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Voyage au centre de la Terre

d’après Jules Verne

Voyage au centre de la Terre d’après Jules Verne V OYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

CHAPITRE 1

Mon oncle est le professeur Lidenbrock. Il habite à Hambourg et vient juste de rentrer chez lui. Il entre rapidement dans son bureau. Puis il m’appelle :

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— Axel, viens ! Otto Lidenbrock est professeur de sciences . C’est un véritable savant. C’est un homme grand, maigre, blond et qui a une très bonne santé. Il est riche et possède une grande maison. J’habite chez lui et

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avec sa nièce de dix-sept ans nommée Graüben et la domestique Marthe. Je l’aide dans ses expériences. Graüben et moi sommes fiancés mais mon oncle ne le sait pas. Il a découvert un livre rare qui raconte l’histoire des princes norvégiens qui ont régné en Islande. Ce livre contient un morceau

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de papier où sont inscrits des caractères bizarres. Au lieu de venir manger, le professeur essaie de comprendre ce qui est écrit sur ce papier. En regardant bien, il découvre que celui qui a écrit le message du papier s’appelle Arne Saknussemm. C’était un savant islandais disparu il y a trois cents ans.

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— Ces lettres sont mélangées, mais si je les mets dans le bon ordre, elles signifient forcément quelque chose, dit mon oncle.

elles signifient forcément quelque chose, dit mon oncle. Alors il essaie d’écrire les lettres par groupes

Alors il essaie d’écrire les lettres par groupes de cinq ou six en colonnes verticales. Mais comme il n’arrive à rien, il sort de la maison très énervé et disparaît dans la rue.

CHAPITRE 2

Je reste seul dans le bureau de mon oncle. Ce vieux papier me préoccupe. Je me répète sans cesse :

— Qu’est-ce que cela signifie ?

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Je cherche à grouper les lettres de manière à former des mots. Impossible. Je ne comprends rien. Soudain, en retournant la feuille, je crois voir apparaître des

mots latins, entre autres craterem, et terrestre ! Je viens de découvrir le code et, sans hésiter, je prononce à haute voix la

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phrase entière. Mais quelle stupéfaction ! Quelle terreur ! Quoi, un homme a eu

assez de courage pour entrer !

Mais si c’est vrai, mon oncle ne

doit pas savoir. Il voudrait y aller aussi et il m’emmènerait. Il y a un peu de feu dans la cheminée. Je vais jeter le papier

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dans le feu lorsque mon oncle entre dans la pièce. Il se remet à travailler sans parler. Le lendemain matin, il est encore au travail. Il a l’air fatigué mais je ne veux rien dire. Le temps passe. Finalement, je décide de

lui dire ce que j’ai découvert et je lui montre la feuille de papier en

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lui disant :

Si vous lisez en commençant par la fin

Je n’ai pas le temps de terminer la phrase ; le professeur pousse un cri car il vient de comprendre ce que je veux dire. Il regarde la feuille de papier avec attention et, la voix émue, il

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traduit le document tout entier :

 
 

Descends dans le cratère du Yocul de Sneffels que l’ombre du Scartaris vient caresser avant juillet, voyageur courageux, et tu arriveras au centre de la Terre. Ce que j’ai fait.

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Arne Saknussemm.

— Axel, va faire ma valise. Et la tienne !

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Je sors pour faire une promenade et, en me promenant, je rencontre ma petite Graüben. Je lui raconte la découverte et le voyage que mon oncle veut faire. Lorsque nous rentrons à la maison, il fait nuit. Mais mon oncle n’est pas

couché. Il prépare le voyage. — Nous partons après-demain, me dit-

il.

Je suis stupéfait. Je passe une nuit affreuse. Le lendemain, je remonte dans

ma chambre pour préparer ma valise. Le matin du départ, je me réveille à cinq heures et je descends à la salle à manger. À cinq heures et demie, une grande voiture arrive ; elle va nous conduire à la gare. Je

serre Graüben dans mes bras. Puis la voiture part.

gare. Je serre Graüben dans mes bras. Puis la voiture part. Chapitre 3 20 25 Nous

Chapitre 3

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Nous prenons le train, puis le bateau et encore le train. Et nous arrivons enfin à Copenhague. Nous avons quelques jours pour

trouver un bateau pour Reykjavick et pour visiter la ville. Mon oncle en profite pour me faire monter sur un clocher assez haut : il dit que cela m’aidera à vaincre le vertige. Le 2 juin, à six heures du matin, nous partons de Copenhague et, quelques jours plus tard, après un voyage sans problème, nous

arrivons à Reykjavick. Et là, mon oncle me montre une haute montagne couverte de neige. — Le Sneffels ! me dit-il. Nous habitons quelques jours chez Monsieur Fridriksson, professeur de sciences naturelles. Il nous présente un guide pour

