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J

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Dossier

7 /

.

construire avec 1e solei

05175

58

P 5,50

RD

I

es Babayagas

laison modulaire

" paillte etlsois prdé

5 AssainisseiTienr individuel

que choisir ?

'

Maison passive en chantier

montage des murs

\

La .Ma LSon

,

La Maison écologique

35630 Bazouges-sous-Hédé

contact@lamaisonecologique.com

2 , rue du Petit Bourg

www.lamaisonecologique.coni

Abonnements, commandes et comptabilité :

0299370696

Rédaction : 02 99 37 06 97

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Abonnement : voir page 65

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Magazine bimestriel

Numéro 58

août-septembre 2010

Imprimésurpapier 100 %recyclé

blanchi sans chlore.

Directrice de la publication

Aline Ma rt in Rédacteur en chef

Vincent Boulanger Rédactrice en chef adjointe

Julie Barbeillon Secrétaire de rédaction/documentaliste

Anne-Soazig Brochoire

Ont également participé à ce numéro :

Christelle Auzias, Pascal Burnet,

Emmanuel Cuyot, Frédéric Janisset, Xavier Pagés,

Patrick Piro, Sébastien Po t e,

r

Thierry Salomon,Thierry Soufflard, Jean-François Vivant (Jet), Nolwenn Weiler

Mise en pages

Cathie Bertin

Abonnement, comptabilité, attaché commercial

Éric Da Costa, Nadia Guillaume, Julien Viot

La Maison écologique

Éditeur

SCOP SARL à capital variable

35630 Bazouges-sous-Hédé

Commission paritaire : 0310 G 80419

Numéro ISSN : 1634-5460

Dépôt légal à parution

Pré-presse

www.schuller-graphic.com

Impression

ZA Les Vallées

Corlet Roto (Imprim'Vert)

53300 Ambrières-les-Vallées

Conception graphique Le jardin graphique

Régie de publicité et distribution

dans les magasins spécialisés AITerreNat Presse (Tél. 05 63 9415 50)

Photo de couverture

Maison bois bioclimatique dans la Loire. Photo: Xavier Pagés

Aucun texte (ou illustration) ne peut être

reproduit sans l ' autorisation du magazine. Merci.

Avertissement

Malgré tout le soin apporté à l'élaboration ou à la sélection des articles, nous ne pouvons être tenus pour responsables d ' éventuels problèmes résultant de

l ' application de conseils publiés dans le magazine.

Édito

Chantons

sous la pluie?

Pluviogénie. Un bien joli mot pour une pratique digne des meilleurs scénarios

de science-fiction : rien moins que « contrôler le climat » I Comment ? L'argent bien sûr. Mais pas n ' importe lequel, l'iodure d'argent. Bombardés dans le ciel

par roquette, les cristaux de cet élément chimique attirent les gouttelettes d ' eau contenues dans les nuages. De grosses gouttes se forment et finissent ainsi par choir. Une pluie qui mouille, bien réelle, mais tombée complètement artificiellem ent . C ' est ainsi que les ingénieurs de la Beijing Weather Modification

Office ont préféré faire tomber la pluie quelques jours avant l'ouverture des Jeux

Olympiques de Pékin en 2008, s'assurant alors d'une flamme bien sèche le jour J.

Il faut vous préciser que les architectes du National Stadium n'avaient pas prévu

de toit à leur édifice ! On sourira moins d'une autre utilisation possible de la

pluviogénie, militaire cette fois-ci. Sous le nom d ' Opération Popeye, l'armée US

a prolongé artificiellement la saison des moussons pendant la guerre

du Vietnam. Une pluie d'eau bien sûr, pas d'épinards, pour enliser l'ennemi dans la jungle boueuse. Les caprices d'omnipotence de l'Homme ne semblent plus contrôlables : à quand les nuages et leurs précieuses réserves d ' eau pris en otage ? Stoppons vite cet élan de régence climatique en orientant les talents de nos experts vers des pratiques respectueuses des ressources et des cycles naturels de notre jolie planète. Récupérer l'eau de pluie, la stocker pour l'utiliser au moment voulu puis l ' assainir naturellement (voir p. 38). Tourner sa maison vers le

soleil pour se laisser réchauffer par son doux rayonnement en hiver. Utiliser la

végétation, en pergola par exemple, pour au

du bioclimatisme, ces pratiques de bon sens se complètent avec des installations

plus élaborées (mur Trombe, mur double-peau

gracieusement et sans artifice des ressources de Dame Nature, comme vous

l ' explique le dossier de ce numéro.

Bonne lecture 1

contraire s ' en protéger l ' été. B.A.-BA

)

pour profiter pacifiquement,

Julie Barbeillon

- TueôfEéÇ

n ' 58

août-septembre 2010

3

Sommaire

Actualité

Carte Verte

Au nom de la paille

Àla loupe

La maison modules

Vivre avec

La vie en vers

Rencontre à l'horizon

Danemark, vivre écolo sur l'eau

Dossier

>

>p.io

> p.12

. > p. 16

>p. 18

23332

Bioclim atisme, construire avec le soleil

Coup d'oeil

La m aison au nombre d'or

Économies d'eau

>P-34

> P- 38

Assainissement individuel, que choisir ?

Billet d'humeur

Forage en mer : courage, fuyons !

Rénovation

Rénovation côté cour

Ensemble autrement

Les Babayagas, vieillir solidaire

Suivi de chantier

Maison passive en chantier - 3/6

Main à la pâte

Stuc chaux sur pot en terre

Bol d'air

Étape renouvelable

Carnet d'adresses

Formations, annonces et calendrier

Parole de réseaux

Anciens num éros et abonnem ent

t a n a u o n

écologique 11*58 mmhiih ih

> p. 41

>P-42

> P- 46

> P- 48

>p.52

> P- 54

>P-55

>P-56

>

> P- 64

Colle de peau de lapin

Suite à notre dernier dossier sur les

peintures naturelles, un de nos lec-

teurs,peintre professionnel, a souhaité

nous communiquer sa recette de pein-

ture à la colle pour boiserie.

Rom ain Ca n et ,

r

artisan peintre à Pacé {35).

Une technique traditionnelle utilisée dans les ateliers de dorure et de pein-

ture à la colle :

60 g de colle de peau fondue dans

0 ,45 L d'eau = colle forte ou colle de base.

Encoller le support avec cette colle

forte bien chaude (50 °C) et teintée

avec du blanc de Meudon (pour bien

visualiser la surface couverte).

Préparer ensuite les pigments en les mélangeant en phase « sèche »au blanc

de Meudon, sans aller au-delà de 30 %

du volum e du blanc de Meudon .

La peinture elle-même est composée

de la colle de base diluée avec 2/3 d'eau,

à laquelle s'ajoute le mélange pig-

ments/blanc de Meudon .

Le principe est d'aller du plus concen- tré au plus dilué et de travailler avec

une colle de moins en moins chaude

.

couche après couche, de 50 à 30 ° C Une fois la peinture sèche, cirer.

BBC Effinergie et solaire

Nous habitons la pointe du Finistère,

et

souhaitons obtenir le label

BBC

Effinergie pour notre maison ossature

bois. En remplacement du chauffe-eau solaire prévu initialement,notrebureau d ' études thermiques nous conseille de retenir un chauffe-eau thermodyna- mique, qui serait moins cher, plus éco- logique en regard de la consommation

d ' énergie électrique à l'année (en rai-

son du faible ensoleillement du lieu).

Je suis perplexe, qu'en pensez-vous ?

M m e F. G.

Courrier des lecteurs

Réponse de Frédéric Loyau,

Fiabitat Concept (41)

C ' est une question un peu complexe.

Le premier problème, c'est que les

consommations d ' eau chaude sont

calculées par des logiciels développés

d ' après la RT2005. Le calcul se fait en

fonction des mètres carrés et pas des

occupants, et sur des bases peu éco- nomes, ce qui donne de l ' ordre de 50 L

d ' eau par personne et par jour. Il y a

souvent de grosses différences entre un calcul précis en fonction du nombre d ' occupants avec une optimisation des consommations (appareils économi-

seurs d ' eau,usageraisonné del ' ECS) et

le calcul de la RT2005. Le calcul Maison Passive prend par comparaison une

base de 25 L par personne auxquels

s ' ajoute le calcul des pertes. Donc la vue « réglementaire » est un prisme

assez biaisé pour évaluer la pertinence

d ' une solution , même si elle est incon-

tournable pour obtenir le label BBC.

En outre, les calculs prennent en compte des rendements de chauffe-

eau thermodynamique (CoPde 2,5 à 3)

qui sont souvent favorables, ce qui les

rend plus rentables que des chauffe-

eau électrosolaires.

Pour

un

chauffe-eau

solaire

avec

appoint gaz ou bois, la question ne se

pose plus car c ' est le facteur de conver-

sion de la part électrique qui plombe le système. Par ailleurs, un ballon thermodyna- mique peut entraîner des consomma- tions cachées. S'il capte l'air d'une pièce

en contact avec l ' habitat , et donc ses

calories, la production d ' eau chaude peut se traduire par une augmenta-

tion de

la consomm ation de chauf-

fage. Il peut aussi créer des dysfonc-

tionnements. Prenons le cas d'une

m aison très étanche à l ' air ou dispo-

sant d ' une ventilation double flux et

d ' un poêle à bois. Un ballon thermody- namique prélevant ses calories sur l ' air

am biant, dans l ' enveloppe isolée du

bâtiment, peut créer des dépressions

générant des retours de fumée dans

les pièces de vie, ou encore refroidir trop brutalement la pièce qui accueille

le ballon , si le volum e de celle-ci n'est

pas adapté.

Pour conclure, la question de la perti-

nence de l ' électrosolaire par

rapport

au thermodynamique peut se poser,

mais la réponse n ' est pas automati-

quement en faveur du second.

Actualité

De briqU6, maispasdebroque

Les atouts de taterre crue pour réguler l'hu-

midité de l ' air et assurer l ' inertie nécessai-

re à un bon confort thermique dans une maison ne sont plus à prouver. Les adeptes du matériau terre crue se comptent désor-

mais en grand nombre et cela n ' échappe

pas aux fabri cants. L ' entreprise Josse (Plan- coët - 22), spécialisée depuis longtemps

dans la fabrication de carreaux de sol en

terre cuite, met aujourd'hui en place une chaîne de production de briques de terre

crue astucieusement conçues. 100 % argi-

le brute locale,broyée, mélangée, extrudée,

scellée avec un mortier fin de terre et sable,

montée par emboîtement, VArgibrique, de son petit nom,forme même un passage de 2 ,5 cm de diamètre pour les câbles élec-

triques ou gaines de chauffage. Mur chauf-

fant, mur capteur derrière une vitre ou tout simplement cloison phonique à inertie, les

utilisations sont multiples.

