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l'Entreprise Familiale Tunisienne

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IAE Université Montesquieu – Bordeaux IV Pôle universitaire de sciences de gestion Equipe de recherche en contrôle et comptabilité internationale

L’entreprise familiale tunisienne : structure financière et problèmes de financement
Sonia BEN JEMAA

ERCCI IAE Montesquieu-Bordeaux IV

Docteur en sciences de gestion

Cahiers électroniques de l'ERCCI IAE - © Cahier 29 – 2008
N° ISRN IAE 33/CRECCI-2008-29-FR

L’entreprise familiale tunisienne : structure financière et problèmes de financement
Sonia Ben Jemaa
Docteur en sciences de gestion UNIVERSITE MONTESQUIEU - BORDEAUX IV Pôle universitaire de sciences de gestion (ERCCI) Adresse personnelle : 43 rue des Bahutiers 33000 Bordeaux Courriel : sobeje@yahoo.fr

Résumé
Ce cahier de recherche présente la problématique de la structure financière dans le cadre des entreprises familiales tunisiennes en intégrant des concepts d’ordre qualitatif par opposition aux concepts purement financiers traditionnellement utilisés. Ainsi on introduira les différentes caractéristiques de l’entreprise familiale susceptibles d’influencer sa structure financière. De même, l’effet de la relation entretenue avec l’environnement bancaire et celui du cadre institutionnel sont intégrés dans l’analyse. Nos différentes propositions sont testées empiriquement en suivant deux étapes. Tout d’abord, on commencera par une ACP pour résumer les informations issues des variables utilisées. Puis on mesurera les liens qui existent ces variables qui et le comportement de financement des entreprises familiales tunisiennes à travers une régression linéaire multiple.

Mots-clés :
Financement, entreprise familiale, succession, relation banque-entreprise, cadre institutionnel, Tunisie Classification JEL : G, M

Abstract
The purpose of this working paper is to explain the behavior of family business about financing in Tunisia. The empirical study was undertaken in two phases: Initially, the 49 companies forming the sample were the subject of a questionnaire, through which characteristics related to the family character were to release by using a methodology combining of the qualitative and quantitative data. These variables were regressed to measure their impact on the firm finance. The results of the regressions obtained explain partly the finance of Tunisian family companies. In general, the study reveals the importance of the Tunisian institutional background in the decisions of financing of the companies.

Key Words:
Financial structure –family business –inheritance – bank firm relationship –institutional framework -Tunisia -2-

Introduction
Aujourd’hui, les entreprises familiales représentent un poids économique non négligeable en réalisant des performances financières parfois meilleures que celles des entreprises non familiales (Allouche & Amann, 2000). Caractérisée par le degré de détention du capital par la famille, le degré d’implication de la famille dans le management ou encore l’intention de transmettre l’entreprise à la génération suivante, l’entreprise familiale peut se définir comme « une organisation où deux ou plusieurs membres de la famille étendue influencent la marche (la direction) de l’entreprise à travers l’exercice des liens de parenté, des postes de management ou des droits de propriété sur le capital » (Davis & Taguiri, 1982, dans Allouche & Amann, 1998). Les liens sociaux affectifs que les membres de la famille entretiennent par leur expérience commune (Hirigoyen, 2000) influencent les types de management. Plutôt attachés à leur entreprise dont ils détiennent la propriété du capital, les dirigeants des entreprises familiales privilégient une gestion prudente (Hirigoyen, 1982) en préservant leur indépendance patrimoniale. L’étude de Mahérault (1998) confirme la logique financière propre des entreprises familiales non cotées : dans une stratégie de croissance, la possibilité d’augmenter les ressources propres de l’entreprise est réduite à l’autofinancement et aux nouveaux apports des dirigeants propriétaires. Les entreprises familiales sont reconnues comme le vivier du tissu industriel et contribuent au développement économique1. En Tunisie, les entreprises familiales occupent une place prépondérante dans le maillage économique national. En effet, près de 95% des sociétés enregistrées aux registres du commerce sont des SARL, donc des PME, à très grande majorité familiale. L’examen de la liste de 20 premiers groupes tunisiens2, montre que la majorité est constituée par des groupes familiaux. Aussi si l’on considère uniquement les 400 plus grandes entreprises privées tunisiennes (celles qui réalisent plus de 3 millions de DT de CA), les entreprises familiales y représentent près de 75% en termes de chiffre d’affaires, soit près de 11 milliards de DT. Le manque d’intérêt pour le financement des entreprises familiales est cependant manifeste. De ce contraste est née ce présent travail avec une première préoccupation à l’origine : montrer que les spécificités de l’entreprise familiale expliquent la politique de financement de ces entreprises en question. L’objectif de ce travail est de présenter la problématique de la structure financière dans le cadre des entreprises familiales tunisiennes en intégrant des concepts d’ordre qualitatif par opposition aux
1 A titre d’exemple, 90% des entreprises aux Etats-Unis sont possédées par des familles et assurent 40% du PNB américain. Les entreprises familiales en l'Europe occidentale assurent quant à elles entre 45% du PNB et 65% de l'emploi. 2 Source : l’Economiste Maghrébin (numéro spécial, janvier 2006).

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concepts purement financiers traditionnellement utilisés dans ce type de travaux. De ce fait cette première étape est consacrée à l’introduction du concept d’entreprise familiale et à la présentation de leurs caractéristiques susceptibles d’influencer de près ou de loin sa structure financière. De même, l’effet de la relation entretenue avec l’environnement bancaire et celui du cadre institutionnel sont introduits dans l’analyse. Dans un deuxième temps nous allons essayer de valider empiriquement les effets de la spécificité de l’entreprise familiale sur sa politique de financement.

1 - Spécificité de l’entreprise familiale en termes de financement
Il est difficile de trouver une définition de l’entreprise familiale qui fasse l’unanimité dans la littérature. Dans l’analyse d’Hirigoyen et Poulain-Rehm (2002), l’entreprise familiale est définie comme une entreprise dont 20% au moins du capital est contrôlé directement ou indirectement par une ou plusieurs personnes physiques appartenant à une même famille1. La structure de propriété particulière est la caractéristique la plus importante qui distingue généralement l’entreprise familiale des autres entreprises et qui influence directement son comportement de financement. Short (1994) présente une analyse analogue pour la structure de propriété dans la mesure où les entreprises à structure de propriété concentrée supportent des coûts d’agence de la dette et un risque de faillite moins élevé car les créanciers peuvent surveiller plus facilement les opérations de l’entreprise. Kim & Sorensen (1986) avancent deux explications au fait que les coûts d’agence de la dette sont moins importants dans les entreprises dont la propriété du dirigeant est importante. La première est que les créanciers peuvent avoir un point de vue plus clair sur le risque inhérent des décisions d’investissement sur la valeur des dettes si la propriété des dirigeants est importante. La deuxième explication avancée par l’auteur est que les créanciers s’attendent à ce que l’entreprise soit plus coopérante en terme de négociation et à apporter plus de fonds propres lorsque la propriété des dirigeants est importante. Viviani (1998) explique que lorsque le capital est détenu en intégralité par la famille, le propriétaire a intérêt à maximiser la sur-rémunération salariale car un dinar versé en sur-rémunération salariale ne réduit le résultat de l’entreprise que de (1-t). La fiscalité personnelle sur le revenu n’intervient pas dans le choix dans la mesure où les salaires et les dividendes sont assujettis à l’impôt sur le revenu. Mais si le capital de l’entreprise est partagé entre l’investisseur familial et des actionnaires

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extérieurs, il apparaît une relation d’agence puisque la sur-rémunération salariale de la famille vient non seulement en déduction des dividendes de l’investisseur familial mais aussi de ceux des actionnaires extérieurs. Dans ce sens et en l’absence de mécanismes de gestion de la relation d’agence, les actionnaires extérieurs vont exiger une rémunération de leurs investissements dans l’entreprise familiale supplémentaire pour les dédommager contre le risque de voir leurs dividendes réduits au profit de la sur-rémunération salariale de la famille. Par conséquent le coût des capitaux propres de l’entreprise familiale sera donc élevé car aussi bien l’investisseur familial que l’actionnaire extérieur, vont exiger des primes de risque liées à la structure spécifique des droits de propriété de l’entreprise familiale. L’auteur conclut que ce renchérissement du coût du capital doit conduire à une sous-évaluation des entreprises familiales et à un sous investissement par rapport aux entreprises à capital dispersé équivalentes. Il peut également exister plusieurs types de conflits entre les membres de la famille. Un conflit peut naître entre les membres qui bénéficient d’une sur-rémunération salariale et les autres. Ce conflit peut survenir lors d’une OPA puisque les premiers seront plus réticents que les seconds à l’accepter car ils subissent le risque de perdre leurs activités de direction et les revenus associés. Les seconds peuvent être alléchés par les perspectives de plus-value sur leurs titres. Un autre type de conflit apparaît lors des décisions d’investissement. Les différents membres de la famille n’ont pas le même degré de diversification de leur richesse et n’ont pas des goûts identiques. Notamment leurs taux d’actualisation psychologiques peuvent être différents. Pour l’ensemble de ces raisons, ils ne vont pas évaluer l’intérêt d’un investissement de la même manière. La valeur de l’entreprise familiale est donc fonction des caractéristiques des différents membres de la famille et des procédures de résolution des conflits au sein de la famille.

