UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LYON, INSTITUT DES DROITS DE L’ HOMME DE LYON Année 2010-2011 Master professionnel, master recherche

, Philosophie des droits de l’homme

FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES DES DROITS DE L HOMME MODERNITE ET DROITS DE L HOMME Cours de Paul Moreau,

Introduction : les droits de l’homme ont-ils une valeur absolue ? Droits de l’homme et humanisme ; DH et dignité de l’homme ;DH et justice ; les DH contre les violences; le consensus universel sur les DH ;; les différentes générations de DH ; une nouvelle morale, une nouvelle religion (nouveau Décalogue) ; deux problèmes graves : triomphalisme éthique : les droits de l’homme ont réponse à tout ; les DH comme philosophie du droit dominante. le catholicisme et les DH : une adhésion réservée ? I Les droits de l’homme comme expression de la dignité de l’homme Les homme naissent libres et égaux en droits ; La double dimension de la personne : abstraite, concrète. Le souci du bien concret des personnes : les droits de la seconde et de la troisième génération. Inégalité factuelle, égalité de droits, inégalité statutaire. Signification de l’approche scientifique. La dignité comme valeur absolue. La distinction entre les personnes et les choses ( Kant). La personne comme totalité. Mourir dans la dignité. Dimension corporelle de la personne. Indisponibilité du corps humain et de ses parties. La question de la prostitution. Anthropologie chrétienne de la sexualité. Dimension métaphysique des DH. Le statut de

2 l’embryon. L’idée de procréation. La personne comme mystère. Scientisme et positivisme. Origine biblique de l’idée de dignité. La supériorité sur le monde et les communautés politiques II Critique du subjectivisme juridique ; Insuffisance des droits de l’homme Le subjectivisme juridique. Droits libertés . Les besoins. Groupes identitaires. La famille. La nature. Prolifération des droits et conflit entre les droits . Nomophilie. Le problème de la discrimination. Une nouvelle religion. Mise en cause des communautés. Mise en cause de la conscience. Disqualification de la morale . Conflits entre les droits. .Les DH corpus juridique ou moral ?. Critique des DH par E Burke, S. Weil. Contrat et institution

III Repenser le droit et la politique comme arts spécifiques au service du bien de l’homme Trois façon de considérer le droit : équilibre, art, chose incorporelle. Entre les personnes et les choses des êtres au statut ontologique particulier. La nature et le droit . Remarque méthodologique. Justice commutative et justice distributive . L’enfant et l’adulte : un triple relation. Le droit dans sa particularité La loi et le droit . Remarque méthodologique . Justice commutative et justice distributive . Perspectives éducatives . Autres pb posés par les droits de l’enfant . Le droit dans sa particularité. Le souci des communautés politiques concrètes (H Arendt). Les déontologies des métiers. Le sens du droit positif. La volonté politique et la loi. L’essence du politique. La justice et la force. Les Etats et leurs frontières. Limites du droit international. Morale et droit. Eloge du droit interne. La question du droit d’ingérence. Le problème de la justice pénale internationale. Perspectives éducatives. Le sens de la démocratie. La famille dans la charte européenne des droits fondamentaux. Le sens de l’institution. Deux sujets d’étonnement. L’autorité du peuple souverain. Justice et charité IV Origine de l’individualisme juridique La conception classique du droit naturel. La cosmologie antique et médiévale. Une nouvelle conception du droit naturel . La doctrine biblique de la création. La capacité de résister contre le monde. La lex divina. Le nominalisme comme rejet des communautés (M. Villey). La révolution. cosmologique de la renaissance . Un espace et un temps homogène. L’espace comme pure étendue à l’origine de l’idée de mondialisation. La fin des communautés. Tout est commensurable. La disqualification des frontières. La révolution industrielle selon Marx. Critique par Marx des DH. Un nouvel humanisme : Pascal et le roseau pensant. Les théories du contrat social comme aspect du constructivisme juridique. L’illusion universaliste

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Bibliographie I PHILOSOPHES CLASSIQUES PLATON, La République, Gorgias, Le Politique, Protagoras, Criton ARISTOTE , La politique, Ethique à Nicomaque AUGUSTIN SAINT La cité de Dieu( 427-427) BODIN Jean, Les six lires de la République, 1576 GROTIUS , Du droit de la guerre et de la paix, 1625 HOBBES, Du citoyen ou les fondements du politique, 1642 PUFENDORF , Du droit de la nature et des gens, 1672 SPINOZA, Traité politique, 1677 MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, 1748 ROUSSEAU, Du contrat social ou principes du droit politique, 1762 BURKE, Edmund, Réflexions sur la révolution de France, 1790, KANT Emmanuel, La Doctrine du droit, 1797 HEGEL , Principes de la philosophie du droit, 1820 TOCQUEVILLE, De la démocratie en Amérique, 1835 MARX Karl, La question juive, 1844 MARITAIN Jacques, Les droits de l’homme et la loi naturelle, 1947 WEIL Simone, L’Enracinement, Ecrits de Londres

ARENDT, Hannah, La crise de la culture, Gallimard, 1972, Essai sur la révolution, Gallimard, 1967, L’impérialisme, Fayard, 1982
Ii PHILOSOPHES CONTEMPORAINS BINOCHE Bertrand, Critique des droits de l’homme, PUF 1989 CHABOT Jean Luc , La doctrine sociale de l’Eglise, Que sais-je, PUF CLAIR, André, Droit, communauté, humanité, Cerf, 2000 DELSOL Chantal , Eloge de la singularité, La Table Ronde, 2000, La grande méprise, justice internationale, gouvernement mondial, guerre juste, La Table Ronde, 2004 DUMONT Louis, Essai sur l’individualisme, Seul, 1983 GAUCHET, Marcel, Le désenchantement du monde, Gallimard, 1985 ELIADE Mircéa Le sacré et le profane, coll. Folio Gallimard KOJEVE Alexandre, Esquisse d’une phénoménologie du droit, Gallimard, 1982 KOYRE Alexandre, Du monde clos à l’univers infini, coll. Tel, Gallimard RAWLS John Théorie de la justice, Seuil, 1987 RICOEUR Paul, le juste, Ed. Esprit, 1995, Le juste 2, Esprit , 2001 REVAULT D’ALLONNE ,Myriam, Le Dépérissent de la politique, Aubier, 1999 SCHMITT Carl, Théologie politique, Gallimard, WALZER Michael, Pluralisme et démocratie, Ed. Esprit, 1997, Sphères de justice, Seuil, 1998 III JURISTES ATIAS, Christian, Epistémologie du droit, Coll . Que sais-je BATIFFOL Henri, La philosophie du droit, Coll. Que sais-je

CARBONNIER Jean, Flexible droit, LGDG ,1992, Droit et passion du droit sous la Vème République, Flammarion, 1996
GARAPON Antoine, Bien juger ; essai sur le rituel judiciaire , Odile Jacob, 1997

4 HAURIOU Maurice. Le droit et les droits de l’homme . 1951 VILLEY Michel. Dalloz. 1986. 1976 III AUTRES GOLDMANN Alain. 1986 ROUBIER Paul. Sirey. de Kant à Lévinas Vrin 1990 MOURGEON Jacques Les droits de l’homme PUF 1990 . Théorie générale du droit. Aux sources du droit. Paris 2000 De BENOIT Alain Au-delà des droits de l’homme . PUF. Bibliothèque de philosophie politique et juridique. Critique de la pensée juridique moderne. Ed Kisis Paris 2004 PONTON Lionel Philosophie et droits de l’homme. Philosophie du droit. Les sources bibliques des droits de l’homme . défendre les libertés. Caen. 1983. Dalloz. Edition Shmuel Trigano. Ed in Press.

voire une nouvelle religion Triomphalisme éthique ? Les DH ont réponse à tout Le Christianisme et les droits de l’homme. le respect de la dignité passe nécessairement par les droits de l’homme Les droits de l’homme contre les violences . donc de niveau avancé * Qui ont le sens de l’engagement et pour moi la philosophie n’a vraiment de sens qu’en relation avec l’action * Etudiants provenant de divers horizons. Droits de l’homme et dignité .5 INTRODUCTION Salutation Présentation de PM Intérêt de PM pour ce cours donné pour la 8 ème année et dont j’ai pu donner des extraits ou des variantes en plusieurs pays Colombie Pologne. M 2. ex la Colombie Un corpus de plus en plus abondant cf Les différentes générations de droits de l’homme La prétention de répondre à toutes les questions éthique que se posent les hommes Une philosophie du droit dominante: le droit est la mise en forme des droits . Droits de l’homme et justice . Roumanie. Madagascar Liban * Etudiants de deuxième cycle. spécialement des étudiants venus de divers pays du monde entier Présentation du cours Droits de l’homme et humanisme . opposition ou hésitation . le subjectivisme juridique Une nouvelle morale. pourquoi ? Remarques de méthode . Ukraine. S’impose l’idée selon laquelle le bien de l’homme. un ralliement tardif .

d’une révélation religieuse ? 3) Les D<H sont ils les seuls ou les meilleurs moyens de travailler au respect de la dignité de la personne ? 4) Le DH ne peuvent-ils pas quelquefois desservir le bien de l’homme et le respect de sa dignité 5) N’y a –il pas d’autres moyens que les DH de travailler au bien de l’homme et au respect de la dignité de la personne ? Donc la philosophie peut éloigner de l’action. donc des connaissances en vue de l’action L’approche philosophique pourra vous déconcerter parce que elle a pour premier effet de mettre à distance de l’action. je m’en doute à partir de ce que je sais des étudiants des promotions précédentes. membres d’ONG etc En effet vous être disposés à vous engager au service des DH . Conférence de rentrée de JL Chabot) Spécialement ceux qui parmi sont en master pro et se préparent à des activités professionnelles. beaucoup parmi vous . même très jeunes. C’est en général le propre de toute approche spéculative. comme d’ailleurs toute approche théorique (en tant qu’elle se distingue de l’approche pratique) de la réalité . politiques. certes ces études ont été choisies par vous notamment dans le cadre d’un projet et certains parmi vous savent très bien où ils iront où du moins veulent aller au terme de cette année d’étude . vous avez choisi de mettre une distance avec le terrain. Spécialement en interrogeant sur les fondements de l’action . vous êtes déjà engagés dans la vie associative . .6 Ce cours se présente comme approche critique qui pourra surprendre et déconcerter plusieurs d’entre vous (Cf. vous n’êtes pas sur le terrain . . de la raison . Vous cherchez l’efficacité en acquérant des moyens divers . diplomates. juridiques ou associatives dans le domaine des DH (comme magistrats. telle qu’on peut déjà la trouver dans les sciences Par exemple en venant suivre des cours ici à l’IDHL. ce qui parait évident peut alors apparaître comme incertain Ainsi à partir de ces 5 questions 1) Les DH peuvent ils apparaître comme s’imposant par eux-mêmes ? Ne faut il pas les rapporter à un principe plus haut qui est le principe de la dignité ? 2) D’où vient le principe de dignité qui est à la base des DH ? de la nature.

d’où vient en droit français le refus de l’euthanasie Je ferai voir que bien des questions éthiques contemporaines. spécialement dans le mariage . qui se traduit notamment par le caractère illicite de la vente des organes * L’idée de dignité comme valeur absolue. j’ai remarqué dans les évaluations des années précédentes que beaucoup me reprochent que j’évoque trop souvent dans le cours. je prends trois exemples concernant des principes indiscutables * l’égalité et la liberté de l’homme et de la femme. peuvent trouver des éléments de solution dans une anthropologie héritée du christianisme . à savoir la révélation biblique . comme l’occasion de mettre en évidence que l’origine des DH est à chercher dans cet évènement qui transformera durablement la culture de l’humanité. c'est-àdire que vous devez accepter de vous laisser surprendre. le christianisme Alors là mettons d’emblée les choses au point * D’une part j’aurai souvent. De telle sorte qu’au bout de cette formation vous ne soyez plus tout à fait comme avant Bref vous devez accepter de vous laisser interroger et remettre en question. y compris par rapport à ce que vous considérez aujourd’hui comme évident et aussi ce que vous avez de plus cher . * le principe cher au droit français de l’indisponibilité du corps humain. qui sont nouvelles et suscitent des discussions. ex sur les manipulations génétiques . rien ne doit échapper à l’investigation critique . le problème du statut de l’embryon de la gestation pour le copte d’autrui Un autre pb : celui de l’évolution du droit de la famille : le problème du mariage homosexuel La critique m’a été faite par quelques uns des étudiants de mettre en question cette évidence : le mariage doit être ouvert aux personnes homosexuelles au nom de ces droits de l’homme fondamentaux que sont l’égalité et la liberté Pour le philosophe . rien ne va se soi . Une autre remarque .7 Mais il ne faut pas exclure le caractère aventureux de cette formation. Nous serons ici dans l’ordre de l’histoire des faits de culture (et donc en dehors de la foi religieuse) Ensuite ou montrera que bien des éléments de notre culture laïque sont d’origine chrétienne . voire transformer .

l’opinion doit être mise à l’épreuve . le meilleur moyen est que ce soit en réponse à celle des autres Enfin une dernière remarque : la philosophie surprend par son caractère paradoxal (paradoxe= ce qui est contraire à l’opinion) On a souvent comme pensée dominante un ensemble d’opinions c’est à dire d’idées que l’on tient pour évidentes et incontestables . ou plus modestement vos propres idées. et bien. dans une université catholique de présenter et faire valoir le point de vue de l’Eglise Et puis il n’y a pas de vérité qui soit liée nécessairement à la nouveauté (néophilie contre misonéisme) CF. L’essentiel est encore ici qu’il puisse y avoir débat . c’est à dire conduits par la raison . Et si vous devez vous forger votre propre philosophie. et ce que l’on prend pour ses idées personnelles n’est souvent que l’opinion .8 Et puis il n’est pas interdit. aussi la critique du sociologisme juridique Quoiqu’il en soit mes propos demeureront toujours philosophiques . c'est-à-dire ouverts au débat et à la contestation .

avec courage et lucidité. l’idéal de fraternité universelle. Mais face au danger de voir contestée leur légitimité. une politique tiennent leur plus ou moins grande légitimité de leur relation au corpus des droits de l’homme. Peut être aussi éprouvent-ils aussi comme une crainte de voir ébranlée la solidité de ces droits. ils négligent souvent comme inutile le questionnement philosophique. Ce corpus. procède de quelques principes simples : l’égalité en droit et en dignité de tous les hommes. Ces principes. le respect inconditionnel qui leur est du. mais alors sans être capable de pouvoir argumenter en faveur d’un fondement. * à quel degré d’intelligibilité appartiennent les principes sur lesquels ils se fondent. * à quelle condition leur affirmation est possible. de se demander *quel est le statut philosophique des droits de l’homme. ce qui provoque une compréhensible indignation. Face à quoi l’on se contente souvent de s’indigner et de condamner moralement une telle mise en question. Plus gravement ces principes peuvent être aussi contestés dans leur légitimité théorique (cf des doctrines antihumanistes comme le nazisme). et plutôt que de se voiler la face devant ce qui pourrait bien apparaître comme leur irréductible fragilité. de sorte qu’apparaît à leur égard une forme de vénération quasiment religieuse. il convient. . considérés comme évidents. on n’accepte guère de les voir mis en question.9 Chapitre Premier LES DROITS DE L HOMME COMME EXPRESSION DE LA DIGNITE DE L’ HOMME Introduction On s’accorde volontiers aujourd’hui à reconnaître qu’un droit. C’est que les militants des droits de l’homme veulent être efficaces . Reste que ces principes sont malheureusement bien souvent transgressés dans la pratique. mais aussi la tentation de verser dans l’exorcisme et l’incantation.

