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CHAPiTRE

2 Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

MANUEL, PAGES 40-61

Erratum des spécimens envoyés

– p. 45, « Pour Argumenter » : il s’agit du XX e et non du XIX e siècle ;

– p. 48, doc. 14 : à la fin de la question 32, la

comparaison s’effectue entre 2009 et 2011 ;

– p. 51, doc. 19 : le solde public est exprimé en % du PIB et l’impulsion budgétaire en points de PIB.

But pédagogique et structure du chapitre

• Ce chapitre 2 correspond au point 1.2 de la partie « Science économique » du programme,

et s’insère dans la première partie consacrée à « croissance, fluctuations et crises ». Il cherche

à traiter de la question de « l’instabilité de la croissance ».

• Le premier point de ce chapitre est consacré

à l’observation des fluctuations économiques

afin de mettre en évidence, essentiellement de manière empirique, que la croissance n’est pas un phénomène harmonieux. Malgré une ten- dance à l’augmentation des richesses créées sur le long terme, on voit clairement apparaître des phases de croissance plus ou moins soutenue et des périodes de crise. Nous avons aussi choisi de présenter ici les notions de croissance potentielle (le sentier de croissance de long terme que l’éco- nomie devrait suivre en l’absence de chocs exo- gènes et de tensions) et de croissance effective, puisque les fluctuations économiques mesurent justement cette différence entre croissance poten- tielle et croissance effective.

• Le second point traite plus particulièrement des

facteurs explicatifs de ces fluctuations écono- miques, autour des effets joués par l’existence de

chocs exogènes (chocs d’offre et/ou de demande).

• Le troisième point vise à montrer comment

les pouvoirs publics, avec la mise en place de politiques macroéconomiques, peuvent gérer ces fluctuations conjoncturelles. Seront ainsi présen-

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tés les rôles respectifs des politiques budgétaires et monétaires (en rappel de ce qui a été déjà abor- dé en classe de 1 re ).

liens avec d’autres chapitres

Ce chapitre fait suite au chapitre « Quelles sont les sources de la croissance économique ? » sur lequel nous nous appuierons logiquement. En effet, si nous nous concentrons ici sur le carac- tère fluctuant de la croissance, il faut pour cela maîtriser la notion de croissance, sa mesure, la distinction entre croissance réelle et nominale, etc., autant de notions et points de méthodes abordés dans le chapitre 1. De la même manière, en abordant ici la question des chocs d’offre et de demande, il est essentiel d’avoir compris quelles étaient les sources de la croissance. Enfin, il n’est pas inutile de rappeler, comme pour de nom- breux autres chapitres, que certains mécanismes ou notions que nous aborderons ici ont été déjà présentés en classe de 1 re : c’est notamment le cas des politiques conjoncturelles, monétaires et bud- gétaires que nous développerons à nouveau ici.

Réponses aux questions

ouvERTuRE dE cHAPITRE

MANUEL, PAGES 40-41

Le choix des illustrations de cette double page d’ouverture a été guidé par le thème central de ce chapitre : l’instabilité de la croissance. Nous avons voulu d’abord sensibiliser les élèves à cette problématique en présentant des situations de « crise » : le chômage de masse lors de la grande dépression des années 1930 (doc. 1) et une situa- tion plus récente, l’hyperinflation au Zimbabwe (doc. 2). On peut imaginer, dans la même optique, partir d’illustrations d’autres caractéristiques de situations de crise, par exemple des faillites d’entreprises, ou encore un krach boursier. Enfin la troisième illustration permet de sensibiliser

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au troisième point de notre chapitre. En effet, au travers de cette Une de Problèmes économiques, mettant en avant « le grand retour » de Keynes, on pourra, en lien avec la crise actuelle, souli- gner l’existence de politiques conjoncturelles pour faire face aux fluctuations de la croissance.

• Question 1

Rappelez les caractéristiques de la crise de

1929.

La crise de 1929, ou « la grande dépression » s’ouvre d’abord aux États-Unis par le krach bour- sier de Wall Street (le « jeudi noir » du 24 octobre 1929), où 13 millions d’actions sont vendues en une seule journée. Cette crise financière se trans- forme par la suite en crise économique et s’étend au-delà du continent nord américain aux prin- cipaux pays de l’Europe et du reste du monde. L’ampleur de cette crise est sans précédents : fail- lites bancaires, effondrement de la production, chômage massif, etc.

• Question 2

Qu’est-ce qu’une situation d’hyperinflation ? L’hyperinflation désigne une situation où le taux d’inflation est très élevé et difficile à contrôler. Les seuils de taux d’inflation à partir desquels on parle d’hyperinflation ne sont pas harmoni- sés : pour certains, cela correspond à un taux d’inflation dépassant les 100 % annuels, pour d’autres à une progression supérieure à 50 % par mois, soit un seuil annuel de plus de 12 500 %. Ainsi, l’exemple récent le plus marquant est ce- lui du Zimbabwe, avec une inflation de plus de 100 000 % en 2007. Quels peuvent en être les effets pervers ? L’hyperinflation engendre les mêmes effets per- vers que l’inflation, mais de manière amplifiée. Ainsi, ellle a pour effet notoire de réduire la valeur de l’argent avec le temps, ce qui signifie que les agents économiques, et notamment les consommateurs subissent une perte de pouvoir d’achat. Une inflation très élevée a aussi pour conséquence que les agents sont moins enclins à épargner. Elle entraîne en général une forte réces- sion économique.

• Question 3

Qui était John Maynard Keynes ? John Maynard Keynes (1883-1946) est un écono- miste britannique, considéré comme l’un des fon- dateurs de la macroéconomie. En 1936, il publie La

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Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, dans laquelle il présente son analyse de la Grande Dépression des années 1930, et contribue à légitimer la mise en place de politiques expansion- nistes visant à stimuler la demande globale. Pourquoi, selon vous, parle-t-on en 2009 du « grand retour » de Keynes ? Certains ont, en 2009, parlé du « grand retour » de Keynes, puisque pour faire face à la crise écono- mique mondiale débutée quelques mois plus tôt, plusieurs pays, à l’instar des États-Unis ou de la France, ont mis en place des politiques écono- miques de relance s’inspirant des thèses keyné- siennes (Grand emprunt en France par exemple).

