n° 1 34 - Septembre 201 3

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Bulletin d'information de l'Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l'Isère

Crise aigüe chez Aenova
Sommaire
Tensions dans les services publics p. 2 et 3 La défense des retraites p. 6 et 7 Avery Denisson, dynamique syndicale p. 8
Directeur de publication : Jean-Pierre Gilquin - commission paritaire : 071 6 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre Dame - Montbonnot UD FO Isère - bourse du travail - 32 avenue de l'Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36 - fax 04 76 22 42 55 - courriel : udfo.38@laposte.net Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3,20 €

E d it o ri a l
Des entreprises responsables, SVP !

Bourgoin-Jallieu

Sous-effectif chronique à l'hôpital
cées par FO depuis des mois et pas plus tard que début juillet (voir www.fo38.fr) . Si les patients perdent patience, ce n’est pas seulement du fait de la dégradation sociale extérieure. Le service des urgences est chroniquement en sous-effectifs. Il manque neuf médecins et deux infirmières dans ce service. Alors les files d’attente s’allongent… et les personnels de santé en subissent eux aussi les conséquences.

L’hôpital Pierre-Oudot, à Bourgoin-Jallieu, a connu depuis fin 2012 de nombreuses agressions. Le phénomène n’est donc pas récent. Trois agressions en janvier, puis des plus récentes qui ont été médiatisées, parce que proches du drame du 25 août : une infirmière avait failli être étranglée et un ambulancier avait été frappé au couteau 15  jours avant l’agression.
Beau succès en Isère pour la manifestation du 10 septembre contre la réforme sur les retraites. Si elle a supplanté la traditionnelle manif’ des personnels de l’Education nationale, cela ne signifie pas que tout va bien dans ce secteur, notamment à l’école où la réforme des rythmes scolaires pose de nombreux problèmes. Mais la rentrée ce sont également les impôts qui tombent dans les boîtes à lettre. Et la note 2013 est particulièrement salée… L’austérité frappe lourdement les salariés qui voient leur pouvoir d’achat chuter sensiblement. Les négociations vont s’ouvrir dans les entreprises. Elles seront difficiles. Dans la Fonction publique, une année blanche supplémentaire ne manquerait pas de créer des tensions et de se répercuter dans les urnes lors des élections qui se profilent en 2014. On nous dit que la crise s’allège ? Alors les salariés, les retraités, les chômeurs doivent bénéficier de cet allègement. Les jeunes galèrent pour trouver un job ou une entreprise d’accueil en contrat de professionnalisation et les séniors sont durablement hors du marché du travail. Or, dans la plupart des entreprises, nos syndicats en témoignent, les salariés doivent assumer une charge plus importante sans effectif supplémentaire. En Isére les entreprises (dont beaucoup vont bien) doivent prendre leurs responsabilités et embaucher  ! Jean-Pierre Gilquin, Secrétaire général.

Pour FO la solution ne réside pas uniquement dans des aménagements pour protéger et sécuriser l’accueil des urgences, épicentre de toutes ces tensions. "Avertir la police qui arrive 10 minutes plus tard si tout va bien, ou se retrancher derrière une vitre ne règle pas le problème", relève Carole Verdier, déléguée syndicale, avant de rappeler que la présence de vigiles, pour dissuasive, n’est guère compatible avec les motivations des soignants. De toute façon cette solution n’est même pas envisagée par une direction un rien méprisante pour les personnels, gestionnaire zélée d’une pénurie dramatique, mettant beaucoup d’énergie à ne pas entendre les alertes lan-

L'équipe FO (de gauche à droite) : Fred, Nathalie, membres du bureau, Gilbert, trésorier-adjoint, Carole, secrétaire, Martine, secrétaire-adjointe, Amandine, membre du bureau.

Caf : moins de moyens
La situation à la Caisse d'allocations Familiale (CAF) de l'Isère illustre deux aspects contradictoires de la gestion de la sécurité des salariés. La dernière réorganisation a déplacé la violence subie par l'ensemble du personnel sur l'accueil. C'est un mieux et la preuve que l'organisation a son rôle à jouer, mais aussi qu'il reste à faire. Là, des accompagnateurs, dont le CDD expire prochainement, aident les allocataires à saisir euxmêmes leurs rendez-vous. Catherine Marzetti, déléguée du personnel raconte : "hier un allocataire avait mal pris son rendez-vous. Il s'est énervé, est reparti, puis est revenu, pas calmé. La police a été appelée."

