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Le

plaisir

de

mieux

voyager

Le plaisir de mieux voyager

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du

Le

à

du Le à Linda Aïnouche Tango de Montréal Sept heures et demie du matin métro de

Linda Aïnouche

Tango de Montréal

Sept heures et demie du matin métro de Montréal c’est plein d’immigrants ça se lève de bonne heure ce monde-là

le vieux cœur de la ville battrait-il donc encore grâce à eux

ce vieux cœur usé de la ville avec ses spasmes ses embolies ses souffles au cœur et tous ses défauts

et toutes les raisons du monde qu’il aurait de s’arrêter de renoncer

Gérald Godin, 1983 Sarzènes, Les Écrits des Forges

aurait de s’arrêter de renoncer Gérald Godin, 1983 Sarzènes , Les Écrits des Forges Le plaisir
aurait de s’arrêter de renoncer Gérald Godin, 1983 Sarzènes , Les Écrits des Forges Le plaisir

Le

plaisir

de

mieux

voyager

À mes parents, qui m’ont autant appris l’amour de la rencontre avec l’autre que l’ouverture sur le monde.

Chaque histoire s’accompagne d’un nombre indéterminé d’anti-histoires dont chacune est complémentaire des autres. Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, 1962

d’anti-histoires dont chacune est complémentaire des autres. Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage , 1962

Auteure: Linda Aïnouche Éditeur et directeur de production: Olivier Gougeon Adjointes à l’édition: Annie Gilbert, Élodie Luquet Correcteur: Pierre Daveluy Directeur artistique et metteur en page: Pascal Biet Infographistes: Marie-France Denis, Isabelle Lalonde Collaborateurs: Ambrose Gabriel, Yves Prescott, Olivia Wu Yao Kwang Photographies de la page couverture: © iStockphoto.com/blackred, Michael Chen, Stephan Hoerold, ilbusca, kshishtof, Robert Milek, José Carlos Pires Pereira, Pumba1, Lucía de Salterain, Suzannah Skelton, Darrin Wassom.

Les Guides de voyage Ulysse reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) pour leurs activités d’édition.

Les Guides de voyage Ulysse tiennent également à remercier le gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Aïnouche, Linda. 1974- Le tour du monde à Montréal Comprend un index. ISBN 978-2-89464-775-2 1. Quartiers ethniques - Québec (Province) - Montréal - Guides. 2. Cuisine ethnique - Québec (Province)

- Montréal - Guides. 3. Montréal (Québec) - Circuits touristiques. 4. Minorités - Québec (Province) - Montréal. I. Titre.

FC2947.9.A1A36 2008

917.14’28045 C2007-942518-6

Toute photocopie, même partielle, ainsi que toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, sont formellement interdites sous peine de poursuite judiciaire.

© Guides de voyage Ulysse inc. Tous droits réservés Bibliothèque et Archives nationales du Québec Dépôt légal – Quatrième trimestre 2008 ISBN 978-2-89464-775-2 Imprimé au Canada

5

5

Introduction
Introduction

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les Laotiens

164

les Cambodgiens

165

les Vietnamiens

166

174

174

les Africains

10

les Chinois

175

les Maghrébins

22

les Tibétains

188

les Égyptiens

37

les Coréens

194

les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais

46

les Japonais

199

 

les Philippins

208

46 les Japonais 199   les Philippins 208 54 les Autochtones 55 les Américains 61
54

54

les Autochtones

55

les Américains

61

les Mexicains

64

69

69

les Cubains

70

les Haïtiens

73

les Jamaïcains

85

les Guatémaltèques

90

les Salvadoriens

92

94

94

les Colombiens

95

les Vénézuéliens

97

les Brésiliens

99

les Péruviens

109

les Boliviens

111

les Argentins

113

les Chiliens

120

111 les Argentins 113 les Chiliens 120 124 les Turcs 125 les Arméniens 131 les
124

124

les Turcs

125

les Arméniens

131

les Iraniens

137

les Libanais

142

148

148

les Indiens

149

les Sri-Lankais

157

les Pakistanais

159

149 les Sri-Lankais 157 les Pakistanais 159 216 les Irlandais 217 les Écossais 221 les

216

les Irlandais

217

les Écossais

221

les Belges

225

les Français

230

les Suisses

241

245

245

les Allemands

246

les Polonais

253

les Hongrois

259

les Roumains

262

les Ukrainiens

270

les Russes

273

281

281

les Espagnols

282

les Portugais

288

les Italiens

295

les Grecs

305

les Portugais 288 les Italiens 295 les Grecs 305 les Juifs 314 L’auteure 326 Index 329
les Portugais 288 les Italiens 295 les Grecs 305 les Juifs 314 L’auteure 326 Index 329

les Juifs

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L’auteure

326

Index

329

Portraits

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Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de
Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de

Bourlingueur urbain? Préparez-vous à faire le tour du monde à Montréal, kaléidoscope de cultures, de saveurs et de diver- tissements. Sans passeport et sans décalage horaire, votre voyage sera ponctué d’escales qui mettront vos sens à l’épreuve de la découverte. Vous goûterez sans limites aux civilisations des continents et vous vous ouvrirez à de nou- veaux horizons.

Arts et cultures, parfums des marchés exotiques et safari culi- naire, initiations linguistiques et exercices physiques, manière de faire et savoir-faire de contrées lointaines vous étonne- ront. Les curieux et habiles explorateurs s’adonneront à la méditation japonaise, boiront du thé au beurre salé tibé- tain, pratiqueront le tango argentin, seront charmés par la peinture russe, rabâcheront l’alphabet arménien, fumeront le narguilé…

En quête de dépaysement? Le tour du monde à Montréal pré- sente les différentes communautés culturelles de la ville en les regroupant sous cinq grandes parties: l’Afrique, les Amériques, l’Asie, l’Europe et la Judaïté. Après un bref historique sur l’im- migration de la communauté et un encadré sur les lieux de son implantation dans la ville, huit thèmes sont développés:

Découvrir, Fêter, Célébrer, Goûter, S’offrir, Sortir, Apprendre et Approfondir. Bien sûr, suivant leur importance démogra- phique et leur empreinte culturelle, tous les thèmes ne sont pas développés pour toutes les communautés.

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7 Au fil des pages, vous aurez le plaisir de découvrir quelques Montréalais aux origines diverses
7 Au fil des pages, vous aurez le plaisir de découvrir quelques Montréalais aux origines diverses
7 Au fil des pages, vous aurez le plaisir de découvrir quelques Montréalais aux origines diverses

Au fil des pages, vous aurez le plaisir de découvrir quelques Montréalais aux origines diverses qui se sont prêtés au jeu du portrait: Rachad Antonius, Mehdi Benboubakeur, Yaël Bensoussan, Marco Calliari, Marcos de Oliveira, Boucar Diouf, Emmanuel Dubourg, Yolande Geadah, Richard G. Gervais, Dan Hanganu, Chantal Jolis, Karnig Koyouman, Janet Lumb, Dinh Bá N’Guyen et Ana Maria Pavela scandent leurs avis sur Montréal en répondant à quatre questions de l’auteure. En toute fin d’ouvrage, c’est l’auteure elle- même qui se dévoile et qui répond à ses propres questions sur cette métropole aux multiples visages qui célèbre la diversité ethnoculturelle et se targue de son ouverture sur le monde.

ethnoculturelle et se targue de son ouverture sur le monde. Bon voyage! Quelques notes Le choix

Bon voyage!

Quelques notes

Le choix des communautés et des établissements

Quand bien même Montréal est connue, ses patrimoines ethniques le sont peu ou mal. Ambitionner de les dénicher a imposé une sorte de réduction, une construction purement subjective. Le choix des communautés ethniques sélectionnées découle d’une triangulation entre leur densité démographique, le volume de leurs indicateurs culturels et les motifs de leur immigration. Les informations fournies ne sont, volontairement, ni celles d’un répertoire, ni celles que vous connaîtriez déjà; elles n’en sont pas moins livrées avec modestie et rigueur.

Les stations de métro

Dans les adresses, les stations de métro les plus proches sont indiquées, même si elles pourront vous paraître par- fois éloignées des établissements mentionnés. N’hésitez pas à consulter le planificateur de trajets «Tous azimuts» pour connaître les correspondances d’autobus dont vous aurez besoin (www.stm.info/azimuts).

Les grilles de programmes des médias

La grille de programmes des réseaux de télévision et des chaînes de radio étant souvent réorganisée de saison en saison, les encadrés portant sur les médias (télévision, radio, presse, Internet) ne comportent aucun horaire d’émission. Vous les trouverez sur les sites Internet accolés au nom des différents télédiffuseurs et radiodiffu- seurs.

les Africains
les Africains
les Africains
les Africains
les Africains
les Africains
les Africains
les Africains
les Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 les Malgaches, les
les Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 les Malgaches, les
les Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 les Malgaches, les
les Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 les Malgaches, les
les Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 les Malgaches, les

les Africains

p 10

les Maghrébins

p 22

les Égyptiens

p 37

les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnaisles Africains p 10 les Maghrébins p 22 les Égyptiens p 37 p 46

p 46

10 On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du
10
On ne peut pas peindre du blanc sur du
blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin
de l’autre pour se révéler…
Proverbe africain

L’immigration des Africains à Montréal est récente. Elle débute dans les années 1960 avec l’arrivée d’étudiants qui s’établissent dans la ville à la fin de leurs études. Faible jusqu’au milieu des années 1980, l’immigration made in Africa compte aussi des réfugiés ayant fui leurs pays pour raisons d’urgence et humanitaires (guerres, épidémies, conditions précaires…): Afrique du Sud, Congo, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Ouganda, Rwanda, etc. Depuis 25 ans, l’immigration africaine à Montréal augmente de manière significative. Aujourd’hui, les Congolais sont les plus nombreux, les Mauritaniens les moins nombreux. Entre les deux, une trentaine de communautés à géométrie variable sont établies dans la ville.

à géométrie variable sont établies dans la ville. Majoritairement jeunes et urbains à leur arrivée au

Majoritairement jeunes et urbains à leur arrivée au Québec, les Africains de Montréal se distinguent en trois groupes, très diversifiés au plan ethnique: les étudiants qui, selon leur langue maternelle, fréquentent l’une ou l’autre des universités francophones ou anglophones de la métropole; les débrouillards qui, voisinant souvent avec la pauvreté, résident surtout dans les quartiers de Côte-des-Neiges et de Saint-Michel; et les mieux nantis qui, disséminés dans la ville, ont sans peine domestiqué les codes et les manières des «Blancs». Alors que les débrouillards ouvrent des commerces, les mieux nantis occu- pent des postes du secteur tertiaire (administration, services).

Découvrir

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Musée McCord d’histoire canadienne

690 rue Sherbrooke O.

p514-398-7100

www.musee-mccord.qc.ca métro McGill Quelques dessins et photographies consacrés à l’Afrique, dont de beaux croquis évoquant les luttes contre l’apar- theid.

Musée Redpath de l’Université McGill

859 rue Sherbrooke O.

p514-398-4086

www.mcgill.ca/redpath métro McGill Au Musée Redpath, vous trouverez quelque 2 500 objets ayant été collec- tionnés (loyalement ou en donation) vers 1900 et provenant essentiellement de l’Afrique de l’Est (Angola et Congo):

figurines et statuettes en bois, tissus, van- nerie, bijoux, instruments de musique. Zoom ethnologique à la frontière de l’art. Inédit.

Musée des beaux-arts de Montréal

1379 rue Sherbrooke O.

Abolition de l’apartheid

Signifiant «vivre à part», l’apartheid est un système ségrégationniste du

Parti national dirigé en 1948 par les Afrikaners, des descendants de colons hollandais, ces paysans appelés Boers établis dès le XVII e siècle dans la région du Cap, l’actuelle Afrique du Sud. Ils

ont mis sur pied un système qui leur

a permis de concentrer le pouvoir, les

ressources minières, les richesses du

pays (créé en 1960) et de prétendre

à la supériorité des Blancs par rap-

port aux autres populations. En 1994, la République sud-africaine a aboli l’apartheid. Nelson Mandela, empri- sonné 30 ans plus tôt pour avoir été

le chef de l’opposition, est libéré. Il a

même obtenu le pouvoir aux premières élections multiraciales cette année-là.

p514-285-1600

www.mbam.qc.ca métro Guy-Concordia La collection d’Afrique rassemble tissus et objets dont un superbe masque de l’ex-Zaïre et des statuettes-plaques destinées à un usage religieux.

Zal Idrissa Sissokho http://zalsissokho.free.fr Joueur de kora, une sorte de harpe à 21 cordes, et issu des griots mandingues sénégalais (musiciens et gardiens de leur mémoire traditionnelle), Zal Idrissa Sissokho a formé le groupe Buntalo avec quelques-uns des meilleurs musiciens africains de Montréal, il y a des années maintenant. Le répertoire offert marie compositions originales et pièces classiques chantées en wolof et en malinké. On ne manque pas les spectacles, encore moins l’album qui a pour titre Silaba

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Fêter

Chaque communauté célèbre la fête nationale, la fête de l’indépendance de son pays:

Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Mauritanie, Sénégal, Tchad, Togo… Renseignements auprès des associations africaines au www.toileafricanada.org (annuaire canadien sur l’Afrique) ou au www.mbolo.com (guide du web africain).

Vues d’Afrique www.vuesdafrique.org En avril, Vues d’Afrique présente du cinéma africain et créole depuis quasiment un quart de siècle. Films grand public, films amateurs, films populaires, des découvertes et des surprises à l’écran. Occasion immanquable de s’en mettre plein la vue!

Festival international Nuits d’Afrique www.festivalnuitsdafrique.com En juillet, ce festival dédié aux musiques d’Afrique, de l’océan Indien et des Caraïbes, se déroule en salles et à l’extérieur tous les ans depuis plus de 20 ans. Un des meilleurs «trucs» de l’été en ville… Également des spectacles au cours de l’année.

Célébrer

En parallèle de leurs croyances tribales et traditionnelles, les Africains pratiquent les reli- gions monothéistes du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Droit de cité à Montréal, chacune se pratique dans des lieux de culte teintés d’africanité: messes, dévots, pasteur, chorale…. Faire vivre une religion c’est faire vivre une culture. Une culture sans religion ressemble à un zèbre sans rayures, tel est le proverbe africain.

Communauté catholique congolaise de Montréal

Église Saint-Zotique

4561 rue Notre-Dame O.

p514-713-5419 (abbé Albert Dhevenot) métro Place-Saint-Henri Messe tous les dimanches à 12h30, en français et en lingala. Tenue de ville requise. Les Congolais cultivent un goût prononcé de la sape (comprendre de la fringue bon chic, bon genre). L’occasion vaut de s’endimancher! Vous serez averti.

Centre Afrika

1644 rue St-Hubert

p514-843-4019

www.centreafrika.com métro Berri-UQAM Célébration eucharistique en français le premier dimanche de chaque mois à 10h30, accompagnée de chorale rwandaise, congolaise, guinéenne ou burundaise.

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La sape

Au Congo, l’élégance est prise au sérieux, car le vêtement est l’essence de l’identité. La SAPE, la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, lancée dans les années 1970 dans les tréfonds de Brazzaville, est un mouvement culte de la fringue. Les membres vouent une adoration quasi religieuse à la haute couture, surtout française, trouvant alors un statut et une vertu. Honoré de frime et du glamour, le monde des Sapeurscompose aussi avec une réalité scabreuse. La fringue coûte cher, le mouvement exige un mode de vie rude et, comme «être quelqu’un» se résume à «être élégant», les excès balancent entre rêve et lutte! Une visibilité qui ne laisse personne indifférent…

Association de la communauté éthiopienne du Québec

5871 av. Victoria, bureau 217

métro Plamondon Lieu de prière et d’activités religieuses des Falachas, les Juifs éthiopiens de Montréal. Leur judaïté a été reconnue en 1975 par le gouvernement de Jérusalem, leur permettant d’immigrer en Israël.

Goûter

Pas question pour les Africains de Montréal d’abandonner leurs bonnes vieilles habi- tudes alimentaires. Mafè, alloco, foufou, attiéké et autres tiébou dièn ont plus que jamais la cote. Cuisines de l’est et de l’ouest de l’Afrique. Différences et ressemblances, plats en sauce, épicés, boucanés, fumés, frits…

Restaurants

Le Messob d’Or

5690 av. de Monkland

p514-488-8620

métro Villa-Maria La cuisine délicieuse du restaurant éthio- pien Le Messob d’Or vaut certainement le déplacement, ne serait-ce que pour manger de façon traditionnelle, de la main droite, un choix de viandes et de légumes

enroulés dans une énorme crêpe, com- munément appelée injera. Impossible de trouver plus éthiopien dans la métropole.

Restaurant Chic-Afric

654 av. Ogilvy

p 514-279-0104

métro Parc Situé en sous-sol, ce petit restaurant s’avère un vrai trésor de la cuisine gha- néenne: odeurs à gogo, quantité d’ogres, ambiance sympathique. Béatrice Kodjo, la propriétaire-cuisinière bien en chair et tout sourire, recommande les boules de fufu (farine de manioc ou de plantain). Franchement, allez les goûter!

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La Khaïma

142 av. Fairmount O.

p514-948-9993

métro Laurier Cet unique restaurant mauritanien de Montréal, blotti au cœur du Mile-End, se flatte d’offrir un excellent jus d’hibiscus par- fumé pour arroser le poisson braisé sauce aux arachides. Bel effort d’atmosphère! Au final, une cérémonie du thé, des soirées de contes, des histoires du pays, voisin du Sénégal, du Mali et de l’Algérie.

Gorée, bouchées et musiques

1240 rue Crescent

p514-395-9898

métro Guy-Concordia Le patron est Togolais, la patronne Camerounaise et l’associé du couple Sénégalais, un trio qui parvient splendi- dement à mélanger bouffe de l’Afrique subsaharienne et danse de tout le conti- nent africain. Le concept restaurant / dis- cothèque après minuit plaît beaucoup aux clients, qui n’opposent aucun démenti sur l’établissement. Ils y reviennent toutes les semaines!