Dimensions : 14 cm de haut, 25 cm de long,

10 cm d ' épaisseur pour 6,5 kg par brique.

Prix : 60 eHT/m2 (28 briques au mètre carré).

Les nouveaux

distributeurs

d'écomatériaux

Alternative Écologique, à Yquelon

(Cranville - 50) au 02 33 514195 et sur

www.alternative-ecologique.fr

Maté i aux Naturels de Champagne

r

(Clérey - 10) au 03 25 80 90 33 ou sur

www.mate i aux-naturels-champagne.fr

r

Les Matéri aux verts à Beaucouzé

(Angers - 49) au 0249 710215 ou sur

www.les-m ate i aux-verts.fr

r

L'Ab eille habitat à Châteaubriant {44)

au 06 io 43 28 20 ou sur

labeillehabltat@gmaH.com

www.labeille-habitat.com (en cours)

Naissance

e n

Basse Normandie

Nouvelle venue, Arcene, l'association

régionale pour la construction envi-

ronnementale en

Normandie. Son

objectif: développer la qualité environ-

nementale des constructions neuves et existantes en Basse-Normandie. Son travail : recenser, enrichir et diffuser les

bonnes pratiques, développer et pro- mouvoir les compétences des acteurs

locaux.

Plus d'infos ; www.arcene.fr

PhélIDCpourvousservir

Après plus d'une décennie d'utilisation à

grande échelle des téléphones portables,

d ' installation d'antennes relais, de réseaux

wifi, wimax, 3C et consorts, nos instances

scientifiques se préoccupent enfin du sujet. Le CSTB vient en effet d'inaugurer la plate-

form e de services et d'études Phéline.

Localisée à Saint-Martin-d'Hères (38), elle a pour objectif l ' évaluation et l'optimisation

des propriétés électromagnétiques des

matériaux et des équipements, ainsi que

l'action des champs électroma-

l ' étude de gnétiques

sur l ' Homm

e et son environne-

m ent . Travail à suivre

Les fumées chauffent les chambres

Le fabricant de conduits Poujoulat a mis au point un échangeur de chaleur pour poêle à

bois. Le système Confort + se compose d'un

échangeur inox de 992 mm de long et de

280 mm de diamètre. Un ventilateur de 50 W

permet d ' extraire et envoyer l ' air intérieur vers l ' échangeur, puis les pièces voisines, par des gaines de 125 mm. Une sonde de tempé-

rature située à la sortie de l ' appareil com- m ande la m ise en m arche du m oteur. Le

débit

d'air du ventilateur va de 250

à

350 mVh, de quoi chauffer 2 à 3 pièces. Confort + est composé d'une triple paroi :

25 mm de laine de roche, une lame d ' air et

le conduit d'évacuation des fumées. Il

s ' adapte aux conduits Therminox, Inox-Calva

(en vente dès septembre) et le conduit émaillé de Poujoulat.

Prix pack échangeur : 567,76 à 699,23 eTTC selon le type de conduit, auquel s'ajoute le prix du moteur (200 à 220 e), et celui des gaines.

Prix posé : environ 2000 eTTC.

L a n a iso n

r écologiqueii-ss août-septembre 2010

330

C ' est le nombre d ' immeubles sélection-

nés dans le XIIIe arrondissement de Paris

pour bénéficier d ' une OPATB, opération

programmée d ' amélioration thermique des bâtiments. Les 24 000 logements pri-

vés, de ces bâtiments passoires, auront ainsi droit à une prise en charge finan- cière de loo % pour la réalisation de dia-

gnostics énergétiques. Le dispositif pré- voit également un accompagnement des syndics pour la recherche de solutions

techniques adaptées et des possibilités

de financement des travaux. C'est l'une

des plus grandes OPATB lancées à cejour

en France. Elle devrait servir de référence

pour la suite du Plan climat parisien. Objectif : réhabilitation thermique de

100 000 imm eubles d ' habitation privés.

Plus d'infos: PACT Paris au 0800 006 075

ou 0patb@pact75.org

Formation

des

particuliers

En partenariat avec la région Bretagne, trois

associations. Compagnons bâtisseurs, Empreinte et Approche Eco-habitat, ont mis sur pied des formations de 1 à 5 jours à destination des particuliers. Mêlant théo-

rie, ateliers et visites de chantiers, ces for-

mations visent à former puis accompagner

les candidats à l'écoconstruction et à la

réhabilitation écologique, mais aussi aux économies d'énergie. Un catalogue de 47 stages sera bientôt accessible sur leur site

(voir p. 55). Les premiers débuteront mi-

septembre.

Prix : 80 euros la journée {70 euros pour les

modules introductifs).

Paille : plusmoyende botter en touche !

Le RFCP (Réseau français de la construction

en paille) et Promotelec viennent officielle-

ment de créer une procédure spécifique et provisoire pour la certification BBC-

Effinergie des bâtiments isolés en paille.

Voici quelques-unes des grandes lignes :

contrôle qualité des bottes,validation de la

conformité du bâti par un expert figurant

sur une liste définie par le RFCP, édition d ' une fiche d ' auto-contrôle par la personne ou l ' entreprise qui met en uvre la paille et

La Maison

écologiquen058/août-septembre2010

les enduits ou autres parements sur paille.

Saluons également le projet d'envergure mené par la région Rhône-Alpes, en associa-

tion avec le RFCP, le Cluster écoénergies, la Capeb et la FFB rhônalpines, le bureau de

contrôle Apave, et l ' assureur L ' Auxiliaire.

Cinq projets de maisons individuelles en paille seront sélectionnés d ' ici peu dans la

région pour bénéficier gratuitement de l ' ex -

pertise du RFCP afin d ' obtenir un label de haute performance énergétique. Ces chan-

tiers seront également suivis, toujours à la

charge de la région, par un bureau de

contrôle (Apave). L ' objectif : donner une base

solide d ' inform ations aux assureurs afin

qu ' ils ouvrent leurs prestations d'assurance

décennale aux professionnels désireux de se lancer dans la construction en paille. Un

bel avenir se prépare pour la botte

Tou s les détails sur :

www.compaillons.eu/construction-en-

paille/label-bbc

L ' éolien

contre-attaque

Lassés des noises que l'Administration leur

cherche, les professionnels du petit éolien se rebiffent. Ils ont créé en juillet l ' associa- tion française des Professionnels du petit

éolien (AFPPE) représentant déjà 700 per-

sonnes : fabricants, installateurs, bureaux

d ' études. Lafilière est en effet au point mort alors qu ' « au contraire du grand éolien, tous lesfabricants sont étrangers, le petit

éolien représente une réelle opportunité de créer un tissu industrielfrançais nouveau »,

plaide l ' association. Elle estime à 375 CWh

la production électrique potentielle,l'équi-

valent de la consomm ation de 120 000 à

150 000 foyers. LAFPPE demande la défini-

tion de trois classes de petites éoliennes (1 à 6 kW, 6 à 36 kW et 36 à 250 kW), un tarif

/kWh selon

la puissance), l'instauration d'une simple

déclaration de travaux pour les éoliennes de

moins de 30 m de haut (contre 12 m, actuel-

lement) et d'un permis de construire avec

notice d ' impact pour les autres (entre 30 et

50 m de haut).

d ' achat adapté (de 0,35 à 0,25

Actualité

Communes autonomes

La Bretagne est en bout de réseau électrique.

Qu'à cela ne tienne, elle va produire renou-

velable ! La communauté de communes du

Mené (22) a prévu d'atteindre l'autonomie

énergétique en 2015. Démarré en 2005, son

programme exploite au mieux les ressources locales, agriculture, vent et bois. Sur les sept

communes,trois sont déjà équipées de réseau

de chaleur - et trois autres sont à l'étude - uti-

lisant la plaquette de bois pour alimenter les bâtiments publics et quelques dizaines de

logements. Une unité de méthanisation de

1 ,5 MW traitera dès octobre le lisier des éle-

vages de porcs. Elle produira 12000 MWh, l ' équivalent de la consommation de 3 000

foyers. Un premier parc éolien de 7 MW est

également en développement, sans opposi-

tion locale. Il appartiendra pour un tiers aux habitants du Mené, puisqu'une centaine de

de capital. Pas si mal

foyers a réuni 450 000

pour une communauté de 6309 habitants. Et aucun souci pour financer tout ça, tous les équipements sont rentables. « Le poste de

conseiller énergie serafinancé par 96 kWc de

capteurs photovoltaïques répartissur les bâti- ments municipaux », s ' amuse Laurent Gau -

dicheau , directeur de la com munauté de communes. Car Le Mené s ' attaque également

aux économ ies d ' énergies.

Adieu bet c

bon débarras !

Depuis le 1erjuillet 2010, réfrigérateurs et congélateurs des catégories B et C ne

sont plus commercialisés en Europe. La barre des exigences en consommation

énergétique est désormais rehaussée et

ne restent dans les rayons que les appa-

reils de classes A, A-i- et A++. Il faudra

également s'habituer à un nouveau sys- tème d'étiquetage prévu pour le ierjan- vier 2011. Plus parlant que les A-i-i-++,les appareils seront divisés en trois catégo-

ries : A-40 % (pour une économie d ' éner-

gie de 40 % par rapport au A actuel), A-

60 % et A-80 % pour le plus performant.

Chèques

« verts »

Soumis à conditions de ressources,le chèque

« énergie verte » mis en place par le conseil général 95, permet aux Val-d ' Oisiens de bénéficier d'une aide financière pour l'ac- quisition d ' équipements utilisant les éner- gies renouvelables. De 500 à 1500 selon les matériels installés, qui viennent compléter le crédit d'impôt et l'aide financière de la

région Île-de-France.

Le 28 juin, la région Midi-Pyrénées a égale-

ment décidé d ' accorder un «éco-chèque »de

500 , sous conditions de ressources, aux

propriétaires ou bailleurs engageant la pose

d ' un chauffe-eau solaire ou une isolation

sou s toiture.

Les lampes fluOpassent l'examen

Fin juin, l'Ademe a publié les résultats d'une

étude portant sur les champs électromagné- tiques des lampes fluocompactes. Un labora- toire du CSTB a testé 300 lampes,ico modèles de 5 à 30 W de puissance.Toutes les lampes

sont

conformes aux valeurs limites d ' exposi-

tion réglementaires.Àunedistancede 30 cm,

le champ électrique des lampes de 5 à 23 W

varie de 6,6

à 34,6 V/m

et

entre 55,8 et

63,4 V/m pour les lampes de 30 W, la valeur

réglementaire maximale étant 87 V/m. Le

champ magnétique était quant à lui trop faible pour être mesuré, se confondant avec

le « bruit » ambiant, inférieur à 0,07 A/m. Les

champs étant probablement plus élevés en

deçà de 30 cm, l'Ademe recommande, « à des

fins deprécaution et de confort », de mainte-

nir cette distance pour les expositions prolon-

gées (lampes de chevet, de bureau, etc.).