Isère

Par ailleurs les retards dus à l'insuffisance des effectifs se cumulent avec la gestion par objectif. Celle-ci impose de traiter les dossiers de RSA (Revenu de Solidarité active) et AAH (Allocation aux Adultes handicapés) en priorité, mais sans tenir compte de l'ancienneté de la demande des autres dossiers. Et le tout avec de moins en moins de temps. Le retard sur les dossiers non prioritaires s'accroît. De plus, avec la départementalisation et la mutualisation, les dossiers sont trimballés et se perdent. L'incompréhension légitime des allocataires s'ensuit et des problèmes s'ajoutent aux problèmes communs des CAF. Catherine ajoute "Voiron, un allocataire n'était pas satisfait. Il menace de revenir avec une Kalachnikov ! Comme il était connu, l'antenne de Voiron a simplement été fermée !". FO demande la pérennisation des CDD des accompagnateurs, pour éviter de diminuer encore le nombre de techniciens-conseil traitant les dossiers. FO demande aussi la création de 20 postes de techniciens-conseil (sur 700 salariés).

Catherine Marzetti, déléguée du personnel.

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Procédure en place à Pôle Emploi

Isère

Conseillers du salarié
Depuis juillet 2013 la liste des conseillers du salarié a été renouvelée. Dans les entreprises dépourvues d’institution représentative du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel, délégués syndicaux), le salarié convoqué à un entretien préalable à licenciement ou à une rupture conventionnelle du contrat de travail peut se faire assister lors de cet entretien par un conseiller du salarié. La liste est disponible dans les mairies ou sur le site FO :

www.fo38.fr

Comité général
Un comité général de l’Union départementale FO Isère se tiendra à Grenoble, à la Bourse du Travail, vendredi 29 novembre. Ordre du jour : Ani, retraites, ainsi que l’approbation des comptes.

Les conseillers Pôle Emploi sont amenés à traiter des problématiques diverses autour de l’insertion professionnelle. Cela peut créer parfois des tensions à l'accueil en cas d’insatisfaction de la demande. "Une procédure est en place" explique Pierre Comtesse, adhérent FO. "En cas d’incident un membre de l’équipe de direction se trouve à proximité afin d’intervenir rapidement, il va prendre la mesure du conflit ainsi que les mesures appropriées si nécessaire". Chaque incident donne lieu à l’établissement d’une fiche qui sera transmise à la direction ainsi qu’au CHSCT. Ces signalements donnent lieu à une veille permanente et si nécessaire à des actions immédiates. Certaines agences sont bien sûr plus exposées que d’autres.

Un accompagnement psychologique est à disposition des conseillers ou de l’équipe concernés si cela est demandé. "Il faut reconnaitre que tout cela est bien rodé désormais. Les comités d’hygiène de sécurité et des conditions de travail sont bien intégrés dans le processus" ajoute Pierre.

Réservez cette date.
Site www.fo38.fr

Chacun peu contribuer au site de l’Union départementale FO 38 en demandant la création d’un compte par mel sur :

http://www.fo38.fr/?q=node/3 76#

Sur le site : des informations sur les syndicats FO isérois et les batailles dans les entreprises. A chaque manifestation, réunion… une vidéo et/ou un diaporama photos sont publiés.
Pierre Comtesse, adhérent FO à Pôle Emploi.

Chaque fois qu’un événement se produit dans votre établissement, entreprise, administration, informez l’Union départementale (UD). Vous avez des négociations ? des débrayages ? des grèves ? Vous avez obtenu des accords satisfaisants etc.

Catherine Marzetti

Contact : 04 76 09 76 36.

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CHSCT et CE
Un stage pour les membres du CHSCT se tiendra du 20 au 22 novembre à la Bourse du travail à Grenoble, un autre pour les élus titulaires des comités d’entreprise aura lieu toujours à Grenoble du 2 au 6 décembre.

