STÉPHANE GSELL

MEMBRE DE L’INSTITUT PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE

HISTOIRE ANCIENNE
DE

L’AFRIQUE DU NORD
TOME I
LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE LES TEMPS PRIMITIFS LA COLONISATION PHÉNICIENNE ET L’EMPIRE DE CARTHAGE

PARIS
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79

LIBRAIRIE HACHETTE

1, rue du Puy Griou. 15000 AURILLAC. spenatto@club-internet.fr D’autres livres peuvent être consultés ou téléchargés sur le site :

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HISTOIRE ANCIENNE
DE

L’AFRIQUE DU NORD
LIVRE PREMIER
LES CONDITIONS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE

CHAPITRE PREMIER
LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD
I La contrée dont nous nous proposons d’étudier l’histoire ancienne, jusqu’à la conquête arabe, s’étend, au Nord, entre le détroit de Gibraltar et l’extrémité Nord-Est de la Tunisie; au Sud, entre l’Anti-Atlas et le golfe de Gabés. Nous adoptons pour la désigner le terme conventionnel d’Afrique du Nord; on a aussi nommée Berbérie, Afrique Mineure. Nous y joindrons, comme une sorte d’annexe, le littoral du fond des Syrtes: dans l’antiquité, cette lisière du Sahara a été rattachée à l’État carthaginois, puis à l’Afrique romaine. Vaste quadrilatère, baigné par la mer à l’Ouest, au Nord et à l’Est, bordé par le désert au Midi, l’Afrique du Nord est isolée

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comme une île : les Arabes ont pu l’appeler l’Île de l’Occident(1). Mais cet isolement fait seul son unité. Elle est composée d’un grand nombre de régions disparates(2). II Celle qu’on nomme le Rif, et qui est encore fort mal connue, s’étend au Nord du Maroc actuel, opposant à la Méditerranée un front escarpé. A l’intérieur, se succèdent, à des intervalles rapprochés, des plis parallèles au rivage ; dans la partie NordOuest du pays, ils se recourbent vers le Nord, constituant avec les montagnes de l’Espagne méridionale un grand hémicycle, que le fossé de Gibraltar a coupé brusquement et qui marque la bordure d’un massif ancien, effondré dans la Méditerranée. La disposition du relief empêche la formation de rivières importantes. Mais, grâce au voisinage de la mer et il l’existence de montagnes élevées, les pluies sont abondantes; les vallées, courtes et étroites, qui sillonnent cette région tourmentée et d’accès malaisé, se prêtent il, l’arboriculture, à l’élevage et, par endroits, à la culture des céréales ; elles peuvent nourrir une forte population, capable de défendre son indépendance. A l’Est du Rif, débouche la Moulouia, qui, du moins dans

____________________ (1) Djezirat ci Maghrith. (2) Il n’a pas été écrit d’ouvrage général sur la géographie de l’Afrique du Nord depuis Élisée Reclus (Nouvelle Géographie universelle, tome XI, 1880). — Pour le Maroc, voir surtout Schnell, L’Atlas marocain, traduction Bernard (1808) ;Th. Fisher, Mitelmeer Bilder, I, p, 358 et suiv.; L. Gentil, le Maroc physique (1912) ; A. Bernard, le Maroc (1912), p. 11-34. — Pour l’Algérie, Bernard et Ficheur, Les Régions naturelles de l’Algérie, dans les Annales de Géographie, XI, 1902, p, 221-240, 330-367, 419-437. — Pour la Tunisie, Pervinquière, La Tunisie centrale, dans les Annales de Géographie, IX, 1900, p. 434-455 ; le même, Étude géologique de la Tunisie centrale (1913) ; le même, Le Sud tunisien, dans la Revue de Géographie, III, 1909, p. 393-410 ; Ph. Thomas, Essai d’une description géologique de la Tunisie, première partie, Aperçu sur la géographie physique (1907). — Pour la Tripolitaine, Méhier de Mathuisieulx, dans les Nouvelles Archives des missions, XII, 1904, p, 48-59, et dans les Publications de l’Association historique de l’Afrique du Nord, V, 1906, p. 47-81.

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son cours inférieur, a marqué pendant des siècles une limite entre des royaumes indigènes, puis des provinces romaines. Au Sud, une longue dépression(1), orientée de l’Est à l’Ouest, établit une communication facile entre l’Algérie et la côte de l’Atlantique. En suivant un affluent de gauche de la Moulouia, on arrive par Taza à un affluent de droite de l’oued Sebou, fleuve qui se jette dans l’Océan. Ce fut probablement par cette voie naturelle que passa la frontière militaire des Romains dans la Maurétanie Tingitane. Le reste du Maroc a pour épine dorsale le Haut-Atlas. Cette chaîne commence au-dessus de l’Océan, au cap Ghir, et, se dirigeant du Sud-Ouest au Nord-Est, forme une énorme muraille compacte, dont les sommets atteignent 4500 mètres et où les cols sont élevés et difficiles. Ce n’est qu’au Sud de la haute vallée de la Moulouia qu’elle s’abaisse et se morcelle, ouvrant des passages qui permettent d’atteindre sans peine les oasis sahariennes de l’oued Ziz et de l’oued Guir. Sur une grande, partie de son parcours, le Haut-Allas est flanqué, au Nord-Est, par les plissements parallèles du MoyenAtlas, au Sud-Ouest, par la chaîne de l’Anti-Atlas, rattachée au Haut-Atlas par l’énorme volcan éteint du Siroua. Au Nord et au Nord-Ouest du Haut et du Moyen-Atlas, s’étend, à partir du littoral, une région d’architecture tabulaire, que l’on a proposé d’appeler soit le plateau subatlantique, soit la meseta marocaine (parce qu’elle offre la même structure que la meseta ibérique, plateau central espagnol). Une longue falaise la divise en deux terrasses superposées, la première d’une altitude moyenne de 150 mètres, la seconde de 500 mètres, coupées par les lits profonds de quelques rivières qui se dirigent vers l’Océan, en s’écartant comme les branches d’un éventail. Étroites au Sud-Ouest, ces terrasses s’élargissent ensuite ;
____________________ (1) Qui fut un détroit à l’époque miocène, comme l’a montré M. Gentil.

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elles disparaissent au Nord pour faire place à la plaine d’alluvions de l’oued Sebou, entourée d’un pays de collines et de mamelons. Le long des côtes et sur une profondeur moyenne de 70 kilomètres, cette région est en général suffisamment arrosée par des pluies qu’amènent les vents d’Ouest. Il y a là d’excellentes terres, surtout les sols noirs auxquels on a donné le nom indigène de tirs et dont l’origine est encore très discutée. Cette partie du Maroc, dépourvue d’arbres, est, sur de vastes espaces, très propice à la culture des céréales ; elle offre aussi de riches pâturages au gros bétail; chevaux et bœufs. Mais les sources y sont très rares et l’on doit s’y procurer l’eau potable en creusant des puits profonds, ou en établissant des réservoirs. En arrière, s allonge une zone de steppes, dont la stérilité a pour cause la rareté des pluies, bien plus que la nature du sol. L’irrigation y est difficile à cause de la hauteur des berges des fleuves. On y élève des troupeaux qui, pendant l’été, doivent transhumer. Enfin, à une altitude moyenne de 600 mètres, au pied même des montagnes, qui attirent les pluies et dont les neiges gardent des réserves d’eau jusque vers la fin du printemps, de nombreuses sources peuvent servir à des irrigations et faire prospérer de magnifiques vergers. Des ceintures de jardins entourent les villes et les villages qui ont pris naissance dans, cette région élevée, au climat tempéré et salubre. Le; Haut et le Moyen-Atlas forment des écrans qui arrêtent le, nuages chargés d’humidité. Au delà de ces montagnes, la vie n’est possible que le long des rivières qui en sortent et dont l’eau sert à arroser des cultures. Du côté de l’Atlantique, entre le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas, l’oued Sous parcourt, sur environ 200 kilomètres, une plaine étroite, très encaissée. C’est un désert en dehors de la bande

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de jardins qui accompagne la rivière, entièrement utilisée pour les irrigations. L’oued Ziz, l’oued Guir et d’autres cours d’eau qui les rejoignent naissent sur le versant méridional du massif atlantique et vont alimenter, en plein Sahara, des chapelets d’oasis, dont les plus belles sont celles du Tafilelt. Plus à l’Ouest, l’oued Draa, d’abord à peu près parallèle à ces rivières, tourne ensuite brusquement vers le couchant et son sillon se prolonge jusqu’à l’Océan, à travers le désert. Des oasis bordent les rivières qui le forment et celles qui, sortant de l’Anti-Atlas, cherchent à le rejoindre. Au delà même du coude qu’il décrit, l’oued Draa garde quelque humidité souterraine, et de maigres cultures sont possibles dans son large lit. III L’Algérie comprend dans toute sa longueur une zone centrale de grandes plaines, situées à une altitude élevée, et, au Midi et au Nord, deux zones fort accidentées. Au Sud, c’est la série de montagnes, orientées du Sud-Ouest au Nord-Est, qui constituent l’Atlas saharien. Au Nord, s’étend, sur une largeur moyenne de cent kilomètres, le Tell, dont le nom se rattache à un mot arabe signifiant colline, plutôt qu’au mot latin tellus, terre cultivable. Le Tell est hérissé de chaînes confuses de différents âges, dirigées le plus souvent du Sud-Ouest au Nord-Est dans la partie occidentale de cette contrée, de l’Ouest à l’Est dans la partie orientale, jusque vers Bône, où une séparation assez nette est marquée par la plaine basse de la Seybouse. Il est fort difficile de débrouiller le chaos des montagnes du Tell(1).
____________________ (1) « Le Tell n’a pas d’unité orogénique. C’est un habit d’Arlequin » ; Gautier, Annales de Géographie, XX, 1911, p. 300.

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MM. Bernard et Ficheur l’ont tenté dans un mémoire(1) que nous avons beaucoup mis à contribution pour tracer cette rapide esquisse de l’Algérie. Le littoral est bordé par les débris, épars çà et là, d’un massif ancien, fait de gneiss et de schistes, contre lequel s’est dressée au Sud une chaîne calcaire. Le massif, qui couvrait une partie de l’espace occupé aujourd’hui par la Méditerranée, a été presque entièrement englouti. Le golfe de Bougie est une fosse creusée par cet effondrement, qui eut lieu à l’époque pliocène et fut accompagné de phénomènes volcaniques sur les bords de la fracture (2). Entre les restes de ce massif, dans le voisinage immédiat de la mer, s’insèrent quelques plaines basses, très étendues, mais dont les anciens n’ont pas pu tirer grand parti. Celle qui s’allonge au Sud-Ouest et au Sud d’Oran, et qu’encombre une cuvette sans écoulement, est rendue stérile par la salure des terres ; ce sel, arraché à des gisements situés sur le rebord de la plaine, est charrié par les eaux et vient s’amasser dans le lac. Plus à l’Est, deux rivières importantes, le Sig et l’Habra, se réunissent et forment, dans la plaine de la Macta, des marécages que les alluvions comblent peu à peu. Dans l’antiquité, le sol humide devait être presque partout impropre à la culture. On ne trouve guère de ruines que sur la lisière méridionale de ces deux plaines, le long d’une voie qui parait avoir marqué, pendant plus d’un siècle et demi, la frontière militaire de l’Empire romain. En arrière d’Alger, la Mitidja, que la colonisation française a rendue si prospère, fut jadis un golfe, puis un lac, qu’un bourrelet de collines séparait de lamer et que les apports des rivières qui viennent du Sud ont lentement comblé : l’écoulement des eaux y est encore imparfait. Le centre de la plaine
____________________ (1) Voir plus haut, p. 2, n. 2. (2) Bernard et Ficheur, l. c., p. 222. — Au Sud-Ouest d’Oran, la région d’Aïn Temouchent présente des vestiges de volcans, dont les cônes détruits et les coulées ont formé des terres noires, très fertiles, exploitées déjà dans l’antiquité.

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était probablement marécageux aux premiers siècles de notre ère. Des ruines romaines ne se rencontrent que sur les bords, de la Mitidja, au pied des montagnes qui l’enserrent de tous les côtés. A l’extrémité orientale de l’Algérie, une autre grande plaine s’étend près de la Méditerranée, derrière Bône. Elle, est aussi occupée en partie par des marécages. Parmi les pays montagneux qui bordent les côtes, le Dahra, limité au Sud par la vallée du Chélif, offre des plateaux dénudés, favorables à la culture des céréales, pourvus de sources abondantes, et des chaînes encadrant plusieurs vallées, dont les parties les plus fertiles ont été exploitées par les anciens. A l’Est du Dahra, la région schisteuse de Miliana est très ravinée et en général stérile, avec de maigres pâturages dans les clairières des forêts et quelques sols cultivables sur les lisières du massif. La grande Kabylie est constituée au centre par un plateau de terrains anciens, gneiss, schistes, micaschistes, et bordée au Sud par la chaîne calcaire du Djurdjura, aux cimes dentelées, dont la plus haute dépasse 2300 mètres. Des vallées trias encaissées coupent le plateau et « forment de véritables fossés entre les tribus dont les innombrables villages couronnent les crêtes(1) ». Le sol est peu fertile, mais l’eau abonde, grâce aux condensations que provoquent les hautes altitudes et aux réserves de neige que le Djurdjura garde jusqu’au mois de mai. C’est un pays d’arboriculture, où, dans l’antiquité, la population devait être déjà dense, mais où la colonisation romaine ne semble pas avoir pénétré. Au Nord, s’étend, de l’Est à l’ouest, la vallée de l’oued Sebaou, propice aux céréales, puis, entre ce fleuve et la mer, une chaîne de grès, au pied de laquelle des ruines de cités s’échelonnent le long du rivage. L’angle oriental de la Kabylie est aussi occupé, par des grès, qui portent de belles forêts de chênes.
____________________ 1. Bernard et Ficheur, l. c., p. 226.

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A l’Est de la grande Kabylie et jusqu’à Bône, la Méditerranée est bordée presque partout par des massifs très tourmentés, où les rivières se fraient péniblement un chemin. Les grès couvrent de vastes espaces, revêtus de magnifiques boisements de chênes. Les terres, siliceuses, se prêtent mal à la culture des céréales, sauf dans les vallées, d’ailleurs étroites, où des alluvions argileuses se sont déposées. Mais, dans cette région élevée et bien exposée aux vents humides, les pluies entretiennent de belles prairies et des vergers prospèrent autour de nombreuses sources. En dehors des forêts, elle parait avoir été assez peuplée aux temps antiques. A l’intérieur du Tell, des vallées, de hautes plaines, des plateaux séparent ou pénètrent les massifs montagneux. Des plaines, d’une altitude moyenne de 400 mètres, se succèdent à l’Est de la Moulouia jusqu’au delà de Mascara. Celle des Angads, qui fait partie du Maroc, est sèche et stérile. Celles qui s’étendent au Nord de Tlemcen et de Lamoricière sont mieux partagées. La plaine de Sidi bel Abbès est couverte de terres légères, friables, dans lesquelles sont incorporées des par celles de phosphate de chaux et qui n’ont pas besoin de beaucoup d’humidité pour porter de belles moissons. Les pluies, bien réparties il est vrai, atteignent à peine une hauteur annuelle de 40 centimètres à Sidi bel Abbès. La plaine d’Egris, au Nord de laquelle se trouve Mascara, en reçoit moins encore et la constitution du sol y est moins bonne : aussi n’a-t-elle que peu de valeur agricole. Ces plaines sont bordées au Midi par une série de grands gradins, formés de grès, de dolomies, de calcaires(1). Des rivières assez importantes prennent naissance dans cette région accidentée et la traversent pour se diriger vers le Nord, coulant dans des gorges ou dans des vallées étroites; elles débouchent
____________________ (1) Monts de Tlemcen, de Daya, de Saïda, de Frenda.

formés par des collines. nombreuses à la lisière des plaines. Bientôt. Une frontière militaire. quelques-unes par des cascades. longeait. admirablement située à plus de 800 mètres d’altitude. Mais la barrière du Dahra arrête les pluies qui. soit dans l’antiquité. Cette vallée n’est cependant pas un couloir largement ouvert : des étranglements. sur les sols favorables a la culture. le massif de l’Ouarsenis. Au delà même de cette frontière. au ‘Nord. Le Chélif. et traversant. sur une partie de son parcours. et ce nom serait encore très justifié. la divisent en trois parties(1). plaine des Attafs. qui a sans doute été faite aussitôt après la conquête de la Maurétanie et qui a développé la colonisation. dont elle reçoit les brises rafraîchissantes. permettent la création de beaux jardins. une population assez dense s’est installée. Frenda. plaines d’Orléansville et d’Inkermann. 9 brusquement sur le pays plat.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. Chanzy. il tourne vers l’Ouest. traverse les hantes plaines de l’Algérie centrale. Sur les gradins. Elle était parcourue par une voie militaire romaine. fleuve qui naît dans l’Atlas saharien. défendue des vents brillants du Sud par le vaste talus auquel elle est adossée. des bandes de terrains fertiles. Lamoricière. s’étant soudé â un cours d’eau méditerranéen. par Lalla Marnia. en particulier aux alentours de Saïda. soit plus tard. quelques zones marneuses sont propres à l’agriculture. Les terres alluviales. mais clairsemées . au Sud. compactes et profondes. ____________________ (1) Plaines du Djendel et d’Affreville. il y a des forêts étendues. s’appelait à l’époque romaine Pomaria (les Vergers). le rebord septentrional de ce haut pays. Tagremaret. La vallée qu’il suit forme une longue dépression entre le massif de Miliana et le Dahra. Tlemcen. sont très fertiles quand elles sont arrosées. Tlemcen. il entre dans le Tell à Boghari. tournée vers la mer. passant vers Franchetti. qu’elle coupait ensuite. établie par les Romains vers le début du troisième siècle. . Les sources. direction qu’il garde jusqu’à la mer.

au relief tourmenté. le long du Nahr Ouassel. qui se dirige vers le Chélif. sauf dans quelques vallées. Ce massif est bordé à l’Ouest par la Mina. de Médéa. Au delà des montagnes abruptes et ravinées qui dominent au Sud la plaine de la Mitidja. découpé par les profonds sillons des rivières qui s’éloignent vers l’Ouest. tombent en trop petite quantité pour assurer la bonne venue des céréales et qui s’infiltrent mal dans un sol peu perméable. C’est par une irrigation bien comprise ou par le choix d’autres cultures que la vallée du Chélif petit prospérer. facilement irrigable. Il offre de belles forêts. Le massif de l’Ouarsenis est formé de plissements confusément entassés autour d’un grand dôme calcaire et coupés par des affluents du Chélif. La région. schisteux ou gréseux. Cette zone fertile se continue au Nord-Est. a de nombreuses sources et n’est pas dépourvu de terres propices aux céréales. souvent. située au Sud et au Sud-Est de Tiaret. et même dans les temps qui ont suivi l’invasion arabe. se distingue par sa fertilité des plaines élevées du centre de l’Algérie. avant de rejoindre le Chélif dans une large plaine. d’une altitude de 1000 à 1200 mètres. elle a été très peuplée dans l’antiquité. Il forme un passage. le plateau. qui la continuent sans transition. La frontière romaine dont nous venons de parler passait par là. qui. argileux et nu. riches en phosphate de chaux. entre la vallée . ne se prêtent guère qu’à l’élevage. Grâce aux pluies qu’elle reçoit du Nord Ouest par la vallée de la Mina. mais. au Sud de l’Ouarsenis. sur la lisière méridionale de l’Ouarsenis. où l’on trouve des ruines antiques.10 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. d’ailleurs assez difficile. qui la couvrent peuvent porter de belles moissons. En grande partie incorporée par les Romains dans leur frontière militaire du IIe siècle. le Nord et l’Est. les terrains. pour aller couper le Chélif vers Boghari. les terres d’alluvions. descend un couloir donnant accès au plateau de Tiaret.

par Berrouaghia. ou par des argiles d’où sortent des sources et qui portent de beaux pâturages. ne passait pas par Médéa. Annales de géographie. 11 du Chélif et les trois plaines des Beni Slimane. Sour Djouab et Aumale. dans la partie septentrionale d’une région accidentée. des Aribs et de Bouira. à l’Est. P. (2) Cnutier. Elle filait plus au Sud. plus a l’Est. Les ruines s’y pressent et une colonie importante. qui se suivent de l’Ouest. qui craint moins la sécheresse. La plaine de Bouira conduit à la vallée de l’oued Sahel. La culture des céréales est aléatoire . près de la mer. Tubusuptu. Dans le Nord de la province de Constantine. qui constituent des terres fertiles. L’extrémité de la vallée. Le sol d’alluvions est très fertile. Takriets et à Sidi Aïch. . là encore. Comme celle du Chélif. La première de ces plaines souffre de la sécheresse . XIX. l’arboriculture. 232.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. 1910. que parcourent d’Ouest en Est des chaînes parallèles. Ce pays montagneux fut enfermé dans la frontière militaire du IIIe siècle. le fleuve a de se frayer un passage a travers des barrières rocheuses. Mais. La voie militaire romaine. la région d’Aïn Bessem a de bonnes terres et reçoit assez d’eau de pluie : les ruines antiques y abondent. venant de la vallée du Chétif. mêlées de phosphate de chaux. court moins de risques. au Sud d’Aumale. ni par les plaines qui se suivent jusqu’à l’oued Sahel. appelé plus bas oued Soummane. derrière la ____________________ (1) A. depuis Boghari jusqu’à Sidi Aïssa. établie sur une large bande calcaire(2). cette vallée est coupée par des obstacles : sur deux points(1). à une altitude de 600-500 mètres. qui en suivait la lisière méridionale. jouit pourtant de conditions plus favorables. y fut fondée dès l’époque d’Auguste. Les intervalles ravinés sont occupés çà et là par des marnes. représentant une ancienne vallée. qui borde la grande Kabylie au Sud et à l’Est. les pluies sont souvent insuffisantes : la chaîne du Djurdjura les arrête.

les plaies sont abondantes. une des branches de la Seybouse. argileuses. ou se faufilent avec peine dans des gorges étranglées. les établissements antiques ont été nombreux. bien avant la conquête romaine. Deux bassins compris dans cette région furent surtout très peuplés. et qui va se rétrécissant et s’abaissant de l’Ouest à l’Est. d’un aspect tourmenté. à l’élevage du gros bétail. large d’une vingtaine de kilomètres. Le bassin de Guelma. dans les provinces d’Oran et d’Alger. s’allonge. On rencontre partout des ruines romaines au Sud de ce bassin. dans le pays montagneux sillonné par l’oued Cherf. entre le Moyen et le haut-Atlas. comblé par des argiles et des poudingues. Quoiqu’il ne soit pas particulièrement fertile. jusqu’aux hautes plaines de la zone centrale. long d’environ 80 kilomètres de l’Ouest à l’Est. qui en sort en rompant une barrière. formant en quelque sorte la banlieue de la ville de Cirta (Constantine) . Les rivières suivent d’étroites vallées. généralement en rangs compacts. IV Au Sud du Tell. . les montagnes de grès ou de calcaire se succèdent. y couvrent de grandes étendues. qui commence dès le Maroc. qui. enfin par le cours supérieur de la Medjerda : des terres fertiles.12 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. sur un roc abrupt. et par ses affluents. chaîne calcaire qui borde le massif ancien. il a été cultivé d’une manière intense. là où les terres conviennent aux céréales. Cependant. une région de steppes. offre des marnes favorables à la viticulture et aux céréales. par d’autres rivières qui vont se jeter plus loin dans la Seybouse. et. a dû son importance à une incomparable position défensive. parcouru par la Seybouse. à l’arboriculture. saturées de phosphate de chaux. avec une altitude de 1200 à 800 mètres. Celui de Constantine est un ancien lac.

avec la belle oasis de Bou Saada. morcelés et ravinés par les érosions. L’existence de cette carapace. Entre ces steppes et les hautes plaines de la province de Constantine. s’il n’était le déversoir de rivières qui naissent dans les hautes montagnes de la bordure septentrionale du bassin. Il n’y pousse que d’humbles plantes. C’est un pays de maigres pâturages qui ne durent même pas toute l’année. et dont l’épaisseur varie de quelques centimètres à plusieurs mètres(1). réceptacles en hiver d’eaux qui charrient des sels. aux flancs nus ou portant ____________________ (1) Bernard et Ficheur.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. le Hodna n’a qu’une altitude moyenne de 400 mètres. dans la Géographie. la nature salée de beaucoup de terres rendraient la région impropre à la végétation arbustive et à l’agriculture. . à cuvettes peu profondes. Le sol des steppes est formé d’alluvions d’ordinaire siliceuses. 13 Elle se compose de vastes plaines. qui empâte des cailloux et des graviers. permettant des irrigations sur de grands espaces. 1. alimenté par les eaux du pourtour. s’intercale le Hodna. presque à sec en été. des dunes forment une sorte de désert. qui résistent à la sécheresse et se plaisent dans les terrains salés. malgré la fertilité de ses terres d’alluvions. Çà et là. le plus souvent calcaires. très inférieure à celle des pays qui le flanquent. recouvertes à peu près partout par une sorte de croûte calcaire. qui offre au centre un grand lac. qui se prolongent dans la Tunisie occidentale. meubles ou agglomérées. 420. surgissent des chaînons. p. Région effondrée ou cuvette d’érosion(2). même si les pluies y tombaient en quantité suffisante. ou qui les franchissent. Le Hodna a été incorporé au territoire romain. (2) Voir Gautier. Le centre de la province de Constantine est occupé par de hautes plaines. 98. au Nord du lac. Il reçoit peu de pluie et ne pourrait être qu’une steppe. XXI. séparées par des rides légères et parsemées de grands lacs. bassin fermé. Au Sud. c„ p. 1910.

une maigre végétation de pins d’Alep. non loin de Khenchela. mais qu’on observe déjà en Algérie. . mais dans de petites proportions. en Tunisie. ils se dirigent de l’Ouest à l’Est. ainsi que par les affluents de cette rivière. Au Sud. de l’oued et Kébir. comme les plissements du Tell de l’Algérie orientale. d’oliviers sauvages. Les autres. avant son entrée dans le Hodna. plates-formes aux pans abrupts. sont orientés du Sud-Ouest au Nord-Est. où viennent s’amasser en hiver des eaux souvent salées. et se dirige du Sud-Ouest au Nord-Est. Dans l’Algérie orientale et dans la Tunisie occidentale. Celle de la Medjana s’incline vers le Sud et c’est la direction des cours d’eau qui vont rejoindra l’oued Ksob. l’oued Mellégue. absorbées en été par l’évaporation : nous retrouvons là. l. Les plaines. c. Les autres plaines septentrionales de la région dont nous parlons appartiennent au versant méditerranéen et sont parcourues par des rivières qui contribuent à la formation de la Soummane. d’autres plaines ont leur écoulement par l’affluent principal de la Medjerda. des eaux s’écoutent vers le Sud-Est. 362. de la Seybouse. au Nord-Ouest de Batna : Bernard et Ficheur. mamelonnées dans la Medjana et aux alentours de Sétif. p. la nature des steppes des provinces d’Oran et d’Alger. A l’Est. les érosions ont parfois découpé des tables.. ils se présentent souvent sous l’aspect de dômes à base circulaire ou elliptique : type caractéristique de l’orographie tunisienne. entre Tébessa et le Kef(1). ____________________ (1) La même forme tabulaire se retrouve au Kef. plus unies à l’Est. de thuyas. Enfin.14 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Dans la partie Nord-Ouest de cette vaste région. de genévriers. dont la plus remarquable est la Kalaa es Senam. comme l’Atlas saharien . qui prend sa source au Nord de l’Atlas saharien. beaucoup plus nombreux et qui se rencontrent déjà dans le voisinage du Hodna. Une table analogue constitue une forteresse naturelle à la Meslaoua. sont situées à des altitudes de 700 à 1000 mètres. il y a des plaines à cuvettes centrales.

Les sols. . bien pourvue de sources et où une forte occupation militaire a donné l’essor à la colonisation. prolongement oriental du Haut-Atlas marocain. le massif du djebel Amour. V La zone centrale de l’Algérie est bordée au Midi par l’Atlas saharien. imprégnés de sel. au chapitre IV. la nature du sol n’étant pas favorable aux arbres(1). Au Sud des hautes plaines des provinces d’Oran et d’Alger. Mais les pluies sont parfois insuffisantes dans les plaines du Nord . Cependant. Abandonnées en général aux pasteurs avant la conquête romaine. et même ailleurs. en particulier entre Souk Ahras et Tébessa. elles ont été ensuite habitées par une population agricole très dense. Il a de beaux pâturages. leur superficie est du reste assez restreinte. ne conviennent guère qui à l’élevage du mouton . Toutes ces plaines sont entièrement dénudées et il est probable que le défrichement n’a fait disparaître que des broussailles. enfin au Sud-Est et au Sud de Sétif. Les intervalles sont remplis par les débris infertiles de ces chaînes et l’on y retrouve les maigres plantes des steppes. couverts de limons et de marnes riches en phosphate de chaux. crêtes étroites et nues. elles le sont souvent dans celles du Sud. se prêtent au contraire fort bien à la culture des céréales. qui présente dans sa partie orientale de grandes tables aux flancs verticaux. surtout autour et au Sud du Kef. s’allongent des plissements parallèles. ____________________ (1) Voir plus loin. sur la lisière de l’Aurès. dont les masses provoquent des condensations. formées surtout de grès friables. orientés du Sud-Ouest au Nord-Est. est mieux partagé. sauf en avant de l’Aurès et des monts de Batna. 15 Cette zone n’est pas partout fertile. qui s’étendent autour des cuvettes des bassins fermés. De vastes espaces.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. comme au Sud du bassin du Hodna.

Les plissements calcaires. fait suite à l’Aurès. assez nombreuses. auquel on peut rattacher. entre des forêts de thuyas. C’est surtout. de pin d’Alep. De belles forêts de chênes verts. de vastes dûmes elliptiques ont été décapés. de genévriers. situé au Sud-Ouest de Tébessa. Entre ces monts et l’Aurès. de genévriers et de cèdres. dont les rebords saillants indiquent le pourtour d’an- . un long passage s’ouvre vers le Midi.16 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. les sources. le grand camp de l’Afrique romaine. les plissements serrés de l’Atlas saharien disparaissent. Le pays des Némenchas. commandé aujourd’hui par Batna et dans l’antiquité par Lambèse. Une érosion très intense a profondément creusé ces dépressions et entraîné jusqu’au Sahara des masses énormes de débris. qui sont sans doute très anciens. Dans le Sud de la province de Constantine. au delà de laquelle on rencontre aussitôt une oasis saharienne. les sources abondent et les rivières peuvent servir à des irrigations. les monts calcaires dits de Batna. coupé de ravins que des cailloux encombrent. Dans ce massif. au Nord-Ouest. Plus loin. minces et abrupts. Cette voie de communication importante entre les hautes plaines et le désert suit l’oued el Kantara. qui culmine à plus de 2300 mètres. A l’Est de l’oued el Arab. très tourmenté. Au Nord. séparent des vallées étroites. s’inclinant vers le Sud-Ouest. aplanis par les érosions et transformés en plaines. comme la grande Kabylie. de pins d’Alep et de genévriers . se partage en deux régions distinctes. servent à irriguer des vergers et alimentent des villages. le djebel Chechar. qui dépassent 2000 mètres et portent des forêts de chênes. d’une altitude moyenne de 000 mètres. qui a coupé une barrière transversale par une courte gorge. un pays d’arboriculture. s’étend le massif de l’Aurès. de l’Aurès. de cèdres couvrent les flancs des montagnes. où la population indigène était dense aux premiers siècles de notre ivre.

il n y pleut pas assez pour la culture des céréales. de ce côté. En Algérie. descendent vers le désert. Les principales sont celles de Laghouat. Ils ont occupé les oasis des Mans et. Au Sud du Hodna.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. une série de gradins caillouteux. creuse un long sillon dans le Nord du désert . plantées d’oliviers et bien peuplées. celles dés Zibans. ou aux nappes souterraines qui sont alimentées par des eaux de même provenance. sillonnés et ravinés par des oueds. 17 ciennes montagnes et donnent naissance à des sources. Les eaux abondantes qui dévalent du Haut-Atlas font. bien au delà de leur frontière. prospérer de belles oasis au Sud du Maroc. puis elle suivait le bord méridional du massif de l’Aurès. entre des plissements des monts des Ouled Naïl. les Romains ont établi. Elles doivent leur existence aux oueds qui sortent de l’Atlas saharien. nous l’avons dit. s’avançant de l’Ouest à l’Est. ces plaines furent. L’orientation de ces terrasses et du bourrelet qui les termine’ au Sud se retrouve dans le relief de la Tunisie méridionale. dans la région de Biskra . qui ne s’arrêtait qu’à peu de distance de Laghouat et gardait un passage reliant le Hodna et le Sahara. A l’époque romaine. on grande partie. du djebel Chechar et des terrasses des Némenchas. La région est sans arbres . Au Midi. qui. . les oasis de la lisière du désert ont beaucoup moins d’importance. au Sud-Ouest des monts des Ouled Nail et à la tête de l’oued Djedi. la limite de l’Empire longeait l’oued Djedi . une ligne de postes militaires. enfin celles qui se sont formées aux points où des rivières débouchent de l’Aurès. dirigés de l’Ouest à l’Est. l’élevage du mouton est à peu près la seule ressource des indigènes.

celle de Ghardimaou et celle de la Dakhla. portent de magnifiques forêts de chênes. depuis la frontière algérienne jusqu’au confluent de l’oued Béja. une barrière. coupées par de profonds ravins. du massif. Les grès. par des défilés tortueux. voisin de Bizerte. le point du littoral qui communique le plus facilement avec la vallée de la Medjerda. les sépare. entre la plaine de Bône. de même nature que ceux qui s’étendent plus à l’Ouest jusqu’à la grande Kabylie. qui furent autrefois des lacs. en Khoumirie et de Mogodie. comme l’Atlas saharien. la Calle et Souk Ahras. . la Medjerda se heurte à des chaînes qu’elle franchit avec peine. Elles sont interrompues par des dunes à l’Est de Tabarca. Mais le sol siliceux se prête mal à la culture des céréales. Au Sud d’une bonne partie de cette zone montagneuse. orientées. les sources nombreuses. La première a une vingtaine de kilomètres de longueur.18 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. la Medjerda traverse deux plaines. limitée par deux plissements d’un massif. l’autre est beaucoup plus étendue. VI La Medjerda naît dans les montagnes qui s’élèvent au Sud du bassin de Guelma et va déboucher dans le golfe de Tunis. au mord du cours moyen du fleuve. Elle pénètre en Tunisie après s’être glissée dans une cluse. Cette région très accidentée offre des suites de croupes allongées. Les pluies sont très abondantes. dont les chaînes couvrent l’angle Nord-Est de l’Algérie. séparées par des vallées courtes et étroites. et se continuent dans la Tunisie septentrionale. Il y a de beaux pâturages dans les vallées et les clairières. Des falaises à pic dominent la Méditerranée entre la plaine de Bône et le cap Blanc. coupée par le fleuve. du Sud-Ouest au Nord-Est. A l’extrémité opposée de la Dakhla.

Tite-Live. Sur le plateau. Du plateau se détache. formée de calcaires gris ou bleus. Ellez. IX. des oueds qui se jettent dans l’oued Mellègue . accrue. découpé par les érosions en tables. grâce à l’altitude. qui apporte en toute saison de l’eau au golfe de Tunis. il tombe assez de pluie. la chaîne Zeugitane. Souk el Djemaa. (2) Régions de Ksour. parsemé de bosses irrégulières. c. sont d’admirables terres à céréales. l’oued et Kébir. ce sont l’oued Tessa. D’ordinaire. Les sources ont. au Nord-Est.. Henchir Mided. des cours d’eau qui vont converger vers la sebkha Kelbia. en réalité. De là. Kessera. Comblées par les limons fertiles qu’ont apportés la Medjerda. XIV. On y retrouve ____________________ (1) Polybe. Au Nord. que ces rivières parcourent et qui s’étoilent autour du plateau central. Tout ce pays fut jadis très peuplé. par un vaste plateau.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. très prospère. commence sa basse plaine. pour la plupart. au Sud de la Medjerda. (3) Pervinquière. Annales de Géographie. aux crêtes dentelées(4). XXX. mélangées de phosphate de chaux et propres à la culture des céréales. d’une hauteur moyenne de 800 mètres(2). dans le cours des siècles. . appelé plus bas oued Miliane. l. mais elles abondent. Les vallées. par les alluvions que ses eaux entraînent vers la mer et souvent encore inondée. 7 . Là. au Sud et à l’Est. Le centre de la Tunisie est occupé. des rivières s’échappent dans toutes les directions. Elles ont été exploitées dès l’époque punique. à l’Est. un immense dôme. dominent des marnes. 8. Maktar. 19 et qu’elle longe ensuite jusque vers Tébourba. les Grandes chaînes des anciens(1). l’oued Khalled et la Siliana. dont les flancs tombent à pic sur des vallées profondes(3). même avant la conquête romaine. p. très surbaissé. à l’Ouest. plus ou moins larges. un débit médiocre. ont un sol formé d’alluvions épaisses et fertiles. 441-3 (4) Pervinquière. p. près de Kairouan . C’est. 447-8. l’oued Mellégue (qui rejoint ce fleuve dans la Dakhla) et d’autres rivières. affluents de la Medjerda . les plaines de Ghardimaou et de la Dakhla.

Au-delà. Dans la Tunisie orientale. Cette chaîne se dirige d’abord du Sud-Ouest au Nord-Est. près de Hammam Lif. que des efflorescences salines. rivière qui se détourne ensuite vers le Sud-Est pour rejoindre la sebkha Kelbia. ou de plateaux très peu élevés. La sebkha Kelbia n’est cependant jamais tout à fait à sec. leur eau étant absorbée par l’évaporation. séparés par des cuvettes : en particulier au djebel Zaghouane. bande de plaines basses. soit dans le plateau central. la fertile vallée de l’oued Miliane. souvent morcelés. comme l’Enfida (entre la chaîne Zeugitane et la mer). dont la cuvette est légèrement concave et que limitent de faibles bourrelets.20 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. du Sud-Ouest. ou s’infiltrant dans des sols très perméables. au Nord. puis. pendant l’été. est la sebkha Kelbia. car il n’y a que fort peu de sources dans cette région. ne laissant guère sur le sol. de l’Ouest. qui viennent du Nord-Ouest. Le plus important. des séries de dômes. cultivée partout dans l’antiquité . au Sud. la longue plaine de l’oued Miliane. comme toutes les montagnes de la Tunisie septentrionale et centrale . elle s’oriente vers le Nord et aboutit au fond du golfe de Tunis. les côtes plates qui courent du golfe de Hammamet au golfe de Gabès précèdent la région dite du Sahel. d’où les Romains ont tiré l’eau nécessaire à l’alimentation de la grande ville de Carthage. et prennent leur origine soit dans la chaîne Zeugitane. au Nord-Est de Kairouan. Deux autres plis se prolongent jusqu’à l’extrémité de la péninsule du cap Bon. où il ne pleut guère. où convergent de nombreux oueds. mais non le plus étendu. s’étendent des bassins. Des lacs à fond argileux se forment en hiver au centre de ces plaines. et ils n’alimentent que très médiocrement la sebkha. Ils ne sont pas grossis en route par des affluents. comme celui d’El Djem. haut de près de 1300 mètres. massif riche en sources. après de . Elle a un émissaire qui la relie quelquefois. Des plissements secondaires la flanquent et encadrent avec elle.

taris en été. en particulier sur la culture de l’olivier. sur les cultures fruitières. au Sud du plateau central et des plaines qui continuent celles de la province de Constantine(2). édition de 1809. en général. où le sable absorbe rapidement la pluie et que les racines des céréales ne dépassent pas. Ainsi. Mais. elles deviennent très aléatoires plus au Sud et à l’intérieur du pays. Alors que la surface est complètement desséchée. dans le centre de la Tunisie. . où les sources sont très rares. dans des campagnes où les oueds ne traînent que de misérables filets d’eau. le plus grand est la sebkha Sidi et Hani. La Tunisie orientale a des espaces salés. au Sud-Est de Kairouan. à une profondeur assez faible. Tunis. Bourde(1). une couche de tuf calcaire. communiquant avec ____________________ (1) Rapport. Les blés des environs de Sousse étaient fameux dans l’antiquité pour la grosseur de leurs épis. la sebkha d’Hergla. comme l’a montré M. la constitution du sol se prête très bien à l’arboriculture. existe. (2) On ne peut user la limite que d’une façon assez arbitraire. sont composées d’éléments fertiles. Ce serait à peu près car ligne passant par Kasserine. Sous la couche supérieure. un bassin maritime. Par malheur. qui ne comportent que l’élevage du mouton. des plantations d’oliviers couvrirent une grande partie des steppes que parcouraient auparavant les troupeaux des nomades. Sbéitla. Djilma.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. A l’Ouest de cette zone. A l’époque romaine. Si les récoltes sont assez régulières autour de Sousse. 21 fortes pluies. légères. peu perméable. Mais. s’étend une région bordée au Midi par une vaste dépression vers laquelle elle s’abaisse. les pluies sont très souvent insuffisantes pour la bonne venue des céréales : la chaîne Zeugitane et la masse du plateau central les arrêtent du côté du Nord-Ouest. le sous-sol reste humide c’est là que se développent les racines des arbres. On rencontre d’autres lacs plus au Sud. Cette dépression n’a jamais été. comme on l’a soutenu. à une lagune du littoral. les terres. une population nombreuse peut vivre par les cultures fruitières.

le sol n’est pas infertile beaucoup de terres sont riches en débris de phosphate de chaux. ____________________ (1) La Blanchère. de petites arêtes. à Gabès. dans diverses directions. Ces chaînes hérissent le pays. dominant de larges plateaux. enfin. plus à l’Ouest (au Sud de l’Algérie). Les cultures arbustives. mer. Mais la pluie tombe trop rarement pour assurer les récoltes de céréales. sont généralement orientés de l’Ouest à l’Est. accompagnés d’autres arbres fruitiers.22 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. par une suite de sebkhas aux contours capricieux. entre le chott el Djerid et le chott Gharsa. jusqu aux chotts. Cette région est presque entièrement dénudée. . 83. en maints endroits. Ce pays de transition produit à la fois des dattes et des olives(1). dont la principale est le chott Melghir. isolées ou soudées entre elles. à profil courbe. p. Autour des rares sources. dons les Nouvelles Archives des missions. il y a de belles oasis dans le Djerid. aux premiers siècles de notre ère. se sont formées des oasis. qui résistent mieux à la sécheresse. que la domination romaine a atteinte. VII. par des mares. des chèvres et des chameaux. dont le centre est occupé. le golfe de Gabès.. par le chott Gharsa et. avec leurs palmiers. A la lisière même du Sahara. dans le Nefzaoua. Les pauvres pâturages des steppes sont broutés par des moutons. se sont développées. limitant des vallées ou des plaine. Au Nord de Gafsa. à l’Est du chott et Djerid et au Sud du chott et Fedjedje . pendant une partie de l’année. courent. Cependant. sur la. 1897. Elle est remplie par le chott et Djerid. appelé chott et Fedjedje. Dans la Tunisie méridionale. dans les lieux où des aménagements hydrauliques pouvaient procurer aux hommes l’eau nécessaire pour vivre et faire quelques irrigations. les plissements qui s’allongent vers la latitude de Gafsa et plus au Sud. qui projette au Nord-Est un long bras.

la Cyrénaïque. VII 23 Comme nous l’avons dit. en Tunisie. les terres qui bordent au Sud. semé d’oasis que séparent des espaces déserts. pour des cultures exigeant peu d’eau. de ce côté. elle appartient à un monde tout différent de ce que nous appelons. sauf dans sa partie Nord-Ouest. Sablonneuse et sèche. contrée à physionomie bien distincte. le littoral. le vaste golfe des Syrtes. l’Afrique du Nord. formant un vaste demi-cercle. dont la profondeur atteint 100 kilomètres à la frontière tunisienne et diminue vers l’Est. ne forma qu’une province avec la Crête. Entre Gabés et le cap Misrata. La Djeffara est dominée à pic par une longue suite de falaises calcaires.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. . Elle ne l’était pas davantage à l’époque antique. elle n’est pas habitée. qui s’élève en pente très douce vers l’intérieur. bas. bénéficier de quelques pluies et permet d’utiliser jusque dans la plaine les oueds qui descendent des hauteurs. tourné vers le Sud. nous rattachons à l’Afrique du Nord. précède un pays de plaines légèrement ondulées. Cette ____________________ (1) Depuis les parages de Djerba jusqu’aux ruines de Sabratha. depuis les environs de Gabès jusqu’au voisinage du cap Misrata. C’est la Djeffara des indigènes. s’étend la Cyrénaïque. Une colonisation prospère en fit un pays grec . qui se dressent à une altitude moyenne de 300 mètres. où elle est très étroite : la proximité du bourrelet dont nous allons parler la fait. Géographiquement et historiquement. devenue romaine. sorte d’île qui appartient à la Méditerranée orientale. pour des raisons tirées de l’histoire. plus tard. A l’Est de la grande sorte. bordé de dunes derrière lesquelles des lagunes s’étalent çà et là(1).

de Taorga. elle se présente en gradins. en saillie sur la bordure. les pluies. djebel Douirat. . Au Nord-Est. Mais les oueds s’épuisent très vite. que bordent des murs de soutènement et qui portent des champs d’orge ou des arbres fruitiers. commence le désert. immense champ de pierres. surtout des oliviers et des figuiers. qui forme une sorte de grand bastion. zone(1). est bordé par la longue lagune. permettent à une population assez nombreuse de vivre dans cette région. la Djellara. djebel Gariana. que les indigènes appellent le Djebel (la Montagne). Sur une largeur variable.par des collines s’élevant au-dessus du littoral(3). aujourd’hui desséchée. elle a été découpée. Ces ravins sillonnent le plateau saharien qui. elles constituent des avant-chaînes dans la partie Nord-Ouest du Djebel(2). s’incline vers l’Orient et qui n’est qu’une vaste solitude. les couloirs tortueux. Parfois. (2) Dans le pays des Ourghammas. Le littoral occidental de la grande Syrte. et servent à des irrigations . en avant du djehel Demmer. démantelée par les érosions. au Sud-Est du cap Misrata. Derrière le Djebel.24 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. sur les pentes. vers laquelle convergent de nombreux oueds. n’est que le rebord d’un immense plateau saharien. ce qu’un nomme le djebel Tarhouna est un plateau raviné. Certaines parties ont été détachées de la masse. de ce coté. au delà des éboulis de la frange saharienne. ils n’ont pas la force de traverser. ont été constituées des terrasses étagées. djebel Demmer. venant de l’Ouest. djebel Nefousa. déchiquetée. Le brusque obstacle du Djebel contraint les vents humides qui soufflent quelquefois de la mer à se décharger de la vapeur d’eau qu’ils contiennent . Des ruisseaux se précipitent en cascatelles à travers les crevasses.. quoique peu fréquentes. (3) Collines de Msellata. dans la direction de Khoms et de Lebda. l’irrigation rend la culture possible. Mais les fonds plats et souvent assez larges des oueds ____________________ (1) Elle porte successivement les noms de djebel Matmata. et qui se prolonge. Elle est loin d’avoir l’aspect régulier d un rempart continu. djebel Yffrène. Au pied même des falaises.

Il n’y a rien à tirer de cette région. elles s’ouvrent et se parcourent par des voies faciles. le long de la côte. comme ils le sont encore aujourd’hui. il est vrai. occupe le centre de la Tunisie. il a suffi aux anciens d’établir. 370. une route assurant les communications avec la Cyrénaïque. . le désert s’avance jusqu’au rivage. hérissé de chaînes ____________________ (1) Il ne faut cependant pas en exagérer l’unité . au développement d’une civilisation uniforme. coupant eu deux le pays obéissant au sultan du Maroc. Au Sud de l’oued Bou Regreg. II. même à proximité de ces deux régions. elle se prête mal à la formation d’un empire unique. A l’Ouest. voir Th.MittelmeerRilder. la contrée fertile comprise entre l’Océan. 25 sont imprégnés de quelque humidité. S’étendant sur une longueur de plus de quatre cents lieues. Fischer. le Rif et l’Atlas forme un ensemble assez bien agencé(1) . le Rif. Si les régions que renferme la France sont très différentes. Mais. il en est d’autres que la nature a isolées : au Nord du Maroc. elles se groupent autour d’un noyau central. Dans les intervalles pierreux qui les séparent. . et ne se refusent pas à de pauvres cultures. mais n’ayant qu’une largeur médiocre. terrestres et fluviales. depuis l’océan Atlantique jusqu’au golfe des Syrtes. p. elles se succèdent sans violents contrastes. à l’Est.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. VIII Cet aperçu géographique montre combien l’Afrique du Nord manque de cohésion. et de nombreuses vallées en rayonnent. Au Sud de la grande Syrte. La France est un pays d’harmonie et d’équilibre. Ces thalwegs ont été peuplés dans l’antiquité. d’ailleurs tourmenté. la vie a toujours été impossible. Il n’en est pas de même de la Berbérie. le pays très accidenté des Zaërs sépare les deus régions qui ont actuellement pour capitales Fez et Merrakech. un grand plateau. circulant par un parcours souterrain.

la Seybouse est un fossé à parois rocheuses. Les autres rivières se dessèchent presque toutes. compactes . deux régions tourmentées. Les rivières de la Berbérie ont quelquefois servi de limites politiques. Dans ce corps long et mince. Mais leur rôle économique a toujours été très modeste. les cours d’eau n’assurent pas la circulation. dont le cours s’adapte à l’orientation générale du relief. . traverse. la Medjerda. en amont et en aval des Grandes Plaines. par de fortes pentes. mal conformé. où sa vallée se réduit à un couloir. au Nord de la Tunisie. Dans le Tell algérien. de nombreux oueds coupent transversalement des chaînes parallèles à la mer. Entre les plaines de Guelma et de liane. ils se fraient avec peine un passage par des gorges profondes et tortueuses. sont parfois resserrés entre deux plissements. Dans l’intervalle. au Sud. en hiver. qui sont séparés de la mer par une barre dangereuse. ou n’ont qu’un débit insignifiant pendant l’été . selon les pays qu’elles ____________________ (1) Surtout l’oued Sebou. Pour gagner la Méditerranée. les longues vallées du Chélif et de la Soummane s’étranglent en deux endroits. Beaucoup changent de nom. le massif boisé de la Khoumirie. en grande partie occupée par des steppes à l’intérieur des terres. ce sont pour la plupart des torrents. La navigation n’est possible que sur deux ou trois fleuves de l’Ouest du Maroc(1). se précipitant dans un lit encombré de rochers. ou doivent rompre çà et là des obstacles. Leurs vallées mêmes n’offrent que rarement des voies d’un accès facile. Le fleuve le plus important de l’Afrique septentrionale. d’autres. qui s’enfonce entre deux hauts remparts . ou par de brusques cascades . le Sous. par des défilés étroits. l’Algérie est obstruée par des montagnes le long de la Méditerranée. Plus loin vers l’intérieur.26 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. des oueds vont se perdre dans des cuvettes sans issue.

jalouses de leur indépendance. car les hommes s’y sentent plus en sécurité qu’ailleurs tels l’Aurés.. mais incapables d’en entreprendre de grandes.. n’ayant d’audace que pour les petites choses. 27 parcourent : ce qui prouve qu’on ne les suit guère. fort inégale. 4. p. le Maroc. Les uns ne reçoivent pas assez de pluie. 136. _____________________ (1) Il n’en est pas de même du Moyen et du Haut-Atlas. certains massifs montagneux sont très peuplés. le Rif(1). où la densité de la population est faible : Bernard. » . Parmi les régions naturelles de l’Afrique du Nord. 5) disait des Espagnols : « . Sauf quelques régions étendues. Il s’y est formé de petites sociétés. les espaces fertiles ne forment que des îlots. d’autres sont marécageux. La valeur des pays plats est. sans grandeur et sans intérêt. d’autres stérilisés par la forte proportion de sel qui se mêle à la terre. 163. de coteries. Cette vaste contrée était-elle donc destinée à n’avoir d’autre histoire que les annales monotones d’une foule de cantons. parce qu’ils n’avaient pas su se former en sociétés fortes et puissantes. Au delà du littoral. n’occupant que des territoires restreints. (2) On peut dire d’eux ce que Strabon (III. de villages. de tribus. la grande Kabylie. qui contrastent avec la pauvreté et la rudesse des pays environnants. d’individus. de familles. malgré la médiocrité du sol. des carrefours fluviaux. nous l’avons vu. Ils ont presque toujours manqué des sentiments de large solidarité qui constituent les nations(2). et qui communiquent difficilement entre eux. les villes du Tell se sont élevées auprès de sources abondantes et dans des lieux faciles à défendre . comme tant de cités gauloises. par des passages dont les montagnards sont les maîtres. agités par des ambitions vulgaires et de mesquines querelles de voisinage ? Il est certain que les Berbères ont trop souvent dépensé leur énergie dans des luttes. surtout le centre de la Tunisie et l’Ouest du Maroc.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. elles n’ont pas été.

28 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Une seule langue s’est répandue partout. Ses maîtres n’ont jamais pu faire accepter leur domination d’une manière définitive et complète. Dans l’antiquité. unissant des régions naturelles distinctes. d’autres royaumes s’étendirent sur l’Algérie et la Tunisie occidentale. des États se formèrent. Mais chacune des provinces qu’elle créa vécut de sa vie propre. mais coupant en tronçons la longue bande nordafricaine. Plus tard. beaucoup de pasteurs à transhumer. Dans les stations qui remontent à da civilisation de la pierre. que nous appelons des tribus. . Les conditions de l’exploitation du sol sont autres dans la Berbérie. Tandis que Lyon fut véritablement la capitale des Gaules. auxquels ils apportèrent les laines de leurs troupeaux et les dattes des oasis. naquirent sans doute des besoins de la défense et de l’attaque. Enfin. l’Afrique du Nord n’a jamais eu une entière unité politique et administrative. Les nomades du Sud eurent besoin des céréales moissonnées par les agriculteurs du Tell. la conquête de tout le pays. Carthage. Cependant des rapports se sont établis de bonne heure entre les habitants des diverses régions de l’Afrique septentrionale. La domestication de certains animaux dut rendre les relations plus fréquentes et plus régulières : le climat obligeait. en effet. Des groupements. redevenue aux premiers siècles de notre ère une des plus grandes villes du monde. Carthage s’annexa une grande partie de la Tunisie. on trouve déjà des indices de lointains échanges. ne fut que le chef-lieu d’une de ces provinces. Rome fit. celle dont dérivent tous les dialectes berbères. en plusieurs étapes. un royaume se constitua dans le Maroc. comme la vallée du Nil et les plaines ouvertes de la Mésopotamie(1). par conséquent un gouvernement obéi de tous. Les souverains des grands royaumes maures et numides ne paraissent pas avoir été aussi absolus qu’ils ____________________ (1) Où l’agriculture dépend d’irrigations qui exigent des mesures générales et solidaires.

quand la conquête étrangère a pu imposer à l’Afrique septentrionale une apparence d’unité. elle n’a pas réussi à fondre dans une harmonie durable des éléments aussi disparates. et. Cette opposition a empêché la formation d’une nation berbère. dans les massifs montagneux qui dominaient et isolaient les riches campagnes. . dans les plaines et les plateaux fertiles . ils eurent souvent. l’autre. maîtresse de ses destinées. dont les moins graves ne furent pas celles qui éclatèrent sous le BasEmpire. La paix romaine fut fréquemment troublée par des révoltes d’indigènes. comme Carthage. il réprimer les soulèvements de leurs sujets. et d’où elle guettait les occasions favorables pour se précipiter au pillage. La civilisation et la barbarie vivaient côte à côte : l’une.LES RÉGIONS NATURELLES DE L’AFRIQUE DU NORD. 29 prétendaient l’être. La structure du pays maintenait chez ses diverses populations le contraste des mœurs et des intérêts. dans les régions déshéritées des steppes. après plusieurs siècles d’occupation.

conf. en tout cas. sur la Berbérie proprement dite. Mais il ne créa pas. Schirmer. Voir livre II. on devine des rapports très anciens ____________________ (1) Pour le climat du Sahara dans l’antiquité. qui existe depuis de longs siècles(1). chap. vers les IIIe et IVe siècle de notre ère. de liens politiques. il n’influa pas sur la civilisation des deux contrées(3) Du côté de l’Orient. La propagation de la religion chrétienne au Soudan se fit par l’Afrique du Nord. III. du Moins aux temps historiques. 237-8. à notre connaissance. Mais nous ne savons pas si ces « Éthiopiens » étaient étroitement apparentés aux Soudanais . le Sahara. au onzième siècle. le sultan marocain El Mansour. . (2). Les Almoravides. elle est isolée du centre du continent par un immense désert. Le transit entre l’Afrique septentrionale et le Soudan dut se développer avec l’emploi général du chameau. voir chap. étendirent leur domination jusqu’au Soudan . à quelques époques plus récentes. il la fin du seizième. p. Au Sud. (3) Il n’en fut pas de même. il est vrai. Des textes grecs et latins nous apprennent que des populations noires occupaient dans l’antiquité la plupart des oasis du Nord du Sahara(2).CHAPITRE II L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN I L’Afrique du Nord est à peine une terre africaine. ils n’empiétaient pas. IV.

Joly. (2) Salluste. 283 et suiv. 78. Tertia pars rorum Libye. 4 et 83. sa faune la rattachent au Sud de notre continent. (3) Pharsale. II. dit Lucain(3). et credere famae. IX. 2e édit. Bull. 411-3 . . n. Mais. Des anciens la plaçaient en Europe(2). 1907. 1902. Pars erit Europae. XII. I. Adv. Elle ressemble surtout à l’Espagne(4) par les hautes terres qui occupent la ____________________ (1) Voir livre Il. Dei. bien plus qu’à l’Afrique. Cuncta velis . » Voir aussi saint Augustin. mais si vous tenez compte des vents et du ciel. la troisième partie du monde est la Libye. 2. dans une certaine mesure. si ventos caelumque sequaris. les conquérants fatimides prirent la même route. Orose.) et aussi par le passage de Salluste cité à la note précédente. (4) Conf.de la Société de géographie d’Alger. sa structure. sa flore.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 31 entre la Berbérie et le Nord-Est de l’Afrique. at. C’est avec les deux péninsules européennes qui s’avancent vers elle. chap. les relations par terre entre le Nord-Ouest et le Nord-Est du continent n’eurent aucune importance : les déserts qui bordent la grande Syrte séparaient la Cyrénaïque grecque de l’Afrique carthaginoise. p. Je ne crois pas qu’au vers 413 on puisse lire par : pars se justifie par le contexte (tertia pars. Jugartha. III. Bernard et Ficheur. La Berbérie appartient à la Méditerranée occidentale. qu’elle a eu les relations les plus nombreuses et les plus fécondes. et.. Ce fut seulement à la fin des temps antiques que la voie de terre fut suivie par les conquérants arabes . puis latine. 1. en sens inverse. Berger. l’Italie et l’Espagne. XVI. XI. » Autant que son climat. 3 : « In divisione orbis terrae plerique in parte tertin Africam posuere. 222 . sed Africam in Europa. etc. paganos. Les langues ont la même origine lointaine. vous la regarderez comme une partie de l’Europe. p. Les ressemblances physiques d’une partie des habitants permettent de croire à des parentés plus on moins étroites. pauci tantummodo Isiam et Europam esse. Conf. « Si vous voulez en croire la renommée. Geschiekte der wissenschaftlichen Erdkunde der Griechen. Vers le second millénaire avant une divinité égyptienne était adorée dans le Sud-Ouest de l’Algérie(1). Civ. trois siècles après. 17 . Pour gagner l’Égypte. à l’époque historique. XVII. p. Annales de Géographie.

majeure partie des deux contrées. IX. Du reste. 3. 283. L’Afrique du Nord fut soudée jadis à l’Europe. M. le Maroc physique. inférieurs aussi aux chiffres actuels. entre le Maroc et la péninsule ibérique. Tissot (Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. une communication terrestre n’a pas existé. 1878. 173 et suiv. s’ouvrant 1’un au Nord de la Cordillère bétique. les côtes d’Afrique. la Méditerranée et l’Océan communiquaient peut-être par des détruits. par les plaines basses qui. p. dans sa forme actuelle. apud de Segonzac. çà et là. De son côté. Boule (dans l’Anthropologie.. 1.32 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.) est disposé à croire que le détroit s’est élargi depuis les temps historiques. La mer intérieure n’est que très rarement voilée par des brouillards et. Boule. 6) indique une largeur de 60 à 70 stades (11100 et 12050 mètres) . En général. on peut se fier au calme de ses flots. Exactement 13800 mètres au point le plus étroit. ____________________ 1. 5. Nous aimais mieux admettre des erreurs dans le calcul des distances. XVII. dans des temps où ces deux contrées pouvaient être déjà habitées par des hommes(2). La Tunisie a peut-être été reliée à l’Italie pendant une partie de l’époque quaternaire. p. s’étendent dans le voisinage du littoral. fossés pour la plupart desséchés en été. à l’époque pliocène. Strabon (II. Au cœur de l’Atlas p. Gentil. entre le détroit et le Nord-Est de la Tunisie. torrents en hiver. 93 et suiv. à l’Ouest du détroit. au pied de montagnes escarpées. qui se fraient difficilement un passage vers la mer et sont des sillons plutôt que des voies. 3 et 4) donne d’autres chiffres. Le détroit de Gibraltar ne date que du début de l’époque pliocène(1). Le détroit de Gibraltar a seulement quatorze kilomètres de largeur(3) : il convient d’ajouter que les courants et les vents rendent le passage difficile. e. Ailleurs. 1906. 1ère partie. les lignes grises des îles. la Méditerranée occidentale n’est pas un obstacle infranchissable. par le régime et la disposition des rivières. se profilant dans les clairs horizons. pendant des périodes plus ou moins prolongées. Pline l’Ancien (III. 3. XVII. pouvaient guider les traversées et promettaient des abris. 707 et suiv. p. 2. même pour des primitifs. 283-4) se demande si. . 16030 au point le plus large. Il est vrai qu’auparavant. 19 . l’autre au Sud du Rif : Gentil. p. ne disposant que de moyens de navigation très rudimentaires.

246-7. 5 : « mare. Jug. Johannide. Lucain. certains courants peuvent contrarier les marins. édit. XVII. . Lucain. « Mare saevum ». que. II. L’historien exagère. Conf. Il n’offre pas de découpures profondes. De Syrticis emporiis. :320 . 3. 35 et 37. Salluste. p. Josèphe. 4.. formant des havres bien protégés : ce qui s’explique. en hiver. Édifices. Les golfes . 63 . vents de Nord-Est et d’Est. III. p. par la plus grande partie de la côte septentrionale. inportuosum ». 381. 3. 310 et suiv. Bell. Silius Italicus. VII. cependant. 416-7. I. par le parallélisme du rivage et des montagnes qui le bordent. Silius Italicus. jud.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 33 ____________________ 1. dit Salluste(5). sont bordées par de grandes profondeurs : avant de les atteindre. Aux approches des côtes. 110 (Geographi graeci minores. les abris sont peu nombreux. soit par les vents du Nord(3). 246. qui règnent parfois sur la Méditerranée pendant plusieurs jours et qui sont un obstacle à la navigation à voile. IX. de l’Algérie et de la Tunisie : s’il favorise les voyages d’Ouest en Est. 439 et suiv.. 3. 634. parcourant librement des terres basses. 1. Il est vrai que. « Mer sans ports ». Tissot. Géographie de la province romaine d’Afrique. 2. fréquemment. Il faut aussi tenir compte des calmes plats. — Cette mauvaise réputation était d’ailleurs exagérée : voir Perroud. II. Müller. VIII. Procope. LXXVIII. 223. Les parages des Syrtes étaient très redoutés des anciens et célèbres par leurs naufrages(2) : le plus grand de ces golfes est surtout dangereux. des vents violents déchaînent de subites tempêtes(1) : vents qui soufflent de l’Ouest et du NordOuest. Périple du Pseudo-Scylax.. l. viennent bouleverser les flot(4). il gêne ceux qui s’accomplissent dans le sens opposé. Mais les relations maritimes de l’Afrique du Nord avec les autres contrées méditerranéennes sont surtout entravées par la nature de ses côtes. Stace. 356 et suiv. I. 3. Thébaïde. e. Il est exact. Corippus. soit par les vents du Sud. 5. sur ce littoral. Etc. qui.. p: 88). IX. Jug. XVII.. longe le littoral du Maroc. 117-123 . XVII. dit Salluste. XVII. 510 . Conf. venant de l’océan. VI. on ne risque guère de s’abîmer sur des récifs. Tissot. qui poussent les navires à la côte. Jug. Tels sont ceux qui se heurtent autour du cap Bon : tel celui qui.. de mai à octobre. Pomponius Méla I.

Pendant longtemps. autant que possible. p. exposées aux vents d’Est et de Nord-Est(3).: Pline. sablonneuse. les abris sûrs font défaut(5). ils craignirent de s’éloigner des rivages et évitèrent de voyager la nuit. mais il a tort. 20 . I. 232) . contre lesquelles les navires. après avoir fait leur provision d’eau. vand. A ce cabotage primitif. l. c. 3 . là aussi. Pourtant. 112. l. et celles de la Tripolitaine sont basses. 17 et 20 . entraînés par les vents.. V. sans défense contre les vents d’Ouest et du Nord : on n’y trouve aucun bon abri. creusées par des empiétements de la mer sur des terrains peu résistants : elles sont plus ou moins exposées aux souffles du large. Le soir. les marins de l’antiquité avaient besoin de nombreux ports. 3. 3. où la marée s’élève jusqu’à trois mètres.. Sur ces marées.. A l’Ouest. 3. celui de Tunis. 1. c. min. Pline. Strabon (XVII. Srabon. XVII. Sur quelques points. Voir à ce sujet Bérard. risquent de se briser. Lucain . Corippus. Méla. p. Conf. ils tiraient leur bâtiment sur la grève : ils se rembarquaient au jour. 13. XVII. 5. Méla. mais il est alors bordé de dunes. étendus sont rares(1). Johannide. 33 . Bell. souvent bordées de lagunes et précédées de hauts-fonds(4) .1. 8. Il n’y a ailleurs que des échancrures. Jug. 107. 198 et suiv. 4. 26 . ils s’arrêtaient. Denys le Périégéte. 1. . les Phéniciens et l’Odyssée. Strabon. 1. les vaisseaux s’aventurèrent plus facilement en ____________________ 1.. I. voir Polybe. 2-3 . II. I. 3-4. 3. Le littoral septentrional de la Berbérie consiste surtout en des pentes raides ou en des falaises verticales. I. 339-360. XXVII. Strabon. II. Dans la petite Syrie. le long de l’Océan. Salluste. à peu près dépourvu de fortes saillies et de baies(2). 303 et suiv. Polybe. des suites de falaises et de dunes foraient un rivage monotone. Plus tard.34 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. V. IX. côtés d’où viennent des vents redoutables. 6. il s’abaisse. LXXVIII. . 39. de Müller. Solin. Les côtes orientales de la Tunisie. 3. 7. Ceux de l’Algérie s’ouvrent très largement au Nord. et le commentaire d’Eustathe (dans Geogr. 109. gr. 2) dit le contraire. Conf. Conf. c.. 2. :303 et suiv. Méla. le reflux accroît les dangers d’échouement(6). Conf. Procope. il fallait de nombreuses escales(7). 33 . au Nord-Est.

Mogador. Sur la côte septentrionale. Cherchel. dans le port. Ce n’était pas seulement la rareté des bons ports naturels qui pouvait écarter les étrangers. ils occupaient des embouchures de rivières c’était le cas de plusieurs ports du Maroc. Ptolémée. de l’Afrique du Nord. Mais la navigation resta assez timorée. Arzeu. Quelques-uns étaient bons. D’autres ports furent établis en arrière d’une ou de plusieurs îles. soit pour en prendre définitivement possession. défendus contre les convoitises des indigènes. Alger. C’était aussi la difficulté de pénétrer dans l’intérieur du pays. p. Thapsus. très rapprochées de la côte(3). Collo. pointe en roches dures qui avait mieux résisté à l’érosion que les parages voisins . sur le littoral septentrional. elle était aussi un emplacement favorable pour des entrepôts. en construisant des jetées. ou en creusant des bassins intérieurs. le havre se trouve en règle à l’Est du cap. n° 20. Gr. I. Melilla. on constitua quelques ports artificiels. l’accès des fleuves est rendu difficile par l’existence d’une barre . 4. Voir aussi Pseudo-Scylax. Tipasa. qui le couvre des vents dangereux d’Ouest et de Nord-Ouest(4). la plupart médiocres ou mauvais. Bône. 12. I. de Leptis Magna en Tripolitaine(2). . Voir aussi dans Scylax la mention d’îles situées probablement entre Cherchel (Ιουλίου άχρα) et l’île de Rachgoun et qui paraissent avoir disparu. Les Phéniciens recherchaient ces positions avantageuses : l’île formait un écran contre les vents du large . Bougie. la Table de Peutinger.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 35 pleine mer et. même à l’époque romaine. Dellys. l’itinéraire d’Antonin. Mais. parfois. le Stadiasme. 2. conf. le port était abrité par un cap. Gsell. Souvent encore. Tabarca. 90) : Il s’agit peutêtre de Ténès . Min. l’ensablement par les alluvions est un grave obstacle. à la merci des sautes de vent. Aussi. les ports abondaient-ils sur les côtes africaines. ailleurs. III (Geogr. 3. Alger. Rachgoun (Portus Sigensis). Stora. Utique. en quête de refuges. Atlas archéologique de l’Algérie. ils demeurèrent au mouillage. les plaines bordant la mer sont rares et ____________________ 1. Plus tard. comme le prouvent les indications d’écrits qui datent du IIe et du IIIe siècle de notre ère(1). soit pour y trafiquer. sur l’Océan..

non loin de la Seybouse(2). Atlas. P. Il est entraîné à étendre sa domination sur les peuplades belliqueuses qui menacent sa conquête . par conséquent à quelques kilomètres d’Hippone. nous avons vu(1) qu’elles n’avaient que peu de valeur pour les anciens. 18. sur lequel les Phéniciens fondèrent Utique et Carthage. 3. s’avance d’une cinquantaine de kilomètres dans les terres : il reçoit un fleuve important. 2. et non auprès de cette ville voir Gsell. Ce fut dans l’antiquité la porte principale de l’Afrique du Nord. du littoral. 6-7. Au Nord-Est. des chaînes de montagnes se dressent comme des remparts. il lui est malaisé de s’enfermer dans les régions dont la possession lui semble profitable. près de l’oued et Kébir: Hippone. jusqu’aux steppes. Bougie. la pénétration est plus facile. L’Ubus (la Seybouse) débouchait dans l’antiquité plus à l’est qu’aujourd’hui. Cependant la vallée de la Medjerda n’est pas une voie dépourvue d’obstacles(4). 20. Lorsqu’un conquérant a pris pied dans ce pays. ou immédiatement au-dessus des flots. le golfe de Tunis. à l’entrée de la Méditerranée occidentale. jusqu’au Sahara. la Medjerda. Des places maritimes ont pu être créées à leur débouché : Tabarca. n° 180. ils sont déjà éloignés des contrées qui font face à la Berbérie et qui sont. il doit s’avancer jusqu’aux espaces parcourus par les nomades.36 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. destinées à avoir avec elle les relations les plus suivies. à l’extrémité de la vallée de la Soummane. . Mais ces routes s’étranglent bientôt(3). 4. Presque partout. en outre. Des côtes de l’Océan et de la Tunisie orientale. Voir p. ____________________ 1. mais c’est précisément dans ces parages que les ports naturels manquent le plus. Il y a bien quelques voies d’accès vers l’intérieur. au-dessus de ces plaines. t 9. des plaines fertiles. en face de la Sicile. il doit pénétrer dans les massifs montagneux qui servent de repaires aux pillards. Voir p. par conséquent.

Elle s’attacha surtout. les Vandales seuls l’ont traversé en masse. elle avança ses frontières vers le Sud. elle répandit les mœurs latines en Afrique. Rome soumit tous les peuples de la mer intérieure. à maintenir et à accroître ses possessions de Sicile. ils paraissent s’être souciés surtout d’occuper l’entrée de la Méditerranée occidentale et de jalonner d’une suite de stations la route qui reliait l’Espagne au bassin oriental de cette mer. Parmi ses provinces africaines. jusqu’à l’extrême Ouest. dans l’antiquité historique. Rome ne s’implanta en Tunisie que pour empêcher son ennemie de renaître et pour garder le passage entre les deux bassins de la mer intérieure . la Maurétanie Tingitane. comme en Espagne et en Gaule. qui ont conquis une grande partie de l’Espagne. la Proconsulaire fut. à certains égards. Quand les Phéniciens s’établirent d’une manière durable en Afrique. alors qu’elle possédait déjà un vaste empire colonial. l’attrait assez médiocre qu’elle a exercé. Carthage ne se constitua un territoire africain que plus de trois siècles après sa fondation. une sorte ____________________ 1. Ce fut pour se défendre qu’à plusieurs reprises. avec une longue obstination. un prolongement de l’Italie. n’ont pas traversé le détroit . elle attendit près de deux cents ans pour occuper toutes les côtes africaines. Le détroit de Gibraltar a dû arrêter plus d’un peuple(1) .L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN II 37 Toutes ces difficultés expliquent l’isolement relatif de la Berbérie. comme sur la Tunisie et sur les rivages de l’Algérie et du Maroc. Cependant les affinités de l’Afrique du Nord avec les pays qui sont si voisins d’elle devaient nécessairement créer des civilisations et des dominations communes. voulant être maîtresse du détroit qui donne accès à la Méditerranée occidentale. Les Celtes et les Goths. Carthage régna en Espagne et sur une partie des îles méditerranéennes.

l’Islam s’étendit en Espagne et en Sicile. Plus tard. Les Portugais et Charles-Quint ont tenté de s’établir dans l’Afrique du Nord. voire même ses mœurs et ses croyances. Histoire de la Gaule. dont l’histoire est dominée par l’opposition et l’action réciproque du Midi et du Nord(1). Aux premiers siècles de notre ère. Jullian. p. après avoir conquis le Maghrib . à la fois héritier de Rome et représentant ____________________ 1. que. Carthage fut une nouvelle Tyr. le commerce de la Berbérie s’est fait surtout avec les autres pays de la Méditerranée occidentale : d’où l’importance qu’ont dans cette contrée les villes maritimes. dans une certaine mesure. La pointe Nord-Est de l’Afrique Mineure. On comprend qu’elle ait pu servir de lieu de passage et de champ de bataille entre l’Occident et l’Orient. Même quand elle n’a pas été rattachée à l’Europe par des liens politiques et des relations pacifiques. tandis que sa pointe Nord-Ouest limite avec l’Espagne l’extrémité du bassin occidental. ces Germains qui vinrent par l’extrême Ouest. L’une de ses petites faces est tournée vers le bassin oriental. la civilisation musulmane du Maroc et de l’Ouest de l’Algérie ressembla à celle de la péninsule ibérique. Rome abattit sa rivale et fit régner dans tout l’Occident la civilisation latine. Puis. elle s’est enrichie à ses dépens par la piraterie. Depuis des siècles. 1. . elle n’a pas pu se passer d’elle : à l’époque vandale. qui n’est éloignée de la Sicile que de 140 kilomètres. à l’époque turque. sépare les deux bassins de la Méditerranée. de boulevard de l’Espagne. succéda celle de l’empire byzantin. ce fut surtout en Afrique que s’élabora la fusion des éléments orientaux et occidentaux dans le christianisme.38 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Au seuil des deux bassins. qui soumit une partie de l’Occident et y répandit ses marchandises. dont la France est désormais maîtresse. 66 et suiv. A la domination des Vandales. elle ait eu une destinée comparable à celle de la France.

l’Afrique du Nord était cependant appelée. de fonder un empire et de créer une civilisation qui leur fussent propres. Mais elle a beaucoup plus reçu que donné. . fit tenir une place importante de l’histoire de la Méditerranée. ses habitants ont accepté ou subi les suprématies matérielles et les influences morales qui. Des guerriers libyens ou berbères conquirent l’Espagne au profit de Carthage et de l’Islam. Incapables de réunir en un faisceau toutes leurs forces. se sont présentées à eux. Ils ont même contribué à les propager. par sa position géographique. Enfin. disparut complètement de leur patrie. les grands écrivains latins de l’Afrique chrétienne aidèrent puissamment au triomphe d’une religion qui. la conquête arabe rompit les liens qui attachaient l’Afrique au monde latin et y implanta la religion et la langue de l’Islam. Isolée par la mer et par le disert.L’AFRIQUE DU NORD DANS LE MONDE MÉDITERRANÉEN 39 de la civilisation gréco-orientale. successivement. d’un abord et d’une pénétration difficiles. quelques siècles après.

p. 87-94 . car elle est fort importante. Nous devons l’examiner de très près. p. dans Bulletin de l’Académie d’Hippone. p. Leiter. Ergäunzungsheft LVIII. XXVII.Mitteil. ou si elle a été surtout l’œuvre de l’intelligence et de l’énergie des hommes . p. Cat. 1879. Utudien üler. p. 116-123 . 1-4 .77. Carton. VII. 1896. 1899). dans Verhandlungen des arhten deutschen Geographentages (Berlin. XXIX. dans Annales de la Société géologique du Nord. si nous devons nous borner à regretter un passé qui ne revivra plus. Variations du régime des eaux dans l’Afrique du Nord. Fischer. D’Hippone. ou lui demander au contraire des leçons utiles au temps présent. ____________________ 1. Pendant une partie de l’époque dont nous écrivons l’histoire. 1894.. l’Afrique septentrionale a joui d’une grande prospérité agricole : il s’agit de savoir si cette prospérité a eu pour cause principale un climat plus favorable à la culture que le climat d’aujourd’hui. dans Petermanus Mitteilungen.89 . Note sur la diminution des pluies en Afrique. 1900. Partsch. dans Nouvelles Archives des missions. 1896. et les réponses ne concordent pas. de l’Acad.CHAPITRE III LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ I Le climat de l’Afrique du Nord s’est-il modifié depuis l’antiquité ? Cette question a été souvent posée(1). 1883. Climatologie et agriculture de l’Afrique ancienne. 23 et suiv. le même. . La Blanchère. le même. p. n° 1. le même. dans Bull. 1800. Essai sur la province romaine de Maurétanie césarienne. 1897. p. 1-43 . p. XXVIII. le même. dans Revue tunisienne. III. Die Frage der Klimaänderung während geschichtticher Zeit in Nord-Afrika. 44-46 . .dans Petermanus. historiens et physiciens. dans Abhandlungen der geographischen Gesellschaft in Wien. 40-48. p. XXIV. Voir en particulier: Th. 29-47 .

c. p. le Maroc physique. quand le siroco sévit. des refroidissements nocturnes. 2. 244-271. Th. 1. pour le Maroc. Ces refroidissements peuvent être funestes à la végétation. et parfois même au printemps. 303-306. Il faut néanmoins tenir compte. 232-4. pendant une partie de la nuit. qui saut causés par le rayonnement dans les temps clairs. l’humidité de l’air est pénible pourtant. En été. . pour l’Algérie. et. le long desquelles l’influence régulatrice de la mer établit un climat où les maxima de chaleur et de froid ne présentent pas de grands écarts. Thévenet. 32-63. p. Essai de climatologie algérienne (Alger. Il est rare que le thermomètre descende audessous de zéro. 1911). qui modère la chaleur en été : voir Gentil.. Cette contrée offre une très grande étendue de côtes. 1906) . p. 1896) . 12. Résumé dans A. voir surtout Ginestous. De mai à septembre. Pour la Tunisie. Mittelmeer-Bilder. Rivière et Lecq. Gentil. du moins dans le cours de la journée. jusqu’à une hauteur d’environ un mètre. fréquents en Afrique. et L. elle atténue l’ardeur des rayons du soleil. Fischer. et qu’il s’élève au-dessus de 30 degré centigrades. et qui affectent la couche inférieure de l’atmosphère. Culture du Midi. Elle est comprise en effet entre le 29° de latitude Nord (extrémité occidentale de l’Anti-Atlas) et le 37° (extrémité Nord-Est de la Tunisie). de l’Algérie et de la Tunisie. L’Afrique du Nord est située dans la zone tempérée boréale. 37. Surtout sur la côte occidentale du Maroc. longée par un courant marin froid. il arrive souvent en hiver. que la température. Mais l’Afrique du Nord est. la brise de mer souffle au milieu de la journée et apporte une fraîcheur bienfaisante(3). II. 3. un pays de ____________________ 1. même à proximité du littoral. 24. p. Knox.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 41 Indiquons tout d’abord les traits généraux du climat actuel(1). Études sur la climat de la Tunisie (Tunis. Elle appartient donc à l’aire des pays chauds. p. modère l’évaporation. the Climate of the continent of Afrika (Londres. dans son ensemble. tombe au-dessous de zéro dans le voisinage du sol(2). tempère sa brûlante sécheresse. mais dans la partie méridionale de cette zone. Cependant le voisinage ou l’éloignement de la mer et la diversité des altitudes y déterminent des différences de température bien marquées.

-5 au Kef. amenant une chaleur de four. -6 à Maktar. au Nord du Haut-Atlas. le siroco présente des caractères spéciaux. Dans les jours d’été. sauf lorsqu’il passe sur des montagnes couvertes de neige. le rayonnement produit des rosées. qui l’arrête. dans une saison où la gelée est particulièrement redoutable aux cultures. dans une certaine mesure. Les froids nocturnes que le rayonnement provoque à la surface du sol sont souvent très vifs. l’écart entre les températures extrêmes augmente. sans perturbation apparente de l’atmosphère. A Alger. Tantôt c’est un vent d’origine saharienne. et durant en général peu de temps. il convient de réserver le nom de siroco à un vent sec. Tantôt il ne se manifeste que sur une étendue très limitée. -11 à Sétif. tombant verticalement. qui réparent. La fréquence du siroco varie beaucoup selon les régions. Il peut traverser la mer et s’avancer jusqu’aux côtes méridionales de l’Espagne et au centre de l’Italie. -13 à Batna. les effets de l’évaporation diurne. hautes terres. Quoiqu’il puisse éclater en toute saison. Ce nom. A mesure qu’on s’élève et qu’on s’éloigne du littoral. à des vents d’hiver humides et chauds. Il en est résulté des confusions. pompant l’humidité. dont la direction varie par conséquent du Sud-Est au Sud-Ouest. le thermomètre peut descendre dans la journée à -9° degrés à Tiaret. qui parait venir du grec (d’un mot signifiant dessécher).42 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. la transparence de l’atmosphère laisse toute leur force aux rayons du soleil . obscurcissant l’air par les poussières qu’il entraîne. Conformément à l’étymologie qui vient d’être indiquée. Son influence sur les êtres vivants ____________________ 1. il ne . Mais la fraîcheur des nuits exerce une action tonique sur les hommes et les animaux . Parmi les vents. est donné dans l’Europe méridionale et quelquefois méfie dans l’Afrique du Nord. En hiver. il se déchaîne surtout en été et dure soit quelques heures à peine. Il souffle avec violence. la chaleur et l’évaporation sent intenses. même au printemps. soit plusieurs jours(1). Le vent chaud du Sud est très rare au Maroc.

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est déprimante. Il dessèche la Végétation et est particulièrement redoutable à la vigne ; les céréales, moissonnées au début de l’été, sont moins exposées à ses ravages(1). Le siroco mis à part, les vents qui dominent pendant l’hiver sont ceux du Sud-Ouest et de l’Ouest au Maroc, du NordOuest en Algérie et en Tunisie. Dans cette saison, ceux du SudOuest et de l’Ouest sont fréquents aussi en Algérie. Les vents dominants d’été viennent du Nord et du Nord-Est au Maroc et en Algérie, du Nord-Est et de l’Est sur la côte orientale de la Tunisie(2). C’est la quantité plus ou moins forte des pluies et leur répartition plus ou moins favorable à la végétation, beaucoup plus que la qualité des sols, qui font la valeur économique des régions : pays de cultures et d’arbres ; steppes où ne poussent que des plantes permettant l’élevage d’espèces animales sobres ; enfin déserts. Les pluies sont amenées dans l’Afrique septentrionale par les vents du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Nord-Ouest, qui; ayant passé sur de vastes surfaces marines, arrivent chargés de vapeur d’eau. En Algérie, pays au les conditions météorologiques ont été assez bien étudiées, on a constaté que les précipitations les plus fréquentes, les plus abondantes et les plus étendues sont dues aux vents du Nord-Ouest. La saison pluvieuse coïncide à peu près avec l’hiver, en y comprenant la seconde moitié de l’automne et le début du printemps, entre les mois d’octobre à novembre et d’avril-mai : c’est la période de l’année où les vents dont nous venons de parler dominent et où la vapeur d’eau qu’ils contiennent rencontre au-dessus des terres africaines des températures plus
___________________ souffle qu’un petit nombre du tours par an. Il est au contraire fréquent dans l’Est et le Sud de la Tunisie, où il ne rencontre pas d’obstacle. M. Ginestous (l. c., p. 404) compte 113 jours du siroco à Sousse, 134 à Kairouan. 1. Surtout l’orge, qui mûrit un mois plus tôt que le blé. 2. Les vents d’Est soufflent presque toute l’année dans le Sud de la Tunisie.

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ou moins froides, qui la forcent à se condenser. Il y a souvent dans cette saison deux époques de précipitations plus abondantes, deux maxima, séparés par une période de sécheresse. Entre mai et octobre, les pluies tombent rarement et sont de courtes ondées, d’ordinaire sous forme d’orage. Elles font presque entièrement défaut en juillet et en août. Les vents dominants du Nord-Est et d’Est ne trouvent pas, au-dessus du sol surchauffé, les conditions atmosphériques nécessaires à la condensation de la vapeur d’eau dont ils se sont imprégnés en passant sur la Méditerranée. Les chaleurs précoces provoquent sur les montagnes la fusion rapide des masses neigeuses, qui, dans des pays plus septentrionaux, constituent des réserves, alimentant les rivières à la fin du printemps et pendant une partie de l’été. Les neiges disparaissent en mai des hauts sommets de la Kabylie. Elles durent plus longtemps sur l’Atlas marocain, beaucoup plus élevé, et ont une influence heureuse sur le débit des cours d’eau ; mais, même dans cette région, elles ont à peu près achevé de se fondre en juillet, sauf peutêtre dans des anfractuosités que le soleil ne chauffe pas(1). On sait ce que sont en été; la plupart des rivières de l’Afrique du Nord. Cette saison sèche est, il est vrai, un peu atténuée par l’humidité que la brise de mer porte parfois assez loin dans l’intérieur, et aussi par les rosées, Quand elle n’empiète pas trop sur l’automne et sur le printemps, elle n’entrave pas la culture des céréales, dont le développement a lieu pendant la saison des pluies. Elle ne peut être que profitable à la vigne et à l’olivier et, d’une manière générale, elle ne nuit guère à la végétation arbustive, assez résistante pour la supporter. Mais elle crée de grosses difficultés à l’élevage. Quant, la saison humide, elle se présente avec des irrégula____________________ 1. Cof. Gentil, le Maroc physique, p. 263-6.

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rités qui font courir des risques graves à l’agriculture. Quelquefois, les pluies manquent presque entièrement : c’est heureusement l’exception. Pour un même lieu, les variations dans la hauteur totale des chutes sont souvent très fortes d’un hiver à l’autre(1), sans qu’on puisse expliquer les causes de ces différences(2). Mais la quantité des pluies a beaucoup moins d’importance que leur répartition. « A Sidi bel Abbès, la moyenne annuelle des pluies n’atteint pas 0 m. 400, mais, grâce il leur bonne répartition, les récoltes donnent presque toujours les meilleurs résultats(3). » Il faut surtout que l’eau du ciel tombe en octobrenovembre, afin qu’on puisse labourer les terres desséchées et faire les semailles, puis en mars-avril, afin que les plantes déjà formées s’imbibent de l’humidité nécessaire pour résister au soleil déjà chaud et achever leur maturité, Dans l’intervalle, il faut des alternatives de pluie et de beau temps(4). Or, souvent, les pluies d’automne se font attendre, ce qui retarde les semailles et, par contrecoup, l’époque de la maturité, qui doit s’effectuer lorsque le soleil est devenu très ardent et après la date normale du maximum des pluies printanières. Souvent, la sécheresse, se prolongeant pendant des semaines et même des mois(5), empêche la germination des grains et la croissance
____________________ 1. Pluies à Alger en 1893, 0 m. 516 ; en 1889, 0 m. 978 : Thévenet, p. 65. — A Aïn Braham, en 1893, 0 m. 925 ; en 1894, 2 m. 253 ; A Tunis, en 1904, 0 m. 311 ; en 1892, 0 m. 639. Au Kef, en 1897, 0 m. 310 ; en 1898, 0 m. 913. A Gafsa, en 1891, 0 m. 132 ; en 1892, 0 m. 433. Voir Ginestous, p. 219 et 220. — Au cap Spartel, en 1896, 0 m. 872, ; en 1897, 1 m. 143 ; Gentil, l. c., p. 261. 2. On connaît la théorie de Brückner. Ce savant admet des cycles d’une durée moyenne de 33 ans, comprenant chacun une suite de variations dans la température et la pluie, variations qui se reproduiraient au cycle suivant. Mais nous n’avons pas les moyens de contrôler cette théorie pour l’Afrique du Nord. Notons cependant qu’à Alger, il s’est écoulé 36 ans entre les deux maximum de pluies des périodes 1850-4 et 1886-1890 : Gauckler, dans Annales de Géographie ; XII, 1903, p.331. 3. Lecq, l’Agriculture algérienne (Alger, 1890), p. 12. 4. Lecq, 1. c., p. 9-10. 5. Sur sept années, de 1887 à 1893, M. Saurin (l’Avenir de l’Afrique du nord, Paris, 1890, p. 20) a compté, à Tunis six hivers ayant eu des sécheresses d’au moins deux mois.

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des plantes. Enfin, les pluies de printemps, décisives pour la récolte des céréales, peuvent manquer tout à fait ou être très insuffisantes. Ces pluies si capricieuses ne sont pas toujours bienfaisantes. Elles ont fréquemment une allure torrentielle(1). C’est ce qui explique,par exemple, pourquoi Alger, avec cent jours de pluie, a une tranche d’eau supérieure à celle de Paris, où la moyenne des pluies est de cent quarante jours (Alger, 0 m. 682 ; Paris. 0 m. 594)(2).Au lieu de pluies fines et prolongées qui humectent le sol sans l’inonder et le bouleverser, qui pénètrent jusque dans les profondeurs et y forment des nappes d’où jaillissent les sources, de véritables trombes se précipitent. Alors, surtout dans les terrains argileux, nombreux en Afrique, les eaux ruissellent rapidement sur les surfaces inclinées, sur les sols durcis par le soleil. Dans les ravins où elles convergent, des torrents se gonflent et roulent avec d’autant plus de force que les pentes sont souvent très raides et les différences de niveaux brusques dans cette contrée tourmentée ; ils entraînent d’abondantes quantités de terre végétale, provoquent des éboulements, creusent de profonds sillons, causent par leurs inondations de grands ravages ; presque aussitôt après leur lit est vide. Ces méfaits; du ruissellement ont été aggravés, depuis des siècles, par le déboisement, dont nous aurons à reparler(3). Les surfaces planes peu perméables, sur lesquelles les eaux de ces pluies sauvages tombent directement du ciel ou dévalent des montagnes, se transformant subitement en des lacs, qui, du reste, disparaissent vite ; car l’évaporation est très forte par suite de l’ardeur du soleil, fréquemment aussi de la violence du
____________________ 1. Voici quelques exemples pour la Tunisie (Ginestous, p. 384, 398, 403, 417) ; à Kelibia, du 26 novembre au premier décembre 1899, 0 m. 386 de pluie ; au Kef, le 19 septembre 1888, 0 m. 384. 2. Je donne ici les chiffres indiqués par M. Gauckler, dans Annales de Géographie, XII, p. 213. 3. Voir chap. IV.

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vent(1). Dans des terres plus faciles à pénétrer, il arrive que le sol se détrempe tellement que les labours d’automne se font dans de mauvaises conditions, que les grains enfouis dans les champs et les racines naissantes pourrissent. Les précipitations torrentielles prennent parfois la forme d’orages de grêle, qui sévissent dans les pays élevés du Tell, c’est-à-dire de la partie cultivable de la Berbérie. Ils ont lieu principalement en hiver et au printemps : dans cette dernière saison, ils peuvent être fort nuisibles à la végétation. Les différentes régions de l’Afrique du Nord reçoivent des quantités de pluie fort diverses. Par exemple, à Aïn Draham, en Khoumirie, la moyenne annuelle est de 1 m. 641 ; à Philippeville, de 0 m. 766 ; à Constantine, de 0 m. 632; à Batna, de 0 m. 399 : à Tébessa, de 0 m. 344 ; à Biskra, de il 0 m. 170(2). Ces inégalités tiennent à plusieurs causes : voisinage ou éloignement de la mer: différences d’altitudes : accès plus ou moins facile que tel ou tel pays offre par son exposition aux courants atmosphériques chargés de vapeur d’eau. Les vents humides viennent, nous l’avons dit, du SudOuest, de l’Ouest et du Nord-Ouest, après avoir passé soit sur l’océan, soit sur la Méditerranée. Les côtes occidentale et septentrionale du Maroc, les côtes de l’Algérie. la côte septentrionale de la Tunisie, que ces vents rencontrent tout d’abord, sont donc favorisées sous le rapport des pluies. Cependant elles ne le sont pas d’une manière uniforme. En face du Maroc et de la province d’Oran, la Méditerranée est beaucoup moins large qu’en face des provinces d’Alger et de Constantine et de la Tunisie ; elle offre par conséquent un champ d’évaporation moins vaste.
____________________ 1. M. Bernard (Une Mission au Maroc, Paris, 1904, p.9) observe que, dans le Maroc occidental, l’évaporation paraît être moins intense qu’en Algérie, la température souvent couvert après les pluies.

2. Les chiffres que je cite ici et plus loin sont empruntés à M. Thévenet (p. 62, 63) et à M. Ginestous (p. 20) : Tunisie, années 1886-1900). Ils ne peuvent prétendre qu’à une exactitude approximative.

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A l’angle Nord-Ouest du Maroc, cet inconvénient est compensé par les vents qui viennent de l’Océan(1). Mais, plus à l’Est, les vents du Sud-Ouest qui arrivent jusqu’à l’Oranie se sont dépouillés de la majeure partie de leur humidité sur l’Atlas marocain ; d’autre part, les vents, particulièrement pluvieux, du Nord-Ouest atteignent le rivage africain après s’être presque débarrassés, de leur vapeur d’eau sur les hautes montagnes du Sud de l’Espagne, et sans avoir pu la remplacer suffisamment dans leur courte traversée de la Méditerranée(2). Plus loin vers l’Est, et à peu près depuis l’embouchure du Chélif, ils se chargent d’humidité : au-dessus de la mer intérieure, qui s’élargit de plus en plus, et ils viennent aborder de front le littoral, presque perpendiculaire à la direction qu’ils suivent. Il en résulte une augmentation des pluies, surtout au pied des massifs montagneux de la grande et de la petite Kabylie. Les moyennes sont, à Ténès, de 0 m. 594 ; à Alger, de 0 m. 766(3) ; à Bougie, de 1 m. 306 ; à Djidjeli, de 1 m. 007 ; à Bône, de 0 m. 738 ; à la Calle, de 0 m. 861 ; à Tabarca, de 1 m. 094. Quant à la côte orientale de la Tunisie, les vents pluvieux d’hiver ne l’atteignent qu’après avoir soufflé sur des espaces terrestres auxquels ils ont abandonné la plus grande partie de leur vapeur d’eau. Aussi les moyennes annuelles y sont-elles beaucoup moins élevées : 0 m. 471 à Tunis, 0 m. 415 à Sousse, 0 m. 246 à Sfax, 0 m.190 à Gabès(4). Soit dans le voisinage de la mer, soit à l’intérieur des terres, il faut tenir compte des altitudes pour expliquer les différences des précipitations. On sait que les montagnes provoquent la
____________________ 1. En dehors du détroit, au cap Spartel, la moyenne des pluies a été de 0, m. 810 pour la période 1894-1904 : Fischer, Mittelmeer-Bilder, II, p. 335. 2. Bernard et Ficheur, dans Annales de Géographie, XI, 1902, p. 233. Conf. Thévenet, l. c., p. 62, 71. — Moyenne annuelle à Oran : 0 m. 486. 3. Selon Gauckler, O m. 682 ; voir plus haut, p. 46. 4. Chiffres donnés par M. Ginestous (p. 201), pour la période 1886-1900. Pour la période 1900-1904, M. Ginestous (p. 218) indique les chiffres suivants : Tunis, 0 m. 399 ; Sousse, 0 m. 367 ; Sfax, O m. 130 ; Gabès, 0 m. 159.

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formation des pluies : les courants qui viennent les heurter se refroidissent par le mouvement d’ascension qu’ils subissent et par la rencontre de températures plus basses que la leur; ce qui amène la condensation de la vapeur qu’ils contiennent et des chutes d’eau, ou, si l’air est au-dessous de zéro, des chutes de neige. Plus le massif est élevé, plus la barrière qu’il présente aux vents humides est abrupte, plus les précipitations sont abondantes. Mais les montagnes sont de véritables écrans, qui arrêtent la pluie, d’une manière plus ou moins complète, au détriment des pays qui s’étendent en arrière, surtout si ces pays sont des dépressions brusques et profondes : les courants, qui se sont déchargés d’une grande partie de leur humidité en gravissant les pentes, s échauffent dans leur mouvement descendant et la vapeur d’eau qu’ils contiennent encore ne se condense que très difficilement. On peut poser en principe que, dans l’Afrique septentrionale, les côtés Nord-Ouest et Nord d’une chaîne, d’un massif reçoivent beaucoup plus de pluie que les côtés Sud et Sud-Est. Il s’ensuit qu’à proximité du littoral, les régions à altitude élevée ont, en règle générale, un climat d’hiver plus humide que les terres basses. A Fort-National, dans la grande Kabylie, il tombe 1 m. 121 de pluie ; à Taher, dans la petite Kabylie, 1 m. 153 ; le maximum est atteint en Khoumirie, à Aïn Draham, où, à une altitude de 1019 mètres, on a constaté une moyenne de 1 m. 641(1). Au contraire, certaines régions très voisines de la côte ne reçoivent que des précipitations peu abondantes, si des montagnes empêchent l’accès des vents humides. Tel est le cas de la vallée du Chélif, dépression séparée de la mer au Nord, par les terrasses et les chaînes du Dahra, dominée en outre au Sud par la massif de l’Ouarsenis, qui attire les nuages : à Orléansville, la moyenne est de 0 m. 442. Il en est de même
____________________ 1. Années 1886-1900 ;1 m. 670 pour la période 1900-1904.

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de la vallée profonde de la Soummane, au Nord et au NordOuest de laquelle le Djurdjura forme une puissante barrière. En arrière de la Khoumirie, la tranche annuelle s’abaisse à 0 m. 478 dans la plaine de la Medjerda, à Souk el Arba. A l’intérieur, la diminution des pluies devrait être en proportion de la distance qui sépare les diverses régions de la mer, d’où viennent les courants humides, si le relief du sol et l’exposition ne déterminaient pas des variations importantes. Lorsque le relief est disposé de telle sorte que des plans successifs s’étagent, se présentant de front aux vents chargés de vapeur d’eau, lorsque des couloirs inclinés sers la côte ouvrent à ces vents des voies d’accès, les pluies peuvent pénétrer fort loin. Ainsi, la partie centrale de la Tunisie, avec ses hautes plaines, avec ses plateaux, coupés par des vallées encaissées, avec le rempart que forme la chaîne Zeugitane, offre une aire étendue de condensations ; quoique les montagnes situées plus au Nord enlèvent aux vents une bonne partie de leur humidité, elles ne sont pas assez élevées pour l’accaparer. Le Kef reçoit 0 m. 543 de pluie ; Souk et Djemaa, 0 m. 508. Nous avons dit(1) qu’en Algérie, le couloir de la vallée de la Mina permet aux courants humides de parvenir facilement à la région de Tiaret, où la haute altitude est favorable aux condensations(2) : la moyenne est de 0 m. 744. Loin dans le Sud, les massifs montagneux importants provoquent des recrudescences de pluie. Tandis que, dans les steppes des provinces d’Alger et d’Oran, les chutes ne dépassent guère 0 m. 200, elles atteignent presque le double dans l’Atlas saharien, qui forme la bordure méridionale de ces steppes : 0 m. 389 à Géryville, 0 m. 380 à Djelfa. Mais, en arrière, c’est-à-dire au Sud et au Sud-Est des écrans que forment les montagnes de l’intérieur, la diminution des pluies s’accuse nettement : 0 m. 398 à Sidi bel Abbès, derrière
____________________ 1. P. 10. 2. Conf. Bernard et Ficheur, l. c., p. 347.

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la chaîne du Tessala : 0 m. 453 à Sétif, derrière le massif des Babors (où la moyenne dépasse un mètre) ; O m. 269 à Bou Saada, dans la dépression du Hodna, bordée au Nord par un cercle de hautes montagnes ; 0 m. 450 environ dans l’Enfida, derrière la chaîne Zeugitane ; moins encore à Kairouan (0 m. 364(1)). Au Sud du Maroc, immédiatement en arrière du rempart énorme de l’Atlas, le ciel est serein presque toute l’année dans la région de l’oued Sous et sur la lisière septentrionale du Sahara. Laghouat et Biskra, situées au pied méridional de l’Atlas saharien, ne reçoivent que 0 m. 187 et 0 m.170 de pluie. Ainsi, existence d’une saison presque entièrement sèche pendant quatre mois au moins (la durée de cette saison varie suivant les pays) ; quelquefois, sécheresse presque absolue pendant toute l’année ; fréquemment, au cours de la saison humide, insuffisance et mauvaise répartition des pluies, périodes de sécheresses prolongées ; régime torrentiel des chutes ; évaporatien abondante et rapide ; distribution fort inégale des pluies sur les régions hautes ou basses, accidentées ou plates qui s’enchevêtrent souvent dans un grand désordre : tels sont les caractères principaux du climat actuel de l’Afrique septentrionale.

II Quel était le climat de cette contrée dans l’antiquité ? Depuis l’apparition de l’homme (les historiens n’ont pas à remonter plus haut), il s’est assurément modifié. A l’époque pléistocène ou quaternaire, pendant la période à laquelle appartiennent les plus anciens outils de pierre trouvés en Afrique, il devait être, d’une manière générale, plus chaud et plus humide

____________________ 1. 0 m.308 pour la période 1900-1904.

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qui aujourd’hui(1), comme l’indiquent les ossements de certains animaux, recueillis avec ces instruments : éléphants (de l’espèce dite Elephas atlanticus), rhinocéros, hippopotames(2). Le Sahara, sans doute plus sec que la région méditerranéenne(3), n’était cependant pas un désert(4). Il est permis de supposer qu il a pu être traversé par des animaux qui ont besoin de quantités abondantes d’eau(5), car on a constaté l’identité d’un certain nombre d’espèces qui existaient alors en Berbérie et qui vivent encore aujourd’hui au Soudan et dans l’Afrique australe(6). Un climat chaud et très humide régna dans l’Europe centrale pendant une partie de l’époque quaternaire, dans le long intervalle de deux périodes glaciaires ; c’est alors qu’apparaissent dans cette contrée les plus anciens vestiges de l’industrie humaine : puis vint une période de froid humide, suivie d’un climat à la fois sec et froid, caractérisé, au point de vue de la faune, par le renne ; les cavernes servirent de demeures aux hommes. Ce refroidissement dut aussi se faire sentir dans l’Afrique du

____________________ 1. Mais non pas, semble-t-il, pendant toute la durée de l’époque pléistocène : voir Pomel, dans Comptes rendus de l’Académie des Sciences, CXIX, 1894, p. 314 et suiv. ;Gautier, Annales de Géographie, XX, 1911, p. 442 ; Flamand, Recherches géologiques et géographiques sur le Haut-Pays de l’Oranie, p. 744-5. — Noter que, même pendant la période dont nous parlons, il y avait dans l’Afrique du Nord des animaux qui s’accommodent aujourd’hui d’un climat chaud, mais sec : la girafe, le zèbre, le chameau. 2. A Gafsa, dans le Sud de la Tunisie, des alluvions superposés sur une grande épaisseur contiennent des outils paléolithiques offrant les types les plus primitifs. L’étude de la formation de ces alluvions a convaincu M. de Morgan qu’il y avait eu à cette époque des précipitations atmosphériques très abondantes et très violentes (Revue de l’École d’anthropologie, XX, 1910, p. 220). 3. Gautier, Sahara algérien, p. 20. 4. L’argument tiré de la botanique, que Schirmer (le Sahara, p. 135) invoque pour affirmer la très haute antiquité du désert au Sahara, n’est nullement péremptoire. Voir Chudeau, Sahara soudanais, p. 130. 5. La question est, il est vrai, très obscure, car il y a lieu d’admettre que, dans une période quaternaire, peut-être celle dont nous parlons, un désert coupant les communications, s’étendait sur le Nord du Soudan : Chudeau, l. c., p. 272 et suiv. 6. Voir chap. IV. Plus tard, la faune de la Berbérie et celle du Soudan se distinguèrent très nettement ; le Sahara ne fut plus un pont, mais une barrière :Kularlt, Studien zur Zoogengraphie, l. p. 32 et suiv., 83 ; II, p. 233.

animal auquel un ciel trop humide ne convient pas(5) .. Même pour le Sud de la Tunisie. 3. XXI. p. à ciel ouvert ou dans des abris sous roche. le Maroc. Partout où il y a de l’eau . l’abondance des débris d’œufs d’autruche. où il n’y n pas d’eau. de nos jours. Elephas atlanticus. Ce ne fut pas 1’absence de communications terrestres qui empêcha le renne de venir habiter l’Afrique du Nord . On peut seulement constater que. Dans les plaines et le fond des vallées.. ou pourrait vivre encore dans le pays . y causant la disparition(1) ou la diminution de quelques espèces animales. dans le Tell. c’est-à-dire le milieu du premier millénaire avant JésusChrist. que l’on a rencontrés sur divers points du Tell. on ne trouve que des pièces isolées. Mais il fut beaucoup moins marqué que dans le centre de l’Europe(2). occupaient des lieux où les conditions climatériques permettraient encore de fonder des établissements permanents(6). la faune qui accompagne les restes de l’industrie paléolithique la plus récente et de l’industrie néolithique vit. Collignon écrit (Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. 5. 2. d’autre part. Notons. 197) : « Partout où. le pied de celles-ci est couvert d’ateliers. on trouve une source. les ateliers. Les stations. IV.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 53 Nord. Il est bien difficile de dire ce qu’a été exactement le climat de l’Afrique septentrionale pendant la longue série de siècles qui s’écoula entre cet âge primitif de l’humanité et l’époque à laquelle appartiennent les documents historiques les plus anciens. 6. Voir chap. Il faut ajouter que cette affirmation n’est certaine que pour les autruches actuelles. ou sont plus rares. Bernard. ils manquent. ____________________ 1. M. 4. il ne pénétra pas dans la péninsule italique et il paraît s’être arrêté en Espagne au Nord-Est de la Catalogne. celle des escargots. des espèces aujourd’hui disparues ne sont que faiblement représentées(4). Il n’y a probablement jamais eu de glaciers en Berbérie. les silex abondent et. 40. puis hippopotame et rhinocéros. même sur les montagnes très élevées de l’Atlas marocain(3). il en est de même sur les montagnes : mais d’une manière presque constante. qui ne s’accommodent point d’un air trop sec. amenant peut-être l’homme à s’abriter sous des grottes. d’une part. en Europe même. p. 1887.

M. dans l’Oranie surtout. 2. en nombre vraiment extraordinaire. Pourtant il ne sera pas inutile d’en parler ici. 3. Le Sahara est en dehors de la contrée qui fait l’objet de notre étude. Voir Livre II. I. ceux-ci sont considérables . 220). l’extrême abondance des stations néolithiques parait indiquer un climat moins sec que le climat actuel. car le climat de cette partie de l’Afrique a pu s’étendre ou exercer une influence plus ou moins marquée sur les pays qui l’avoisinent au Nord. 1. C’est un fait bien connu que des stations et des ateliers dits préhistoriques se rencontrent. étudiant les alluvions de l’Oued Baïche. 1910. qui se baignent en été et craignent la chaleur sèche. Quant aux buffles. au moins brièvement. — Gafsa. Elles semblent indiquer qu’un climat assez différent du climat actuel régnait alors dans les montagnes qui bordent le Sahara : les éléphants et les grands buffles apparaissent fréquemment parmi les animaux représentés(1). 389 à Géryville. existent des gravures rupestres. L’importance de beau____________________ à l’heure actuelle. 0 m. presque autant qu’à Sétif et à Sousse . Voir Livre II. 369 à Aflou. p. ils sont moins importants au niveau des thalwegs actuellement arides. dans les derniers temps de l’industrie néolithique. chap.54 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. qu’aux environs et au Sud de Gabés. l’Atlas saharien n’est pas assurément un pays désertique : il tombe près de 400 millimètres de pluie dans le djebel Amour(2). on ne voit guère comment ils pourraient vivre dans l’Atlas saharien. au moins en partie. a cru reconnaître qu’elles témoignent de pluies beaucoup moins intenses et moins torrentielles depuis l’époque de l’industrie paléolithique récente (Revue de l’École d’anthropologie. 0 m. L’hypothèse d’une modification de climat dans cette région n’est donc pas invraisemblable. de Morgan. XX. chap. De nos jours. autant qu’à Sidi bel Abbés. Au Sud de la Berbérie. Il est cependant peu probable que des troupeaux d’éléphants y trouveraient encore. exécutées. . » Il faut avouer cependant. pendant la saison chaude. dans le Nord du grand désert(3). les sources n’y manquent pas et on y voit des fort ts et de bons pâturages. l’alimentation liquide et solide nécessaire à leur existence. III.

. souvent même une entière ressemblance avec ceux qui se rencontrent en Égypte et qui datent de plusieurs milliers d’années avant notre ère. Gautier. des types néolithiques. dont le climat était déjà assez sec pour que l’autruche y vécût(5) : des restes d’œufs de cet oiseau abondent dans presque toutes les stations néolithiques sahariennes. Au Sud-Est de l’Algérie. Les outils. Mais il serait imprudent d’établir un synchronisme entre les civilisations lithiques des deux contrées : il est possible. 4. chap. soit d’une manière permanente. Livre II. 5. Schirmer (le Sahara. les mêmes formes. les armes en pierre que l’on a recueillis offrent. . 130. qui servaient à écraser des grains(1). des pilons. p. Une population nombreuse a donc vécu dans le désert actuel pendant une période aux limites incertaines. soit par intermittences.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 55 coup de ces établissements atteste qu’ils ont été occupés pendant fort longtemps. ibid. ils présentent une étroite parenté. On y trouve des mortiers. pour la plupart. Gautier. nous le verrons(3). p. Sahara algérien. des rouleaux. 3. I. 134. 135. que l’industrie de la pierre. p. dans l’Erg oriental. Gautier. 2. 134). Il faut observer que les stations et ateliers du Sahara ne se trouvent guère que dans des régions qui sont encore ou ont été des dépressions. Cette observation est de M. plaines d’alluvions des anciens fleuves(4). p. réceptacles naturels des eaux. se soit maintenue dans le Sahara plus longtemps qu’ailleurs. Puis les dépressions elles-mêmes sont devenues de moins ___________________ 1. mais très longue. qui descend peut-être jusqu’à l’époque historique et remonte sans doute beaucoup plus haut. Certaines parties du Sahara étaient-elles alors cultivables ? Ces découvertes permettent tout au moins de poser la question(2). Mais ces vallées plus ou moins humides se creusaient à travers un pays. conservant les mêmes procédés.

obstruées. Gautier. 3. au bien elle s’évapore rapidement dans des cuvettes sans issue. 41 et suiv. indiquant. au delà de la zone maritime et de la zone habitée par des bêtes sauvages. et on n’y trouve aucune humidité(5). 181 (c’est-à-dire jusqu’à la longitude des Colonnes d’Héraclès). c. IV. en moins habitables pour l’homme. façonnées par le vent. le pays est désert.. 2. c. la fin de l’antiquité. On peut cependant se demander si l’engorgement des vallées suffit à expliquer un changement aussi complet dans le régime hydrographique. voir Schirmer. p. au Ve siècle avant Jésus-Christ. D’autre part. sans eau. 1.. sans bois. C’est Hérodote. III Passons à la période pour laquelle nous disposons de documents historiques. vers le midi et l’intérieur de la Libye. Elle commence. si la diminution des pluies n’a pas contribué au dessèchement progressif du Sahara. « une région de sables. 4. 5. sans pluie. terriblement sèche et vide de tout(3). formées aux dépens des dépôts d’alluvions. Au delà. nous l’avons dit.. » C’est ____________________ 1. au VIIe siècle de l’ère chrétienne. . dont quelques-uns ont été souvent cités. prouvent que cette contrée était alors un désert. Cela a été bien expliqué par M. 120-138. Pour le climat du Sahara dans les temps historiques. L’eau qui coulait jadis la surface ou à une faible profondeur est maintenant absorbée par les dunes et se cache sous le sol. II.56 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. IV. comblées(1). sans animaux. l. 32.… une zone de sables qui s’étend depuis Thèbes d’Égypte jusqu’aux Colonnes d’Héraclès(4). l’invasion arabe. Nous parlerons d’abord du Sahara(2) Des textes. marque pour l’Afrique du Nord. 185. Des dunes de sable. morcelées. les ont peu à peu barrées.

c’est. dit-on. IV. Naturales quaestiones. est inculte et recouverte de sables stériles. Conf. 6. 43. ni quadrupède. 31. « déserte. Voir encore Lucien. C’est Strabon. dit à son tour Pomponius Méla. s’étend sur un vaste espace une région inhabitable. ni plante. 5. 6. vers l’intérieur. Pline l’Ancien. 9. ils ne laissent aucun doute sur la nature désertique du Sahara à l’époque historique. sablonneuse(2). III. » Quoique ces divers passages(9) contiennent certains détails contestables. 5. écrit Diodore de Sicile(4). la Libye intérieure. » Le vent violent du Sud « y pousse les sables comme les vagues de la mer(6) ». I. Pour les anciens. Citons enfin Sénèque(7) : « Si les solitudes de l’Éthiopie(8) sont sèches et si l’on ne trouve dans l’intérieur de l’Afrique que peu de sources. la terre n’offre que des amas de dunes. ni rien qui puisse récréer le regard. — Voir encore Méla. qui nous montre. parce que la nature du ciel y est brûlante et que l’été y règne presque toujours. qui ne reçoivent que rarement let pluie et la boivent sans retard. s’étendent-ils. est stérile et manque d’eau courante.. 33. sans cultures. 23 (il s’agit de la région située un delà de la grande Syrie et de la Cyrénaïque). I. 39. XVII. 8.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 57 Théophraste. sans arbres. rocailleuse. l’Éthiopie commençait au Sud de notre Berbérie. » — « La plus grande partie de l’Afrique. en un ____________________ 1. Aussi les sables arides. sauf la gazelle et le bœuf [c’est-à-dire. III. On n’y voit ni oiseau. 2. Plant. V. — « La région.. II. ne présentant aux yeux aucune variété. Dipsad. l’antilope bubale]. qui s’étend au Sud (de la Cyrénaïque). ou déserte à cause de la sécheresse du ciel et des terres(5). . I 32 : à l’Ouest des Garamantes (Fezzan actuel). Il convient cependant d’observer qu’au delà du Maroc. 5.. 3. sans doute. stérile et sèche(3) ». au delà du littoral. 4. 59. 3. 7. mentionnant « la partie de la Libye où il ne pleut pas avec des palmiers grands et beaux(1) ». Hist. I. 3. Au loin. Elle ressemble à une mer. entourée de déserts difficiles à franchir.

gr. la région de la Saguia el Hamra offrait. l. 4. 3. Peut-être n’était-ce que la première partie d’une route de caravanes conduisant au Soudan. On doit chercher à expliquer par des causes particulières l’existence des fleuves et du lac mentionnés par Hannon . conduites par des officiers romains et accompagnées par des Garamantes. p. Ces indications. firent ____________________ 1. des caravanes franchirent le Sahara(5). ont pu être les convoyeurs. plein de crocodiles et d’hippopotames(1). Dès l’époque carthaginoise. Voir Livre III. — Hérodote (IV. Schirmer. 8. ibid. au Sud du Maroc.58 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 44. un aspect bien différent de celui qu’elle présente aujourd’hui. min. 8-9). 22. le long de la mer extérieure.. point du littoral de l’Atlantique qui parait répondre à la Saguia el Hamra. 323. Mais d’autres textes prouvent aussi que le littoral de l’Océan. XVII. Méla. montrent que. où il y avait des villes de commerce phéniciennes) au pays des Garamantes. vers le Ve siècle avant notre ère. voir Strabon. chap. Plus tard. III. était déjà un désert(3). d’aprés Artémidore (le pays des Éthiopiens occidentaux est sec et très chaud) . 9 et 10 (Geogr. 5. à l’intérieur et le long de l’Océan. Magon. Athénée (II. Les Garamantes. qui traversa trois fois le désert.). XVII. des troupes. p. chasseurs d’Éthiopiens (Hérodote. entre les caps Juby et Bojador. sur lesquelles nous reviendrons(2). celui-ci communiquait avec un autre grand fleuve. ce n’est pas une raison pour les nier(4). est en majeure partie déserte) . 5 (le pays des Éthiopiens occidentaux. c. 3. c) parle d’un Carthaginois. 3. ait joui d’un climat beaucoup plus humide que de nos jours. on ne doit pas conclure de ses assertions que le Sahara. 1 (la Libye. est ou torride. Si nous sommes très mal renseignés sur les relations que 1’Afrique’septentrionale a eues dans l’antiquité avec le Soudan. vers la fin du premier siècle de notre ère. le Carthaginois Hannon remonta un grand fleuve.. I. et aussi les pourvoyeurs de ces caravanes. XVII. 2. III. au-dessus de la Maurusie. Conf. 100 (le littoral de l’Océan. 183) indique qu’on mettait trente jours pour aller de chez les Lotophages (c’est-à-dire du littoral entre les deux Syrtes. Outre le passage d’Hannon dont nous parlerons plus loin. émissaire d’un vaste lac . dans son ensemble. Nous venons de citer les auteurs qui attestent le contraire. au milieu de l’Afrique. est très peu habité) . Il est pourtant probable qu’on le traversait plus facilement. 3. Périple. . p. ou enseveli sous les sables).

commandaient ces routes(3). l’espèce à une bosse existe en Afrique. qui. Les Romains. 6. 1901. Voir Toutain.44: Cagnat. Basset(8). de la Société d’anthropologie de Lyon. 230. c. Des pistes. dans Collections du musée Alaoui. selon M. II. Reinach. Flamand. p. 9. XVI. dans Bull. Armée romaine d’Afrique. Conf. Il n’est jamais mentionné au temps de la domination carthaginoise(9). Le chameau a pourtant existé dans le Tell à une époque très ancienne. Actes du XIVe congrès des Orientalistes. Il n’est pas impossible qu’il ait disparu avant l’époque historique et qu’il n’ait été réintroduit dans l’Afrique du Nord qu’aux environs de notre ère. les Garamantes durent être les convoyeurs du Sahara(4). p. 63 et suiv. 331-3 . les dialectes berbères se servent pour désigner le chameau. III (remarquer que le chameau actuel craint les climats humides). nous savons que l’emploi du chameau(5) comme bête de somme est assez récent dans le Nord de l’Afrique(6). 7. de même(1). Comme les Touaregs actuels. de Tacapes(2). de Leptis Magna. 4. p.. Schirmer. 3. 5. qui parle des chameaux de la Bactriane et de l’Arabie. p. Pline l’Ancien. Basset croit d’origine arabe. p. 1. La grande prospérité des villes de la Tripolitaine. Ou. 2. 2e édit. et de rhinocéros . p. 328. I. dans leur guerre contre Antiochus : Plutarque. 65. 8. mais qui ne pouvait pas se faire sans l’entremise des indigènes. Lucullus. II. de Gigthi. 321-5. Sur cette question. Revue africaine. XX. voir entre autres : Tissot. XLIX. 341) : tous. voir chap.. Or. l’occupation par les Romains de certaines oasis. On a aussi constaté l’existence du chameau (dromadaire) dans quelques stations néolithiques. Des ossements de cet animal ont été trouvés à Ternillne. p.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 59 ____________________ 1. Il ne figure pas sur les gravures rupestres préhistoriques(7). aucun nom berbère qui le désigne. 1896. p. On ne connaît. Géographie de la province romaine d’Afrique. 349-354 . ne connurent le chameau que plus tard. pour parler exactement. 210-4. p. qui dit expressément que l’Orient est la patrie de ces . dans Mélanges de l’École française de Rome.119 et suiv. Essai sur le règne de L’empereur Domitien. avec des outils de type chelléen et des restes d’éléphants. qui firent des expéditions en Afrique au cours des première et seconde guerres puniques. Seule. au delà des frontières de l’empire. 33. d’Hippopotames. Toutain. p. s’enfonçaient dans le désert. d’Oen. (conf. 1903. Gsell. ne s’expliquent guère que par un trafic actif avec le Soudan : trafic dont les maîtres du littoral profitaient et qu’ils cherchaient à protéger. partant du rivage des Syrtes. de Sabratha. d’un mot que M. du dromadaire.

Aucune de ces images ne parait être antérieure au Bas-Empire. 4. 353. Il n’est pas certain.). Bull. 118). Ce fut à cette époque que Rome fait des garnisons dans les oasis situées sur les routes du Soudan. Procope. fig. dont l’un est attelé à une charrue). Supp1. 377. p. 2. 333. mais on n’en faisait sans doute qu’un usage restreint(3). Il y en avait cependant dans cette contrée dès l’époque de Jules César(2). 40. 3 . p. fig. 407. Au VIe siècle. 11. 397 . 8. Une terre cuite de Sousse. 474 . pris par les Romains). n° 33 (au Sud-Ouest de Biskra) . voir Ammien Marcellin. VII. dont le chef était originaire de Lupus Magna. VIII. n. 22) . 77. l. fig. X. n° 88. le général Romanus exige des habitants de Leptis Magua quatre mille chameaux pour faire ses transports. 83. 29-30. P. — Notons qu’à la fin animaux(1). 40. 6. Voir aussi une peinture murale de la région de Sousse. à la lisière du désert. 147. — Voir aussi Végèce. 238. pl. dans Geographi latini minores. 6. 5. archéologique du Comité. XLVII. plusieurs images de chameaux. p. II. Bull. il est confirmé par d’autres textes du VIe siècle(5) et par des documents archéologiques(6). Dessins et bas-reliefs . 3 (au Sud-Ouest de Tébessa) . XVIII. Tissot. pl. qui date probablement du second siècle de notre ère. lat. 341. BeIl vand. V. La prospérité économique de la Tripolitaine prit certainement un grand essor sous la dynastie des Sévères. afric. Corippus. XXIX. 580. 17 171978. XII. et Corpus inser. 3. p. de l’Académie d’Hippone. pl à la p.. ____________________ 1. Supplément. p. Les chameaux furent aussi employés dans le Tell . 1.. 53. VIII. p. 422 et suivi. 1900. les chevaux des troupes vandales et byzantines qui allaient combattre dans le Sud n’étaient encore accoutumés ni à leur aspect.. 1902 p. 1906. pi. XCVII. VIII. 23 (conf. 6. 93. qui date du Haut-Empire : Catalogue du musée Alaoui. que cette figurine ait été faite sur un moule fabriqué dans l’Afrique latine. Narrative of travels and discoveries. . III. IV. VII. Denham et Clapperton. 7. 23 et suiv. : en 363. 489 . 5. Peut-être le développement du trafic transsaharien fit-il alors adopter définitivement l’usage du chameau. p. 303 (conf. Méhier de Mathtuisieulx.II. Peut-être des découvertes futures permettront-elles d’assigner une date plus reculée à l’emploi général du chameau dans les caravanes sahariennes(8) cependant . dans Nouvelles Archives des missions. l. pl.. 7 . Cagnat 1. fig. LXVIII. 116 (Sud de la Tunisie). c. le climat du Tell ne leur convient pas. 246. Mélanges de l’École de Rome. p. date du Bas-Empire(4) . Bell. VI. n° 1436. ce qui favorisa évidemment le commerce des caravanes.. parait ignorer leur existence dans l’Afrique septentrionale. 17 et suiv. 4 (vingt-deux chameaux de l’armée de Juba. 8. qui sont aussi d’une époque tardive(7). Mais ils s’y répandirent peu. 194 . Ammien Marcellin. semble-t-i1 . ni à leur odeur. représente un homme sur un chameau (Reinach. cependant. ibid.60 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. c. 1904. — Lampe chrétienne : Catalogue du monde Alaoui. 1899. 351. XXIV et 123. Johanide. 1. Le premier texte qui nous montre un grand nombre de chameaux servant à des transports. Vibius Sequester. X (Ghirza en Tripolitaine . 4) .. XXVIII.

Outre leurs chevaux. 23) parle du chameau comme d’un animal qu’il connaît bien : « discit) ramelus sese submittere. qui sont à la lisière méridionale du Sahara. sive cum sumit onera. » 6. conf. quoique la chose ne soit pas absolument impossible (Schirmer. 318 . 2350 : « Garamuntum. distinct du chameau d’origine arabe. la Conquête du sahara. Sahara algérien. dans l’Ahaggar . le silence de Pline. 5. 183. non seulement dans l’Adrar des Horass et dans l’Aïr. p. et dans le Tibesti) des gravures rupestres représentant des bœufs. Gautier. Celles de Telliz Zarhène paraissent être antérieures aux temps dont nous parlons ici . Mais. sive com ponit ». 131) a soutenu que le méhari est un animal propre au Sahara. 2. 94. Patrologie latine XXXIV-V. qui vivaient peut-être dans le Tibesti. Duveyrier en a signalé dans l’oasis se Ghat : voir Gautier. le cheval.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 61 ____________________ du IIIe siècle.. 84-87. parait interdire de remonter plus haut que la fin du premier siècle(1). qui servaient de montures(5) et probablement de bêtes de somme. c’était sur des chars attelés de quatre chevaux que les habitants du Fezzan actuel. il serait déraisonnable de traversern le Sahara avec des bœufs. 4. Questiones ex utroque Testamento mixtim. Il y a des bœufs à bosse (zébus. regibus tauri placurunt ad sessum. passaient pour de bons cavaliers. —Il existe au Sahara (dans le Fezzan. p. qui était allé en Afrique. d’origine soudanaise. Ils ont pu employer aussi des ânes(6). IV. au IVe siècle avant Jésus Christ(3). est beaucoup plus exigeant. p. les Garamantes. Les indigènes qui s’avançaient à travers le Sahara à cheval ou sur des chars s’astreignaient-ils à emporter des provisions. Périple. gr. Des Éthiopiens occidentaux. p. pour ne pas parler du bœuf(7). Hérodote IV. I. 128 . Pseudo-Scylax. p. p. mais enveloppé par le désert. Rolfs (cité par Schimer. p. mais aussi plus au Nord. les Garamantes possédaient des bœufs(4). 112 (Geogr. si le chameau peut rester une huitaine et même une dizaine de jours sans boire. l’âge de celles du Tibesti est incertain. mais cette opinion est certainement erronée. destinées à abreuver et à nourrir leurs bêtes . 183. 3. au Ve siècle avant notre ère. l’Africain Arnobe (Il. Le méhari est un chameau dont les qualités de vitesse et d’endurance ont été obtenues par sélection et dressage . Min. quoique aucun texte n’en mentionne. p. à Telliz Zarhène. Conf. 108. 203. Or. en face de l’île de Cerné. dans un pays privilégié. p. 115 (écrit attribué à Saint Augustin dans Migue. il est vrai. Sahara soudanais. 137°. allaient donner la chasse aux Éthiopiens troglodytes(2). 1. 7. Hérodote. Chudeau. établis sur la côte de l’Océan. qui supra Tripolim Afrorum sunt. 54. 137. Gautier. Gautier. Au temps d’Hérodote.

la dépression qui existe en effet au pied de l’Atlas saharien . qui s’accumulent de plus en plus dans les anciennes vallées du Sahara. 178 . Leur nombre a pu diminuer par suite des progrès des dunes. étaient alors moins espacés le long des pistes du désert. les longs thalwegs de l’Igharghar. durant plusieurs jours ? C’est possible(1) : cependant on est en droit de supposer que les points d’eau. et aussi les pâturages. que les textes(3) ne nomment jamais que paludes . et depuis les temps historiques. des plateaux les moins élevés.n XVII. si l’on veut. certainement. a été. 3. Nouvelles archives des missions. le Nord du Sahara. Ces textes réduisent.. « ingens palus… Tritunis… » Conf. pleine de marécages et. 1897. 7 . de l’oued ____________________ 1. le bassin de ce Nil. pour traverser le désert. Hérodote. 31-33. de ce fleuve vague que les auteurs anciens entrevoient presque tous derrière la Berbérie . p. 36 . une région très mouillée. les vallées. Strabon. 2. météorologique. 6. Peut-être aussi les pluies qui alimentaient ces points d’eau sontelles devenues plus rares. La cuvette des chotts. les Pharusiens (peuple vivant dans le Sud du Maroc) attachent des outres pleines d’eau sous le ventre de leurs chevaux. . les fonds. 3. I. un grand changement hydrographique. Conf. encore imprégnées. IV A-t-on au moins des raisons d’admettre que le climat se soit modifié à la lisière septentrionale du Sahara et dans la partie de la Berbérie qui borde le désert au Nord ? La Blanchière a écrit à ce suje(2) : « Il est une partie de la Libye du Nord où. du djebel Amour. je crois.62 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. s’est produit. naturellement. de l’Atlas marocain . au moins en partie. Ptolémée. de ce Niger. il dit que. Cette humidité s’étendait sur les espaces contigus. Mais il ne faut pas se faire illusion sur la fragilité d’une telle hypothèse. IV. également trempés. à Méla. VII. IV. hygrométrique. de grands végétaux. 3. Il est tout à fait hors de doute que le Sud de cette contrée.