1. L’instabilité de la croissance

MANUEL, PAGES 42-45

A. unE cRoISSAncE ÉconomIquE vARIABlE SuR lE long TERmE

• Document 1

1. Illustrez, à partir du document 2, l’oppo-

sition entre les « Trente Glorieuses » et les «Trente Piteuses » dont il est question dans ce texte. Les « Trente Glorieuses » représentent la période de croissance exceptionnelle qu’ont connu les pays développés à économie de marché, surtout européens, entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et celui des années 1970, alors que les « Trente piteuses » symbolisent la faible crois- sance qu’ont connue ces mêmes pays du début des années 1970 à la fin des années 1990. Sur le doc. 2, concernant la France, on observe que le taux de croissance annuel moyen du PIB en volume avoisinait bien les 5 % durant les Trente Glorieuses, alors qu’il était plus proche des 2 % par la suite.

2. Pourquoi peut-on considérer les trente

années après la Seconde Guerre mondiale comme exceptionnelles ? Sur le long terme, jamais l’humanité n’avait connu de période de croissance si forte.

• Document 2

3. Rappelez quelle est la différence entre un

PIB « en valeur » et un PIB « en volume ». Le PIB en volume est un PIB déflaté, calculé en euros constants, qui permet de mesurer la quan- tité de biens et de services produits, alors que le

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PIB en valeur est en euros courants, son évolu- tion pouvant provenir à la fois d’un effet-prix et d’un effet-volume.

4. Que mesure la différence entre ces deux

indicateurs ?

La différence entre ces deux indicateurs mesure le niveau de l’inflation.

5. Combien de fois depuis 1950 le PIB en vo-

lume a-t-il diminué en France ?

Il a diminué trois fois : en 1975, en 1993, et en

2009.

6. Présentez les principales informations que

l’on peut obtenir de ce graphique. Ce graphique nous montre que depuis 1950, la France a connu une croissance de son PIB en vo- lume et en valeur quasiment continue, à l’excep- tion de trois années concernant le PIB en volume. La France s’est donc considérablement enrichie, même si l’accroissement des richesses produites est plus faible depuis le début des années 1970. On peut aussi constater sur ce graphique que le taux d’inflation a chuté depuis le milieu des années 1980, pour devenir très faible depuis le début des années 1990.

• Document 3

7. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par la donnée entourée en rouge. Suite à la crise de 2008, le PIB par tête (ou par habitant) dans les pays touchés par la crise est 2 % plus faible 15 mois après le début de la crise qu’au début de la crise. Il a donc diminué.

8. Les conséquences des crises sur l’activité

économique ont-elles été les mêmes lors des trois périodes de crise ? Non. Lors de la crise de 1993, après une légère baisse, le PIB par tête a rapidement réaugmenté, alors qu’après la crise de 1929 la chute du PIB par tête a été très brutale et 15 mois après le début de la crise, il était encore 15 % plus faible qu’au début de la crise. En ce sens, la crise de 2008 est intermédiaire entre ces deux crises, mais plus proche de celle de 1993.

• Document 4

9. Déterminez, pour le pays fictif suivant,

quelles périodes se réfèrent à une crise, une récession, une dépression ou une déflation. Déflation : en 2010 ; crise : fin 2009 ; récession :

fin 2007, fin 2009 ; dépression : il n’y en a pas

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vraiment, sauf à considérer 2010 (mais peut-on parler de baisse « durable » sur seulement une année ?).

• Document 5

10. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par chacune des données entou- rées en rouge.

En 2010, le PIB en volume des États-Unis a aug- menté de 2,2 %. La même année, le taux de chô- mage s’y élevait à 9,3 %.

11. En prenant l’exemple des États-Unis, peut-

on dire qu’il existe un lien entre l’évolution du taux de croissance du PIB et celui du chô- mage ? Justifiez votre réponse. En rapprochant ces deux graphiques, il semble exister une corrélation entre l’évolution du PIB en volume et celle du taux de chômage, puisque c’est quand la croissance du PIB en volume de- vient négative que le taux de chômage augmente fortement.

12. Comment pouvez-vous expliquer ce lien ?

Il peut sembler que derrière cette corrélation se cache un lien de causalité, qui va de l’évolution du PIB en volume vers le taux de chômage : en effet, lorsque le PIB en volume diminue, cela si- gnifie que les entreprises diminuent leur produc- tion ; elles ont donc besoin de moins de facteurs de production, et réduisent donc leurs effectifs, ce qui accroît le chômage.

B. FlucTuATIonS ÉconomIquES ET cRoISSAncE PoTEnTIEllE

• Document 6

13. Pourquoi le PIB potentiel ne correspond-

il pas au maximum de niveau de production qu’une économie pourrait obtenir en utilisant pleinement ses facteurs de production ? Parce que ce n’est pas la définition du PIB poten- tiel. Si une économie produisait au maximum de ses potentialités, il y aurait nécessairement des tensions ; par exemple, sur certains marchés, la demande de matières premières serait tellement élevée pour faire face aux besoins de production qu’il y aurait une tendance à la hausse des prix, et donc à l’inflation ; de même sur le marché du travail, car certaines entreprises ne trouveraient pas dans certains métiers les ressources en main d’œuvre dont elles ont besoin. Cette situation n’est donc pas tenable à terme. Or, le PIB poten-

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tiel nous donne la tendance sur le long terme de l’évolution du PIB d’une économie lorsque juste- ment la croissance est telle qu’elle ne génère pas de tensions sur les marchés.

14. Expliquez la phrase soulignée.

Lorsque le PIB effectif est différent du PIB poten- tiel, cela signifie soit que le niveau de production est trop élevé, soit trop faible par rapport au niveau de production de long terme qui n’engendrera pas de tensions. Cela signifie donc qu’il s’est passé sur le court terme des phénomènes conjoncturels qui ont fait provisoirement dévier l’économie de son sentier de croissance de long terme.

