Vous êtes sur la page 1sur 50

3.21

LE MOYEN ATLAS

3.21 – 1

LE CAUSSE MOYEN ATLASIQUE

par

Abderahmane BENTAYEB et Claude LECLERC

Introduction géographique

Le terme de Moyen Atlas désigne le vaste ensemble montagneux encadré au nord par le couloir Sud-Rifain (vallée de l'Inaouène, plaine de Fès-Meknès), au sud par le Haut Atlas et la vallée de la Haute Moulouya, à l'est par la vallée de la Moyenne Moulouya et à l'ouest par la Méséta marocaine.

La structure géologique du Moyen Atlas permet de le subdiviser dans ses grandes lignes en deux parties selon une ligne N-S :

- Le Causse moyen-atlasique ou Moyen Atlas tabulaire à l'W, - Le Moyen Atlas proprement dit ou Moyen Atlas plissé à l'E.

Le Causse moyen-atlasique qui sera décrit ci- après est compris entre les latitudes nord 32° 55' et 34° Au sud, la région du Causse située dans la vallée de l'oued Serrou (Sud du jbel Irhoud) a été écartée de cette description (cf. tome 3, Haut Atlas calcaire), ainsi que le Causse d'El-Menzel et les bordures du massif primaire du Tazzeka situé aunord (cf. tome 2, couloir de Fès-Taza). Au nord-ouest le Causse d'Agouraï a été négligé car il constitue, avec son prolongement sous le sillon Sud-Rifain, une unité hydrogéologique indépendante.

LIMITES ET SUPERFICIES

La limite nord est celle du Causse proprement dit qui s'interrompt à sa retombée sur la plaine du Sais, entre Ei-Hajeb et Bhalil , mais du point de vue structural, les formations calcaires du Causse se prolongent bien au-delà, vers le nord, sous le sillon Sud-Rifain, jusqu'au contact de celui-ci avec les rides prérifaines suivant une ligne qui, longeant l'oued Inaouène à l'est, le prolonge jusqu'au jbel Zerhoun à l'ouest (cf. tome 2. plaine de Meknès-Fès).

La limite sud est constituée par la ligne de crête

en rive gauche du bassin versant de l'Oum-er-Rbia à Khénifra. Cette limite se prolonge vers le nord-est par des hauteurs et des crêtes qui bordent en rive droite l'oued Guigou (jbel Ben-Ij, Tadja). Au-delà de la route principale n° 20 qui va de Fès à Boulemane, la limite s'infléchit encore plus vers le nord-est et suit les lignes de crêtes dominant le Causse.

La limite ouest au contraire, est marquée par l'interruption brutale du Causse qui domine des terrains primaires de la Méséta (falaises d'Ito, d'Azrou et d'Aln-Leuh).

A l'est, la limite est marquée également par les

falaises du Causse surplombant la boutonnière de terrains primaires de Bsabis.

La superficie de la partie du Causse moyen- atlasique ainsi délimitée est de l'ordre de 4 200 km2.

CARACTERES MORPHOLOGIQUES

Le Causse moyen-atlasique se caractérise par une

structure tabulaire, plus faillée que plissée, par un relief monotone s'opposant au Moyen Atlas plissé aux plis accentués, aux monts élevés et aux dépressions marneuses profondes. C'est une lithologie monotone de calcaires liasiques faiblement plissés qui est responsable de cette platitude. Il s'agit en fait de vastes plateaux karstiques diversement étages, qui surplom- bent les plaines environnantes de la Méséta et du Sais à des altitudes comprises entre 1 000 et 2 200 m.

Des ondulations à très grands rayons de courbure, des systèmes de failles, créent des cuvettes ou des horsts, tels le grand horst de Michlifène qui partage le Moyen Atlas tabulaire en deux tronçons :

l'un méridional, l'autre septentrional. Les cuvettes sont nombreuses, créant des bassins versants fermés au centre desquels existent souvent des lacs perma- nents ou « Dayet » (Dayet Aoua, Dayet Ifrah, etc.)

38

RESSOURCES

EN

Le Causse d'El-Hammam, au sud d'Aïn-Leuh, présente un paysage typique de poljés adapté au réseau de failles. Ce plateau karstique, comme tous ceux du même genre, a un réseau hydrographique très peu développé.

Seules quelques rivières coulent en permanence :

Sebou, Oum-er-Rbia, Tigrigra, Aggaï et aussi dans, la région d'Ifrane, l'oued Tizguit. Mais soulignons les pertes importantes de ce dernier qui, à son débouché dans la plaine de Meknès-Fès, est très souvent sec en été. Les affluents secondaires de ces rivières n'existent pratiquement qu'à l'état d'oueds temporaires qui ne connaissent d'écoulement qu'en période de pluie.

Dans ce réseau hydrographique mal organisé, l'importance des bassins endoréiques est grande : ils occupent une superficie totale d'environ 600 km2 soit 14 % de la région étudiée et 17 % des terrains karstiques. Ces bassins endoréiques jouent un grand rôle dans l'infiltration des précipitations vers les nappes d'eau souterraine du Causse.

Soulignons enfin l'importance des coulées basal- tiques quaternaires qui, dans la région de Timhadite surtout, forment de vastes étendues planes sans

végétation, parsemées çà et là de cônes éruptifs (jbel

Hebri,

très mal développé. Partout où ces dalles volcaniques reposent sur un substratum calcaire, on peut observer des dolines bien marquées d'une cinquantaine de mètres de diamètre et de 20 à 30 m de profondeur, formées dans les basaltes, par suite vraisemblablement de dissolutions dans le karst sous-jacent. On n'observe pas ces dolines dans les basaltes là où ceux-ci ne reposent pas sur des calcaires.

Le réseau hydrographique y est également

).

POPULATION

Population rurale

Au cours des derniers siècles, le Moyen Atlas a été progressivement occupé par des tribus d'éleveurs nomades, venus des contrées prédésertiques du Nord Sahara à la recherche de pâturages dans les pays humides. La plupart appartiennent à la branche sanhadja des Berbères.

Ces populations conservent une prédilection pour le nomadisme, la vie sous la tente et se contentent d'installations temporaires puisqu'ils ne viennent chercher que les réserves estivales de nourritures pour leurs troupeaux et redescendent en hiver s'installer dans les plaines périphériques. Cependant, les divers groupes humains, progressant suivant des axes paral- lèles du sud-est au nord-ouest ont, au cours des siècles, essaimé çà et là certains éléments qui ont fini par établir leur zone principale de stationnement sur des plateaux ou dans des vallées de la montagne ; d'autres sont allés se fixer en bordure des grandes plaines du Tadla ou du Sais. Telle fut l'évolution des Aït-Serhouchène. Aït-Youssi et Bni-Mguild.

EAU

DU

MAROC

Ces conditions font que le Moyen Atlas est relativement peu peuplé par rapport à d'autres régions montagneuses du Maroc. La densité de 15 à 20 habitants par km2 marque bien sa situation intermé- diaire entre les plaines atlantiques et les steppes du Sud et de l'Est marocain. Mais il faut également souligner les très fortes inégalités locales dans la répartition du peuplement ; dans quelques fonds de vallées particu- lièrement favorisées et surtout sur la bordure septen- trionale, les villages sont nombreux alors que par contre sur les plateaux, on peut parcourir d'immenses étendues quasiment vides.

Traditionnellement, les tribus d'éleveurs noma- des des plateaux de la Haute Moulouya traversent ces régions au début de l'hiver pour se rendre sur les pâturages non enneigés des bas pays de l'Ouest et du Nord. Aux Bni-Mguild reviennent les terrains situés en bordure du Sais et du Tadla, les Aït-Youssi fréquentent les dépressions qui dominent Sefrou (plateaux de l'Amekla). D'autres tribus pratiquent des mouvements moins amples, ainsi les troupeaux des Ait-Lias quittent en hiver leur terrain près de Bekrit pour descendre aux environs d'Azrou.

Mais la mise en culture pour la production céréalière, des terrains de parcours hivernaux du Nord et de l'Ouest (Sais et Tadla), a contribué à une limitation considérable des déplacements depuis deux ou trois générations. De nombreux troupeaux demeu- rent maintenant en hiver dans les contrées enneigées. Au début du siècle, plus de 200 000 têtes dé bétail, moutons et chèvres, quittaient régulièrement avec les familles entières de leurs propriétaires, les hauts plateaux de Bekrit et d'Itzer pour occuper les pâturages hivernaux au nord et à l'ouest du Moyen Atlas. Au cours des dernières années, le mouvement n'a intéressé que 30 000 têtes environ qui, en outre, ne sont accompagnées que par quelques familles de bergers spécialisés et rétribués.