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aller visiter le Sneffels. C’est un grand Islandais, fort, intelligent, tranquille et silencieux. Il s’appelle Hans Bjelke. Le départ est fixé au 16 juin. Hans doit nous conduire jusqu’au pied du volcan. Avant le départ, nous préparons tout ce que nous

devons emporter : des instruments scientifiques, des armes, des outils, de la nourriture, des médicaments Le jour du départ arrive enfin. Le voyage se fait sans problème. Une fois arrivés au pied du volcan, la route devient plus difficile et il faut faire très attention pour ne pas tomber. Enfin, à onze

heures du soir, en pleine nuit, nous arrivons au sommet du volcan et nous nous installons pour passer la nuit. Le lendemain, nous repartons vers le fond du volcan. Au fond du cratère il y a trois cheminées, trois routes possibles. La bonne route sera indiquée par l’ombre du Scartaris pendant les derniers

jours de juin. C’est ce que dit le papier. Mais le lendemain, le ciel est gris. Nous sommes le 26 juin. Le 26 et le 27, il neige. Mais le dimanche 28, le soleil apparaît et l’ombre du Scartaris commence à se dessiner doucement sur le bord de la cheminée du milieu. — C’est là ! dit le professeur, c’est là ! En avant !

Chapitre 4

Le véritable voyage commence. Je m’approche de la cheminée du milieu pour voir le trou dans lequel je vais descendre et j’ai le vertige. Heureusement qu’Hans m’empêche de

tomber. Mon oncle déroule une grosse corde très longue pour descendre. Hans fait tomber les paquets qui ne sont pas fragiles dans la cheminée puis commence à descendre. Mon

fragiles dans la cheminée puis commence à descendre. Mon V OYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

oncle le suit. Je descends en dernier. Il est une heure. Nous descendons pendant des heures et des heures. Toutes les demi-heures, nous nous arrêtons pour nous reposer et il est presque onze heures lorsque mon oncle dit :

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— Nous sommes arrivés au fond de la cheminée. Soupons

maintenant puis dormons. Nous continuerons demain. Le lendemain, nous repartons vers le centre de la terre. Mon oncle et Hans portent tous les deux un appareil qui donne de la lumière. Nous entrons dans une galerie qui part du fond de la

cheminée. Je consulte souvent la boussole qui indique toujours la direction du sud-est. Le thermomètre continue de marquer dix degrés et la chaleur n’augmente pas. Pourtant, d’après les calculs de mon oncle, nous sommes trois kilomètres sous la mer et il devrait faire plus chaud.

Nous continuons la descente et nous arrivons à un carrefour. Quelle route devons-nous prendre ? Nous prenons la route de l’est. Nous marchons pendant trois jours presque sans parler. Et le

samedi soir, à six heures, un mur se présente à nous. Il n’y a aucun passage.

— Maintenant, dit mon oncle, il faut revenir en arrière.

Mais nous n’avons presque plus d’eau. Nous marchons avec peine. Enfin, le mardi 8 juillet, nous arrivons à moitié morts au

carrefour. Je tombe sur le sol et je m’endors. Mon oncle s’approche de moi et me soulève dans ses bras.

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— Pauvre enfant ! dit-il.

Il prend la gourde qui est à côté de lui et il la vide dans ma

bouche. La descente recommence, cette fois par l’autre route. Je souffre beaucoup et nous

n’avons pas d’eau. Soudain je pousse un cri et je tombe. Quand je me réveille, mon oncle dort aussi et je vois Hans partir avec la lampe à la main.

dort aussi et je vois Hans partir avec la lampe à la main. V OYAGE AU

Chapitre 5

J’entends enfin un bruit de pas. Hans revient. Il réveille mon oncle et lui dit :

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Vatten !

Je comprends ce qu’il dit et je crie :

— De l’eau ! De l’eau !

Nous repartons aussitôt et, une heure plus tard, j’entends un bruit dans le mur.

— Il n’y a pas de doute, dit mon oncle. Un fleuve coule près de

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nous.