En savoir plus : www.ademe.fr, www.criirem.org

Retrouvez toutes les

coordonnées p. 55,

dans notre carnet d'adresses.

t a n oison

écologiquen058/août-ieptemb e2

r

De l'air

dans ma douche !

f

K

V -

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Js£\ t l:

: vKv-V-" '

Tr

C ' est le concept de la

nouvelle pomme de

douche Venfun créée

Par l'entreprise Eco-

Techniques. Le système

Venturi, intégré à la dou- chette, mélange l ' eau à l ' air par

injection,

pour

une

pression

constante et un choix de troisjets de

douche différents. L'objectif: une éco-

nomie d ' eau de 50 % à confort égal par rapport à une douchette sans Venturi. Le

débit de 7 L/min - comptez environ 15 L/min

pour les douchettes classiques - est autorégulé par un clapet spécial, insensible aux variations

de pression. Son prix : 74 euros.

Granulés vert s

Pour exploiter les déchets végétaux provenant de l ' entretien des espaces

verts urbains et périurbains (tailles,

tontes, etc.), la société Zeta a mis sur

pied une unité de production de granu-

lés à Mougins (06). Sa production com-

merciale débutera fin 2010. Selon Zeta,

le procédé de fabrication ne néces-

site pas de séchage de la matière pre-

mière, am éliorant son bilan carbone :

11 gC02/kWh contre42 gC02/kWh pour le granulé de bois. Le Zetapellet sera

destiné aux chaufferies collectives et

industrielles. Son pouvoir calorifique,

situé entre 4 000 et 4 500 kWh/t s ' ap-

proche de celui

à

5 000 kWh/t). Prix : 150

TTC la tonne.

du bois (4600

La société commercialisera également dès octobre une gamme de chaudières

de 10 à 250 kW optimisées pour ce com-

bustible, les Zetech Pro.

un nouveau sous le solaire

Une nouvelle société de Midi-Pyrénées,

Heliofrance, fabrique à Muret (31) des capteurs solaires thermiques particu-

lièrement adaptés aux autoconstruc-

teurs. Le fabricant annonce un facteur

optique compris entre 0,81 et 0,85 et un rendement de 60 à 65 %, ce qui en

ferait un matériel très performant.

Autovidangeable,le système comporte un capteur de 2,75 m2, une pompevolu- métrique de 30 W conçue pour éviter les pertes de charge, un ballon de 300 L

pré-chargé prêt à l ' emploi, les équipe-

ments de sécurité et un contrôleur 5

sondes. Capteur et ballon sont garan- tis 5 ans. N'ayant pas encore les certifi- cations Solar Keymark ou CSTBat, il ne permet pas de bénéficier du crédit d ' im - pôt. Lekit complet avec un capteur, suf- fisant pour le Sud de la France, coûte

1824 TTCet 2 292 eTTCavecdeux cap-

teurs (moitié nord). Heliofrance pro- pose également uneformation à l ' ins-

tallation, dont le prix (150

lajournée)

peut être

remboursé sousforme d ' avoir

sur son m atériel.

j t Lesbonsclics

www.air-interieur.org C ' est le site de l ' Observatoire de la qualité de l'air intérieur. Vous y trouverez moult informations intéressantes, mais celles que nous vous invitons à lire en ce moment portent sur l ' épuration de l'air par

les plantes. L'OQAI, pour les intimes, vient de mettre en ligne divers

documents forts intéressants issus d'un atelier technique mené par des experts en mai 2010. Vous aurez ainsi un résumé de l ' état des connaissances actuelles sur le pouvoir épurateur des plantes d'in-

térieur

La Maison

_

écologiquen'58/août-septembreaoio

http://poles-excellence-rurale.datar.gouv.fr

Le site oueb de l'appel à projets PER, pour pôles d'Excellence rurale,

rien que ça ! Un peu pompeux, c ' est vrai, mais quand on parcourt

la liste des projets menés depuis 2006, il y a de quoi se réjouir,

notamment sur le plan des économies d ' énergie, de l'écoconstruc-

tion et des énergies renouvelables. Un financement national pour

le soutien de 375 projets innovants créateurs d'emplois en zone rurale. Une deuxième vague d ' appels à candidature ouvre en sep-

tembre 2010, toujours à destination des projets intercommunaux

réunissant m aîtres d '

ouvrageprivéset publics.Àbonsentendeurs

Le coin lecture

Le dôme,

habiter le rond

Le zome,

|f vivre sous une

belle étoile

Actualité

La rénovation écologique

rénovati on éc

Pierre Lévy

Éditions Terre Vivante, 2010

(www.terrevivante.org ou

0476348080)

256 pages

20 x 26 cm

35 euros

Du pourquoi au comment rénover, le livre aborde son sujet de

manière méthodique. La première partie théorique décrit notam-

m ent l ' état du parc immobilier français. Elle donne des repères permettant d ' évaluer l'ampleur des rénovations à entreprendre

suivant l ' année et la technique de construction de l ' habitation. L ' ouvrage aborde également la réglementation en cours : dia- gnostics préalables, autorisations de travaux,labels. Puis il passe

en revue succinctement m ais dans l ' ordre les principales carac-

téristiques (matériaux, inertie, bioclimatisme, etc.) et équipe-

ments (énergie, eau, etc.) d'un habitat écologique, assainisse- ment mis à part.Vient enfin une partie plus pratique, décrivant les stratégies pour mener à bien une isolation intérieure ou

extérieure, suivant le type de logement. Et pour clore le tout,130

pages sont consacrées à décrire dans le détail 14 opérations de

rénovation

ou réhabilitation . L ' auteur, architecte de son état , a

lui-même à son actif plusieurs chantiers, dont une maison à

Caluire (69) devenue exemplaire. Lui et son collègue Nicolas

Detry ont transformé une passoire thermique des années 50 en

maison « presque passive ». De quoi se dire qu ' il sait de quoi il

cau se .

V . B

.

Montages photovoltaïques à bricoler soi-même

Jean Soum , 2010

Association Les Amis des zomes

Curbilhes - 81630 La Sauzière

84 et 96 pages

20 cm x 20 cm

22,50 et 25,50 euros port compris

(39,50 euros fanco, les deux ouvrages)

Les maisons « rondes », et plus par-

ticulièrem ent les dôm es et les

zomes, inspirent depuis longtemps

Jean Soum, professeur à l'école d'ar-

chitecture de Toulouse. Empêcheur

de tourner en rond, autoconstruc-

teur passionné et passeur de savoir,

l ' enseignant a largement contribué à diffuser en France les concepts

d ' architecture ronde. Dans les deux

ouvrages présentés ici, Jean offre à ses lecteurs les outils pour com- mencer à arrondir les angles : un

peu d ' histoire, un tour du monde

des réalisations ancestrales, de la

philosophie, de la géométrie et tout un tas de témoignages et d ' exemples de constructions. Et pas

besoin d'avoir beaucoup de ronds

pour envisager ce type de maison,

« l ' architecture de cueillette » (terre,

paille, foin, branchage, bois

)

est

au contraire en parfaite harmonie avec cet habitat, proche des formes

naturelles.

J . B.

[ Montages

I photovoltaïques

l

à bficofer soi-même

Jean-Paul Blugeon

Éditions Ulmer, 2010

(www.editions-ulmer.fr ou

0148050303)

168 pages

17 x 22 cm

22 eu ro s

C ' est unevéritableboîte à outils ! Jean-Paul Blugeon livre aux bri-

coleurs en herbe comme aux plus avertis ses recettes solaires.

Il débute par quelques cours bienvenus sur les composants

d ' une installation solaire « maison » : batteries, convertisseurs,

onduleurs et même câblage. L ' ouvrage décrit ensuite pas à pas

des réalisations au fil du soleil ou avec stockage sur batteries,

détaillant le m atériel et les outils nécessaires. Mine d'informa-

tions techniques, ce petit bouquin fortement illustré vous per- mettra de maîtriser l ' énergie du soleil, pour fairefonctionner une

fontaine d'agrément, électrifier une caravane, un cabanon ou

même concevoir une barque électrosolaire. Chaudement recom-

mandé aux curieux.

V . B

.

Maisons bois chanvre et paille

Une fois n'est pas coutume, nous avons décidé de vous présen-

ter un ouvrage plutôt à destination des professionnels. Mais l ' étape marquante qu'il relate mérite bien une petite place ici.

En effet, les 41 pages de ce document nous invitent à entrer

dans une expérience qui s'est déroulée sur la commune de Mon-

tholier (Jura) à une époque où la construction en paille et en chanvre était plus que confidentielle. Deux maisons expérimen-

tales et instrumentéesy ont été construites en 2003 via un pro-

gramme scientifique financé par la FFB,

re de l '

l ' Ademe et le ministè-

Équipement et piloté par le CEBIP (Centre expérimental

de recherches et d'études du Bâtiment et des Travaux publics).

Samuel Courgey, Arcanne

Éditions SEBTP, 2010

(www.sebtp.com ou

0140 69 53 05)

41 pages

26 cm x 18,5 cm

18 euros

J .

B.

écologique n058 août-septembre2

H

I

Apprentissage

du montage d'un

mur porteur

en paille.

Histoire de précurseurs de la construction paille et terre en France.

Depuis sa découverte de la construction paille en 1998,

André de Bouter n'a cessé de

parcourir le monde pour

parfaire ses connaissances.

Jusqu'à devenir l'un des

meilleurs spécialistes

hexagonaux de ce matériau. Depuis 9 ans, son association,

La Maison en paille, organise des stages pendant lesquels

il transmet ce précieux savoir.

La Maison

écologique n"58 icml-Kîptembre2010

A

l'origine était le verbe. En l'oc-

currence un ouvrage écrit par

trois Nord-Am éricains, Athena

Swentzell-Steen, Bill Steen

et

David Bainbridge, auteurs de The

Straw Baie House (la maison en

botte de paille). C'est ce livre qu'André de Bouter

découvre en 1998 et qui va tracer sa vocation.