2 - Les déterminants de la structure financière spécifique à l’actionnariat familial
2.1 - Variables dépendantes
Les variables dépendantes sont choisies de façon à tenir compte de la spécificité financière des entreprises familiales. La majorité des études empiriques sur les déterminants de la structure financière, dont les échantillons se composent de grandes entreprises cotées, utilisent traditionnellement deux mesures du niveau d’endettement. La première est fondée sur une évaluation purement comptable tandis que la seconde utilise les valeurs de marché des fonds propres et des dettes. Cette distinction s’avère nécessaire s’il est supposé que les dirigeants de ce type d’entreprises fixent des niveaux de fonds propres et d’endettement sensiblement différents en -5-

termes comptables et de marché en raison principalement de la valeur des options de croissance de l’entreprise (Titman et Wessels, 1988). Dans notre problématique spécifique aux entreprises familiales, seules les mesures comptables sont pertinentes. Elles doivent permettre de saisir la répartition entre fonds propres et dettes au sein du passif de l’entreprise. Aussi pour des raisons de disponibilité les mesures en terme de valeur de marché ne peuvent être obtenues vu que notre échantillon est composé d’entreprises cotées et non cotées. La variable de la structure financière retenue pour appréhender le choix entre les deux modes de financement que sont les fonds propres et l’endettement total est le taux d’endettement total rapporté au total des dettes, sans distinction de nature (dettes financières et dettes commerciales) et d’échéance (dettes à court terme et à moyen terme), au total du passif figurant au bilan.

2.2 - Variables indépendantes
La Taille : Plusieurs arguments conduisent à supposer une relation positive entre la taille et l’endettement. Tout d’abord la probabilité de faillite est réduite dans les entreprises de taille importante car la diversification des activités réduit la volatilité des cash-flows et donc la probabilité de faillite (Titman et Wessels 1988, Rajan et Zingales 1995). Par ailleurs, Ferri et Jones 1979 notent que les grandes entreprises ont plus accès aux marchés financiers et peuvent emprunter à de meilleures conditions. Finalement, pour les petites entreprises, les conflits d’agence entre actionnaires et créanciers peuvent être plus sévères puisque les dirigeants sont souvent des actionnaires importants et que ces firmes disposent de plus de souplesse dans leur choix d’investissement (Grinblatt et Titman 1998). Ce problème peut être limité en octroyant aux petites entreprises des crédits à court terme. La plupart des études empiriques montrent que la taille est positivement liée à l’endettement. Rajan & Zingales (1995) ; Graham, Lemmon & Schallhein (1998) ; Hovakimian, Opler & Titman (2000) ; Booth, Aivazian, Kunt & Maksimovic (2001), Graham & Harvey (2001) et Korajczyk & Levy (2003) trouvent une relation positive. Fama & French (2002) obtiennent une relation positive entre l’endettement et la taille de l’entreprise d’une part et le paiement de dividendes et la taille de l’entreprise, d’autre part. Frank & French (2002) trouvent aussi le même résultat en utilisant le logarithme du chiffre d’affaires comme mesure de la taille de l’entreprise. Titman & Wessels (1988) trouvent que le ratio d’endettement à long terme est positivement lié à la taille de l’entreprise, ce qui reflète relativement les coûts élevés de transaction pour les dettes à long terme. Osteryoung, Constand & Nast (1992) ; Chittenden, Hall & Hutchinson -6(1996), Michaelas,

Chittenden & Poutziouris (1999), Fluck, Holtz-Eakin & Rosen (2000) trouvent désormais une relation négative entre l’endettement à court terme et la taille de l’entreprise. Coleman & Carssky (1999) trouvent aussi une relation positive entre l’endettement en général et la taille des entreprises familiales, ces deux auteurs ont répertorié la dette en plusieurs types d’endettement. Ang(1992), Cole & Wolken (1995), Riding & al. (1994) et Weinberg (1994) expliquent que les bailleurs de fonds préfèrent prêter aux entreprises d’une certaine taille et bien établies plutôt qu’aux petites entreprises. Aussi on peut expliquer ce résultat par le fait que les petites entreprises n’ont pas un besoin de financement très important donc elles se contentent de leurs fonds propres. Le secteur d’activité

Harris et Raviv (1991) expliquent que les entreprises appartenant au même secteur semblent avoir des structures financières comparables. Dans une étude canadienne Riding, Haines et Thomas (1994) relèvent que les industries manufacturières ont moins accès aux découverts bancaires que les entreprises non manufacturières. Van der Wijst (1989) et Welsh et White (1981) affirment que vu que les industries manufacturières ont besoin d’un capital important dû à la taille de l’investissement en immobilisations, elles seraient plus emmenées à utiliser des dettes. Des études antérieures (Hirish, 1989 et Riding et al, 1994) stipulent que les entreprises du secteur des services ne sont pas de bons candidats pour les crédits bancaires car elles n’apportent pas assez de garanties aux bailleurs vu leur faible actif. Selon Scherr, Sugrue et Ward (1993) les entreprises des secteurs à forte intensité capitalistique telles que les industries manufacturières, le secteur minier et le bâtiment ont plus accès aux capitaux. Notre échantillon appartient à six secteurs à savoir, bâtiment et génie civil, industries agroalimentaires, matériaux de construction, céramique et verre, ind. mécaniques et électriques, chimie et caoutchouc, textile, cuirs et chaussures et services. La structure juridique

Selon Neubauer & Lank (1998), la structure juridique est utilisée par la famille pour que l’entreprise atteigne ses deux principaux objectifs, se développer et conserver son caractère familial. Le développement implique d’accroître durablement le niveau d’activité existant. Selon Barrédy (2002) le rythme de croissance, les besoins de l’entreprise sont plus ou moins importants. Pour les satisfaire, il est nécessaire d’utiliser les capacités qu’offre la structure juridique choisie. Conserver le caractère familial de l’entreprise suppose que la famille garde la place prépondérante qu’elle occupe en se servant de la structure juridique pour limiter les contraintes pesant sur cette continuité. Ainsi la famille doit choisir des structures qui attirent les investisseurs, familiaux ou non, en les sélectionnant pour ne pas compromettre la nature familiale de l’entreprise. La structure -7-

juridique permet d’attirer de nouveaux investisseurs si elle ne leur impose pas de lourdes responsabilités et si elle leur offre une liberté de mouvement dans le capital. Par exemple, apporter du capital dans une SARL ou une SNC est plus problématique que dans une SA dans la mesure où la cession des parts sociales est soumise à l’autorisation des autres associés dans les deux premières formes juridiques. Ce qui n’est pas le cas dans une SA où la vente des parts est libre et le nombre d’actionnaires n’est pas limité. Les SA et les SARL présentent l’avantage de la responsabilité limitée ce qui incite à prendre plus de risque et à contracter des dettes. Donc on peut comprendre qu’il est plus facile d’attirer des capitaux dans une SA que dans une SNC ou une SARL qui à leur tour présentent l’avantage pour la famille de sélectionner les investisseurs qui partagent ses valeurs et limitent la présence de gérants indésirables. L’âge de l’entreprise Les différentes formes de financement sont aussi liées au cycle de vie de l’entreprise (Berger et Udell 1998, Gersick, Davis, McCollom Hampton & Lansberg 1997). Dollinger (1995) remarque que les sources du capital dépendent, jusqu’à un certain point, du fait que l’entreprise soit en phase de croissance ou en phase de maturité. En effet, les entreprises en croissance tendent à compter plus sur des capitaux propres et ce à cause de la difficulté de lever des fonds auprès des institutions de crédits qui privilégient les entreprises en phase de maturité. Dans ce sens, Kimki (1997) soutient l’idée selon laquelle les entreprises familiales se tournent essentiellement vers leurs économies personnelles, l’aide des amis et des parents pour financer le start-up de leurs affaires à cause des difficultés de contracter des crédits au niveau de cette phase du démarrage. Berger et Udell (1998) affirment que les dirigeants propriétaires des petites et jeunes entreprises ne peuvent compter que sur le financement interne tel que les prêts familiaux et les crédits commerciaux. Collins & Moore (1964) constatent que les premières générations de propriétaires s’opposent plus au financement externe. Ce résultat est tempéré, jusqu’à un certain point, par d’autres conclusions (Stanworth & Curran 1976), qui indiquent que la croissance rapide ne peut être possible que par ce type de financement. Aussi Berger & Udell (1998) trouvent que les petites entreprises dans les secteurs à forte croissance et à risque élevé, utilisent plus de capitaux propres, en revanche les petites entreprises dans les secteurs à faible croissance utilisent plus de dettes. On peut donc conclure que l’âge de l’entreprise affecte la possibilité d’obtention de crédits par l’entreprise dans la mesure où une entreprise âgée a prouvé sa capacité de survivre à la période d’établissement d’une position sur ses marchés et donc a développé des effets de réputation (Diamond, 1991).

