujourd’hui(3). mieux garnies du terre végétale. Plusieurs causes peuvent être ____________________ 1. L’examen des textes et des documents archéologiques dont nous disposons peut donc autoriser quelques hésitations. la lisière septentrionale du Sahara était déjà une zone sèche. p. 32. elles emmagasinaient mieux cette eau. qui ressortait ensuite par des oueds. . de Mathuisieulx (l. Il serait sans doute impossible à des éléphants d’y vivre. 1906. 4. Les bois épais de la colline de Grâces ont disparu. conf. S’il pleuvait dans cette région. de même que ceux qui sont indiqués par Strabon (XVII. qu’on atteignait par des puits. X. 1886. du moins sous la domination romaine. 3. Tissot. de vastes champs d’orge. l. d’oliviers. les pluies n’y étaient pas très abondantes. p. p. Quoiqu’elle reçoive aussi un peu de pluie. C’est d’abord le desséchement ou l’abaissement d’un certain nombre de sources et de puits(4). 67. Peut-être l’informateur de celui-ci a-t-il exagéré(2).70 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. p. de vastes citernes. de puits profonds. dans Annales de la Société Géologique du Nord. Ce n’est plus cependant le paradis décrit par Hérodote. 3. 213-6. XXIV. Elles accaparaient l’eau du ciel . Mais il est permis de croire que les montagnes qui la bordent recevaient un peu plus de pluie. 2. aujourd’hui cap Misrata.

3. p. qui n’intéresseraient pas le climat.. qui négligent de les curer(1). conséquence du déboisement. De 1899). une source qui. 66 et 70 . 1870-7. Mougel. 5. archéologie du Comité. I. Rec. qui recherchaient les sources avec beaucoup de soin . 166-7 . dans Bull. Papier. Sources et puits sont simplement obstrués. 73. p. 3. soit . Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. XVIII. XX. coulait assez. p. De Constantine. Ailleurs. mais aujourd’hui misérable. XIX. et que des travaux y remédièrent. p. de l’Académie d’Hippone. p. Notice sur l’hydraulique agricole en Algérie (Alger. L VIII. 280. importante à l’époque romaine. abondamment il y a peu d’années(5) : ces caprices doivent être attribués soit à des mouvements de terrain. qui ont pu modifier ou obstruer les issues des sources et bouleverser les nappes souterraines : on sait que les tremblements de terre sont fréquents dans l’Afrique du Nord. puis reparaît(4). 128. 150. qui aridis locis aquas dare possit imatiles. 1878. Carton. 62-63 . p. dans Bull. III. « Comperimus aquilegum Roman venisse de partibus Africanis. ubi ars ipsa pro locorum siccitate magno studio semper excolitur. 1885. il y avait. Dans les deux dernières hypothèses. 568-570 . p. p. » — Une inscription du troisième siècle (C. le point d’émergence de la source s’est seulement déplacé(3). 1864. des ingénieurs spéciaux (aquilegi) dont c’était le métier(2). Payen. p. de la destruction des terrasses construites en étages sur les pentes. 53. Ajoutons que l’assèchement de certains puits. de Constantine. p. VIII. 1900). il s’agirait de phénomènes locaux. au Sud-Ouest de Sétif. de la diminutions des étendues ameublies par les labours . invoquées pour expliquer ses faits : 1° la diminution des pluies . on constate qu’une source cesse de couler pendant quelque temps. 2. dans Rec. Enquête Tunisie. la disparition de certaines sources ne sont sans doute qu’apparents. Rapport sur les cultures fruitières dans le centre de la Tunisie (édit. épist. II. 6 . I. Var. 149. 8809) mentionne dans la Medjana. 3° les mouvements du sol. dans l’Afrique romaine et même vandale. depuis lontemps avait disparu. par la faute des indigènes. D’autres fois. Poulle. 4. Cassiodore. 1898. 2° l’aggravation du ruissellement.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 71 ___________________ 1. Bourde. ut benefico suo habitari faciat loca nimia sterilitate siccata. Bien différente était la conduite des anciens. I. qu’une autre. dans Recueil de Constantine. Voir par exemple.

p. A Thelepte. p. Carton. ce débit ne s’est pas modifié(4). p. Plusieurs méritent de ne pas être perdues de vue. Nouvelles Archives des missions. mais de rares constatations permettent de croire qu’en divers lieux. 159-160. Entre Gafsa et Sfax et autour de Sfax. l’appuyer sur des constatations certaines. A Lambèse : Moll. déblayés de nos jours. 3. 80 (au Sud de Madjerda) . de sècheresse. le débit de l’aqueduc de Carthage devait être à l’époque romaine notablement supérieur au débit actuel. Dans Annuaire de Constantine. p. Tel est le ces pour les régions situées à ____________________ 1. Sufetuin . 109 (région de Guelma). XVII. de pays peu éloignés du Sahara. Enquête Tunisie. aux alternatives de périodes d’années pluvieuses et. p . Cillium. 1090. sont demeurés à sec ». Leur débit a-t-il diminué depuis une quinzaine de siècles ? Il nous est impossible de répondre avec précision.72 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 1836-7. Dans le pays des Némenchas. 256. » Germain de Montauzan. Il faudrait donc. Mercier. dans certains pays. Guénin(2) a remarqué que « de nombreux puits antiques. XV. 87 . Cependant. La plupart des sources qui alimentaient des centres romains existent encore : c’est même pour cette raison que nos villages de colonisation s’élèvent presque toujours sur l’emplacement de ruines. au Sud-Ouest et au Sud de Tébessa. pour ainsi dire. Bourde. nombreuses et embrassant des régions étendues. p. qui sont couverts de ruines attestant l’existence d’une population nombreuse. soit à l’obstruction des veines d’eau souterraines. dans Nouvelles archives des missions. Mais l’auteur ajoute : « On peut attribuer cet appauvrissement soit au déboisement des montagnes. 4. 1888. Carton. » 2. Étude. Rapport. bien qu’on ne puisse pas encore en tirer une conclusion générale. 12. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie. 6. p. on le voit. I. faites. on ne dispose que de quelques observations. Carton observe : « C’est le seul exemple bien net que j’aie rencontré d’une source complètement disparue depuis l’époque romaine. pour que l’argument eût une réelle valeur. M. les sources sont rares aujourd’hui et très peu abondantes. archéologique du Comité. 1908. M. III. p. Jusqu’à présent. au hasard(1). 76.. le nettoyage de beaucoup de puits n’a pas donné de meilleurs résultats(3). dans Bull. . ou bien elles manquent tout il fait. Il s’agit.

au Sud et au Sud-Est de Tiaret(1). P our les forêts de l’Oranie. Guérin. Joly. l. dans Bull. p. voir Battendier et Trabut. 2. pour essayer de fixer un total s’appliquant à une époque déterminée. l’un a pu remplacer l’autre. Beaucoup de ruines qu’on qualifie de romaines pourraient bien être des ruines de constructions berbères. II.. au Sud-Est de Khenchela. 1900. dans Association française pour l’avancement des sciences. dont les vestiges se rencontrent à peu d’intervalle. au Sud du Sétif. très peuplée pendant les siècles qui ont suivi l’invasion arabe. El Yacoubi.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 73 l’Est de Saïda. Je parle ici des habitations et non des édifices officiels et religieux. p. Les forêts de cèdre des monts de Batna et du massif de l’Aurès sont aussi en décadence : Vaissière. p. Ibn Haucal. Là encore. p. Lille. Il suffit. Revue africaine. XXXVI. 4. Battendier et Trabut. par conséquent. pour s’en convaincre de lire les géographes. Deux bourgs. 76. El Bekri. Il faudrait étudier très attentivement les moyens que les anciens ont employés dans ces différentes régions. de la Société botanique de France. survenu à une époque relativement récente »). 63. Il n’y a donc pas là une preuve péremptoire de la diminution des sources et. 60-61. La Blanchère. c. 885. . 128 . 1883. Les archéologues oublient trop que l’Afrique est restée très cultivée. D’autre part. il conviendrait d’examiner si ces moyens ne permettraient pas encore un peuplement aussi dense. Conf. des pluies. 3e série. La diminution des pluies en serait cause. X. 1891. afin de se procurer. 1892. par de jeunes sujets(4). ne sont peut-être pas contemporains . dans Archives des missions. On a fait observer que certaines forêts sont en décadence. qu’il est aisé de dater. p. 40. XXXVIII. 3. l’Algérie. au Sud de Tébessa(2) et aussi pour la Tunisie méridionale. dans lesquelles avaient été employés des matériaux datant de l’époque romaine. Ces ruines peuvent se répartir sur une assez longue série de siècles(3). nous répéterons ici une observation déjà faite plus haut. 320 (« ces forêts semblent s’éteindre naturellement par suite d’un changement climatologique. en quantité suffisante. p. une enquête minutieuse serait nécessaire pour déterminer quelle est la part des ____________________ 1. l’eau dont ils avaient besoin et dont ils paraissent S’être servis surtout pour l’alimentation . au moins approximativement. que les vieux arbres y meurent d’épuisement. indépendamment des sources. Il ne serait pas prudent d’additionner les populations de ces divers centres. sans être remplacés.

74 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. édit. p. qui affirme que la Libye est pleine d’éléphants(7) et raconte. Polybe. aux contins de l’Éthiopie. 664. les défenses d’éléphants sont tellement abondantes qu’on s’en sert pour faire des poteaux. gr. dans le Sud de l’Afrique (Berbérie actuelle). 31. 3. que. Lacroix. 117. III. 15. Sur les éléphants de l’Afrique du Nord. M. croit que la faute en est aux indigènes et à leurs troupeaux. 3). Müller. le poète Manilius(9) . dans Revue africaine. p. 191.. p. 3. des haies. des clôtures de parcs à bestiaux(8) . Puis viennent Aristote. Lapie (dans la Revue de Géographie. p. . l (Geogr. Cité par Pline. II. comme preuve d’une modification de climat. comme en Inde(5) . . On attribue la décadence actuelle des forêts de cèdres de la province de Constantine à une cause accidentelle. d’après le roi Gulussa. qui a duré de 1874 à 1881 et qui a tué beaucoup de vieux arbres. l. l. III. au même siècle. Hannon en signale. — et aux ravages causés depuis lors aux jeunes sujets par les chèvres. 119). 1869. qui constate aussi la décadence des boisements de cèdres du Djurdjura. le roi Juba(10). 1735. c’est-à-dire en Tunisie(4). XIII. 5. Enfin. auquel sont probablement empruntés la plupart des passages d’Élien relatifs aux éléphants afri____________________ 1. Geogr. Périple. l. fils de Masinissa. 4. XII. 363-373. voir en particulier : Armandi. Voir Fragmenta historicorum graecoram. p. vers le cinquième siècle avant Jésus-Christ. De Caelo. gr. quand il n commencé : il peut être dû à des causes récentes. Hérodote.. et quelle est celle du climat dans le dépérissement progressif de ces forêts(1) Si le dessèchement est réel. 474-5. Agatharchide(6) . 10. 2. selon lui. 5. qui dit qu’il y a dans la région des Colonnes d’Héraclès des éléphants. dans le Maroc actuel(3) . IV. n° 9. 1909. on a souvent indiqué. IV. Géographie. Histoire militaire des éléphants. p. il importerait de déterminer. Les textes mentionnant des éléphants dans cette contrée sont très nombreux et se rapportent à une période de plusieurs siècles(2). l’existence de l’éléphant dans l’Afrique du Nord à l’époque antique. p. 6. 7. 14. dans la mesure du possible. hommes et du bétail. 350-1 : Tissot. 9. se trouve à l’Occident du fleuve Triton. 13 et suiv. min. 8. dans le pays qui. min. VIII. — une période de grande sécheresse.

VI. Méla. 33. Juvénal(5) et Lucien(6). Anim. 13. Lib. Il suffit de faire remarquer : 1° que les Carthaginois n’employèrent pas d’éléphants à la guerre avant le IIe siècle. 38. I. 12.. XXX. IX. Nat.. XVII. 74. Polybe en mentionne 140. 3. 95. Quomodo historia conscribendu sit.. XI. Tite-Live. 5. 3. 70-71). 4. à une époque bien antérieure . 4. 1. — Conf. qui en indique dans le même pays(3). p. tandis qu’Hannon et Hérodote en signalent dans l’Afrique du Nord. 4. Salluste. Strabon. ainsi qu’au Sud des Syrtes(4) . 7. en eut 200 en Espagne(10) . Jugurtha en perdit 44(14) . qui mentionne des éléphants en Maurusie (Maroc)(2) . 5. Polybe. 75. V. . Voir aussi Pline. 104 (il indique l’abondance de l’ivoire dans une region qui correspond au Sud du Maroc). Voir plus haut. XIV. 138. X. VIII. ____________________ 1. 10. qui se demande si les éléphants dont les Carthaginois firent usage à la guerre ne venaient pas d’ailleurs (du Sénégal ou de pays situés plus au Sud) . Pline. II. Il n’y a pas lieu non plus d’admettre l’existence des deux races. Asdrubal. 2. 140 dans l’armée qu’il commanda près d’Utique. qui parlent de l’ivoire que les Maures expédient à Rome et des bandes d’éléphants qu’on rencontre en Maurétanie(7). 69. LIII. I p. 2. on aurait établi un certain nombre de ces animaux dans des lieux de Tunisie. Pour ne citer que quelques chiffres. 1 et 4. Appien. 3. Dans une bataille. Var.. 40. 30. pour éviter des expéditions coûteuses. Jug. 9.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 75 cains(1) . 13 et 18 .. Les remparts de Carthage renfermaient des écuries pour en Loger 300(13). Tous ces textes montrent combien est fausse l(hypothèse de Kobelt (Studien zur Zoogeographie. hist. Hannibal. 28. Les rois numides et maures possédèrent aussi des éléphants de guerre. gendre d’Hamilkar. l’une indigène. fils de Giscon. 12. Appien. en 204(11) . XV. Lib. 4. XVII. 2° qu’une bonne partie des régions où l’on indique des éléphants n’étaient pas soumises à la domination de Carthage. employés en Sicile pendant la première guerre punique(8) . 16. Asdrubal. XXV. 33. XII. On sait qu’au IIIe siècle ayant notre ère. Diodore. 8. VIII. Appien. VII. 2. Hannon et Hamilcar eurent à leur disposition 100 et 80 éléphants pendant la guerre des mercenaires(9) . 2 et 32. 7 et 8. où ils auraient vécu en demi-liberté et se seraient reproduits. Lib. 11. Polybe. l’autre introduite par les Carthaginois : aucun texte ne justifie cette hypothèse. III. 13. 3. 1. les éléphants jouèrent un rôle important dans les armées carthaginoises. 14. 124-5 6. 80 à Zama(12). n.

VIII. p. Juba Ier en amena 120 aux Pompéiens pour combattre Jules César(1). peut-être le gendre d’Hamilcar. l. l. Florus. « qui abondent en Numidie ». p. Stratagèmes. 26. p. L’éléphant devint. le symbole de cette contrée. Numismatique de l’ancienne Afrique. « bellorum rudes et nuperi a silva. car le temps qu il mit à accomplir sa mission fut très court(3). en quelque sorte. Musée de Constantine. 7. Libye. afric. 11. Claudien. Appien(2) raconte que. L’Éthiopie orientale et l’Inde. 2039. Doubret et Gauckler. s. je crois. les Carthaginois envoyèrent Asdrubal. une monnaie d’Aghatocle . 3. p. 24-25. elles ne doivent donc pas être citées ici. voir Lexikon der Mythologie de Roscher. 10. Il figura sur les monnaies des rois indigènes(9) et l’art hellénistique(10) coiffa l’Afrique personnifiée d’une dépouille d’éléphant(11). 67 . fig. sous prétexte d’y capturer des éléphants. » 7. put pénétrer chez des Numides. 5. 18. Bell. — Les monnaies d’argent publiées par Müller. Revue numismatique. 43 . XIII. IV. qui avaient déjà eu à combattre les ____________________ 1. 17-18. Les Romains. Lib. — Il faut remarquer qu’Alexandrie parce qu’elle formait le trait d’union entre l’Afrique du Nord.. p. L’exemple le plus ancien est. c. d’après Juba II. 8. 11. Pompée. 17. Ces éléphants étaient capturés dans l’Afrique du Nord. III. 9. 3. Monnaies de Juba 1er : Müller. 4. fils de Giscon.. comment on s’y prenait en Afrique pour capturer ces animaux. 42-42 etc. XIX. De sollertia animalium. Plutarque. De bello Gildonico. les trois rentrées où les anciens connaissaient des éléphants. paraissent avoir été frappées par les Carthaginois en Espagne . pl. lorsqu’on apprit que Scipion s’apprêtait à passer en Afrique. 17 et 34. 4 . III. 1378.. Les éléphants que Juba 1er mit en ligne à la bataille de Thapsus « sortaient à peine de la forêt(6) ». 13. Pline l’Ancien(7) et Plutarque(8) indiquent. à la chasse aux éléphants : il ne dut pas aller les chercher loin de Carthage. 6. Pompée chassa l’éléphant en Numidie(5).. dans la seconde guerre punique. ajoute Frontin(4). . Armandi. 108 . p. De consulatu Stilichonis. v. 12. 9. 2. II. Un autre Asdrubal. 103.76 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 1908. 236 . de Juba II : iblid.

fig 42) ? Je ce connais pas les bas-reliefs du théâtre de Medrina. Stèle punique de Carthage : Corpus inscriptionum semiticarum. l. Strabon. II. n° 47 . Ce nom parait se retrouver sur des inscriptions puniques de Carthage : Corpus inscriptionum semitienrum. deux éléphants affrontés : Bull. Tissot. 278. 17-20 . 1899. Clermont-Ganneau. p. pl. asiatiques de Pyrrhus. 423. Archéologie. 26 : Babelon. VIII. Sur cette espèce. Tite-Live. p. 1895). 45. 263-5. 389 (Kaisar). 118. fig. I. qui se retrouvent dans l’espèce africaine actuelle (Elephas capensis)(5). nous donnent ____________________ 1. 27. Conf. pl.. I. p. p. 2. I. 10. particularité. p. XV. qui.. connurent les africains lors des guerres puniques. kaisar (ou quelque forme voisine). Des images. II. I. Ils apprirent le nom que leur donnaient les indigènes(1) et les Carthaginois(2). » (2) Servius . II. comme à Constantine. II. Recueil d’archéologie orientale. 1897. p. p. Mosaïque d’Oudna : Bull. fig. Pars. nos 14. 286.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 77 éléphant. cependant. Pomel. 374. ab elephanto.). Association française pour l’avancement des sciences. archéologique du Comité. Pars. I. du reste. nos 336. qui lingua Maurorum caesai dicitur. Éléphants quaternaires (Alger. Aelius. 1. 365 . 1908. Du Comité.. à la page 170. disent les auteurs. Pline. 7. 5. c. fig ? 1 (conf. 1906. Exploration scientifique de l’Algérie. XLV. p. 39. l. 20 et suiv. qui représentaient. 3. Les éléphants africains. puisque ceux-ci sont plus grands que les indiens. Parmi les textes qui nous font connaître l’existence des éléphants. Quoique la question soit obscure. nous montrent qu’ils avaient des défenses plus longues et surtout des oreilles plus larges. I. 6. tandis que le dressage des éléphants modernes d’Afrique offre des difficultés. XIII. p. étaient plus petits et moins vigoureux que les indiens(3). Monnaies de la République romaine. 16 et 35. 64 et 67. n°182.. 13. I. Monnaies reproduites dans Tissot. Mosaïque de Véirs . Ils paraissent avoir été faciles à dresser. Saint-Etienne. d’ailleurs imparfaites. on peut admettre qu’ils descendaient de l’Elephas africanus(6) distinct de l’Elephas atlanticus et qui a survécu à ce dernier(7). XXXVII. n° 9. Diodore. Quelques-uns. 364 et suiv. ne semblent pas insurmontables (voir Bourdarie. archéol. pl. p. 3. « Caesarem. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Pourtant les éléphants de la Berbérie étaient de plus petite taille que les africains actuels. voir aussi Revue numismatique. 230-4. Spartien. voir Pomel. . pl. nos 38-43 . 4. 273-5. 1897. In Aeneid. p. — On ne retrouve cependant pas ces grandes oreilles sur les deux images d’éléphants du pont de Constantine : Delamare. pl. disposées eu éventail(4). la plupart n’apprennent rien de précis sur leur répartition géographique.

Strabon (XVII. Anim. autant qu’il semble. VIII. Solin. en Maurétanie Césarienne. pleine de grands roseaux. 3) 4. où il est question du l’abondance des éléphants aux confins de l’Éthiopie. 165. des éléphants venaient se purifier solennellement à la nouvelle lune(8). 2. 5. 6) mentionne « Éléphant ». 18. Mais des documents de l’époque romaine indiquent. affluent de la Moulouia. 8. 2. 6. dans le voisinage immédiat du désert. Périple. p. reproduit par le même auteur. et. infestés de troupeaux d’éléphants. Mais ce nom s’explique peut-être par une vague ressemblance de la montagne qu’on appelait ainsi avec la silhouette d’un éléphant : Tissot. après avoir doublé le cap Suloeis (le cap Cantin). situé dans les forêts de la Maurétanie. Sur le détroit de Gibraltar. gr.. comme le veut Tissot. Rappelons d’abord ceux qui indiquent des éléphants au Sud de la Berbérie. Il n’est pas certain que l’Amila soit l’oued Amilou (ou oued Mellila). Les environs de Sala. Nat. 1. Conf. 4 (Géogr. à la lisière du Sahara : les deux passages de Pline qui les signalent au delà des Syrtes. p.78 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. le passage de Polybe. 3. V. Il y eu avait aussi. sur les deux versants. Ière partie. à peu de distance du littoral. 368. à la hauteur d’une lagune. a l’embouchure du fleuve du même nom (c’est aujourd’hui l’oued Bou Begreg). au dire de Pline(4). IX. . sans doute écho de Juba. min.. arriva. V. p. 7. Géographie. D’autres textes se rapportent à des régions plus septentrionales. où il y avait des éléphants. 1878. Hannon. 2. où. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. car le texte de Pline parait en mentionner sur le versant méridional. XXV. des localités dont le nom est significatif(9) : ____________________ 1. étaient. 15 (citant Suétonius Paulinus). selon une légende rapportée par Plin(7). 3. 9. Aristote(5) et Pline(6) en signalent aux Colonnes d’Hercule. d’après Pline(1) et Élien(2). V. en Numidie et dans la province d’Afrique. avec beaucoup d’autres bêtes(3). d’utiles renseignements à cet égard. au pied du Haut-Atlas marocain. en une demi-journée. VII. Nous ignorons où se trouvait le fleuve Amilo. I.

ils s’affolaient au milieu de la mêlée et s’enfuyaient.. C’est ainsi que. Bull. 9. archéologique du Comité. 1. 3. n° 96. — Conf. XII. Basset. 2. Discours. 9. Sittengeschiechte Roms. Isidore de Séville écrit(6) : « La Maurétanie Tingitane fut autrefois pleine d’éléphants . » Cette disparition n’a pas eu nécessairement pour cause une modification de climat Les grandes chasses(7) entreprises pour capturer des animaux destinés aux spectacles(8). 12. l.. 5. 31. Etymolog. 157) : « Helepantarin ». 12 . 12. Au VIIe siècle. 5 . 28. Juvénal. 17. c. Pour l’emplacement. 22. Thémistius dit qu’il n’y en a plus dans cette contrée(5). VIII. p. 2.. Pinder et Parthey. CCV. IV. il existe une source qu’on appelle Aïn Tellout : or telout (sic) est peut-être le féminin ou le fréquentatif du mot ilou.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 79 Elephantaria(1). IX. III. peut-être au pied des montagnes qui dominent la Mitidja : le castellum Elephantum(2). Géographie de Ravenne. 490 de la cinquième édition. X. 16. l’Inde seule en produit. Table de Peutinger : Elefantaria (Géographie de Ravenne. Au IVe siècle. Anim. p. non loin de Constantine: Elephantaria(3). II. p. les éléphants ne furent employés dans l’armée romaine d’Afrique. 249. Conf. 2. XI. 131). II. Maur. à l’Est de Tlemcen. II. Frieländer. Élien. De telles dénominations paraissent attester que ces lieux out été habités par des éléphants : il est vrai qu’elles ont pu persister longtemps après la disparition de ces pachydermes.. Les éléphants disparurent de l’Afrique du Nord dans les premiers siècle de notre ère. III. XIV. ou se retournaient contre les troupes qui combattaient de leur .. l. Gsell. p. Dindorf. Géographie. 6. à notre connaissance. maintenant. 6. Atlas archéologique de l’Algérie. XIV. Ce fut probablement un évêché : Mesnage. dans le voisinage de Medjez et Bab (vallée de la Medjerda). Martial. l’Afrique chrétienne. 1899. Indication de M. V. II. 7. p. sous l’Empire. Ibid. n° 96. p. De nos jours. Pont. dans la province d’Oran. le désir de se procurer de l’ivoire(9) suffisaient à l’expliquer(10). 8. Cesar. VI. X. 56. Elien. Properer. 10. Ovide. Nat. 7. 3. 8 (édit. 4.. Mais l’utilité de ces animaux au pont de vue militaire est incontestable : très souvent. les lions se ____________________ 1. 166 de l’édition G. 22. 43. 9 . p. 123. qui signifie éléphant dans plusieurs dialectes berbères(4). Pline. Ce lieu fut peut-être un évêché : Notice épiscopale de 484. Jamais. 5. voir Tissot.

crocodiles et hippopotamis refertum ». mentionné par Pline(V. 21-22. Mais. 1. il ajoute .. Ergänzungshelt CLXXI. probablement dans la région de la Saguia et Hamra(2) L’éléphant est le seul des grands animaux de l’Afrique centrale dont l’existence soit certaine dans l’Afrique du Nord pour la période qui nous occupe. qu’on traduit d’ordinaire par outre. p. dans la Berbérie proprement dite. il fallait qui il trouvât en tout temps des quantités abondantes d’eau et d’herbe. le « flumen Bambotum. les conditions d’existence des éléphants devaient être . assure-t-il. à en juger par les autres indications que nous avons sur le climat de la Berbérie. Je n’ignore pas que cette question est très délicate et qu’on a souvent exagéré les difficultés qu’éprouvent les animaux à s’adapter à des climats différents de ceux qui paraissent leur convenir le mieux. on peut admettre qu’ils ne voulurent pas s’embarrasser d’auxiliaires aussi dangereux. 2. « Ex Mauretania caput nili profluere ex eo maxime cognoscitur quod ex altera parte montis Atlantis sunt alia capita item profluentia ad occidentem in Oceanum. Engell (Verbreitung und Häufigkeit des Elefanten und Löwen in Afrika. 6) croit aussi que la destruction de l’éléphant dans l’Afrique du Nord a été l’œuvre de l’homme. dans Petermanns Mitteilungen. 7) indique un fleuve qui sortait de l’Atlas. dans les siècles qui précédèrent leur disparition. —Vitruve (VIII. d’après Polybe ou Agrippa. ibique nascuntur ichneumones. 1911. 2. On ne rencontre plus. Quand même les Romains auraient pu disposer de nombreux éléphants. Il existe encore des pays où il passerait la saison sèche sans mourir de soif et de faim : par exemple. crocodili. Les hippopotames indiqués par Hannon vivaient plus au Sud.. il est permis de supposer que. Armandi. ____________________ côté. sont éteints très rapidement en Algérie. Mais le mot praeter. avec Lucien (Dispad. les Garamantes vont les chasser. Rien n’empêche d’identifier avec le fleuve d’Hannon. et qu’il regarde comme le Nil . Pour qui il pût y vivre dans des conditions normales(3). à l’époque classique. en Maurétanie. l. Je n’irai pas cependant jusqu’à dire. aliae similes bestiarum pisciumque naturae. M. 2).80 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. il y a moins de vingt sigles. au pied de l’atlas marocain et dans le Rif. que les éléphants peuvent supporter la soif et l’ardeur du soleil dans les déserts de la Libye où. aucune mention d’hippopotames. et il est à prévoir qu’il en sera de même des panthères. Pourtant le climat n’y est pour rien(1). c. praeter hippopotamos ». Conf. ne signifierait-il pas ici excepté ? 3. p. où les textes anciens le signalent. ni de rhinocéros.

Il a frappé. dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. p. dans Annales de la Société géologique du Nord. dans Bull. 6. la Restauration de l’Afrique du Nord (extrait du Compte rendu du Congrès colonial de Bruxelles. 2. p. I. le Climat de l’Afrique du Nord pendant le pliocène supérieur et le pleistocène (extrait des Comptes rendus du Congrès géologique de Mexico. p. p. au point d’agir sur le climat(2) . . 1906). Ce sont là des hypothèses très fragiles. En tous cas. 1897). Quoiqu’on en ait souvent exagéré l’importance(4). Voir. . IV. 1). ils ne prouvent pas que ce changement ait été profond. Il est impossible de prouver que la position de la ligne des pôles ait varié. en ce qui concerne les vents. ailleurs assez pénibles. en rendant plus rapide et plus funeste le ruissellement. 99. Il a eu des conséquences graves. 122. le déboisement a atteint beaucoup de régions plus ou moins étendues. non seulement des forêts naturelles. III. Carton. 69 et suiv. Leiter (mémoire cité p. 1806. Carton. le déboisement a dû exercer sur le climat de l’Afrique du Nord(3). 14. Handbuch der Klimatologie.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 81 ____________________ 1. n. 1894. Carton. XXVII. cantonnés peut-être dans certaines régions hors desquelles ils auraient succombé. XXIV. Tels sont les arguments invoqués en faveur de l’hypothèse d’un changement de climat. (de la seconde édition). 124. On voit qu’ils méritent l’examen. p. 5. Tantôt on allègue l’influence que. de l’Académie d’Hippone. Le même. p. 1896. modification du régime des vents dans la partie méridionale de la zone tempérée boréale. nous verrons tout à l’heure que les rares renseignements contenus dans les textes anciens cadrent bien avec le régime actuel. 139. 17 . 372 et suiv. dans Revue tunisienne. Gnuckler. Voir chap. 5. 4. Tantôt on fait intervenir des phénomènes généraux : influence du déplacement de l’axe de la terre(1). p. mais aussi de grandes plantations d’arbres fruitiers(5). Péroche. 40. p. I. P. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie. entre autres. depuis l’antiquité. Ceux qui l’admettent essaient de l’expliquer par différentes causes. depuis les temps historiques. Hann. 3. mais qu’ils n’entraînent pas la conviction. Voir aussi de Lamothe. Un peut croire que c’étaient des survivants d’une faune appropriée à un climat plus humide.

elles tombaient surtout sur des terrains de montagne qui. 5 . Il convient évidemment de tenir compte à cet égard du déboisement qui a sévi sur bien des points de l’Afrique septentrionale.82 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. p. XXVII. Cependant il ne faut pas non plus on exagérer les conséquences. en permettant aux eaux de pluie de glisser sur des surfaces lisses. ce qui arrive surtout dans les lieux élevés et sur les fortes pentes. 2 (1890). Pour produire cet effet. Quand cet air est heurté. Revue tunisienne. Carton. 2. du ruissellement qui a dépouillé les ruches de leur revêtement de terre. il faut naturellement que la forêt soit étendue. l. entre autres. . pour ainsi dire. c. 151. qui dénude les pentes et bouleverse le bas pays par les trombes d’eau. Brückner. 3. et les vents. — par des courants chargés de vapeur d’eau. les arbres font obstacle à leur marche en avant. 12. par les amas de boues et de terres qu’il apporte. p. il s’échauffe facilement au soleil. il échauffe l’air qui l’effleure et l’éloigne de son point de saturation(3). dans les Geographische Abhandlungen de Penck. Par exemple. les refroidit et favorise par conséquent leur condensation. de broussailles. qui le balaient sans rencontrer d’obstacles. il complète leur saturation. Il en résulte des brouillards ou des pluies sur la forêt et les alentours immédiats(2). des plaques de réverbération. 1910. ne devaient pas s’étendre beaucoup au delà des forêts qui les provoquaient . comme on l’a soutenu maintes fois(1) ? L’évaporation qui se dégage des forêts maintient l’humidité et la fraîcheur de l’air ambiant. dans Bull. I. plus fréquentes et plus régulières. A-t-il eu aussi des effets importants sur le régime des pluies. et en a fait. de géographie historique. d’Hippone. Voir. contribuent encore à le dessécher : à son tour. Voir à ce sujet Hann. Bull. Il a pu être cause de la diminution ou de la disparition d’un certain nombre de sources. Buffault. p. e. Ces pluies. IV. 194-197 . soit par leur revête____________________ 1. Lorsqu’un contraire le sol des montagnes est dénudé. au lieu de s’infiltrer lentement dans des terrains meubles. p. l. d’herbe.

etc. ____________________ 1. 7. X. si les forêts qui n’existent plus aujourd’hui ont pu accroître les précipitations atmosphériques sur des espaces assez restreints. XLIV. n’avaient guère de valeur agricole .LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 83 ment forestier. qui parle du manque de pluies dans le Nord de la Libye. dit Justin(5). cité et d’ailleurs réfuté par Polybe(1). Le rhéteur gaulois Eumène parle des campagnes assoiffées de la Libye. Mais. C’est Posidonius. De controversiis agrorum. 10. Pro restaurandis scholis. 20. 2. XXXI. elles étaient tout au plus bonnes à entretenir. qui prétend que la Libye tout entière est sablonneuse. soit. encore plus mal partagée qu’aujourd’hui. 3. 5. 7 : « sicci… Poeni » . siccitatis nobilitate laborantem » . forcé de s’éloigner de l’Italie « Nous irons chez les Africains altérés(4). 36. 1.. XVII. XII. soit par leur altitude élevée. Ce sont ces mots fameux de Salluste(3) : caelo lerraque penuria aquarum. C’est Timée. Cité par Strabon. Jug. 65 : At nos hinc alii sitiences ibimus Afros.. » Frontin(6) affirme que l’Afrique est une contrée très sèche. elles n’avaient aucune influence sur le régime ordinaire des pluies. Orat. Lettres. Conf. saint Augustin. VI Certains jugements sommaires que l’on trouve dans des auteurs anciens pourraient nous faire croire que la Berbérie était alors. qui tenait et tient des causes très générales. à la lisière des bois. 3. au point de vue du climat. 12. brûlée par un soleil violent. 4. comme l’Afrique. 4 : Africam. Libyae arna sitientia(7). 1. sèche et stérile. 6. par leur constitution géologique. 21. Virgile fait dire à un personnage. agissant sur de vastes zones de notre globe. . quelques pâturages d’été. n’est pas.. de la sécheresse qui en résulte(2). XVII. regio aridissima. » — « L’Espagne. 3. p. dans Gromutici veteres. Martial.. 5. Bucol.

Johannid. La langue se dessèche. poète du siècle suivant. .. 370-1) 3. ou ne différait guère. écrit Corippus(2). il fallait qu’il y tombât de l’eau. ibid.84 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Voici ce qu’il dit. » Comme on le voit. le feu dévore la gorge sèche. Toute la sueur s’échappe des tissus et trempe la peau. âpre et vide de salive. du moins pendant l’époque de l’année où la pluie est nécessaire aux cultures. la bouche brûle. 36. Ces appréciations sont assurément exagérées. Nous allons citer une longue série de textes et de documents archéologiques qui paraissent prouver que le climat de cette contrée ne différait pas. commençait à offrir la couleur pâle plutôt que verte du fourrage naissant. historien de la fin du Ve siècle. Parmi les vents. Voir encore Curippus. 2. aussitôt un vent brûlant. Le premier parle d’une sécheresse terrible dont l’Afrique souffrit tic son temps. VI.. grillant tout sous le ciel sec. le siroco est mentionné à plusieurs reprises. Tous les corps se tendent sous l’haleine de ce vent du feu. Ce siroco dura dix jours (ibid. VIII. quelque gazon. 84. » — L’Africus qui votait des hommes. 322 et suiv. végétant dans une vallée humide. la figure rougit. par hasard. le siroco décrit par Corippus est appelé ____________________ 1. la poitrine haletante respire avec peine. entre autres détails(1) . et Corippus. Je traduirai deux passages d’auteurs africain. qui donnent des descriptions très précises de ses effets : Victor de Vite. commence à incendier la terre de son souffle et abat la force et l’ardeur des troupes. l’air qui passe par les narines est embrasé. 272-3 . III. était venue couvrir le pays entier de ses nuées de poussière. VII. « Si. accourait et le desséchait complètement. dans l’antiquité classique. car la tempête. de ce qu’il est aujourd’hui. enflammé. mais la chaleur malfaisante de l’air la dessèche et l’enlève tiède de la surface du corps(3). Pour que l’Afrique fût le pays dont la fertilité est proclamée par tant de témoignages.

II. 28 : le vent du Sud (Notos) est serrin en Libye 7. Géorgiques. Horace. pestilentem sentiat Africum Fecunda vitis. Voir. Aristote. I. p. 197 . c’est-à-dire de la direction de l’Afrique. même en Afrique(7). 173. . 387 . tantôt ils appliquent le nom d’Auster à un vent violent et pluvieux. Satires. Tacite. il est vrai. I. Cette épithète n’est pas de mise pour le siroco véritable. » 8. Par contre. On peut observer. 387. II. D’autres. Ovide. 6. III. souffle du Sud-Ouest. 6. sous le nom d’Auster. 18. Lucain. Virgile. 3. 78 . qu’en hiver. Odes. 85-86 . I. VII. XV. Horace. saint Augustin. I.. le Siroco est généralement suivi (et non accompagné) de pluie : mais il est plus simple d’admettre que ces écrivains se sont trop souvenus de l’Auster italien. Annal. 4. 46. Pline a soin de distinguer l’Auster d’Italie. 328 : « densis fremuit niger imbribus Auster. » Conf. In Job. qui a amène en Afrique une chaleur brûlante par un temps serein(6) ». III. 387 et 450. Par exemple.. humide. de l’Auster africain. 2. 5) appelle ce vent Africus : . l’Africus est le vent qui. Silves. Météorol. 5) Virgile. D’ordinaire. 329 . IV. Conf. au contraire. Annales. qui peut se faire sentir jusqu’en Italie(4) . Énéide. en somme. IX.. Stace. entre autres. qui sévit parfois dans la péninsule et qui. III. et dont ils exagèrent beaucoup les effets . 23. II. quas udo Numidae legunt sub Austro. Le nom par lequel les écrivains désignent le plus souvent le siroco est Auster. en Italie. » Claudien. I. 463 et suiv. 65-66. c’est ____________________ 1. Conf. 37-38 . 6. le vent du plein Sud. 38. parlent d’un Auster humide. 21. 3. « plumbeus Auster ». Nissen. IX.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 85 par lui Africus(1). 395 : « umidus Auster » (il s’agit de l’Afrique). Horace (Odes. c’est bien le siroco africain qu’Hérodote(8) et Lucain(9) mentionnent dans le voisinage de la grande Syrie. vent violent et redouté des marins(2). « ... De consulatu Stilichonis.. Métamorphoses. « Africae incendia cum serenitate adfert. pour les Latins. 9. 278 . II. Il ne parait pas le distinguer nettement du Notus ou Auster : voir Johan. Ailleurs. Tantôt ils indiquent exactement les effets de ce vent sec(3). ne diffère guère de l’Africus(5). 29. XVIII.

sed magis imbre tuo. Effusis magnum Libye tulit imbribus annum. comme l’attestent des vers de Lucain. IX. 246-8. à leur insu. Oribase. le même vent que Salluste(1) indique. p. les pluies sont surtout amenées par les vents du Nord-Ouest. Since. dans les mêmes parages. ____________________ 1. II. Kühn. la même action. déterminés par les mêmes causes que ceux qui soufflent du Nord en Égypte (les Vents étésiens des Grecs). 2. Jug. et qui Soulève. 17. .. le vent d’Est souffle très souvent durant la saison chaude : Procope(5) le signale un septembre. les pays voisins de la mer Sont moins chauds en été que ceux de l’intérieur des terres. LXXIX. Bussseinnker et Daremberg... medium nubes Borea cogente sub axem. I. 3. 5. » Nous avons dit que. Conf. parce qu’ils sont rafraîchis par les vents du Nord. Silius Italiens. Les anciens n’ignoraient pas qu’elles venaient en Afrique des régions septentrionales. 147-8 : Quin et fecundas tibi conferat Africa messes. 4. C’est aussi le siroco qu’un traité de la collection Hippocratique(2) décrit exactement : « Le Notos est chaud et sec en Libye. 14. 38 ttome VI. 532 de l’édition Littré). 14. XVII. Il y dessèche les productions de la terre et il y exerce sur les hommes. 112-3 : .. vand. de Stace et de Rutilius Namatianus(3). III.86 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. » Sur la côte orientale de la Tunisie. édit. I. Hippocrate. des tourbillons le sable. Sole suo dives. pendant la saison d’hiver. VIII. les vents du Nord et du Nord-Est dominent sur le littoral. Arctoos raris aquilonibus imbres Accipit et nostris reficit sua rura serenis. Cum Libyae Borcas Italos niger attulit imbres Rutilus Namatianus.. du Régime. Ibid.tanta quatitur nec grandine Syrtis. II. 17. Pendant la belle saison. tome XVII B. Bell. Conf. 410-1 : .. On peut citer il à ce sujet un passage de Galien(4) : « En Égypte et en Libye. 60-70 : . 597. Thébaïde. Edit. Lucain. dit-il.. sans le nommer.. 6. p.

elles étaient plus fortes(6). LXXV. L. III. II.. qui. voir aussi Virgile Énéide. les rosées donnaient de l’humidité aux végétaux(5). VIII. Zonaras. que des pluies tomberaient abondamment en été chez les Pharusiens et les Nigrètes (peuples qui habitaient le Sud du Maroc actuel) . 4. I. 11824. comme chez les Éthiopiens et chez les Indiens : ce qui ne nous apprend pas grand-chose. 9. Cependant. p. la neige ne demeure pendant toute l’année que dans quelques coins bien abrités du Haut-Atlas (voir plus haut. tervens nestale persula. « . 186. Il n’est pas possible de dire si les grandes chaleurs de l’été commençaient et finissaient plus tôt ou plus tard qu’aujourd’hui . in fine. si. I. sans s’en porter garant. VIII.. Pline. 201. 44). 14) affirme. Mais il serait sans doute bien imprudent d’en conclure que les chaleurs de l’été étaient autrefois moins fortes. civil. Johannide. 153 . Mais produisaientelles de meilleurs fruits que les dattiers qui sont si nombreux dans la région de Marrakech ?— Appien (Lib. Pline (V. 551 de l’édition de Bonn . couvert de neiges épaisses (conf. 28 (27). les étés pouvaient être plus ou moins chauds. Saint Augustin (Enarr. Pline. Pline (V. Mais il est permis de douter de l’exactitude de ce renseignement contraire à la règle générale de la climatologie de l’Afrique du Nord : sécheresse en été. Dion Cassius. Actuellement. elle ne tombait que rarement(3) ... 45. Dans l’Ouest du Maroc. LXXX.. saint Cyprien (Ad Demetrium. 7 : manque de pluies en libye . vers 13 (inscription de Maklar) : Bis senas messes rabido sub sole totondi. Dans un ouvrage écrit en 352. le soleil dardait ses brillants rayons(1) . — D’autre part. in Psalm. rien ne prouve que le dattier. d’après Dion. 240). II. . chez les Numides. même en été. ou Vior. p. 7) indique. 5) parle de pluies qui peuvent compromettre le battage des récoltes ou la vendange. » 2. Animalium.. du moins. Bell. 5. Histor. 12-25 (en septembre). et... et LXXVI. Etc.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 87 En été. — Naturellement. XVIII. manque d’eau pendant l’été. a besoin d’été très chauds et très secs. solis torridus ardor. 3. 73) parle de la chaleur de l’été africain. 71) dit que. l’hiver n’est pas très froid et que l’été n’est pas d’une chaleur excessive. ait porté des fruits ailleurs que dans les oasis du Sud où il fructifie encore aujourd’hui. la nuit.. t. la pluie ne tombait pas(2). 3. XII. 13. ou. d’une manière générale. Nous n’avons pas de renseignements précis pour l’époque des ____________________ 1. au contraire la sécheresse règnerait chez eux en hiver. » Columelle. Corippus. III. 13) indique des restes d’anciennes palmeraies sur un fleuve Ivor. pour fructifier. les rivières se desséchaient(4). — Strabon (XVII. X. Aristote. III. Peut-être a-t-on transporté au pays des Pharusiens et des Nigrètes des indications qui s’appliquaient à des régions du Soudan ou de la lisière méridionale du Sahara. 6. 3) indique qu’on traversait alors une période d’été tempérés : « Non fragibus aestate torrendis solis tanta flagrantia est. C. pluies en hiver. IV. Appien lui-même (Lib. d’après Suétonius Paulinus que le sommet de l’Atlas est. Appien. qu’il place entre le Fut (oued Tensit) et l’Atlas. 12.

conf. elle place la fabrication du vin en octobre : ce qui. comme de nos jours. Pour les vendanges. Arnobe. Actuellement. Saint Cyprien. des restes de pressoirs à huile à des altitudes dépassant 1000 mètres. actuellement. 2. 79 et 81.22) Arva November arans focundo vomore vertit. un autre l’automne(3) : dates qui sont encore exactes (elles varient selon la température. Dans le poème du recueil africain cité plus haut. t: I. l’altitude et même les cépages). Mais cela ne prouve pas que les hivers aient été moins froids qu’aujourd’hui dans les parties hautes de la Berbérie. édit. moissons(1). Saint Augustin (Enarr. la récolte de l’orge se fait en Afrique en mai-juin. Cependant nous trouvons. la fabrication de l’huile est indiquée en novembre (v. 1. pl. fig. fruits que nous savons avoir été très répandus en Afrique dans l’antiquité. 1. XVI. on commence la vendange sur le littoral.26. il existe encore des oliviers fructifères à 1300 mètres. vand. XI. plus modérées. 3.. Columelle. Sur une mosaïque de la région de Sousse. Riesc. Suppl. 18-20) que les raisins sont mûrs en septembre. v. in Psalm. 16. plus tardives et. On admet d’ordinaire que la limite d’altitude pour les oliviers fructifères . Bell. 21. 133. au mois de septembre. 4. D’ailleurs. Cum teretes sentit pinguis oliva moles. 1904) p. la figure de l’Hiver est accompagnée d’un homme ramassant des olives : Catalogue du musée Alaoui. depuis novembre jusque pendant l’hiver(5). 2. 5. 9) dès qu’on met des olives sous le pressoir à la lin de l’année. un texte indique la fin d’août(2). Ergänzungsheft (CXLVII. indique la moisson en juillet. Procope. — Une pièce de vers d’un recueil africain (voir à la note 1) indique (V. de grenades. En 533. 13). 17. dans la province de Constantine. En Italie et ou Sicile. celle du blé en juin et dans la première quinzaine de juillet. Procope ne donne pas de détails : s’il s’agit de figues. 6. et même à près de 1500 mètres d’altitude : Fischer. insérée dans une anthologie africaine (Anthologia latina. CXXXVI. au Maroc. de raisins. p. de nos jours. Une pièce de vers. 60.. serait une date bien tardive pour l’Afrique. Les anciens ont pu planter des variétés plus résistantes à la gelée que les variétés cultivées actuellement à des altitudes moins élevées. 10.88 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Der Oelbou ni (Petermanns Mitteilungen. elles se faisaient environ un mois plus tard qu’aujourd’hui : les chaleurs étaient donc. l’indication concorde avec l’époque actuelle de leur maturité. les soldats de Bélisaire trouvèrent en abondance des fruits mûrs sur le littoral de la Byzacène(4). 2. Ad Donatum. on les cueillait. sans doute. Quant aux olives. I.est d’environ 900 mètres dans l’Afrique du Nord (en Kabylie) et qu’ils ne doivent pas être exposés à des froids persistants de -6°. ____________________ 1. en constate qu’aux environs de notre ère. C’est l’époque où. Les hivers étaient-ils plus ou moins rigoureux qui aujourd’hui ? Nous l’ignorons(6) Mais quelques renseignements nous sont donnés sur le . 21.

Johannide. Parfois. 53. III. — L’année 547 fut aussi très sèche : Corippus. sous le gouvernement d’Hilarianus (vers 202). « qui fournit du blé à ses concitoyens et empêcha ainsi le prix de cette denrée de monter(5) ». Sur une inscription de Rome.. 1801. en 128. Il est question dans quelques textes d’absences de récoltes. Bull. 17. 1736 : « ob. XXII. VIII. dans Recueil de Constantine. Ce fut peut-être alors que le légat de la légion fit à Lambèse deux dédicaces « Ventis. 16. un personnage. 9250. qui fut proconsul en 366-367. parle de sécheresses qui. Une inscription de Madauros mentionne une disette(7). 1909. depuis cinq ans. comme il arrive encore de notre temps. avait manqué. 1. 183. I. Quand Hadrien visita l’Afrique. tandis que les Maures de la Césarienne et les Numides taisaient de très belles moissons(2). bonarum Tempestatium potentibus ». XLIII.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 89 régime des pluies.. Victor de Vite(3).. I. Tempestatium divinarum potenti » : C. est remercié solennellement d’avoir chassé la faim de la province d’Afrique(8). I. il y avait des années de très grande sécheresse. les récoltes ____________________ 1. on ne fit pas de moisson. 8. 247 (« sterilis nam cernitur annus »). A Thuburnien (dans la région de la Medjerda). » Conf. En 484. Tertullien(4) dit que. « il n’y eut aucune pluie. VI. 3. . 4. pour cette raison.. Arnobe. 5. affirme un écrivain contemporain.. et « lovi O(ptimo) M(axima). L. VI. p. Ad Scapulam. 6. Martin. Adversus gentes. il fut aimé des Africains ». I. L. C. C. ont sévi sur les champs des Gétules et de la Maurétanie Tingitane. VIII. En 383. de disettes. XXVIII. L. 7. p. aucune goutte d’eau ne tomba du ciel ». Histoire Auguste. tomba à son arrivée et. 3. archéologique du Comité. 14. Ammien Marcellin. Hadrien. dans l’année où il écrit. depulsam ab eadem provincia famis et inopiae vastitatem consiliis et provisionibus. 2. 2610 et 2609. causées évidemment par le manque de pluie. à la fin du IIIe siècle. dit le biographe de cet empereur(1). une autre inscription nous montre le blé atteignant le prix très élevé de dix deniers le boisseau(6) : ce qui ne peut e expliquer que par une mauvaise récolte. « la pluie qui. 1 et 6. Une inscription de Rusguniae (près d’Alger) célèbre la libéralité d’un magistrat municipal.

La pluie se faisait attendre et l’anxiété s’emparait des cultivateurs. 1 (hiver de 410-411). la prometteuse de pluies. Apolog. Ad Demetrianum. » 4. » Conf. quod imbres et pluvias serena longa suspendant. in psalm. 3. On implorait le secours divin(5) . se prolongeaient parfois pendant plusieurs années : nous venons de voir que.. sonoros Perfacilest agitare metus : nam. CXXIV. les païens s’adressaient surtout à la déesse Céleste. saint Cyprien cite. CXLIII. Augustin. nubigenam terris largita mado[rem]. 10 : « pluit hic prope omni anno et omni anno dat frumentum (Deus). ne donnent pas de quoi suffire aux besoins du pays et il faut faire venir d’ailleurs des grains pour les semailles(1). IV. sur le bord de la mer. » Voir encore ibid. la sécheresse absolue était. si foutem siccitas statuat. cinq ans s’étaient écoulés sans pluie.. saint Augustin fait remarquer qu’au lieu où il se trouve. I.. in psalm. comme aujourd’hui encore. Dans un discours prononcé à Hippone. qui avaient des résultats désastreux pour l’agriculture. 16810) Tu nimbos ventosq(ue) cies. il pleut presque tous les ans(3). comme aujourd’hui. 14 : « Nonne clamant pagani ad Deum et pluit ? » 6. Symmaque. Lettres... Enarr. pluviarum pollicitatrix. la répartition des chutes d’eau laissait souvent à désirer. » Ibid.. 2. » Ibid. fraire c[adente]. 8. une Inscription de Sidi Youcef (C.. sous Hadrien.90 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 9. comme l’appelle Tertullien(6). « quereris… si rara desuper pluvia descendat.. Un siècle plus tard. VIII. .. Il est vrai qu’alors comme aujourd’hui. Ces sécheresses. LX. 7 . si terra situ pulveris squaleat. 23 : « Virgo Caelestis. 5. Les indigènes recouraient. lntonas. Lettres. Cependant. un phénomène exceptionnel.. début. du moins pour la région du littoral. Il lui arrive même de se plaindre d’un hiver trop pluvieux(4). comme un argument en faveur de sa thèse sur la vieillesse du monde. Juno. XCVIII. :tibi. la diminution des pluies qui nourrissent les semences(2). Nous voyons en particulier qu’une sécheresse persistante pouvait ____________________ 1.. Enarr. si vix ieiunas et pallidas herbas sterilis gleba producat. 10 : « quereris claudi imbribus caelum. à des procédés magiques : voir Dion Cassius. L. 2 : « . On était sans doute alors dans un cycle d’années sèches. 74 (au proconsul d’Afrique). » Ibid. 3 : « non hieme nutriendis seminibus tanta imbrium copia est.

. » 2. 1 : « Non pluit Deus.des semailles(1). la grêle tombèrent si dru que les tentes furent bouleversées ou rompues(5). parlant aux fidèles le jour anniversaire du martyre de sainte Crispine. 215. 15. furent surprises pendant la nuit par un orage terrible : un nuage immense s’était formé soudain.. » De son coté. Salluste. 1 et 6 : « Circiter vigilia secunda noctis. Lors de la guerre de Jugurtha. In laudem Iustini. on règle par avance sa course. CXX. 7 : « Tanta repente caelo missa vis aquae dicitur. Augustin. depuis longtemps souhaitée. tas de sable. 4. quand les premiers éclairs brillent dans le ciel agité et que le vent du Sud frappe l’air de coups de tonnerre répétés. Enarr. La foule des paysans court par les campagnes desséchées. Jug. nous apprend que la pluie. afric. la pluie. campant dans la région de Sousse.. Enarr.. espérant la pluie. LXXX. in psalm. le 5 décembre. on forme des obstacles en dressant des. On nettoie. » 5. les troupes de César. on nivelle les lieux par lesquels l’eau doit passer. elle se précipitait souvent d’une manière torrentielle. Saint Augustin. nimbus cum saxea grandine subito est exortus ingens. 3. ut ea modo exercitui satis superque foret. En 212.. » . l’armée romaine marchant sur Thala reçoit tout à coup des trombes d’eau(4). ____________________ 1. comme de nos jours. XLVII. » Quand la pluie tombait. Au début de l’année 46 avant notre ère. in psalm. venait seulement de tomber : « Le Seigneur a daigné arroser la terre de sa pluie pour nous permettre de nous rendre d’un cœur plus joyeux au lieu où l’on vénère les martyrs(2).. Itaque subito imbre grandineque consecuta gravatis pondere tentoriis aquarumque vi subrutis disiectisque.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 91 retarder le temps. Bell. Corippus(3) nous montre des paysans africains attendant la pluie avec angoisse au printemps et prenant leurs dispositions pour quelle produise sur leurs champs les meilleurs effets possibles « Les cultivateurs de la terre altérée de Libye regardant les nuages. afin que les ruisseaux coulent par les prés verdoyants (la triste sécheresse l’exige !) . LXXV. IV. on barre les pentes du sol fertile. non seminamus.

15-16. la quantité des pluies variait beaucoup selon les régions.. 12. 7 : « . gonflaient les torrents et causaient des dégâts(7). V. 10304.. — Dans la lettre XCI. 2. » 2. » 4. 1908. cuius voragine semper attrita pecora. 6... . p.92 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. dans la région de Cirta : Paul Orose. 10208-9. Paris. 5 : « Africa qua septemtrionem patitur aquario larga. I. entre Constantine et Sétif) : « vias torrentibus exhaustas. 7. ____________________ 1. 22309 . » Conf. CXXIX. p. 9. 410). 5 . Arboris excutiens concusso vertice fructus Tum pariter praeceps ad terram pondere nimbi Et tener excutitur. Pluie torrentielle en 42 environ après dans le désert : Dion Cassius. au Sud de Tunis) : « templum vi fluminis ereptum. » Ibid. Tertullien parle des pluies de l’année précédente. C. Orage subit pendant une bataille que Marius livre à Jugurtha et à Bocchus. si vineam dubilitet grando caedens. funestes à l’agriculture. III. endommageant en. Ad Scapulam. Enarr.. mars 1912. 10302. L. 3. p. saint Augustin(4). Conf. LX. VIII. qui est exposée au Nord est bien . » Ibid. CCXLIII (inscription de la région du Mornag. 17.. XVI (bornes de la région de Djemila. qui avaient été un véritable déluge(1). Frontin (De controversiis agrorum. 9. XVI.. II. LXXVI. XVII. 5. ramus. Pompée. quassatus grandine. si oleam detruncet turbo subveriens. 22307. Il y avait de l’eau dans les pays voisins du littoral. p. Orage violent en 238. 1680. Gordiani ires. 10308-9. Johannide. Pluie torrentielle et vent violent lors d’une bataille livrée par Pompée prés d’Utique : Plutarque. 10. Strabon. 513 et suiv. Ces avalanches inondaient les campagnes et les couvraient de boues(6). dit Solin(9). dans Cromatici veleres. Ibid. — Voir aussi Actes des martyrs d’Abitine. 8 . 3: « imbres anni praeteriti.. soit au voisinage du littoral méditerranéen. Bull. 3 (dans Ruinar) Acta primorum martyrum. archéologique du Comité. « La partie de l’Afrique. p. CLXXXI (inscription de Tigzirt) : « . probablement près de Carthage : Histoire Auguste. 47) parle des inondations (« inundatio camporum ») qui modifient l’aspect des champs en Afrique. 8. XXVII. » 8. il est question d’une grêle qui éclata sur Calama (Guelma) au commencement de juin. 216 et suiv. 5. 13. soit à l’intérieur des terres(2). 1899.. Corippus(5) mentionnent aussi des orages de grêle. 3. LXX (Ière partie). 256 : Ceu glaucam veniens grando destringit olivam. cataclysmum scilicet. 10323. VIII. Dans l’antiquité comme de notre temps. Ad Demetrianum. Procès-verbaux de la Commission de l’Afrique du Nord. particulier les routes(8). CXXXVI.. 22371-3. 10320. 22379 (bornes milliaires de la route de Cirta à Rusicade) : « viam imbribus et vetustate conlapsam cum pontibus restituit. in psalm.. D’autres pluies torrentielles sont signalées. 10315. Saint –Cyprien(3).

11. 4. Géographie. 28) parle des « parva flumina » de la côte méditerranéenne de la Maurétanie. p. 3. il faut le dire. Méla (I. p. dans Mémoires présentés à L’Académie des Inscriptions. le Laud. « fleuve magnifique et navigable ». 281. qui est encore navigable sur une cinquantaine de kilomètres en toute saison. 6. » Cette eau était-elle plus abondante qu’aujourd’hui ? Les documents dont nous disposons ne le prouvent pas. Tissot. p. l’oued Laou. ils n’ont pas été construits pour traverser des lits plus larges que les lits actuels. dans un pays qui ôtait sillonné par beaucoup de routes. 5 : « amnis Sububus magnificus et navigabilis. Nous avons déjà noté que. Annales de Géographie. » 2. II. 570. L’Océan recevait le Sububus. ce sont l’oued Martil. II. et bien plus haut en hiver(2). 251. A l’Est du détroit de Gibraltar. IX. C’est l’oued Sebou. II. Sur bien des points. 330. 371. on rencontre quelques ruines de ponts romains(6) . XXI. la disposition des montagnes du Tell empêche la formation de fleuves aussi importants(3).LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 93 arrosée. dans Nouvelles Archives des missions. V. 1912. 18. Si le mot « navigable » veut dire que. 5. 403-414. qui. 576. 9-10 . n° 1. Dans le Nord de l’Algérie et de la Tunisie. le plus souvent. Des bateaux à fond plat pourraient le remonter jusqu’à 250 kilomètres de son embouchure. pendant une partie de l’année. n° 2 et n°4. 150-7. 1ère partie. 437-439. c’est le nombre assez peu élevé de ces ponts. On peut supposer que ces cours d’eau se passaient sur des bacs ou des ponts de bateaux. p. ces oueds peuvent être remontés par des barques jusqu’à une certaine distance de leur embouchure. c’est-à-dire. sont rarement remplis. Saladin. p. Quelques rivières du Nord du Maroc sont cependant indiquées comme navigables par Pline(4) : le Tamuda. du Maroc. 266. p. 273. 1892. . Ce qui est plus digne de remarque. Tissot. on trouve encore des sources auprès des agglomérations antiques. 536. V. le tracé des voies n’est pas douteux : on constate qui elles franchissaient des rivières sur lesquelles il ne reste aucune trace de pont. mais ____________________ 1. Monuments antiques de l’Algérie. 282. dit Pline(1). la Malvane . la Moulouia(5). 449. 441. Gsell. l’assertion est encore vraie.

. 7. Conf. Ici (à Hippone). il nous donne le blé . Il dit ailleurs(4) que « tous s’accordent pour déclarer que la Maurusie (le Maroc) est un pays fertile et bien pourvu d’eau. quoique ____________________ 1. sed quaedam profundat etiam non sata. Conf. 3. archéologique du comité. XII. « les terres du littoral sont fertiles(6) ». tous les ans. 6. C’est ce que remarque saint Augustin(10) : « La Gétulie a soif. Enarr. 6. 21. CXLVIIII. 3.94 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. le canton de Métagonion. Polybe(2). 7. 9. Suffisamment humectées. Il fait l’éloge de la côte océanique du Maroc(8). 4. à Thala (probablement dans la même région que Capsa). entre Duvivier et Souk Ahras. Méla affirme que l’Afrique est extrêmement fertile partout où elle est habitée(7).. XVII. en mentionne à Capsa (Gafsa). LXXV. de Carthage aux Colonnes d’Héraclès. Atlas archéologique de l’Algérie. l’hypothèse la plus vraisemblable est qu’ils se traversaient à gué(1). 3. 3. 3. et. il ne le donne que rarement. Conf. dit que « la fécondité de la Libye est admirable ». f°. Mais.. Jug. Gsell. Bull. in psalm. les pluies ne manquaient pas tout à fait. 5. au cap de l’Agua.. là (en Gétulie). . XVII. bien souvent. parmi ces régions arides.. XVII. 33. 6 . 10. 1. les régions voisines de la côte étaient fertiles. tandis que la mer reçoit de la pluie. 3. Du Métagonion au cap Tréton (cap Bougaroun). 15. 9. 1888. 3. XVII. 1. n° 223. 5. p. 3. sauf dans quelques parties. leur débit maximum ne différait guère de ce qu’il est aujourd’hui. II. 7. Strabon écrit(3) que « le littoral. 8. Certains de ces gués correspondent à ceux d’aujourd’hui. 10. III. 2. I. est en général fertile ». à l’exception de quelques déserts peu étendus » (il indique. A l’intérieur des terres. 116 et 119 . 9. XVII. 4. près de l’embouchure de la Moulouia(5)). XVII. Dieu fait tomber la pluie tous les ans. réfutant Timée. elles étaient insuffisantes pour assurer la bonne venue des céréales. LXXXIX. voir Mercier. 106 : « adeo est fertilis ut frugum genera non cum serantur modo benignissime procreet.. Pour celui de Medjez Sfa. Il y a donc lieu de croire qu’à l’époque romaine. Salluste(9).

Ils ne se soucièrent pas d’annexer à leur empire de grandes plaines arides. appartenant aux Gétules(2). XVII. Armée romaine d’Afrique. les deux Zahrés. XVII. Nous n’avons aucune preuve que ces chotts aient été plats étendus dans l’antiquité que de nos jours. 1883. 2. f° 26. Au contraire. chott Chergui. humides en hiver. au milieu des steppes du Maroc oriental et de l’Algérie centrale . C’est le seul point des steppes que les maîtres du Tell aient occupé. les grains se conservaient beaucoup mieux chez les Gétules. 4. les indigènes dont parle Strabon voyagent en emportant des outres pleines d’eau. 13. Ce membre de phrase est allégé dans la texte : le sens cet donc incertain. 3. 10. indigènes du Sud du Maroc. 5. qu’ils attachent sous le ventre de leurs chevaux. 2e édit. pour garder un passage de nomades. . traversent pour aller de chez eux jusqu’à Cirta (Constantine)(3). Conf. p. Il est vrai que. 3. Après avoir dit que la côte est fertile entre les caps Métagonion et Tréton. 3e série. on ne trouve qu’une suite de montagnes et de déserts jusqu’aux Syrtes. Atlas archéologique de l’Algérie. 75. XVII. sauf quelques parties cultivées. 3. Ce sont. p. 3.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 95 en grande quantité. dans le bassin de ce chott et autour des sebkhas ou lacs dont nous allons ____________________ 1. des bas-fonds. Conf. s’allongeant dans un pays stérile. où Strabon indique aussi de grands lacs à l’intérieur des terres. Gsell. 3. on constate l’existence de ruines romaines à El Khadra. 7. dans Archives des missions. 10. 9. ils s’appellent chott Gharbi. au bord du chott Chergu(5). Le géographe grec mentionne bien un pays de marais et de lacs. X. Au Sud-Ouest de la province de Constantine. desséchés en été. il y a aussi des ruines antiques à la lisière des terres couvertes par le chott et Hodna pendant la saison d’hiver(6). que les Pharusiens. La Blanchère. Cagnat. P. Strabon(1) ajoute qu’au-dessus.. 6. » Le climat étant humide sur le littoral et sec en Gétulie.666. Mais ces lacs existent encore. XVII. nous l’avons dit(4).

Cela pour répondre aux observations de Th. si les irrigations avaient été suspendues pour une cause quelconque . dans le bassin du Hodna. . Jug. Tubunis. Gsell. 5. 28. n° 16. principal affluent de droite de la Medjerda(5). n’étaient pas plus grandes qui aujourd’hui. f° 18.. les irrigations ont pu diminuer sensiblement les apports des oueds. Gsell. XLVIII. — traverse une région sèche et sablonneuse . p. Victor de Vite. du reste. n’ 111 . Mais les habitants de ces régions n’auraient pas eu l’imprudence de placer leurs demeures de telle sorte qu’elles eussent été inondées. Victor de Tonnenns... l. praeter flumini propincua loca. parler. car on rencontre aussi des ruines sur leurs bords(4). 189) : « Hugnericus. rendait l’irrigation des champs superflue(1). par suite du manque d’eau. tout en grossissant les oueds. » Conf. p... Les sebkhas situées au Sud-Est de Sétif. 37 : « solitudinis Ioca ». l. f° 16. 2. 37. l.. c.. était sans eau. 20. 26. dit Salluste. Macri et Nippis aliisque heremi partibus catholicos relegat.. 4. celles qui s’étendent au Nord de l’Aurès et qui sont alimentées par des cours d’eau descendant de ce massif. II. 6. se trouve au milieu d’immenses solitudes. que mentionne Appien (Lib. à l’époque où les oueds recueillaient le plus d’eau. Le Muthul. II. ibid. dit encore Salluste. Les pluies étaient rares. au NordEst et à l’Est du chott(2). 3.96 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. le milieu de la plaine est désert. » — La plaine de Cilla. Chronique. dans Verhandlungen des achten deutschen Geographentages (1889). 26 : « exilium heremi » . Fischer. passaient leur des déserts(3). Atlas. n° 519 et 535. il eût été absurde de leur part de s’infliger l’obligation d’irriguer au moment où quelque pluie survenait et. l. c. sauf les lieux voisins du fleuve(6). Capsa. sauf dans le voisinage immédiat de la ville. — il s’agit de l’oued Mellègue. Chronica minora. A la fin du Ve siècle. qui possède une ____________________ 1. les environs de Macri et de Thubunae. à l’année 479 (dans Mommsen. arido atque harenoso… Media autem planities deserta penuria aquae. 27.. 40) et qui se trouvait peut-être dans cette région. XV. Il faut donc admettre que ces habitations étaient situées en dehors des terres recouvertes par les lacs en hiver. Gsell. 4-5 : « .

5. les troupes de César. p. inculte. 6. I. 1). qui. Thala. 7. au cap Kaboudia. marchant sur Thala. LXXXIX. inculta. se trouvent dans un pays ____________________ 1. ville dont le site est semblable à celui de Capsa. 3. c’était parce qu’ils restaient généralement vides. les indigènes évitent de manger des aliments qui les altéreraient : l’eau pourrait leur faire défaut pour étancher leur soif(5). XCI. en septembre. LXIX. Bell. Sur le littoral même de la Tunisie orientale. Jug.. Six siècles plus tard. LXXXIX. Blanchet. Ioca arida atque vasta. sur un espace de cinquante milles. 6. 4 : Erat inter ingentes solitudines. est aujourd’hui assez sec. 5 : l’ennemi s’efforce de faire camper César « ubi omnino aquae nihit esset » . . p. in spatio milium quinquaginta. ce que Pline (X.. » 4. 2. après avoir débarqué un peu plus au Sud. dans Enquête sur la installations hydrauliques romaines en Tunisie. 5 : « praeter oppido propinqua. 2 : « inter Thalanin flumenque proxumum. On ne rencontre on effet dans cette région que de très rares vestiges de barrages sur les ravins(6) : l’abondance d’autres travaux hydrauliques prouve que. Tunis. 809. ibid. p. nous l’avons dit. dans Association française pour l’avancement des sciences. doivent charger leurs troupes d’abondantes provisions d’eau(4).. manquent d’eau en hiver et au commencement du printemps(7). la contrée est sèche et déserte(3).. LXXIX.. A l’époque de la domination romaine. Jug. LI. tout le pays est désert. est bien entourée de quelques sources(2). LXXV. Jug. 40 . aquatione enim longa et angusta utebatur » . 1 (il faut dire que l’expédition de Marius eut lieu à la fin de l’été : XC. 5 : César choisit pour établir son camp un endroit où « putei fieri complures poterant . mais. afric. 1 : « aquae penuriam ». les soldats de Bélisaire. alia omnia vusia. faisant campagne aux environs de Sousse. 201) dit sur un moyen que les Gétules ont trouvé pour se désaltèrer.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 97 source intarissable. conf. entre elle et le fleuve le plus voisin. II. si l’on ne tirait pas parti de ces ravins.. LXXV. Capsa » . 205. Gafsa et Sfax.. l’eau courante manque presque partout entre Kairouan. Métellus. Marins marchant sur Capsa. le même. 1856. I. LXXXIX. dépourvu d’eau(1).. Jug. 3. — Aucun reste de barrage n’a été relevé dans la région de Kairouan : Enquête. egentia aquae. Jug. 7. Salluste observe qu’à l’intérieur de l’Afrique (c’est-à-dire de l’Afrique du Nord).

p. 34 . bien plus qu’à l’irrigation des cultures(3). ____________________ 1. p. même dans ces régions. nous le savons. pour les cultures maraîchères et fruitières. ou bien-elle eût été insuffisante pour alimenter de très forte agglomérations. p. entièrement desséché. 59. on voit partout des restes de bassins. XV. 6. dans les périodes de sécheresse persistante qui. qui servaient à l’alimentation des hommes et du bétail. soit même pendant l’hiver. Dans les premiers siècles de notre ère. on recourait aux irrigations. vand. Ceux qui alimentaient des villes. Des villes qui furent importantes à l’époque romaine. dans Enquête. Fischer. Conf. le travail opiniâtre de l’homme. celles que recélait le sol étaient si précieuses qu’on ne négligeait rien pour les recueillir et qu’on ne les gaspillait pas à des usages vulgaires. Édifices. Les travaux hydrauliques ne manquaient pas non plus dans des régions plus favorisées sous le rapport des pluies. enfouie sous le sol(1). et c’est par un hasard providentiel que des terrassements font rencontrer une nappe d’eau. 132). de puits. I. 2. 11.98 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Les eaux qui tombaient du ciel. 40. Mais d’autres attestent que. Enquête Tunisie. aussi saine que possible(4). une bonne partie des régions africaines où la pluie ne tombait guère.. soit pendant la saison d’été. Bell. 15. Mais ou bien l’eau qu’elles fournissaient n’a pas été jugée assez bonne. Les aqueducs qui amenaient des eaux de source dans certaines villes importantes étaient parfois très longs (aqueduc principal de Cirta. aqueduc de Carthage. Blanchet. n’étaient pas . de réservoirs. aqueduc de Caesarea. Procope. 28 . des bourgs témoignent surtout du désir que les habitants avaient de boire une eau aussi pure. Quand on le pouvait. Conf. se passaient d’eau de source(2). Leptis Minor. I. 35 kilomètres . les façons données au sol pour retenir l’humidité qu’il pouvait emmagasiner. Cela ne prouve pas que les sources manquassent dans le voisinage de ces villes. où les sources étaient rares. VI. où d’ordinaire les ravins étaient vides. 4. de citernes. 3. l’eau du ciel -ne suffisait pas toujours aux besoins agricoles. Dans ces pays. I. 9. Verhandlungen des achten Geographentages. Thysdrus. le choix de cultures fort peu exigeantes au point de vue de l’eau ont transformé en de riches campagnes.

pluies irrégulières et souvent torrentielles. qui ne sont pas dénués de valeur. Au Sud de la Berbérie. si le climat de la Berbérie s’est modifié depuis l’époque romaine. — Frontin dit encore (l. 88.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 99 rares en cette saison. ce n’a été que dans une très faible mesure. Agenius Urbicus. la lisière septentrionale du Sahara ait été une zone humide. » . nihil magis in querela habent quam si quis inhihuerit aquam pluviam in suum influere . si transire non patiaris. cela est possible : à défaut de preuves. ils ne doivent pas être tous accueillis avec une confiance aveugle.. p. depuis le détroit de Gibraltar jusqu’au cap Bon. Mais. Il est inexact de dire que. d’une manière générale. p. Ils permettent cependant quelques conclusions. ____________________ (1) De controversiis egrorum. le Sahara était déjà un désert dans les siècles qui précédèrent et suivirent l’ère chrétienne. in provincia autem Africa. Quant à l’Afrique du Nord proprement dite. sous causez un grave préjudice à votre voisin si vous faites pénétrer l’eau dans sa propriété . elle jouissait d’un climat.. en Afrique. sécheresse parfois pendant toute l’année. Une remarque de Frontin mérite d’être citée : « En Italie et dans quelques provinces. Mais il était peut-être un peu moins sec que de nos jours. » Conf. pendant une partie de l’époque historique. 36) : « Cum sit regio aridissima (il s’agit de l’Afrique). on peut invoquer quelques indices. » Les textes que nous venons d’étudier manquent souvent de précision. bien moins abondantes. ut ibi potius consumatur quam effluat.57 : « In Italia aut quibusdam provinciis non exigua est iniuria si in alienum agrum aquam immittas . à l’intérieur du pays que dans le voisinage de l’Océan et de la Méditerranée. si vous empêchez l’eau de passer chez lui(1). ibid. du moins très analogue au climat actuel : sécheresse habituelle en été. c. en somme. dans Gromatici veteres. sinon semblable. p. Que cette contrée ait été un peu plus humide qu’aujourd’hui. On a cependant quelques raisons de supposer que les montagnes qui bordent le désert recevaient un peu plus de pluie qu aujourd’hui. nam et aggeres faciunt et excipiunt et continent eam.

qualifié d’Elephas atlanticus. ____________________ 1. les ressources qu’ils en pouvaient tirer.CHAPITRE IV FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ I Nous n’avons pas l’intention de faire ici une revue complète de ce que les restes fossiles. p. p. 1800. Voir surtout A. ou quaternaire. dans l’Anthropologie. 503-571. Boule. 232 . les relations de cette faune et de cette flore avec les hommes. XIII . Carte géologique de l’Algérie. Pomel. 6-14. 42-50. de grande taille et pourvu d’énormes défenses. p. espèce éteinte(2) . les obstacles qu’elles leur opposaient. — A Terniline. 6-7. dans l’Anthropologie. les documents archéologiques. XII. Paléontologie. VI X. avant la fin des temps antiques. conf. pl. Parmi les animaux qui vivaient dans le pays à l’époque pléistocène. XI. X. 1090. dans le département d’Oran (Industrie paléolithique ancienne) : Pomel. 2.. le compte rendu de cette publication par Boule. et dont les ossements se trouvent mêlés aux plus anciens témoignages de l’industrie humaine. 1803-1807) . 1888. d’Aboukir du lac Karar. Matériaux pour L’histoire primitive et naturelle de L’homme. d’une manière rapide. ibid. XXII. Éléphants quaternaires. p. Xl. Monographies (Alger. on a reconnu(1) : Un éléphant. Pomet . les textes des auteurs peuvent nous apprendre sur la faune et la flore de l’Afrique septentrionale. Stations de Tornifine. p. Boule. Nous désirons surtout indiquer.

p. 12 et suiv. I. et grotte des Bains Romains. V-XII . Station moustérienne de l’oued Temda. grotte des Ours : Pallary. 1892. II. Rec. Le rhinocéros. 8. 1487). 7-9. 41-45. p. Le lion(3). qui vit actuellement en Afrique(2) . IV. à Constantine : Pallary. 46 . dans le Dahra : Pallary. Flamand (Association française pour l’avancement des sciences. 5. — Constantine. 1901. espèce actuelle(1) . 19 et suiv.. p. 1898. 1. 152. Carnassiers. qu’on retrouve encore au Soudan(9). p. I. Suilliens. l. 1501). p. 85). Rhinocéros quaternaires. 151-152. Ternifine . c. 101 ____________________ (l. p. dans le département de Constantine : Pomel. CXXX. 8. c. Marseille. Comptes rendus de l’Académie des sciences. Ternifine Pomel. p. Ajaccio. pl. 1. — Grotte des Ours. pl. franç. 295 . la panthère(4). III-VII (Pomel croit qu’il s’agit d’un cheval. p. 9. l. Bulletin de la Société d’anthropologie de Lyon.. 1909. pl. Romains (Ficheur et Brives. p. 2) a cru reconnaître une autre espèce d’éléphant. 1910. p. Abris de la Mouillah (indication de M. c.. XI. XLII. pl. c. sans doute le rhinocéros camus. L’ours(7) : Le sanglier(8) . fig. p. 155. l. e. grotte des Ours : Pallary. dans diverses grottes : à Aïn Turk (Pomel. l. 2. 157-8 . 1. c. 1908.. p. de Constantine. Des zèbres. II. — Grotte d’Aïn Turk. Escargotière d’Aïn Mila. Aboukir . III. c. grotte des Ours : Pallary. p. à la Mouillah. lac Karar : Pomel. 4. — Constantine. II. 155-6. 1900. M. aux Bains. XLII. avec une industrie qui parait néolithique. 24 nov. l. pl.. l’homme ne les a pas utilisés pour sa nourriture. 10. 6. Lille. p. 12. VII. On a retrouvé aussi le rhinocéros dans des escargotières du Sud-Ouest de la Tunisie : Gobert. 12-27. Équidés. Pallary observe que les os d’ours trouvés dans la première de ces grottes ne sont pas brisés. le phacochère... Ternifine . dont une espèce au moins parait être le dauw actuel de l’Afrique australe(10) . à Constantine. Assoc. en mauvais état. à Oran (Pomel.. p. p. Boule. p. 9-10. par conséquent. grotte dite des Ours (Pallary. — Les ossements de félins. 18-19. — Avec une industrie paléolithique plus récente. c. Bull.821. l’hyène(6) . p. de chacals. l. p. Pallary). grotte du Mouflon : Debruge. M. 1480. 762. p. pl. française. p.. II. 1891. p. même lieu. française. p. Boule. Ternifine .. dans le département d’Oran (Barbin et Pallary. .10-11. XI. L’ours a dû vivre dans la caverne à une époque où elle n’était pas occupée par des hommes. p. grotte des Ours : Pallary. c. qu’il appelle Equus mauritanicus). Assoc. e. lac Karar : Pomel.. pl. l. II . Même espèce à Ternifine : Pomel. dans Bull. de Constantine. 1. p. 3. p. 645). Ternifine (douteux) : Pomel.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. d’après un fragment d’une petite molaire. Tunis. p. Assoc. d’hyènes qu’on rencontre dans les cavernes ont pu aussi appartenir à des animaux qui les habitèrent dans des périodes où les hommes n’y séjournaient pas.. Constantine. près d’Oran. près d’Alger (époque plus récente) : Pallary. que. de la Société préhistorique de France. L’hippopotame. peut-être dans des temps antérieurs. 730) signale encore l’hippopotame dans une grotte de Mustapha-Supérieur (Alger). Constantine.. c. 7. c. Rec. lac Karar : Pomel. Lac Karar : Boule. Ficheur et Brives. Carnassiers.. l. 1910. Boule. Pallary et Tommasini. le caracal(5). 17. III et IV). Hippopotames. pl. d’Oran. 11.

p. pl. Pau. l. Grotte des Ours : Rec. XLIV.Supérieur : Flamand . à la Mouillah (Bull.. soit de l’Alcelaphus caama du Sud de l’Afrique). 80. 100. c. Des gazelles(4) . I-III . XLII). p.. 1901. 153. p. II. p. p. — La girafe figure peut-être dans la faune d’une grotte de Mustapha-Supérieur (Alger). Aboukir.. géologique. à Constantine. Pallary. Dans des escargotières du département de Constantine : à Aïn Mlila (Thomas. 730. p.. 100. Ajaccio. V. Caméliens et cervidés. p. Escargotières de la région de Tébessa : Rec.120 . 100. Escargotières de la région de Tébessa et du Sud-Ouest de la Tunisie : Pallary. p. Ternifine : Pomel. l. Ovidés. ____________________ Abris de la Mouillah. XLIV. c. à Constantine : Rec. On a trouvé aussi des restes de cerfs dans les escargotières du département de Constantine et du Sud de la Tunisie. 86). 5. XLII. 6. p. II. 3. de la Sodélé d’anthropologie de Lyon. c. 12 (molaire d’un ovidé indéterminé). grotte des Ours (Rec. l901. française. La girafe. pl. Ternifine. p. p.102 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. XI. 9 et suiv. Aboukir : Pomel. Abris de la Mouillah : Bull. Grotte des Ours. X. 1910. p. au contraire. p. 154. 1910. 27 et suiv.. Rec. — Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. l’Anthropologie. p.. Le gnou. Escargotières de la région de Tébessa : Ibid. d’Oran. lac Karar : Pomel. apparenté au cerf actuel). Ternifine : Pomel. 22. 1480). pl. — Dans des grottes . qui vit encore en Berbérie. 13 (il pense qu’il s’agit soit de l’Alcelaphus bubalis. 909. l. — Peut-être encore dans la grotte de Mustapha. de la Société géologique de France. 205. Bull. espèce actuelle du Sud de l’Afrique(6) . l.153-4. 11 (molaire d’un cerf. l. c. p. Bull. 154. Abris de la Mouillah Bull... où le zèbre est très abondant : Barbin et Pallary. XLII. 14. XI . Il était de plus grande taille et d’une membrure plus forte que le chameau actuel. l. p. 604) pense. p. dOran. L’antilope bubale.. XIII) . p. 153). espèce actuelle de l’Afrique centrale(2) . 1910. . 1892. 4. c. de Constantine. de Constantine. Bull. Boule (dans l’Anthropologie. p. de Constantine. Des cervidés(3) . XLIV.. VI. c. Antilopes Pallas. c.. Lac Karar: Boule. 624). française. ou alcélaphe(5) . p. XLIV. pl. pl. qu’il est identique au dromadaire. Bosélaphes Ray. p. — Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. Ternifine : Pallary. Boule. 52 et suiv. XLII . Des restes d’ovidés(7) . l. XII. c. habitée par l’homme à une époque plus récente : Flamand. 1480 (Cervus pachygenys de Pomel ?). c. l. 1881. 86. 14 et suiv. Bull. p. VI. 2. Bosélaphes Ray. p. 100). Bull. p. Assoc. de Constantine. 908. aux Bains-Romains (Ficheur et Brives. de la Soc. p. 1900. XLII. Lac Karar: Boule. p. — Grotte des Bains-Romains (Alger) Ficheur et Brives. de Constantine. Un chameau(1) . — Le chameau a été aussi signalé dons la grotte d’Aïn Turk : Pallary. de Constantine. p. p. Rec. de Constantine. p. Lac Karar : Boule. Abris de la Mouillah : ibid. Assoc. Pomel n’a pu l’identifier avec aucune espèce vivante . Grotte des Ours à Constantine (douteux) : Rec. IV. XLII. de la Société zoologique de France. 11-12. c. à Oran (Doumergue. III-IV . 1. et peut-être Ternifine : Pomel . aux environs de Tébessa (Rec. p. — Grotte des Ours Pallary. p.. 1910. p. Aboukir . p. Pomel. XI (tronçon de mandibule d’ovidé). 1.. De Constantine. l. p: 86. 12 et pl.154 (mouflon). 7. 1910. dOran. d’Oran.

24-25). d’Oran. 1900. 1005. Escargotières du département de Constantine et du Sud de la Tunisie : Thomas. XI. XLIV. dans l’Anthropologie. Société d’anthropologie de Lyon. Bull. rhinocéros. I-IV. p. l. Pomel lui-même le reconnaît (Bœufs-taureaux. cerf(8) .. p. de Constantine. Bull. le chat ganté. espèces. . XLIV. 154-5. Peut-être au lac Karar : Boule. de grande taille. Ternifine. de Constantine. Aboukir : Pomel. communiquèrent peutêtre encore pendant une partie de l’époque suivante.358. p. Rec. 1. 1910.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. phacochère. p. Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. Les ossements de bovidés ne sont pas toujours. IX . de la. 4. XI. 1. mal connu. p. Ce nom a été emprunté à Hérodote (IV. lion. 103 Un bœuf. sanglier. Rec. Mais il n’est nullement prouvé que le bœuf indiqué par l’historien grec soit celui qu’on trouve dans les stations primitives. de Constantine. XVII. de Constantine. offrent au ____________________ 1. La faune des mammifères de l’Algérie. Thomas avait appelé ce bœuf Bos primigenius mauritanicus (Bull. Boule. 3. le macaque. 100. 1910. Pallary. p. p. 6. 283. dont les cornes. — Grotte d’Aïn Turk : Pomel. XLII. 86 (abris de la Mouillah) . Rec. qui manquent dans les pays européens. de la Société zoologique de France. 95 et suiv. Pallary. 1906. hyène. d’Oran. c. Abris de la Mouillah : Bull.. p. se recourbent en avant des yeux(2) espèce éteinte. n. c. 295. 1910. D’autres. longues et fortes. mais plus probablement variété du Bos primigenius d’Europe et d’Asie(3) . Peut-être d’autres bovidés(5). l. p. p. d’Oran. Barbin et Pallary. XLIV.. pl.155. du Maroc et de la Tunisie. XV et XVII. que Pomel qualifie de Bos curvidens(4) . plus petit. l. pl. c. p. p. X. 12-13. 5. certainement unis à l’époque pliocène. p. faciles à classer avec précision. panthère. p. selon Pomel. 86 (abris de la Mouillah).63 (escargotières de la région de Tébessa). 15 et suiv. c. Grotte des Ours : Rec. Pallary. 125). p. c..147 et suiv. Il y a dans cette faune des animaux identiques ou apparentés à un certain nombre de ceux qui habitèrent L’Europe aux temps quaternaires(7) : hippopotame. ours. 1881. p. p. 12 (lac Karar). dans l’Anthropologie.. appelé par Pomel Bos opisthonomus(1). voir plus haut. 2. 7. VI-VIII. pl. 86. Les débris d’œufs d’autruche abondent dans les stations paléolithiques récentes(6). Dürst.. VI. Voir Boule.3. Pour le Bos opisthonomus. p. c. Bull. Un autre bœuf. 15. 55. XVIII. on le comprend. Aboukir : Pomel. l. les deux continents.279.. 1. le serval. de Constantine. p. 8. Ajouter l’Elephas africanus. Trouessart. XLII. 183). 125-6 . dans Causeries scientifiques de la Société zoololique de France. — Peut-être à la grotte des Ours : Rec. p. 100 (escargotières de la région de Tébessa).

. 5) observe que la Libye nourrit quantité d’éléphant.100. IV. puis ce fut le tour de l’hippopotame et du rhinocéros. dans le département d’Oran : Doumergue et Poirier. On a recueilli aussi des ossements de cet oiseau dans des grottes d’Oran : Doumergue. II (lion ?) et 12. Saïda . française. Mustapha Supérieur: Assoc. p. c. d’Oran. 23. Mustapha-Supérieur : Pomel. Polybe (XII. Grottes d’Oran: p.. Assoc. Bull. p. Carnassiers. V-VII. c. l. 1905. contraire une étroite parenté avec des espèces actuelles du centre et du Sud de l’Afrique(1). panthères.104 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 8. animaux qui n’existent pas en Europe. lions. p. etc. de la Société d’anthropologie de Lyon. dans l’Anthropologie. c. l’hyène(6). 1892. 13. antilopes. conf. d’Oran. isolée par la mer et par le désert. p. p. l. ibid„ Cherbourg. Grotte voisine d’Oran : ibid. le sanglier(9). le Règne végétal en Algérie (Paris. 1891. Hérodote (IV. n° 7. 109-110 (lion. VIII. Saïda : Bull..(5)). 8. p. près d’Alger : Pomel. l’observation faite p. Bull. d’Oran. dit-il. soit qu’elles aient pu traverser le Sahara. p. elle en perd d’autres qui. 22. IX (lion ?). 26. X. Pour la présence de ces divers animaux dans les grottes. Grotte de Saïda. française. 1892 p. 4. l. XI. Pau. III. l. II. 7. Bull. Ajaccio. Assoc. p. Marseille. 192) énumère une série d’animaux qui vivent dans la pays des Libyens nomades et qui sont. pl. Grotte du Grand-Rocher. II. p. Mustapha-Supérieur. c. Boule. grottes d’Oran : Pomel. ____________________ 1. 1894.. 6. Des débris d’œufs d’autruche se rencontrant en abondance dans les stations néolithiques(4). qui présente cependant des affinités avec celle de l’Europe méridionale et. II. 2. 1809. française. sauf quelques exceptions. caracal. c. Grottes d’Oran et de Saïda : Assoc. possède une faune d’une physionomie particulière(2). 1870). Saïda : Bull. 630 (lion). Etc. Plus tard. 625 5. ex. 17. pour las régions sèches. 101. c. Cosson. pl. 24. le renard(8). se maintiennent au delà du Sahara. Conf. propres à ce pays. 57. 3. 13. avec celle de l’Égypte et de la Nubie(3). Grand-Rocher.. Grand-Rocher : Pomel. II. la Berbérie. dOran. serval). On y trouve des restes de félins (lion. panthère. Grotte de Bougie : Doumergue. 1. autruches. 360). 1894. 371. soit que les communications aient eu lieu par ailleurs. p. 28. 15. 9 Grand-Rocher . p. p. 730 (panthère). pl. Grotte de Mustapha-Supérieur : Flammand. l. Suilliens. d’Oran. L’Elephas atlanticus s’éteignit d’abord. 111. 3. p. peut-être par suite du refroidissement et de l’assèchement du climat .. 645 . Elle conserve des animaux qui disparaissent de l’Europe. p. le chacal(7). Bull.

1. l. Saïda : Pomel. Bull. p. Bosélaphes Ray. rare aussi(3). 1 m. d’Oran. 1. p. p. Bull. de Saïda : Assoc. 7.70. c. 113. que les restes de ce buffle « n’ont jamais été rencontrés dans des le phacochère(1). VII-X . française. Pomel). pl. Oran . p. II. 201-2 . c.. dans l’Anthropologie.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. dit Bubalus antiquus. Ajaccio.645 . dans Assoc. 729) dit. c. 29 et suiv. à Saïda : Bull. Un buffle.. Grotte du Mouflon. Ajaccio. 3. Ajaccio. le cerf(4). Grotte de Bougie : Debruge. l. le dromadaire. p. p. — Nous reviendrons sur les ovidés et les bovidés dans l’étude des animaux domestiques.. dans l’Anthropologie. IX . Mustapha-Supérieur . pl. pl. c. IV. p. 25. 31. française. 730. 111. Bos curvidens (?). l. (conf. VII . 12). Bubalus antiquus.. . 575.. Caméliens et cervidés. chapitre II). Grand-Rocher . Boule. Assoc. p. p. p. pl. pl. 112. d’Oran. qui est probablement un zèbre. II. p. II.. Grotte de Saïda : Bull. le zèbre. 85 de hauteur au garrot et l m. 6. 38. Grottes du Grand-Rocher. de Saïda : Pomel. VII... dans l’Anthropologie. 271-2 . qui est peu fréquent(12). à la grotte de Mustapha-Supérieur : Assoc. Le dromadaire a été aussi trouvé à l’oued Seguen. d’Oran. VIII.. devait atteindre 3 mètres de longueur. Flamand. 44. c. française. Ajaccio.. II. Station d’Arbal. XI. Bull. 1897. 11-12. Bœufs-taureaux. d’Oran. c. p. p. — Le Bubalus antiquus n’a pas encore été rencontré avec certitude dans les stations paléolithiques : Pomel. pl. Conf. l.. Lille. XX. p. 45. pl.. Grottes du Grand-Rocher et de Mustapha-Supérieur : Pomel. Pau. p. Mustapha-Supérieur . de Mustapha-Supérieur : Pomel. Grottes de Mustapha-Supérieur. c. 1910. Ajaccio. 8.. d’Oran. M. Assoc. 1912. Antilopes Pallas. Assoc.1. tous pléistocènes récents » . l. Marseille. IX-X. 26) indique au Grand-Rocher son Equus mauritanicus. 36. II. c. p. c. Abri de Redeyel (Sud-Ouest de la Tunisie) : Gobert. près d’Oran : Doumergue. p. de Saïda. l. ibid. 1804. l. qui semble devenir rare(2). 6-9. Grottes d’Oran : Pomel. II. c. d’autres bovidés(11). p.X. II. X . — Nous reparlerons des équidés quand nous étudierons les animaux domestiques (livre II. p. Marseille. XXIII. d’Oran. Grand-Rocher . pl. Grottes du Grand-Rocher. Gobert. p. le mouflon(9). l. On a trouvé aussi le mouflon [et non le bouquetin] dans un abri de Redeyef : Revue de l’École d’anthropologie. 2. Ovidés. Abri de Redeyef : Gobert. c. p. 1894. 7. VI et X . Flamand (Recherches sur le Haut-Pays de l’Oranie. 1903. Les ossements d’équidés sont en général peu déterminables. française. p. VII . il est vrai. II. des gazelles(5) et d’autres antilopes(6). l.. 44. 167. à Constantine : ibid. 1. l. d’Oran. pl. l. VI. Cherbourg. II-V. 9. 1892. p. 70 à la . 1. de Mustapha-Supérieur. e. c. 730. 1894. 10. 364. ibid. 189I. p. Assoc. Assoc. 105 ____________________ 1. 112-3. française. 1894. le gnou(8). 41. II. Ajaccio. Assoc. Ajaccio. 32. e. Oran (Grotte dite du Polygone) : Pomel. entre Constantine et Sétif . Mustapha-Supérieur : Pomel. Boule. 11. Grotte de Mustapha-Supérieur : Assoc. Pomel (Équidés. l. 821. p. Assoc. 39. 14.. de Fort-de-l’Eau : Pomel. que « les gisements incontestables du Bubalus antiquus sont. Grottes d’Oran. française. 9. c. 12. 77. d’Oran. Conf. p. c. pl. Difficiles à déterminer. Bull. 38. V. c. dans le Tell nigérian et dans le Haut-Pays. du Mustapha-Supérieur. 5. p. 1909. 1.. 4. ibid. 35.. 625 . 1809. 631. le bœuf dit Bos opisthonomus(10). Pomel. 1900. Nantes. 1898. p. Probablement dans des grottes d’Oran : Pomel. Pallary et Tommasini. l’alcélaphe(7)..

— Pomel (Boséphales Ray. Ces dernières(5). contemporaines de l’industrie néolithique récente. qui. L. c. 63. 47-48. fig. L. p. Flamand. IV et V. la gazelle. mais qu’il est plus vraisemblable de regarder comme les descendants de l’Elephas africanus et les ancêtres directs des éléphants signalés dans le Nord de l’Afrique à l’époque histo- ____________________ dépôts actuels ». 1. sur lesquelles le Bubalus est très fréquent. Dürst. 130 et suiv. 2. Rec. 67. et qui existe encore dans le Nord de l’Inde. Pomel croit qu’il s’agit d’une espèce propre à l’Afrique septentrionale. p. c. 140. p. pl. J’ai. qui les a mis libéralement à ma disposition. Éléphants quaternaires. croupe(1). 3) a cru reconnaître des gnous : opinion qui ne semble pas fondée. XI. Ce fut alors. Gsell. mais il est difficile d’indiquer dans quelle mesure ceuxci se rattachent à des espèces sauvages indigènes et de faire la part des importations. 338 et 340. Gsell. dans l’Asie antérieure. fig. 87 et suiv. Géographie de la province romaine d’Afrique. p. I. 41-47. qui vécut en.. Etc. 41. dans l’Anthropologie. selon Pomel. p. 7. 71. c. Sahara algérien. 4. Pomel. X1. . Pomel (p. aux p. 3.. le chacal. p. c’est même un de ses principaux arguments pour attribuer une très haute antiquité aux gravures rupestres. sont. Pomel. XIV et XV. XLV. 7. et même en Europe. rien ne prouve qu’elle ait été différente du celle que nous observons sur des images d’éléphants des temps historiques. dans l’Anthropologie. 1. 6.. Elles nous montrent souvent des éléphants(6). les gravures ne permettent pas de dire avec précision quelle était la conformation des oreilles des éléphants. l. III. A mon avis. Tissot. Inde. 70. croyons-nous. 1. sous le nom d’arni(3). pu consulter des photographies et des dessins exécutés ou recueillis depuis de longues années par M. 372. p. fig. aujourd’hui disparue(2). sans doute. 1911.d’autres l’identifient avec le Bubalus palaeindicus. 69 et 80) nie cette identité. Monuments antiques de l’Algérie. qui ne semblent pas dater d’un autre âge que les gravures préhistoriques du Sud de l’Algérie. p. de Constantine. pl.. 6.106 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. que les Africains commencèrent à avoir des animaux domestiques . 69. Le lion. Il faudrait tirer celui question au clair. 1892. 61. Flamand. 5. auraient appartenu à l’espèce dite Elephas atlanticus(7). p. pl. 1900. du moins en partie. l’autruche apparaissent sur des dessins rupestres de la région de Guelma(4). Gautier. I. le sanglier. — Il y à peut-être aussi des éléphants sur des gravures du la région de Constantine : Bosco et Selignac. c.

rique(1). 6. 9). 1902. à la p.. conf. en doute). n° 8. dans l’Anthropologie. fig. de Lyon. pl. Flamand. — Pomel voit un singe sur une gravure du Sud oranais (Singe et homme. 2. 2). 7. archéologique du Comité. 18. XLV. 96). Delmas. l. de Lyon. XX. 150 et 156). Revue d’ethnographie. 5. X. Voir plus haut. XX.). pl. à Tyout et à Moghar (conf. p. 1091. signalé au Sud du Maroc (Douls. 1) croit que le gnou est représenté à Moghar. l. 150 et p. c.. Bull. p. fig. p. Le cerf est représenté à Guebar Rechim. voir Bonnet. et pl. la panthère. 11 . pl. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. Bosco et Solignac. de la Soc.132. Gautier. c. n° 42 . d’Oran. 310 et pl. La girafe est figurée. p. Elle est très douteuse à Tyout. ou nanguer. X. 1901. ibid. Revue d’ethnographie. pl. — L’alcélaphe (antilope bubale) serait figurée à Tazina. 151. p. de géographie historique.. Rec.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 99. II. 1. p. au Sud-Ouest de Figuig (Duvaux.144. 306 et pl. fig. Gautier.. p. 113. 6 . dans l’Anthropologie. c. 7-8) :opinion très contestable (conf. 107 ____________________ 1. p. Bull.. IV. c. de Constantine. 21. n° 48 . fig.136 et pl. l. Cette identification parait hasardée (conf. p. 103. fig. Antilopes Pallas. On reconnaît encore le lion. 104 . le cerf(3). 100. mais certaine à Guehar Hechim. p. 4 . Je reconnaîtrais volontiers cet animal à Moghar (Bonnet. — Il y a peut-être des antilopes de l’espèce dite mohor. conf. p. fig. Cette image est peut-être plus récente que les gravures préhistoriques de la même région. apud Pomel. selon Pomel (Bosélaphes Ray. XI. l. p. Boule. 77. p. c. 8. c. Pomel (l. à Moghar et à El Hadj Mimoun. fig. fig.194 et suiv. Bull de la Société de géographie de Paris.. des gazelles(4). 1889. pl.153. Pomel.. p. chap. où elle a été signalée (pour Moghar. Flamand. dans le Sud du djebel Amour (Maumené. ibid. Gautier.. le même. XVI. II. Bull. Pomel. livre II. d’anthr. — Pomel (l.. n° 5). 1870. et figures. 1911. 8 : gravure qui pourrait être de date relativement récente).. Douls. II. p. 110-120. des boeufs(7). 10). p. Bull. X. de la Société d’anthropologie de Lyon. IX. Je doute fort de l’hippopotame. IV. — Le rhinocéros a été reconnu sur une gravure du Sud du Maroc : Duveyrier. d’autres antilopes(5). sur des gravures sahariennes Flamand. 60. c. Bull. dans l’Ahnet. 4. 1901. 1901. fig. p. Mme de la Rive a cru reconnaître l’okapi. c. fig. 456). Bonnet. Une girafe est peinte sur un rocher. III. sur la Zousfana . archéologique du Comité. 1905. et probablement à Barrebi. p. p. c. Maumené. 95). p. bubalus antiquus. 201. 1890. XXV. 91 et 95. XX. d’anthr. — Sur une gravure de la région de Figuig. l’autruche. n°3. 1905. si la p. Voir plus loin. Antilope addax : Gautier. Flamand. 1888. aux p. C’est plus que douteux (Gautier. pl. p. Éléphants quaternaires. le mouflon(6). mais c’est peut-être un homme dans une posture bestiale. p. fig. La même antilope parait être représentée sur une gravure signalée à l’Est de Constantine par MM. fig. n° C. 194. VIII. On la retrouve sur des gravures du Sud du Maroc (Duveyrier. Le Bubalus antiquus est aussi très fréquent(2). 337). 330 (conf. p. Bull. l. p.. Elle apparaît aussi à l’oued Taghit. 1-4) a reconnu l’oryx leucoryx : ce qui me parait admissible (Gautier. n°1. de la Soc. Bull. Bull. animal vivant actuellement dans l’Ouganda : de Saussure. l. 304. . en plein Sahara : Gautier. 585).. p. 3. mais rarement(8). XV. fig.

si la girafe existait encore dans l’Afrique septentrionale aux époques romaine et byzantine. peut-être dans la région de la Saguia el Hamra. vivent encore. Livre II. 328) et cette tribu détail pas identique à celle indiquée par Ptolémée (IV. pour la première fois une girafe en 40 avant J. c. dans les steppes de la province d’Alger. Il n’est pas impossible que la girafe se soit maintenue çà et là. l. 495 de la 5e édition. II On sait que l’éléphant a vécu dans l’Afrique du Nord jusqu’aux premiers siècles de notre ère(1). 213 . leur taille et leur ardeur belliqueuse. 5.. appelés rhizes (τούς χαλουμένυς) qui. L. 4. 21492). sur la faune de l’Afrique du Nord dans l’antiquité. 5) en Maurétanie Césarienne : ceux-ci vivaient peut-être dans le voisinage de la vallée du Chélif (voir Cat. 213). 5) mentionne. Strabon XVII. ____________________ 1. raconte qu’en 573. de vie. Mais le rapprochement entre les Maccuritae et les Μαχχοΰραι est incertain. dans Nouvelles Archives des missions. II. P. d’où venaient sans doute les défenses d’éléphant. des bas-reliefs d’époque tardive représentent des girafes : Méhier de Mathuisieux. ressemblent à des taureaux. en Tripolitaine(3) et même dans le Sud de l’Algérie(4). des animaux. II. ou que reproduisent des monuments des époques carthaginoise et romaine. Les animaux que mentionnent les auteurs grecs et latins. Friedlânder. — Tissot (Géographie de la province romaine d’Afrique. qui offrirent à l’empereur des défenses d’éléphant et une girafe (dans Mommsen. les Maccuritae envoyèrent à Constantinople des députés. Diehl. 3. 321-383) a donné des indications. 1904. A Ghirza. p. d’ailleurs bien incomplètes. du grand buffle (Bubalus antiquus)(2). 2. p. XII. Sittengeschichte Rome. Chronica minora. conf. on pourrait supposer que l’animal avait été amené du Soudan. p. l’Afrique byzantine. par leur genre. Il peut avoir survécu plus ne Sud. Essai sur la province romaine de Maurétanie Césarienne. ou plus au Sud (dans le djebel Amour et dans le Nord du Sahara. p. Nous ne parlerons pas ici de la faune domestique. en Tripolitaine. elle devait y être rare. n.. Voir plus haut. 3. C. p. Un chroniqueur.108 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. demandé (Mommsen. 76 . aux temps historiques. mais qui. chap. des images rupestres représentant des girafes ne sont peut-être pas préhistoriques . I. II. dans le pays des Éthiopiens occidentaux. p. 107. quand même il ferait fondé. note à la p. Les Romains virent. Nous n’avons aucune preuve certaine de l’existence. On s’est. La girafe mentionnée aurait pu être capturée non loin de là. 1. rappellent les éléphants. en Berbérie. 2. — En tout cas. un siècle après leur établissement en Afrique.. par leur aspect. et cet animal fut amené d’Alexandrie .23. 74 et suiv. VIII.-C. 8). D’autres ont disparu ou ont émigré depuis peu. d’après Hypocrate (ou Iphiernie). que nous étudierons ailleurs(5). pour la plupart. Jean de Bichar. p. .

21. 12 Isidore de Séville. Eumaque. II. un autre lieu. 26.. pl. Nat. Lib. 518. L’Afrique était pour les anciens la terre classique des bêtes féroces(4). 3. 1074 : singe apprivoisé. Appien. Étienne de Byzance indique un port eu Libye dans la région de Carthage. 9 et 12. — Sur une stèle punique de Carthage. mais non plus en Tunisie. avec un port. 38. XII. . et. Hérodote. 5. Un de ces animaux se voit sur une coupe du sixième siècle représentant un roi de Cyrène. IV. d’après le témoignage des textes(3). — Juvénal. Le Périple de Scylax (§ III : Géogr. Ce lieu était situé entre Bizerte et Philippeville : peut-être à à Tabarca. 6). Pline. à Carthage. il y avait là trois villes. V. à l’époque vandale. I. XXVI. 181 . 6 . c.. 7. V. Solin. 103-5 : singes des forêts de Thalbenca (Tabarca). dit-il. 71. n° 392 et n° 381 = Monuments Piot. Polybe. XVII. n° 330 : singe savant à Carthage. Et aussi. 109 Les singes. Hérodote. cc. — Diodore de Sicile. où il y en avait autrefois. — Élien. Les singes représentés sur deux mosaïques d’Oudna (Gauckler. citant Ptolémée Évergète : mention de gens qui venaient acheter des singes en Afrique. Hist. 4 : la Maurusie (Maroc actuel) abonde en singes. Histoire de l’Art IX. 267. 2. VIII. on voit un singe grimpant à un palmier : Comptes rendus à l’Académie des Inscriptions. min. elles abondaient tellement dans certaines régions qu’elles empêchaient les hommes ____________________ 1. p. Pomponius Méla. 5. I. Etymol. signalés assez souvent(1). Brives. 1885 p. 7 (Geogr. 5. — Anthologia latina. p. 3. sans aucun doute. 24. 600 : il indique en Afrique des cercopes.. 3. dans le Haut-Atlas. me dit M. lieutenant d’Agalhocle. XXVII. VIII. IV. Nat. XVII. IV. Animalium. 102.. — Athénée. Juvénal et probablement Diodore de Sicile. XII. VIII. des magots : on en rencontre aujourd’hui sur plusieurs points de l’Algérie et au Maroc (dans le massif de l’Andjera. V. 15 . spectacle qui le divertit beaucoup. gr. dans une expédition à l’intérieur des terres. Élien. Hannon. entre Tétouan et Ceuta)(2). 4 . 9 . p. De son côté. 3. V. III. XVII. ( πιθηχοφαγέουσι). étaient. — Strabon. 32 . 90) mentionne.. IV. lors d’un voyage de Gadès en Italie. appelées d’après le nom de ces animaux (en grec Πιθηχούσσαι). XIV. 218. Poenalus. Strabon ajoute que Posidonius. — Il y en avait peut-être aussi en Cyrénaïque. Aristote.. 3. 22 . 494). Hérodote. 5. XX (à la p. en vit un grand nombre dans une forêt.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. ll. fig. 2 . p. appelé de même. XX. édit. 28 (27). au quatrième siècle. abordant sur le littoral. gr. — Mamilius. Riese. Etymol. 174 . 3. Périple. 54 : ruse des panthères en Maurusie peur prendre des singes. mot fort mal choisi. 194 : les Gyzantes (peuplade de la Tunisie) mangent des singes. — Lucien. 15. V. car ils sont pourvus d’une longue queue. anim. 16. en face. IX. 2 : dans le désert. — Isidore de Séville. Inventaire des mosaïques de Tunisie. Strabon. 4. Diodore. Anim. 101. 12: singes en Maurétanie Tingitane. Avant la domination romaine. puisqu’il désigne des singes à queue (chez les magots la queue est très rudimentaire). XVII. 3. qui existent en très grand nombre dans leurs montagnes.12) ne sont pas des singes de Berbérie. X. une Île avec une ville. traversa un pays où les singes abondaient et vivaient familièrement avec les hommes . — Plaute. Arcésilas : Perrot. Dipsad. 17. au temps de Masinissa. 3 : à la fin du quatrième siècle. IV. l. p. min.. Vitruve.