Population urbaine

Les bordures du Causse ont attiré et fixé les hommes par leurs ressources en eau, la douceur relative de leur climat et leur situation au contact des basses plaines fertiles. Les bordures nord et ouest du Moyen Atlas tabulaire sont ainsi jalonnées de bourgades d'importance moyenne, centres commer- ciaux, artisanaux et administratifs, voire même parfois sièges de garnisons. Ainsi se présentent El-Hammam, Aïn-Leuh, Agouraï, El-Hajeb et Immouzer du Kan- dar.

Sefrou a acquis depuis longtemps ses caractères urbains du fait de la prospérité de son marché et de l'activité de ses artisans. Certaines localités par contre n'ont acquis leur importance qu'au cours des dernières décennies : Ifrane. centre d'estivage et de sport d'hiver dans la vallée de l'oued Tizguit et Azrou. gros marché

CAUSSE

MOYEN

ATLASIQUE

39

de bétail et importante étape sur l'axe Mek- nes - Tafilalt. VEGETAT10N NATURELLE

II pleut et il neige abondamment sur le Causse

moyen-atlasique que couvrent de belles forêts ; les précipitations sur le plateau d'Ifrane sont de l'ordre de

1 200 mm/an. Mais à mesure que l'on descend vers

les plateaux méridionaux et orientaux du Moyen Atlas, les averses se font plus rares et moins abondantes, la couverture forestière s'éclaircit, les arbres cèdent la place aux broussailles et à la roche nue, comme c'est le cas dans la vallée du Guigou.

La forêt est constituée essentiellement de chênes verts et de cèdres. Le chêne vert occupe les parties basses du Causse, puis se mêle à des essences à feuillage caduc à mi-pente, enfin le cèdre s'étend surtout au-dessus de 1 600 - 1 700 m où les précipitations sont abondantes. Au-dessus de

2 000 m, le cèdre ne constitue plus que des futaies de

vieux arbres et la régénération ne se fait plus. Les boisements de cèdres soulignent de loin les reliefs isolés que séparent des étendues planes, dénudées, aux herbes rares.

ELEVAGE

L'élevage concerne essentiellement les ovins auxquels se mêlent quelques caprins. C'est un élevage extensif sur des terrains de parcours. Ses mouvements

transhumants et son évolution actuelle ont été décrits avec la population rurale dont le mode de vie est étroitement lié à la subsistance de ces troupeaux. On a vu notamment qu'au cours des dernières années les mouvements des troupeaux n'intéressaient plus que 30 000 têtes environ contre 200 000 au début du siècle. La majeure partie des bêtes demeurent donc en hiver dans le Moyen Atlas où l'on peut voir apparaître des abris en divers endroits. Malheureusement, les réserves de fourrages sont souvent insuffisantes lors des hivers rudes. II se pose donc le problème d'une reconversion inévitable de cette économie pastorale.

AGRICULTURE

Très peu développées autrefois, les cultures de céréales s'intensifient d'année en année. Elles cou- vrent progressivement les dépressions du Causse où se sont accumulés un peu de limons.

Cette transformation qui s'accomplit aux dépens des anciens collectifs des tribus s'accompagne d'une concentration de la propriété aux mains d'une sorte de

bourgeoisie rurale issue des grandes familles pastorales disposant d'une main d'œuvre suffisamment abon- dante. Outre le développement des cultures céréalières,

on assiste actuellement à celui des cultures irriguées

sous l'impulsion notamment de l'Administration qui met en projet l'amélioration des périmètres tradition- nels existants.

Géologie

Les recherches géologiques sur le Causse ont été successivement menées par L. Gentil ( 1911-1916), puis P. Russo (1921 à 1939) et surtout H. Termier (1926 à 1936) avec la collaboration de G. Dubar (1932 à 1954). Enfin G. Golo a longtemps travaillé dans cette région à laquelle il a consacré sa thèse (soutenue en 1956, publiée en 1961).

Le terme de Causse moyen-atlasique (Termier, 1936) est réservé aux régions tabulaires situées directement au nord et nord-ouest de l'accident nord- moyen-atlasique qui les sépare du Moyen Atlas plissé situé à l'est (Colo, 1961).

Le Causse est limité à l'ouest par les terrains primaires du bassin de l'oued Beth (Méséta primaire marocaine) et au nord-ouest par ceux du Tazzeka sur lesquels il repose. Au nord, la limite est déterminée par les terrains de recouvrement tertiaires et quater- naires du couloir Sud-Rifain sous lesquels il s'ennoie en un vaste synclinal dissymétrique, interrompu sur son flanc nord au contact du Rif et du Prérif (cf. Ressources en Eau du Maroc, tome 2, chapitre •. Plaine de Meknès-Fès et couloir de Fès-Taza).

G. Colo a subdivisé le Causse moyen-atlasique suivant des critères géographiques et structuraux. Il distingue une partie occidentale qui va de la bordure de ia Méséta à l'oued Sebou à l'est et une partie orientale

qui correspond aux bordures liasiques de l'anticlinal du Tazzeka. La partie occidentale est elle-même subdivisée en deux tronçons suivant des critères structuraux : un tronçon septentrional au nord-ouest et un tronçon méridional au sud-est, séparés par l'importante ligne d'accidents du Tizi-N'Tretten. STRATIGRAPHIE Le substratum anté-liasique Le socle hercynien. Les sédiments primaires composant la majeure partie de la Méséta centrale, n'affleurent que très peu dans le Moyen Atlas tabulaire où ils n'apparaissent qu'à la faveur de quelques « boutonnières » (El-Menzel, Bsabis, jbel du Kandar, Koudiat-Shoubat au NW de Sefrou. Par contre ils affleurent largement sur les bordures NE (Tazzeka) et

W (bassin de l'oued Beth). Ce socle laisse pointer les roches dures du

Primaire (grès, calcaires, quartzites) au sein de schistes tendres déblayés par l'érosion. C'est le paysage qu'offre en particulier la vallée de l'oued Tigrigra dans

la région d'Azrou. L'échancrure d'Azrou correspond à

un anticlinorium hercynien faille dont l'orientation NE - SW est celle des grands accidents du Moyen Atlas. L'érosion du Causse, guidée par cette grande zone faillée, y a été plus rapide. Ces accidents ont rejoué postérieurement et ont affecté la couverture liasique dans le sens NE - SW avec un affaissement de

40

RESSOURCES

EN

Tordre de 200 m du Causse d'El-Hajeb au N W par rapport au Causse d'Ifrane.

Le Permo-Trias. Il est constitué par une série de marnes et argiles rouges, parfois violacées, gypsifères, salifères, au sein de laquelle s'intercalent des coulées de basaltes doléritiques ; le Permo-Trias repose en discordance sur la surface post-hercynienne. Cette série affleure à la base de la couverture liasique, à la faveur des boutonnières et sur la périphérie des causses. Elle jalonne l'accident nord-moyen atlasique qui peut la masquer localement.

Vers le nord, le Permo-Trias est inapparent car il s'enfonce avec le Causse sous la couverture tertiaire du couloir Sud-Rifain.

En général, la série permo-triasique a partout la même composition et les mêmes caractères et l'on trouve de bas en haut :

- un niveau détritique de base comprenant des

conglomérats, des pélites et grès pourpres ;

- une série pélitique rouge à passées verdâtres ou

violacées. Ces pélites sont imprégnées un peu partout de sel et de gypse ;

- une série basaltique (dolérites) s'intercalant au sein de la série pélitique rouge, mais leur rapport stratigraphique est très variable. L'épaisseur de ces basaltes peut atteindre 150 m (causse d'El-Hajeb).

Le Lias

Le Lias inférieur. Avec le Lias inférieur débute la formation des dolomies et calcaires qui constituent le principal matériau du Causse. Dans le tronçon septentrional, la sédimentation liasique débuterait à l'Hettangien, étage représenté par des niveaux de marnes et calcaires marneux ou dolomitiques de faible importance (1 à 5 m), affleurant en divers points au pied de la bordure occidentale entre El-Hajeb et Ben- Smime. Au-dessus de ces niveaux, le Lias inférieur est représenté par une série dolomitique d'environ 150 m d'épaisseur où l'on peut distinguer trois grands ensembles qui sont de bas en haut :

- des dolomies sableuses,

- des dolomies marneuses,

- des dolomies litées.