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L’âge de l’entreprise depuis sa constitution en nombre d’années est la mesure retenue pour cette variable. Les résultats des études de Bourdieu et Colin-Sedillot (1993) ainsi que de Johnson (1997) montrent une relation négative entre l’âge de l’entreprise et son degré d’endettement. Le signe négatif de cette relation peut être expliqué par le fait qu’une entreprise plus âgée a pu réussir à accumuler, au cours de son existence, un montant important de fonds propres via l’autofinancement et que, par conséquent, elle doit moins recourir à l’endettement. D’autres auteurs tels qu'Edwards et Fischer (1994) montrent, par contre, l’existence d’une relation positive entre l’âge de l’entreprise et son degré d’endettement. Ces deux auteurs expliquent cette influence via l’intensification de la relation de confiance entre l’entreprise et ses créditeurs. Par conséquent, une entreprise âgée peut faire état d’une relation de confiance de longue durée avec ses créditeurs et dès lors bénéficier de meilleures conditions de crédit. Hypothèse 1 : les caractéristiques de l’entreprise influencent sa structure financière.

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Le caractère familial

Neubauer & Lank (1998) stipulent que la propriété, l’indépendance et les facteurs liés au contrôle familial affectent les décisions financières du propriétaire. D’autres auteurs tels que Dailey, Ruschling et De Mong (1977), ou encore Hutchinson (1995) et Shrivastava & Grand (1985) expliquent que les entrepreneurs qui veulent préserver leur indépendance tendent à utiliser des capitaux propres dans la mesure où ceux-ci n’impliquent pas des outsiders, ou l’autofinancement. Dans ce sens, Strey (1994) affirme que les propriétaires des petites entreprises préfèrent se financer par des dettes à court terme car ils sont contre tout partage de la propriété. Hutchinson (1995) et Berger & Udell (1998) soutiennent l’idée selon laquelle les dirigeants propriétaires vont jusqu’à limiter volontairement l’utilisation et la croissance du capital pour préserver le contrôle de l’entreprise. Modigliani & Miller (1958) avançaient déjà dans leur travail pionnier que les prêteurs restreignent les manœuvres des dirigeants en imposant des termes rigides pour la structure du capital ce qui pousse les dirigeants à être prudents par rapport à la perte du contrôle. Le caractère familial est mesuré par le pourcentage du capital détenu par la famille et le degré d’Implication de la famille dans la gestion de l’entreprise à travers le nombre d’enfants travaillant dans l’entreprise Hypothèse 2 : les caractéristiques de l’entreprise liées au caractère familial influencent sa structure financière. -9-

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Les caractéristiques de la succession

Dans le monde, seulement 30% des entreprises familiales survivraient à leur transfert à la seconde génération et moins de 10% survivraient à la troisième génération. Une grande partie des entreprises tunisiennes ont été fondées pendant les années 60 et 70, la durée moyenne d'un mandat de chef d'entreprise familiale oscillant entre 25 et 30 ans (contre 7 à 10 pour les autres entreprises), l'heure de la succession a approché pour de nombreuses entreprises familiales. La transmission des entreprises, notamment lorsqu'elles ont un caractère familial, constitue une opération délicate pour leur survie. La loi de finances a prévu toute une rubrique spécifique relative à la fiscalité de transmission des entreprises familiales1 ce qui reflète une prise de conscience des pouvoirs publics de l'importance des entreprises familiales et l'enjeu et les risques de leur transmission à travers l'adoption de mesures destinées à adoucir le coût fiscal. Dans ce contexte, il est intéressent de voir si les chefs d'entreprises anticipent ce problème et la répercussion de ceci sur la politique de financement. Cette variable est appréhendée à travers l’intention du dirigeant propriétaire de passer l’affaire aux générations suivantes et sa préparation de la succession. Hypothèse 3 : la succession influence sa structure financière.

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Les caractéristiques du dirigeant

Plusieurs travaux antérieurs montrent que les décisions financières des entreprises familiales dépendent largement des caractéristiques et de la personnalité de son dirigeant. Dans son étude, Hirigoyen (1982) a mis en évidence une stratégie financière prudente des dirigeants des entreprises familiales et un objectif de pérennisation de l’entreprise. Plusieurs recherches d’inspiration stratégique, proposent une grille explicative des choix de financement adoptés par les dirigeants-propriétaires (Barton et al., 1988 , Thompson et al., 1993). L’idée de départ qui fonde ces travaux énonce que « les décisions financières, en tant que composante de la stratégie, seraient soumises aux mêmes facteurs qui façonnent les orientations stratégiques » (Miller et al., 1986). Ces facteurs recouvrent principalement les valeurs et les objectifs du dirigeant (Chaganti et al. 1995).
Le nouveau régime de faveur institué par la loi n° 2006-85 du 25 décembre 2006 portant loi des finances pour la gestion 2007.
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Dans la même lignée, d’autres auteurs se sont focalisés sur le lien qu’il peut y avoir entre les valeurs du dirigeant et la nature des décisions financières prises (Kotey et al., 1997). Dans cette perspective, on tente d’établir une segmentation des entreprises selon les valeurs des dirigeants et de mettre en exergue ensuite d’éventuels liens avec les comportements. On distingue globalement entre « deux types de dirigeants-propriétaires en se fondant sur leurs attitudes vis-à-vis de la croissance et de l’endettement » (Kotey, 1999). D’un côté, apparaissent des dirigeants fortement motivés par l’aspect patrimonial et qui développent en l’occurrence une aversion vis-à-vis de l’endettement, de l’autre, ceux privilégiant la performance économique de leur entreprise. D’autres études, sur des PME, font le contraste entre les dirigeants selon leur positionnement par rapport à la prise de risque à l’égard de l’investissement. Les tests menés par Sauner-Leroy (1999) relèvent que l’aversion au risque des dirigeants-propriétaires apparaît d’autant plus élevée que les contraintes financières sont fortes. Ainsi, dans une étude sur 281 entreprises moyennes familiales suédoises, Berggren (2000) montre que la réticence des dirigeants-propriétaires à l’égard du financement externe, initialement explicable en raison de leur aversion au risque, est renforcée par le risque de contrôle familial, mais qu’elle a, néanmoins, tendance au desserrement en fonction de la nécessité perçue de la croissance, de la taille des entreprises et de leur santé financière. L’âge du dirigeant doit également être pris en considération lors de l’analyse des ratios d’endettement des entreprises. Effectivement, selon Tufano (1996), plus le dirigeant est âgé et proche de la retraite, plus son aversion pour le risque est grande. Cela pourrait également signifier que plus le dirigeant de l’entreprise est âgé, moins il voudra endetter l’entreprise qu’il dirige et ce, afin de ne pas augmenter le niveau de risque de cette entreprise. Le niveau d’instruction du dirigeant, son âge, son degré d’aversion vis-à-vis du risque, son attitude vis-à-vis de l’ouverture du capital ainsi que ses objectifs à travers l’entreprise peuvent refléter la personnalité du dirigeant Hypothèse 4 : les caractéristiques du dirigeant de l’entreprise familiale influence sa structure financière. Les caractéristiques du cadre institutionnel

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La perception du cadre institutionnel par rapport à la performance représente la perception des dirigeants des problèmes liés aux pratiques anticoncurrentielles, à la corruption, à l’environnement juridique, ainsi qu’aux coûts et accessibilité des sources de financement. Hypothèse 5 : le cadre institutionnel de l’entreprise familiale influence sa structure financière.