Keur Fatou

66 rue St-Viateur O.

p514-277-2221

métro Laurier De prime abord, ce resto sénégalais serait à éviter par les gens pressés. Au bout du compte, il est un antidote effi- cace contre le stress. La décoration n’est pas géniale, en revanche le confort l’est totalement. Le proprio, sympa, se met au djembé en contant des histoires de son pays natal, après avoir servi de bons plats métro Laurier

de son pays natal, après avoir servi de bons plats cuisinés dans l’arrière-boutique: poulet aux arachides,

cuisinés dans l’arrière-boutique: poulet aux arachides, poisson mijoté dans une sauce tomate, mafé, manioc, et en fin de repas, des fruits frais et du thé à la menthe fumant.

Épiceries

Marché Afriques Au Pluriel

1651 rue Beaubien E.

p 514-374-3883

métro Beaubien Le plus de cette épicerie accueillante: du jus de palme, désaltérant pour les étés chauds! N’hésitez pas à demander à quoi servent les produits: le personnel se fera un immense plaisir de vous répondre.

Marché d’Afrique

1009 rue Jean-Talon O.

p 514-277-7773

métro Jean-Talon Le Marché d’Afrique est l’un des premiers commerces africains à s’être établi en ville. Également le plus populaire. Farine de manioc, bananes plantains, couscous, haricots, poisson, épices envoûtantes. Une échoppe aux parfums ensorcelants.

Marché Ghanacan

549 av. Ogilvy

p 514-278-6987

métro Parc Épicerie de produits en provenance de l’Afrique de l’Ouest anglophone. Rayons de haricots et de sauces exotiques bien en vue sur les tablettes. À essayer: les graines de melon et les noix de cajou légèrement salées.

S’offrir

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Artisanat

Dix Mille Villages

4128 rue St-Denis

p514-848-0538

www.dixmillevillages.com métro Mont-Royal Le magasin qui promeut le commerce équitable est aussi riche qu’un musée et aussi plein que la caverne d’Ali Baba. Objets et produits du monde entier. La section Afrique «d’est en ouest» regorge de tissus, de poteries, de bijoux, de mas- ques et de vannerie. Pour acheter moins bête, à la caisse une brève explication eth- nologique vous sera remise sur le produit. Fantastique. La cause défendue flirte avec l’envie d’y aller…

Giraffe

3997 rue St-Denis

p514-499-8436

métro Mont-Royal De jolies pièces en bois, en tissu, en graines, en bronze, en argent, qui s’arra- chent à prix d’or! Aménagement joyeux. L’Afrique sous vitrine paraît soudainement luxueuse…

Vêtements

Afrochic

3870 rue Wellington

p514-688-3983

métro de l’Église Royaume du vêtement, du boubou et du pagne. Couleurs vives, modèles inouïs, motifs d’inspiration tribale. Beaux mélanges des genres.

Boutique Schengen

7349 rue St-Hubert

p514-495-4251

métro Jean-Talon Un bric-à-brac extraordinaire de films, de musiques, de cosmétiques, de denrées

non périssables et de vêtements pour Sapeurs (voir p 13) en provenance directe

du Congo-Brazzaville…

Beauté

Cosmétiques Multi Ethniques

1857 rue Jean-Talon E.

p 514-727-7173

métro Jean-Talon Pour se soigner de la tête aux pieds. Crème, pommade, shampoing, savon, lotion, maquillage… Le beurre de karité règne et enivre le bazar.

Africa Coiffure

1386 rue Beaubien E.

p 514-374-4441

métro Beaubien Royaume des tifs frisés que les clientes viennent faire «tresser» ou «défriser».

Afro Coiffure

6367 rue St-Hubert

p 514-272-7077

métro Jean-Talon Tresses, mèches, perruques. Cheveux sty- lisés selon l’humeur des clientes.

Librairies

Librairie Olivieri

5219 ch. de la Côte-des-Neiges

p 514-739-3639

métro Côte-des-Neiges Rayons bien garnis de littérature africaine. Également essais ethnologiques, sociolo- giques et géopolitiques sur le continent africain. Carnets de voyage, contes et légendes aussi disponibles.

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Portrait
Portrait
16 Portrait Arrivé du Sénégal en 1991 pour faire un doctorat en océanographie à Rimouski, où

Arrivé du Sénégal en 1991 pour faire un doctorat en océanographie à Rimouski, où il a passé 13 ans, Boucar Diouf vit maintenant entre Québec et Montréal pour poursuivre sa carrière d’humoriste conteur. «D’abord océanographe et biologiste dans le Bas-du-Fleuve, précise-t-il, je suis, depuis trois ans, davantage entre la télévision et la scène.»

Quels sont vos liens avec votre culture d’origine à Montréal?

Le regroupement des Sénégalais du Québec me lie à ma culture, je prends plaisir à participer à leurs évènements associatifs. Je côtoie des amis d’enfance qui ont eux aussi immigré au Québec. De temps à autre, je savoure un plat de chez moi. Le magasin Giraffe (3997 rue St-Denis) est plein de souvenirs de mon enfance, je le dévalise à chacune de mes visites pour décorer mon appartement. Cette boutique, avec ses vendeuses sympathiques, me rappelle mon pays natal: les tissus, les statuettes, les paniers en raphia. La musique africaine m’attache sans vergogne à mon Afrique, les rythmes, les sons, les instruments, les paroles en wolof…

Quels sont vos liens avec les différentes cultures de Montréal?

Mon lien avec les autres cultures que la mienne est d’ordre essentiellement gastrono- mique: mexicain, français, portugais. J’explore des goûts, je découvre des saveurs, je suis ravi et je me régale. Montréal regorge de restaurants de nombreuses cuisines, c’est le paradis pour la bedaine!

Quels sont vos endroits ethniques préférés à Montréal?

Le bar Les Bobards (4328 boul. St-Laurent) occasionne des mélanges culturels rarissimes et pleins de vie. C’est le bar des accordements raisonnables. On y rencontre des gens extraordinaires de partout dans le monde que la routine quotidienne ne permet pas de faire côtoyer. J’aime aussi le Club Balattou (4372 boul. St-Laurent), cette discothèque où règne une ambiance chaude et humide… Les styles musicaux fricotent avec une clientèle bigarrée venue d’Afrique, du Québec, des Antilles, de partout. Dans la même veine, le festival Nuits d’Afrique (www.festivalnuitsdafrique.com) met de l’avant des talents musicaux africains. Le Festival Juste pour rire (www.hahaha.com) draine également des gens des quatre coins du monde. Le Festival des films du monde (www.ffm-montreal. org) fait aussi valoir le multiculturalisme. Mais, en tête de liste des cultures étrangères,

17

Photo © Marie-France Auger

c’est le marché Jean-Talon. Le monde entier s’y retrouve: Italiens, Arabes, Chinois, etc. La cohabitation y est impressionnante, on est là au cœur de l’interculturalité de Montréal.

Qu’est-ce que vous aimez de la diversité ethnique à Montréal?

En théorie, quand tu es Noir à Montréal, tu es Haïtien! Les histoires de chauffeurs de taxi et de trafic de drogue torchent mal les peaux noires. L’interculturalité de Montréal me plaît beaucoup: le mélange entre les valeurs d’ici et celles de chez soi aboutit à ce que chacun développe son village dans son quartier… La Montagne, les dimanches d’été, me fait penser aux fêtes de villages en Afrique! À Montréal, chacun mène ses projets; c’est aussi une ville de heureux hasards des rencontres. Elle est suffisamment grande pour que l’on s’y perde et suffisamment petite pour que l’on s’y retrouve.

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Librairies Ulysse

4176 rue St-Denis

p514-843-9447

métro Mont-Royal

560 av. du Président-Kennedy

p514-843-7222

métro McGill Palais des livres d’images du monde entier. Un choix incroyable pour voir l’Afrique sur papier et de précieux conseils dans les guides de voyage sur ce continent. À vous de voir…

Vidéos

Méga Musique

6381 rue St-Hubert

p514-448-4410

métro Jean-Talon Magasin congolais très bien pourvu en vidéos et en musiques en provenance de

Sortir

toute l’Afrique. Le patron est chaleureux.

Sa boutique ne désemplit pas

Ranks Video

654 av. Ogilvy

p 514-274-9040

métro Jean-Talon Films du Nigeria et du Ghana.

Royal Fashion, vidéo africain

5900 rue Sherbrooke O.

p 514-369-1094

métro Vendôme Films du Congo et de la Côte d’Ivoire (en français surtout).

Boîtes de nuit

Musique et ambiance de tous les horizons. Ne vous pointez pas avant minuit, au risque de vous retrouver seul. Les Africains arrivent tard en discothèque.

Balattou

4372 boul. St-Laurent

p514-845-5447

métro Mont-Royal Le Balattou est certainement la boîte de nuit africaine la plus populaire de Montréal et assurément la plus ancienne. Sombre, bondée, chaude, trépidante et bruyante, elle présente un décor qui n’a pas changé depuis son ouverture, au milieu des années 1980. À l’entrée, le propriétaire d’origine guinéenne accueille scrupuleusement les ouailles. Spectacles live en semaine, DJ les fins de semaine.

Ngwasuma! Bar Mont-Fleury

232 rue Jean-Talon O.

p 514-808-9650

métro Jean-Talon Comme les autocollants le confirment sur la façade, cette discothèque congolaise ne badine pas avec Ngwasuma, «l’ambiance torride à gogo». Un lieu qui roucoule aux rythmes de rumba, de soukouss, de ndom- bollo.

UJO night club

3701 rue Jean-Talon O.

p 514-913-3965

métro Côte-des-Neiges Un établissement où s’enchaînent hip- hop, R&B, reggae, zouk et kompa. Venez tardivement pour bénéficier de l’énergie à revendre qui s’y dégage. Ondoyant!

Apprendre

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Danse

Afrique en mouvements

910 rue Jean-Talon E.

p514-270-6914

www.afrique-en-mouvement.ca métro Jean-Talon Cours de danses africaines explorées sous diverses déclinaisons. Ateliers pour enfants. Aussi cours de percussions et de chants.

Compagnie Danse Nyata Nyata

4374 boul. St-Laurent

p514-849-9781

www.nyata-nyata.org métro Mont-Royal La compagnie Nyata Nyata explore et développe la danse africaine version contem- poraine. Mélange avec poésie, mythologie, rituels et arts traditionnels. Expressions libres…

Percussions

Bolokan

7250 rue St-Hubert

www.bolokan.ca métro Jean-Talon Vous taperez sur des peaux dans la joie et la bonne humeur avec Aboulaye Koné, un musicien originaire de Côte d’Ivoire. Cours de danses africaines également offerts. Ce centre vise la perfection, ses profs sont des pros, son principe simple: chacun y va à son rythme, l’essentiel étant de s’éclater. Et en plus, ça défoule!

Approfondir

Centre Afrika

1644 rue St-Hubert

p514-843-4019

www.centreafrika.com métro Berri-UQAM Ambassadeur de l’Afrique à Montréal, le Centre Afrika est un lieu d’échanges et d’activités intenses pour tous les Africains et tous les curieux de les rencontrer. Sur son site Internet, ce centre diffuse les coordonnées d’une multitude d’associations et autres organismes qui sont soucieux de faire connaître la culture, de soutenir des gens ou d’organiser des événements.

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20 Presse Afrique Expansion www.afriqueexpansion.com Un magazine dédié au «business» en Afrique: commerce, tourisme,
20 Presse Afrique Expansion www.afriqueexpansion.com Un magazine dédié au «business» en Afrique: commerce, tourisme,

Presse

Afrique Expansion www.afriqueexpansion.com Un magazine dédié au «business» en Afrique:

commerce, tourisme, emploi, formation, Francophonie, relations Nord-Sud.

Mission www.mafr.net Le magazine des Missionnaires d’Afrique à Montréal.

Éburnéa www.eburnea.ca Mensuel d’informations de la diaspora francophone d’Afrique et des Caraïbes en Amérique du Nord.

Télé

CJNT www.cjntmontreal.ca Émission culturelle et d’affaires publiques sur le monde africain à Montréal.

Radio

CIBL Radio-Montréal FM 101,5

www.cibl1015.com

Émissions de radio présentées sur les ondes de Radio-Montréal (FM 101,5).

CBC/Radio-Canada www.cbc.radio-canada.ca Émission sur l’actualité quotidienne en Afrique diffusée sur les ondes de CBC/Radio- Canada.

CPAM 1610 AM

www.cpam1610.com

Émissions de musique et d’informations culturelles consacrées à l’Afrique et aux communautés africaines de Montréal.

Internet

www.toileafricanada.org Pages jaunes de la communauté africaine du Canada. Tout pour les Africains, et tout ce qui est fait par eux (beauté, médias, industries, voyages, santé). Utiles, mais incomplètes. Forum pour échanger idées et informations.

www.afriquemontreal.com Adresses et renseignements sur le monde africain à Montréal.

www.njoyamagazine.com Le magazine des Africains et des Africophiles de Montréal traite de l’Afrique dans toutes ses dimensions. Sujets d’actualité, culturels, de sociétés, des nouvelles de Montréal, un blog et une émission de radio. Concept ori- ginal et contenu bien documenté.

www.syfia.info La principale agence de presse francophone spécialisée sur l’Afrique subsaharienne. Rubrique Québec. Thèmes variés sur des réalités montréalaises.

www.bassamfm.com L’émission 514 Afribbean, diffusée sur Internet depuis Montréal, fait vibrer un auditoire à grande résonance africaine, dis- persé aux quatre coins du monde, grâce au meilleur de la musique afro-caribéenne. Dj Sool au micro et Lecter Hannibal à la réali- sation patronnent avec passion, humour et complaisance une captivante joute radiopho- nique. En plus de faire jouer de la musique, ils font des dédicaces à tout-va, annoncent une pléiade d’événements, commentent avec critique l’actualité et se plaisent à accueillir une diversité d’invités de la scène locale (sportifs, couturiers, artistes, etc.). Un rendez-vous web hebdomadaire dont il ne faut surtout pas s’abstenir.

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Solidarité Femmes Africaines

6830 av. du Parc, bureau 578

p514-270-2440

métro Parc Pour que les femmes d’origine africaine ne se sentent plus seules. Un lieu d’intégration avec conférences, débats, théâtres, partage de bouffe… Alter ego bienvenues.

Centre de documentation africaine des Missionnaires d’Afrique

1640 rue St-Hubert

p514-849-1167

http://africana.mafr.net métro Berri-UQAM Une piste pour trouver des essais ou des revues spécialisées sur l’Afrique. Le fonds du centre de documentation compte plus de 6 000 ouvrages (Afrique francophone, colo- nisée, indépendante, christianisée…). Prenez rendez-vous avant d’y aller.

Association canadienne des études africaines

Université Concordia

1455 boul. De Maisonneuve O.

p514-848-2280

http://caas.concordia.ca métro Guy-Concordia Envie d’en savoir plus sur l’Afrique? Visitez le Centre pluridisciplinaire d’études africaines créé en 1970 à l’Université Concordia, et aujourd’hui connu à travers le monde. Une conférence annuelle sur des thèmes les plus sérieux. L’association publie la Revue cana- dienne d’études africaines qui représente la voix des africanistes du monde académique.

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22 La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche. Proverbe kabyle La présence de

La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche. Proverbe kabyle

La présence de Maghrébins à Montréal est relativement récente. L’immigration de souche en provenance du Maghreb, qui regroupe l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, est mar- quée par son histoire contemporaine (colonisation, guerre civile, grande pauvreté, démographie galopante),

Le Maghreb

Le Maghreb forme une unité géographique, linguistique et religieuse possédant une forte identité. Ses racines se trouvent dans les cultures des Berbères (une ethnie autochtone de l’Afrique du Nord longtemps désignée du nom de «Maures», divisée en plusieurs sous-ethnies régionales telles que les Kabyles et les Touaregs), des juifs séfa- rades et des chrétiens orthodoxes.

la proximité de l’Europe et sa fran- cophonie. L’immigration maghrébine augmente sans arrêt d’année en année. Montréal avoisine aujourd’hui les 60 000 Maghrébins, les Marocains étant quasiment trois fois plus nom- breux que les Tunisiens, et ces der- niers à peine plus nombreux que les Algériens.sous-ethnies régionales telles que les Kabyles et les Touaregs), des juifs séfa- rades et des chrétiens

quasiment trois fois plus nom- breux que les Tunisiens, et ces der- niers à peine plus

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23 «Le petit Maghreb» n’est pas un quartier, mais une idée qui entend faire du tronçon

«Le petit Maghreb» n’est pas un quartier, mais une idée qui entend faire du tronçon de la rue Jean-Talon entre les boulevards Saint-Michel et Pie-IX un lieu de rencontre, de convivialité et de partage de la culture maghrébine. Forcément, plusieurs boucheries et épiceries se trouvent sur la seule véritable artère commerciale du périmètre.

De nombreux établissements maghrébins ont également pignon sur rue autour de la station de métro Jean-Talon, et leur présence impor- tante le long du chemin de la Côte-des-Neiges forme un petit foyer de commerces d’Afrique du Nord, qui participe, de fait, à l’émulation multiethnique de ce quartier.

Les Maghrébins sont éparpillés partout dans la ville, même si beaucoup d’entre eux se sont installés dans les arrondissements de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, de Montréal-Nord et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Découvrir

Tafsut - Danses et chants de Kabylie http://tafsut-montreal.blogspot.com Lancée et dirigée par Tassadit Ould Hamouda, la troupe Tafsut est présente à toutes les fêtes. Vêtues de la robe traditionnelle kabyle, parées de bijoux en argent, ses danseuses- chanteuses performent sur des rythmes berbères anciens et modernes. Pour découvrir un brin de culture méconnue en ville.

