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UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL

DÉPARTEMENT D’ÉDUCATION ET DE PÉDAGOGIE

Hiver 2009

BILAN DE STAGE

Travail remis à

JEAN-ROBIN APRIL

dans le cadre du cours

FPM2500-45

Construction de repères pédagogiques et culturels au préscolaire

Par

JULIE DUBOIS
TRAVAIL DE RÉFLEXION

Avant de commencer mon texte, j’aimerais vous mentionner que j’ai choisi la
deuxième proposition pour rédiger ce travail de réflexion. Au cours de mon deuxième
stage, plusieurs enjeux ont été ciblés et c’est pour cela qu’à l’intérieur de ce bilan je vais
répondre à diverses questions s’y rattachant. Le texte qui suit est divisé en trois grandes
parties. En premier, je vais traiter de mon expérimentation quant à la prise en charge de
ma classe de stage. Ensuite, je vais enchaîner en vous parlant du travail de mes
planifications. Puis, je vais terminer en vous faisant part de l’évolution de mon
développement personnel.

En premier lieu, il a été difficile de m’intégrer au monde du préscolaire. Cela ne


paraît peut-être pas au premier coup d’œil, mais l’horaire et la
routine des enfants de 5 et 6 ans diffèrent de beaucoup de celui
des enfants du primaire. Par exemple, les enfants du préscolaire
commencent une heure après les autres et ils n’ont pas de
récréation à l’extérieur. L’année dernière j’ai fait mon stage en 2ième année du primaire et
je devais souvent faire de la surveillance à l’extérieur lors des récréations. Aussi, j’ai fait
beaucoup de remplacement pour le service de garde et nous étions presque toujours
dehors. En effet, je suis une personne très active et j’adore me retrouver à l’air frais et
c’est un élément qui manque pour les enfants de la maternelle. Bien
sûre, les enfants ont deux pauses dans la journée pour prendre leurs
collations, mais ils les passent assis devant des films d’enfants de
tous les genres. En plus, ils n’ont pas de contact avec les enfants des
autres niveaux. Sans oublier que les jeunes du préscolaire ont besoin
de beaucoup de temps pour le rangement, pour l’habillage, pour manger leurs collations,
etc. Franchement, j’ai trouvé ardu de m’adapter à ce type de routine. Cependant, plus le
temps passait, plus je me suis moulé à cette routine et j’ai appris à l’apprécier.
Il est évident que le style d’enseignement au préscolaire ne se fait pas de façon
magistrale comme on le fait, en grande majorité, au primaire. Je vais toujours me
souvenir comment il faut être claire et précise dans ses explications et que nous ne
répétons jamais assez. À ce niveau, il est primordial de faire reformuler les enfants à
plusieurs reprises et c’est pendant mon stage que j’ai vraiment réalisé l’importance de le
faire avec ce genre de clientèle. Grâce à cette constatation, je vais donner une plus grande
place à la reformulation dans la pratique de mes fonctions. Dans un autre sens, savoir
bien réagir lorsqu’un élève fait une crise dans la classe est aussi très
important. Souvent, nous pensons savoir comment nous y prendre,
mais quand nous sommes devant le fait accompli c’est une toute autre
histoire. Il n’y a pas seulement que cet élève dans la classe, mais il y a
tous les autres aussi. J’ai appris qu’il est essentiel de bien définir ses
limites dès le début et surtout de s’y maintenir. Il faut être cohérente et appliquer les
conséquences comme il se doit. Cela semble facile à dire, mais pas
facile à faire. Au cours de mon stage, j’ai eu la chance de me
pratiquer avec un petit garçon nommé Zachary. Ce n’était pas
toujours évident, mais j’ai énormément appris avec lui et vice versa.
En ce qui a trait aux compétences que les enfants doivent développer
au cours de leur préscolaire, elles sont assez claires et faciles à cibler. Toutes les