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Le comportement de financement

Le comportement de financement est mesuré par les sources de financement utilisées par l’entreprise et les préférences du dirigeant en terme de sources de financement Hypothèse 6 : le comportement et les préférences de financement de l’entreprise familiale influencent sa structure financière. Relations bancaires de l’entreprise

La banque prend quotidiennement des décisions d’octroi ou de refus de prêts. Elle est conduite à apprécier en permanence le risque attaché à chacune de ses opérations (techniques de diagnostic) et à se couvrir financièrement (prises de garanties). Il s’agit de se protéger avant toute chose contre le risque. Pallas (2002) stipule que la forte interférence entre le patrimoine social de l’entreprise et le patrimoine familial du dirigeant est une source de craintes pour les banquiers. Ceux-ci ne disposent pas du même niveau d’information sur les opportunités d’investissement que le dirigeant de l’entreprise familiale. Les établissements bancaires et financiers prendront alors en compte des critères qui favorisent les crédits de nature objective et les clients qui leur paraissent les plus sûrs, tant du point de vue de l’information fournie que des investissements réalisés, on retrouve l’analyse faite sur l’endettement, en termes de coûts d’agence et d’asymétrie d’informations. Dans ce sens et selon Lang & Nakamura (1989), les banques cherchent à développer un avantage informationnel sur leurs clients et à produire un savoir bancaire spécifique par un processus d’apprentissage. Diamond (1991) projette ce processus dans le temps grâce à l’observation de l’expérience des transactions passées avec l’emprunteur, Petersen & Rajan (1994) et Levratto (1995) le projettent dans l’espace, grâce aux différents produits et services accordés.

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Selon Macaulay (1963) et Macneil (1974), les entreprises familiales engagées dans une stratégie de croissance devraient développer avec leurs banques une relation durable fondée sur l’ensemble des transactions répétées. En effet, Fried & Howitt (1980) affirment que les entreprises s’inscrivant dans une relation de long terme avec leurs banques sont les moins rationnées et Petersen & Rajan (1994) expliquent que ces entreprises bénéficient de conditions plus favorables en termes de taux de crédit, de disponibilité de fonds, Berger & Udell (1995) montrent que ces mêmes entreprises bénéficient aussi de conditions plus favorables en termes de garanties exigées. Aussi, Stiglitz (1985) avance que le contrôle des dirigeants est effectivement effectué non pas par les actionnaires, mais plutôt par les créanciers et plus particulièrement les banquiers. L’auteur explique que les actionnaires individuellement et les petits créanciers (les fournisseurs par exemple) ne sont pas motivés pour supporter les coûts de la collecte d’information pour leur permettre de contrôler et surveiller le comportement des dirigeants. Ainsi, les dirigeants seraient mieux contrôlés si les créanciers n’étaient pas très dispersés. Dans ce sens les coûts d’agence de la dette seraient minimums lorsqu’il y a un seul créancier par rapport à une situation où les créanciers sont très dispersés. Berglof (1990) estime que le niveau d’endettement serait moins important dans les entreprises où les créanciers sont très dispersés par rapport aux entreprises où les créanciers sont concentrés. Il explique cette situation entre autre par le climat de confiance qui peut s’instaurer entre un seul propriétaire dirigeant et un seul créancier représenté par le dirigeant de la banque. En fait dans cette situation extrême c’est-à-dire un niveau de concentration extrême de, à la fois, la propriété et la dette (structure de propriété et dettes) les coûts de faillite sont réduits et les problèmes financiers de l’entreprise peuvent être résolus en interne. Dans l’autre cas c’est-à-dire une structure de propriété diffusée et une structure de la dette aussi (plusieurs créanciers), le climat de confiance entre les deux parties devient plus difficile à instaurer dans la mesure où il y a une grande divergence d’intérêt entre les différentes parties. Ainsi, devant la première difficulté de l’entreprise, chaque créancier va agir individuellement dans le sens d’une liquidation prématurée des actifs de l’entreprise afin de récupérer ces fonds, surtout dans les pays où la loi de faillite le permet. Ainsi on peut s’attendre à ce que le risque de faillite soit moins élevé dans les entreprises dont la structure de la dette est concentrée que dans les entreprises dont la structure de la dette est dispersée. Gallo & Vilaseca (1996), dans leur étude sur l’impact du comportement de financement sur l’investissement et le risque et l’impact de la politique de dividendes sur la performance, révèlent que la taille de l’entreprise familiale est liée au nombre d’établissements financiers avec lesquels l’entreprise opère et au nombre de produits financiers de financement et que les entreprises

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familiales tendent à avoir un ratio de dettes/capitaux propres faible et particulièrement celles qui ont une position de leader sur le marché. Selon Sonnenfeld & Spence (1989) les entreprises familiales ont un ratio d’endettement faible pour éviter d’endommager la réputation de la famille et les garanties personnelles et aussi pour éviter de perdre n’importe quoi en cas de faillite. D’un autre coté, les établissements financiers semblent donner plus d’importance à la richesse de la famille qu‘à la capacité de remboursement de l’entreprise. Berger et Udell (1998) confirment que les banques et les compagnies financières prennent surtout en considération la productivité de l’actif de l’entreprise qui peuvent être perçus comme garanties. Dans une étude descriptive sur le financement à long terme des petites entreprises en Australie, Renfrew, Sheemann & Dunlop (1984) trouvent que les banques sont la principale source de financement pour les petites entreprises et 4/5 des propriétaires avaient droit au découvert bancaire. Une autre étude en Australie montre que les banques sont les principales sources de financement pour les petites entreprises, suivies par les compagnies financières et les crédits commerciaux et ces entreprises paient plus cher leurs dettes que les grandes entreprises. Ce résultat est conforme à celui reporté aux USA. La relation qu’entretient l’entreprise avec ses banques est évaluée à travers le nombre de relations bancaires, la durée de la relation avec la principale banque, l’accessibilité des crédits bancaires, le type de garanties exigées ainsi que la nature de difficultés pour accéder aux crédits bancaires. Hypothèse 7 : la nature des relations qu’entretient l’entreprise familiale avec son environnement bancaire influence sa structure financière. Planification des investissements à long terme

Pour appréhender la vision du dirigeant à long terme par rapport à la problématique de financement nous avons utilisé le degré de planification des investissements à LT et le mode de financement prévu. Hypothèse 8 : la planification des investissements à long terme de l’entreprise familiale influence sa structure financière.

3 - Méthodologie d'analyse et résultats

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Notre objectif à travers ce travail est de justifier et vérifier les différentes propositions de recherche avancées précédemment. Ainsi, nous avons essayé de construire des passerelles entre analyse qualitative et analyse quantitative et de montrer en quoi la combinaison de ces méthodes enrichit l’analyse de la structure financière. Le recours à des techniques combinées permet de produire des données plus pertinentes et plus riches. En effet l’étude qualitative menée en préalable à l’analyse quantitative participe à la définition de variables pertinentes et d’hypothèses à tester, de stratifications adéquates ; elle guide donc l’élaboration du questionnaire. L’étude quantitative permet de confirmer ou d’infirmer certains des résultats, dans la mesure où ils sont traduisibles en hypothèses statistiquement réfutables. Ces derniers seront donc potentiellement extrapolables, l’étude quantitative étant menée sur des échantillons plus larges, parfois représentatifs. En aval de l’analyse quantitative, le qualitatif procure des possibilités d’interprétation plus riches en rendant les résultats signifiants. Cette validation se déroulera en deux étapes. Tout d’abord, on commencera par une analyse en composantes principales pour rechercher de nouvelles variables (les composantes principales), non corrélées entre elles, résumant le mieux possible les informations issues de toutes les variables utilisées pour l'analyse à savoir : les caractéristiques générales de l’entreprise, celles liés au caractère familial, les caractéristiques de la succession, les caractéristiques du dirigeant, les caractéristiques du cadre institutionnel, le comportement de financement, les relations bancaires de l’entreprise ainsi que la planification des investissements à long terme. Une fois les macro-variables déterminées, nous aurons à tester nos hypothèses de recherche en essayant de mesurer les liens qui existent entre les différentes variables qui, combinées entre elles, peuvent permettre d'expliquer le comportement financier des entreprises familiales tunisiennes de notre échantillon. Comme nous le verrons plus loin, nous utiliserons des régressions linéaires multiples.

