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CHAPiTRE

3 Quels sont les fondements de la mondialisation du commerce et de la production ?

MANUEL, PAGES 62-87

But pédagogique et structure du chapitre

• Ce chapitre répond au point 2.1. du programme.

Son plan reprend les trois éléments distingués dans les indications complémentaires du pro- gramme : la première partie présente l’évolution du commerce mondial et les facteurs qui ont favorisé le développement de ce commerce ; la seconde partie est centrée sur les avantages et les inconvénients des échanges internationaux ; la troisième partie porte sur la mondialisation de la production.

• La montée des échanges propose des données

montrant les traits saillants de la mondialisa- tion : un commerce mondial qui augmente plus rapidement que la production, essentiellement concentré sur les produits manufacturés, alors que la mondialisation des services progresse lentement. Le commerce mondial se fait prin- cipalement entre l’Asie, l’Amérique du nord et l’Europe, surtout si les échanges internes à ces zones sont soustraits. Parmi les grandes nations, le fait essentiel des dernières années est la montée fulgurante de la Chine.

• L’origine de la mondialisation réside dans les

progrès des transports et la libéralisation admi- nistrative. Concernant les transports, un docu- ment est consacré à la révolution que provoque le transport en conteneur, même si la diminution du coût unitaire de transport est difficile à mesu- rer sur la longue durée. De même, les éléments manquent concernant l’évolution spectaculaire du prix des communications téléphoniques (au- jourd’hui pratiquement nul).

• La partie consacrée aux avantages et inconvé-

nients de l’échange débute logiquement par la présentation de l’avantage comparatif. L’exercice proposé, inspiré de la présentation du manuel de Paul Krugman et Maurice Obstfeld, se situe donc

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dans une optique néoclassique et non classique :

ce sont les calculs microéconomiques qui mènent

à la spécialisation et à l’échange. La nouvelle

théorie du commerce international est présentée

rapidement.

• La seconde sous-partie est plus empirique. Est

précisé le rôle souvent sous-estimé des échanges de techniques. L’examen du lien empirique entre ouverture et croissance est peu probant. La sous- partie consacrée au protectionnisme rappelle les principaux arguments théoriques en faveur du protectionnisme, les instruments des politiques protectionnistes, alors que l’exemple de la poli- tique sucrière illustre la difficulté de mener des politiques favorables à l’intérêt général.

• La mondialisation de la production est estimée

sur le plan statistique. Un exemple est fourni avec

le TD1. Concernant les choix de localisation, l’accent est mis sur la diversité des facteurs, qui sont loin de se résumer à la question des coûts salariaux. Les effets sur l’emploi sont également étudiés dans le TD2.

liens avec d’autres chapitres

Dans la tradition de J. A. Schumpeter, il est utile de penser la mondialisation comme une forme d’innovation. Le lien avec le chapitre 1 est donc fort. Bien entendu, le chapitre 3 est également lié au chapitre 4, qui en est le prolongement. Le chapitre 5 peut aussi être rapproché du chapitre 3, la construction européenne répondant en partie

à une logique d’ouverture commerciale. La ques-

tion des instruments de la politique climatique, envisagée dans le chapitre , est également liée à la question de la mondialisation. Enfin, les questions des inégalités et des poli- tiques redistributives, abordées dans les chapitres 12 et 13, doivent prendre en compte les effets de la mondialisation.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

Réponses aux questions

ouvERTuRE dE cHAPITRE

MANUEL, PAGES 62-63

• Document 1

Quel message ces photographies transmet- tent-elles ? Ces photographies illustrent le haut degré d’in- tégration de l’économie française à l’économie mondiale, ainsi que les difficultés qu’entraînerait un retour en arrière, car il serait bien difficile de se passer des produits importés.

• Document 2

Qu’apporte la révolution des transports maritimes ? Cette révolution, autour du container, a réduit dans des proportions considérables le coût du transport maritime international. Elle a donc rap- proché les marchés les uns des autres et rendu possible l’arbitrage entre les territoires pour loca- liser la production.

• Document 3

Commentpeut-onexpliquerlapeurdelamondia-

lisation ? La mondialisation semble mettre en concurrence les salariés de France et du reste du monde, fai- sant pression à la baisse sur les salaires et entraî- nant du chômage. Cette impression est favorisée par le fait que les emplois perdus du fait de délo-

calisations se voient davantage que les emplois gagnés par l’exportation ou par l’installation en France de filiales d’entreprises étrangères, sans parler des apports pour le consommateur des pro- duits importés.

1. Une analyse du commerce mondial

MANUEL, PAGES 64-67

A. lA monTÉE dES ÉcHAngES

• Document 1

1. Calculez le montant des exportations de

biens et services en 2010. 9 479 + 2 398 = 11 877. Les exportations de biens et services représentent 11 877 milliards de dol- lars en 2010.

2. Que mesure le rapport exportations/PIB ?

Ce rapport mesure la part de la production qui est exportée. C’est donc un indicateur de l’ouver- ture de l’économie nationale sur l’extérieur. Il peut aussi s’interpréter comme une mesure de la dépendance de la production nationale à l’égard de la demande mondiale. Notons cependant que le taux d’ouverture est plus souvent mesuré par la demi-somme des importations et des exportations rapportée au PIB.

3. Calculez le rapport exportations/PIB pour

chacune des années.

 

Exportations de

Exportations de services (2)

 

Exportations de biens et services [(1)+(2)] (4)

Rapport [(4)/(3)

marchandises (1)

 

PIB (3)

x 100]

1950

 

298

 

5

330

 

298

5,59

1960

 

624

 

8

440

 

624

7,39

1970

1

419

 

13

769

1

419

10,31

1980

2

367

451

20

048

2

818

14,06

1990

3

455

820

27

122

4

275

15,76

2000

6

456

1 531

36

502

7

987

21,88

2010

9

479

2 398

45

262

11 877

26,24

4. L’ouverture aux échanges a-t-elle augmenté? S’est-elle accélérée ? Justifiez vos réponses. Chaque année, l’ouverture mesurée par le rapport des exportations à la production est plus élevée qu’elle n’était dix ans auparavant. Il y a donc bien

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

augmentation de l’ouverture. Celle-ci semble s’être accélérée, puisque l’ouverture a progressé de plus de dix points entre 1990 et 2010, plus qu’au cours des intervalles de temps de même durée qui ont précédé.

39

Document 2

5.

Comment peut-on produire à Bombay des

services juridiques vendus à des firmes situées aux États-Unis ?

Les services juridiques délocalisés sont surtout les tâches routinières : rédaction de notes, de lettres, d’argumentaires, de protocoles d’accord, souvent fondés sur des recherches dans les textes légaux et dans la jurisprudence. Il est tout à fait possible de faire ce travail à distance et de le transmettre. Seule la plaidoirie nécessite la pré- sence physique du juriste.

6. Quelle raison pousse les firmes américaines

à acheter des services à des cabinets indiens ?

Les dépenses de services juridiques ont explosé ces dernières années aux États-Unis. Les entreprises cherchent donc à réduire leur facture. Or, les cabi- nets d’avocats faisaient des marges considérables sur les tâches routinières, facturées comme des services très qualifiés. Les entreprises clientes ont donc séparé les tâches très qualifiées et les tâches routinières, confiant ces dernières à des entreprises de pays où le travail juridique est moins coûteux.

7. Selon vous, pourquoi les entreprises fran-

çaises achètent-elles peu de services juridiques

à l’étranger ?

Les dépenses de services juridiques sont certaine- ment moins élevées en France qu’aux États-Unis. Mais surtout, il est plus difficile de trouver des juristes connaissant le français et le droit fran- çais et opérant dans des pays où le travail est bon marché. Peut-être une telle offre pourrait-elle se développer dans certains pays africains.

• Document 3

8. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par les données de l’année 2009.

Les exportations mondiales de biens com- prennent moins de 10 % de produits agricoles, 20 % d’énergie et de minerai et plus de 70 % de produits manufacturés.