Malade pendant mes congés…
Non, il n’est pas possible de disposer librement des jours de congés payés non pris du fait d’un arrêt maladie ! corder ce report, le salarié peut demander une autre période.

La question

Carsat
La Carsat (Caisse d’assurance Retraite et de la Santé au travail) organise une formation les 18 et 19 novembre à l’union départementale FO. C’est l’occasion pour les participants de rencontrer les ingénieurs sécurité de cet organisme. La formation est ouverte à tous les adhérents. Inscription au 04 76 09 76 36.

Rappel de la règle
Rappel général de ce que prévoit le Code du travail, en se souvenant qu'une convention collective, un accord d'entreprise ou tout simplement les usages peuvent donner au salarié plus de souplesse dans la gestion de cette situation.

Si l’arrêt maladie commence alors que le salarié est en congés payés…
Il ne peut pas, sauf disposition conventionnelle ou usage plus favorable, exiger de prendre ultérieurement ses congés payés dont il n'a pas pu bénéficier du fait de son arrêt maladie. L'employeur s'est acquitté de son obligation à son égard. L'employeur doit verser une indemnité de congés payés sans défalquer les indemnités journalières de la Sécurité sociale puisqu'elles peuvent se cumuler ; mais il n'a pas à verser d'indemnités complémentaires de maladie, prévues au titre du maintien de salaire, lesquelles ne se cumulent pas avec l'indemnité de congés payés. L’employeur ne peut contraindre le salarié à prendre ses congés payés pendant une période où le contrat est suspendu.

Voir le programme
Toutes les formations proposées jusqu’à la fin de l’année par l’Union départementale sont listées sur le site www.fo38.fr. Le programme 2014 sera consultable en décembre.

Si l’arrêt de travail se termine alors que le salarié est toujours en congés payés, peutil rallonger ses congés d'autant de jours que de congés non consommés ?
Il le peut, en accord avec son employeur, si l’arrêt a commencé avant le début des congés. Si l'employeur est dans l’impossibilité d’ac-

Permanence juridique
L’union départementale propose des permanences juridiques avec des défenseurs syndicaux. Prendre rendez-vous directement au : 04 76 09 76 36.

Si l’arrêt a commencé pendant les congés et se termine après la date où le salarié aurait dû reprendre le travail…
L'employeur est tenu, si la convention collective le prévoit, de verser les indemnités complémentaires de maladie, la date d'expiration du congé constituant le point de départ de l'indemnité prévue par la convention collective au titre de la maladie (le délai de carence est applicable).

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Saint-Quentin-Fallavier

Aenova en zone rouge

Les conséquences de l’Ani 2013

Journée d’information, mercredi 9  octobre à la Bourse du travail à Grenoble, sur les nouvelles règles instaurées par la loi dite de Sécurisation de l’emploi (calée sur l’Ani 2013 signé par le Médef et la CFDT), dont les conséquences sont nombreuses et malheureusement néfastes. Une avocate spécialisée, la directrice adjointe de la Direccte et un représentant du secteur de la prévoyance répondront à toutes les questions.

Inscription au 04 76 09 76 36.

VFD

Jocelyne Annese, secrétaire du CE, devant une machine à comprimer.

Ils sont 104, quasiment tous en CDI, dont 25  % de cadres, salariés d’Aenova France, filiale d’un groupe allemand du même nom, lui-même propriété d’un fonds d’investissement dénommé BC Partners. Aenova-France dispose d’une superbe usine à Saint-Quentin-Fallavier. Un outil industriel quasiment flambant neuf, dont la mise en œuvre permet de faire de la R&D (Recherche et Développement), du packaging et de la fabrication de médicaments. Mais l’outil ne produit quasiment plus rien depuis cet été et son plan de charge est d’un vide abyssal. Ils sont donc 104 à s’occuper comme ils peuvent et à demander, via leurs élus (tous FO) à leur direction de quoi sera fait l’avenir. Tout au plus disposent-ils de l’engagement écrit de leur direction que les salaires seront versés jusqu’à décembre inclus.

prestations R&D. Aenova veut en finir avec cette locationgérance ; SkyePharma conteste qu’il en ait le droit… et les salariés se demandent comment ils vont se sortir de cette situation sur laquelle ils n’ont aujourd’hui guère de prise.