Nous les examinerons tout d’abord(1) . où. 8 (Géogr. au Sud du Maroc(2). ceux de l’oued Draa. de l’oued Zousfana. véritables vestibules du désert.. Au milieu du premier siècle de notre ère. 14. en s’avançant dans la direction du fleuve Ger. en meilleur état toutefois. p. Périple. peut-être l’oued Guir d’aujourd’hui. . le général romain Suétonius Paulinus le rencontre dès qui il a franchi l’Atlas marocain. qui. min... 6). puis nous apprécierons la valeur de ceux qui semblent les contredire. quand elle Vient buter contre le Sahara. 3. Au moment où l’Afrique du lord est entièrement colonisée... non loin de l’Océan coulait ____________________ 1. Les colons le découvrent tel qu’il est aujourd’hui. Hannon longe le désert dès qu’il a dépassé le Lixos. quoique l’expédition ait lieu en hiver. la flore disparue. ça et là. nous montrent une suite de régions sèches.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 63 Mia. Il dit de l’Africa. de l’oued Guir. I. les plus anciens comme les plus récents. du puits et d’oasis. font saillie des roches qui paraissent brûlées . Il trouve des solitudes de sable noir. c’est-à-dire l’oued Draa. bien plus riche de sources. c’est-à-dire de la Berbérie : « Latere quod ad meridiem vergit fontium inops et infamis siti. De l’Océan jusqu’au fond de la grande Syrte. la plupart des témoignages grecs et latins. ce pays est inhabitable à cause de la chaleur(3) : La rivière que le roi Juba identifiait avec le Nil et qui prenait sa source dans une montagne au Sud de la Maurétanie. A ceux que nous allons citer. gr.. la faune. V. est encore un marais : tout cela fut jadis une espèce de jungle. 5). Comment s’est faite la transformation ? Comment la sécheresse a-t-elle triomphé. de l’oued Djedi. d’Igli à Figuig. s’y heurte bien à un désert. » 2. ajouter Salin (XXVII. l’agriculture. reliée ou non aux forêts du Nord. » L’étude des textes ne permet pas d’adopter cette opinion.. Pline. émigré vers le Sud ? C’est ce que nous ne saurions dire. Vers le Cinquième siècle avant Jésus-Christ. Mais il en a été ainsi. de l’oued Ghir.

La grande voie militaire. Tacapes (Gabès) était. brûlante. 7. 1903. 31 et 32 : «per deserta et ardentia ». 4. pour cette région. LXIV. au témoignage de Pline. même pour de lourds chariots. Johannide. Conf. et une borne. p. p. sur une piste. Géographie. 19. I. à travers une région « déserte. Au sud des chotts. XVIII. II. Dans le Sud de la Tunisie(3). 2. il n’y avait à cet endroit que des efflorescences salines. 6. Pline. Essai d’une description géologique de la Tunisie. La croûte de sel qui forme la surface de ces lac. franchissait l’extrémité Nord-Est du chott el Fedjedje. dans Mémoires des antiquaires de France. à la page 112 (d’après un croquis de Tissot). qui reliait Tébessa à Gabès. 100 et suiv. 5. Partsch (écrit cité plus haut. Corippus. qui parait l’avoir visitée. Toutain.. le Pseudo-Scylax et Ptolémée donnent sur le lac Tritonis et le fleuve Triton. obstrué depuis longtemps. V. Tissot. Vadis (aujourd’hui Badès) était située « dans des sables secs. . Voir dans Tissot. p. 188 : « in mediis harensis ». Thomas. blatte au 155e mille. I. comme aujourd’hui. 3. I. la critique de ces textes. le chott el Djerid et le chott et Fedjedje n’étaient pas plus étendus dans l’antiquité que nos jours(4). on essayait de remédier à la pénurie ____________________ 1. Il est évident qu’autrefois la croûte saline qui permettait de l’atteindre ne devait pas. qui s’alimentait par une nappe d’eau douce. 40. 126. stérile(1) » Au Sud du massif de l’Aurès. on rencontre un puits ancien (Rir el Menzol). chercher des arguments en faveur d’une modification de l’hydrographie dans les indications qu’Hérodote. brûlés par le soleil(2) ». une oasis au milieu des sables(7). faciles à traverser. qui contiennent manifestement de graves erreurs. p. ou du moins ne devait guère s élever au-dessus du niveau actuel. près des dernières terres cultivables(6) peut-on conclure que. 111 et fig. Au milieu même du chott et Djerid. ne s’est pas abaissée. au sud-Est de Gabès et le long de la route qui reliait l’Africa à la Cyrénaïque. Or le rebord de ce puits ne dépasse que de deux ou trois pieds le sol environnant(5).64 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. a été trouvée c sur le bord du chott. 204 et carte. Il ne faut pas. établie au début de l’ère chrétienne. Pline. p. 138. sablonneuse.

275. où s’élevaient les villes de Sabratha et d’Oea. au dire d’un poète africain. à une quarantaine de kilomètres au Sud-Est du Gabès . stérile. 523-5. Conf. Voir aussi Diodore. conf. . où il ne pleut pas. IV. Johannide. de voir les ravins des Syrtes apporter de l’eau à la mer(2). Jugurtha. où il n’y a nul moyen d’aller ni de vivre ». 3..LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 65 de l’eau courante par des puits et des citernes. LXXIX. 1904. 10. conf. pas de ruines dans la région plate appelée aujourd’hui la Djeffara(3) . — Voir aussi Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. Des vers de Lucain(6) décrivent cette côte. V. 4). Salluste. I. s’étendant dans la direction du pays des Garamantes » . 9. p.. XVII. 473 et suiv. ____________________ 1. C’eût été un prodige. au delà de la bordure du plateau saharien. 431 et suiv. II. 4. 283-6 . 493 et suiv. 2. Patea Pallene.-C. Méhier de Mathuisieulx. 8. VI. A l’intérieur. 202 et suiv. Cinq cents ans plus tôt. dit Pline(9). Ptolémée. — Conf. . . l’armée d’Ophellas s’engage. XIII. Anthologia latina. il n’y a. p. Supra. IV. 513. les Byzantins et les indigènes se livrèrent une grande bataille pour la possession d’une rivière qui donnait de l’eau. Table de Peutinger: Puico (au Sud des chotts) . Le littoral de la grande Syrte est. IX. II. si nécessaires aux voyageurs que les Itinéraires anciens les mentionnaient(1). 7. infesté de serpents) . 34. Ad Cisternus (conf. Entre le rivage. et le rebord du plateau saharien. IV. n° 349. 3. où la chaleur et la poussière s’opposent à toute végétation. inhabitable. 3. Johannide. 20 et 23. 35. dont les falaises dominent à pic la Djeffara. p. Puten nigra (sur la route du littoral). Hérodote indiquait déjà(7) que le pays situé dans le fond de la Syrte était dépourvu d’eau(8). XX. conf. p. 116-117 : « Muctuniana manus calidis descendit ab oris Quae Tripolis deserta calit. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie (Tunis. 1897). dit Strabon(5). 402-3... dans un désert sans eau. 175. » 5. 42 (à la fin du Ive siècle avant J. 23. 3. 294. citait le désert brûlant. desséché. . Corippus. 6. Ibid. VI. V. on ne pouvait pas plus y vivre autrefois qu’aujourd’hui(4). Corippus. 17 et suiv. 82. Nouvelles archives des missions. Pour se rendre de la côte chez les Garamantes. le long de la grande Syrte. dit Corippus(10). 26 : conf. — En 347. Carton. 173 . p. p. Tel était le littoral.. un pays sablonneux. « de vastes déserts. « des lieux tristes. Ibid.

l’oued Draa n’apporte guère d’eau à la mer.. signalait des crocodiles dans le Darat. on suivait des pistes jalonnées par des puits. p. que les riverains du fleuve étaient. V. 5. note à la page 5) ou de Polybe (comme on le dit généralement : opinion défendue par Klotz. arrivant à l’embouchure du Lixos. mais. décrivant la côte. Citons maintenant quelques témoignages qui paraissent aller à l’encontre de ceux que nous venons d’indiquer. 6 (Géogr. 2. 9. dit-il. p. gr. trouve un grand fleuve. au dire d’Hannon. Depuis le coude à partir duquel il se dirige vers l’Ouest. Il est malaisé de dire si c’est une citation d’Agrippa (voir Riese. min. Voir plus haut. sur une longueur de 600 kilomètres. qui paraît correspondre aussi à l’oued Draa(5). le courant n’atteindrait probablement pas l’Océan. p. Sur l’Atlantique. c’est d’ordinaire. Sans doute. qui lui servaient de réservoirs et lui assuraient un débit abondant en toute saison. Plus tard. Il suffisait aux indigènes de combler ces puits avec du sable pour supprimer les communications(1).. Pline. c’est-à-dire le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas. recevaient plus de pluie qu’aujourd’hui(6). 79) suppose qu’il existait autrefois. 5. on le sait(3).66 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 6. 38. Or. 14-15). et non des sédentaires qui auraient utilisé l’eau du Lixus pour des cultures. XI. Geographi latini minores. Hannon. un ou deux lacs. Polybe (ou Agrippa). de hautes montagnes. il faut tenir compte des irrigations qui saignent le fleuve dans la partie supérieure de son cours. Je noterai cependant. dans Qellen undForschungen de Sieglin. Quaestiones Plinianae geographicae. sans insister sur cette remarque. Mais ce n’est là qu’une fragile hypothèse. sur les rives duquel des nomades font paître des troupeaux(2). qui vient. 3. 4. Le Lixos. Cela ferait croire que les montagnes qui alimentent ce fleuve et ses affluents. un large fossé. sauf dans des crues exceptionnelles. V. n’ayant qu’un cours souterrain. Kobelt (Studien zur Zoographie I. I. Pline. Il semble bien qu’il en ait été autrement au temps d’Hannon : celui-ci n’aurait pas qualifié de grand fleuve un lit desséché(4). 1906. 63. 6. Périple. sur le cours supérieur de l’oued Draa. même si cette cause d’épuisement disparaissait. des pasteurs nomades. de nos jours. ____________________ 1. p. . est l’oued Draa.

Pourtant les dispositions de certains ouvrages défensifs . la trace d’un gigantesque fossé. Flamand. des crocodiles dans un lac situé chez lez Masaesyles. A peu de distance au Sud de l’oued Djedi. 142. 33. 6 . le Sahara. 96 : Ammien Marcellin. p. LXXV. . 29. Gsell.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 67 ____________________ 1. 5). d’après Juba. p. Conf. à une cinquantaine de kilomètres au Sud. sur environ soixante kilomètres. Ier 48. 2. Pausanias. — Pline (V. dans le Tassili des Azdjers . XXII. sortaient de l’Atlas et que des anciens identifiaient avec le Nil(1). I. III. Flamand). 13. le même. Pline. Il y avait aussi des crocodiles dans une ou plusieurs rivières qui. S’il en était ainsi. dans la Maurétanie Césarienne. 227 et suiv. dans Enquête administrative sur les travaux hydrauliques anciens en Algérie. il serait nécessaire d’admettre que l’oued Djedi fournissait un volume d’eau assez considérable pour suffire à des irrigations très étendues(4). a été envoyée par ce dernier à Paris. adressée à M. au Muséum (indications de M. Dinaux. qui naît près de Laghouat et se prolonge vers l’Orient jusqu au Sud-Est de Biskra. la dépouille. 51 (d’après Juba) . p. parle de trois rivières qui descendent de l’Atlas. 52) indique également. n°69. 8 . dont le lit est parallèle à celui de l’oued Djedi. comme l’oued Draa. Atlas archéologique de l’Algérie. mais qui sont aussitôt absorbées par le sable. 3. Crocodile (espèce du Nil) capturé en 1909 par le capitaine Niéger. 142. 5. V. 1. Il partait de la rivière et on l’a naturellement regardé comme un ouvrage d’hydraulique agricole. 15. Paul Orose. d’autres raisons portent à croire que ce fossé marquait une frontière romaine et qu’il est resté toujours à sec(5). Pausanias (I. 33. on peut suivre. dont les indications sont du reste très sujettes à caution. 2. il en vit encore en plein Sahara(3). Dion Cassius. 4. Avaient-elles plus d’eau que n’en ont de nos jours l’oued Ziz ou l’oued Guir ? Il ne faudrait pas l’affirmer trop vite(2). dans Mélanges Boissier. Sur les bords de l’oued Itel. Mais on n’a retrouvé aucun débris de l’immense barrage de dérivation qu’il aurait fallu construire sur le lit de la rivière : d’ailleurs. construits par des maçons indigènes. Des crocodiles pourraient vivre dans les rivières que nous venons de nommer . existent des vestiges de bourgs. Voir aussi Méla. Voir aussi Schirmer.

Faut-il admettre un changement de climat ? Suffirait-il. Les anciens. En tout cas. sinon un peuplement très dense. Ils ont probablement été élevés par les villageois voisins(1). Les ruines romaines abondent au Sud et au Sud-Est du massif de l’Aurès. 137-142. de faire des barrages sur la rivière. dans des conditions semblables d’exploitation du sol et d’emploi de l’eau disponible(2). Pline l’Ancien. après avoir décrit la province d’Afrique. 1899. dans un pays qui n’est plus occupé que par des nomades. pour ranimer la vie passée ? C’est ce que nous ignorons. archéologique du Comité. 1896. et seulement pendant une partit de l’année. nous le savons. l’existence de citernes qui ne pourraient plus être alimentées aujourd’hui. p. car les centres habités ont pu se déplacer. 339. 10-13. prouvent que l’on s’est efforcé d’imiter les forteresses romaines ou byzantines. 44. XV. Blanchet. au contraire. Bull. mais on y a trouvé des objets en fer. pour le pays du Sud-Est de Gabès. elles attestent. p. Sur le sol de ces anciens établissements gisent des fragments de poteries vernissées.de la manière la plus judicieuse et la plus attentive. . Il n’est pas certain que ces ruines datent toutes de la même époque. comme aussi au Sut-Est de Gabès. 2. les ressources que pouvaient leur offrir les oueds descendant des montagnes.68 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Bull. du moins des mœurs sédentaires. Conf. des poteries vernissées. à l’Est du chott el Djerid. et ils ont utilisé. type de sépulture qui remonte sans doute à une haute antiquité.. Hamy et Lerny. Carton. De nombreux tombeaux sont des tumulus. Annales de la Société géologique du Nord. archéologique du Comité. de fabrication romaine. les nappes souterraines. ont choisi pour l’exploitation de ces régions des cultures exigeant très peu d’eau. de creuser des puits. 1887. — Dans le Nefzaoun. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. les pluies. entre les Monts des Matmatas et la mer. p. On est cependant tenté de se demander si ces vestiges ne témoignent pas d’une densité de population que ne comporterait point le climat actuel. 1903. permet de croire que le « régime des pluies s’est modifié défavorablement depuis l’époque romaine » : Toutain. ____________________ 1. p.

infestés de serpents. sur la bordure du plateau saharien. d’une manière générale. dit-il(1). Le sol est noir. V. Nouvelles Archives des missions. IV. Le Cinyps est l’oued Oukirré. 3. 32). En venant du Nord. c’est-à-dire dans le pays situé au Sud de Lebda (autrefois Leptis Magna). de vastes déserts et. qui sont éloignés des Augiles de douze journées de marche. bientôt. dans la zone appelée par les indigènes le Djebel (monts des Matmatas. C’est à dessein que nous ne traduisons pas ce mot. Le même historien parle avec enthousiasme du pays parcouru par ce fleuve(7) : « La région du Cinyps vaut les meilleures terres du monde pour les céréales et ne ressemble en rien au reste de la Libye. qui débauche dans la mer à peu de distance au Sud-Est de Lebda et dont le cours est plus étendu que ne le croit Hérodote. les Garamantes. 6. Dans un autre passage (VIII. en arrière de Lebda. à la petite Syrte(2). Ou y voit encore « de belles plantations ____________________ 1. lieu couvert de végétation naturelle : soit forêt. il n’a pas à craindre la sécheresse. Djebel Douirat. pleins d’un grand nombre de bêtes sauvages et. 26. 4. d’où sort le fleuve Cinyps(6). ni l’excès des pluies.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 69 parle des deux Syrtes. p. il faut traverser des déserts de sable. Viennent ensuite des saltus(3). Le produit des récoltes y est avec la semence dans le même rapport que sur la terre de Babylone. 96. les saltus et les lieux habités par des éléphants devaient se trouver entre le golfe de Gabès et le Fezzan. 7. plus à l’intérieur. de trois cents pour un. Des bois très épais sont signalés par Hérodote(5) à deux cents stades de la mer. arrosé par des sources . qui signifie. 175. djebel Nefousa)(4). Pline reparle de ce pays où l’on trouve des éléphants : « Éléphantos fert Africa ultra Syrticas solitudines. soit pâturage. arrêtent les vents chargés d’humidité et reçoivent quelques pluies. » D’après ces indications. soit maquis.. car il pleut dans cette partie de la Libye. Voir Méhier de Mathuisieulx.. . » 5. au delà. 2. 1904. » Les terres élevées qui dominent presque le rivage. 198. des solitudes où vivent des éléphants . comme le prouve le contexte. à la colline des Grâces. « Pour aller. XIII. IV. Ici le sens parait être maquis..

Pourtant il parait certain que. la région du Djebel est moins favorisée. On produit quelques arguments pour soutenir qu’il était plus humide dans l’antiquité que de nos jours. dans Archives des missions. Elles accaparaient l’eau du ciel . Ce n’est plus cependant le paradis décrit par Hérodote. XXIV.) parle de barrages colossaux. Méhier de Mathulsieulx. S’il pleuvait dans cette région. V Il nous reste à étudier le climat de la Berbérie proprement dite. p. de vastes champs d’orge. ou formait des nappes souterraines. les pluies n’y étaient pas très abondantes. de même que ceux qui sont indiqués par Strabon (XVII. 18) au cap Céphales. C’est d’abord le desséchement ou l’abaissement d’un certain nombre de sources et de puits(4). qu’on atteignait par des puits.70 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. aujourd’hui cap Misrata. 1906. dans le demi-millénaire qui précéda l’ère chrétienne et dans celui qui la suivit. X. M. Plusieurs causes peuvent être ____________________ 1. p. L’examen des textes et des documents archéologiques dont nous disposons peut donc autoriser quelques hésitations. qui ressortait ensuite par des oueds. l. p. troisième série. 32. 3. Peut-être l’informateur de celui-ci a-t-il exagéré(2). 63. 67. Mais il est permis de croire que les montagnes qui la bordent recevaient un peu plus de pluie. Il serait sans doute impossible à des éléphants d’y vivre. 3. V. conf. p. la lisière septentrionale du Sahara était déjà une zone sèche. du moins sous la domination romaine. On y a ménagé les eaux avec le plus grand soin. 1886. dans Publications de l’Association historique de l’Afrique du Nord. 4. plus boisées peut être qu’aujourd’hui(3). Carton. 213-6. Tissot. de Mathuisieulx (l. de puits profonds. Quoiqu’elle reçoive aussi un peu de pluie. 1883. d’oliviers. de vastes citernes. La Blanchère. à l’Est de l’embouchure du Cinyps . elles emmagasinaient mieux cette eau. d’innombrables troupeaux de moutons(1) ». 2. mieux garnies du terre végétale. c. . Les bois épais de la colline de Grâces ont disparu. dans Annales de la Société Géologique du Nord.

III. Rec. au Sud-Ouest de Sétif. qui recherchaient les sources avec beaucoup de soin . par la faute des indigènes. qui aridis locis aquas dare possit imatiles. 2. 5. Bien différente était la conduite des anciens. ut benefico suo habitari faciat loca nimia sterilitate siccata. I. 149. p. Bourde. invoquées pour expliquer ses faits : 1° la diminution des pluies . 128. dans Recueil de Constantine. 73. coulait assez. p. Voir par exemple. 66 et 70 . VIII. I. II. XVIII. 1878. p. « Comperimus aquilegum Roman venisse de partibus Africanis. la disparition de certaines sources ne sont sans doute qu’apparents. De Constantine. 53. p. 280. Cassiodore. Dans les deux dernières hypothèses. p. 6 . 3. Carton. 568-570 . 8809) mentionne dans la Medjana. puis reparaît(4). Var.. qui ont pu modifier ou obstruer les issues des sources et bouleverser les nappes souterraines : on sait que les tremblements de terre sont fréquents dans l’Afrique du Nord. Ajoutons que l’assèchement de certains puits. 3° les mouvements du sol. dans l’Afrique romaine et même vandale. abondamment il y a peu d’années(5) : ces caprices doivent être attribués soit à des mouvements de terrain. L VIII. p. Payen. qui négligent de les curer(1). Papier. une source qui. Sources et puits sont simplement obstrués. de la destruction des terrasses construites en étages sur les pentes. XX. dans Rec. Mougel. 1870-7. il y avait. dans Bull. Ailleurs. 1885. 150. 4. le point d’émergence de la source s’est seulement déplacé(3). 3. il s’agirait de phénomènes locaux. de la diminutions des étendues ameublies par les labours . I. p. des ingénieurs spéciaux (aquilegi) dont c’était le métier(2). Rapport sur les cultures fruitières dans le centre de la Tunisie (édit. Poulle. et que des travaux y remédièrent. conséquence du déboisement. dans Bull. XIX. Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. soit . importante à l’époque romaine. qui n’intéresseraient pas le climat. Enquête Tunisie. épist. p. mais aujourd’hui misérable. De 1899). D’autres fois. archéologie du Comité. Notice sur l’hydraulique agricole en Algérie (Alger. on constate qu’une source cesse de couler pendant quelque temps. 2° l’aggravation du ruissellement.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 71 ___________________ 1. de Constantine. 166-7 . 1898. p. 1864. 1900). 62-63 . qu’une autre. p. » — Une inscription du troisième siècle (C. ubi ars ipsa pro locorum siccitate magno studio semper excolitur. depuis lontemps avait disparu. de l’Académie d’Hippone.

nombreuses et embrassant des régions étendues. sont demeurés à sec ». Entre Gafsa et Sfax et autour de Sfax. archéologique du Comité. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie. Nouvelles Archives des missions. Carton observe : « C’est le seul exemple bien net que j’aie rencontré d’une source complètement disparue depuis l’époque romaine. Cependant. le débit de l’aqueduc de Carthage devait être à l’époque romaine notablement supérieur au débit actuel. Rapport. III. 6. 109 (région de Guelma).72 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. qui sont couverts de ruines attestant l’existence d’une population nombreuse. » Germain de Montauzan. faites. pour que l’argument eût une réelle valeur. ce débit ne s’est pas modifié(4). Carton. dans Nouvelles archives des missions. le nettoyage de beaucoup de puits n’a pas donné de meilleurs résultats(3). Il s’agit. M. Dans Annuaire de Constantine. les sources sont rares aujourd’hui et très peu abondantes. au Sud-Ouest et au Sud de Tébessa. . p. 80 (au Sud de Madjerda) . 3. pour ainsi dire. A Lambèse : Moll. p. Sufetuin . Mais l’auteur ajoute : « On peut attribuer cet appauvrissement soit au déboisement des montagnes. mais de rares constatations permettent de croire qu’en divers lieux. A Thelepte. Il faudrait donc. p. aux alternatives de périodes d’années pluvieuses et. p . » 2. Jusqu’à présent. 12. 159-160. on le voit. M. bien qu’on ne puisse pas encore en tirer une conclusion générale. p. de sècheresse. Dans le pays des Némenchas. déblayés de nos jours. Leur débit a-t-il diminué depuis une quinzaine de siècles ? Il nous est impossible de répondre avec précision. 87 . 1888. Cillium. 4. dans certains pays. La plupart des sources qui alimentaient des centres romains existent encore : c’est même pour cette raison que nos villages de colonisation s’élèvent presque toujours sur l’emplacement de ruines. I. 1908. p. 1836-7. XV. soit à l’obstruction des veines d’eau souterraines. Guénin(2) a remarqué que « de nombreux puits antiques. ou bien elles manquent tout il fait. Tel est le ces pour les régions situées à ____________________ 1. au hasard(1). l’appuyer sur des constatations certaines. dans Bull. Bourde. p. 256.. 1090. 76. Enquête Tunisie. XVII. de pays peu éloignés du Sahara. Mercier. on ne dispose que de quelques observations. p. Carton. Étude. Plusieurs méritent de ne pas être perdues de vue.

. 40. l’un a pu remplacer l’autre. 4. dont les vestiges se rencontrent à peu d’intervalle. D’autre part. El Bekri. indépendamment des sources. 60-61. qu’il est aisé de dater. voir Battendier et Trabut. 1900. X. survenu à une époque relativement récente »). l’eau dont ils avaient besoin et dont ils paraissent S’être servis surtout pour l’alimentation . dans Association française pour l’avancement des sciences. On a fait observer que certaines forêts sont en décadence. très peuplée pendant les siècles qui ont suivi l’invasion arabe. 3e série. La Blanchère. des pluies. 76. Il n’y a donc pas là une preuve péremptoire de la diminution des sources et. Battendier et Trabut. La diminution des pluies en serait cause. Lille. par de jeunes sujets(4). Il suffit. Conf. l’Algérie. nous répéterons ici une observation déjà faite plus haut. au Sud et au Sud-Est de Tiaret(1). Guérin. Les archéologues oublient trop que l’Afrique est restée très cultivée. au Sud-Est de Khenchela. 885.. de la Société botanique de France. El Yacoubi. p. Joly. XXXVIII. c. 1892. Les forêts de cèdre des monts de Batna et du massif de l’Aurès sont aussi en décadence : Vaissière. sans être remplacés. par conséquent. Deux bourgs. Là encore. l. 63. p. que les vieux arbres y meurent d’épuisement. en quantité suffisante. Ibn Haucal. au Sud de Tébessa(2) et aussi pour la Tunisie méridionale. 1883. Ces ruines peuvent se répartir sur une assez longue série de siècles(3). au moins approximativement. 3. dans Archives des missions. dans Bull. une enquête minutieuse serait nécessaire pour déterminer quelle est la part des ____________________ 1. 320 (« ces forêts semblent s’éteindre naturellement par suite d’un changement climatologique. II. p. il conviendrait d’examiner si ces moyens ne permettraient pas encore un peuplement aussi dense. p. 1891.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 73 l’Est de Saïda. Beaucoup de ruines qu’on qualifie de romaines pourraient bien être des ruines de constructions berbères. p. dans lesquelles avaient été employés des matériaux datant de l’époque romaine. 2. Revue africaine. P our les forêts de l’Oranie. p. ne sont peut-être pas contemporains . Il ne serait pas prudent d’additionner les populations de ces divers centres. pour s’en convaincre de lire les géographes. Je parle ici des habitations et non des édifices officiels et religieux. 128 . Il faudrait étudier très attentivement les moyens que les anciens ont employés dans ces différentes régions. pour essayer de fixer un total s’appliquant à une époque déterminée. XXXVI. afin de se procurer. au Sud du Sétif.

vers le cinquième siècle avant Jésus-Christ. — et aux ravages causés depuis lors aux jeunes sujets par les chèvres. l.. gr. 474-5. — une période de grande sécheresse. comme en Inde(5) . Voir Fragmenta historicorum graecoram. c’est-à-dire en Tunisie(4). III. . se trouve à l’Occident du fleuve Triton. 3.. Hérodote. dans le Maroc actuel(3) . l. Agatharchide(6) . on a souvent indiqué.74 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Geogr. 31. les défenses d’éléphants sont tellement abondantes qu’on s’en sert pour faire des poteaux. Cité par Pline. quand il n commencé : il peut être dû à des causes récentes. l. Lapie (dans la Revue de Géographie. comme preuve d’une modification de climat. qui dit qu’il y a dans la région des Colonnes d’Héraclès des éléphants. 8. qui a duré de 1874 à 1881 et qui a tué beaucoup de vieux arbres. 10. Puis viennent Aristote. l (Geogr. II. p. selon lui. Périple. IV. XII. l’existence de l’éléphant dans l’Afrique du Nord à l’époque antique. que. p. 14. dans le Sud de l’Afrique (Berbérie actuelle). IV. p. 15. 5. XIII. 2. dans le pays qui. le roi Juba(10). qui affirme que la Libye est pleine d’éléphants(7) et raconte. édit. croit que la faute en est aux indigènes et à leurs troupeaux. 7. Polybe. 119). 363-373. Géographie. 13 et suiv. 3). il importerait de déterminer. voir en particulier : Armandi. le poète Manilius(9) . et quelle est celle du climat dans le dépérissement progressif de ces forêts(1) Si le dessèchement est réel. aux contins de l’Éthiopie. n° 9. d’après le roi Gulussa. Hannon en signale. des clôtures de parcs à bestiaux(8) . 1869. 664. dans la mesure du possible. p. gr. min. 191. fils de Masinissa. p. 1735. p. Les textes mentionnant des éléphants dans cette contrée sont très nombreux et se rapportent à une période de plusieurs siècles(2). 6. des haies. De Caelo. 4. On attribue la décadence actuelle des forêts de cèdres de la province de Constantine à une cause accidentelle. Müller. 3. min. qui constate aussi la décadence des boisements de cèdres du Djurdjura. p. Sur les éléphants de l’Afrique du Nord. 1909. 9. . dans Revue africaine. hommes et du bétail. auquel sont probablement empruntés la plupart des passages d’Élien relatifs aux éléphants afri____________________ 1. Enfin. Histoire militaire des éléphants. 350-1 : Tissot. Lacroix. 117. M. VIII. 5. III. au même siècle.

Tous ces textes montrent combien est fausse l(hypothèse de Kobelt (Studien zur Zoogeographie. 33. Hannibal. — Conf. 13. Salluste. 8. p. Jugurtha en perdit 44(14) . l’autre introduite par les Carthaginois : aucun texte ne justifie cette hypothèse. XVII. Pline. 70-71). IX. 14. 3. 2° qu’une bonne partie des régions où l’on indique des éléphants n’étaient pas soumises à la domination de Carthage. Quomodo historia conscribendu sit. 4. LIII. Appien. VII. I. où ils auraient vécu en demi-liberté et se seraient reproduits. 33. 30. V. 16. employés en Sicile pendant la première guerre punique(8) . Il suffit de faire remarquer : 1° que les Carthaginois n’employèrent pas d’éléphants à la guerre avant le IIe siècle. Appien. Tite-Live. 1. 3. à une époque bien antérieure . I p. Voir aussi Pline. 74.. Pour ne citer que quelques chiffres. 2. qui se demande si les éléphants dont les Carthaginois firent usage à la guerre ne venaient pas d’ailleurs (du Sénégal ou de pays situés plus au Sud) . 2. II. 38. ainsi qu’au Sud des Syrtes(4) . 69. Lib. Lib. III. en 204(11) . 104 (il indique l’abondance de l’ivoire dans une region qui correspond au Sud du Maroc). Anim. XIV. 5. ____________________ 1. X. 140 dans l’armée qu’il commanda près d’Utique. qui parlent de l’ivoire que les Maures expédient à Rome et des bandes d’éléphants qu’on rencontre en Maurétanie(7). 4. qui mentionne des éléphants en Maurusie (Maroc)(2) . 80 à Zama(12). VI. 95. gendre d’Hamilkar. 13. 1 et 4. 28. qui en indique dans le même pays(3).. 75. 4. 40.. Il n’y a pas lieu non plus d’admettre l’existence des deux races. 9. XI. 138. en eut 200 en Espagne(10) . 2. 5.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 75 cains(1) . XV. Jug. tandis qu’Hannon et Hérodote en signalent dans l’Afrique du Nord. hist. 7 et 8. fils de Giscon. l’une indigène. Voir plus haut. on aurait établi un certain nombre de ces animaux dans des lieux de Tunisie. 2 et 32.. Asdrubal. Polybe. Appien. Polybe. . 124-5 6. Méla. XXV. XXX. pour éviter des expéditions coûteuses. Var. Les rois numides et maures possédèrent aussi des éléphants de guerre.. XVII. XII. Diodore. VIII. Juvénal(5) et Lucien(6). 3. Asdrubal. n. 13 et 18 . 12. Les remparts de Carthage renfermaient des écuries pour en Loger 300(13). 7. 4. Strabon. 1. les éléphants jouèrent un rôle important dans les armées carthaginoises. 3. VIII. On sait qu’au IIIe siècle ayant notre ère. Hannon et Hamilcar eurent à leur disposition 100 et 80 éléphants pendant la guerre des mercenaires(9) . Polybe en mentionne 140. 12. Nat. Lib. Dans une bataille. 10. 11.

XIII. ajoute Frontin(4). 8. » 7. XIX. — Il faut remarquer qu’Alexandrie parce qu’elle formait le trait d’union entre l’Afrique du Nord. Lib. lorsqu’on apprit que Scipion s’apprêtait à passer en Afrique. 5. elles ne doivent donc pas être citées ici. 42-42 etc. Musée de Constantine. p. 236 . « bellorum rudes et nuperi a silva. p. Ces éléphants étaient capturés dans l’Afrique du Nord.. 13.. en quelque sorte. Il figura sur les monnaies des rois indigènes(9) et l’art hellénistique(10) coiffa l’Afrique personnifiée d’une dépouille d’éléphant(11). s.. v. Les éléphants que Juba 1er mit en ligne à la bataille de Thapsus « sortaient à peine de la forêt(6) ». 103. II. De consulatu Stilichonis. Florus. de Juba II : iblid. L’Éthiopie orientale et l’Inde. Appien(2) raconte que. Juba Ier en amena 120 aux Pompéiens pour combattre Jules César(1). VIII. comment on s’y prenait en Afrique pour capturer ces animaux. l. 11. 67 . Les Romains. car le temps qu il mit à accomplir sa mission fut très court(3). paraissent avoir été frappées par les Carthaginois en Espagne . L’éléphant devint. c. Armandi. 9. 1908. Pline l’Ancien(7) et Plutarque(8) indiquent. Bell. — Les monnaies d’argent publiées par Müller. 26. 3. L’exemple le plus ancien est. 11. III. d’après Juba II. III. je crois. fig. 10. 17-18. 3. . put pénétrer chez des Numides. le symbole de cette contrée. p. p. les Carthaginois envoyèrent Asdrubal. 1378. Libye. Pompée. dans la seconde guerre punique. 12. 9. une monnaie d’Aghatocle . 6. 4. à la chasse aux éléphants : il ne dut pas aller les chercher loin de Carthage. Numismatique de l’ancienne Afrique. De sollertia animalium. 24-25. p.. Stratagèmes. 43 . 17. pl. Revue numismatique. De bello Gildonico. qui avaient déjà eu à combattre les ____________________ 1. Monnaies de Juba 1er : Müller. 17 et 34. IV. Plutarque. afric. p. 2. les trois rentrées où les anciens connaissaient des éléphants. Claudien. « qui abondent en Numidie ». 108 . Doubret et Gauckler. fils de Giscon. voir Lexikon der Mythologie de Roscher. 18. peut-être le gendre d’Hamilcar. 7.76 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Un autre Asdrubal. Pompée chassa l’éléphant en Numidie(5). sous prétexte d’y capturer des éléphants. 4 . l. 2039.

278. Archéologie. Les éléphants africains. 273-5.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 77 éléphant. l. I.. 17-20 . I. Pars. Diodore. . p. » (2) Servius . II. tandis que le dressage des éléphants modernes d’Afrique offre des difficultés. — On ne retrouve cependant pas ces grandes oreilles sur les deux images d’éléphants du pont de Constantine : Delamare. 286. 1908. Du Comité. p. Pars. nous donnent ____________________ 1. 10. Pomel. qui lingua Maurorum caesai dicitur. I. Association française pour l’avancement des sciences. pl. p. Monnaies reproduites dans Tissot. archéol. I. particularité. qui. nos 14. I. In Aeneid. 45. p. 1897. n° 9. la plupart n’apprennent rien de précis sur leur répartition géographique. n° 47 . Clermont-Ganneau. 118. connurent les africains lors des guerres puniques. Quelques-uns. XV. 7. asiatiques de Pyrrhus.. Tite-Live. nous montrent qu’ils avaient des défenses plus longues et surtout des oreilles plus larges. pl. nos 336. 5. l. Sur cette espèce. fig 42) ? Je ce connais pas les bas-reliefs du théâtre de Medrina. p. 263-5. Mosaïque de Véirs . 26 : Babelon. à la page 170. qui se retrouvent dans l’espèce africaine actuelle (Elephas capensis)(5). I. Stèle punique de Carthage : Corpus inscriptionum semiticarum. Saint-Etienne. XXXVII. VIII. du reste. XLV. 423. d’ailleurs imparfaites. 1906. p. Éléphants quaternaires (Alger. disent les auteurs. n°182. ab elephanto. p. p. 3. 27. Parmi les textes qui nous font connaître l’existence des éléphants. Ils paraissent avoir été faciles à dresser. 1895). Pourtant les éléphants de la Berbérie étaient de plus petite taille que les africains actuels.. II. fig ? 1 (conf. 3. voir aussi Revue numismatique.). pl. 1. 365 . 6. deux éléphants affrontés : Bull. 16 et 35. Ils apprirent le nom que leur donnaient les indigènes(1) et les Carthaginois(2). c. Recueil d’archéologie orientale. 20 et suiv. 364 et suiv. 1897. cependant. 389 (Kaisar). 64 et 67. Des images. ne semblent pas insurmontables (voir Bourdarie. « Caesarem. puisque ceux-ci sont plus grands que les indiens. pl. pl. I. 39. comme à Constantine. 4. Conf. p. Quoique la question soit obscure. 13. étaient plus petits et moins vigoureux que les indiens(3). 1899. archéologique du Comité. fig. voir Pomel. nos 38-43 .. Monnaies de la République romaine. 374. XIII. Ce nom parait se retrouver sur des inscriptions puniques de Carthage : Corpus inscriptionum semitienrum. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Spartien. 2. Aelius. Mosaïque d’Oudna : Bull. Pline. Tissot. on peut admettre qu’ils descendaient de l’Elephas africanus(6) distinct de l’Elephas atlanticus et qui a survécu à ce dernier(7). p. II. 230-4. Strabon. disposées eu éventail(4). qui représentaient. kaisar (ou quelque forme voisine). fig. p. II. Exploration scientifique de l’Algérie.

à la lisière du Sahara : les deux passages de Pline qui les signalent au delà des Syrtes. arriva. Périple. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. Anim. Ière partie. a l’embouchure du fleuve du même nom (c’est aujourd’hui l’oued Bou Begreg). 3) 4. p. XXV.. 1878. 15 (citant Suétonius Paulinus). le passage de Polybe. V. VIII. 2. 4 (Géogr. 7. où il est question du l’abondance des éléphants aux confins de l’Éthiopie. des éléphants venaient se purifier solennellement à la nouvelle lune(8). 3. d’utiles renseignements à cet égard. 8. 6) mentionne « Éléphant ». pleine de grands roseaux. affluent de la Moulouia. 6. p. au pied du Haut-Atlas marocain. dans le voisinage immédiat du désert. après avoir doublé le cap Suloeis (le cap Cantin). selon une légende rapportée par Plin(7). Géographie. Mais ce nom s’explique peut-être par une vague ressemblance de la montagne qu’on appelait ainsi avec la silhouette d’un éléphant : Tissot. Les environs de Sala. 1. gr. car le texte de Pline parait en mentionner sur le versant méridional. où. VII. V.. Mais des documents de l’époque romaine indiquent. 3. autant qu’il semble. Il n’est pas certain que l’Amila soit l’oued Amilou (ou oued Mellila). étaient. en une demi-journée. où il y avait des éléphants. reproduit par le même auteur. 2. Solin. Il y eu avait aussi.78 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. sans doute écho de Juba. Sur le détroit de Gibraltar. Strabon (XVII. D’autres textes se rapportent à des régions plus septentrionales. sur les deux versants. des localités dont le nom est significatif(9) : ____________________ 1. Hannon. Nous ignorons où se trouvait le fleuve Amilo. d’après Pline(1) et Élien(2). à la hauteur d’une lagune. Aristote(5) et Pline(6) en signalent aux Colonnes d’Hercule. infestés de troupeaux d’éléphants. Nat. min. Rappelons d’abord ceux qui indiquent des éléphants au Sud de la Berbérie. situé dans les forêts de la Maurétanie. . I. au dire de Pline(4). V. 2. 5. à peu de distance du littoral. comme le veut Tissot. p. en Numidie et dans la province d’Afrique. 9. en Maurétanie Césarienne. 165. 368. 18. Conf. et. IX. avec beaucoup d’autres bêtes(3).

9. ils s’affolaient au milieu de la mêlée et s’enfuyaient. à l’Est de Tlemcen. Cesar. l. 131). les lions se ____________________ 1. 2. De telles dénominations paraissent attester que ces lieux out été habités par des éléphants : il est vrai qu’elles ont pu persister longtemps après la disparition de ces pachydermes. 12 . 5 . Au VIIe siècle. 9 . Discours. XIV. Frieländer. 2. c. le désir de se procurer de l’ivoire(9) suffisaient à l’expliquer(10). Au IVe siècle. De nos jours. 9. III. 12. X. p. 166 de l’édition G. Sittengeschiechte Roms. 123. qui signifie éléphant dans plusieurs dialectes berbères(4). Dindorf. l. 6.. Elien. archéologique du Comité. 1. Nat. 3. XI. Mais l’utilité de ces animaux au pont de vue militaire est incontestable : très souvent. n° 96. Martial. 4. VI. Ce fut probablement un évêché : Mesnage. 5. III. sous l’Empire. 8 (édit. non loin de Constantine: Elephantaria(3). voir Tissot. Élien. IX. Isidore de Séville écrit(6) : « La Maurétanie Tingitane fut autrefois pleine d’éléphants . II. C’est ainsi que. n° 96. Basset.. ou se retournaient contre les troupes qui combattaient de leur . Les éléphants disparurent de l’Afrique du Nord dans les premiers siècle de notre ère. Indication de M. p. l’Inde seule en produit. les éléphants ne furent employés dans l’armée romaine d’Afrique. p. Anim. II. 7. Géographie de Ravenne. 17. Pour l’emplacement. il existe une source qu’on appelle Aïn Tellout : or telout (sic) est peut-être le féminin ou le fréquentatif du mot ilou. Maur. Ibid. » Cette disparition n’a pas eu nécessairement pour cause une modification de climat Les grandes chasses(7) entreprises pour capturer des animaux destinés aux spectacles(8). p. Ce lieu fut peut-être un évêché : Notice épiscopale de 484. Table de Peutinger : Elefantaria (Géographie de Ravenne.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 79 Elephantaria(1). II. Conf. dans le voisinage de Medjez et Bab (vallée de la Medjerda). 43. 3. maintenant. Thémistius dit qu’il n’y en a plus dans cette contrée(5). l’Afrique chrétienne. II. Juvénal. X. Properer. Ovide.. Pont. p. 7. 8. V. p. 1899. 28. — Conf. 22. à notre connaissance. 10. 22. Atlas archéologique de l’Algérie. 157) : « Helepantarin ».. peut-être au pied des montagnes qui dominent la Mitidja : le castellum Elephantum(2). dans la province d’Oran. 31. XII.. Etymolog. 249.. Géographie. Pinder et Parthey. p. 2. Bull. 6. 5. VIII. 16. IV. CCV. 490 de la cinquième édition. XIV. 12. 56. Gsell. Jamais. Pline.

en Maurétanie. avec Lucien (Dispad. ____________________ côté. Je n’irai pas cependant jusqu’à dire. au pied de l’atlas marocain et dans le Rif. d’après Polybe ou Agrippa. Je n’ignore pas que cette question est très délicate et qu’on a souvent exagéré les difficultés qu’éprouvent les animaux à s’adapter à des climats différents de ceux qui paraissent leur convenir le mieux. les Garamantes vont les chasser. Quand même les Romains auraient pu disposer de nombreux éléphants. assure-t-il. Pourtant le climat n’y est pour rien(1). 21-22. crocodiles et hippopotamis refertum ». qu’on traduit d’ordinaire par outre. praeter hippopotamos ». le « flumen Bambotum. 2.80 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. l. Mais. dans Petermanns Mitteilungen. 6) croit aussi que la destruction de l’éléphant dans l’Afrique du Nord a été l’œuvre de l’homme. les conditions d’existence des éléphants devaient être . probablement dans la région de la Saguia et Hamra(2) L’éléphant est le seul des grands animaux de l’Afrique centrale dont l’existence soit certaine dans l’Afrique du Nord pour la période qui nous occupe. et qu’il regarde comme le Nil . dans les siècles qui précédèrent leur disparition. p. 2. il ajoute . aliae similes bestiarum pisciumque naturae. dans la Berbérie proprement dite. sont éteints très rapidement en Algérie.. 7) indique un fleuve qui sortait de l’Atlas. Mais le mot praeter. « Ex Mauretania caput nili profluere ex eo maxime cognoscitur quod ex altera parte montis Atlantis sunt alia capita item profluentia ad occidentem in Oceanum. on peut admettre qu’ils ne voulurent pas s’embarrasser d’auxiliaires aussi dangereux. Ergänzungshelt CLXXI. à l’époque classique. Armandi. que les éléphants peuvent supporter la soif et l’ardeur du soleil dans les déserts de la Libye où. 1911. ne signifierait-il pas ici excepté ? 3. ni de rhinocéros. il est permis de supposer que. Engell (Verbreitung und Häufigkeit des Elefanten und Löwen in Afrika. il y a moins de vingt sigles. Rien n’empêche d’identifier avec le fleuve d’Hannon. Les hippopotames indiqués par Hannon vivaient plus au Sud. 1. aucune mention d’hippopotames.. ibique nascuntur ichneumones. mentionné par Pline(V. crocodili. à en juger par les autres indications que nous avons sur le climat de la Berbérie. Il existe encore des pays où il passerait la saison sèche sans mourir de soif et de faim : par exemple. M. p. et il est à prévoir qu’il en sera de même des panthères. c. il fallait qui il trouvât en tout temps des quantités abondantes d’eau et d’herbe. Pour qui il pût y vivre dans des conditions normales(3). On ne rencontre plus. —Vitruve (VIII. 2). où les textes anciens le signalent. Conf.

En tous cas. le déboisement a dû exercer sur le climat de l’Afrique du Nord(3). Tantôt on fait intervenir des phénomènes généraux : influence du déplacement de l’axe de la terre(1). Carton. p. 6. dans Revue tunisienne. 139. en ce qui concerne les vents. Voir. modification du régime des vents dans la partie méridionale de la zone tempérée boréale. 69 et suiv. depuis l’antiquité. depuis les temps historiques. Gnuckler. p. Ce sont là des hypothèses très fragiles. Quoiqu’on en ait souvent exagéré l’importance(4). Il a frappé. de l’Académie d’Hippone. Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie. 17 . I. Tantôt on allègue l’influence que. 3. n. 122. Ceux qui l’admettent essaient de l’expliquer par différentes causes. mais qu’ils n’entraînent pas la conviction. 1906). 5. p. Leiter (mémoire cité p. 5. p. XXVII. P. Un peut croire que c’étaient des survivants d’une faune appropriée à un climat plus humide. 99. I. 1806. dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. 2. Il est impossible de prouver que la position de la ligne des pôles ait varié. Voir aussi de Lamothe. (de la seconde édition). Péroche. 1). le déboisement a atteint beaucoup de régions plus ou moins étendues. 40. p. 1896. dans Bull. Carton. p. p. ailleurs assez pénibles. en rendant plus rapide et plus funeste le ruissellement. nous verrons tout à l’heure que les rares renseignements contenus dans les textes anciens cadrent bien avec le régime actuel. 14. Tels sont les arguments invoqués en faveur de l’hypothèse d’un changement de climat. . 1897). la Restauration de l’Afrique du Nord (extrait du Compte rendu du Congrès colonial de Bruxelles. 1894. le Climat de l’Afrique du Nord pendant le pliocène supérieur et le pleistocène (extrait des Comptes rendus du Congrès géologique de Mexico.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 81 ____________________ 1. p. mais aussi de grandes plantations d’arbres fruitiers(5). . Hann. non seulement des forêts naturelles. Le même. 124. IV. III. au point d’agir sur le climat(2) . cantonnés peut-être dans certaines régions hors desquelles ils auraient succombé. ils ne prouvent pas que ce changement ait été profond. Handbuch der Klimatologie. Carton. On voit qu’ils méritent l’examen. dans Annales de la Société géologique du Nord. entre autres. 372 et suiv. XXIV. 4. Il a eu des conséquences graves. Voir chap.

Lorsqu’un contraire le sol des montagnes est dénudé. de broussailles. Cependant il ne faut pas non plus on exagérer les conséquences. p. ne devaient pas s’étendre beaucoup au delà des forêts qui les provoquaient . p. Revue tunisienne. d’herbe. p. IV. Il en résulte des brouillards ou des pluies sur la forêt et les alentours immédiats(2). ce qui arrive surtout dans les lieux élevés et sur les fortes pentes. Ces pluies. 12. Bull. soit par leur revête____________________ 1. et en a fait. 1910. qui le balaient sans rencontrer d’obstacles. elles tombaient surtout sur des terrains de montagne qui. A-t-il eu aussi des effets importants sur le régime des pluies. 3. les refroidit et favorise par conséquent leur condensation. Par exemple. les arbres font obstacle à leur marche en avant. l. 194-197 . plus fréquentes et plus régulières. et les vents. XXVII. p. Il convient évidemment de tenir compte à cet égard du déboisement qui a sévi sur bien des points de l’Afrique septentrionale. dans les Geographische Abhandlungen de Penck. 2. l. qui dénude les pentes et bouleverse le bas pays par les trombes d’eau. au lieu de s’infiltrer lentement dans des terrains meubles. pour ainsi dire. I. 5 . il échauffe l’air qui l’effleure et l’éloigne de son point de saturation(3). contribuent encore à le dessécher : à son tour. des plaques de réverbération.82 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. comme on l’a soutenu maintes fois(1) ? L’évaporation qui se dégage des forêts maintient l’humidité et la fraîcheur de l’air ambiant. Voir. du ruissellement qui a dépouillé les ruches de leur revêtement de terre. Quand cet air est heurté. entre autres. Voir à ce sujet Hann. de géographie historique. Buffault. en permettant aux eaux de pluie de glisser sur des surfaces lisses. 151. c. Pour produire cet effet. 2 (1890). . — par des courants chargés de vapeur d’eau. par les amas de boues et de terres qu’il apporte. Carton. e. il s’échauffe facilement au soleil. il faut naturellement que la forêt soit étendue. Il a pu être cause de la diminution ou de la disparition d’un certain nombre de sources. Brückner. il complète leur saturation. d’Hippone. dans Bull.

Conf.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 83 ment forestier. XVII. 20. p. 10. XII. 12. Ce sont ces mots fameux de Salluste(3) : caelo lerraque penuria aquarum. agissant sur de vastes zones de notre globe. 3. etc. regio aridissima. Virgile fait dire à un personnage. 3. par leur constitution géologique. quelques pâturages d’été.. si les forêts qui n’existent plus aujourd’hui ont pu accroître les précipitations atmosphériques sur des espaces assez restreints. brûlée par un soleil violent. » Frontin(6) affirme que l’Afrique est une contrée très sèche. à la lisière des bois. au point de vue du climat.. soit par leur altitude élevée. soit. 4 : Africam.. sèche et stérile. 3. Le rhéteur gaulois Eumène parle des campagnes assoiffées de la Libye. Orat. 21. XXXI. qui parle du manque de pluies dans le Nord de la Libye. 5.. encore plus mal partagée qu’aujourd’hui. 1. C’est Posidonius. forcé de s’éloigner de l’Italie « Nous irons chez les Africains altérés(4). XLIV. saint Augustin. 4. Libyae arna sitientia(7). ____________________ 1. Bucol. 7 : « sicci… Poeni » . 7. cité et d’ailleurs réfuté par Polybe(1). elles n’avaient aucune influence sur le régime ordinaire des pluies. Jug. 5. qui tenait et tient des causes très générales. X. C’est Timée. 1. 2. dans Gromutici veteres. elles étaient tout au plus bonnes à entretenir. Cité par Strabon. » — « L’Espagne. . Mais. 6. n’avaient guère de valeur agricole . siccitatis nobilitate laborantem » . dit Justin(5). Lettres. XVII. comme l’Afrique. 65 : At nos hinc alii sitiences ibimus Afros. Pro restaurandis scholis. De controversiis agrorum. qui prétend que la Libye tout entière est sablonneuse. VI Certains jugements sommaires que l’on trouve dans des auteurs anciens pourraient nous faire croire que la Berbérie était alors. Martial. de la sécheresse qui en résulte(2). n’est pas. 36.

ibid. Voici ce qu’il dit. dans l’antiquité classique. Toute la sueur s’échappe des tissus et trempe la peau. par hasard. car la tempête. Ces appréciations sont assurément exagérées. l’air qui passe par les narines est embrasé. 272-3 . commençait à offrir la couleur pâle plutôt que verte du fourrage naissant.84 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.. la bouche brûle. 370-1) 3.. Le premier parle d’une sécheresse terrible dont l’Afrique souffrit tic son temps. qui donnent des descriptions très précises de ses effets : Victor de Vite. de ce qu’il est aujourd’hui. aussitôt un vent brûlant. grillant tout sous le ciel sec. âpre et vide de salive. VIII. était venue couvrir le pays entier de ses nuées de poussière. poète du siècle suivant. . mais la chaleur malfaisante de l’air la dessèche et l’enlève tiède de la surface du corps(3). la poitrine haletante respire avec peine. » Comme on le voit. 2. le siroco est mentionné à plusieurs reprises. écrit Corippus(2). VI. il fallait qu’il y tombât de l’eau. Tous les corps se tendent sous l’haleine de ce vent du feu. 36. La langue se dessèche. 84. Pour que l’Afrique fût le pays dont la fertilité est proclamée par tant de témoignages. enflammé. Parmi les vents. Johannid. Ce siroco dura dix jours (ibid. 322 et suiv. accourait et le desséchait complètement. le feu dévore la gorge sèche. historien de la fin du Ve siècle. Voir encore Curippus. III. végétant dans une vallée humide. « Si. et Corippus. le siroco décrit par Corippus est appelé ____________________ 1. VII. commence à incendier la terre de son souffle et abat la force et l’ardeur des troupes. ou ne différait guère. Je traduirai deux passages d’auteurs africain. la figure rougit. » — L’Africus qui votait des hommes. entre autres détails(1) . quelque gazon. du moins pendant l’époque de l’année où la pluie est nécessaire aux cultures. Nous allons citer une longue série de textes et de documents archéologiques qui paraissent prouver que le climat de cette contrée ne différait pas.

Horace (Odes. De consulatu Stilichonis. 28 : le vent du Sud (Notos) est serrin en Libye 7. Le nom par lequel les écrivains désignent le plus souvent le siroco est Auster. Tacite. Conf. qui sévit parfois dans la péninsule et qui. c’est-à-dire de la direction de l’Afrique. Odes. 463 et suiv. II. « plumbeus Auster ». 395 : « umidus Auster » (il s’agit de l’Afrique). 6.. 6. Stace. 387. Météorol. pour les Latins. Géorgiques. 38. Annales. II. » Conf. le Siroco est généralement suivi (et non accompagné) de pluie : mais il est plus simple d’admettre que ces écrivains se sont trop souvenus de l’Auster italien. Horace. Par contre. en somme. le vent du plein Sud. qu’en hiver. Nissen. III. 23. qui peut se faire sentir jusqu’en Italie(4) . IV. 21. 5) Virgile. III.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 85 par lui Africus(1). quas udo Numidae legunt sub Austro. souffle du Sud-Ouest. I. I. In Job. 6. Par exemple. 278 . Pline a soin de distinguer l’Auster d’Italie. Annal. 37-38 . c’est bien le siroco africain qu’Hérodote(8) et Lucain(9) mentionnent dans le voisinage de la grande Syrie.. saint Augustin. en Italie. II. 197 . D’ordinaire. III. c’est ____________________ 1. Voir.... Satires. Ailleurs. I. Cette épithète n’est pas de mise pour le siroco véritable. 3. tantôt ils appliquent le nom d’Auster à un vent violent et pluvieux. 173. ne diffère guère de l’Africus(5). 9. 18. 2.. sous le nom d’Auster. II. au contraire. » 8. I. . VII. Lucain. D’autres. 29. 46. Ovide. 78 . 328 : « densis fremuit niger imbribus Auster. Métamorphoses. » Claudien. humide. et dont ils exagèrent beaucoup les effets . qui a amène en Afrique une chaleur brûlante par un temps serein(6) ». parlent d’un Auster humide. pestilentem sentiat Africum Fecunda vitis. 5) appelle ce vent Africus : . vent violent et redouté des marins(2). même en Afrique(7). de l’Auster africain. 65-66. il est vrai. 329 . 4. Il ne parait pas le distinguer nettement du Notus ou Auster : voir Johan. IX. « Africae incendia cum serenitate adfert. 387 . 3. Énéide. I. Silves. Virgile. Horace. « . Conf. p. l’Africus est le vent qui. 387 et 450. XVIII. 85-86 . Tantôt ils indiquent exactement les effets de ce vent sec(3). XV. IX. entre autres. Aristote. On peut observer.

Oribase.tanta quatitur nec grandine Syrtis. 532 de l’édition Littré). 410-1 : . Jug. tome XVII B. On peut citer il à ce sujet un passage de Galien(4) : « En Égypte et en Libye. dit-il. Sole suo dives. » Nous avons dit que.. Conf. Les anciens n’ignoraient pas qu’elles venaient en Afrique des régions septentrionales. p. Silius Italiens.86 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. et qui Soulève. les vents du Nord et du Nord-Est dominent sur le littoral. Effusis magnum Libye tulit imbribus annum. sed magis imbre tuo. les pays voisins de la mer Sont moins chauds en été que ceux de l’intérieur des terres. Cum Libyae Borcas Italos niger attulit imbres Rutilus Namatianus. 14. XVII. le même vent que Salluste(1) indique. medium nubes Borea cogente sub axem.. I. 60-70 : . 3. du Régime. p. IX. Ibid. 6. pendant la saison d’hiver.. Bell. dans les mêmes parages. 246-8.. C’est aussi le siroco qu’un traité de la collection Hippocratique(2) décrit exactement : « Le Notos est chaud et sec en Libye. ____________________ 1. Since. 2. III. 17. 147-8 : Quin et fecundas tibi conferat Africa messes. Hippocrate. le vent d’Est souffle très souvent durant la saison chaude : Procope(5) le signale un septembre. Conf.. Pendant la belle saison. à leur insu. 17. comme l’attestent des vers de Lucain. II. VIII. édit. déterminés par les mêmes causes que ceux qui soufflent du Nord en Égypte (les Vents étésiens des Grecs). Il y dessèche les productions de la terre et il y exerce sur les hommes. parce qu’ils sont rafraîchis par les vents du Nord. 112-3 : . Thébaïde. 14. 38 ttome VI. Lucain. Kühn. des tourbillons le sable. 4.. » Sur la côte orientale de la Tunisie. Arctoos raris aquilonibus imbres Accipit et nostris reficit sua rura serenis. 5. 597. . I. Bussseinnker et Daremberg.. les pluies sont surtout amenées par les vents du Nord-Ouest. la même action. II. LXXIX. sans le nommer. de Stace et de Rutilius Namatianus(3).. Edit. vand.

VIII. 12-25 (en septembre). 71) dit que. XVIII.. la pluie ne tombait pas(2). 240). .. si. au contraire la sécheresse règnerait chez eux en hiver.. VIII. 7 : manque de pluies en libye . » Columelle. L.. IV. 73) parle de la chaleur de l’été africain. 5. 3. C. Dion Cassius. le soleil dardait ses brillants rayons(1) . Saint Augustin (Enarr. II. 45. les rosées donnaient de l’humidité aux végétaux(5). 13. d’après Suétonius Paulinus que le sommet de l’Atlas est. comme chez les Éthiopiens et chez les Indiens : ce qui ne nous apprend pas grand-chose. Cependant. Etc. II. les étés pouvaient être plus ou moins chauds. vers 13 (inscription de Maklar) : Bis senas messes rabido sub sole totondi. Pline. Mais il est permis de douter de l’exactitude de ce renseignement contraire à la règle générale de la climatologie de l’Afrique du Nord : sécheresse en été. Corippus. d’une manière générale. elles étaient plus fortes(6). 14) affirme. 11824.. ait porté des fruits ailleurs que dans les oasis du Sud où il fructifie encore aujourd’hui. elle ne tombait que rarement(3) . pour fructifier. et.. Nous n’avons pas de renseignements précis pour l’époque des ____________________ 1. pluies en hiver. « . 4. ou Vior. Appien. Peut-être a-t-on transporté au pays des Pharusiens et des Nigrètes des indications qui s’appliquaient à des régions du Soudan ou de la lisière méridionale du Sahara. — Naturellement. t. LXXX. I.. qui. Aristote. 28 (27). saint Cyprien (Ad Demetrium. 12. Appien lui-même (Lib. 3) indique qu’on traversait alors une période d’été tempérés : « Non fragibus aestate torrendis solis tanta flagrantia est. que des pluies tomberaient abondamment en été chez les Pharusiens et les Nigrètes (peuples qui habitaient le Sud du Maroc actuel) . tervens nestale persula. p. la nuit. du moins. Johannide. Pline. III.. 6. Actuellement. 44). les rivières se desséchaient(4). in Psalm. — Strabon (XVII. et LXXVI. l’hiver n’est pas très froid et que l’été n’est pas d’une chaleur excessive. X. Zonaras. III. Pline (V. Mais produisaientelles de meilleurs fruits que les dattiers qui sont si nombreux dans la région de Marrakech ?— Appien (Lib. 551 de l’édition de Bonn . p. d’après Dion.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 87 En été. 153 . chez les Numides. Histor. manque d’eau pendant l’été. la neige ne demeure pendant toute l’année que dans quelques coins bien abrités du Haut-Atlas (voir plus haut. voir aussi Virgile Énéide. ou.. I. Animalium. 7) indique. Pline (V. rien ne prouve que le dattier. in fine. 3. XII. a besoin d’été très chauds et très secs. sans s’en porter garant. 9. 5) parle de pluies qui peuvent compromettre le battage des récoltes ou la vendange. — D’autre part. Mais il serait sans doute bien imprudent d’en conclure que les chaleurs de l’été étaient autrefois moins fortes. Bell. couvert de neiges épaisses (conf. qu’il place entre le Fut (oued Tensit) et l’Atlas. 201. LXXV. 186. Il n’est pas possible de dire si les grandes chaleurs de l’été commençaient et finissaient plus tôt ou plus tard qu’aujourd’hui . » 2. civil. solis torridus ardor. III. Dans l’Ouest du Maroc. 13) indique des restes d’anciennes palmeraies sur un fleuve Ivor. Dans un ouvrage écrit en 352. même en été.

Arnobe. édit. v. 3. Pour les vendanges. 16. 2. Ergänzungsheft (CXLVII. celle du blé en juin et dans la première quinzaine de juillet. Riesc. elle place la fabrication du vin en octobre : ce qui. Ad Donatum. on commence la vendange sur le littoral. Columelle. sans doute. de raisins. 1. serait une date bien tardive pour l’Afrique. Sur une mosaïque de la région de Sousse. 1. CXXXVI. l’altitude et même les cépages). dans la province de Constantine. 2. 6. conf. vand. XI.est d’environ 900 mètres dans l’Afrique du Nord (en Kabylie) et qu’ils ne doivent pas être exposés à des froids persistants de -6°.26. plus tardives et. de nos jours. elles se faisaient environ un mois plus tard qu’aujourd’hui : les chaleurs étaient donc. Saint Augustin (Enarr. la fabrication de l’huile est indiquée en novembre (v. — Une pièce de vers d’un recueil africain (voir à la note 1) indique (V. ____________________ 1. C’est l’époque où. Procope ne donne pas de détails : s’il s’agit de figues. en constate qu’aux environs de notre ère. un texte indique la fin d’août(2). on les cueillait. 60. 17. D’ailleurs. XVI. 5. insérée dans une anthologie africaine (Anthologia latina. Suppl. actuellement. comme de nos jours. au Maroc. depuis novembre jusque pendant l’hiver(5). 21. l’indication concorde avec l’époque actuelle de leur maturité. Cependant nous trouvons. Cum teretes sentit pinguis oliva moles. de grenades. On admet d’ordinaire que la limite d’altitude pour les oliviers fructifères . 21. Saint Cyprien. Dans le poème du recueil africain cité plus haut. Les anciens ont pu planter des variétés plus résistantes à la gelée que les variétés cultivées actuellement à des altitudes moins élevées. Mais cela ne prouve pas que les hivers aient été moins froids qu’aujourd’hui dans les parties hautes de la Berbérie. 2. et même à près de 1500 mètres d’altitude : Fischer.. 13). in Psalm. Der Oelbou ni (Petermanns Mitteilungen.. au mois de septembre. moissons(1). Quant aux olives. 18-20) que les raisins sont mûrs en septembre. pl. des restes de pressoirs à huile à des altitudes dépassant 1000 mètres. 79 et 81. 9) dès qu’on met des olives sous le pressoir à la lin de l’année. fruits que nous savons avoir été très répandus en Afrique dans l’antiquité. fig. il existe encore des oliviers fructifères à 1300 mètres. indique la moisson en juillet. En 533. plus modérées. I. 4. En Italie et ou Sicile. la figure de l’Hiver est accompagnée d’un homme ramassant des olives : Catalogue du musée Alaoui. Bell. p. 10. 1904) p.22) Arva November arans focundo vomore vertit. Actuellement. les soldats de Bélisaire trouvèrent en abondance des fruits mûrs sur le littoral de la Byzacène(4). t: I. un autre l’automne(3) : dates qui sont encore exactes (elles varient selon la température. 133.88 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. la récolte de l’orge se fait en Afrique en mai-juin. Procope. Une pièce de vers. Les hivers étaient-ils plus ou moins rigoureux qui aujourd’hui ? Nous l’ignorons(6) Mais quelques renseignements nous sont donnés sur le .

Il est question dans quelques textes d’absences de récoltes. pour cette raison. en 128. 1. Bull. 2. de disettes. Ammien Marcellin. VI. ont sévi sur les champs des Gétules et de la Maurétanie Tingitane. sous le gouvernement d’Hilarianus (vers 202).. Une inscription de Madauros mentionne une disette(7). depuis cinq ans. XLIII. L.. et « lovi O(ptimo) M(axima). à la fin du IIIe siècle. Victor de Vite(3). 183. affirme un écrivain contemporain. 8. dans Recueil de Constantine. XXVIII. Hadrien. I. 17. I. Tempestatium divinarum potenti » : C. VIII. 7. causées évidemment par le manque de pluie. 3. 16. parle de sécheresses qui. Martin. 1909. — L’année 547 fut aussi très sèche : Corippus.. les récoltes ____________________ 1. bonarum Tempestatium potentibus ». 5. VI. 3. XXII. comme il arrive encore de notre temps. Quand Hadrien visita l’Afrique. Une inscription de Rusguniae (près d’Alger) célèbre la libéralité d’un magistrat municipal. 9250. L. 1801. L. 6. Histoire Auguste. tomba à son arrivée et. 247 (« sterilis nam cernitur annus »). » Conf. Johannide. VIII. 14. 53. un personnage. dit le biographe de cet empereur(1). A Thuburnien (dans la région de la Medjerda). C. archéologique du Comité. une autre inscription nous montre le blé atteignant le prix très élevé de dix deniers le boisseau(6) : ce qui ne peut e expliquer que par une mauvaise récolte. Sur une inscription de Rome. Ce fut peut-être alors que le légat de la légion fit à Lambèse deux dédicaces « Ventis.. 2610 et 2609. En 383. depulsam ab eadem provincia famis et inopiae vastitatem consiliis et provisionibus.. Arnobe. III. dans l’année où il écrit. est remercié solennellement d’avoir chassé la faim de la province d’Afrique(8).LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 89 régime des pluies. 1 et 6. I. il fut aimé des Africains ». En 484. p. il y avait des années de très grande sécheresse. I. qui fut proconsul en 366-367. 4. « la pluie qui. C. Adversus gentes. aucune goutte d’eau ne tomba du ciel ». tandis que les Maures de la Césarienne et les Numides taisaient de très belles moissons(2). avait manqué. « qui fournit du blé à ses concitoyens et empêcha ainsi le prix de cette denrée de monter(5) ». Parfois. . Tertullien(4) dit que. Ad Scapulam. on ne fit pas de moisson. « il n’y eut aucune pluie. 1736 : « ob. p.

10 : « quereris claudi imbribus caelum. L. il pleut presque tous les ans(3).. 9. Dans un discours prononcé à Hippone. comme aujourd’hui. 1 (hiver de 410-411). Il lui arrive même de se plaindre d’un hiver trop pluvieux(4). LX. 3 : « non hieme nutriendis seminibus tanta imbrium copia est. in psalm. « quereris… si rara desuper pluvia descendat. I. Un siècle plus tard.. Ad Demetrianum. . du moins pour la région du littoral.. Enarr. Symmaque. 14 : « Nonne clamant pagani ad Deum et pluit ? » 6. sonoros Perfacilest agitare metus : nam. On implorait le secours divin(5) . La pluie se faisait attendre et l’anxiété s’emparait des cultivateurs. VIII. 7 . Juno. les païens s’adressaient surtout à la déesse Céleste.90 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Lettres. la répartition des chutes d’eau laissait souvent à désirer. IV.. Apolog. 16810) Tu nimbos ventosq(ue) cies. un phénomène exceptionnel. 23 : « Virgo Caelestis. fraire c[adente]. quod imbres et pluvias serena longa suspendant. comme aujourd’hui encore. qui avaient des résultats désastreux pour l’agriculture.. Augustin. XCVIII. 2.. :tibi. » 4. pluviarum pollicitatrix. 2 : « . » Ibid. si vix ieiunas et pallidas herbas sterilis gleba producat. » Ibid. la prometteuse de pluies. lntonas. » Voir encore ibid. comme l’appelle Tertullien(6). Il est vrai qu’alors comme aujourd’hui. CXXIV. sous Hadrien. Enarr. si terra situ pulveris squaleat. Nous voyons en particulier qu’une sécheresse persistante pouvait ____________________ 1. » Conf. 3.. une Inscription de Sidi Youcef (C. saint Cyprien cite. saint Augustin fait remarquer qu’au lieu où il se trouve. » Ibid. On était sans doute alors dans un cycle d’années sèches.. 5. sur le bord de la mer. 10 : « pluit hic prope omni anno et omni anno dat frumentum (Deus). nubigenam terris largita mado[rem]. Les indigènes recouraient. in psalm. 8. cinq ans s’étaient écoulés sans pluie. 74 (au proconsul d’Afrique).. si foutem siccitas statuat. CXLIII. à des procédés magiques : voir Dion Cassius. se prolongeaient parfois pendant plusieurs années : nous venons de voir que. la diminution des pluies qui nourrissent les semences(2). Ces sécheresses.. début. Lettres.. Cependant. la sécheresse absolue était. comme un argument en faveur de sa thèse sur la vieillesse du monde. ne donnent pas de quoi suffire aux besoins du pays et il faut faire venir d’ailleurs des grains pour les semailles(1).

» 5. 15. tas de sable. La foule des paysans court par les campagnes desséchées.. venait seulement de tomber : « Le Seigneur a daigné arroser la terre de sa pluie pour nous permettre de nous rendre d’un cœur plus joyeux au lieu où l’on vénère les martyrs(2).. in psalm. Saint Augustin. ____________________ 1. Jug. on forme des obstacles en dressant des. campant dans la région de Sousse. In laudem Iustini. comme de nos jours.. le 5 décembre. nous apprend que la pluie. » . l’armée romaine marchant sur Thala reçoit tout à coup des trombes d’eau(4). Lors de la guerre de Jugurtha. 1 : « Non pluit Deus. Au début de l’année 46 avant notre ère. on règle par avance sa course. Bell. elle se précipitait souvent d’une manière torrentielle. ut ea modo exercitui satis superque foret. Salluste. 7 : « Tanta repente caelo missa vis aquae dicitur. XLVII.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 91 retarder le temps. » De son coté. Augustin.. espérant la pluie. LXXX.. 1 et 6 : « Circiter vigilia secunda noctis. on barre les pentes du sol fertile. Corippus(3) nous montre des paysans africains attendant la pluie avec angoisse au printemps et prenant leurs dispositions pour quelle produise sur leurs champs les meilleurs effets possibles « Les cultivateurs de la terre altérée de Libye regardant les nuages. Itaque subito imbre grandineque consecuta gravatis pondere tentoriis aquarumque vi subrutis disiectisque. LXXV. afin que les ruisseaux coulent par les prés verdoyants (la triste sécheresse l’exige !) . on nivelle les lieux par lesquels l’eau doit passer. Enarr. On nettoie. parlant aux fidèles le jour anniversaire du martyre de sainte Crispine. 215. la grêle tombèrent si dru que les tentes furent bouleversées ou rompues(5). En 212. in psalm. la pluie. les troupes de César. IV..des semailles(1). » Quand la pluie tombait. nimbus cum saxea grandine subito est exortus ingens. 4. » 2. 3. afric. non seminamus. quand les premiers éclairs brillent dans le ciel agité et que le vent du Sud frappe l’air de coups de tonnerre répétés. CXX. furent surprises pendant la nuit par un orage terrible : un nuage immense s’était formé soudain. depuis longtemps souhaitée. Enarr.

qui est exposée au Nord est bien . . 3 (dans Ruinar) Acta primorum martyrum. Saint –Cyprien(3). 22307. Orage subit pendant une bataille que Marius livre à Jugurtha et à Bocchus. mars 1912. 10308-9... p. 10315. ____________________ 1. « La partie de l’Afrique. Conf. in psalm. dans la région de Cirta : Paul Orose. 5 : « Africa qua septemtrionem patitur aquario larga. Pluie torrentielle et vent violent lors d’une bataille livrée par Pompée prés d’Utique : Plutarque. 3: « imbres anni praeteriti. 13. XXVII. Pompée. Strabon. Johannide. » Ibid. 22371-3. VIII. 5 . si oleam detruncet turbo subveriens. 1899. cuius voragine semper attrita pecora. » 2. Paris. 22379 (bornes milliaires de la route de Cirta à Rusicade) : « viam imbribus et vetustate conlapsam cum pontibus restituit. C. qui avaient été un véritable déluge(1). 5. Tertullien parle des pluies de l’année précédente. 10304. Ad Demetrianum. I. 9. saint Augustin(4). dit Solin(9). 256 : Ceu glaucam veniens grando destringit olivam. ramus. LXXVI. CXXIX. probablement près de Carthage : Histoire Auguste. Frontin (De controversiis agrorum.. Procès-verbaux de la Commission de l’Afrique du Nord. 8 . 410). 10. CCXLIII (inscription de la région du Mornag. 5. 10320. — Voir aussi Actes des martyrs d’Abitine. 3. V. Arboris excutiens concusso vertice fructus Tum pariter praeceps ad terram pondere nimbi Et tener excutitur.. XVII. soit à l’intérieur des terres(2). endommageant en. XVI (bornes de la région de Djemila. Il y avait de l’eau dans les pays voisins du littoral. Gordiani ires. 10323.. » 4. Ces avalanches inondaient les campagnes et les couvraient de boues(6).. Bull.. Pluie torrentielle en 42 environ après dans le désert : Dion Cassius... au Sud de Tunis) : « templum vi fluminis ereptum. 15-16. 2. III. quassatus grandine. soit au voisinage du littoral méditerranéen. » 8. si vineam dubilitet grando caedens. Corippus(5) mentionnent aussi des orages de grêle.92 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 1908. CXXXVI. 7 : « . funestes à l’agriculture. il est question d’une grêle qui éclata sur Calama (Guelma) au commencement de juin. 7. particulier les routes(8). VIII. 3. cataclysmum scilicet. p. Dans l’antiquité comme de notre temps. — Dans la lettre XCI. 10302. Orage violent en 238.. LXX (Ière partie). 17. Ibid. XVI. dans Cromatici veleres. la quantité des pluies variait beaucoup selon les régions. D’autres pluies torrentielles sont signalées. L. p. gonflaient les torrents et causaient des dégâts(7). 10208-9. 513 et suiv. LX.. 1680. 12. 8. 47) parle des inondations (« inundatio camporum ») qui modifient l’aspect des champs en Afrique. II. 9. archéologique du Comité. p. Ad Scapulam. CLXXXI (inscription de Tigzirt) : « . Enarr. 216 et suiv. 6. p. » Ibid. » Conf. entre Constantine et Sétif) : « vias torrentibus exhaustas. 22309 .

Tissot. 3. mais ____________________ 1. V. Ce qui est plus digne de remarque. dans Nouvelles Archives des missions. » 2. Tissot. ces oueds peuvent être remontés par des barques jusqu’à une certaine distance de leur embouchure. 11. 371. Monuments antiques de l’Algérie. ils n’ont pas été construits pour traverser des lits plus larges que les lits actuels. « fleuve magnifique et navigable ». sont rarement remplis. la Moulouia(5). p. p.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 93 arrosée. p. . pendant une partie de l’année. L’Océan recevait le Sububus. dit Pline(1). la disposition des montagnes du Tell empêche la formation de fleuves aussi importants(3). 449. Saladin. c’est-à-dire. la Malvane . 576. 1ère partie. 281. II. 437-439. Géographie. Des bateaux à fond plat pourraient le remonter jusqu’à 250 kilomètres de son embouchure. 536. 5 : « amnis Sububus magnificus et navigabilis. qui. et bien plus haut en hiver(2). n° 1. » Cette eau était-elle plus abondante qu’aujourd’hui ? Les documents dont nous disposons ne le prouvent pas. n° 2 et n°4. A l’Est du détroit de Gibraltar. Si le mot « navigable » veut dire que. il faut le dire. le plus souvent. p. V. Méla (I. 5. l’assertion est encore vraie. 273. qui est encore navigable sur une cinquantaine de kilomètres en toute saison. dans Mémoires présentés à L’Académie des Inscriptions. on trouve encore des sources auprès des agglomérations antiques. IX. 330. on rencontre quelques ruines de ponts romains(6) . le Laud. Gsell. 6. ce sont l’oued Martil. 282. 9-10 . 18. Dans le Nord de l’Algérie et de la Tunisie. 1892. l’oued Laou. 266. Quelques rivières du Nord du Maroc sont cependant indiquées comme navigables par Pline(4) : le Tamuda. 4. du Maroc. Sur bien des points. p. II. 570. 251. le tracé des voies n’est pas douteux : on constate qui elles franchissaient des rivières sur lesquelles il ne reste aucune trace de pont. 403-414. Nous avons déjà noté que. 150-7. p. dans un pays qui ôtait sillonné par beaucoup de routes. 441. XXI. Annales de Géographie. 1912. II. c’est le nombre assez peu élevé de ces ponts. 28) parle des « parva flumina » de la côte méditerranéenne de la Maurétanie. On peut supposer que ces cours d’eau se passaient sur des bacs ou des ponts de bateaux. C’est l’oued Sebou.

Conf. entre Duvivier et Souk Ahras. quoique ____________________ 1. 21. archéologique du comité.. Il y a donc lieu de croire qu’à l’époque romaine. 7. Pour celui de Medjez Sfa. f°. Certains de ces gués correspondent à ceux d’aujourd’hui. Atlas archéologique de l’Algérie. I. LXXXIX. 3. parmi ces régions arides. XVII. XVII. Il fait l’éloge de la côte océanique du Maroc(8). n° 223. sed quaedam profundat etiam non sata. dit que « la fécondité de la Libye est admirable ». Dieu fait tomber la pluie tous les ans. XVII. . 9. Bull. Gsell. à l’exception de quelques déserts peu étendus » (il indique. réfutant Timée. 6. il nous donne le blé . 5. là (en Gétulie). 116 et 119 . C’est ce que remarque saint Augustin(10) : « La Gétulie a soif. Conf. 1. 33. Il dit ailleurs(4) que « tous s’accordent pour déclarer que la Maurusie (le Maroc) est un pays fertile et bien pourvu d’eau.. « les terres du littoral sont fertiles(6) ». de Carthage aux Colonnes d’Héraclès. Du Métagonion au cap Tréton (cap Bougaroun). Polybe(2). tandis que la mer reçoit de la pluie. 3. II. 3. in psalm. Enarr. sauf dans quelques parties. près de l’embouchure de la Moulouia(5)). à Thala (probablement dans la même région que Capsa). .. Conf. 3. Ici (à Hippone). au cap de l’Agua. le canton de Métagonion. Salluste(9). 4. III. 10. est en général fertile ». Mais. 15. bien souvent. 5. tous les ans. 1.. leur débit maximum ne différait guère de ce qu’il est aujourd’hui. 3. 1888. 3. CXLVIIII. 3. Strabon écrit(3) que « le littoral. Suffisamment humectées. XVII. les régions voisines de la côte étaient fertiles. XII. 8. 9. l’hypothèse la plus vraisemblable est qu’ils se traversaient à gué(1). en mentionne à Capsa (Gafsa). elles étaient insuffisantes pour assurer la bonne venue des céréales. A l’intérieur des terres. 4. p. XVII. 6 . 7.94 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. il ne le donne que rarement. les pluies ne manquaient pas tout à fait. LXXV. 10. 7.. XVII. Méla affirme que l’Afrique est extrêmement fertile partout où elle est habitée(7). voir Mercier. 6. et. 3. Jug. 106 : « adeo est fertilis ut frugum genera non cum serantur modo benignissime procreet. 9. 2.

indigènes du Sud du Maroc. appartenant aux Gétules(2). » Le climat étant humide sur le littoral et sec en Gétulie. 2e édit. au milieu des steppes du Maroc oriental et de l’Algérie centrale . C’est le seul point des steppes que les maîtres du Tell aient occupé. 6. 3. il y a aussi des ruines antiques à la lisière des terres couvertes par le chott et Hodna pendant la saison d’hiver(6). qu’ils attachent sous le ventre de leurs chevaux. Ce sont. Armée romaine d’Afrique. p. Strabon(1) ajoute qu’au-dessus. ils s’appellent chott Gharbi. dans Archives des missions.666. p. pour garder un passage de nomades. Mais ces lacs existent encore. 4. où Strabon indique aussi de grands lacs à l’intérieur des terres. 3. 1883. 9. 75.. au bord du chott Chergu(5). chott Chergui. Il est vrai que. nous l’avons dit(4). sauf quelques parties cultivées. Gsell. XVII. XVII. on ne trouve qu’une suite de montagnes et de déserts jusqu’aux Syrtes. 5. 2.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 95 en grande quantité. traversent pour aller de chez eux jusqu’à Cirta (Constantine)(3). 3e série. desséchés en été. les deux Zahrés. 3. dans le bassin de ce chott et autour des sebkhas ou lacs dont nous allons ____________________ 1. f° 26. XVII. humides en hiver. Atlas archéologique de l’Algérie. 3. Ce membre de phrase est allégé dans la texte : le sens cet donc incertain. XVII. Au Sud-Ouest de la province de Constantine. 10. Conf. les indigènes dont parle Strabon voyagent en emportant des outres pleines d’eau. Nous n’avons aucune preuve que ces chotts aient été plats étendus dans l’antiquité que de nos jours. Ils ne se soucièrent pas d’annexer à leur empire de grandes plaines arides. Au contraire. Le géographe grec mentionne bien un pays de marais et de lacs. 13. Cagnat. Après avoir dit que la côte est fertile entre les caps Métagonion et Tréton. P. Conf. . s’allongeant dans un pays stérile. les grains se conservaient beaucoup mieux chez les Gétules. 3. X. des bas-fonds. on constate l’existence de ruines romaines à El Khadra. La Blanchère. 7. que les Pharusiens. 10.

parler. c.. ibid. 4-5 : « . il eût été absurde de leur part de s’infliger l’obligation d’irriguer au moment où quelque pluie survenait et. Victor de Vite. dans Verhandlungen des achten deutschen Geographentages (1889). dans le bassin du Hodna. » Conf. l.. praeter flumini propincua loca. l. Mais les habitants de ces régions n’auraient pas eu l’imprudence de placer leurs demeures de telle sorte qu’elles eussent été inondées. 37. si les irrigations avaient été suspendues pour une cause quelconque . Tubunis. — traverse une région sèche et sablonneuse .96 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. à l’année 479 (dans Mommsen. passaient leur des déserts(3). n° 16. rendait l’irrigation des champs superflue(1). tout en grossissant les oueds. dit encore Salluste. que mentionne Appien (Lib. Il faut donc admettre que ces habitations étaient situées en dehors des terres recouvertes par les lacs en hiver. 28. 20. Jug.. Macri et Nippis aliisque heremi partibus catholicos relegat. Victor de Tonnenns. Chronica minora. II. — il s’agit de l’oued Mellègue. qui possède une ____________________ 1. XLVIII. par suite du manque d’eau. du reste. était sans eau. l. 6.. sauf dans le voisinage immédiat de la ville. car on rencontre aussi des ruines sur leurs bords(4). p.. arido atque harenoso… Media autem planities deserta penuria aquae. Le Muthul. 40) et qui se trouvait peut-être dans cette région. le milieu de la plaine est désert. » — La plaine de Cilla. se trouve au milieu d’immenses solitudes. Les pluies étaient rares. 5. n’étaient pas plus grandes qui aujourd’hui. f° 18. 189) : « Hugnericus. Gsell. f° 16. principal affluent de droite de la Medjerda(5). sauf les lieux voisins du fleuve(6). Chronique. à l’époque où les oueds recueillaient le plus d’eau. Atlas. Gsell. 27. II. 3. . 37 : « solitudinis Ioca ». Capsa. c.. n’ 111 . les irrigations ont pu diminuer sensiblement les apports des oueds. n° 519 et 535.. celles qui s’étendent au Nord de l’Aurès et qui sont alimentées par des cours d’eau descendant de ce massif. dit Salluste. Cela pour répondre aux observations de Th.. 2. 26. p. Les sebkhas situées au Sud-Est de Sétif. au NordEst et à l’Est du chott(2). Gsell. les environs de Macri et de Thubunae. A la fin du Ve siècle. l. Fischer. XV. 26 : « exilium heremi » . 4..

LI. Six siècles plus tard. LXXXIX. XCI. Capsa » . c’était parce qu’ils restaient généralement vides. ibid.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 97 source intarissable. faisant campagne aux environs de Sousse. marchant sur Thala. Jug. les troupes de César.. 40 . 201) dit sur un moyen que les Gétules ont trouvé pour se désaltèrer. est bien entourée de quelques sources(2). manquent d’eau en hiver et au commencement du printemps(7). Jug. 1 (il faut dire que l’expédition de Marius eut lieu à la fin de l’été : XC. 1856. in spatio milium quinquaginta. — Aucun reste de barrage n’a été relevé dans la région de Kairouan : Enquête. aquatione enim longa et angusta utebatur » . en septembre. 2. p. 5 : César choisit pour établir son camp un endroit où « putei fieri complures poterant . 205. conf. p. 3. I.. Jug. sur un espace de cinquante milles. Jug. Tunis. si l’on ne tirait pas parti de ces ravins. 5. 6. ce que Pline (X. p. Métellus. egentia aquae. Salluste observe qu’à l’intérieur de l’Afrique (c’est-à-dire de l’Afrique du Nord).. On ne rencontre on effet dans cette région que de très rares vestiges de barrages sur les ravins(6) : l’abondance d’autres travaux hydrauliques prouve que. 3. inculta. Jug. 4 : Erat inter ingentes solitudines. 7. LXIX. dépourvu d’eau(1). . qui. 5 : « praeter oppido propinqua. mais. LXXXIX. LXXV... 809. dans Enquête sur la installations hydrauliques romaines en Tunisie.. la contrée est sèche et déserte(3). Thala. II. ville dont le site est semblable à celui de Capsa. LXXIX. nous l’avons dit. est aujourd’hui assez sec. doivent charger leurs troupes d’abondantes provisions d’eau(4). Sur le littoral même de la Tunisie orientale. le même. » 4. alia omnia vusia. 1). Ioca arida atque vasta. après avoir débarqué un peu plus au Sud. tout le pays est désert. au cap Kaboudia. Bell. afric. dans Association française pour l’avancement des sciences. se trouvent dans un pays ____________________ 1. entre elle et le fleuve le plus voisin. les soldats de Bélisaire. 5 : l’ennemi s’efforce de faire camper César « ubi omnino aquae nihit esset » . 7. I. LXXXIX. Marins marchant sur Capsa. les indigènes évitent de manger des aliments qui les altéreraient : l’eau pourrait leur faire défaut pour étancher leur soif(5). 2 : « inter Thalanin flumenque proxumum. 6. LXXV. Blanchet. inculte. l’eau courante manque presque partout entre Kairouan. 1 : « aquae penuriam ».. Gafsa et Sfax.. A l’époque de la domination romaine.

ou bien-elle eût été insuffisante pour alimenter de très forte agglomérations. 34 .. Les aqueducs qui amenaient des eaux de source dans certaines villes importantes étaient parfois très longs (aqueduc principal de Cirta. Conf. p. l’eau du ciel -ne suffisait pas toujours aux besoins agricoles. Bell. nous le savons. se passaient d’eau de source(2). et c’est par un hasard providentiel que des terrassements font rencontrer une nappe d’eau. entièrement desséché. dans les périodes de sécheresse persistante qui. Dans ces pays. de réservoirs. p. les façons données au sol pour retenir l’humidité qu’il pouvait emmagasiner. soit pendant la saison d’été. n’étaient pas . Des villes qui furent importantes à l’époque romaine. Fischer. Les eaux qui tombaient du ciel. 28 . Mais ou bien l’eau qu’elles fournissaient n’a pas été jugée assez bonne. 35 kilomètres . 59.98 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. ____________________ 1. 6. Blanchet. qui servaient à l’alimentation des hommes et du bétail. des bourgs témoignent surtout du désir que les habitants avaient de boire une eau aussi pure. où d’ordinaire les ravins étaient vides. aqueduc de Carthage. dans Enquête. 132). Dans les premiers siècles de notre ère. Conf. XV. Ceux qui alimentaient des villes. Procope. où les sources étaient rares. VI. 15. on recourait aux irrigations. 4. 40. celles que recélait le sol étaient si précieuses qu’on ne négligeait rien pour les recueillir et qu’on ne les gaspillait pas à des usages vulgaires. vand. aqueduc de Caesarea. Enquête Tunisie. Cela ne prouve pas que les sources manquassent dans le voisinage de ces villes. de puits. 9. bien plus qu’à l’irrigation des cultures(3). 11. Édifices. on voit partout des restes de bassins. 2. Les travaux hydrauliques ne manquaient pas non plus dans des régions plus favorisées sous le rapport des pluies. de citernes. enfouie sous le sol(1). I. I. Verhandlungen des achten Geographentages. p. même dans ces régions. le travail opiniâtre de l’homme. aussi saine que possible(4). 3. I. soit même pendant l’hiver. pour les cultures maraîchères et fruitières. Mais d’autres attestent que. le choix de cultures fort peu exigeantes au point de vue de l’eau ont transformé en de riches campagnes. Thysdrus. Leptis Minor. Quand on le pouvait. une bonne partie des régions africaines où la pluie ne tombait guère.

d’une manière générale.. » Les textes que nous venons d’étudier manquent souvent de précision. Mais il était peut-être un peu moins sec que de nos jours. p. p. Il est inexact de dire que. ibid. 88. Que cette contrée ait été un peu plus humide qu’aujourd’hui.LE CLIMAT DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ 99 rares en cette saison. nihil magis in querela habent quam si quis inhihuerit aquam pluviam in suum influere . on peut invoquer quelques indices. elle jouissait d’un climat. qui ne sont pas dénués de valeur. ce n’a été que dans une très faible mesure. si transire non patiaris. » Conf. Ils permettent cependant quelques conclusions. du moins très analogue au climat actuel : sécheresse habituelle en été. ____________________ (1) De controversiis egrorum.. p. sous causez un grave préjudice à votre voisin si vous faites pénétrer l’eau dans sa propriété . in provincia autem Africa. » . sécheresse parfois pendant toute l’année. à l’intérieur du pays que dans le voisinage de l’Océan et de la Méditerranée. Une remarque de Frontin mérite d’être citée : « En Italie et dans quelques provinces. pendant une partie de l’époque historique. depuis le détroit de Gibraltar jusqu’au cap Bon. ils ne doivent pas être tous accueillis avec une confiance aveugle. bien moins abondantes. Quant à l’Afrique du Nord proprement dite. en somme. en Afrique. ut ibi potius consumatur quam effluat. On a cependant quelques raisons de supposer que les montagnes qui bordent le désert recevaient un peu plus de pluie qu aujourd’hui. Mais. 36) : « Cum sit regio aridissima (il s’agit de l’Afrique). — Frontin dit encore (l. le Sahara était déjà un désert dans les siècles qui précédèrent et suivirent l’ère chrétienne. cela est possible : à défaut de preuves. pluies irrégulières et souvent torrentielles.57 : « In Italia aut quibusdam provinciis non exigua est iniuria si in alienum agrum aquam immittas . Au Sud de la Berbérie. si le climat de la Berbérie s’est modifié depuis l’époque romaine. la lisière septentrionale du Sahara ait été une zone humide. nam et aggeres faciunt et excipiunt et continent eam. dans Gromatici veteres. c. si vous empêchez l’eau de passer chez lui(1). sinon semblable. Agenius Urbicus.

ou quaternaire. les obstacles qu’elles leur opposaient. VI X. Boule. ibid. 1090. 42-50. Nous désirons surtout indiquer. d’Aboukir du lac Karar. p. Pomel. dans l’Anthropologie. Parmi les animaux qui vivaient dans le pays à l’époque pléistocène. 2. Matériaux pour L’histoire primitive et naturelle de L’homme. 1888. p. Monographies (Alger. p. de grande taille et pourvu d’énormes défenses. p. qualifié d’Elephas atlanticus. 1803-1807) . Boule. X. on a reconnu(1) : Un éléphant. conf. avant la fin des temps antiques. dans le département d’Oran (Industrie paléolithique ancienne) : Pomel. 6-7.. XXII. Paléontologie. Xl. dans l’Anthropologie. les documents archéologiques. les relations de cette faune et de cette flore avec les hommes. XII. les ressources qu’ils en pouvaient tirer. Éléphants quaternaires. 6-14. Voir surtout A. XI. Pomet . Stations de Tornifine. le compte rendu de cette publication par Boule. — A Terniline. 503-571. et dont les ossements se trouvent mêlés aux plus anciens témoignages de l’industrie humaine.CHAPITRE IV FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD DANS L’ANTIQUITÉ I Nous n’avons pas l’intention de faire ici une revue complète de ce que les restes fossiles. les textes des auteurs peuvent nous apprendre sur la faune et la flore de l’Afrique septentrionale. d’une manière rapide. p. 1800. Carte géologique de l’Algérie. pl. 232 . espèce éteinte(2) . XIII . ____________________ 1.

— Grotte d’Aïn Turk. — Avec une industrie paléolithique plus récente. Escargotière d’Aïn Mila. d’après un fragment d’une petite molaire. grotte dite des Ours (Pallary. p. 1501). avec une industrie qui parait néolithique. II . c. la panthère(4). en mauvais état. Le lion(3). p. que. de Constantine. e. 1901. l. III et IV).. p. 8. 3. 41-45. 155. p. d’Oran. p. 1487). dans Bull. Même espèce à Ternifine : Pomel. Ternifine (douteux) : Pomel. 295 . c. 2. p. à Constantine : Pallary. dans le Dahra : Pallary. Hippopotames. Carnassiers.. 12. c. Rec. CXXX. p. c. dans le département de Constantine : Pomel. 762. Lille. p. III. pl. même lieu. 7-9. c. p. p. fig. Assoc. Comptes rendus de l’Académie des sciences. l. . 1. 9. pl. Constantine. 19 et suiv. Suilliens. p. de chacals.. pl.. Carnassiers. Rec. grotte des Ours : Pallary. Bull. Ternifine Pomel. à Constantine. 157-8 . dont une espèce au moins parait être le dauw actuel de l’Afrique australe(10) . 645). 1910. 1910. lac Karar : Pomel. 1. grotte des Ours : Pallary. Pallary observe que les os d’ours trouvés dans la première de ces grottes ne sont pas brisés. à Oran (Pomel. 152. 1898. L’ours(7) : Le sanglier(8) . le caracal(5). VII. Boule.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. XLII. Ajaccio. Aboukir . Bulletin de la Société d’anthropologie de Lyon. par conséquent. Ternifine . II. peut-être dans des temps antérieurs. française. 17. I. c. 1480... pl. XI. Boule. p. pl. de la Société préhistorique de France. Pallary et Tommasini.. grotte des Ours : Pallary. II. 1909. franç.10-11. 10. française. On a retrouvé aussi le rhinocéros dans des escargotières du Sud-Ouest de la Tunisie : Gobert.. 12 et suiv. p. 1. dans diverses grottes : à Aïn Turk (Pomel. p. 5. 151-152. M. l. Tunis. d’hyènes qu’on rencontre dans les cavernes ont pu aussi appartenir à des animaux qui les habitèrent dans des périodes où les hommes n’y séjournaient pas. 101 ____________________ (l. aux Bains. 24 nov. Marseille. à la Mouillah. 7... p. p. qu’on retrouve encore au Soudan(9). M.821. 1891. p. 6. IV. — Constantine. V-XII . p. c. grotte du Mouflon : Debruge. Assoc. 85). lac Karar : Pomel. I. Équidés.. pl. et grotte des Bains Romains. c. p. — Constantine. Romains (Ficheur et Brives. qu’il appelle Equus mauritanicus). l. XLII. — Grotte des Ours. p. pl. Boule. 18-19. grotte des Ours : Pallary. III-VII (Pomel croit qu’il s’agit d’un cheval. Des zèbres. Lac Karar : Boule. p. — Les ossements de félins. Constantine. Ternifine . Station moustérienne de l’oued Temda. L’hippopotame. l. p. 2) a cru reconnaître une autre espèce d’éléphant. espèce actuelle(1) . 4. p. Rhinocéros quaternaires.. Abris de la Mouillah (indication de M. qui vit actuellement en Afrique(2) . lac Karar : Pomel. 730) signale encore l’hippopotame dans une grotte de Mustapha-Supérieur (Alger). L’ours a dû vivre dans la caverne à une époque où elle n’était pas occupée par des hommes. e. c. 11. p. l. 12-27.. 9-10. 1. près d’Alger (époque plus récente) : Pallary. 1908. Pallary).. p. Flamand (Association française pour l’avancement des sciences. c. l. II. l. 8. de Constantine. Le rhinocéros. p. le phacochère. près d’Oran. sans doute le rhinocéros camus. l’hyène(6) . XI. dans le département d’Oran (Barbin et Pallary. 155-6. Ternifine . l’homme ne les a pas utilisés pour sa nourriture. pl. Assoc. 1900. p. Ficheur et Brives. 1892. 46 . II.

— Le chameau a été aussi signalé dons la grotte d’Aïn Turk : Pallary. Lac Karar: Boule. XII. Un chameau(1) . c. XLII. c. p. II. 1. p. XLIV. 1910. XLII. au contraire. à la Mouillah (Bull. Dans des escargotières du département de Constantine : à Aïn Mlila (Thomas. à Oran (Doumergue. 100). p.. p. p. l. Boule. 2. 1910. Grotte des Ours. 12 (molaire d’un ovidé indéterminé). 1901. c. 11 (molaire d’un cerf. où le zèbre est très abondant : Barbin et Pallary. Rec. 1910. l’Anthropologie. Pallary. XLII. Ovidés. soit de l’Alcelaphus caama du Sud de l’Afrique). de la Société géologique de France. française. habitée par l’homme à une époque plus récente : Flamand. De Constantine. p. 908. 14 et suiv. 1910. XLII). Caméliens et cervidés. Ternifine. de Constantine. Ternifine : Pomel. Bosélaphes Ray. l901. X. XLIV. 909. 153). Ternifine : Pomel. ____________________ Abris de la Mouillah. p. apparenté au cerf actuel). de Constantine. Bull. Lac Karar : Boule. p. VI. 4. l. p. 1. 13 (il pense qu’il s’agit soit de l’Alcelaphus bubalis. 14. c.. 730. 624). Ajaccio. de Constantine. 100. de Constantine. pl. La girafe. Ternifine : Pallary. p.. 153. 154. Bull. — Grotte des Bains-Romains (Alger) Ficheur et Brives. p. p. Rec.. 12 et pl. p. 1892. Grotte des Ours : Rec. 80. d’Oran. Abris de la Mouillah : Bull. pl. — Dans des grottes . Bull. c. de Constantine. 27 et suiv. et peut-être Ternifine : Pomel . p. 7. Il était de plus grande taille et d’une membrure plus forte que le chameau actuel. p. — Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. p. XI (tronçon de mandibule d’ovidé).. c. Boule (dans l’Anthropologie. XI. III-IV . p. IV. p. p. espèce actuelle de l’Afrique centrale(2) . l.. 9 et suiv. p. p. 100. XI . à Constantine. l. V. XLIV. — Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. XIII) . géologique. Lac Karar: Boule. 52 et suiv. Escargotières de la région de Tébessa : Ibid. française. qu’il est identique au dromadaire. de la Sodélé d’anthropologie de Lyon. l. dOran. XLII . 1910. p. p. 100. p.. Grotte des Ours à Constantine (douteux) : Rec. On a trouvé aussi des restes de cerfs dans les escargotières du département de Constantine et du Sud de la Tunisie. dOran. Assoc. de Constantine. Pomel. 1480 (Cervus pachygenys de Pomel ?). p. 205. Des gazelles(4) . 604) pense.153-4. Antilopes Pallas. aux Bains-Romains (Ficheur et Brives.. c.. l.. — La girafe figure peut-être dans la faune d’une grotte de Mustapha-Supérieur (Alger). Aboukir : Pomel. grotte des Ours (Rec. 86. Abris de la Mouillah : ibid. Assoc. Bull. — Grotte des Ours Pallary. c. d’Oran. c. c. p.120 . I-III .. qui vit encore en Berbérie. p. p. 6. 1881. l. XLIV. de la Soc. p. lac Karar : Pomel. pl. l. de la Société zoologique de France. Des restes d’ovidés(7) . Escargotières de la région de Tébessa : Rec. espèce actuelle du Sud de l’Afrique(6) . p. p: 86. 5. Abris de la Mouillah Bull. XLII. Pau.102 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Bosélaphes Ray. 3. aux environs de Tébessa (Rec. 1900. 1480). VI. Bull. pl.154 (mouflon). l. Aboukir . Escargotières de la région de Tébessa et du Sud-Ouest de la Tunisie : Pallary. à Constantine : Rec.. Des cervidés(3) . Aboukir. pl.Supérieur : Flamand . 22. — Peut-être encore dans la grotte de Mustapha. p. . Pomel n’a pu l’identifier avec aucune espèce vivante . Le gnou. 86). II. 154. ou alcélaphe(5) . L’antilope bubale.. p. 11-12. p. de Constantine.

se recourbent en avant des yeux(2) espèce éteinte.155. plus petit. faciles à classer avec précision. Bull. 12-13. pl. 100. Peut-être au lac Karar : Boule. Grotte des Ours : Rec. longues et fortes. Bull. dans l’Anthropologie. voir plus haut. dont les cornes.. — Peut-être à la grotte des Ours : Rec. Pallary. mal connu. panthère. p. p. Dürst. p. de grande taille. Ce nom a été emprunté à Hérodote (IV. VI. c. XV et XVII. XLII. 1005. 125). 86 (abris de la Mouillah) . 5. 283. 4. que Pomel qualifie de Bos curvidens(4) . Il y a dans cette faune des animaux identiques ou apparentés à un certain nombre de ceux qui habitèrent L’Europe aux temps quaternaires(7) : hippopotame. XLII. VI-VIII. Escargotières du département de Constantine et du Sud de la Tunisie : Thomas. 103 Un bœuf. p. c. pl. XLIV. pl. c. Société d’anthropologie de Lyon. Aboukir : Pomel. le serval. p. lion. p. Un autre bœuf. d’Oran. 1910. les deux continents.63 (escargotières de la région de Tébessa). XVIII.. qui manquent dans les pays européens. de la.. p. Ternifine. 1881. D’autres. XI. 100 (escargotières de la région de Tébessa). Barbin et Pallary. Abris de la Mouillah : Bull. Peut-être d’autres bovidés(5). du Maroc et de la Tunisie. n. 1910. selon Pomel. Rec. p. Mais il n’est nullement prouvé que le bœuf indiqué par l’historien grec soit celui qu’on trouve dans les stations primitives. 1. XVII. 15 et suiv. communiquèrent peutêtre encore pendant une partie de l’époque suivante. XLIV. p. Bull. rhinocéros. ours.. Les débris d’œufs d’autruche abondent dans les stations paléolithiques récentes(6). 1. 8.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 295. 7. Voir Boule. hyène. p. de Constantine. de Constantine. Les ossements de bovidés ne sont pas toujours. l. phacochère. 2. p. La faune des mammifères de l’Algérie. dans l’Anthropologie. . Trouessart.3. Ajouter l’Elephas africanus. sanglier. espèces. IX .. 183). on le comprend. d’Oran. Pomel lui-même le reconnaît (Bœufs-taureaux. p. 6. Rec. 86 (abris de la Mouillah). 1900. Boule. d’Oran. le macaque. de la Société zoologique de France. de Constantine. c. dans Causeries scientifiques de la Société zoololique de France. c. p. 24-25). 125-6 . — Grotte d’Aïn Turk : Pomel. Grotte des Bains-Romains : Ficheur et Brives. 154-5. Pallary. 1906.. cerf(8) . 55. 86. 15. 3. p. appelé par Pomel Bos opisthonomus(1). Pallary.358. le chat ganté. l. 95 et suiv. offrent au ____________________ 1. p. c. 1910.. l. p. I-IV. XI.279. X. 1. l. p. p.147 et suiv. p. mais plus probablement variété du Bos primigenius d’Europe et d’Asie(3) . 12 (lac Karar). Aboukir : Pomel. p. de Constantine. de Constantine. Thomas avait appelé ce bœuf Bos primigenius mauritanicus (Bull. Pour le Bos opisthonomus. certainement unis à l’époque pliocène. XLIV. Rec.

grottes d’Oran : Pomel. le renard(8). 22. panthères. 13. l. elle en perd d’autres qui. . antilopes. 630 (lion). serval). p. pour las régions sèches. Grotte de Bougie : Doumergue. 15. c. p. Des débris d’œufs d’autruche se rencontrant en abondance dans les stations néolithiques(4). 192) énumère une série d’animaux qui vivent dans la pays des Libyens nomades et qui sont. p. se maintiennent au delà du Sahara. Grotte du Grand-Rocher. Pau. l’observation faite p. 109-110 (lion. près d’Alger : Pomel. 4. p. 2. sauf quelques exceptions. 57. p. c. d’Oran. l. 1891. Suilliens.(5)). française.. caracal. puis ce fut le tour de l’hippopotame et du rhinocéros. 1894.. 625 5. Ajaccio. Hérodote (IV. II. pl. p. Grottes d’Oran: p. l. propres à ce pays. 645 . dans le département d’Oran : Doumergue et Poirier. Grottes d’Oran et de Saïda : Assoc. Bull. 1. Bull. qui présente cependant des affinités avec celle de l’Europe méridionale et. la Berbérie. française. II. pl. contraire une étroite parenté avec des espèces actuelles du centre et du Sud de l’Afrique(1).. V-VII. de la Société d’anthropologie de Lyon. 101. 26. Mustapha Supérieur: Assoc. c. dans l’Anthropologie. Bull. 1809. p. animaux qui n’existent pas en Europe. 23. 3. 1892 p. Assoc. 13. Grotte de Mustapha-Supérieur : Flammand. c. avec celle de l’Égypte et de la Nubie(3). II. 8. Cosson. Elle conserve des animaux qui disparaissent de l’Europe. 1905.. française. conf. p. peut-être par suite du refroidissement et de l’assèchement du climat . II (lion ?) et 12. Etc. p. X. ____________________ 1. III. Plus tard. Grand-Rocher : Pomel. Carnassiers. ex. 24. Mustapha-Supérieur. On y trouve des restes de félins (lion. panthère. Saïda . Conf. ibid„ Cherbourg. II. p. Marseille. p.. c. Assoc. le Règne végétal en Algérie (Paris. IX (lion ?). soit que les communications aient eu lieu par ailleurs. 1892. 111. L’Elephas atlanticus s’éteignit d’abord. Grotte de Saïda. 1870). p. n° 7. 7.100. p. 17. l. soit qu’elles aient pu traverser le Sahara. Grand-Rocher. d’Oran. Saïda : Bull. c. 5) observe que la Libye nourrit quantité d’éléphant. 1894. 8. 730 (panthère). dOran. possède une faune d’une physionomie particulière(2). 28. 360). Saïda : Bull. l’hyène(6). Boule. p. Mustapha-Supérieur : Pomel. isolée par la mer et par le désert. etc. On a recueilli aussi des ossements de cet oiseau dans des grottes d’Oran : Doumergue. Bull. 6. lions. dit-il. 9 Grand-Rocher . 3. 371.104 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Grotte voisine d’Oran : ibid. Pour la présence de ces divers animaux dans les grottes. IV. le sanglier(9). Polybe (XII. d’Oran. d’Oran. autruches. le chacal(7). XI. l. VIII. pl.

p. Cherbourg. des gazelles(5) et d’autres antilopes(6).. qui semble devenir rare(2). Grottes d’Oran. l. p.. c. 1892. c. chapitre II). 2. 12. Les ossements d’équidés sont en général peu déterminables. XI. Grand-Rocher . 729) dit. 3. 45. XX. M. p... Caméliens et cervidés. 6-9. pl. II. de Saïda : Pomel. 112. 167. Assoc. 1894. Bull. l.1.. II. p. d’Oran.. Lille. tous pléistocènes récents » . p. c. dans l’Anthropologie. l. Grotte de Mustapha-Supérieur : Assoc. p. 364. p. p. pl. dans Assoc. l. 9. dans l’Anthropologie. pl. p. 38. p. e. c. p. pl. 70 à la . le mouflon(9). d’Oran. 113. 1900. Assoc. p. On a trouvé aussi le mouflon [et non le bouquetin] dans un abri de Redeyef : Revue de l’École d’anthropologie. Grotte du Mouflon. Difficiles à déterminer. 6. c. Conf. 31. l’alcélaphe(7). 35. p. d’Oran. française. Nantes. Grottes de Mustapha-Supérieur. Ajaccio. 5. Un buffle. c. pl. 12). Mustapha-Supérieur . II. l.. Le dromadaire a été aussi trouvé à l’oued Seguen. Pomel. française. p. l. c. à Constantine : ibid. il est vrai. 85 de hauteur au garrot et l m.. IV. de Mustapha-Supérieur : Pomel.. de Mustapha-Supérieur. — Nous reviendrons sur les ovidés et les bovidés dans l’étude des animaux domestiques. — Le Bubalus antiquus n’a pas encore été rencontré avec certitude dans les stations paléolithiques : Pomel. 11. Flamand. pl. 111.. Bull. pl. (conf. p. p. d’Oran. Mustapha-Supérieur : Pomel. d’Oran. Abri de Redeyel (Sud-Ouest de la Tunisie) : Gobert. p. II. Saïda : Pomel. Pomel). Assoc. 77. française. 201-2 . française. 1910. XXIII. Gobert. Probablement dans des grottes d’Oran : Pomel. 1894. 8. le zèbre.. Pau. 1. Pallary et Tommasini. à Saïda : Bull. 1909. 1 m. Assoc. dans l’Anthropologie. entre Constantine et Sétif . de Saïda. l. p. 44. . Ajaccio. Bull. 4. l. II. que « les gisements incontestables du Bubalus antiquus sont. 9. Grottes du Grand-Rocher et de Mustapha-Supérieur : Pomel. 1. rare aussi(3). 14. 189I. VII. VII-X . Bubalus antiquus. 821. 10. d’Oran. 44. VI et X . II. 1894. dit Bubalus antiquus. d’autres bovidés(11). II. 1809. Ajaccio. Bull. l. le cerf(4). 631. c. 1912. française. Boule. p. 1. p. 271-2 . II. Grottes du Grand-Rocher. c. 1898.645 . c. Flamand (Recherches sur le Haut-Pays de l’Oranie. pl. 730. c. 26) indique au Grand-Rocher son Equus mauritanicus. 32. 1903. p. près d’Oran : Doumergue. française.. Ajaccio. Oran (Grotte dite du Polygone) : Pomel. ibid. le bœuf dit Bos opisthonomus(10). 625 . pl. Assoc.. — Nous reparlerons des équidés quand nous étudierons les animaux domestiques (livre II. Antilopes Pallas. 1. 25. que les restes de ce buffle « n’ont jamais été rencontrés dans des le phacochère(1). 575. Assoc. Bos curvidens (?).. II-V. devait atteindre 3 mètres de longueur.. p. l. 41. Grottes d’Oran : Pomel. 29 et suiv. Pomel (Équidés. d’Oran. c. qui est probablement un zèbre. VI. X . à la grotte de Mustapha-Supérieur : Assoc. l. le gnou(8). 105 ____________________ 1. l. 1. Ajaccio. dans le Tell nigérian et dans le Haut-Pays. Bosélaphes Ray. du Mustapha-Supérieur. p. ibid. Mustapha-Supérieur . Boule.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. VII . e. 11-12. de Fort-de-l’Eau : Pomel. Bœufs-taureaux. Assoc. Station d’Arbal. Oran . Ajaccio. p. c. c. pl. Grotte de Saïda : Bull. Grand-Rocher . Grotte de Bougie : Debruge.. 7. Marseille. p. 36. Ajaccio. Marseille. 7. p. Grottes du Grand-Rocher. 112-3. Abri de Redeyef : Gobert. le dromadaire. qui est peu fréquent(12). II. 1897. IX . p. VII . Ovidés. 730. 1804. ibid. 39. Conf. c.X. p.70.. IX-X.. d’Oran. de Saïda : Assoc. V. VIII. 38.

Flamand.. c. 69. auraient appartenu à l’espèce dite Elephas atlanticus(7). mais qu’il est plus vraisemblable de regarder comme les descendants de l’Elephas africanus et les ancêtres directs des éléphants signalés dans le Nord de l’Afrique à l’époque histo- ____________________ dépôts actuels ». 47-48. L. Dürst. les gravures ne permettent pas de dire avec précision quelle était la conformation des oreilles des éléphants. Pomel croit qu’il s’agit d’une espèce propre à l’Afrique septentrionale. Rec. Pomel (p. qui. l. XIV et XV. IV et V. 3) a cru reconnaître des gnous : opinion qui ne semble pas fondée. dans l’Asie antérieure. Géographie de la province romaine d’Afrique. qui les a mis libéralement à ma disposition. Flamand. 71. et qui existe encore dans le Nord de l’Inde. Éléphants quaternaires. 130 et suiv. 3. Ces dernières(5).106 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Ce fut alors. qui ne semblent pas dater d’un autre âge que les gravures préhistoriques du Sud de l’Algérie. Le lion. sous le nom d’arni(3). 6. p. 41-47. Il faudrait tirer celui question au clair. Gsell. fig. selon Pomel. croyons-nous. . p.d’autres l’identifient avec le Bubalus palaeindicus. III. contemporaines de l’industrie néolithique récente. 338 et 340. Pomel. 87 et suiv. rien ne prouve qu’elle ait été différente du celle que nous observons sur des images d’éléphants des temps historiques. que les Africains commencèrent à avoir des animaux domestiques . c. le sanglier. p. 1. Gautier. Gsell. 7. L. 67. la gazelle. p. de Constantine. 140. aux p. pu consulter des photographies et des dessins exécutés ou recueillis depuis de longues années par M. qui vécut en. 372. l’autruche apparaissent sur des dessins rupestres de la région de Guelma(4). 1900. pl. le chacal. c’est même un de ses principaux arguments pour attribuer une très haute antiquité aux gravures rupestres. et même en Europe. — Pomel (Boséphales Ray. dans l’Anthropologie. I. p. A mon avis. dans l’Anthropologie.. 1911. Inde. croupe(1). XI. 41. XLV. Pomel. c. J’ai. 69 et 80) nie cette identité. Tissot. fig. sur lesquelles le Bubalus est très fréquent. pl. — Il y à peut-être aussi des éléphants sur des gravures du la région de Constantine : Bosco et Selignac. aujourd’hui disparue(2).. 1. 1. p. p. 63. Elles nous montrent souvent des éléphants(6). c. 7. I. 70. sont.. 61. Sahara algérien. Monuments antiques de l’Algérie. 5. p. 1892. mais il est difficile d’indiquer dans quelle mesure ceuxci se rattachent à des espèces sauvages indigènes et de faire la part des importations. Etc. fig. 4. 2. du moins en partie. pl. p. 6. sans doute. X1.

La même antilope parait être représentée sur une gravure signalée à l’Est de Constantine par MM. sur des gravures sahariennes Flamand. ou nanguer. 95). 150 et p. — Le rhinocéros a été reconnu sur une gravure du Sud du Maroc : Duveyrier. p. Cette image est peut-être plus récente que les gravures préhistoriques de la même région. p. XI. II. d’anthr.. n° 48 . et pl. 1911. p. Elle apparaît aussi à l’oued Taghit. p. fig. 104 . Cette identification parait hasardée (conf. c. Maumené. 4 . de Lyon. — Sur une gravure de la région de Figuig. Le cerf est représenté à Guebar Rechim. VIII. d’autres antilopes(5). C’est plus que douteux (Gautier.. 8. — Pomel voit un singe sur une gravure du Sud oranais (Singe et homme. de Constantine. 107 ____________________ 1.144. ibid. à la p. II. Revue d’ethnographie. 456). 310 et pl. 7-8) :opinion très contestable (conf. n° 42 .. 1870. p. dans le Sud du djebel Amour (Maumené. p. XX. ibid. Boule. pl. n°1. 9). Flamand. mais c’est peut-être un homme dans une posture bestiale..FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. apud Pomel.. Bonnet. — Il y a peut-être des antilopes de l’espèce dite mohor. IV. Gautier. le même. 1. 2). où elle a été signalée (pour Moghar. Elle est très douteuse à Tyout. chap. 1901. Flamand. X. Voir plus loin. fig. l. c. 60. XX. Douls. de la Soc. 151. c. Flamand. archéologique du Comité. fig. n°3. p. Mme de la Rive a cru reconnaître l’okapi. fig. Pomel. c. 113. 1091. dans l’Ahnet. . à Tyout et à Moghar (conf. Une girafe est peinte sur un rocher. 1) croit que le gnou est représenté à Moghar. fig. Antilopes Pallas. fig. p. 6 . et probablement à Barrebi. p. conf. Je doute fort de l’hippopotame. animal vivant actuellement dans l’Ouganda : de Saussure. On la retrouve sur des gravures du Sud du Maroc (Duveyrier. Bull. Delmas. XX. Bull. La girafe est figurée. c. Gautier. — L’alcélaphe (antilope bubale) serait figurée à Tazina. l’autruche. Bosco et Solignac. à Moghar et à El Hadj Mimoun. 337). n° 8. l. Gautier. Bull. 1901.. 330 (conf. pl. c.132. 1901. dans l’Anthropologie. XXV. 100. p. rique(1). si la p. de la Soc. Le Bubalus antiquus est aussi très fréquent(2). On reconnaît encore le lion. Bull. fig. en doute). III. 103. Bull de la Société de géographie de Paris. en plein Sahara : Gautier. bubalus antiquus. des boeufs(7). XLV. p. Bull. IV. 18. Rec. 1-4) a reconnu l’oryx leucoryx : ce qui me parait admissible (Gautier. p. voir Bonnet. Bull. des gazelles(4). 5. 4. fig.. p. XV.153.136 et pl. Pomel (l. p. signalé au Sud du Maroc (Douls. 6. p. p. p. pl. — Pomel (l. p. X. pl. fig. l. archéologique du Comité. fig. p. aux p. Bull. pl. Voir plus haut. le mouflon(6). 91 et 95.. pl. 110-120. fig. 11 . 99. IX. Bull. d’anthr. 306 et pl. n° C.. mais rarement(8). selon Pomel (Bosélaphes Ray. 2. II. fig.). p. Éléphants quaternaires. 8 : gravure qui pourrait être de date relativement récente). c. de la Société d’anthropologie de Lyon. 10). 77. 304. 1888. de géographie historique. 1905. 1889. n° 5). p. XVI. le cerf(3). 194. fig. livre II. c. p. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. 150 et 156).. 201. Revue d’ethnographie. p.. Je reconnaîtrais volontiers cet animal à Moghar (Bonnet. X. 1902. 1905. 585). Pomel.. 21. sur la Zousfana . conf. p. 1890. mais certaine à Guehar Hechim. p. 3. Antilope addax : Gautier. c.194 et suiv. l. de Lyon. 7. dans l’Anthropologie. 96). d’Oran. l. et figures. l. la panthère. au Sud-Ouest de Figuig (Duvaux.

c. des animaux. Sittengeschichte Rome. qui offrirent à l’empereur des défenses d’éléphant et une girafe (dans Mommsen. 2. L. sur la faune de l’Afrique du Nord dans l’antiquité. chap. aux temps historiques. peut-être dans la région de la Saguia el Hamra. — En tout cas. Les animaux que mentionnent les auteurs grecs et latins. on pourrait supposer que l’animal avait été amené du Soudan. rappellent les éléphants. 495 de la 5e édition. 3. leur taille et leur ardeur belliqueuse. quand même il ferait fondé. II. p. dans le pays des Éthiopiens occidentaux. p. On s’est. VIII. XII. en Tripolitaine(3) et même dans le Sud de l’Algérie(4). II. les Maccuritae envoyèrent à Constantinople des députés. d’ailleurs bien incomplètes. Les Romains virent. I. et cet animal fut amené d’Alexandrie . ou plus au Sud (dans le djebel Amour et dans le Nord du Sahara. par leur aspect. 107. 21492). C. 2.. conf. 8).23. pour la première fois une girafe en 40 avant J. Mais le rapprochement entre les Maccuritae et les Μαχχοΰραι est incertain. Il peut avoir survécu plus ne Sud. — Tissot (Géographie de la province romaine d’Afrique.. d’où venaient sans doute les défenses d’éléphant. du grand buffle (Bubalus antiquus)(2). elle devait y être rare. p. demandé (Mommsen. de vie. La girafe mentionnée aurait pu être capturée non loin de là. p. P. 5) mentionne. 74 et suiv. l. Un chroniqueur. Livre II. 321-383) a donné des indications. ou que reproduisent des monuments des époques carthaginoise et romaine. Il n’est pas impossible que la girafe se soit maintenue çà et là. 3. Jean de Bichar. pour la plupart. des bas-reliefs d’époque tardive représentent des girafes : Méhier de Mathuisieux. par leur genre. dans Nouvelles Archives des missions. que nous étudierons ailleurs(5). d’après Hypocrate (ou Iphiernie). note à la p. p. si la girafe existait encore dans l’Afrique septentrionale aux époques romaine et byzantine.-C. 213 . 76 . p. n. vivent encore. 1904. ____________________ 1. en Tripolitaine. 213). II On sait que l’éléphant a vécu dans l’Afrique du Nord jusqu’aux premiers siècles de notre ère(1). II. . Diehl. en Berbérie. Essai sur la province romaine de Maurétanie Césarienne.. Strabon XVII. dans les steppes de la province d’Alger. mais qui. 1. 5. appelés rhizes (τούς χαλουμένυς) qui. D’autres ont disparu ou ont émigré depuis peu. A Ghirza. 5) en Maurétanie Césarienne : ceux-ci vivaient peut-être dans le voisinage de la vallée du Chélif (voir Cat. des images rupestres représentant des girafes ne sont peut-être pas préhistoriques . Chronica minora. p. l’Afrique byzantine. 328) et cette tribu détail pas identique à celle indiquée par Ptolémée (IV. Voir plus haut. raconte qu’en 573. un siècle après leur établissement en Afrique. 4. Nous ne parlerons pas ici de la faune domestique. ressemblent à des taureaux. Nous n’avons aucune preuve certaine de l’existence. Friedlânder.108 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.

appelées d’après le nom de ces animaux (en grec Πιθηχούσσαι). 15. Ce lieu était situé entre Bizerte et Philippeville : peut-être à à Tabarca. cc.. 24. Hist. Eumaque. dans une expédition à l’intérieur des terres. IV. — Sur une stèle punique de Carthage. VIII. 6). Animalium. 194 : les Gyzantes (peuplade de la Tunisie) mangent des singes. en vit un grand nombre dans une forêt. 9 . V. Nat. 7 (Geogr. 4 . Les singes représentés sur deux mosaïques d’Oudna (Gauckler. 21. Nat. Un de ces animaux se voit sur une coupe du sixième siècle représentant un roi de Cyrène. min. 3. Hannon. Et aussi. Élien. XVII. fig. 101. mais non plus en Tunisie. 102. 32 . Riese. Lib. 267. et. 7. dans le Haut-Atlas. L’Afrique était pour les anciens la terre classique des bêtes féroces(4). XVII. Inventaire des mosaïques de Tunisie. 6 . 2 : dans le désert. traversa un pays où les singes abondaient et vivaient familièrement avec les hommes . anim. . appelé de même. 494). 3 : à la fin du quatrième siècle. 22 . p. I. Périple. qui existent en très grand nombre dans leurs montagnes. 4. 174 . p. Strabon ajoute que Posidonius. elles abondaient tellement dans certaines régions qu’elles empêchaient les hommes ____________________ 1. XX (à la p.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. — Plaute. VIII. Aristote. 3. De son côté. 3. — Lucien. 90) mentionne. — Diodore de Sicile. Poenalus.. c. X. Etymol. il y avait là trois villes.. édit. gr. IV. en face. 518. 12: singes en Maurétanie Tingitane.. XVII. Dipsad. n° 330 : singe savant à Carthage. 9 et 12. l. 4 : la Maurusie (Maroc actuel) abonde en singes. V. Arcésilas : Perrot. XII.. sans aucun doute. II. V. IV. avec un port. V. Le Périple de Scylax (§ III : Géogr. p. Polybe. 3. Histoire de l’Art IX. n° 392 et n° 381 = Monuments Piot. 71. IV. Hérodote. IX. 3. 16. car ils sont pourvus d’une longue queue. — Isidore de Séville. lieutenant d’Agalhocle. XVII. XX. — Anthologia latina. 3. lors d’un voyage de Gadès en Italie. min.12) ne sont pas des singes de Berbérie. pl. d’après le témoignage des textes(3). 5. Pline. p. — Élien. Juvénal et probablement Diodore de Sicile. 218. 1074 : singe apprivoisé. 54 : ruse des panthères en Maurusie peur prendre des singes. à l’époque vandale. me dit M. puisqu’il désigne des singes à queue (chez les magots la queue est très rudimentaire). Solin. 103-5 : singes des forêts de Thalbenca (Tabarca). étaient. abordant sur le littoral. I. 181 . — Strabon. III. Vitruve. 3. — Juvénal. 28 (27). — Mamilius. Strabon. 2 . 5. 17. Brives. Hérodote. V. gr. VIII. 1885 p. 5. dit-il. XII. 15 . une Île avec une ville. IV. citant Ptolémée Évergète : mention de gens qui venaient acheter des singes en Afrique. XXVII. des magots : on en rencontre aujourd’hui sur plusieurs points de l’Algérie et au Maroc (dans le massif de l’Andjera. Étienne de Byzance indique un port eu Libye dans la région de Carthage. Anim. Hérodote. Etymol. signalés assez souvent(1). 2. p. un autre lieu. 5. entre Tétouan et Ceuta)(2). ll. XIV. Avant la domination romaine. — Il y en avait peut-être aussi en Cyrénaïque. 38. Appien. mot fort mal choisi. on voit un singe grimpant à un palmier : Comptes rendus à l’Académie des Inscriptions.. 600 : il indique en Afrique des cercopes. XXVI. 12 Isidore de Séville. au quatrième siècle. à Carthage. Diodore. ( πιθηχοφαγέουσι). où il y en avait autrefois. 26.. — Athénée. spectacle qui le divertit beaucoup. Pomponius Méla. 109 Les singes. au temps de Masinissa.

Voir. 5. 18 (en 160). et ces envois continuèrent jusque. d’y vivre et d’y travailler en sécurité(1). III. Ainsi. avec le temps. c. 1. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. L. Syllla. XIV. pour l’Italie. X. Lettres. c. Pour Gadès : Columelle.. XXXIII. 2. Méla. VI. 2. 11. II. Ibid. 10 .. L. 2350 . 34. de ferae ou bestiae africanae(11). 64. Plutarque. 22 (en 186) . LX. Lettres. LXXXIX. p. Strabon. L. ibid. LIX. 253. 135-6 . I. s. C. 6 . Caclius. II.. 29). VI. 5. Chronique. C. on même simplement d’africanae(12) (terme qui désignait principalement les panthères) se rencontrent dans les auteurs et parfois aussi dans ____________________ 1. 5. Passion de sainte Perpétue. 7. Diane est qualifiée de « victrix ferarum » sur une inscription de Maurétanie : C. Pline. 3 . III. 9. 355 (5° édition). par Gauckler et de Pachtere. 18.136. 18 .. l. 26 . 10. VIII. 7 . 250. 7 . Pline le Jeune. Gordiani tres. XVII. 21. 13. 1011. . 4. 1910. 21. 5. 2° édition. Tite-Live.110 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Chasse. 12. 8. Conf. 7960. Claude. XLIV. — Dion Cassius. 33.1. Histoire Auguste. Symmaque. Jug. 1. I. Pline l’Ancien.. Ete. L. 8. Friedländer. 19-21. 34 (Vérone) . Res geslae Divi Augusti. 33 . soit pour se débarrasser d’elles(4) et se procurer du gibier. 17938. Rust. p. 27 .. IV. Salluste (Jugurtha. 33). VIII.. Conf. p.. Élien. XXXVI. III.1. 348 et suiv. 549. par exemple. I. Géorgiques. 4. 3. Méla. L. On en expédia à Rome dès le commencement du IIe siècle avant notre ère(8). p. 9. 212 (l. Pour Carthage : Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. C. soit pour fournir à la capitale du monde(5) et à bien d’autres villes(6) des animaux destinés à figurer dans les spectacles. XVII. 39 et suiv. VIII. 9831. 6) parle des indigènes « qui bestiis interiere ». année 1364 (en 519). Caligula. Strabon. IX. p. VII.. Varron. X. . anim. c.. Conf. Des mentions de ferae libycae(10). I. VI. 400 et suiv. VIII. Suétone. Res gestae Divi Augusti (Mommsen. 1910. Pour Rusicade : C. 252.. Pline le Jeune. 3. l. On les chassa avec ardeur (c’était une occupation favorite des habitants du pays(3)). Strabon le remarque déjà (II. sous le règne de Théodoric(9). Plaute. Mais. p. 41. Lettres. 530 (Salerne). XLIV. Salluste. 4. L„ VIII. Friedländer. Nat. 5. Poenuius. 122 (Libycae. 6. Thesaurus lingude latinae. 245-9. 1262. IX. Audollent. 5. leur nombre diminua(2). 3. Les mosaïques représentant des scènes de chasse sont très fréquentes dans l’Afrique romaine : voir aux index des inventaires des mosaïques de Tunisie et d’Algérie. 7. 94). v. apud Cicéron. Aurélien.. Tite-Live. II. XXXIX. Voir encore Virgile. Lettres. Defixionum tabellae. VII. 4 et 15. LIII. C.1. 40 (ferae africanae). pris substantivement).. Cassiodore. LIV. Auguste indique qui environ 3 500 bêtes africaines furent tuées dans vingt-six fêtes qu’il donna au peuple (7). VIII. l. t . 2350 (bestiae africanne). n° 247 .