réalisations des élèves peuvent être conservées dans leur portfolio et les parents peuvent
les consulter à tout moment.
Au début de mon stage, j’étais gêné d’enseigner auprès de ces enfants et je ne
savais pas trop ce qui était acceptable ou non. Par contre, plus le temps
passait, plus je me sentais à l’aise auprès de ces enfants. Pendant mon
stage, madame Christiane m’avait demandé de faire une vingtaine de
pages dans leur cahier d’exercice et toutes les activités que j’ai animées
dans ce cahier ont été bien réussies par les élèves. Lorsque j’ai présenté à
madame Christiane les activités pédagogiques que je désirais
expérimenter avec les enfants durant ma prise en charge totale, madame
Christiane n’était pas convaincue que cela pourrait les intéresser et que
ces activités seraient trop difficiles pour eux. Contrairement aux
craintes de madame Christiane, les activités que j’ai construites moi-
même et que j’ai pu les faire dans ma classe de stage ont été très bien
réussies et aimées de tous. Ce que j’ai aimé du préscolaire est que lors des ateliers, tu
peux observer les enfants en actions et les évaluer aisément. En grande partie, les
observations se faisait dans les périodes d’ateliers et étaient évidentes et simples à faire.
Quant à la gestion de l’enseignement et des comportements, cela m’a demandé beaucoup
plus d’efforts et d’attention. Pour avoir la concentration des enfants du préscolaire, il faut
qu’ils soient bien assis en position d’écoute et qu’ils n’aient absolument rien dans les
mains. En fait, un rien peut les déconcentrer. Par contre, j’ai été capable de m’ajuster
assez rapidement et madame Christiane me l’a fait remarquer à
plusieurs reprises. Une des difficultés que j’ai rencontré en ce qui
concerne la gestion des comportements a été de laisser parler un
enfant seulement s’il a levé la main pour avoir le droit de parole.
Avec madame Christiane les enfants exécutaient bien la consigne,
mais avec moi ils avaient plus de difficulté. Après mîntes
avertissements, ils ont finalement compris qu’avec moi ils devaient
également lever la main pour qu’ils aient mon attention et que je les écoute. En plus, il y
a eu les crises de notre ami Zachary que je ne savais pas comment gérer au début, mais
que j’ai réussi à faire face après quelque temps, et ce, avec de la persévérance.
Pour ma part, je crois que la relation professionnelle que tu dois adopter avec ton
enseignant-associé est différente que celles que tu dois adopter avec les autres membres
du personnel de l’école. Tu es fréquemment en contact et partages beaucoup plus de
choses avec ton enseignant-associé qu’avec les autres. Donc,
tu peux lui faire part de tes projets en profondeur, lui dire le
fond de ta pensée (si c’est correct ou non), lui donner des
idées et être plus intime avec celle-ci, et ce, tout en restant
professionnel puisque c’est quand même une collègue de
travail. Par contre, avec les autres membres de l’école, que ce
soit le concierge, les bibliothécaires, les responsables du
service de garde, la secrétaire ou la directrice, tu dois être très
professionnelle et avoir beaucoup de respect envers eux. En fait,
la relation que tu entretiens envers eux n’est pas du tout intime
(comme celle que tu as avec ton enseignant-associé) et il faut que
tu gardes en tête que ces personnes peuvent d’aider si tu as besoin de quelque chose à un
moment donné. Dans le fond, c’est toi qui vas ressortir gagnant si tu as une bonne
relation professionnelle avec toutes ces merveilleuses personnes, c’est à ton avantage.
Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de rencontrer les parents des élèves de ma
classe, mais je suis consciente que tu as être très professionnel et chaleureuse envers
ceux-ci puisque tu as leur enfant pendant un an, et ce, à raison de cinq jours par semaine.