La direction a présenté un plan social prévoyant la suppression de 35 postes administratifs. L’entreprise emploie 590 personnes. Daniel Combet, délégué FO, tirait la sonnette d’alarme depuis de nombreux mois. FO négocie, point par point, les conditions de départ des salariés, notamment le montant des indemnités. Le syndicat réclame par ailleurs la fin de l’annualisation du temps de travail et le retour des heures supplémentaires.

Une demande en direction du Fonds régional d’Action d’urgence
Les représentants du personnel ont déclenché un droit d’alerte en février, lorsque la direction du groupe allemand a demandé aux personnels de renoncer aux 39 heures. Devant la résistance du personnel, la direction d’Aenova a finalement renoncé à sa demande. Mais l’épisode aura permis l’intervention d’un cabinet d’expert. Il a pointé les incohérences des décisions prises par Aenova et, plus encore, la difficulté à obtenir des réponses aux questions touchant à l’avenir des salariés.

Daniel Combet, délégué syndical.

Aciéries Laminoirs

Une mise à mal de l’outil de production
Mais chaque semaine amène ses mauvaises nouvelles. Une importante machine a été déménagée en juillet, sous prétexte de réparation ; un spécialiste de la réduction des coûts a inspecté le site, toujours cet été  ; le comité d’entreprise a été consulté début septembre sur le projet de départ d’une autre machine… les salariés le savent  : l’excellence technologique du site est en grand danger. La situation est d’autant plus inquiétante que le groupe a fait connaître sa volonté de rompre le contrat de location-gérance le liant à un autre façonnier de la pharmacie : SkyePharma. Ce dernier est le propriétaire de l’usine en même temps que le client d’Aenova (fabrication de médicaments et

L’entreprise (200 salariés à Rives) est spécialisée dans le laminage à chaud des barres de fer. Frédéric Gaillard à été désigné représentant de section syndicale en vue des élections du comité d’entreprise. La liste FO est bouclée.

Depuis, l’équipe FO s’est assurée l’assistance d’un avocat
L’Union régionale FO a présenté à la Région une demande de Frau (Fonds régional d’Action d’urgence), dispositif permettant le financement d’actions entreprises par les salariés. Une valorisation des atouts technologiques de ce site et des compétences élevées de ses salariés ; une exploration des possibilités de reprise ; l’état des lieux des compétences des salariés et des possibilités de reclassement dans le Nord-Isère… La demande de la Région FO a un objectif : donner aux salariés et à leurs représentants des moyens supplémentaires pour éviter le pire.

Alfa Laval Vicarb

Mouvement de grève spontané, le 9 septembre, de la quasi-totalité des salariés de l’entreprise installée au Fontanil-Cornillon. Ils entendaient ainsi soutenir un de leurs collègues licencié après une grave, mais verbale altercation. Le salarié, finalement et effectivement licencié, a trouvé un accord avec la direction. L’épisode, a souligné FO, renvoie aux insupportables méthodes de management pratiquées dans cette entreprise. Ne changeant rien à ses très mauvaises habitudes, la direction tente, depuis, d’impressionner FO.

Voir sur : www.fo38.fr

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Isère

Dans le département des manifestations ont eu lieu à Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne et Roussillon. Ce sont réclamant le droit de profiter de sa retraite en bonne santé  : «  Allonger la durée de cotisation, c'est raccourcir la Rejoignant les manifestants de la France entière, privé et public ont rappelé le droit des jeunes à un travail et le "Du boulot pour les jeunes, ça urge, 43 ans au boulot, c’est la purge!" Et puis avoir encore un travail à plus de 6