préciser un cadre légal. considérée comme politiquement incorrecte. en deçà de la factualité. en deçà de toute nature. à vouloir substituer. La distinction entre fait et valeur permet alors d’éviter ce double écueil : au nom du principe (l’égalité) ignorer les faits (l’inégalité) . explique. en vue de permettre à l’exigence éthique de . Or. métaphysique ? *** Les hommes naissent libres et égaux en droits et en dignité Fonder l’égalité. Si en effet la science décrit. à propos de l’embryon. dans les procès et donc les cas litigieux. Certes la science a toute son importance pour l’éthique (ainsi que pour la politique) On peut alors repenser la signification de l’approche scientifique : il lui appartient de décrire. dans leur aspect paradoxal. de donner des réponses pratiques. comme on l’a vu naguère avec les prétentions de la sociobiologie. présentent un caractère surnaturel. ou. ne faut-il pas la comprendre. Faudra-t-il alors affirmer que l’on vise ainsi. celle de différence. ce sont les faits et non les valeurs. ce sur quoi porte la science. à savoir la naissance. Confer => qui se refere a] plus loin dimension métaphysique Signification de l’approche scientifique A vouloir fonder par la science le principe d’égalité et de dignité. elle ne peut être donneuse de normes . mais peu réaliste. expliquer. lesquelles déterminent des inégalités.10 Plus précisément. à partir de la jurisprudence. on s’expose à ce que les principes soient eux-mêmes menacés par une tentative d’établir scientifiquement une morale inégalitaire. de toute histoire. voir comprend. Quant au droit. lorsque l’égalité est présentée comme fondée sur la naissance. ce qui revient au même. lorsque. il lui appartient d’abord. il lui faut départager entre les plaideurs. à la notion d’inégalité. si la naissance est bien un évènement empirique qui prend place dans la nature et l’histoire. c’est pour le discours des droits de l’homme l’inscrire en cet évènement qui précède toute existence particulière et contingente. au nom des faits (l’inégalité) refuser les principes (l’égalité). et. une nature ? Mais est-ce avec le concept de nature que l’on peut correctement fonder l’égalité ? Ne faut il pas alors considérer que les droits de l’homme. comme ce par quoi l’homme procède d’une origine absolue ? Cf [lat. que faut-il entendre par ce terme ? L’histoire et la sociologie ne montrent-elles pas à l’évidence que la naissance détermine une indéniable inégalité factuelle ? Il faut ici dénoncer la tendance généreuse.

s’appuie. la deuxième. Avare. concrète Dimension concrète Origine du concept de personne persona en latin = le masque du comédien qui offre comme un porte voix1 et permet au spectateur de reconnaître un type humain un rôle. ingénu etc la différence entre homme femme un statut social : maître serviteur. au-delà du formalisme et de l’abstraction de la première génération des droits de l’homme. nationalité. la fonction sociale On insiste ici sur la dimension concrète de l’homme . L’histoire entre pauvres et riches 1 Per sonare : sonner à travers . est-ce un simple jeu de mot que l’on peut reconstituer après coup depuis un mot d’origine étrusque ? . à comprendre comme relevant. celle des droits sociaux. un caractère. • non pas d’une philosophie niant le rôle de l’esprit. au départ. il existe plusieurs façons d’être humain . âge. • mais d’un choix méthodologique : l’action politique doit être servie par une véritable science du politique et l’économie : l’efficacité suppose une bonne connaissance de la réalité à laquelle on a affaire. pour certains commentateurs (Par exemple Jean Lacroix). plusieurs personnes et ceci en fonction de la nature (sexe. l’âge : jeune vieux cf le personnage de théâtre et par là le rôle.11 connaître ce sur quoi elle doit faire porter son action pour le changer : c’est ainsi que. âge) ou de l’histoire (richesse pauvreté) Ensuite on parlera des personnes pour désigner les humains au-delà de leurs différences d’où la dimension abstraite de la personne Aujourd’hui on pense les personnes abstraction faite de leur sexe. sur une sociologie et une économie indispensables C’est ainsi que. La double dimension de la personne : abstraite. la matérialisme historique de Marx est. dans une perspective réaliste et concrète. race place dans la société Au delà des différences mais aussi des inégalités de fait liées à la nature et à l’histoire Rappel : nature et histoire sont facteurs d’inégalités La nature détermine des inégalités entre malades et bien portants.

un homosexuels. c’est bien à mon insu » » Joseph de Maistre. ex l’appendicite de la chambre 13 et non pas Monsieur ou Madame Untel Le souci du bien concret des personnes : les droits de la seconde et troisième générations Respecter les personnes. avoir le souci de la justice ne peut se réduire à considérer la dimension abstraite au nom de laquelle on affirme l’égalité Il faut prendre en compte les situations concrètes . nous avons tendance à enfermer les être humains déterminations . que de la dimension abstraite. les états. Je sais même grâce à Montesquieu qu l’on peut être persan . s’il existe. négliger la dimension personnelle . J’ai vu dans ma vie des Français. mai quand à l’homme. Œuvres I p 78 Vitte Lyon 1884 (cité par A Finkielkraut La défaite de la pensée) NB Il faut tenir les deux dimensions. les situations (les fameuse étiquettes) c’est une femme. un sourd un aveugle un noir. telle qu’elle guette le professionnel. en particuliers les souffrances. sans quoi il y a injustice Ainsi en éducation ou en matière de santé *ne tenir compte. c’est ne pas prendre en compte les besoins spécifiques de l’enfant. les besoins. des Italiens. au nom de l’égalité des personnes. des Russes . adaptée On pourrait parler de justice réparatrice . en avoir le souci. du malade . je déclare ne l’avoir jamais rencontré de ma vie . La justice exige que l’on agisse de façon appropriées.12 Malheureusement. c’est donc ne pas agir comme un bon professionnel * inversement ne tenir compte que de la situation spécifique c’est. un handicapé. une prostituée etc dans leurs Contre cette tentation il convient de veiller à policer son langage : ne dites pas un handicapé mais une personne handicapée Ou mieux une personne en situation de handicap Tension entre les deux dimensions Le refus de la dimension abstraite et la volonté de privilégier la dimension concrète cf Joseph de Maistre) « Il n’y a point d’homme dans le monde. dans une approche hyper technique.

La doctrine des droits de l’homme. ex le respect particulier du au magistrat devant lequel on se lève au début de l’audience . ceux qui sont communs à tous * les besoins propres à telle ou telle catégorie d’homme par ex les malades. travail social. détacher de Absolutum= détaché de . ci-dessus à propos de la dimension concrète de la personne (ex personnes saine et personnes malades) Egalité de droit : égalité entre les personnes. cf. dépendant de Inconditionnelle ou Absolue : du latin absolvo . n’est donc vraiment intelligible qu’à la condition d’être comprise comme relevant d’une exigence éthique et qui en fait voir le caractère proprement métaphysique. La dignité comme valeur absolue Deux sortes de valeurs Conditionnelle ou Relative : du latin refero : rapporter à Relatum=. santé) Inégalité factuelle. spécialement celui de l’égale dignité des hommes. le sens de la justice qui requiert à la fois le souci de respecter des principes transcendants. aussi les véhicules prioritaires Tel est. les personnes âgées . les enfants etc Cf aujourd’hui la notion de discrimination positive Le souci de la justice doit prendre en copte ces deux dimensions. en tant qu’elles sont marquées par l’inégalité.13 A partir de la critique faite par Marx d’une inégalité abstraite. indépendant de Relatif = conditionnel Absolu= inconditionnel De quoi dépend une valeur relative ? Réponse : de l’intérêt que l’on accorde à une chose . et. ci-dessous égalité métaphysique Inégalité statutaire . dites des droits économiques et sociaux. la justice distributive selon Aristote . égalité de droits. spécialement dans les métiers qui ont affaire à l’humain (éducation. cf. dans son désir d’efficacité. en fait trois point de vue différents Inégalité factuelle : cf. de prendre en compte les situations concrètes. des gratifications qu’elle peut apporter Inversement la valeur absolue est indépendante de tout intérêt. inégalité statutaire Trois affirmation non contradictoires . comme on l’a déjà dit. on a l’origine des droits de la seconde génération. abstraction faite de leur état . qui habituellement présente les principes sur lesquels ils se fondent comme inscrits dans la nature. de toute gratification . qui prend en compte * les besoins fondamentaux des hommes. cf.

s’il n’est pas immoral d’attendre d’un conjoint du bonheur. qui peut bien tendre vers Zéro . mourante C’est le respect qui s’oppose au mépris (le mépris n’est que le dernier échelon dans la réduction de la valeur au prix . ou du moins s’il faut lui donner plus qu’on ne reçoit de lui ou encore si l’on rencontre quelqu’un qui semble devoir nous rendre plus heureux Idem par rapport à l’enfant ou encore ses parents vieillissants A contrario le sens de la fidélité et de l’engagement dans le mariage Cf la formule populaire : pour le meilleur et pour le pire (–Pour E Sullerot on se met aujourd’hui en couple pour le meilleur et sans le pire)) La distinction entre les personnes et les choses Découle de ce qui précède : la chose est ce qui n’a de valeur que relative. c’est à dire considérée comme un simple moyen . cf aussi dans l’école l’enseignant plus ou moins apprécié de ses étudiants Ce qui est immoral c’est de réduire la personne au statut de moyen. conditionnelle. handicapée. ce qui est immoral c’est de le laisser tomber s’il n’apporte plus ce bonheur. on peut mépriser celui que l’on na adorédont on a fait grand cas NB Dans la famille aussi on peut réduire autrui au statut de moyen . qui peut être utilisée. inconditionnelle D’où l’impératif moral selon Kant « Agis toujours de telle sorte que tu considères l’humanité en toi et en la personne d’autrui jamais simplement comme un moyen mais toujours en même temps comme une fin » In Fondement de la métaphysique des mœurs Distinction entre MOYEN: ce qui a une valeur relative et qui est le prix FIN ce qui a une valeur absolue : la dignité La formule de Kant est d’une grande prudence Il n’est pas immoral que les personnes puissent être considérées comme des moyens. par exemple quand la personne est malade. dans le monde économique . à n’avoir qu’une valeur relative. la personne est ce dont la valeur est absolue La personne comme totalité .14 La valeur de la personne doit être considérée comme absolue. l’entreprise en particulier (cf le salaire qui est variable selon la compétence) .

pas plus que sa dignité. c’est accréditer cette idée selon laquelle la dignité connaît du plus ou du moins . et considérer que sa vie ne mérite plus d’être vécue. sociologie.15 La personne. on peut le comprendre. *il est proprement métaphysique (éthico métaphysique) Il existe donc une dimension ontologique radicale de la personne à penser en deçà de tout ce que la science peut saisir en terme de plus ou de moins et qui donc se quantifie Application : le statut de l’embryon On peut ici réfléchir aux impasses auxquelles conduit aujourd’hui la prétention de demander à la science ce qu’il en est du statut de l’embryon : est-il ou non une personne ? Sur le statut ontologique de l’embryon (personne ou pas) se pose une question proprement métaphysique dont la solution décisive ne peut évidemment relever de la biologie comme science Reste que ce qui est certain c’est que l’embryon humain est a fortiori. autre chose est le discours théorique qui revient à reconnaître que la dignité connaît des variations . s’est gravement dégradée • Accéder à la demande de la personne souffrante qui demande qu’on l’aide à mettre fin à sa vie. on n’est pas plus ou moins une personne Ce concept * n’appartient pas au registre de la science (biologie. droit) . de dépendance) Critique : Qu’une personne puisse effectivement éprouver le sentiment que sa vie est indigne parce que ses capacités sont gravement diminuées et qu’elle est sous la dépendance d’autrui pour les besoins les plus quotidiens (perte d’autonomie) . elle ne connaît pas de plus ou de moins . cela est infiniment respectable Mais il faut faire les restrictions suivantes : • Une chose est la parole de la personne souffrante. mais alors il s’agite de mourir avant que le dignité ne soit affectée . du psychisme à l’autonomie et L’indignité est liée à la dégradation du corps par le fait du handicap. comme le foie humain. ne se divise . donc du point de vue ontologique à situer quelque part entre la personne et la chose Complément : mourir dans la dignité Le débat autour de la fin de vie et le problème de l’euthanasie La position de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) : la dignité est liée au bon état du corps. de la vieillesse (état grabataire. en fait ce qui est mis en avant c’est la liberté de la personne qui demande à mourir face à une dignité qui se dégrade. va se dégrader. certes le discours de l’ADMD porte bien sur la mort dans la dignité . un « être humain » .

PUF. même pour de bonnes raison. je te le montre par le fait que je reste auprès de toi » Il s’agit évidemment ici non pas d’une argumentation mais d’un témoignage. le fait de faire mourir bien. c’est un meurtre On peut cependant concevoir l’expression de façon moins dure : donner une bonne mort Mais alors qu’est ce que la bonne mort ? Une mort sans souffrance ? Une mort inconsciente ?dans le dénuement ? ou bien une mort avant et dans laquelle on est entouré par l’amour des siens.16 • Au contraire là où la personne affirme que sa vie ne mérite plus d’être vécue peut s’imposer l’exigence de témoigner (exigence pour la famille. 1999. p 511 NB un premier arrêté avait été pris contre le lancer de nain cpar la commune de Morsang sur Orge . en l’occurrence la simple présence…aimante C’est la philosophie des soins palliatifs NB euthanasie : de eu thanatos : bonne mart Euthanasier : de eu-thanateuein. ? Dimension corporelle de la personne Conception à distinguer de celle de caractère platonicien ou cartésien qui séparent l’âme et le corps. et encore qui ne passe pas par les mots. . pour nous tu as autant de valeur que lorsque tu étais en bonne santé . mais attention il pourrait être tentant de prétendre louer le corps d’une personne sans que cette personne ne soit affectée comme personne . pour le personnel soignant . dans une décision de 1995 en confirmant le caractère illicite de cette pratique parce que contraire à l’ordre public :la loi limite le principe de liberté à quoi on voudrait ramener le principe de dignité Référence Bernard Edelmann La personne en danger. ce qui n’est pas rien et qui peut laisser penser que . témoigner de quoi ? « : pour moi. selon laquelle l’essence de l’homme c’est son âme (conception au demeurant qui n’est pas dénuée de grandeur et aussi d’intérêt philosophique : cf en particulier les enjeux éthiques présentés dans l’Alcibiade de Platon Partons d’un principe du droit français (jusqu’à quand sera-t-il reconnu comme légitime ?) Indisponibilité du corps humain et de ses parties Le corps ne peut être vendu : le corps vivant d’abord évidemment : D’où le rejet de l’esclavage (qui subsiste encore de nos jours) (il est vrai que dans le rejet de l’esclavage c’est la vente de la personne qui est refusée) . et donc le refus de la vente du corps et conséquence du refus de vendre la personne . Thanateuein c’est faire mourir. cf cidessous la question de la prostitution Cf le cas d’école « le lancer de nains » Le Conseil d’Etat donne raison à la ville d’Aix en Provence. mais la conduite.

et par conséquent ni simplement sujets ou objets : *c’est le cas des membres. je précise humain. membres . Le statut juridique ne peut pas ne pas être pensé ici comme significatif d’un statut ontologique spécial . elle même liée au principe de liberté . ce qui apparaît comme une façon pertinente de nous faire sortir du dualisme juridico-ontologique. foie ou sang . quelque part entre la personne et la chose. celui de l’indisponibilité du corps humain. fluides) . et donc recevoir éventuellement un statut juridique. du moins en droit français . on notera que si l’on peut douter du caractère personnel de l’embryon ou du fœtus. mais qui pour autant ne sont pas des choses et qui doivent se voir reconnaître un statut ontologique spécial et qui comme l’embryon doit bien être considéré comme « être humain » Application dans le domaine de la sexualité : le corps ne peut être un moyen il en va de même pour le cadavre. lequel résiste de façon intempestive contre la tendance galopante à la marchandisation. * des êtres qui ne sont ni des personnes ni de simples choses. Le principe d’indisponibilité du corps s’applique aussi aux parties du corps (organes . on a là des « êtres » qui certes ne sont pas des personnes. peuvent et doivent être aussi objets pour le droit. elles ne peuvent être vendues. (séparation entre sujets de droits et objets de droit) Tel est le fondement philosophique de ce principe cher au droit français .17 A noter que le corps mort (le cadavre) ne peut être non plus objet de transactions financières Entre les personnes et les choses des êtres au statut ontologique particulier Mais il y a plus subtil : sans être sujets de droit. organes ou fluides du corps humain : bras. on ne peut nier que l’on ait affaire à un être humain La question de la prostitution Introduisons la question de la sexualité par le cas de la prostitution .