André dévore l'ouvrage de 300 pages en un week- end, puis assiste à un premier stage de construc- tion paille aux Pays-Bas, dont il est originaire. Et il enchaîne avec un second stage de Pascal Thépaut, professionnel pionnier de la paille en

Bretagne. « Photographe amateur, rapporte

Andréj 'a/' tout desuite voulu témoigner.J'ai donc

commencépar réaliser desprises de vue de ceque

je voyais. Puis en 7999, lors d'un voyagedesix mois

en Inde avec ma compagne Coralie.je me suis découvert une passion pour le travail de la terre, et l ' animation d ' un premier chantier participatif

a été le révélateur. J ' avais trouvé ma voie avec la

construction de cette petite cabane en paille. Je

voulais enfaire mon métier et devenirformateur

de construction en paille. »

Parcours initiatiques

De retour en Europe, il achète avec Coralie un ter-

rain à bâtir en Charente : « Avant de commencer

la construction de notre maison, et pourparfaire

les recherches, nous avonsfait un voyaged'études

d ' un mois à travers l ' Europe en compagnie de

CatherineWanek.Àl'époque, Catherineétait rédac-

triceen chef du magazineThe Last Straw, la réfé- rence mondiale en construction en paille ». Fin 2001, c ' est un nouveau voyage qui les conduit au

Mexique et aux États-Unis. À cette occasion, ils

séjournent chez Bill et Athena Steen, deux des

coauteurs du

livre d ' origine,avec qui ilsétabliront

des relations durables. Ces voyages seront l'occa-

sion de collecter nombre d ' images et d'expé-

travail d ' édition et

riences qui alimenteront le

de communication de l'association (lire enca-

dré). L'année suivante marquele début des stages assurés par André et Coralie. Pendant cinq à six

jours, une dizaine de stagiaires peuvent décou-

v i r les différents modes de construction en paille

r

et les finitions en terre ou chaux. « le style est

champêtre et les stagiaires sont invités à camper

sur le terrain. Les échanges sont riches et les ami- tiésse tissent. »Maiscen'est qu'en mars 2004,que Coralie et André déposent officiellement le nom

paille.

de leur

L ' organisation de stages se poursuit et la péda-

association

La

Maison

en

gogie s ' affine.

«Avant on démarrait lesjournées

avec la théorie, précise André, désormais les sta-

giaires montent un murdepailledès leur arrivée

et ils apprennent en corrigeant leur premier tra- vail. Ainsi, ils ont déjà de l ' expérience pratique

Éditeur spécialisé

La Maison en paille édite depuis sa création

des ouvrages de référence en français sur la

construction paille. Bâtir en paille, 2004, André de Bouter. Le premier livre pratique écrit par André comme support théori que pour les stages.

- Petite bottedepaiVe,2007,Bill Steen,Atbena

Swentzell Steen et Wayne J. Bingham, tra-

duction

d'Odile

Bruder

du

livre Small

Strawbale, pour inciter à construire petit

pour commencer. ÉditéavecGouttedesable.

- Concevoir des bâtiments en bottes de paille,

2009. Traduction et adaptation par Odile

Bruder et André de Bouter du livre de Bruce

King Design of Straw Baie Buildings. 320 pages de synthèse de toutesles techniques, des résultats de tests et d'expériences

menéespartout danslemonde. Éditéenpar-

tenari at avec Eyrolles. Création d'une exposition sur la construc- tion en paille sous la forme de 11 posters :

histori que,techniques,tour du monde, ques-

tionsfréquentes,etc. Peut êtrelouée (écoles, parcsrégionaux,etc.),oulibrement téléchar-

gée depuis le site de l ' association .

avant d ' aborder la théorie. » L ' association orga-

nise six à sept stages par an, avec l ' interven-

tion de form ateurs extérieurs, dont Bill et

Atbena Steen .

Lge de paille

En 2006, l'association organise la première

rencontre nationale sur le thèm e de la

construction paille. Les 120 participants réunis

à cette occasion décident de créer le Réseau

français de la construction en paille (RFCP), qui fédère depuis tous les acteurs de

Travail artistique sur murs en paille enduits réalisé par

Bill et Athena Steen.

Coralie et Ane

de Bouter,

fondateurs de

l ' association,

préparant leur

exposition photo

fra Terre NUé.

l ' Hexagone,des autoconstructeurs aux archi-

tectes, artisans ou form ateurs. Le Réseau a

entamé une professionnalisation de ce mode de construction. Un phénomène auquel La Maison en paille n'échappe pas. Les stages sont désormais gérés par une SARL, créée en 2008 pour desbesoins administratifs,et dont André

est l ' unique salarié. L ' association du m êm e

nom continue pour sa part de diriger l ' acti- vité éditoriale et pédagogique. Désormais, André envisage de faire évoluer son activité

pour devenir formateur de formateurs, mais aussi d ' étendre son versant artistique.

«

Athena

et Bill Steen , qui s'inspirent de

méthodes traditionnelles et contemporaines

de pays comme le Mexique ou le Japon, sont venus animer un stagesur les enduits. Ils nous ont transmis l ' envie de développer davantage

Carte verte

Fra Terre Nité. Les passe-partout [pièce entre le cadre et la photo, N.D.L.R.] sont décorés avec

des terres récoltées sur les lieux des prises de

vue. Depuis, nous laissons toujours plus de place à la créativité dans les stages, et l ' artiste

qui est en nous peut inventer ses peintures à base de terre et s'exprimer pour découvrir ses voies artistiques et ainsi cheminer vers son

bien-être. »

L ' an dernier, l ' opportunité s ' est présentée

d ' ac-

quérir la vieille ferme en face de chez eux. Celle-ci sera transformée en gîte, baptisé VOasis, permettant d'accueillir les stagiaires

(jusqu'à 11 personnes) dans de meilleures

Elle est aussi l ' occasion d ' organi-

ser à compter d ' août des chantiers écoles et

de transformer le hangar de 100 m2en futur

atelier pédagogique, à l ' usage de La Maison

conditions.

lecôtéartistiquedesfinitions.Àpartirdespho- en paille, mais aussi d ' autres structures (asso-

tos prises lors de nos voyages en Algérie, au

Maroc et en Andalousie, nous avons réalisé

avec Coralie une exposition photographique

ciations, artisans

)

en mal d ' espace.

Pascal Bum et

Coordonnées de l'association p. 55

La Maison

écologique n 58

août-septembre 1010

L u

De la paille au bois cordé, construire sa maison par étapes.

Pièce maîtresse

de la maison, la véranda s'étale

le long de la façade sud.

O

En autoconstruction,

le chantieTpeut prendre

du temps. Véronique et

Jean-François ont donc

décidé de concevoir leur

m aison en m odules :

construire puis vivre dans le premier pendant que

les autres avancent .

' habitation deJean-François,Véronique

L et leur fille n ' est pas terminée,pourtant ils y logent aussi confortablement que dans une maison finie. Plutôt que de s ' attaquer à un chantier de plusieurs années,ils ont préféré construire rapide-

ment un module habitable en botte de paille et y

ajouter progressivement d ' autres éléments en bois

cordé. Leur maison se situe en contrebas du village

de Boussoulet dans le massif du Meygal (Haute-

Loire), à deux pas de la source de la Loire. Nous

nous trouvons à 1200 m ètres d ' altitude, entourés

de « sucs », véritables pitons de pierres concas- sées,témoins de la présence de volcans endormis.

Comm ent avez-vou s eu l'idée

de construire étape par étape ?

Jean-François Marcon : La construction de notre

maison a démarré en juin 2006. L ' idée d'autocons- truire m'est venue peu à peu. J'avais pris part à

plusieurs chantiers participatifs menés par Alain Richard, fondateur de la société Spirale et spécia-

liste du bois cordé. J'ai ensuite suivi une form ation

d ' un an de conseiller habitat sain'1'. Puis j ' ai

construit en suivant les conseils d ' Alain Richard, qui

préconise de commencer modeste et de prévoir, dès

la conception, l'agrandissement de la maison. Effectivement, je pense que pour un autocons-

tructeur, il faut savoir dimensionner le travail à

son niveau. Et financièrement construire petit est rassurant. Au final, la partie centrale, qui fait 6 m

par io m avec un étage, a été construite en 1 an et

demi. Depuis nous avons construit un module qui

couvre le rez-de-chaussée de la façade nord et une

partie de la façade est. Cet élément sert de zone tampon. Et pour compléter la panoplie bioclima-

tique nous avons installé une grande véranda au

sud. Cette construction en modules vient aussi de

notre désir d ' avoir des dépendances,car nous pra-

tiquons beaucoup de sport et nous avons besoin

de stocker nos vélos et nos skis.

À quoi faut-il penser

avant de se lancer ?

J . - F . : Dans un premier temps, nous avons inscrit

l ' intégralité de la future construction sur le plan pour la demande du permis de construire, puisque

l ' occupation du sol doit être validée. Toutes les

fouilles étaient tracées afin d'obtenir le permis.

Sinon il aurait fallu dem ander des autorisations

supplémentaires à chaque étape. Ensuite nous

avons fait l ' ensemble des fondations et le drai-

nage avant d ' attaquer la première construction,le

m odule central. Il est constitué d ' une ossature en

bois avec un remplissage en botte de paille. Il com- prend les pièces à vivre ; séjour/cuisine, sanitaires,

salle de bains et chambre/dortoir. Nous avons

prévu des ouvertures qui communiquent

avec les nouveaux modules.Ces portes ont été

conçues

qu ' elles

comme donnant sur l ' extérieur bien

soient désorm ais à l ' intérieur. De

même nous avons été obligés de poser un

bardage sur l'ensemble de la partie centrale pour la protéger en attendant que les autres

soient construites. Pour l ' électricité, chaque

façade est dotée d'un boîtier électrique qui

permet de tirer les nouvelles lignes. Nous

aurions pu prévoir une distribution d ' eau ,

mais l ' affectation des futurs modules ne le

nécessitait pas. S ' agissant de zones tampons

le chauffage n'est pas nécessaire.

Comment a évolué la maison

depuis votre installation ?

J . - F . : Nous nous sommes installés dans la par-

tie centrale le 1er décembre 2007. Ensuite le

chantier a continué tout autour. Nou s avon s

construit le module des façades nord et est au printemps 2009. Pour cette partie en bois

cordé,je me suis régalé,je l ' ai fait sans pres-

sion en prenant mon temps, contrairement

àla première partie. La véranda a été montée

Couverture en

bardeaux de

mélèze et mur en bois cordé, des

matériaux

chaleureux pour le plaisir de tous

Une grande pièce

de vie, ouverte

sur la véranda,

compose le

rez-de-chaussée de la maison.

dans la foulée avec des matériaux de récupé-

ration . Nous avons trouvé des fenêtres de

même gabarit, que nous avons retaillées à

la scie circulaire, afin de ne garder que les châssis. La charpente a été adaptée aux vitres. Au final, seule la porte-fenêtre a été achetée. Aujourd ' hui I) reste donc à construire le dernier module, toujours en

bois cordé, à l'ouest . Ce sera sûrem ent un

lieu de stockage du bois et un atelier pour

entretenir les vélos et les skis. En tout cas,

nous attaquons les travaux cet été.

Pourquoi ce choix du bois cordé ?

