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Sujet d’invention à partir du poème de G.

Apollinaire « Zone » (extrait)

Après avoir identifié la forme et la composition du poème, écrivez un poème


d’éloge de même forme et de même inspiration

Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J’ai vu ce matin une rue dont j’ai oublié le nom


Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J’aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n’es encore qu’un petit enfant


Ta mère ne t’habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n’aimez rien tant que les pompes de l’Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette
Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège

Apollinaire, « Zone » (extrait) , Alcools, 1913

Analyse préalable :
z Le poème, de forme, libre, est composé de trois strophes de longueur
différentes.
z La première est un quatrain à l’adresse d’un « Tu » non identifié. La seconde
est un dizain à la première personne. Dans la troisième, un sizain, le « tu »
revient. On comprend que le poète s’adresse à l’enfant qu’il était.
z Les deux premières décrivent sur le mode élogieux la ville moderne sur le
mode énumératif, la dernière se présente sous la forme d’un souvenir d’enfance.
z Le poème ne comporte pas de ponctuation
Texte proposé
Tu vois de ta fenêtre la ville et les avenues bondées
Tu vois le kiosque à journaux près de la grille du parc Jean Sebastien Bach
Les toits alignés et leurs gouttières métalliques
On entend les fières automobiles dans les embouteillages

J’ai vu ce matin une rue dont j’ai oublié le nom


C’était je crois la rue des Coquelicots
Où se côtoient grands magasins et tours de bureaux
Où se rencontre le peuple au travail
Les hommes encravatés et les femmes au tailleur étroit
De l’église moderne à perte de vue les boulevards forment des lignes
géométriques
Grouillent les échoppes et les cinéma lumineux
Les monuments historique à la croisée des fleuves
Inlassable spectacle urbain
Comme j’aime ton activité et ta diversité

Tu devais avoir sept ans à peine huit


Comme tous les dimanches vous vous rendiez à l’église
Et tes souliers brossés brillaient comme le soleil
Tu avais un ami Pierre Carpentier chanteur à la chorale
Maman vous récompensait de notre sagesse en préparant des gaufres
Tu t’en souviens en regardant de ta fenêtre la ville et les avenues bondées

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