15. Montrez que la fonction de production vue

dans le chapitre 1 permet de calculer le niveau de PIB de long terme d’un pays. La fonction de production nous donne la quantité de facteurs de production disponibles dans une économie, et l’état des technologies existantes qui détermine le niveau de productivité de ces facteurs via la combinaison productive retenue. Si les facteurs étaient utilisés de telle sorte qu’il n’y ait pas de tensions sur le marché des facteurs, alors effectivement à partir de la fonction de pro- duction il devrait être possible de calculer le PIB potentiel.

16. Quel est l’intérêt de calculer le PIB poten-

tiel d’une économie ? L’intérêt de calculer le PIB potentiel d’une éco- nomie est de déterminer son potentiel de long terme. Si le PIB effectif est inférieur au PIB po- tentiel, cela signifie qu’il existe dans l’économie des ressources inexploitées et que la croissance effective pourrait être plus importante qu’elle ne l’est. Mais cela induit que l’on soit capable dans les faits de mesurer assez précisément le PIB potentiel.

• Document 7

17. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par les données entourées en rouge. En 2012, le PIB effectif de la France représentait 97,1 % du PIB potentiel ; en Allemagne, il repré- sentait 99,7 % du PIB potentiel.

18. Quel commentaire pouvez-vous faire sur la

situation de la France et celle de l’Allemagne en 2012 ? L’Allemagne possédait un PIB proche de son PIB potentiel, ce qui laisse entendre que ce pays a

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su utiliser au mieux ses ressources, alors qu’en France une partie des ressources sont inutilisées, de telle sorte que notre niveau de richesses pour- rait être plus élevé qu’il ne l’est en réalité.

• Document 8

19. D’après les prévisions réalisées, quel im-

pact la crise de 2008 aura-t-elle sur la crois- sance du PIB en France ? Ce document nous présente quelle devrait être l’évolution du PIB en volume de la France en fonction de la réalisation de certaines hypothèses, qui amènent à retenir trois scénarios possibles d’évolution. On remarque que dans deux scéna- rios sur trois, la crise de 2008 devrait conduire à une évolution du PIB effectif plus faible que celui qui aurait correspondu au PIB potentiel.

20. Dans le scénario 2, pourquoi la France ne

rattraperait-elle pas en 2018 le niveau de PIB qu’elle aurait dû atteindre sans la crise ? Dans le scénario 2, à partir de 2011, la crois- sance du PIB effectif serait égale à celle du PIB potentiel. Cependant, comme sa croissance aura été bien moindre que celle du PIB potentiel entre 2008 et 2011, cette perte de croissance du PIB ne sera pas rattrapée par la suite (car il aurait alors fallu une croissance effective plus rapide que la croissance potentielle), et le niveau du PIB effectif jusqu’en 2018 restera alors irrémédiable- ment inférieur à celui du PIB potentiel.

• Document 9

21. Pourquoi une crise économique peut-elle

en fait, contrairement à l’hypothèse posée dans le document 5, conduire à une réduction de la croissance potentielle ? Une crise économique peut conduire à une ré- duction de la croissance potentielle pour deux raisons. La première, c’est que la croissance potentielle dépend de la quantité de facteurs de production disponibles dans une économie. Or, il se peut qu’une crise amène à une réduction des facteurs disponibles, car une diminution de l’investissement due à la crise se traduira inévi- tablement par une diminution du stock de capi- tal disponible. De même, il se peut que face aux difficultés à trouver un emploi, certains actifs quittent le marché du travail, réduisant d’autant la quantité de main d’œuvre potentiellement dis- ponible. La deuxième raison est que la crise peut amener à une diminution des dépenses de R&D,

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ce qui réduit les innovations et donc l’évolution de l’état des technologies.

• Pour argumenter

Au cours du XX e siècle, et ce particulièrement dans la période d’après-guerre (doc. 1), l’activité économique a suivi un trend de croissance élevé. Ainsi, en France (doc. 2) où le TCAM du PIB était de 5,5 % environ de 1945 à 1975. Ce fut aussi le cas dans la plupart des autres pays (on pourra aussi se référer, à ce sujet, aux documents du chapitre 1, notamment le doc. 2 p. 16). Toutefois cette tendance à la hausse de l’activité économique sur le long terme a été assez heurtée au cours de ce siècle. La croissance n’a pas été « harmonieuse », mais au contraire marquée par des périodes de crise comme celle de 1929, de 1975 ou de 1993 (doc. 2 et 3). Ainsi, après la période de croissance «exceptionnelle» des trente glorieuses, on a vu apparaître des périodes de ralentissement, parfois très net, de la croissance du PIB (« Trente Piteuses »). Là aussi, on pourra se référer aux don- nées statistiques fournies par le doc. 2 p.16).

2. Les schémas explicatifs des fluctuations de la croissance

MANUEL, PAGES 46-49

A. dES cHocS d’oFFRE ET dE dEmAndE

• Document 10

22. Rappelez ce qu’est une perturbation (ou

un choc) exogène. Un choc exogène est un événement qui a des effets négatifs sensibles sur l’économie mais qui échappe au contrôle du gouvernement. Il peut s’agir d’une évolution défavorable des prix des produits de base (y compris le pétrole) ou d’une catastrophe naturelle, ou encore d’une perturba- tion des échanges commerciaux consécutive à un conflit ou à une crise dans des pays voisins.

23. À quel type de choc l’ouverture de la Chine

au commerce international correspond-elle ?

À un choc de demande positif.

Exercice d’application

a. Le point d’équilibre d’un marché est le point

où la courbe d’offre et la courbe de demande se

croisent.

b. Déplacement de la courbe de demande : D2 à la

suite d’un choc de demande positif, D3 à la suite d’un choc de demande négatif.

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D3 à la suite d’un choc de demande négatif. • 2 8 Déplacement de la courbe

Déplacement de la courbe d’offre : O2 à la suite d’un choc d’offre positif, O3 à la suite d’un choc d’offre négatif.

positif, O3 à la suite d’un choc d’offre négatif. • Document 11 24. Pourquoi la crise

• Document 11

24. Pourquoi la crise économique en Europe

peut-elle être considérée comme un « choc exo- gène » pour la Chine ? La crise économique en Europe peut être consi- dérée comme un « choc exogène » pour la Chine, car pour cette dernière la crise va se traduire par une diminution de la demande qui lui est adres- sée du fait de la compression de la demande en Europe ; cette crise correspond donc pour elle à un choc exogène de demande négatif.