au sens que donne à ce terme l’anthologique religieuse. recourir à une démarche de type phénoménologique (méthode qui vise à découvrir le sens dans l’observation de la réalité dans ses aspects les plus concrets) La relation sexuelle. on ne vend que ses charmes . Cerf. 2000 Dégageons l’intuition centrale de cette conception de la sexualité : la relation sexuelle est une relation de corps à corps à corps tellement intime qu’elle ne saurait pas ne pas être en même temps relation intime entre les personnes elles mêmes . à savoir L’anthropologie chrétienne du corps et de la sexualité CF Xavier Lacroix « Le christianisme méprise-t-il le corps » in L’avenir c’ est l’autre . dans l’intimité de son être D’ailleurs on n’entre que très rarement librement en prostitution et de puissantes inhibitions doivent être levées . d’un point de vue éthique. et ne vend-on pas sa force de travail ? et ne loue-t-on pas ses bras . il est seulement loué . pour comprendre. d’où après le rapport la nécessité d’ une toilette.18 Que penser du contrat entre le client et la personne prostituée ? en droit français (CF Guy Raymond. ne peut pas ne pas affecter la personne prostituée en profondeur. C’est que la personne prostituée voit son corps souillé . spécialement dans la sexualité . Dix conférences sur la famille. Il faut ici. p102-103) un tel contrat est illicite au nom du principe de l’indisponibilité du corps : mais pourquoi ? on dira en effet que dans la prostitution le corps n’est pas vendu . une purification dont le but est d’effacer une souillure qui affecte a personne au plus profond de son être Le corps selon l’anthropologie chrétienne Ce n’est pas seulement dans la prostitution que l’on peut. on ne peut donc ni le vendre ni même le louer . pourquoi ? Il faut ici essayer de comprendre : d’abord le corps n’est pas du domaine de l’avoir . c'est-à-dire dans la totalité de leur être . mettre en cause le caractère illégitime de certaines formes de relation sexuelles Il faut ici évoquer ce qui est à la racine de l’interdit de la prostitution et en général du principe de l’indisponibilité du corps . et pourtant on dit que la personne prostituée se vend . une lustration. Ombres et lumières sur la famille Bayard Edition 1999. dont le but est manifestement plus qu’hygiénique : c’est. souvent par la violence : le viol (souvent collectif) et ensuite l’alcool et différentes drogues . plus précisément son sexe . du fait de son caractère objectivement intime. on pourrait donc dire que l’on vend ses charmes et pour cela que l’on ne fait que louer son corps.

19 D’où deux conséquences 1) Une relation sexuelle qui prétend ne pas être relation intime et totale entre les personnes est comme un mensonge XL cite ici Jean Paul II dans Familiaris Consortio 1981 § 11 « La sexualité par laquelle l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre n’est pas quelque chose de purement biologique. le mariage n’est valide qu’à la condition d’être ratum (du latin reor qui veut dire échanger des consentements) et consumatum NB Comment ne pas voir aussi que . Elle ne se réalise de façon vraiment humaine que si elle est partie intégrante de l’amour dans lequel l’homme et la femme s’engagent entièrement l’un vis à vie de l’autre jusqu’à la mort. mais concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. bien au contraire . c’est le Christianisme qui dégage comme condition essentielle du mariage les exigences de liberté et d’égalité entre les époux Liberté : refus des mariages forcés Egalité : refus de la polygamie : la pointe de l’argument est dégagée par Kant ( La Doctrine du droit ) en ces termes il ne peut y avoir égalité et réciprocité entre une épouse qui se donne en totalité et un époux qui ne se donne qu’en partie Non. il se veut relation intime et totale entre les personnes . c’est penser la naissance en dehors du temps. il considère • que le corps n’est pas du domaine de l’avoir • on ne peut considérer le corps comme une chose que l’on vend ou même que l’on prête • certaines façons d’utiliser le corps ne peuvent pas ne pas affecter la personne tout entière jusque dans son intimité • le corps ne peut être utilisé comme moyen sans que la personne ne le soit aussi • par le corps nous sommes engagés en totalité • Nous ne pouvons être engagés en totalité sans l’être en même temps par le corps Dimension métaphysique des DH Affirmer l’égalité à la naissance. La donation physique serait un mensonge si elle n’était le signe et le fruit d’une donation personnelle totale » cf aussi le philosophe libanais René Habachi cité par X. c’est le sens donné par le droit canonique à la copula carnis . Lacroix : « on ne pénètre réellement un être qu’en épousant l’axe central de sa vocation humaine » 2) Inversement pas de relation intime et totale entre des personnes qui ne passe par la relation sexuelle . le Christianisme ne méprise pas le corps . alors il ne peut être valide si l’un des conjoints se refuse à la relation sexuelle . tout en insistant sur l’exigence de totalité. Temps de la nature . c’est le sens du mariage .

qu’elle détermine à la fois l’égalité et l’inégalité? Non . Mais alors l’égalité dans la fraternité ne peut se comprendre qu’à la condition de penser pour tous les hommes une même origine. c’est alors la penser du point de vue de l’éternité. le positivisme d’AC) pour être remplacé par reproduction ou pire fabrication : Ne dit on pas dans le langage courant que l’on fait des enfants ? A noter dans ce cas que l’on peut bien justifier la revendication d’un droit à l’enfant . qui est au-delà de toute temporalité. en tant que personne. il suffit pour cela de distinguer deux façons de considérer la naissance . les cultures. les enfants ne se laissent pas faire » Alors que signifie procréation ? Non pas création pour Mais Processus par lequel une création a lieu Action pour. il faut considérer que la vie ne peut être produite. c’est ainsi qu’il faut comprendre les échecs biologiquement inexplicables de certains essais de PMA A cet égard cf cette boutade de Françoise Dolto dont nous avons fêté en 2008 le centième anniversaire de la naissance: « vous voulez faire des enfants . comme création C’est à cette condition seulement que peuvent et doivent être relativisées les médiations de la terre ou du sang. de la génération. tant biologique qu’historique. qu’elle ne peut être que reçue . Y a-t-il alors une contradiction à affirmer. c’est à cette condition seulement que l’idée d’égalité conduit à celle de fraternité. comme irréductible à la dimension temporelle de la génération. les différents groupes sociaux . mais qui pourrait bientôt être considéré comme politiquement incorrect et supprimé en tant que « puant » la métaphysique et la théologie (cf. biologie. qui passe par les familles. à propos de la naissance. .20 Temps de l’histoire Au-delà = meta de la nature = phusis c’est plus précisément la penser au-delà de la catégorie. l’enfant devient alors objet de droit parmi d’autres Noter alors que si l’on veut bien comprendre l’idée de fécondité. de la famille ou de la race. en faveur de la création Considérer la naissance d’un être humain. L’idée de procréation Terme encore en usage en droit. et que le Christianisme identifie comme paternité .

. de toute temporalité. expliquer la science. que c’est une question légitime (ex sur la vie. * Mais alors l’égalité dans la naissance ne s’affirme. le bonheur. ce qui entraîne en particulier le refus de la liberté et aussi plus radicalement de toute dimension spirituelle en l’homme (variante : scientisme pratique : conception selon laquelle les techniques issues de la science pourront permettre de résoudre toutes les questions pratiques que les hommes se posent . mettre à distance) . sans restriction . qui est très précieuse dans sa simplicité. s’il n’y pas de connaissance possible dans ce domaine comme on connaît la nature. la mort. * Du point de vue phénoménal. La personne comme mystère Cf cette expression chez Gabriel Marcel : mystère à distinguer de problème (du grec pro-ballô= jeter devant soi. elle est alors totale. spécialement pour la raison . et cependant la philosophie considère qu’elle peut être posée par la raison . au-delà de la connaissance de la nature qui revient à la physique (sciences physiques) la métaphysique et pourquoi pas des réponses qui viendraient de la religion On notera deux façons de disqualifier religion (théologie) et métaphysique Scientisme et positivisme Scientisme : conception selon laquelle la science pourra tôt ou tard répondre à toutes les questions que se pose l’homme par exemple :qu’est-ce que le mal ? Ou bien conception selon laquelle le discours de la science offre une vérité absolue. entre ces deux points de vue que sont le phénoménal et le nouménal. cf la célèbre distinction kantienne entre connaître et penser On peut ainsi justifier. porte sur la réalité en soi . absolue. au delà de toute nature. le terme revient à objet (même étymologie d’après le latin) Le mystère est une question qui ne peut être résolue par la science . etc Et si la raison ne peut apporter de réponse.21 On peut suivre ici la distinction kantienne. la souffrance. que d’un point de vue nouménal . la dignité. Ex :comment être heureux Positivisme : Conception selon laquelle seules les questions auxquelles la science peut répondre sont dignes d’intérêt. ainsi le déterminisme et même le matérialisme pourra apparaître comme vérité sur la réalité. la naissance détermine des inégalités . l’existence de Dieu. . c’est ainsi que l’on n’est pas plus ou moins une personne. ce qui revient chez Kant à celui de l’espace et du temps. et c’est ce que peut et doit sans complaisance décrire. qui est question pour la science . la raison est néanmoins capable de penser .

ni homme ni femme…. laquelle peut cherche dés réponses dans la philosophie et aussi la religion Origine biblique de l’idée de dignité cf ci-dessous chapitre IV Rappel méthodologique : on est ici dans l’ordre de l’histoire de la religion comme fait de culture et non pas dans celui de la foi religieuse L’idée de création : L’homme est directement créé par Dieu . Saint Augustin l’a montré dans la Cite de Dieu : chaque chrétien n’est lié à l’Empire que de façon précaire. mais il faut considérer en lui une dimension ontologique radicale . ni homme libre ni esclave. qui ne peut lui venir du monde . en particulier biologique. mais à la volonté de Dieu dont il tient directement le sens de sa vie Complément : dépendant tous d’un même père les hommes sont frères . parce qu’il ressent beaucoup plus son appartenance à la Cité supra terrestre et intemporelle. Avec l’Evangile une partie essentielle de l’individu échappe à l’emprise de la cité. plus encore il est en droit de résister contre lui Cf MVilley Philosophie du Droit. l’homme est à l’ image de Dieu De la même façon et par voie de conséquence ce à quoi il doit obéir ce n’est pas au monde. Villey poursuit : pour Saint Thomas d’Aquin . » La supériorité sur le monde et les communautés politiques De l’inspiration biblique découle aussi la conception de L’homme contre l’Etat La capacité de résister contre le monde Non seulement l’homme ne tient pas le sens de sa vie du monde. et qui cependant intéressent la raison. inorganique » M.22 Or une approche critique de la science (à la façon de Kant) fait apparaître que * La science ne répond qu’aux questions qu’elle peut poser * la science ne pose que les questions auxquelles elle peut répondre Et ces questions sont précisément des problèmes . T1 p 12O c’est l’origine de la conception des DH opposables à ceux de l’Etat « Les païens ont pu dénoncer dans le judéo christianisme une force de dissolution de la communauté civile. il ne dépend pas dans son être des autres êtres : le monde . de la nature ou du cosmos en général Certes il partage avec les autres êtres la dimension matérielle. les animaux les végétaux . il faut donc affirmer qu’il y a des questions qui ne sont pas des problèmes. incertaine. fraternité universelle : Paul aux Corinthiens 2 : « Il n’y a plus ni juif ni grec. la dimension personnelle.

Les droits de l’homme. Loin d’être en face d’une évidence qui devrait être l’objet d’une affirmation dogmatique. fût-elle celle de l’homme. Talandier. S’il y a une vérité elle dépend de notre engagement. avec le caractère paradoxal et intempestif des exigences des droits de l’homme. de sorte qu’ agir en faveur des droits de l’homme ne peut être la simple application d’une vérité découverte par la raison spéculative . c'est-à-dire une fin en soi et non pas d’abord un moyen de fournir une succession à la famille royale donc à l’Etat Sur l’idée de résistance CF la Rose Blanche : Hans et Sophie Scholl Hans et Sophie Scholl . en tant qu’ils concourent au respect de la dignité de la personne. Villey conclut : c’est le germe des libertés opposables à l’Etat et des futurs droits de l’homme On peut ainsi comprendre le sens de l’opposition de l’Eglise par rapport au divorce des rois pour cause de stérilité (supposée) de la femme : la femme est une personne. ce que nous découvrons dans l’exigence de respecter l’égale dignité de tous les hommes est proprement mystérieux.23 *le chrétien dans sa vie spirituelle cesse d’être partie de l’organisation politique * il est une fin supérieure aux fins temporelle de l’Etat : sa personne transcende l’Etat Et M. Mais face aux prétentions de ce qu’on pourrait appeler un humanisme triomphant. et les assauts possibles de l’ antihumanisme il faut reconnaître. de notre capacité de témoigner . leur irréductible fragilité. Et d’ailleurs il convient de se réjouir de ce que les principes généraux des droits de l'homme soient l’objet d’un réel consensus dans la culture contemporaine. Lettres et carnets. 2008 CF aussi la dissidence en Ex URSS avec Soljenitsyne ∗∗∗ Conclusion de la première partie L’engagement moral et politique en faveur de l’égalité entre les hommes n’implique heureusement pas de théorie philosophique préalable. Il convient en effet d’être réaliste : nous sommes en face d’une exigence morale qu’il serait difficile de considérer comme s’inscrivant simplement dans la nature. relèvent d’un autre point de vue.

