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Vol de bulles dans les voitures belges

LUXE Le champagne des touristes attire toujours les voleurs de la région

u Des producteurs mettent en garde contre les

vols de caisses dans les véhicules belges.

u Ils conseillent de se rendre en Champagne en

dehors des périodes de fêtes et de vendanges, du- rant lesquelles les voleurs sévissent le plus.

u Ces deux derniers mois, 5.000 bouteilles ont

aussi disparu des celliers de la région d’Épernay.

C omme nous vous l’an-

noncions dans Le Soir de

ce vendredi, nombreux

sont les Belges qui se rendent en région champenoise pour s’y pro- curer leurs bulles. En 2012, entre 2 et 5 millions de bouteilles ont ainsi passé la frontière. Des caisses de champagne alignées dans les coffres de voitures immatriculées en Belgique : une aubaine pour les voleurs qui, en quelques mi- nutes à peine, sont capables de fracturer le véhicule et de déles- ter les touristes belges de ces crus régionaux. Il y a quelques années, plusieurs familles belges avaient signalé le vol de leurs achats. On avait alors évoqué l’existence de bandes, actives dans la région, et spécialisées dans ce type de faits. Après vérification, il semble que le phénomène s’est amoindri mais qu’il n’a pas disparu. « Ça concerne

toutes les voitures dans la région, en réalité, pas seulement les Belges. Même si, en effet, on se doute que les visiteurs viennent ici pour le cham- pagne et autres spiritueux, confirme un gendarme de la région. Plus que la plaque, c’est surtout qu’un coffre chargé de caisses, ça se voit à l’oeil nu. Et pour les voleurs, ça peut être un indice… »

Hôtel avec parking privé C’est principalement du côté d’Épernay, capitale du champagne, que la vigilance est de mise. « Dans la région, on n’aime pas trop parler de ça. Pas bon pour les affaires. On m’a déjà reproché de trop en dire parce qu’ici, il faut toujours laisser penser que tout va bien. Mais moi je préfère être clair avec mes clients, explique un producteur de la région. J’ai eu des clients belges qui sont revenus le lendemain de leur visite parce qu’on

qui sont revenus le lendemain de leur visite parce qu’on Les celliers de la région champenoise

Les celliers de la région champenoise sont régulièrement visités par les voleurs. © SYLVAIN PIRAUX

leur avait tout volé durant la nuit alors qu’ils logeaient dans un hôtel ou gîte du coin. C’est pour cette raison que je conseille toujours de prendre une chambre dans un établissement qui dispose d’un parking privé et de garder la dernière journée de leur séjour pour faire le tour des maisons. Et ramasser ses bouteilles. » «Un bon moyen aussi d’éviter les vols, conseille encore le producteur, c’est de pro- grammer son séjour un peu avant la période cruciale des fêtes. Non seule- ment parce qu’on a plus de temps à

consacrer aux clients. Mais surtout parce que les voleurs ne sillonnent pas encore la région.»

À la gendarmerie d’Épernay, on confirme que le coin attire les trafiquants qui convoitent les pré- cieuses bulles. « En plus de fêtes, je conseillerais d’être également très vigilant en période de vendanges, souligne le commandant Céline Mi- chta. À cette époque, on constate une affluence de 800.000 personnes, des saisonniers mais aussi des touristes.

Et chaque année, quelques voleurs se fondent dans la masse. » Selon les producteurs locaux que nous avons contactés, on revoit rarement les bouchons de ces grands crus dis- parus. Quasiment intraçables, les bouteilles sont vite écoulées. À des cavistes qui ignorent (ou pas) qu’il s’agit de lots volés, ou sur internet. « Si un commerçant vous propose quelques bonnes bouteilles à bon prix mais à régler en espèce uniquement, méfiez-vous », conseille un profes- sionnel.

LUDIVINE PONCIAU