3.1 - Echantillon constitué
La construction du questionnaire est passée par plusieurs étapes. D’abord on a sélectionné huit dirigeants d’entreprises familiales1 avec lesquels nous avons eu des entretiens semi-dirigés, la grille d’entretien initiale, élaborée à partir de la revue de la littérature, reprenant les thèmes d’importance2 tels qu’ils ont été identifiés dans la construction théorique de l’objet de recherche, est dotée de ce que l’on appelle une marge. La grille est révisée, ajustée, au cours du travail de production des entretiens : certains des thèmes initiaux pourront être supprimés, d’autres ajoutés ou réorientés en fonction de ce que les dirigeants interrogés donnent à entendre. Les remarques, suggestions et
1 2

Les plus accessibles et les plus coopératifs. L’implication de la famille dans l’entreprise, la préparation de la succession, la relation avec les banque, la perception de l’environnement…

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critiques des dirigeants ont été riches d’enseignements. Pour à la fin se fixer sur un questionnaire définitif qui sera administré à l’ensemble de l’échantillon. L’échantillon est constitué d'entreprises familiales tunisiennes pour l’année 2000. Les données annuelles des entreprises proviennent de leurs bilans et comptes de résultats dont la collecte nous a été possible grâce à la collaboration de quatre bureaux d’experts comptables. Le caractère familial a été identifié grâce aux noms des associés, ainsi que ceux de l’équipe dirigeante et des administrateurs. L’échantillon a été constitué selon les critères d’identification de l’entreprise familiale retenus précédemment par notre étude, à savoir : - La famille détient le contrôle de la propriété : le contrôle peut être absolu (plus de 80% du capital), majoritaire (plus de 50% du capital) ou minoritaire (de 20 à 50% du capital) ; - La famille est directement impliquée dans la gestion courante de l’entreprise, c’est-à-dire deux membres de la famille ou plus occupent des postes de direction d’une façon active et permanente ; - Les membres de la famille ont l’intention de conserver l’entreprise dans le cadre familial ; Ceci nous a permis de collecter 81 entreprises. Lors de la construction de notre échantillon les entreprises appartenant au secteur de la finance et celles qui sont réglementées par l'Etat ont été exclues. La structure financière des banques et des compagnies d'assurance répond à des exigences spécifiques. Cet échantillon a été "nettoyé". Les observations dont les rubriques de bilan présentaient des incohérences apparentes : total de l’actif différent du total du passif , valeurs nulles ou négatives pour le total de l’actif, le chiffre d’affaires, l’effectif, les capitaux propres ou la valeur ajoutée, et les valeurs manquantes ont été supprimées. Les bilans des entreprises de l’année 2000 ont été utilisé qui nous paraissent le mieux refléter les données de l’enquête qui a été réalisée entre l’année 2000 et 2001. Ainsi au total l’échantillon regroupe 49 entreprises.

2.2 - Résultats descriptifs
Les entreprises de notre échantillon appartiennent plutôt à la catégorie moyenne grande entreprise puisque plus de la moitié (31) ont un effectif supérieur à 50 employés. Seulement 9 d’entre elles sont des TPE. La ventilation de l’échantillon par secteur d’activité selon une classification par nomenclature économique révèle que la plupart des secteurs d’activité sont représentés dans notre - 16 -

panel, à l’exception des activités financières. En effet 34,7% des entreprises familiales de notre échantillon font partie du secteur des services, 40,8% du secteur des matériaux de construction et génie civil et bâtiment et 5% textiles, habillement et cuir, 15% chimie, caoutchouc et verre, 5% agroalimentaire et 2% industries des métaux, constructions mécaniques et électriques. La majorité des entreprises (57%) de notre échantillon ont été créées dans les années 70 et 80 et 27% ont commencé leur activité après l’année 90. aussi toutes les entreprises de l’échantillon sont des sociétés anonymes et des SARL. Par rapport à la structure du capital, la part détenue par le principal propriétaire est supérieure à 50% dans plus de 67% des entreprises étudiées, et la famille en détient plus de 50% du capital pour 83% d’entre elles. On peut conclure que notre échantillon est composé essentiellement d’entreprises à capital concentré. Aussi 83% des entreprises appartiennent à un groupe. Dans le cas où l’entreprise appartient à un groupe, il y a plus de 60% de chances que toutes les entreprises du groupe appartiennent à un même secteur ce qui laisse supposer un faible degré de diversification. Le niveau du ratio moyen des dettes totales sur l’actif réel total est assez élevé, il est de l’ordre de 73,11%. Toutes les entreprises de notre échantillon appartiennent presque à la première et à la deuxième génération et les deux générations peuvent très bien cohabiter c'est-à-dire on retrouve les fondateurs et les enfants qui travaillent en même temps dans l’entreprise. Sur les 49 entreprises interviewées, les enfants travaillent dans l’entreprise dans 28 d’entre elles, ce chiffre aurait pu être plus important car plusieurs dirigeants déclarent que leurs enfants sont encore trop jeunes pour travailler dans l’entreprise et expriment leur souhait de les faire intégrer l’affaire familiale dés qu’ils en auront l’âge. Dans toutes les entreprises de l’échantillon, il y a au moins un membre de la famille qui y travaille, ce nombre est variable mais dans 57% des cas, il est entre un et deux. Pour le reste ce nombre est supérieur à deux. Dans plus de 80% des cas le dirigeant propriétaire actuel compte transmettre l’affaire à la génération suivante. Pour les 20% restant, une telle volonté ne manque pas, mais la situation difficile de l’entreprise fait qu’une transmission est difficile. Seulement 16 dirigeants comptent partir à la retraite bientôt et transmettre l’entreprise à leurs successeurs, dont 6 dans les 5 années à venir et les autres dans plus de dix ans. On peut supposer que les fondateurs ont du mal à "passer le flambeau" aux générations suivantes d’où la difficulté de la préparation de la succession. Le successeur est identifié seulement dans 48% des cas. Ceci peut être expliqué par l’âge relativement jeune des dirigeants qui ont moins de 50 ans pour la moitié de l’échantillon. 89% des entreprises sont gérées par des dirigeants ayant au moins le baccalauréat, et vu leur âge, ce niveau peut être considéré comme assez élevé. - 17 -

68% des dirigeants des entreprises déclarent ne pas ouvrir le capital et ce sous aucune circonstance. Ce qui est tout à fait conforme à l’idée générale admise sur la réticence des entreprises familiales à toute participation externe à la famille au capital de l’entreprise par crainte de perte de contrôle. Les dirigeants ont cité plusieurs objectifs qu’ils veulent atteindre à travers leur entreprise, à savoir, accroître la richesse de la famille, garantir un emploi pour les membres de la famille, acquérir une réputation familiale dans les affaires et la pérennité de l’entreprise. Les sources de financement les plus utilisées par les entreprises de l’échantillon sont sans surprise les capitaux propres et les crédits bancaires. Par rapport à l’ordre de préférence on retrouve le comportement hiérarchique de financement, c’est-à-dire les entreprises préfèrent les sources internes et les dettes à l’émission de titres. Les entreprises familiales de notre échantillon trouvent que les crédits bancaires sont relativement accessibles. Dans 90% des cas, les entreprises déclarent que les banques exigent toujours des garanties et que les garanties qui les contraignent le plus sont celles personnelles et familiales. Par rapport à la planification des investissements à long terme, plus de la moitié des entreprises déclarent ne pas avoir planifié leurs investissements au-delà des deux années à venir.

