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Le répertoire interprété par

Oudaden

Le répertoire interprété par Oudaden Tadla n umareg lli riren Udaden Lahsen Oulhadj

Tadla n umareg lli riren

Udaden

Lahsen Oulhadj

Le répertoire interprété par Oudaden Tadla n umareg lli riren Udaden Lahsen Oulhadj
Le répertoire interprété par Oudaden Tadla n umareg lli riren Udaden Lahsen Oulhadj

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Avant-propos :

Pourquoi un livre de ce genre ? Pour trois raisons principales. La première est

éminemme nt personnelle. Je veux

d’Oudaden. Car il a joué un rôle plus qu’important dans

patrimoine musical amaziɣ. À titre personnel, et je le dirais sans ambages, si ce n’étaient pas Oudaden, je ne pense sincèrement pas que j’aurais apprécié autant tout ce précieux héritage que nous ont légué de grands hommes de notre Panthéon poétique de la trempe de Hemmou Outtal b, Hajj Belâid, Boubaker Anchad, Saïd Achtouk, Mohamed Albensir, etc.

hommage à ce groupe

ma découverte du

simplement

rendre

À vrai dire, Oudaden m’ont donné l’envie d’aller écouter plus sérieusement, plus régulièrement et plus longuement aussi, tous ces grands versificateurs devant l’Éternel. Si simple que cela puisse être exprimé, ils m’ont grandement aidé à renouer avec l’incroyable richesse de notre art des vers. Je dis incroyable à dessein. Car c’est vraiment le cas de le dire. Sceptique ? Pas de problème ! Mais de grâce, faites l’effort d’y jeter un co up d’œil et vous m’en direz des nouvelles ! Il est plus que certain, si vous êtes un mordu de belles -lettres ou de la beauté tout court, que vous succomberez, aisément, à sa magie délicatement envoûtante, son esthétisme fièrement sobre et sa profondeur fondamentalement éthérée.

D’ailleurs, Oudaden ont mille fois raison de se tourner vers cet immense patrimoine poétique. Et ce, pour s’y ressourcer. Longuement. Continuellement. Toujours. À ce propos, il faut leur reconnaître, comme nous le disait à juste titre l’un de mes professeurs au lycée de Biougra, une chose importante : ils sont excellents lorsqu’ils créent et excellentissimes lorsqu’ils reprennent le répertoire classique des rways. Et c’est justement là, à mon humble avis, où réside l’un des secrets les mieux gardés qui a fait leur succès ininterrompu sur une période de plus de 25 ans. Non seulement en matière de ventes d’albums, mais aussi en matière de concerts.

Bien plus, et beaucoup de gens ne sont guère au courant, Oudaden sont la troupe musicale nord africaine du terroir qui se reproduit le plus à l’étranger. Juste derrière le très célèbre groupe touarègue, Tinariwin. C’est vous dire que la réussite de ses terribles prodiges de Bensergao, un quartier périphérique d’Agadir longtemps victime de toutes les marginalisations, n’est pas uniquement locale ou nationale, mais elle est aussi et surtout internationale. De fait, Oudaden peuvent se prévaloir d’être, indiscutablement, des ambassadeurs attitrés de la chanson amaziɣe 1 du Souss dans le monde. Espérons juste que ça dure et le plus longtemps possible ! En tous les cas, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas.

Quant à la deuxième raison, je dirais qu’elle est plus objective. Dans le sens où elle est inhérente à la carrière pour le moins extraordinaire de ce groupe. Disons -le

1 Pour en savoir plus, reportez-vous à l’article consacré par Anir Bouyaâkoubi à Oudaden que vous pouvez trouver facilement sur Internet.

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franchement, son exceptionnelle constance dans les annales de la musique amazi ɣe est pour le moins unique. N’en déplaise à leurs contradicteurs, rien que pour cela, il mérite toute notre reconnaissance. D’ailleurs, je ne m’y suis pas trompé, lorsque j’avais marqué dans une petite et minuscule note critique, il y a plusieurs années déjà, qu’Oudaden ont quelque chose de particulièrement « inoxydable ». Et ce, dans toutes les acceptions poss ibles et imaginables du terme.

En effet, les faits me donnent amplement raison. Il faut savoir que le groupe existe depuis plus de 30 ans, sans jamais subir le triste sort de groupes aussi prestigieux qu’Izenzaren et Ousman. À savoir des dissensions, souvent pour des raisons futiles et égoïstes, suivies d’une séparation fort regrettable. Avec à la clé, parfois, un scénario pour le moins cauchemardesque : l’arrêt immédiat de toute production créative comme c’était, hélas, le cas avec l’orchestre non moins légendaire d’Ousman et Titar, une troupe agadiroise pas très connue mais incroyablement douée. Même si je ne suis pas vraiment sûr que les raisons pour la disparition de celle-ci soient exactement les mêmes.

Au fait, pourquoi donc Oudaden ont -ils cette pérennité défiant presque le temps et les vicissitudes de la fortune ? Quel est donc leur secret qu’ils cachent si jalousement ? Rassurez-vous, ce n’est nullement en raison d’un quelconque puissant gri-gri soussi concocté par un marabout tout aussi puissant, comme y croyait dur comme fer l’un de mes oncles musiciens. En fait, les choses sont extrêmement

simples. D’aucuns l’expliquent par l’immense

professionnalisme à toute épreuve de ses membres, leur extrême maturité et, surtout, le ur sens de responsabilité par rapport à leur mission artistique et à leur public fort nombreux. Pas seulement, à mon humble avis. Il y a d’autres paramètres beaucoup moins visibles. Entre autre, la très bonne gestion financière des recettes de

le

talent

de

la

troupe,

la troupe, les amitiés fort anciennes, remontant littéralement à l’enfance, et même les liens de sang (Abdellah El-Foua et ses deux frères cadets, Ahmed et Khalid, à titre d’exemple) entre tous les fondateurs d’Oudaden.

Comme toujours, un peu comme si le success story musical d’Oudaden les démangeait terriblement, combien de fois « les oracles du malheur » nous ont -ils annoncé, ex professo, qu’ils sont finis, morts, enterrés et complètement oubliés. Juste pour être, lamentablement, désavoués à la sortie de leur nouv el album, qui est toujours vécu comme un immense événement culturel. Pendant des semaines, ils vont monopoliser rien qu’à eux seuls les radios cassettes et les lecteurs de CD de leurs aficionados fort nombreux. En effet, jusqu’à présent, et c’est tout à leur honneur, Oudaden sont des vendeurs massifs d’albums dans tout le Maroc et même ailleurs. Même si le piratage a fait et continue de faire des siennes, c’est-à-dire des ravages incalculables. Sans oublier l’amzighophobie répréhensible, abjecte et ignoble du régime marocain et de ses médias, financés quand même par les contribuables marocains majoritairement amazighs.