VI. 530 (Salerne). IX. Varron. Ainsi. c. sous le règne de Théodoric(9). Friedländer. 8. avec le temps. VII. 2350 . VI. Poenuius. Syllla. Salluste. d’y vivre et d’y travailler en sécurité(1). 4. XXXVI.. 3 . C. Méla. 253. 135-6 . Audollent. 6. I. Auguste indique qui environ 3 500 bêtes africaines furent tuées dans vingt-six fêtes qu’il donna au peuple (7). VII. 34. 40 (ferae africanae). I.. L. Pline. soit pour se débarrasser d’elles(4) et se procurer du gibier. 5. Lettres.110 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Jug. XXXIII. 212 (l. Lettres. par exemple. VIII.. 5. Suétone. L. 10. 29). Thesaurus lingude latinae. 3. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. v. 2350 (bestiae africanne). par Gauckler et de Pachtere. 1.. 4. 1. Élien. Caligula. XXXIX.136. Conf. IV. 3. Passion de sainte Perpétue. II. Res geslae Divi Augusti. LIV. X. l. Géorgiques. leur nombre diminua(2). t . XLIV. Des mentions de ferae libycae(10). et ces envois continuèrent jusque. 250. Gordiani tres. Tite-Live. III. soit pour fournir à la capitale du monde(5) et à bien d’autres villes(6) des animaux destinés à figurer dans les spectacles.. I. Caclius. p. p. 1910. 33. 18. 27 . Ibid. L. VIII. 4 et 15. Rust. Plaute. 400 et suiv. Pour Carthage : Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. XVII. 34 (Vérone) . p. II. 18 (en 160). Voir. . 1262. Aurélien. Voir encore Virgile. 1910. pris substantivement). Les mosaïques représentant des scènes de chasse sont très fréquentes dans l’Afrique romaine : voir aux index des inventaires des mosaïques de Tunisie et d’Algérie. 5. 3. Tite-Live. 7 . 13. 5. 549. Lettres. C. Nat. 12. I.. III.1. Pline l’Ancien. c. LX. apud Cicéron. XLIV. p. c. VI. 39 et suiv. 252. Conf. L. On les chassa avec ardeur (c’était une occupation favorite des habitants du pays(3)). 33). on même simplement d’africanae(12) (terme qui désignait principalement les panthères) se rencontrent dans les auteurs et parfois aussi dans ____________________ 1. Chronique. 5. anim. 18 . Conf. de ferae ou bestiae africanae(11). l. Lettres. 41. 6) parle des indigènes « qui bestiis interiere »... 4. 7. 2. Ete. 9.1. 21. C. 11. s. 348 et suiv. XVII. 7960. 2° édition. l. L„ VIII.1. VIII. LXXXIX. Chasse. 22 (en 186) . Strabon. X. — Dion Cassius. Friedländer. Strabon le remarque déjà (II. Histoire Auguste. 9. On en expédia à Rome dès le commencement du IIe siècle avant notre ère(8). 10 . 9831. Pline le Jeune. 355 (5° édition). Symmaque. LIX. 6 . L. 7. 64. Res gestae Divi Augusti (Mommsen. 21. Pour Gadès : Columelle. Defixionum tabellae. 5. Plutarque. Strabon. Pour Rusicade : C. XIV. p. 94). Claude. Méla. III. Pline le Jeune. LIII. 17938. 7 . VIII. 1011. 19-21. Mais.. Salluste (Jugurtha.. IX. Cassiodore. pour l’Italie. 8.. VIII. . 33 . 122 (Libycae. n° 247 . p. Diane est qualifiée de « victrix ferarum » sur une inscription de Maurétanie : C. II. 26 . C. ibid. année 1364 (en 519). 2... 245-9.

15. C. 152 . 235. 3. Bell. 590. e. 47 . 52. 159. 2e édit. n° 65. Virgile. III. nos 149. In psalm. Lucien. d’une tribu entière qu’ils détruisirent. Élien. p. ceux que les textes signalent le plus souvent sont les lions(2). 20. 753 . 77 et suiv. Manilius. Silves. A l’époque de Pline l’Ancien. Ces animaux étaient très redoutés. 47. XVII. 330-341 . fig. p. IV. Numismatique de l’ancienne Afrique. 27 . Énéide. Cons. Quomodo historia conscibenda sit..FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 43. Plutarque. Parmi les fauves. Odes. n° 25. — Une tête de lion se voit sur des monnaies frappées en Afrique par Clodius Macer.. Conf. I. nos 6917. Wandgemäle de Städe Campaniens. p. VI. 7.. XXXVII. Oppien. Cohen. I. 4 . 44-47. Lucain. fig à p. n° 51 . IV. IV. VIII. me parait bien hasardée. Stace. p. conf. 22. . 4. p. Apud Pline. Gidon. XVII. 183. 12. p.. Gauckler.. Sur la chasse aux lions et les manières dont on les capturait en Afrique. Monnaies consulaires. 1908. Pompée. 54 . 1 . 685-6 . 7. Nat. : Cagnat. Monnaies impériales. III. 13-10. 6. 685-6 . 107. 677. dans une région riche en pâturages.. 6. p. 111 les inscriptions. p. VIII. n° 75 .. 2e édit. Hérodote. Ars amal.280. Nat. XVII. On eut beau leur donner la chasse(7) . 2. n° 1116 (peinture). Saint Augustin. Oppien. 103. Armée romaine d’Afrique. 21567 (B. XII. Polybe. 22. en 68 après J. 22. Pline. 117. 5. 42 . Cyneg. On connaît l’usage que Flaubert a fait de cette indication dans Salambô. II. IV. etc. Anim. Salluste. Athénée. Claudien. p. 8. 504. Tunisie. VI. et des statues en terre cuite de Bir bou Rekba. 71. III. 35 et suiv. — Une monnaie frappée par les Pompéiens en Afrique. peut-être d’après le roi Juba.-C. 333 et suiv. 664. le Sanctuaire de Baal et de Tanit près de Siagu. III. 6. 143. III) représentent une déesse à la tête de lion. III. Stilich. qui n’ont disparu de l’Algérie et de la Tunisie qu’à la fin du XIXe siècle et qui existent encore au Maroc. c’était surtout la Numidie qui les fournissait(1). Helbig. I. pl. IV. 3. 3. 5. VII. p. II. Stilich. 12). 947. I. 135. XVII. 672. n° 69 et figure . 27. V. p. III. 5 . 1. Invent. VIII. n° 21). VIII ? 53. 23 . ainsi que des mosaïques . IV. Horace. XII. 15. XVII. Élien(5) parle. Salin. I. Jug. Ovide. Strabon. n° 58. Sénèque. VIII. Snarr.. 27. n° 106 . Bucoliques. Cyneg. pour écarter les autres par la crainte d’un pareil supplice(6). Revue numismatique. Le lion apparaît sur des monnaies indigènes(3) et il est donné pour compagnon à l’Afrique personnifiée sur des monnaies impériales romaines(4).. ils restèrent un des fléaux ____________________ 1. Ils osaient même s’approcher des villes : Polybe en vit qu’on avait mis en croix. XXVII. 3. Pline.. 191. Pline. XV. qu’on a donnée des sigles qui accompagnent l’image de la monnaie. 503. p. XIII.. 3. Anim. qu’on croit être le Génie de la terre d’Afrique. 5. en Tunisie (Merlin. n° 21. . 1-2 . L. Claudien. IX. pl. voir Lucain. n° 91. Brevit ? Vitae. n° 403 . I. 12. II.. au milieu du premier siècle avant notre ère (Babelon. Monnaies de Juba Ier et de Juba II : Müller. Mais l’explication G(enius) T(errae) A(fricae). V. 28. 358 . XIII. p. IV. IX. De Genesi ad litteram. Cons. p.

1003. 10.. XIX. Nat. X. non seulement aux panthères. n° 450 (au musée d’Alger). III. n° 672. 8. 63. énumère à la fois (avec les lions. s’appelaient Pardalarii. Friendländer. n° 122 (= Gauckler. Pl. Les mot παρδάλεις et pardi. I. Nat. p. 11. IV. XIII. 1. 976) . 235 et suiv. — Aux second et troisième siècles de notre ère. I. XII. et peutêtre aux hyènes(10). p. XVI. VIII. 5. Elles sont fréquemment représentées sur les mosaïques africaines. 63 . 5. L. 1) permit aux particuliers du tuer les lions (la chasse au lion était un droit régalien). 9 (Moralia.. A une connaissance. ce nom apparaît pour la première fois. Invent. Saint Augustin. 12. Pline. Contra epistolam Fundamenti. Nat. — Les πάνθηρες qu’Hérodote signales chez les Libyens nomades sont peut-être non des léopards. les ours) les παρδάλεις et les πάνθηρες. Une ordonnance de. Conf. VIII. Gouvet et Hunnezo. Invent. Voir Trouessart. situé à l’ouset de Sétif. Invent. I. Nous trouvons cependant quelques mentions de lions apprivoisés(2). De Genesi ad litteram. III. 9. 38. 337. 1). Plusieurs textes(11) et des mosaïques(12) nous renseignent sur la chasse à la panthère. 202. 33 .112 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. y étaient fort nombreuses autrefois(3). 3. Une peinture d’Henchir Tina : Bull. c. Voir en particulier Gauckler. 10. II. Oppien. (il prétend que des Africains prennent les panthères en les enivrant). Conf. p. qui commencent à devenir rares dans l’Afrique du Nord. 22. nos 45 (= Mélanges de l’École de Rome. Tunisie. V. 9. Probus. Conf. 41-43 . V. 6. Élien. les lynx. c. anim.. ou panthères. 92. XXXI. . ont à peu près la même robe(8). Les panthères. 4. nos (= Mélanges de l’École de Rome. Pardus était le nom du mâle. XVII. XIX-XX). attribué à Xénophon (XI. Pline. Anim. 15 . 2. VIII. 346. Algérie. ou Pardalarienses : C. 1911. catacals). pantherae(6). XXXI. Maxime de Tyr. 8425. 62-63 : XXXVI. en latin. p. mais aussi à d’autres félins (guépards. p. VII. Dissert. Tite-live. 7. II. 10. Histoire Auguste. 110. 450 . plus petits que les panthères. p. Anim. 1. de Pachtere.. II. des colons d’un domaine impérial. 2) . leopardi(7). Algérie. 10. 4 et 7. De Patchere. a dû servir aussi à désigner les guépards. Guckler. 54 et XIII. invent. 7. Musée de Sousse. Algérie. Des auteurs regardaient les pardi et les pantherae comme deux espèces différentes : Pline. 3. VIII. fig. 8426. Élien. mais d’autres félins (des guépards ?) : l’auteur du Traité de la chasse. archéologique du Comité. XXXIX. p. l. pl. Didot. Paecepta gerendae rei publiene. 422. dans un écrit africain du début du troisième siècle. Tunisie.. VIII. invent. Les auteurs les appellent παρδάλεις(4) pardi(5). XV. XIX et XXI). 1911.. Les pardi apprivoisés. l. Voir plus haut. 5). 381. XlX-XX). 40. 350 et 490. la Passion de Sainte Perpétue chap. Plutarque. Silius Italeus.Polybe. XXXIV.. Cyneg. ____________________ de Pachiere. Élien. servals. Le terme africanae(9) a pu s’appliquer. Strabon. 443. pl. qui. l’année 414 (Code Théodosien. du pays(1). 3 (Didot. Elien. II. 1910. 3. dans Causeries scientifiques de la Société zoologiques de France. fig.. 320 et suiv.

p. Lataste. 8. sont aussi des caracals (conf. à la p. 72). p. à cause de l’inimitié qui existe entre ces animaux. c. fig. De Pachtere (Invent. L’hyène(8) et le renard(9) sont mentionnés. 192 : ϋαιναιn chez les libyens nomades. Trouessart. Ce sont sans doute des fennecs.. Anthologia latina. Faune des vertébrés de Barbarie. 192 : βασσάρια chez les Libyens nomades. dit Pline (VIII.. v. Mamifères (extrait des Actes de la Société lianéenne de Bordeaux. On doit reconnaître le caracal dans le lynx qu’Élien(2) signale chez les Maures : animal qui ressemble. 82). 304 . c.. 5. 12. à la p. qu’un poète africain nous montre chassant avec des chiens(1). Pline. Peut-être Timothée de Gaza (dans Hermes. Conf. Les lynx. §36) : le chat est apparenté au pard en Libye. l. 7. 113 ___________________ 1. sont dressés par les Arabes à forcer la gazelle. à la panthère. parle d’une haute chaîne de montagnes. 10 et 11. Chasse au renard sur une mosaïque d’Oudna : Gauckler.. 108 : « Hynenae plurimne gignuntur in Africa » . XXVII. n° 301 . 4.-C. p. 381. 1869. VIII. 6. 22. Trouessart. IV. longue de deux cents stades (37 kilomètres). p. à la p. Trouessart. 52 et 307. p. c.. à la fin du IVe siècle avant J. espèce répandue dans toute la Berbérie(6). 103 et suiv. avec des poils à l’extrémité des oreilles(3) et qui est excellent sauteur(4). XIV. Il s’agit soit du chat ganté. conf. — Hérodote. l. I.281. III. 58. anim. aucun oiseau n’y faisait son nid. petits renards du Sahara . Cyneg. ennemis des singes. fig. de Pachtere. De même. 387. 3.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. racontant une expédition faite à l’intérieur des terres par des Grecs. les lynx qui. Algérie. que mentionne une pièce de vers africaine (Anthologia latina. dit-il. XX. fig. 20). 323 : « maculose… lyncis ». XXIII). appelé vulgairement chat-tigre africain(7). pl.. Solin. fig. qui était pleine de chats . 9. l. soit peut-être du serval. p. IV. 6. 10. c. étaient sans doute des guépards.13. Voir encore Virgile. de nos jours encore. n° 360. Riese. Énéide. 386. 7. — Hyènes sur des mosaïques : Gauckler. n° 375 (=Monuments Piot. III. qui. 2. Diodore de Sicile(5). XXXIX. n° 115) signale un chat sauvage sur une mosaïque de Timgad. Nat. Lataste. I.. n° 440. Keller. Hésychius Βασσάρια τά άλωπέχια οί Λιδυες λέγουσι. abondent en Éthiopie. IV. Riese. é ». 1. die antike Tierwelt. O. p. C’est sans doute le chacal qu’Hérodote(10) indique chez les Libyens nomades sous le . 104 ? Trouessart. 387. 1885). Némésien de Carthage. édit. — Conf. conf. Hérodote. édit. 192.

Tels étaient probablement aussi les λύχοι qui arrachèrent. Chacal sur une mosaïque de Cherchel : de Pachtere. c. XVII. 11. Les loups. Gracchus(3). dit-il. Tissot. 2. nom de θώς(1).. Anim. Bell... sont lâches et de petite taille : observation qui s’applique bien aux chacals(5). 80. 28 (27). 27) qualifie de lupus nethiopicus. dans la même contrée. 2.114 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. . 9. 5. 4. est employé pour désigner le chacal. 10. Pline. 8. VIII. Appien. on peut supposer que les lupi de quelques auteurs latins(2) étaient en réalité des chacals. 7. Les viverne de Pline (VIII. p. 2. Peut-être Corippus. Apulée. L’ichneumon (la mangouste) est signalé par Vitruve(6) dans le Maroc actuel. άς ή Λιβύη φέρει. IV. Les loups d’Afrique et d’Égypte. 373. et. 307. S’agit-il ici de genettes ? ou dit quelque mustélidé ? ____________________ 1. dit Pline(4). λύχοι. Lib.. 17 : « luporum acutus ululatus ». Florida. dans la région qui produit le silphium (à l’Est de la grande Syrte) . 105. 475) et par Suidas. 136 . le mot arabe dib. VIII. Conf. affirmat-on. Strabon(7) mentionne. qu’Aristote indique en Cyrénaïque était probablement aussi des chacals : Hist. III. Nésuénien. 11. les bornes-limites de la colonie fondée à Carthage par C. Hérodote(10) indique aussi des γαλαΐ chez les Libyens nomades. 218). civ. l. Plutarque. Il parle ailleurs d’animaux sauvages africains du même nom(8). Cyneg. si ce n’est que son museau est plus proéminent : ce détail fait penser à la genette. 4). Élien. 102. 4.. IV. L’espèce dite γαλή Ταρτησσία est aussi mentionnée par Élien (Var. XIV.. 353 et suiv. à celles de Tartessos (Sud de l’Espagne)(11). I. 24. Solin. hist. n° 440 6. dont les habitants du Sud de l’Espagne se servent pour forcer les lapins dans leurs terriers. 7. semblable au chat. Johannide. qui signifie loup. par une scolie aux Grenouilles d’Aristophane (v. 3. 52 . 3. On identifie généralement avec le chacal l’animal appelé thos par Aristote. — De même. Les auxiliaires que les Espagnols employaient ainsi étaient sans doute des furets(9) cependant il faut observer qu’il n’y en a pas aujourd’hui en Afrique. 8. elles ressemblent beaucoup. un animal qu’il appelle γαλή. l’absence du loup étant à peu près certaine dans l’Afrique septentrionale. et que en dernier (XXX. VIII. Caius Gracchus. I. 6 : γαλάς άγρίας.

VIII. 131 et 228. Strabon(7). L. 270. 690. 99-100. Studien zur Zoogeographie. vit peut-être encore au Maroc(2). 8. XVII. p. Némésien(10). IX. 7. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. 27 . Kobelt. 107 . 253. XVII. 1. 1903. c.:375. p. janvier 1912. Voir en particulier Gauckler. Sermons. nos 247. n° 598 (chasse à l’ours) . LIII.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD.. Martial(8). VI). 131 : cent ours de Numidie au cirque. 336. Hérodote. 192.. 252. 228. Cyneg. Reboud. 13. Élien. A Thagaste : saint Augustin. p. Enim. n° 334. de Pachtere. 3. Pline. 1890. 3. Inventaires de Gauckler et de Pachtere. Juvénal(9). 3.. p. 7. en 61 avant J. p. on ne l’a pas rencontré dans les stations néolithiques. 9-10 (reproduit par Tissot. 4.. 115 (chap. Mais cette assertion est contredite par Hérodote(5).. et il est vraisemblable qu il ne s’est éteint en Algérie qu’à une époque assez récente(3). Voir aussi Anthologia latina. 37 . p. . dans Rec. Coutra Academicos. 10. II. le fait reste douteux. ibid. 9. 7 (dans le Maroc actuel). Les ours indigènes auraient été signalés au Marne en 1834 . 381-2). I. XIV (chasse aux ours) . Ce dernier nous apprend que les ours de Numidie l’emportaient sur les autres par leur férocité et la longueur de leur poil.. Riese. Nat. v. 351. VIII. Virgile(6). Aristote. 28 (27). IV. 6. Pline(4) soutient cependant qu’il n’y a pas d’ours en Afrique. Procès-verbaux de la commission de l’Afrique du Nord. Des ours de Numidie parurent plus d’une fois dans les spectacles de Rome(13) et ce furent sans doute des animaux du pays qui figurèrent dans les amphithéâtres de Carthage(14) et d’autres villes de l’Afrique d u Nord(15). février.. I. Carton. XVII. 19. 20 . Les images d’ours sont fréquentes sur les mosaïques africaines(12). 2. Conf. n° 28 (ours dressé par un dompteur). Trouessart. 5. p. 191. 10. Héron de Villefosse. Pline. n° 51 . Il convient d’observer que. VIII. 11. VIII. ibid. 140-1. 16. — Voir aussi le même. XVIII-XIX (ours apprivoisés). Solin(11). XXXII. s. IV. sur cette question. IV. Audollent. 104. Defirionum tabellac. II. 250. 1. VIII. 115 L’ours. de Constantine. qui existait en Berbérie à l’époque quaternaire(1). C’est à tort que plusieurs auteurs(16) ont nié l’existence dans ____________________ 1. 12.. Analecta Bollandiana.-C. 368. p. LIX. c. Anim.. p. Voir plus haut. I. jusqu’à présent. 3. édit. Énéide. p. Passion de sainte Perpétue. — Charlemagne reçut un ours d’Afrique : Friedländer. 14. 101. 10470. V. VIII. n° 306 (ours dansant) . 15. 5. index. 1875. XXVI. Dion Cassius. Hist. 1900. p. (c’est à tort que Juste-Lispe et d’autres ont supposé que les Romains qualifièrent les lions d’ursi numidici). A Thuburbo. C. en 304 . 2. l. p.

1.. III. 324. Sermons. XII. Chudeau. III : « onager » dans une forêt. 108 (conf. p. Solin. est signalé par des textes anciens(2) et fréquemment représenté sur les monuments(3). p. — On peut encore citer Virgile. qui commandait. à Cherchel : Pomel. n° 384-5. 2 . 306 . n° 77 (monnaie). Anthol. Anthol. sont peut-être des onagres. 1800. Oppien. p. 60. XIV. Sangliers à l’amphithéâtre de Carthage : Passion de sainte Perpétue. 92 Une pièce de vers de l’époque vandale décrit une peinture dont le sujet était le même : Anthol. et IV. 104).. Passim de Tipasius. 1 et 3-4.116 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. fig. Suilliens. Cyneg. III. s. Inventaires. 19 . Gauckler. 174 : « onagri ». XII. d’origine domestique. I. Bull. qui y vit depuis l’époque quaternaire(1). c. Gauckler et de Pachtere. mis sous le nom . n° 304. Oppien.11)1 et suiv. VIII.. XXVII. 27 . 5-6 (figurine). édit. latina p. 256. cette contrée du sanglier. 118. abattu et on le trouva châtré » (voir plus loin l’explication que les anciens auraient donnée de ce fait et dont je ne prends pas la responsabilité). de Pachtere. le contexte montre qu’il s’agit d’ânes sauvages. 108 . 4 (bas-relief).. bien qu’Élien ne le dise pas expressément). 598. pl. Numismatique de l’ancienne Afrique. LXX. des onagres que les anciens mentionnent dans l’Afrique septentrionale(6). fig. Les ânes qui errent aujourd’hui dans le Sahara sont des ânes marrons. 27. 159. p.. Voir plus haut. 8. conf. Sahara algérien. on prétendait que le mâle était jaloux au point de châtrer ses petits à leur naissance(8). Arrien. Les Africains chassaient volontiers à ____________________ 1. Isidore de Séville. 648. 8 et 9. 770 . 3. laissés en liberté(5). p. Müller. Cyneg. 10 (ânes de Maurétanie . 101 (conf. p. Etymol. p. Cyneg„ XXIV. I. 39 : « asini feri » . Dipsad. 39 : « Onager interpretatur asinus ferus… Hos Africa habet magnos et indomitos et in deserto vagantes » . quoique ces textes poétiques aient peu de valeur. Pline.. 7. latina. VIII. Chasse nu sanglier: Némésien. et d’un certain nombre de femelles(7) . 204-5. Voir aussi une peinture représentant une chasse au sanglier : Bull. Nous n’avons pas de raisons de croire qu’il en ait été de même des ânes sauvages. p. qui. VIII. n° 307. n° 250.. anim. Defixionum tabellae. Lucien. du Comité. Riese. Nat. 463 (moule). Pline. Énéide. saint Augustin. Delamare. Ils vivaient en bandes. Sahara soudanais. n° 320. Audollent. 317 : « Un de ces animaux fut chassé. v. chap. 30). 204-5. p. archéologique du Comité. XIV. 10. 2 (dans le désert). On a observé les mêmes moeurs chez les hémiones de Mongolie et les ânes sauvages d’Asie et de Nubie. XXVII. p. 2. 607. 5. 10. Solin. en particulier sur les mosaïques(4). L’auteur du traité De mirabilibus auscultationibus. formées d’un mâle. qune et asinorum silvestrium multitudinem fundit » VIII. chassé par des cavaliers.Africa. 108 : « . du reste. 192) chez les Libyens nomades. 5. Élien. Etc. 197 et suiv. Pline. Isidore de Séville. 4. qui y abonde encore. — Des dents de sanglier ont été trouvées dans des tombeaux romains.. 1910. — Les ânes sans cornes et qui ne boivent pas. XV. 1892. Archéologie. archéol. pl. 1. index. 6. 118. latina. signalés par Hérodote (IV. Exploration scientifique de l’Algérie. Gautier. dans Analecta Bollandiana. VIII. 450 : ce sont des scènes de chasse. p. Surtout Gauckler n° 362. IX. Musée de Cherchel.Waille.

les indigènes qui les poursuivent descendent alors de cheval. 1. p. 3.) Arrien. Essai d’une description géologique de la Tunisie. 120 et 228. de Pline(11) et d’Élien(12). p. Géographie. Cependant l’hypothèse n’est pas valable pour les ânes sauvages dont parle Oppien.. III. puis les emmènent en les attachant à leur monture. 1878. où l’on voit un âne sauvage pris au lasso par un cavalier : de Pachtere. 192 10. 186 : άργύρεος χροίην. XIX. Mosaïque d’Hippone.) dit que les ânes de Maurétanie. ils se servaient souvent de lassos(1). 93. 10. pl. . Voir plus haut. 4. XVII. 37. l’imagerie phénicienne (Paris.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. p. dont l’existence est certaine à l’époque préhisto(6) rique . Théodore de Gaza. pour désigner le zèbre. d’Aristote(10). 12. 334. Ph. XVII. Jolenud. raconte une histoire analogue à propos des onagres de Syrie (chap. ibid. leur jettent une corde au cou... c’est-à-dire gris cendré... Reboud. (ίππότιρις έοιχε τοΐς άγίοις όνοις). dans Rec. p. l02 et 105. On pourrait se demander si certains de ces équidés n’étaient pas des zèbres. Philostorge. Hist. 101 et 105. Revue africaine. 5. comme les onagres actuels de Nubie. XIII. c. comme les onagres de Nubie). Thomas. 11 (όνος άγριος). Le cerf. p. 9 et 22. Études d’archéologie orientale. IV. Voir p. anim. 1911. voir Clermont-Ganneau. 164-6. 97. p. c. LXXVII.10. 9. en effet. §10. III. 336-7. Faune des vertébrés de Barbarie. XXXI. p. 6 . De Bosredon. p. VIII. On trouve aussi. I.. Pline. 117 cheval ces animaux très rapides. LVI. pullis eorum ceu praeslantibus sapore Africa gloriatur.. Nat. pour les capturer. VIII. X). » Conf. XIX-XX (l’animal a des raies transversales aux jambes. de Constantine. VIII. se fatiguent vite et s’arrêtent .. Martial. 476-7. 7.. que ceux-ci ont été qualifiés quelquefois d’ânes sauvages par les Grecs(3) et que le zèbre a été rencontré dans des stations préhistoriques(4) : il ne serait pas inadmissible qu’il eût subsisté dans quelques régions. onagri.. c. 340. 3. quos lalisiones appellat. anim. p. 6. La chair des poulains était très estimée(2). — Élien (l. Nous savons. (. malgré les affirmations contraires d’Hérodote(9). qui se rencontre encore aux confins de l’Algérie et de la Tunisie et dans l’extrême Sud tunisien(7) vivait en Berbérie pendant l’antiquité historique(8). 1912.. l. 1869. . 28 (27). eccles. 11. Lataste. Hist. 2. 53-58. 8. puisque cet auteur affirme qu’ils sont de couleur d’argent(5). Tissot. 1880). quoique très rapide. dans Hermes. 174 : « . dans Mélanges de l’École de Rome. p. Il est ____________________ d’Aristote. le terme ίππότιγρις : Dion Cassius. Sur cette question. L.

35. 228. Gauckler. p. car les dammae. n° 422. Dracontius. 1. p. Quid de natura Cyrenaicae Pentapolis monuments tradiderint. On trouve quelquefois des daims près de la frontière de l’Algérie et de la Tunisie. n° 307. des chasses au cerf sont représentées sur des mosaïques africaines(7). le cerf . 313 : « Cornibus erectos sortita est Africa dammas. n° 104 : au bas d’une stèle du culte de Saturne. Tissot.. On a cependant reconnu le daim sur des monnaies de Cyrénaïque : Rainaud. Il n’y a pas lieu. 7 (conf. LXX. Cyneg. Un poète. 1889. 489 et suiv. p. aux cornes droites. 94) mentionne le commerce de peaux de cerfs fait par des Éthiopiens qui habitaient la côte de l’Atlantique. 11. Bull. p. nos 607. c. Tunisie. 13. XXIV. Sermons. latina. après Pline(8). anim. s’il était isolé. Cyneg. Keller. attribue à l’Afrique(11). 347) 9. c. VIII. 2. p. n° 124 : cerf dans un paysage de domaine africain. 6. édit. I. 1910. de Pachtere. gr. 10. au delà du Maroc. 24) . archéologique du Comité. — Toutes les images de cerfs trouvées en. Laud. 2. qu’un poète de l’époque vandale. 154 : témoignage qui. 5. Pline dit avec raison qu’il n’y a pas de chevreuils dans cette contrée(13). Némésien(4).. p. comme le remarque Tissot. III.. Afrique ne sont évidemment pas des preuves de l’existence de ces animaux dans le pays. indiqué par Virgile(1). qui écrivait sans doute sous la domination ____________________ 1. p. Algérie. p. cavalier prenant un cerf au lasso : O. IX. Énéide. I. Voir plus loin. L.220. croyons-nous. Cependant. Arrien(2). p.. 28. p. XI. 282. 306. I. Cyneg. 258. — Le Périple de Seylas (§ 112 : Geogr. Riese. LXI. 121. II. 76. 8. 82. p. de cerfs. 1. Invent. l. Peut-être le cerf était-il parfois offert en sacrifice au dieu .. Par le mot caprea. » 12. p. l. l. l. saint augustin(5). . 347. p. IV. 231 . 3. dans la région de la Calle(9). p. Pline désigne le chevreuil (conf. Joleaud. VIII. c. Lataste. Dei. 3). fig. 771.. 7. de l’histoire des religions. Oppien(3). de Constantine. dans Rec. on s’est demandé si cet animal n’est pas déjà mentionné sur des tarifs de sacrifices puniques : Corpus inscriptionum semiticarum. Invent. de capreae. 69 et suiv. Ces animaux ne sont pas signalés parles anciens(10). Voir à ce sujet ClermontGanneau.. 886 (d’Utique.118 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Voir cependant Gauckler. p. 124). 184 . 1865. et même par Élien(6) .. il s’inspire d’Aristote (Hist. Catalogue des mammifères de la Tunisie (Paris.. c. de supposer qui il ait disparu durant un certain nombre de siècles et qu’il ait été introduit de nouveau sous la domination romaine. Opinion de Judas. 255. 484. paraissent avoir été des antilopes(12). Voir encore Anthol. un animal qui paraît être un cerf. dans le passage où il indique l’absence en Afrique de sangliers. Joleaud (l. min. n’aurait pas grande valeur. c. 1887). Pars I.) croit qu’il s’agit du daim. qui dit que le sanglier. Thiere des klassischen Alterthums.. Rev. 4.

13 . anim. 7. Conf. n° 307.. Sclater et O. Au Maroc. La gazelle est mentionnée sous le nom de dorcas par Hérodote(4). Cyneg. 9. Nat. 1894-1900). mais ils abondent encore dans le désert. 4. plantar. the Boock of Antilopes (quatre volumes. par Théophraste(5). 1. chez les Libyens nomades. dans le désert.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD.5. qui la décrit et parle aussi des chasses que les cavaliers libyens lui livrent. 3. P.. par le terme « chèvre sauvage » Aristote ait voulu désigner le chevreuil. XIII. p. passim. Ce sont : plusieurs espèces de gazelles. 102. 5. chez les Libyens nomades. XVII. XIV. 10. 3. au Sud de la Cyrénaïque . 238. il y a encore beaucoup de gazelles au Nord-Ouest du Haut-Atlas. 3. l’antilope mohor. par Arrien(8). XXIV. X. édit. Hist. 98. 4. Anthol. 50. 11. en mentionne (capreae)(1) : on les avait peut-être introduits pour avoir le plaisir de les chasser. latina. Trouessart. fréquents même sur le littoral aux temps préhistoriques. IV. 2.. Nous rencontrons dans les auteurs anciens différents termes pour désigner ceux de ces animaux qui existaient dans l’Afrique du Nord à l’époque historique. Les ruminants de la famille des antilopidés. Or il ne semble pas que. Londres. sont aujourd’hui de plus en plus rares au Nord de l’Atlas saharien(2). dans le Maroc actuel. IV. 8. des όρυες. l’antilope bubale (Alcelaphus bubalis ou Bubalis boselaphus)(3). 65. 400-410 . 1. 14.. par Diodore de Sicile(6). qui indique que les Libyens la chassent à cheval. . III. c. dont les plus connues sont la gazelle ordinaire (Gazella dorcas) et la corinne. Hérodote(11) signale. l’antilope addax. dans la partie de la Libye où il ne pleut pas . Le mot dorcas a été employé en latin par Martial(10). p. par Élien(9). l. 192 (ξορχάδες). ou gazelle de montagne (Gazelle dorcas hevella) . 119 des Vandales. par Strabon(7). Riese. ou nanguer. IV. il est souvent difficile de dire de quelles espèces il s’agit. 6. ____________________ et la chèvre sauvage (αίξ άγριος) manquent en Libye. Thomas.

dépourvues d’eau. Pline. indication qu’il a empruntée à Aristote(5). destinés à paraître dans des spectacles. L’addax est mentionné par Pline(7) : « Le strepsiceros(8). ______________________ l. l44. 9 . VIII. 124. II. 8. . le terme όρυξ. a les siennes droites. Hist. Peut-être aussi l’informateur d’Aristote avait-il vu des antilopes qui n’avaient réellement qu’une corne. Conf. 7. 3. 4. pl. Littré admet la correction : « ut liras diceres » Il traduit : « Le strepsiceros. Symmaque(10) était en quête d’addaces. 6. Voir encore Martial. 2. Peut-être cette assertion a-t-elle été motivée par des images où l’animal était représenté de profil et où l’une des cornes cachait l’autre. 9. 93. X. » A la fin du IVe siècle. 2.. 214 (strepsiceroles). » 10. Pline dit encore. XIII. Sahara algérien. autour desquelles tournent des cannelures et qui se terminent par une petite pointe. ut lyras decerent. elles conviendraient pour faire des lyres(9). anim. III. parcourues par des cannelures qui forment un léger relief. oryx désigne l’antilope appelée aujourd’hui par les zoologistes Oryx leucoryx. 140. XXXIV. à propos des oryx. Juvénal(2) mentionne aussi l’oryx gétule.. avec vraisemblance. 214. VIII... 5. dont la chair était appréciée des gourmets. au dire de Pline(1). 201. a des cornes dressées. όρυες en εόρυγες. qui vit en Nubie et dans le Soudan. qu’ils ont le poil tourné vers la tête(3). XI. Pour les cornes en forme de lyre de cette antilope. mais dont l’existence dans le Nord-Ouest de l’Afrique n’a pas été constatée avec certitude. dans ces divers textes. Il n’est pas sûr que. l’autre ayant été cassée par accident : le cas est assez fréquent. L’oryx. il se passe de boire. Part. » On n’est pas d’accord sur le sens de ce passage.120 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. strepsiceroti. je croirais volontiers qu’il s’agit de l’addax(6). que l’Afrique appelle addax. quem addacem Africa appellat. IX. de sorte qu’on dirait des sillons. vit dans les parties de l’Afrique. XI. et qu’ils n’ont qu’une corne(4). 1. On peut admettre que ce strepsiceros. que parcourent les Gélules. Lettres. Un ce qui concerne l’animal dont parle Hérodote. qui sont de la grandeur des bœufs et dont les cornes servent à faire des lyres phéniciennes : on a corrigé. XI. anim. 255. voir Gautier. « Erecta (cornua) rugarumque ambitu contorta et in leve fastigium exacuta.

Hehn. est bien l’antilope à laquelle le nom d’addax a été donné par les modernes. 121 ou addax.. 5. se présentant de face. VIII. on mohor. anim. D’après ce détail. aux cornes dressées. III. voir aussi Aristote. ses yeux sont de couleur bleu foncé. III. 214 (comme les oryges. L. 10. anim. Pline dit qu’ils habitent de l’autre côté de la mer (par rapport à l’Italie)(7) . 9. LXXII. Nat. Symmaque(4) . 11. 7. Conf. se retrouve dans des auteurs latins. ce dernier réclamait des pygargi en même temps que des addaces. Le même nom. les pygargi et les strepsicerotes).. qui on rencontre au Maroc et dans le Sahara(9). 51. du poète Dracontius(5). Pline(2). . 300-5. 214. anim. p. Kulturpfanzen und Hausthiere. Élien. 4. Strabon: passages cités plus loin. c. Ils sont mentionnés en même temps que les δορχάδες par plusieurs auteurs (Hérodote. il observe qu’ils ont les cornes recourbées en avant(8). Part. ____________________ 1.. Il court avec une grande rapidité et traverse à la nage les rivières et les lacs. très épais. 25) il s’agit donc de deux genres différents.. 590 de la 6e édition. remplies de poils fort abondants . Cyneg. 2. 138. Voir en particulier la description d’Oppien. Hérodote(1) indique le πύγαργος (« cul-blanc ») dans le pays des Libyens nomades. 3. 192. Nous avons parlé des dammae. Élien(10) décrit un quadrupède africain dont il parle en même temps que de la gazelle . Juvénal(3). Némésien de Carthage mentionne aussi ces animaux(6). XI. XIV. pl. ses belles cornes. Cyneg.. Nat. 124. c. IV. Voir plus haut. il a le poil roux. II.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. X. en effet. Cuvier les a identifiés avec l’espèce d’antilope dite nanguer. VIII. 6. 2 . ses oreilles. et la queue blanche . p. pygargus. 118. 1. Selater et Thomas.. 14. Les animaux appelés aujourd’hui antilopes bubales sont bien. XI. Conf. constituent des armes dangereuses. 8. ceux que les Grecs désignaient sous le nom de βούβαλος(11).

de Carthage (Gauckler. Une étude spéciale de la faune des mosaïques africaines par un zoologiste serait très désirable. on voit des gazelles(11). est un animal d’Afrique. Gauckler. 57. et pl. Elles n’ont pas été reproduites. 102. 7. Supplément. non seulement pour l’histoire naturelle. représentent une antilope bubale(6). pl. portant l’inscription Bubal. afin de reconnaître la nature exacte des animaux qui y sont figurés. en haut.. ou βούβαλις. 23. n° 703 : chasse à la gazelle) . 3. pl. d’El Djem (Gauckler. n° 17. Nat. Tunisie. n° 8). cum id gignat Africa vituli poilus cervique quadam similitudine. n° 984 . Catalogue du musée Alaoui. 23. IX. la nuit. 1. n° 9 et 10 (conf. C. Invent. bœuf sauvage d’Europe (Bos primigenius). pl. 1809. VII. le nom de bubalus fut donné à l’urus. p. n° 140 et 155 . Timothée de Gaza. 60) affirme qu’on ne trouve dans le désert. . dans un camp romain : l’évènement eut lieu dans un pays de montagnes. Mosaïques d’Oglet Atha (Gauckler. qui ressemble plutôt au veau et au cerf(9). Musée de Sousse..203. elle nous donnerait des indications sur l’origine des modèles employés par les mosaïstes. Diodore (III. 4.122 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Catalogue du Musée Alaoui. XIV) . Spectac. Supplément.. VII) . 11. d’Oued Atménia (de Pachtere. à droite) . observe le naturaliste. § 20. Ils sont signalés en Afrique par Hérodote(1). dans Hermes. p. Elle pourrait être intéressante. Martial luimême l’a employé dans ce sens(7). N’a-t-il pas voulu parler de l’antilope bubale ? Conf. 6. archéologique du Comité. Gouvet et Hannezo. 5. 22644. III. Invent. d’autres quadrupèdes que la gazelle et le bœuf. Sur des monuments figurés africains. le passage d’une troupe de ces animaux causa une panique. 9. anim. Il serait utile de revoir avec soin ceux de ces monuments qu’on a décrits sans les reproduire. bien que Pline(8). VIII. p. XII. de Sousse (Gauckler. 1. Bull. 38 : « …uros quibus imperitum volgus bubalorum nomen imponit. au Sud de la Cyrénaïque. fig. 2. n° 71 . 10. Ce nom a été adopté par les Latins des lampes. 3. III. » Conf. eût fait remarquer que c’était là un abus de langage : le bubalus. 1899. fig. 18. Pourtant. mais aussi pour l’histoire de l’art : en ce qui concerne les animaux étrangers à la Berbérie. XLVIII. qui vante leur beauté. 1.. par Strabon(3) et Élien(4) (en Maurétanie) . dans le langage populaire. par Polybe(2). I. 5. 4. qui raconte qu’en 41 avant notre ivre. 3. des antilopes qui nous ____________________ 1. IV. Invent. 8. plus haut. XVII. par Dion Cassius(5). VIII. — ce sont surtout des mosaïques(10) —. 4. en Tunisie. L. chez les Libyens nomades .

I.. nous sommes disposé à croire à son existence dans le Nord-Ouest africain. fig. ses yeux. p. mais à terre : d’où son nom. vers le bas) . III : scène de chasse).FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 5. il se hérisse aussitôt et dresse sa crinière. descend à travers le front et garnit la face. donnant au visage un air encore plus farouche. 107. p. fig. dans Nouvelles Archives des missions. p. p. pl. Monuments Piot. sort de son gosier. ____________________ Algérie. ses lèvres se découvrent et un souffle lourd. anim.. de Cherchel (de Pachtere. 123 paraissent être des oryx leucoryx(1). l. XLVIII. Nat. n° 136 . à droite) . XXXI. VII.218. à la façon des taureaux. Musée de Tébessa. Voir plus haut. — Bas-reliefs de Kaoua. sont injectés de sang . part du sommet de la tête.. des antiquités africaines. Mosaïques de Sousse (Gauckler. Bull. il regarde. Mélanges de l’École de Rome. Invent. III. pendant la période historique. Invent.12. non devant lui. II. L’addax est probablement représenté sur une mosaïque de Tébessa : de Pachtere. plus petits que ceux du bœuf. en Tripolitaine (Méhier de Mathuisieulx. à la p. 1904. à droite. 2. Aussi s’enfuient-ils le plus loin possible du catoblepon. 104-6). Mosaïque d’Oudna : Gauckler. fig. à gauche. 1904. 25). l’antilope bubale(3). Gauckler. 12. Le catoblepon se repaît de racines vénéneuses. Monuments antiques de l’Algérie. pl. n° 425 . Cet air est funeste aux animaux qui le respirent : ils perdent la voix et tombent dans des convulsions mortelles. 4. IX. 1. l’addax(2). fétide. comme lui-même. vers le milieu. Monuments Piot. Les images d’oryx leucoryx n’indiquent pas nécessairement que cette antilope ait alors vécu dans le pays. Il n des sourcils relevés et épais. 218. 1. c. Cependant. fig. empoisonnant l’air au-dessus de sa tête. p. VII. 198. XII. mais a un aspect plus terrible. fig. sur la droite . n° 3 . pl. de Cherchel (de Pachiere. comme il est probable que l’oryx est déjà représenté sur les gravures rupestres(4). Au dire d’Élien(5). c. car elles ont pu être copiées sur des modèles alexandrins. son pouvoir malfaisant. Même sujet sur des bas-reliefs de Ghirza. n° 43. en bas. n° 260 et 263 : chasses à la gazelle) .. 5.. n° 381 . d’Oudna (Gauckler. XIX-XX: scène de chasse) . vers le bas. le catoblepon (χατώβλεπον) animal d’Afrique. 1911. ressemble au taureau. 5. 1884. 306). nos 359 et 381 . ressemblant à celle du cheval. ibid.. Lorsqu’il regarde en dessous. l. III. n° 440 . 3. d’Hippone (de pachtere. pl. Gouret et Hannezo. car ils connaissent. p. Une crinière.. Revue africaine. représentant une chasse à la gazelle (Gsell. Invent. n° 5. . Gsell.

crurent que c’était un mouton sauvage.124 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Il ressemble à un mouton sauvage. voulant la tuer avec leurs épées. D’autres subirent le même sort. Des peaux de ces bêtes sauvages auraient été envoyées par Marius à Rome et placées dans le temple d’Hercule. ceux-ci moururent aussitôt. Dans la guerre contre Jugurtha. Athénée(1). dont la responsabilité incombe peut-être. De son souffle. qui est très lourde . il la tient toujours inclinée vers le sol. VIII. Autrement. Cuvier a cru reconnaître l’antilope ____________________ 1. p. qui descend du front sur les yeux. 98. au roi Juba. En Libye. qui vit dans le pays. écrit-il. et l’apportèrent au général. Il convient de rejeter dédaigneusement ces sottises. 3. et ce regard est mortel. Pomponius Méla(2) et Pline(3) signalent le même animal. 77. c’est son seul moyen d’attaque . il serait un fléau pour le genre humain. Ils se précipitèrent sur elle. V. citant Alexandre de Myndos. Pourtant. Effrayé. 64. des soldats de Marius. sur l’ordre de Marius. à un veau. jamais il ne fonce. Il porte une pesante crinière. . qu’ils appellent catoblepas : ils disent qu’il vit chez les Éthiopiens occidentaux. Enfin. ni ne mord. les nomades disent que la gorgone est le catoblepon. car tous ceux qui voient ses yeux expirent aussitôt . III. selon d’autres. Il la secoue avec peine quand il fixe quelqu’un. il tue tous ceux qu’il rencontre. voyant la gorgone qui s’avançait tête baissée et se mouvait lentement. des cavaliers libyens tuèrent de loin le catoblepon. parle aussi du catoblepon. affirmet-on. l’animal secoua la crinière qui lui couvrait les yeux et regarda les agresseurs. à certains détails. à coups de javelots. en bonne partie. près de la source que beaucoup croient être l’origine du Nil (c’est-à-dire au Sud du Maroc). Il est de taille médiocre. 221 2. a des membres inertes et se contente de porter avec peine sa tête. ou.

6. § 34.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. tant elles sont longues. O. leur nuque. 1869. qui vit aujourd’hui dans l’Afrique australe(1). il croit qu’il s agit du phacochère. 7. die antike Tierwelt. française. 125 gnou. l. trad. comme chez les autres chèvres de montagne.102 et 105. p. quand elles tombent. I. Keller. qu’on avait transportés en Espagne pour les exhiber dans des spectacles(7).. Voir aussi Athénée. VII. animaux stupides et d’une chasse facile. p. 192 : χριοί άγριοι. il a des touffes de poils sur le museau(2) . cité p. 206. III. il ne serait pas impossible qu’il eût survécu dans le Sud de cette contrée. Mamifères. Il n’y a pas de chèvres plus agiles. Voir Sclater et Thomas. « Cum in municipimn Gaditanum ex vicino Africae miri coloris silveslres ac feri arietes. 5. Pomel (Bosélaphes Ray. 4. II.. 7) se refuse à admettre cette identification. 2. Nat. . c. 2.. l0. XI et XII. 124. Brehm. Le gnou offre des ressemblances à la fois avec le bœuf. la Vie de animaux. nous trouvons la mention d’une espèce de moutons sauvages de Libye. pl. 4-5. munerariis deportarentur. 8. Conf. Celui-ci raconte que son oncle acheta à Gadès quelques béliers africains d’une couleur étonnante. 21. le cheval et l’antilope . au lieu d’être droites. Des béliers sauvages sont indiqués par Hérodote(5) (chez les Libyens nomades) et aussi par Columelle(6). Elles atteignent presque la taille des bœufs. sicut aliae bestiae. les yeux vifs. dont la laine est sans valeur. 3. à cause de la ____________________ 1. leur menton sont garnis de poils très épais. Leurs cuisses. les jambes courtes . « son regard parait être celui d’un fou(3) ». Il faut ajouter qu’il se meut avec une grande rapidité. leur poitrine. leurs cornes divergent en sens transversal et descendent obliquement pour se rapprocher des épaules. IV. P. Dans Hermes. 9. Dans Timothée de Gaza(8). Elles sautent avec une grande facilité de crête en crête. XIV. p. et qu’il les croisa avec des brebis de son domaine. anim. p.. I. elles ne se font aucun mal. Élien(9) parle de chèvres sauvages qui fréquentent les sommets des montagnes de la Libye. 581-2. Elles ont le front bombé. Nous avons vu qu’il a existé dans l’Afrique du Nord à l’époque préhistorique(4) .

118. Cette description convient au mouflon à manchettes(1) (aroui des Arabes).. on fait de vastes gobelets pour puiser l’eau des rivières et des sources. n° 71 . ____________________ 1. Des chasseurs réussissent cependant à s’emparer à la fois d’une vache et d’un veau. fig. I. Voir Trouessart. Comme l’observe Aristote.. pl. conf. la tuent. 340. elle. IV. 152). Les Libyens.19. 3 . XIV. invent. 5. p. 5. Géographie. même à un médiocre marcheur. Supplément. anim. anim. XV. dureté de leurs membres. 1. aient été des animaux véritablement africains. 4. qui vit dans les montagnes du Sud de la Berbérie et dans celles du Sahara(2) : il n’existe pas de véritables chèvres sauvages en Afrique(3). dit Élien(6). fig. ils l’attachent avec une corde et vont se cacher. 11. à la p. survenant. Mais il est aisé.. s’embarrasse les cornes dans les nœuds et demeure prisonnière.126 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Leur peau protège les pâtres et les artisans des froids les plus vifs . Hist. Les taureaux errent avec les vaches et les veaux. . plus haut. coupent les mamelles pleines. de les prendre en plaine. car elles sont sans vigueur pour fuir. une quantité innombrable de bœufs sauvages. en cherchant à dégager son petit. 3. 28 (27). Lorsqu’ils ont pu capturer ce dernier. Gauckler. extraient le foie. Un de ces animaux est peut-être représenté sur une mosaïque d’El Djem. ils l’emportent en vitesse sur les cavaliers qui les poursuivent et ils parviennent le plus souvent à leur échapper. VIII. c. 6. Je ne sais pas de quelle espèce Timothée de Gaza veut parler. Les béliers sauvages d’Hérodote et de Columelle sont probablement aussi des mouflons(4). on peut y voir des mouflons. de leurs cornes. en Tunisie(5). La vache accourt. Tunisie. — Si l’on veut que les « ferae saxi deiectae vertice caprae ». 2. dont parle Virgile (Énéide. enlèvent là peau et laissent le reste aux oiseaux de proie. 400. Quand ils ne sont pas fatigués par de longues courses. Nat. 13. Catalogue de Musée Alaoui. vivant en liberté. n. On trouve en Libye. en se dissimulant dans des broussailles et des bois. p. Conf. de leur crâne et de leurs cornes. Tissot.

sur une terre cuite : Bull. plantar. sur une lampe africaine : Rec. p. 607. VIII. Même au sahara : Théophraste. nous en aurions sans doute des mentions et des images. 17. 268 .. p. Faune des vertébrés de Barbarie. 1906. vacca. Isidore de Séville (Etymol. 122. Je suis peu disposé à le croire : ces animaux sont si remarquables par leur taille et leurs cornes que. et non des buffles voir plus haut. Ceux que Tissot (l. Les animaux dont parle Don Cassius (XLVIII. — Le prétendu buffle rouge. bos. 7. anim. et l’on aimait à les chasser(6). Hist.. 170.. XLII. au Nord-Est de Rabat. 23) sont des antilopes bubales. 167-170. 7 (conf. 1908. 1. 4. On a signalé de prétendus bœufs sauvages au Maroc(3). XII. Brives. entre l’oued Sebou et l’oued Bou Regreg. de Sousse. dit-il. de Constantine. 33) indique le bubalus. et avant l’article urus : « Dubali vocati per derivationem. p.230. Chasse au lièvre sur des mosaïques : Gauckler. C’est un mets succulent. à l’époque romaine. Hos Africa procreat. mentionné par Tissot (I. 43. 343) et appelé. 345) indique dans le district de Mater sont issus d’animaux lâchés par un bey de Tunis : Kobeït. cité pur Lataste. 375. Nos 64. 201) . était appelé bubalus. p. archéologique du Comité. begueur el ouahach par les indigènes. Studien zur Zoogeographie. IV. Pline. mais ce renseignement est sujet à caution(4). Inscription trouvée près de Mdaourouch. IV. 1. 154. Invent. X. 3. Pour des animaux africains que les auteurs appellent μύες mures. p. n° 27 : Iu[veni]bus sen[i]or leporem monstrabat et ipse. Voir Blyth. comme de nos jours. 5. 127 ____________________ 1. 102. p. Les lièvres abondaient(5). Nous n’avons pas d’autre mention de bœufs sauvages en Berbérie. c. II. Lataste. XXX. après les articles taurus. de la Société archéol. vitulus. Tunisie. ne regarde pas comme des animaux sauvages les bœufs très nombreux qui paissent dans la forêt de Mamora. M. il s’agit bien ici de bovidés. Les mures Quant au veau. adeo indomiti ut prae feritate iugum cervicibus non recipiant. 2. Hérodote indique chez les Libyens nomades trois espèces de rats(7) : « Les uns s’appellent δίποδες . p. 648 . . 1896. 598. 6. 3. » Dans la pensée d’Isidore. s’ils avaient abondé en Afrique aux environs de notre ère. 28 (27). ils l’emmènent chez eux. en latin vulgaire. p. p. Mais on peut se demander si les mots : « Hos Africa procreat » n’ont pas été ajoutés par suite d’une confusion entre le bubale d’Afrique (antilope) et l’animal qui. 5. Hist. 1. est l’antilope bubale : conf. fig. les autres. voir Aristote. publiée Bull. Pline.. que J’ai consulté. rendus à la liberté ? Les buffles qu’on trouve aujourd’hui en Afrique sont d’importation toute récente(2). Étaient-ce des descendants de ces grands buffles qui vivaient dans le pays aux temps préhistoriques(1) ? des bœufs véritablement sauvages ? ou des bœufs d’origine domestique. quod sint similes boum .FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. IV.

Invent. 300. c’est-à-dire des hérissons(6). 192) chez les Libyens nomades C’est à tort que Pline (XXXII. ceux de la troisième espèce.128 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. l. que les δίποδες (« bipèdes ») sont les gerboises(2). Neumann. anim. Élien(8) et Pline(9) signalent en Afrique sont nos porcs-épics(10). XV. p. Image de gondi dans Trouessart. Conf.. depuis le littoral jusque dans le Sahara. 3. 10. Les ΰστριχες. 102 (chez les Libyens nomades). voir Rainaud. 26. Conf.. p. qui signifie en grec βουνοί [collines] — . 161. il range aussi les hérissons parmi les rats. en coupes(11). 7 (il prétend même que des indigènes coupent en deux de grands œufs et s’en font des bonnets). Dipsad. avec raison(1). X.. l. Les ζεγέριες . p. Tunisie. n° 508 . 26 (en Cyrénaïque). C. n° 640.. 2. il y avait partout des autruches. de Pachtere. 77) indique des castors en Afrique. 160. . mentionnés par Hérodote (IV. XV. 9. Selon juste-Lipse les Romains auraient désigné ainsi par plaisanterie les panthères. Nordafrika nach Herodot (Leipzig. ce qu’Elien (Nat. p.. des διποδες d’Égypte. n° 221. On ignore ce que sont les διχτυες et les βόρυες. Invent. 26) dit. Une gerboise est représentée sur une mosaïque de Carthage : Gauckler. 18. sont peut-être des rats de montagne : on a proposé(4) de les identifier avec les gondis(5). Voir. 1802).(3). Invent. XII. L. Quid de natura Cyrenaïcae. Pline. p. 4. beaucoup plus longues que celles de devant. — Porcs-épics sur des mosaïques : Gauckler. Cet usage persista : voir Lucien. III Aux temps préhistoriques. I7). VIII. 2. Tissot. ζεγέριες — c’est un nom libyque. hystrices. Elles continuèrent à habiter la Berbérie à l’époque historique.. d’après Théophraste. l. Conf.. c. 1. 6. etc. 77. qu’il classe aussi parmi les rats et qui sont certainement des gerboises (image de cet animal dans Trouessart. 373-4 (d’après Reboud). c. IV.. c. fig. 8. 5. 223. fig. entre autres. 11. p. — Pour les gerboises en Cyrénaïque. έχινέες ».. Les έχινέες paraissent être les mêmes animaux que les έχΐνοι. 7. I. Neumann. qui s’avancent en sautant sur leurs deux pattes de derrière. _____________________ africani dont il est question dans le Poenulus de Plaute (vers 1011) n’ont probablement rien à voir avec les rats. 308. 125. qu’Hérodote(7). Élien. Les Carthaginois recherchaient leurs œufs : ils les transformaient en vases. On a admis.

: Plaute. III. 199-200. anim„ II. Depuis le commencement du second siècle avant J. 338. la faune ornithologique. III. 7 (dans le désert). XIX-XX (chasse aux autruches). XXXI. 630. Cyneg. Bas-reliefs de Ghirza. Invent. et surtout le n° 45. Gsell. Nouvelles Archives des missions. 15... 7.. 1804. Polybe. p. Invent. s. 8. 492 (5e édit. anim. 14. p. (les éperviers de toute la Masæsylie naissent dans l’Île de Cerné. magnarum avium focunda creatrix. 5. fig. Sahara Soudanais. 5. Fouilles de Gouraya. 6 . XIV. 3. p. IV. p. Part. ils les taillaient en disques ou en croissants. prés d’Oran : Doublet. 5.. Histoire Auguste. au Sud de Casablanca : Doutté. Éperviers (accipitres) : Pline. Etymol. En qualifiant l’Afrique de mère féconde de grands oiseaux. IV. comme aujourd’hui. Nouvelles Archives des missions. en Tripolitaine : Tissot. Elles figurèrent dans des spectacles à Rome(4). I. Voir Gsell. 6. 7 : « strutiones Mauri ». II. IV. XIV.. 48. fig. — Au temps du géographe Edrisi (douzième siècle). Gordiani tres. sur lesquels ils traçaient des visages(1). Quant . 12 . très nombreux dans cette contrée. On ne trouve à ce sujet que de rares indications dans les auteurs anciens(8). 5. 394. Pline. 1 : « struthocatneli Africi » Lucien. on en rencontrait encore en Tripolitaine et dans les steppes de l’Algérie(5). XII. v. 2 . Chudeau. 30. anim„ IX. Sittengeschichte Roms. 12 (en Mauritanie Tingitane). Cyneg. 192 (chez les Libyens nomades) . 1904. conf. Merâkech. sur l’Océan). IV. III. Méhier de Mathuisieulx. archéologique du Comité. Stèle d’Abizar (Kabylie) : ibid. Les autruches sont assez souvent mentionnées dans les textes grecs et latins(2) et représentées sur les monuments africains(3). Halieut. 1. Hérodien. Elles ont disparu de ces régions et elles sont devenues très rares dans le désert(6).). Voir Friedländer.. 175 (les Maces. pl. l’autruche existait encore dans le pays des Chaouias au Maroc. X. plantar. XIII.C.. Hist. 94. 15 (16) . Au XIXe siècle. II. XII.. 10 . 35-37. le poète Némésien de Carthage(7) pense aux rapaces. de Pachtere. Stèle de Saint-Leu. p. peuplade des Syrtes. 25. 1011. se servent de boucliers en peau d’autruche). Anim. 22. Persa. 1903). Isidorc de Séville. Étourneaux : qu’ils ornaient de peintures et de gravures . Nat. 7. Nat. 313. Théophraste. X.. 14 . p. devait. 3. D’une manière générale.. Oppien. Élien. ressembler beaucoup à celle de l’Europe méridionale. pl.. 2. Lybie. qui ne se heurtait pas aux mêmes obstacles que les mammifères. 129 ____________________ 1. 199. 2. Bas-reliefs du Sud de la Tunisie : Bull. — Corbeaux : Élien. anim. general. pl.. Mosaïques : Gauckler. Musée d’Alger. 4. IV. Fouilles de Gouraya (Paris. p. index. 482 et suiv. Aristote. reproduit dans Mélanges de l’École de Rome. Hist.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 3.. IV.. I. 45. Dipsad. p. III. n° 903 . Méhier de Mathuisieulx. Hérodote. 5 (dans le désert). 1904. IV. p.

un oiseau sacré chez les Libyens). grive. XC. 13 (les grues de Thrace vont à l’automne en Égypte.. 3. Ière partie. moineau. en Libye et en Éthiopie). près de l’Océan. perdrix (voir en particulier Gauckler. — Cigognes : saint Augustin. à la lisière du désert(5).130 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. anim. cygne. P. Dans les lézards longs de deux coudées. IX. p. ou poule sultane : Athénée. 6. 8. pie.. Rust. 11 : σαύρας διπήχεις. citant Mnaséas) . au Sud de Sétif : Gsell. 67. rapporté d’un cours d’eau qui sortait d’une montagne de la Maurétanie. hirondelle. 74. Enarr. ils devraient être étudiés par un naturaliste. aux oiseaux représentés sur les mosaïques. Le crocodile a peut-être vécu sur le littoral à l’époque de l’industrie néolithique : M. Numidicae. oie. canard. 2. Pline. 9. LVIII. Atlas archéologique de l’Algérie. 5. grue. X VII. 4) indique aussi que les fleuves de la Maurusie (Maroc) nourrissent dit-on. p. poule sultane. On signale les oiseaux suivants (index des Inventaires de Gauckler et de Pachtere) : aigle. 320. n° 302 : mosaïque d’Oudna. à Césarée . — Perdrix lieu appelé Perdices. p. 1901. outarde. faucon (employé à la chasse à l’époque vandale : Gauckler. IX. I. 5. 38 (dans le désert) . pintade. 7JI) signale des dents de crocodile dans une grotte de Mustapha-Supérieur. sauriens qui atteignent en effet et dépassent même un mètre. Voir aussi Varron. fut consacré par Juba II dans le temple d’Iris. Ière partie.. 51). bécassine. 33. selon Tissot (dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. 26. 7. française.18. . se rencontrent en Afrique. Appelées par les Latins gellinae Africonae. dit Strabon(6). 5. 1. à Alger. Ière partie. Un Carthaginois s’appelait Hannibal l’étourneau (Ψάρ) : Appien. dit-il. d. caille. nos 40-42. 388. Nat. L’ouarane des Arabes. XC. Enarr. elles devinrent à l’époque romaine des oiseaux de basse-cour. qui. à l’Est de Sétif. on a reconnu(7) des varans(8). 68. rossignol. 38. l. Nous avons cité(4) les textes anciens indiquant des crocodiles dans le Sud de la Maurétanie. IX. XIV. c. 17. n. p. capable de les dénommer avec précision. des crocodiles. et qui abondent dans le Sud de la ____________________ la Table de Peutinger indique un lieu appelé Ad Sturnos. 11. l. cigogne. 10 (« annuae nostrae hospites ciconiae ») . Strabon (XVII. Le Périple de Scylax (§ 112) prétend que toutes les méléagrides sont originaires d’un lac voisin de l’Océan. macreuse. X. il n’y a plus de pintades dans cette région. poule de Carthage. Pline(2) et Élien(3) parlent des tortues d’Afrique. — Porphyrion. sur laquelle est représentée une chasse aux perdreaux). coq de bruyère. Afrae aves. ibid. — grues : Élien.. 1. — Hirondelles : saint Augustin. flamant. XXXVII. in psalm. tourterelle. 40.. Flamand (Assoc. — Pintades (méléagrides). 4. d’après Alexandre de Myndos (c’était. III. héron. sur la côte du Maroc actuel (conf. — Un crocodile. XXXII. de dire quels sont ceux qui appartiennent au pays et ceux qui ont dit être copiés sur des modèles orientaux(1). Lib. in psalm. n° 508). III. 3. et Pline. corbeau. 3. Tissot. on l’y voyait encore au temps de Pline (V. Ajaccio.198).

n° 291. 59 Lucain. Isidore de Séville.. 131 Berbérie. 3. Diodore de Sicile. 28. 3. 24 : « Afrien parens et autrix ferarum bestiarum. I. française. Alexandre Polyhistor indiquait celui d’Οφιούσσα (la terre des serpents) : apud Étienne de Byzance. Wellmaan) mentionne en Maurétanie. 3. XVI. dans Real-Encyclopädie de Wissowa. paraît être le Varan. p. 10. 10 et suiv. longs de trois coudées et très semblables aux lézards. p. 3. Silius Italicus. nous citerons : le céraste(8). Lucien. 211-2 . 37 (dans la région du Hodna) . II. Voir encore Lucien. Un certain nombre de serpents africains sont énumérés par Solin. τήσι σαύρησι έμφερέστατοι. XXVII. 507 . v. Cette identification convient aussi aux crocodiles terrestres. Voir aussi Tertullien.. Parmi ceux que les anciens énumèrent(7) et sur lesquels ils donnent des indications plus ou moins vraisemblables. IV. conf. 18 . Wellmann. XVII. Nat. XXVII. puisque le crocodile du Nil atteint sept mètres. 28 : « Africa serpentibus adeo fecunda est. des crocodiles n’ayant pas moins de deux coudées ( χροχόδειλοι διπήχεων ήσαν ούχ έλάσσους) : expression dont on peut s’étonner. Élien. Nicandre (Theriaca.. Manilius. 13 (au Sud de l’Atlas. 700 et suiv. Jug. — Lézards sur des mosaïques africaines : Gauckler. c. I. Pline fait mention des caméléons(4). LXXXIX. 247 . n° 640. maxime serpeatium. Diodore de Sicile. qui lui-même s’était servi de Nicandre. 1802). 716. À propos de la marche de Caton le long de la grande Syrte. que Dioscoride (Mater. Pline. Cyneg. anim. 8. édit. 66. Il a emprunté ces indications à un contemporain d’Auguste. Quaestiones Lucaneae (Gotha. 602 . de la couleur du sable. » Solin. 8. p. 3(région de Gafsa) . Dipsad. 57 . Ces reptiles pullulaient dans certaines régions et y répandaient la terreur. traduct. II. 261) et Pline (VIII. 83 . Oppien. p. Lucain (IX. Victor de Vite. I. Brehm. 413. » Parmi les noms de la Libye. 28) prétendent que les cérastes ont souvent quatre cornes. 4 et 14 . Pichon. Horace. Battandier et Trabut l’Algérie. auprès d’une source située au pied de l’Atlas. p. Odes. De pallio. 2. au Sud de la Tunisie) . 4.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Vitruve. Etymol. medica. Pausanias (I. 1. 6) indique. 254 . 5. 120. Æmilius Macer. XIV. les Sources de Lucain. V. 42 (le long de la grande Syrte) . L’Afrique du Nord. Peut-être s’agit-il de varans. Conf. c’est la vipère à cornes (lefaâ des ____________________ 1. V. Strabon. Invent. était aussi la terre des serpents(5). IX. 93.) donne les noms d’une quinzaine de serpents. III. Satires. XXVII. 7. VIII. s. ut mail huius merito illi potiusimum palma detur. II. I. III. 26 (dans des déserts.. qu’Hérodote(2) signale chez les Libyens nomades(3). Solin. d’après Suétonius Paulinus) . 28 et suiv.. . IV. I. 8 et 12 (chez les Gétules et en Maurétanie Tingitane). L’animal. Silius Italicus. 33. 3. 192 : χροχόδειλοι όσον τε τριπήχεες χερσαΐοι. ainsi qu’au Sahara(1). voir : Salluste. VIII. et peutêtre aussi de Sostrate : Fritzsche. Cérastes. III. terre des fauves. Λιβύη 6. . 5. Outre ceux qui seront cités plus loin. avec deux cornes sur le front.. de Pachtere. la Reptiles. 40-41. II. 903 . 269. dont il est question dans un grand nombre de textes(6). 30) (dans le désert) et XX.

Hist. χέρας έν έχαστος έχοντες. . c’est le naja. 32 (Keil. animal d’assez petite taille. IV. 1901. n° 302. 12. VIII. Solin (XXVII. 31.). Élien. 2. On prétendait qu’il mettait en fuite les autres serpents par son sifflement. Voir Wellmann. IV. Élien. l. Les petits serpents. Dipsad. Olivier. conf. mortelle comme celle de l’aspic et du céraste. Tunisie. 3. 828 et suiv. Elle a un « museau atténué en une pointe molle. etc. Invent. Aspic. apud Priscien. Basilicus ou regulus (reguli serpentes : Tertullien. Lucien. XXVII. dans Real-Encyclopädie. 22)(6) et qui avait sur la tête une tache blanche. 1894. 12. Élien. c. Solin. 737 et suiv. c. X. II. IX. dont la piqûre. s. les autres. XXVII. 6. dont la longueur ne dépassait pas douze doigts (0 m. dont le cou se gonfle quand il est irrité . Lucain. Arabes). — Un aspic est représenté sur une mosaïque d’Oudna : Gauckler. 124 . Lucain. 192. avec deux lignes noires sur la queue (conf. l.. VIII.. 7 (citant Archélaos) . 610. II. — la dipsade(2). 33 . Dipsas. l’odeur de la belette et le chant du coq le faisaient mourir. s. dans Mémoires de la Société zoologique de France. pourvus d’une seule corne. Aristote. 51) dit : « à peine un demipied » (0 m. Basilisk. p. retroussé et incliné en arrière » . Solin. p. 4.. c. que son venin se propageait le long du bâton ou de la lance qui le frappait . e. que.. IX. l. 700 et suiv. cependant. VI.132 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE... VII. ils guérissaient les blessés par des ____________________ 1. p. Lucain. Helvius Cinna. Les psylles. 724 et suiv. tribu du littoral de la grande Syrte. conf. Solin. 312-3. 51-53.. Βασιλισχος. IX. On trouve en Berbérie la vipère dite de Lataste. 31 (il indique la dipsas parmi les aspides).. De baptismo. provoque une soif inextinguible. Pline. d’Oran. IX. qu’Hérodote(3) indique chez les Libyens nomades. 148). 81. Élien. Ασπις. όφιες σμιχροί. Aulu-Gelle. VIII. 4 et 6. v. une variété de la vipère ammodyte. 1). écailleuse. v. — l’aspic(1). qui habite le Sud de la Berbérie . brûlait les herbes. 718. Varron. fréquente dans le Sud des steppes et dans le Sahara . formant une sorte de diadème. III. passaient pour être insensibles aux morsures des serpents. l. XXVII. 101. apud. sont sans doute des vipères ammodytes(4). dont les uns font une espèce particulière. que son souffle seul détruisait les broussailles. 78 . 51. 20 (28) . Des fables nombreuses couraient sur le basilic(5). Institut. 31. III. c. 38. 610. faisait éclater les pierres. VI. anim. 5. Dommergue. II. Lucien. Διψάς. 524). Silius Italicus. 78-79 (il indique ce serpent en Cyrénaïque) . Suidas. Hérodote. obtuse. 5. l. Bull. III. Il s’avançait en se tenant dressé sur le milieu du corps. Crammatici latini. avec lesquels ils vivaient familièrement. Pline. citant Sostrate : serpent blanc. 2.

Strabon. l. Cet animal aurait eu une longueur de cent vingt pieds. 1. 28 (d’après Caillas et Nicandre). I. 560. 32. des potions bizarres. 1. au dire d’Élien. Suétone. IV. 27 (d’après Agatharchide) . c’est-à-dire de plus de trente-cinq mètres(5) : ce qu’aucun zoologiste moderne ne peut admettre. 3 . Lucain. XVIII) . XVI. 14. ubi Regulus. ronde. 3 Dion Cassius. Une araignée de Libye. VII (VI). en tout cas. 57 . 56. Il ne s’agit pas. 78 . par des applications de salive. voir Q. 44. au Sud du Maroc. 3. elle a des pattes très courtes et la bouche au milieu du rentre. . 28. XVI. 3. p. s’étant lancés du rivage à leur poursuite. Pline. et d’autres auteurs. IX. I.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. II. apud Aulu-Gelle. Varron. Tout le monde connaît le serpent que l’armée de Régulus aurait rencontré sur les bords de la Medjerda(4) et qui aurait fait de nombreuses victimes . Arnobe. VII. XVI. ajoutait-on. est. 4. Des serpents de très grande taille sont mentionnés par quelques auteurs(2) . des pratiques magiques(1). indiqués par Meltzer. 301-2. Hist. que quelques-uns de ces reptiles. Caton le Jeune. les Romains auraient dû employer des machines de guerre pour le tuer. 3. IX. »). Periocha 1. noire et ressemble à un grain de raisin . Live. pendant plus d’un siècle. Hérodote. 93 . 30. 10 (d’après Tite-Live : conf. etc. III. . de grands serpents. de la ville de Musti que nous connaissons (C. 5. dans Riese. c. LI. avaient retourné un de leurs navires(3). Geschichte der Karthager. 14 et XVII. 28 (27). On racontait sur eux d’étranges histoires. 133 succions et. ils appartenaient sans doute à la famille des pythons. 800 et suiv. Valére-Maxime. Pline. Aelius Tubero. 14 . appelée ράξ. XXI. Vibius Sequester (De fluminibus. p. dont le dos est garni d’herbe. La peau fut envoyée à Rome et exposée dans un temple jusqu’au temps de la guerre de Numance. III. 27. Anim. 12 . Élien. Geographi latini minores. IX. 12. Sur le serpent de Régulus.. 11.192 et 1301) : elle était située au Sud du Bagrado. II. L. Pausanius. Celse. apud Priscien.. 51. 191 : όφιες οί ύπερμεγάθεες. d’après Hypsicrate (ou Iphicrate). Des marins prétendaient que des serpents d’Afrique dévoraient des bœufs. Voir encore Diodore de Sicile. p. 6. 37.. loin de ce fleuve. VIII. l. VIII .. 8. VIII. VII. c. VIII. XXVIII. 5) indique. 411 et suiv. Strabon (XVII. Aulu-Gelle. Chez les Éthiopiens occidentaux. Il s’agit probable____________________ 1. XIII. 1. Plutarque. I. I. 147) place l’événement à Musti (« Bagrada iuxta oppidum Musti. Silius Italicus. Auguste. 2. Aristote. 17. ext.

supplément. n° 130-1. Cohen. l. 125. II. 137. 3. c. 86). anim. les Insectes. les indigènes frottaient les pieds de leurs lits avec de. « ce fléau de l’Afrique(5) ». 89). Pline (XI. Selon Élien(7). 57.134 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. III. 3. V. Pline. p. 4. Élien. de la Société archéol. Strabon(6) prétend que. 7. p. nos 136-147. p. Marius. pour l’Égypte.. p. l. d’après Agatharchide.. c. 510. p. l’Afrique personnifiée est représentée tenant un scorpion(3). Sur des monnaies de l’empereur Hadrien. p.. 27). fig. Précautions qui pouvaient être vaines ! Le crédule auteur affirme que les scorpions s’assemblaient sous le toit. n° 1735. sauf pour les Psylles. Pline. De son côté. p. Wellmann. 120. II. Voir aussi Catalogue sommaire des marbres antiques du Louvre. 132. p. 503. 2e édit. C’est sans doute pour les mêmes raisons ____________________ 1. Victor de Vite. Divers écrivains anciens(4) mentionnent « ce funeste animal africain ».. XI.. 11). Pline. ils portaient des sandales creuses et couchaient dans des lits très élevés. . — Je ne vois pas de bonnes raisons pour admettre. 6. LXX. XV. ment de la tarentule. On a supposé que s’étaient des panorpes. 2. XVI. XVIII. VI. voir encore Élien. Voir Brehm. p. Plutarque.. dans Bull. avec M. Audollent. — Sur quelques monuments africains. XXCVIII. 63). 24.. 141. c. trad. que ce scorpion est un symbole zodiacal. 3. 5. 3. Carthage romaine. 42 : « dirum animal Africae » . I. 8. on enfouissait sous les maisons des images en métal de ces animaux. l’ail et les entouraient d’épines. n° 23 . n° 933-4 . I. Gauckler. le dieu Mercure est accompagné d’un scorpion : Merlin.) parlent de scorpions volants (voir aussi. 116. Dioscoride. IV. XI. dans Nouvelles Archives des missions. 427-8. 9. Élien ajoute que sa morsure tue très promptement(1). 4. p. 42). Nat. 11. de Sousse. 1906. XVI. XXIX. qu’ils avaient soin d’éloigner des murs et dont ils plaçaient les pieds dans des cruches pleines d’eau. 3. Anim. Dipsod. Lucien (l. 335. 11. 23. — Strabon (XVII. comme le serait aussi le lion qui accompagne souvent l’Afrique. 86 et suiv. n° 27. Nat. Catalogne du Musée Alaoui. XVII. conf. 118. p. pour écarter les scorpions. II. 38 (sont. A Carthage. Lucien. d’où ils faisaient la chaîne pour atteindre leurs victimes(8). 40. 1907. 37. française. 89 : « hoc malum Africae ». Pour les scorpions. n° 54 et pl. remarquable par sa grande taille. appelées vulgairement mouches-scorpions. Jatta (le Rappresentance figurale delle provincie romane. d’araignées dont la morsure est mortelle. Monnaies impériales. édit. talismans destinés à protéger les habitants et peut-être surtout à mettre en fuite les scorpions véritables(9). Voir encore ibid. 27. très répandue. Élien parle ailleurs (XVI. Strabon(2) signale une espèce d’araignée.

voir Strabon. Les sauterelles. 42 . envoyée par la colère des dieux(9). . pl. II. II. 5. comme de nos jours. puis ils frottaient la plaie avec le corps même de la bête écrasée(3) : pratique en usage aussi chez les païens(4). Beaucoup d’indigènes du Sahara et de la Berbérie mangent encore des sauterelles. Suppl. 1. fig.. p. Tertullien. IV. 288 et suiv. visiter l’Afrique septentrionale(7) . Hérodote. Cat. Si ces insectes servaient. Un scorpion analogue a été recueilli à Bulla Regia . 196 et suiv. 2. Alaoui. 172 (les Nasomons font sécher des sauterelles au soleil. p. p. II. La médecine et la magie avaient inventé différents remèdes contre les piqûres(2). 3. 1. Il y a une autre espèce (Stauronotus marocanus). l’Algérie. fig. 7. 10 (d’après Posidonius) . ces êtres malfaisants qui cherchaient à empoisonner et à tuer la foi(5).. les pilent et arrosent de lait cette bouillie). 21.118. Wellmann (dans la région de Leptis). où Tertullien décrit le scorpion. Voir Battandier et Trabut. 318. p. venaient souvent. originaires du Soudan(6). — On a aussi trouvé à Carthage des plaquettes de plomb sur lesquelles un scorpion est représenté : Audollent. LXX. pl. Les chrétiens faisaient sur la blessure un signe de croix.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. telles les sauterelles. Johannide. Dioscoride. c’est-à-dire antidote contre les scorpions. Deflxionum tabellac. 104. 5. Cat. Alaoui. 4. XXXV. V. 52. 1. n° 28. Carton. Outre les textes cités dans les notes suivantes. fig. Découvertes faites en Tunisie. Musée de Constantine. sortaient d’innombrables criquets. vers la fin ____________________ (moules). II. Voir en particulier le chapitre I de ce traité. — Des sauterelles sont représentées sur un cippe funéraire de Constantine : Doublet et Gauckter. Pline. des œufs qu’elles déposaient dans le sol. accompagné de prières . XXIX. encore plus redoutables qu’elles. tel fut le titre que Tertullien de Carthage donna à un traité contre les gnostiques. 6. en certains lieux. qui est indigène. l. c. Tertullien. p. Le poète africain Corippus décrit ainsi une invasion de sauterelles(10) : « . 91. n° 55.. édit. C’est l’Acridium peregrinum. Pline. 8. — La terre de l’île de Galata (La Galite) et celle de Clupea (au cap Bon) passaient pour tuer les scorpions : Pline. Victor de vite. XVII. 31. p. 3. 135 un scorpion est représenté sur un linteau de porte. 75. XXXV . 137. 9. 10. XI. Scorpiace. Scorpiace. et qui s’est conservée chez les indigènes. 108. de nourriture aux indigènes(8). on les regardait en général comme une calamité. dans la région de Dougga(1).

des multitudes immenses de sauterelles s’amassèrent. Elles ne se contentèrent pas de détruire complètement les céréales sur pied. du printemps(1). » Varron prétendait que certains Africains avaient dû abandonner le territoire qu’ils occupaient. XI. des criquets. 1870. Un coup de vent subit les arracha du sol et les porta longtemps à travers les airs. L’invasion qui laissa les plus cruels souvenirs fut celle de l’année 125 avant notre ère. venant du Sud. 4. quand 1’Auster (vent du Sud) souffle sous les astres. Des auteurs indiquent les diverses mesures que l’on préconisait pour se débarrasser d’elles(3) . tombent en se disséminant sur les campagnes de la Libye. du haut des airs. anéantir les fruits tendres encore. arrivent en avril ou en mai dans le Tell. VIII. telles les sauterelles. Les agriculteurs s’inquiètent et leur cœur tremble de voir l’horrible fléau détruire les récoltes. lorsque le Notus. « Par toute l’Afrique. dit Paul Orose(5). pointant sur les rameaux flexibles. . p. Pline. les feuilles des arbres avec les tiges tendres. 119.Varro auctor est… ab ranis civitatem in Gallia pulsam. 2. Voir Lacroix. V. Une peste terrible frappa tous les animaux. Pline. une loi ordonnait à la population la destruction des œufs. des sauterelles adultes. 11. ab locustis in Africa. dévaster les jardins verdoyants. dans Revue africaine. il faut dire que plusieurs semblent fort saugrenues. où elles s’engloutirent. pourris et décomposés répandirent une odeur délétère. par suite des ravages des sauterelles(2). Les sauterelles dites pèlerines. » 3. XIV. de dévorer toutes les herbes avec une partie des racines. elles rongèrent même les écorces et les bois secs. les entraîne dans ses violents tourbillons et les précipite vers la mer. 5. 2-5. 105. Adversum paganos. les pousse. 104 : « M. ____________________ 1. jusqu’à la mer. réunies en masses serrées. En Cyrénaïque. Leurs cadavres. Mais les vagues en rejetèrent d’énormes quantités sur les côtes. et punissait les contrevenants d’une peine très sévère(4).136 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. ou abîmer les fleurs de l’olivier.

III.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. ne paraissent pas être spécialement la région du Cinyps. Horace. 9. XXX. 45). S’agit-il d’Iol (Cherchel) ? Dans ce cas. 58-59. plus de deux cent mille. XXX. troupeaux et autres bêtes. 31) raconte les mêmes faits d’après la même source. Epit. LX (c’est probablement de cet historien que dérivent les indications données par Augustin et Orose).. Rust. . comme le prouve l’abondance extraordinaire de ces mollusques dans presque toutes les stations. XXX. 2. 173). 211 . Saint Augustin (Civit. dont Stace (Silves. 330 et 331. dont les corps putréfiés. Varron et Pline les auraient qualifiés d’escargots de Maurétanie. IX. pays où régnait alors Micipsa. Ils étaient alors L’objet d’un véritable élevage. du Midi de la France. II. » Aux temps préhistoriques. l. IV. À l’époque romaine.. Satires. Pelagonius. Discoride. gisant partout. dans la zone maritime où sont situées Utique et Carthage. 14. Dei. trente mille soldats. ce sont d’ordinaire les ____________________ 1. 4. affirme-t-on. 44 et 45 : XXX. les Africains étaient grands mangeurs d’escargots. En Numidie. 56 et 57 . 109. 73 et 74 . à celle de l’Espagne. ou Iolitanae (Pline. édit. Wellmann. Il ajoute que. 9. Elle se déchaîna avec tant de rapidité et de violence qu’en un jour plus de quinze cents corps de ces jeunes gens furent emportés. Ars veterinaria. accrurent encore le fléau. (en Tripolitaine) : c’est une manière poétique de désigner l’Afrique. Des deux côtés de la Méditerranée. 4 . Voir encore Tite-Live. sur 30000 soldats. Scribonius Largus. édit. furent exterminés par cette peste. II. on appréciait fort les escargots d’Afrique(2) : ils servaient de mets de choix(3). dans le Tell. plutôt que d’escargots d’Afrique. XXX. Pline. Pline. de l’Italie. qui formaient l’armée romaine d’Afrique. 137 oiseaux. Les Cinyphii campi. 10000 seulement survécurent. on dit qu’il périt quatre-vingt mille hommes . IV La flore de la Berbérie ressemble beaucoup. ou de médicaments(4). Julius Obsequens. par une seule porte(1). XXVIII. 3. Helmreich. Les plus célèbres étaient les coeleae Solitanae (Varron. 32-33) vante les escargots. III.. de la Sicile. 122. XXXII. Près d’Utique. 4. 90 (il nous apprend que le fléau sévit aussi très cruellement en Cyrénaïque). 127 .

I. p. ils atteignent la mer : Battandier et Trabut.. L’importance des forêts de l’Afrique septentrionale a étés affirmée par Hérodote et par Strabon. ce sont les mêmes plantes. mêmes végétaux qui tapissent le sol. p. IV. XVII. les mêmes arbres fruitiers qui. 195 ne sont communes qu’à l’Algérie et à l’orient. p. XIII. voir des indications de Lacroix. Géographie. écrit Cosson(2). où les espèces à feuillage persistant dominent . 2. Battandier et Trabut. p. 53 : « Sur environ 3000 espèces que comprend la flore algérienne. l’Algerie. c’est moins se rapprocher du tropique que de l’Orient(3). Rapport sur les cultures fruitières dans le centre de la Tunisie. » Nous étudierons ailleurs la flore agricole et nous nous bornerons ici à examiner les documents anciens qui concernent les forêts(4). Le second indique que la Maurusie (le Maroc actuel) « est boisée et que les arbres y atteignent une très grande hauteurs »(6) Des textes. dans la Perse méridionale(1). 6.138 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. des végétaux qui se retrouvent en Égypte. à caractère désertique. 171-8. Ils sont malheureusement peu nombreux et souvent peu précis. où le dattier permet de vivre dans les oasis. 57. environ 600 sont spéciales .1869. En Tunisie. Il convient d’ajouter qu’Hérodote est mal renseigné pour cette partie de l’Afrique : conf. 3. en Palestine. Le premier dit que la Libye occidentale (c’est-à-dire le pays situé à l’Ouest du golfe des Syrtes) « est beaucoup plus boisée que la région occupée par les nomades ». p. 9... 1900 se retrouvent en Espagne . des représentants de cette flore orientale. qui forment les forêts. 5. 1600 au moins sont communes a l’Algérie et à l’Italie. s’éloigner du littoral dans le sens du méridien. Conf. c. . à côté d’espèces européennes. 275-282. s’avancent au Nord jusqu’à la base de la presqu’île du cap Bon. l. Dans la province d’Oran. dans Revue africaine. « Sous le rapport de la géographie botanique. constituent la richesse agricole. on rencontre.. Sur cette question. et de Tissot. Les affinités avec l’Orient désertique sont plus grandes encore au Sahara. Bourde. Dans les régions de steppes. 51. » 4. 4. signalent en Afrique l’abondance de ____________________ 1. Le Règne végétal en Algérie. 191. « qu’elle est très boisée(5) ». en Arabie. depuis une longue série de siècles. p. 3. 1500 à l’Algérie et à la France . que nous avons cités.

40 . que Tissot croit être l’oued Amlilou (ou Melillo). V. 5. en 384-5) mentionne aussi les « navicularios lignorum obnoxios functioni ». 8. qu’on s’étonne de rencontrer ici) et les armateurs. 3. VIII. Strabon affirme que le mont Abilé (sur le détroit de Gibraltar) porte des arbres élevés(2). près du fleuve Amilo. 2.. Élien(8). — Symmaque (Lettres. pour le chauffage des bains publics(1). Lamoricière. min. 78.. 10. fut la province de Maurétanie Césarienne (Ouest et centre de l’Algérie)(11). peuplées d’éléphants. 8. I. Le mont Ancorarius. 6. 3 (Geogr. Ibid. 7.. p. I. 3. V. qui porta ____________________ 1. 4.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Code Théodosien. D’autre part.. se dressaient sur l’Atlas marocain. 248-9. Pline(5). 5. 9. I. 2. 6. sangliers. . nemorum comiti. Mais les renseignements dont nous disposons sont bien maigres. Périple. Conf. I. Des forêts épaisses. »). Énéide.. panthères. On ne sait à peu près rien sur les forêts du pays qui. Silius Italicus(6). 5. Nat. 13 (en 369) : constitution fixant au nombre de soixante les linteones (des tisserands.. supra. ours. victrici ferarum » : C. Hannon mentionne sur l’Océan le cap Soloeis (aujourd’hui cap Cantin). quant necessitas exigit Invacrorum »). 205-6. 33. des constitutions du Bas-Empire nous apprennent que cette contrée pouvait fournir à Rome de grandes quantités de bois. 2. VII. VIII. Pline indique aussi(9) des forêts. n. 9831. 6 .. chargés de ce service par Constantin. 10 (en 304) : confirmation des privilèges accordés jadis aux armateurs africains qui doivent transporter des bois destinés aux usages publics (« navicularios africanos qui idonea publicis dispositionibus ac necessitatibus ligna convectant. Nous voudrions connaître la répartition de ces forêts. dont parlent Virgile(4). affluent de gauche de la Moulouia : ce qui n’est pas certain(10). 3). L. Conf. XIII. les commentaires de Godefroy. 6. XVII. p. on a trouvé une dédicace « Dianne deae. 11. à l’Est de Tlemcen. Elle défend de leur demander plus que n’exigent les besoins des bains (« amplius. 139 divers animaux dont l’habitat ordinaire est la forêt : singes. XIII. Pausanias(7). anim. IV. à l’époque romaine. X. couvert d’arbres(3). gr.. 14 et 15 (d’après Suetonius Paulinus).

cité par Strabon (XVII. 9. IX. umbriferos ubi pandit Thabraca saltus. f° 23. V. était entouré de vastes forêts(8) : ce bourg fortifié se trouvait probablement en Numidie. 1894. 2: « qua parle silvestris est (Numidia).. n° 1. La région forestière de la Numidie que mentionne Solin(3) devait être celle qui s’étend sur le Nord-Est de l’Algérie et le Nord-Ouest de la Tunisie. Mais rien ne prouve que cette forêt ait été dans le voisinage de Tabarca. Pline. Atlas. Posidonius. pleines de singes. qui assiégeait Suthul(9). Ibid. LIV. des forêts ____________________ 1. XXXVIII. n° 24. XIV. 22. épuisés au temps de Pline(1).. 10. 25 : « vastis circum saltibus claudebatur. elle parait avoir été plutôt située en Maurétanie.. C. Les fauves y pullulaient(4). VIII.. affluent de droite de la Medjerda(10). 5. Juvénal(6) parle des forêts ombreuses. au dire de Tacite.. 95 : « Ancorarius mons vocatur Citerioris Mauretaniae. XIII. . » Il ne s’agit pas d’Auzin (Aumale). mais nous ignorons son emplacement exact. 8. Une inscription indique des pins dans le voisinage de la mer et de l’Amsaga (au Nord-Ouest de Constantine(5)). Il en est de même des lieux boisés où Jugartha attira Aulus Postumius. Isidore de Séville. Etymol. 194 : « . n° 105) (p. 7. archéologique du Comité. Au VIe siècle de notre ère. XXVI. dieu silvestre italique : Bull. de Thabraca. qui laudatissimam dedit citrum. Annales.140 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Atlas archéologique de l’Algérie. était situé dans le voisinage de la vallée du Chélif . X. car les frais de transport eussent été trop élevés s’il eût fallu les faire venir de l’intérieur. 9. 1 : « saltuosa loca ». 2 « loca saltuosa ». 8.. il fut porté sur le rivage de la Libye et qu’il y vit une forêt pleine de singes. 7750 : In qua frondicoma odoratur ad maro pinus. aujourd’hui Tabarca(7). en bas). 4). » — On a trouvé à Tabarca une dédicace à Faunus. iam exhaustus. et de ceux où il s’enfuit après avoir été vaincu par Métellus prés de l’oued mellégue. p. » 2. 1.. Conf. de magnifiques boisements de thuyas. l. coll. 5. racontait qu’allant de Gadès en Italie. Le castellum d’Auzea. Jug. 14. Il est probable que les bois qu’on expédiait à Rome sous le Bas-Empire en provenaient. on a supposé que c’était l’Ouarsenis(2). comme on l’a cru : voir Gsell. L. I. Gsell..241. 6. 3. 3. comme celles dont parle Juvénal . 4.

placées dans le temple d’Apollon à Utique. I73. La plupart de ses indications sont vagues(7) . Corippus mentionne fréquemment les forets qui existaient de son temps (au VIe siècle) dans le centre et le Sud de la Tunisie. l’Afrique byzantine. p. 7. Il n’y a pas de cèdres en Tunisie. mentionne un bois près d’une source(2).. Johann. Si la répartition des forêts de cèdres était la même il y a trois mille ans que de nos jours. dans Mélanges de l’École de Rome. Géographie. Les telles de Corippus ont été pour la plupart cités par Lacroix. 1909. Au milieu du second siècle avant J. 77 et suiv. 141 s’élevaient autour de la ville de Laribus. p. II. 277 . Lib. 304 : In mediis tremuit Romanos currere silvis. Corippus. lors de la fondation de la ville.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Châtelain. à l’époque de Pline. 167. 164. ubi cedro Numidica trabes durant ita ut positae fuere prima urbis eius origine. Le consul Censorinus. qui assiégeait cette ville. 4. 471. Johannide. 463. Pline parle des poutres qui. 9. 484 . p. 1910. 403-6. 143. p. conf. VIII. Tissot. VII. de 1’Aurès ou des monts de Batna(4). faisait partie de la Maurétanie. 468. 237. III. 2. 216 : memorabile Uticae templum Apollinis. au Sud-Est du Kef(1). » — Blümner (Technologie der Gewerbe. Urbs Laribus mediis surgit tutissima silvis.-C. 302) croit qu’il s’agit de genévrier. XXX. IV. II.. . 218 . dans la plaine du Sers. 211. 424. africaine. massif qui est encore très boisé.. III. I. et il est ____________________ 1. traversa le lac de Tunis pour aller chercher des matériaux propres à fabriquer des machines et des échelles(6).. région qui. dans les Babors. 5. aunis MCLXXVIII. p. ces poutres m’aient dû être apportées de loin. Pline. Diehl. mais ce n’était peut-être qu’un simple bosquet. Appien. Une dédicace à Silvain. 3. entre le Kef et Maktar. Johann. Nous trouvons dans Corippus(5) une allusion aux forêts de l’Aurès. 340-350 . 630 : VI. p. étaient en bon état 1178 ans plus tard(3). 6. 42 . 204. 5. Il s’agit d’un personnage qui était chef des tribus de l’Aurès. ni dans le Nord de la province de Constantine (sauf au Nord-Ouest de cette province. Des cèdres de Numidie servirent de bonne heure de matériaux de construction. XVI. 97. XIII. découverte non loin de là. il y avait des bois à peu de distance de Carthage. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Je ne vois pas de raison d’adopter cette opinion. 182. aujourd’hui Lorbeus. Rev. et non de la Numidie).

Saltus proprie locus adhuc incultus et silvester dicitur. entre Sbéitla et Fériana(5). Nam et quidam codices in campis silvae habent. ». n° 3. X. 8. Par exemple. 11. Avant d’être mis en valeur. le plus souvent. Les saltus que Pline signale au delà de la petite Syrte. L. On sait que le mot saltus signifiait espace couvert de végétation naturelle(10) et. partiellement ou totalement. centurias habenv tot. die römischen Grundherrschaften. 175. . cers le Sud(6). 3. Conf. II. n’étaient peut-être pas de véritables forêts(7). 7. en Tripolitaine. qui montibus altis Horrida praeruptis densisque mapalia silvis Obiectae condunt securi rupis ad umbram. 57 : densis Ifera silvis ». était exploité par des colons. plus d’un de ces domaines dut être. les Macares(3). Juvénal. verbi gratia. Pour ces deux sens. III. 25. Diehl. Congreditur mediis commiscens proelia silvis. 343.. dans quelles régions vivaient les Silcedenit(2). au Sud de Lebda. 9. Voir. p. impossible de dire où était Ifera. (à propos du texte « invenimus eam in campis saltuum ») : « Qui sunt campi saltuum ? Non enim quemadmodum vulgo dicitur : sltus ille. XVII. ombrageaient le cap Céphales(9) (cap Misrata). 10. 5.142 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. » 13. 18. p. 69. 8425) (conf. Rappelons enfin les bois très épais qu’Hérodote indique à la colline des Grâces(8). 69. dont les territoires étaient boisés. les Silvaizan. ____________________ 1. plus haut. II. forestière(11). 8426). Schulten. VIII. p. et ceux qui. 62-4 : Silvaizan Macaresque vagi. couvert de forêts ou de broussailles(13). l’Afrique byzantine. 4. 104: « …umbriferos ubi pandit Thabraca saltus. II. qualifiés de Pardalarii : C. Ce saltus. celsis qui vivida silvis Bella dolis metuenda parat. plus haut. 3. Nous connaissons cependant l’emplacement des forêts au milieu desquelles le général Solomon livra une bataille qui lui fut funeste(4) : elles étaient situées près de Cillium (Kasserine). IV. in psalm. 2. 53-4. p. 12. 406. 11. Enarr. Mais il ne faudrait pas croire que. entre autres. A côté de ce sens propre. nous rencontrons fréquemment en Afrique un sens dérivé : grand domaine(12). « aux forêts épaisses. Conf. Un domaine de la région de Sétif. 6. V. Silcadenitque forus. 419.(1) ». un peu plus à l’Est. d’après Strabon. 26. voir en particulier suint Augustin. qu’on appelait Saltus Horreorum. I. CXXXI.

L. Atlas. On pourrait aussi reconnaître une divinité des forêts dans le Silvanus adoré sur la pente du djebel Chettaba. au sud-Ouest de Collo. qui eut de nombreux dévots dans l’Afrique romaine. au sud-Est et au Sud-Ouest de Djidjeli. mais il n’est pas prouvé qu il en ait été toujours ainsi nous savons qu’en Italie. où Silvanus était adoré dans un bois. L. 2671=18107 . 8248.. p. I. des bois habités par des panthères. I. que des pétitionnaires demandent à planter en oliviers et en vignes : « . Quelques ruines romaines que l’on rencontre dans les parties accidentées représentent d’ordinaire des ____________________ où l’on cultivait des céréales. I. Les inscriptions qui indiquent des saltus et les dédicaces à Silvain ne sont donc guère utiles pour déterminer les emplacements des forêts antiques. en Khoumirie. la civilisation latine s’est très lieu répandue. du reste peu nombreux. Gsell. 6963 et 5880.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 2.. les villes manquent . Dans ces régions. 141) une inscription de la plaine du Sers. qui laminent Lambèse au Sud : C. et au sommet du djebel Borma. Nous avons signalé (p. dans l’Est de la grande Kabylie. Que ce dieu ait été adoré en certains lieux comme un protecteur des forêts. 1. Voir l’Atlas archéologique de l’Algérie. puisque le sens du mot s’était modifié. dans l’Ouarsenis(2). encore très boisées. des limites. dans le massif qui s’étend au Sud de la Mitidja. Mais ce dernier mot pourrait désigner de simples broussailles. pris de Sila : C. les hameaux. près de Constantine. des champs cultivés. Cela cet évident pour le Silvanus Silvestris que mentionne une inscription d’Azziz ben Tellis. L. sont situés dans les vallées qui offraient des terres cultivables.. au Sud de cette ville.. ou avait contenu. 368) mentionne des espaces forestiers. — Dans une région de saltus impériaux. entre Constantine et Sétif : C. dans les montagnes des Bibans. les villages. des jardins. 1906. Est-il possible de suppléer à l’insuffisance des textes par l’étude de la répartition des ruines ? Elles sont rares dans des pays aujourd’hui couverts de forêts : par exemple. 143 partout où l’on trouve mentionné un saltus-domaine. VIII. . Un temple de ce dieu fut élevé sur les hauteurs. f° 27.. XXVI. in paludibus et in silvestribus ». Une remarque analogue doit être faite au sujet des mentions de Silvanus. une inscription (Carcopino. on peut l’admettre(1). il y ait eu autrefois un saltus-forêt. n° 235. contenait donc. Mélanges de l’École de Rome. il devint le protecteur du bétail.

vers le bas. 7750 . n° 2. XCIII. XXII. 440. plus haut. Énéide. l. dans Orientalische Studien Th. p. p. Les anciens le prenaient pour un produit végétal . 2. habitations isolées. 432 5. XVI. L’Itinéraire d’Antonin mentionne un Popleto flumen. pour désigner le cèdre. l’Algérie. qui désigne le chêne en Kabylie. 197 : « cedrus in Creta. car beaucoup d’indigènes ont pu vivre sous des huttes qui. le nom de Safsaf (peuplier) donné par les indigènes à une rivière qui débouche dans la mer près de Philippeville. p. Battandier et Trabut. le pin(3). plus haut. les Forêts de l’Algérie (Alger. Pline. Silius italicus. II. probablement le pin d’Alep. p. ne prouvent pas. Atlas. p. c’està-dire dans la région où notre inscription signale des pins le long de la mer: Lefebvre. fleuve côtier.. qui parait être une déformation de pinus. au Nord de l’Aurès. Cependant. le cèdre(2) . Conf. 32 . Un lieu appelé Popleto était situé près de Timgad. On faisait une belle teinture rouge avec le coccum. C’étaient des cours d’eau le long desquels s’élevaient probablement des peupliers.13 : « nascuntur eae arbores maxime Creine et Africae et nonnullis Syriae regionibus ». autant qu’il semble. Virgile. 141. qui exige un climat très humide. c. parasite du chêne kermès (Quercus coccifera) et du chêne vert: conf. l. f° 27. 140. Africa. n° 1. 354 (« Cinyphio… cocco »). une fois abandonnées. 8) . et le Géographe de Ravenne indique dans la même région. Vitruve. VIII. XVI. qu’on recueillait en Afrique : Pline. p. p. — Le mot thakerrouchth. f° 30. 203-6 (mais ces poètes veulent peut-être parler du cèdre). 4 . il ne faut pas attacher trop d’importance à ces constatations. qu’un pays ait été jadis désert ou presque désert. 2. .. 85) doit être une autre espèce : « Quae Libyca appellatur minima folio et nigerrima fungisque enascentibus laudatissima. du mot bignou. Syria laudatissima ». XXIV. c. ne laissaient aucune trace. XVI. le gené- ____________________ 1. Ils mentionnent : le chêne vert. 10. 612: « fraxineam… hastam ». 6. de la Société de géographie de Paris. des indigènes de l’Aurès se servent. 19. d’une manière péremptoire. et peut-être aussi le pin maritime(4) . 41. Ilex. 248-9 .144 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. comme on l’a cru ? Cet arbre est très peu répandu dans l’Afrique du Nord. 87. IV. Jug. I. 4. le pin maritime. Johann. XVI. Corippus. 5. L’absence ou la rareté de ruines d’aspect romain. il ne se rencontre guère que dans les Babors : Lefebvre.. 3 (conf. II. Salluste. vient peut-être de quercus : Basset. à l’Ouest de Nemours : Gsell. 1876. peut-être des fermes. « grandis ilex coaluerat inter saxa ». établies sur des clairières. le peuplier(6) . C. — Le peuplier libyque dont parle Pline (XVI. Silius Italicus. Les auteurs ne nous apprennent pas grand-chose sur les espèces qui constituaient la végétation arbustive naturelle de l’Afrique du Nord. Conf. il était en réalité tiré d’une cochenille. Nöldeke gewidmet. L. Actuellemcnt. ne se trouve qu’entre bougie et la cap Bougaroun. 29.. n° 2). » S’agit-il du tremble (Populus tremula). 1900). 32 : « gignitur in Africa ». I. une rivière qu’il nomme Puplitus : voir Gsell. Selon Duveyrier (Bull. col. VIII. le frêne(5) . Pline. 3. de constructions faites en matériaux durables. p. n. ou yeuse(1) .. conf.

L. 4.. 89 et 90. Il faut ajouter l’orme.. v. africaine. Il est étonnant que Pline ne parle pas de l’Afrique dans le passage du livre XVI (34) où il traite du liège. 131-2. 9. dont nous reparlerons(4). c. Pomponius Méla. Dans les ____________________ 1. des tamarix (Corippus. sur la côte océanique de la Maurétanie : « Elle est haute de vingt pieds et d’une telle grosseur que personne ne peut l’embrasser. Sat. 3. ibid. 22). Tissot. Pour le Gaule. XIII. 3). 182 (dans Pétronii Satirae. ebore abundant. terebintho. dans Rev. Varron. déjà renommé à l’époque de Masinissa(9). on indique des myrtes (Salluste. le nom berbère thoulmouth. Pline. 12 . . II. II. Quelques détails nous sont donnés sur le citrus(8).. Lacroix (Rev. III. 5. — Diodore de Sicile (XX. Pétrone. Menipp. chêne liège. s’appelait Thugga Terebinthina : C. I. p.entre Berrouaghia et Sour Djouab : Gsell. lieu appelé Tamariceto. Pour le lotus. XLVIII. II. l. c. des lauriers (C. Voir Lacroix. 1909. 171-2. Lucain. 5. Nous n’avons trouvé aucune indication précise sur le chêne lièges(6). 63) signale comme un fait curieux l’existence d’une mauve en arbre. XII. 3. en même temps que de l’ivoire : Suidas. il dit expressément qu’elle n’a pas de Chênes lièges. voir liv. 144-5. LIII. p. θύσν 10. 426-430. édit. 37) mentionne une ville Φελλίνη. XVII. 66. du merisier et du châtaignier. XIV. Géographie. et X. chap. Johann. 5 . Pomponius Méla. conf. 374-8 . Pline. Allusion dans Strabon. 1750).-C. 1. 6. 104 . p... 145 vrier(1) : le térébinthe(2) (pistachier térébinthe. Nous reparlerons aussi de l’amandier. 8. III. p. Basset. 6 . VIII. 102. Ce nom. s. Les principaux textes qui indiquent la provenance africaine. fragm. Chap. ce qui est inexact. I. XIII.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. africaine. 104 (sur la côte du Maroc) : « Amoeni saltus citro. vient peut-être de φελλός. Jug. Le bois de cet arbre. 164) montre qu’il ne faut pas penser à un cotonnier arborescent. 77 et 1217. 2. Corippus. V.. Satir. 7. De pallio. XIII. Voir ci-après. comme on l’a fait remarquer. 91 et 03 . 27-28 . prés de la ville de Lixus. VIII. — Pline (XIX. 1869. L. qui fut prise par des troupes d’Agathocle à la fin du IVe siècle avant J. IX.. CXIX.. Masinissa envoya aux Rhodiens du bois de θύσν (il s’agit de citrus : voir plus loin). Parmi les arbrisseaux. et plus particulièrement maurétanienne. 92 . à faire des tables qui atteignirent des prix fort élevés(10). 278-2822. à l’Ouest de Maktar. IX. 4. VI. dans les derniers temps de la République et au début de l’Empire. servit. 22. le thuya(3) . l. 572 : « steriles… myricae » . Bücheler) . p. Tertullien. usité en Kabylie. du citrus sont . étant certainement dérivé du latin ulmus(5). Martial. ou peut-être lentisque) . l’olivier sauvage. V. I. » On ne voit pas de quoi il s’agit. qui est aujourd’hui la principale richesse forestière de la Berbérie(7). » — Une ville située en Tunisie. c. …lancea duplex Iuniperum ferro validam suffigit acuto..

Il présentait soit des veines. 100. qui avaient ____________________ 1.. dit Pline l’Ancien. Pline. 98-99. des lambris. Comme Pline l’indique : XIII. son bois est entièrement incorruptible. Technologie.. « Il ressemble au cyprès par la forme. le fruit. XIII. dont la souche forme « ces belles loupes noueuses. Instituts.276-7. Voir. p. 3. il était de la couleur du vin mélangé de miel. le citrus est le thuya (Callitris quadrivalvis).. 287 et suiv. belles pièces.(4). des archäol. maximeque laudatum quod sub terra totum fuerit. . La plus grande table d’un seul morceau appartint à un affranchi de Tibère . 93. qui en font un bois d’ébénisterie des plus précieux(9) ». 2e édit. les feuilles. était plus grande encore (quatre pieds et demi). » D’après ces renseignements. 99. XIII. 4. L’eau de mer le desséchait. V. 7.146 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. XVI. Pline (XIII. Sa racine est veinée et on en fait des ouvrages très soignés. Battandier et Trabut. des vases. 96-97. etc. C’est le même arbre(7) que Théophraste(8) appelle θύσν ou θύα et qu’il indique comme existant en Cyrénaïque et dans l’oasis de Zeus Ammon. Il y avait à Rome une corporation de negotiatores eborarii et citriaril : Mittheil. Pline. Römische Abtheilung. si richement marbrées de rouge fauve et de brun. 43. l. 2. On employait pour les faire des loupes qui croissaient sur les souches(2) et qui étaient parfois très Larges. le tronc. soit des taches brillantes : de là. l’odeur et le tronc. elle mesurait près de quatre pieds. les branches. Voir Marquardt. II. d’autres détails sur le citrus. das Privatleben der Rümer. plantarum.. On fit aussi avec ce bois des crédences. XIII. 1890. Mais nous savons par Pline(10) que les forêts du mont Ancorarius. roi de Maurétanie.. Hist. p. Blümner. 6. des placages de meubles et de portes. que posséda Ptolémée. . 185. 5. 8. 95. Le citrus ressemblait. 9. 95. par le feuillage. 95) dit : « Tuber hoc est radicis. ibid. le durcissait et le rendait incorruptible(6). » Conf. p. p. les noms de tabulae tigrinae et pantherinae qu’on donnait à ces tables(1). il est de taille médiocre. c. Une autre. 7. 10. XIII. mais elle était formée de deux pièces ajustées(3). XIII. Actuellement. 3. au cyprès sauvage(5). 722-3 . V.

6. « ils sont recouverts d’un duvet léger. dans Comptes rendus de l’Académie des Sciences. c. au contraire. » 4. Ficheur. . ces arbres merveilleux étaient-ils simplement des pins. Guyon. 3. ainsi qu’on l’a supposée(4). depuis la grande Kabylie jusqu’au delà de la Khoumirie : zone montagneuse. V L’étendue et la densité des forêts.. 5. » Cela peut vouloir dire soit que l’odeur de ces arbres est moins forte que celle des cyprès. cité par le même auteur(2). avec la note de M. p. signalait. leur servant d’habitations communes(5). au pied de l’Atlas (au Maroc). V. Manuel de l’agriculteur algérien. Le général Suétonius Paulinus. Rivière et Lecq.. 165. écrit : « Arboribus proceris opacissimus (Atlas). p. p. qui y auraient construit des bourses soyeuses de couleur blanche. voir surtout Lefebvre. Peut-être. 8). avec lequel des gens habiles pourraient faire des étoffes. p.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. où les ____________________ 1.14. de l’altitude et de la constitution géologique du sol(6). Telles sont les indications que les anciens nous ont laissées sur les forêts de l’Afrique septentrionale. comae cupressi similes. ressemblant par leur feuillage au cyprès et exhalant une forte odeur(3) . l. p. En Berbérie. 1851. Solin (XXIV. soit qu’elle est. la région forestière par excellence est la longue zone qui s’étend en arrière du littoral. formées d’arbres inconnus ailleurs. qui a copié ce passage. infestés de chenilles processionnaires. au tronc poli et sans nœud. etc. 68 et suiv. On a proposé de corriger : « praeterque gravitatem odoris ». 147 fourni les plus beaux thuyas. Pour ce qui suit. XXXIII. 139-140. quarum odor gravis. les Forêts de l’Algérie. Lacroix. 845-6. Voir plus haut. « Frondes cupressi similes. 2. la répartition des espèces qui les composent dépendent du climat. étaient déjà épuisées de son temps(1). praeterquam gravitate odoris. plus forte. comme avec de la soie ». 42-43.. des forêts épaisses. d’une grande taille. Conf.

pluies sont abondantes et où dominent les terrains siliceux. C’est aussi le pays du chêne zéen. peu d’eau. Le cèdre vient entre 1300 et 2000 mètres. En ce qui concerne la densité et l’étendue des forêts. le thuya et le cèdre s’accommodent aussi bien des grès que des calcaires. Il occupe plus de 400 000 hectares en Algérie et environ 120 000 en Tunisie. ils portent surtout des espèces qui demandent. C’est le pays du chêne liège(1). Les causes naturelles qui régissent la végétation forestière en Afrique ne paraissant pas s’être modifiées depuis l’antiquité. Il s’avance jusqu’à la lisière du Sahara et atteint une altitude de 1500 à 1600 mètres. 60 de pluie et qui s’élève jusqu’à 1300 mètres. En Algérie. comme ils reçoivent en général moins de pluie que la zone côtière. sont également des terrains forestiers.148 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.pour le sol comme pour l’humidité (il se contente de 0 m. forme des boisements importants entre 600 et 1200 mètres environ. L’arbre typique est le pin d’Alep(2). 30 de pluie). . il n’y a point lieu de supposer que la répartition des espèces ait été différente de ce qu’elle est aujourd’hui. il est fréquemment associé au pin d’Alep. tout en prospérant surtout entre 600 et 800 mètres. formés surtout de grès. il convient de se souvenir de certains textes anciens. Il est souvent accompagné du genévrier de Phénicie. qui commence à apparaître à une altitude d’environ 800 mètres et s’élève plus haut que le liège. Parmi les autres espèces. jusqu’à 1800 mètres environ. Le thuya ne dépasse guère 800 mètres . mais il peut atteindre 1700 mètres. Le chêne vert. qui montrent ____________________ 1. qui exige au moins 0 m. espèce silicicole. Les terrains calcaires. 2. mais. très peu exigeant . qui forment une grande partie des montagnes de l’intérieur. très propices à la végétation arbustive. petit arbre qui s’élève jusqu’à 1700 mètres. arbre sobre et robuste. le chêne vert. il couvre plus de 500 000 hectares.