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3.3 - Echelles de mesure
Dans un premier temps, il faut mesurer la pertinence de nos échelles de mesures et évaluer l'unidimensionnalité de nos construits en fonction des réponses obtenues. Pour ce faire, nous utiliserons l'analyse en composantes principales. La partie "descriptive" passée, nous aurons à tester nos hypothèses de recherche en essayant de mesurer les liens qui existent entre les nombreuses variables utilisées pour notre étude. Bref, nous aurons essentiellement à mesurer les liens entre diverses variables quantitatives qui, combinées entre elles, peuvent permettre d'expliquer le comportement financier des entreprises familiales tunisiennes. Comme nous le verrons plus loin, nous utiliserons des régressions linéaires multiples. Nous utiliserons l’ACP pour juger de la multi ou de l'unidimensionnalité des concepts étudiés. En effet, elle permettra de structurer les données de telle sorte que si les items mesurant un même phénomène se trouvent trop éloignés, plusieurs composantes seront identifiées et on pourra avancer un caractère multidimensionnel du concept étudié. Les sous-dimensions mises en évidence permettront d'améliorer ou de confirmer la fiabilité de nos échelles. Une fois les axes obtenus puis retenus, il faut pouvoir les identifier qualitativement. Une des étapes importantes dans l’ACP consiste à nommer les composantes extraites. Pour ce faire, il faut examiner chacune des composantes une à une et déterminer avec lesquelles des variables initiales elles sont le plus en corrélation. Le regroupement des variables initiales au sein de certains axes permettra de qualifier, de nommer les dimensions obtenues. L'étude du rapport qu'entretient l’endettement avec les différentes dimensions obtenues peut passer par l'étude du coefficient de corrélation linéaire de Pearson, s'il s'agit de variables quantitatives. Sa valeur comprise entre 0 et |1| indique la force de l'association entre les variables. Son signe indique si l'évolution des deux variables s'effectue dans le même sens (+) ou pas (-). Par ailleurs, le degré de liaison peut présenter un caractère probabiliste significatif en fonction de seuils classiques. Pour ce qui concerne le problème de multi colinéarité, le fait d’utiliser les composantes principales issues d'une ACP menée sur les variables initiales comme facteurs explicatifs identifie des axes indépendants entre eux, donc non sujets à la multi colinéarité. Pour les différentes variables présentées précédemment nous allons tester la validité de l’échelle de mesure utilisée pour obtenir par une analyse en composantes principales des macrovariables. Le tableau suivant fait une synthèse des résultats obtenus à la suite des différentes étapes permettant d'épurer nos échelles. Nous rappelons que la faiblesse des alphas de Nbrenfant,

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Enfantravail et Kfamille est à mettre en rapport avec le nombre d'items constituant ces souséchelles1.

Tableau 1.
DIMENSIONS

Récapitulatif des échelles synthétiques utilisées
ALPHA DE ECHELLES / SOUS ECHELLES L’ECHELLE
NBRE D’ITEM S

Caractère familial Succession

0,521 0,654

CARACFAMILI SUCCESSION SUCCESSION’ DEPARTRETRAITE

3 4 2 3 2 5

Personnalité dirigeant Perception institutionnel Comportement financement Relation du

du 0,675

DIRIGEANT

GROUPEFFECT DIRIGOUVK

cadre 0,854

CADREINSTIT

de 0,788

FINANCEMENT

FINANCEAUTRE FINANCEINSTITFIN

4 2 3 3

banques- 0,717

BANKRELATION PRIVIBANQUE CREDITACCESS

entreprise familiale

BANKFAMILICARAC 2 Investissements à LMT 0,945 PLANINVEST 9

Cette simulation a permis de synthétiser les principaux axes factoriels susceptibles d’expliquer la structure financière des entreprises de notre échantillon. Nous pouvons les identifier comme suit : - Le premier facteur est lié au caractère familial de l’entreprise, il renferme deux caractéristiques principales de l’actionnariat familial, à savoir l’implication de la famille dans la gestion courante de l‘entreprise, et la part du capital détenue par la famille. Ce premier axe peut être nommé « Importance du caractère familial de l’entreprise » (CARACFAMILI). - La succession, un des problèmes soulevés par notre enquête est représentée par deux souséchelles, à savoir la succession (SUCCESSION’), qui traite de la volonté de transmettre l’affaire, l’identification du successeur et sa qualification de bien gérer l’entreprise, et le départ à la retraite

Selon Fabre (1997), l'intérêt du calcul d'un alpha de Cronbach pour une échelle constituée de si peu d’items n'est pas prouvé.

1

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(DEPARTRETRAITE). La deuxième échelle est baptisée « la préparation de la succession de l’entreprise par le dirigeant propriétaire » (SUCCESSION). - La personnalité du dirigeant englobe deux sous-échelles, l’effet groupe (GROUPEFFECT) qui présente le degré de diversification du dirigeant et l’attitude du dirigeant vis-à-vis de l’ouverture du capital, ainsi que son objectif à travers l’entreprise (DIRIGOUVK). Cette dimension est appelée « l’importance du degré d’aversion vis-à-vis du risque et de la perte du contrôle » (DIRIGEANT). - Le cadre institutionnel est représenté essentiellement par la perception des dirigeants des problèmes liés aux pratiques anticoncurrentielles, à la corruption, à l’environnement juridique, ainsi qu’aux coûts et accessibilité des sources de financement. On a appelé cet axe « la perception du cadre institutionnel par rapport à la performance » (CADREINSTIT). - Le facteur lié au comportement de financement renferme essentiellement les sources de financement autre que les capitaux propres et les crédits bancaires, on les a classés en financement par les institutions financières (FINANCEINSTITFIN) et autres sources (FINANCEAUTRE). Cette dimension se réfère à « l’importance des sources de financement marginales » (FINANCEMENT) par opposition aux sources de financement les plus utilisées (capitaux propres et crédits bancaires). - Le recours de l’entreprise à l’endettement bancaire dépend, avant tout, des relations qu’elle entretient avec les bailleurs de fonds. Cela est confirmé par l’élection de trois facteurs qui renferment les principaux aspects entre banques et entreprise à savoir les avantages accordées par les banques à ses clients privilégiés (PRIVIBANQUE), la nature des difficultés par rapport à l’accessibilité aux crédits (CREDITACCESS) et les avantages du caractère familial dans la relation avec les banques (BANKFAMILICARAC). Cet axe est baptisé « la capacité de l’entreprise à s’imposer vis-à-vis des bailleurs de fonds » (BANKRELATION). - Enfin, le septième facteur semble refléter l’importance de la vision à long terme des entreprises familiales en terme de planification d’investissements et leur financement. Cette dimension est appelée « investissement et financement à long terme » (PLANINVEST). Après la détermination de ces sept composantes principales, on explore la relation qu’elles entretiennent avec l’endettement.

3.4 - Résultats de la régression
Après avoir défini nos concepts et évalué tant leur validité que leur fiabilité, nous pouvons maintenant aborder les résultats et commencer le test de nos hypothèses. Munis d'échelles épurées, nous entamerons la régression linéaire. La méthode statistique de la régression linéaire multiple permet d’étudier les relations entre une variable dépendante et au moins deux variables indépendantes et de construire une équation indiquant de quelle manière les variables sont liées. Ainsi afin de repérer les facteurs qui expliquent le mieux l’endettement des entreprises familiales, nous avons procédé à une régression linéaire multiple de l’endettement total par les sept variables retenues précédemment. Il en résulte que :

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Le R² est égal à 0,333 ce qui signifie que 33,3% de la variance de l’endettement est expliquée par le modèle. Le test F de Fisher de significativité globale du modèle est de 2,848 et le modèle est significatif au seuil de 5%.

Tableau 2. Résumé du modèle
Model 1 R 0,577 (a) R Square 0,333 Adjusted R Square 0,216 Std. Error of the Estimate 0,449235

a Predictors: (Constant), PLANINVEST, FINANCEMENT, SUCCESSION, FAMILICARAC, BANKRELATION, CADREINSTIT, DIRIGEANT b Dependent Variable: DT

Tableau 3.
Model 1

ANOVA
Mean Sum of Squares Regression Residual Total 4,023 8,072 12,095 df 7 40 47 Square 0,575 0,202 F 2,84 8 Sig. 0,017 (a)

a Predictors: (Constant), PLANINVEST, FINANCEMENT, SUCCESSION, FAMILICARAC, BANKRELATION, CADREINSTIT, DIRIGEANT b Dependent Variable: DT

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Tableau 4.