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Il faut savoir que malgré ses centaines de milliers de fans, au Maroc et un peu partout dans le monde, l’on peut compter, aisément, sur les bouts des doigts les passages d’Oudaden dans les télévisions marocaines. Alors que d’obscurs artistes libanais ou égyptiens- dont le seul mérite est juste d’être arabes -, payés bien naturellement rubis sur ongle, y ont élu ad vitam aeternam résidence. Cette aversion toute makhzenienne pour les Amazighs et leur culture continuera-t-elle à avoir cours même avec l’officialisation au rabais de la langue amazighe ? Quitte à être pessimiste et même nihiliste, je parie que rien ne changera. Je suis sûr que, enc ore une fois, l’avenir me donnera amplement raison.

Pour la troisième et la dernière raison, la troupe Oudaden a définitivement crée un courant musical sui generis que je nommerai, sans aucune hésitation, le tawdadant. L’on qualifie bien le style d’Izenzaren de tazenzart ? Pourquoi Oudaden dérogeraient-ils donc à cette règle ? N’ont-ils pas autant de mérite qu’Izenzaren ? Sans vouloir en aucun cas faire des comparaisons inutiles entre Izenzaren et Oudaden - car ils sont très différents, trop différents mê me -, je dirais que le style de ces derniers est, comme vous pouvez facilement le constater, léger, joyeux et festif marqué par le mariage des plus heureux et des plus intelligents entre des instruments modernes et traditionnels.

D’ailleurs, Oudaden sont les premiers à adapter et à utiliser, massivement, la guitare électrique dans les rythmes traditionnels amazighs. Pour résumer les choses, et quitte à être par trop laudateur, ils ont fait, très discrètement et très tranquillement, leur propre révolution musicale. Même si leur éruption sur la scène artistique soussie et même nationale n’a pas donné lieu à autant d’ergotages et d’arguties inutiles lorsqu’Izenzaren et Ousman ont vu le jour un peu plus qu’une décennie auparavant.

En effet, il faut savoir que le nombre de groupes qui sont apparus dans le sillage d’Oudaden est tout bonnement impressionnant. C’est tout simplement un succès qui a pris les allures d’un phénomène de société. Pour preuve, il n’y a pas un seul village dans le Souss, qui n’a pas eu sa troupe de tawdadnt. De même que les villes marocaines, européennes et même nord américaines qui ont accueilli les émigrés soussis. N’en déplaise à certains, ce style très oudadnien est jusqu’à présent dominateur sans avoir, pour l’instant, aucun concurrent sérieux qui se pointe à l’horizon. Et ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué. Il y en a eu à la pelle ! Il y en aura probablement à l’avenir.

Continuateurs des rways

La poésie oudadenienne est toujours légère avec exactement les mêmes thèmes sentimentaux : l’amour, le bien-aimé vénal, l’inconstance, la séparation, la

D’ailleurs, certains n’hésitent pas, à juste titre, à

déception, la réconciliation

comparer Abdellah El-Foua, le leader du groupe, avec feu Saïd Achtouk. À vrai dire, il faut être aveugle pour ne pas voir que l’influence de ce dernier sur El-Foua

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est pour le moins majeure. À tel point que certains n’hésitent pas à le considérer comme un chanteur de charme. Exactement comme l’était Saïd Achtouk, au faîte de sa gloire et de sa jeune sse, dans les années 60 et 70 du siècle passé.

En réalité, le style musical d’Oudaden est simplement l’art de

modernisé, plus actuel et plus urbain également.

rang des oubliettes et l’introduction très intelligente de la guitare électrique, l’on peut aisément dire que Abdellah El-Foua est un vrai rays, mais citadin. Car, à quelques très rares exceptions, les grands maîtres, anciens et actuels, de tirrouysa sont tous d’origine rurale abordant, dans la majorité des cas, ce qui est bien normal, des sujets très imprégnés par leur milieu social, à savoir la ruralité et le monde rural.

Excepté le ribab qui est mis au

tirrouysa, mais

D’ailleurs, dans plusieurs reprises d’Achtouk par El -Foua, avec cette voix de stentor qui est la sienne, je suis sûr que nos jeu nes citadins, au mieux, auraient trouvé has been la thématique abordée , au pire, n’y auraient rien compris. J’en veux pour preuve les multiples descriptions faites de la femme et l’évocation d’événements historiques bien précis : le fait d’aborder, à titre d’exemple, les agriculteurs d’Achtouken qui se sont ruées sur les crédits agricoles pendant les années 70 et 80 avec des résultats catastrophiques que l’on connait, nous, les enfants de ce même coin du Souss.

Mais, est-ce vraiment important pour Oudaden ? Je répondrai volontiers par la négative. Car ce qu’ils cherchent le plus ce sont les rythmes qui font « bouger », comme dirait l’autre. À dire vrai, Oudaden ont toujours fait le choix de chansons extrêmement bien rythmées. Et dans la majorité des cas, leurs reprises sont des réussites totales. Ils ont même donné à des chansons tombées dans l’oubli une seconde vie. Atbir igan aẓṛwal est un exemple pour les sceptiques qui ne partageraient mon point de vue. En toute sincérité, qui ne connait pas aujourd’hui cette chanson de Saïd Achtouk ? Personne, probablement.

Toujours est-il qu’il faut effectivement rendre à César ce qui est à César. Le défunt Saïd Achtouk était imbattable dans les chansons rythmiques- feu Aouisar aussi n’est pas à oublier non plus. D’où l’usage excessif qui en a été fait par Abdellah El-Foua. Il n’y a pas que lui d’ailleurs. Toute la vague de groupes modernes ou tiroubba qui a déferlé sur le Souss depuis le début des années 80 a fait de même.