J . - F . : Le bois cordé et la toiture en mélèze,

résultent de la volonté d ' une intégration pay-

sagère, en mimant les tons

de l ' habitat local

où dominent lauze et pierre. Et celafonctionne

bien , au bout d'un an les bardeaux de mélèze

ont bien grisé et ils font illusion en rappelant

les toitures en lauze. Le rendu extérieur s'ap-

proche de l ' esthétique traditionnelle de la

région. J ' ai découvert le bois cordé lors des

stages avec Alain Richard. Cette technique de

construction rejoint celle de la maçonnerie. Et

comme les bûches sont légères, elle permet

l ' investissement de chacun, de 10 à 90 ans.

J ' ai bâti avec des jeunes de 11 ans. Une fois le

mortier lissé, le mur est fini : c ' est magique I

Et le coût de revient est faible. En revanche, la

mise en uvre est longue et il faut anticiper la coupe du bois, car il doit être très sec. Le nôtre avait 5 ans de séchage. Les grumes écor-

écologiquen°58 août-septembreioic

13

cées ont d ' abord séché 2 ans. Puis nous avons

loué une scie mobile avec fendeur intégré,par

l ' intermédiaire d'Accent'2'pour les débiter en

bûches de 33 cm. Il nous a fallu 2 jours pour

fendre 100 m?de bois à 4-5 personnes. Et elles

ont séché 4 ans comme ça.J ' en ai utilisé pour

ma part 70 m ,le reste allant à d ' autres adhé-

rents de l ' association .

Quelles sont les précautions à

prendre à la mise en

uvre ?

J . - F . : J'ai fait réaliser une structure porteuse

poteau poutre (20 x 20 cm) par un charpen-

tier. Sans structure porteuse, la technique est

plus délicate, mais certains spécialistes réa-

lisent des bâtim ents à R+i en bois cordé uni-

Puis, j ' ai rempli l ' ossature avec les

quement.

bûches de 33 cm alignées aux montants ce qui

donne un aspect colombage vu de l'extérieur.

À l'intérieur, l'espace laissé par les poteaux

est comblé avec des bûches de 13 cm. Il faut

qu ' elles soient très propres, sinon il faut reti- rer les restes d ' écorce et vérifier qu'elles n'abri-

tent pas d'insecte xylophage. Le mortier est un mélange de chaux, de sable et de sciure de bois, pour améliorer la résistance thermique.

Celle-ci est d'environ 2,5 pour nos murs, ce

qui est insuffisant. Il faudrait doubler avec

un isolant. Il faut aussi éviter de travailler par

température extrême (inférieure à 5 °C ou

m

14 écologique n°58 août-septembre2010

supérieure à 25 ° C) pour que la chaux ne fis-

sure pas dans le temps. Enfin, il est indispen-

sable de savoir « jeter » le mortier entre les bûches : ne paslisser lesjoints si le mortier est trop frais (salissant) ou s'il est trop sec (impos- sible à lisser). Bref, le mieux est de participer

à un chantier

Quelles ont été les principales

difficultés de la construction ?

J . - F . : Par manque d'expérience nous avons commis des erreurs de conception lors de

l ' ajout des nouvelles parties. Comme je ne

pouvais pas laisser le panneau pare-pluie et

contreventant (PXD) à nu en attendant les

m odules suivants, nou s avons installé le

bardage sur l'ensembledelafaçadeprincipale

et construit la nouvelle partie en appui.

Problème,la lame d'air derrière le bardage se

retrouve à l ' intérieur de ces pièces, ce qui

donne des tirages d'air glacé. Il aurait fallu

poser l ' ossature complémentaire directement

sur le PXD. Du coup, nous allons devoir découper une bande de bardage de io cm sur la hauteur des jonctions pour y placer de l ' isolant. En fait, il faut prévoir l'ensemble final plus précisément dèsla conception.C'est-

à-dire faire des réservations , des prédécoupes,

visser plutôt que clouer certaines parties de

bardage pour pouvoir les retirer facilement.

La bonne solution aurait été de construire l ' ensemble de l ' ossature afin d ' avoir une vision

globale de la « carcasse ».

La région est très froide,

vou s arrivez à avoir une bonne

température intérieure ?

J . - F . : Pendant les nuits d'hiver, la tempéra-

ture extérieure peut descendrejusqu'à -15 "C.

Nous chauffons principalement avec une cui-

sinière à bois complétée par un poêle à gra-

nulé. La cuisinière ne fonctionne pas la nuit et le poêle permet, grâce à sa programma-

tion, de chauffer dès 6 heures du matin. Nous

ne sommes pas très exigeants puisque nous

vivons avec une température intérieure de

18 ° C en hiver. Mais, grâce à la véranda, nous

arrivons à avoir cette mêm e ambiance sans

chauffage lesjours de soleil et avec unetem-

pérature de -5 ° C à l'extérieur,

Texte Xavier Pagès et Vincent Boulanger

photos Xavier Pagès

Coordonnées des artisans p. 55

1 Formation sur un an dispensée par la société Santé

et énergie de l ' habitat (56).

2 L ' association Accent, dont Jean-François est cofon-

dateur, organise des formations d'écoconstruction (lire

La Maison écologique n° 51).

2ez be cMu&S.èe

gd8

OTV

TS:Toilettes sèches

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ii 4«Rl>>iMM

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Kl

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À la loupe

La maison modules en quelques chiffres

Surface du terrain : 3 900 nv Surface habitable 175 m-

Module principal : 95 m-

Module 1 ; 30 m'

Véranda : 20 nv

Futur module 2:30 m'

Durée du chantier :

18 mois pour le module principal

Matériaux

Sol : Fondations en béton armé, hérisson ventilé de 60 cm

de pouzzolane, dalle béton chaux/paille, chape maigre, car- relage en terre cuite. Murs module principal, de l'extérieur vers l'intérieur :

bardage mélèze, pare-pluie fibre de bois rigide PXD (9 mm), ossature bois avec remplissage en botte de paille (45 cm),

enduit chaux/chanvre sur botte de paille, Fermaceil,

finition enduit chaux [il y a eu quelques essais-erreurs sur

les finitions , N.D.L.R.]. Isolation du toit : 16 cm de fibre de bois + 10 cm de laine de

mouton (rouleau).

Murs modules supplémentaires : ossature poteau poutre,

bois cordé de 33 cm d'épaisseur en pin et sapin.

Couverture : bardeaux en mélèze.

Menuiseries : mélèze double vitrage 4/12/4 basse émissivité (Uw 0,8), sauf véranda, double vitrage ancien de récupération.

Énergie

Cuisinière bois Vescovi, puissance 7 kW, rendement 74 %.

Poêle à granulé Palazzetti, modèle Ecofire Caja,

puissance 2,6 kW/10,5 kW, rendement 90 %.

Chauffe-eau électrique 30 litres.

Eau

Récupération eau de pluie (à venir : il faut attendre 2 ans que les tanins des bardeaux soient lessivés par la pluie).

Toilettes sèches.

Consommation (3 personnes) Chauffage : moyenne de 4,5 stères de bois et 283 kg de granulé par an, soit une consommation de 66 kWh/nV.an.

Électricité : 1300 kWh par an.

Cuisson gazinière d'été butane, 1 bouteille par an.

Coût du projet (sans terrain)

À cejour, premier module en paille, un module en bois

cordé, véranda, achat du petit chalet qui a servi d ' habitation

au début et garage ; 80 000 euros.

Dont :

Bois cordé : 150 euros (100 m*) + 100 euros (livraison)

+ sable + chaux (prix n. c). Bardeaux de mélèze : planches ép. 18 mm en 3 largeurs (125 mm, 150 mm, 175 mm) et 3 longueurs différentes (75 cm,

90 cm, 105 cm) : 9,95

HT/m' scié. Prévoir 2,5 à 3 fois le mètre

carré de toiture à couvrir car les bardeaux se chevauchent

en 3 couches, soit 25

HT/mJ de toiture. Total (avec profil U

mélèze et pointes) : environ 30

HT/m2 non livré, non posé.

Estimation finale : 105 000 euros, sans compter les nom-

breuses heures d'autoconstruction .

Parties non autoconstruites : terrassement, fouilles, assai-

nissement, ossature centrale et des dépendances, menuise-

ries, pose du carrelage.

La Maison

écologiquen-ss

15

Catherine s ' émerveille

de la vie de ses

nouveaux anim aux

de compagnie,

les lombrics.

1 Le lombricompostage : solution idéale en appartement.

-

Habituée aux m aisons

avec jardin et compost,

Catherine vit depuis un an

en appartement, dans un quartier du sud de Rennes. Adepte du tri des déchets, elle a opté pour le lombricompostage.

Et elle est ravie.

e vivais en maison depuis 25 ans. Et je fai-

sais du compost. En arrivant dans mon

J

appartement, l ' année dernière,j ' ai tout de suite mis en place le tri des déchets. Il me semblait simplement aberrant

d ' envoyer mes déchets verts à l ' inciné-

rateur. J ' ai donc réfléchi à plusieurs solutions :

compostage collectif, apport de mes déchets

verts à la déchetterie, etc. Mais aucune ne m e

découvert le lombricom -

satisfaisait. Et puis,j ' ai

postage. Je me suis dit : c ' est génial, voilà ce qu ' il

m e faut . Mes enfants m ' ont offert un lombri-

composteur (acheté dans une jardinerie) pour mon anniversaire et je suis allée chercher mes petits Eisenia fetida chez Michel Charpentier, qui en élève dans les Côtes-d ' Arm or. De retour chez moi, j'ai vidé ma petite boîte de 300 g de vers dans le lombricomposteur où

j ' avais posé du papier journal. J ' ai ajouté quelques lamelles de papier humidifiées, et je leur ai donné des épluchures de poireaux mou- linées. Les Eisenia ont une toute petite bouche et en moulinant les épluchures, avec un robot

de cuisine, je leur « prémâche » le boulot' La

décomposition se fait plus vite.

Les Eisenia aim ent l'ombre et l'humidité. Il leur

faut une température ambiante située entre 14

et 24 ° C . Je les ai donc installés dans la cuisine

[nous les avons déplacés pour la photo, N.D.L.R.],

où ils ne prennent pas plus de place qu ' une pou- belle (30 x 30 cm, pour 60/70 cm de hauteur).

Avant qu'ils n'arrivent, j'ai posé de la gaze sur

touslestrous pour qu'ils ne puissent pas s'échap- per. Cela arrive, surtout au début,le temps qu ' ils

s ' adaptent à leur nouveau milieu.