Oui au travail pour les jeunes ! O

La parole à Philippe Beaufort, secrétaire départemental de la Fnec-FP
"La Fnec-FP-FO (fédération nationale de l’Education, culture et Formation professionnelle) représente le personnel de l'Education nationale, enseignant et non-enseignant. L'âge moyen de début de carrière pour un enseignant est de 26 ans. Avec 43 ans de cotisations, le départ à la retraite est à 69 ans ! Rappelons que les fonctionnaires ne partent pas plus tôt en retraite, en dehors notamment des agents de police. Ils cotisent de la même manière que le privé, et même si le système est différent, le taux de remplacement est identique à celui du privé. De plus, la mise en place des mesures concernant la pénibilité, et surtout son évaluation risque de s'avérer complexe et inégalitaire. La mobilisation du 10 septembre à Grenoble a été intéressante et s'explique aussi, chez les fonctionnaires, par un ras-le-bol qui croît : le point d'indice gelé pour la quatrième année consécutive ; l'attaque contre les statuts notamment avec la réforme Peillon qui prévoit entre autre la territorialisation de l'Education nationale et la fin de l'égalité des élèves sur le territoire. La FNEC-FP-FO reste attachée aux 37,5 ans de cotisation et au départ à 60 ans.»

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e sont plus de 10 000 manifestants qui ont scandé leur opposition à l'allongement de la durée de cotisation, urcir la vie  !  ». il et leur opposition à un allongement permanent de la durée de cotisation et de l'âge de départ en retraite  : s de 60 ans…

Oui à la retraite pour les vieux !
Et maintenant...
La mobilisation du 10 septembre a, en Isère comme ailleurs, largement dépassé le cercle des militants. Les 10 000 personnes ayant défilé dans notre département pour montrer leur opposition au projet de loi ne veulent pas en rester là. Si le projet de loi contient des avancées vers les revendications de Force Ouvrière, notamment l'augmentation des cotisations ouvrant des droits, celles-ci sont insuffisantes et l'allongement de la durée de cotisation est inacceptable, a rappelé le CCN (Comité confédéral national, parlement de la confédération), les 19 et 20 septembre au cours duquel le sujet a été largement débattu. Une action sera donc menée lors de l'examen du projet de loi, devant l'Assemblée nationale, le 15 octobre. Une délégation iséroise sera présente à Paris. Ce sera l'occasion de rappeler que 40 ans c'est déjà trop, la revendication d'un départ avant 60 ans pour les métiers pénibles, et une augmentation des salaires qui permettra de combler mécaniquement le déficit du régime général des retraites.

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Transdev Dauphiné

30 % de salariés grévistes à Domène le 10 septembre chez Transdev, sous-traitant de la Semitag (transport urbain de l’agglomération grenobloise). Deux lignes ont été complètement bloquées au centre-ville grenoblois. Les salariés demandaient une augmentation de salaire de 12 % et un planning prévisionnel (supprimé unilatéralement par la direction en septembre). Les salariés n’ayant rien obtenu, un nouveau mouvement est prévu prochainement.

C’est en 2009 que FO voit le jour chez Avery Dennison, entreprise de 319 salariés située à Champ-sur-Drac. Son activité est la fabrique d’emballages alimentaires et étiquetage. Olivier Repon, délégué syndical, est l’un des deux créateurs du syndicat.

Dynamique syndicale chez Avery Denisson

Isère

Sur quel dossier travailles-tu ?

Nous sommes actuellement sur un sujet brûlant : notre mutuelle. Nous avons obtenu, voici quelques années, sa prise en charge intégrale par l’employeur. Mais les comptes ne sont pas, aujourd’hui à l’équilibre et cette situation, évidemment, crée des tensions. Nous souhaitons ouvrir des négociations pour régler ce problème.
Que représente FO dans l’entreprise ? Lors des dernières élections en 2010, nous étions la troisième organisation syndicale avec des élus en comité d’entreprise et en CHSCT. Nous préparons les prochaines élections, programmées dans un an. Depuis la création de la section le nombre d’adhérents ne cesse de croître. Je pense qu’il y a une lassitude des salariés vis-à-vis des syndicats historiques dans l’entreprise.

Caterpillar

Plus d’une cinquantaine d’adhérents ont participé, le 13 septembre, à l’assemblée générale du syndicat FO de Caterpillar à Saint-Martin-d’Hères. Un point a été fait, par le secrétaire de l’union départementale sur les positions de la confédération sur le dossier de la Retraite. Robert Gamez, secrétaire du syndicat, renouvelé dans ses fonctions, a rappelé les prises de position de la section, notamment sur le plan de départs volontaires.