Cette succession, définie dans la région d'Ifrane, n'est cependant pas générale et le Lias inférieur peut débuter par des dolomies compactes.

Le Lias inférieur du tronçon méridional du Causse présente de nombreux et fréquents niveaux de calcaires et de calcaires dolomitiques. Ces derniers sont plus fréquents dans la partie centrale du tronçon et le long de la ligne d'accidents du Tizi NTretten.

Le Lias moyen. Le passage entre Lias inférieur et Lias moyen est généralement difficile à reconnaître sans critères paléontologiques. Dans le synclinal

EAU

DU

MAROC

d'Ifrane, le Pliensbachien est représenté dans la part supérieure des dolomies litées qui forment le terme supérieur du Lias inférieur.

la

succession suivante, de bas en haut :

- calcaires lités : 10 à 15 m

- dolomies intercalaires : 20 m

- calcaires lités : 1 0 m

- dolomies supérieures : 20 à 25 m.

Le

Domérien

est

constitué

ensuite

par

Alors que le Lias moyen du tronçon septentrional du Causse est essentiellement dolomitique, celui du tronçon méridional est essentiellement calcaire. La ligne d'accident du Tizi N'Tretten marque bien le changement de faciès.

Le Lias supérieur et le Dogger

Avec le Toarcien apparaît un changement radical dans la sédimentation et les faciès marneux prennent beaucoup d'importance. Cependant, les sédiments du Lias supérieur et du Dogger sont beaucoup moins représentés que les séries dolomitiques et calcaires du Lias inférieur et moyen.

A partir du Toarcien supérieur commence à se développer une série marnocalcaire qui se poursuit durant tout l'Aalénien et le Bajocien inférieur.

Alors que le Bajocien moyen présente un faciès nettement marneux (marnes de Boulemane), le Bajocien supérieur est représenté par une série de calcaires plus ou moins dolomitiques appelés généra- lement « calcaires corniches ».

Le Bathonien ne serait présent que sporadique- ment dans le synclinal de Bekrit. Le reste du Jurassique est absent (phase d'émersion).

Le Crétacé

Dans le Moyen Atlas tabulaire, les dépôts crétacés ne sont représentés que dans le synclinal de Békrit - Timhadite, à partir du Cénomanien légère- ment discordant sur le Jurassique. Cénomanien et Turonien sont sous des faciès d'alternances calcaires et marneuses, le Sénonien très épais étant franchement marneux dans l'ensemble.

Le Tertiaire

L'Oligocène, le Miocène et le Pliocène ne semblent pas représentés dans les causses du Moyen Atlas. Il convient de signaler un seul affleurement de Mio-Pliocènç continental au nord d'Almis du Guigou.

Le Quaternaire

Coulées volcaniques L'épaisseur de ces coulées basaltiques a été reconnue à la fois par géophysique et par forages. Sur le plateau de Timhadite, dans le voisinage des grands cratères (jbel Hebri, Chedifat et du Bou-Ahsine à la vallée de l'oued

SEBOU O. OUED FES CARTE GEOLOGIQUE DU MOYEN ATLAS TABULAIRE cl cl cl cl m
SEBOU
O.
OUED
FES
CARTE GEOLOGIQUE DU
MOYEN ATLAS TABULAIRE
cl
cl
cl
cl
m
cl
cl
cl
cl
m
MEKNES
q
m
q
cl
m
m
q
q
cl
BAHLIL
cl
m
EL MENZEL
360
ROUTE
cl
cl
q
SEFROU
cl
R.P. 20
m
SEBOU
m
ZLOUL
350
O.
q
IMOUZZER DU
AIN SEBOU
KANDAR
EL HAJEB
q
q
ANNOCEUR q
q
BSABIS
340
q
q
q
q
MDEZ
330
q
IFRANE
Q
q
320
q
O. AMARAS
q
q
N
AZROU
O.
K
BEHT
q
ALMIS
O. AIN
310
H
F
BOULMANE
D
B
300
AIN LEUH
q
LEGENDE
0
2
4
6
8
10
12
14
16 km
IFRANE
q
Quaternaire
TIMAHDITE
Travertins quaternaires ou pliocènes
Basaltes quaternaires
290
q
cl
Calcaires lacustres - Plio - Villafranchien
Mio - Pliocène continental
LEUH
EL HAMMAM
Miocène faciès transgressif (mollasses); faciès tortonien marin (marneux);
m
faciès terminal sahelien et pliocène (sableux)
q
q
Pliocène marno-gréseux et
calcaire de Timhadite
q
Sénonien : marnes et calcaires marneux
280
Turonien calcaire
O.
Cénomanien marno-calcaire
Bojocien supérieur : calcaire corniche
Bajocienmoyen : marnes de Boulemane
BEKRIT
Toarcien - Aalénien. Bajocien inférieur : marno-calcaires
270
Lias moyen calcaire
O.
Lias inférieur dolomitique
et faciès à calcarénites
Permo-Trias : argiles rouges et basaltes
B
Coupe B
Paléozoïque (schistes - quaternaires)
OUED
EL HAMMAM
KHENIFRA
Failles
Failles certaine, masquée
Faille probable, masquée
260
TIGRIGRA
RBIA
ER
OUM
GUIGOU
D'ACCIDENTS
O.
LIGNE
DU
470
N'TRETTEN
480
DEFALI
490
TIZI
500
TIGZIT
510
.O
520
SUOKKA
.O
ILAFED
.O
530
EL
540
.O
.O
IDUOHY

Fig.5

jemel 2000 m Q N W S E 1000 J. Tajda m S E O.
jemel
2000 m
Q N W
S E
1000
J. Tajda
m
S E
O. Guigou
2000
N W
1000
J. Tajda
M
O. Guigou
O. DERDOURA
N W
S E
2000
K
1000
J. ben lj
S E
m
N W
2000
1000
m
J. Hebri
Bou Tejettouit
S E
O. Guigou
2000
N W
m
S E
Ghdifat
N W
O. Guigou
2000
m
S E
N W
1000
2000
Basaltes quaternaires
Sénonien (Marnes et calcaires marneux)
Bajocien supérieur (Calcaire corniche)
1000
Pliocène
Turonien (Calcaire)
Bojocien moyen (Marnes de Boulemane)
Paléocène marno-gréseux
Cénomanien (Marno -calcaire)
Toarcien - Aalénien - Bajocien inférieur
et calcaire de Timhadite
Lias inférieur et moyen
Permo - Trias
0
1234 5 km
Paléozoïque
Echelle des longueurs
O. Derdoura

Fig.6

CAUSSE

MOYEN

ATLASIQUE

41

uaigou). les coulées atteignent des épaisseurs de ordre de 150 à 200 m. Cette épaisseur va en diminuant vers la périphérie du plateau pour atteindre quelques dizaines de mètres. Dans la vallée de l'oued Tigrigra à l'W d'Azrou, la coulée atteint 90 m, mais se trouve réduite vers l'ouest à une épaisseur de 3,5 m au seuil de Sidi-Mokhfi.

Les formations quaternaires Les principales formations quaternaires se sont accumulées au fond de cuvettes fermées ou semi fermées. Ce sont des dépôts de dayas, provenant de la décomposition sur place des calcaires et dolomies et du ruissellement périphérique. Ces dépôts, essentielle- ment argileux, peuvent atteindre de fortes épaisseurs. Une autre formation quaternaire très fréquente est celle que constituent les dépôts de travertins que on trouve à l'émergence de chaque grande source du Lias ou jalonnant l'emplacement d'anciennes émer- gences aujourd'hui disparues ou déplacées. Ces dépôts de travertins ne sont d'ailleurs pas seulement quater- naires mais peuvent être plus anciens (Pliocène).

STRUCTURE DES CAUSSES

Au NW de la ligne d'accidents du Tizi N'Tretten causses d'El-Hajeb, Ifrane, Aïn-Leuh, Imouzzer du kandar), Lias inférieur et Pliensbachien dominent sous des faciès très dolomitiques dans des synclinaux à large rayon de courbure, d'axes NW-SE (tel le synclinal d'Ifrane), ou dans des synclinaux plus pinces et allongés, d'axes NE-SW, tels ceux d'Imouzzer du Kandar ou ceux du Causse d'Aïn-Leuh. De manière générale, la tectonique de cette région est calme, les failles étant cependant très nombreuses.

