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Garanties et sociétés anonymes

Garanties et sociétés anonymes

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Published by: Gaëlle MARRAUD des GROTTES on Jun 13, 2013
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SÛReTÉS

Sous la direction scientifique de Laurent AyNÈS et Philippe DELEBECQUE, Professeurs à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I), et de Pierre CROCQ, Professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)

Par Jean-Jacques ANSAULT
Agrégé des Facultés de droit Professeur à l’Université de Rouen

Î RLDC 5121

L’autorisation des garanties octroyées par les sociétés anonymes : un dispositif à rafraîchir
Le système d’autorisation des garanties fournies par les sociétés anonymes offre un contraste entre la rigueur distillée à l’endroit du créancier et l’indulgence dont profitent la structure sociale et son dirigeant. plus grave encore, le régime juridique en cause ne correspond que partiellement aujourd’hui aux objectifs poursuivis initialement par le législateur. Sans travailler à son enterrement, peut-être faudrait-il s’atteler à en modifier certains éléments et au premier chef, sa sanction ?

1. - De manière surprenante, toute velléité de réforme du dispositif d’autorisation des garanties octroyées par les sociétés anonymes semble devoir aller rejoindre les vieilles lunes (v. not. Dondero B., Réflexions sur les mécanismes d’autorisation des sûretés et garanties consenties par les sociétés anonymes, D. 2004, p. 405). Ceci paraît d’autant plus surprenant qu’une écrasante majorité d’auteurs se montre critique à l’égard de ce corps de règles (v. not. Micha Goudet R., Inopposabilité des cautions, avals et garanties irrégulièrement donnés par le président du conseil d’administration: une sanction critiquable, JCP E 1998, n°  22 p. 840  ; Simler  Ph., Histoire d’une impasse : la sanction du défaut d’autorisation des cautions, avals ou garanties consenties pour le compte des sociétés par actions, Mél. D. Schmidt : Joly, 2005, p. 449). Certes, le débat se focalise aujourd’hui davantage sur la jurisprudence rendue en matière de cautionnement souscrit par des sociétés civiles ou des sociétés en nom collectif (v. en dernier lieu, Cass. 3e civ., 12 sept. 2012, n° 11-17.948, RD bancaire et fin. 2012, n° 6, comm. 180, obs. Cerles A.). Pour autant, certains arrêts récents révèlent toutes les délices des conditions d’octroi spécifiques de garantie par les sociétés anonymes ainsi que les errements suscités par la sanction attachée à leur violation (v. not. Cass. com., 15 janv. 2013, n° 11-28.173, RTD civ. 2013, p. 116, note Fages B. ; Bull. Joly 2013, p. 186, note Barbièri J.-F. et Cass. com., 15 janv. 2013, n° 11-27.648, D. 2013, p. 624, note Dondero B.). 2. - Lorsqu’une société anonyme consent une garantie en faveur de la dette d’un tiers, l’autorisation préalable du conseil d’administration constitue une limite au pouvoir du directeur général, exceptionnellement opposable aux tiers (C. com., art. L. 225-35, al. 4). Le conseil de surveillance dispose de prérogatives analogues

dans ce domaine, lesquelles viennent limiter le pouvoir des organes de direction (C. com., art. L. 225-68, al. 2). Plus précisément, selon la forme de la société anonyme qui garantit l’engagement du tiers, une autorisation préalable du conseil d’administration ou de surveillance s’impose pour certains engagements visés par les textes, à savoir les « cautions », « avals » ou « garanties ». S’agissant des modalités de cette autorisation, l’organe exclusivement compétent dispose d’une assez grande liberté de choix (v. not. C. com., art. R. 225-28 ; C. com., art. R. 225-53 et R. 225-54). Il peut donner celle-ci au cas par cas, ce qui lui permet de contrôler de manière stricte les différentes garanties octroyées par la société au profit d’un tiers. L’organe en cause est également susceptible de fixer un plafond global au-delà duquel le dirigeant ne saurait engager la société. Dans ce cas, le mandataire social ne pourra engager la société pour des garanties dont le montant cumulé dépasserait le plafond fixé. De plus, dans ce dernier cas de figure, le conseil dispose du pouvoir de fixer, le cas échéant, un plafond pour chaque opération individuellement consentie. Quant au délai de l’autorisation, il faut relever qu’une autorisation globale donnée par le conseil doit être renouvelée chaque année, quoique les garanties valablement souscrites avant la fin du délai produisent normalement leurs effets (v. néanmoins les dérogations en faveur de l’administration fiscale, C. com., art. R. 225-28, al. 3). En raison de leur objet social, les sociétés anonymes exploitant un établissement bancaire ou financier se trouvent logiquement dispensées des obligations imposées par cette réglementation (C. com., art. L. 225-35, al. 4 ; C. com., art. L. 225-68, al. 2). Mais c’est surtout la sanction de cette même réglementation qui suscite la perplexité. Elle prend la forme d’une bien mystérieuse «  inopposabilité » de l’acte à la société. Une telle sanction protège, à n’en pas douter,

Numéro 105

I Juin 2013
105

RLDC

Juin

I 29

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