9. Quels facteurs peuvent expliquer les varia-

tions de la part des exportations d’énergie et minerais ? La principale explication de cette instabilité ré- side dans l’ample mouvement des prix relatifs de ces produits, lié à des facteurs politiques et à la spéculation sur les marchés à terme. La chute constatée en 1985-86 correspond au contre-choc pétrolier, par exemple.

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• Document 4

10. Quelles sont les principales évolutions de

la structure des échanges entre 1967 et 2008 ?

Le principal mouvement est la diminution du poids des pays occidentaux au profit de l’Asie orientale. De ce point de vue, l’Europe résiste mieux que l’Amérique du Nord, dont la part dans les exportations mondiales a violemment chuté.

11. La répartition des échanges justifie-t-elle

l’idée du consultant Kenichi Ohmae selon laquelle l’économie mondiale est dominée par trois régions, qu’il appelle la Triade ? En 2008, la Triade réalise 78 % des exportations mondiales, total en hausse par rapport à 1967. La polarisation du commerce mondial autour de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie orientale est donc confirmée.

• Document 5

12. Quelle part des exportations mondiales

l’Union européenne, les États-Unis et la Chine réalisent-ils à eux seuls en 2010 ? Les trois zones réalisent environ 11,7 % + 10,1 % + 8,2 % = 30 % des exportations mondiales.

13. Quelles sont les principales évolutions en-

registrées au cours du dernier quart de siècle ? Parmi les pays qui dominent le commerce mon- dial, le Japon est le premier à connaître un fléchis- sement (dû à la révélation du yen, puis à la crise économique). Sa part des exportations mondiales est divisée par deux entre 1985 et 2010. Les États-Unis et l’Union européenne connaissent une baisse plus limitée et plus tardive, dans les années 2000, ce qui correspond à l’affirmation de la Chine, dont la part a triplé en dix ans. La progression des autres pays émergents est plus limitée.

B. à l’oRIgInE dE lA mondIAlISATIon

• Document 6

14. Quels avantages procure le fait que le

conteneur soit multimodal ? qu’il soit toujours de la même dimension ? qu’il soit fermé ? Le fait que le conteneur soit multimodal réduit dans des proportions considérables la durée et le coût des opérations de manutention nécessaires pour passer du bateau au train ou au camion. Aux États-Unis, par exemple, faire passer les mar- chandises du bateau au camion prenait autant de temps que d’aller de Los Angeles à Denver.

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La standardisation des dimensions est nécessaire pour que les containers puissent passer facile- ment d’un moyen de transport à un autre et pour pouvoir les empiler efficacement dans une cale, sans perte de temps ni d’espace et sans déséqui- librer la cargaison. Elle a permis d’investir dans l’achat de wagons et de grues adaptés. Le container fermé évite les vols qui se produi- saient tout au long du transport et notamment dans les ports. C’est également une sécurité par rapport aux importations illégales. Après le 11 septembre 2001, les États-Unis ont voulu scanner les conteneurs arrivant de certaines régions, mais ont abandonné cette idée, car elle aurait freiné le commerce international dans des proportions importantes.

15. Transporter un conteneur de l’Asie vers

l’Europe ou l’Amérique du Nord coûte envi- ron 1 000 a . Sachant que le volume intérieur d’un conteneur est d’environ 32 m 3 et qu’un téléphone cellulaire valant 200 a , avec son emballage, occupe environ 2 dm 3 , quelle part du prix du téléphone représente le transport par bateau ?

Dans un conteneur standard de 20 pieds, il est possible de ranger environ 32 000/2 = 16 000 téléphones, d’une valeur de 3,2 millions d’euros. Le transport représente donc 1 000 / 3 200 000 x 100 = 0,003 % du prix du téléphone. C’est donc une part totalement négligeable.

16. Quels changements dans les échanges cette

innovation a-t-elle entraînés ? Il devient possible de produire dans toutes les régions du monde qui sont équipées en ports efficaces pour vendre dans le monde entier. La concurrence entre territoire est généralisée, ce qui permet d’optimiser la répartition géographique de la production et de faire entrer de nouvelles régions dans l’économie mondiale.

• Document 7

17. Rédigez une phrase présentant l’informa-

tion apportée par le chiffre entouré en rouge.

En 1980, l’Allemagne prélève des droits de douane représentant en moyenne 8 % du prix des marchandises importées.

18. Par combien, en moyenne, les droits de

douane ont-ils été divisés entre 1950 et 1980 ? En moyenne, les droits ont été divisés par presque 3 pour les pays européens cités.

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19. Comment expliquez-vous que les droits de

douane soient au même niveau dans les trois pays en 1980 ? C’est évidemment l’union douanière réalisée entre les pays de l’Union européenne qui ex- plique cette identité.

• Document 8

20. Dans quel groupe de pays les droits de

douane sont-ils le plus élevés ? Comment peut-

on l’expliquer ?

Ce

sont les pays les moins avancés qui pratiquent

les

droits les plus élevés. On peut l’expliquer par

la nécessité pour ces pays de protéger des activi-

tés locales qui résisteraient mal à la concurrence

étrangère.

21. Comment peuvent se justifier les droits

élevés constatés pour les produits agricoles ? Les produits agricoles sont particulièrement pro- tégés parce que les gouvernements sont particu- lièrement sensibles aux pressions des agriculteurs en faveur de cette protection et parce que les pro- duits agricoles sont souvent considérés comme stratégiques pour l’indépendance nationale.

• Document 9

22. Les États-Unis ont-ils toujours mené une

politique de libre-échange ?

Partagés entre deux courants opposés pendant la première moitié du XIX e siècle, les États-Unis deviennent protectionnistes après la victoire du Nord industriel dans la guerre de Sécession. Cette tendance se poursuit pour l’essentiel jusqu’en 1945, les tarifs douaniers étant très progressi- vement réduits pendant la première moitié du

XX

e siècle avant de diminuer franchement.

23.

Comment peut-on expliquer l’évolution

des tarifs douaniers jusqu’en 1875 ? Tant que les États-Unis sont exportateurs de pro- duits agricoles et importateurs de produits manu- facturés anglais, ils sont plutôt libre-échangistes. Mais l’industrie américaine monte progressive- ment en régime et demande à être protégée de la concurrence de l’industrie britannique, plus avancée. Les droits de douane augmentent donc progressivement.

24. Pourquoi, à votre avis, les États-Unis ont-

ils choisi de réduire leurs tarifs au XX e siècle ?

Les États-Unis réduisent leurs tarifs douaniers à mesure que leurs progrès de compétitivité rendent ces tarifs inutiles. Une fois qu’ils do-

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minent l’industrie mondiale, ils n’ont plus besoin de protection.

• Pour argumenter

Le développement des échanges commerciaux est souvent imputé aux rounds de négociation in- ternationale successifs qui ont marqué l’existence du GATT. Les droits de douane ont été réduits entre pays développés, la décolonisation a permis l’ouverture des marchés des anciennes colonies, de nouveaux pays sont venus participer au GATT. Mais ce facteur n’est sans doute pas le plus im- portant. Après tout, la mondialisation s’est accen- tuée récemment, alors même qu’aucun nouvel accord n’a été conclu depuis la mise en place de l’OMC en remplacement du GATT, en 1995. En effet, même libéralisés, les échanges sont longtemps restés limités par les coûts de transport ou de communication. Ces coûts se sont effondrés ces dernières décennies. Le fret maritime est ren- du très bon marché par l’utilisation du conteneur standardisé, multimodal, qui permet des gains de temps et de frais de main-d’œuvre considé- rables. Les communications internationales pour les données ou la voix, hier très coûteuses, ont aujourd’hui un coût marginal quasi-nul. C’est d’abord cette baisse des coûts qui stimule les échanges internationaux.