Armée romaine d’Afrique. 685-6 . Énéide. Claudien. 117. — Une tête de lion se voit sur des monnaies frappées en Afrique par Clodius Macer. Lucien. 22. IV. Oppien. Monnaies impériales. Helbig. VIII. IV. Tunisie. 4. XVII. IV. n° 75 . 2e édit. Ovide. 1-2 .. Numismatique de l’ancienne Afrique. n° 25. : Cagnat. Revue numismatique. I. 12. Élien(5) parle.. In psalm. en 68 après J. III. 71. XII. IV. Ils osaient même s’approcher des villes : Polybe en vit qu’on avait mis en croix. conf. Saint Augustin. 22. Bucoliques. I. Plutarque.. me parait bien hasardée. ils restèrent un des fléaux ____________________ 1. 330-341 . Silves. qu’on a donnée des sigles qui accompagnent l’image de la monnaie. 152 . V. VIII. le Sanctuaire de Baal et de Tanit près de Siagu. 503. n° 1116 (peinture). etc. 159. Hérodote. p. Sur la chasse aux lions et les manières dont on les capturait en Afrique. Sénèque. 183. 12. Stace. p. Anim. VIII ? 53. ainsi que des mosaïques . 235. 5. p. 23 . XVII. p. 191.. n° 21). n° 21.. voir Lucain. III. n° 58. 590. IV. 3. XVII. p. Monnaies de Juba Ier et de Juba II : Müller. Lucain. I.280. 103. 7. IX. Cyneg. XVII. Brevit ? Vitae. 21567 (B. 685-6 . qu’on croit être le Génie de la terre d’Afrique. p. Claudien. XVII. p. Athénée. 44-47. 47. Gauckler.. et des statues en terre cuite de Bir bou Rekba. Cyneg. p. 5. nos 6917. Gidon. Ces animaux étaient très redoutés. Odes.. . . 47 . C. 107. 3. 947. 8. De Genesi ad litteram. Polybe. p. Oppien.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD.. 27 . n° 65. VI. e. 6. p. Virgile. I. Bell. n° 403 . 6. VIII. 111 les inscriptions. nos 149. d’une tribu entière qu’ils détruisirent. Horace. II. I. 1. peut-être d’après le roi Juba. 15. 13-10. I. qui n’ont disparu de l’Algérie et de la Tunisie qu’à la fin du XIXe siècle et qui existent encore au Maroc. 1 . 35 et suiv. p. p. V. II. 5. Élien. III. 22. 54 . Wandgemäle de Städe Campaniens.. 43. XIII. Invent. 77 et suiv. Cohen. On eut beau leur donner la chasse(7) . XXXVII. Manilius. Monnaies consulaires. Strabon.-C.. 664. 2e édit. XV. ceux que les textes signalent le plus souvent sont les lions(2). Nat. n° 69 et figure . 672. Salin. 7. Salluste. XII. Snarr. Pompée. III. 143. 42 . Nat. II. Jug. Parmi les fauves. 27. 20. Cons. 3. Ars amal. 5 . pour écarter les autres par la crainte d’un pareil supplice(6). Pline. On connaît l’usage que Flaubert a fait de cette indication dans Salambô. 6. 2. XXVII. Quomodo historia conscibenda sit. n° 91. IV. III) représentent une déesse à la tête de lion. XIII. 1908. L. dans une région riche en pâturages. 52. IX. Pline. 358 . c’était surtout la Numidie qui les fournissait(1). Le lion apparaît sur des monnaies indigènes(3) et il est donné pour compagnon à l’Afrique personnifiée sur des monnaies impériales romaines(4). p. — Une monnaie frappée par les Pompéiens en Afrique. Cons. III. 4 . 333 et suiv. A l’époque de Pline l’Ancien. pl. 753 . III. n° 51 . 12). Stilich. 3. Pline. VIII. VII. Mais l’explication G(enius) T(errae) A(fricae). 504. 28. Conf. 3.. p. Stilich. 27. 135. VI. pl. 15. fig. en Tunisie (Merlin. Anim. 677. Apud Pline. IV. n° 106 . au milieu du premier siècle avant notre ère (Babelon. fig à p..

n° 450 (au musée d’Alger). 10. 4. 22. ou Pardalarienses : C. 1003. 1. 9. anim. 1911. 63 . dans Causeries scientifiques de la Société zoologiques de France. fig. 350 et 490. 235 et suiv.. Invent. ____________________ de Pachiere. énumère à la fois (avec les lions. 346. Une peinture d’Henchir Tina : Bull. l’année 414 (Code Théodosien. nos (= Mélanges de l’École de Rome. situé à l’ouset de Sétif. Musée de Sousse. 3 (Didot. Nat. qui commencent à devenir rares dans l’Afrique du Nord. XXXI. A une connaissance. Anim. n° 122 (= Gauckler. 8. 12. p. 3. Voir plus haut. IV. non seulement aux panthères. pl. leopardi(7).. 4 et 7. V. VIII.. VIII. . p. (il prétend que des Africains prennent les panthères en les enivrant). 422. XIII. Voir Trouessart. 3. 38. Les pardi apprivoisés. attribué à Xénophon (XI. Plusieurs textes(11) et des mosaïques(12) nous renseignent sur la chasse à la panthère. Invent. 7. Gouvet et Hunnezo. Élien. en latin. Contra epistolam Fundamenti. XXXIV. y étaient fort nombreuses autrefois(3). 33 . Pardus était le nom du mâle. 10. I. Nat. Algérie. p. Les auteurs les appellent παρδάλεις(4) pardi(5). XlX-XX). 2. p. 10. 41-43 . XIX et XXI). 3. L. Friendländer. et peutêtre aux hyènes(10). XV. VIII.. II. XIX-XX).. X. p. II. 9. mais aussi à d’autres félins (guépards. 976) . du pays(1). Invent. Conf. l. Oppien. — Aux second et troisième siècles de notre ère. VIII. Pline. qui. XVII. II. 1). Pl. 9 (Moralia. II.112 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. ont à peu près la même robe(8). dans un écrit africain du début du troisième siècle. 92. ce nom apparaît pour la première fois. 6. Tunisie. V. De Genesi ad litteram. Élien. Tunisie. Élien.. XII. les ours) les παρδάλεις et les πάνθηρες. I. XIX. 5. 63. Strabon. des colons d’un domaine impérial. 2) . 443.. III. XXXI. 8425. III. l. Conf. I. 7. Algérie. Histoire Auguste. p. 1. VIII. 337. Le terme africanae(9) a pu s’appliquer. Silius Italeus. 1) permit aux particuliers du tuer les lions (la chasse au lion était un droit régalien). Plutarque. — Les πάνθηρες qu’Hérodote signales chez les Libyens nomades sont peut-être non des léopards. s’appelaient Pardalarii. Elles sont fréquemment représentées sur les mosaïques africaines.. Les mot παρδάλεις et pardi. Guckler. 202. Nat. mais d’autres félins (des guépards ?) : l’auteur du Traité de la chasse. 1910. Algérie. pl. invent. Une ordonnance de. Pline. de Pachtere. 450 . 381. p. Des auteurs regardaient les pardi et les pantherae comme deux espèces différentes : Pline. 62-63 : XXXVI. Probus. ou panthères. Voir en particulier Gauckler. 320 et suiv. fig. les lynx. Conf. Tite-live. 40. 1911. Anim. n° 672. 5). Nous trouvons cependant quelques mentions de lions apprivoisés(2). archéologique du Comité. 5. pantherae(6). invent. XXXIX. Saint Augustin. c. 54 et XIII. 8426. c. 11. catacals). Maxime de Tyr. Paecepta gerendae rei publiene. la Passion de Sainte Perpétue chap. Dissert. plus petits que les panthères. XVI. Elien. 15 . 10. servals. Les panthères. Cyneg.Polybe. 110. nos 45 (= Mélanges de l’École de Rome. Didot. De Patchere. VII. a dû servir aussi à désigner les guépards.

p. n° 301 . l. I. é ». à cause de l’inimitié qui existe entre ces animaux. 4. 7. Mamifères (extrait des Actes de la Société lianéenne de Bordeaux. De Pachtere (Invent. racontant une expédition faite à l’intérieur des terres par des Grecs. Faune des vertébrés de Barbarie. 387. III. l. Lataste. 103 et suiv. v. Cyneg. sont dressés par les Arabes à forcer la gazelle.. Keller.. fig.-C. Nat. 304 . 58. n° 375 (=Monuments Piot. abondent en Éthiopie. 323 : « maculose… lyncis ». C’est sans doute le chacal qu’Hérodote(10) indique chez les Libyens nomades sous le . espèce répandue dans toute la Berbérie(6). à la p. 72). p. petits renards du Sahara . XXXIX. 7. dit Pline (VIII. fig. longue de deux cents stades (37 kilomètres). avec des poils à l’extrémité des oreilles(3) et qui est excellent sauteur(4).281. 12. 104 ? Trouessart. soit peut-être du serval. c. XIV. 20). étaient sans doute des guépards. pl. 5. Lataste. Riese. Diodore de Sicile(5). De même. Anthologia latina. — Hyènes sur des mosaïques : Gauckler. Hérodote. p. p. Énéide. qu’un poète africain nous montre chassant avec des chiens(1). dit-il. Trouessart. 386. Pline. 192 : βασσάρια chez les Libyens nomades. Ce sont sans doute des fennecs. Riese. fig. Némésien de Carthage. 192 : ϋαιναιn chez les libyens nomades. édit. IV. XXVII. ennemis des singes.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Chasse au renard sur une mosaïque d’Oudna : Gauckler.. 113 ___________________ 1. de Pachtere. Voir encore Virgile. 6. n° 115) signale un chat sauvage sur une mosaïque de Timgad. Solin.13. p. VIII. 9. L’hyène(8) et le renard(9) sont mentionnés.. conf. 1869. 1885). c. 10. XXIII). à la p. parle d’une haute chaîne de montagnes. qui. Trouessart. 6. IV. sont aussi des caracals (conf.. c. — Hérodote. On doit reconnaître le caracal dans le lynx qu’Élien(2) signale chez les Maures : animal qui ressemble. à la fin du IVe siècle avant J. édit.. Conf. qui était pleine de chats . que mentionne une pièce de vers africaine (Anthologia latina. 2. IV. 8. 381. anim. n° 440. à la panthère. p. 192. die antike Tierwelt. Peut-être Timothée de Gaza (dans Hermes. l. à la p. 3. III. 22. Il s’agit soit du chat ganté. XX. Trouessart. Algérie. — Conf. appelé vulgairement chat-tigre africain(7). p. c. fig. n° 360. les lynx qui. I. 52 et 307. 108 : « Hynenae plurimne gignuntur in Africa » . aucun oiseau n’y faisait son nid. Hésychius Βασσάρια τά άλωπέχια οί Λιδυες λέγουσι. 1. conf. O. Les lynx. 82).. §36) : le chat est apparenté au pard en Libye. de nos jours encore. 10 et 11. 387.

dit-il. Peut-être Corippus. Plutarque. 8. 6 : γαλάς άγρίας. dans la région qui produit le silphium (à l’Est de la grande Syrte) . Il parle ailleurs d’animaux sauvages africains du même nom(8). à celles de Tartessos (Sud de l’Espagne)(11). 353 et suiv. L’ichneumon (la mangouste) est signalé par Vitruve(6) dans le Maroc actuel. 3. Lib. 11. On identifie généralement avec le chacal l’animal appelé thos par Aristote. et que en dernier (XXX. qu’Aristote indique en Cyrénaïque était probablement aussi des chacals : Hist. 4. IV. dit Pline(4).. affirmat-on. elles ressemblent beaucoup. άς ή Λιβύη φέρει. L’espèce dite γαλή Ταρτησσία est aussi mentionnée par Élien (Var.. Apulée. Gracchus(3). Tissot. I. Chacal sur une mosaïque de Cherchel : de Pachtere. si ce n’est que son museau est plus proéminent : ce détail fait penser à la genette. 307. Florida. XIV.. dans la même contrée. qui signifie loup. 2. I. dont les habitants du Sud de l’Espagne se servent pour forcer les lapins dans leurs terriers. VIII. Anim. Tels étaient probablement aussi les λύχοι qui arrachèrent. Bell. 102.. IV. le mot arabe dib. Johannide. 4. Les loups. n° 440 6. l. p. S’agit-il ici de genettes ? ou dit quelque mustélidé ? ____________________ 1. Conf. 7. 2. XVII. Nésuénien. Solin. 9. 52 . c. VIII. 3. semblable au chat. 17 : « luporum acutus ululatus ». Pline. λύχοι. 7. civ. nom de θώς(1). Strabon(7) mentionne. Caius Gracchus. 5. Les viverne de Pline (VIII. 4). 24... 27) qualifie de lupus nethiopicus. 373. par une scolie aux Grenouilles d’Aristophane (v. est employé pour désigner le chacal. 2. et. on peut supposer que les lupi de quelques auteurs latins(2) étaient en réalité des chacals. III. Les auxiliaires que les Espagnols employaient ainsi étaient sans doute des furets(9) cependant il faut observer qu’il n’y en a pas aujourd’hui en Afrique. sont lâches et de petite taille : observation qui s’applique bien aux chacals(5). 28 (27). Élien. 105. Cyneg. 80. 475) et par Suidas. Les loups d’Afrique et d’Égypte. 136 . . hist. 8. 218). 10. — De même. VIII. Appien.114 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Hérodote(10) indique aussi des γαλαΐ chez les Libyens nomades. les bornes-limites de la colonie fondée à Carthage par C. 11. l’absence du loup étant à peu près certaine dans l’Afrique septentrionale. un animal qu’il appelle γαλή.

368. Des ours de Numidie parurent plus d’une fois dans les spectacles de Rome(13) et ce furent sans doute des animaux du pays qui figurèrent dans les amphithéâtres de Carthage(14) et d’autres villes de l’Afrique d u Nord(15). en 61 avant J. VI). p. 131 et 228. 351. p. 2. IV. p. 6. V. Il convient d’observer que.. Juvénal(9). 5. Coutra Academicos. 20 . Aristote. Mais cette assertion est contredite par Hérodote(5). 107 . n° 598 (chasse à l’ours) . LIII. 7. p. XVIII-XIX (ours apprivoisés). 13.. I. Passion de sainte Perpétue. 14. Analecta Bollandiana. 270. IV. de Pachtere. VIII. vit peut-être encore au Maroc(2). 250. Kobelt. 99-100. 5. Voir aussi Anthologia latina.. Enim. Voir plus haut.:375. IX. 7. Ce dernier nous apprend que les ours de Numidie l’emportaient sur les autres par leur férocité et la longueur de leur poil. s. 3. p. Pline. II. C. 1900. Les ours indigènes auraient été signalés au Marne en 1834 . 253. 1. 252. index. 15. Anim. — Voir aussi le même. VIII.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. n° 306 (ours dansant) . 2. 1. . Les images d’ours sont fréquentes sur les mosaïques africaines(12). 1903.-C. p. février. 336. A Thagaste : saint Augustin. 115 (chap. 690. 27 . 10. Riese. XXVI.. Audollent. c. n° 28 (ours dressé par un dompteur). Studien zur Zoogeographie.. Sermons. 381-2). 3. janvier 1912. 191. Inventaires de Gauckler et de Pachtere.. IV. p. A Thuburbo. 3. et il est vraisemblable qu il ne s’est éteint en Algérie qu’à une époque assez récente(3). VIII. Trouessart. jusqu’à présent. I. l. 3. Hérodote. — Charlemagne reçut un ours d’Afrique : Friedländer. XVII. Héron de Villefosse. Pline(4) soutient cependant qu’il n’y a pas d’ours en Afrique. Voir en particulier Gauckler. Defirionum tabellac. Dion Cassius. C’est à tort que plusieurs auteurs(16) ont nié l’existence dans ____________________ 1. édit. 192. Némésien(10). VIII. 1890. Énéide. Conf. v. Carton. Reboud. Strabon(7). VIII. (c’est à tort que Juste-Lispe et d’autres ont supposé que les Romains qualifièrent les lions d’ursi numidici). Cyneg. p. 9-10 (reproduit par Tissot. qui existait en Berbérie à l’époque quaternaire(1). Élien. 10. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. 7 (dans le Maroc actuel). c. 12. p. 37 . 4. nos 247. LIX. on ne l’a pas rencontré dans les stations néolithiques. le fait reste douteux. XVII. Nat. 101. II. VIII. 131 : cent ours de Numidie au cirque. n° 334. Hist. 11. 1875. sur cette question. XXXII. p. p. 104. XVII. 28 (27). p. 16. Procès-verbaux de la commission de l’Afrique du Nord.. dans Rec. ibid. en 304 . Pline. 8. n° 51 . de Constantine. 115 L’ours.. Solin(11). 228. Virgile(6). ibid. 19. L. 10470. I.. Martial(8). XIV (chasse aux ours) . 140-1. 9.

Élien. Sahara algérien. n° 250. fig. du Comité. 1800. 174 : « onagri ». et IV. 463 (moule). 204-5. Cyneg. Les Africains chassaient volontiers à ____________________ 1. cette contrée du sanglier. dans Analecta Bollandiana. Inventaires. qune et asinorum silvestrium multitudinem fundit » VIII. Arrien. Anthol. Solin. mis sous le nom . Cyneg„ XXIV. p. XII. des onagres que les anciens mentionnent dans l’Afrique septentrionale(6). XII. 7. III : « onager » dans une forêt. Musée de Cherchel. p. latina. pl. Riese. fig. pl. Etc. latina p. du reste. 118.. — On peut encore citer Virgile. p. Dipsad. 5. 4. 1892. formées d’un mâle. Isidore de Séville. On a observé les mêmes moeurs chez les hémiones de Mongolie et les ânes sauvages d’Asie et de Nubie. Voir plus haut. p. Audollent. 648. 8 et 9. Voir aussi une peinture représentant une chasse au sanglier : Bull. 5. 1. 104). XV. Müller. qui y abonde encore. n° 77 (monnaie). Les ânes qui errent aujourd’hui dans le Sahara sont des ânes marrons. Defixionum tabellae. édit. 159. Surtout Gauckler n° 362. anim. I. — Des dents de sanglier ont été trouvées dans des tombeaux romains. 197 et suiv. index. 3. p.. c. Gautier. archéologique du Comité. 1910. Sahara soudanais.. Suilliens. XIV. le contexte montre qu’il s’agit d’ânes sauvages. 10. XXVII. qui commandait. XIV.Africa. Pline. 306 .Waille... Sangliers à l’amphithéâtre de Carthage : Passion de sainte Perpétue. IX. d’origine domestique. VIII. bien qu’Élien ne le dise pas expressément). Ils vivaient en bandes.11)1 et suiv. signalés par Hérodote (IV. 92 Une pièce de vers de l’époque vandale décrit une peinture dont le sujet était le même : Anthol. — Les ânes sans cornes et qui ne boivent pas. conf. 256. abattu et on le trouva châtré » (voir plus loin l’explication que les anciens auraient donnée de ce fait et dont je ne prends pas la responsabilité).. Énéide. Nat. 192) chez les Libyens nomades. 324. chap. 27 . p. VIII. Isidore de Séville. sont peut-être des onagres. à Cherchel : Pomel.. XXVII. latina. LXX. III. VIII. Oppien. chassé par des cavaliers. 60. Exploration scientifique de l’Algérie. quoique ces textes poétiques aient peu de valeur. 39 : « asini feri » . n° 384-5. p. p. Pline. qui. 2 (dans le désert). est signalé par des textes anciens(2) et fréquemment représenté sur les monuments(3). 598. p. de Pachtere.. et d’un certain nombre de femelles(7) . 770 . 5-6 (figurine). 1. 10 (ânes de Maurétanie . s. n° 307. archéol. Lucien. 204-5. n° 320. VIII. Etymol. 4 (bas-relief). 39 : « Onager interpretatur asinus ferus… Hos Africa habet magnos et indomitos et in deserto vagantes » . Chasse nu sanglier: Némésien. Gauckler et de Pachtere. Solin. 1 et 3-4. Nous n’avons pas de raisons de croire qu’il en ait été de même des ânes sauvages.116 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. n° 304. Cyneg. Passim de Tipasius. Gauckler. 108 : « . saint Augustin. Pline. en particulier sur les mosaïques(4). p. 101 (conf. Oppien. Sermons. 8. 27. p. on prétendait que le mâle était jaloux au point de châtrer ses petits à leur naissance(8). Chudeau. 6. laissés en liberté(5). 2 . Archéologie. Anthol. 607. 108 (conf. Numismatique de l’ancienne Afrique. 118. 317 : « Un de ces animaux fut chassé. Bull. 19 . I. qui y vit depuis l’époque quaternaire(1). 108 . L’auteur du traité De mirabilibus auscultationibus. 30). III. 450 : ce sont des scènes de chasse. v. 2. 10. Delamare.

4. . le terme ίππότιγρις : Dion Cassius. 6. puisque cet auteur affirme qu’ils sont de couleur d’argent(5). Hist. dont l’existence est certaine à l’époque préhisto(6) rique . 186 : άργύρεος χροίην. se fatiguent vite et s’arrêtent . onagri. comme les onagres de Nubie). On trouve aussi. VIII. p. 6 . 120 et 228. Thomas. de Pline(11) et d’Élien(12). 8. pullis eorum ceu praeslantibus sapore Africa gloriatur. LVI. 11. p. L. Reboud. XVII. On pourrait se demander si certains de ces équidés n’étaient pas des zèbres. LXXVII. ibid. 97. 1878. leur jettent une corde au cou. 9. p. III. X). Faune des vertébrés de Barbarie. XIII. Philostorge. 1912.. p. l’imagerie phénicienne (Paris. anim. 476-7.. Mosaïque d’Hippone. Tissot. pour désigner le zèbre. 7. 192 10. 174 : « .. 164-6. 340. 53-58. 336-7.. §10. de Constantine. VIII. Sur cette question. — Élien (l. Nat. p. 3. 9 et 22. De Bosredon. c. p. raconte une histoire analogue à propos des onagres de Syrie (chap. puis les emmènent en les attachant à leur monture. 334. 10. XVII. Nous savons.. Pline. p. pl. en effet. Hist. 5. où l’on voit un âne sauvage pris au lasso par un cavalier : de Pachtere. c.10. Cependant l’hypothèse n’est pas valable pour les ânes sauvages dont parle Oppien.) Arrien. 12. 93. XIX-XX (l’animal a des raies transversales aux jambes. 1. III. p. . dans Hermes. VIII. » Conf.) dit que les ânes de Maurétanie. 101 et 105... ils se servaient souvent de lassos(1). quos lalisiones appellat. l02 et 105. 117 cheval ces animaux très rapides. (ίππότιρις έοιχε τοΐς άγίοις όνοις). 2. 1880). qui se rencontre encore aux confins de l’Algérie et de la Tunisie et dans l’extrême Sud tunisien(7) vivait en Berbérie pendant l’antiquité historique(8). Études d’archéologie orientale. Jolenud. 28 (27). comme les onagres actuels de Nubie. IV. malgré les affirmations contraires d’Hérodote(9). dans Rec. I. quoique très rapide. Théodore de Gaza. l. Voir plus haut. d’Aristote(10). Voir p.. pour les capturer. 1911. XXXI. Le cerf. p.. voir Clermont-Ganneau. Il est ____________________ d’Aristote.. 3. 11 (όνος άγριος). (. Lataste. c.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. que ceux-ci ont été qualifiés quelquefois d’ânes sauvages par les Grecs(3) et que le zèbre a été rencontré dans des stations préhistoriques(4) : il ne serait pas inadmissible qu’il eût subsisté dans quelques régions.. eccles. La chair des poulains était très estimée(2). 1869. Géographie. XIX. 37. Ph. Martial. p. c’est-à-dire gris cendré. Revue africaine. anim. les indigènes qui les poursuivent descendent alors de cheval. dans Mélanges de l’École de Rome. Essai d’une description géologique de la Tunisie.

184 . Dracontius. 1910. dans Rec. Arrien(2). Opinion de Judas. 1887). 6. IV. il s’inspire d’Aristote (Hist. II. p. de Pachtere. 771. Quid de natura Cyrenaicae Pentapolis monuments tradiderint. 7 (conf. Thiere des klassischen Alterthums. 8. qu’un poète de l’époque vandale. Dei. aux cornes droites. On trouve quelquefois des daims près de la frontière de l’Algérie et de la Tunisie. c. 231 . 7. 228. 313 : « Cornibus erectos sortita est Africa dammas. 11. p. p. Invent.. I. Un poète. Cependant. p. c. dans le passage où il indique l’absence en Afrique de sangliers. Par le mot caprea. 10. Tissot. 3. p. p. 5. paraissent avoir été des antilopes(12). latina.. Pline dit avec raison qu’il n’y a pas de chevreuils dans cette contrée(13). 121. Cyneg. au delà du Maroc. Voir cependant Gauckler. qui dit que le sanglier. 484. Pline désigne le chevreuil (conf. p. Némésien(4). Voir encore Anthol.. croyons-nous. de capreae. 347) 9. 1. 347. n’aurait pas grande valeur. gr. archéologique du Comité. 124).) croit qu’il s’agit du daim. c. indiqué par Virgile(1). I. attribue à l’Afrique(11). c. XXIV.118 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Laud.. Invent. p. l. IX. 2. III. p.. Afrique ne sont évidemment pas des preuves de l’existence de ces animaux dans le pays. VIII. Bull. 35. Ces animaux ne sont pas signalés parles anciens(10). 282... s’il était isolé. saint augustin(5). 28. dans la région de la Calle(9). 1889. Énéide. Il n’y a pas lieu. 94) mentionne le commerce de peaux de cerfs fait par des Éthiopiens qui habitaient la côte de l’Atlantique. 3). et même par Élien(6) .220. LXI. XI. qui écrivait sans doute sous la domination ____________________ 1. 4. 886 (d’Utique. n° 422. Lataste. » 12. Joleaud (l. c. fig. On a cependant reconnu le daim sur des monnaies de Cyrénaïque : Rainaud. après Pline(8). Rev. le cerf . Cyneg. p. Joleaud. de l’histoire des religions. n° 307. n° 124 : cerf dans un paysage de domaine africain. 489 et suiv.. L. cavalier prenant un cerf au lasso : O. 154 : témoignage qui. 255. Cyneg. Keller. 24) . Pars I. Riese. 2. nos 607. Catalogue des mammifères de la Tunisie (Paris. 82. des chasses au cerf sont représentées sur des mosaïques africaines(7). Sermons. 76. — Le Périple de Seylas (§ 112 : Geogr. 1865. on s’est demandé si cet animal n’est pas déjà mentionné sur des tarifs de sacrifices puniques : Corpus inscriptionum semiticarum. car les dammae. LXX. p. anim. Voir à ce sujet ClermontGanneau. de Constantine. de supposer qui il ait disparu durant un certain nombre de siècles et qu’il ait été introduit de nouveau sous la domination romaine. 306. Tunisie. un animal qui paraît être un cerf. édit. VIII. 69 et suiv. Voir plus loin. Gauckler. n° 104 : au bas d’une stèle du culte de Saturne. 1.. 13.. min. p. — Toutes les images de cerfs trouvées en. de cerfs. comme le remarque Tissot. Peut-être le cerf était-il parfois offert en sacrifice au dieu . l. p. Oppien(3). l. 258. I. . p. l. Algérie. p.

. dans le désert. n° 307. au Sud de la Cyrénaïque . fréquents même sur le littoral aux temps préhistoriques. XXIV. Anthol.5. Hist. 1. il y a encore beaucoup de gazelles au Nord-Ouest du Haut-Atlas. 400-410 . Sclater et O. par Arrien(8). latina. Hérodote(11) signale. Riese. l’antilope mohor. mais ils abondent encore dans le désert. Nous rencontrons dans les auteurs anciens différents termes pour désigner ceux de ces animaux qui existaient dans l’Afrique du Nord à l’époque historique. 13 . XIV. 2. P. l. 238. Au Maroc. ou gazelle de montagne (Gazelle dorcas hevella) . 119 des Vandales. ____________________ et la chèvre sauvage (αίξ άγριος) manquent en Libye. IV. par Élien(9). l’antilope addax. 8. 11. La gazelle est mentionnée sous le nom de dorcas par Hérodote(4). Thomas. the Boock of Antilopes (quatre volumes. qui indique que les Libyens la chassent à cheval. Les ruminants de la famille des antilopidés. chez les Libyens nomades. 14. Londres. plantar. 7. édit.. 4. par Théophraste(5). 192 (ξορχάδες). 3. Trouessart. 1894-1900). par le terme « chèvre sauvage » Aristote ait voulu désigner le chevreuil. 102. 9. p. X. l’antilope bubale (Alcelaphus bubalis ou Bubalis boselaphus)(3). 6.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. p. dont les plus connues sont la gazelle ordinaire (Gazella dorcas) et la corinne. 50. des όρυες. c. 3. III. en mentionne (capreae)(1) : on les avait peut-être introduits pour avoir le plaisir de les chasser. ou nanguer. XIII. Le mot dorcas a été employé en latin par Martial(10). 10. sont aujourd’hui de plus en plus rares au Nord de l’Atlas saharien(2). Conf. IV. anim. 98. chez les Libyens nomades. 1.. il est souvent difficile de dire de quelles espèces il s’agit. passim. 65. 4. Ce sont : plusieurs espèces de gazelles. . par Diodore de Sicile(6). XVII. 3. dans la partie de la Libye où il ne pleut pas . Or il ne semble pas que. par Strabon(7). dans le Maroc actuel. IV. 5. qui la décrit et parle aussi des chasses que les cavaliers libyens lui livrent.. Cyneg. Nat.

Sahara algérien. anim. Pour les cornes en forme de lyre de cette antilope. indication qu’il a empruntée à Aristote(5). vit dans les parties de l’Afrique. L’oryx. pl. Littré admet la correction : « ut liras diceres » Il traduit : « Le strepsiceros. II. 3. Symmaque(10) était en quête d’addaces. avec vraisemblance. Un ce qui concerne l’animal dont parle Hérodote. 140. parcourues par des cannelures qui forment un léger relief. Voir encore Martial. III. quem addacem Africa appellat. et qu’ils n’ont qu’une corne(4). Hist. que l’Afrique appelle addax. de sorte qu’on dirait des sillons. ______________________ l. L’addax est mentionné par Pline(7) : « Le strepsiceros(8). je croirais volontiers qu’il s’agit de l’addax(6). 7. destinés à paraître dans des spectacles. XI. Il n’est pas sûr que. 201. au dire de Pline(1).120 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. dont la chair était appréciée des gourmets. Conf. XI. » On n’est pas d’accord sur le sens de ce passage. » A la fin du IVe siècle. On peut admettre que ce strepsiceros. anim. 4. Pline. XXXIV. » 10. 9 . strepsiceroti. Lettres. mais dont l’existence dans le Nord-Ouest de l’Afrique n’a pas été constatée avec certitude. dans ces divers textes. IX. dépourvues d’eau. όρυες en εόρυγες. XIII. 124. 2. qui vit en Nubie et dans le Soudan. Pline dit encore... 2. 93. Juvénal(2) mentionne aussi l’oryx gétule. Peut-être aussi l’informateur d’Aristote avait-il vu des antilopes qui n’avaient réellement qu’une corne. autour desquelles tournent des cannelures et qui se terminent par une petite pointe.. oryx désigne l’antilope appelée aujourd’hui par les zoologistes Oryx leucoryx. 214.. X. l44. a les siennes droites. ut lyras decerent. le terme όρυξ. qu’ils ont le poil tourné vers la tête(3). 1. 9. qui sont de la grandeur des bœufs et dont les cornes servent à faire des lyres phéniciennes : on a corrigé. VIII. a des cornes dressées. Peut-être cette assertion a-t-elle été motivée par des images où l’animal était représenté de profil et où l’une des cornes cachait l’autre. 5. il se passe de boire. 6. elles conviendraient pour faire des lyres(9). 8. que parcourent les Gélules. voir Gautier. VIII. à propos des oryx. 214 (strepsiceroles). . XI. « Erecta (cornua) rugarumque ambitu contorta et in leve fastigium exacuta. Part. 255. l’autre ayant été cassée par accident : le cas est assez fréquent.

. ____________________ 1. Conf. Cyneg. XIV. Ils sont mentionnés en même temps que les δορχάδες par plusieurs auteurs (Hérodote. c.. qui on rencontre au Maroc et dans le Sahara(9). est bien l’antilope à laquelle le nom d’addax a été donné par les modernes. Nat. 10. il a le poil roux. Le même nom. Conf. XI. 51. et la queue blanche . III. LXXII. 4. Strabon: passages cités plus loin. VIII. anim. très épais. Voir plus haut. Part.. 121 ou addax. en effet. il observe qu’ils ont les cornes recourbées en avant(8). se retrouve dans des auteurs latins. ses yeux sont de couleur bleu foncé. p. 3. Élien. pl. XI. 300-5. 118. Kulturpfanzen und Hausthiere. Némésien de Carthage mentionne aussi ces animaux(6). on mohor. 214 (comme les oryges. Pline dit qu’ils habitent de l’autre côté de la mer (par rapport à l’Italie)(7) . se présentant de face. II. Cyneg.. III. Hérodote(1) indique le πύγαργος (« cul-blanc ») dans le pays des Libyens nomades. Juvénal(3).. 214. 590 de la 6e édition. Voir en particulier la description d’Oppien. Symmaque(4) . 6. L. 14. 8. p. VIII. 192. pygargus. anim. aux cornes dressées. 5. Hehn. 9. 138. ses oreilles. X. 7. ceux que les Grecs désignaient sous le nom de βούβαλος(11). du poète Dracontius(5). 25) il s’agit donc de deux genres différents. 1. c. les pygargi et les strepsicerotes). Nat. 2 . 2. Nous avons parlé des dammae.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 124. . Pline(2). 11. remplies de poils fort abondants . Élien(10) décrit un quadrupède africain dont il parle en même temps que de la gazelle . anim. IV. Cuvier les a identifiés avec l’espèce d’antilope dite nanguer. D’après ce détail. ce dernier réclamait des pygargi en même temps que des addaces. Les animaux appelés aujourd’hui antilopes bubales sont bien. constituent des armes dangereuses. Selater et Thomas. ses belles cornes. Il court avec une grande rapidité et traverse à la nage les rivières et les lacs. voir aussi Aristote..

XIV) . Gouvet et Hannezo. 4. Bull. de Carthage (Gauckler. n° 17. n° 140 et 155 . Musée de Sousse. VIII. 9. non seulement pour l’histoire naturelle.. 102. plus haut. pl. 5. Invent. Martial luimême l’a employé dans ce sens(7). en haut. 3. I. portant l’inscription Bubal. 60) affirme qu’on ne trouve dans le désert. dans un camp romain : l’évènement eut lieu dans un pays de montagnes. C. n° 984 . des antilopes qui nous ____________________ 1. de Sousse (Gauckler. Supplément. anim. archéologique du Comité. qui vante leur beauté. pl. — ce sont surtout des mosaïques(10) —. dans le langage populaire. cum id gignat Africa vituli poilus cervique quadam similitudine. XII. Catalogue du musée Alaoui. 2. Tunisie. au Sud de la Cyrénaïque. n° 9 et 10 (conf. à droite) . Elles n’ont pas été reproduites. mais aussi pour l’histoire de l’art : en ce qui concerne les animaux étrangers à la Berbérie. Diodore (III. p. 11.122 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. le passage d’une troupe de ces animaux causa une panique. 10. Supplément. 1. pl. Mosaïques d’Oglet Atha (Gauckler. Timothée de Gaza. d’El Djem (Gauckler. bœuf sauvage d’Europe (Bos primigenius). p. en Tunisie. p. III. L. ou βούβαλις. § 20. 22644. bien que Pline(8). par Strabon(3) et Élien(4) (en Maurétanie) . XVII. fig. Catalogue du Musée Alaoui. le nom de bubalus fut donné à l’urus. 57. .. n° 8). est un animal d’Afrique. elle nous donnerait des indications sur l’origine des modèles employés par les mosaïstes.203. 3. Gauckler. N’a-t-il pas voulu parler de l’antilope bubale ? Conf. Invent. par Polybe(2). 1809. 8. Elle pourrait être intéressante. d’autres quadrupèdes que la gazelle et le bœuf. eût fait remarquer que c’était là un abus de langage : le bubalus. qui raconte qu’en 41 avant notre ivre. VII) . VIII. 38 : « …uros quibus imperitum volgus bubalorum nomen imponit. n° 703 : chasse à la gazelle) . Nat. et pl. Il serait utile de revoir avec soin ceux de ces monuments qu’on a décrits sans les reproduire. » Conf. Sur des monuments figurés africains. Ce nom a été adopté par les Latins des lampes. Pourtant. 23. 6. Spectac. dans Hermes. afin de reconnaître la nature exacte des animaux qui y sont figurés.. d’Oued Atménia (de Pachtere. on voit des gazelles(11). représentent une antilope bubale(6). fig. observe le naturaliste. VII. XLVIII. 3. n° 71 . 4. IX. Une étude spéciale de la faune des mosaïques africaines par un zoologiste serait très désirable. 1. 7. 5.. 4. qui ressemble plutôt au veau et au cerf(9). 18. la nuit. IV. 1899. Ils sont signalés en Afrique par Hérodote(1). III. Invent. 23. par Dion Cassius(5). 1. chez les Libyens nomades .

fig. Les images d’oryx leucoryx n’indiquent pas nécessairement que cette antilope ait alors vécu dans le pays. l. III. pl... Aussi s’enfuient-ils le plus loin possible du catoblepon. XIX-XX: scène de chasse) . fétide. descend à travers le front et garnit la face. Monuments Piot. Mosaïques de Sousse (Gauckler. — Bas-reliefs de Kaoua. vers le bas. Mélanges de l’École de Rome. à droite) . n° 381 . ressemblant à celle du cheval. ____________________ Algérie. p. p. 5. à la p. n° 440 . Nat. sort de son gosier. 5. le catoblepon (χατώβλεπον) animal d’Afrique. 1. 2. Invent. Gsell.218. dans Nouvelles Archives des missions. 218. Il n des sourcils relevés et épais. pl. d’Oudna (Gauckler. III : scène de chasse). Voir plus haut. Lorsqu’il regarde en dessous. fig. vers le bas) . car ils connaissent. n° 43. Mosaïque d’Oudna : Gauckler. son pouvoir malfaisant. ses lèvres se découvrent et un souffle lourd. 306). anim. 104-6). IX. Monuments Piot. 4.. n° 425 . l’antilope bubale(3). de Cherchel (de Pachtere. 1904. à droite. Cependant. plus petits que ceux du bœuf. Invent. il regarde. l’addax(2).. Gouret et Hannezo.. nos 359 et 381 . Au dire d’Élien(5). Même sujet sur des bas-reliefs de Ghirza. 1. Cet air est funeste aux animaux qui le respirent : ils perdent la voix et tombent dans des convulsions mortelles. VII. Bull. de Cherchel (de Pachiere. fig. 3. p. fig. il se hérisse aussitôt et dresse sa crinière. ressemble au taureau. Musée de Tébessa. 107. c.. n° 5. Revue africaine. 1884. III. mais à terre : d’où son nom. c. 5. pl. 1904. L’addax est probablement représenté sur une mosaïque de Tébessa : de Pachtere. ibid. sont injectés de sang . n° 260 et 263 : chasses à la gazelle) . 25). Invent. ses yeux. vers le milieu.. 1911. non devant lui. p. comme il est probable que l’oryx est déjà représenté sur les gravures rupestres(4). 123 paraissent être des oryx leucoryx(1). XLVIII. à gauche. d’Hippone (de pachtere. XII. Monuments antiques de l’Algérie. 198.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. VII. fig. sur la droite . en Tripolitaine (Méhier de Mathuisieulx. Le catoblepon se repaît de racines vénéneuses. II. pendant la période historique. mais a un aspect plus terrible. p. empoisonnant l’air au-dessus de sa tête. nous sommes disposé à croire à son existence dans le Nord-Ouest africain. . XXXI. I. comme lui-même. car elles ont pu être copiées sur des modèles alexandrins. Une crinière. donnant au visage un air encore plus farouche.12. n° 3 . représentant une chasse à la gazelle (Gsell. à la façon des taureaux. en bas. p. Gauckler. l. des antiquités africaines. part du sommet de la tête. 12. n° 136 . pl.

à un veau. Il est de taille médiocre. des soldats de Marius. ou. III. Athénée(1). Enfin. sur l’ordre de Marius. près de la source que beaucoup croient être l’origine du Nil (c’est-à-dire au Sud du Maroc). il la tient toujours inclinée vers le sol. a des membres inertes et se contente de porter avec peine sa tête. qui vit dans le pays. 64. Pomponius Méla(2) et Pline(3) signalent le même animal.124 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Des peaux de ces bêtes sauvages auraient été envoyées par Marius à Rome et placées dans le temple d’Hercule. il tue tous ceux qu’il rencontre. et l’apportèrent au général. affirmet-on. Autrement. à certains détails. Ils se précipitèrent sur elle. En Libye. en bonne partie. dont la responsabilité incombe peut-être. V. voulant la tuer avec leurs épées. Il la secoue avec peine quand il fixe quelqu’un. à coups de javelots. VIII. Effrayé. des cavaliers libyens tuèrent de loin le catoblepon. selon d’autres. écrit-il. l’animal secoua la crinière qui lui couvrait les yeux et regarda les agresseurs. au roi Juba. Il porte une pesante crinière. Dans la guerre contre Jugurtha. Pourtant. 221 2. car tous ceux qui voient ses yeux expirent aussitôt . Il convient de rejeter dédaigneusement ces sottises. les nomades disent que la gorgone est le catoblepon. De son souffle. ceux-ci moururent aussitôt. citant Alexandre de Myndos. p. 77. parle aussi du catoblepon. ni ne mord. qu’ils appellent catoblepas : ils disent qu’il vit chez les Éthiopiens occidentaux. qui descend du front sur les yeux. et ce regard est mortel. c’est son seul moyen d’attaque . il serait un fléau pour le genre humain. Il ressemble à un mouton sauvage. voyant la gorgone qui s’avançait tête baissée et se mouvait lentement. Cuvier a cru reconnaître l’antilope ____________________ 1. 3. 98. D’autres subirent le même sort. qui est très lourde . jamais il ne fonce. crurent que c’était un mouton sauvage. .

et qu’il les croisa avec des brebis de son domaine. Voir aussi Athénée. trad. nous trouvons la mention d’une espèce de moutons sauvages de Libye.. cité p. I. la Vie de animaux. 6. Elles ont le front bombé.. 2. 7) se refuse à admettre cette identification. il croit qu’il s agit du phacochère. Des béliers sauvages sont indiqués par Hérodote(5) (chez les Libyens nomades) et aussi par Columelle(6). Brehm. munerariis deportarentur. p. Le gnou offre des ressemblances à la fois avec le bœuf. le cheval et l’antilope . 4-5. 21. quand elles tombent. p. 192 : χριοί άγριοι. elles ne se font aucun mal. 1869. 125 gnou. les yeux vifs. Il n’y a pas de chèvres plus agiles. 9. Pomel (Bosélaphes Ray. 206.. I. il ne serait pas impossible qu’il eût survécu dans le Sud de cette contrée. leur menton sont garnis de poils très épais. Nat. XI et XII. l0. 7. Elles atteignent presque la taille des bœufs. l. comme chez les autres chèvres de montagne. Dans Timothée de Gaza(8). 581-2. tant elles sont longues. pl. qui vit aujourd’hui dans l’Afrique australe(1). leurs cornes divergent en sens transversal et descendent obliquement pour se rapprocher des épaules. Élien(9) parle de chèvres sauvages qui fréquentent les sommets des montagnes de la Libye. 3. O. française. Dans Hermes. « son regard parait être celui d’un fou(3) ». Il faut ajouter qu’il se meut avec une grande rapidité. dont la laine est sans valeur. à cause de la ____________________ 1. anim. VII. II.102 et 105. il a des touffes de poils sur le museau(2) . au lieu d’être droites. die antike Tierwelt. Leurs cuisses. qu’on avait transportés en Espagne pour les exhiber dans des spectacles(7). animaux stupides et d’une chasse facile. Nous avons vu qu’il a existé dans l’Afrique du Nord à l’époque préhistorique(4) . Keller. leur nuque.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. P. 2. 8. 4. III.. 5. les jambes courtes . § 34. Conf. XIV. IV. Elles sautent avec une grande facilité de crête en crête. Mamifères. c. p. leur poitrine. 124. p. . Voir Sclater et Thomas. sicut aliae bestiae. Celui-ci raconte que son oncle acheta à Gadès quelques béliers africains d’une couleur étonnante. « Cum in municipimn Gaditanum ex vicino Africae miri coloris silveslres ac feri arietes.

1. Supplément. Conf. IV. ____________________ 1. . 118. 4. Je ne sais pas de quelle espèce Timothée de Gaza veut parler. 28 (27). on fait de vastes gobelets pour puiser l’eau des rivières et des sources. 3. 11. 5. dont parle Virgile (Énéide. conf. Hist. n° 71 . de leur crâne et de leurs cornes. anim. Des chasseurs réussissent cependant à s’emparer à la fois d’une vache et d’un veau. XIV. Les béliers sauvages d’Hérodote et de Columelle sont probablement aussi des mouflons(4). fig. plus haut. vivant en liberté. fig. qui vit dans les montagnes du Sud de la Berbérie et dans celles du Sahara(2) : il n’existe pas de véritables chèvres sauvages en Afrique(3). Cette description convient au mouflon à manchettes(1) (aroui des Arabes). Gauckler. ils l’attachent avec une corde et vont se cacher. pl. c. la tuent. on peut y voir des mouflons. 6. Tissot. Un de ces animaux est peut-être représenté sur une mosaïque d’El Djem. 5. elle. p.. ils l’emportent en vitesse sur les cavaliers qui les poursuivent et ils parviennent le plus souvent à leur échapper. coupent les mamelles pleines. Géographie. de les prendre en plaine. 3 . anim.126 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Quand ils ne sont pas fatigués par de longues courses. Les taureaux errent avec les vaches et les veaux. s’embarrasse les cornes dans les nœuds et demeure prisonnière. dit Élien(6). Leur peau protège les pâtres et les artisans des froids les plus vifs . en Tunisie(5).. une quantité innombrable de bœufs sauvages.. Comme l’observe Aristote. car elles sont sans vigueur pour fuir. La vache accourt.19. 2. Nat. invent. Mais il est aisé. 340. Lorsqu’ils ont pu capturer ce dernier. Les Libyens. survenant. n. On trouve en Libye. I. VIII. Voir Trouessart. extraient le foie. dureté de leurs membres. Tunisie. 400. Catalogue de Musée Alaoui. — Si l’on veut que les « ferae saxi deiectae vertice caprae ». même à un médiocre marcheur. XV. en cherchant à dégager son petit. 152). p. 13. en se dissimulant dans des broussailles et des bois. de leurs cornes. à la p. enlèvent là peau et laissent le reste aux oiseaux de proie. aient été des animaux véritablement africains.

Ceux que Tissot (l. 7 (conf. ils l’emmènent chez eux. dit-il. . 201) . après les articles taurus. p. 122. 375. cité pur Lataste. il s’agit bien ici de bovidés. Inscription trouvée près de Mdaourouch.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. begueur el ouahach par les indigènes. 3. Nos 64. Voir Blyth. fig. plantar. Isidore de Séville (Etymol. p. comme de nos jours. voir Aristote. Pour des animaux africains que les auteurs appellent μύες mures. 345) indique dans le district de Mater sont issus d’animaux lâchés par un bey de Tunis : Kobeït. et l’on aimait à les chasser(6). XII. adeo indomiti ut prae feritate iugum cervicibus non recipiant. 268 . On a signalé de prétendus bœufs sauvages au Maroc(3). II. à l’époque romaine. était appelé bubalus. anim. 127 ____________________ 1. 28 (27). Pline. Hist. Pline. mentionné par Tissot (I. — Le prétendu buffle rouge. 607. Invent. 3.230. M. 1. de Sousse. VIII. Les animaux dont parle Don Cassius (XLVIII. 7.. 23) sont des antilopes bubales. » Dans la pensée d’Isidore. 167-170. rendus à la liberté ? Les buffles qu’on trouve aujourd’hui en Afrique sont d’importation toute récente(2). publiée Bull. 598. IV. IV. 5. mais ce renseignement est sujet à caution(4). en latin vulgaire. 102. 1. Chasse au lièvre sur des mosaïques : Gauckler. bos. est l’antilope bubale : conf. 1906. Hist. XLII. XXX. vitulus. 1896. p. Étaient-ce des descendants de ces grands buffles qui vivaient dans le pays aux temps préhistoriques(1) ? des bœufs véritablement sauvages ? ou des bœufs d’origine domestique. 154. 5. c. p. 43. vacca. p.. 1. p. Mais on peut se demander si les mots : « Hos Africa procreat » n’ont pas été ajoutés par suite d’une confusion entre le bubale d’Afrique (antilope) et l’animal qui. Les lièvres abondaient(5). de Constantine. C’est un mets succulent. p. ne regarde pas comme des animaux sauvages les bœufs très nombreux qui paissent dans la forêt de Mamora. Studien zur Zoogeographie. entre l’oued Sebou et l’oued Bou Regreg. au Nord-Est de Rabat. et avant l’article urus : « Dubali vocati per derivationem. Les mures Quant au veau. 17. Je suis peu disposé à le croire : ces animaux sont si remarquables par leur taille et leurs cornes que. Brives. quod sint similes boum . Même au sahara : Théophraste. sur une terre cuite : Bull. 2. Tunisie. 4. Lataste. p. 6. que J’ai consulté. de la Société archéol. X. et non des buffles voir plus haut. nous en aurions sans doute des mentions et des images. Hérodote indique chez les Libyens nomades trois espèces de rats(7) : « Les uns s’appellent δίποδες . les autres.. 343) et appelé. archéologique du Comité. IV. Nous n’avons pas d’autre mention de bœufs sauvages en Berbérie. n° 27 : Iu[veni]bus sen[i]or leporem monstrabat et ipse. 648 . 33) indique le bubalus. s’ils avaient abondé en Afrique aux environs de notre ère. 170. p. 1908. Hos Africa procreat.. sur une lampe africaine : Rec. Faune des vertébrés de Barbarie.

fig.(3).. 26) dit. 3.. qui signifie en grec βουνοί [collines] — . I. 160. έχινέες ». Pline. c. que les δίποδες (« bipèdes ») sont les gerboises(2). 8. _____________________ africani dont il est question dans le Poenulus de Plaute (vers 1011) n’ont probablement rien à voir avec les rats. 7. 5. XV.. 300. 308. IV. Les έχινέες paraissent être les mêmes animaux que les έχΐνοι. qui s’avancent en sautant sur leurs deux pattes de derrière. Invent.. On ignore ce que sont les διχτυες et les βόρυες. 223. entre autres. p. L.. Les Carthaginois recherchaient leurs œufs : ils les transformaient en vases. Les ζεγέριες . mentionnés par Hérodote (IV. depuis le littoral jusque dans le Sahara. Élien(8) et Pline(9) signalent en Afrique sont nos porcs-épics(10).. l. 1. Selon juste-Lipse les Romains auraient désigné ainsi par plaisanterie les panthères. 7 (il prétend même que des indigènes coupent en deux de grands œufs et s’en font des bonnets). VIII. n° 508 . 2. qu’il classe aussi parmi les rats et qui sont certainement des gerboises (image de cet animal dans Trouessart. Conf. Tissot. 11. 18. — Porcs-épics sur des mosaïques : Gauckler. Voir. p. des διποδες d’Égypte.128 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. il y avait partout des autruches. p. 373-4 (d’après Reboud). il range aussi les hérissons parmi les rats. etc. 192) chez les Libyens nomades C’est à tort que Pline (XXXII.. 77) indique des castors en Afrique. Quid de natura Cyrenaïcae. l. fig. de Pachtere. c. 125. anim. en coupes(11). ce qu’Elien (Nat. sont peut-être des rats de montagne : on a proposé(4) de les identifier avec les gondis(5). d’après Théophraste. X. On a admis. Conf. ζεγέριες — c’est un nom libyque. n° 640. c’est-à-dire des hérissons(6). Une gerboise est représentée sur une mosaïque de Carthage : Gauckler. — Pour les gerboises en Cyrénaïque. p. Dipsad. I7). Invent. XV. c. Invent. 26. . 161. 10. Image de gondi dans Trouessart. III Aux temps préhistoriques. 6. 77. ceux de la troisième espèce. p. Les ΰστριχες. C. l. Tunisie. Élien. voir Rainaud. n° 221. Conf. Cet usage persista : voir Lucien. Neumann. XII. 4. qu’Hérodote(7). 2. p. hystrices. avec raison(1). 9. beaucoup plus longues que celles de devant. 26 (en Cyrénaïque). Elles continuèrent à habiter la Berbérie à l’époque historique.. 1802). 102 (chez les Libyens nomades). Nordafrika nach Herodot (Leipzig. Neumann..

Musée d’Alger. general. pl. Invent. Nouvelles Archives des missions. 6 . très nombreux dans cette contrée. Fouilles de Gouraya. XXXI. 14 . 1804. On ne trouve à ce sujet que de rares indications dans les auteurs anciens(8). (les éperviers de toute la Masæsylie naissent dans l’Île de Cerné. devait. Histoire Auguste. — Au temps du géographe Edrisi (douzième siècle). I. X.). Étourneaux : qu’ils ornaient de peintures et de gravures . Aristote. IV. D’une manière générale. p. Sahara Soudanais.. Hist. 2. 5. Quant . Invent. 492 (5e édit. IV. Hérodote. 3. Méhier de Mathuisieulx. 14. 1011. Bas-reliefs du Sud de la Tunisie : Bull. 12 (en Mauritanie Tingitane). p. p. III. 25. p. Halieut. anim. Elles ont disparu de ces régions et elles sont devenues très rares dans le désert(6). Oppien.. Persa. Pline.. Dipsad. Cyneg. ils les taillaient en disques ou en croissants. 313. 12 . conf. En qualifiant l’Afrique de mère féconde de grands oiseaux. III. de Pachtere. Lybie. p. 48. Théophraste. s.C.. III. 192 (chez les Libyens nomades) .. qui ne se heurtait pas aux mêmes obstacles que les mammifères. IV. prés d’Oran : Doublet. IV. I.. p. Hérodien. XIV. Nat. Voir Friedländer. le poète Némésien de Carthage(7) pense aux rapaces. 45. — Corbeaux : Élien. Isidorc de Séville. 7 (dans le désert). 3. IV.. au Sud de Casablanca : Doutté. Nouvelles Archives des missions. Bas-reliefs de Ghirza. fig. 22. magnarum avium focunda creatrix. index. 35-37. la faune ornithologique. 3. Voir Gsell. ressembler beaucoup à celle de l’Europe méridionale. Gsell. 7. 129 ____________________ 1.. Fouilles de Gouraya (Paris. 1904. v. Part. Gordiani tres. reproduit dans Mélanges de l’École de Rome. 199. pl. 630. 4. Méhier de Mathuisieulx. Mosaïques : Gauckler. et surtout le n° 45. 7. XII. Depuis le commencement du second siècle avant J. Etymol. 15. Anim. II.. n° 903 . pl.. IV. 394. 15 (16) . 199-200. Au XIXe siècle. 2. 1903). 2 . 10 . Éperviers (accipitres) : Pline. II. 338. 94. 482 et suiv. sur lesquels ils traçaient des visages(1).. IV. Les autruches sont assez souvent mentionnées dans les textes grecs et latins(2) et représentées sur les monuments africains(3). Polybe. anim. Merâkech. XIII. archéologique du Comité. 8. Stèle d’Abizar (Kabylie) : ibid. Sittengeschichte Roms. 5. 30. XII.. 6. fig. 5. 7 : « strutiones Mauri ». anim„ II. III. Hist. Chudeau. 1904. 5 (dans le désert). p. l’autruche existait encore dans le pays des Chaouias au Maroc. 1. Stèle de Saint-Leu. : Plaute. comme aujourd’hui. sur l’Océan). plantar.. Nat. se servent de boucliers en peau d’autruche). peuplade des Syrtes. 5. 1 : « struthocatneli Africi » Lucien.. X. Elles figurèrent dans des spectacles à Rome(4). on en rencontrait encore en Tripolitaine et dans les steppes de l’Algérie(5). 175 (les Maces. Cyneg.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. XIV. p. p. XIX-XX (chasse aux autruches). en Tripolitaine : Tissot. anim„ IX. Élien.

XIV. canard. p. flamant. pintade. — Hirondelles : saint Augustin. On signale les oiseaux suivants (index des Inventaires de Gauckler et de Pachtere) : aigle. corbeau. 4) indique aussi que les fleuves de la Maurusie (Maroc) nourrissent dit-on. X VII. sur la côte du Maroc actuel (conf. pie. XC. 74. 26. dit-il. 17. n° 302 : mosaïque d’Oudna. au Sud de Sétif : Gsell. 2. faucon (employé à la chasse à l’époque vandale : Gauckler. ibid. 388. 1. 1901. Ajaccio. près de l’Océan. poule de Carthage. in psalm. Numidicae. citant Mnaséas) . 10 (« annuae nostrae hospites ciconiae ») . XXXII. sauriens qui atteignent en effet et dépassent même un mètre. 9. héron. 5. poule sultane. 5. à la lisière du désert(5). 33. — Perdrix lieu appelé Perdices. Dans les lézards longs de deux coudées. un oiseau sacré chez les Libyens). à Alger. 7JI) signale des dents de crocodile dans une grotte de Mustapha-Supérieur.18. ils devraient être étudiés par un naturaliste. Tissot. 68. 38 (dans le désert) . IX. il n’y a plus de pintades dans cette région. Le crocodile a peut-être vécu sur le littoral à l’époque de l’industrie néolithique : M. grue. 1. 3. d’après Alexandre de Myndos (c’était. Ière partie. sur laquelle est représentée une chasse aux perdreaux). Un Carthaginois s’appelait Hannibal l’étourneau (Ψάρ) : Appien. selon Tissot (dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. Pline. Pline(2) et Élien(3) parlent des tortues d’Afrique. 5. LVIII. bécassine. p. cigogne. française. ou poule sultane : Athénée. Flamand (Assoc. I. aux oiseaux représentés sur les mosaïques. 7. IX. XXXVII. on l’y voyait encore au temps de Pline (V. 13 (les grues de Thrace vont à l’automne en Égypte. Voir aussi Varron. 67. elles devinrent à l’époque romaine des oiseaux de basse-cour. dit Strabon(6). cygne. L’ouarane des Arabes. Nous avons cité(4) les textes anciens indiquant des crocodiles dans le Sud de la Maurétanie. — Pintades (méléagrides). 11 : σαύρας διπήχεις. se rencontrent en Afrique.. — Un crocodile. 8. 51). III. Enarr. grive. Enarr. qui. Atlas archéologique de l’Algérie. IX. d. oie. en Libye et en Éthiopie).. XC. 40. Le Périple de Scylax (§ 112) prétend que toutes les méléagrides sont originaires d’un lac voisin de l’Océan. macreuse. des crocodiles.130 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. X. 3. 320. tourterelle. c. — grues : Élien. de dire quels sont ceux qui appartiennent au pays et ceux qui ont dit être copiés sur des modèles orientaux(1). p. l. rossignol.. Rust. — Porphyrion. P. nos 40-42. Afrae aves. n. Strabon (XVII. fut consacré par Juba II dans le temple d’Iris. capable de les dénommer avec précision.. . Ière partie. perdrix (voir en particulier Gauckler.. 3. caille. outarde. III.198). Nat. Ière partie. à l’Est de Sétif. 4. moineau. à Césarée . l. p. 38. in psalm. et qui abondent dans le Sud de la ____________________ la Table de Peutinger indique un lieu appelé Ad Sturnos. et Pline. hirondelle. coq de bruyère. 11. n° 508). on a reconnu(7) des varans(8). rapporté d’un cours d’eau qui sortait d’une montagne de la Maurétanie. anim. Appelées par les Latins gellinae Africonae. 6. — Cigognes : saint Augustin. Lib.

V. Silius Italicus. I. 4. Peut-être s’agit-il de varans.. I. 40-41. » Solin. 6) indique. Conf. Æmilius Macer. 59 Lucain. 13 (au Sud de l’Atlas. Élien. Solin. Wellmaan) mentionne en Maurétanie. Etymol. Quaestiones Lucaneae (Gotha. IV. Pichon. VIII. 8 et 12 (chez les Gétules et en Maurétanie Tingitane). que Dioscoride (Mater. p. Il a emprunté ces indications à un contemporain d’Auguste. Nicandre (Theriaca. Cérastes. Silius Italicus. Battandier et Trabut l’Algérie. À propos de la marche de Caton le long de la grande Syrte. LXXXIX. I. 4 et 14 . τήσι σαύρησι έμφερέστατοι. De pallio. 903 . Odes. Jug. Vitruve. Voir encore Lucien. 120. II. 24 : « Afrien parens et autrix ferarum bestiarum. 93. qui lui-même s’était servi de Nicandre. au Sud de la Tunisie) . Diodore de Sicile. 33. longs de trois coudées et très semblables aux lézards. XXVII. II. Lucien. 700 et suiv. 247 . 28 et suiv. Pline fait mention des caméléons(4). 28. puisque le crocodile du Nil atteint sept mètres. 192 : χροχόδειλοι όσον τε τριπήχεες χερσαΐοι. Oppien. de Pachtere. 254 . V. n° 291. Isidore de Séville.. 8. c. paraît être le Varan. . Voir aussi Tertullien. Invent. conf. 3. I. s. édit. . VIII. p. d’après Suétonius Paulinus) . maxime serpeatium. 602 . dont il est question dans un grand nombre de textes(6). Pausanias (I. était aussi la terre des serpents(5). Alexandre Polyhistor indiquait celui d’Οφιούσσα (la terre des serpents) : apud Étienne de Byzance. p.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. de la couleur du sable. 3. — Lézards sur des mosaïques africaines : Gauckler. traduct..) donne les noms d’une quinzaine de serpents. terre des fauves. 269. 1. L’Afrique du Nord. p. medica. Brehm. 66. qu’Hérodote(2) signale chez les Libyens nomades(3). 7. 3. 716. Strabon. IV. L’animal. 42 (le long de la grande Syrte) . 28 : « Africa serpentibus adeo fecunda est. Ces reptiles pullulaient dans certaines régions et y répandaient la terreur. 30) (dans le désert) et XX. 83 . v. III. XVII. 8. Diodore de Sicile. Victor de Vite. IX. voir : Salluste. ainsi qu’au Sahara(1). 18 . Horace. nous citerons : le céraste(8). 10 et suiv. II. 28) prétendent que les cérastes ont souvent quatre cornes. 10. XIV. 1802). 211-2 . 261) et Pline (VIII. 5. Un certain nombre de serpents africains sont énumérés par Solin. 3(région de Gafsa) . des crocodiles n’ayant pas moins de deux coudées ( χροχόδειλοι διπήχεων ήσαν ούχ έλάσσους) : expression dont on peut s’étonner. 5. p. Outre ceux qui seront cités plus loin. 131 Berbérie. les Sources de Lucain. 3.. XXVII. Cette identification convient aussi aux crocodiles terrestres. 3. française. 507 . 26 (dans des déserts.. 37 (dans la région du Hodna) . » Parmi les noms de la Libye. ut mail huius merito illi potiusimum palma detur. 2. 413. Satires. Cyneg. 57 . Manilius. Λιβύη 6. Pline. anim. Nat. XXVII. Wellmann. III. n° 640. I.. II. la Reptiles. dans Real-Encyclopädie de Wissowa. c’est la vipère à cornes (lefaâ des ____________________ 1. Parmi ceux que les anciens énumèrent(7) et sur lesquels ils donnent des indications plus ou moins vraisemblables. Lucain (IX. XVI. III. auprès d’une source située au pied de l’Atlas. Dipsad. avec deux cornes sur le front. et peutêtre aussi de Sostrate : Fritzsche.

VI. tribu du littoral de la grande Syrte. pourvus d’une seule corne. citant Sostrate : serpent blanc. VIII. X. s. Hist. II. On trouve en Berbérie la vipère dite de Lataste. conf. Suidas. 1894. 81. 724 et suiv. l. p. avec deux lignes noires sur la queue (conf.). — l’aspic(1). XXVII. n° 302. Bull. Olivier. 7 (citant Archélaos) . Dipsad. 32 (Keil. IX. Tunisie. d’Oran. 2. 610. 700 et suiv. Hérodote. Invent. qui habite le Sud de la Berbérie . v. retroussé et incliné en arrière » . qu’Hérodote(3) indique chez les Libyens nomades. 12. 22)(6) et qui avait sur la tête une tache blanche. Lucain. l. c. Dipsas. l’odeur de la belette et le chant du coq le faisaient mourir. Lucain. VI. Lucien. 5. IV. 101. 192. Aulu-Gelle. c’est le naja. e. II. s. provoque une soif inextinguible. Helvius Cinna. Les psylles.. 124 .132 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. De baptismo. Voir Wellmann. 737 et suiv. 828 et suiv. Solin. IX. que. mortelle comme celle de l’aspic et du céraste. l. fréquente dans le Sud des steppes et dans le Sahara . formant une sorte de diadème. 5. 51-53. 3. 312-3... brûlait les herbes. 31. l. Elle a un « museau atténué en une pointe molle. une variété de la vipère ammodyte. obtuse. On prétendait qu’il mettait en fuite les autres serpents par son sifflement. 148). όφιες σμιχροί. 718. apud. ils guérissaient les blessés par des ____________________ 1. . VIII. — Un aspic est représenté sur une mosaïque d’Oudna : Gauckler. 1901. Arabes). 31 (il indique la dipsas parmi les aspides). IX. p. χέρας έν έχαστος έχοντες. apud Priscien. Pline. 78 . Ασπις. Élien.. Des fables nombreuses couraient sur le basilic(5). Varron. animal d’assez petite taille. 20 (28) . Aspic. c. c. XXVII. c. Basilisk. 33 . 6. Διψάς. III. III. 2. dans Mémoires de la Société zoologique de France. Élien. anim. XXVII. Pline. 1). sont sans doute des vipères ammodytes(4). 38. Solin. Dommergue. Solin (XXVII. — la dipsade(2). Basilicus ou regulus (reguli serpentes : Tertullien. que son souffle seul détruisait les broussailles. 51. p. v. Βασιλισχος. que son venin se propageait le long du bâton ou de la lance qui le frappait .. Lucien. Solin. Institut. conf. avec lesquels ils vivaient familièrement. les autres. IX... VII. Lucain. dont les uns font une espèce particulière. passaient pour être insensibles aux morsures des serpents. 524). etc. dans Real-Encyclopädie. écailleuse. dont la piqûre. 4 et 6. Crammatici latini. II. Élien.. VIII. Silius Italicus. dont le cou se gonfle quand il est irrité . Les petits serpents. 78-79 (il indique ce serpent en Cyrénaïque) . Il s’avançait en se tenant dressé sur le milieu du corps. Élien. 31. l. faisait éclater les pierres. IV. Aristote. III. 4. 51) dit : « à peine un demipied » (0 m. dont la longueur ne dépassait pas douze doigts (0 m. cependant. 12. 610.

Lucain. au dire d’Élien. c’est-à-dire de plus de trente-cinq mètres(5) : ce qu’aucun zoologiste moderne ne peut admettre. La peau fut envoyée à Rome et exposée dans un temple jusqu’au temps de la guerre de Numance. dont le dos est garni d’herbe. 3 .. 301-2. Voir encore Diodore de Sicile. ils appartenaient sans doute à la famille des pythons. Periocha 1. Aelius Tubero. l. l. au Sud du Maroc. loin de ce fleuve. Geographi latini minores. I. des pratiques magiques(1). 27 (d’après Agatharchide) . I. pendant plus d’un siècle. XIII. 32. Tout le monde connaît le serpent que l’armée de Régulus aurait rencontré sur les bords de la Medjerda(4) et qui aurait fait de nombreuses victimes . Une araignée de Libye. p. 8. ubi Regulus. VIII . Geschichte der Karthager. 411 et suiv. 30.. Des marins prétendaient que des serpents d’Afrique dévoraient des bœufs.192 et 1301) : elle était située au Sud du Bagrado. 93 . que quelques-uns de ces reptiles. Chez les Éthiopiens occidentaux. 133 succions et. apud Aulu-Gelle. d’après Hypsicrate (ou Iphicrate). 5) indique. IX. Valére-Maxime. VIII. 4. 14. 37. XVI. Il ne s’agit pas. VII (VI). L. Il s’agit probable____________________ 1. I. 12. On racontait sur eux d’étranges histoires. Strabon (XVII. 1. 10 (d’après Tite-Live : conf. de la ville de Musti que nous connaissons (C. Pline. III. . les Romains auraient dû employer des machines de guerre pour le tuer. Aristote.. Sur le serpent de Régulus. Plutarque. 28. 2. 147) place l’événement à Musti (« Bagrada iuxta oppidum Musti. 28 (27). 28 (d’après Caillas et Nicandre). 56. 3. 1. Aulu-Gelle. Auguste. apud Priscien. p. de grands serpents. dans Riese. elle a des pattes très courtes et la bouche au milieu du rentre. 800 et suiv. Élien. IX. Cet animal aurait eu une longueur de cent vingt pieds. par des applications de salive. XVI. 17. »). 14 . VIII. c. 12 . IV. indiqués par Meltzer. Celse. Caton le Jeune. VII. LI. Hérodote. avaient retourné un de leurs navires(3). II. 51. I. VIII. Arnobe. Live. 5. Hist. s’étant lancés du rivage à leur poursuite. appelée ράξ. p. 3. etc. 6. et d’autres auteurs. c. des potions bizarres. Varron. Strabon. Pline. ronde. XVI. Des serpents de très grande taille sont mentionnés par quelques auteurs(2) . 11. XXVIII. 78 . Suétone. Anim. 14 et XVII. IX. est. 1. 3 Dion Cassius. XXI. 560. II. XVIII) . Pausanius. III. voir Q.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD.. . Vibius Sequester (De fluminibus. 57 . 191 : όφιες οί ύπερμεγάθεες. VII. noire et ressemble à un grain de raisin . Silius Italicus. ajoutait-on. 44. ext. 3. en tout cas. 27.

édit. c. Nat.. Dioscoride. 11. 27. c. Élien ajoute que sa morsure tue très promptement(1). IV. 27). Carthage romaine. 3. « ce fléau de l’Afrique(5) ». 3. 116. Audollent. on enfouissait sous les maisons des images en métal de ces animaux. p.. 5. anim. 7. Sur des monnaies de l’empereur Hadrien. l’ail et les entouraient d’épines. 42). n° 23 . Dipsod. Victor de Vite. I. Gauckler. II. l. supplément.. De son côté. p. Selon Élien(7). 4. l’Afrique personnifiée est représentée tenant un scorpion(3). 8. 3. pour l’Égypte.. XVI. II. appelées vulgairement mouches-scorpions. VI. p. Pour les scorpions. On a supposé que s’étaient des panorpes.) parlent de scorpions volants (voir aussi.. trad. 89 : « hoc malum Africae ». Élien parle ailleurs (XVI. 86). Pline (XI. 24. Nat. comme le serait aussi le lion qui accompagne souvent l’Afrique. 23. voir encore Élien. A Carthage. ment de la tarentule. Anim. qu’ils avaient soin d’éloigner des murs et dont ils plaçaient les pieds dans des cruches pleines d’eau. le dieu Mercure est accompagné d’un scorpion : Merlin. LXX. Pline. 4.. 11. I. fig. 132. C’est sans doute pour les mêmes raisons ____________________ 1. l. remarquable par sa grande taille. 335. talismans destinés à protéger les habitants et peut-être surtout à mettre en fuite les scorpions véritables(9). pour écarter les scorpions. XXIX. p. 89). de Sousse. 1906. française. — Je ne vois pas de bonnes raisons pour admettre. 9. XXCVIII. n° 1735. 37. Strabon(2) signale une espèce d’araignée. — Sur quelques monuments africains. 1907. 86 et suiv. p. 6. n° 27. n° 933-4 . dans Nouvelles Archives des missions. 38 (sont. 3. ils portaient des sandales creuses et couchaient dans des lits très élevés. 2e édit. Jatta (le Rappresentance figurale delle provincie romane. XVIII. Pline. 427-8. 63). III. sauf pour les Psylles. XI. conf.134 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Lucien. p. Cohen. XVI. 118. XVII. Lucien (l. que ce scorpion est un symbole zodiacal. de la Société archéol. 3. 40. n° 130-1. c. 120. p. . Monnaies impériales. XI. 141. Voir encore ibid. Divers écrivains anciens(4) mentionnent « ce funeste animal africain ». Élien. Marius. d’où ils faisaient la chaîne pour atteindre leurs victimes(8). Strabon(6) prétend que. Catalogne du Musée Alaoui. 2. V. 42 : « dirum animal Africae » . nos 136-147. p. 503. très répandue. Voir aussi Catalogue sommaire des marbres antiques du Louvre. Plutarque.. p. dans Bull. d’après Agatharchide. les indigènes frottaient les pieds de leurs lits avec de. p. — Strabon (XVII. d’araignées dont la morsure est mortelle. Voir Brehm. 510. 137. p. Pline. 125. n° 54 et pl. XV. Wellmann. II. avec M. Précautions qui pouvaient être vaines ! Le crédule auteur affirme que les scorpions s’assemblaient sous le toit. 11). 57. les Insectes.

II. V. Victor de vite. vers la fin ____________________ (moules). n° 28. Dioscoride. 42 . Voir Battandier et Trabut. où Tertullien décrit le scorpion.. 52. fig. 21. ces êtres malfaisants qui cherchaient à empoisonner et à tuer la foi(5). Alaoui. 5.. qui est indigène. pl. — La terre de l’île de Galata (La Galite) et celle de Clupea (au cap Bon) passaient pour tuer les scorpions : Pline. pl. venaient souvent. 288 et suiv. 2. Découvertes faites en Tunisie. Carton. 8. Le poète africain Corippus décrit ainsi une invasion de sauterelles(10) : « . XXXV. . 108. p. p. Si ces insectes servaient. 135 un scorpion est représenté sur un linteau de porte. 196 et suiv. des œufs qu’elles déposaient dans le sol. La médecine et la magie avaient inventé différents remèdes contre les piqûres(2). en certains lieux.118. II. XXIX. Pline. 1. fig. visiter l’Afrique septentrionale(7) . p. Un scorpion analogue a été recueilli à Bulla Regia . II. XXXV . 318.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 3. puis ils frottaient la plaie avec le corps même de la bête écrasée(3) : pratique en usage aussi chez les païens(4). édit. l. Pline. p. Scorpiace. XI. C’est l’Acridium peregrinum. voir Strabon. Suppl. — Des sauterelles sont représentées sur un cippe funéraire de Constantine : Doublet et Gauckter. 1. Outre les textes cités dans les notes suivantes. Il y a une autre espèce (Stauronotus marocanus). 31. 3. les pilent et arrosent de lait cette bouillie). 7. XVII. on les regardait en général comme une calamité. de nourriture aux indigènes(8). Les sauterelles. accompagné de prières . c’est-à-dire antidote contre les scorpions. Alaoui. p. 10 (d’après Posidonius) . p. Tertullien. Hérodote. IV. 4. 5. fig. n° 55. 104. Beaucoup d’indigènes du Sahara et de la Berbérie mangent encore des sauterelles. tel fut le titre que Tertullien de Carthage donna à un traité contre les gnostiques. Voir en particulier le chapitre I de ce traité. sortaient d’innombrables criquets. dans la région de Dougga(1). Musée de Constantine. telles les sauterelles. 10. Cat. LXX. — On a aussi trouvé à Carthage des plaquettes de plomb sur lesquelles un scorpion est représenté : Audollent. 6. l’Algérie. 91. II. encore plus redoutables qu’elles. 9. c. comme de nos jours. originaires du Soudan(6). Wellmann (dans la région de Leptis). Les chrétiens faisaient sur la blessure un signe de croix. Johannide. Deflxionum tabellac. Cat. et qui s’est conservée chez les indigènes. envoyée par la colère des dieux(9). 172 (les Nasomons font sécher des sauterelles au soleil. 75. 1. 137. Tertullien. Scorpiace..

des sauterelles adultes. de dévorer toutes les herbes avec une partie des racines. » Varron prétendait que certains Africains avaient dû abandonner le territoire qu’ils occupaient. 4. Leurs cadavres. V. 11. VIII. » 3. par suite des ravages des sauterelles(2). une loi ordonnait à la population la destruction des œufs. les entraîne dans ses violents tourbillons et les précipite vers la mer. 5. lorsque le Notus.Varro auctor est… ab ranis civitatem in Gallia pulsam. 105. pointant sur les rameaux flexibles. 2-5. et punissait les contrevenants d’une peine très sévère(4). Un coup de vent subit les arracha du sol et les porta longtemps à travers les airs. Pline. les pousse. dévaster les jardins verdoyants. Des auteurs indiquent les diverses mesures que l’on préconisait pour se débarrasser d’elles(3) . Une peste terrible frappa tous les animaux. XI. dit Paul Orose(5). Mais les vagues en rejetèrent d’énormes quantités sur les côtes. ____________________ 1. Adversum paganos.136 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. telles les sauterelles. arrivent en avril ou en mai dans le Tell. des criquets. Pline. L’invasion qui laissa les plus cruels souvenirs fut celle de l’année 125 avant notre ère. quand 1’Auster (vent du Sud) souffle sous les astres. dans Revue africaine. XIV. 119. ou abîmer les fleurs de l’olivier. pourris et décomposés répandirent une odeur délétère. En Cyrénaïque. ab locustis in Africa. il faut dire que plusieurs semblent fort saugrenues. 2. tombent en se disséminant sur les campagnes de la Libye. Voir Lacroix. venant du Sud. p. jusqu’à la mer. « Par toute l’Afrique. les feuilles des arbres avec les tiges tendres. du printemps(1). 1870. Elles ne se contentèrent pas de détruire complètement les céréales sur pied. . des multitudes immenses de sauterelles s’amassèrent. du haut des airs. réunies en masses serrées. 104 : « M. anéantir les fruits tendres encore. Les sauterelles dites pèlerines. elles rongèrent même les écorces et les bois secs. Les agriculteurs s’inquiètent et leur cœur tremble de voir l’horrible fléau détruire les récoltes. où elles s’engloutirent.

de la Sicile. de l’Italie. Scribonius Largus. troupeaux et autres bêtes. Dei. IV La flore de la Berbérie ressemble beaucoup. 2. IV. dans le Tell. 9. ce sont d’ordinaire les ____________________ 1. IX. Horace. plutôt que d’escargots d’Afrique. XXXII. ne paraissent pas être spécialement la région du Cinyps. III. Il ajoute que. Des deux côtés de la Méditerranée. Satires. XXVIII. Les Cinyphii campi. 137 oiseaux. comme le prouve l’abondance extraordinaire de ces mollusques dans presque toutes les stations. Près d’Utique. Pelagonius. 330 et 331. Julius Obsequens. ou de médicaments(4). Elle se déchaîna avec tant de rapidité et de violence qu’en un jour plus de quinze cents corps de ces jeunes gens furent emportés. Pline. 73 et 74 . Saint Augustin (Civit. édit. les Africains étaient grands mangeurs d’escargots. sur 30000 soldats. XXX. dont Stace (Silves. Discoride. III. 109. l. par une seule porte(1). 3. Varron et Pline les auraient qualifiés d’escargots de Maurétanie. 127 . En Numidie. Les plus célèbres étaient les coeleae Solitanae (Varron. 4 . du Midi de la France.. . XXX. 44 et 45 : XXX. dont les corps putréfiés.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. » Aux temps préhistoriques.. affirme-t-on. plus de deux cent mille. furent exterminés par cette peste. 31) raconte les mêmes faits d’après la même source. Epit. 122. 32-33) vante les escargots. 4. 56 et 57 . 14. À l’époque romaine. Pline. dans la zone maritime où sont situées Utique et Carthage. Rust. gisant partout. 9. ou Iolitanae (Pline. 173). Helmreich. pays où régnait alors Micipsa. édit. LX (c’est probablement de cet historien que dérivent les indications données par Augustin et Orose). II. S’agit-il d’Iol (Cherchel) ? Dans ce cas. 58-59. on dit qu’il périt quatre-vingt mille hommes . 90 (il nous apprend que le fléau sévit aussi très cruellement en Cyrénaïque). XXX. Ils étaient alors L’objet d’un véritable élevage. trente mille soldats. Ars veterinaria. 211 . 4. 10000 seulement survécurent. on appréciait fort les escargots d’Afrique(2) : ils servaient de mets de choix(3). qui formaient l’armée romaine d’Afrique. 45). accrurent encore le fléau.. XXX. Voir encore Tite-Live. Wellmann. II. à celle de l’Espagne. (en Tripolitaine) : c’est une manière poétique de désigner l’Afrique.

constituent la richesse agricole. dans Revue africaine. » 4. En Tunisie. depuis une longue série de siècles. 4.138 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. que nous avons cités. les mêmes arbres fruitiers qui. Sur cette question. Bourde. p. à côté d’espèces européennes. ce sont les mêmes plantes. IV. . signalent en Afrique l’abondance de ____________________ 1.1869. L’importance des forêts de l’Afrique septentrionale a étés affirmée par Hérodote et par Strabon. l. 275-282. 51. c’est moins se rapprocher du tropique que de l’Orient(3). 9. p. 2. Conf. Battandier et Trabut. à caractère désertique. 171-8. « qu’elle est très boisée(5) ». Le Règne végétal en Algérie. 195 ne sont communes qu’à l’Algérie et à l’orient.. » Nous étudierons ailleurs la flore agricole et nous nous bornerons ici à examiner les documents anciens qui concernent les forêts(4). Géographie. en Arabie. dans la Perse méridionale(1). Ils sont malheureusement peu nombreux et souvent peu précis. s’éloigner du littoral dans le sens du méridien. environ 600 sont spéciales . Le second indique que la Maurusie (le Maroc actuel) « est boisée et que les arbres y atteignent une très grande hauteurs »(6) Des textes. où le dattier permet de vivre dans les oasis. où les espèces à feuillage persistant dominent . 53 : « Sur environ 3000 espèces que comprend la flore algérienne. des représentants de cette flore orientale. 191. 6. Les affinités avec l’Orient désertique sont plus grandes encore au Sahara. p. voir des indications de Lacroix. 1500 à l’Algérie et à la France . ils atteignent la mer : Battandier et Trabut. 1600 au moins sont communes a l’Algérie et à l’Italie. p. et de Tissot. Rapport sur les cultures fruitières dans le centre de la Tunisie. « Sous le rapport de la géographie botanique. 57. mêmes végétaux qui tapissent le sol. écrit Cosson(2). qui forment les forêts. 1900 se retrouvent en Espagne . Il convient d’ajouter qu’Hérodote est mal renseigné pour cette partie de l’Afrique : conf. l’Algerie. XIII. XVII.. Dans les régions de steppes. I. Le premier dit que la Libye occidentale (c’est-à-dire le pays situé à l’Ouest du golfe des Syrtes) « est beaucoup plus boisée que la région occupée par les nomades ».. en Palestine.. p. 3. c. des végétaux qui se retrouvent en Égypte. p. 3. Dans la province d’Oran. on rencontre. 5. s’avancent au Nord jusqu’à la base de la presqu’île du cap Bon.

7. Elle défend de leur demander plus que n’exigent les besoins des bains (« amplius. min. que Tissot croit être l’oued Amlilou (ou Melillo). ours. 6. 5. 3. Des forêts épaisses. nemorum comiti. qui porta ____________________ 1. Énéide. Mais les renseignements dont nous disposons sont bien maigres. Code Théodosien. anim. 4.. Conf. on a trouvé une dédicace « Dianne deae. panthères. 78. XIII. dont parlent Virgile(4). 139 divers animaux dont l’habitat ordinaire est la forêt : singes. gr. Conf. Ibid. Élien(8). Périple. n. IV. quant necessitas exigit Invacrorum »). Pline indique aussi(9) des forêts. X. Hannon mentionne sur l’Océan le cap Soloeis (aujourd’hui cap Cantin). 2. se dressaient sur l’Atlas marocain.. V.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 11. près du fleuve Amilo. D’autre part. Pausanias(7). Nous voudrions connaître la répartition de ces forêts. p. XVII. Le mont Ancorarius. 248-9. chargés de ce service par Constantin. VIII. 8. 2. Nat. p. affluent de gauche de la Moulouia : ce qui n’est pas certain(10). 8. 3. I. supra. 10. peuplées d’éléphants. à l’Est de Tlemcen. VII. 13 (en 369) : constitution fixant au nombre de soixante les linteones (des tisserands. 33. Silius Italicus(6). VIII. 14 et 15 (d’après Suetonius Paulinus). I.. 5. I. des constitutions du Bas-Empire nous apprennent que cette contrée pouvait fournir à Rome de grandes quantités de bois. à l’époque romaine.. 5. 2. fut la province de Maurétanie Césarienne (Ouest et centre de l’Algérie)(11). XIII. victrici ferarum » : C. Strabon affirme que le mont Abilé (sur le détroit de Gibraltar) porte des arbres élevés(2). V. Lamoricière. Pline(5).. 6. 3). — Symmaque (Lettres. 10 (en 304) : confirmation des privilèges accordés jadis aux armateurs africains qui doivent transporter des bois destinés aux usages publics (« navicularios africanos qui idonea publicis dispositionibus ac necessitatibus ligna convectant. . 3 (Geogr. 205-6. I. en 384-5) mentionne aussi les « navicularios lignorum obnoxios functioni ». pour le chauffage des bains publics(1). 9. sangliers. 6. 9831. 6 . On ne sait à peu près rien sur les forêts du pays qui. les commentaires de Godefroy... »). 40 . qu’on s’étonne de rencontrer ici) et les armateurs. couvert d’arbres(3). L..

elle parait avoir été plutôt située en Maurétanie. 14. Pline. et de ceux où il s’enfuit après avoir été vaincu par Métellus prés de l’oued mellégue. p. affluent de droite de la Medjerda(10). 2: « qua parle silvestris est (Numidia). Conf. Mais rien ne prouve que cette forêt ait été dans le voisinage de Tabarca. cité par Strabon (XVII. archéologique du Comité. LIV. Ibid. 5.. » — On a trouvé à Tabarca une dédicace à Faunus. qui assiégeait Suthul(9). coll... qui laudatissimam dedit citrum. Jug. comme celles dont parle Juvénal . 2 « loca saltuosa ». 1 : « saltuosa loca ». 1894. Le castellum d’Auzea. 25 : « vastis circum saltibus claudebatur. 4). n° 105) (p.. f° 23. XIV. XIII. était situé dans le voisinage de la vallée du Chélif .. umbriferos ubi pandit Thabraca saltus. de Thabraca. Il est probable que les bois qu’on expédiait à Rome sous le Bas-Empire en provenaient. des forêts ____________________ 1. 4. on a supposé que c’était l’Ouarsenis(2). 7750 : In qua frondicoma odoratur ad maro pinus. Atlas. 194 : « . . Annales. La région forestière de la Numidie que mentionne Solin(3) devait être celle qui s’étend sur le Nord-Est de l’Algérie et le Nord-Ouest de la Tunisie. 3. X. 10. car les frais de transport eussent été trop élevés s’il eût fallu les faire venir de l’intérieur. Il en est de même des lieux boisés où Jugartha attira Aulus Postumius. 9. iam exhaustus. V. Les fauves y pullulaient(4).241. Isidore de Séville. Au VIe siècle de notre ère. 5. 6. 8. était entouré de vastes forêts(8) : ce bourg fortifié se trouvait probablement en Numidie. Gsell. l. VIII. Etymol. Juvénal(6) parle des forêts ombreuses. pleines de singes. au dire de Tacite. épuisés au temps de Pline(1).. 9. I. 8. n° 24.140 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. en bas). Atlas archéologique de l’Algérie. 22. 3.. Une inscription indique des pins dans le voisinage de la mer et de l’Amsaga (au Nord-Ouest de Constantine(5)). 95 : « Ancorarius mons vocatur Citerioris Mauretaniae. XXVI. aujourd’hui Tabarca(7). n° 1. il fut porté sur le rivage de la Libye et qu’il y vit une forêt pleine de singes. IX. de magnifiques boisements de thuyas. L. 1. » Il ne s’agit pas d’Auzin (Aumale). mais nous ignorons son emplacement exact. 7.. » 2. C. racontait qu’allant de Gadès en Italie. XXXVIII. dieu silvestre italique : Bull. Posidonius. comme on l’a cru : voir Gsell.

dans la plaine du Sers. l’Afrique byzantine. 340-350 . et non de la Numidie). 304 : In mediis tremuit Romanos currere silvis. p. 204. p. 9. Il s’agit d’un personnage qui était chef des tribus de l’Aurès. aujourd’hui Lorbeus. traversa le lac de Tunis pour aller chercher des matériaux propres à fabriquer des machines et des échelles(6).. Tissot. Johannide. II. 7. 143. 1909. La plupart de ses indications sont vagues(7) . XVI. VII. Le consul Censorinus. I. 424. Je ne vois pas de raison d’adopter cette opinion. faisait partie de la Maurétanie. IV. III. . région qui. Des cèdres de Numidie servirent de bonne heure de matériaux de construction. Une dédicace à Silvain. 182. entre le Kef et Maktar. 1910. 4. Pline. 5. Châtelain. Diehl.. Corippus. dans Mélanges de l’École de Rome. I73. p. XIII. étaient en bon état 1178 ans plus tard(3). III. découverte non loin de là. 6. 77 et suiv. 468. 471. Il n’y a pas de cèdres en Tunisie. 484 . massif qui est encore très boisé. il y avait des bois à peu de distance de Carthage. Rev. Géographie. » — Blümner (Technologie der Gewerbe. Johann. XXX. 403-6. II. 302) croit qu’il s’agit de genévrier. africaine. Pline parle des poutres qui. ubi cedro Numidica trabes durant ita ut positae fuere prima urbis eius origine. 237. 141 s’élevaient autour de la ville de Laribus. Corippus mentionne fréquemment les forets qui existaient de son temps (au VIe siècle) dans le centre et le Sud de la Tunisie. 167. Nous trouvons dans Corippus(5) une allusion aux forêts de l’Aurès. à l’époque de Pline. dans les Babors. mais ce n’était peut-être qu’un simple bosquet. Urbs Laribus mediis surgit tutissima silvis. 630 : VI. Au milieu du second siècle avant J. 3. au Sud-Est du Kef(1). mentionne un bois près d’une source(2). Les telles de Corippus ont été pour la plupart cités par Lacroix. 2. Appien. 5. 277 . Si la répartition des forêts de cèdres était la même il y a trois mille ans que de nos jours. placées dans le temple d’Apollon à Utique. conf. 216 : memorabile Uticae templum Apollinis. 42 . qui assiégeait cette ville. de 1’Aurès ou des monts de Batna(4). lors de la fondation de la ville. Lib. ni dans le Nord de la province de Constantine (sauf au Nord-Ouest de cette province. Johann. aunis MCLXXVIII.-C. 164. 97. VIII. et il est ____________________ 1. p. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions.. 463.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD.. p. ces poutres m’aient dû être apportées de loin. p. 211. 218 .

centurias habenv tot. entre autres. verbi gratia. cers le Sud(6). 26. plus d’un de ces domaines dut être. 175. nous rencontrons fréquemment en Afrique un sens dérivé : grand domaine(12). (à propos du texte « invenimus eam in campis saltuum ») : « Qui sunt campi saltuum ? Non enim quemadmodum vulgo dicitur : sltus ille. 2. 8425) (conf. die römischen Grundherrschaften. un peu plus à l’Est. 9. 8. I. On sait que le mot saltus signifiait espace couvert de végétation naturelle(10) et. au Sud de Lebda. « aux forêts épaisses. forestière(11).. 18. Schulten. d’après Strabon. Les saltus que Pline signale au delà de la petite Syrte. Saltus proprie locus adhuc incultus et silvester dicitur. Diehl. Ce saltus. II. A côté de ce sens propre. Silcadenitque forus. Par exemple. Un domaine de la région de Sétif. V. Avant d’être mis en valeur. . 10. Rappelons enfin les bois très épais qu’Hérodote indique à la colline des Grâces(8). p. L. et ceux qui. plus haut. qualifiés de Pardalarii : C. 69. Congreditur mediis commiscens proelia silvis. 11. n° 3.142 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 62-4 : Silvaizan Macaresque vagi. Juvénal. Conf. II. XVII. entre Sbéitla et Fériana(5). 6. 53-4. les Macares(3). 104: « …umbriferos ubi pandit Thabraca saltus. CXXXI. 5. 419. le plus souvent. 8426). ». p. 406. 11. l’Afrique byzantine. ____________________ 1. Nam et quidam codices in campis silvae habent. plus haut. en Tripolitaine. 57 : densis Ifera silvis ». 7. 3. Pour ces deux sens. Enarr. ombrageaient le cap Céphales(9) (cap Misrata). II. couvert de forêts ou de broussailles(13). Mais il ne faudrait pas croire que. 25. p. les Silvaizan. X. celsis qui vivida silvis Bella dolis metuenda parat. 3. 343. partiellement ou totalement. Conf. p. voir en particulier suint Augustin. 69. impossible de dire où était Ifera. Nous connaissons cependant l’emplacement des forêts au milieu desquelles le général Solomon livra une bataille qui lui fut funeste(4) : elles étaient situées près de Cillium (Kasserine). qu’on appelait Saltus Horreorum. dans quelles régions vivaient les Silcedenit(2). qui montibus altis Horrida praeruptis densisque mapalia silvis Obiectae condunt securi rupis ad umbram. n’étaient peut-être pas de véritables forêts(7). III. 4. dont les territoires étaient boisés. VIII. était exploité par des colons.(1) ». in psalm. 12. Voir. » 13. IV.

où Silvanus était adoré dans un bois. . il devint le protecteur du bétail. mais il n’est pas prouvé qu il en ait été toujours ainsi nous savons qu’en Italie. les villages. ou avait contenu. 8248. 2671=18107 . Nous avons signalé (p.. au sud-Est et au Sud-Ouest de Djidjeli.. des jardins. dans l’Est de la grande Kabylie. 141) une inscription de la plaine du Sers. il y ait eu autrefois un saltus-forêt. des limites. du reste peu nombreux. et au sommet du djebel Borma.. Que ce dieu ait été adoré en certains lieux comme un protecteur des forêts.. L. 6963 et 5880. p. Une remarque analogue doit être faite au sujet des mentions de Silvanus. On pourrait aussi reconnaître une divinité des forêts dans le Silvanus adoré sur la pente du djebel Chettaba. Dans ces régions. entre Constantine et Sétif : C. en Khoumirie. L. f° 27. Les inscriptions qui indiquent des saltus et les dédicaces à Silvain ne sont donc guère utiles pour déterminer les emplacements des forêts antiques. que des pétitionnaires demandent à planter en oliviers et en vignes : « . les villes manquent . des bois habités par des panthères. dans les montagnes des Bibans. n° 235.. Mais ce dernier mot pourrait désigner de simples broussailles. 143 partout où l’on trouve mentionné un saltus-domaine. Mélanges de l’École de Rome. la civilisation latine s’est très lieu répandue. contenait donc. dans l’Ouarsenis(2). on peut l’admettre(1). VIII. les hameaux. Voir l’Atlas archéologique de l’Algérie. 1906. puisque le sens du mot s’était modifié. Gsell. près de Constantine. Quelques ruines romaines que l’on rencontre dans les parties accidentées représentent d’ordinaire des ____________________ où l’on cultivait des céréales. 368) mentionne des espaces forestiers. 1. Est-il possible de suppléer à l’insuffisance des textes par l’étude de la répartition des ruines ? Elles sont rares dans des pays aujourd’hui couverts de forêts : par exemple. au sud-Ouest de Collo. une inscription (Carcopino. in paludibus et in silvestribus ». encore très boisées. qui eut de nombreux dévots dans l’Afrique romaine. sont situés dans les vallées qui offraient des terres cultivables. pris de Sila : C. dans le massif qui s’étend au Sud de la Mitidja. I. Un temple de ce dieu fut élevé sur les hauteurs. Cela cet évident pour le Silvanus Silvestris que mentionne une inscription d’Azziz ben Tellis. — Dans une région de saltus impériaux. 2. I. I. des champs cultivés. Atlas. qui laminent Lambèse au Sud : C. XXVI.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. au Sud de cette ville. L.

4. ou yeuse(1) . le peuplier(6) . 32 : « gignitur in Africa ». les Forêts de l’Algérie (Alger. vers le bas.. il ne se rencontre guère que dans les Babors : Lefebvre. de la Société de géographie de Paris. Les anciens le prenaient pour un produit végétal . XVI. de constructions faites en matériaux durables. Silius Italicus. parasite du chêne kermès (Quercus coccifera) et du chêne vert: conf. ne se trouve qu’entre bougie et la cap Bougaroun. le pin maritime. Battandier et Trabut. col. p.. 10. l. n° 2). une fois abandonnées. Ils mentionnent : le chêne vert. 197 : « cedrus in Creta. 87. pour désigner le cèdre. XCIII. qui désigne le chêne en Kabylie. XXIV. 203-6 (mais ces poètes veulent peut-être parler du cèdre). établies sur des clairières. Africa. le pin(3). ne laissaient aucune trace. du mot bignou. XVI. 2. Pline. l. qui parait être une déformation de pinus. — Le mot thakerrouchth. c. 41. qu’on recueillait en Afrique : Pline. f° 30. le cèdre(2) . 85) doit être une autre espèce : « Quae Libyca appellatur minima folio et nigerrima fungisque enascentibus laudatissima. d’une manière péremptoire. 248-9 . comme on l’a cru ? Cet arbre est très peu répandu dans l’Afrique du Nord. Corippus. 440. L’Itinéraire d’Antonin mentionne un Popleto flumen. » S’agit-il du tremble (Populus tremula). p. qui exige un climat très humide. 19. p. conf. le nom de Safsaf (peuplier) donné par les indigènes à une rivière qui débouche dans la mer près de Philippeville. n° 1. c’està-dire dans la région où notre inscription signale des pins le long de la mer: Lefebvre. habitations isolées. IV. 140. 8) . . « grandis ilex coaluerat inter saxa ».. f° 27. Cependant. p. car beaucoup d’indigènes ont pu vivre sous des huttes qui. Conf. et peut-être aussi le pin maritime(4) . VIII. C’étaient des cours d’eau le long desquels s’élevaient probablement des peupliers. vient peut-être de quercus : Basset. XVI. On faisait une belle teinture rouge avec le coccum. une rivière qu’il nomme Puplitus : voir Gsell. ne prouvent pas. Nöldeke gewidmet. le frêne(5) . le gené- ____________________ 1. Syria laudatissima ». il ne faut pas attacher trop d’importance à ces constatations. Conf. 29. Silius italicus. XXII. Virgile. Salluste. I. Vitruve. 432 5. I. Jug. 1876. 2. peut-être des fermes.. p. 141. Actuellemcnt.. C. 3. n. II. — Le peuplier libyque dont parle Pline (XVI. des indigènes de l’Aurès se servent. Les auteurs ne nous apprennent pas grand-chose sur les espèces qui constituaient la végétation arbustive naturelle de l’Afrique du Nord. dans Orientalische Studien Th. plus haut. n° 2. p. 3 (conf. L’absence ou la rareté de ruines d’aspect romain. l’Algérie. à l’Ouest de Nemours : Gsell. 5.13 : « nascuntur eae arbores maxime Creine et Africae et nonnullis Syriae regionibus ». 354 (« Cinyphio… cocco »). fleuve côtier. p. II. 1900). probablement le pin d’Alep. Ilex. Un lieu appelé Popleto était situé près de Timgad.144 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. VIII. 6. et le Géographe de Ravenne indique dans la même région. autant qu’il semble. L. 7750 . qu’un pays ait été jadis désert ou presque désert. Pline. il était en réalité tiré d’une cochenille. plus haut. 4 . au Nord de l’Aurès. Atlas. 32 . 612: « fraxineam… hastam ». Selon Duveyrier (Bull. p. Énéide. Johann. XVI. c.

voir liv. XII. Tissot. africaine. XIII. Voir ci-après. VI.. XVII. IX.. du merisier et du châtaignier.. 5. vient peut-être de φελλός. ebore abundant. ou peut-être lentisque) . v. 12 . p. chap. p. 91 et 03 . Varron. p. Quelques détails nous sont donnés sur le citrus(8). θύσν 10. Pour le Gaule. c. XLVIII. dans les derniers temps de la République et au début de l’Empire.-C. Menipp. 1909. Le bois de cet arbre. 145 vrier(1) : le térébinthe(2) (pistachier térébinthe. Jug. 104 . à faire des tables qui atteignirent des prix fort élevés(10). fragm. 4. chêne liège. 104 (sur la côte du Maroc) : « Amoeni saltus citro. 89 et 90. » — Une ville située en Tunisie. comme on l’a fait remarquer. I. 572 : « steriles… myricae » . . Chap. 171-2. Johann. Voir Lacroix. 22. ibid. XIII. Nous n’avons trouvé aucune indication précise sur le chêne lièges(6). dont nous reparlerons(4). Parmi les arbrisseaux. XIII. Lucain. 7. III. L. p. déjà renommé à l’époque de Masinissa(9). Il faut ajouter l’orme. Pour le lotus. Pline. ce qui est inexact. l’olivier sauvage. 3). l. 2. 37) mentionne une ville Φελλίνη. des tamarix (Corippus. CXIX. » On ne voit pas de quoi il s’agit. 4. en même temps que de l’ivoire : Suidas. Il est étonnant que Pline ne parle pas de l’Afrique dans le passage du livre XVI (34) où il traite du liège. 278-2822. Pomponius Méla. le thuya(3) . c. LIII. p. 1750). prés de la ville de Lixus. des lauriers (C. Corippus. s. 66. édit. c. 144-5. 3.. Dans les ____________________ 1. 182 (dans Pétronii Satirae. Allusion dans Strabon. 27-28 . 102. à l’Ouest de Maktar. l. VIII. 374-8 . 5 . 3. servit. s’appelait Thugga Terebinthina : C. Les principaux textes qui indiquent la provenance africaine. V. et X. II. VIII. 22). 5. le nom berbère thoulmouth. qui fut prise par des troupes d’Agathocle à la fin du IVe siècle avant J. conf. Tertullien. Bücheler) . 131-2. Pétrone. V. Nous reparlerons aussi de l’amandier. …lancea duplex Iuniperum ferro validam suffigit acuto.. 1. Ce nom. dans Rev. Sat. Lacroix (Rev. il dit expressément qu’elle n’a pas de Chênes lièges. IX. qui est aujourd’hui la principale richesse forestière de la Berbérie(7). usité en Kabylie. I. Géographie. De pallio. — Pline (XIX. II. 63) signale comme un fait curieux l’existence d’une mauve en arbre. 92 . 164) montre qu’il ne faut pas penser à un cotonnier arborescent. Basset. 426-430. Pomponius Méla. 1869. terebintho. XIV. africaine. 9. II. 77 et 1217.entre Berrouaghia et Sour Djouab : Gsell. 6 . III. Masinissa envoya aux Rhodiens du bois de θύσν (il s’agit de citrus : voir plus loin). Satir. Martial. 8.. sur la côte océanique de la Maurétanie : « Elle est haute de vingt pieds et d’une telle grosseur que personne ne peut l’embrasser. L. et plus particulièrement maurétanienne. 6. du citrus sont . — Diodore de Sicile (XX. lieu appelé Tamariceto..FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Pline.. étant certainement dérivé du latin ulmus(5). on indique des myrtes (Salluste. I..

1890. 10. On fit aussi avec ce bois des crédences. Actuellement. Blümner. qui avaient ____________________ 1. Mais nous savons par Pline(10) que les forêts du mont Ancorarius. les feuilles. par le feuillage. C’est le même arbre(7) que Théophraste(8) appelle θύσν ou θύα et qu’il indique comme existant en Cyrénaïque et dans l’oasis de Zeus Ammon. l’odeur et le tronc. » D’après ces renseignements. son bois est entièrement incorruptible. 4. 98-99.146 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. si richement marbrées de rouge fauve et de brun. d’autres détails sur le citrus. le tronc. L’eau de mer le desséchait. roi de Maurétanie. 95) dit : « Tuber hoc est radicis. . Le citrus ressemblait. 43. des placages de meubles et de portes. plantarum. 95. XIII. belles pièces. On employait pour les faire des loupes qui croissaient sur les souches(2) et qui étaient parfois très Larges. c. 3. Une autre.. Römische Abtheilung. V. 2. 722-3 . soit des taches brillantes : de là. des vases. 96-97. XVI.276-7. 93. XIII. p. 8. XIII. « Il ressemble au cyprès par la forme. au cyprès sauvage(5). » Conf.. p. Pline (XIII.(4). Voir. dont la souche forme « ces belles loupes noueuses. il est de taille médiocre. La plus grande table d’un seul morceau appartint à un affranchi de Tibère . 6. dit Pline l’Ancien. que posséda Ptolémée. 5. le citrus est le thuya (Callitris quadrivalvis). .. Technologie. Pline. das Privatleben der Rümer. des archäol. les branches. qui en font un bois d’ébénisterie des plus précieux(9) ». Sa racine est veinée et on en fait des ouvrages très soignés. Il y avait à Rome une corporation de negotiatores eborarii et citriaril : Mittheil. etc. p. le durcissait et le rendait incorruptible(6). elle mesurait près de quatre pieds. p. les noms de tabulae tigrinae et pantherinae qu’on donnait à ces tables(1). 287 et suiv. XIII. 95. 9. II. XIII. Voir Marquardt. des lambris. 7. mais elle était formée de deux pièces ajustées(3). l. ibid. 185. Pline. V. 100. maximeque laudatum quod sub terra totum fuerit. le fruit. Hist. Comme Pline l’indique : XIII. 2e édit. Il présentait soit des veines. 3. 7. Battandier et Trabut. Instituts. il était de la couleur du vin mélangé de miel. était plus grande encore (quatre pieds et demi)... 99.

68 et suiv. avec la note de M. Peut-être. au contraire. cité par le même auteur(2). V. p. Voir plus haut. 139-140. Lacroix. etc. p. 3. Telles sont les indications que les anciens nous ont laissées sur les forêts de l’Afrique septentrionale. Conf. infestés de chenilles processionnaires. . comae cupressi similes. Manuel de l’agriculteur algérien. 147 fourni les plus beaux thuyas. avec lequel des gens habiles pourraient faire des étoffes. 1851. p. au pied de l’Atlas (au Maroc). comme avec de la soie ». leur servant d’habitations communes(5). c. 2. 845-6. 42-43. ressemblant par leur feuillage au cyprès et exhalant une forte odeur(3) . « Frondes cupressi similes. au tronc poli et sans nœud. l. ainsi qu’on l’a supposée(4). En Berbérie. écrit : « Arboribus proceris opacissimus (Atlas).FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. Ficheur. qui a copié ce passage. 8). » Cela peut vouloir dire soit que l’odeur de ces arbres est moins forte que celle des cyprès. Solin (XXIV. qui y auraient construit des bourses soyeuses de couleur blanche. p. où les ____________________ 1. V L’étendue et la densité des forêts. 165. formées d’arbres inconnus ailleurs. dans Comptes rendus de l’Académie des Sciences. On a proposé de corriger : « praeterque gravitatem odoris ». la région forestière par excellence est la longue zone qui s’étend en arrière du littoral. étaient déjà épuisées de son temps(1). quarum odor gravis. ces arbres merveilleux étaient-ils simplement des pins.14. Rivière et Lecq. signalait. 5. p. les Forêts de l’Algérie.. » 4. Pour ce qui suit.. depuis la grande Kabylie jusqu’au delà de la Khoumirie : zone montagneuse. voir surtout Lefebvre. des forêts épaisses. soit qu’elle est. XXXIII. d’une grande taille. la répartition des espèces qui les composent dépendent du climat. Guyon. praeterquam gravitate odoris. Le général Suétonius Paulinus. 6. de l’altitude et de la constitution géologique du sol(6). plus forte.. « ils sont recouverts d’un duvet léger.

. Le thuya ne dépasse guère 800 mètres . Il est souvent accompagné du genévrier de Phénicie. 60 de pluie et qui s’élève jusqu’à 1300 mètres. ils portent surtout des espèces qui demandent. peu d’eau. il n’y a point lieu de supposer que la répartition des espèces ait été différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Les causes naturelles qui régissent la végétation forestière en Afrique ne paraissant pas s’être modifiées depuis l’antiquité. il convient de se souvenir de certains textes anciens. forme des boisements importants entre 600 et 1200 mètres environ. C’est aussi le pays du chêne zéen. qui exige au moins 0 m. il couvre plus de 500 000 hectares. Le chêne vert. qui montrent ____________________ 1. jusqu’à 1800 mètres environ. Les terrains calcaires. C’est le pays du chêne liège(1). qui commence à apparaître à une altitude d’environ 800 mètres et s’élève plus haut que le liège. arbre sobre et robuste. L’arbre typique est le pin d’Alep(2). très propices à la végétation arbustive. En Algérie. le chêne vert. En ce qui concerne la densité et l’étendue des forêts. mais. très peu exigeant .pour le sol comme pour l’humidité (il se contente de 0 m. mais il peut atteindre 1700 mètres. espèce silicicole. sont également des terrains forestiers. Il s’avance jusqu’à la lisière du Sahara et atteint une altitude de 1500 à 1600 mètres. tout en prospérant surtout entre 600 et 800 mètres. 30 de pluie). comme ils reçoivent en général moins de pluie que la zone côtière. 2. il est fréquemment associé au pin d’Alep.148 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Il occupe plus de 400 000 hectares en Algérie et environ 120 000 en Tunisie. formés surtout de grès. petit arbre qui s’élève jusqu’à 1700 mètres. qui forment une grande partie des montagnes de l’intérieur. Parmi les autres espèces. pluies sont abondantes et où dominent les terrains siliceux. Le cèdre vient entre 1300 et 2000 mètres. le thuya et le cèdre s’accommodent aussi bien des grès que des calcaires.

qu’un passage de l’Écriture. Sermons. on lit ces mots : ager. 3 : « crates materiemque ad arietes. A l’intérieur des terres. « Sed ostende mihi partem Donati a Numidia de monte umbroso venire. qui fut. cette région(3) : « Tu y trouves partout la nudité. II. 2. Jug.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. non caeteris hemoribus amoenos. « En:Numidie. in psalm.. XVII. écrit Columelle au premier siècle de notre ère. la Gétulie nue. elles ne sont pas égayées par d’autres arbres. combattant aux environs d’Hadrumète et de Thapsus. mais portant des récoltes. CXLVIII. manquaient en Afrique(5). arbori. XLVI. » César.. voulant montrer. 149 qu’il y avait dans l’Afrique septentrionale de très vastes espaces non boisés. ne peut pas s’appliquer à la Numidie. Il en était de même de la plaine parcourue par le Muthul (oued Mellègue) : ibid. fugere hine vult et redire ad nudam Getuliam. 4. 23 : « Numidiae et Aegypto. Jug. LXXXIV. sed frumentarios. 10 : Apprehende inde Getulum. XX. généralement dépourvu d’arbres. 5. le sol. décrit: ainsi. gouverneur de l’Africa nova (l’Ouest de la Tunisie et l’Est de la province de Constantine). du Bellum africum.. est ensemencé en blé(2). 2. pingues quidem campos. non olivetis fertiles. ubi plerumque arboribus viduum solum frumentis seminatur. Certes. où il est question d’un mons umbrosus. 4. Invenis nuda omnia. 2. 4. » Ailleurs. cuius inopia in Africa esset.. on le sait... dut faire. Mais. Salluste. elles ne sont pas riches en oliviers. infecundus. il est vrai. l’affirmation de l’historien est beaucoup trop absolue les documents que nous avons cités l’attestent.. Enarr.. XLVIII. » 5. contrairement aux prétentions des donatistes. . si l’absence d’arbres a frappé Salluste. placez-le parmi ces arbres agréables (il s’agit des alentours d’Hippone) il voudra fuir d’ici et retourner vers.. 16. 6. LXXV. » 3. car les matériaux nécessaires. Dans la célèbre description de Salluste(1). des campagnes fertiles. il fallait bien qu’elle fût réelle pour une bonne partie du pays. observe l’auteur. » Saint Augustin. et ____________________ 1. 30 . il dit(4) : « Prenez un Gétule. les régions de Capsa (Gafsa) et de Thala étaient nues au temps de Jugurtha(6). pone inter istas arbores amoenas . venir de Sicile du bois pour fabriquer des machines.

plutôt qu’à des causes de destruction. de la Calle. C’est à ces conditions. 107. comme aujourd’hui : nous avons cité le témoignage de Juvénal au sujet des forêts de Tabarca. c’est le pays de plaines qui détend au Sud de Constantine. Par Numidie. Conf. IV. une partie de ce qui fut sous le Bas-Empire la province de Byzacène comme des pays dénudés. qu’on peut attribuer l’état de l’Algérie. jusqu au pied du massif de l’Aurès. Les plaines méridionales du centre de la province de Constantine appartenaient à la Gétulie. Sicca (Le Kef) parait avoir été à proximité de la Gétulie(2). 2.150 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Madauros (Mdaourouch. tandis que les céréales n’y poussent qu’à grand-peine et dans des conditions particulières d’engrais et d’amendement . complètement nu dans d’autres. est propre aux céréales et se trouve. en arrière des ports de Tabarca. Ce manque d’arbres sur de grands espaces ne doit pas être attribué à des déboisements que les hommes auraient exécutés pour se préparer des pâturages et des terrains de culture. Il y a en effet tout lieu de croire que ces parties de la Numidie étaient boisées dans l’antiquité. elles se couvrirent d’arbres. dans la Revue des Eaux et forêts. de Philippeville. Il y a dans l’Afrique du Nord des sols qui ne se prêtent pas à la végétation forestière(3). de Collo. très boisé dans certaines contrées. p. 21. sauf quelques espèces rares qui s’en accommodent. tel autre. en général. La Numidie qu’il vise. plus tard. » . celle où ont dominé ces donatistes qu’il réfute. pour ainsi dire. au contraire. Ainsi. si. Par le nom de Gétulie. 3. et particulièrement à telle ou telle essence. saint Augustin n’entend pas la zone côtiére. Telles beaucoup de parties du centre de la ____________________ 1. ce furent des arbres fruitiers. Columelle. les réflexions très justes de Niepce. X. la Gétulie. 4 : « Tel sol convient à la végétation forestière. 1865. dépourvu de végétaux ligneux. ces textes indiquent la Numidie. En Tunisie. Apulée. située entre les régions voisines du littoral et le Sahara. Apologie. les anciens désignaient une zone intérieure. L’évêque d’Hippone devait le savoir mieux que personne. au Sud de Souk Ahras) était à la limite du pays Gétule et du pays numide(1) (il ne s’agit pas ici de la Numidie dans le sens administratif de ce mot).

qui ne forment qu’une mince couche. 341. 325-6. Une croûte semblable se retrouve souvent dans le Maroc occidental : Gentil. 1909. est un obstacle au développement des racines des arbres. l. f° 18 (angle Nord-Est). trad. 2. devaient être cultivés. dans Rec de Constantine. 151 province de Constantine et de la Tunisie.. Berbrugger. c. XXV. Quand des écrivains arabes affirment qu’à la fin au VIIe siècle. En Noweiri. sur lesquelles s entend une sorte de carapace gypso-calcaire. III. recouvrant un sous-sol pierreux compact(2). p. trad. Telles enfin les terres fertiles de l’Ouest du Maroc. 307. Constantine. la forêt a repris possession de terrains qui. Battandier. ibid. 225. Telle aussi une bonne partie des steppes des provinces d’Alger et d’Oran. Histoire de l’Afrique. 49. régions où des pluies abondantes développent la végétation et où les troupeaux. leur assertion ne peut pas plus être admise que les mots ager arbori infecundus de Salluste. même si l’on se souvient que ces auteurs veulent parler d’ombrages formés. 25 et 54 . des ombrages continus s’étendaient de Tripoli à Tanger(3). p. à l’époque romaine.. car on y trouve des ruines enfouies dans des massifs d’arbres. entre Souk Ahras et la Calle(5). . f° 10 . 1892. le Maroc physique. dans Revue de Géographie. ____________________ 1. Conf. mais aussi par des plantations d’arbres fruitiers(4). p. XXVII. 1913. Goyt. 237. dans la Géographie. dans la traduction de l’Histoire des Berbères d’ibn Khaldoun par de Slane. 300. Pervinquière. 4. Sur quelques points. p. p. Moula Ahmed. les Cités romaines de la Tunisie. Conf. p. Gsell. Clerget. 5. l’Algérie. Ibn Khaldoun. p. p. Gentil. où existe une croûte analogue et où les pluies ne sont pas assez abondantes pour alimenter des arbres. même très peu exigeants. l. due à l’évaporation d’eaux remontant par capillarité(1) : cette croûte.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. quand l’homme n’intervient pas pour la casser. de l’Algérie. sols qui se dessèchent complètement pendant la saison d’été. 41. Pellissier et Rémusat. Ce fait a été observé en Khoumirie et dans le Nord-Est de la province de. p. El Kairouani. 214. et Trabut. 3. Voyages dans le Sud de l’Algérie. 319. p. Telles les terres argileuses de beaucoup de vallées et de plaines. 308. Atlas archéol. non seulement par des forêts. Toutain.

moins nombreux qu’ailleurs. Le déboisement de la Berbérie a dû commencer dès les temps antiques. à l’Est d’El Djem. si l’on reconnaît un dieu des forêts dans le Silvanus qui y était adoré. on ne rencontre pas le moindre Arbre. On a de même constaté l’existence dans l’Aurés d’une ruine importante. probablement aussi une grande partie de celles que Corippus signale dans le centre et le Sud de la Tunisie. parmi les textes anciens que nous avons cités. plusieurs nous font connaître des forêts qui ont disparu : celles qui entouraient Laribus. l’agriculture reçut ____________________ 1. dans Comptes rendus de l’Académie d’Hippone. p. on doit admettre qu’il n’en était pas ainsi dans l’antiquité. Mais cette forêt « n’est en réalité qu’une broussaille peu serrée ». LVIII. palmiers nains. 19). qui sont aujourd’hui très peu boisés . dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie. dans la plaine et dans la montagne. 1800.152 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.). En revanche. près de Larache. IV 1803. s’ils y plantèrent même des arbres fruitiers. I. à la colline des Grâces et au cap Misrata(3). des massifs montagneux servirent peut-être de refuges à des populations qui s’y sentaient mieux défendues que dans les pays plats contre les attaques brusques et le pillage : ce qui dut contribuer à la diminution des forêts. il est probable que l’agriculture agrandit aussi son domaine aux dépens des forêts. » 3. p. sont en partie couvertes par des chênes lièges. aujourd’hui cachée en pleine forêt(1). un Tunisie (Mnumené. non loin du Kef(2) . de céréales beaucoup de sols dénudés . Dans les premiers siècles de notre ère. p. jujubiers. etc. ne l’empêchent pas de se reconstituer. Vaissière. Le djebel Borma et le djebel Chettaba sont aujourd’hui dénudés . les ruines de Lixus. — Il y a de nombreuses ruines dans la rabah de Chebba. Si les hommes transformèrent en champs. Diehl. naturelles. ou couverts seulement de broussailles (lentisques. celles qui Hérodote et Strabon indiquent dans le voisinage de Lebda. . dans Nouvelles Archives des missions. genêts. 2. Aux époques d’insécurité antérieures à la paix romaine. On peut noter aussi la disparition des bois indiqués par Hannon au cap Cantin. 383 : « A 10 kilomètres à la ronde. — Au Maroc.

au début du IIIe siècle. in fine.. la végétation naturelle ne subsista peut-être que sur les sols dont on ne pouvait pas tirer un parti plus avantageux.. et II. furent sans doute exploitées plus activement que par le passé. 10. à la fin du IVe siècle.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. 2. comme à la broussaille. Partout retentit cette plainte : la nature va nous manquer ! » En s’exprimant ainsi. les champs cultivés ont dompté les forêts. de Constantine. ils devaient être tentés de s’attaquer à la forêt. si nombreux. atteste le fort peuplement de la Kabylie orientale. restés barbares. 2. 30. Vand. Gsell. Dans les deux cas. étaient refoulés.. XXXVI. Procope donne des indications analogues pour le massif de l’Aurès. 43.. 1. non sans emphase(1) : « De riants domaines ont effacé les déserts. Diehl. Conf. l’Afrique byzantine. p. Conf. quand le sol s’y prêtait. p. En beaucoup de lieux. d’une partie des Babors. les troupeaux ont mis en fuite les bêtes féroces. le prêtre de Carthage devait surtout penser à son pays natal. les régions montagneuses et forestières. soit. 3. au VIe siècle(3). 32 et suiv. par suite de l’accroissement de la population. Bell. des mesures législatives encouragèrent le défrichement. Preuve certaine de l’accroissement du genre humain ! nous sommes à charge au monde. Pline constatait déjà la dispari____________________ 1. Le récit qu’Ammien Marcellin fait de la révolte de Firmus. Ces indigènes se livraient soit à l’élevage. où les indigènes. dans Rec. De anima. De pallio.. dans les plaines et dans les vallées. 1902. L’Afrique septentrionale était alors très peuplée. Ajoutons aux causes de la diminution des forêts une exploitation probablement abusive. 19. mais aussi pour écarter les fauves. des pays qui bordent la vallée du Chélif. . 153 une impulsion vigoureuse . Tertullien écrivait. les plus fameux. Par suite de la mise en valeur d’un grand nombre de terres fertiles. 13. à l’agriculture. ennemis redoutables des hommes et des troupeaux. qui entourent Aumale(2). non seulement pour augmenter la surface des terres disponibles. II.

155-7 . Uritur aimes seges cultos matura per agros. Voir plus haut. p. Les incendies. le chauffage. Sola perit. — Corippus (Johann. une végétation herbacée vigoureuse et les jeunes pousses du recrû(4). appositus »)... nous l’avons vu. accidentels ou prémédités. En Noweiri. On nous dit que. Ibid. l’année suivante. dans Revue tunisienne. Il y a là. 60 et suiv. 1906. 4. la Kahena. Conf. Strabon (XVII. étaient sans doute fréquents. 3. une étincelle suffit pour causer des dommages très étendus. certainement. 3. La destruction des forêts a pu aussi accompagner les maux qu’entraînaient les guerres. les vers de Lucrèce. V. 1243 et suiv.154 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. XIII. Il est vrai qu’il s’agit surtout d’arbres fruitiers. allumé volontairement (« ignis. Par les chaudes journées d’été. fit couper partout les arbres qui. la fameuse héroïne berbère. le feu préparait le sol pour la culture. 400-2. VIII. formaient des ombrages continus(6). d’après Gabinius.. Noc seges aut arbor. p. et in cineres sese consumpta resolvit. n. des incendies de forêts en Afrique . p. . 585. l’auteur qu’il cite prétendait que les éléphants se donnaient la peine de combattre le feu. en l’enrichissant de la potasse fournie par les cendres . il mettait à la disposition du bétail.. 5. par exemple. Carton.) décrit un incendie de forêt. que des quantités importantes de bois étaient expédiées à Rome. la menuiserie. très dense. une forte exa- ____________________ 1. la population. 6. Mais ces vers sont une comparaison imitée d’Homère : voir. 451-3 Raptor ubique furens urbes succendit et agros. En Afrique même. 140. 8) mentionne. XX. Allumé à dessein. devait en consommer beaucoup pour la charpenterie. XI. il fallait du charbon pour traiter les minerais dans des exploitations situées généralement en pays de montagne et de forêt(2). Corippus nous montre des indigènes révoltés brûlant les arbres en Byzacéne(5).. Johann. depuis Tripoli jusqu’à Tanger. tion de certains boisements de thuyas(1). Iliade. III. vers la fin du VIIe siècle. 2. quand souffle le siroco desséchant. Omnis et augescit crescentem frondibus ignem Arbor. Des documents du BasEmpire indiquent. 1. 3. passage cité plus haut. comme de nos jours(3). flagrans quae solvitur igne. 151. 331-3 .

par leur piétinement répété. l. Diehl. I. L’introduction du bétail dans les forêts prospères présente peu d’inconvénients . 984. depuis longtemps déjà. de couper les arbres.. africaine. 2. est l’ennemi de la forêt. Victor de Vite. ne trouvant de ressources nulle part. ut ligna profutura navibus dominicis incidatis. pour que les Arabes. » Moula Ahmed. les chèvres et les . ne rencontrassent rien qui pût les attacher à l’Afrique. lorsqu’on la laisse en repos. 406. peut-être leur était-il difficile de trouver en Afrique les matériaux nécessaires. D’ailleurs. Conf. cause d’incendie (4).. assure-t-on. l’Afrique byzantine.. qui. 54 . ces forêts avaient dû. Elle se reconstitue assez facilement. être fort éprouvées. la Kahena voulait. p. beaucoup plus que les peuplements forestiers(1). XIII. Rivière et Lecq. p.. ils ont atteint les plantations d’arbres fruitiers. c. El Kairouani. Tissot. durcissent le sol et empêchent l’éclosion des germes . p. 1. 278.FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. p. Conf. gération.. III. Quoi qu’il en soit. Les moutons. Rev. p. les Vandales faisaient couper en Corse des arbres qui leur servaient à construire des navires(3) . Il n’en est pas de même des espaces où l’on introduit le bétail. elle a même l’avantage de détruire le sous-bois. méconnaissant du reste ses véritables intérêts. 4. Lacroix. 237 : la Kahena envoie l’ordre de « couper les oliviers et tous les arbres à fruits ». à laquelle il met le feu pour se procurer des pâturages. au XIe siècle. 3. p. les bœufs écrasent les pousses . Les progrès du déboisement ont été sans doute très grands depuis l’invasion hilalienne. « Kahina ordonna aux peuples qui lui étaient soumis de ravager les campagnes et les jardins. 20 : « lussi estis in Corsicanam insulam relegari. 177. jeta sur l’Afrique du Nord des milliers de nomades et développa beaucoup la vie pastorale. A la fin du Ve siècle. Mais le berger. Il parait donc inexact d’affirmer que les mesures ordonnées par la Kahena aient « accru dans une proportion irréparable la dévastation des forêts africaines(2) ». enlever des ressources aux envahisseurs arabes et les empêcher de faire du butin : si les ravages qu’on lui impute ont été véritablement commis. surtout dans les pays humides du littoral. Manuel de l’agriculteur algérien. 155 _____________________ 1. c.