Hassan El Hadi www.hassanelhadi.net Remarquable auteur-compositeur-interprète et impressionnant joueur de oud (luth oriental), Hassan El Hadi, originaire du Maroc, conjugue les sons arabo-berbères, com- pose une musique originale et traditionnelle édulcorée de jazz. Énergique, enjoué, géné- reux, expressif, lauréat de plusieurs prix, avec maints concerts et enregistrements à son actif (groupes, films, Cirque du Soleil…), cet artiste excelle aussi au banjo, au hakhouj, aux percussions (bendir, crotales, derbouka, riq). À découvrir très vite.

Saïd Mesnaoui www.saidmesnaoui.org Partagé entre Montréal et Paris, descendant d’une grande famille de musiciens de Casablanca, Saïd Mesnaoui, auteur-compositeur-interprète et instrumentiste, souffle une tempête acoustique de sons vibrants, capables de résonner. Un gnawa particulier qui colle aux émotions en faisant appel aux sens! Transcendant.

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Labess www.labess.com Créé en 2004, le groupe Labess (qui signifie «tout va bien» en arabe) est le résultat d’une fusion de plusieurs styles musicaux (la rumba gitane, le flamenco, le gnawa, le chaabi et les musiques traditionnelles de l’Afrique du Nord) orchestrés par Nedjim Bouizzoul, un joyeux charismatique auteur-compositeur-interprète d’origine algérienne, qui chante avec sa belle voix rauque en arabe et en français, en jouant de la guitare, du guembri, de la mandole, des quarquabus, de la derbouka et du djembé. Ses textes scandent la tolérance et la liberté. Vous le verrez sur les planches accompagné de ses talentueux acolytes: le Français Pierre Emmanuel Poizat à la clarinette, l’Algérien Takfarinas Kichou aux percussions, le Bosniaque Anes Beglerbegovic à la batterie et le Bulgare Georgi Stankov à la basse. Décharge d’énergie et solide métissage. Voir Labess c’est l’encourager à vous étonner, vous enivrer, vous endiabler et vous séduire plus qu’il ne sait déjà le faire…

Animation de soirées - Youcef Rais

p514-384-6732

Le Maghreb est friand des soirées (mariages, baptêmes, fiançailles…) animées par un chanteur avec orchestre. Youcef Rais se prête volontiers à la manœuvre. Il interprète des chants berbères, et son orchestre s’adonne à des musiques des mêmes origines (chaâbi, chaoui, hawzi, malouf…). Au top du kitsch, mais vraiment divertissant!

Fêter

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janvier. Nouvel An berbère, dans tous les restaurants kabyles de la ville.

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mars. Jour de l’indépendance de la Tunisie en 1956, marquant la fin du protectorat

français. Information auprès du consulat de Tunisie au p 514-844-2626.

5 juillet. Proclamation de l’indépendance de l’Algérie en 1962, qui fut en guerre depuis 1954 contre la France. Le consulat vous fournira des renseignements sur la célébration au p 514-846-0442 (www.consulatalgeriemontreal.com).

18 novembre. Fête de l’indépendance du Maroc en 1956, à la suite de la fin des pro-

tectorats européens, français et espagnol. Information auprès du Consulat général du

Royaume du Maroc au p 514-288-8750 (www.consulatdumaroc.ca).

Festival de musique du Maghreb

p514-499-9239

www.festivalnuitsdafrique.com Depuis 1991, tous les mois de mars, le Festival de musique du Maghreb, produit par Nuits d’Afrique, offre une programmation transculturelle. Des musiciens singuliers qui défendent leur identité d’Afrique du Nord. Plaisirs, créations, partages, rythmes, tels sont les mots d’ordre.

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L’islam

L’islam a cinq piliers, un idéal à pratiquer auquel ne répondent évidemment pas tous les musulmans, à cause du manque de motivation ou de capacité.

1. La profession de foi envers le prophète Mahomet à réciter à l’heure de la prière, qui a lieu cinq fois par jour (des ablutions sont recommandées avant de lire le Coran, le Livre Saint).

2. Donner l’aumône à la communauté religieuse afin d’aider les plus défavorisés et de «se purifier» de la possession des biens de ce monde.

3. Le pèlerinage à La Mecque, au moins une fois dans sa vie.

4. Jeûner le mois du ramadan (date fluctuante en fonction du calendrier lunaire) de l’aurore au coucher du soleil, s’abstenir d’aliments solides et liquides, de tabac et d’actes sexuels. C’est avant tout une période de générosité et de par- tage; les musulmans vivent l’espace de quelques heures ce que les pauvres endurent toute leur vie

5. La loi religieuse prohibe des aliments: la chair de certains animaux (dont le porc), carnassiers et reptiles, ainsi que le sang de tous les animaux. La viande doit être absolument exsangue (halal) pour être consommée.

La circoncision (exciser la peau du prépuce de la verge) est une tradition. L’islam ne l’impose pas, c’est plutôt une mesure d’hygiène qui prend un sens de rite de passage pour entrer dans le monde des croyants.

Les fêtes musulmanes sont définies par rapport à un calendrier de 12 mois lunaires comptant 29 ou 30 jours, qui a débuté en l’an 622, année de l’hégire (émigration de Mahomet vers Médine). La fête de l’Aïd el-Adha, encore appelée la «fête du Mouton», qui a lieu deux mois et 10 jours après la fin du ramadan, est une manifestation religieuse et sociale très importante. On «sacrifie» un mouton que l’on partage en famille.

Célébrer

Le Maghreb compte des chrétiens, des juifs (voir le chapitre Judaïté) et des musulmans, majoritaires à Montréal. La métropole est dotée de plusieurs mosquées et écoles musul-

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Portrait
Portrait
26 Portrait Arrivé en 2004 d’Annaba en Algérie, Mehdi Benboubakeur est un brillant polyvalent pluri- disciplinaire.

Arrivé en 2004 d’Annaba en Algérie, Mehdi Benboubakeur est un brillant polyvalent pluri- disciplinaire. Il est à la fois cinéaste, publicitaire, photographe, graphiste, éditeur et, éga- lement depuis 2007, le PDG de Réussir Ici, un magazine et un site web (www.reussirici.com) dont la mission est d’amener les immigrants de Montréal à réussir leur installation et leur intégration en ville.

Quels sont vos liens avec votre culture d’origine à Montréal?

J’ai des amis d’enfance installés à Montréal. Je suis un amoureux de l’image; je regarde des films d’Algérie, et tout ce qui se fait autour ici, tel qu’assister aux Rencontres inter- nationales du documentaire de Montréal. Je ne regardais pas la télé en Algérie, mais curieusement ici je regarde les chaînes algériennes, et plus largement je regarde toutes les images ayant trait à l’Algérie, celles des livres de photos, des lectures. Je suis membre du Collectif des artistes algéro-canadiens. Je participe également au gala annuel du Club Avenir, qui encourage l’excellence des Algériens à Montréal. Il m’arrive parfois d’aller dans un café algérien pour l’ambiance. Grâce à Skype, cette nouvelle technologie, je suis en contact permanent avec ma famille. On se voit, on se parle, on mange ensemble, sauf que l’on ne se touche pas! Globalement, j’adore ma culture, je l’incarne parfaitement: sa chaleur humaine, son approche de l’autre, son quelque chose de méditerranéen dont je suis très fier.

Quels sont vos liens avec les différentes cultures de Montréal?

Je «mange» les films québécois, c’est un excellent moyen de connaître ma culture d’ac- cueil. Je suis aussi friand du cinéma iranien, dont les films sont très créatifs. Les liens passent aussi par les personnes que je rencontre, toutes origines confondues. Je me donne la chance de «voyager» à Montréal en allant vers les autres. Cette ville détient une grande richesse humaine; mieux vaut ne pas s’en priver car on y apprend plein de choses, c’est passionnant. Je raffole encore de la cuisine pakistanaise: ses goûts et ses couleurs sont raffinés. J’ai aussi un bon nombre d’amis «pure laine», 100% québécois, qui me permettent de comprendre mon nouvel environnement de vie, de saisir les subtilités de sa langue et de ses mœurs. J’ai enfin des amitiés du monde entier, dont notre lien est Montréal…

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Photo © Lahkim

Quels sont vos endroits ethniques préférés à Montréal?

J’adore le cinéma Ex-Centris (3536 boul. St-Laurent) pour ses films de tous les hori- zons; j’aime son design intérieur, le son, les fauteuils, c’est un lieu complet! Le MAI, soit Montréal arts interculturels (3680 rue Jeanne-Mance), présente une programmation interculturelle variée et dynamique; c’est très intéressant pour découvrir de nouveaux artistes sur une palette de domaines. Côté cuisine, je suis un inconditionnel du restau- rant pakistanais Halal 786 (768 rue Jean-Talon O.). Le chef offre un voyage dans chaque assiette. Rien que le pain fait bourlinguer! Le parc de l’Île-de-la-Visitation est une forêt en plein centre-ville où l’on croise des gens bigarrés, qui donnent la note, qui rappellent que nous sommes à Montréal. J’aime énormément le quartier Côte-des-Neiges pour sa diversité, ses couleurs, sa chaleur; on y voyage en marchant dans la rue!

Qu’est-ce que vous aimez de la diversité ethnique à Montréal?

La diversité ethnique est une grande richesse à Montréal. Je pense que l’on a tous les ingrédients pour créer une harmonie que d’autres métropoles ne sont pas parvenues à créer. Je le vois dans la garderie de mon fils par exemple; des enfants des quatre coins du monde grandissent ensemble, ils sont l’avenir de la ville. Par ailleurs, j’affectionne grandement cette diversité, Montréal pourrait devenir la capitale de la culture à travers la planète…

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manes. On enlève ses chaussures à l’entrée, les femmes se couvrent la tête et, surtout, l’ensemble du corps.

Mosquée Assunnah Annabawyah

7220 rue Hutchison

p514-278-8441

métro Parc Ce lieu de culte est parmi les plus fréquentés de la ville.

Mosquée Masjid Fatima

2012 rue St-Dominique

métro Saint-Laurent Une mosquée à l’entrée discrète, également très fréquentée par les Libanais et les Syriens.

École musulmane de Montréal

7445 av. Chester

p514-484-8845

métro Vendôme Enseignement conforme aux normes du Québec au primaire et au secondaire, avec en plus des cours de religion sur l’islam. Le bâtiment mitoyen avec l’école est la mosquée de la communauté musulmane du Québec (p 514-484-2967).

Goûter

Les cuisines algérienne, marocaine et tunisienne ne se ressemblent pas, même si elles proposent toutes de délicieux couscous. Trancher net à savoir laquelle des trois arrive en tête est une question maternelle! Car tous les Maghrébins du monde croient que le meilleur couscous est celui de leur mère, et ils ont raison… C’est un plat traditionnel servi de diffé- rentes façons, avec de l’agneau, du poulet, du poisson, des merguez, une sauce à base de tomates et de légumes et une montagne de semoule de blé.

À travers le Maghreb, un repas commence avec une salade (fenouil, tomates, radis, aubergines, courgettes mélangés d’épices:

cannelle, cumin, safran, fleur d’oranger, persil, ail…), une corbeille de pain et un

pot de harissa (purée de piments rouges très piquante) en guise de condiment.

Restaurants

Restaurants algériens

Au Coin Berbère

73 av. Duluth E.

p 514-844-7405

métro Mont-Royal Ce restaurant kabyle servirait le meilleur couscous en ville! Les odeurs qui éma- nent de la cuisine font appel à des sou- venirs de voyage dans ce coin du monde. La semoule est servie dans un plat, les légumes avec la sauce dans un autre, et la viande, par contre, arrive sur la table en portion individuelle. Le propriétaire est sympathique, la décoration bien jolie,

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la musique de fond traditionnelle, et les autres spécialités sur la carte donnent la pleine mesure de l’endroit: chorba, brick, salades, thé à la menthe et touareg.

La Gazelle

201 rue Rachel E.

p514-843-9598

métro Mont-Royal Un restaurant ouvert depuis une tren- taine d’années et récemment redécoré avec cachet. Couscous et autres spécia- lités savoureuses, tables basses, coussins, couleurs chatoyantes, lumières tamisées, danseuses de baladi, et un couple de patrons d’origine algérienne qui déploie les attributs de l’hospitalité maghrébine sans se faire lésiner!

Les Rites Berbères

4697 rue De Bullion

p514-844-7863

métro Laurier Aux Rites Berbères, tout ou presque se passe dans l’assiette. La décoration est assez minimaliste, quelques clichés de la Kabylie et notamment de Tigzirt, la ville natale de Mohand Yahiaoui, le propriétaire de l’établissement. Un petit jardin intérieur très agréable en été. Cheb Mami, Khaled, Matoub Lounès ou Idir se partagent le fond sonore. Côté cuisine, d’excellentes spécia- lités berbères enivrent avec leur parfum de coriandre, de cumin, de paprika, de laurier et de clous de girofle. Goûtez sans tortiller à la tchekchouka (un mélange de poivrons rouges et verts, de tomates, d’œufs, d’épices maison). Celle-ci a une saveur typiquement kabyle. La chorba, la soupe (légumes mijotés dans un bouillon de mouton parfaitement assaisonné), est ici relevée à point. Simplicité, authenticité, ambiance «comme à la maison». On sort de table rassasié.

Restaurants marocains

Le Couscous Royal

919 av. Duluth E.

p 514-528-1307

métro Mont-Royal Ouvert depuis 1990, ce restaurant au décor totalement dépaysant est un incontournable pour les amateurs de cui- sine marocaine. Le couscous et le tajine d’agneau sont apprêtés à la perfection. Anissa Zniber, aux fourneaux, prépare d’autres savoureux plats de méchoui, de pastilla, de merguez. Pour bénéficier de l’atmosphère festive des lieux, prévoyez manger sur place. Service de traiteur et plats à emporter également.

La Maison du Bédouin

1616 rue Ste-Catherine O.

p 514-935-0236

métro Guy-Concordia Pour une cuisine marocaine rapide et pra- tique, goûtez aux sfendj, des beignets aussi courus que bourratifs! Une bonne adresse pour gens pressés portés sur l’exotisme.

El Morocco II

3450 rue Drummond

p 514-844-6888

métro Peel Un des rares restaurants maghrébins du centre-ville qui propose une cuisine authentique du Maroc avec de bons plats classiques (tajines, cigares, pastilla, couscous) et d’alléchantes spécialités de grillades (kefta, merguez, steak…). Les pâtisseries sont très sucrées, soyez averti!

Chez Badi

1675 boul. De Maisonneuve O.

métro Guy-Concordia Chez Badi, le frère est au service et la sœur à la cuisine. Les salades sont copieuses et resplendissantes, les viandes marinées, fraîches et exquises. Les clients, de fidèles habitués, sirotent le thé à la menthe ensemble jusque tard dans la soirée. La terrasse est bondée en été: on se croirait à Casablanca.

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Le Soleil de Marrakech

5131 boul. Décarie

p514-485-5238

métro Snowdon Un restaurant-lounge dans une semi-obs- curité, où l’on mange tard et lentement, et où des spectacles de baladi permettent

de patienter. Le menu est un large éven- tail de spécialités du Maroc. La clientèle, essentiellement marocaine, contribue à faire de cet endroit un authentique havre de restauration et de détente. Un voyage exotique époustouflant en une soirée. On

y fume aussi le narguilé.

Restaurant Riyad

8621 boul. St-Laurent

p514-381-7939

métro Crémazie Un restaurant où tout est mis à disposition pour célébrer en grande pompe mariage, baptême, promotion, anniversaire. La salle peut accueillir 300 personnes, la scène plaît beaucoup aux musiciens, la déco- ration est somptueuse. Au menu: de la fine cuisine marocaine et quelques autres plats méditerranéens. Hallucinant, pour le moins dépaysant. De l’extérieur, on ne soupçonne nullement que la façade cache ce bon et beau restaurant.

Restaurants tunisiens

Souad

2330 rue Guy

p514-846-7799

métro Guy-Concordia Un petit troquet tunisien bien sympa- thique, et donc très fréquenté, surtout par la horde d’étudiants de l’Université

Concordia. Des bricks et des tajines aux œufs, des salades, et des classiques de cette cuisine maghrébine peu connue, pourtant pimpante. Le préféré (également

à emporter): sandwich aux merguez ou au

poulet servi avec une ratatouille d’auber- gines et une bonne portion de frites. Thé

à la menthe avec pignons de pin flottants. Sublime.

Le Kerkennah

1021 rue Fleury E.

p

métro Sauvé Ouvert depuis 1974, le Kerkennah est un restaurant familial comme on en trouve rarement. Pendant que les parents s’ac- tivent derrière les fourneaux, les enfants courent pour servir en salle de fidèles clients qui en redemandent constam- ment. Les plats offerts sont copieux, la cuisine tunisienne est traditionnelle. Bricks, couscous, poissons et crevettes

figurent au menu. Cet endroit procure une expérience maghrébine inoubliable, qui réveillera en vous l’envie de voyager

en Tunisie!

514-387-1089

Étoile de Tunis

6701 av. De Chateaubriand

p 514-276-5518

métro Beaubien Outre sa délicieuse cuisine tunisienne maison, épicée à point, l’attrait de ce res- taurant est l’hospitalité qui y est offerte. L’atmosphère donne l’illusion d’être en Tunisie; les murs bleus et blancs, la musique arabe et l’artisanat importé du pays font un bilan plus que parfait!

La Couscoussière d’Ali Baba

1460 rue Amherst

p 514-842-6667

métro Beaudry Le cadre de La Couscoussière est épous- touflant, la cuisine tunisienne, les spectacles et le service tout autant. Le dépaysement est porté à son paroxysme dans ce resto. Le couscous est apprêté de plusieurs façons, les danseuses se déhanchent en maniant des sabres ou en manipulant des serpents au rythme de belles musiques arabes. Pour passer une soirée mémo- rable.

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Grillade Farhat (voir p 145)

Café oriental

Café Zabana

2015 rue Jean-Talon E.

métro Fabre

Le Café Zabana doit son nom au premier guillotiné du Front de libération nationale (FLN), livré aux Français le 19 juin 1956

à la prison Barberousse (Alger). Dans ce

café, on évoque avec plaisir le bled, en laissant filer le temps. On y joue, y lit, y boit du thé ou du café. N’hésitez pas à pousser sa porte, on vous mettra tout de suite à l’aise.