Diagnostic de la colinéarité
Unstandardized Coefficients Std. B Error 0,393 0,109 0,154 0,083 0,204 0,150 0,214 0,098 1,678 0,101 0,373 0,711 0,094 1,779 0,083 0,145 1,210 2,490 0,234 -0,218 0,017 -0,323 0,059 0,271 -0,188 -0,366 0,336 0,218 -0,300 0,048 0,230 -0,156 -0,322 0,291 0,183 -0,257 0,924 0,948 0,689 0,704 0,605 0,682 0,826 1,082 1,055 1,451 1,421 1,652 1,465 1,210 t Sig. Correlations Zeroorder Partial Part Tolerance VIF Collinearity Statistics

(Constant) FAMILICARAC SUCCESSION DIRIGEANT CADREINSTIT FINANCEMENT PLANINVEST

0,659 0,041 0,274 -0,100 -0,507 0,340

2,256 0,030 0,008 1,414 0,165 0,167 1,991 0,053 -0,314

BANKRELATION 0,303 -0,194

Dependent Variable: DT - Notre équation peut s’écrire de la sorte : DT = 0,659 + 0,041 FAMILICARAC + 0,274 SUCCESSION – 0,1 DIRIGEANT
(1,678) (0,373) (1,779)* (-1,210)

– 0,507 CADREINSTIT + 0,34 FINANCEMENT +
(-2,490)** (2,256)**

0,303 BANKRELATION
(1,414)

– 0,194 PLANINVEST
-1,991)*

R2 = 0,333 ; nombre d’observations = 49

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Fig 1 : Représentation des résultats de la régression
CARACFAMILI
NS

CADREINSTIT

ENDETTEMENT

SUCCESSION

+
NS

+
NS

FINANCEMENT

DIRIGEANT

PLANINVEST

BANKRELATION

Une vue d’ensemble sur les résultats montre que quatre des sept macro variables sont significatives. Aussi les cœfficients de corrélation entre les différentes variables indépendantes et l’endettement sont assez significatifs dans la mesure où ils varient entre 0,041 et 0,507. Ce qui laisse entendre que nos variables ont un pouvoir explicatif sur l’endettement des entreprises familiales. - D’après les résultats de l’analyse de la régression multiple, l’influence du FAMILCARAC sur l’endettement (DT) est positive mais cette relation n’est pas significative. Ainsi on peut dire que notre hypothèse selon laquelle l’importance du caractère familial conditionne la structure financière de l’entreprise n’est pas vérifiée car non significative. Mais il faut dire que conformément à nos prédictions le caractère familial devrait influencer positivement l’endettement dans la mesure où plusieurs études ont démontré que les entreprises familiales sont plus endettées que les entreprises non familiales et ont avancées l’explication à travers le caractère familial. - la SUCCESSION se trouve significativement et positivement liée à l’endettement (0.34) au seuil de 10%. Ce résultat est conforme à notre hypothèse selon laquelle une bonne préparation de la succession reflète une bonne perspective quant à la pérennité et la stabilité de la situation de l’entreprise aux différents partenaires de l’entreprise et plus particulièrement ses bailleurs de fonds. - La personnalité du dirigeant et l’endettement ne sont pas liés significativement ce qui nous emmène à rejeter cette hypothèse. Bien que non significative, cette variable qu’on a nommée « l’importance du degré d’aversion vis-à-vis du risque et de la perte du contrôle » est lié négativement à l’endettement ce qui peut être expliqué par le fait que plus le dirigeant est averse au risque financier ou au risque de perte de contrôle moins il aura recours à l’endettement. - Il apparaît que la variable cadre institutionnel perçu est fortement et négativement (-0,507) associée à l’endettement au seuil de 5%. Donc notre hypothèse relative au cadre institutionnel est vérifiée. Cette relation négative peut laisser comprendre que si le cadre institutionnel (juridique, - 24 -

corruption, pratiques anticoncurrentielles…) étaient meilleures, les entreprises optent pour d’autres sources de financement autre que l’endettement. Il faut dire que plusieurs études sur la structure financière des entreprises tunisiennes ont été réalisées et qui ont abouti au fait que c’est surtout le cadre institutionnel tunisien qui conditionnerait la structure financière des entreprises. - Le facteur lié au comportement de financement et qui reflète « l’importance des sources de financement marginales » c’est-à-dire les sources de financement non traditionnellement utilisées par les entreprises familiales tunisiennes (capitaux propres et crédits bancaires), se trouvent corrélées positivement et significativement à l’endettement. Il faut dire que ces sources de financement sont des moyens alternatifs à l’endettement donc ils devraient évoluer d’une manière inversement proportionnelle au ratio d’endettement, ceci peut s’expliquer par un désir de croissance quel que soit la source de financement utilisée. - « La capacité de l’entreprise à s’imposer vis-à-vis des bailleurs de fonds » renferme les principaux aspects entre banques et entreprise à savoir les avantages accordés par les banques à ses clients privilégiés, la nature des difficultés par rapport à l’accessibilité aux crédits et les avantages du caractère familial dans la relation avec les banques. Cette variable est corrélée positivement à l’endettement. Cette relation n’est pas assez significative, son seuil est de 16,5%. Compte tenu de l’importance de cette variable, nous allons la retenir. Plusieurs travaux antérieurs ont confirmé l’effet positif des relations bancaires sur les entreprises. En effet le recours de l’entreprise à l’endettement bancaire dépend, avant tout, des relations qu’elle entretient avec les bailleurs de fonds, donc plus elle bénéficie d’avantages et de facilités d’accès aux crédits plus elle aura recours à l’endettement. Ce facteur est lié positivement à la structure financière, ce qui explique que les banques entretiennent de bonnes relations avec les entreprises qui arrivent à sauvegarder une bonne structure financière et qui disposent encore d’une capacité à s’endetter. Aussi les résultats révèlent l’importance de la réputation et de la richesse de la famille dans la relation de l’entreprise avec les banques. Enfin, le septième facteur appelé « investissement et financement à long terme » semble être négativement et significativement corrélé à l’endettement. Plus l’entreprise acquiert une vision à long terme par rapport à la planification de ses investissements, moins elle utilisera de dettes. Ceci peut être le résultat d’une meilleure gestion de ses flux futurs et éventuellement la collaboration avec de nouveaux partenaires. Ainsi bien que trois des composantes principales soient nettement moins significatives que les autres axes, nous pouvons affirmer que six axes peuvent être retenus pour expliquer le comportement de financement des entreprises familiales de notre échantillon et seul le facteur lié au caractère familial sera écarté du fait de sa non significativité absolue (71,1%).

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Conclusion
En conclusion, il apparaît que pour les entreprises familiales tunisiennes la relation entre le caractère familial et la politique d’endettement ne se trouve pas justifiée, par contre la qualité de la préparation de la succession de l’entreprise affecte positivement l’endettement de l’entreprise. En effet plus la transmission de l’entreprise est planifiée plus il y a recours à l’endettement. La personnalité du dirigeant a un effet direct sur l’endettement mais cette relation reste peu significative. En effet « l’importance du degré d’aversion vis-à-vis du risque et de la perte du contrôle » freine le recours à l’endettement. L’utilisation de sources de financement autre que les sources de financement classiques (capitaux propres et dettes bancaires) augmenterait l’endettement. La relation de l’entreprise avec ses banques influencerait positivement mais pas très significativement l’endettement, ce résultat conforte l’idée selon laquelle les banques entretiennent des bonnes relations avec les entreprises qui arrivent à sauvegarder une bonne structure financière et qui disposent encore d’une capacité à s’endetter. Aussi les résultats révèlent l’importance de la réputation et de la richesse de la famille dans la relation de l’entreprise avec les banques. Il apparaît que la variable cadre institutionnel perçu est fortement et négativement associée à l’endettement. Cette relation négative peut laisser comprendre que si le cadre institutionnel (juridique, corruption, pratiques anticoncurrentielles…) était meilleur, les entreprises opteraient pour d’autres sources de financement que l’endettement. Il faut dire que plusieurs études sur la structure financière des entreprises tunisiennes ont été réalisées et ont abouti au fait que c’est surtout le cadre institutionnel tunisien qui conditionne la structure financière des entreprises.