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ce qui requiert bien ici comme une foi, une foi morale. Retour au début du chapitre C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’article premier de la « Déclaration universelle des droits de l’homme »: tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits. De la naissance, il est ici question d’un point de vue, non pas naturel, encore moins historique, mais proprement métaphysique ; Cela signifie que si la naissance est un événement qui a lieu dans le temps et qui est comme tel marqué par l’inégalité, l’égalité suppose que la raison puisse penser, pour tous les hommes, en dehors du temps, une commune origine d’où ils puissent tenir l’essentiel de leur être, à savoir la dignité ; cette essence commune a même permis de parler entre eux de fraternité. Nommer, au lieu même de cette origine, un père, relève alors proprement d’un autre discours, qui est celui de la foi religieuse. Transition Au-delà de la question du fondement des droits de l’homme se pose alors une autre question qui porte sur leur application et qui concerne la philosophie juridique et politique : on peut se demander, avec Burke, si, « métaphysiquement vrais », les droits de l’homme ne seraient pas « moralement et politiquement faux » 2. Est-il en effet souhaitable que le droit et la politique s’alignent directement, ponctuellement, minutieusement sur les droits de l’homme ? Mais il y a plus : ne risquerait-on pas ainsi, oublieux du caractère essentiellement éthique, prophétique, et finalement critique des droits de l’homme, de refuser l’histoire et ses lenteurs, et de croire imminente la réalisation d’une communauté éthique ou d’un royaume de Dieu sur terre ? Ces questions seront examinées dans le chapitre III En attendant et pour préparer ce chapitre III qui sera consacré à mettre en évidence la caractère incontournable des médiations juridiques et politiques, il nous faut faire voir en quoi la doctrine des DH peut être insuffisante par rapport au but qui est la dignité de l’homme ; et même peut être contre productive

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Edmont BURKE , Réflexions sur la révolution de France, Hachette, Collection pluriel, 1989, p 78

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Chapitre II CRITIQUE DU SUBJECTIVISME JURIDIQUE Insuffisance des Droits de l’homme

Introduction On ne saurait douter du fait que le but fondamental de toute société est de viser le bien des personnes. C’est ce que reconnaissent heureusement tous les humanistes et en particulier tous ceux qui sont engagés au service de la défense et de la promotion des droits de l’homme. Se pose alors la question de savoir par quels moyens ce but doit être poursuivi. ? . La philosophie ne se contente jamais d’évidences ; Elle ne cesse de s’interroger et de chercher, tel le géologue avec son marteau selon Nietzsche, ce qui se tient à des niveaux inférieurs pour en éprouver sans préjugé la solidité, quitte à ce que cette interrogation puisse affecter peu ou prou l’action. Il s’agit ici de s’interroger sur les moyens que sont les droits de l’homme par rapport au but poursuivi, et dégagés dans le chapitre I à savoir, le bien de la personne et sa dignité Il faut donc constater que de nos jours, les droits de l’homme se présentent comme moyens incontournables de réaliser le bien et travailler au respect de sa dignité ; à tel point que sont devenus quasiment synonymes, comme on le voit souvent dans les rubriques de la presse les deux expressions :

26 *bien (ou dignité) de la personne *et droits de l’homme. Cette équivalence est loin d’aller de soi, Il n’est pas évident que le bien de la personne et le respect de sa dignité passent nécessairement par la défense de ses droits Plus généralement du point de vue de la philosophie du droit, il n’est pas évident que le droit ne doive être que la mise en forme des droits des sujets, Une telle affirmation reviendrait au SUBJECTIVISME. JURIDIQUE Question : 1) Le subjectivisme juridique qui marque la doctrine des droits de l’homme ne risque-t-il pas en effet de conduire à ce que soit quelquefois manqué et même perverti le but recherché, à savoir le bien ou la dignité de l’homme ? 2) Va-t-il en effet de soi que la défense et la promotion du bien des personnes passe nécessairement par celle de leurs droits ? Application – exemple Cette question se pose avec une particulière acuité pour les enfants : le bien des enfants passe-t-il nécessairement par la défense de leurs droits ? Du point de vue strictement juridique, on se demandera si le droit des mineurs (droit au singulier ; au sens objectif, c’est à dire du droit concernant les mineurs) ne doit être que la mise en forme des droits des mineurs (droits au pluriel, c’est à dire droits subjectif) . Ces questions s’imposent face à un texte fondateur comme la CIDE de 1989 (« Convention internationale pour les droits de l’enfant »), dans laquelle prévaut manifestement le subjectivisme juridique. Le subjectivisme juridique Définition Conception du droit selon laquelle le droit est mise en forme des droits, on peut préciser des individus (mais en fait pas seulement comme on le verra par la suite) ;

on regrette aujourd’hui que l’on revendique ses droits plus que l’on n’accepte ses devoirs . (…). pensé en dehors de toute communauté . mais lucide : « Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse (…) l’homme égoïste. ceci dit on peut bien considérer que l’insistance sur le devoir appartient aussi à la dimension subjective du droit : le sujet des obligations est aussi sujet de droit Reste que le subjectivisme juridique se manifeste bien d’abord par la revendication des droits Sur la critique des droits de l’homme comme simple pouvoir d’user voir d’abuser au détriment du souci de l’autre et plus encore de la collectivité cf la critique célèbre de Marx dans La Question Juive ce texte terrible. le bien de l’homme se présente d’abord comme celui de l’individu. La société apparaît comme un cadre extérieur à l’individu. uniquement préoccupé par son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. (…) c'est-à-dire l’individu séparé de la communauté.27 Remarque : Le subjectivisme juridique (cf. Hobbes : le jus omnium in omnia (droit de tous à touts choses) conception du droit dont les enfants ont manifestement très vite conscience A la limite c’est le droit d’user et même d’abuser. comme une limitation de son indépendance originelle » . collectivisme. communautarisme. la désinence i sme) pousse à l’extrême la prise en compte de la dimension subjective du droit (cf. pouvoir. nationalisme. tel qu’il est lié au droit de propriété Il est vrai que les DDHC de la fin du XVIII ème siècle précisent que les droits des uns sont limités par ceux des autres Ex 1789 art 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui : ainsi l’exercice de droit naturels de chaque homme n’a de borne que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits (…) » 1793 art 6 : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui » NB Noter le vieux problème de l’articulation entre droits et devoirs . replié sur lui même. Il s’agit en fait des droits libertés C’est le droit comme permission. etc) Il convient alors de décrire les droits de l’homme comme étant caractéristiques du subjectivisme juridique et ceci en revenant sur les différentes générations de DH Droits libertés Avec les droits de l’homme. licence Cf.

Les besoins Dans la deuxième génération des droits de l’homme. etc Or il n’est pas évident que les besoins doivent nécessairement être convertis en droits Sur la mise en question de la tentation de confondre besoins et droits. qui. on précise alors les droits subjectifs selon les besoins : travailler. la dimension subjective du droit se confirme . ou de vouloir convertir les besoins en droits. à la fois liés et en tension obéissance et liberté respect de la vérité et liberté d’expression . tel est le sens des droits de la première génération. je précise : le droit est fait pour les individus. dite des droits sociaux et économiques. celle des droits politiques ou du citoyen. ci dessous p l’individu se trouve ainsi le seul sujet de droit . .28 Collection 10/18. p. 1999. en fait individu. cf Simone Weil. à la santé. détailler toujours plus les besoins de l’homme pour les convertir en droits : droit au travail. en particulier lorsque nous élisons des représentants ? Sur Marx cf. jusqu’alors. la famille. Gallimard. habiter. ensuite citoyen : et Marx de préciser : le citoyen est au service de l’homme égoïste . déterminaient sa conduite. au logement. p 18 à 30 : les besoins sont complexes comme on le voit dans les couple suivants où ils cohabitent. N’est ce pas ainsi que nous concevons encore aujourd’hui le plus souvent la démocratie. dont l’Etat. Collection Folio. il faut alors préciser. 1980 et l’Enracinement. Ecrits de Londres. pour qu’ils puissent jouir de leurs droits . l’individu est au centre du droit Rappel : C’est au nom des droits qu’il s’agit de protéger l’individu contre les communautés. 39 D’abord homme. être en bonne santé etc. Gallimard.

correspondent souvent à des désirs non nécessaires. à la limite on peut parler de droits caprices Groupes identitaires . hétérogènes et qui sont exposées à entrer en conflit les unes contre les autres C’est prétendre ramener le complexe au simple . pour reprendre la distinction célèbre d’Epicure. Chap VI « La philosophie du droit de Burke » NB 1) Autre réserve sur les droits besoins . alors il faut aussi compter parmi les droits des besoins qui ne sont pas considérés comme tels Alors on peut penser que par là Burke veut mettre en évidence le caractère excessif de la doctrine des DH A propos de Burke on peut rappeler que selon M Villey il revient à l’inspiration aristotélicienne. il est infiniment respectable. peut-on parler pour autant d’un droit à l’avortement ? 2) Une autre critique peut être conduite : par rapport à la prétention de convertir les désirs en droits Ex le désir d’enfant. vouloir convertir les besoins en droits c’est les isoler. en faire des quantités discrètes. surtout lorsqu’il se manifeste par une souffrance . p 78 . si les besoins se convertissent en droits. spécialement lorsque se trouvent en jeu les droits d’autrui ou des exigences éthiques supérieures .29 intimité et vie sociale sécurité et risque égalité et hiérarchie. il peut être un besoin réel dans une situation de détresse. Critique de la pensée juridique Dalloz 1976. non naturels . résoudre le complexe par le simple C’et précisément le sens de la critique des DH par Burke Cf ce paradoxe (boutade) de Burke : « Les contraintes font partie au même titre que les libertés. ainsi à propos de l’avortement . tous les besoins ne sauraient être pris pour des droits. c'est-à-dire séparées. Cette formule peut s’appliquer à l’éducation ou même à la vie politique Burke prend au mot les défenseurs des DH . des droits de l’homme » (Réflexions sur la Révolution française collection pluriel. celle de la justice comme juste milieu (Cf. et pour autant convient-il de le convertir en droit à l’enfant? NB Par ailleurs les prétendus besoins. et donc parfaitement artificiels (par exemple le droit à accéder aux services du Club Méditerranée) .

les immigrés les réfugiés etc. en fait des communautés dans lesquelles les intérêts des différents membres sont naturellement liés en un bien commun. dans l’entreprise. La famille par exemple Des minorités culturelles ou religieuses Droits des peuples à disposer d’eux mêmes L’exemple de la famille En ce qui concerne les communautés. même si c’est au prix de la différence ou même de l’inégalité. a pu s’imposer la notion de lutte des classes qui bat en brèche la conception traditionnelle des sociétés organiques. les malades. ceux des femmes. une quatrième génération de droits peut être repérée : sont pensés comme sujets de droit des êtres (réalités) humains non personnels : des institutions. les droits de l’homme se précisent et se particularisent selon les besoins propres à certaines catégories et groupes identitaires (différentes façons d’être homme) : Les femmes les enfants. ces groupes identitaires. ceux des pères ceux des grands parents. de la même façon. dans ce qu’il est convenu d’appeler une hiérarchie. immigrés . . prisonniers etc Il faut alors remarquer que. NB Il est évidemment intéressant de distinguer les besoins spécifiques de telle ou telle catégorie plus ou moins permanente . à partir de cette logique subjectiviste du droit que l’on voit s’emballer. sont distingués les droits des travailleurs et ceux des propriétaires détenteurs du capital On voit bien alors comment. le meilleur exemple est celui de la famille comme on le voit dans la « Charte pontificale des droits de la famille » élaborée par le Saint Siège en 1983 . sont distingués dans la famille les droits des enfants. . les handicapés.30 A partir de là. sont déterminés en quelque sorte par « coupes » opérées à travers la société et les communautés. les travailleurs. des communautés. à vrai dire tous les hommes dans leur vie peuvent être malades handicapés. à partir de là. avec la dimension subjective du droit. dont les intérêts sont présentés comme juxtaposés et finalement facilement en opposition . C’est ainsi par exemple que.

Le nouvel ordre écologique . l’arbre. comme si c’était par les droits uniquement que l’on pouvait viser le bien de l’homme et la justice à laquelle il aspire D’où la dispersion de l’action : il faut tenir compte d’objectifs innombrables. l’action politique est ainsi incapable de penser les problèmes dans une perspective d’unité cohérence. le Saint Siège avait voulu transformer l’essai de 1983 (charte des droits de la famille) en se faisant le champion de la rédaction d’une déclaration internationale des droits de la famille . Grasset.31 Il faut ici remarquer qu’en 1994. toute question pratique. c'est-à-dire dont les enfants seraient les bénéficiaires On peut parler d’une critique nominaliste de la famille Les droits de la nature La logique subjectiviste est alors poussée à l’extrême lorsque l’on en vient à considérer comme sujets de droit des êtres non humains : les animaux et plus radicalement la nature. On voit à quel égalitarisme peut conduire le subjectivisme juridique tel qu’il se manifeste dans la doctrine des droits de l’homme ! Prolifération des droits. c'est-à-dire dont la famille serait bénéficiaire . ils ne sont pas les seuls êtres de droit . On sort alors complètement de l’humanisme juridique Cf la critique des droits de la nature chez Luc FERRY. dont les enfants. au profit par exemple d’une politique de l’enfance. ce projet a échoué. année internationale de la famille. comment alors énoncer les mêmes droits pour des familles différentes ? ce ne pourraient être les mêmes droits . . 1992 NB les défenseurs des droits des animaux dénoncent le spécisme (terme forgé selon le modèle de sexisme ou de racisme) : tendance pour une espèce à se considérer comme supérieure aux autres . cette raison s’est déclinée sous deux formes révélant un double point de vue nominaliste *la prise en compte de la diversité des formes de vie familiale fait qu’il n’y a pas la famille mais des familles . l’animal. d’où le refus de penser la famille comme un être de droit et d’abord comme un être spécifique qui transcenderait les membres de la famille. Ceci peut aller jusqu’à la disqualification de l’idée de politique familiale. il faudrait alors spécifier les droits propres aux différentes familles * une famille n’est jamais que réunion transitoire et précaire d’individus qui sont seuls des sujets de droits . conflits entre les droits Prolifération :Les droits sont de plus en plus nombreux . si donc les hommes ont des droits. les animaux aussi ont des droits . et ceci pour une raison principale : On a dit qu l’on ne pouvait parler de la famille . tout besoin nouveau. l’homme. tout désir nouveau (voire tel fantasme nouveau) donne lieu à l’invention de nouveaux droits.

NB Pour la critique de cette tendance. droits des enfants et droits des parents. ou encore entre droits des citoyens et droits de l’Etat (dont la sécurité) * Conflit entre les hommes et la nature Ex. sommés de donner raison tantôt aux uns. à la limite de la caricature : droits des chasseurs versus droits des animaux . tantôt aux autres . voir chez Michel Villey la distinction entre le droit (dimension immanente) et la loi (dimension transcendante) Le problème de la discrimination La place grandissante de la loi se voit de nos jours dans les lois contre la discrimination. mais plus encore un inévitable conflit entre eux conflit entre les droits * Conflit entre les droits besoins : ex droit à la liberté et droit à la sécurité Droit à la propriété et droit au logement * Conflit entre droits de certaines catégories d’hommes et d’autres Ex droit des propriétaire et droit des locataires . ou encore entre droit des mères et droits des pères * Conflit entre les droits des individus et les droits de communautés Ex : droits des personnes de la famille (enfant. on est loin de la formule d’Aristote : l’homme est par nature un animal politique Nomophilie Cette tendance à penser le droit depuis les droits se confirme dans cette tendance qu’on peut appeler nomophilie ou panlégisme. par ailleurs la vie sociale se présente comme le champ d’un affrontement perpétuel (cf. femmes…) et droits de la famille .32 de durée. l’Evangile : accueillez les étrangers . c'est-à-dire la prétention de déterminer dans le détail par des lois de plus en plus précises et minutieuses ce qu’il faut faire pour respecter le bien de l’homme à partir de ses droits. aimez vos ennemis) se convertir en droit à la non discrimination . où l’on voit l’exigence éthique de non discrimination (cf. spécialement dans un souci de prévision Mais il y plus grave non seulement on observe un émiettement entre les droits. ci dessus l’idée de lutte des classes) . droits des pêcheurs versus droits des poissons Une telle situation aggrave les difficultés de la tâche du politique et du législateur.

un nouveau catéchisme A force de vouloir préciser dans le détail. voici que l’obligation juridique détermine des devoir stricts. en tant qu’elles peuvent être porteuses d’une sagesse comme celle des déontologies professionnelles . *d’autre part le droit international. on revient en quelque sorte à ce avec quoi les Lumières avaient voulu rompre. la doctrine des droits de l’homme impose une sorte de centralisme juridique qui se manifeste à deux niveaux : * d’une part le droit commun. alors appelé. comme de façon péjorative. . cf.de façon quasi inquisitoriale . tend à s’imposer sans discussion au droit des Etats. ou même aimez vos ennemis . les étrangers . on a volontiers recours à la censure. celui de l’Etat. à savoir les catéchismes moraux des religions traditionnelles . le rôle de la HALDE (haut autorité pour la lutte contre les discriminations et l’exclusion) . la distinction entre devoirs stricts et devoir larges est précisée par KANT dans la Doctrine du droit Une nouvelle religion . l’Evangile : accueillez les pauvres . 1996. tend à disqualifier celui des communautés concrètes. au don sans contrepartie (CF. dans une conception religieuse de la morale on prétend définir minutieusement le bien et par là on tend à exclure toute discussion . la façon d’agir en faveurs des personnes. ibidem p 120 Semblable à une religion d’Etat ou à une religion à prétention universelle.33 le droit à la non discrimination engendrer un délit de discrimination . à la gratuité. Cf Jean Carbonnier. là où s’imposait un devoir large. spécialement celui que l’on dit des droits de l’homme. Sur la dénonciation du caractère religieux des droits de l’homme et de leur propension à devenir comme une religion d’Etat . p 120 . voir ci dessous le développement sur justice et charité). Droit et passion du droit sous la Vème République . c’est à dire depuis des droits de plus en plus minutieux. les malades. laissant éventuellement la place à l’effusion du coeur. cf là encre Jean Carbonnier. Flammarion. droit interne. Mise en cause des communautés C’est ainsi que se trouvent mises en cause plusieurs instances par lesquelles le bien de l’homme était habituellement assuré : tout d’abord les communautés comme la famille.