Salon de thé

Orienthé

4511 rue St-Denis

p514-995-6533

métro Mont-Royal

Débarrassez-vous de vos chaussures à l’entrée, et chaussez les babouches mises

à votre disposition. Vous pénétrez dans un

salon de thé où le temps s’arrête et où la

détente est reine. En plus des nombreux thés proposés, l’établissement offre un choix de pâtisseries orientales. Un véri- table havre de paix dans le quartier.

Épiceries

Marché Cordoba

3600 rue Jean-Talon E.

p514-722-5777

métro Saint-Michel Dans cette épicerie tenue par Abdel Alachaher, d’origine algérienne, les pro- duits proposés sont des épices, de la semoule de blé, des feuilles de brick, de l’huile d’olive, de l’eau de fleur d’oranger, des plats à tajine, du henné, ainsi que des préparations pour faire la chorba.

Marché d’alimentation Le Méditerranéen

5785 ch. de la Côte-des-Neiges

p 514-341-1042

métro Côte-des-Neiges Une assez grande épicerie où l’on vend toute la gamme des produits alimentaires maghrébins et où l’on pousse même, cer- tains jours, l’hospitalité jusqu’à vous faire

goûter aux dattes et aux olives.

Boulangeries-pâtisseries

Pâtisserie La Table Fleurie d’Algérie

3704 rue Jean-Talon E.

p 514-593-1999

métro Saint-Michel Cette pâtisserie est très prisée, notam- ment durant le ramadan, alors que vous attendrez longtemps avant de passer votre commande. La quantité de petites bou- chées sucrées, de différentes formes, est vertigineuse: anneaux de pâte d’amandes entourés de sucre glace et parfumés à la

fleur d’oranger, boules de pâte d’amandes à la pistache ou aux noisettes, mini- baklavas… Tout est exquis. De petites tables permettent de déguster des pâtis- series sur place en sirotant un thé à la menthe, pas moins sucré, mais tout aussi divin. Un petit lieu comme il en existe des centaines identiques en Algérie.

Boulangerie Pâtisserie La Belle bleue

1860 rue Jean-Talon E.

p 514-721-3376

métro Fabre On y trouve plusieurs pâtisseries maro- caines traditionnelles (alfajores, cornes de gazelle, chebakia, fekka, rose des sables, kataëf, etc.) et des pains moelleux à la croûte dure, très appréciés. L’endroit ne désemplit pas.

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Boucheries

Boucherie Al Khair

300 rue Jean-Talon E.

p514-277-3778

métro Jean-Talon Cette boucherie vend une bonne gamme de produits pour faire de la cuisine maghré- bine. Des merguez, du kefta (bœuf haché assaisonné), du mouton, du bœuf et du poulet, des citrons confits, des olives, de la semoule de blé, de la fleur d’oranger, etc.

Boucherie Tassili

265 rue Jean-Talon E.

p 514-277-1257

métro De Castelnau Vous trouverez, dans cette boucherie fami- liale, de la viande halal (qui vient de bêtes ayant été égorgées et vidées de leur sang), la seule recommandée à être consommée par les musulmans, de même que des conserves, de l’huile d’olive, des bois- sons gazeuses, des biscuits et des épices importés essentiellement d’Algérie.

S’offrir

Artisanat

Boutique Le Touareg

4559A rue Wellington

p514-766-8525

métro de l’Église Depuis cinq ans, Bouchaid Tirib, le pro- priétaire de la boutique Le Touareg, pro- pose de belles lampes marocaines qui, de par le savoir-faire ancestral des artisans, restent intemporelles. Les hommes fabri- quent les bâtis en fer forgé et tendent des peaux de mouton en guise d’abat-jour, puis les femmes peignent des motifs colorés et traditionnels dessus. Chaque lampe faite main, donc unique, propage une lumière tamisée qui donne aux espaces des airs d’été. Laissez-vous porter par ces beautés qui viennent de loin.

Marrakech Store

3920 rue St-Denis

p514-499-1953

métro Sherbrooke Depuis 1999, Khalid Bentami, aussi timide que passionné, tient une boutique de pro- duits d’artisanat importés du Maroc: des objets de décoration raffinés aux accents traditionnels. Des poufs en cuir, des tables en cuivre, des kilims et tapis en laine, des

poteries Tadelakt, des antiquités, des bijoux berbères, des théières en argent, des pla- teaux dorés, des babouches, des châles touaregs, des kaftans, des khamsa utilisés comme pendentifs (mains de Fatima), etc. On se croirait presque dans un musée…

La Médina

3938 rue St-Denis

p 514-678-4101

métro Sherbrooke En Tunisie, chaque ville se prévaut de son artisanat: Tunis, le cuir; Kerouan, les tapis; Nabeul, la céramique. Tarek et Sami, deux copains associés, d’origine tunisienne, ont bien compris l’esprit artisanal de leur pays; du coup, leur boutique est pleine de petits trésors, entre autres des articles de cuir (sacs, chaussures, poufs).

Vêtements

Samia Baladi

6361 rue St-Hubert

514-495-2600

www.samiabaladi.com Le cafetan est un vêtement traditionnel dont la confection se transmet de mère en fille, mais qu’au Maroc les femmes reçoivent en cadeau de mariage. Sorte de

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longue robe ample, richement brodée, il se porte avec une ceinture et des bijoux en or. Vous trouverez chez l’artiste et pro- fesseure de danse Samia Baladi des vête- ments qui ont l’allure de véritables cafetans colorés en soie.

Musique

El Bahdja

3387 rue Jean-Talon E.

p514-727-6159

métro Saint-Michel El Bahdja, «la joie» en arabe, est un com- merce où est offerte de la musique de tous les coins du Maghreb. Une fois en confiance, Malek, le propriétaire, vous parlera davantage de la vie de son quartier que de ses ventes. Tout aussi intéressant.

Vidéos

Disco Maghreb

255 rue Jean-Talon E.

p514-273-2184

métro De Castelnau Musique du Maghreb, cassettes, CD et large éventail de films tunisiens en location comme Un été à la Goulette (1986) de Férid Boughedir ou Les Silences du palais (1994) de Moufida Tlatli, et marocains comme Casablanca Day Light (2005) de Mostapha Derbaoui ou Al Houb Al Qatil (2004) de Hamid Zoughi.

Le Souk

50 av. Duluth E.

p514-848-1754

métro Mont-Royal Dans cette boutique de produits d’arti- sanat importés du Maghreb, vous trou- verez un vaste choix de films algériens. Immergé dans le contexte politique et social, le cinéma d’Algérie s’est, au fil des décennies, orienté vers des sujets sensi- bles, parfois même tabous: l’émancipation de la femme (Leila et les autres de Sid Ali Mazif en 1977), le déracinement et l’émi- gration (Alice au pays des mirages d’Ahmed

Beauté

Le Maghreb est considéré par certains spécialistes de la beauté comme le berceau de la cosmétique. Le Maroc principalement, mais aussi la Tunisie ou l’Algérie ont influencé les produits de beauté. Les secrets de beauté sont presque sacrés: les femmes les utilisent comme armes de conquête. Le hammam a un effet anti-stress unique, comme un bain de jouvence; des vapeurs chaudes et humides s’exhale un parfum doux et camphré d’eucalyptus. Le savon noir nettoie le corps et la peau comme aucun autre savon au monde. C’est un exfoliant, un produit gommant 100% naturel. Le rassoul est une argile naturelle qui possède des propriétés dégraissantes et adoucissantes. L’huile d’argan a des propriétés médicinales et cos- métiques hors du commun. Ses antioxydants protègent la peau du vieillissement. Le henné soigne, for- tifie, embellit et teint les cheveux. Il permet aussi de faire des tatouages. Le khôl est une poudre noire issue de l’antimoine. Placé entre les deux paupières, il servait autrefois à soi- gner les conjonctivites. On le porte aujourd’hui en guise de maquillage, et il purifie le cristallin de l’œil.

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Rached en 1978, Thé au harem d’Archi- mède en 1985), la perte de repère de la jeune génération (Salut Cousin! de Merzak Allouache en 1996), la dégradation des relations dans la société (L’Arche du désert de Mohamed Chouikh en 1997).

Beauté

Studio Beauté du monde

1455 rue Drummond, bureau 2B

p514-841-1210

www.studiobeautedumonde.com métro Peel Studio Beauté du monde offre tous les soins spécifiques associés au rituel du hammam et quelques autres (envelop- pement aux céréales berbères, bron- zage au henné, épilation orientale au miel). Dans une salle de vapeur chaude,

le corps s’abandonne, les pores se dila- tent, la peau ramollit; dans une autre salle sont effectués les gommages au savon noir (à base d’olives, riches en vitamine E) et les enveloppements au rassoul (pâte brune parfumée aux roses de Damas) à l’aide d’une kessa (gant de crin); et dans une dernière salle, le temps s’arrête et invite au repos. Votre peau est de toutes les façons douce et purifiée. Le thé à la menthe, les pistaches, les olives vertes et les pâtisseries orientales offerts au salon de thé, en fin de séance, exaltent les papilles. La musique orientale invite au voyage. Certains jours sont réservés aux femmes, d’autres aux hommes, et le samedi est un jour mixte. Ventes de produits cosméti- ques sur place.

Apprendre

Calligraphie et langue arabe

Centre Culturel Algérien de Montréal

2348 rue Jean-Talon E., bureau 307

p514-721-4680

www.ccacanada.qc.ca métro D’Iberville Faire de la calligraphie, c’est entrer dans le monde magique des belles lettres et de la sublimation du trait. Dans la calligraphie arabe, la direction des lignes, l’épaisseur des traits, la longueur des étirements, l’emplacement des points contribuent ensemble à l’équilibre général d’une œuvre. À votre calame! Également cours de langue arabe.

Langue berbère

Centre Amazighe de Montréal www.amazigh-quebec.org Cours de langue kabyle, le tamazight.

Baladi

Voir p 32 et 43

Presse Journal Alfa p514-389-1603 www.journalfa.ca Alfa est le journal des Maghrébins de Montréal depuis 10
Presse Journal Alfa p514-389-1603
Presse
Journal Alfa
p514-389-1603

www.journalfa.ca Alfa est le journal des Maghrébins de Montréal depuis 10 ans. Ses articles, chro- niques et reportages suivent l’évolution de la communauté maghrébine en ville, qui s’accroît d’année en année. Renseignements sur la communauté, informations pratiques et utiles.

Journal Atlas

p514-962-8527

www.atlasmedias.com Un journal et une radio communautaires marocains. Voilà des médias bien conçus, qui présentent toutes sortes d’informations, articles, reportages, chroniques, archives, émissions, petites annonces en français.

Télé

CJNT www.cjntmontreal.ca Émission avec une diversité d’interviews et de discussions sur des thèmes les plus variés. Autour et pour les Algériens, Marocains et Tunisiens de Montréal. En français et en arabe.

Radio

CFMB 1280 AM www.cfmb.ca Sur ce poste, on peut entendre des pro- grammes d’informations communautaires tunisiens et marocains, produits en français, en anglais et en arabe.

Radio Centre-Ville 102,3 FM www.radiocentreville.com Une émission hebdomadaire de musique et de chroniques animée avec brio et vivacité par Lamine Foura, une des figures de proue de la communauté maghrébine de Montréal. Franchement agréable à écouter, et surtout très intéressante.

Radio Moyen Orient Montréal

www.1450am.ca

Sur les ondes de Radio Moyen Orient Montréal, une émission dans laquelle sont abordés des sujets variés (politique, arts), on reçoit des personnalités, on diffuse de la musique et on échange surtout en arabe.

Internet

Salam Montréal Radio www.salamontreal.com La radio du Centre Culturel Algérien de Montréal diffuse sur Internet une pro- grammation originale, riche et diversifiée de musiques, d’émissions et d’informations culturelles, artistiques, scientifiques, com- munautaires, etc. Son équipe de bénévoles offre sans relâche un espace de rencontre accueillant. Esprit de tolérance et commu- nication joyeuse.

www.algeroweb.com Un site Internet qui fourmille d’informations sur le monde international, le Maghreb, la communauté maghrébine de Montréal. On y trouve aussi des petites annonces, un guide d’adresses utiles, le calendrier des évène- ments. L’interface est chargée, mais son contenu vaut la peine d’être fouillé.

www.maghreb-observateur.qc.ca Un mensuel rédigé en français qui se veut la voix du Maghreb à Montréal, au Québec, et plus largement au Canada. Ses éditoriaux musclés incitent à la réflexion. Une publica- tion audacieuse, pour découvrir le Maghreb sous un autre angle.

www.mediasmaghreb.com Un groupe de médias au service de la com- munauté maghrébine pour se faire connaître et être aidé à s’intégrer. Fourmille d’informa- tions pertinentes

www.reussirici.com (voir p 26)

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Approfondir

Centre Culturel Algérien de Montréal

2348 rue Jean-Talon E., bureau 307

p514-721-4680

www.ccacanada.qc.ca métro D’Iberville Le centre propose des cours et des ateliers, organise des expositions, des rencontres littéraires, des conférences, des projections de films, des concerts, publie le bulletin com- munautaire l’Élan, dispose de toute la presse algérienne. Entrée libre sauf pour certaines activités. Le centre a également mis sur pied le Festival de la culture maghrébine depuis trois ans: une véritable opportunité pour découvrir la richesse des cultures algérienne, marocaine et tunisienne sous toutes leurs facettes: musique, peinture, artisanat, gastro- nomie, etc.

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37 La force de la vérité est qu’elle dure. Proverbe égyptien La première vague d’immigration égyptienne
37 La force de la vérité est qu’elle dure. Proverbe égyptien La première vague d’immigration égyptienne
37 La force de la vérité est qu’elle dure. Proverbe égyptien La première vague d’immigration égyptienne

La force de la vérité est qu’elle dure. Proverbe égyptien

La première vague d’immigration égyptienne à Montréal a gagné de l’importance dans les années 1950. C’est une élite intellectuelle et économique qui, fuyant les nationalisations du président Gamal Abdel Nasser, a débarqué en ville et s’est parfaitement intégrée à son nouvel environnement. Une seconde vague composée de ressortissants pauvres et peu qualifiés est arrivée dans les années 1980. Depuis 2000, beaucoup d’Égyptiens viennent faire leurs études à Montréal. L’Égypte a conclu plusieurs ententes avec le Québec pour ses citoyens-étudiants. Au total, quelque 10 000 Égyptiens vivent dans l’île aujourd’hui.

Découvrir

Musée des beaux-arts de Montréal

1379 rue Sherbrooke O.

p514-285-1600

www.mbam.qc.ca métro Guy-Concordia La collection égyptienne du Musée des beaux-arts explore différentes facettes de l’histoire du «vent du Nil». Représentations des pharaons, images de hiéroglyphes, statuettes, céramiques… L’Égypte antique est celle des tribus qui, vivant au bord du Nil, ont créé le

statuettes, céramiques… L’Égypte antique est celle des tribus qui, vivant au bord du Nil, ont créé

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premier empire pharaonique. La boutique du musée vend divers articles (livres, statues, bijoux, etc.) sur la civilisation égyptienne.

Troupe Les Princesses du Nil On peut voir danser des femmes vêtues de longues jupes, de bustiers à paillettes et de voile à diverses occasions. Elles se trémoussent avec élégance et sensualité, se désarti- culant presque le bassin, en rendant l’ambiance très chaude. Renseignements à l’école de danse orientale (p 514-388-0517).

L’Empress

5560 rue Sherbrooke O.

p514-885-2846

métro Vendôme Hommage à l’Égypte. Unique édifice de style Art déco à motifs égyptiens au Canada, une œuvre de l’architecte Joseph-Alcide Chaussé (1868-1944). Effigies de dieux pharaoniques et éléments inspirés du tombeau de Toutankhamon se partagent la façade d’un théâtre, devenu cinéma, en attente de devenir un centre culturel…

Fêter

6 octobre. Fête nationale marquant la victoire remportée sur Israël en 1973, qui cor- respond aussi à l’assassinat en 1981 du président de la République Anouar el-Sadate par des soldats intégristes. Un jour non négligé par les Égyptiens, encore moins ceux qui sont nationalistes. Rencontre organisée par le Consulat général de l’Égypte à Montréal

(p514-866-8455).

Lundi de la Pâque copte. Cham el-Nessim, la fête du printemps, est célébrée par tous en Égypte, en mémoire vivante de l’époque pharaonique: crues du Nil, récoltes abondantes et renouveau saisonnier. À Montréal, les Égyptiens se réunissent entre amis et en famille pour manger avec faste.

Célébrer

L’Égypte compte des musulmans et des coptes, Montréal aussi. Mais les Égyptiens n’y ont pas de mosquée, ils fréquentent celles de leur choix (voir les chapitres sur le Maghreb, le Liban, la Turquie…). Être copte, c’est être chrétien; c’est s’attacher à une église fondée par saint Marc, le premier envoyé en Égypte pour prêcher l’Évangile (vers 550). Les rites coptes ont eu la vie dure en Égypte entre 641 et 1839, lorsque débuta l’ère islamique. Ils ont récupéré leurs droits depuis.

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Le calendrier copte, qui aurait commencé le 29 août ou le 11 septembre 284 du calen- drier grégorien, se base sur les cycles lunaires et repose alors sur un autre mode que le grégorien; du coup, Noël est fêté le 7 janvier, l’Annonciation le 21 mars, et la Pâque a une date aussi mobile mais différente de celle des catholiques.

Église orthodoxe copte Saint-Marc

7395 rue Garnier

p514-274-1589

métro Jean-Talon Premier lieu de culte copte du Québec, ouvert en 1967. Le dimanche matin, l’église fourmille d’Égyptiens, et un repas est servi après l’office. La décoration reflète la foi copte; ne manquez pas d’y faire un pèlerinage car les photos des popes rendent le lieu vivant!