30 . 4. 2. CXLVIII. XLVIII. ubi plerumque arboribus viduum solum frumentis seminatur. » Ailleurs. pingues quidem campos. 5. XX. 2.. et ____________________ 1. LXXXIV. » Saint Augustin. on lit ces mots : ager. 3 : « crates materiemque ad arietes. qu’un passage de l’Écriture. venir de Sicile du bois pour fabriquer des machines. manquaient en Afrique(5). cette région(3) : « Tu y trouves partout la nudité.. non olivetis fertiles. dut faire. arbori. du Bellum africum. elles ne sont pas riches en oliviers. Dans la célèbre description de Salluste(1). in psalm.. des campagnes fertiles.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. XLVI. observe l’auteur. il dit(4) : « Prenez un Gétule. cuius inopia in Africa esset. infecundus.. XVII. mais portant des récoltes. la Gétulie nue. Enarr. est ensemencé en blé(2).. sed frumentarios.. non caeteris hemoribus amoenos. où il est question d’un mons umbrosus. 4. A l’intérieur des terres. 4. Mais.. le sol. » 3. contrairement aux prétentions des donatistes. « En:Numidie. 16. car les matériaux nécessaires. gouverneur de l’Africa nova (l’Ouest de la Tunisie et l’Est de la province de Constantine). décrit: ainsi. 10 : Apprehende inde Getulum. Il en était de même de la plaine parcourue par le Muthul (oued Mellègue) : ibid. Salluste. 23 : « Numidiae et Aegypto. il fallait bien qu’elle fût réelle pour une bonne partie du pays. Jug. . pone inter istas arbores amoenas . qui fut. écrit Columelle au premier siècle de notre ère. elles ne sont pas égayées par d’autres arbres. » César. 2. « Sed ostende mihi partem Donati a Numidia de monte umbroso venire. Sermons. placez-le parmi ces arbres agréables (il s’agit des alentours d’Hippone) il voudra fuir d’ici et retourner vers. si l’absence d’arbres a frappé Salluste. Invenis nuda omnia. ne peut pas s’appliquer à la Numidie... les régions de Capsa (Gafsa) et de Thala étaient nues au temps de Jugurtha(6). LXXV. généralement dépourvu d’arbres. 149 qu’il y avait dans l’Afrique septentrionale de très vastes espaces non boisés. il est vrai. II. Certes. on le sait. » 5. voulant montrer. fugere hine vult et redire ad nudam Getuliam. combattant aux environs d’Hadrumète et de Thapsus. Jug. l’affirmation de l’historien est beaucoup trop absolue les documents que nous avons cités l’attestent. 6.

p. 3. L’évêque d’Hippone devait le savoir mieux que personne. Columelle. ces textes indiquent la Numidie. Conf. La Numidie qu’il vise. En Tunisie. de Collo. en arrière des ports de Tabarca. de Philippeville. et particulièrement à telle ou telle essence. C’est à ces conditions. jusqu au pied du massif de l’Aurès. IV. Il y a en effet tout lieu de croire que ces parties de la Numidie étaient boisées dans l’antiquité. X. les anciens désignaient une zone intérieure. dépourvu de végétaux ligneux. Apulée. une partie de ce qui fut sous le Bas-Empire la province de Byzacène comme des pays dénudés. elles se couvrirent d’arbres. plus tard. est propre aux céréales et se trouve. de la Calle. Par Numidie. ce furent des arbres fruitiers. pour ainsi dire. située entre les régions voisines du littoral et le Sahara. Telles beaucoup de parties du centre de la ____________________ 1. Ce manque d’arbres sur de grands espaces ne doit pas être attribué à des déboisements que les hommes auraient exécutés pour se préparer des pâturages et des terrains de culture. celle où ont dominé ces donatistes qu’il réfute. tel autre. 2. sauf quelques espèces rares qui s’en accommodent. Il y a dans l’Afrique du Nord des sols qui ne se prêtent pas à la végétation forestière(3).150 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. complètement nu dans d’autres. la Gétulie. saint Augustin n’entend pas la zone côtiére. 1865. Apologie. Madauros (Mdaourouch. 4 : « Tel sol convient à la végétation forestière. Sicca (Le Kef) parait avoir été à proximité de la Gétulie(2). 21. les réflexions très justes de Niepce. très boisé dans certaines contrées. Par le nom de Gétulie. dans la Revue des Eaux et forêts. c’est le pays de plaines qui détend au Sud de Constantine. Ainsi. 107. plutôt qu’à des causes de destruction. en général. comme aujourd’hui : nous avons cité le témoignage de Juvénal au sujet des forêts de Tabarca. au Sud de Souk Ahras) était à la limite du pays Gétule et du pays numide(1) (il ne s’agit pas ici de la Numidie dans le sens administratif de ce mot). » . si. au contraire. qu’on peut attribuer l’état de l’Algérie. tandis que les céréales n’y poussent qu’à grand-peine et dans des conditions particulières d’engrais et d’amendement . Les plaines méridionales du centre de la province de Constantine appartenaient à la Gétulie.

325-6. f° 10 . p. 1909. et Trabut. p. de l’Algérie. III. En Noweiri. Sur quelques points. Quand des écrivains arabes affirment qu’à la fin au VIIe siècle. p. régions où des pluies abondantes développent la végétation et où les troupeaux. Telles les terres argileuses de beaucoup de vallées et de plaines. mais aussi par des plantations d’arbres fruitiers(4). même si l’on se souvient que ces auteurs veulent parler d’ombrages formés. p. Telle aussi une bonne partie des steppes des provinces d’Alger et d’Oran. dans Rec de Constantine. XXV. à l’époque romaine. 307.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. non seulement par des forêts. Battandier. 25 et 54 . où existe une croûte analogue et où les pluies ne sont pas assez abondantes pour alimenter des arbres. Clerget. recouvrant un sous-sol pierreux compact(2). Histoire de l’Afrique. XXVII. Ibn Khaldoun. 1892. 4. 237. qui ne forment qu’une mince couche. l. Une croûte semblable se retrouve souvent dans le Maroc occidental : Gentil. Conf. car on y trouve des ruines enfouies dans des massifs d’arbres. p. 41. Pellissier et Rémusat. 308. l’Algérie. dans Revue de Géographie. p. trad. quand l’homme n’intervient pas pour la casser. 49. est un obstacle au développement des racines des arbres. Gsell. l. Conf. 5. p. . la forêt a repris possession de terrains qui. 341. 1913. Moula Ahmed. ibid. p. ____________________ 1. 3.. Gentil. Voyages dans le Sud de l’Algérie. Telles enfin les terres fertiles de l’Ouest du Maroc. Berbrugger. sur lesquelles s entend une sorte de carapace gypso-calcaire. Constantine. p. Pervinquière. p. Toutain. c. 319.. Atlas archéol. dans la traduction de l’Histoire des Berbères d’ibn Khaldoun par de Slane. sols qui se dessèchent complètement pendant la saison d’été. f° 18 (angle Nord-Est). 225. 300. Ce fait a été observé en Khoumirie et dans le Nord-Est de la province de. dans la Géographie. El Kairouani. des ombrages continus s’étendaient de Tripoli à Tanger(3). due à l’évaporation d’eaux remontant par capillarité(1) : cette croûte. devaient être cultivés. 151 province de Constantine et de la Tunisie. le Maroc physique. 214. 2. trad. leur assertion ne peut pas plus être admise que les mots ager arbori infecundus de Salluste. Goyt. même très peu exigeants. les Cités romaines de la Tunisie. entre Souk Ahras et la Calle(5).

moins nombreux qu’ailleurs. En revanche. p. plusieurs nous font connaître des forêts qui ont disparu : celles qui entouraient Laribus. probablement aussi une grande partie de celles que Corippus signale dans le centre et le Sud de la Tunisie. IV 1803. Le déboisement de la Berbérie a dû commencer dès les temps antiques. 19). de céréales beaucoup de sols dénudés . Si les hommes transformèrent en champs. 383 : « A 10 kilomètres à la ronde. Mais cette forêt « n’est en réalité qu’une broussaille peu serrée ». s’ils y plantèrent même des arbres fruitiers. naturelles.152 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. p. On a de même constaté l’existence dans l’Aurés d’une ruine importante.). celles qui Hérodote et Strabon indiquent dans le voisinage de Lebda. Aux époques d’insécurité antérieures à la paix romaine. genêts. I. Diehl. LVIII. à l’Est d’El Djem. dans la plaine et dans la montagne. près de Larache. . Vaissière. parmi les textes anciens que nous avons cités. un Tunisie (Mnumené. dans Nouvelles Archives des missions. on ne rencontre pas le moindre Arbre. ou couverts seulement de broussailles (lentisques. les ruines de Lixus. dans Comptes rendus de l’Académie d’Hippone. l’agriculture reçut ____________________ 1. » 3. des massifs montagneux servirent peut-être de refuges à des populations qui s’y sentaient mieux défendues que dans les pays plats contre les attaques brusques et le pillage : ce qui dut contribuer à la diminution des forêts. il est probable que l’agriculture agrandit aussi son domaine aux dépens des forêts. palmiers nains. jujubiers. 2. Dans les premiers siècles de notre ère. non loin du Kef(2) . dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. — Il y a de nombreuses ruines dans la rabah de Chebba. — Au Maroc. Le djebel Borma et le djebel Chettaba sont aujourd’hui dénudés . aujourd’hui cachée en pleine forêt(1). si l’on reconnaît un dieu des forêts dans le Silvanus qui y était adoré. 1800. On peut noter aussi la disparition des bois indiqués par Hannon au cap Cantin. on doit admettre qu’il n’en était pas ainsi dans l’antiquité. qui sont aujourd’hui très peu boisés . p. etc. sont en partie couvertes par des chênes lièges. à la colline des Grâces et au cap Misrata(3). ne l’empêchent pas de se reconstituer.

dans les plaines et dans les vallées. les champs cultivés ont dompté les forêts. 30. des pays qui bordent la vallée du Chélif. quand le sol s’y prêtait. 1. dans Rec. II.. 43. atteste le fort peuplement de la Kabylie orientale. Le récit qu’Ammien Marcellin fait de la révolte de Firmus. De anima. d’une partie des Babors. au VIe siècle(3). En beaucoup de lieux. la végétation naturelle ne subsista peut-être que sur les sols dont on ne pouvait pas tirer un parti plus avantageux. au début du IIIe siècle. non seulement pour augmenter la surface des terres disponibles.. 2. Tertullien écrivait. à la fin du IVe siècle. mais aussi pour écarter les fauves. furent sans doute exploitées plus activement que par le passé. Dans les deux cas. les régions montagneuses et forestières. De pallio. et II. Ajoutons aux causes de la diminution des forêts une exploitation probablement abusive. 19. où les indigènes. non sans emphase(1) : « De riants domaines ont effacé les déserts. étaient refoulés. 13. comme à la broussaille. L’Afrique septentrionale était alors très peuplée. . p. 10. XXXVI. Preuve certaine de l’accroissement du genre humain ! nous sommes à charge au monde. soit. Partout retentit cette plainte : la nature va nous manquer ! » En s’exprimant ainsi.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. qui entourent Aumale(2). à l’agriculture. l’Afrique byzantine. Vand. des mesures législatives encouragèrent le défrichement. Conf.. 32 et suiv. Conf. 1902.. le prêtre de Carthage devait surtout penser à son pays natal. Gsell. si nombreux. restés barbares. les plus fameux. Bell. ils devaient être tentés de s’attaquer à la forêt. in fine. de Constantine. Diehl. 3.. par suite de l’accroissement de la population. Ces indigènes se livraient soit à l’élevage. Pline constatait déjà la dispari____________________ 1. Procope donne des indications analogues pour le massif de l’Aurès. ennemis redoutables des hommes et des troupeaux. les troupeaux ont mis en fuite les bêtes féroces. Par suite de la mise en valeur d’un grand nombre de terres fertiles. 153 une impulsion vigoureuse . 2. p.

la Kahena. étaient sans doute fréquents.154 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Uritur aimes seges cultos matura per agros. les vers de Lucrèce. — Corippus (Johann. la menuiserie. XI. 6. très dense. 585. 3. V. que des quantités importantes de bois étaient expédiées à Rome. Il y a là. La destruction des forêts a pu aussi accompagner les maux qu’entraînaient les guerres. passage cité plus haut. . En Noweiri. Ibid. 451-3 Raptor ubique furens urbes succendit et agros. depuis Tripoli jusqu’à Tanger. Johann. il mettait à la disposition du bétail. accidentels ou prémédités. 5. Strabon (XVII.. p. une forte exa- ____________________ 1. Conf. une végétation herbacée vigoureuse et les jeunes pousses du recrû(4). des incendies de forêts en Afrique . Il est vrai qu’il s’agit surtout d’arbres fruitiers.) décrit un incendie de forêt. Allumé à dessein. 1906. et in cineres sese consumpta resolvit. 151. fit couper partout les arbres qui. 155-7 . flagrans quae solvitur igne. la fameuse héroïne berbère. p. une étincelle suffit pour causer des dommages très étendus. Sola perit. d’après Gabinius. le chauffage. Les incendies. quand souffle le siroco desséchant. certainement. appositus »). III. le feu préparait le sol pour la culture. 60 et suiv. 1243 et suiv. 1. En Afrique même. la population. en l’enrichissant de la potasse fournie par les cendres . tion de certains boisements de thuyas(1). XIII. n. dans Revue tunisienne. VIII. devait en consommer beaucoup pour la charpenterie.. comme de nos jours(3). On nous dit que. 4. 2. Voir plus haut.. 400-2. Par les chaudes journées d’été. allumé volontairement (« ignis. par exemple.. p. l’auteur qu’il cite prétendait que les éléphants se donnaient la peine de combattre le feu. Mais ces vers sont une comparaison imitée d’Homère : voir.. Iliade. 331-3 . 3. 140. vers la fin du VIIe siècle. l’année suivante. Corippus nous montre des indigènes révoltés brûlant les arbres en Byzacéne(5). XX. 3. Des documents du BasEmpire indiquent. il fallait du charbon pour traiter les minerais dans des exploitations situées généralement en pays de montagne et de forêt(2). Omnis et augescit crescentem frondibus ignem Arbor. nous l’avons vu. Noc seges aut arbor. 8) mentionne. Carton. formaient des ombrages continus(6).

depuis longtemps déjà. cause d’incendie (4). pour que les Arabes. p. 406. Il n’en est pas de même des espaces où l’on introduit le bétail. 155 _____________________ 1. p. Victor de Vite.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. méconnaissant du reste ses véritables intérêts. » Moula Ahmed. Les moutons. 278. c. 984. XIII. la Kahena voulait. est l’ennemi de la forêt. les chèvres et les . enlever des ressources aux envahisseurs arabes et les empêcher de faire du butin : si les ravages qu’on lui impute ont été véritablement commis. Mais le berger. les bœufs écrasent les pousses .. africaine. ils ont atteint les plantations d’arbres fruitiers. A la fin du Ve siècle. à laquelle il met le feu pour se procurer des pâturages. Tissot. être fort éprouvées. 177. Elle se reconstitue assez facilement. I. El Kairouani. p. p. Rev. Lacroix. III. Manuel de l’agriculteur algérien. ces forêts avaient dû. L’introduction du bétail dans les forêts prospères présente peu d’inconvénients . l’Afrique byzantine. l. Il parait donc inexact d’affirmer que les mesures ordonnées par la Kahena aient « accru dans une proportion irréparable la dévastation des forêts africaines(2) ». 2. ut ligna profutura navibus dominicis incidatis. Diehl. elle a même l’avantage de détruire le sous-bois.. de couper les arbres. « Kahina ordonna aux peuples qui lui étaient soumis de ravager les campagnes et les jardins. qui. 3. au XIe siècle. ne rencontrassent rien qui pût les attacher à l’Afrique. D’ailleurs. 237 : la Kahena envoie l’ordre de « couper les oliviers et tous les arbres à fruits ». Conf. lorsqu’on la laisse en repos. Rivière et Lecq. beaucoup plus que les peuplements forestiers(1). durcissent le sol et empêchent l’éclosion des germes . 20 : « lussi estis in Corsicanam insulam relegari. surtout dans les pays humides du littoral. ne trouvant de ressources nulle part. p. peut-être leur était-il difficile de trouver en Afrique les matériaux nécessaires.. assure-t-on... gération. Quoi qu’il en soit. 54 . jeta sur l’Afrique du Nord des milliers de nomades et développa beaucoup la vie pastorale. c. 4. par leur piétinement répété. 1. Les progrès du déboisement ont été sans doute très grands depuis l’invasion hilalienne. Conf. p. les Vandales faisaient couper en Corse des arbres qui leur servaient à construire des navires(3) .

88 . 76-77. présente la même constitution (grès medjaniens) que le Tamesguida et les crêtes boisées de la région de Djidjeli. les Forêts de l’Algérie. dit M... entièrement dénudé. de constitution et d’allures identiques. p. dans l’Atlas de Blida. elle se devine. Se retirant devant eux.. On trouvera de nombreux renseignements à ce sujet dans une publication du Gouvernement général de l’Algérie : Commission d’études forestières. Gentil. Ils ont pour causes principales le pacage et les incendies. 2. Voir d’autres exemples cités par Ficheur. Dans l’ouvrage de Lefebvre. p.(1). kilometres au Nord. dans les Ouled Sellem et le Bellezma(4). au pied méridional de l’Aurès. Des forêts devaient s’étendre jadis sur des montagnes. Il en est de même de celles du Maroc(2). l. aujourd’hui dépourvues de végétation. Dans tous les chaînons disséminés sur les plateaux. 89. de Sétif à Aïn Beïda. » En général. Mais l’œuvre de destruction qui se poursuit sous nos yeux date de loin. « Le djebel Mégris. p.277. 1904. c. Ils sont manifestes dans les montagnes qui dominent les grandes plaines de la province de Constantine. Compte rendu des séances et rapport de la Commission (Alger. à trente. On peut apprécier en Algérie les ravages commis dans les régions forestières depuis la conquête française. 4. chameaux broutent les bourgeons naissants. des indigènes qui habitaient des plaines allèrent se réfugier dans des districts montagneux. dans le djebel Amour. Sur beaucoup de points. Les forêts de la Tunisie centrale sont aussi en décroissance. que l’on voit passer progressivement vers le Sud à des montagnes boisées. Les effets de l’invasion se firent sentir là même où les nomades ne pénétrèrent pas. qui offrent les mêmes sols que des chaînes voisines. 91. . Ficheur(3). etc. 3. les jeunes tiges avec leurs feuilles et leur écorce. ce sont les calcaires du crétacé inférieur qui forment ces crêtes mamelonnées ou ces croupes entièrement dénudées. le Maroc physique. portant encore des arbres. il est impossible de fixer ____________________ 1. dont ils accrurent la population . 80 et 83. il fallut y faire de la place.156 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. à l’agriculture aux dépens de la forêt.

Ils se sont certainement répartis sur une période très longue. le revêtement du sol. qui s’en imbibent. Le djebel Sadjar. Voir à ce sujet Rabot. 1804. au Sud-Ouest de cette ville : ibid. VIII. en sens contraire. porte un nom qui signifie la montagne des arbres . ibid. p. la disparition de la végétation naturelle donne aux hommes les terrains de culture qui leur sont nécessaires.. qui sont presque irréparables dans les régions de l’intérieur. La terre en absorbe beaucoup moins que la forêt n’en reçoit(3). 1809. On peut cependant en diminuer les inconvénients et les dangers. 157 ____________________ 1. 1907. La vérité est entre les deux opinions extrêmes. qui commença sans doute aux temps antiques. Les arbres arrêtent une bonne partie de l’eau du ciel que reprend l’évaporation produite par le soleil ou par le vent. de Constantine. Le déboisement du Chettaba. parait-il. p. plus sèches et plus peuplées de bétail que le littoral. Ce qui est certain.144-5. c’est qu’en pays de montagne. nu Sud du Chettaba. prés de Constantine. dans Bull. La reconstitution de certaines forêts n’a pas pu compenser les pertes. Rec. de date relativement récente : Féraud. En plaine et sur les pentes douces. De même. XVI. elle est assurément moins exposée à s’évaporer que dans les surfaces découvertes. 405. p. par les racines des arbres. Elle a ailleurs des conséquences fâcheuses. l’époque de ces déboisements(1). Voir plus haut. atténue beaucoup le ruissellement. XII. forêt ou broussaille. le déboisement de diverses montagnes de l’ancienne tribu des Ouled Abd en Nour. 169-170. Elles ne paraissent pas favoriser autant qu’on l’a dit l’alimentation des sources. 47-48. 1808. Nous ne pensons pas que les forêts aient une grande influence sur la formation des pluies(2). et. en établissant sur les pentes des terrasses . qui se sont aggravées de siècle en siècle. XIII. 153 et suiv. Pourtant il faut se garder de les exagérer. dans la Géographie. 2. de géographie historique. le déboisement a été un mal : personne ne saurait le contester. p. Quant à celle qui parvient au sol. 82-83. Buffault. mais elle est souvent accaparée par le terreau et par les mousses. est. auxquelles elle suffit à peine dans beaucoup de lieux de l’Afrique septentrionale. 3. 1910. p. il n’y en a plus un seul : Cherbonneau..FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. p. A cet égard.

. la proportion est de 18. à peine 5 p. mais ses effets. Actuellement. p. Le déboisement avait commencé dès cette époque. funestes sur les terrains montagneux. la superficie de forêts est d’environ 500 000 hectares. où la constitution du sol et le climat ne se prêtaient pas à la végétation arbustive. mais il s’agit de vraies forêts. Des remarques qui précédent. ____________________ 1. Il faut dire qu’en bien des lieux. dont 2 000 000 pour le Tell. en Allemagne. dans l’antiquité comme de nos jours. nous pouvons conclure que. 418). superposées.2 p. de 23 (Brunhes. 100 de la superficie de cette région. En Tunisie. Dans quelle mesure ? nous l’ignorons. furent combattus en maints endroits par le travail de l’homme. Elles étaient probablement plus nombreuses qu’aujourd’hui(1). il y avait en Berbérie de vastes régions dénudées. En France. portant des cultures.158 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 100. soit 15 à 16 p. 100. Il y avait aussi dans cette contrée des forêts étendues. ce qu’on appelle forêt n’est qu’une humble broussaille. Les anciens ont souvent pratiqué ce mode d’aménagement des sols accidentés. les forêts couvrent 2 800 000 hectares en Algérie. la Géographie humaine.

où elles ne peuvent réussir que dans quelques lieux privilégiés : tels le cotonnier et la canne à sucre. Il ne sera donc pas inutile d’exposer brièvement quelles furent. les conditions de l’exploitation du sol. tel le ____________________ 1. voir de Mas Latrie. L’étude des régions naturelles et du climat a montré qu’elles ne pouvaient pas être partout les mêmes. Nous n’avons pas à parler ici de certaines plantes dites exotiques.CHAPITRE V LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL I Pendant tout le cours de leur histoire. dans la Berbérie d’autrefois. Les végétaux cultivés dans l’Afrique septentrionale à l’époque antique furent ceux dont le choix était indiqué par la situation de cette contrée. Pour le cotonnier. depuis une longue série de siècles. grande ville industrielle et commerçante. sont répandus dans les autres pays de la Méditerranée. ceux qui. cultivés çà et là à l’époque arabe(1) . qu’elles ne permettaient point partout des résultats également heureux. que les anciens ont peu connues . les populations de l’Afrique du Nord ont tiré presque uniquement leurs ressources de la culture et de l’élevage. Traités de paix et de commerce concer- . qu’en tout cas. Il n’y eut dans l’antiquité qu’une exception : Carthage. ils ne paraissent pas avoir acclimatées en Berbérie.

218 . Rev. 1869. le même. On sait qu’elles représentent des sédiments. voir dans l’édition de Müller. II. africaine. si fidem rescapit. 23). Atque eiusmodi terram pingnibus arenis putrem. les diverses corrections proposées (conf. 41) parle des terres du Byzacium. si on ne les amende pas. 3. Mais dire que la sécheresse est une condition de la culture du riz est une absurdité. est un mot qu’ils ont emprunté aux Arabes. comme ceux de la plaine voisine d’Oran. faciles à travailler.. Numidia putres arenne fecunditate vel robustissimum solum vincunt. etc. de quelques plaines du centre de la province de Constantine. dont les Berbères se servent. après les pluies. riz. à p. ubi pterumque arboribus viduum solum frumentis seminatur. p. Lacroix. le travail de là charrue se fait très facilement. des sables friables l’emportent en fertilité sur les sols les plus robustes(3). 1. Pour la canne à sucre Mas Latrie. 1044. 1. c. sont rendus infertiles par leur forte salure. manquent de calcaire et ne sont point propices à la culture des céréales. 2. 221 . Dans l’Afrique du Nord. se lit ainsi : όρυζοτροφεΐ δ’ή γή διά τόν αύχμόν. note) semble disposé à faire venir le mot latin aryza (riz) du berbère « aruz ». 1862. 2. Les premiers constituent des terres fortes. les autres. des terres légères. relatif à l’oasis d’Augila. 1. II. 167 (conf. 25 : « …Numidiae et Aegypto. africaine. Mais le terme rouz. p. Certains sols. ce sont surtout les sols argilocalcaires (marnes) et silico-calcaires qui conviennent aux céréales(2). » La distribution des couches de phosphate de chaux est importante au point de vue agricole. p. veluti cinerem solutam. au Sud de la Cyrénaïque. Lacroix. XIII. p. le même. d’épaisseur variable. édition de Ptolémée. dont l’agronome romain Columelle a pu dire : « En Afrique. qui n’a été introduit dans l’agriculture méditerranéenne qu’au moyen âge(1). Le texte est donc altéré. les coquilles de mollusques. Les terrains siliceux qui s’étendent sur la majeure partie de la région littorale. exigeant un labeur intensif . dans la province de Constantine et le Nord de la Tunisie. De re rustica. mirum . 3. p. p. 671). l. dans la période éocène. 166-7 et 314.. L’érosion a attaqué ____________________ nant let relations du chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale. Berbrugger. quamvis levissimo dente moveri satis est. 411. VI. — Un passage de Strabon (XVII. préface : « In Africa. où. 116-9). les coprolithes. » Conf. 2. » Pline l’Ancien (XVII. et où abondent les restes de grands poissons. n. absorbant et conservant bien l’humidité. qui se sont accumulés le long d’anciens rivages à l’époque tertiaire. Movers (die Phönizier.(4). Rappelons à ce propos un passage assez curieux de Pomponius Méla (1. et oryza est évidemment une transcription du grec. dans Rev. 32) : « Interius (à l’intérieur de la Numidie) et longe satis a littore. p. c. en Numidie. 4.160 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.

qui accusent toujours une teneur notable en phosphate de chaux ». 1896). bien plus abondantes qu’elles ne le sont en Berbérie. 3. dans la Medjana (au Sud-Ouest de Sétif) .LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. . Voir Bernard et Ficheur. muricum ostrearumque fragmenta. Or. 1905. p. Pour suppléer par l’irrigation au manque ou aux caprices des précipitations atmosphériques. sur une longueur d’une soixantaine de kilomètres. 11. dans Annales de Géographie. Pervinquière. dans la région de Souk Ahras. p. Saurin. 411. » Conf. fuctibus et non differentia marinis. On évalue à environ 220 000 hectares la surface totale des terres irriguées actuellement en Algérie et en Tunisie(3). 3. XVII. à l’ouest de Gafsa. au Sud du pays des Némenchas (djebel Ong) . 161 ces dépôts en beaucoup d’endroits. 1911. et si de futurs travaux ____________________ ad modum spinae piscium. Bernard. écrit un géologue(1). Strabon. en a charrié d’innombrables parcelles. l’Avenir de l’Afrique du Nord (Paris. « Il est curieux d’étudier. p. en Algérie et en Tunisie. la répartition des ruines romaines [en Tunisie] . Mais l’étendue des sols géologiquement fertiles surpasse celle des terres où la culture des céréales peut se faire dans des conditions favorables. de Berrouaghia. que 18 millions d’hectares recevant 0 m. p. dans Revue scientifique. 353. Une tranche de pluie de 35 à 40 centimètres est en général considérée comme un minimum nécessaire pour le succès des récoltes. XX. 48. aux environs d’Aumale. II. on constate que les raines d’exploitations agricoles sont tout particulièrement nombreuses sur les marnes de l’éocène. inflxae cautibus anchorae et alia eiusmodi signa atque vestigia effusi olim usque ad en loca pelagi in campis nihil alentibus esse invenirique narrantur. entre le Kef et Tébessa et dans le voisinage de cette dernière ville . de Boghari. saxa adtrita. dans Annales de Géographie. uti solent. superficielles et souterraines. il n’y aurait guère. éléments de fertilité qu’elle a mêlés au sol des vallées et des plaines. il faudrait disposer de réserves d’eaux. d’après un calcul approximatif. 40 de pluies annuelles(2) : c’est à peu près le tiers de la France. 363. Les principaux gisements de phosphate aujourd’hui connus se trouvent au Sud-Ouest de Kairouan (à Sidi Nasser Allah) . XI. 2. 1. 1902.

L’irrigation fait prospérer des cultures arbustives ou maraîchères relativement peu étendues. . et les chaleurs brusques qui surviennent alors nuisant à la bonne formation des grains dans l’épi. Même dans les pays qui conviennent aux céréales par la constitution du sol et le climat normal. exécutés au cours d’une année de jachère : ils facilitent l’absorption de l’eau dans le sol. par exemple dans le centre et le Sud de la Tunisie. parfois en avril. il est vrai. afin de moissonner tôt. où elle n’atteint guère que 0 m. on doit compter avec les sécheresses. Ajoutons que cette saison d’automne est celle où il est le plus difficile de trouver de la nourriture pour las bœufs de labour. Par contre. L’agriculture antique a pratiqué les labours préparatoires. 2. la très grande rareté des pluies d’été permet de faire dans de meilleures conditions la moisson et le battage. trop fréquentes durant la saison des pluies et particulièrement graves à l’époque des semailles et au printemps(1). pour labourer et semer. qui tardent souvent en automne. inspirés par les exemples de l’antiquité. dans une certaine mesure. 35. élèvent ce chiffre. cultiver même en céréales des régions où la tranche de pluie s’abaisse au-dessous de 0 m. soit amolli par les pluies. ce ne sera pas de beaucoup : peut-être du double. détruisent les herbes qui l’épuiseraient. il faut que le sol.162 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Aussi ce mode d’exploitation est-il très aléatoire dans des régions où la nature des terres s’y prêterait fort bien. durci pendant l’été. l’empêchent de s’évaporer. dès la fin ____________________ 1. p. Les pluies cessant ou devenant rares en mai. Il est ainsi possible de semer sans attendre les pluies. Voir plus haut. On peut. 25. remédier. Mais. Il en résulte que les récoltes sont bien plus incertaines et d’un produit beaucoup plus variable que dans l’Europe centrale(2). il est nécessaire de semer de bonne heure. . 45-46. hydrauliques. à ces conditions défavorables. elle n’est possible qu’exceptionnellement pour les vastes champs où l’on sème les céréales.

Voir Bernard. p. p. Rivière et Lecq(5).. pour l’antiquité. 12. Mais. Conf.LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. p. Battandier et Trabut. l’Algérie agricole en 1906. Il ne faut cependant pas oublier les refroidissements nocturnes : voir plus haut. . disent MM. Rivière et Lecq. c’est incontestablement celle des céréales qui est le moins bien adaptée au climat méditerranéen. 77. fruges nocturno.. Conf. quia siccitas coercet herbas. Cultures du Midi.. le froid retarde la végétation et. Pline. quibus agricola post sementem ante messem segetem non attingit. l. de l’Algérie et de la Tunisie. chiendent.. XVII. Dans une bonne partie de l’Afrique du Nord. le siroco cause parfois de graves dommages. quoniam caeli condicio et terrae bonitas ea est. 412 et suiv. — Columelle et Pline donnent. Les mauvaises herbes (folle avoine. nestibus Africa et Aegyptus. 110. a semente non nisi messibus in arva redeunt. au printemps. II. des indications contraires. c. p. qui craint moins la sécheresse et met un mois de moins à mûrir : elle doit donc être préférée au blé dans les pays où il ne pleut guère. p. 3. à proximité du littoral et à de basses altitudes. Mais. 31 : « Est fertiles Thracia frugum rigore. Columelle. XVIII. la douceur du climat en hiver(2) permet aux céréales de poursuivre leur croissance et de parvenir rapidement à maturité(3). Manuel de l’agriculteur algérien. ut vix ulla herba excat. l’Algérie. les gelées printanières peuvent lui être funestes.. 163 de septembre ou le début d’octobre. dans les hautes plaines de l’intérieur. même pour ces régions. tantum rore nutriente. seu quia qualitas humi sic se cultoribus praebet. nisi ex semine iacto. « De toutes les cultures méridionales. » Pline. 5. sive quia rari sunt imbres. Africa. les assertions des deux auteurs que nous verrons de citer ne sont pas conformes à la vérité. 49 . Corippus. Aegypti et Africae. on ménage l’humidité qui s’est emmagasinée pendant la jachère et que des plantes trop serrées tariraient vite(1). 702 . » Cette affirmation est plus vraie encore pour le blé que pour l’orge. » On voit qu’il s’agit ici des régions sèches de l’Afrique. par exemple dans la région de Sétif. après qu’elle est partie. Enfin. 41.. Johannide. etc. Trabut et Marés. p. ____________________ 1. il est vrai. 2. 3 : « . 299-303.) abondent et se développent vigoureusement(4). dans les années où l’on est forcé de semer tard. II. Cyrenis. 186 : « In Bactris.. 4. En semant clair dans les pays secs.

164 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Malgré les risques quelle comporte, la culture des céréales a pris une .grande extension en Berbérie à l’époque antique. Nous ne savons guère comment elle s’y est établie et propagée. La lutte contre la forêt et le marais dut être moins pénible qu’en Gaule(1) : les sols marécageux sont assez peu nombreux(2) et nous avons vu que beaucoup de terrains ne sont pas favorables à la végétation arbustive(3). Mais il fallut s’attaquer à la broussaille, qui est souvent très dense et très tenace, surtout dans les bonnes terres(4). L’identité des conditions naturelles et quelques témoignages explicites(5) permettent de croire que les régions où l’on cultivait les céréales étaient à peu prés les mêmes qu’aujourd’hui. Nous mentionnerons surtout : les plateaux du Maroc occidental, où s’étendent en vastes nappes les terres noires, connues sous le nom de tirs, et où des terres rouges sont fertiles aussi ; la plaine de Sidi bel Abbés ; des espaces, d’ailleurs assez restreints, dans les régions de Saïda et de Tagremaret ; le plateau de Tiaret et le Sersou ; les plaines de la Medjana, de Sétif et celles qui sont situées au Sud de Constantine, de Guelma, de Souk Ahras ; les plaines de Ghardimaou et de la Dakhla, traversées par la Medjerda ; le plateau central tunisien et les va1lèes environnantes ;

____________________ 1. Voir Jullian, Histoire de la Gaule, I, p. 103. 2. Pour les plaines voisines du littoral, voir plus haut, p. 6. Il y a des raisons de croire que les anciens ont desséché le lac Halloula, au Nord-Ouest de la plaine de la Mitidja : Gsell, Atlas archéologique de l’Algérie, f° 4, n° 56. Il est bien plus douteux qu’ils aient mis à sec le lac Fetzara, au Sud-Ouest de Bône : voir ibid., f° 9, n° 25. Dans cette dernière région, des marais furent desséchés au second siècle de notre ère, mais peutêtre seulement pour établir une route : Cagnat, dans Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, 380 et 381. Dans la Tunisie centrale, l’inscription d’Aïn el Djemala-nous montre des colons demandant des concessions de terres marécageuses, afin de les planter en arbres fruitiers : Carcopino, dans Mélanges de l’école de Rome, XXVI, 1906, p. 308 (conf. p. 370). 3. P. 140 et suiv. 4. Conf. saint Augustin, Quaest. in Heptateucham, II, 2 : « Sicut solel uber terra, etiam ante utilia semina, quadam herbarum quamvis inutilium feracitate laudari, » : Le même, Contra Faustum, XXII, 70 : « ... agricolae quam terram viderint quamvis inutiles, tamen ingentes herbas progignere, frumentis aptam esse pronuntiant. » 5. Nous les indiquerons quand nous étudierons l’agriculture carthaginoise et l’agriculture romaine.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 165 une partie du littoral oriental de la Tunisie, au Sud du golfe de Hammamet, au Nord et autour de Sousse. La plupart des pays que nous venons d’énumérer sont des plaines, hautes ou basses. Ailleurs, dans les régions montagneuses, Rif, grande et petite Kabylie, Khoumirie, Aurès, etc., des vallées se prêtent à la culture des céréales, mais les superficies disponibles sont en général peu étendues. L’arboriculture a été autrefois et redeviendra sans doute très florissante en Afrique. Elle peut réussir sur des terres médiocrement favorables aux céréales. En premier lieu, dans les pays de montagnes, à pluies abondantes, mais à sol pauvre : comme la végétation naturelle des forêts, certaines espèces fruitières s’en contentent. Les sources, nombreuses dans ces régions, servent en été ou durant les périodes sèches de l’hiver à des irrigations, nécessaires aux jeunes plants et utiles aux arbres adultes. Cependant les arbres fruitiers, surtout l’olivier, le figuier, l’amandier, supportent assez bien de longues sécheresses(1). Leurs racines puissantes vont chercher l’humidité qui s’est maintenue dans les profondeurs du sol ; alors que le soleil a desséché la croûte supérieure. Cette réserve existe en quantité suffisante, même dans des pays où la tranche de pluie ne dépasse guère 0 m, 25. Si, par l’aménagement habile des eaux disponibles, on s’y procure le liquide nécessaire à l’arrosage des jeunes sujets, on peut y créer de vastes vergers, à récoltes presque assurées. Telle fut, dans l’antiquité et même plus tard, la cause de la prospérité de la Tunisie orientale et méridionale, du pays des Némenchas, du Hodna. Il est naturel que les centres de quelque importance s’entourent d’arbres fruitiers, dont les produits servent surtout à la consommation locale. Aujourd’hui, encore, bien des villes de
____________________ 1. Il faut excepter les espèces à pépins, qui craignent les chaleurs sèches, et aussi les cerisiers,el les pruniers.

166 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. l’Afrique septentrionale sont parées d’une ceinture de beaux jardins(1). Il en fut de même au moyen âge, comme l’attestent les géographes arabes, et sans doute aussi dans l’antiquité ; on sait que les vergers de Tlemcen ont succédé à ceux de Pomaria. Enfin, dans les oasis du Sud où l’irrigation permet la culture, de nombreux arbres à fruits poussent sons le couvert des palmiersdattiers, assez chétivement et au prix d’un travail acharné. Seul, le dattier, probablement indigène au Sahara(2), a une véritable valeur économique, que les anciens n’ont pas négligée(3). Dans la Berbérie proprement dite, les deux espèces principales sont la vigne et l’olivier, qui y existent à l’état sauvage depuis les temps les plus reculés(4). Des oléastres se rencontrent

____________________ 1. Tétouan, Fez, Sefrou, Meknès, Demunt, Bebdou, Miliana, Mila, Msila, Ngaous, etc. 2. Cosson, le Règne végéétal en Algérie, p. 52. De Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 240-2. Fischer, Die Dellelpalme, dans Petermanus Mitteil., Ergänzungsheft, LXIV (1881), p. 2. Il convient d’ajouter que l’on n’a aucune preuve de l’existence actuelle de dattiers véritablement sauvages dans le Sahara. 3. Hérodote, IV, 172, 182, 183. Théophraste, Hist. plant., II, 6, 2 ; IV, 3, 5. Pline. V, 13 ; XIII, 20 (où il est question des dettes qui ne se conservent pas et doivent être consommées sur place) ; XIII, III ; XVIII, 188. 4. Dans l’antiquité, des oliviers sauvages (oléastres) sont indiqués en divers lieux : Pline, V, 3 (près de Lixus, sur la côte occidentale du Maroc) ; Ptolémée, IV, 3 ; Salluste, Jug., XLVIII, 3 (région de l’oued Mellègue) ;Table de Peutinger (Ad Oleastrum, entre Sfax et Gabès) ; Corippus, Johannide, VI, 573 (au Sud-Est de Gabès) ; Périple de Scylax, § 110, dans Geogr. gr. min., 1, p. 87 (île de Djerba) ; inscriptions d’Henchir Mellich, d’Aïn Ouassel et d’Aïn el Djemala, epud Toutnin, Inscription d’Henchir Mettich, p. 8 (III, 10-11), et Carcopino, Mélanges de l’École de Rome, XXVI, 1906, p.370 (Tunisie centrale). Conf. saint Augustin, Contra Faustam, XXII, 70 : « Agricolae... quem monttem oleastris silvescere adspexerint, oleis esse utilem culture accedente non dubitant. » — Battandier, Flore de l’Algérie, Dicotylédones, p. 581 ; « Aucune plante ne peut, d’après sa dispersion actuelle, être considérée comme indigène en Algérie à plus juste titre que l’olivier, qui constitue notre espèce forestière la plus généralement répandue, en dehors de toute action de l’homme. » Conf. Fischer, Der Oelbaum, dans Petermanns Mitteil., Ergänzungsheft CXLVII (1904), p. 4, 5, 8. On peut cependant se demander si une partie de ces oléastres ne sont pas des de noyaux provenant d’oliviers cultivés, noyaux que les oiseaux auraient transportés. La vigne, bien nettement caractérisée, a été trouvée dans des dépôts quaternaires en Algérie (Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 20), comme en Europe (de Saporta et Marion, l’Évolution du règne vegétal., II, p. 179 ; en Italie, dès le pliocène). Des textes anciens mentionnent des vignes sauvages. Telles étaient sans doute celles du cap Spartel, qui valurent à ce promontoire le nom d’Ampelusia, (Άμπελουσια, d’άμπελος, vigne) traduction

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 167 à peu près partout, fort loin dans l’intérieur des terres(1), et n’attendent que la greffe pour donner d’excellents produits. L’olivier cultivé vient, sans avoir besoin d’engrais, sur les sols les plus pauvres, sauf sur les terrains marécageux(2). Il peut fructifier à des altitudes assez hautes, plus hautes même qu’on ne le dit d’ordinaire, puisque nous trouvons des restes de pressoirs antiques à plus de 1000 mètres(3). Cependant il se ressent des froids vifs et persistants de l’hiver, des gelées tardives et répétées du printemps. Au contraire, la chaleur, pourvu qu’elle ne soit pas excessive(4), semble exercer une influence heureuse sur la teneur des fruits en huile : on a constaté que « les mêmes

____________________ grecque d’un mot indigène ayant, nous dit-on, la même signification (kôtès) : Pomponius Méla, I, 25 ; conf. Strabon, XVIl ; 3, 2, et Ptolémée, IV, 1, 2. Telles ‘étaient peut-être aussi ces vignes de la Maurusie (Maroc actuel), au sujet desquelles Strabon (XVII, 3, 4) donne des indications dont il ne se porte pas garant : deux hommes pouvaient à peine en étreindre le tronc et les grappes avaient une coudée de longueur. Les Lixites, habitants de l’Atlas, ce nourrissaient, dit Pausanias (I, 33, 5), du raisin des vignes sauvages (άμπέλων άγρίων). Pline (XII, 133 ; conf. XXIII, 9) parle du produit de la vigne sauvage d’Afrique, qui servait à des usages médicinaux ; on l’appelait massaris. Un traité faussement attribué à Aristote (De mirabilibus auscultationibus, 161) signale une espèce de vigne qui existait en Libye et qu’on appelait vigne folle : elle portait presque dans le même temps des fruits mûrs, verts et en fleur. C’était probablement une vigne sauvage. — La vigne pousse encore à l’état sauvage dans beaucoup de lieux de la Berbérie : Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 20-21 ; Eugler, apud Helm, Kulturpflazen und Hausthiere, p. 89 de la 6e édition. Il faudrait savoir, il est vrai, s’il s’agit de vignes véritablement sauvages, ou de pieds issus de pépins pris à des plants par des oiseaux : sur les caractères distinctifs de la Vitis silvestris et de la Vitis vinfera (vigne cultivée), voir Stummer, Milteilungen der anthropologischen Gesellschaft (Vienne), XLI, 1911, p. 283et suiv. Dans l’Afrique du Nord, la Vitis vinifera à peut-être été introduite par les Phéniciens. 1. On en trouve en plein Sahara : Schirmer, le Sahara, p. 190. Dans l’Ahaggar, l’olivier sauvage est Appelé aleo, nom qui n’est sans doute que le mot latin olea (olivier cultivé) : indication de M. Basset, d’après le P. de Foucauld. 2. Rivière et Lecq, Manuel, p. 353. Conf. Columelle, De arboribus, 17, 1. 3. Voir plus haut, p.88, n. 6. — Selon une opinion rapportée par Théophraste (Hist. plant., VI, 2, 4 ; conf. Pline, XV, 1), l’olivier ne croîtrait pas à plus de trois cents stades de la mer (55 kilomètres). D’autres indiquaient une distance plus grande. Columelle, V, 8, 5 : Hane arborem plerique existamant ultra miliarium sexagesimum (prés de 90 kilomètres) a mari aut non vivere, aut non esse feracem. Sed in quibusdam locis recte valet. » On rencontre dans l’Afrique du Nord des oliviers bien plus loin du littoral. 4. Conf. Pliine, XV, 4 : « Fabianus negat provenire in frigidissimis oleam, neque in enlidissimis. » Géoponiques, IX, 3 : l’air chaud et sec est nécessaire à l’olivier, comme cela se voit en Libye et en Cilicie.

168 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. variétés sont plus riches en matières grasses en Afrique qu’en France, et dans les stations du Sud que dans celles du Nord(1) ». La vigne cultivée prospère admirablement dans les régions à climat tempéré, voisines de la mer. A l’intérieur ; elle peut être très éprouvée par des gelées survenant au printemps, alors quelle a déjà commencé à bourgeonner(2). Le figuier et l’amandier paraissent être indigènes aussi en Berbérie(3). Le premier de ces arbres ne souffre ni du froid, ni de la sécheresse ; il accepte tous les terrains et s’élève à de hautes altitudes (1200 mètres en Kabylie), L’amandier est de même très rustique(4) et ne redoute guère, en dehors du littoral, que les froids printaniers. Parmi les cultures légumières, celle des fèves convient particulièrement à l’Afrique du Nord(5). Cette plante craint peu la sécheresse, grâce à ses racines très longues. De plus, par la qualité qu’elle a de fixer l’azote de l’air, elle constitue un véritable engrais et prépare le sol à recevoir des céréales; il en est de même, du reste, des autres, légumineuses.

____________________ 1. Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 80. conf. Fischer. l. c., p. 30-40. 2. D’autre part, la culture de la vigne présente des risques dans les régions où règnent de très fortes chaleurs à l’époque de la vinification (par exemple dans la vallée du Chélif). La fermentation s’y fait dans de mauvaises conditions, à moins qu’on emploi des procédés de réfrigération, inconnus des anciens. 3. Pour l’indigénat du figuier dans les pays méditerranéens, voir Engler, apud Helm, l, c., p.97-98. Le figuier cultivé descend certainement du figuier sauvage : de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 236. — L’amandier abonde à l’état sauvage (avec des amandes toujours amères) dans de nombreuses montagnes de l’Algérie. Cosson (le Règne végétal en Algérie, p. 26) déclare qu’il est « manifestement indigène ». Battandier, Flore de l’Algérie, Dicotylédones, p. 206 ; « Il parait réellement spontané sur divers points. 4. Conf. Columelle, V, 10, 12 ; Palladius, Agric., II, 15, 7. 5. Il est possible que cette plante soit indigène en Berbérie. Pline (XVIII, 121) mentionne en Maurétanie une fève sauvage : « (Inba) nascitur et sun sponte plerique in locis,… item in Mauretania silvestris passim, sed praedura et qune peroqui non possit. » On trouve encore dans le Sersou une féverole qui parait être spontanée : voir Trabut, dans Bull, de la Société d’histoire naturelle de l’Afrique du Nord, 1911, p. 116-122. — Nous devons toutefois observer que le nom berbère de la fève, ibiou, plur. Ibaouen (en dialecte zouaoua), n’est nullement un Indien d’une très haute antiquité, comme de Candolle (p. 256) semble disposé à le croire ; il vient du mot latin faba ; Stummu, dans Zeitschrift fûr Assyriologie, XXVII, 1912 ; p. 122 et 126.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 169

II Pour l’élevage comme pour l’agriculture, il faut tenir compte de la répartition des pluies. Dans les pays où la moyenne annuelle dépasse 0 m. 35, et lorsque les chutes d’eau ont lieu sans trop d’irrégularité, les conditions d’existence du bétail sont bonnes pendant une grande partie de l’année. En décembre, dès novembre même quand les pluies sont précoces, le sol se couvre d’un talus d’herbes naturelles, graminées et légumineuses, dont beaucoup plaisent aux troupeaux. Elles sont plus savoureuses et plus nutritives dans les régions élevées, telles que les montagnes du Nord du département de Constantine, les hautes plaines de Sétif et de Tiaret. Mais elles se développent mieux dans les parties basses du littoral, où le climat est plus doux. Aux hautes altitudes, le froid ralentit la vie des plantes; les chutes de neige empêchent le bétail de paître; la rigueur de la température et surtout les gelées nocturnes font de nombreuses victimes. A partir du mois de juin, le soleil grille les pâturages que n’humecte plus la pluie, et son action peut être hâtée par des coups de siroco. En juillet. Parfois en août, le bétail s’alimente encore, tant bien que mal, avec les herbes desséchées et les chaumes. Mais, entre le mois d’août, et la fin de novembre environ, la campagne ne lui fournit presque rien, sauf sur des terres où l’humidité est maintenue par des irrigations artificielles, et dans les forêts où les arbres protégent le gazon coutre les ardeurs du soleil. Pendant cette période critique, il est en général nécessaire de nourrir au moins le gros bétail avec des réserves. Dans les pays de steppes, c’est-à-dire dans le Sud de la Tunisie, dans une partie des hautes plaines de la province de Constantine, dans celles des provinces d’Alger et d’Oran, dans le

170 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Dahra marocain (à l’Est de la Moulouia supérieure), dans la zone intérieure des plateaux qui s’étendent entre l’Océan et l’Atlas, les pluies, peu abondantes et irrégulières, font cependant pousser une végétation chétive, composée de graminées et de salsolacées. L’alfa vient sur les sols calcaires(1), le drinn sur les dunes, l’armoise blanche (chih des indigènes) dans les dépressions limoneuses ; le guettaf est surtout répandu dans l’Est, sur les terres salées. Le bétail ne se nourrit pas d’alfa, il mange de l’armoise quand il n’a pas autre chose à se mettre sous la dent, mais il recherche le guettaf et les petites herbes qui viennent s’intercaler entre l’alfa et le chih(2). Il y a donc en hiver, dans ces régions, d’utiles pâturages, moins souvent ensevelis sous la neige que les montagnes élevées du Tell. Mais ils s’épuisent vite : ce qui nécessite le déplacement fréquent des troupeaux, qu’exigent aussi la rareté et le peu d’abondance des points d’eau. Le bétail doit subir le froid sans abri, car des étables l’immobiliseraient. Après la saison des pluies, la végétation est encore entretenue pendant quelque temps par des rosées, que provoque un rayonnement nocturne très intense. Mais, en été, l’eau manque dans les steppes, le sol ne donne plus guère de nourriture; les maigres herbes qui le tapissaient en hiver n’ont pas pu être fauchées pour constituer des réserves. Il faut donc que les troupeaux se transportent ailleurs, soit dans les montagnes du Sud, où ils ne trouvent pas toujours l’alimentation liquide et solide dont ils ont besoin, soit plutôt dons le Tell. Enfin, la lisière septentrionale du Sahara offre çà et là, dans la saison hivernale, des pâturages, vite épuisés. Les bœufs ne peuvent être élevés que dans les régions à pluies abondantes et à pâturages riches. Ils se plaisent surtout
____________________ 1. L’alfa est le spartum africanum de Pline (XIX, 26 ; XXIV, 65), sorte de jonc, propre à un sol aride, qui est en Attique de taille exiguë et ne sert à rien. 2. Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 115.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 171 dans les pays montagneux, où les herbes sont fines, où la végétation se conserve plus longtemps qu’ailleurs, grâce aux nombreux suintements des eaux souterraines et au couvert des forêts. Ils sont nombreux au Maroc, chez les Zemmours et les Zaïanes, dont les territoires sont parcourus par l’oued Bou Regreg et ses affluents; dans la pointe Nord-Ouest du Maghrib (entre Tanger et l’oued Sebou) ; dans les régions d’Aumale et de Boghar ; dans le Nord-Est de la province de Constantine (pays de Guelma, de Jemmapes, de Bône, de Souk Ahras) ; dans le Nord de la Tunisie. Le cheval a besoin de moins d’humidité et peut même vivre dans la steppe. Les pays qui produisent aujourd’hui les plus beaux sujets sont, au Maroc, la province d’Abda (au Sud-Est de safi) ; en Algérie, les régions de Sebdou, de Draya, de Frenda, d’Ammi Moussa, de Tiaret, de Chellala, de Boghar, d’Aumale, les hautes plaines de la province de Constantine (Medjana, régions de Saint-Arnaud, de Châteaudun-du-Rummel, d’Aïn Mlila, de Batna, de Khenchela, de Tébessa), le bassin du Hodna ; en Tunisie, les environs du Kef, les plaines de Kasserine et de Fériana. Le mouton s’accommode naturellement fort bien des pâturages du Tell(1), et il ne faudrait pas que l’expression banale « pays du mouton », par laquelle on désigne les steppes de l’intérieur de l’Algérie, fit croire qu’elles soient les terres qui lui conviennent le mieux. Ce qui est vrai, C’est qu’elles doivent surtout à cet animal leur valeur économique, d’ailleurs très médiocre. Sur de vastes espaces où l’eau est rare et où les déplacements s’imposent, le mouton peut rester jusqu’à quatre jours sans boire et accomplir de longues marches. Il recherche les herbes salées et accepte les eaux magnésiennes, fréquentes dans les steppes.
____________________ 1. Sauf dans les pays de froid humide.

172 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Si les chèvres sont très nuisibles par la voracité avec laquelle elles broutent les bourgeons, les écorces et même les rameaux des jeunes arbres, elles savent, quand il le faut, se contenter des plus maigres pâturages, des plus misérables broussailles. Elles supportent au besoin la soif pendant plusieurs jours, comme les moutons, et elles résistent bien aux intempéries. Très prolifiques, elles rendent de grands services par leur lait, leur viande, leur poil et leur peau. Un des grands obstacles au développement de l’élevage fut, dans l’antiquité, l’abondance des fauves, dont le nombre diminua beaucoup à l’époque romaine(1). III Dans certaines parties de l’Afrique septentrionale, on n’a guère l’embarras du choix entre les différents modes d’exploitation que nous venons de passer en revue. Les steppes ne se prêtent qu’a l’élevage ; les hautes plaines du centre de la province de Constantine, les terres noires, de l’Ouest du Maroc, propices aux céréales, ne sont pas favorables, en général, à la bonne venue des arbres ; au contraire, le sol d’une partie du centre et du Sud de la Tunisie convient bien à l’arboriculture, tandis que le climat exclut presque les céréales ; dans les oasis, on ne peut guère faire que des cultures fruitières. Cependant une classification qui prétendrait répartir les régions de l’Afrique du Nord en terres à céréales, en pays d’élevage, en pays d’arboriculture, serait évidemment inexacte. Beaucoup d’entre elles admettent des exploitations diverses. La monoculture, souvent reprochée à nos contemporains, ne se justifie pas dans une grande partie du Tell. Sous un ciel d’or-

____________________ 1. Voir plus haut, p. 110.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 173 dinaire clément, l’homme de la campagne peut s’occuper dehors pendant presque toute l’année et il dispose de plus de temps que dans l’Europe centrale ; par suite des conditions de la végétation, les travaux nécessaires aux différentes cultures s’échelonnent de manière à pouvoir être exécutés les uns après les autres par les mêmes bras. « Les labours pour les céréales, dit M. Saurin(1), se font de juillet à fin novembre; à peine les semailles sont-elles terminées qu’il est temps de labourer, de piocher et de tailler les vignes. Aussitôt après, le cultivateur... coupe ses fourrages et ses moissons (avril à fin juin). Les travaux de la vendange interrompent, durant une quinzaine de jours, les labours préparatoires aux semailles. » Ce ne sont pas seulement les produits qu’ils peuvent tirer du sol qui déterminent les hommes à se fixer dans telle ou telle région. Ils doivent se préoccuper d’avoir à leur disposition l’eau nécessaire à leur alimentation et à celle des animaux domestiques. C’est auprès des sources que s’élèvent les habitations. Or il y a des pays de l’Afrique septentrionale où ces sources sont rares et tarissent même en été. Ils ne peuvent être que très maigrement peuplés, si l’on n’y constitue pas des réserves en emmagasinant les pluies d’hiver, si l’on ne creuse pas des puits pour atteindre les nappes souterraines : tel est le cas du Sud de la Tunisie et d’une bonne partie du Maroc occidental. Il faut tenir compte aussi de la résistance plus ou moins grande des organismes humains au climat. L’Afrique du Nord est presque partout salubre(2). Elle l’était déjà autrefois. Hérodote dit que les Libyens sont les plus sains des hommes qui lui soient connus(3). Salluste parle en ces termes des indigènes :
____________________ 1. La Tunisie (Paris, 1897), p. 14-15. 2. Surtout le Maroc, où la malaria parait être très rare : Fischer, MittelmeerBilder, II, p. 361. 3. IV, 187 ; conf. II, 77. Les Maures, dit Élien (Nat, anim., XIV, 5) sont beaux et grands.

1. pour les Grecs et les Romains.. parmi ces hommes qui vivent longtemps. XXII. 1882-3. . A l’époque de la domination romaine. sauf ceux qui périssent par le fer ou par les bêtes. Jug. dans Bull. ceux dont la vie est la plus longue.174 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. IX. Il en était sans doute. VIII. sont les plus robustes des Libyens et. qui eut. car il est rare que la maladie les emporte(1). 34. Je citerai en particulier cette inscription de Sétif (C. XVII. De senectute. patiens laborum . 20387) . L. la malaria s’opposait à des établissements humains. qui mourut nonagénaire. » 5. dit-on. Appien. X. était moins avancé qu’aujourd’hui.. agile. plerosque senectus dissolvit. de correspondance africaine. velox. nisi qui ferro aut bestiis interiere . 16 (édition Büttner-Wobst). XXXVI. du moins dans les parties qui n’étaient pas drainées par des canaux artificiels.. « Race d’hommes au corps sain. p. La cause en est peut-être que l’hiver est peu rigoureux chez eux et que l’été n’y est pas d’une chaleur torride. Polybe.Valère-Maxime. P. 4. 3. 71. là même où la terre ferme avait pris la place du marais. I. » Masinissa. Nous avons dit(5) que la Mitidja était alors à peu près inhabitable . les inscriptions latines qui mentionnent des centenaires sont fort nombreuses(4). p. Conf.. 291-6 . Lib. 2. ibid. car le travail des fleuves. « Genus hominum salubri corpore. écrit Appien(2).. I. comblant peu à peu les marécages par des apports d’alluvions. Cidéron. entre autres. p.. Poulle. elles devaient l’être plus encore dans l’antiquité. un fils à quatre-vingt-six ans et montait encore à cheval deux ans avant sa mort. dans Rec. résistant à la fatigue: la plupart succombent à la vieillesse. « Pescennia Suturnina vix(it) an(nis) CXXV . surtout quelques plaines basses. voisines du littoral . de même de la plaine de la Macta et d’une partie de celles qui s’étendent en arrière ____________________ 1. comme chez les Éthiopiens et les Indiens. se valente fecit. Lib. 1897. 6 . XXXI. de Constantine. ext. 71. le plus bel exemple de cette vigueur et de cette endurance physiques(3).Certaines régions sont cependant fiévreuses. 13. 108 . » — « Les Numides. nam morbus haud saepe quemquam superal.. fut. 6-7. Masqueray. 344-8. 1882.

L. où les eaux d’irrigation s’écoulent mal. 431 (Carthage).. 7. où souvent les rideaux de palmiers empêchent le vent de circuler. du moins en été(1). qui fit beaucoup de victimes à Carthage au milieu du IIIe siècle de notre ère. L’air de la ville d’Hippone était assez malsain.LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. VIII. aurait prophétisé. Schirmer. 9048 (Aumale) . « varias saeculi plagas…. sine febribus(2) : c’était. 29. 5. 4: « aeris morbidi ». Monceaux. II. p. 18792 (région d’Aïn Beïda). 224-5. Lettres. à la fin du mois d’août 430) : Possidius. De mortalitate.. p. Une autre. vint d’Éthiopie et se répandit dans tout le bassin de la Méditerranée(8). Des pestes. von Gebhardt. Vie de saint Cyprien. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Diodore. L’une d’elles. dont on n’indique pas en général le caractère exact. à Carthage. Le même. Atlas archéologique de l’Algérie. 251 et suiv.… famem. Histoire littéraire de l’Afrique chrétienne. saint Augustin. dans cette ville romaine. 1). VIII. XIX. sont malsaines pour les blancs . III. Augustin y mourut des fièvres. Celle qui sévit sous la domination byzantine. Diodore de Sicile. qui vécut quarante ans sans avoir souffert des fièvres.. Observons aussi que les nombreux travaux hydrauliques établis par les anciens ont pu çà et là contribuer à la diffusion du paludisme. 114. Gsel1. . Pontius. 303 et suiv. Vie de saint Augustin. 2. il y avait aussi des régions insalubres. Au Sud de la Berbérie. C. au dire de celui qui raconta sa passion peu de temps après. ____________________ 1. 114 : à la fin du Ve siècle. 8. soit à l’époque romaine(6). C. n° 59 (p. 6. Ad Demetranium. Justin. Sermons. 145. 9050. terraeque motus et cynomiae venena cruciantia (il s’agit de mouches venimeuses) » . p. 10. 4. le Sahara. à Carthage et dans d’autres lieux de l’Afrique. 14 (où il décrit les effets physiques de la maladie) . I. 24 et 73 : vers 370. soit à l’époque carthaginoise(5). 4 . 11 : au VIe siècle. Conf. qui éclata à la fin du Ve siècle avant J. Medic. Ausgewählte Märtyracten. Pour les fièvres d’Afrique dans l’antiquité. une exception digne d’être signalée(3). Saint Cyprien.. XVIII. A l’intérieur. luem. 6. Saint Augustin. Une inscription d’Auzia (Aumale) est l’épitaphe d’une femme. XIII. voir encore Celse. Conf. col. les oasis. 9. en mai 259. I. 5. parait avoir été propagée par des troupes qui l’avaient contractée en Sicile(7). 3. 1906. f° 9. XV. XIII. 175 de Bône. 6.-C. sont mentionnées à plusieurs reprises. CXXVI. — Le martyr Marianus exécuté à Lambèse. p. à Carthage (cette peste fut très meurtrière). L. les nègres et les métis en supportent mieux le climat(4).

Nous verrons qu’une grande partie de ses habitants. Voir plus haut. toute la population campa dans les champs. au C. Diehl. — Saint Augustin. . — Tremblement de terre en Asie. 2571 . à Ad Maiores. I. fut provoquée par une terrible invasion de sauterelles . sommo f]essis contigit… » Ce tremblement de terre parait avoir aussi causé des dégâts à Lambèse : Wilmanus. V. Gallieni duo. 2e édit. en 543. en Libye. ont fait bon usage des ressources qui s’offraient à eux. Sermons. p. en 262 de notre ère. I. non seulement les Carthaginois et les Romains. Johannide.. . ____________________ 1. p. ni l’intelligence. à Rome. Cagnat. au Sud de la Numidie) : [post terra]e motum quod patriae. L. 2. l’Afrique du Nord est une contrée où la vie humaine se développe dans des conditions favorables. furent des accidents. édition de Corippus. 136-7 3. pour les autochtones aussi bien que pour les immigrants originaires du régions tempérées de l’Europe et de l’Asie. Ces contagions désastreuses. Une autre. 339. lorsqu’ils ont su qu’ils tireraient de leur travail un profit équitable. p. qui ne causèrent que des maux passagers. fut aussi apportée d’orient(1). 442. lorsqu’ils ont été libres de travailler en paix. C. Ces qualités doivent se déployer presque partout avec vigueur. d’ordinaire. I. tremblement de terre violent à Sétif . car le pays n’est pas une terre bénie qui dispense libéralement ses dons. XIX. p. mais encore beaucoup d’indigènes. dans la Tunisie centrale : « [templum… per ter]rae motum dilabsum ». L. 13362 (à Aunobaris. l’Afrique byzantine. Corippus. Parisch. XVI-XVII . Conf. dans la province romaine et en Cyrénaïque(2). signalée en 125 avant J.. III. 6 : en 419. elle s’étendit en Numidie. l’Armée romaine d’Afrique. 343 et suiv. Paterno et Arcesilao co[n]s[ulibus].-C. — C. 2480 et 2481 (en 267. où. pendant quinze jours. 4 : « mota et libya » (mais il n’est pas sûr qu’il s’agisse de la Berbérie). L. hora noc[tis…. comme aussi certains tremblements de terre(3). VIII. Histoire auguste. En somme... le climat Affaiblit ni la force physique.176 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. VIII.

Marseille. 274-8. surtout dans l’Europe occidentale: les pré- ____________________ 1. Ces objets appartiennent aux premières phases de l’industrie paléolithique et ressemblent à ceux qui ont été recueillis dans d’autres contrées. II. 1909) . 102-113). voir en particulier p. plus haut. LI. dans ses Instructions pour les recherches préhistoriques dans le Nord-Ouest de l’Afrique (Mémoires de la Société historique algérienne. 1891. p. 100 et suiv. 1911. au musée de Saint-Germain et au musée d’ethnographie du Trocadéro. voir aussi Revue africaine. 7705 . LV. 306-325. L. t. Pallary a donné plusieurs bibliographies très détaillées du préhistorique de la province d’Oran : Association française pour l’avancement des sciences. III. dans Revue africaine. — Le musée le plus riche en antiquités préhistoriques de l’Afrique du Nord est celui d’Alger : voir Pallary. Revue africaine. p. p. 1907. Alger. p. p.LIVRE II LES TEMPS PRIMITIFS CHAPITRE PREMIER LA CIVILISATION DE LA PIERRE(1) I Les plus anciens témoignages de l’existence de l’homme dans l’Afrique du Nord sont des armes et des outils de pierre. 39-56 (on trouvera une bibliographie aux p. Conf. 2. J’ai adopté les grandes décisions indiquées par M. Pallary. trouvés avec des restes d’animaux qui habitaient le pays à l’époque quaternaire. 1906. M. Bibliographie du préhistorique saharien par Flamand et Laquière. pendant une période de chaleur humide(2). . 233-7. Il y a aussi des collections importantes à Oran et à Constantine (musées municipaux).

haute d’une trentaine de mètres. soit avant. dans Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. — Sur ces trouvailles. on a signalé. Près du village de Palikao. ou des moitiés de galets. 3. avec des pièces chelléennes. p. dans Zeitschrift für Ethnologie. travaillés sur une seule face)(1). c. 150. hippopotame. historiens distinguent trois types. Ils gisaient pêle-mêle(3) au pourtour d’une colline de sable. surtout les deux derniers : chelléen (« coups-depoing » sommairement taillés). p. n’ont été façonnés que par des agents naturels. : Scweinfurth. Les outils ou armes sont des coups-de-poing chelléens. 20. de prétendus éolithes à Chelma (près de Biskra) et à Gafsa : Chantre. . pourtant. dans Bull. sans difficulté. sanglier. moustérien (pointes. zèbre. chameau. antilopidés. Des restes de poteries grossières (Matériaux. Clermont-Ferrand. Dans l’Afrique du Nord. etc. p. p. c’est ce que l’on peut admettre.178 LES TEMPS PRIMITIFS. en grès et surtout en quartzite. on a découvert de nombreux instruments en pierre et des ossements. en partie façonnés ____________________ 1. f° 32. débris de chasse. 1888. des galets de grès. 1907. MM. De Morgan. dans Assoc. A Ternifine. p. Beaucoup d’os présentent des incisions. 1908. en partie bruts (du côté où on les tenait en main). se rapportant à une faune quaternaire chaude : Elephas atlanticus. girafe. longue de 0 m. Française. 15 à 0 m. racloirs. soit après l’invention de la taille. 220) ont montré que ce sont des éclats qui se retrouvent dans des ateliers paléolithiques de la région. Eylert. Pour ceux de Gafsa. 221-232. II. n°14. 1906. mais aussi d’instruments très rudimentaires. lames. acheuléennes et moustériennes. des cailloux qui présentent un aspect tout à fait semblable et qui. voir surtout Pallary et Pomel.. Nous devons ajouter que toutes les trouvailles faites en ce lieu ne datent pas de l’époque quaternaire. ou sont cassés au milieu. l. acheuléen (« haches » en forme d’amande. Nous laisserons de côté les éolithes. XX. XXXIX. dont la forme est vaguement celle d’une amande. Capitan et Baudy (Revue de l’École d’anthropologie. 141 et suiv. de la Société archéologique de Sousse. IV. d’une technique plus soignée). Mais il faudrait pouvoir distinguer les éolithes accommodés et utilisés. 2. Atlas archéologique de l’Algérie. rhinocéros. p. pierres qui auraient été simplement accommodées pour l’usage. qui se rencontrent souvent ensemble. constituée par des apports de sources artésiennes et recouverte d’une couche de grès. non seulement de pierres brutes. sans doute pour l’extraction de la moelle. Ou sait que des préhistoriens placent avant l’industrie paléolithique une longue période éolithique. 1910. très grossiers. 223-4) sont certainement beaucoup plus récents. dans la province d’Oran(2). 688 . Que les hommes se soient servis. à l’Est de Mascara : Gsell. ou bien d’un rectangle. XXII.

dans l’Anthropologie. Ils reproduisent exactement les deux types chelléen et acheuléen. dans Matériaux. 2. 1892. les plus longs dépassent (0 m. p. les observations de Boule. ibid. Pallary. p. II. d’Oran. 179 à grands éclats. celle d’Aboukir. p. sanglier. zèbre. au Sud-Est de Mostaganem. Ouzidane.. ibid. p. hippopotame. les uns. Assoc. Takdempt. à l’Ouest e Dellys (cheuléen et acheuléen) : Reinach. au Nord de Tlemcen (acheuléen) . d’antilopes. ont la forme d’une amande. charriés par une source artésienne. ou à peine travaillés. Bull. sont d’une autre époque. Le gravier qui constituait le fond de la nappe d’eau contenait le même mélange d’ossements (Elelphas atlanticus. p. Conf. pointes et racloirs. p. II. dans l’Anthropologie. Sur bien d’autres points(5). et ont donné lieu i une étude attentive(2). 3. Pallary. pl. 18. p. de rhinocéros. Il est très probable que les deux séries sont contemporaines(3). qui ont pu être utilisés. rhinocéros. Latapie . Oudjda (acheuléen) : Pallary et Pinchon. I-II (découvertes de M. au Nord et surtout au Sud de cette ville (chelléen. XIX. Rabat (chelléen) : Pallary. 313. 1-21. Ces stations(4) sont datées par la faune associée aux restes du travail humain. Lacour et Tureal. Dans les notes qui suivent. Parmi ceux-ci. 1903. ____________________ 1. etc. 427-9. 1900. 1893. 496 . a donné des catenires taillés à grands éclats et des bouts de silex. 347-350. acheuléen) : indications de M. 6. f° 31. 1908. fig. Une troisème station de la province d’Oran.657-661. Les autres sont des silex de petites dimensions : soit des éclats. qui ont pu servir de pointes et de racloirs. des morceaux de silex et de quartzite. soit quelques instruments taillés sur une seule face. 177-8. p. Boule. l. Gsell. 5. 1907. 309-310 . Diverses stations dans la région de Tébessa. archéologique du Comité. 4. Atlas. . Besançon. 232 . Ces objets étaient ensevelis dans des sables. de dimensions moindres.. Bull.) et d’outils primitifs. et des amas d’escargots. 1892.. Des constatations analogues ont été faites au lac Karar. p. n° 47. 7. Près du village de Montagnac . 20. c. Aïn el Hadjar. dans Assoc. je ne mentionnerai que les découvertes les plus importantes. trouvés aux abords immédiats de la pièce d’eau. petit réservoir naturel situé au Nord de Tlemcen(1).LA CIVILISATION DE LA PIERRE. XXII. XIX. Marseille. Gentil). en général non retouchés. en quartzite. le même. simplement cassés. conf. p. Voir Pomel. 173-4. XVIII. 1888. au Sud de Saïda (acheuléen) : Doumergue. Française. 605. p. avec une pointe plus ou moins effilée. au Maroc(6). XI. 2 et 3. Française. 1891. enAlgérie(7). d’un grand bœuf. Une hache polie et des pointes de flèches à ailerons. avec des ossements d’Elephas atlanticus.

LV. tantôt ils se trouvent avec des objets moustériens(3). Voir par exemple. soit dans des ateliers. XXVI (conf. Debruge. et Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. XIX. L. XLIV. ils sont confondus et paraissent être de même époque. au Sahara(2). Rec. 1910. racloirs. 88 . — On n’a pas encore découvert d’outils chelléen et acheuléens dans la Tunisie septentrionale et centrale. p. 5. p. Bull. à la p. situées d’ordinaire en plaine. 69. XX. voir aussi Flamand et Laquière. p. p. Revue africaine. Région de Redeyef. dans le Sud de la Tunisie(1). dans Documents relatifs à la mission Flatters. fig. p. Foureau. à la p.. 4. Ouzidane : Pallary. p. Aïn el Hadjar : Doumergue. Verneau. acheuléens et moustériens abondent dans cette région. p. 1911. Française. A 400-500 kilomètres au Nord de Tombouctou : Caplan. 1. LV. établis aux lieux où il y a des gisements de silex utilisable ateliers qui étaient souvent importants. alternées de manière à former une arête sinueuse : galets et disques devaient être des projectiles(5). Reygasse et Latapie. p. p. pl. Capitan et Boudy. Oudjda : Pinchon. au Nord-Ouest de Gafsa (acheuléen) : Pallary. Oum el Bsob. 3. ibid. Région de Gafsa : voir plus loin. p. Instructions. dans l’extrême Sud tunisien. p. 1910. Revue africaine.180 LES TEMPS PRIMITIFS. 312. 270. 1892. pointes. Très fréquemment. ibid. 661. jusqu’au néolithique berbère. 1911. Ils se rencontrent soit sur des emplacements de stations. 2. auxquels sont souvent mêlés des disques à bords coupants(4) et des galets dont la base est restée brute et dont le côté opposé offre des facettes concaves. p. p. 254-5 et pl. XX. De Morgan.. p. 1910. de la Société archéologique de Sousse. 92-93. Redeyef : de Morgan. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. Pallary. dans le Sud de la Tunisie(6). 313-8 3. XLV. Revue de l’École d’anthropologie. 547550. Région de Temassinine : Rabourdin. 1906. 273. 1895. 339-342. Chabet Rechada. ibid. VII A . II. fig. 1908. des instruments chelléens et acheuléens. 1114) . c. du Comité. on a recueilli. VI. p. Assoc. 17-18. non accompagnés d’ossements Tantôt ils sont seuls. 1909.. dans l’Anthropologie. à fleur de terre ou dans des alluvions. 427-430. 110 et suiv. XX. Outils acheuléens. pl. à l’Ouest de Gafsa (cheuléen. 213-4. p. 6. Oum el Ksob : musée d’Alger. fig. archéol. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. 342. p. Bull. Capitan et Boudy. 1893. On trouve ce ces galets à éclats alternés et de ces disques dans les industries plus récentes. le même.. Nous mentionnerons en particulier les découvertes faites aux environs de Gafsa. . p. 179-180 . 1911. 67-69. d’Oran. Ghardaïa : Revue africaine. Revue de l’École d’anthropologie. 1 et 2. dans l’Homme préhistorique. acheuléen) : Fleury. Besançon. CCLXI . pl. 351-4 et trois planches. l. De Constantine. 1908. Les outils chelléens. surtout sur les collines ____________________ Bull.

Assoc. Pallary (Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. p. 173-180 . qui permettrait de les attribuer des périodes successives : en bas. à 2 kilomètres au Nord du village de Sidi Mansour. ils ne se livraient qu’à l’une de ces trois industries. plus haut. Collignon. Peut-être enduites de terre. tantôt à un autre. conf. 1906. Il est vrai que. p. V. puis seuls(1). 1895. Je ne parle pas des prétendus éolithes. au Nord-Ouest de Gafsa. p. matière moins cassante que le silex. Lyon. p. et que leur place parmi les alluvions dépend des hasards du ruissellement. d’abord mêlés à des haches acheuléennes. XX. Revue de l’École d’anthropologie. dans Matériaux. 4. les instruments moustériens. 1887. Il s’ensuit que. II. — Selon Couillault (dans 1’Anthropologie. près des rivières. 87-93) a prouvé qu’à Ouzidane des outils acheuléens. sur de petits plateaux ou des croupes d’où la ____________________ 1. de couleur claire. 3. dans certains ateliers où les artisans exploitaient des gisements déterminés. des coups-de-poing chelléens. trouvés dans les parois du grottes artificielles. de Morgan a montré(2) que les objets dont il s’agit ont été enlevés par des pluies torrentielles faillit à un campement ou a un atelier. XXI. p. 216 et suiv. française. On n’a pas trouvé d’outils chelléens et acheuléens dans des cavernes de l’Afrique du Nord(3).LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 2. surtout aux confluents. Mais l’exactitude de ces observations a été contestée : M. et de Redeyef. en silex très fin. pourtant contemporaines. à l’Ouest du même lieu. Ils s’établissaient de préférence près des sources. 531-3). les haches acheuléennes sont en silex foncé ordinaire. il n’est d’ailleurs pas impossible qu’ils se soient abrités sous des huttes en roseaux ou en branchages(4). une superposition analogue existerait dans d’autres couches d’alluvions. sont bien antérieurs au creusement de ces grottes. dans une éminence formée de couches d’alluvions. 1894. Les roches employées pour fabriquer les objets des trois types n’étaient pas les mêmes : les coups-de-poing chelléens étaient faits en pétrosilex (craie pénétrée de silice). près de Gafsa. Les hommes vivaient en plein air . mais ne comportant pas une taille aussi fine . on a cru reconnaître une superposition de divers types paléolithiques. Capitan et Boudy. 181 d’El Mekta. des outils moustériens. situées non loin de là. 725-6. .

simples éclats utilisés comme pointes ou racloirs. dans Assoc. A Ternifine. A l’époque historique. 5. Instructions. les campements étaient nombreux(3).. Périple de Scylax. . Dans le Sahara. 1891. c.. p.112. divers peuples africains ne servaient encore de javelots appointés de cette manière : Hérodote. Silius Italicus.. p. Les instruments chelléens et acheuléens étaient fabriqués en silex dans les hautes plaines de l’intérieur de l’Algérie et dans le Sud de la Tunisie(7) . Ces primitifs avaient peut-être des objets en bois. Marseille. de vêtements et de récipients. Nous connaissons trop mal cette période de la préhistoire africaine pour pouvoir dire quelles étaient les régions les plus peuplées. p. où l’eau coulait en toute saison(2). p. p. vue s étendait au loin et où il leur était plus facile de se défendre(1). XXII. 600. l. gourdins. mais en général peu étendus(4). en quartzite. Pallary. l. broyeurs. ils n’avaient sans doute guère besoin de se déplacer. massues. des peaux. 7. d’autres avaient sans doute une destination particulière. 231 . Dans les pays où le gibier abondait. il ne faut pas oublier que le climat était plus humide qu’aujourd’hui : voir plus haut. Il y avait des armes et des outils de fortune. Des os pointus ont dû leur servir d’armes(6) . Les uns ont probablement servi à des usages multiples. 4. D’après leurs diverses formes. p. ils ____________________ 1. 51. Pallary. dans Matériaux. min.110. l. gr. De Morgan. 62-63. Instructions p. sans parler des pierres brutes qui pouvaient être employées comme projectiles. française. Ce qui s’explique par la proximité de gisements importants de silex. piques dont la pointe était durcie au feu(5). et nous ignorons l’importance des groupes d’individus associés dans une vie commune : on constate cependant qu’autour de Gafsa. VII. 53. soit en grès. massues. De Morgan. II. 6. 94) . Pallary. p. 8. 2. c. en grès et en calcaire dans le Tell algérien. III. les outils acheuléens sont soit en silex. des cornes d’antilopes et des défenses d’hippopotames ont peutêtre rempli cet office : Pomel. 112 Geogr. où les galets de silex de bonne qualité sont généralement trop petits pour la confection d’un gros outillage(8). soit en quartzite. 3.182 LES TEMPS PRIMITIFS. Les découvertes ne nous renseignent que sur les instruments en pierre. 303-4. 71 .

de Morgan. Conf. p. 1901. en quartzite et surtout en silex. On n’a pas le droit d’écarter comme invraisemblable la première hypothèse. avec quelques géologues. Revue anthropologique. p. p. en Italie(3). 77. qu’au Sahara les hoches acheuléennes sont contemporaines des flèches et autres instruments néolithiques. à l’époque de ces industries. Pallary. Voir plus loin. On ne les trouve jamais avec les industries paléolithique récente et néolithique dans les gisements oit l’on peut affirmer qu’il n’y a pas eu de mélanges de diverses époques : par exemple dans les grottes. XII. 111-7. 183 ont pu être des coups-de-poing. 7. en Espagne(4). des ciseaux. au néolithique berbère. mais ils ne le prouvent pas. l’Europe a pu être reliée au continent africain(5). dans l’anthropologie. Revue africaine. des coins. M. en quartzite. Conf. 8. plus rarement en silex.7 et suiv. 5. s’explique-t-elle par des relations entre les habitants de ces pays ? ou par l’identité des besoins qui.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. p. 1907. dans l’Anthropologie. 563. n’auraient pas été séparées par la mer. deux régions qui. La parfaite ressemblance des instruments trouvés dans la Berbérie et de ceux qui ont été recueillis dans d’autres contrées plus ou moins voisines. Les outils moustériens. avec des instruments . Capitan. 225 Il faut cependant remarquer que. on n’a pas recueilli d’outils chelléens et acheuléens en Sicile. pêle-mêle avec des produit d’une industrie beaucoup plus récente(8). Pallary. Introduction d’histoire romaine. XIX. p. XXII. p. 131 et suiv. 6. en différents lieux. pour gratter les peaux. pierre dont les cassures donnent des arêtes coupantes. 4. on trouve aussi des outils moustériens. 1121) croient. ni dans le Nord de la Tunisie. D’autres stations ne _____________________ 1. p. Instructions. entre autres. des pics. des haches. — Foureau et Verneau (Documents de la mission FoureauLamy. des pioches pour extraire les racines(1). 1909. en différentes régions. Conf. 1906-7. 28-31. LI. 2. Capitan. 1911. Tandis que les outils chelléens et acheuléens ont disparu de bonne heure(6). Au Sahara. il est vrai. Revue de l’École d’anthropologie. des marteaux. p. jusqu’à présent. 1082. XXI. en Égypte(2). Modestov. 3. les formes moustériennes se sont maintenues très longtemps dans l’Afrique du Nord(7) : nous verrons qu’elles se rencontrent. 1911. étaient faits pour percer et trancher. Une opinion contraire est exprimée par Pallary. § IV. en gris. qu’à l’époque quaternaire. Voir. surtout si l’on admet. aurait fait inventer les mêmes outils ? Il est probable qu’on ne résoudra jamais ce problème.

p. Mais. — Grotte des Bains-Romains. deb la Société d’anthropologie de Lyon. Mais il dit sans doute cela au hasard. zèbre.184 LES TEMPS PRIMITIFS. Voir aussi Pallary. 3. dans d’autres contrées : voir. purs de Mostaganem. Marseille. 4. Pallary. hippopotame. dans quelques grottes de l’Algérie. 2). pour l’Europe occidentale. l. 1908. de la grotte du Polygone. 1912.1624 (station de Karouba. vivaient dispersés dans des huttes ou dans les cavernes qui s’offraient à eux. Comme . De Constantine. 1891. Des auteurs anciens mentionnent certaines peuplades de l’Afrique septentrionale qui vivaient. 1.1485-7. 635. et d’ordinaire au-dessous de couches renfermant une industrie néolithique(2). rhinocéros. Bull. 1911. p. d’anthr. par exemple. l’absence d’outils chelléens et acheuléens permet de croire que ces stations sont postérieures à celles dont nous avons parlé précédemment. Ce fut alors. en pleine époque historique. 31 . 1802. p. 203-7. ibid. blanchâtre ou rougeâtre. CXXX. p. Couche inférieure de la grotte des Troglodytes. Histoire de la Gaule. D’autre part. en effet. p. molaire de rhinocéros) . pointes en calcaire. etc.. silex et quartzite . des couches supérieures. des instruments moustériens apparaissent avec une faune quaternaire. que les Africains commencèrent à séjourner dans des cavernes ou des abris sous roche(3). XLII. Capitan. 636-7 . 390-1. Pallary. — Grotte voisine d’Aïn Turk. quand la faune et la disposition des couches de terrain ne donnent pas d’indications à cet égard. qui sont noires. c. II. dans des grottes. hippopotame. de Lyon. Comptes rendus de l’Académie des Sciences.. rhinocéros. avec des pièces moustériennes en quartzite et parfois en silex (la couche supérieure. Pallury et Tommasini. p. au même lieu . 150. etc. du littoral des provinces d’Oran et d’Alger à l’Atlas saharien. p. p. l. 149 et suiv. Assoc. au Nord-Ouest d’Oran (quelques quartzites taillés . près de Lalla Marnia (province d’Oran). p. 112. etc. Bull. Pallary (Instructions. p. .) : Pallary. p. Les Libyens primitifs. à industrie paléolithique récente et grisâtre) : Barbin. 1900. Rec. Bull. à Oran (racloirs. de la Société préhistorique française. Bull. 17. 145-6 et fig. 303. 1119 . naturelles ou ____________________ néolithique : voir Verneau. CXXXVII. du reste. 1116. Bull. Jullian. p. Foureau. affirme Pausanias (X. XI. à Constantine (racloirs et pointes en quartzite et en silex . 44. — Couche inférieure de la grotte des Ours. contiennent que des types moustériens(1). 97) en indique quelques-unes. rhinocéros.) : Ficheur et Brives. pendant la période néolithique et plus tard encore(4). XI. — Abri de la Mouillah. de la Soc. française. apud. au Nord-Ouest d’Alger (silex moustériens . 2. d’Oran. 43. néolithiques. La couche moustérienne des grottes d’Oran se distingue par sa couleur. archéologique du Comité. Il est impossible de les dater avec certitude. zèbre chameau. 1909. Cette coutume s’est perpétuée à travers les siècles.) : Debruge. qui se répartissent de l’Océan au Sud de la Tunisie. couche inférieure jaune.

171 et suiv. V. 3. pris du Tlemcen. .. que les Garamantes. des troglodytes qui vivent dans des cavernes naturelles : Bel. 6) : troglodytes dans les montagnes d’où sort le Lixos (oued Dran). 53. A travers la Tripolitaine. — Strabon. sur leurs chars à quatre chevaux. 1908). XVII. Pline. V.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Vivien de Saint-Martin (le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. 7 (Geogr. dans les montagnes du Sud de la province de Constantine. 44 . p. ce qui est important en Afrique. ____________________ 1. Voir plus haut. beaucoup d’Africains continuèrent à habiter des stations à ciel ouvert. gr. Mais cette région ne correspond guère aux indications de Pline. Les cavernes sont des demeures où les hommes peuvent se garder assez aisément des attaques de leurs semblables et des fauves. la Population musulmane de Tlemcen (extrait de la Revue des Études ethnographiques et sociologiques. I. min. Aux Canaries. des Éthiopiens Troglodytes (conf. 7 : certains Pharusiens (au sud du Maroc) vivent dans des grottes qu’ils creusent.). En Europe. des chaleurs excessives de l’été. La troglodytisme a persisté depuis lors dans diverses régions : en Tripolitaine et dans le Sud-Est de la Tunisie. 2. ou tout au moins aménagées par les hommes. vont à la chasse. un grand nombre d’indigènes vivaient aussi dans des grottes. mentionne des troglodytes à sept jours de marche au Sud-ouest des Amantes. la principale raison qui décida les sauvages de l’époque quaternaire à s’établir dans des cavernes fut sans doute un refroidissement du climat. En tout cas. qui sont encore troglodytes (ils demeurent dans des grottes naturelles). dans l’Atlas marocain(2). qui parle de grottes artificielles : « specuus excavant »). 3. entre autres. avant la conquête européenne. Vivien de Saint-Martin (l. après d’autres) croit qu’il s’agit des habitants du Tibesti. où il y a encore des troglodytes (voir. et aussi. 34. Il y a cependant. Nous avons montré que ce refroidissement a été beaucoup moins sensible au Sud de la Méditerranée(3). ont été presque toutes creusées artificiellement. p.. 185 artificielles(1). 187) dit. p. qui sont eux-mêmes à douze jours à l’Ouest de la grande Syrte. 45. du froid des hivers et des nuits. — Hérodote (IV. Périple d’Hannon. Méla. 116) pense qu’ils habitaient le djebel Gharinne (au Sud-Sud-Ouest de Tripoli). Méhier de Mathuisieulx. p. p. Ces grottes. sur les bords déchiquetés du plateau saharien . 34. — Pline. qui offrent divers types. où ils sont à l’abri de la pluie. 51. c. l. p.

n° 106.. les préhistoriens français distinguent une seconde période. mais la plupart . 1910. Pallary. Conf. p.. n. 1. 171-182. 133 et suiv. LV. 211-4. et jusque dans le Sahara (voir. II ____________________ 1. 1877. etc. Bull. que deux industries bien marquées.. p.186 LES TEMPS PRIMITIFS. ou gétulienne(8). du Comité. f° 50. Debruge. de la Société des sciences physiques d’Alger. El Mekla. 437-8 . 1911. p. 136. 1911. c. 1910. 1907. 44-45 . p. française. 9. Septième Congrès préhistorique de France. 270-4. Atlas archéologique de l’Algérie. 1-9 (pagination particulière). XLIV. p. Instructions. p. de Constantine. 319. p. p. au musée d’Alger. — Pour la station importante de Bir Oum Ali. de Constantine. 3. Récoltes de M. magdalénienne. Des stations des régions de Gafsa(2). dite âge du renne. de Tébessa(4) et de Négrine(5) (au Sud-Est de l’Algérie). p. solutréenne. Pallary. CXXXVII). Pallary. l’autre à l’Ouest. De Morgan. LV. l’une à l’Est de la Berbérie. 8. Capitan et Boudy. Rec. nous n’y retrouvons. caractérisée parles types chelléen. Pallary. Aïn Mlila : Thomas. 1809. Gobert. etc. 5. p. Il n’est pas possible d’appliquer cette classification à l’Afrique septentrionale(1). p. Contra : Pallary. de Redeyef (à l’Ouest de Gafsa)(3). 44 et 94. 240-1. Debruge. 1. De Morgan. 6. XX. f° 40. les premières Civilisations. Bull. Blayac et Capitan. p. Châteaudun du Rummel : Mercier. 218-9). Assoc. XLI. par exemple. avec les planches (conf. 53 et suiv. acheuléen et moustérien. Revue de L’École d’anthropologie. 1909. Revue africaine. pendant laquelle se sont succédé les industries dites aurignacienne. c. Angers. p. nous ont révélé l’industrie que l’on a appelée capsienne(7). 1903. Bull. au nord-Ouest de Gafsa . p. des outils de type aurignacien. 2. Quelques-unes occupaient des abris sous roche(9). Redeyef : de Morgan. Bir Zarif el Ouar (Gsell. Entre le paléolithique ancien et le néolithique. 559-580) . XXII. archéologique du Comité. Nîmes. Il classe dans son capsien des stations que nous attribuons à d’autres industries et il lui donne ainsi une grande extension vers l’Ouest (Revue anthropologique. n° 161) . XIII. entre Tébessa et Fériana. Revue de l’École Après la première période paléolithique. ressemblant à ceux de ces stations. XXI. 24 novemhre 1910. l. dans l’Anthropologie. au musée d’Alger. 319-320. du centre de la province de Constantine(6). — On a trouvé ailleurs. Capitan. 276. 4. 120. 7. Bull. voir Gsell. Stations autour du djebel Sidi Rgheiss (au Nord-Ouest d’Aïn Beïda) : Gsell. récoltes Pallary.. 199-200. De Morgan. Revue africaine. Rec. p. Instructions. p. mais ils sont mélangés à d’autres types et ne constituent pas une industrie bien caractérisée. 207. archéol. 1.. de la Société préhistorique de France. 1911..

de bœufs. 112. de zèbres. l. 180. du Comité. c. p. etc. Quelques lames et grattoirs portent des encoches latérales. c. La station de Bir Laskeria. 438. 63. Rec. celle d’Aïn Mlila. et p. des grattoirs. se terminant en haut épar une partie concave et une pointe d’angle aiguë. dit-on. On ne saurait dire cependant comment cette industrie s’est propagée.. 49 et 50. 37 a. c. 133. avec ceux de l’aurignacien d’Europe(4). mesurait environ 70 mètres sur 50 (Gsell. l.. p. dont les restes. dans le direction de l’Espagne. dans les campements mêmes.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. dans l’Anthropologie. XXI. Conf. 7. de mouflons et même de rhinocéros. fig. 3.. 1. p. p. 20 mars 1912. renfermant. Par exemple. une autre. en assez petite quantité. 1912. d’antilopes. etc. 208. peut-être surtout pour faire bouillir les escargots(3). Les instruments de pierre. p. fig. Le gétulien manqua jusqu’à présent dans l’Ouest de la Berbérie. le même mobilier que les stations des plaines voisines : Gsell. qui ne doivent pas être fortuites. les uns à peu près circulaires. Conf. On les reconnaît à des amas énormes d’escargots. Gobert.. Latapie et Reygasse de la Société préhistorique française. c. p.. 1890. XXIII. XXII. des ossements de cerfs. l. 5. c.116-7. taillées sur une seule face et dont l’un des côtés longs. formant une sorte de dos. Grottes du djebel Sidi Rgheiss. p. l. l. De Morgan. au pied du djebel Sidi Rgheiss. 120.. 361. où se rencontrent. p. sont fréquemment calcinés. La poterie et les haches polies manquent. 4. c. retaillées avec soin. très nombreux.. ont dû servir de récipients pour la cuisine. ibid. dans l’Anthropologie. p. plus haut. Debruge. parfois assez étendus(1). p. présentent des ressemblances. p. XX. 173) . fabriqués en beau silex. p. environ 90 mètres sur 50 (Mercier.. celle de Châteaudun-du-Rummel. 1) . mêlés à des couches épaisses de cendres.. les autres en lame avec une extrémité arrondie. 213.. 271-3 . 2. Quelques lames allongées sont retaillées très finement sur les deux côtés : de Morgan. Quelquefois dans des lieux escarpés. de Constantine. 152. étaient des campements. offre souvent des séries de retouches(5) . On rencontre aussi des disques à arêtes coupantes(6) probablement des pierres de jet(7). Pallary. près de Tébessa. 74). 1. l. Bull. 80 à 90 mètres de diamètre (Thomas. c.. 187 ____________________ d’anthropologie. Ce sont principalement des lames et des pointes. établis d’ordinaire près des points d’eau(2). environ 200 mètres sur 50 (Debruge. archéol. . p. 207-8 (et Revue anthropologique. Les œufs d’autruche. 220). p. 437) . des lames qui paraissent être des burins. 6.

7. 7. devient plus fréquent .. XIX.. c. c.. 274. Morsott. p. ou recourbées en bec de perroquet .. de la Société préhistorique.11~r. 12 (région de Tébessa). PU et pl. de même que des coquilles(5) et des cailloux(6) troués. c. etc. en des suites de filets obliques ou de chevrons. 7. des poinçons. 24 juillet et 24 novembre 1910. 153-5 2. 1901. l. rare dans les stations anciennes. des peuplades du Sud-Est et de l’Est de la Tunisie se peignaient encore la peau en rouge : Hérodote. De petits disques on des segments d’autre forme. p. p. Bir en Nsa.. IV. etc. Debruge. quand on l’aura mieux étudiée. c. p. dans la région de Tébessa : Debruge. p. Cette couleur a pu être appliquée aussi sur des objets mobiliers.. c. fig. 5.. des aiguilles. ou à y exécuter des dessins isolés(7). c. sur des vêtement. 274 et fig. X. Rec.. De Morgan. 1. l’Anthropologie. 70. prés de Sétif : Westerveller... Cette industrie semble avoir duré fort longtemps . ____________________ 1. 211-212 . Conf. il est représenté par des poignards. soit plutôt des bouts de rocher. l.. p. LV. Même industrie dans un abri sous roche de Redeyef : Gobert. Debruge. prés de Gafsa : de Morgan.. 274. c. ibid. des escargotières(1) où les outils de très petites dimensions soit nombreux(2) : pointes droites. 3. 4. Gobert. 1. de Constantine. Des molettes portent des traces d’une couleur rouge (hématite). à tranchant transversal. près de Tamerza à l’Ouest de Redeyef) : récoltes au musée d’Alger . Gobert. Hérodote. Bull.. 6 . de Morgan. Henchir Souatir. 309-312. l. Des débris d’œufs d’autruche sont ornés de gravures. 6. 180. dont deux séries se coupent parfois de manière à figurer un quadrillé. Aïn Aûchen. p. l. sans doute en partie contemporaine du développement de la civilisation néolithique dans d’autres régions. p. — Par exemple. 191 et 194. en des lignes de points(3). L e. Au cinquième siècle. p. Sidi Mansour. 277 . Gobert. p. qui a dû servir à étendre sur la peau un barbouillage. c. et Jacquot. qui étaient soit des tranchets. 24 novembre.. elle devra. IV. p. 7 et 8 (Bir Khanfous et Henchir Souatir). . l. fig. Debruge. 90-97 et fig. Il convient d’attribuer à une époque relativement récente. etc. L’os poli. c. I. c. Bir Khanfous. XXXV. l. 13 . l. De Morgan.319.. Gobert. XXIII. 1878. taillés dans des oeufs d’autruche et perforés(4). être subdivisée en plusieurs périodes. Pallary. silex trapéziformes.188 LES TEMPS PRIMITIFS. planches. 103-5. p. qui consistent en des traits parallèles. Revue africaine. sont des restes de colliers. fig.

Dans l’Ouest de l’Algérie. 2. des cailloux troués(7). 4. Morceaux d’hématite rouge : l. Ibid. Instructions.. Là aussi. II-111 . 1910. 45-46 . c. Barbin. 84. XXXIV (p. 7. à éclats alternés. des grattoirs circulaires . 97. que M. coloriées en rouge. entre autres espèces. 305). des disques à arêtes coupantes. 1910. Voir Barbin. Les outils en silex. 9. p. près de Lalla Marnia (Ouest de la province d’Oran)(1). l. 189 ____________________ parle des peaux. 82. 1. 1912. 84. l. car elle se retrouve dans des stations paléolithiques récentes du Sud de l’Espagne(9). c.. ainsi que les fragments d’œufs d’autruche calcinés. c. p.. 6. Pallary. 120. 45-46. 81. la poterie et les haches polies sont absentes. 83 . conf. Pallary. 87. 1. c. p.. 5. p. sont des lames droites. 3. Barbin. p. . des coquilles perforées(6).. 1912. p. qui rappelle à certains égards le magdalénien européen. 319-320. 46. On a aussi trouvé des morceaux d’ocre jaune : Pallury. Barbin. d’Oran. 1. p. destinées peut-être à façonner des os . La seconde industrie. 1910. 203 et suiv. pl.XXXIV. l. p. p. p. Manuel d’archéologie préhistorique. brutes ou à bords retaillés . — Des minéraux colorants se trouvent dans les grottes européennes dès le début de l’époque du renne : Déchelette. l’on a recueilli des molettes(4) conservant des vestiges de couleur rouge(5). Bull. fort petits. 1910.LA CIVILISATION DE LA PIERRE... 77-90. 83-84. le rhinocéros et le zèbre. c. est surtout connue par les fouilles faites dans les abris sous roche de la Mouillah. 306. Les objets trapéziformes sont encore très rares(2). à dos retouché . Pallary. Instructions. Pallary a proposé d’appeler ibéro-maurusienne. 1910. 8. quelques campements en plein air offrent la même industrie(8). 31. 1912. Des poinçons ou débris de pointes de sagaies sont en os poli(3). Des percuteurs et des nuclei (rognons qui ont servi de matière première) attestent que la fabrication avait lieu sur place. 389-402. p. des projectiles. pl. p. Ibid. Et aussi de simples galets. que portent les femmes libyennes). c. La faune est à peu près la même que celle des escargotières gétuliennes : elle comprend. un grand nombre de lames en croissant allongé. pl. 1910. Les escargots abondent. qui remplissaient le même office. quelques lames à encoches latérales. l. Là aussi.

je crois. Cherbourg. De Lyon. à Bou Zabaouine (près d’Aïn Mlilla. 621-632. Lille. à Saïda (province d’Oran)(4). Marseille. XLII. renfermant des outils moustériens(2). l. Grotte des Ours (couche supérieure) : Debruge. 1801. Bull. 866-883 . Bull. De Constantine. 1-2. Montauban. se trouve dans des couches superposées il un étage plus ancien. de Noiseux. et appartenant à une époque où les espèces les plus remarquables de la faune chaude des temps quaternaires avaient disparu. musées d’Oran et d’Alger. On en connaît dans les trois provinces de l’Algérie. 1892. des Troglodytes (Pallary et Tommasini. française. p. 5. 7. a été aussi habitée) . 6. Rec. Plusieurs de ces abris ont été malheureusement fouillés d’une manière trop peu attentive. française. Debruge. au Grand-Rocher (près d’Alger)(5). le même. D’Oran. 391-8). Debruge croit qu’elle a été habitée dès l’époque de l’industrie paléolithique). qu’on a le mieux étudié cette industrie. dans le centre de la province ____________________ 1. Grotte Ali Bacha (qui a servi à des ensevelissements. 1908. — On peut mentionner en particulier les grottes du Polygone. Bull. p. française. Pallary. p. conf.190 LES TEMPS PRIMITIFS. 3. p. De Constantine. Actuellement. L’avenir nous réserve sans doute des découvertes intéressantes. Fouilles de MM. p. 1902. XI. Voir plus haut. les recherches font encore défaut. non de véritables grottes. de la Société. mais des abris sous roche. 152-9. à Constantine(7). Assoc. Bull. Rec. Grotte du Mouflon : le même. . p. p. 1906. p. française. 1905. du Cuariel. Gsell. les Monuments antiques de l’Algérie. p. II. Assoc. de la Société algérienne de climatologie. II. en plusieurs lieu. XI. II. XL. à Bougie(6). Nous signalerons aussi des cultes explorées au Rio Salado (au Sud-Ouest d’Oran)(3). XII. d est dans les grottes d’Oran(1). Ce sont en général. Musée d’alger. 1894. mais qui. 105-127. Doumergue et Poirier. en particulier dans le Nord de la Tunisie. de la Tranchée (Pallary. p. qui. 117-148. 298-304. p. du Ciel-Ouvert (Doumergue. Bull. 188196 . 2. 633-640). dont les résultats n’ont pas encore été publiés. d’anthr. Grotte de Fort-Clauzel : Debruge. Voir Pallary. 1908. Tommasini. 184. comprenant en général des poteries et des haches polies. 1907. Ailleurs. 4. p. 813-822 (M. d’Oran. 1870. III De nombreuses grottes ont livré un mobilier nettement néolithique. Assoc. p. II. Fouilles Siret. Assoc. de la Société d’anthropologie de Lyon. Doumergue. 202-4). 134-157.

du Rio Salado. 3. 4. des coquilles fossiles. dans l’Anthropologie. 5. française. 630-644. Assoc. et Revue africaine. 1901. VI) signale.. 1900. 222-234. il croit ces objets contemporains de l’industrie néolithique.. De Constantine. Debruge. A Oran. dans Congrès préhistoriques de France. de Constantine)(1). dans les régions d’Alger et de Bougie : Flamand. 731 . Gubert. Périgueux. Caen. XXIII. 635. Ajaccio. . Robert. au-dessus de couches gétuliennes. 2e partie. grattoirs. 128. p. c.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. p. p. — Noter que le vidage des grottes encombrées a dû faire disparaître en certains lieux des couches qui se sont conservées ailleurs : Pallary. p. voir Pallary. p. Les grottes de Saïda. pense-t-il. 6. l’industrie semble être plus ancienne dans les grottes du Polygone et du Ciel-Ouvert que dans celle des Troglodytes. Latapie et Reygasse (voir Bull. Pallary et Tommasini. 1910. 1997. des Ours (à Constantine) ont été probablement habités à une époque plus récente que celle d’Oran . 210-231 . d’Oran.. d’une manière continue ou par intermittences. et d’objets néolithiques sahariens(4). des pointes. 307-370. à défaut de silex . XL. un mélange de la même industrie. 1912. dans une phase récente de son développement. française. La taille est plus ou moins soignée. II. Par exemple. en effet. c. 49. 191 ____________________ 1. De Constantine. des grottes ont été habitées. 273. dans une grotte de Mustapha-Supérieur (à Alger). 29 mars 1912). etc. la couche néolithique atteint çà et là 3mètres d’épaisseur : Pallary et Tommasini. Il est évident. II. le même. et il ne faut pas oublier qu’elles ont dû être plusieurs fois vidées. 2 Delmas. LI. p. à Brezina (dans l’Atlas saharien. p. l. Rec. 731-3 et pl. c. au Sud de Géryville)(2). à Kefel Ahmar et à Kef el Mazoui (près de Tébessa)(3) Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de là Tunisie) offre. 1903. Bull. II.. Ces différences peuvent s’expliquer soit par le développement inégal des industries locales. XXXIV. A en juger par l’épaisseur des débris(7). 744. pendant une série de siècles. Nous avons à peine besoin d’indiquer que le mobilier n’est pas partout le même. p. A la grotte des Troglodytes. Certaines catégories d’instruments sont plus ou moins nombreuses. soit par des écarts chronologiques(6). Instructions. 7. Fouilles de MM. Rec. Assoc. 155 et suiv. Doumergue et Poirier. 1894. p. 1906. Toulouse. Flamand (l. 8. française. quand les couches de détritus et de cendres devenaient trop encombrantes(8). taillées intentionnellement pour servir. p. que cette période de civilisation a été fort longue. Assoc. Les outils en silex sont naturellement assez rares là où la matière première manquait ou était peu abondante(5). — M. l. p. de la Société préhistorique française.

près de Tébessa. . p. p. I. Pallary. 649. 142. dont l’une des extrémités est taillée obliquement en biseau. 1907. mais aussi à racler des bois de flèches. 11) . de grandes lames en silex blond (qui pouraient être des importations sahariennes). Elles ont pu servir. perçoirs)(4) : pointes en bec de perroquet (perçoirs ?) . en os ou en bois(6). l. c. instructions.. l. triangulaires. 188. 4. 2. XVIII. française. 3.. p. 1906..192 LES TEMPS PRIMITIFS. grattoirs circulaires . 1911. quadrangulaires (probablement des bouts de flèches)(5). p. pour le Sahara. ont été regardés à tort comme des hameçons doubles : Lacoste. p. plus fréquentes que dans l’ « ibéro-maurusien »(3) : pointes. 286-7. 743. scies : grand nombre de silex géométriques. burins. L. trapéziformes. Ces objets sont pour la plupart en silex.. 119 et fig. Ils représentent une industrie dérivée de celle de la Mouillah et apparentée à l’industrie néolithique ancienne de l’Europe occidentale. les nuclei. ____________________ 1894. les éclats de fabrication. Sirel. Conf. Caen. dans l’Anthropologie. surtout du Sud-Est de l’Espagne(1). d’Égypte et d’Asie : Déchelette. les unes non retaillées. Instructions. lames à encoches. Des pointes de flèches. 61. Un pédoncule rudimentaire indique parfois que des lames et des grattoirs étaient insérés dans des manches. poinçons. 16. Assoc. à ailerons et pédoncule. Assoc. 108. Des silex semblables ont été retrouvés dans des stations néolithiques d’Europe. 1888. p. Ce sont des outils petits(2). p. p. 5. 33. Des objets fusiformes. 126. légers. Pallary et Tommasini. travaillés sur une seule face : lames non retouchées ou à dos retaillé . terminés à chaque extrémité par une pointe. plus haut. Il y avait dans la grotte de Saïda quelques pointes de javelots pédonculées : Doumergue et Poirier. c. Revue africaine. les autres retouchées sur tout ou partie de leur pourtour (bouts de flèches. p. minces. l. MM. c. forets en forme de cône étroit . 505 et suiv. 387 (conf. Flamand et Laquière. 6. Le même. Les instruments en pierre dont se servaient les troglodytes étaient le plus souvent façonnés sur place. p. Doumergue et Poirier. non seulement à polir des os. 223 et fig. Latapie et Reygasse nous signalent cependant à Kef el Ahmar. contra : Pallary. II. Pallary. les pièces restées à l’état d’ébauche. française. l. p. d’Oran. p. 1. 1894. Manuel d’archéologie préhistorique. Ce sont probablement des bouts de flèches. 40 86. p. comme le prouvent les percuteurs. Bull. Oran.