Sans aucunement vouloir rabaisser quiconque, Laryach, Aït El-Âati et Izknwad de Tarrast, à titre d’exemple, n’ont fait que répéter, inlassablement, jusqu’à l’usure parfois, les chansons de Saïd Achtouk. Il est extrêmement rare qu’ils aient produit quelque chose propre à eux. Sauf Inddamen de Tamraght, Inerzaf et Iznkwad de Tarrast qui ont fait exception. Il faut quand même dire quelque chose sur ces derniers : ils sont pourvus d’un incroyable talent. Car par la suite, de l’aveu même des professionnels et des dilettantes aussi, ils avaient réussi à créer un répertoire propre pour le moins original. N’eût été un malencontreux accident de travail dont

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a été victime leur leader, Hafid Ezzaitouni, ils étaient vraiment à deux doigts de

détrôner ou à tout le moins d’être de très sérieux concurrents d’Oudaden. En tous les cas, ce fait fâcheux et même tragique les a obligés à mettre, hélas, le holà à une carrière qui promettait beaucoup, énormément.

Chemin faisant, s i Inddamen de Tamraght ont malheuerusement disparu de la scène musicale, Inerzaf étaient partis sur les chapeaux de roue . Et c’est le moins que l’on puisse dire. Leur premier album à la fin des années 80 a été un énorme succès . Il faut dire qu’ils étaient vraiment un très bon groupe avec un énorme potentiel. Mais malheureusement les conflits pers onnels ont mis fin à cette be lle expérience musicale. Si Lahs en Bi-Iznkwad a suivi son bonhomme de chemin, avec une grande constance, les autres membres fondateurs de la troupe ont sombré dans l’anonymat

le plus total. M ême si, de temps en temps, ils donne nt ici et là signe de vie. Comme

toujours; certains ne vont pas manquer de me rappeler le cas de Hamid Inerzaf. En fait, il faut dire ce qu’il y a : ce grand musicien n’a fait que rejoindre la troupe sur le tas. Après justement le départ du premier banjoïste de la formation dont le nom m’échappe.

Toujours en parlant des rythmes, il faut aussi savoir que le répertoire d’ Ismgan ou d’Ignawen a été aussi une grande source d’inspiration pour Oudaden. D’ailleurs, et permettez-moi de faire une petite digression, la présence de cette tradition musicale très spirituelle dans le Souss et, au-delà, dans toute l’Afrique du Nord, comme certains peuvent le croire, ne datent pas d’hier. Mais depuis l’antiquité. Il faut savoir que les caravaniers amazighs faisaient commerce avec ces régions depuis la nuit des temps. Par voie de conséquence, ils n’ont ramené dans leurs bagages que l’or, le sel et les esclaves. Ils ont aussi trimbalé avec eux toute la richesse musicale de cette partie du monde qui s’est mariée, au fil des siècles, progressivement, fructueusement, avec nos rythmes typiquement amazighs.

Il ne faut non plus omettre, pour conclure cette partie, l’exploitation par Oudaden des rythmes d’ahwach de Houara. Et Dieu sait qu’ils y ont excellé merveilleusement bien. Je peux même dire qu’Oudaden les reproduisent à la perfection. Même les Houaris pur sucre en seraient incapables. C’est d’ailleurs pour cette raison que dans cette seule tribu majoritairement darijaphone du Souss, Oudaden sont, depuis belle lurette, des stars indétrônables et des artistes adulés. En fait, ils sont régulièrement des invités de marque de toutes leurs manifestations sociales et culturelles. Une preuve une fois de plus que la musique est, foncièrement, un langage de l’universalité, permettant aux gens de divers horizons et de différentes cultures de communier ensemble.

Pour autant, l’on ne peut pas passer à côté de cette importante question : quelle est donc l’influence qu’ont eue les groupes amazighs modernes sur Oudaden ? L’on peut facilement supposer que l’enfance des fondateurs d’Oudaden a été bercée par les légendaires Izenzaren. En réalité, j’ai beau écouter et réécouter Oudaden, mais le constat est toujours le même : ils n’ont presque aucun impact sur eux. Sauf sur deux

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points formels : l’a doption du banjo et l’alignement avec lequel les membres du groupe se présentent sur la scène. C’est tout. Quant à Ousman, là aussi, ils n’ont quasiment aucune empreinte sur eux. Même la plus petite. Ce qui est quand même, à mon avis, très étrange. Surtout que l’on sait qu’Ousman et Izenzaren dominaient, à eux seuls, majestueusement, la scène musicale amazighe durant l’enfance et l’adolescence des membres d’Oudaden.

Poésie « oudadenienne »

Pour ce qui est de la chanson oudadenien à proprement parler, il est facile de constater qu’elle a une forme particulière. Elle n’est jamais très longue comme celle des rways- sauf quelques rares exceptions. Même lorsque Oudaden reprennent les chansons des rways, ce qui leur est souvent reproché, ils les escamotent, impitoyablement. Dans le sens où ils ne les reprennent jamais telles qu’elles sont à l’origine. Parfois, ils se contentent juste de quelques vers qu’ils répètent plus d’une fois. Idem pour les rythmes. Parfois, ils les changent à tel point qu’elles sont méconnaissables. Écoutez juste leur version d’Atbir umlil de feu Hajj Belâid pour en avoir le cœur net !

Cela étant dit, la structure propre de la chanson oudadenienne se compose, dans la majorité des cas, de trois parties. Et là, même si je ne suis pas vraiment sûr, je soupçonne une petite influence d’Izenzaren. Car ils ont adopté presque le même schéma. Si la première partie est toujours interprétée a cappella, la deuxième, la plus longue d’ailleurs, est chantée individuellement ou collectivement avec un accompagnement instrumental. Quant à la troisième partie, si elle existe, elle est un peu plus courte que la deuxième et est exécutée sur un rythme différent, souvent plus rapide et plus vif. Elle peut facilement être considérée comme une conclusion en quelque sorte. Ou ce que l’on peut appeler dans le langage des pratiquants d’ajmak d’Achouken, le tamssust.

Pour la thématique, comme je l’avais dit auparavant, il est dans la majorité des cas sentimentale. D’où le procès de légèreté que certains n’hésitent pas à faire au groupe. À tel point qu’El-Foua est considéré comme un crooner invétéré. Ce qui lui a valu pas mal de déboires surtout avec le public masculin. L’on m’a raconté qu’à Dcheira et même chez lui, à Bensergao, on lui a déjà jeté des pierres plus d’une fois lorsqu’il se reproduisait sur scène. Et ce qui est étonnant, c’est que le défunt Saïd Achtouk avait subi le même triste sort à Achtouken. Plus d’une fois. Pour exactement les mêmes raisons. Tel maître, tel disciple, si l’on se permet de faire violence à la fameuse expression figée.