ex dans la famille l’usage des sanctions Cf. voire absente . Basic Books. la conception du suicide selon Durkheim : on observe plus de suicides dans les pays protestants que catholiques . Edition Esprit. l’adage : hors de l’Eglise point de salut ). quotidienne qui fait que chacun sait bien ordinairement comment il doit vivre . les institutions les religions auxquelles se trouvent déniées toute sagesse. cf le commentaire donné de ces deux derniers ouvrages par Paul RICOEUR. toute déontologie. 1957. grand admirateur du droit en lequel il a d’abord été diplômé. traditionnelle. On retrouvera ultérieurement cette idée chez Michael WALZER. la morale de la communauté peut suppléer une conscience défaillante NB2 Les communautés doivent être considérées comme différentes et complémentaires. 1991 . insiste sur le fait qu’il existe différents niveaux de juridicité ou de normativité cf Force et faiblesse de la famille. 1995. A Defense of Pluralism and Equality. 1983 et aussi chez Luc BOLTANSKI et Laurent THEVENOT.34 les professions. p 148 . la communauté est incontournable (cf. c’est que le protestantisme se méfie des communautés qui peuvent s’interposer entre le croyant et Dieu . NB 1 à ce propos cf. aussi la coutume (voir son éloge chez Burke) Horace Quid leges sine moribus ? Que seraient les lois sans les moeurs ? . même si quelquefois leurs intérêts peuvent être en tension voire en opposition : Le philosophe lyonnais Jean LACROIX. chez les catholiques. De la justification : les économies de la grandeur. J Lacroix considère que c’est à l’Etat en dernier ressort d’arbitrer pour reconnaître aux communautés la place qui leur revient Mise en cause des mœurs Les mœurs comme morale commune . Spheres of Justice. le Juste I. à la limite la communauté peut suppléer une foi chancelante . Gallimard. toute prudence.

face à telle ou telle situation dans laquelle se trouve placé l’être humain. était devenu proprement inhumain Cf une certaine disqualification de la famille dans la Convention internationale pour les droits de l’enfant Mise en cause des déontologies des métiers Etymologiquement réflexion sur ce qu’il faut faire . plus la république est corrompue (la pléthorede lois est cause de la corruption de la R) Mise en cause de l’éthique Ethique : dimension de l’engagement De la décision Du risque De la responsabilité Du tragique (cf. d’une réalité concrète. Tacite Corruptissima republica plurimae leges A République très corrompue. celui de l’environnement immédiat. comme enfant. personne malade. manifestant etc Qui mieux que le professionnel (en corps) est en mesure de savoir ce qu’il faut faire face à telle situation concrète . CF. personne âgée.35 A quoi bon les lois si l’on ne pouvait d’abord compter sur les mœurs Avec la multiplication des lois tout se passe comme si le monde social. handicapée. connaissance perçue à travers l’action qui met en contact avec la réalité Mise en cause de la conscience Plus fondamentalement ce sur quoi il ne semble plus possible de compter. c’est sur la conscience et la capacité de discernement. de jugement des hommes. prisonnier. précisément d’après l’usage. élève. la déontologie implique la connaissance d’une « matière ». en particulier comme citoyens. corpus juridique ou moral ? Moral si l’on considère . Paul Ricoeur) Les DH. immigré. pléthore de lois Ce qui peut s’interpréter de deux façons • On mesure la corruption de la république au nombre de lois posées • Plus il y a de lois. réfugié. dans l’exercice d’un métier.

métaphysiquement vrais ils sont moralement et pratiquement faux . Hachette. s’ils sont sur la nécessité pour la loi elle même de s’adapter à la réalité sociale. telle la règle de plomb de Lesbos. 1137 b.36 la simplicité et le petit nombre des principes qui tournent autour de l’idée de dignité. Livre V. en l’occurrence international qui s’impose à la législation des Etats Lesquels les traduisent en une pluralité de lois écrites de plus en plus nombreuses et visant à régler minutieusement le monde social jusque dans ses aspects les plus quotidiens Et de telle sorte que la transgression des lois ainsi mises en place est passible de sanctions CF. cf aussi Aristote : la loi civile. p 254 et suiv Michel Villey Critique de la pense juridique moderne Dalloz 1976 p 127 et suiv Transition . remarque Edmund Burke que les droits de l’homme sont comme des rayons lumineux qui ne peuvent pénétrer dans une matières trop opaque Sur la Révolution de France. coll Champs. c’est ainsi. « critique de la raison nue » Eloge de la coutume : Vetustas pro lege habetur (l’ancienneté est reçue comme loi) Sur Burke Léo Strauss Droit naturel et histoire Flammarion. à la différence de la règle de fer. de la prudence de Anglais . dans la même page Burke dit des droits de l’homme que. 14. ci dessous la disqualification de la charité Critique des DH par E Burke Les lois civiles doivent tenir compte de l’opacité de la réalité sociale. doit s’adapter à la réalité (Ethique à Nicomaque. 30) Autre texte : éloge de la coutume. p 78 . 1989. tels qu’on l’observe dans les textes fondateurs dont la Déclaration de 1948 Le caractère universel( et éternel) des principes Ces principes peuvent être alors considérés comme méta-juridiques ou appartenant au droit naturel Juridique si l’on considère la prétention des DH à se constituer comme nouveau droit. qui est rigide.

pour le bien de la personne. géocentriste. la commodité. à l’égard du bien de la personne humaine. d’envisager de procéder à une véritable révolution copernicienne : non plus penser le droit depuis les individus mais depuis une perspective proprement politique ayant pour but l’idée d’ordre social . conduit manifestement à des impasses et peut se présenter. Du point de vue de la science et de la pratique du droit. Il convient alors. comme contre-productive : les droits peuvent en effet faire obstacle au bien de l’homme. comme au XVI ème siècle celle. de la cosmologie des Alexandrins. qui est.37 La doctrine des droits de l’homme. selon le point de vue célèbre du mathématicien Henri Poincaré. comme dimension du subjectivisme juridique. ou pourrait alors dire que cette théorie. devient de plus en plus lourde et compliquée et qu’elle risque ainsi de ne plus répondre à cette exigence propre à toute théorie. qui revient à vouloir penser le droit comme la simple mise en forme des droits.

comme toute dimension de la culture. qui peut être mise en cause . Considérer ici ce que peut être un droit de la chasse en deçà des droits des chasseurs. Je suivrai ici la philosophie du droit de Michel Villey. Trois façon de considérer le droit On peut alors penser trois façons de considérer le droit. harmonie. à cet égard le droit peut aussi porter sur les choses . on pourrait aller jusqu’à dire que le souci de la variété des essences végétales dans une forêt relève d’une approche juridique . Le droit aura alors comme objet. la nature en offre le modèle. il convient. spécialement dans son ouvrage Le droit et les droits de l’homme. de le repenser. comme souci de l’équilibre. en deçà de la conception d’un strict humanisme juridique. a fortiori des droits des animaux . tel que. Presses Universitaires de France. de l’ordre.38 Chapitre III REPENSER LE DROIT ET LA POLITIQUE Comme méditions incontournables Etant entendu que le droit. 1) D’abord le droit est lui-même l’équilibre comme forme du juste. non pas les droits de sujets. Equilibre. dans une perspective immanente. 1983. doit bien être au service de l’homme. de l’harmonie. mais la réalité sociale dans son ensemble qu’il convient d’ordonner. selon les Anciens.

la conjugalité . non pas selon ses droits. selon Michel Villey. Cf la conception du droit naturel antique. 1983). et Michel Villey ( Le droit et les droits de l’homme. Ce peut être a) une relation entre les hommes d’abord.39 2) Ensuite comme un art. mais selon l’exigence d’équilibre et d’abord de juste répartition . Cette conception des droits est donnée. Flammarion. Comme exemple de relation entre les hommes. celui de la juste répartition pour le législateur et pour le juge celui de déceler en quoi il y a déséquilibre et de restaurer l’équilibre perdu . . Villey à propos de Burke Critique de la pensée juridique moderne 136-137 NB L’art politique peut être considéré comme art du juste par excellence. et cependant bien réelle du point de vue ontologique. on voit bien que les volontés ne peuvent disposer à leur guise du mariage qui n’est alors pas un simple dispositif (encore moins . il lui revient de déterminer ce qui revient à chacun. Ce sont des relations objectivement différentes qui s’imposent aux personnes en deçà de la liberté. La vertu de justice est ici la prudence Cf l’idée de jurisprudence dans sa signification première : une décision sage qui mérite d’apparaître comme modèle à suivre dans des circonstance analogues mais toujours différentes (et non pas selon la signification procédurière et légaliste qui précisément rompt avec la vertu de prudence en tant qu’elle s’en tient à la lettre) Sur le juste milieu (la justice comme juste milieu) Référence ARISTOTE Ethique à Nicomaque L II Cha 5à9 Sur la démarche dialectique chez Aristote Cf. M. p 77-78). telle que la présentent Leo Strauss ( Droit naturel et histoire. jura en latin) est une chose incorporelle. ibidem. la fraternité. 3) Enfin le droit (au pluriel les droits. par exemple organiser la voirie et réglementer dans la ville la circulation des hommes et des choses selon les différents moyens de transport. c’est ainsi que la prohibition de l’inceste exclut le mariage entre frère et sœur : avec la Prohibition de l’inceste. chez le jurisconsulte romain Gaius (Le droit et les droits de l’homme. on peut évoquer dans la famille la paternité (ou filiation). en fait une relation. Gallimard. 1986).

en quoi on comprendra qu’il puisse être aussi nommé servitude . elle peut se caractériser par un passif. c'est-à-dire sans y être attaché. qui a sa source dans la volonté des hommes et qui peut être donc refusé au nom du vœu de pauvreté . sans être en même temps lié à elle par un devoir.40 un droit) dont on puisse user à son gré : il y a incompatibilité entre relation entre frère et sœur et relation conjugale NB Dans le même ordre d‘idée une relation homosexuelle est objectivement différente d’une relation hétérosexuelle et jusqu’à nouvel ordre la première ne peut prendre place dans le mariage. en particulier par le devoir d’entretien . est un droit NB 2) Sur le refus dans le droit d’être lié à la chose par des devoirs cf. pp 65 et suivantes Les spirituels. la raison de ce droit étant qu’il n’est pas juste qu’un terrain (champ) enclavé ne puisse pas être utilisée. nature histoire Presse de l’Université d’Aix Marseille. avec en particulier l’obligation de rembourser des dettes c) Mais aussi entre les choses elles mêmes : tel est le sens du droit de passage ( jus eundi) : avant d’être droit subjectif. ci-dessous la réflexion sur la Querelle de la pauvreté De même l’hereditas (qui fait que l’on est héritier) ne se caractérise pas seulement par l’acquisition d’un « actif » qui rend plus riche et permet d’envisager des dépenses . . spécialement d’entretien . au nom du droit du ciel (jus poli) considèrent que l’on peut jouir d’une chose sans en être propriétaire. le nouveau propriétaire (de l’une ou l’autre propriété) acquiert le jus eundi qui est bien relation objective entre les choses . selon lequel on est lié au jus poli . c’est d’abord la propriété par laquelle il faut passer qui est affecté par ce droit. pour être bâti et habité ou cultivé. en somme le parti du pape. les conventuels. on ne peut jouir d’une chose. mais devoir d’entretenir . le jus eundi se présente comme un devoir ! Reste que l’on peut bien dire que la servitude. envers du jus eundi. pour le propriétaire à l’encontre de qui il y a servitude. Pour les adversaires des Franciscains. on peut évoquer le droit de propriété. Colloque Aix en Provence Droit. CF. on est objectivement dans une relation à la chose . le jus proprietatis est selon eux fondé par un autre droit. on dira que dans le droit français il y a incompatibilité entre relation homosexuelle et relation conjugale b) Entre les hommes et les choses Comme exemple de la relation objective entre une personne et une chose. NB 1) A noter que cette relation subsiste dans le changement de propriétaire .1985. l’action est en quelque sorte déterminée par le rapport à la chose . autrement dit en en étant propriétaire. on remarquera donc que le droit de propriété n’est pas seulement pouvoir de jouir. en l’occurrence les franciscains représentés par Guillaume d’Occam. c'est-à-dire pouvoir ou permission. champs) . la Querelle de la Pauvreté : Michel Bastitt. il est relation objective entre ces deux choses que sont deux propriétés (terrains . le jus fori (droit de la cité) .

en vue d’une justice qui est équilibre par exemple dans la plantation des arbres d’une forêt. etc et des techniques. il y aurait évidemment perversion de la pensée écologique si. l’homme et destinataire du droit comme de la morale la question est de savoir. biologie. bien évidemment conduirait à un antihumanisme de principe. affirmant les droits des êtres de la nature. peut être pensée comme relevant d’un souci juridique (équilibre entre feuillus et conifères) . il est parfaitement possible de penser un droit de la nature.41 La nature et le droit De la même façon si l’on doit considérer comme légitime le souci de la nature. considérons la avec Michel Villey dans une perspective critique. peut apparaître comme portée par un souci juridique . idem pour un droit de la montagne ou encore un droit de l’environnement On voit ainsi que le droit objectif n’est pas la mise en forme des droits subjectifs c’est ainsi que l’écologie. parfaitement distinct d’un droit dont la nature serait sujet . embryologie. elle se donne les médiations scientifiques de la biologie. si comme science et technique. On peut ainsi parler d’un droit de la chasse qui ne se réduit ni aux droits des chasseurs ni aux droits du gibier. elle les considérait comme supérieurs à ceux de l’homme. n’est-ce pas s‘interdire de se donner une véritable science du droit et les moyens techniques qui en découlent ? Comparaison : si la médecine doit bien être humaniste. Remarque méthodologique sur l’humanisme juridique Que penser de l’expression d’humanisme juridique . c'est-à-dire qui porte sur la nature . et pour le bien de l’homme il ne doit pas être pensé à une certaine distance de l’homme. il ne convient pas pour autant d’en faire un sujet de droit . d’un droit de la pêche qui ne se réduit ni aux droit des pécheurs ni aux droits des poissons !. Comparaison : si la médecine a bien évidemment le souci de l’homme et de sa santé . elle doit cependant se donner des sciences : anatomie. le droit est bien fait pour l’homme . chirurgicales par exemple. ce qui. qui requièrent de prendre en compte ce qu’il y a chez l’homme (le patient) de proprement naturel . comme souci d’un équilibre entre les espèces animales et aussi entre les espèces végétales. certes. de la pathologie et les moyens techniques qui en découlent (cf A Schweitzer) La question peut alors ainsi se poser : Penser le droit directement selon les droits de l’homme et en somme dans une perspective morale.