8. 1910. 1909. c. 2 p. ressemblant aux types européens. ne se rencontrent que par exception(1) . Rec. c. le grès. p. Doumergue. On distingue deux formes : l’une évasée et assez plate. Dans la grotte de Brezina. 627. 1903. française. 2. Toulouse. Le quartzite. ou herminettes. De Constantine. d’où ces objets étaient exportés dans diverses directions. l. par exemple. 9. p. au même lieu : Debruge. p. du côté opposé au tranchant. Grotte Ali Bacha. Voir plus loin. Deux à Saïda : Doumergue et Poirier. 210. le calcaire ont été employés quelquefois. l. l. à Bougie : Debruge. 138. p. Paris. 193 ____________________ 1. 204. 3. Assoc. 620.. De Constantine. près d’Alger. il est à croire qu’elles étaient fabriquées dans des ateliers éloignés(2). propre à l’Afrique du Nord. l’autre en boudin. Quelques-unes sont faites en grès ou en schiste(7). p. 630. Deux carreaux d’aragonite. est bien plus abondant que dans les abris de . Flamand. allongée et cylindrique. peut-être sahariens(3). Instructions. 1906. Quatre à Kef et Ahmar : fouilles de MM. en même temps que le silex. Debruge.. 14 (je ne crois pas qu’ils soient d’une autre époque que les objets néolithiques). XLII. 7. p. l. Ces objets ne sont pas toujours polis sur toute leur surface. Haches. française. roche verte tirée des gisements triasiques que l’on trouve sur de nombreux points de la Berbérie(8) et près desquels devaient être établis des ateliers. 18 et 19.. p. II. taillées sur les deux faces. deux pierres à rainures devaient avoir la même destination : Delmas. 49. Il y en avait cependant un assez grand nombre dans une grotte de Brezina : Delmas. 6. 5. XL. ou coins. 1892. 1908. Assoc. Assoc. par une pointe mousse. pour façonner de grossiers outils(4). c. fig. p. 374.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. de la Société de climatologie.. Cette seconde forme. p. présentent une rainure médiane. p. II. la matière première (orphite) se trouve en abondance dans cette région. française. II. Grottes de Brezina : Delmas. Quelques-unes dans les grottes d’Oran : voir. XII. c. mais souvent avec des dimensions plus grandes. 153. Pallary et Tommasini. Pau. 371. Latapie et Reygasse. 373. la plupart en ophite. 120. I. s’est conservée dans l’industrie néolithique récente. 4. Cherbourg. terminée. Les haches polies(5) sont assez rares(6) et généralement petites. Rec. trouvés à l’entrée de la grotte du Grand-Rocher. 140 et fig. qui servait sans doute à polir des objets en os : Bull. L’os poli(9). Assoc. Grotte de Fort-Clauzel. p. française. Pallary. p.

noirâtre. 4. l’une en os. Quant à celui des peaux. vers le haut. il est attesté par les grattoirs et les perçoirs en pierre. 3. 2. p. tracée avec des burins en pierre. Debruge. Périgueux. c. litières. simples ou . des écuelles(7). 20. l. Bull. de Constantine. Delmas.. conf. 159. c. fig. l. la Mouillah(1). Pallary. 397 . Rec. il semble bien que l’emploi de la poterie ait été plus tardif dans l’Est de la Berbérie que dans l’Ouest. p. XLII. 150). Quelques aiguilles avec chas dans une grotte voisine de Tébessa . l. 640. XLII. c. et surtout par les poinçons et les aiguilles en os. en bois(11) : raies circulaires. des retouchoirs(3). on recueille des tessons de poteries(5). Voir en particulier Doumergue. 20 (pour détacher par pression de petits éclats de silex). par exemple. l. Instructions. 224. C’étaient des marmites(6).. rougeâtre. A Redeyef. D’ordinaire sans chas : conf. Pallary et tOmmasini. 642. Beaucoup de ces vases portaient à l’extérieur. c. p. l. Pallary. quelquefois. à Brezina : Delmas. 1912.. ____________________ 1. 130. une ornementation géométrique rudimentaire. c. c. l’autre en corne. D’ordinaire.. Debruge. cuites à feu libre. des peigne. fig. p. l. p. 1911.. c. fabriquées à la main. et planche (écuelle pourvue d’un téton latéral. 1903. p.. Pallary (dans l’Anthropologie. 369) suppose qu’elle était replacée par des œufs d’autruche. dans le centre de la province de Constantine : Robert.. La surface extérieure a été souvent lissée avec un tampon d’herbes ou un outil en os(9) . 1907. 139 et fig. 377. de Constantine. trois dans l’abri de Redeyef (Gobert. 10. 7. XLII. à Constantine : Debruge. l. Instructions. p. évasés ou rentrants(8). conf. 5. 375. 40). p. d’aspect grisâtre. à bords droits. qui servaient à coudre les pièces. une couleur rouge a été appliquée à l’intérieur(10). D’une manière générale. 11. c. Doumergue. Pallary et Tommasini. on ne trouve de tessons que dans la partie supérieure du gisement néolithique : Gobert. Deux. des poinçons. Voir. Rec. Pallary et Tommasini. l. p. pl. Pallary et Tommasini. des bols à fond arrondi. 129. quelques cuillères(4) peut-être aussi des poignards et des pointes de sagaies. 6. des lissoirs. c. 135. 642. p.. l. Il n’y en a pas dans la grotte de Bou Zabaouiné. Une à la grotte des Ours. p.. Rec. employées sans doute en vêtements. On faisait en cette matière des aiguilles(2). dans le Sud-Ouest de la Tunisie. XXIII. p. aux parois épaisses. 22-23. Il n’est rien resté du travail du bois. qui est foré). Instructions. XXII. couvertures. p. d’Oran. p. dans l’Anthropologie. fig. 22. Debruge. l.194 LES TEMPS PRIMITIFS. c. 9. p.. 138 et 140 . à la p. M. aux p. 128. des pointes en os ou en bois. Congrès préhistorique. 47. de Constantine. p. 2 (= Pallary. 8. p.

128-9 et fig. 2) a cru reconnaître sur un fragment l’image gravée d’une tête et d’un cou d’autruche . fréquemment superposés sur plusieurs lignes . — A Bou Zabaouine. 3. sur lesquelles ils avaient dû être placés avant d’être secs : Debruge. 159. 643. Instructions. deux fragments avec un pointillé et un treillis de lignes obliques : Doumergue et Poirier. A Kef el Ahmar. et à Kef el Ahmar. des fonds de vases montrent des empreintes de toiles à larges mailles. quelques fragments portant des ornements géométriques. 4. l. 8. p. l’Anthropologie. 378. 135. fig. Robert (Congrès préhistoriques. Dans les escargotières gétuliennes et dans les abris de la ____________________ 1. p. Des mamelons facilitaient la préhension. — Dans la grotte des Ours. c. 1903. l. Périgueux. Delmas. l. l. . croisées de manière à former un quadrillé . l. c. 7. hachures verticales. suites de points. p. selon un procédé que nous retrouverons au Sahara(5). p. Des œufs d’autruche servaient aussi de récipients. Latapie et Reygasse). Une provision d’œufs d’autruche a été découverte dans l’abri sous roche de Kef el Ahmar . 225 et fig.. M. Il y a aussi des poteries avec des côtes ou des cordons en saillie. 10. A Saïda. 195 parallèles . quelques-uns offrent un trou transversal. ? La poterie reproduite fig. séries de chevrons(1). 42-47. 41. l. p. 4. Delmas. c. dressés . XIII. 377. 4. 6. celle d’un serpent. l. 1912. c. fig. parait avoir été fabriquée au tour. Voir Pallary. Gobert. Debruge. trois d’entre eux étaient percées d’un trou régulier à l’un de leurs sommets (indication de MM. Des sortes de virgules ont été faites à coups d’ongle(2). p. à Constantine (Debruge. p. l. Pallary. Ils recevaient quelquefois une décoration de points et de lignes(7). 10. obliques. l. près de Tebessa. 11.. des poteries ont été poussées dans un moule en vannerie.. zones de traits ondulés. XXIII. A Redeyef : Gobert.. Instructions. p. peut-être autruche) . c. 159. 120). c. Pallary et Tommasini. Il y a des anses véritables à la grotte des ours. p. p. 162 et fig. A Brezina (Sud oranais).. de trous.. p. Mais ces tessons sont-ils bien de l’époque néolithique. On a même découvert à Redeyef des fragments portant des vestiges d’images d’animaux (antilope . 162 et fig. c.. Gobert. Doumergue et Poirier. p. 47. 1912. 5.. 2. 25. c.. sur un autre. qui sont parfois décorés de hachures(3). 123. 123-4. les traits gravés qui indiquent les contours des corps enferment des hachures simples ou croisées(8). dans l’Anthropologie. c. allant au feu(6).LA CIVILISATION DE LA PIERRE. qui permettait de suspendre le vase(4).

. 1908. Doumergue. 121 . l. Gobert. Congrès préhistoriques. 125 . Constantine. Pallary et Tommasini. Morceaux d’hématite dans les grottes d’Oran : Pallary. II. 151. 6.. p. dents de sanglier(5). Ils deviennent bien plus abondants dans la civilisation néolithique : molettes ou galets pour broyer de la couleur rouge. 148 . 378.c. 648. c. et Assoc. Bou Zalaouine : Robert. dont ils portent les traces(1) . Les habitants des grottes vivaient dans une saleté incroyable. 24. Redeyef : Gobert.. française. par exemple. XXI . 373. p. Saïda : Doumergue et Poirier. de Constantine. . l. p. des objets en os (Pallary et Tommasini. l. 149 . française. c. Ces objets ont pu être des pendeloques. Rec. Lille. 140 et fig. 124. c. c. 1907. un os poli. est percé d’un trou de suqpension : Debruge. l. — On a également trouvé des morceaux d’ocre jaune . Assoc. ibid. à Bougie : Dbruge. — Cette couleur rouge. 8.. 162 et fig. 228 . c. 301 . . p. XLII. 3. c. 140-1 et fig. l. l. p. XL. c. p. Pallary et Tommasini.. d’Oran. Oran : Pallary et Tommasini. p. l. Périgueux. c. 308 . 1909. de Constantine. c. II. l. p. p. 1905. 220 et pl. p. Latapie et Reygasse .. Congrès. 648 .. 4. 641 et 648. p. p. nos I9.. Grotte Ali Bacha. l. Rec. Grottes d’Oran : voir. p. 147. p. 5. 7 (deux pendeloques perforées. p. coquilles percées(3). Saïda : Doumergue et Poirier. à Saïda : Doumergue et Poirier. XLII. Ces pendeloques étaient sans doute moins des ornements que des amulettes. Brezina : Delmas. 1900. des coquilles (ibid. p. XI. Grotte des Ours. l. avec laquelle on devait exécuter des peintures sur la peau (voir plus haut. c. A Bou Zalaouine. p... c. 642. 616). II.196 LES TEMPS PRIMITIFS. à Redeyef .. c. 2. 194). c. l. de Constantine. à Constantine : Debruge. 820-1 et fig. l. Saïda : Doumergue et Poirier. p. p.. à Bougie : Debruge.. l. 188). plaquettes en carapace de tortue(6).. taillées dans des dents de sanglier). Rec.. Bulletin de la Société d’anthropologie de Lyon. restes de colliers en segments d’œufs d’autruche(2) . p. c. c. Congrès. p. au milieu des foyers et des détritus de cuisine. 378. XLII. presque en contact avec des corps humains.. des morceaux de bois de cerf sont troués : Robert. 647 . Montauban. Bougie (grotte Ali Bacha) : Debruge. à Constantine : Debruge. Mouillah. p. 147. 26. française. 154. 871. Constantine : Debruge. Bull. XXXIV. Debruge. p. p. 230. l. p. cailloux troués(4). p. Brezina : Delmas. p. 1902. l. Brezina : Delmes. p. long de 0 m. Assoc. de Constantine.. c. Kef el Ahmar. 18. on a rencontré les plus anciens témoignages de ce que nous appelons la parure.. l. Rec. grotte des Ours : Debruge. à Kef el Ahmar : indication de MM. l. c. c . a été aussi employée pour peindre des vases (voir p. 228 et fig.. 872). Pallary et Tommasini. ____________________ 1. P. enfouis sous une couche peu épaisse de terre et de cendres. 1892. Grotte du Mouflon. — A la grotte des Ours. p. l. 124. Bou Zabaouine : Robert. 5. l..

5. on recueille des ossements humains. toujours très abondants(2). 1892. pour en extraire la moelle. surtout des patelles et des moules(1). Voir au chap. 197 ____________________ 1. . II. dont ils ont fendu les os longs avec des outils en pierre. 7. Pau. française. plus haut. A la grotte du Ciel-ouvert (Oran). 4. ont appartenu à des individus ensevelis dans les grottes(5). les poches des parois étaient pleines d’escargots. p. de nombreux osse- Les débris de leur nourriture consistent. Assoc. Le cannibalisme des troglodytes n’est pas inadmissible(6). de chèvres. sinon tous. Conf. en ossements. Mais il n’est pas douteux que les troglodytes ne se soient nourris de sangliers. constituant peut-être des réserves : Doumergue. de bœufs. La plupart. Pour les animaux non domestiques. p. p. de diverses espèces d’antilopes. de moulions.. Nous aurons à examiner au chapitre suivant la question de la domestication de certains de ces animaux(4). voir plus haut. 101. Il n’est pas surprenant que ces os soient confondus avec les débris de cuisine qui constituaient le sol des abris. d’ânes. on coquilles de mollusques. p. ont dû y apporter les restes de leurs victimes et y mourir eux-mêmes(3). en nombre plus ou moins grand. lorsque ceux-ci vidaient plus ou moins sommairement leur demeure. c. Le cheval et le chien ne se trouvent que dans les couches les plus récentes. 3. Peut-être ont-ils été bouleversés soit par des animaux fouisseurs. en morceaux d’œufs d’autruche. de moutons. mais il n’est pas prouvé. Les mollusques sont soit des espèces marines (dans les grottes du littoral). comme dans les stations antérieures. 6. Au-dessus de la grotte du Grand-Rocher. Cependant on peut à étonner de les trouver très souvent en désordre. l. 647. III de ce livre. 104 et suiv.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. n. 627. Pallary et Tommasini. soit des escargots. soit surtout par les hommes. 2. Noter cependant que des Marocains mangent du chacal et que les anciens Égyptiens paraissent avoir mangé de l’hyène. Presque partout. Les ossements d’animaux ne représentent sans doute pas tous des reliefs de repas humains : des fauves. qui séjournèrent dans des cavernes temporairement abandonnées par les hommes. de cerfs. près d’Alger.

les découvertes ont été fort rares. II de ce livre. Comme aux temps lointains du paléolithisme. IV On a retrouvé dans l’Afrique du Nord beaucoup de stations néolithiques en plein air. avaient été aussi des ateliers. Même chez des peuplades peu civilisées.198 LES TEMPS PRIMITIFS. avec des coquilles de mollusques. Ajoutons que. . 11-12. en désordre. M. élevage n’est pas synonyme de nomadisme. Ce que nous avons dit des chasseurs est vrai aussi des pasteurs. qui. Conf. p. Collignon dans Matériaux. des os de gazelle. il y avait des indigènes qui se nourrissaient de céréales. une hachette en pierre polie et des débris de poteries : Bull. Dans diverses régions. l’Età della pietra in Tunisia (Roma. p. 196) croit cependant que le Nord et le centre de la Tunisie seul réellement très pauvres en préhistoire. Bellucci. pour les pays où les troupeaux peuvent vivre en toute saison. p. de la Société algérienne de climatologie. ont été trouvés dans un foyer. comme l’atteste la découverte de meules à grains dans les grottes du Rio Salado et de Brezina(1). Lui même et d’autres ont fait çà et là des recherches. Mais nos connaissances sur ces établissements sont encore bien incomplètes. quelques outils en silex. XXI. 1876). dont quelques-unes sont importantes et méritent plutôt d’être appelées villages. XII. Ces stations. dans le Nord de la Tunisie et dans le Nord de la province de Constantine. trop négligés par les préhistoriens. elle attacha fortement les hommes au sol. 1. dès cette époque. 1887. dans le Maroc presque inexploré. en général. 2. On doit cependant admettre que beaucoup d’Africains étaient alors sédentaires. Quand la culture des céréales se répandit. Des recherches attentives combleront probablement d’apparentes lacunes(2). Une langue ____________________ ments humains. 153-5. 1876. les indigènes recherchaient surtout l’eau et la facilité de la défense. qui sont restées infructueuses. L’hypothèse d’un ensevelissement collectif peut paraître ici moins vraisemblable que celle d’un repas de cannibales. n’ont pas été nécessairement occupées d’une manière ininterrompue. Le choix des emplacements ne se faisait pas au hasard. Voir au chap.

. un plateau. p. 3. Rec. 1877. de la Société des sciences physiques d’Alger. Pallary en mentionne quelques-unes de la province d’Oran. en blocs bruts. XXXIX. M. l’Homme préhistorique. 411. ibid. au Sud-Est d’Oran. 1901. Elles ont été très peu explorées et nous nous abstiendrons d’en parler. 1903. on a constaté l’existence de murs. p. ontils quelquefois protégé leurs villages par des remparts. au sud de Constantine. p.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. où l’on ne signale pas non plus de poteries (Thomas. car nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit au sujet des troglodytes. et dans ses Instructions. 1905. de celle d’Aïn el Bey. Nantes. de Constantine. 199 ____________________ 1. 1892. Instructions. Atlas archéologique de la Tunisie. 61. à assises disposées en grossiers gradins. 735-740 . III. p. à l’Est d’Alger (Viré. p. 4. dès cette époque. p. Ajaccio. c. de terre presque entourée par la mer. d’Oran. dans la presqu’île du cap Bon. sur laquelle ont été recueillis des instruments en pierre. p. 2. française. 735 . p. Conf. barrant les deux extrémités d’une étroite arête rocheuse. 270-5) . f° de Tozegrane. et 1910. de leur répartition et des débris qui les entourent permettrait peut-être de présenter des hypothèses sur l’aspect et le groupement des habitations. II. 287 . française. 49. pointes de flèches et éclats du silex(2). 1905. Bull. 309. Debruge. Peut-être même. II. Assoc. 759-760 . Bull. dans l’Homme préhistorique. une croupe au confluent de deux rivières ou entre des ravins : tels étaient les lieux qu’ils préféraient. 574-5 . Pallary. Ajaccio. On retrouve des débris du murs en pierres sèches sur l’arête du djebel et Kalan : Atlas de la Tunisie. de la Société d’anthropologie de Lyon. quand ils trouvaient une source dans le voisinage immédiat(1). on n’avait pas déjà commencé à édifier des maisons en moellons(3). Une étude approfondie des foyers. . si. 1898. p. en quelques endroits. 62. d’aspect très primitif. 63. Il en est peut-être de même de plusieurs stations découvertes au cap Djinet. p. longue de 400 mètres. ajustés à sec : au djebel et Kalaa. Pallary. 1901. p. n° 136. XI. p. XIII. Assoc. Bull. 1905. La station de la gare d’Arbal. de dire si les huttes étaient rondes ou quadrangulaires. III. parait aussi appartenir à cette époque : Doumergue. II. 38 et 39. l. 37-51). La civilisation néolithique des grottes se retrouve dans des stations découvertes sur différents points de l’Algérie(4).

— Aïn et Mouhad. fig. 513-6. 12 et planches. d’Oran. Gafsa : Couillault.. La décadence de la technique est . p. Pallary. II. 534 et fig. fig.. p. 23. ____________________ 1. Palikao. p. 1. fig.. de Constantine. (« Grand Abri »). Barthélemy et Capitan. III. on trouve des stations situées en avant de cavités naturelles. C’est bien à tort que Tissot (Géographie C’est seulement dans des stations en plein air. Divers lieux de la région de Mascara (Ras et Mn. p. Un abri fouillé près de Bougie pourrait bien avoir été habité à l’époque de la civilisation néolithique berbère : Debruge. V. XIX. dans l’Anthropologie. p. aujourd’hui disparues (conf. p. fig. 1902. Rodeyef. C’est M. décrite au § V : dans l’extrême Sud Tunisien (de Morgan. dans l’Homme préhistorique. CXXVI . 93-97 . 164). 503 . 1900. p. d’Oran. dans l’Anthropologie. Régions de Saïda et de Frenda : musée d’Alger. et non plus dans des abris(1). musée d’Alger. 150-2. 274. fig. XX. p. qu’apparaît une autre industrie néolithique. Revue de l’École d’anthropologie. que les hommes ont agrandies et qui contiennent une partie du mobilier (haches polies) : Flamand. dans l’Anthropologie. XXII. p. fig. Rec. sur l’océan : Pallary. 2. 7. Aïn Sefra. XXXIX. 432. musée d’Alger. Tidikelt)(3). nous une couche de travertin formée par des sources. Région de Chellala : Joly. — A cette industrie berbère appartiennent des objets découverts à Oglat et Hassi. depuis le littoral des départements d’Oran et d’Alger jusque dans le Sahara français occidental (vallées de l’oued Zousfana. apud Foureau. 1894. 78.. XVIII. Pallary. musée d’Alger). etc. 1903. Tidikelt : Gautier. plus récente : on l’a qualifiée de berbère(2). Eckmühl. 3 . p. ibid. 303 et suiv. 81-83 . 148-9. La Mizrana. p. de l’oued Souara.200 LES TEMPS PRIMITIFS. Revue africaine . Capitan et Boudy. à l’ouest de Dellys (département d’Alger) . p. P. archéologique du Comité. pl. Takdempt. entre Laghouat et El Goléa. 1802. — Oudjda. — Dans le Sahara occidental français. 1910. fig. 51. 1904. 1908. ibid. Lalla Marnia. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. fig.(Verneau. Sidi Daho. 38 . XXVII-XXVIII . LIII. de Morgan. 6-9 . p. XXXVII.. 1892. dans l’Anthropologie. 1907. — Dans le Sud oranais. 12. 73 et 74. de l’oued Souara. Canastel.. I et II . 287. 1885. p. 306-7. mais rarement. V. Bull. Instructions. Viré. Bull. 1909. p. XII. XLIV. 159. 12-13 . Elle a été rencontrée dans un grand nombre de lieux. de la Société archéologique de Sousse. fig. Bull. Pallary. XI. à l’Est du même lieu Lacour et Turcat. p. 1903. p. pl. IV. Pallary qui a nettement reconnu le caractère récent de cette industrie. p. 276. depuis l’Océan jusqu’à Gafsa. VI. Weisgerber. Revue de l’École d’anthropologie. Instructions. 1117 . 71-73. Rec. dans l’Anthropologie. de la Société d’anthropologie de Lyon. Harbin. 1907. 1910. 421. Rec. 286). Pallary. 32. 1886. dans l’Anthropologie. à l’Est de Tébessa . Sahara algérien. Bull. L’énumération qui suit n’a pas la prétention d’être complète. Larache. 146 et suiv. 1910. etc. 503. p. djebel Khallel. près d’Oran : Carrière. Revue d’ethnographie. p. 111. on recueille des pointes pédonculées du néolithique berbère au milieu de stations ou l’on trouve une autre industrie (néolithique saharienne). Bull. près d’Oran Pallary. 93 et 96. à la p. — Çà et là. Capitan. c. 1908. 104-5 . 1911. dans les régions d’Ouargla et du grand Erg oriental. 122 et suiv. 1900.Fleury. près d’Aïn ed Douis. Nombreuses stations dans les régions de Tamerza. 9-23. de Constantine. Debruge. dans le Sud oranais : Lenez. 3. Bull. archéologique du Comité. p. p. fig. p. aux frontières du Maroc et de l’Algérie : Pinchon. Pallary. régions de l’oued Zousfana. p.) : Pallary. p. XX. 89-90. de Constantine.

Barthélemy et Capitan. 201 ____________________ de la province d’Afrique. 303. VII. 172. Instructions. 1889. 79 et 84. au point de ressembler beaucoup à des types moustériens(2). l. Il n’y a plus de petits silex à formes géométriques. Revue d’ethnographie. 304-5. L’une d’elles.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 63). p. Cette coiffure de plumes se retrouve à Tyout (Gsell. 1880. se retrouvent fréquemment des campements néolithiques berbères(7). Habibas. 52. Pallary. p. p. fig. fig. 1892. p. archéologique du Comité. 512. Bull. 154. 380) considère cette station « comme un des plus auciens monuments de l’industrie humaine qu’on ait retrouvés jusqu’à présent ». soit un bout de flèche ou de javelot à tranchant transversal : Barthélemy et Capitan. cassée. Bull. les plus petites à des flèches(3). 99-101 . Pallary. p. des pierres de jet (disques coupants et galets à facettes). semble-t-il. IV (reproduite dans Revue de l’École d’anthropologie. 190. 1903. 246. évidente. 42 : tête d’un archer) et aussi. en silos et en quartzite. d’une couronne de plumes(8). semble-t-il. souvent de grande taille(4). p. fig. l. à leur base. On n’a constaté cette industrie que dans l’Afrique du Nord(6). des pointes. Il n’est nullement nécessaire d’admettre que la formation de la couche de travertin ait exigé un temps très long . la pointe. 262. 52. 34. XCI. fig.. p. On la rencontre dans quelques îles voisines du littoral. p. l’instrument. On y voit des gens coiffés. 3. Instructions. p. Assez souvent. 304. de la Société d’anthropologie de Lyon. 1909. 4. Monuments antiques de l’Algérie. 8. Rachgoun : Pallary. et XII. c. I. XII.. p.51. dans l’Anthropologie. Ce sont des lames. présentent presque toutes la forme en boudin(5) . X. . trouvée près de Dellys. III. Rolland déclare qu’elle date de l’époque géologique actuelle : Comptes rendus de l’Académie des Sciences. Moghar et Tahtani : Flamand. 1902. a été retouchée . sont massifs(1) et taillés hâtivement à grands éclats sur une seule face. 1901. des grattoirs. 50. 6. Revue de l’École d’anthropologie. 1. à Asla (Flamand. 2. 45. Bull. ibid. p. VIII. Fleury. Bonnet. p. 5.. Conf. c. XX. elles sont d’ordinaire fabriquées en roche verte. I. Elles nous donnent diverses indications sur le costume et l’armement des indigènes. de géographie historique. Les gravures rupestres du Sud oranais doivent être de la même époque . Flamand.11). 150-2. p. p. de la Société archéologique de Sousse. p. Voir aussi Maumené. 1900. dépasse 0 m. p. épaisses. Les haches plates deviennent très rares. p. est devenu soit un grattoir. 31 (musée d’Alger). 7. Zaffarines. Ce sont surtout des pointes à pédoncule. Les haches polies. La poterie est plus grossière que celle des grottes. Bull. fig. Pallary. dont les plus grosses ont dû être adaptées à des javelots et à des piques. irrégulières. 1901. Les outils.

sans doute en peau. dans le Sud oranais. 227-8 et p. pl. c. 3. les personnages représentés tiennent soit un instrument coudé (hache emmanchée ? boomerang ? hoyau ?). Reisen. l. dont quelques-unes paraissent serrer de courtes tuniques(3). 7. l. c. pl. A Tyout. vue par Barth dans la région de Ghat : Reisen und Entdeckungen. 1 (c’est une femme). Asla : Pomel. Tyout : Tissot. p. l. ressemblent aux haches en boudin qu’on découvre dans les stations(8). I. de géographie historique. p. 338 (conf. VI et XI. d’anthr. XLV et XLVII .. pl. II. c. Peut-être aussi sur une image rupestre de la région de Constantine : Bosco et Solignac. un personnage tient peut-être un petit bouclier rond : Flamand. Assoc. — Sur les gravures de Khangnet et Hadjar. et p. 6. I. 512. sur la gravure rupestre saharienne vue par Barth. Tissot (p. Plusieurs chasseurs. c. 7. 2. 10. dans l’Anthropologie. XXXVIII. soit un bâton courbe (boumerang ?). de franges ». 1910. c. fig. p. I. fig. (en bas. peut-être aussi chez les Garamantes : Silius. Ruines romaines du cercle de Guelma. III. sont soit ovales(10). Bou Alem. Tyout : Tissot. 5 . l. Bouclier de forme ovale. c. Er Richa : Delmas.. fig.. 140. c. 43. Beni Hasan. l. 490) donne une autre interprétation : « une femme semble porter une tunique. 9... Bull. pl. 1911. XLV. Moghar : Flamand. fig. IX et X. l. fig. IV à la p. à la p. conf. 1902. autant qu’il semble. 231. Gsell. de Lyon. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. p. qui peut être une hache emmanchée : Flamand. de bracelets(5). deux personnages tiennent ou instrument allongé. 1. 210. l. Tyout : Gsell. Moghar: Flamand. Des instruments coudés pourraient être des bâtons de jet. Il était peut-êre encore en usage à l’époque historique chez les Macae. 47. 144. p. 49 . fig. dont les mouche sont ornées. de la Soc. Bull. die Flotte einer ägyptischen Königin. 12 (cet objet est tenu par un homme). tiennent des arcs(7). p. II. c. 1903. VI.. 7 (objet isolé). Singe et homme. Gsell. 210-1. ____________________ 1. p.202 LES TEMPS PRIMITIFS.. fig. dextram ») . Pomel. Tyout : Gsell. une gravure saharienne. l. pl. c.. l. I. Bull. fig. 4. Ksar el Ahmar : Pamel. Il y en a qui portent des ceintures. p. c. Pomel. peuplade des Syrtes Silius Italicus. Rec. p. Ksar et Ahmar : Flamand. 140.. 5 et 6 (« casse-tête ») . 42. fig. c. de Constantine. Sur une gravure qui existe prés d’Asla. p. l. 1892. pl. ou boumerangs(9). Er Richa : Delmas. Gsell. fig. IV . l. — Le boomerang était une arme des Libyens voisins de l’Égypte : Perey Newberry. (à moins que ce ne soit un arc). l. fig. soit un objet qu’on a comparé à une raquette carrée : Vigneral. IX. I. adaptés obliquement à un long manche. 8. l. Des objets. l. Des personnages sont peut-être ornés d’un collier(4). 277 (« panda inanus est armata calcia ») . de pendeloques tombant autour des bras(6). française. Mnemosyne. 318-9 (« cui tragula semper fulmineam armabat.. 11. accompagnés de chiens. Les boucliers. l. pl. pl. IV. Dünichen. l. dans la région de Guelma. 2 . 10. c.144. fig. I. Asla : Pomel. celebratum missile. p. 1900. Flamand et de Mortillet.. l. c. III. III. 5. II. 137). conf. sur la droite). 2. fig. 3. c. soit arrondis . Paris. et p. pl. c. minces(1) ou larges(2). Conf. Gsell. c. c. fig. à extrémité coudée. 143. Damstè. 148-9 et 151 . pl.

XXXIII. p. Mais elle remonte à une époque plus ancienne. . Flamand. 1904. vêtu d’une tunique (?). 200. au moins en partie. Cette forme est naturellement donnée par une peau de quadrupède. XVIII. c. car elle a couvert de stations et d’ateliers le Sahara oriental français. 9 . En usage. . pl. Elle peut être appelée saharienne. 506. 111-113 . 215. p. de géographie historique. A. tendue sur une armature en bois (conf. I. 1910. I.-C. Urgeschichte der Kultur. l’indication de pointes berbères trouvées dans des stations à industrie saharienne. 3 (vers la fin). ibid. à la p. ibid. et plus tard encore eu Grèce: voir Lippold. 1. Voir aussi plus haut. 210. dans Münchener archäologische Studien dem Andenken A. Il n’est du reste pas nécessaire de croire à l’origine commune de ces divers boucliers. n. C’était aussi la forme des ancilia romains. partiellement contemporaine du néolithique des grottes. 1903. dans diverses stations. dans l’Anthropologie. auquel elle est mélangée dans l’abri de Redeyef(5). Conf. qui sont peut-être aussi du même temps. 107 . Aïn Sefra : Lenez. fig. 1899 pl. les Betchouanas se servent encore de boucliers analogues : voir Schurtz. fig. II.. Un autre personnage. Région d’Igli et Tidikelt. Reinach. 4. Je ne crois pas qu’on puisse y voir une double hache : l’objet présente au milieu un motif allongé. qui se conservèrent dans les cérémonies religieuses.. 352. p. 6. V Une troisième civilisation néolithique nord-africaine est. fig. contemporaine de la précédente. 7. J. XXXVIII. p. Pallary. 191. tient un bouclier à double échancrure(3). 2. p. on découvre pêle-mêle des objets typiques des deux industries(4). 304. p. de l’histoire des religions.... Conf. 203 en haut et en bas. aujourd’hui si ____________________ 1. 327). à la p. 410 et suiv. 506. 5. A. J. puisque. Asla : Pomel. avec. pour l’homme au bouclier. dans la Méditerranée orientale. au second millénaire avant J. Reinach. 144-5.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. qui ne s’expliquerait pas sur une hache. Les gravures de l’oued Itel (au Sud-Ouest de Biskra). n. 4. II. 1900. rappelant la forme du bouclier dit béotien(2). p. 3. plus haut. p. dans l’Homme préhistorique. c. des échancrures latérales(1). Dans l’Afrique australe. p. Rev. Bull. Rev. dans le Sahara : musée d’Alger. nous montrent des hommes avec un vêtement couvrant le haut de la poitrine et probablement agrafé sur une épaule : on doit supposer que c’est une peau de bête. 1904 pl.. de Constantine. Furtwänglers gewidmet. l.

inv. p. Les régions où les silex néolithiques abondent le plus sont celles de l’oued Rhir(11) d’Ouargla(12). III. 284. 60-61 (histoire des découvertes). Assoc. XXIII. p. des puits. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. fig. non dans les espaces rocheux et montagneux(8). L. 51. Bull. Pervinquière. Supra. Des Inscriptions. VI. Revue de l’École d’anthropologie. 7. 1896. 1907. 1887. mais dans les dunes. Weisgerber. p. soit parce que le climat était moins sec. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. 1906. 134. 8. IX. Boudy. voir surtout Foureau. Vassel. 1097-1103 (= Comptes rendus de l’Académie des inscriptions. p. XX-XXIX . p. l. 255 et suiv. 6. Les stations sahariennes se rencontrent presque toutes. en particulier. p. Flamand et Laquière. 343-4. Reims. 202-3. 5. et dans les steppes de l’Algérie centrale(7) : elles avaient été sans doute apportées de loin dans ces différentes régions.. Documents. p. XXXIX. Verneau. p. p. Revue d’ethnographie. ibid. 12. p. r.204 LES TEMPS PRIMITIFS. 1903. 1908. Harimayer. Chantre. Revue africaine. de l’Acad. 1912. Gauckler (d’après Tribalet). Gautier.4. dans l’Homme préhistorique. ibid. Sahara algérien. Bull. p. 343-6. 1910. 1003-1096 . 283 et suiv. 327-8. 1885. Lenez. III. 1901. p. Elle s’est étendue aussi sur la Tunisie méridionale. 157 et fig. 1909. 1106-1131 et pl. au Nord-Est de Laghouat)(5). p. 1079. I. 58-71) . p. Hamy. Boulogne. Voir plus haut. En assez grand nombre (une cinquantaine) .. 11. Hamy. souvent dans des lieux où il y a encore des mares. Revue archéologique. p. 12. Foureau. p. 7-8. Gobert. p. VI. 466-7. II. 144-5 (sous des ruines romaines). 1904. p. Assoc. 1083. De Nadillac. II. 1881. 112-3. Revue africaine. Des pointes de flèches qui la caractérisent ont été recueillies à Redeyef (à l’Ouest de Gafsa)(4).. 4. On recherchait évidemment l’eau et il est certain qu’elle se trouvait beaucoup plus facilement que de nos jours. d’Oran. 50. . Schweinfurth. 1907. 905. 1909. 9. Revue africaine. 1809. le long des anciennes rivières(9). Capitan. aux environs(2) et au Sud de Gabès(3). 5. Joly. p. De Morgan. p. 3. Belluci. p. ZZeitschrift für Ethnologie. à Messaad (dans l’Atlas saharien. soit parce que les vallées étaient moins obstruées par les sables(10). p. C. 2. CLXIIIIV. 84-91. Zaborowski. « 54. Revue de Géographie. Voinot. Sur cette civilisation néolithique saharienne. Chipault. 56. française. archéologique du Comité. p. 1899. à Aïn Sefra (dans le Sud Oranais)(6). des cuvettes humides. p. française. 1884. p. 204-241. LIII. 5. de ____________________ 1. XXIX. l’Eta delle pietra in Tunisia. XX. 10. 55. 1905. Revue de l’École d’anthropologie. p. Revue de l’École d’anthropologie. désolé(1). dans l’Anthropologie. Jus.

r. Cartailhac. 10. c. 51 (région de Gabès). p. 21. p. Dans le Sud du Sahara. Rabourdin. du grand Erg Oriental et de l’Erg d’Issaouane(2). 70 . p. Hamy. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. On peut mentionner aussi la forme en écusson rectangulaire. r. Voir la classification de Pallary. p. I. en grès et en quartzite : voir plus haut. des Inscriptions. 241 . p. présentée tout d’abord(3). p. — Belles collections. Les pointes de flèches(8). et Revue: d’archéologie. 1905. 1907. du Muséum d’histoire naturelle. V. La matière employée pour la confection des armes et des outils est presque toujours le silex(6). Weisgerber. il devient meilleur entre Touggourt et Ouargla. parfait dans les régions situées entre Ouargla et l’Erg d’Issaounne : Foureau. C. 5. 5. L. p. Documents. 4. l. qui paraissent avoir servi dans cet état : Pallary. 1881. fig. 1884. dans Documents relatifs à la mission Flatters. Foureau. Revue de l’École d’anthropologie. française. Flamand et Laquière. légères. Rabourdin. Montauban. 205 l’oued Mya(1). IV. 1906. dans l’Homme préhistorique. 8. dont l’une est le pédoncule : Flamand et Laquière. 142. d’autres. 8-9. se terminant par deux pointes aiguës. fines. conf. p. p. 334-6. Revue africaine. Les flèches à aileron unique sont sans doute des flèches cassées. On rencontre cependant des pointes et racloirs. p. Sahara algérien. Zaborowski. de type moustérien. Il y en a qui offrent la forme d’une feuille de laurier. ou d’un triangle(9). 134. IV. 1064 et suiv.. p. Foureau. p. C. 1902. de l’Acad. mais réfutée par des constatations ultérieures. . 6. Conf. 183. n. p. dans le grand Erg et dans l’Erg. il y avait des ateliers fort importants : on a même observé que des artisans s’adonnaient exclusivement à la taille de tel ou tel instrument(7). p. 231. p. sont fort nombreuses et souvent d’un travail admirable. On avait cru que les instruments en silex les plus fins se trouvaient dans la partie septentrionale du Sahara et les plus grossiers plus avant dans le désert. 1906. d’Issaouane. récoltées dans ces régions et dans celle d’Ouargla. au Sud d’Ouargla). au musée du Trocadéro (Foureau) et au musée d’Alger (père Huguenot et autres). Au Nord de Touggourt. 2. d’un développement de cette civilisation du Midi vers le Nord(4) : on ignore en réalité comment elle s’est répandue(5). Çà et là. p. avec ou sans ____________________ 1. 3. 251-2. II. p. surtout autour d’Ouargla. 9. 1899. 422. de l’Acad. De Nadailine. 168-173. documents. 1890.LA CIVILISATION DE LA PIERRE.220-2. 1894. Mais la plupart présentent des ailerons(10). dans l’Anthropologie. 44 (Hassi et Rhatmaïa. Assoc. p. 7. dans Revue archéologique. le travail de la pierre fut médiocre. 8. IX. l’industrie de la pierre présente un aspect différent et se rattache au néolithique soudanais : voir Gautier. 126-130. des Inscriptions. Hamy. 1060 et suiv. 1885. Il n’en est rien. 264. Bull. XVIII. d’un losange. dans Documents Flatters. Il faut abandonner l’hypothèse.

et aussi dans les escargotières gétuliennes à petit outillage. Flamand et Laquière. à moins que ce ne soient des tranchets . Ressemblance des lames à bords retouchés. qui sont sans doute des bouts de flèches à tranchant transversal(4) . p. 1899. 188 et 192. 1909. 3. sont remarquables par leur taille exceptionnelle (0 m. 6. p. des outils coupants. Pour ces derniers objets. _____________________ 1. CXXXVIII) croit même à des importations d’Égypte : hypothèse que réfutent leur abondance et la présence de pièces ébauchées. 210. Revue d’anthropologie. p. 4. p. 344. 20 – 0 m. p. Cette industrie offre nombre d’instruments semblables à ceux qu’on trouve dans les grottes néolithiques du Tell(5). Mais elle est surtout étroitement apparentée à celle qui florissait en Égypte à l’époque préhistorique et au temps des premières dynasties(6). 46 et 51 . 1911. à des retaillés à encoches. à encoches) . pédoncule(1) . 252 : de Morgan. I. française. 1896. en silex ou en . elles sont très soigneusement taillées sur les deux faces. Conf. Plus fréquemment avec pédoncuule. des instruments fusiformes à double pointe. au musée d’Alger). Revue de l’École d’anthropologie. Les haches polies(7) sont. Des pointes de javelots ou de piques. XX. de forme semi-circulaire. Conf. Capitan (Bull. des instruments fusiformes. 209. 258 et 261. des scies. taillées sur les deux faces. Cartailhac. des perçoirs. sont ale -type solutréen. en forme de feuille de laurier. Assoc. des trapèzes. pour la plupart. 214-9. française. 5. Tunis. p. mais probablement pointes de flèches)(3) . Plusieurs lames. c. de divers types de pointes de flèches. Conf. Revue de l’École d’anthropologie. p. 192. IX. 4. archéologique du Comité. Montauban. de quelques poignards ou grands couteaux d’un beau travail (région d’Ouargla. 220. Quelques-unes sont munies de barbelures sur les bords. n. des grattoirs circulaires ou consistant est une lame terminée par un bout convexe . Revue de l’École d’anthropologie. à dos retaillé. — Elles sont extrêmement rares dans les stations du Sud-Est de la Tunisie : Assoc. des pointes solutréennes.. fig. de petits trapèzes. qui ont peut être servi au même usage. à dos retaillé. prés d’Ouargla. 345 : les mêmes. VI. p. trouvée. des scies. à bords retouchés. XX. l. l. des outils semi-circulaires.206 LES TEMPS PRIMITIFS. pointus aux deux extrémités (prétendus hameçons doubles. 1910. Voir Zaborowki. Capitan et Boudy. p. 1902. Notons encore des lames diverses (simples(2). 46-48. M. Surtout les petites lames de divers types et les petits trapèzes. des burins. 2. 7. 25 de longueur) : Chipault et Capitan. P.

Verneau. encore intacts(9).. Flamand et Laquière. La forme en boudin existe. Flamand et Laquière. lignes croisées. Cartailline. p. Desplagnes. c. dont on ne recueille que des tessons. Verneau.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 1070. Les œufs d’autruche ont laissé des débris plus abondants encore que dans les stations du Tell : ils portent souvent des traces de feu. assez petites(2). On en trouve aussi in roche ophitique. 1082. c. Quelquefois si petites qu’on s’est demandé si ce n’étaient pas des amulettes. p. 7. diagonales croisées . 130. 10. 229. 8. Foureau. aplaties et trapéziformes(3) . 1123. d’Oran. 230. elles ressemblent aux haches égyptienne(4). Quelques fragments sont ornés de dessins géométriques. Bull. c. 1119-1120. 3. l. Flamand et Laquière. Flamand et Laquière. 12. suites de points(10). Foureau. fig. avec des molettes et des pilons(12). 1072.. p. 5. Ces meules sont de forme a peut près elliptique.. Foureau. apud Foureau. p. 27 et 457. c. mais elle est rare. elles out souvent reçu une ornementation géométrique très simple : lignes de points. 1072. 17 (région de l’oued Mya) : voir aussi un fragment recueilli par Foureau : Verneau. Les poteries(5). p. Il est certain qu’on y a broyé des grains. 9. dans Documents Flatters. 1128. Gautier. C. de zigzags verticaux . 1073. étaient en général de petites dimensions. Rabourdin. XXVII-XXIX. l. dans Foureau. 1905. Conf. l. Ils servaient de vases : on en a découvert plusieurs. 1908. l. p. Des vases ont été façonnés en poussant de la terre dans des moules en vannerie. 1082. 1123-8. Il faut aussi mentionner de grands plats en grès(11). 1068. 4. 2. pl. p. 1063. Documents. 1074. 230. 242. p. — Foureau (p. p. c. p. l.. On les a parfois badigeonnées en rouge. 11. 69. le Plateau central nigérien. 207 calcaire siliceux(1). 6. ____________________ 1. qui brûlaient à la cuisson(6) : procédé en usage dans l’Afrique orientale (chez les somalis)(7) : et au Soudan(8). coups d’ongles. Comme celles des grottes. chevrons. . formant un quadrillé. c. Hamy. c. 1073) indique aussi de petites « urnes » en grès et en ophite. p. et surtout des meules dormantes. 350. Voir Verurau. II. p. l. de trous : suites de hachures. p. p.. traits parallèles. de l’Académie des Inscriptions. p. l. et leur surface supérieure est légèrement concave. de chevrons. p. r.. également en grès. Sahara algérien. Vuinol. 232.

3. offrent un aspect très frais. des Inscriptions. fig. Verneau. Çà et là. que les types néolithiques. ibid.1068 (plaquettes. clou de bronze). Les moules attestent la connaissance des céréale(6) et ces ustensiles sont identiques à ceux que des Touaregs(7) et des Nigériens(8) emploient aujourd’hui. p. et Comptes rendus de l’Acad. comme le dit M. 131. p. en perles formées de tronçons de tiges d’encrines fossiles(2) . p. Préservés par le sable qui les a recouverts.. Un cylindre en pierre. française. Cependant les stations que nous venons d’étudier paraissent être. p. p. 122).. Mais cela ne prouve pas que les premiers soient beaucoup plus anciens que les autres. 6. p. 1094. Foureau. 14. Foureau.208 LES TEMPS PRIMITIFS. Paris. ils portaient parfois aussi des pendeloques consistant en globules de grès ou en cailloux perforés(3). p. Flamand et Laquière. qu’on a trouvé dans la région de l’oued Mya. Verneau. 1128. long de 0 m. 1071 (perles). 9. on a ramassé quelques débris d’objets en métal(9) et en verre(10). fig. p. Il est possible que des tribus néolithiques aient encore habité le Sahara au temps de ces Éthiopiens. n.. au contraire. Voir plus haut. 183. Verneau. aplati et aminci du bout. Foureau.1129. p. selon Hamy (Assoc. 1900. 226. Perles en verre dans une station de la région d’Ouargla : musée d’Alger.. 1. 1073. 112). p. pour la plupart. Foureau. Certains silex sont très usés . 1063. L. s’est chargé des fouilles. ont été connus vers la même époque dans le désert actuel. . 4. 6. 1903. p. conf. qui. 10. l. aurait un soc de charrue primitive. p. Flamand et Laquière. pour la plupart multicolores) . c. relativement récentes(5). l. ____________________ 1. en tous points semblables à ceux qui se fabriquaient en Égypte plusieurs milliers d’années avant l’ère chrétienne.. que les outils acheuléens qu’on y a trouvés datent de l’âge quaternaire(4) . c. Gautier. 2. 1077 (débris de bracelets. Les indigènes sahariens se paraient de colliers en rondelles ou en segments d’œufs d’autruche(1). comme dans la Berbérie . ceuxci n’ont été ramenés que depuis peu à la surface par le vent. d’autres. 5. 60. 1120. 1070. voisins de l’Égypte. p. 13. avec des arêtes encore vives. en décapant le sable. Nous croyons volontiers que l’industrie de la pierre remonte à des temps très reculés dans le Sahara. 45. 7. peut-être contemporains des instruments en pierre auxquels ils étaient mélangés. I. c. Gautier (Sahara algérien. 8. c.

mais sont. le néolithique berbère d’Afrique différa beaucoup du néolithique récent d’Espagne : conf. 7). Les haches polies de type égyptien se retrouvent dans le Sahara. p. Nous avons indiqué(2) que les haches polies et les pointes de flèches n’ont pas dû être fabriquées partout où on les trouve. Siret a trouvés en Espagne. 120. avec une extension vers le Sud de la Tunisie. 130). 3. 4. Probablement par l’intérieur du Sahara. Les poteries ont pu aussi voyager : en tout cas. Pallary. 6. p. A l’époque de la civilisation néolithique berbère. 1909. il est difficile d’attribuer au hasard l’identité des motifs qui décorent cette céramique en divers pays. Plus tard. 206. Les silex ont été importés dans les régions où cette matière faisait défaut. Des relations. p. VI La civilisation de la pierre s’est développée dans l’Afrique du Nord à la fois par des perfectionnements locaux et par des relations pacifiques ou belliqueuses. 209 qui. Il est impossible de ne pas attribuer une origine africaine à des grains de collier taillés dans des œufs d’autruche. que M. XX. plutôt que par une pénétration au fond de la petite Syrte et une extension progressive vers le Midi. nous l’avons dit (p. Voir p. 189 et 192. dans des couches néolithiques récent (l’Anthropologie. puisqu’ils ont occupé des îles voisines du littoral : voir plus haut. à la fin du paléolithique et pendant la période néolithique ancienne(3). 51. n. cependant il y eut encore quelques rapports entre les deux contrées. Selon le témoignage d’Hérodote(1) se servaient de pointes de flèches en pierre vers le début du Ve siècle avant JésusChrist. VII. plus ou moins directes. ont évidemment existé entre l’Égypte et les populations néolithiques du Sahara et du Sud-Est de la Tunisie(5). Les industries se ressemblent trop dans le Sud de la péninsule ibérique et dans l’Ouest de l’Algérie. P. Instructions. 193 et 201. pour qu’on se refuse à admettre des rapports entre ces deux contrées(4). 5. . 201. fort rares dans la région de Gabès. 206. Voir p. 2. n. La domestication de certains animaux a été une étape décisive de l’humanité : cette conquête ____________________ 1.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. les Africains n’étaient pas incapables de naviguer.

et qui se rencontrent dans des stations paléolithiques récentes et néolithiques. eu Sicile. p. française. 152 . 1912. fig. Cependant il n’est pas toujours possible d’affirmer que ces coquilles aient appartenu aux habitants des stations néolithiques au milieu desquelles on les trouve : conf. difficile ne fut sans doute faite que dans quelques pays. 2. 212-3. s’agit-il d’une gravure préhistorique ? 6. à l’Ouest d’Oran(2) (cette roche n’existe pas en Berbérie(3)) . 5. 44 . p. l. p. d’outils en obsidienne dans une station voisine de Bizerte et dans l’une des îles Habibas. Assoc. de la Société algérienne de climatologie. musée d’Alger. Des importations peuvent seules expliquer la présence d’une perle en verre dans une grotte néolithique de Saïda(1) . Je ne parle pas ici des minéraux non ouvrés qui ont servi à fabriquer de la couleur ou à d’autres usages indéterminés. II. 6). c. 15. Morceaux de minerai de plomb : Barbin. Documents Flatters. à l’Ouest de Gafsa : Gobert. p. de la mer Rouge et de l’océan Indien : Rabourdin. Grotte de Saïda (valve de pétoncle) : Doumergue et Poirier. 1910. — Une gravure du Sud oranais a paru représenter un cauris (Pomel. près d’Alger : Bull. Mais. à supposer que cette identification soit certaine. c. p. 1894. 151. p. 400. l. 1912. qu’à une quarantaine de kilomètres de la mer (coquillages ayant servi d’aliments et d’objets de parure . 243 . de Constantine. 1906. L. 125. retrouvées à l’intérieur des terres(4) . Morceaux de minerais de fer et de cuivre. 1910. d’Oran. 155. Bull. Doumergue et Poirier. 141-3. 306. Abris de la Mouillah. Station néolithique dans l’Atlas saharien. p. Revue de l’École d’anthropologie. Les cauris de l’océan Indien sont ‘encore en usage comme monnaies dans toute l’Afrique centrale : conf. 1900. d’Oran. et . les Races et les peuples de le terre. Introduction à l’histoire romaine. Assoc. il est vrai. 242. p. Pallary et Tommasini. dans l’Anthropologie. dans l’Anthropologie. Deniker. Instructions. qui ne sont. Zaborowski. de même que la culture des céréales. p. IX. 22. p. 1906. 640 . l. Singe et homme. près d’Aïn Sefra (Murex trunculus perforé) : Flamand. 3245. Flamand. IV. en Sardaigne.. 87 . 1891. 228-9 et fig. XL. à Bougie . On trouve de 1’obsidienne dans l’île de Pantelleria. 124. p. dans la grotte Ali Bacha. II. 50 . pl. III. p. M. p. p. Morceaux ed fer oligiste : Barbin. p. Barbin. p. Paris. 163. de coquilles marines. 3. XXIII. ____________________ 1.. Bull d’Oran. 1900. 36. Debruge croit qu’il a servi de percuteur : Rec. Pallary. Noyau de fer. 1876. Abri de Redeyef. Revue africaine. p. Coquilles du Nil. p. Quand la connaissance des métaux(6) pénétra-t-elle au milieu des populations qui se servaient d’instruments en pierre. conf. 1912. Pallary. 1890. recueillies dans des campements sahariens(5). sans parler d’autres régions plus éloignées de l’Afrique du Nord : conf. 1892. Marseille. etc. Modestar. 4. XII. 83. p. française. p. dans un foyer au-dessus de la grotte du Grand-Rocher. d’où elle se répandit au loin. dans l’Homme préhistorique. 154. 87 . Bull.210 LES TEMPS PRIMITIFS. de coquilles étrangères à l’Afrique du Nord.

des débris de poteries. Rec. XXXII. Mais on ne saurait dire s’il est contemporain du mobilier néolithique rencontré dans la caverne. conf. Entre deux foyers. Pour des objets en cuivre. Debruge. Rec. p. Assoc. III. de Constantine. qui fut habitée par des pêcheurs. 1903. avec des outils grossiers en silex. au pic des Singes. p. 3. avec des vases contenant des cendres. 2. un poinçon en os. 5. des outils en os poli. revêtus d’émaux de différentes couleurs. 115. une poche de la grotte Ali Bacha abritait plusieurs centaines de rondelles et de plaquettes quadrangulaires en cuivre : il y avait sans doute en ce lieu un petit atelier de métallurgie(1). de Constantine. française. l’Homme préhistorique. 71-73. une hache néolithique et. pour les perles émaillées. Il est probable que nous sommes ici en présence d’un établissement de date récente : un indice permet de supposer qu’à cette époque le fer était en usage dans le pays(4). p. 97-99 .LA CIVILISATION DE LA PIERRE. quelques fragments de poteries(5). voir p. etc. II. des tessons de poteries grossières. 211 ____________________ 1. : Debruge. un Hameçon en fer a été trouvé avec des outils grossiers en pierre taillée. 150. Dans d’autres contrées méditerranéennes. Montauban. 1898. Debruge. 9. 1902. Non loin de là. 4. p. Rec. 876 . ainsi que des débris de colliers. 275-7. XXXIX. de constantine. p. près de Borj Ménaïel : Viré. une tige). 1906. Il en était de même des instruments en cuivre : on a recueilli des scories auxquelles adhérait encore du charbon(3). le fer parait avoir . Rec. p. mais à un niveau inférieur. p. trois hameçons. 142-3 et planche . dans l’Homme préhistorique. on a découvert des foyers. une station. et aussi avec d’autres objets qui se retrouvent dans la station. Abri de la Cascade. 1905. dans un abri sous roche de la Kabylie occidentale. XL. p. A Bougie. de Constantine. Assoc. 1906. 875 . p. calcaire. 72 et suiv. Ailleurs. française. II. à Bougie. IV. quartzite. contenait des silex taillés. 1903. Des fragments de cuivre ont été également trouvés au Grand-Abri. XXXVII. globules de sable aggloméré. Debruge. il y avait une lame de fer : Debruge. XXXIX. Rec. A cinquante mètres de là. 1895. et aussi quelques objets en cuivre(2) (une pointe. de Constantine. Bordeaux. quand les leur fit-elle abandonner ? Nous n’avons pas de données suffisantes pour répondre à cette double question. dont la fabrication avait lieu sur place. p.

XXVII. Il s’agit de deux peuples africains. nous serions plutôt disposé à le nier(2). Chalas. p. 249. un fragment au musée d’Alger (de provenance inconnue. soit de l’étain destiné à être allié au cuivre : il n’y a pas d’étain dans cette contrée. Manuel d’archéologie préhistorique. d’une époque où l’on se servit de cuivre pur : celle-ci se confond avec les derniers temps de l’industrie néolithique. le nom du fer est azzel. Sahara algérien. 2. 127. Une hache en bronze aurait été recueillie dans une grotte à Lamoricière. à l’Est de Tlemcen : Cureyras. Espagne. p. 2). 1912.. ____________________ 1. III. du temps du roi Ménephtah (XIIIe siècle). 196 et 200. la Préhistoire en Algérie. ou ignorés deus. d’Oran. qui devait désigner le fer par un mot apparenté on identique à l’hébreu barzel. Je n’ai pas noté la forme de celle de Cherchel. Études sur l’antiquité historique. La hache de Saint-Eugène est à talon. Italie. auparavant s’était écoulée une longue période. Il semble bien que le cuivre et le bronze aient été très peu répandus parmi les indigènes. Bull. ouzzel. fig. près d’Alger (Pélagaud. p. les Égyptiens prirent les vases de bronze du chef des Lebou et des armes de bronze des Mashnounsha .-C. 1886.212 LES TEMPS PRIMITIFS. 4. pour ne parler que des pays voisins de la Berbérie. précédée elle-même. à Saint-Eugène. été connu vers la fin du second millénaire avant J. Dans les dialectes berbères. p. p. 3. II. Celle du musée d’Alger. 133. d’un type répandu dans l’Europe occidentale vers le milieu du second millénaire. 248 . dont il ne reste que le bout évasé. Ensuite. Sicile. 42. Gautier. — Noter qui les habitacle de l’Afrique du Nord n’ont pu faire usage du bronze qu’en recevant du dehors soit des objets tout fabriqués. On n’a trouvé jusqu’ici que quelques haches de bronze. fig. p. — Une inscription de Karnak. dans Revue archéologique. avant l’époque où ils commencèrent à faire usage du fer(3). près de Cherchell (conservée en ce lieu. dite âge du bronze. mais probablement algérienne). Les choses se passèrent-elles ainsi dans l’Afrique du Nord ? Sans vouloir oublier les lacunes de nos connaissances. de Rougé. Mais ils habitaient au Nord-Ouest de l’Égypte et rien ne permet de croire qu’ils se soient étendus au delà de la grande Syrte. stumma (Zeitschrift für Assyriologie. 41 et 43 . au moins dans certaines régions(1). II. des objets en métal durent être introduits par des étrangers. fig. pl. Conf. la métallurgie . surtout par les marchands des colonies maritimes phéniciennes qui furent fondées a partir de la fin du second millénaire(4). du côté de l’Occident. 2e édit. p. dans la collection Archambeau) . une autre. offrant des haches en usage avant le premier millénaire : une.. 1807. ou vers le début du premier millénaire. Chez des populations voisines du littoral. p. indique qu’après une grande victoire. n° 2. 126) se demande s’il n’a pas été emprunté à la langue phénicienne. 7) . 81. peut avoir eu la même forme. mais qui manque dans la Méditerranée orientale (Déchelette. M.

présentant la forme propre à l’industrie néolithique berbère. 18 . puis disparut. 700). dans Matériaux. n’ont été trouvés dans des sépultures avec des monnaies et des poteries puniques ou romaines. Jamais. 200 . p. dans Archives des missions. de la Société archéologique de Sousse. Sahara algérien. 41. des instruments en pierre. ou plutôt des éclats de silex. Pallary.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. fig. tels que des bouts de javelots à pédoncule. près de Tlemcen. et Tunis. contrées où la rareté du bois et sans doute aussi le manque de minerai s’opposaient à l’essor de la métallurgie. p. 496).124 : dans la région de l’oued Zousfana). Mais elle y demeura fidèle à de vieilles traditions. 3. 601. voire même dans des ruines beaucoup plus récentes. 1883. J’hésite donc à adopter l’opinion de quelques savants. Dans l’Afrique septentrionale. Tunis. des Éthiopiens qui. dans le Sud de la Tunisie et dans la partie du Sahara située au Sud de la province de Constantine. bordaient au Sud la Berbérie(3). pendant longtemps. c.). Des pointes pédonculées. principales armes des tribus sahariennes. Marseille. à ma connaissance. X. II. 3e série. Assoc. Bull. 190. p. ou dans des ruines berbères qui ne paraissent pas antérieures à l’ère chrétienne (La Blanchère. II. Des silex mal taillés. p. II. Il a pu cependant se maintenir dans des groupes isolés ou réfractaires au progrès. et que des auteurs anciens nous signalent comme des . Elle continua à produire des œuvres d’une technique remarquable. française. chap. 1896. française. pl. c. p. lorsqu’elles n’ont plus été simplement ramassées pour servir de moellons : à Lamoricière. XXI. 1891. Quant aux haches polies découvertes dans des ruines romaines et berbères (à Lamoricière. Assoc. surtout ces flèches. Magie et religion donc L’Afrique du Nord. à l’époque historique. 42-43. qui pensent qu’une véritable industrie néolithique s’est perpétuée dans le Nord de l’Afrique jusque sous l’Empire. IV. 196. Pallary. V. 213 ____________________ 1. comme dans lieu d’autres pays. Les forgerons sont encore tenus il l’écart en beaucoup de lieux : Doutté. si grossier. Voir livre II. et à Benian Djouhala dans le Dahra : Pallary. 1907. a peut-être persisté dans certaines régions durant une partie des temps historiques(2). Ils ne se rapportent pas à des types bien définis. 1. au Saluera (Gautier. 1896. Mais on peut se demander si ces objets n’ont pas appartenu à quelque station antérieure à la ville romaine et s’ils n’ont pas été mitraillés par le ruissellement jusqu’aux palais où on les a trouvés. 2. nettement caractérisés. 497. leur présence peut s’expliquer par des croyances superstitieuses ou par leur emploi comme coins (voir plus loin). p. p. p. p. 1887. se développa(1). L’industrie de la pierre se conserva aussi. Le néolithique berbère. Le travail de la pierre tomba en pleine décadence. le fer dut passer pour une nouveauté redoutable. ont été découvertes dans les ruines romaines de Sbéitla (Tunisie centrale) : (Collignon. une hache faisait partie d’une maçonnerie de l’époque romaine. 1.. La Blanchère. VII. ont été recueillis dans d’autres ruines romaines (Collignon.

Festus Aviénus. Remarquons enfin qui on retrouve en Berbérie une superstition répandue dans bien d’autres ____________________ 1. 302-4 . CXVIII . soit qu’on fit usage d’objets fabriqués longtemps auparavant. on dépique encore les céréales avec des éclats de silex. l. p. 2. Parmi les survivances de cette industrie dans l’Afrique du Nord. Silius Italicus. enfoncés dans la face inférieure d’une table de bois. p. 94) : les Éthiopiens voisins de l’Île de Cerné (au delà du Maroc) sont armés de javelots et d’arcs. 1902. XXI.. p. p. 16-17. probablement Servius. Cette table à dépiquer se retrouve dans d’autres pays : Hamy. 324-5 : (Garamas) « arundinis usu nobilis ». Revue africaine. c. 681 (il s’agit d’un chef que le poète fait venir de l’oasis d’Ammon). genus vehiculi omni parte dentatum unde teruntur frumenta. 4. c. p. 64 . Conf. 63 et fig. p. que tirent des animaux(5) . archéologique du Comité. nous pouvons indiquer des instruments en pierre dure polie. Géorgiques. Sahara algérien. 133. l. Paris. française. XIV. l. Dans les montagnes du Sud oranais et dans le Sahara. p. Gautier (Sahara algérien. Rust.. p. Gautier. dans une carrière de pierre calcaire. p. Assoc. tandis que les Numides et les Maures ne combattaient guère qu’avec des javelots(2). Coin en roche verte. l. I . Thomas. 364. gr. 5. des poinçons en pierre tracèrent les gravures dites libyco-berbères(4). décrit par Varron(6). c’est-à-dire plusieurs siècles après l’ère chrétienne. XV. Près d’Orléansville. Essai d’une description géologique de la Tunisie. 52 (tribulum). Périple de Scylax. n° 280. 91. p. I. à une époque où l’emploi des dromadaires était général. qui était encore engagée dans le banc exploité : Galland. 3. la Préhistoire en Algérie. 6. 70. comme les Éthiopiens. Revue d’anthropologie. 7. soit qui on en fabriquât sous la domination romaine. 138) est disposé à attribuer à des nègres l’industrie néolithique du Sahara. ce traîneau. devait être déjà connu des Africains dans l’antiquité(7). 7 : les Pharusiens et les Nigrètes (dans le Sud du Maroc) sont archers.. I. A Khenchela. 3. à Virgile. Descriptio orbis terrae. 112 (Geogr. hache en roche noire. Supplément. M. hache en roche verte dans le filon d’une mine : Pélagaud. Pélagaud. quo maxime in Africa utebantur. XVII. qui servirent dans des carrières et dans des mines(3). 8. Catalogue du musée Alaoui.214 LES TEMPS PRIMITIFS. dans les mines du djebel Serdj : Gauckler. de Mortillet. Strabon. archers(1). En Tunisie. 1900. 1011. Hamy. 18. identiques aux haches du néolithique berbère. p. 1870. Bull. p. min.. Ph. » . 164 : « Tribula.

dans Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. Bull. de la société algérienne de climatologie. 420. Haches polies dans des marabouts de l’Oranie : Bleicher. 1875. IV. p. Pallary. dans l’enceinte qui entourait un dolmen des Beni Snassen (Nord-Est du Maroc) : Vélain. dans la région du Niger : Desplagnes. p. 1878. 688 (Saint-Hippolyte).LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Besançon. Assoc. 1869. VI. 2. . 215 pays(1) : les haches polies passent pour des pierres tombées du ciel avec la foudre et sont conservées comme amulettes(2). l’âge de pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires. — Ce fut peut-être pour cette raison que trois haches polies. Cartailhac. Revue d’ethnographie. 1893. Doumergue. p. 89 et fig. que d’autres furent placées dans des dolmens de Guyotville (près d’Alger) et de Djelfa : Bull. 83-86 (conf. ce dont je doute). d’Oran. En Afrique. 1910. 310-1 . Paris. p. en silex. française. 1883. 201-2 et fig. ____________________ 1. XI. II. p. p. 59-60) . le Plateau central nigérien. p. 33. furent déposées sous une dalle de pierre. 70 (si ces indications sont exactes.

Voir dans Denys le Périégète (187 et suiv. visait souvent des animaux très vigoureux et où les ruses. une large part de leur alimentation : chasse qui. Errants à l’aventure. dit Salluste(1). les pièges donnaient des résultats plus sûrs que les attaques ouvertes. ils s’arrêtaient là où la nuit les surprenait. nous l’avons dit. qui se nourrissaient de la chair des bêtes fauves et aussi.. min.. en effet.. VI). de supposer qu’ils aient tous mené une existence vagabonde(3). gens rudes et sauvages. D’autre part. 3..CHAPITRE II ORIGINES DE L`ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE I « A l’origine. Pendant longtemps. 1-2 (d’après un ouvrage écrit en langue punique . II. de l’herbe des champs. voir plus loin. les découvertes faites dans les stations préhistoriques prouvent que la chasse leur procurait. XVIII. surtout à l’époque quaternaire. . . gr. 112) des indications analogues sur la prétendue vie des indigènes restés sauvages. comme le bétail. Jug. chap. 1 82. Il n’est pas nécessaire. » Il n’y a dans ce passage que de simples hypothèses sur le genre de vie des premiers habitants de l’Afrique du Nord(2). les Africains s y livrèrent sans auxi_____________________ 1. 2. p. Voir p. l’Afrique fut habitée par les Gétules et les Libyens. Geogr.

à la p. 3. Rec. Pline l’Ancien. 1901. Un chien parait être représenté auprès d’un homme sur une gravure de la région de Constantine : Bosco et Solignac. II. — Ils ont pu encore se nourrir d’insectes et de reptiles. 34.197. des chiens africains furent même dressés à la guerre. 13. Voir p. 107. pl. II. ext. Anim. 2) que Masinissa se faisait garder par des chiens. II. près d’Alger : Ficheur et Brives. 35. p. proeliati contra resistentes. X. II) et à Guebar Rechim. Mais appartiennent-ils bien à la couche néolithique ? Flamand (Assoc. fig. Moghar et Tathani (dessin de M. M. comme l’attestent les gravures rupestres de Tyout(2). XX. il était le compagnon de chasse de l’homme. de la Société d’anthropologie de Lyon. Pallary ne le signale que dans les couches les plus récentes des grottes d’Oran : Assoc. française. p. il s’agit sans doute d’un animal domestiqué hors de la Berbérie et qui n’y fut introduit qu assez tard. — A la grotte du Grand-Rocher. Étien prétend. Carnassiers. Keller. 1904. planches à la p. 91. 7. 1911. près de Guelma . 217 liaires.. 1894. d’autre part. française. Les chiens qui y sont figurés ont des oreilles droites : peut-être appartenaient-ils à une race descendant du chacal. 2 et 3. bien que les documents ____________________ 1. 79. 93. Nous savons par Valère-Maxime (IX. fig. » 5. 187. Pomel. p. à Khanguet et Hadjar. auquel se rattache probablement celle qui est aujourd’hui la plus répandue dans l’Afrique septentrionale et qui sert du reste à la garde(3). II. « pierre n° 3 ». Voir C. race originaire du Nord-Est de l’Afrique(6). Une autre image rupestre du Sud oranais(5) semble représenter un chien apparenté aux sloughis actuels (lévriers). il me parait difficile d’admettre que les ossements de canidés découverts en ce lieu l’aient été dans la même couche que les restes d’hippopotames et de rhinocéros. Il aurait été également retrouvé dans les grottes des Bains-Romains. Naturgeschichte der Haustiere. Caen. Ajaccio. Singe et homme. 30. CXXX. Dans l’antiquité. Bull. Il est vraisemblable.. à l’oued Itel. p. Les primitifs se nourrissaient aussi de mollusques marins et terrestres(7). 1486. on a recueilli de nombreux ossements de chiens : Pomel.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Le chien n’apparaît que dans quelques grottes à mobilier néolithique(1) . 1901. non à la chasse(4). Babalus antiquus. Mais. VI. 1900. p. à Alger. 189. Flamand). fig. 6. XXXVIII. 1). que les Libyens nomades n’avaient pas de chiens (Nat. pl. 193. A l’époque des stations néolithiques berbères en plein air. . 32. Comptes rendus de l’Académie des Sciences. 2. 4. p. VIII. 730) indique aussi le chien dans une grotte de MustaphaSupérieur. 741. XLV. — Il y a peut-être aussi des images de chiens à Ksar et Ahmar (Pomel. 336. XI-XIV. pl. pl. si cette détermination est exacte. de Constantine. de Constantine. près d’Alger. 142 : « Garamantum regem canes ce ab exilio reduxere. au Sud-ouest de Biskra Rec. 10). dans le Sud oranais . à Tazina (Flamand.

5 (raisins sauvages). 86 et 87) . à l’époque historique. mais les vaches ne donnent qu’une quantité peu abondante de ____________________ comme les mangeurs de sauterelles signalés dans l’antiquité et de nos jours (conf. comme les Éthiopiens troglodytes du Sahara. Hist. plantar. un cou et des membres courts. — Numides mangeurs de racines : Strabon. 2. Les bœufs qui vivent aujourd’hui dans l’Afrique du Nord(2). qui. herbes. p. Les ossements. La robe est le plus souvent rousse ou grise. glands. Ces moyens de subsistance se sont perpétués dans certaines régions jusqu’en pleine époque historique(1). plantes. Théophraste. qui se nourrissaient des fruits du lotus. sont d’une taille peu élevée. 1. Je ne parle pas ici des importations européennes récentes. Nous sommes très insuffisamment renseignés sur les débuts de l’élevage en Berbérie.). Pausanias. ils engraissent vite et leur viande est bonne . restent assez mal connues. 33. Lib. Strabon. les gravures rupestres sont des documents bien misérables auprès des images si fidèles que nous ont laissées les artistes de l’Égypte. d’herbes . p. agiles. périple de Scylax.135). 3. 1. I.218 LES TEMPS PRIMITIFS. gr. min. 183). Appien. On connaît les Lotophages d’Homère (Odyssée. I. XVII. que leur alimentation se composait encore de végétaux : fruits. un dos allongé et droit. combinés avec des ressources nouvelles. archéologiques ne nous apprennent rien à ce sujet. 41 (« sucus bacarum ») .. qu’on a recueillis dans les stations néolithiques. 17 . Quand ils se nourrissent bien. la tète et les jambes sont fréquemment de couleur noire. conf. de la mer Égée. 110 (Geogr. avec des cornes courtes et fines. Ils ont une tête petite ou moyenne. . enfin les races actuelles. 15 . 177 et 178 . De nos jours. Pour les fruits. IX. Ces animaux sont vigoureux. — Les Kabyles s’alimentent encore aujourd’hui avec des glands doux. 3. n’ont pas été étudiés avec autant de soin que ceux des villages lacustres de l’Europe centrale . IV. une poitrine ordinairement ample.. 11 et 106. les indigènes recherchent les asperges et surtout les cardons sauvages. un garrot épais. XVII. voir Pomponius Méla. racines. doux comme le miel. vivaient de serpents et de lézards. encore peu nombreux. 3. IV. 2. étaient cueillies par des indignes de la région des Syrtes : Hérodote. A tort ou à raison. des auteurs grecs identifièrent le lotus du poète avec un arbuste qui parait bien être le jujubier sauvage et dont les haies. au dire d’Hérodote (IV. nerveux et sobres. dont certaines peuvent exister dans le pays depuis fort longtemps. de la Chaldée. 84 et suiv.

franç. p. 2. L. Robert signale aussi le Bos ibericus à la grotte de Bou Zabaouine (Rec. Mais la grossièreté des images impose une grande réserve. mis ce n’est pas une véritable bosse. Mustapha-Supérieur : Flamand. près d’Alger : Pomel. Manuel de l’agriculteur algérien. Cependant il est probable qui il s’agit seulement de variétés et que les bœufs de Berbérie sont tous apparentés étroitement(3) : l’opinion la plus répandue les classe dans la race dite ibérique. On a recueilli dans les stations paléolithiques des ossements de divers bovidés. p. sauf peut-être sur un bœuf de Tyout et sur un autre de Bou Alem. dont l’un. Oran. de Constantine. Bonnefoy.. c. 3. II. grotte de la Forêt (douteux) : Doumergue. 1907.. découverts dans des grottes néolithiques(7). 730. Ajaccio. en Italie et dans les îles de la Méditerranée occidentale(4). Bonnefoy (l. 4e édit. rien ne prouve qu’il ait été alors domestiqué. d’Oran. p. Traité de zootechnie. Pomel veut aussi reconnaître cette race sur des gravures rupestres(9). 137 et suiv. Marseille. Voir Sanson. p.) le conteste. Cette dernière devrait être appelée race marocaine. XXXIV. Algérie. . 7. Sanson.. grotte des Troglodytes : Pallary et Tommasini. pris de Tébessa. Ce bœuf se rencontre aussi dans des grottes à mobilier néolithique(6) . D’autres ossements. 10. p. 72. à celle de fief et Ahmar. Bull. c. qui se retrouve en Espagne. c. 7 et suiv.. 4. a été qualifié par Pomel de Bos opisthonomus à cause de ses cornes recourbées en avant. II. p.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. p. 1901. ont été attribués par Pomel à la race ibérique(8). 219 lait(1). On distingue plusieurs types. 9.. Assoc. c. l. 393. 1900. Voir p. 91-92 et 103. L. française. 218) . M. Rivière et Lecq. 1900). Un renflement indique quelquefois le garrot. pl. 913 et suiv. la race marocaine autochtone. surtout ceux qui sont désignés sous les noms de race de Guelma et de race d’Oran(2). Bœufs-taureaux. Grand-Rocher. 142 . 13-19. . On peut néanmoins constater l’absence presque complète d’animaux pourvus de la bosse de graisse(10) qui distingue ____________________ 1. mais parait être une variété du Bos primigenius(5). Voir plus haut. p. XVIII. 103. Elle se rencontre principalement dans le Maroc occidental. Reygasse. 6. 8. Il croit la race de Guelma d’origine asiatique. p. p. Assoc. 105. de forte taille. p.. M. Espèce bovine (Alger. p. p. XVI. XIII. IV. 646 (« diffère peu du bœuf domestique »). 93-94 (il s’agit des bœufs à cornes recourbées vers le front : voir plus loin). M. 5. 1891.

I. planches à la p. . c. fig. l. n° 5 à la p. c. fig. p. Pomel. pl. de Constantine. 183) : « Ils paissent à reculons. n° 6 et probablement n° 2. Sahara algérien. c. l’historien n’aurait sans doute pas dit qu’à l’exception des cornes et de la peau. l.. p. Oued Itel : Rec.. Oued Itel : Rec. XXXIII. le Sahara. 1.. 18.. 167 (« pierre n° 1 »).220 LES TEMPS PRIMITIFS. Nombreux à Tyout : conf. 15. parce qu’ils ont des cornes qui s’inclinent en avant. à la p. Asla. à la p. 12. dont les pointes se dirigent l’une vers l’autre(5). n. Flamand). Sahara soudanais. des bœufs dont les cornes mont recourbées en avant. mais non pas au point de les forcer à paître à reculons. aient été des zébus. à la p. 90) . ils me différaient en rien des autres bœufs. n° 2. Stations du sud oranais : Tyout. p. ne sont pas des zébus. sinon par l’épaisseur de leur peau et l’impression qu’elle produit au toucher. 1890. 61. les cornes. 307). à la p. Khanguel el Hadjar. Barrebi. 107 (« pierre n° 3 » et « pierre n° 4 »). conf. signalées à Telliz Zarbène par Barth (Reisen und Enideckungen. ibid.. Ksar el Ahmar. mentionnés par Hérodote (voir note suivante). Guebar Rechim (dessins de M. 160). c. S’ils avaient eu une bosse. 128.. Rien ne prouve cependant que les bœufs des Garamantes.. Les bœufs des gravures rupestres sahariennes.. Peut-être à Aïn Memnouna : Gautier. à la p. Un à Ksar el Ahmar (sud oranais). Certaines gravures nous montrent des animaux à cornes recourbées vers le front(2). Voilà pourquoi ils vont en reculons . à la p. fig. d’où ils ont été importés çà et là dans le Sahara(1). Kef Mektouba. S’élèvent obliquement en avant. 304 . l. 3. p. 92 et 94) observe qu’au rencontre encore fréquemment. les zébus. leurs cornes s’enfonceraient dans la terre. Il y a aussi des bovidés pourvus de longues cornes courbes et dirigées en avant(6) . fig. Plusieurs à Tyout un à Bou Alem. Khauguel el Hadjar. pl. nombreux dans l’antiquité en Égypte et de nos jours au Soudan. fig. 2. à la p. elles atteignent de grandes dimensions(4). 1. La direction et la longueur des cornes sont si variables chez les bœufs qu’on ne saurait en faire des caractères spécifiques. n° 3. fig. fig. à la p. 18. 5. pl. Schirmer. parfois. ou de longueur moyenne(3) . XXXVIII. Au reste. 93. 99. Hérodote donne des bœufs du pays des Garamantes (IV. ou recourbées au sommet (soit en avant. 13. pris de Guelma. Chudeau. dans la race dite de Guelma. Col de Zenaga : Gautier. 214) et dans le Tibesti par NachtigaI (Sahara und Sudan. Ailleurs. Quelques bœufs ont des cornes dressées. elles sont le plus souvent courtes. supra. cependant. 4. XIX. de Constantine. » Pomel (l. 91 . 19. 203 . à peu près droites. fig. on peut toutefois se demander si les graveurs n’ont pas voulu ____________________ 1. soit en arrière). entièrement courbes. peut-être à Hadjra Mektouba : ibid. 99. au Sud de Figuig : Gautier. à la p. 191 . Col de Zenaga : Gautier. 1904. 6. c. s’ils allaient devant eux. ils ne diffèrent en rien des autres bœufs. ou même verticalement . XXXVIII. Aïn Memnouna : ibid. — La direction de ces cornes fait penser à la description qu’au Ve siècle.

et s’ils n’ont pas donné aux cornes une direction inexacte. 105). II. . à cornes courtes.. 41 . Études sur l’antiquité historique.. Oued Itel : Rec. fig. p. dans la région de Guelma. mais sur une housse. — A Khanguel el Hadjar. 5. n° 2 et 5. A Khanguet el Hadjar. 196. elle se serait répandue en Europe soit par l’Asie Mineure. XXVII. l. Nous savons que des Africains qui vivaient entre l’Égypte et la grande Syrte possédaient des bœufs au XIIIe et au XIIe siècle avant notre ère. non sur la peau. Barrebi . p. dès l’époque quaternaire. 3. 2. Rec. des signes ressemblant à des lettres de l’alphabet libyque sont tracés sur le cou et la croupe de l’un d’entre eux(4) : ce sont peut-être des marques de propriété(5). 244. est tenu en laisse par un homme(2). Inscription deMénephtah. Bull. 221 représenter des buffles. p. à la p. pl.. p. 1890. qui ont une corde enroulée autour de leurs cornes et dont quelques-uns portent des bâts.. I) : reproduction assez peu exacte (vidi). XIX. l. Selon Pomel. XXXIII. soit plutôt par le Nord-Ouest de l’Afrique. IX (et. « Elle parait. Rev. 57 . Mais il n’est pas certain que ces images soient de la même époque que les gravures préhistoriques de la Brebérie. Keller (Naturgeschichte der Haustiere. d’après lui. une espèce qu’il a appelé Bos eurvidens. p. afin qu’elles fussent plus distinctes. c. pl. Inscription de Ramsès III. Les signes figurés à la hauteur de la croupe semblent être tracés. Bernelle .. » 7) C. il y aurait eu en Berbérie. ibid. Bœufs-taureaux. ibid. Chabas.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. nous ne connaissons pas les bœufs ____________________ 1. à la p. 15. Nachtigal (Sahara und Sudan. 135. l. à Karnak (boeufs du chef des Lehou) : de Rougé. pl. non des bœufs. au Sud-Ouest de Biskra. 2e édit. archéologique. à Medinet Habou (130 taureaux pris aux Mashaounaha) : Chahas. 1882. un bœuf. 4. archéologie du Comité. 1892. Gautier. de Constantine. De Vigneral. on remarque un signe analogue sur le corps d’un quadrupède qui m’a paru être un bœuf : Reboud. p. Ces animaux domestiques étaient-ils issus de bovidés sauvages indigènes(6) ? ou d’individus domestiques importés(7) ? ou de croisements entre des bœufs étrangers et des bœufs indigènes ? Il nous est impossible de le dire. Ruines romaines du cercle de Guelma. p. plusieurs bovidés à longues cornes paraissent porter une sorte de bât ou de housse(3). fig. 63 . avoir de grands rapports d’affinité avec le bœuf ibérique. c. 95.. A l’exception du Bos opisthonomus de Pomel. — Dans le Tibesti. Pomel. p. Gsell. 304. p. 307-8) signale des gravures rupestres représentant des bœufs. 440. Il est à peu près certain que des bœufs domestiques existaient alors en Berbérie(1). 6. c. XXII. Ailleurs. de Constantine. 1867. dit-il (l. A l’oued Itel. 137) croit que la race de Berbérie est originaire d’Asie et qu’elle a passé par l’Égypte .

sauvages qui vivaient dans le pays à l’époque préhistorique. en Égypte . IV. p. IV. Strabon. 4. 2. Mais rien ne prouve qu’il en ait été de même en Berbérie. Un passage de Synédius (Lettre 148) indique. Les bœufs domestiques fournissaient aux indigènes. Le Babalus antiquus. Méla. De leur vivant. 115. Il n’en était pas de même des indigènes de l’Afrique septentrionale (voir Homère. 88-89 . au plus tard. 101 et 104. les habitants de la Cyrénaïque s’abstenaient de traire leurs vaches. une des principales qualités des vaches de Berbérie(4). On sait que certains peuples. p. I.222 LES TEMPS PRIMITIFS. » 6. fréquemment représenté sur les gravures rupestres. Jug. Quant . Salluste. les Libyens des pays situés à l’Est de la Tunisie ne mangeaient pas de viande : Hérodote. Conf. 172 et 186 . A l’imitation des Égyptiens. Nous ignorons si les habitants de la Berbérie s’imposèrent la même abstinence. mais ce n’est pas.. p. ont horreur du lait. ou tout au moins dompté ? La puissante stature et la vigueur de ce buffle ne justifient peutêtre pas une réponse négative(5). Voir p. Nous manquons. à l’époque néolithique dans l’Europe centrale : Keller. Périple de Scytax.. Bubalus antiquus. Au quatrième millénaire. 41). leur viande(2) et leur cuir. p . 186. ils pouvaient servir de bêtes de bât et de selle(3). Hérodote. 3. Voir p. q’en pleine époque chrétienne. 112 . 61. ____________________ 1. 8 et 15 . l. 7 . XVII. a-t-il été domestiqué. Odyssée. 5. nous l’avons dit. 91 : « Il n’est pas probable qu’un pareil et si puissant colosse ait pu être domestiqué à aucun degré. en particulier ceux de l’Asie orientale. LXXXIX. Pomel. 221 et. IV. de bons documents pour instituer des comparaisons entre les plus anciens bœufs domestiques de l’Afrique du Nord et ceux qui existèrent en Égypte et en Europe depuis des temps très reculés(1). 114. surtout si l’on admet qu’il ait été identique à l’arni. pour l’époque historique. là où le chariot et la charrue étaient en usage. il est vrai. animal domestique en Inde. plus haut. 7. Les ossements de suidés qui se trouvent dans les stations préhistoriques ont appartenu à des sangliers sauvages(7). 3. d’autre part. 221. La production du lait se développe par la traite régulière. et aussi de bêtes de trait. Nous venons de mentionner des gravures représentant des bovidés qui portent probablement un bât et qui pourraient être des buffles(6). comme les bœufs sauvages. c.

4.. 3. p. étaient exclus du temple de l’Herente phénicien. à la laine longue. était domestiqué dès l’époque néolithique. car ceux-ci. c. De abstinentia ab esu animalium. est de qualité variable. que termine une masse de graisse. . la laine « généralement courte. III. Il est certain qu’il existe depuis fort longtemps des moutons. à Gadès : Silius Italicus. tassée. la laine. 61 et suiv. On distingue plusieurs « races » parmi les moutons qui vivent dans l’Afrique septentrionale(3) : 1° des races dites arabes. soyeuse chez d’autres. qui.Selon une opinion courante. p. mal bâtie. Voir à ce suivi Couput. — 3° la race barbarine.14. 186. à tête blanche. I. 223 au porc. qui se trouve dans les régions montagneuses de l’Algérie : petite. noire ou brune. Hérodote. plus ou moins fine et presque toujours entremêlée de jarre(4) » . IV.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Couput. Manuel de l’agriculteur algérien. dans l’Est de la province de Constantine. dans toute la Tunisie et au delà vers l’Orient : caractérisée par sa large queue. Porphyre. l. qui recouvre presque tout le corps. 63. conf. p. à la viande coriace. regardés comme des animaux impurs. Espèce ovine (Alger. mais rêche et grossière . Algérie. les Phéniciens s’en abstenaient aussi(2). Il n’est pas vraisemblable qui il y ait été introduit par l’intermédiaire des Libyens qui habitaient entre la vallée du Nil et la Tunisie. 1900). rude chez la plupart des individus. dont la viande est bonne d’ordinaire. à queue fine. 940-1. dont le poids peut atteindre cinq kilogrammes . à grosse queue dans l’Asie occi____________________ 1. — 2° la race dite berbère. à l’exemple des Égyptiens. 22-23. la race barbarine aurait été importée par les Arabes. nous n’avons aucune preuve qu’on l’ait élevé en Berbérie avant la domination romaine. dans les pays de plaines : animaux robustes. la viande est le plus souvent médiocre . Les porcs. Il y a eu naturellement un grand nombre de croisements entre ces divers groupes. sobres. 2. répandues en Algérie et au Maroc. Rivière et Lecq. ne mangeaient pas de cet animal(1) . . dans l’Europe centrale.

entre autres. p. Ils auraient été transportés en Occident par les colons grecs. 165-6) croit les mérinos originaires d’Asie Mineure. — Les chèvres maltaises. Voir. 984. qui vivent au Sud de la Berbérie. en Berbérie. 3) signale des moutons à poil de chèvre en Nubie (conf. la race à tête blanche aurait été introduite par les Romains. Keller (l. l’Abyssinie jusqu’à l’Atlantique(5). Keller. c. 2. Diodore. sous l’Empire romain. 2. III. non d’une toison. c. On peut du reste se demander s’il convient de faire une race à part des moutons qui possèdent ce réservoir de graisse. p. 156. III. p. qui l’aurait amenée de Syrie. III. — Strabon (XVII. mais il n’est pas moins certain que des animaux offrant cette particularité ont vécu en Berbérie dès les époques punique et romaine(2). 159 .. importée d’Afrique en Espagne et qu’elle ait été introduite dans ce dernier pays par les Maures. Il y eut en Espagne. les pattes hautes et fines . VII. Calumelle. 113. élevée par les indigènes et meilleure laitière. très contestables. Ce ne sont là que des hypothèses. die Haustiere und ihre Bezichungen zur Wirtschaft der Menschen. . La race « berbère » serait autochtone. C.. 156. la race à tête brune par les Arabes. Une autre chèvre. p. elle se serait abâtardie(3). 63. Ils ont le crâne étroit. Couput. La première serait la souche des fameux mérinos d’Espagne : mais. où elle a une grande extension. leur corps est couvert. 2. mais de poils analogues à ceux des chèvres(4). Hahn. espagnoles et d’Angora sont des importations récentes. ou du moins extrêmement ancienne. de très beaux moutons. elles donnent peu de lait. l.224 LES TEMPS PRIMITIFS. 2. 6 . Duveyrier. 3. Les chèvres indigènes actuelles sont en général de très petite taille. p. Cette race est propre au continent africain. 5.. le chanfrein busqué. dentale(1). 4. Conf. ____________________ 1. S). avec des poils long et noirs et des cornes dirigées en arrière. Naturgeschichte der Haustiere. qui furent probablement les ancêtres des mérinos : voir Strabon. l. Hérodote. 222-3. les Touareg du Nord. dans le Sahara. 4 : etc. — Il est cependant fort douteux que la race des mérinos ait été. est plus grande et sans cornes : Riviére et Lecq. c. Conf. Nous mentionnerons encore des moutons de race soudanaise. p. Parmi les moutons dits arabes. depuis. Nous citerons plus tard les documents qui le prouvent.

380 . Pomel est disposé a admettre une parenté entre ces moutons et les mérinos(5) : opinion qui doit être mise à l’épreuve de documents plus nombreux. 20. Celles-ci contiennent des restes de moutons(3) et de chèvres(4). Mustapha-Supérieur : Flamand. Grottes de Bougie : Debruge. fig. XI 1892. Ajaccio. à Ksar el Ahmar. de la Société d’anthropologie de Lyon. Monuments antiques de l’Algérie. 1903. l. 1903. p. 1894.. 109.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Rec. Pomel. 24. c. Cherbourg.. comme celui de Ksar el Ahmar. l.. XIV.. II. pl. p. Grotte de Mustapha-Supérieur : Flamand. l. Bull. 9. p. p. Les chèvres pourraient être les ancêtres des chèvres actuelles(6).. Grand-Rocher : Pomel. p. Un mouton à longues pattes et cornes recourbées est aussi figuré à Bou Alem. c. 1903. Bull. accompagne un homme(7). c. XXXVII. Assoc. XIII. Pau. fig. l. 1907. 6. 1991. 102. 2. c.. 8. Pomel. Se fondant sur une cheville osseuse de corne et sur un os maxillaire. Doumergue. IV. Pallary et Tommasini. Ses cornes sont recourbées en demi-cercle. conf. franç. 630. 3. 646 . c. Pallary. 5. p. 12. 160 : le même. A Moghar. Grotte dun grand-Rocher. p. par le profil busqué de sa tête et par la longueur de ses pattes. c.. Pau. Ovidés. 11.. Assoc. fig. Bull. II. XX. Saïda : Doumergue et Poirier. P. Congrès préhistoriques de France. Pomel. 45. 103. XII. l. on n’a pu identifier avec certitude que le mouflon(1). c. mais il n’a pas. autant qu’il semble... 7. l. Conf. le chanfrein busqué.. 150. p. . Il est remarquable. c. 1901. près de Tebessa : indication de M. l. . 32. XXXII. . qui se retrouve dans les stations néolithiques(2). Abri près de Bordj Ménaïel (Kabylie occidentale : Viré. p. Assoc. II. p. Parmi les restes d’ovidés rencontrés dans les stations de l’époque quaternaire. Gsell. p. franç. 223. n. 730. de Constantine. 25. l. 27. Grottes d’Oran : Pomel. Doumergue. 1892. L’un d’eux. 1891. d’Oran. franç. à longues pattes et à longue queue : Flamand. de la Société d’anthropologie de Lyon. XI. Il n’y a aucune indication de toison(9). c. 22. Grotte de Kef el Ahmar. p. Marseille.. 4. L. Assoc. p. épaisse. p. d’Oran. 31 et Singe et homme. p. Assoc. Bull. Rec. la queue est longue et. Reygasse. 7. Grotte de Saïda : Doumergue et poirier. pl. Grottes d’Oran : Pallary et Tommasini. 225 ____________________ 1. Périgueux. 626 . de la Soc. II. c. 19-20. Bull. 19. avec la pointe tournée en avant. française. 31-32 . p. Pallary. p.. 1898. p. pl. XII. près d’Alger . d’anthropologie de Lyon. le même. l. qui rappellent la race soudanaise(8). l. Voir p. 111. n° 2. Sur les armures rupestres sont représentés quelques moutons. Grotte de Bou Zabaouine : Robert. de Constantine. une gravure représente un animal qui parait être un mouton. 394. p. franç. 6-7 .

à cornes recourbées en avant . fig. Keller. 6. Leur brusque apparition ne s’explique que si l’on admet l’introduction par l’homme d’animaux étrangers(6). mais des cornes différentes (transversales spiralées) . Antilopes Pallas. d’anthr. peut-être aussi à Guebar Rechim (Flamand. à Tyout. 8. 99. comme le mouton de Ksar el Ahmar. . On peut remarquer qu’en Égypte(8). 89 . 3. 88. elle semble s’être éteinte avant le Nouvel Empire(9). 72. 5. c. fig. la faune momifiée de l’ancienne Égypte. 93 (reproduit par Pallary. 4. à une époque antérieure. p. à la p. Instructions. l. Dessin communiqué par M. 137. de la Soc. Des chèvres sont aussi figurées sur des gravures rupestres(5) . à la p. Le mouflon indigène contribua-t-il à la formation d’une race locale ? Nous l’ignorons. A Bou Alem(1). fig. Pour l’autre bélier du même lieu..226 LES TEMPS PRIMITIFS. de Lyon. A Khanguel el Hadjar. 46. 2. à des temps très lointains. Pomel. 13 (sur son corps sont figurés des séries de traits qui ressemblent plus à des poils qu’à de la laine : le chanfrein est très busqué). 58). la race la plus ancienne avait des pattes longues. 87 et 102. La domestication du mouton et de la chèvre remonte. L’un de ces béliers de Bou Alem est reproduit dans Gsell. 204. fig.. dont des gravures du Sud oranais nous montrent de grossières images (les béliers coiffés d’un ____________________ 1.. p. longue queue. De Lyon. 9. p. p. l. et plusieurs portent des colliers. A partir du Moyen Empire. 9 (chanfrein busqué. p. VI. l. 11. 10. Les moutons et les chèvres qui. on voit des béliers dont les cornes offrent la même forme. 155 et 180. XX. à Er Richa. c. l. 7. 209. Au col de Zenaga il y a peut-être un mouton avec une corde au cou : Gautier. 14. XX. Conf. de la Soc. dans la vallée inférieure du Nil. Ils sont coiffés d’un disque ou d’une sphère. Lortet et Gaillard. p. C. Sahara algérien.. Gautier. au col de Zenaga(2). Ce ne sont donc pas des animaux sauvages(4). Naturgeschichte der Haustiere. pl. à Er Richa(3). fig. Flamand (chanfrein busqué. longues pattes. 102. p. c. 87. XV. fig VI . p. d’anthr. c. y voit des antilopes) et à l’oued Itel. Keller. longues pattes). Lortet et Gaillard. conf. il y eut en Égypte une autre race. c’était à celle-ci qu’appartenait le bélier sacré d’Ammon(10). 7. il y a un bouc à collier. p. en Europe comme en Égypte(7). servirent aux repas des troglodytes devaient être aussi domestiqués. Bull. voir Bull. Lortet et Gaillard. p. fig.

Mais ces images sont d’une facture si maladroite qu’il est impossible de rien affirmer. 83-89). XLV. dans le jardin des Hespérides. Voir plus haut. Si l’on veut prendre au sérieux cette indication. IV. de Servius. conf. 116. 227 disque)(1). Appendix Serviana. Au XIIIe siècle.. Voir chapitre suivant. — On peut se demander si des béliers à cornu transversales ne sont pas représentés sur des peintures rupestres de la région de Constantine (Basco et Solignac. édit. a dû être importé en Cyrénaïque par les Doriens : il n’était pas plus d’origine africaine que les mots latins capra et hircus. p.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. une race ovine étroitement apparentée à la race la plus ancienne de l’Égypte). il est probable qu’elle a été importée par le Nord-Est de l’Afrique.. comme cette race parait se rattacher à la chèvre égagre(2). cela ne prouverait pas naturellement qu’ils aient connu par les Libyens la chèvre domestique. de Constantine. 329). comme chez les indigènes plus voisins de l’Égypte(3). peut-être. apud Thiln et Hagen. II. Des ossements d’ânes ont été recueillis dans quelques ____________________ 1. Revue archéologique. II. p. aucune valeur(5). Lortel et Gaillard. l. non des pommes d’or. qui. aux p. 360-8. elles ne sont point venues d’Europe. 4. 155). 6) vantent la richesse en moutons de cette partie de l’Afrique. qui signalent. à Karnak. p. Et ces prétendus béliers ne seraient-ils pas des mouflons ? 2. Keller. Chabas. IX. 1867. afin qu’elles fussent plus distinctes. 189) aurait raison de dire que les Grecs ont emprunté l’égide d’Athéna au vêtement en peau de chèvre des femmes libyennes. 409 et 465. III. l’inscription de Ménephtah. 6. auxquels Movers cherche sans raison une étymologie libyque. . à notre avis. ou l’on ne constate pas l’existence de la race naine africaine. p. L’élevage de la chèvre et du mouton est si aisé et si utile qu’il dut se développer rapidement en Berbérie. Hercule aurait conquis. Peut-être ceux qui les ont tracés ont-ils indiqué les cornes dans une position inexacte. un oracle du Delphes (Hérodote. qu’il aurait ramenés d’Afrique en Grèce. 5. 1. IV et V. Quant aux chèvres. Rec. c. 338 et 340). que les Libyens aient été à cet égard les maîtres des Grecs : les arguments invoqués par le savant allemand n’ont. dans le Sud-Est de l’Europe. aurait appartenu à la langue libyque. 196. Nous ne savons pas quel était l’aspect des ânes sauvages qui vécurent dans l’Afrique du Nord jusqu’en pleine époque historique(6). Homère (Odyssée. selon un commentateur de Virgile (Probus. Mais. 2. avec Movers(4). c. pl. 185.. — Le mot grec τιτυρος (bouc). 96-97. 41 . p. Pindare (Pythiques. qui vit encore à l’état sauvage dans l’Asie occidentale. — Quand même Hérodote (IV. Die Phönizier. 6). 1911. 3. p. Plus tard. mais des chèvres et des mouflons. 7 . pour les moutons. Selon Varron (Rust. p. Études. Cependant il n’y a pas lieu de croire. II. IV. on ne peut guère penser qu’à un souvenir très déformé de l’introduction en Grèce de certaines races propres à l’Afrique (conf. 2. mentionne les chèvres du chef des Lebou : de Rougé. n. l. p.

Sur l’un d’eux. des zébrures raient transversalement l’une des jambes : ces particularités sont fréquentes chez les ânes africains. c. 1901. avec une tête forte. peut-être avec raison. fig. 196. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. existait en Égypte dès le quatrième millénaire avant J. Grotte du Grand-Rocher. 111.(4). à la p. Conf. d’Oran. p. Études. Bull. Assoc. l. 4e édit. p. . Bull. du temps de 1’hippopotame et du rhinocéros. p. 1891.. Bull. I. Traité de zootechnie. L’âne domestique. pl. Bull. 217. Delmas signale seulement un polissage de la surface du grés. comme des ânes. 1894. française. 2. abri habité à une époque plus ancienne. archéologique du Comité. 1902. I.41 : « âne qui. Keller. Barth (Reisen und Enideckungen. Il y a aussi un équidé au corps moucheté à Guebar Rechim (Gsell.1487) signalent. p.. 1900. equidés. A Ennefous. p.228 LES TEMPS PRIMITIFS. n’en est pas très différent »). 1892.-C. p. 5. III. correspondant aux naseaux. Equus taeniopus (Nubie et pays des Somalis). aux yeux grands et doux. Ânes du chef des Lebou : de Rougé. 140 et suiv. CXXX. p. 6. Grottes d’Oran : Pallary et Tommasini. 3. Marseille. p. avec doute. grottes à mobilier néolithique(1). en faisant cependant observer qu’elles sont très frustes et paraissent avoir été obtenues en frottant la pierre . XI.46). on voit nettement une croix. Mais il n’est pas sûr qu’il s’agisse d’une gravure fort ancienne. Les gravures rupestres ne nous donnent pas non plus d’indications certaines(2). 2 . M. près d’Er Richa. fig. p. 18. M. Pallary. 645 . Sanson.. Si les gravures offrent véritablement des mouchetures. p. IX. Les ânes actuels appartiennent à une race qualifiée d’africaine. 4. de la Société d’anthropologie de Lyon. dans le Sahara. c. Monuments antiques de l’Algérie. p. les Libyens établis entre la vallée du Nil et la grande Syrte possédaient des ânes(5). on peut penser à des chevaux pommelés. fig. l. Chabas. au cou et à une bande horizontale le long du ventre. IX-XII (p. dans le Sud oranais. Ânes des Mashaounsha : Chabas. que M. Il m’est difficile de reconnaître un âne sur une gravure d’Aïn Memnouna : Gautier. Ils sont petits. 300. formée par deux bandes dont l’une court le long du dos et dont l’autre coupe la première près du garrot . II. une ____________________ 1. A Telliz Zarbéne. Delmas regarde. dont les plus beaux représentants se trouvent en Égypte(6). Sahara algérien. s’il n’est pas l’africanus actuel. p. p. Grotte de Saïda : Doumergue et Poirier. sont représentés des équidés (Maumené. 303. Il est permis de croire que les habitants de la Berbérie apprirent d’eux les services que pouvaient rendre ces précieuses bêtes de somme et de selle. Delmas. 99. près d’Alger (restes abondants) : Pomel. 210) mentionne un animal qui pourrait être un âne. Ficheur et Brives (Comptes rendus de l’Académie des Sciences. 244. n° 2. 30. issu d’un âne sauvage qui se rencontre encore dans le Nord-Est du continent africain(3). Mamnené indique des mouchetures sur tout le corps de ces animaux. l’âne dans la grotte des Bains-Romains (près d’Alger). mais il est impossible de dire si ces animaux étaient domestiqués.137-138. Au XIIIe et au XIIe siècle. 11).

p. . Rivière et Lecq. une bouche petite. encolure mince. L’aspect général est lourd. 3. p. l’absence de châtaignes aux membres postérieurs. J’ajouterai. remarquables de. 4. 81) indique en Berbérie un certain nombre de chevaux qui seraient de race germanique. une encolure arrondie et large. Indépendamment des importations récentes(2). A supposer que le fait soit exact. possède seulement cinq vertèbres lombaires et n’a de châtaignes qu’aux membres antérieurs. Cossart Ewart (cité par Boule. Voir aussi Aureggio. M. 62. un garrot élevé. le barbe et l’arabe. J’indique ses principales caractéristiques surtout d’après Sanson. à crinière bien fournie. que la plupart des chevaux africains auraient perdus par suite de croisements. qu’elle serait aussi apparentée au zèbre. 471-2. 145-6 . sans élégance. de sobriété. 63) a observé que des barbes n’ont. chez quelques barbes.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. ni surtout. Mais d’autres savants ont montré que les deux particularités indiquées ne sont pas propres à la race africaine. Manuel de l’agriculteur algérien. un dos court et tranchant. car rien ne prouve qu’ils aient été amenés par les Vandales. p. La race barbe serait donc apparentée à l’âne. par « les blonds constructeurs des dolmens des États barbaresques ». 731). 50 en moyenne). Certains prétendent même qu’il s’agit simplement d’anomalies individuelles : pour les vertèbres. 1803). Neuville. des arcades orbitaires peu saillantes. Ils vivent vieux et montrent des qualités.. croit-il. 64-65. les Chevaux du Nord de l’Afrique (Alger. c. 1. offrait. c. 2. comme chez les ânes. ces deux caractères.. un dos et des lombes courts. 229 ____________________ 1.. attachée bas. comme le croit Piétrement (les Chevaux dans les temps préhistoriques et historiques. comme. p. Sanson. des membres forts. au lieu de six. 8. 1005. le gris domine. mais souvent assez mal plantés(4). une poitrine étroite . vitesse. conf. dans Annales de paléontologie. Mais cet animal possède de grandes qualités : docilité. docilité. des lèvres minces. une queue touffue. 141-2). que cinq vertèbres lombaires. p. La taille est peu élevée (1 m. d’après une indication de M. p. 1910) en fait des caractères typiques de son Equus cabullus celticus. qui. voir Aureggio. des joues fortes. Sanson (l. 82. comme celle des onagres de Nubie. Il a constaté aussi (p. p. p. Le cheval barbe(3) a une tête assez forte. p. un chanfrein busqué. les ânes. des oreilles minces et droites. une crinière très courte. c.. d’endurance et d’agilité(1). il y a en Berbérie deux types de chevaux. 52-53. à l’état pur. l. lui aussi. Sanson (l. La robe est de couleur variable . les Chevaux fossiles des grottes de Grimaldi. l’époque de l’introduction de ces animaux reste très incertaine. la robe est le plus souvent grise. une croupe courte et tranchante.. La race. V. c. l. c. un front bombé.

p. Cette race. peut-être dès l’antiquité. En Berbérie. Jusqu’aux environs de notre ère. Hehn. 4. la crinière moins abondante. les narines plus larges que celles du barbe. C’est elle qui a donné naissance aux pur-sang anglais. souples.230 LES TEMPS PRIMITIFS. En tout cas. les arcades orbitaires saillantes. Kulturpflanzen und Hausthiere. se retrouve aujourd’hui dans tous les pays musulmans. Voir Hahn. 92. les oreilles plus petites. nous l’avons indiqué. p. au VIe siècle : voir de Slane. Ils devaient être de la race de Dongola. mais sans preuves. Il ne faut cependant pas affirmer que les Arabes n’aient eu de bons chevaux qu’après la conquête de l’Afrique du nord (contra : Hehn. ou plutôt syrienne. l. Il y eut aussi des importations de la côte orientale d’Afrique. c. Conf. — La race barbe a été introduite en Espagne (Sanson. C’est la race de Dongola. soit de Turquie. p. c. plus tard. p. p. la diffusion de la race arabe. ils eurent des chevaux. soit des États barbaresques. résistance aux privations et aux fatigues. sont apparentés à des chevaux qui ont existé ou existent encore dans le Nord-Est de l’Afrique(1). la plupart des monuments ____________________ 1. 28-29 de la 6e édition. d’une élégance et d’une harmonie qui n’exclut pas la vigueur. l. 29-30). 190. On sait combien l’éloge du cheval est fréquent dans la poésie antéislamique. 3. au XVIIe et au XVIIIe siècle. Mais ce ne serait pas une raison pour soutenir que les chevaux qu’on appelle aujourd’hui arabes. 2. On croit d’ordinaire. . apparentée à la race barbe. soient simplement des descendants de chevaux africains. Ils ont. 57). les joues plates. dont les exemplaires les plus beaux sont en Syrie. mais plus fine. Il n’est pas vraisemblable qu’elle soit originaire d’Arabie. Les formes du corps sont sveltes. ne parait pas dater de bien loin. Ce sont les chevaux de Berbera [et non de Berbérie]. vigueur. Diwan d’Amro’lkaïs. qui durent venir surtout de Syrie(3) et qui restèrent en petit nombre jusqu’aux conquêtes de l’Islam(4). le chanfrein droit ou légèrement concave. et qu’il vaudrait mieux appeler chiens. qu’elle n’a été introduite que par les musulmans.. Le cheval dit arabe a le front plat et large. dont il est question dans Amro’lkaïs. des caractères différents. Les barbes. die Haustiere.. les Arabes montaient des chameaux(2) . par des individus exportés. à partir du VIIe siècle. dont le type pur est devenu rare par suite de croisements multipliés avec les arabes.

Aux épaules. comme les précédents. 101. 111) indiquent de nombreux restes de chevaux dans la grotte de Saïda . 16. un quadrupède. fig. 1. française. I. II. probablement en guise de selle(5) ». les seuls équidés dont les ossements puissent être déterminés avec certitude sont des zèbres(2). 3. d’une large ceinture. Géographie. Hadj Mimoun (Sud oranais) : Pomel. c. p. Nous n’avons aucune preuve que le cheval ait existé alors en Berbérie. 19. Bernard. I. de la Société de géographie. c. 231 antiques qui représentent des chevaux de l’Afrique du Nord et les textes anciens qui les concernent semblent se rapporter à la race barbe(1). Bull.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. pl. dit Pomel. p. p1. 5. Caen. 1906. Grottes d’Oran : Pallary. fort mal dessiné. p. d’Oran. 2. .ce pas des zèbres ? 4. recouvert d’une grande housse et attaché à un tronc d’arbre. Une seconde image(6) non moins grossière. Il apparaît. contemporaines de l’industrie néolithique berbère. Singe et homme. 4. nous pouvons donc admettre que le cheval était étranger à la faune de l’Afrique septentrionale et qu’il a été introduit par l’homme à une époque assez récente. Duveyrier. 1894. Bull. aux genoux. 6. qui semble bien. n°51 51. 8. appartenir à la série des gravures dites préhistoriques(7). Il ne se trouve que dans les couches supérieures des grottes(3). Assoc. 2. Nous reviendrons sur cette question. pl. archéologique du Comité. on voit une « ceinture » analogue autour du corps d’un animal qui parait être une antilope : Pomel. mais rarement. Observer cependant qu’au même lieu. l. mais qui ne peut être qu’un cheval. l. nous montre un autre cheval. 137 et planche. Oued Bridj (Sud oranais) : Pomel. 741. 7. portant une sorte de housse. p. p. fig. Voir Tissot. en particulier p. 1894. p. II. Un cheval. sur les gravures rupestres du Sud oranais.. On voit qu’il s’agit d’animaux domestiques. Sur l’une d’elles(4). 354 et suiv. I et suiv. est « affublé. Doumergue et Poirier (Bull. 1876. ne seraient. I.. Il est également absent ou très douteux dans les stations néolithiques les plus anciennes. est aussi représenté sur un dessin du Sud du Maroc. Depuis quand occupe-t-elle cette contrée ? Dans les stations paléolithiques.. Dans l’état actuel de nos connaissances. fig. aux jarrets de quelques-uns des ____________________ 1. . Voir p.

p. 216) a cru reconnaître un cheval parmi des bœufs. 137 . soit parce que ces races ont eu elles-mêmes des équidés zébrés parmi leurs très lointains ancêtres : conf.. Reinach. qu’elle s’est constituée dans le Nord-Est de l’Afrique. dans le Sahara. 54 (« cheval dongolâwi). p. les Chevaux fossiles. p. soit par suite de croisements avec des africains. XIV. 227. Ridgeway. 2. l. the Origin and influence of the thorougbred horse (Cambridge. 1903. l. Mammifères. p. le cheval ait été domestiqué avant le temps où les Égyptiens s’en servirent. Mais rien n oblige à croire que. eux aussi. chevaux représentés sur des mosaïques africaines. n° 17 et 36. Des monuments égyptiens nous apprennent qu’il existait dans la vallée du Nil depuis le Nouvel Empire. Ridgeway. des raies transversales aux jambes. D’où l’on peut conclure soit que la race africaine s’est formée à une époque antérieure dans le Nord-Ouest du continent et que.. 51). Des zébrures analogues se constatent. Nous n’avons non plus aucune raison d’admettre que la Berbérie ait ____________________ Autres chevaux sur des gravures. — A Telliz Zarhéne. auparavant.. c.232 LES TEMPS PRIMITIFS. p. p. l. 202-3) . XVII. 1905). 22. les Chevaux. Voir aussi l’observation faite à la note 4 de la page 229. planche.. au contraire. p. vers le début du Nouvel Empire. II. etc. dans ce dernier pays. elle s’est répandue vers l’Est(5). p. dans d’autres races de chevaux. 457. 3. dans l’Anthropologie. Il ne semble pas impossible que cette race se soit constituée par des croisements de zèbres africains et de chevaux domestiques importés(2).. . Mais ce cheval est-il une gravure préhistorique ? 1. Nous avons dit qu’un type très voisin de celui des barbes se trouve dans le Nord-Est de l’Afrique. c.. Vie des animaux. il est vrai. p. 432 de la traduction française. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. et qu’elle s’est ensuite propagée en Berbérie. vers le XVIe siècle(3) . Boule. II. on observe des zébrures. Barth (l. La question parait devoir être tranchée dans le sens de l’affirmative : voir Brehm. Bernard. p. qui se voient encore aujourd’hui chez des barbes(1). il aurait été introduit parles Hyksôs : ce qui n’est pas prouvé. mais plus rarement. — Les ânes d’Afrique offrent les mêmes indices d’une parenté avec le zèbre : ils ont souvent. 21). On a contesté. 136. c. peut-être préhistoriques. p. Selon l’opinion commune (Maspero. 5. 458-7. Piètrement. 4. c. de la. p. dans l’Anthropologie. 152. 470 (conf. Opinion de M. ou un peu plus tôt. de la même région ibid. que les produits du cheval et du zèbre puissent être féconds. soit. le cheval parait avoir été inconnu on Égypte(4). 1906. Sanson. Mais il est fort douteux que des équidés véritablement zébrés aient encore vécu en Europe à l’époque quaternaire (Boule.

par des croisements avec des zèbres. 4. Études.. p. » — Il est vrai que certains auteurs (voir. et il est certain que cet animal a été employé par l’homme dans l’Asie occidentale plus tôt que dans la vallée du Nil(2). reçu de l’Europe les animaux qui ont formé la race barbe. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. 2. Voir E. Reinach. attelées par paires à des . Le général Daumas (les Chevaux du Sahara. où les Aryens les auraient Introduits. 30) va jusqu’à écrire : « Tous les cheveux de l’Afrique et de l’Asie peuvent être confondus sous une dénomination commune. il y avait déjà divers types de chevaux.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. S. Chez les peuples de l’antiquité. Au reste. tout en offrant un type distinct des barbes. Il. 2.-C. 579. soit d’Asie dans le continent africain. dans l’Ouest de ce continent. peut-être dans la Nubie. 103) pensent que ces chevaux asiatiques apparentés aux africains sont leurs descendants. l’Égypte. appartenant au chef des Lebou et à ses fils. à Karnak (de Rougé. par l’intermédiaire des Libyens habitant entre 1’Egypte et la grande Syrte : ceux-ci avaient certainement des chevaux au XIIIe et au XIIe siècle. qu’en Asie. Geschichte des Altertums. que des animaux. Chabas. dans la seconde moitié du deuxième millénaire avant J. Il faudrait alors admettre. Au contraire. 43 . les Égyptiens s’emparent de quatorze paires de chevaux. leur sont cependant apparentés(1). p. nous sommes disposé à croire que le cheval domestique a été importé d’Asie en Égypte. 233 ____________________ 1. p. soumise aux Pharaons. les chevaux furent d’abord utilisés surtout comme bêtes de trait. M. Selon ce savant. était en relations suivies avec l’Asie. mais encore en petit nombre(4). 3. avec une grosse tête). Revue archéologique. dès l’époque quaternaire.-C. Or. 1867. il y a des chevaux qui. I. la Mésopotamie a pu connaître. Sans nous dissimuler notre manque de compétence en cette question et la fragilité de nos hypothèses. mémoire cité) a montré que. A propos de ce chiffre. que. à l’époque où elle commença à avoir des chevaux. 1903. et qui ensuite elle s’est répandue vers le NordOuest(3). dans le voisinage de l’Égypte.. p. p. 2e édit. Inscription de Ménephtah. introduits soit d’Europe. Peut-être y a-t-il eu en Berbérie de nouveaux croisements avec la zèbre. une race nouvelle s’est formée. puisque le cheval n’est pas indigène dans le Nord de l’Afrique. s’y seraient beaucoup modifiés dans un laps de temps très court. Meyer. vers 1900 avant J. il n’y avait auparavant que des chevaux semblables aux chevaux européens préhistoriques (petits. 200) . non leurs ancêtres. des chevaux importés du plateau iranien. Boule (Annales de paléontologie. entre autres.