En guise de conclusion, je souhaite de tout cœur que les jeunes amazi ghs - dans le Tamazgha ou dans la diaspora-, fort nombreux à aimer et apprécier le répertoire d’Oudaden, vont trouver dans ce mode livre la transcri ption de toutes les chansons qu’ils ont tant chéries. Et pourquoi ne pas les apprendre par cœur. Et même les chantonner dès qu’ils en ont l’occasion. Ainsi, la flamme de la culture amazi ghe

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vivra éternellement en eux. Mais ce qui serait vraiment gratifiant pour moi, c’est que livre donne des idées à nos jeunes chercheurs pour faire de même avec d’autres chanteurs. Et Dieu sait que dans ce domaine tout reste à faire. Surtout avec des poètes comme Albensir, Bizmaouen, Amentag… et des groupes comme Izmaz, Tita r, les deux Izenzaren, Archach… En fait, il faut impérativement immortaliser leurs œuvres en les mettant sur papier. Hélas, il n’y a pas d’autre méthode plus efficace pour les garder pour la postérité. A vos plumes !

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1-I ebba a (y) iẓeṛi nu 2 !

I ebba a (y) iei nu, iwda 3 k, ula keyyin, a ul nneɣ ! A(d) yyi ur tesiggilm, nekkin, ad allaɣ ! miɣ asmammi ula 4 taɣuyyit ! Wa miɣ asmammi ula taɣuyyit ! Aṭṭan a(d) iga lubb-ad nnek, a yan ur issin Ar ttawzeɣ, ar ttuhameɣ, ur a(r) yyi d-telkkemt Ar ttawzeɣ, ar ttuhameɣ, ur a(r) yyi d-telkkemt Ula jju teeat a(d) tennut, ya Laif ! Ah, ya Laif ! Ah, ya Laif ! Allah uɛlam lkdub as yyi tennit nera ak ! Imma lubb, ur a(r) ittajja yan ɣ llan A(d) nit iggawer, meqqar iga uɣaras lxaar Ayhayya nedda s wanu ur akkw nessin ! Nedda s wanu ur akkw nessin ! Is ra(d) nn-eeɣ ; dumeɣ, nekkin, aɣaras Aɣaras, aɣaras, aɣaras *** I ebba a (y) iei nu, iwda k, ula keyyin, a ul nneɣ ! A(d) yyi ur tesiggilm ad allaɣ ! Wa hann miɣ asmammi ula taɣuyyit ! Aṭṭan a(d) ig lubb-ad nnek, a yan ur issin Is a(r) ttawzeɣ, ur a(r) yyi d-telkkemt Ula jju teeat a(d) tennut, ya Laif ! Allah uɛlam ! Lkdub as tennit nera ak ! Imma lubb, ur a(r) ittaja yan ɣ llan A(d) nit neggawer, meqqar iga uɣaras lxaar Ayhayya nedda s wanu ur akkw nessin ! Is ra(d) nn-eeɣ ; dumeɣ, nekkin, aɣaras

2 Il s’agit bien sûr du pronom possessif, inu. À chaque fois que le mot auquel il est rattaché finit par une voyelle, il devient nu. C’est le cas, comme l’on peut le voir, ultérieurement de tasa nu, imma nu, etc. Sinon, si vous voulez écouter cette chanson, cliquez sur ce lien qui est l’une des premières appa ritions télévisuelles d’Oudaden : http://www.youtube.com/watch?v=VEIwLDMNhTo

3 On peut aussi dire : yuda k.

4 On peut tout autant dire : ura.

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Walaynni bab n ṛṛja ur sar kun yat Meqqar ak i as sul siggilen ayt-ma-s Imt ebbi ur fell-asen ɣafilen ! A ziɣedd, a (y) ixf inu, tteyagast, wa yyana, a zzin ! Is ka nniɣ ma(d) giɣ isiggil yan ! Aɣ ittaremn, ar siggiln ma s aɣ ikkat Ukan ar eṣṣaɣ ; iɣald, netta, is nemun Allah t a ebbi ! Ma iga ɣay-ad ɣ tasa nu ? Ma iga ɣay-ad ? A ṛṛja-f-Llah Gan ixsan aman, ebbi issen ma g-igi *** Aylalayla, waylalayla Cahdentt lmalayk ula asul-Llah Ur giɣ aainu ɣ lkiber ula nedrek as A glleb at d lxir a(d) d-ieṛ ɣ ufuss n ljwad ! Imma gar amud ur t izziwwiz imurig *** Ifeka ebbi zzin i kra macc iḥḍa Ar ittader i wallen ad t ur neeIxleqq ukan ebbi tammant Ixleqq as akccuula ifr Tanna iran igaa(d) ifek aqqayen

2- Lurma nnun, a lluz, 5

Lurma nnun, a lluz, luat s ujddig ! Ad awen ileḥ Ṛebbi arraw, ileaɣ iger ! I wa, ar k izzenza lmeskin, iseɣ(i) kwen ttajer Ukan ar k daɣ akkan iɛccaqen i wiyyaIda bismi nebda daɣ s ebbi, ar aɣ immal Iɣarasen lliɣ iga lxir ula laman Baba ula immi, eg at fell-a tiṭṭt nnun ! Ad ur neɣli s Lɣreb 6 ar t allam, ar allaɣ Man za isan lli d nettecala ɣ umawal ? Ma(ni) kkan isan lli d nettecala ɣ umawal ? Idda kra inɣuba, kra tiwit lmutt Lawliyya n temazirt, tilila tinnun !

5 Il existe deux versions de cette chansons. Celle -là c’est la première.

6 Lɣreb se dit de Casablanca et Rabat et leurs régions respectives.

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Ili at aɣ aɣrrabu nɣ 7 aɣ tefekam winun ! Ma f (i) kwen a udad askiwen ? Ma f ukan iada adrar ? Amr fell-a a(d) t ur asin *** Mad daɣ isallan inkwa? Atbir ur igi i ɣ ik-ad Atbir ur igi i ɣmek-ad

Ida bismi nebda daɣ s ebbi, ar aɣ immal

Iɣarasen lliɣ iga lxir ula laman

A baba ula immi, eg at fell-a tiṭṭt nnun !

Ad ur neɣli s Lɣreb, ar t allam, ar allaɣ !

Allah-ukbaaadan, man cceṛɛ illan Lliɣ a(r) teɣwmma tudayt aaula afuss ? Man za isan lli d nettecala ɣ umawal ? Ar idda kra inɣuba, kra tiwit lmutt A lawliyya n temazirt, tilila tinnun ! Ili at aɣ aɣrrabu nɣ aɣ tefekem winun !