La distinction entre ces deux formes de justice nous est donnée par Aristote Ethique à Nicomaque. le droit doit bien être. 6. une hiérarchie. mais par la médiation d’un droit qui est objectif et aussi positif. peut requérir une certaine inégalité. comme toute science. Justice commutative et justice distributive Selon l’exigence d’équilibre on remettra aussi en question. affirmer de façon non contradictoire qu’elle est marquée à la fois • • • Morale et droit : par une inégalité qui est naturelle : du point de vue de la force liée à la différence d’âge . 1131 a 10. . si la personne humaine n’est pas au centre du droit. dit Aristote. si nous suivons M Villey. il doit bien aussi s’en détacher. une égalité qui est métaphysique : entre les personnes. C’est ainsi qu’aujourd’hui. certains véhicules. soient reconnus comme prioritaires. C’est ainsi. tant des individus que d’une communauté. une inégalité qui est statutaire : entre l’élève et le maître(ou l’enfant et ses parents) comme responsable de l’éducation. qu’il convient de reconnaître au magistrat une place particulière dans la société. il faudrait. Livre V. dans la circulation en ville. Au-delà de la justice commutative doit être pensée une justice distributive selon laquelle le bien. in fine. tel qu’il apparaît dans les contrats. considéré comme ayant pour destinataire la personne. comme ceux de la police ou des pompiers. elle n’en reste pas moins destinataire. est nécessaire. dans la relation entre les hommes. tout art. en tant qu’art et même science. Il faut bien affirmer que. Il en va de même en éducation : entre l’enfant et le maître. à propos de la relation entre l’adulte et l’enfant. le principe d’une égalité abstraite. L’enfant et l’adulte : une triple relation Application du principe de la justice distributive On peut alors. abstraction faite de leur âge . Reste que. in fine. d’après la seule logique de la justice commutative . renoncer alors à un humanisme juridique strict : si le droit doit bien.42 Avec la mise en cause du subjectivisme juridique. être ordonné au bien de l’homme. ou inégalité statutaire. dans le tribunal (cour d’assises par exemple) le public se lève lorsque entrent les membres d la cour (parmi lesquels d’ailleurs les jurés qui sont au départ des citoyens ordinaires) On dira aujourd’hui qu’il est légitime que.

il faudra alors retrouver aussi le sens du droit positif. Le droit naturel est constitué par de telles décisions » P 147 Eloge du droit interne Il s’agit ici du droit interne propre à un Etat . il y a possibilité d’une décision juste. Jusqu’à prétendre vouloir transformer (réformer) le droit.43 le point de vue de l’universalité qui est moral peut il se formuler directement en un droit ? CF. ci-dessus Léo Strauss) La loi et la justice Si l’on considère que la justice est l’art de décider ce qu’il faut faire en des situations complexes. que toute règle générale du droit naturel. à une communauté politique Il est évidemment relatif à une époque. à un contexte social Il se distingue du droit naturel en tant qu’il est positif . dit Ch D distinguer la morale (ou droit naturel) dont la vocation est l’universalité à partir de laquelle peut être régulée le droit interne PM j’ajoute. c'est-à-dire des lois civiles qui ne sauraient être simples transcriptions des lois morales . il est posé par un législateur qui n’est pas Dieu. Chantal Delsol La Grande méprise La Table Ronde 2004 p 117 « Peut-on ériger la loi naturelle en loi positive ? » Il faut. si les lois civiles sont imparfaites. considéré comme imparfait . réclamée par la situation et fondée sur l’examen exhaustif des circonstances. à cet égard les DH relèvent bien de ce que la tradition appelle droit naturel. par opposition au droit positif ( considéré le plus souvent de façon péjorative En deçà de la prétention pour le droit d’être directement transcription de lois morales. qui par sa généralité même. le seul et vrai droit Eloge du droit positif Les droits de l’homme offrent une vision très morale du droit . peut on dire. Voir ici un très beau texte de Léo Strauss in Droit naturel et histoire à propos de la conception aristotélicienne du droit naturel « Une loi qui résout avec justice un problème particulier à un pays donné dans un moment donné est plus juste. transitoires. peut écarter une décision juste dans un cas donné. Dans tout conflit humain. c’est parce qu’elles sont adaptées à des situations elles mêmes complexes et changeantes. mais un ou plusieurs hommes ou l’ensemble des citoyens dans la démocratie Un droit capable de prendre en compte la vie des hommes dans ses aspects concrets (cf. Platon va jusqu’à affirmer qu’il existe une justice( c'est-à-dire une capacité de juger) qui ne saurait être la simple application des lois qui sont de . à une culture.

L’impérialisme. 1982. et prescrire ainsi la conduite la meilleure pour chacun/. contre la tendance à vouloir penser le droit dans la dimension abstraite de l’universalité. de promulguer en quelque matière que ce soit une règle générale qui soit en vigueur dans tous les cas et en tout temps » Le Politique. Platon dit alors que la loi. à son retour il ne serait évidemment pas tenu par les consignes qu’il a données Le sens des communautés politiques Par ailleurs. en somme la citoyenneté « La perte des droits nationaux a entraîné dans tous les cas celle des droits de l’homme ..(…) peut assurer la restauration des droits humains. Car les dissemblances qui existent tout autant entre les hommes et cette propriété des affaires humaines qui veut qu’aucune d’entre elles (. seule la perte de toute structure politique l’exclut de l’humanité » TOT p 600 CF les commentaires d’André Clair : « Les doits de l’homme ne sont assurés que s’ils sont des droits nationaux. . p 282 « Le concept des droits de l’homme ne peut retrouver tout sos sens que s’ils sont redéfinis comme le droit à la condition humaine elle même. qui dépend de l’appartenance à une communauté humaine « TOT p 873 « L’homme peut perdre tous ses fameux droits de l’homme sans abandonner pour autant sa qualité essentielle d’homme. tandis que les droits naturels sont abstrait et vains » p 88 . au droit de l’Etat et des communautés politiques particulières . Selon Hannah Arendt la défense de la dignité humaine requiert l’appartenance de chacun à une communauté politique particulière . et d’abord. en deçà du droit des instances internationales. enracinés dans des traditions. quel qu’il soit. seule la restauration ou l’établissement de droits nationaux .(…) Le monde n’a rien vu de sacré dans la nudité abstraite d’un être humain » . jusqu’à nouvel ordre. 294 ab. on redonnera ici tout son sens au droit dans sa particularité.) ne puisse rester en repos rendent impossible tout art. sa dignité humaine . qui est l’œuvre du sage politique est semblable à un ensemble de directives que laisserait un médecin qui partirait en voyage à ses disciples .44 faible poids par rapport à la sagesse de l’homme politique qui est seule capable de trouver les solutions parfaitement adaptées aux cas particuliers « La loi ne saurait jamais comprendre avec précision ce qui est le meilleur et le plus juste pour tous les membres de la Cité à la fois. comme capacité de s’adapter à des situations particulières et changeantes. Fayard.

NB On notera que si l’Evangile recommande d’aimer ses ennemis. reconnaître que l’étranger ne bénéficie pas des mêmes droits que le citoyen d’une nation ne saurait alors relever de la xénophobie qui est au sens usuel rejet. celui de l’Etat. Mx Weber). y compris (même si le terme est d’aujourd’hui) ceux qui sont en situation irrégulière : les « sans papiers » . de ce fait il ne nie pas que l’on puisse légitimement établir une distinction entre les citoyens. l’amour est exigence éthique qui transcende la seule logique juridique. en deçà de la distinction ami ennemi cf. mais particulier d’une société et qui passe par une institution spécifique : l’Etat. voir Jean Lacroix. ci dessous. comme membres d’une communauté politique et les étrangers . laquelle n’est pas simple mesure de la morale.Cerf 2000 p 76 et suiv. 3 Mais alors. c’est en quoi. en deçà du droit commun. un acte de charité ne saurait évidemment être exigible Les déontologies des métiers Si le droit de l’Etat doit être défendu contre la prétention d’un droit international à s’imposer à lui. devront être reconnues les règles des communautés sociales comme la famille ou la profession : c’est le sens de la déontologie. il prêche également l’accueil des étrangers. que le droit commun ne connaît pas. Le particulier comme médiation du juste Il faudra alors considérer que le politique vise le bien des individus à partir d’une médiation incontournable. Personne et amour. voir haine de l’étranger . Le gouvernant ne peut alors avoir le souci de tous les hommes à égalité . 3 Sur la différence et les tension entre amour et justice. en tant que connaissance de ce qu’il faut faire en des situations concrètes et complexes. cf. par ailleurs.45 « Seul peut être réellement un homme celui qui est membre d’une communauté politique et ainsi lié à une nation » René Clair Droit communauté humanité . qui est le bien commun. Seuil 1955 . est incontournable la distinction entre les membres d’une communauté politique donnée et ceux qu’il faut bien appeler les étrangers.

là où s’imposent des souffrances du fait du manque d’ordre. Armée et police peuvent être considéré comme les institutions de la force Cf. l’exécutif. c'est-à-dire disposer de la force NB En affaiblissant. le premier objectif. C’est ainsi que vouloir. Villey. mais aussi et peut être d’abord être un Etat. (Cf la méthode dialectique. c'est-à-dire à une connaissance qui requiert l’intelligence. Burke reprend d’Aristote : Critique de la pensée juridique moderne. en somme la force. même si ses objectifs peuvent être considérés comme justes. et même plus généralement au droit relèverait de l’incantation . peut être encore plus contraire au bien de l’homme (Cf. a fortiori détruisant. * Si le droit est un art de chercher l’ordre. sous prétexte d’instaurer la démocratie. c'est-à-dire pouvant compter sur ces moyens spécifiques du politique que sont une armée et une police dignes de ce nom. de violence civile. au-delà des pouvoirs législatif et judiciaire. un Etat injuste. tant des philosophes que des législateur et des juges. met objectivement en péril l’ordre public.46 L’essence du politique L’expression est à prendre au sens que lui donne Julien Freund dans son ouvrage du même nom Sirey 1965 Cf. je veux dire. Dalloz. E. que. la situation en Colombie où ce qui importe avant tout est de restaurer partout un Etat souverain Une guérilla (FARC en Colombie) ou une faction (HEZBOLLAH au Liban). aussi P Manent (conférence au Collège supérieur) on ne peut créer une société politique sur la démocratie . en appeler seulement aux droits de l’homme. deuxième guerre du Golfe) Cf. on crée une situation d’insécurité. la démocratie suppose l’existence préalable d’une communauté politique . la paix qui sont des médiations indispensables pour le bien des personne et leur dignité A cet égard on dira qu’un Etat de droit doit avoir le souci du droit. et peut être ainsi lié à une science. selon M. Points Mais il faut aller plus loin. 1976. aussi Qu’est-ce que la politique ? Collection. p 136) * il convient de penser les moyens effectifs de cet ordre. pour créer les conditions permettant le respect de la dignité de l’homme. est d’instaurer (en fait souvent restaurer) un ordre ou une paix dont ne peut être garant qu’un véritable Etat.

la justice est sujette à la dispute (ce que l’on voit parfaitement. pour cela. ne doit pas prétendre remplacer le prince. au sens marxien du terme) Mais il faut aller plus loin : la force porte la justice . Kant Projet de paix perpétuelle « Article secret pour la paix perpétuelle » p 51 La volonté politique et la loi . de ce qu’est la justice D’où la célèbre formule « ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort. mais hélas plus gravement dans les guerres civiles ou de religion) ou les partis en conflit prétendent également avoir la vérité ou dire ce qui est juste l’instauration d’un ordre public ne saurait attendre une préalable clarification. Or.47 La justice et la force Pascal Les Pensées BR 169 « La justice sans la force est impuissante . mais doit en devenir le conseiller sur ce point cf. ou que ce qui est fort soit juste » Certes on serait tenté par la première solution . on a fait que ce qui est fort fût juste » Cette formule est curieuse Elle peut apparaître comme simple constat désabusé: cf la raison du plus fort est toujours la meilleure …la justice n’est que la raison du plus fort : et déjà une critique : la justice n’est jamais qu’ idéologie. sans parler de ceux des théologiens) . et. Et si la force comme telle ne connaît pas la justice. y compris par la philosophie. remarque Pascal. Le philosophe. la force sans la justice est tyrannique « Il faut donc mettre ensemble la justice et la force. contrairement au vœu de Platon. c’est au sein de la force qu’elle naît la force est condition de l’avènement de la justice . il appartient à la philosophie notamment de travailler à ce que la force soit toujours plus juste . non pas seulement dans les débats des philosophes. faire que ce qui est juste soit fort.

comme si. peut relever de la responsabilité d’un gouvernement la décision de suspendre les lois ? * CF Carl Schmitt « Il n’existe pas de norme qu’on puisse appliquer à un chaos. et qui passe par le principe de souveraineté. Il faut que l’ordre soit établi pour que l’ordre juridique ait un sens » Théologie politique p 23 * Cf le célèbre adage machiavélien : « Salus populi suprema lex esto ». l’illusion des juristes internationalistes de croire qu’il suffirait. (Rappel : Hannah Arendt) Limites du droit international Il faut ici dénoncer la prétention de tout régler par des lois supranationales . il convient alors de redonner tout son sens aux frontières : Ainsi dans sa dimension internationale. DNH p 147 Et d’abord cette formule de Hobbes Auctoritas. il suffisait d’en appeler à la bonne volonté et d’abord à la raison La paix ce n’est pas seulement un problème de rationalité. qui revient à un Etat vis-à-vis de ses ressortissants. pour juguler la violence. le salut du peuple doit être la loi suprême. ce droit ne dispose pas de la force NB Les deux systèmes juridiques selon Kelsen : droit international qui tourne autour du droit interne ( comme les planètes tournent autour de la terre (analogue au géocentrisme) . spécialement dans les milieux chrétiens qui en appellent trop vite à l’universel. en particulier juridique. . le droit humanitaire des droits de l’homme ne saurait supprimer la responsabilité spéciale. Formule citée et commentée par L Strauss.48 Ne faut-il pas aller jusqu’à reconnaître que. en particulier inspirées des DH. non veritas facit legem Ce n’est pas la vérité mais l’autorité qui fait la loi Les Etats et leurs frontières En deçà des propos généreux des humanistes. d’élaborer de bonne règles. compte tenu de l’exigence qui est de défendre l’Etat en vue de l’ordre public. et de les appliquer . encore moins de simple bonne volonté En effet le doit international n’est qu’un droit contractuel qui ne s’impose qu’à ceux qui veulent bien le reconnaître. aux Etats qui fondamentalement conservent leur souveraineté . sur ce dernier point .

il ne parle que du droit et ignore le politique La question du droit d’ingérence Droit d‘ingérence ou devoir d’intervenir Quoiqu’il en soit. le meilleur : la défense de la dignité des hommes qu’il faut execer en l’absence de droit international contraignant (parce que ce dernier n’existe pas) Il faut se contenter de ces deux questions : La cause est elle juste ?. Quarto Gallimard p 1298 . à transgresser ces deux principes Par in parem non habet juridictionem Un pair ne peut pas avoir de pouvoir juridictionnel sur un autre pair Application (entre deux Etats égaux il ne peut y avoir de prétention pour l’un de juger l’autre ) Nullum crimen nulla poena sine lege Pas de crime ni de punition sans loi Référence . comme on l’a vu au procès de Nuremberg . Cf Spinoza (Traité politique) les Etats sont comme des individus à l’état de nature pour le meilleur et pour le pire . le pire : l’agression. même illégale. une intervention peut relever de la responsabilité d’un chef d’Etat . les réflexion classiques des théologiens médiévaux sur le question de la guerre juste (jus ad bellum) Le problème de la justice pénale internationale Elle relève de belles aspirations. qui peuvent d’ailleurs conduire. l’Etat qui intervient en a-t-il les moyens ? Cf. L’intervention tient elle sa légitimité d’une conformité à une légalité ? Ne faut il pas considérer que la légalité au niveau international a peu de poids.49 Droit national qui tourne autour du droit international comme la terre tourne autour du soleil (analogue à l’héliocentrisme) Deux conceptions antinomiques. si l’on considère • que le droit international n’est que de caractère contractuel • que les Etats demeurent souverains . H A : Eichmann à Jérusalem Les Origine du totalitarisme. dit Kelsen entre lesquelles la science du droit ne saurait trancher (en fait les juristes internationalistes des droits de l’homme ont déjà tranché) Reste que Kelsen est juriste.

vae victis h) Justice et charité Mais au-delà des moeurs. n’a rien d’évident et l’on voit mal comment la seule contemplation de son visage pourrait entraîner une exigence éthique et en particulier faire naître à son égard une responsabilité infinie . Reste que cette exigence d’aimer l’autre. p 155 « Vidées de cet amour qui eut été leur seule plénitude. La charité n’a mauvaise cote que pour les passionnés d’une justice définie uniquement et strictement par les lois civiles ou même la morale . certes. Seuil 1981 p 168 là où l’on affirme habituellement à moi tous les droits à toi tous les devoirs. une vérité sans amour n’est que mensonge et mauvaise foi .50 Par ailleurs le procès d’Eichmann a pu se dérouler à la suite d’un acte illégal : l’enlèvement en Argentine par les services secrets israéliens HA considère que la justice au sens humaniste doit s’imposer y compris contre la légalité Reste que. elles [les valeurs] deviennent simplement les masques de la désolante hypocrisie . des lois. et aussi de la raison. je pense ici à ce que l’on appelle les devoirs larges qui reviennent en somme à ceux de la charité ou de l’amour . ne faut-il pas penser le bien de l’homme comme pouvant être cherché au prix d’engagements d’une autre sorte . et spécialement par les droits d’autrui. ib. qu’elle ne s’attaque vraiment qu’aux vaincus (retour à la parole prêtée à Brennus . mais il est aussi sans limite. l’éthique affirme A toi tous les droits. il est vrai que le don qui n’est que du superflu. la plupart du temps. en particulier lorsqu’il souffre. à moi tous les devoirs Sur la relation entre justice et charité. Jankélévitch encore dans un ton très pascalien. face au devoir strict qui est défini par la loi. car la charité doit donner au delà de ce à quoi oblige le droit. une justice sans charité est le comble de l’injustice » . une justice sans charité est un radotage et un sarcasme . des droits de l’homme. c'est-à-dire tout. le devoir d’amour est facultatif. jusqu’à sa propre vie. cette justice n’a guère les moyens de poursuivre les coupables . on reconnaît ici une allusion aux propos célèbres de Lévinas Je préfère sur cette absence de symétrie les propos de Jankélévitch dans le Paradoxe de la morale . en particulier au-delà des devoirs stricts et des droits exigibles définis par le droit. une vérité sans amour n’est que sècheresse et indifférence . n’est qu’une caricature de la charité .