Goûter

En termes culinaires, l’Égypte constitue un savoureux mélange de spécialités méditer- ranéennes (grecques, libanaises, syriennes, turques). Des variantes selon les régions, et des plats locaux.

Restaurants

Café Restaurant Jounieh

595 boul. de la Côte-Vertu

p514-744-9898

métro Côte-Vertu Café-restaurant et club social? Les deux à la fois, comme bon nombre d’établissements de restauration en Égypte. La nourriture est succulente et servie en portions gour- mandes. Babaghannouj (purée d’auber- gines au sésame), renga (hareng fumé), kochari (riz, lentilles, macaronis, oignons frits, sauce tomate pimentée), hessara (haricots concassés mijotés en ragoût, relevés d’huile, de citron et de cumin). À la fin, une pâtisserie et une tisane à l’anis, à la cannelle ou au fenugrec. Et bien sûr, on fume la shisha (cette grande pipe à eau aussi appelée «narguilé») à la pomme et autres fruits. L’ambiance est remarquable. Un pur bonheur, même si l’endroit n’a d’entrée rien d’extraordinaire.

Grillade Farhat (voir p 145)

Épiceries

Épicerie Amira

1445 rue Mazurette

p 514-382-9823

métro Acadie Une vraie petite épicerie égyptienne où l’on trouve tout ce qu’il faut pour apprêter la cuisine du Levant. Le mélange des épices diffuse un parfum enivrant dans cette bou- tique tenue par des Égyptiens.

Épicerie Nouvelle Main

1188 boul. St-Laurent

p 514-861-5681

métro Saint-Laurent Des épices en vrac et des surgelés importés d’Égypte. Du thé à l’hibiscus, des olives pimentées, des citrons marinés…

Akhavan (voir p 140)

Marché Adonis (voir p 146)

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Portrait
Portrait
40 Portrait D’origine égyptienne, venue à Montréal pour des raisons économiques en 1967, Yolande Geadah travaille
40 Portrait D’origine égyptienne, venue à Montréal pour des raisons économiques en 1967, Yolande Geadah travaille

D’origine égyptienne, venue à Montréal pour des raisons économiques en 1967, Yolande Geadah travaille dans le milieu de la coopération internationale et des relations humani- taires. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages, entre autres Accommodements raisonnables – Droit à la différence et non différence des droits (2007).

Quels sont vos liens avec votre culture d’origine à Montréal?

À notre arrivée à Montréal, ma famille était francophone. Mon père était un professionnel, il répondait aux critères d’immigration de l’époque. En un mois, il avait trouvé un poste d’enseignant. Notre intégration s’est faite en douceur, le chômage était faible dans les années 1960-1970. À 16 ans, je travaillais dans une banque; j’y ai suivi des formations, ce qui a été une bonne porte d’entrée pour mon intégration sociale. Sur le plan culturel, j’adore voir des films et des spectacles égyptiens. J’ai aussi une écoute plus attentive de l’actualité du Moyen-Orient.

Quels sont vos liens avec les différentes cultures de Montréal?

Par mon travail, je suis dans un milieu multiculturel, cosmopolite, et je l’apprécie grande- ment. De fait, je côtoie et surtout discute avec des gens de toutes les origines ethniques. Je m’intéresse aux situations politiques et à l’actualité de leurs différents coins du monde. Sur le plan culinaire, je cultive des liens avec la pluralité des cultures présentes à Montréal. J’ai essayé tous les genres de restaurants (chinois, portugais, iranien, brésilien…), j’aime l’avenue Duluth qui en héberge quelques bons. Par ailleurs, je suis une adepte du Festival des films du monde de Montréal (www.ffm-montreal.org) et de celui de Vues d’Afrique (www.vuesdafrique.org). Le cinéma suscite une belle ouverture sur le monde; le théâtre en général aussi. J’écoute de la musique espagnole et italienne. Je contemple encore avec considération la richesse de l’art mondial exposé dans les musées de la ville.

Quels sont vos endroits ethniques préférés à Montréal?

Le Marché Adonis (2001 rue Sauvé O.) permet de me procurer une variété de succulents produits en provenance du Moyen-Orient dont je raffole. Je trouve très agréable Le Petit Alep (191 rue Jean-Talon E.), ce café-resto syrano-libanais qui offre des délices pour la panse. Toutefois, mon lieu ethnique préféré s’avère le marché Jean-Talon, un endroit

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Photo © VLB éditions

privilégié avec son mélange de gens, de produits, d’odeurs et de couleurs. Le monde arabe l’a littéralement pénétré à côté du québécois et de l’européen déjà existants.

Qu’est-ce que vous aimez de la diversité ethnique à Montréal?

Je suis arrivée à Montréal l’année de l’Exposition universelle, à une époque où la pro- vince s’ouvrait à la diversité; au bon moment! J’aime le regard croisé sur une même réalité. Chacun y va de ses atouts, de ses valeurs et de ses origines, ce qui fait qu’il y a de la place pour tout le monde à Montréal. Je me sens comme un poisson dans l’eau au cœur de cette diversité. Mon livre sur les accommodements raisonnables touche un débat important, mais il ne faut ni dramatiser la situation, ni la banaliser. La question des revendications religieuses me préoccupe. Dans un contexte multiculturel, chacun se doit de faire certaines concessions par rapport à sa culture d’origine et d’accepter de se soumettre aux mêmes règles. La diversité exige de réfléchir ensemble au bénéfice à long terme des choix de société favorisant l’intégration de tous.

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Beauté

Massage égyptien

L’Attitude 71 rue Crémazie O.

p888-603-0106

www.attitudemassotherapie.com métro Crémazie

Massage relaxant à l’huile de lotus sacré, que la reine Nefertiti adorait. Précieux allié de la beauté!

S’offrir

Vidéos

Arabic Video Center

7632 rue St-Hubert

p514-274-3245

métro Jean-Talon À côté de ses sagas, soit d’infernales his- toires d’amour appréciées par bien du monde – affaire de goût –, l’Égypte compte quelques chefs-d’œuvre qui doivent être vus, notamment L’Immeuble Yacoubian

(Omaret yak obean), réalisé en 2002 par Marwan Hamed. À travers la vie des voi- sins d’un immeuble planté au cœur du Caire, la modernité égyptienne explose et s’expose: corruption, islamisme, absence de liberté d’expression. Comme les films arabes sont majoritairement égyptiens, vous êtes certain de dénicher quelques autres titres intéressants dans cette bou- tique.

Sortir

Cinéma

Méga-plex Sphèretech 14

3500 boul. de la Côte-Vertu

p514-745-5566

métro du Collège Ce cinéma multisalle (14) présente des films arabes, surtout égyptiens, intégrés à

sa programmation régulière. Le distribu- teur du Caire envoie une bonne sélection de bobines, même si elles sont majoritai- rement des sagas familiales. Certains films sont sous-titrés, d’autres non.

Apprendre

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Baladi

Centre culturel Calixa-Lavallée

3819 av. Calixa-Lavallée

p514-523-3316

métro Sherbrooke Lala Hakim enseigne l’art de la danse orientale, le baladi, né en Égypte. Danse du ventre réduite à sa plus simple expression. Des chorégraphies traditionnelles sur des rythmes de musique. En prime, une excellente pédagogie et la chouette personnalité de la prof. Pour les débutantes, le costume sorti directement des Mille et Une Nuits rehausse les pas de base.

des Mille et Une Nuits rehausse les pas de base. Presse L’Égypte et le monde arabe

Presse

L’Égypte et le monde arabe au Canada

p514-288-0188

Un mensuel trilingue (français, anglais, arabe) sur les affaires courantes du Moyen- Orient et celles des Égyptiens de Montréal.

Télé

CJNT www.cjntmontreal.ca Émission hebdomadaire dédiée à la com- munauté égyptienne de Montréal, en arabe et en anglais. Histoires vécues, tourisme, interviews d’invités divers sur les activités culturelles et sociales en ville. CJNT diffuse aussi un film égyptien ou un soap opera (feuilleton) une fois par semaine.

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Portrait
Portrait
44 Portrait Né en Égypte, Rachad Antonius est arrivé au Canada en 1970 pour poursuivre des

Né en Égypte, Rachad Antonius est arrivé au Canada en 1970 pour poursuivre des études supérieures en mathématiques à Winnipeg, au Manitoba. Mais les bouleversements politiques au Proche-Orient, et l’incapacité des sociétés arabes à résoudre leurs problèmes de déve- loppement, de libération et de démocratie l’ont incité à vouloir comprendre pourquoi elles se trouvaient dans cette situation. Réservant beaucoup de temps à étudier les problèmes politiques et sociaux dans la région, dont la question palestinienne, il s’est découvert faisant de la sociologie. C’est alors qu’il a décidé de changer de carrière. Il est à présent professeur en sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il consacre aujourd’hui une partie de sa carrière à mieux comprendre les réalités du monde arabe et à les faire connaître. Deux séjours de deux ans les deux dernières décennies en Égypte ont alimenté ses réflexions et ses recherches.

Quels sont vos liens avec votre culture d’origine à Montréal?

Je suis très attaché à l’Égypte, d’un point de vue culturel et politique, et je suis de très près les développements de la situation en Égypte et plus généralement au Proche-Orient. De ma culture d’origine, je conserve surtout une certaine vision des rapports humains, que je valorise beaucoup. Je parle l’arabe avec des amis qui s’intéressent aux mêmes questions que moi, et je suis à l’aise avec le dialecte égyptien. Chez moi, je parle moins l’arabe, mais la cuisine égyptienne et libanaise sont à l’honneur ! J’ai la chance d’avoir, à Montréal, plusieurs amis d’enfance avec qui je conserve des liens constants, en plus bien sûr de ma famille.

Quels sont vos liens avec les différentes cultures de Montréal?

La première chose que j’ai faite en arrivant ici, c’est de découvrir la culture québécoise, surtout par ses chansonniers, et aussi par son théâtre. Je suis très en contact avec des gens en provenance des quatre coins du monde, je vis donc de manière très cosmopolite. Coté musique, si j’aime particulièrement la musique classique et l’opéra, et fréquente la Place des Arts (pas assez régulièrement à mon goût !), je me plonge à l’occasion dans la découverte de traditions musicales de l’Asie centrale et de l’Inde. Je me suis ouvert aux gastronomies que je ne connaissais pas, et je me risque même, de temps en temps, à essayer des recettes indiennes ou chinoises.

Quels sont vos endroits ethniques préférés à Montréal?

Pour moi, le Marché Adonis (2001 rue Sauvé O.) est un incontournable, pour ses produits de l’Orient. Côté culture, j’aime bien aller au Festival du monde arabe (www.festivalarabe.

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Photo © Linda Aïnouche

com) pour son ouverture sur le monde, et pour la rencontre des cultures qu’il offre. Je garde toujours un œil sur le festival Vues d’Afrique (www.vuesdafrique.org), car on peut y voir des films qui ne font pas les circuits commerciaux. Quant aux restaurants, outre les restaurants japonais et chinois que je visite de temps en temps, j’aime bien le vietnamien Pho Do Thi, ancien Le Mékong, (1238 rue St-Denis), qui a l’avantage d’être très près de mon bureau. Mais franchement, je n’ai pas d’habitude de lieux ethniques réguliers. Je ne les recherche pas particulièrement. Je vais où je me sens à l’aise, avec l’indifférence d’une quelconque origine culturelle des endroits.

Qu’est-ce que vous aimez de la diversité ethnique à Montréal?

Je l’aime lorsqu’elle est ouverte, et que les frontières sont poreuses ! Je n’aime pas du tout les ghettos culturels, et cela est toujours un piège lorsqu’on valorise trop les cultures ethniques. Je trouve que Montréal est dix fois plus ouverte aujourd’hui qu’il y a quelques années; on y est en contact avec des œuvres culturelles de partout (cinéma, théâtre, musique), et c’est tellement plus intéressant ! Évidemment, l’envers de la médaille, c’est que ce même climat d’ouverture permet aussi de s’accrocher de façon rigide à des traditions qui n’ont plus leur place, et les accommodements demandés ne sont pas toujours raisonnables. Le problème avec cette question des accommodements a été le leadership politique, qui a fait défaut. Oui, il y a des situations délicates qui ne sont pas faciles à gérer, mais on en a fait une crise alors que la situation sur le terrain ne méritait nullement une réaction alarmiste de cette envergure. Je crois que la société québécoise reste très ouverte en dépit des problèmes et des craintes, et l’ouverture aux autres cultures y est certainement plus grande que dans bien des pays d’origine des divers groupes d’immigrants. Je reste donc très optimiste.

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46 Gloire à toi Île Maurice, Île Maurice, ô ma mère patrie, Fraîche est ta beauté,

Gloire à toi Île Maurice, Île Maurice, ô ma mère patrie, Fraîche est ta beauté, Doux est ton parfum, Nous voici tous debout, Comme un seul peuple, Une seule nation, En paix, justice et liberté, Pays bien aimé, que Dieu te bénisse, Pour toujours et à jamais. Extrait de Motherland (hymne national de l’île Maurice)

Les immigrations en provenance des îles de l’océan Indien ont acquis de l’importance à Montréal à partir des années 1970. Le maelström humain qui mélange trois continents, Afrique, Asie et Europe, donne vraiment un ton.

Jusqu’en 1985, l’immigration malgache, très scolarisée, a régulièrement augmenté et s’est principalement dirigée vers les secteurs des services, de la vente et de l’industrie. Depuis, elle diminue sans raison apparente.

l’industrie. Depuis, elle diminue sans raison apparente. À ses débuts, l’immigration mauricienne est jeune et

À ses débuts, l’immigration mauricienne est jeune et orientée vers les secteurs du per- sonnel médical et des techniciens de la santé. À partir de 1980, elle augmente de manière significative; les travailleurs se dirigent alors vers les secteurs du personnel administratif, ventes et usines. Elle a aujourd’hui beaucoup ralenti.

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les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais

47 les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais Montréal ne compte aucun quartier regroupant des ressortissants

Montréal ne compte aucun quartier regroupant des ressortissants des îles de l’océan Indien, pas même un bout de rue où boutiques et restaurants des îles auraient pignon sur rue. Mais un certain nombre de Mauriciens résident dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges– Notre-Dame-de-Grâce, et la majorité des Malgaches habitent dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Forts d’un métissage étonnant créé par des populations venues des quatre coins de l’océan Indien (Afrique, Inde, Sri Lanka, Madagascar, Comores et aussi Chine), les Réunionnais se retrouvent à Montréal sous la catégorie Français (voir le chapitre sur la France).

Célébrer

Il n’y a pas de religions officielles dans les îles de l’océan Indien. Tous les dogmes sont représentés. Les préceptes du bouddhisme, du christianisme, de l’hindouisme et de l’islam se mélangent aux croyances païennes, héritées des cultes africains.

Sur l’île Maurice, les hindous sont les plus nombreux; à Madagascar, ce sont les chrétiens. À Montréal, on retrouve donc des Mauriciens et des Malgaches dans les temples hindous, les églises (pentecôtiste, adventiste, évangélique et réformée), les temples bouddhistes, surtout chinois, et les mosquées.

Compte tenu de la diversité religieuse dans les îles de l’océan Indien, les jours de fête dépendent à la fois des calendriers solaire et lunaire, avec dates fixes ou variables.

Goûter

La cuisine des îles de l’océan Indien est issue d’un savant mélange de traditions culinaires africaines, chinoises, créoles, indiennes et européennes. Subtil mariage de goûts et de couleurs. Épicées et généralement ser- vies en grosses portions, les cuisines varient selon les régions (plus d’épices, moins de

tomates, etc.). Le chutney est un mélange d’ail, de gingembre, de piments et de vinaigre, originaire de l’Inde, et le rougail, un autre mélange de tomates, d’oignons, d’ail, de gingembre et d’épices, d’origine créole, pour accompagner, assaisonner ou cuire poissons, viandes… et riz! Cannelle,

et d’épices, d’origine créole, pour accompagner, assaisonner ou cuire poissons, viandes… et riz! Cannelle,
et d’épices, d’origine créole, pour accompagner, assaisonner ou cuire poissons, viandes… et riz! Cannelle,

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les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais

48 les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais cardamome, clous de girofle, coriandre, cumin, gingembre, muscade,
48 les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais cardamome, clous de girofle, coriandre, cumin, gingembre, muscade,

cardamome, clous de girofle, coriandre, cumin, gingembre, muscade, piment et poivre vert sont aussi de la partie dans la cuisine des îles de l’océan Indien.

Restaurants

Les Délices de l’Île Maurice

272 rue Hickson

p514-768-6023

métro de l’Église La cuisine mauricienne de ce restaurant est composée à la fois de spécialités chinoises, créoles et indiennes. Le poulet pilaf et les croquettes de poisson rendent royalement justice à la variation sur les thèmes de

l’eau, du sable et de la lumière qu’évoque le lieu… Assiette copieuse, ambiance fami- liale comme on souhaite qu’elle le soit!

Le Piton de la Fournaise

835 av. Duluth E.

p

métro Mont-Royal Petit, décoré, sympathique, tropical, ce restaurant réunionnais propose des plats aux influences africaines, françaises et indiennes évidentes. Si, pour leur origina- lité, la pieuvre et le requin ont la cote, les crevettes à la sauce rouge et le curry de viande méritent largement d’être expéri- mentés. Les épices fourmillent et les esto- macs bénissent….

514-526-3936

S’offrir

Librairies

Librairie Olivieri

5219 ch. de la Côte-des-Neiges

p514-739-3639

métro Côte-des-Neiges Dans le rayon «Océan Indien», on retrouve contes, poésies, recettes, romans, selon une grande tradition de langue française. Jean Marie Georges Le Clézio a écrit trois romans qui se déroulent sur l’île Maurice:

Le Chercheur d’or, La Quarantaine et Voyage à Rodrigues. Et Charles Baudelaire a été marqué par son séjour mauricien en 1841, qui a inspiré certains de ses poèmes.