Au SE, entre la ligne d'accidents du Tizi N'Tretten et le Moyen Atlas plissé, se tiennent au S le bassin de l'Oum-er-Rbia, au centre le bassin moyen de l'oued Guigou (affluent de l'oued Sebou) et au N, à l'aval de l'Aïn Sebou, les Causses d'Annoceur et d'El- Menzel séparés du bassin moyen du Guigou par un vaste bombement anticlinal N-S laissant apparaître le Primaire et le Permo-Trias (région de Bsabis). Dans ces secteurs, les faciès dolomitiques sont moins importants qu'au N, le Pliensbachien notamment étant

calcaire. Par ailleurs la série stratigraphique est plus complète, se poursuivant jusqu'à l'Eocène dans le secteur méridional : synclinal de Bekrit dont la terminaison NE est totalement masquée par les basaltes quaternaires du plateau de Timahdite et la terminaison SE, faillée, est chevauchée par le Moyen Atlas plissé. Dans l'ensemble les ondulations et structures sont vastes et profondes en ce secteur, les épaisseurs du Lias étant plus fortes qu'à l'W ; une campagne de géophysique électrique (CAG, 1970) et quatre forages ( 1 9 7 1 ) , destinés à situer la limite souterraine des bassins de l'Oum-er-Rbia et du Guigou, ont permis d'obtenir une idée précise de la structure profonde du synclinal de Bekrit.

Les coupes géologiques de la figure 6 montrent le prolongement du synclinal de Bekrit vers le N, au-delà des affleurements de Timahdite où le recouvrement basaltique quaternaire masque toute structure , Lias et Crétacé plongent uniformément vers le S, de 10 à 20°. Le synclinal comprend de fortes épaisseurs de Crétacé jusque vers le profil H (fig. 6) et le Lias calcaire est très profond ; vers le N, le Crétacé est de moins en moins représenté, le Lias remonte progressivement puis affleure en conservant la structure synclinale ; le synclinal de Bekrit se termine au niveau de la route RP 20 de Fès à Boulemane sur un ensellement des calcaires, et un autre synclinal d'axe à pendage NE s'individualise vers le N, présentant de très fortes épaisseurs de Lias calcaire (600 m contre 250 m dans la vallée du Guigou).

Les grands accidents tectoniques du Moyen Atlas ont une direction NE-SW. L'accident « Nord moyen- atlasique » est le plus important, séparant le Moyen Atlas plissé du Moyen Atlas tabulaire : il longe en particulier tout le flanc sud du synclinal de Bekrit où il apparaît chevauchant ; cet accident est moins impor- tant au NE (pli-faille et failles) qu'au SE et abaisse le Causse par rapport au Moyen Atlas plissé. La ligne d'accidents du Tizi-N'Tretten traverse NE-SW le Moyen Atlas tabulaire ; c'est une importante faille ou réseau de failles enserrant d'étroits horsts ou grabens, toujours bien visible, sauf sous le recouvrement basaltique du plateau de Timahdite.

Climatologie

Sur le Moyen Atlas tabulaire, il existe 36 stations climatiques bien réparties dans l'espace. Certaines ont un équipement incomplet et les périodes d'observa- tion, la continuité ainsi que la qualité des observations ne sont pas toujours identiques. Aussi pour la pluviométrie, 10 stations seulement ont été retenues pour le calcul des moyennes mensuelles et annuelles des précipitations. En outre, 8 stations ont été retenues dans le haut bassin du M'Dez et du Guigou, indispensables pour fétude du régime du haut Sebou dont la vallée est située dans le Moyen Atlas plissé. Enfin, 10 autres stations ont été choisies à la

sa

périphérie du Moyen Atlas ou à sa bordure immédiate, permettant de préciser les conditions climatiques aux limites. Ces 28 stations sont représentées sur la carte des isohyètes (fig. 10) accompagnées de l'indication en mm de la moyenne pluviométrique annuelle calculée pour la période 1933-1963.

LES PRECIPITATIONS

Nature des précipitations. Au-dessous de 1 800 m d'altitude, à Ifrane, la moyenne du nombre de jours des précipitations est de 100 jours par an. Sur ces 100 jours, il y a 70 à 85 jours de précipitations pluvieuses, la neige tombe

42

RESSOURCES

EN

EAU

DU

MAROC

 

CLIMATOLOGIE

1933-1963

 

DOMAINE ATLASIQUE

21 - MOYEN ATLAS

(Causse nord)

 

Nom de la station

Réseau

Altitude

   

Coordonnées

   

Situation

   

Pluviométrie moyenne (mm)

 
 

Lat .N.

 

Long.W.

 

dans le bassin

 

J

 

F

 

M

 

A

 

M

 

J

 

J

 

A

 

S

 

O

 

N

 

D

Ann.

TAZA

 

SMN

 

510

 

34° 13'

4° 01'

   

nord

99

98

100

65

48

 

9

 

4

 

5

 

14

48

79

126

 

699

BAB BOU IDIR

EF

1558

 

34° 04'

4° 07'

nord

203

175

206

142

107

29

7

10

25

121

179

281

1485

BAB AZHAR

EF

 

720

34° 04'

17'

nord

154

134

156

108

81

22

6

 

7

 

19

91

136

214

1128

EL KENZEL

MI

850

33° 51'

4° 32'

 

contre-est

 

79

70

76

62

52

16

3

6

22

46

67

89

 

590

AIN TIMEDRINE

DRE

615

33° 45'

4° 33'

sud-est

50

48

55

52

41

15

4

5

 

18

42

55

65

450

BSABIS

EF

1385

 

33° 42'

4° 41'

sud-est

69

61

66

54

45

14

3

6

19

42

59

78

515

SEFROU

MARA

 

850

33° 50'

4° 50'

sud-ouest

89

78

85

69

57

16

3

6

23

53

75

100

654

RHOMRA

privé

650

33°

50'

4° 36'

ouest

64

56

61

50

40

12

3

5

 

17

39

54

71

472

   

Moyennes des températures maximales et minimales (°C)

 

Nom de la station

JANV.

 

FEVR.

 

MARS

 

AVR.

MAI

 

JUIN

 

JUIL.

 

AOUT

 

SEPT.

   

OCT.

   

NOV.

   

DEC.

 

Année

 

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

MIni

 

Max.

MIni.

Max.

Mini.

Max

Mini.

 

Max.

MinI.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

TAZA

14.1

4.2

16.0

5.1

 

7.6

 

18.4 21 .0

9.5

24.6

12.0

30.7

15.6

 

37.1

18.9

37,1

19.1

31.4

16.9

24. 8

13.0

18.8 8.6

 

14.8

5.5

24.1 11.3

 

SEFROU

13.4

3.2

15.2

4.0

 

6.0

 

20.0

17.5 23.1

7.7

 

9.8

28.0

12.9

 

32.6

15.7

32.6

15.9

28.6

14.0

23.2

10.6

17.9 7.0

 

14.1

4.3

22.2 9.3

 
   

Moyennes des températures moyennes (°C)

 

Classification Thornthwaite

Evaporation

Evaporation mesurée

Nom de la station

ETR

Indice

Type

d'après

(P=Piche B=Bac) (mm)

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

(mm)

global

climatique

Turc (mm)

Quantité

Période

TAZA

 

9.2 10.6

13.0

15.2

 

18.3 23.2

28.0

28.0

 

24.2 18.9

13.7

10.2

17.7

420

- 4.5

C1 B'3 s2 b'4

600

   

SEFROU

8.3 8.9

11.8

13.8

16.4 20.4

24.2

24.2

21.3 16.9

12.4

9.2

15.7

430

0

C1 B'2 s2 a'

540

 

Fig.

7

 

CLIMATOLOGIE

1933-1963

 

DOMAINE ATLASIQUE

21

- MOYEN ATLAS

(Causse central)

 

Nom de la station

Réseau

 

Altitude

 

Coordonnées

   

Situation

   

Pluviométrie moyenne (mm)

 
 

Lat .N.

 

Long.W.

 

dans le bassin

J

 

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

IMMOUZER KANDAR

MI

 

1440

 

33° 44'

5° 01'

   

nord

7B

 

72

85

82

62

20

5

7

26

63

87

106

693

EL HAJEB

MARA

1050

33° 41'

5° 22'

ouest

 

84

74

87

79

57

18

2

6

24

56

81

92

560

DAYET HACHLEF

EF

1760

33° 33'

4° 56'

centre

97

86

91

76

54

21

7

9

23

68

101

130

763

IFRANE

SPGM

1635

33° 31'

 

5° 07'

sud-ouest

144

127

135

112

79

30

9

12

34

99

149

192

1122

AZROU

EF

1250

33° 27'

13'

sud—ouest

 

100

90

98

93

62

24

6

10

35

6a

106

135

887

   

Moyennes des températures maximales et minimales (°C)

 

Nom de la station

JANV.