Fragile face à l’opinion. c’est l’art politique dont il faut rappeler le rôle indispensable. 4 5 CIDE : 1989 Ami des enfants : c’est le sens exact. * exaltation de la spontanéité de l’enfant. mais si c’est pour enseigner une doctrine qui est comme un nouveau catéchisme. d’expression. d’association. 4 laquelle. de la réflexion critique. qui ne craigne pas d’être résolument objective. il doit être éduqué pour le devenir . humiliation de la conscience et de la liberté de penser. comme on le voit dans les articles 12 à 15 de la CIDE (« Convention internationale pour les droits de l’enfant »). de religion. en reconnaissant aux enfants les libertés de pensée. en deçà des droits de l’homme.c’est la disqualification de la réflexion critique. on revient à la religion dans ses pires aspects : triomphe du dogmatisme et de la censure. A cet égard il convient de mettre en cause le discours selon lequel l’enfant serait un citoyen. qui vise un ordre social . dans les deux cas ce qui s’impose . de la prudence. l’enfant n’est pas un citoyen. et au delà du droit lui-même.51 Compléments Ainsi donc la prise en compte du bien de la personne et de sa dignité doit bien requérir. qu’ils soient des sectes. l’éducation du citoyen doit ici se situer entre deux excès : * prétention de tout apprendre aux enfants considérés comme incapables de discernement. une nouvelle philosophie du droit. à savoir les citoyens. comme on le voyait dans l’éducation traditionnelle avec laquelle semblerait devoir renouer l’enseignement des droits de l’homme . Il revient alors à la philosophie de penser l’exercice de l’activité politique comme devant être conduite par le respect de la personne lequel passe déjà par la reconnaissance de la responsabilité des membres du peuple souverain. d’après l’étymologie. du mot pédophile . tend à la confusion entre dignité de la personne et citoyenneté. a) Perspectives éducatives . L’éducation au respect de la personne humaine doit plutôt viser le sens du discernement. comme on le voit dans l‘affirmation de sa liberté pleine et entière . éduquer le citoyen Eduquer aux droits de l’homme ? C’est là un beau projet sur lequel reviennent inlassablement les politiques qui se veulent humanistes . des partis totalitaires et en général ceux qui se présentent comme amis des enfants5. de la dialectique. Non. vulnérable devant les séducteurs de tout bord.

présentée comme simple lieu de droits. C’est ainsi que La « Charte européenne des droits fondamentaux ». l’évolution de la législation dans certains pays d’Europe. en faveur du mariage des personnes homosexuelles et de leur droit à adopter des enfants. dont on peut disposer à sa guise . dans l’éducation en particulier. aux intérêts individuels. il conviendra de mettre en garde contre le dévoiement de la démocratie. l’éducation du citoyen devra aussi se donner comme objectif celui de développer le souci du bien commun comme médiation incontournable pour le bien des personnes. semble se contenter de présenter la famille comme simple objet et lieu de droit subjectif.52 b) Autres problèmes posés par les droits de l’enfant Prétention d’exprimer les besoins de l’enfant en droits de façon discrète précise minutieuse comme si l’intérêt de l’enfant passait nécessairement par la défense de ses droits Comme si le monde était pour les enfants naturellement inhumain sans coutume. mais plus radicalement dans la pratique. sans famille c) Le sens de la démocratie A côté de l’exercice de la réflexion. réglé par les contrats. telles que doit les vouloir une démocratie. en particulier les enfants. ces médiations privilégiées que représentent les institutions. A cet égard. au nom de la liberté et de l’égalité. sans mœurs sans tradition. c’est à dire la tendance à affirmer qu’elle ne serait que l’expression de la somme ou de la moyenne des intérêts et opinions individuels. . e) Le sens de l’institution Il faut alors penser. au delà des intérêts des individus et pour le bien des personnes. d) La famille dans la charte européenne des droits fondamentaux Ce dévoiement de la démocratie s’observe plus particulièrement à propos de la famille. relève directement de cette logique On peut alors mesurer la gravité des changements survenus dans le droit de la famille des pays d’Europe : avec la priorité donnée. tout en mettant en garde contre l’individualisme. contenue dans le Traité de Nice du 7 décembre 2000. l’impasse est alors souvent faite sur les conséquences de l’exaltation de ces droits sur les tiers.

cohabitant. 6 . il est clair que le lien conjugal y est présenté comme concernant un homme et une femme. cf l’adage : « Il faut être de son temps ».53 Distinction entre deux logiques deux philosophies : contrat et institution L’institution est une forme de lien qui transcende la relation simplement issue du contrat. on présente comme devant être reconnues sans discussion des valeurs sous le simple prétexte qu’elles sont nouvelles . en vue de l’accueil et de l’éducation d’enfants. alors que depuis bien longtemps. volonté individuelle 3) en vue de poursuivre des buts précis. versus contrat liberté. g) L’autorité du peuple souverain L’institution. dans la vie privée au contraire. où les obligations sont simplement suspendues aux volontés individuelles. les principes de liberté et d’égalité s’imposent sans limite dans la vie privée. on a montré leur caractère pernicieux dans le domaine public ou social. sa forme est concrète et particulière. Il est clair alors que la dignité de la personne ne saurait passer simplement par ces droits que sont liberté et égalité et qui s’imposent dans les contrats. ne saurait alors être la simple expression des opinions individuelles. et ceci selon quatre dimensions : 1) l’institution est garante d’un intérêt commun . notamment à propos du travail ou de l’habitat et la nécessité qu’ils soient tempérés par la loi. comme mode de régime lié à la souveraineté du peuple. telle que doit la penser une démocratie se distinguera alors. on avait eu de bonne raisons de se méfier d’une philosophie de l’histoire proclamant le caractère évident du progrès moral de l’humanité. 6 f) Deux sujets d’étonnement 1) Il est à cet égard étonnant de constater que. telles que les sociologues les considèrent comme constitutives de nouvelles tendances qu’il faut accepter comme inéluctables. alors que depuis le milieu du XX ème siècle. La démocratie. unis sous l’exigence de fidélité . tant des communautés présentées comme naturelles que des formes de vie imposées sans discussion par une autorité extérieure . versus contrat intérêt privé 2) elle est réglée par des obligations qui émanent d’une autorité . depuis Marx en particulier. 2) Il est aussi curieux qu’aujourd’hui. Pour le troisième critère. tel qu’il est encore reconnu en France. et spécialement familiale. Versus contrat cadre abstrait pour y faire entrer le plus de choses possibles 4) Sa vocation et de durer dans le temps Ces quatre critères s’appliquent parfaitement au mariage comme institution.

Il faut alors bien distinguer l’individu et le citoyen * le premier ignore le bien commun et le sens même des communautés .54 c’est que dans la démocratie les institutions sont portées par un souverain qui est le peuple lui-même et qui est composé précisément des citoyens qui sont conduits par la raison. Marie Balmary observe que dans l’iconographie de la Révolution Française. juillet..août 1991. * le deuxième. plus encore les confondre avec la dignité de la personne serait proprement idolâtrie. son courage. il est prompt à revendiquer ses droits . mais c’est qu’il faut rappeler que les droits de l’homme ne sont que des médiations historiques et culturelles. Conclusion de la troisième partie Il est heureux que s’impose le consensus sur le principe selon lequel toute société doit être organisée autour du respect de la personne humaine. (« Les lois de l’homme ». comme iconoclaste. Car seule la dignité de la personne mérite d’être considérée comme principe. Ce que l’on voit dans la condamnation. p 47) . Considérer les droits de l’homme comme moyens incontournables ou même privilégiés en vue de travailler au bien de l’homme. son esprit critique a le souci d’un bien commun et durable . il a les sens du devoir . de toute critique des droits de l’homme . à propos du caractère sacré des droits de l’homme. par sa générosité. les droits de l’homme s’inscrivent en un cadre qui ressemble à celui des Tables de la Loi reçues par Moïse au sommet du Mont Sinaï. pour le bien de l’homme ou la dignité de la personne. parmi d’autres. Etudes.

55 Chapitre IV ORIGINE DE L INDIVIDUALISME JURIDIQUE La philosophie.) . (Michel VILLEY. p 83 et suiv. début du chap précédent La conception socratique. Socrate et Calliclès s’entendent pour reconnaître qu’une loi n’est légitime qu’à la condition d’être conforme à la nature. s’est accordée à rattacher la connaissance des principes à celle de la nature. faite par les homme. Presses universitaires de France. commentant le droit romain. avec les théories modernes du droit naturel. harmonie. Le droit et les droits de l’homme. d’en appeler à un principe contre l’opinion. en deçà de l’histoire. Gorgias.) *** La conception classique du droit naturel (Rappel) cf. étant au commencement. Droit naturel et histoire. équilibre.) C’est ainsi que. Léo Strauss a bien mis en évidence que la nature est le concept auquel se réfère spontanément la pensée dans son projet critique de dénoncer l’apparence. reprise par Platon et Aristote. la contingence. l’autorité et même la religion. 1983. dit-il. Flammarion. ( PLATON . » L’origine de la notion de droit naturel ». Paris. au double sens du terme. depuis l’Antiquité. la philosophie moderne. Paris. comme ce qui. est « la mère de tous les ancêtres » . Elle considère la nature comme ordre. est. n’a pas renoncé à cette méthode en vue d’établir la validité des principes fondant les droits de l’homme. Chap. et spécialement celui de l’égalité. en somme. ne change pas . même s’ils ne sont pas d’accord sur son contenu. III. 1986 . archè ( Leo STRAUSS. la coutume. comme le fait voir Michel Villey. à la source de la théorie du droit naturel qui s’imposera jusqu’à la fin du Moyen Age. 483 d et suiv. elle est ce qui commande. La nature.

s’impose alors un art de la justice qui. comme le souligne Rousseau. Cet art. radicalement marquées par la contingence. s’inscrit dans la nature L’homme est par nature un animal politique Anthropon zôon politikon phusei (Aristote) Ce à quoi s’opposeront les doctrines du contrat social. En deçà de toute vie sociale. La vie humaine. spécialement celle de Hobbes La cosmologie antique et médiévale Si l’homme. le pervertit. interdisant la revendication de droits subjectifs. les anges et les animaux et en ce que Michael Walzer appelle la grande chaîne des êtres. se présente sous deux formes : judiciaire. consiste à conjurer le désordre. la vérité 7 . a sa place assignée quelque part dans le cosmos et spécialement Dieu . il n’y a pas de place pour une conception subjectiviste du droit. régulé par la vertu de prudence. 1983. il veut offrir un modèle de vérité pour l’homme en deçà de toute histoire . En effet la vérité de l’homme. il discerne par le jugement au détriment de qui un déséquilibre a lieu . la séparation d’avec les autres hommes. comme l’ont écrit les divers théoriciens du contrat social. Paris. indiquant des places bien déterminées (topoi) déterminant inexorablement l’inégalité des statuts. p 168 et sui) l’existence individuelle s’inscrit parallèlement en des communautés ou corps sociaux naturels et hiérarchisés. en deçà de ce que la société fait de lui et qui. en toute situation.7 (Michael WALZER. il vise à établir de bonnes lois pour une correcte répartition des choses. La révolution des saints. telle qu’elle apparaît dans la doctrine moderne des droits de l’homme. législatif. Mais alors la conception de la nature y est tout autre. mais assurant ainsi une indéniable sécurité. le droit est ici objectif . Belin. est à chercher en deçà de toute communauté sociale ou politique.56 Le juste étant équilibre dont la nature est modèle. de toute existence empirique. au nom du principe aristotélicien selon laquelle l’homme est par nature un animal politique Une nouvelle conception du droit naturel En quoi consiste ce nouveau droit naturel en lequel s’inscrit la doctrine moderne des droits de l’homme ? Comme la doctrine antique. en particulier la vue sociale. Visant essentiellement un équilibre. comme espèce. qui sont toujours déjà là. Le droit naturel est alors le règne des droits subjectifs dont les individus sont également titulaires. Cette vérité est celle d’un état de nature caractérisé par l’existence purement individuelle. Pour le bien de l’homme s’imposent les médiations de la société.

dans la naissance : ce que l’on voit dans les articles 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789: « Les hommes naissent libres et égaux en droits ». comme fin de toutes les autres créatures Le sens de sa vie ne lui n’est pas donné d façon décisive par la nature mais par Dieu lui même dont il doit faire la volonté. considère la terre comme naturellement désordonnée La nomophilie moderne est comme la laïcisation d’une conception théologique (cf. tout naturellement. Schmitt) Conception qui s’est imposée contre celle du droit naturel. cit. Recueil de textes et documents. XI. in 1789. mais vient à la vie à travers les médiations de la nature surtout la terre . Ministère de l’éducation nationale. Paris. (VOLNAY. sur ce point C. la loi a un aspect transcendant (vient d’en haut) . réaliser les commandements (lex divina) La lex divina Selon Michel Villey la conception de la loi comme fondement du droit est à rapporter à l’influence de la pensée judéo-chrétienne . à la limite plus que l’homme lui même comme individu .1989. d’où la légitimité du sacrifice humain cf les Aztèques par rapport au soleil Avec la doctrine biblique de la création l’homme apparaît en dernier. Cette égalité naturelle. la loi vient du Ciel La loi. p 78 .) Cette cosmologie et cette anthropologie. directement crée par Dieu. peut être considérée comme ayant sa source profonde dans la théologie biblique et plus spécialement dans la doctrine de la création La doctrine biblique de la création Désacralisation du monde et transcendance de Dieu Dans les religions traditionnelles. Volnay ne craindra pas de l’appeler tout simplement physique.57 de l’homme sera alors à chercher. en l’occurrence d’amour dans le Nouveau Testament. c’est à dire stricto sensu d’un droit qui est dans la nature (cosmos c’est à dire monde organisé . vérité du droit cf selon Michel Villey la conception de Suarez dans le titre de son ouvrage De legibus ac Deo legislatore : Des lois et de Dieu législateur) Le droit est en fait seulement expression de la loi ou même la loi elle-même « De jure in… propria significatione generaliter loquimur sicque cum lege convertitur » Du droit dans sa signification propre nous parlons comme s’il revenait à la loi Cité et commenté dans M Villey D DH p 127 CF le décalogue . mais aussi le monde des animaux (cf le totémisme) Les médiations indispensables doivent être protégées. chap. de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits et en dignité ». l’homme peut avoir une origine divine . 1793. caractéristique de la modernité. est source du droit. La loi naturelle ou catéchisme du citoyen français .