Les chèvres et les moutons semblent avoir été introduits tout d’abord et il est permis de conjecturer qu’ils sont venus de l’Est. Hérodote. 193. dès une époque reculée. ils durent se servir de leurs chevaux comme de montures : les gravures rupestres que nous avons mentionnées autorisent cette supposition. 1. Nous croyons qu’on peut en dire autant des chevaux. Pour les chars des Libyens orientaux. XVII. jusqu’aux environs de notre ère. qui sont signalés aux temps historiques(3). les chèvres. 1 . l. On pourrait admettre des influences puniques. XX. IV. p. Mais. 2. associé d’ordinaire à la chasse. à Medinet Habou (Chabas.234 LES TEMPS PRIMITIFS. 1. XX. nous ignorons l’origine des bœufs domestiques de l’Afrique du Nord . Il en fut ainsi chez les Libyens orientaux(1) : Hérodote prétend même que les Grecs apprirent d’eux à atteler quatre chevaux(2). c’est sans doute parce que ces animaux étaient attelés à des chars. non seulement dans _____________________ de Rougé observe : « Il parait que les chevaux n’étaient pas encore très nombreux sur les cotes africaines. VII. 7. IV. on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une race issue de bœufs sauvages indigènes. 170 et 183 . quoique l’introduction d’animaux domestiques du Nord-Est de l’Afrique nous paraisse beaucoup plus probable. resta pendant fort longtemps. Strabon. Si l’inscription de Karnak indique des paires de chevaux. .. c. Diodore de Sicile. En résumé. IV. II L’élevage. 189. 244) : 183 chevaux et ânes pris aux Mashaouasha. 38. mais aussi 93 chars. la ressource essentielle d’us grand nombre d’indigènes. 3. 64. qui portaient des guerriers. voir encore Hérodote. l’inscription de Medinet Habou mentionne non seulement des chevaux. Les moutons. Il en a peutêtre été de même des ânes. 86 et 184. Les habitants de la Berbérie eurent aussi des chars. les chiens et les chevaux sont sans doute d’origine étrangère. chars légers. » — Inscription de Ramsès III. 3. Parmi le butin fait sur les Mashaouasha.

cette occupation nouvelle a pu être un des effets.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. des pasteurs pouvaient vivre. livrèrent à la culture. Ils n’avaient aucune raison de se déplacer. alors que le climat et le sol leur auraient permis un autre genre d’existence. échappent aux dangers du pillage et de la guerre mieux que les cultivateurs. sans s’astreindre à de longs parcours. avec leurs troupeaux mobiles. Si beaucoup d’indigènes se bornèrent à l’élevage. 235 les régions de steppes où le climat interdisait la culture du sol. pendant les années qui se passent entre la plantation ou le greffage des arbres et 1’âge de la fructification. mais même dans une bonne partie du Tell. Ils étaient ainsi dans des conditions favorables pour devenir cultivateurs. la greffe. En bien des lieux. Il n’est pas trop téméraire de croire que quelques légumes aient été cultivés dans l’Afrique du Nord dès une époque fort . que la plantation. Ils ne peuvent pas déplacer aisément leurs provisions : la destruction de leurs vergers les ruine pour longtemps. l’entretien des arbres fruitiers. et non pas la cause première de la fixité des demeures. les pasteurs. Faire paître des troupeaux et recueillir leurs produits est une occupation qui demande assurément moins de peine que le défrichement et l’agriculture. ce fut moins par paresse que par crainte de travailler en vain. Des chasseurs. Ceux-ci doivent être assurés de la possession paisible de leurs terres pendant les mois qui s’écoulent entre les semailles et la récolte. ou quand ils ne convoitaient pas eux-mêmes des territoires plus riches. et c’était peut-être par indolence que bien des Africains se contentaient des maigres profits qu’ils tiraient d’un travail intermittent et facile. quand ils ne devaient pas s’enfuir devant des tribus plus fortes. Mais il faut aussi se souvenir que. dans les contrées où la sécurité est précaire. dans les pays de la Berbérie qui leur offraient en toute saison du gibier et les pâturages nécessaires à leurs troupeaux. D’autres se.

371 (pilons et molettes). qu’on trouve dans Columelle (11. Revue africaine. en tout cas avant la domination carthaginoise(3). Mais il faut écarter les hypothèses de Movers (die Phönizier. 10. De Candolle. 119. Voir plus haut. française. avec un broyeur circulaire. indique simplement l’existence d’une variété de pois. sur le littoral oranais(5). ancienne(1). de Constantine. 2. lens. avec des objets d’une haute antiquité. 109. Il est vrai que les stations néolithiques du Sahara où l’on trouve des meules à grains peuvent dater seulement de quelques siècles avant notre ère(4). Or il est à croire qu’a cette époque. avant même la colonisation phénicienne. 4. Le terme punicum cicer. 410). 1911. non aux Italiens. Rec. II. 118. 157-8 (débris de meules dormantes en grés . 7. 23. avec un mobilier qui appartient à une industrie néolithique vraiment préhistorique(7). ____________________ 1. p. on a trouvé des féveroles calcinées. nombreuses molettes. 306-7. 1912. p. dans les cas même où les noms berbères sont réellement apparentés aux noms latins. LV. où il a rendu les mêmes services aux hommes que le millet dans d’autres contrées . faba. c. graec. XXIII. A Bougie. p. entre autres la fève. origine des plantes cultivées. mais ces objets sont postérieurs à la connaissance du fer Debruge. 108. I. dans l’Anthropologie. Voir p. 6. Des meules en granit et en grès.236 LES TEMPS PRIMITIFS. au musée d’Alger : conf. p. Hécatée (Fragm. postérieurs cependant à la connaissance du fer : Debruge. mais nous n’avons pas de preuves qu’il . p. 3. 1905. l’emprunt est imputable aux Africains. 208. Assoc. Carthage n’avait pas encore de possessions territoriales en Afrique (conf. Mais on a découvert des ustensiles semblables dans une grotte du Rio Salado. 8). 324. Le sorgho parait être indigène dans le continent africain(8). p. Meltzer. consistant en galets de grès . 82). Quant aux céréales. des broyeurs en quartzite ont été aussi recueillis à Bougie. I. qui attribue à plusieurs cultures légumières une lointaine origine africaine. p. 37). 1916. peut-être spontanée dans cette contrée(2). l. Pallaty. — Peut-être aussi à Redeyef. Müller. XXXIX.. probablement dons la Tunisie orientale. 119. Toulouse. II. 2e partie. II. 8. p. I. IX. cultivée par les Carthaginois. dans le Sud Ouest de la Tunisie : Gobert. aplati . Delmas. Geschichte der Karthager. n° 305) indiquait des Libyens laboureurs et mangeurs de blé. et non par les Libyens.. et dans une grotte de Brezina (Atlas saharien)(6). die Arten und Varietäten des Getreides. p. cependant il n’est pas sûr que ces objets aient servi à écraser des grains). p. Körnicke. mais rien ne prouve que les indigènes de la Berbérie s’en soient abstenus. sont tout à fait invraisemblables . Les fèves étaient impures pour les Égyptiens (Hérodote. Les étymologies berbères que Movers donne des mots cicer. 5. Vers 506. 20 . Meule elliptique en basalte. 372 (meules elliptiques). p. elles furent connues dans certaines régions d’assez bonne heure. Hist. 2. p. Ses arguments sont inadmissibles. édit. 19 et 302.

237 _____________________ 1. les habitants d’Argos prétendaient que c’était chez eux que le froment avait été semé pour la première fois en Grèce et que le héros Argos l’avait apporté de Libye [c’est-à-dire sans doute. — Pomponius Méla (III. S’agit-il d’une historiette. 136. Libycus campus. en Abyssinie et dans les pays riverains de la méditerranée : Hahn. 3. Aux Canaries. 103) prétend même que des céréales poussent spontanément sur la côte du Maroc : « Adeo est fertilis ut frugum genera non cumseratur modo benignissime procreet. p. Diodore. en Sicile(3). V. Faut-il admettre une période primitive de culture à la houe ? Ou l’orge et le blé ont-ils été introduits dans l’Afrique du Nord en nième temps que la charrue et l’usage des bovidés châtrés pour la tirer : conditions de l’agriculture des peuples classiques(4). p. conf. écrivain de l’époque hellénistique (Frag. s. du pays situé entre l’Égypte et la grande Syrte] . Hahn. inventée pour ait été cultivé très tôt en Berbérie(1). octobre 1893). 1910). Müller. En général. Il a pour satellite l’Hordeum spontaneum et M. Festus. 2.. Hist. Graec. mais il n’est pas certain que le pays des Cyclopes du poète ait été situé en Sicile). quoiqu’un témoignage ancien. 89 et 568. Nous ignorons les motifs de cette croyance. qui cultivaient le blé et l’orge. » 4. III. on est disposé à chercher leur centre de diffusion dans l’Asie occidentale. p. 109-110 . les Ganches. Agricultural and botanicol explorations in Palestine (Washington. édit. 119). p. ni de quelle manière elle s’est répandue. 50) estime que la culture des deux céréales a dû commencer simultanément. Remarquer qu’actuellement encore la culture à la charrue n’est pratiquée en Afrique (en dehors des colonies européennes) qu’en Égypte. où ces végétaux existent encore à l’état sauvage(2). 6. p. das Alter der wirtschaftlichen Kultur der Mensckheit. qui étaient réalisées en Égypte dès le début des temps historiques ? les habitants de la Berbérie auraient reçu le tout par l’intermédiaire des Libyens orientaux(5). indique du blé spontané dans une région voisine de la Berbérie. 42 et suiv. Odyssée. 5. dont la . Nous ne savons pas où a commencé la culture de l’orge et du blé. l’Espagne préhistorique (extrait de la Revue des question scientifiques. voir Anronsohn. d’ailleurs sujet à caution. Auronsahn (p.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Nous noterons cependant la ressemblance des meules néolithiques de la Berbérie et des meules qu’on trouve en Espagne avec un mobilier analogue à celui des grottes africaines : voir Siret. IX. Nous n’avons aucune indication précise sur le lin. Ces hypothèses sont tellement fragiles qu’il vaut mieux ne pas insister(6). On peut même douter qu’il l’ait été aux époques punique et romaine. — Selon Polémon d’Ilion. 125 (avec le commentaire). v. die Haustiere. sed quaedam profundat etiam non sala. Pour le blé sauvage de Syrie et de Palestine. n’avaient pas de charrues. 28 et fig. 2 (il cite aussi Homère.

offrent des empreintes de toiles grossières. 98. Assoc. à Constantine. que les autochtones aient connu le vin et l’huile aux temps préhistoriques(6). Observons toutefois que la langue berbère a. 8. l’olivier. p. française. cependant rien ne prouve qu’il y ait eu des espèces cultivées avant la période phénicienne(5). l’amandier sont indigènes en Berbérie(4) . Doumergue. min. auteur du début de l’Empire. sur lesquelles on avait placé ces vases pour les faire sécher. nom qui n’avait peutêtre à l’origine aucun rapport avec la Libye ? 1. II. 4. comme dans l’Europe centrale(1). importé par les Phéniciens(8). 6. c’est-à-dire au début du Vie siècle. azemmour(7) . sur la petite Syrte. Mais s’ils n’avaient pas imité les Phéniciens pour la greffe. qui furent sans doute leurs maîtres en oléiculture. 628. p. un nom particulier. 206. 7. la création de vergers. les habitants de l’île de Djerba faisaient de l’huile avec des fruits d’oliviers sauvages (Périple de Seylax. mais il ne parait pas certain qu’ils appartiennent à l’industrie néolithique(3). I). Nous ne savons pas sur quoi il fondait cette assertion. recueillis dans la grotte des Ours. des soins attentifs et une vie tout à fait sédentaire. culture remonte à une très haute antiquité en Égypte. il est douteux que ce mot soit d’origine berbère. Pour l’olivier sauvage. L’arboriculture exige la pratique de la greffe. ni en Espagne. affirmait qu’il n’y avait d’oliviers cultivés ni en Italie. 5. 1891. 643 . Il est fort douteux que quelques rondelles en terre cuite. Géographie. aient été des pesons de fuseaux(2). n. ibid. Des fonds de poteries. Pau. La vigne. 1892.238 LES TEMPS PRIMITIFS. 105. 110 : Geogr. Pallary et Tommasini. l. pour désigner l’olivier cultivé. p. tandis que les Italiens empruntèrent le nom de cet arbre aux Grecs. le figuier. p. Origine des plantes cultivées. 87). trouvées dans des grottes à mobilier néolithique. Le lin des stations lacustres croit spontanément en Berbérie : de Candolle. 2. cité par Pline (XV. comme les Arabes. . ni en Afrique au temps de Tarquin l’ancien. Grottes d’Oran . gr. Ce n’étaient pas les mêmes espèces qu’on cultivait en Europe et en Égypte. Au IVe siècle. Voir p. 166-8. près de l’île de Djerba : conf. II. 3. Il y a ____________________ expliquer le nom de Λίβυσσα donné à une Déméter adorée à Argos.. Et donné par eux à la ville de Zitha. se servent du mot zeboudj . p. les Berbères. 5. Marseille. p. 1es Libyens n’ont pas adopté le nom sémitique. II. Tissot. Fenestella. ils avaient pu apprendre d’eux la fabrication de l’huile. Voir plus haut.

. Mais nous pouvons affirmer qu’ils reçurent beaucoup de l’étranger. on l’a fait remarquer. Cela ne prouve pas. 182). les Nasamons. raisons de supposer qu’une bonne partie de ces précieuses acquisitions leur vint d’Égypte. depuis la fin dun Ve siècle ou le début du IVe. il est certain qu’on dehors du territoire punique. Hérodote. Les indigènes de cette contrée n’ont pas attendu la venue des navigateurs syriens pour pratiquer l’élevage et l’agriculture. que les habitants de ce lieu et d’autres oasis situées plus à l’Ouest(2) avaient reçu les leçons qui leur permettaient de se livrer à une culture pénible. IV. Quelques-uns de leurs progrès furent-ils dus à leur initiative intelligente ? Nous l’ignorons. les Phéniciens ont pris une part fort importante au développement de la civilisation dans l’Afrique du Nord. il n’y a pas lieu de croire que les Phéniciens aient contribué il la diffusion de la culture du dattier au Sahara(4). Il ne faut cependant pas l’exagérer. ne fructifie pas en Phénicie (Meltzer. peuplade du littoral de la grande Syrte. C’était sans doute de l’orient. En tout cas. 3. φοΐνιξ signifiant à la fois palmier et Phénicien. que les Phéniciens aient été les introducteurs de la culture du palmier dans le Nord-Ouest de l’Afrique : le palmier. Hérodote. p. c.. comme on l’a fait trop souvent. des oasis égyptiennes. Au reste. I. est une arme parlante. 2. 209. allaient s’approvisionner de dattes à Augila. ____________________ 1. nous avons des.de la Cyrénaïque(1). 239 là un léger indice d’une culture très ancienne. IV. évidemment. Voir p. 183 (il n’a d’ailleurs que des notions très vagues sur ces oasis). au Sud.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Le palmier que l’on voit sur les monnaies frappées par Carthage. l’oléiculture et la viticulture ne se sont guère propagées avant la domination romaine. IV. Au Ve siècle. l. 172 (conf. Peut-être s’était-elle répandue au Sud-Est de la Berbérie dès une époque reculée : nous nous montré l’étroite parenté de la civilisation néolithique saharienne avec celle de l’Égypte protohistorique(3). qui s’explique par un jeu de mot grec. 4. Assurément. 420).

p. mais nous ignorons si chacune d’elles servait de demeure à un groupe en quelque sorte autonome. est le chef(3). 3. 191). Il y a des exceptions. les enfants dépendent et héritent de leur oncle maternel. Gautier.CHAPITRE III ÉTAT SOCIAL. de véritables villages. nous l’avons dit(2). il est vrai.. 2. qui peut être. la Conquête du Sahara. IV. ART. 198. donnent quelques renseignements sur les indigènes de la Berbérie nous montrent la famille constituée : famille dont l’homme. PRATIQUES FUNÉRAIRES I Nous ne savons à peu près rien sur l’état social des Africains primitifs. ou si celui-ci n’était pas rattaché par des liens plus ou moins étroits à d’autres groupes du voisinage. une survivance d’un . entre autres. la paternité n’est pus légalement reconnue.-C. sur lesquelles nous reviendrons : voir en particulier Hérodote. non de leur père (voir. Les stations les plus anciennes paraissent n’avoir été occupées que par un petit nombre d’individus . II. dont les habitants devaient former des sociétés distinctes. à partir du Ve siècle avant J. Dès les temps néolithiques(1). 180. Il y a là. mari et père. sans doute. MAGIE ET RELIGION. — Chez les Touaregs qui vivent actuellement dans le Sahara. où la femme est tenue le _____________________ 1. Et même dès l’époque de l’industrie gétulienne. existent. 187. 2. Les textes grecs et latins qui. P. la maternité l’est seule . en partie contemporaine du développement de l’industrie néolithique dans d’autres régions de l’Afrique du Nord : voir p..

prince des Mashaouasha. est probablement un enfant : les traits indiqueraient ici à la fois le mariage et la filiation. à vrai dire. des peuplades dont les plus importantes paraissent avoir été les Lebou des Mashaouasha . Peut-être les États ne sont-ils pas très anciens. Hist. II. qui. de plus petite taille. Müller. et improprement le matriarcat. Mais. dans la deuxième moitié du second millénaire avant J. Tels étaient peut-être Mâratou. elles se sont probablement constituées de bonne heure : il était nécessaire aux hommes de former des associations assez fortes pour se défendre contre les attaques. où la polygamie est fréquente. qui font allusion à l’existence de cette coutume chez les Éthiopiens (Nicolas de Damas. pour s’assurer la possession de territoires où les troupeaux ne fussent pas à l’étroit sur des champs vite épuisés.. 3. appartenaient à une famille princière. sous Ménephtah et sou Ramsès III. On peut supposer qu’à une époque antérieure. Agamemnons dont les pouvoirs expiraient à la fin des hostilité(3). soumises. n° 42). du moins chez les Labou. autant qu’il semble. p. entre la vallée du Nil et la Berbérie. à un régime monarchique(1). peut-être a-t-on voulu indiquer ainsi le lien du mariage (les sexes ne sont pas distincts . Ils indiquent des tribus ou des peuplades. 1889. il y a lieu de supposer qu’il s’agit d’un homme). des documents égyptiens nous font connaître. Conf. et Kapour. Quant aux tribus. où des sols variés pussent offrir des pâturages en toute saison. Sur les gravures rupestres préhistoriques de Tyout (Sud oranais). des tribus se liguaient parfois un cas de guerre et que ces confédérations temporaires étaient commandées par des chefs.ÉTAT SOCIAL. VIII. mais. 156 . . p. A une époque plus reculée. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. qui. elles avaient des chefs. ART. Frag. ____________________ état de choses datent d’une lointaine antiquité : ce que l’on appelle souvent. disposant de territoires étendus. édit. quand l’un des deux personnages tient un arc. Une de ces gravures nous montre trois individus ainsi associés : l’un est un archer. nous sommes dans une incertitude complète à cet égard. 2. Nous ignorons comment se sont formés ces divers organismes sociaux(2). ne la signalent pas chez les Libyens. Pomel.-C. Bonnet. MAGIE ET RELIGION. Singe et homme. Des États unissent sous une autorité commune un certain nombre de tribus. 241 plus souvent dans une condition inférieure. Graec. 18. le troisième. prince des Lebou. p. 463. Cependant les documents anciens. 431-2 et 471. l’autre pourrait être une femme. p.. III. Revue d’ethnographie. les gens représentés forment souvent des couples et un trait joint leurs parties génitales . commandèrent des armées que les Égyptiens eurent à combattre : voir Maspero. 1.

Plutarque. Bien qu’on ne puisse pas le prouver. « veternosis in arboribus taenias ». citant Isigone et Nymphodore (en Afrique. 2. » 6. Sermons. p. combats rituels entre jeunes filles chez les Auses et les Machlyes. III. la coutume. de la Société archéologique de Sousse. les rites pour provoquer la pluie(3). 85-87. IX. 584. 4 . 5. les luttes rituelles. 266 . il existe des familles de fascinateurs. 248-9. p. c. les baignades accomplies dans la même intention. De doctrina christiana. indiquée peutêtre par Arnobe(7).). de solemnitate superstitiosa pagana christiani ad mare veniebant et ibi se baptizabant. 56. 480 et suiv. 16. Doutté. sécher arbres.. de nouer à des arbres des morceaux d’étoffe. qui revenait tous les ans à date fixe et durait plusieurs jours (on l’appelait la Caterva). 1909). LX. semble-t-il. 9. 436 et suiv. mourir les enfants) . Doutté. 7. à nuire à des ennemis. destinées à acquérir des biens. Bull. 24. certaines d’entre elles remontent sans doute à une très haute antiquité. Ce sont des opérations de la magie classique que Virgile lui attribue : conf. 53 : dans une fête. Voir surtout le livre de Doutté. lors du solstice d’été : saint Augustin s élève contre cet usage(5). pour objet l’expulsion . Calon le Jeune. 3. 39 . et quelques textes anciens(2) signalent des pratiques dites magiques. Lucain. Mentionnons. p. 8. I. — Il n’y a pas à tenir compte ici de la prêtresse massyle dont il est question dans l’Énéide (IV. voir Pline. On constate encore de nos jours dans le Maghrib(1). Voir surtout Bel. CXCVI. Pichon. dont les incantations font périr les troupeaux. l.242 LES TEMPS PRIMITIFS. auxquels un passage de Dion Cassius fait allusion(4) . 70. 10. par exemple. XXXIII. 4. 180 . Outre ceux qui seront indiqués plus loin. 9. « Natali Joannis. IV. III. 582 et suiv. dans lesquels on croyait fixer les maux dont on voulait se délivrer(8) . Magie et religion dans l’Afrique du Nord (Alger. (pratiques magiques des Psylles contre les serpents : conf. 301). sur le littoral de la petite Syrte. 71. 1905. 1909. p. Basset. Revue de philologie. p. IV. 567. et Silius Italicus. 64-68. dans Recueil de mémoires publié en l’honneur du XIVe congrès des Orientalistes par l’École des Lettres d’Alger (Alger. dont parlent Hérodote(9) et saint Augustin(10). II ____________________ 1. et qui avaient. qui a persisté çà et là en Berbérie(6) . à expulser ou à détourner des maux. 1905). 95-97 . d’origine fort ancienne. Doutté. p. VII. 913 et suiv.

Nous ne saurions dire non plus si le culte des pierres. p. Cultes. se battaient à coups de pierres. 3. Mais les peuples qui. C’est une opinion très répandue qu’on est maître de celui dont on possède l’image. en différents lieux. 2. des cultes des montagnes. prononcées devant les images. Elle a vraisemblablement inspiré. que nous aurons à étudier. . p. des eaux. des arbres. 323-4 . a dans l’Afrique du Nord des origines très lointaines. les Genii des sources. 123 et suiv. pouvaient en compléter l’effet. provoquant les phénomènes dont l’homme est témoin . 243 violente des maux logés dans les corps des combattants(1). car rien ne prouve qu’il ait existé avant la venue _____________________ les habitants de Caesarea (Cherchel). nous font connaître. selon l’acception usuelle de ce terme.. Reinach. mythes et religions. Magie et religion. Conf. le même.ÉTAT SOCIAL. p. L’animisme est. Doutté. 1. ART. des paroles magiques. VIII. prétendues demeures d’esprits puissants. MAGIE ET RELIGION. la croyance à des esprits doués d’intelligence et de volonté. Peut-être ce culte était-il proprement indigène. Merrâkech. 7) mentionne (avec des indications géographiques fantaisistes) un culte célébré par les Libyens occidentaux au mont Atlas. ont pris pied en Berbérie ont pu contribuer à les propager : on sait l’importance des hauts lieux dans la religion phénicienne(3) . résidant d’une manière permanente ou temporaire dans des enveloppes matérielles. Saint Augustin les fit renoncer à cette coutume. des divinités romaines. Maxime de Tyr (Dissert. au moins en apparence. Quelques documents de l’époque romaine. à l’époque préhistorique. partagés en deux camps. les auteurs des gravures rupestres : il est permis de croire que beaucoup de ces dessins ont été tracés pour mettre à la disposition des hommes les animaux qui y étaient représentés(2) . 509. (pour l’art quaternaire d’Europe). des montagnes que mentionnent des inscriptions latines sont. qui témoignent plus ou moins nettement de superstitions animistes. des rivières. sur lesquels il convient d’agir par des procédés de contrainte ou de propitiation. l. êtres bienfaisants ou nuisibles. aux temps historiques.

Nous pouvons être un peu plus affirmatifs pour l’idolâtrie. conf. De nos jours. III. ____________________ 1. 4. Des vers écrits par Corippus au VIe siècle attestent que les Laguatan. CXCVII. Il y avait pourtant dans sa patrie des indigènes auxquels ce culte n’était pas étranger. LXIII. V. de Slane. Notons qu’à Tamentit. p.244 LES TEMPS PRIMITIFS. 1904. trad. p. qui fut autrefois vénéré (Gautier. 355. Johannide. Sermons. p. p.). adoraient Gurzil. peuplade de la Tripolitaine. Vers le début du Ve siècle de notre ère. Il s’agit sans doute d’un culte indigène. 3. 23) a pu faire croire qu’à l’oasis d’Ammon.. Meltzer. de correspondance africaine. Cependant il est probable que les hommes des temps préhistoriques regardaient comme des fétiches. 6. des Phéniciens(1) cette observation s’applique d’une manière générale au fétichisme. Ibid. au XIe siècle. le dieu était adoré sous la forme d’une pierre (voir H. on conserve encore un aérolithe. 196.. Mais nous ignorons s’il date d’une antiquité très reculée. et non comme de simples ornements. Mais ces légendes s’appliquent souvent à des pierres romaines. 404-6 . saint Augustin attribuait aux Égyptiens seuls le culte des animaux(3). Masqueray. 110-1. on observe chez les berbères de traits de mœurs qui pourraient être interprétés comme de vagues indices d’une zoolâtrie primitive. Un passage de Quinte-Curce (IV. habitant un pays montagneux dans le Sud du Maroc. El Bekri mentionne une tribu. 253). p. Bull. 2. dont on s’assure la possession. dans le Touat. 101. Plus tard. les objets dont ils composaient des colliers(2). par exemple. Il y avait aussi des images de Gurzil en bois et en métal : ibid. ou tout au moins d’antiques alliances entre les bêtes et les hommes : égards particuliers pour . qui attribue un pouvoir protecteur soit à une force impersonnelle. soit à des esprits. — Des traces de l’adoration de pierres dressées se retrouvent dans les contes berbères : voir. qu’on lâchait sur les ennemis au moment d’engager le combat(5). 7. 495-502. dans Philologus. II. Mais l’umbilicus que l’auteur latin prend pour le dieu est probablement la chapelle qui contenait son image. II. en plein Sahara. sorte de fluide. enfermés dans des objets naturels ou fabriqués. 1885. 1. Description de l’Afrique Septentrionale. qui adorait un bélier(6). 150 et suiv. V. né du dieu Ammon et d’une vache(4) . Sahara algérien. 22 et suiv. 5. il s’incarnait dans un taureau.

XVII. XXII. Les singes y vivaient dans les habitations des hommes.. 1911. Mais il faut citer ici un passage intéressant de Diodore de Sicile(3). Les gravures rupestres préhistoriques de la Berbérie nous permettent de remonter encore plus haut. p. qui est encore très respectée des indigènes). p. Duveyrier. 12-15 . ibid. les Confins algéro-marocains. dont nous parlerons tout à l’heure. XX. 2. I. p. qui se servit des écrits du roi Juba.. Bernard. Racontant l’expédition d’Agathocle. Eustathe dit aussi (ibid. 401. 31) que les Libyens vénéraient l’ibis. 1910. Bull. 57 et suiv. Nous laisserons de côté ceux qui concernent peut-être des cultes importés à l’époque historique(2). Les parents donnaient de préférence à leurs enfants des noms tirés de ceux des singes. 40. d’un nom dont la traduction grecque était Ηιθηχούσσαι (on sait que πιθηχος . Parmi les animaux divers qu’elles représentent. 58. certains animaux. p. — Athénée (IX. Monchicourt. 1277. qui eut lieu à la fin du IVe siècle avant J. il est très rare en Berbérie : peut-être. MAGIE ET RELIGION. d’après ces animaux. D’après une indication recueillie par Eusinthe (Commentaire sur l’Iliade. signifie singe en grec).-C. il en est auxquels les hommes de ce temps attribuaient assurément un caractère sacré : cela ne peut pas être mis en doute pour les béliers coiffés d’un disque. Cour. Rien ne prouve que le respect accordé à cet oiseau remontât à des temps très anciens. entre autres. les paons étaient sacrés pour les Libyens et ceux qui leur faisaient du mal étaient punis. plusieurs documents anciens témoignent de l’existence en Afrique d’animaux sacrés. Mais le paon ne fut introduit dans les pays de la Méditerranée occidentale que peu de temps avant l’ère chrétienne.ÉTAT SOCIAL. 139 . I. Revue tunisienne. Quant à l’ibis. XV. d) dit. respect de leur vie. si l’assertion d’Eustathe a quelque valeur. appelées. érudit du premier siècle de notre ère. ART. 107-8 . abstinence de leur chair(1). que le porphyrion (poule sultane) est un oiseau consacré aux dieux en Libye. p. 3. 1908.. d’Oran. p. p. ils disposaient à leur gré des provisions de bouche. les Touareg du Nord. 388. s’agit-il de quelque autre échassier (on peut penser à la cigogne. . qu’on expiait par la mort. 30). Outre les vers de Corippus. d’après Alexandre de Myndos. cet historien parle d’un pays peuplé d’une multitude de singes. Bertholon. Voir. qui les regardaient comme des dieux. où se trouvaient trois villes. Tuer un singe était dans ce pays la plus grande des impiétés. 245 ____________________ 1.

mythes et religions. ils s’abstiennent d’ordinaire de les tuer et de les manger. raconte Élien(3). I. ibid. il en est resté des vestiges jusqu’en pleine époque historique. apud Priscien. en Océanie. entre autres exemples. 27. c’est un signe qu’il a de bonnes raisons de le renier pour son parent. autant que possible. qui étaient ____________________ 1. se prétend apparenté. Voir aussi Pline. dans la familiarité des animaux de l’espèce élue . dans les temps primitifs. II. p. I. anim. p. p. groupe d’hommes unis entre eux par le sang. 898-908 . On a produit des arguments. Ils estiment qu’ils n’ont rien à craindre d’eux . une alliance avec les Psylles(4). Varron et Lucain disent que les serpents qui servaient à l’épreuve étaient des aspics. Lucain. Rappelons. Dion Cassius. XVI. LI. 3. 32. I. Crammatici latini. dans le continent africain(1). 14. Reinach. Peut-être est-il permis d’alléguer pour l’Afrique du Nord le texte de Diodore de Sicile que nous avons mentionné. VII. Un totem est généralement une espèce animale à laquelle un clan. familiarité des hommes et des singes. 31 : Gautier. Le totémisme est une croyance sur laquelle on a beaucoup disserté dans ces dernières années. II. Sahara algérien. Les cérastes (vipères à cornes). Cette croyance a été constatée de nos jours dans les deux Amériques. les gens de ce clan vivent. pour soutenir qu’elle a existé. IX. non sans en exagérer l’importance. Conf. Varron. p. Cultes. Ce nom aurait été une onomatopée.246 LES TEMPS PRIMITIFS. qu’ils disent être leur oncle maternel (c’est-à-dire le parent qui légalement leur tient lieu de père : conf. 14 . conf. Le clan prend le nom du totem . dans Kell. Nat. avaient. X. ennemis des autres Libyens. en Inde. que les Touaregs du Sahara ne mangent pas l’ourane. 2. si l’un de ces animaux fait quelque mal à un individu du clan. 4. On peut être aussi tenté de retrouver une superstition totémique dans des indications relatives aux Psylles de la région des Syrtes(2). imitant sifflement des reptiles. çà et là. Silius Italicus. 524 . où Élien cite Agatharchide.. 246. .. dignes tout au moins d’attention. 333. 57. 74. Divers détails y font penser au totémisme : « villes » qualifiées de villes des singes . respect pour la vie de ces animaux. On pourrait se demander si le nom des Psylles n’avait pas quelque rapport avec celui des serpents auxquels ils étaient alliés. 413 . Instit. chez divers peuples des pays méditerranéens et que.

il tient un arc et des flèches. p. 210-2. d’abord menaçants. Reisen und Enideckungen. quand un Psylle craignait que l’enfant mis au jour par sa femme ne fût adultérin. c’est un homme assis. MAGIE ET RELIGION. tenant de la main droite un bâton (?) recourbé(2) . de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. II faut en dire autant des béliers représentés sur les rochers du Sud oranais avec des insignes spéciaux. 140. sur des gravures que Barth(3) a vues à Telliz Zarhène (dans le Sahara. L’Égypte ancienne était pleine de ces dieux animaux. IX. à Er Richa. qui se retrouvent en Berbérie. Si l’on veut admettre des rapports : hypothèse liés contestable.ÉTAT SOCIAL. ce sont deux personnages debout. 5. . ART. se faisant vis-à-vis(4) : l’un a une tête de bœuf ou d’antilope et est pourvu d’une queue . p. Au dire des Libyens. ____________________ 1. la tête de l’autre offre. qui prouvent qu’on les distinguait nettement du menu peuple de leurs congénères. D’autres gravures rupestres nous montrent des images où la forme humaine est associée à une forme animale. il remplissait de cérastes un coffre. 210 4. dont les rapports avec le totémisme restent fort obscurs(1). Tels devaient être le taureau des Laguatan dont parle Corippus et le bélier des montagnards marocains que signale El Bekri. Si les serpents. fig. fig. Nous allons voir que ces animaux sacrés devaient être considérés comme les incarnations d’un grand dieu. Bull. une vague ressemblance avec celle de l’ibis(5) . Dans le Sud oranais. I. il oreilles de lièvre. l’auteur de l’épreuve en concluait que cet enfant était bien son fils. s’apaisaient dès que l’enfant les avait touchés. selon Barth. à la p. Delmas. Flamand. 1902. région de Ghat). Dessin qui m’a été communiqué par M. Entre eux est un boeuf. dans lequel il jetait le nouveau-né. 2. 3. IV. a consisté dans l’adoration d’un animal appartenant à une espèce déterminée et choisi d’après certaines marques : on croyait qu’une divinité s’incarnait en lui. Une forme de la zoolâtrie. 247 insensibles à leurs morsures. Cette ressemblance ne me frappe nullement sur le dessin inséré dans l’ouvrage de Barth et que celui-ci qualifie du reste d’esquisse imparfaite.

qui se revêtaient de masques dans des cérémonies. que c’est au soleil et à la lune seuls qu’ils sacrifient(3). à Triton et à Poséidon. On ne doit pas invoquer. 2. Cumont. 98. 60-61. Bull. Nicolas de Damas. mais ces Marantes étaient probablement des Éthiopiens. . p. fig. p. Historic. auxquels la superstition attribuait une existence réelle. en particulier par les Babyloniens. p. Ces mascarades paraissent avoir été usitées en Espagne et dans le Sud de la France dès l’époque quaternaire : Cartailhac et Breuil. LV. il tient soit un arc. 308. soit plutôt un bouclier ovale(1). 3. ont été adorés par divers peuples de l’antiquité. apud Müller. Quant aux personnages que les gravures représentent sous des traits complètement humains et dans des postures diverses. avec ceux qui sont apparentés au clan(2). Hérodote dit que tous les Libyens offrent des sacrifices au soleil et à la lune . maudissaient et injuriaient le soleil. 56-58. I. Des monstres. Il convient d’observer qu’elles n’ont pas toujours un caractère sacré : dans certains cas. ce sont des déguisements de chasse. 197. 242 . elle représente deux personnages à tête de cerf : Deyerolle. D’une manière générale : Cartailhac et breuil. 23 et 127-8. Fragm. lorsqu’il s’agit d’une espèce totem. — Il indique d’autre part (IV. On peul rapprocher de ces images une peinture beaucoup plus récente. 45) attribuent cela aux Atlantes. de la Société archéologique de Sousse. p. fig. les Mystères de Mithra. Desplagnes. la Caverne d’Altamira. 96 et pl. le Plateau central nigérien. 1003. les Cavernes de la région cantabrique. 43) et pline (V. dont les rayons trop brûlants desséchaient leur pays .. non des Libyens. fragment 140. rien ne nous autorise à les considérer comme des divinités... pour l’Afrique centrale. 184) que les Marantes.248 LES TEMPS PRIMITIFS. De tels déguisements sont fréquents chez les peuples de civilisation primitive . par ce signe matériel. Déchelette. Voir par exemple. c. ____________________ 1. Alcade del Rio. 223-4 et 257 . qui sacrifiaient aussi à Athéna. Il fait exception pour ceux des bords du lac Tritonis (au Sud de la Tunisie). Breuil et Sierra. 5 et 6. qui vivaient en plein désert. p. Manuel d’archéologie préhistorique. Conf. 41-43 . p. IV. à l’Ouest des Garamantes. En Égypte.. fig. le mélange des formes humaine et animale fut une sorte de compromis entre la zoolâtrie et l’anthropomorphisme. 188. Graec. Pomponius Méla (I. p. l. I. à l’appui de cette assertion. par suite d’une altération des manuscrits d’Hérodote. 164 et suiv. 2e édit. Les personnages figurés peuvent être simplement des hommes. soit. on s’identifie soit avec les animaux divins. 403. tracée dans une grotte artificielle de Tunisie (près de Gromhalin) . III. Mais il faut probablement admettre ici une autre interprétation. et ils disent que ces indigènes maudissent le soleil à son coucher. p.

85 . XXXII. qu’on ne retrouve pas ailleurs. 48) . 86 et fig. Revue de d’histoire des religions.177. » 4. Mais le dernier de ces documents et probablement aussi les deux autres appartiennent à l’époque romaine (à Kriz. Diodore de Sicile (III. 48) . 3) ? les dédicaces latines à Sol et à Luna qui ont été découvertes en Afrique. p. Tissot. arietinis cornibus fingunt. 1898. I. . 2. I. non loin de l’oasis de Kriz. 302 : « Les Guanches de palma (Canaries) vénéraient le soleil et lui donnaient le nom de Magec. Les Libyens. 1. VIII. Il convient peut-être d’attacher plus d’importance à un passage d’Ibn Khaldoun. XXXIV. Nous citerons : 1° une gravure tracée sur un rocher. trouvées en général dans des lieux où les civilisations punique et romaine s’étaient fortement implantées . surmontée d’un croissant. de Cconstantine. p. représentent avec des cornes de bélier le dieu Ammon. trad. 2. conf. ART. qu’ils regardent comme le soleil couchant. I. Ne serait-il pas possible de rapprocher du nom d’Ammon celui d’Aman. Il est vrai que cet auteur retrouve le culte du soleil partout . 1909. qui parle de Berbères païens. sur la rive septentrionale du chott el Djerid (Tunisie méridionale) : elle représente une tête absolument sphérique. 3) indiquent que certaine Éthiopiens maudissent le soleil. f° 17. 191-2) . lorsqu’ils le voient se lever. p. 9) et Strabon (XVII. de Slane. si elle n’était pas corroborée par d’autres témoignages(5). car il est probable ou certain que ces monuments se rapportent à des croyances d’origine étrangère(1). donné par les Guanches au soleil (conf. Histoire des Berbères. qui parait avoir signifié Seigneur. ou peut-être d’Icra. comme le croit Mercier. Géographie. ni les images des deux astres qui apparaissent sur des. adorateurs du soleil et de la lune(2) : on peut supposer qu’il s’agit de cultes vraiment indigènes(3). 479-480 et fig. Basset. qui offre aussi une tête radiée (il me parait impossible d’y voir une image de la lune. appellation sans doute indigène. — 3° une image rupestre existant à l’Est de Constantine (Atlas archéologique de d’Algérie. — 2° une pierre trouvée près de Bordj Ménaïel. fig. n° 144). Notons aussi un texte de Macrobe(4). 5. 3 à la p. Quelques monuments d’un art très grossier pourraient témoigner de croyances vraiment indigènes. Rec. 21. Conf. par conséquent une image de la lune (Duveyrier. de Constantine. Sahara. MAGIE ET RELIGION. 249 _____________________ aussi bien qu’à son lever. 1910.. I. à la p. et aussi d’Aman. quem deum solem occidentem Libyes existimant. une inscription latine (C.. Saturn. Rec. 1. figurée d’une manière fort maladroite (Viré. il y a des inscriptions votives latines sur une roche voisine de celle qui porte l’image de la lune).ÉTAT SOCIAL. p. p. Journal de route. son affirmation n’aurait guère de valeur. Ils ne prouvent pas grand-chose pour l’existence d’un culte très ancien du soleil et de la lune en Berbérie. dit-il. 3. 5073 = 19107) lui donne le nom d’Ifra. dans l’Ouest de la Kabylie : on y voit une tête radiée. L. n. 19 : « Ammonem. stèles.

qui représentent ____________________ 1. Baal Hammon se confondit avec 1’Ammon des autochtones. maintenu par une jugulaire : on en connaît à Er Richa (dans l’annexe d’Aflou). . ne leur venait pas des Phéniciens. vers le milieu du Ve siècle. Il n’en est pas de même pour le soleil : il y a de fortes raisons d’admettre que le culte de cet astre est antérieur. Mais. c. cela est certain pour le Baal Hammon auquel on érigeait à Maktar des stèles portant des dédicaces en langue punique. dont nous allons parler. Transcription conventionnelle d’une appellation phénicienne dont la signification reste douteuse. mais il n’est pas prouvé que ce Baal importé de Phénicie ne soit devenu un dieu solaire qu’après son introduction dans l’Afrique du Nord. Sur l’un des dessins de Bou Alem et à Zenaga. et non une déesse. Babylonie. 305) : ce qui pourrait faire croire que. si les Libyens primitifs ont adoré la lune.250 LES TEMPS PRIMITIFS. le disque est flanqué ou surmonté de deux appendices. au développement de la colonisation phénicienne. Arabie. Ou peut-être d’une sphère. comme pour la déesse Caelestis. les documents nous manquent pour dissiper nos doutes. comme du reste la plupart des peuples de l’orient (Égypte. Nous n’en avons pas de preuves péremptoires pour l’époque carthaginoise. en Berbérie. qui semblent bien avoir été un dieu solaire et une déesse lunaire(2). répandu chez les Libyens au temps d’Hérodote. et au col de Zenaga (près de Figuig)(5). Asie Mineure). Les deux principales divinités des Carthaginois furent Baal Hammon et Tanit Pené Baal(1). où il y en a deux. 4. Remarquer que le nom de la lune est masculin dans les dialectes berbères (Basset. Il est également impossible d’affirmer que Tanit Pané Baal ait été transformée dans cette contrée en une déesse lunaire par suite de son identification avec une divinité indigène(3). 5. 2. En ce qui concerne la lune. à Bou Alem (dans la région de Géryville). à l’époque romaine. ils en ont fait un dieu. 1. 3.. 226. voir à la p. Nous avons déjà fait allusion aux gravures rupestres du Sud oranais qui figurent des béliers dont la tête est coiffée d’un disque(4). p. qui doit être identifiée avec Tanit Pené Baal. Pour les références. On pourrait même être tenté de se demander si le culte du soleil et de la lune.

Les colons grecs de la Cyrénaïque le connurent et l’adoptèrent sous le ____________________ 1. MM. tout en conservant de sa forme primitive soit la tête. à cornes de bélier. contesté la justesse de ce rapprochement (l’Anthropologie. il fut adoré dans l’oasis de Syouah. Mais il me parait s’imposer. Ou Ammon. on a imité très maladroitement des najas au cou gonflé. dès une époque très ancienne. qui attribue au dieu libyen Ammon. La signification de cet attribut est indiquée pur un grand nombre de monuments égyptiens. 4. fig. Ce qui est plus important encore. dans le Sud-Ouest de l’Algérie. mentionnons une idole grossière à cornes de bélier. MAGIE ET RELIGION. même en dehors de l’Égypte. il est vrai. 537). 1901. antérieure sans doute au premier millénaire avant J. 6. M. La puissance des Pharaons dont Thèbes fut la capitale. c’est que nos gravures s’accordent avec nombre d’images égyptiennes d’Amon(3) (appelé le plus souvent Amon-Râ. XII. c’est-à-dire Amon-Soleil). où la tête du dieu bélier thébain est surmontée du disque solaire. le culte du soleil s’associa à des superstitions zoolâtriques.ÉTAT SOCIAL. 251 des serpents(1). soit seulement les cornes(2). appelée par les Grecs Αμμώνειον. Ce fut certainement l’Amon de Thèbes qui eut des sanctuaires en Nubie. Elles s’accordent avec le texte de Macrobe. 2.-C. flanqué de deux serpents(4). malgré la grossièreté des gravures oranaises. à droite et à gauche duquel se dresse un serpent naja. rehaussa le prestige de la divinité principale de cette ville et répandit son culte. Nos gravures nous paraissent donc prouver que. sur le littoral de l’Oranie : Doublet. . indiqué plus haut. 1908. un caractère solaire représenté d’abord sous une forme entièrement animale. trouvée à Saint-Leu. où l’on voit le disque solaire. S. 93) est aussi de cet avis. Reinach et Valdemar Schmidt ont. 3. p. pl. le dieu fut ensuite figuré en homme. A Bou Alem. ART. Musée d’Alger. XL. p. au cours du second millénaire. Sans parler ici des images inspirées par l’art grec. L’un de ces serpents est bien reconnaissable à Zenaga. IV. Il n’est pas trop téméraire de donner le nom d’Ammon au bélier sacré que ces images nous font connaître. Schweinfurth (Zeitschrift für Ethnologie. A l’Ouest de la vallée du Nil.

il est vrai. Il s’y maintint après la venue des Phéniciens. en ne trouve rien de tel dans les dialectes berbères. le mot a pu être emprunté à l’Égypte. après la conquête romaine(1). θεόν έχουσι. II. Ainsi les gravures du Sud oranais représentent Amon-Râ de Thèbes. L’existence du culte d’Ammon chez les Libyens comme en Égypte a peut-être donné naissance à cette fable. 196) . Les gravures du Sud oranais attestent que le culte d’Ammon s’implanta de bonne heure en Berbérie. . Il a dû parvenir jusque-là en passant de tribu en tribu. L’étymologie de ce soin est inconnue. ό χαλοΰσιν άμμωνα. Nous n’avons aucun motif de croire qu’avant d’être atteints parles influences égyptiennes. dieu soleil de la ville d’An (Héliopolis). 244). Il s’étendit donc sur tout le Nord du continent africain. historic. p. Il faut probablement reconnaître le dieu Ammon dans le bélier qui. On lit dans le commentaire de Servius sur 1’Énéide (lV.. en effet. Léon de Pella. venu de l’Ouest dès une époque lointaine(3). des transformations plus ou moins profondes. dans une grande partie de cette contrée. au temps d’El Bekri (voir plus haut. 24) : Λιβυες πόβτον. 332. 2. graec. nom de Zeus Ammon. amenant à Liber (Osiris) beaucoup de bétail. A ma connaissance. p. die Phönizier. était adoré dans le Sud du Maroc. à Thèbes. II. auteur d’un traité sur les dieux égyptiens. qu’ils auraient appelé Ammon(2) et qui. prétendait. d’autre part. 3. mouton. que l’association chez ce dieu de la nature animale et de la nature solaire s’est accomplie dans la vallée du Nil. Il est certain. n° 6). ce fut à la suite de cette identification qu’il reçut comme attribut le disque. Ce fut. à Râ. 2. également identifiés avec Râ . Ce fut peut-être entre ____________________ 1. que l’Amon bélier de Thèbes emprunta son second nom . comme d’autres dieux.252 LES TEMPS PRIMITIFS. ammon aurait été un mot de la langue libyque. 385. Mais. « Libyes ammonem arietem appelant » . les Libyens aient adoré un dieu bélier. signifiant bélier. flanqué de deux serpents. qu’au certain Hammon était venu d’Afrique en Égypte. et qu’en récompense. p. ainsi que le fait Movers. il avait reçu un champ en face de Thèbes (citation faite par Hygin : voir Fragm. qu’on ne doit pas prendre au sérieux. même si cela est exact. D’après ces indications. car rien n’indique que les habitants de la Berbérie aient eu des rapports directs avec les Égyptiens. non sans subir. dans saint Athanase (Contra gentes. ce fut en s’identifiant avec lui qui il devint une divinité solaire. aurait été un étranger.

79. 10.1. — adorée au Ve siècle dans le Sud de la Tunisie. Une gravure de ce lieu figure un taureau. Brugsch. Geographische Inschriften. 186). p. Gsell. à l’époque aussi où les libyens qui vivaient à l’Est de la grande Syrte étaient attirés par l’Égypte. fig. _____________________ 1. du soleil. 47. la déesse de Saïs(4). Au XIVe siècle. On a pu se demander (ce n’est d’ailleurs qu’une hypothèse) si cette image n’est pas celle du taureau d’Erment. à l’époque de la grande puissance des souverains thébains. des dieux de clans . . des guerriers libyens portaient aux bras et aux jambes des tatouages représentant le symbole de Nit. 5. Nais nous ignorons quand elle avait été introduite dans cette contrée. Meltzer. Il n’est pas impossible qu’un autre dieu égyptien ait été adoré à Bou Alem. 3. A l’époque d’Hérodote (IV. 253 le XVIe et le XIIe siècle. ll. les Débuts de l’art en Egypte. depuis Aflou jusqu’à Figuig. au temps des rois thébains de la XIIe dynastie (commencement du second millénaire. I. à la p. Meyer). 31. IV. Capari. 07. identifiée elle aussi avec Athéna(6). Geschichte Karthager. Conf. selon la chronologie proposée par E. p. Celle-ci pénétrat-elle par leur intermédiaire en Berbérie. était répandu dans le Sud oranais. Cependant il ne serait pas inadmissible de remonter plus haut. 180 et 188. 2. et sans doute aussi dans les pays intermédiaires entre cette région et l’Égypte. — tel est le nom que lui donne Hérodote(5). Les peuplades voisines de la Vallée du Nil adoptèrent d’autres divinités égyptiennes(3). n. 4. ressemble par son caractère guerrier à Nit. Isis était adorée par les femmes de la Cyrénaïque. dès ces temps reculés. p. ART. Nos gravures prouvent que. comme Ammon ? On peut dire seulement qu’une Athéna. le culte d’une grande divinité cosmique. qu’ils tentèrent plusieurs fois d’envahir et que beaucoup d’entre eux habitèrent comme mercenaires(1). MAGIE ET RELIGION. portant entre les cornes deux objets allongés. Monuments antiques de l’Algérie. dont la tête était surmontée de deux plumes(2). 6. I (d’aprês Leri hure).ÉTAT SOCIAL. les indigènes de l’Afrique du Nord n’adoraient pas seulement des génies locaux.

Ruines romaines du cercle de Guelma. l. 10. pl. Gsell. 1902. 9.. 143. Karrouba. il est possible que l’épithète « libyque » n’indique pas toujours une origine indigène. Si la connaissance des divinités des temps préhistoriques nous échappe presque complètement. Rec. L’Hercule qui passait pour le fondateur de Capsa (Gafsa) est qualifié de libyen par Salluste (Jugurtha. voir plus haut. Voir Pomel. Vigneral.254 LES TEMPS PRIMITIFS. Blanchet. Voir p. à la p. de phénicien par Paul Orose (V. fig.). c. I. fig. On constate déjà cette attitude en Espagne sur des images qui datent des . probablement une hache emmanchée(9) . I. pl. 1899. XXXIII. Pour Khangel el Hadjar. et p. XX. 45. 1901. 42. beaucoup mieux connus des Grecs. 1 . les bras plus ou moins levés(7). le sexe d’une femme est indiqué très nettement (Pomel. 8). un homme lève seulement l’avant-bras gauche (Delmas. ou qualifient de libyques d’autres divinités qu’ils désignent sous des noms grecs. d’autre part. Hérodote et des auteurs plus récents signalent chez les Libyens. de Khanguet el Hadjar (dans la région de Guelma(3)). p. Tyout.). fig. n. Les dieux qu’ils mentionnent n’ont peut-être pas été tous adorés dans la contrée que nous appelons la Berbérie. 199. A Ksar el Ahmar. 2. IX et X. pl. c. Delmas. Ils lèvent généralement les deux bras. l. p. 304. rayés de stries. Cependant. 10. 330. à l’oued Itel. Rec. 202. de Constantine. de la Société d’anthropologie de Lyon. 4. on voit trois personnages qui ne lèvent que le bras gauche (Blanchet. fig. Bull. Asla. à l’oued Itel. dans des régions plus orientales . L’attitude de cas personnages(10) fait ____________________ 1. 6. n. à la p. Monuments antiques de l’Algérie. 5. A Ksar el Ahmar. Des gravures rupestres d’El Haria (à l’Est de Constantine)(2). IV . mais qu’elle s’applique parfois à des dieux introduits en Libye par les Phéniciens(1). du Sud oranais(5) montrent des hommes et des femmes(6). XLV. 15. LXXXIX. pl. nous ne sommes pas mieux informés des rites. Moghar. c. puisqu’il y eut des Libyens. Peut-être aussi à Tyout.). qui se rapportent à l’époque historique. IX. 12 . 8. 7. 4). des objets ovales. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. de l’oued Itel (au Sud-Ouest de Biskra)(4). A Karrouba. 9. Bosco et Solignac. l. VI. fig. Flamand. tantôt elles tiennent des objets qui sont le plus souvent difficiles à déterminer(8) : à Ksar el Ahmar. Tantôt les mains sont ouvertes et vides. Singe et homme. 1911. Nous étudierons plus tard ces textes. p. Bull. 202. II. se tenant debout ou fléchissant les genoux. p. 8. de Constantine. 3.

pl. LV. Manuel d’archéologie préhistorique. 52). de Lyon.ÉTAT SOCIAL. 257 . p. Singe et homme. à Er Richa(2) (dans le Sud oranais) et à l’oued Itel(3) représentent de face des gens assis. X. 6. 9) représente peut-être non un singe. d’une haute antiquité. planches aux p. dans Archives des missions. Deux personnages. un homme qui lève la main droite parait entraîner de l’autre main un quadrupède cornu (antilope ?) : Pomel. pl. levant les bras et tenant une hache. Flamand. un homme. fig. 167). A Khanguet el Hadjar. D’autres gravures. Flamand. à la p. 130 et planche) signale. les jambes écartées et les mains levées(4) . l. fig. dont l’un est certainement de sexe féminin. On a voulu y voir un lieu saint. Déchelette. entre Mizda et Ghadamès : « une femme nue dans une posture très indécente » (Rohlfs. de la Société d’anthr. pl. Rec. A Ksar el Ahmar. Il n’y a aucune image de sacrifice(6). Peut-être aussi dans une grotte de la Tripolitaine. f° 33. ibid. p.96 (à la p. mais un homme marchant « à quatre pattes ». c. est suivi d’un mouton qui semble bien avoir été gravé en même temps : Gsell. 106) et pl. La Blanchère. 1899. flanqués de petits trous(8). 2. ART. ____________________ temps quaternaires : Cartailhac et Breuil. Monuments. Atlas archéologique de l’Algérie. 4. Une gravure du Sud oranais (Pomel. qui s’est détaché d’une montagne . 1904. 221. p. MAGIE ET RELIGION. de Constantine. Près de Tiaret (dans le département d’Oran)(7). Sontce des animaux destinés à être sacrifiés ? Il serait bien téméraire de l’affirmer. 41-43 . M. 7. planches à la p. I. de la Société de géographie de Toulouse. les Cavernes de la région cantabrique. p. la Caverne d’Altamira. p. 2). un personnage tient un bœuf en laisse (conf. A El Hadj Mimoun (Sud oranais). voir aussi Bull. Fabre (Bull. c. conf. 1883. l. l. fig. pour imiter l’allure d’un animal. VII. 1903. fig. Dessin communiqué par M. . XXXVIII. s’agit-il aussi d’une posture rituelle ? Nous avons parlé des individus qui paraissent porter des masques d’animaux et qui participent peut-être sous ce déguisement à une cérémonie(5). Quer durch Afrika. p. n. Voir p. 3e série.. II. 9. 50-58. plus haut. p. existe un grand rocher en forme de table grossière. 300 et 304 . 296-7. Le personnage représenté parait bien être un homme. dont le sexe n’est pas distinct. Revue de l’histoire des religions. 11 et pl. 255 penser au geste classique de la prière et l’on peut supposer que certains d’entre eux tiennent des offrandes. I. 8.. comme le croit Pomel. 1883. Breuil et Sierra. p. I. Deux personnages. fig. 4. 2. qui se voient à Moghar(1). où des sacrifices auraient été célébrés ce qui nous semble une hypothèse bien hasardée(9). — Cette femme a la tête surmoulée d’un objet qu’on a comparé à un turban. Bull. n° 6 . 41-43. 2. 45. 3. la face supérieure porte trois bassins étagés. fig. 5. d’Oran. 247-8. p. 1910. conf. 40. Alende del Rio. II. Basset. I. 1. à trois kilomètres de . n° II. à l’ouadi el Cheil. XXXIII. 12.

Blanchet. des gravures tapissent une grotte naturelle(2). Cependant. les parois et le plafond d’un abri sous roche sont couverts de gravures. Ce fut peut-être avec une intention religieuse que l’on traça une figure anthropomorphe à l’entrée de la grotte de Bou Zabaouine (près d’Aïn Mlila. Il est à croire que des actes religieux s’accomplissaient devant ces images qui représentent des êtres divins et probablement aussi des scènes d’adoration. Périgueux. Robert (Rec. l. à l’ouadi et Cheil. Tel était peut-être le cas pour une grotte consacrée à Hercule. à l’entrée de la grotte de Dekhlet Zitoune. ____________________ là un rocher qui offre des dispositions analogues et qui me parait avoir servi de pressoir. Robert. Elles ont été presque toutes tracées sur des rochers en plein air. . 26). Conf. p. se célébraient des cérémonies d’origine étrangère(4). Rohlfs. à une époque indéterminée. 225. de Constantine. de Constantine. Il y avait encore en Berbérie des grottes sacrées à l’époque historique. ont été tracés. — Un grand nombre de signes. les dessins couvrent les parois de quelques hypogées artificiels. 2. Nous ne savons pas de quand date cette figure : il n’est pas prouvé qu’elle soit contemporaine du mobilier néolithique recueilli à l’intérieur de la grotte. Il est assez vraisemblable qu’il s’agit de l’Hercule phénicien.. formés d’un couloir d’accès et d’une ou plusieurs galeries. pendant de longs siècles. avaient servi d’habitations durent rester çà et là des lieux de culte. gravés et peints en rouge. 3. 48. n° 255). A Timissao. même au temps de saint Augustin. Monuments. à l’oued Itel. p. conf. c. c. d’un dessin uniforme. dont quelques-unes paraissent appartenir à la série préhistorique : Gautier. dans Congrès préhistorique de France. 297-8. 112-3. près de Tanger (Méla. Basset. 1. f° 18. en plein Sahara. 1905. I. M. perpendiculaires au couloir et assez régulières(1). p. d’autres servaient sans doute à des cultes véritablement indigènes(5). l. En Tripolitaine.256 LES TEMPS PRIMITIFS. 232) signale aussi deux personnages. 4. dans la même région. fig. 296-7 . Gsell. Les cavernes qui. le sol. p. Si l’on peut admettre que. p. dans quelques-unes. XXXIV. 1900. dans le département de Constantine)(3). I. I. à l’entrée d’une caverne de Kef el Kherraz (Atlas archéologique de l’Algérie. Rec. XXXIII. 5. Sahara algérien.

Je dois me contenter de les mentionner ici. 1095. 2. car je crois que de nouvelles études seraient nécessaires pour élucider leur technique et fixer leur âge. Rec. voir surtout Bonnet. Constituent-elles cependant une série à peu près contemporaine de celles-ci ? ou sont-elles beaucoup plus récentes. 1882. M. p. 157 . 31-32 : 3° dans le Sud du Djebel Amour : Maumené. note à la fig. On peut se demander s’il s’agit bien de peintures. p. p. 145-156 . 1903. 284-292 . en divers lieux. XXV.ÉTAT SOCIAL.. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. Flamand. p. passim. oxydée à la surface par les agents atmosphériques (comme le croit M. Ce sont celles que l’on qualifie généralement de libyco-berbères et qui se rencontrent en abondance dans le Sud oranais(3) et dans tout le Sahara(4) . 340-2 et planches . p. Gsell. Six mois chez les Touareg du Ahaggar (Alger. l’Anthropologie. de la Soc. 215 : Hilaire. 152-3. 305-7 et pl. Flamand. des images rupestres non gravées. p. p. p. Cartailhac et breuil. 5. XX. III. 181-222 . 320-2 et fig. Foureau. 132 et suiv. a bien voulu mes communiquer ces documents. : le même. Etc. fig. Revue d’ethnographie. le même. c. Flamand. XVIII. Gautier. On a signalé aussi. 3. en effet. de Constantine. Flamand. Bonnet l. 1901. Des gravures appartenant à cette série se trouvent certainement parmi celles Dans les pages précédentes. III 257 _____________________ 1. Gautier. 498-526 . III. 1892. MAGIE ET RELIGION. p. 1911. dont il convient de parler d’une manière plus détaillée(1). Par leur style. p. 153-4. Il est certain. la Caverne d’Altamira. et non de raclages qui auraient fait apparaître la couleur naturelle rouge de la roche de grès. Bull. 388-392. XLV. mais peintes en rouge ou en rouge-brun : 1° au Sud-Est de Constantine : Bosco et Solignac. 1889. et VIII. qui prépare depuis vingt ans un ouvrage d’ensemble sur cette question. p. p. Duvaux. 1904. il y en a aussi dans le Sud du Maroc(5). 1903. Flamand . c. p. et doivent-elles être comparées aux gravures libycoberbères ? J’avoue que je suis dans le doute. 4. nous avons souvent mentionné des gravures rupestres. que beaucoup d’entre elles ne datent pas des temps dits préhistoriques. p. VIII. 1901. . Bull. Benhazera. l’Anthropologie. le même. 87-120. 213-9. p. 1911. Rev. 129). 171. archéologique du Comité. 306-311 et planches.. De Lyon. ART. 41-54 (avec la bibliographie) . I. 1911.. de géographie historique. p. 149-158 . l. I. Monuments antiques de l’Algérie. p. d’Oran. Bull. p. 97 et suiv. ces images se distinguent nettement des gravures rupestres préhistoriques. archéologique du Comité. de la Société d’anthropologie de Lyon. 275-297 et planches. conf. p. XX. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. entre Gafsa et Tamerza : Roux. . Revue tunisienne. 1897. p. 2° au djebel Blidji. Sur ces gravures. d’anthr. Bull. Nous n’avons pas à étudier ici toutes les gravures sur roche de l’Afrique septentrionale(2). p. Bull. Sahara algérien. D’ethnographie. Bull. 1901. p. 160-2. Voir Hamy. 1908). 1892.

1095 et 1096. l. 11) : conf. p.. . etc. c. II. 4. 1. 119. Bull. 143-4 . d’anthropologie de Paris. des dromadaires. cependant. Les sujets représentés sont des guerriers. Bull. l. Gautier. XX. de la Société de géographie. p. de géographie historique. 115-6.258 LES TEMPS PRIMITIFS. II. contemporaines des images(5). 1903. Bull. 1876. 114. des mouflons. dont beaucoup sont montés. à l’intérieur desquels la surface du rocher a été souvent grattée(2).. des antilopes. consistent en des traits continus. p. peu profond. Gautier. et celle dont les Touaregs du Sahara se servent de nos jours. Flamand. fantassins et cavaliers. p. 3.. Bonnet. pour une bonne part. qui ne donne que des contours vagues et d’ordinaire fort incorrects(1). 501. Ces images. Gautier l. qui recouvrent des figures : voir. 183. Flamand. 118. Foureau. p. 1907. p. Flamand. Il y en a de plus récentes. l’Anthropologie. Gautier. p. des girafes (dans le Sahara central)(4). p.. une inscription arabe d’un type très ancien a paru à M. minces et d’un dessin moins barbare. D’autres. Les figures sont très fréquemment accompagnées d’inscriptions en lettres dites tifinagh. d’anthr. quelquefois bâtés. des chiens. Chudeau(6) appartenir à la même époque que les ____________________ dont les estampages ont été pris par le rabbin Mardochée (Duveyrier. 152. de la Soc. Or ces inscriptions offrent un alphabet intermédiaire entre l’écriture dite libyque. p. sont pour la plupart tracées en un pointillé grossier. 5. 2. 129 et suiv. L’abondance des images de dromadaires prouve que ces animaux étaient très répandus dans le Sud du Maghrib et dans le Sahara qui nous reporte à des temps postérieurs au Haut-Empire romain. des bœufs. de petites dimensions. de la Soc. III. Ces gravures au trait sont souvent plus grandes que les autres. que l’on trouve dans le Sahara. c. usitée dans l’Afrique septentrionale à l’époque romaine. p. VIII. des autruches et probablement d’autres oiseaux. qui tiennent un bouclier et plusieurs javelines. avec la planche annexe) et celles qu’a signalées Lenz (Timbokto. p. Bull. Les instruments employés étaient en pierre(3). 153 . note à la p. Dans le Nord de l’Aïr. c. p. 286. des lézards. 6. conf.. 115. l. De Lyon. qui doivent être. p. 112. comme l’indiquent l’identité de facture et aussi l’identité de patine. c. par exemple.

d’anthr. 153 et fig. Du reste. 294. 154 : le même. XX. MAGIE ET RELIGION. On peut d’ailleurs admettre que ces figures et ces inscriptions s’échelonnent sur une période assez longue. 120. c. p.. 87. Ahmet). Flamand. l. p. c. 152. ART. 131 et 133 . p. c. les indigènes d’aujourd’hui ne les comprennent plus.ÉTAT SOCIAL.. de celles qui peuvent être appelées préhistoriques. 259 ____________________ 1. surtout par le dromadaire. 4. 208.. par le dessin en pointillé ou en traits minces et par une faune qui existe encore dans le pays. Conf. Bonnet. 287). En divers lieux(3). aux p.. Gautier. p. Bull. Chudeau (Sahara soudanais. 6. p. Dans le département de Constan- . De Lyon. 2 3. 2. Il faut donc distinguer deux séries : l’une ancienne. p. III. n. ces gravures ont pu être détruites par les pluies dans les régions humides du Tell plus facilement que dans les pays secs où on les rencontre encore en abondance. l’autre. 110-2 (Mouidir. Voir Hamy. Flamand. En général. l’Anthropologie. 1905. Bull. de la Soc. p . l’Anthropologie. 157 . par un tracé large et profond et par une faune qui a en partie disparu de l’Afrique septentrionale . 5. gravures libyco-berbères qu elle accompagne(1). d’abord pour montrer que les renseignements qu’elles nous apportent ne concernent en rien les Africains primitifs. Les gravures préhistoriques sont assez rares dans les pays voisins de la Méditerranée(6). Flamand. Comme l’observe M. 150. il est probable qu’entre ces deux époques l’usage de graver des images rupestres ne s’est jamais complètement perdu : des recherches et des examens attentifs permettront sans doute de constituer une strie intermédiaire(5). Quant aux tifinagh. l. Bonnet. comme nous le verrues. Gautier. que les plus récentes datent seulement de quelques siècles(2). conf. l. il n’y a pas à tenir compte de la prétendue aversion des musulmans pour les images d’êtres animés . elles recouvrent ces dernières. 87-88. 2. III. à la p. p. p. c. 114-5 (Ahaggar). caractérisée. 132 et fig. l. 154. les inscriptions arabes tracées auprès des figures et inscriptions libyco-berbères sont plus récentes qu’elles. dont la patine très sombre est toute différente(4) et auxquelles elles sont certainement bien postérieures. Dans cette question de chronologie. Il était utile de parler brièvement des gravures libyco-berbères. p. de géographie historique. ensuite parte qu’elles nous donnent un indice sur l’époque des autres gravures rupestres.

avec la bibliographie) : Moghar el Thatani (ibid. 7. représentant deux chevaux. 188-9 et 205. des « dessins libyques ».. tine. p. p. Barrebi.. Aïn Memmouna. Elles abondent au contraire dans les montagnes de l’Atlas saharien. 1901. d’Asia. elles ont été étudiées avec soin et distinguées des graffites libyco-berbères. on en connaît au lieu dit Khanguet el Hadjar (au Sud-Ouest de Guelma(1)). un bœuf à grandes cornes et peut-être un mouton : Bull. 45) . p.. Revue de l’École d’anthropologie... de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. De Lyon. I. d’anthr. p. 139-147 . aux abords de l’oued Zousfana et de la haute Saoura(9). XLV. Maumené. ibid. 289-291). 45-46 et fig. On en retrouve au delà de cette ville. 98-99) : Hadjra Meklouha sur la Saoura. 1882. 333 et suiv. Rec. 13). de Guebar Rechim (ibid. p. 1892.. 5. p. etc. Stations de Bou Alem (Gsell. c. 9. 1906. près de Figuig(8). 192-3). 2. 108) . 43-44 . 47-48 et fig. p. archéologique du Comité 1904. l. 301-5. 47 (avec la bibliographie). Voir Delmas. p. p. El Aouedj. Gsell. Rec. d’Aïn ed Douis. pl. 100-101). Tyout (ibid.. A une cinquantaine de mètres de là. 41-43 et fig. — Les grossières figures tracées à l’entrée des grottes de Bou Zabaouine et de Dekhlel Zitoune (voir plus haut. 12). 14 . p. 131-4. El Hadj Mimoun (Hamy. 11). p.. entre Beni Abbès el Kerzaz (Gautier. Revue d’ethnographie. Bosco et Solignac. c. 87-93). S’agit-il de gravures préhistoriques ? Je ne les ai pas vues. de Kef Mektouha et des environs d’Er Richa (en particulier à Enarfous). de Tazina (ibid. l. archéologique du Comité. 8. Les stations actuellement connues sont énumérées par Flamand. 94-97) .. IX. XII. p. plus au SudOuest (Barthélemy et Capitan. p. XXXV. — On signale encore dans la région située entre Guelma et Constantine.. p. p. à Kef Messiouer(2) . p. p. 105. Oued Dermel : col de Zenaga (Gautier. Revue de l’École d’anthropologie. Gsell. 306 et fig. de Constantine. Bull. Djebel Mahisserat (ibid. Bull. 98. d’Aïn Sefra(7) cet. fig. 1. p. . I. Bull. 46-47 et fig. il y en a aussi dans les régions d’El Haria et du Kroub (à l’Est et au Sud-Est de Constantine)(3).260 LES TEMPS PRIMITIFS. Ruines romaines du cercle de Guelma. Monuments. près de Keragda (ibid. Dans ces pays. au Sud-Est. 4. 1902. Laborde. et planches (conf. l. n. entre Zousfana et le guir (Gautier. à la p. au Sud de la province d’Oran (djebel Amour et monts des Ksours)(4) : dans les régions d’Aflou(5). 256. 3) ne sont peut-être pas de la même époque que les images de Khanguet el Hadjar et de Kef Messiouer. 87 et 88) . de Ksar el Ahmar. autres gravures (gazelles. c. Les principales stations sont celles d’Aïn Slissifa. XXVII. 46). autruches) : Atlas archéologique de l’Algérie. p. 3. pl. Vigneral. 1888. ajouter à la bibliographie Jacquot. 45 et fig. dans le Sahara. XVI. p. Il n’en a pas été de même des gravures sur roche du Sud du ____________________ 1. Sahara algérien. et non loin de là. f° 18. 1902. plus au Sud-Ouest. p.. XX. dans l’oasis de Taghit (Gautier. 6. n° 255. p. de la Soc. 1911. 324. de Géryville(6). de Constantine. 10. IX et X (dessins qui ne sont pas très exacts. conf.

ÉTAT SOCIAL. MAGIE ET RELIGION. ART.

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____________________ 1. Duveyrier, d’après les estampages du rabbin Mardochée, Bull. de la Société de géographie, 1876, II, p. 129-146 et planche. Douls, ibid., 1888, p. 456. Lenz, Timbuktu, II, pl. 11. Ces trois auteurs mentionnent l’éléphant parmi les animaux représentés ; Duveyrier indique aussi le rhinocéros, Douls, l’hippopotame. 2. Blanchet, Rec. de Constantine, XXXIII, 1899, p. 294-310 et planches. Gsell, l. c., p. 48-49. Voir aussi Rec. de Constantine, XXXVIII, planches à la p. 167. 3. Elles y semble rares : Gautier, l. c., p. 120 et 135. Il y en a peut-être à la gara Bou Douan, dans le Tadmaït (Flamand, Bull. de géographie historique, 1905, p. 290 et pl. X, n° 8), et à l’oued Taghit, dans l’Ahnel (Gautier, p. 104, 105). Gautier, p. 104, 105). Gautier (p. 112-3) en signale à Timissao, dans le Tanezrouft ; Foureau (Documents, p. 1071, fig. 380), dans le Tassili. — En Tripolitaine, à l’ouadi el Cheil, entre Mizda et Ghadamès, Rohlfs (Quer darch Afrika, I, p. 52) indique, sur les parois d’une caverne, des figures grossières, représentant des éléphants, des chameaux, des antilopes, une femmes : il y a là probablement des gravures préhistoriques et des graffites libyco-berbères (Rohlfs note cependant l’absence de tillnagh). — Pour les gravures de Telliz Zarhène, dans la région de Ghat, voir Barth, Reisen und Entdeckungen, I, p. 210-7. Les personnages à tête d’animal (conf. plus haut, p. 247) et sans doute aussi des bœufs appartiennent à la série ancienne, mais il doit y avoir des gravures plus récentes ; Barth signale en ce lieu de nombreux tillnagh. — Nachtigal (Sahara und Sudan, I, p. 307-9) a vu dans le Tibesti, sur des rochers du fleuve des Gazelles, des gravures représentant surtout des bœufs. Une figure humaine, isolée, est un guerrier tenant une lance et un bouclier. Une image de chameau, fort mal dessinée, a paru à Nachtigal plus récente que les bœufs. Peut-être faut-il distinguer en effet deux séries d’époques différentes ; mais la plus ancienne est-elle contemporaine de nos gravures préhistoriques ? — Les gravures d’Anaï (au Sud du Fezzan), qu’on a signalées à Duveyrier (Touareg du Nord, p. 221, 458), représentaient des bœufs à bosse, traînant des chariots. Il est probable qu’elles n’appartiennent pas à la série préhistorique. 4. Voir plus haut, p. 259, n. 5. 5. A Hadjra Mekouta, sur la Saoura : Gautier, p. 100. Les grottes de l’oued Itel ont été taillées dans des bancs calcaires : Blanchet, l. c., 295. Les gravures sur calcaire

Maroc, signalées dans le Sous, dans l’Anti-Atlas et au Sud de l’oued Draa(1). Les indications données par quelques voyageurs ne peuvent donc être utilisées qu’avec réserve. A la lisière septentrionale du Sahara constantinois, au SudOuest de Biskra, dans un ravin voisin de l’oued Itel, il existe un groupe intéressant d’images, qui appartiennent a la série ancienne(2). Il y a aussi quelques gravures dites préhistoriques à l’intérieur même du grand désert(3). Mais le nombre des dessins récents (avec figures de dromadaires) est infiniment plus élevé. D’autres appartiennent peut-être à une période intermédiaire(4). Ces images, tracées sur des grès (sauf de rares exceptions, où la roche est calcaire(5)), décorent presque toutes des parois

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verticales, qui, fréquemment, dominent des points d’eau. A Khanguet el Hadjar, elles couvrent les deux faces d’un vaste rocher (la face principale mesure à peu près 17 mètres de long), à l’entrée d’une gorge et au-dessus d’une, source. A Tyout, elles occupent une paroi longue d’environ 75 mètres, haute de 20. Il est rare qu’elles soient gravées sur des surfaces horizontales, comme à Moghar et Tathani, où elles s’étalent sur une longe série de roches, parsemant le plateau qui domine l’oasis; comme aussi à Aïn Memnouna(1). Nous avons dit qu’elles tapissent, à l’oued Itel, des grottes faites de main d’homme et; ailleurs, des cavités naturelles(2). On s’est rendu compte, surtout dans le Sud oranais, de la technique employée(3). Un trait léger indiquait d’abord l’ensemble de la figure. Sur cette esquisse, l’artisan exécutait, à l’aide d’un poinçon, un pointillé fortement accusé, qu’il polissait ensuite avec soin, de manière à produire un trait régulier, continu, « très net, large de 1 centimètre à 1 centimètre et demi, profond de 10 millimètres, évasé à sa partie supérieure, jamais anguleux, lisse et parfaitement poli ; il semble avoir été obtenu parle frottement prolongé d’un instrument à extrémité mousse(4) ». Cet outil ne pouvait être ni en bois, ni en métal, car il aurait été soit trop mou pour entamer le grès, soit trop tranchant; il était nécessairement en pierre, connue aussi, sans doute, la
____________________ que Lenz (l. c.) a vues dans l’Anti-Atlas paraissent être en général libyco-berbères ; celles de Tilmas Djelguem, dans le Tadmaït (Flamand, la Géographie, 1900, I, p. 362), sont aussi d’un type récent. — M. Gautier (p. 48-49) fait remarquer que les gravures sur calcaire ont pu être beaucoup plus nombreuses, le calcaire résistant mois à la pluie que le grès. 1. Gautier, l. c., p. 98. Il signale aussi des gravures sur des surfaces horizontales au col de Zenaga (p. 88). — Il y en avait peut-être un plus grand nombre plus exposés à la pluie que les gravures tracées dans le sens vertical, elles risquaient plus de disparaître. 2. Supra, p. 256. 3. Bonnet, Revue d’ethnographie, VIII, 1889, p. 152. Flamand, l’Anthropologie, III, 1892, p. 149-150. Maumené, Bull. archéologique du Comité, 1901, p. 301. Conf., pour les gravures de la région de Constantine, Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, p. 337 et 339. 4. Bonnet. l. c.

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pointe et le poinçon employés préalablement. On a constaté quelquefois un polissage de la roche à l’intérieur des contours(1). Les dimensions des images sont fort variables. Généralement, elles sont plus petites que nature. Il y a cependant des exceptions : par exemple à Kef Messiouer(2). A notre connaissance, des plantes, des arbres, des fleurs n’apparaissent nulle part : on sait du reste que les primitifs reproduisent rarement les végétaux. Partout, au contraire, des animaux, sauvages ou domestiques ; nous avons mentionné les espèces représentées(3). Ce ne sont guère que des quadrupèdes ; sauf des autruches, les oiseaux sont rares(4) ; les reptiles sont exceptionnels(5). Nous avons parlé aussi des hommes et de leurs attitudes(6). Il y a quelques objets isolés. A Asla, on reconnaît une hache, un bouclier(7) et peut-être des boumerangs(8). A Moghar, deux images énigmatiques sont formées de lignes croisées on enchevêtrées(9).

____________________ 1. Bonnet, p. 150 (à Tyout). Flamand, apud Pomel, Singe et homme, p. 20 (à Ksar el Ahmar), Gautier, p. 92 (à Zenaga). MM. Bosco et Solignac (l. c., p. 341, 342) indiquent, dans la région de Constantine, quelques gravures dont les creux offriraient quelques vestiges d’une couleur rouge-brun. S’agit-il bien d’une coloration intentionnelle, destinée à faire ressortir les images ? ou ne serait-ce pas la teinte naturelle de la roche au-dessous de la croûte plus foncée qui forme la surface ? dans ce cas, les traits qui apparaissent en rouge auraient, pour telle ou telle raison, été préservés de la patine qui a donné aux autres traits une couleur sombre. 2. A Ksar el Ahmar, une femme mesure 1 m. 35 ; Flamand, l’Anthropologie, III, p. 148. A Zeunga, les figures sont souvent de grandeur naturelle ; Gautier, p. 88. Etc. 3. Supra, p. 106-7, pour les animaux sauvages. — p. 217 (chien), 219-220 (bœuf), 225-6 (mouton et chèvre), 228 (âne), 231 (cheval). 4. Échassier indéterminé à Ksar el Ahmar : Pomel, Babalus antiquus, pl. X, fig. 1. Outarde à Tyout, selon Bonnet (l. c., 156) ; Pomel (Singe et homme, p. 18 et pl. II, fig. 2) indique aussi à Tyout un oiseau qu’il désigne dubitativement sous le nom d’outarde ; j’y verrais plutôt une autruche. Deux oiseaux indéterminés à Moghar : Jacquot, Revue de l’École d’anthropologie, XVI, 1906, p. 289, fig. 97 (conf. Bull. de la Société de géographie de Toulouse, II, 1883, pl. 2, à la p. 40). Voir aussi Duveyrier, Bull. de la Société de géographie de Paris, 1876, II, planche jointe au mémoires de p. 120-146, nos 42 et 45. 5. M. Bonnet (l. c., p. 156) indique une vipère à cornes à Tyout ; M. Maumené (l. c., p. 301), une ébauche de serpent à Aïn Silssifa. 6. Supra, p. 201-3 et 254-5. 7.Pomel, Singe et homme, pl. I, fig. 7 et 9. 8. Pomel, ibid., fig. 5 et 6. Conf. plus haut, p. 202. 9. L’un de ces objets est reproduit par Bonnet, l. c., p. 152, fig. 5 : sphère aplatie,

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____________________ rayée de traits qui ne croisent et pourvue de trois appendices allongés ; on peut ;ce demander si ce n’est pas une sorte de coiffure, destinée à un animal sacré. Pour l’autre, voir Jacquot, Revue de l’École d’anthropologie, XVI, p. 206, fig. 98 (conf. Bull. de la Soc. d’ethnographie de Toulouse, II, pl. 2, à droite, en haut), — Voir aussi Jacquot, 1, c., p. 289, fig. 97 (eu bas) : deux objets indéterminés, de forme allongée. Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 199, fig. IV (en bas à gauche) : objet allongé, qui semble être attaché par une corde (peut-être à la jambe d’un personnage). Pomel, l. c., pl. II, fig. 6 (et p. 22) : peut-être une coquille (conf. supra, p. 210, n. 5). — Dans la région de Constantine, il y a aussi des figures énigmatiques, formés de lignes enchevêtrées : Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, pl. V et VI, à la p. 340. 1. En particulier pour les extrémités. 2. Gsell, Monuments, I, p. 48, fig. 14. 3. Gsell, ibid., p. 46, fig. 13. Zeitschrift für Ethnologie, XL, 1908, fig. à la p. 92. 4. Pomel, Éléphants quaternaires, pl. XIV. Fig. 4 (Guebar Rechim) ; pl. XV, fig. 6 (djebel Mahisserat). 5. Pomel, Rabalus antiquus, pl. X ; Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 191, 195, 197, fig. 1-m (Ennefous, Tazina, Ksar el Ahmar).

Les animaux se présentent de profil; les hommes, au contraire, sont fréquemment de face. Les figures se réduisent d’ordinaire à des contours, à de simples silhouettes; parfois, quelques détails intérieurs sont sommairement indiqués : yeux, poils, ligne des hanches, etc. Le dessin est presque toujours enfantin, gauche, incorrect(1). Ces images sont assurément très supérieures aux graffites libyco-berbères, mais elles ne peuvent en aucune manière soutenir la comparaison avec les admirables œuvres de peinture, de gravure et de sculpture que les troglodytes quaternaires de l’Europe occidentale nous ont laissées. Bien souvent, il est impossible de distinguer l’animal que l’ « artiste » a voulu représenter. Il y a pourtant des exceptions. Les lions, les chacals et le sanglier de Kef Messiouer(2), le bélier sacré de Bou Alem(3), des éléphants(4) et des buffles(5) de plusieurs stations du Sud oranais révèlent des dons d’observation assez remarquables : un profil ferme et net rend avec bonheur l’aspect des animaux, parfois même leur attitude dans tel ou tel mouvement. Il semble bien qu’en général les images gravées dans chaque station aient été exécutées séparément. En quelques lieux, surtout à Tyout et à Khanguet el Hadljar, les ligures, fort nom-

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breuses, s’offrent dans le plus grand désordre, avec des dimensions très diverses, en différents sens ; quelquefois même elles se coupent et se mêlent. Cependant ou trouve çà et là des scènes à plusieurs acteurs, des tableaux composés. A Ennefous, près d’Er Richa, c’est lui combat de deux grands buffles(1) ; à Aïn Slissifa, un éléphant protégeant un éléphanteau contre une panthère, en présence d’un autre éléphant(2) : à Kef Messiouer, la curée du sanglier par une famille de lions, tandis que plusieurs chacals semblent attendre le moment de se jeter sur les restes(3) (le tableau comprend dix figures) ; à Guebar Rechim et au djebel Mahisserat, ce sont des troupeaux d’éléphants, s’avançant en file(4) ; à Tyout, des chasseurs, accompagnés de chiens et visant de leur arc quelque gibier, autruche ou quadrupède(5) ; à l’oued Itel, trois personnages alignés, dont la main gauche levée porte peut-être une offrande(6) ; à Telliz Zarhène, deux guerriers couverts, semble-t-il, de masques d’animaux et se faisant vis-à-vis dans une danse sacrée(7). Les gravures que nous venons d’étudier se répartissent sur une longue suite d’années, sans doute sur plusieurs siècles. Leur abondance en certains endroits, les recoupements que nous avons signalés attestent que de nombreuses générations ont passé par là. Mais il est difficile d’établir la chronologie de
____________________ 1. Flamand, l. c., p. 191, fig. I (reproduite dans la Revue de l’École d’anthropologie, XII, 1902, p. 169, fig. 60 ; dans la Zeitschrift für Ethnologie, l. c., fig. à la p. 91 ; dans Déchelette, Manuel d’archéologie préhistorique, I, p. 267, fig. 169) ; conf. Maumené, Bull. archéologique du Comité, 1901, p. 303, fig. 3. 2. Delmas, Bull. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie, IX, 1902, p. 135, fig. I ; Maumené, l. c., p. 301, fig. 1). 3. Voir supra, p. 260, n. 2. — Sur la croyance, commune à divers peuples, que les chacals sont les serviteurs des lions et mangent leurs restes, voir O. Keller, Thiere des classischen Alterthums, p. 192. 4. Flamand, l’Anthropologie, III, 1892, p. 149, fig. 1. Tissot, Géographie, l. p. 372, fig. 41 ; conf. Gsell, l. c., p. 45. 5. Gsell, l. c., p. 42, fig. 10 ; conf. Pomel, Singe et homme, pl. II, fig. 2 et 3. 6. Rec. de Constantine, XXXIII, 1890, pl. à la p. 304. — Sur une gravure de la région d’El Haria, à l’Est de Constantine, il y a aussi, autant qu’il semble, trois personnages debout, alignés : ibid., XLV, 1911, pl. III, à la p. 336. 7. Barth, Reisen, I, fig. à la p. 210.

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____________________ 1. conf. supra, p. 54. 2. Qu’admat M. Flamand (Recherches géologiques et géographiques sur le Haut Pays de l’Oranie, p. 728 et 746). Tout en reconnaissant sur ces gravures la présence d’avidés et de chiens domestiqués, et d’une hache « dont la silhouette est tout à fait celle d’une hache néolithique emmanchée », il croit qu’elles « sont du pléistocène récent, c’est-à-dire quaternaires, et non actuelles ; elles remontent donc à une très haute antiquité ». Je regrette de ne pas pouvoir adopter cette opinion. 3. Voir p. 74-75. 4. Supra, p. 201. 5. P. 233. 6. P. 250 et suiv. 7. Il y aurait lieu aussi d’invoquer la forme des boucliers à échancrures latérales (conf. p. 203, n. 2), si cette forme n’avait pu être inventée dans diverses régions, restées sans relations entre elles. — Le bouclier rond ne parait pas avoir été en usage dans les pays méditerranéens avant les derniers siècles du second millénaire (A. J.-Reinach, Revue

cet art primitif. Constater par l’examen des patines que, dans le Sud oranais, les figures anciennes sont bien antérieures aux graffites libyco-berbères, cela permet seulement de dire qu’elles doivent remonter au moins au premier millénaire avant J.C. La faune représentée dans cette région, et aussi dans le sud du Maroc, comprend des espèces aujourd’hui disparues et qui avaient probablement besoin d’un climat plus humide que le climat actuel(1). Mais ce n’est pas une preuve d’une antiquité très reculée(2) : nous savons que l’éléphant existait encore dans l’Afrique septentrionale au début de notre ère(3). Nous avons dit que les hommes qui tracèrent ces images avaient des animaux domestiques, chiens, moutons, chèvres, bœufs, chevaux ; qu’ils se servaient, autant qu’il semble, de haches emmanchées, identiques à celles que l’on trouve dans les stations néolithiques récentes ; que quelques-unes de ces stations ont dû être habitées par eux(4). Peut-être est-il permis de préciser davantage, si l’on admet avec nous que le cheval ait été introduit d’Égypte en Berbérie(5) et que les béliers coiffés d’un disque soient des images du dieu égyptien Ammon(6), Il deviendrait vraisemblable que les gravures représentant des chevaux et les béliers sacrés ne sont pas antérieures au Nouvel Empire, qu’elles ne datent guère que de la deuxième moitié du second millénaire(7). D’autres

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____________________ archéologique, 1910, I, p. 28 et 29 ; conf. Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 208-9). Nous aurions peut-être là un indice chronologique, s’il était certain que cette arme ait été figurée à Asla (voir p. 202, n. 10). 1. Déchelette, Manuel, II, p. 492 et suiv. On peut observer que de images d’hommes gravées ou peintes de la région de Constantine (Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, pl. IV, à la p. 338) rappellent assez, par leur style schématique, celles des Alpes Maritimes (conf., par exemple, Issel, Liguria preistorica, dans Atti della Societa ligure di storia patria, XL, 1908, p. 472-3). Mais je ne sais si elles sont contemporaines des gravures certainement préhistoriques de la même région. — MM. Capitan, Breuil et Charbonneau-Lassy ont étudié des gravures rupestres, d’époque indéterminée, qui se trouvent à la Vaulx, en Vendée (Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, 1904, p. 132-155). Ils disent au sujet des figures de quadrupèdes (p. 140) : « Leur stylisation est extrême, et, chose singulière, rappelle absolument celle de certaines gravures rupestres d’Algérie. » Si l’on tient à cette comparaison, elle doit s’appliquer aux graffites libyco-berbères, et non aux gravures préhistoriques. 2. Entre Edfou et Silsitis : voir de Morgan (d’après Legrain), Recherches sur les origines de l’Égypte, I, p. 163-4 et fig. 487-492 ; Capart, les Débuts de l’art en Égypte, p. 194 et suiv. Près d’Assouan : Schweinfurth, Zeitschrift für Ethnologie, XLIV, 1912, p. 627-678. 3. Weigall, a Report on the antiquities of Lowwer Nubia (Oxford, 1907), en particulier pl. XXXVII et LXVII. 4. M. Capari le remarque (l. c., p. 108). — De quand datent ces images ? On ne saurait le dire. Leur style rappelle beaucoup celui des gravures et des peinture tracées sur des vases égyptiens qui peuvent être attribués au quatrième millénaire (conf. Capart, p. 194 et fig. 101, à la p. 134). Mais cela ne prouve pas qu’elles soient de la même époque. En tout cas, il me parait impossible, malgré la ressemblance des styles, de faire remonter aussi haut les gravures rupestres de la Berbérie.

dessins de la série dite préhistorique peuvent être plus anciens ou plus récents. Des Gravures ont été tracées sur des rochers à des époques et dans des régions très diverses. Elles sont généralement fort différentes des nôtres, même celles de Suède et des Alpes maritimes, qui, elles aussi, pourraient dater en partie du second millénaire(1). On connaît fort mal les images rupestres qui existent le long du Nil, dans la Haute Égypte(2) et en Nubie(3). Il faut cependant les mentionner ici, car celles qui paraissent être les plus anciennes et qui représentent, entre autres animaux, des éléphants et des girafes, rappellent les gravures oranaises par leur technique et par leur style(4). Mais, même si ces ressemblances ne doivent pas être imputées au hasard, on ne saurait en conclure que les hommes qui ont tracé ces figures aient été

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_____________________ 1. Touareg du Nord, p. 279-280 ; Bull. de la Société de géographie, 1876, II, p. 144 ; Compte rendu des séances de la société de géographie, 1882, p. 50-57 2. Par exemple La Blanchère, Bull. de correspondance africaine, I, 1882-3, p. 356-8. 3. Les images d’hommes qu’on rencontre sur les gravures sont si sommaires et si imparfaites qu’elles ne peuvent rien nous apprendre à cet égard. Notons cependant que Rohlfs (Quer darch Afrika, I, p. 52) a cru reconnaître le type nègre chez une femme représentée dans une grotte de l’intérieur de la Tripolitaine. 4. Voir plus loin, chap. IV. 5. Conf., pour les gravures et peintures quaternaires d’Europe, S. Reinach, Cultes, mythes et religions, I, p. 132 ; Déchelette, Manuel, I, p. 268-271. 6. Reinach, l. c., p. 132-3. M. Reinach (ibid., p. 126) remarque que les animaux

apparentés. Duveyrier(1) et d’autres après lui(2) ont voulu attribuer celles de l’Afrique septentrionale à des populations noires(3). Il est vrai qu’à l’époque historique des Éthiopiens occupaient les parties habitables du désert, au Sud de la Berbérie(4). Il en était sans doute de même dans des temps plus reculés et, malgré l’absence de preuves, nous pourrions admettre que les gravures du Sahara, du sud marocain, peut-être celles du Sud oranais ont été faites par des noirs. Mais nous n’avons point les mêmes raisons de croire que des Éthiopiens aient tracé celles des régions de Constantine et de Guelma. Il n’y a pas à faire intervenir l’anthropologie dans cette question, pas plus que dans celle des dolmens et dans d’autres encore où elle a été imprudemment invoquée. L’exécution de ces dessins exigeait un travail long et pénible. Ceux qui les ont tracés obéissaient évidemment à d’autres mobiles qu’à un simple instinct d’imitation(5). Le caractère religieux de plusieurs figures n’est pas contestable : nous l’avons montré pour les béliers coiffés d’un disque. Nous avons indiqué aussi que les attitudes de certains personnages semblent rituelles, que des scènes paraissent être des mascarades sacrées. Nous avons dit encore que les croyances de la magie sympathique expliquent peut-être une bonne partie des gravures : possédant les images des animaux, les hommes pensaient pouvoir se rendre maîtres des animaux eux-mêmes, soit pour s’en nourrir(6), soit pour obtenir leur assistance, ou acquérir les qualités

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qu’ils leur prêtaient(1). Les petits tableaux de Tyout représentant des chasseurs ont pu garantir le succès des chasses véritables(2). L’image du bélier Ammon rendait le dieu présent au milieu de ses adorateurs. En fixant sur le rocher certains rites que les dévots jugeaient propres à la réalisation de leurs souhaits, ils croyaient peut-être leur assurer une efficacité permanente. Sans doute, il est impossible d’expliquer d’une manière précise la signification de la plupart des gravures. Mais c’est du coté de la religion et de la magie qu’il faut diriger les hypothèses. IV Nous terminerons ce chapitre par des indications, malheureusement trop brèves, sur des pratiques funéraires qui témoignent, sinon d’un culte des morts, pour employer un terme dont on a abusé, du moins de quelque souci des défunts. On a recueilli des ossements humains dans presque toutes les grottes occupées aux derniers temps de la civilisation paléolithique(3) et à l’époque néolithique(4). On en a rencontré aussi

____________________ figurés par l’art quaternaire européen sont exclusivement ceux dont se nourrit un peuple de chasseurs et de pêcheurs. Je ne sais si cette explication est rigoureusement vraie pour les gravures africaines. En tout cas, elle ne nous fait pas comprendre pourquoi l’on a représenté certaines scènes, telles qu’une famille de lions dévorant un sanglier, une panthère attaquant un jeune éléphant, un lion dévorant une gazelle (à Er Richa : Delmas, l. c., p. 139, fig. III), un combat de buffles, un combat de chèvres (à Guebar Rechim : Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 204, fig. VI). 1. On peut aussi se demander si certaines images d’animaux ne sont pas des offrandes permanentes à des divinités. 2. Plusieurs archers de Tyout sont reliés par des traits à d’autres personnages qui appartenaient peut-être à leur famille (voir p. 241, n. 2). Ceux-ci lèvent les bras : prient-ils pour l’heureuse issue de la chasse de leur parent ? 3. Pour les abris de Lalla Marnia et de Reydeyef, voir plus loin. 4. Par exemple, dans des grottes d’Oran (Pallary et Tommasini, Association française pour l’avancement des sciences, Marseille, 1891, II, p. 644), de Bougie (Debruge, ibid., Montauban, 1902, II, p. 869-872 : le même, Rec. De Constantine, XL, 1906, p. 143, 145, 146), de Khenchela (Julien, Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme, XIII, 1877, p. 46).

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dans des stations en plein air(1). Ils apparaissent souvent en grand désordre et brisés. Ce n’est pas, nous l’avons dit(2), une preuve de cannibalisme : des squelettes ont pu être dispersés lorsque les troglodytes vidaient des cavernes encombrées. Du reste, ce désordre ne se constate pas partout. Çà et là, quelques dispositions permettent d’affirmer qu’on se trouve en présence de véritables sépultures. Dans des abris voisins de Lalla Marnia (province d’Oran), gisaient parmi des cendres des squelettes, dont la tête était placée à l’Ouest et le corps incliné sur le coté droit; plusieurs d’entre eux avaient les jambes pliées. Une pierre plate protégeait la poitrine de chaque mort(3); une autre avait été parfois placée sous le dos ou sous les reins. Toutes ces pierres, qui présentaient des traces de calcination, avaient appartenu à des foyers. La terre, mélangée de cendres, de débris de charbon et d’un grand nombre d’escargots, qui recouvrait les corps, semblait avoir été fortement tassée(4). Ces ensevelissements datent de la fin de l’époque paléolithique, comme l’indiquent les objets trouvés à l’intérieur et en avant des grottes. Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de la Tunisie) contenait, entre autres ossements humains, huit squelettes d’enfants, rassemblés dans des positions diverses; deux d’entre eux étaient cachés sous des pierres plates. Les objets qui les entouraient se rapportaient à une industrie gétulienne assez récente(5).
____________________ 1. Escargotières de la région de Tebessa (Debruge, Rec. de Constantine, XLIV, 1910, p. 67). de Châteaudun-du-Rummel (Mercier, ibid., XLI, 1907, p. 1779), d’Aïn Mlila (Thomas, Bull. de la Société des sciences physiques d’Alger, XIII, 1877, p. 1-9 [pagination particulière]). Stations néolithiques d’Aïn el Bey (Thomas, ibid., p. 40-42), de Roseville (Pallary, dans l’Homme préhistorique, III, 1903, p. 30). Etc. 3. Un squelette était même recouvert de trois pierres. 4. Barbin, Bull. d’Oran, 1910, p. 85 ; 1912, p. 308-9. 5. Gobert, dans l’Anthropologie, XXIII, 1912, p, 164. — Un autre squelette est celui d’un homme qui a été surpris et tué par un éboulement : voir Boudy, Bull. archéologique du Comité, 1906, p. CCXLVII ; Revue de L’École d’anthropologie, XX, 1910, p. 271-2.

Conf. que des cavernes aient servi alternativement de séjour aux vivants et aux morts(3). 14) appartiennent à cette époque . ce qui ne me sembles pas une hypothèse nécessaire. On a recueilli. à proximité du continent africain. découvertes dans le voisinage de grottes qui furent habitées à l’époque Dans deux grottes à mobilier néolithique. Il est donc certain qu’en Berbérie des morts ont été ensevelis dans des grottes naturelles. 84. selon une coutume que l’on constate dans beaucoup d’autres contrées aux époques paléolithique et néolithique. et qui. c. au fond de fosses creusées dans le sol(5). Au cap Spartel. 5. Pallary et Tommasini. Il pense qu’il s’agit d’une sépulture de l’époque moustérienne.PRATIQUES FUNÉRAIRES. soit par des carnassiers(2). XL.. qui en défendaient l’accès(4). . Debruge. dans la grotte Ali Bacha. un crâne placé dans une sorte de niche naturelle et recouvert d’une pierre plate . 1906. l. Pallary. 1910. l. 2. fig. 3. et au Rio Salado. Il est possible. s’est conservée chez les Guanches des Canaries jusqu’au XVe siècle de notre ère. 136-7. p. Rec . près de Tanger. de Constantine. au Sud-Ouest de cette ville. Je n’en suis pas certain : il n’est pas prouvé que les outils en pierre trouvés aux abords des ossements (l. un des abris dont nous avons parlé était en partie barré par de grosses pierres. Barbin. on en a découvert de semblables en Algérie dans des gisements néolithiques. près d’Oran. si ceux des stations à ciel ouvert ont aussi enterré les morts en dehors de leurs demeures. qui ont pu appartenir au même individu et être dérangés soit par un vidage partiel de l’abri. A Lalla Marnia. 4. il y avait des ossements humains en désordre. des restes de squelettes ont été trouvés entre de grossiers remparts de pierres(1). On ne doit pas répugner à la pensée que les troglodytes aient occupé des abris qui auraient été en même temps des lieux de sépulture. cependant. fouillées au Cuartel. M. tout auprès. c. des sépultures contenant des squelettes repliés ont été. p. à Bougie. 271 ____________________ 1. Debruge croit à un décharnement du corps avant l’ensevelissement définitif . c. Nous ignorons si les habitants des grottes. Indications de M..

1903. d’anthropologie de Lyon. p. Voir. Peut-être était-ce une provision de couleur laissée au mort (conf. XI. p.272 LES TEMPS PRIMITIFS. de cylindres en corail et de quelques perles de coraline . puisque le dépôt de parures. Pallary. 204. Dès l’époque paléolithique. 44). de Constantine. 462. p. consistant surtout en coquilles. p. contenait un quelette qui partait un collier composé de coquillages perforés. Pallary. p. Déchelette. et parfois aussi d’outils ou d’armes en os et en pierre a été constaté avec certitude dans des sépultures européennes d’une période reculée du la civilisation paléolithique : témoignage de la croyance à une survie matérielle(2). c. il y avait une boucle en cuivre. ____________________ néolithique. 203 . de rondelles d’œufs d’Autruche. l. 2. p. 6. de Constantine. XL. LV. Revue africaine. Les ossements humains étaient mêlés partout à des cendres . Il est évident que ces objets avaient été placés là pour servir de parure au mort. 565 . Rec. l’une voisine d’Oran(3). 135-140). 149 (grotte Ali Bacha. I. 4. de la Soc. p. 138). On ne saurait dire non plus si les objets trouvés en contact avec les ossements. Des découvertes analogues ont été faites en Europe dans des tombes de l’âge de la pierre(6). dans Matériaux. . Un abri sous roche. l’autre prés de Tébessa(4). 3. Bull. formaient dans les grottes et dans les campements une couche plus ou moins épaisse. Grotte de la Tranchée : voir Pallary. au milieu de laquelle les défunts étaient ensevelis. XI. Bull. Manuel. Mais cette sépulture est probablement d’une époque assez récente. à Bougie) . à Oran). 5) Dans la grotte Ali Bacha. Dans des grottes occupées à l’époque néolithique.. avaient été placés à dessein auprès des cadavres. avec toute sorte de débris. restes alimentaires(1). Cette hypothèse est d’ailleurs fort admissible. Introduction à l’histoire romaine. XI. p. Grotte fouillée récemment par MM. mais on ne peut pas en conclure que les corps aient été déposés intentionnellement dans des foyers . 20 (grotte du Cnartel. de la Société d’anthropologie de Lyon. 315. 1911. 1892. ces cendres. 1. il y avait un morceau d’hématite rouge auprès d’un crâne que nous avons mentionné (Debruge. 210). 1875. instruments en pierre et en os. Mais il n’est pas certain que ces ensevelissements datent du temps de l’occupation des grottes. et aussi plus tard (Bleicher. Debruge près de Bougie (Rec. conf. coquilles ayant servi à la parure. près du corps. deux crises portaient des traces d’une coloration rouge(5). 464. Latapie et Reygasse : indication de M. p. Modestov. entre autres. fouillé par M. 1892. XXXVII. Debruge.

française. 870. Supra. qui auraient appartenu à plusieurs individus (Assoc. immédiatement au-dessous d’un amas de grosses pierres. d’ordinaire brisés et pêle-mêle. M. 2. Archéologie. 46) a découvert un grand nombre d’ossements humains. 1909. Pour l’époque préhistorique. p. Cette attitude se retrouve. 470 . dans un grand nombre de tombes primitives. s’interpréter autrement. dit-il. L’hypothèse du décharnement expliquerait cependant certains faits (à supposer qu’ils aient été bien observés). On a vu qu’à Lalla Marnia plusieurs corps avaient les jambes pliées(5). Peut-être s’agit-il d’ossements calcinés accidentellement. Il n’est pas nécessaire de croire qu’un badigeonnage ait été fait sur les ossements mêmes. II. teindre les os avec lesquels elle entrait en contact(2). Dans une grotte de Khenchela. II. II. Décherette. Le désordre des ossements peut. 3. Conf. 188. après la disparition des chairs. p. En Berbérie même. décharnés à la suite d’une exposition en plein air ou d’un ensevelissement provisoire : la matière colorante pouvait être déposée sur le cadavre et. en Berbérie dans des sépultures qui datent des temps historiques et que nous étudierons plus tard. L’incinération aurait été constatée a Tifrit. Doumergue. près de Saïda (province d’Oran). 4. les grottes de Grimaldi. par des foyers qui auraient été établis sur des sépultures. elle est très fréquente à une époque plus récente : nous indiquerons les diverses hypothèses qui ont été émises pour . 273 ____________________ 1. dans une grotte à mobilier néolithique(4) . II. Je crois y avoir relevé des preuves d’incinération méthodique. 5. Debruge croit avoir trouvé deux crânes emboîtés l’un dans l’autre et bourrés d’ossements divers. Cartailhac. p. « le corps avait été replié sur lui-même. en dehors de la Berbérie. Lille. 303 et suiv. 1902. nous l’avons vu. Debruge a trouvé. Nantes. à Constantine. 580 : « C’était plutôt un lieu de sépulture qu’un lieu d’habitation. 196. française. 822. Assoc. rien n’atteste avec évidence le rite du décharnement dans l’Afrique du Nord(3). française. un squelette dont. Jullien (Matériaux. car dans les ossements se trouvaient amoncelés dans un espace relativement restreint » : Assoc. mais cette découverte n’a pas fait l’objet d’un compte rendu détaillé. au sommet de la couche néolithique. M. Dans la grotte Ali Bacha. p. Dans la grotte du Mouflon. L’usage des peintures corporelles. 1898. devait être aussi appliqué aux morts. que nous avons signalé chez les vivants(1).PRATIQUES FUNÉRAIRES. p. p. Montauban. I. XIII. p.

au troisième et au second millénaire avant J. Nous différons en effet l’étude des tombes en pierres sèches. l’expliquer lorsque nous décrirons les sépultures indigènes de la période historique(1). les bras ont souvent été repliés. . dolmens. toutes les sépultures africaines en pierres sèches que l’on peut dater appartiennent aux siècles qui ont immédiatement précédé et suivi l’ère chrétienne. Tantôt. Tantôt les genoux sont ramenés vers la poitrine. bazinas. comme les rites funéraires qu’on y rencontre. dans l’Ouest de l’Europe et dans les pays riverains de la Méditerranée occidentale. soit assis sur les talons ? en même temps que les jambes. Notons dès maintenant que les postures varient. nous le croyons sans peine : certains d’entre eux offrent des ressemblances qui ne peuvent pas être fortuites avec des monuments élevés. désignées sous les noms de tumulus.-C. le reste du corps étant étendu. Mais. chouchets.274 LES TEMPS PRIMITIFS.. ____________________ 1. les jambes sont simplement pliées. comme à Lalla Marnia. dans l’état actuel de nos connaissances. qui sont répandues par milliers dans l’Afrique septentrionale et qui se distinguent nettement des sépultures phéniciennes et romaines. le mort ayant été soit couché sur le flanc. Que les types lie ces tombeaux remontent a une antiquité reculée.

professer les mêmes croyances. les immigrés. On sait que les textes classiques concernant les Libyens ne sont pas antérieurs au Ve siècle avant notre ère.CHAPITRE IV ANTHROPOLOGIE I Quel était l’aspect de ces habitants primitifs de l’Afrique du Nord dont nous avons étudié les mœurs dans les chapitres précédents ? En essayant de répondre à cette question. qu’ils appartiennent à une période historique où ces indigènes étaient en rapports avec d’autres peuples méditerranéens. comme on l’a fait trop souvent. et de nombreux exemples nous apprennent que divers groupes humains peuvent parler le même idiome. tout en différant beaucoup par leur conformation physique. comme nous le verrons tout à l’heure. Cependant. où une partie d’entre eux subissaient des maîtres étrangers. par des considérations sur la langue et la civilisation : anthropologie. les conquérants ne paraissent guère avoir modifié le fond de la population . linguistique. nous pourrions . ethnographie sont des sciences indépendantes. mener le même genre de vie. si nous trouvions dans les auteurs grecs et latins des descriptions précises des Africains qui vivaient de leur temps. nous nous abstiendrons de l’embrouiller.

les invoquer. les sujets de tel ou tel royaume . des yeux. Mais l’anthropologie est une science moderne : les anciens ne se sont guère inquiétés d’observer minutieusement l’aspect des hommes et de les classer d’après cet aspect Si. ils désignent les habitants de telle ou telle contrée. p. pour l’époque dite préhistorique. Il en est de même des stèles plus récentes qui nous montrent des indigènes. et deux étrangers. 3. Mais ces recherches sont à peine ébauchées. d’une manière générale. Les représentations figurées ne compensent pas l’insuffisance des textes. 299. nullement ce qu’aujourd’hui l’on se plait à appeler des races. 3. comme certaines peintures et sculptures égyptiennes. On peut ____________________ 1. n. ils distinguent en Afrique les Éthiopiens. Gétules. Conf. . 197) dit nettement qu’en Libye il n’y a que quatre peuples. L’examen des ossements que contiennent les grottes occupées pendant l’âge de la pierre et les sépultures construites plus tard par les autochtones fera connaître la structure anatomique des Libyens primitifs et de leurs descendants.276 LES TEMPS PRIMITIFS. 2. les Phéniciens et les Grecs. Par les termes Numides. Elles ne nous apprendront rien sur d’autres caractères importants : couleur de la peau. ils n’indiquent. Faute de mieux. mais elles sont d’une exécution si rudimentaire qu’elles ne peuvent pas. les autres au Midi. Masæsyles. les Libyens et les Éthiopiens. deux indigènes. Massyles. ni pour le uns ni pour les autres divers groupes correspondant à un ensemble de caractères physiques. couleur et forme des cheveux. servir de documents anthropologiques(3). p. l’étude des indigènes actuels nous permettra d’indiquer ce qu’étaient leurs lointains ancêtres. 268. habitant les uns au Nord. du reste des indigènes(2).. Voir plus loin. Les gravures rupestres qui appartiennent à la période que nous étudions offrent quelques images humaines. etc. c’està-dire les gens à la peau très foncée(1). sans trop de témérité. Hérodote (IV. Maures.

celle qu’Auguste fonda à Carthage. tout au plus. colons romains : Appien. mais il ne faut point en exagérer l’importance : on a. 136. Ce furent surtout d’anciens soldats des armées d’Afrique qui reçurent des terres non coloniales.ANTHROPOLOGIE. 277 admettre en effet que. Römische Limitation in der Provinz Africa (extrait des Bonner Jahrbücher. Carthage ne se décida qu’après plus de trois siècles à occuper un territoire qui ne semble pas s’être étendu au delà de la Tunisie septentrionale. ou ne disposaient que d’une banlieue restreinte. pour la plupart. 104. surtout d’Italiens. comme le service militaire durait longtemps (vingt-cinq ans). dans le demi-siècle qui précéda et dans le siècle qui suivit l’ère chrétienne.. la population de la Berbérie n’a pas été profondément modifiée par des éléments étrangers. compta trois mille. de ceux qui vinrent se fixer volontairement dans les provinces africaines. Lib. les Romains ne détinrent que le NordEst de la Tunisie et. CXX. Il est vrai que. Jusqu’à Jules César. la fondation de quelques douzaines de colonies implanta en Afrique un certain nombre d’étrangers. Nous savons très peu de choses sur cette immigration officielle. . Voir Barthel. tout calcul précis est impossible . depuis les temps historiques. qui ne fut assurément pas la moindre de ces communes nouvelles(1). 1911). le chiffre ____________________ 1. étaient étroitement enfermées dans leurs murailles. ils n’instituèrent aucune colonie. rien ne prouve d’ailleurs qu’il ait été fortement colonisé par les conquérants. sauf une tentative malheureuse pour relever Carthage. furent installées à Thamugadi. par exemple. A leur égard. des raisons de croire que cinq cents familles. p. Les Phéniciens ont fondé sur les côtes des colonies qui. cependant il n’y a pas lieu d’admettre qu’ils aient été très nombreux. Nous devons aussi tenir compte de ceux qui obtinrent des concessions sur des territoires non coloniaux. — La colonie la plus importante d’Afrique. Or les effectifs de ces armées ne devaient guère dépasser vingt-cinq mille hommes sous le Haut-Empire et.