Librairies Ulysse

4176 rue St-Denis

p 514-843-9447

métro Mont-Royal

560 av. du Président-Kennedy

p 514-843-7222

métro McGill Palais des guides de voyage et des livres d’images du monde entier, les librairies Ulysse comptent une très bonne sélection d’ouvrages en tous genres sur les îles de l’océan Indien.

Apprendre

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les Malgaches, les Mauriciens et les Réunionnais

Malgache

École malgache de Montréal (Sekoly Malagasy eto Montréal)

Église Saint-Jean-de-Matha

6841 rue D’Aragon

www.smm.fr.tc métro Monk Au sous-sol de l’église, l’école offre un apprentissage du malgache, langue officielle de la République de Madagascar, dont l’écriture se fait en alphabet latin depuis 1823, avec 21 lettres (sans le c, le q, le u, le x, le w). Également, des activités culturelles (cours de danse, de civilisation, de musique folklorique malgache).

Approfondir

Association Québec Île Maurice

6767 ch. de la Côte-des-Neiges, bureau 693.2

www.aqim.org métro Plamondon Depuis 1978, cette association promeut la culture de l’île Maurice dans la métropole. Plusieurs activités sportives, culturelles, sociales, et des événements particuliers. Le Flamboyant, un trimestriel publié par l’association, fait office de bulletin communautaire.

particuliers. Le Flamboyant , un trimestriel publié par l’association, fait office de bulletin communautaire.
particuliers. Le Flamboyant , un trimestriel publié par l’association, fait office de bulletin communautaire.

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Portrait
Portrait

Né à Montréal, Richard Gervais, politologue, exerce aussi la fonction de consul honoraire de la République de Maurice. Il descend d’une des plus anciennes familles d’origine française au Québec; le premier ancêtre, connu sous le nom de Jean Gervaise, dit le Parisien, est arrivé en 1653 avec Monsieur de Maisonneuve.

Quels sont vos liens avec votre culture d’origine à Montréal?

Je suis très friand de culture et bénévole dans divers lieux, institutions, organismes œuvrant dans le milieu. Je fais partie du Conseil des amis de Vie des Arts et je soutiens sans réserve le Musée Stewart et le Musée McCord. Je suis également un grand amateur de vin et ancien maître de la Commanderie de Bordeaux, chapitre de Montréal.

Quels sont vos liens avec les différentes cultures de Montréal?

Ma fonction de consul me lie à la culture mauricienne, indienne, chinoise et créole, ces trois dernières étant très présentes dans l’île Maurice. Diverses activités m’associent à la culture française, celle de mon pays d’adoption. J’ai par ailleurs de nombreux amis grecs, italiens, juifs, marocains, anglo-saxons… Côté culinaire, je raffole des cuisines française, chinoise, indienne, thaïe et italienne.

Quels sont vos endroits ethniques préférés à Montréal?

À titre de consul, j’appuie l’excellent restaurant Les Délices de l’Île Maurice (272 rue Hickson). J’apprécie le restaurant Le Piémontais (1145 rue De Bullion), spécialisé en cuisine italienne. Les mets sont apprêtés de manière gastronomique, et le service est impeccable. J’affectionne aussi Le Paris (1812 rue Ste-Catherine O.), un bistro typique- ment français, dont le menu n’a pas changé depuis 40 ans. La clientèle y très fidèle et l’ambiance chaleureuse et conviviale. Je suis encore un inconditionnel membre actif du Musée des beaux-arts. Les expositions résultent d’un travail exceptionnel, c’est un haut lieu de la diversité culturelle à Montréal. J’aime encore beaucoup les antiquités liées à la symbolique du pouvoir et à la politique, j’adore faire les antiquaires de la rue Notre- Dame Ouest.

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Photo © Linda Aïnouche

Qu’est-ce que vous aimez de la diversité ethnique à Montréal?

La diversité ethnique est un enrichissement à condition qu’elle soit bien gérée. Nous sommes une terre d’immigration, nous devrions tirer une leçon de l’île Maurice qui parvient à vivre dans l’harmonie, selon un équilibre ethnique entre religions et cultures. Il faut travailler à cet équilibre à Montréal: l’accueil et l’intégration doivent y être perçues d’un œil positif…

les Autochtones
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les Américains p 61 les Mexicains p 64
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55 Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson péché, l’homme
55 Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson péché, l’homme

Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson péché, l’homme va s’apercevoir que l’argent n’est pas comestible. Proverbe amérindien

Au Québec, les Autochtones se composent de 11 peuples: les 10 nations amérindiennes

(qui au terme de la Loi des Indiens désignent les inscrits et vivants dans les communautés autochtones) et la nation inuite.

Lorsque les colons européens se sont installés sur les bords du fleuve Saint-Laurent au

XVI e siècle, des Autochtones y habitaient depuis plusieurs milliers d’années. Au début de

leur rencontre de bonnes relations s’établissent entre les Européens et les Autochtones.

Au

fil des siècles, les rapports se détériorent.

En

1985, le gouvernement du Québec reconnaît les nations autochtones, leur accordant:

le droit à l’autonomie, à leur culture, à leur langue, à leurs traditions, le droit de posséder

des terres, de chasser, de pêcher, de participer au développement économique du

Québec et d’en bénéficier.

Les Autochtones sont aujourd’hui environ 45 000 à Montréal, ils y poursuivent leurs

études ou y font des affaires.

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Découvrir

Musée McCord d’histoire canadienne

690 rue Sherbrooke O.

p514-398-7100

www.musee-mccord.qc.ca métro McGill Ce musée renferme quelque 13 000 artéfacts ethnologiques et archéolo- giques des peuples autochtones du Canada (documents sur les modes de vie, les arts, les cultures et les traditions):

vêtements, accessoires, coiffures, outils domestiques, paniers, armes de chasse, outils de pierre, fragments de poterie, etc. Cette collection est la plus impor- tante du genre au Québec et l’une des principales au Canada. Elle bénéficie même d’une renommée internationale en raison du vaste territoire représenté, de l’âge de nombreux objets et de l’ex- cellent état de conservation de ses très anciennes pièces.

Population autochtone

Au Québec, les 10 nations amérin- diennes sont réparties entre des Iroquoiens (la nation mohawk et la nation huronne-wendat) et des Algonquiens (la nation crie; la nation innue ou montagnaise; la nation abénaquise; la nation algonquine; la nation attikamek; la nation naskapie; la nation malécite; la nation micmaque).

La 11 e nation est formée par les Inuits, autrefois appelés «Esquimaux» par les colons et signifiant «mangeurs de viande crue». Depuis l’entente de la Baie-James, signée en 1975 entre Québec et les Inuits, ce peuple renoue avec ses traditions et développe de nouveaux modes d’expression (arti- sanat, musique, cinéma…) tout en affirmant sa conscience politique.

Pointe-à-Callière, musée d’archéo- logie et d’histoire de Montréal

350 place Royale

p514-872-9150

www.pacmusee.qc.ca métro Place-d’Armes Le musée Pointe-à-Callière témoigne des

premiers contacts entre Amérindiens et Européens. Il occupe le lieu même où Maisonneuve fonda Ville-Marie (Montréal) en mai 1642. Il présente un cimetière amé- rindien et plusieurs objets trouvés sur place lors des fouilles archéologiques.

Musée du Château Ramezay

280 rue Notre-Dame E.

p514-861-3708

www.chateauramezay.qc.ca métro Champ-de-Mars Aménagé dans un bâtiment érigé en 1705 pour le gouverneur de Montréal, Claude Ramezay, et sa famille, le Musée du Château Ramezay expose entre autres de nombreux objets amérindiens datant de la période de l’après-contact (costumes et objets usuels des XVIII e et XIX e siècles).

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Lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine

1255 boul. St-Joseph

p514-637-7433

www.pc.gc.ca/fourrure métro Angrignon Ce lieu historique qui préserve une ancienne remise en pierres bâtie en 1803 fait revivre l’époque de la traite des fourrures, cette importante période de contact entre Amérindiens, Français et Écossais. On y présente plusieurs artéfacts associés aux Autochtones et aux «voyageurs» (qui s’occupaient du transport des fourrures et du troc).

Jardin des Premières-Nations

Jardin botanique de Montréal

4101 rue Sherbrooke E.

p514-872-1400

www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/jardin.htm

métro Pie-IX Créé en 2001, le Jardin des Premières-Nations présente des espèces végétales du Québec. Il se compose de plantes utilisées par les Amérindiens et les Inuits. Ses aména- gements reflètent bien les relations que les 11 peuples autochtones entretiennent avec le monde végétal. Au cœur du jardin se trouve un pavillon d’architecture très contem- poraine dont l’un des murs a été décoré par des artistes autochtones. Une belle manière de faire la promotion de leur travail dans un superbe espace pour le moins naturel – et particulièrement charmant l’hiver venu.

Centre Wampum

1160 rue Panet

p514-525-5133

métro Beaudry Le Centre Wampum organise des conférences sur la culture, l’histoire et les traditions des Premières Nations, et permet de débattre sur leurs croyances spirituelles, en liens étroits avec les choses de la nature, la Terre-Mère.

Aboriginal Students’ Association of McGill University

First People’s House McGill University

3505 rue Peel

p514-398-3217

www.mcgill.ca/fph Tous les ans, autour du 21 juin, l’Association des étudiants autochtones organise un grand pow-wow (fête conviviale) sur les pelouses de l’Université McGill. Les traditions du passé rencontrent celles de la modernité. Vibrant, festif, tout un programme pour aller à la rencontre de ces peuples premiers.

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Fêter

Festival Présence Autochtone Terres en vues, société pour la diffusion de la culture autochtone

site principal: parc Émilie-Gamelin, métro Berri-UQAM

p514-278-4040

www.nativelynx.qc.ca Ce festival qui dure 11 jours et se termine au solstice d’été offre depuis presque 20 ans des rencontres, des spectacles et des débats concernant les différents peuples autochtones. Les cérémonies de danse, symbole de la naissance et des récoltes, sont importantes et originales, surtout le 21 juin, Journée nationale des Autochtones; les autres célébrations et les jeux traditionnels aussi. Des artisans vendent des objets, des vêtements, des bijoux, des sculptures, des peintures, de la vannerie, etc. Des expositions, des projections de films et des lectures sont organisées en même temps en divers endroits de la ville. Un festival qui jette un regard pointu sur la créativité des Premières Nations.

Goûter

Épicerie Latina

185 rue St-Viateur O.

p514-273-6561

métro Laurier Paradis des produits inhabituels, cette populaire épicerie fine, fondée en 1983, a évidemment une sélection de produits autochtones. On y trouve notamment des tisanes à base de plantes de la toundra. Elles sont récoltées à la main par les Inuits sur les vastes étendues sauvages du Nunavik, entre juillet et septembre,

puis séchées avant d’être conditionnées en sachets individuels sous la marque Northern Delights Inuit Herbals Teas. Les Hurons fabriquent aussi de bonnes infu- sions aux arômes inusités (Terre des Rêves, Esprit Bienfaiteur, Passion Estivale, Cadeau Printanier), distribuées par Les Entreprises Indian Summer Showcase. Les Mohawks Wahta produisent, sous le nom d’Iroquois Cranberry Growers, de succulentes den- rées autour de la canneberge: jus, vinaigre, sauce, sirop, fruits sucrés et séchés.

S’offrir

Artisanat

Galerie Le Chariot Art Inuit

446 place Jacques-Cartier

p514-875-6134

métro Place-d’Armes Dans cette galerie d’art inuit, la plus grande au Canada, vous trouverez de splendides

pièces en os ou en pierre. Des œuvres magiques ou religieuses. Les anthro- pologues s’accordent pour dire que de nombreux objets sont empreints de représentations chamaniques. L’impact du christianisme aux XIX e et XX e siècles

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a également fait évoluer cet art vieux de plusieurs millénaires.

Vidéos

La Boîte Noire

42 rue McGill

p514-844-8727

www.boitenoire.com métro Square-Victoria Les honneurs ont plu sur Atanarjuat, la légende de l’homme rapide (2001) de l’Inuit Zacharias Kunuk, coproducteur et réalisateur. Chaque fois que le film a été présenté dans un festival, il a gagné. Cette œuvre n’est pas du folklore sur les Inuits, mais une grande épopée, un voyage à travers le temps, l’espace et le froid. Un concentré de lointain parfaitement ficelé. Des histoires de saison qui forment un tout, une sorte de cycle de la vie. Le scé- nario, écrit en inuktikut, l’a rendu riche et complet. Il parle de tribus inuites nomades, de deux frères qui doivent se battre contre un mauvais sort lancé par un chaman, d’Atanarjuat (l’homme rapide) et d’Ama- qjuaq (l’homme fort). Il parle de poursuite, de meurtre, de viol, de jalousie, puis de respect et de compassion. On se croirait au début du monde, comme si les Inuits étaient les seuls habitants existants, mais

on embarque dans ce cercle des humains en perpétuel état de survie. Un film à voir ou à revoir.

Agaguk (1992), réalisé par Jacques Dorfmann, se passe aussi dans le Grand Nord québécois, vers le milieu des années 1930. Agaguk, un jeune Inuit, fils du chaman Kroomak, tue un trappeur. Furieux, le père jette un sort à son fils, alors condamné à abandonner sa tribu en compagnie de sa femme, Igiyook. Ce film, basé sur le roman de l’écrivain québécois Yves Thériault, regorge de splendides images sur la vie dans le Nunavik, avec ses blizzards, ses bêtes sauvages, la trappe, l’exploitation par les Blancs, etc. À voir absolument! Ce n’est pas un cours didac- tique sur les Inuits, mais une belle œuvre à saveur ethnologique pour découvrir les traditions de ce peuple.

Kabloonak (1990), de Claude Massot, se déroule également au Nunavik. Pendant un an, Nanook, un Inuit, est filmé dans son milieu de vie… jusqu’à ce qu’il meurt de faim. Un film devenu légendaire parce qu’il ouvre les fenêtres sur cette culture méconnue. Plus que recommandé.

Approfondir

Chaire de recherche du Canada sur la question territoriale autochtone

Université du Québec à Montréal (UQAM) Département d’histoire 1255 rue St-Denis, local A-6135

p514-987-3000, poste 8278 www.territoireautochtone.uqam.ca/index.asp métro Berri-UQAM Créée en 2004, cette chaire vise à promouvoir et à diffuser les connaissances sur l’his- toire des Premières Nations (question territoriale, dépossession, confinement dans les réserves, politique de tutelle). Colloques, conférences, journées d’étude, publications et séminaires sont régulièrement organisés par son entremise.

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Société d’édition Recherches amérindiennes du Québec

6742 rue St-Denis

p514-277-6178

www.recherches-amerindiennes.qc.ca métro Beaubien Depuis 1971, la revue Recherches amé- rindiennes au Québec publie des textes signés par des professionnels spécialisés dans les questions autochtones (his- toriens, archéologues, ethnologues, linguistes, etc.). Des documents audio- visuels sont également produits par cette société d’édition qui organise aussi des conférences. Les informations sont solides et pertinentes. Vous pouvez les avaler sans crainte!

solides et pertinentes. Vous pouvez les avaler sans crainte! Presse The Nation www.beesum-communications.com/na- tion Un

Presse

The Nation

www.beesum-communications.com/na-

tion Un bimensuel en anglais et en cri qui traite de l’actualité des Cris. Il y est grandement fait état de la Baie-James (convention, travaux, droits, territoire) puisque huit villages cris y sont recensés. On y trouve aussi des légendes autochtones et des arti- cles sur l’actualité.

Internet

www.aborinews.com Réseau d’informations sur les Autochtones (nouvelles, opinions, activités, évènements, dossiers…).

www.autochtonesaucanada.gc.ca Un portail rempli d’informations sur les Autochtones (développement économique, environnement, culture et langues).

les Autochtones
les Autochtones
L’homme est une créature prédestinée à exister dans son époque. Woody Allen (1935-) 61 Plus
L’homme est une créature prédestinée à exister dans son époque. Woody Allen (1935-) 61 Plus

L’homme est une créature prédestinée à exister dans son époque. Woody Allen (1935-)

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Plus de 25 000 Américains vivent à Montréal aujourd’hui. Ils y sont nés ou y sont venus pour étudier, travailler dans les secteurs professionnels, puis y sont restés, s’ajoutant à la frange anglophone de Montréal.

Vu la proximité de Montréal avec les États-Unis, les influences et les apports américains sont omniprésents en ville.

Découvrir

Musée d’art contemporain de Montréal

185 rue Ste-Catherine O.

p514-847-6226

www.macm.org métro Place-des-Arts La collection du Musée d’art contemporain abrite quelques belles toiles d’artistes amé- ricains, entre autres celles de Bruce Nauman, une figure majeure de l’art actuel, dont l’œuvre percutante et saisissante touche les questions existentielles: mort, vie, souffrance, amour. D’autres grands artistes notoires trouvent une place: Gary Hill, James Turell, Sam Taylor-Wood, Vik Muniz.

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John Fitzgerald Kennedy

Trente-cinquième président des États-Unis, assassiné dans le cadre de sa fonction, John Fitzgerald Kennedy (1917-1963), alias JFK, reste l’un des hommes politiques les plus populaires du XX e siècle. Montréal lui rend hommage en plusieurs lieux. Une avenue au centre-ville. Un buste sculpté par Paul Lancz exposé au coin de la rue Jeanne-Mance et de l’avenue du Président-Kennedy. Un parc situé entre les avenues Wiseman, Outremont, Saint-Cyril et Ducharme. Une piscine au 3030 de la rue Villeray. Un pavillon de l’UQAM accueillant les départements des Sciences de la terre et de l’atmosphère, de mathématiques et d’informatique (rue Jeanne-Mance).

Fêter

4 juillet: fête nationale. En 1776, le texte de la Déclaration d’indépendance stipule que 13 colonies font sécession de la Grande-Bretagne: il est dorénavant possible de se révolter contre la monarchie britannique. Les Américains de Montréal se retrouvent souvent dans un restaurant pour célébrer leur fête nationale. Information disponible au consulat des États-Unis (1155 rue St-Alexandre, p 514-398-9695).