25. Quel impact ce choc aura-t-il sur l’activité

économique en Chine ? Pourquoi ? Ce choc devrait se traduire par une diminution de l’activité économique, toutes choses égales par ailleurs.

• Document 12

26. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par la donnée entourée en rouge. En 2010, l’indice de la demande intérieure en Grèce s’élevait à 155, base 100 en 1990. Cela signifie que la demande intérieure grecque a aug- menté de 55 % entre 1990 et 2010.

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27. Rappelez ce qu’est le PIB « en volume ».

Le PIB en volume est un PIB déflaté en euros constants.

28. La variation de la demande est-elle corré-

lée à l’évolution du PIB en volume ? Il existe clairement une corrélation sur ce docu- ment entre l’évolution de la demande intérieure et celle du PIB en volume.

29. Présentez les mécanismes économiques

par lesquels une variation de la demande peut avoir un impact sur la variation du PIB. Une variation de la demande se traduit par une va- riation des commandes passées aux entreprises, qui les poussent à adapter leur niveau de production ; une variation positive de la demande devrait donc se traduire par une variation positive de la production, et vice et versa. Par extension, on peut en déduire qu’un choc de demande exogène positif a un impact positif sur l’activité économique, et vice et versa.

• Document 13

30. Montrez que le tsunami qui a touché le

Japon en mars 2011 peut aussi, au-delà de ses conséquences humaines dramatiques, être assimilé à un choc d’offre.

Le tsunami au Japon peut être assimilé à un choc d’offre, car il a entraîné la destruction d’entre- prises situées dans les zones côtières touchées. De plus, les dégâts humains dramatiques ont généré une diminution de la main d’œuvre poten- tiellement disponible.

31. Quelles conséquences ce choc peut-il avoir

sur l’activité économique ? Pourquoi ? Ce choc devrait avoir un effet récessif, car il s’assimile à un choc exogène d’offre négatif, qui se traduit par une translation vers la gauche de la courbe d’offre, ce qui signifie que pour un prix donné, la quantité produite a diminué.

B. dES cHocS dIvERS ET cumulATIFS

• Document 14

32. Calculez approximativement l’évolution

du prix du baril de Brent entre 1990 et 2011,

puis entre 2009 et 2001.

Le prix du baril de Brent a approximativement augmenté de 455 % entre 1990 et 2011, et de 85 % entre 2009 et 2011.

33. Présentez l’impact potentiel de cette aug-

mentation sur la demande, puis sur l’offre,

dans les pays importateurs de pétrole.

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A priori, cela devrait se traduire par une dimi-

nution de la demande de pétrole et par une aug- mentation de l’offre ; une telle évolution devrait permettre de rééquilibrer les prix sur des marchés libres.

• Document 15

34. À partir de ce document, expliquez quelles

peuvent être les conséquences d’une hausse du prix du pétrole sur l’activité économique d’un pays importateur de pétrole comme la France.

A priori, l’augmentation du prix du pétrole de-

vrait avoir plusieurs conséquences sur l’activité économique en France :

– une diminution du pouvoir d’achat des consom-

mateurs, qui devrait ce traduire par une baisse de la demande se portant sur d’autres produits, et donc par une baisse de l’activité économique ;

– une hausse des coûts de production des entre-

prises qui utilisent le pétrole comme matière pre- mière. Cette hausse peut se traduire soit par des hausse de prix, soit par des licenciements, ce qui dans les deux cas se traduira une fois de plus par une baisse de la demande et donc de l’activité ;

– la hausse des revenus des pays pétroliers peut

les amener à accroître leurs importations, et donc l’activité en France ;

– les autres pays importateurs de pétrole connaî-

tront eux aussi une contraction de leur demande, ce qui réduira nos exportations et donc notre activité.

L’impact global sur l’activité économique devrait être négatif.

• Document 16

35. Qu’est-ce qu’un risque de défaut ? Qu’est-

ce qu’une garantie hypothécaire ? Le risque de défaut correspond à la probabilité qu’un emprunteur ne rembourse pas son crédit.

36. Pourquoi, en période de récession écono-

mique, les banques peuvent-elles être amenées à réduire les crédits qu’elles accordent aux agents économiques ? En période de récession économique, les banques peuvent être amenées à réduire leur offre de cré- dit pour deux raisons : d’une part, elles peuvent elles-mêmes avoir subi des pertes et chercher à rétablir la solidité de leur bilan en diminuant les crédits risqués qu’elles émettent ; d’autre part, en période de récession, le risque de défaut des clients est plus important car les risques de pertes d’emplois sont plus élevés, ce qui peut conduire

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les banques afin de réduire leurs risques à offrir moins de crédits aux clients peu « sûrs ».

37. Proposez un schéma montrant, de manière

logique, comment la contraction des crédits bancaires peut donner lieu à son tour à un ralentissement encore plus marqué de l’acti- vité économique. Ralentissement de l’activité contraction des crédits contraction de la demande ralen- tissement économique encore plus marqué ; on entre alors dans un cercle vicieux.

• Document 17

38. Le graphique a valide-t-il l’idée selon la-

quelle, en période de crise, les banques sont moins disposées à accorder des crédits à leurs clients, comme l’énonce la théorie du cycle du crédit ?

Le graphique de gauche valide l’idée qu’en période de crise, les banques sont moins disposées à ac- corder des crédits à leurs clients, comme l’énonce la théorie du cycle du crédit. En effet, il montre que le pourcentage des banques qui durcissent leurs conditions d’octroi de prêts, c’est-à-dire qui rendent plus contraignantes les conditions qui per- mettent à un client de pouvoir obtenir un crédit, augmente depuis 2008, date du début de la crise.

39. Y a-t-il un lien sur le graphique b entre

l’évolution du PIB en volume et l’évolution des crédits accordés par les banques ? Oui. Cependant, on s’aperçoit qu’à partir du milieu des années 1990, les variations des cré- dits accordés sont plus que proportionnelles aux variations du PIB en volume.