Les effets de l’invasion se firent sentir là même où les nomades ne pénétrèrent pas. etc. entièrement dénudé. Mais l’œuvre de destruction qui se poursuit sous nos yeux date de loin. les Forêts de l’Algérie. Se retirant devant eux.(1). ce sont les calcaires du crétacé inférieur qui forment ces crêtes mamelonnées ou ces croupes entièrement dénudées. 76-77. On peut apprécier en Algérie les ravages commis dans les régions forestières depuis la conquête française. les jeunes tiges avec leurs feuilles et leur écorce. à trente. Ils sont manifestes dans les montagnes qui dominent les grandes plaines de la province de Constantine. On trouvera de nombreux renseignements à ce sujet dans une publication du Gouvernement général de l’Algérie : Commission d’études forestières. que l’on voit passer progressivement vers le Sud à des montagnes boisées. portant encore des arbres.277. de Sétif à Aïn Beïda. c. il fallut y faire de la place. Compte rendu des séances et rapport de la Commission (Alger. 2. au pied méridional de l’Aurès. Sur beaucoup de points. de constitution et d’allures identiques. Les forêts de la Tunisie centrale sont aussi en décroissance. l. des indigènes qui habitaient des plaines allèrent se réfugier dans des districts montagneux. Dans tous les chaînons disséminés sur les plateaux. présente la même constitution (grès medjaniens) que le Tamesguida et les crêtes boisées de la région de Djidjeli. à l’agriculture aux dépens de la forêt.. 3. « Le djebel Mégris. Gentil. p. qui offrent les mêmes sols que des chaînes voisines. Dans l’ouvrage de Lefebvre. Ils ont pour causes principales le pacage et les incendies. 89. dont ils accrurent la population . p. il est impossible de fixer ____________________ 1. Ficheur(3). 91. » En général. aujourd’hui dépourvues de végétation.. 88 . 80 et 83. chameaux broutent les bourgeons naissants. Il en est de même de celles du Maroc(2). Voir d’autres exemples cités par Ficheur. . elle se devine. dans l’Atlas de Blida. Des forêts devaient s’étendre jadis sur des montagnes. kilometres au Nord. dans le djebel Amour. p. 4. dit M.. dans les Ouled Sellem et le Bellezma(4). 1904. le Maroc physique.156 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE.

est. auxquelles elle suffit à peine dans beaucoup de lieux de l’Afrique septentrionale. le déboisement de diverses montagnes de l’ancienne tribu des Ouled Abd en Nour. Nous ne pensons pas que les forêts aient une grande influence sur la formation des pluies(2).144-5. Elle a ailleurs des conséquences fâcheuses. Voir plus haut. nu Sud du Chettaba. On peut cependant en diminuer les inconvénients et les dangers. dans Bull. A cet égard. 153 et suiv. VIII. XIII. Le déboisement du Chettaba. qui commença sans doute aux temps antiques. 47-48. XVI. plus sèches et plus peuplées de bétail que le littoral. Pourtant il faut se garder de les exagérer. Buffault. p. le déboisement a été un mal : personne ne saurait le contester. le revêtement du sol. Les arbres arrêtent une bonne partie de l’eau du ciel que reprend l’évaporation produite par le soleil ou par le vent. forêt ou broussaille. 1808. 3. qui s’en imbibent. Rec. Ils se sont certainement répartis sur une période très longue. de Constantine. 82-83. en établissant sur les pentes des terrasses . au Sud-Ouest de cette ville : ibid. 2. 169-170. et. p. De même.. atténue beaucoup le ruissellement. l’époque de ces déboisements(1). dans la Géographie. 157 ____________________ 1. c’est qu’en pays de montagne. la disparition de la végétation naturelle donne aux hommes les terrains de culture qui leur sont nécessaires. porte un nom qui signifie la montagne des arbres .FAUNE ET FLORE DE L’AFRIQUE DU NORD. En plaine et sur les pentes douces. qui sont presque irréparables dans les régions de l’intérieur. de géographie historique. Elles ne paraissent pas favoriser autant qu’on l’a dit l’alimentation des sources. Ce qui est certain. Quant à celle qui parvient au sol. prés de Constantine. en sens contraire. Le djebel Sadjar. qui se sont aggravées de siècle en siècle. p. par les racines des arbres. La terre en absorbe beaucoup moins que la forêt n’en reçoit(3). 1809. p. p. de date relativement récente : Féraud. il n’y en a plus un seul : Cherbonneau. La reconstitution de certaines forêts n’a pas pu compenser les pertes. ibid. Voir à ce sujet Rabot. p. mais elle est souvent accaparée par le terreau et par les mousses. XII. 405. 1910. elle est assurément moins exposée à s’évaporer que dans les surfaces découvertes. parait-il. 1804. La vérité est entre les deux opinions extrêmes. 1907..

les forêts couvrent 2 800 000 hectares en Algérie. furent combattus en maints endroits par le travail de l’homme. superposées. soit 15 à 16 p. en Allemagne. En France. En Tunisie. Elles étaient probablement plus nombreuses qu’aujourd’hui(1). Les anciens ont souvent pratiqué ce mode d’aménagement des sols accidentés.2 p. de 23 (Brunhes. p. . Il y avait aussi dans cette contrée des forêts étendues. la Géographie humaine. dans l’antiquité comme de nos jours. la proportion est de 18.158 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. à peine 5 p. nous pouvons conclure que. Il faut dire qu’en bien des lieux. 100 de la superficie de cette région. mais il s’agit de vraies forêts. mais ses effets. 418). Le déboisement avait commencé dès cette époque. funestes sur les terrains montagneux. la superficie de forêts est d’environ 500 000 hectares. 100. Dans quelle mesure ? nous l’ignorons. où la constitution du sol et le climat ne se prêtaient pas à la végétation arbustive. Actuellement. ____________________ 1. Des remarques qui précédent. 100. dont 2 000 000 pour le Tell. ce qu’on appelle forêt n’est qu’une humble broussaille. portant des cultures. il y avait en Berbérie de vastes régions dénudées.

cultivés çà et là à l’époque arabe(1) . où elles ne peuvent réussir que dans quelques lieux privilégiés : tels le cotonnier et la canne à sucre. ceux qui.CHAPITRE V LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL I Pendant tout le cours de leur histoire. grande ville industrielle et commerçante. Pour le cotonnier. Les végétaux cultivés dans l’Afrique septentrionale à l’époque antique furent ceux dont le choix était indiqué par la situation de cette contrée. qu’elles ne permettaient point partout des résultats également heureux. tel le ____________________ 1. voir de Mas Latrie. Il ne sera donc pas inutile d’exposer brièvement quelles furent. dans la Berbérie d’autrefois. L’étude des régions naturelles et du climat a montré qu’elles ne pouvaient pas être partout les mêmes. sont répandus dans les autres pays de la Méditerranée. depuis une longue série de siècles. qu’en tout cas. les conditions de l’exploitation du sol. que les anciens ont peu connues . Il n’y eut dans l’antiquité qu’une exception : Carthage. Nous n’avons pas à parler ici de certaines plantes dites exotiques. Traités de paix et de commerce concer- . les populations de l’Afrique du Nord ont tiré presque uniquement leurs ressources de la culture et de l’élevage. ils ne paraissent pas avoir acclimatées en Berbérie.

des terres légères. ce sont surtout les sols argilocalcaires (marnes) et silico-calcaires qui conviennent aux céréales(2). etc. c. veluti cinerem solutam. dans la province de Constantine et le Nord de la Tunisie. c. où. 1869. Rappelons à ce propos un passage assez curieux de Pomponius Méla (1. 32) : « Interius (à l’intérieur de la Numidie) et longe satis a littore. note) semble disposé à faire venir le mot latin aryza (riz) du berbère « aruz ». édition de Ptolémée. dont l’agronome romain Columelle a pu dire : « En Afrique. comme ceux de la plaine voisine d’Oran. le travail de là charrue se fait très facilement. et où abondent les restes de grands poissons. 2. 3.(4). » Conf. qui n’a été introduit dans l’agriculture méditerranéenne qu’au moyen âge(1). le même. p. p. Les premiers constituent des terres fortes. 411. les diverses corrections proposées (conf. p. africaine. exigeant un labeur intensif . sont rendus infertiles par leur forte salure. mirum . et oryza est évidemment une transcription du grec.. Movers (die Phönizier. Lacroix. préface : « In Africa. Dans l’Afrique du Nord. si fidem rescapit. 218 . les coprolithes. dans la période éocène. » Pline l’Ancien (XVII. des sables friables l’emportent en fertilité sur les sols les plus robustes(3). II. l. de quelques plaines du centre de la province de Constantine. en Numidie.160 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. 23). riz. 1. relatif à l’oasis d’Augila. quamvis levissimo dente moveri satis est.. 25 : « …Numidiae et Aegypto. 1. Rev. voir dans l’édition de Müller. d’épaisseur variable. VI. dont les Berbères se servent. africaine. p. Les terrains siliceux qui s’étendent sur la majeure partie de la région littorale. 1044. p. 4. Pour la canne à sucre Mas Latrie. manquent de calcaire et ne sont point propices à la culture des céréales. L’érosion a attaqué ____________________ nant let relations du chrétiens avec les Arabes de l’Afrique septentrionale. 2. dans Rev. Atque eiusmodi terram pingnibus arenis putrem. De re rustica. après les pluies. les autres. Mais dire que la sécheresse est une condition de la culture du riz est une absurdité. ubi pterumque arboribus viduum solum frumentis seminatur. qui se sont accumulés le long d’anciens rivages à l’époque tertiaire. au Sud de la Cyrénaïque. Certains sols. » La distribution des couches de phosphate de chaux est importante au point de vue agricole. n. Lacroix. si on ne les amende pas. 221 . Numidia putres arenne fecunditate vel robustissimum solum vincunt. se lit ainsi : όρυζοτροφεΐ δ’ή γή διά τόν αύχμόν. 1. p. à p. Mais le terme rouz. 41) parle des terres du Byzacium. le même. 167 (conf. 671). 3. est un mot qu’ils ont emprunté aux Arabes. — Un passage de Strabon (XVII. 2. XIII. 116-9). On sait qu’elles représentent des sédiments. 166-7 et 314. p. Berbrugger. absorbant et conservant bien l’humidité. les coquilles de mollusques. 1862. II. Le texte est donc altéré. faciles à travailler.

p. superficielles et souterraines. 3. Pour suppléer par l’irrigation au manque ou aux caprices des précipitations atmosphériques. Une tranche de pluie de 35 à 40 centimètres est en général considérée comme un minimum nécessaire pour le succès des récoltes. dans la région de Souk Ahras. de Boghari. 3. Les principaux gisements de phosphate aujourd’hui connus se trouvent au Sud-Ouest de Kairouan (à Sidi Nasser Allah) . XI. Or. On évalue à environ 220 000 hectares la surface totale des terres irriguées actuellement en Algérie et en Tunisie(3). Voir Bernard et Ficheur. uti solent. 11. XVII. d’après un calcul approximatif. saxa adtrita. 161 ces dépôts en beaucoup d’endroits. à l’ouest de Gafsa. 1902. . XX. et si de futurs travaux ____________________ ad modum spinae piscium. la répartition des ruines romaines [en Tunisie] . II. 1911. 1905. muricum ostrearumque fragmenta. en Algérie et en Tunisie. » Conf. Saurin. aux environs d’Aumale. Strabon. dans Revue scientifique. fuctibus et non differentia marinis. éléments de fertilité qu’elle a mêlés au sol des vallées et des plaines. dans la Medjana (au Sud-Ouest de Sétif) . l’Avenir de l’Afrique du Nord (Paris. qui accusent toujours une teneur notable en phosphate de chaux ». Mais l’étendue des sols géologiquement fertiles surpasse celle des terres où la culture des céréales peut se faire dans des conditions favorables. en a charrié d’innombrables parcelles. 1896). dans Annales de Géographie. bien plus abondantes qu’elles ne le sont en Berbérie. Bernard.LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. Pervinquière. 353. p. 2. 40 de pluies annuelles(2) : c’est à peu près le tiers de la France. au Sud du pays des Némenchas (djebel Ong) . 411. « Il est curieux d’étudier. il n’y aurait guère. on constate que les raines d’exploitations agricoles sont tout particulièrement nombreuses sur les marnes de l’éocène. sur une longueur d’une soixantaine de kilomètres. dans Annales de Géographie. inflxae cautibus anchorae et alia eiusmodi signa atque vestigia effusi olim usque ad en loca pelagi in campis nihil alentibus esse invenirique narrantur. de Berrouaghia. écrit un géologue(1). 363. que 18 millions d’hectares recevant 0 m. entre le Kef et Tébessa et dans le voisinage de cette dernière ville . il faudrait disposer de réserves d’eaux. p. 48. 1. p.

il est vrai. Voir plus haut. par exemple dans le centre et le Sud de la Tunisie. Ajoutons que cette saison d’automne est celle où il est le plus difficile de trouver de la nourriture pour las bœufs de labour.162 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. dans une certaine mesure. 35. durci pendant l’été. élèvent ce chiffre. où elle n’atteint guère que 0 m. il est nécessaire de semer de bonne heure. il faut que le sol. ce ne sera pas de beaucoup : peut-être du double. 2. Par contre. on doit compter avec les sécheresses. l’empêchent de s’évaporer. Même dans les pays qui conviennent aux céréales par la constitution du sol et le climat normal. afin de moissonner tôt. L’agriculture antique a pratiqué les labours préparatoires. soit amolli par les pluies. et les chaleurs brusques qui surviennent alors nuisant à la bonne formation des grains dans l’épi. Mais. hydrauliques. inspirés par les exemples de l’antiquité. trop fréquentes durant la saison des pluies et particulièrement graves à l’époque des semailles et au printemps(1). qui tardent souvent en automne. la très grande rareté des pluies d’été permet de faire dans de meilleures conditions la moisson et le battage. détruisent les herbes qui l’épuiseraient. à ces conditions défavorables. elle n’est possible qu’exceptionnellement pour les vastes champs où l’on sème les céréales. . Les pluies cessant ou devenant rares en mai. L’irrigation fait prospérer des cultures arbustives ou maraîchères relativement peu étendues. 45-46. parfois en avril. On peut. pour labourer et semer. 25. dès la fin ____________________ 1. Il en résulte que les récoltes sont bien plus incertaines et d’un produit beaucoup plus variable que dans l’Europe centrale(2). Il est ainsi possible de semer sans attendre les pluies. exécutés au cours d’une année de jachère : ils facilitent l’absorption de l’eau dans le sol. cultiver même en céréales des régions où la tranche de pluie s’abaisse au-dessous de 0 m. Aussi ce mode d’exploitation est-il très aléatoire dans des régions où la nature des terres s’y prêterait fort bien. . remédier. p.

. de l’Algérie et de la Tunisie. Mais. quoniam caeli condicio et terrae bonitas ea est. Africa. ____________________ 1. » On voit qu’il s’agit ici des régions sèches de l’Afrique. En semant clair dans les pays secs. 299-303. Mais. Conf. Corippus. p. fruges nocturno. 2. « De toutes les cultures méridionales. — Columelle et Pline donnent. c. au printemps. Columelle. Cyrenis. l’Algérie. sive quia rari sunt imbres. 702 . qui craint moins la sécheresse et met un mois de moins à mûrir : elle doit donc être préférée au blé dans les pays où il ne pleut guère. on ménage l’humidité qui s’est emmagasinée pendant la jachère et que des plantes trop serrées tariraient vite(1). Cultures du Midi. ut vix ulla herba excat. Les mauvaises herbes (folle avoine.LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. Enfin. après qu’elle est partie. Conf. p. seu quia qualitas humi sic se cultoribus praebet.. Rivière et Lecq(5). II.. etc.. Voir Bernard. XVIII. 5. p. Trabut et Marés. 12. la douceur du climat en hiver(2) permet aux céréales de poursuivre leur croissance et de parvenir rapidement à maturité(3). p. 163 de septembre ou le début d’octobre. Johannide. nestibus Africa et Aegyptus. 3 : « . Aegypti et Africae. Rivière et Lecq. 31 : « Est fertiles Thracia frugum rigore. pour l’antiquité. 412 et suiv. quibus agricola post sementem ante messem segetem non attingit. les gelées printanières peuvent lui être funestes. 186 : « In Bactris.. dans les hautes plaines de l’intérieur.. nisi ex semine iacto.. même pour ces régions. le froid retarde la végétation et. c’est incontestablement celle des céréales qui est le moins bien adaptée au climat méditerranéen. 41.) abondent et se développent vigoureusement(4). Pline. Battandier et Trabut. 49 . il est vrai. Il ne faut cependant pas oublier les refroidissements nocturnes : voir plus haut. disent MM. l. par exemple dans la région de Sétif. quia siccitas coercet herbas. a semente non nisi messibus in arva redeunt. 3. Dans une bonne partie de l’Afrique du Nord. chiendent. » Cette affirmation est plus vraie encore pour le blé que pour l’orge. p. 110. Manuel de l’agriculteur algérien. à proximité du littoral et à de basses altitudes. tantum rore nutriente. p.. des indications contraires. XVII. 77. les assertions des deux auteurs que nous verrons de citer ne sont pas conformes à la vérité. » Pline. le siroco cause parfois de graves dommages. 4. l’Algérie agricole en 1906. II. dans les années où l’on est forcé de semer tard.

164 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Malgré les risques quelle comporte, la culture des céréales a pris une .grande extension en Berbérie à l’époque antique. Nous ne savons guère comment elle s’y est établie et propagée. La lutte contre la forêt et le marais dut être moins pénible qu’en Gaule(1) : les sols marécageux sont assez peu nombreux(2) et nous avons vu que beaucoup de terrains ne sont pas favorables à la végétation arbustive(3). Mais il fallut s’attaquer à la broussaille, qui est souvent très dense et très tenace, surtout dans les bonnes terres(4). L’identité des conditions naturelles et quelques témoignages explicites(5) permettent de croire que les régions où l’on cultivait les céréales étaient à peu prés les mêmes qu’aujourd’hui. Nous mentionnerons surtout : les plateaux du Maroc occidental, où s’étendent en vastes nappes les terres noires, connues sous le nom de tirs, et où des terres rouges sont fertiles aussi ; la plaine de Sidi bel Abbés ; des espaces, d’ailleurs assez restreints, dans les régions de Saïda et de Tagremaret ; le plateau de Tiaret et le Sersou ; les plaines de la Medjana, de Sétif et celles qui sont situées au Sud de Constantine, de Guelma, de Souk Ahras ; les plaines de Ghardimaou et de la Dakhla, traversées par la Medjerda ; le plateau central tunisien et les va1lèes environnantes ;

____________________ 1. Voir Jullian, Histoire de la Gaule, I, p. 103. 2. Pour les plaines voisines du littoral, voir plus haut, p. 6. Il y a des raisons de croire que les anciens ont desséché le lac Halloula, au Nord-Ouest de la plaine de la Mitidja : Gsell, Atlas archéologique de l’Algérie, f° 4, n° 56. Il est bien plus douteux qu’ils aient mis à sec le lac Fetzara, au Sud-Ouest de Bône : voir ibid., f° 9, n° 25. Dans cette dernière région, des marais furent desséchés au second siècle de notre ère, mais peutêtre seulement pour établir une route : Cagnat, dans Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, 380 et 381. Dans la Tunisie centrale, l’inscription d’Aïn el Djemala-nous montre des colons demandant des concessions de terres marécageuses, afin de les planter en arbres fruitiers : Carcopino, dans Mélanges de l’école de Rome, XXVI, 1906, p. 308 (conf. p. 370). 3. P. 140 et suiv. 4. Conf. saint Augustin, Quaest. in Heptateucham, II, 2 : « Sicut solel uber terra, etiam ante utilia semina, quadam herbarum quamvis inutilium feracitate laudari, » : Le même, Contra Faustum, XXII, 70 : « ... agricolae quam terram viderint quamvis inutiles, tamen ingentes herbas progignere, frumentis aptam esse pronuntiant. » 5. Nous les indiquerons quand nous étudierons l’agriculture carthaginoise et l’agriculture romaine.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 165 une partie du littoral oriental de la Tunisie, au Sud du golfe de Hammamet, au Nord et autour de Sousse. La plupart des pays que nous venons d’énumérer sont des plaines, hautes ou basses. Ailleurs, dans les régions montagneuses, Rif, grande et petite Kabylie, Khoumirie, Aurès, etc., des vallées se prêtent à la culture des céréales, mais les superficies disponibles sont en général peu étendues. L’arboriculture a été autrefois et redeviendra sans doute très florissante en Afrique. Elle peut réussir sur des terres médiocrement favorables aux céréales. En premier lieu, dans les pays de montagnes, à pluies abondantes, mais à sol pauvre : comme la végétation naturelle des forêts, certaines espèces fruitières s’en contentent. Les sources, nombreuses dans ces régions, servent en été ou durant les périodes sèches de l’hiver à des irrigations, nécessaires aux jeunes plants et utiles aux arbres adultes. Cependant les arbres fruitiers, surtout l’olivier, le figuier, l’amandier, supportent assez bien de longues sécheresses(1). Leurs racines puissantes vont chercher l’humidité qui s’est maintenue dans les profondeurs du sol ; alors que le soleil a desséché la croûte supérieure. Cette réserve existe en quantité suffisante, même dans des pays où la tranche de pluie ne dépasse guère 0 m, 25. Si, par l’aménagement habile des eaux disponibles, on s’y procure le liquide nécessaire à l’arrosage des jeunes sujets, on peut y créer de vastes vergers, à récoltes presque assurées. Telle fut, dans l’antiquité et même plus tard, la cause de la prospérité de la Tunisie orientale et méridionale, du pays des Némenchas, du Hodna. Il est naturel que les centres de quelque importance s’entourent d’arbres fruitiers, dont les produits servent surtout à la consommation locale. Aujourd’hui, encore, bien des villes de
____________________ 1. Il faut excepter les espèces à pépins, qui craignent les chaleurs sèches, et aussi les cerisiers,el les pruniers.

166 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. l’Afrique septentrionale sont parées d’une ceinture de beaux jardins(1). Il en fut de même au moyen âge, comme l’attestent les géographes arabes, et sans doute aussi dans l’antiquité ; on sait que les vergers de Tlemcen ont succédé à ceux de Pomaria. Enfin, dans les oasis du Sud où l’irrigation permet la culture, de nombreux arbres à fruits poussent sons le couvert des palmiersdattiers, assez chétivement et au prix d’un travail acharné. Seul, le dattier, probablement indigène au Sahara(2), a une véritable valeur économique, que les anciens n’ont pas négligée(3). Dans la Berbérie proprement dite, les deux espèces principales sont la vigne et l’olivier, qui y existent à l’état sauvage depuis les temps les plus reculés(4). Des oléastres se rencontrent

____________________ 1. Tétouan, Fez, Sefrou, Meknès, Demunt, Bebdou, Miliana, Mila, Msila, Ngaous, etc. 2. Cosson, le Règne végéétal en Algérie, p. 52. De Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 240-2. Fischer, Die Dellelpalme, dans Petermanus Mitteil., Ergänzungsheft, LXIV (1881), p. 2. Il convient d’ajouter que l’on n’a aucune preuve de l’existence actuelle de dattiers véritablement sauvages dans le Sahara. 3. Hérodote, IV, 172, 182, 183. Théophraste, Hist. plant., II, 6, 2 ; IV, 3, 5. Pline. V, 13 ; XIII, 20 (où il est question des dettes qui ne se conservent pas et doivent être consommées sur place) ; XIII, III ; XVIII, 188. 4. Dans l’antiquité, des oliviers sauvages (oléastres) sont indiqués en divers lieux : Pline, V, 3 (près de Lixus, sur la côte occidentale du Maroc) ; Ptolémée, IV, 3 ; Salluste, Jug., XLVIII, 3 (région de l’oued Mellègue) ;Table de Peutinger (Ad Oleastrum, entre Sfax et Gabès) ; Corippus, Johannide, VI, 573 (au Sud-Est de Gabès) ; Périple de Scylax, § 110, dans Geogr. gr. min., 1, p. 87 (île de Djerba) ; inscriptions d’Henchir Mellich, d’Aïn Ouassel et d’Aïn el Djemala, epud Toutnin, Inscription d’Henchir Mettich, p. 8 (III, 10-11), et Carcopino, Mélanges de l’École de Rome, XXVI, 1906, p.370 (Tunisie centrale). Conf. saint Augustin, Contra Faustam, XXII, 70 : « Agricolae... quem monttem oleastris silvescere adspexerint, oleis esse utilem culture accedente non dubitant. » — Battandier, Flore de l’Algérie, Dicotylédones, p. 581 ; « Aucune plante ne peut, d’après sa dispersion actuelle, être considérée comme indigène en Algérie à plus juste titre que l’olivier, qui constitue notre espèce forestière la plus généralement répandue, en dehors de toute action de l’homme. » Conf. Fischer, Der Oelbaum, dans Petermanns Mitteil., Ergänzungsheft CXLVII (1904), p. 4, 5, 8. On peut cependant se demander si une partie de ces oléastres ne sont pas des de noyaux provenant d’oliviers cultivés, noyaux que les oiseaux auraient transportés. La vigne, bien nettement caractérisée, a été trouvée dans des dépôts quaternaires en Algérie (Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 20), comme en Europe (de Saporta et Marion, l’Évolution du règne vegétal., II, p. 179 ; en Italie, dès le pliocène). Des textes anciens mentionnent des vignes sauvages. Telles étaient sans doute celles du cap Spartel, qui valurent à ce promontoire le nom d’Ampelusia, (Άμπελουσια, d’άμπελος, vigne) traduction

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 167 à peu près partout, fort loin dans l’intérieur des terres(1), et n’attendent que la greffe pour donner d’excellents produits. L’olivier cultivé vient, sans avoir besoin d’engrais, sur les sols les plus pauvres, sauf sur les terrains marécageux(2). Il peut fructifier à des altitudes assez hautes, plus hautes même qu’on ne le dit d’ordinaire, puisque nous trouvons des restes de pressoirs antiques à plus de 1000 mètres(3). Cependant il se ressent des froids vifs et persistants de l’hiver, des gelées tardives et répétées du printemps. Au contraire, la chaleur, pourvu qu’elle ne soit pas excessive(4), semble exercer une influence heureuse sur la teneur des fruits en huile : on a constaté que « les mêmes

____________________ grecque d’un mot indigène ayant, nous dit-on, la même signification (kôtès) : Pomponius Méla, I, 25 ; conf. Strabon, XVIl ; 3, 2, et Ptolémée, IV, 1, 2. Telles ‘étaient peut-être aussi ces vignes de la Maurusie (Maroc actuel), au sujet desquelles Strabon (XVII, 3, 4) donne des indications dont il ne se porte pas garant : deux hommes pouvaient à peine en étreindre le tronc et les grappes avaient une coudée de longueur. Les Lixites, habitants de l’Atlas, ce nourrissaient, dit Pausanias (I, 33, 5), du raisin des vignes sauvages (άμπέλων άγρίων). Pline (XII, 133 ; conf. XXIII, 9) parle du produit de la vigne sauvage d’Afrique, qui servait à des usages médicinaux ; on l’appelait massaris. Un traité faussement attribué à Aristote (De mirabilibus auscultationibus, 161) signale une espèce de vigne qui existait en Libye et qu’on appelait vigne folle : elle portait presque dans le même temps des fruits mûrs, verts et en fleur. C’était probablement une vigne sauvage. — La vigne pousse encore à l’état sauvage dans beaucoup de lieux de la Berbérie : Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 20-21 ; Eugler, apud Helm, Kulturpflazen und Hausthiere, p. 89 de la 6e édition. Il faudrait savoir, il est vrai, s’il s’agit de vignes véritablement sauvages, ou de pieds issus de pépins pris à des plants par des oiseaux : sur les caractères distinctifs de la Vitis silvestris et de la Vitis vinfera (vigne cultivée), voir Stummer, Milteilungen der anthropologischen Gesellschaft (Vienne), XLI, 1911, p. 283et suiv. Dans l’Afrique du Nord, la Vitis vinifera à peut-être été introduite par les Phéniciens. 1. On en trouve en plein Sahara : Schirmer, le Sahara, p. 190. Dans l’Ahaggar, l’olivier sauvage est Appelé aleo, nom qui n’est sans doute que le mot latin olea (olivier cultivé) : indication de M. Basset, d’après le P. de Foucauld. 2. Rivière et Lecq, Manuel, p. 353. Conf. Columelle, De arboribus, 17, 1. 3. Voir plus haut, p.88, n. 6. — Selon une opinion rapportée par Théophraste (Hist. plant., VI, 2, 4 ; conf. Pline, XV, 1), l’olivier ne croîtrait pas à plus de trois cents stades de la mer (55 kilomètres). D’autres indiquaient une distance plus grande. Columelle, V, 8, 5 : Hane arborem plerique existamant ultra miliarium sexagesimum (prés de 90 kilomètres) a mari aut non vivere, aut non esse feracem. Sed in quibusdam locis recte valet. » On rencontre dans l’Afrique du Nord des oliviers bien plus loin du littoral. 4. Conf. Pliine, XV, 4 : « Fabianus negat provenire in frigidissimis oleam, neque in enlidissimis. » Géoponiques, IX, 3 : l’air chaud et sec est nécessaire à l’olivier, comme cela se voit en Libye et en Cilicie.

168 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. variétés sont plus riches en matières grasses en Afrique qu’en France, et dans les stations du Sud que dans celles du Nord(1) ». La vigne cultivée prospère admirablement dans les régions à climat tempéré, voisines de la mer. A l’intérieur ; elle peut être très éprouvée par des gelées survenant au printemps, alors quelle a déjà commencé à bourgeonner(2). Le figuier et l’amandier paraissent être indigènes aussi en Berbérie(3). Le premier de ces arbres ne souffre ni du froid, ni de la sécheresse ; il accepte tous les terrains et s’élève à de hautes altitudes (1200 mètres en Kabylie), L’amandier est de même très rustique(4) et ne redoute guère, en dehors du littoral, que les froids printaniers. Parmi les cultures légumières, celle des fèves convient particulièrement à l’Afrique du Nord(5). Cette plante craint peu la sécheresse, grâce à ses racines très longues. De plus, par la qualité qu’elle a de fixer l’azote de l’air, elle constitue un véritable engrais et prépare le sol à recevoir des céréales; il en est de même, du reste, des autres, légumineuses.

____________________ 1. Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 80. conf. Fischer. l. c., p. 30-40. 2. D’autre part, la culture de la vigne présente des risques dans les régions où règnent de très fortes chaleurs à l’époque de la vinification (par exemple dans la vallée du Chélif). La fermentation s’y fait dans de mauvaises conditions, à moins qu’on emploi des procédés de réfrigération, inconnus des anciens. 3. Pour l’indigénat du figuier dans les pays méditerranéens, voir Engler, apud Helm, l, c., p.97-98. Le figuier cultivé descend certainement du figuier sauvage : de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 236. — L’amandier abonde à l’état sauvage (avec des amandes toujours amères) dans de nombreuses montagnes de l’Algérie. Cosson (le Règne végétal en Algérie, p. 26) déclare qu’il est « manifestement indigène ». Battandier, Flore de l’Algérie, Dicotylédones, p. 206 ; « Il parait réellement spontané sur divers points. 4. Conf. Columelle, V, 10, 12 ; Palladius, Agric., II, 15, 7. 5. Il est possible que cette plante soit indigène en Berbérie. Pline (XVIII, 121) mentionne en Maurétanie une fève sauvage : « (Inba) nascitur et sun sponte plerique in locis,… item in Mauretania silvestris passim, sed praedura et qune peroqui non possit. » On trouve encore dans le Sersou une féverole qui parait être spontanée : voir Trabut, dans Bull, de la Société d’histoire naturelle de l’Afrique du Nord, 1911, p. 116-122. — Nous devons toutefois observer que le nom berbère de la fève, ibiou, plur. Ibaouen (en dialecte zouaoua), n’est nullement un Indien d’une très haute antiquité, comme de Candolle (p. 256) semble disposé à le croire ; il vient du mot latin faba ; Stummu, dans Zeitschrift fûr Assyriologie, XXVII, 1912 ; p. 122 et 126.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 169

II Pour l’élevage comme pour l’agriculture, il faut tenir compte de la répartition des pluies. Dans les pays où la moyenne annuelle dépasse 0 m. 35, et lorsque les chutes d’eau ont lieu sans trop d’irrégularité, les conditions d’existence du bétail sont bonnes pendant une grande partie de l’année. En décembre, dès novembre même quand les pluies sont précoces, le sol se couvre d’un talus d’herbes naturelles, graminées et légumineuses, dont beaucoup plaisent aux troupeaux. Elles sont plus savoureuses et plus nutritives dans les régions élevées, telles que les montagnes du Nord du département de Constantine, les hautes plaines de Sétif et de Tiaret. Mais elles se développent mieux dans les parties basses du littoral, où le climat est plus doux. Aux hautes altitudes, le froid ralentit la vie des plantes; les chutes de neige empêchent le bétail de paître; la rigueur de la température et surtout les gelées nocturnes font de nombreuses victimes. A partir du mois de juin, le soleil grille les pâturages que n’humecte plus la pluie, et son action peut être hâtée par des coups de siroco. En juillet. Parfois en août, le bétail s’alimente encore, tant bien que mal, avec les herbes desséchées et les chaumes. Mais, entre le mois d’août, et la fin de novembre environ, la campagne ne lui fournit presque rien, sauf sur des terres où l’humidité est maintenue par des irrigations artificielles, et dans les forêts où les arbres protégent le gazon coutre les ardeurs du soleil. Pendant cette période critique, il est en général nécessaire de nourrir au moins le gros bétail avec des réserves. Dans les pays de steppes, c’est-à-dire dans le Sud de la Tunisie, dans une partie des hautes plaines de la province de Constantine, dans celles des provinces d’Alger et d’Oran, dans le

170 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Dahra marocain (à l’Est de la Moulouia supérieure), dans la zone intérieure des plateaux qui s’étendent entre l’Océan et l’Atlas, les pluies, peu abondantes et irrégulières, font cependant pousser une végétation chétive, composée de graminées et de salsolacées. L’alfa vient sur les sols calcaires(1), le drinn sur les dunes, l’armoise blanche (chih des indigènes) dans les dépressions limoneuses ; le guettaf est surtout répandu dans l’Est, sur les terres salées. Le bétail ne se nourrit pas d’alfa, il mange de l’armoise quand il n’a pas autre chose à se mettre sous la dent, mais il recherche le guettaf et les petites herbes qui viennent s’intercaler entre l’alfa et le chih(2). Il y a donc en hiver, dans ces régions, d’utiles pâturages, moins souvent ensevelis sous la neige que les montagnes élevées du Tell. Mais ils s’épuisent vite : ce qui nécessite le déplacement fréquent des troupeaux, qu’exigent aussi la rareté et le peu d’abondance des points d’eau. Le bétail doit subir le froid sans abri, car des étables l’immobiliseraient. Après la saison des pluies, la végétation est encore entretenue pendant quelque temps par des rosées, que provoque un rayonnement nocturne très intense. Mais, en été, l’eau manque dans les steppes, le sol ne donne plus guère de nourriture; les maigres herbes qui le tapissaient en hiver n’ont pas pu être fauchées pour constituer des réserves. Il faut donc que les troupeaux se transportent ailleurs, soit dans les montagnes du Sud, où ils ne trouvent pas toujours l’alimentation liquide et solide dont ils ont besoin, soit plutôt dons le Tell. Enfin, la lisière septentrionale du Sahara offre çà et là, dans la saison hivernale, des pâturages, vite épuisés. Les bœufs ne peuvent être élevés que dans les régions à pluies abondantes et à pâturages riches. Ils se plaisent surtout
____________________ 1. L’alfa est le spartum africanum de Pline (XIX, 26 ; XXIV, 65), sorte de jonc, propre à un sol aride, qui est en Attique de taille exiguë et ne sert à rien. 2. Battandier et Trabut, l’Algérie, p. 115.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 171 dans les pays montagneux, où les herbes sont fines, où la végétation se conserve plus longtemps qu’ailleurs, grâce aux nombreux suintements des eaux souterraines et au couvert des forêts. Ils sont nombreux au Maroc, chez les Zemmours et les Zaïanes, dont les territoires sont parcourus par l’oued Bou Regreg et ses affluents; dans la pointe Nord-Ouest du Maghrib (entre Tanger et l’oued Sebou) ; dans les régions d’Aumale et de Boghar ; dans le Nord-Est de la province de Constantine (pays de Guelma, de Jemmapes, de Bône, de Souk Ahras) ; dans le Nord de la Tunisie. Le cheval a besoin de moins d’humidité et peut même vivre dans la steppe. Les pays qui produisent aujourd’hui les plus beaux sujets sont, au Maroc, la province d’Abda (au Sud-Est de safi) ; en Algérie, les régions de Sebdou, de Draya, de Frenda, d’Ammi Moussa, de Tiaret, de Chellala, de Boghar, d’Aumale, les hautes plaines de la province de Constantine (Medjana, régions de Saint-Arnaud, de Châteaudun-du-Rummel, d’Aïn Mlila, de Batna, de Khenchela, de Tébessa), le bassin du Hodna ; en Tunisie, les environs du Kef, les plaines de Kasserine et de Fériana. Le mouton s’accommode naturellement fort bien des pâturages du Tell(1), et il ne faudrait pas que l’expression banale « pays du mouton », par laquelle on désigne les steppes de l’intérieur de l’Algérie, fit croire qu’elles soient les terres qui lui conviennent le mieux. Ce qui est vrai, C’est qu’elles doivent surtout à cet animal leur valeur économique, d’ailleurs très médiocre. Sur de vastes espaces où l’eau est rare et où les déplacements s’imposent, le mouton peut rester jusqu’à quatre jours sans boire et accomplir de longues marches. Il recherche les herbes salées et accepte les eaux magnésiennes, fréquentes dans les steppes.
____________________ 1. Sauf dans les pays de froid humide.

172 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. Si les chèvres sont très nuisibles par la voracité avec laquelle elles broutent les bourgeons, les écorces et même les rameaux des jeunes arbres, elles savent, quand il le faut, se contenter des plus maigres pâturages, des plus misérables broussailles. Elles supportent au besoin la soif pendant plusieurs jours, comme les moutons, et elles résistent bien aux intempéries. Très prolifiques, elles rendent de grands services par leur lait, leur viande, leur poil et leur peau. Un des grands obstacles au développement de l’élevage fut, dans l’antiquité, l’abondance des fauves, dont le nombre diminua beaucoup à l’époque romaine(1). III Dans certaines parties de l’Afrique septentrionale, on n’a guère l’embarras du choix entre les différents modes d’exploitation que nous venons de passer en revue. Les steppes ne se prêtent qu’a l’élevage ; les hautes plaines du centre de la province de Constantine, les terres noires, de l’Ouest du Maroc, propices aux céréales, ne sont pas favorables, en général, à la bonne venue des arbres ; au contraire, le sol d’une partie du centre et du Sud de la Tunisie convient bien à l’arboriculture, tandis que le climat exclut presque les céréales ; dans les oasis, on ne peut guère faire que des cultures fruitières. Cependant une classification qui prétendrait répartir les régions de l’Afrique du Nord en terres à céréales, en pays d’élevage, en pays d’arboriculture, serait évidemment inexacte. Beaucoup d’entre elles admettent des exploitations diverses. La monoculture, souvent reprochée à nos contemporains, ne se justifie pas dans une grande partie du Tell. Sous un ciel d’or-

____________________ 1. Voir plus haut, p. 110.

LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. 173 dinaire clément, l’homme de la campagne peut s’occuper dehors pendant presque toute l’année et il dispose de plus de temps que dans l’Europe centrale ; par suite des conditions de la végétation, les travaux nécessaires aux différentes cultures s’échelonnent de manière à pouvoir être exécutés les uns après les autres par les mêmes bras. « Les labours pour les céréales, dit M. Saurin(1), se font de juillet à fin novembre; à peine les semailles sont-elles terminées qu’il est temps de labourer, de piocher et de tailler les vignes. Aussitôt après, le cultivateur... coupe ses fourrages et ses moissons (avril à fin juin). Les travaux de la vendange interrompent, durant une quinzaine de jours, les labours préparatoires aux semailles. » Ce ne sont pas seulement les produits qu’ils peuvent tirer du sol qui déterminent les hommes à se fixer dans telle ou telle région. Ils doivent se préoccuper d’avoir à leur disposition l’eau nécessaire à leur alimentation et à celle des animaux domestiques. C’est auprès des sources que s’élèvent les habitations. Or il y a des pays de l’Afrique septentrionale où ces sources sont rares et tarissent même en été. Ils ne peuvent être que très maigrement peuplés, si l’on n’y constitue pas des réserves en emmagasinant les pluies d’hiver, si l’on ne creuse pas des puits pour atteindre les nappes souterraines : tel est le cas du Sud de la Tunisie et d’une bonne partie du Maroc occidental. Il faut tenir compte aussi de la résistance plus ou moins grande des organismes humains au climat. L’Afrique du Nord est presque partout salubre(2). Elle l’était déjà autrefois. Hérodote dit que les Libyens sont les plus sains des hommes qui lui soient connus(3). Salluste parle en ces termes des indigènes :
____________________ 1. La Tunisie (Paris, 1897), p. 14-15. 2. Surtout le Maroc, où la malaria parait être très rare : Fischer, MittelmeerBilder, II, p. 361. 3. IV, 187 ; conf. II, 77. Les Maures, dit Élien (Nat, anim., XIV, 5) sont beaux et grands.

surtout quelques plaines basses. Masqueray. p. car il est rare que la maladie les emporte(1).. Je citerai en particulier cette inscription de Sétif (C. XVII. Jug. 344-8. Nous avons dit(5) que la Mitidja était alors à peu près inhabitable . » 5. le plus bel exemple de cette vigueur et de cette endurance physiques(3). IX. là même où la terre ferme avait pris la place du marais.. 4. Polybe. était moins avancé qu’aujourd’hui. de correspondance africaine. la malaria s’opposait à des établissements humains. p. elles devaient l’être plus encore dans l’antiquité. les inscriptions latines qui mentionnent des centenaires sont fort nombreuses(4). A l’époque de la domination romaine. de même de la plaine de la Macta et d’une partie de celles qui s’étendent en arrière ____________________ 1. VIII. qui eut. patiens laborum . 34. sauf ceux qui périssent par le fer ou par les bêtes. Conf. Lib. » — « Les Numides. I.. Lib. P. Cidéron. pour les Grecs et les Romains. 6 .. se valente fecit.Valère-Maxime. XXXVI. plerosque senectus dissolvit. 1. 2. « Race d’hommes au corps sain. voisines du littoral . XXXI. 1897. dit-on. . 71. X. ibid. 1882. 291-6 . ext. nisi qui ferro aut bestiis interiere . ceux dont la vie est la plus longue. comblant peu à peu les marécages par des apports d’alluvions. de Constantine. écrit Appien(2). XXII. 3.. 71. velox. Il en était sans doute. entre autres. fut. Appien.Certaines régions sont cependant fiévreuses. résistant à la fatigue: la plupart succombent à la vieillesse. 16 (édition Büttner-Wobst). 20387) . du moins dans les parties qui n’étaient pas drainées par des canaux artificiels. p.. agile. La cause en est peut-être que l’hiver est peu rigoureux chez eux et que l’été n’y est pas d’une chaleur torride.. Poulle. I. 108 . 1882-3. nam morbus haud saepe quemquam superal. » Masinissa. un fils à quatre-vingt-six ans et montait encore à cheval deux ans avant sa mort. L. De senectute. car le travail des fleuves. qui mourut nonagénaire. « Genus hominum salubri corpore. comme chez les Éthiopiens et les Indiens. dans Rec. dans Bull. 13. parmi ces hommes qui vivent longtemps. sont les plus robustes des Libyens et.174 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. « Pescennia Suturnina vix(it) an(nis) CXXV . 6-7.

3. Une inscription d’Auzia (Aumale) est l’épitaphe d’une femme. Vie de saint Augustin. dans cette ville romaine. terraeque motus et cynomiae venena cruciantia (il s’agit de mouches venimeuses) » .LES CONDITIONS DE L’EXPLOITATION DU SOL. soit à l’époque romaine(6). 6. XIII. Des pestes. sont malsaines pour les blancs . II. 303 et suiv. voir encore Celse. XV. à Carthage (cette peste fut très meurtrière). 114. Une autre.. De mortalitate. à Carthage et dans d’autres lieux de l’Afrique. Ad Demetranium. Pour les fièvres d’Afrique dans l’antiquité. 2. p. 224-5. du moins en été(1). Monceaux. à la fin du mois d’août 430) : Possidius. 145. Atlas archéologique de l’Algérie. Saint Augustin. I. 14 (où il décrit les effets physiques de la maladie) . C. Ausgewählte Märtyracten. soit à l’époque carthaginoise(5). à Carthage. Sermons. . XVIII. 10. 175 de Bône. 29. 24 et 73 : vers 370. p. 4. Medic. XIX. 18792 (région d’Aïn Beïda). où souvent les rideaux de palmiers empêchent le vent de circuler. XIII. qui fit beaucoup de victimes à Carthage au milieu du IIIe siècle de notre ère. Histoire littéraire de l’Afrique chrétienne. 4: « aeris morbidi ». CXXVI. qui vécut quarante ans sans avoir souffert des fièvres. L.-C. vint d’Éthiopie et se répandit dans tout le bassin de la Méditerranée(8). 9048 (Aumale) . sine febribus(2) : c’était. ____________________ 1.. 251 et suiv. qui éclata à la fin du Ve siècle avant J. Pontius. Le même. Celle qui sévit sous la domination byzantine. où les eaux d’irrigation s’écoulent mal. Justin. Saint Cyprien. 1). Diodore. au dire de celui qui raconta sa passion peu de temps après. I. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. dont on n’indique pas en général le caractère exact. col. le Sahara. Diodore de Sicile. Vie de saint Cyprien. il y avait aussi des régions insalubres. 431 (Carthage). 6. f° 9. Gsel1. Au Sud de la Berbérie. III. sont mentionnées à plusieurs reprises. Observons aussi que les nombreux travaux hydrauliques établis par les anciens ont pu çà et là contribuer à la diffusion du paludisme. Schirmer. 9. une exception digne d’être signalée(3).… famem. Lettres. 11 : au VIe siècle. 7. VIII. L. « varias saeculi plagas…. L’une d’elles. 9050. saint Augustin. 4 . les nègres et les métis en supportent mieux le climat(4). p. les oasis. — Le martyr Marianus exécuté à Lambèse. p. Augustin y mourut des fièvres. L’air de la ville d’Hippone était assez malsain. parait avoir été propagée par des troupes qui l’avaient contractée en Sicile(7). 1906. 5. n° 59 (p. 6. A l’intérieur. 5. 8. von Gebhardt. en mai 259. Conf. C. luem.. aurait prophétisé. Conf. VIII.. 114 : à la fin du Ve siècle.

en 262 de notre ère. Gallieni duo. 2e édit. hora noc[tis…. Conf. p. I. En somme.. — Tremblement de terre en Asie. signalée en 125 avant J. Diehl. 339. sommo f]essis contigit… » Ce tremblement de terre parait avoir aussi causé des dégâts à Lambèse : Wilmanus. I. qui ne causèrent que des maux passagers. l’Afrique byzantine. elle s’étendit en Numidie. Parisch. au C. p. l’Afrique du Nord est une contrée où la vie humaine se développe dans des conditions favorables. p. dans la Tunisie centrale : « [templum… per ter]rae motum dilabsum ». 13362 (à Aunobaris. au Sud de la Numidie) : [post terra]e motum quod patriae. XIX. toute la population campa dans les champs.176 LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT HISTORIQUE. . VIII. lorsqu’ils ont été libres de travailler en paix. I. l’Armée romaine d’Afrique. — Saint Augustin. furent des accidents. L. L. dans la province romaine et en Cyrénaïque(2). le climat Affaiblit ni la force physique. à Ad Maiores. car le pays n’est pas une terre bénie qui dispense libéralement ses dons. V. Voir plus haut. fut provoquée par une terrible invasion de sauterelles . tremblement de terre violent à Sétif . d’ordinaire. Cagnat. VIII. L. fut aussi apportée d’orient(1). édition de Corippus. 2480 et 2481 (en 267. Ces contagions désastreuses. Nous verrons qu’une grande partie de ses habitants. Corippus. à Rome. 343 et suiv. 2571 . C. en 543. 4 : « mota et libya » (mais il n’est pas sûr qu’il s’agisse de la Berbérie). Johannide. lorsqu’ils ont su qu’ils tireraient de leur travail un profit équitable. 136-7 3. XVI-XVII . comme aussi certains tremblements de terre(3). 6 : en 419. Ces qualités doivent se déployer presque partout avec vigueur. Une autre.. . mais encore beaucoup d’indigènes. p. III.. pendant quinze jours. 442. ni l’intelligence. — C. Histoire auguste. 2. Sermons. en Libye.-C. ____________________ 1. pour les autochtones aussi bien que pour les immigrants originaires du régions tempérées de l’Europe et de l’Asie. ont fait bon usage des ressources qui s’offraient à eux. où. Paterno et Arcesilao co[n]s[ulibus].. non seulement les Carthaginois et les Romains.

trouvés avec des restes d’animaux qui habitaient le pays à l’époque quaternaire. — Le musée le plus riche en antiquités préhistoriques de l’Afrique du Nord est celui d’Alger : voir Pallary. II. Ces objets appartiennent aux premières phases de l’industrie paléolithique et ressemblent à ceux qui ont été recueillis dans d’autres contrées. voir aussi Revue africaine. 1891. 2. J’ai adopté les grandes décisions indiquées par M. 100 et suiv. 7705 . t. p. LV. dans Revue africaine. III. voir en particulier p. 102-113). p. 1911. 1906. 1907. Revue africaine. L.LIVRE II LES TEMPS PRIMITIFS CHAPITRE PREMIER LA CIVILISATION DE LA PIERRE(1) I Les plus anciens témoignages de l’existence de l’homme dans l’Afrique du Nord sont des armes et des outils de pierre. Il y a aussi des collections importantes à Oran et à Constantine (musées municipaux). p. dans ses Instructions pour les recherches préhistoriques dans le Nord-Ouest de l’Afrique (Mémoires de la Société historique algérienne. Pallary. M. pendant une période de chaleur humide(2). 306-325. . LI. au musée de Saint-Germain et au musée d’ethnographie du Trocadéro. Bibliographie du préhistorique saharien par Flamand et Laquière. 233-7. 274-8. surtout dans l’Europe occidentale: les pré- ____________________ 1. p. Pallary a donné plusieurs bibliographies très détaillées du préhistorique de la province d’Oran : Association française pour l’avancement des sciences. Conf. plus haut. Marseille. 1909) . Alger. 39-56 (on trouvera une bibliographie aux p. p.

. zèbre. longue de 0 m. — Sur ces trouvailles. XXII. : Scweinfurth. mais aussi d’instruments très rudimentaires. De Morgan. de la Société archéologique de Sousse. f° 32. dans Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. 1907.178 LES TEMPS PRIMITIFS. soit avant. ou sont cassés au milieu. dans Bull. 220) ont montré que ce sont des éclats qui se retrouvent dans des ateliers paléolithiques de la région. on a signalé. non seulement de pierres brutes. on a découvert de nombreux instruments en pierre et des ossements. XXXIX. voir surtout Pallary et Pomel. 150. de prétendus éolithes à Chelma (près de Biskra) et à Gafsa : Chantre. XX. antilopidés. d’une technique plus soignée). p. 688 . ou des moitiés de galets. à l’Est de Mascara : Gsell. dans la province d’Oran(2). en partie façonnés ____________________ 1. 141 et suiv. historiens distinguent trois types. acheuléen (« haches » en forme d’amande. hippopotame. p. Clermont-Ferrand. se rapportant à une faune quaternaire chaude : Elephas atlanticus. IV. girafe. A Ternifine. Des restes de poteries grossières (Matériaux. p. dans Assoc. surtout les deux derniers : chelléen (« coups-depoing » sommairement taillés). c. pierres qui auraient été simplement accommodées pour l’usage. Française. Nous laisserons de côté les éolithes. p. en partie bruts (du côté où on les tenait en main). II. lames. Beaucoup d’os présentent des incisions. pourtant. ou bien d’un rectangle. Capitan et Baudy (Revue de l’École d’anthropologie. constituée par des apports de sources artésiennes et recouverte d’une couche de grès. très grossiers. etc. 1888. Mais il faudrait pouvoir distinguer les éolithes accommodés et utilisés. 3. sanglier. sans doute pour l’extraction de la moelle. avec des pièces chelléennes. Les outils ou armes sont des coups-de-poing chelléens. MM. Atlas archéologique de l’Algérie. travaillés sur une seule face)(1). n°14. racloirs. Ils gisaient pêle-mêle(3) au pourtour d’une colline de sable. l. dans Zeitschrift für Ethnologie. Dans l’Afrique du Nord. moustérien (pointes. 2. . chameau. 15 à 0 m. Eylert. 221-232. Près du village de Palikao. 20. qui se rencontrent souvent ensemble. dont la forme est vaguement celle d’une amande. 1906. n’ont été façonnés que par des agents naturels. des galets de grès. sans difficulté. p. Ou sait que des préhistoriens placent avant l’industrie paléolithique une longue période éolithique. haute d’une trentaine de mètres. des cailloux qui présentent un aspect tout à fait semblable et qui. Pour ceux de Gafsa. rhinocéros. c’est ce que l’on peut admettre. débris de chasse. 223-4) sont certainement beaucoup plus récents. p. 1910. Que les hommes se soient servis. Nous devons ajouter que toutes les trouvailles faites en ce lieu ne datent pas de l’époque quaternaire. en grès et surtout en quartzite. soit après l’invention de la taille. acheuléennes et moustériennes. 1908.

qui ont pu être utilisés.. p. p. p. Oudjda (acheuléen) : Pallary et Pinchon. acheuléen) : indications de M. 1903. Assoc. Pallary. dans l’Anthropologie. des morceaux de silex et de quartzite. au Sud de Saïda (acheuléen) : Doumergue. Ils reproduisent exactement les deux types chelléen et acheuléen. Gsell. 179 à grands éclats. 1893. en quartzite. 1891. à l’Ouest e Dellys (cheuléen et acheuléen) : Reinach. sanglier. pointes et racloirs. a donné des catenires taillés à grands éclats et des bouts de silex. Rabat (chelléen) : Pallary. Pallary.657-661. 2. Lacour et Tureal. soit quelques instruments taillés sur une seule face. Besançon. etc. d’antilopes. 1892.) et d’outils primitifs. . au Nord de Tlemcen (acheuléen) . Latapie . d’un grand bœuf. 173-4. Ouzidane. ou à peine travaillés. rhinocéros. celle d’Aboukir. Sur bien d’autres points(5). n° 47.. et ont donné lieu i une étude attentive(2). 496 . ont la forme d’une amande. p. 4. et des amas d’escargots. Boule. trouvés aux abords immédiats de la pièce d’eau. sont d’une autre époque. Une troisème station de la province d’Oran. XXII. 427-9. de dimensions moindres. 313. Le gravier qui constituait le fond de la nappe d’eau contenait le même mélange d’ossements (Elelphas atlanticus. Ces stations(4) sont datées par la faune associée aux restes du travail humain. qui ont pu servir de pointes et de racloirs. Près du village de Montagnac . dans l’Anthropologie. 20. ____________________ 1. 1-21. 1888.. I-II (découvertes de M. Dans les notes qui suivent. f° 31. de rhinocéros. 1900. Parmi ceux-ci.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. je ne mentionnerai que les découvertes les plus importantes. Il est très probable que les deux séries sont contemporaines(3). p. le même. zèbre. petit réservoir naturel situé au Nord de Tlemcen(1). les uns. charriés par une source artésienne. p. XVIII. avec une pointe plus ou moins effilée. XIX. 605. simplement cassés. Bull. p. Gentil). Conf. Aïn el Hadjar. 232 . Takdempt. II. les observations de Boule. Une hache polie et des pointes de flèches à ailerons. en général non retouchés. 309-310 . c. 177-8. 6. l. au Sud-Est de Mostaganem. 5. 18. conf. Bull. les plus longs dépassent (0 m. XIX. p. Les autres sont des silex de petites dimensions : soit des éclats. au Maroc(6). p. Voir Pomel. 1907. Ces objets étaient ensevelis dans des sables. avec des ossements d’Elephas atlanticus. fig. 2 et 3. Française. 3. enAlgérie(7). II. Marseille. ibid. 347-350. au Nord et surtout au Sud de cette ville (chelléen. dans Assoc. 1908. archéologique du Comité. Des constatations analogues ont été faites au lac Karar. Diverses stations dans la région de Tébessa. p. pl. Française. dans Matériaux. ibid. hippopotame. 7. p. XI. 1892. d’Oran. Atlas.

427-430. XXVI (conf. Verneau. p. Bull. ibid. p. du Comité. 661. XLV. pl. 3. auxquels sont souvent mêlés des disques à bords coupants(4) et des galets dont la base est restée brute et dont le côté opposé offre des facettes concaves. non accompagnés d’ossements Tantôt ils sont seuls. l. 213-4. De Morgan. Oudjda : Pinchon. au Nord-Ouest de Gafsa (acheuléen) : Pallary. à fleur de terre ou dans des alluvions. Française. Redeyef : de Morgan. 1908. jusqu’au néolithique berbère. 254-5 et pl. Ghardaïa : Revue africaine. 5. p. 547550. L. au Sahara(2). racloirs. VII A . 6. 88 . p. 67-69. XX. Instructions. Ils se rencontrent soit sur des emplacements de stations. Revue de l’École d’anthropologie. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy.180 LES TEMPS PRIMITIFS. p. dans l’extrême Sud tunisien. 351-4 et trois planches. p. Bull. Revue africaine. p. 17-18. d’Oran. On trouve ce ces galets à éclats alternés et de ces disques dans les industries plus récentes. 1 et 2. Oum el Ksob : musée d’Alger. Aïn el Hadjar : Doumergue. Les outils chelléens. 179-180 . p. 4. dans l’Homme préhistorique. ibid. Oum el Bsob. dans Documents relatifs à la mission Flatters. Reygasse et Latapie. VI. 1911. Capitan et Boudy. Foureau. tantôt ils se trouvent avec des objets moustériens(3). De Constantine. p. dans l’Anthropologie. 312. dans le Sud de la Tunisie(6). 1910. Région de Redeyef. A 400-500 kilomètres au Nord de Tombouctou : Caplan. Debruge. Revue de l’École d’anthropologie. p.. 1909. fig. Outils acheuléens. surtout sur les collines ____________________ Bull. LV. 313-8 3.. p. acheuléens et moustériens abondent dans cette région. c. dans le Sud de la Tunisie(1). Chabet Rechada. Nous mentionnerons en particulier les découvertes faites aux environs de Gafsa. 69. de la Société archéologique de Sousse. 339-342. 1906.. p. soit dans des ateliers. voir aussi Flamand et Laquière. p. 1895. 1908. à la p. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. Très fréquemment. à la p. 1910. fig. on a recueilli. alternées de manière à former une arête sinueuse : galets et disques devaient être des projectiles(5). le même. 1893.. p. 1114) . p. 273. Région de Temassinine : Rabourdin. 270. 1910. Assoc. Rec. 1. des instruments chelléens et acheuléens. 1892. II. pl. et Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. à l’Ouest de Gafsa (cheuléen. pointes. . LV. établis aux lieux où il y a des gisements de silex utilisable ateliers qui étaient souvent importants. Ouzidane : Pallary. p. Région de Gafsa : voir plus loin. Voir par exemple. ibid. XIX. 342. p. XX. 2. XX. 92-93. acheuléen) : Fleury. Revue africaine. — On n’a pas encore découvert d’outils chelléen et acheuléens dans la Tunisie septentrionale et centrale. ils sont confondus et paraissent être de même époque. 1911. situées d’ordinaire en plaine. Capitan et Boudy. p. Pallary. archéol. 110 et suiv. Besançon. fig. 1911. XLIV. pl. CCLXI .

des outils moustériens. Revue de l’École d’anthropologie. Assoc. Peut-être enduites de terre. puis seuls(1). sont bien antérieurs au creusement de ces grottes.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Je ne parle pas des prétendus éolithes. dans certains ateliers où les artisans exploitaient des gisements déterminés. 2. en silex très fin. française. de Morgan a montré(2) que les objets dont il s’agit ont été enlevés par des pluies torrentielles faillit à un campement ou a un atelier. 3. ils ne se livraient qu’à l’une de ces trois industries. près de Gafsa. à 2 kilomètres au Nord du village de Sidi Mansour. p. plus haut. . — Selon Couillault (dans 1’Anthropologie. Ils s’établissaient de préférence près des sources. mais ne comportant pas une taille aussi fine . 173-180 . Collignon. pourtant contemporaines. à l’Ouest du même lieu. 216 et suiv. surtout aux confluents. Mais l’exactitude de ces observations a été contestée : M. Lyon. trouvés dans les parois du grottes artificielles. dans Matériaux. Les hommes vivaient en plein air . XXI. situées non loin de là. près des rivières. conf. d’abord mêlés à des haches acheuléennes. 1894. 4. les haches acheuléennes sont en silex foncé ordinaire. 1887. des coups-de-poing chelléens. une superposition analogue existerait dans d’autres couches d’alluvions. V. sur de petits plateaux ou des croupes d’où la ____________________ 1. matière moins cassante que le silex. Il est vrai que. 1895. p. qui permettrait de les attribuer des périodes successives : en bas. on a cru reconnaître une superposition de divers types paléolithiques. il n’est d’ailleurs pas impossible qu’ils se soient abrités sous des huttes en roseaux ou en branchages(4). 87-93) a prouvé qu’à Ouzidane des outils acheuléens. II. les instruments moustériens. Pallary (Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. Il s’ensuit que. 531-3). au Nord-Ouest de Gafsa. On n’a pas trouvé d’outils chelléens et acheuléens dans des cavernes de l’Afrique du Nord(3). 1906. dans une éminence formée de couches d’alluvions. tantôt à un autre. p. et que leur place parmi les alluvions dépend des hasards du ruissellement. de couleur claire. et de Redeyef. Les roches employées pour fabriquer les objets des trois types n’étaient pas les mêmes : les coups-de-poing chelléens étaient faits en pétrosilex (craie pénétrée de silice). XX. 181 d’El Mekta. p. p. Capitan et Boudy. 725-6.

2. gourdins. d’autres avaient sans doute une destination particulière. Dans les pays où le gibier abondait. en grès et en calcaire dans le Tell algérien.182 LES TEMPS PRIMITIFS. 3. III. 8. dans Assoc. ils ____________________ 1.. D’après leurs diverses formes. Ces primitifs avaient peut-être des objets en bois. . 303-4. et nous ignorons l’importance des groupes d’individus associés dans une vie commune : on constate cependant qu’autour de Gafsa. 112 Geogr. dans Matériaux. Il y avait des armes et des outils de fortune. p. Périple de Scylax. p. où l’eau coulait en toute saison(2). gr. Silius Italicus. 51. p. ils n’avaient sans doute guère besoin de se déplacer. les campements étaient nombreux(3). Instructions. 5. De Morgan. l. Instructions p. piques dont la pointe était durcie au feu(5). simples éclats utilisés comme pointes ou racloirs. 4. de vêtements et de récipients. Marseille. 71 . Les découvertes ne nous renseignent que sur les instruments en pierre. Les uns ont probablement servi à des usages multiples. Des os pointus ont dû leur servir d’armes(6) . l. massues.110. soit en quartzite. en quartzite. des cornes d’antilopes et des défenses d’hippopotames ont peutêtre rempli cet office : Pomel. 231 .112. p. l... 600. Dans le Sahara. 62-63. min. 53. vue s étendait au loin et où il leur était plus facile de se défendre(1). VII. soit en grès. p. 1891. Les instruments chelléens et acheuléens étaient fabriqués en silex dans les hautes plaines de l’intérieur de l’Algérie et dans le Sud de la Tunisie(7) . Pallary. Ce qui s’explique par la proximité de gisements importants de silex. des peaux. A l’époque historique. 94) . broyeurs. II. Nous connaissons trop mal cette période de la préhistoire africaine pour pouvoir dire quelles étaient les régions les plus peuplées. p. il ne faut pas oublier que le climat était plus humide qu’aujourd’hui : voir plus haut. A Ternifine. 6. De Morgan. mais en général peu étendus(4). divers peuples africains ne servaient encore de javelots appointés de cette manière : Hérodote. massues. sans parler des pierres brutes qui pouvaient être employées comme projectiles. XXII. 7. c. p. les outils acheuléens sont soit en silex. française. Pallary. où les galets de silex de bonne qualité sont généralement trop petits pour la confection d’un gros outillage(8). Pallary. c.

on trouve aussi des outils moustériens. On ne les trouve jamais avec les industries paléolithique récente et néolithique dans les gisements oit l’on peut affirmer qu’il n’y a pas eu de mélanges de diverses époques : par exemple dans les grottes. des ciseaux. Pallary. 1906-7. avec quelques géologues. de Morgan. Revue africaine. Voir plus loin. XIX. 8. pêle-mêle avec des produit d’une industrie beaucoup plus récente(8). deux régions qui. p. les formes moustériennes se sont maintenues très longtemps dans l’Afrique du Nord(7) : nous verrons qu’elles se rencontrent. en Italie(3). M. p. 3. jusqu’à présent. 28-31. plus rarement en silex. en quartzite et surtout en silex. surtout si l’on admet. Conf. n’auraient pas été séparées par la mer. étaient faits pour percer et trancher. 131 et suiv. pierre dont les cassures donnent des arêtes coupantes. p. en Égypte(2). p.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. D’autres stations ne _____________________ 1. en gris. Les outils moustériens. 7. 6. pour gratter les peaux. des pics. à l’époque de ces industries. mais ils ne le prouvent pas. Capitan. 77. 1082. 1911. il est vrai. LI. La parfaite ressemblance des instruments trouvés dans la Berbérie et de ceux qui ont été recueillis dans d’autres contrées plus ou moins voisines. XII. on n’a pas recueilli d’outils chelléens et acheuléens en Sicile. ni dans le Nord de la Tunisie. Tandis que les outils chelléens et acheuléens ont disparu de bonne heure(6). en différentes régions. 4. des pioches pour extraire les racines(1). 5. p. des haches. § IV. 225 Il faut cependant remarquer que. p. p. s’explique-t-elle par des relations entre les habitants de ces pays ? ou par l’identité des besoins qui. Capitan. des marteaux. Conf. dans l’anthropologie.7 et suiv. Une opinion contraire est exprimée par Pallary. XXII. 2. Revue anthropologique. aurait fait inventer les mêmes outils ? Il est probable qu’on ne résoudra jamais ce problème. — Foureau et Verneau (Documents de la mission FoureauLamy. en Espagne(4). au néolithique berbère. On n’a pas le droit d’écarter comme invraisemblable la première hypothèse. avec des instruments . qu’au Sahara les hoches acheuléennes sont contemporaines des flèches et autres instruments néolithiques. 1909. 183 ont pu être des coups-de-poing. entre autres. l’Europe a pu être reliée au continent africain(5). en quartzite. 1907. 1911. Pallary. Conf. 111-7. qu’à l’époque quaternaire. dans l’Anthropologie. Introduction d’histoire romaine. Revue de l’École d’anthropologie. 1121) croient. Modestov. p. Au Sahara. 1901. XXI. 563. des coins. Instructions. en différents lieux. Voir.

à Oran (racloirs. rhinocéros.) : Ficheur et Brives. pendant la période néolithique et plus tard encore(4). p. Foureau. vivaient dispersés dans des huttes ou dans les cavernes qui s’offraient à eux. 390-1. dans des grottes. 17. du littoral des provinces d’Oran et d’Alger à l’Atlas saharien. du reste. près de Lalla Marnia (province d’Oran). Couche inférieure de la grotte des Troglodytes.. .1624 (station de Karouba. p. couche inférieure jaune. de la grotte du Polygone. 3. 636-7 . p. 1891. XLII. 1116. 1908. Assoc. de Lyon. Pallary. d’Oran. — Abri de la Mouillah. Marseille. Pallary. Il est impossible de les dater avec certitude. Bull. 44. en pleine époque historique. rhinocéros. l’absence d’outils chelléens et acheuléens permet de croire que ces stations sont postérieures à celles dont nous avons parlé précédemment. 1909. 2. Les Libyens primitifs. CXXXVII. 149 et suiv. contiennent que des types moustériens(1). ibid. Cette coutume s’est perpétuée à travers les siècles. Mais. p. XI. dans quelques grottes de l’Algérie. — Couche inférieure de la grotte des Ours. etc. d’anthr. 4. Voir aussi Pallary. affirme Pausanias (X.. 112. etc. p. 43. blanchâtre ou rougeâtre. au Nord-Ouest d’Alger (silex moustériens . p. deb la Société d’anthropologie de Lyon. Comptes rendus de l’Académie des Sciences.) : Debruge. La couche moustérienne des grottes d’Oran se distingue par sa couleur. 97) en indique quelques-unes. avec des pièces moustériennes en quartzite et parfois en silex (la couche supérieure. 635. à industrie paléolithique récente et grisâtre) : Barbin. Bull. XI. des instruments moustériens apparaissent avec une faune quaternaire. p. au même lieu . 203-7. 1119 . qui se répartissent de l’Océan au Sud de la Tunisie. l. etc. zèbre chameau. rhinocéros. 1. 150. 2). apud. dans d’autres contrées : voir. Pallary (Instructions. française. que les Africains commencèrent à séjourner dans des cavernes ou des abris sous roche(3). naturelles ou ____________________ néolithique : voir Verneau. 1802. p. qui sont noires. p. Bull. hippopotame. néolithiques. zèbre. molaire de rhinocéros) . 1912. 31 . II.1485-7. Jullian. CXXX. purs de Mostaganem. de la Soc. Comme .184 LES TEMPS PRIMITIFS. Rec. De Constantine. 303. 1900.) : Pallary. silex et quartzite . et d’ordinaire au-dessous de couches renfermant une industrie néolithique(2). pour l’Europe occidentale. à Constantine (racloirs et pointes en quartzite et en silex . Bull. Pallury et Tommasini. au Nord-Ouest d’Oran (quelques quartzites taillés . — Grotte des Bains-Romains. 145-6 et fig. archéologique du Comité. p. D’autre part. l. Mais il dit sans doute cela au hasard. en effet. pointes en calcaire. des couches supérieures. c. p. de la Société préhistorique française. Ce fut alors. hippopotame. Capitan. par exemple. 1911. quand la faune et la disposition des couches de terrain ne donnent pas d’indications à cet égard. Des auteurs anciens mentionnent certaines peuplades de l’Afrique septentrionale qui vivaient. p. Histoire de la Gaule. Bull. — Grotte voisine d’Aïn Turk.

Vivien de Saint-Martin (l. 185 artificielles(1). En tout cas. Périple d’Hannon. 7 (Geogr. Méhier de Mathuisieulx. 44 . mentionne des troglodytes à sept jours de marche au Sud-ouest des Amantes. 6) : troglodytes dans les montagnes d’où sort le Lixos (oued Dran). et aussi. 34. que les Garamantes. qui sont encore troglodytes (ils demeurent dans des grottes naturelles). après d’autres) croit qu’il s’agit des habitants du Tibesti. 2. 116) pense qu’ils habitaient le djebel Gharinne (au Sud-Sud-Ouest de Tripoli). où il y a encore des troglodytes (voir. sur leurs chars à quatre chevaux. Les cavernes sont des demeures où les hommes peuvent se garder assez aisément des attaques de leurs semblables et des fauves. 3. Pline. des Éthiopiens Troglodytes (conf. 187) dit. 51.). dans les montagnes du Sud de la province de Constantine. des chaleurs excessives de l’été. ce qui est important en Afrique. sur les bords déchiquetés du plateau saharien . Méla. beaucoup d’Africains continuèrent à habiter des stations à ciel ouvert. un grand nombre d’indigènes vivaient aussi dans des grottes. Il y a cependant. Aux Canaries. l. Vivien de Saint-Martin (le Nord de l’Afrique dans l’antiquité.. gr. 53. Nous avons montré que ce refroidissement a été beaucoup moins sensible au Sud de la Méditerranée(3). qui sont eux-mêmes à douze jours à l’Ouest de la grande Syrte. qui offrent divers types. — Strabon. avant la conquête européenne. des troglodytes qui vivent dans des cavernes naturelles : Bel. c. 171 et suiv. p. I. entre autres. — Pline. p. 7 : certains Pharusiens (au sud du Maroc) vivent dans des grottes qu’ils creusent. V.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Mais cette région ne correspond guère aux indications de Pline. . ont été presque toutes creusées artificiellement. Ces grottes. 3. qui parle de grottes artificielles : « specuus excavant »). la Population musulmane de Tlemcen (extrait de la Revue des Études ethnographiques et sociologiques. ____________________ 1. min. p. Voir plus haut. 34. La troglodytisme a persisté depuis lors dans diverses régions : en Tripolitaine et dans le Sud-Est de la Tunisie. 1908). 45. la principale raison qui décida les sauvages de l’époque quaternaire à s’établir dans des cavernes fut sans doute un refroidissement du climat. ou tout au moins aménagées par les hommes. pris du Tlemcen. dans l’Atlas marocain(2). En Europe. où ils sont à l’abri de la pluie. A travers la Tripolitaine. p. — Hérodote (IV. vont à la chasse. p. V. du froid des hivers et des nuits. p.. XVII.

etc. 1911. 24 novemhre 1910. De Morgan. Bull. XIII. XLIV. p. CXXXVII). Instructions. XXI. par exemple. 276. 44 et 94. 1903. au musée d’Alger. Châteaudun du Rummel : Mercier. de Constantine. LV. Pallary. l’autre à l’Ouest. Debruge. et jusque dans le Sahara (voir. 1877. Bull. 136. 9. pendant laquelle se sont succédé les industries dites aurignacienne.. 1909. 1.. Des stations des régions de Gafsa(2). mais la plupart . l’une à l’Est de la Berbérie. LV. p. magdalénienne. caractérisée parles types chelléen. voir Gsell. 1910.. de Tébessa(4) et de Négrine(5) (au Sud-Est de l’Algérie). de Redeyef (à l’Ouest de Gafsa)(3). Pallary. 4. 559-580) . que deux industries bien marquées. 1910. 7. Instructions. de Constantine. 53 et suiv. Pallary. nous n’y retrouvons. Revue de l’École Après la première période paléolithique. Capitan et Boudy. p. mais ils sont mélangés à d’autres types et ne constituent pas une industrie bien caractérisée. p. p. — On a trouvé ailleurs. XX. etc. f° 50. 171-182. II ____________________ 1. au musée d’Alger. 120. Rec. Aïn Mlila : Thomas. p. au nord-Ouest de Gafsa . 207. p. solutréenne. récoltes Pallary. Blayac et Capitan. p. f° 40. n° 161) . Atlas archéologique de l’Algérie. Il classe dans son capsien des stations que nous attribuons à d’autres industries et il lui donne ainsi une grande extension vers l’Ouest (Revue anthropologique. 8. Pallary. de la Société des sciences physiques d’Alger. 6. 437-8 . dans l’Anthropologie. archéol. 319-320. n° 106. p. 218-9). XLI. Revue africaine. ressemblant à ceux de ces stations. française. archéologique du Comité. XXII. Il n’est pas possible d’appliquer cette classification à l’Afrique septentrionale(1).. Entre le paléolithique ancien et le néolithique. avec les planches (conf. De Morgan. de la Société préhistorique de France. Nîmes. 240-1. nous ont révélé l’industrie que l’on a appelée capsienne(7).. p. 2. Gobert. entre Tébessa et Fériana. des outils de type aurignacien. c. 199-200. Redeyef : de Morgan. Bull. p. Récoltes de M. 133 et suiv. 44-45 .. 1. du centre de la province de Constantine(6). Revue de L’École d’anthropologie. acheuléen et moustérien. dite âge du renne. p. 1-9 (pagination particulière). Quelques-unes occupaient des abris sous roche(9). Septième Congrès préhistorique de France. De Morgan. l. les premières Civilisations. Revue africaine. Angers. les préhistoriens français distinguent une seconde période. 1. 270-4. ou gétulienne(8). 1911. El Mekla. Conf. 1809. 1911.186 LES TEMPS PRIMITIFS. p. 3. Capitan. Assoc. Bir Zarif el Ouar (Gsell. 319. 5. p. 211-4. Contra : Pallary. — Pour la station importante de Bir Oum Ali. Debruge. Bull. Stations autour du djebel Sidi Rgheiss (au Nord-Ouest d’Aïn Beïda) : Gsell. n. Rec. du Comité. p. p. c. 1907.

Debruge. et p. ibid. De Morgan. p... près de Tébessa. du Comité. offre souvent des séries de retouches(5) . établis d’ordinaire près des points d’eau(2). 2. peut-être surtout pour faire bouillir les escargots(3). Quelques lames allongées sont retaillées très finement sur les deux côtés : de Morgan. 1. parfois assez étendus(1). c. dont les restes. 4. 187 ____________________ d’anthropologie. Rec. 271-3 . présentent des ressemblances.116-7. 438. p. Quelques lames et grattoirs portent des encoches latérales. 49 et 50. etc. p. environ 200 mètres sur 50 (Debruge. dans les campements mêmes.. Conf. étaient des campements. Latapie et Reygasse de la Société préhistorique française. taillées sur une seule face et dont l’un des côtés longs. . Quelquefois dans des lieux escarpés. 37 a. XX. 173) . au pied du djebel Sidi Rgheiss. se terminant en haut épar une partie concave et une pointe d’angle aiguë.. fig. 437) . c. 5. 208. c. Les œufs d’autruche.. des ossements de cerfs. ont dû servir de récipients pour la cuisine. 361. XXI. p. c.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 3. p. 7. 63. 112. plus haut. mesurait environ 70 mètres sur 50 (Gsell. celle de Châteaudun-du-Rummel. formant une sorte de dos. une autre. 1) .. 180. les uns à peu près circulaires.. Grottes du djebel Sidi Rgheiss. p. p. Gobert. l. Conf. p. dit-on. de bœufs. 74). sont fréquemment calcinés. 20 mars 1912. p.. XXIII. 220). 80 à 90 mètres de diamètre (Thomas. c. dans l’Anthropologie. 133. dans l’Anthropologie. 1890. qui ne doivent pas être fortuites. c. p. fig. 1. l. p. retaillées avec soin. le même mobilier que les stations des plaines voisines : Gsell. p. l. Bull. l.. Les instruments de pierre. celle d’Aïn Mlila. 1912. très nombreux. fabriqués en beau silex. archéol. où se rencontrent. 213. l. dans le direction de l’Espagne. de mouflons et même de rhinocéros. 152. 207-8 (et Revue anthropologique. Pallary.. l. des lames qui paraissent être des burins. Par exemple.. etc. renfermant. p. d’antilopes. environ 90 mètres sur 50 (Mercier. mêlés à des couches épaisses de cendres. p. c. de zèbres. La poterie et les haches polies manquent. 6. XXII. avec ceux de l’aurignacien d’Europe(4). les autres en lame avec une extrémité arrondie. La station de Bir Laskeria. Le gétulien manqua jusqu’à présent dans l’Ouest de la Berbérie. des grattoirs. On les reconnaît à des amas énormes d’escargots. 120. en assez petite quantité. On rencontre aussi des disques à arêtes coupantes(6) probablement des pierres de jet(7). Ce sont principalement des lames et des pointes. On ne saurait dire cependant comment cette industrie s’est propagée. de Constantine.

70. De Morgan.188 LES TEMPS PRIMITIFS. p. p. et Jacquot. 153-5 2. c. 211-212 . 12 (région de Tébessa). de même que des coquilles(5) et des cailloux(6) troués.. en des lignes de points(3). 103-5. de Morgan. des poinçons. L’os poli. ou à y exécuter des dessins isolés(7). 7. 24 novembre. Hérodote. sur des vêtement. soit plutôt des bouts de rocher. être subdivisée en plusieurs périodes. ____________________ 1. etc. des aiguilles. p. des escargotières(1) où les outils de très petites dimensions soit nombreux(2) : pointes droites. c. qui a dû servir à étendre sur la peau un barbouillage. Même industrie dans un abri sous roche de Redeyef : Gobert. Revue africaine. l. Cette industrie semble avoir duré fort longtemps . c. De petits disques on des segments d’autre forme.. des peuplades du Sud-Est et de l’Est de la Tunisie se peignaient encore la peau en rouge : Hérodote. Aïn Aûchen. ou recourbées en bec de perroquet . Des débris d’œufs d’autruche sont ornés de gravures. 6 . prés de Sétif : Westerveller. 4. 3. Bir en Nsa. 7. dans la région de Tébessa : Debruge. etc. 13 . Conf. Il convient d’attribuer à une époque relativement récente. Debruge. planches. c. Des molettes portent des traces d’une couleur rouge (hématite). p. 277 . 7. sont des restes de colliers. — Par exemple. IV. Debruge. l. l’Anthropologie.. Au cinquième siècle. devient plus fréquent . 90-97 et fig. fig. 274. PU et pl. p. dont deux séries se coupent parfois de manière à figurer un quadrillé. Gobert. Gobert. p. près de Tamerza à l’Ouest de Redeyef) : récoltes au musée d’Alger . il est représenté par des poignards. l. 1. p. L e... Rec. Henchir Souatir. sans doute en partie contemporaine du développement de la civilisation néolithique dans d’autres régions. Morsott. c. de la Société préhistorique. X. 1901.. l. 191 et 194. Pallary. p. 309-312. à tranchant transversal. Cette couleur a pu être appliquée aussi sur des objets mobiliers. ibid. fig. Bir Khanfous. . 24 juillet et 24 novembre 1910. p. taillés dans des oeufs d’autruche et perforés(4). silex trapéziformes. Gobert. p. 1. qui étaient soit des tranchets.. prés de Gafsa : de Morgan. de Constantine. IV.. rare dans les stations anciennes. 5. p. etc.. XIX. Sidi Mansour. p. LV. c. 274 et fig. Debruge. 7 et 8 (Bir Khanfous et Henchir Souatir). XXIII. l. fig. XXXV. quand on l’aura mieux étudiée. c. 274.. l. 6.. Bull. l.. Gobert.11~r. De Morgan. c. c. 1878. 180..319. qui consistent en des traits parallèles.. c. en des suites de filets obliques ou de chevrons. elle devra.. I.

que portent les femmes libyennes).. 8. 1910. sont des lames droites. 319-320. c. 203 et suiv. Dans l’Ouest de l’Algérie. 31. que M. Pallary a proposé d’appeler ibéro-maurusienne. 305). 189 ____________________ parle des peaux. d’Oran. 1912. Des poinçons ou débris de pointes de sagaies sont en os poli(3). c. p. à éclats alternés. p. 1910. 389-402. l. XXXIV (p. l. Pallary. Manuel d’archéologie préhistorique. 6. 2. Barbin. 83-84. 7. des cailloux troués(7). Instructions. conf. II-111 . 84. qui remplissaient le même office. le rhinocéros et le zèbre. 1910. c. . 3. fort petits.. l. La faune est à peu près la même que celle des escargotières gétuliennes : elle comprend. 120. Des percuteurs et des nuclei (rognons qui ont servi de matière première) attestent que la fabrication avait lieu sur place. 4. qui rappelle à certains égards le magdalénien européen. c. p. 46. 81. Les objets trapéziformes sont encore très rares(2). destinées peut-être à façonner des os . Pallary. à dos retouché . pl. ainsi que les fragments d’œufs d’autruche calcinés. c.XXXIV. Ibid. Là aussi.. 97. 1. un grand nombre de lames en croissant allongé. p. — Des minéraux colorants se trouvent dans les grottes européennes dès le début de l’époque du renne : Déchelette. Barbin. quelques campements en plein air offrent la même industrie(8). Voir Barbin. p. brutes ou à bords retaillés . 45-46. On a aussi trouvé des morceaux d’ocre jaune : Pallury. la poterie et les haches polies sont absentes. Et aussi de simples galets. p. 45-46 . Pallary. près de Lalla Marnia (Ouest de la province d’Oran)(1). p. des projectiles. Barbin.. 82. Bull. Instructions. p. quelques lames à encoches latérales.. p. 1. Là aussi. 83 . Morceaux d’hématite rouge : l. coloriées en rouge. 1. Ibid. l. 1910.. des disques à arêtes coupantes.. 1910.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. des grattoirs circulaires . Les outils en silex. l’on a recueilli des molettes(4) conservant des vestiges de couleur rouge(5). 84. 1912. car elle se retrouve dans des stations paléolithiques récentes du Sud de l’Espagne(9). 5. p. entre autres espèces. Les escargots abondent. des coquilles perforées(6). pl. 306. 9. 77-90. p. p. pl. c. est surtout connue par les fouilles faites dans les abris sous roche de la Mouillah. 1910. La seconde industrie. 1912. 87.

5. p. Debruge. 3. mais qui. à Bou Zabaouine (près d’Aïn Mlilla. Tommasini. Fouilles de MM. conf. 6. 633-640). 2. à Constantine(7). non de véritables grottes. mais des abris sous roche. 105-127. p. des Troglodytes (Pallary et Tommasini. 391-8). Assoc. française. 1870. p. — On peut mentionner en particulier les grottes du Polygone. p. L’avenir nous réserve sans doute des découvertes intéressantes. XII. je crois. 1801. du Cuariel. XL. p. du Ciel-Ouvert (Doumergue. le même. 1905. Bull. en plusieurs lieu. dont les résultats n’ont pas encore été publiés. d est dans les grottes d’Oran(1). Grotte du Mouflon : le même. 1-2. de Noiseux. comprenant en général des poteries et des haches polies. Actuellement. 298-304. Plusieurs de ces abris ont été malheureusement fouillés d’une manière trop peu attentive. de la Société. qu’on a le mieux étudié cette industrie. Cherbourg. 152-9. dans le centre de la province ____________________ 1. Assoc. Rec. D’Oran. Voir plus haut. De Lyon. Montauban. 1892. 813-822 (M. Ailleurs. les Monuments antiques de l’Algérie. II. qui. 202-4). p. II. p. 866-883 . Marseille. 621-632. Bull. III De nombreuses grottes ont livré un mobilier nettement néolithique. Grotte des Ours (couche supérieure) : Debruge. XI. XI. à Saïda (province d’Oran)(4). a été aussi habitée) . 1906. II. II. Fouilles Siret. et appartenant à une époque où les espèces les plus remarquables de la faune chaude des temps quaternaires avaient disparu. 1907. 188196 . 7. 117-148. 4. au Grand-Rocher (près d’Alger)(5). renfermant des outils moustériens(2). Gsell. 1894. de la Tranchée (Pallary. française. en particulier dans le Nord de la Tunisie. Doumergue. Grotte Ali Bacha (qui a servi à des ensevelissements. française. p. p. Bull. se trouve dans des couches superposées il un étage plus ancien.190 LES TEMPS PRIMITIFS. Assoc. d’Oran. . 184. Pallary. Lille. Voir Pallary. à Bougie(6). d’anthr. les recherches font encore défaut. Rec. De Constantine. p. 134-157. 1908. On en connaît dans les trois provinces de l’Algérie. Doumergue et Poirier. p. Grotte de Fort-Clauzel : Debruge. p. 1902. 1908. Assoc. de la Société algérienne de climatologie. française. l. p. de la Société d’anthropologie de Lyon. Bull. Nous signalerons aussi des cultes explorées au Rio Salado (au Sud-Ouest d’Oran)(3). Musée d’alger. musées d’Oran et d’Alger. Ce sont en général. De Constantine. Bull. Debruge croit qu’elle a été habitée dès l’époque de l’industrie paléolithique). XLII.

etc. c. 1997. II. à Kefel Ahmar et à Kef el Mazoui (près de Tébessa)(3) Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de là Tunisie) offre. Les grottes de Saïda. Assoc. p. 3. il croit ces objets contemporains de l’industrie néolithique. 6. pendant une série de siècles. p. II. des coquilles fossiles. 1900. p. Pallary et Tommasini. Instructions. Doumergue et Poirier. p. Nous avons à peine besoin d’indiquer que le mobilier n’est pas partout le même. Robert. Ajaccio. 1912. II. VI) signale. 1906.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 1894. 273. 128. Par exemple. A en juger par l’épaisseur des débris(7). c. p. 630-644. p. c. 744. l. à défaut de silex . des pointes. Périgueux.. de la Société préhistorique française. 49. 731 . 1901. 191 ____________________ 1. 1910. 2e partie. des grottes ont été habitées. 635. et d’objets néolithiques sahariens(4). Rec. 731-3 et pl. 222-234. le même. et Revue africaine. de Constantine)(1). française. 8.. p.. du Rio Salado. Toulouse. Gubert. Certaines catégories d’instruments sont plus ou moins nombreuses. dans Congrès préhistoriques de France. pense-t-il. 2 Delmas. XXIII. et il ne faut pas oublier qu’elles ont dû être plusieurs fois vidées. Assoc. grattoirs. Latapie et Reygasse (voir Bull. — Noter que le vidage des grottes encombrées a dû faire disparaître en certains lieux des couches qui se sont conservées ailleurs : Pallary. p. p. 29 mars 1912). 155 et suiv. d’une manière continue ou par intermittences. De Constantine.. XL. au Sud de Géryville)(2). 210-231 . l’industrie semble être plus ancienne dans les grottes du Polygone et du Ciel-Ouvert que dans celle des Troglodytes. Flamand (l. p. 7. la couche néolithique atteint çà et là 3mètres d’épaisseur : Pallary et Tommasini. . A la grotte des Troglodytes. dans l’Anthropologie. Assoc. La taille est plus ou moins soignée. à Brezina (dans l’Atlas saharien. 4. Caen. dans une phase récente de son développement. XXXIV. dans une grotte de Mustapha-Supérieur (à Alger). 307-370. LI. — M. Les outils en silex sont naturellement assez rares là où la matière première manquait ou était peu abondante(5). 1903. des Ours (à Constantine) ont été probablement habités à une époque plus récente que celle d’Oran . Ces différences peuvent s’expliquer soit par le développement inégal des industries locales. voir Pallary. d’Oran. quand les couches de détritus et de cendres devenaient trop encombrantes(8). Il est évident. p. Debruge. française. en effet. 5. Fouilles de MM. De Constantine. que cette période de civilisation a été fort longue. l. dans les régions d’Alger et de Bougie : Flamand. A Oran. Bull. soit par des écarts chronologiques(6). Rec. taillées intentionnellement pour servir. un mélange de la même industrie. française. au-dessus de couches gétuliennes.

plus fréquentes que dans l’ « ibéro-maurusien »(3) : pointes. Les instruments en pierre dont se servaient les troglodytes étaient le plus souvent façonnés sur place. quadrangulaires (probablement des bouts de flèches)(5). c. p. p. Doumergue et Poirier. Ce sont des outils petits(2). 16. . instructions. 3. comme le prouvent les percuteurs. 6. 1894.. Flamand et Laquière. les autres retouchées sur tout ou partie de leur pourtour (bouts de flèches. 286-7. Elles ont pu servir.. L. forets en forme de cône étroit . MM. triangulaires. I. XVIII. contra : Pallary. 2. Oran. pour le Sahara. lames à encoches. 223 et fig. Assoc. à ailerons et pédoncule. 4. d’Égypte et d’Asie : Déchelette. les pièces restées à l’état d’ébauche. II. 5. Sirel. Le même. Manuel d’archéologie préhistorique. Conf.. p. p. p. 505 et suiv. ____________________ 1894. Bull. l. 11) . l. Des objets fusiformes. 649. p. plus haut. d’Oran.. minces. p. Caen. surtout du Sud-Est de l’Espagne(1). 40 86. Revue africaine. non seulement à polir des os. p. Instructions. en os ou en bois(6). légers. p. terminés à chaque extrémité par une pointe. Pallary. 188. trapéziformes. scies : grand nombre de silex géométriques. Des silex semblables ont été retrouvés dans des stations néolithiques d’Europe. p. 1906. de grandes lames en silex blond (qui pouraient être des importations sahariennes). p. Ils représentent une industrie dérivée de celle de la Mouillah et apparentée à l’industrie néolithique ancienne de l’Europe occidentale. grattoirs circulaires . 119 et fig. Latapie et Reygasse nous signalent cependant à Kef el Ahmar. les unes non retaillées. 142. dans l’Anthropologie. 108. française. burins. perçoirs)(4) : pointes en bec de perroquet (perçoirs ?) . mais aussi à racler des bois de flèches. Pallary et Tommasini. Pallary. 743. l. 1888. l. c. Ce sont probablement des bouts de flèches. dont l’une des extrémités est taillée obliquement en biseau. Il y avait dans la grotte de Saïda quelques pointes de javelots pédonculées : Doumergue et Poirier. les nuclei. p. 33. 1. 126. poinçons. Des pointes de flèches. travaillés sur une seule face : lames non retouchées ou à dos retaillé . 387 (conf. Ces objets sont pour la plupart en silex.192 LES TEMPS PRIMITIFS. ont été regardés à tort comme des hameçons doubles : Lacoste. 1911. 1907. les éclats de fabrication. près de Tébessa. 61. française. p. c. Assoc. Un pédoncule rudimentaire indique parfois que des lames et des grattoirs étaient insérés dans des manches.

Flamand. 210. 2. 373. Quelques-unes sont faites en grès ou en schiste(7). allongée et cylindrique. Grottes de Brezina : Delmas. Voir plus loin. l. deux pierres à rainures devaient avoir la même destination : Delmas. trouvés à l’entrée de la grotte du Grand-Rocher. le calcaire ont été employés quelquefois. Ces objets ne sont pas toujours polis sur toute leur surface. 9. XLII.. p. 8. terminée. On distingue deux formes : l’une évasée et assez plate. p. Les haches polies(5) sont assez rares(6) et généralement petites. p. Cette seconde forme. la plupart en ophite.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. c. Le quartzite. 6. peut-être sahariens(3). XL.. près d’Alger. Latapie et Reygasse. le grès. 1903. De Constantine. L’os poli(9). roche verte tirée des gisements triasiques que l’on trouve sur de nombreux points de la Berbérie(8) et près desquels devaient être établis des ateliers. la matière première (orphite) se trouve en abondance dans cette région. Pallary. 1892. en même temps que le silex. p. p. II. Haches. p. du côté opposé au tranchant. française. 1906. 120. 153. l. II. française. 3. 627. de la Société de climatologie. c. Assoc. l’autre en boudin. c. Instructions. il est à croire qu’elles étaient fabriquées dans des ateliers éloignés(2). 1910. p. présentent une rainure médiane. mais souvent avec des dimensions plus grandes. 1909.. c. 371. Cherbourg. II. Toulouse. Quelques-unes dans les grottes d’Oran : voir. 7. 2 p. qui servait sans doute à polir des objets en os : Bull. Assoc. XII. s’est conservée dans l’industrie néolithique récente. d’où ces objets étaient exportés dans diverses directions. Rec. ou coins. p. 49. Assoc. ne se rencontrent que par exception(1) . 1908. p. Deux à Saïda : Doumergue et Poirier. 138. p. par une pointe mousse. ressemblant aux types européens. Doumergue. De Constantine. Grotte Ali Bacha. Rec. à Bougie : Debruge. 14 (je ne crois pas qu’ils soient d’une autre époque que les objets néolithiques). 193 ____________________ 1. Grotte de Fort-Clauzel. Dans la grotte de Brezina. 18 et 19. 5. 4. 204. 140 et fig. 630. pour façonner de grossiers outils(4). Pallary et Tommasini. 374. Il y en avait cependant un assez grand nombre dans une grotte de Brezina : Delmas. Pau. Assoc.. ou herminettes. Paris. française. Quatre à Kef et Ahmar : fouilles de MM. 620. par exemple. l. l. p. p. Debruge. Deux carreaux d’aragonite. taillées sur les deux faces. est bien plus abondant que dans les abris de . fig. propre à l’Afrique du Nord. I. française. au même lieu : Debruge.

Bull. l. 4. et surtout par les poinçons et les aiguilles en os. XLII. il est attesté par les grattoirs et les perçoirs en pierre.. des pointes en os ou en bois. Périgueux. 640. p. A Redeyef. D’ordinaire. Une à la grotte des Ours. des écuelles(7). Instructions. C’étaient des marmites(6). 22-23. 642. Beaucoup de ces vases portaient à l’extérieur. Pallary et Tommasini. c. d’aspect grisâtre. Quelques aiguilles avec chas dans une grotte voisine de Tébessa . Congrès préhistorique. à Brezina : Delmas. p. c. l. 11. l’une en os. p. Pallary et tOmmasini. 128.194 LES TEMPS PRIMITIFS. p. vers le haut.. cuites à feu libre. quelques cuillères(4) peut-être aussi des poignards et des pointes de sagaies. 1911.. à la p. l. l. aux parois épaisses. de Constantine. l. 3. des lissoirs. p. employées sans doute en vêtements. 397 . conf.. des poinçons. 138 et 140 . conf. 377. Pallary et Tommasini. 1907. 10. il semble bien que l’emploi de la poterie ait été plus tardif dans l’Est de la Berbérie que dans l’Ouest. Instructions. c. 2. des retouchoirs(3). dans l’Anthropologie. p. quelquefois. XLII. 20. XLII. Pallary. de Constantine. p. ____________________ 1. fig. p. 642. de Constantine. p. 129. en bois(11) : raies circulaires. 369) suppose qu’elle était replacée par des œufs d’autruche. p. 224. Quant à celui des peaux. XXIII. des bols à fond arrondi. 8. M. l’autre en corne. l. tracée avec des burins en pierre. Pallary (dans l’Anthropologie. Delmas. 139 et fig. la Mouillah(1). Debruge. litières. 2 (= Pallary. p. fig. p. On faisait en cette matière des aiguilles(2). p. Debruge. Il n’est rien resté du travail du bois.. XXII. dans le centre de la province de Constantine : Robert. fabriquées à la main. une ornementation géométrique rudimentaire. couvertures. rougeâtre. l. 47. c. qui servaient à coudre les pièces. Voir en particulier Doumergue. Deux. Rec.. l. Doumergue. une couleur rouge a été appliquée à l’intérieur(10). 22. à Constantine : Debruge. La surface extérieure a été souvent lissée avec un tampon d’herbes ou un outil en os(9) . noirâtre. l. Rec. 7. évasés ou rentrants(8). fig. à bords droits. 6. c.. 1903. p. d’Oran. c. 130. 135. on ne trouve de tessons que dans la partie supérieure du gisement néolithique : Gobert.. p. trois dans l’abri de Redeyef (Gobert. Debruge. Voir. qui est foré). Instructions. 20 (pour détacher par pression de petits éclats de silex). 159. 9. on recueille des tessons de poteries(5). c. 150). 375. D’une manière générale. par exemple. p. c. 40). Pallary et Tommasini. 1912. Rec. c. pl.. Il n’y en a pas dans la grotte de Bou Zabaouiné. c. D’ordinaire sans chas : conf. et planche (écuelle pourvue d’un téton latéral. 5. Pallary. p. l.. simples ou . des peigne. dans le Sud-Ouest de la Tunisie. aux p.

Pallary et Tommasini. celle d’un serpent. l. trois d’entre eux étaient percées d’un trou régulier à l’un de leurs sommets (indication de MM. suites de points. — Dans la grotte des Ours..LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 10. l. Des mamelons facilitaient la préhension. c. p. et à Kef el Ahmar. l. Mais ces tessons sont-ils bien de l’époque néolithique. dans l’Anthropologie. 7. 10. p. 1903. deux fragments avec un pointillé et un treillis de lignes obliques : Doumergue et Poirier. Gobert. fréquemment superposés sur plusieurs lignes . 162 et fig. ? La poterie reproduite fig. qui permettait de suspendre le vase(4). les traits gravés qui indiquent les contours des corps enferment des hachures simples ou croisées(8). A Kef el Ahmar. l’Anthropologie. c. près de Tebessa. 1912. On a même découvert à Redeyef des fragments portant des vestiges d’images d’animaux (antilope . l. 120). 8. qui sont parfois décorés de hachures(3). Debruge. Instructions. parait avoir été fabriquée au tour. p. 47. 42-47. 4. à Constantine (Debruge. Robert (Congrès préhistoriques. Latapie et Reygasse).. selon un procédé que nous retrouverons au Sahara(5). p. Périgueux. l. XXIII. A Redeyef : Gobert. allant au feu(6). p. 123. Des œufs d’autruche servaient aussi de récipients. Instructions. 162 et fig. 4. c. 4.. zones de traits ondulés. des poteries ont été poussées dans un moule en vannerie. p. Une provision d’œufs d’autruche a été découverte dans l’abri sous roche de Kef el Ahmar . 643. Pallary. Il y a des anses véritables à la grotte des ours. c. peut-être autruche) . Doumergue et Poirier. M. c. 2. 11. quelques fragments portant des ornements géométriques. Il y a aussi des poteries avec des côtes ou des cordons en saillie. obliques. Voir Pallary. c. l. 41.. 3. l. c. c. 1912. 5. Ils recevaient quelquefois une décoration de points et de lignes(7). p. sur un autre. 135. 377. 123-4. Delmas. Dans les escargotières gétuliennes et dans les abris de la ____________________ 1. 6.. 25. 128-9 et fig. p. sur lesquelles ils avaient dû être placés avant d’être secs : Debruge. séries de chevrons(1). 195 parallèles . p. Gobert. de trous. 2) a cru reconnaître sur un fragment l’image gravée d’une tête et d’un cou d’autruche . fig. Delmas. A Saïda. c. XIII. A Brezina (Sud oranais). Des sortes de virgules ont été faites à coups d’ongle(2). p.. fig. p. 159. — A Bou Zabaouine. . p. dressés . quelques-uns offrent un trou transversal. des fonds de vases montrent des empreintes de toiles à larges mailles.. l. 159.. croisées de manière à former un quadrillé . l. hachures verticales.. 378. 225 et fig.

des objets en os (Pallary et Tommasini. a été aussi employée pour peindre des vases (voir p. nos I9.. enfouis sous une couche peu épaisse de terre et de cendres. XI. 154. l. II. grotte des Ours : Debruge. Doumergue. 151. à Constantine : Debruge. c. 871.. 220 et pl. 140 et fig. XLII. l. Ces pendeloques étaient sans doute moins des ornements que des amulettes. 228 . l. 308 . p. p. 1908. Pallary et Tommasini. c. Bou Zabaouine : Robert. Bougie (grotte Ali Bacha) : Debruge. l. Les habitants des grottes vivaient dans une saleté incroyable. XXI . Périgueux. p. Congrès préhistoriques. c. Gobert. 3.196 LES TEMPS PRIMITIFS. 378. 1909. coquilles percées(3).. 642. plaquettes en carapace de tortue(6). de Constantine. Latapie et Reygasse ... c. l. II. ibid. p. 188). p. p. p. p. 1892. cailloux troués(4). — A la grotte des Ours. c. p. ____________________ 1. Rec. l. 5. de Constantine. . Grottes d’Oran : voir. 149 .. Montauban.c. à Bougie : Dbruge. l. l. un os poli. Saïda : Doumergue et Poirier. II. 648. française. par exemple. XLII. Constantine. 8. l. l. l. Kef el Ahmar. p. c. 616). c. 301 . dents de sanglier(5). presque en contact avec des corps humains. 647 . l. Assoc. française. 641 et 648. 147. . Congrès. on a rencontré les plus anciens témoignages de ce que nous appelons la parure.. 147. Assoc. 378.. des morceaux de bois de cerf sont troués : Robert. l. p.. Pallary et Tommasini. p.. P. avec laquelle on devait exécuter des peintures sur la peau (voir plus haut. p. restes de colliers en segments d’œufs d’autruche(2) . 5. 121 . p. française. Grotte Ali Bacha. Grotte des Ours. des coquilles (ibid. 24. l. c. 162 et fig.. c . 148 . à Saïda : Doumergue et Poirier. 1905. est percé d’un trou de suqpension : Debruge. l. p. 1900. Saïda : Doumergue et Poirier. à Bougie : Debruge. l... A Bou Zalaouine. 18. Ces objets ont pu être des pendeloques.. Rec. à Constantine : Debruge. p. p. 194). XLII. 140-1 et fig. p. 872). à Redeyef . Ils deviennent bien plus abondants dans la civilisation néolithique : molettes ou galets pour broyer de la couleur rouge. au milieu des foyers et des détritus de cuisine. p. p. c. c. 125 . Brezina : Delmas. c. taillées dans des dents de sanglier). Rec. Oran : Pallary et Tommasini. XL. c. — Cette couleur rouge. Debruge. p. c. c. l. Brezina : Delmas. p. p. 1907. c. XXXIV. Pallary et Tommasini. Congrès. à Kef el Ahmar : indication de MM. c. 124. 1902. de Constantine. Brezina : Delmes. 820-1 et fig. Constantine : Debruge. 26.. 230. d’Oran. 4. l. 6. p... Redeyef : Gobert. Bull. et Assoc. Grotte du Mouflon. p. 648 . Lille.. 7 (deux pendeloques perforées. Rec. l. Saïda : Doumergue et Poirier. Mouillah. — On a également trouvé des morceaux d’ocre jaune .. de Constantine. p. Bulletin de la Société d’anthropologie de Lyon. Bou Zalaouine : Robert. p. 373. p. 124. long de 0 m. 2.. 228 et fig. c. p. Morceaux d’hématite dans les grottes d’Oran : Pallary. dont ils portent les traces(1) .

4. p. Nous aurons à examiner au chapitre suivant la question de la domestication de certains de ces animaux(4). lorsque ceux-ci vidaient plus ou moins sommairement leur demeure. Les mollusques sont soit des espèces marines (dans les grottes du littoral). Voir au chap. l. de nombreux osse- Les débris de leur nourriture consistent. Il n’est pas surprenant que ces os soient confondus avec les débris de cuisine qui constituaient le sol des abris. sinon tous. p. Pallary et Tommasini. en morceaux d’œufs d’autruche. Le cannibalisme des troglodytes n’est pas inadmissible(6). on recueille des ossements humains. les poches des parois étaient pleines d’escargots. 5.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. 101. plus haut. de moulions. 2. Le cheval et le chien ne se trouvent que dans les couches les plus récentes. française.. d’ânes. surtout des patelles et des moules(1). 627. qui séjournèrent dans des cavernes temporairement abandonnées par les hommes. . ont dû y apporter les restes de leurs victimes et y mourir eux-mêmes(3). Cependant on peut à étonner de les trouver très souvent en désordre. p. de chèvres. c. Peut-être ont-ils été bouleversés soit par des animaux fouisseurs. p. de diverses espèces d’antilopes. mais il n’est pas prouvé. Pour les animaux non domestiques. près d’Alger. en ossements. 104 et suiv. III de ce livre. voir plus haut. toujours très abondants(2). 197 ____________________ 1. Pau. de cerfs. pour en extraire la moelle. de bœufs. ont appartenu à des individus ensevelis dans les grottes(5). Assoc. 1892. soit surtout par les hommes. on coquilles de mollusques. II. soit des escargots. 6. Noter cependant que des Marocains mangent du chacal et que les anciens Égyptiens paraissent avoir mangé de l’hyène. en nombre plus ou moins grand. Presque partout. constituant peut-être des réserves : Doumergue. comme dans les stations antérieures. dont ils ont fendu les os longs avec des outils en pierre. de moutons. 3. A la grotte du Ciel-ouvert (Oran). Au-dessus de la grotte du Grand-Rocher. Conf. n. 7. Les ossements d’animaux ne représentent sans doute pas tous des reliefs de repas humains : des fauves. Mais il n’est pas douteux que les troglodytes ne se soient nourris de sangliers. La plupart. 647.

elle attacha fortement les hommes au sol. l’Età della pietra in Tunisia (Roma. comme l’atteste la découverte de meules à grains dans les grottes du Rio Salado et de Brezina(1). p. élevage n’est pas synonyme de nomadisme. trop négligés par les préhistoriens. les découvertes ont été fort rares. en désordre. . pour les pays où les troupeaux peuvent vivre en toute saison. des os de gazelle. quelques outils en silex. 11-12. 1. Mais nos connaissances sur ces établissements sont encore bien incomplètes. Conf. Voir au chap. Ajoutons que. avaient été aussi des ateliers. il y avait des indigènes qui se nourrissaient de céréales. 153-5. Lui même et d’autres ont fait çà et là des recherches. Ces stations. M. dont quelques-unes sont importantes et méritent plutôt d’être appelées villages. dans le Maroc presque inexploré. une hachette en pierre polie et des débris de poteries : Bull. p. 1887. Ce que nous avons dit des chasseurs est vrai aussi des pasteurs. dès cette époque. p. 1876). XXI. Le choix des emplacements ne se faisait pas au hasard. Des recherches attentives combleront probablement d’apparentes lacunes(2). les indigènes recherchaient surtout l’eau et la facilité de la défense. Bellucci. XII. dans le Nord de la Tunisie et dans le Nord de la province de Constantine. Même chez des peuplades peu civilisées. 196) croit cependant que le Nord et le centre de la Tunisie seul réellement très pauvres en préhistoire. 2. qui sont restées infructueuses.198 LES TEMPS PRIMITIFS. Dans diverses régions. ont été trouvés dans un foyer. avec des coquilles de mollusques. n’ont pas été nécessairement occupées d’une manière ininterrompue. de la Société algérienne de climatologie. Collignon dans Matériaux. Comme aux temps lointains du paléolithisme. en général. II de ce livre. L’hypothèse d’un ensevelissement collectif peut paraître ici moins vraisemblable que celle d’un repas de cannibales. qui. On doit cependant admettre que beaucoup d’Africains étaient alors sédentaires. 1876. Une langue ____________________ ments humains. IV On a retrouvé dans l’Afrique du Nord beaucoup de stations néolithiques en plein air. Quand la culture des céréales se répandit.

de celle d’Aïn el Bey. Ajaccio. 62. on n’avait pas déjà commencé à édifier des maisons en moellons(3). p.. 270-5) . Une étude approfondie des foyers. barrant les deux extrémités d’une étroite arête rocheuse. 735-740 . c. française. Assoc. de terre presque entourée par la mer. une croupe au confluent de deux rivières ou entre des ravins : tels étaient les lieux qu’ils préféraient. Assoc. 1898. 287 . dès cette époque. p. dans la presqu’île du cap Bon. et 1910. p. Instructions. d’Oran. . On retrouve des débris du murs en pierres sèches sur l’arête du djebel et Kalan : Atlas de la Tunisie. de dire si les huttes étaient rondes ou quadrangulaires. Pallary. Debruge. 61. à l’Est d’Alger (Viré. et dans ses Instructions. XXXIX. 1905. p. Ajaccio. dans l’Homme préhistorique. pointes de flèches et éclats du silex(2). l. XI. 49. de la Société d’anthropologie de Lyon. où l’on ne signale pas non plus de poteries (Thomas. M. Peut-être même. 759-760 . f° de Tozegrane. p. 411. La station de la gare d’Arbal. III. 2. p. Conf. 37-51). 1901. l’Homme préhistorique. II. 4. car nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit au sujet des troglodytes. p. Rec. en blocs bruts. 3. 1877. 63. 574-5 . un plateau. de la Société des sciences physiques d’Alger. II. p. Pallary. 199 ____________________ 1. La civilisation néolithique des grottes se retrouve dans des stations découvertes sur différents points de l’Algérie(4). Bull. 1892. p. on a constaté l’existence de murs. ajustés à sec : au djebel et Kalaa. XIII. n° 136. française. Elles ont été très peu explorées et nous nous abstiendrons d’en parler. Pallary en mentionne quelques-unes de la province d’Oran. 38 et 39. parait aussi appartenir à cette époque : Doumergue. p. longue de 400 mètres. p. en quelques endroits. quand ils trouvaient une source dans le voisinage immédiat(1). au sud de Constantine. au Sud-Est d’Oran. ibid. Bull. Il en est peut-être de même de plusieurs stations découvertes au cap Djinet. p. 309. Atlas archéologique de la Tunisie. 1905. 1905. III. 735 . Nantes. sur laquelle ont été recueillis des instruments en pierre. ontils quelquefois protégé leurs villages par des remparts. de Constantine. 1903. 1901. d’aspect très primitif. de leur répartition et des débris qui les entourent permettrait peut-être de présenter des hypothèses sur l’aspect et le groupement des habitations. si. II.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Bull. à assises disposées en grossiers gradins.

de Morgan. Revue d’ethnographie. 1910. etc. 12 et planches. 89-90. 1911. p. Bull. 1908. d’Oran. p. Rodeyef. III. 159. Weisgerber. archéologique du Comité. Sahara algérien. Bull. depuis l’Océan jusqu’à Gafsa. aujourd’hui disparues (conf. à l’Est de Tébessa . dans l’Anthropologie. Pallary. Eckmühl. p. 12. XXXVII. Barthélemy et Capitan. 1117 . archéologique du Comité. fig. Région de Chellala : Joly. dans l’Anthropologie.Fleury. de Constantine. Revue de l’École d’anthropologie. Canastel. IV. fig. p.(Verneau. Revue africaine . p. fig. p. XLIV. 1909. p. XX. XX. p. 1903. plus récente : on l’a qualifiée de berbère(2). 1900. nous une couche de travertin formée par des sources. C’est M. Capitan. p. 9-23. Rec. 93 et 96. I et II . 286). 306-7.. 122 et suiv. XVIII. 148-9. XII. de Constantine. 51. Pallary. 71-73. 3 . V. Sidi Daho. — Çà et là. fig. 1910. Rec. 81-83 . p. près d’Oran : Carrière. on trouve des stations situées en avant de cavités naturelles.. dans le Sud oranais : Lenez. dans l’Anthropologie. CXXVI . Régions de Saïda et de Frenda : musée d’Alger. et non plus dans des abris(1). 287. dans l’Anthropologie. ____________________ 1. ibid. p. 1894. — Dans le Sud oranais. Pallary. pl. p. XI. XXII.200 LES TEMPS PRIMITIFS. 1908. 1907. à l’Est du même lieu Lacour et Turcat. 1900. 146 et suiv. — Aïn et Mouhad. de la Société d’anthropologie de Lyon. entre Laghouat et El Goléa. Nombreuses stations dans les régions de Tamerza. 73 et 74. près d’Aïn ed Douis. Rec. régions de l’oued Zousfana. VI. 150-2.) : Pallary. 421. djebel Khallel. 503. p. 1802. etc. c. dans l’Anthropologie. Instructions. 1903. 93-97 . on recueille des pointes pédonculées du néolithique berbère au milieu de stations ou l’on trouve une autre industrie (néolithique saharienne). Gafsa : Couillault. que les hommes ont agrandies et qui contiennent une partie du mobilier (haches polies) : Flamand. 1904. p. musée d’Alger. fig. 78. 1907. apud Foureau. La Mizrana. fig. de Constantine.. 513-6. — Oudjda. 1910. 274. 3. 432. 1902. près d’Oran Pallary. Capitan et Boudy. de l’oued Souara. Debruge. fig. p. musée d’Alger. Tidikelt : Gautier. 534 et fig. Elle a été rencontrée dans un grand nombre de lieux. dans l’Homme préhistorique. 503 . Bull. Palikao. Revue de l’École d’anthropologie. P. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy.. p. fig. Un abri fouillé près de Bougie pourrait bien avoir été habité à l’époque de la civilisation néolithique berbère : Debruge. fig. 303 et suiv. La décadence de la technique est . Pallary. 7. aux frontières du Maroc et de l’Algérie : Pinchon. XIX. Bull. (« Grand Abri »). p. p. Instructions. Viré. 23. p. Larache.. Pallary qui a nettement reconnu le caractère récent de cette industrie. p. Tidikelt)(3). qu’apparaît une autre industrie néolithique. de l’oued Souara. Divers lieux de la région de Mascara (Ras et Mn. dans l’Anthropologie. 32. pl. musée d’Alger). 164). à l’ouest de Dellys (département d’Alger) . 12-13 . d’Oran.. p. p. II. de la Société archéologique de Sousse. décrite au § V : dans l’extrême Sud Tunisien (de Morgan. ibid. Harbin. Takdempt. XXXIX. à la p. Aïn Sefra. Bull. L’énumération qui suit n’a pas la prétention d’être complète. Bull. 1885. Pallary. mais rarement. 104-5 . sur l’océan : Pallary. C’est bien à tort que Tissot (Géographie C’est seulement dans des stations en plein air. 1892. p. LIII. Lalla Marnia. 1. V. p. 6-9 . XXVII-XXVIII . 2. 276. — A cette industrie berbère appartiennent des objets découverts à Oglat et Hassi. 111. p. 38 . dans les régions d’Ouargla et du grand Erg oriental. 1886. depuis le littoral des départements d’Oran et d’Alger jusque dans le Sahara français occidental (vallées de l’oued Zousfana. — Dans le Sahara occidental français. fig.

190. La poterie est plus grossière que celle des grottes. cassée. . p. 1889. 4. XII. p. Monuments antiques de l’Algérie. Barthélemy et Capitan. 304. 7. archéologique du Comité. 99-101 . 1902. des pointes. Instructions. Voir aussi Maumené.. 1903. Instructions. présentent presque toutes la forme en boudin(5) . Fleury. évidente. 52. p. p. Bonnet. sont massifs(1) et taillés hâtivement à grands éclats sur une seule face. l’instrument. 1901. p. soit un bout de flèche ou de javelot à tranchant transversal : Barthélemy et Capitan. Ce sont surtout des pointes à pédoncule. se retrouvent fréquemment des campements néolithiques berbères(7). 31 (musée d’Alger). 8. p. 1880. 380) considère cette station « comme un des plus auciens monuments de l’industrie humaine qu’on ait retrouvés jusqu’à présent ». des pierres de jet (disques coupants et galets à facettes). 1901. au point de ressembler beaucoup à des types moustériens(2). en silos et en quartzite. fig. Les gravures rupestres du Sud oranais doivent être de la même époque . semble-t-il. fig. épaisses. XX. 304-5. c. On y voit des gens coiffés. VII. 201 ____________________ de la province d’Afrique. 34. p. 52. des grattoirs. Ce sont des lames. Bull. VIII.51. 262. a été retouchée . c. p. p. 3. 79 et 84. 2.. Les haches polies. p. 1. 6. d’une couronne de plumes(8). p. semble-t-il. Conf. X. et XII. 154. de géographie historique. Il n’est nullement nécessaire d’admettre que la formation de la couche de travertin ait exigé un temps très long . fig. p. souvent de grande taille(4). trouvée près de Dellys. Pallary. Pallary. fig. à leur base. p. Revue de l’École d’anthropologie. p. Habibas. Zaffarines.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. XCI. irrégulières. 45. 172. est devenu soit un grattoir. l. Revue d’ethnographie. p. 512. l. à Asla (Flamand. de la Société archéologique de Sousse. Bull. 5. les plus petites à des flèches(3). Rolland déclare qu’elle date de l’époque géologique actuelle : Comptes rendus de l’Académie des Sciences. I. la pointe. 303. dans l’Anthropologie. L’une d’elles. On la rencontre dans quelques îles voisines du littoral. dépasse 0 m.. p. de la Société d’anthropologie de Lyon. Elles nous donnent diverses indications sur le costume et l’armement des indigènes. Pallary. IV (reproduite dans Revue de l’École d’anthropologie. elles sont d’ordinaire fabriquées en roche verte. Assez souvent. 63). Les outils. Bull. III. 150-2. I.11). 42 : tête d’un archer) et aussi. Bull. Les haches plates deviennent très rares. dont les plus grosses ont dû être adaptées à des javelots et à des piques. Cette coiffure de plumes se retrouve à Tyout (Gsell. 246. Flamand. p. 1909. Il n’y a plus de petits silex à formes géométriques. 50. 1892. ibid. 1900. On n’a constaté cette industrie que dans l’Afrique du Nord(6). fig. Moghar et Tahtani : Flamand. Rachgoun : Pallary.

p. Mnemosyne. de la Soc. 11. 1903. 318-9 (« cui tragula semper fulmineam armabat. l. 12 (cet objet est tenu par un homme). dont les mouche sont ornées. I. c. pl. l. II. Tyout : Gsell. l. p. 1. pl. une gravure saharienne. — Sur les gravures de Khangnet et Hadjar.. qui peut être une hache emmanchée : Flamand. fig. pl. Moghar: Flamand. minces(1) ou larges(2). die Flotte einer ägyptischen Königin. Asla : Pomel. IV à la p. l. adaptés obliquement à un long manche. 148-9 et 151 . 210. de Constantine. l. Plusieurs chasseurs. et p. c. pl. 140. VI et XI. 227-8 et p.. sur la gravure rupestre saharienne vue par Barth. ressemblent aux haches en boudin qu’on découvre dans les stations(8). Il était peut-êre encore en usage à l’époque historique chez les Macae. l. A Tyout. dextram ») . dans le Sud oranais. (en bas.. p. IV . c. III. l. p. 42. II. autant qu’il semble. fig. c. Rec. l. 137).. Pomel. Bouclier de forme ovale. c. française. III. I. IV. d’anthr. fig. ____________________ 1. p. de Lyon. IX et X. 231. 140. 2. 6. Gsell. c. fig. 4. II. XLV. soit un bâton courbe (boumerang ?). l. accompagnés de chiens. Asla : Pomel. 7. I. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. pl. Paris.. c. soit arrondis . Bull. Flamand et de Mortillet. l. c. 1902.. de franges ». tiennent des arcs(7). 1892.144. l. 277 (« panda inanus est armata calcia ») . fig. 2. pl. p. 210-1. l. I. 8. soit un objet qu’on a comparé à une raquette carrée : Vigneral. c. Bull. de bracelets(5). l. 5 . conf.. dans la région de Guelma. Des personnages sont peut-être ornés d’un collier(4). c. XLV et XLVII . 49 . 490) donne une autre interprétation : « une femme semble porter une tunique. III. les personnages représentés tiennent soit un instrument coudé (hache emmanchée ? boomerang ? hoyau ?). 1 (c’est une femme). Singe et homme. l. fig. Er Richa : Delmas. Gsell. p. Dünichen. sont soit ovales(10). et p. fig. Reisen. sur la droite). (à moins que ce ne soit un arc). 10. Moghar : Flamand. Damstè. Sur une gravure qui existe prés d’Asla. Peut-être aussi sur une image rupestre de la région de Constantine : Bosco et Solignac. 1911. de géographie historique. 3. Bull. 1910. 338 (conf. VI. Des objets. 10. l. fig. XXXVIII. 144. IX. 1900. Gsell. peuplade des Syrtes Silius Italicus. 43. p. Bou Alem. p. 3. pl.202 LES TEMPS PRIMITIFS. Assoc. pl. 2 . fig. 47. fig. Tyout : Gsell. fig. Ksar et Ahmar : Flamand. vue par Barth dans la région de Ghat : Reisen und Entdeckungen. 512. Il y en a qui portent des ceintures. fig. 7 (objet isolé). celebratum missile. dans l’Anthropologie. ou boumerangs(9). c. — Le boomerang était une arme des Libyens voisins de l’Égypte : Perey Newberry. Des instruments coudés pourraient être des bâtons de jet. I. p. sans doute en peau. c. peut-être aussi chez les Garamantes : Silius. fig. Ruines romaines du cercle de Guelma. c. Er Richa : Delmas. Gsell. Les boucliers. 7.. l. deux personnages tiennent ou instrument allongé. de pendeloques tombant autour des bras(6). I. dont quelques-unes paraissent serrer de courtes tuniques(3). pl. c. c.. à la p.. un personnage tient peut-être un petit bouclier rond : Flamand. Ksar el Ahmar : Pamel. c. Tissot (p. 5 et 6 (« casse-tête ») . conf. l. 5. p. 143.. à extrémité coudée. fig. Tyout : Tissot. 9. c. Beni Hasan. Conf. Tyout : Tissot. Pomel. pl.

l’indication de pointes berbères trouvées dans des stations à industrie saharienne. II. 1. p. 5. tient un bouclier à double échancrure(3). . Asla : Pomel. Voir aussi plus haut. 1899 pl. I. A.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. p. 506. au moins en partie. C’était aussi la forme des ancilia romains. à la p.. 410 et suiv. qui sont peut-être aussi du même temps. dans le Sahara : musée d’Alger. de l’histoire des religions. ibid. 327). on découvre pêle-mêle des objets typiques des deux industries(4). Rev. 4.. Bull. Dans l’Afrique australe. Aïn Sefra : Lenez. J. fig. . p. partiellement contemporaine du néolithique des grottes. 210. Un autre personnage. 1900. avec. et plus tard encore eu Grèce: voir Lippold. dans diverses stations. p.. 144-5. II. p. En usage. Pallary. contemporaine de la précédente. p. Reinach. Région d’Igli et Tidikelt. des échancrures latérales(1). A. nous montrent des hommes avec un vêtement couvrant le haut de la poitrine et probablement agrafé sur une épaule : on doit supposer que c’est une peau de bête. qui se conservèrent dans les cérémonies religieuses. ibid. p. 203 en haut et en bas. rappelant la forme du bouclier dit béotien(2). 4. fig. Je ne crois pas qu’on puisse y voir une double hache : l’objet présente au milieu un motif allongé. 506. fig. V Une troisième civilisation néolithique nord-africaine est. dans Münchener archäologische Studien dem Andenken A. qui ne s’expliquerait pas sur une hache. Il n’est du reste pas nécessaire de croire à l’origine commune de ces divers boucliers.. plus haut. Cette forme est naturellement donnée par une peau de quadrupède. 3. XVIII. c. dans l’Anthropologie. XXXVIII. 111-113 . 215.. dans l’Homme préhistorique. de Constantine. Elle peut être appelée saharienne. les Betchouanas se servent encore de boucliers analogues : voir Schurtz. J. dans la Méditerranée orientale. au second millénaire avant J. 2. Rev. p. n. 9 . c. Urgeschichte der Kultur. Reinach. 6. 352. pl. 200. 7. 3 (vers la fin). p. puisque. n. tendue sur une armature en bois (conf. Les gravures de l’oued Itel (au Sud-Ouest de Biskra). XXXIII. aujourd’hui si ____________________ 1. Conf. 107 . car elle a couvert de stations et d’ateliers le Sahara oriental français. 1904 pl.-C. 1903. 1904. à la p. Furtwänglers gewidmet. pour l’homme au bouclier. I. vêtu d’une tunique (?).. 1910. Mais elle remonte à une époque plus ancienne. 304. auquel elle est mélangée dans l’abri de Redeyef(5). Flamand. Conf. de géographie historique. 191. l.

fig. I. dans l’Anthropologie. 1909. 1097-1103 (= Comptes rendus de l’Académie des inscriptions. soit parce que le climat était moins sec. « 54. voir surtout Foureau. Les régions où les silex néolithiques abondent le plus sont celles de l’oued Rhir(11) d’Ouargla(12). p. Sahara algérien. 1907. 134. LIII. 343-6. 1910. 283 et suiv. 1903. Jus. p. ibid. 10. VI. Zaborowski. 84-91. des cuvettes humides. Boudy. Voinot. 11. 1912. aux environs(2) et au Sud de Gabès(3). soit parce que les vallées étaient moins obstruées par les sables(10). XX-XXIX . au Nord-Est de Laghouat)(5). 1906. VI. 1907. Des Inscriptions. Joly. 1896. Voir plus haut. XXXIX. Hamy. p. Capitan. Gobert. 202-3. Sur cette civilisation néolithique saharienne. 2. p. De Morgan. Revue africaine. Chantre. De Nadillac. 255 et suiv. p. p. Belluci. Revue archéologique. p. II. Assoc. le long des anciennes rivières(9). 1079. inv. 58-71) . Reims. 284. 12.204 LES TEMPS PRIMITIFS. 1909. 1884.4. 466-7.. mais dans les dunes. Bull. XXIX. Les stations sahariennes se rencontrent presque toutes. En assez grand nombre (une cinquantaine) . à Aïn Sefra (dans le Sud Oranais)(6). p. II. 327-8. Gautier. p. Revue de l’École d’anthropologie. désolé(1). 7-8. de ____________________ 1. p. 204-241. Revue de Géographie. Weisgerber. de l’Acad. Chipault. 3. 9. des puits. Lenez. On recherchait évidemment l’eau et il est certain qu’elle se trouvait beaucoup plus facilement que de nos jours. Revue d’ethnographie. dans l’Homme préhistorique.. 1003-1096 . Foureau. Schweinfurth. ibid. p. 50. 6. 55. 1809. ZZeitschrift für Ethnologie. p. XXIII. Elle s’est étendue aussi sur la Tunisie méridionale. p. 1908. Bull. Gauckler (d’après Tribalet). Revue de l’École d’anthropologie. p. 7. p. l’Eta delle pietra in Tunisia. d’Oran. p. . Documents. p. française. 4. 1887. p. 1885. 56. Flamand et Laquière. p. Hamy. IX. Verneau. L. 8. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. 112-3. XX. CLXIIIIV. 1899. 60-61 (histoire des découvertes). 1083.. Des pointes de flèches qui la caractérisent ont été recueillies à Redeyef (à l’Ouest de Gafsa)(4). française. Boulogne. p. 1106-1131 et pl. souvent dans des lieux où il y a encore des mares. 5. 5. archéologique du Comité. Pervinquière. r. 51. p. 5. p. 144-5 (sous des ruines romaines). Harimayer. p. 1901. Revue africaine. Vassel. non dans les espaces rocheux et montagneux(8). 12. p. Revue africaine. 343-4. Assoc. 1904. C. 157 et fig. 905. III. III. 1881. en particulier. l. et dans les steppes de l’Algérie centrale(7) : elles avaient été sans doute apportées de loin dans ces différentes régions. à Messaad (dans l’Atlas saharien. Revue de l’École d’anthropologie. p. Supra. 1905. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. p.

dans le grand Erg et dans l’Erg. p. Rabourdin. — Belles collections. 1060 et suiv. qui paraissent avoir servi dans cet état : Pallary. 44 (Hassi et Rhatmaïa. p. Hamy. 334-6. p. Foureau. On rencontre cependant des pointes et racloirs. c. ou d’un triangle(9). 1899. Revue de l’École d’anthropologie. Il n’en est rien. Mais la plupart présentent des ailerons(10). fines. des Inscriptions. Conf. 7. l’industrie de la pierre présente un aspect différent et se rattache au néolithique soudanais : voir Gautier. Çà et là. Hamy. de l’Acad.. et Revue: d’archéologie. Revue africaine. Weisgerber. Flamand et Laquière. p. Il faut abandonner l’hypothèse. d’un losange. Les flèches à aileron unique sont sans doute des flèches cassées. du Muséum d’histoire naturelle. r. documents. 1885. se terminant par deux pointes aiguës. dans Documents Flatters. 5. 1894. r. 241 . II. Au Nord de Touggourt. Cartailhac. d’autres. 264. 142. 251-2. Bull. dont l’une est le pédoncule : Flamand et Laquière. 8. 183. p. il y avait des ateliers fort importants : on a même observé que des artisans s’adonnaient exclusivement à la taille de tel ou tel instrument(7). p. 1902. le travail de la pierre fut médiocre. du grand Erg Oriental et de l’Erg d’Issaouane(2). de type moustérien. XVIII. p. Montauban. des Inscriptions. On peut mentionner aussi la forme en écusson rectangulaire. en grès et en quartzite : voir plus haut. Zaborowski. l. 6. 51 (région de Gabès). 422. p. IV. Il y en a qui offrent la forme d’une feuille de laurier. La matière employée pour la confection des armes et des outils est presque toujours le silex(6). L. p. I. 4. d’un développement de cette civilisation du Midi vers le Nord(4) : on ignore en réalité comment elle s’est répandue(5). Rabourdin. récoltées dans ces régions et dans celle d’Ouargla. française. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. C. fig. sont fort nombreuses et souvent d’un travail admirable. 8. conf. n. 1064 et suiv. dans Documents relatifs à la mission Flatters. p. parfait dans les régions situées entre Ouargla et l’Erg d’Issaounne : Foureau. p. V. 126-130. p. p. dans Revue archéologique.220-2. p. au musée du Trocadéro (Foureau) et au musée d’Alger (père Huguenot et autres). IV. Foureau. surtout autour d’Ouargla. . dans l’Homme préhistorique. 1884. 5. avec ou sans ____________________ 1. 205 l’oued Mya(1). mais réfutée par des constatations ultérieures. p. 9. 2. de l’Acad. Les pointes de flèches(8). 168-173. On avait cru que les instruments en silex les plus fins se trouvaient dans la partie septentrionale du Sahara et les plus grossiers plus avant dans le désert. 10. dans l’Anthropologie. p. légères. 8-9. De Nadailine. p. Dans le Sud du Sahara. présentée tout d’abord(3). IX. 1905. Voir la classification de Pallary. Assoc. 134. au Sud d’Ouargla). d’Issaouane. C. p. 1881. 21. 1890. 1906. il devient meilleur entre Touggourt et Ouargla. Sahara algérien. 1907. 1906. 231. 3. Documents. 70 .LA CIVILISATION DE LA PIERRE.

l. des pointes solutréennes. 258 et 261. qui sont sans doute des bouts de flèches à tranchant transversal(4) . de quelques poignards ou grands couteaux d’un beau travail (région d’Ouargla. de divers types de pointes de flèches. 210. 209. 20 – 0 m. à moins que ce ne soient des tranchets . p. Revue de l’École d’anthropologie. taillées sur les deux faces. p. Revue de l’École d’anthropologie. pour la plupart. des scies. Mais elle est surtout étroitement apparentée à celle qui florissait en Égypte à l’époque préhistorique et au temps des premières dynasties(6). Assoc. 214-9. à dos retaillé. 188 et 192. de forme semi-circulaire. 25 de longueur) : Chipault et Capitan. à encoches) . Tunis. Notons encore des lames diverses (simples(2). pédoncule(1) . des grattoirs circulaires ou consistant est une lame terminée par un bout convexe . Cartailhac. Des pointes de javelots ou de piques. Capitan et Boudy. 2. Cette industrie offre nombre d’instruments semblables à ceux qu’on trouve dans les grottes néolithiques du Tell(5). elles sont très soigneusement taillées sur les deux faces. des scies. p. en forme de feuille de laurier. VI. Voir Zaborowki. XX. M.206 LES TEMPS PRIMITIFS. Les haches polies(7) sont. 46 et 51 . fig. à dos retaillé. mais probablement pointes de flèches)(3) . Conf. XX. 5. Plus fréquemment avec pédoncuule. pointus aux deux extrémités (prétendus hameçons doubles. française. l. 46-48. 1899. Montauban. au musée d’Alger). Capitan (Bull. prés d’Ouargla. en silex ou en . française. 1896. CXXXVIII) croit même à des importations d’Égypte : hypothèse que réfutent leur abondance et la présence de pièces ébauchées. archéologique du Comité. de petits trapèzes. p. et aussi dans les escargotières gétuliennes à petit outillage. p. des burins. 4. Conf. p. Ressemblance des lames à bords retouchés. 7. des trapèzes. des instruments fusiformes à double pointe. des outils coupants. 252 : de Morgan. des perçoirs. 1909. trouvée. 6. IX. sont remarquables par leur taille exceptionnelle (0 m. sont ale -type solutréen. _____________________ 1. Pour ces derniers objets. des instruments fusiformes. 192. Conf. p. qui ont peut être servi au même usage. 1911.. Revue d’anthropologie. à bords retouchés. n. p. 4. 344. des outils semi-circulaires. Flamand et Laquière. Plusieurs lames. p. 1902. 3. — Elles sont extrêmement rares dans les stations du Sud-Est de la Tunisie : Assoc. I. à des retaillés à encoches. Surtout les petites lames de divers types et les petits trapèzes. Revue de l’École d’anthropologie. 345 : les mêmes. c. P. 1910. 220. Quelques-unes sont munies de barbelures sur les bords.

l. formant un quadrillé. Les poteries(5). 12. Comme celles des grottes. Ces meules sont de forme a peut près elliptique. Voir Verurau. chevrons. fig. p. Sahara algérien. 350. Hamy. 4. 229. et surtout des meules dormantes. 230. Foureau. 1119-1120. c. II. p. c.. l. c. l. 11. aplaties et trapéziformes(3) . pl. Bull. p. p. Flamand et Laquière.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. p. assez petites(2). apud Foureau. c. Les œufs d’autruche ont laissé des débris plus abondants encore que dans les stations du Tell : ils portent souvent des traces de feu. d’Oran. Desplagnes. 1073. 7. 5. de chevrons. 1123-8. p. Quelquefois si petites qu’on s’est demandé si ce n’étaient pas des amulettes. 1073) indique aussi de petites « urnes » en grès et en ophite. elles ressemblent aux haches égyptienne(4). Ils servaient de vases : on en a découvert plusieurs. c. mais elle est rare.. 1074. 1072. La forme en boudin existe. Cartailline. dans Foureau. 10. Rabourdin. 1070. diagonales croisées . 17 (région de l’oued Mya) : voir aussi un fragment recueilli par Foureau : Verneau. Flamand et Laquière. 207 calcaire siliceux(1). 242. lignes croisées. 1072. 1063. c. 1068. Il faut aussi mentionner de grands plats en grès(11). p. p. On en trouve aussi in roche ophitique. On les a parfois badigeonnées en rouge. 69. r. l. Vuinol.. qui brûlaient à la cuisson(6) : procédé en usage dans l’Afrique orientale (chez les somalis)(7) : et au Soudan(8). encore intacts(9). Gautier. de trous : suites de hachures. dans Documents Flatters.. avec des molettes et des pilons(12). Flamand et Laquière. p. c. traits parallèles. p. Verneau. p. p. p. 232. suites de points(10). Quelques fragments sont ornés de dessins géométriques. dont on ne recueille que des tessons. p. — Foureau (p. 2. l. p. p. Foureau. Flamand et Laquière. Il est certain qu’on y a broyé des grains. 6. ____________________ 1. 3. Documents. étaient en général de petites dimensions. 1082. XXVII-XXIX. Conf. l. 1082. le Plateau central nigérien. coups d’ongles. elles out souvent reçu une ornementation géométrique très simple : lignes de points. et leur surface supérieure est légèrement concave. Foureau. C. 8. 1905. 1908. Verneau. Des vases ont été façonnés en poussant de la terre dans des moules en vannerie. de zigzags verticaux .. de l’Académie des Inscriptions. 1123. 130. 9. 230. .. 27 et 457. 1128. l. également en grès.

c. au contraire. Mais cela ne prouve pas que les premiers soient beaucoup plus anciens que les autres. ont été connus vers la même époque dans le désert actuel. 131. 1120. ibid. selon Hamy (Assoc. 1071 (perles). Foureau. 60. c.. 13. en tous points semblables à ceux qui se fabriquaient en Égypte plusieurs milliers d’années avant l’ère chrétienne. Certains silex sont très usés . on a ramassé quelques débris d’objets en métal(9) et en verre(10). 112). en décapant le sable. 1900. conf. . Il est possible que des tribus néolithiques aient encore habité le Sahara au temps de ces Éthiopiens.. p. 2. 1077 (débris de bracelets. 1073. p. 1903. p. 8. que les types néolithiques. Flamand et Laquière. s’est chargé des fouilles. 7. Perles en verre dans une station de la région d’Ouargla : musée d’Alger. Voir plus haut. Les indigènes sahariens se paraient de colliers en rondelles ou en segments d’œufs d’autruche(1). qui. 10. Gautier. 9. et Comptes rendus de l’Acad. qu’on a trouvé dans la région de l’oued Mya. française. 4. relativement récentes(5). ils portaient parfois aussi des pendeloques consistant en globules de grès ou en cailloux perforés(3). Verneau. 6. ceuxci n’ont été ramenés que depuis peu à la surface par le vent. 226. aurait un soc de charrue primitive. Un cylindre en pierre. Foureau. Nous croyons volontiers que l’industrie de la pierre remonte à des temps très reculés dans le Sahara. 1063. c. Flamand et Laquière. p. fig. n. offrent un aspect très frais. voisins de l’Égypte. d’autres. avec des arêtes encore vives. Foureau. c. en perles formées de tronçons de tiges d’encrines fossiles(2) . p. p. long de 0 m. 14. 122). Foureau. 45. 1128. aplati et aminci du bout. p.. p. peut-être contemporains des instruments en pierre auxquels ils étaient mélangés. Verneau. Gautier (Sahara algérien. p. 1070. L. p. que les outils acheuléens qu’on y a trouvés datent de l’âge quaternaire(4) . ____________________ 1. pour la plupart. l.1129. 5. Paris. Préservés par le sable qui les a recouverts. Verneau. comme dans la Berbérie . Cependant les stations que nous venons d’étudier paraissent être.208 LES TEMPS PRIMITIFS. clou de bronze).. Çà et là. fig. p. 1. 6. p. pour la plupart multicolores) . Les moules attestent la connaissance des céréale(6) et ces ustensiles sont identiques à ceux que des Touaregs(7) et des Nigériens(8) emploient aujourd’hui. p. 3. comme le dit M. des Inscriptions. I. 183.1068 (plaquettes.. l. 1094.

mais sont. Probablement par l’intérieur du Sahara. p. XX. dans des couches néolithiques récent (l’Anthropologie. à la fin du paléolithique et pendant la période néolithique ancienne(3). les Africains n’étaient pas incapables de naviguer. 189 et 192. p. il est difficile d’attribuer au hasard l’identité des motifs qui décorent cette céramique en divers pays. 3. Siret a trouvés en Espagne. VI La civilisation de la pierre s’est développée dans l’Afrique du Nord à la fois par des perfectionnements locaux et par des relations pacifiques ou belliqueuses. Des relations. 193 et 201. Pallary. plus ou moins directes. Les industries se ressemblent trop dans le Sud de la péninsule ibérique et dans l’Ouest de l’Algérie. n. pour qu’on se refuse à admettre des rapports entre ces deux contrées(4). Les silex ont été importés dans les régions où cette matière faisait défaut. La domestication de certains animaux a été une étape décisive de l’humanité : cette conquête ____________________ 1. VII. nous l’avons dit (p. 7). . p. Nous avons indiqué(2) que les haches polies et les pointes de flèches n’ont pas dû être fabriquées partout où on les trouve. n. Voir p. Les haches polies de type égyptien se retrouvent dans le Sahara. 6. 209 qui. 4. 130). avec une extension vers le Sud de la Tunisie. cependant il y eut encore quelques rapports entre les deux contrées. P. Plus tard. 51. 1909. Voir p. puisqu’ils ont occupé des îles voisines du littoral : voir plus haut. 206. Instructions. Les poteries ont pu aussi voyager : en tout cas. 206. plutôt que par une pénétration au fond de la petite Syrte et une extension progressive vers le Midi. 2. le néolithique berbère d’Afrique différa beaucoup du néolithique récent d’Espagne : conf. 201. fort rares dans la région de Gabès. 5. 120. A l’époque de la civilisation néolithique berbère.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Selon le témoignage d’Hérodote(1) se servaient de pointes de flèches en pierre vers le début du Ve siècle avant JésusChrist. que M. ont évidemment existé entre l’Égypte et les populations néolithiques du Sahara et du Sud-Est de la Tunisie(5). Il est impossible de ne pas attribuer une origine africaine à des grains de collier taillés dans des œufs d’autruche.

et qui se rencontrent dans des stations paléolithiques récentes et néolithiques. de coquilles marines. près d’Aïn Sefra (Murex trunculus perforé) : Flamand. 154. Singe et homme. Pallary et Tommasini. IX. 1912. Coquilles du Nil. à supposer que cette identification soit certaine. p. française. Deniker. p. Morceaux de minerais de fer et de cuivre. 1876. Documents Flatters. d’Oran. 3245. 3. Assoc. Revue de l’École d’anthropologie. dans la grotte Ali Bacha. s’agit-il d’une gravure préhistorique ? 6. d’outils en obsidienne dans une station voisine de Bizerte et dans l’une des îles Habibas. — Une gravure du Sud oranais a paru représenter un cauris (Pomel. 5. Barbin. M. 155. 242. 1910. 1906. sans parler d’autres régions plus éloignées de l’Afrique du Nord : conf. 83. 1910. de la mer Rouge et de l’océan Indien : Rabourdin. Grotte de Saïda (valve de pétoncle) : Doumergue et Poirier. dans un foyer au-dessus de la grotte du Grand-Rocher. dans l’Anthropologie. II. Modestar. 87 . On trouve de 1’obsidienne dans l’île de Pantelleria. et . 163. 6). fig. Instructions. en Sardaigne. eu Sicile. Marseille. p. conf. Abri de Redeyef. XII. 1900. Doumergue et Poirier. près d’Alger : Bull. 1912. p. 141-3. d’Oran. qu’à une quarantaine de kilomètres de la mer (coquillages ayant servi d’aliments et d’objets de parure . 1912. qui ne sont. l. dans l’Homme préhistorique. 640 . retrouvées à l’intérieur des terres(4) . p.. 152 . Bull. 44 . p. p. musée d’Alger. 22. Bull d’Oran. 1891. 212-3. à Bougie . 1906. l. c. de même que la culture des céréales. Je ne parle pas ici des minéraux non ouvrés qui ont servi à fabriquer de la couleur ou à d’autres usages indéterminés. p. Assoc. Morceaux de minerai de plomb : Barbin. Abris de la Mouillah. p. p. 87 . Flamand. p. il est vrai.210 LES TEMPS PRIMITIFS. les Races et les peuples de le terre. L. Les cauris de l’océan Indien sont ‘encore en usage comme monnaies dans toute l’Afrique centrale : conf. recueillies dans des campements sahariens(5). Bull. 124. Morceaux ed fer oligiste : Barbin. ____________________ 1. 243 . Noyau de fer. 4. à l’Ouest de Gafsa : Gobert. Paris. II. 151. française. XL. 306. p. p. p. 50 . IV. 228-9 et fig. Revue africaine. de Constantine. pl. l. Pallary. difficile ne fut sans doute faite que dans quelques pays. etc. dans l’Anthropologie. p. Zaborowski. Debruge croit qu’il a servi de percuteur : Rec. 1894. Quand la connaissance des métaux(6) pénétra-t-elle au milieu des populations qui se servaient d’instruments en pierre. 1900. p. d’où elle se répandit au loin. 1892. 36. p. de la Société algérienne de climatologie. Cependant il n’est pas toujours possible d’affirmer que ces coquilles aient appartenu aux habitants des stations néolithiques au milieu desquelles on les trouve : conf. Introduction à l’histoire romaine. c. Mais. III. 15. p. p. Station néolithique dans l’Atlas saharien. Pallary. Des importations peuvent seules expliquer la présence d’une perle en verre dans une grotte néolithique de Saïda(1) . p.. de coquilles étrangères à l’Afrique du Nord. 400. 1890. 2. XXIII. 125. à l’Ouest d’Oran(2) (cette roche n’existe pas en Berbérie(3)) .