20). — au Nord et au Nord-Ouest de l’Aurès : Pont. sur lesquelles Ammien Marcellin. conf. les troupes furent composées de gens du pays pour une très grande part. p. 263-4. Selon d’autres savants (et leur opinion me parait plus vraisemblable). 223 . 149. Les cités romaines de Tunisie. XIII. 62 . Masqueray. dans l’Anthropologie. 1882-3. XII. Voir. Byzantinische Zeitschrift. p. le royaume fondé par ____________________ 1. voir Haury. Rec. enfants et esclaves. 1906. p. Formation des cités de l’Algérie. 1898. pour l’Aurès. en totalité pour la légion. le même. Formation. II. XXII. p. Revue africaine. Revue africaine. Martroye. lors de son passage en Afrique. 103-4. 1885. XV. par suite de l’excédent des naissances et de l’arrivée d’autres barbares (Procope. 2. des croyances. 5. p. p. Quant aux tribus restées barbares. Revue africaine. il est évident qu’elles avaient conservé intact le sang de leurs pères(2). 3. p.. Joly. l’Archéologie de la Tunisie. 415 . 1869. 327-332 . Schmidt. 15 . 218-220 . L’étude des mœurs.. 459-460. et Rec. Revue africaine. XXXII. 1878. p. ce chiffre représenterait seulement ceux que Genséric voulait faire passer pour des combattants. 61-63. ibid. corps de citoyens romains. Sur le petit nombre de Romains qui vinrent s’établir en Afrique. p. M. p. 170 .278 LES TEMPS PRIMITIFS. Pourtant. Sur cette question. le même. l’Afrique byzantine. Ils ne se mêlèrent point aux Africains et lorsqu’au bout d’un siècle. Gauckler. ou même simplement parce qu’ils ont conservé un vague souvenir de la domination romaine). dont la natalité était faible. Victor de Vite (I. vers l’année 480. p. ibid. Malbot et Verneau. . Le nombre des Vandales et des gens que l’on confondait sous ce nom se serait accru pendant le règne de Genséric. Procope et Corippus nous donnent quelques renseignements au IVe et au VIe siècle. Dieht. Masqueray. Genséric. de Constantine. 164 . de Constantine. p. 114 . c. y compris les femmes. 1857-8. — en Kabylie : Féraud. 1911. 527-8 . Depuis le IIe siècle. Il n’y a sans doute aucun exemple à tenir des prétentions de certains groupes Berbères à descendre des Romains (probablement parce qu’ils ont des ruines romaines sur leur territoire. I. parmi lesquelles furent comptés vieillards. 246-253 . des noms nous révèle moins l’afflux d’immigrants que l’acheminement d’une partie des Africains vers la civilisation latine(1). Bull. 620-1 . Schmidt croit qu’il s’agit de tous ceux qui accompagnèrent Genséric. p. annuel des libérés était peu élevé.. Victor de Vite affirme (l. 1897. p. Bell. 1868. — dans la région de Djelfa : Hartmayer. LV. p. p. L’Italie. 8-9. VIII. Toutain. ne pouvait pas fournir de forts contingents à des régions qui étaient au contraire très peuplées. 1905. 459 . XXXIX. les Vandales devaient être tout au plus deux cent mille(3). Viré. p. XIV. jeunes gens. Vand. I. donna un chiffre de 80 000 personnes.) que les Vandales étaient fort loin de compter 80 000 guerriers. de correspondance africaine. A leur entrée dans l’Afrique du Nord. 2) indique qu’un recensement ordonné par Genséric.

Mais il est certain que les nouveaux venus constituèrent désormais un des éléments importants de la population. ceux qui ne disparurent pas dans la tourmente furent presque tous exilés par les Grec vainqueurs(1). qui admettait une immigration arabe dans l’Afrique septentrionale au début du IIe siècle de notre ère : Revue africaine. 10 . p. de 500 000. 3 . 12 . Je laisse de côté de prétendues invasions d’Arabes himyarites qui.-C. Groupés dans les villes et d’ailleurs peu nombreux. Voir Procope. d’après un poète cité par Ibn Khaldoun (Histoire des Berbères. administrèrent. de 200 000. édit. p. 1880. II. . p. p. 397 et 434 . Ces derniers ne laissèrent pas de traces plus durables : ils défendirent. Hroca. de Slane . 1. 4. 1 . p. Schimer. exploitèrent tant bien que mal les parties des anciennes provinces romaines dont ils purent se rendre maîtres. tous sont arbitraires(4). p. XXV. 5. 309. reprirent possession de leur pays. Schefer. XXIV. p. passant par l’Éthiopie et le Sahara. II..ANTHROPOLOGIE. ils ne pénétrèrent pas les masses profondes des Berbères. 2. Tauxier. 319-321). d’un million. trad. dans Archives marocaines. sur la lisière septentrionale du Sahara. 375 et suiv. 42) parle d’une invasion de 50 000 combattants et d’un nombre infini de lemmes et d’enfants. Temporal. Cependant elles ____________________ 1. 228 et 325 remarque que. Masqueray. 1886. jusqu’à la conquête musulmane (Slouschz. Revue d’anthropologie. de géographie historique. M. Pasteurs nomades. Formation des cités. I. 28. le Sahara. 1908. Recherches sur l’origine des principales tribus de l’Afrique septentrionale. 35). 3. ils se dispersèrent dans les plaines du Tell. celle des Ouled Hilal et des Ouled Soleïm. Collignon (Bull. 1881. 40. bientôt même. II. Léon l’Africain (Description de l’Afrique. Mercier. . 1870. c. Ce fut seulement au milieu du XIe siècle que l’Afrique septentrionale eut à subir une grande invasion arabe. Conf. dans les steppes du haut pays. p. 279 Genséric fut anéanti. les envahisseurs u’auraient mis en ligne que 3 000 combattants dans une bataille décisive. se serraient succédé dons l’Afrique du Nord depuis les derniers siècles avant J. XIV. Histoire de l’Afrique septentrionale. 19. soumirent les indigènes et les convertirent à l’islamisme(2). p. Cette hypothèse ne s’appuie sur aucun argument solide. p. Vinrent-ils au nombre de 150 000. ils ne les couvrirent pas de colons. 138 et suiv. Voir Carette. I. II. p. qui. M. 297. trad. De nombreuses tribus se rattachent à ces envahisseurs. Slouschz a eu un précurseur. Il en fut de même des guerriers arabes qui détruisirent la domination byzantine. de deux millions ? Tous ces chiffres ont été indiqué(3).

320-330 4. qui sont venus des régions les plus diverses de la Méditerranée pendant la période turque(4). Les aventuriers. ou furent des Andalous. menton arrondi . ils fondaient rarement des familles durables : ce n’est guère qu’à Tlemcen qu’ont subsisté des Koulouglis. réfugiés en Berbérie . p. Il y a environ 300 000 Juifs en Tripolitaine. teint mat : telles sont les principales caractéristiques de ce type(3). p. Conf. c. lèvres fines. d’une courbe régulière. deux types : 1° type grossier. en Algérie et au Maroc(5). Les janissaires étaient surtout des Turcs.) distingue. l. dont la plupart étaient originaires du Sud-Ouest de l’Europe. Crâne très renflé au-dessus de la nuque(2) . soldats ou corsaires. Collignon (l. Ils étaient déjà assez nombreux à l’époque _____________________ 1. d’un noir de jais. dont l’établissement en Berbérie n’a pas été la conséquence d’une conquête. il y eut ensuite parmi eux un grand nombre de renégats. c. comme la barbe. surtout dans les massifs montagneux. 2. n’ont presque rien laissé derrière eux. à nez convexe mésorhinien : 2° type mongoloïde. Vite emportés par une vie de dangers et de plaisirs. intacts dans la majeure partie de l’Afrique du Nord. 3. sourcils peu fournis. en Tunisie. mince et aquilin . M. . Les Berbères se sont maintenu. métis de soldats turcs et de femmes indigènes. sont toutes plus ou moins mélangées de sang berbère et le type arabe pur y est fort rare(1). assyroïde. bien distinct des types indigènes. Nous devons mentionner encore d’autres étrangers. yeux grands. belles dents . venus d’Asie Mineure. Chez les Arabes de Tunisie. 326 et suiv. Ils ne se sont pas répandus en dehors de quelques villes du littoral.280 LES TEMPS PRIMITIFS. Les corsaires vinrent d’abord des rivages de la Méditerranée orientale soumis à l’empire turc. de quelques garnisons de l’intérieur. foncés et brillants. Occiput « en point d’interrogation ». outre le type classique « à nez aquilin vrai ». où les Arabes n’ont pas pénétré. nez long. Collignon. 5. à nez en museau de chèvre.. Resterait à savoir si tous les envahisseurs dits arabes présentaient ce type : ce qui à priori est plus que douteux. On en compte plus de 60 000 en Tunisie et à peu près autant en Algérie. figure longue et régulièrement ovale .. également peu fournie.

ont fondé des colonies dans des villes marocaines(4). Au Maroc. 178-180. c. 539 et suiv. Les groupes juifs que l’on trouve actuellement dans les campagnes croient à leur origine palestinienne et certains indices pourraient faire penser qu’ils n’ont pas toujours tort : voir (sans accepter les interprétations de l’auteur) Slouschz. Zaghouane. Conf. On constaterait çà et là en Berbérie de vagues traces d’un judaïsme non talmudique. Tétouan. Ces Juifs formaient des colonies distinctes du reste de la population. Ils se distinguent des Berbères par leur physionomie plus douce. d’Oran. vers la fin des temps antiques. p. Ibn Khaldoun (Histoire de Berbères. Doutté. Rabat. quartier des Tagarins à Alger. 5. XVII. du Sud de l’Europe. p.. Coléa. p. Dellys.. 491 et suiv. l. 1902. Revue des études juives. Voir Monceaux. il en vint beaucoup. p. leur teint plus clair. Blida.ANTHROPOLOGIE. où ils se livrent surtout au commerce et au jardinage. Des Maures ou Andalous. Soit par atavisme. 30-38. 307 et 339 . leur nombre parait dépasser de beaucoup le chiffre de 100 000.. Azemmour. chassés d’Espagne par les chrétiens vainqueurs. Slouschz présente dans son livre intitulé Hébraeo-Phéniciens et Judéo-Brebères (Archives marocaines. 2. p. Bizerte. Tanger. Téhourba. 177) indique plusieurs tribus berbères professant le judaïsme. Nabeul. Conf. Collignon. Je ne puis adopter les hypothèses relatives aux Juifs africains que M. 1906. XII. 2e partie. 1-28. Plus tard. conf. Testour. l’analyse d’un travail de Fishberg. beaucoup de Juifs maghrébins offrent des traits qui rappellent des visages berbères et n’ont rien de « sémitique »(3). 6. qui est approximativement celui de la population juive des villes importantes. Tunis. etc. 4. algériennes(5) et tunisiennes(6). à diverses reprises. qui remonterait à une époque reculée : Slouschz. . 1. 343 et suiv. Fez. l. p. Soliman. 1910. La question est fort obscure. p. se rattachant peut-être à ceux que les Ptolémées avaient transportés en Cyrénaïque(1). soit par adaptation au milieu. la religion israélite se propagea dans certaines tribus indigènes(2) peut-être des descendants de ces convertis se trouvent-ils aujourd’hui confondus avec ceux des Juifs d’origine étrangère. doù les rois chrétiens les expulsèrent en masse. XLIV. c. 281 romaine et il est à croire que la plupart d’entre eux étaient de véritables Hébreux. 208-9 . tome XIV). dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. surtout de la péninsule ibérique. Bull. p. 3. souvent ____________________ Ils peuvent être 15 à 20 000 en Tripolitaine. voir aussi dans l’Anthropologie. On a cependant des raisons de supposer que. I.

où des métis ont occupé et occupent encore un rang social élevé(5). L’importation de noirs à travers le Sahara date peut-être de loin. 302. Au Maroc même. 5. d’autres formaient des corps de troupes au service des souverains du Maghrib . ni le nez épaté. quoiqu’ils aient beaucoup diminué depuis la conquête française et l’abolition de l’esclavage(2). Bloch (Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris. n i les pommettes saillantes. lèvres charnues et retroussées. Cette hypothèse ne peut pas être rejetée à priori (voir plus loin. Voir plus loin. dans les oasis du Sud. l’importation des nègres est bien moindre depuis l’occupation par la France des régions soudanaises d’où on les tirait principalement 3. mêlé à beaucoup de sang espagnol. elle ne semble pas avoir été très active(3). 1873. p. chez les ancêtres de ces Maures. M. La plupart d’entre eux devenaient des esclaves domestiques . surtout au Maroc(4). la traite n’a guère cessé d’amener en Berbérie des convois de Soudanais. 304). dans l’antiquité. race non prognathe. Toutefois. Il convient de tenir compte des altérations que ces mélanges ont pu faire subir aux types berbères primitifs. ou nègres du Soudan. aussi par leur corpulence : différences qui doivent s’expliquer par la diversité des conditions d’existence(1). — . Mais les traits caractéristiques des Nigritiens. Bien traités par les musulmans. depuis que l’islamisme a pénétré dans le cœur du continent.282 LES TEMPS PRIMITIFS. — prognathisme. 609-610. qui n’aurait ni les cheveux crépus. cheveux laineux. p. établie dans le pays depuis des temps très reculés. 1903. qui n’ont pas de préjugé de couleur et qui regardent leurs esclaves presque comme des membres de leur famille. p. ils ne manquent ni en Algérie. mais elle est fondée sur des impressions trop rapides pour faire écarter l’hypothèse contraire : à savoir qu’il s’agit de métis de Soudanais et de Berbères. Bull. Mais. ni les lèvres déroulées. ni en Tunisie. d’anthr. d’autres venaient renforcer la population agricole dont nous parlerons plus loin. p. ils ont mêlé largement leur sang a celui des indigènes. 2.. mais qu’ils appartiennent à une race spéciale. originaires du centre de l’Afrique. 4. nez large et aplati. Faidherbe. de la Soc. ____________________ 1. sont très nombreux au Maroc . Enfin les nègres. Conf. Il y avait sans doute du sang berbère. 574-8) croit que beaucoup de Marocains noirs ne descendent pas de nègres soudanais.

Habitants de l’Aurès : Papillaut. 1870. Bull. p. 1908. 1-8). Chantre. Nous ne disposons que d’un petit nombre d’observations précises. Mzabites : Amat. VII. VIII. regardons autour de nous. XVI. 548-555 . De la Soc. 399-425. Huguet. 1885. Mensurations de Gillebert d’Hercourt. la même. Sabatier.. p. Collignon. 888-895. p. dans Bull. Revue de l’École d’anthropologie. 438-454. p. p. 239-252 (conf. p. 1-23 . p. Assoc. française pour l’avancement des sciences. de la Soc. Revue d’anthropologie. Alger. Pour la Tunisie. Revue générale des sciences. 972-1008. Mémoires de la Société d’anthropologie. d’ethnographie [=Revue orientale et américaine. XL. Randall-Maciver et Wilkin. Prengrueber &a consigné de nombreuses observations sur les Kabyles : Lissauer. Mém. courtes indications de Topinard : Bull.ANTHROPOLOGIE. d’anthr. Revue d’anthropologie. les croisements ont été innombrables entre les indigènes ____________________ 1. 1906. il existe un excellent travail de M. p. Dans un travail resté inédit. d’anthr. d’anthr. XII. 537-544 ... En résumé. dans l’Anthropologie. 30-31 . 1886. 623 et suiv. Études particulières sur l’anthropologie de la Khoumirie et de la Mogadie : Bertholon. p. 1896. 21. et les essais de classement que l’on a présentés ne peuvent pas être regardés comme définitifs(1). minutieuses. presque tout est à faire. 95 et suiv. 283 sont aisés à reconnaître et l’on peut constater qu’ils font défaut chez la plupart des Berbères. 1807. sans négliger les rares documents que l’archéologie et les auteurs anciens nous fournissent. 181-353 . Comme à peu près partout sur la terre. de géographie historique... 1891. de la Société . p. malgré les apports que nous venons d’énumérer et dont les plus considérables sont probablement ceux des Arabes hilaliens et des nègres. Pour savoir ce qu’étaient ces derniers. p. 1888. 1868. je m’en suis beaucoup servi (voir aussi le même. 623-631) . il n’est pas téméraire de soutenir que les habitants actuels de l’Afrique du Nord ne doivent guère différer des hommes qui peuplaient le pays il y a environ trois mille ans. . 1882. le Mzab et les Mzabites (1884). p. p. et 1881. 17-39 . 1881. Kabyles : Duhousset. de géographie historique. 516 et suiv. On peut encore consulter Bertholon. Bull. 28. — Pour l’Algérie. de la Soc. III. II Il faut avouer que l’étude anthropologique des Berbères d’aujourd’hui est encore bien peu avancée. de la Soc. p. 757-764. Zeitschrift für Ethnologie. de l’île de Djerba : le même. p. de la Soc. p. 1873. Oasis de Biskra : Topinard. p. d’anthr. Bull. Bull. Bull. 1897. 423 et suiv. 1874]. Libyan notes (1904).

1912. D’autres soutiennent que. 1886. p. sinon la totalité des types répandus sur le territoire. en particulier du crâne et des os de la face) et sur les caractères extérieurs (couleur de la peau. 1897. Assoc. Relations créées par le voisinage. Bull. Dans ce chaos. il y a différentes formes de crânes. M. dela Soc. mésocéphales). Les classifications proposées se fondent sur les caractères anatomiques (formes. sur la durée des effets du métissage.. française.. en Kabylie. XXIX. [Cet ouvrage vient de paraître. forme et couleur des cheveux et des poils). 120-8. dans Weisgerber. XXIII. en dépit des croisements et des circonstances ____________________ d’anthropologie de Lyon. 1. sous le titre Recherches anthropologiques dans la Berbérie orientale. 34 et suiv. . etc. déjà imprimé. par Verneau. au sujet duquel ils ont donné quelques indications : voir. 539). » Dans le massif de l’Aurès. On peut consulter là-dessus l’ouvrage de Carette. Dijon. MM. Même dans les régions montagneuses. 3. transplantations de tribus vaincues ont rapproché et confondu les groupes primitifs(2). p. large ou moyenne (dolichocéphales. Africa. on n’a que des mensurations de quelques crânes de Mogador.284 LES TEMPS PRIMITIFS. les nécessités de la transhumance. p. qui ont été des refuges. 130-l. écrit à propos de la Tunisie : « Il n’est pour ainsi dire pas de localité où il ne sait possible de retrouver plusieurs. en particulier. Les uns attribuent une importance prépondérante à l’étude des crânes . papillault. il est malaisé d’introduire l’ordre. Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale (1853). Juin. dans l’Anthropologie. le commerce. Mais les anthropologistes ne sont pas d’accord sur la valeur respective de ces caractères. Antropologia della stirpe camitica (1897). Compte rendu. d’anthr. on trouve pêle-mêle des types très divers (conf. de géographie historique. dimensions et proportions du squelette. Je regrette de ne pas pouvoir 1’utiliser dans le présent chapitre. brachycéphales. migrations causées par les guerres et les famines. ils partagent l’humanité en gens à tête longue. — Exposés généraux dans Sergi. 1911. Collignon (Bull. Nulle part.. p. p. 282). — Pour le Maroc. on ne constate l’existence de populations dont tous les individus offriraient un type uniforme(3). 2. des diverses régions de l’Afrique septentrionale(1). même dans les groupes les plus isolés. les Blancs d’Afrique. p. Bertholon et Chantre préparent sur l’anthropologie de l’Afrique du Nord un ouvrage d’ensemble. 273 et suiv. p. 667-702. Certains admettent que ces formes se maintiennent immuables à travers les générations. 1913]. . sur leur persistance héréditaire. 92-94. de l’iris des yeux.

d’autres croient qu’elles peuvent se modifier. IV. 426 . aux durs travaux : ils atteignent souvent une extrême vieillesse(1). Procope (Bell. plus ou moins large. d’autres restent plus ou moins fidèles à la vieille opinion qui rapporte les diversités de la pigmentation aux influences des climats. A leur naissance. Pour les uns. 678-9 : « concolor Indo Maurus ». p. Juvenal. voir encore V. Némésica. 415 : « nigro de corpore » . 20) qualifie les Maures de gens au teint noir : μεανόχοοοι. vand. Ils résistent aux variations de la température. leur existence sédentaire ou active. Polémon (dans Scrptores physiognomoniae colores. mais le soleil la brunit rapidement : il ne faut sans douté pas chercher d’autre cause au teint foncé que de nombreux textes anciens attribuent à des indigènes du Nord de l’Afrique(2). non saillants. 2. La plupart ont des yeux ____________________ 1. quand cela est nécessaire. leur peau est blanche. II. 267 : « adustus corpora Maurus ». 123 : « Mauro obscurior Indus ». des yeux horizontaux. 261 : « coloratus Mazax ». aux privations. 13. sans parler des impressions trompeuses que les costumes provoquent chez des observateurs superficiels. édit. 215-6 : « Maura videbatur facies nigroque colore horrida » . 321 : (nigrae facies » . Leur corps est d’ordinaire bien proportionné. VIII. On ne sait pas exactement dans quelle mesure les conditions de la vie modifient la taille. un nez plus ou moins long. comme celui des nègres. p..ANTHROPOLOGIE. leur complexion robuste. aussi bien que de l’incertitude des méthodes. 137 : « nigra planta » : IV. plus haut. Les pages qui suivent témoigneront de la difficulté et de l’insuffisance des recherches. mais non pas épaté. Corippus. Sillus Italicus. Il est presque superflu d’ajouter que des individus ayant la même conformation peuvent beaucoup différer d’aspect selon leur alimentation. 184) . V. 54 : « nigri Mauri » . VIII. II. les caractères ostéologiques . 285 extérieures . Conf. Franz. comme éléments de classification. Cyneg. les Berbères ont le visage droit. la couleur de la peau et celle des cheveux priment. Lucain. 341 : VIII. aux longues marches et. l’intensité de la lumière et de la chaleur. Johannide. II. I. 174. En général. 439 : « usta cutem nigri soror horrida Mauri » . VIII. XI.. 482.

selon M. Bull. courte et large. 5. c. min. de Paris. p. D’autres Berbères(6) sont petits (en moyenne 1 m. obscur et qui se présente même sous la forme μαΰρος. la barbe peu abondante. assez large. qui sont mentionnés dans 1’antiquité(5). Conf. a). Je dis type. les indications de Topinard. des cheveux noirs ou bruns(1) non laineux.. 85 (type I. Des épaules larges surmontent un thorax qui se rétrécit en tronc de cône renversé. grands. de Lyon. le nom ethnique Maures. 303-9. — Sur ce premier type. 6. d’anthr. 305. 5. 315-221. 10. L. On pourrait voir en eux les descendants de ces Africains. XXIX. avec des bosses pariétales et un occiput très saillants : vu d’en haut. Élien. 446-7 . 727-8 : « Mauretania nomen oris habet titulumque sun fert ipsa colore » : Isidore de SéviIle. noirs. 63). 1886. il présente une forme pentagonale. Nat. p. XIV. p. 1. est d’ordinaire convexe . de géographie historique. 3. ibid. secs. Voir Manilius. conf. III. 122 . employé par les Latins et plus tard par les Grecs : Μαΰρος. IX. au contraire. 4. le front droit. Claudien. Leur crâne est également allongé. fut rapproché du mot grec άμαυρός qui signifie sombre. avec des arcades sourcilières bien accusées. La face s’allonge en pointe à partir des tempes. 5. 2 . ils formeraient à peu près la moitié de la population de la Tunisie.•. Etymol. p. de la Soc. 19 : nigris hine Mauri crinibus irent ». voir Collignon. d’anthr.286 LES TEMPS PRIMITIFS. l. licet Mauri ob colorem a Graecis vocentur : Graeci enim nigrum μαΰρον vocant. — par un jeu de mots. La musculature apparaît sur le corps maigre et sec. Le nez est mince et long. p. 1881. les pommettes étant à peine indiquées. Bull. 1910. Le crâne est long. de la Soc. III. 70). aestifero quippe colore afflati atri coloris specimen ducunt » . maigres. les pommettes sont fortement développées et les angles de la mâchoire très écartés. 2. souvent busqué.. Les individus qui appartiennent à ce type sont très nombreux en Algérie(3) . Collignon(4). terme que j’évite à dessein. _____________________ dit que les Libyens ressemblent aux Éthiopiens. Collignon. et non race. de Sabatier. La face est. 891-4 . très vifs chez les enfants. p. XIV. (aux environs de 1 m. 2. Bull.. De consulatu Stilichonis. 1882.. de Chantre.. Conf. Un type(2) très répandu est de taille élevée. c. le même. « . le menton. le menton droit. Le nez... IV. .

XVII. p. 353 . conf. V. Station néolithique d’Aïn el Bey : Thomas. p. de Baumes-Chaudes. . musée des antiquités d’Alger. il est étroitement apparenté au type dit de Cro-Magnon(7). l. 256. observée sur des tibias de saillant. de la Soc. de la Soc. Pomel. Toulouse. p. apud. 3. Bull. XXIX. c. Compte rendus. c. 1807. apparentés à ceux de Cro-Magnon. — La taille de ces Berbère est. Dijon. Ecsargotière d’Aïn Mlila : Thomas. 1877. 24-26 et pl. d’anthr. la bouche est grande. 86 (type III). Chantre. p. française. 1891. et il y a actuellement encore dans le Périgord des individus de petite taille qui représentent le type de Cro-Magnon : Collignon. p. planches à la p. Rec. 1910. — Dolmens de Guyotville : collections géologiques de la Faculté des sciences d’Alger .Bourguignat. Des crânes qui pourraient être classés dans l’une ou l’autre des deux séries se rencontrent dès l’âge de la pierre(9). Dolmens de Roknia : Pruner-Bey.. de l’Académie d’Hippone. Bull. 39-47 et pl. p. Les types que nous venons de décrire sont très anciens dans l’Afrique septentrionale. p. en Europe. près d’Alger : Pomel.. p. Du nom d’un gisement préhistorique du département de Dordogne. de Constantine. IV. le même. VI. l. plus petite que dans le type de Cro-Magnon. 7. dans la région d’Alger. 10. les gens de Chancelade. — La platyonémie (aplatissement transversal en lame de sabre. VIII. d’anthr. l. 1906. Assoc. l’Anthropologie. Chantre et Bertholon. 8. Bertholon. 440. Chantre et Bertholon. tableaux 1-3 et planches . sur le littoral oriental(4). p. (région d’Ellez et de Kessera). Bull. p. p. p. 5.. à Bougie : Delisle.ANTHROPOLOGIE. 3 [pagination spéciale] . dans le Sud de l’Algérie(6). 1895. étaient de taille peu élevée. 416. 451. Grotte du Grand-Rocher. 347-8. p. 1906.. il est vrai. l. 412-3 . c. Mais. Congrès international d’anthropologie de Bruxelles. Par la forme de la tête. 446. s’encadre d’une barbe bien fournie. De Lyon. française. de la Société des sciences physiques d’Alger. Ce type parait être disséminé dans tout le Maghrib. Annales de Géographie. ainsi que dans des sépultures indigènes plus récentes(10). IV. Assoc. 9. de l’Homme-Mort. 127. 2. aux lèvres charnues. p. Singe et homme. on l’a signalé en Khoumirie(1). de Quatrefages et Hamy. VII . 1895-6. Poitrine large. mausolée royal : Letourneau et Papillaut. 6. 54 et suiv. Collignon. XL. Bull. qui se caractérise par la longueur du crâne et par la largeur de la face(8). 1910. 96. 164. p. 124. l. — Tombeaux voisins du Médracen. l. Collignon. c. 287 ____________________ 1. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia. 1867. Crania ethnica. 4. d’ans le massif montagneux de la Tunisie centrale(3). Faidherbe. Bull. taille fine. 1872. XIII. 41. 1911. 26-27 et pl. 107-200. p. 138 . en particulier à Gabès(5).. dans la vallée de la Medjerda(2). 319-320. c. de géographie historique. l’Anthropologie. p. p. hanches très développées. Grotte Ali Bacha. Où il formerait le quart de la population : Bertholon.

889-890. p. 9. 319. se rejoignant presque. Chantre. p. 1906). p. p. l. I. 1897. Les Mzabites. 294. Collignon. 1908. Faidherbe. de Paris. pl. Visage large et court. 413-4. Bull. Bertholon. Étude sur le Titteri (extrait du Bull. On a constitué un troisième groupe(1) avec des gens à tête ronde. Congrès de Bruxelles. Oran. nez court et assez large. 3 et 4. 399 et suiv. Dijon. front souvent bombé. l. p. p.288 LES TEMPS PRIMITIFS. 288-9. etc. — Il parait exister dans le Titteri. Lissauer.. 518 (d’après Prengrucher). l’Anthropologie. poitrine trapue telles sont les caractéristiques de ce type. p. 1891. 7. 11. c. Mais il faut ajouter qu’elle est à peu près générale dans l’Afrique du Nord : Collignon. 127. II. IV. VIII. p. mais ne manque pas dans le centre de la Tunisie (Bertholon.. l’Anthropologie. l’Anthropologie. dans les montagnes situées au Sud de Gabès(4). n’occupent leurs oasis que depuis quelques siècles. VIII. française. p.. l. p. XII. 1907. française. 3-5 . XXIV. Assoc. Chantre et Bertholon. Chantre. VIII. 1. p. 198. de la Soc. au lieu de le brunir. Les têtes larges semblent être bien moins nombreuses en Kabylie que les têtes longues : conf. VII. 4. Reims. Surtout deux groupes voisins de Sousse : Collignon.. Tommasini. Bull. fig. 1908. 36. Clermont-Ferrand. de géographie historique. fig. Assoc. l. 2. 423. Collignon. française. barbe clairsemée. c. l. 8. l. 5. très fréquent dans l’île de Djerba et dans les oasis du Mzab(2). p. Assoc. 1876. p. 6. française.. 10. p. 419-423. bouche plutôt grande. à l’intérieur de la province d’Alger : Joly. en Kabylie(7) dans l’Aurès(8). p. l.).. française. Dijon. de la Soc. menton arrondi. ____________________ l’époque néolithique et de la date plus récente (Pomel. Bull. Assoc. de la Société de géographie d’Alger. p. C’était peut-être au même type qu’appartenaient des individus à tête large. 455). 65). p. plus ou moins pur.. VIII. de stature médiocre (on moyenne 1 m. 85 (type II). 216 et suiv. sur la côte orientale de la Tunisie(3). 297-300. c. d’anthr. Bull. 30-31. en Tripolitaine(5). 423. XL. que le soleil dore. 55 . 422). c. Zeitschrift für Ethnologie. p.. p. de l’Acad. c. . Toulouse. p.. p. 1882. p. c. p. 680. Chantre. De Lyon. l. de la Société algérienne de climatologie. sur le littoral algérien(6). Beaucoup de Mzabites se distinguent des autres indigènes par leur teint très mat. 1888. Bertholon. c. on le sait. 201) est un des caractères de la race de Cro-Magnon. p. Bertholon. 353 . I. 1911. VIII. pl. Bertholon. sourcils épais. Sabatier. 440. ibid. l’Anthropologie. Bertholon. p. 127 . 1910. 1911. Il est rare en Khoumirie (Bull. 285-303 (conf. 64 — 1 m. d’anthr. Il se retrouve. ibid. ensevelis sous des dolmens de Roknia(10) et de Guyotville(11). 3. Assoc.(9). D’Hippone. 408.

1907. Selon M. XXIII. 2. 671-683) reconnaît au Maroc un type où l’on retrouve certains caractères de nos deux premiers : crâne assez allongé. Revue d’anthropologie. des yeux bleus. 240 . et qu’ils ont produit des variétés en se croisant(1). Chantre et Bertholon (Assoc. pour ceux de la Khoumirie. selon MM. sans doute plus nombreux. 720 et suiv. si nous voulions admettre que ces trois types seuls sont primitifs. de la Soc. menton saillant. Papillault. il croit même que ce type représente une « race » primitivement blonde. type I. elle ne doit pas nous faire oublier qu’en dehors des Berbères se rattachant aux types mentionnés. Elisseïeff. sans indiquer d’autres caractères physiques. il en est d’autres. d’anthr. p. Viré. sous le soleil. — M. p. qui présentent des caractères mixtes : nous dirions hybrides. comme elles le sont d’ordinaire dans le Nord de l’Europe. dans l’Aurès.). auraient produit un sous-type de haute taille. nez d’ordinaire assez mince. Dijon. le premier et le troisième types. 1874. p. l. 1912. Il semble pourtant qu’il y ait beaucoup de gens de haute taille parmi ces blonds(2). Les yeux clairs.. 322 . p. d’anthr.. analysé par Doniker. II. Reims. pour les blonds du voisinage d’Honaïn. p. Verneau (dans l’Anthropologie. ibid. M. Doutté. Bull. paraissent être bien plus fréquents que les cheveux et les teints clairs. ce sont les indigènes les plus petits qui paraissent être les moins pigmentés) . p. XIII. rougissent au lieu de brunir.ANTHROPOLOGIE. p. c. qui. de la Soc. des blonds de haute taille. on rencontre souvent des barbes et des cheveux blonds. gris. anciens habitants des îles Canaries. ou du moins très peu foncés. Merrâkeck. les Guanches. 3e série. 353 (il signale des sous-brachycéphales blonds dans l’Aurés) .. p. châtains. 1893. Cette classification n’est nullement définitive . verts. b). 455. Bull. Ce type présente d’autre part un notable prognathisme alvéolaire. Bull. roux. — Il est d’ailleurs certain que les blonds sont loin de présenter un type uniforme : conf. 123 . Bertholon classe les Berbères blonds dans le premier des trois types indiqués plus haut . Leur présence au milieu d’une grande majorité de bruns a frappé plus d’un observaleur au point de . Ainsi. front et face relativement étroits. p. française. Bertholon. Voir. de Lyon. Vélain. Collignon. des carnations pales. qui s’est modifiée par des métissages avec des bruns (Assoc. 289 ____________________ 1. 85. XXIX. Verneau (Archives des mirssions. de la Soc. On s’est le plus souvent contenté de noter la couleur des cheveux. p. 1807. d’anthr. de géographie historique. 1887. ou bien se couvrent de taches de rousseur. 128 et 130 . 1040). pour les Doukkalas du Maroc. en se croisant. 1891. 1886. pour une bonne part. offrant le type de Cro-Magnon. p. Bull. Dans la masse des indigènes. française..543-4 (il note que. à bosses pariétales très saillantes. Ces particularités ne sont pas toujours associées. étaient. à tendance brachycéphale.

XL. Revue d’anthropologie. Fournel. En Algérie. dans toute population mélangée de blonds et de bruns. 172). Étaient-ils plus répandus autrefois ? Nous ne pouvons pas l’affirmer. p. 1888. Parmi les Kabyles étudiés par M. p. Duhousset. Bertholon. d’anthr. de l’Académie d’Hippone. XLVII. Viré. p. Prengrueber. c. Mémoires de la Soc. p. 1903. Assoc. 36-38 . p. 1-8. Quedenfeld (traduction française). 2-3. De Segonzac. Reims. sur la haute Moulouia (Segonzac. De nomine. Prévost. l. Bull. française. 1047. c. Zeitschrift für Ethnologie. p. Revue africaine. Conf. 59 et suiv. Joly. 6. . 42-43. p. II. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. au Cœur du Maroc. 169. Collignon. Cependant ils ne sont pas répartis d’une manière uniforme. Schrimer. au Sud de Meknès (Weisgerbert. Bertillon.44 p. 107 et 110 . Tissot (l. chez les Doukkalas. p. Assoc. les réserves de Faidherbe. Bertholon. — M. Merrâkech. populorum qui Berberi dicuntur. jusqu’au delà des Syrtes(3). 106. le nez moins convexe et plus charnu) . comme on l’a cru(2). I. 382). p. . Étude sur le Titteri. Rev.. 36 (brachycéphales qui tendent vers le type blond). 2. Voir. 1847-8.. p. 4. 460. Etc. p. p. XLVI. à Figuig (Quedenfeldt. ils auraient cependant la face plus raccourcie. ils sont nombreux dans cette tribu . au Sud de Mazagran (Doutté. 1.. les Blancs d’Afrique. de Segonzac. Voyages au Maroc. 70. cités par Vivien de Saint-Martin.. le même. Shaler et Daumas. Quedenfeldt. l. Revue d’anthropologie. Perier. d’une manière générale.290 LES TEMPS PRIMITIFS. p. 1. 60). 1893. 5. 284 et suiv. Des blonds ont été signalés depuis le détroit de Gibraltar.. p. p. 1902. d’anthropologie. 403) se trompait fort quand il écrivait : « On reste certainement au-dessous de la vérité en affirmant que le type blond forme le tiers de la population totale du Maroc. 47 (à peu près la moitié de la population). 1857-8. et même dans l’extrême Sud (voir Schrimer. n. 209 . française. ibid. p. l. Revue africaine. 1010-1047. de la Soc. de Candolle. Tissot. que. . p. p. leur nombre est très élevé dans la grande Kabylie(6) et dans le massif ____________________ p. 100 . 166) . les roux et les châtains au tiers de la population de la Kabylie. chez les Aït Aïach. ils abondent dans le Rif(4). p. 106 ? Féraud. nous n’en avons trouvé que cinq blonds et vingt châtains. 265. Lissauer. Revue d’anthropologie. Géographie. Sergi. faire exagérer leur nombre(1). p. » — En dehors du Rif. I. 33. 69 : « Sur quatre cents tirailleurs de la garnison de Bône. Pour la Tunisie. Viré évalue les blonds. IV. p. 71 (eu Kabylie. IV.. 403-4. l. 1873. A. 391-2. Richesse minérale de l’Algérie. Mémoires de la Soc. la proportion des premiers ait tendance à diminuer. 1888. 1887. 3. p. ce qui me parait exagéré. la proportion des blonds et des châtains réunis est de 13. 50. Revue archéologique. l. p. presque tous Berbères de race. 667. c.. 1882. d’ethnographie (article cité). Africaine. 2e série. » Voir aussi Collignon. car il n’est nullement prouvé. Bull. les blonds ne diffèreraient guère des bruns pour la taille et pour la forme du crâne . p. Tout cela est à reprendre. Au Maroc. p. Perier. p. Conf. 518. p. p. II. mais ailleurs ils sont beaucoup plus rares(5). p. c. c.. on a signalé des blonds chez les Beni Mtir. p. Voyages. 240 . c. Africa.

Bertholon. n. c. p. p. d’après Grenville Temple. c. D’anthr. 280. p. p. Rec. Berttillon. 181) mentionne aussi. p. Provotelle. Collignon. l. Collignon. de la Malle (Province de Constantine. p. Voir cependant le texte de Scylax cité plus loin. 1886-7. 44. 35 (peu nombreux). française. 13. I. 1891. d’anthr. de géographie historique. La Blanchère. p.. 908 (Tunisie méridionale) . 98. 15. p. Vélain. p. 149. p.. 112. l.. voir. p. l’association du teint. 5. 8. XXII. 1888. 104. p. Bull de la Soc.. 11. A Chemini : Bertholon. 4. des blonds européens ont pu s’introduire dans ces derniers siècles. 341 (Aurès) . 1909. 107 . des conclusions très contestables ont été tirées de la présence de ces blonds près des dolmens de Roknia). 55 (chez lzq Denhadjas : quelques individus seulement . 3.. dans la région des chotts. p. Voyages en Barbarie. — Dureau de la Malle (Province de Constantine. En Tunisie. c. Etc. 321-322 . 6 . l. aux environs de Collo(5). p. Bull. Le même. p. 278. le même. 3e série. Libyan notes. Assoc. Assoc. de la Soc. au Nord de la plaine du Hodna(6). Goyt.. Assoc. plus ouvert que l’intérieur du pays aux éléments étrangers. XXIV. p. I. 12.. Revue africaine. XXI. p. — De même au Maroc . l’Anthropologie. II. peu nombreux. 10. Assoc.. 1. 1897. Monographie de l’Aurès. 414-5 (île de Djerba). Mouliéras. 1 (assez communs). Étude sur le Titteri. Sergent.. 73 (chez les Ouled Hannèche). 1897.. 459. Bertholon. en Khoumirie(10). 2. p. 1897. Auteurs cités par Vivien de Saint-Martin. 125. 1883. de la Soc. n.. . Bertholon. dans les montagnes à l’Est de Gafsa(11).. 14. 1870. au Sud-Ouest et au Sud-Est de Constantine(7) entre Philippeville et Guelma(8). p. 1878. 1040 . p. c. Étude sur la tamazir’t de Qalaât es Sened (1911). 125. 1877. Revue d’anthropologie. Bertholon. Assoc. on en retrouve aussi dans d’autres régions : prés d’Honain (sur la côte oranaise(2)). 291 de l’Aurès(1) .. 1041.ANTHROPOLOGIE. c. 1041 (au Nord de la Medjerda). Féraud. p. le Maroc inconnu. par exemple. A Chenini : Bertholon. dans l’extrême Sud(12) et çà et là sur la côte orientale(13).. Histor. d’anthropologie. 391 (Kabylie) . d’anthr. ibid. 98. 406 (chez les Haractas). l. Revue africaine. Recueil de renseignements.. XVI. A peu près partout. Bertholon. et par le baron Baude. 255 (chez les Ouled Abd en Nour). Lille. p. p. 540 . 777. 7. Revue d’anthropologie. de Lartigue. Randall-Maciver et Wilkin. 1888. X. 36.. Joly. Bull. l’Algérie. de géogr. l. c. Recueil de renseignements. VIII. Hist. 1882. p. 431-2 . Archives des missions. p. c. Joly. 231. 6. Les blonds de Collo ont été déjà signalés par Poiret.. voir aussi le même. ibid. Bull. l. 12.. 1886. Collignon. l. 1888. p. 9. Lille. p. 181) mentionne aussi. l. p. d’après Genville Temple. des blonds plus au Sud. 7 (massif central et côte orientale). p. c. — Là aussi. en Algérie(14) comme on Tunisie(15). Reims. Assoc. p. on rencontre des cheveux ____________________ 1. p. des blonds plus au Sud. dans la région des chotts.. 1891. Masqueray. Rev. p. Voir entre autres. 1041. 1039. p. VIII. Bull. 36 (Titteri). 908-9 (à El Djem). Assoc. p.. 1864. p. 387. de Boghar et de Téniet(4). Bull. autour de Saïda et de Tiaret(3) . d’anthr. II. 1872.. des yeux et des cheveux clairs est exceptionnelle(9) : il existe pourtant de véritables blonds. 2. p. 403-5. 428-431 . de Constantine. Papillault. de la Soc.. le nombre des blonds a été exagéré : conf. Sur le littoral. 1042-3. Papillault. de géogr. et par Perier. 5. Bull. 1874. p.

1876. p. Il n’était pas inconnu des anciens(7). Archives des missions. 47. prince indigène. 583-4. Les Gaulois qui y vinrent au service des Carthaginois et des Romains ne furent pas très nombreux et. 1887. note. VIII. Il y en aurait jusque dans les tribus nomades du Sahara.. 1902. Rev. Deniker. La grande extension de ce type doit faire admettre qu’il a existé et qu’il s’est répandu on Berbérie dès une époque lointaine. XLVI. Bull. 1909. Bertholon. l. 270. p. mais ils n’y forment certainement qu’une infime minorité(2). p. p. les cheveux blonds paraissent avoir été fréquents chez les Guanches. Shaw. Ortaias. 1038-9 (dans le djebel Lakhdar). Notons enfin qu’au SudOuest du Maroc. Broca. p. Opinion Indiquée par Faidherbe. I. 19. et des yeux à nuances intermédiaires entre la couleur claire et la couleur foncée : il est permis de croire que les gens qui offrent ces caractères ont eu des blonds parmi leurs ancêtres. 354. voir.. 57. d’anthropologie. 285-6. Il est inutile de discuter l’opinion qui rattache ces blonds aux Vandales(4). p. Pour 1es textes concernant les blonds d’Afrique. Archiv für Anthropologie. Contra : Broca.. . p. Verneau. Reims. affirmait à Procope qu’au delà de son ____________________ 1. 4. p. ou celle qui en fait des descendants de soldats gaulois. p. Au VIe. introduits par Carthage et par Rome(5). XIII. p. Revue d’anthropologie. p. c.. 6. 3e série. d’après Elisseïeff. ils ne durent pas faire souche dans le pays. de l’Académie d’Hippone. Des blonds sont aussi signalés en Cyrénaïque(1). jusqu’à Quedenfeldt. en général. Voir plus haut. p. les Vandales disparurent à peu près de l’Afrique septentrionale(6). l. qui habitaient les îles Canaries avant l’occupation espagnole(3). Neue Folge. il test du reste pas prouvé qu’ils aient été surtout des gens blonds. Perier. 1899. 107. entre autres. Mehlis. française de 1743). Duveyrier (les Touareg du Nord. p. Nous savons qu’après leur défaite. (traduct. p. siècle de notre ère.292 LES TEMPS PRIMITIFS. c. 308-403. Conf. Voyages dans plusieurs provinces de la barbarie. Daumas. 382) parle seulement de quelques yeux bleus. IV. 3. 5. 68. Assoc. 7. 150. cité par Vivien de Saint-Martin. et beaucoup d’autres depuis. l. et Collection complète des inscriptions numidiques. au lendemain de la destruction du royaume vandale. 2. c. 402. Revue africaine.

άπαστοι (corr. § 110 (Geogr. depuis le Sud du Maroc jusqu’à la Tripolitaine. Müller. les blondes Libyennes de la Cyrénaïque ont été célébrées par le poète Callimaque(3).. 18 de l’édit. Bell. Meincke) : άνέρες ώρχήσαντο μετά ξαθήσι Λιβύσσης. p. I. X. édit. 350. Ils y séjournent dans des conditions plus favorables que les blancs. car ils sont beaucoup _____________________ 1. Quant aux serviteurs blonds de Cléopâtre (Lucain. 4. voir aussi pl. CLIX (en haut). 120-131)..ANTHROPOLOGIE. 3. puis des hommes qui n’avaient pas le teint noir comme les Maures. avec des cheveux blonds(1). très foncée. XXXVIII.-C. publiée dans la revue de géographie. une barbe châtain sur des peintures égyptiennes de l’époque du Nouvel Empire. et très beaux(2) » entre Thapsus et Néapolis (en arrière du golfe de Hammamet). άλλά λευχοι τε λίαν τά σώματα χαί τάς ξανθοί. Vand. 13. Hymne à Apollon. dans la deuxième moitié du second millénaire(5). mais dont le corps était très blanc. Desrousseaux. . 5. Neuf siècles environ plus tôt. p. A l’Est de la Berbérie. peut-être εύπλαστοι) χαί χάλλιστοι. blanc sale ou jaune clair. CLX . le Périple mis sous le nom de Scylax mentionne des Libyens « blonds. tout au moins. 1890. c’est-à-dire dans un pays où les blonds sont aujourd’hui fort rares. vivent des gens à la peau noire ou. I. né lui-même à Cyrène vers la fin du IVe siècle avant J. 2.. il y avait un désert très vaste. la traduction de M. Rosellini. gr. 293 territoire (situé à l’Ouest de l’Aurès).(4). on ignore d’où ils étaient venus en Égypte. 29 : ούχ ώσπερ οί Μαυρούο οι μελανόχροοι. Cette indication sommaire ne permet malheureusement pas de dire quelle région ils occupaient. III Dans les oasis du Sahara septentrional. min. CLVI (en bas) et pl. Voir pour le contexte. des yeux bleus. 88) : οΰτοι γαρ άπαντες Λίβυες λέγονται ξανθοί. Procope. Enfin des indigènes qui habitaient à l’Ouest de la vallée du Nil sont représentés avec un teint mat. pl.. Monumenti dell’ Egitto. II. vers 86 (p.

les cheveux. 4. Collignon. Bull. Un type qui est très fréquent dans le Sud de la Tunisie. d’anthr. Oasis de la Tripolitaine et de l’Algérie . dans le Nefzaoua. ____________________ 1. Reims. . Compte rendu. l. p. 353 . il y a des fils et des petits-fils d’esclaves soudanais(5). p. Il en est dont la physionomie rappelle des visages berbères. 1907. Sur les haratines voir en particulier Gautier. française. française. 266. 314 . Assoc. offrant les traits classiques des Nigritiens du Soudan. 23 . épaules larges et carrées . 265 et suiv. moins atteints par les fièvres(1). l. p. à partir desquelles le devant de la face s’allonge en triangle . de la Soc. surtout dans le Djerid. p. où il a été étudié avec soin(3). Eux-mêmes le reconnaissent : Gautier. Bull. La couleur de la peau des haratines offre des nuances variées : ébène. Bertholon et Chantre. cuivre. mais non épaté . XXVI. avec de fortes lèvres . Mais on peut se demander si bon nombre d’entre eux ne descendent pas de populations établies sur les lieux depuis fort longtemps. Tunis. c. 1896. 175. arcades sourcilières saillantes . d’un bruit rougeâtre . 309-315. front oblique. 5. p. nez à échancrure profonde. p. l. de la couleur du jais. I. 150-7. II. 1911. soit des métayers. appelés haratines dans le Sud du Maroc et de l’Algérie(2). Ce sont soit des esclaves. les yeux sont très noirs . p. Il est certain que parmi les cultivateurs des oasis. 1910. Sahara algérien. 1886. Conf. 209-210 . dans l’extrême Sud tunisien : conf. Au singulier hartani. La peau est très foncée. plus haut. et qui se retrouve ailleurs(4). fortes pommettes. 131. 1895. court et retroussé. Dijon. 2. de Berbères et de Nigritiens. 3. Il est fort répandu à Gabès. que beaucoup d’autres sont des métis d’Arabes. p. grande bouche. Bertholon et Chantre : Revue tunisienne. qui ne sont pas crépus. thorax en tronc de cône renversé. très étroit au-dessus du bassin. menton fuyant . dont le sommet est rejeté en arrière.. de géographie historique. Assoc. d’autres sont de purs nègres. offre les caractères suivants : taille au-dessus de la moyenne . chocolat. p.294 LES TEMPS PRIMITIFS. p. voir quelques indications données par MM. 1907. de Lyon. d’origine soudanaise. Toulouse. crâne fort long et étroit. cannelle.

c’est-à-dire l’oued Draa(7). Méla. Du reste. Pline classe parmi les Éthiopiens les Nigritae. min. appelés quelquefois Éthiopiens occidentaux(3). 1888. dans Philologus. 4. p. au vers 179 (Geogr. On peut cependant tirer des textes quelques renseignements. les Pharusii et les Perorsi(9). Bloch .ANTHROPOLOGIE. plus ou moins précis. Etymol. 6. 638).. V. 43 et 77. Scylax. § 11 (Geogr. 5. 295 ____________________ 1. 94) : près de l’île du Cerné. française. Strabon(4) déclare qu’il ne saurait indiquer les limites de l’Éthiopie et de la Libye. l. — Sur l’identité du Lixos et du Darat avec l’oued Draa. 17. dans l’antiquité. 8. XVII. 2. p.. voir d’une manière générale Isidore de Séville. 1896. XVII. qui est aussi l’oued Dara). postea flumen Salsum. min. XIV. où on les retrouve plus tard(6). voir Tissot. Schweder. iam oceanum attingentes quos in Mauretaniae fine diximus Perorsi. gr. 473). 1° partie (1878). les Pharusii. Ce sont peut-être les Éthiopiens Daratites (riverains du fleuve Daraï. même dans la contrée qui est du côté de l’Océan. quorum a tergo Pharusios. La traduction grecque du Périple d’Hannon mentionne des Éthiopiens. II. Livre V. 16. Le terme grec gymnetes parait être une épithète de Pharusii : Vivien de Saint-Martin. XLVII. p. mais encore au Sud du Maroc. Pline l’Ancien. 3. 158-9. 7 (ibid. 112 (p. le Nord de l’Afrique. 5. 96. II. voir encore Pline. Tunis. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. 10 : « (promunturium) Surrentium. d’après Polybe ou Agrippa(8). Assoc. 513 et suiv. — Pour les Perorsi qualifiés d’Éthiopiens. 255-7. 3.. II. V. Aethiopum gentes Nigritae a quo dictum est flumine. toute la Berbérie était bordée au Sud par des « Éthiopiens(2) ».. 248). p. dans la région montagneuse d’où sort le Lixos. 9). Ces derniers habitaient le littoral de l’Océan . De nombreux témoignages(1) prouvent que. 10 : « . 5 . Strabon.. » D’après la tournure de la phrase. nommés sur la côte par Pline. 7. in ora Aethiopas Daratitas. 5. En partie indiqués par M. dit ailleurs Pline(10). p. Eustathe. 23. 6).. 7 et 8. Pline. V.. 43 : « . gymnetes Pharusii. gr. ultra quod Aethiopas Perorsos. et non aux peuples indiqués auparavant (conf. § 7 (p. il est vraisemblable que Pharusii . p. III. 3. Commentaire à Denys le Périégète. Agathémère. III. » 9. 105. 10. les mots iam oceanum attingentes se rapportent à Perorsi. p. étaient en arrière d’eux (à l’intérieur des terres). non seulement sur les côtes du Sahara(5). IX. et VI. XVIII.. Outre les textes qui vont être cités. 4. livre V. 3.

3.. 46) qualifie les Pharusii de « quondam Persae » : ce qui s’explique par un jeu de mots supposant le nom intermédiaire Perorsi. fit une expédition(8) : il est à croire qu’ils n’étaient pas très éloignés des états de ce prince. on doit chercher ces deux peuples dans l’extrême Sud du Maroc. II.296 LES TEMPS PRIMITIFS. Comme le croit Schweder. qui mentionne également les Pharusiens et les Nigrites(4). Ailleurs (V. » 4. 3 et 7. 3. L’énumération de Pline allant de l’Est à l’Ouest. (du grec Φαρούσιοι) et Perorsi ne sont que deux transcriptions d’un même nom africain(1). les Pharusiens et les Nigrites habitent au-dessous des Éthiopiens et au-dessus des Gétules). dit qu’ils habitent au-dessus [au delà] des Maurusiens. que le peuple éthiopien des Perorsi se trouvait non loin du fleuve Guir. où il dit que les Gnramantes.-C. d’après une indication d’Eudoxe de Cyzique. soit Νιγρητες. dont il les distingue(5). min. 5. 7 (conf. XVII. II. voisins du royaume maurétanien de . Ultra Nigritae sunt et Pharusii usque ad Aethiopas. p. 16). Pline indique. Comme Pline. 3. Qui date peut-être de la fin du IVe siècle avant J. dans les régions de l’oued Ziz. des Éthiopiens voisins du royaume de Bogud. XVII. ____________________ 1. II. XVI I. — nous verrons tout à l’heure qu’ils devaient s’étendre jusqu’à l’oued Djedi. roi de Maurétanie. Pharasii (Méla parait les placer sur le littoral). probablement d’après le général Suétonius Paulinus. 104 : « Nigritarum Gaetulorumque passim vagantium ne littora quidem infecunda sunt. les Nigritae habitaient plus loin vers l’Orient. 3. « Mauri in Atlanticum pelagus expositi. 215-8 (Geogr. l. Il mentionne ailleurs (II. vers l’oued Draa. IlI. III. Méla (I. Il écrit soit Νιγρΐται. Nous ne savons rien de précis sur les Éthiopiens occidentaux contre lesquels Bogud. » Voir aussi Denys le Périégèle. 7. Pline (V. gr. XVII. probablement d’après le Périple d’Ophellas(6). dans le voisinage des Éthiopiens occidentaux. p. 3. 114). — Strabon (voir plus loin) et Méla (I. au Sud des provinces d’Alger et de Constantine. 103) ne connaissent que les Φαρούσιοι. 4).et sans doute aussi plus à l’Est. 5. c. Ptolémée mentionne à la fois les ΙΙέρορσοι et les Φαρούσιοι (dans la Libye intérieure). 33. 6. — et Méla doit se tromper(2) quand il affirme qu ils atteignaient la côte(3).. 3. 2. Il indique. Strabon. 5. 22 . 33 . 5. de l’oued Guir. Des Éthiopiens. 22) donne une indication semblable . 3. que leur pays est éloigné de trente journées de marche de la ville de Lixus(7). 637-8.. Si l’on admet que le chiffre est exact. par conséquent dans la région où il conviendrait de chercher les Pharusii. c’est-à-dire sans doute de l’oued Guir. de l’oued Zousfana. 8. Strabon.

Voir Vivien de Saint-Martin. άπό ποταμοΰ Νιγρητος. 325 de l’édition Mendelssohn). 37. se trouvent.. en arrière d’eux. 437. des lieux brûlés par l’ardeur du soleil(4). dont faisait partie officiellement la région qui devint plus tard la province de Numidie. XXXVI. V. Salluste(3) indique des Gétules au-dessus de la Numidie (c’est-à-dire au-dessus du royaume de Jugurtha. Ptolémée (IV. 5. XIX. 9). situé entre le Maroc et le centre de la Tunisie) . V. dit-il. Même indication dans Étienne de Byzance :Νίγρητες. 33. 2. έθνος Λιβύης. 5 (p. . ils s’étendaient vers l’Occident « jusqu’à la montagne de la Maurusie qu’on appelle l’Atlas ». 8. 30-40. V. Voir à ce sujet Gsell. et tota Gaetulia ad flumen Nigrim. p. 6. — Ailleurs. 6-7. 43 (voir plus haut. p. qua confinis Aethiopiae est ») . 30 : « . Bocchus. 1902. Pline affirme que la limite entre la province romaine d’Africa (y compris la Gaetulia) et l’Éthiopie est le fictive Nigris(5). 44) indique encore des Éthiopiens sur le fleuve Nigris : « oritur inter Tarraelios Aethiopas et Oechalicas ». 03) mentionne aussi des Éthiopiens au delà des montagnes qui bordaient au Sud les deux provinces romaines de Maurétanie Césarienne et de Maurétanie Sitifienne. de Constantine. c’est-à-dire l’Ouest et le centre de l’Algérie.. rivière coulant de l’Ouest à l’Est depuis la région de Laghouat jusqu’au Sud-Est de Biskra. vers la fin du IVe siècle(9). C’est peut-être de ce côté qu’il faut chercher des Éthiopiens mentionnés par Ammien Marcellin . désignant la contrée située au Nord du Sahara: VIII.. Paul Orose (I. 2. conséquent jusqu’au Sud du Maroc(2). n. par. 5) mentionne le peuple τών Νιγριτών Αίθιόπων au nord du Νίγειρ. » Le mot Africa a ici un sens administratif : voir le contexte. Pausanias (I. où Pline cite Polybe et Juba. Dans deux autres passages. 5) parle des Éthiopiens qui sont voisins des Maures et qui s’étendent jusqu’aux Nasamons (il appelle Nasamons un peuple habitant au pied de l’Atlas). 31 (« in extremis Africae. 53 (le fleuve qu’on identifie avec le Nil sort d’une source appelée Niger. Pline (V. Africa semble être un terme de géographie physique. plus loin. des Éthiopiens . 4. 7. Il désigne la province d’Afrique. puis. Rec. il dit que les Nrigritae doivent leur nom à ce fleuve(8). sont aussi mentionnés dans un fragment d’Appien(1) . puis sépare l’Afrique de l’Éthiopie). Dans un autre passage(7). 293. 9. qui parait répondre à l’oued Djedi(6). le Nord de l’Afrique.ANTHROPOLOGIE. 6. 3. 5. mais il est très douteux que ce fleuve soit identique au Nigris de Pline. p. ils prirent part à la révolte du prince maure Firmus. 297 ____________________ 1. XXIX. qui Africam ab Aethiopia dirimit. Jugurtha. Numid..

à l’époque d’Hérodote(4) comme au temps de l’Empire romain. 2). Hérodote. qui bordaient au Midi la Numidie et la Byzacène : il s’agit de l’Aurès et des montagnes situées plus à l’Est. Au sud du Maroc. aient possédé l’oasis d’Augila. 181 du livre IV) une peuplade de la région de la grande Syrte que les manuscrits appellent Γαράμαντες . XXX. Ptolémée (I. édit. 2. 172 et 182). 2. dès l’époque d’Hérodote. 6. qui. 91-92. I. dit Corippus(2). 174). 50) et le texte primitif parait avoir porté Γαμφάσαντες (conf. des tribus d’Éthiopiens « erraient » au delà des montes Uzarae. 679). 5. 47 et 23 . Ils sont qualifiés de perusli par Lucain (IV. Il est possible que. 5. XVII. la limite septentrionale des véritables nègres est aujourd’hui vers le cap Blanc. 276. — de la couleur des corbeaux. 155. dont des tribus se ____________________ 1. 3. Les Éthiopiens occupaient donc. 183. 4. sur la côte de l’Atlantique. mentionne cependant parmi les Libyens nomades (conf. 128) indique aussi les Garamantes comme un peuple d’Éthiopiens.. où ils allaient en automne faire la récolte des dattes (Hérodote. 33 . Corvorum veluti videas nigrescere pullos. Müller) est disposé à les ranger parmi les Éthiopiens. p.. Faex Garamantarum nostrum processit arem Et picos gaudet corpore verna niger. 5). Nec color ipso fuit captivis omnibus unus. peuple libyen du littoral de la grande Syrte.. 92-95. ils étaient les maîtres des régions où ils séjournaient : plus lard. Isidore de Séville (Etymol. 8. Strabon (II. 5. IX. V. Matre sedente super. Selon Paul Orose(1). 2 : « Garamantici Aethiopes ». les Nasamons. ils furent asservis et partiellement refoulés(5) par les Berbères(6). 3. Méla. l. p. IV. IV. peuplaient les oasis du Fezzan. Mais ces indigènes semblent n’avoir eu rien de commun avec les Garamantes du Fezzan (voir Vivien de saint-Martin. VI. Il y avait des noirs. Johannide. édit. p. — Les Garamantes étaient certainement de couleur très foncée. n. on ne sait quand ni comment. c. n° 183). 217-8) les en distinguent. (IV. Concolor illa sedet cum nigris horrida natis.298 LES TEMPS PRIMITIFS. Enfin nous devons ranger parmi les Éthiopiens les Garamantes(3). toutes les parties habitables du grand désert. Riese.. — dans la coalition d’indigènes du Sud tunisien et de la Tripolitaine que le général byzantin Jean Troglita vainquit au VIe siècle. 2.. ou les anciens signalent des Éthiopiens.qui sépare les Libyens des Éthiopiens (voir plus haut. . Pline. 19) et Denys le Pèriégèle (V. 44 et 45). de furvi par Arnabe (VI. dans le voisinage immédiat de la Berbérie. un poète africain écrit (Anthologia latina. Solin. En général. I. au chap.

mais même au delà de la boucle du Niger. » 6. Juvénal. le Sahara. 2. sans tenir compte de la couleur des habitants. le Plateau central nigérien. mais à cause de la couleur qui leur sert d’emblème : Desplagnes. les Éthiopiens dont parlent les anciens. p. Hérodote (VII. p. . L’antithèse entre « blancs » et « Éthiopiens » est classique. des esclaves ____________________ 1. 301. V. 5. des nègres qui. sont qualifiés de nigri par des auteurs anciens (voir p. n. voir plus loin. Pline et Ptolémée mentionnent dans le Sahara des Éthiopiens blancs(4) . Pline. 23 : « Loripedem rectus derideat. que les Latins adoptèrent. 4. était naturellement très foncée(3). n. 5. se peignent tout le corps en blanc : Weisgerber. Par exemple. L’Éthiopie était le pays des Éthiopiens. 69) dit que les Éthiopiens qui vivaient au Sud de l’Égypte se peignaient le corps. I. Aethiopem albus. termes qui auraient été contradictoires(5) : nous croyons plutôt que cette dénomination peut s’expliquer par la coutume qui auraient eue des noirs de se peindre le corps en blanc(6). 3. sans être absolument noire. aux Nigrites et aux Garamantes ? La question que nous traitons ici est vraiment bien embrouillée. Hérodote. VII. voir Schirmer. au centre de l’Afrique. 2). 226 et 238. p. Les Berbères. Dans la région nigérienne. p. Doit-on expliquer par cette hypothèse les contradictions apparentes des textes relatifs aux Pharusiens. III. Il a pu désigner aussi des hommes dont la peau. les Blancs. 299 répandirent non seulement par tout le Sahara(1). entre autres. Pour quelques retours offensifs des États nègres dans cette contrée. Qu’étaient ces Éthiopiens ? Le mot grec Αίθίοπες. Comme les haratines actuels. 104-5. on a peut-être hésité quelquefois à ranger parmi les Éthiopiens ceux qui n’étaient pas tout à fait noirs. dont le teint blanc est noirci par le soleil.ANTHROPOLOGIE. — Des couleurs sacrées peuvent donner lieu à des dénominations analogues à celle qu’indiquent les trois auteurs cités. veut dire gens au visage brûlé. Voir. — Pour les prétendus Éthiopiens rouges de Ptolémée. II. mais on ne les appelle pas Éthiopiens. moitié avec du vermillon. Il s’appliquait aux véritables nègres(2). Ptolémée. non pas à cause de leur teint. moitié avec de la chaux. les Rouges et les Noirs sont appelés ainsi. En tout cas. 285. à notre avis. dans certaines circonstances. les blancs d’Afrique. 8. Il est vrai que Méla. 70 : Diodore. Quant aux hommes naturellement foncés. Méla. nous ne croyons pas que le mot Aethiopia ait été employé dans un sens purement géographique. 23 : Leucoaethiopes. 6. devaient être doués d’une constitution leur permettant de résister aux fièvres et de se livrer à la culture. 4. Il y a encore. mais. IV. des « gens au visage brûlé ». il ne s’agit pas d’Éthiopiens à la peau blanche. On peut admettre qu’à l’époque historique. 43 : Leucoe Aethiopes.

on a découvert à Redeyef. et n’étaient pas de vrais Nigritiens. Il est vrai qu’ils pouvaient l’être aussi à des populations. les nègres sont les seule cultivateurs possibles. 266-7). 1911. Bertholon (Septième Congrès préhistorique. 3. p. 214) a aussi constaté quelques caractères négroïdes sur des crânes trouvés dans une station gétulienne voisine de Tébessa : « léger prognathisme. 3. vue de face. « mâchoires prognathes.. des immigrants tardifs. 4. Comme le dit M. Souhaitons que des fouilles de stations ou de sépultures préhistoriques nous apportent des précisions à cet égard. 5. furent amenés de l’intérieur du continent jusque dans les oasis du Sahara septentrional. Gautier (Sahara algérien. Suivant Hérodote(1). « dans un pays où. Or ils présentent des caractères nettement négroïdes. Le Sahara était alors plus habitable et plus facile à parcourir ... largeur du nez. d’alarmer a priori qu’ils ont été un épiphénomène. mais des gens à la peau bronzée. 3. Ces individus étaient de petite taille. IV. dans le SudOuest de la Tunisie. Observer que.. se déplaçant à leur gré(3). Mais on peut supposer que ces individus à caractères négroïdes étaient plus ou moins apparentés à des gens qui vivaient plus au Sud. le Sahara. 2... Schirmer. faisant la guerre aux Maures et aux Romains. Mais il est évident que tous les Éthiopiens établis au Sud de la Berbérie n étaient pas de condition servile. probablement aux habitants du Tibesti(2) . extrême platyrhinie. Bertholon. ____________________ 1. 236). infra. dans l’Anthropologie. qui auraient été établies Jusque dans le voisinage de la Méditerranée : v.300 LES TEMPS PRIMITIFS. avec aplatissement des os nasaux . s’ils gardaient leurs prisonniers. Les Pharusiens se rendaient chez les Maures et même jusqu’à Cirta (Constantine) : Strabon. 167. Récemment. — M. XVII. 183. et qui d’ailleurs est en libre communication avec la Nigritie. pour des raisons climatiques. ouvriers malgré eux de la onzième heure ». s’il s’agit des ancêtres des Tédas. aux traits réguliers (conf. Avec les Nigrites. habitants actuels du Tibesti. face courte et large. plusieurs squelettes d’individus contemporains de l’industrie gétulienne. les Garamantes allaient donner la chasse aux Éthiopiens troglodytes. brièveté de la face Tébessa est déjà assez loin du Sahara. et l’on pourrait dire presque absurde... p. 3. un aspect ogival(5) ». 7. forme plutôt parabolique des arcades dentaires. 1912.. Ils étaient chez eux dans ces régions et ils les occupaient sans doute depuis fort longtemps(4). Les textes nous les montrent formant des peuplades. relief médian de la voûte crânienne donnant à celle-ci. également négroïdes. Nîmes. XXIII. ils seraient allés détruire un grand nombre de colonies phéniciennes sur la côte du Marne: XVII. p. ils les employaient peut-être à des travaux agricoles. p. il serait imprudent.

l. p. Bull. Il faut noter cependant que les Éthiopiens de très haute taille qui vivaient en face de l’île de Cerné. Schirmer. p. Πυρραίων (Αίθιόπων) C’est par conjecture que l’on a corrigé Πυρρών . à en juger par ce que le Périple de Scylax dit d’eux (§ 112) : « Ils ont une longue barbe et de longs cheveux et sont les plus beaux de tous les hommes. 4) Gallas. en une longue traînée s’étendant depuis la côte des Somalis jusqu’au Sénégal(4). D’autre part. c. Bedjas. distincte des Nigritens : Carette. p. 1873. 229. 305 . Recherches. il y a lieu de croire qu il s’est fixé dès une époque lointaine. . 5) : Kiepert. p. et dont le berceau est probablement l’Afrique orientale(5). Résulte-t-il de croisements entre des noirs et des blancs ? Nous l’ignorons(3). Berbères et Arabes venus du Nord(7). modifié plus tard par des éléments nouveaux : noirs amenés du Sud. c. Πυρέων. 2. Bull. 1909. du Djerid est nettement caractérisé. 402 . Bertholon. On a voulu leur rattacher des Éthiopiens rouges qui seraient mentionnés par Ptolémée (IV. etc. » 3. Pline (VI. Collignon ne le croit pas (Bull. c. Peut-être les gens qui appartiennent à ce type ont-ils quelque parenté avec 1es peuples de haute taille et de couleur brun-rouge qu’on rencontre plus au Sud. comme on le pense d’ordinaire ? Cela n’est pas certain. p. disait Éphore (apud Strabon. Duveyrier. M. Mais c’était probablement une manière d’expliquer la présence de noirs au Sud du Maroc comme au Sud de l’Égypte. 638. Müller propose Γειρέων. de géographie historique. 1907. p. 5. 1907. Chantre. n’étaient pas des purs Nigritiens. Maroc. de la Soc. Πυρρέων. Πυραίων. 6. Géographie. p. française. de la Soc. 3 . 5) étaient-ils des métis. 190) dit.. ont pu vivre des populations d’aspect fort semblable(2). de la Société d’anthropologie de Lyon. 905. I. ou Γειραίων (du fleuve Γωίρ). si répandu. l. où une partie d’entre eux étaient restés. 6. Lille. 1 . Reims. p. n. racontaient que les Éthiopiens avaient traversé la Libye jusqu’à l’Occident. d’anthr. On sait que les l’eaux Rouges d’Amérique ont été appelés ainsi à cause de la couleur qu’ils étendaient sur leur visage. Conf. ou « garamantique ») . de Lyon. 157). Bull. Topinard. le type. à propos de certaines peuplades noires de la vallée du Nil : « atri coloris iota corpora rubrica inlinunt ». Tel aurait été le fond ancien(6). Quand bien même il y aurait eu des Éthiopiens qualifiés de rouges. Assoc. l. plus haut ce que nous avons dit des Éthiopiens blancs. française. 301 ____________________ 1. 6. au Sud du. 304 . 7. II. 288 (« race subéthiopienne ». Chantre non plus (Assoc. Manuel de géographie ancienne. p. l’épithète n’indiquerait pas nécessairement qu’ils aient eu la peau de cette couleur : conf. trad. p. (pour le type du Djerid). Divers auteurs estiment que les gens brun foncé des oasis appartiennent à une race saharienne spéciale. Tissot. d’anthropologie. 2. D’autres qu’aujourd’hui(1) . Les Mélanogétules que Ptolémée mentionne dans la Libye intérieure (IV. 400. XXVI. les Touareg du Nord. n. I.133. Foulbés. 1886. Les habitants du Sud de l’Espagne. mais d’abord cette mention n’est pas certaine : les manuscrits donnent Γιρρέων. française. Les haratines actuels . à l’intérieur comme au Nord et au Sud de cette contrée. Abyssins. 311-3) . 26). M.ANTHROPOLOGIE. Collignon. En tout cas. 285. I.

ils se rapportent à un noir qui était venu du pays des Garamantes à Hadrumète. 378 : mention d’un jeune serviteur nègre à Carthage. « de nation barbare. c. Avelot. pl. LXV. Mélanges de l’École française de Rome. n° 182. p. p. par Alexandrie : voir Anthologia latina.. les bras nécessaires à l’exploitation des grands domaines : le pays était assez peuplé pour se passer d’une maind’œuvre appelée du dehors. 1896. où semble prédominer l’élément nigritien. soit du centre africain. originaires soit des oasis sahariennes. 112-3 : « statura haud magna. ex ultimus credo barbare provinciae partibus. 3 .302 LES TEMPS PRIMITIFS. dans Plaute. « colore Aethiops. (les Arabes qualifient parfois les Touaregs de blancs ou de noirs selon la couleur de leur voile) . p. Patr. 155. adductus ». Januar. 251. n. 55 (il croit que les Mélanogétules était une peuplade dont le noir était la couleur sacrée). Duveyrier. Ils ne devaient pas être très nombreux. représentent ces mélanges. 23. Conf. de géographie historique. 2e partie. p. 1911. Nourrice de deux Carthaginoises. 2. Anthologia latina. 1. XI). p. p. ubi sicco solis ignei calore fuscantur. 1906. de couleur noire ». XXXI. n° 203 . Bull. corpore aquilost… specie venusta. 155. 974. 2. in psalm. Saint Augustin. archéologique du Comité. avril 1913. Lettre du diacre Ferrand à saint Fulgence. 1. nos 353-4 . Riese. Passio Marcianae. 277-8. 569) : à Caesarea de Maurétanie. p. XXXIII. ont été introduits comme esclaves dans les villes ou dans les régions de l’Afrique du Nord voisines du littoral(2). — Il n’est pas sur non plus que les Libyaethiopes d’Orose (I. 1. Gautier. n. Merlin. bien avant la venue de ces étrangers. 1908. XIX-XX . dans Migue.. Procès-verbaux de la Commission de l’Afrique du Nord. n. 15 : esclave « color tetro ». p. Mais. des hommes que les anciens auraient appelés Éthiopiens n’ont-ils pas vécu dans le Tell ? Hypothèse qui n’aurait rien d’invraisemblable : les fouilles de Menton ont prouvé qu’à l’époque quaternaire il y avait des gens apparentés aux nègres jusque sur les côtes de ____________________ hypothèses sont possibles. 137. c. 392. 3 (dans Acta Sanctorum Boll. l. Lat. p. Pocnulus. Anvers. Djem : de Pachtere. 1. Enarr. sous l’Empire romain. . Depuis la période carthaginoise. Revue générale des Sciences. Crâne de négresse dans une tombe punique de carthage : Bertholon. 1643. p. Bull. sans cesse renforcé par des apports du Soudan(1). 80) aient été des métis : ce mot parait signifier simplement Éthiopiens de Libye (d’Afrique).. Rien n’indique que la traite ait fourni. Conf. l. — Il est vrai que des nègres ont pu être amenés d’Orient. p. p.. p. la nécropole de Douïmès (extrait du Cosmos. ore atque oculis pernigris ». 208.. Une mosaïque de Timgad représente un nègre avec exactitude qui semble indiquer que l’artiste avait sous les yeux des modèles vivants : Ballu. et apud Delattre. un gladiateur nègre. des noirs. n° 183 : vers cités plus haut. 1897).

p. Mais il convient d’observer que. ces Asphodélodes visités par les soldats d’Agathocle ne pouvaient guère habiter que dans le Nord de la Tunisie ou le Nord-Est de la province de Constantine.dit Frontin (Siratag. 6. des soldats auxiliaires qui étaient très noirs. 2. S’ils avaient été simplement des gens brunis par le soleil. les Asphodélodes. le caractère nègre de ces têtes est contestable : Assoc. En Algérie. p. II. les conditions politiques et économiques permettaient alors des relations entre la Berbérie et les pays du Sud habités par des Éthiopiens. 58. Instructions pour les recherches préhistoriques. Il s’agit donc. « nigerrimi » . p. à proximité d’une ville de Phelliné (Φελλίνη). d’immigrés ou de descendants d’immigrés. 143. I. 2. Mais nous ne savons pas d’où ils venaient. dans la Khoumirie. Au début du Ve siècle avant J. Mais un passage de Diodore de Sicile. on a aussi trouvé plusieurs crânes qui ont été attribués à des nègres et à des mulâtres(3). des crânes tirés de deux grottes à mobilier néolithique de la région d’Oran(2) ont paru présenter des caractères négroïdes. . Pruner-Bey. venus isolément jusqu’en Numidie. Bull. autant qui il semble. 1867. Ces tombes. 79. ne sont probablement pas fort antérieures à notre ère .ANTHROPOLOGIE. 210. 4.. française. n. une tribu tout entière. mentionne. 1896. deux mulâtres). I. Sous des dolmens de la nécropole de Roknia (au NordOuest de Guelma). 3. Tunis. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia. 303 la Ligurie(1). 57 : τούς χαλουμένους Άσφδελώδεις όντας τώ χρώματι παραπλησιους τοΐς Αίθίοψι. 6. Bertholon. relatif à l’expédition d’Agathocle. VIII (un nègre. Race dite de Grimaldi. qui rappelaient les Éthiopiens par la couleur de leur peau(4). 60 (un nègre). Selon M. n.-C. 47-49 et pl. Faidherbe. p. 5. Voir plus haut. XX. sur lesquels on n’a pas insisté jusqu’à présent. Phelliné signifiant. dans une armée carthaginoise. il y avait en Sicile. Était-ce une tribu autochtone ? une colonie d’Éthiopiens venus des oasis sahariennes ou même de plus loin ? Nous ne saurions le dire(6). IV. la ville des chênes lièges(5). Grotte des Troglodytes à Oran. 18). peut-être. il est vrai. p. de l’Académie d’Hippone. il ri y avait sans doute pas de raisons pour qu’ils différassent de leurs voisins et leur coloration n’aurait pas frappé les Grecs. ___________________ 1. grotte du Rio Salado : voir Pallary. apud Bourguignat.

2. Bull. de géographie historique. Bull. venus d’Espagne. conf. véritable pays du chêne liège. en une race nouvelle. p. XL. aux temps antiques. Ein Kulturgeschichtlicher Ausflug in den Aures (Abhandlungen des Hamburgischen Kolonialinstituts.304 LES TEMPS PRIMITIFS. nous n’en savons rien. Lissauer (Zeitschrift für Ethnologie. les Bedjas. Stuhlmann. p. II. ancêtres des Kabyles. etc. 23. 453. peut-être sous l’influence du mélanges avec les nègres. Toutefois. leur ordre de venue dans le pays. 1882-3 p. de correspondance africaine. Il nous parait bien aventureux de vouloir déterminer. s’est déposé sur ce fond primitif. 135-6. 356. I. IV Nous ignorons également les origines des Berbères bruns(3). Il y a donc quelques indices de l’existence d’Éthiopiens indigènes dans le Tell à l’époque préhistorique. 1912).). p. d’après la répartition actuelle des types Indigènes. — à supposer qu’il se . Bertholon. M. 527 et 528) admet l’existence d’une population primitive apparentée aux Gallas et portent la langue dont dérivent les dialectes berbères : elle aurait été refoulée vers le Sud par des envahisseurs. Revue tunisienne. M. — M. p. 1886. 1891. qui auraient adopté la langue des vaincus . Faut-il voir en eux les plus anciens habitants de l’Afrique du Nord ? Ils auraient été refoulés par les ancêtres des Berbères et ne se seraient maintenus que dans des montagnes d’accès difficile et à la lisière méridionale de la contrée dont ils auraient été auparavant les seuls maures(2) ? Nous pouvons le supposer. asiatique ou européen. il est permis d’affirmer qu’ils sont apparentés à une grande partie des habitants des îles méditerranéennes et de ____________________ 1. il se serait transformé. Deniker (les Races et les peuples de la terre. 314-5. 346) est d’avis que le type du Djerid représente la population la plus ancienne de la Berbérie . X. resté pur chez les Berbères. 1895. p. de géographie historique. p. mais. peut être même jusqu’à nos jours. 3. 491) croit que l’Afrique du Nord a été peuplée primitivement par des nègres et qu’un élément blanc. Collignon (Bull. Voir aussi La Blanchère. analogue à la race éthiopienne (c’est-à-dire à la race il laquelle appartiennent les Gallas. à vrai dire. Bertholon(1) a constaté l’existence d’un très grand nombre d’individus chez lesquels il a retrouvé le type du Djerid : ils formeraient environ le tiers de la population de cette région montagneuse. 127. conf.

327. 127-8) sont disposés à croire que les petits dolichocéphales (notre second type) sont les plus anciens . Bull. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia. Races ibéro-insulaire.. p. qui. d’anthr. p. Deloche. Nous avons noté chez un grand nombre . d’anthr.. 128. p. En général. c. Collignon. 1860-3. 1886. XVI. l. Revue d’anthropologie. Crania ethnica. V. des Siciliens. 445. p. mais c’est là une différence peu importante (on pourrait en dire autant des Tunisiens par rapport aux Marocains). des Corses. française. 3e série. p. l. au Sud comme au Nord de la Méditerranée.. Kolonialinstituts. d’anthr. p. c. Stuhlmann. de Quatresfages. c. 1881. Voir par exemple le fellah dont le portrait est donné par Weisgerber. 1899. 1895 . 461 (conf. 612. Bertholon et Chantre (Assoc. Géographie. dans Bull. et dans l’Anthropologie.. 34-35. que les grands dolichocéphales (premier type) sont venus les derniers. VIII) qualifie d’égyptien un crâne des dolmens de Roknia. — Dans divers écrits (Origine e diiffuzione della stirpe mediterranea. des Sardes(2). Dijon. c. la physionomie des fellahs est beaucoup plus douce que celle des Berbères. Africa. M. Mémoires de la Soc. les Âges préhistoriques de l’Espagne et du Portugal. p. 10-24 . p. d’où il aurait passé en Europe dès l’époque paléolithique. p. Il a tout à fait l’aspect d’un Kabyle. apud Meinhof. sur toutes les rives de la Méditerranée. Des Hamburg. p. Nombre d’observateurs(1) ont été frappés de la ressemblance de beaucoup d’entre eux avec des Espagnols. Collignon. l. Annales de géographie. Hamy.ANTHROPOLOGIE. Littorale ou Atlanto-méditerranéenne de Deniker. I. Voir pour des crânes berbères et égyptiens.. les blancs d’Afrique. l. p. de part et d’autre.. IX. Bull.).. MM. 414-5. von Luschan.. Cévenale. Hatmann. d’anthr. ovoïde. Etc. c. 49 et pl. ellipsoïde. 306. On a insisté sur l’extrême fréquence. etc. Collignon. p. De Quatrefages et Hamy. Verneau. Conf. 14 et 68. 4. 1911. 164. 261. ibid. p. Ce savant (apud Bourguignat. elles se retrouveraient partout où cet homme se serait répandu : dans tout le Nord du continent africain. le même. Histoire générale des races humaines. Europa. Ces impressions sont corroborées par l’examen des caractères anatomiques. de la Soc. 303 et suiv. Archives des missions. p. Pruner-Bey. des Italiens.. p. 287 et suiv. l. p. Diverses formes de crânes. 1898. 1893-6. 518. 1905. 238 et suiv. Tissot. Etc. 2. 111 et suiv. de la Soc. p. I. Lissauer. l’Europe méridionale. p.. 3. que le type à crâne court (troisième type) s’est enchâssé dans le précédent et qu’il à été introduit par une colonisation maritime . de la Soc. Sergi a présenté son Homo eurafricus. Recherches anthropologiques en Égypte. p. la Gaule avant les Gaulois. 351. La Blanchère. des Français du Centre et du Midi.. Collignon. Cartailhac. 96. F. p. Il y en a beaucoup aussi qui rappellent des fellahs égyptiens(3). Chantre. 1883. p. se rencontre dès une époque très ancienne(5). 5. 346-7 . p. 27.. apud Bertrand. en particulier du type dit de Cro-Magnon. X. p. ne seraient que des variations internes d’une forme fondamentale allongée . 2e édit. 305 ____________________ soient succédé. 1872. 404.. 388-390. p. les Peuples de l’Afrique. 465). Martin. originaire d’Afrique. 262 et 263 (d’après Chantre). c. p. p. en particulier p. 1912). l. Faidherbe. 1. 243-4. pentagonoïde. des mêmes formes de têtes(4). die Sprachen der Hamiten (Abh. 1897 . dans l’Europe occidentale. M..

l’ont reproduite fidèlement sur leurs monuments. 122. p. 2e édit. c. XXVI. p. 204. p. 276.. l. 4. Stuhlmann. 273. Genève. Collignon. ____________________ 1. Lissauer.. (voir plus haut. entre autres ceux du type de Cro-Magnon(4). d’anthr. p. Memorie della classe di scienze morali. 1) 6. 665. qui se perdent dans un passé très lointain. (conf. 451. de la Soc. d’anthr. Serie terza. VII. p. 1893. les Gallas : conf. Allgemeine Ethnographie. au contraire. 1899-1900. p. 1078 . Géographie. Revue d’anthr. n.. 1881. p. Elle se retrouve chez les Berjas. 2. sont venus d’Europe en Afrique.. n. Ethnogénie gauloise.. H.. p. 1909. Verneau. 69. p. c. p. p. 1881. 3.. Archiv für Anthropologie. Elles ne justifient pas les théories aventureuses d’érudits qui prétendent savoir ce que nous ignorerons toujours. ou bien on Asie(7). c. Bull. les Premiers habitants de l’Europe. 1871. Mehlis. de Berbères la largeur des épaules et l’amincissement du thorax en tronc de cône renversé : cette conformation se retrouve chez les Égyptiens qui. que ceux qu’ils appellent les Ibères. p. D’Arbois de Jubainville. II. Tissot. Bull. Kobelt. 2e édit. Roget de Belloguet. p. p. dans l’antiquité. 21. Elles révèlent des origines communes. Il conviendra de préciser ces ressemblances. l. d’anthr. Atti dell’ Academie dei Lincei. dans son livre Origine. 1896. 504. Hamy. c. ibid. Bertholon. extrait du Globe. 107 et suiv. 24. 528. Müller. de la Soc. Recherches sur l’origine des Kabyles. l. VIII. Ein kulturgeschichtlicher Ausflug. les Abyssins. 127-9. D’autres croient. 5. apud Bertrand... 214-5. les Ligures sont originaires du Nord-Ouest de l’Afrique(5).306 LES TEMPS PRIMITIFS. I. 3e série. Des savants ont placé le berceau des Berbères dans le Nord-Est africain(6). p.. L. l. reiserinnerungen. On s’est aussi efforcé d’expliquer la présence de blonds dans le Maghrib. souvent aussi chez les Espagnols(1) et les Basques(2). 305. Sergi. Fr. Deniker. surtout par l’Espagne. Neue Falge. l. Comme leur nombre diminue de l’Ouest à l’Est. — Nous avons indiqué la même conformation dans le type du Djerid. Etc. les Basques (Mémoires de la Soc. 527. 42 et 81. l. etc. Introduction à l’histoire romaine.. 7. 402. Les uns soutiennent que les ancêtres d’une bonne partie des Berbères(3). c. 2e édition. Modestov. 4). 8. Martin. Kaltbrunner. ou même dans la fabuleuse Atlantide(8). on les a rattachés à des populations qui seraient venues par le détroit de Gibraltar et dont la force d’expansion aurait décru . p. Modestov. 331 et suiv. la bibliographie donnée par Pais. p.

ANTHROPOLOGIE.

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____________________ 1. Tissot, Géographie, I, p. 409 ; conf. Broca, Revue d anthropologie, 1876, p. 397. — Noter que, si l’on sen tient aux documents de l’antiquité, ou peut croire au contraire que les blonds étaient tort nombreux dans le voisinage de l’Égypte, en Cyrénaïque et sur la côte orientale de la Tunisie. 2. Faidherbe, Collection complète des inscriptions numidiques, p. 23-24 ; le même, Bull. de la Soc. d’anthr., 1869, p. 537-8 ;1873, p. 606. Topinard, ibid., 1873, p. 645-6. Broca, l. c., p. 303 et suiv. Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 278. Bertholon, Assoc. française, Lille, 1909, II, p. 969. Luschan, apud Meinhof, l. c., p. 244-5. Stuhlmann. l. c., p. 120. Etc. : voir les indications bibliographiques de M. Mehlis, Archiv, N.F., VIII, p. 262. M. Mehlis adopte cette opinion et la précise : la migration, a eu lieu vers la fin du troisième millénaire et l’on peut retrouver à travers l’Europe des traces du passage de ces Aryens septentrionaux. 3. Lenormant, Histoire ancienne de l’Orient, 9e édit., II, p. 282 ; VI, p. 606. Tissot, 1. c., p. 409-410. Y. de Lapouge, l’Aryca, p, 201. Etc. 4. M. Martin, Rev. archéologique, 1867, II, p. 395, et Bull. de la Soc, d’anthr., 1881, p. 462. 5. H. Martin, II. cc. Faidherbe, ll. cc. et Congrès international d’anthropologie de Bruxelles, 1872, p. 411. Topinard, 1. c. Broca, l. c. Verneau, Revue d’anthropologie, 1886, p. 21. Etc. — Contra : Schirmer, De nomine populorum qui Berberi dicuntar, p. 71-72. Comme le fait remarquer Lissauer (Zeitschrift für, Elthnologie, XL, p. 528), il n’y a pas de dolmens dans le Djurdjura, où les blonds sont nombreux. — De son côté, M. Collignon (Bull. de géographie historique, 1886. p. 320 et 346) serait disposé à attribuer l’introduction des dolmens aux petits dolichocéphales bruns : l’aire de ce type et celle des dolmens concorderaient à peu près dans la Tunisie centrale. On peut renvoyer les deux opinions dos à dos. 6. Lenormant, l. c., II, p, 282-3. Bertholon, Revue tunisienne, IV, 1807, p, 417 et suiv. ; VI, 1899, p. 50-51. — M. Brinton (the Ethnologie affinities of the ancient Etruscans, dans Proceedings of the american philosophical Society, XXVI, 1880, p. 510-1) croit que les blonds africains étaient proches parents des Toursha (Étrusques), un des peuples de la mer, qui vint s’établir en Italie : il fait des Étrusques de grands dolichocéphales blonds.

à mesure qu’elles s’avançaient vers l’Orient(1). On a admis qu’une « race » blonde n’a pu se constituer que sous un climat froid et on a cherché la patrie primitive des blonds africains dans le Nord de l’Europe(2). On les a qualifiés d’Aryens(3), ou même de Celtes(4) ; on leur a attribué l’introduction des dolmens en Berbérie(5). D’autres sont d’avis qui ils appartenaient aux « peuples de la mer », signalés par des documents égyptiens, et qu’ils sont venus du Nord-Est, des rives de l’Archipel, au cours du second millénaire avant Jésus-Christ(6). Mais le terme aryen ne signifie rien au point de vue anthropologique et n’a de valeur que pour le linguiste ; rien ne prouve du reste qu’une langue de la famille indo-européenne (nommée inexactement aryenne) ait été parlée dans le Nord-Ouest de

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l’Afrique avant la conquête romaine(1). Nous ignorons quand, comment et par qui le type de sépulture appelé dolmen s’est répandu dans cette contrée. Les guerriers au teint mat et aux yeux bleus, figurés sur des peintures égyptiennes, sont des Africains(2), et non pas des gens appartenant aux peuples de la mer(3). Nous n’avons aucune raison de croire que ceux-ci aient été blonds. S’ils se fixèrent en Berbérie, — ce qui est douteux(4), — ils n’étaient vraisemblablement pas en nombre suffisant pour laisser des descendants depuis les Syrtes jusqu’à l’Océan, et dans des régions éloignées des parages où l’on peut Supposer qu’ils prirent pied. Nous ne connaissons guère les conditions da la production et de la diffusion du pigment dans le corps humain, par conséquent les causes des colorations diverses de la peau, des cheveux, des yeux(5) : est-il donc bien nécessaire d’admettre que les Berbères blonds descendent d’immigrés, que leurs ancêtres soient venus des pays froids du globe ? Un fait reste cependant certain. L’Europe septentrionale est la seule partie de la terre où des hommes aux cheveux, aux yeux et au teint clairs forment une population homogène et très étendue, tandis qu’ailleurs ils sont disséminés et relativement peu nombreux(6) : argument spécieux en faveur de l’hypothèse qui place dans cette contrée le berceau des blonds épars à travers le monde, en particulier des blonds du Nord de l’Afrique. Mais il ne faut pas oublier que c’est une hypothèse, une fragile hypothèse.
____________________ 1. Voir au chapitre suivant. 2. Comme l’indiquent leur coiffure de plumes d’autruche et la disposition de leurs cheveux (avec une mèchen tombant sur le côté). Conf. Sergi, Africa, p. 291-2. 3. Parmi ces peuples étaient les Shardana, les Toursha et les Shagalsha, que des monuments égyptiens nous montrent sous un tout autre aspect : voir par exemple W. M. Müller, Asien und Europa nach altägyptischen Denkmälern, p. 374-7, 380-1 ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, II, fig. aux p. 394 et 465. 4. Voir plus loin, p. 348. 5. M. Sergi (Africa, p. 296, d’après les recherches de M. Livi) est disposé à attribuer la coloration blonde au climat des montagnes (hypothèse déjà indiquée par Dureau de la malle, Province de Constantine, p. 193). Mais si l’on trouve des Berbères blonds dans des pays montagneux, Rif, Kabylie, Aurès, ils paraissent être fort rares dans le Moyen et le Haut-Atlas, dont l’altitude est plus élevée. 6. Comme l’observe Lissaouer, l. c., p. 526.

CHAPITRE V LA LANGUE LIBYQUE
I Les indigènes de l’Afrique septentrionale parlent soit l’arabe, importé par la conquête islamique, soit une langue qui se ramifie en un assez grand nombre de dialectes(1), dits berbères(2). Cet idiome, qui n’a pas produit d’œuvres littéraires(3) et qui n’a conservé un alphabet propre que chez les Touaregs, a subi et subit encore la concurrence de l’arabe, seule langue religieuse admise par les musulmans orthodoxes ; il se défend cependant avec opiniâtreté : en Algérie, il est encore parlé par plus du quart de la population indigène(4). Entre les dialectes berbères, il y a des différences marquées, qui portent surtout sur la prononciation(5) et sur le vocabulaire, plus ou moins riche, plus ou moins envahi par des termes
____________________ 1. Une quarantaine. 2. Ils ont été étudiés par Brosselard, Newmann, Hanoteau, Masqueray, Motylinski, Stumme, etc., surtout par M. Basset et ses élèves (nombreux fascicules des Publications de l’École des lettres d’Alger ; voir en particulier Basset, Études sur les dialectes berbères, Paris, 1894). 3. On peut tout au plus mentionner quelques ouvrages religieux, écrits au Maroc : voir de Slane, dans sa traduction d’Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, IV, p. 531 et suiv. ; Luciani, Revue africaine, XXXVII, 1893, p.150 et suiv. ; Basset, Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 338, 339, 340. 4. Gautier, Annales de Géographie, XXII, 1913, p. 256. 5. On a proposé un classement des dialectes fondé sur la prononciation. : dialectes forts, faibles, intermédiaires : Basset, Manuel de langue kabyle, p. 3.

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arabes. Ceux qui en font usage se comprennent mal ou ne sa comprennent pas d’un groupe à l’autre, Mais l’identité du système grammatical et d’une foule de racines ne permet pas de douter que ces dialectes ne se rattachent à une même langue. Celle-ci s’est répandue en dehors de la Berbérie, sur le Sahara, de l’oasis de Syouah à l’Océan(1) ; elle a atteint le Sénégal et le Niger. Quand même nous n’en aurions aucune preuve, nous devrions admettre qui elle se parlait déjà dans les siècles qui précédèrent et suivirent l’ère chrétienne : nous sommes assez renseignés sur les temps postérieurs pour pouvoir affirmer qu’elle n’est pas d’importation plus récente. Malheureusement, le passé de cette langue berbère, ou, si l’on veut, libyque nous échappe presque entièrement. On connait quelques centaines d’inscriptions dites libyques, qui datent du temps des rois numides et surtout de la domination romaine. Elles sont écrites en un alphabet qui présente une étroite ressemblance avec celui des Touaregs : les inscriptions dites libyco-berbères du Sud oranais et du Sahara offrent une écriture intermédiaire(2). Les inscriptions libyques ne sont évidemment rédigées ni en punique, ni en latin, car plusieurs sont accompagnées d’une traduction dans l’une de ces deux langues, qui avaient leur alphabet propre. De plus, beaucoup d’entre elles contiennent un terme que l’on a expliqué : c’est le mot ou, qui signifie fils et qui se retrouve dans la langue des Berbères. Il est donc certain qu’une bonne partie de ces textes, sinon tous, sont rédigés dans un idiome apparenté aux dialectes actuels, Mais, à l’exception du mot ou(3) et d’un grand nombre

____________________ 1. Le guanche des îles Canaries, aujourd’hui disparu, était aussi un dialecte berbère. 2. Conf. plus haut, p. 258. 3. On peut y joindre le mot aguellid, roi, chef, qui se rencontre avec cette signification dans une inscription libyco-punique de Dougga joli il est représenté par le groupe de lettres GLD) : voir Lidebarski, Sitzungsberichte der preussischen Akademie der Wissenschaften, 1913, p. 297.

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de noms propres, dont les uns sont puniques et dont d’autres ont une physionomie berbère, les inscriptions libyques sont restées indéchiffrables. Il n’y a presque rien à tirer des auteurs anciens: on sait qu’en général les Grecs et les Latins ne s’intéressaient guère aux langues des barbares(1). Quelques-uns se contentent de mentionner le parler âpre, sauvage des indigènes(2), de dire que ceuxci peuvent seuls prononcer les noms de leur pays(3). Ammien Marcellin(4) et, ce qui est plus important, l’Africain Corippus(5) notent la diversité des langues en usage dans les tribus : rien ne Trouve du reste qu’il ne s’agisse pas simplement de dialectes, qui, comme ceux d’aujourd’hui, auraient été assez différents(6). D’autre part, saint Augustin fait remarquer que de très nombreuses tribus barbares d’Afrique parlent une seule et même langue(7), mais les termes dont il se sert ne permettent pas de savoir s’il fait allusion à la langue libyque, dont il aurait connu l’unité sous ses divers dialectes, ou à quelque dialecte fort répandu. Certains textes(8) signalent des termes qui, nous dit-on, ont
_____________________ 1. Salluste se contente d’indiquer incidemment (Jugurtha, LXXVIII, 4) que les Numides parlaient une autre langue que les colons phéniciens. 2. Silius Italicus, III, 305 : Miscebant avidi trucibus fera murmura linguis. Corippus, Johannide, II, 27 ... ferea barbaricae latrant sua nomina linguae. Ibid., IV, 351-2 Latratus varios, stridentibus horrida linguis Verba ferunt. 3. Pline l’Ancien, V, 1 : « Populorum eius [de l’Afrique] oppidorumque nomina vel maxime ineffabilia praeterquam ipsorum linguis. » 4. XXIX, 5, 28 : « dissonas cultu et sermonum varietate nations plurimas ». 5. L. c., V, 36 : « varias… linguas » ; conf. IV, 351 : « Intratus varios ». 6. Saint Hippolyte (Bauer, Chronik des Hippolytos, p. 102) mentionne parmi les langues parlées en Afrique celles des Μαΰροι, des Μαχουαχοί (il s’agit des Baquates, en Maurétanie). des Γαίτουλοι, des Άφροι, des Μάζιχες. Mais on ne saurait dire si cette indication a quelque valeur. 7. Civ. Dei. XVI, 6 : « Auctus est autem numerus gentium multo amplius quam linguarum, nam et in Africa barbares gentes in una lingua plurimas novimus. » 8. En partie cités par de Slane, l. c., IV, p. 578-580 ; conf. Bertholon, Revue tunisienne, XII, 1905, p. 563 et suiv.

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____________________ 1. Le berbère a plusieurs sons que les étrangers prononcent difficilement. 2. Voir par exemple Arrien, Indica, XLIII, 11 : Άννων ό Λιβυς. Il s’agit du fameux Hannon, roi des Carthaginois, dont nous avons le Périple. — Des listes joins au traité de Dioscoride sur la matière médicale indiquent les noms que les Άφροι donnaient à un certain nombre de plantes médicinales. Mais il s’agit de noms puniques. Conf., par exemple, Dioscoride, édit. Wellmann, IV, 150 : Άφροι χουσσιμέζαρ et Pseudo-Apulée, De Medicaminibus herbarum, édit, Ackermaan, 113 : « Punici cassimezar ». Certains noms ont d’ailleurs une tournure très nettement sémitique : voir Gesenius, Scripturae linguaeque Phoeniciae monumenta, p. 383 et suiv. ; Blau, Zeitschrift der deutschen morgeniäudischen Gesellseschaft, XXVII, 1873, p. 521-532. 3. Elle est peut-être incomplète. 4. Espèce d’antilope (conf. plus haut. p. 120). Pline, XI, 124 : « strepsiceroti quem addacem Africa appelint ». 5. Servius, In Aeneid., IV, 196 : « Libyes ammonem arictem appelant ». Il y a probablement là une inexactitude. Ammon a dû rester le nom propre du dieu bélier (conf. plus haut, p. 252, n. 2). 6. Petits renards. Hésychius : Βασσάρια τά άλωπέχια οί Λίβυες λέγουσι. Hérodote (IV, 102) mentionne des βασσάρια chez les Libyens nomades (conf. plus haut, p. 113). Voir encore Hésychius : Βασσαρίς, άλώπηξ, χαί βασσάρη παρά Κυρηναίοις ; Etymologicon magnum (s. v. Βασσάρα) : λέγεται βάσσαρος ή άλώπηξ χατά Ήρόδοτον (ce qui est inexact) ύπό Κυρηναίων. Le mot est probablement d’origine thrace et a dû être importé en Cyrénaïque par les colons grecs : conf. S. Reinach, Cultes, mythes et religions, II, p. 107 et suiv. Implanté en Libye, il a passé en Égypte, où il s’est transmis au copte (bashar = renard : Peyron, Lexicon linguae coptieae, s. v.). 7. Roi. Hérodote, IV, 155 : Λίβυες βασιλέα βάττον χαλέουσι. Ce terme fut adopté par les Grecs de Cyrénaïque. 8. Anc. Hésychius : Βριχόν όνον Κυρηναΐοι βάρβαρον. Faut-il chercher de ce côté l’origine du mot latin buricus, Lurichus (petit cheval : voir Thesauruslinguae latinae, s. v,), qui s’est perpétué dans l’italien bricco, l’espagnol borrico, le français bourrique ?