40. Cela valide-t-il la théorie du cycle du cré-

dit ? Pourquoi ? Cela semble valider la théorie du cycle du crédit, au sens où en période de crise économique (par exemple sur le graphique b entre 2000 et 2002 et depuis 2008), les banques réduisent la croissance des crédits qu’elles accordent.

• Pour argumenter

Les chocs d’offre peuvent générer des fluctua- tions économiques, car ils engendrent des dimi- nutions ou hausses brusques des capacités de production des entreprises. Si le choc est transitoire, il génèrera une fluctua- tion temporaire le long de la tendance de long terme ; s’il est durable il changera, le PIB poten- tiel et donc la croissance de long terme.

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3. Le rôle des politiques macro économiques pour gérer les fluctuations économiques

MANUEL, PAGES 50-53

A. lA PolITIquE BudgÉTAIRE

• Document 18

41. Qu’est-ce qu’une politique contracyclique ?

Une politique contracyclique est une politique économique qui cherche à empêcher les fluctua- tions d’activité économique, ou à en réduire l’am- pleur. Ainsi, elle consiste à stimuler l’activité éco- nomique lorsque celle-ci a tendance à ralentir, et inversement à la freiner lorsqu’elle « s’emballe ».

42. En période de récession économique, vaut-

il mieux mettre en place des politiques contra- cycliques ou procycliques ? Pourquoi ? En période de récession, il peut paraître préfé- rable de mettre en place des politiques contra- cycliques, afin d’amortir les fluctuations éco- nomiques (et réduire ainsi l’ampleur de cette récession).

Exercice d’application

a. Récession économique ➞ ➚ des dépenses

publiques et des recettes publiques Déficit public ➞ ➚ de la demande adressée aux agents

économiques et de la production des entre- prises pour répondre à cette demande ➞ ➘ des dépenses publiques et ä des recettes publiques Excédent public Financement du déficit antérieur.

b. En cas de récession, le déficit public peut jouer

le rôle de « stabilisateur automatique », puisque

l’accroissement des dépenses publiques (et la réduction des recettes publiques : prélèvements obligatoires) va stimuler la demande, donc la production, ce qui devrait permettre de stimuler la croissance ou au moins de réduire l’ampleur de la récession.

• Document 19

43. Rédigez une phrase présentant l’information

apportée par les données entourées en rouge. En 2008, en France, le PIB a augmenté de 0,1 %. La même année, le solde public (différence entre les recettes et dépenses publiques) en France était déficitaire ; ce déficit représentait l’équivalent de 3,4 % de son PIB. Toujours en France en 2008, l’impulsion budgétaire a été de 0,3 points de PIB, c’est-à-dire que l’impact délibéré des politiques

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budgétaires mises en place ont participé à hauteur de 0,3 point à la croissance du PIB (autrement dit, sans cette impulsion budgétaire, le PIB aurait diminué en 2008 de 0,2 %).

44. Quelle est la signification d’une impulsion

budgétaire négative ? Une impulsion budgétaire négative (cas par exemple en France en 2001, 2005 et 2006) si- gnifie que la politique budgétaire menée par les pouvoirs publics a participé à la baisse du PIB. Cela sous-entend donc l’existence de politiques budgétaires globalement restrictives.

45. Durant les années 2000, les politiques bud-

gétaires ont-elles été favorables à la croissance économique ? Depuis 2000, on peut effectivement dire que les politiques budgétaires menées en France, dans la zone euro et aux États-Unis ont eu des effets positifs sur la croissance (cas où l’on peut voir des impulsions budgétaires positives). Toutefois, les années 2005 à 2007 sont marquées dans ces 3 pays/zones par des politiques budgétaires in- fluençant négativement la croissance (sauf pour la France en 2007). On peut aussi noter que la crise amorcée en 2008 s’est concrétisée (dans un premier temps) par des politiques budgétaires de relance, que l’on peut voir au travers des impul- sions budgétaires qui redeviennent positives.

• Document 20

46. Sur quels éléments du budget les pouvoirs

publics peuvent-ils intervenir afin de relancer l’activité économique ?

Afin de relancer l’activité économique, les pouvoirs publics peuvent mener des politiques budgétaires expansionnistes en stimulant les dé- penses publiques d’une part, et en réduisant les prélèvements obligatoires d’autre part.

47. Relevez les différentes mesures budgétaires

prises dans les pays de l’OCDE pour faire face à la récession depuis 2008. Pour faire face à la récession débutée en 2008, selon l’OCDE, les pays sont majoritairement intervenus en réduisant les impôts : c’est le cas des États-Unis où « la relance a été entière- ment axée sur les réductions d’impôts ». Ainsi, nombre de gouvernements ont mis en place des mesures d’allègements d’impôt sur le revenu, et/ou d’impôt sur les sociétés. Plus rarement (c’est le cas seulement du Royaume-Uni), il a

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été décidé de réduire la TVA. En complément, et dans des proportions variables selon les pays (par exemple aux États-Unis en 2009, le nouveau plan de relance prévoyait 500 milliards de $ de dépenses publiques et 287 milliards de $ d’allè- gements fiscaux), les dépenses publiques se sont accrues : investissements publics, transferts so- ciaux en direction des ménages, subventions aux entreprises.

B. lA PolITIquE monÉTAIRE

• Document 21

48. À l’aide de vos acquis de 1 re , expliquez

quels sont les outils à la disposition des Banques centrales pour agir sur les fluctua- tions économiques. Les banques centrales ont à leur disposition di- vers instruments pour mener la politique moné- taire. Elles peuvent d’une part influencer les taux d’intérêt en relevant ou réduisant leurs taux direc- teurs, c’est-à-dire principalement les taux d’inté- rêt auxquels les banques de second rang peuvent se refinancer. Les banques centrales ont aussi la possibilité d’intervenir sur le marché interban- caire par l’achat ou la vente de titres, influençant ainsi à la hausse ou à la baisse les taux d’intérêt qui y soit pratiqués (politique dite d’open mar- ket). Enfin, les banques centrales peuvent aussi fixer un taux plus ou moins élevé de réserves obligatoires, à savoir un pourcentage de leurs encours de dépôts que les banques ont l’obliga- tion de constituer auprès de la banque centrale.