5. etc. contenait des silex taillés. IV. quelques fragments de poteries(5). quand les leur fit-elle abandonner ? Nous n’avons pas de données suffisantes pour répondre à cette double question. ainsi que des débris de colliers. un poinçon en os. 150. p. revêtus d’émaux de différentes couleurs. il y avait une lame de fer : Debruge. près de Borj Ménaïel : Viré. Rec. II. 1905. A cinquante mètres de là.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. Assoc. de Constantine. Assoc. p. p. de Constantine. 72 et suiv. Non loin de là. XXXIX. 1898. Rec. calcaire. p. une tige). : Debruge. 876 . des débris de poteries. de Constantine. II. française. dans l’Homme préhistorique. des outils en os poli. 875 . Entre deux foyers. Des fragments de cuivre ont été également trouvés au Grand-Abri. avec des outils grossiers en silex. et aussi avec d’autres objets qui se retrouvent dans la station. Il en était de même des instruments en cuivre : on a recueilli des scories auxquelles adhérait encore du charbon(3). 1903. 115. XXXIX. une station. Pour des objets en cuivre. p. p. de Constantine. Montauban. Dans d’autres contrées méditerranéennes. 1903. 97-99 . trois hameçons. Debruge. globules de sable aggloméré. 1902. 1895. française. voir p. des tessons de poteries grossières. Mais on ne saurait dire s’il est contemporain du mobilier néolithique rencontré dans la caverne. p. l’Homme préhistorique. 1906. p. dans un abri sous roche de la Kabylie occidentale. Bordeaux. Abri de la Cascade. Il est probable que nous sommes ici en présence d’un établissement de date récente : un indice permet de supposer qu’à cette époque le fer était en usage dans le pays(4). 211 ____________________ 1. de constantine. XXXII. XL. avec des vases contenant des cendres. Rec. 4. une hache néolithique et. 275-7. 9. pour les perles émaillées. A Bougie. au pic des Singes. on a découvert des foyers. Debruge. quartzite. XXXVII. 3. p. p. à Bougie. une poche de la grotte Ali Bacha abritait plusieurs centaines de rondelles et de plaquettes quadrangulaires en cuivre : il y avait sans doute en ce lieu un petit atelier de métallurgie(1). un Hameçon en fer a été trouvé avec des outils grossiers en pierre taillée. Rec. III. et aussi quelques objets en cuivre(2) (une pointe. dont la fabrication avait lieu sur place. 142-3 et planche . 71-73. 2. Ailleurs. 1906. le fer parait avoir . Rec. mais à un niveau inférieur. conf. Debruge. qui fut habitée par des pêcheurs.

stumma (Zeitschrift für Assyriologie. d’un type répandu dans l’Europe occidentale vers le milieu du second millénaire. 249. mais probablement algérienne). au moins dans certaines régions(1). surtout par les marchands des colonies maritimes phéniciennes qui furent fondées a partir de la fin du second millénaire(4). fig. II. Chez des populations voisines du littoral. Conf.. qui devait désigner le fer par un mot apparenté on identique à l’hébreu barzel. 1807. Chalas. Mais ils habitaient au Nord-Ouest de l’Égypte et rien ne permet de croire qu’ils se soient étendus au delà de la grande Syrte. 41 et 43 . M. p. près de Cherchell (conservée en ce lieu. Études sur l’antiquité historique. ou vers le début du premier millénaire. Gautier. 2). ____________________ 1. p. auparavant s’était écoulée une longue période. p. III.-C. Les choses se passèrent-elles ainsi dans l’Afrique du Nord ? Sans vouloir oublier les lacunes de nos connaissances. dans la collection Archambeau) . 7) . 1886. Bull. On n’a trouvé jusqu’ici que quelques haches de bronze. Sicile. p. XXVII. n° 2. la Préhistoire en Algérie. été connu vers la fin du second millénaire avant J. 81. 248 . p. Il s’agit de deux peuples africains. des objets en métal durent être introduits par des étrangers. le nom du fer est azzel. p. pl. soit de l’étain destiné à être allié au cuivre : il n’y a pas d’étain dans cette contrée. à Saint-Eugène. un fragment au musée d’Alger (de provenance inconnue.. une autre. peut avoir eu la même forme. p. d’une époque où l’on se servit de cuivre pur : celle-ci se confond avec les derniers temps de l’industrie néolithique. p. La hache de Saint-Eugène est à talon. 3. — Une inscription de Karnak. du temps du roi Ménephtah (XIIIe siècle). II. fig. précédée elle-même. du côté de l’Occident. 127. près d’Alger (Pélagaud. offrant des haches en usage avant le premier millénaire : une. dans Revue archéologique. Sahara algérien. mais qui manque dans la Méditerranée orientale (Déchelette. 4. nous serions plutôt disposé à le nier(2). 42. 133. dite âge du bronze. 1912. — Noter qui les habitacle de l’Afrique du Nord n’ont pu faire usage du bronze qu’en recevant du dehors soit des objets tout fabriqués. Italie. à l’Est de Tlemcen : Cureyras. dont il ne reste que le bout évasé. de Rougé. fig. Espagne. ou ignorés deus. Manuel d’archéologie préhistorique. ouzzel. Dans les dialectes berbères. Celle du musée d’Alger. 196 et 200. 2e édit. indique qu’après une grande victoire. Ensuite. Il semble bien que le cuivre et le bronze aient été très peu répandus parmi les indigènes. avant l’époque où ils commencèrent à faire usage du fer(3). pour ne parler que des pays voisins de la Berbérie. Je n’ai pas noté la forme de celle de Cherchel. 126) se demande s’il n’a pas été emprunté à la langue phénicienne. les Égyptiens prirent les vases de bronze du chef des Lebou et des armes de bronze des Mashnounsha . d’Oran.212 LES TEMPS PRIMITIFS. la métallurgie . 2. Une hache en bronze aurait été recueillie dans une grotte à Lamoricière.

18 . 496). II. Sahara algérien. et Tunis. dans Archives des missions. bordaient au Sud la Berbérie(3). p. Pallary. pl. à l’époque historique. leur présence peut s’expliquer par des croyances superstitieuses ou par leur emploi comme coins (voir plus loin). 196. Jamais. II. Bull. 1907. et à Benian Djouhala dans le Dahra : Pallary. pendant longtemps. française. chap. Assoc. p. présentant la forme propre à l’industrie néolithique berbère. p. 3e série. 200 . 1883. Mais on peut se demander si ces objets n’ont pas appartenu à quelque station antérieure à la ville romaine et s’ils n’ont pas été mitraillés par le ruissellement jusqu’aux palais où on les a trouvés. Tunis. Il a pu cependant se maintenir dans des groupes isolés ou réfractaires au progrès. le fer dut passer pour une nouveauté redoutable. p. 700). Le néolithique berbère. 213 ____________________ 1. 1. 1896. Elle continua à produire des œuvres d’une technique remarquable. fig.124 : dans la région de l’oued Zousfana). Magie et religion donc L’Afrique du Nord. Le travail de la pierre tomba en pleine décadence. p. Mais elle y demeura fidèle à de vieilles traditions. 42-43.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. c. XXI. X. c.). des instruments en pierre. 3. p. ont été recueillis dans d’autres ruines romaines (Collignon. et que des auteurs anciens nous signalent comme des . Des pointes pédonculées. 1896. 497. La Blanchère. lorsqu’elles n’ont plus été simplement ramassées pour servir de moellons : à Lamoricière. 601. à ma connaissance. se développa(1). nettement caractérisés. dans Matériaux. n’ont été trouvés dans des sépultures avec des monnaies et des poteries puniques ou romaines. comme dans lieu d’autres pays. J’hésite donc à adopter l’opinion de quelques savants. p. surtout ces flèches. 1. II. Assoc. de la Société archéologique de Sousse. puis disparut. près de Tlemcen. contrées où la rareté du bois et sans doute aussi le manque de minerai s’opposaient à l’essor de la métallurgie. Voir livre II. voire même dans des ruines beaucoup plus récentes. Marseille. dans le Sud de la Tunisie et dans la partie du Sahara située au Sud de la province de Constantine.. Quant aux haches polies découvertes dans des ruines romaines et berbères (à Lamoricière. Des silex mal taillés. 190. une hache faisait partie d’une maçonnerie de l’époque romaine. IV. a peut-être persisté dans certaines régions durant une partie des temps historiques(2). L’industrie de la pierre se conserva aussi. Ils ne se rapportent pas à des types bien définis. si grossier. V. 2. ou plutôt des éclats de silex. ont été découvertes dans les ruines romaines de Sbéitla (Tunisie centrale) : (Collignon. au Saluera (Gautier. principales armes des tribus sahariennes. VII. ou dans des ruines berbères qui ne paraissent pas antérieures à l’ère chrétienne (La Blanchère. Pallary. p. Les forgerons sont encore tenus il l’écart en beaucoup de lieux : Doutté. qui pensent qu’une véritable industrie néolithique s’est perpétuée dans le Nord de l’Afrique jusque sous l’Empire. 1891. française. p. Dans l’Afrique septentrionale. 41. des Éthiopiens qui. 1887. tels que des bouts de javelots à pédoncule.

p. 8. Sahara algérien. hache en roche verte dans le filon d’une mine : Pélagaud. on dépique encore les céréales avec des éclats de silex. Dans les montagnes du Sud oranais et dans le Sahara. soit qu’on fit usage d’objets fabriqués longtemps auparavant. de Mortillet. Hamy. archers(1). soit qui on en fabriquât sous la domination romaine. I . 3. Thomas. 1900. 1011. des poinçons en pierre tracèrent les gravures dites libyco-berbères(4). c. 6. 164 : « Tribula. 5. Périple de Scylax. Remarquons enfin qui on retrouve en Berbérie une superstition répandue dans bien d’autres ____________________ 1.. M. Essai d’une description géologique de la Tunisie. probablement Servius. p. gr. la Préhistoire en Algérie. 364. p.. 70. 63 et fig. p. Ph. l. 133. p. c. p. dans les mines du djebel Serdj : Gauckler. qui servirent dans des carrières et dans des mines(3). I. Assoc. 52 (tribulum). tandis que les Numides et les Maures ne combattaient guère qu’avec des javelots(2). nous pouvons indiquer des instruments en pierre dure polie. enfoncés dans la face inférieure d’une table de bois. CXVIII . min. genus vehiculi omni parte dentatum unde teruntur frumenta. décrit par Varron(6). Silius Italicus. p. 1870. devait être déjà connu des Africains dans l’antiquité(7). Revue africaine. 3. Gautier. Strabon. I. c’est-à-dire plusieurs siècles après l’ère chrétienne. A Khenchela. Gautier (Sahara algérien. Catalogue du musée Alaoui. Paris. Bull. que tirent des animaux(5) . comme les Éthiopiens. identiques aux haches du néolithique berbère. 138) est disposé à attribuer à des nègres l’industrie néolithique du Sahara. à Virgile. 94) : les Éthiopiens voisins de l’Île de Cerné (au delà du Maroc) sont armés de javelots et d’arcs. Près d’Orléansville. Conf. française. Revue d’anthropologie. Supplément. hache en roche noire. En Tunisie. 1902. Parmi les survivances de cette industrie dans l’Afrique du Nord. XXI. p. 324-5 : (Garamas) « arundinis usu nobilis ». p. l. 16-17. 681 (il s’agit d’un chef que le poète fait venir de l’oasis d’Ammon). qui était encore engagée dans le banc exploité : Galland. 91. » . Festus Aviénus. dans une carrière de pierre calcaire. n° 280. Coin en roche verte. Pélagaud. 7 : les Pharusiens et les Nigrètes (dans le Sud du Maroc) sont archers. quo maxime in Africa utebantur. l. 18. p. p. 302-4 . l. Géorgiques. ce traîneau. Rust. p. XVII. XIV. 112 (Geogr.214 LES TEMPS PRIMITIFS.. à une époque où l’emploi des dromadaires était général. 2. Descriptio orbis terrae. XV.. 64 . 4. archéologique du Comité. Cette table à dépiquer se retrouve dans d’autres pays : Hamy. 7.

Haches polies dans des marabouts de l’Oranie : Bleicher. dans Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme. d’Oran. p. française. en silex. 59-60) . 420. dans la région du Niger : Desplagnes. que d’autres furent placées dans des dolmens de Guyotville (près d’Alger) et de Djelfa : Bull. Cartailhac. XI. 688 (Saint-Hippolyte). 33. — Ce fut peut-être pour cette raison que trois haches polies. 215 pays(1) : les haches polies passent pour des pierres tombées du ciel avec la foudre et sont conservées comme amulettes(2). le Plateau central nigérien. de la société algérienne de climatologie. VI. En Afrique. p. Bull. 89 et fig.LA CIVILISATION DE LA PIERRE. p. Revue d’ethnographie. 310-1 . furent déposées sous une dalle de pierre. p. 70 (si ces indications sont exactes. ____________________ 1. dans l’enceinte qui entourait un dolmen des Beni Snassen (Nord-Est du Maroc) : Vélain. p. p. ce dont je doute). Pallary. IV. II. 1893. 83-86 (conf. 1883. Besançon. Assoc. 2. 1878. Doumergue. 1910. 1869. l’âge de pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires. p. . Paris. 1875. 201-2 et fig.

XVIII. Voir dans Denys le Périégète (187 et suiv. en effet. . les pièges donnaient des résultats plus sûrs que les attaques ouvertes. Geogr. gr.. 3. 112) des indications analogues sur la prétendue vie des indigènes restés sauvages. Errants à l’aventure. VI). qui se nourrissaient de la chair des bêtes fauves et aussi. 2. nous l’avons dit. l’Afrique fut habitée par les Gétules et les Libyens. de l’herbe des champs. Voir p. comme le bétail. surtout à l’époque quaternaire. dit Salluste(1). les découvertes faites dans les stations préhistoriques prouvent que la chasse leur procurait.. une large part de leur alimentation : chasse qui. D’autre part. ils s’arrêtaient là où la nuit les surprenait. min. chap. voir plus loin. gens rudes et sauvages. . p. visait souvent des animaux très vigoureux et où les ruses.CHAPITRE II ORIGINES DE L`ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE I « A l’origine. II. les Africains s y livrèrent sans auxi_____________________ 1... Jug. Pendant longtemps. 1 82. 1-2 (d’après un ouvrage écrit en langue punique . Il n’est pas nécessaire. » Il n’y a dans ce passage que de simples hypothèses sur le genre de vie des premiers habitants de l’Afrique du Nord(2). de supposer qu’ils aient tous mené une existence vagabonde(3).

187. Anim. de la Société d’anthropologie de Lyon. près de Guelma . dans le Sud oranais . II. — Il y a peut-être aussi des images de chiens à Ksar et Ahmar (Pomel. de Constantine. 1). 6. non à la chasse(4). M. A l’époque des stations néolithiques berbères en plein air.. 32. 34. 4. Pline l’Ancien. planches à la p. Il est vraisemblable. Bull. 10). Nous savons par Valère-Maxime (IX. II. pl. il s’agit sans doute d’un animal domestiqué hors de la Berbérie et qui n’y fut introduit qu assez tard. 35. 2. 2) que Masinissa se faisait garder par des chiens. 1904. que les Libyens nomades n’avaient pas de chiens (Nat. fig. Mais appartiennent-ils bien à la couche néolithique ? Flamand (Assoc. Singe et homme. p. 193. 93. Pallary ne le signale que dans les couches les plus récentes des grottes d’Oran : Assoc. XXXVIII. ext. » 5. 13. de Constantine. p. 107. 7.197. on a recueilli de nombreux ossements de chiens : Pomel. Naturgeschichte der Haustiere. Caen. Il aurait été également retrouvé dans les grottes des Bains-Romains. Babalus antiquus. fig. 336. il me parait difficile d’admettre que les ossements de canidés découverts en ce lieu l’aient été dans la même couche que les restes d’hippopotames et de rhinocéros. 1901. 1900. 1911. Rec. « pierre n° 3 ». VI. française. 91. à l’oued Itel. Carnassiers. d’autre part. au Sud-ouest de Biskra Rec. 1901. française. 1486. Keller. 79. Moghar et Tathani (dessin de M. II) et à Guebar Rechim. 2 et 3. 142 : « Garamantum regem canes ce ab exilio reduxere. 30. Étien prétend. Les chiens qui y sont figurés ont des oreilles droites : peut-être appartenaient-ils à une race descendant du chacal. . II. Un chien parait être représenté auprès d’un homme sur une gravure de la région de Constantine : Bosco et Solignac. des chiens africains furent même dressés à la guerre. pl. Une autre image rupestre du Sud oranais(5) semble représenter un chien apparenté aux sloughis actuels (lévriers). près d’Alger. 217 liaires. Ajaccio. II. proeliati contra resistentes. Comptes rendus de l’Académie des Sciences. comme l’attestent les gravures rupestres de Tyout(2). bien que les documents ____________________ 1. p. race originaire du Nord-Est de l’Afrique(6). — A la grotte du Grand-Rocher. fig. pl. Dans l’antiquité. Flamand). près d’Alger : Ficheur et Brives. XI-XIV. 189. à Khanguet et Hadjar. CXXX. VIII. 3. X. Voir p. il était le compagnon de chasse de l’homme. pl.. 730) indique aussi le chien dans une grotte de MustaphaSupérieur. p. — Ils ont pu encore se nourrir d’insectes et de reptiles. Voir C. Pomel. 1894. p. Le chien n’apparaît que dans quelques grottes à mobilier néolithique(1) . à la p. XLV. 741.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. XX. auquel se rattache probablement celle qui est aujourd’hui la plus répandue dans l’Afrique septentrionale et qui sert du reste à la garde(3). Mais. à Tazina (Flamand. p. Les primitifs se nourrissaient aussi de mollusques marins et terrestres(7). si cette détermination est exacte. à Alger.

Hist. Ils ont une tête petite ou moyenne. Appien. 11 et 106. conf. IV. 2.. archéologiques ne nous apprennent rien à ce sujet. Lib. enfin les races actuelles. un dos allongé et droit. 110 (Geogr. restent assez mal connues. nerveux et sobres. dont certaines peuvent exister dans le pays depuis fort longtemps.218 LES TEMPS PRIMITIFS. encore peu nombreux. Strabon. Ces moyens de subsistance se sont perpétués dans certaines régions jusqu’en pleine époque historique(1). gr. 15 . A tort ou à raison. Les bœufs qui vivent aujourd’hui dans l’Afrique du Nord(2). agiles. les indigènes recherchent les asperges et surtout les cardons sauvages. Ces animaux sont vigoureux. d’herbes . Je ne parle pas ici des importations européennes récentes.). périple de Scylax. Quand ils se nourrissent bien. herbes. plantes. 33. qu’on a recueillis dans les stations néolithiques. Les ossements.135). qui. ils engraissent vite et leur viande est bonne . XVII. I. de la Chaldée. p. que leur alimentation se composait encore de végétaux : fruits. Pausanias. 17 . une poitrine ordinairement ample. . les gravures rupestres sont des documents bien misérables auprès des images si fidèles que nous ont laissées les artistes de l’Égypte. 84 et suiv. avec des cornes courtes et fines. On connaît les Lotophages d’Homère (Odyssée. racines. au dire d’Hérodote (IV. 177 et 178 . 1. 1. 5 (raisins sauvages). comme les Éthiopiens troglodytes du Sahara. plantar. n’ont pas été étudiés avec autant de soin que ceux des villages lacustres de l’Europe centrale . de la mer Égée. doux comme le miel. à l’époque historique. des auteurs grecs identifièrent le lotus du poète avec un arbuste qui parait bien être le jujubier sauvage et dont les haies. 86 et 87) . vivaient de serpents et de lézards. sont d’une taille peu élevée. XVII. voir Pomponius Méla. min. 3. De nos jours. Théophraste. 3. étaient cueillies par des indignes de la région des Syrtes : Hérodote. glands. 3. 183). la tète et les jambes sont fréquemment de couleur noire. — Les Kabyles s’alimentent encore aujourd’hui avec des glands doux. Nous sommes très insuffisamment renseignés sur les débuts de l’élevage en Berbérie. — Numides mangeurs de racines : Strabon. La robe est le plus souvent rousse ou grise. IV. mais les vaches ne donnent qu’une quantité peu abondante de ____________________ comme les mangeurs de sauterelles signalés dans l’antiquité et de nos jours (conf. qui se nourrissaient des fruits du lotus. 41 (« sucus bacarum ») . IX. I. p. combinés avec des ressources nouvelles. un garrot épais. un cou et des membres courts. Pour les fruits. 2..

7 et suiv. mais parait être une variété du Bos primigenius(5).. pl.. la race marocaine autochtone. p. Robert signale aussi le Bos ibericus à la grotte de Bou Zabaouine (Rec. Bonnefoy (l. 142 . Elle se rencontre principalement dans le Maroc occidental. Voir plus haut. 10. M. l. Cependant il est probable qui il s’agit seulement de variétés et que les bœufs de Berbérie sont tous apparentés étroitement(3) : l’opinion la plus répandue les classe dans la race dite ibérique. c. Assoc. d’Oran. 1891. p. Oran. D’autres ossements. 13-19. dont l’un. 2. XXXIV. Rivière et Lecq. 1900). Cette dernière devrait être appelée race marocaine. Pomel veut aussi reconnaître cette race sur des gravures rupestres(9). 1901. 646 (« diffère peu du bœuf domestique »). p. Sanson. II. Grand-Rocher.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. XVIII. 5. 8. 218) . française. 730. ont été attribués par Pomel à la race ibérique(8). Bonnefoy. p.) le conteste. 137 et suiv. p. L. c. rien ne prouve qu’il ait été alors domestiqué. Traité de zootechnie. Il croit la race de Guelma d’origine asiatique.. Assoc. Bull. 4e édit. mis ce n’est pas une véritable bosse. Marseille. qui se retrouve en Espagne. sauf peut-être sur un bœuf de Tyout et sur un autre de Bou Alem. 103. pris de Tébessa. Ajaccio.. franç. c. Mustapha-Supérieur : Flamand. à celle de fief et Ahmar. Espèce bovine (Alger. Voir Sanson. p. 7. 4. Voir p. p. en Italie et dans les îles de la Méditerranée occidentale(4). grotte de la Forêt (douteux) : Doumergue. Bœufs-taureaux. près d’Alger : Pomel. p. 91-92 et 103. XVI. 9. On peut néanmoins constater l’absence presque complète d’animaux pourvus de la bosse de graisse(10) qui distingue ____________________ 1. II. grotte des Troglodytes : Pallary et Tommasini. p. Reygasse. Ce bœuf se rencontre aussi dans des grottes à mobilier néolithique(6) . 105. découverts dans des grottes néolithiques(7). XIII. . de Constantine. M. On a recueilli dans les stations paléolithiques des ossements de divers bovidés. 219 lait(1). p. Mais la grossièreté des images impose une grande réserve. On distingue plusieurs types. M.. Un renflement indique quelquefois le garrot. p. de forte taille. 6. surtout ceux qui sont désignés sous les noms de race de Guelma et de race d’Oran(2).. IV. Algérie. 3. 72. . 393. 913 et suiv. c. p. 93-94 (il s’agit des bœufs à cornes recourbées vers le front : voir plus loin). L. Manuel de l’agriculteur algérien. p. 1900. a été qualifié par Pomel de Bos opisthonomus à cause de ses cornes recourbées en avant. 1907.

p. ils me différaient en rien des autres bœufs. supra. Schirmer. 61. dont les pointes se dirigent l’une vers l’autre(5). Nombreux à Tyout : conf.. n° 3. le Sahara. 5. fig. à peu près droites. cependant. Voilà pourquoi ils vont en reculons . c. I. au Sud de Figuig : Gautier. les zébus. c. XIX. » Pomel (l. soit en arrière). leurs cornes s’enfonceraient dans la terre. Aïn Memnouna : ibid. n. 19. elles sont le plus souvent courtes. dans la race dite de Guelma.. planches à la p.220 LES TEMPS PRIMITIFS. 128. XXXVIII. l. — La direction de ces cornes fait penser à la description qu’au Ve siècle. 304 . 2. 6. 93. Peut-être à Aïn Memnouna : Gautier. Quelques bœufs ont des cornes dressées. à la p. entièrement courbes. à la p. 1904. à la p. à la p. ou recourbées au sommet (soit en avant. Asla. XXXIII. Ksar el Ahmar. les cornes. Rien ne prouve cependant que les bœufs des Garamantes. 18. fig. Khanguel el Hadjar. mais non pas au point de les forcer à paître à reculons. 99. XXXVIII. S’élèvent obliquement en avant. à la p. 1890. Certaines gravures nous montrent des animaux à cornes recourbées vers le front(2). 1. p. 99. Chudeau. l. Les bœufs des gravures rupestres sahariennes. c. conf. 18. Stations du sud oranais : Tyout. S’ils avaient eu une bosse. elles atteignent de grandes dimensions(4). Oued Itel : Rec. à la p. pris de Guelma. 12. nombreux dans l’antiquité en Égypte et de nos jours au Soudan. Un à Ksar el Ahmar (sud oranais). à la p.. ou même verticalement . Ailleurs. fig. peut-être à Hadjra Mektouba : ibid. Hérodote donne des bœufs du pays des Garamantes (IV. fig. 92 et 94) observe qu’au rencontre encore fréquemment.. n° 6 et probablement n° 2. l’historien n’aurait sans doute pas dit qu’à l’exception des cornes et de la peau. c. 203 . ou de longueur moyenne(3) . La direction et la longueur des cornes sont si variables chez les bœufs qu’on ne saurait en faire des caractères spécifiques. on peut toutefois se demander si les graveurs n’ont pas voulu ____________________ 1. n° 5 à la p. parce qu’ils ont des cornes qui s’inclinent en avant. p. Sahara soudanais. des bœufs dont les cornes mont recourbées en avant.. 107 (« pierre n° 3 » et « pierre n° 4 »). Pomel. n° 2. Col de Zenaga : Gautier. 191 . à la p. d’où ils ont été importés çà et là dans le Sahara(1). 167 (« pierre n° 1 »). de Constantine. 307). de Constantine. Barrebi. 13. sinon par l’épaisseur de leur peau et l’impression qu’elle produit au toucher. Au reste. ils ne diffèrent en rien des autres bœufs. s’ils allaient devant eux. 214) et dans le Tibesti par NachtigaI (Sahara und Sudan. Kef Mektouba. 4. 15. 183) : « Ils paissent à reculons. 3. l. ibid. p. Plusieurs à Tyout un à Bou Alem. parfois. . à la p. Flamand). c. fig. fig. aient été des zébus. Col de Zenaga : Gautier. Sahara algérien. Guebar Rechim (dessins de M. Khauguel el Hadjar. fig.. 91 . 160). 1. signalées à Telliz Zarbène par Barth (Reisen und Enideckungen. pl.. Oued Itel : Rec. fig.. 90) . pl. Il y a aussi des bovidés pourvus de longues cornes courbes et dirigées en avant(6) . mentionnés par Hérodote (voir note suivante). pl. ne sont pas des zébus.

Mais il n’est pas certain que ces images soient de la même époque que les gravures préhistoriques de la Brebérie. l. Ces animaux domestiques étaient-ils issus de bovidés sauvages indigènes(6) ? ou d’individus domestiques importés(7) ? ou de croisements entre des bœufs étrangers et des bœufs indigènes ? Il nous est impossible de le dire. dès l’époque quaternaire.. Bull. Ailleurs. dit-il (l. 5. — A Khanguel el Hadjar. c. Chabas. n° 2 et 5. dans la région de Guelma. l. p. pl. Rec. Les signes figurés à la hauteur de la croupe semblent être tracés. non sur la peau. de Constantine. p. Keller (Naturgeschichte der Haustiere. Bœufs-taureaux. p. archéologique. 95. 196. ibid. .. Il est à peu près certain que des bœufs domestiques existaient alors en Berbérie(1). c. 137) croit que la race de Berbérie est originaire d’Asie et qu’elle a passé par l’Égypte . 304. IX (et. d’après lui. à cornes courtes. A l’exception du Bos opisthonomus de Pomel. 6. pl. 2. Ruines romaines du cercle de Guelma. A Khanguet el Hadjar. soit plutôt par le Nord-Ouest de l’Afrique. 135. Études sur l’antiquité historique. XXXIII. l. Gsell. II. à Medinet Habou (130 taureaux pris aux Mashaounaha) : Chahas. XXII. à Karnak (boeufs du chef des Lehou) : de Rougé. de Constantine.. 1892. 105). 2e édit. p.. I) : reproduction assez peu exacte (vidi). » 7) C. A l’oued Itel. 244. Barrebi . De Vigneral. mais sur une housse. à la p. pl. nous ne connaissons pas les bœufs ____________________ 1. Pomel. 1890. avoir de grands rapports d’affinité avec le bœuf ibérique. on remarque un signe analogue sur le corps d’un quadrupède qui m’a paru être un bœuf : Reboud. plusieurs bovidés à longues cornes paraissent porter une sorte de bât ou de housse(3). 1882. c. il y aurait eu en Berbérie.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. 63 . Inscription de Ramsès III. XXVII. archéologie du Comité. « Elle parait. non des bœufs. et s’ils n’ont pas donné aux cornes une direction inexacte. p. Oued Itel : Rec. 3. 307-8) signale des gravures rupestres représentant des bœufs. Nous savons que des Africains qui vivaient entre l’Égypte et la grande Syrte possédaient des bœufs au XIIIe et au XIIe siècle avant notre ère. une espèce qu’il a appelé Bos eurvidens. des signes ressemblant à des lettres de l’alphabet libyque sont tracés sur le cou et la croupe de l’un d’entre eux(4) : ce sont peut-être des marques de propriété(5). Bernelle . 57 . 440.. afin qu’elles fussent plus distinctes. qui ont une corde enroulée autour de leurs cornes et dont quelques-uns portent des bâts. Nachtigal (Sahara und Sudan. 1867. Rev. est tenu en laisse par un homme(2). ibid. Selon Pomel. p. fig. 15. p. p. au Sud-Ouest de Biskra. 41 . un bœuf. 221 représenter des buffles. — Dans le Tibesti.. elle se serait répandue en Europe soit par l’Asie Mineure. à la p. fig. Inscription deMénephtah. 4. p. XIX. Gautier.

Le Babalus antiquus. là où le chariot et la charrue étaient en usage. plus haut. en particulier ceux de l’Asie orientale. Voir p. les habitants de la Cyrénaïque s’abstenaient de traire leurs vaches. Bubalus antiquus. p. p. pour l’époque historique. fréquemment représenté sur les gravures rupestres. sauvages qui vivaient dans le pays à l’époque préhistorique. Nous venons de mentionner des gravures représentant des bovidés qui portent probablement un bât et qui pourraient être des buffles(6). I. 221 et. p. l. IV. 41). 115.. Strabon. ils pouvaient servir de bêtes de bât et de selle(3). Les bœufs domestiques fournissaient aux indigènes. au plus tard. comme les bœufs sauvages. leur viande(2) et leur cuir. Hérodote. De leur vivant. mais ce n’est pas. Jug. une des principales qualités des vaches de Berbérie(4). A l’imitation des Égyptiens. Pomel. Périple de Scytax. animal domestique en Inde. Conf. 3. et aussi de bêtes de trait. Odyssée. 172 et 186 . IV.. XVII. 2. La production du lait se développe par la traite régulière. de bons documents pour instituer des comparaisons entre les plus anciens bœufs domestiques de l’Afrique du Nord et ceux qui existèrent en Égypte et en Europe depuis des temps très reculés(1). surtout si l’on admet qu’il ait été identique à l’arni. nous l’avons dit. à l’époque néolithique dans l’Europe centrale : Keller. 186. 3. les Libyens des pays situés à l’Est de la Tunisie ne mangeaient pas de viande : Hérodote. 4. Salluste. Nous ignorons si les habitants de la Berbérie s’imposèrent la même abstinence. 101 et 104. IV. 91 : « Il n’est pas probable qu’un pareil et si puissant colosse ait pu être domestiqué à aucun degré. 5. ou tout au moins dompté ? La puissante stature et la vigueur de ce buffle ne justifient peutêtre pas une réponse négative(5). LXXXIX. en Égypte . Quant . 114. 7 . 7. q’en pleine époque chrétienne. c. Un passage de Synédius (Lettre 148) indique. 61. Méla. On sait que certains peuples. 8 et 15 . ont horreur du lait. 88-89 .222 LES TEMPS PRIMITIFS. p . ____________________ 1. » 6. Voir p. Nous manquons. d’autre part. il est vrai. 112 . a-t-il été domestiqué. Mais rien ne prouve qu’il en ait été de même en Berbérie. Il n’en était pas de même des indigènes de l’Afrique septentrionale (voir Homère. Au quatrième millénaire. Les ossements de suidés qui se trouvent dans les stations préhistoriques ont appartenu à des sangliers sauvages(7). 221.

Algérie. la race barbarine aurait été importée par les Arabes. à tête blanche. 940-1. c. les Phéniciens s’en abstenaient aussi(2).14. 3.. Il y a eu naturellement un grand nombre de croisements entre ces divers groupes. conf. à la laine longue. Manuel de l’agriculteur algérien. qui. car ceux-ci. p. III. — 3° la race barbarine. dans l’Europe centrale.Selon une opinion courante. Rivière et Lecq. est de qualité variable. était domestiqué dès l’époque néolithique. dans l’Est de la province de Constantine. dans les pays de plaines : animaux robustes. plus ou moins fine et presque toujours entremêlée de jarre(4) » . dont le poids peut atteindre cinq kilogrammes . Voir à ce suivi Couput. I. Les porcs. regardés comme des animaux impurs. étaient exclus du temple de l’Herente phénicien. soyeuse chez d’autres. p. 223 au porc. Porphyre. IV. 186. Il n’est pas vraisemblable qui il y ait été introduit par l’intermédiaire des Libyens qui habitaient entre la vallée du Nil et la Tunisie. qui recouvre presque tout le corps. ne mangeaient pas de cet animal(1) . la laine « généralement courte. rude chez la plupart des individus. l. répandues en Algérie et au Maroc. . mais rêche et grossière . Il est certain qu’il existe depuis fort longtemps des moutons. à queue fine. 4. que termine une masse de graisse. nous n’avons aucune preuve qu’on l’ait élevé en Berbérie avant la domination romaine. Couput.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. 2. mal bâtie. 1900). la viande est le plus souvent médiocre . dont la viande est bonne d’ordinaire. qui se trouve dans les régions montagneuses de l’Algérie : petite. On distingue plusieurs « races » parmi les moutons qui vivent dans l’Afrique septentrionale(3) : 1° des races dites arabes. à grosse queue dans l’Asie occi____________________ 1. à la viande coriace. noire ou brune. à l’exemple des Égyptiens. Hérodote. 22-23. 63. dans toute la Tunisie et au delà vers l’Orient : caractérisée par sa large queue. De abstinentia ab esu animalium. la laine. . — 2° la race dite berbère. sobres. p. Espèce ovine (Alger. tassée. 61 et suiv. à Gadès : Silius Italicus.

984. 2. 113. On peut du reste se demander s’il convient de faire une race à part des moutons qui possèdent ce réservoir de graisse. l. Keller (l. 222-3. Conf. C. Ils auraient été transportés en Occident par les colons grecs. — Strabon (XVII. l. p. est plus grande et sans cornes : Riviére et Lecq. III. en Berbérie. 156. III. Nous mentionnerons encore des moutons de race soudanaise. qui l’aurait amenée de Syrie. 4. Les chèvres indigènes actuelles sont en général de très petite taille.. qui vivent au Sud de la Berbérie. Hérodote. c. p. qui furent probablement les ancêtres des mérinos : voir Strabon. où elle a une grande extension. . 2. Duveyrier. ____________________ 1. les Touareg du Nord. entre autres. 2. 159 . VII. avec des poils long et noirs et des cornes dirigées en arrière. 5. ou du moins extrêmement ancienne. Voir. 3) signale des moutons à poil de chèvre en Nubie (conf. la race à tête brune par les Arabes.224 LES TEMPS PRIMITIFS. Parmi les moutons dits arabes. p. — Il est cependant fort douteux que la race des mérinos ait été. Une autre chèvre. die Haustiere und ihre Bezichungen zur Wirtschaft der Menschen. importée d’Afrique en Espagne et qu’elle ait été introduite dans ce dernier pays par les Maures. Conf. elles donnent peu de lait. dans le Sahara. espagnoles et d’Angora sont des importations récentes. Ils ont le crâne étroit. dentale(1). p. mais de poils analogues à ceux des chèvres(4).. très contestables. 4 : etc. Couput. Naturgeschichte der Haustiere. le chanfrein busqué. mais il n’est pas moins certain que des animaux offrant cette particularité ont vécu en Berbérie dès les époques punique et romaine(2). p. Cette race est propre au continent africain. l’Abyssinie jusqu’à l’Atlantique(5). Diodore. leur corps est couvert. de très beaux moutons. Ce ne sont là que des hypothèses. III. Hahn. 165-6) croit les mérinos originaires d’Asie Mineure.. sous l’Empire romain. La race « berbère » serait autochtone. elle se serait abâtardie(3). c. S). 3. p. 2. Keller. Il y eut en Espagne. — Les chèvres maltaises. 63. les pattes hautes et fines . La première serait la souche des fameux mérinos d’Espagne : mais. c. élevée par les indigènes et meilleure laitière. non d’une toison. depuis. la race à tête blanche aurait été introduite par les Romains. Calumelle. 156. Nous citerons plus tard les documents qui le prouvent. 6 .

l. Pau. Bull. p. d’anthropologie de Lyon. Bull. Reygasse. IV. A Moghar.. 7. n.. Voir p. le même. l. 32. fig. XII. 9. 31-32 . pl. II. 8. 102. 160 : le même. franç. c. Mustapha-Supérieur : Flamand. c. 19. 24. Bull. c. Pomel. 1901. c. 1903. c. . qui se retrouve dans les stations néolithiques(2). p. 45. autant qu’il semble. XXXVII. Pallary. l. p. II. p. 223. p. p. Marseille. Rec. Rec. Grotte de Saïda : Doumergue et poirier. franç. Bull.. Les chèvres pourraient être les ancêtres des chèvres actuelles(6). XI. c. Doumergue. c. Grotte de Bou Zabaouine : Robert. Ajaccio. Il est remarquable. Grottes de Bougie : Debruge. 646 . 111. 12. 1903. p.. 225 ____________________ 1. Parmi les restes d’ovidés rencontrés dans les stations de l’époque quaternaire. p. de la Société d’anthropologie de Lyon. Pau. n° 2. près de Tebessa : indication de M. Conf. Assoc. fig. 27. 630. p. XII. Périgueux. Grand-Rocher : Pomel. la queue est longue et. à longues pattes et à longue queue : Flamand. p. p. Grottes d’Oran : Pallary et Tommasini. à Ksar el Ahmar. 380 . Grotte de Kef el Ahmar.. l. de la Soc. c. Assoc. Cherbourg. pl. qui rappellent la race soudanaise(8). II. mais il n’a pas. 1891. Grotte de Mustapha-Supérieur : Flamand. Grottes d’Oran : Pomel. avec la pointe tournée en avant. 6. comme celui de Ksar el Ahmar.. l. P. . Pallary. 4. Bull. près d’Alger . Assoc. pl. c. franç.. 31 et Singe et homme. l. L’un d’eux. de Constantine. Pomel est disposé a admettre une parenté entre ces moutons et les mérinos(5) : opinion qui doit être mise à l’épreuve de documents plus nombreux. 103. 25. p.. XIII. 394. 6-7 . Un mouton à longues pattes et cornes recourbées est aussi figuré à Bou Alem. l. Sur les armures rupestres sont représentés quelques moutons. XX. française. Se fondant sur une cheville osseuse de corne et sur un os maxillaire. 3. 1903. p. l. le chanfrein busqué. par le profil busqué de sa tête et par la longueur de ses pattes. 730. Doumergue. 1894. Assoc. XI 1892. .. 1898. 5. de Constantine. Ses cornes sont recourbées en demi-cercle. II. p. franç. Grotte dun grand-Rocher. 20.. p. Pomel. l. 150. fig. Gsell. 19-20. Celles-ci contiennent des restes de moutons(3) et de chèvres(4). Saïda : Doumergue et Poirier. Assoc. L. on n’a pu identifier avec certitude que le mouflon(1). 22. d’Oran. 109. accompagne un homme(7). p. une gravure représente un animal qui parait être un mouton.. de la Société d’anthropologie de Lyon.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. p. XIV. Congrès préhistoriques de France. l. Il n’y a aucune indication de toison(9). Ovidés. 626 . p. Abri près de Bordj Ménaïel (Kabylie occidentale : Viré. d’Oran. Pallary et Tommasini.. 1907. 11. 1892. 2. Pomel. Monuments antiques de l’Algérie. 1991. XXXII. épaisse.. conf. c. 7. p.

Des chèvres sont aussi figurées sur des gravures rupestres(5) . peut-être aussi à Guebar Rechim (Flamand. y voit des antilopes) et à l’oued Itel. Gautier. 137. fig. longue queue. d’anthr. l. Le mouflon indigène contribua-t-il à la formation d’une race locale ? Nous l’ignorons. Flamand (chanfrein busqué. Pomel. conf. Au col de Zenaga il y a peut-être un mouton avec une corde au cou : Gautier. VI.. 7. Ce ne sont donc pas des animaux sauvages(4). 99. à la p. 14. p. p. longues pattes. Ils sont coiffés d’un disque ou d’une sphère. Keller. Bull.. Naturgeschichte der Haustiere.. Conf. c. voir Bull. p. p. p. comme le mouton de Ksar el Ahmar. Pour l’autre bélier du même lieu. De Lyon. l. La domestication du mouton et de la chèvre remonte. à une époque antérieure. 4. fig. Keller. A partir du Moyen Empire. au col de Zenaga(2). 209. c. 13 (sur son corps sont figurés des séries de traits qui ressemblent plus à des poils qu’à de la laine : le chanfrein est très busqué). 9. il y a un bouc à collier. Les moutons et les chèvres qui. 89 . Antilopes Pallas. 58). à des temps très lointains. p. de la Soc. la faune momifiée de l’ancienne Égypte. 204. à Er Richa(3). C. 10. p. il y eut en Égypte une autre race. à Er Richa. 72. l. 6. 87. dont des gravures du Sud oranais nous montrent de grossières images (les béliers coiffés d’un ____________________ 1. Lortet et Gaillard. 5. 87 et 102. A Khanguel el Hadjar. mais des cornes différentes (transversales spiralées) . XX.226 LES TEMPS PRIMITIFS. . 102. L’un de ces béliers de Bou Alem est reproduit dans Gsell. XV. longues pattes). de Lyon. 93 (reproduit par Pallary. Lortet et Gaillard. 7. pl. XX. c’était à celle-ci qu’appartenait le bélier sacré d’Ammon(10). 9 (chanfrein busqué. c. On peut remarquer qu’en Égypte(8). Sahara algérien. 3. à la p. fig. la race la plus ancienne avait des pattes longues. 155 et 180. p. à cornes recourbées en avant . 11. Dessin communiqué par M. Lortet et Gaillard.. servirent aux repas des troglodytes devaient être aussi domestiqués. p. de la Soc. c. fig. 88. fig. dans la vallée inférieure du Nil. et plusieurs portent des colliers. 46. p. Instructions. l. d’anthr. on voit des béliers dont les cornes offrent la même forme. elle semble s’être éteinte avant le Nouvel Empire(9). Leur brusque apparition ne s’explique que si l’on admet l’introduction par l’homme d’animaux étrangers(6). A Bou Alem(1). fig. fig VI . 2. à Tyout. 8. en Europe comme en Égypte(7).

édit. mentionne les chèvres du chef des Lebou : de Rougé. . de Servius. p. elles ne sont point venues d’Europe. a dû être importé en Cyrénaïque par les Doriens : il n’était pas plus d’origine africaine que les mots latins capra et hircus. 96-97. afin qu’elles fussent plus distinctes. 196. Lortel et Gaillard. IX. une race ovine étroitement apparentée à la race la plus ancienne de l’Égypte). ou l’on ne constate pas l’existence de la race naine africaine. n. 409 et 465. qui signalent. Peut-être ceux qui les ont tracés ont-ils indiqué les cornes dans une position inexacte. à Karnak. Des ossements d’ânes ont été recueillis dans quelques ____________________ 1. III. on ne peut guère penser qu’à un souvenir très déformé de l’introduction en Grèce de certaines races propres à l’Afrique (conf. conf. 329). p. 2. Appendix Serviana. — Quand même Hérodote (IV. Keller. 5. XLV. aurait appartenu à la langue libyque. 6). Plus tard. 338 et 340). c. 1. Et ces prétendus béliers ne seraient-ils pas des mouflons ? 2. II. Quant aux chèvres. 6. L’élevage de la chèvre et du mouton est si aisé et si utile qu’il dut se développer rapidement en Berbérie. Mais ces images sont d’une facture si maladroite qu’il est impossible de rien affirmer. 4. Hercule aurait conquis. selon un commentateur de Virgile (Probus. apud Thiln et Hagen. l’inscription de Ménephtah. Au XIIIe siècle. — Le mot grec τιτυρος (bouc). Voir plus haut. p. 6) vantent la richesse en moutons de cette partie de l’Afrique. dans le Sud-Est de l’Europe. 3. Mais. aucune valeur(5). Rec. 2. 41 . IV et V. comme cette race parait se rattacher à la chèvre égagre(2). 1867. 1911. qui. de Constantine. comme chez les indigènes plus voisins de l’Égypte(3). avec Movers(4). il est probable qu’elle a été importée par le Nord-Est de l’Afrique. II. auxquels Movers cherche sans raison une étymologie libyque. Voir chapitre suivant. Cependant il n’y a pas lieu de croire. dans le jardin des Hespérides. Nous ne savons pas quel était l’aspect des ânes sauvages qui vécurent dans l’Afrique du Nord jusqu’en pleine époque historique(6). 185. 83-89). p. pl. Études. Chabas. peut-être. c. p. 227 disque)(1). p. II. l. Revue archéologique. 189) aurait raison de dire que les Grecs ont emprunté l’égide d’Athéna au vêtement en peau de chèvre des femmes libyennes. à notre avis. Si l’on veut prendre au sérieux cette indication. IV. 155). mais des chèvres et des mouflons. un oracle du Delphes (Hérodote. qu’il aurait ramenés d’Afrique en Grèce..ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. l. IV. 7 . qui vit encore à l’état sauvage dans l’Asie occidentale. que les Libyens aient été à cet égard les maîtres des Grecs : les arguments invoqués par le savant allemand n’ont.. 116. Selon Varron (Rust. p.. Die Phönizier. 360-8. — On peut se demander si des béliers à cornu transversales ne sont pas représentés sur des peintures rupestres de la région de Constantine (Basco et Solignac. non des pommes d’or. aux p. pour les moutons. cela ne prouverait pas naturellement qu’ils aient connu par les Libyens la chèvre domestique. p. Pindare (Pythiques. Homère (Odyssée.

1901.46). à la p. fig. 2. dans le Sud oranais. n° 2. Conf. Bull. p. archéologique du Comité. M. formée par deux bandes dont l’une court le long du dos et dont l’autre coupe la première près du garrot . Bull. . L’âne domestique. Si les gravures offrent véritablement des mouchetures. 300. XI. p. CXXX. Les ânes actuels appartiennent à une race qualifiée d’africaine. 11).41 : « âne qui. Ficheur et Brives (Comptes rendus de l’Académie des Sciences. des zébrures raient transversalement l’une des jambes : ces particularités sont fréquentes chez les ânes africains. Pallary. 6. mais il est impossible de dire si ces animaux étaient domestiqués. Sahara algérien. 3. 99. de la Société d’anthropologie de Lyon. 140 et suiv. sont représentés des équidés (Maumené. I. Les gravures rupestres ne nous donnent pas non plus d’indications certaines(2). Barth (Reisen und Enideckungen. au cou et à une bande horizontale le long du ventre. 111. comme des ânes. abri habité à une époque plus ancienne.-C. Grottes d’Oran : Pallary et Tommasini. IX-XII (p.137-138.228 LES TEMPS PRIMITIFS. Il est permis de croire que les habitants de la Berbérie apprirent d’eux les services que pouvaient rendre ces précieuses bêtes de somme et de selle. p. Chabas. Delmas regarde. 4e édit. Delmas signale seulement un polissage de la surface du grés. III. 196. II. 1891. Mamnené indique des mouchetures sur tout le corps de ces animaux. Marseille. p. une ____________________ 1. Sanson. 30. A Ennefous. grottes à mobilier néolithique(1). existait en Égypte dès le quatrième millénaire avant J. on voit nettement une croix. 217.1487) signalent. avec doute. p. Ânes du chef des Lebou : de Rougé. Delmas. on peut penser à des chevaux pommelés. Sur l’un d’eux.. dont les plus beaux représentants se trouvent en Égypte(6). A Telliz Zarbéne.. 5. Grotte du Grand-Rocher. l. l’âne dans la grotte des Bains-Romains (près d’Alger). fig. p. issu d’un âne sauvage qui se rencontre encore dans le Nord-Est du continent africain(3). pl. Assoc. Il m’est difficile de reconnaître un âne sur une gravure d’Aïn Memnouna : Gautier. 4. près d’Alger (restes abondants) : Pomel. p. 210) mentionne un animal qui pourrait être un âne. Ils sont petits. 645 . 1900. peut-être avec raison. correspondant aux naseaux. p. en faisant cependant observer qu’elles sont très frustes et paraissent avoir été obtenues en frottant la pierre . 1894. 1902. p. 2 . c. 244. n’en est pas très différent »). que M. M. près d’Er Richa. Études. les Libyens établis entre la vallée du Nil et la grande Syrte possédaient des ânes(5). d’Oran. 303. c. Grotte de Saïda : Doumergue et Poirier. française. 18. IX. equidés. I. s’il n’est pas l’africanus actuel. Ânes des Mashaounsha : Chabas.(4). p. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. du temps de 1’hippopotame et du rhinocéros. aux yeux grands et doux. Bull. Mais il n’est pas sûr qu’il s’agisse d’une gravure fort ancienne. p. avec une tête forte. Traité de zootechnie. fig. 1892. Keller. p. Bull. Monuments antiques de l’Algérie. p. dans le Sahara. Il y a aussi un équidé au corps moucheté à Guebar Rechim (Gsell.. Equus taeniopus (Nubie et pays des Somalis). Au XIIIe et au XIIe siècle. l.

que la plupart des chevaux africains auraient perdus par suite de croisements. p. p. les ânes. 471-2. remarquables de. 1005. La race. à l’état pur. les Chevaux du Nord de l’Afrique (Alger. chez quelques barbes.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. 145-6 . des lèvres minces. p. 4. Certains prétendent même qu’il s’agit simplement d’anomalies individuelles : pour les vertèbres.. sans élégance. V. d’après une indication de M. 8. La taille est peu élevée (1 m. une poitrine étroite . La robe est de couleur variable . c. 52-53. qui. La race barbe serait donc apparentée à l’âne. Manuel de l’agriculteur algérien. une bouche petite. p. l’époque de l’introduction de ces animaux reste très incertaine. de sobriété. p.. l. docilité. dans Annales de paléontologie. l’absence de châtaignes aux membres postérieurs. voir Aureggio. la robe est le plus souvent grise. des membres forts. le gris domine. que cinq vertèbres lombaires. une crinière très courte. un front bombé. A supposer que le fait soit exact. des oreilles minces et droites. 1. 2. ni surtout. c. 62. possède seulement cinq vertèbres lombaires et n’a de châtaignes qu’aux membres antérieurs. un dos court et tranchant.. J’ajouterai.. p. c. attachée bas. 50 en moyenne). Rivière et Lecq. lui aussi. 141-2). . J’indique ses principales caractéristiques surtout d’après Sanson. p. au lieu de six. 3. un dos et des lombes courts. par « les blonds constructeurs des dolmens des États barbaresques ». Sanson (l. conf. Le cheval barbe(3) a une tête assez forte. l. Il a constaté aussi (p. Mais cet animal possède de grandes qualités : docilité. mais souvent assez mal plantés(4). d’endurance et d’agilité(1). des joues fortes. encolure mince. un chanfrein busqué. croit-il. Ils vivent vieux et montrent des qualités. 82. 63) a observé que des barbes n’ont. Indépendamment des importations récentes(2). les Chevaux fossiles des grottes de Grimaldi. L’aspect général est lourd. à crinière bien fournie. c. comme le croit Piétrement (les Chevaux dans les temps préhistoriques et historiques. comme. ces deux caractères. p. un garrot élevé. Voir aussi Aureggio. Cossart Ewart (cité par Boule. 731). Sanson. 81) indique en Berbérie un certain nombre de chevaux qui seraient de race germanique. Neuville. 1910) en fait des caractères typiques de son Equus cabullus celticus. Sanson (l.. il y a en Berbérie deux types de chevaux. qu’elle serait aussi apparentée au zèbre. offrait. 229 ____________________ 1. 1803). M. des arcades orbitaires peu saillantes. c. comme chez les ânes. une croupe courte et tranchante. car rien ne prouve qu’ils aient été amenés par les Vandales. une queue touffue. vitesse. comme celle des onagres de Nubie. Mais d’autres savants ont montré que les deux particularités indiquées ne sont pas propres à la race africaine. 64-65. p. une encolure arrondie et large. le barbe et l’arabe.

On sait combien l’éloge du cheval est fréquent dans la poésie antéislamique. 4. Il y eut aussi des importations de la côte orientale d’Afrique. souples. Diwan d’Amro’lkaïs. les oreilles plus petites. Les formes du corps sont sveltes. p. qu’elle n’a été introduite que par les musulmans. la crinière moins abondante. . nous l’avons indiqué. à partir du VIIe siècle. au VIe siècle : voir de Slane. résistance aux privations et aux fatigues.. l. Mais ce ne serait pas une raison pour soutenir que les chevaux qu’on appelle aujourd’hui arabes. p. et qu’il vaudrait mieux appeler chiens. 2. par des individus exportés. les narines plus larges que celles du barbe. qui durent venir surtout de Syrie(3) et qui restèrent en petit nombre jusqu’aux conquêtes de l’Islam(4). c. 28-29 de la 6e édition. dont le type pur est devenu rare par suite de croisements multipliés avec les arabes. — La race barbe a été introduite en Espagne (Sanson. Voir Hahn. Cette race. p. Les barbes. la plupart des monuments ____________________ 1.. Conf. sont apparentés à des chevaux qui ont existé ou existent encore dans le Nord-Est de l’Afrique(1).230 LES TEMPS PRIMITIFS. die Haustiere. Ils devaient être de la race de Dongola. plus tard. ne parait pas dater de bien loin. les joues plates. Il n’est pas vraisemblable qu’elle soit originaire d’Arabie. Il ne faut cependant pas affirmer que les Arabes n’aient eu de bons chevaux qu’après la conquête de l’Afrique du nord (contra : Hehn. soit de Turquie. soit des États barbaresques. peut-être dès l’antiquité. On croit d’ordinaire. vigueur. C’est la race de Dongola. mais plus fine. En Berbérie. Jusqu’aux environs de notre ère. dont les exemplaires les plus beaux sont en Syrie. la diffusion de la race arabe. mais sans preuves. Ce sont les chevaux de Berbera [et non de Berbérie]. 190. Hehn. p. C’est elle qui a donné naissance aux pur-sang anglais. ils eurent des chevaux. 57). les arcades orbitaires saillantes. apparentée à la race barbe. soient simplement des descendants de chevaux africains. 29-30). au XVIIe et au XVIIIe siècle. se retrouve aujourd’hui dans tous les pays musulmans. des caractères différents. p. Ils ont. d’une élégance et d’une harmonie qui n’exclut pas la vigueur. dont il est question dans Amro’lkaïs. les Arabes montaient des chameaux(2) . Le cheval dit arabe a le front plat et large. 3. c. Kulturpflanzen und Hausthiere. le chanfrein droit ou légèrement concave. l. ou plutôt syrienne. En tout cas. 92.

aux genoux. p. Une seconde image(6) non moins grossière. mais qui ne peut être qu’un cheval.. nous montre un autre cheval. Voir Tissot. . les seuls équidés dont les ossements puissent être déterminés avec certitude sont des zèbres(2). Voir p. On voit qu’il s’agit d’animaux domestiques. ne seraient. en particulier p. est « affublé. 16. pl. Un cheval. II. Il est également absent ou très douteux dans les stations néolithiques les plus anciennes. contemporaines de l’industrie néolithique berbère. Aux épaules. probablement en guise de selle(5) ». I. mais rarement. Singe et homme. 7. 1876. portant une sorte de housse.. 111) indiquent de nombreux restes de chevaux dans la grotte de Saïda . 354 et suiv. Caen. Nous reviendrons sur cette question. Grottes d’Oran : Pallary. I. de la Société de géographie. p1. 1894. 741. fig. Bull. Il apparaît. Duveyrier. Oued Bridj (Sud oranais) : Pomel. Dans l’état actuel de nos connaissances. I. d’Oran. 101.. . appartenir à la série des gravures dites préhistoriques(7). Observer cependant qu’au même lieu. archéologique du Comité. Bull. II. 2. d’une large ceinture. dit Pomel. qui semble bien. p. l. n°51 51. on voit une « ceinture » analogue autour du corps d’un animal qui parait être une antilope : Pomel. Géographie. 3. l. Sur l’une d’elles(4). p. fig. 1894. nous pouvons donc admettre que le cheval était étranger à la faune de l’Afrique septentrionale et qu’il a été introduit par l’homme à une époque assez récente. 231 antiques qui représentent des chevaux de l’Afrique du Nord et les textes anciens qui les concernent semblent se rapporter à la race barbe(1). est aussi représenté sur un dessin du Sud du Maroc. Assoc. Nous n’avons aucune preuve que le cheval ait existé alors en Berbérie. aux jarrets de quelques-uns des ____________________ 1. c. 1. 8. fig. c. fort mal dessiné. 5. Il ne se trouve que dans les couches supérieures des grottes(3). p. Hadj Mimoun (Sud oranais) : Pomel. comme les précédents. recouvert d’une grande housse et attaché à un tronc d’arbre.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. française. un quadrupède. pl. sur les gravures rupestres du Sud oranais. I et suiv. 137 et planche. Bernard. 19. 4. 1906.ce pas des zèbres ? 4. Doumergue et Poirier (Bull. p. p. 6. Depuis quand occupe-t-elle cette contrée ? Dans les stations paléolithiques. 2.

c. il est vrai. Mais ce cheval est-il une gravure préhistorique ? 1. p. le cheval parait avoir été inconnu on Égypte(4). 137 . p. Opinion de M. the Origin and influence of the thorougbred horse (Cambridge. II. Barth (l. planche. chevaux représentés sur des mosaïques africaines. c. Des monuments égyptiens nous apprennent qu’il existait dans la vallée du Nil depuis le Nouvel Empire. p.. 5. mais plus rarement. 21). on observe des zébrures. les Chevaux. — A Telliz Zarhéne. dans d’autres races de chevaux. Ridgeway. etc. ou un peu plus tôt.. 202-3) . Nous n’avons non plus aucune raison d’admettre que la Berbérie ait ____________________ Autres chevaux sur des gravures. 470 (conf. l. 432 de la traduction française. Voir aussi l’observation faite à la note 4 de la page 229.. 152. de la. l. p. 54 (« cheval dongolâwi). et qu’elle s’est ensuite propagée en Berbérie. p. n° 17 et 36. 1903. p. peut-être préhistoriques. II.232 LES TEMPS PRIMITIFS.. p. On a contesté. Sanson. p. Mais il est fort douteux que des équidés véritablement zébrés aient encore vécu en Europe à l’époque quaternaire (Boule. 4. XVII. c. 227. dans l’Anthropologie. soit par suite de croisements avec des africains. des raies transversales aux jambes. il aurait été introduit parles Hyksôs : ce qui n’est pas prouvé. de la même région ibid. que les produits du cheval et du zèbre puissent être féconds. p.. — Les ânes d’Afrique offrent les mêmes indices d’une parenté avec le zèbre : ils ont souvent. Reinach. 1905). p. 22. eux aussi. La question parait devoir être tranchée dans le sens de l’affirmative : voir Brehm. elle s’est répandue vers l’Est(5). vers le XVIe siècle(3) . 457. 3. Mais rien n oblige à croire que. Des zébrures analogues se constatent. 458-7. Boule. soit parce que ces races ont eu elles-mêmes des équidés zébrés parmi leurs très lointains ancêtres : conf. Ridgeway. qui se voient encore aujourd’hui chez des barbes(1). les Chevaux fossiles. l. au contraire. dans ce dernier pays. c. Mammifères. p. . Piètrement. 216) a cru reconnaître un cheval parmi des bœufs. vers le début du Nouvel Empire. 2. soit. Nous avons dit qu’un type très voisin de celui des barbes se trouve dans le Nord-Est de l’Afrique. p. dans le Sahara. dans l’Anthropologie. 136. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. auparavant. le cheval ait été domestiqué avant le temps où les Égyptiens s’en servirent. 51).. D’où l’on peut conclure soit que la race africaine s’est formée à une époque antérieure dans le Nord-Ouest du continent et que. 1906. Selon l’opinion commune (Maspero. XIV. qu’elle s’est constituée dans le Nord-Est de l’Afrique. Il ne semble pas impossible que cette race se soit constituée par des croisements de zèbres africains et de chevaux domestiques importés(2). Bernard. Vie des animaux.

2e édit. par des croisements avec des zèbres. s’y seraient beaucoup modifiés dans un laps de temps très court. p. il y a des chevaux qui. l’Égypte.. 1867. par l’intermédiaire des Libyens habitant entre 1’Egypte et la grande Syrte : ceux-ci avaient certainement des chevaux au XIIIe et au XIIe siècle. que. Selon ce savant. M. une race nouvelle s’est formée. 2. Meyer. il n’y avait auparavant que des chevaux semblables aux chevaux européens préhistoriques (petits. I. Geschichte des Altertums. 579. qu’en Asie. puisque le cheval n’est pas indigène dans le Nord de l’Afrique. p. Peut-être y a-t-il eu en Berbérie de nouveaux croisements avec la zèbre. 1903.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. dans le voisinage de l’Égypte. 233 ____________________ 1. Or. mais encore en petit nombre(4). où les Aryens les auraient Introduits. Sans nous dissimuler notre manque de compétence en cette question et la fragilité de nos hypothèses. Boule (Annales de paléontologie. à Karnak (de Rougé. il y avait déjà divers types de chevaux. la Mésopotamie a pu connaître. 30) va jusqu’à écrire : « Tous les cheveux de l’Afrique et de l’Asie peuvent être confondus sous une dénomination commune. dans la seconde moitié du deuxième millénaire avant J.-C. Le général Daumas (les Chevaux du Sahara. Chabas. avec une grosse tête).. A propos de ce chiffre. Études. Il faudrait alors admettre. que des animaux. Il. était en relations suivies avec l’Asie. Chez les peuples de l’antiquité. 200) . à l’époque où elle commença à avoir des chevaux. Au reste. p. p. tout en offrant un type distinct des barbes. appartenant au chef des Lebou et à ses fils. les Égyptiens s’emparent de quatorze paires de chevaux. et il est certain que cet animal a été employé par l’homme dans l’Asie occidentale plus tôt que dans la vallée du Nil(2). les chevaux furent d’abord utilisés surtout comme bêtes de trait. » — Il est vrai que certains auteurs (voir. et qui ensuite elle s’est répandue vers le NordOuest(3). p. dans l’Ouest de ce continent. Voir E. des chevaux importés du plateau iranien. 2. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. soumise aux Pharaons. nous sommes disposé à croire que le cheval domestique a été importé d’Asie en Égypte. 3. Inscription de Ménephtah. reçu de l’Europe les animaux qui ont formé la race barbe. mémoire cité) a montré que. 103) pensent que ces chevaux asiatiques apparentés aux africains sont leurs descendants. attelées par paires à des . S. 43 . entre autres. introduits soit d’Europe. leur sont cependant apparentés(1). non leurs ancêtres. peut-être dans la Nubie. Reinach. dès l’époque quaternaire. 4. Revue archéologique.-C. soit d’Asie dans le continent africain. vers 1900 avant J. Au contraire.

Les chèvres et les moutons semblent avoir été introduits tout d’abord et il est permis de conjecturer qu’ils sont venus de l’Est. 170 et 183 . les chiens et les chevaux sont sans doute d’origine étrangère. 189. on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une race issue de bœufs sauvages indigènes. 64. 38. Mais.. IV. p. Il en a peutêtre été de même des ânes. nous ignorons l’origine des bœufs domestiques de l’Afrique du Nord . 1 . 193. XX. Hérodote. les chèvres. la ressource essentielle d’us grand nombre d’indigènes. qui portaient des guerriers. 3. l. 7. Strabon. Nous croyons qu’on peut en dire autant des chevaux. resta pendant fort longtemps. quoique l’introduction d’animaux domestiques du Nord-Est de l’Afrique nous paraisse beaucoup plus probable. En résumé. II L’élevage. Parmi le butin fait sur les Mashaouasha. non seulement dans _____________________ de Rougé observe : « Il parait que les chevaux n’étaient pas encore très nombreux sur les cotes africaines. 244) : 183 chevaux et ânes pris aux Mashaouasha. c’est sans doute parce que ces animaux étaient attelés à des chars. qui sont signalés aux temps historiques(3). Pour les chars des Libyens orientaux. IV. 1. VII. associé d’ordinaire à la chasse. » — Inscription de Ramsès III. 2. chars légers. à Medinet Habou (Chabas. c. Les moutons. . 86 et 184. Si l’inscription de Karnak indique des paires de chevaux. Diodore de Sicile. On pourrait admettre des influences puniques. mais aussi 93 chars.234 LES TEMPS PRIMITIFS. ils durent se servir de leurs chevaux comme de montures : les gravures rupestres que nous avons mentionnées autorisent cette supposition. 1. voir encore Hérodote. l’inscription de Medinet Habou mentionne non seulement des chevaux. jusqu’aux environs de notre ère. Il en fut ainsi chez les Libyens orientaux(1) : Hérodote prétend même que les Grecs apprirent d’eux à atteler quatre chevaux(2). Les habitants de la Berbérie eurent aussi des chars. XVII. XX. dès une époque reculée. 3. IV.

Mais il faut aussi se souvenir que. Il n’est pas trop téméraire de croire que quelques légumes aient été cultivés dans l’Afrique du Nord dès une époque fort .ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. et non pas la cause première de la fixité des demeures. échappent aux dangers du pillage et de la guerre mieux que les cultivateurs. ce fut moins par paresse que par crainte de travailler en vain. que la plantation. En bien des lieux. pendant les années qui se passent entre la plantation ou le greffage des arbres et 1’âge de la fructification. avec leurs troupeaux mobiles. dans les contrées où la sécurité est précaire. Ils ne peuvent pas déplacer aisément leurs provisions : la destruction de leurs vergers les ruine pour longtemps. Des chasseurs. D’autres se. 235 les régions de steppes où le climat interdisait la culture du sol. et c’était peut-être par indolence que bien des Africains se contentaient des maigres profits qu’ils tiraient d’un travail intermittent et facile. Ils étaient ainsi dans des conditions favorables pour devenir cultivateurs. les pasteurs. Faire paître des troupeaux et recueillir leurs produits est une occupation qui demande assurément moins de peine que le défrichement et l’agriculture. dans les pays de la Berbérie qui leur offraient en toute saison du gibier et les pâturages nécessaires à leurs troupeaux. Si beaucoup d’indigènes se bornèrent à l’élevage. Ils n’avaient aucune raison de se déplacer. quand ils ne devaient pas s’enfuir devant des tribus plus fortes. alors que le climat et le sol leur auraient permis un autre genre d’existence. cette occupation nouvelle a pu être un des effets. Ceux-ci doivent être assurés de la possession paisible de leurs terres pendant les mois qui s’écoulent entre les semailles et la récolte. l’entretien des arbres fruitiers. sans s’astreindre à de longs parcours. mais même dans une bonne partie du Tell. livrèrent à la culture. des pasteurs pouvaient vivre. la greffe. ou quand ils ne convoitaient pas eux-mêmes des territoires plus riches.

Toulouse. avec des objets d’une haute antiquité. 108. p. 3. 7. Carthage n’avait pas encore de possessions territoriales en Afrique (conf. Des meules en granit et en grès. 324. p. Meule elliptique en basalte. mais ces objets sont postérieurs à la connaissance du fer Debruge. p. 2e partie. 119. graec. 37). Voir p. Hécatée (Fragm. dans les cas même où les noms berbères sont réellement apparentés aux noms latins. en tout cas avant la domination carthaginoise(3). I. 8. 1911. 109. IX. édit. elles furent connues dans certaines régions d’assez bonne heure. 2. ancienne(1). LV. des broyeurs en quartzite ont été aussi recueillis à Bougie. Le terme punicum cicer. II. 2. de Constantine. origine des plantes cultivées. mais rien ne prouve que les indigènes de la Berbérie s’en soient abstenus. n° 305) indiquait des Libyens laboureurs et mangeurs de blé. I. Hist. 23. Or il est à croire qu’a cette époque. Il est vrai que les stations néolithiques du Sahara où l’on trouve des meules à grains peuvent dater seulement de quelques siècles avant notre ère(4). 10. 6. p. 5. p. 8). XXXIX. postérieurs cependant à la connaissance du fer : Debruge. Le sorgho parait être indigène dans le continent africain(8). Mais il faut écarter les hypothèses de Movers (die Phönizier. Assoc. p.236 LES TEMPS PRIMITIFS. et non par les Libyens. p. die Arten und Varietäten des Getreides. avant même la colonisation phénicienne. XXIII. et dans une grotte de Brezina (Atlas saharien)(6). entre autres la fève. où il a rendu les mêmes services aux hommes que le millet dans d’autres contrées . Körnicke. 208. Quant aux céréales. Revue africaine. consistant en galets de grès . peut-être spontanée dans cette contrée(2). aplati . Ses arguments sont inadmissibles. Rec. l.. indique simplement l’existence d’une variété de pois. Vers 506. cultivée par les Carthaginois. Les étymologies berbères que Movers donne des mots cicer. cependant il n’est pas sûr que ces objets aient servi à écraser des grains). mais nous n’avons pas de preuves qu’il . ____________________ 1. 118. 1905. Meltzer. II. II. p. sont tout à fait invraisemblables . lens. au musée d’Alger : conf.. I. Müller. 372 (meules elliptiques). qu’on trouve dans Columelle (11. nombreuses molettes. Geschichte der Karthager. probablement dons la Tunisie orientale. l’emprunt est imputable aux Africains. 4. 119. on a trouvé des féveroles calcinées. p. 157-8 (débris de meules dormantes en grés . qui attribue à plusieurs cultures légumières une lointaine origine africaine. 19 et 302. 82). p. p. p. A Bougie. non aux Italiens. dans le Sud Ouest de la Tunisie : Gobert. 20 . 306-7. 1916. avec un mobilier qui appartient à une industrie néolithique vraiment préhistorique(7). 1912. française. Voir plus haut. Mais on a découvert des ustensiles semblables dans une grotte du Rio Salado. Delmas. Pallaty. Les fèves étaient impures pour les Égyptiens (Hérodote. 371 (pilons et molettes). faba. De Candolle. dans l’Anthropologie. sur le littoral oranais(5). — Peut-être aussi à Redeyef. 410). c. avec un broyeur circulaire.

quoiqu’un témoignage ancien. voir Anronsohn. das Alter der wirtschaftlichen Kultur der Mensckheit. indique du blé spontané dans une région voisine de la Berbérie. écrivain de l’époque hellénistique (Frag. p. 237 _____________________ 1. 2. S’agit-il d’une historiette. édit. 3. » 4. inventée pour ait été cultivé très tôt en Berbérie(1). v. Auronsahn (p. p. On peut même douter qu’il l’ait été aux époques punique et romaine. l’Espagne préhistorique (extrait de la Revue des question scientifiques. mais il n’est pas certain que le pays des Cyclopes du poète ait été situé en Sicile). 1910). p. qui cultivaient le blé et l’orge. 103) prétend même que des céréales poussent spontanément sur la côte du Maroc : « Adeo est fertilis ut frugum genera non cumseratur modo benignissime procreet.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. Nous n’avons aucune indication précise sur le lin. ni de quelle manière elle s’est répandue. 89 et 568. en Abyssinie et dans les pays riverains de la méditerranée : Hahn.. Faut-il admettre une période primitive de culture à la houe ? Ou l’orge et le blé ont-ils été introduits dans l’Afrique du Nord en nième temps que la charrue et l’usage des bovidés châtrés pour la tirer : conditions de l’agriculture des peuples classiques(4). 109-110 . — Pomponius Méla (III. V. Hist. Il a pour satellite l’Hordeum spontaneum et M. octobre 1893). d’ailleurs sujet à caution. Nous ignorons les motifs de cette croyance. Hahn. les habitants d’Argos prétendaient que c’était chez eux que le froment avait été semé pour la première fois en Grèce et que le héros Argos l’avait apporté de Libye [c’est-à-dire sans doute. en Sicile(3). on est disposé à chercher leur centre de diffusion dans l’Asie occidentale. dont la . — Selon Polémon d’Ilion. n’avaient pas de charrues. Müller. Pour le blé sauvage de Syrie et de Palestine. Aux Canaries. IX. p. où ces végétaux existent encore à l’état sauvage(2). s. 125 (avec le commentaire). Remarquer qu’actuellement encore la culture à la charrue n’est pratiquée en Afrique (en dehors des colonies européennes) qu’en Égypte. Nous ne savons pas où a commencé la culture de l’orge et du blé. Graec. 119). 28 et fig. Agricultural and botanicol explorations in Palestine (Washington. 2 (il cite aussi Homère. die Haustiere. qui étaient réalisées en Égypte dès le début des temps historiques ? les habitants de la Berbérie auraient reçu le tout par l’intermédiaire des Libyens orientaux(5). 50) estime que la culture des deux céréales a dû commencer simultanément. Libycus campus. p. Nous noterons cependant la ressemblance des meules néolithiques de la Berbérie et des meules qu’on trouve en Espagne avec un mobilier analogue à celui des grottes africaines : voir Siret. conf. 5. Diodore. Odyssée. les Ganches. 6. sed quaedam profundat etiam non sala. Ces hypothèses sont tellement fragiles qu’il vaut mieux ne pas insister(6). du pays situé entre l’Égypte et la grande Syrte] . 42 et suiv. 136. III. En général. Festus.

la création de vergers. affirmait qu’il n’y avait d’oliviers cultivés ni en Italie. L’arboriculture exige la pratique de la greffe. les Berbères. tandis que les Italiens empruntèrent le nom de cet arbre aux Grecs. cependant rien ne prouve qu’il y ait eu des espèces cultivées avant la période phénicienne(5). recueillis dans la grotte des Ours. le figuier. c’est-à-dire au début du Vie siècle. Le lin des stations lacustres croit spontanément en Berbérie : de Candolle. ni en Afrique au temps de Tarquin l’ancien. sur lesquelles on avait placé ces vases pour les faire sécher. Voir p. que les autochtones aient connu le vin et l’huile aux temps préhistoriques(6). trouvées dans des grottes à mobilier néolithique. ils avaient pu apprendre d’eux la fabrication de l’huile. 206. 6. II. 98. p. p.. min. des soins attentifs et une vie tout à fait sédentaire. nom qui n’avait peutêtre à l’origine aucun rapport avec la Libye ? 1. importé par les Phéniciens(8). cité par Pline (XV. II. gr. se servent du mot zeboudj . II. Pau. un nom particulier. 1892. comme les Arabes. ibid. Au IVe siècle. 643 . française. Origine des plantes cultivées. 166-8. Marseille. sur la petite Syrte. culture remonte à une très haute antiquité en Égypte. l’olivier. Et donné par eux à la ville de Zitha. 628. il est douteux que ce mot soit d’origine berbère. près de l’île de Djerba : conf. mais il ne parait pas certain qu’ils appartiennent à l’industrie néolithique(3). 87). Pallary et Tommasini. azemmour(7) . 7. n. les habitants de l’île de Djerba faisaient de l’huile avec des fruits d’oliviers sauvages (Périple de Seylax. Pour l’olivier sauvage. Géographie. 4. Tissot. 3. 5. comme dans l’Europe centrale(1). p. l’amandier sont indigènes en Berbérie(4) . I). Des fonds de poteries. Fenestella. Il y a ____________________ expliquer le nom de Λίβυσσα donné à une Déméter adorée à Argos. à Constantine. . p. auteur du début de l’Empire. qui furent sans doute leurs maîtres en oléiculture. offrent des empreintes de toiles grossières. 110 : Geogr. La vigne. Nous ne savons pas sur quoi il fondait cette assertion. Observons toutefois que la langue berbère a. Voir plus haut. p. Ce n’étaient pas les mêmes espèces qu’on cultivait en Europe et en Égypte. Grottes d’Oran . Assoc. p. 1891. Il est fort douteux que quelques rondelles en terre cuite. 1es Libyens n’ont pas adopté le nom sémitique. 8. Doumergue. 105. ni en Espagne. aient été des pesons de fuseaux(2). l. pour désigner l’olivier cultivé. 5. Mais s’ils n’avaient pas imité les Phéniciens pour la greffe. 2.238 LES TEMPS PRIMITIFS.

____________________ 1. comme on l’a fait trop souvent. on l’a fait remarquer. les Phéniciens ont pris une part fort importante au développement de la civilisation dans l’Afrique du Nord. Hérodote. 209. nous avons des. Les indigènes de cette contrée n’ont pas attendu la venue des navigateurs syriens pour pratiquer l’élevage et l’agriculture.ORIGINES DE L’ÉLEVAGE ET DE LA CULTURE. évidemment. qui s’explique par un jeu de mot grec. Au reste. Hérodote. En tout cas. p. IV. Assurément. Il ne faut cependant pas l’exagérer. IV. Cela ne prouve pas. 183 (il n’a d’ailleurs que des notions très vagues sur ces oasis). allaient s’approvisionner de dattes à Augila. les Nasamons. 239 là un léger indice d’une culture très ancienne. au Sud. l. C’était sans doute de l’orient. peuplade du littoral de la grande Syrte. Mais nous pouvons affirmer qu’ils reçurent beaucoup de l’étranger. que les Phéniciens aient été les introducteurs de la culture du palmier dans le Nord-Ouest de l’Afrique : le palmier. 172 (conf. I. Peut-être s’était-elle répandue au Sud-Est de la Berbérie dès une époque reculée : nous nous montré l’étroite parenté de la civilisation néolithique saharienne avec celle de l’Égypte protohistorique(3). Quelques-uns de leurs progrès furent-ils dus à leur initiative intelligente ? Nous l’ignorons. Au Ve siècle. 4. il est certain qu’on dehors du territoire punique. 182).de la Cyrénaïque(1). que les habitants de ce lieu et d’autres oasis situées plus à l’Ouest(2) avaient reçu les leçons qui leur permettaient de se livrer à une culture pénible. . Le palmier que l’on voit sur les monnaies frappées par Carthage. ne fructifie pas en Phénicie (Meltzer.. depuis la fin dun Ve siècle ou le début du IVe. Voir p. c. des oasis égyptiennes. 420). IV. l’oléiculture et la viticulture ne se sont guère propagées avant la domination romaine. il n’y a pas lieu de croire que les Phéniciens aient contribué il la diffusion de la culture du dattier au Sahara(4). φοΐνιξ signifiant à la fois palmier et Phénicien. raisons de supposer qu’une bonne partie de ces précieuses acquisitions leur vint d’Égypte. 3. 2. est une arme parlante.

ART. MAGIE ET RELIGION. Les stations les plus anciennes paraissent n’avoir été occupées que par un petit nombre d’individus . PRATIQUES FUNÉRAIRES I Nous ne savons à peu près rien sur l’état social des Africains primitifs.. la Conquête du Sahara. une survivance d’un . il est vrai.. nous l’avons dit(2). mais nous ignorons si chacune d’elles servait de demeure à un groupe en quelque sorte autonome. à partir du Ve siècle avant J. de véritables villages. IV. ou si celui-ci n’était pas rattaché par des liens plus ou moins étroits à d’autres groupes du voisinage. Gautier. 3. Les textes grecs et latins qui. non de leur père (voir. entre autres. donnent quelques renseignements sur les indigènes de la Berbérie nous montrent la famille constituée : famille dont l’homme. la maternité l’est seule . 2. — Chez les Touaregs qui vivent actuellement dans le Sahara. mari et père. p. Il y a des exceptions. 187. où la femme est tenue le _____________________ 1. sans doute. la paternité n’est pus légalement reconnue. les enfants dépendent et héritent de leur oncle maternel. P.CHAPITRE III ÉTAT SOCIAL. Il y a là. II. Dès les temps néolithiques(1). sur lesquelles nous reviendrons : voir en particulier Hérodote. existent. en partie contemporaine du développement de l’industrie néolithique dans d’autres régions de l’Afrique du Nord : voir p. est le chef(3). dont les habitants devaient former des sociétés distinctes. Et même dès l’époque de l’industrie gétulienne. 180. 2.-C. qui peut être. 198. 191).

qui font allusion à l’existence de cette coutume chez les Éthiopiens (Nicolas de Damas. Hist. n° 42). p. où la polygamie est fréquente. Conf. disposant de territoires étendus. 3. est probablement un enfant : les traits indiqueraient ici à la fois le mariage et la filiation. des tribus se liguaient parfois un cas de guerre et que ces confédérations temporaires étaient commandées par des chefs. appartenaient à une famille princière. du moins chez les Labou. VIII. Müller. de plus petite taille. ne la signalent pas chez les Libyens. nous sommes dans une incertitude complète à cet égard. ____________________ état de choses datent d’une lointaine antiquité : ce que l’on appelle souvent. II. à vrai dire. soumises.. p. Revue d’ethnographie. 241 plus souvent dans une condition inférieure. Peut-être les États ne sont-ils pas très anciens. elles se sont probablement constituées de bonne heure : il était nécessaire aux hommes de former des associations assez fortes pour se défendre contre les attaques. elles avaient des chefs. Tels étaient peut-être Mâratou. p. pour s’assurer la possession de territoires où les troupeaux ne fussent pas à l’étroit sur des champs vite épuisés. Ils indiquent des tribus ou des peuplades. 1. Agamemnons dont les pouvoirs expiraient à la fin des hostilité(3). 1889. prince des Mashaouasha. sous Ménephtah et sou Ramsès III. Cependant les documents anciens. . ART. On peut supposer qu’à une époque antérieure. Sur les gravures rupestres préhistoriques de Tyout (Sud oranais). Des États unissent sous une autorité commune un certain nombre de tribus. commandèrent des armées que les Égyptiens eurent à combattre : voir Maspero. il y a lieu de supposer qu’il s’agit d’un homme). Mais.. où des sols variés pussent offrir des pâturages en toute saison. peut-être a-t-on voulu indiquer ainsi le lien du mariage (les sexes ne sont pas distincts . MAGIE ET RELIGION. Graec. Frag. Une de ces gravures nous montre trois individus ainsi associés : l’un est un archer. et Kapour.-C. Nous ignorons comment se sont formés ces divers organismes sociaux(2). Quant aux tribus. à un régime monarchique(1). p. autant qu’il semble. Bonnet.ÉTAT SOCIAL. qui. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. le troisième. des documents égyptiens nous font connaître. 18. qui. Pomel. édit. l’autre pourrait être une femme. des peuplades dont les plus importantes paraissent avoir été les Lebou des Mashaouasha . Singe et homme. III. quand l’un des deux personnages tient un arc. mais. les gens représentés forment souvent des couples et un trait joint leurs parties génitales . dans la deuxième moitié du second millénaire avant J. prince des Lebou. 2. 156 . A une époque plus reculée. entre la vallée du Nil et la Berbérie. 431-2 et 471. et improprement le matriarcat. 463.

Voir surtout le livre de Doutté. de la Société archéologique de Sousse. l. pour objet l’expulsion . II ____________________ 1. (pratiques magiques des Psylles contre les serpents : conf. Doutté. 1909. 64-68. dont parlent Hérodote(9) et saint Augustin(10). 7. IV. CXCVI. Voir surtout Bel. dont les incantations font périr les troupeaux.). III. citant Isigone et Nymphodore (en Afrique. Bull. semble-t-il. 266 . p. les rites pour provoquer la pluie(3). 248-9. à nuire à des ennemis. On constate encore de nos jours dans le Maghrib(1). » 6. VII. sécher arbres. 53 : dans une fête. lors du solstice d’été : saint Augustin s élève contre cet usage(5). 913 et suiv. 39 . LX. dans Recueil de mémoires publié en l’honneur du XIVe congrès des Orientalistes par l’École des Lettres d’Alger (Alger. Doutté. 1905. d’origine fort ancienne. 301). et qui avaient. 4 . Doutté. les luttes rituelles. « Natali Joannis. « veternosis in arboribus taenias ». 584. 24. 436 et suiv. à expulser ou à détourner des maux. Sermons. Bien qu’on ne puisse pas le prouver. dans lesquels on croyait fixer les maux dont on voulait se délivrer(8) . p. et Silius Italicus. indiquée peutêtre par Arnobe(7). Calon le Jeune. 1905). destinées à acquérir des biens. 9. voir Pline. III. 1909). auxquels un passage de Dion Cassius fait allusion(4) . de nouer à des arbres des morceaux d’étoffe. 180 .242 LES TEMPS PRIMITIFS. 16. p. Lucain. qui revenait tous les ans à date fixe et durait plusieurs jours (on l’appelait la Caterva). 9. 480 et suiv. sur le littoral de la petite Syrte. I. c. Magie et religion dans l’Afrique du Nord (Alger. 4. 71. Revue de philologie. IX. qui a persisté çà et là en Berbérie(6) . p. il existe des familles de fascinateurs. 582 et suiv. Ce sont des opérations de la magie classique que Virgile lui attribue : conf. les baignades accomplies dans la même intention. 3. 56. par exemple. mourir les enfants) . p. Basset. de solemnitate superstitiosa pagana christiani ad mare veniebant et ibi se baptizabant. 2. De doctrina christiana. IV. Outre ceux qui seront indiqués plus loin. 95-97 . et quelques textes anciens(2) signalent des pratiques dites magiques. certaines d’entre elles remontent sans doute à une très haute antiquité. Pichon. 8. p. Plutarque. combats rituels entre jeunes filles chez les Auses et les Machlyes. Mentionnons. 10. la coutume. 85-87. 567. XXXIII. — Il n’y a pas à tenir compte ici de la prêtresse massyle dont il est question dans l’Énéide (IV. 5. 70..

Magie et religion. L’animisme est. . Conf. des arbres. VIII. Maxime de Tyr (Dissert. ont pris pied en Berbérie ont pu contribuer à les propager : on sait l’importance des hauts lieux dans la religion phénicienne(3) . 243 violente des maux logés dans les corps des combattants(1). prétendues demeures d’esprits puissants. Quelques documents de l’époque romaine. la croyance à des esprits doués d’intelligence et de volonté. le même. au moins en apparence. Cultes. Doutté. des paroles magiques. Merrâkech. à l’époque préhistorique. Mais les peuples qui. qui témoignent plus ou moins nettement de superstitions animistes. ART. C’est une opinion très répandue qu’on est maître de celui dont on possède l’image. provoquant les phénomènes dont l’homme est témoin . Saint Augustin les fit renoncer à cette coutume. nous font connaître. des eaux. 509. Peut-être ce culte était-il proprement indigène. Elle a vraisemblablement inspiré. Nous ne saurions dire non plus si le culte des pierres. 123 et suiv. car rien ne prouve qu’il ait existé avant la venue _____________________ les habitants de Caesarea (Cherchel). (pour l’art quaternaire d’Europe). que nous aurons à étudier. p. des divinités romaines.. des cultes des montagnes. p. résidant d’une manière permanente ou temporaire dans des enveloppes matérielles. 1. se battaient à coups de pierres. les Genii des sources. prononcées devant les images. selon l’acception usuelle de ce terme. les auteurs des gravures rupestres : il est permis de croire que beaucoup de ces dessins ont été tracés pour mettre à la disposition des hommes les animaux qui y étaient représentés(2) . 7) mentionne (avec des indications géographiques fantaisistes) un culte célébré par les Libyens occidentaux au mont Atlas. 2. 323-4 . l. p. a dans l’Afrique du Nord des origines très lointaines. mythes et religions. des rivières. partagés en deux camps. aux temps historiques. des montagnes que mentionnent des inscriptions latines sont.ÉTAT SOCIAL. en différents lieux. Reinach. MAGIE ET RELIGION. sur lesquels il convient d’agir par des procédés de contrainte ou de propitiation. pouvaient en compléter l’effet. 3. êtres bienfaisants ou nuisibles.

Sermons. Un passage de Quinte-Curce (IV. 253). dont on s’assure la possession. Johannide. 1904. sorte de fluide. 150 et suiv. Cependant il est probable que les hommes des temps préhistoriques regardaient comme des fétiches. Masqueray. Vers le début du Ve siècle de notre ère. Il y avait aussi des images de Gurzil en bois et en métal : ibid. par exemple. Meltzer. p.. soit à des esprits. des Phéniciens(1) cette observation s’applique d’une manière générale au fétichisme.244 LES TEMPS PRIMITIFS. Bull. Mais nous ignorons s’il date d’une antiquité très reculée. les objets dont ils composaient des colliers(2). Description de l’Afrique Septentrionale. ____________________ 1. Sahara algérien. saint Augustin attribuait aux Égyptiens seuls le culte des animaux(3). LXIII. le dieu était adoré sous la forme d’une pierre (voir H. 1.). et non comme de simples ornements. 2. 495-502. qui attribue un pouvoir protecteur soit à une force impersonnelle. on observe chez les berbères de traits de mœurs qui pourraient être interprétés comme de vagues indices d’une zoolâtrie primitive. peuplade de la Tripolitaine. dans le Touat. 3. 196. 110-1. né du dieu Ammon et d’une vache(4) . III. habitant un pays montagneux dans le Sud du Maroc. 404-6 . Mais ces légendes s’appliquent souvent à des pierres romaines. p. Nous pouvons être un peu plus affirmatifs pour l’idolâtrie. Plus tard. de correspondance africaine. Il y avait pourtant dans sa patrie des indigènes auxquels ce culte n’était pas étranger. il s’incarnait dans un taureau. 22 et suiv. V. 355. 5. trad. 1885. enfermés dans des objets naturels ou fabriqués. qui fut autrefois vénéré (Gautier. qu’on lâchait sur les ennemis au moment d’engager le combat(5). conf. V. II. 7. qui adorait un bélier(6). on conserve encore un aérolithe. p. de Slane. II. ou tout au moins d’antiques alliances entre les bêtes et les hommes : égards particuliers pour . 101.. dans Philologus. CXCVII. au XIe siècle. en plein Sahara. 4. p. p. El Bekri mentionne une tribu. Mais l’umbilicus que l’auteur latin prend pour le dieu est probablement la chapelle qui contenait son image. De nos jours. Ibid. Notons qu’à Tamentit. 6. Il s’agit sans doute d’un culte indigène. 23) a pu faire croire qu’à l’oasis d’Ammon. — Des traces de l’adoration de pierres dressées se retrouvent dans les contes berbères : voir. adoraient Gurzil. Des vers écrits par Corippus au VIe siècle attestent que les Laguatan.

1910. Monchicourt. respect de leur vie. d) dit. qu’on expiait par la mort. Mais le paon ne fut introduit dans les pays de la Méditerranée occidentale que peu de temps avant l’ère chrétienne. XX. entre autres. p. 388. Nous laisserons de côté ceux qui concernent peut-être des cultes importés à l’époque historique(2). Les gravures rupestres préhistoriques de la Berbérie nous permettent de remonter encore plus haut. Racontant l’expédition d’Agathocle. Rien ne prouve que le respect accordé à cet oiseau remontât à des temps très anciens. Duveyrier. Cour. ART. Quant à l’ibis. Tuer un singe était dans ce pays la plus grande des impiétés. certains animaux. abstinence de leur chair(1). 40.. d’Oran.ÉTAT SOCIAL. les Confins algéro-marocains. ibid. érudit du premier siècle de notre ère. d’un nom dont la traduction grecque était Ηιθηχούσσαι (on sait que πιθηχος . qui se servit des écrits du roi Juba. qui les regardaient comme des dieux. Outre les vers de Corippus.. 30). 245 ____________________ 1. 31) que les Libyens vénéraient l’ibis. 58. D’après une indication recueillie par Eusinthe (Commentaire sur l’Iliade. s’agit-il de quelque autre échassier (on peut penser à la cigogne. 1277. I. I. il en est auxquels les hommes de ce temps attribuaient assurément un caractère sacré : cela ne peut pas être mis en doute pour les béliers coiffés d’un disque. d’après ces animaux. 107-8 . qui eut lieu à la fin du IVe siècle avant J. que le porphyrion (poule sultane) est un oiseau consacré aux dieux en Libye. signifie singe en grec). Voir. 57 et suiv. 12-15 . d’après Alexandre de Myndos. XV. Bertholon. 401. — Athénée (IX. cet historien parle d’un pays peuplé d’une multitude de singes. Bernard. p. Bull. XVII. 1908. Parmi les animaux divers qu’elles représentent. p. qui est encore très respectée des indigènes). 1911. Les singes y vivaient dans les habitations des hommes. 3. p. p. plusieurs documents anciens témoignent de l’existence en Afrique d’animaux sacrés. où se trouvaient trois villes. 139 . ils disposaient à leur gré des provisions de bouche. p. si l’assertion d’Eustathe a quelque valeur. Les parents donnaient de préférence à leurs enfants des noms tirés de ceux des singes. MAGIE ET RELIGION. il est très rare en Berbérie : peut-être.. Mais il faut citer ici un passage intéressant de Diodore de Sicile(3). appelées. les Touareg du Nord.-C. 2. dont nous parlerons tout à l’heure. p. Revue tunisienne. Eustathe dit aussi (ibid. . les paons étaient sacrés pour les Libyens et ceux qui leur faisaient du mal étaient punis. XXII.

3. I. 31 : Gautier. Conf. dignes tout au moins d’attention. que les Touaregs du Sahara ne mangent pas l’ourane. conf.246 LES TEMPS PRIMITIFS. Voir aussi Pline. Cette croyance a été constatée de nos jours dans les deux Amériques. Rappelons. Ce nom aurait été une onomatopée. p. si l’un de ces animaux fait quelque mal à un individu du clan. On pourrait se demander si le nom des Psylles n’avait pas quelque rapport avec celui des serpents auxquels ils étaient alliés. p. 27. Reinach. familiarité des hommes et des singes. p. Varron. 4. 413 . dans le continent africain(1). 32. chez divers peuples des pays méditerranéens et que. 898-908 . où Élien cite Agatharchide. XVI. en Inde. imitant sifflement des reptiles. avaient.. pour soutenir qu’elle a existé. 2. qui étaient ____________________ 1. Lucain. Dion Cassius. une alliance avec les Psylles(4). les gens de ce clan vivent. ils s’abstiennent d’ordinaire de les tuer et de les manger. 74. ennemis des autres Libyens. LI. VII. Les cérastes (vipères à cornes). IX. 524 . Varron et Lucain disent que les serpents qui servaient à l’épreuve étaient des aspics. On peut être aussi tenté de retrouver une superstition totémique dans des indications relatives aux Psylles de la région des Syrtes(2). 57. dans les temps primitifs. 246. II. en Océanie. 14. Le totémisme est une croyance sur laquelle on a beaucoup disserté dans ces dernières années. . Ils estiment qu’ils n’ont rien à craindre d’eux .. 333. se prétend apparenté. anim. On a produit des arguments. autant que possible. raconte Élien(3). Sahara algérien. dans la familiarité des animaux de l’espèce élue . Nat. çà et là. non sans en exagérer l’importance. II. Crammatici latini. il en est resté des vestiges jusqu’en pleine époque historique. qu’ils disent être leur oncle maternel (c’est-à-dire le parent qui légalement leur tient lieu de père : conf. ibid. apud Priscien. Instit. entre autres exemples. dans Kell. Un totem est généralement une espèce animale à laquelle un clan. mythes et religions. X. 14 . respect pour la vie de ces animaux. groupe d’hommes unis entre eux par le sang. c’est un signe qu’il a de bonnes raisons de le renier pour son parent. Divers détails y font penser au totémisme : « villes » qualifiées de villes des singes . I. Le clan prend le nom du totem . I. Cultes. Peut-être est-il permis d’alléguer pour l’Afrique du Nord le texte de Diodore de Sicile que nous avons mentionné. p. Silius Italicus.

sur des gravures que Barth(3) a vues à Telliz Zarhène (dans le Sahara. IX. 140. a consisté dans l’adoration d’un animal appartenant à une espèce déterminée et choisi d’après certaines marques : on croyait qu’une divinité s’incarnait en lui. 210-2. tenant de la main droite un bâton (?) recourbé(2) . Dans le Sud oranais. II faut en dire autant des béliers représentés sur les rochers du Sud oranais avec des insignes spéciaux. 5. Cette ressemblance ne me frappe nullement sur le dessin inséré dans l’ouvrage de Barth et que celui-ci qualifie du reste d’esquisse imparfaite. à la p. IV. qui prouvent qu’on les distinguait nettement du menu peuple de leurs congénères. qui se retrouvent en Berbérie. Nous allons voir que ces animaux sacrés devaient être considérés comme les incarnations d’un grand dieu. ART. à Er Richa. . de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. s’apaisaient dès que l’enfant les avait touchés. Au dire des Libyens. fig. quand un Psylle craignait que l’enfant mis au jour par sa femme ne fût adultérin. D’autres gravures rupestres nous montrent des images où la forme humaine est associée à une forme animale. Bull. se faisant vis-à-vis(4) : l’un a une tête de bœuf ou d’antilope et est pourvu d’une queue . 1902. p. Reisen und Enideckungen. ____________________ 1. 210 4. selon Barth. c’est un homme assis.ÉTAT SOCIAL. il oreilles de lièvre. Entre eux est un boeuf. Si l’on veut admettre des rapports : hypothèse liés contestable. 247 insensibles à leurs morsures. 2. l’auteur de l’épreuve en concluait que cet enfant était bien son fils. région de Ghat). L’Égypte ancienne était pleine de ces dieux animaux. Flamand. il remplissait de cérastes un coffre. il tient un arc et des flèches. Une forme de la zoolâtrie. fig. dans lequel il jetait le nouveau-né. d’abord menaçants. p. Delmas. une vague ressemblance avec celle de l’ibis(5) . la tête de l’autre offre. dont les rapports avec le totémisme restent fort obscurs(1). 3. Si les serpents. I. ce sont deux personnages debout. Dessin qui m’a été communiqué par M. Tels devaient être le taureau des Laguatan dont parle Corippus et le bélier des montagnards marocains que signale El Bekri. MAGIE ET RELIGION.

Bull. auxquels la superstition attribuait une existence réelle. IV. 188. qui vivaient en plein désert. 41-43 . 1003. fig. Breuil et Sierra. apud Müller. 43) et pline (V. rien ne nous autorise à les considérer comme des divinités.. p. les Cavernes de la région cantabrique. lorsqu’il s’agit d’une espèce totem. soit.. I. . 197. 164 et suiv. p. p. Pomponius Méla (I. Des monstres. 56-58. p. 23 et 127-8. maudissaient et injuriaient le soleil. ce sont des déguisements de chasse. En Égypte. 5 et 6. 98. — Il indique d’autre part (IV. 223-4 et 257 . c. 403. dont les rayons trop brûlants desséchaient leur pays . fig. non des Libyens. 96 et pl. par suite d’une altération des manuscrits d’Hérodote. Quant aux personnages que les gravures représentent sous des traits complètement humains et dans des postures diverses. LV. fig. l. qui sacrifiaient aussi à Athéna. fragment 140. Hérodote dit que tous les Libyens offrent des sacrifices au soleil et à la lune . D’une manière générale : Cartailhac et breuil. Les personnages figurés peuvent être simplement des hommes. I. par ce signe matériel.. en particulier par les Babyloniens. p. le mélange des formes humaine et animale fut une sorte de compromis entre la zoolâtrie et l’anthropomorphisme.248 LES TEMPS PRIMITIFS. Manuel d’archéologie préhistorique. Historic. 60-61. elle représente deux personnages à tête de cerf : Deyerolle.. Déchelette. Conf. Il convient d’observer qu’elles n’ont pas toujours un caractère sacré : dans certains cas. ____________________ 1. Mais il faut probablement admettre ici une autre interprétation. pour l’Afrique centrale. qui se revêtaient de masques dans des cérémonies. de la Société archéologique de Sousse. le Plateau central nigérien. que c’est au soleil et à la lune seuls qu’ils sacrifient(3). 242 . Alcade del Rio. à l’Ouest des Garamantes. mais ces Marantes étaient probablement des Éthiopiens. p. On peul rapprocher de ces images une peinture beaucoup plus récente. avec ceux qui sont apparentés au clan(2). tracée dans une grotte artificielle de Tunisie (près de Gromhalin) . ont été adorés par divers peuples de l’antiquité. Nicolas de Damas. Desplagnes. Il fait exception pour ceux des bords du lac Tritonis (au Sud de la Tunisie). 45) attribuent cela aux Atlantes. à l’appui de cette assertion. Cumont. il tient soit un arc. p. p. Graec. soit plutôt un bouclier ovale(1). Ces mascarades paraissent avoir été usitées en Espagne et dans le Sud de la France dès l’époque quaternaire : Cartailhac et Breuil. la Caverne d’Altamira. on s’identifie soit avec les animaux divins. les Mystères de Mithra. III. à Triton et à Poséidon. 184) que les Marantes. 308. 2e édit. Fragm. Voir par exemple. et ils disent que ces indigènes maudissent le soleil à son coucher. 3. 2. On ne doit pas invoquer. De tels déguisements sont fréquents chez les peuples de civilisation primitive .

représentent avec des cornes de bélier le dieu Ammon. Il convient peut-être d’attacher plus d’importance à un passage d’Ibn Khaldoun. de Slane. p. Ne serait-il pas possible de rapprocher du nom d’Ammon celui d’Aman. 2. stèles. 191-2) . conf. car il est probable ou certain que ces monuments se rapportent à des croyances d’origine étrangère(1). XXXIV.177. Conf. Histoire des Berbères. — 2° une pierre trouvée près de Bordj Ménaïel. figurée d’une manière fort maladroite (Viré. — 3° une image rupestre existant à l’Est de Constantine (Atlas archéologique de d’Algérie. il y a des inscriptions votives latines sur une roche voisine de celle qui porte l’image de la lune). ART. p. n° 144). adorateurs du soleil et de la lune(2) : on peut supposer qu’il s’agit de cultes vraiment indigènes(3). 85 . 302 : « Les Guanches de palma (Canaries) vénéraient le soleil et lui donnaient le nom de Magec. I. Rec. 3) ? les dédicaces latines à Sol et à Luna qui ont été découvertes en Afrique. Les Libyens. 1. n. et aussi d’Aman. 1. 1898. Revue de d’histoire des religions. 3 à la p. à la p. lorsqu’ils le voient se lever. Notons aussi un texte de Macrobe(4). Journal de route. qu’on ne retrouve pas ailleurs. donné par les Guanches au soleil (conf. I. Tissot.. 3. qu’ils regardent comme le soleil couchant. Quelques monuments d’un art très grossier pourraient témoigner de croyances vraiment indigènes. 86 et fig. son affirmation n’aurait guère de valeur. . VIII. p. 21. Il est vrai que cet auteur retrouve le culte du soleil partout . Sahara. 48) . sur la rive septentrionale du chott el Djerid (Tunisie méridionale) : elle représente une tête absolument sphérique. 3) indiquent que certaine Éthiopiens maudissent le soleil. 1909. 479-480 et fig. dans l’Ouest de la Kabylie : on y voit une tête radiée. Mais le dernier de ces documents et probablement aussi les deux autres appartiennent à l’époque romaine (à Kriz. 249 _____________________ aussi bien qu’à son lever. ni les images des deux astres qui apparaissent sur des. comme le croit Mercier. f° 17. XXXII. 48) . 2. de Cconstantine. trouvées en général dans des lieux où les civilisations punique et romaine s’étaient fortement implantées . dit-il. qui parle de Berbères païens. non loin de l’oasis de Kriz. surmontée d’un croissant.. qui parait avoir signifié Seigneur. MAGIE ET RELIGION. I. appellation sans doute indigène. si elle n’était pas corroborée par d’autres témoignages(5). 1910. arietinis cornibus fingunt. Ils ne prouvent pas grand-chose pour l’existence d’un culte très ancien du soleil et de la lune en Berbérie. une inscription latine (C. de Constantine.ÉTAT SOCIAL. Géographie. I. quem deum solem occidentem Libyes existimant. L. » 4. fig. Rec. trad. 5. Diodore de Sicile (III. Saturn. Nous citerons : 1° une gravure tracée sur un rocher. Basset. p. ou peut-être d’Icra. 5073 = 19107) lui donne le nom d’Ifra. qui offre aussi une tête radiée (il me parait impossible d’y voir une image de la lune. 9) et Strabon (XVII. 19 : « Ammonem. par conséquent une image de la lune (Duveyrier. p.

comme pour la déesse Caelestis. répandu chez les Libyens au temps d’Hérodote. Remarquer que le nom de la lune est masculin dans les dialectes berbères (Basset. mais il n’est pas prouvé que ce Baal importé de Phénicie ne soit devenu un dieu solaire qu’après son introduction dans l’Afrique du Nord. Nous avons déjà fait allusion aux gravures rupestres du Sud oranais qui figurent des béliers dont la tête est coiffée d’un disque(4). Arabie. p. 5. Pour les références.250 LES TEMPS PRIMITIFS. Les deux principales divinités des Carthaginois furent Baal Hammon et Tanit Pené Baal(1). au développement de la colonisation phénicienne. Ou peut-être d’une sphère. Asie Mineure). Sur l’un des dessins de Bou Alem et à Zenaga. où il y en a deux. . 305) : ce qui pourrait faire croire que. et non une déesse. 2. et au col de Zenaga (près de Figuig)(5). 226. qui semblent bien avoir été un dieu solaire et une déesse lunaire(2). comme du reste la plupart des peuples de l’orient (Égypte. à Bou Alem (dans la région de Géryville). 1. qui représentent ____________________ 1. voir à la p. en Berbérie. Baal Hammon se confondit avec 1’Ammon des autochtones. ne leur venait pas des Phéniciens. qui doit être identifiée avec Tanit Pené Baal. vers le milieu du Ve siècle. Il n’en est pas de même pour le soleil : il y a de fortes raisons d’admettre que le culte de cet astre est antérieur. 4. maintenu par une jugulaire : on en connaît à Er Richa (dans l’annexe d’Aflou). le disque est flanqué ou surmonté de deux appendices. Mais. Il est également impossible d’affirmer que Tanit Pané Baal ait été transformée dans cette contrée en une déesse lunaire par suite de son identification avec une divinité indigène(3). 3. En ce qui concerne la lune. cela est certain pour le Baal Hammon auquel on érigeait à Maktar des stèles portant des dédicaces en langue punique. les documents nous manquent pour dissiper nos doutes. à l’époque romaine. Transcription conventionnelle d’une appellation phénicienne dont la signification reste douteuse. ils en ont fait un dieu. c. dont nous allons parler. Babylonie. On pourrait même être tenté de se demander si le culte du soleil et de la lune. si les Libyens primitifs ont adoré la lune.. Nous n’en avons pas de preuves péremptoires pour l’époque carthaginoise.

3. XL. rehaussa le prestige de la divinité principale de cette ville et répandit son culte. A Bou Alem. le dieu fut ensuite figuré en homme.-C. fig. Elles s’accordent avec le texte de Macrobe. même en dehors de l’Égypte. Sans parler ici des images inspirées par l’art grec. sur le littoral de l’Oranie : Doublet. 251 des serpents(1). La signification de cet attribut est indiquée pur un grand nombre de monuments égyptiens. S. Nos gravures nous paraissent donc prouver que. dans le Sud-Ouest de l’Algérie. La puissance des Pharaons dont Thèbes fut la capitale. 2. c’est-à-dire Amon-Soleil). où l’on voit le disque solaire. où la tête du dieu bélier thébain est surmontée du disque solaire. Ce fut certainement l’Amon de Thèbes qui eut des sanctuaires en Nubie. à droite et à gauche duquel se dresse un serpent naja. c’est que nos gravures s’accordent avec nombre d’images égyptiennes d’Amon(3) (appelé le plus souvent Amon-Râ. Les colons grecs de la Cyrénaïque le connurent et l’adoptèrent sous le ____________________ 1. on a imité très maladroitement des najas au cou gonflé. flanqué de deux serpents(4). le culte du soleil s’associa à des superstitions zoolâtriques. pl. A l’Ouest de la vallée du Nil. ART. IV. au cours du second millénaire. il est vrai. 1908. Musée d’Alger. 4. p.ÉTAT SOCIAL. MAGIE ET RELIGION. trouvée à Saint-Leu. M. appelée par les Grecs Αμμώνειον. 93) est aussi de cet avis. tout en conservant de sa forme primitive soit la tête. un caractère solaire représenté d’abord sous une forme entièrement animale. contesté la justesse de ce rapprochement (l’Anthropologie. qui attribue au dieu libyen Ammon. 1901. Ou Ammon. Schweinfurth (Zeitschrift für Ethnologie. . p. dès une époque très ancienne. MM. il fut adoré dans l’oasis de Syouah. L’un de ces serpents est bien reconnaissable à Zenaga. malgré la grossièreté des gravures oranaises. Reinach et Valdemar Schmidt ont. antérieure sans doute au premier millénaire avant J. indiqué plus haut. à cornes de bélier. 6. XII. mentionnons une idole grossière à cornes de bélier. Ce qui est plus important encore. 537). soit seulement les cornes(2). Mais il me parait s’imposer. Il n’est pas trop téméraire de donner le nom d’Ammon au bélier sacré que ces images nous font connaître.

car rien n’indique que les habitants de la Berbérie aient eu des rapports directs avec les Égyptiens. II. Ce fut. II. 385. graec. prétendait. qu’au certain Hammon était venu d’Afrique en Égypte. Ce fut peut-être entre ____________________ 1. 244). Il faut probablement reconnaître le dieu Ammon dans le bélier qui. non sans subir. 3. au temps d’El Bekri (voir plus haut. amenant à Liber (Osiris) beaucoup de bétail. p. 2. d’autre part. 196) . le mot a pu être emprunté à l’Égypte. Il est certain. qu’on ne doit pas prendre au sérieux. également identifiés avec Râ . n° 6). il avait reçu un champ en face de Thèbes (citation faite par Hygin : voir Fragm. ce fut à la suite de cette identification qu’il reçut comme attribut le disque. die Phönizier. Les gravures du Sud oranais attestent que le culte d’Ammon s’implanta de bonne heure en Berbérie. il est vrai. ammon aurait été un mot de la langue libyque. nom de Zeus Ammon. les Libyens aient adoré un dieu bélier. On lit dans le commentaire de Servius sur 1’Énéide (lV. qu’ils auraient appelé Ammon(2) et qui. signifiant bélier. Mais. que l’Amon bélier de Thèbes emprunta son second nom . p. historic. auteur d’un traité sur les dieux égyptiens. ainsi que le fait Movers. Léon de Pella. 2. . L’existence du culte d’Ammon chez les Libyens comme en Égypte a peut-être donné naissance à cette fable. Ainsi les gravures du Sud oranais représentent Amon-Râ de Thèbes. A ma connaissance. dans saint Athanase (Contra gentes. L’étymologie de ce soin est inconnue. était adoré dans le Sud du Maroc. des transformations plus ou moins profondes. p. en ne trouve rien de tel dans les dialectes berbères. même si cela est exact. comme d’autres dieux. dans une grande partie de cette contrée. flanqué de deux serpents. et qu’en récompense. ce fut en s’identifiant avec lui qui il devint une divinité solaire. 332. en effet.252 LES TEMPS PRIMITIFS. 24) : Λιβυες πόβτον. après la conquête romaine(1). ό χαλοΰσιν άμμωνα. Il a dû parvenir jusque-là en passant de tribu en tribu. que l’association chez ce dieu de la nature animale et de la nature solaire s’est accomplie dans la vallée du Nil. θεόν έχουσι. à Râ. Il s’étendit donc sur tout le Nord du continent africain. Il s’y maintint après la venue des Phéniciens. aurait été un étranger. D’après ces indications. « Libyes ammonem arietem appelant » . venu de l’Ouest dès une époque lointaine(3).. à Thèbes. dieu soleil de la ville d’An (Héliopolis). mouton. Nous n’avons aucun motif de croire qu’avant d’être atteints parles influences égyptiennes.