Olivier Repon, délégué syndical : « Le dossier brûlant, aujourd’hui, est de garantir le maintien de la prise en charge de la mutuelle par notre employeur ».

De nouvelles idées FO souhaite insuffler de nouvelles idées. La conjoncture actuelle n’aide pas à la cohésion. Beaucoup de salariés craignent le futur même si l’entreprise est passée au travers de la crise.

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Policiers et surveillants à rude épreuve...
Chacun pourra signaler un comportement abusif de la police, via un nouveau site Internet. Daniel Chomette, secrétaire départemental du syndicat FO Unité Police, dit son agacement devant ce genre de mesures qui stigmatise les policiers. Il rappelle aussi que les abus sont rares dans ce pays qui voit pourtant la police intervenir toutes les sept seconde. Au moins, apprécie-t-il, les personnes signalant des abus devront s’identifier. Concernant la réforme de la Justice, qui mettra fin aux peines-plancher, il admet que le tout prison ne peut pas être la seule réponse. D’autant qu’elle est une école de formation pour les petits délinquants ! Mais il pointe surtout le manque de moyens : certains magistrats ont plus de 200 dossiers à traiter. Pour Thierry Gidon, responsable régional de FO pénitentiaire, ne pas incarcérer les délits
Le syndicat FO Unité Police le 10 septembre dans les rues de Grenoble

Agglomération grenobloise

Georges Toquet

inférieurs à 5 ans (viols, vol avec violence, agressions…) vise à désengorger les prisons et à réduire les coûts d’hébergement et d’incarcération. Mais quid des moyens nécessaires pour que les surveillants travaillent dans des conditions acceptables ?

Très impliqué dans l'action interprofessionnelle aux échelles nationale et départementale, au sein de sa fédération et du syndicat départemental des Postes, Georges Toquet vient de décéder le 11 septembre à l’âge de 77 ans. Son long parcours syndical est exemplaire. Il a assumé de nombreuses années, et encore ces derniers temps, le poste de secrétaire de l’union locale de Voiron. C'était un homme et un militant chaleureux, serviable, engagé et fidèle.

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Les ATSEM aussi…
Le syndicat FO des communaux grenoblois avait pointé le danger. Il ne s’était pas trompé ! La rentrée, compte tenu de la réforme des rythmes scolaires est très difficile pour les agents territoriaux intervenant dans les écoles, notamment les ATSEM qui doivent, sur la base du volontariat, assurer la garderie une fois par semaine. La notion de volontariat risque fort d’évoluer vers celle d’obligation du fait du manque… de volontaires. Et si les volontaires sont rares, c’est que la charge de travail habituelle de tous est déjà fort importante.

Rentrée 2013 : le bazar !
Quarante-sept des cinq cent trente-trois communes de l’Isère mettent en œuvre la réforme des rythmes scolaires : la semaine à 4 jours ½, moins d’heures d’école dans la journée pour permettre aux élèves d’avoir des activités périscolaires sportives ou ludiques. Les municipalités prennent en charge financièrement ces nouvelles activités assurées par des centres aérés ou des bénévoles des associations. Aujourd’hui les mairies sont submergées d’appels d’associations diverses et variées, intéressées pour entrer sur ce créneau bien lucratif. La contrepartie, relève Pascal Bonhomme, secrétaire-adjoint isérois de la Fnec (Fédération nationale de l’Education, de la Culture et de la Formation professionnelle) est que les enfants sont fatigués ; se lever le mercredi matin leur rend la semaine bien longue. Quant aux personnels municipaux, en plus de leurs fonctions, ils doivent assurer l’animation des activités périscolaires, ce qui ne leur laisse plus beaucoup de temps pour assurer les leurs. Le corps enseignant, ajoute Pascal, était totalement contre cette nouvelle réforme. Le plus urgent était d’augmenter le nombre d’enseignants, sans oublier des enseignants spécialistes des enfants en difficulté scolaire. 6997 instituteurs et professeurs se partaPascal Bonhomme lors de la manifestation des enseignants en janvier, contre les Rythmes scolaires.