Hans écoute avec attention. Puis, il fait un trou dans le mur et, après une heure de travail, l’eau apparaît enfin. Hans pousse un cri de douleur : elle est bouillante !

enfin. Hans pousse un cri de douleur : elle est bouillante ! Quand elle a refroidi,

Quand elle a refroidi, nous pouvons

enfin boire. Puis nous dormons. Le lendemain, nous continuons à marcher.

Mon oncle regarde toujours avec attention sa boussole. La direction est toujours sud-est. Il pense que nous

devons être à 120 kilomètres au sud-est de Reykjavick et à 60 kilomètres sous terre.

Sous nos pieds s’ouvre alors un immense trou, profond et étroit. Nous descendons avec l’aide des

cordes.

À partir du 8 juin, le chemin se fait plus facile.Toutes les heures, mon oncle marque les indications de la boussole, du thermomètre et des autres instruments. Un jour, lorsqu’il me dit que nous sommes à 200 kilomètres de Reykjavick, je pousse un cri :

— Si vos calculs sont exacts, nous ne

sommes plus sous l’Islande, mais sous la mer !

— Mais c’est tout à fait naturel !

— Quoi ? Nous voyageons sous

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l’Atlantique ?

— Parfaitement. Et je pense que nous

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sommes à 64 kilomètres de profondeur.

— 64 kilomètres ! En seize jours ! Mais

c’est la limite donnée par les savants à

l’épaisseur de l’écorce terrestre ! Et si nous continuons ainsi, nous allons mettre cinq ans et demi, pour descendre jusqu’au centre de la Terre !

ans et demi, pour descendre jusqu’au centre de la Terre ! Chapitre 6 15 20 25

Chapitre 6

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Pendant quelques jours, nous continuons à descendre vers le centre de la Terre. Ce sont des descentes dangereuses, et l’adresse et le calme de Hans nous sont très utiles. Il ne se passe rien d’important pendant les deux semaines suivantes. Mais le 7 août, je me suis tout à coup aperçu que j’étais seul. J’ai appelé. Pas

de réponse. J’étais perdu. Alors j’ai perdu la tête : j’ai crié, j’ai couru, je suis tombé et je me suis évanoui. Lorsque j’ai repris connaissance, j’étais couché sur une couverture et mon oncle me tenait la main. Il m’avait retrouvé deux jours plus tard.

— Il vit ! Il vit ! disait-il.

Le lendemain, à mon réveil, je regarde autour de moi. Je suis dans une caverne couverte de sable fin. Il n’y a pas de lampe allumée mais pourtant il y a de la lumière. Et j’entends le bruit de la mer. Je suis surpris et je me demande si ce que je vois et ce que

j’écoute existe bien.

— Bonjour, Axel, dit le professeur en entrant. Je vois que tu vas bien.

Mon oncle m’explique qu’ils ont trouvé une mer à l’intérieur de

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la Terre. Nous sommes dans une caverne et j’entends le bruit des vagues et du vent. Je suis surpris. Je m’habille rapidement et je sors de la caverne. Mes yeux ne sont plus habitués à la lumière.

À environ 500 mètres, il y a une forêt. Elle est faite d’arbres à la

forme bizarre. Nous nous approchons. C’est une forêt de champignons blancs et hauts de 10 à 13 mètres. Il y en a des milliers.

blancs et hauts de 10 à 13 mètres. Il y en a des milliers. Le lendemain,

Le lendemain, je me réveille

complètement guéri et je vais prendre un bain dans la mer. Mon oncle m’accompagne.

— Qu’allons-nous faire

maintenant, mon oncle ?

— Continuer notre voyage, sur la mer cette fois. Hans est en train de faire un solide radeau. Viens, tu vas voir.

Le lendemain, le radeau est terminé. Il a trois mètres de long sur un mètre et cinquante centimètres de large.

Le 13 août, nous nous réveillons de bonne heure et, à six

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heures, nous partons. Sur le radeau nous emportons les instruments, les armes, de l’eau et des aliments.

Depuis notre départ, mon oncle m’a demandé d’écrire un journal pour raconter nos aventures. Voici ce que j’écris.

Ve n dredi 14 août : Hans pêche un poisson. Le professeur le

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regarde attentivement et nous dit qu’il appartient à une famille de poissons qui n’existe plus depuis très longtemps. Il y en a d’autres.

Samedi 15 août : La mer, toujours la mer

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Dimanche 16 août : Rien de nouveau.

Pour mesurer la profondeur de cette mer, mon oncle fait descendre dans l’eau une barre de fer attachée à une corde.