Mad daɣ isallan inkwa? Atbir ur igi i ɣ ik-ad Atbir ur igi i ɣmek-ad *** Uhuy a wi ! Uhuy a wi ! Inkwa, inkwa, ma ɣ a(r) tekellam ? I ebbi ayt ul inu, ma ɣ a(r) tekellat ? Utt, a tayri, lɛtubat ad utteɣ f imwawen Ad d-iffaɣ bab lubb is aɣ akkw sul issen Uhuy a wi ! Uhuy a wi !

7 C’est la conjonction de choix, nɣedd.

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3- Lurma nnun, a lluz, 8

Lurma nnun a lluz, luat s ujddig ! Ad awen isleḥ Ṛebbi arraw, isleat aɣ ! Ar kwen izzenza lmeskin, isɣ(i) kwen ttajr Ukan ar k daɣ akkan iɛccaqen i wiyya

Mad daɣ isallan inkwa? Atbir ur igi i ɣ ik-ad Atbir ur igi i ɣmek-ad

Nekka tt inn hnnaɣ Neg ixf inu ɣ illi riɣ Lliɣ ur ta sseneɣ ajjig is g-isen tamment Ass lli nemi tamimt ad usiɣ aṭṭan Neɛum i ddunit, neg aɣrib, ar nesiggil Mad aɣ ittedawan nɣ aɣ kmmeln ad hnnaɣ 9

Mad daɣ isallan inkwa? Atbir ur igi i ɣ ik-ad Atbir ur igi i ɣmek-ad

If yyi ufuss i wayya, yan ur yyi isslkemn Mad riɣ lbur n tayri a(d) ten jaraɣ Nesmun asmammi d wawal, neɣer ak a Du-ljalal ! Ɣit aɣ nɣ tiwit rruinu s dar-un ! Ma mi teɛna tudert iɣ d-iqqan waṭṭan !

Mad daɣ isallan inkwa? Atbir ur igi i ɣ ik-ad Atbir ur igi i ɣmek-ad *** Uhuy a wi ! Uhuy a wi !

Inkwa, inkwa, ma(ni) ɣ a tekllam ? I ebbi a(y)t a ul inu, ma(ni) ɣ tekllat ? Lurma nnem, a tasa nu, ma(ni) ɣ tekllat ? Inna nu wa (y) inna, mad riɣ ad gwmmereɣ ?

8 C’est la deuxième version de la même chanson. Elle a été d’ailleurs interprétée à la première apparition d’Oudaden sur la télévision marocaine en 1984. Voici le lien si vous voulez l’écouter ou le regarder :

9 Les six deniers vers sont, à moins de me tromper, de rrays Lahsen Akhttab dans sa fameuse chanson :

ikunt is ɣ-id illa zzin maf yalla yan ?

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Ufiɣ-d iknwad ikesa jjenb n wayyaInna nu, wa (y) inna, mad riɣ ad gwmmereɣ !

Uhuy a wi ! Uhuy a wi !

Wa yyana, wa yyana ! Wa yyana, wa yyana !

Wa yyana, a lmutt, wa yyana ! Ul inu man za k ? Wa yyana ! Wa yyana, a zzin ! Ul inu man za k ? Asmun inu, man za k ? Wa yyana !

Wa udaden, ma s ukan tellim ɣ tama ijddigen ? Wa ameat ludud nnun, a(d) nn) ur teciem ! Allah ukba, ar immut lubb a (y) isafaren ! Tiṭṭt inu ka(d) yyi d-ittawin ayt umareg Mladd is ka lliɣ tama n ugllid a(d) neg lqqayd ! A sir a sslam inu, ra(d) k azeneɣ, lkem at aɣ ! Ɣ illi ɣ llan labab inu, willi d(a) ttenwwaseɣ

4-ebbi, eg at d yan iggig !

ebbi, eg at d yan iggig a(d) nejjawen aman ! Imma lsab, nessuggwa t nit is ur iffaɣ Amnzu iga amau, a (y) ifllaen, temim Lɣllat tin id bab nnes, tammara tinnun Issggwassen ay-ad nedum tizi ar yyi ttirit Ur jju eiɣ imndi ula kkan aɣ afuss Telkem luqqt lqqelm ad d-iffaɣ ar isawal Telkem luqqt amṭṭa a(d) g-is nessnwa tiram Lhemm a(d) igan imndi nnun, a lmsakin A bleimek-nna gan tammara yusi tt Imṭṭawen ur a(r) ssndamen a wanna yallan *** Iɣ ira utbir a(d) isu, izzga tawada nnes Iɣ iswa, izgu tifrawin, ifel-d amareg

Amnzu iga amaua (y) ifllaen, temim

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Lɣllat tin id bab nnes, tammara tinnun Issggwassen ay-ad nedum tizi ar yyi ttirit Ur jju eiɣ imndi ula kkan aɣ afuss Telkem luqqt lqqelm ad d-iffaɣ ar isawal Telkem luqqt amṭṭa a(d) g-is nessnwa tiram Lhemm a(d) igan imndi nnun, a lmsakin Bleimek-nna gan tammara yusi tt Imṭṭawen ur a(r) ssndamen a wanna yallan

Iɣ ira utbir a(d) isu, izzga tawada nnes Iɣ iswa, izgu tifrawin, ifel-d amareg *** Ihi, uhu Yak ajmil iga win lɣṛe? Nessen ma(d) teqqwadt, nessen lqqleb nnun is ikufYak ajmil iga win ttene? Nessen ma(d) teqqwadt, nessen lqqleb nnun is ikufYak atbir iga k inn lɣṛe? Nessen ma(d) teqqwadt, nessen lqqleb nnun is ikufLubb iga win ḍḍid, Nessen ma(d) teqqwadt, nessen lqqleb nnun is ikuf

5- Tibit !