 

FEVR.

 

MARS

AVR.

   

MAI

JUIN

JUIL.

 

AOUT

SEPT.

OCT.

NOV.

DEC.

Année

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

MIni

Max.

 

MIni.

Max.

Mini.

Max

Mini.

Max.

MinI.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

IMMOUZER KANDAR

10.6

-0.1

11.6

0.9

14.0

3.2

16.5

 

5.0

18.9

7.2

23.9

11.2

28.9

14.9

28.9

44.9

25.0

11.9

19.9

8.3

14.9

4.3

11.2

0.9

18.7

6.9

EL HAJED

12.6

2.7

14.3

3.4

16.7

5.4

19.0

6.9

22.0

9.2

27.6

11.0

32.9

16.4

33.0

16.6

26.5

13.9

22.9

10.1

17.3

6.4

13.4

3.6

21.7

6.9

IFRANE

8.4

-4.0

10.0

.2.6

12.6

0.2

15.4

2.2

18.4

4.8

24.2

8.7

30.3

12.0

30.1

12.2

25.1

8.9

18.7

4.9

13.1

1.0

9.0

-2.7

17.9

3.8

AZROU

11.5

2.6

13.9

3.7

16.1

5.4

18.4

7.4

21.4

9.7

27.3

13.4

32.8

17.7

32.4

17.9

27.5

13.8

21.4

10.4

16.3

6.7

12.5

3.4

21.0

9.4

   

Moyennes des températures moyennes (°C)

 

Classification Thornthwaite

Evaporation

Evaporation mesurée

Nom de la station

ETR

Indice

 

Type

d'après

(P=Piche B=Bac) (mm)

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

(mm)

global

climatique

Turc (mm)

Quantité

Période

IMMOUZER KANDAR

5.2

6.4

8.6

10.8

13.0

17.6

21.9

21.9

18.4

14.1

9.4

6.0

12.8

430

14,6

C2 B'1

s2 a'

520

   

EL HAJEB

7.6

8.8

11.0

13.0

15.6

19.3

24.6

24.8

21.2

16.5

11.8

8.5

15.2

420

4,1

C2

B'2 s2 b'4

540

IFRANE

2.2

3.7

6.4

8.8

11.6

16.4

21.2

21.2

17.0

11.8

7.0

3.2

10.9

420

84,8

B4 B'1

s2 b'4

560

1780 (P)

1952-1961

AZROU

7.2

8.8

10.8

12.9

15.6

20.4

25.2

25.2

20.6

15.9

11.5

8.0

15.2

520

25,6

B1

B'2 s2 b'4

630

Fig.

8

CAUSSE

MOYEN

ATLASIQUE

43

 

CLIMATOLOGIE

1933-1963

 

DOMAIN ATLASIQUE

 

21

- MOYEN ATLAS

(Causse sud)

 
 

Nom de la station

Réseau

Altitude

 

Coordonnées

   

Situation

   

Pluviométrie moyenne (mm)

 

Lat .N.

   

Long.W.

 

dans le bassin

J

F

M

A

M

 

J

J

 

A

S

O

N

D

Ann.

AIN LEUH

EF

1440

 

33° 18'

   

5° 20'

 

nord-ouest

 

124

110

116

97

68

26

8

10

30

86

129

166

970

AIN KAHLA

EF

2000

 

33° 15'

   

13'

nord-est

 

113

100

106

89

62

24

8

10

27

78

117

150

884

EL HAMMAM

MI

1200

 

33° 11'

   

5° 28'

 

centre-ouest

 

82

72

64

86

50

28

7

18

30

59

88

120

724

OUIDUANE

EF

1635

 

33° 07'

   

5° 24'

 

centre-est

 

118

104

110

92

64

24

8

10

28

81

122

157

918

ARHBALOU-n-IRR.

EF

1T50

 

32° 56'

   

5° 24'

 

sud-est

 

116

109

120

92

66

29

5

6

33

70

109

174

929

EL KEBAB

MI

1300

 

32° 45'

   

5° 31'

 

sud

94

88

98

74

54

24

4

6

27

56

88

144

757

   

Moyennes des températures maximales et minimales (°C)

 

Nom de la station

JANV.

FEVR.

 

MARS

 

AVR.

 

MAI

JUIN

JUIL.

AOUT

 

SEPT.

 

OCT.

 

NOV.

DEC.

Année

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

MIni

Max.

MIni.

Max.

Mini.

Max

Mini.

Max.

MinI.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini

Max.

Mini.

Max.

Mini.

Max.

Mini.

   

Moyennes des températures moyennes (°C)

 

Classification Thornthwaite

Evaporation

Evaporation mesurée

Nom de la station

ETR

Indice

Type

d'après

(P=Piche B=Bac) (mm)

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Ann.

(mm)

global

climatique

Turc (mm)

Quantité

Période

 

Fig.

9

pendant 15 à 30 jours et l'enneigement persiste pendant 30 à 50 jours. Au moment des précipitations, la température de l'air est plus élevée que par beau temps et la neige qui tombe, humide et lourde, ne subsiste pas longtemps sur le sol. Après quelques jours, elle fond sous l'effet des températures maxima de janvier et février qui avoisinent 9° C en moyenne. Au-dessus de 1 800 m, les précipitations d'hiver sont pratiquement toujours neigeuses, les températures restent basses sur les sommets, aussi la neige persiste longtemps de façon quasi continue. Les régions les plus enneigées des causses sont la dorsale du Tizi NTretten (station de ski du Michlifène), les cônes volcaniques (jbel Hebri) et, en bordure du Causse, toutes les hautes crêtes qui bordent la rive droite de

Le Causse

l'oued Guigou (jbel Tajda, Aït-Kaïs

d'Aïn-Leuh, plus élevé, présente également un enneigement prolongé.

Répartition spatiale : (fig. 10 et 11) Par régime de secteur ouest très fréquent en hiver, c'est-à-dire pendant la saison pluvieuse, les premiers reliefs situés en bordure ouest du Moyen Atlas s'opposent au déplacement des perturbations océaniques qui, par détente des masses d'air humide et accumulation des nuages, entraînent une augmentation des précipitations. C'est pourquoi on peut observer sur

).

la carte des

isohyètes

un

axe

à

pluviométrie

très

chargée situé sur la bordure occidentale des causses allant de Ouiouane à Imouzzer du Kandar en passant par Aïn-Leuh et Ifrane. Vers l'est et le sud-est, les plateaux et vallées (vallée de l'oued Guigou), situés sous le vent des premiers reliefs du Moyen Atlas (Horst du Tizi-

à l'abri des

courants perturbés du secteur ouest. En effet, les masses d'air humide après leur élévation et détente au vent des reliefs, redescendent et se compriment sous le vent entraînant un assèchement de l'air et une diminution des nuages. C'est pourquoi la partie est et sud-est des causses est beaucoup moins arrosée. La vallée du M'Dez en particulier se situe dans un « creux » pluviométrique important, la moyenne pluviométrique à Skoura est de 356 mm/an. La variation des hauteurs de précipitations avec l'altitude traduit parfaitement ces répartitions distinc- tes et deux courbes apparaissent : l'une relative aux postes des bordures occidentales, l'autre propre au secteur oriental (fig. 11).

N'Tretten, jbel du Kandar,

)

sont

Régime annuel des précipitations La courbe des précipitations annuelles en fonc- tion de la surface permet d'obtenir une médiane graphique de 695 mm. La moyenne générale obtenue en divisant le volume d'eau moyen annuel de précipitations par la surface du Causse est de 730 mm (fig. 12).