La m ise en route

Cette « grande évasion » des vers a été un indi-

cateur important pour moi, au début. Quand

j ' en trouvais beaucoup et souvent, collés sur le couvercle ou sur la gaze,je me disais que quelque chose n ' allait pas. Qu ' il fallait ajouter du papier,

ou des légumes, ou humidifier le tout. Là,je dois avouer que ma formation de vétérinaire m ' a

aidée. Même si la vie des vers est plutôt très som-

maire, j ' ai immédiatement eu le réflexe de les

observer et de m ' adapter à leur comportement. Disons que cela a accéléré mes déductions. Mais

je me suis surtout rendu compte qu'ils se gèrent

seuls. Mon rôle, c ' est simplement de leur propo-

ser de quoi se réguler. Ils ont besoin de cellulose (apportée par le papier) et d'épluchures de

16 écologiquen058 août-septembre1010

légumes. Et ils vont del'un à l'autre, selon un

rythme queje n ' ai pas encore saisi ! Le papier

(léger ou cartonné, selon ce dont on dispose)

est vraiment important. Il faut toujours qu ' il

y en ait en quantité suffisante. J ' en ajoute toutes les semaines, dés que je vois qu'ils

cherchent à partir, et je l ' humidifie avec de

l ' eau enrichie au bicarbonate (une cuillère à

café de poudre dans un vaporisateur rempli

d ' eau). Cela permet de rééquilibrer le pH, les épluchures de légumes étant très acides.

D ' ailleurs, il est déconseillé de donner des

f/sema.J ' ajoute aussi,unefois

agrumes aux

par mois, un peu de sable fin pour aqua- ri um. Celales aide à nettoyer leur tube diges- tif. Pas question, évidemment de leur donner pour pitance de la viande, du poisson, des matières grasses : ils sont végétariens I Ils

n ' aiment pas le pain non plus. L ' autre tâche quasi quotidienne à effectuer, c ' est la vidange du bac de récupération d ' eau , situé au fond du lombricomposteur. Il y a un petit

robinet réservé à cet effet . C ' est très rapide

àfaire.Je n'ose pas arroser mes plantes avec cette eau un peu trouble mais qui n ' ém et

aucune odeur désagréable. Je sais que cer-

taines personnes le font.

Rodage et difficultés

Le lombricompostage, cela va lentement et vite àlafois. Chez moi, cela fonctionne depuis

le mois d'octobre et j'ai déjà vidé un bac.

Maintenant, nous sommes en mai et je pour-

rais déjà en vider un autre. Je vis seule et mon composteur compte trois étages (une

famille de plusieurs personnes en a évidem-

Silencieux,

inodores,

les colocataires

de Catherine

réclament un

m in im u m

d ' attention

fbue

CAu/Me.kh

t iom

C+ PAPIERS-CÂRTo

S)

Ë - TAôE. 2.

cûMPo&r pçJir

Â

u' GMPiD\.

Vivre avec

un lombricomposteur

ment plus), et je vide l ' étage inférieur quand je vois qu'ils n'y vont plus. Pour le moment, je donne le compost à ma mère, qui adore

l ' utiliser. Il sent bon la terre humide et il est

très riche. Trop même, pour le donner pur

aux plantes vertes. Il faut le mélanger avec

de la terre. Pour récupérer le compost,le plus

simple est de le mettre à la lumière : du coup, les vers, qui aiment l'ombre, s'en vont.

La seule difficulté que j'ai, ce sont les mou-

cherons. J ' ai fait l ' erreur cet hiver de stocker

un moment mes épluchures de légumes à

l ' air libre, dans l ' arrière-cuisine et les mou-

cherons en ont profité pour s ' installer.

Maintenant, il y

nuage qui

a

un

petit

s ' échappe à chaque fois que j'ouvre mon lombricomposteur. Ce n'est pas agréable. Je

l ' ai mis un moment sur mon balcon, en arrê-

tant de mettre des épluchures, puisque c'est

là que se logent les moucherons, mais ils

ne sont pas partis pour autant. Je pense

que je vais essayer d ' enlever l ' étage du dessus, dans lequel je pose des épluchures,

pour voir s ' ils partent pour de bon. Sinon,je

n ' aurais plus qu ' à tout

vider et recommencer.

Mais à part ce petit souci,je trouve cela sim- plissime et je regrette qu ' il n'y en ait pas

dans tous les appartements. Je ne remplis

poubelle de 30 litres par mois, c ' est

qu ' une

tout. Je produis donc peu de déchets.Je suis

hypercontente.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

Coordonnées p. 55

" Cette opération de « prémâchage .>n'est pas indispen-

sable au fonctionnement du lombricomposteur, N.D.L.R.

écologique n058 août-septembrej

1

7

llllll

I ,

i l

vivre écolo sur l ' ea

Maisons sur l'eau :

les modèles

Breezy (au fond)

et Mississippi,

(premier plan) du

bureau d'études

Waterliving.

La petite entrepri se

danoise Waterliving

invente des

bateaux-m aisons, fruits

d ' une réflexion complète qui allie la performance écologique, un style de vie o i ginal, et même une

r

vision de futurs écobam eaux flottants.

18 écologique T)'58 août-septembre2010

Copenhague, du bateau-maison à l'écoquartier flottant.

l'hôtel CPHLivingl'\ c'est lelustre

pendulaire qui renseigne surl ' as-

siette. Il ne s ' agit pas du menu du jour, mais de l'horizontale : l'hô-

tel flotte, amarré à quelques

encablures du pont Langebro, quartier Amager, sur l ' un des très nombreux canaux qui strient Copenhague. La longue

grappe de vingt lampes oscille flegmatique- ment, pendant une poignée de secondes: une péniche vient de croiser. « Vous avez remarqué ? Or ne sent presque rien », commente Henrik Smith, prop i étaire du CPH Living. C'est mieux

A

r

pour les clients.Sur deux niveaux,les 12chambres

promettent une paix royale, et une vue aqua-

tique imprenable. CPH Living, qui a ouvert mi-

2008, est le plus important édifice collectif flot- tant dessiné par le petit bureau d'études Waterliving, dont la marque de fabrique est le

montage de projets exclusivement

sur l ' eau .

Habitat léger pour renvironnement

« Ily a mille bonnes raisons pour s ' intéresser à l ' habitatflottant, avance Niels Holck, pétulant

patron et fondateur de Waterliving en 2001.

D ' abord parce que nous aimons l ' eau et la séré-

nité qu ' elle induit

»

L ' entreprise défend des arguments urbanis- tiques et écologiques. Copenhague, densément peuplée, est en crise d ' espace : ses canaux, peu occupés offrent des « terrains à bâtir », avec une emprise en surface limitée au bâtiment -

ni jardin,ni cour à prévoir. Pas besoin non plus

de fondations, ce qui limite l'impact de la

ce type d ' habitat original per-

met le recyclage de pièces de bateaux. De plus, Waterliving s'efforce de construire le plus éco-

construction. Et

logique possible : «c'est notrecahier des charges

de base », explique Niels Holck.

L ' hôtel est assis sur une vieille barge de récu- pération, lestée de 120 tonnes de ciment -l ' a s-

surance antinausée à l ' heure du passage des

péniches. De même, les murs ont été conçus à

m asse réduite, facilitant l ' amortissement rapide

des oscillations : leur structure est en acier gal-

vanisé, poutrelles et panneaux minces, garan-

tie 100 ans contre les atteintes de l'eau et du sel.

Un compromis entre la durée de vie et la ren- tabilité, et le métal est facilement recyclable. Les

joints peuvent aller jusqu'à sept degrés de

déformation sans dommage.

i

; isai IN»

Wfl J 99

- . 1

lall de réception

e l ' hôtel flottant

CPH t/v/ng, mis a quai dans la

capitale danoise

en 2008 .

Dans les parois, 25 centimètres de panneaux

de laine de roche m arine assurent l'isola-

tion thermique - respectivement 30 et 35 cm

pour les plafonds et les planchers. Le bois de

l ' habillage extérieur est labellisé FSC, « un;-

quement du mélèze local, capable de tenir indéfiniment sans aucun traitement chi- mique, banni dans nos constructions », assure

Niels Holck. Une gaine souple raccorde l'hô-

tel aux réseaux terrestres d'approvisionne- ment en eau potable, en électricité, et d ' éva-

cuation

des

eaux

usées.

Ces

cordons

ombilicaux peuvent se déconnecter s ' il y a nécessité de déplacer le bâtiment.

Chauffer par l'eau

La masse de la barge trouve une deuxième

utilité :un réservoir de calories pour la pompe à chaleur qui chauffe lebâtiment. Les concep-

teurs convoitaient l'eau du canal comm e

source « chaude ». Mais à proximité du port, elle contient souvent des déchets qui pour- raient encrasser le réseau et réduire ses per-

formances : c'est donc à l'intérieur du lest

de ciment que court le circuit collecteur.

Assez bon conducteur de chaleur, il conserve,

à un demi-degré près, une température

proche de celle de l ' eau . Cette dernière, en

constante circulation dans le canal,ne risque pas le refroidissement progressif par la

pompe à chaleur (ce qui peut arriver dans la

terre avec des capteurs horizontaux). La cha- leur est ensuite distribuée par les planchers. L ' hôtel est également doté d'une ventilation

double flux.

Cet habitat haute efficacité thermique ne nuit en rien à l ' originalité architecturale :

bardages, vaste toiture-terrasse, fenêtres

hublots. Touche d'originalité pour le petit- déjeuner : il est servi par Viva, restaurant

flottant voisin de quai et répertorié par le Michelin. « Pour sa cu/s/ne- poissons, fruits de mer, plats végétariens - mais aussi pour

l ' ambiance

maritim e

»,

assure

Buster

Schmidt, le patron du Viva. Car l'établisse-

ment, ouvert en 2004, n ' est autre que le pre-

mier-né des tables à dessiner deWaterliving.

Pas aussi abouti que CPH Living dans le concept - on chauffe les planchers au fioul,

L'hôtel CPH

living dispose

' une capacité

d

d

12 chambres.

' accueil de

Rencontre à l'horizon

Chambre de

l'hôtel, avec vue

sur le canal,

ur de

au c

Copenhague.

par exemple -, ! ' « ancêtre » se porte cepen-

dant très bien. La clientèle se bouscule et

Buster Schmidt

confesse un enthousiasm e

intact, « même s'il y a chaque semaine un

peu de boulot àfairepour conserver le restau- rant pimpant: toujours un coup de peinture, des points de rouille à traquer, etc. C'est le pont supérieur qui prend leplus, avec la pluie, le vent, les embruns salés. Maisj 'aime ça,j 'ai

passé beaucoup de temps sur les bateaux, et

j ' apprécie ce mode de vie original. » Tous les dix ans, il faut prévoir pour ces bâti- ments flottants un passage en cale sèche et

une inspection générale de la coque.

écologiquen'SS août-septembre1

Entre gens d'eau

Et pour compléter le club du quai Langebro, Waterliving vient d'installer son atelier il y a

quelques mois à une dizaine de mètres - un

bureau flottant, noblesse oblige. La camara- derie entre gens d'eau y est pour quelque chose : les pionniers de ce type d ' habitat se

serrent les

coudes, car l ' administration muni-

cipale leur met des bâtons dans les roues.