Jour de Martin Luther King, Junior. Depuis 1986, le troisième lundi de janvier est férié aux États-Unis, marquant la date d’anniversaire du pasteur baptiste, militant pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, activiste politique, fils de Martin Luther King. Il a été assassiné en 1968. Quatre ans plus tôt, il était devenu le plus jeune lauréat du prix Nobel de la Paix pour sa lutte contre la ségrégation raciale. Un hommage posthume lui est rendu dans les églises baptistes de la ville et autres cercles sociaux américains et antiracistes de Montréal. Informez-vous auprès du consulat des États-Unis.

Goûter

Restaurants

Hormis les fast food du genre McDo, Burger King, Kentucky Fried Chicken et autres A&W, Montréal compte quelques établissements culinaires typiquement américains servant une déclinaison de sandwichs et de salades ainsi que des

grillades accompagnées de sauces bar- becue à base de sucre…

La Queue de Cheval

1221 boul. René-Lévesque O.

p 514-390-0090

métro Peel Temple pour carnivores, La Queue de cheval impressionne par son décor opu-

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lent où se mêlent boiseries, murs lam- brissés et chandeliers qui pendouillent des hauts plafonds voûtés. La carte comporte une belle sélection de steaks vieillis à point qui proviennent des meilleurs éleveurs du Midwest américain. En attendant sa table, on s’accoude au bar feutré, tout indiqué pour déguster un whisky sous les airs d’une musique de circonstance. Poissons, fruits de mer et veau figurent au menu. Bref, une adresse idéale pour les appétits costauds et les estomacs solides. Le per- sonnel stylé et avenant fait preuve d’une grande courtoisie.

La Louisiane

5850 rue Sherbrooke O.

p514-369-3073

métro Vendôme Manger à La Louisiane, c’est en quelque sorte s’évader dans les bayous. Vous pouvez commencer par d’authentiques beignets cajuns, enchaîner avec un plat épicé (étouffée d’écrevisses ou crevettes magnolia) et terminer par une portion de célestes bananes Foster. D’immenses tableaux illustrant des scènes de rue de La Nouvelle-Orléans ornent les murs, tandis que des airs de jazz flottent dans l’air.

Hard Rock Cafe

1458 rue Crescent

p514-987-1420

métro Peel Situé dans une maison victorienne ornée d’un puits de lumière et de vitraux, le Hard Rock Cafe de Montréal évoque l’at-

mosphère mondialement réputée de la diversité et des extrêmes des États-Unis. Sa décoration répond aux normes de la chaîne: objets des grands du rock’n’roll, piste de danse, photos et affiches aux murs, serveurs en tenue décontractée et musique ambiante au volume maximal. Cette «institution» a vu défiler plusieurs générations de célébrités amateurs du Legendary 10 oz Burger qui se déguste avec les doigts… Le New York Strip Steak et le Hickory Smoked Bar-B-Que connaissent un succès qui ne faiblit pas. Les desserts transportent jusqu’au sommet de la panse ultra-pleine!

Bar à glace

Ben and Jerry’s

1316 boul. De Maisonneuve O.

p 514-286-6073

métro Guy-Concordia Un bar à glace d’origine américaine très achalandé en été avec ses parfums à tomber par terre! Les saveurs sont impé- tueuses pour la gourmandise: vanille, chocolat, fudge, cookie, brownie. Qualité assurée et ingrédients naturels. Vous faites vos compositions, en pot, sur cornet, yogourt, avec ou sans fruits. Un lieu qui satisfait tous les goûts des becs sucrés. Avis

aux amateurs.

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64 Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement

Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. Octavio Paz (1914-1998)

Malgré l’essor économique que connaissait le Mexique dans les années 1950, le taux de chômage élevé, la démographie galopante et le parti politique unique paralysaient le pays. Les Mexicains ont commencé à immigrer à Montréal. Les compétences de ces nouveaux professionnels n’étant pas reconnues, ils ont été cantonnés dans les secteurs de la restauration et de la manufacture.

Près de 6 500 Mexicains vivent aujourd’hui à Montréal, et chaque année quelque 1 000 autres viennent travailler dans les fermes québécoises (cueillette de fruits). L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), signé en 1992 (et entré en vigueur en 1994) par le Canada, les États-Unis et le Mexique, a favorisé le travail saisonnier.

Découvrir

Musée des beaux-arts de Montréal

1379 rue Sherbrooke O.

p514-285-1600

www.mbam.qc.ca métro Guy-Concordia La culture mexicaine est le résultat d’un mélange complexe de civilisation précolom- bienne et hispanique. Vous trouverez des statues, des objets, des céramiques, des

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photos et d’autres artéfacts de cette zone de la Méso-Amérique dans la collection du Musée des beaux-arts. L’Amérique précolombienne a été marquée par la construction de Teotihuacán (située dans la vallée nord de l’actuelle ville de México), une grande métropole dont le nom signifie «le lieu où tous les hommes deviennent des dieux», et qui s’est développée entre 200 av. J.-C. et 500 apr. J.-C. La civilisa- tion maya, l’une des plus remarquables, a connu son apogée vers le V e siècle et s’est distinguée par ses cités-États. Plus tard, les Aztèques ont à leur tour régné puis légué un bel héritage, dont on peut voir quelques exemples au musée. Compte

tenu que les Méso-Américains avaient en commun des dieux, des calendriers et des techniques de construction, il est parfois difficile de connaître l’origine de certaines pièces.

Octavio Paz

Octavio Paz (1914-1998) est un écri- vain mexicain ayant obtenu le prix Nobel de littérature en 1990. Il est surtout connu pour ses poèmes, ses essais et son engagement antifas- ciste. Libertad bajo palabra (Liberté sur parole) rend bien compte de son esprit. Son œuvre Le labyrinthe de la solitude, une étude sur l’identité mexicaine contemporaine, égale- ment.

Sculpture La porte de l’amitié

Île Sainte-Hélène

métro Jean-Drapeau À proximité de l’entrée de la station de métro Jean-Drapeau se dresse une œuvre de l’artiste mexicain Sebastián intitulée La porte de l’amitié. Cette sculpture, offerte à la Ville de Montréal par la Ville de México en 1992, a été installée sur cet emplacement trois ans plus tard pour commémorer la signature de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ALENA). En acier peint en rouge, cette œuvre (7,5 m de haut sur plus de 6 m de large) est composée de trois colonnes reliées par un élément transversal symbolisant l’échange des idées, l’ouverture d’esprit et un signe de sagesse.

Troupe de folklore mexicain Los Pequeños

p450-963-1197

http://pages.infinit.net/pequenos/page1.htm

Ce groupe artistique a été créé en 1990 pour faire connaître la musique, la danse et les costumes de différentes parties du Mexique. La troupe est composée d’enfants qui donnent des spectacles à l’occasion d’événements communautaires. Pour mesurer la grandeur de l’âme mexicaine par le biais des tout-petits.

Fêter

16 septembre. Jour de l’indépendance déclarée en 1821 après la guerre contre la domination espagnole. Les Mexicains se rassemblent pour un grand moment d’expression

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nationaliste. Le Consulat général du Mexique donne de l’information sur les événements qui ont lieu à Montréal (p 514-288-2502, www.consulmex.qc.ca).

2 novembre. Jour des Morts (Día de los Muertos). Inspiré d’une fête traditionnelle d’ori- gine aztèque, à la mémoire des morts. L’occasion pour les familles de se retrouver et d’aller sur les tombes des défunts afin de se recueillir, de les nettoyer et de les décorer, avec des fleurs de couleur orange (couleur du confort). À défaut de pouvoir se rendre dans les cimetières de leur pays, les Mexicains de Montréal se prosternent dans des églises catholiques et se réunissent ensuite pour partager un repas.

Festival de films ibéro-latinoaméricain de Montréal www.festivalissimo.net

p514-737-3033

Depuis plus de 10 ans, en mars, ce festival met à l’honneur les films en provenance d’Es- pagne et des pays hispanophones de l’Amérique du Sud: films, documentaires, courts- métrages… Une série d’expositions de peinture se tient en parallèle dans plusieurs galeries de la ville. Une «nuit blanche» est aussi au programme, avec films, spectacles et bouffe dont, à mi-parcours, la traditionnelle sopa de ajo (soupe à l’ail) et, à la fin, un chocolate con churros (un chocolat chaud avec des beignets frits et sucrés) vers 4h du matin. Un festival original, divertissant et instructif. Pour découvrir le monde hispanique autrement.

Célébrer

La religion catholique introduite par les colons espagnols tient une place prépondérante au Mexique.

Notre-Dame de Guadalupe

Mission latino-américaine 2020 rue de Bordeaux

p514-525-4312

métro Papineau Le cardinal mexicain de cette mission célèbre l’eucharistie en espagnol toute l’année, et les Mexicains (et d’autres Latino-Américains) s’y réunissent, parce que l’église leur sert également lieu de centre communautaire.

Goûter

La cuisine mexicaine est traditionnellement à base de maïs, de haricots et d’avocat. Elle est variée, mélangeant des spécialités

préhispaniques, européennes, africaines et asiatiques.

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Restaurants

Casa de Matéo

438 rue St-François-Xavier

p514-844-7448

métro Place-d’Armes La Casa de Matéo est un joyeux restaurant mexicain garni de hamacs, de cactus, de photos et de bibelots latino-américains. Le personnel sera heureux de vous faire potasser votre espagnol. Les plats sont typi- ques et excellents, et les bières importées du Mexique. Les mariachis (musiciens de folklore ambulants) animent les soirées.

Cactus

4461 rue St-Denis

p514-849-0349

métro Mont-Royal Au Cactus, on propose des mets mexicains raffinés, mais servis en petites portions. Sa petite terrasse est très populaire pendant la belle saison. À l’étage s’y trouve une boîte de nuit (voir p 71).

Le Coin du Mexique

2489 rue Jean-Talon E.

p514-374-7448

métro D’Iberville Voilà un restaurant mexicain qui sort de l’ordinaire, loin de la mouvance Tex-Mex. Spécialités simples et traditionnelles. On a même une vue sur les fourneaux en péné- trant à l’intérieur. Un établissement familial où parents et enfants mettent la main à la pâte. L’éventail des plats n’est pas large, mais les quantités sont gargantuesques. Tacos, tortillas, salade de cactus, poulet au chocolat épicé… Ce restaurant compte de nombreux habi- tués, et une étagère est pleine de produits alimentaires mexicains à vendre. Faites-y une visite: sa décoration colorée et chaleureuse vaut le déplacement à elle seule.

El Sombrero

500 rue Bélanger

p514-272-0888

métro Jean-Talon C’est un petit restaurant de quartier au décor minimaliste misant sur de jolies

couleurs et quelques objets artistiques. Ensoleillé. Le menu présente des plats mexicains incontournables (nachos, gua- camole, tortillas, tacos). Simple et accueil sympathique.

Chipotle & Jalapeño

1481 rue Amherst

p 514-504-9015

métro Berri-UQAM Une micro-salle en demi-sous-sol décorée avec goût d’artisanat mexicain. Alejandro Tamariz, le jeune chef cuisinier, propose de délicieux petits plats typiques du Mexique:

empañada au bœuf, salade de mangue, sandwich au poulet au chocolat (mole poblano). À l’étage, une boutique où vous trouverez des biscuits à la goyave, de la confiture d’hibiscus, de la canne à sucre déshydratée. Bon, nourrissant, attrayant. Tout à fait recommandé.

Maria Bonita

5269 av. Casgrain

p 517-807-4377

métro Laurier Un voyage culinaire au pays des couleurs et de la variété. Chez Maria Bonita, l’at- mosphère est décontractée et le menu rempli de spécialités mexicaines: soupe aztèque, poulet au chocolat, tortillas de pomme de terre, salade de cactus, jus de céleri. À la fin du repas, on a l’impression de faire partie du décor tant ses proprié- taires partagent leur passion des bonnes choses mexicaines…

Épiceries

Mestiza

6699 rue De La Roche

p 514-670-6997

métro Beaubien Mestiza est la première épicerie fine mexi- caine au Québec, en plus elle est jolie et lumineuse. On n’y trouve que des produits gourmets importés du Mexique, introuva- bles ailleurs: des adobos, des carrés de chocolat fin d’Oaxaca, des huiles d’avocat,

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des miels de cactus, des sauces, des condi- ments et des boissons sucrées. Un com- merce à trouvailles et à régals!

Supermarché Andes Gloria

4387 boul. St-Laurent

p514-848-1078

métro Mont-Royal L’Amérique du Sud dans tous ses produits. Telle pourrait être la devise de cette épi- cerie avec ses articles en rayon d’un côté et son comptoir de plats traditionnels à emporter de l’autre. Des importations de sauces et de boîtes de conserve du Pérou, mais aussi du Chili, de la Colombie, de la Bolivie ou du Salvador.

Boutique-fabrique

Tortillería Maya

5274 boul. St-Laurent

p 514-495-0606

métro Laurier Selon une légende maya, les tortillas (galettes de maïs) auraient été inventées il y a 12 000 ans par un paysan pour satis- faire son roi affamé. Au Mexique, on en mange des fraîches à tous les repas. Vous pourrez vous approvisionner dans la bou- tique-fabrique d’Antonia Salinas Flores et d’Alberto Flores, qui en produisent 10 000 par heure en plein cœur du Mile-End!

S’offrir

Accessoires d’intérieur

St. Antoine Importations

271 av. Duluth E.

p514-843-9041

métro Mont-Royal Dans cette petite boutique tenue par Irma Roman, une Mexicaine, et Gilles Bédard, son mari québécois, vous aurez le loisir de découvrir la richesse de l’artisanat mexi- cain, qui abonde en couleurs et en qualité. S’y trouve une large gamme de lavabos en

céramique façonnés selon les méthodes ancestrales de fabrication, et entièrement peints à la main. Toutes les pièces sont uni- ques. Une kyrielle d’autres accessoires de décoration, d’ameublements, de cuisines provenant directement d’ateliers dispersés au Mexique, sauront également vous sur- prendre par leur diversité et leur design. Un magasin qui ne fait aucunement douter de l’extraordinaire créativité des Mexicains et qui se visite comme une galerie d’art.

Approfondir

Chaire d’études du Mexique contemporain

Université de Montréal

3744 rue Jean-Brillant, bureau 581

p514-343-7536

www.cerium.ca/cemc métro Côte-des-Neiges Cette chaire d’études fait la promotion des recherches scientifiques. De haut calibre! Échanges entre professeurs canadiens et mexicains sur les thèmes les plus variés.

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69 les Cubains p 70 les Haïtiens p 73 les Jamaïcains p 85 les Guatémaltèques p

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p 73

les Jamaïcains

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les Guatémaltèques

p 90

les Salvadoriens

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70 Qui n’a pas de sang Congo a du sang Carabalí. Proverbe cubain En abordant dans

Qui n’a pas de sang Congo a du sang Carabalí. Proverbe cubain

En abordant dans l’île de Cuba en octobre 1492, Christophe Colomb pensait découvrir le Japon… Cette île a été une colonie espagnole jusqu’en 1898, et bon nombre d’esclaves africains y ont été conduits. Depuis 1959, Cuba est une république socialiste. Son histoire a été marquée par les principaux enjeux du XX e siècle: la décolonisation, la quête identi- taire d’une nation, les guerres d’indépendance et la révolution, les utopies politiques en chantier et la confrontation des idéologies. Entre belle île et morceau de terre qui manque de tout, Cuba attire les touristes et fait fuir les Cubains. Ils sont aujourd’hui près de 2 000 à Montréal, arrivés par vagues successives, surtout dans les années 1990.

Goûter

Berceau de fameux cocktails et lieu du meilleur tabac, Cuba n’est, en revanche, pas réputée pour sa gastronomie.

Restaurants

Cuba Saveur Tropicale

1799 rue Amherst

p514-389-7222

métro Beaudry Ce restaurant-bar-galerie offre une très bonne ambiance. Il est quasiment même

un petit centre culturel à lui tout seul! On y sert le mojito, un célèbre cocktail cubain devenu la boisson nationale de l’île, et qui fut adopté par l’écrivain américain Ernest Hemingway, qui en fait largement état dans son œuvre. Mojito tire son nom de mojadito (humide) et de mojo (sauce culi- naire cubaine signifiant «charme»). Pour la recette: rhum, jus de citron vert, sucre de canne, eau gazeuse, feuilles de menthe fraîches. Pour le conseil: buvez-en avec modération… Il vous sera aussi possible

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d’y acheter des livres en espagnol, de la musique cubaine et quelques autres sou- venirs. Le samedi soir, des musiciens se produisent sur place.

Stogies Café & Cigares

2015 rue Crescent

p514-848-0069

métro Guy-Concordia Fondé en 1996, cet établissement qui est un café le jour et un lounge la nuit pré- sente un décor lumineux cubain et stylisé montréalais. Les cigares en provenance de Cuba, roulés à la main, sont la spécialité du Stogies (vendus en boîte ou à la pièce). Les amateurs du charme des soirées cubaines font des kilomètres pour en prendre une dose, confortable et élégante…

Restaurant-bar El Daiquiri

1771 av. McGill College

p 514-288-3777

métro McGill Ce restaurant propose une assez bonne cui- sine cubaine: fijoles negros, ropa vieja, yuca con mojo, platanos maduros fritos, cascos de guayaba. Pour faire passer le tout, buvez un daiquiri, un mélange de rhum, de jus de citron et de sucre. L’histoire de ce cocktail devenu une référence cubaine est incer- taine. Il aurait été inventé par un ingénieur du nom de Pagliuchi dans la ville de Daiquiri ou découvert par le commandant général américain Shafter non loin d’une plage du nom de Daiquiri. L’ambiance chaleureuse et le service attentionné pourraient rapide- ment faire du lieu votre refuge hivernal!