Isère

gent l’enseignement de 205 062 élèves, pour donner des classes de 32 à 34 élèves. Un autre problème existe : le passage au statut contractuel qui ne touche pour l’instant que les étudiants admissibles au concours de professeurs des écoles et les emplois d’Avenir-professeurs. Au-delà de la fragilisation de leur situation, la crainte de généralisation de ce statut contractuel à tout le personnel enseignant. Le seul point positif de cette réforme est le retour à la formation des nouveaux enseignants, qui n’existait plus sous l’ancienne présidence.

Négociation au CER
Les négociations sur le contrat génération jeunes vont débuter au CER (réseau associatif de conseil et d'expertise comptable sur les activités de l’agriculture, artisanat, etc.). La direction vient de convoquer le seul syndicat représentatif dans l’entreprise, FO. Rappelons que FO a fait 100 % des voix aux élections en 2011, à la délégation unique du personnel. Le contrat de génération est un dispositif d'aide à l'emploi visant à créer des binômes jeune-senior pour encourager l'embauche des jeunes et garantir le maintien dans l'emploi des seniors, tout en assurant la transmission des compétences.

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votre correspondant sur l'Isére : KLESIA Denis DEFAIX Tel 04 26 84 50 09 Tel 06 14 06 49 10 denis.defaix@klesia.fr 65, Bd Vivier Merle 69482 LYON Cedex 03

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Michel Dubric

"Combien de nuits sans dormir ?"
La soixantaine, les yeux clairs des Slaves, l’accent qui va avec et, léger soupir, joli sourire, Michel Dubric se souvient : "J’étais, à la fin de la décennie 80, dans une usine de la métallurgie, à Pont-de-Chéruy. Il y avait la CFDT et la CGT. Les gars venaient nous voir, nous disaient des trucs, allaient en réunion et faisaient l’inverse de ce qu’ils avaient dit. J’en ai eu marre !".

Quand il en a marre, Michel ne s’en va pas parce que : "si je pars, l’autre gagne  !" Au détour d’une formation de CAP de câbleur, l’immigré avait récupéré auprès d’un formateur les coordonnées de l’union locale de Bourgoin-Jallieu. Une carte, la création officielle du syndicat, les vagues hostiles de la direction et des syndicats déjà existants… "Combien de nuits sans dormir ? Mais au matin, je savais ce qu’il fallait faire. J’appelais l’union départementale, on mettait le tract en français et…".

Michel Dubric : « Pourquoi les gens ne se syndiquent-ils pas plus ? Si nous le savions, nous aurions la solution ! Mais le contact dans les usines, cela marche ».

"Ne pas manger dans la gamelle de la direction "
Tenir bon, Michel Dubric savait et sait toujours faire. A croire que débarquer dans un pays en sachant dire "bonjour et au revoir… Non, bonjour et merci !" forge le caractère, fortifie la résistance. Finalement, FO est devenue majoritaire dans l’entreprise TrefiCâble. Elle l’est toujours. Michel Dubric, lui, en 2007, à

l’heure d’une retraite trop maigre pour vivre, est passé dans le secteur de l’intérim. Chez Randstad où il fait toujours son boulot de syndicaliste. Le boulot de syndicaliste ? "A l’usine, j’entrais par un côté et je remontais en discutant avec tout le monde. Même si on n’arrive pas à résoudre le problème de la personne, cela allège son cœur de pouvoir parler". Chez Randsdat, il ne fait pas autre chose, sous des formes adaptées à l’organisation du travail en intérim, toujours

en direct avec les salariés. Ce qui permet tout de même d’obtenir quelques résultats même si FO ne pèse pas assez dans cette société. Rien d’autre ? "Etre syndicaliste, ce n’est pas se servir d’abord. Quand j’entends des salariés dire, en parlant des jours de congé : « C’est le jour du délégué », cela me fait mal au cœur. Les délégations, c’est pour rencontrer les salariés, les aider. Un délégué ne se fait pas acheter, ne bouffe pas dans la gamelle de la direction".

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