La capitale danoise, portuaire et pourvue de dizaines de kilomètres de quais, a pourtant

clairement signifié son intérêt pour les

« En

promis 1000! C ' est la date de création de

notreentreprise, lesperspectives étaient belles , mais les actes n ' ont pas suivi », commente

le maire en a

bateaux-m aisons

200; ,

Le bardage est

en mélèze local,

ce t ifié FSC,

r

et mis en oeuvre

sans traitement .

La Maison

écologique n'SS août-septembrejoio

Niels Holck un peu désabusé , dont la flotte copenhaguoise stable se résume en tout et pour tout à quatre bateaux-maisons ! Une

petite dizaine d ' entreprises s ' étaient avan-

cées sur ce marché prometteur, mais elles ont fermé depuis : elles ont laissé leurs clients se débrouiller avec le permis d ' installation -

deux ans et dem i de tracasseries ! La ville

compte ainsi quelque 70 autres bateaux- maisons, mais dépourvus d ' autorisation pérenne, et 2400 demandes de permis de

résidence en souffrance. La raison : un règle-

m ent inexistant , mais aussi des conflits d'in-

térêts réguliers avec les riverains, qui reven-

diquent par exemple la vue sur l'eau - situation classique partout en Europe.

Accostage difficile

Waterliving a tenté de prendre le contre-

pied en contribuant à établir des normes

pour ce type d ' habitat , tout en bataillant

pour fournir, avec le bâtiment, un permis de

résidence de 30 ans. À Copenhague ,

Waterliving n'a placé que des structurescom- merciales, les permis sont beaucoup plus

courts. Ainsi, Viva a obtenu 6 années de rési-

dence, comme CPH Living, qui va bientôt devoir changer de quai. « Mais c'est moins

gênant que pour une habitation », estime

Niels Holck, car cette mobilité peut repré-

senter un atout commercial plus

qu ' u n

inconvénient, d'autant que la réservation par Internet s ' est généralisée.Ainsi Viva envi- sage de rallier les quais de Nyhavn, une zone

très touristique du port de la capitale.

Devant les embûches copenhaguoises , l'en-

treprise est allée chercher bonne fortune

ailleurs. Au total, elle a signé une trentaine d ' édifices flottants, des maisons principale-

m ent , dans d ' autres villes danoises, en

Angleterre, au Portugal, en Allemagne et

même aux Pays-Bas, pays des canaux , u n

coup dont on n ' est pas peu fier àWaterliving :

« un peu commesi vous parveniezà vendredu

sable au Sahara ! » Prix moyen des modèles

au catalogue : 250 000

pour 100 m2 , tout

compris. Il est possible de leur adjoindre des

panneaux photovoltaïques, une mini- éolienne et un biodigesteur à déchets pour

leur conférer une forte autonomie.

Écoquartiersflottants

Au-delà de l'habitat individuel, les têtes pen-

santes de Waterliving conçoivent aujour-

concept élaboré : des écohameaux

d ' hui un

de front d'eau, totalement autosuffisants.

Les bateaux-maisons n'y sont que des pièces

d ' un mécano à géométrie et extension

variables. Par des pontons, elles peuvent être

reliées entre elles ainsi qu ' à une série de

une souplesse

impossible sur terre, pour former une petite

cité flottante collectivisant résolument les

services ; au centre, un îlot regroupe la pro- duction électrique (panneaux photovol-

taïques et petite éolienne),letraitement des

eaux grises (épuration à base de végétaux),

modules s ' articulant, avec

une borne Internet, un local à vélos, un quai

à barques électriques qui s'y rechargent, etc.

D ' autres modules

testés, comm e un

bateau-maison commu-

ont été progressivement

1

t

rT TT T

1

nautaire, une salle collective en form e de

Niels Holck

dôme ou encore des brise-lames.

fondateur et

« L ' élaboration de petites structures est un

principefondamental pour l ' engagement col-

lectif et le ciment social, commeje l'ai expé-

rimentépendant des années dans des écovil-

lages de plusieurs pays du Sud, expose Niels

Holck, qui aime à rappeler son parcours dans

les ONG de solidari té internationale. Sur/'eau,

on retrouve cette constante: son urbanisa-

tion est antinomique de grandes structures, qui empêchent non seulement la symbiose avecle milieu mais résistent également moins bien à la houle. » En écho à ce passé militant, Waterliving a dessiné il y a peu un projet

d ' habitat flottant traditionnel pour réins- taller la population dans les marais irakiens de Bassorah, peu à peu remis en eau depuis

la fin de la guerre. À base de vieux conte-

neurs recyclés, pour tenir le défi d ' un coût

Dessin d'artiste

du projet de

. < communauté

Insulaire »

d ' Aalborg,au nord

du Danemark .

dirigeant du

bureau d études

Waterliving.

inférieur à ioooo

pour chaque unité

(80 m2). Les Nations unies ont manifesté de

l ' intérêt, mais les contacts sont

au point mort .

Waterliving a dessiné à ce jour plus de 50 projets collectifs, souvent pour des mari-

nas. Seulem ent deux ham eaux flottants ont

pris corps, au Danemark : huit bateaux-mai-

sons installés à Nyk0bing Seeland'2', et dix

autres à Saksk0bing(3'. De trop petites unités

actuellement

encore pour accueillir des structures com- munautaires : « Toujours ceproblème de per-

mis d ' installation permanente

i

», déplore

Rencontre à l'horizon

r

n

!

Niels Holck. Une vision en avance de quelques

semble-t-il, et que l ' argument de la

années,

montée du niveau des mers, imperceptible

mais inexorable, ne parvient pas encore à

faire triompher.

Texte Patrick Piro

Photos Waterliving, sauf mention contraire

Contacts p. 55

1 Que l ' on peut traduire par « Vivre à Copenhague » (CPH est l'abréviation courante pour désigner la capitale

danoise)

2

Au

nord-est

de

l ' île

de

Seeland ,

est

située

Copenhague.

3 Au nord de l ' île méridionale de Lolland.

écologique

n - 58

%epto

2

1

Bioclim atisme, un mot bien

académique pour nommer une notion on ne peut plus

pra t/co-p a t/que: construire

r

avec le climat. Faire de son logis

un instrument capable d ' utiliser

les douces mélodies du soleil,

mais aussi de nous protéger

de ses assauts acérés, telle

pourrait être une définition un peu plus lyrique. Le but ?

Vivre confortablement,

sans se ruiner, ni ruiner

l ' environnement, dans un petit

nid qui tire parti gratuitement

des faveurs de dam e Nature.

Bioclimatisme, construire avec le soleil

U

Les architectes doivent

s ' emparer avec volupté et

enthousiasme de ces nou-

velles données climatiques

plutôt que les subir comme des

contraintes techniques supplémen-

taires. Il ne s'agit pas seulement de

les accepter, mais plus profondément

défaire que les éléments physiques

du climat - pression, dépression, tem-

pérature, humidité relative - devien-

nent

la matière même de l ' architec-

ture, les nouveaux outils du design

architectural. »Ces p o pos, fort à pro-

r

pos, nous les devons à l ' architecte Philippe Rahm'''. Et l'objet de ce dos- sier est de vous présenter plusieurs de ces outils afin que vous puissiez com-

poser votre propre projet bioclima- tique. Une conception source de

confort, m ais aussi d ' économ ies de

chauffage,de climatisation et d ' éclai- rage pour, dans ta plupart des cas,

quasiment aucun surcoût.

La course au soleil

Que l'on veuille s'en protéger l'été ou au

contraire l ' apprivoiser l ' hiver, le soleil m érite

que l ' on se penche quelques instants sur les

relations qu ' il entretient avec notre planète. Selon la latitude12' à laquelle on se trouve, des courbes appelées « diagrammes solaires », représentent la course du soleil tout au long

Le bioclimatisme n'e t pas qu'une affaire de construction neuve. L ' habitat ancien peut également être réhabilité pour tirer partie des faveurs du climat.

Ici : mas rénové au Hameau des Buis, en Ardèche.

La n a ti o n

r

écologique

r

st/ mt

pt

b

i

de l'année. Elles fournissent, selon le mois et

l ' heure, l'emplacement du soleil (hauteur,

azimut) par rapport à un point donné -

comm e le futur site d ' une maison par

exemple. Ainsi,en choisissant le diagramme solaire correspondant à la latitude de votre

projet de construction, ou de rénovation, il

sera possible de tracer le contour des obs-

tacles - également appelés « masques »

(bâtiment voisin, végétation, relief, etc.) -

pouvant obstruer le passage du rayonne-

m ent direct du soleil. En un seul schém a, on

repère alors facilement les périodes d ' en so -

leillement et d'ombrage d'un lieu précis (voir exemple p. 25). Vous avez alors toutes les

cartes en main pour décider d ' un change-

m ent d ' orientation de votre habitation, ou

d ' une surélévation, ou bien encore d ' u n e

modification d ' inclinaison de paroi

Différencier les façades

Sous nos latitudes hexagonales, les parois verticales plein sud sont celles qui reçoivent

le plus de rayonnements directs en hiver. Et,

contrairement à ce que l ' on a tendance à penser, c ' est aussi celles qui, juste après les

façades nord verticales, sont les moins enso-

leillées en été (voir schémas p. 26). La com-

position des façades sud de nos logements paraît prédéterminée ; de grandes ouver- tures vitrées pour laisser entrer les précieux

rayons du soleil hivernal et un petit débord de toit pour n'en tolérer aucun pendant les

périodes estivales. L ' été, les surfaces hori-

zontales enregistrent le plus fort ensoleille-

pourquoi il est fortement recom-

ment . C ' est

mandé de surisoler les toitures plates et d ' éviter de vitrer le toit d'une véranda par

exemple. Les expositions est et ouest ne sont

pas non plus en reste. Le soleil matinal de

l ' est, bien que puissant en été, n ' engendrera pas de surchauffe dans la maison. Mais, l ' après-midi arrivant, la maison sera déjà

bien réchauffée par les températures esti-

vales de l ' extérieur. Alors si l ' on ajoute une

façade ouest vitrée, cible des puissants

aux oubliettes le

rayons de l ' après-midi

bioclim atism e et le rafraîchissement natu-

rel ! La batterie de clim ' et tous ses inconvé-

nients

deviendraient inévitables : consom -

mation électrique, bruit, gaz réfrigérants

nocifs pour l ' environnem ent

De l'importance

des vitrages

CA PTER-STOCKER-DISTRIBUER-CONSERVER

en saison froide, PROTÉGER-ÉVACUER en

période chaude. S ' il n'y avait qu'une phrase à

retenir de ce dossier, ce serait celle-ci. Le secret

pour y arriver : une savante alchimie entre la

nature des m atériaux, leur couleur, leur tex-

ture.leur emplacement,leur mise en

uvre

Pour attirer les radiations solaires à l'inté-

rieur de son logis, rien de tel que le verre.