47. le culte d’une grande divinité cosmique. 186). à la p. p.ÉTAT SOCIAL. Capari. Meyer). à l’époque aussi où les libyens qui vivaient à l’Est de la grande Syrte étaient attirés par l’Égypte. dès ces temps reculés. — tel est le nom que lui donne Hérodote(5). Monuments antiques de l’Algérie. portant entre les cornes deux objets allongés. des dieux de clans .1. 6. du soleil. Gsell. Nais nous ignorons quand elle avait été introduite dans cette contrée. 10. 07. I. ressemble par son caractère guerrier à Nit. fig. au temps des rois thébains de la XIIe dynastie (commencement du second millénaire. 2. identifiée elle aussi avec Athéna(6). Il n’est pas impossible qu’un autre dieu égyptien ait été adoré à Bou Alem. 253 le XVIe et le XIIe siècle. ll. Les peuplades voisines de la Vallée du Nil adoptèrent d’autres divinités égyptiennes(3). Brugsch. 4. comme Ammon ? On peut dire seulement qu’une Athéna. Meltzer. selon la chronologie proposée par E. à l’époque de la grande puissance des souverains thébains. Au XIVe siècle. des guerriers libyens portaient aux bras et aux jambes des tatouages représentant le symbole de Nit. depuis Aflou jusqu’à Figuig. MAGIE ET RELIGION. . 79. Une gravure de ce lieu figure un taureau. Isis était adorée par les femmes de la Cyrénaïque. était répandu dans le Sud oranais. n. les Débuts de l’art en Egypte. IV. dont la tête était surmontée de deux plumes(2). les indigènes de l’Afrique du Nord n’adoraient pas seulement des génies locaux. I (d’aprês Leri hure). ART. qu’ils tentèrent plusieurs fois d’envahir et que beaucoup d’entre eux habitèrent comme mercenaires(1). Cependant il ne serait pas inadmissible de remonter plus haut. 31. 180 et 188. 3. — adorée au Ve siècle dans le Sud de la Tunisie. On a pu se demander (ce n’est d’ailleurs qu’une hypothèse) si cette image n’est pas celle du taureau d’Erment. p. Conf. la déesse de Saïs(4). et sans doute aussi dans les pays intermédiaires entre cette région et l’Égypte. Nos gravures prouvent que. Celle-ci pénétrat-elle par leur intermédiaire en Berbérie. _____________________ 1. p. 5. A l’époque d’Hérodote (IV. Geschichte Karthager. Geographische Inschriften.

puisqu’il y eut des Libyens. IX et X. pl. 7. on voit trois personnages qui ne lèvent que le bras gauche (Blanchet. 1901. L’Hercule qui passait pour le fondateur de Capsa (Gafsa) est qualifié de libyen par Salluste (Jugurtha. 1902. 143. de Khanguet el Hadjar (dans la région de Guelma(3)). 6. p. probablement une hache emmanchée(9) . A Karrouba. L’attitude de cas personnages(10) fait ____________________ 1. 2. de Constantine. 1899. Ils lèvent généralement les deux bras.254 LES TEMPS PRIMITIFS. fig. nous ne sommes pas mieux informés des rites. pl. 202. Bull. 202. Voir Pomel. VI. Rec. Voir p. 15. 9. Singe et homme. un homme lève seulement l’avant-bras gauche (Delmas. mais qu’elle s’applique parfois à des dieux introduits en Libye par les Phéniciens(1). Bosco et Solignac. XLV. Karrouba. 1911. tantôt elles tiennent des objets qui sont le plus souvent difficiles à déterminer(8) : à Ksar el Ahmar. Asla. qui se rapportent à l’époque historique. Cependant. à la p. l. fig. Gsell. 9. ou qualifient de libyques d’autres divinités qu’ils désignent sous des noms grecs. à l’oued Itel. 4.). Peut-être aussi à Tyout.. p. fig. 8. c. Pour Khangel el Hadjar. I. 42. du Sud oranais(5) montrent des hommes et des femmes(6). 45. fig. XX. Tantôt les mains sont ouvertes et vides. l. IV . de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. Blanchet. pl. LXXXIX. Moghar. Vigneral. pl. de phénicien par Paul Orose (V. les bras plus ou moins levés(7). Delmas. 330. I. de Constantine. On constate déjà cette attitude en Espagne sur des images qui datent des . Rec. 199. rayés de stries. de la Société d’anthropologie de Lyon. A Ksar el Ahmar. 3. n. voir plus haut. d’autre part. Bull. 8). 1 . dans des régions plus orientales . Monuments antiques de l’Algérie. Nous étudierons plus tard ces textes. A Ksar el Ahmar. n. et p. c. p. Les dieux qu’ils mentionnent n’ont peut-être pas été tous adorés dans la contrée que nous appelons la Berbérie. 12 . le sexe d’une femme est indiqué très nettement (Pomel. 8. 10. Si la connaissance des divinités des temps préhistoriques nous échappe presque complètement. XXXIII. Des gravures rupestres d’El Haria (à l’Est de Constantine)(2). Flamand. Ruines romaines du cercle de Guelma. 4). 10.). II. à l’oued Itel. IX. de l’oued Itel (au Sud-Ouest de Biskra)(4). l. se tenant debout ou fléchissant les genoux. 5. Tyout. fig. beaucoup mieux connus des Grecs. il est possible que l’épithète « libyque » n’indique pas toujours une origine indigène. des objets ovales. 304. p. à la p.). Hérodote et des auteurs plus récents signalent chez les Libyens. c.

la Caverne d’Altamira. mais un homme marchant « à quatre pattes ». 1910. de Constantine. fig. de Lyon. à l’ouadi el Cheil. Fabre (Bull. n. 4. p. 257 . flanqués de petits trous(8).. s’agit-il aussi d’une posture rituelle ? Nous avons parlé des individus qui paraissent porter des masques d’animaux et qui participent peut-être sous ce déguisement à une cérémonie(5). p. p. I. existe un grand rocher en forme de table grossière. est suivi d’un mouton qui semble bien avoir été gravé en même temps : Gsell. qui s’est détaché d’une montagne . 6. Une gravure du Sud oranais (Pomel. MAGIE ET RELIGION. 41-43 . 12. Le personnage représenté parait bien être un homme. c. fig. A Ksar el Ahmar. dont le sexe n’est pas distinct. fig. p. 247-8. Singe et homme. 7. 40. Deux personnages. Dessin communiqué par M. ibid. comme le croit Pomel. de la Société de géographie de Toulouse. p. LV. voir aussi Bull. 167). 5. D’autres gravures. 106) et pl. c. les jambes écartées et les mains levées(4) . On a voulu y voir un lieu saint. Revue de l’histoire des religions. fig. 1. 3e série. 2. Rec. ART. XXXVIII. Près de Tiaret (dans le département d’Oran)(7). I. pl. A Khanguet el Hadjar. 50-58. Sontce des animaux destinés à être sacrifiés ? Il serait bien téméraire de l’affirmer. X. l. plus haut. Manuel d’archéologie préhistorique. Monuments. 221. XXXIII. 1899. fig. I. 52). à Er Richa(2) (dans le Sud oranais) et à l’oued Itel(3) représentent de face des gens assis. p. p. . n° 6 . p. 2. Flamand. Bull. 8. un homme. entre Mizda et Ghadamès : « une femme nue dans une posture très indécente » (Rohlfs. l. à trois kilomètres de . dont l’un est certainement de sexe féminin.. dans Archives des missions. 1883. 1883. VII. 130 et planche) signale. levant les bras et tenant une hache. d’une haute antiquité. Alende del Rio. Basset. planches aux p. M. 300 et 304 . où des sacrifices auraient été célébrés ce qui nous semble une hypothèse bien hasardée(9). A El Hadj Mimoun (Sud oranais). 11 et pl. 255 penser au geste classique de la prière et l’on peut supposer que certains d’entre eux tiennent des offrandes. la face supérieure porte trois bassins étagés. II. Il n’y a aucune image de sacrifice(6). Breuil et Sierra. Déchelette. 2). La Blanchère. les Cavernes de la région cantabrique. qui se voient à Moghar(1). Atlas archéologique de l’Algérie. p. pour imiter l’allure d’un animal. conf. à la p. pl. 45.ÉTAT SOCIAL. un personnage tient un bœuf en laisse (conf. de la Société d’anthr. 41-43. pl. 9) représente peut-être non un singe. 296-7. Voir p. 2. 4. fig. Peut-être aussi dans une grotte de la Tripolitaine. conf. un homme qui lève la main droite parait entraîner de l’autre main un quadrupède cornu (antilope ?) : Pomel. n° II. Quer durch Afrika. Flamand. Deux personnages. 1903. f° 33. 9. II. l. d’Oran. 3. planches à la p. 1904. I. ____________________ temps quaternaires : Cartailhac et Breuil.96 (à la p. — Cette femme a la tête surmoulée d’un objet qu’on a comparé à un turban.

Basset. Robert. 112-3. 26). pendant de longs siècles. I. f° 18. En Tripolitaine.256 LES TEMPS PRIMITIFS. fig. d’autres servaient sans doute à des cultes véritablement indigènes(5). Il y avait encore en Berbérie des grottes sacrées à l’époque historique. à l’entrée d’une caverne de Kef el Kherraz (Atlas archéologique de l’Algérie. d’un dessin uniforme. p. 5. de Constantine. dans quelques-unes. même au temps de saint Augustin. p. le sol. c. à une époque indéterminée. ____________________ là un rocher qui offre des dispositions analogues et qui me parait avoir servi de pressoir. 297-8. 4. 296-7 . les dessins couvrent les parois de quelques hypogées artificiels. XXXIV. 3. Rohlfs. I. Les cavernes qui. Elles ont été presque toutes tracées sur des rochers en plein air. Ce fut peut-être avec une intention religieuse que l’on traça une figure anthropomorphe à l’entrée de la grotte de Bou Zabaouine (près d’Aïn Mlila. A Timissao. Conf. I. dont quelques-unes paraissent appartenir à la série préhistorique : Gautier. l. p. p. de Constantine. ont été tracés. n° 255). Périgueux. Si l’on peut admettre que. Blanchet. c. dans Congrès préhistorique de France. Robert (Rec. Gsell. 1. 1905. 225. Nous ne savons pas de quand date cette figure : il n’est pas prouvé qu’elle soit contemporaine du mobilier néolithique recueilli à l’intérieur de la grotte. 48. formés d’un couloir d’accès et d’une ou plusieurs galeries. Rec. à l’ouadi et Cheil. dans le département de Constantine)(3). perpendiculaires au couloir et assez régulières(1). — Un grand nombre de signes. gravés et peints en rouge. se célébraient des cérémonies d’origine étrangère(4). p. 232) signale aussi deux personnages. en plein Sahara. Cependant. l. les parois et le plafond d’un abri sous roche sont couverts de gravures. Il est assez vraisemblable qu’il s’agit de l’Hercule phénicien. à l’oued Itel. Sahara algérien. XXXIII. .. 2. 1900. des gravures tapissent une grotte naturelle(2). M. à l’entrée de la grotte de Dekhlet Zitoune. près de Tanger (Méla. avaient servi d’habitations durent rester çà et là des lieux de culte. Monuments. conf. Il est à croire que des actes religieux s’accomplissaient devant ces images qui représentent des êtres divins et probablement aussi des scènes d’adoration. Tel était peut-être le cas pour une grotte consacrée à Hercule. dans la même région.

. a bien voulu mes communiquer ces documents. 215 : Hilaire. 129). 1911. III 257 _____________________ 1. . Foureau. 181-222 . p. 1892. On a signalé aussi. 41-54 (avec la bibliographie) . l’Anthropologie. 305-7 et pl. c. ART. p. voir surtout Bonnet. p. conf. De Lyon. Gautier. entre Gafsa et Tamerza : Roux. Monuments antiques de l’Algérie. note à la fig. Revue tunisienne. 2. Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris. 1903. Nous n’avons pas à étudier ici toutes les gravures sur roche de l’Afrique septentrionale(2). 97 et suiv. I. p. Bull. Etc. car je crois que de nouvelles études seraient nécessaires pour élucider leur technique et fixer leur âge.. Gautier. p. p. I. Benhazera. c. Je dois me contenter de les mentionner ici. fig. Il est certain. Documents scientifiques de la mission Foureau-Lamy. 1095. d’Oran. p. Six mois chez les Touareg du Ahaggar (Alger. M.. que beaucoup d’entre elles ne datent pas des temps dits préhistoriques. 306-311 et planches. p. Des gravures appartenant à cette série se trouvent certainement parmi celles Dans les pages précédentes. 1911. l. il y en a aussi dans le Sud du Maroc(5). Bull. 1892. Rev. Revue d’ethnographie. 1882. 498-526 . p. Ce sont celles que l’on qualifie généralement de libyco-berbères et qui se rencontrent en abondance dans le Sud oranais(3) et dans tout le Sahara(4) . 320-2 et fig. 284-292 . Constituent-elles cependant une série à peu près contemporaine de celles-ci ? ou sont-elles beaucoup plus récentes. de Constantine. Bull. l’Anthropologie. VIII. p. p. Flamand . p. Bull. 275-297 et planches. Duvaux. p. de la Soc. le même. p. 1903. XXV. Flamand. p. en effet. On peut se demander s’il s’agit bien de peintures. 31-32 : 3° dans le Sud du Djebel Amour : Maumené. 149-158 . p. et doivent-elles être comparées aux gravures libycoberbères ? J’avoue que je suis dans le doute. Rec. de géographie historique. Flamand. des images rupestres non gravées. Cartailhac et breuil. 4. Sahara algérien. 1889. qui prépare depuis vingt ans un ouvrage d’ensemble sur cette question. 5. archéologique du Comité. MAGIE ET RELIGION. 145-156 . XVIII. Flamand. ces images se distinguent nettement des gravures rupestres préhistoriques. 1904.ÉTAT SOCIAL. Bull. 340-2 et planches . D’ethnographie. III. nous avons souvent mentionné des gravures rupestres. 157 . oxydée à la surface par les agents atmosphériques (comme le croit M. 3. p. . Par leur style. dont il convient de parler d’une manière plus détaillée(1). 1901. III. 1897. mais peintes en rouge ou en rouge-brun : 1° au Sud-Est de Constantine : Bosco et Solignac. Sur ces gravures. : le même. Bull. passim. 152-3. 1908). XX. p. archéologique du Comité. p. et non de raclages qui auraient fait apparaître la couleur naturelle rouge de la roche de grès. XX. 1901. 160-2. 1901. d’anthr. 153-4. la Caverne d’Altamira. en divers lieux. Flamand. Gsell. 388-392. 132 et suiv. p. 2° au djebel Blidji. de la Société d’anthropologie de Lyon. Voir Hamy. 87-120. et VIII. Bonnet l. 213-9. 171. 1911. XLV. p. p. le même.

dont beaucoup sont montés. 183.. VIII. Flamand. 6. l. avec la planche annexe) et celles qu’a signalées Lenz (Timbokto. Bull. Ces gravures au trait sont souvent plus grandes que les autres. Or ces inscriptions offrent un alphabet intermédiaire entre l’écriture dite libyque. L’abondance des images de dromadaires prouve que ces animaux étaient très répandus dans le Sud du Maghrib et dans le Sahara qui nous reporte à des temps postérieurs au Haut-Empire romain. et celle dont les Touaregs du Sahara se servent de nos jours. Gautier. c. . 115. p. 1903. Foureau. Dans le Nord de l’Aïr. fantassins et cavaliers. de la Société de géographie. c. 5. 143-4 . etc. une inscription arabe d’un type très ancien a paru à M. usitée dans l’Afrique septentrionale à l’époque romaine. c. 2. Flamand. à l’intérieur desquels la surface du rocher a été souvent grattée(2). II. qui recouvrent des figures : voir.. p. 129 et suiv. Les instruments employés étaient en pierre(3). des autruches et probablement d’autres oiseaux. des girafes (dans le Sahara central)(4). 118. 1907. Bull. III. quelquefois bâtés. note à la p. comme l’indiquent l’identité de facture et aussi l’identité de patine. p. Chudeau(6) appartenir à la même époque que les ____________________ dont les estampages ont été pris par le rabbin Mardochée (Duveyrier. de géographie historique. p. 1095 et 1096. conf. des chiens. Les figures sont très fréquemment accompagnées d’inscriptions en lettres dites tifinagh. 286. Les sujets représentés sont des guerriers. des bœufs. des dromadaires. p. minces et d’un dessin moins barbare. des mouflons. des lézards. d’anthr. XX. pour une bonne part. peu profond. p. par exemple. contemporaines des images(5). Bull. que l’on trouve dans le Sahara. 152. l. 1876. de la Soc. 153 . 11) : conf. Gautier l. 4. cependant. De Lyon. qui doivent être.. Bull. p. de la Soc.258 LES TEMPS PRIMITIFS. 114. p. Gautier. Gautier. 3. Bonnet. l’Anthropologie. 119. qui tiennent un bouclier et plusieurs javelines. qui ne donne que des contours vagues et d’ordinaire fort incorrects(1). 115-6. sont pour la plupart tracées en un pointillé grossier. Ces images. p. Flamand. consistent en des traits continus. 501. c.. p. p. des antilopes. II. p. l. Il y en a de plus récentes. p.. de petites dimensions. 1. D’autres. 112. d’anthropologie de Paris.

131 et 133 . 259 ____________________ 1. Bonnet. MAGIE ET RELIGION. 2. p. ART. conf. aux p. l’Anthropologie. 150. 132 et fig. d’anthr. Il faut donc distinguer deux séries : l’une ancienne. l’Anthropologie. gravures libyco-berbères qu elle accompagne(1). ensuite parte qu’elles nous donnent un indice sur l’époque des autres gravures rupestres. p. 87-88. les indigènes d’aujourd’hui ne les comprennent plus. de celles qui peuvent être appelées préhistoriques. p. Comme l’observe M. à la p. surtout par le dromadaire.ÉTAT SOCIAL. 114-5 (Ahaggar). Voir Hamy. 154. III. c. de géographie historique. que les plus récentes datent seulement de quelques siècles(2). il n’y a pas à tenir compte de la prétendue aversion des musulmans pour les images d’êtres animés . Flamand. 152. p. On peut d’ailleurs admettre que ces figures et ces inscriptions s’échelonnent sur une période assez longue.. 87. ces gravures ont pu être détruites par les pluies dans les régions humides du Tell plus facilement que dans les pays secs où on les rencontre encore en abondance. Gautier. de la Soc.. l. 2 3. En divers lieux(3). p . p. p. il est probable qu’entre ces deux époques l’usage de graver des images rupestres ne s’est jamais complètement perdu : des recherches et des examens attentifs permettront sans doute de constituer une strie intermédiaire(5). 287). De Lyon. l’autre.. Dans le département de Constan- . c. 1905. elles recouvrent ces dernières. 208. p. 154 : le même. En général. c. Bull. 294. Dans cette question de chronologie. l. 153 et fig. Bonnet. Bull. comme nous le verrues. 5. l. Chudeau (Sahara soudanais. Les gravures préhistoriques sont assez rares dans les pays voisins de la Méditerranée(6). par un tracé large et profond et par une faune qui a en partie disparu de l’Afrique septentrionale . 157 . Il était utile de parler brièvement des gravures libyco-berbères. XX. n. c. Flamand. l. p. Conf. 120. 2. 110-2 (Mouidir. les inscriptions arabes tracées auprès des figures et inscriptions libyco-berbères sont plus récentes qu’elles. III. 6. caractérisée. Gautier. Quant aux tifinagh. Ahmet). Flamand. Du reste. p. 4. dont la patine très sombre est toute différente(4) et auxquelles elles sont certainement bien postérieures.. d’abord pour montrer que les renseignements qu’elles nous apportent ne concernent en rien les Africains primitifs. par le dessin en pointillé ou en traits minces et par une faune qui existe encore dans le pays.

un bœuf à grandes cornes et peut-être un mouton : Bull. 43-44 . p. 306 et fig. 13). 289-291). A une cinquantaine de mètres de là. l. El Hadj Mimoun (Hamy. de Géryville(6). I. 256. p. 45) . Bosco et Solignac. etc. p. 1901. plus au SudOuest (Barthélemy et Capitan. p. p. 108) .. 46). p. XXXV... c. Gsell. c. à Kef Messiouer(2) . elles ont été étudiées avec soin et distinguées des graffites libyco-berbères. il y en a aussi dans les régions d’El Haria et du Kroub (à l’Est et au Sud-Est de Constantine)(3). 1902. à la p. XII.. p. Les stations actuellement connues sont énumérées par Flamand. . 47 (avec la bibliographie). aux abords de l’oued Zousfana et de la haute Saoura(9). 87-93).. 324.260 LES TEMPS PRIMITIFS. ibid. de Kef Mektouha et des environs d’Er Richa (en particulier à Enarfous). Stations de Bou Alem (Gsell. p. de Ksar el Ahmar. 8. 1906. p. El Aouedj. IX. 1911. Revue de l’École d’anthropologie. IX et X (dessins qui ne sont pas très exacts. de Guebar Rechim (ibid.. 1888. 4. et non loin de là. pl. autres gravures (gazelles. n. Vigneral. 333 et suiv. p. tine. Bull. 10. p. XX. 188-9 et 205. 2. Il n’en a pas été de même des gravures sur roche du Sud du ____________________ 1. on en connaît au lieu dit Khanguet el Hadjar (au Sud-Ouest de Guelma(1)). 1892. Tyout (ibid. archéologique du Comité 1904. près de Keragda (ibid. Bull. de Constantine. d’anthr. représentant deux chevaux. 6.. d’Aïn ed Douis. p. 5. Revue d’ethnographie. Bull. Aïn Memmouna. avec la bibliographie) : Moghar el Thatani (ibid. I. pl. 100-101). p. XXVII. 139-147 . Ruines romaines du cercle de Guelma. p. 192-3). 301-5. p. et planches (conf. 41-43 et fig. S’agit-il de gravures préhistoriques ? Je ne les ai pas vues. Gsell. entre Beni Abbès el Kerzaz (Gautier. 98-99) : Hadjra Meklouha sur la Saoura. Maumené. 45 et fig. Sahara algérien. d’Aïn Sefra(7) cet. 47-48 et fig. 3. Barrebi.. au Sud-Est. p. autruches) : Atlas archéologique de l’Algérie. 11). 12). p. 3) ne sont peut-être pas de la même époque que les images de Khanguet el Hadjar et de Kef Messiouer. p. XLV. ajouter à la bibliographie Jacquot. 46-47 et fig. XVI. conf. près de Figuig(8). De Lyon. de Constantine. n° 255. 14 . l. 105. On en retrouve au delà de cette ville. dans le Sahara. Djebel Mahisserat (ibid. Elles abondent au contraire dans les montagnes de l’Atlas saharien. p. fig. Rec. de la Soc. 9. Revue de l’École d’anthropologie. Laborde. p. 131-4. entre Zousfana et le guir (Gautier. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie. plus au Sud-Ouest. — Les grossières figures tracées à l’entrée des grottes de Bou Zabaouine et de Dekhlel Zitoune (voir plus haut.. au Sud de la province d’Oran (djebel Amour et monts des Ksours)(4) : dans les régions d’Aflou(5). 1882. Dans ces pays. des « dessins libyques ». 1902. Voir Delmas. 45-46 et fig. Les principales stations sont celles d’Aïn Slissifa. f° 18. 94-97) . p. d’Asia. — On signale encore dans la région située entre Guelma et Constantine. archéologique du Comité. Rec. de Tazina (ibid. l. Oued Dermel : col de Zenaga (Gautier. dans l’oasis de Taghit (Gautier. Monuments.. p. c. 98. 87 et 88) . 1.. 7.

ÉTAT SOCIAL. MAGIE ET RELIGION. ART.

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____________________ 1. Duveyrier, d’après les estampages du rabbin Mardochée, Bull. de la Société de géographie, 1876, II, p. 129-146 et planche. Douls, ibid., 1888, p. 456. Lenz, Timbuktu, II, pl. 11. Ces trois auteurs mentionnent l’éléphant parmi les animaux représentés ; Duveyrier indique aussi le rhinocéros, Douls, l’hippopotame. 2. Blanchet, Rec. de Constantine, XXXIII, 1899, p. 294-310 et planches. Gsell, l. c., p. 48-49. Voir aussi Rec. de Constantine, XXXVIII, planches à la p. 167. 3. Elles y semble rares : Gautier, l. c., p. 120 et 135. Il y en a peut-être à la gara Bou Douan, dans le Tadmaït (Flamand, Bull. de géographie historique, 1905, p. 290 et pl. X, n° 8), et à l’oued Taghit, dans l’Ahnel (Gautier, p. 104, 105). Gautier, p. 104, 105). Gautier (p. 112-3) en signale à Timissao, dans le Tanezrouft ; Foureau (Documents, p. 1071, fig. 380), dans le Tassili. — En Tripolitaine, à l’ouadi el Cheil, entre Mizda et Ghadamès, Rohlfs (Quer darch Afrika, I, p. 52) indique, sur les parois d’une caverne, des figures grossières, représentant des éléphants, des chameaux, des antilopes, une femmes : il y a là probablement des gravures préhistoriques et des graffites libyco-berbères (Rohlfs note cependant l’absence de tillnagh). — Pour les gravures de Telliz Zarhène, dans la région de Ghat, voir Barth, Reisen und Entdeckungen, I, p. 210-7. Les personnages à tête d’animal (conf. plus haut, p. 247) et sans doute aussi des bœufs appartiennent à la série ancienne, mais il doit y avoir des gravures plus récentes ; Barth signale en ce lieu de nombreux tillnagh. — Nachtigal (Sahara und Sudan, I, p. 307-9) a vu dans le Tibesti, sur des rochers du fleuve des Gazelles, des gravures représentant surtout des bœufs. Une figure humaine, isolée, est un guerrier tenant une lance et un bouclier. Une image de chameau, fort mal dessinée, a paru à Nachtigal plus récente que les bœufs. Peut-être faut-il distinguer en effet deux séries d’époques différentes ; mais la plus ancienne est-elle contemporaine de nos gravures préhistoriques ? — Les gravures d’Anaï (au Sud du Fezzan), qu’on a signalées à Duveyrier (Touareg du Nord, p. 221, 458), représentaient des bœufs à bosse, traînant des chariots. Il est probable qu’elles n’appartiennent pas à la série préhistorique. 4. Voir plus haut, p. 259, n. 5. 5. A Hadjra Mekouta, sur la Saoura : Gautier, p. 100. Les grottes de l’oued Itel ont été taillées dans des bancs calcaires : Blanchet, l. c., 295. Les gravures sur calcaire

Maroc, signalées dans le Sous, dans l’Anti-Atlas et au Sud de l’oued Draa(1). Les indications données par quelques voyageurs ne peuvent donc être utilisées qu’avec réserve. A la lisière septentrionale du Sahara constantinois, au SudOuest de Biskra, dans un ravin voisin de l’oued Itel, il existe un groupe intéressant d’images, qui appartiennent a la série ancienne(2). Il y a aussi quelques gravures dites préhistoriques à l’intérieur même du grand désert(3). Mais le nombre des dessins récents (avec figures de dromadaires) est infiniment plus élevé. D’autres appartiennent peut-être à une période intermédiaire(4). Ces images, tracées sur des grès (sauf de rares exceptions, où la roche est calcaire(5)), décorent presque toutes des parois

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verticales, qui, fréquemment, dominent des points d’eau. A Khanguet el Hadjar, elles couvrent les deux faces d’un vaste rocher (la face principale mesure à peu près 17 mètres de long), à l’entrée d’une gorge et au-dessus d’une, source. A Tyout, elles occupent une paroi longue d’environ 75 mètres, haute de 20. Il est rare qu’elles soient gravées sur des surfaces horizontales, comme à Moghar et Tathani, où elles s’étalent sur une longe série de roches, parsemant le plateau qui domine l’oasis; comme aussi à Aïn Memnouna(1). Nous avons dit qu’elles tapissent, à l’oued Itel, des grottes faites de main d’homme et; ailleurs, des cavités naturelles(2). On s’est rendu compte, surtout dans le Sud oranais, de la technique employée(3). Un trait léger indiquait d’abord l’ensemble de la figure. Sur cette esquisse, l’artisan exécutait, à l’aide d’un poinçon, un pointillé fortement accusé, qu’il polissait ensuite avec soin, de manière à produire un trait régulier, continu, « très net, large de 1 centimètre à 1 centimètre et demi, profond de 10 millimètres, évasé à sa partie supérieure, jamais anguleux, lisse et parfaitement poli ; il semble avoir été obtenu parle frottement prolongé d’un instrument à extrémité mousse(4) ». Cet outil ne pouvait être ni en bois, ni en métal, car il aurait été soit trop mou pour entamer le grès, soit trop tranchant; il était nécessairement en pierre, connue aussi, sans doute, la
____________________ que Lenz (l. c.) a vues dans l’Anti-Atlas paraissent être en général libyco-berbères ; celles de Tilmas Djelguem, dans le Tadmaït (Flamand, la Géographie, 1900, I, p. 362), sont aussi d’un type récent. — M. Gautier (p. 48-49) fait remarquer que les gravures sur calcaire ont pu être beaucoup plus nombreuses, le calcaire résistant mois à la pluie que le grès. 1. Gautier, l. c., p. 98. Il signale aussi des gravures sur des surfaces horizontales au col de Zenaga (p. 88). — Il y en avait peut-être un plus grand nombre plus exposés à la pluie que les gravures tracées dans le sens vertical, elles risquaient plus de disparaître. 2. Supra, p. 256. 3. Bonnet, Revue d’ethnographie, VIII, 1889, p. 152. Flamand, l’Anthropologie, III, 1892, p. 149-150. Maumené, Bull. archéologique du Comité, 1901, p. 301. Conf., pour les gravures de la région de Constantine, Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, p. 337 et 339. 4. Bonnet. l. c.

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pointe et le poinçon employés préalablement. On a constaté quelquefois un polissage de la roche à l’intérieur des contours(1). Les dimensions des images sont fort variables. Généralement, elles sont plus petites que nature. Il y a cependant des exceptions : par exemple à Kef Messiouer(2). A notre connaissance, des plantes, des arbres, des fleurs n’apparaissent nulle part : on sait du reste que les primitifs reproduisent rarement les végétaux. Partout, au contraire, des animaux, sauvages ou domestiques ; nous avons mentionné les espèces représentées(3). Ce ne sont guère que des quadrupèdes ; sauf des autruches, les oiseaux sont rares(4) ; les reptiles sont exceptionnels(5). Nous avons parlé aussi des hommes et de leurs attitudes(6). Il y a quelques objets isolés. A Asla, on reconnaît une hache, un bouclier(7) et peut-être des boumerangs(8). A Moghar, deux images énigmatiques sont formées de lignes croisées on enchevêtrées(9).

____________________ 1. Bonnet, p. 150 (à Tyout). Flamand, apud Pomel, Singe et homme, p. 20 (à Ksar el Ahmar), Gautier, p. 92 (à Zenaga). MM. Bosco et Solignac (l. c., p. 341, 342) indiquent, dans la région de Constantine, quelques gravures dont les creux offriraient quelques vestiges d’une couleur rouge-brun. S’agit-il bien d’une coloration intentionnelle, destinée à faire ressortir les images ? ou ne serait-ce pas la teinte naturelle de la roche au-dessous de la croûte plus foncée qui forme la surface ? dans ce cas, les traits qui apparaissent en rouge auraient, pour telle ou telle raison, été préservés de la patine qui a donné aux autres traits une couleur sombre. 2. A Ksar el Ahmar, une femme mesure 1 m. 35 ; Flamand, l’Anthropologie, III, p. 148. A Zeunga, les figures sont souvent de grandeur naturelle ; Gautier, p. 88. Etc. 3. Supra, p. 106-7, pour les animaux sauvages. — p. 217 (chien), 219-220 (bœuf), 225-6 (mouton et chèvre), 228 (âne), 231 (cheval). 4. Échassier indéterminé à Ksar el Ahmar : Pomel, Babalus antiquus, pl. X, fig. 1. Outarde à Tyout, selon Bonnet (l. c., 156) ; Pomel (Singe et homme, p. 18 et pl. II, fig. 2) indique aussi à Tyout un oiseau qu’il désigne dubitativement sous le nom d’outarde ; j’y verrais plutôt une autruche. Deux oiseaux indéterminés à Moghar : Jacquot, Revue de l’École d’anthropologie, XVI, 1906, p. 289, fig. 97 (conf. Bull. de la Société de géographie de Toulouse, II, 1883, pl. 2, à la p. 40). Voir aussi Duveyrier, Bull. de la Société de géographie de Paris, 1876, II, planche jointe au mémoires de p. 120-146, nos 42 et 45. 5. M. Bonnet (l. c., p. 156) indique une vipère à cornes à Tyout ; M. Maumené (l. c., p. 301), une ébauche de serpent à Aïn Silssifa. 6. Supra, p. 201-3 et 254-5. 7.Pomel, Singe et homme, pl. I, fig. 7 et 9. 8. Pomel, ibid., fig. 5 et 6. Conf. plus haut, p. 202. 9. L’un de ces objets est reproduit par Bonnet, l. c., p. 152, fig. 5 : sphère aplatie,

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____________________ rayée de traits qui ne croisent et pourvue de trois appendices allongés ; on peut ;ce demander si ce n’est pas une sorte de coiffure, destinée à un animal sacré. Pour l’autre, voir Jacquot, Revue de l’École d’anthropologie, XVI, p. 206, fig. 98 (conf. Bull. de la Soc. d’ethnographie de Toulouse, II, pl. 2, à droite, en haut), — Voir aussi Jacquot, 1, c., p. 289, fig. 97 (eu bas) : deux objets indéterminés, de forme allongée. Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 199, fig. IV (en bas à gauche) : objet allongé, qui semble être attaché par une corde (peut-être à la jambe d’un personnage). Pomel, l. c., pl. II, fig. 6 (et p. 22) : peut-être une coquille (conf. supra, p. 210, n. 5). — Dans la région de Constantine, il y a aussi des figures énigmatiques, formés de lignes enchevêtrées : Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, pl. V et VI, à la p. 340. 1. En particulier pour les extrémités. 2. Gsell, Monuments, I, p. 48, fig. 14. 3. Gsell, ibid., p. 46, fig. 13. Zeitschrift für Ethnologie, XL, 1908, fig. à la p. 92. 4. Pomel, Éléphants quaternaires, pl. XIV. Fig. 4 (Guebar Rechim) ; pl. XV, fig. 6 (djebel Mahisserat). 5. Pomel, Rabalus antiquus, pl. X ; Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 191, 195, 197, fig. 1-m (Ennefous, Tazina, Ksar el Ahmar).

Les animaux se présentent de profil; les hommes, au contraire, sont fréquemment de face. Les figures se réduisent d’ordinaire à des contours, à de simples silhouettes; parfois, quelques détails intérieurs sont sommairement indiqués : yeux, poils, ligne des hanches, etc. Le dessin est presque toujours enfantin, gauche, incorrect(1). Ces images sont assurément très supérieures aux graffites libyco-berbères, mais elles ne peuvent en aucune manière soutenir la comparaison avec les admirables œuvres de peinture, de gravure et de sculpture que les troglodytes quaternaires de l’Europe occidentale nous ont laissées. Bien souvent, il est impossible de distinguer l’animal que l’ « artiste » a voulu représenter. Il y a pourtant des exceptions. Les lions, les chacals et le sanglier de Kef Messiouer(2), le bélier sacré de Bou Alem(3), des éléphants(4) et des buffles(5) de plusieurs stations du Sud oranais révèlent des dons d’observation assez remarquables : un profil ferme et net rend avec bonheur l’aspect des animaux, parfois même leur attitude dans tel ou tel mouvement. Il semble bien qu’en général les images gravées dans chaque station aient été exécutées séparément. En quelques lieux, surtout à Tyout et à Khanguet el Hadljar, les ligures, fort nom-

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breuses, s’offrent dans le plus grand désordre, avec des dimensions très diverses, en différents sens ; quelquefois même elles se coupent et se mêlent. Cependant ou trouve çà et là des scènes à plusieurs acteurs, des tableaux composés. A Ennefous, près d’Er Richa, c’est lui combat de deux grands buffles(1) ; à Aïn Slissifa, un éléphant protégeant un éléphanteau contre une panthère, en présence d’un autre éléphant(2) : à Kef Messiouer, la curée du sanglier par une famille de lions, tandis que plusieurs chacals semblent attendre le moment de se jeter sur les restes(3) (le tableau comprend dix figures) ; à Guebar Rechim et au djebel Mahisserat, ce sont des troupeaux d’éléphants, s’avançant en file(4) ; à Tyout, des chasseurs, accompagnés de chiens et visant de leur arc quelque gibier, autruche ou quadrupède(5) ; à l’oued Itel, trois personnages alignés, dont la main gauche levée porte peut-être une offrande(6) ; à Telliz Zarhène, deux guerriers couverts, semble-t-il, de masques d’animaux et se faisant vis-à-vis dans une danse sacrée(7). Les gravures que nous venons d’étudier se répartissent sur une longue suite d’années, sans doute sur plusieurs siècles. Leur abondance en certains endroits, les recoupements que nous avons signalés attestent que de nombreuses générations ont passé par là. Mais il est difficile d’établir la chronologie de
____________________ 1. Flamand, l. c., p. 191, fig. I (reproduite dans la Revue de l’École d’anthropologie, XII, 1902, p. 169, fig. 60 ; dans la Zeitschrift für Ethnologie, l. c., fig. à la p. 91 ; dans Déchelette, Manuel d’archéologie préhistorique, I, p. 267, fig. 169) ; conf. Maumené, Bull. archéologique du Comité, 1901, p. 303, fig. 3. 2. Delmas, Bull. de la Société dauphinoise d’ethnologie et d’anthropologie, IX, 1902, p. 135, fig. I ; Maumené, l. c., p. 301, fig. 1). 3. Voir supra, p. 260, n. 2. — Sur la croyance, commune à divers peuples, que les chacals sont les serviteurs des lions et mangent leurs restes, voir O. Keller, Thiere des classischen Alterthums, p. 192. 4. Flamand, l’Anthropologie, III, 1892, p. 149, fig. 1. Tissot, Géographie, l. p. 372, fig. 41 ; conf. Gsell, l. c., p. 45. 5. Gsell, l. c., p. 42, fig. 10 ; conf. Pomel, Singe et homme, pl. II, fig. 2 et 3. 6. Rec. de Constantine, XXXIII, 1890, pl. à la p. 304. — Sur une gravure de la région d’El Haria, à l’Est de Constantine, il y a aussi, autant qu’il semble, trois personnages debout, alignés : ibid., XLV, 1911, pl. III, à la p. 336. 7. Barth, Reisen, I, fig. à la p. 210.

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____________________ 1. conf. supra, p. 54. 2. Qu’admat M. Flamand (Recherches géologiques et géographiques sur le Haut Pays de l’Oranie, p. 728 et 746). Tout en reconnaissant sur ces gravures la présence d’avidés et de chiens domestiqués, et d’une hache « dont la silhouette est tout à fait celle d’une hache néolithique emmanchée », il croit qu’elles « sont du pléistocène récent, c’est-à-dire quaternaires, et non actuelles ; elles remontent donc à une très haute antiquité ». Je regrette de ne pas pouvoir adopter cette opinion. 3. Voir p. 74-75. 4. Supra, p. 201. 5. P. 233. 6. P. 250 et suiv. 7. Il y aurait lieu aussi d’invoquer la forme des boucliers à échancrures latérales (conf. p. 203, n. 2), si cette forme n’avait pu être inventée dans diverses régions, restées sans relations entre elles. — Le bouclier rond ne parait pas avoir été en usage dans les pays méditerranéens avant les derniers siècles du second millénaire (A. J.-Reinach, Revue

cet art primitif. Constater par l’examen des patines que, dans le Sud oranais, les figures anciennes sont bien antérieures aux graffites libyco-berbères, cela permet seulement de dire qu’elles doivent remonter au moins au premier millénaire avant J.C. La faune représentée dans cette région, et aussi dans le sud du Maroc, comprend des espèces aujourd’hui disparues et qui avaient probablement besoin d’un climat plus humide que le climat actuel(1). Mais ce n’est pas une preuve d’une antiquité très reculée(2) : nous savons que l’éléphant existait encore dans l’Afrique septentrionale au début de notre ère(3). Nous avons dit que les hommes qui tracèrent ces images avaient des animaux domestiques, chiens, moutons, chèvres, bœufs, chevaux ; qu’ils se servaient, autant qu’il semble, de haches emmanchées, identiques à celles que l’on trouve dans les stations néolithiques récentes ; que quelques-unes de ces stations ont dû être habitées par eux(4). Peut-être est-il permis de préciser davantage, si l’on admet avec nous que le cheval ait été introduit d’Égypte en Berbérie(5) et que les béliers coiffés d’un disque soient des images du dieu égyptien Ammon(6), Il deviendrait vraisemblable que les gravures représentant des chevaux et les béliers sacrés ne sont pas antérieures au Nouvel Empire, qu’elles ne datent guère que de la deuxième moitié du second millénaire(7). D’autres

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____________________ archéologique, 1910, I, p. 28 et 29 ; conf. Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 208-9). Nous aurions peut-être là un indice chronologique, s’il était certain que cette arme ait été figurée à Asla (voir p. 202, n. 10). 1. Déchelette, Manuel, II, p. 492 et suiv. On peut observer que de images d’hommes gravées ou peintes de la région de Constantine (Bosco et Solignac, Rec. de Constantine, XLV, 1911, pl. IV, à la p. 338) rappellent assez, par leur style schématique, celles des Alpes Maritimes (conf., par exemple, Issel, Liguria preistorica, dans Atti della Societa ligure di storia patria, XL, 1908, p. 472-3). Mais je ne sais si elles sont contemporaines des gravures certainement préhistoriques de la même région. — MM. Capitan, Breuil et Charbonneau-Lassy ont étudié des gravures rupestres, d’époque indéterminée, qui se trouvent à la Vaulx, en Vendée (Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions, 1904, p. 132-155). Ils disent au sujet des figures de quadrupèdes (p. 140) : « Leur stylisation est extrême, et, chose singulière, rappelle absolument celle de certaines gravures rupestres d’Algérie. » Si l’on tient à cette comparaison, elle doit s’appliquer aux graffites libyco-berbères, et non aux gravures préhistoriques. 2. Entre Edfou et Silsitis : voir de Morgan (d’après Legrain), Recherches sur les origines de l’Égypte, I, p. 163-4 et fig. 487-492 ; Capart, les Débuts de l’art en Égypte, p. 194 et suiv. Près d’Assouan : Schweinfurth, Zeitschrift für Ethnologie, XLIV, 1912, p. 627-678. 3. Weigall, a Report on the antiquities of Lowwer Nubia (Oxford, 1907), en particulier pl. XXXVII et LXVII. 4. M. Capari le remarque (l. c., p. 108). — De quand datent ces images ? On ne saurait le dire. Leur style rappelle beaucoup celui des gravures et des peinture tracées sur des vases égyptiens qui peuvent être attribués au quatrième millénaire (conf. Capart, p. 194 et fig. 101, à la p. 134). Mais cela ne prouve pas qu’elles soient de la même époque. En tout cas, il me parait impossible, malgré la ressemblance des styles, de faire remonter aussi haut les gravures rupestres de la Berbérie.

dessins de la série dite préhistorique peuvent être plus anciens ou plus récents. Des Gravures ont été tracées sur des rochers à des époques et dans des régions très diverses. Elles sont généralement fort différentes des nôtres, même celles de Suède et des Alpes maritimes, qui, elles aussi, pourraient dater en partie du second millénaire(1). On connaît fort mal les images rupestres qui existent le long du Nil, dans la Haute Égypte(2) et en Nubie(3). Il faut cependant les mentionner ici, car celles qui paraissent être les plus anciennes et qui représentent, entre autres animaux, des éléphants et des girafes, rappellent les gravures oranaises par leur technique et par leur style(4). Mais, même si ces ressemblances ne doivent pas être imputées au hasard, on ne saurait en conclure que les hommes qui ont tracé ces figures aient été

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_____________________ 1. Touareg du Nord, p. 279-280 ; Bull. de la Société de géographie, 1876, II, p. 144 ; Compte rendu des séances de la société de géographie, 1882, p. 50-57 2. Par exemple La Blanchère, Bull. de correspondance africaine, I, 1882-3, p. 356-8. 3. Les images d’hommes qu’on rencontre sur les gravures sont si sommaires et si imparfaites qu’elles ne peuvent rien nous apprendre à cet égard. Notons cependant que Rohlfs (Quer darch Afrika, I, p. 52) a cru reconnaître le type nègre chez une femme représentée dans une grotte de l’intérieur de la Tripolitaine. 4. Voir plus loin, chap. IV. 5. Conf., pour les gravures et peintures quaternaires d’Europe, S. Reinach, Cultes, mythes et religions, I, p. 132 ; Déchelette, Manuel, I, p. 268-271. 6. Reinach, l. c., p. 132-3. M. Reinach (ibid., p. 126) remarque que les animaux

apparentés. Duveyrier(1) et d’autres après lui(2) ont voulu attribuer celles de l’Afrique septentrionale à des populations noires(3). Il est vrai qu’à l’époque historique des Éthiopiens occupaient les parties habitables du désert, au Sud de la Berbérie(4). Il en était sans doute de même dans des temps plus reculés et, malgré l’absence de preuves, nous pourrions admettre que les gravures du Sahara, du sud marocain, peut-être celles du Sud oranais ont été faites par des noirs. Mais nous n’avons point les mêmes raisons de croire que des Éthiopiens aient tracé celles des régions de Constantine et de Guelma. Il n’y a pas à faire intervenir l’anthropologie dans cette question, pas plus que dans celle des dolmens et dans d’autres encore où elle a été imprudemment invoquée. L’exécution de ces dessins exigeait un travail long et pénible. Ceux qui les ont tracés obéissaient évidemment à d’autres mobiles qu’à un simple instinct d’imitation(5). Le caractère religieux de plusieurs figures n’est pas contestable : nous l’avons montré pour les béliers coiffés d’un disque. Nous avons indiqué aussi que les attitudes de certains personnages semblent rituelles, que des scènes paraissent être des mascarades sacrées. Nous avons dit encore que les croyances de la magie sympathique expliquent peut-être une bonne partie des gravures : possédant les images des animaux, les hommes pensaient pouvoir se rendre maîtres des animaux eux-mêmes, soit pour s’en nourrir(6), soit pour obtenir leur assistance, ou acquérir les qualités

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qu’ils leur prêtaient(1). Les petits tableaux de Tyout représentant des chasseurs ont pu garantir le succès des chasses véritables(2). L’image du bélier Ammon rendait le dieu présent au milieu de ses adorateurs. En fixant sur le rocher certains rites que les dévots jugeaient propres à la réalisation de leurs souhaits, ils croyaient peut-être leur assurer une efficacité permanente. Sans doute, il est impossible d’expliquer d’une manière précise la signification de la plupart des gravures. Mais c’est du coté de la religion et de la magie qu’il faut diriger les hypothèses. IV Nous terminerons ce chapitre par des indications, malheureusement trop brèves, sur des pratiques funéraires qui témoignent, sinon d’un culte des morts, pour employer un terme dont on a abusé, du moins de quelque souci des défunts. On a recueilli des ossements humains dans presque toutes les grottes occupées aux derniers temps de la civilisation paléolithique(3) et à l’époque néolithique(4). On en a rencontré aussi

____________________ figurés par l’art quaternaire européen sont exclusivement ceux dont se nourrit un peuple de chasseurs et de pêcheurs. Je ne sais si cette explication est rigoureusement vraie pour les gravures africaines. En tout cas, elle ne nous fait pas comprendre pourquoi l’on a représenté certaines scènes, telles qu’une famille de lions dévorant un sanglier, une panthère attaquant un jeune éléphant, un lion dévorant une gazelle (à Er Richa : Delmas, l. c., p. 139, fig. III), un combat de buffles, un combat de chèvres (à Guebar Rechim : Flamand, Bull. de la Soc. d’anthr. De Lyon, XX, p. 204, fig. VI). 1. On peut aussi se demander si certaines images d’animaux ne sont pas des offrandes permanentes à des divinités. 2. Plusieurs archers de Tyout sont reliés par des traits à d’autres personnages qui appartenaient peut-être à leur famille (voir p. 241, n. 2). Ceux-ci lèvent les bras : prient-ils pour l’heureuse issue de la chasse de leur parent ? 3. Pour les abris de Lalla Marnia et de Reydeyef, voir plus loin. 4. Par exemple, dans des grottes d’Oran (Pallary et Tommasini, Association française pour l’avancement des sciences, Marseille, 1891, II, p. 644), de Bougie (Debruge, ibid., Montauban, 1902, II, p. 869-872 : le même, Rec. De Constantine, XL, 1906, p. 143, 145, 146), de Khenchela (Julien, Matériaux pour l’histoire primitive de l’homme, XIII, 1877, p. 46).

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dans des stations en plein air(1). Ils apparaissent souvent en grand désordre et brisés. Ce n’est pas, nous l’avons dit(2), une preuve de cannibalisme : des squelettes ont pu être dispersés lorsque les troglodytes vidaient des cavernes encombrées. Du reste, ce désordre ne se constate pas partout. Çà et là, quelques dispositions permettent d’affirmer qu’on se trouve en présence de véritables sépultures. Dans des abris voisins de Lalla Marnia (province d’Oran), gisaient parmi des cendres des squelettes, dont la tête était placée à l’Ouest et le corps incliné sur le coté droit; plusieurs d’entre eux avaient les jambes pliées. Une pierre plate protégeait la poitrine de chaque mort(3); une autre avait été parfois placée sous le dos ou sous les reins. Toutes ces pierres, qui présentaient des traces de calcination, avaient appartenu à des foyers. La terre, mélangée de cendres, de débris de charbon et d’un grand nombre d’escargots, qui recouvrait les corps, semblait avoir été fortement tassée(4). Ces ensevelissements datent de la fin de l’époque paléolithique, comme l’indiquent les objets trouvés à l’intérieur et en avant des grottes. Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de la Tunisie) contenait, entre autres ossements humains, huit squelettes d’enfants, rassemblés dans des positions diverses; deux d’entre eux étaient cachés sous des pierres plates. Les objets qui les entouraient se rapportaient à une industrie gétulienne assez récente(5).
____________________ 1. Escargotières de la région de Tebessa (Debruge, Rec. de Constantine, XLIV, 1910, p. 67). de Châteaudun-du-Rummel (Mercier, ibid., XLI, 1907, p. 1779), d’Aïn Mlila (Thomas, Bull. de la Société des sciences physiques d’Alger, XIII, 1877, p. 1-9 [pagination particulière]). Stations néolithiques d’Aïn el Bey (Thomas, ibid., p. 40-42), de Roseville (Pallary, dans l’Homme préhistorique, III, 1903, p. 30). Etc. 3. Un squelette était même recouvert de trois pierres. 4. Barbin, Bull. d’Oran, 1910, p. 85 ; 1912, p. 308-9. 5. Gobert, dans l’Anthropologie, XXIII, 1912, p, 164. — Un autre squelette est celui d’un homme qui a été surpris et tué par un éboulement : voir Boudy, Bull. archéologique du Comité, 1906, p. CCXLVII ; Revue de L’École d’anthropologie, XX, 1910, p. 271-2.

Nous ignorons si les habitants des grottes. des sépultures contenant des squelettes repliés ont été. 1906. si ceux des stations à ciel ouvert ont aussi enterré les morts en dehors de leurs demeures. que des cavernes aient servi alternativement de séjour aux vivants et aux morts(3). il y avait des ossements humains en désordre. 5. c.PRATIQUES FUNÉRAIRES. Rec . à Bougie. qui ont pu appartenir au même individu et être dérangés soit par un vidage partiel de l’abri. l. et au Rio Salado. au Sud-Ouest de cette ville. qui en défendaient l’accès(4). ce qui ne me sembles pas une hypothèse nécessaire. Barbin. Au cap Spartel. . 3. un des abris dont nous avons parlé était en partie barré par de grosses pierres. des restes de squelettes ont été trouvés entre de grossiers remparts de pierres(1). on en a découvert de semblables en Algérie dans des gisements néolithiques. Il pense qu’il s’agit d’une sépulture de l’époque moustérienne. selon une coutume que l’on constate dans beaucoup d’autres contrées aux époques paléolithique et néolithique. Pallary et Tommasini. p. Je n’en suis pas certain : il n’est pas prouvé que les outils en pierre trouvés aux abords des ossements (l. cependant. à proximité du continent africain. c. près de Tanger. soit par des carnassiers(2). au fond de fosses creusées dans le sol(5).. A Lalla Marnia. 1910. On a recueilli. Debruge croit à un décharnement du corps avant l’ensevelissement définitif . et qui. Debruge. l. Il est possible. Indications de M. 271 ____________________ 1. M. dans la grotte Ali Bacha. Il est donc certain qu’en Berbérie des morts ont été ensevelis dans des grottes naturelles. fig. fouillées au Cuartel. tout auprès. p. 14) appartiennent à cette époque . Pallary. 4. un crâne placé dans une sorte de niche naturelle et recouvert d’une pierre plate .. découvertes dans le voisinage de grottes qui furent habitées à l’époque Dans deux grottes à mobilier néolithique. de Constantine. 84. c. XL. 136-7. On ne doit pas répugner à la pensée que les troglodytes aient occupé des abris qui auraient été en même temps des lieux de sépulture. près d’Oran. s’est conservée chez les Guanches des Canaries jusqu’au XVe siècle de notre ère. Conf. 2.

dans Matériaux. fouillé par M.272 LES TEMPS PRIMITIFS. de Constantine. avec toute sorte de débris. 1903. 464. d’anthropologie de Lyon. p. Pallary. Déchelette. Les ossements humains étaient mêlés partout à des cendres . puisque le dépôt de parures. deux crises portaient des traces d’une coloration rouge(5). LV. Dès l’époque paléolithique. Manuel. 20 (grotte du Cnartel. 5) Dans la grotte Ali Bacha. 1875. XL. Voir. Debruge près de Bougie (Rec. à Oran). XI. l’une voisine d’Oran(3). 565 . XXXVII. Un abri sous roche. Mais il n’est pas certain que ces ensevelissements datent du temps de l’occupation des grottes. Bull. au milieu de laquelle les défunts étaient ensevelis. 135-140). p. Pallary. Revue africaine. l’autre prés de Tébessa(4). Peut-être était-ce une provision de couleur laissée au mort (conf. Grotte de la Tranchée : voir Pallary. 462. et parfois aussi d’outils ou d’armes en os et en pierre a été constaté avec certitude dans des sépultures européennes d’une période reculée du la civilisation paléolithique : témoignage de la croyance à une survie matérielle(2). Rec. XI.. Cette hypothèse est d’ailleurs fort admissible. Latapie et Reygasse : indication de M. 210). Dans des grottes occupées à l’époque néolithique. Debruge. 4. 2. 3. Des découvertes analogues ont été faites en Europe dans des tombes de l’âge de la pierre(6). p. entre autres. conf. p. et aussi plus tard (Bleicher. ____________________ néolithique. 1892. 204. il y avait une boucle en cuivre. 44). p. Il est évident que ces objets avaient été placés là pour servir de parure au mort. de la Soc. à Bougie) . I. contenait un quelette qui partait un collier composé de coquillages perforés. 1911. 6. p. instruments en pierre et en os. p. restes alimentaires(1). coquilles ayant servi à la parure. 138). Mais cette sépulture est probablement d’une époque assez récente. p. Bull. près du corps. . de Constantine. ces cendres. 1. Modestov. avaient été placés à dessein auprès des cadavres. XI. 1892. il y avait un morceau d’hématite rouge auprès d’un crâne que nous avons mentionné (Debruge. c. p. 315. On ne saurait dire non plus si les objets trouvés en contact avec les ossements. 149 (grotte Ali Bacha. de rondelles d’œufs d’Autruche. Introduction à l’histoire romaine. de la Société d’anthropologie de Lyon. consistant surtout en coquilles. 203 . de cylindres en corail et de quelques perles de coraline . mais on ne peut pas en conclure que les corps aient été déposés intentionnellement dans des foyers . l. formaient dans les grottes et dans les campements une couche plus ou moins épaisse. Grotte fouillée récemment par MM.

Debruge croit avoir trouvé deux crânes emboîtés l’un dans l’autre et bourrés d’ossements divers. Le désordre des ossements peut. Doumergue. Cartailhac. nous l’avons vu. un squelette dont. française. Je crois y avoir relevé des preuves d’incinération méthodique. 3. 2. XIII. 4. On a vu qu’à Lalla Marnia plusieurs corps avaient les jambes pliées(5). II. Dans la grotte du Mouflon. elle est très fréquente à une époque plus récente : nous indiquerons les diverses hypothèses qui ont été émises pour . II. française. p. devait être aussi appliqué aux morts. M. teindre les os avec lesquels elle entrait en contact(2). 470 . 46) a découvert un grand nombre d’ossements humains. française. Il n’est pas nécessaire de croire qu’un badigeonnage ait été fait sur les ossements mêmes. au sommet de la couche néolithique. I. 1909. Décherette. dans un grand nombre de tombes primitives. 5. Jullien (Matériaux. Supra. Dans une grotte de Khenchela. d’ordinaire brisés et pêle-mêle. Archéologie. car dans les ossements se trouvaient amoncelés dans un espace relativement restreint » : Assoc. Assoc. Cette attitude se retrouve. 580 : « C’était plutôt un lieu de sépulture qu’un lieu d’habitation. en dehors de la Berbérie. II.PRATIQUES FUNÉRAIRES. 870. p. Nantes. s’interpréter autrement. 188. Montauban. II. Dans la grotte Ali Bacha. p. Pour l’époque préhistorique. p. Conf. 1902. 1898. dans une grotte à mobilier néolithique(4) . que nous avons signalé chez les vivants(1). décharnés à la suite d’une exposition en plein air ou d’un ensevelissement provisoire : la matière colorante pouvait être déposée sur le cadavre et. 273 ____________________ 1. après la disparition des chairs. L’hypothèse du décharnement expliquerait cependant certains faits (à supposer qu’ils aient été bien observés). 303 et suiv. par des foyers qui auraient été établis sur des sépultures. mais cette découverte n’a pas fait l’objet d’un compte rendu détaillé. les grottes de Grimaldi. 822. dit-il. rien n’atteste avec évidence le rite du décharnement dans l’Afrique du Nord(3). Peut-être s’agit-il d’ossements calcinés accidentellement. L’incinération aurait été constatée a Tifrit. à Constantine. 196. p. « le corps avait été replié sur lui-même. immédiatement au-dessous d’un amas de grosses pierres. p. près de Saïda (province d’Oran). M. En Berbérie même. qui auraient appartenu à plusieurs individus (Assoc. p. L’usage des peintures corporelles. Lille. Debruge a trouvé. en Berbérie dans des sépultures qui datent des temps historiques et que nous étudierons plus tard.

Tantôt. le reste du corps étant étendu. comme à Lalla Marnia. qui sont répandues par milliers dans l’Afrique septentrionale et qui se distinguent nettement des sépultures phéniciennes et romaines. au troisième et au second millénaire avant J. Mais. désignées sous les noms de tumulus.. soit assis sur les talons ? en même temps que les jambes. toutes les sépultures africaines en pierres sèches que l’on peut dater appartiennent aux siècles qui ont immédiatement précédé et suivi l’ère chrétienne. Nous différons en effet l’étude des tombes en pierres sèches. dans l’état actuel de nos connaissances. les jambes sont simplement pliées. ____________________ 1. Que les types lie ces tombeaux remontent a une antiquité reculée. chouchets. comme les rites funéraires qu’on y rencontre. l’expliquer lorsque nous décrirons les sépultures indigènes de la période historique(1). Tantôt les genoux sont ramenés vers la poitrine. dans l’Ouest de l’Europe et dans les pays riverains de la Méditerranée occidentale.-C. .274 LES TEMPS PRIMITIFS. Notons dès maintenant que les postures varient. bazinas. dolmens. le mort ayant été soit couché sur le flanc. nous le croyons sans peine : certains d’entre eux offrent des ressemblances qui ne peuvent pas être fortuites avec des monuments élevés. les bras ont souvent été repliés.

professer les mêmes croyances.CHAPITRE IV ANTHROPOLOGIE I Quel était l’aspect de ces habitants primitifs de l’Afrique du Nord dont nous avons étudié les mœurs dans les chapitres précédents ? En essayant de répondre à cette question. mener le même genre de vie. comme on l’a fait trop souvent. tout en différant beaucoup par leur conformation physique. ethnographie sont des sciences indépendantes. Cependant. et de nombreux exemples nous apprennent que divers groupes humains peuvent parler le même idiome. comme nous le verrons tout à l’heure. On sait que les textes classiques concernant les Libyens ne sont pas antérieurs au Ve siècle avant notre ère. linguistique. qu’ils appartiennent à une période historique où ces indigènes étaient en rapports avec d’autres peuples méditerranéens. les conquérants ne paraissent guère avoir modifié le fond de la population . si nous trouvions dans les auteurs grecs et latins des descriptions précises des Africains qui vivaient de leur temps. où une partie d’entre eux subissaient des maîtres étrangers. par des considérations sur la langue et la civilisation : anthropologie. les immigrés. nous pourrions . nous nous abstiendrons de l’embrouiller.

les sujets de tel ou tel royaume . 2. d’une manière générale. p. comme certaines peintures et sculptures égyptiennes. c’està-dire les gens à la peau très foncée(1). les invoquer. Hérodote (IV. Maures. ils n’indiquent. Les gravures rupestres qui appartiennent à la période que nous étudions offrent quelques images humaines. n. les autres au Midi. ni pour le uns ni pour les autres divers groupes correspondant à un ensemble de caractères physiques. mais elles sont d’une exécution si rudimentaire qu’elles ne peuvent pas. L’examen des ossements que contiennent les grottes occupées pendant l’âge de la pierre et les sépultures construites plus tard par les autochtones fera connaître la structure anatomique des Libyens primitifs et de leurs descendants. 3. 268. Par les termes Numides. des yeux. et deux étrangers. du reste des indigènes(2). 3.. Il en est de même des stèles plus récentes qui nous montrent des indigènes. couleur et forme des cheveux. l’étude des indigènes actuels nous permettra d’indiquer ce qu’étaient leurs lointains ancêtres. Conf. Gétules. Mais ces recherches sont à peine ébauchées. p. nullement ce qu’aujourd’hui l’on se plait à appeler des races.276 LES TEMPS PRIMITIFS. les Libyens et les Éthiopiens. pour l’époque dite préhistorique. etc. . les Phéniciens et les Grecs. 299. Massyles. On peut ____________________ 1. ils distinguent en Afrique les Éthiopiens. Faute de mieux. Les représentations figurées ne compensent pas l’insuffisance des textes. habitant les uns au Nord. Masæsyles. deux indigènes. servir de documents anthropologiques(3). Mais l’anthropologie est une science moderne : les anciens ne se sont guère inquiétés d’observer minutieusement l’aspect des hommes et de les classer d’après cet aspect Si. ils désignent les habitants de telle ou telle contrée. Elles ne nous apprendront rien sur d’autres caractères importants : couleur de la peau. Voir plus loin. 197) dit nettement qu’en Libye il n’y a que quatre peuples. sans trop de témérité.

CXX. 104. compta trois mille. Lib. ou ne disposaient que d’une banlieue restreinte. le chiffre ____________________ 1. pour la plupart. 136. Les Phéniciens ont fondé sur les côtes des colonies qui. dans le demi-siècle qui précéda et dans le siècle qui suivit l’ère chrétienne. comme le service militaire durait longtemps (vingt-cinq ans). qui ne fut assurément pas la moindre de ces communes nouvelles(1). Jusqu’à Jules César. mais il ne faut point en exagérer l’importance : on a. par exemple. colons romains : Appien. . p.ANTHROPOLOGIE. ils n’instituèrent aucune colonie. la population de la Berbérie n’a pas été profondément modifiée par des éléments étrangers. — La colonie la plus importante d’Afrique. furent installées à Thamugadi. cependant il n’y a pas lieu d’admettre qu’ils aient été très nombreux. de ceux qui vinrent se fixer volontairement dans les provinces africaines. des raisons de croire que cinq cents familles. les Romains ne détinrent que le NordEst de la Tunisie et. Or les effectifs de ces armées ne devaient guère dépasser vingt-cinq mille hommes sous le Haut-Empire et. sauf une tentative malheureuse pour relever Carthage. tout au plus. Carthage ne se décida qu’après plus de trois siècles à occuper un territoire qui ne semble pas s’être étendu au delà de la Tunisie septentrionale. Nous savons très peu de choses sur cette immigration officielle. tout calcul précis est impossible . Voir Barthel. Nous devons aussi tenir compte de ceux qui obtinrent des concessions sur des territoires non coloniaux. Il est vrai que. 1911). Ce furent surtout d’anciens soldats des armées d’Afrique qui reçurent des terres non coloniales. depuis les temps historiques. surtout d’Italiens. Römische Limitation in der Provinz Africa (extrait des Bonner Jahrbücher. la fondation de quelques douzaines de colonies implanta en Afrique un certain nombre d’étrangers. étaient étroitement enfermées dans leurs murailles. rien ne prouve d’ailleurs qu’il ait été fortement colonisé par les conquérants. A leur égard. celle qu’Auguste fonda à Carthage.. 277 admettre en effet que.

corps de citoyens romains. Rec. A leur entrée dans l’Afrique du Nord. p. 1897. p. p. 170 . Le nombre des Vandales et des gens que l’on confondait sous ce nom se serait accru pendant le règne de Genséric. p. 459 . p. p. Revue africaine. Revue africaine. XXXII. II. en totalité pour la légion. Formation. Bell. par suite de l’excédent des naissances et de l’arrivée d’autres barbares (Procope. des noms nous révèle moins l’afflux d’immigrants que l’acheminement d’une partie des Africains vers la civilisation latine(1). 218-220 . jeunes gens. XXII. Bull. 62 . I. 459-460. Il n’y a sans doute aucun exemple à tenir des prétentions de certains groupes Berbères à descendre des Romains (probablement parce qu’ils ont des ruines romaines sur leur territoire. dans l’Anthropologie. sur lesquelles Ammien Marcellin. Pourtant. Depuis le IIe siècle. — en Kabylie : Féraud. 114 . vers l’année 480. ne pouvait pas fournir de forts contingents à des régions qui étaient au contraire très peuplées. Gauckler. les Vandales devaient être tout au plus deux cent mille(3). M.278 LES TEMPS PRIMITIFS. Voir. XV. Schmidt. p. 415 . 149. Selon d’autres savants (et leur opinion me parait plus vraisemblable). 1868. 20). lors de son passage en Afrique. 223 . Les cités romaines de Tunisie. Masqueray. 1898. 61-63.. Viré. 1911. I. Sur le petit nombre de Romains qui vinrent s’établir en Afrique. pour l’Aurès. Victor de Vite (I. 3. 1905. XII. Martroye. ou même simplement parce qu’ils ont conservé un vague souvenir de la domination romaine). 5. 2. XXXIX. parmi lesquelles furent comptés vieillards. Genséric. Masqueray. 1878. p. 263-4. 1885. Joly. il est évident qu’elles avaient conservé intact le sang de leurs pères(2). Byzantinische Zeitschrift. ibid. 1869. dont la natalité était faible. . 1857-8. 620-1 . p. p. 2) indique qu’un recensement ordonné par Genséric. p. 246-253 . 103-4. donna un chiffre de 80 000 personnes. p. 327-332 . Dieht. de Constantine. 164 . p. c. Procope et Corippus nous donnent quelques renseignements au IVe et au VIe siècle. enfants et esclaves. 15 . Sur cette question. le même. ibid. conf. de correspondance africaine. Malbot et Verneau. — au Nord et au Nord-Ouest de l’Aurès : Pont. — dans la région de Djelfa : Hartmayer. L’étude des mœurs. 527-8 . de Constantine. L’Italie. Revue africaine. VIII. le royaume fondé par ____________________ 1. l’Archéologie de la Tunisie. Toutain. Schmidt croit qu’il s’agit de tous ceux qui accompagnèrent Genséric. y compris les femmes. et Rec. Formation des cités de l’Algérie. les troupes furent composées de gens du pays pour une très grande part. p. XIII. Vand.) que les Vandales étaient fort loin de compter 80 000 guerriers. p. Ils ne se mêlèrent point aux Africains et lorsqu’au bout d’un siècle. des croyances. XIV. LV. l’Afrique byzantine.. p. annuel des libérés était peu élevé. voir Haury. Revue africaine.. 1882-3. ce chiffre représenterait seulement ceux que Genséric voulait faire passer pour des combattants. p. Quant aux tribus restées barbares. 1906. Victor de Vite affirme (l. 8-9. le même.

Conf. de 500 000. 279 Genséric fut anéanti. qui admettait une immigration arabe dans l’Afrique septentrionale au début du IIe siècle de notre ère : Revue africaine. 1870. Groupés dans les villes et d’ailleurs peu nombreux. bientôt même. . Tauxier. Histoire de l’Afrique septentrionale. p. trad. 297. Léon l’Africain (Description de l’Afrique. ceux qui ne disparurent pas dans la tourmente furent presque tous exilés par les Grec vainqueurs(1). Hroca. 3. les envahisseurs u’auraient mis en ligne que 3 000 combattants dans une bataille décisive. 19. 1 . sur la lisière septentrionale du Sahara. p.ANTHROPOLOGIE. 1880. I. passant par l’Éthiopie et le Sahara. jusqu’à la conquête musulmane (Slouschz. Schefer. Il en fut de même des guerriers arabes qui détruisirent la domination byzantine. exploitèrent tant bien que mal les parties des anciennes provinces romaines dont ils purent se rendre maîtres. p. Cependant elles ____________________ 1. administrèrent. dans Archives marocaines. ils ne les couvrirent pas de colons. Mais il est certain que les nouveaux venus constituèrent désormais un des éléments importants de la population. p. c. 10 . II. Revue d’anthropologie. Formation des cités. Collignon (Bull. 5. . Mercier. Cette hypothèse ne s’appuie sur aucun argument solide. p. se serraient succédé dons l’Afrique du Nord depuis les derniers siècles avant J. XXV. p. de Slane . p. Pasteurs nomades. p. 138 et suiv. Ces derniers ne laissèrent pas de traces plus durables : ils défendirent. édit. de deux millions ? Tous ces chiffres ont été indiqué(3). 319-321). p. Schimer. M.-C. 42) parle d’une invasion de 50 000 combattants et d’un nombre infini de lemmes et d’enfants. de géographie historique. Masqueray. II. de 200 000. 12 . celle des Ouled Hilal et des Ouled Soleïm. 1881. 1886. 35). Vinrent-ils au nombre de 150 000. d’après un poète cité par Ibn Khaldoun (Histoire des Berbères. Temporal. Voir Procope. I. Voir Carette. Ce fut seulement au milieu du XIe siècle que l’Afrique septentrionale eut à subir une grande invasion arabe. 397 et 434 . De nombreuses tribus se rattachent à ces envahisseurs. le Sahara.. ils se dispersèrent dans les plaines du Tell. qui. ils ne pénétrèrent pas les masses profondes des Berbères. Slouschz a eu un précurseur. 2. II. Je laisse de côté de prétendues invasions d’Arabes himyarites qui. 375 et suiv. 28. dans les steppes du haut pays. soumirent les indigènes et les convertirent à l’islamisme(2). XXIV. 3 . p. XIV. 228 et 325 remarque que. trad. 40. p. Recherches sur l’origine des principales tribus de l’Afrique septentrionale. d’un million. tous sont arbitraires(4). 1908. M. 4. 309. reprirent possession de leur pays. II. 1.

yeux grands. d’un noir de jais. à nez en museau de chèvre. Nous devons mentionner encore d’autres étrangers. Les janissaires étaient surtout des Turcs. lèvres fines. dont la plupart étaient originaires du Sud-Ouest de l’Europe. ils fondaient rarement des familles durables : ce n’est guère qu’à Tlemcen qu’ont subsisté des Koulouglis. surtout dans les massifs montagneux. 5. en Algérie et au Maroc(5). 3. à nez convexe mésorhinien : 2° type mongoloïde. . Collignon. belles dents . Conf. outre le type classique « à nez aquilin vrai ».. Ils ne se sont pas répandus en dehors de quelques villes du littoral. l. sourcils peu fournis. Les aventuriers. comme la barbe. il y eut ensuite parmi eux un grand nombre de renégats. en Tunisie.. teint mat : telles sont les principales caractéristiques de ce type(3). 2. 320-330 4. Chez les Arabes de Tunisie. On en compte plus de 60 000 en Tunisie et à peu près autant en Algérie. intacts dans la majeure partie de l’Afrique du Nord. Resterait à savoir si tous les envahisseurs dits arabes présentaient ce type : ce qui à priori est plus que douteux. c. Les Berbères se sont maintenu. M. deux types : 1° type grossier. n’ont presque rien laissé derrière eux. nez long. sont toutes plus ou moins mélangées de sang berbère et le type arabe pur y est fort rare(1). réfugiés en Berbérie . Collignon (l. figure longue et régulièrement ovale . Ils étaient déjà assez nombreux à l’époque _____________________ 1. Vite emportés par une vie de dangers et de plaisirs. métis de soldats turcs et de femmes indigènes. c. foncés et brillants. ou furent des Andalous. d’une courbe régulière. où les Arabes n’ont pas pénétré. Occiput « en point d’interrogation ». menton arrondi . bien distinct des types indigènes. mince et aquilin . de quelques garnisons de l’intérieur. venus d’Asie Mineure. soldats ou corsaires.280 LES TEMPS PRIMITIFS. 326 et suiv. p. également peu fournie. Les corsaires vinrent d’abord des rivages de la Méditerranée orientale soumis à l’empire turc. dont l’établissement en Berbérie n’a pas été la conséquence d’une conquête. Il y a environ 300 000 Juifs en Tripolitaine.) distingue. assyroïde. p. Crâne très renflé au-dessus de la nuque(2) . qui sont venus des régions les plus diverses de la Méditerranée pendant la période turque(4).

ont fondé des colonies dans des villes marocaines(4). 177) indique plusieurs tribus berbères professant le judaïsme. 1902. Téhourba. Doutté. 307 et 339 . 1-28. il en vint beaucoup. Les groupes juifs que l’on trouve actuellement dans les campagnes croient à leur origine palestinienne et certains indices pourraient faire penser qu’ils n’ont pas toujours tort : voir (sans accepter les interprétations de l’auteur) Slouschz. On a cependant des raisons de supposer que. 1910. XLIV. . Bull. d’Oran. p.. Slouschz présente dans son livre intitulé Hébraeo-Phéniciens et Judéo-Brebères (Archives marocaines. surtout de la péninsule ibérique. I. leur nombre parait dépasser de beaucoup le chiffre de 100 000. quartier des Tagarins à Alger. 178-180. Tétouan. On constaterait çà et là en Berbérie de vagues traces d’un judaïsme non talmudique. p. leur teint plus clair. à diverses reprises. l’analyse d’un travail de Fishberg. Nabeul. qui est approximativement celui de la population juive des villes importantes. 491 et suiv. qui remonterait à une époque reculée : Slouschz. c. etc. 1. Soit par atavisme. 539 et suiv.. Ces Juifs formaient des colonies distinctes du reste de la population. Ibn Khaldoun (Histoire de Berbères. Ils se distinguent des Berbères par leur physionomie plus douce. Azemmour. Collignon. chassés d’Espagne par les chrétiens vainqueurs. 6. l. Voir Monceaux. Zaghouane. La question est fort obscure. Dellys. 281 romaine et il est à croire que la plupart d’entre eux étaient de véritables Hébreux. p. XVII.. tome XIV). Blida. voir aussi dans l’Anthropologie. 5. l. p. Soliman. vers la fin des temps antiques.ANTHROPOLOGIE. Coléa. beaucoup de Juifs maghrébins offrent des traits qui rappellent des visages berbères et n’ont rien de « sémitique »(3). 2e partie. Plus tard. algériennes(5) et tunisiennes(6). 4. la religion israélite se propagea dans certaines tribus indigènes(2) peut-être des descendants de ces convertis se trouvent-ils aujourd’hui confondus avec ceux des Juifs d’origine étrangère. 343 et suiv. 2. Bizerte. Revue des études juives. soit par adaptation au milieu. p. Conf. du Sud de l’Europe. p. 3. Des Maures ou Andalous. Je ne puis adopter les hypothèses relatives aux Juifs africains que M. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. Testour. 30-38. c. XII. p. conf. Fez. doù les rois chrétiens les expulsèrent en masse. 1906. Conf. Au Maroc. où ils se livrent surtout au commerce et au jardinage. Tanger. Tunis. 208-9 . se rattachant peut-être à ceux que les Ptolémées avaient transportés en Cyrénaïque(1). Rabat. souvent ____________________ Ils peuvent être 15 à 20 000 en Tripolitaine. p.

ni les lèvres déroulées. cheveux laineux. p. d’autres venaient renforcer la population agricole dont nous parlerons plus loin. mêlé à beaucoup de sang espagnol. Il convient de tenir compte des altérations que ces mélanges ont pu faire subir aux types berbères primitifs. M. p. 1873. aussi par leur corpulence : différences qui doivent s’expliquer par la diversité des conditions d’existence(1). race non prognathe. Il y avait sans doute du sang berbère. Mais les traits caractéristiques des Nigritiens. de la Soc. qui n’ont pas de préjugé de couleur et qui regardent leurs esclaves presque comme des membres de leur famille. 574-8) croit que beaucoup de Marocains noirs ne descendent pas de nègres soudanais. 1903. La plupart d’entre eux devenaient des esclaves domestiques . Au Maroc même. 609-610. mais qu’ils appartiennent à une race spéciale. nez large et aplati. établie dans le pays depuis des temps très reculés. p. Toutefois. 302. Voir plus loin. — . L’importation de noirs à travers le Sahara date peut-être de loin. — prognathisme. ou nègres du Soudan. d’autres formaient des corps de troupes au service des souverains du Maghrib . quoiqu’ils aient beaucoup diminué depuis la conquête française et l’abolition de l’esclavage(2). dans l’antiquité. d’anthr. ils ne manquent ni en Algérie. Cette hypothèse ne peut pas être rejetée à priori (voir plus loin. ni en Tunisie. p. n i les pommettes saillantes. 304). ils ont mêlé largement leur sang a celui des indigènes.282 LES TEMPS PRIMITIFS. Enfin les nègres. Bloch (Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris. l’importation des nègres est bien moindre depuis l’occupation par la France des régions soudanaises d’où on les tirait principalement 3. mais elle est fondée sur des impressions trop rapides pour faire écarter l’hypothèse contraire : à savoir qu’il s’agit de métis de Soudanais et de Berbères. originaires du centre de l’Afrique. qui n’aurait ni les cheveux crépus. 4. chez les ancêtres de ces Maures. Faidherbe. la traite n’a guère cessé d’amener en Berbérie des convois de Soudanais. elle ne semble pas avoir été très active(3). ____________________ 1. Bien traités par les musulmans. depuis que l’islamisme a pénétré dans le cœur du continent. Mais. 5.. lèvres charnues et retroussées. 2. Conf. dans les oasis du Sud. surtout au Maroc(4). sont très nombreux au Maroc . ni le nez épaté. Bull. où des métis ont occupé et occupent encore un rang social élevé(5).

Pour savoir ce qu’étaient ces derniers. 1807. p.. 1896. Libyan notes (1904). 28. Bull. Revue de l’École d’anthropologie. le Mzab et les Mzabites (1884). Bull. 1885. dans l’Anthropologie. p. p. d’anthr. française pour l’avancement des sciences. p. courtes indications de Topinard : Bull. Mémoires de la Société d’anthropologie. de la Société . II Il faut avouer que l’étude anthropologique des Berbères d’aujourd’hui est encore bien peu avancée. p. p. et 1881. 283 sont aisés à reconnaître et l’on peut constater qu’ils font défaut chez la plupart des Berbères. la même.ANTHROPOLOGIE. p. 181-353 . 423 et suiv. Études particulières sur l’anthropologie de la Khoumirie et de la Mogadie : Bertholon. malgré les apports que nous venons d’énumérer et dont les plus considérables sont probablement ceux des Arabes hilaliens et des nègres. Oasis de Biskra : Topinard. Chantre. 1891. De la Soc. Revue d’anthropologie. Bull. d’ethnographie [=Revue orientale et américaine. presque tout est à faire. XL. Dans un travail resté inédit. minutieuses. XVI. XII. p.. d’anthr. Pour la Tunisie. 888-895. 516 et suiv. 438-454. . Bull. p. d’anthr. Zeitschrift für Ethnologie. p. de la Soc.. 1882.. sans négliger les rares documents que l’archéologie et les auteurs anciens nous fournissent. Bull. VII. 972-1008. Collignon. 1908. Comme à peu près partout sur la terre. 399-425. Mzabites : Amat. 623-631) . Kabyles : Duhousset. 239-252 (conf. 623 et suiv. de l’île de Djerba : le même. Prengrueber &a consigné de nombreuses observations sur les Kabyles : Lissauer. On peut encore consulter Bertholon. p. En résumé. Assoc. regardons autour de nous. Habitants de l’Aurès : Papillaut. p. p. 21. de géographie historique. il n’est pas téméraire de soutenir que les habitants actuels de l’Afrique du Nord ne doivent guère différer des hommes qui peuplaient le pays il y a environ trois mille ans. 1-23 . Revue d’anthropologie. p. 1888. p. 757-764. 548-555 . — Pour l’Algérie. 30-31 . d’anthr. Randall-Maciver et Wilkin. 537-544 . 1873. de géographie historique. III. de la Soc. 1897. de la Soc. les croisements ont été innombrables entre les indigènes ____________________ 1. p. Revue générale des sciences. Alger. je m’en suis beaucoup servi (voir aussi le même. 1881. Nous ne disposons que d’un petit nombre d’observations précises. Mém. 1870. Sabatier. 1874]. 17-39 . 1886. Mensurations de Gillebert d’Hercourt. 1868. Huguet. 1-8). de la Soc. VIII. et les essais de classement que l’on a présentés ne peuvent pas être regardés comme définitifs(1). 1906. il existe un excellent travail de M. p.. dans Bull. 95 et suiv.

écrit à propos de la Tunisie : « Il n’est pour ainsi dire pas de localité où il ne sait possible de retrouver plusieurs. » Dans le massif de l’Aurès. p. de l’iris des yeux. sinon la totalité des types répandus sur le territoire.. forme et couleur des cheveux et des poils). qui ont été des refuges. large ou moyenne (dolichocéphales. p. française. dans Weisgerber. en Kabylie. 130-l. mésocéphales). dans l’Anthropologie. 282). — Exposés généraux dans Sergi. par Verneau. 1913]. Les uns attribuent une importance prépondérante à l’étude des crânes . même dans les groupes les plus isolés. Bull. Les classifications proposées se fondent sur les caractères anatomiques (formes. de géographie historique. Juin. — Pour le Maroc. migrations causées par les guerres et les famines. Africa. d’anthr. on ne constate l’existence de populations dont tous les individus offriraient un type uniforme(3). 539). Je regrette de ne pas pouvoir 1’utiliser dans le présent chapitre. il est malaisé d’introduire l’ordre.. Mais les anthropologistes ne sont pas d’accord sur la valeur respective de ces caractères. transplantations de tribus vaincues ont rapproché et confondu les groupes primitifs(2). 667-702. on n’a que des mensurations de quelques crânes de Mogador. Relations créées par le voisinage. . les Blancs d’Afrique. MM. déjà imprimé. il y a différentes formes de crânes. p. papillault. etc. 1. [Cet ouvrage vient de paraître. M. au sujet duquel ils ont donné quelques indications : voir. les nécessités de la transhumance.284 LES TEMPS PRIMITIFS. Collignon (Bull. dimensions et proportions du squelette. 92-94. Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale (1853). Même dans les régions montagneuses. On peut consulter là-dessus l’ouvrage de Carette.. 1911. 1897. 1912. brachycéphales. sur leur persistance héréditaire. Assoc. des diverses régions de l’Afrique septentrionale(1). sur la durée des effets du métissage. 1886. 3. 120-8. en particulier. Bertholon et Chantre préparent sur l’anthropologie de l’Afrique du Nord un ouvrage d’ensemble. XXIII. Certains admettent que ces formes se maintiennent immuables à travers les générations. 2. Dijon. D’autres soutiennent que. ils partagent l’humanité en gens à tête longue. p. le commerce. XXIX. p. 273 et suiv. Antropologia della stirpe camitica (1897). p. dela Soc. en particulier du crâne et des os de la face) et sur les caractères extérieurs (couleur de la peau. Dans ce chaos. en dépit des croisements et des circonstances ____________________ d’anthropologie de Lyon. Compte rendu. Nulle part. . sous le titre Recherches anthropologiques dans la Berbérie orientale. 34 et suiv. p. on trouve pêle-mêle des types très divers (conf.

215-6 : « Maura videbatur facies nigroque colore horrida » . l’intensité de la lumière et de la chaleur. aussi bien que de l’incertitude des méthodes. Sillus Italicus. 341 : VIII. 261 : « coloratus Mazax ». mais le soleil la brunit rapidement : il ne faut sans douté pas chercher d’autre cause au teint foncé que de nombreux textes anciens attribuent à des indigènes du Nord de l’Afrique(2). les caractères ostéologiques . II. I. 54 : « nigri Mauri » . 123 : « Mauro obscurior Indus ». leur existence sédentaire ou active. voir encore V. 267 : « adustus corpora Maurus ». II. 426 . quand cela est nécessaire. p. 13. comme celui des nègres. aux longues marches et. leur complexion robuste. Johannide. VIII. A leur naissance. 482. p. Conf. leur peau est blanche. 174. Franz. VIII. Cyneg. mais non pas épaté. Némésica. Corippus. V. La plupart ont des yeux ____________________ 1. vand.. Pour les uns. Leur corps est d’ordinaire bien proportionné. Il est presque superflu d’ajouter que des individus ayant la même conformation peuvent beaucoup différer d’aspect selon leur alimentation. 20) qualifie les Maures de gens au teint noir : μεανόχοοοι. 137 : « nigra planta » : IV. aux durs travaux : ils atteignent souvent une extrême vieillesse(1). édit.. 2. aux privations. Juvenal. 678-9 : « concolor Indo Maurus ».ANTHROPOLOGIE. les Berbères ont le visage droit. Lucain. XI. comme éléments de classification. 184) . Ils résistent aux variations de la température. VIII. plus haut. IV. 285 extérieures . En général. Polémon (dans Scrptores physiognomoniae colores. d’autres croient qu’elles peuvent se modifier. 439 : « usta cutem nigri soror horrida Mauri » . Les pages qui suivent témoigneront de la difficulté et de l’insuffisance des recherches. non saillants. un nez plus ou moins long. II. 321 : (nigrae facies » . plus ou moins large. On ne sait pas exactement dans quelle mesure les conditions de la vie modifient la taille. d’autres restent plus ou moins fidèles à la vieille opinion qui rapporte les diversités de la pigmentation aux influences des climats. des yeux horizontaux. 415 : « nigro de corpore » . sans parler des impressions trompeuses que les costumes provoquent chez des observateurs superficiels. Procope (Bell. la couleur de la peau et celle des cheveux priment.

le nom ethnique Maures. d’anthr. Le nez est mince et long. p. — Sur ce premier type.•. 1910. grands. Le nez. l. p. la barbe peu abondante. assez large.. courte et large. 3. 1. 2. D’autres Berbères(6) sont petits (en moyenne 1 m. 4. noirs. selon M. III. XIV. conf.. Les individus qui appartiennent à ce type sont très nombreux en Algérie(3) . (aux environs de 1 m. fut rapproché du mot grec άμαυρός qui signifie sombre. c. est d’ordinaire convexe .286 LES TEMPS PRIMITIFS. XIV. avec des bosses pariétales et un occiput très saillants : vu d’en haut. L. Conf. Voir Manilius. de la Soc. XXIX. Bull.. 19 : nigris hine Mauri crinibus irent ». 10. III. p. p. Collignon(4). Leur crâne est également allongé. aestifero quippe colore afflati atri coloris specimen ducunt » . souvent busqué.. 85 (type I. p. 305. De consulatu Stilichonis. de la Soc. 315-221. Collignon. le menton droit. min. 5. 2. La face est. c. IV. les indications de Topinard. 122 . de Paris. terme que j’évite à dessein. les pommettes étant à peine indiquées. p. qui sont mentionnés dans 1’antiquité(5). maigres. 303-9. — par un jeu de mots. La face s’allonge en pointe à partir des tempes. de géographie historique. et non race. Le crâne est long. ibid. le front droit. les pommettes sont fortement développées et les angles de la mâchoire très écartés. 5. d’anthr. On pourrait voir en eux les descendants de ces Africains. 70). Claudien. obscur et qui se présente même sous la forme μαΰρος. de Lyon. secs. au contraire. 1886. Des épaules larges surmontent un thorax qui se rétrécit en tronc de cône renversé.. il présente une forme pentagonale. Je dis type. 2 . a). le même. employé par les Latins et plus tard par les Grecs : Μαΰρος. Etymol. 5. Conf. des cheveux noirs ou bruns(1) non laineux. Nat.. ils formeraient à peu près la moitié de la population de la Tunisie.. 891-4 . « . . 446-7 . Bull. le menton. La musculature apparaît sur le corps maigre et sec. très vifs chez les enfants. 1882. de Chantre. Bull. Élien. avec des arcades sourcilières bien accusées. 727-8 : « Mauretania nomen oris habet titulumque sun fert ipsa colore » : Isidore de SéviIle. de Sabatier. IX. 63). licet Mauri ob colorem a Graecis vocentur : Graeci enim nigrum μαΰρον vocant. _____________________ dit que les Libyens ressemblent aux Éthiopiens. 1881. 6. voir Collignon. Un type(2) très répandu est de taille élevée.

Pomel. Faidherbe. mausolée royal : Letourneau et Papillaut. Rec. l. Bertholon. hanches très développées. 2. l’Anthropologie. d’anthr. française. l. p. VI. p. XIII. musée des antiquités d’Alger. c. 10. 107-200. Du nom d’un gisement préhistorique du département de Dordogne. p. Crania ethnica. 1872. — Tombeaux voisins du Médracen. 24-26 et pl. Compte rendus. 26-27 et pl. p.. Dijon. Station néolithique d’Aïn el Bey : Thomas.. 39-47 et pl. 1910. p. c. Assoc. 319-320. l. Mais. 1877. Assoc. VIII. l. 41. les gens de Chancelade. taille fine. de Baumes-Chaudes. XL. de géographie historique. ainsi que dans des sépultures indigènes plus récentes(10).Bourguignat. française. — La platyonémie (aplatissement transversal en lame de sabre. en Europe. Grotte du Grand-Rocher. de la Soc.. p. 4. l’Anthropologie. 1906. Collignon. p. aux lèvres charnues. 86 (type III). 1867. 451. de la Soc. Par la forme de la tête. 6. Toulouse. IV. — Dolmens de Guyotville : collections géologiques de la Faculté des sciences d’Alger . p. Bull. dans le Sud de l’Algérie(6). . 256. 1895-6. l. s’encadre d’une barbe bien fournie. Bull. 8. p. c. p. Bull. IV. (région d’Ellez et de Kessera). 124. VII . Bull. et il y a actuellement encore dans le Périgord des individus de petite taille qui représentent le type de Cro-Magnon : Collignon. apud. p. 96. 7. p. dans la vallée de la Medjerda(2). tableaux 1-3 et planches . Annales de Géographie. d’anthr. Chantre et Bertholon. le même.ANTHROPOLOGIE. qui se caractérise par la longueur du crâne et par la largeur de la face(8). d’ans le massif montagneux de la Tunisie centrale(3). de l’Homme-Mort. l. p. — La taille de ces Berbère est. 3 [pagination spéciale] . Chantre. 446. de Quatrefages et Hamy. V. la bouche est grande. sur le littoral oriental(4). Poitrine large. 353 . Congrès international d’anthropologie de Bruxelles. Chantre et Bertholon. Grotte Ali Bacha. plus petite que dans le type de Cro-Magnon. 1807. on l’a signalé en Khoumirie(1). 412-3 . Les types que nous venons de décrire sont très anciens dans l’Afrique septentrionale. 287 ____________________ 1. près d’Alger : Pomel. XVII. c. 54 et suiv.. 1911. p.. planches à la p. 1906. observée sur des tibias de saillant. 416. Des crânes qui pourraient être classés dans l’une ou l’autre des deux séries se rencontrent dès l’âge de la pierre(9). De Lyon. dans la région d’Alger. 127. 5. p. 138 . Où il formerait le quart de la population : Bertholon. p. 164. Ecsargotière d’Aïn Mlila : Thomas. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia. il est étroitement apparenté au type dit de Cro-Magnon(7). apparentés à ceux de Cro-Magnon. 3. de Constantine. Ce type parait être disséminé dans tout le Maghrib. 1891. Singe et homme. 1910. c. en particulier à Gabès(5). Collignon. 1895. p. p. 9. à Bougie : Delisle. étaient de taille peu élevée. il est vrai. 440. conf. XXIX. 347-8. Dolmens de Roknia : Pruner-Bey. Bull. de la Société des sciences physiques d’Alger. de l’Académie d’Hippone.

440. très fréquent dans l’île de Djerba et dans les oasis du Mzab(2). ____________________ l’époque néolithique et de la date plus récente (Pomel. front souvent bombé. Faidherbe. p. Sabatier. 3 et 4. p. 680. Assoc. 127. en Tripolitaine(5). Les têtes larges semblent être bien moins nombreuses en Kabylie que les têtes longues : conf. etc. Zeitschrift für Ethnologie. Dijon. française. 65). IV. n’occupent leurs oasis que depuis quelques siècles. sur la côte orientale de la Tunisie(3). Toulouse. Chantre et Bertholon. 2. française. p. 1897. Assoc. 423. VIII. c. 55 . Clermont-Ferrand. 353 . p.. Reims. 64 — 1 m. Collignon. de géographie historique.). l’Anthropologie. Il se retrouve. sur le littoral algérien(6). VIII. ibid. Bertholon. Tommasini. c. 8. bouche plutôt grande. p. nez court et assez large. pl. Chantre. Bertholon. Chantre. 413-4. l. 201) est un des caractères de la race de Cro-Magnon... Assoc. l. 1907. 85 (type II).. XII. Bertholon. menton arrondi. au lieu de le brunir. dans les montagnes situées au Sud de Gabès(4).(9). de la Soc. Beaucoup de Mzabites se distinguent des autres indigènes par leur teint très mat. Bertholon. Dijon. p. poitrine trapue telles sont les caractéristiques de ce type. Les Mzabites. 1. p. 127 . 9. française. p. l. 889-890. pl. 422). 408. mais ne manque pas dans le centre de la Tunisie (Bertholon. Bull. Étude sur le Titteri (extrait du Bull. on le sait. fig. 1911. c. se rejoignant presque. c. p. l. d’anthr. Visage large et court. à l’intérieur de la province d’Alger : Joly.. Congrès de Bruxelles. 7. que le soleil dore. 3. l. Lissauer. VIII. Bertholon. p.. p. 3-5 . 419-423. p. 216 et suiv. ibid. p.. VII. 294. Surtout deux groupes voisins de Sousse : Collignon. 11. 10. 297-300. 288-9. 518 (d’après Prengrucher). p. ensevelis sous des dolmens de Roknia(10) et de Guyotville(11). 1888. l. p. 1906). c. — Il parait exister dans le Titteri. de la Soc. p. 4. Assoc. fig. p. de la Société de géographie d’Alger. 1910. 5. française. c. l. II. l. 1891. 1882. . 319. I. 455). D’Hippone. 6. 1908. p. c. Assoc. 1876. Collignon. en Kabylie(7) dans l’Aurès(8). l’Anthropologie.. Bull. Bull. Mais il faut ajouter qu’elle est à peu près générale dans l’Afrique du Nord : Collignon. de stature médiocre (on moyenne 1 m. C’était peut-être au même type qu’appartenaient des individus à tête large. d’anthr.. Chantre. 1911. I. l’Anthropologie. p. XL. p. 399 et suiv. De Lyon. p. 285-303 (conf. 423. Bull. p. Il est rare en Khoumirie (Bull. Oran. 1908. p. p. de Paris. de la Société algérienne de climatologie. l’Anthropologie. VIII. sourcils épais. 30-31. française. p. barbe clairsemée. XXIV. On a constitué un troisième groupe(1) avec des gens à tête ronde. 36. plus ou moins pur. de l’Acad. 198. VIII.288 LES TEMPS PRIMITIFS.

Selon M. 240 . elle ne doit pas nous faire oublier qu’en dehors des Berbères se rattachant aux types mentionnés. Bull. Doutté. d’anthr. pour une bonne part. Vélain. sans doute plus nombreux. p. si nous voulions admettre que ces trois types seuls sont primitifs. étaient. et qu’ils ont produit des variétés en se croisant(1).. sans indiquer d’autres caractères physiques. pour ceux de la Khoumirie. Leur présence au milieu d’une grande majorité de bruns a frappé plus d’un observaleur au point de . Dijon..543-4 (il note que. 455. 123 . verts. p. Merrâkeck. des blonds de haute taille.).. Reims.ANTHROPOLOGIE. p. p. sous le soleil. offrant le type de Cro-Magnon. Dans la masse des indigènes. p. à tendance brachycéphale. gris. Bertholon classe les Berbères blonds dans le premier des trois types indiqués plus haut . rougissent au lieu de brunir. XXIX. p. pour les blonds du voisinage d’Honaïn. Ces particularités ne sont pas toujours associées. qui. — M.. 2. l. ou du moins très peu foncés. Bull. Bull. p. p. paraissent être bien plus fréquents que les cheveux et les teints clairs. ou bien se couvrent de taches de rousseur. 3e série. 1912. 1874. de la Soc. Elisseïeff. XXIII. les Guanches. 1907. 289 ____________________ 1. type I. comme elles le sont d’ordinaire dans le Nord de l’Europe. de géographie historique. 720 et suiv. XIII. anciens habitants des îles Canaries. Bertholon. de Lyon. analysé par Doniker. nez d’ordinaire assez mince. Il semble pourtant qu’il y ait beaucoup de gens de haute taille parmi ces blonds(2). On s’est le plus souvent contenté de noter la couleur des cheveux. il croit même que ce type représente une « race » primitivement blonde. française. Chantre et Bertholon (Assoc. Verneau (Archives des mirssions. de la Soc. d’anthr. b). d’anthr. ce sont les indigènes les plus petits qui paraissent être les moins pigmentés) . Ce type présente d’autre part un notable prognathisme alvéolaire. auraient produit un sous-type de haute taille. qui s’est modifiée par des métissages avec des bruns (Assoc. 671-683) reconnaît au Maroc un type où l’on retrouve certains caractères de nos deux premiers : crâne assez allongé. p. Ainsi. II. Viré. Collignon. M. châtains. c. — Il est d’ailleurs certain que les blonds sont loin de présenter un type uniforme : conf. de la Soc. le premier et le troisième types. roux. française. 1893. qui présentent des caractères mixtes : nous dirions hybrides. Cette classification n’est nullement définitive . on rencontre souvent des barbes et des cheveux blonds. p. 128 et 130 . 322 . il en est d’autres. front et face relativement étroits. 1887. 353 (il signale des sous-brachycéphales blonds dans l’Aurés) . 1807. Bull. p. 1886. menton saillant. Les yeux clairs. dans l’Aurès. Papillault. 85. Voir. Revue d’anthropologie. Verneau (dans l’Anthropologie. selon MM. des yeux bleus. pour les Doukkalas du Maroc. 1040). 1891. à bosses pariétales très saillantes. des carnations pales. en se croisant. ibid.

1888.. au Cœur du Maroc. Conf. on a signalé des blonds chez les Beni Mtir. de Candolle. française. Revue africaine. 265. 4. Shaler et Daumas. sur la haute Moulouia (Segonzac. l. cités par Vivien de Saint-Martin. 1893. leur nombre est très élevé dans la grande Kabylie(6) et dans le massif ____________________ p. car il n’est nullement prouvé. 1882. p. à Figuig (Quedenfeldt. Schrimer.. 2. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. 169. Bull. I. Revue d’anthropologie. 100 . XLVI. jusqu’au delà des Syrtes(3). 1873. p. p. p. p. Étaient-ils plus répandus autrefois ? Nous ne pouvons pas l’affirmer. l. p. 1887. XL. Des blonds ont été signalés depuis le détroit de Gibraltar. les roux et les châtains au tiers de la population de la Kabylie.. les Blancs d’Afrique. au Sud de Mazagran (Doutté. p. ils auraient cependant la face plus raccourcie. chez les Aït Aïach. Pour la Tunisie. de l’Académie d’Hippone. faire exagérer leur nombre(1). 1047. 36 (brachycéphales qui tendent vers le type blond). Africa. — M. c. I. 1903. chez les Doukkalas. 70. française. l. p. 209 . p. ils abondent dans le Rif(4).. p. dans toute population mélangée de blonds et de bruns. » Voir aussi Collignon. p. c. Quedenfeldt. ce qui me parait exagéré. Rev. d’une manière générale. 382). Richesse minérale de l’Algérie. p.44 p. Voir. 1. au Sud de Meknès (Weisgerbert. Assoc. IV. En Algérie. p. c. 2e série. 3. . Zeitschrift für Ethnologie. Bertillon. Viré évalue les blonds. c. et même dans l’extrême Sud (voir Schrimer. 106. Conf. p. » — En dehors du Rif. l. p. 47 (à peu près la moitié de la population). 284 et suiv. Voyages au Maroc. 403-4. Prévost. 50. Quedenfeld (traduction française). 1847-8. Viré. p. p.. 2-3. Joly. 667. p. Revue d’anthropologie. d’anthr. les blonds ne diffèreraient guère des bruns pour la taille et pour la forme du crâne . comme on l’a cru(2). c. 1010-1047. Revue archéologique. 518. p. c. 1857-8. p. ils sont nombreux dans cette tribu . Revue africaine. 42-43. de la Soc. p. p. Tissot (l. p. d’anthropologie. Étude sur le Titteri. p. populorum qui Berberi dicuntur. p.. Bertholon. Duhousset. Revue d’anthropologie. 1902. 391-2. Mémoires de la Soc. p. 1888. que. Cependant ils ne sont pas répartis d’une manière uniforme. A. Africaine. ibid. mais ailleurs ils sont beaucoup plus rares(5). 460. 71 (eu Kabylie. Voyages. 36-38 . n. presque tous Berbères de race. Assoc. Au Maroc. De Segonzac. le nez moins convexe et plus charnu) ... 1-8. p. Perier. XLVII. 172). Bertholon. Tissot. 106 ? Féraud. . Reims. 240 . p. 59 et suiv. Sergi. nous n’en avons trouvé que cinq blonds et vingt châtains. le même. Tout cela est à reprendre. 166) . la proportion des blonds et des châtains réunis est de 13. 60). Lissauer. Etc. p. l. II. Merrâkech. II. Géographie. Perier. De nomine. de Segonzac. p. d’ethnographie (article cité). 403) se trompait fort quand il écrivait : « On reste certainement au-dessous de la vérité en affirmant que le type blond forme le tiers de la population totale du Maroc. 33. 6. Parmi les Kabyles étudiés par M. 1. Bull. Collignon.290 LES TEMPS PRIMITIFS. 5. 69 : « Sur quatre cents tirailleurs de la garnison de Bône. Fournel. les réserves de Faidherbe. 107 et 110 . Mémoires de la Soc. . Prengrueber. la proportion des premiers ait tendance à diminuer. IV.

I. p. 1874. ibid.. 12. de Constantine. Bull de la Soc. 44. Joly. Histor. p. 406 (chez les Haractas). Masqueray. Recueil de renseignements. dans la région des chotts. de Boghar et de Téniet(4). 1891. p. A Chemini : Bertholon. d’anthropologie. VIII. Revue africaine. 1909.. 1897. Bull. par exemple. Voir entre autres.. A Chenini : Bertholon. 7 (massif central et côte orientale). de la Soc. I. 403-5. p. l. 1872. des yeux et des cheveux clairs est exceptionnelle(9) : il existe pourtant de véritables blonds. d’après Grenville Temple.. Voyages en Barbarie. 1042-3. l. p. p. Bertholon. XXII. 10. et par Perier. on rencontre des cheveux ____________________ 1. voir. — Dureau de la Malle (Province de Constantine. p. l. p. Rec. n. Papillault. d’anthr. p. . 7. p. 35 (peu nombreux). Rev. 1878. 112. 428-431 . au Nord de la plaine du Hodna(6). 1891. p. ibid. 391 (Kabylie) . n. l’Algérie. 777. on en retrouve aussi dans d’autres régions : prés d’Honain (sur la côte oranaise(2)). Assoc. A peu près partout. Assoc. Archives des missions. 1864. aux environs de Collo(5). Auteurs cités par Vivien de Saint-Martin. en Khoumirie(10). 11.ANTHROPOLOGIE. c. 1039. et par le baron Baude.. de géogr. 6.. 255 (chez les Ouled Abd en Nour). Recueil de renseignements. 6 . Revue africaine. 3e série.. c. p. le Maroc inconnu. 1888. Assoc. p. Vélain. — Là aussi. peu nombreux. Bertholon. p.. 5. Bull. 1. p. Bull. Assoc. dans la région des chotts. 98. p. VIII. Libyan notes. 540 . 321-322 . 73 (chez les Ouled Hannèche). des blonds plus au Sud. de la Malle (Province de Constantine. dans l’extrême Sud(12) et çà et là sur la côte orientale(13). en Algérie(14) comme on Tunisie(15). Bertholon. p. c. Bertholon.. XXI. 181) mentionne aussi.. l. autour de Saïda et de Tiaret(3) . Lille. 2. Voir cependant le texte de Scylax cité plus loin. p. 125. p. 1870. 908-9 (à El Djem). l’Anthropologie. dans les montagnes à l’Est de Gafsa(11). Goyt. Collignon. 149.. Assoc. D’anthr. l. de la Soc. Hist.. p.. c.. Le même. 3. — De même au Maroc . Étude sur la tamazir’t de Qalaât es Sened (1911). Les blonds de Collo ont été déjà signalés par Poiret. l. le nombre des blonds a été exagéré : conf. p. 181) mentionne aussi. p. c. des conclusions très contestables ont été tirées de la présence de ces blonds près des dolmens de Roknia). XVI. Joly. II. 104. Berttillon. 36 (Titteri). Provotelle. Revue d’anthropologie. 14. p. Bull. II. 15.. Etc. 9. 1882. Bertholon. 459. p. de la Soc. Bull. p. l. En Tunisie. d’anthr. p. 12. Assoc. 291 de l’Aurès(1) . Revue d’anthropologie. 1041. voir aussi le même. de Lartigue. Bull. française. 36. Reims. 341 (Aurès) . 908 (Tunisie méridionale) . plus ouvert que l’intérieur du pays aux éléments étrangers. 387. p. p. 1888. p. c. 1877. p. 278. le même. p. Étude sur le Titteri. 414-5 (île de Djerba).. 2. Monographie de l’Aurès. XXIV. Assoc. 55 (chez lzq Denhadjas : quelques individus seulement . 1897. d’anthr. 1 (assez communs). 1041 (au Nord de la Medjerda).. 13. 1883. l’association du teint. p. p. Collignon. 1886-7. X. Papillault. 125.. de géographie historique. Collignon. p. des blonds plus au Sud. des blonds européens ont pu s’introduire dans ces derniers siècles. 107 . Sergent. 1040 .. 1041. Féraud. 1886. Lille.. c. 280. p.. c. Sur le littoral.. 1888. Randall-Maciver et Wilkin. d’après Genville Temple. 1897. 231. 98. 8. La Blanchère. 4. l. au Sud-Ouest et au Sud-Est de Constantine(7) entre Philippeville et Guelma(8). de géogr. p. 5. 431-2 . p. Mouliéras.

Il est inutile de discuter l’opinion qui rattache ces blonds aux Vandales(4). les Vandales disparurent à peu près de l’Afrique septentrionale(6). 285-6. note. il test du reste pas prouvé qu’ils aient été surtout des gens blonds. p. Pour 1es textes concernant les blonds d’Afrique. Il n’était pas inconnu des anciens(7). Nous savons qu’après leur défaite. 1902. l. p. Rev. I. Des blonds sont aussi signalés en Cyrénaïque(1). Opinion Indiquée par Faidherbe. Revue d’anthropologie.. d’anthropologie. Voyages dans plusieurs provinces de la barbarie. p. Au VIe. 1876. p. Reims. p. 3e série. 68. c. 57. Verneau. et des yeux à nuances intermédiaires entre la couleur claire et la couleur foncée : il est permis de croire que les gens qui offrent ces caractères ont eu des blonds parmi leurs ancêtres... ils ne durent pas faire souche dans le pays. 270. de l’Académie d’Hippone. 382) parle seulement de quelques yeux bleus. Archiv für Anthropologie. Deniker. (traduct. 3. p. les cheveux blonds paraissent avoir été fréquents chez les Guanches. 354. 1887. Daumas. et beaucoup d’autres depuis. jusqu’à Quedenfeldt. Il y en aurait jusque dans les tribus nomades du Sahara. 6. introduits par Carthage et par Rome(5). 4. 1038-9 (dans le djebel Lakhdar). Contra : Broca.292 LES TEMPS PRIMITIFS. ou celle qui en fait des descendants de soldats gaulois. Revue africaine. IV. p. 308-403. Archives des missions. et Collection complète des inscriptions numidiques. p. Assoc. Ortaias. p. . Bull.. c. p. Neue Folge. entre autres. voir. prince indigène. 2. l. en général. qui habitaient les îles Canaries avant l’occupation espagnole(3). 5. cité par Vivien de Saint-Martin. mais ils n’y forment certainement qu’une infime minorité(2). l. XLVI. 1909. Voir plus haut. p. d’après Elisseïeff. Conf. 150. XIII. Bertholon. française de 1743). p. 402. 19. au lendemain de la destruction du royaume vandale. c. affirmait à Procope qu’au delà de son ____________________ 1. Perier. VIII. Les Gaulois qui y vinrent au service des Carthaginois et des Romains ne furent pas très nombreux et. Shaw. 583-4. 7. Duveyrier (les Touareg du Nord. Broca. Notons enfin qu’au SudOuest du Maroc. 47. Mehlis. La grande extension de ce type doit faire admettre qu’il a existé et qu’il s’est répandu on Berbérie dès une époque lointaine. 107. siècle de notre ère. p. p. 1899.

Monumenti dell’ Egitto. Hymne à Apollon. Rosellini. édit. II. I. tout au moins. 13. Meincke) : άνέρες ώρχήσαντο μετά ξαθήσι Λιβύσσης. 293 territoire (situé à l’Ouest de l’Aurès). CLVI (en bas) et pl. Vand. άλλά λευχοι τε λίαν τά σώματα χαί τάς ξανθοί. Müller. § 110 (Geogr. Ils y séjournent dans des conditions plus favorables que les blancs. 1890. CLIX (en haut). gr. blanc sale ou jaune clair. p. XXXVIII. 2. peut-être εύπλαστοι) χαί χάλλιστοι. Procope. mais dont le corps était très blanc. Cette indication sommaire ne permet malheureusement pas de dire quelle région ils occupaient.. le Périple mis sous le nom de Scylax mentionne des Libyens « blonds. 3. 88) : οΰτοι γαρ άπαντες Λίβυες λέγονται ξανθοί.. X. depuis le Sud du Maroc jusqu’à la Tripolitaine. et très beaux(2) » entre Thapsus et Néapolis (en arrière du golfe de Hammamet). min. Neuf siècles environ plus tôt. on ignore d’où ils étaient venus en Égypte. 18 de l’édit. 120-131). άπαστοι (corr. III Dans les oasis du Sahara septentrional. pl. né lui-même à Cyrène vers la fin du IVe siècle avant J. la traduction de M. p. une barbe châtain sur des peintures égyptiennes de l’époque du Nouvel Empire. voir aussi pl. il y avait un désert très vaste. des yeux bleus. très foncée. Voir pour le contexte. Quant aux serviteurs blonds de Cléopâtre (Lucain. puis des hommes qui n’avaient pas le teint noir comme les Maures. Bell.. car ils sont beaucoup _____________________ 1. vers 86 (p. A l’Est de la Berbérie. c’est-à-dire dans un pays où les blonds sont aujourd’hui fort rares. I. Enfin des indigènes qui habitaient à l’Ouest de la vallée du Nil sont représentés avec un teint mat.(4).ANTHROPOLOGIE. 350.-C. .. Desrousseaux. dans la deuxième moitié du second millénaire(5). avec des cheveux blonds(1). 5. les blondes Libyennes de la Cyrénaïque ont été célébrées par le poète Callimaque(3). CLX . 4. publiée dans la revue de géographie. vivent des gens à la peau noire ou. 29 : ούχ ώσπερ οί Μαυρούο οι μελανόχροοι.

les cheveux. 150-7. XXVI. Oasis de la Tripolitaine et de l’Algérie . 309-315. Bull. Sahara algérien. Ce sont soit des esclaves.294 LES TEMPS PRIMITIFS. p. Il est fort répandu à Gabès. les yeux sont très noirs . p. d’autres sont de purs nègres. qui ne sont pas crépus. d’un bruit rougeâtre . l. soit des métayers. 23 . d’origine soudanaise. Assoc. Un type qui est très fréquent dans le Sud de la Tunisie. II. La peau est très foncée. dont le sommet est rejeté en arrière. 266. 1907. Eux-mêmes le reconnaissent : Gautier. et qui se retrouve ailleurs(4). 5. Reims. Il est certain que parmi les cultivateurs des oasis. Mais on peut se demander si bon nombre d’entre eux ne descendent pas de populations établies sur les lieux depuis fort longtemps. p. Conf. nez à échancrure profonde. plus haut. Bertholon et Chantre. Tunis. p. de géographie historique. thorax en tronc de cône renversé. avec de fortes lèvres . Assoc. Collignon. de Lyon. cuivre. voir quelques indications données par MM. l. 265 et suiv. 131. 1911. 1907. de Berbères et de Nigritiens. Il en est dont la physionomie rappelle des visages berbères. La couleur de la peau des haratines offre des nuances variées : ébène. I. Bertholon et Chantre : Revue tunisienne. dans le Nefzaoua. arcades sourcilières saillantes . cannelle. 1895. p. menton fuyant . 4. que beaucoup d’autres sont des métis d’Arabes. 1886. dans l’extrême Sud tunisien : conf. française. 209-210 . très étroit au-dessus du bassin. Bull. p. 3. Sur les haratines voir en particulier Gautier. Dijon. d’anthr. moins atteints par les fièvres(1). où il a été étudié avec soin(3). il y a des fils et des petits-fils d’esclaves soudanais(5). épaules larges et carrées . à partir desquelles le devant de la face s’allonge en triangle . fortes pommettes. front oblique. appelés haratines dans le Sud du Maroc et de l’Algérie(2). chocolat. Compte rendu. 314 . Au singulier hartani. surtout dans le Djerid. p. 175. ____________________ 1. 353 . court et retroussé. française. de la couleur du jais.. de la Soc. p. 2. . 1896. offrant les traits classiques des Nigritiens du Soudan. Toulouse. crâne fort long et étroit. l. offre les caractères suivants : taille au-dessus de la moyenne . grande bouche. p. p. mais non épaté . c. 1910.

— Pour les Perorsi qualifiés d’Éthiopiens. La traduction grecque du Périple d’Hannon mentionne des Éthiopiens. min. II. » 9. Ces derniers habitaient le littoral de l’Océan . III. Strabon. d’après Polybe ou Agrippa(8). 295 ____________________ 1. Tunis. Assoc. p. 96. De nombreux témoignages(1) prouvent que. p. 3. § 7 (p. et VI. 4. II. quorum a tergo Pharusios. 5. Pline. Outre les textes qui vont être cités. Méla.. appelés quelquefois Éthiopiens occidentaux(3). 3. Scylax. dans Philologus. IX. voir encore Pline. Eustathe. 112 (p. 23. l. au vers 179 (Geogr. XIV. 248). 255-7. — Sur l’identité du Lixos et du Darat avec l’oued Draa. 3.. Le terme grec gymnetes parait être une épithète de Pharusii : Vivien de Saint-Martin. iam oceanum attingentes quos in Mauretaniae fine diximus Perorsi. dans la région montagneuse d’où sort le Lixos. livre V. dans l’antiquité. mais encore au Sud du Maroc. dit ailleurs Pline(10). voir d’une manière générale Isidore de Séville. En partie indiqués par M. 638). 6). 2. 7 et 8. 5. 5 . Etymol. p. plus ou moins précis. 1° partie (1878). 94) : près de l’île du Cerné. in ora Aethiopas Daratitas. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. postea flumen Salsum.. 6.. française. nommés sur la côte par Pline. les mots iam oceanum attingentes se rapportent à Perorsi. XVIII. Strabon(4) déclare qu’il ne saurait indiquer les limites de l’Éthiopie et de la Libye. 17. 513 et suiv. non seulement sur les côtes du Sahara(5). les Pharusii et les Perorsi(9). Aethiopum gentes Nigritae a quo dictum est flumine. XLVII. 9). gr. Pline classe parmi les Éthiopiens les Nigritae. qui est aussi l’oued Dara). 7. 16. 10 : « (promunturium) Surrentium. 43 et 77. 8. 4. On peut cependant tirer des textes quelques renseignements. min. V. XVII. les Pharusii. p. Du reste. 473). voir Tissot. 7 (ibid. p. 105. toute la Berbérie était bordée au Sud par des « Éthiopiens(2) ». 1896.. 10. p. II. Schweder. § 11 (Geogr. où on les retrouve plus tard(6). V. Ce sont peut-être les Éthiopiens Daratites (riverains du fleuve Daraï.. gymnetes Pharusii. ultra quod Aethiopas Perorsos. Commentaire à Denys le Périégète. c’est-à-dire l’oued Draa(7). 1888. il est vraisemblable que Pharusii . le Nord de l’Afrique. étaient en arrière d’eux (à l’intérieur des terres). » D’après la tournure de la phrase. V. et non aux peuples indiqués auparavant (conf. III. même dans la contrée qui est du côté de l’Océan. Agathémère. 5. 158-9.ANTHROPOLOGIE. 43 : « . p. gr.. XVII.. Bloch . 3. Pline l’Ancien. Livre V. 10 : « .

Ptolémée mentionne à la fois les ΙΙέρορσοι et les Φαρούσιοι (dans la Libye intérieure). c’est-à-dire sans doute de l’oued Guir. les Nigritae habitaient plus loin vers l’Orient. voisins du royaume maurétanien de . de l’oued Zousfana. min. (du grec Φαρούσιοι) et Perorsi ne sont que deux transcriptions d’un même nom africain(1). d’après une indication d’Eudoxe de Cyzique. 215-8 (Geogr. 2. 3. p. p. dont il les distingue(5). 8. Il mentionne ailleurs (II. 46) qualifie les Pharusii de « quondam Persae » : ce qui s’explique par un jeu de mots supposant le nom intermédiaire Perorsi. c. 4). II. 637-8. on doit chercher ces deux peuples dans l’extrême Sud du Maroc. III. — Strabon (voir plus loin) et Méla (I. » Voir aussi Denys le Périégèle. 5. fit une expédition(8) : il est à croire qu’ils n’étaient pas très éloignés des états de ce prince. 7. Strabon. les Pharusiens et les Nigrites habitent au-dessous des Éthiopiens et au-dessus des Gétules). ____________________ 1. 114). — et Méla doit se tromper(2) quand il affirme qu ils atteignaient la côte(3). 103) ne connaissent que les Φαρούσιοι. Comme le croit Schweder. Ailleurs (V. Pline (V. Pline indique. Ultra Nigritae sunt et Pharusii usque ad Aethiopas. par conséquent dans la région où il conviendrait de chercher les Pharusii. 3 et 7. Strabon. où il dit que les Gnramantes. 22 .. 6. « Mauri in Atlanticum pelagus expositi. Il indique.-C. soit Νιγρητες. que leur pays est éloigné de trente journées de marche de la ville de Lixus(7). » 4.296 LES TEMPS PRIMITIFS. Si l’on admet que le chiffre est exact. au Sud des provinces d’Alger et de Constantine. des Éthiopiens voisins du royaume de Bogud.. L’énumération de Pline allant de l’Est à l’Ouest. qui mentionne également les Pharusiens et les Nigrites(4). probablement d’après le Périple d’Ophellas(6). 3. 5. 3. de l’oued Guir. Des Éthiopiens. 7 (conf. II.. dans les régions de l’oued Ziz. XVI I. — nous verrons tout à l’heure qu’ils devaient s’étendre jusqu’à l’oued Djedi. Comme Pline. Pharasii (Méla parait les placer sur le littoral). 33 . XVII. gr. Il écrit soit Νιγρΐται. roi de Maurétanie. XVII.et sans doute aussi plus à l’Est. probablement d’après le général Suétonius Paulinus. 22) donne une indication semblable . Méla (I. XVII. que le peuple éthiopien des Perorsi se trouvait non loin du fleuve Guir. l. 5. dans le voisinage des Éthiopiens occidentaux. 3. 3. dit qu’ils habitent au-dessus [au delà] des Maurusiens. 104 : « Nigritarum Gaetulorumque passim vagantium ne littora quidem infecunda sunt. 33. vers l’oued Draa. 3. Nous ne savons rien de précis sur les Éthiopiens occidentaux contre lesquels Bogud. IlI. II. Qui date peut-être de la fin du IVe siècle avant J. 5. 16). 3.

V. Dans un autre passage(7). se trouvent. 5) parle des Éthiopiens qui sont voisins des Maures et qui s’étendent jusqu’aux Nasamons (il appelle Nasamons un peuple habitant au pied de l’Atlas). 325 de l’édition Mendelssohn). qui Africam ab Aethiopia dirimit. mais il est très douteux que ce fleuve soit identique au Nigris de Pline. plus loin.ANTHROPOLOGIE. situé entre le Maroc et le centre de la Tunisie) . 53 (le fleuve qu’on identifie avec le Nil sort d’une source appelée Niger. XXXVI. 6. Paul Orose (I. Pline affirme que la limite entre la province romaine d’Africa (y compris la Gaetulia) et l’Éthiopie est le fictive Nigris(5). et tota Gaetulia ad flumen Nigrim. Bocchus. n. 1902. 5. 297 ____________________ 1. 5) mentionne le peuple τών Νιγριτών Αίθιόπων au nord du Νίγειρ. 6-7. qui parait répondre à l’oued Djedi(6).. 8. — Ailleurs. Rec. XIX. rivière coulant de l’Ouest à l’Est depuis la région de Laghouat jusqu’au Sud-Est de Biskra. 9). Numid. C’est peut-être de ce côté qu’il faut chercher des Éthiopiens mentionnés par Ammien Marcellin . qua confinis Aethiopiae est ») . 30-40. 43 (voir plus haut. 30 : « . » Le mot Africa a ici un sens administratif : voir le contexte. des Éthiopiens . 3.. 03) mentionne aussi des Éthiopiens au delà des montagnes qui bordaient au Sud les deux provinces romaines de Maurétanie Césarienne et de Maurétanie Sitifienne. vers la fin du IVe siècle(9). en arrière d’eux. désignant la contrée située au Nord du Sahara: VIII. par. puis. ils prirent part à la révolte du prince maure Firmus. V. conséquent jusqu’au Sud du Maroc(2). puis sépare l’Afrique de l’Éthiopie). 44) indique encore des Éthiopiens sur le fleuve Nigris : « oritur inter Tarraelios Aethiopas et Oechalicas ». il dit que les Nrigritae doivent leur nom à ce fleuve(8). 31 (« in extremis Africae. 5. έθνος Λιβύης. ils s’étendaient vers l’Occident « jusqu’à la montagne de la Maurusie qu’on appelle l’Atlas ». 7. V. 9. 2. . 33. άπό ποταμοΰ Νιγρητος. Pline (V. 6. 5 (p. p. c’est-à-dire l’Ouest et le centre de l’Algérie. Salluste(3) indique des Gétules au-dessus de la Numidie (c’est-à-dire au-dessus du royaume de Jugurtha. XXIX. Il désigne la province d’Afrique. 37. de Constantine. 293. Voir à ce sujet Gsell. des lieux brûlés par l’ardeur du soleil(4). Ptolémée (IV. 437. 2. Dans deux autres passages. Voir Vivien de Saint-Martin. le Nord de l’Afrique. Même indication dans Étienne de Byzance :Νίγρητες. où Pline cite Polybe et Juba. p. 4.. Pausanias (I. p.. Jugurtha. sont aussi mentionnés dans un fragment d’Appien(1) . dit-il. dont faisait partie officiellement la région qui devint plus tard la province de Numidie. Africa semble être un terme de géographie physique.

3. dit Corippus(2). IV. 5. p. peuple libyen du littoral de la grande Syrte. de furvi par Arnabe (VI. 50) et le texte primitif parait avoir porté Γαμφάσαντες (conf. peuplaient les oasis du Fezzan. aient possédé l’oasis d’Augila. les Nasamons. 47 et 23 . 5. Solin. Hérodote. 8. — Les Garamantes étaient certainement de couleur très foncée. p.. V. ou les anciens signalent des Éthiopiens. 2). 2. Méla. 6. Selon Paul Orose(1). toutes les parties habitables du grand désert. c. p. (IV. à l’époque d’Hérodote(4) comme au temps de l’Empire romain. I. Mais ces indigènes semblent n’avoir eu rien de commun avec les Garamantes du Fezzan (voir Vivien de saint-Martin. 2. 679). Isidore de Séville (Etymol. 2. 174). au chap.. édit. 5. Enfin nous devons ranger parmi les Éthiopiens les Garamantes(3). des tribus d’Éthiopiens « erraient » au delà des montes Uzarae. dont des tribus se ____________________ 1. 128) indique aussi les Garamantes comme un peuple d’Éthiopiens. VI. qui bordaient au Midi la Numidie et la Byzacène : il s’agit de l’Aurès et des montagnes situées plus à l’Est. .298 LES TEMPS PRIMITIFS. Ptolémée (I. dès l’époque d’Hérodote. XVII. 217-8) les en distinguent. la limite septentrionale des véritables nègres est aujourd’hui vers le cap Blanc. 2 : « Garamantici Aethiopes ». 44 et 45). Il y avait des noirs. n. — dans la coalition d’indigènes du Sud tunisien et de la Tripolitaine que le général byzantin Jean Troglita vainquit au VIe siècle. Pline. un poète africain écrit (Anthologia latina. édit. Au sud du Maroc. Riese. 181 du livre IV) une peuplade de la région de la grande Syrte que les manuscrits appellent Γαράμαντες . XXX. l. où ils allaient en automne faire la récolte des dattes (Hérodote. I. 276.qui sépare les Libyens des Éthiopiens (voir plus haut. 33 . mentionne cependant parmi les Libyens nomades (conf. 19) et Denys le Pèriégèle (V. 5). — de la couleur des corbeaux. IV. 155. Strabon (II. Corvorum veluti videas nigrescere pullos. Johannide. Nec color ipso fuit captivis omnibus unus. ils étaient les maîtres des régions où ils séjournaient : plus lard.. 4. 91-92.. sur la côte de l’Atlantique. 3. Ils sont qualifiés de perusli par Lucain (IV. Müller) est disposé à les ranger parmi les Éthiopiens.. IX. 92-95. Concolor illa sedet cum nigris horrida natis. 172 et 182). ils furent asservis et partiellement refoulés(5) par les Berbères(6). on ne sait quand ni comment. Faex Garamantarum nostrum processit arem Et picos gaudet corpore verna niger. qui. 183. dans le voisinage immédiat de la Berbérie. En général. Les Éthiopiens occupaient donc. Il est possible que. n° 183). Matre sedente super.

Voir. des nègres qui. entre autres. Il y a encore. VII. on a peut-être hésité quelquefois à ranger parmi les Éthiopiens ceux qui n’étaient pas tout à fait noirs.ANTHROPOLOGIE. 70 : Diodore. le Sahara. III. p. les Rouges et les Noirs sont appelés ainsi. 3. n. il ne s’agit pas d’Éthiopiens à la peau blanche. les Blancs. mais même au delà de la boucle du Niger. était naturellement très foncée(3). Pour quelques retours offensifs des États nègres dans cette contrée. 43 : Leucoe Aethiopes. à notre avis. sans être absolument noire. IV. En tout cas. Il est vrai que Méla. 2). Juvénal. non pas à cause de leur teint. — Des couleurs sacrées peuvent donner lieu à des dénominations analogues à celle qu’indiquent les trois auteurs cités. Dans la région nigérienne. Doit-on expliquer par cette hypothèse les contradictions apparentes des textes relatifs aux Pharusiens. I. 104-5. — Pour les prétendus Éthiopiens rouges de Ptolémée. moitié avec du vermillon. Aethiopem albus. n. au centre de l’Afrique. sont qualifiés de nigri par des auteurs anciens (voir p. dont le teint blanc est noirci par le soleil. 301. L’Éthiopie était le pays des Éthiopiens. Il s’appliquait aux véritables nègres(2). 23 : Leucoaethiopes. 299 répandirent non seulement par tout le Sahara(1). 69) dit que les Éthiopiens qui vivaient au Sud de l’Égypte se peignaient le corps. nous ne croyons pas que le mot Aethiopia ait été employé dans un sens purement géographique. 5. p. veut dire gens au visage brûlé. dans certaines circonstances. 4. On peut admettre qu’à l’époque historique. V. L’antithèse entre « blancs » et « Éthiopiens » est classique. II. se peignent tout le corps en blanc : Weisgerber. Pline et Ptolémée mentionnent dans le Sahara des Éthiopiens blancs(4) . mais. sans tenir compte de la couleur des habitants. Méla. 285. des « gens au visage brûlé ». termes qui auraient été contradictoires(5) : nous croyons plutôt que cette dénomination peut s’expliquer par la coutume qui auraient eue des noirs de se peindre le corps en blanc(6). 2. p. voir plus loin. Hérodote. 23 : « Loripedem rectus derideat. Pline. que les Latins adoptèrent. . des esclaves ____________________ 1. » 6. Quant aux hommes naturellement foncés. le Plateau central nigérien. Comme les haratines actuels. Qu’étaient ces Éthiopiens ? Le mot grec Αίθίοπες. voir Schirmer. les Éthiopiens dont parlent les anciens. 4. 226 et 238. Il a pu désigner aussi des hommes dont la peau. les blancs d’Afrique. mais on ne les appelle pas Éthiopiens. mais à cause de la couleur qui leur sert d’emblème : Desplagnes. Les Berbères. Hérodote (VII. devaient être doués d’une constitution leur permettant de résister aux fièvres et de se livrer à la culture. Par exemple. p. aux Nigrites et aux Garamantes ? La question que nous traitons ici est vraiment bien embrouillée. Ptolémée. moitié avec de la chaux. 5. 6. 8.

mais des gens à la peau bronzée. pour des raisons climatiques. et n’étaient pas de vrais Nigritiens..300 LES TEMPS PRIMITIFS. qui auraient été établies Jusque dans le voisinage de la Méditerranée : v. 5. p. face courte et large. 3. aux traits réguliers (conf. p. les Garamantes allaient donner la chasse aux Éthiopiens troglodytes. IV. infra.. 2. d’alarmer a priori qu’ils ont été un épiphénomène. p. « dans un pays où. dans l’Anthropologie. et l’on pourrait dire presque absurde. 214) a aussi constaté quelques caractères négroïdes sur des crânes trouvés dans une station gétulienne voisine de Tébessa : « léger prognathisme. 236).. 1911.. Les textes nous les montrent formant des peuplades. 266-7). brièveté de la face Tébessa est déjà assez loin du Sahara. Bertholon. il serait imprudent. faisant la guerre aux Maures et aux Romains. également négroïdes. Bertholon (Septième Congrès préhistorique. 1912. Mais il est évident que tous les Éthiopiens établis au Sud de la Berbérie n étaient pas de condition servile. Ces individus étaient de petite taille. probablement aux habitants du Tibesti(2) . s’il s’agit des ancêtres des Tédas. un aspect ogival(5) ». Comme le dit M. avec aplatissement des os nasaux . 7. largeur du nez. p.. on a découvert à Redeyef.. ils seraient allés détruire un grand nombre de colonies phéniciennes sur la côte du Marne: XVII. Suivant Hérodote(1). Or ils présentent des caractères nettement négroïdes. 3. Ils étaient chez eux dans ces régions et ils les occupaient sans doute depuis fort longtemps(4). s’ils gardaient leurs prisonniers. vue de face. Souhaitons que des fouilles de stations ou de sépultures préhistoriques nous apportent des précisions à cet égard. 167. furent amenés de l’intérieur du continent jusque dans les oasis du Sahara septentrional. Il est vrai qu’ils pouvaient l’être aussi à des populations. ils les employaient peut-être à des travaux agricoles. Schirmer. les nègres sont les seule cultivateurs possibles. forme plutôt parabolique des arcades dentaires.. Récemment. Gautier (Sahara algérien. 3. 3. Avec les Nigrites. habitants actuels du Tibesti. XVII. Nîmes. « mâchoires prognathes. des immigrants tardifs. XXIII. extrême platyrhinie.. 4. plusieurs squelettes d’individus contemporains de l’industrie gétulienne. et qui d’ailleurs est en libre communication avec la Nigritie. se déplaçant à leur gré(3). dans le SudOuest de la Tunisie. ouvriers malgré eux de la onzième heure ». Les Pharusiens se rendaient chez les Maures et même jusqu’à Cirta (Constantine) : Strabon. le Sahara. Mais on peut supposer que ces individus à caractères négroïdes étaient plus ou moins apparentés à des gens qui vivaient plus au Sud. Observer que. Le Sahara était alors plus habitable et plus facile à parcourir .. relief médian de la voûte crânienne donnant à celle-ci. — M. 183. ____________________ 1.