49. Comment nomme-t-on une politique moné- taire visant à soutenir l’activité économique ? une politique monétaire cherchant en priorité à contenir l’inflation ?

Une politique monétaire de relance (ou expansion- niste) vise à soutenir l’activité économique, alors qu’une politique monétaire de rigueur (ou restric- tive) cherche prioritairement à contenir l’inflation.

50. Expliquez la phrase soulignée.

Pour faire face à la crise contemporaine, les banques centrales ont parfois eu recours à des mesures non conventionnelles (c’est-à-dire dif- férentes de celles présentées à la question 48), notamment en injectant des liquidités auprès des banques par l’acquisition de titres. Cette injection de liquidités est considérée par certains comme potentiellement génératrice d’inflation. En effet, en mettant en place de telles mesures, on accroît

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les liquidités des banques, on leur permet alors d’accorder davantage de prêts à leurs clients (ménages et entreprises). Or, si cela est censé stimuler l’activité économique (via la consom- mation et l’investissement), le risque existe pour certains économistes que la quantité de monnaie en circulation progresse trop vite (plus rapide- ment notamment que la production), générant alors une progression du niveau général des prix.

• Document 22

51. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par les données de 2011. En 2011, le PIB en valeur (non déflaté) dans la zone euro a progressé d’environ 3,5 %. La même année, le taux directeur (taux repo) de la BCE s’élevait à environ 1 %. 52. Caractérisez le niveau du taux Repo jusqu’en 2008. Quel était l’objectif de la BCE sur cette période ? Jusqu’en 2008, le taux Repo oscillait entre 2 % et 4,5 %. Le niveau relativement élevé de ces taux révélait l’objectif principal de la BCE : contenir l’inflation. En effet, en fixant des taux directeurs élevés, on cherche à désinciter à l’emprunt, donc à limiter la création monétaire et la progression du niveau général des prix.

53. Comment le taux Repo a-t-il évolué depuis

2008 ? Comment pouvez-vous expliquer cette évolution ? Depuis 2008, le taux Repo, principal taux direc- teur des banques centrales, a nettement diminué, passant de plus de 4 % début 2008 à environ 1 %. Ceci traduit une orientation nouvelle de la poli- tique monétaire menée par la BCE : face à la ré- cession mondiale, et au sein de la zone euro (taux de croissance à la baisse, parfois même négatifs), la BCE a assoupli sa politique monétaire afin de stimuler la croissance.

Exercice d’application

Mesures non conventionnelles : hausse de tous les indicateurs sauf le chômage, en baisse. Mesures conventionnelles : baisse des deux indicateurs. Risque : hausse du niveau général des prix.

• Document 23

54. En quoi consistait la politique monétaire

chinoise jusqu’en décembre 2011 ? Quels étaient ses objectifs ? Jusqu’en décembre 2011, la Banque centrale chinoise menait une politique monétaire de rigu-

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eur qui visait à maîtriser une inflation jugée trop importante. Ainsi, elle avait tendance jusqu’à cette date à relever ses taux directeurs. 55. Quels sont les changements de poli- tique monétaire annoncés par les autorités chinoises ? Depuis, la politique monétaire chinoise poursuit des objectifs un peu différents en voulant faire face à des signes de ralentissement de la crois- sance chinoise. Dès lors, on cherche à stimuler davantage le crédit, en réduisant par exemple le taux de réserves obligatoires.

• Pour argumenter

Afin de contenir l’inflation, les pouvoirs publics peuvent mener des politiques conjoncturelles restrictives :

– l’outil principal demeure la politique moné-

taire : par le maintien des taux directeurs et des taux de réserves obligatoires à des niveaux élevés, les banques centrales peuvent agir sur les taux d’intérêt et donc restreindre la quan- tité de monnaie en circulation, maîtrisant ainsi

l’inflation ;

– la politique budgétaire peut aussi viser, plus

indirectement, cet objectif. En effet, en cherchant à réduire le déficit budgétaire, on permet aussi de réduire la dette publique et son financement (potentiellement source d’inflation).

Travaux dirigés : déflation et budget en période de crise

MANUEL, PAGES 54-55

Td 1 : dÉFlATIon ET cRISES ÉconomIquES

• Document 1

1. Les phrases suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Justifiez vos réponses.

a. La désinflation signifie une période de baisse

des prix. Faux : la désinflation désigne une baisse du taux d’inflation, c’est-à-dire une progression moins rapide du niveau général des prix, mais

celui progresse malgré tout.

b. On parle d’inflation négative en période de

déflation. Vrai : la déflation correspond à une baisse du niveau général des prix, le taux d’infla-

tion est donc négatif.

c. L’inflation correspond à une diminution du

pouvoir d’achat de la monnaie. Vrai : en pé- riode d’inflation, le niveau général des prix pro-

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

gresse, ce qui signifie qu’avec une même quantité de monnaie on peut acquérir moins de biens et services aujourd’hui qu’hier. Le pouvoir d’achat de la monnaie diminue donc. d. « Désinflation » et « déflation » sont syno- nymes. Faux : la désinflation correspond à une progression moins rapide du niveau général des prix, alors que la déflation désigne une baisse du niveau général des prix.

• Document 2

2. La France a-t-elle connu, depuis le milieu du

XX e siècle, des périodes de déflation ?

Depuis 1950, on note une seule période de défla- tion en France : au milieu des années 1950, où l’indice moyen annuel des prix à la consomma- tion à diminué. Sur toutes les autres périodes, cet indice des prix connaît une progression, même si pour certaines dates (comme en 2010), on est assez proche de la déflation (taux de variation de l’indice des prix quasiment nul).

3.

Comment caractériseriez-vous la situation

en

France depuis les années 1980 ?

Depuis les années 1980, on a assisté en France a une tendance très nette à la désinflation : alors que l’inflation annuelle était supérieure à 10 % au

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

début des années 1980, elle a fortement diminué au cours de cette décennie pour atteindre envi- ron 3-4 % au début des années 1990. Par la suite, l’inflation est stabilisée à un faible niveau (aux alentours de 2 %).