2. Protectionnisme et libre échange

MANUEL, PAGES 68-73

A. lES gAInS dE l’ÉcHAngE dAnS lA THÉoRIE ÉconomIquE

• Document 10

25. Quelle est l’origine de l’avantage compa-

ratif, selon David Ricardo ?

Dans le modèle ricardien, cet avantage naît de différences dans la productivité du travail dans les différents États.

26. Quels sont les pays qui bénéficient d’un

avantage comparatif ? Par définition, tous les pays bénéficient d’un avantage comparatif. Cette conclusion du modèle est essentielle pour montrer que tous les pays ont intérêt à participer au commerce international.

27. « L’avantage comparatif n’est pas seule-

ment une idée à la fois simple et profonde ; c’est une idée qui contredit frontalement un préjugé populaire tenace et de puissants

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intérêts », écrit l’économiste Paul Krugman en 1987. Quel est ce préjugé ? Quels sont les individus dont l’avantage comparatif contre- dit les intérêts ? Le préjugé est que le commerce international fait des gagnants et des perdants. Les agents dont la production pourrait être remplacée par des im- portations sont ceux dont les intérêts sont mena- cés par l’application du libre-échange. 28. Aujourd’hui, le capital se déplace libre- ment, ce qui n’était pas vrai à l’époque de Ricardo ou de HOS. Qu’est-ce que cela change à la théorie ricardienne ? et au modèle HOS ? Par définition, si le capital se déplace librement, la dotation en capital ne peut pas expliquer la spécialisation internationale. Il faudrait donc amender le modèle HOS pour ne tenir compte que des dotations en facteurs immobiles. En ce qui concerne le modèle ricardien, il ne devrait pas y avoir de changement majeur (la production se concentrant toujours là où la productivité relative est la plus élevée), mais il serait peu vraisem- blable que la productivité soit indépendante du volume de capital mis en œuvre.

Exercice d’application

 

chemises

Blé

Italie

1

2

Angleterre

6

3

1. a. Vérifiez que l’un des deux pays est plus efficace que l’autre pour chacune des deux productions. La production d’une unité de blé nécessite 2h de travail en Italie, contre 3h en Angleterre. L’avantage va donc à l’Italie. De même, il faut 1h de travail pour produire une unité de chemises en Italie, contre 6h en Angleterre. L’Italie a donc une supériorité dans les deux activités. b. En l’absence d’échanges internationaux, combien d’unités de blé faut-il donner pour se procurer une unité de chemises en Italie ? En Angleterre ? Justifiez votre réponse. Si les rapports d’échange sont déterminés par la quantité de travail utilisée dans chaque activité, comme il faut deux fois plus de temps pour pro- duire une unité de blé qu’une unité de chemises en Italie (2 / 1), le rapport d’échange sera de 2 dans ce pays. En Angleterre, il devrait être de 3 / 6 = 1 / 2.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

2. On suppose que le taux d’échange interna-

tional entre blé et chemises est de 1.

a. Un travailleur italien a-t-il intérêt à pro-

duire du blé, ou à produire des chemises pour les échanger contre du blé anglais ? Expliquez. Avec 2h de travail, un travailleur italien peut se procurer une unité de blé. Mais il pourrait aussi choisir de produire 2 unités de chemises et de les échanger contre 2 unités de blé. Cette deuxième solution lui permet de doubler son niveau de vie.

b. Est-il intéressant pour un travailleur an-

glais d’échanger du blé contre des chemises

italiennes ? Justifiez.

Il lui faut 3 heures de travail pour obtenir une unité de blé. Il peut ensuite vendre ce blé sur le marché international contre une unité de che- mises, alors qu’il lui faudrait 6 heures de travail pour fabriquer une unité de chemise. L’échange est donc très profitable pour lui.

c. Déduisez-en qu’Italie et Angleterre vont se

spécialiser.

Chacun, suivant son propre intérêt, va se spé- cialiser dans la production pour laquelle il a la productivité relative la plus élevée.

3. Le modèle de Ricardo suppose qu’un pro-

ducteur peut changer d’activité sans coût. Est-ce réaliste ? Que se passera-t-il si le chan- gement est coûteux ?

Ce n’est pas réaliste. Un changement de qualifi- cation ou la vente et l’achat de matériel supposent des coûts de reconversion. Certains facteurs de production ne servent qu’à une seule activité (on parle de facteur spécifique) et ne peuvent donc pas être reconvertis. Les détenteurs de ces fac- teurs vont donc s’opposer à une ouverture inter- nationale à laquelle ils sont perdants.

4. Si les deux pays se spécialisent, l’un d’entre

eux cesse de produire du blé. Dans ce cas, quels sont les effets de l’ouverture sur le pro- priétaire de terres à blé ? Le propriétaire de terres à blé doit chercher un moyen de reconvertir ses terres. Sinon, elles per- dront leur valeur.

• Document 11

29. Dans quelles directions la spécialisation de la France a-t-elle évolué ? La spécialisation de la France s’est renforcée, puisque les excédents des « points forts » repré- sentent une part nettement plus importante du

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

PIB en 2008 qu’en 1967. Il y a également eu une montée en gamme, avec la première place de l’aérospatial et le renforcement de la pharmacie.

Il faut toutefois souligner que la France demeure

très peu spécialisée par rapport à l’Allemagne ou

au Japon.

• Document 12

30. Quels échanges sont mal expliqués par la

théorie de l’avantage comparatif ?

La théorie des avantages comparatifs suppose que les pays se spécialisent. Ils échangent donc des produits différents. Cette théorie ne peut donc pas expliquer des échanges de produits très proches les uns des autres.

31. Donnez des exemples de produits pour les-

quels il existe des économies d’échelle internes aux firmes.

Lorsque les coûts fixes sont élevés et que les

coûts variables ne sont pas trop croissants, il y

a des économies d’échelle internes. C’est le cas, par exemple, pour la télévision à péage ou les opérateurs de téléphone cellulaire.

32. Pourquoi la spécialisation est-elle totale en

présence d’économies d’échelle internes ?

Dans le cas d’économies d’échelle internes, la firme la plus grande est la plus compétitive. La spécialisation accentue cet écart jusqu’à dispari- tion totale de la firme la moins efficace.

33. Pourquoi s’installer là où d’autres pro-

ducteurs sont déjà présents (Silicon Valley pour l’informatique ou Toulouse pour l’aéronautique) ? La présence d’autres producteurs garantit l’exis- tence d’un vivier de main-d’œuvre spécialisée et, de manière générale, des facteurs spécifiques nécessaires à la production. En outre, la circula- tion de l’information, souvent décisive, est forte dans les clusters.

B. lIBÉRAlISATIon dES ÉcHAngES ET cRoISSAncE

• Document 13

34. Selon la théorie de l’avantage compara-

tif, l’ouverture commerciale est-elle source de croissance plus élevée ? Non : la théorie de l’avantage comparatif pré- voit un niveau de vie plus élevé lorsque le libre- échange est réalisé. Mais elle est purement sta- tique et ne permet aucune prédiction concernant la croissance.

43

35. Qu’est-ce qu’un transfert de technologie ?

Un transfert de technologie est l’importation d’une technique nouvelle venue d’un autre pays. Il suppose une formation et parfois un transfert de propriété intellectuelle.

36. Définissez ce qu’est un « cadre institution-

nel ». Donnez un exemple illustrant son impor- tance pour la croissance. Le cadre institutionnel comprend les éléments matériels (infrastructures), légaux (droit com- mercial) et culturels (manières de penser et de faire des affaires) caractéristiques d’un pays. Par exemple, la présence d’infrastructures de trans- port efficaces et peu coûteuses est essentielle pour construire un marché national, mettre les en- treprises en concurrence, permettre les échanges internationaux.

37. Peut-on dire que les États, eux aussi, sont

soumis à la concurrence internationale ? Justifiez votre réponse. La diminution des droits de douane et des coûts de transport autorisant l’installation des entreprises dans n’importe quel pays ou presque, la qualité et le coût des services rendus par l’État sont un facteur de localisation. Les États sont en concur- rence pour attirer les activités économiques.