disparaître et qui n’est qu’un moyen ? Si c’est le cas ce qui existe seulement ce sont les individus Cf. cet échec s’explique par le double refus de considérer une essence de la famille . (dans la voix) in sermone. Gallimard 1973 coll. de considérer la famille comme un être On le voit : la doctrine des DH ne s’appuie que sur la deuxième dimension du nominalisme . l’échec de la tentative de mettre en place une déclaration universelle des droits de la famille lors de la célébration de l’Année internationale de la Famille en 1994 .(dan le discours) in nomine (dans le nom) Donc refus des essences 2) Extension : quelle est la nature des communautés humaines ex le famille ? Un être ? cf les partisans des droits de la famille Une simple collection d’individus qui peut changer de forme. distinction entre le haut et le bas . plus on est en haut plus on est proche de Dieu Dieu d’ailleurs est dans le ciel . les astres sont des intermédiaires cf aussi ces intermédiaires que sont les anges Cf la grande chaîne des êtres Contre cette cosmologie Pascal et d’abord Nicolas de Cues : . donc fini. elle ne met évidemment pas en cause l’essence de l’homme mais seulement les communautés La révolution cosmologique de la Renaissance Référence : Alexandre Koyré Du monde clos à l’univers infini. Galilée Rappel : Le monde pré galiléen : un cosmos . hiérarchisé avec un centre et une périphérie. que le centre soit le soleil ou la terre. non . c’est à dire un ensemble organisé. le nom n’est qu’un outil qui permet de connoter (rassembler le divers) il n’existe que in voce.58 Le nominalisme comme rejet des essences La querelle des universaux au XIV siècle et la position de Guillaume d’Occam Deux questions se posent ici 1) quelle est la nature des universaux ? ex quand je dis la justice ou encore l’homme y a-t-il un simple concept ? réponse des réalistes dans le prolongement de Platon . Tel Nicolas de Cues. c’est un être : L’exemple de la famille Réponse des nominalistes .

tant chez Descartes que chez Pascal. * Ce n’est plus de l’espace que l’homme peut tenir sa dignité : il est comme « le fini (qui) s’anéantit en présence de l’infini et devient pur néant. Actes du colloque tenu en Sorbonne en novembre 1992. édités par Pierre Magnard. « Ordre et dignité ». l’univers n’en sait rien (…) Ce n’est point de l’espace qu je dois chercher ma dignité mais du règlement de ma pensée (…) Par l’espace l’univers me comprend et m’engloutit comme un tout . * Il est. l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue. le plus faible de la nature. a été ébranlée dans ses fondements par la Révolution Galiléenne : * l’univers devient infini. c’est sur fond de désordre. sans place. d’effondrement des hiérarchies qu’il faut chercher l’honneur de l’homme. sans savoir qui l’y a mis. comme « une sphère infinie dont le centre est partout. Honoré Champion éditeur. ce qu’il adviendra en mourant. abandonné à lui même et comme égaré dans un recoin de l’univers. sans lieu. ce qu’il est venu y faire. tel qu’il a marqué la pensée antique et médiévale. c’est de la pensée et de la relation à une transcendance que l’homme seulement peut le trouver. » ( PASCAL. p 4. de subversion des valeurs. Pascal Effroi de l’homme « En regardant tout l’univers muet et l’homme sans lumière. Pierre MAGNARD. La dignité de l’homme. donc sans ordonnance. par la pensée je le comprends » .) « Désormais. C’est que l’anthropologie qui a conduit au jusnaturalisme classique. sans hiérarchie . mais c’est un roseau pensant’…) Quand l’univers l’écraserait. suivante) . dépourvu de centralité et de périphérie et donc sans ordre ni signification. incapable de trouver un sens dans la nature et dans la société. Comme on le voit.59 « une sphère infinie dont le centre est partout la circonférence nulle part » L’homme est sans référence à l’espace (cf la prmière partie du texte sur le roseau pensant (cf. selon le mot célèbre de Pascal repris à N de Cuese. écrit Pierre Magnard. p . le monde social est homogène au cosmos. Paris. 1995. par analogie l’homme n’a pas non plus de place dans la société . sans topos . j’entre en effroi comme un homme qu’on aurait porté sur une île déserte et effroyable et qui s’éveillerait sans connaître où il est sans moyen d’en sortir » Dignité de l’homme « L’homme n’est qu’un roseau . la circonférence nulle part ». comme si la véritable dignité était dans l’indignité ». le sens ne peut être lié à une place . 72/199 et 233/418. parce qu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers a sur lui . incapable de toute connaissance.

observe Simone GOYARD-FABRE. maître et possesseur de la nature (Descartes) Suppression des frontières La fin des communautés Grandeur et misère de l’individu isolé. Centre de publication de l’Université de Caen. L’espace comme pure étendue à l’origine de l’idée de mondialisation Espace comme pure étendue. 1987. ni centre ni périphérie Monde dépourvu de sens . à la merci de l’homme. elle se formulera spontanément en un discours revenant à ce que Léo Strauss appelle la doctrine moderne du droit naturel. « qui a les mêmes propriétés dans toutes les directions ». seul face à Dieu peut moins compter sur le soutien quotidien de la communauté en tant qu’elle est lieu de médiation du sens . p 25. Alquié que« Descartes (.. homogène.. conformément à la méthode qui veut voir dans la nature le fondement du juste. en effet. Des théories du droit naturel. sans communauté Rappel : la théorie du suicide de Durkheim : Il y a plus de suicides dans les pays du nord de l’Europe (plutôt protestants) que ceux du sud (plutôt catholiques) Explication : le homme protestant. faisant allusion au titre du livre de F. sans qualité chez Descartes Il n’y a plus ni haut ni bas . inversement pour l’homme catholique Toutes les valeurs sont commensurables Concevoir la propriété au sens abstrait comme un droit d’user et d’abuser conduit à ne plus faire de distinction entre • • • le bien dont on a besoin pour vivre (une habitation par exemple) valeur d’usage celui qui sert à se procurer d’autres biens (valeur d’échange) comme en particulier l’argent le bien accumulé (ce qui relève selon Aristote de la Chrématistique) thésaurisation qui peut priver autrui de toute possession .) a magnifiquement opéré la découverte métaphysique de l’homme » : « Les deux jusnaturalismes ou l’inversion des enjeux politiques ». isotrope.60 C’est ainsi. Mais ce ne sera pas cette voie que suivra la doctrine des droits de l’homme .

p 412 NB Georg Simmel est aussi l’auteur d’une Philosophie de l’argent. liberté. le prêtre. cité par Françoise Choay L’urbanisme. de la famille . en posant la question de la seule quantité » Les grandes villes et la vie de l’esprit. le poète. de l’enthousiasme chevaleresque (…) dans les eaux glacées du calcul égoïste » p 34 * Disqualification des activités jusqu’alors sacrées « La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toute les activités considérées jusqu’alors avec un certain respect. Simmel « L’argent ne s’intéresse qu’à ce qui est commun. Georg. l’homme aux droits fondamentaux égalité.Seuil 1965. sûreté. à savoir la valeur d’échange qui nivelle toute qualité particulière. propriété liberté définie à l’article 6 de l DHC « la liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui » qui se formule de façon populaire ainsi : la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres P 38 « Le droit de l’homme. comme vénérables : le médecin. à savoir le CAPITAL Ce qui est commune mesure à tous les biens. Tous les liens variés qui unissent l’homme féodal à ses supérieurs naturels. entre l’homme et la femme que le froid intérêt. elle le a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autres liens. Dresde. ne repose pas sur les relations de l’homme avec l’homme mais plutôt sur la séparation de l’homme avec l’homme » . 1903. 1900 La révolution industrielle selon Marx Les droits de l’homme sont symptomatiques d’une société sans lien communautaire. utopies et réalités . Suppression de la hiérarchie Manifeste du Parti communiste p 52 54 « Partout où elle a conquis le pouvoir elle (la bourgeoisie) a détruit les relations féodales patriarcales idylliques. c’est l’argent CF.61 • et le bien qui permet de gagner de l’argent sans travailler et qui plus est confère un pouvoir social. Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse. dont la différence de nature et d’usage n’est pas prise en considération. devenue individualiste * Disqualification de la patrie. les dures exigences du paiement au comptant. la liberté. l’homme de sciences elle en a fait des salariés à ses gages » (ibidem) Critique par Marx des DH Question Juive 10/18 p « p37 distinction entre droits de l’homme et droits du citoyen Question : quel est cet homme distinct du citoyen ? l’homme égoïste séparé de la communauté.

c'est-à-dire un individu séparé de la communauté . cf Simone Goyard Fabre dans la colloque Michel Villey. du fruit de son travail et de son industrie » P 38 cette liberté individuelle « fait voir en chaque homme non pas la réalisation mais plutôt la limitation de sa liberté « Aucun des prétendus droits de l’homme ne dépasse donc l’homme égoïste. cf.62 NB sur la propriété cf constitution de 1793 « Le droit de propriété est celui qui appartient à tout citoyen e jouir et de disposer à son gré de ses biens de ses revenus. chez Descartes La théorie de l’animal machine : on ne construit des automates qu’en déconstruisant par la pensée le vivant pour le réduire à du mécanique. réduire en éléments simple parfaitement connaissables . même chose pour les corps sociaux (Hobbes) . l’homme est naturellement un animal politique Sens de la conception hobbesienne du contrat social : ce n’est pas le récit d’un processus temporel. c’est comme l’atome. l’individu (indivisible) La construction est dans la technique certes mais aussi dans la science : les deux sont liés on ne peut construire qu’en déconstruisant d’abord par la pensée . la philosophie de Descartes CF. cf la méthode résolutive compositive de l’école de Padoue. la société. c’est une explication de ce qu’est la société et du choix permanent qui s’impose aux hommes : ou le respect de la souveraineté ou la mort Le Nouveau droit naturel est le droit de l’individu (ou du sujet) Droit naturel comme liberté jus omnium in omnia . apparaît comme un cadre extérieur à l’individu. en somme à des pièces . tout au contraire la vie générique elle même. historique . or l’élément simple dans la société. comme une limitation de son indépendance originelle » (p 39) P 40 L’émancipation politique fait de la communauté politique. de la communauté civique un simple moyen devant servir à la conservation de ces soi disant droits de l’homme le citoyen est donc déclaré le serviteurs de l’homme égoïste La sphère où l’homme se comporte en qualité d‘être générique est ravalée au dessous e la sphère où il fonctionne en qualité d‘être partiel C’est l’homme en tant que bourgeois et non pas l’homme en tant que citoyen qui est considéré comme l’homme authentique et vrai Les théories du contrat social comme aspect du constructivisme juridico politique Nouvelle théorie de la définition cf Hobbes et le commentaire de Cassirer on ne connaît vraiment que ce que l’on construit . Colloque d’Aix en Provence . l’homme en tant qu e membre de la société bourgeoise. négation du principe aristotélicien . replié sur lui même et obéissant à son arbitraire privé. et pour construire il faut déconstruire. L’homme y est loin d ‘être considéré comme un être générique .

Pufendorf).63 mais qui entraîne un bellum omnium contra omnes Or ce droit naturel ne peut être accepté par la loi naturelle (en fait la raison en nous) il faut donc accepter le souverain. la même volonté peut le défaire : c’est l’essence du contrat Pour mémoire on a une troisième conception qui est celle de ROUSSEAU : un seul pacte pactum societatis qui est ipso facto pactum sujectionis le souverain étant ici le peuple lui-même c’est l’essence de la démocratie . c’est le peuple lui même qui est législateur Et alors Obéir à la loi que l’on s’est donnée est liberté L’individualisme des libertés privées laisse la place à la volonté générale NB A la différence de Hobbes en particulier. la conception de Rousseau décrit ce qui doit être en particulier pour dépasser les apories décrites dans le Discours sur l’origine de l’inégalité . il y a deux temps pactum societatis puis pactum subjectionis. Il est donc toujours possible de renvoyer les gouvernant et même de se retirer de la société . c’est vraiment l’origine de l’individualisme moderne et de la conception libertaire des DH Ce que la volonté a fait. seule conditions de la sécurité et de la paix sans discuter ses volontés Ici on a un Pactum subjectionis (pacte de soumission) qui est ipso facto pactum societatis (pacte de société) Il n’y a pas de contrat social proprement dit) Dans les conceptions libérales du Contrat social (Locke. Par ailleurs la conception de Hobbes est conservatrice ( monarchiste) celle de Rousseau est révolutionnaire .

64 CONCLUSION GENERALE .

il n’en va pas de même pour l’exigence d’universalité. peuvent être reconnus comme correspondant à une tendance naturelle. apparaissant comme des cercles de plus en plus larges. telle qu’elle devrait se manifester. se réaliser inéluctablement dans l’histoire.65 L’illusion universaliste Individuelle au départ. Et d’abord elle est marquée. Edition du centenaire. ou alors être simplement l’objet d’une restauration. L’inégalité est d’ordre social entre dominants et dominés. politique entre citoyens et étrangers . Il faut alors se garder de cette tentation qui consisterait à considérer une nature humaine qui devrait nécessairement se réaliser dans l’histoire. bien (BERGSON . p 1174. Presses Universitaires de France. BERGSON décrit ainsi cette tendance: « Famille. On oublierait alors en quoi consiste la situation de l’homme dans sa factualité. l’existence humaine.) Si donc la famille. Paris. la nation. C’est ainsi que l’on voudrait présenter la fraternité universelle comme aboutissement d’un processus naturel et spontané. au-delà des communautés particulières. à l’exigence d’universalité. les seuls auxquels correspondent des instincts et les instincts sociaux porteraient les sociétés à lutter les unes contre les autres plutôt qu’à s’unir pour se constituer effectivement en humanité ». Par ailleurs cet évènement qu’est la venue au monde des hommes. au commencement de la vie par la plus grande incertitude. contingent. l’existence individuelle y présente un caractère aléatoire. précaire. patrie. en somme leur naissance. 1963. en tant qu’elle est marquée par l’égale dignité conduit alors. De façon plus générale il faut reconnaître que la réalité humaine est complexe. entre les membres desquelles s’impose l’inégalité. le clan.8 Mais c’est pour dénoncer une illusion: « en réalité le groupement familial et le groupement social sont les seuls qui aient été voulus par la nature. Les deux sources de la morale et de la religion . marqué par l’émergence inéluctable de l’exigence d’universalité et devant rendre nécessairement caduque l’existence des sociétés particulières. humanité. est le plus souvent marquée par l’inégalité . on a pensé que l’homme devait naturellement aimer l’humanité comme on aime sa patrie et sa famille ». mais elle relève aussi de la 8 . économique entre riches et pauvres.

d’autre part les enfants et les vieillards dans leur extrême vulnérabilité ? Enfin c’est de la nature et non pas d’un méchant complot machiste que relève la violence. normalement constituées et handicapées. Si donc ce n’est pas dans la nature qu’il faut chercher la réponse à la question du fondement de la dignité de l’homme. des hommes envers les femmes. dans une surnature. ∗∗∗ 9 Il suffit d’observer ici que ce sont les femmes qui sont les victimes du viol. sous des formes différentes à travers l’histoire. moins d’une défense. entre ceux que l’on dit justement dans la force de l’âge d’une part.9 Pour toutes ces raisons. hélas de façon plus banale.66 nature : entre personne saines et personnes malades. à une époque où l’on exalte l’égalité dans le couple. il convient de chercher une réponse dans un autre ordre de discours. dans une métaphysique. est aussi naturelle l’inégalité déterminée par la différence d’âge. des violences conjugales . toute existence s’inscrivant dans la temporalité. que d’une constante et courageuse promotion. les droits de l’homme méritent alors d’être l’objet. Comment ne pas voir également que. et aussi. qui court le risque d’être inquisitoriale. et de penser les droits de l’homme au delà de toute nature. au delà des prises de toute science.

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