MOYEN ATLAS TABULAIRE COURBES ISOHYETES Moyenne annuelle 1933 - 1963 FES KOUMMYA My IDRISS FES
MOYEN ATLAS TABULAIRE
COURBES ISOHYETES
Moyenne annuelle 1933 - 1963
FES
KOUMMYA
My IDRISS
FES
573 633
34°
RHORMA
A. TAOUJDATE
472
483
MEKNES
SEFROU
654
IMMOUZZER
DU KANDAR
100
BSABIS
600
EL HAJEB
600
516
660
Agouraï
Dayet HACHLAF
IFRANE
763
1122
30'
693
887
AZROU
BOULEMANE
513
AIN LEUH
970 AIN KAHLA
884
EL HAMMAM
OUIOUANE
724 918
L E G E N D E
ASSAKA
NO AM
Limite du bassin versant du haut
TIGUEL MAMINE
833
Sebou
1000
817
Limite du moyen Atlas tabulaire
Isohyète
33°
SENOUAL
Poste d'observation météorologique
et moyenne annuelle (en mm)
KHENIFRA
845
900
513
666
929
10 km
ARHBALOU
0 5
N'RAOUENNE
ECHELLE
800
600
900
900
700
900
600
700
600
1000
700
700
800
600
30'
700

Fig. 10

CAUSSE MOYEN REPARTITION SPATIALE DES PRECIPITATIONS SUR LE MOYEN ATLAS TABULAIRE 100 90 80 Moyenne
CAUSSE
MOYEN
REPARTITION SPATIALE DES PRECIPITATIONS
SUR LE MOYEN ATLAS TABULAIRE
100
90
80
Moyenne générale sur le
70 Moyen Atlas tabulaire
730 m
60
50 Médiane graphique
695 mm
40
30
20
10
Plus de 450 mm
500 600
700
800
900
1000
1100
Pluviométrie moyenne annuelle (1933-1963)
VARIATION DE LA PLUVIOMETRIE EN
FONCTION DE L'ALTITUDE
Ifrane
1100
1100
1000
1000
Aïn Leuh
900
900
Azrou
800
800
El Hammam
700
700
Khénifra
El Hajeb
Sefrou
600
600
Fès
Coulemane
Bsabis
500
500
Imouzzer des
M'Dez
Marmoucha
400
El Aderj
400
Skoura
ALTITUDE m
0
500
1000
1500
2000
Surface en %
Pluviométrie annuelle en mm

Fig. 11

Les valeurs moyennes mensuelles des précipita- tions calculées sur une période de 30 ans (1933-1963) sont consignées pour les stations principales du Moyen Atlas et de ses bordures dans les tableaux des figures 7, 8 et 9. Les moyennes mensuelles de trois de ces stations font l'objet de la représentation graphique de la figure

ATLASIQUE 45 PLUVIOMETRIE MOYENNE MEN SUELLE Ifrane 190 Det Hachlat Post es 170 M'Dez 150
ATLASIQUE
45
PLUVIOMETRIE MOYENNE MEN SUELLE
Ifrane
190
Det Hachlat
Post es
170
M'Dez
150
130
110
90
70
50
30
10
Mois
SO
N
D
J
F
MA
MJ
J
A
Pluviometrie moyenne en mm

Fig. 12

12. On peut constater que toutes les stations

présentent un premier maximum en décembre après un

mois de novembre déjà fortement chargé en précipita-

tions. Un deuxième maximum, plus faible que celui de

décembre est toujours enregistré en mars. Entre ces

maxima, les mois de janvier et surtout de février

présentent un minimum relativement peu marqué. Les

précipitations moyennes les plus basses, toujours

inférieures à 10 mm, sont enregistrées au mois de juillet. Celles des mois d'août et de septembre sont à peine plus élevées.

LES TEMPERATURES Le Moyen Atlas est une région où la température est sensiblement influencée par l'altitude moyenne du massif. Les valeurs enregistrées sont relativement basses par rapport aux régions avoisinantes et confèrent une allure de climat tempéré. Le tableau suivant montre que les températures moyennes annuelles observées aux 5 principales stations climatiques sont comprises entre 10,9 et 15,7° C alors que la moyenne annuelle est de 17,8° C à Fès, 17,3° à Meknès, 19,5° à Sidi-Kacem et 19° à Missour. La température moyenne annuelle sur l'en- semble du Causse moyen-atlasique est de 12° C.

TEMPERATURES MOYENNES

Moyenne des maxima du mois le plus chaud

Moyenne des minima du mois le plus froid Amplitude

Moyenne des maxima ex- trêmes du mois le plus chaud

Moyenne des minima extrêmes du mois le plus froid

Amplitude

Tableau 2

AZROU

EL-HAJEB

IFRANE

IMOUZZER DU

SEFROU

 

KANDAR

32,8

33,0

30,3

28,9

32,6

2,6

2,7

-4,0

- 0,1

3,2

30,2

30,3

34,3

29,0

29,4

37,5

40,1

35,2

35,2

39,4

- 3,0

- 2,8

- 13,3

- 5,4

- 1,8

40.5

42,9

48,5

40,6

41,2

46

RESSOURCES

EN

L'amplitude moyenne annuelle de la température est assez forte: 19° à Ifrane, 16,7° à Imouzzer du Kandar, 18° à Azrou, 17°,2 à El-Hajeb et 20,4° à Sefrou. Si Ton considère les amplitudes des maxima et des minima moyens et extrêmes, on constatera que les écarts sont très importants, traduisant la forte instabilité qui règne sur les versants du Moyen Atlas.

LES VENTS Pour l'ensemble du bassin du Sebou, les vents dominants en hiver sont de secteur ouest. Générale- ment humides, ils apportent les précipitations. La fréquence de ces vents, maximale en hiver, de novembre à avril, est faible ou nulle en été. Par contre les vents du secteur est (Sirocco, Chergui) ont leur fréquence maximale en été (juillet). Ces vents sont chauds et secs. Ils sont responsables de la sécheresse relative qui sévit de mai à septembre. En hiver, ces régimes d'est sont froids et secs mais beaucoup moins fréquents qu'en été.

EAU

DU

MAROC

.

L' EVAPOTRANSPIRATION

II existe très peu de points de mesure de

l'évapotranspiration potentielle (E.T.P.) sur le Causse du Moyen Atlas. On dispose seulement de mesures à l'évaporomètre Piche à Ifrane, au M'Dez et à Ain-

Timédrine et des mesures faites au bac Colorado au M'Dez et à Aïn-Timédrine. Mais si l'on a pu disposer des mesures faites au Piche à Ifrane pour la période 1960-1970, les mesures relevées aux autres stations ne débutent qu'en 1969, époque à laquelle ont été installés les évaporomètres.

La méthode de Thornthwaite permet de calculer

l'E.T.P. à partir des températures moyennes mensuel- les, données disponibles pour la plupart des stations météorologiques ; le tableau 3 reproduit les valeurs de

l'E.T.P. mensuelle et annuelle calculée pour cinq stations du Moyen Atlas.

Tableau 3

 

E.T.P.

d'après THORNTHWAITE (en mm)

 

STATIONS

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Année

AZROU

15

21

34

47

69

108

153

144

94

58

31

18

792

EL-HAJEB

16

19

33

46

71

105

144

140

87

62

29

12

762

IFRANE

6

10

26

40

59

94

127

117

82

49

26

9

645

IMOUZZER

DU KANDAR

13

17

31

45

62

94

128

122

85

57

30

16

700

SEFROU

18

21

37

50

76

107

137

133

93

62

34

22

790

L'évapotranspiration réelle, (E.T.R.), liée à l'humidité du sol, tient compte des températures

 

Tableau 4

 

STATIONS

E.T.R.

E.T.R.

Précipitations

moyennes et des précipitations moyennes. Pour le calcul, on a retenu la formule de Turc et la méthode de

 

(Turc)

(Thornthwaite)

 

AZROU

 

630

520

887

Thornthwaite qui fournit les valeurs de l'E.T.R. par

EL-HAJEB

540

420

660

différence entre l'évapotranspiration potentielle et le

IFRANE

560

420

1122

déficit hydrique. Les résultats obtenus par ces deux

IMOUZZER

 

méthodes sont consignés dans le tableau 4 où l'on a

DU

également reporté la pluviométrie à titre de comparai-

KANDAR

 

520

430

693

son (toutes valeurs en mm).

SEFROU

540

430

654

L'évapotranspiration réelle d'après Thornthwaite représente 37 à 67 % de la pluviométrie, et 50 à 84 % d'après Turc. A partir de la moyenne générale des précipitations (730 mm/an) et de la température moyenne générale ( 12°), la formule de Turc permet de

déduire l'évapotranspiration moyenne générale sur toute la surface des causses. On trouve la valeur moyenne de 510 mm/an. La lame d'eau moyenne écoulée (infiltrée et ruisselée) sur les causses serait dans ces conditions de 220 mm/an.