été employés par les Libyens, par les Africains, par les indigènes. Ces indications ne doivent être accueillies qu’avec beaucoup de réserve. Les mots peuvent avoir été altérés en se transmettant oralement ou par écrit, avant de parvenir aux auteurs qui les mentionnent(1) ; il est possible que quelques-uns l’aient été plus tard dans les manuscrits. D’ordinaire, on les a affublés de terminaisons grecques et latines. Il faut aussi se souvenir que les qualificatifs libyen, libyque, africain s’appliquent quelquefois à des hommes et à des choses puniques(2). Une liste que nous avons dressée comprend une quinzaine de mots(3) : addax(4), ammon(5), βασσαρία(6), βάττος(7), βριχόν(8),

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____________________ l. Éléphant. Spartien, Aelius, II, 3 : « elephanto, quilingua Maurorum caesai dicitur ». Servius, in aneid., I, 286 : « elephantem, qui caesa dicitur lingua Poenorum ». Mot indigène adopté par les Carthaginois ? Conf. plus haut, p.77. (2) Selon Hérodote (IV, 192), c était un nom libyque, qui signifiait en grec collines ; il désignait des rats d’une certaine espèce (voir plus haut, p. 128 : οί δέ ζεγέριες (τό δέ ούνομα τοΰτό έστι μέν Λιβυχόν, δύναται δέ χατά Έλάδα γλώσσαν βουνοί). Aucun mot ayant l’un de ces deux sens ne se rencontre dans les dialectes actuels : conf. Duveyrier, Bull. archéologique du Comité, 1888, p. 475, n. 1. Tissot (Géographie, I, p. 373 ; II. p. 689) veut le retrouver dans un nom propre, Timezegeri turris, que la Table de Peutinger indique dans le Sud de la Tunisie (voir déjà Judas, Rec. de Constantine. IX, 1863, p.13-14, 21). Le P. Mesnage (l’Afrique chrétienne, p. 34) cite aussi l’ethnique Auzegerenis, nom d’un évêché de Byzacène (Notice de 484, Byzacène, n° 96). Il s’git probablement d’un mot punique, signifiant colline; un mot dérivé aurait désigné le (rat) de colline, ou rat de montagne. Une addition à l’ouvrage médical de Dioscoride (édit. Wellmann, IV, 123) indique que le Africains (Άφροι) appellent ζίγαρ une plante nommée par les Grecs βουνίον (de colline) ; or le mot Άφροι désigne ici les Carthaginois (conf. plus haut, p. 312, n. 2). Voir à ce sujet Judas, l. c., p.12-13 ; Blau, Zeitschrift der deutschen morgenländischen Geseilschaft, XXVII, 1873, p. 532. 3. Les vignes: nom donné parles indigènes ou cap Spartel et qui fut traduit en grec Άμπελουσία (d’άμπελος, vigne). Pomponius Méla, I, 25 : « promuntarium quod Graccia Ampelusiam, Afri aliter, sed idem significante vocabulo appetlant », c’est-à-dire kôtès : conf. Ptolémée, IV, 1, 2 ; Strabon, XVII, 3, 2 (αί Κώτεις λωγόμεναι). 4. Poulain de l’âne sauvage (conf. p. 117). Pline, VIII, 174 : « Onagri... ; pullis corum.., sapore Africa gloriatur, quos lalisiones appellat. » 5. Eau, Hésychius : λίλυ, τό ΰδωρ Λίβυες. M. Halévy (Journal asiatique, 1874, I, p. 140) prétend retrouver ce mot dans le nom de Lilybaeum, « ville fondée par les Phéniciens en Sicile, car la principale population des colonies phéniciennes était presque toujours composée de Libyens émigrés de l’Afrique ». 6. Pluriel neutre. Huttes des indigènes. Salluste, Jug., XVIII, 8 : « aeditteia Numidarum agrestium, quae mapalia illi vocant ». Saint Jérôme, Comm. in Amos, prologus (dans Migne, Patrologie latine, XXV, p. 990) : « agrestes casae et furnorum similes, quas Afri apperlant mapalia ». Ce mot se présente aussi sous la forme magalia (Virgile, Énéide. I, 421 ; IV, 250 ; Servius, Comm., IV, 259 ; etc.). Peut-être est-il punique (noter que la lettre p manque dans les dialectes berbères ; elle ne se rencontre que dans la zenaga, au Sénégal : Basset, Études, p. 4). Mais, quoi qu’en pense Survius, il parait devoir être distingué du mot magar, qui, en punique, aurait signifié villa (ferme) : Servius, l, c., à I, 421 ; conf. Isidore de Séville, Etymol., XV, 12, 4. 7. Scorpion. Festus, De verberum significatu (et Paul Dincre), édit. Thewrewk de Ponor, p. 166-7 : « Nepa, Afrorum lingua sidus quod dicitur nostris cancer, vel, ut quidam volunt, scorpios. Le mot nepa a été employé par les Latins pour signifier soit scorpion, soit écrevisse ; ce dernier sens ne peut pas être d’origine africaine, puisqu’il n’y a pas d’écrevisses en Afrique. Pour le p, voir l’observation à mapalia. Mot, punique ? 8. Grande. Alexandre Polyhistor, apud Étienne de Byzance, s. v. Μάγνα : νήσος Λιβυχή... Ήχατά τήν τών Λιβύων φωνήν Σαμαθώ, ό έστι μεγάλη. M. Bérard (Annales de Géographie, IV, 1894-5, p. 420) croit ce mot phénicien. 9. Douc. Probus, à Virgile, Buc., I, 1 (dans Thilo et Hagen, édit, de Servius, III, 2,

ou caesa(1), ζεγέριες(2), χώτης(3), lalisio(4), λίλυ(5), mapalia(6), nepa(7), σαμαθώ(8), τίτυρος (tityrus)(9). Or un seul se retrouve peut-être

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____________________ Appendix Serviana, p. 320) : Hircus Libyca lingua tilyrus appellatur. » Mais ce mot est dorien et a été introduit par les Grecs en Cyrénaïque, comme en Sicile : conf. Servius, à Virgile, l. c. « Laconum lingua tityrus dicitur aries maior » ; Junius Philargyrius, dans Appendix Serviana, p, 15 : « Hircum Siculi lityrum vocant. » — Même observation pour σισύρνα, vêtement fait de peaux cousues, qu’on indique comme un mot usité en Libye ( χατά Λιβύην) : Scolies d’Aristophane, Oiseaux, 122 ; Hésychius, s. v. — On a cru trouver dans Étienne de Byzance une indication du nom de la chèvre en langue libyque : Αίγουσα, νήσος Λιβύης, χατά Λίβυας λεγομέη Κατρία. Mais ce texte ne dit pas expressément qu’Άΐγουσα (d’αΐξ, chèvre) soit une traduction de Κατρία, comme le veut Movers, die Phönizier, II, 2, p.367, note. Il est vrai qu’on invoque à ce sujet (A, J.-Reinach, Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 202) le mot caetra, nom d’un bouclier de cuir dont se servaient les Africains et les Espagnols : « caetra est scutum loreum quo utuntur Afri et Hispani » (Servius, In Aen., VII, 732). J’avoue que cela ne me semble pas convaincant. 1. Merrâkech, p. 382. 2. Ajoutons que certains de ces mots n’ont peut-être été employés que dans une région limitée. Ils ont pu disparaître avec le dialecte auquel ils appartenaient. 3. Movers, l. c., II, 2, p. 409-410. 4. Conf. plus haut, p. 236, n. 1. 5. On pourrait cependant retenir une observation de Tissot (Bull. des antiquaires de France, 1880, p.180) au sujet d’un mot vatassae, qui se lit sur le tarif de douane de Zraïa : C. I. L., VIII, 4508 (ligne 25) = 18043. Il rapproche ce mot, dont le sens est inconnu et qui n’est sans doute pas d’origine latine, de fattas, fattassa, pois vert, dans le dialecte de Djerba.

dans le langage des indigènes d’aujourd’hui λίλυ, eau. M. Doutté(1) indique que les gens de Mazagan, sur la côte du Maroc, s’aspergent mutuellement d’eau à la fête de l’Aïd el Kebir et qu’ils appellent cela helillou. Aucun des autres mots cités par les anciens n’appartenait-il à l’idiome que représentent les dialectes berbères ? Cette conclusion ne serait pas légitime, car le vocabulaire s’use et se remplace vite(2). Mais nous devons nous résigner à ne pas tirer parti d’une série de renseignements qui semblaient précieux. On a allégué(3) des mots berbères, ou prétendus tels, qui ressemblent plus ou moins à des mots grecs ou latins, ayant la même signification, et on a soutenu que ceux-ci ont été empruntés aux Africains. Mais pour les termes qui sont vraiment apparentés, c’est au contraire aux Africains que l’emprunt est imputable(4). Il n’y a donc pas lieu de chercher de ce côté des informations sur la langue libyque(5). L’étude des noms propres mentionnés soit dans les inscrip-

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tions(1), soit dans les auteurs donne des résultats plus satisfaisants. Beaucoup de noms de personnes ont une tournure tout à fait berbère(2). La Johannide de Corippus offre un intérêt particulier à cet égard, car le poète, au lieu de latiniser les noms propres, les reproduit en général sous leur forme indigène(3). Un grand nombre d’entre eux se terminent par la désinence an (Altisan, Audiliman, Carcasan, Esputredan, Guenfan, Imastan, Manonasan, Sidifan, etc.)(4), qui rappelle la formation du participe berbère des verbes qualificatifs, participe tenant lieu d’adjectif par exemple, aberkan, étant noir, celui qui est noir. D’autres se présentent avec la désinence in (Autufadin, Cutin, Garafin Marzin, Sanzin, etc.), ou avec la désinence asen (Hisdreasen, Ielidassen, Macurasen, Manzerasen) : ces formes se sont perpétuées dans le Maghrib; pour l’époque musulmane, on peut citer Bologguin, Tâchfin, Yarmorâcen(5). Des noms de lieux antiques s’expliquent par les dialectes berbères. Strabon nous apprend que les « barbares » appelaient l’Atlas Δύριν(6) : indication que confirme Pline(7). Ce mot doit

____________________ 1. Épitaphes latines; quelques inscriptions néopuniques et des inscriptions libyques (qui omettent les voyelles). 2. Nous reviendrons là-dessus quand nous étudierons l’onomastique africaine à l’époque romaine. 3. Voir à ce sujet de Slane, dans sa traduction d’Ibn Khaldoun, IV, p. 581-2 ; Partsch, dans Satura Viadrina (Breslau, 1896), p. 34-37. 4. Conf., sur les inscriptions, Cotuzan (C. I. L, VIII, 5218), Vaselan (idid., 9725), Mastucaran (Bull. archéologique du Comité, 1904, p. 239), etc 5. Pour les noms propres de personnes, on a invoqué aussi le groupe de lettres Mas, par lequel beaucoup de ces noms débutent, Les uns croient que c’est un mot signifiant fils (comme le remarque de Slane, l. c., p. 500, il faudrait supposer que ce qui suit Mas représente le nom de la mère, car nous connaissons les pères de quelques personnages dont le nom commence ainsi, et la comparaison ne justifie nullement cette interprétation). D’autres le rapprochent de mess, qui veut dire maître chez les Touaregs. Cela me parait bien aventureux. — Par contre, le nom Mazic, Mazices, fréquent pour désigner soit des individus, soit des tribus, est sans doute un vieux mot libyque; peut-être signifie-t-il noble, comme une indication de Léon l’Africain permettrait de le supposer (Description de l’Afrique, trad. Temporal, édit. Schefer, I, p. 28). 6. XVII, 3, 2 : όρος... όπερ οί μέν Έλληνες Άτλαντα χαλοΰσιν, οί βάρβαροι δέ Δύριν. Conf. Eustathe, Commentaire de Denys le Périégète, V. 66, dans Géog. gr. min., II, p. 220. 7. V, 13 : « amnem Fut ; ab eo Addirim (hoc enim Atlanti nomen esse eorum —

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_____________________ il s’agit des indigènes — lingua convenit) cc(milia passuum ». Lire ad Dirim (conf. Meltzer, Geschichte der Karthager, I, p. 427), ce que n’a pas vu Solin (XXIV, 15), qui, copiant Pline, écrit : de Atlante quem Mauri Addirim nominant » ; Martianus Capella (édit. Essenhardt, p. 220) écrit de même : « hunc (l’Atlas) incolae Adirim vocant ». Vitruve (VIII, 2, 6) indique le Dyris comme un fleuve sortant « ex monte Atlante » : il a dû commettre une confusion : voir Müller, édit. De Ptolémée, n. à p. 741. 1. Conf. de Slane, l. c., p. 579-580 ; Vivien de Saint-Martin, le Nord de l’Afrique dans l’antiquité, p. 154 : Tissot), Géographie, I, p. 386, n. 2. 2. Salluste, Jug., LXXV. Tacite, Annales, III, 21. Conf. C. I. L. VIII, p. 69. 3. Tissot, l. c., p. 420, n. 1. 4. Duveyrier, les Touaregs du Nord, p. 409 ; le même, Bull. de la Société de géographie, 1872, II, p. 226, n. 2. 5. Pline, V, 15 ; Ptolémée, IV, 6, 4. Conf. Tissot, p. 91, n. 3 ; Müller, à Ptolémée, p. 737-8. 6. Gsell, Atlas archéologique de l’Algérie, F° 21, n° 23 ; f° 31, n° 76. Bull. d’Oran, 1911, p. 202. 7. Conf. Demneght, Bull. archéologique du Comité, 1894, p. 317, n. 1. 8. Ioursel dans d’autres dialectes : Basset, Nédromah et les Traras, p. 140. 9. Table de Peutinger. Conf. Tissot, II, p. 360. 10. Table de Peutinger, Conf. Tissot, II, p. 685 et 686 11. Voir Gsell, Mélanges de l’École française de Rome, XV, 1895, p. 64-66 ; le même, Atlas archéologique de l’Algérie, f° 26, n° 19 ; Mesnage, l’Afrique chétienne, p. 157 et 380.

être rapproché de celui qui signifie montagne : singulier adrar, pluriel idraren; aujourd’hui encore, l’Atlas est appelé par ses habitants Idraren(1). Thala signifie source en berbère : tel était le nom antique d’au moins deux localités situées dans la Tunisie actuelle(2). Souf, rivière, explique le début des noms de Sufes, Sufetula (villes de la Tunisie centrale) et Sufasar (sur le Chélif)(3). Ghir, gher, qui veut dire cours d’eau(4), se retrouve dans Ger, nom donné dans l’antiquité à des rivières sahariennes(5). Tasuccora, nom d’une rivière et d’une ville situées dans la province d’Oran(6), rappelle thasekkourth, perdrix(7). Agoursal, me fait observer M. Basset, signifie champignon dans le dialecte de la grande Kabylie(8) : il ressemble fort à Aggersel, dans l’Enfida(9), à Agarsel et Agyarsel Nepte, dans la Tunisie méridionale(10), Thamalla (Thamallula, Thamalluma, etc.), nom de deux villes dont l’une était dans la région de Sétif, l’autre dans le Sud de la Tunisie(11), se compare à thamallalth, la blanche.

I. s’il est vrai que. 516 . Les exemples que nous avons. 157) rapproche de tamda. p.LA LANGUE LIBYQUE. LXVII. Recherches sur l’origine des tribus. Thamascaltin. . n. p. Voir Basset. dans beaucoup de cas. IX. en Algérie et en Tunisie. marais. dès une époque lointaine. On lit dans le Géographe de Ravenne (édition Pinder et Parthey. cités concernent des lieux disséminés dans le Maroc.) : c’est peut-être. 4. — Aggar. la langue officielle des rois numides fut le punique... 2 . Hérodote(3) dit qu’on parlait un idiome miégyptien. 580 . mais il est certain qu’un savant familiarisé avec les dialectes berbères y trouverait l’explication d’un grand nombre de dénominations géographiques mentionnées dans les documents anciens. 42. l’oued Martil. et Aggar. 2. p. nettement distincts(2). Tissot. le préfixe qui indique le féminin en berbère. sur le Sahara et jusque dans le Soudan ? Nous n’avons pas de renseignements certains à cet égard. Etc. Tissot. 1). II. p. 164 : conf. p. Ire partie. Au temps de Massinissa et de ses successeurs. Il n’y avait donc pas de raisons pour qu’un de ces dialectes s’élevât à la dignité de langue nationale et supplantât les autres. dans la Tunisie centrale (Table de Peutinger) : Tissot. 1890). p. Mais l’information a-t-elle ____________________ 1. afric. l. » ce nom a été comparé au mot berbère abrid. 8 et 162) : « Mauritania Gaditana quae et barbaro modo Abrida dicitur. près de Thapsus (Bell. — Tissot (Mémoires présentés à l’Académie de Inscriptions. Thamugadi. I. — Pour d’autres comparaisons. édit. p. V. On en peut donc conclure que l’aire du libyque comprenait toute la Berbérie. De Corippus. 317 On a fait d’autres rapprochements qui ne sont pas aussi probants(1) et sur lesquels nous pouvons nous dispenser d’insister . l. n. c. 18).. comme de nos jours. le nom de Tamuda (Pline. c. 9 : de Slane. Thagaste. p. etc. 2. Aggar. qui a son dialecte berbère propre(4)). II. p. p. 40. 3. C’est un fait remarquable que la diffusion de cette langue dans un pays que la nature a profondément morcelé : elle n’y a été d’ailleurs qu’un faible agent de cohésion. 386. 2. le Dialecte de Syouach (Paris. 768-9). lieu habité. p. Notons l’abondance des noms commençant par Th (Thabraca. II. se retrouverait dans deux noms antiques. 685. n. mi-éthiopien dans l’oasis d’Ammon (ou de Syouah. chemin : Carette. elle se soit partagée en différents dialectes. S’étendait-elle aussi. Partsch. XXXI (conf. fleuve du Rif dont l’embouchure est marécageuse. voir Tissot.

conf. I. 114. Comment ceux-ci pouvaient-ils se faire entendre des Carthaginois ? parlaient-ils un dialecte libyque. 327. 184 : Άτάραντες (c’est ainsi qu’il faut lire : voir. IV. Hannon. 3. 8 (Geogr. il est à croire qu’ils ne parlaient pas une langue apparentée à celle des Libyens. 11 (p. 6. prit chez les Lixites des interprètes(7). Nordafrika nach Herodot. CI-CII . destiné aux communications à longue distance. entre autres. 6. p.. Neumann. été puisée à une bonne source ? et qu’était cette langue qualifiée d’éthiopienne ? Selon le même auteur(1). p. Périple. n. IV. 4. D’autres veulent au contraire dériver ce nom du mot berbère adrar (montagne) : voir Vivien de Saint-Martin. 1). les Éthiopiens troglodytes que les Garamantes allaient capturer. 9). Si la conjecture est exacte(5). signifiant rassemblé. qui l’a rapproché d’un mot haoussa.. que certains compagnons d’Hannon auraient compris ? ou avaient-ils eu l’occasion d’apprendre un peu de punique ? Nous l’ignorons. . 6). lorsqu’il quitta le littoral voisin de l’oued Draa pour se diriger vers le Sud avec sa flotte. Peut-être s’agit-il d’un langage conventionnel. Il est vrai que le haoussa est une langue apparentée aux dialectes berbères. gr. et Schirmer. Lepsius (Nabische Grammatik. voir Deniker. Du reste. 8. Ibid. n. I. p. le Sahara. c’est qu’ils ne comprenaient pas la langue des Éthiopiens qui vivaient sur la côte du Sahara. 7. 442. 159. 2. p. 5. p. les Atarantes n’auraient pas fait usage de la langue libyque(6). Tissot. 183. le berbère n’a pas pénétré depuis lors dans le Tibesti. probablement dans leTibesti. Hérodote mentionne un peuple qu’il appelle Atarantes(3). p. min. LI) veut même voir dans ces Atarantes une colonie de Libyens. Dans le désert. On peut enfin remarquer que les ____________________ 1. Ce qui est certain. Sammlung und Bearbeitung Central afrikanischer Vokabularien. n. I.318 LES TEMPS PRIMITIFS. 2. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. au delà du cap Bojador(8). Ce nom a frappé Barth(4). p. qui n’aurait pas empêché les troglodytes de se servir d’une langue parlée. aux Canaries et ailleurs. p. Races et peuples de la terre. à dix journées à l’Ouest des Garamantes. Sur le langage sifflé. se servaient d’un langage qui n’avait rien de commun avec celui des autres hommes et qui ressemblait aux cris aigus de la chauve-souris : quoi qu’on pense de cette affirmation(2). atara. 60 et 154.

— Pour quelques emprunts possibles des Berbères à la langue phénicienne. mais qui. Stumme. Voir Movers. 1 . Nédromah et les Traras. Cependant ils donnent l’impression que. il faut tenir compte aussi de l’intrusion des idiomes parlés par les nègres. l. n. Ora maritima. II. 122. Zeitschrift für Assyriologie. 622 . rencontrèrent de petits hommes noirs dont le langage leur était inconnu. l. p. 580-1 . Mowat. 32. IX. 125 et 126. elle les a profondément pénétrés. dans les régions occupées par les Éthiopiens. Mais les apports les plus considérables ont été ceux de l’arabe. Plus tard.LA LANGUE LIBYQUE. die Phönizier. Cette langue a dû beaucoup se modifier depuis le début des temps historiques. en très petit nombre. 459). p. 1882-3. dont on ne retrouve pas de traces certaines(2). I. 319 ____________________ 1. se dissimulent peut-être sous des mots arabes. l. Bull. Géographie. XXVII. On ne connaît pas de mot arabe semblable. p.. Pline. 123. 1 . où la langue de l’Islam n’a pas anéanti les dialectes berbères. p. de correspondance africaine. Masqueray. ils arrivèrent à de vastes marais et à un grand fleuve. c. Dans le Nord-Est de la Berbérie et sur les côtes. ancien nom de Tlemcen). p. II. voir Stumme. de la Société des antiquaires de France. elle a reçu des mots latins. Stumme. En hébreu gadêr signifie mur. qui subsistent encore çà et là. Sauf pour le nom de lieu Agadir (port de la côte marocaine. mentionnés par Hérodote(1). 2. ita Punica lingua saepem significante » . Orbis terrae. quand. 390-1 . qui s’explique par le phénicien : enclos. I. lieu fortifié. 1910. p. dans les siècles qui précédèrent l’ère chrétienne. Au Sud du Sahara. 2. Tissot.. elle a sans doute admis des mots puniques. Geschichte der Karthager. 1 . p. Festus Aviénus. le libyque ne s’était guère répandu au delà du Nord de l’Afrique. p. Bull. 3. les emprunts ont porté surtout sur le vocabulaire. la partie la moins résistante des langues. Meltzer. 255). le même. 615-6. après avoir traversé le désert. n. cependant l’influence de l’arabe s’est exercée aussi sur . Hassel. eu égard à l’étroite parenté de l’arabe et du phénicien. il est vrai(3). Tissot. XI. p. p. 447 . Ces divers textes ne nous apprennent pas grand-chose.. 120 : « Gadir. conf. 1912. 268-9 : « Punicorum lingua conseptmn locum Gadir vocabat » . Ire partie. IV. n. 243. V. 4 . Voir des indications données par de Slane. I. n. p. Dans les pays. c. explorateurs Nasamons. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. c. 419. Les altérations. V.

534-540. 4. 39-52. entre autres M. pour le haoussa (entre le lac Tchad et le Niger) et le peul (disséminé dans le Soudan central et occidental)(6). 573-8 . H. en Abyssinie et au Sud de cette contrée . XXVIII. 1890. 188-9 (Essai d’études linguistiques et ethnologiques sur les origines berbères). 1894) . 514-527 . le même. dans Congrès international des Orientalistes. Il n’en est pas de même pour l’égyptien ancien. de Charencey. I. mais avec d’autres procédés de comparaison. Bertholon. I. pour des idiomes parlés en Nubie (entre le Nil et la mer Rouge). XXV-XXXIII. Nous n’avons aucun moyen de dire s’il en a été de même du punique et du latin. . Quelques savants. X-XIII. 1912). die Verwandischaft des Baskischen mit den Berbersprachen Nord-Africas (Brunswick. Mun past and present. Kenne. devenu plus tard le copte(5) . 1873). 66-106. le grec(3). Pau. 1889. p. IX. II On a souvent cherché à rattacher le libyque à d’autres langues. XXVI. II (1876). 3. des Massaïs . 6. 424. Brinton. Les comparaisons faites par des érudits entre les dialectes berbères et le basque(1).320 LES TEMPS PRIMITIFS. voir de Rochemouleix. p. qui s’échangent facilement d’un idiome à l’autre. 460-2 . Études sur l’origine des Basques. die Sprachen der Hamiten (Abhandlungen des Hamburgischen Kolonialinstituts. p. Voir. Deinfosse. Compte-rendu. excluent de ce groupe le haoussa et le peul. Revue africaine. entre autre. p. 1903-6 (Origine et formation de la langue brebère) : le libyque aurrait-été un dialecte hellénique. les langues touraniennos(4) ont été conduites avec des méthodes critiquables et doivent être écartées. il faut étudier les faits grammaticaux. Première session (Paris. Meinhof. 5. pour ceux des Gallas. importé par une immigration thraco-phrygienne et encore transparent dans les dialectes berbères. p. 1904. Contra : Blade. p. von der Gabelentz. 2. bien plus que les mots. Association française pour l’avancement des sciences. la grammaire et sur la prononciation. des Somalis. La parenté de ces différentes langues entre elles et avec les dialectes berbères peut être aujourd’hui regardée comme ____________________ 1. Revue tunisienne. parlées autrefois ou aujourd’hui encore en dehors du Nord-Ouest de l’Afrique. l’étrusque(2). Il y aura peut-être lieu de reprendre dette question. dans Proceedings of the american philosophical Society. Pour la comparaison des procédeés grammaticaux de l’égyptien et du berbère. Voir C. p. 322-9 . journal asiatique. Dans cette question. Tissot. II. 1892. p. Riun.

. 5. p. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. 2 : indications bibliographiques) : « On peut presque affirmer que la plupart des procédés grammaticaux en usage dans les langues sémitiques se retrouvent dans l’égyptien à l’état rudimentaire. qui s’avance au Sud-Est jusqu’entre le lac Victoria-Nyanza et l’Océan indien. est représentée çà et là au milieu de langues très différentes(2). 88 de la 2e édition. » Pour la parenté des deux familles chamitique et sémitique. 3. c. I. l. p. Sur la parenté probable de l’égyptien et des langues sémitiques. On y a rattaché aussi la langue des Hottentots.. On remonterait ainsi à une langue parlée à une époque extrêmement reculée. mais sans preuves(5)). 2. Meinhof. Basset. 46 (et n. du reste fort éloignée. 308 et suiv. XV et XVIII. Plusieurs milliers d’années avant notre ère. ainsi qu’aux autres idiomes de la famille chamitique. Reinisch. surtout p. ____________________ 1. des savants ont voulu indiquer leur croyance à une parenté. a développé son système grammatical d’une manière autonome. l’égyptien était constitué et suivait ses destinées . p. dans un pays qui a pu être soit en Afrique. au Sud-Ouest de l’Afrique. des familles sémitique et chamitique(4). Lepsius. dans le Soudan. 4. On a ainsi constitué une famille linguistique que l’on appelle d’ordinaire chamitique(1) : famille qui s’étend ou s’est étendue sur tout le Nord du continent africain. Voir par exemple Lepsius. . 1900). Etc. 227-8. l. 314) cherche au contraire en Afrique le berceau du peuple chamito-sémite. p. voir Maspero. et qui. Nubische Grammatik.LA LANGUE LIBYQUE. Les deux branches de cette langue se seraient diversement développées. . Celle-ci a été parfois qualifiée de protosémitique(3). Par ce mot. 1. Mais cette parenté est évidemment très lointaine. p. p. das persönliche Fürwort und die Verbalflexion en den chamito-semitischen Sprachen (Vienne. voir en particulier L. 321 démontrée. p. le libyque. soit en Asie (comme on le croit d’ordinaire. Reinisch (l. de son côté. Il semble vain de se demander dans quelle partie de la terre a été parlée la langue qui leur a donné naissance. c. Manuel de langue kabyle. Renan. la famille chamitique s’étant arrêtée à des procédés grammaticaux élémentaires d’où le nom de protosémitique qu’on a proposé de lui donner. depuis le cap Guardafui jusqu’à l’Atlantique.. Histoire générale des langues sémitiques. XV-XVI. c.

soit après le libyque. d’autres langues y aient été parlées. Quand même on pourrait démontrer que les ressemblances datent de très loin.322 LES TEMPS PRIMITIFS. avec le sens de chef : Tissot. Hérodote (IV. 601. XIII. . ou dans les deux. Le Page Renouf. 1 . p. 159) parle d’un roi des Libyens de Cyrénaïque qui s’appelait Άδιχράν. I. Il faudrait être sûr que ce ne sont pas des ressemblances trompeuses : on sait combien de gens. qu’on retrouverait dans le sanscrit adikurana. nous le trouvons établi dans l’Afrique du Nord à l’époque où l’histoire commence pour cette contrée. conf. sur des espaces plus ou moins étendus. et qui auraient ensuite disparu. en compulsant quelques dictionnaires. Il faudrait être sûr aussi que ces mots ne sont pas d’introduction relativement récente dans l’une des deux langues. y ont trouvé les matériaux propres à édifier les hypothèses les plus imprévues. ne laissant que quelques traces dans cet idiome. on n’aurait aucun moyen de dire s’il s’agit d’emprunts faits d’un pays à un autre. On a supposé que I’historien a pris ici pour un nom propre un nom commun. L’onomastique géographique a plus d’importance : elle a parfois permis de délimiter l’aire d’idiomes disparus ou réduits avec le temps à un étroit espace. langues qui s’y seraient introduites soit avant. p. dans deux contrées si éloignées. et comme un témoin isolé. Peut-on supposer qu’aux temps préhistoriques. par exemple le basque ou un idiome indo-européen(1). 419. ne prouvent pas grand-chose. Les textes anciens ne contiennent aucun renseignement à ce sujet. Proceedings of the Society of biblical Archæology. n. III Quelles que soient les origines du libyque. Quelques mots qui se rencontrent dans les dialectes berbères et qui rappellent plus ou moins des mots de même signification existant dans d’autres langues. 1891. ____________________ 1. ou de vestiges d’une langue conservés dans une autre langue qui aurait remplacé la première. Il me parait tout à tait invraisemblable qu’un mot se soit ainsi conservé presque intact à travers les siècles.

3. gr. 188. p. § 120) (Geogr. où l’un reconnaît en effet sans peine άγορά et πάσα (avec un préfixe indiquant le féminin) et qui doivent par conséquent signifier « le marché » et « la complète » (Revue tunisienne. Citons au hasard Thagora et Tipasa. 489). Sur la frontière militaire constituée par les Romains au Sud de la petite Syrte. se soient établis en Tunisie à une époque très lointaine(7). que l’on rencontre dans l’onomastique ancienne de l’Espagne et du Sud de la Gaule. 625. IV. dont le premier signifie lieu habité et le second nouveau(10). 178. X. II. Ces noms se retrouvent dans plusieurs régions de la Grèce(4). le basque atteste qu’Iliberri est composé de deux éléments. 3 et 6. dans l’onomastique de la Berbérie comme dans la langue des Berbères. 424. Wörterbuch der griechischen Eigennamen. sur ce prétendu témoignage. I. ____________________ 1. le Périple de Scylax(2) et Ptolémée(3) indiquent un ou plusieurs lacs et fleuves appelés Τριτωυίς (Τριτυωίτις dans Ptolémée). des mots étroitement apparentés au grec.. 3. 187. 8. Ver Pape. 1. l. 186. à p. entre autres. Diodore de Sicile (III. qu’il y eut aussi un ou deux lacs Τριτωυις(5) Le nom qu’ils donnèrent d’abord à des lacs du pays qu’ils occupèrent. p. Ils ont dû être introduits dans la nomenclature géographique de l’Afrique du Nord par les Grecs. et que l’on regarde comme ibère. que des étrangers. die iberische Deklination. 8-4 (dans . édition de Ptolémée. près de l’Océan. p. Édition Parthey et Pinder. après que ceuxci eurent pris pied en Cyrénaïque. c. Il faut en convenir : ce nom rappelle fort celui d’Iliberri(9). qu’ils placent certainement dans la Tunisie actuelle. 89) : Tillibaris. 88). 323 Hérodote(1). Ce lieu est aussi mentionné par Corippus (Johannide. v . p. IV. 1903. 180. Conf. Mais ce ne fut sans doute qu’en pleine période historique. 6. On ne saurait affirmer. 34 (un manuscrit donne Tilliberi). p. Τριτωυ. d’après Dionysios Scytobrachion) transporte le lac Tritonis et le fleuve Triton tout à fait à l’extrémité occidentale de la Libye. parlant le grec. 2. 9. 5. ils l’auraient ensuite reporté plus à l’Ouest. Le rapprochement a été fait par Tissot. 179. Schuchardt.LA LANGUE LIBYQUE. Müller. de même qu’ils reportèrent vers l’Occident le jardin des Hespérides et le royaume d’Antée(6). Müller. 7. Il est vrai qu’un a cru retrouver à profusion. 53. s. 10. min. n. 4. 5. l’Itinéraire d’Antonin indique un lieu qu’il appelle Tillibari(8)..

d’une manière générale. p. des Liburni (Italie et Illyrie). les Atlantes. Zersilis. conf. hist. Άσταχιλίς. II. LXV. 145. l. p. Numidie. 2072.). l. Astigi. Ptolémée. p. l. 273 et suiv. Tissot. au Maroc : C. Ethniques Mizigitanus et Simigitanus. Hübner. 20-22). — En Espagne. 1. etc. — Dans les documents latins. Neue Folge. Bastuli. D’autres rapprochements ont été indiqués(2). Berlioux. beaucoup sont évidemment arbitraires. 316 et suiv. Ossigi. les Premiers habitants de l’Europe. 81-84. gi(4) et. Singili. Tingi (Tanger). 5. 40. c. 4. 71 (il fonde là-dessus l’hypothèse d’un « vaste empire ibéro-libyen ». I. 37. n° 41. en Tunisie : Mesnage. sur la côte de l’Algérie : Itinéraire d’Antonin. Notice ecclésiastique de 484. 424-5. f° 18. de « conquêtes africaines de la race ibérique » . Philipps. quelques noms tout à fait ou presque ____________________ Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaften in Wien. I. Libiei.. Lebeci (Italie septentrionale).. p. 2e édit. — s’il ne s’ait pas d’un camp fondé par un corps de troupes composé d’Espagnols qui servaient dans l’armée d’Afrique(1). 23. Études sur l’origine des Basques. 76. on peut encore noter la désinence uli ou ulii pour des noms de peuples : en Afrique Gaetuli. le crois. p. Mais de quand date cette dénomination ? Peut-être seulement de l’époque romaine. qu’on a voulu retrouver les Libyens dans les noms des Libui. 2. Maesulii. Phil.. c. VIII. II. l. 3. I. 637 et suiv. l’Afrique chrétienne. etc. la désinence tanus est très fréquente pour les ethniques d’Espagne (voir entre autres. 6 : Gsell. Atlas archéologique de l’Algérie. Mehlis. dans l’Est de l’Algérie : Gsell. p. l.. Johannide. 70. Archiv für lateinische Lexikographie. p. Elle l’est aussi pour les ethniques de l’Afrique du Nord (voir Wackernagel. Bibilis. 1870. Igilgili (Djidjeli) . ou peuvent l’être. en Maurétanie Césarienne. 92). dans l’Aurès : Corippus. dans la région des Syrtes : Corippus. Klasse. 1904-5 p. Turduli. LXXXVII. Movers die Phönizier. entre des noms géographiques qui se rencontrent. n° 77. f° 7. l’Armée romaine d’Afrique. d’autre part dans le Sud et l’Ouest de l’Europe. c. . Berlioux. 6. Thibilis. 1909. n° 1 . Masaesulii (les Massyles et les Masaesyles : : j’indique les formes données par Tite-Live) . 2e édit. 1907). Monumenta linguae ibericae. — C’est bien à tort.-hist. n° 107. c. Varduli. 59 et 143. dans la province de Numidie. surtout en Espagne : mots terminés par les groupes de lettres ili(3).324 LES TEMPS PRIMITIFS. WIII. L. des bouches occidentales du Rhône dites Libica : voir d’Arbois de Jubainville. p. d’une part dans l’Afrique du Nord. fréquence des désinences en i(5) . II. Classe. c. — En Espagne. Archiv für Anthropologie. Ethnique Midilensis. 203-4. IV. 346-8. en Espagne. Cartili. En ce qui concerne l’Afrique. CLVII. Bladé. Gsell. f° 4. XIV. Zerquilis. p. Volubilis. la première partie du mot est probablement phénicienne . Sitzungsberichte der Akudernien der Wissenschaften in Wien Phil. p. Waekernagel.. La lettre T dans Tillibari pourrait être le préfixe berbère du féminin. Nous pouvons nous demander — je n’insiste point sur cette hypothèse. p. p.. 419-420. Il y avait dans cette armée plusieurs cohortes espagnoles : voir Cagnat. p. Parmi ces rapprochements.. 2. 2.

hispan. 2.). L.LA LANGUE LIBYQUE. ethnique formé sans doute d’Oba . 4271. et C. 15069. 9. Res publica Obensis. Subur(7). l. 200. L.. c. Turdetanus. c. 15447. Pour les noms d’Afrique. Matugenna. c. . L. Pour Mauretania. 11157) . 6. 2 et 7. L. 5. Holder. 17 .. les deux autres en Tunisie (C. VIII. tribu de Numidie (Gsell. en Béique : C. I. f° 18. qui occupait le val d’Aoste(10). II. Conf. n° 20) . 12. qui est souvent très vivace(11). etc. II. 8. I. situées dans la province de Constantine et en Tunisie : Gsell. 4. f° 8. l. I. probablement aussi dans Thubursicu Numidarum. s. j’admettrais volontiers. p. f° 12. Ucubi(6). III.. qui mentionne un préfet de la tribu des Salas.. 177 et 1428). et on y a vu la preuve d’une parenté linguistique (Wackernagel. Siccenna : Mesnage. l. Observons cependant que beaucoup de rivières du l’Afrique du Nord ont changé de main depuis l’époque romaine. elle s’applique à des ethniques désignant des habitants de villes. IV. I.. semblables (en Afrique. ° 9. 3. 221-2 . la terminaison est presque toujours itanus et. Ucubi(1). n° 207). 26-27) que. — Dans la comparaison des désinences. VIII. 19923 : inscription trouvée dans la région de Constantine. Pline. Obensis(9). (loi agraire de l’année III : C. s’étendant même à des ethnies pour lesquels la forme ιτης n’existait pas. L. 4.. VIII. la tribu des Salassi. 10 et 12 . I. On a cru que ces noms. 9. 7. : 34) a montré que.I. Ville de Bétique : Bell. région du Kef : Table de Peutinger. I. 6. sous leur forme indigène. C.. M. qui est. p. avaient même terminaison en Afrique et en Espagne. Noms d’au moins trois villes.. Subur(2).. II. VIII.. Tucci(8). c... près de Bône (ibid. ethnique Bencennensis : ibid. I. C. III. etc.. 325 ____________________ les Romains l’emploient dès la fin du second siècle avant J: C. Ptolémée. I. L. VII. 11. Schuchardl (l. 1 . 5. L. n° 5 . f° 17. n° 468) . II. Le même mot se retrouve sans doute dans Suburbures. c. dans cette contrée. C.. sur la côte de l’Algérie (Gssel. les suffixes itanus et etanus n’ont rien d’indigène. 10. IV. VIII. 6 . VIII. Tucca. Thubursicu Bure. L. Villes de Bétique : Pline. Alt-celtischer Sprachschatz. une imitation par les Latins des noms d’Espagne qu’ils terminaient de même : Carpetanus (Carpetania). particulièrement en France. Puis elle se sera généralisée. VIII. 58. Thugga(3) Obba(4). n° 214 . III. 21 . 1330. 11. p. 77 et 182. avec M. p. 1. v. en Espagne. II. c. 90 . Pline l’Ancien. pour les noms d’Espagne. L. L. C. la tribu des Salassii(5) . sur les Alpes. Sous avons déjà indiqué (p. col. les cours d’eau n’ont pas la même importance que dans d’autres pays. 1. p. Fleuve et ville de Maurétanie Tingitane : Ptolémée.. p. villes situées l’une dans l’Est de l’Algérie (Gsell. VIII. Thuburnica. Ptolémée. aprés d’autres). Il est probable que les Latins ont d’abord employé cette forme d’après le suffixe grec ιτης pour certaines villes du littoral que les Grecs fréquentaient comme eux. conf. f° 16. § LXXIX). 1) : Uppenna. je crois. On a surtout comparé l’onomastique des rivières. en Tunisie (C. C’est ainsi que 1’on peut alléguer le Bagrada (la ... I. Thucca. C’est là une erreur. En Tunisie : C. c. le seul exemple africain de la forme etan-. 2. p. l.. Tunisie. sauf quelques exceptions. En Maurétanie Césarienne : Ptolémée. I. Ville de la région de Tarragone : Méla. l. Schuchardt (l.. on devra peut-être tenir compte des noms africains en enna : Certennas. non des peuples. 1562.

le Savus. — Il faut peut-être mentionner les deux Άσσαράθ de Ptolémée (IV. Armasela. 50 . — Doit-on aussi mentionner la Sira. Arno). la Sava. 9 (citant Polybe). sur la côte. Hérault. qui signifient rivière en berbère ? 7. Sardabale ou Sardaval. autant qu’il semble. sans plus tarder. III. Arauris. 21.326 LES TEMPS PRIMITIFS. p. affluent de l’Oise). 11. 604. p. Arva. II. Des deux côtés de la Méditerranée. n° 42: probablement l’Isser de l’Ouest (il y a un autre Isser. l’Oise. 72. Mais le nom des cours d’eau africains ne pourrait-il pas être rapproché de souf. Asana dans Pline (V. 4. f° 31.. et les Isara qui s’appellent aujourd’hui l’Isère. conf. Un examen précis et étendu. Sara. 36. Adv. Medjerda) et le Magrada. 5. VII. Tissot. il est possible que ce nom soit simplement le mot libyque signifiant rivière (ighzer dans divers dialectes berbères). Il serait. Ptolémée. V. etc. l’Usar de Pline (V. p. Pinder et Parthey. permettra peut-être de dire si elles ont quelque valeur. en Campanie). dans l’Ouest de l’Algérie(2). l’Isar(3) . dans l’Ouest de l’Algérie (Géographie de Ravenne. 2. croyons-nous. 15 (seul texte mentionnant cette rivière). Pline. Il faut dire qu’on en retrouve un peu partout . Gsell. en Kabylie). 9. Tissot. et les deux Save. près d’Alger(4).1’Anatis de la Maurétanie Tingitane(9) et l’Anas d’Espagne (la Guadiana). Pline. Tissot. Ce nom est-il certain ? Le même fleuve. f° 16. c. p. Pline. 13).. etc. l. il y a des cours d’eau dont le nom commence par Ar(10) et par Sar(11). 168 . IV. n°6. Des savants ont d’ailleurs pensé que l’Anatis mentionné par Pline est la Guadiana. l’Ausere de la petite Syrte(7) et l’Auser d’Étrurie(8) . III. — En Europe. pour l’Isaris d’Afrique. conf. affluents de la Garonne et du Danube(6) . Sara (Serre. Arar. Gsell. 8. Ce sont là de simples indications. l. l.. Gsell. 10. p. imprudent d’en faire état pour affirmer. 3. conf. qu’avant les temps historiques. 158 . entre Hippone et Tabarca : Pline. affluent de la Medjerda : Table de Peutinger . dans la région de Tebessa : Paul Orose. Sarnus (Sarne. 420. Table de Peutinger . édit. 2). 6. Ardalio. Paganos. Armua. (Σαύου. dans la région de Sétif(5). ____________________ 1. n° 28) ? Ces rapprochements ne sont guère convaincants. fleuve espagnol. en Espagne(1) . — En Europe. 6. 1. Saravus (Sarre. 31 . 158). asif. 2. Géographe de Ravenne. 2. 2). dans l’Ouest de l’Algérie : Méla. ou Ασάμα dans Ptolémée (IV. 2. une ou plusieurs langues étroitement apparentées ont été parlées en Europe et en Berbérie. Atlas. conf. V. Άυίόης dans le Périple de Scylax (§ 112). est appelé Ασάυα. f° 21. I. génitif). Arve. Sava et Savus. qui pourrait correspondre à l’Isser de Kabylie. entrepris par des linguistes. Arnus (Saône. V. I. 22. Cependant. dans l’Ouest de l’Algérie et près de Djidjeli . . l’Isaris. 21) et du Géographe de Ravenne (p. conf. affluent de la Moselle) . c. Dans le Nord de la péninsule : Méla.

elles auraient passé. En avant des Colonnes d’Héraclès. . l’on peut écarter ces indications du domaine de l’histoire et les considérer soit comme des tables inventées par des faiseurs de romans. P. autre dialogue qui eut resté inachevé. Les souverains très puissants qui y régnaient étendaient leur domination à l’Est du détroit. Critias répète. Dans le Timée. e-25. existait jadis une île. plus grande que la Libye et l’Asie réunies. celui-ci l’aurait trouvé dans des livres sacrés. Platon fait de l’Atlantis un tableau dont tous les traits sont dus à son imagination. dans la mer Atlantique. d.CHAPITRE VI RELATIONS DES INDIGÈNES DE L’AFRIQUE DU NORD AVEC D’AUTRES CONTRÉES I Des auteurs grecs et latins racontent ou mentionnent diverses invasions de l’Afrique septentrionale qui auraient eu lieu dans des temps très anciens. sur la Libye jusque dans le voisinage de l’Égypte et sur l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie (l’Italie). dialogue de Platon(1). par un grand nombre de bouches et se seraient profondément altérées. assure-t-il. Dans le Critias. 24. pendant de longs siècles. Avant tout examen. avant d’être écrites. un récit qui aurait été fait à Solon par un prêtre égyptien de Saïs . soit comme des traditions très suspectes. puisque. réunissant toutes _____________________ 1. Il arriva qu’une expédition. l’Atlantis.

En tout cas. Critias dit que cette histoire avait été racontée devant lui. 2) et Arnobe (I. p. p. pendant fort longtemps. que Silène aurait fait au roi Midas (Élien.328 LES TEMPS PRIMITIFS. sauvèrent les peuples menacés et délivrèrent même ceux qui étaient asservis en deçà des Colonnes. ____________________ 1. la Grèce et. et sept autres. Depuis lors. hist. 443). qui. celle de Poséidon. Entre autres.. plus petites. a-t-il recueilli ces prétendues traditions indigènes ? et si ses sept îles sont les Canaries. e. 40 . p.. d’ailleurs purement légendaire. hist. à cause des boues que l’île effondrée a laissées. Un passage d’Ammien Marcellin (XV. que l’on a aussi allégué. auteur d’un ouvrage historique intitulé Αίκοπιχ. ne se rapporte pas davantage à l’Atlantide. Solon. I. n’aurait eu aucun motif de se taire sur les exploits attribués aux ancêtres des Athéniens. Cet événement se serait passé neuf mille ans avant Platon(1). Ad nationes. I. où sont les trois autres ? Il n’y a sans doute dans cette mention de l’Atlantis qu’un écho de Platon. L’Atlantide n’est mentionnée que par Platon et par ceux qui l’ont lu(2). 9 . alors qu’il était enfant. 289-290) : il y est question d’un continent situé au delà de l’Océan (et non d’une île de l’Océan). qui ne nous est pas autrement connu. il est impossible aux historiens . 3. Dans le Critias. Fragm. De pallio. trois très grandes. était au milieu des deux autres et avait mille stades de tour. p. celle-ci est inaccessible dans ces parages. Est-ce une pure invention du philosophe ? Ou faut-il croire que Solon ait véritablement entendu ce récit en Égypte ? Nous ignorons(3). citant Théopompe = Fragm. essaya de conquérir l’Égypte. 2. Pour la date. conf. de retour dans sa patrie. l’Atlantis. 108. parlait d’îles situées dans l’Océan. par son aïeul qui la tenait de Salon. 18. 5). voir Critias. 4). dont l’une. hist. des tremblements de terre et des inondations anéantirent en un jour et en une nuit vainqueurs et vaincus : tous les guerriers Athéniens furent engloutis et l’Atlantis s’enfonça dans la mer. Diehl. comme le dit Platon (et aussi Plutarque. 177 . surtout s’il y croyait au point de vouloir les célébrer lui-même. grace... il affirme qu’il a en sa possession des notes de Salon sur ce sujet et qu’il les a beaucoup étudiées dans son enfance. Plus tard. Var. Mais comment Marcellus. III. — On n’a donné aucune bonne raison pour rapporter à l’Atlantide un récit. I. d’envahisseurs qui seraient venus de ce continent chez les Hyperboréens (et non en Afrique) et n’y seraient d’ailleurs pas restés. et qu’il a dû réfléchir la nuit pour ressembler de lointains souvenirs. Les habitants de l’île de Poséidon auraient eu des traditions relatives à une île immense. par les Africains Tertullien (Apolog. les forces de cet État. d’une manière générale. aurait dominé sur toutes les îles de la mer Atlantique. 9. graec. Il y a dans Platon des contradictions qui mettent en défiance. Mais les Athéniens arrêtèrent les envahisseurs. — Un certain Marcellus. Dans le Timée. tous les pays de la mer intérieure. IV. que Procope cite dans son commentaire sur le Timée (édit.

dans Revue scientifique. deux siècles plus tard : on voit en effet. 1880. p.. p. Il faut naturellement écarter. 460-8. Nous trouvons dans la Guerre de Jugurtha(3) le résumé d’un . p. XVIII.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. — Si l’on veut absolument que Platon n’ait pas inventé ce récit. 291-312. 331-345. — Allusions à la légende rapportée par Salluste dans Pomponius Méla. et non Solon. et II. 46 : conf. 1880. Açores. V. mais certainement (d’après Platon). puis le firent disparaître. et dans Pline. p. Voir l’exposé très détaillé fait en 1841 par Henri Martin. 1882). 103. p. Mais. 257-333. 1887. le Maroc physique. avant toutes les autres. Madère. ibid. 334. nouvelle réfutation par Ploix. archipel du cap Vert. Ils peuvent soutenir que les derniers effondrements eurent lieu dans des temps assez récents pour que des hommes en aient été témoins . que le chenal séparant les Canaries de l’Afrique est postérieur à l’époque quaternaire. Paris. 421-430. Lagneau. p. Germain. dans le même temps. l’Amérique et le Nord-Ouest de l’Afrique furent reliés par un continent . sauf quelques débris. Je serais peu disposé de tenir le moindre compte des assertions de Platon et il nous parait superflu de signaler les nombreuses hypothèses et discussions auxquelles elles ont donné lieu(1). ont été réunis en un très grand État. Gaffarel. Études sur le Timée de Platon. Chap. III. ont formé d’immenses armées. puisqu’ils se réclament de Platon. construit d’innombrables vaisseaux. Il est vraiment bien étonnant que Platon ait eu à les révéler à ses concitoyens. XXXI. 209-226. que les interlocuteurs de Critias les ignoraient. Revue d’anthropologie. les hypothèses qui faussent la donnée du problème (une île immense en avant du détroit de Gibraltar) : par exemple celle de Berlioux (les Atlantes. 7. que. par les termes mêmes dont il se sert. n° du 11 janvier 1913 . on peut supposer que c’est lui. 329 ____________________ Solon. ou même de la civilisation néolithique. 103-124 . dans la Revue de géographie. Des géologues et des zoologistes(2) peuvent démontrer que. plus loin. p. au pied de l’Atlas. Termier. 241-250. que des cataclysmes successifs morcelèrent ce pont gigantesque. les ancêtres des Athéniens ont constitué un État assez puissant pour repousser cette formidable invasion. qui l’a entendu en Égypte. I. dans Annales de géographie. Canaries. conduit leurs flottes à travers l’Océan jusque dans la Méditerranée. 2. 1913. p. qui place l’Atlantide dans le Maroc occidental. XXII. il leur reste à nous convaincre que des contemporains de la civilisation paléolithique. Voir Gentil. 3. 1. La réfutation de Martin n’a pas empêché l’éclosion de nouvelles dissertations sur l’Atlantide : par exemple. 21-29 . I. dans un passé très lointain.

Chap. ____________________ à trouver un écho de cette légende (voir Pichon. mourut en Espagne. Aujourd’hui encore. sans maîtres. Sans mœurs. in fine. 680-1) : acquaturus sagittas Modorom. les Sources de Lucain. les mapalia. du côté de l’Océan. car ils ne trouvaient point de matériaux convenables sur place et ils ne pouvaient pas en tirer d’Espagne par achat ou par échange : l’étendue de la mer et l’ignorance de la langue empêchaient tout commerce. ressemblent à une carène de navire par leur forme oblongue et leur toiture cintrée. qui regis Hiempsalis dicebantur (nous reviendrons sur ce membre de phrase) : l’auteur latin ajoute que cet exposé. ne tarda pas à se disperser. ils erraient au hasard. Les Perses s’établirent plus loin que les autres. Peu à peu. gens rudes et sauvages. Les Mèdes. ils s’appelèrent eux-mêmes Nomades(2). selon l’opinion des Africains. « Semet ipsi Nomadas adpellavere. ainsi qu’ils les nomment. de l’herbe des champs.330 LES TEMPS PRIMITIFS. ayant perdu un chef dont beaucoup se disputaient la succession. tremulum cum torsit missile. Comme ils s’étaient souvent déplacés pour éprouver la valeur du pays. » . 1. composée de différents peuples. 35. les demeures des paysans Numides. 8) dans ces vers de Lucain (IV. n. les perses et les Arméniens qui en faisaient partie passèrent en Afrique sur des vaisseaux et occupèrent les pays voisins de notre mer. et se servirent en guise d’habitations des coques de leurs navires. XVII. d’ailleurs. contraire à la tradition la plus répandue. ils se fondirent par des mariages avec les Gétules. est cependant conforme à l’opinion des gens du pays . « L’Afrique fut d’abord habitée parles Gétules et les Libyens. qui se nourrissaient de la chair des bêtes fauves et aussi. qu’ils retournèrent. « Lorsque Hercule. comme le bétail. son armée. 2. p. s’arrêtant dans les lieux où la nuit les surprenait. il ne veut pas en prendre la responsabilité(1). Mazax.sans lois. long récit qu’on avait traduit à Salluste d’après des livres puniques.

ils allèrent occuper le pays qui s’appelle la Numidie. La plus grande partie de la région inférieure de l’Afrique(2) fait par tomber au pouvoir des Numides et tous les vaincus se fondirent avec les vainqueurs. 2. ces deux fractions des Numides. 22 : « senatus noster. n’étant séparés de l’Espagne que par le détroit. soumirent à leur domination leurs voisins. à proximité de Carthage. soit par la crainte. Ils eurent de bonne heure des villes. » Salluste dit que ce récit est emprunté à des livres(3) en langue punique. qui. 3. qui fut assassiné dès le début de son règne. car les Libyens sont moins belliqueux que les Gétules. Le nom des Mèdes fut peu à peu altéré par les Libyens. sous le nom de Numides. car. roi de Numidie au commencement du premier siècle avant notre ère(5). XVIII. Qui les avait écrits ? Lorsque Carthage disparut.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. petit-fils et petit-neveu des princes ____________________ 1. 331 « Aux Mèdes et aux Arméniens s’unirent les Libyens. L’excès de la population obligea une partie d’entre eux à s’éloigner de leurs familles et. non loin de la zone torride). soit par les armes. qui vivaient plus près de la mer africaine(1) (tandis que les Gétules étaient plus exposés aux ardeurs du soleil. . Il ne s’agit pas d’un autre Hiempsal (fils de Micipsa). Peut-être une partie des ouvrages qui les composaient devint-elle la propriété d’Hiempsal. Plus probablement à un ouvrage en plusieurs livres. les appelèrent Maures. Plus tard.. dans leur langue barbare.. et accrurent leur nom et leur gloire : surtout les Numides qui s’étaient avancés jusqu’à notre mer. Pline. en 146. » 5.. Carthagine capta… cum regulis Africae bibliothecas donaret. « Cependant la puissance des Perses s’accrut rapidement.. se prêtant un mutuel appui. ils instituèrent avec les habitants de cette contrée un commerce d’échanges. La région du littoral.. La Méditerranée. les bibliothèques que l’incendie épargna échurent à des rois indigènes(4). 4. dont ils prirent le nom.

I. était sans doute le dieu qui avait près de Gadès. qui n’aurait été. instruit dans les lettres grecques(3) . Pomponius Méla. Epit.. et il faudrait en conclure que l’auteur était un Carthaginois. mort en Espagne. ni sans doute le dernier détenteur de ces livres : ils durent passer à son fils Juba Ier. templum Aegyptii Herculis conditoribus. leur langue officielle était le punique.. 2. 435. p. Cet Hercule. Cependant on ne voit guère pourquoi Salluste aurait nommé ici Hiempsal. III. un sanctuaire fameux où l’on montrait son tombeau(4) : c’était Melqart. parmi les souverains numides. religione. Il n’y aurait pas lieu de s’étonner qu’Hiempsal se fût servi de la langue punique.. colonie tyrienne. et de beaucoup d’autres. le « maître de la ville » (de Tyr). Adherbal) . 4. vetustate. opibus inlustre. 2. Quoi qu’il en soit. Certains princes numides ne dédaignaient pas la littérature : le grandpère d’Hiempsal. I. Quatremère. Conf. enfin nous Venons de voir qu’ils recueillirent les débris des bibliothèques de Carthage. Tyrii constituere . die Phönizier. 46 : « . Les termes dont l’historien se sert indiquent plutôt que l’auteur était Hiempsal(2). nous y reconnaissons un élément proprement phénicien. II. roi du pays avant la constitution de la province romaine dont Salluste fut le premier gouverneur. Le génitif employé par Salluste (ex libris punicis qui regis Hiempsalis dicebantur) marquerait la possession(1). cur sanctum sit ossa eius ibi sita efficiunt » Arnobe. hie in finibus sepultus Hispaniae. dont le culte se répandit à travers ____________________ 1. comme le prouvent leurs monnaies. Geschichte der Karthager. Live. était. » . Ces rois étaient tout imbus de civilisation carthaginoise : plusieurs d’entre eux portaient des noms puniques (Mastanabal. ni le premier. Juba II. p. I. son petit-fils. 1838. Journal des Savants. flammis alter concrematus Oetaeis. Opinion de Movers. L : « Graecis litteris eruditus ». 111. 301. p. 36 : « Thebanus aut Tyrius Hercules.332 LES TEMPS PRIMITIFS. 3. Ajoutons que cette seconde hypothèse parait mieux justifier la vogue dont le récit traduit par Salluste jouissait parmi les habitants du pays. Mastanabal. nous dit-on. fut un écrivain grec célèbre. contemporains de la destruction de Carthage. Voir aussi Meltzer.

Notons encore que la courte description des mœurs des autochtones répond à une conception en quelque sorte classique.. p. c. en lui faisant subir une altération difficile à expliquer. Dans celle que nous étudions. une indication est d’origine grecque : c’est l’étymologie du nom des Numides. I. Mais non pas toutes. à l’imagination fertile. dans la seconde. soit que le culte de Melqart. 3. bien que très contestable. 57. d’une manière plus ou moins étroite. comme l’a prétendu Movers. 333 la Méditerranée et que les Grecs identifièrent avec leur Héraclès.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. de la vie primitive ____________________ 1. Héraclès. die Phönizier. Il est bien difficile. II. Il s’agit soit d’un nom africain. Cependant les Grecs. à Melqart(1). les premiers. Meltzer. Les légendes qui se rapportent aux expéditions d’Hercule en Occident sont très nombreuses. soit qu’ils les aient attribuées à un dieu purement grec. 58. ont dit prendre une part beaucoup plus importante que les Phéniciens à la formation de ces fables. ait fourni des traits à leurs contes. . plus tard. p. Dans la première hypothèse. sous sa forme africaine Lebou. constaté par eux en divers lieux. De leur côté. 2. le latin Numidae pourrait reproduire plus exactement le nom indigène . sinon impossible. Ce nom. les Grecs durent le recevoir des Égyptiens et le retrouver ensuite en Cyrénaïque . purent faire des emprunts aux Grecs. des nomades(2). l. Ce furent sans doute aussi des Grecs qui. On peut supposer que certaines d’entre elles se rattachent. les écrivains de langue punique. identifié avec le mot νομάδες. que les Grecs auraient transformé en Νομάδες. 117 et suiv. Conf. de démêler les éléments dont se compose chaque légende. 2. par un jeu de mots. fortement imprégnés de culture hellénique. désigna d’abord des indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de la vallée du Nil . ils l’étendirent jusqu à l’extrémité occidentale de l’Afrique du Nord. les Romains auraient adopté le nom grec. donnèrent le nom de Libyens (Λίβυες) aux habitants de la Berbérie. soit d’une appellation purement grecque(3).

Meltzer. V. dont la venue dans cette contrée est tout à fait invraisemblable(2) ? Pour les Perses. D’autre part. Pourquoi amène-t-elle jusqu’en Afrique des Perses. c. 413. qui. l. p. 6. 57 et 434 . des Arméniens et des Mèdes. 5. n. des Perarsi en Afrique. qui croit que ces peuples ont pu prendre part à la colonisation phénicienne. Méla. retournés et transformés en habitations. 8) faisait venir des Perses en Espagne. S’agit-il d’une vieille tradition. I. p. p. I. avec l’existence des Pharusii. Nous avons vu(4) qu’au Sud du Maroc. 2. c. Nous distinguons donc dans notre légende des éléments phéniciens. quin ex Getis venerant. a pu contribuer à la formation de la légende ? Il est plus probable que Varron a connu le récit de l’humanité(1) : peut-être est-elle également d’origine grecque. bordant le rivage de l’Océan. Géographie. Les Mèdes ont-ils été introduits dans cette fable . 118) présente une explication analogue et aussi absurde peur les Gétules : « Getuli Getae dicuntur fuisse. comme le prouvent les mots qui suivent : comites fuisse dicuntur Herculis ad Hesperidas tendentis(6). divers auteurs signalent des Pharusii et des Perorsi. des mapalia des Numides qui a inspiré le passage relatif aux vaisseaux des Perses. plus haut. 126. un détail est africain. P. » 3. 1.. III. 124-5). c’est-à-dire Melqart de Tyr. représentée dans le récit d’Hiempsal par Hercule. Conf. qui n’étaient probablement qu’un seul et même peuple. d’origine inconnue. derivato nomine Getuli engnominati sunt. « Pharusii atiquando tendente ad Hesperidas Hercule dites. Isidore de Séville (Ethymol. II. » Varron (apud Pline. 265-6. p. Cet auteur me parait avoir indiqué la vraie solution. Quoi qu’en ait dit Movers (l. C’est en effet l’aspect des cabanes. Pline(5). Tissot . Conf. et. p. III. on en fit des Perses. 1X. p. mentionnant les Pharusii. 46. du moins d’une manière générale : invention pour expliquer les noms de certaines peuplades indigènes .334 LES TEMPS PRIMITIFS.. 103 . 2. Vivien. Par désir de les rattacher à une nation célèbre. ajoute : quondam Persac .. qui ingenti agmine a locis suis navibus conscendentes loca Syrtium in Libya accupaverunt. grecs et africains. ____________________ 1. mais s’enfonçant au loin dans l’intérieur des terres. 216. — Voir le résumé de diverses hypothèses dans Vivien de Saint-Martin. conf. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. 4. il y a là une allusion à la légende. 2. on peut donner une explication très plausible(3). 127-8.

Madghes. VIII. Je ne suis nullement convaincu. de Constantine. p. trad. 63 et suiv. leur prétendue invasion doit s’expliquer de la même manière : il y avait sans doute quelque peuplade africaine portant un nom analogue. 1902.. III. 1863. 2. ou même aux Garamantes. mais celui-ci est peut-être d’origine indigène). 168 et 181 . Revue africaine. S’il s’agit d’un mot phénicien signifiant les Occidentaux. 333). l’infatigable voyageur. p. 279) . nous allons voir que ce n’est pas la seule légende . p. c. p. 413. peut-être les deux indications du Misa et de Pline relatives aux Pharusii. ce nom pourrait venir directement d’un terme employé par les Latins.. 432)..173 . prétendu ancêtre d’une des deux grandes familles des Berbéres (Ibn Khaldoun. nom donné à un tombeau royal de Numidie (Gsell. Revue tunisienne. ethnique qui reparaît dans diverses régions de l’Afrique du Nord .Mazic. Mais toutes ces conjectures sont évidemment très peu solides. I. Puisqu’on faisait venir de si loin les prétendus ancêtres d’une partie des indigènes. un a invoqué les noms de plusieurs tribus berbères signalées par des auteurs arabes : les Medâça. barbara lingua Mauros pro Medis adpellantes pourrait le faire croire. 1897. 464 . 169 et 178. 180 et 181) . p. il fallait leur donner quelqu’un pour les conduire. Ou bien au mot . I. Rec. Medianas. Quant aux Arméniens. Essai sur la province romaine de Maurétanie Césarienne. à l’Ouest de Sétif (Cat.. de Slane. t). 335 ____________________ reproduit par Salluste dans le Jugurtha . les Masmouda (Tauxier. Gsell. 9613 . cependant on n’a présenté à cet égard que des hypothèses peu satisfaisantes(2). était désigné pour ce rôle . VII. pour justifier l’appellation de Maures donnée à une grande partie des indigènes ? Le passage Libyes. p. I. Mazigh. mentionnés par Ibn Khaldoun (l. passait pour l’ancêtre d’une partie des Berbères: Ibn Khaldoun. mais peut-être le terme dont les indigènes se servaient ressemblait-il davantage au nom que les Phéniciens donnaient aux Mèdes(1). p. Bertholon. p. LVI. dans ces mot le z avait un son voisin du d (C. p. p. I. Il faudrait connaître exactement le nom. p. n. lui ont-elles été empruntées. I. n. les Mediouna (Vivien. 1898. V. l. I. grande plaine. p. On a aussi parlé de la Medjana. 22). V. L. 127 . en Numidie (Pline. 1. 127) pense aux Ourmana. XXXVI. que nous venons de citer.. d’où Madghasen. 23. fils de Canaan. ou quelque forme voisine. Tissot.). Miller (dans Philologus. ou bien aux riverains du fleuve Armua. 2). conf. Pour expliquer la mention de ces Mèdes. que les Romains ont transcrit Mauri et dont les Grecs ont fait Μαυρούσιοι. conf. Hercule. employé en Afrique. Histoire des Berbères.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. On peut encore penser à un ethnique qui se retrouverait dans Madghis. c. Monuments antiques de l’Algérie. c’était Mahourim. Vivien de Saint-Martin (p.

s’étaient contentés d’occuper une région limitée du littoral. 2. c. rien ne permet de croire qu’ils aient contribué au peuplement de l’Afrique du Nord. 3. La mort d’Hercule dans cette contrée expliquait pourquoi les Asiatiques. le nom de Berbères. On n’a pas d’autres renseignements sur cette légende(4). il est vrai. p. Die Erdkunde. donné par les Arabes aux indigènes du Maghrib. au lieu de conquérir immédiatement toute la Berbérie. de tribus blondes » : Lenormant (et Babelon). Il se peut cependant que les gens dont parle Strabon n’aient pas eu d’arguments plus sérieux que ces comparaisons pour rattacher les Maures aux Indiens. Histoire ancienne de l’Orient. qui étaient venus en Libye avec Héraclès. parmi les Kabyles de l’Algérie. Quant aux Indiens. 208-9. 414.. soit sur le golfe d’Aden (la région appelée ____________________ 1. 3.336 LES TEMPS PRIMITIFS. qui. p. dans des temps reculés. Conf. Carl Ritter(5) a rapproché. Tissot. Vivien de Saint-Martin. 2. 5. il était naturel de faire passer leurs aïeux par l’Espagne. I. quelques-uns disaient que les Maures étaient des Indiens. où il figure comme chef d’expéditions venues de l’Asie. Il parait téméraire de citer ici Lucain (IV. p. . privés d’un tel chef. 2e édit (1822). 678-9 « concolor Indo Maurus ». I. En somme. tout est fable dans ce récit(1). p. II Selon Strabon(3). Conf. XVII. p. Les Perorsi étant établis sur la côte de l’Océan. 125) : « Mauro obscurior Indus ». auraient habité dans le Dekhan). 605-6. 554 et suiv. à proximité de la péninsule ibérique. « Ainsi s’explique la présence. et Juvénal (XI. de plusieurs autres noms que l’on rencontre soit en Inde (les Warwara. Nous savons ce qu’il faut penser du rôle attribué à Hercule. Géographie. Je ne vois même pas pourquoi l’on y chercherait un souvenir très vague d’une grande invasion qui aurait pénétré dans l’Afrique septentrionale par le détroit de Gibraltar(2). 4. II. Que Movers (l. 112 123-4) considère comme un document de la plus haute importance pour l’histoire ancienne de l’Afrique. 7 : Τούς δέ Μαυρουσίους ένιοι φασιν Ίνδούς εΐναι τούς συγχατελθόντας Ήραχλεΐ δεΰρο. VI.

Au singulier Berberi. non barbar ». p. lat. Quaest. Appendix Probi. Paris et d’autres. au IIIe siècle de notre. Patr. ou. Hebraic. commentant le chapitre X de la Genèse. 3. il nous suffira d’observer que. soit en Nubie (les Barabra(1).RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. dans le Maghrib. 306. « qui maintenant sont appelés Gétules (Γαιτοΰλοι)(6) ». il y a sur le fleuve. barbar(3). in Genesim. Ces noms ne jalonneraient-ils pas la route suivie par les Berbères entre l’Inde et le Nord-Ouest du continent africain ? Mais une telle hypothèse n’est pas soutenable. les Romains(4).. 5. Getuli in parte remotioris Africae eremo cohnerentes. où se trouve le lieu qu’on nomme encore aujourd’hui Berbera). fut l’auteur des Εύιλαίοι. fils de Koush et petit-fils de Cham. Kaltbrunner (référence indiquée à la p. L’historien juif. « Evila. en aval du confluent de l’Atbara. I. 6. il s’opposait au terme Roum. conf. dans les temps préhistoriques. Avec G. Genèse. le terme Berber n’est pas un ethnique datant d’une époque très lointaine. 6. Heracus. 7) a soutenu aussi que. X. qu’il est simplement le mot latin barbarus. 2. il désignait les indigènes restés réfractaires à la civilisation latine . 953 . 337 dans l’antiquité Barbaria. Ritter allègue aussi un passage d’Hérodote (II. » 7. Avant l’invasion arabe. Or les fils de Koush énumérés dans la Bible(7) (le passage semble dater du VIe ou du Ve siècle) ______________________ 1. Josèphe(5) donne une très courte indication qui peut faire supposer que certains auteurs attribuaient aux Gétules une origine orientale. une migration partie de l’Inde était venue peupler tout le Nord de l’Afrique. dans Archiv für lateinische Lexikographie. je crois que cette liste de fautes de langage a été rédigée en Afrique.. Il s’est fondé sur la répartition des dolichocéphales et des dolmens : arguments dénués de valeur. Antiq. comme l’on disait dans l’Afrique romaine. XXIII. pour les Arabes eux-mêmes. 158) : Βαρβάρους δέ πάντας οί Αίύπτιοι χαλέουσι τούς μή σφίσι όμογλώσσους. 2. Sans vouloir discuter l’origine des autres noms indiqués. qui vivent dans la vallée du Nil entre la première et la quatrième cataracte. 7. XI. . dit qu’Ευίλας (Hévila). un lieu appelé Berber)(2). n. X. Mais le mot βάρβαρος est purement grec et Hérodote s’en sert ici pour traduire un terme égyptien. 7 (dans Migne. 4. édit. ère. jud. saint Jérôme. 397 : [il faut dire] « barbarus. p.

arrivèrent près des limites de la Palestine. et Ptolémée (IV. C’est certainement une addition inspirée par le récit de Procope. Pruep. auraient appelée Άφριαη. Evang. Hist.) . p. Georges le Syncelle. Pourtant... CVIII. Il est vraisemblable qu’Hévila est une région de cette dernière contrée : voir Guthe. Chronogr. 3° dans Moïse de Kharen (I. Moise. Suidas. IX. Eusèbe. 3. après leur sortie d’Égypte. établis dans ce pays. 87 de l’édit. Chronogr. C’est ce qu’entend Josèphe quand il dit que Χοΰσος fut le chef des Éthiopiens. 13) appelle Fat. 2° dans le Talmaud (référence apud Movers. 177). — Dans une version latine de la Chronique de saint Hippolyte. d’eux vinrent les noms de la ville. il vaut mieux nous abstenir d’inutiles hypothèses(3). 1804... Théophane. IV. 170 (Migne. 2. représentent les peuples qui occupaient les pays situés au Sud de l’Égypte(1) et aussi l’Arabie méridionale(2). Selon Alexandre Polyhistor. cité par Ibn Khaldoun (Histoire des Berbères. 110. « Lorsque les Hébreux. Est-ce le nom du fleuve mauritanien qui a fait assigner la Libye aux enfants de Phout ? Ce fut peul-être par un motif aussi futile qu’on transforma les Gétules en enfants d’Hévila. Bell. que Josèphe cite à ce sujet. Nouvelles sources de Moïse de Khoren. qui prétend expliquer d’où les Maures (Μαυρούσιοι) vinrent en Libye et comment ils s’y établirent. I. 2736) . 716. 452) . Apheras et Iaphra.338 LES TEMPS PRIMITIFS. que ses descendants. Déjà les Septante ont quelquefois traduit Phout par Λίβυες (Ézéchiel XXVII.. colinisa la Libye. 2. De Bonn . 30 et suiv. comme on l’avait cru. il est dit aun sujet des îles Baléares : « Harum inhabitatores fuerunt Chananei fugientes a facie Ihesu. § 216. que Pline (V. De Slane. 4. Ophren (Ώφρήν). et non du Ve. 13 et suiv. v. I. Un récit aussi fameux que celui de Salluste se trouve dates Procope(4). 20 . 18 (Migne. 10. XX.. . deux fils d’Abraham. I.. jud. dans la Genèse. II. Dans le même passage. et il signale un fleuve de ce nom qui ce trouvait un Maurétanie : il s’agit d’un cours d’eau débouchant dans l’Océan. 15 . Eccles.. gr. dans ce passage. Gr. Χαναάν . Josèphe indique qu’un fils de Cham Φούτης. aujourd’hui l’oued Tensift. — Échos du récit de Procope : 1°dans Évagre. dans la Realenfcyclopädie für protest. Vand. p. trad. peut-être un fragment perdu de la Chronique de Malalas (Carrière. d’Aphra et de la terre d’Afrique. serait allé occuper la Libye. p. — Il n’y a pas non plus à tenir compte d’une autre indication de Joséphe (Antiq. s’est servi de la même source intermédiaire que Suidas.. comme d’autres) pour fournir une étymologie fantaisiste. et qui. 5). p. il cite expressément Procope . dont l’Histoire d’Arménie date du VIIIe siècle. lors de son expédition contre Antée . conf. p. I. d’après son nom. 4° dans une indication d’Ibn el Kelbi. qui les avait guidés. LXXXVI. ____________________ 1. 20) : un petit-fils d’Abraham. 2) Φούθ. comme nous ne savons nullement pourquoi Josèphe identifie les Gétules avec les Εύιλαΐοι. Mais. 19). p... Patr. Supplément. s. Vienne. 427) . c’est-à-dire le sud de l’Arabie et le pays des Somalis. Ou voit que ces personnages ont été introduits en Libye (à la suite d’Hercule. Patr. II. Phout est le Pouault des Égyptiens. Theologie d’Herzog-Hauck. Illi Nave… Gades autem ielusei condiderunt et ipsi similiter profugi » : Mominsen. p. XXXVIII. firent compagne en Libye avec Héraclés. Chronica minora. p.

établis en Libye. s’empara sans peine des villes et acquit la réputation d’un chef invincible. 16. . au lieu où s’élève la ville de Tigisis. près de la grande source. ceux qui quittèrent la Phénicie avec Didon allèrent rejoindre ces parents. dès une époque lointaine. 2) II. Ils construisirent aussi un fort en Numidie. 22 : [στήλαι] γράμματα Φοινιχιχά έγχεχολαμμένα έχουσαι τή Φοινίχων γλώσση λέγοντα ώδε « Ημεΐς έσμεν οί φυγόντες άπό προσώπου Ίησού τοΰ ληστοΰ.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. leur descendance y est restée et parle encore aujourd’hui la langue des Phéniciens. comme le disent d’un commun accord ceux qui ont écrit sur les antiquités phéniciennes. gravée en lettres phéniciennes et dans la langue des Phéniciens. constatant que la place lui manquerait dans une contrée qui fut de tout temps très peuplée. portant. Il eut pour successeur Jésus(1). Mais. fils de Navé(2). » « Avant eux. Cette population.. et y fondèrent un grand nombre de villes .. une inscription dont le sens est: « Nous sommes ceux qui avons fui loin de la face du brigand Jésus. sortit de sa patrie et se rendit en Égypte. qui fit entrer ce peuple en Palestine et qui occupa le pays. Alors toute la région maritime qui s’étend de Sidon jusqu’aux frontières de l’Égypte était appelée Phénicie . s’y trouvant fixés depuis une haute antiquité. υίοΰ Ναυή ». Plus tard. elle fut soumise à un roi. elle se dirigea vers la Libye. fils de Navé. les Gergéséens. 339 mourut. Il triompha de toutes les tribus. « Les nouveaux venus l’occupèrent tout entière. étaient regardés comme autochtones. Là vivaient des tribus qui comptaient une grande multitude d’hommes. les Jébuséens et d’autres encore qui sont nommés dans l’histoire des Hébreux. la Libye était habitée par d’autres peuples qui. jusqu’aux Colonnes d’Héraclès. lorsqu’elle vit qu’il était impossible de résister au général étranger. on voit deux stèles de pierre blanche. ____________________ 1) Josué. montrant dans la guerre une valeur surhumaine. Là.

par eux à fonder Carthage. Puis. Gsell. Un siècle environ plus tôt. ____________________ 1. On en a découvert dans la région(2) . p. Gsell. Ίησοΰς et Ναυή est une forme adoptée par les Septante . Nous pouvons parfaitement admettre l’existence dans ce bourg. Recueil cité. au temps de saint Augustin. n° 340. p. le punique était encore parlé. comme nous l’avons dit. puisque Procope ne nous donne qu’une et furent autorisé. Voir Gsell. Atlas archéologique de l’Algérie. Ou. En tout cas. qui savait par la Bible que les Hébreux s’étaient établis à l’Ouest . devenue grande et très peuplée. elle ne pouvait pas figurer dans un texte sémitique.340 LES TEMPS PRIMITIFS. 4. dans Recueil de mémoires publiés en l’honneur du XIVe Congrès des Orientalistes par l’École des Lettres d’Alger (Alger. qui fut en usage sous la domination romaine et même auparavant. Mais il ne faut pas attacher d’importance à ce détail. il lui était facile d’être renseigné. f° 17. 367-8. On y retrouve la source abondante dont parle Procope : celuici. Elle est peut-être une invention de quelque clerc(4). au VIe siècle. Elle les vainquit et les refoula le plus loin qu’elle put. 3. au lieu appelé aujourd’hui Ain el Bordj(1). la traduction donnée à Procope de ces inscriptions plus ou moins anciennes est évidemment fantaisiste. si l’on veut. » Tigisis était située à environ cinquante kilomètres au SudEst de Constantine. Il n’est pas vraisemblable qu’on en fit encore dans le pays à l’époque de Procope. 2. qui. soit des épitaphes. sinon aux environs de Constantine. qui avait accompagné Bélisaire en Afrique et était ensuite resté auprès du général Solomon. de deux stèles portant des inscriptions en langue et en écriture phéniciennes. du moins dans les régions de Bône et de Souk Ahras(3) : mais c’était un idiome dont se servaient les paysans et que les savants dédaignaient : il ne devait guère s’écrire. elles offrent le type d’alphabet qualifié de néopunique. il est même fort possible qu il n’y ait eu alors à Tigisis personne en état de déchiffrer ces textes. avait peut-être visité Tigisis . naturellement. 366-7. 1903). Ce sont soit des dédicaces religieuses. d’un Juif. étaient venus de Palestine et qui s’appellent maintenant les Maures. Carthage fit la guerre à ses voisins. en tout cas.

Classe. Il est donc probable que. p. 341 du Jourdain aux dépens de divers peuples. Telle parait être l’origine du récit de Procope. 2. Epistolae ad Homanos inchoata expositio. I. 66 . 389. VI. Sidon est appelé le premier-né de Canaan. Un demi-lettré pouvait en conclure qu’ils descendaient des Cananéens de Palestine et. Chronique pascale.. Augustin. 1. Geschichte des Altertums. en se désignant par un ethnique dérivé du nom de leur pays d’origine ? Nous n’en avons en tout cas aucune preuve. punice respondentes Chenani. Schröder.-hist. Patr. Il n’a. p. les Gergéséens. écrite en 235 de notre ère. mémoire n° X.). Voir E. Cette indication devait se trouver dans l’ouvrage même d’Hippolyte. Phil. 15. Meyer. quid aliud respondent quam Chananaei ? ». mais aussi au littoral occupé par les Phéniciens : dans la fameuse énumération des descendants de Noé qui se trouve au chapitre X de la Genèse(1). dès le début du IIIe siècle. Schröder. lat. aucune valeur historique. CXXV. il était naturel d’admettre que les vaincus l’avaient alors quittée et qu’ils avaient pris le chemin de l’Afrique. c. Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaften in Wien. etc. l. . Chronik des Hippolylos. quoique le mot Afri ait été omis dans le manuscrit de Madrid (Bauer.. des auteurs chrétiens ont rattaché à Canaan les Africains de langue punique. les Jébuséens. entre autres.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Aussi les Africains qui parlaient encore la langue phénicienne à l’époque de saint Augustin reçurent-ils et acceptèrent-ils le nom de Cananéens(3). puisque Josué passait peur avoir conquis cette contrée. 1892. c. Peutêtre le nom de Cananéens. Lenormant (et Babelon). Les Phéniciens ont-ils introduit ce terme en Afrique. donné aux Africains parlant le punique. Voir. 37 (il qualifie les inscriptions de Tigisis de « reverenda antiquitatis Phoeniciae testimonia »). p. 2e édit. p. . 13 (Migne. l.. comme on le voit. 490 . 3. si bien qu’au temps de saint Augustin. Büdinger. sicut in talibus solet. 4. Les clercs ont dû répandre cette notion. X. Les Phéniciens eux-mêmes s’en servaient(2). les paysans eux-mêmes se qualifiaient de Cananéens. 3). 2. 2096) : « Interrogati rustici nostri quid sint. habitants du pays de Canaan. par conséquent. XXXIV-V. Dans plusieurs documents qui dépendent de la Chronique de saint Hippolyte. date-t-il seulement du temps où le christianisme et.. Histoire ancienne. commencèrent à se répandre. Quelques savants ont été cependant d’un avis différent(4). p. corrupta scilicet voce. die phönizische Sprache. 49 de l’édition de Bonn. Movers a cru que la prise de possession de la Palestine par les ____________________ interprétation de l’inscription (conf. p. p. Ce dernier nom s’appliquait non seulement à l’intérieur de la Palestine. la connaissance de la Bible. I. il est dit que les Αφροι et Φοίνιχις (Afri et Phoenices) descendent de Canaan : voir Bauer.

Ce n’aurait pas été une exode brusque.. 60-63. Recueil cité. avaient adopté les mœurs puniques et pouvaient être regardés comme des Libyens devenus Phéniciens(3).. Il est.342 LES TEMPS PRIMITIFS. qu’il place vers la fin du XIIe siècle. se mélangeant aux indigènes : ainsi se serait formée une population que les textes anciens désignent sous le nom de Libyphéniciens(1). mais une série d’émigrations. a été la véritable cause de la fondation en Occident de plusieurs importantes colonies phéniciennes. On ne trouve donc en Berbérie aucune preuve de ces prétendues migrations cananéennes. depuis l’arrivée de Josué jusqu’à David et Salomon. 441-2. I. de diverses manières et par différentes voies. qui furent même en partie postérieurs à la chute de Carthage. des coutumes phéniciennes dans l’Afrique du Nord s’explique par les influences que la civilisation carthaginoise exerça sur les indigènes. Nous ne parlons pas ici d’un sens administratif qui parait avoir été donné à ce mot et sur lequel nous aurons à revenir. les Phéniciens de la Libye. p. Büdinger (l. 16. 435 et suiv. ils auraient occupé une bonne partie du pays. Plus tard seulement. 413. Ce furent là des faits qui se passèrent en pleine époque historique.. p. se succédant pendant plusieurs siècles. c. voir Meltzer. l. II. D’autre part. soit par les Carthaginois(2). nous ne pouvons guère discerner ce qui est vrai dans les récits relatifs à la conquête du pays de Canaan par les ____________________ 1. Ces Cananéens fugitifs auraient passé en Afrique sur les vaisseaux des Phéniciens du littoral syrien. p. Hébreux détermina réellement le départ d’un grand nombre de Cananéens agriculteurs. Gsell. 38) croit que la conquête de Josué. 3. sous la domination de Carthage. La diffusion de la langue. 436-8 . 2. c. de la religion.. 365-6. qui datent du même temps. . c. qui achevèrent la conquête. très probable que le terme Libyphéniciens désignait. Movers. Restés cultivateurs. p. au contraire. à ceux qui. on l’appliqua à des habitants de l’intérieur du pays. l. ayant l’époque romaine. c’est-à-dire les gens d’origine phénicienne qui vivaient dans les colonies fondées sur le littoral africain soit par les Phéniciens de Syrie. 2.

Ebers. soit au temps de leur puissance. 499. p. On sait que les Hyksôs. soit à cette époque. Etc. I. pendant cette période. tantôt concluant avec les Cananéens des accords plus ou moins stables. Lenormant. 222. 2. Quelle était l’origine de ces envahisseurs ? Différentes hypothèses ont été proposées . refoulés par les Hébreux. c’est fort possible. et dans Zeitschrift für Socialwissenchaft. parlaient une ou diverses langues sémitiques. 448-9) croit à des migrations de Cana- .RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Des érudits(1) ont cru qu en effet des peuplades de l’Asie occidentale(2) séjournèrent dans la vallée du Nil et que. qu’ils aient ensuite participé à la colonisation phénicienne en Occident. pendant un siècle à peine. selon d’autres. sinon tous.. VI. selon les uns. M. 2. Histoire. quoique nous n’en ayons aucune preuve. venus par l’isthme de Suez.421 et suiv. ____________________ 1. des Hyksôs aient pris le chemin de l’Occident et soient allés s’établir parmi les Libyens(3). p. 3. 46. Avant les règnes de David et de Salomon se place une période de progrès et de reculs. qui correspond à l’époque des Juges et au début de la royauté. VI. c est que beaucoup d’entre eux. II. p. 1903. 68. tout ce que l’on peut affirmer. et dont on ignore la durée. Movers. 356-8. Winckler (Altorientalische Forschungen. aient cherché refuge sur le littoral où s’élevaient les villes des Phéniciens. mais bien avant l’époque de l’entrée des Hébreux en Palestine. Leur domination fut définitivement brisée vers le début du XVIe siècle. Que. tantôt s’insinuant parmi eux. elles passèrent en Berbérie. Elle ne se fit évidemment pas d’un coup. 343 Hébreux. Des pasteurs cananéens. Mais cette hypothèse n’a qu’un rapport fort éloigné avec le récit de Procope. Mais on n’est nullement autorisé à supposer que. selon Movers. de là. p. 424-6. Celui-ci fait traverser l’Égypte à ses Cananéens fuyant devant Josué. occupèrent le Delta pendant plus de six siècles. des Cananéens. Ægypten und die Bücher Mose’s. Les nouveaux venus semblent n’avoir occupé que des îlots dont l’étendue varia : tantôt livrant des combats qui ne furent pas toujours heureux. p.

n. XX. IV. 184) : « οί μέν Λίόυες Αίθίοψιν όμοιοι. furent laissés par Héraclés dans la région de Tanger(4). qui aurait été fondée par des Grecs au retour de la guerre de Troie(2) . Vie de Sertorius. ώχισμένην δέ τό παλαιόν ύπό τών έχ Τροίας άναχομιζομένων Έλλήνων. D’après une citation d’Étienne de Byzance. μεγίστην οΰσαν. Ils auraient conquis une partie de l’Afrique du Nord. Olbiens et Mycéniens. Bône)(3). Tyr aurait étendu son hégémonis sur ces frères de race. copiant sans doute le roi Juba. selon l’historien. avant le milieu du second millénaire. Cybos. 4. 54) soutient que le nom de Mescheta est phénicien. Ils vivaient. ce qui répond à la côte orientale de la Tunisie. Diodore de Sicile mentionne une grande ville. à l’Ouest du fleuve Triton. en Sardaigne. en Espagne. par terre ou par mer. auprès d’une des deux Hippo (Bizerte. Ils se seraient même établis à Malte. Hérodote dit que les Maxyes (Μάξυες) se prétendaient descendants des Troyens(1). 2. Il ne faut pas y joindre un passage de Palémon (Scriptores physiognomoniae veteres. On ne sait pas de quel Olbia l’auteur veut parler. affirme que des Grecs. il est probable qu’elle était située dans la partie orientale de la Berbérie. p. peut-être dans le Nord-Ouest de la Tunisie ou dans le NordEst de l’Algérie. aux Baléares. Hécatée aurait indiqué une ville des Ioniens. autant qu’il semble. les uns ressemblent aux Éthiopiens et que les autres sont des Crétois . 57 : Μεσχέλαν. 3. Meschela (Μεσχέλα). Ce sont là des hypothèses en l’air. 22. 191 : φασί δέ οΰτοι εΐναι τών έχ Τροιης άνδρών. 5. comme elle fut prise par un lieutenant d’Agathocle. 2. ce qui est inexact. Le dernier s’écarte de ____________________ néens. Έχαταΐος περιηγήσει αύτής « χαί λιμήν που άχρη χαί Κυβώ ». Diodore ajoute qu’il en a parlé dans son troisième livre. III Des auteurs grecs indiquent des migrations parties des pays riverains de la mer Égée. Mouvers (II. p. Plutarque. Ces textes sont de très mince valeur(5). édit. Franz. πόλις Ίώνων έν Λιβύη Φοινίχων. Plutarque mentionne Juba aussitôt après. parmi les Libyens. οί δ’είσί Κρήτες ». dans la Libye des Phéniciens et. 9 : Έλληνιχόν έχοντι στράτευμα τών αύτόθι χατωχισμένων ύφ’ Ήραχλέους Όλβιανών χαί Μυχηναίων.344 LES TEMPS PRIMITIFS. Édit. Meineke : Κύόος. 1. Plus tard. le second membre de la phrase se . Ce texte ne signifie pas que.

218. édit. » Il n’y a pas non plus à tenir compte des noms grecs donnés à quelques villes du littoral africain : Neapolis. 3 : des Phocéens. n. ibid. 2. I. Parallela graeca et romana. comme les Perses. la Libye a eu sa part de naufragés(3) et de colons(4). Le passage d’Étienne de Byzance est altéré et il n est pas du tout certain qu’Hécatée ait parlé d’une ville ionienne en Libye(2). et p. chef thessalien. Conf. Megapolis (conf. VI. 2. 82104). in fine). s’apprêtait à sacrifier à son père. 23 (=Fragm.Le même Solin (XXV. que les anciens plaçaient d’ordinaire sur le littoral des Syrtes. 4. Hérodote. C’est peut-être trop ingénieux. 455. de Ptolémée. 3) indique des Μυχήνοι en Maurétanie Césarienne. l’autre phénicienne (en Libye) : conf. non Bizerte. mis en circulation par les Grecs qui fréquentaient la côte. 85 . 109 . Il croit que ce sont les prétendus Ίωνες d’Etienne de Byzance : Ίππου άχρα serait Hippone. 119). n° 23). [Κυβώ] έν Λιβύη Φοινίχων. fils d’Arès. 3. Wagner. Ces noms sont probablement des traductions de noms phéniciens . aurait visité la Libye (Odyssée. Le roi du pays. III. de condentium numero urbi nomen datum. Müller (édit. 7). Tissot. conf. Il s’agirait de deux villes. IV. 472. Meltzer. Les anciens ont fait errer et ont établi un peu partout les Grecs après la prise de Troie. 31) : ce n’était là qu’un développement de l’indication de l’Odyssée. 2. p. . la liste de Müller. se serait établi en Libye. furent portés par la tempête d’abord en Libye. il est à croire que. Gourneus. Peut-être doit-on lire : Κύβος. Graec. n. II. 1. Dans ces légendes. 6) indique un peuple appelé Ίόντιοι dans le pays situé à l’Ouest de Thabraca (Tabarca). Solin (XXVII. p. ils furent adoptés par les Romains. ajoute : « equites Graeci condidere ». p. Lycos.411.. 3. 429). 32. 219 .RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. mais ce mot désigne ici le pays situé entre l’Égypte et la grande Syrte (Hérodote. — Le roi Juba racontait qu’en revenant de Troie. I. πόλις Ίώνων. p. compagnons d’Ajax. Aphrodision. 184. Il est vrai que certains prétendaient que Ménélas avait fait le tour de la Libye. 616) fait une autre conjecture. Diomède fut jeté sur les côtes de la Libye. p. Hist. les Olbiens et les Mycéniens de Juba étaient de prétendus ancêtres de peuples africains dont le nom était à peu près semblable(1). I. — Une autre légende installait aussi en libye des Loeriens. on doit aussi laisser de côté les contes qu’ont fait éclore des étymologies absurdes. inciunt moenia . Ce fut la tempête qui poussa Ulysse au pays des Lotophages (Odyssée. — Naturellement. ne quis inposito a se nomine privatim gloriaretur. 345 lui-même par le rôle qu’il attribue à Hercule . p. 17. sur le fleuve Cinyps (entre les deux Syrtes) : Apollodori Bibliotheca. 2. conf. il n’est guère vraisemblable ____________________ rapporte aux Ibères (voir le contexte) et Κρήτες doit être corrigé en Κελτυΐς : conf. en passant par Gadès (voir Strabon. IV. I. revenant de Troie. Strabon. — Thucydide. à p. IX. Mèdes et Arméniens d’Hiempsal. ad locum. par conséquent près d’Hippone. expliquant par le mot grec ίππεΐς le nom des deux Hippo. dans ses courses errantes. 2. 17) dit qu’Icosium (Alger) vient d’είχοσι et justifie ainsi cette étymologie : « Hercule illa transcunte viginti qui a comitatu eius desciverant locum deligunt. Il remarque que Ptolémée (IV. ac. Pseudo-Plutarque. mais sa fille Callirrhoé délivra l’étranger. l’une Ionienne. Celui-ci se rembarqua sans se soucier des tendres sentiments de sa bienfaitrice. puis en Sicile. Ptolémée( IV.. — Ménélas.

d’une époque où les ancêtres des Hellènes auraient visité les côtes africaines. les Argonautes. peut-être existence en certains lieux d’un culte de l’Hercule phénicien(3). 429 et 456. 464 . ambitions coloniales qui cherchaient à stimuler le zèle populaire en invoquant des précédents(2) . Héraclès. conf. Meltzer. c. Hérodote. les Locriens Ozoles). ils étaient allés fonder la ville d’Uzalis. 93. on prétendait que des Locriens Ozoles avaient abordé dans la Pentapole(en Cyrénaïque). Mais il ne faut pas voir dans ces légendes des souvenirs. 210). 110. Kerkenna. ils se seraient fixés autour des Syrtes . IV. ils auraient pris possession de certaines îles voisines de la Libye (on disait que l’île de Cercina. On peut proposer diverses explications : désir de rattacher à des régions que les Grecs commençaient à connaître des exploits qui se perdaient auparavant dans un vague lointain .. Tissot. ____________________ fils d’Oilée : Virgile. dans Geogr. Quant au prétendu établissement des Locriens sur la petite Syrte.. Selon d’autres opinions. même très troubles. p. 207) ? 1. XI. peut-être a-t-il été inventé pour expliquer le nom d’un lieu qu’un document géographique de l’époque romaine. I.. . Il est difficile d’indiquer pour quelles raisons des fables grecques ont transporté dans le Nord-Ouest africain certains héros mythiques. 180. l. p. et III. On racontait aussi qu’ayant abordé à Tinneia. I. I. 2. I. min. Persée. 194. avait été occupée par eux) . min. que la tradition rapportée par Diodore mérite plus de confiance. ils se seraient avancés jusqu’à l’oasis d’Ammon sous la conduite d’un bélier. tandis qu’ils laissaient pousser leurs cheveux à droite : modes inconnues des sujets de Priam et qui rappelaient au contraire celles d’autres tribus africaines(1). ad locum. Tinneia parait être une altération d’un mot qui aurait signifié pêcherie de thons.346 LES TEMPS PRIMITIFS. Il convient aussi d’écarter les conclusions qu’on a tirées de l’étude des dialectes berbères et de l’onomastique de la Berbérie. 333. 3. 399). le Stadiasme. D’après des indications données par Servius (Comm. 265. gr. p. Conf. Voir plus haut. Ce dernier détail a évidemment pour origine un jeu de mots (Uzalis et Όζόλαι.. Faut-il le rapprocher des Ταριχεΐαι qui se trouvaient au lac des Bibân (Périple de Scylax. p. 86 . I. p. Énéide. appelle Λοχροι et qui était situé entre Sabratha et le lac des Bibân (Geogr. Nous ignorons comment Hérodote a su que les Maxyes se disaient Troyens. Ces gens se barbouillaient le corps en rouge et se rasaient la partie gauche de la tête. gr. l75. Tissot. p. ils auraient été les ancêtres des Nasamons .

79. n. 716-7 . 75. Voir aussi la référence indiquée p. p. il périt 222 Shagalasha et ____________________ 1. 214. roi des Lebou. . 37. 3. moins cependant que les Africains. . Ils étaient nombreux. 199. l. IV-VI. Akademie der Wissenschaften. dans Abhandlungen der bayer. 320. Le même. 4. selon ce savant. Aux derniers siècles de cette longue période. die Insel Malta im Altertum. vers 1220. On ne doit cependant pas nier la possibilité de certaines relations entre les habitants du littoral de la Berbérie et les peuples qui occupaient les îles et les côtes de la mer Égée à l’age du bronze. dans la Revue tunisienne. p. en Espagne(2). dans la victoire que les Égyptiens remportèrent. c. 78. des Loukou. Bertholon obtiendront difficilement l’approbation des linguistes. des Shardana. des Shagalasha. Ceux-ci étaient des Akaïouasha. 76. Mais les rapprochements de M. Il est également certain que. 398. en Sicile. p. Mayr. p. 1897-1899 . en Sardaigne. envahit le Delta avec une armée composée d’Africains (Lebou. Déchelette. 3. 2. Mâraîou. 2. M. les indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de l’Égypte entretinrent des rapports avec les riverains de la mer Égée. de plusieurs migrations venues des rivages égéens dans le cours du second millénaire(1). des Toursha. manuel d’archéologie préhistorique. 59. Les premiers colons de souche européenne dans l’Afrique du Nord.. Sous Ménephtah. XXI. 347 Dans un grand nombre de noms et de mots africains. pendant le troisième et le second millénaire avant J: C. Kahaka) et de gens venus des « pays de la mer ». Des vaisseaux venus des rivages qui appartinrent plus tard aux Grecs parcouraient donc le bassin occidental de la mer intérieure. Voir en particulier Déchelette. dans la deuxième moitié du second millénaire. p. II. 80 et suiv.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Mashaouasha. 6365 Lebou furent tués. 77. Bertholon a cru retrouver des noms et des mots appartenant à des idiomes étroitement apparentés à la langue grecque témoignages. Ière Classe. 60. 329. aux Baléares. le même. des objets fabriqués dans des pays du Nord-Est de la Méditerranée furent importés en Sicile(3) et en Sardaigne(4). Des influences de la civilisation égéenne se sont alors exercées à Malte.

Revue archéologique. les Shardana et les Shagalasha étaient aussi. ou même des mercenaires Plus tard. 360. n. Les Égéens auraient dû exercer une influence pro____________________ 1. étaient vraisemblablement établis dans le Nord de la mer Égée et dans l’Ouest de l’Asie Mineure. les Toursha. 4). p. II. p. p. comme les appelaient les Égyptiens. Reinach. 4. p. 3.348 LES TEMPS PRIMITIFS. L’inscription de Karnak qui nous fait connaître l’invasion de Mâraiou ne prouve point. il ne faudra pas s’en étonner. 1904. p. 432. c. n. Des Shardana servirent comme mercenaires dans les armées égyptiennes depuis la dix-huitième dynastie : A. se soient établis en masse dans l’Afrique septentrionale et soient identiques aux Lebou et aux Mashaouasha. 742 Toursha(1). — Que certains peuples de la mer. où s’élevèrent les villes de Sardes et de Sagalassos(3). à l’Ouest du Delta : ceux qui combattirent dans l’armée commandée par le roi des Lebou pouvaient n’être que des alliés récemment débarqués. des Loukou furent au service du roi des Hittites : Maspero. J. — Pour ces différents peuples. enfin es Akaïouasha sont peut-être identiques aux Achéens(4). 214 (n. Or les Loukou devaient habiter la Lycie(2) . des peuples de l’Asie Mineure. p. l. ces prétendus Troyens. II. II. n. 308. 766. Maspero. II. qui rappellent leurs noms . 1910. l. 3. 390 (n. que des colons venus des mêmes régions s’y soient établis. 65-67. I. 372. p.. I. 5. que les Toursha et autres aient eu des colonies sur la côte de la Libye. 339. Il est possible aussi que des Shardana soient allés occuper la. 1). qu’on peut identifier avec les Tyrsènes. . Au temps de Ramsès II. 2. à laquelle ils auraient donné leur nom.. cela n’est pas certain : voir Weil. il est vrai. 53 . 2 . nous parait très contestable : voir plus loin. Maspero. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. 380. c. L’identification des Mashaouasha avec les Maxyes d’Hérodote. Ces constitutions ne nous autorisent pas à affirmer que des marins du Nord-Est de la Méditerranée aient visité les cotes de la Berbérie. Mais si des découvertes ultérieures dissipent toute incertitude. des Toursha vinrent se fixer dans la Méditerranée occidentale et formèrent la nation des Étrusques. Revue archéologique. Sardaigne. 361. plus haut. p. c’est ce dont on a aucune preuve (conf. n. semble-t-il. 3). 2. Maspero. Les preuves manquent aujourd’hui. p. voir d’une manière générale la carte de Maspero. 398. Maspero. 430 et suiv. p.

RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. — Quant aux prétendus emprunts des Grecs aux Libyens. Je ne suivrai pas M. l. p. 88. dit-il. de la vigne (P . Pour les cultures et les animaux domestiques. 202. Stuhlmann. P. 1912) est très disposé à leur reconnaître cette influence. peint en noir ou en rouge sur une couverte claire. tout cela serait ou pourrait être d’origine égéenne. 2. ces objets présentent des ressemblances véritablement frappantes avec des poteries qui se fabriquaient dans la Méditerranée orientale au premier âge du bronze (troisième millénaire) et qui sont surtout connues par des trouvailles ____________________ 1. p. 237 (n. Le même auteur affirme (IV. . 55). aient été imités des modèles importés. Reinach. n. 212. Études d’ethnographie algérienne (extrait de la Revue d’ethnographie et de sociologie 1911). si la représentation de ce bouclier sur une gravure du Sud oranais était certaine (conf. que les boucliers à échancrures latérales.) que les exclamations répétées et bruyantes (όλολυγή) proférées par les Grecs dans les cérémonies religieuses lui paraissent être d’origine africaine : car les femmes libyennes en font un usage fréquent et remarquable (ce qui rappelle à la fois les you-you des femmes berbères et les ίού ίού des anciens Grecs). 4. Stuhlmann sur ce terrain : quand on ne sait rien.. Des Hamburgischen Kolonialinstituts. figurés sur les gravures rupestres. les femmes font des vases à décor rectilinéaire. 236 (n. n. à un vêtement de dessus en cuir de chèvre. p. ils sont ou très contestables. que portent les femmes libyennes. Dans de nombreuses tribus. de l’olivier. 2). nous l’avons dit (p. van Gennep(4) croit cependant que la céramique berbère apporte le témoignage désiré. Par leurs formes et leur ornementation. 189) que les Grecs ont emprunté aux Libyens l’égide qu’ils donnent à Athéna : l’égide ressemble en effet. les hypothèses d’emprunts faits aux Libyens par les ancêtres des Grecs sont sans valeur : voir plus haut. Or nous avons vu(2) que les objets caractéristiques de l’âge du bronze font presque entièrement défaut dans les inventaires archéologiques de l’Afrique du Nord(3). Il est vrai que M. I. 50) que Poséidon est un dieu Libyen. X. c. Ces comparaisons ethnographiques sont curieuses : c’est sans doute tout ce qu’on en peut dire. 208-9). Il est douteux. 62 et suiv. Conf. répandre surtout parmi eux l’usage du métal. 120. métier vertical sur lequel les femmes tissent des étoffes de laine (p. 263. p. J. 93). teint en rouge et orné de courroies formant des franges. 227. 146. p. ou imputables aux colons qui vinrent s’établir en Cyrénaïque au VIIe siècle. introduction du cheval (p. 1910. adopté par les Grecs : il s’agit sans doute d’une divinité africaine assimilée au Poséidon hellénique. 124. mieux vaut ne rien dire. Culture du figuier. M. 349 fonde sur la civilisation des indigènes(1). 89. 97). 146). Revue de l’histoire des religions. 10). mode de construction des maisons de l’Aurès (p. dans Abhandl. Hérodote se trompe évidemment quand il dit (II. 6). On pourrait supposer que les Libyens avaient emprunté le bouclier rond aux Shardana ou à d’autres peuples de la Méditerranée orientale (voir A. Stuhlmann (Ein kulturgeschichtlicher Ausflug in den Aures. Il indique aussi (ibid. 3. 1).

T. pris le nom de Sardos. 1911. 2. 1911. dans l’île de Malte(2). faites dans l’île de Chypre. Peel. Mais il ne faut pas oublier que tous les produits actuellement connus de la céramique berbère sont modernes(4). p. Institut français d’archéologie. des Libyens auraient. La même céramique s’est rencontrée en Sicile. Les Libyens ne chassèrent pas les indigènes. 2 : ΙΙρώτος δέ διαβήναι λέγονται ναυσίν είς τήν νήσον Λίβυες ήγεμών δέ τοίς Λίβυσιν ήν Σάρδος ό Μαχήριδος Ήραχλέους δέ έπονομασθέντος ύπό Αίγύπτίων τε χαί Λιβύων. 601) a découvert cependant dans le Nord-Ouest de la Tunisie. 56-57. des débris de poteries « décorées de traits géométriques et de fleurs. 41-45. d’époque indéterminée. 7. Bull. d’une part. van Gennep soit. 215-9. 47-51. Peut-on expliquer ces ressemblances sans admettre l’hypothèse d’origines communes ? M. Pausanias (X. Sardus(7). XIX. mais il ne dit pas quand ils y seraient venus. et avec la céramique moderne des Kabyles. 3. IV Nous avons passé en revue les textes relatifs à de prétendues migrations vers le Nord-Ouest de l’Afrique. ajoute Pausanias. Ils auraient eu pour chef un fils d’Hercule. dans des habitations et des tombes qui datent du début de l’age du bronze(1). p. Leur aspect et leur ornementation révèlent des affinités très réelles avec certaines poteries de la Carthage punique. Quoique L’opinion de M. 17. mais ils se mêlèrent à eux. 1909). V-VII. Dijon. vivant . ____________________ 1. 1893. à notre avis. au contraire. 17. p. p. constituent ainsi un chaînon qui manquait jusque-là. nous estimons qu’il faut attendre pour l’adopter des découvertes attestant que cette classe de poteries est vieille dans le Maghrib de plus de quatre mille ans(5). « L’île. E. On en a aussi recueilli quelques exemplaires. 6. 5. Mémoires. Je ne serais guère disposé à lui donner raison. » Je n’ai pas vu ces tessons. séance du février 1912. 774 . d’autre part. die Insel Malta im Altertum. di paletnologia italiana. the Stone and bronze age in Italy and Sicily (Oxford. 8) parle aussi d’une occupation de la Corse par des Libyens. Orsi. exécutés au pinceau. Carton (Association française pour l’avancement des sciences. Dussaud le pense(3). Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Pausanias.350 LES TEMPS PRIMITIFS. parmi les ruines romaines de Bulla Regia. conf. occupé la Sardaigne(6). Mayt. probable. 4. p. M. X. Il importerait de mieux connaître le développement chronologique de cette céramique dans les autres pays méditerranéens. pl. Selon quelques auteurs.

Monnaies de la République romaine. p. 250) la prétendue ressemblance du nom de la Sardaigne (Σαρδώ en grec) avec les noms de Saldae et de Sardaval. graec. » Silius Italicus. 324). 1 (Sardus. hist. 462. A. Ilienses. ce qui est peut-être une allusion à son origine africaine : Babelon. Serie terza. p. 6 (si c’est bien une coiffure de plumes . Peut-être étaient-ce des nomades d’Afrique. 89-91) ne m’a pas convaincu que l’analogie de certaines coutumes des anciens Sardes et de divers peuples africains (pratique de l’incubation. à l’époque punique. p. d’autres reconnaissent un modius : Pais. J: Reinach. dit Pausanias. D’autre part. VII. Memorie della classe di scienze morali. L’Héraclès dés Égyptiens et des Libyens dont il aurait été le fils était. On a rapproché leur nom de celui d’Iol. a donné son nom à l’île). p. n° 93). 6. il y avait en Sardaigne un peuple que les Grecs et les Latins appelaient Ίολάειοι. graec. fils d’Hercule. a-b =Fragm. X. l’armement et le genre de vie des Libyens(3). Ίολαεΐς. Revue archéologique. 219-232 .. Aucun texte n’indique que ces hommes soient venus d’Afrique. I. 1910. n° 137).. dont il est question dans un fragment de Nicolas de Damas (Fragm. Ίλιεΐς.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. comme paraîtrait l’indiquer la comparaison de ce texte avec un passage d’Hellanicus (apud Athénée. ex sese mutavit nomina terrae Solin. 359-360 : Libyci Sardus generoso sanguine fidens Herculis. car les uns et les autres étaient incapables de fonder des villes. assurément fictif. — M. 7. surnommé Μάχηρις. etc. I. nom qui est probablement une déformation de Melqart. Je ne sais s’il convient le parler ici des Σαρδολίβυες. 1910. hist. 17. XII. 463. 223-4 et fig. . Pettazzoni (Revue d’ethnographie et de sociologie. 57. 3. 1881. 1. ville et fleuve de Maurétanie. 1910. III. Je ne crois pas qu’on puisse invoquer (Pais. I.) démontre une « connexion ethnique sardo-africaine ». p. en même temps que le personnage. p.. 25. Xl. p. p. Cette légende renferme donc un élément phénicien : elle doit peut-être son origine à la conquête de l’île par les Carthaginois. qui l’aurait dirigée. voir aussi Rendiconti dell’ Accademia dei Lincci. . venu de Libye. 1. 351 Il nous est impossible de dire s’il convient de rejeter cette invasion dans le domaine de la fable(1). c. p. Mais Pausanias(2) affirme qu’ils avaient tout à fait l’aspect. dans Alti dell’ Accademia dei Lincei. la tête surmontée d’une coiffure de plumes. et qui. Ces coutumes ont été constatées chez bien d’autres peuples. divinité adorée par les Carthaginois et ____________________ comme ceux-ci dispersés dans des cabanes et dans des grottes. occupait les régions montagneuses. qui semblent y avoir établi de nombreux Libyens. 2. — Une monnaie qui parait avoir été frappée en Sardaigne au Ier siècle avant notre ère représente ce « Sard(us) Pater ». IV. fig.

une légende qui faisait venir des Troyens en Sardaigne. V. 2. der bayer. 3. de là. p. offrent des ressemblances avec les nombreux tombeaux cylindriques en pierres sèches qu’on nomme chouchets en Berbérie(3). M. des Libyens sont allés peupler les Baléares. 25). . D’ailleurs la ressemblance des noms est peut-être fortuite. 203-300 . p. même si l’on admet une véritable parenté entre ces diverses constructions. comme le dit Pausanias (X. Les tours dont nous parlons offrent des chambres rondes voûtées à encorbellement. s’est conservé fort longtemps. et l’on ne saurait dire si ce rapprochement a plus de valeur qu’un autre. Les chouchets dont l’époque peut être déterminée sont beaucoup plus récentes que ces monuments des îles. 717-720) . une hypothèse assez téméraire.. conf. Faut-il voir en eux des Libyens ? C’est là. Conf. Pais. 622.. neveu d’Héraclès(2). Il n’est nullement prouvé qui Iol ait été un dieu africain. c. p. 17. 7). ou. vers le début de l’âge de bronze. amenés en Sardaigne par Iolaos. 300 . Mais les comparaisons archéologiques qu’il fait ne me paraissent pas convaincantes. Pais. qui. 1908. 6). comme tant d’autres choses dans l’Afrique du Nord. fait par quelques anciens : ils prétendaient que les Ioléens étaient des Grecs. avec des couloirs d’accès : dispositions qui manquent dans les chouchets. Insel Malta. à la suite d’une nouvelle immigration de Libyens. Pais (l.352 LES TEMPS PRIMITIFS. la Sardaigne. p. qui aurait été plus importante que la première et qui aurait eu lieu beaucoup d’années après la guerre de Troie. Cependant je croirais volontiers qu’il s’agit d’un type de sépulture très ancien. 274). 312. comme aussi les sesi de l’île de Pantelleria et les talayots des Baléares. Mayr (Abhandi. l.. il n’est pas nécessaire de supposer qu’elles se soient répandues à travers la Méditerranée par suite de migrations importantes(4). X. Ces Ioléens ou Iliens se seraient réfugiés dans les montagnes à la suite des conquêtes carthaginoises (Diodore de Sicile. XL. Pantelleria. malte. Akademie. ____________________ 1. identifiée par les Grecs avec leur Iolaos(1). Les tours appelées nuraghi en Sardaigne. et non phénicien. Mais. l. c. 17. A la suite de M. 4. Issel. p. Liguria preistorica. 270. c. 62-64) croit que. je crois. XXI. On rapprocha aussi ce nom de celui d’Ilion . dans Atti della Societa ligure di storia patria. — Il y a cependant des différences très notables. où ils se seraient mêlés aux Grecs (Pausanias. Gozzo. p. p. qui paraissent dater en général de l’âge du bronze.