Πυρρέων. n. 402 . Chantre.. 2. au Sud du. Πυρέων. c. Conf. comme on le pense d’ordinaire ? Cela n’est pas certain. Pline (VI. p. 5) étaient-ils des métis. 305 . et dont le berceau est probablement l’Afrique orientale(5). Topinard. 1886. Maroc. de la Société d’anthropologie de Lyon. 285. Bull. Duveyrier. Tel aurait été le fond ancien(6). Foulbés. D’autre part. 400. française. 3 . (pour le type du Djerid). française.133. Πυρραίων (Αίθιόπων) C’est par conjecture que l’on a corrigé Πυρρών . il y a lieu de croire qu il s’est fixé dès une époque lointaine. de la Soc. Les habitants du Sud de l’Espagne. l’épithète n’indiquerait pas nécessairement qu’ils aient eu la peau de cette couleur : conf. 304 . p. Tissot. Bull. c. p. d’anthr. 26). 288 (« race subéthiopienne ». racontaient que les Éthiopiens avaient traversé la Libye jusqu’à l’Occident. p. Les Mélanogétules que Ptolémée mentionne dans la Libye intérieure (IV. Géographie. p. p. XXVI. etc. l. si répandu. n. p.ANTHROPOLOGIE. 6. Schirmer. M. à propos de certaines peuplades noires de la vallée du Nil : « atri coloris iota corpora rubrica inlinunt ». p. Recherches. On a voulu leur rattacher des Éthiopiens rouges qui seraient mentionnés par Ptolémée (IV. I. plus haut ce que nous avons dit des Éthiopiens blancs. à l’intérieur comme au Nord et au Sud de cette contrée. p. disait Éphore (apud Strabon. 7. ont pu vivre des populations d’aspect fort semblable(2). p. 229. Reims. de Lyon. Abyssins. 4) Gallas. distincte des Nigritens : Carette. 1907. Bertholon. 190) dit. de la Soc. l. 1909. mais d’abord cette mention n’est pas certaine : les manuscrits donnent Γιρρέων. Manuel de géographie ancienne. d’anthropologie. Bull. En tout cas. 157). Peut-être les gens qui appartiennent à ce type ont-ils quelque parenté avec 1es peuples de haute taille et de couleur brun-rouge qu’on rencontre plus au Sud. ou Γειραίων (du fleuve Γωίρ). D’autres qu’aujourd’hui(1) . I. à en juger par ce que le Périple de Scylax dit d’eux (§ 112) : « Ils ont une longue barbe et de longs cheveux et sont les plus beaux de tous les hommes. Assoc. 638. 1873. 1 . Müller propose Γειρέων. 6. les Touareg du Nord. 1907. 905. . trad. M. c. le type. Résulte-t-il de croisements entre des noirs et des blancs ? Nous l’ignorons(3). Bedjas. Quand bien même il y aurait eu des Éthiopiens qualifiés de rouges. 2. 5) : Kiepert. 5. ou « garamantique ») . 301 ____________________ 1. II. où une partie d’entre eux étaient restés. du Djerid est nettement caractérisé. Mais c’était probablement une manière d’expliquer la présence de noirs au Sud du Maroc comme au Sud de l’Égypte. » 3. n’étaient pas des purs Nigritiens. On sait que les l’eaux Rouges d’Amérique ont été appelés ainsi à cause de la couleur qu’ils étendaient sur leur visage. Il faut noter cependant que les Éthiopiens de très haute taille qui vivaient en face de l’île de Cerné. 311-3) . de géographie historique. Lille. Collignon. Les haratines actuels . Πυραίων. Divers auteurs estiment que les gens brun foncé des oasis appartiennent à une race saharienne spéciale. l. française. Berbères et Arabes venus du Nord(7). Chantre non plus (Assoc. I. en une longue traînée s’étendant depuis la côte des Somalis jusqu’au Sénégal(4). 6. modifié plus tard par des éléments nouveaux : noirs amenés du Sud. Collignon ne le croit pas (Bull.

p. p. p. n° 183 : vers cités plus haut. 1908. Merlin. l. 80) aient été des métis : ce mot parait signifier simplement Éthiopiens de Libye (d’Afrique). p. (les Arabes qualifient parfois les Touaregs de blancs ou de noirs selon la couleur de leur voile) . 2. 1. 15 : esclave « color tetro ». 1. 1897). nos 353-4 . Avelot. où semble prédominer l’élément nigritien. . n° 182. XIX-XX . 1896. 569) : à Caesarea de Maurétanie. 155. p. Gautier.302 LES TEMPS PRIMITIFS. 155. p. de couleur noire ». 1906. ubi sicco solis ignei calore fuscantur. XXXI. de géographie historique. corpore aquilost… specie venusta.. l. Conf. Pocnulus. n. la nécropole de Douïmès (extrait du Cosmos. 2e partie. p. Revue générale des Sciences. ils se rapportent à un noir qui était venu du pays des Garamantes à Hadrumète. 3 . Bull. 251. p. in psalm. Depuis la période carthaginoise. ore atque oculis pernigris ». originaires soit des oasis sahariennes. Anvers. — Il est vrai que des nègres ont pu être amenés d’Orient. Saint Augustin. Bull. Crâne de négresse dans une tombe punique de carthage : Bertholon. 974. Patr.. — Il n’est pas sur non plus que les Libyaethiopes d’Orose (I. adductus ».. des hommes que les anciens auraient appelés Éthiopiens n’ont-ils pas vécu dans le Tell ? Hypothèse qui n’aurait rien d’invraisemblable : les fouilles de Menton ont prouvé qu’à l’époque quaternaire il y avait des gens apparentés aux nègres jusque sur les côtes de ____________________ hypothèses sont possibles. c. p. sous l’Empire romain. p. « colore Aethiops. 2. 1911. ex ultimus credo barbare provinciae partibus. Procès-verbaux de la Commission de l’Afrique du Nord. des noirs. 1. Conf. c.. Une mosaïque de Timgad représente un nègre avec exactitude qui semble indiquer que l’artiste avait sous les yeux des modèles vivants : Ballu. Nourrice de deux Carthaginoises. 1643. avril 1913. XI). bien avant la venue de ces étrangers. Lettre du diacre Ferrand à saint Fulgence. XXXIII. « de nation barbare. 3 (dans Acta Sanctorum Boll. ont été introduits comme esclaves dans les villes ou dans les régions de l’Afrique du Nord voisines du littoral(2). Rien n’indique que la traite ait fourni. soit du centre africain. p. Ils ne devaient pas être très nombreux. 1. un gladiateur nègre. pl. 55 (il croit que les Mélanogétules était une peuplade dont le noir était la couleur sacrée). 23. Lat. 277-8. n.. 392. Enarr. et apud Delattre. dans Plaute. Januar. représentent ces mélanges. 378 : mention d’un jeune serviteur nègre à Carthage. n° 203 . dans Migue. n. p. Djem : de Pachtere. Anthologia latina. Duveyrier. 208. 137. Mais. 112-3 : « statura haud magna. par Alexandrie : voir Anthologia latina. p. sans cesse renforcé par des apports du Soudan(1). Mélanges de l’École française de Rome. Riese. LXV. archéologique du Comité. les bras nécessaires à l’exploitation des grands domaines : le pays était assez peuplé pour se passer d’une maind’œuvre appelée du dehors. Passio Marcianae.

p. S’ils avaient été simplement des gens brunis par le soleil. 6. En Algérie. « nigerrimi » . Il s’agit donc.-C. la ville des chênes lièges(5). ne sont probablement pas fort antérieures à notre ère . Mais il convient d’observer que. Ces tombes. il ri y avait sans doute pas de raisons pour qu’ils différassent de leurs voisins et leur coloration n’aurait pas frappé les Grecs. 4. 1867. des soldats auxiliaires qui étaient très noirs. française. 143. 58. Tunis. dans une armée carthaginoise. dans la Khoumirie. Selon M. il est vrai.. 5. il y avait en Sicile.dit Frontin (Siratag. d’immigrés ou de descendants d’immigrés. Grotte des Troglodytes à Oran. 210. I. Mais nous ne savons pas d’où ils venaient. VIII (un nègre. Bull. Faidherbe. 6. 79. le caractère nègre de ces têtes est contestable : Assoc. Sous des dolmens de la nécropole de Roknia (au NordOuest de Guelma). Pruner-Bey. Était-ce une tribu autochtone ? une colonie d’Éthiopiens venus des oasis sahariennes ou même de plus loin ? Nous ne saurions le dire(6). 2. Phelliné signifiant. ces Asphodélodes visités par les soldats d’Agathocle ne pouvaient guère habiter que dans le Nord de la Tunisie ou le Nord-Est de la province de Constantine. Instructions pour les recherches préhistoriques. p. 18). à proximité d’une ville de Phelliné (Φελλίνη). Race dite de Grimaldi. IV. on a aussi trouvé plusieurs crânes qui ont été attribués à des nègres et à des mulâtres(3). qui rappelaient les Éthiopiens par la couleur de leur peau(4). 3. sur lesquels on n’a pas insisté jusqu’à présent. les conditions politiques et économiques permettaient alors des relations entre la Berbérie et les pays du Sud habités par des Éthiopiens. 47-49 et pl. n. peut-être. Voir plus haut. les Asphodélodes. XX. 57 : τούς χαλουμένους Άσφδελώδεις όντας τώ χρώματι παραπλησιους τοΐς Αίθίοψι. Mais un passage de Diodore de Sicile. une tribu tout entière. 303 la Ligurie(1). .ANTHROPOLOGIE. venus isolément jusqu’en Numidie. autant qui il semble. 2. II. apud Bourguignat. deux mulâtres). p. ___________________ 1. n. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia. p. des crânes tirés de deux grottes à mobilier néolithique de la région d’Oran(2) ont paru présenter des caractères négroïdes. p. relatif à l’expédition d’Agathocle. mentionne. Au début du Ve siècle avant J. de l’Académie d’Hippone. I. grotte du Rio Salado : voir Pallary. Bertholon. 60 (un nègre). 1896.

Stuhlmann. 1891. conf. analogue à la race éthiopienne (c’est-à-dire à la race il laquelle appartiennent les Gallas. M. Faut-il voir en eux les plus anciens habitants de l’Afrique du Nord ? Ils auraient été refoulés par les ancêtres des Berbères et ne se seraient maintenus que dans des montagnes d’accès difficile et à la lisière méridionale de la contrée dont ils auraient été auparavant les seuls maures(2) ? Nous pouvons le supposer. 3. etc. M. Toutefois. 453. 1912). I. Bull. 346) est d’avis que le type du Djerid représente la population la plus ancienne de la Berbérie . de géographie historique. p. à vrai dire. 527 et 528) admet l’existence d’une population primitive apparentée aux Gallas et portent la langue dont dérivent les dialectes berbères : elle aurait été refoulée vers le Sud par des envahisseurs. 1895. p. ancêtres des Kabyles. p. 1886. Bull. Bertholon(1) a constaté l’existence d’un très grand nombre d’individus chez lesquels il a retrouvé le type du Djerid : ils formeraient environ le tiers de la population de cette région montagneuse. leur ordre de venue dans le pays. peut être même jusqu’à nos jours. de géographie historique. Ein Kulturgeschichtlicher Ausflug in den Aures (Abhandlungen des Hamburgischen Kolonialinstituts. venus d’Espagne. asiatique ou européen. 23. 356. en une race nouvelle. il se serait transformé. 314-5. p. 491) croit que l’Afrique du Nord a été peuplée primitivement par des nègres et qu’un élément blanc. Il nous parait bien aventureux de vouloir déterminer. Deniker (les Races et les peuples de la terre. d’après la répartition actuelle des types Indigènes. 135-6.304 LES TEMPS PRIMITIFS. X. Lissauer (Zeitschrift für Ethnologie. peut-être sous l’influence du mélanges avec les nègres. — à supposer qu’il se . II. mais. Revue tunisienne. 127. p. IV Nous ignorons également les origines des Berbères bruns(3). p. Bertholon.). — M. XL. les Bedjas. Il y a donc quelques indices de l’existence d’Éthiopiens indigènes dans le Tell à l’époque préhistorique. aux temps antiques. qui auraient adopté la langue des vaincus . de correspondance africaine. Collignon (Bull. nous n’en savons rien. conf. s’est déposé sur ce fond primitif. Voir aussi La Blanchère. véritable pays du chêne liège. il est permis d’affirmer qu’ils sont apparentés à une grande partie des habitants des îles méditerranéennes et de ____________________ 1. 1882-3 p. resté pur chez les Berbères. 2.

M. dans Bull. 445. Bertholon et Chantre (Assoc. On a insisté sur l’extrême fréquence. qui. de la Soc. Pruner-Bey. 303 et suiv. p. elles se retrouveraient partout où cet homme se serait répandu : dans tout le Nord du continent africain. des mêmes formes de têtes(4).. c. p. p. 1899. Collignon. Géographie. ellipsoïde. 238 et suiv. 34-35. l. le même. 306. p. die Sprachen der Hamiten (Abh. l. VIII) qualifie d’égyptien un crâne des dolmens de Roknia. 128. F. 1881. de part et d’autre... von Luschan. des Français du Centre et du Midi. Littorale ou Atlanto-méditerranéenne de Deniker. 2e édit. Hamy. Ces impressions sont corroborées par l’examen des caractères anatomiques. se rencontre dès une époque très ancienne(5). d’anthr. p. mais c’est là une différence peu importante (on pourrait en dire autant des Tunisiens par rapport aux Marocains). p. Revue d’anthropologie. Verneau. 518. en particulier du type dit de Cro-Magnon. p. dans l’Europe occidentale. Crania ethnica.ANTHROPOLOGIE. 1872. pentagonoïde. la physionomie des fellahs est beaucoup plus douce que celle des Berbères. française. des Italiens. Europa. p. d’anthr. 3e série. 4. d’où il aurait passé en Europe dès l’époque paléolithique. apud Bertrand. Diverses formes de crânes. Tissot.. Collignon. 287 et suiv. 1893-6. Kolonialinstituts. 1. l. originaire d’Afrique. Histoire générale des races humaines. 1905. 461 (conf. 1886. IX. 465). les blancs d’Afrique. 1860-3. Deloche.. 305 ____________________ soient succédé. 96. p. 1897 . Mémoires de la Soc. 164. Etc. Collignon. M. XVI. Nous avons noté chez un grand nombre . des Sardes(2). De Quatrefages et Hamy. 346-7 . 1912). Voir pour des crânes berbères et égyptiens. la Gaule avant les Gaulois. 127-8) sont disposés à croire que les petits dolichocéphales (notre second type) sont les plus anciens . 261. c. Dijon. 3. p. ibid. c. 327. Bull. Hatmann. 612. les Peuples de l’Afrique. c. 1911. p. Nombre d’observateurs(1) ont été frappés de la ressemblance de beaucoup d’entre eux avec des Espagnols. au Sud comme au Nord de la Méditerranée. l. Races ibéro-insulaire.. et dans l’Anthropologie. Cartailhac. 262 et 263 (d’après Chantre). d’anthr. l’Europe méridionale. 1883. p. p. Bull. Etc. p. 27. p. p. 49 et pl.. p. p. 1898. Voir par exemple le fellah dont le portrait est donné par Weisgerber.. Sergi a présenté son Homo eurafricus. Africa. I. Chantre. 351. Des Hamburg. 388-390. l. 414-5. les Âges préhistoriques de l’Espagne et du Portugal. Faidherbe. Conf.. p. V. l. 14 et 68. 2. de Quatresfages. p. I. des Siciliens. apud Meinhof. 243-4. Martin. 111 et suiv. de la Soc. Il y en a beaucoup aussi qui rappellent des fellahs égyptiens(3). 404.. etc. Ce savant (apud Bourguignat.. Lissauer. MM. Archives des missions. — Dans divers écrits (Origine e diiffuzione della stirpe mediterranea. Collignon. 10-24 . de la Soc. d’anthr. p. p. que les grands dolichocéphales (premier type) sont venus les derniers. 5.). Cévenale. p. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia.. X. Annales de géographie. en particulier p. p.. c. 1895 . Il a tout à fait l’aspect d’un Kabyle. p. des Corses. La Blanchère. ovoïde. Recherches anthropologiques en Égypte. que le type à crâne court (troisième type) s’est enchâssé dans le précédent et qu’il à été introduit par une colonisation maritime . sur toutes les rives de la Méditerranée. En général. c. p. ne seraient que des variations internes d’une forme fondamentale allongée . Stuhlmann..

. de la Soc. p. Géographie. Elles ne justifient pas les théories aventureuses d’érudits qui prétendent savoir ce que nous ignorerons toujours. p. 1) 6. p. Fr. 1899-1900. 107 et suiv. (conf. On s’est aussi efforcé d’expliquer la présence de blonds dans le Maghrib. 402. 2e édit. XXVI. VIII. Bull. les Abyssins. l. 273. p. etc. Kaltbrunner. Mehlis. souvent aussi chez les Espagnols(1) et les Basques(2). 2e édition. p. Hamy. que ceux qu’ils appellent les Ibères. Memorie della classe di scienze morali. l. 2. Kobelt. H. Archiv für Anthropologie. les Gallas : conf. 528. 665. Comme leur nombre diminue de l’Ouest à l’Est. p. p. 5. p.. n. c. Ein kulturgeschichtlicher Ausflug. p. Recherches sur l’origine des Kabyles. L. Etc.. l’ont reproduite fidèlement sur leurs monuments. 42 et 81. p. Martin. 3e série. c. dans son livre Origine. 1909. Neue Falge. 1893.. Collignon. Bertholon. c. reiserinnerungen. 122. 527. 451.. p. Allgemeine Ethnographie. Ethnogénie gauloise. p. ou même dans la fabuleuse Atlantide(8). 204. de la Soc. Deniker. 69. d’anthr. ou bien on Asie(7). extrait du Globe. p. 276. Müller. l. Stuhlmann. 1881.. d’anthr. au contraire. Les uns soutiennent que les ancêtres d’une bonne partie des Berbères(3). (voir plus haut. 24. Elles révèlent des origines communes. 21. Serie terza. I. 3. p. p. 1881. Elle se retrouve chez les Berjas. Introduction à l’histoire romaine.. 4. 1896.. les Basques (Mémoires de la Soc. 2e édit. 4). D’autres croient. p. on les a rattachés à des populations qui seraient venues par le détroit de Gibraltar et dont la force d’expansion aurait décru . Des savants ont placé le berceau des Berbères dans le Nord-Est africain(6). apud Bertrand. Revue d’anthr.. c. p. d’anthr. qui se perdent dans un passé très lointain. — Nous avons indiqué la même conformation dans le type du Djerid.. 504. entre autres ceux du type de Cro-Magnon(4). Atti dell’ Academie dei Lincei. ibid. sont venus d’Europe en Afrique. de Berbères la largeur des épaules et l’amincissement du thorax en tronc de cône renversé : cette conformation se retrouve chez les Égyptiens qui. la bibliographie donnée par Pais. 8. les Ligures sont originaires du Nord-Ouest de l’Afrique(5). 127-9. 305.. Lissauer. l. n. Modestov. Genève. dans l’antiquité. Sergi. 1871. Roget de Belloguet. Modestov. c. Bull. ____________________ 1. Verneau. 331 et suiv. surtout par l’Espagne. 7. Il conviendra de préciser ces ressemblances. D’Arbois de Jubainville. l. l. 214-5.306 LES TEMPS PRIMITIFS. 1078 . Tissot. VII. II. les Premiers habitants de l’Europe.

ANTHROPOLOGIE.

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____________________ 1. Tissot, Géographie, I, p. 409 ; conf. Broca, Revue d anthropologie, 1876, p. 397. — Noter que, si l’on sen tient aux documents de l’antiquité, ou peut croire au contraire que les blonds étaient tort nombreux dans le voisinage de l’Égypte, en Cyrénaïque et sur la côte orientale de la Tunisie. 2. Faidherbe, Collection complète des inscriptions numidiques, p. 23-24 ; le même, Bull. de la Soc. d’anthr., 1869, p. 537-8 ;1873, p. 606. Topinard, ibid., 1873, p. 645-6. Broca, l. c., p. 303 et suiv. Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 278. Bertholon, Assoc. française, Lille, 1909, II, p. 969. Luschan, apud Meinhof, l. c., p. 244-5. Stuhlmann. l. c., p. 120. Etc. : voir les indications bibliographiques de M. Mehlis, Archiv, N.F., VIII, p. 262. M. Mehlis adopte cette opinion et la précise : la migration, a eu lieu vers la fin du troisième millénaire et l’on peut retrouver à travers l’Europe des traces du passage de ces Aryens septentrionaux. 3. Lenormant, Histoire ancienne de l’Orient, 9e édit., II, p. 282 ; VI, p. 606. Tissot, 1. c., p. 409-410. Y. de Lapouge, l’Aryca, p, 201. Etc. 4. M. Martin, Rev. archéologique, 1867, II, p. 395, et Bull. de la Soc, d’anthr., 1881, p. 462. 5. H. Martin, II. cc. Faidherbe, ll. cc. et Congrès international d’anthropologie de Bruxelles, 1872, p. 411. Topinard, 1. c. Broca, l. c. Verneau, Revue d’anthropologie, 1886, p. 21. Etc. — Contra : Schirmer, De nomine populorum qui Berberi dicuntar, p. 71-72. Comme le fait remarquer Lissauer (Zeitschrift für, Elthnologie, XL, p. 528), il n’y a pas de dolmens dans le Djurdjura, où les blonds sont nombreux. — De son côté, M. Collignon (Bull. de géographie historique, 1886. p. 320 et 346) serait disposé à attribuer l’introduction des dolmens aux petits dolichocéphales bruns : l’aire de ce type et celle des dolmens concorderaient à peu près dans la Tunisie centrale. On peut renvoyer les deux opinions dos à dos. 6. Lenormant, l. c., II, p, 282-3. Bertholon, Revue tunisienne, IV, 1807, p, 417 et suiv. ; VI, 1899, p. 50-51. — M. Brinton (the Ethnologie affinities of the ancient Etruscans, dans Proceedings of the american philosophical Society, XXVI, 1880, p. 510-1) croit que les blonds africains étaient proches parents des Toursha (Étrusques), un des peuples de la mer, qui vint s’établir en Italie : il fait des Étrusques de grands dolichocéphales blonds.

à mesure qu’elles s’avançaient vers l’Orient(1). On a admis qu’une « race » blonde n’a pu se constituer que sous un climat froid et on a cherché la patrie primitive des blonds africains dans le Nord de l’Europe(2). On les a qualifiés d’Aryens(3), ou même de Celtes(4) ; on leur a attribué l’introduction des dolmens en Berbérie(5). D’autres sont d’avis qui ils appartenaient aux « peuples de la mer », signalés par des documents égyptiens, et qu’ils sont venus du Nord-Est, des rives de l’Archipel, au cours du second millénaire avant Jésus-Christ(6). Mais le terme aryen ne signifie rien au point de vue anthropologique et n’a de valeur que pour le linguiste ; rien ne prouve du reste qu’une langue de la famille indo-européenne (nommée inexactement aryenne) ait été parlée dans le Nord-Ouest de

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LES TEMPS PRIMITIFS.

l’Afrique avant la conquête romaine(1). Nous ignorons quand, comment et par qui le type de sépulture appelé dolmen s’est répandu dans cette contrée. Les guerriers au teint mat et aux yeux bleus, figurés sur des peintures égyptiennes, sont des Africains(2), et non pas des gens appartenant aux peuples de la mer(3). Nous n’avons aucune raison de croire que ceux-ci aient été blonds. S’ils se fixèrent en Berbérie, — ce qui est douteux(4), — ils n’étaient vraisemblablement pas en nombre suffisant pour laisser des descendants depuis les Syrtes jusqu’à l’Océan, et dans des régions éloignées des parages où l’on peut Supposer qu’ils prirent pied. Nous ne connaissons guère les conditions da la production et de la diffusion du pigment dans le corps humain, par conséquent les causes des colorations diverses de la peau, des cheveux, des yeux(5) : est-il donc bien nécessaire d’admettre que les Berbères blonds descendent d’immigrés, que leurs ancêtres soient venus des pays froids du globe ? Un fait reste cependant certain. L’Europe septentrionale est la seule partie de la terre où des hommes aux cheveux, aux yeux et au teint clairs forment une population homogène et très étendue, tandis qu’ailleurs ils sont disséminés et relativement peu nombreux(6) : argument spécieux en faveur de l’hypothèse qui place dans cette contrée le berceau des blonds épars à travers le monde, en particulier des blonds du Nord de l’Afrique. Mais il ne faut pas oublier que c’est une hypothèse, une fragile hypothèse.
____________________ 1. Voir au chapitre suivant. 2. Comme l’indiquent leur coiffure de plumes d’autruche et la disposition de leurs cheveux (avec une mèchen tombant sur le côté). Conf. Sergi, Africa, p. 291-2. 3. Parmi ces peuples étaient les Shardana, les Toursha et les Shagalsha, que des monuments égyptiens nous montrent sous un tout autre aspect : voir par exemple W. M. Müller, Asien und Europa nach altägyptischen Denkmälern, p. 374-7, 380-1 ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, II, fig. aux p. 394 et 465. 4. Voir plus loin, p. 348. 5. M. Sergi (Africa, p. 296, d’après les recherches de M. Livi) est disposé à attribuer la coloration blonde au climat des montagnes (hypothèse déjà indiquée par Dureau de la malle, Province de Constantine, p. 193). Mais si l’on trouve des Berbères blonds dans des pays montagneux, Rif, Kabylie, Aurès, ils paraissent être fort rares dans le Moyen et le Haut-Atlas, dont l’altitude est plus élevée. 6. Comme l’observe Lissaouer, l. c., p. 526.

CHAPITRE V LA LANGUE LIBYQUE
I Les indigènes de l’Afrique septentrionale parlent soit l’arabe, importé par la conquête islamique, soit une langue qui se ramifie en un assez grand nombre de dialectes(1), dits berbères(2). Cet idiome, qui n’a pas produit d’œuvres littéraires(3) et qui n’a conservé un alphabet propre que chez les Touaregs, a subi et subit encore la concurrence de l’arabe, seule langue religieuse admise par les musulmans orthodoxes ; il se défend cependant avec opiniâtreté : en Algérie, il est encore parlé par plus du quart de la population indigène(4). Entre les dialectes berbères, il y a des différences marquées, qui portent surtout sur la prononciation(5) et sur le vocabulaire, plus ou moins riche, plus ou moins envahi par des termes
____________________ 1. Une quarantaine. 2. Ils ont été étudiés par Brosselard, Newmann, Hanoteau, Masqueray, Motylinski, Stumme, etc., surtout par M. Basset et ses élèves (nombreux fascicules des Publications de l’École des lettres d’Alger ; voir en particulier Basset, Études sur les dialectes berbères, Paris, 1894). 3. On peut tout au plus mentionner quelques ouvrages religieux, écrits au Maroc : voir de Slane, dans sa traduction d’Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, IV, p. 531 et suiv. ; Luciani, Revue africaine, XXXVII, 1893, p.150 et suiv. ; Basset, Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 338, 339, 340. 4. Gautier, Annales de Géographie, XXII, 1913, p. 256. 5. On a proposé un classement des dialectes fondé sur la prononciation. : dialectes forts, faibles, intermédiaires : Basset, Manuel de langue kabyle, p. 3.

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arabes. Ceux qui en font usage se comprennent mal ou ne sa comprennent pas d’un groupe à l’autre, Mais l’identité du système grammatical et d’une foule de racines ne permet pas de douter que ces dialectes ne se rattachent à une même langue. Celle-ci s’est répandue en dehors de la Berbérie, sur le Sahara, de l’oasis de Syouah à l’Océan(1) ; elle a atteint le Sénégal et le Niger. Quand même nous n’en aurions aucune preuve, nous devrions admettre qui elle se parlait déjà dans les siècles qui précédèrent et suivirent l’ère chrétienne : nous sommes assez renseignés sur les temps postérieurs pour pouvoir affirmer qu’elle n’est pas d’importation plus récente. Malheureusement, le passé de cette langue berbère, ou, si l’on veut, libyque nous échappe presque entièrement. On connait quelques centaines d’inscriptions dites libyques, qui datent du temps des rois numides et surtout de la domination romaine. Elles sont écrites en un alphabet qui présente une étroite ressemblance avec celui des Touaregs : les inscriptions dites libyco-berbères du Sud oranais et du Sahara offrent une écriture intermédiaire(2). Les inscriptions libyques ne sont évidemment rédigées ni en punique, ni en latin, car plusieurs sont accompagnées d’une traduction dans l’une de ces deux langues, qui avaient leur alphabet propre. De plus, beaucoup d’entre elles contiennent un terme que l’on a expliqué : c’est le mot ou, qui signifie fils et qui se retrouve dans la langue des Berbères. Il est donc certain qu’une bonne partie de ces textes, sinon tous, sont rédigés dans un idiome apparenté aux dialectes actuels, Mais, à l’exception du mot ou(3) et d’un grand nombre

____________________ 1. Le guanche des îles Canaries, aujourd’hui disparu, était aussi un dialecte berbère. 2. Conf. plus haut, p. 258. 3. On peut y joindre le mot aguellid, roi, chef, qui se rencontre avec cette signification dans une inscription libyco-punique de Dougga joli il est représenté par le groupe de lettres GLD) : voir Lidebarski, Sitzungsberichte der preussischen Akademie der Wissenschaften, 1913, p. 297.

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de noms propres, dont les uns sont puniques et dont d’autres ont une physionomie berbère, les inscriptions libyques sont restées indéchiffrables. Il n’y a presque rien à tirer des auteurs anciens: on sait qu’en général les Grecs et les Latins ne s’intéressaient guère aux langues des barbares(1). Quelques-uns se contentent de mentionner le parler âpre, sauvage des indigènes(2), de dire que ceuxci peuvent seuls prononcer les noms de leur pays(3). Ammien Marcellin(4) et, ce qui est plus important, l’Africain Corippus(5) notent la diversité des langues en usage dans les tribus : rien ne Trouve du reste qu’il ne s’agisse pas simplement de dialectes, qui, comme ceux d’aujourd’hui, auraient été assez différents(6). D’autre part, saint Augustin fait remarquer que de très nombreuses tribus barbares d’Afrique parlent une seule et même langue(7), mais les termes dont il se sert ne permettent pas de savoir s’il fait allusion à la langue libyque, dont il aurait connu l’unité sous ses divers dialectes, ou à quelque dialecte fort répandu. Certains textes(8) signalent des termes qui, nous dit-on, ont
_____________________ 1. Salluste se contente d’indiquer incidemment (Jugurtha, LXXVIII, 4) que les Numides parlaient une autre langue que les colons phéniciens. 2. Silius Italicus, III, 305 : Miscebant avidi trucibus fera murmura linguis. Corippus, Johannide, II, 27 ... ferea barbaricae latrant sua nomina linguae. Ibid., IV, 351-2 Latratus varios, stridentibus horrida linguis Verba ferunt. 3. Pline l’Ancien, V, 1 : « Populorum eius [de l’Afrique] oppidorumque nomina vel maxime ineffabilia praeterquam ipsorum linguis. » 4. XXIX, 5, 28 : « dissonas cultu et sermonum varietate nations plurimas ». 5. L. c., V, 36 : « varias… linguas » ; conf. IV, 351 : « Intratus varios ». 6. Saint Hippolyte (Bauer, Chronik des Hippolytos, p. 102) mentionne parmi les langues parlées en Afrique celles des Μαΰροι, des Μαχουαχοί (il s’agit des Baquates, en Maurétanie). des Γαίτουλοι, des Άφροι, des Μάζιχες. Mais on ne saurait dire si cette indication a quelque valeur. 7. Civ. Dei. XVI, 6 : « Auctus est autem numerus gentium multo amplius quam linguarum, nam et in Africa barbares gentes in una lingua plurimas novimus. » 8. En partie cités par de Slane, l. c., IV, p. 578-580 ; conf. Bertholon, Revue tunisienne, XII, 1905, p. 563 et suiv.

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____________________ 1. Le berbère a plusieurs sons que les étrangers prononcent difficilement. 2. Voir par exemple Arrien, Indica, XLIII, 11 : Άννων ό Λιβυς. Il s’agit du fameux Hannon, roi des Carthaginois, dont nous avons le Périple. — Des listes joins au traité de Dioscoride sur la matière médicale indiquent les noms que les Άφροι donnaient à un certain nombre de plantes médicinales. Mais il s’agit de noms puniques. Conf., par exemple, Dioscoride, édit. Wellmann, IV, 150 : Άφροι χουσσιμέζαρ et Pseudo-Apulée, De Medicaminibus herbarum, édit, Ackermaan, 113 : « Punici cassimezar ». Certains noms ont d’ailleurs une tournure très nettement sémitique : voir Gesenius, Scripturae linguaeque Phoeniciae monumenta, p. 383 et suiv. ; Blau, Zeitschrift der deutschen morgeniäudischen Gesellseschaft, XXVII, 1873, p. 521-532. 3. Elle est peut-être incomplète. 4. Espèce d’antilope (conf. plus haut. p. 120). Pline, XI, 124 : « strepsiceroti quem addacem Africa appelint ». 5. Servius, In Aeneid., IV, 196 : « Libyes ammonem arictem appelant ». Il y a probablement là une inexactitude. Ammon a dû rester le nom propre du dieu bélier (conf. plus haut, p. 252, n. 2). 6. Petits renards. Hésychius : Βασσάρια τά άλωπέχια οί Λίβυες λέγουσι. Hérodote (IV, 102) mentionne des βασσάρια chez les Libyens nomades (conf. plus haut, p. 113). Voir encore Hésychius : Βασσαρίς, άλώπηξ, χαί βασσάρη παρά Κυρηναίοις ; Etymologicon magnum (s. v. Βασσάρα) : λέγεται βάσσαρος ή άλώπηξ χατά Ήρόδοτον (ce qui est inexact) ύπό Κυρηναίων. Le mot est probablement d’origine thrace et a dû être importé en Cyrénaïque par les colons grecs : conf. S. Reinach, Cultes, mythes et religions, II, p. 107 et suiv. Implanté en Libye, il a passé en Égypte, où il s’est transmis au copte (bashar = renard : Peyron, Lexicon linguae coptieae, s. v.). 7. Roi. Hérodote, IV, 155 : Λίβυες βασιλέα βάττον χαλέουσι. Ce terme fut adopté par les Grecs de Cyrénaïque. 8. Anc. Hésychius : Βριχόν όνον Κυρηναΐοι βάρβαρον. Faut-il chercher de ce côté l’origine du mot latin buricus, Lurichus (petit cheval : voir Thesauruslinguae latinae, s. v,), qui s’est perpétué dans l’italien bricco, l’espagnol borrico, le français bourrique ?

été employés par les Libyens, par les Africains, par les indigènes. Ces indications ne doivent être accueillies qu’avec beaucoup de réserve. Les mots peuvent avoir été altérés en se transmettant oralement ou par écrit, avant de parvenir aux auteurs qui les mentionnent(1) ; il est possible que quelques-uns l’aient été plus tard dans les manuscrits. D’ordinaire, on les a affublés de terminaisons grecques et latines. Il faut aussi se souvenir que les qualificatifs libyen, libyque, africain s’appliquent quelquefois à des hommes et à des choses puniques(2). Une liste que nous avons dressée comprend une quinzaine de mots(3) : addax(4), ammon(5), βασσαρία(6), βάττος(7), βριχόν(8),

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____________________ l. Éléphant. Spartien, Aelius, II, 3 : « elephanto, quilingua Maurorum caesai dicitur ». Servius, in aneid., I, 286 : « elephantem, qui caesa dicitur lingua Poenorum ». Mot indigène adopté par les Carthaginois ? Conf. plus haut, p.77. (2) Selon Hérodote (IV, 192), c était un nom libyque, qui signifiait en grec collines ; il désignait des rats d’une certaine espèce (voir plus haut, p. 128 : οί δέ ζεγέριες (τό δέ ούνομα τοΰτό έστι μέν Λιβυχόν, δύναται δέ χατά Έλάδα γλώσσαν βουνοί). Aucun mot ayant l’un de ces deux sens ne se rencontre dans les dialectes actuels : conf. Duveyrier, Bull. archéologique du Comité, 1888, p. 475, n. 1. Tissot (Géographie, I, p. 373 ; II. p. 689) veut le retrouver dans un nom propre, Timezegeri turris, que la Table de Peutinger indique dans le Sud de la Tunisie (voir déjà Judas, Rec. de Constantine. IX, 1863, p.13-14, 21). Le P. Mesnage (l’Afrique chrétienne, p. 34) cite aussi l’ethnique Auzegerenis, nom d’un évêché de Byzacène (Notice de 484, Byzacène, n° 96). Il s’git probablement d’un mot punique, signifiant colline; un mot dérivé aurait désigné le (rat) de colline, ou rat de montagne. Une addition à l’ouvrage médical de Dioscoride (édit. Wellmann, IV, 123) indique que le Africains (Άφροι) appellent ζίγαρ une plante nommée par les Grecs βουνίον (de colline) ; or le mot Άφροι désigne ici les Carthaginois (conf. plus haut, p. 312, n. 2). Voir à ce sujet Judas, l. c., p.12-13 ; Blau, Zeitschrift der deutschen morgenländischen Geseilschaft, XXVII, 1873, p. 532. 3. Les vignes: nom donné parles indigènes ou cap Spartel et qui fut traduit en grec Άμπελουσία (d’άμπελος, vigne). Pomponius Méla, I, 25 : « promuntarium quod Graccia Ampelusiam, Afri aliter, sed idem significante vocabulo appetlant », c’est-à-dire kôtès : conf. Ptolémée, IV, 1, 2 ; Strabon, XVII, 3, 2 (αί Κώτεις λωγόμεναι). 4. Poulain de l’âne sauvage (conf. p. 117). Pline, VIII, 174 : « Onagri... ; pullis corum.., sapore Africa gloriatur, quos lalisiones appellat. » 5. Eau, Hésychius : λίλυ, τό ΰδωρ Λίβυες. M. Halévy (Journal asiatique, 1874, I, p. 140) prétend retrouver ce mot dans le nom de Lilybaeum, « ville fondée par les Phéniciens en Sicile, car la principale population des colonies phéniciennes était presque toujours composée de Libyens émigrés de l’Afrique ». 6. Pluriel neutre. Huttes des indigènes. Salluste, Jug., XVIII, 8 : « aeditteia Numidarum agrestium, quae mapalia illi vocant ». Saint Jérôme, Comm. in Amos, prologus (dans Migne, Patrologie latine, XXV, p. 990) : « agrestes casae et furnorum similes, quas Afri apperlant mapalia ». Ce mot se présente aussi sous la forme magalia (Virgile, Énéide. I, 421 ; IV, 250 ; Servius, Comm., IV, 259 ; etc.). Peut-être est-il punique (noter que la lettre p manque dans les dialectes berbères ; elle ne se rencontre que dans la zenaga, au Sénégal : Basset, Études, p. 4). Mais, quoi qu’en pense Survius, il parait devoir être distingué du mot magar, qui, en punique, aurait signifié villa (ferme) : Servius, l, c., à I, 421 ; conf. Isidore de Séville, Etymol., XV, 12, 4. 7. Scorpion. Festus, De verberum significatu (et Paul Dincre), édit. Thewrewk de Ponor, p. 166-7 : « Nepa, Afrorum lingua sidus quod dicitur nostris cancer, vel, ut quidam volunt, scorpios. Le mot nepa a été employé par les Latins pour signifier soit scorpion, soit écrevisse ; ce dernier sens ne peut pas être d’origine africaine, puisqu’il n’y a pas d’écrevisses en Afrique. Pour le p, voir l’observation à mapalia. Mot, punique ? 8. Grande. Alexandre Polyhistor, apud Étienne de Byzance, s. v. Μάγνα : νήσος Λιβυχή... Ήχατά τήν τών Λιβύων φωνήν Σαμαθώ, ό έστι μεγάλη. M. Bérard (Annales de Géographie, IV, 1894-5, p. 420) croit ce mot phénicien. 9. Douc. Probus, à Virgile, Buc., I, 1 (dans Thilo et Hagen, édit, de Servius, III, 2,

ou caesa(1), ζεγέριες(2), χώτης(3), lalisio(4), λίλυ(5), mapalia(6), nepa(7), σαμαθώ(8), τίτυρος (tityrus)(9). Or un seul se retrouve peut-être

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____________________ Appendix Serviana, p. 320) : Hircus Libyca lingua tilyrus appellatur. » Mais ce mot est dorien et a été introduit par les Grecs en Cyrénaïque, comme en Sicile : conf. Servius, à Virgile, l. c. « Laconum lingua tityrus dicitur aries maior » ; Junius Philargyrius, dans Appendix Serviana, p, 15 : « Hircum Siculi lityrum vocant. » — Même observation pour σισύρνα, vêtement fait de peaux cousues, qu’on indique comme un mot usité en Libye ( χατά Λιβύην) : Scolies d’Aristophane, Oiseaux, 122 ; Hésychius, s. v. — On a cru trouver dans Étienne de Byzance une indication du nom de la chèvre en langue libyque : Αίγουσα, νήσος Λιβύης, χατά Λίβυας λεγομέη Κατρία. Mais ce texte ne dit pas expressément qu’Άΐγουσα (d’αΐξ, chèvre) soit une traduction de Κατρία, comme le veut Movers, die Phönizier, II, 2, p.367, note. Il est vrai qu’on invoque à ce sujet (A, J.-Reinach, Revue de l’histoire des religions, 1910, I, p. 202) le mot caetra, nom d’un bouclier de cuir dont se servaient les Africains et les Espagnols : « caetra est scutum loreum quo utuntur Afri et Hispani » (Servius, In Aen., VII, 732). J’avoue que cela ne me semble pas convaincant. 1. Merrâkech, p. 382. 2. Ajoutons que certains de ces mots n’ont peut-être été employés que dans une région limitée. Ils ont pu disparaître avec le dialecte auquel ils appartenaient. 3. Movers, l. c., II, 2, p. 409-410. 4. Conf. plus haut, p. 236, n. 1. 5. On pourrait cependant retenir une observation de Tissot (Bull. des antiquaires de France, 1880, p.180) au sujet d’un mot vatassae, qui se lit sur le tarif de douane de Zraïa : C. I. L., VIII, 4508 (ligne 25) = 18043. Il rapproche ce mot, dont le sens est inconnu et qui n’est sans doute pas d’origine latine, de fattas, fattassa, pois vert, dans le dialecte de Djerba.

dans le langage des indigènes d’aujourd’hui λίλυ, eau. M. Doutté(1) indique que les gens de Mazagan, sur la côte du Maroc, s’aspergent mutuellement d’eau à la fête de l’Aïd el Kebir et qu’ils appellent cela helillou. Aucun des autres mots cités par les anciens n’appartenait-il à l’idiome que représentent les dialectes berbères ? Cette conclusion ne serait pas légitime, car le vocabulaire s’use et se remplace vite(2). Mais nous devons nous résigner à ne pas tirer parti d’une série de renseignements qui semblaient précieux. On a allégué(3) des mots berbères, ou prétendus tels, qui ressemblent plus ou moins à des mots grecs ou latins, ayant la même signification, et on a soutenu que ceux-ci ont été empruntés aux Africains. Mais pour les termes qui sont vraiment apparentés, c’est au contraire aux Africains que l’emprunt est imputable(4). Il n’y a donc pas lieu de chercher de ce côté des informations sur la langue libyque(5). L’étude des noms propres mentionnés soit dans les inscrip-

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tions(1), soit dans les auteurs donne des résultats plus satisfaisants. Beaucoup de noms de personnes ont une tournure tout à fait berbère(2). La Johannide de Corippus offre un intérêt particulier à cet égard, car le poète, au lieu de latiniser les noms propres, les reproduit en général sous leur forme indigène(3). Un grand nombre d’entre eux se terminent par la désinence an (Altisan, Audiliman, Carcasan, Esputredan, Guenfan, Imastan, Manonasan, Sidifan, etc.)(4), qui rappelle la formation du participe berbère des verbes qualificatifs, participe tenant lieu d’adjectif par exemple, aberkan, étant noir, celui qui est noir. D’autres se présentent avec la désinence in (Autufadin, Cutin, Garafin Marzin, Sanzin, etc.), ou avec la désinence asen (Hisdreasen, Ielidassen, Macurasen, Manzerasen) : ces formes se sont perpétuées dans le Maghrib; pour l’époque musulmane, on peut citer Bologguin, Tâchfin, Yarmorâcen(5). Des noms de lieux antiques s’expliquent par les dialectes berbères. Strabon nous apprend que les « barbares » appelaient l’Atlas Δύριν(6) : indication que confirme Pline(7). Ce mot doit

____________________ 1. Épitaphes latines; quelques inscriptions néopuniques et des inscriptions libyques (qui omettent les voyelles). 2. Nous reviendrons là-dessus quand nous étudierons l’onomastique africaine à l’époque romaine. 3. Voir à ce sujet de Slane, dans sa traduction d’Ibn Khaldoun, IV, p. 581-2 ; Partsch, dans Satura Viadrina (Breslau, 1896), p. 34-37. 4. Conf., sur les inscriptions, Cotuzan (C. I. L, VIII, 5218), Vaselan (idid., 9725), Mastucaran (Bull. archéologique du Comité, 1904, p. 239), etc 5. Pour les noms propres de personnes, on a invoqué aussi le groupe de lettres Mas, par lequel beaucoup de ces noms débutent, Les uns croient que c’est un mot signifiant fils (comme le remarque de Slane, l. c., p. 500, il faudrait supposer que ce qui suit Mas représente le nom de la mère, car nous connaissons les pères de quelques personnages dont le nom commence ainsi, et la comparaison ne justifie nullement cette interprétation). D’autres le rapprochent de mess, qui veut dire maître chez les Touaregs. Cela me parait bien aventureux. — Par contre, le nom Mazic, Mazices, fréquent pour désigner soit des individus, soit des tribus, est sans doute un vieux mot libyque; peut-être signifie-t-il noble, comme une indication de Léon l’Africain permettrait de le supposer (Description de l’Afrique, trad. Temporal, édit. Schefer, I, p. 28). 6. XVII, 3, 2 : όρος... όπερ οί μέν Έλληνες Άτλαντα χαλοΰσιν, οί βάρβαροι δέ Δύριν. Conf. Eustathe, Commentaire de Denys le Périégète, V. 66, dans Géog. gr. min., II, p. 220. 7. V, 13 : « amnem Fut ; ab eo Addirim (hoc enim Atlanti nomen esse eorum —

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_____________________ il s’agit des indigènes — lingua convenit) cc(milia passuum ». Lire ad Dirim (conf. Meltzer, Geschichte der Karthager, I, p. 427), ce que n’a pas vu Solin (XXIV, 15), qui, copiant Pline, écrit : de Atlante quem Mauri Addirim nominant » ; Martianus Capella (édit. Essenhardt, p. 220) écrit de même : « hunc (l’Atlas) incolae Adirim vocant ». Vitruve (VIII, 2, 6) indique le Dyris comme un fleuve sortant « ex monte Atlante » : il a dû commettre une confusion : voir Müller, édit. De Ptolémée, n. à p. 741. 1. Conf. de Slane, l. c., p. 579-580 ; Vivien de Saint-Martin, le Nord de l’Afrique dans l’antiquité, p. 154 : Tissot), Géographie, I, p. 386, n. 2. 2. Salluste, Jug., LXXV. Tacite, Annales, III, 21. Conf. C. I. L. VIII, p. 69. 3. Tissot, l. c., p. 420, n. 1. 4. Duveyrier, les Touaregs du Nord, p. 409 ; le même, Bull. de la Société de géographie, 1872, II, p. 226, n. 2. 5. Pline, V, 15 ; Ptolémée, IV, 6, 4. Conf. Tissot, p. 91, n. 3 ; Müller, à Ptolémée, p. 737-8. 6. Gsell, Atlas archéologique de l’Algérie, F° 21, n° 23 ; f° 31, n° 76. Bull. d’Oran, 1911, p. 202. 7. Conf. Demneght, Bull. archéologique du Comité, 1894, p. 317, n. 1. 8. Ioursel dans d’autres dialectes : Basset, Nédromah et les Traras, p. 140. 9. Table de Peutinger. Conf. Tissot, II, p. 360. 10. Table de Peutinger, Conf. Tissot, II, p. 685 et 686 11. Voir Gsell, Mélanges de l’École française de Rome, XV, 1895, p. 64-66 ; le même, Atlas archéologique de l’Algérie, f° 26, n° 19 ; Mesnage, l’Afrique chétienne, p. 157 et 380.

être rapproché de celui qui signifie montagne : singulier adrar, pluriel idraren; aujourd’hui encore, l’Atlas est appelé par ses habitants Idraren(1). Thala signifie source en berbère : tel était le nom antique d’au moins deux localités situées dans la Tunisie actuelle(2). Souf, rivière, explique le début des noms de Sufes, Sufetula (villes de la Tunisie centrale) et Sufasar (sur le Chélif)(3). Ghir, gher, qui veut dire cours d’eau(4), se retrouve dans Ger, nom donné dans l’antiquité à des rivières sahariennes(5). Tasuccora, nom d’une rivière et d’une ville situées dans la province d’Oran(6), rappelle thasekkourth, perdrix(7). Agoursal, me fait observer M. Basset, signifie champignon dans le dialecte de la grande Kabylie(8) : il ressemble fort à Aggersel, dans l’Enfida(9), à Agarsel et Agyarsel Nepte, dans la Tunisie méridionale(10), Thamalla (Thamallula, Thamalluma, etc.), nom de deux villes dont l’une était dans la région de Sétif, l’autre dans le Sud de la Tunisie(11), se compare à thamallalth, la blanche.

) : c’est peut-être. p. 317 On a fait d’autres rapprochements qui ne sont pas aussi probants(1) et sur lesquels nous pouvons nous dispenser d’insister . mi-éthiopien dans l’oasis d’Ammon (ou de Syouah. p. 2. etc.LA LANGUE LIBYQUE. 4. 2. nettement distincts(2). p. I. p. 1890). 164 : conf. p. 3. II. On lit dans le Géographe de Ravenne (édition Pinder et Parthey. Tissot. LXVII. afric. 18). p. cités concernent des lieux disséminés dans le Maroc. 2 . se retrouverait dans deux noms antiques. De Corippus. c.. p. comme de nos jours. p. l. elle se soit partagée en différents dialectes. IX. le préfixe qui indique le féminin en berbère. — Tissot (Mémoires présentés à l’Académie de Inscriptions. n. c. marais. Voir Basset. 40. Tissot. 516 . . II. 8 et 162) : « Mauritania Gaditana quae et barbaro modo Abrida dicitur. chemin : Carette. — Pour d’autres comparaisons. Aggar.. le Dialecte de Syouach (Paris. Mais l’information a-t-elle ____________________ 1. dans beaucoup de cas. n. Thamascaltin. I. p. lieu habité.. » ce nom a été comparé au mot berbère abrid. n. Les exemples que nous avons. Ire partie. Etc. Thagaste. 2. XXXI (conf. dès une époque lointaine. C’est un fait remarquable que la diffusion de cette langue dans un pays que la nature a profondément morcelé : elle n’y a été d’ailleurs qu’un faible agent de cohésion. dans la Tunisie centrale (Table de Peutinger) : Tissot. voir Tissot. édit. 9 : de Slane. 685. fleuve du Rif dont l’embouchure est marécageuse. sur le Sahara et jusque dans le Soudan ? Nous n’avons pas de renseignements certains à cet égard. Notons l’abondance des noms commençant par Th (Thabraca. et Aggar. 386. près de Thapsus (Bell. en Algérie et en Tunisie. qui a son dialecte berbère propre(4)). Hérodote(3) dit qu’on parlait un idiome miégyptien. Partsch. Au temps de Massinissa et de ses successeurs. p. p. le nom de Tamuda (Pline. 768-9). mais il est certain qu’un savant familiarisé avec les dialectes berbères y trouverait l’explication d’un grand nombre de dénominations géographiques mentionnées dans les documents anciens. 580 . l’oued Martil. l. S’étendait-elle aussi. 1). Thamugadi. II. s’il est vrai que. la langue officielle des rois numides fut le punique. V. Il n’y avait donc pas de raisons pour qu’un de ces dialectes s’élevât à la dignité de langue nationale et supplantât les autres. Recherches sur l’origine des tribus. 42. — Aggar. On en peut donc conclure que l’aire du libyque comprenait toute la Berbérie. 157) rapproche de tamda.

se servaient d’un langage qui n’avait rien de commun avec celui des autres hommes et qui ressemblait aux cris aigus de la chauve-souris : quoi qu’on pense de cette affirmation(2). 327. Tissot. p. Ce nom a frappé Barth(4). Ce qui est certain. I. Sammlung und Bearbeitung Central afrikanischer Vokabularien. il est à croire qu’ils ne parlaient pas une langue apparentée à celle des Libyens. p. 60 et 154. Du reste. les Atarantes n’auraient pas fait usage de la langue libyque(6). que certains compagnons d’Hannon auraient compris ? ou avaient-ils eu l’occasion d’apprendre un peu de punique ? Nous l’ignorons. 3. 1). 11 (p. CI-CII . atara. Dans le désert..318 LES TEMPS PRIMITIFS. 183. 2. p. Si la conjecture est exacte(5). voir Deniker. Nordafrika nach Herodot. Sur le langage sifflé. IV. conf. p. 6. p. le berbère n’a pas pénétré depuis lors dans le Tibesti. I. qui n’aurait pas empêché les troglodytes de se servir d’une langue parlée. n. IV. LI) veut même voir dans ces Atarantes une colonie de Libyens. c’est qu’ils ne comprenaient pas la langue des Éthiopiens qui vivaient sur la côte du Sahara.. 6). destiné aux communications à longue distance. p. I. 184 : Άτάραντες (c’est ainsi qu’il faut lire : voir. 2. n. probablement dans leTibesti. 4. à dix journées à l’Ouest des Garamantes. 8 (Geogr. Comment ceux-ci pouvaient-ils se faire entendre des Carthaginois ? parlaient-ils un dialecte libyque. aux Canaries et ailleurs. 159. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. 5. été puisée à une bonne source ? et qu’était cette langue qualifiée d’éthiopienne ? Selon le même auteur(1). Ibid. 7. Neumann. le Sahara. signifiant rassemblé. D’autres veulent au contraire dériver ce nom du mot berbère adrar (montagne) : voir Vivien de Saint-Martin. les Éthiopiens troglodytes que les Garamantes allaient capturer. qui l’a rapproché d’un mot haoussa. Lepsius (Nabische Grammatik. Périple. 6. n. On peut enfin remarquer que les ____________________ 1. et Schirmer. Races et peuples de la terre. p. 9). Peut-être s’agit-il d’un langage conventionnel. gr. Hannon. 442. lorsqu’il quitta le littoral voisin de l’oued Draa pour se diriger vers le Sud avec sa flotte. min. . Hérodote mentionne un peuple qu’il appelle Atarantes(3). 8. p. au delà du cap Bojador(8). entre autres. prit chez les Lixites des interprètes(7). Il est vrai que le haoussa est une langue apparentée aux dialectes berbères. 114.

lieu fortifié. 2. Meltzer. 4 .LA LANGUE LIBYQUE. I. 459).. de la Société des antiquaires de France. dans les régions occupées par les Éthiopiens. 1882-3. En hébreu gadêr signifie mur. 268-9 : « Punicorum lingua conseptmn locum Gadir vocabat » . p. 580-1 . 2. p. 122. 255). 622 . en très petit nombre. le libyque ne s’était guère répandu au delà du Nord de l’Afrique. Bull. p. Nédromah et les Traras. p. c. Masqueray. Zeitschrift für Assyriologie. II. la partie la moins résistante des langues. elle les a profondément pénétrés. Sauf pour le nom de lieu Agadir (port de la côte marocaine. Stumme. n. l. 1 . 1910. dans les siècles qui précédèrent l’ère chrétienne. p. cependant l’influence de l’arabe s’est exercée aussi sur . l. Dans le Nord-Est de la Berbérie et sur les côtes. Géographie. Ire partie. de correspondance africaine. c. I. 1 . 123. ancien nom de Tlemcen). n. XXVII. p. explorateurs Nasamons. mentionnés par Hérodote(1). 243. Orbis terrae. 390-1 . XI. 615-6.. Mowat. II. se dissimulent peut-être sous des mots arabes. p. n.. Les altérations. I. — Pour quelques emprunts possibles des Berbères à la langue phénicienne. Geschichte der Karthager. Pline. Cette langue a dû beaucoup se modifier depuis le début des temps historiques. 1 . 1912. où la langue de l’Islam n’a pas anéanti les dialectes berbères. dont on ne retrouve pas de traces certaines(2). Mais les apports les plus considérables ont été ceux de l’arabe. n. c. 447 . Dans les pays. 419. Au Sud du Sahara. il est vrai(3). Bull. ils arrivèrent à de vastes marais et à un grand fleuve. Plus tard. Festus Aviénus. V. Voir des indications données par de Slane. 3. p. Tissot. l. qui subsistent encore çà et là. p. IX. eu égard à l’étroite parenté de l’arabe et du phénicien. rencontrèrent de petits hommes noirs dont le langage leur était inconnu. die Phönizier. Tissot. elle a sans doute admis des mots puniques. 32. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. Hassel. Ces divers textes ne nous apprennent pas grand-chose. les emprunts ont porté surtout sur le vocabulaire. il faut tenir compte aussi de l’intrusion des idiomes parlés par les nègres. Stumme. 120 : « Gadir. qui s’explique par le phénicien : enclos. Ora maritima. après avoir traversé le désert. Voir Movers. p. IV. le même. voir Stumme. ita Punica lingua saepem significante » . conf. mais qui. p. quand. V. 319 ____________________ 1. 125 et 126. elle a reçu des mots latins. Cependant ils donnent l’impression que. On ne connaît pas de mot arabe semblable.

dans Proceedings of the american philosophical Society. 6. p. 3. de Charencey. parlées autrefois ou aujourd’hui encore en dehors du Nord-Ouest de l’Afrique. Les comparaisons faites par des érudits entre les dialectes berbères et le basque(1). pour des idiomes parlés en Nubie (entre le Nil et la mer Rouge). von der Gabelentz. Première session (Paris. 39-52. 4. 66-106. XXVIII. Il n’en est pas de même pour l’égyptien ancien. 573-8 . Association française pour l’avancement des sciences. devenu plus tard le copte(5) . le grec(3). Voir. 1894) . la grammaire et sur la prononciation. pour ceux des Gallas. H. I. Riun. 5. 1889. die Sprachen der Hamiten (Abhandlungen des Hamburgischen Kolonialinstituts. il faut étudier les faits grammaticaux. en Abyssinie et au Sud de cette contrée . 322-9 . Contra : Blade. journal asiatique. p. Il y aura peut-être lieu de reprendre dette question. I. 1912). II On a souvent cherché à rattacher le libyque à d’autres langues. Compte-rendu.320 LES TEMPS PRIMITIFS. Pour la comparaison des procédeés grammaticaux de l’égyptien et du berbère. IX. Bertholon. 460-2 . XXVI. XXV-XXXIII. Revue tunisienne. Brinton. Mun past and present. Meinhof. II. Kenne. Quelques savants. 188-9 (Essai d’études linguistiques et ethnologiques sur les origines berbères). II (1876). p. l’étrusque(2). des Somalis. Nous n’avons aucun moyen de dire s’il en a été de même du punique et du latin. 534-540. p. 1892. p. X-XIII. Deinfosse. p. le même. Dans cette question. entre autre. entre autres M. dans Congrès international des Orientalistes. importé par une immigration thraco-phrygienne et encore transparent dans les dialectes berbères. die Verwandischaft des Baskischen mit den Berbersprachen Nord-Africas (Brunswick. mais avec d’autres procédés de comparaison. 1890. . des Massaïs . La parenté de ces différentes langues entre elles et avec les dialectes berbères peut être aujourd’hui regardée comme ____________________ 1. 2. 1873). les langues touraniennos(4) ont été conduites avec des méthodes critiquables et doivent être écartées. excluent de ce groupe le haoussa et le peul. p. pour le haoussa (entre le lac Tchad et le Niger) et le peul (disséminé dans le Soudan central et occidental)(6). 1903-6 (Origine et formation de la langue brebère) : le libyque aurrait-été un dialecte hellénique. 1904. Pau. Voir C. 424. Tissot. voir de Rochemouleix. bien plus que les mots. p. qui s’échangent facilement d’un idiome à l’autre. 514-527 . Revue africaine. Études sur l’origine des Basques.

308 et suiv. Sur la parenté probable de l’égyptien et des langues sémitiques. Manuel de langue kabyle. Lepsius. On y a rattaché aussi la langue des Hottentots. p. 314) cherche au contraire en Afrique le berceau du peuple chamito-sémite. p.. 2. dans le Soudan. Il semble vain de se demander dans quelle partie de la terre a été parlée la langue qui leur a donné naissance. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. 3. das persönliche Fürwort und die Verbalflexion en den chamito-semitischen Sprachen (Vienne. dans un pays qui a pu être soit en Afrique. de son côté. Reinisch (l. Nubische Grammatik. Voir par exemple Lepsius. Les deux branches de cette langue se seraient diversement développées. l. Par ce mot. Mais cette parenté est évidemment très lointaine. la famille chamitique s’étant arrêtée à des procédés grammaticaux élémentaires d’où le nom de protosémitique qu’on a proposé de lui donner. 4. Renan. a développé son système grammatical d’une manière autonome. On remonterait ainsi à une langue parlée à une époque extrêmement reculée. est représentée çà et là au milieu de langues très différentes(2). voir en particulier L. mais sans preuves(5)). 46 (et n. depuis le cap Guardafui jusqu’à l’Atlantique. I. Plusieurs milliers d’années avant notre ère.LA LANGUE LIBYQUE. XV et XVIII. au Sud-Ouest de l’Afrique. des savants ont voulu indiquer leur croyance à une parenté. » Pour la parenté des deux familles chamitique et sémitique. Celle-ci a été parfois qualifiée de protosémitique(3). Reinisch. p. 1900). . le libyque.. 1. 227-8. l’égyptien était constitué et suivait ses destinées . Basset. 321 démontrée. des familles sémitique et chamitique(4). Meinhof. 2 : indications bibliographiques) : « On peut presque affirmer que la plupart des procédés grammaticaux en usage dans les langues sémitiques se retrouvent dans l’égyptien à l’état rudimentaire. p. On a ainsi constitué une famille linguistique que l’on appelle d’ordinaire chamitique(1) : famille qui s’étend ou s’est étendue sur tout le Nord du continent africain. 88 de la 2e édition. ainsi qu’aux autres idiomes de la famille chamitique. 5. et qui. c. soit en Asie (comme on le croit d’ordinaire. voir Maspero. p. surtout p. c. c. . ____________________ 1. du reste fort éloignée. Histoire générale des langues sémitiques. l. qui s’avance au Sud-Est jusqu’entre le lac Victoria-Nyanza et l’Océan indien. p. p. Etc.. XV-XVI.

Quand même on pourrait démontrer que les ressemblances datent de très loin. Quelques mots qui se rencontrent dans les dialectes berbères et qui rappellent plus ou moins des mots de même signification existant dans d’autres langues. par exemple le basque ou un idiome indo-européen(1). 1891. XIII. Le Page Renouf. dans deux contrées si éloignées. langues qui s’y seraient introduites soit avant. et comme un témoin isolé. III Quelles que soient les origines du libyque. Peut-on supposer qu’aux temps préhistoriques. nous le trouvons établi dans l’Afrique du Nord à l’époque où l’histoire commence pour cette contrée. Les textes anciens ne contiennent aucun renseignement à ce sujet. On a supposé que I’historien a pris ici pour un nom propre un nom commun. en compulsant quelques dictionnaires. Il faudrait être sûr aussi que ces mots ne sont pas d’introduction relativement récente dans l’une des deux langues. ou de vestiges d’une langue conservés dans une autre langue qui aurait remplacé la première. n. Il faudrait être sûr que ce ne sont pas des ressemblances trompeuses : on sait combien de gens. . L’onomastique géographique a plus d’importance : elle a parfois permis de délimiter l’aire d’idiomes disparus ou réduits avec le temps à un étroit espace. I. ne prouvent pas grand-chose. Hérodote (IV. p. avec le sens de chef : Tissot. ne laissant que quelques traces dans cet idiome. et qui auraient ensuite disparu. 1 . 419. conf. 159) parle d’un roi des Libyens de Cyrénaïque qui s’appelait Άδιχράν. d’autres langues y aient été parlées. sur des espaces plus ou moins étendus. y ont trouvé les matériaux propres à édifier les hypothèses les plus imprévues. qu’on retrouverait dans le sanscrit adikurana. ou dans les deux. p. soit après le libyque. Il me parait tout à tait invraisemblable qu’un mot se soit ainsi conservé presque intact à travers les siècles. on n’aurait aucun moyen de dire s’il s’agit d’emprunts faits d’un pays à un autre.322 LES TEMPS PRIMITIFS. Proceedings of the Society of biblical Archæology. ____________________ 1. 601.

ils l’auraient ensuite reporté plus à l’Ouest. Schuchardt. die iberische Deklination. 180. Il est vrai qu’un a cru retrouver à profusion. Ver Pape. et que l’on regarde comme ibère. d’après Dionysios Scytobrachion) transporte le lac Tritonis et le fleuve Triton tout à fait à l’extrémité occidentale de la Libye. l. Τριτωυ. où l’un reconnaît en effet sans peine άγορά et πάσα (avec un préfixe indiquant le féminin) et qui doivent par conséquent signifier « le marché » et « la complète » (Revue tunisienne. 8-4 (dans . près de l’Océan. 178. 188. 3 et 6. Ces noms se retrouvent dans plusieurs régions de la Grèce(4). 8. 3. p. le basque atteste qu’Iliberri est composé de deux éléments. gr. Conf. de même qu’ils reportèrent vers l’Occident le jardin des Hespérides et le royaume d’Antée(6). Diodore de Sicile (III. 34 (un manuscrit donne Tilliberi). Ils ont dû être introduits dans la nomenclature géographique de l’Afrique du Nord par les Grecs. 186. 1903. n. 7. Le rapprochement a été fait par Tissot. sur ce prétendu témoignage. qu’ils placent certainement dans la Tunisie actuelle. Édition Parthey et Pinder.. 3. 489). § 120) (Geogr. 424. Müller. Wörterbuch der griechischen Eigennamen. p. des mots étroitement apparentés au grec. dont le premier signifie lieu habité et le second nouveau(10). ____________________ 1. 625. Mais ce ne fut sans doute qu’en pleine période historique. Il faut en convenir : ce nom rappelle fort celui d’Iliberri(9).. 4. Ce lieu est aussi mentionné par Corippus (Johannide. Sur la frontière militaire constituée par les Romains au Sud de la petite Syrte. I. qu’il y eut aussi un ou deux lacs Τριτωυις(5) Le nom qu’ils donnèrent d’abord à des lacs du pays qu’ils occupèrent. 1. 6. min. 5.LA LANGUE LIBYQUE. 2. p. que l’on rencontre dans l’onomastique ancienne de l’Espagne et du Sud de la Gaule. IV. X. à p. après que ceuxci eurent pris pied en Cyrénaïque. p. Müller. que des étrangers. parlant le grec. entre autres. IV. édition de Ptolémée. Citons au hasard Thagora et Tipasa. c. 10. se soient établis en Tunisie à une époque très lointaine(7). II. p. 179. 323 Hérodote(1). le Périple de Scylax(2) et Ptolémée(3) indiquent un ou plusieurs lacs et fleuves appelés Τριτωυίς (Τριτυωίτις dans Ptolémée). 53. l’Itinéraire d’Antonin indique un lieu qu’il appelle Tillibari(8). 5. 9. s. On ne saurait affirmer. v . 89) : Tillibaris. 88). 187. dans l’onomastique de la Berbérie comme dans la langue des Berbères.

Archiv für Anthropologie. Άσταχιλίς. IV. VIII. des Liburni (Italie et Illyrie). — En Espagne. l’Armée romaine d’Afrique. 20-22). l’Afrique chrétienne. c. p. 3. 59 et 143. n° 77. I. p. 6 : Gsell. 2. — En Espagne. Monumenta linguae ibericae. Libiei. Waekernagel. Zersilis. Parmi ces rapprochements. entre des noms géographiques qui se rencontrent.324 LES TEMPS PRIMITIFS.. l. 1870. Classe.. c. des bouches occidentales du Rhône dites Libica : voir d’Arbois de Jubainville. 2. Il y avait dans cette armée plusieurs cohortes espagnoles : voir Cagnat. au Maroc : C. La lettre T dans Tillibari pourrait être le préfixe berbère du féminin. gi(4) et. 6. Zerquilis. p. 76. Archiv für lateinische Lexikographie. 70. f° 4. l. etc. ou peuvent l’être. p. Philipps. II. l. p. d’une part dans l’Afrique du Nord. c. Igilgili (Djidjeli) . Tingi (Tanger). p. en Espagne. 81-84.-hist. on peut encore noter la désinence uli ou ulii pour des noms de peuples : en Afrique Gaetuli. Varduli. surtout en Espagne : mots terminés par les groupes de lettres ili(3). Nous pouvons nous demander — je n’insiste point sur cette hypothèse. Ethnique Midilensis. Cartili. L. LXXXVII. Neue Folge. p. I. Notice ecclésiastique de 484. Lebeci (Italie septentrionale).. fréquence des désinences en i(5) . f° 18. 273 et suiv. Klasse. c. dans la région des Syrtes : Corippus. I. En ce qui concerne l’Afrique. Mais de quand date cette dénomination ? Peut-être seulement de l’époque romaine. II. Elle l’est aussi pour les ethniques de l’Afrique du Nord (voir Wackernagel. hist. 4. Numidie. Berlioux. LXV.. n° 1 . Thibilis. 203-4. la désinence tanus est très fréquente pour les ethniques d’Espagne (voir entre autres. Mehlis. . 145. WIII. p. le crois. 424-5. Astigi. Études sur l’origine des Basques. Ptolémée. 1904-5 p. p. Johannide. 2e édit. 2. Masaesulii (les Massyles et les Masaesyles : : j’indique les formes données par Tite-Live) . Volubilis. Singili. etc. p. 1907). — s’il ne s’ait pas d’un camp fondé par un corps de troupes composé d’Espagnols qui servaient dans l’armée d’Afrique(1). conf. en Maurétanie Césarienne. 1. Gsell. 40. Hübner. n° 107.. p. en Tunisie : Mesnage. Atlas archéologique de l’Algérie. 92). Bladé. la première partie du mot est probablement phénicienne . Ethniques Mizigitanus et Simigitanus. 316 et suiv. c. d’une manière générale. 71 (il fonde là-dessus l’hypothèse d’un « vaste empire ibéro-libyen ». Tissot. l.). Ossigi. beaucoup sont évidemment arbitraires. l. les Atlantes. Turduli. dans l’Aurès : Corippus. Phil. 2e édit. 37. p. 5. d’autre part dans le Sud et l’Ouest de l’Europe. Sitzungsberichte der Akudernien der Wissenschaften in Wien Phil. Bastuli. n° 41. II. 419-420. f° 7. quelques noms tout à fait ou presque ____________________ Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaften in Wien. D’autres rapprochements ont été indiqués(2). les Premiers habitants de l’Europe. — C’est bien à tort. sur la côte de l’Algérie : Itinéraire d’Antonin. Berlioux. 346-8. 637 et suiv. dans la province de Numidie. p. Bibilis. 2072. Movers die Phönizier. XIV. CLVII. dans l’Est de l’Algérie : Gsell. de « conquêtes africaines de la race ibérique » . 23... Maesulii. — Dans les documents latins. 1909. qu’on a voulu retrouver les Libyens dans les noms des Libui.

C. 1 . 3. L. n° 20) . 221-2 . VIII. Conf. Pline. le seul exemple africain de la forme etan-. C. f° 17. sous leur forme indigène. l. 8. L.. en Tunisie (C. 200. VIII. sur la côte de l’Algérie (Gssel. I. c.. 5. p. 9. p. s’étendant même à des ethnies pour lesquels la forme ιτης n’existait pas. Thubursicu Bure. Obensis(9). — Dans la comparaison des désinences. Thugga(3) Obba(4). L. Noms d’au moins trois villes. III. Fleuve et ville de Maurétanie Tingitane : Ptolémée. Sous avons déjà indiqué (p. 10. Ville de Bétique : Bell. sur les Alpes. l. I. : 34) a montré que. qui est. III. non des peuples. VIII. f° 8. 19923 : inscription trouvée dans la région de Constantine. Matugenna. Ucubi(6). 11. 9. p. II. et on y a vu la preuve d’une parenté linguistique (Wackernagel. En Tunisie : C. col. Subur(2). 177 et 1428). 5. VIII. p. I. Siccenna : Mesnage. C’est ainsi que 1’on peut alléguer le Bagrada (la . probablement aussi dans Thubursicu Numidarum. I. pour les noms d’Espagne. hispan. Turdetanus. villes situées l’une dans l’Est de l’Algérie (Gsell. VII. etc. Le même mot se retrouve sans doute dans Suburbures. la terminaison est presque toujours itanus et. l...I. I. On a surtout comparé l’onomastique des rivières. 7. I. les suffixes itanus et etanus n’ont rien d’indigène. dans cette contrée. II. qui occupait le val d’Aoste(10). qui est souvent très vivace(11). situées dans la province de Constantine et en Tunisie : Gsell. l. I. 4271. 12. 2 et 7. etc. semblables (en Afrique.. une imitation par les Latins des noms d’Espagne qu’ils terminaient de même : Carpetanus (Carpetania). ethnique formé sans doute d’Oba . (loi agraire de l’année III : C. c. 15447. 2. .. 1562. on devra peut-être tenir compte des noms africains en enna : Certennas. On a cru que ces noms. II. 17 . 1330. 11. c. p.. et C... Alt-celtischer Sprachschatz. L. VIII. 2. Ville de la région de Tarragone : Méla. Schuchardl (l. C. VIII. f° 12. IV. 10 et 12 . avec M. n° 5 . région du Kef : Table de Peutinger. L. Ptolémée. c.. ethnique Bencennensis : ibid. I... M. Res publica Obensis. c. n° 468) . 1) : Uppenna. p. 4. Schuchardt (l. f° 16. n° 207). s. VIII.. v. IV. I. Thuburnica. tribu de Numidie (Gsell. Pour les noms d’Afrique. I. f° 18. sauf quelques exceptions. III. C’est là une erreur. Tunisie. Holder. Ucubi(1). Observons cependant que beaucoup de rivières du l’Afrique du Nord ont changé de main depuis l’époque romaine. L. elle s’applique à des ethniques désignant des habitants de villes. aprés d’autres). L. II. particulièrement en France. 11157) . qui mentionne un préfet de la tribu des Salas.. les cours d’eau n’ont pas la même importance que dans d’autres pays.). n° 214 . Puis elle se sera généralisée. Tucci(8). la tribu des Salassi. je crois. L.. la tribu des Salassii(5) . Subur(7). 1. Thucca.LA LANGUE LIBYQUE. en Béique : C. 6. En Maurétanie Césarienne : Ptolémée. L. Il est probable que les Latins ont d’abord employé cette forme d’après le suffixe grec ιτης pour certaines villes du littoral que les Grecs fréquentaient comme eux. p. Tucca. Ptolémée. 6 . les deux autres en Tunisie (C. C. 58. près de Bône (ibid. l. 4.. Pour Mauretania.. II. VIII. c. 90 . en Espagne. 21 . 325 ____________________ les Romains l’emploient dès la fin du second siècle avant J: C. 1. conf. 26-27) que. 77 et 182. Villes de Bétique : Pline. 6. avaient même terminaison en Afrique et en Espagne.. 15069. § LXXIX). ° 9. L. Pline l’Ancien.. j’admettrais volontiers. c.

III. Άυίόης dans le Périple de Scylax (§ 112). asif. Pinder et Parthey. 6. conf. près d’Alger(4). 36. Ardalio. Ptolémée. en Espagne(1) . 50 . 5. Dans le Nord de la péninsule : Méla. et les deux Save. Pline. sur la côte. 1. dans l’Ouest de l’Algérie(2). — Il faut peut-être mentionner les deux Άσσαράθ de Ptolémée (IV. affluent de l’Oise). en Campanie). n°6. et les Isara qui s’appellent aujourd’hui l’Isère. 4. 9. 8. qu’avant les temps historiques. l’Isar(3) . 11. I. Sava et Savus. IV. V. affluent de la Moselle) . Arno). 2). l’Oise. dans la région de Tebessa : Paul Orose. p. 158 . 3.326 LES TEMPS PRIMITIFS.. p. Ce nom est-il certain ? Le même fleuve. conf. affluents de la Garonne et du Danube(6) . 158). Pline. sans plus tarder. Atlas. Arve. III. l’Ausere de la petite Syrte(7) et l’Auser d’Étrurie(8) . Géographe de Ravenne. 420. Des deux côtés de la Méditerranée.1’Anatis de la Maurétanie Tingitane(9) et l’Anas d’Espagne (la Guadiana). Il serait. p. dans l’Ouest de l’Algérie (Géographie de Ravenne. 2. Saravus (Sarre. c. 31 . p. — En Europe. f° 21.. dans la région de Sétif(5). 10. Gsell. I. Sara (Serre. Armua. 2. Un examen précis et étendu. conf. 2). l. Medjerda) et le Magrada. conf. 13). Table de Peutinger . permettra peut-être de dire si elles ont quelque valeur. qui pourrait correspondre à l’Isser de Kabylie. entre Hippone et Tabarca : Pline. 21) et du Géographe de Ravenne (p. 2. Pline. Ce sont là de simples indications. ou Ασάμα dans Ptolémée (IV. n° 28) ? Ces rapprochements ne sont guère convaincants. l. II. ____________________ 1. Tissot. Sardabale ou Sardaval. l’Usar de Pline (V. dans l’Ouest de l’Algérie et près de Djidjeli . Hérault. une ou plusieurs langues étroitement apparentées ont été parlées en Europe et en Berbérie. il est possible que ce nom soit simplement le mot libyque signifiant rivière (ighzer dans divers dialectes berbères). 604. 21. 168 . . qui signifient rivière en berbère ? 7. Paganos. Sara. 2. f° 31. édit. (Σαύου. imprudent d’en faire état pour affirmer. etc. affluent de la Medjerda : Table de Peutinger . Des savants ont d’ailleurs pensé que l’Anatis mentionné par Pline est la Guadiana. etc. V. 22. conf. 72. entrepris par des linguistes. autant qu’il semble. f° 16. pour l’Isaris d’Afrique. fleuve espagnol. Arva. en Kabylie). Arnus (Saône. Sarnus (Sarne. l’Isaris. c. 15 (seul texte mentionnant cette rivière). V. p. Adv. dans l’Ouest de l’Algérie : Méla. Arauris. la Sava. génitif). — Doit-on aussi mentionner la Sira. Tissot. croyons-nous. 9 (citant Polybe). Arar. le Savus. VII. il y a des cours d’eau dont le nom commence par Ar(10) et par Sar(11). est appelé Ασάυα. Gsell. n° 42: probablement l’Isser de l’Ouest (il y a un autre Isser. 6. l. Gsell. Mais le nom des cours d’eau africains ne pourrait-il pas être rapproché de souf. Il faut dire qu’on en retrouve un peu partout .. Asana dans Pline (V. Tissot. Cependant. Armasela. — En Europe.

e-25. l’on peut écarter ces indications du domaine de l’histoire et les considérer soit comme des tables inventées par des faiseurs de romans. réunissant toutes _____________________ 1. Dans le Critias. l’Atlantis. 24. soit comme des traditions très suspectes. d. P. . En avant des Colonnes d’Héraclès. sur la Libye jusque dans le voisinage de l’Égypte et sur l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie (l’Italie). dialogue de Platon(1). Avant tout examen. elles auraient passé. Les souverains très puissants qui y régnaient étendaient leur domination à l’Est du détroit. Il arriva qu’une expédition. avant d’être écrites.CHAPITRE VI RELATIONS DES INDIGÈNES DE L’AFRIQUE DU NORD AVEC D’AUTRES CONTRÉES I Des auteurs grecs et latins racontent ou mentionnent diverses invasions de l’Afrique septentrionale qui auraient eu lieu dans des temps très anciens. plus grande que la Libye et l’Asie réunies. assure-t-il. Platon fait de l’Atlantis un tableau dont tous les traits sont dus à son imagination. par un grand nombre de bouches et se seraient profondément altérées. puisque. pendant de longs siècles. existait jadis une île. un récit qui aurait été fait à Solon par un prêtre égyptien de Saïs . Dans le Timée. dans la mer Atlantique. Critias répète. autre dialogue qui eut resté inachevé. celui-ci l’aurait trouvé dans des livres sacrés.

dont l’une. d’une manière générale. a-t-il recueilli ces prétendues traditions indigènes ? et si ses sept îles sont les Canaries. En tout cas. et sept autres. 5). alors qu’il était enfant. Critias dit que cette histoire avait été racontée devant lui. 40 . 443). Fragm.. Depuis lors. 2) et Arnobe (I. hist. tous les pays de la mer intérieure. Mais les Athéniens arrêtèrent les envahisseurs. hist.328 LES TEMPS PRIMITIFS. celle-ci est inaccessible dans ces parages. plus petites. que l’on a aussi allégué. grace. comme le dit Platon (et aussi Plutarque. qui ne nous est pas autrement connu. p. 18. 9 . la Grèce et. Ad nationes. d’envahisseurs qui seraient venus de ce continent chez les Hyperboréens (et non en Afrique) et n’y seraient d’ailleurs pas restés. Cet événement se serait passé neuf mille ans avant Platon(1). voir Critias. que Procope cite dans son commentaire sur le Timée (édit. 2. de retour dans sa patrie. citant Théopompe = Fragm. celle de Poséidon. — On n’a donné aucune bonne raison pour rapporter à l’Atlantide un récit. et qu’il a dû réfléchir la nuit pour ressembler de lointains souvenirs. où sont les trois autres ? Il n’y a sans doute dans cette mention de l’Atlantis qu’un écho de Platon. qui. graec. sauvèrent les peuples menacés et délivrèrent même ceux qui étaient asservis en deçà des Colonnes. ____________________ 1. Entre autres. 3. Plus tard. il est impossible aux historiens . que Silène aurait fait au roi Midas (Élien. Solon. e.. 9. il affirme qu’il a en sa possession des notes de Salon sur ce sujet et qu’il les a beaucoup étudiées dans son enfance. auteur d’un ouvrage historique intitulé Αίκοπιχ. 177 . des tremblements de terre et des inondations anéantirent en un jour et en une nuit vainqueurs et vaincus : tous les guerriers Athéniens furent engloutis et l’Atlantis s’enfonça dans la mer. I. n’aurait eu aucun motif de se taire sur les exploits attribués aux ancêtres des Athéniens. aurait dominé sur toutes les îles de la mer Atlantique. 4). 108. Diehl. pendant fort longtemps. Un passage d’Ammien Marcellin (XV. p. Il y a dans Platon des contradictions qui mettent en défiance. les forces de cet État. IV. Pour la date. L’Atlantide n’est mentionnée que par Platon et par ceux qui l’ont lu(2). p. Les habitants de l’île de Poséidon auraient eu des traditions relatives à une île immense. conf. — Un certain Marcellus. par les Africains Tertullien (Apolog. Dans le Timée. I. hist. I. De pallio. l’Atlantis. ne se rapporte pas davantage à l’Atlantide.. parlait d’îles situées dans l’Océan. essaya de conquérir l’Égypte. surtout s’il y croyait au point de vouloir les célébrer lui-même. Est-ce une pure invention du philosophe ? Ou faut-il croire que Solon ait véritablement entendu ce récit en Égypte ? Nous ignorons(3). à cause des boues que l’île effondrée a laissées.. III. était au milieu des deux autres et avait mille stades de tour. 289-290) : il y est question d’un continent situé au delà de l’Océan (et non d’une île de l’Océan). par son aïeul qui la tenait de Salon. p. Dans le Critias. Var. Mais comment Marcellus. trois très grandes. d’ailleurs purement légendaire.

qui l’a entendu en Égypte. dans Annales de géographie. 331-345.. n° du 11 janvier 1913 . que. 1887. 257-333. Termier. 1880. 460-8. 103. puis le firent disparaître. Gaffarel. ibid. et non Solon. p. 103-124 . Açores. dans le même temps. 1882). p. ont formé d’immenses armées. construit d’innombrables vaisseaux. 7. les ancêtres des Athéniens ont constitué un État assez puissant pour repousser cette formidable invasion. 1. Je serais peu disposé de tenir le moindre compte des assertions de Platon et il nous parait superflu de signaler les nombreuses hypothèses et discussions auxquelles elles ont donné lieu(1). p. — Si l’on veut absolument que Platon n’ait pas inventé ce récit. conduit leurs flottes à travers l’Océan jusque dans la Méditerranée. deux siècles plus tard : on voit en effet. au pied de l’Atlas. p. — Allusions à la légende rapportée par Salluste dans Pomponius Méla. l’Amérique et le Nord-Ouest de l’Afrique furent reliés par un continent . le Maroc physique. par les termes mêmes dont il se sert. les hypothèses qui faussent la donnée du problème (une île immense en avant du détroit de Gibraltar) : par exemple celle de Berlioux (les Atlantes. ont été réunis en un très grand État. on peut supposer que c’est lui. p. Mais. il leur reste à nous convaincre que des contemporains de la civilisation paléolithique. 1913. dans un passé très lointain. puisqu’ils se réclament de Platon. et dans Pline. 291-312. nouvelle réfutation par Ploix. Revue d’anthropologie. plus loin. La réfutation de Martin n’a pas empêché l’éclosion de nouvelles dissertations sur l’Atlantide : par exemple. Voir l’exposé très détaillé fait en 1841 par Henri Martin. 334. Études sur le Timée de Platon. 3. Germain. mais certainement (d’après Platon). dans la Revue de géographie. 209-226. Paris. 46 : conf. que des cataclysmes successifs morcelèrent ce pont gigantesque. III. Madère. 329 ____________________ Solon. XXII. archipel du cap Vert. 241-250. Nous trouvons dans la Guerre de Jugurtha(3) le résumé d’un . Chap. avant toutes les autres. que les interlocuteurs de Critias les ignoraient. p. sauf quelques débris. ou même de la civilisation néolithique. XXXI. Lagneau. 421-430. et II. Ils peuvent soutenir que les derniers effondrements eurent lieu dans des temps assez récents pour que des hommes en aient été témoins . V. Il faut naturellement écarter. que le chenal séparant les Canaries de l’Afrique est postérieur à l’époque quaternaire. Il est vraiment bien étonnant que Platon ait eu à les révéler à ses concitoyens. I. 1880. Des géologues et des zoologistes(2) peuvent démontrer que. p. qui place l’Atlantide dans le Maroc occidental. Canaries. I.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. p. 2. 21-29 . Voir Gentil. XVIII. dans Revue scientifique.

Chap. 8) dans ces vers de Lucain (IV. ils erraient au hasard. s’arrêtant dans les lieux où la nuit les surprenait. contraire à la tradition la plus répandue. ils s’appelèrent eux-mêmes Nomades(2). il ne veut pas en prendre la responsabilité(1). sans maîtres. tremulum cum torsit missile. comme le bétail. Sans mœurs. in fine. les demeures des paysans Numides. ils se fondirent par des mariages avec les Gétules. selon l’opinion des Africains. Comme ils s’étaient souvent déplacés pour éprouver la valeur du pays. Mazax. 35. les perses et les Arméniens qui en faisaient partie passèrent en Afrique sur des vaisseaux et occupèrent les pays voisins de notre mer. p. qui regis Hiempsalis dicebantur (nous reviendrons sur ce membre de phrase) : l’auteur latin ajoute que cet exposé. les Sources de Lucain. d’ailleurs. » . de l’herbe des champs. ne tarda pas à se disperser. du côté de l’Océan. mourut en Espagne. ____________________ à trouver un écho de cette légende (voir Pichon.330 LES TEMPS PRIMITIFS. Peu à peu. et se servirent en guise d’habitations des coques de leurs navires. 1. XVII. son armée. Les Perses s’établirent plus loin que les autres. qui se nourrissaient de la chair des bêtes fauves et aussi. Les Mèdes. est cependant conforme à l’opinion des gens du pays .sans lois. « Semet ipsi Nomadas adpellavere. 680-1) : acquaturus sagittas Modorom. Aujourd’hui encore. « L’Afrique fut d’abord habitée parles Gétules et les Libyens. composée de différents peuples. 2. les mapalia. « Lorsque Hercule. long récit qu’on avait traduit à Salluste d’après des livres puniques. ainsi qu’ils les nomment. ressemblent à une carène de navire par leur forme oblongue et leur toiture cintrée. gens rudes et sauvages. ayant perdu un chef dont beaucoup se disputaient la succession. qu’ils retournèrent. n. car ils ne trouvaient point de matériaux convenables sur place et ils ne pouvaient pas en tirer d’Espagne par achat ou par échange : l’étendue de la mer et l’ignorance de la langue empêchaient tout commerce.

» Salluste dit que ce récit est emprunté à des livres(3) en langue punique.. » 5. petit-fils et petit-neveu des princes ____________________ 1. se prêtant un mutuel appui. La région du littoral. dont ils prirent le nom. car les Libyens sont moins belliqueux que les Gétules. . Carthagine capta… cum regulis Africae bibliothecas donaret. non loin de la zone torride). 3. les appelèrent Maures. Il ne s’agit pas d’un autre Hiempsal (fils de Micipsa). 331 « Aux Mèdes et aux Arméniens s’unirent les Libyens. Pline. à proximité de Carthage. les bibliothèques que l’incendie épargna échurent à des rois indigènes(4). « Cependant la puissance des Perses s’accrut rapidement. ils instituèrent avec les habitants de cette contrée un commerce d’échanges.. soit par les armes. La plus grande partie de la région inférieure de l’Afrique(2) fait par tomber au pouvoir des Numides et tous les vaincus se fondirent avec les vainqueurs. et accrurent leur nom et leur gloire : surtout les Numides qui s’étaient avancés jusqu’à notre mer. roi de Numidie au commencement du premier siècle avant notre ère(5). dans leur langue barbare. Plus probablement à un ouvrage en plusieurs livres. car. soumirent à leur domination leurs voisins.. ces deux fractions des Numides. n’étant séparés de l’Espagne que par le détroit.. Ils eurent de bonne heure des villes. 4. Plus tard. qui fut assassiné dès le début de son règne.. ils allèrent occuper le pays qui s’appelle la Numidie. soit par la crainte. 22 : « senatus noster. qui vivaient plus près de la mer africaine(1) (tandis que les Gétules étaient plus exposés aux ardeurs du soleil. Le nom des Mèdes fut peu à peu altéré par les Libyens. qui. en 146. 2. L’excès de la population obligea une partie d’entre eux à s’éloigner de leurs familles et.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. XVIII. Peut-être une partie des ouvrages qui les composaient devint-elle la propriété d’Hiempsal. Qui les avait écrits ? Lorsque Carthage disparut. sous le nom de Numides. La Méditerranée.

un sanctuaire fameux où l’on montrait son tombeau(4) : c’était Melqart. I. Certains princes numides ne dédaignaient pas la littérature : le grandpère d’Hiempsal. fut un écrivain grec célèbre. 435. qui n’aurait été. colonie tyrienne. » . flammis alter concrematus Oetaeis. I. ni sans doute le dernier détenteur de ces livres : ils durent passer à son fils Juba Ier. Les termes dont l’historien se sert indiquent plutôt que l’auteur était Hiempsal(2). p.. comme le prouvent leurs monnaies. leur langue officielle était le punique. 46 : « . Le génitif employé par Salluste (ex libris punicis qui regis Hiempsalis dicebantur) marquerait la possession(1). mort en Espagne. et de beaucoup d’autres. 4. roi du pays avant la constitution de la province romaine dont Salluste fut le premier gouverneur. III. opibus inlustre. 111. 1838. vetustate. Journal des Savants. contemporains de la destruction de Carthage. 2. Adherbal) . Quoi qu’il en soit. Voir aussi Meltzer. son petit-fils. I. die Phönizier. Tyrii constituere . 3. templum Aegyptii Herculis conditoribus.. Juba II. enfin nous Venons de voir qu’ils recueillirent les débris des bibliothèques de Carthage. était sans doute le dieu qui avait près de Gadès. 36 : « Thebanus aut Tyrius Hercules. Geschichte der Karthager. Ajoutons que cette seconde hypothèse parait mieux justifier la vogue dont le récit traduit par Salluste jouissait parmi les habitants du pays. Conf. II. p. Cet Hercule. L : « Graecis litteris eruditus ». Pomponius Méla. parmi les souverains numides. était. religione. nous y reconnaissons un élément proprement phénicien. p. Opinion de Movers. Cependant on ne voit guère pourquoi Salluste aurait nommé ici Hiempsal.332 LES TEMPS PRIMITIFS. 301. 2. Ces rois étaient tout imbus de civilisation carthaginoise : plusieurs d’entre eux portaient des noms puniques (Mastanabal. hie in finibus sepultus Hispaniae. Quatremère. Mastanabal. et il faudrait en conclure que l’auteur était un Carthaginois. Epit. Il n’y aurait pas lieu de s’étonner qu’Hiempsal se fût servi de la langue punique. ni le premier. le « maître de la ville » (de Tyr). nous dit-on. instruit dans les lettres grecques(3) .. dont le culte se répandit à travers ____________________ 1. Live. cur sanctum sit ossa eius ibi sita efficiunt » Arnobe.

en lui faisant subir une altération difficile à expliquer. On peut supposer que certaines d’entre elles se rattachent. soit qu’ils les aient attribuées à un dieu purement grec. p. plus tard. purent faire des emprunts aux Grecs. les premiers. 2. dans la seconde. le latin Numidae pourrait reproduire plus exactement le nom indigène . comme l’a prétendu Movers. ait fourni des traits à leurs contes. die Phönizier. Ce nom.. bien que très contestable. Il est bien difficile. Les légendes qui se rapportent aux expéditions d’Hercule en Occident sont très nombreuses. désigna d’abord des indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de la vallée du Nil . Meltzer. c. à Melqart(1). Conf. 57. Cependant les Grecs. de la vie primitive ____________________ 1. . les Romains auraient adopté le nom grec. De leur côté. une indication est d’origine grecque : c’est l’étymologie du nom des Numides. constaté par eux en divers lieux. identifié avec le mot νομάδες. I. des nomades(2). Dans la première hypothèse. fortement imprégnés de culture hellénique. 117 et suiv. 3. 2. d’une manière plus ou moins étroite. Dans celle que nous étudions. les Grecs durent le recevoir des Égyptiens et le retrouver ensuite en Cyrénaïque . ils l’étendirent jusqu à l’extrémité occidentale de l’Afrique du Nord. soit que le culte de Melqart. à l’imagination fertile.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Héraclès. 58. Notons encore que la courte description des mœurs des autochtones répond à une conception en quelque sorte classique. l. sinon impossible. que les Grecs auraient transformé en Νομάδες. Il s’agit soit d’un nom africain. sous sa forme africaine Lebou. II. soit d’une appellation purement grecque(3). donnèrent le nom de Libyens (Λίβυες) aux habitants de la Berbérie. par un jeu de mots. les écrivains de langue punique. Mais non pas toutes. de démêler les éléments dont se compose chaque légende. Ce furent sans doute aussi des Grecs qui. 333 la Méditerranée et que les Grecs identifièrent avec leur Héraclès. p. ont dit prendre une part beaucoup plus importante que les Phéniciens à la formation de ces fables.

mentionnant les Pharusii. Pourquoi amène-t-elle jusqu’en Afrique des Perses. p. c. du moins d’une manière générale : invention pour expliquer les noms de certaines peuplades indigènes . 127-8. Conf. des mapalia des Numides qui a inspiré le passage relatif aux vaisseaux des Perses. I. 413. 46. qui. le Nord de l’Afrique dans l’antiquité. 8) faisait venir des Perses en Espagne. S’agit-il d’une vieille tradition. des Arméniens et des Mèdes. 265-6. Isidore de Séville (Ethymol. 2. p. ____________________ 1. plus haut. 1X. D’autre part. Cet auteur me parait avoir indiqué la vraie solution. Nous avons vu(4) qu’au Sud du Maroc. I. 2. Nous distinguons donc dans notre légende des éléments phéniciens. 57 et 434 . — Voir le résumé de diverses hypothèses dans Vivien de Saint-Martin. 103 . Méla. « Pharusii atiquando tendente ad Hesperidas Hercule dites..334 LES TEMPS PRIMITIFS. C’est en effet l’aspect des cabanes. Meltzer. Quoi qu’en ait dit Movers (l. 126. » 3. p. et. III. un détail est africain. comme le prouvent les mots qui suivent : comites fuisse dicuntur Herculis ad Hesperidas tendentis(6). l. on peut donner une explication très plausible(3). dont la venue dans cette contrée est tout à fait invraisemblable(2) ? Pour les Perses.. 124-5). p. II. Vivien. Tissot . représentée dans le récit d’Hiempsal par Hercule. 5. mais s’enfonçant au loin dans l’intérieur des terres. n. p. retournés et transformés en habitations. 118) présente une explication analogue et aussi absurde peur les Gétules : « Getuli Getae dicuntur fuisse. V. 2. qui croit que ces peuples ont pu prendre part à la colonisation phénicienne. qui ingenti agmine a locis suis navibus conscendentes loca Syrtium in Libya accupaverunt. Conf. Pline(5). quin ex Getis venerant. ajoute : quondam Persac . 6. bordant le rivage de l’Océan. des Perarsi en Afrique. 216. III. divers auteurs signalent des Pharusii et des Perorsi. p. avec l’existence des Pharusii. Géographie. c’est-à-dire Melqart de Tyr. on en fit des Perses. qui n’étaient probablement qu’un seul et même peuple. conf. P. c. a pu contribuer à la formation de la légende ? Il est plus probable que Varron a connu le récit de l’humanité(1) : peut-être est-elle également d’origine grecque.. grecs et africains. » Varron (apud Pline. d’origine inconnue. 4. Par désir de les rattacher à une nation célèbre. Les Mèdes ont-ils été introduits dans cette fable . 1. il y a là une allusion à la légende. derivato nomine Getuli engnominati sunt.

I. 9613 . p. t). Mazigh. 1863. passait pour l’ancêtre d’une partie des Berbères: Ibn Khaldoun. S’il s’agit d’un mot phénicien signifiant les Occidentaux. XXXVI. On a aussi parlé de la Medjana. n. p. p. Madghes. I. l’infatigable voyageur. peut-être les deux indications du Misa et de Pline relatives aux Pharusii. grande plaine. 335 ____________________ reproduit par Salluste dans le Jugurtha . p. 333). 1902.. 2. Rec. il fallait leur donner quelqu’un pour les conduire. Essai sur la province romaine de Maurétanie Césarienne. 127) pense aux Ourmana. 169 et 178. Vivien de Saint-Martin (p. p. 1898. l. Hercule. c. les Masmouda (Tauxier. p. 464 . On peut encore penser à un ethnique qui se retrouverait dans Madghis. 23. ou bien aux riverains du fleuve Armua. d’où Madghasen. Ou bien au mot . 2). I. employé en Afrique. ethnique qui reparaît dans diverses régions de l’Afrique du Nord . p. Histoire des Berbères. 168 et 181 . I.173 . c. leur prétendue invasion doit s’expliquer de la même manière : il y avait sans doute quelque peuplade africaine portant un nom analogue. prétendu ancêtre d’une des deux grandes familles des Berbéres (Ibn Khaldoun. 279) . VII. p. les Mediouna (Vivien. Revue africaine. 1897. de Constantine.. nous allons voir que ce n’est pas la seule légende . III. VIII.).Mazic. ce nom pourrait venir directement d’un terme employé par les Latins.. Gsell. était désigné pour ce rôle . 63 et suiv. Il faudrait connaître exactement le nom. mais celui-ci est peut-être d’origine indigène). p. conf.. Medianas.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. p. que les Romains ont transcrit Mauri et dont les Grecs ont fait Μαυρούσιοι. p. LVI. cependant on n’a présenté à cet égard que des hypothèses peu satisfaisantes(2). à l’Ouest de Sétif (Cat. de Slane. conf. en Numidie (Pline. trad. Pour expliquer la mention de ces Mèdes. Tissot. L. Puisqu’on faisait venir de si loin les prétendus ancêtres d’une partie des indigènes.. mais peut-être le terme dont les indigènes se servaient ressemblait-il davantage au nom que les Phéniciens donnaient aux Mèdes(1). Je ne suis nullement convaincu. mentionnés par Ibn Khaldoun (l. n. Monuments antiques de l’Algérie. ou même aux Garamantes. Mais toutes ces conjectures sont évidemment très peu solides. nom donné à un tombeau royal de Numidie (Gsell. pour justifier l’appellation de Maures donnée à une grande partie des indigènes ? Le passage Libyes. I. 413. fils de Canaan. 432). lui ont-elles été empruntées. ou quelque forme voisine. 127 . 180 et 181) . 1. un a invoqué les noms de plusieurs tribus berbères signalées par des auteurs arabes : les Medâça. V. dans ces mot le z avait un son voisin du d (C. p. Bertholon. V. I. barbara lingua Mauros pro Medis adpellantes pourrait le faire croire. 22). Revue tunisienne. Miller (dans Philologus. Quant aux Arméniens. c’était Mahourim. que nous venons de citer.

rien ne permet de croire qu’ils aient contribué au peuplement de l’Afrique du Nord. de tribus blondes » : Lenormant (et Babelon). 208-9. où il figure comme chef d’expéditions venues de l’Asie. qui. 554 et suiv. p. 5. de plusieurs autres noms que l’on rencontre soit en Inde (les Warwara. à proximité de la péninsule ibérique. II. Histoire ancienne de l’Orient. 678-9 « concolor Indo Maurus ». s’étaient contentés d’occuper une région limitée du littoral. soit sur le golfe d’Aden (la région appelée ____________________ 1. Die Erdkunde. Que Movers (l. c. 3. il est vrai. Conf. Conf. XVII. 2. 414. Il se peut cependant que les gens dont parle Strabon n’aient pas eu d’arguments plus sérieux que ces comparaisons pour rattacher les Maures aux Indiens. Quant aux Indiens. auraient habité dans le Dekhan).336 LES TEMPS PRIMITIFS. I. 2e édit (1822). La mort d’Hercule dans cette contrée expliquait pourquoi les Asiatiques. dans des temps reculés. On n’a pas d’autres renseignements sur cette légende(4). 605-6. 3. 125) : « Mauro obscurior Indus ». Géographie.. 112 123-4) considère comme un document de la plus haute importance pour l’histoire ancienne de l’Afrique. En somme. le nom de Berbères. Nous savons ce qu’il faut penser du rôle attribué à Hercule. Carl Ritter(5) a rapproché. « Ainsi s’explique la présence. 4. Je ne vois même pas pourquoi l’on y chercherait un souvenir très vague d’une grande invasion qui aurait pénétré dans l’Afrique septentrionale par le détroit de Gibraltar(2). tout est fable dans ce récit(1). . VI. 7 : Τούς δέ Μαυρουσίους ένιοι φασιν Ίνδούς εΐναι τούς συγχατελθόντας Ήραχλεΐ δεΰρο. Il parait téméraire de citer ici Lucain (IV. 2. p. privés d’un tel chef. il était naturel de faire passer leurs aïeux par l’Espagne. Vivien de Saint-Martin. II Selon Strabon(3). p. parmi les Kabyles de l’Algérie. I. p. Les Perorsi étant établis sur la côte de l’Océan. quelques-uns disaient que les Maures étaient des Indiens. au lieu de conquérir immédiatement toute la Berbérie. et Juvénal (XI. qui étaient venus en Libye avec Héraclès. donné par les Arabes aux indigènes du Maghrib. p. Tissot.

L’historien juif. Antiq. Hebraic. dans Archiv für lateinische Lexikographie. Mais le mot βάρβαρος est purement grec et Hérodote s’en sert ici pour traduire un terme égyptien. Genèse. 337 dans l’antiquité Barbaria. jud. 2. in Genesim. dans les temps préhistoriques. n. 953 . 7 (dans Migne. Paris et d’autres. dans le Maghrib. Appendix Probi. Heracus.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. les Romains(4). en aval du confluent de l’Atbara. Patr. 6. 6. Or les fils de Koush énumérés dans la Bible(7) (le passage semble dater du VIe ou du Ve siècle) ______________________ 1. conf. Avant l’invasion arabe. Ritter allègue aussi un passage d’Hérodote (II. p. lat. une migration partie de l’Inde était venue peupler tout le Nord de l’Afrique. au IIIe siècle de notre. 397 : [il faut dire] « barbarus. 5. commentant le chapitre X de la Genèse. qu’il est simplement le mot latin barbarus. 7) a soutenu aussi que. XXIII. Sans vouloir discuter l’origine des autres noms indiqués.. fut l’auteur des Εύιλαίοι. Avec G. barbar(3). saint Jérôme. fils de Koush et petit-fils de Cham. il nous suffira d’observer que. 158) : Βαρβάρους δέ πάντας οί Αίύπτιοι χαλέουσι τούς μή σφίσι όμογλώσσους. 3. il s’opposait au terme Roum. où se trouve le lieu qu’on nomme encore aujourd’hui Berbera). 4. le terme Berber n’est pas un ethnique datant d’une époque très lointaine. X. « qui maintenant sont appelés Gétules (Γαιτοΰλοι)(6) ». ère. . Getuli in parte remotioris Africae eremo cohnerentes. I. un lieu appelé Berber)(2). il désignait les indigènes restés réfractaires à la civilisation latine . Quaest. ou.. édit. il y a sur le fleuve. 2. dit qu’Ευίλας (Hévila). Il s’est fondé sur la répartition des dolichocéphales et des dolmens : arguments dénués de valeur. soit en Nubie (les Barabra(1). « Evila. Ces noms ne jalonneraient-ils pas la route suivie par les Berbères entre l’Inde et le Nord-Ouest du continent africain ? Mais une telle hypothèse n’est pas soutenable. Kaltbrunner (référence indiquée à la p. non barbar ». p. » 7. je crois que cette liste de fautes de langage a été rédigée en Afrique. comme l’on disait dans l’Afrique romaine. qui vivent dans la vallée du Nil entre la première et la quatrième cataracte. Josèphe(5) donne une très courte indication qui peut faire supposer que certains auteurs attribuaient aux Gétules une origine orientale. XI. 7. Au singulier Berberi. X. pour les Arabes eux-mêmes. 306.

. p. 20) : un petit-fils d’Abraham. Chronogr. 13 et suiv.. Eccles. aujourd’hui l’oued Tensift. arrivèrent près des limites de la Palestine. représentent les peuples qui occupaient les pays situés au Sud de l’Égypte(1) et aussi l’Arabie méridionale(2). peut-être un fragment perdu de la Chronique de Malalas (Carrière. dans ce passage.. — Il n’y a pas non plus à tenir compte d’une autre indication de Joséphe (Antiq. qui prétend expliquer d’où les Maures (Μαυρούσιοι) vinrent en Libye et comment ils s’y établirent. p... — Dans une version latine de la Chronique de saint Hippolyte. I. Moise. 4. Mais. comme nous ne savons nullement pourquoi Josèphe identifie les Gétules avec les Εύιλαΐοι. lors de son expédition contre Antée . 30 et suiv. Est-ce le nom du fleuve mauritanien qui a fait assigner la Libye aux enfants de Phout ? Ce fut peul-être par un motif aussi futile qu’on transforma les Gétules en enfants d’Hévila. 20 . 5). De Bonn . I. p. et qui.. IV. et non du Ve. comme d’autres) pour fournir une étymologie fantaisiste. C’est certainement une addition inspirée par le récit de Procope. 3. I. 2. 1804. Théophane. c’est-à-dire le sud de l’Arabie et le pays des Somalis. 716. IX. il est dit aun sujet des îles Baléares : « Harum inhabitatores fuerunt Chananei fugientes a facie Ihesu. d’Aphra et de la terre d’Afrique. Evang. Ophren (Ώφρήν).. s’est servi de la même source intermédiaire que Suidas. établis dans ce pays. 87 de l’édit.338 LES TEMPS PRIMITIFS. et il signale un fleuve de ce nom qui ce trouvait un Maurétanie : il s’agit d’un cours d’eau débouchant dans l’Océan. Eusèbe.. II. 427) . 2° dans le Talmaud (référence apud Movers. Selon Alexandre Polyhistor. Un récit aussi fameux que celui de Salluste se trouve dates Procope(4). qui les avait guidés. De Slane. colinisa la Libye. après leur sortie d’Égypte. Il est vraisemblable qu’Hévila est une région de cette dernière contrée : voir Guthe. Bell. Vand. p. Apheras et Iaphra. 19). dans la Genèse. II. trad. Chronogr. Pourtant. et Ptolémée (IV. Phout est le Pouault des Égyptiens. . « Lorsque les Hébreux. 15 . p. Nouvelles sources de Moïse de Khoren. Georges le Syncelle. Vienne. 18 (Migne. conf. dans la Realenfcyclopädie für protest. 10. que Pline (V. 2736) . Illi Nave… Gades autem ielusei condiderunt et ipsi similiter profugi » : Mominsen. 2. Χαναάν . CVIII. 2) Φούθ. v. Patr. p. 170 (Migne. Pruep. Supplément. I. § 216. dont l’Histoire d’Arménie date du VIIIe siècle. gr. ____________________ 1. LXXXVI. Hist. p. XXXVIII. Josèphe indique qu’un fils de Cham Φούτης.) .. 13) appelle Fat. 3° dans Moïse de Kharen (I. 110. s.. Patr. il vaut mieux nous abstenir d’inutiles hypothèses(3). deux fils d’Abraham. jud. Chronica minora. 452) . Déjà les Septante ont quelquefois traduit Phout par Λίβυες (Ézéchiel XXVII. il cite expressément Procope . d’eux vinrent les noms de la ville. 4° dans une indication d’Ibn el Kelbi. Ou voit que ces personnages ont été introduits en Libye (à la suite d’Hercule. 177). p. cité par Ibn Khaldoun (Histoire des Berbères. serait allé occuper la Libye.. Dans le même passage. Theologie d’Herzog-Hauck. d’après son nom. — Échos du récit de Procope : 1°dans Évagre. XX. auraient appelée Άφριαη. comme on l’avait cru. C’est ce qu’entend Josèphe quand il dit que Χοΰσος fut le chef des Éthiopiens. firent compagne en Libye avec Héraclés. que ses descendants. Suidas. Gr. que Josèphe cite à ce sujet.

Il eut pour successeur Jésus(1).. Mais. dès une époque lointaine. 339 mourut. . constatant que la place lui manquerait dans une contrée qui fut de tout temps très peuplée. ____________________ 1) Josué. fils de Navé(2). montrant dans la guerre une valeur surhumaine. 22 : [στήλαι] γράμματα Φοινιχιχά έγχεχολαμμένα έχουσαι τή Φοινίχων γλώσση λέγοντα ώδε « Ημεΐς έσμεν οί φυγόντες άπό προσώπου Ίησού τοΰ ληστοΰ. sortit de sa patrie et se rendit en Égypte. Là. gravée en lettres phéniciennes et dans la langue des Phéniciens. lorsqu’elle vit qu’il était impossible de résister au général étranger. fils de Navé.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. « Les nouveaux venus l’occupèrent tout entière. et y fondèrent un grand nombre de villes . la Libye était habitée par d’autres peuples qui. établis en Libye. qui fit entrer ce peuple en Palestine et qui occupa le pays. s’y trouvant fixés depuis une haute antiquité. leur descendance y est restée et parle encore aujourd’hui la langue des Phéniciens. Cette population. υίοΰ Ναυή ». portant. Il triompha de toutes les tribus. les Gergéséens. 16. Plus tard. les Jébuséens et d’autres encore qui sont nommés dans l’histoire des Hébreux.. Alors toute la région maritime qui s’étend de Sidon jusqu’aux frontières de l’Égypte était appelée Phénicie . elle se dirigea vers la Libye. près de la grande source. au lieu où s’élève la ville de Tigisis. 2) II. » « Avant eux. on voit deux stèles de pierre blanche. ceux qui quittèrent la Phénicie avec Didon allèrent rejoindre ces parents. étaient regardés comme autochtones. jusqu’aux Colonnes d’Héraclès. une inscription dont le sens est: « Nous sommes ceux qui avons fui loin de la face du brigand Jésus. Ils construisirent aussi un fort en Numidie. elle fut soumise à un roi. Là vivaient des tribus qui comptaient une grande multitude d’hommes. s’empara sans peine des villes et acquit la réputation d’un chef invincible. comme le disent d’un commun accord ceux qui ont écrit sur les antiquités phéniciennes.

1903). Ce sont soit des dédicaces religieuses. du moins dans les régions de Bône et de Souk Ahras(3) : mais c’était un idiome dont se servaient les paysans et que les savants dédaignaient : il ne devait guère s’écrire. de deux stèles portant des inscriptions en langue et en écriture phéniciennes. Nous pouvons parfaitement admettre l’existence dans ce bourg. qui avait accompagné Bélisaire en Afrique et était ensuite resté auprès du général Solomon.340 LES TEMPS PRIMITIFS. qui fut en usage sous la domination romaine et même auparavant. dans Recueil de mémoires publiés en l’honneur du XIVe Congrès des Orientalistes par l’École des Lettres d’Alger (Alger. au VIe siècle. Recueil cité. avait peut-être visité Tigisis . ____________________ 1. comme nous l’avons dit. Ίησοΰς et Ναυή est une forme adoptée par les Septante . n° 340. On en a découvert dans la région(2) . la traduction donnée à Procope de ces inscriptions plus ou moins anciennes est évidemment fantaisiste. par eux à fonder Carthage. p. Il n’est pas vraisemblable qu’on en fit encore dans le pays à l’époque de Procope. 366-7. Mais il ne faut pas attacher d’importance à ce détail. au lieu appelé aujourd’hui Ain el Bordj(1). Gsell. il lui était facile d’être renseigné. elles offrent le type d’alphabet qualifié de néopunique. Gsell. devenue grande et très peuplée. En tout cas. On y retrouve la source abondante dont parle Procope : celuici. Carthage fit la guerre à ses voisins. soit des épitaphes. f° 17. au temps de saint Augustin. » Tigisis était située à environ cinquante kilomètres au SudEst de Constantine. 367-8. qui savait par la Bible que les Hébreux s’étaient établis à l’Ouest . d’un Juif. Puis. qui. sinon aux environs de Constantine. en tout cas. Ou. le punique était encore parlé. naturellement. étaient venus de Palestine et qui s’appellent maintenant les Maures. puisque Procope ne nous donne qu’une et furent autorisé. Voir Gsell. si l’on veut. Elle les vainquit et les refoula le plus loin qu’elle put. il est même fort possible qu il n’y ait eu alors à Tigisis personne en état de déchiffrer ces textes. 4. Un siècle environ plus tôt. Elle est peut-être une invention de quelque clerc(4). 3. 2. p. elle ne pouvait pas figurer dans un texte sémitique. Atlas archéologique de l’Algérie.

Chronique pascale.-hist. comme on le voit. 1892. Voir. VI. p. quoique le mot Afri ait été omis dans le manuscrit de Madrid (Bauer. Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaften in Wien. Meyer. Ce dernier nom s’appliquait non seulement à l’intérieur de la Palestine. Telle parait être l’origine du récit de Procope.. 3). X. commencèrent à se répandre.. 1. Classe.. Un demi-lettré pouvait en conclure qu’ils descendaient des Cananéens de Palestine et. habitants du pays de Canaan. il était naturel d’admettre que les vaincus l’avaient alors quittée et qu’ils avaient pris le chemin de l’Afrique.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. 2e édit. mais aussi au littoral occupé par les Phéniciens : dans la fameuse énumération des descendants de Noé qui se trouve au chapitre X de la Genèse(1). c. 66 . Sidon est appelé le premier-né de Canaan. dès le début du IIIe siècle. Epistolae ad Homanos inchoata expositio. en se désignant par un ethnique dérivé du nom de leur pays d’origine ? Nous n’en avons en tout cas aucune preuve. Quelques savants ont été cependant d’un avis différent(4). Aussi les Africains qui parlaient encore la langue phénicienne à l’époque de saint Augustin reçurent-ils et acceptèrent-ils le nom de Cananéens(3). etc. p. il est dit que les Αφροι et Φοίνιχις (Afri et Phoenices) descendent de Canaan : voir Bauer. p. corrupta scilicet voce. Voir E. CXXV. Augustin. XXXIV-V. Cette indication devait se trouver dans l’ouvrage même d’Hippolyte.. c. l. p. Il est donc probable que. entre autres. Lenormant (et Babelon). I. date-t-il seulement du temps où le christianisme et. 490 . Histoire ancienne. aucune valeur historique. les Gergéséens. p. . 13 (Migne. 37 (il qualifie les inscriptions de Tigisis de « reverenda antiquitatis Phoeniciae testimonia »). Phil. 2. Peutêtre le nom de Cananéens. 389. Les clercs ont dû répandre cette notion. . 15. Les Phéniciens eux-mêmes s’en servaient(2). Patr.). p. die phönizische Sprache. Schröder. l. Schröder. p. des auteurs chrétiens ont rattaché à Canaan les Africains de langue punique. 2096) : « Interrogati rustici nostri quid sint. punice respondentes Chenani. Dans plusieurs documents qui dépendent de la Chronique de saint Hippolyte. mémoire n° X. la connaissance de la Bible. 2. 49 de l’édition de Bonn. Les Phéniciens ont-ils introduit ce terme en Afrique. Movers a cru que la prise de possession de la Palestine par les ____________________ interprétation de l’inscription (conf. écrite en 235 de notre ère. I. Il n’a. sicut in talibus solet. les Jébuséens. 3. donné aux Africains parlant le punique. lat. par conséquent. puisque Josué passait peur avoir conquis cette contrée. Chronik des Hippolylos. Büdinger. les paysans eux-mêmes se qualifiaient de Cananéens. 341 du Jourdain aux dépens de divers peuples. Geschichte des Altertums. si bien qu’au temps de saint Augustin. quid aliud respondent quam Chananaei ? ». 4.

c’est-à-dire les gens d’origine phénicienne qui vivaient dans les colonies fondées sur le littoral africain soit par les Phéniciens de Syrie. Ce furent là des faits qui se passèrent en pleine époque historique. Movers. 435 et suiv. 365-6. Ce n’aurait pas été une exode brusque. p. qui furent même en partie postérieurs à la chute de Carthage.. p. On ne trouve donc en Berbérie aucune preuve de ces prétendues migrations cananéennes. l. au contraire.342 LES TEMPS PRIMITIFS. 441-2. D’autre part. les Phéniciens de la Libye.. sous la domination de Carthage. à ceux qui. 2. mais une série d’émigrations. Gsell. l. se mélangeant aux indigènes : ainsi se serait formée une population que les textes anciens désignent sous le nom de Libyphéniciens(1). c. 60-63. de la religion. 38) croit que la conquête de Josué. Plus tard seulement. II. qui achevèrent la conquête. c. 16. avaient adopté les mœurs puniques et pouvaient être regardés comme des Libyens devenus Phéniciens(3). Nous ne parlons pas ici d’un sens administratif qui parait avoir été donné à ce mot et sur lequel nous aurons à revenir. c. 3. qu’il place vers la fin du XIIe siècle. voir Meltzer. 436-8 . soit par les Carthaginois(2). Hébreux détermina réellement le départ d’un grand nombre de Cananéens agriculteurs. Büdinger (l. de diverses manières et par différentes voies. 2. Ces Cananéens fugitifs auraient passé en Afrique sur les vaisseaux des Phéniciens du littoral syrien. qui datent du même temps.. . ils auraient occupé une bonne partie du pays. nous ne pouvons guère discerner ce qui est vrai dans les récits relatifs à la conquête du pays de Canaan par les ____________________ 1. Restés cultivateurs. La diffusion de la langue. p. ayant l’époque romaine. 413. p. très probable que le terme Libyphéniciens désignait. depuis l’arrivée de Josué jusqu’à David et Salomon. Il est. on l’appliqua à des habitants de l’intérieur du pays.. des coutumes phéniciennes dans l’Afrique du Nord s’explique par les influences que la civilisation carthaginoise exerça sur les indigènes. a été la véritable cause de la fondation en Occident de plusieurs importantes colonies phéniciennes. I. se succédant pendant plusieurs siècles. Recueil cité.

quoique nous n’en ayons aucune preuve. sinon tous. 68. refoulés par les Hébreux. Ægypten und die Bücher Mose’s. Leur domination fut définitivement brisée vers le début du XVIe siècle. VI. 424-6.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. c’est fort possible.. Mais cette hypothèse n’a qu’un rapport fort éloigné avec le récit de Procope. selon d’autres. p. Quelle était l’origine de ces envahisseurs ? Différentes hypothèses ont été proposées . soit à cette époque. On sait que les Hyksôs. 343 Hébreux. pendant cette période. qu’ils aient ensuite participé à la colonisation phénicienne en Occident. c est que beaucoup d’entre eux. des Cananéens. selon les uns. 448-9) croit à des migrations de Cana- . de là. p. Mais on n’est nullement autorisé à supposer que. elles passèrent en Berbérie. occupèrent le Delta pendant plus de six siècles. Les nouveaux venus semblent n’avoir occupé que des îlots dont l’étendue varia : tantôt livrant des combats qui ne furent pas toujours heureux. selon Movers. Histoire. des Hyksôs aient pris le chemin de l’Occident et soient allés s’établir parmi les Libyens(3). 46. Des pasteurs cananéens. Avant les règnes de David et de Salomon se place une période de progrès et de reculs. mais bien avant l’époque de l’entrée des Hébreux en Palestine. 1903. pendant un siècle à peine. 2. Movers. tantôt concluant avec les Cananéens des accords plus ou moins stables. Winckler (Altorientalische Forschungen. I. 222. ____________________ 1. tout ce que l’on peut affirmer. et dans Zeitschrift für Socialwissenchaft. 2. aient cherché refuge sur le littoral où s’élevaient les villes des Phéniciens. p. parlaient une ou diverses langues sémitiques. p. Lenormant. tantôt s’insinuant parmi eux. 499. Celui-ci fait traverser l’Égypte à ses Cananéens fuyant devant Josué. 3. Ebers. et dont on ignore la durée. p. VI. Des érudits(1) ont cru qu en effet des peuplades de l’Asie occidentale(2) séjournèrent dans la vallée du Nil et que. soit au temps de leur puissance.421 et suiv. venus par l’isthme de Suez. Que. qui correspond à l’époque des Juges et au début de la royauté. Elle ne se fit évidemment pas d’un coup. II. Etc. M. 356-8.