Lorsqu’il la remonte, Hans me montre des traces sur la barre. Ce

sont des traces de dents. Cet animal doit avoir une force

extraordinaire

apparaître un monstre

Mardi 18 août : Hans nous montre du doigt quelque chose de noir qui monte et qui descend. Nous voyons apparaître un crocodile et

un énorme serpent long de presque dix mètres. Ils se précipitent l’un sur l’autre sans nous voir.

Le combat commence. L’œil du crocodile est aussi gros que la tête d’un homme. Sa mâchoire est

énorme.

Le serpent a le corps couvert d’une carapace et son cou se dresse au-dessus de l’eau.

Je regarde la mer, effrayé. J’ai peur de voir

de l’eau. Je regarde la mer, effrayé. J’ai peur de voir Ces deux animaux se battent

Ces deux animaux se battent

avec violence pendant deux heures. Le serpent est blessé. Son long corps se couche finalement sur la mer. Il est mort. Le crocodile a disparu sous l’eau.

Chapitre 7

Mercredi 19 août : Le voyage continue, monotone.

Jeudi JO août : Vers midi, nous entendons un bruit mais nous ne voyons rien.

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Trois heures se passent. Nous nous approchons et nous voyons une colonne d’eau qui s’élève très haut et qui retombe dans la mer. Le bruit devient de plus en plus fort. Le ciel est tranquille, le bruit vient donc de la mer. Est-ce qu’il s’agit encore d’un animal

extraordinaire ?

À huit heures du soir, nous sommes approchés du nouvel animal. Son corps noir est énorme. Sa longueur a l’air de dépasser deux kilomètres ! Il est immobile. Nous allons droit sur lui.

kilomètres ! Il est immobile. Nous allons droit sur lui. — Une île ! dit Hans.

— Une île ! dit Hans.

C’est bien une île avec un énorme geyser au milieu. Nous visitons la petite île. Lorsque nous repartons, je fais quelques calculs. Nous sommes maintenant sous l’Angleterre.

Vendredi 21 août : Les nuages sont bas et ont une couleur verdâtre. Nous allons avoir une tempête. Soudain, le vent devient plus fort, l’ouragan se lève.

Lundi 24 août : Nous sommes très

fatigués. La tempête est de plus en plus violente, avec des vagues énormes. Nous nous attachons sur le radeau pour ne pas tomber dans la mer. Il fait une chaleur étouffante.

À midi, une boule de foudre apparaît à côté de nous. Nous

sommes terrorisés ! La boule a arraché le mas et la voile du radeau.

Brusquement, elle éclate. Nous sommes couverts par le feu lumière disparaît.

Mardi 25 août : Je me réveille. L’orage est toujours là mais il y a un bruit nouveau : le bruit de la mer sur les rochers

Ici se termine ce que j’ai appelé « le journal du radeau ». Je continue mon récit.

Puis la

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé quand le radeau a été projeté

contre les rochers de la côte. La seule chose que je peux dire c’est que le courageux Islandais m’a emmené sur le sable, à côté de mon oncle. Puis il a essayé de sauver ce qui restait du radeau.

Nous étions très fatigués par ces trois nuits et nous avons

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dormi.

Le lendemain, le temps est magnifique. La tempête a disparu. Je vois Hans au milieu de nombreux objets rangés avec ordre. Il n’a pourtant pas tout sauvé : nous n’avons plus les armes, par exemple ; mais nous avons la poudre qu’on utilise dans les armes. Et puis nous

avons encore quelques instruments et les caisses de nourriture.

Le professeur veut savoir où nous sommes. Il prend les instruments que Hans a déposés sur un rocher, mesure, fait des calculs, regarde. Il se frotte les yeux, puis regarde de nouveau. Enfin, il se tourne vers moi et me demande de regarder moi aussi.

Nous n’avons pas avancé du tout. Pendant la tempête, le vent a sûrement changé de direction et a ramené le radeau en arrière. Mon oncle est stupéfait et très déçu par ces observations.

Chapitre 8

Alors nous partons explorer

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cette terre et nous laissons Hans, qui répare le radeau. Nous marchons longtemps et avec difficulté. Soudain, nous voyons une plaine d’ossements.

C’est comme un cimetière où nous avons toute l’histoire de la vie animale. Ce sont des restes d’animaux morts qui n’existent plus depuis très longtemps sur terre.

qui n’existent plus depuis très longtemps sur terre. V OYAGE AU CENTRE DE LA TERRE –

Soudain, mon oncle saisit un crâne nu entre ses mains et crie :

— Axel ! Axel ! Une tête d’homme !