• Document 3

4. Le Japon a-t-il connu une période de défla-

tion depuis les années 2000 ? Justifiez votre réponse. Depuis les années 2000, le Japon a connu de nombreuses périodes de déflation : on peut même dire que la norme est la déflation, les périodes « d’exception » étant celles, beaucoup plus rares, où le taux d’inflation est positif. Ainsi, de 2000 à 2006, les taux d’inflation sont négatifs (jusqu’à presque moins 2 % courant 2002), sauf fin 2004. Depuis 2005, tout en restant la plupart du temps négatifs, les taux d’inflation sont plus proches de zéro. Ce n’est que depuis 2008 qu’on peut noter un retour de l’inflation, avec des taux qui atteignent plus de 2 % début 2008.

5. Représentez sous forme de schéma, pour

chacun des trois mécanismes présentés dans le texte, les conséquences négatives de la défla- tion sur l’activité économique.

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6. Pourquoi une crise économique peut-elle se traduire par une diminution des prix ? Une

6. Pourquoi une crise économique peut-elle se traduire par une diminution des prix ? Une crise économique peut se traduire par une diminution des prix si elle se caractérise par un effondrement de la demande globale et donc une contraction de l’activité. Cette baisse de la demande agrégée oblige les producteurs à bais- ser leurs prix. Une fois la baisse des prix enga- gée, l’économie court le risque du déclenche- ment d’une spirale déflationniste. La question des anticipations est ici centrale : anticipant une nouvelle baisse des prix, les ménages repoussent leurs dépenses de consommation et les entre- prises reportent leur décision d’investissements, accentuant ainsi la baisse de la demande agrégée. Cet arbitrage en faveur de l’épargne aggrave le

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ralentissement économique, renouvelant ainsi la pression à la baisse sur les prix. Parallèlement, un mécanisme de déflation par la dette peut s’enclencher : la déflation alourdit le poids de la dette des emprunteurs en termes réels, surtout si ceux-ci se trouvent dans une situation de suren- dettement au départ.

Td 2 : lE BudgET EuRoPÉEn EST-Il AdAPTÉ PouR luTTER conTRE lES cRISES ÉconomIquES ?

• Document 1

1. Qu’est-ce qui différencie le budget européen

de celui des États européens ? Le budget européen est un budget propre à l’Union européenne, indépendant des budgets nationaux.

2. À quoi est-il destiné ?

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

Il permet de financer des dépenses spécifiques à l’UE, telles que celles relatives à la Politique Agricole Commune (PAC). Il sert aussi à dyna- miser la croissance économique et à renforcer la cohésion dans les États membres. En 2011, il représentait 141,9 milliards d’euros, répartis entre les pôles « Cohésion et compétitivité pour la croissance et l’emploi » (45 %), «Aides directes et dépenses de marché » (31 %), « Développement rural » (11 %), «Administration » (6 %), « UE en tant qu’acteur mondial » (6 %), « Citoyenneté, liberté, sécurité et justice » (1 %).

• Document 2

3. Le budget européen est-il d’une taille suf-

fisante au niveau européen pour être utilisé comme instrument de relance de l’activité économique en cas de crise ? Le budget européen représentant à peine 1 % du PIB européen, le Budget européen est clairement d’une taille insuffisante au niveau européen pour être utilisé comme instrument de relance de l’activité économique en cas de crise. Ce n’est d’ailleurs pas sa fonction.

4. Selon vous, pourquoi les États européens ne

souhaitent-ils pas augmenter collectivement la

taille de ce budget ?

Les États européens ne souhaitent pas collecti- vement augmenter la taille de ce budget, car cela induirait deux choses : d’une part une augmenta- tion des prélèvements européens sur les budgets nationaux, alors même que les États cherchent actuellement à réduire leurs déficits publics ; d’autre part, cette augmentation induirait un renforcement des pouvoirs de l’UE au détriment des États nationaux, ce qui correspondrait par une remise en cause de leur souveraineté.

5. Dans ce cadre, comment une politique bud-

gétaire expansive est-elle possible en Europe ? Une politique budgétaire expansive ne peut pas dans l’état actuel des choses être mise en place à l’échelle européenne. Par contre, si tous les pays européens décidaient en même temps de mettre chacun en place une politique budgétaire expan- sionniste au niveau national, cela se traduirait de facto par une relance au niveau européen.

• Document 3

6. Rappelez ce qu’est la TVA.

La TVA est la taxe sur la valeur ajoutée ; elle est payée par les consommateurs lorsqu’ils achètent

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un bien ou un service et représente un pourcen- tage du prix de vente hors taxe. 7. Comment la structure des recettes du bud- get européen a-t-elle évolué depuis 2000 ? La structure des recettes du budget européen à évolué depuis 2000 ; la part provenant des res- sources TVZ a diminué de 27 points, tandis que celle provenant des ressources liées à des prélè- vements sur le revenu national brut des nations a augmenté de 35 points.

Sujets Bac

MANUEL, PAGES 59-61

dISSERTATIon

I. Les outils / les mesures prises en matière

budgétaire :

A. Les allègements fiscaux.

B. L’accroissement des dépenses publiques.

C. Le déficit budgétaire et grand emprunt.

II. Les résultats

A. Des effets positifs :

– « Une action rapide et concertée des politiques

économiques a permis d’éviter que se reproduise l’épisode de 1929 » (doc. 4).

– L’impact de l’impulsion budgétaire.

B. Les limites de telles politiques budgétaires :

– Un coût non négligeable (doc. 4) : les déficits se

creusent ainsi que les dettes publiques. – Des effets variables selon les pays : si la France et les États-Unis, globalement sur la période 2007-2011, ont réussi à maintenir une croissance positive (certes nulle pour la France), ce n’est pas le cas de nombreux autres pays, à l’instar par exemple de l’Italie (baisse du PIB de 4,1 %) ou encore du Japon (baisse de 2,8 %), et ce malgré des politiques budgétaires expansionnistes.