4. — Un fragment d’une statue de Thoutmosis Ier a été trouvé à Cherchel (Gauckler. vaste muraille autour du djebel Bou Taleb (Jacquot.— L’Hercule égyptien qui aurait atteint et même franchi le détroit de Gibraltar (Diodore. Rec.). 101 . 102 : conf. Pausanias. Méla. vers le même temps. Voir d’autres rapprochements onomastiques aussi fragiles dans Tissot. II. Melpart (conf. XLV. en réalité. L. p. 251-3. et Y. Capart (les début de l’art en Égypte. sont mentionnés des Mashaouasha. Histoire. le cheval a été introduit d’Égypte en Berbérie(2). III. 1908. D’autres Mashaouasha servaient déjà dans . Des relations directes se sont-elles établies entre les indigènes de cette dernière contrée et les habitants de la vallée du Nil(3) ? Sous les règnes de Ménephtah (fin du XIIIe siècle)(4) et de Ramsès III (début du XIIe siècle)(5). qui tentèrent à plusieurs reprises. Ksar Faraoun. 1911. 3 (il les explique d’ailleurs par l’affinité des deux langues). mais sans succès. c. Les gravures rupestres représentant Ammon-Soleil attestent que. dans l’Aurès (Masqueray. 1. p. pays du Sahara algérien. que l’Hercule phénicien. 456. II. — Le nom de Faraoun apparaît çà et là dans l’onomastique de l’Afrique du Nord : par exemple. Peut-être cette statue. l’antique Volubilis. 33. Méla. comme une autre œuvre égyptienne découverte récemment dans le même lieu. VIII. Musée de Cherchel. CCLIV-V. Krett Faraoun. 85-86. une statuette de l’époque ptolémaïque (Bénédite. Comment est-il Venu là ? Nous l’ignorons. Mais l’inscription sur laquelle on s’appuie ne dit rien de tel : voir la traduction donnée par Maspero. I. 3. I. îlots du chott el Djerid (Tissot. 233. archéologique du Comité. p. 74 . Philostrate. dès une époque lointaine. 471. 210 (et n.. I. 82) . 46 . Vit. Nous avons aussi indiqué les raisons qui nous font penser que. — Je pense que M. Voir p. djebel Faraoun. p. soumirent tout le littoral libyen. a-t-on dit. 146) . et pl. etc. 258) ne tiendrait pas à insister sur le rapprochement qu’il a fait entre le Touat. 273 et suiv. au Maroc (C.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES.. l). p. 71) : « Thoutmos III aurait. p. III. XLIII. p. fut-elle un objet de curiosité. apporté à Caesarea aux environs de notre ère. Bull. II. P. écrit Tissot (Géographie. Écartons une série d’arguments sans valeur. Bull. 11. Histoire. p. Maspero. 5.. XI. 45-54 . Apoll. p. 2. d’envahir l’Égypte. X. 353 ____________________ 1. 432. un culte égyptien a pénétré jusque dans le Sud oranais(1). » Cette enquête de Thoutmosis III (au XVe siècle) serait un fait très important.. 427. II.). p. de correspondance africaine. 2). 1885. 426). 459. 2072). p. 17. Kasimirski. 2e édit. 99-100 . probablement dans la deuxième moitié du second millénaire. étendu sa domination jusqu’en Algérie. II. « Les flottes de Thoutmès III. 4-5) n’était autre. fig. Nkal Faraoun. 1). I. III. et la région infernale à laquelle les anciens Égyptiens donnaient le même nom. n. Mais ce nom a été introduit dans le pays par les Arabes : il est plus d’une fois question de Pharaon dans le Koran (trad. I. p. » D’Arbois de Joinville dit de son côté (les Premiers habitants de l’Europe. Maspero. p. VII. p. de Constantine. XLVII).

552. Histoire. Chronik des Hippolytos. c’est-à-dire en Tunisie . 102) sont mentionnés en Afrique des Μαχουαχοί. 52 et 64. 6. mais rien ne permet de croire qu’une seule tribu des pays situés à l’Ouest de la Cyrénaïque figure dans les inscriptions de Thèbes(7). car l’auteur d’une des versions latines et celui de la Chronique pascale l’ont voulu ainsi). 388. p. I. analysé par Diodore de sicile . III. les armées de Ramsès II(1). II. 80-81. 4. De Rougé. les Mashaouasha dont il est question dans les inscriptions hiéroglyphiques devaient habiter beaucoup plus près de l’Égypte. les Mazaces. p. Quant aux indigènes de la Berbérie. p. 7. Conf. Revue archéologique. » Conf. Plusieurs savants(3) les ont identifiés avec les Μάξυες qu’Hérodote(4) signale à l’Occident du fleuve Triton. 765-8 . supra. IV. Maspero ajoute (III. p. 552) : « Vue de ces révolutions fréquentes au désert avait chassé ceux-ci (les Mashaouasha) de leurs territoires au voisinage de la vallée et les avait transportés fort loin à l’Occident. Dans le manuscrit de la Chronique de saint Hippolyte (Bauer. En tout cas. 64. les Mazices. III.354 LES TEMPS PRIMITIFS. p. p. depuis le XIe siècle jusqu’au VIIe. 281. 489. 3. 499. p. sur les bords du fleuve Triton. II. 4 .. que divers textes indiquent dans la Berbérie actuelle(5). Ière édit. Maspero. Meyer. 300. Géographie. avec laquelle ils eurent tant de rapports(6). les Maxitani. des Africains que l’on désignait sous ce nom formèrent dans la vallée d’importantes colonies militaires. 161. Geschichte der Kartager. ____________________ 1. 84. p. Il est surprenant qu’on ait voulu retrouver un fond de vérité historique dans un plat roman de Denys de Millet (Dionysios Seytobrachim). n. II. Tissot. die Geographie der Nechbarländer Aegyptens. 2e édit. p. p. Geschichte des Alterthums. ont pu aller rejoindre les Mashaouasha ou les Lebou et pénétrer dans le royaume des Pharaons. II. I.460. ce fut sans doute par l’intermédiaire des Libyens orientaux qu’ils subirent quelques influences égyptiennes. I. 5. peuple maurétanien. Maspero. soit en ennemis. Certains d’entre eux. p. Brugsch. Il ne nous parait pas que la ressemblance des noms soit assez grande pour justifier ces rapprochements. n. et. 1867. p. Études sur l’antiquité historique. 344. au service du souverain ou des seigneurs féodaux(2).. M. on a aussi invoqué les Μάζυες. tentés par les aventures lointaines. p. Chabas. soit comme mercenaires . comme l’indique une autre version latine (Bauer. I. 191. 1. 103). N’y cherchons pas des descendants des Mashaouasha. p. 430. Maspero. p. Il s’agit des Baquates. p. Meltzer. 2. E. 237. Meltzer. C’est simplement un nom estropié (sans doute depuis fort longtemps.

3. 565 et suiv. 180-185). Conf. p. les Berbers. ils s’inspirent de traditions dont la source lointaine est la série de généalogies énumérées dans le chapitre X dé la Genèse(3). Myrina. 183-4. 2. p. par dédain. Les savants modernes ont présenté bien des hypothèses sur les peuples qui seraient venus s’établir en Afrique. Ibn Khaldoun. 419 et suiv. Il faut tenir compte aussi du rapprochement qui parait avoir été fait entre le mot berbère aguellid. Parfois.. p. . I. IV. 3) et Djalout (Goliath) : il en résulta que celui-ci fut donné pour roi ou pour anccêtre aux Berbères qui vivaient. 4. ou tout au moins à certaines tribus puissantes. III. reine d’une nation d’Amazones à l’extrémité occidentale de la Libye. Basset. IV. après divers exploits dans cette contrée. II. XIII. ou qui en seraient sortis. traverse l’Égypte. Histoire des Berbères. I. 431-5. p. de Slane. p. 2. Fournel. I. Nédromah et les traras. qui était alors le centre du monde pour les musulmans et qu’ils regardaient comme le berceau de l’humanité. Voir l’exposé d’Ibn Khaldoun. cité par Ibn Khaldoun. p. Les uns. rattachent les Berbères à la postérité de Cham le Maudit et les font venir des pays syriens. Tous ces auteurs font venir les Berbères de l’Asie occidentale. trad. l’origine que les musulmans considéraient comme la plus noble(4) : ils en font des Arabes.. la Syrie. . ibid. près de l’Océan. des frères de race du Prophète. p. p. n. 36-40 . On trouve même des traces du récit de Procope : Ibn el Kelbi. 1. Les autres attribuent à ce peuple. disait-on. 53-55) . 177. Il faut se résigner it ignorer les événements ____________________ (III. V 355 Nous n’insisterons pas sur les indications très diverses données par les écrivains arabes au sujet de migrations qui auraient peuplé l’Afrique du Nord dans des temps très reculés(1).RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. où elle finit par être tuée par des Thraces et des Scythes. 173-185 (et aussi III. De Slane. Conf. p. en Palestine : voir de Slane. C’est bien à tort que Movers les a prises au sérieux(2) : elles n’ont aucune valeur historique. Nous avons indiqué la plupart d’entre elles et montré combien elles sont fragiles. p. l’Arabie. 572. roi (conf. comme les légendes anciennes. l’Asie Mineure. se dirige vers l’Orient. 2. n. 33-34. 310. Die Phönizier. supra. Il faut les écarter.

chouchets d’Afrique et tours de l’âge du bronze dans les . Les recherches des anthropologistes. Influences religieuses égyptiennes durant le second millénaire. Dans la nomenclature géographique. A la lisière du Sahara. il est permis d’ajouter les ressemblances de certaines constructions en pierres sèches : dolmens d’Afrique et dolmens élevés dons l’Ouest de l’Europe au troisième millénaire. C’est déjà beaucoup de pouvoir constater ces liens. cheval. du Nord-Est de l’Afrique. Ressemblance des industries paléolithiques anciennes au Sud-Ouest et au Nord-Ouest de la Méditerranée . chien. Parenté de la langue libyque avec d’autres langues parlées dans tout le Nord-Est de l’Afrique. A cette énumération. des linguistes. de l’industrie néolithique récente au Sahara et en Égypte . dans le cours du second millénaire. existence d’Éthiopiens. Introduction probable d’Orient en Berbérie de plusieurs animaux domestiques : chèvre.356 LES TEMPS PRIMITIFS. des archéologues ont établi une série de faits importants Parenté physique des indigènes de la Berbérie avec les populations du Sud de l’Europe. probablement apparentés à d’autres peuples du continent africain. quoiqu’on ne puisse pas encore s’arrêter à des conclusions précises. d’une part. existence de blonds qui nous rappellent ceux du Nord de l’Europe. qui ont créé des liens entre les habitants du Nord-Ouest africain et ceux d’autres contrées. mouton. des industries paléolithique récente et néolithique ancienne dans le Tell et dans le Sud de la péninsule ibérique . Dans la Berbérie même. peut-être des indices de la diffusion d’une ou plusieurs mêmes langues dans le Nord-Ouest africain et dans l’Europe méridionale et occidentale . d’autre part. à l’époque néolithique ancienne. peut-être aussi dans quelques régions de la Berbérie. sans que nous puissions affirmer qu’ils soient venus de cette contrée .

la communauté d’origine des langues supposent des migrations importantes. mais non pas d’en faire un faisceau pour échafauder quelque système. les relations. les influences probables. Les industries. 357 îles de la Méditerranée occidentale. malgré l’absence de preuves. de quelle manière ces mouvements de populations se sont accomplis. depuis la Sicile jusqu’à l’île de Chypre.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. dont l’histoire nous échappe entièrement. . les croyances ont peut-être propagés sans conquête violente et par un petit nombre d’individus. mais il est impossible de dire dans quelle direction. Il convient de noter les parentés. la presque identité de la céramique berbère moderne à peintures géométriques et de celle qui était en usage au troisième millénaire dans la Méditerranée. On a vu que. mais avec plus de réserve. Nous pouvons ajouter également. une très longue suite de siècles. car il i agit de faits s’échelonnant sur. les animaux domestiques. Les ressemblances physiques. nous sommes enclin à faire remonter aux temps préhistoriques l’adoption de ces types de sépultures en Afrique. les types de constructions.

358 LES TEMPS PRIMITIFS. .

. avaient fondé beaucoup de colonies sur les côtes de la Libye et un certain nombre d’autres dans les parties occidentales de l’Europe. Nous sommes malheureusement très peu renseignés sur cette colonisation. selon Diodore(2). 20 : Φοίνιχες. de reconnaître les sources : voilà ce dont nous disposons.LIVRE III LA COLONISATION PHÉNICIENNE ET L’EMPIRE DE CARTHAGE CHAPITRE PREMIER LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD FONDATION DE CARTHAGE I On peut admettre que la colonisation phénicienne marque pour l’Afrique du Nord le début des temps historiques. » Ces établissements. « Les Phéniciens. écrit Diodore de Sicile(1). πολλάς μέν χατά τήν Λιβύην άποιχίας έποιήσαντο. etc. ____________________ 1. c. sinon impossible. Quelques textes tardifs. depuis une époque lointaine. L. qui. naviguaient sans cesse pour faire le commerce. 2. auraient été antérieurs à la fondation de Gadès. έχ παλαιών χρόνων συνεχώς πλέοντες χατ’ έμποριαν. V. dont il est malaisé.

Ab iisdem post paucos annos in Africa Utica condita est. « qui parvinrent au delà des Colonnes d’Héraclès et fondèrent des villes dans ces parages. on voyait encore de son temps.. 4. nous lisons qu’ « Utique passe pour avoir été fondée par les Phéniciens 287 ans avant Carthage. Dans un traité attribué à tort à Aristote(6). XVI. 3. » 5. Cette date concorde avec celle de Pline. 1178 ans plus tôt.. 8. Utique aurait donc été fondée en l’année 1101 avant J. . événement qui il place environ quatrevingts ans après la prise de Troie. C’est. 14 : τούς Φοίνιχας. in ultimo Hispaniae tractu.. Utique fut aussi fondée par les Tyriens. EMPIRE DE CARTHAGE.-C. des poutres en cèdre de Numidie. 134 : . à Utique. Memorabile et Uticae templum Apollinis. Velleius Paterculus mentionne le retour des Héraclides dans le Péloponnèse.. ώς άναγέγραπται έν ταίς Φοινιχιχαΐς ίστοριαις.. qui dominait sur la mer. 2. χαί τής Ίβηρίας χαί τής Λιβύης τήν άρίστην οΰτοι χατέσχον πρό τής ήλιχίας τής Όμήρου. » 6.. à l’extrémité de l’Espagne et au terme de notre monde . Il dit ailleurs(2) que les Phéniciens possédaient le meilleur de l’Ibérie et de la Libye avant l’époque d’Homère. plurimum pollens mari. De mirabilibus auscultationibus. dans l’état où elles avaient été placées lors de la fondation de cette ville. I. 7.. c’est-à-dire vers 1110 avant notre ère(3). 4. fonda Gadès..360 COLONISATION PHÉNICIENNE. ubi cedro Numidica trabes durant ita ut positae fuere prima urbis eius origine. Pour la date qu’il assigne à la prise de Troie voir I. ____________________ 1. Strabon(1) parle des navigations des Phéniciens. 2. comme cela est écrit dans les histoires phéniciennes(7) ». οί χαί τά έξω τών Ήραχλείων Στηλών έπήλθον χαί πόλεις έχτισαν χάχεΐ χαί περί τά μέσα τής Λιβύης παραλίας μιχρόν τών Τρωιχών ύστερον. 216 . III. peu de temps après la guerre de Troie ». 4 : « Ea tempestate et Tyria classis. annis MCLXXVIII. une compilation qui ne date peut-être que du IIe siècle de notre ère.. ή (=Ίτύχη) : πότερον χτισθήναι λέγεται ύπό Φοινίχων αύτής τής Καρχηδόνος έτεσι διαχοσίοις όγδοήχοντα έπτά. peu d’années après. L’Histoire naturelle de Pline fut dédiée à Titus en 77. la flotte tyrienne. si nous plaçons la fondation de Cartlage en 814-813. 3. 2. in extremo nostri orbis termino. Gadis condidit. I.2 : Φοινίχων ναυτιλία. comme aussi vers le milieu de la côte de la Libye. et il ajoute(4) : « A cette époque. » Selon Pline l’Ancien(5). au temple d’Apollon.

Pomponius Méla (I. Utique est très probablement un nom phénicien : diverses étymologies ont été proposées. 8. 34) dit seulement que les fondanteurs d’Utique furent des Phéniciens : « Utica et Carthago. veteresque ante arces condita Byrsae. V. p. XLIX. 2. disent. Utica. urbibus genitis Lepti. 76 . I. Justin(2). soit dans l’île de Chypre(9). indique du moins que Lixus était une vieille colonie phénicienne(13). ambae a Phoenicibus conditae. jud. 241-2 : Proxima Sidoniis Utica est effusa maniplis Prisca situ. p. Géographie. 58. Les manuscrits donnent soit Ηύχαίοις. 2. 3. XVIII. Voir Meltzer. c. 123. 33 a). Beloch. il y avait un temple d’Hercule.. Pline(3). XIX.. iuxta delubrum Herculis. Étienne de Byzance(4). antiquius Gaditano. selon d’autres. qui était plus ancien.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. citations de Ménandre d’Éphèse : le roi de Tyr Iliram. qu’Utique fut une colonie de Tyr. 450-1 . » 13. comme Velleius Paterculus.. Cette assertion. p. Pline l’Ancien. qu’une contradiction apparente(6). min. die Phönizier. 12. ut ferunt.. gr. Ίτύχη. v. ____________________ 1. Movers. III. I. 361 conformément aux indications d’un certain nombre de textes(1). Voir plus loin. II. 6. Mais il s’agit plutôt d’une ville située soit en Syrie(8). 10. 9.. parce qui elle se refusait à lui payer tribut. Contre Apion. dans Rheinisches Museum. 3 (146) .. aurait fait contre elle une expédition. que le sanctuaire du même dieu voisin de Gadès(12). » 7. 220.. 3.. 4. Sur le littoral de l’Océan. 2. p. 1894. 5. p. p. olim partu clara. 62 et 88-89) a proposé de corriger Ίτυχαίοις. Tissot. « L’ancienne » selon Bochart . Peut-être Citium : il faudrait corriger Κιτταιοις (conf. Plusieurs auteurs. On a cru trouver la mention d’Utique dans deux passages de Josèphe(7). contemporain de David et de Salomon. Le Périple de Scylax (§ 112 : Geogr. ubi Hesperidum horti fuisse produntur. Silius Italicus(5) la qualifie de sidonienne. p. S. 18 (110). dans le Nord-Ouest du Maroc. II. A peu de distance d’El Araïch. ce passibus ab Oceano. mais ce n’est là. VIII. disait-on. 540) propose pour ce nom une étymologie phénicienne. 5. « Tyros…. Antiq. 4. 92) la qualifie de πόνις Φοινίχων Movers (l. près de Lixus(11). soit Τιτυοΐς (Τιτυαιοις dans une citation faite par Eusèbe). 11. Von Gutschmid (Kleine Schriften. n. § IV. « la splendide » « la colonie ». « la station » selon Movers . Geschichte der Karthager. II. aucune d’elles ne s’impose(10). . nous le verrons. I. dont Pline ne se porte pas garant. 63 : « Lixi oppidi aestuario.

» Dans un autre passage(5). E. 1). n. située à l’intérieur des terres et dans une région assez difficile à atteindre. roi de Tyr (dans la première moitié du IXe siècle)(1).. . fondée en Libye par Ithobaal. sollicitata plebe et aliis novarum rerum avidis. voir Gse1l. I . M. 13. faisait mention d’une ville d’Auza. avaient débarqué dans ces parages ». Antiq. entraînèrent des gens du peuple et d’autres hommes avides de nouveautés. 6. alii multitudinis domi minuendae gratia. « Id oppidum ab Sidoniis conditum est. et non de Leptis Minor. dans la région de Sousse. Leptim aliasque urbis in ora marituma condidere. 373. Salluste en mentionne d’autres. On en ignore l’emplacement : il ne nous parait pas possible de l’identifier avec Auzia(2) (aujourd’hui Aumale. (324) : (Ίθώβαλος) έχτισε. Jugurtha. les colonies phéniciennes sur la fondation desquelles nous avons des données chronologiques plus ou moins précises. Meyer (Geschichte des Alterthums. qui. « Phoenices. eaeque brevi multum auctae. mais sans indiquer de dates(4) : « Les Phéniciens. Hipponem. Hadrumatum. par des discordes civiles. 2. ____________________ 1. dit-on.). qui était près de Sousse. 2. Silius Italicus(6) attribue la . Nous examinons plus loin l’hypothèse de l’existence d’une colonie sur le site de Carthage antérieurement au IXe siècle. dans le département d’Alger). 256 : « Sarranaque Leptis » (mentionnée avec Sabratha et Oea. villes situées entre les deux Syrtes : Silius parle donc de Leptis Magna. 8. C’était sans doute une cité maritime. Ménandre d’Éphèse. pars originibus suis praesidio. Ces colonies prirent vite un grand développement et devinrent l’appui ou l’honneur de leur mire patrie. pars imperi cupidine. Aus. Josèphe.. Conf. ne sont pas rares en Afrique. Hadrumète. et fondèrent sur le bord de la mer Hippone. LXXVIII. f° 14. 3. dans Recueil de mémoires publié par l’École des Lettres d’Alger (1903.. Leptis et d’autres villes. VIII. 5. Il n’y a aucune raison d’identifier l’Auza de Ménandre avec Uzita. Les noms de lieux commençant par Auz. les autres par désir de domination.. profugos ob discordias civiles. Atlas archéologique de l’Algérie. Salluste écrit que Leptis (il s’agit de Leptis Magna. III. chassés. Gsell. col. en dehors de Carthage(3). n° 105 (p.. depuis Shaw .362 COLONISATION PHÉNICIENNE. navibus in eos locos venisse. XIX. les uns pour diminuer la population qui se pressait chez eux. entre les deux Syrtes) « fut fondée par des Sidoniens. Comme l’ont fait divers savants. qui s’était servi de documents tyriens. EMPIRE DE CARTHAGE. 1 . 4. Telles sont. p. » 5. Αΰζαν έν Λιβύη. quos accepimus. ibid. aliae decori fuere.

p. supra. — C’est par suite d’un calembour absurde que Solin (XXVII. 363 fondation de Leptis Magna aux Tyriens et Pline(1) cite Leptis (probablement la même ville) comme une colonie de Tyr. par les Carthaginois. Rois de Syrie. 454-5 (Hadrumète aurait signifié en phénicien « le cercle de la mort »). Géographie. 134. Sidon parait être qualifiée de mère de plusieurs villes Movers(5) a soutenu que l’une. 144. n. III. II. 5. Si cette explication était exacte. dont le nom serait représenté par les trois lettres ‫אפא‬. 807) croit que Leptis ne fut fondée que vers la fin du VIe siècle. (nos 1619-1625). Le sens aurait été « l’autre Hippo » : on aurait ainsi voulu distinguer cette Ville d’Hippo Regius. p. 2. pl. Atlas. CX. Bizerte est appelée dans des textes grecs Ίππου άχρα. 3). l’identification proposée reste plus que douteuse(7). 511. col. 5 9. c. Il y avait deux Hippo. 6. Tissot. 2. L.. l’autre à Bizerte : on ne saurait dire quelle était celle dont parle Salluste(3). 1. d’elles est Hippo(6). était aussi une colonie tyrienne.. Conf. Movers (II. appelées dans la suite Hippo Regius et Hippo Diarrhytus. et CLXXXVI. 2.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. XXVII. 510. XXX. 485. Movers. Sur des monnaies à légende phénicienne. 5 . Babelon. pl. Bérard. 9 : « Hadrumeto atque Carthagini auctor est a Tyro populus. Le poète Silius Italicus(10) a-t-il voulu rappeler un fait historique en donnant l’épithète de tyrienne à la population de ____________________ II. XV. selon Solin(2). pl. 90. Une telle dénomination aurait été bien bizarre . Hadrumète. n. 361. 76 (conf. p. Puniques. p. 5. Il croit qu’il s’agit de Bizerte. 20-21. CXXII. 471 . 4. p. n° 59 (p. 158 et p. I. Les Phéniciens et l’Odyssée I. fig. c. Atlas. II. voir plus haut. 256. du second siècle avant notre ère(4). 8. Mais elle est très invraisemblable. fig. 2). p. l. l. c. 144 et 511) croit qu’άχρα représente ici le mot phénicien acheret. contraire aux textes anciens. l’une près de Bône. et Leptis passe pour un nom libyque(9) : hypothèses fort incertaines. 236-7. Mais. p. Hippo Regius a peut-être été appelée aussi Ίππου άχρα : conf. » 3. On croit que les noms d’Hadruméte et d’Hippo sont d’origine orientale(8). 10. il serait naturel d’en conclure qu’Hippo Regius était plus ancienne. 7. 7) attribue la fondation des deux Hippo à des « equites Graeci » . p. Perses Achéménides. Je ne pense pas qu’il y ait lieu d’adopter cette opinion. du reste. même si ces lettres doivent être groupées comme le veut Movers et constituent un nom de ville. p. V. 344. Catalogue des monnaies greques de la Bibliothèque Nationale. . f° 9. Meltzer. Gsell. 87 (nos 689-690) et 100 (nos 788-49). fig. 3-4. p. Gsell. XVII. p.

LL. 108.-C. Φοινιχιχάς έμποριχάς χατοιχίας. 5. comme on l’assure. 3 (χατοιχίας. Selon Meltzer(5). mais nous ignorons quand ils ont commencé à être en usage : peut-être datent-ils seulement de la domination de Carthage. sur le littoral du Maroc actuel. il n’y aurait guère là que des échos d’indications suspectes et d’une chronologie arbitraire. Timée a été certainement mis à contribution dans le traité attribué à Aristote et il est. qui pourrait dater de la fin du IVe siècle : conf. p. c. XVII. consignées dans l’ouvrage historique qui fut écrit par Timée au IIIe siècle avant J. cc. XVII-XIX) ont cherché en vain à défendre cette assertion. Peut-être d’après le périple d’Ophellas. ou même à des temps plus récents. ni l’archéologie ne permettent de compléter. 39. Mais Artémidore et Strabon(3) ont contesté l’exactitude d’un chiffre aussi élevé. Les noms de lieux qui se rattachent à la langue phénicienne abondent sur les côtes de la Berbérie. παλαιάς Τυρίων) et 8. 3. 3. ____________________ 1. qui confond ces vieilles colonies avec celles d’Hannon. D’après une indication d’Ératosthéne(1). 525 et suiv.364 COLONISATION PHÉNICIENNE.. c. l. rapportée par Strabon. n. 3. qu’appartiennent les antiquités de type phénicien découvertes çà et là jusqu’à ce jour. L. EMPIRE DE CARTHAGE. 12. p. I. . Strabon. de rectifier les témoignages des anciens. qui est en effet fort invraisemblable(4). Dans la question que nous étudions. Contra : Illing.106. non pas évident. 2) mentionne sur ce littoral des établissements de commerce phéniciens. Strabon (XVII. 3.. et auraient été ensuite ruinées par les indigènes(2). Movers (l. p. 3.) et Müller (Geographi graeci minores. Sabratha (ville située à l’Ouest de Tripoli) ? On peut hésiter à l’affirmer.. Quelle est donc la valeur des textes que nous avons énumérés ? On semble en général disposé à la regarder comme à peu près nulle. Mais cette expression n’indique pas nécessairement des fondations faites à une époque lointaine par des Phéniciens d’Orient. XVII. 8). trois cents colonies tyriennes auraient existé jadis le long de l’Océan. qui fonda de nombreuses colonies maritimes.. 450-460. der Periplus des Hanno. 2. Écho dans Pline l’Ancien (V. 4. (Φοινιχιχάς πόλεις). Strabon. p. C’est à la même époque. ni la linguistique.

Meyer. non plus que Salluste. XXXV. Le passage de pline sur Utique se trouve au livre XVI. p. Les Phéniciens eux-mêmes ont pu garder le souvenir des dates auxquelles certaines colonies avaient été fondées. 20). auscult. voir Hérodote. 2. Gelfeken. III. il n’est pas certain non plus qu’il soit identique à Timée l’historien. De mirab. à propos de la chute des feuilles. 7 : « comme cela est écrit dans les histoires phéniciennes ». Conf. 360. 1894. p. Posidonius et Trogue-Pompée. d’une manière arbitraire ? ____________________ 1. 2. on indique (sans preuves) des intermédiaires. II. en Occident comme en Orient(6). 303. p. 4. 263 .. Pomponius Méla(7) le dit nettement pour le fameux sanctuaire d’Hercule. 46 : « Annorum quis manet ab Iliaca tempestate principia sunt. n. p. lors même qu’il faudrait ramener les textes cités au témoignage du seul Timée. 6. Timaios’ Geographie des Westens (Berlin. 62 et suiv. p. 44. on n’a pas démontré qu’ils se rattachent à l’historien sicilien(4). sans être trop affirmatifs. passage cité p. 1880. 365 mais très probable que le passage relatif à la fondation d’Utique vient de lui(1). à Pline. ibid. Nous savons qu’ils avaient des ères de temples. 7. 5) et Diodore (V.. Comme l’indiquent Strabon (III. 5.. celui-ci mériterait-il d’être récusé ? Timée a pu disposer de renseignements d’origine punique(5) et l’on ne voit pas pourquoi il les aurait altérés. D’ailleurs. Rheinisches Museum.. Pour le temple d’Heraclès à Tyr. Pour les deux premiers. 83).LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. 2e édit. Mais rien ne prouve que ce Timée soit aussi la source du passage qui nous occupe . voisin de Gadès et sans doute contemporain de la fondation de la ville(8). 1892). (aprés Müllenholt). Dans les vingt-trois premiers chapitres de ce livre : Gelfeken. Geschichte des Altertums. Or un Timaeus mathematicus est indiqué sur la liste des auteurs consultés dans ce livre . Quant à Strabon. Diodore de Sicile s’est aussi beaucoup servi de Timée dans son cinquième livre(2) . Rühl. 97. P. XLIX. — Une autre ère tyrienne parait avoir commencé en 1199 ou 1198 : conf. l. à Velleius Paterculus. admettre un emprunt pour le passage cité plus haut(3). Le point de départ de ces ères avait-il été fixé après coup. il est cité expressément dans le texte (XVI. E. 31-32 . Les indications de Pline permettent de supposer qu’il en était de même pour les temples d’Apollon à Utique et d’Hercule à Lixus. » 8. . I. 3. Unger. c. 5. 350. nous pouvons.

D’ailleurs il n’est pas certain que les colons phéniciens aient eu le libre choix des emplacements : il leur fallait sans doute tenir compte des dispositions des indigènes. 1 et 3 . — M. 2 et 5. EMPIRE DE CARTHAGE. En ce qui concerne Utique. Voir au chapitre suivant. Il est tout à fait impossible d’évaluer la durée de cette période antérieure à la véritable colonisation. Outre les textes qui donnent une date précise. 4. de quelques événements capitaux de leur vie politique et religieuse(1). Silius Italicus (III. III. Mais la suspicion ne nous parait pas devoir entraîner une condamnation sommaire.366 COLONISATION PHÉNICIENNE. ce sont des témoignages peu sûrs. si l’on admet que la ville primitive était établie dans une île (voir plus loin. Beloch (Rheinisches Museum. p. § VI. Cet argument me semble avoir peu de valeur. 24. ou doit admettre que les Phéniciens commencèrent à connaître les côtes de l’Afrique du Nord un certain temps avant la fin du XIIe siècle(4) : des colons ne pouvaient pas partir à l’aventure vers des parages inexplorés. 12) disent qu’Utique fut fondée avant Carthage. Naturellement Strabon et velleius ne sont pas suspects parce qu’ils mentionnent la guerre de Troie : ils ont pu combiner des dates exactes avec une date légendaire. 122) estime que la fondation d’Utique n’a pas pu être antérieure à celle de Carthage. On n’a donc pas prouvé que ces divers textes aient une origine commune et dénuée de valeur historique. Le site d’Utique offrait des communications plus faciles avec l’intérieur que celui de Carthage . . il était cependant mieux protégé contre les surprises. elle conserva une situation privilégiée dans l’empire de Carthage(2) : il n’est pas trop téméraire de supposer qu’elle l’ait due à une sorte de droit d’aînesse(3). Peut-être a-t-elle été assez courte. et nous croyons sans peine qu’ils étaient capables de transmettre à leurs descendants la date. 3. dès ____________________ 1. 4. XLIX. 369). puisque leurs sources nous échappent. A la fin du second millénaire. plus tard. Si l’on est disposé à croire qu’ils ne méritent pas d’être écartés. les Phéniciens n’étaient nullement des barbares. Il est probable que. p. 241-2) et Justin (XVIII. 2. VII. Polybe. Évidemment. 1894. mais regardée comme historique. 9. Rappelons enfin que la date donnée par Josèphe pour la fondation d’Auza a été empruntée à un document tyrien. C’est peu probable. 5 et 7. On n’a pas prouvé non plus que leurs indications soient contraires aux vraisemblances. nous constatons que. « beaucoup mieux située ». et non pas à Timée.

Après avoir parlé des gros profits que leur procura l’argent tiré des mines espagnoles et rapporté en Orient sur leurs vaisseaux. 4. 74. se pourvoir d’eau. 359). Tissot. ce courant se ramifie . 5. 35. I. Conf. puis fondant des comptoirs permanents. Diodore(4) ajoute qu’ils accrurent ainsi leur puissance au point de pouvoir envoyer des colonies dans diverses contrées. favorisait les navigations d’Ouest en Est(2). un des bras va rejoindre la Sicile. p. attendre les vents favorables. Comme Diodore le dit ailleurs(5). où ils pussent se réfugier en cas de tempête. I. p. Plus tard seulement. V. se contentant d’abord de visites plus ou moins longues. Mittelmeerbilder. d’échelles. Mais cela ne prouve pas qu’il en ait été de même de leurs plus anciens établissements des côtes africaines. Nous aurons à revenir sur le commerce très actif et très rémunérateur qu’ils firent avec le Sud de la péninsule ibérique. A l’angle Nord-Est de la Tunisie. 88 . p. 367 le début. V. peut-être furent-elles multipliées pour faciliter le ____________________ 1. ils purent fréquenter ces rivages pour y trafiquer avec les indigènes. 3.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. Pour retourner chez eux. avait besoin d’une suite d’abris. plus haut. ces stations de commerce auraient servi d’escales aux navires revenant d’Espagne . p. . p. Meltzer. Si cette assertion est exacte. 20 (voir plus haut. p. Meltzer. les lieux qu’ils fréquentèrent furent assez nombreux : leur navigation. réparer les avaries de leurs bâtiments(1). 87-88 . 31. On a même supposé(3) que leurs premiers établissements en Afrique furent des escales sur la route qui les ramenait d’Espagne. II. nous devons en conclure que les colonies mentionnées plus haut sont postérieures au développement que donna à leur marine marchande l’exportation de l’argent ibérique. 430. qui longe cette côte depuis le détroit de Gibraltar. entre autres en Libye. Fischer. ils devaient suivre volontiers le littoral africain : un courant assez fort. Géographie. 2. se reposer de leurs fatigues. qui devait être surtout un cabotage.

comme l’indiquent les textes anciens et le site de ceux de leurs établissements que nous connaissons. plus haut. 85) et désigne le pays situé au Nord-Ouest de l’Égypte. p. Peut-être les Phéniciens ont-ils apporté des armes aux indigènes et répandu parmi eux l’usage du fer : conf. La navigation était du reste dangereuse dans le golfe des Syrtes et l’accès par le Nord-Est était plus facile. 449-450. EMPIRE DE CARTHAGE. Meltzer. Il convient de laisser de côté les prétendues traditions sur des migrations de divinités qu’allègue Movers (II. qui l’avait emmené en Phénicie. 58 et suiv. Müller) indique en Cyrénaïque. 3. p. Sonny (Philologus XLVIII. il est certain qu’ils y vinrent par mer. au VIIe siècle. plutôt que par le littoral situé entre l’Égypte et la grande Syrte : nous ne trouvons dans ces parages aucune trace d’établissements qu’ils auraient fondés(2). ces légendes ne nous apprendraient rien de précis sur l’histoire des hommes. p. retour des bâtiments chargés du précieux métal. 4. lieu que Ptolémée (IV.). de l’ivoire. p. p. Quand même il s’agirait vraiment de dieux phéniciens. 1889. des peaux. On peut croire qu’ils emportaient du bétail. non plus de simples stations. Bérard (Revue de l’histoire des religions. 5. de la laine. M. M. 295). Il est assez vraisemblable qu’ils passèrent par la Sicile. édit. Après avoir reconnu les ressources du pays. n. XIV.368 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. 74 et 128. sous prétexte d’aller faire du commerce en Libye ( ές Λιβύην : Odysée. En tout cas. I. qui ne . I. En somme. 7. Nous ignorons d’où les Phéniciens vinrent en Afrique(1). le prit avec lui sur son navire. Si les Grecs avaient trouvé les Phéniciens établis dans cette contrée lorsqu’ils y vinrent eux-mêmes. p. conf. Que d’ailleurs le littoral. des plumes d’autruche(3). 212. 4. 559) n’a pas prouvé davantage 1’origine phénicienne du nom d’Αχαβίς. cela est fort possible. 1899. Ulysse prétend qu’un de ces marchands. depuis l’Égypte jusqu’aux Syrtes. mais il ne le prouve pas. 80 et suiv. il faut avouer que les origines de l’histoire des Phéniciens d’Afrique sont enveloppées d’une profonde obscurité(5). 4. Il se peut qu’ici le mot Libye soit pris dans un sen restreint (comme au chant IV. ils fondèrent. ____________________ 1. En quoi consistait leur commerce d’échanges ? Nous l’ignorons également. qu’ils emmenaient des esclaves(4). 2. à l’intérieur des terres. I. celui qu’habitaient les Lebou mentionnés dans des documents égyptiens. il est probable qu’ils en auraient gardé quelque souvenir. ait été visité par des marchands phéniciens. mais que le vaisseau fit naufrage après avoir quitté les parages de la Crète. 459) croit qu’Aziris (dans le golfe de Bomba) est un nom phénicien . On sait que les éléphants et les autruches abondaient alors en Berbérie . Voir Meltzer. p. 671. mais de véritables colonies. 2. Conf.

Celle-ci dut occuper d’abord une petite île. f° de Sousse. des terres élevées dominent presque les flots et. il est vrai. 2 (II du plan). p. nous l’avons vu. vint encombrer de ses alluvions le lieu où s’élevait la vieille citée(2). faute de mieux. des comptoirs. protégée contre les vents les plus dangereux par le massif de l’Edough et le cap de Garde. mentionnent cinq ou six de ces villes. 1911. l’Hippo à laquelle Bizerte a succédé avait un port admirable dans le vaste lac qui s’étend derrière elle et qu’un canal faisait communiquer avec la mer. de géographie historique. de même que l’autre Hippo. furent probablement pas très nombreuses(1). La vallée d’un fleuve important. Si l’on accepte leurs indications. Haunezo. 20) dit. 212 et suiv. Movers (II. 4. qui aurait été le plus ancien port : Tissot. p. recevant des pluies suffisantes. p. dans Atlas archéologique de la Tunisie. texte. on peut constater que les sites furent en général bien choisis. Il y aurait là une petite crique. qui durent être en effet nombreux. 369 ____________________ 1. que les Phéniciens « πολλάς χατά τήν Λιβύην άποιχιας έποιήσαντο ». Les textes. Pour les changements de lit de la Medjerda dans l’antiquité. Dans les parages inhospitaliers des Syrtes. Elle était le débouché d’une région très propre à l’élevage . se déplaçant. mais elle pouvait drainer les produits d’une contrée dont la richesse agricole devint plus tard proverbiale. très rapprochée du littoral(3) : les colons n’avaient pas à craindre une attaque subite des indigènes et le chenal que cette île abritait contre les vents du large pouvait leur servir de port. Mais il veut peut-être parler des stations. 2. Hadrumète ne possédait pas un bon abri naturel(4). p.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. II. Leptis fut établie. à l’embouchure d’une rivière qui lui servit de port . 3. offrent des espaces . n. Diodore (V. 182). ouvrait une voie vers l’intérieur. dans le voisinage. la Medjerda. et non des colonies proprement dites. 61) croient cependant que cette île a été créée artificiellement par le creusement d’un canal. Barth. Tissot (II. 2. car ils ne devaient pas disposer de réserves inépuisables d’émigrants. Ce fut bien plus tard que cette rivière. Bull. p. voir surtout Bernard. Utique s’éleva près du bras de mer qui relie les deux bassins de la Méditerranée. 156 . Située comme Utique au seuil des deux bassins de la Méditerranée. 513. aujourd’hui comblée.

Quinte-Curce.370 COLONISATION PHÉNICIENNE. in alios fines examina gentis eructant. p. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. 4. comme Athènes. dum sallemnes etiam migrationes. dans un pays propice à l’élevage. De anima. 2. Diodore. la métropole était assez riche pour subvenir aux dépenses nécessaires(7). Sur la position de cette ville à peu de distance de la côte. 7. 6. le mot decori aux autres. et les autres. Conf. 3. — Movers (II. le mot praesidio s’appliquerait aux premières. Phoenices Africam. V. menées d’ambitieux. ____________________ 1. p. conf. Marins avant tout. du rivage suffisante pour échapper à des attaques venant du large. 35. 4. Pour le surcroît de population. Voir les textes de Salluste cités p. Argos(3). Voir plus haut. XVIII. » Diodore. voir Tissot. Les cités nouvelles paraissent avoir été. consilio exonerandae popularitatis. 30 . à une distance. 205 et suiv. Justin. . 4. p. Justin. les villes des Étrusques. des créations officielles(6) . 4. n. les ports naturels sont rares : Lixus s’éleva aussi sur une rivière (l’oued Lekkous)(2). les causes qui déterminèrent cette colonisation(4). 343. passage cité à la note 6 . ces colonies furent fondées sur la mer même. p. 5. qui contrastent avec la stérilité presque générale du littoral de la Tripolitaine(1). plus haut. IX. Rome. les Phéniciens s’inquiétèrent moins des dangers d’une telle situation qu’ils n’en apprécièrent les avantages. XVIII. Ière partie (1878). dues à l’initiative de gens entreprenants. l’observation de Thucidide. Conf. L’embouchure de la rivière s’est déplacée depuis l’antiquité. 2 : « cum… multitudine abondarent (Tyrii) » . IV. au moins en partie. 7 et 49) croit que dans la phase reproduite plus haut. 2. — l’exode des Cananéens refoulés . A la fin de la phrase. entraînant à leur suite des gens de condition inférieure et des aventuriers : telles furent. et non pas. fondées pour remédier à l’excès de la population. 4. Tertullien. — mais il ne faudrait pas l’affirmer. 7. EMPIRE DE CARTHAGE. I. par les Hébreux avait-elle contribué à surpeupler le littoral qu’occupaient les Phéniciens(5). 35 . fertiles. dit-on. 362. « occupant…. Surcroît de population dans la mère patrie. Tertullien. 2. Quinte-Curce. Sur la côte de l’Océan. IV. discordes civiles. quas άποιχίας appelant. 20) : « inventuti qua tunc abondabant (Tyrii) ». 4. p. V. 60. Peut-être. Salluste a voulu distinguer très nettement les colonies officielles. 20. Conf. 362. Sauf la dernière.

sur les rives de la mer Égée. 740. des possessions territoriales qu’ils auraient dû évacuer et dont on ne trouve plus aucune trace dans les poèmes homériques ? Cela n’est pas prouvé et il nous semble inutile de greffer sur la question difficile que nous traitons une autre question. VI. d’après les textes cités. Il s appliquait . 6 . Chassés des lieus qu’ils avaient occupés. Juges. XVI. et il lest pas certain qu’elle ait été la plus récente des villes phéniciennes d’Afrique. pendant le premier tiers du premier millénaire avant J. 371 ____________________ 1. Rois.-C. d’une manière spéciale. X. dura sans doute longtemps. 3. Voir Corpus inscriptionum. roi de Tyr. est qualifié De roi des Sidoniens) . le commerce des Phéniciens dans la Méditerranée orientale n’était nullement en décadence. VI. 200 . Une tradition que nous croyons acceptable place à la fin du IXe siècle la fondation de Carthage. p. Geschichte Alterthums. Le terme Sidoniens ne désigne pas ici. C’était le nom que les Phéniciens eux-mêmes se donnaient(5). qui. Les Sidoniens sont mentionnés deux fois. E. Odyssée. 22 (mention des colonies fondées par Tyr en Afrique et en Espagne). Histoire ancienne de l’Orient. p. II. gênés dans leur trafic par de puissants rivaux. 361 et 362. il est synonyme de Phéniciens. Comme dans d’autres textes(4). Josué. mais au sujet de villes que l’on qualifie ailleurs de colonies de Tyr(3). 507-8. XIII. Pars I. 12 . IV. Meyer. aurait commencé vers la fin du XIIe siècle. Maspero. Lenormant (et Babelon).. 337. p. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. 84 et 618 . 31. ils auraient cherché et réussi à se dédommager ailleurs. Ajouter Strabon. Mais l’Iliade et l’Odyssée nous montrent que. Voir p. 1ère édit. Les auteurs indiquent que ces colonies africaines furent fondées par les Tyriens(2). 2. On s’est demandé(1) si l’expansion des Phéniciens dans la Méditerranée occidentale ne fut pas une sorte de revanche de la ruine de leurs établissements dans la mer Égée. peut-être encore plus obscure. 16. 4. III. 5. Iliade. 2.. Du moins les Phéniciens établis entre le Nahr el Kelb et le Carmel. La période de colonisation. n° 5 (où Hiram. les habitants de la cité de Sidon. I.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. Par exemple. Avaient-ils auparavant.

celle-ci n’aurait sans doute pas pu fournir le nombre d’hommes nécessaire. . Il ne doit pas faire admettre que les Cariens aient pris une part importante à la colonisation phénicienne en Occident. Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. 17 et suiv. I. 2. n° 674 (« Tyr. p. ad locum). Geschichte des Altertums. c. en Palestine. ____________________ Babelon. par exemple. Rois de Syrie. 741 . Il est possible que certaines colonies d’Occident aient essaimé.. p. p. III. p. E. gr. comme l’a cru Movers (II. métropole des Sidoniens »).372 COLONISATION PHÉNICIENNE. A la fin du second millénaire et au commencement du premier. I. 180. 443. Maspero. 133 et suiv. min. 489). de Voguë.. Ce fut au temps de cette hégémonie que se fondèrent les colonies d’Occident. l. c’est-à-dire. il parait signifier « la Ronde » : Meltzer.. au Sud de Mahdia. Des émigrants vinrent probablement des autres cités phéniciennes. Ils avaient étendu leur suprématie sur les autres villes du littoral. Müller.. sur la côte orientale de la Tunisie) fut fondée par des gens de Μελίτη (Malte). Géographie. Müller. II. avec Movers(1). Tyr était devenue une véritable capitale(2).. Oea (Tripoli) aurait . qui désigne dans la traduction grecque du Périple d’Hannon (§ 5 : Geogr. Il n’y a donc pas lieu d’admettre. p. VI. 3. 1ère partie (1860). L. p. 2e édit. Αχολλα. à leur tour. 86. sans doute. I. 1. n’est probablement qu’une déformation d’un nom phénicien. 279. l. c. 550 . 2. en Égypte : Maspero. conf. Il ne faut pas en conclure que leurs premiers habitants aient tous été originaires de Tyr . Catalogue des monnaies grecques de la Bibliothèque Nationale. 4. 5. p. p. πόλις Λιβύης. c. III. Étienne de Byzance(4) indique qu’Acholla (El Alia. l’affaiblissement des empires égyptien et assyrien avait été mis à profit par les rois de Tyr. Le nom d’Acholla est probablement phénicien . Tissot.. par des Phéniciens établis dans cette île(5). 64 et suiv. EMPIRE DE CARTHAGE.. Étienne ne nomme pas sa source. édit. 391. comme on l’a supposé. ού πόρρω τών Σύρτεων. qui aurait été distincte de la colonisation tyrienne et l’aurait précédée. peut-être même de certaines régions qui étaient en rapports avec Tyr. p. p. 389. Les Cariens s’expatriaient volontiers comme mercenaires (en Lydie. Meyer. Conf. depuis le Nahr el Kelb jusqu à la pointe du Carmel . une période de colonisation sidonienne. du pays des Cananéens(3). par conséquent aux Tyriens. 282. p. 2. 128. 458 . άποιχος Μελιταίων. II. Mais le terme Καριχόν τεΐχος. 3-5) une colonie que celui-ci fonda sur la côte du Maroc. 2. II.

Il est à croire que. Mayr. » 7. LXXVIII.. 4 : (Leptis Magna). 2. 362. plus d’un colon prit femme parmi les indigènes.. l. surtout sur les côtes africaines(2). 1 : « Phoenices… urbis in ora marituma condidere. Geschichte Siciliens im Alterthum.. l’hypothèse qui identifie l’Auza du roi Rhobaal avec Auzin. On peut croire que ces établissements furent antérieurs au développement de la puissance de Carthage. die Insel Malta im Altertum. 373 eu. 6. 74 (il croit que la fondation d’Acholla est du VIIIe siècle. car les immigrants devaient être en majorité des hommes. 4. A. p. 2. une population mixte de colons venus de Sicile et d’Africains. III. Sur l’Océan. Si les poutres placées dans le temple d’Utique étaient vraiment en cèdre de Numidie. 141). XIX. aujourd’hui Aumale. II. Jugurtha. Silius Italicus.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. c. les Gaditains furent d’actifs navigateurs : peut-être créèrent-ils des stations. ou pourrait se demander si les « Trinacrii coloni » n’étaient pas des Phéniciens que les progrès des Grecs auraient chassés de Sicile et qui auraient été installés en Afrique par les soins de carthage. lorsqu’elle domina dans la Méditerranée occidentale. l. qui. Salluste. p. ____________________ 1. Conf. p. mais aussi sur le littoral du Maroc(3). V . P. 5. Conf. 353 . pour la rejeter. pour Acholla. I. Ils en accueillirent un certain nombre dans leurs murs(4). Cependant. p. pour Oen.. voir Diodore. Il était nécessaire aux Phéniciens d’entretenir de bonnes relations avec les indigènes. Sur les reconnaissances des Gaditains le long de la côte. Oeaque Trinacrios Afris permixta colonos. Mais rien n’indique que des colonies aient été fondées ailleurs que sur le littoral(6) : nous avons mentionné(7). 3. 257. dut se réserver le privilège d’y fonder des colonies nouvelles. 92 . qui alimentaient leur commerce et pouvaient leur fournir une main-d’œuvre robuste et peu coûteuse. Salluste. c. 20. comme le dit Pline (voir plus haut. Movers.. selon Silius Italicus(1). Holm. 360). on avait dû les chercher assez loin (conf. dès le début. au plus tard du VIIe). non seulement en Europe. p. Eux-mêmes ne durent pas s’abstenir de pénétrer à l’intérieur des terres(5). .

aujourd’hui encore.374 COLONISATION PHÉNICIENNE. 251. elle éleva au seuil des deux bassins de la Méditerranée. nous devons rechercher si. d’ailleurs médiocre . Carthage. était. à une date qui. Ce que saint Jérôme . Chron. comblée plus tard. constitue un abri. Divers textes indiquent que Carthage fut fondée en 814813 avant J. forme une sorte d’éperon . vers 195. selon ____________________ 1.. — Nous décrirons plus longuement le site de Carthage lorsque nous étudierons la ville punique. 2. gr. une autre anse. 2. qui se creuse au Sud-Est. II. a joué un grand rôle historique. édit. a des défenseurs. un Grec de Syracuse. elle est traversée par une suite du hauteurs. I. une colonie phénicienne n’a pas existé sur le même emplacement(3). qui était dans l’antiquité une baie. p. p. dans Geogr. 3. Comme Utique et Bizerte. dont le site offrait de grands avantages. Bordée au Sud par le lac de Tunis. Opinion de Movers (II. et donnent des détails sur les circonstances de cette fondation.). Ce lieu. dépourvu d’eau(2). p. La petite baie du Kram. Comme l’observe Eustache. Schöne. 4. il est vrai. II De toutes les villes phéniciennes d’Afrique. min. séparée du continent par des collines assez difficiles à franchir. une seule. 324 de l’édition de Bonn (= Eusèbe. qui reçoit la Medjerda et l’oued Miliane. 133 et suiv. avait été fondée par les Tyriens Azoros (ou Zoros) et Karchedon(4). à son extrémité orientale. EMPIRE DE CARTHAGE. à une époque antérieure.-C. Philistos. Commentaire de Denys le Périégète. affirmait que Carthage. une langue de terre(1). Dans la première moitié du IVe siècle. Eusèbe. au pied de la colline de Bordj Djedid ce fut sans doute dans l’une de ces deux échancrures que les premiers colons établirent leur port. p. qui peuvent offrir des appuis défensifs et d’où la vue s’étend sur le pays environnant et sur la mer. Au fond d’un vaste golfe. qui. 50) : Καρχηδόνα φησί Φιλίστος χτισθήναι ύπό Άζώρου χαι Καρχηδόνος τών Τυρίων χατά τοΰτον τόν χρόνον. au Nord par la lagune de la Soukra. Avant de les étudier. existait plus au Nord. apud Georges le Syuncelle..

458 et 459. ce nom grec étant. Jérôme. 3. p. c. ou en 798. 974 (Schöne. 1). Abr. c’est-à-dire à 1213 avant notre ère(1). 340 . Rühl. apud Syncelle. Troyennes. XLIX. p. Comme on savait d’autre part que Carthage existait quand . p. version arménienne. 123 . Geelius (Leyde. ann.FONDATION DE CARTHAGE. Kleine Schriften. fondèrent Carthage en Libye. 31-32 . la lecture de l’Odyssée aurait fait croire que l’Occident était connu des Grecs dès le temps de la prise de Troie. peu de temps avant la guerre de Troie. 264 (ce savant suppose que Philistos s’est servi d’une ère de Troie débutant à l’année 1150 avant J. Cette indication fut accueillie avec quelque faveur. Voir à ce sujet Meltzer. 1846). 220 : Cobet. οίχισται δ’αύτής έγένοντο Ζώρός τε χαί Καρχηδών. ____________________ reproduit ainsi (Schöne. sous la conduite d’Azaros (sic) et de Karchedon. Lib. I. p. Pielscchmann. » Mais ces noms suffisent pour prouver qu’il s’agit ici d’une fable. 4. Conf. il a été formé de Sôr. Elle fut reproduite par Eudoxe de Cnide(2). 287. Rheinisches Museum. Gutschmid. écrit-il. aurait correspondu à l’année 803 d’Abraham. έτεσι πεντήχοντα πρό άλώσεως Ίλίου. p.. auquel elle est parvenue par des intermédiaires qui nous sont inconnus et peut-être avec une altération en ce qui concerne la date(4) : « Les Phéniciens. D’après la version de saint Jérôme. l. une forme corrompue du terme phénicien qui signifiait Nouvelle ville. 60-61). édit. p. Certains manuscrits de saint Jérôme placent l’indication en 807. A moins qu’on admette des confusions entre différentes ères de Troie : voir Gutschmid.-C. XXXV. II. Gerschichte der Phönizier.. Selon meltzer (I. Comment Philistos a-t-il été amené à reporter cette prétendue fondation à une époque antérieure à la prise de Troie ? Nous l’ignorons : les hypothèses qui ont été faites à ce sujet n’entraînent pas la conviction(5). inventée par un Grec qui n’était pas tout à fait étranger aux choses phéniciennes. p.. 5. 1 : Καρχηδόνα τήν έν Λιβύη Φοίνιχες ώχισαν. dans Euripidis Phoenissae. p. 90. p. le même. Unger. un contemporain de Philistos : « Les Tyriens avaient fondé Carthage. ibid. 92 .). I. cinquante ans avant la prise de Troie. les fondateurs furent Zoros et Karchedon. Quant au nom de Zoros. Un homme appelé Karchedon n’a pas pu exister. comme nous allons le voir. 1894. » On la retrouve dans Appien(3). 1880. 304. p. Scolie à Euripide. 375 la Chronique d’Eusèbe. p. à l’année d’Abraham 978 . 51) : « Filistus scribit a Zoro et Carthagine Tyriis hoc tempore Carthaginem conditum. 1. nom phénicien de la ville de Tyr. » D’autres indications d’Eusèbe et de saint Jérôme sont des échos déformés de cette légende : Eusèbe. conf. 2. n.

l. nom qui. Movers. Rühl. II. Conf. — D’après Gutschmid (l. commençant à la fin du XIIIe siècle (au début du XIIe. aurait été usité à Carthage. II. 670 : « Carthago ante Byrsa. I. ut docet Livius. S. s. signifie tête de cheval ». (exposé et réfutation). χαί Καχχάβη τούτω δέ χατά τήν οίχείαν αύτών λέξιν ίππου χεφαλή δηλούται. Shöne. p.. La preuve. I. on en conclut qu’elle datait d’une époque antérieure à la guerre troyenne. n. 9. » — Conf. p. min.. Mais ceux qui adoptèrent ce nom ont-ils voulu désigner une ville nouvelle par rapport à un établissement plus ancien. qui ____________________ ils vinrent fonder des colonies dans la Méditerranée occidentale. une ère de Tyr. Caton l’Ancien le savait(3). édit. p. p. II. Vuger. l. Servius(7) affirme que « Carthage fut appelée auparavant Byrsa ». II. l. Καρχηδών . c. Carthage. 6). 1. selon d’autres savants . servius. Apud Solin. v. n° 5. 3. et non par rapport à une ou plusieurs autres cités de la Phénicie ou de l’Afrique du Nord ? Il est impossible de donner une réponse certaine à cette question. 45-46 et 93). supra. p. Sem. Philistos aurait cru qu’elle indiquait la date de la fondation de la colonie. « Karchedon s’appelait la Nouvelle ville. 60) : Καρχηδών έπχτίσθη ύπό Καρχηδόνος. χαί Καδμεία. voir aussi Meltzer. Apud Georges le Syncelle. plus correctement.. 1. p. fig. 5. 74-75 : Babelon.. 140. Karthago : Audollent. et aussi Kakkabé. conf. c’est que nous connaissons sou nom. p. Comme le pense Movers. Carthage romaine. a-t-on dit(6). I. c. 136 et suiv. « Carthadam…. In Aeneid. nom dont la forme exacte en phénicien est Qart hadasht(2) et dont le sens est Nouvelle ville.. » 4. 2. 346 (= Chron.. à Denys. έχάλεσε τή Λιβύων φωνή Καινήν πόλιν... p. .. p. 1. dans la langue du pays. Oinoussa. 257. » 8. Eusèbe(9). Numismatique de l’ancienne Afrique. Έχαλεΐτο δέ τρό τούτου Όριγώ. p. ou plutôt ses noms. Tite-Live aussi(4). Carthago(1) est une transcription latine d’un nom que les Grecs déformèrent en Καρχηδών. Eustathe. Étienne de Byzance. Kadmeia. ύστερον δέ έχλήθη ΚαρχηδώνOn voit que ces deux auteurs savent que la ville s’est appelée Καινή πόλις. 251) : Ίάρβας τήν πόλιν. c. 89. v.. XXVII. Contra : Meltzer. de l’existence d’une ville antérieure à Carthage. Ou. 467 et suiv. Selon Étienne de Byzance(8). mais ils ne se doutent pas que c’est la traduction du nom dont les Grecs ont fait Καρχηδών. . l. 91 . construit sur le même site(5). post Tyros dicta est. voir Corpus inscr. ‫ קדת הדשת‬Légende de monnaies puniques : Müller. c. située dans l’île de Chypre. EMPIRE DE CARTHAGE. 7. n. p. . III . 6. p.. quod Phoenicum ore exprimit civitatem novam. 366 : « Carthago est lingua Poenorum nova civitas. IV.. I. c. Gutschmid. II. Καρχηδών : Έχαλεΐτο δέ Καινή πόλις. 195 (Geogr. c. In Aeneid. 365.376 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. Pour une ville du même nom. v. I. 2. Έχαλεΐτο δέ Καινή πόλις. colonie tyrienne . gr. p. χαί Οϊνουσσα (un manuscrit donne Οϊνουσα)... p. etc. Pars I. 31 . 23.

v. qu’Étienne de Byzance rapporte les noms de Kadmeia. L’indication d’Étienne a été reproduite par Eusthate (l. édit. 2. p. 260. était donné à la colline de SaintLouis. par les textes grecs les plus anciens. Servius n’indique pas l’existence d’une ville antérieure à celle qui passait pour avoir été fondée par Didon(4). Les deux premiers sont sans doute des épithètes données à Carthage par des poètes grecs(5). Sophocle. Hécatée (début du Ve siècle. 2. Meltzer. II.. 92 . Aussi l’adjectif tiré de son nom est-il souvent synonyme de « phénicien » . à la suite d’une circonstance que nous ignorons. C’est probablement à tort qu’on a voulu retrouver ce mot dans un passage de Timée : voir plus loin. 5. c. mal compris. n. lesquels. XII. Cela est contesté par Winckler. ____________________ 1. 3. Nous ne savons pas si le terme Qart hadasht était alors usité. ou peut-être fin du Vie). De la collection Didot.FONDATION DE CARTHAGE. Hérodote. p. etc. Dans les derniers temps de la Carthage punique. 3. Graec. 3. p. S. 6. Il est vraisemblable qu’à une époque antérieure. Le légendaire Cadmus personnifiait pour les Grecs la.192-3. n. Audollent. « gens Cadmea ». Quant au . p. Carthage romaine. voir. I. peut-être de l’agrandissement de la ville. C’est aussi à Karchedon. 24. Meltzer. 380. qui s’élevait soit sur la colline. p. colonisation phénicienne : c’est ainsi que le poète Nonnus (Dionysiaques. 313.. — L’épithète οίνοΰσσα (d’οΐνος. Suidas. p. et non à une ville plus ancienne. sous la forme Καρχηδών. encore peu étendue. nommait Origo la ville la plus ancienne. p. n. 231). ‘Αφριχανός. conf. 6 . 377 admettait deux fondations. Quant à Kakkabé(6). ce nom désignait l’ensemble de la ville. comme le croit Servius. Hist. le nom que les Grecs ont transcrit Βύρσα et qui signifiait peutêtre en phénicien lieu fortifié(1). fragments 313 et 315. l. fragment du Triptolème (représenté en 408). il est vrai. ne remontent point au delà du Ve siècle(3).Καρχηδών ή χαί Άφριχή χαι Βύρσα λεγομέη. soit ailleurs(2). p. et I. d’Oinoussa et de Kakkabé. Silius Italicus. 4. n° 317. édit. I. Mais il n’indique pas que le nom de Byrsa soit antérieur à celui de Karchedon. vin) est plus difficile à expliquer. qui portait la citadelle. 344-7. Quoi qu’il en soit. ou s’il fut adopté plus tard. 447. I. Mais celte dernière indication semble résulter d’une bévue peut-être le prétendu nom propre n’est-il que le mot latin origo. en même temps que celui de Byrsa. dans Frag. par exemple. 335) lui attribue la fondation de cent villes en Libye. écrit : . Altorientalische Farschungen. Il est seul employé. 106 : « Cadmeae stirpis alumni » (il s’agit des Carthaginois). Müller.

). XXXV. lequel aurait résidé à Sidon (conf. 250). 133 et suiv. p. On l’a rapproché d’un vicus Caccaba de Syrie (Marius Mercator. I. d’un mot. selon Movers. c. dit M. Sonny (l. non le père de Didon. dans lequel on avoulu voir. remplacé par ‫» כככ‬. p. Kambé ou Kakkabé aurait été le nom de la ville. colline » : dans cette hypothèse. 6. ce nom est énigmatique(1) : peut-être désignait-il un quartier de la ville(2). l. Voir les références données p. A-t-on inventé la légende de la tête de cheval (voir plus loin pour justifier l’étymologie. La « variante » ‫ ככב‬ne figure. p. lettres qui. cité par Sonny. 35 et suiv. colonie de Sidon. Virgile (Énéide. Movers(3) et d’autres après lui(4) ont voulu le retrouver sur des monnaies phéniciennes.378 COLONISATION PHÉNICIENNE. mais son ancêtre. Silius Italicus.). représenteraient les noms de Kambé. 363. 550) . pour Movers. colonie de Tyr. Histoire de France. Movers. comme un dieu adoré par les Sidoniens. EMPIRE DE CARTHAGE. 720). ou Bélos. 4. qui qualifie Didon de fille d’Agénor. d’après Virgile) . 619-621) fait de Didon une fille de Bélus. c. y compris naturellement les . 1. qu’on donnait du mot Καχχάβη et qu’Étienne de Byzance nous a transmise ? 3. lieu du littoral de la Provence. dans Lavisse. puis d’un certain nombre de lettres qui. I. Philologus. Patrol. 1) .. ailleurs (ibid. 1889. c. dont le sens aurait été « hauteur. L.. également phénicien. frappées au second siècle avant J. d’Αχχαβιχόν τεΐχος. de Migne. p. d’Heracira Caccaburia. une variante dans le nom ‫כטב‬. qui viennent après ‫אם‬. 135. I. de Citium et de Sûr (Tyr). il aurait pu s’appliquer à la colline de Saint-Louis. lat. — Bochard. à ma connaissance. sans doute fantaisiste. La légende qu’elles portent commence par la mention des Sidoniens.-C. XLVIII. n. 2. 7. dans Sitzungsberichte de Akademie der Wissenschaften in Wien. Bloch. on ne doute plus aujourd’hui que ce ne soit une compilation du XVIe siècle. il parait dire que Bélus était. die phönizische Sprache. 5.. Par exemple A. Faut-il voir dans les vers de virgile un écho peu fidèle d’un auteur qui aurait indiqué Bélus. Philos. Babelon(6). Rois de Syrie. Gesenius et d’autres veulent dériver Καχχάβη d’un mot phénicien qui aurait signifié tête (voir Schröder. n. ____________________ Violarium d’Eudocia (allégué par Movers. sans raison plausible. I. 103. Classe. 87. Mais nous n’avons aucun indice sérieux de l’existence en ce lieu d’une colonie fondée par la ville de Sidon(7). c. 1860. un établissement d’origine phénicienne (par exemple. à laquelle aurait succédé Carthage. 16) . 2. 4. d’Hippone. p. c’est-à-dire par les Phéniciens en général. Müller. Kambé serait désignée par les trois lettres ‫כטב‬. XLVIII. appelle celui-ci roi des Tyriens. CX : conf. colonie carthaginoise qu’Étienne de Byzance indique dans le voisinage du détroit de Gibraltar (cité par Sonny. suivie de ‫( אם‬lettres formant un mot qui signifie mère). signifient Kakkabé. p. 881 . p. « On constate parfois.(5). Eustathe (l. p. p.-hist. c’est-à-dire Baal.

104. il applique aussi à Tyr cette épithète (IV. 683). 183 et. à partir de cette époque. p. On voit combien tous ces arguments sont fragiles(3). 379 que sur un seul coin monétaire(1) : ce n’est probablement qu’une faute. p. XXX. il est donc vain de rechercher l’emplacement de cette colonie. dans Étienne de Byzance. fig. Sur la monnaie que M. dit-il. VI. qui a simplement copié Étienne. le grand dieu tyrien. on lit Καχχάβη. mais il est impossible d’affirmer qu’elle ait pris la place d’une autre colonie(4). de la très haute antiquité de Carthage. VIII. p. I. 1902. p. Movers ait groupé les lettres comme il convenait et donné des mots ainsi constitués une explication exacte. Si cette ville. Voir Movers. plusieurs manuscrits donnent Κάμβη. 75. Winckler (Zeitschrift für Socialwissenschaft. une Carthéré. l. Mais il faudrait prouver que Melqart fut et resta le dieu principal de toutes les colonies de Tyr. Une Carthage. synonyme de « phénicienne ».. dans son interprétation des monnaies sidoniennes. Jud. même légers. 1903. — M. Meltzer. p. femme de Cronos et mère de l’Hercule qu’adoraient les Carthaginois.FONDATION DE CARTHAGE. IV. 6. Babelon a publié dans son volume Perses Achéménides. . avait été une véritable fondation de Tyr. 677-8 . Babelon (Carthage. 613. δν Βήλον προσαγορεύουσι) ? Il est superflu d’énumérer les vers où Virgile indique que Carthage fut fondée par des Tyriens. 236. Voir p. ____________________ Tyriens (conf. p. petite-fille de Zeus et de Thélé. Aucune des tombes explorées jusqu’à présent ne parait être antérieure au VIIe siècle (voir plus loin. Antiq. si. 446. aurait pris le nom de Carthage. 1 : τώ Τυρίων θεώ. fille de l’Hercule tyrien. une Carché. 20. 447-9) croit à l’existence d’une vieille cité cananéenne. que M. 3. dans Eustathe(2). pl. Josèphe. 2. 400-1). Rien ne prouve d’ailleurs que. cette forme est sans doute fautive. c. dont les Tyriens auraient pris possession lorsqu’ils étendirent leur hégémonie sur l’Afrique du Nord et qui. 4. L’équivalence Καχχάβη = Κάμβη. n’est donc pas démontrée. p. Carthage ne fut assurément pas fondée dans un lieu inconnu des Phéniciens. 13. II. n° 1619. elle aurait eu comme divinité principale Melqart. S’il qualifie Didon et Carthage de « Sidoniennes » (I. sont des inventions de mythographes et ne peuvent pas être invoquées comme indices. 9) et Gauckler (Revue archéologique. Il est inexact de lui attribuer une partie des sépultures découvertes à Carthage. contre l’usage de Movers fait de ces textes. 1. Au contraire. 377. 370-1) placent entre les ports intérieurs et la colline de Borj Djedid. n.. 545).

Nous le reproduisons. Meltzer. institua comme héritiers son fils Pygma- ____________________ 1. Geffeken. III Que pouvons-nous savoir sur les origines de Carthage(1) ? Timée en parlait dans son histoire. p. on trouve un récit beaucoup plus circonstancié(6). p. n. 7. (conf. ou omettent le mot. voir surtout Movers. Timaios Geographie des Westens. . de sa maison. Lorsqu’elle eut fondé la ville. Gutschmid. 2. 3. p. dans la langue des Phéniciens. 4-6. 163.380 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. 91 et suiv. Hist. VI. 5. en le résumant un peu. p. qu’elle était sœur de Pygmalion. Où elle fut appelée Dido par les indigènes. 351-368 . elle feignit d’accomplir une cérémonie destinée à la dégager de ses serments(4) : elle fit dresser et allumer un très grand bûcher près de sa demeure . Après beaucoup d’épreuves. I. Θειοσσώ. Elle s’y refusa. Sur cette question. mais. Le plus simple paraît être de corriger Δειδώ : Geffcken. elle était appelée Élissa. 4. c. I. Restitution de Movers (II. le roi des Libyens voulut l’épouser. 2) propose Θειωσώ. I. I. De son récit. p.. abréviateur de l’historien romain TroguePompée. l. Envers son mari mort. p. Mot probablement altéré. II. Peut-être s’est-il contenté de le transcrire. Les manuscrits donnent Multo. . fragm. 2. Il est probable qu’ici Justin a fort peu abrégé son auteur. Clermont-Gunneau (Recueil d’archéologie orientale. Timée dit que. fait par un compilateur anonyme(2) : « Theiosso(3). elle se jeta dans le feu. 353. comme ses concitoyens prétendaient l’y contraindre. il nous reste un court résumé. 463) ont voulu le corriger en Οίνουσσα . Kleine Schriften. 2dit. 6. p. II. puis. Müller. Mutto(7). roi des Tyriens. ad locum . » Dans Justin(5). 90 et suiv. n. et qu’elle fonda Carthage en Libye. 150-7 . EMPIRE DE CARTHAGE. 197 (Timée. 1 p. M. fragment 23). roi de Tyr. elle aborda en Libye. En effet. Graec. elle plaça ses biens sur un navire et s’enfuit avec quelques-uns de ses concitoyens. Müller. 64). Meltzer. II. 277. à cause de ses nombreuses pérégrinations. son mari ayant été tué par Pygmalion. XVIII.

usant d’un subterfuge. Pygmalion tua celui qui était à la fois son oncle et son beau-frère. Après un sacrifice offert à Hercule(1). dont Acherbas avait été le prêtre. encore enfant. ils allèrent tous chercher dans l’exil de nouvelles demeures. Elle gagne la haute mer et contraint ces gens à jeter dans les flots des sacs pleins de sable. par sa dignité. était le premier après le souverain. par crainte du roi.FONDATION DE CARTHAGE. que la maison de son mari lui offrit plus longtemps la triste image de son deuil. Ce sens n’est pas certain : « sacris Hercutis. _____________________ 1. Puis. qui. Mais. ne voulant pas. liés avec soin. Pygmalion y consentit très volontiers. que. en le suppliant de recevoir comme des offrandes funéraires les richesses qui ont causé sa mort. . elle leur dit qui ils sont maintenant menacés des plus cruels supplices. vierge d’une grande beauté. il avait cachées sous terre. car il pensait qu’avec Élissa l’or d’Acherbas entrerait chez lui. Désireux de s’en emparer. et sa fille Élissa. Élissa épousa son oncle Acherbas. elle exprima à son frère le désir de venir demeurer auprès de lui. Elle prépara sa fuite en secret. Cet Acherbas possédait de grandes richesses. associant à son projet quelques-uns des premiers citoyens. disait-elle. Élissa en conçut contre Pygmalion une haine que le temps n’effaça pas. prêtre d’Hercule. D’une voix désespérée. Cet avertissement les fit trembler et ils acceptèrent de l’accompagner dans sa fuite. le soir. comme s’ils renfermaient de l’argent. 381 lion. elle invoque Acherbas. mais qu’elle sut dissimuler. puisqu’ils ont laissé échapper les biens qu’un tyran avide avait convoités au point l’assassiner son parent. Mais le peuple remit la royauté à Pygmalion. Élissa fait embarquer avec tous ses biens les serviteurs chargés par le roi de transporter ce qui lui appartient. Peut-être Justin veut-il dire que les fugitis emportèrent des objets consacrés à Hercule. cuius sacerdos Acherbas fuerat repetitis ». Elle fut rejointe par des sénateurs qui s’étaient préparés à partir cette nuit même. qui délestaient le roi autant qu’elle. S’adressant ensuite aux serviteurs.

In Aeneid. ils s’établirent eux-mêmes en cet endroit. à la ville future des enfants. Mais elle fait tailler la peau en bandes très étroites et peut ainsi occuper un espace beaucoup plus grand que celui qu’elle a paru demander : de là le nom de Byrsa. à des dates fixes. pour qu’elles se fissent une dot en offrant leur virginité à Vénus. Conf. Puis elle achète autant de terrain que la peau d’un bœuf en peut couvrir. dit-elle. avec sa femme et ses enfants. afin. que ses compagnons. on exhuma une tête de bœuf : présage d’une ville où la profit devait coûter beaucoup de peine et ____________________ 1. Servius. encore pures. 112 et 463. heureux de l’arrivée de ces étrangers. Cependant Pygmalion s’apprêtait à poursuivre sa sœur. . I. C’était l’usage à Chypre d’envoyer. EMPIRE DE CARTHAGE. » Voir à ce sujet Meltzer. Là. assurant ainsi aux jeunes gens des compagnes. les jeunes filles sur le rivage. 443 : « Dido fratrem fugiens. puissent se reposer avant de repartir. cum transiret per quandam insulam Iunonis. partager la fortune d’Élissa. I. en stipulant que la dignité sacerdotale sera éternellement conservée à ses descendants. Ayant abordé dans un golfe d’Afrique. Il faut sans doute lire « Iunonis ». les gens du voisinage affluèrent et apportèrent aux nouveaux venus beaucoup de marchandises à acheter . Élissa recherche l’amitié des habitants.382 COLONISATION PHÉNICIENNE. donné plus tard à ce lieu. Dans les premiers travaux. mais les prières de sa mère et les avertissements des devins le firent renoncer à ce projet. Élissa fait enlever sur ses vaisseaux quatre-vingts d’entre elles. avec lesquels ils peuvent commercer par échanges. Ainsi fut fondée Carthage. illic accepit oraculum et sacerdotem eius secum abstulit. avec l’assentiment de tous. le prêtre de Junon(1) vient.. Des envoyés d’Utique vinrent aussi apporter des présents à ceux qu’ils regardaient comme leurs frères et ils les engagèrent à fonder une ville là où le sort les avait amenés. les Africains désirèrent retenir les étrangers. Ils abordèrent d’abord dans l’île de Chypre. et non « Iovis ». Attirés par l’espoir du gain. De leur côté. Une redevance annuelle fut fixé pour le loyer du sol. las d’une longue navigation. p.

n’osant rapporter la chose à la reine. Elle immola de nombreuses victimes. l’invitant à faire elle-même ce qu’elle conseillait aux autres. fit appeler dix des principaux citoyens et leur déclara qu’il voulait épouser Élissa. ajoutaient-ils. Aussi se transporta-t-on ailleurs. Les députés. Ils annoncèrent que le roi demandait quelqu’un qui voulût bien enseigner les mœurs civilisées aux Africains et à lui-même. » Et elle mit fin à ses jours. se tournant vers le peuple : « C’est. Après avoir pris un délai de trois mois. Divers détails de cette narration témoignent d’une certaine connaissance des Phéniciens et de Carthage : importance du culte d’Hercule (c’est-à-dire de Melqart) à Tyr .FONDATION DE CARTHAGE. lorsque le roi des Maxitani. trouver celui qui consentirait à abandonner les siens. avant sa nouvelle union. auprès d’un époux que je vais aller. elle invoqua longtemps le nom de son mari Acherbas. elle fit dresser un bûcher à l’extrémité de la ville. comme vous l’avez voulu. dit-elle. pour aller chez des barbares vivant comme des bêtes ? Élissa leur reprocha de reculer devant un sacrifice qu’exigeait pourtant l’intérêt de la patrie. un refus entraînerait la guerre. Ils révélèrent alors le message dont ils étaient chargés. symbole d’un peuple belliqueux et puissant. mais pourrait-on. c’était la place qui convenait la ville nouvelle. avec beaucoup de larmes et de plaintes. et répondit enfin qu’elle irait où l’appelleraient le destin de la cité et le sien. La renommée y attira beaucoup de gens. Surprise par ce subterfuge. si bien qu’en peu de temps il y eut là un grand peuple et une grande cité. 383 qui était destinée à rester perpétuellement sujette. existence a Carthage . Tant que Carthage demeura invaincue. On déterra alors une tête de cheval. Hiarbas. monta sur le bûcher et. Puis elle prit une épée. elle fut honorée comme une déesse. Carthage était ainsi prospère. eurent recours à une ruse vraiment punique. comme pour offrir un sacrifice expiatoire aux mânes de son mari.

voir Instructions pour la recherche des antiquités dans le Nord de l’Afrique. Appien (Lib. de la redevance que Carthage paya longtemps aux indigènes. Malheureusement. 466) se demande s’il ne s’agit pas des Carthaginois de l’époque d’Appien (IIe siècle après J. Ce détail. Des monnaies puniques qui représentent une tête de cheval ont peut-être inspiré l’épisode de la découverte faite lors des travaux de fondation(1). mais on ne voit guère pourquoi l’écrivain aurait mentionné spécialement ces Carthaginois. p. puisqu’elle ne s’explique que par une confusion entre un mot grec βύρσα signifiant cuir. 3. 407). absent du récit de Justin. p. 251). croyance à la haute antiquité d’Utique . I. Celui-ci semble en effet être une sorte de réduction de deux autres types. Meltzer. plus loin. 126. 36. on ne sait pas de quoi il s’agit (conf. Servius In Aeneid.384 COLONISATION PHÉNICIENNE. Servius. 3). de la punica historia. I.). n° 38). sans doute. (conf. 1). Conf. c. Quelques indices permettant de supposer qu’il a eu cours à Carthage. et un nom phénicien d’un sens tout différent. Il n’est pas vraisemblable que la légende ait inspiré le type monétaire. p. la tête de cheval est découverte au pied d’un palmier. Meltzer (I. p. 387. 2.. nos 32. I. Mais il est certain que l’historiette de la peau de bœuf est d’origine grecque. ce qui rappelle plus encore les monnaies punique où ces deux images sont associées . le second. Dans Eustathe (l. se trouvait peut-être dans le récit original (Meltzer. l’introduit par cette observation : « comme le croient les Romains et les Carthaginois euxmêmes ». mentions du lieu appelé Byrsa. qui fait un récit semblable à celui de Justin.. 4. prostitutions sacrées dans l’île de Chypre. In Aeneid. 139. auquel plusieurs générations ont peut-être collaboré. qui se prononçait à peu près de la mémé manière. il devait figurer dans l’ouvrage de l’historien sicilien sous une forme qui. Ce récit..-C. d’une aristocratie qui gardait le souvenir de ses origines tyriennes . Meltzer. I. A en juger par l’extrait de Timée cité plus haut. l. — comme ceux de Sicile. 343 et 738) invoque au sujet des aventures de Didon le témoignage de l’historia Poenorum. 367 : « quia byrsa graece corium dicitur ». Conf. dont le premier représente un cheval tout entier. qui n’étaient en somme que des Romains.. soit chez des Grecs qui. n° 34. 466. EMPIRE DE CARTHAGE. p. n. . p. noms phéniciens des personnages mis en scène. 198. la partie ultérieure d’un corps de cheval : voir Instructions. p. — n’ignoraient pas Carthage(3) : il est impossible de préciser(4). ne différait guère de l’exposé détaillé que nous lisons dans _____________________ 1. peau(2).. 37 et n° 33. c. a donc dû se constituer soit dans un milieu carthaginois hellénisé. de l’hérédité du sacerdoce de Junon (c’est-à-dire d’Astarté) .

36 et 355. à son tour. 250-1) : on y trouve. In Aeneid. 3. Voir Rossbach. Conf. gr. Servius _____________________ 1. 114. peut-être. V. C’est d’ailleurs peu vraisemblable : conf.. 738). dans les divers auteurs qui nous le font connaître. n. p. Commentaire de Denys. Lib. Dido. dans Real-Encyclopädie de Wissowa. II. p. turpe ducentibus si feminis suis plus animi fuisset in imperio quaerendo quam sibi in tuenda libertate. 443 . 7.FONDATION DE CARTHAGE. » 4. min. Anna : ce sont là des fictions poétiques. à Ovide(9). à Virgile. Nous ne rencontrons pas dans Justin le nom de Didon. dues à Nævius. à côté d’autres éléments. en particulier. 10. Meltzer. p. Le suicide de la reine n’est pas raconté de la même manière dans les deux auteurs. entre Timée et Trogue-Pompée.. » 8. on doit admettre que le texte latin qui nous est parvenu n’est pas une traduction fidèle et complète de l’original grec : peut-être l’abréviateur Justin a-t-il omis quelques détails(2) . Énéide. I. a inspiré de nombreux écrivains(5) . aujourd’hui perdu : voir Periocha libri XVI : « Origo Carthaginaesium et primordia urbis corum referuntur. 340. On peut donc être tenté de croire que Trogue-Pomnpée a reproduit Timée(1). 195 (Geogr. dans Appien(6). 114-5. qui n’auraient pas été de simples copistes. 6. Servius(7). 366. I. Celui-ci racontait les origines de Carthage au début de son livre XVI. Il est vrai que. 343. IV. y a-t-il eu un ou plusieurs intermédiaires. Je ne parle pas ici de la venue d’Énée à Carthage. Tyriis animos Didonis exemplum. qui. 211-4. On retrouve ailleurs des échos d’une tradition fort semblable à celle que Justin nous a transmise : par exemple. 9. si l’on s’arrête à cette hypothèse.. que Timée mentionnait. v. Servius a consulté Tite-Live (I. des souvenirs de Virgile. Cependant. 13). IV. en l’accompagnant d’une étymologie(3). du rôle attribué à la sœur de Didon. qui se sont greffées sur un récit à prétentions historiques. 380. I. de ses amours avec Didon. 343. Pourtant Didon est nommée dans un autre passage de Justin (XI. Eustathe(8). 119. 5. col. s. Meltzer. chants I et IV. 129. 367. 441-5 . 6. . I. p. quae Khartagine condita tertiam parlem orbis quaesisset. 2. à propos du siège de Tyr par Alexandre : « Augebat enim. 385 Justin. surtout à I. ce récit se présente avec quelques variantes. dans Virgile(4). 340-368.

Servius aurait cité Tite-Live pour montrer que le nom de Bitias. 738 : « Bitias classis punicae fuit praefectus. 343 (les manuscrits donnent Methres. 343). Parmi les compagnons de Didon. p. dit Servius (I. repoussa tout d’abord Didon.386 COLONISATION PHÉNICIENNE. Melthes. une apparition de Sychée révéla à Didon le crime auquel il avait succombé et le lieu où ses trésors étaient enfouis. c. 349. p. Heroid. I. s’empara. I. pour s’enfuir. l. autant qu’il semble. c. elle jeta cet argent à la mer.. 99. l. ____________________ 1. Cela ne cadre pas bien avec les indications de Servius. 90 et VIII. était véritablement un nom carthaginois. c. p. Appien. portantur avari Pygmalionis opes pelago. Eustathe. 8. quand elle aborda en Afrique. Cette explication me semble peu naturelle. 367. dit. 103 . c. I. Conf. 463) pense au contraire que l’historien romain parlait d’un amiral de ce nom qui aurait vécu beaucoup plus tard . 2. 162 de l’édition e Bonn . se voyant pressée par ceux que son frère avait lancés à sa poursuite. 6. II. Pour des raisons d’euphonie ou de versification. Probablement sous la forme Sycharias. 11.. ut decet Livius. Conf. p.. Selon Virgile(6). Didon. 7. 9. Les circonstances de l’assassinat sont racontées de différentes manières(5). nom que Virgile a connu(3) et dont il a fait Sychaeus(4). 3. 1. ce qui décida les gens de Pygmalion à revenir en arrière. Jean Matalas. Conf. 4. D’après Eustathe. Ibid. 10. L.. » Il me parait probable que ce Bitias était indiqué par Tite-Live comme un compagnon de Didon.Virgile. L. EMPIRE DE CARTHAGE. p. Eustathe. 362-3) : naves quae forte paratae Corriplunt Cependant Virgile ajoute : Onorantque auro . Iarbas. VII. Virgile(9) nomme un certain Bitias. I. In Aeneid. p. de vaisseaux qui étaient destinés à chercher des blés à l’étranger et sur lesquels le roi avait fait embarquer les sommes nécessaires aux achats(8) . employé par Virgile. I. 163. Mettes). 123 . qui cite Tite-Live. In Aeneid. 353 et suiv. I.. p. d’après Servius(7). I. Movers. 738. c. qu’il commandait la flotte des émigrants(10). Meltzer (I. dit encore Servius(11). . 377. 5. — D’après Virgile : Ovide. appelle le père de Didon Mettes(1) et son mari Sicarbas(2). 363. 251. 250. Jean Matalas. 97. l. Ce personnage n’a pas été inventé par le poète : Servius. 250. I. Silius Italicus.. Servius dit que Virgile fait allusion à cet épisode (I.. Eustathe.

c. Μάττηνος. qu’il ait parlé du palmier(11) ces détails ont pu être sacrifiés dans une version plus récente. 387 la tête de cheval fut exhumée au pied d’un palmier(1). Μύττυνος : Josèphe. dans Virgile (I. Meltzer. p. 3. Sem. Cependant presque toutes ces variantes peuvent à la rigueur s’expliquer. voir plus haut. Servius(5) raconte encore que Didon commença par rejeter la demande en mariage d’Iarbas et que celui-ci déclara la guerre aux carthaginois. 6. car plusieurs princes indigènes l’auraient recherchée en mariage. dans Josèphe (d’après Ménandre d’Ephèse). puisque. un des prétendants de Didon » . n. parait être une altération de Sicharbas. unus de procis Didonis. I. . 738 : « Iopas (fuit) rex Afrorum. 18 (124) : il s’agit du même personnage. » Cette « punica historia » ne peut pas être (comme le croit Meltzer. II. dans Justin. Acherbas. ibid. Voir plus haut. Movers. Il se retrouve dans des inscriptions de Carthage (Corpus inscr. 10. ____________________ 1. il n’est pas fait mention d’Iopas. 111.. p. Pars I. 463) le récit que Justin nous a conservé. 11. 749 et suiv. 2. I. Etc. Il mettrait peut-être aussi la découverte de la tête de cheval en relation avec le nom de Kakkabé . 36. n. I. p. I. ut punica testatur historia. Le même auteur donne le nom de Μάζιχες(2) aux indigènes que Justin appelle Maxitani. XXV. 1. sans qu’il soit nécessaire d’admettre des emprunts à des récits indépendants de celui qui a été reproduit par Justin. Iopas est devenu une sorte d’aède africain. 7. Mettes. Servius(3). 214 (édit. connaît un « Iopas. 37 et 534. 40. 64. Bode. Mutto (on trouve aussi la forme Meton(6)) représentent un même nom phénicien. Mais. roi des Africains. I.). 378. 8. I.. 2. p. 9. c : τοΰ δέ Νομάδων χαί Μαζίχων βασιλέως Ίάρβαντος. n. qui invoque le témoignage d’une « histoire punique ». Muttines : Tite-Live. forme très voisine d’un nom véritablement phénicien(9) : c’était celle qui devait figurer dans le récit original(10). IV. L. 5. L. p. 4.FONDATION DE CARTHAGE. 67) : « Dido Metonis filia ». IV. comme l’indique aussi Virgile(4). c. Mythographi Vaticani. I. qui signifie « Don (de Baal)(7) » et que d’autres auteurs ont transcrit de diverses manières(8). L.. 353-4. 21 (157). p.. Contre Apion. nos 1218 et 1354) : ‫סכרבצל‬. Il est possible que ce récit ait mentionné Bitias. 384. dans Justin.

48 et p. dans un discours prononcé au sénat. Pourtant. qui ne cadrent pas avec la narration de Justin. 10.388 COLONISATION PHÉNICIENNE. à la place d’une forme qu’on ne rencontrait pas ailleurs. Meltzer (I. p. XXIII. si. terme qui. 273). Iovinianum. 33. Meltzer. 73. 43. entre autres. XXVII. ces deux noms. 476) lit ici Elisa et plus loin Elissa. XXXVI. Si l’on admet que son récit se retrouve dans Justin. p. » Il est très probable que cet Iapon n’est autre que 1’Iopas de Servius. Patr. bientôt. p. comme le croit Geffeken (Timaios’ Geographie des Westens. I. Il l’appelait Hiarbas. furent modifiés en Elisa et en Carthago. Il n’indique pas sa source . L’apparition de Sychée est très vraisemblablement une invention de Virgile(2). 30. 2. 3. ont pu être inventés sans grand effort d’imagination. I. disait qu’à l’époque où Iapon régnait en Libye. Mazices(1) a pu être introduit à une basse époque. n. 117. des la première moitié du IIe siècle avant une tradition relative à la fondation de Carthage connaissait un prince africain qui ne s’appelait pas Hiarbas. ce qu’autorisent certains manuscrits. n. dans Migne.. dans Recueil de Constantine. signifie ville nouvelle . 5. p. lat. Les détails donnés sur le meurtre du mari de Didon. On peut supposer que ce sont là des transcriptions . 52 et 431 . il dit seulement qu’il répète et qu’on trouve dans des « veraces libri ». Solin(4) nous l’apprend : « Caton. Reste le roi indigène Iopas. 1902. Meltzer. Gsell. Sous ignorons comment Timée appelait le roi libyen qu’il mentionnait(3). p. EMPIRE DE CARTHAGE. il devait lui donner le nom d’Hiarbas et ne pas parler d’autres prétendants. sur la manière dont les fugitifs se procurèrent des navires ont peut-être été ajoutés par besoin de précision. une indication de saint Jérôme vient de Timée (Adv. Peut-être faut-il corriger Iapon en Iopan ce qui donnerait un nom identique à Iopas. avec une terminaison libyque. 7. ayant pris une forme punique. 4. quelques autres détails. dans la langue des Phéniciens. la phénicienne Élissa(5) avait fondé Carthage et l’avait appelée Carthada. L’ethnique très usité Μάζιχες. Voir. que. ____________________ 1. p. I. Mais cela ne me parait pas prouvé.

3. vécut cinquante-six ans et en régna quarante-sept. « Il n’y a aucune bonne raison d’admettre que cette mention de la fondation de Carthage ait été interpolée par Ménandre et que celui-ci l’ait empruntée à Timée. quant à « l’histoire punique » dont Servius parle à propos d’Iopas. et qui fut porté par deux souverains africains. VIII. A tort ou à raison. qui seule aurait figuré dans le document tyrien. les Tyriens ont pu croire à l’existence d’Élissa. 18 (116) . Quelle a été la source de Caton ? Nous l’ignorons. « Pygmalion. n. I. sa sœur. n° 2231. . p. nous l’avons dit. quoique je ne veuille pas invoquer à ce sujet la phrase de rhéteur citée plus haut. p. Monnaies grecques de la Bibliothèque nationale. fig. s’est évidemment pas une addition de Ménandre. qui n’eut aucune célébrité chez les Grecs. en donnant sur eux des renseignements chronologiques précis et en relatant certains événements de leurs règnes . non plus qu’une monnaie de Tyr. avec la date qu’il lui assignait(3). Ménandre n’aurait-il pas ajouté la mention de la sœur du roi et de sa fuite ? C’est là une hypothèse qu’il est impossible de prouver. II. cette monnaie témoigne peut-être simplement de la célébrité de l’Énéide de Virgile. qui représente et nomme Didon : Babelon. jud. La mention de ce roi est un indice sérieux de l’existence d’un récit qui ne concordait pas exactement avec la source de Justin. On ne doit pas penser à Timée si l’on croit que Justin est son écho fidèle . Perses Achéménides. Virgile et Servius disent. Dans un passage reproduit par Josèphe(1). — A la date de la fondation de Carthage. contemporains de César et d’Auguste. que Didon eut plusieurs prétendants. p. 93). Contre Apion.. 3. Dans la septième année de son règne. d’époque tardive (règne d’Etagabale). 385.FONDATION DE CARTHAGE. Auza (voir plus haut. Comme l’observe Gutschmid (Kleine Schriften. mais ce détail semble avoir été imaginé pour concilier des traditions contradictoires. ____________________ 1. 327. Ménandre d’Éphèse qui se servait. Ibid. 362 mention de cette ville. il est vrai. fonda la ville de Carthage. 20 . 5. 2. Antiq. Iuba. p. écrivait-il. il est question dans Ménandre de la fondation d’une autre colonie africaine. pl. 18 (125). elle reste pour nous une énigme. énumérait les rois de Tyr pendant une période d’un siècle et demi. ayant fui en Libye. I. 3 (144). de documents tyriens(2). 389 du nom qui est écrit ailleurs Ίόβας.. XXXVI. conf.

Voir aussi Basset. » 4. 92) Dido. Movers(8) l’a identifié avec un dieu adoré en Afrique. 718-9 (légende de la peau de bœuf en Sibérie). fils de Padaï . une. 5. Revenons à Justin. I. 10. Conf. une image tracée sur des monnaies. délivre. semble une confirmation éclatante de l’hypothèse qui l’a érigé en divinité. 8. dont nous donnons la traduction d’après Philippe Berger(5) : « A Astarté à Pygmalion(6). Meltzer(10) croit aussi qu’il s’agit d’un dieu libyque. p. EMPIRE DE CARTHAGE. V. On a même cru pouvoir affirmer que les personnages qui apparaissent dans cette légende sont. p. p. que les Grecs appelaient Iolaos(9). « Quam diu Karthago invicta fuit. dans un tombeau de Carthage qu’on peut dater du VIe siècle. se lit cette invocation en langue phénicienne. Énéide. Pour Pygmalion. 6. 351-2. 129. pl. 2. I. 475-6. p. » Aussi a-t-on soutenu qui Élissa n’est qu’une épithète d’Astarté.390 COLONISATION PHÉNICIENNE. Les aventures d’Élissa sont un roman. p. Sur un pendant de collier en or. VI. 7. 1890. il y a une vingtaine d’années. 504 et suiv. n° 5. Élissa fut honorée comme une déesse(3). a distingué plus tard (II. II. I. p. 8. 108-9. II. mais des dieux phéniciens(2). I. dans Revue des traditions populaires. Movers. I. Meltzer. Jadamelek. p. Répertoire d’épigraphie sémitique. 2. 206-8. Un poète lyrique grec. et un autre. I. après avoir cru qu’Élissa et Dido étaient deux noms d’une même divinité. fig. déesse. dont un épisode a pour origine un jeu de mots. signifiant « la joyeuse »(4). semble-t-il. Justin lui-même prête un appui à cette opinion : « Tant que Carthage demeura invaincue. p. plus haut. personnage historique. 3. d’Élissa. 2. qu’il délivre Pygmalion ! » Hiarbas est qualifié de fils de Jupiter Hammon par Virgile(7). 303 . IV. non pas des hommes. Ce mot est écrit ‫פגמליו‬. découverte faite. 439) constate des analogies entre la légende de Didon et celle des Nirbenlungen. Il nous parait superflu d’insister sur le caractère légendaire de son récit. 128 et suiv. 9. p. 43-45. Winckler (Altorientalische Forschungen. Musée Lavigerie de saint-Louis de Carthage. Conf. p. Pour Élissa. ____________________ 1. . 135. pro dea culta est. dont certains traits ont peut-être été empruntés à des contes populaires(1). Voir surtout Meltzer. I.

173. I. c. La forme Έλέσσαρ.. Patr. 7. Hüsing. Corpus. cueillit le doux gland de Zeus. 628. Pygmalion. on suppose s’être appelé Pumai(5). le sens serait : « Pygmalion délivre qui il lui plait ».. 481. Pygmalion). conf. el. le premier-né des hommes. sortant des plaines desséchées. 8.. 7 (Migne. l. v. d’après d’autres documents. dont les noms ne sont pas réunis par la conjonction. contemporain d’Alexandre. peut-être identique à celui que. 12. 391 ____________________ 1. 270. I. nous avons une inscription phénicienne qui le mentionne(8) et qui prouve qu’il se nommait en réalité Pumaijaton(9). c.FONDATION DE CARTHAGE. Fragment cité par saint Hippolyte. Hésychius : Πυγμαίων (il faut peut-être corriger Πυγμαλίων). I. des dédicantes s’appellent Elishat(11). Corpus. n° 12. col. nous ne saurions nier qu’elle n’apporte la preuve de l’existence d’un dieu phénicien Pyomalion(4). p. dans l’Etymologicon Magnum. 79 . c). On reconnaît là le nom que les Grecs ont transcrit Έλισσα(12) et qui. etc. p. Pars I. ‫ «( פמייתו‬Pumai l’a donné ») . 383. au lieu de Τάρβαντα. graeca. sem. est une réminiscence biblique. parlé de lui : « Les Libyens disent qu’Iarbas(2). L’interprétation de la fin est incertaine : selon Berger. Ίάρβαντα : correction de Schneidewin. 4. par conséquent. 600. I. mais ne sont cependant pas soudés : conf.. Athénée (IV. p. Sans parler des personnages légendaires du même nom (voir Lexikon de Roscher. Corpus. Noter cependant que le texte de Josèphe (Contre Apion.. C’est ainsi que Diodore de Sicile(6) appelle un roi de l’île de Chypre.). 9. Berger. appelle ce roi Πυμάτων. fut porté par de simples mor- . conf. 3318. nos 256. I. sur ce roi. III. c’est ainsi que Ménandre nomme le roi de Tyr(7) sous lequel il place la fondation de Carthage. p. l. Bergk. Voir Corpus inscr. En ce qui concerne le Pygmalion de Chypre. Mais il est certain. s. 11. n° 10 (p. 63. n°11. voir Corpus inser. Conf. Poetae lyrici graeci (4e édit. peut-être Pindare(1). Sur des ex-voto puniques(10). » Quoique le sens de l’inscription. que les Grecs ont transcrit sous la forme Πυγμαλίων un nom d’homme. 125) donne la forme Φυγμαλίων. 6. de Carthage reste obscur(3). V. 3. XVI. Peut-être en était-il de même du souverain de Tyr. Lexikon der Mythologie de Roscher. v. On ne voit pas bien quelle est la relation d’Astarté et de Pygmalion. p. s. 167. 711 et suiv. 44. pour le nom. 2. aurait. comme l’observe Meltzer. 3127) . ‫עלשת‬. 10. XIX. 18. Philosophumena. d’après Douris de Sumos. 5. sem. 37) .

Jug. 34 (n° 272) : « Poenos Didone oriundos ». 335. Polybe. 3. dont personne ne conteste l’existence. Mais ne peut-on pas supposer que des Grecs aient confondu la femme qui passait pour avoir fondé Carthage avec une déesse regardée comme la protectrice spéciale de cette ville. on l’a vu. a prévalu sur celui d’Élissa. Hérodote. Timée. Il est vrai que. Salluste. In Aeneid. quam quidam Dido autumant.. EMPIRE DE CARTHAGE.. telles. D’autres soutenaient que ____________________ 1. IV. 501). Virgile emploie parfois aussi le nom Élissa : IV. Servius(9) dit même qu’il ne lui fut donné qu’après sa mort. LXXIX. 9. Juvénal. Édit. In Aeneid. I. IV. Heroid. 609. 2..392 COLONISATION PHÉNICIENNE. 8. 610 . 3. III. p. 36. croit qu’il s’agit d’un dieu) . il aurait été situé au milieu de la ville. 1. 2. et c’est peut-être pour cette raison qu’il a été omis dans le récit reproduit par Justin. p.. prétendait qu’Élissa fut ainsi appelée par les Libyens à cause de ses nombreuses pérégrinations(10). Il ne l’a cependant pas fait oublier(7). I.). ou prétendue telle(3). malgré quelques témoignages suspects(1). Conf. Silius parait s’être inspiré d’une indication semblable à celle qui termine le récit de Justin et aussi d’un passage de l’Énéide (I. L. 4 : « Ab Elissa Tyria. 81. I. 98. 2. sans doute parce qu’il a été adopté par Virgile(6). 215-6. IV. V. 167) parle d’honneurs divins rendus par les Carthaginois au général Hamilcar. Movers. Servius. 193. . VII. 435. 335. 250 et 251. 674. — Silius Italicus (I. 7. Etc. indiqué par Timée. Ovide. Müller. Silius Italicus.) décrit un temple consacré aux mânes d’Élissa. 6. 90.. s. SI et suiv. 340 . 11 (Movers. Carthago conditur. par Ennius(5). c. 5. 553 . p. v. Un passage de Velleius Paterculus(8) laisserait croire qu’il n’était pas universellement accepté. » 9. 74 . par Nævius(4). Hamilcar a pourtant été un personnage historique. Etymologicon Magnum. VI. Mais ces vers n’ont aucune valeur historique. p. . I. Il est très probable que ces hommages s’adressaient en realité à Melqart (Meltzer. Fastes. comme celle qui avait présidé à sa naissance et à sa fortune. Eustathe. Διδώ où il est dit que ce mot signifie πλανήτις l’errante dans la langue des Phéniciens. Silves. relatif à un prétendu temple de Junon que Didon aurait élevé à Carthage. D’après Timée. p. I. 3) . 10. l. 441 et suiv. II. Élissa n’aurait reçu ce nom qu’en Afrique. 102. I. X. 167 (erreur : voir n. 10. ils auraient retrouvé sans peine dans cette divinité l’Élissa historique. fondatrice de Carthage . III. 6. avec une déesse qu’une épithète désignait peut-être comme la fondatrice de la cité ? Habitués au culte des héros. Conf. VII. Le nom de Dido. les Carthaginois ne semblent pas avoir divinisé des humains(2). 10 (simple fable). Slace. 4. Hérodote (VII. qui périt en 480.

Mais elle reçut sans doute ce nom en souvenir de l’héroïne chantée par Virgile. II. 128. Ce nom lui aurait été donné par les indigènes ( έπιχωρίώ φωνή). s. 9.. indiquée soit comme identique à Didon (Eustathe. 475). p. c. e. p. Cela ne prouve pas qu’un tel nom ait pu être porté par une Phénicienne mille ans auparavant. p. Les modernes(4) ont proposé diverses étymologies. . Voir apud Meltzer. 1. . Lat. 8. n. IV. I. 393 Dido signifiait en langue punique « femme virile(1) ». p. 129 et 475. l. l. 36. sed post. E. La vérité est que nous ignorons l’origine de ce nom de Dido et les motifs qui l’ont fait associer à celui d’Élissa(10). Un certain nombre de références sont données par Rossbach. δαιμων. Conf. Meltzer. les arguments que Movers a ____________________ 1. 7. p. p. elles ne permettraient aucune conclusion contre l’existence d’une femme appelée Élissa. M. Eustathe. 3 . Didon serait le δαίμων Καρχηδονίων qui est évoqué dans le traité de Philippe de Macédoine et d’Hannibal : Polybe. p. On ne le trouve pas dans l’onomastique punique.. 475. 10. 250). interitum a Poenis Dido appellata. 2. soit comme sa sœur. est aussi un nom d’Astarté. Meltzer (I. 431.. 273-9) est disposé à croire que le nom Διδώ se rattache au verbe δίδωμι . — Movers (II. v. Meltzer. 363. dit-on. 128. ou celle qu’on est convenu de nommer Tanit(9). Real-Encyclopädie de Wissowa. 2. 609 et suiv. 92 et suiv. 251.. qui indique qu’il y avait en hébreu un mot ‫ דד‬signifiant genius loci. I. 345. Du reste. I. Baalis) : Gesenius. l. si elles étaient fondées. l. id est virago punica lingua » (à cause du courage dont elle fit preuve en se tuant). soit Celle qui donne(8). Bochart. ibid. p. VI. 2. p. ou même du grec. Servius. άνδροφόνος. II. p. I. I. c. Littéralement. p. ou lui donnaient le sens de « meurtrière de son mari(2) » : explications dénuées probablement de toute valeur(3). puisqu’il n’est pas impossible d’admettre que la femme et la déesse aient été d’abord distinctes. il correspondrait à Tanit. . tirées de la langue phénicienne. 4. col. VIII. 5. I. Conf. 340 : « Dido nomine Elissa ante dicta est. « amor eius » (i. 9.. 2. Clermont-Ganneau (Recueil d’archéologie orientale. 341-3). Dido. Movers (II. Ce sont là des conjectures peu solides. p. 302 et suiv. Cet appellatif se serait appliqué à une déesse qui aurait été Astarté. des hypothèses bien fragiles de Bochart et d’autres sur l’origine de ces interprétations.FONDATION DE CARTHAGE. Quant à Hiarbas. II. Dido aurait signifié soit l’Errante(5) (sens indiqué par Timée). p. Winckler (Altorientalische Forschungen. 3. 8044. au temps de la fondation de Carthage. c. soit l’Aimée (de Baal)(6) soit le Génie protecteur du lieu(7). 97) croit qu’Anna. 674. Une femme est appelée Dido sur une inscription latine d’Afrique : Corpus inscr. Movers. Meyer.. ou Iarbas. 6. 2. 92. que ce savant rattacherait volontiers au verbe phénicien qui signifiait donner. p. 92). VII.

Epit. Mais il croit que la ressemblance de son nom avec celui du dieu Pygmalion. ____________________ . L’Iarbas du lyrique grec était. 387. Meltzer. donnés pour l’assimiler au dieu phénicien Iolaos sont très faibles.394 COLONISATION PHÉNICIENNE. De viris illustribus (attribué à Aurelius Victor). inspire confiance. mais le premier-né du genre humain. Le nom du mari d’Élissa. nous ne connaissons aucune divinité phénicienne qui se soit appelée ainsi. Il ne convient pas de s’arrêter aux vers de Virgile. p. Mais Pygmalion n’est pas un personnage fictif : il était mentionné dans le document tyrien copié par Ménandre. 1. 127 et 134) ne conteste pas que ce roi ait existé et qu’il ait régné à la fin du IXe siècle. Plutarque. qui était mêlé à la légende de la fondation de Carthage. document qui a dit être rédigé d’après des archives officielles et qui. qui. Movers. C’est ce qu’il faudrait prouver. EMPIRE DE CARTHAGE. un roi numide du 1er siècle avant J.(2).-C. Voir plus haut. 508. fut porté par un personnage vraiment historique. Meltzer (I. non un dieu. p. a été celui de plusieurs Carthaginois(3) . 5. combinées avec ce que nous pouvons savoir sur l’histoire de la Syrie. 136 et 477. permettent de dater le règne de Pygmalion de la fin du IXe siècle. 478) reconnaît que l’indication de Virgile ne prouve pas grand-chose. conf. a déterminé Timée à placer cette fondation sous son règne. 12 : Ίάρφας (corr. 9. p. I. On n’a donc pas prouvé que les acteurs qui jouent un rôle dans le récit de Justin aient été des dieux et il est certain que leurs noms furent portés par des hommes. p. c’est-à-dire d’une époque à laquelle il n’est nullement invraisemblable de placer la fondation de Carthage(5). II. par sa teneur même. Pompée. Les indications chronologiques de ce texte. n. p. Ont-ils existé ? Cela n’importe guère pour les deux comparses Sicharbas et Hiarbas. 3. Le même nom. Sikarbal. ce prétendu prince indigène dont le nom est probablement phénicien(4). Tite-Live. 4. Ίάρβας). Hiarbas. le présentent comme un fils d’Hammon et de la nymphe Garamantis : c’est sans doute une manière poétique d’indiquer qu’il était indigène(1). Movers (I. 2. Libri LXXXIX (Hiarbas) . 2.

FONDATION DE CARTHAGE. et XX. 4 : Elishah. 5. D’autre part. 712-3. XVII. Conf. Fut-elle fondée par des fugitifs. une ambassade allait célébrer un sacrifice au temple d’Hercule (Melqart) à Tyr(6) . 14 : Tile-Live. von Gutschmid (Kleine Schriften. 395 L’existence d’une sœur de ce Pygmalion. 2. 3. [R]odanim. La prétendue fondatrice de Carthage serait un personnage fictif. il faut accepter le témoignage des nombreux textes qui affirment que Carthage fut une colonie tyrienne(4). Arrien. p. Malheureusement. XXXIII. 64) a cru à l’existence d’Élissa. Anabase. Quinte-Curce. IV En tout cas. Tous les ans. et même sa dépendance. l. 4. 15 . C’est-à-dire. le site d’Elishah ne peut pas être déterminé. etc. 76 . » 6. Stade. V. 5 . p. la source tyrienne du Ménandre : voir plus haut. 24. Quinte-Curce. p. elle apportait une ____________________ 1. Strabon. Outre l’hypothèse qui fait d’Élissa une déesse. Ménandre d’Éphèse(3) et Caton ont parlé d’Élissa (le premier sans la nommer) et ils ne semblent pas s’être inspirés de la tradition qui nous est parvenue par Justin. n. 3. elle attesta son attachement. 40. a été beaucoup plus contestée(1) et est en effet très contestable. 10 : Carthaginem Tyrii condiderunt. 3. XVII. IV. contre le gré du gouvernement de Tyr ? On peut en douter. au risque de nous faire accuser de manque de critique. Outre les textes cités précédemment. y a-t-il lieu de confondre le nom de femme ‫עלשת‬. Mais. Kittim. qui se serait appelée laissa et qui aurait émigré en Afrique. 389. Pline l’Ancien. Meyer) Schöll. Ce nom a été rapproché d’Elishah (‫ )אלישח‬nom géographique qui est indiqué dans la Genèse (X. Pendant des siècles. inventé d’après ce nom de lieu. car elle rest