• Document 14

38. Que signifie le point rouge, relatif à la

Chine ? En Chine, le rapport exportations / PIB a aug- menté de 7 % par an et le PIB par habitant de 8 % par an en moyenne entre 1985 et 2003.

39. Dans le cas où l’ouverture et la croissance

économique sont liées, comment s’organise le nuage de points sur un tel graphique ? L’existence d’une relation entre les deux va- riables devrait donner au nuage de points la forme d’une fonction simple, telle qu’une droite ou une parabole.

40. Est-ce ce que l’on observe ici ? Qu’en

concluez-vous ? Ici, le nuage de points n’adopte aucune forme évidente. Il faut en conclure qu’il n’existe pas de relation simple entre ouverture et croissance.

• Document 15

41. De manière générale, la demande exté-

rieure joue-t-elle un rôle important dans la

croissance chinoise ?

44

La demande extérieure joue un rôle déterminant dans la croissance chinoise. Par exemple, elle représente 6,3 / (6,3+3,8) x 100 = 62 % de la croissance de la demande en 2004 et 8/(8+1,6) x 100 = 83 % en 2008.

42. Commentez les résultats de l’année 2009.

L’année 2009 est totalement atypique, la contri- bution de la demande extérieure est négative et la contribution de la demande intérieure augmente de façon spectaculaire. C’est la conséquence de la crise financière mondiale de 2008 : les exporta- tions chinoises vers des zones en crise diminuent et le gouvernement chinois compense ce manque de demande par une politique de type keynésien (de relance) de grande ampleur.

• Document 16

43. Comment la Chine a-t-elle accéléré le

développement de son réseau ferré ? Quel rôle a joué l’ouverture internationale dans ce développement ?

La Chine s’est appuyée sur les transferts de tech- nologie et l’achat à l’étranger, auprès d’entre- prises disposant déjà d’un savoir-faire et d’une expérience considérables. Puisant dans le stock de connaissances disponible au lieu d’inventer elle-même, la Chine est ainsi allée très vite dans la maîtrise du train à grande vitesse. La Chine recycle ainsi une partie de ses excé- dents commerciaux pour acquérir les biens et les techniques qui lui manquent, grâce aux échanges internationaux.

44. Pour les firmes étrangères, en quoi est-

il risqué de transférer des techniques à la Chine ? Pour les firmes étrangères, le risque est de donner aux entreprises chinoises la maîtrise de ce qui fait leur force et d’aider un futur concurrent à développer son offre.

• Document 17

45. Quels sont les avantages de la mon-

dialisation pour les consommateurs se- lon A.Greenspan ? Ces avantages sont-ils importants ? La mondialisation favorise les gains de produc- tivité, à travers la division du travail, et la baisse des prix. Les consommateurs en sont les béné- ficiaires. Aux États-Unis, ces bénéfices repré- senteraient 3 % du PIB, selon une estimation. Il s’agit cependant d’une estimation brute, ne

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tenant pas compte des effets négatifs possibles de la mondialisation.

46. D’où vient la baisse des prix ?

La baisse des prix est liée à la concurrence accrue et aux gains de productivité que permet la divi- sion internationale du travail.

c. HEuRS ET mAlHEuRS du PRoTEcTIonnISmE

• Document 18

47. Dans quels cas les entreprises protégées

de la concurrence internationale peuvent-elles devenir compétitives ? Elles peuvent devenir compétitives par des effets d’apprentissage, si elles sont capables de profiter de la protection dont elles bénéficient pour amélio- rer leur productivité en accumulant de l’expérience au point de pouvoir s’aligner sur le prix mondial. C’est un argument déjà développé au XIX e siècle par Friedrich List sous le nom de « protection- nisme éducateur ». 48. Pourquoi le calcul des avantages de l’échange est-il incomplet en cas d’externalité ?

Dans le cas d’une externalité positive, la courbe de demande est fausse : le prix sous-estime l’uti- lité pour la collectivité du bien en question, si bien que la quantité d’équilibre est inférieure à ce qu’elle devrait être. En cas d’externalité négative, c’est l’inverse.

49. Pourquoi la relance de la demande par

l’État est-elle inefficace en économie ouverte ? En économie ouverte, l’augmentation des dé- penses qu’entraîne une politique de relance accroît les importations, ce qui déséquilibre le commerce extérieur et réduit l’effet multiplica- teur de la politique budgétaire. Celui-ci ne vaut en effet plus 1 / (1-c), mais 1 / (1-c+m) (c étant la propension marginale à consommer et m la propension marginale à importer).

• Document 19

50. En quoi démocratie et mondialisation me-

nacent-elles l’État nation ? La mondialisation entraîne la libre circulation des personnes, des capitaux et des informations. La démocratie est également associée à cette libre cir- culation à l’intérieur des frontières nationales. Cette liberté menace le pouvoir de l’État, car ce pouvoir est limité à un territoire, dont il devient possible de s’affranchir. Par exemple, la liberté de l’État de fixer les impôts se heurte au risque d’évasion fiscale. Les

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

limitations de la liberté d’expression deviennent inopérantes (exemples : l’interdiction de propager des textes révisionnistes ou l’interdiction de publier des sondages sur une élection juste avant le scrutin).

51. En quoi mondialisation et maintien de

l’État nation s’opposent-elles à la démocratie ? Pour concilier le pouvoir de l’État et la mon- dialisation, certains États réduisent les libertés, comme le fait la Chine par exemple ; en limitant l’accès à Internet, en empêchant la libre circula- tion de l’information, etc.

• Document 20

52. Donnez un exemple de subvention accor-

dée aux producteurs locaux. Les films considérés comme français bénéfi- cient d’un financement privilégié au titre de l’avance sur recettes, qui constitue une sub- vention indirecte. Les dépenses de recherche et développement engagées par les constructeurs aéronautiques français font l’objet d’avances qui s’apparentent à des subventions.

53. Supposons, pour simplifier, qu’un Airbus

soit fabriqué uniquement en zone euro et un Boeing en zone dollar. Que change une hausse de l’euro pour Airbus ?

Pour Airbus, une hausse de l’euro accroît ses prix exprimés en dollars. L’entreprise peut maintenir ses prix pour résister à la concurrence de Boeing, mais à condition de réduire sa marge bénéficiaire.

54. Quel peut être l’intérêt d’une règle de

contenu local ? Une règle de contenu local peut contraindre des investisseurs étrangers à opérer des transferts de technologie, puisqu’ils ne peuvent se contenter de faire sur place des opérations d’assemblage.

• Document 21

55. Qu’est-ce qui peut pousser le gouverne-

ment américain à soutenir le prix du sucre ? Le gouvernement américain pourrait être animé par la crainte du déficit commercial. Mais cette préoc- cupation est très secondaire, car ce déficit ne pose pas de problème sérieux aux États-Unis. Par contre, les agriculteurs pèsent d’un poids électoral très lourd dans certains États et les voix des représentants de ces États au Congrès sont souvent indispensables. L’exécutif doit donc négocier ces voix contre des mesures permettant aux parlementaires de satisfaire leur base électorale. Le poids du lobby agricole est donc l’explication première du soutien des prix.

45

56. D’où vient la perte du consommateur ? le

gain des producteurs américains ? La perte de pouvoir d’achat du consommateur

vient du prix excessif auquel il achète son sucre,

à travers lequel il subventionne des producteurs

américains inefficaces. Le gain des producteurs

a la même origine. Les quotas additionnés aux

droits de douane réduisent la concurrence et font monter les prix de vente, pratiquement sans baisse des quantités vendues. Ce prix plus élevé améliore la situation financière des producteurs de sucre américains, les moins performants pou- vant survivre et les plus performants bénéficiant d’une rente.

57. Comment le gouvernement américain au-

rait-il pu poursuivre ses objectifs sans agir sur

le prix du sucre ?