Ekk at a sslam inu d ikallen s uɣaras ! Ar iɣ nn-telkemt w-ad a mi kwen riɣ A winu iɣ ak nn-uzenɣ tiṭṭt issan ukan Is ur illi mani aɣ isawal imi s-rek 10

A mani ɣ g-ik aṣṣenduq teea yat tusut ? Lliɣ a ur sul telggert ɣmek-lli kwen feleɣ Necca k, ad aɣ-k ig ebbi d llal ixelf awen t ! Necca k, a bu-uskwri ɣ ixfawen n talayin

A tamment, yan uaas kwentt ittarem yan Ar iɣ nn-yufa tamimt, icɣel kullu s ufuss

A tamment, hann tamimt ur tentt kullu tiwit Illa nit ma immimn ɣ tasa yuf(i) kwentt Alla-ɛawen a (y) aiur t nniɣ i tamment Ula nniɣ t i udi, naya ma mi tenniɣ

16

Lxir ur t igi udi ula kemmi, a tamment, A(d) t igan d iɣ mmeran ulawen d wiyya*** Ma(d) yyi terit ? Mad ak, a gwma, g-igi illan yak neba d-itun 11 ? Ma yyi terit ? Ma(d) terit lɛib ad d-iffaɣ yak neba d-itun ? Ma(d) yyi terit ? Waxxa giɣ tejit a nemun ur sul nemun Ma(d) yyi terit ? A (y) ayyur tillas-ad ur tentt g-ik myareɣ Ma(d) yyi terit ? Ur k acaɣ, ula salaɣ k, ula usiɣ ḍḍid Ma(d) yyi terit ? Ma terit lɛib ad d-iffaɣ yak neba d-itun ? Ma(d) yyi terit ? Nekki ur a(r) teacaɣ midden ula nuf wiyyaMa(d) yyi terit ? Ma terit lɛib ad d-iffaɣ yak neba d-itun ? Ma(d) yyi terit ?

6-Atbir umlil 12

Iga wadat ur ixale, igllin Ma yyi imelan is ijla utbir Iga wadat ur ixale, igllin Iga wadat ur imun d yan A(x) utt atbir, nɣ abib n yan A(d) t ukan laiqqan-d ad jlun

7 -Wa eqq ebbi !

Wa eqq ebbi ! Ullah ! Ar aɣ tiwit lɛaqqel inu rar yyi t id, a ma innan ! Inna nu wa inna, tanint, nega ɣik-ad Wa zund tazzwit lli f ieumdlu d ummi

11 On peut aussi dire d-iwen.

12 Cette chanson appartient a feu Lhajj Belâid. Elle est plus longue que la version qu’en représente El -Foua.

17

Ur as isrik 13 lli ɣ nn-tensa ɣar ajddig Ɣww-ad s ɣww-ad a(r) lliɣ tentt issumm yyi*** Wa eqq ebbi ! Ullah ! Ar aɣ tiwit lɛaqqel inu, rar yyi t id a ma innan ! Inna nu wa inna, tanint, nega ɣik-ad Nega zund lbaz abukaUr a(r) sul nekkat amya, ijla (a) aɣ lreb Ad awen neɣer a lacyax n tammat (n) Ayt Sidi Ɛiyyad Ad yyi ur tili teɣawsa nu dar lmkuh Ad yyi inn-tili dar ubib nawi tt id

Wa eqq ebbi, ullah, Ar aɣ tiwit lɛaqqel inu, rar yyi t id, a ma innan ! Inna nu wa inna, tanint, nega ɣik-ad Wa zund inbgi nna iun dar umluIg it ɣ lbit ur iskir nnil i iggig Asin ten waman, ismun akrram d la

Wa eqq ebbi, ullah, Ar aɣ tiwit lɛaqqel inu, rar yyi t id, a ma innan !

Wa eqq ebbi, ullah, Inna nu wa (y) inna, tanint, nega ɣik-ad, a ma innan ! Wa eqq ebbi, ullah, Zund tazzwit lli f ieumdlu d ummi, a ma innan ! Wa eqq ebbi, ullah, Ur as isrik lli ɣ nn-tensa ɣar ajddig, a ma innan ! Wa eqq ebbi, ullah, Ɣww-ad s ɣww-ad a(r) lliɣ tt inn issumm yyiWa eqq ebbi, ullah, Inna nu wa (y) inna, giɣ zund lbaz akuka, a ma innan ! Wa eqq ebbi, ullah, Ur a(r) sul nekkat amya, ijla (a) aɣ lreb, a ma innan ! Wa eqq ebbi, ullah, Ad awen neɣer a lacyax n tammat (n) Ayt Sidi Ɛiyyad Wa eqq ebbi, ullah, Ad yyi ur tili teɣawsa nu dar lmkuh

13 On peut sussi dire ‘’isrig’’ avec un ‘’g’’.

18

Wa eqq ebbi, ullah, Ad yyi inn-tili dar ubib nawi tt id Wa eqq ebbi, ullah, Inna nu wa (y) inna, tanint, nega zund lbaz abukaWa eqq ebbi, ullah, Ur a(r) sul nekkat amya, ijla (a) aɣ lreb *** Ifeka ebbi zzin i kra, macc iḥḍa Ar ittader i iwallen a(d) t ur neeIxleqq ukan ebbi tammant Ixleqq as akccuula ifer Wa ta-nna iran igaa(d) ifek aqqayen Wa xt-anna iran igaa(d) ifek aqqayen

8- Ayyis, ur t ibba bu-tejmmelt n walim

Ih, aha lay lala Ayyis ur t ibba bu-tejmmelt n walim Ira lɛluf-ad iggutn, ira ticikert I ebbi a lbaz immuddan, is a gwma temyart ? Is iffaɣ umareg n dar-un tasa nnek ? Ad iniɣ mit za hati ur yyi xaṣṣant A walaynni amareg n dar-neɣ yaɣ a(n)ɣ I ebbi a lbaz immuddan, is a gwma temyart ?

A yyana, wa yyana Wa yyana, wa yyana

9- Assggwass ula sin

Ini d-uckiɣ ad addereɣ ma fell-aɣ ikkan Assggwass ula sin ur kafan i wawal Ilazzem, a litcin, iɣ k id-neea a(d) k id-nekkis Walaynni nekuid bab ljnanat Kkiɣ tt inn giɣ lbaz, laɛyun aɣ kellaɣ Ig ubib aiyyad, yasi lbaud Yutt a(n)ɣ ɣ iggi ul, ifel aɣ nettyagas Taggart n gar idammen a(d) s-tt yan ay-ad Yara tt ɣ lkaɣḍ n ljdid, ibu tt akkw i ussan

19

Ass nna tt itajja ar tt immala i ul Issggwassen a ccarij a(r) awen ukan nettesutul Ar ukan g-ik netteju yat tissin n waman Imlek aɣ k umsad-ann alili iḥṛṛan Iɣ izzef uruku a(d) t id teacat Meqqar g-is ṣṣid ur ili i yat Lmayda, lmkebbwl ka s a(r) tefuxurt

Is d a titbirin ɣ-id aɣ a(r) tekellamt ? Ira yyi lɛaqqel ad dar-unt myureɣ

A mad d-issmun ebbi d isan ɣ lmelɛb ! Illa ma(d) ilan ssrej nnes ifulki s-rsen Illa ma f ka tewwuremt a tarigt

A wa talluzin iɣ ukan tenwamt !