Vingt pas plus loin, il découvre le corps d’un homme

Cette

découverte extraordinaire pourrait prouver au monde que l’homme

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existe bien depuis l’époque quaternaire.

Cette fois, mon oncle ne dit pas un mot. Et moi aussi je reste muet.

Pendant une demi-heure nous marchons sur ces ossements. Comment sont-ils arrivés là ?

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Puis nous arrivons dans une forêt immense. Il y a de grands arbres. Ce sont des espèces d’arbres qui n’existent plus aujourd’hui. Soudain je m’arrête et je touche le bras de mon oncle.

Des formes immenses marchent sous les arbres. Ce sont des animaux gigantesques qui ressemblent à des éléphants

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préhistoriques. Ils sont vivants et gardés par un être humain de plus de quatre mètres.

Nous quittons la forêt en courant et nous revenons vers la mer. Sur la plage, je ramasse un objet qui brille sur le sable. C’est un poignard. Un peu plus loin, nous tombons sur un rocher de granit à

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l’entrée d’un tunnel. Sur ce rocher, deux lettres sont gravées :

A.S. ! dit mon oncle. Arne Saknussemm ! Toujours Arne

Saknussemm ! Il faut passer par là. Allons chercher Hans.

Lorsque nous retrouvons Hans, le radeau est préparé pour le départ. Nous revenons au tunnel vers six heures du soir.

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Nous quittons le radeau puis nous entrons dans le tunnel. Mais, au bout de cinq mètres, nous ne pouvons plus avancer. Un rocher bloque le passage.

Il faut le faire exploser, dit mon oncle.

Nous creusons un trou dans le rocher. Dans ce trou, nous

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tassons la poudre des armes et installons une mèche en tissu.

Le lendemain, jeudi 27 août, à six heures, nous sommes prêts.

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Je vais allumer la mèche puis je cours au radeau pour me protéger. Je retrouve mon oncle et Hans et nous partons.

L’explosion du rocher est tellement forte qu’elle provoque un tremblement de terre puis un raz de marée. La mer nous entraîne

avec elle dans le tunnel. Je me sens perdu.

Nous nous tenons pour ne pas tomber du radeau. Nous tombons dans le tunnel. Les heures passent. Tout à coup, le radeau arrête de

tomber et, en quelques secondes, je respire l’air frais.

— Nous montons, dit mon oncle. C’est ce que je pensais. L’eau est arrivée au fond du tunnel et

maintenant elle remonte et nous emporte avec elle.

Une heure plus tard, nous montons toujours et vite. La chaleur augmente. Qu’est-ce que

cela veut dire ?

vite. La chaleur augmente. Qu’est-ce que cela veut dire ? Peu à peu, à cause de

Peu à peu, à cause de la chaleur, nous nous déshabillons.

Chapitre 9

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Nous montons toujours. Nous entendons des explosions. Sous le radeau, l’eau bouillonne. Elle est brûlante. Il n’y a pas de doute,

nous sommes dans la cheminée d’un volcan. Mais ce n’est pas un volcan éteint, c’est un volcan en pleine activité. Où allons-nous arriver ?

Je ne me souviens pas bien de ce qui s’est passé pendant les

heures suivantes. Il y avait le bruit des explosions, le radeau qui bougeait dans le feu et la fumée, la chaleur étouffante

Quand j’ouvre enfin les yeux, nous sommes tous les trois couchés au bord du cratère d’un volcan qui crache encore du feu.

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— Où sommes-nous ? demande mon oncle.

Nous descendons du volcan et découvrons un petit village. Un enfant apparaît. Mon oncle lui demande où nous sommes mais l’enfant ne comprend pas

l’allemand. Mon oncle essaie alors le français puis l’italien. Finalement, l’enfant nous répond :

— Stromboli, dit-il.

Le Stromboli ! Nous sommes en

Italie. Nous sommes entrés par un volcan et nous sommes sortis par un autre, situé à presque quatre mille huit cents kilomètres du Sneffels !

à presque quatre mille huit cents kilomètres du Sneffels ! Finalement, nous sommes rentrés à Hambourg

Finalement, nous sommes rentrés à Hambourg le 9 septembre au soir. Nous avons écrit un livre sur notre Voyage au centre de la Terre. Les journaux en ont beaucoup parlé et mon oncle est devenu célèbre.

Moi, je suis le plus heureux des hommes : j’ai épousé Graüben.

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