L’objectif de maintien du pouvoir d’achat des producteurs de sucre, confrontés à la concur- rence étrangère, aurait pu être atteint par une subvention directe aux producteurs. Si cette aide était la même pour chaque producteur, elle aurait l’avantage de ne pas créer de rente au bénéfice des producteurs les plus performants.

58. Pourquoi, finalement, le gouvernement

choisit-il le protectionnisme alors qu’il est contraire, dans ce cas précis, à l’intérêt général ? Il est assez difficile politiquement de justifier l’aide apportée par la collectivité à une profession plutôt qu’à une autre. L’inconvénient politique des subventions est la transparence : l’électeur saurait combien il paye pour aider les agricul- teurs américains et ne serait pas nécessairement d’accord pour payer. Le protectionnisme per- met d’agir de façon nettement plus discrète, les consommateurs ne se rendant pas compte que le kilo de sucre a vu augmenter son prix de quelques centimes. Bien entendu, ce mode d’action est économiquement inefficace.

• Pour argumenter

Les échanges internationaux mettent à disposi- tion des consommateurs l’ensemble de l’offre mondiale et à la disposition des producteurs l’ensemble de la demande mondiale. Le premier effet des échanges est donc un gain de variété

pour le consommateur et un effet d’échelle pour

le producteur, qui peut d’ailleurs occasionner des

baisses de prix favorables au consommateur. Le

46

gain de variété est également intéressant pour les entreprises, en leur permettant de trouver des biens de production les plus adaptés à leurs besoins. L’intégration des marchés a également tendance, dans la plupart des cas, à accentuer la concur- rence, ce qui est favorable au consommateur, mais réduit les marges du producteur. Bien entendu, les échanges commerciaux ne sont qu’un aspect de la mondialisation et les échanges de capital technologique ou financier sont égale- ment importants.

3. La mondialisation de la production

MANUEL, PAGES 74-79

A. lA monTÉE dES FIRmES TRAnSnATIonAlES

• Document 22

59. À l’aide de calculs simples à partir des

données du tableau, montrez que le poids des FMN dans l’économie mondiale a beaucoup augmenté ces dernières décennies. Le PIB mondial a été multiplié par 5,1 et les ex- portations mondiales par 8,3 entre 1982 et 2008. Mais, dans le même temps, les ventes des filiales étrangères de FMN ont été multipliées par 12, les actifs des filiales étrangères par 34 et les IDE sortants par 69. De ce fait, les ventes des filiales étrangères, qui représentaient 21 % du PIB mon- dial en 1982, en représentent désormais la moitié.

Cette évolution est surtout marquée entre 1990 et 2007. Par exemple, le stock d’IDE sortants, qui était passé de 6,6 % à 8,8 % du PIB mondial entre 1982 et 1990, bondit à 28,4 % en 2007.

60. Les filiales de FMN servent-elles surtout à

alimenter le marché local ou leur production est-elle surtout exportée ? Comparez les lignes 1 et 4 pour répondre. Les exportations des filiales étrangères représen- taient le quart des ventes de ces entreprises en 1982 et en 1990. Ce nombre est passé à moins de 20 % en 2007. Contrairement à une croyance tenace, les filiales étrangères sont donc d’abord destinées au marché local et ce de manière croissante.

61. Comparez l’évolution des exportations

mondiales et des exportations des filiales de FMN. Qu’en concluez-vous ? Les exportations des FMN ont vu leur valeur multipliée par 10,5 sur la période. Elles ont donc

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

augmenté un peu plus vite que les exportations mondiales, ce qui indique un renforcement du poids des FMN. Mais la différence entre les deux multiplicateurs n’est pas très grande, ce

qui indique bien que les filiales servent d’abord

à alimenter le marché local.

62. La comparaison des lignes 1 et 2 montre

que les filiales ont une très faible valeur ajou- tée par rapport à leurs ventes. Comment inter- prétez-vous ce constat ? Schématiquement, les ventes représentent le chiffre d’affaires, qui se divise en deux parties :

la valeur ajoutée et les consommations inter- médiaires. Si le taux de valeur ajoutée est très faible, il faut en déduire que de nombreuses fi- liales ont une activité de transformation limitée et sont essentiellement des unités commerciales ou d’assemblage, ce qui n’est pas très étonnant.

• Document 23

63. Expliquez la première phrase du texte.

Par cette phrase, l’auteur veut dire que les FMN sont toujours liées de manière privilégiée à un territoire particulier, soit par son importance dans la production, soit pour des raisons culturelles.

64. Donnez des exemples de FMN « françaises »

ayant des liens forts avec les pouvoirs publics.

Renault est un constructeur automobile au capital duquel se trouve l’État. L’entreprise réalise la ma- jorité de sa production et la majorité de ses ventes

à l’étranger, ce qui en fait véritablement une FMN.

EADS est un constructeur aéronautique assem- blant en France et en Allemagne des avions pro- duits à partir de modules sous-traités dans divers pays et vendus dans le monde entier. L’État fran- çais est présent au capital de l’entreprise et sa direction est nommée avec l’aval des autorités politiques françaises et allemandes.

65. Quels principes les FMN défendent-elles

auprès des institutions internationales ? Les FMN sont très attentives au libre-échange. Elles défendent les paradis fiscaux et toutes les règles qui leur permettent de payer peu d’impôts.

• Document 24

66. Quel rapport ont ces données avec la mon-

dialisation des entreprises ? Une fusion ou acquisition transfrontalière est le regroupement d’entreprises opérant dans des pays différents. C’est donc une opération carac- téristique de la mondialisation des entreprises.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

67. Quelle tendance indique ce graphique ?

Ce graphique indique une hausse considérable de la valeur des fusions et acquisitions trans- frontalières entre 1991 et 2000, puis entre 2003 et 2007. On observe toutefois que le processus est très irrégulier et très sensible au rythme de la croissance mondiale.

• Document 25

68. Donnez la signification du nombre entouré

en rouge.

48 % des importations américaines sont des échanges internes aux FMN.

69. En quoi les échanges intrafirmes sont-ils

des échanges particuliers ? Les échanges intrafirmes se déroulent hors mar- ché. Ils ne sont pas soumis à la concurrence. De ce fait, les prix auxquels ces échanges, nommés prix de transfert, sont facturés sont artificiels. Ces prix sont par ailleurs manipulés par les entre- prises de façon à localiser leurs bénéfices dans les pays où les impôts sont les plus bas. La valeur déclarée de ces échanges est donc une estimation très approximative de leur valeur réelle.

• Document 26

70. Qu’est-ce qu’une production modulaire ?

Une production modulaire est conçue de telle façon que le produit est l’assemblage de modules standardisés utilisés dans la fabrication de nom- breux produits.

71. En quoi cette organisation de la production

favorise-t-elle la mondialisation ? La production modulaire facilite la division inter- nationale des processus productifs, chaque mo- dule pouvant être produit dans le lieu qui réunit les meilleures conditions de production. D’autre part, chaque module servant à fabriquer plusieurs produits, l’échelle de production est plus impor- tante, ce qui aide à réduire les coûts unitaires. Ces économies d’échelle sont optimisées par la production à l’échelle mondiale.

B. lES STRATÉgIES dES FIRmES

• Document 27

72. Quel est l’avantage compétitif sur lequel

s’appuie Zara ? Le principal avantage compétitif de Zara est la réactivité : les informations sur les ventes sont transmises quotidiennement et la production immédiatement adaptée à ces informations.

47

73. En quoi le modèle de Zara est-il incompatible

avec la délocalisation de sa production en Asie ?

Compte tenu de la complexité de la relation des entreprises avec leurs fournisseurs et compte tenu de la durée des transports maritimes, la déloca- lisation en Asie ne permettrait pas à Zara de s’adapter aussi rapidement aux signaux envoyés par les consommateurs.

74. Dans le modèle de Zara, où une firme doit-

elle produire ? La réactivité suppose de produire près du lieu de vente, à la fois pour supprimer des temps de transport et pour connaître rapidement et préci- sément les réactions de la clientèle aux produits.