En deuxième lieu, la planification que je devais faire au cours de ce stage a été


pour moi facile à faire, et ce, pour plusieurs raisons. L’année dernière, je faisais déjà
beaucoup de planification avec mon enseignant-associé et je
l’avais inséré dans mon journal de bord que j’ai toujours gardée.
Donc, je suis parti assez rapidement sur des bonnes bases. Moi et
madame Christiane avons beaucoup communiqué tout au long de
mon stage et cela a été à notre avantage. Je savais ce que je
pouvais faire et ce que je ne pouvais pas faire. Aussi, je suis une
fille très organisée dans tout et j’étais toujours à date dans mes planifications et même à
l’avance, ce que madame Christiane a beaucoup apprécié. Une semaine à
l’avance nous prenions le temps de bien regarder les planifications de mes
journées. Je me suis rendu compte qu’il ne fallait pas trop faire sa
planification mensuelle trop en détails, car il y a souvent des imprévus qui
surviennent et cela fait en sorte que tu dois changer des périodes. Ainsi, pour
ne pas refaire le travail deux, trois fois ou même plus, je devais faire mes
planifications de façon générale et par la suite les détailler. J’aime
énormément faire des planifications puisque je sais où je m’en vais, je me sens moins
perdu et surtout je me sens en sécurité et rassuré.
Personnellement, je suis convaincue que faire une planification à chaque semaine
est primordiale pour les enseignants de tous les degrés, et ce, peut
importe la façon dont nous la faisons. Il faut trouver notre façon de
la faire. Même si on est rendu à plusieurs années d’expérience, cela
vaut la peine de consacrer quelques minutes par semaine pour en
produire une. Les enfants le ressentent si tu n’es pas préparé et que
tu cherches souvent tes choses. Au préscolaire, c’est très important
qu’ils sachent ce qui les attende au cours de la journée et même de la semaine. Ils ont
besoin de repères et si toi tu ne sais même pas ce que tu vas faire au cours de la semaine,
tu vas être stressé et les enfants vont l’être aussi. Même si tu ne veux pas le laisser
paraître, les enfants sont très intelligents et ressent beaucoup de choses. En fait,
l’ambiance de la classe va en être touchée et cela ne sera pas confortable pour personne.
Le travail de planification est essentiel, et ce, pour n’importe quel enseignant. J’ai
constaté que lorsque ta planification est bien faite, il est plus facile de gérer ta classe que
si tu en avais fait une juste pour en faire une ou si tu n’en avais tout simplement pas fait.
Les enfants sont plus attentifs, réceptifs et surtout plus calme. Ils
ont aussi plus de concentration lorsque nous faisons un travail
pédagogique et leur motivation est au rendez-vous. Ceux-ci
savent exactement ce qu’ils ont à faire et il y a moins de
discipline à faire dans la classe. Donc, l’enseignant à plus de temps pour observer ses
élèves et il peut faire plus d’activités s’il le désire. Ce que je viens de vous mentionner
l’intérieur de ce paragraphe sont les constations que j’ai pu faire
lors de mes deux stages et lorsque j’ai fait de la suppléance dans
diverses écoles. Un petit conseil à donner aux futurs(es)
enseignants(es) ou même aux enseignants déjà dans le milieu, faite
des planifications pour vous rassurer ou pour tout simplement
rassurer vos élèves. Vous aller vous apercevoir qu’il y a seulement des effets positifs qui
vont en ressortir.

En troisième lieu, il y a des forces professionnelles que j’ai développées au cours