« // /a(sse passer les rayonnements de courtes longueurs d'ondedu domaine"visible"repré- sentant la majeurepartie du spectresolaire.

Après la traversée du vitrage, ces rayons attei-

Diagramme solaire

Latitude 500N

Amiens- Saint-Quentin

Dossier

gnent les murs, les planchers et le mobilier intérieur qui s'échau f ent plus ou moins en fonction de leur couleur, provoquant ainsi la

ré-émission d ' un

f

rayonnement de grande

longueur d'onde (infrarouge) que le verre

laisse di f icilement passer.

f et de serre », démystifié par

SidJer. Dilemme :

les vitrages sont également de grandes

sources de déperdition de chaleur du fait de leur faible capacité isolante par rapport

à un mur opaque isolé. D'où l'importance

de choisir la juste superficie, la bonne qua- lité et le bon emplacement pour le vitrage (voir tableau p. 27).

Astuce: pour optimiser le rendement des

baies, choisissez au minimum des vitrages

l ' ingénieur-conseil Olivier

Le soleil s'estfait

f

piéger. C ' est l ' e

f

dits « à isolation

renforcée » avec une lam e

d ' air (ou de gaz) de 16 mm et un revêtement peu émissif qui emprisonne efficacement

à l'intérieur de la maison le rayonnement

infrarouge (les calories). Également, si pos-

sible, préférez une grande ouverture vitrée

à plusieurs petites. Les déperditions ther- miques, qui sont fonction du linéaire

(métrage) des menuiseries seront ainsi limi-

tées et la surface vitrée capteuse optimale.

Placer les fenêtres au nu extérieur (alignées aux parois externes) permet de minimiser

les ombres portées dues au tableau des baies. Pour réduire les déperditions mais

aussi les coûts, préférez autant que possible des vitrages fixes plutôt que des ouvrants.

Enfin, si vous êtes séduits par les capacités

isolantes des triples vitrages, sachez queles

fabricants ont amélioré les facteurs solaires

de leurs verres - entendez la capacité du

vitrage à laisser passer les rayonnements.

195

Azimut H

210

225

240

255

2S5

300

315

En janvier, à partir de 12h 00, le bâtiment voisin privera du soleil une façade verticale sud. En juin, l'arbre situé à l'ouest de la façade étudiée, fera ombrage de 15b 30 à 18 h ij.

Pour desvitrages capteurs, choisissez un fac-

teur solaire d'au moins 60 %.

Les autres alliés naturels du

bioclim atism e

Si l'astre radieux nous est le plus bénéfique

en hiver, il sera intéressant de lui trouver

des alliés. Un petit coteau ou une haie plan-

tée du côté des vents dominants protégera la maison des agressions des brises les plus

froides. Mieux encore, placer la partie nord

de sa maison contre une pente ou bien

« semi-enterreT»sa demeure est un gage de

déperditions limitées et de grande inertie thermique, particulièrement appréciable

l ' été dans les régions chaudes.

On peut également jouer avec la nature des

sols extérieurs, ceux qui sont placés juste

devant les vitrages capteurs. En effet, une partie non négligeable des rayons solaires peut être réfléchie vers les baies (effet

albédo) grâce à des revêtements extérieurs

clairs (graviers, eau

).

Ou, au contraire, on

cherchera à absorber le rayonnement pour

qu ' il ne reparte pas vers les vitrages. Dans ce

cas, la pelouse et la végétation en général sont particulièrement appropriées. L ' été, la maison devra aussi être capable

d ' évacuer, la nuit, la chaleur accum ulée en

journée. Beaucoup de techniques existent,

Semi-enterrer sa maison permet de bénéficier

de l'inertie de la terre, à la manière des habitats troglodytes.

La Maison

330

Bioclimatisme, construire avec le soleil

Ensoleillement des façades

kWh/m'.jour

Hon zontal

mais le grand principe c ' est la surventila-

tion : une simple ouverture des fenêtres en

créant une circulation à travers toute la m ai-

son. Les ventilations mécaniques contrôlées,

même réglées à leur débit maximal, ne sont pas suffisantes en maison individuelle pour

évacuer la chaleur la nuit .

Indispensables

protections solaires

Devenu ennemi de nos logis en été, le soleil

va devoir rester caché derrière d ' ingénieuses

protections solaires. Fixes, mobiles, végé-

taux, minéraux, textiles, accolés au bâti ou

Ce n'est jamais la façade sud qui pose un problème

de surchauffe estivale.

au contraire éloignés de la maison,les outils pour se protéger du soleil sont innombrables. Côté sud, la végétation à feuilles caduques est particulièrement bien adaptée à nos stratégies bioclimatiques: l ' absence de

feuillage en hiver laisse les rayons pénétrer les vitrages, alors qu'en été la végétation bien garnie les retient. En outre, les arbres

ou les pergolas végétalisées sauront vous

faire apprécier leur ombrage rafraîchissant

dû au phénomène d'évapotranspiration. La conception architecturale bioclimatique

utilise également les masques fixes type débord detoit, auvent,casquette,loggia,plan

fan.

/

fév. mars

Sud-Est ou

Sud-Ouest ve t ical

r

Est ou Ouest

Sud MM od

Nord Est ou

Nord-Ouest vertical

v

sept

oct

nov. dec

Mols

Variation annuelle de l éclairement

énergétique par jour de beau temps

(surtaces hori zontales et verticales

d ' o i entations diverses pour la région parisienne)

r

vertical

Connaissant la course du soleil, il

est relativement aisé de placer judicieuse-

ment toutes cesprotections (voir calculsdans l ' encadré p. 28). Les vitrages verticaux plein

sud, sud-est et sud-ouest sont très facilement

préservés desrayonsdu soleil estival avec des masques horizontaux de type casquette. Sachez néanmoins qu'un vitrage,mêmepro-

tégé du soleil, est une zone peu isolée. Ainsi, au mêmetitre qu ' il laisse s'échapper une par-

tie de la chaleur en hiver, il en laisse aussi

rentrer en été. La solution, unejuste propor-

tion de surface vitrée, comprise entre 16 et

18 % de la surface habitable.

La Maison

26 écologiquen°58/août-septembre2010

Dossier

Dans]a catégorie protection mobile, le choix

se fera surtout en fonction de votre budget, de l'esthétique ou de l'effet architectural recherché. Mais sachez que les protections

intérieures seront toujours moins efficaces

que celles placées côté extérieur, capables

d ' empêcher l ' entrée dan s la m aison des

inconfortables calories. Volets, persiennes, stores, voiles d ' ombrage, etc. seront d ' autant

plus efficaces s ' ils sont de couleur claire pour

réfléchir un maximum de rayonnements.

Des dispositifs

bioclimatiques spéciaux

Les principes du bioclimatisme pour capter

le rayonnement solaire peuvent s'appliquer

efficacement en utilisant simplement des vitrages bien orientés, bien dimensionnés

et associés à des m atériaux accumulateurs

de chaleur (briques pleines,terre crue,béton,

pierre, sable

)

à

l ' intérieur de la m aison .

Néanmoins, les concepteurs de maisons bio-

climatiques mettent parfois en

uvre des

dispositifs plus complexes,histoire d'amélio- rer encore l ' efficacité du système capteur-

accumulateur-diffuseur. Sans entrer ici dans

des explications techniques sibyllines, voici

un petit guide pour comprendre le mode de

fonctionnement des principaux procédés

rencontrés, toujours orientés au sud à plus

ou moins 25 ° près. Selon la zone climatique dans laquelle vous vivez,la qualité d'isolation et de conception de votre maison, pour une surface de vitrage égale à environ 18 % de la

Que peut-on attendre d'une fenêtre ?

Bilan énergétique de 1 m2de fenêtre selon le

type de vitrage et l ' orientation.

Chiffres en kWh/m! pour une saison de chauffe en Île-de-France avec des menuise-

ries bois. Dans tous les cas (orientation,

vitrage) le simple vitrage et l ' exposition nord

sont à proscrire. Intéressant à pointer: les

expositions sud-est et sud-ouest offrent un

bilan énergétique de même ordre que les fenêtres orientées au sud. À l'inverse, les

orientations plein est ou plein ouest sont clai-

rement moins avantageuses.

Sud

Sud-est/

Sud-ouest

Est/ Ouest

Nord

Simple vitrage

Uw = 4.95W/m2.K

Double vitrage

Uw = 2,95 W/m'.K

- 75

41

- 86

30

Double vitrage

à isolation renforcée

Uw = 1,8W/m2.K

Double vitrage à isola-

tion renforcée + volets

Uw = 1.5W/m2.K

Source. Logements à faibles besoins en énergie

107

@

96

(m)

-

137

-

22

45

62

- 203

- 87

- 21

guide de recommandations

et d ' aide à la conception, cabinet Sidler, mars 2000.

surface habitable, ces systèmes peuvent cou-

vrir de 10 à 80 % des besoins en chauffage

selon la qualité d ' isolation de la m aison .

Dans les maisons très bien isolées (BBC, pas- sif, énergie positive), les besoins en chaleur

sont tellement faibles que les dispositifs bio- climatiques doivent être étudiés avec finesse pour ne pas risquer l ' inconfort .

Mur capteur-accumulateur

Ces murs sont composés d'un vitrage côté extérieur et, quelques centimètres plus loin, à l'intérieur, d'une paroi massive maçonnée. Le principe est simple; les rayons du soleil sont captés par le vitrage et leurs calories sont accumulées dans le mur massique. Ce

Protections solaires

1

1

Cofadys, un système de façade double peau pour gérer les apports solaires.

Volets extérieurs en bambou rétractables et coulissants, dans une maison passive en Île-de-France (cabinet d ' architecture Karawiti).

3

Des brise-soleil en bois massif, par SAB International, pour s ' adapter à la position du soleil.

l u n u u u rt

écologique n'S8/août optentbre2

Bioclimatisme, cof

trùiré m

i Ti r m

i$OTi en Corse construite

en pisé, matériau d ' u n e

forte densité, adapté aux

clim ats m éditerranéens.

dernier restitue la chaleur à l'intérieur de la

maison avec un lissage des températures et un déphasage de plusieursheures gérable selon la nature et l ' épaisseur du matériau.

Choisissez des doublesvitrages àfaible émis-

sivité et, pour réduire les pertesthermiques

la nuit, ajoutez si possible un système de volets extérieurs ou bien des panneaux ou

rideaux isolants coulissants entre le vitrage

et le mur massique. De couleur claire, ces

occultations peuvent également réduirel ' ap-