Conclusion : rôle contracyclique non négligeable des politiques budgétaires actives pour faire face à la crise. Cependant, il faut noter aussi le rôle des politiques monétaires (doc. 4 : « assouplisse- ment monétaire sans précédent »).

ÉPREuvE comPoSÉE

• Partie 1 : mobilisation de connaissances question 1

Une politique monétaire restrictive vise priori- tairement à contenir l’inflation. Les objectifs de

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la politique monétaire peuvent être atteints via principalement 3 types de mesures/instruments :

hausse des taux d’intérêt directeurs (taux de refi- nancement par lequel la banque centrale influe sur les taux d’intérêt pratiqués par les banques, et donc sur le volume des crédits distribués par ces dernières) ; hausse du taux de réserves obli- gatoires (dépôts obligatoires que les banques doivent constituer auprès de la banque centrale) ; intervention de la Banque centrale sur le marché interbancaire en y vendant des titres, et donc en y faisant varier à la hausse les taux d’intérêt.

question 2

Un choc d’offre désigne une perturbation exo- gène qui affecte le lien entre capacité de produc- tion et prix ; il s’agit donc d’une modification de l’environnement économique qui engendre une modification positive ou négative de l’offre (on parlera respectivement de choc d’offre positif et de choc d’offre négatif). Par exemple, un choc pétrolier va modifier le prix des inputs (à la hausse), et donc affecter les prix de vente à quantité donnée (cas de choc d’offre négatif). Dans ce cas, on va assister à une translation vers le haut et la gauche de la courbe d’offre, et donc toutes choses égales par ailleurs

à une hausse du prix d’équilibre sur le marché en

question. Un choc d’offre négatif peut aussi être

illustré par le Tsunami de mars 2011 au Japon :

il a engendré des conséquences importantes sur

la structure productive du pays (destruction, en- dommagement de nombreux sites productifs), et

a donc réduit significativement l’offre.

Inversement, on peut illustrer un choc d’offre positif par l’introduction de l’informatique dans les proces- sus de production, générant des gains de producti- vité. Les coûts unitaires de production diminuant, toutes choses égales par ailleurs, l’offre est stimulée (la courbe d’offre se déplace vers le bas et la droite).

• Partie 2 : Étude d’un document

Ce document est un tableau fournissant des données statistiques issues de l’Insee, du CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) et de l’OFCE (Observatoire fran- çais des conjonctures économiques). Ce tableau nous présente les périodes (depuis le XX e siècle) au cours desquelles la France a connu une réces- sion (ici baisse, exprimée en % variation du PIB et du PIB par tête).

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Depuis le début du XX e siècle, la France a connu 11 années pendant lesquelles son PIB (et son PIB par habitant) a diminué. On peut schématique- ment distinguer 4 grandes périodes. La première (sûrement la plus importante par sa durée et son ampleur) a eu lieu pendant les années 1920-1930. Plus particulièrement, on peut remarquer 5 années consécutives de baisse du PIB de 1930 à 1935 (grande dépression), avec une baisse particulièrement marquée pour 1932 :

recul de 8,8 % sur un an du PIB et du PIB par habitant. Il faut attendre ensuite la fin des Trente Glorieuses (1975) pour retrouver une croissance négative (baisse de 1 % du PIB). Malgré une croissance modérée dans les an- nées 1970 et 1980, la croissance reste positive jusqu’en 1993, où le PIB diminue de 0,9 %. Enfin, la dernière année de récession en France est 2009, avec une baisse de 2,5 % du PIB. On peut donc souligner que la crise des années 1930 est particulièrement importante par rap- port aux périodes de récession depuis les années 1970 : non seulement c’est une récession qui dure dans le temps, mais aussi c’est une récession où le PIB diminue de manière significative (baisses du PIB de plus de 3 % sur plusieurs années). Inversement, les périodes de crise plus récentes sont plus temporaires (une année), et leur am- pleur est plus limitée (sauf peut-être pour 2009).

• Partie 3 : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire

Introduction: l’activité économique est loin d’être harmonieuse, mais est au contraire marquée par des fluctuations économiques parfois importantes

(doc. 3 : alternance de périodes de forte croissance

– comme en 1950 avec plus de 8 % de progression

du PIB en volume – et des périodes de croissance relativement faible comme depuis les années 2000, où le PIB en volume ne progresse que de 2 % envi- ron – voire même des périodes de baisse du PIB – comme en 1975 ou 1993). Ces fluctuations peuvent en partie s’expliquer par l’existence de chocs de demande tant positifs (I) que négatifs (II)

I. Les chocs de demande positifs participent aux fluctuations économiques…

– Rappels : définition d’un choc de demande

positif ; effets sur le déplacement de la courbe

de demande.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

– Exemple : (doc. 1) évolution du prix du blé (en

volume) à la baisse (sur la période 1973-2005 par exemple le prix réel sur les marchés mondiaux est passé d’environ 675 $ la tonne à environ 190 $, soit une baisse de presque 72 %) à hausse de la demande de blé et de produits incorporant cette denrée. Les effets sont alors bénéfiques en termes de croissance.

– Autre exemple (connaissances personnelles) :

effets positifs de la réunification allemande sur la demande globale, stimulant alors la croissance.

II. … de même que les chocs de demande négatifs

– Rappels : définition choc de demande néga-

tif ; effets sur le déplacement de la courbe de demande.

– Exemple (doc. 2) : la crise asiatique de la fin des années 1990 (de la même manière que celle au

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

Mexique en 1994) constitue un choc de demande négatif pour les pays qui exportent vers ces pays. En effet, la baisse de la valeur des monnaies asia- tiques renchérit le prix de leurs importations, et induit alors une baisse des exportations des pays avec lesquels ils commercent traditionnelle- ment (cas en particulier de l’Allemagne à cette époque). Les exportations étant une composante de la demande, cette crise a engendré une réduc- tion de la demande globale en Europe, et parti- cipé à la réduction de la croissance (estimée à 0,4 points pour l’Allemagne, et 0,15 points de croissance pour la France). – Autre exemple (connaissances personnelles) :

la crise de la « vache folle » entraîna un choc de demande négatif pour le secteur bovin dans les pays touchés.

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