Ad d-isahl ebbi ɣ ijmmalen nnuntt !

Iɣ ukan dusentt tuggwas n tarigt

Idus umnay, ur iyyi hmman inuwwacen Taffa n gar amud meqqar tattuyt Mani ɣ yufa igigil lɛcunnes ? Tanufi n gar amud meqqar ɛammeentt Mani ɣ yufa igigil a(d) isu, yagwem ? *** Ini d-uckiɣ ad addereɣ ma fell-aɣ ikkan Assggwass ula sin ur kafan i wawal Nekka tt inn giɣ lbaz, laɛyun aɣ kellaɣ Aḥḥ, ig ubib aiyyad, yasi lbaud Yutt a(n)ɣ ɣ iggi ul, ifel aɣ nettyagas Nawi-d ajuṛṛu n idammen ar iýaif Issggwassen a ccarij a(r) awen ukan nettesutul Ar ukan g-ik netteju yat tissi waman Imlek aɣ k umsad, analil iḥṛṛan Taggart n gar idammen a(d) stt yan ay-ad

Yara tt ɣ lkaɣḍ n ljdid ibu tt akkw i ussan Ass nna tt itajja ar tt immala i ul

Is d a titbirin ɣ-id aɣ a(r) tekellamt ? Ira yyi lɛaqqel ad dar-unt myureɣ

20

A mad d-issmun ebbi d isan ɣ lmelɛb ! Illa ma(d) ilan ssrej nnes ifulki s-ersen Illa ma f ka tewwuṛḍt, netta, a tarigt A mar igan lbaz a taskkurt ! Ad d ukan akwin ɣ ignwan, asin kem Ad d-issum adif ɣ nger tixsatin Ifel laryac i tagut ar tentt ttawi Ad d ukan akwin ɣ ignwan, asin kem Taffa n gar amud meqqar tattuyt Mani ɣ yufa igigil lɛcunnes ! A wa talluzin iɣ ukan tenwamtt Ad d-isahl ebbi ɣ ijmmalen nnunt !

10-Man za k a walli innan ?

Man za k a walli innan tayri ur a(r) ttehwwal ? Ad ak tili ɣ ifrawen (n) tammurɣi tagwi akal 14 Allah a winwi ! Man za k a winwi ? Ma za k a winwi ? Allah a winwi !

Wa fiss, a winu, ad ur tallat ! Wi iɣ a(r) tallat, ur k umneɣ Iffaɣ-d ujddig, ar yalla Iku, igllin, tawdiwin

Alaylala, Wa atbir, lbaz itteres fell-awen, ira kwen uiyyad Aḥḥ a (y) atbir, lbaz itteres fell-awen, ira kwen uiyyad Inesa nit ɣ ummi, iɛssis fell-awen, ira kwen uiyyad Sul ur iei mad t yiwin(??), is ka yiwez, ira kwen uiyyad

11-Asɣar n lmabba 15

Ayt-ma d istt-ma, Sslam fell-awen igan win lmabba d inkwa

14 Ces deux vers sont de Hemmou Outtalb. 15 Il s’agit d’un texte et non pas d’une chanson lue avant la chanson d’Atbir igan awral

21

Inkwamẓẓiyinin lli f a(r) ittebbu lnna iuan Sslam fell-awen n tamment d udi d watay Tiyyni d lyaqqut d ljuhr d ujddig d lmsek Sslam fell-awen a(d) ig usɣar nnes win lmabba, Hayy-aɣ nucka-d ar dar-un !

12- A (y) atbir igan aẓṛwal

Wanna iran, a zzin, a(d) kwen gin lijab Iqqan-d ad bern i lma wala ammiWanna iran, a zzin, a(d) kwen gin lijab Iqqan-d ad bern i lma wala ammi16

A (y) atbir igan aẓṛwal, hann lbaz !

Itteres fell-atun a(d) k neɣin, laazmez Lurma nnun ! Aaad awen ur izreb ! Ad d-ik ur immiqquir kra ɣ gar azmez

Iɣ awen ibbi rric nɣ iaṛṛen ifel k id

Iqqan-d a(d) kullu taɣ tegui kra n lbab

Wi-lli k yad ssennin ar yaen lqqulub Iggwiz g-isen waṭṭan, igllinen, d imurig A (y) atbir mla ka tellam ɣ lijab ! Imma imudal ula talatin, hann immnnɛi !

Iɣ nn g-isen tellit ur rad ak lalbaz

Ijuɛ, murran, ar ittelli ɣar ma ɣ iffred Nealeb i ebbi a(d) ten ismmaqqar d ulgmaA(d) t iqqes, ifel t id i waṭṭan, a(r) t izziwiz

Imma atbir ur asen riɣ a(d) immet a(d) yafuUr ɛdil bla a(d) ten nettemnad iɣ daɣ ifred Afulki n utbir iɣ ibidd ar k ittemnad Iɣ nn g-ik iluasmmaqqel nnes ar iḥḥreg Usiɣ d lqquras inu ɣ ufuss d lbaud Asiɣ yat jjwijja n lmli, negger i ubrid Nettabɛa laert, ar nettulluy s inkwa

A hak yan utbir-ann igan umlil ifred !

A hak yan utbir-ann igan umlil ifred !

Asiɣ-d lqquras, iriɣ a(d) t utteɣ a(d) ten nereg

16 Ces quatre vers se trouvent dans la version originelle de feu Said Achtouk.

22

A ɣar yull g-igi tiwallin, ijlu yi ḍḍerb

Iesslas wakal, lɛaqqel jlan, iɣab

Iesslas wakal, lɛaqqel jlan, iɣab

Ur akkw sul sfawaɣ aɣaras a(d) ten zzigiz ***

A (y) atbir igan aẓṛwal, hann lbaz !

Itteres fell-atun a(d) k neɣin, laazmez Lurma nnu ! Aaad awen ur izreb ! Ad d-ik ur immiqqir kra ɣ gar azmez

Iɣ awen ibbi rric nɣ iaṛṛen, ifel k id

Iqqan-d a kullu taɣ tegui kra (n) lbab Wi-lli k yad ssennin ar yaen lqqulub

Iggwiz g-isen waṭṭan, igllinen, d imurig A (y) atbir mla ka tellam ɣ lijab ! Imma imudal ula talatin, hann immnnɛi !