S’offrir

Cigares

Casa del Habano

1434 rue Sherbrooke O.

p514-849-0037

métro Guy-Concordia Boutique de cigares cubains: Bolívar, Cuaba, La Gloria Cubana, San Cristóbal

de La Habana, Montecristo, Por Larrañaga, Quintero, Rafael González, Ramón Allones, Romeo y Julieta, Vegueros. Un magasin qui se veut aussi un petit musée du tabac…

Sortir

Boîtes de nuit

Le Cactus

4461 rue St-Denis

p514-849-0349

métro Mont-Royal À l’étage du restaurant mexicain du même nom se trouve une des boîtes de nuit

cubaines les plus prisées de Montréal. Ses pistes de danse, souvent pleines à craquer, vibrent au rythme de la salsa, du merengué, du kompas, de la samba… Les habitués font allégrement place aux nou- veaux. Et comme il y a peu de places pour s’asseoir, on est obligé de danser!

les Cubains
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les Cubains
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Salsathèque

1220 rue Peel

p514-875-0016

métro Peel Des soirées sur des rythmes cubains: salsa, merengué, bachata. Un vénérable établis- sement où se trémousser en excellente compagnie, bondé tous les samedis soir de l’année.

Quai King Edward – Vieux-Port de Montréal Les dimanches d’été (16h à 22h), des salsaleros se donnent rendez-vous pour danser en plein air. Toute une ambiance! Annulé en cas de mauvais temps.

Apprendre

Danse

École de danse Cubabaila

550 av. Beaumont, local 444

p514-967-4374

www.cubabaila.com métro Parc ou Acadie Fondée en 1999, cette école se consacre entièrement à l’enseignement des danses cubaines: cha-cha-cha, son, mambo, rumba, rueda de casino et salsa. Cours de tous les niveaux offerts dans la convivialité et la bonne humeur.

Studio Danse Montréal

7240 rue Clark

p514-223-3918

www.studiodansemontreal.com métro De Castelnau Une récente école gérée par un couple aussi ambitieux que charmant. Mohammed enseigne la salsa avec sourire et patience. Anne Josée offre de la remise en forme pour tous, selon les possibilités et les envies. Cours de salsa en primeur, mais aussi de hip-hop et de samba offerts selon les saisons. Un sympathique salon marocain permet de se prélasser avant ou après un cours. Soirée thématique autour de la danse régulièrement organisée. Un espace à fréquenter sans modération.

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73 Quand tu vois la barbe de ton voisin prendre feu, mouille la tienne. Proverbe créole
73 Quand tu vois la barbe de ton voisin prendre feu, mouille la tienne. Proverbe créole

Quand tu vois la barbe de ton voisin prendre feu, mouille la tienne. Proverbe créole

Les premiers contacts entre Haïti et le Québec remontent au Régime français et se pour- suivent jusqu’à l’indépendance du pays en 1804, puis reprennent dans les années 1930 à l’époque où les premiers missionnaires québécois foulent le sol haïtien. Par truchement, quelques Haïtiens sont venus s’installer à Montréal, souvent pour y étudier, mais la plupart sont repartis assez rapidement dans leur pays avec leur diplôme en poche.

La première vague massive d’Haïtiens à Montréal est arrivée dans les années 1960. Le régime dictatorial de Duvalier a fait fuir les Haïtiens de leur île. Ces immigrants se sont établis en ville grâce à un programme québécois leur permettant de venir à titre d’étudiants ou de visiteurs puis de régula- riser leur statut.

À la fin des années 1970, une seconde vague d’Haïtiens immigre à Montréal. Bien que les ressortissants se soient bien inté- grés, ils sont majoritairement issus de la classe ouvrière.

Haïti

Haïti couvre le tiers occidental de l’île d’Hispaniola; l’autre partie est occupée par la république domini- caine. En 1804, Haïti est devenue la première République noire indé- pendante, après que la Révolution haïtienne (1791-1804) eut fait fuir l’armée de Napoléon.

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les Haïtiens
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74 les Haïtiens Montréal n’a pas de quartier haïtien officiel. Mais la concentration des produits, des

Montréal n’a pas de quartier haïtien officiel. Mais la concentration des produits, des services et des résidants en provenance d’Haïti est tellement importante dans les arrondissements de Montréal-Nord et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, dans les alentours des stations de métro Henri-Bourassa et Saint-Michel, que ce bout de l’île est devenu le leur, haïtien, plus largement antillais. On trouve aussi des bassins de population haïtienne dans les arrondissements de Saint-Léonard, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Ahuntsic- Cartierville et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Dans les années 1990, une troisième vague d’Haïtiens réfugiés débarque en ville. Aujourd’hui, malgré le déclin de leur pays, l’immigration en provenance d’Haïti diminue. La communauté se renouvelle par les naissances. Elle compte aujourd’hui trois géné- rations, dont deux sont nées au Québec, et Montréal a une population de 75 000 Haïtiens.

À Montréal, la communauté haïtienne est l’une des seules à dénombrer autant d’illus- tres professionnels: ingénieurs, médecins, enseignants, sportifs, écrivains, journalistes, artistes, musiciens et… même la gouverneure générale et commandante-en-chef du Canada. Malgré eux, beaucoup d’autres Haïtiens se retrouvent parmi les plus pauvres de la société.

Découvrir

Place de l’Unité

7655 20 e Avenue

p514-722-2477

métro Saint-Michel Inaugurée le 18 mai 2007, cette place abrite les statues de six héros mythiques de la Révolution haïtienne (quatre hommes et deux femmes): Jean-Jacques Dessalines (1758- 1806, le premier chef d’État d’Haïti); Toussaint Louverture (1743-1803, le précurseur de l’indépendance, le plus grand dirigeant de la révolte haïtienne); Henry Christophe (1767- 1820, président puis roi bâtisseur d’Haïti); Alexandre Pétion (1770-1818, le président de la République dans le sud d’Haïti entre 1806 et 1818); Catherine Flon (devenue célèbre pour avoir cousu avec ses cheveux le premier drapeau haïtien en 1803, réunissant les bandes bleue et rouge du drapeau français, la partie blanche ayant été enlevée par Dessalines); et Sanite Bélair (1781-1802, qui épouse en 1796 Charles Bélair, le neveu, l’aide de camp et le lieutenant bien en vue de Toussaint, qui lutta à ses côtés jusqu’à sa mort). C’est une grande première: revivre l’histoire d’Haïti à travers des statues à Montréal. À l’heure du multiculturalisme en ville, voilà un symbole d’appartenance.

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Galerie MosaikArt

4897 boul. St-Laurent

p514-849-3399

www.mosaikart.ca métro Laurier Cette galerie d’art de deux étages (rez-de-chaussée et sous-sol), ouverte depuis 2003, est spécialisée dans l’art créole, et spécifiquement haïtien au Québec. Parmi les artistes de la galerie figurent Frantz Louis, Valy Hippolyte, Michel Préval, Ginette Roy Goural et Myrtelle Chery, la directrice du lieu. Des peintures naïves traduisent les préoccupations de la vie quotidienne, les beautés de la nature et l’imagerie vaudoue. Un grand roule- ment d’expositions. Les vernissages sont en principe chaleureux. Portez une attention particulière au calendrier des activités de la galerie.

Kati Vorbes

p514-352-3615

www.kativorbes.com Exposant assez régulièrement à Montréal, Kati Vorbes est un peintre de l’école capoise (de Cap-Haïtien). L’art capois de Kati Vorbes est figuratif. Sa peinture pointilleuse raconte la vie quotidienne et les grandes heures de l’histoire d’Haïti. C’est en 1945 que Philomé Obin a commencé à enseigner un style marqué du nom d’«école du Cap», devenant plus tard «école capoise»; ses élèves se dénomment Capois.

Troupe Ekspresyon

p514-923-7775

www.ekspresyon.ca Fondée par deux Haïtiennes (Régine Cadet et Sibyl Graham), la troupe Ekspresyon s’active à communiquer de manière revue et stylisée la danse folklorique haïtienne. Expressives, exhubérantes, rythmées et variées, les chorégraphies charment à coup sûr n’importe lequel des spectateurs. Cette troupe marie tradition et modernité, emprun- tant au vaudou et au jazz des gestes souples et élégants. Banda, Ibo, Nargo, Pétro, Yanvakou… Représentations plusieurs fois par année.

Alliance Théâtrale des Jeunes Haïtiens

4121 42 e Avenue

p514-376-7642

Une troupe de jeunes qui jouent des pièces très «à l’air du temps, et surtout du leur»:

problèmes d’adolescents, relations parents-enfants, immigration, culture haïtienne. Frais et franc. Encouragez-les, vous seriez surpris de constater comme ils sont bons.

Fêter

1 er janvier. En 1804, l’ancienne colonie française est devenu le deuxième État indépen- dant des Amériques (après les États-Unis) et adopte officiellement pour l’occasion le nom que donnaient à l’île tout entière les Indiens Taïnos avant l’arrivée de Christophe Colomb

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en 1492: Haïti. Une soupe à la courge est partagée dans les familles en hommage à la délivrance des esclaves.

18 mai. Jour du drapeau. En 1803, Dessalines déchire le blanc du drapeau français pour en faire le drapeau haïtien. Le bleu et le rouge forment désormais l’emblème bicolore des indépendantistes haïtiens. À Montréal, un gigantesque rassemblement, orchestré par le centre communautaire La Perle retrouvée, a lieu ce jour-là (voir p 84).

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La musique haïtienne

La musique haïtienne se divise en deux grands genres: le «compas direct», créé dans les années 1960 par Jean- Baptiste Nemours, sur fond des rythmes du merengue et du conjunto típico, et la «musique racines», empreinte des rythmes africains introduits par les esclaves, qui fait la part belle aux instru- ments traditionnels au début des années 1980. En marge de ces genres, de jeunes musiciens explorent des voies nouvelles, combinant les styles et les influences.

Wesley Louissaint, alias Wes’Li, un guitariste aux talents variés, chanteur, auteur, compositeur et interprète génial. À 21 ans, il atterrit à Montréal, où il com- mence immédiatement à travailler aux productions Nuits d’Afrique, s’initiant du même coup aux rythmes africains. Parallèlement, il continue à créer sa propre musique, combinant chansons traditionnelles haïtiennes chantées en créole et compositions inspirées du vaudou et de l’afro-funk exprimées en anglais. Depuis 2006, ses expériences, riches et variées, lui ont inspiré la création du Wes’Li Band. Avec sa voix

aux intonations de reggae, son jeu de guitare virtuose, ses paroles en créole, son charme et son charisme, Wes’Li livre une musique prenante, piquante et surprenante. Incontournable pour tout «haïtianophile» digne de ce monde. www.myspace.com/weslimusic

Autre groupe de la relève musicale haï- tienne, Black Parents, trois frères et une sœur, décide en 1999 de poursuivre la tradition familiale; leurs oncles for- maient les Frères Parents, un groupe très populaire au sein de la communauté haïtienne de Montréal dans les années 1970. Rapidement, Dave et Wesley aux chants, Mario à la basse et Béatrice à la batterie, se démarquent avec leur ragga kompa, un son unique mélan- geant le kompa (d’origine haïtienne) et le reggae (d’origine jamaïcaine). Julien, au clavier, viendra compléter la fratrie. Avec cinq albums en poche, Black Parents a déjà fait le tour de maintes scènes du Québec, des États-Unis, d’Eu- rope et d’Afrique. Ceux-là non plus, on ne les manque pour rien au monde. www.myblackparents.com

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Festival international du film haïtien de Montréal (FIFHM) www.festivalfilmhaitien.com

p514-265-5266

Mis sur pied par Fabienne Colas, une ex-actrice haïtienne, ce festival présente tous les mois de septembre une programmation riche et variée de courts et de longs métrages de fiction, ainsi que des documentaires sur les réalités d’Haïti. Cet évènement qui promeut la diversité culturelle permet de découvrir un cinéma naissant, de comprendre Haïti autre- ment qu’à travers la lorgnette de l’actualité et de nouer des liens avec la communauté haïtienne de Montréal. Un festival jeune mais dynamique.

Festival international de musique haïtienne de Montréal (FIMHM) www.festivalmusiquehaitienne.ca

p514-495-3030

Une journée de juillet au son de la musique haïtienne (Hangout, Bamboche Rasin, Keyol la, Vwadeszil…). Des styles et des registres variés qui font danser aux rythmes du kompa, du jazz et du rap créole. Une belle partie de plaisir. Une immersion au cœur de la culture d’Haïti.

Célébrer

La plupart des Haïtiens sont catholiques depuis que les Européens (Espagnols et Français) ont envahi leur île. Ils pratiquent aussi le vaudou et le protestantisme.

Mission catholique Notre-Dame-d’Haïti

6500 rue De St-Vallier

p514-276-7659

métro Beaubien Maurice Hollant, le prêtre, offre la possibilité de vivre la foi catholique dans une ambiance haïtienne (évangélisation, enseignement biblique, célébration des sacrements…). Messes en français. Activités sociales et récréatives toute l’année.

Église baptiste évangélique Gethsémanie

6980 av. Papineau

p450-665-1542 (Pasteur Chéry) métro Fabre Une église fréquentée par un groupe de chrétiens et de chrétiennes d’origine haïtienne. Un ensemble de services leur permet d’affermir leur foi: louange et méditation de la Parole de Dieu animés par des cantiques d’adoration le dimanche; office de prières le samedi; études bibliques le mardi; enseignement pour les enfants; et activités sociales selon les évènements.

Église Vodou d’Haïti de Montréal p514-315-6386 (Maître Ati André) Pour découvrir le vaudou qui sert au bien et au mal, Maître Ati André fait marcher un temple oshoun haïtien à Montréal. La puissance de ses accointances avec les cultes permet de démystifier le vaudou, qui ne se limite pas à enfoncer des aiguilles dans une poupée de

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Le vaudou

Né sur la côte ouest d’Afrique, arrivé en Haïti avec les esclaves de l’ancien royaume du Dahomey, le vaudou est un culte animiste. En Haïti, il intègre également le culte des ancêtres et emprunte beaucoup au catholicisme. Il y est devenu l’élément de résistance collective contre les maîtres blancs: les Français l’ont injustement traité comme une superstition mêlée de sorcellerie et interdit. Les meneurs d’esclaves ont malgré tout poursuivi à s’en servir sans tambour ni trompette. Depuis lors, la pratique du vaudou s’effectue discrètement. À Montréal aussi.

chiffon pour jeter un sort à un ennemi… Les cérémonies peuvent être très longues, et les initiés entrent en transe selon leur niveau de pratique. Simbo, Legba, Erzuli, des esprits, tra- versent maintes chansons haïtiennes en provenance de la culture essentiellement populaire. Les coordonnées de l’église sont volontairement gardées secrètes: communiquez avec le Maître pour les obtenir car il filtre les appels des branquignols et des hurluberlus.

les Haïtiens
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Goûter

Terre d’asile et d’exil, Haïti a une cuisine qui mélange hardiment les saveurs françaises et créoles, les piments et les aromates. Le plat principal de viande ou de poisson est toujours accompagné de riz, de pois verts, de bananes plantains (ou «pesées») et de haricots rouges. Féroce d’avocat (manioc, morue et avocat), bœuf à l’haïtienne (viande au four avec poivrons, tomates, safran et piment), poulpes de riz, crevettes panées à la noix de coco, gratin de daube aux ignames, caviar d’aubergines…

Restaurants

Chez Toto

10827 boul. Pie-IX

p514-324-9792

métro Saint-Michel Ouvert en 1991, ce restaurant offre une excellente cuisine épicée, avec des plats traditionnels (griyo: porc frit), cabri en sauce et diri djon djon (riz et champignons noirs).

Véritable institution au sein de la com- munauté haïtienne. Le service s’adapte à toutes les formules. La salle peut devenir bruyante et le service bordélique

Casse-Croûte Bon Bagay

8549 boul. Pie-IX

p 514-374-6664

métro Saint-Michel Abstraction faite de la décoration, le res- taurant offre du riz gluant avec la viande du jour, et ce, en quantité gargantuesque. C’est ici l’un des restos où nombre de chauffeurs de taxi d’origine haïtienne vien- nent manger. L’endroit a tendance à être bondé durant l’hiver, et moins fréquenté quand il fait chaud.

Aux Récifs du Cap

5570 rue Jean-Talon E.

p 514-322-2000

métro Saint-Michel Un petit restaurant familial où vous man- gerez des plats authentiques haïtiens. Vous

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ne pourrez pas manquer l’endroit avec son enseigne de couleur jaune. Les proprié- taires sont absolument charmants.

Le Lambi

2517 rue Jean-Talon E.

p514-678-7042

métro Saint-Michel Cet humble petit boui-boui haïtien pro- pose des plats selon l’inspiration de la cuisinière… En tout temps, par contre, il est possible de déguster du lambi, un fruit de mer antillais, au goût proche de celui du homard. Au menu, à emporter ou à manger sur place, également: du griyo de porc, des acras de morue et du pain patate. Côté exotisme: un incontournable!

Restaurant Blue Mountain

5710 av. Victoria

p514-227-4250

métro Côte-Sainte-Catherine Ce petit restaurant sans chichi offre un choix limité de plats haïtiens et prépare un excellent poulet. Soyez assuré d’y retrouver pas mal d’Haïtiens de Montréal, au moins assez pour remplir l’endroit, voire l’animer.

Kalalu Fusion Caraïbes

4331 rue St-Denis

p514-849-7787

métro Mont-Royal Ce «lieu branché» de la cuisine fusion haï- tienne présente des plats aux influences bigarrées et des assiettes bien originales. Le menu comprend le jungas, des crevettes au gingembre, le blue island, de l’agneau à l’anis, le red snapper, du vivaneau aux tomates. L’endroit en tant que tel est aussi accueillant que le chef, comme une heureuse rencontre dans les Antilles. La musique est parfois excellente. Le balcon est parfait pour décompresser, en regar- dant la foule s’agiter sur les trottoirs de la rue Saint-Denis.

Boulangerie-pâtisserie

Vianou boulangerie-pâtisserie

7110 rue Alexandra

p 514-273-5803

métro Parc