Hydrologie

Du fait de la nature karstique du Moyen Atlas tabulaire, le réseau hydrographique est très peu développé. Seuls trois oueds pérennes importants prennent naissance dans le Moyen Atlas : l'oued Sebou au nord-est, l'oued Beth à l'ouest et l'oued Oum- er-Rbia au sud-ouest.

BASSIN DU SEBOU L'oued Sebou ne fait que traverser le Moyen Atlas tabulaire sur un trajet assez court, son haut bassin versant étant situé essentiellement dans le Moyen Atlas plissé où il est contrôlé par deux stations hydrologiques : Aïn-Timédrine à l'amont et Azzaba à l'aval. La région du Moyen Atlas tabulaire drainée

ple CHMOUNDA FES CARTE DES POINTS D'EAU ET SCHEMA HYDROGEOLOGIQUE O. Rte LEGENDES ( Basaltes
ple
CHMOUNDA
FES
CARTE DES POINTS D'EAU ET SCHEMA HYDROGEOLOGIQUE
O.
Rte
LEGENDES
( Basaltes enlevés )
1566
1765
DU
1845
MOYEN ATLAS TABULAIRE
O.
850
POINTS D'EAU
2060
GEOLOGIE
2168
N°15
2210
2287
350
Couverture mio-pliocène et quaternaire du couloir
Sud-Rifain
Sondage n'atteignant pas le Lias
555
290
BOU
BOUR HIOUL
58
156
152
Marnes et calcaires du Moyen Atlas pliseeé
Sondage atteignant le Lias (ou, dans le Saïs, la
base du Miocène gréseux )
1225
695
221
2209
42
288
1224
67
1240
MEKNES
715
140
BAHLIL
220
Sondage atteignant le substratum du Lias (Trias)
562
750
Terrains post-domériens du Causse
16
14
15
1481 à 1485
444
663
445
360
SEFROU
O.
840
23
Karst du Moyen Atlas Tabulaire (calcaires et dolomies
Sondage artésien
21
22
205
O.
du Lias inférieur et moyen )
724
O. EL KELL
382
106
108
420
400
114
140
SEBOU
364
107
87
Groupe de sondages
805
644
290
Substratum imperméable (Primaine et Permo-Trias)
383.384
184-187
627
130
74.75
SEBOU
110
350
50
109
269
1170
116
493
Source d'émergence (pas de contact avec l'impérméable)
492
919
366
HYDROGRAPHIE
IMMOUZZER
85
405
20
DU
KANDAR
20
525
5
71
500
400
O.
Fès
1
Ple
40
27
609 !
298
450
370
204
EL HAJEB
70
100
Source de déversement (conatc avec l'imperméable
inférieur)
208
BSABIS
708
1
Cours d'eau perenne
69
610
350
10
80
20
709
373
545
165
500
ANNOCEUR
340
5
650 !
1
10
665
375
Exurgence des eaux du Lias sur le Causse
542
372
50
296
295
485
60
85
64
DAYAT
Cours d'eau à écoulement temporaire
5
AGOURAI
AOUA
710
67
385
10
386
1 532
25
537
690
10
460
62
Source de débordement ou de trop plein (contact
avec un imperméable latéral ou supérieur)
715
19
100
Canal d'irrigation bétonné
538
3
2 348
468
N° 909
522
18
5
Sre
Rte
10
17
20
714
10
16
Captage de source
717
50
330
100
50
539
Canal d'irrigation en terre
42
5
3
1
5
DAYET
54
47
210
349
5
IFRAH
703
2
722
347
IFRANE
120
Débit moyen en l/s
10
FEKRANE
94
44
195
100
579
2
Barrage de dérivation
723
DE
620
15
788
88
634
514
256
173
80
Débit moyen se rapportant à la période humide
SKOURA
100
RAS EL MA
635
320
Rte
Ligne de partage des eaux superficielles
1968-1971 en l/s
226
278
N°909
201 !
172
450
430
247
520
702
159
556
Rte
584
Section de jaugeages
585
Bassin versant fermé
N° 1
de
AZROU
225
704
GRIGRA
229
Rte
O.
ALMES DU
Station hydrométrique
473
210
200
GUIGOU
184
Lac permanent
310
N°20
O.
BOULMANE
84
N° d'inventaire du point d'eau
250
-300
O.
O.
150-180
624
638
HYDROGEOLOGIE
674
637
636
616
100-120
14
15
510
Limite des indices d'inventaire et leur N°
403
485
555
IFRANE
Lacune connue du Lias sous le Miocène
21
22
705
AIN LEUH
618
300
1000
- 1300
100
810
176
29
30
101
à
Limite méridionale des zones d'artésianisme
O.
O. BOU
26
TIMAHDITE
49
75
50-100
Limite méridionale de la nappe captive du couloir
o.
FEKRANE
FELDI
Sud-Rifain
290
Meknes
Limite de bassin hydrogéologique du Causse
EL
ATCHANE
O.
Ple
idem- limite supposée
Ple
280
N°21
AIN LEUH
O.
147
3300
270
O.
OUISLAM
O.
O.
15000
100
260
IFRANE
O. JEBALA
IRHZER
IFRANE
O.
BOU GNAOU
MAHREZ
O. BOU
N° 24
ER
O.
ER
AMARAS
Midelt
HARCH
RBIA
ARRESSOUD
SEHB
FELLAT
LOULA
BOU EDDER
OUM
Sre
Rte
N°20
O.
O.
O.
GUIGOU
GUIGOU
DEFALI
Rte
O.
EL
ATCHANE
AIT
YOUSSI DU GUIGOU
O.
SAREOU
RMEL
ple
O.
ZGANE
O. AGAÏ
490
EL
HAMMAM
EL
O.
480
CHEGGAG
Marrakech
490
500
FES
O.
510
520
530
540
550
AJIAHLE
TIUGZIT.O
560
570
580
.O
ILAFED
ZEDM.O
02
IDUOHY

Fig. 13

CAUSSE

MOYEN

entre ces deux sections est située au nord-est de la boutonnière primaire de Bsabis ; cependant les mesures réalisées à la station de Azzaba étant discutables,* les différences observées avec celles d'Ain-Timedrine ne sont pas significatives et ne peuvent donc être exploitées. Les résultats hydrolo- giques d'Aîn-Timedrine sont exposés dans le chapitre suivant (Moyen Atlas plissé).

A l'aval d'Azzaba où il n'y a malheureusement pas de station hydrologique avant Dar-El-Arsa au nord de Fès, l'oued Sebou draine à nouveau une partie du Moyen Atlas tabulaire et là encore aucune information n'est disponible. Sur l'oued Guigou, dans le haut bassin versant de l'oued Sebou, une station hydrométrique a été créée en 1970 au pont de la route principale n" 20 à Aït-Khabbach (cf. carte hydrogéo- logique, fig. 13). Le bassin versant drainé en cet endroit se trouve pour une bonne part sur'le Moyen Atlas tabulaire. Cette station serait susceptible d'ap- porter des informations intéressantes au sujet des infiltrations sur le Causse et des relations hydrauliques souterraines entre les bassins du Sebou et de l'Oum-er- Rbia, mais elle n'est en fonctionnement que depuis peu de temps et les données sont encore insuffisantes.

Signalons toutefois un phénomène particulier qui

a pu être observé pendant les étiages de ces dernières

années. Malgré la grande superficie de calcaires situés dans le bassin versant, les débits d'étiage à la station d'Aït-Khabbach sont nuls, ce qui ne peut être justifié par la seule utilisation des eaux dans les périmètres irrigués de la vallée du Guigou.

Sur le haut bassin de l'oued Beth (oued Tigrigra, oued Ifrane, oued El-Hammam), il n'y a aucune station.hydrométrique permanente et l'on n'y effectue que des mesures périodiques du débit en étiage.

Seule la station de Khénifra sur l'Oum-er-Rbia fournit des renseignements d'ordre hydrologique sur le sud-ouest du Moyen Atlas tabulaire ; c'est donc la seule station hydrologique qui sera considérée dans ce chapitre.

BASSIN DE L'OUM-ER-RBIA A KHENIFRA

Caractéristiques du bassin La partie supérieure du bassin de l'Oum-er-Rbia comporte les contreforts du Moyen Atlas. L'altitude moyenne de cette région est de 1 350 m, alors que les plus hauts sommets atteignent une altitude de 2 400 m. A la limite avec le bassin du Sebou, on

trouve le jbel Hayane dont l'altitude est de 2 409 m et

a la limite avec le bassin de la Moulouya le jbel

Amjoub (2 370 m) et le jbel Agardan (2 240 m). La région du Moyen Atlas intéressée par le haut bassin

Une élude plus récente a permis de retrouver les causes de cette anomalie. les données élaborées sur la base de cette étude conduisent à une bonne ::-relation des débits mesurés aux deux stations.