de mon stage et j’aimerais vous en faire part. Dans les premiers jours de mon stage,
j’avais de la difficulté à faire varier mon ton de voix et madame Christiane me l’a fait
remarquer aussitôt. Elle m’a expliqué l’importance d’adopter
différents tons de voix, et ce, selon les contextes. Lors de la première
visite de mon superviseur, Jean-Robin, un de mes points forts qui a
ressorti est que j’avais une voix douce qui portait bien dans la classe et
que j’étais capable de bien l’adapter selon les différents moments.
Pour moi, le renforcement positif est primordial pour avoir le bon contrôle d’une classe.
Je me suis rendu compte qu’au préscolaire nous devons utiliser ce moyen pédagogique
fréquemment. Je n’ai eu aucun problème à l’utiliser, mais quelques fois je n’y pensais
plus. Donc, au cours de mon stage, j’ai pu intégrer ce moyen à l’intérieur de ma classe, et
ce, le plus souvent que je le désirais. Lorsque je félicitais un enfant qui
faisait un bon comportement, tous les autres imitaient ce dernier pour,
qu’à leur tour, je puisse les féliciter. Par contre, si j’avais réprimandé un
enfant qui faisait un mauvais comportement, j’aurais probablement
perdu le contrôle de la classe en plus de mettre mal à l’aise l’enfant. Cela
à jouer grandement en ma faveur parce que, grâce à ce moyen, je devais
faire beaucoup moins de discipline et la gestion de la classe s’en trouvait
avantagée. Aussi, j’essai, autant que possible, de faire participer tous les enfants aux
activités. Puisque la participation active des élèves me tient
beaucoup à cœur, je crois que les enfants le ressentaient et
étaient motivés à collaborer avec moi et les autres amis. Si tu
ne t’assures pas que tous les enfants participent, tu peux en
perdre quelques-uns en cours de route et ils ne voudront plus
rien faire. Dans le fond, je considère ce point comme très important et je suis satisfaite de
l’avoir acquit lors de mon stage. De plus, la dernière force professionnelle que j’ai
développée dans la classe de madame Christiane est que j’avais toujours un œil sur tous
mes élèves, et ce, même si c’est plutôt difficile en
maternelle puisqu’ils ne sont pas tous assis à un pupitre
devant toi. Avant même de commencer mon stage, je
m’étais dit que c’était un élément auquel je porterais une
attention particulière. Comme je l’avais prévu, j’ai eu des
difficultés à surveiller les enfants tous en même temps et à me placer de façon à voir tous
les enfants de la classe. Dans les premiers temps, j’oubliais simplement et je m’en rendais
compte qu’après quelques minutes. Puis, j’ai décidé de travailler fort sur ce point et à la
fin de mon stage le fait de me placer de façon à ce que je puisse voir tous les élèves était
rendu un réflexe et je le faisais sans m’en rendre vraiment compte. C’est madame
Christiane qui m’en faisait part.
Lors de mon prochain stage en automne, je vais essayer de continuer tous
les bons comportements que j’ai acquis dans mes deux autres stages. Il est bien d’en avoir
appris plusieurs dans le passé, mais il est important de les garder en mémoire et de les
pratiquer tout au long de sa carrière. Par exemple, je voudrais
continuer de faire du renforcement positif auprès des enfants, de les
faire reformuler le plus souvent possible, les faire participer
activement à toutes les activités, etc. J’aimerais bien éviter utiliser
la menace pour obtenir des choses avec les enfants et qu’ils le
fassent seulement parce que c’est ce qui est demandé. De nos jours,
les enfants vont faire quelque chose seulement s’ils ont un cadeau qui les attend au bout
de la ligne. Personnellement, je ne veux pas enseigner de cette façon et je veux enlever la
menace de ma pratique. Pour ce faire, je pourrais mettre plus d’emphase sur ce que
l’enfant va avoir accompli après le travail et le féliciter fréquemment. Je pourrais leur
faire comprendre que ce qu’ils font, c’est pour eux et qu’ils devraient être fiers de leurs
produits finaux. Je suis consciente du travail que cela va me demander, mais je suis prête
à m’invertir à cent pour cent pour réussir. En outre, le plus important
défi que j’aimerais me fixer pour l’année prochaine est de bien définir
mes limites aux élèves dès le début et surtout de m’y maintenir.
J’aimerais aussi être cohérente dans mes propos et appliquer les
conséquences comme il se doit. Avec beaucoup de travail, je pense
pouvoir y arriver. J’ai déjà beaucoup travaillé sur ce point dans mon
stage au préscolaire et je désire encore m’améliorer encore plus. Pour y parvenir, je vais
lire des livres sur ce sujet et demander des conseils à des personnes de mon entourage et à
des gens qui fréquentent le milieu scolaire.

En guise de conclusion, j’aimerais vous mentionner que l’expérience que j’ai vécu
à l’intérieur de ce deuxième stage m’a fait grandir énormément. J’ai pris la classe en
charge totale pendant huit jours et cela m’a donné beaucoup
plus confiance en moi. Il y a une grosse différence entre
enseigner lorsque l’enseignante est présente dans la classe et
lorsqu’elle n’y est pas du tout. Je suis convaincue que les
enfants ont senti que j’étais plus à l’aise et confiante en ce qui concerne la prise en charge
du groupe. Pour ce qui est du travail de planification, je suis certaine qu’avec les petits
conseils de madame Christiane et ceux de mon superviseur, l’année prochaine je vais être
en mesure de bien faire mes planifications et à prendre en considération tous les petits
détails qui nous échappent quelques fois. Lors de mon
premier stage, je n’étais pas assez outillé face au travail de
planification, mais aujourd’hui je suis capable d’en faire, et
ce, à ma façon. J’ai aimé rédiger, pour une seconde fois, un
journal de bord car cela m’a permis de bien prendre connaissance de mes forces et de mes
faiblesses. De plus, je sais maintenant reconnaître plusieurs de mes forces
professionnelles et je suis capable de me fixer des défis personnels pour mes deux
prochains stages ainsi que les moyens que je vais utiliser pour y parvenir. J’aimerais donc
terminer ce bilan en vous mentionnant qu’à chacun de mes
stages, j’ai appris des choses différentes et j’en suis très
ravie. N’oublions pas que les enfants de même que les adultes
ont toujours des milliers de choses à nous apprendre, et ce, peut
importe leur âge ou leur expérience. Pour ma part, je peux
affirmer avoir réussi mon stage au préscolaire avec succès et fierté.