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L'équipe de recherche en contrôle et comptabilité internationale ERCCI : faits marquants
Le Centre de recherche en contrôle et en comptabilité Internationale (CRECCI) fondé par les professeurs Serge Evraert et Jean-Guy Degos, s'est transformé en équipe de recherche en contrôle et comptabilité internationale (ERCCI). L'ERCCI est fédérée à l'IRGO, Institut de recherche en Gestion des Organisations. Elle est dirigée par le Professeur Serge Evraert, assisté du Professeur Jean-Guy Degos. A partir du numéro 25, les cahiers électroniques du CRECCI, conçus par le Professeur Jean-Guy Degos, sont devenus les cahiers électroniques de l'ERCCI. Notre équipe de recherche a pour mission de développer des recherches théoriques et appliquées dans les domaines intéressant le contrôle, l’audit et la comptabilité dans un contexte international. A cette fin, il définit des programmes d’études, réalise des conventions de recherche, participe à la formation et à la recherche des étudiants de troisième cycle en France et à l’étranger ; il coopère avec d’autres institutions nationales, internationales et étrangères poursuivant des objectifs reliés à son objectif principal. Enseignants chercheurs : - Abou Fayad Amal, Professeur à l’Université Saint-Esprit de Kaslik Beyrouth - Cazavan-Jeny Anne, Professeur Adjoint, ESSEC Business School - Chauveau Bernard, Maître de conférences, IUT Nancy II - Degos Jean-Guy, Professeur des Universités - Diard Christine, Maître de conférences, IEP de Bordeaux - Ding Yuan, Professeur à Shanghai (Chine) - Evraert Serge, Professeur des Universités - Germain Christophe, Professeur à l’ESC Nantes - Jeanjean Thomas, Professeur-Assistant, à HEC - Leclère Didier, Professeur des Universités CNAM Paris - Pourtier Frédéric, Maître de conférences - Prat dit Hauret Christian, Professeur des Universités - Stolowy Hervé, Professeur à HEC - Tétard Philippe (†), Maître de conférences - Trébucq Stéphane, Maître de conférences Docteurs formés dans notre équipe : - Docteur Abdelkrim Amine (Financement à taux d'intérêt zéro) - Docteur Ben Jemaa Sonia (Contribution à la connaissance de la structure financière des entreprises familiales tunisiennes) - Docteur Justin Joël (Couple stratégie contrôle de gestion) - Docteur Komarev Iliya (l’évolution du contrôle budgétaire) - Docteur Kreit Zakwan (Contribution à l'étude des méthodes quantitatives d'aide à la décision) - Docteur Lou Guoying (Choix de configuration d’implantation et contrôle du développement international) - Docteur Matta Dolly (Contribution à l'étude de l’audit éclairé des financements obscurs) - Docteur Nassour Rizane (organiser les études du marché pour améliorer la gestion de la qualité totale) - Docteur Nyengue Edimo Patrice (Identification des coûts et compétitivité des entreprises camerounaises)

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Doctorants : - Abbassi Emna (Gouvernance, fraude et manipulation des résultats comptables) - Ben Hmiden Oussama (Le rôle des agences de notation dans l'information financière) - Djossa Tchkote Ivan (Le processus de normalisation comptable des pays de la zone franc CFA) - Doho Zonsedouet Yves (Le reporting financier de l’entreprise ivoirienne) - Kessaba Karima (Impact et bénéfices des ERP) - Khacherian Keghoubie (Enseignement de la comptabilité et milieu des affaires) - Ladhari Yosr (Gouvernance et comptabilité dans les sociétés cotées) - Mrabet Mourat (Information comptable et marché financier) - Msolli Badreddine (Actions traçantes et création de valeur) - Nguestop Salomon (Détermination des prix de cession interne) - Nyngone Mayaza Clarisse (Comités de rémunération des sociétés cotées) - Ouvrard Stéphane (Influence de la normalisation comptable sur la valorisation des sociétés) - Saa Lapa Adelphe (La comptabilité des stock-options) - Sare Yakouba (l’approche contrôle de gestion et le management de la performance organisationnelle au Burkina-Faso) - Sharafeddine Randa (Contribution à l'étude théorique du cash-flow associé à la valeur des actions) L'ERCCI est membre de l’école doctorale de sciences économiques, gestion et démographie. Ses enseignants habilités à diriger des recherches ont des directions de recherche en cours, en Tunisie, au Maroc, au Liban, en Roumanie, au Cameroun, au Gabon, au Tchad, etc. Elle apporte son soutien aux diplômes de 3ème cycle : - Master 2 recherche : Gestion des organisations - Master 2 professionnel : Contrôle de gestion et audit interne - Master 2 professionnel : Management financier - Master 2 professionnel : Comptabilité contrôle audit.

Localisation : Institut d’Administration des Entreprise (IAE) Pôle universitaire des sciences de gestion 35, avenue Abadie – 33072 Bordeaux
Salle de travail spécifique : salle n° 415, 4e étage IAE Infothèque du Pôle de gestion : : 05.56.00.96.75 (Accueil salle de lecture) : 05.56.00.96.83 (Brigitte de Maissin-Duval, Responsable de l’Infothèque) e-mail : infothek@u-bordeaux4.fr Jours et horaires d’ouverture : - lundi : 12 h à 18 h ; - mardi au jeudi 9 h à 18 h ; - vendredi : 9 h à 17 h.

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Cahiers parus (téléchargeables sur le site de l'IAE de Bordeaux IV) :
Cahier de Recherche N° 01-2002 Les enseignements d’une comparaison de la comptabilité sociale des entreprises en Chine et en France – Serge EVRAERT – Yuan DING Cahier de Recherche N° 02-2002 Une analyse quantitative des différences de mesures comptables dans les contextes français et américain – Serge EVRAERT – Stéphane TREBUCQ Cahier de Recherche N° 03-2002 Audit et développement moral cognitif – Christian PRAT DIT HAURET Cahier de Recherche N° 04-2002

L’actionnariat salarié dans les entreprises familiales du SBF 250. Un outil de création de valeur ? – Stéphane TREBUCQ
Cahier de Recherche N° 05-2003

La littérature comptable francophone (1900-1950) et les risques d’une période chaotique – Jean-Guy DEGOS – Richard MATTESSICH
Cahier de Recherche N° 06-2003 La culture organisationnelle perçue des cabinets comptables français : Essai de typologie – Serge EVRAERT – Christian PRAT DIT HAURET Cahier de Recherche N° 07-2004 Histoire des diplômes d’expertise comptable français des origines à nos jours – Jean-Guy DEGOS Cahier de Recherche N° 08-2004 La publication d’informations financières volontaires : un essai de synthèse – Frédéric POURTIER Cahier de Recherche N° 09-2004 Gouvernement des entreprises : essai de représentation et perspectives d’enrichissement – Stéphane TREBUCQ Cahier de Recherche N° 10-2004 Naissance de la normalisation comptable internationale : Pionniers américains et français – JeanGuy DEGOS – Gary John PREVITS Cahier de Recherche N° 11-2005 Les années sombres de l'Ordre national des experts-comptables : quelques textes oubliés – Jean-Guy DEGOS Cahier de Recherche N° 12-2005 Les comptes du canal de Suez : analyse d'un investissement pharaonique (1859-1869) – Christian PRAT DIT HAURET Cahier de Recherche N° 13-2005 L'actionnaire minoritaire, le commissaire, l'avocat et le juge : histoire d'une fusion litigieuse – Stéphane TREBUCQ Cahier de Recherche N° 14-2005 Révolution du savoir comptable et émergence des organisations internationales – Jean-Guy DEGOS Cahier de Recherche N° 15-2005

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Diagnostic des performances financières en normes IAS/IFRS – Jean-Guy DEGOS Cahier de Recherche N° 16-2005 La fusion, modèle de restructuration du secteur bancaire – Amal ABOU FAYAD Cahier de recherche N° 17-2006 La diversité des courants de recherche en comptabilité, évaluation et représentation - Richard MATTESSICH Cahier de recherche N° 18-2006 L'incidence des normes IAS/IFRS sur les actifs immobiliers - Jean-Guy DEGOS - Didier MERLE Cahier de recherche N° 19-2006 Les déterminants de la performance financière des entreprises conjointes franco-camerounaises Lucien KOMBOU et Robert WANDA Cahier de recherche N° 20-2006 The Heirs of the Chart of accounts: 50 years of French accounting research - Jean-Guy DEGOS Richard MATTESSICH Cahier de recherche N° 21-2006 Gouvernance et performance des entreprises camerounaises : un univers de paradoxes - Jules Roger FEUDJO Cahier de recherche N° 22-2006 La présentation de la performance en normes IFRS : enjeux et perspectives - Stéphane OUVRARD Cahier de recherche N° 23-2007 Les réseaux de blanchiment de l'argent sale et de l'argent noir - Dolly MATTA - Jean-Guy DEGOS Cahier de recherche N° 24-2007 Risques, comportements bancaires et déterminants de la surliquidité - Robert WANDA Cahier de recherche N° 25-2007 Structuration des activités de la fonction comptable : typologie des firmes camerounaises - Patrice NYENGUE EDIMO Cahier de recherche N° 26-2007 Is the future of accountancy compatible with accounting of future? - Jean-Guy DEGOS Cahier de recherche N° 27-2007 The golden age of French accounting books in Bordeaux (1701 - 1848): Precursors, Classics and Epigones - Jean-Guy DEGOS - Christian PRAT DIT HAURET Cahier de recherche N° 28-2008 La convergence du droit comptable français et des normes d'information financière internationales Stéphane OUVRARD - Jean-Guy DEGOS Cahier de recherche N° 29-2008 L’entreprise familiale tunisienne : structure financière et problèmes de financement - Sonia BEN JEMAA

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