ATLASIQUE

47

versant de l'Oum-er-Rbia est la plus riche en précipitations. La pluviométrie moyenne annuelle s'élève à 800 mm en amont de Khénifra mais elle dépasse 900 mm/an sur le plateau calcaire d'Ajdir où se situe le bassin hydrogéologique qui prolonge souterrainement le bassin hydrologique. La superficie du bassin versant à Khénifra est de 1 086 km2 pour le bassin hydrologique seul, mais de 2 300 km2 si l'on ajoute le bassin hydrogéologique qui le prolonge vers le NE.

L'Oum-er-Rbia a pour origine l'oued Fellat qui prend sa source au mont Serroual (2 108 m), à la limite avec le bassin de l'oued Srou (affluent rive gauche de l'Oum-er-Rbia). Avec son affluent de rive droite l'oued Admer-Izem, l'oued Fellat est le collecteur principal de la plus haute région du bassin (synclinal de Bekrit). L'oued Fellat reçoit les apports d'un groupe de sources connues sous le nom (injustifié) des « quarante sources » ou sources de « l'Oum-er-Rbia ». Ce n'est qu'à partir de la confluence de l'oued Fellat avec l'oued Bou-Idji que le cours porte le nom d'Oum-er-Rbia. Enrichi par les eaux de ces sources abondantes, l'Oum-er-Rbia dispose déjà à Khénifra d'un débit moyen de 1 8 m3/s. Ce cours d'eau est caractérisé par des débits assez constants au cours de l'année, l'étiage n'est jamais inférieur à 7 m3/s. Les crues sont beaucoup plus régularisées que l'on ne pourrait s'attendre sur un petit bassin à précipitations relativement importantes.

Données hydrologiques La station de Khénifra est la plus ancienne dans le haut et moyen Oum-er-Rbia. Construite en 1927, elle a fonctionné depuis avec plusieurs interruptions. Cependant, de bonnes corrélations avec les stations plus en aval de Dechra-el-Oued et de Kasba-Tadla, permettent de disposer à Khénifra d'une série de mesures de débits complète et sûre depuis 1936.

Débits moyens mensuels et annuels Dans le tableau 5, nous reproduirons les chiffres fournis par Mme G. Givcovic dans son rapport « Etude du régime de l'Oued Oum-er-Rbia et de ses affluents » (1966) et par le rapport de l'ORSTOM - SOFRELEC sur l'« Etude hydrologique de l'Oum-er- Rbia » (mars 1972). Nous ajouterons les moyennes concernant les périodes 1953 à 1958 et 1963 à 1 970, pendant lesquelles les mesures offrent le meilleur degré de confiance.

Les crues Les chiffres reproduits dans le tableau 6 et concernant les crues de l'Oum-er-Rbia à Khénifra, sont tirés du rapport ORSTOM - SOFRELEC ( 1972).

Ces données ont été comparées aux débits correspondants à Dechra-el-Oued, station hydromé- trique située sur l'Oum-er-Rbia, à l'aval de Khénifra

48

RESSOURCES

EN

EAU

Tableau 5

DU

MAROC

MODULES MENSUELS INTER-ANNUELS DE L'OUM-ER-RBIA A KHENIFRA (EN M3/S) POUR DIVERSES PERIODES

ORIGINE

 

D.R.E. - 1966 (Mme GIVCOVIC)

ORSTOM SOFRELEC - 1970

D.R.E. - 1970

PERIODE

1933 - 1963

1936 - 1970

1953 - 1958 1963 - 1970

Janvier

22.7

24.9

27.5

Février

27.7

27,9

28.5

Mars

29.2

27,7

32,1

Avril

25.4

23.6

30,4

Mai

18,8

17,4

19.1

Juin

13.6

14,1

15,7

Juillet

11.3

12.3

14,1

Août

10.3

1 1.6

13.0

Septembre

 

10.6

12,1

12.8

Octobre

12.6

13.3

13.7

Novembre

 

15.5

15,6

14,8

Décembre

22.0

21,1

22.8

ANNEE

18.3

18.4

20.4

 

Tableau 6

 

CRUES DE L'OUM-ER-RBIA A KHENIFRA

 
 

Débit

 

Débit moyen

maximal en

m3/s pendant :

Année

maximal

en (m3/s)

 

6 H

12 H

24 H

48 H

4 Jours

1954-55

107.0

98,6

91,4

80,2

68,0

59,8

1963-64

420,0

406,0

382.0

342,0

335,0

291,0

1964-65

135,0

125.0

1 18,0

98,2

76,2

62,1

1965-66

57,5

50.1

49,1

38,1

28.3

23.8

1966-67

56.1

51.1

45,1

43,0

31,5

23.8

1967-68

170.0

159,0

137,0

112.0

84.0

61.0

1968-69

258,0

243.0

239,0

221.0

198,0

140.0

1969-70

503,0

477,0

432,0

354.0

274.0

224.0

 

Tableau 7

 

CRUES DE L'OUM-ER-RBIA A KHENIFRA SELON LEUR FREQUENCE

 

Temps

Débit

Débit moyen

maximal (m3/s)

pendant :

de

maximal

récur.

1

(m3/s)

6 H

12 H

24 H

48 H

4 Jours

2 ans

202

189

176

153

134

102

10 ans

392

372

348

301

279

215

100 ans

629

603

563

486

459

357

1 000 ans

861

827

772

669

635

496

10 000 ans

095

1

055

982

850

811

634

et contrôlant un bassin versant de 3328 km2. La comparaison montre des corrélations assez serrées entre ces deux groupes de valeurs, et en appliquant ces relations aux débits déjà déterminés à Dechra-el- Oued, ORSTOM - SOFRELEC fournit les débits des crues de l'Oum-er-Rbia à Khénifra selon leur fréquence (résultats consignés dans le tableau 7)

Les étiages La section de contrôle de l'écoulement à la station de Khénifra est instable et les étiages sont mesurés très irrégulièrement, aussi l'établissement de courbes de tarage et leur extrapolation pour les débits

d'étiage sont incertains. Ces débits d'étiage sont des débits naturels car il n'y a pratiquement pas de prélèvements d'eau dans la rivière à l'amont de Khénifra.

L'« Etude du régime de l'Oum-er-Rbia et de ses affluents » par Mme Givcovic (1966) rapporte toute- fois un calcul des débits d'étiage à Khénifra basé sur les débits minima mensuels de la période, 1927-28 à 1963-64. L'utilisation des débits minima mensuels plutôt que les débits minima journaliers, n'a pas une grande importance car les différences entre ces deux types de débits sont très faibles. Citons pour exemples :

 

CAUSSE

MOYEN

 

Q min. journ.

Q min. mens.

1952-53

8,3m3/s

8,7 m3/s

1953-54

8,3m3/s

9,25 m3/s

1954-55

10,2 m3/s

10,9 m3/s

1955-56

10,8 m3/s

1l,2m3/s

1956-57

10,6 m3/s

1l,2m3/s

1957-58

10,9 m3/s

1l,2m3/s

1958-59

1 l . 4 m3 / s

1l,4m3/s

Le calcul est basé sur unesérie de 30 débits minima mensuels. Les résultats sont les suivants :

ATLASIQUE

- Coefficient de variation : Cv = 0,242

- Débit minima mensuel moyen : Q =

49

1 1,9 m3/s

- Q min 0,1

%

=

17,3 m3/s (millénaire)

- Q min 10

%

=

8,8 m3/s (décennal).

Durant la période de 1927 à nos jours, les débits n'ont jamais été inférieurs à 7,0 m3/s. Ceci est justifié en raison des caractéristiques géologiques de la région ; les eaux des résurgences karstiques assurent continuellement un débit mini- mum. Au total, le réservoir karstique alimentant l'écoulement à Khénifra a une superficie de 1 326 km2.

Hydrogeologie

BASSINS VERSANTS HYDROGEOLOGIQUES

La seule origine de l'alimentation en eau souterraine des Causses est météorique (pluie ou neige). Une très forte proportion des précipitations s'infiltre dans le karst calcaire (35 à 40 96) et réapparaît principalement à la périphérie du Moyen Atlas tabulaire.

Les principaux exutoires des eaux souterraines des calcaires du Moyen Atlas sont donc périphériques et en outre de natures diverses : émergences de bo