• Document 28

75. Pourquoi délocaliser un centre d’appel ?

La délocalisation d’un centre d’appel répond d’abord à un objectif de coût : il s’agit d’une acti- vité de main-d’œuvre, généralement peu quali- fiée, pour laquelle les différences de salaires entre pays sont importantes. Il peut également être utile de jouer avec les fuseaux horaires (par exemple pour avoir des opérateurs disponibles 24h / 24h.

76. Quelles sont les conditions présentées dans

le schéma pour que la délocalisation d’un centre d’appel soit rentable ? Il faut que le coût après délocalisation soit infé- rieur au coût initial. Pour cela, il faut une loca- lisation avantageuse sur le plan salarial, mais où la productivité est suffisante et le coût des com- munications limité.

• Document 29

77. Dans quel pays les responsables d’entre-

prises semblent-ils les plus enclins à s’implan- ter ? Pourquoi ?

La Chine et, surtout, l’Inde, viennent en tête. Les coûts sont le principal point fort de ces implanta- tions ; mais s’y ajoute, surtout dans le cas de l’Inde, l’environnement et la qualité de la main-d’œuvre.

78. Quel pays semble le moins intéressant ?

Pourquoi ?

Malgré des coûts assez bas, la Turquie vient en dernier du fait de l’environnement, mais surtout d’un manque de qualification des employés.

79. Distinguez plusieurs catégories de pays

ayant des atouts différents. L’Australie, le Canada ou l’Espagne sont distin- gués par la qualité de leur main-d’œuvre, alors

48

que l’Inde, la Chine, le Vietnam ou la Thaïlande sont surtout appréciés par leurs coûts. L’Irlande, le Canada et l’Australie valent aussi par la qualité de l’environnement.

• Document 30

80. Quels avantages présente l’implantation

des entreprises d’électronique dans la Silicon Valley ?

Cette localisation dispose d’une combinaison unique de savoir-faire spécifiques en électronique et informatique, de capital-risques et d’un réseau de clients et de fournisseurs. C’est également une adresse valorisée sur le marché mondial.

81. Montrez que le développement de Silicon

Valley s’explique bien par la nouvelle théorie du commerce international. La Silicon Valley est à l’origine d’importantes externalités positives, par diffusion des connais- sances, essaimage ou migration de la main- d’œuvre très qualifiée. Ces externalités sont internes à la vallée, qui accumule ainsi des avan- tages compétitifs sur les autres localisations.

• Document 31

82. Pourquoi les constructeurs automobiles

japonais se sont-ils implantés aux États-Unis ?

La raison essentielle de cette implantation est de contourner les accords dits d’autolimitation imposés par le gouvernement américain aux constructeurs japonais.

83. Quels étaient les objectifs de la politique

américaine ? Ont-ils été atteints ? Les autorités américaines voulaient protéger les constructeurs américains et l’emploi dans l’auto- mobile aux États-Unis. Elles ont échoué sur le premier point, les constructeurs japonais conti- nuant à gagner des parts de marché, mais réussi sur le second point, les usines japonaises embau- chant des milliers de salariés aux États-Unis.

c. lES EFFETS dE lA mondIAlISATIon dES FIRmES

• Document 32

84. La production des constructeurs français

diminue-t-elle ?

Il est impossible de répondre à cette question à partir du document (mais on sait que cette pro- duction est globalement en hausse).

85. Comment s’explique l’évolution constatée ?

La baisse constatée résulte de la délocalisation d’une partie de la production dans d’autres pays, en parti-

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

culier l’Europe de l’Est et le bassin méditerranéen.

86. Quelles pourraient être les conséquences

de la désindustrialisation ? Une conséquence de ces délocalisations est la diminution de l’emploi industriel, d’autant plus préoccupante que la reconversion des sites et des personnes est compliquée. La question difficile est de savoir si un pays peut continuer à innover dans des secteurs où il ne produit plus. La réponse semble positive au regard de l’informatique et de l’électronique américaines, mais il n’est pas sûr qu’il en soit de même en France.

• Document 33

87. Rappelez ce que sont les économies d’échelle. Il s’agit de la baisse de coût unitaire qui résulte de la hausse de la quantité produite. Il faudrait, en toute rigueur, distinguer rendements factoriels et rendements d’échelle croissants. En pratique, les deux sont souvent confondus.

88. Comment un pays à coût salarial élevé

peut-il lutter contre les pays à bas salaires dans la production de petites voitures ?

Un pays à coût salarial élevé peut s’appuyer sur la qualité de la production, mais celle-ci est cor- recte dans les pays à bas salaires. Il peut aussi tabler sur une automatisation élevée, économi- sant la main-d’œuvre.

89. Pourquoi les parts de marché sont-elles limi-

tées aujourd’hui pour les modèles vedettes ? L’arrivée des constructeurs asiatiques a accru la concurrence et le nombre de modèles produits. La demande est également plus segmentée que par le passé. Il devient difficile de dégager des économies d’échelle.

90. Quelle est la conséquence positive de cette

situation pour le consommateur ? Le consommateur achète ses voitures moins cher que précédemment, en profitant des bas salaires versés dans les pays de production.

• Document 34

91. Pourquoi des emplois des pays développés

sont-ils transférés ailleurs ? Les délocalisations s’expliquent principalement par les différences de coût salarial unitaire et par la volonté d’accéder à des marchés en croissance.

92. Pourquoi l’impact de ce phénomène sur

l’emploi national est-il limité, selon les auteurs?

L’impact sur l’emploi est limité parce que la mon-

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

dialisation apporte par ailleurs une augmentation de la croissance, par l’amélioration du niveau de vie et l’ouverture de nouveaux marchés. Des em- plois sont donc détruits, mais d’autres sont créés.

• Document 35

93. En économie fermée, sans échanges avec

d’autres pays, quelles sont les deux dimensions du salaire, d’un point de vue économique ? Qu’en est-il dans une économie ouverte sur l’extérieur ? En économie fermée, le salaire est à la fois un coût pour les entreprises et la principale source de demande pour la production. En économie ouverte, la demande est mondiale et les coûts sont comparés à ceux des autres pays. De ce fait, ne subsiste que la dimension de coût du salaire.

94. Pourquoi l’existence d’un salaire minimum

et des charges sociales élevées obligent-elles les entreprises à des efforts particuliers de

productivité ?

Charges sociales et salaire minimum rendent le coût salarial élevé. Pour maintenir une compéti- tivité qui dépend essentiellement du coût salarial unitaire, il faut donc élever le niveau de produc- tivité du travail.

95. En quoi la mondialisation menace-t-elle la

possibilité pour l’État d’œuvrer à la cohésion sociale ? Les politiques de cohésion sociale ont générale- ment des coûts qui élèvent le coût salarial, donc nuisent à la compétitivité des biens fabriqués sur le territoire national. D’autre part, les entreprises, qui écoulent leurs produits dans le monde entier, deviennent indifférentes à la cohésion dans un pays.

• Document 36

96. De quel site vient cette copie d’écran ? Quel

est le rôle de cet organisme ? Elle vient de la Commission du développement économique de Madagascar, dont le rôle est de tenter d’attirer des investissements étrangers dans ce pays.

97. Pourquoi l’investissement étranger est-il

important pour un pays tel que Madagascar ? Comme tous les pays pauvres, Madagascar manque de capital. L’investissement étranger comble donc un manque important. Par ailleurs, les investissements étrangers apportent souvent du savoir-faire et un accès au marché mondial.