184) : « οί μέν Λίόυες Αίθίοψιν όμοιοι. Plus tard. il est probable qu’elle était située dans la partie orientale de la Berbérie. p. Bône)(3). n.344 LES TEMPS PRIMITIFS. Ce sont là des hypothèses en l’air. Hérodote dit que les Maxyes (Μάξυες) se prétendaient descendants des Troyens(1). Hécatée aurait indiqué une ville des Ioniens. 4. Έχαταΐος περιηγήσει αύτής « χαί λιμήν που άχρη χαί Κυβώ ». selon l’historien. ώχισμένην δέ τό παλαιόν ύπό τών έχ Τροίας άναχομιζομένων Έλλήνων. XX. affirme que des Grecs. les uns ressemblent aux Éthiopiens et que les autres sont des Crétois . Plutarque mentionne Juba aussitôt après. III Des auteurs grecs indiquent des migrations parties des pays riverains de la mer Égée. Ce texte ne signifie pas que. autant qu’il semble. Diodore de Sicile mentionne une grande ville. aux Baléares. 2. Plutarque. ce qui est inexact. en Sardaigne. ce qui répond à la côte orientale de la Tunisie. qui aurait été fondée par des Grecs au retour de la guerre de Troie(2) . πόλις Ίώνων έν Λιβύη Φοινίχων. 1. D’après une citation d’Étienne de Byzance. p. μεγίστην οΰσαν. peut-être dans le Nord-Ouest de la Tunisie ou dans le NordEst de l’Algérie. copiant sans doute le roi Juba. par terre ou par mer. 57 : Μεσχέλαν. avant le milieu du second millénaire. en Espagne. Mouvers (II. Le dernier s’écarte de ____________________ néens. οί δ’είσί Κρήτες ». IV. auprès d’une des deux Hippo (Bizerte. 9 : Έλληνιχόν έχοντι στράτευμα τών αύτόθι χατωχισμένων ύφ’ Ήραχλέους Όλβιανών χαί Μυχηναίων. 3. Ils vivaient. Ces textes sont de très mince valeur(5). Ils se seraient même établis à Malte. 2. Cybos. édit. le second membre de la phrase se . Il ne faut pas y joindre un passage de Palémon (Scriptores physiognomoniae veteres. à l’Ouest du fleuve Triton. Vie de Sertorius. dans la Libye des Phéniciens et. furent laissés par Héraclés dans la région de Tanger(4). Meineke : Κύόος. comme elle fut prise par un lieutenant d’Agathocle. 54) soutient que le nom de Mescheta est phénicien. Diodore ajoute qu’il en a parlé dans son troisième livre. Ils auraient conquis une partie de l’Afrique du Nord. parmi les Libyens. Tyr aurait étendu son hégémonis sur ces frères de race. Franz. Édit. 22. Meschela (Μεσχέλα). 5. Olbiens et Mycéniens. 191 : φασί δέ οΰτοι εΐναι τών έχ Τροιης άνδρών. On ne sait pas de quel Olbia l’auteur veut parler.

l’autre phénicienne (en Libye) : conf. Strabon. Lycos. 218. la Libye a eu sa part de naufragés(3) et de colons(4). Celui-ci se rembarqua sans se soucier des tendres sentiments de sa bienfaitrice. Hérodote. ac. ne quis inposito a se nomine privatim gloriaretur. 82104). Ces noms sont probablement des traductions de noms phéniciens . 219 . Mèdes et Arméniens d’Hiempsal. 6) indique un peuple appelé Ίόντιοι dans le pays situé à l’Ouest de Thabraca (Tabarca). 7). in fine). mis en circulation par les Grecs qui fréquentaient la côte. 3) indique des Μυχήνοι en Maurétanie Césarienne. Parallela graeca et romana. Peut-être doit-on lire : Κύβος. compagnons d’Ajax. II. 31) : ce n’était là qu’un développement de l’indication de l’Odyssée. 109 . p.411. on doit aussi laisser de côté les contes qu’ont fait éclore des étymologies absurdes. p. — Le roi Juba racontait qu’en revenant de Troie.. sur le fleuve Cinyps (entre les deux Syrtes) : Apollodori Bibliotheca. Solin (XXVII. 616) fait une autre conjecture. IV. Ce fut la tempête qui poussa Ulysse au pays des Lotophages (Odyssée. 4. n. que les anciens plaçaient d’ordinaire sur le littoral des Syrtes. 17) dit qu’Icosium (Alger) vient d’είχοσι et justifie ainsi cette étymologie : « Hercule illa transcunte viginti qui a comitatu eius desciverant locum deligunt. fils d’Arès. ad locum. par conséquent près d’Hippone. Il croit que ce sont les prétendus Ίωνες d’Etienne de Byzance : Ίππου άχρα serait Hippone. expliquant par le mot grec ίππεΐς le nom des deux Hippo. 23 (=Fragm.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Il est vrai que certains prétendaient que Ménélas avait fait le tour de la Libye. dans ses courses errantes. n° 23). Müller (édit. 455. 345 lui-même par le rôle qu’il attribue à Hercule . — Thucydide. Megapolis (conf. 17. Meltzer. il n’est guère vraisemblable ____________________ rapporte aux Ibères (voir le contexte) et Κρήτες doit être corrigé en Κελτυΐς : conf. III. 1. p. 2. non Bizerte. de Ptolémée. 119). — Une autre légende installait aussi en libye des Loeriens. mais sa fille Callirrhoé délivra l’étranger. 429). Il remarque que Ptolémée (IV. I. les Olbiens et les Mycéniens de Juba étaient de prétendus ancêtres de peuples africains dont le nom était à peu près semblable(1). — Ménélas. en passant par Gadès (voir Strabon. Le passage d’Étienne de Byzance est altéré et il n est pas du tout certain qu’Hécatée ait parlé d’une ville ionienne en Libye(2). — Naturellement. Conf. 2. πόλις Ίώνων. puis en Sicile. » Il n’y a pas non plus à tenir compte des noms grecs donnés à quelques villes du littoral africain : Neapolis. I. s’apprêtait à sacrifier à son père. Dans ces légendes. 3. conf. Wagner. Hist. ils furent adoptés par les Romains. Aphrodision. . 85 . Les anciens ont fait errer et ont établi un peu partout les Grecs après la prise de Troie. 184. chef thessalien. l’une Ionienne. à p. revenant de Troie.Le même Solin (XXV. [Κυβώ] έν Λιβύη Φοινίχων. IX. Le roi du pays. ibid. 472. il est à croire que. p. p. 2. n. Ptolémée( IV. Tissot. Pseudo-Plutarque. édit. p. I. ajoute : « equites Graeci condidere ». aurait visité la Libye (Odyssée. furent portés par la tempête d’abord en Libye. VI. Diomède fut jeté sur les côtes de la Libye. 2. 2. 3 : des Phocéens. Graec.. la liste de Müller. comme les Perses. C’est peut-être trop ingénieux. inciunt moenia . se serait établi en Libye. mais ce mot désigne ici le pays situé entre l’Égypte et la grande Syrte (Hérodote. 32. de condentium numero urbi nomen datum. Il s’agirait de deux villes. I. 3. conf. et p. Gourneus. IV.

tandis qu’ils laissaient pousser leurs cheveux à droite : modes inconnues des sujets de Priam et qui rappelaient au contraire celles d’autres tribus africaines(1). I. peut-être existence en certains lieux d’un culte de l’Hercule phénicien(3). Énéide. I. et III. Persée. les Locriens Ozoles). c. p.. 207) ? 1. p. 3. 93. On racontait aussi qu’ayant abordé à Tinneia. peut-être a-t-il été inventé pour expliquer le nom d’un lieu qu’un document géographique de l’époque romaine. conf. Il est difficile d’indiquer pour quelles raisons des fables grecques ont transporté dans le Nord-Ouest africain certains héros mythiques. ils auraient été les ancêtres des Nasamons . ad locum. dans Geogr. Hérodote. p. le Stadiasme. ambitions coloniales qui cherchaient à stimuler le zèle populaire en invoquant des précédents(2) . les Argonautes. ils se seraient fixés autour des Syrtes . IV. 110. XI. d’une époque où les ancêtres des Hellènes auraient visité les côtes africaines. 194.346 LES TEMPS PRIMITIFS. Tinneia parait être une altération d’un mot qui aurait signifié pêcherie de thons. p. gr. 333. on prétendait que des Locriens Ozoles avaient abordé dans la Pentapole(en Cyrénaïque). 210). Nous ignorons comment Hérodote a su que les Maxyes se disaient Troyens. 2. Il convient aussi d’écarter les conclusions qu’on a tirées de l’étude des dialectes berbères et de l’onomastique de la Berbérie. Selon d’autres opinions... Faut-il le rapprocher des Ταριχεΐαι qui se trouvaient au lac des Bibân (Périple de Scylax. Mais il ne faut pas voir dans ces légendes des souvenirs. I. min. Kerkenna. 399). Tissot. ils étaient allés fonder la ville d’Uzalis. appelle Λοχροι et qui était situé entre Sabratha et le lac des Bibân (Geogr. ils se seraient avancés jusqu’à l’oasis d’Ammon sous la conduite d’un bélier.. l75. 180. Meltzer. I. 464 . gr. ils auraient pris possession de certaines îles voisines de la Libye (on disait que l’île de Cercina. Quant au prétendu établissement des Locriens sur la petite Syrte. avait été occupée par eux) . I. Voir plus haut. D’après des indications données par Servius (Comm. 265. que la tradition rapportée par Diodore mérite plus de confiance. p. p. même très troubles. ____________________ fils d’Oilée : Virgile. 429 et 456. On peut proposer diverses explications : désir de rattacher à des régions que les Grecs commençaient à connaître des exploits qui se perdaient auparavant dans un vague lointain . Héraclès. min. 86 . Tissot. Ce dernier détail a évidemment pour origine un jeu de mots (Uzalis et Όζόλαι. . Ces gens se barbouillaient le corps en rouge et se rasaient la partie gauche de la tête. l. Conf.

p. pendant le troisième et le second millénaire avant J: C. 76. die Insel Malta im Altertum. Ière Classe. en Sardaigne. des Shagalasha. 347 Dans un grand nombre de noms et de mots africains. Déchelette. 199. Voir aussi la référence indiquée p. . manuel d’archéologie préhistorique. 320. Ils étaient nombreux. Akademie der Wissenschaften. p. 716-7 . Mâraîou. selon ce savant. en Espagne(2). Mashaouasha. Bertholon obtiendront difficilement l’approbation des linguistes. 77. envahit le Delta avec une armée composée d’Africains (Lebou. 2. Les premiers colons de souche européenne dans l’Afrique du Nord. Il est également certain que. 398. Kahaka) et de gens venus des « pays de la mer ». 6365 Lebou furent tués. Mais les rapprochements de M. 214.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. Le même. l. 329. 2. Ceux-ci étaient des Akaïouasha. On ne doit cependant pas nier la possibilité de certaines relations entre les habitants du littoral de la Berbérie et les peuples qui occupaient les îles et les côtes de la mer Égée à l’age du bronze. les indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de l’Égypte entretinrent des rapports avec les riverains de la mer Égée. p. 79. des objets fabriqués dans des pays du Nord-Est de la Méditerranée furent importés en Sicile(3) et en Sardaigne(4). IV-VI. des Toursha. XXI. vers 1220. Sous Ménephtah. Des vaisseaux venus des rivages qui appartinrent plus tard aux Grecs parcouraient donc le bassin occidental de la mer intérieure. moins cependant que les Africains. roi des Lebou.. en Sicile. 1897-1899 . des Loukou. 75. 3. le même. des Shardana. Mayr. 78. aux Baléares. c. 59. 60. de plusieurs migrations venues des rivages égéens dans le cours du second millénaire(1). 4. dans la Revue tunisienne. p. n. 80 et suiv. Aux derniers siècles de cette longue période. dans la deuxième moitié du second millénaire. 3. dans Abhandlungen der bayer. 37. dans la victoire que les Égyptiens remportèrent. . II. p. Voir en particulier Déchelette. il périt 222 Shagalasha et ____________________ 1. Des influences de la civilisation égéenne se sont alors exercées à Malte. M. Bertholon a cru retrouver des noms et des mots appartenant à des idiomes étroitement apparentés à la langue grecque témoignages.

l. c. 1). Ces constitutions ne nous autorisent pas à affirmer que des marins du Nord-Est de la Méditerranée aient visité les cotes de la Berbérie. p. 398. n. il est vrai.348 LES TEMPS PRIMITIFS. enfin es Akaïouasha sont peut-être identiques aux Achéens(4). p. n. . II. 3. les Shardana et les Shagalasha étaient aussi. Or les Loukou devaient habiter la Lycie(2) . les Toursha. Sardaigne. Reinach. où s’élevèrent les villes de Sardes et de Sagalassos(3). Maspero. 5. p. semble-t-il. p. Les Égéens auraient dû exercer une influence pro____________________ 1. que des colons venus des mêmes régions s’y soient établis. Les preuves manquent aujourd’hui. Maspero. 4). Au temps de Ramsès II. 361. p. 3). Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. p. il ne faudra pas s’en étonner. voir d’une manière générale la carte de Maspero. 2 . — Pour ces différents peuples. Mais si des découvertes ultérieures dissipent toute incertitude. ces prétendus Troyens. des Toursha vinrent se fixer dans la Méditerranée occidentale et formèrent la nation des Étrusques. 766. c’est ce dont on a aucune preuve (conf. n. Maspero. Des Shardana servirent comme mercenaires dans les armées égyptiennes depuis la dix-huitième dynastie : A. I. p. 65-67. 53 . que les Toursha et autres aient eu des colonies sur la côte de la Libye. 742 Toursha(1). 390 (n. Il est possible aussi que des Shardana soient allés occuper la. ou même des mercenaires Plus tard. 4. 339. c. plus haut. 2. 430 et suiv. p. 380. 360. 214 (n. J. 1904. à laquelle ils auraient donné leur nom. se soient établis en masse dans l’Afrique septentrionale et soient identiques aux Lebou et aux Mashaouasha. II. 308.. II. p. II. qui rappellent leurs noms . cela n’est pas certain : voir Weil.. à l’Ouest du Delta : ceux qui combattirent dans l’armée commandée par le roi des Lebou pouvaient n’être que des alliés récemment débarqués. 372. qu’on peut identifier avec les Tyrsènes. Revue archéologique. p. des Loukou furent au service du roi des Hittites : Maspero. 2. comme les appelaient les Égyptiens. — Que certains peuples de la mer. Maspero. Revue archéologique. des peuples de l’Asie Mineure. I. n. L’identification des Mashaouasha avec les Maxyes d’Hérodote. 3. L’inscription de Karnak qui nous fait connaître l’invasion de Mâraiou ne prouve point. nous parait très contestable : voir plus loin. l. étaient vraisemblablement établis dans le Nord de la mer Égée et dans l’Ouest de l’Asie Mineure. 1910. 432.

mieux vaut ne rien dire. dit-il. Dans de nombreuses tribus. nous l’avons dit (p. M. 208-9). P. Des Hamburgischen Kolonialinstituts. 146. ou imputables aux colons qui vinrent s’établir en Cyrénaïque au VIIe siècle. 349 fonde sur la civilisation des indigènes(1). ils sont ou très contestables. — Quant aux prétendus emprunts des Grecs aux Libyens. 202. Pour les cultures et les animaux domestiques. Ces comparaisons ethnographiques sont curieuses : c’est sans doute tout ce qu’on en peut dire. 236 (n. Il indique aussi (ibid. Il est douteux. 97). 2. n. I. 212. Stuhlmann (Ein kulturgeschichtlicher Ausflug in den Aures. X. peint en noir ou en rouge sur une couverte claire. adopté par les Grecs : il s’agit sans doute d’une divinité africaine assimilée au Poséidon hellénique. 89. Stuhlmann sur ce terrain : quand on ne sait rien. Reinach. tout cela serait ou pourrait être d’origine égéenne. 50) que Poséidon est un dieu Libyen. aient été imités des modèles importés. 93). 2). Revue de l’histoire des religions. p. 88. que portent les femmes libyennes. On pourrait supposer que les Libyens avaient emprunté le bouclier rond aux Shardana ou à d’autres peuples de la Méditerranée orientale (voir A. les femmes font des vases à décor rectilinéaire. Culture du figuier. Je ne suivrai pas M. 263. figurés sur les gravures rupestres. de l’olivier. 146). 10). 1912) est très disposé à leur reconnaître cette influence. à un vêtement de dessus en cuir de chèvre. p. Le même auteur affirme (IV.) que les exclamations répétées et bruyantes (όλολυγή) proférées par les Grecs dans les cérémonies religieuses lui paraissent être d’origine africaine : car les femmes libyennes en font un usage fréquent et remarquable (ce qui rappelle à la fois les you-you des femmes berbères et les ίού ίού des anciens Grecs). 227. 1). Or nous avons vu(2) que les objets caractéristiques de l’âge du bronze font presque entièrement défaut dans les inventaires archéologiques de l’Afrique du Nord(3). Conf. n.. 124. 6). métier vertical sur lequel les femmes tissent des étoffes de laine (p. . les hypothèses d’emprunts faits aux Libyens par les ancêtres des Grecs sont sans valeur : voir plus haut. 120. van Gennep(4) croit cependant que la céramique berbère apporte le témoignage désiré. répandre surtout parmi eux l’usage du métal. si la représentation de ce bouclier sur une gravure du Sud oranais était certaine (conf. 1910. 189) que les Grecs ont emprunté aux Libyens l’égide qu’ils donnent à Athéna : l’égide ressemble en effet. dans Abhandl. 3. introduction du cheval (p. p. 4. que les boucliers à échancrures latérales. l. de la vigne (P .RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. c. J. Hérodote se trompe évidemment quand il dit (II. ces objets présentent des ressemblances véritablement frappantes avec des poteries qui se fabriquaient dans la Méditerranée orientale au premier âge du bronze (troisième millénaire) et qui sont surtout connues par des trouvailles ____________________ 1. 237 (n. p. p. Études d’ethnographie algérienne (extrait de la Revue d’ethnographie et de sociologie 1911). Par leurs formes et leur ornementation. 62 et suiv. Il est vrai que M. Stuhlmann. teint en rouge et orné de courroies formant des franges. mode de construction des maisons de l’Aurès (p. 55).

» Je n’ai pas vu ces tessons. 8) parle aussi d’une occupation de la Corse par des Libyens. Bull. Orsi. p. Peut-on expliquer ces ressemblances sans admettre l’hypothèse d’origines communes ? M. V-VII. 2 : ΙΙρώτος δέ διαβήναι λέγονται ναυσίν είς τήν νήσον Λίβυες ήγεμών δέ τοίς Λίβυσιν ήν Σάρδος ό Μαχήριδος Ήραχλέους δέ έπονομασθέντος ύπό Αίγύπτίων τε χαί Λιβύων. 601) a découvert cependant dans le Nord-Ouest de la Tunisie. Peel. d’autre part. Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions. des débris de poteries « décorées de traits géométriques et de fleurs. Dijon. vivant . mais il ne dit pas quand ils y seraient venus. nous estimons qu’il faut attendre pour l’adopter des découvertes attestant que cette classe de poteries est vieille dans le Maghrib de plus de quatre mille ans(5). Dussaud le pense(3). pris le nom de Sardos. probable. d’une part. X. Je ne serais guère disposé à lui donner raison. constituent ainsi un chaînon qui manquait jusque-là. ajoute Pausanias. E. à notre avis. Institut français d’archéologie. 2. 1893. dans des habitations et des tombes qui datent du début de l’age du bronze(1). Carton (Association française pour l’avancement des sciences. IV Nous avons passé en revue les textes relatifs à de prétendues migrations vers le Nord-Ouest de l’Afrique. XIX. 774 . p. On en a aussi recueilli quelques exemplaires. Mais il ne faut pas oublier que tous les produits actuellement connus de la céramique berbère sont modernes(4). Il importerait de mieux connaître le développement chronologique de cette céramique dans les autres pays méditerranéens. dans l’île de Malte(2). conf. Pausanias. Mayt. La même céramique s’est rencontrée en Sicile. Les Libyens ne chassèrent pas les indigènes. exécutés au pinceau. ____________________ 1. di paletnologia italiana. 4. parmi les ruines romaines de Bulla Regia. faites dans l’île de Chypre.350 LES TEMPS PRIMITIFS. au contraire. 41-45. Pausanias (X. « L’île. Sardus(7). et avec la céramique moderne des Kabyles. 17. 47-51. d’époque indéterminée. des Libyens auraient. Selon quelques auteurs. T. 1911. 3. the Stone and bronze age in Italy and Sicily (Oxford. occupé la Sardaigne(6). 1909). séance du février 1912. p. 7. Quoique L’opinion de M. 6. p. pl. Mémoires. 1911. mais ils se mêlèrent à eux. 5. die Insel Malta im Altertum. Ils auraient eu pour chef un fils d’Hercule. M. van Gennep soit. Leur aspect et leur ornementation révèlent des affinités très réelles avec certaines poteries de la Carthage punique. p. 56-57. 17. 215-9.

fils d’Hercule. graec. Ίολαεΐς. p. dans Alti dell’ Accademia dei Lincei. I. A. Ilienses. 89-91) ne m’a pas convaincu que l’analogie de certaines coutumes des anciens Sardes et de divers peuples africains (pratique de l’incubation..RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES.. dit Pausanias. 463. — M. ce qui est peut-être une allusion à son origine africaine : Babelon. I. p. 2. p. assurément fictif. VII. ex sese mutavit nomina terrae Solin. III. d’autres reconnaissent un modius : Pais. nom qui est probablement une déformation de Melqart. 324). divinité adorée par les Carthaginois et ____________________ comme ceux-ci dispersés dans des cabanes et dans des grottes. la tête surmontée d’une coiffure de plumes. etc. Pettazzoni (Revue d’ethnographie et de sociologie. Peut-être étaient-ce des nomades d’Afrique. et qui. à l’époque punique. p. 6. . 6 (si c’est bien une coiffure de plumes . Mais Pausanias(2) affirme qu’ils avaient tout à fait l’aspect. ville et fleuve de Maurétanie. c. 7. 1. hist.. 17. Revue archéologique. l’armement et le genre de vie des Libyens(3). 1910. p. . 223-4 et fig. On a rapproché leur nom de celui d’Iol. a-b =Fragm. a donné son nom à l’île). p. Serie terza. 1881. 359-360 : Libyci Sardus generoso sanguine fidens Herculis. 57. 1 (Sardus. car les uns et les autres étaient incapables de fonder des villes. qui semblent y avoir établi de nombreux Libyens. L’Héraclès dés Égyptiens et des Libyens dont il aurait été le fils était. Memorie della classe di scienze morali. comme paraîtrait l’indiquer la comparaison de ce texte avec un passage d’Hellanicus (apud Athénée. dont il est question dans un fragment de Nicolas de Damas (Fragm. voir aussi Rendiconti dell’ Accademia dei Lincci. Xl. Aucun texte n’indique que ces hommes soient venus d’Afrique. Je ne crois pas qu’on puisse invoquer (Pais. I. 1. Monnaies de la République romaine. XII. venu de Libye. D’autre part. qui l’aurait dirigée. Je ne sais s’il convient le parler ici des Σαρδολίβυες. Cette légende renferme donc un élément phénicien : elle doit peut-être son origine à la conquête de l’île par les Carthaginois. fig. n° 93). 3. 219-232 . surnommé Μάχηρις. 351 Il nous est impossible de dire s’il convient de rejeter cette invasion dans le domaine de la fable(1). p. Ίλιεΐς. occupait les régions montagneuses. n° 137). IV. — Une monnaie qui parait avoir été frappée en Sardaigne au Ier siècle avant notre ère représente ce « Sard(us) Pater ». 1910. 250) la prétendue ressemblance du nom de la Sardaigne (Σαρδώ en grec) avec les noms de Saldae et de Sardaval. p. en même temps que le personnage. 1910. il y avait en Sardaigne un peuple que les Grecs et les Latins appelaient Ίολάειοι. p. X. 462. » Silius Italicus.) démontre une « connexion ethnique sardo-africaine ». 25. Ces coutumes ont été constatées chez bien d’autres peuples. hist. J: Reinach. graec.

qui aurait été plus importante que la première et qui aurait eu lieu beaucoup d’années après la guerre de Troie. p. 2. c. Pais. 274). Les tours appelées nuraghi en Sardaigne. Cependant je croirais volontiers qu’il s’agit d’un type de sépulture très ancien. 270. l. p. c. offrent des ressemblances avec les nombreux tombeaux cylindriques en pierres sèches qu’on nomme chouchets en Berbérie(3). ____________________ 1. comme le dit Pausanias (X. c. qui paraissent dater en général de l’âge du bronze. une hypothèse assez téméraire. der bayer. Les chouchets dont l’époque peut être déterminée sont beaucoup plus récentes que ces monuments des îles. 25). Mayr (Abhandi. dans Atti della Societa ligure di storia patria..352 LES TEMPS PRIMITIFS. Il n’est nullement prouvé qui Iol ait été un dieu africain. p. neveu d’Héraclès(2). Conf. je crois. Faut-il voir en eux des Libyens ? C’est là. qui. Mais. comme tant d’autres choses dans l’Afrique du Nord. 300 . XL. p. 622.. à la suite d’une nouvelle immigration de Libyens. conf. Liguria preistorica. Gozzo. A la suite de M. comme aussi les sesi de l’île de Pantelleria et les talayots des Baléares. M. s’est conservé fort longtemps. 4. p. p. Pais. identifiée par les Grecs avec leur Iolaos(1). . 17. 3. Issel. — Il y a cependant des différences très notables. de là. 717-720) . Ces Ioléens ou Iliens se seraient réfugiés dans les montagnes à la suite des conquêtes carthaginoises (Diodore de Sicile. fait par quelques anciens : ils prétendaient que les Ioléens étaient des Grecs. On rapprocha aussi ce nom de celui d’Ilion . la Sardaigne. malte. où ils se seraient mêlés aux Grecs (Pausanias. 203-300 . V. Les tours dont nous parlons offrent des chambres rondes voûtées à encorbellement. et l’on ne saurait dire si ce rapprochement a plus de valeur qu’un autre. Akademie. Insel Malta. D’ailleurs la ressemblance des noms est peut-être fortuite. 17. une légende qui faisait venir des Troyens en Sardaigne. l. même si l’on admet une véritable parenté entre ces diverses constructions. Pais (l. des Libyens sont allés peupler les Baléares. Pantelleria. avec des couloirs d’accès : dispositions qui manquent dans les chouchets. Mais les comparaisons archéologiques qu’il fait ne me paraissent pas convaincantes. ou.. et non phénicien. 1908. p. 312. X. 62-64) croit que. 7). amenés en Sardaigne par Iolaos. XXI. vers le début de l’âge de bronze. 6). il n’est pas nécessaire de supposer qu’elles se soient répandues à travers la Méditerranée par suite de migrations importantes(4).

p. D’autres Mashaouasha servaient déjà dans . etc. étendu sa domination jusqu’en Algérie. p. et pl. 432. apporté à Caesarea aux environs de notre ère. 1908. VII. 273 et suiv. III. XLIII. 74 . Méla. vaste muraille autour du djebel Bou Taleb (Jacquot. 85-86. Pausanias.. 71) : « Thoutmos III aurait. Histoire. Voir p. Comment est-il Venu là ? Nous l’ignorons. soumirent tout le littoral libyen. 353 ____________________ 1. — Le nom de Faraoun apparaît çà et là dans l’onomastique de l’Afrique du Nord : par exemple. sont mentionnés des Mashaouasha. l). 17. fut-elle un objet de curiosité. Méla. Les gravures rupestres représentant Ammon-Soleil attestent que. en réalité. II. un culte égyptien a pénétré jusque dans le Sud oranais(1). p. Maspero. p. c. 258) ne tiendrait pas à insister sur le rapprochement qu’il a fait entre le Touat. 1885. VIII. 2. p. p. archéologique du Comité. p. XLV. CCLIV-V. 2e édit. 456. 101 . 33. au Maroc (C. II. p. de correspondance africaine.— L’Hercule égyptien qui aurait atteint et même franchi le détroit de Gibraltar (Diodore.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. le cheval a été introduit d’Égypte en Berbérie(2). 11. I. — Je pense que M. fig. qui tentèrent à plusieurs reprises. Mais ce nom a été introduit dans le pays par les Arabes : il est plus d’une fois question de Pharaon dans le Koran (trad. Histoire. 146) . djebel Faraoun. II. Bull. p. 4. 1. pays du Sahara algérien. III. 427. 426).. n. 1). Melpart (conf. Nous avons aussi indiqué les raisons qui nous font penser que. p. p. écrit Tissot (Géographie. de Constantine. et Y..). Nkal Faraoun. 3 (il les explique d’ailleurs par l’affinité des deux langues). dès une époque lointaine. p. 102 : conf. Musée de Cherchel. — Un fragment d’une statue de Thoutmosis Ier a été trouvé à Cherchel (Gauckler. Kasimirski. I. II. p. une statuette de l’époque ptolémaïque (Bénédite.. 2). Des relations directes se sont-elles établies entre les indigènes de cette dernière contrée et les habitants de la vallée du Nil(3) ? Sous les règnes de Ménephtah (fin du XIIIe siècle)(4) et de Ramsès III (début du XIIe siècle)(5). 4-5) n’était autre. Maspero. « Les flottes de Thoutmès III. Bull. comme une autre œuvre égyptienne découverte récemment dans le même lieu.). » Cette enquête de Thoutmosis III (au XVe siècle) serait un fait très important. Apoll. 5. XLVII). X. 210 (et n. Rec. Écartons une série d’arguments sans valeur. 1911. 459. Capart (les début de l’art en Égypte. Krett Faraoun. d’envahir l’Égypte. et la région infernale à laquelle les anciens Égyptiens donnaient le même nom. îlots du chott el Djerid (Tissot. 99-100 . vers le même temps. Vit. Peut-être cette statue. probablement dans la deuxième moitié du second millénaire. P. » D’Arbois de Joinville dit de son côté (les Premiers habitants de l’Europe. 3. a-t-on dit. 233. Philostrate. 251-3. que l’Hercule phénicien. Ksar Faraoun. mais sans succès. III. Mais l’inscription sur laquelle on s’appuie ne dit rien de tel : voir la traduction donnée par Maspero. l’antique Volubilis. I. II. L. Voir d’autres rapprochements onomastiques aussi fragiles dans Tissot. 45-54 . p. 471. I. 82) . 2072). XI. 46 . dans l’Aurès (Masqueray. I.

p. 161. Meyer. C’est simplement un nom estropié (sans doute depuis fort longtemps. c’est-à-dire en Tunisie . p. Brugsch. Geschichte der Kartager. Chronik des Hippolytos. 102) sont mentionnés en Afrique des Μαχουαχοί. 552) : « Vue de ces révolutions fréquentes au désert avait chassé ceux-ci (les Mashaouasha) de leurs territoires au voisinage de la vallée et les avait transportés fort loin à l’Occident. avec laquelle ils eurent tant de rapports(6). p. 281. p. Il est surprenant qu’on ait voulu retrouver un fond de vérité historique dans un plat roman de Denys de Millet (Dionysios Seytobrachim). on a aussi invoqué les Μάζυες. ce fut sans doute par l’intermédiaire des Libyens orientaux qu’ils subirent quelques influences égyptiennes. Tissot. 191. II. comme l’indique une autre version latine (Bauer. 4..460. Géographie. I. I. 6. les armées de Ramsès II(1). 3. les Maxitani. Revue archéologique. mais rien ne permet de croire qu’une seule tribu des pays situés à l’Ouest de la Cyrénaïque figure dans les inscriptions de Thèbes(7). Dans le manuscrit de la Chronique de saint Hippolyte (Bauer. 2. analysé par Diodore de sicile . III. 1. 4 . p. sur les bords du fleuve Triton. 237. p. 1867. II. 344. les Mashaouasha dont il est question dans les inscriptions hiéroglyphiques devaient habiter beaucoup plus près de l’Égypte. Meltzer. p. 765-8 . 552. Quant aux indigènes de la Berbérie. Études sur l’antiquité historique. p. IV. » Conf. p. soit en ennemis. n. les Mazaces. 489. 80-81. p. les Mazices. Conf. peuple maurétanien. n. 52 et 64. Il ne nous parait pas que la ressemblance des noms soit assez grande pour justifier ces rapprochements. die Geographie der Nechbarländer Aegyptens. p. E. 103). au service du souverain ou des seigneurs féodaux(2).. et. supra. II. N’y cherchons pas des descendants des Mashaouasha. des Africains que l’on désignait sous ce nom formèrent dans la vallée d’importantes colonies militaires. Histoire. I. 499. 300. p. depuis le XIe siècle jusqu’au VIIe. soit comme mercenaires . Plusieurs savants(3) les ont identifiés avec les Μάξυες qu’Hérodote(4) signale à l’Occident du fleuve Triton. Chabas. 5. 430. Maspero. De Rougé. 7. p. car l’auteur d’une des versions latines et celui de la Chronique pascale l’ont voulu ainsi). Maspero ajoute (III. ____________________ 1. 2e édit. p. que divers textes indiquent dans la Berbérie actuelle(5). II. 64. Maspero. Maspero. p. p. III. ont pu aller rejoindre les Mashaouasha ou les Lebou et pénétrer dans le royaume des Pharaons. En tout cas. tentés par les aventures lointaines. M. 388. Il s’agit des Baquates.354 LES TEMPS PRIMITIFS. Meltzer. Geschichte des Alterthums. I. Certains d’entre eux. 84. Ière édit.

. trad. 173-185 (et aussi III. C’est bien à tort que Movers les a prises au sérieux(2) : elles n’ont aucune valeur historique. I. 180-185). 177. 2. I. ils s’inspirent de traditions dont la source lointaine est la série de généalogies énumérées dans le chapitre X dé la Genèse(3). Voir l’exposé d’Ibn Khaldoun. où elle finit par être tuée par des Thraces et des Scythes. p. Les autres attribuent à ce peuple. Nédromah et les traras. V 355 Nous n’insisterons pas sur les indications très diverses données par les écrivains arabes au sujet de migrations qui auraient peuplé l’Afrique du Nord dans des temps très reculés(1). 53-55) . I. des frères de race du Prophète. ou qui en seraient sortis. 36-40 . Die Phönizier. Nous avons indiqué la plupart d’entre elles et montré combien elles sont fragiles. après divers exploits dans cette contrée. traverse l’Égypte. 2. l’Asie Mineure. cité par Ibn Khaldoun. Fournel. III. en Palestine : voir de Slane. p. p. 431-5. Conf. disait-on. IV. 310. Il faut les écarter. par dédain. p. Il faut tenir compte aussi du rapprochement qui parait avoir été fait entre le mot berbère aguellid. p.. 3) et Djalout (Goliath) : il en résulta que celui-ci fut donné pour roi ou pour anccêtre aux Berbères qui vivaient. 183-4. Tous ces auteurs font venir les Berbères de l’Asie occidentale. reine d’une nation d’Amazones à l’extrémité occidentale de la Libye. p. roi (conf. II. supra. les Berbers. l’origine que les musulmans considéraient comme la plus noble(4) : ils en font des Arabes. De Slane. 1. Les uns. p. . 572. Myrina. ou tout au moins à certaines tribus puissantes. 2. 33-34. Histoire des Berbères. ibid. l’Arabie. la Syrie. de Slane. Conf. Basset. . p. n. n. Ibn Khaldoun. Il faut se résigner it ignorer les événements ____________________ (III. p. Parfois. XIII.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. IV. 565 et suiv. qui était alors le centre du monde pour les musulmans et qu’ils regardaient comme le berceau de l’humanité. près de l’Océan. On trouve même des traces du récit de Procope : Ibn el Kelbi. 3. rattachent les Berbères à la postérité de Cham le Maudit et les font venir des pays syriens. 419 et suiv. p. 4. se dirige vers l’Orient. Les savants modernes ont présenté bien des hypothèses sur les peuples qui seraient venus s’établir en Afrique. comme les légendes anciennes.

Introduction probable d’Orient en Berbérie de plusieurs animaux domestiques : chèvre. existence de blonds qui nous rappellent ceux du Nord de l’Europe. Les recherches des anthropologistes. peut-être des indices de la diffusion d’une ou plusieurs mêmes langues dans le Nord-Ouest africain et dans l’Europe méridionale et occidentale . A cette énumération. Dans la nomenclature géographique. quoiqu’on ne puisse pas encore s’arrêter à des conclusions précises. probablement apparentés à d’autres peuples du continent africain. qui ont créé des liens entre les habitants du Nord-Ouest africain et ceux d’autres contrées. d’une part. Dans la Berbérie même. chien. des linguistes. il est permis d’ajouter les ressemblances de certaines constructions en pierres sèches : dolmens d’Afrique et dolmens élevés dons l’Ouest de l’Europe au troisième millénaire. sans que nous puissions affirmer qu’ils soient venus de cette contrée . chouchets d’Afrique et tours de l’âge du bronze dans les . du Nord-Est de l’Afrique. dans le cours du second millénaire. des industries paléolithique récente et néolithique ancienne dans le Tell et dans le Sud de la péninsule ibérique . Influences religieuses égyptiennes durant le second millénaire. Ressemblance des industries paléolithiques anciennes au Sud-Ouest et au Nord-Ouest de la Méditerranée . mouton. cheval. A la lisière du Sahara. à l’époque néolithique ancienne.356 LES TEMPS PRIMITIFS. C’est déjà beaucoup de pouvoir constater ces liens. peut-être aussi dans quelques régions de la Berbérie. existence d’Éthiopiens. des archéologues ont établi une série de faits importants Parenté physique des indigènes de la Berbérie avec les populations du Sud de l’Europe. d’autre part. Parenté de la langue libyque avec d’autres langues parlées dans tout le Nord-Est de l’Afrique. de l’industrie néolithique récente au Sahara et en Égypte .

de quelle manière ces mouvements de populations se sont accomplis. On a vu que. les relations. les croyances ont peut-être propagés sans conquête violente et par un petit nombre d’individus. Il convient de noter les parentés. les types de constructions.RELATIONS AVEC D’AUTRES CONTRÉES. mais avec plus de réserve. mais il est impossible de dire dans quelle direction. dont l’histoire nous échappe entièrement. malgré l’absence de preuves. depuis la Sicile jusqu’à l’île de Chypre. une très longue suite de siècles. Nous pouvons ajouter également. les animaux domestiques. Les industries. . les influences probables. la presque identité de la céramique berbère moderne à peintures géométriques et de celle qui était en usage au troisième millénaire dans la Méditerranée. Les ressemblances physiques. car il i agit de faits s’échelonnant sur. 357 îles de la Méditerranée occidentale. nous sommes enclin à faire remonter aux temps préhistoriques l’adoption de ces types de sépultures en Afrique. la communauté d’origine des langues supposent des migrations importantes. mais non pas d’en faire un faisceau pour échafauder quelque système.

358 LES TEMPS PRIMITIFS. .

dont il est malaisé. etc. de reconnaître les sources : voilà ce dont nous disposons. naviguaient sans cesse pour faire le commerce. έχ παλαιών χρόνων συνεχώς πλέοντες χατ’ έμποριαν. c. πολλάς μέν χατά τήν Λιβύην άποιχίας έποιήσαντο. Quelques textes tardifs. « Les Phéniciens. selon Diodore(2). auraient été antérieurs à la fondation de Gadès. avaient fondé beaucoup de colonies sur les côtes de la Libye et un certain nombre d’autres dans les parties occidentales de l’Europe.LIVRE III LA COLONISATION PHÉNICIENNE ET L’EMPIRE DE CARTHAGE CHAPITRE PREMIER LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD FONDATION DE CARTHAGE I On peut admettre que la colonisation phénicienne marque pour l’Afrique du Nord le début des temps historiques. V. 20 : Φοίνιχες. écrit Diodore de Sicile(1). depuis une époque lointaine. ____________________ 1. L. » Ces établissements. Nous sommes malheureusement très peu renseignés sur cette colonisation. . qui. 2. sinon impossible.

XVI. » Selon Pline l’Ancien(5). Memorabile et Uticae templum Apollinis.. ώς άναγέγραπται έν ταίς Φοινιχιχαΐς ίστοριαις. fonda Gadès. Utique fut aussi fondée par les Tyriens. Pour la date qu’il assigne à la prise de Troie voir I. Gadis condidit. on voyait encore de son temps. peu de temps après la guerre de Troie ». 1178 ans plus tôt. dans l’état où elles avaient été placées lors de la fondation de cette ville. c’est-à-dire vers 1110 avant notre ère(3).. événement qui il place environ quatrevingts ans après la prise de Troie. 2. 2.-C. 3.360 COLONISATION PHÉNICIENNE. C’est. 4.. 134 : . L’Histoire naturelle de Pline fut dédiée à Titus en 77. une compilation qui ne date peut-être que du IIe siècle de notre ère. la flotte tyrienne. ubi cedro Numidica trabes durant ita ut positae fuere prima urbis eius origine. à Utique. Cette date concorde avec celle de Pline. 7. in ultimo Hispaniae tractu. Il dit ailleurs(2) que les Phéniciens possédaient le meilleur de l’Ibérie et de la Libye avant l’époque d’Homère.. à l’extrémité de l’Espagne et au terme de notre monde . » 6. et il ajoute(4) : « A cette époque. annis MCLXXVIII. des poutres en cèdre de Numidie. Strabon(1) parle des navigations des Phéniciens. 216 . EMPIRE DE CARTHAGE. De mirabilibus auscultationibus. ____________________ 1. I.. οί χαί τά έξω τών Ήραχλείων Στηλών έπήλθον χαί πόλεις έχτισαν χάχεΐ χαί περί τά μέσα τής Λιβύης παραλίας μιχρόν τών Τρωιχών ύστερον. χαί τής Ίβηρίας χαί τής Λιβύης τήν άρίστην οΰτοι χατέσχον πρό τής ήλιχίας τής Όμήρου. qui dominait sur la mer. 2. peu d’années après. 3. 4. « qui parvinrent au delà des Colonnes d’Héraclès et fondèrent des villes dans ces parages. 4 : « Ea tempestate et Tyria classis.. » 5. 14 : τούς Φοίνιχας. in extremo nostri orbis termino. 8. . au temple d’Apollon. comme cela est écrit dans les histoires phéniciennes(7) ». ή (=Ίτύχη) : πότερον χτισθήναι λέγεται ύπό Φοινίχων αύτής τής Καρχηδόνος έτεσι διαχοσίοις όγδοήχοντα έπτά. plurimum pollens mari. Velleius Paterculus mentionne le retour des Héraclides dans le Péloponnèse.. si nous plaçons la fondation de Cartlage en 814-813. Dans un traité attribué à tort à Aristote(6).. nous lisons qu’ « Utique passe pour avoir été fondée par les Phéniciens 287 ans avant Carthage. III. Ab iisdem post paucos annos in Africa Utica condita est. I.2 : Φοινίχων ναυτιλία. comme aussi vers le milieu de la côte de la Libye.. Utique aurait donc été fondée en l’année 1101 avant J.

. dont Pline ne se porte pas garant. n. 58. » 7. 5. p. ut ferunt. aurait fait contre elle une expédition. qui était plus ancien. » 13. Les manuscrits donnent soit Ηύχαίοις. I. 6. gr. citations de Ménandre d’Éphèse : le roi de Tyr Iliram. ce passibus ab Oceano. 2. qu’Utique fut une colonie de Tyr. 33 a). Von Gutschmid (Kleine Schriften. mais ce n’est là. A peu de distance d’El Araïch. 123. XVIII.. p. XLIX. « la splendide » « la colonie ».. Utique est très probablement un nom phénicien : diverses étymologies ont été proposées. 3 (146) . « L’ancienne » selon Bochart . « Tyros…. Movers. antiquius Gaditano. II. Géographie. 11. Plusieurs auteurs. il y avait un temple d’Hercule. jud. On a cru trouver la mention d’Utique dans deux passages de Josèphe(7). disait-on. Silius Italicus(5) la qualifie de sidonienne. die Phönizier. soit Τιτυοΐς (Τιτυαιοις dans une citation faite par Eusèbe). 3. Antiq. Mais il s’agit plutôt d’une ville située soit en Syrie(8). Pline(3). soit dans l’île de Chypre(9). selon d’autres. Le Périple de Scylax (§ 112 : Geogr. 361 conformément aux indications d’un certain nombre de textes(1). Cette assertion. 8.. parce qui elle se refusait à lui payer tribut. ambae a Phoenicibus conditae. indique du moins que Lixus était une vieille colonie phénicienne(13). p.. 10. veteresque ante arces condita Byrsae. S. dans le Nord-Ouest du Maroc. 18 (110). 92) la qualifie de πόνις Φοινίχων Movers (l. ubi Hesperidum horti fuisse produntur. 76 . III. min. près de Lixus(11).. que le sanctuaire du même dieu voisin de Gadès(12). p. Beloch. II. comme Velleius Paterculus. contemporain de David et de Salomon. § IV. Ίτύχη. Voir Meltzer. v. 62 et 88-89) a proposé de corriger Ίτυχαίοις. Pline l’Ancien. . 220. 4. VIII. qu’une contradiction apparente(6). Geschichte der Karthager. aucune d’elles ne s’impose(10).. 5. dans Rheinisches Museum. 63 : « Lixi oppidi aestuario. Étienne de Byzance(4). Pomponius Méla (I.. 2. 3. Sur le littoral de l’Océan. « la station » selon Movers . 4. 1894. Tissot. iuxta delubrum Herculis. Justin(2). disent. I. Peut-être Citium : il faudrait corriger Κιτταιοις (conf. p. 12. 241-2 : Proxima Sidoniis Utica est effusa maniplis Prisca situ. urbibus genitis Lepti. c. ____________________ 1. Voir plus loin. 540) propose pour ce nom une étymologie phénicienne. 2. XIX. 450-1 . V. 9. p. p. Contre Apion. 34) dit seulement que les fondanteurs d’Utique furent des Phéniciens : « Utica et Carthago. I. nous le verrons.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. Utica. olim partu clara. II.

fondée en Libye par Ithobaal. Nous examinons plus loin l’hypothèse de l’existence d’une colonie sur le site de Carthage antérieurement au IXe siècle.. profugos ob discordias civiles. I . M. sollicitata plebe et aliis novarum rerum avidis. 1). Salluste en mentionne d’autres. Leptim aliasque urbis in ora marituma condidere. LXXVIII. Gsell. f° 14. navibus in eos locos venisse. chassés. Josèphe. Telles sont. et fondèrent sur le bord de la mer Hippone. voir Gse1l. Ménandre d’Éphèse. Hadrumatum. Hadrumète. et non de Leptis Minor. 3. entraînèrent des gens du peuple et d’autres hommes avides de nouveautés. Comme l’ont fait divers savants. aliae decori fuere. « Phoenices. ibid.). 8. entre les deux Syrtes) « fut fondée par des Sidoniens. n° 105 (p. Conf. Aus.. dans Recueil de mémoires publié par l’École des Lettres d’Alger (1903. 2.. (324) : (Ίθώβαλος) έχτισε. 1 . Leptis et d’autres villes.362 COLONISATION PHÉNICIENNE. en dehors de Carthage(3). col. 256 : « Sarranaque Leptis » (mentionnée avec Sabratha et Oea. 6. dit-on. eaeque brevi multum auctae. roi de Tyr (dans la première moitié du IXe siècle)(1).. « Id oppidum ab Sidoniis conditum est. Meyer (Geschichte des Alterthums. . Il n’y a aucune raison d’identifier l’Auza de Ménandre avec Uzita. Salluste écrit que Leptis (il s’agit de Leptis Magna. EMPIRE DE CARTHAGE. Jugurtha. III. Hipponem. pars imperi cupidine. les autres par désir de domination. Antiq. Silius Italicus(6) attribue la . alii multitudinis domi minuendae gratia. villes situées entre les deux Syrtes : Silius parle donc de Leptis Magna. 13. mais sans indiquer de dates(4) : « Les Phéniciens. 2. depuis Shaw . qui était près de Sousse. faisait mention d’une ville d’Auza. les colonies phéniciennes sur la fondation desquelles nous avons des données chronologiques plus ou moins précises. les uns pour diminuer la population qui se pressait chez eux. VIII. pars originibus suis praesidio.. XIX. située à l’intérieur des terres et dans une région assez difficile à atteindre. dans le département d’Alger). 5. ____________________ 1. n. par des discordes civiles. On en ignore l’emplacement : il ne nous parait pas possible de l’identifier avec Auzia(2) (aujourd’hui Aumale. qui s’était servi de documents tyriens. quos accepimus. p. qui. C’était sans doute une cité maritime. 373. Atlas archéologique de l’Algérie. Ces colonies prirent vite un grand développement et devinrent l’appui ou l’honneur de leur mire patrie. Αΰζαν έν Λιβύη. E. » 5. » Dans un autre passage(5). 4. dans la région de Sousse. Les noms de lieux commençant par Auz. avaient débarqué dans ces parages ». ne sont pas rares en Afrique.

LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. 1. Gsell. 3). p. n. Conf. Sur des monnaies à légende phénicienne. 4. pl. p. p. l’une près de Bône. Le poète Silius Italicus(10) a-t-il voulu rappeler un fait historique en donnant l’épithète de tyrienne à la population de ____________________ II. et Leptis passe pour un nom libyque(9) : hypothèses fort incertaines. était aussi une colonie tyrienne. col. 90. 363 fondation de Leptis Magna aux Tyriens et Pline(1) cite Leptis (probablement la même ville) comme une colonie de Tyr. III. n. Bérard.. Movers (II. 20-21. 8. Les Phéniciens et l’Odyssée I. 134. c. c. 2. L. Hadrumète. il serait naturel d’en conclure qu’Hippo Regius était plus ancienne. 7) attribue la fondation des deux Hippo à des « equites Graeci » . 510. 344. f° 9. 236-7. Mais. l’autre à Bizerte : on ne saurait dire quelle était celle dont parle Salluste(3). n° 59 (p. 511. XXVII. — C’est par suite d’un calembour absurde que Solin (XXVII. CX. et CLXXXVI. 2. Bizerte est appelée dans des textes grecs Ίππου άχρα. contraire aux textes anciens. Hippo Regius a peut-être été appelée aussi Ίππου άχρα : conf. 6. 5. l. 3-4. supra. XXX. Gsell. p. dont le nom serait représenté par les trois lettres ‫אפא‬. fig. pl. Perses Achéménides. 256. p. II. par les Carthaginois. p. V. p. fig. Il y avait deux Hippo. 5. Mais elle est très invraisemblable. 2). du reste. Movers. Catalogue des monnaies greques de la Bibliothèque Nationale. I. 807) croit que Leptis ne fut fondée que vers la fin du VIe siècle. p. 5 . 158 et p. 5 9. 485. (nos 1619-1625). 87 (nos 689-690) et 100 (nos 788-49). XVII. XV. Puniques. 7. 10. 144 et 511) croit qu’άχρα représente ici le mot phénicien acheret. 454-5 (Hadrumète aurait signifié en phénicien « le cercle de la mort »). 361. selon Solin(2). 9 : « Hadrumeto atque Carthagini auctor est a Tyro populus. Rois de Syrie. Il croit qu’il s’agit de Bizerte. Je ne pense pas qu’il y ait lieu d’adopter cette opinion. fig. Tissot. l. voir plus haut. 76 (conf. p. On croit que les noms d’Hadruméte et d’Hippo sont d’origine orientale(8). pl. Une telle dénomination aurait été bien bizarre . CXXII. p. appelées dans la suite Hippo Regius et Hippo Diarrhytus. d’elles est Hippo(6). Atlas. 144. Géographie.. . 2. Meltzer. l’identification proposée reste plus que douteuse(7). même si ces lettres doivent être groupées comme le veut Movers et constituent un nom de ville. Sidon parait être qualifiée de mère de plusieurs villes Movers(5) a soutenu que l’une. Babelon. Atlas. Le sens aurait été « l’autre Hippo » : on aurait ainsi voulu distinguer cette Ville d’Hippo Regius. » 3. II. 471 . c. Si cette explication était exacte. p. du second siècle avant notre ère(4).

non pas évident. 3. 108. c. C’est à la même époque. Peut-être d’après le périple d’Ophellas. p. Écho dans Pline l’Ancien (V. Movers (l. l. 525 et suiv. Sabratha (ville située à l’Ouest de Tripoli) ? On peut hésiter à l’affirmer.. de rectifier les témoignages des anciens. 450-460. 3. παλαιάς Τυρίων) et 8. 4. n. D’après une indication d’Ératosthéne(1).. ni la linguistique. p. trois cents colonies tyriennes auraient existé jadis le long de l’Océan. (Φοινιχιχάς πόλεις). . il n’y aurait guère là que des échos d’indications suspectes et d’une chronologie arbitraire. p. XVII-XIX) ont cherché en vain à défendre cette assertion. c. XVII. 39. rapportée par Strabon. 8). XVII. der Periplus des Hanno.-C. cc. 3. 2) mentionne sur ce littoral des établissements de commerce phéniciens. 3. et auraient été ensuite ruinées par les indigènes(2). comme on l’assure. 12. Strabon. Mais cette expression n’indique pas nécessairement des fondations faites à une époque lointaine par des Phéniciens d’Orient. consignées dans l’ouvrage historique qui fut écrit par Timée au IIIe siècle avant J. Φοινιχιχάς έμποριχάς χατοιχίας.. Quelle est donc la valeur des textes que nous avons énumérés ? On semble en général disposé à la regarder comme à peu près nulle. ou même à des temps plus récents.. Selon Meltzer(5). qui confond ces vieilles colonies avec celles d’Hannon.106. Dans la question que nous étudions. Contra : Illing. LL. 3 (χατοιχίας. ____________________ 1. qui fonda de nombreuses colonies maritimes. qu’appartiennent les antiquités de type phénicien découvertes çà et là jusqu’à ce jour. sur le littoral du Maroc actuel. Les noms de lieux qui se rattachent à la langue phénicienne abondent sur les côtes de la Berbérie. mais nous ignorons quand ils ont commencé à être en usage : peut-être datent-ils seulement de la domination de Carthage. 3. ni l’archéologie ne permettent de compléter. L. Mais Artémidore et Strabon(3) ont contesté l’exactitude d’un chiffre aussi élevé. I.364 COLONISATION PHÉNICIENNE. qui pourrait dater de la fin du IVe siècle : conf. p. 5. 2. Strabon (XVII. EMPIRE DE CARTHAGE.) et Müller (Geographi graeci minores. qui est en effet fort invraisemblable(4). Timée a été certainement mis à contribution dans le traité attribué à Aristote et il est. Strabon.

.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. d’une manière arbitraire ? ____________________ 1. 5. 5. » 8. 7. Or un Timaeus mathematicus est indiqué sur la liste des auteurs consultés dans ce livre . n. 1894. Les Phéniciens eux-mêmes ont pu garder le souvenir des dates auxquelles certaines colonies avaient été fondées. à Pline. Gelfeken. Nous savons qu’ils avaient des ères de temples. E. 350. Geschichte des Altertums. voir Hérodote. on indique (sans preuves) des intermédiaires. 62 et suiv. XLIX. III. 97. celui-ci mériterait-il d’être récusé ? Timée a pu disposer de renseignements d’origine punique(5) et l’on ne voit pas pourquoi il les aurait altérés. ibid. 83). Meyer. il est cité expressément dans le texte (XVI. lors même qu’il faudrait ramener les textes cités au témoignage du seul Timée. voisin de Gadès et sans doute contemporain de la fondation de la ville(8).. 2. non plus que Salluste. Les indications de Pline permettent de supposer qu’il en était de même pour les temples d’Apollon à Utique et d’Hercule à Lixus. à propos de la chute des feuilles. nous pouvons. 365 mais très probable que le passage relatif à la fondation d’Utique vient de lui(1). Conf. 263 . auscult. Pour le temple d’Heraclès à Tyr. P. en Occident comme en Orient(6). c. l. Pour les deux premiers. admettre un emprunt pour le passage cité plus haut(3). 303. p. De mirab. il n’est pas certain non plus qu’il soit identique à Timée l’historien. 360. II. Quant à Strabon. XXXV. 7 : « comme cela est écrit dans les histoires phéniciennes ». .. 3. p. Mais rien ne prouve que ce Timée soit aussi la source du passage qui nous occupe . 44. à Velleius Paterculus. Le point de départ de ces ères avait-il été fixé après coup. Unger. Le passage de pline sur Utique se trouve au livre XVI. Diodore de Sicile s’est aussi beaucoup servi de Timée dans son cinquième livre(2) . (aprés Müllenholt). Posidonius et Trogue-Pompée. sans être trop affirmatifs. p. Rühl. 5) et Diodore (V. Timaios’ Geographie des Westens (Berlin. I. p. on n’a pas démontré qu’ils se rattachent à l’historien sicilien(4). 1892). passage cité p. 2. Pomponius Méla(7) le dit nettement pour le fameux sanctuaire d’Hercule. Comme l’indiquent Strabon (III. — Une autre ère tyrienne parait avoir commencé en 1199 ou 1198 : conf. p. 6. 46 : « Annorum quis manet ab Iliaca tempestate principia sunt. 20). D’ailleurs. 1880. 4.. 31-32 . 2e édit. Dans les vingt-trois premiers chapitres de ce livre : Gelfeken. Rheinisches Museum.

24. C’est peu probable. p. Le site d’Utique offrait des communications plus faciles avec l’intérieur que celui de Carthage . Naturellement Strabon et velleius ne sont pas suspects parce qu’ils mentionnent la guerre de Troie : ils ont pu combiner des dates exactes avec une date légendaire. 2 et 5. « beaucoup mieux située ». 369). Cet argument me semble avoir peu de valeur. On n’a donc pas prouvé que ces divers textes aient une origine commune et dénuée de valeur historique. Si l’on est disposé à croire qu’ils ne méritent pas d’être écartés. Silius Italicus (III. A la fin du second millénaire. 1894. 12) disent qu’Utique fut fondée avant Carthage. les Phéniciens n’étaient nullement des barbares. si l’on admet que la ville primitive était établie dans une île (voir plus loin. Polybe. On n’a pas prouvé non plus que leurs indications soient contraires aux vraisemblances. 241-2) et Justin (XVIII. Mais la suspicion ne nous parait pas devoir entraîner une condamnation sommaire. Rappelons enfin que la date donnée par Josèphe pour la fondation d’Auza a été empruntée à un document tyrien. nous constatons que. Peut-être a-t-elle été assez courte. puisque leurs sources nous échappent. 3. ou doit admettre que les Phéniciens commencèrent à connaître les côtes de l’Afrique du Nord un certain temps avant la fin du XIIe siècle(4) : des colons ne pouvaient pas partir à l’aventure vers des parages inexplorés. 5 et 7. dès ____________________ 1. de quelques événements capitaux de leur vie politique et religieuse(1). 1 et 3 . § VI. 122) estime que la fondation d’Utique n’a pas pu être antérieure à celle de Carthage. elle conserva une situation privilégiée dans l’empire de Carthage(2) : il n’est pas trop téméraire de supposer qu’elle l’ait due à une sorte de droit d’aînesse(3). 9. . Il est probable que.366 COLONISATION PHÉNICIENNE. D’ailleurs il n’est pas certain que les colons phéniciens aient eu le libre choix des emplacements : il leur fallait sans doute tenir compte des dispositions des indigènes. En ce qui concerne Utique. et non pas à Timée. Voir au chapitre suivant. — M. Il est tout à fait impossible d’évaluer la durée de cette période antérieure à la véritable colonisation. 2. 4. p. plus tard. mais regardée comme historique. Beloch (Rheinisches Museum. EMPIRE DE CARTHAGE. et nous croyons sans peine qu’ils étaient capables de transmettre à leurs descendants la date. Outre les textes qui donnent une date précise. XLIX. Évidemment. 4. VII. ce sont des témoignages peu sûrs. il était cependant mieux protégé contre les surprises. III.

plus haut. Si cette assertion est exacte. p. I. ils devaient suivre volontiers le littoral africain : un courant assez fort. les lieux qu’ils fréquentèrent furent assez nombreux : leur navigation. ils purent fréquenter ces rivages pour y trafiquer avec les indigènes. 31. qui devait être surtout un cabotage. Après avoir parlé des gros profits que leur procura l’argent tiré des mines espagnoles et rapporté en Orient sur leurs vaisseaux. A l’angle Nord-Est de la Tunisie. favorisait les navigations d’Ouest en Est(2). 430. Diodore(4) ajoute qu’ils accrurent ainsi leur puissance au point de pouvoir envoyer des colonies dans diverses contrées. peut-être furent-elles multipliées pour faciliter le ____________________ 1. ce courant se ramifie . p. Mais cela ne prouve pas qu’il en ait été de même de leurs plus anciens établissements des côtes africaines. Géographie. Pour retourner chez eux. V. Nous aurons à revenir sur le commerce très actif et très rémunérateur qu’ils firent avec le Sud de la péninsule ibérique. se contentant d’abord de visites plus ou moins longues. 5. I. p. 3. p. où ils pussent se réfugier en cas de tempête. attendre les vents favorables. 359). V. 4. un des bras va rejoindre la Sicile. 88 . 2. 87-88 . 35. réparer les avaries de leurs bâtiments(1). d’échelles. 74. avait besoin d’une suite d’abris. On a même supposé(3) que leurs premiers établissements en Afrique furent des escales sur la route qui les ramenait d’Espagne. Mittelmeerbilder. qui longe cette côte depuis le détroit de Gibraltar. Meltzer. p. . se pourvoir d’eau. Comme Diodore le dit ailleurs(5). Meltzer. puis fondant des comptoirs permanents.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. 20 (voir plus haut. Conf. Tissot. ces stations de commerce auraient servi d’escales aux navires revenant d’Espagne . Plus tard seulement. p. Fischer. entre autres en Libye. se reposer de leurs fatigues. II. 367 le début. nous devons en conclure que les colonies mentionnées plus haut sont postérieures au développement que donna à leur marine marchande l’exportation de l’argent ibérique.

4. I. p. M. On peut croire qu’ils emportaient du bétail. qui l’avait emmené en Phénicie. depuis l’Égypte jusqu’aux Syrtes. 4. 449-450. mais que le vaisseau fit naufrage après avoir quitté les parages de la Crète. comme l’indiquent les textes anciens et le site de ceux de leurs établissements que nous connaissons. Il se peut qu’ici le mot Libye soit pris dans un sen restreint (comme au chant IV. 85) et désigne le pays situé au Nord-Ouest de l’Égypte. p. il est certain qu’ils y vinrent par mer. Bérard (Revue de l’histoire des religions. p. ____________________ 1. I. Après avoir reconnu les ressources du pays. mais il ne le prouve pas. En tout cas. au VIIe siècle. lieu que Ptolémée (IV. p. 295). p. 2. 3. non plus de simples stations. 559) n’a pas prouvé davantage 1’origine phénicienne du nom d’Αχαβίς. 58 et suiv. mais de véritables colonies. 80 et suiv. 4. ils fondèrent. I. Peut-être les Phéniciens ont-ils apporté des armes aux indigènes et répandu parmi eux l’usage du fer : conf. conf. plutôt que par le littoral situé entre l’Égypte et la grande Syrte : nous ne trouvons dans ces parages aucune trace d’établissements qu’ils auraient fondés(2). 5. p. Müller) indique en Cyrénaïque. On sait que les éléphants et les autruches abondaient alors en Berbérie . le prit avec lui sur son navire. à l’intérieur des terres.). 1889. 212. qu’ils emmenaient des esclaves(4). Que d’ailleurs le littoral. il est probable qu’ils en auraient gardé quelque souvenir. XIV. La navigation était du reste dangereuse dans le golfe des Syrtes et l’accès par le Nord-Est était plus facile. 2. En quoi consistait leur commerce d’échanges ? Nous l’ignorons également. des plumes d’autruche(3). Si les Grecs avaient trouvé les Phéniciens établis dans cette contrée lorsqu’ils y vinrent eux-mêmes. 7. il faut avouer que les origines de l’histoire des Phéniciens d’Afrique sont enveloppées d’une profonde obscurité(5). plus haut. retour des bâtiments chargés du précieux métal. n. 1899. Nous ignorons d’où les Phéniciens vinrent en Afrique(1). sous prétexte d’aller faire du commerce en Libye ( ές Λιβύην : Odysée.368 COLONISATION PHÉNICIENNE. M. Ulysse prétend qu’un de ces marchands. 671. En somme. 74 et 128. p. p. des peaux. Voir Meltzer. celui qu’habitaient les Lebou mentionnés dans des documents égyptiens. Meltzer. Conf. cela est fort possible. ait été visité par des marchands phéniciens. qui ne . de la laine. ces légendes ne nous apprendraient rien de précis sur l’histoire des hommes. de l’ivoire. Il est assez vraisemblable qu’ils passèrent par la Sicile. Il convient de laisser de côté les prétendues traditions sur des migrations de divinités qu’allègue Movers (II. Sonny (Philologus XLVIII. édit. Quand même il s’agirait vraiment de dieux phéniciens. 459) croit qu’Aziris (dans le golfe de Bomba) est un nom phénicien . EMPIRE DE CARTHAGE.

Celle-ci dut occuper d’abord une petite île. des terres élevées dominent presque les flots et. f° de Sousse. 156 . la Medjerda. dans le voisinage. Pour les changements de lit de la Medjerda dans l’antiquité. mentionnent cinq ou six de ces villes. 2 (II du plan). furent probablement pas très nombreuses(1). vint encombrer de ses alluvions le lieu où s’élevait la vieille citée(2). La vallée d’un fleuve important. Utique s’éleva près du bras de mer qui relie les deux bassins de la Méditerranée. 1911. p. dans Atlas archéologique de la Tunisie. se déplaçant. à l’embouchure d’une rivière qui lui servit de port . 2. II. 182). Mais il veut peut-être parler des stations. 212 et suiv. Dans les parages inhospitaliers des Syrtes. qui durent être en effet nombreux. qui aurait été le plus ancien port : Tissot. l’Hippo à laquelle Bizerte a succédé avait un port admirable dans le vaste lac qui s’étend derrière elle et qu’un canal faisait communiquer avec la mer. ouvrait une voie vers l’intérieur. p. Les textes. des comptoirs. texte. aujourd’hui comblée. Bull. 4. Si l’on accepte leurs indications. recevant des pluies suffisantes. Haunezo. de géographie historique. 3. 2. Elle était le débouché d’une région très propre à l’élevage . p. nous l’avons vu. que les Phéniciens « πολλάς χατά τήν Λιβύην άποιχιας έποιήσαντο ». de même que l’autre Hippo. 369 ____________________ 1. Ce fut bien plus tard que cette rivière. Il y aurait là une petite crique. voir surtout Bernard. très rapprochée du littoral(3) : les colons n’avaient pas à craindre une attaque subite des indigènes et le chenal que cette île abritait contre les vents du large pouvait leur servir de port. Movers (II. Leptis fut établie. Tissot (II. Barth. offrent des espaces . faute de mieux. mais elle pouvait drainer les produits d’une contrée dont la richesse agricole devint plus tard proverbiale. 513. protégée contre les vents les plus dangereux par le massif de l’Edough et le cap de Garde. p. 61) croient cependant que cette île a été créée artificiellement par le creusement d’un canal. Située comme Utique au seuil des deux bassins de la Méditerranée. on peut constater que les sites furent en général bien choisis. car ils ne devaient pas disposer de réserves inépuisables d’émigrants. p. Hadrumète ne possédait pas un bon abri naturel(4). et non des colonies proprement dites. 20) dit. n.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. il est vrai. Diodore (V.

6. Diodore. à une distance. Sur la côte de l’Océan. 7. 4. Les cités nouvelles paraissent avoir été. Peut-être.370 COLONISATION PHÉNICIENNE. qui contrastent avec la stérilité presque générale du littoral de la Tripolitaine(1). consilio exonerandae popularitatis. 7. les villes des Étrusques. Sauf la dernière. 205 et suiv. 4. 362. 362. la métropole était assez riche pour subvenir aux dépenses nécessaires(7). Justin. . menées d’ambitieux. 35. » Diodore. dit-on. ces colonies furent fondées sur la mer même. in alios fines examina gentis eructant. EMPIRE DE CARTHAGE. p. du rivage suffisante pour échapper à des attaques venant du large. 2. 4. dans Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. les causes qui déterminèrent cette colonisation(4). I. passage cité à la note 6 . V. p. Tertullien. IV. 2 : « cum… multitudine abondarent (Tyrii) » . — Movers (II. 4. et les autres. les Phéniciens s’inquiétèrent moins des dangers d’une telle situation qu’ils n’en apprécièrent les avantages. 20. Quinte-Curce. XVIII. fertiles. Surcroît de population dans la mère patrie. L’embouchure de la rivière s’est déplacée depuis l’antiquité. 60. discordes civiles. dans un pays propice à l’élevage. — mais il ne faudrait pas l’affirmer. des créations officielles(6) . XVIII. quas άποιχίας appelant. Voir les textes de Salluste cités p. Quinte-Curce. par les Hébreux avait-elle contribué à surpeupler le littoral qu’occupaient les Phéniciens(5). Pour le surcroît de population. dues à l’initiative de gens entreprenants. Sur la position de cette ville à peu de distance de la côte. n. Ière partie (1878). Salluste a voulu distinguer très nettement les colonies officielles. Conf. p. Conf. 7 et 49) croit que dans la phase reproduite plus haut. Voir plus haut. les ports naturels sont rares : Lixus s’éleva aussi sur une rivière (l’oued Lekkous)(2). plus haut. IV. le mot decori aux autres. comme Athènes. l’observation de Thucidide. p. V. ____________________ 1. 4. dum sallemnes etiam migrationes. 343. conf. Argos(3). 20) : « inventuti qua tunc abondabant (Tyrii) ». 5. voir Tissot. Tertullien. A la fin de la phrase. De anima. 4. et non pas. fondées pour remédier à l’excès de la population. 35 . p. 3. au moins en partie. — l’exode des Cananéens refoulés . le mot praesidio s’appliquerait aux premières. IX. Phoenices Africam. Justin. 30 . 2. Rome. 2. « occupant…. Conf. Marins avant tout. entraînant à leur suite des gens de condition inférieure et des aventuriers : telles furent.

Les auteurs indiquent que ces colonies africaines furent fondées par les Tyriens(2). aurait commencé vers la fin du XIIe siècle. roi de Tyr. Du moins les Phéniciens établis entre le Nahr el Kelb et le Carmel. III. Odyssée. 31. VI. IV. Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique. 84 et 618 . E. d’une manière spéciale. Ajouter Strabon. mais au sujet de villes que l’on qualifie ailleurs de colonies de Tyr(3). 3. d’après les textes cités.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. p. Par exemple.-C. p. Meyer. 740. les habitants de la cité de Sidon. sur les rives de la mer Égée. 507-8. 2. Une tradition que nous croyons acceptable place à la fin du IXe siècle la fondation de Carthage. des possessions territoriales qu’ils auraient dû évacuer et dont on ne trouve plus aucune trace dans les poèmes homériques ? Cela n’est pas prouvé et il nous semble inutile de greffer sur la question difficile que nous traitons une autre question. 12 . Il s appliquait . Lenormant (et Babelon). Chassés des lieus qu’ils avaient occupés. 337. gênés dans leur trafic par de puissants rivaux. peut-être encore plus obscure. 200 . Voir Corpus inscriptionum. XVI. et il lest pas certain qu’elle ait été la plus récente des villes phéniciennes d’Afrique. X.. 16. Avaient-ils auparavant. Geschichte Alterthums. XIII. II. Pars I. pendant le premier tiers du premier millénaire avant J. est qualifié De roi des Sidoniens) . le commerce des Phéniciens dans la Méditerranée orientale n’était nullement en décadence. C’était le nom que les Phéniciens eux-mêmes se donnaient(5). p. Maspero. Juges. Rois. 5. Voir p. Les Sidoniens sont mentionnés deux fois. 6 . Le terme Sidoniens ne désigne pas ici. 371 ____________________ 1. n° 5 (où Hiram. La période de colonisation. VI. 22 (mention des colonies fondées par Tyr en Afrique et en Espagne). Histoire ancienne de l’Orient. 361 et 362.. 1ère édit. Iliade. il est synonyme de Phéniciens. On s’est demandé(1) si l’expansion des Phéniciens dans la Méditerranée occidentale ne fut pas une sorte de revanche de la ruine de leurs établissements dans la mer Égée. I. 4. qui. Mais l’Iliade et l’Odyssée nous montrent que. ils auraient cherché et réussi à se dédommager ailleurs. dura sans doute longtemps. 2. Comme dans d’autres textes(4). Josué.

peut-être même de certaines régions qui étaient en rapports avec Tyr. p. 389. 17 et suiv. p. par conséquent aux Tyriens. celle-ci n’aurait sans doute pas pu fournir le nombre d’hommes nécessaire. Conf. 64 et suiv. il parait signifier « la Ronde » : Meltzer. Ils avaient étendu leur suprématie sur les autres villes du littoral. A la fin du second millénaire et au commencement du premier. Géographie. Geschichte des Altertums. par des Phéniciens établis dans cette île(5). 1ère partie (1860). p. c’est-à-dire. III. comme l’a cru Movers (II. I. de Voguë. I. 2. gr. c. n° 674 (« Tyr. 5. qui aurait été distincte de la colonisation tyrienne et l’aurait précédée. métropole des Sidoniens »). en Palestine. 4. ad locum).. L. comme on l’a supposé. en Égypte : Maspero. Meyer. Müller. min. 3-5) une colonie que celui-ci fonda sur la côte du Maroc. du pays des Cananéens(3). 2. Tyr était devenue une véritable capitale(2). VI. Étienne de Byzance(4) indique qu’Acholla (El Alia. p. 3.. une période de colonisation sidonienne. 279. l’affaiblissement des empires égyptien et assyrien avait été mis à profit par les rois de Tyr. l. 2. 489). E. . II. p. Catalogue des monnaies grecques de la Bibliothèque Nationale. Des émigrants vinrent probablement des autres cités phéniciennes. p. 180. au Sud de Mahdia. I. avec Movers(1). p. c. ού πόρρω τών Σύρτεων. 458 . sur la côte orientale de la Tunisie) fut fondée par des gens de Μελίτη (Malte). 2. qui désigne dans la traduction grecque du Périple d’Hannon (§ 5 : Geogr. Il ne faut pas en conclure que leurs premiers habitants aient tous été originaires de Tyr . par exemple. depuis le Nahr el Kelb jusqu à la pointe du Carmel . Le nom d’Acholla est probablement phénicien . II. Oea (Tripoli) aurait . άποιχος Μελιταίων. 282..372 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. Les Cariens s’expatriaient volontiers comme mercenaires (en Lydie.. Étienne ne nomme pas sa source. p. sans doute. p. 550 . πόλις Λιβύης. 128. p. Il ne doit pas faire admettre que les Cariens aient pris une part importante à la colonisation phénicienne en Occident. Il est possible que certaines colonies d’Occident aient essaimé. 1. Müller... Ce fut au temps de cette hégémonie que se fondèrent les colonies d’Occident. édit. 741 . EMPIRE DE CARTHAGE. Rois de Syrie. c. 443. Il n’y a donc pas lieu d’admettre. Mémoires présentés à l’Académie des Inscriptions. Tissot. conf. 2e édit. Maspero. 133 et suiv. à leur tour. 391. l. 86.. n’est probablement qu’une déformation d’un nom phénicien. Mais le terme Καριχόν τεΐχος. Αχολλα. II. III. ____________________ Babelon.

Conf. l. Sur l’Océan. Oeaque Trinacrios Afris permixta colonos. qui alimentaient leur commerce et pouvaient leur fournir une main-d’œuvre robuste et peu coûteuse. III. Sur les reconnaissances des Gaditains le long de la côte. Eux-mêmes ne durent pas s’abstenir de pénétrer à l’intérieur des terres(5). ou pourrait se demander si les « Trinacrii coloni » n’étaient pas des Phéniciens que les progrès des Grecs auraient chassés de Sicile et qui auraient été installés en Afrique par les soins de carthage. Holm. V . 2. pour Acholla. dès le début. Salluste. l’hypothèse qui identifie l’Auza du roi Rhobaal avec Auzin.LES PHÉNICIENS DANS L’AFRIQUE DU NORD. p. Jugurtha. die Insel Malta im Altertum. comme le dit Pline (voir plus haut. p. l. Mais rien n’indique que des colonies aient été fondées ailleurs que sur le littoral(6) : nous avons mentionné(7). au plus tard du VIIe). selon Silius Italicus(1). 353 . 2. qui. les Gaditains furent d’actifs navigateurs : peut-être créèrent-ils des stations. 360). Cependant. p. pour Oen. 141). Il est à croire que. p. Mayr. 5. 1 : « Phoenices… urbis in ora marituma condidere. On peut croire que ces établissements furent antérieurs au développement de la puissance de Carthage. p... Il était nécessaire aux Phéniciens d’entretenir de bonnes relations avec les indigènes. I. Movers. 6. plus d’un colon prit femme parmi les indigènes. 20... c. pour la rejeter. 74 (il croit que la fondation d’Acholla est du VIIIe siècle. » 7. non seulement en Europe. A.. dut se réserver le privilège d’y fonder des colonies nouvelles. surtout sur les côtes africaines(2). 257. Ils en accueillirent un certain nombre dans leurs murs(4). ____________________ 1. . P. 3. XIX. lorsqu’elle domina dans la Méditerranée occidentale. 362. voir Diodore. Conf. une population mixte de colons venus de Sicile et d’Africains. aujourd’hui Aumale. on avait dû les chercher assez loin (conf. II. mais aussi sur le littoral du Maroc(3). 92 . Silius Italicus. 373 eu. c. 4. LXXVIII. Geschichte Siciliens im Alterthum. car les immigrants devaient être en majorité des hommes. Si les poutres placées dans le temple d’Utique étaient vraiment en cèdre de Numidie. Salluste. 4 : (Leptis Magna).

forme une sorte d’éperon . Comme l’observe Eustache. d’ailleurs médiocre . p. Philistos. II. dépourvu d’eau(2).. Opinion de Movers (II. Au fond d’un vaste golfe. Schöne. selon ____________________ 1. 2. 50) : Καρχηδόνα φησί Φιλίστος χτισθήναι ύπό Άζώρου χαι Καρχηδόνος τών Τυρίων χατά τοΰτον τόν χρόνον.). qui. à son extrémité orientale. I. Chron. existait plus au Nord. 133 et suiv. qui reçoit la Medjerda et l’oued Miliane. a joué un grand rôle historique. apud Georges le Syuncelle. p. elle éleva au seuil des deux bassins de la Méditerranée.-C. il est vrai. Ce que saint Jérôme . EMPIRE DE CARTHAGE. dans Geogr. Commentaire de Denys le Périégète. une seule. et donnent des détails sur les circonstances de cette fondation. Comme Utique et Bizerte. au Nord par la lagune de la Soukra. gr. était. un Grec de Syracuse. qui peuvent offrir des appuis défensifs et d’où la vue s’étend sur le pays environnant et sur la mer. vers 195. aujourd’hui encore. constitue un abri. 3. à une époque antérieure. édit. qui était dans l’antiquité une baie. min. dont le site offrait de grands avantages. séparée du continent par des collines assez difficiles à franchir. Eusèbe. qui se creuse au Sud-Est. p. nous devons rechercher si. 2. une colonie phénicienne n’a pas existé sur le même emplacement(3). — Nous décrirons plus longuement le site de Carthage lorsque nous étudierons la ville punique. affirmait que Carthage. Ce lieu. avait été fondée par les Tyriens Azoros (ou Zoros) et Karchedon(4). au pied de la colline de Bordj Djedid ce fut sans doute dans l’une de ces deux échancrures que les premiers colons établirent leur port. une langue de terre(1). Divers textes indiquent que Carthage fut fondée en 814813 avant J. a des défenseurs. à une date qui. Dans la première moitié du IVe siècle. Carthage.374 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. II De toutes les villes phéniciennes d’Afrique. 324 de l’édition de Bonn (= Eusèbe. comblée plus tard. elle est traversée par une suite du hauteurs. Avant de les étudier. une autre anse. Bordée au Sud par le lac de Tunis. La petite baie du Kram. 4.. 251.

Unger. » On la retrouve dans Appien(3). Un homme appelé Karchedon n’a pas pu exister. Jérôme. apud Syncelle. ann. cinquante ans avant la prise de Troie. le même. p. à l’année d’Abraham 978 . 287. c. Comment Philistos a-t-il été amené à reporter cette prétendue fondation à une époque antérieure à la prise de Troie ? Nous l’ignorons : les hypothèses qui ont été faites à ce sujet n’entraînent pas la conviction(5). I.. 1). 90. p. Scolie à Euripide. Certains manuscrits de saint Jérôme placent l’indication en 807. une forme corrompue du terme phénicien qui signifiait Nouvelle ville. D’après la version de saint Jérôme. 458 et 459. Rheinisches Museum. les fondateurs furent Zoros et Karchedon. p. 340 . Kleine Schriften. inventée par un Grec qui n’était pas tout à fait étranger aux choses phéniciennes. 1894. ____________________ reproduit ainsi (Schöne. p. p. 1880. Troyennes. Gutschmid. οίχισται δ’αύτής έγένοντο Ζώρός τε χαί Καρχηδών. 375 la Chronique d’Eusèbe..FONDATION DE CARTHAGE. 1. » D’autres indications d’Eusèbe et de saint Jérôme sont des échos déformés de cette légende : Eusèbe. la lecture de l’Odyssée aurait fait croire que l’Occident était connu des Grecs dès le temps de la prise de Troie. Geelius (Leyde. Lib. il a été formé de Sôr. 2. Elle fut reproduite par Eudoxe de Cnide(2). c’est-à-dire à 1213 avant notre ère(1). sous la conduite d’Azaros (sic) et de Karchedon.-C. 304.. 4. peu de temps avant la guerre de Troie. A moins qu’on admette des confusions entre différentes ères de Troie : voir Gutschmid. Selon meltzer (I. Gerschichte der Phönizier. XXXV. dans Euripidis Phoenissae. » Mais ces noms suffisent pour prouver qu’il s’agit ici d’une fable. Comme on savait d’autre part que Carthage existait quand . ou en 798. Conf. ce nom grec étant. 974 (Schöne. version arménienne. 220 : Cobet. Pielscchmann. 264 (ce savant suppose que Philistos s’est servi d’une ère de Troie débutant à l’année 1150 avant J. p. II. n. un contemporain de Philistos : « Les Tyriens avaient fondé Carthage. έτεσι πεντήχοντα πρό άλώσεως Ίλίου. Voir à ce sujet Meltzer. écrit-il. I. p. 3. 31-32 . Abr. édit. Rühl. 1 : Καρχηδόνα τήν έν Λιβύη Φοίνιχες ώχισαν. ibid. comme nous allons le voir. l. p. 51) : « Filistus scribit a Zoro et Carthagine Tyriis hoc tempore Carthaginem conditum. 92 . 5. nom phénicien de la ville de Tyr. p. Cette indication fut accueillie avec quelque faveur. aurait correspondu à l’année 803 d’Abraham. fondèrent Carthage en Libye. 60-61). auquel elle est parvenue par des intermédiaires qui nous sont inconnus et peut-être avec une altération en ce qui concerne la date(4) : « Les Phéniciens. conf. 1846). p. Quant au nom de Zoros.). p. 123 . XLIX.

Servius(7) affirme que « Carthage fut appelée auparavant Byrsa ». ‫ קדת הדשת‬Légende de monnaies puniques : Müller.. mais ils ne se doutent pas que c’est la traduction du nom dont les Grecs ont fait Καρχηδών. p.. χαί Καδμεία. c. Eustathe. 60) : Καρχηδών έπχτίσθη ύπό Καρχηδόνος. Apud Georges le Syncelle. gr. édit. 6). 91 . servius. EMPIRE DE CARTHAGE. . 346 (= Chron. — D’après Gutschmid (l. 670 : « Carthago ante Byrsa. de l’existence d’une ville antérieure à Carthage. Numismatique de l’ancienne Afrique. 365. Pour une ville du même nom. Étienne de Byzance. II.. c. c. p. c. II. 136 et suiv. v. 23. Carthage romaine. Gutschmid. έχάλεσε τή Λιβύων φωνή Καινήν πόλιν. 251) : Ίάρβας τήν πόλιν. fig. « Karchedon s’appelait la Nouvelle ville. 1. 1.. 2. I. XXVII. Oinoussa. p. Karthago : Audollent. 140. et non par rapport à une ou plusieurs autres cités de la Phénicie ou de l’Afrique du Nord ? Il est impossible de donner une réponse certaine à cette question.. 2.376 COLONISATION PHÉNICIENNE. 7. Selon Étienne de Byzance(8). nom dont la forme exacte en phénicien est Qart hadasht(2) et dont le sens est Nouvelle ville. selon d’autres savants . 257. une ère de Tyr. ou plutôt ses noms. p. et aussi Kakkabé. Έχαλεΐτο δέ Καινή πόλις. Vuger.. II. » 8. supra. Philistos aurait cru qu’elle indiquait la date de la fondation de la colonie. I. p. » — Conf. 1. χαί Καχχάβη τούτω δέ χατά τήν οίχείαν αύτών λέξιν ίππου χεφαλή δηλούται. aurait été usité à Carthage. 467 et suiv. a-t-on dit(6). nom qui. colonie tyrienne . I. 9. . c... χαί Οϊνουσσα (un manuscrit donne Οϊνουσα). II. p. p. n° 5. à Denys.. voir Corpus inscr. 195 (Geogr. p. 366 : « Carthago est lingua Poenorum nova civitas... voir aussi Meltzer. qui ____________________ ils vinrent fonder des colonies dans la Méditerranée occidentale. Καρχηδών . » 4. v. l. n. p. Carthage. ύστερον δέ έχλήθη ΚαρχηδώνOn voit que ces deux auteurs savent que la ville s’est appelée Καινή πόλις. Carthago(1) est une transcription latine d’un nom que les Grecs déformèrent en Καρχηδών. Καρχηδών : Έχαλεΐτο δέ Καινή πόλις. située dans l’île de Chypre. I.. c’est que nous connaissons sou nom. l. I. 74-75 : Babelon. Eusèbe(9). Pars I. p. commençant à la fin du XIIIe siècle (au début du XIIe. Tite-Live aussi(4). 31 . conf. n. p. l. Caton l’Ancien le savait(3). p. v. etc. 5. dans la langue du pays. S. Apud Solin. Comme le pense Movers. Contra : Meltzer. plus correctement. IV. II. quod Phoenicum ore exprimit civitatem novam. l. ut docet Livius. (exposé et réfutation). 45-46 et 93). Ou. c. on en conclut qu’elle datait d’une époque antérieure à la guerre troyenne. post Tyros dicta est. Conf. p.. Έχαλεΐτο δέ τρό τούτου Όριγώ. 6. In Aeneid. 3. s. Mais ceux qui adoptèrent ce nom ont-ils voulu désigner une ville nouvelle par rapport à un établissement plus ancien. Sem. 89. Movers. Shöne. Rühl. construit sur le même site(5). In Aeneid. III . Kadmeia. p. signifie tête de cheval ». p. . La preuve. min. « Carthadam…..

231). peut-être de l’agrandissement de la ville. Sophocle. p. Servius n’indique pas l’existence d’une ville antérieure à celle qui passait pour avoir été fondée par Didon(4). lesquels. fragments 313 et 315. c. par exemple. n. Carthage romaine. Suidas. le nom que les Grecs ont transcrit Βύρσα et qui signifiait peutêtre en phénicien lieu fortifié(1). vin) est plus difficile à expliquer. en même temps que celui de Byrsa. p. Cela est contesté par Winckler. édit. qu’Étienne de Byzance rapporte les noms de Kadmeia. p. « gens Cadmea ». d’Oinoussa et de Kakkabé. n.192-3. 377 admettait deux fondations.FONDATION DE CARTHAGE. Hist. 2. 335) lui attribue la fondation de cent villes en Libye. 313. Il est vraisemblable qu’à une époque antérieure. Quant à Kakkabé(6). dans Frag... I. 447. 4. ____________________ 1. — L’épithète οίνοΰσσα (d’οΐνος. 2. voir. Silius Italicus. Müller. l. 6 . Dans les derniers temps de la Carthage punique. n° 317. Altorientalische Farschungen. I. 344-7. sous la forme Καρχηδών. XII. 92 . p. Hécatée (début du Ve siècle. Hérodote. et non à une ville plus ancienne. édit. v. 260. p. Audollent. Mais celte dernière indication semble résulter d’une bévue peut-être le prétendu nom propre n’est-il que le mot latin origo. etc. soit ailleurs(2). C’est aussi à Karchedon. p. p. Les deux premiers sont sans doute des épithètes données à Carthage par des poètes grecs(5). Meltzer. à la suite d’une circonstance que nous ignorons. 3. ou peut-être fin du Vie). ne remontent point au delà du Ve siècle(3). 106 : « Cadmeae stirpis alumni » (il s’agit des Carthaginois). C’est probablement à tort qu’on a voulu retrouver ce mot dans un passage de Timée : voir plus loin. Graec. mal compris. 24. De la collection Didot. qui s’élevait soit sur la colline. I. 380. Mais il n’indique pas que le nom de Byrsa soit antérieur à celui de Karchedon. et I. écrit : . fragment du Triptolème (représenté en 408). Meltzer. il est vrai. Quant au . comme le croit Servius. Quoi qu’il en soit. n. 5. par les textes grecs les plus anciens. Aussi l’adjectif tiré de son nom est-il souvent synonyme de « phénicien » . encore peu étendue. nommait Origo la ville la plus ancienne. 3. était donné à la colline de SaintLouis. L’indication d’Étienne a été reproduite par Eusthate (l. Nous ne savons pas si le terme Qart hadasht était alors usité. Le légendaire Cadmus personnifiait pour les Grecs la. 3. colonisation phénicienne : c’est ainsi que le poète Nonnus (Dionysiaques.Καρχηδών ή χαί Άφριχή χαι Βύρσα λεγομέη. ou s’il fut adopté plus tard. ce nom désignait l’ensemble de la ville. ‘Αφριχανός. qui portait la citadelle. 6. p. S. II. conf. Il est seul employé.

dont le sens aurait été « hauteur. — Bochard. die phönizische Sprache. 6. appelle celui-ci roi des Tyriens. Par exemple A. 2. dit M. un établissement d’origine phénicienne (par exemple. d’Hippone. La légende qu’elles portent commence par la mention des Sidoniens. suivie de ‫( אם‬lettres formant un mot qui signifie mère). EMPIRE DE CARTHAGE. colline » : dans cette hypothèse. 2. Patrol. lat. également phénicien. puis d’un certain nombre de lettres qui. On l’a rapproché d’un vicus Caccaba de Syrie (Marius Mercator. d’Heracira Caccaburia.-hist. Histoire de France. 881 .-C. d’après Virgile) . on ne doute plus aujourd’hui que ce ne soit une compilation du XVIe siècle. selon Movers. représenteraient les noms de Kambé. 1889. 103. c. p. p. p. cité par Sonny. « On constate parfois. d’Αχχαβιχόν τεΐχος. I. Bloch. 720). 87. Silius Italicus. dans Lavisse. une variante dans le nom ‫כטב‬. frappées au second siècle avant J. comme un dieu adoré par les Sidoniens. à laquelle aurait succédé Carthage. 1) . Philologus.. I. Rois de Syrie. colonie de Tyr. I. de Citium et de Sûr (Tyr). y compris naturellement les . 133 et suiv. sans doute fantaisiste. n. non le père de Didon.. Gesenius et d’autres veulent dériver Καχχάβη d’un mot phénicien qui aurait signifié tête (voir Schröder. 363. XLVIII. 550) . dans lequel on avoulu voir. colonie de Sidon.(5). 4. XLVIII. 5. n. il aurait pu s’appliquer à la colline de Saint-Louis. Eustathe (l. Movers. p. pour Movers. Mais nous n’avons aucun indice sérieux de l’existence en ce lieu d’une colonie fondée par la ville de Sidon(7). dans Sitzungsberichte de Akademie der Wissenschaften in Wien. c’est-à-dire Baal. Müller. CX : conf. signifient Kakkabé. 35 et suiv. lettres qui. p. qui qualifie Didon de fille d’Agénor. mais son ancêtre. qui viennent après ‫אם‬. Sonny (l. 250). à ma connaissance. 619-621) fait de Didon une fille de Bélus. Philos. 7. ailleurs (ibid. d’un mot. Movers(3) et d’autres après lui(4) ont voulu le retrouver sur des monnaies phéniciennes. colonie carthaginoise qu’Étienne de Byzance indique dans le voisinage du détroit de Gibraltar (cité par Sonny. l. Faut-il voir dans les vers de virgile un écho peu fidèle d’un auteur qui aurait indiqué Bélus. Kambé ou Kakkabé aurait été le nom de la ville. Babelon(6). de Migne. c. sans raison plausible.). 1860. 135. lieu du littoral de la Provence. 1. 16) . L.378 COLONISATION PHÉNICIENNE. Voir les références données p. ____________________ Violarium d’Eudocia (allégué par Movers. Kambé serait désignée par les trois lettres ‫כטב‬. c.. Virgile (Énéide. I. XXXV. c’est-à-dire par les Phéniciens en général. il parait dire que Bélus était. A-t-on inventé la légende de la tête de cheval (voir plus loin pour justifier l’étymologie. p. qu’on donnait du mot Καχχάβη et qu’Étienne de Byzance nous a transmise ? 3. Classe. 4. ou Bélos. p. remplacé par ‫» כככ‬. p. c. La « variante » ‫ ככב‬ne figure. lequel aurait résidé à Sidon (conf. p. ce nom est énigmatique(1) : peut-être désignait-il un quartier de la ville(2).).

dans son interprétation des monnaies sidoniennes. synonyme de « phénicienne ». p. Babelon (Carthage. XXX. I. à partir de cette époque. 1903. elle aurait eu comme divinité principale Melqart. p. Voir p. une Carthéré. . cette forme est sans doute fautive. p. dont les Tyriens auraient pris possession lorsqu’ils étendirent leur hégémonie sur l’Afrique du Nord et qui. 377. 13. 677-8 . 183 et. 6. dit-il. L’équivalence Καχχάβη = Κάμβη. Si cette ville. 75. 2.. dans Eustathe(2). 9) et Gauckler (Revue archéologique. Antiq. Jud. S’il qualifie Didon et Carthage de « Sidoniennes » (I. qui a simplement copié Étienne. mais il est impossible d’affirmer qu’elle ait pris la place d’une autre colonie(4). p. Carthage ne fut assurément pas fondée dans un lieu inconnu des Phéniciens. 1 : τώ Τυρίων θεώ.FONDATION DE CARTHAGE. de la très haute antiquité de Carthage. dans Étienne de Byzance. p. Aucune des tombes explorées jusqu’à présent ne parait être antérieure au VIIe siècle (voir plus loin. n° 1619. 20. Winckler (Zeitschrift für Socialwissenschaft. 370-1) placent entre les ports intérieurs et la colline de Borj Djedid. Meltzer. Une Carthage. Movers ait groupé les lettres comme il convenait et donné des mots ainsi constitués une explication exacte. Josèphe. p. VI. femme de Cronos et mère de l’Hercule qu’adoraient les Carthaginois. Babelon a publié dans son volume Perses Achéménides. 613. si. δν Βήλον προσαγορεύουσι) ? Il est superflu d’énumérer les vers où Virgile indique que Carthage fut fondée par des Tyriens. Au contraire. petite-fille de Zeus et de Thélé. n’est donc pas démontrée. l. aurait pris le nom de Carthage. n. 400-1). 236. 104. Il est inexact de lui attribuer une partie des sépultures découvertes à Carthage. on lit Καχχάβη. II. Voir Movers. Sur la monnaie que M. même légers. que M. 1. une Carché. Rien ne prouve d’ailleurs que. 1902. Mais il faudrait prouver que Melqart fut et resta le dieu principal de toutes les colonies de Tyr. 4. 683). avait été une véritable fondation de Tyr. pl. p. ____________________ Tyriens (conf.. IV. le grand dieu tyrien. fille de l’Hercule tyrien. il est donc vain de rechercher l’emplacement de cette colonie. plusieurs manuscrits donnent Κάμβη. — M. VIII. 545). contre l’usage de Movers fait de ces textes. sont des inventions de mythographes et ne peuvent pas être invoquées comme indices. il applique aussi à Tyr cette épithète (IV. 447-9) croit à l’existence d’une vieille cité cananéenne. On voit combien tous ces arguments sont fragiles(3). 446. 3. fig. 379 que sur un seul coin monétaire(1) : ce n’est probablement qu’une faute. c.

Müller. 1 p. elle était appelée Élissa. mais. Θειοσσώ. Sur cette question. Mutto(7). p. Clermont-Gunneau (Recueil d’archéologie orientale. p. et qu’elle fonda Carthage en Libye. Kleine Schriften. fait par un compilateur anonyme(2) : « Theiosso(3). 150-7 . Les manuscrits donnent Multo. de sa maison. Peut-être s’est-il contenté de le transcrire. II. elle se jeta dans le feu. Müller. M. voir surtout Movers. c. 463) ont voulu le corriger en Οίνουσσα . 7. I. Mot probablement altéré. II. 4. fragm. roi de Tyr. Meltzer. Elle s’y refusa. p. 351-368 . 3. 2dit. 5. le roi des Libyens voulut l’épouser. EMPIRE DE CARTHAGE. 197 (Timée. I. Lorsqu’elle eut fondé la ville. p. ad locum . Où elle fut appelée Dido par les indigènes. abréviateur de l’historien romain TroguePompée. Envers son mari mort. p. I. son mari ayant été tué par Pygmalion. De son récit. on trouve un récit beaucoup plus circonstancié(6). puis. (conf. I. n. Geffeken. 353. 64). ou omettent le mot. 2. Meltzer. 6. Il est probable qu’ici Justin a fort peu abrégé son auteur. 163. p. 4-6. VI. comme ses concitoyens prétendaient l’y contraindre. qu’elle était sœur de Pygmalion. il nous reste un court résumé. à cause de ses nombreuses pérégrinations. 277. Graec. Timée dit que. roi des Tyriens. II. dans la langue des Phéniciens. fragment 23). 91 et suiv. Nous le reproduisons. Restitution de Movers (II. l. . III Que pouvons-nous savoir sur les origines de Carthage(1) ? Timée en parlait dans son histoire. p. Après beaucoup d’épreuves. Le plus simple paraît être de corriger Δειδώ : Geffcken. institua comme héritiers son fils Pygma- ____________________ 1. Timaios Geographie des Westens. » Dans Justin(5). 90 et suiv. Hist. p. elle plaça ses biens sur un navire et s’enfuit avec quelques-uns de ses concitoyens. XVIII. Gutschmid. elle aborda en Libye..380 COLONISATION PHÉNICIENNE. . en le résumant un peu. elle feignit d’accomplir une cérémonie destinée à la dégager de ses serments(4) : elle fit dresser et allumer un très grand bûcher près de sa demeure . En effet. 2) propose Θειωσώ. n. 2.

Désireux de s’en emparer. par crainte du roi. ils allèrent tous chercher dans l’exil de nouvelles demeures. qui. que la maison de son mari lui offrit plus longtemps la triste image de son deuil. cuius sacerdos Acherbas fuerat repetitis ». en le suppliant de recevoir comme des offrandes funéraires les richesses qui ont causé sa mort. Élissa épousa son oncle Acherbas. Ce sens n’est pas certain : « sacris Hercutis. Cet avertissement les fit trembler et ils acceptèrent de l’accompagner dans sa fuite. mais qu’elle sut dissimuler. elle leur dit qui ils sont maintenant menacés des plus cruels supplices. Élissa en conçut contre Pygmalion une haine que le temps n’effaça pas. ne voulant pas. Elle gagne la haute mer et contraint ces gens à jeter dans les flots des sacs pleins de sable. et sa fille Élissa. . qui délestaient le roi autant qu’elle. vierge d’une grande beauté. il avait cachées sous terre. Pygmalion tua celui qui était à la fois son oncle et son beau-frère. Mais le peuple remit la royauté à Pygmalion.FONDATION DE CARTHAGE. Elle prépara sa fuite en secret. elle exprima à son frère le désir de venir demeurer auprès de lui. Élissa fait embarquer avec tous ses biens les serviteurs chargés par le roi de transporter ce qui lui appartient. disait-elle. 381 lion. était le premier après le souverain. Mais. Peut-être Justin veut-il dire que les fugitis emportèrent des objets consacrés à Hercule. Cet Acherbas possédait de grandes richesses. elle invoque Acherbas. Pygmalion y consentit très volontiers. par sa dignité. Puis. liés avec soin. le soir. dont Acherbas avait été le prêtre. usant d’un subterfuge. associant à son projet quelques-uns des premiers citoyens. puisqu’ils ont laissé échapper les biens qu’un tyran avide avait convoités au point l’assassiner son parent. Après un sacrifice offert à Hercule(1). prêtre d’Hercule. Elle fut rejointe par des sénateurs qui s’étaient préparés à partir cette nuit même. S’adressant ensuite aux serviteurs. D’une voix désespérée. que. _____________________ 1. comme s’ils renfermaient de l’argent. encore enfant. car il pensait qu’avec Élissa l’or d’Acherbas entrerait chez lui.

cum transiret per quandam insulam Iunonis. I. illic accepit oraculum et sacerdotem eius secum abstulit. Élissa recherche l’amitié des habitants. encore pures. avec lesquels ils peuvent commercer par échanges. EMPIRE DE CARTHAGE. que ses compagnons. heureux de l’arrivée de ces étrangers.. ils s’établirent eux-mêmes en cet endroit. pour qu’elles se fissent une dot en offrant leur virginité à Vénus. p. Des envoyés d’Utique vinrent aussi apporter des présents à ceux qu’ils regardaient comme leurs frères et ils les engagèrent à fonder une ville là où le sort les avait amenés. dit-elle. Servius. on exhuma une tête de bœuf : présage d’une ville où la profit devait coûter beaucoup de peine et ____________________ 1. In Aeneid. 443 : « Dido fratrem fugiens. avec sa femme et ses enfants. Ayant abordé dans un golfe d’Afrique. Attirés par l’espoir du gain. les gens du voisinage affluèrent et apportèrent aux nouveaux venus beaucoup de marchandises à acheter . C’était l’usage à Chypre d’envoyer. Puis elle achète autant de terrain que la peau d’un bœuf en peut couvrir. à des dates fixes. Mais elle fait tailler la peau en bandes très étroites et peut ainsi occuper un espace beaucoup plus grand que celui qu’elle a paru demander : de là le nom de Byrsa. » Voir à ce sujet Meltzer. le prêtre de Junon(1) vient. . en stipulant que la dignité sacerdotale sera éternellement conservée à ses descendants. De leur côté. donné plus tard à ce lieu. Élissa fait enlever sur ses vaisseaux quatre-vingts d’entre elles. 112 et 463. puissent se reposer avant de repartir. assurant ainsi aux jeunes gens des compagnes. et non « Iovis ». I. Cependant Pygmalion s’apprêtait à poursuivre sa sœur. les jeunes filles sur le rivage. Ainsi fut fondée Carthage. Conf. avec l’assentiment de tous. à la ville future des enfants. Là. las d’une longue navigation. mais les prières de sa mère et les avertissements des devins le firent renoncer à ce projet. partager la fortune d’Élissa. Une redevance annuelle fut fixé pour le loyer du sol. Il faut sans doute lire « Iunonis ». les Africains désirèrent retenir les étrangers. Ils abordèrent d’abord dans l’île de Chypre. Dans les premiers travaux.382 COLONISATION PHÉNICIENNE. afin.

Hiarbas. se tournant vers le peuple : « C’est. Surprise par ce subterfuge. pour aller chez des barbares vivant comme des bêtes ? Élissa leur reprocha de reculer devant un sacrifice qu’exigeait pourtant l’intérêt de la patrie. auprès d’un époux que je vais aller. Tant que Carthage demeura invaincue. comme vous l’avez voulu. Les députés. Aussi se transporta-t-on ailleurs. lorsque le roi des Maxitani. avec beaucoup de larmes et de plaintes. Elle immola de nombreuses victimes. mais pourrait-on. si bien qu’en peu de temps il y eut là un grand peuple et une grande cité. dit-elle. Carthage était ainsi prospère. existence a Carthage . » Et elle mit fin à ses jours. ajoutaient-ils. 383 qui était destinée à rester perpétuellement sujette. On déterra alors une tête de cheval. Puis elle prit une épée. Ils révélèrent alors le message dont ils étaient chargés. monta sur le bûcher et. elle invoqua longtemps le nom de son mari Acherbas. un refus entraînerait la guerre. trouver celui qui consentirait à abandonner les siens. fit appeler dix des principaux citoyens et leur déclara qu’il voulait épouser Élissa. eurent recours à une ruse vraiment punique. comme pour offrir un sacrifice expiatoire aux mânes de son mari. n’osant rapporter la chose à la reine. Ils annoncèrent que le roi demandait quelqu’un qui voulût bien enseigner les mœurs civilisées aux Africains et à lui-même. l’invitant à faire elle-même ce qu’elle conseillait aux autres. avant sa nouvelle union. La renommée y attira beaucoup de gens. elle fut honorée comme une déesse. c’était la place qui convenait la ville nouvelle. Divers détails de cette narration témoignent d’une certaine connaissance des Phéniciens et de Carthage : importance du culte d’Hercule (c’est-à-dire de Melqart) à Tyr .FONDATION DE CARTHAGE. Après avoir pris un délai de trois mois. symbole d’un peuple belliqueux et puissant. elle fit dresser un bûcher à l’extrémité de la ville. et répondit enfin qu’elle irait où l’appelleraient le destin de la cité et le sien.

I. Conf. l. la tête de cheval est découverte au pied d’un palmier. I. qui fait un récit semblable à celui de Justin. on ne sait pas de quoi il s’agit (conf.. 37 et n° 33.. l’introduit par cette observation : « comme le croient les Romains et les Carthaginois euxmêmes ». peau(2). p. plus loin. Quelques indices permettant de supposer qu’il a eu cours à Carthage. (conf. auquel plusieurs générations ont peut-être collaboré. de la redevance que Carthage paya longtemps aux indigènes. c. 2. a donc dû se constituer soit dans un milieu carthaginois hellénisé. p. dont le premier représente un cheval tout entier.-C. I. qui se prononçait à peu près de la mémé manière. n. voir Instructions pour la recherche des antiquités dans le Nord de l’Afrique. la partie ultérieure d’un corps de cheval : voir Instructions. puisqu’elle ne s’explique que par une confusion entre un mot grec βύρσα signifiant cuir. d’une aristocratie qui gardait le souvenir de ses origines tyriennes . 387. mais on ne voit guère pourquoi l’écrivain aurait mentionné spécialement ces Carthaginois. 1). — n’ignoraient pas Carthage(3) : il est impossible de préciser(4). 139. p. p. 367 : « quia byrsa graece corium dicitur ».. prostitutions sacrées dans l’île de Chypre. Meltzer (I. 407). absent du récit de Justin. Conf. et un nom phénicien d’un sens tout différent. ce qui rappelle plus encore les monnaies punique où ces deux images sont associées . soit chez des Grecs qui. sans doute. nos 32. ne différait guère de l’exposé détaillé que nous lisons dans _____________________ 1. 466) se demande s’il ne s’agit pas des Carthaginois de l’époque d’Appien (IIe siècle après J. Mais il est certain que l’historiette de la peau de bœuf est d’origine grecque. . de la punica historia. qui n’étaient en somme que des Romains. 251). 4. croyance à la haute antiquité d’Utique . p. 466. 343 et 738) invoque au sujet des aventures de Didon le témoignage de l’historia Poenorum. c. 198. Des monnaies puniques qui représentent une tête de cheval ont peut-être inspiré l’épisode de la découverte faite lors des travaux de fondation(1). Meltzer. se trouvait peut-être dans le récit original (Meltzer. Ce récit. Dans Eustathe (l. I. Appien (Lib. Servius. noms phéniciens des personnages mis en scène. Meltzer. Ce détail. n° 34.. le second. A en juger par l’extrait de Timée cité plus haut. Malheureusement. mentions du lieu appelé Byrsa. Celui-ci semble en effet être une sorte de réduction de deux autres types. il devait figurer dans l’ouvrage de l’historien sicilien sous une forme qui.). 3).384 COLONISATION PHÉNICIENNE. p. — comme ceux de Sicile. 36. 126. EMPIRE DE CARTHAGE. Il n’est pas vraisemblable que la légende ait inspiré le type monétaire. p. Servius In Aeneid. In Aeneid. 3.. de l’hérédité du sacerdoce de Junon (c’est-à-dire d’Astarté) . n° 38).

3. 6. Anna : ce sont là des fictions poétiques. de ses amours avec Didon. en l’accompagnant d’une étymologie(3). I. 441-5 . 13). v.FONDATION DE CARTHAGE. n. Conf. si l’on s’arrête à cette hypothèse. p. Servius(7). 119. Meltzer. peut-être. Pourtant Didon est nommée dans un autre passage de Justin (XI. Meltzer. 36 et 355. gr. dans les divers auteurs qui nous le font connaître. Servius _____________________ 1. 6. . Tyriis animos Didonis exemplum. entre Timée et Trogue-Pompée. 9. Nous ne rencontrons pas dans Justin le nom de Didon. Eustathe(8). p. 129. I. à Virgile. que Timée mentionnait. dues à Nævius. 380. 366. a inspiré de nombreux écrivains(5) . Lib. dans Virgile(4). 5. p. 114. Il est vrai que. I. qui se sont greffées sur un récit à prétentions historiques. Énéide. col. ce récit se présente avec quelques variantes. 114-5. qui. à propos du siège de Tyr par Alexandre : « Augebat enim. Dido. » 8. en particulier. on doit admettre que le texte latin qui nous est parvenu n’est pas une traduction fidèle et complète de l’original grec : peut-être l’abréviateur Justin a-t-il omis quelques détails(2) . On peut donc être tenté de croire que Trogue-Pomnpée a reproduit Timée(1). Le suicide de la reine n’est pas raconté de la même manière dans les deux auteurs. » 4. qui n’auraient pas été de simples copistes. 250-1) : on y trouve. à côté d’autres éléments. 195 (Geogr. 385 Justin. V. 2. du rôle attribué à la sœur de Didon. Je ne parle pas ici de la venue d’Énée à Carthage. IV. 367. min. turpe ducentibus si feminis suis plus animi fuisset in imperio quaerendo quam sibi in tuenda libertate. y a-t-il eu un ou plusieurs intermédiaires. II. 340-368. 7. Celui-ci racontait les origines de Carthage au début de son livre XVI. s. surtout à I. IV. 343. In Aeneid. 443 . dans Appien(6). Cependant. à Ovide(9). p. à son tour. 10. 343.. Servius a consulté Tite-Live (I.. quae Khartagine condita tertiam parlem orbis quaesisset. 340. aujourd’hui perdu : voir Periocha libri XVI : « Origo Carthaginaesium et primordia urbis corum referuntur. I. 211-4. 738). dans Real-Encyclopädie de Wissowa. des souvenirs de Virgile. On retrouve ailleurs des échos d’une tradition fort semblable à celle que Justin nous a transmise : par exemple. Voir Rossbach. Commentaire de Denys. C’est d’ailleurs peu vraisemblable : conf. chants I et IV..

p. 250. elle jeta cet argent à la mer. l. dit Servius (I. 250. p.. 90 et VIII. 377. 123 . Jean Matalas. Eustathe. p. nom que Virgile a connu(3) et dont il a fait Sychaeus(4). VII. 1. Cette explication me semble peu naturelle. 738 : « Bitias classis punicae fuit praefectus. 163. Virgile(9) nomme un certain Bitias. 9. I. I. Jean Matalas. Pour des raisons d’euphonie ou de versification. dit. employé par Virgile. p. ____________________ 1. 251. L. I. 349. I. Eustathe.. Iarbas. p. dit encore Servius(11). In Aeneid. Movers. 4. c. — D’après Virgile : Ovide. ce qui décida les gens de Pygmalion à revenir en arrière. 363. Heroid.386 COLONISATION PHÉNICIENNE. Ce personnage n’a pas été inventé par le poète : Servius.. . » Il me parait probable que ce Bitias était indiqué par Tite-Live comme un compagnon de Didon. p. appelle le père de Didon Mettes(1) et son mari Sicarbas(2). 738. ut decet Livius. pour s’enfuir.. EMPIRE DE CARTHAGE. c. Conf. 463) pense au contraire que l’historien romain parlait d’un amiral de ce nom qui aurait vécu beaucoup plus tard . I. c. d’après Servius(7). Probablement sous la forme Sycharias. D’après Eustathe. 367. l. 343 (les manuscrits donnent Methres. l. 2. Servius dit que Virgile fait allusion à cet épisode (I. 103 . qu’il commandait la flotte des émigrants(10). II. 5. Didon. Servius aurait cité Tite-Live pour montrer que le nom de Bitias. c. quand elle aborda en Afrique.Virgile. Melthes. Silius Italicus. 10. In Aeneid. était véritablement un nom carthaginois. 343). 7. portantur avari Pygmalionis opes pelago. 162 de l’édition e Bonn . I. 6.. se voyant pressée par ceux que son frère avait lancés à sa poursuite. une apparition de Sychée révéla à Didon le crime auquel il avait succombé et le lieu où ses trésors étaient enfouis. c. Selon Virgile(6). Eustathe. I. 99.. L. de vaisseaux qui étaient destinés à chercher des blés à l’étranger et sur lesquels le roi avait fait embarquer les sommes nécessaires aux achats(8) .. p. Meltzer (I. qui cite Tite-Live. 3. s’empara. Appien. repoussa tout d’abord Didon. I. Les circonstances de l’assassinat sont racontées de différentes manières(5). 362-3) : naves quae forte paratae Corriplunt Cependant Virgile ajoute : Onorantque auro . Parmi les compagnons de Didon. 8. Mettes). 353 et suiv. autant qu’il semble. Conf. 97. Cela ne cadre pas bien avec les indications de Servius. 11. Conf. Ibid.

Servius(5) raconte encore que Didon commença par rejeter la demande en mariage d’Iarbas et que celui-ci déclara la guerre aux carthaginois. 738 : « Iopas (fuit) rex Afrorum. 111. 64. 3. dans Justin. 2. 40. forme très voisine d’un nom véritablement phénicien(9) : c’était celle qui devait figurer dans le récit original(10). voir plus haut.. Muttines : Tite-Live. dans Justin. Μάττηνος. Iopas est devenu une sorte d’aède africain. L. Mais. 384. Contre Apion. Mythographi Vaticani. 749 et suiv. L. comme l’indique aussi Virgile(4). 387 la tête de cheval fut exhumée au pied d’un palmier(1).. 2. Il est possible que ce récit ait mentionné Bitias. 67) : « Dido Metonis filia ».FONDATION DE CARTHAGE. dans Josèphe (d’après Ménandre d’Ephèse). c : τοΰ δέ Νομάδων χαί Μαζίχων βασιλέως Ίάρβαντος. n. 463) le récit que Justin nous a conservé. 378. 18 (124) : il s’agit du même personnage. I. IV. Meltzer. Servius(3). Etc. 6. ut punica testatur historia. p. Voir plus haut. p.. Movers. I. 37 et 534. » Cette « punica historia » ne peut pas être (comme le croit Meltzer. Cependant presque toutes ces variantes peuvent à la rigueur s’expliquer. il n’est pas fait mention d’Iopas. Sem. qui invoque le témoignage d’une « histoire punique ». 36. 4. roi des Africains. puisque. XXV. Il mettrait peut-être aussi la découverte de la tête de cheval en relation avec le nom de Kakkabé . 1. Le même auteur donne le nom de Μάζιχες(2) aux indigènes que Justin appelle Maxitani. Mutto (on trouve aussi la forme Meton(6)) représentent un même nom phénicien. ibid. sans qu’il soit nécessaire d’admettre des emprunts à des récits indépendants de celui qui a été reproduit par Justin. c. unus de procis Didonis. 9. Acherbas. connaît un « Iopas. L. . 21 (157). I. p. I. p. 353-4. c. nos 1218 et 1354) : ‫סכרבצל‬. 7. Mettes. ____________________ 1. un des prétendants de Didon » . I.). qui signifie « Don (de Baal)(7) » et que d’autres auteurs ont transcrit de diverses manières(8). parait être une altération de Sicharbas. Bode. I. n. I. 8. Μύττυνος : Josèphe. 10. p. dans Virgile (I. qu’il ait parlé du palmier(11) ces détails ont pu être sacrifiés dans une version plus récente. Il se retrouve dans des inscriptions de Carthage (Corpus inscr.. II. p. 5. n. 11. Pars I. IV. car plusieurs princes indigènes l’auraient recherchée en mariage. 214 (édit.

Peut-être faut-il corriger Iapon en Iopan ce qui donnerait un nom identique à Iopas. p. L’apparition de Sychée est très vraisemblablement une invention de Virgile(2). 10. Reste le roi indigène Iopas. 4. XXIII. n.. 30. quelques autres détails. une indication de saint Jérôme vient de Timée (Adv. signifie ville nouvelle . 5. Sous ignorons comment Timée appelait le roi libyen qu’il mentionnait(3). 273). XXXVI. Meltzer. disait qu’à l’époque où Iapon régnait en Libye. sur la manière dont les fugitifs se procurèrent des navires ont peut-être été ajoutés par besoin de précision. bientôt. n. Patr. L’ethnique très usité Μάζιχες. dans un discours prononcé au sénat. lat. On peut supposer que ce sont là des transcriptions . à la place d’une forme qu’on ne rencontrait pas ailleurs. 73. Il n’indique pas sa source . comme le croit Geffeken (Timaios’ Geographie des Westens. ayant pris une forme punique. la phénicienne Élissa(5) avait fondé Carthage et l’avait appelée Carthada. p. entre autres. 7. dans Recueil de Constantine. avec une terminaison libyque. XXVII. p. Il l’appelait Hiarbas. » Il est très probable que cet Iapon n’est autre que 1’Iopas de Servius. 48 et p. Les détails donnés sur le meurtre du mari de Didon. 2. Mazices(1) a pu être introduit à une basse époque. p. furent modifiés en Elisa et en Carthago. Gsell. p. Pourtant. Meltzer. I. Voir. ces deux noms. 3. si. p. EMPIRE DE CARTHAGE. 52 et 431 . qui ne cadrent pas avec la narration de Justin. ____________________ 1. il devait lui donner le nom d’Hiarbas et ne pas parler d’autres prétendants. 117. I. que. Si l’on admet que son récit se retrouve dans Justin. 33. Mais cela ne me parait pas prouvé. ont pu être inventés sans grand effort d’imagination. Meltzer (I. ce qu’autorisent certains manuscrits. terme qui. 476) lit ici Elisa et plus loin Elissa. dans la langue des Phéniciens. 1902. Solin(4) nous l’apprend : « Caton. I. des la première moitié du IIe siècle avant une tradition relative à la fondation de Carthage connaissait un prince africain qui ne s’appelait pas Hiarbas. il dit seulement qu’il répète et qu’on trouve dans des « veraces libri ».388 COLONISATION PHÉNICIENNE. Iovinianum. 43. dans Migne.

18 (116) . Quelle a été la source de Caton ? Nous l’ignorons. Virgile et Servius disent. 5. quant à « l’histoire punique » dont Servius parle à propos d’Iopas. I. 20 . non plus qu’une monnaie de Tyr. que Didon eut plusieurs prétendants. ____________________ 1. avec la date qu’il lui assignait(3). XXXVI. Ménandre n’aurait-il pas ajouté la mention de la sœur du roi et de sa fuite ? C’est là une hypothèse qu’il est impossible de prouver. contemporains de César et d’Auguste. il est question dans Ménandre de la fondation d’une autre colonie africaine. 327. en donnant sur eux des renseignements chronologiques précis et en relatant certains événements de leurs règnes .. Iuba. n. conf.. 385. d’époque tardive (règne d’Etagabale). de documents tyriens(2). jud. p. 2. Dans un passage reproduit par Josèphe(1). p. Auza (voir plus haut. On ne doit pas penser à Timée si l’on croit que Justin est son écho fidèle . mais ce détail semble avoir été imaginé pour concilier des traditions contradictoires. ayant fui en Libye.FONDATION DE CARTHAGE. nous l’avons dit. p. « Il n’y a aucune bonne raison d’admettre que cette mention de la fondation de Carthage ait été interpolée par Ménandre et que celui-ci l’ait empruntée à Timée. 3. 389 du nom qui est écrit ailleurs Ίόβας. et qui fut porté par deux souverains africains. II. s’est évidemment pas une addition de Ménandre. Dans la septième année de son règne. qui seule aurait figuré dans le document tyrien. n° 2231. 3 (144). les Tyriens ont pu croire à l’existence d’Élissa. VIII. Contre Apion. Perses Achéménides. fig. vécut cinquante-six ans et en régna quarante-sept. 93). 362 mention de cette ville. écrivait-il. A tort ou à raison. elle reste pour nous une énigme. I. quoique je ne veuille pas invoquer à ce sujet la phrase de rhéteur citée plus haut. La mention de ce roi est un indice sérieux de l’existence d’un récit qui ne concordait pas exactement avec la source de Justin. 18 (125). fonda la ville de Carthage. qui n’eut aucune célébrité chez les Grecs. Ménandre d’Éphèse qui se servait. sa sœur. Comme l’observe Gutschmid (Kleine Schriften. cette monnaie témoigne peut-être simplement de la célébrité de l’Énéide de Virgile. énumérait les rois de Tyr pendant une période d’un siècle et demi. qui représente et nomme Didon : Babelon. 3. « Pygmalion. p. Ibid. Monnaies grecques de la Bibliothèque nationale. — A la date de la fondation de Carthage. . il est vrai. pl. Antiq.

Pour Élissa. signifiant « la joyeuse »(4). p. V. Meltzer(10) croit aussi qu’il s’agit d’un dieu libyque. Pour Pygmalion. I. p. 8. Winckler (Altorientalische Forschungen. 2. délivre. pl. il y a une vingtaine d’années. fils de Padaï . p. Sur un pendant de collier en or. 206-8. 135. p. p. 43-45. Justin lui-même prête un appui à cette opinion : « Tant que Carthage demeura invaincue. semble une confirmation éclatante de l’hypothèse qui l’a érigé en divinité. non pas des hommes. 92) Dido. Il nous parait superflu d’insister sur le caractère légendaire de son récit. 5. dont un épisode a pour origine un jeu de mots. 2. ____________________ 1. Meltzer. 2. pro dea culta est. 6. » 4. 351-2. 8. I. Ce mot est écrit ‫פגמליו‬. mais des dieux phéniciens(2). . On a même cru pouvoir affirmer que les personnages qui apparaissent dans cette légende sont. VI. déesse. personnage historique. I. 9. II. II. dans Revue des traditions populaires. Élissa fut honorée comme une déesse(3). 10. p. 3. p. I. 439) constate des analogies entre la légende de Didon et celle des Nirbenlungen. Revenons à Justin. 475-6. Movers(8) l’a identifié avec un dieu adoré en Afrique. Énéide. et un autre. découverte faite. I. 718-9 (légende de la peau de bœuf en Sibérie). p. 504 et suiv. une. Les aventures d’Élissa sont un roman. a distingué plus tard (II. I. I. Conf. semble-t-il. Répertoire d’épigraphie sémitique. une image tracée sur des monnaies. 1890. Conf. p. Movers. Un poète lyrique grec. se lit cette invocation en langue phénicienne. » Aussi a-t-on soutenu qui Élissa n’est qu’une épithète d’Astarté. n° 5. fig. 129. Jadamelek. dont certains traits ont peut-être été empruntés à des contes populaires(1). dont nous donnons la traduction d’après Philippe Berger(5) : « A Astarté à Pygmalion(6). après avoir cru qu’Élissa et Dido étaient deux noms d’une même divinité. 7. Voir aussi Basset. p. EMPIRE DE CARTHAGE. dans un tombeau de Carthage qu’on peut dater du VIe siècle. 128 et suiv. qu’il délivre Pygmalion ! » Hiarbas est qualifié de fils de Jupiter Hammon par Virgile(7). « Quam diu Karthago invicta fuit.390 COLONISATION PHÉNICIENNE. 303 . Musée Lavigerie de saint-Louis de Carthage. d’Élissa. Voir surtout Meltzer. IV. plus haut. 108-9. que les Grecs appelaient Iolaos(9).

de Carthage reste obscur(3). Conf. peut-être identique à celui que. n° 10 (p. mais ne sont cependant pas soudés : conf. 63. 391 ____________________ 1. Voir Corpus inscr. est une réminiscence biblique. 18. I. Pygmalion. nos 256. 173. p.. Corpus. En ce qui concerne le Pygmalion de Chypre.. d’après Douris de Sumos.). on suppose s’être appelé Pumai(5). c. comme l’observe Meltzer. p. Corpus. peut-être Pindare(1). 270. 383. 11. fut porté par de simples mor- . etc. 44. Philosophumena. contemporain d’Alexandre. dans l’Etymologicon Magnum. 3.. I. cueillit le doux gland de Zeus. sem. conf. 4. Bergk. » Quoique le sens de l’inscription. le sens serait : « Pygmalion délivre qui il lui plait ». Lexikon der Mythologie de Roscher. La forme Έλέσσαρ. 12. col. 5. le premier-né des hommes. pour le nom. I. l. 481. Pars I. XVI. Pygmalion). Patr. V. c’est ainsi que Ménandre nomme le roi de Tyr(7) sous lequel il place la fondation de Carthage. L’interprétation de la fin est incertaine : selon Berger. 167. 600. 3318. c. p. Berger. 3127) . 8. par conséquent.. nous avons une inscription phénicienne qui le mentionne(8) et qui prouve qu’il se nommait en réalité Pumaijaton(9). C’est ainsi que Diodore de Sicile(6) appelle un roi de l’île de Chypre. ‫ «( פמייתו‬Pumai l’a donné ») . n° 12. voir Corpus inser. p. dont les noms ne sont pas réunis par la conjonction. que les Grecs ont transcrit sous la forme Πυγμαλίων un nom d’homme. sortant des plaines desséchées. Noter cependant que le texte de Josèphe (Contre Apion. el. 7 (Migne. XIX. nous ne saurions nier qu’elle n’apporte la preuve de l’existence d’un dieu phénicien Pyomalion(4). Fragment cité par saint Hippolyte. I. conf. 10. n°11. Athénée (IV. On ne voit pas bien quelle est la relation d’Astarté et de Pygmalion. s. appelle ce roi Πυμάτων. sur ce roi. 37) . s. 2. III. d’après d’autres documents. aurait. Poetae lyrici graeci (4e édit. sem. 125) donne la forme Φυγμαλίων. On reconnaît là le nom que les Grecs ont transcrit Έλισσα(12) et qui. v. v. Sans parler des personnages légendaires du même nom (voir Lexikon de Roscher.. 628. 79 . 7. Sur des ex-voto puniques(10).FONDATION DE CARTHAGE. parlé de lui : « Les Libyens disent qu’Iarbas(2). 9. I. Peut-être en était-il de même du souverain de Tyr. l. Ίάρβαντα : correction de Schneidewin. au lieu de Τάρβαντα. ‫עלשת‬. graeca. des dédicantes s’appellent Elishat(11). Corpus. 711 et suiv. c). Hésychius : Πυγμαίων (il faut peut-être corriger Πυγμαλίων). Hüsing. Mais il est certain. 6. p.

croit qu’il s’agit d’un dieu) . Hérodote. 74 . Un passage de Velleius Paterculus(8) laisserait croire qu’il n’était pas universellement accepté. 10 (simple fable). Carthago conditur. par Ennius(5). 167 (erreur : voir n. IV. 435. 9. s. 2. IV. Juvénal. l. — Silius Italicus (I. Il est très probable que ces hommages s’adressaient en realité à Melqart (Meltzer. 167) parle d’honneurs divins rendus par les Carthaginois au général Hamilcar. Heroid. SI et suiv. Conf. Il ne l’a cependant pas fait oublier(7). Mais ces vers n’ont aucune valeur historique.. 250 et 251. 102. 335. Movers. L. Eustathe. Silius parait s’être inspiré d’une indication semblable à celle qui termine le récit de Justin et aussi d’un passage de l’Énéide (I. IV. III. Salluste.. 3) .. Servius. avec une déesse qu’une épithète désignait peut-être comme la fondatrice de la cité ? Habitués au culte des héros. Silves. 10. Hérodote (VII. 11 (Movers. Timée. 1. 501). VII. 4 : « Ab Elissa Tyria. 674. Jug. p. 3. 3. VI. 215-6. . ou prétendue telle(3). Élissa n’aurait reçu ce nom qu’en Afrique. 34 (n° 272) : « Poenos Didone oriundos ». D’autres soutenaient que ____________________ 1. Il est vrai que. I. Slace. p. I. et c’est peut-être pour cette raison qu’il a été omis dans le récit reproduit par Justin. 609. malgré quelques témoignages suspects(1).. 335. 4. indiqué par Timée. V. v. relatif à un prétendu temple de Junon que Didon aurait élevé à Carthage. les Carthaginois ne semblent pas avoir divinisé des humains(2). D’après Timée.). In Aeneid. telles. quam quidam Dido autumant. Διδώ où il est dit que ce mot signifie πλανήτις l’errante dans la langue des Phéniciens. II. X. 7. 553 . 90. a prévalu sur celui d’Élissa. Le nom de Dido. Hamilcar a pourtant été un personnage historique. Mais ne peut-on pas supposer que des Grecs aient confondu la femme qui passait pour avoir fondé Carthage avec une déesse regardée comme la protectrice spéciale de cette ville. 6. Etc. p. on l’a vu. ils auraient retrouvé sans peine dans cette divinité l’Élissa historique. 2. III. 8. 81. 340 . 98. Müller.392 COLONISATION PHÉNICIENNE. c. 2. 193.. LXXIX. 10. Édit. 441 et suiv. I. VII. Etymologicon Magnum. » 9. Polybe. Silius Italicus. Ovide. I.) décrit un temple consacré aux mânes d’Élissa. p. I. qui périt en 480. Conf. sans doute parce qu’il a été adopté par Virgile(6). Virgile emploie parfois aussi le nom Élissa : IV. p. comme celle qui avait présidé à sa naissance et à sa fortune. 6. In Aeneid. il aurait été situé au milieu de la ville. par Nævius(4). 5. I. . EMPIRE DE CARTHAGE. Fastes. prétendait qu’Élissa fut ainsi appelée par les Libyens à cause de ses nombreuses pérégrinations(10). 36. dont personne ne conteste l’existence. fondatrice de Carthage . 610 . Servius(9) dit même qu’il ne lui fut donné qu’après sa mort.

Clermont-Ganneau (Recueil d’archéologie orientale. qui indique qu’il y avait en hébreu un mot ‫ דד‬signifiant genius loci. 2. 609 et suiv. Servius. 36. 7.. p. col. Ce nom lui aurait été donné par les indigènes ( έπιχωρίώ φωνή). Voir apud Meltzer. 1. Lat. 393 Dido signifiait en langue punique « femme virile(1) ». ou celle qu’on est convenu de nommer Tanit(9). indiquée soit comme identique à Didon (Eustathe. I. Real-Encyclopädie de Wissowa. 129 et 475. On ne le trouve pas dans l’onomastique punique. Une femme est appelée Dido sur une inscription latine d’Afrique : Corpus inscr. Cet appellatif se serait appliqué à une déesse qui aurait été Astarté. . Movers (II. id est virago punica lingua » (à cause du courage dont elle fit preuve en se tuant). La vérité est que nous ignorons l’origine de ce nom de Dido et les motifs qui l’ont fait associer à celui d’Élissa(10). 363. 3 . Les modernes(4) ont proposé diverses étymologies. c. v. Meltzer. ibid. p. Conf. VIII. 341-3). άνδροφόνος. les arguments que Movers a ____________________ 1. 251.. 5. c. soit l’Aimée (de Baal)(6) soit le Génie protecteur du lieu(7). p. il correspondrait à Tanit. c. I. 8044. l. II. est aussi un nom d’Astarté. soit comme sa sœur. 2. e. 6. M. des hypothèses bien fragiles de Bochart et d’autres sur l’origine de ces interprétations. tirées de la langue phénicienne. Ce sont là des conjectures peu solides. sed post. p. Conf. 92 et suiv. s. p. p. p. p. 250). II. 431. 9. 340 : « Dido nomine Elissa ante dicta est. I. Mais elle reçut sans doute ce nom en souvenir de l’héroïne chantée par Virgile. 128. I. 2. VII. δαιμων. interitum a Poenis Dido appellata. l. 475. Winckler (Altorientalische Forschungen. I. « amor eius » (i. 92). ou Iarbas. — Movers (II. 4. 2. Meyer. Littéralement.FONDATION DE CARTHAGE. p. Movers. l. p. 2. Bochart.. II. 3. 8. Didon serait le δαίμων Καρχηδονίων qui est évoqué dans le traité de Philippe de Macédoine et d’Hannibal : Polybe. p. 128. .. si elles étaient fondées. 345. Meltzer (I. p. 97) croit qu’Anna. Cela ne prouve pas qu’un tel nom ait pu être porté par une Phénicienne mille ans auparavant. 302 et suiv. Meltzer. Eustathe. Un certain nombre de références sont données par Rossbach. 10. IV. que ce savant rattacherait volontiers au verbe phénicien qui signifiait donner. ou même du grec. E. p. VI. soit Celle qui donne(8). Baalis) : Gesenius. 273-9) est disposé à croire que le nom Διδώ se rattache au verbe δίδωμι . p. Dido aurait signifié soit l’Errante(5) (sens indiqué par Timée). n. I. . l. 674. Quant à Hiarbas. puisqu’il n’est pas impossible d’admettre que la femme et la déesse aient été d’abord distinctes. dit-on. elles ne permettraient aucune conclusion contre l’existence d’une femme appelée Élissa. Du reste. Dido. 475). 9... 92. au temps de la fondation de Carthage. ou lui donnaient le sens de « meurtrière de son mari(2) » : explications dénuées probablement de toute valeur(3).

non un dieu. Ont-ils existé ? Cela n’importe guère pour les deux comparses Sicharbas et Hiarbas. p.-C. p. ____________________ . Il ne convient pas de s’arrêter aux vers de Virgile. c’est-à-dire d’une époque à laquelle il n’est nullement invraisemblable de placer la fondation de Carthage(5). Hiarbas. 127 et 134) ne conteste pas que ce roi ait existé et qu’il ait régné à la fin du IXe siècle. qui était mêlé à la légende de la fondation de Carthage. Mais il croit que la ressemblance de son nom avec celui du dieu Pygmalion. le présentent comme un fils d’Hammon et de la nymphe Garamantis : c’est sans doute une manière poétique d’indiquer qu’il était indigène(1). a été celui de plusieurs Carthaginois(3) . 387. n. De viris illustribus (attribué à Aurelius Victor). permettent de dater le règne de Pygmalion de la fin du IXe siècle. II. Ίάρβας). Plutarque. a déterminé Timée à placer cette fondation sous son règne. 9. 12 : Ίάρφας (corr. nous ne connaissons aucune divinité phénicienne qui se soit appelée ainsi. 136 et 477.394 COLONISATION PHÉNICIENNE. Les indications chronologiques de ce texte. p. Movers. 1. Tite-Live. mais le premier-né du genre humain. 2. EMPIRE DE CARTHAGE. Le nom du mari d’Élissa.(2). 5. conf. Pompée. par sa teneur même. I. Epit. Meltzer. Le même nom. On n’a donc pas prouvé que les acteurs qui jouent un rôle dans le récit de Justin aient été des dieux et il est certain que leurs noms furent portés par des hommes. Movers (I. 478) reconnaît que l’indication de Virgile ne prouve pas grand-chose. inspire confiance. 508. p. Mais Pygmalion n’est pas un personnage fictif : il était mentionné dans le document tyrien copié par Ménandre. qui. Meltzer (I. Sikarbal. Voir plus haut. 4. combinées avec ce que nous pouvons savoir sur l’histoire de la Syrie. p. 3. L’Iarbas du lyrique grec était. un roi numide du 1er siècle avant J. donnés pour l’assimiler au dieu phénicien Iolaos sont très faibles. fut porté par un personnage vraiment historique. ce prétendu prince indigène dont le nom est probablement phénicien(4). C’est ce qu’il faudrait prouver. Libri LXXXIX (Hiarbas) . 2. document qui a dit être rédigé d’après des archives officielles et qui.

40. Tarshish. il faut accepter le témoignage des nombreux textes qui affirment que Carthage fut une colonie tyrienne(4). p. Malheureusement. 5 . 4 : Elishah. n. 24. 389. peut-on croire. car elle resta dans la suite étroitement unie à sa métropole(5). 3. p. au risque de nous faire accuser de manque de critique. a été beaucoup plus contestée(1) et est en effet très contestable. IV En tout cas. Meyer) Schöll. 712-3. XVII. 2. Kittim. 5. Quinte-Curce.FONDATION DE CARTHAGE. Tous les ans. et XX. 76 . contre le gré du gouvernement de Tyr ? On peut en douter. La prétendue fondatrice de Carthage serait un personnage fictif. ou en a présenté une autre. avec le nom ‫?אלישח‬ 2. c. Stade. 64) a cru à l’existence d’Élissa. Outre l’hypothèse qui fait d’Élissa une déesse. voir Diodore de Sicile. Pendant des siècles. 3. IV. Il. IV. Pline l’Ancien. l. attesté par des inscriptions puniques. Ce nom a été rapproché d’Elishah (‫ )אלישח‬nom géographique qui est indiqué dans la Genèse (X. XVII. 4. 7 : pourpre des îles d’Elishah) et qu’on a supposé avoir désigné Carthage : voir (après Schulthess. nous avouons qu’elle ne nous parait pas tout à fait inadmissible(2). etc. Mais. enfants de Javan) et dans Ézéchiel XXVII. E. Un savant comme A. : « Carthaginiensium legati ad celebrandum sacrum . Arrien. [R]odanim. Fut-elle fondée par des fugitifs. elle attesta son attachement. XXXIII. inventé d’après ce nom de lieu. la source tyrienne du Ménandre : voir plus haut. y a-t-il lieu de confondre le nom de femme ‫עלשת‬. Quinte-Curce. Anabase. dans Realencyklopädie d’Herzog-Hauck. Conf. » 6. Strabon. 8 . une ambassade allait célébrer un sacrifice au temple d’Hercule (Melqart) à Tyr(6) . II. V. et même sa dépendance. 3. 15 . p. 10 : Carthagi