49

• Pour argumenter

La mondialisation se heurte à des contestations croissantes, qui révèlent que tout le monde n’a pas le sentiment d’y gagner. En effet, la mon- dialisation entraîne une mise en concurrence généralisée des territoires. Les pays dévelop- pés connaissent des délocalisations d’activités, notamment dans l’industrie, qui présentent deux risques. Le premier est la désindustrialisation (hollowing out). L’idée est que la délocalisation de l’essentiel de l’industrie ferait perdre le contact avec l’inno- vation, qui se fait largement dans l’atelier. Cette analyse est partagée par les firmes japonaises, qui estiment indispensable de continuer à produire sur place pour innover. Le second risque concerne l’emploi. Les esti- mations divergent, mais il est certain que des millions d’emplois sont perdus, sans qu’il soit certain que ces pertes soient compensées par des ventes accrues dans les activités restantes. L’impact se fait aussi sentir sur les salaires, la menace réelle ou supposée de la délocalisation pesant sur les négociations salariales. Enfin, dans les pays en développement, les en- treprises locales résistent difficilement aux FMN étrangères, si bien que les centres de décision économiques peuvent quitter ces pays.

Travaux dirigés : déflation et budget en période de crise

MANUEL, PAGES 80-81

Td 1 : unE PRoducTIon mondIAlE : l’IPHonE

• Document 1

1. Quelle entreprise commercialise l’iPhone ?

L’iPhone est un produit commercialisé sous la marque Apple, première entreprise mondiale par sa capitalisation.

2. Combien coûte la production d’un iPhone ?

En additionnant tous les éléments listés dans le tableau, on obtient un coût de production de 189 $.

3. L’iPhone est présenté comme « made in

China », car il est assemblé en Chine. Il est vendu environ 480 $. Quelle part de cette va- leur revient à la Chine ? La Chine est le lieu d’assemblage de l’appareil, mais aucun module n’y est fabriqué. La Chine

50

ne produit donc que 7 $ de valeur ajoutée sur les 480 $ que coûte l’iPhone, soit moins de 1,4 % de la valeur de l’appareil.

4. Pourquoi la liste des fournisseurs change-t-

elle rapidement ? L’iPhone est un produit modulaire, associant un écran, un processeur, une antenne, un module de communication, un logiciel, une mémoire flash, etc. Or, chacun de ces modules peut être fabriqué dans plusieurs endroits différents par plusieurs producteurs différents, en fonction des coûts et des accords de production.

• Document 2

5. Parmi ces trois produits, lequel laisse la plus

forte marge à Apple ? L’iPhone est le produit laissant la marge la plus importante, en supposant que les coûts de dis- tribution sont les mêmes pour les trois produits.

6. La production des produits d’Apple est

sous-traitée à l’étranger. Quelle proportion de leur valeur est localisée aux États-Unis (en supposant que le transport est réalisé par des compagnies américaines) ? De manière étonnante, bien que la production soit entièrement réalisée à l’étranger, la majorité de la valeur reste aux États-Unis, de 51,8 % à 70,1 %, sous forme de revenus pour Apple et de coûts et de revenus liés à la distribution.

• Document 3

7. Combien d’argent perdrait Apple sur la vente d’un iPhone en l’assemblant aux États-Unis ? L’assemblage aux États-Unis coûterait 68 $ au lieu de 7 $ en Chine. Apple perdrait donc environ 61 $ par appareil (aux frais de transport près).

8. Quel pourrait être l’avantage de ce change-

ment pour l’économie américaine ? L’assemblage sur le sol américain y créerait des emplois peu qualifiés.

9. En supposant que l’aide aux personnes sans

emploi soit financée par une taxe sur les pro- fits des grandes entreprises, Apple pourrait- elle avoir intérêt à rapatrier l’assemblage aux États-Unis ? Si l’économie américaine ne parvient pas à créer des emplois pour les salariés les moins qualifiés, la « relocalisation » de l’emploi lié à l’assemblage des iPhones économiserait des indemnités de

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

chômage. Il se pourrait que l’opération soit ren- table pour l’économie américaine et même pour Apple, si l’entreprise doit contribuer au finance- ment des indemnités de chômage.

Td2 : mondIAlISATIon, EmPloI ET SAlAIRES

• Document 1

1. Les données de l’Insee indiquent-elles que

les délocalisations sont à l’origine de fortes

pertes d’emplois en France ?

Selon les données de l’Insee, les emplois des grandes entreprises ont augmenté en France. Auraient-ils augmenté plus sans les délocalisa- tions ? Il est impossible de le savoir avec certi- tude, mais c’est peu probable car ces emplois sont liés aux marchés étrangers, selon le texte.

2. Pourquoi, selon le cabinet de consultants

McKinsey, les délocalisations ont-elles un ef-

fet global négatif en Allemagne et positif aux États-Unis ?

Selon l’enquête de McKinsey, c’est le degré de flexibilité des marchés du travail qui fait la diffé- rence : les délocalisations entraînent la mutation rapide des emplois et l’économie américaine s’y adapte plus vite que l’économie allemande parce que les marchés du travail y sont plus souples.

3. Par quel mécanisme les délocalisations

pèsent-elles sur les salaires ? Les délocalisations sont une menace : les syndi- cats sont tenus de prendre en compte la possi- bilité d’une délocalisation dans leurs demandes salariales, ce qui les pousse à la modération.

• Document 2

4. Écrivez, sous forme d’une équation simple,

la relation entre la production et les trois élé- ments qui la déterminent (demande intérieure, exportations et importations).

Production = Demande intérieure + (Exportations – Importations).

5. À quelle condition la production est-elle aus-

si importante après mondialisation qu’avant ?

Le maintien de la production suppose un équi- libre du commerce extérieur.

6. En supposant que les échanges soient équi-

librés, le nombre d’emplois ne devrait pas être affecté par l’ouverture. Cependant, il se peut que le nombre d’emplois utilisés pour produire les biens exportés soit inférieur au nombre

d’emplois utilisés pour produire les biens qui

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

sont désormais importés. Supposons que la France exporte des Airbus (exportations :

32 milliards d’euros, productivité : 1,6 millions d’euros par salarié) et importe des chaussures (importations : 32 milliards d’euros, producti- vité : 400 000 euros par salarié). Le commerce extérieur fait-il perdre des emplois ? Dans ce cas, les exportations représentent 32 x 10 9 / 1,6 x 10 6 = 2 000 emplois, alors que les importations représentent 32 x 10 9 / 0,4 x 10 6 = 8 000 emplois. La perte d’emplois serait donc de 6 000 emplois. 7. D’autre part, les exportations n’utilisent pas les mêmes qualifications que les biens désor- mais importés. Supposons qu’il faille surtout des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers qualifiés pour produire des Airbus et qu’il faille surtout des ouvriers non qualifiés pour produire des chaussures. Quel est l’effet des échanges sur l’emploi ? sur les salaires des ingénieurs ? sur les salaires des ouvriers non qualifiés ? L’ouverture va modifier la qualification des em- plois. Elle fera gagner des emplois d’ingénieurs et perdre des emplois d’ouvriers. La demande d’ingénieurs augmentant, leur salaire devrait augmenter, alors que la demande déclinante d’ouvriers fera baisser leur rémunération.

Sujets Bac

MANUEL, PAGES 85-87

dISSERTATIon

La peur d’un départ des emplois, en particulier des emplois industriels, des pays développés vers les pays émergents, est récurrente. Elle s’appuie sur le constat d’une diminution de la part de l’industrie dans la production de tous les pays développés, transférée vers les pays émergents, qui proposent des coûts salariaux plus bas et des marchés plus dynamiques, dans le contexte d’une mondialisa- tion qui donne aux entreprises une grande liberté de choix de leurs lieux de production. Mais des entreprises qui s’étaient précipitées pour s’établir en Asie orientale ont connu des déconvenues qui les ont poussées à relocaliser leur production :

faible qualité de la main-d’œuvre, délais de livrai- son élevés ou corruption grèvent les coûts. Il convient donc d’apporter une réponse nuancée à la question posée. Les entreprises déterminent leurs lieux d’implantation en fonction des coûts de production, de l’intérêt des marchés nationaux

51

et des facteurs de production spécifiques dont chaque pays dispose. Dans tous ces domaines, les pays en développement ont des atouts. Mais ces atouts ne concernent que quelques pays et ne doivent pas dissimuler que les pays développés demeurent les plus attractifs. Nous verrons donc que les pays en développe- ment sont parfois des lieux d’implantation attrac- tifs, mais qu’il faut décider ces implantations avec discernement.

I. Les pays en développement sont parfois des lieux d’implantation attractifs

A. Des marchés en expansion rapide

Il est souvent nécessaire d’être présent sur un marché pour pouvoir connaître précisément la demande et s’y adapter rapidement. Les grandes entreprises essayent donc d’être présentes sur les marchés les plus dynamiques. Le doc. 4 montre que la Chine, l’Inde et, dans une moindre mesure, la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud sont des marchés très dynamiques.

B. Une main-d’œuvre bon marché

Le coût du travail est souvent un élément essen- tiel de la compétitivité prix. Or, le doc. 2 met en évidence l’économie de salaire que représente la production dans les pays en développement par comparaison avec la production aux États-Unis :

de 70 % à 90 % en moins dans des pays comme l’Inde, la Malaisie ou le Brésil.

Il est donc intéressant de s’installer dans ces pays pour en faire des bases de production destinée

à l’exportation. Le doc. 1 en fournit une bonne

illustration, avec les exportations de services de l’Inde, passées en quelques années de 5 milliards

à 100 milliards de dollars par an.

II. Des implantations à réaliser avec discernement

A. Les risques de l’installation dans les pays en

développement La faiblesse des coûts salariaux dans les pays en développement est souvent compensée par d’autres coûts. Le coût salarial unitaire dépend des salaires, mais aussi de la productivité du tra- vail, qui est souvent plus faible dans ces pays. D’autres coûts, parfois inattendus, viennent ren- chérir les produits. Le doc. 3 en fournit quelques exemples dans le cas du Nigeria. Une production d’électricité peu fiable, des ports engorgés, mais aussi une corruption endémique et l’insécurité entraînent des coûts supplémentaires.

52

B. Les pays développés demeurent essentiels Malgré leur dynamisme, les marchés émergents sont encore de taille relativement modeste, car le niveau de vie y est faible. Le doc. 4 montre qu’un Américain est encore 3 à 5 fois plus riche qu’un Chinois ou un Brésilien. Des inégalités générale- ment moindres signifient que les pays développés comportent une vaste classe moyenne, qui est la base de la consommation de masse. Tous les pays en développement ne se valent pas. À côté de grands pays émergents au dynamisme incontestable, l’essentiel de l’Asie du Sud, de l’Amérique latine et de l’Afrique, malgré des progrès, demeure pauvre et mal équipé en infras- tructures. Aussi les pays développés continuent- ils de recevoir la majorité des IDE dans le monde.

L’installation des entreprises des pays dévelop- pés dans certains pays en développement est donc certainement une opération profitable, mais à condition de choisir très soigneusement les pays d’implantation et les activités à y localiser.

ÉPREuvE comPoSÉE

• Partie 1 : mobilisation de connaissances question 1

La théorie des avantages comparatifs fonctionne uniquement dans le cadre d’une économie conforme au modèle néoclassique. En particu- lier, il suppose l’absence d’économies d’échelle, le plein emploi et une concurrence parfaite. Au-delà, le modèle ricardien est très simplifié, puisque le seul facteur explicatif des échanges est la productivité du travail, alors que le travail n’est qu’un coût de production parmi d’autres. Ricardo suppose implicitement que seuls les biens sont échangeables, les facteurs de produc- tion ne l’étant pas. Pourtant, les mouvements de capitaux sont aujourd’hui fréquents et faciles. Le modèle présente également le défaut d’être pu- rement statique. Or, une spécialisation peut être la plus efficace dans une situation donnée, mais blo- quer le passage à une spécialisation plus efficace. Le modèle conduit à une spécialisation totale de chaque pays, ce qui est contraire à l’observation.

question 2

Le commerce intrafirme désigne les échanges internationaux réalisés entre unités appartenant à un même groupe. Ces échanges se réalisent donc, par définition, hors marché, à des prix artificiels.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

• Partie 2 : Étude d’un document

Le graphique présente l’évolution du taux de variation de la production et des échanges au cours des trente dernières années. En dehors des périodes de récession ou de ralentissement, qui voient une décrue des échanges internationaux (1982, 2001, 2009), les échanges augmentent plus vite que la production, ce qui signifie que la part exportée de la production augmente. En rete- nant la définition classique de l’ouverture comme le rapport entre échanges de biens et services et production, l’ouverture a donc augmenté.

• Partie 3 : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire

La mondialisation est le processus par lequel les activités économiques deviennent mondiales :

les échanges de biens et services et de facteurs de production augmentent, les entreprises pro- duisent dans le monde entier pour approvisionner le monde entier. Ce mouvement, apparemment irrépressible, dynamise la croissance. Son impact sur l’emploi devrait donc être globalement posi- tif. Cependant, la mondialisation inquiète dans les pays développés, car elle met en concurrence les travailleurs du monde entier et entraîne, jusqu’ici, un déplacement d’activités des pays développés vers les pays en développement.

Pour l’ensemble des pays, la mondialisation a entraîné une accélération de la croissance. C’est particulièrement net pour les pays qui étaient res- tés jusqu’ici à l’écart de l’économie mondiale, comme la Chine et l’Inde, qui représentent plus du tiers de la population mondiale à elles seules. Ces pays étaient marqués par un énorme chô- mage déguisé dans les campagnes, les paysans surnuméraires survivant chichement ou migrant vers les villes, dans lesquelles ils pouvaient dif- ficilement trouver du travail. La mondialisation a changé cet état de fait, en améliorant l’allocation des ressources, mobilisant des facteurs de production sous-utilisés. Elle a entraîné la création de millions d’emplois dans l’industrie et les services des pays en dévelop- pement, alimentant l’exportation vers les pays développés, puis le marché intérieur, à mesure que le niveau de vie de la population augmentait.

© Nathan, 2012 – SES Term., coll. C.-D. Échaudemaison

Cependant, cette réallocation des facteurs à l’échelle mondiale n’est pas forcément créatrice nette d’emplois. En effet, la hausse de la produc- tion est liée à des gains de productivité, de sorte qu’il est impossible de conclure à une hausse de l’emploi. D’autre part, localement, la réallocation des emplois peut être source de problèmes dans les pays développés. Le doc. 1 illustre bien le déplacement de l’indus- trie de pays développés tels que la France vers les pays en développement. D’abord peu quali- fiés, les emplois créés dans les pays émergents deviennent plus qualifiés à mesure que ces pays montent en gamme. Le doc. 2 montre ce proces- sus dans le cas de l’industrie automobile : ce sont d’abord les véhicules de bas de gamme dont la production a déserté la France ; mais le reste de la production suit progressivement. Certes, les salariés qualifiés bénéficient de la mondialisation, qui valorise leurs capacités de création de valeur. Comme d’autres formes d’innovation, la mondialisation est complémen- taire du travail qualifié et substituable au travail non qualifié. Or, les salariés des pays développés n’ont pas tous un niveau de qualification leur per- mettant de s’insérer dans cette économie mondia- lisée, mais ont tous un niveau de rémunération qui, à l’échelle de la planète, est élevé. Ils sont donc menacés par la concurrence internationale. La rémunération des facteurs de production dé- pend de leur rareté relative. Avec l’arrivée des grands pays émergents, la mondialisation accroît considérablement l’offre de travail, sans guère changer l’offre de capital. L’équilibre des marchés de facteurs supposerait donc une baisse importante du prix relatif du travail. Les mécanismes institu- tionnels bloquent ou freinent cette baisse dans les pays européens. Le chômage y augmente donc.

Au final, les effets de la mondialisation ap- paraissent contrastés et difficiles à évaluer. Transformant en profondeur la production, la mondialisation agit sur la totalité du processus de travail sur le long terme. Mais les effets négatifs sont les plus visibles. Ils mettent en action des forces hostiles à la mondialisation.

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