Iɣ nn g-isen tellit ur rad ak lalbaz

Ijuɛ murran ar ittelli ɣar ma ɣ iffred Nealeb i ebbi a(d) ten ismmaqar d ulgmaA(d) t iqqes, ifel t id i waṭṭan, a(r) t izziwiz Imma atbir ur asn riɣ a(d) immet, a(d) yafu

Ur ɛdil bla a(d) ten nettemnad iɣ daɣ ifred Afulki n utbir iɣ ibidd ar k ittemnad Iɣ nn g-ik iluasmmaqqel nnes ar iḥḥreg Usiɣ d lqquras inu ɣ ufuss d lbaud Asiɣ yat jjwijja n lmli, negger i ubrid Nettabɛa laert, ar nettulluy s inkwaA hak yan utbir-ann igan umlil ifred !

13-Ga(n) iɣarasen mennaw

Inna nu wa (y) inna, ga(n) iɣarasen mennaw, Wa ɛɛad a wa

Ig yyi ils lkafer, gen iwaliwen tillas,

Wa ɛaad a wa *** Inna nu wa (y) inna, ga(n) iɣarasen mennaw,

Wa ɛɛad a wa

23

Ig yyi ils lkafer, gen iwaliwen tillas, Wa ɛɛad a wa Walaynni inna daɣ wawal i wayya, Wa ɛɛad a wa Iɣ iga kra allab illa ma(d) s-is iqqeln, Wa ɛɛad a awa Iɣ kra akccu, lɛafit terat ukan, Wa ɛɛad a wa Iɣ i kra ajddig, isker ma ss-res issen, Wa ɛɛad a wa Iɣ kra uggug, neg fell-as lmutu, Wa ɛɛad a wa Iɣ akkw iga ajddig, ur fell-as yat, Wa ɛɛad a wa ebbi ka igan ljid, netta a(d) yakkan lxir, Wa ɛɛad a wa Iɣ iga kra allab, illa ma ss-res iqqeln, Wa ɛɛad a wa Iɣ iga kra asafar, iggut ma ss-res illan, Wa ɛɛad a wa Iɣ akkw iga ajddig, ur fell-as yat, Wa ɛɛad a wa

14- Ameat yyi !

Ameat yyi ad ur ḍḍeeɣ ! Ameat yyi a wa ! Giɣ daɣ ɣ ik -lli bedda Ifeka ebbi a (y) anas id w-ad ɣ waruc (??) Ur dar-i mad akkaɣ Is rad daɣ fttuɣ Is rad akkw fttuɣ

15- Mmwi lalla

Mad a wa g-igi tennit ? A Mummad n ɛmt-i Tiddi nu zund aɣanim Azzar irrut ar akal

24

Allen inu zund lkisan Imi nu zund ṛṛubuɛ Afuss, aferdi n watay Aa, lqqalb n sswkkaYa mmwi lalla !

Wa mmwi lalla !

Iɣ d ur iqqan bu-lfyaṭṭ 17 Nɣ bu-lfrizi ar akal Ma(d) t riɣ ula ad d-is nemun ! Yuf t ya(n) lbrrad n watay Ya mmwi lalla !

Wa mmwi lalla !

A yyih a (y) illi nna Is d(i)-tiwit lnna ? Is teɣwmit afuss nna ? Is teɣwmit aanna ? Ar ixf n ṣṣimana Ad am d-awiɣ lmagana A(d) ur ttut ɣay-lli s nenna Ya mmwi lalla !

Wa mmwi lalla

Wahli, wahli Iriɣ a(d) nemun, uhu Wahli, wahli Iriɣ a(d) nemun, uhu Wahli, wahli Lxir, if at id ebbi Wahli, wahli Ad dduɣ, ineɣa aɣ, uhu

16-Lɛfu, a yyana !

17 Il s’agit de la fameuse marque automobile italienne Fiat.

25

Lɛafu

Wa lɛfu

A yyana

Ya Mulana

A yyana

A Sidi, Sidi

A yyana

Ur riɣ layat Ur riɣ lmamat

A yyana

Ur riɣ a(d) neddu Ajj yyi ɣik-ad Ur riɣ ljawab

A yyana

A Sidi, Sidi

A nder, a tasa nneɣ !

Ma s tennit a winu ? Bilal, Sidi Hak lamanafiɛ ! Urri-d a tasa ! Urri-d a winnaɣ ! Ma s inna Sidi ? Ma s inna baba ? Wa riɣ a(d) neddu

A Sidi, Sidi

Ur rriɣ lwadaɛ A(d) t ini ku-yan

17-Bennaqen tayri, bennaqen ssiɛr 18

Iggut am nit ujjig a tammant Walaynni labudd ma(d) am iṭṭan Iɣ ukan, iɣ ukan Iɣ ukan giɣ ifrig i turtit inu Ur akkw nesad igaiɣ a(r) ttemurruyen Anwwac gan ifrig, ukwleɣ fell-asen

18 Il s’agit ici de la version originelle, car j’ai remarqué qu’Abdellah El-foua, comme tout rrays qui se respecte, modifie systématiquement les paroles de ses chansons. Il se peut donc que vous ayez une autre version complètement remaniée.

26

A(d) t ukan naer, nezri dar usmun inu Asi ssiɛr, a (y) abib, iɣ ur aireɣ ! Imma iɣ neaer, nezza nit fell-awen Inna nu wa (y) inna, zbuben laryac inu Bennaqen tayri, bennaqen ssiɛr *** Ɛla xir Ajj a wa ɛla xir ! Ajj ɛla xir a(d) yili gra-t-neɣ ! Ɛla xir

A(d) necc udi (n) ljdid, necc tamment ! Ɛla xir Ullah am k ini yyi tehul temkilt ! Ɛla xir Is ka nniɣ medden ran tassast Ɛla xir Ail umlil ie-d ar xemsint 19

Ɛla xir Ajj a wa ɛla xir ! Ajj ɛla xir a(d) yili gra-t-neɣ ! Ɛla xir

A(d) necc udi (n) ljdid, necc tamment ! Ɛla xir Ma(d) tugwelt d ujjig a tammant ! Ɛla xir Walaynni labudd ma(d) am iṭṭan Ɛla xir Iɣ ukan giɣ ifrig i turtit inu Ɛla xir Ur nesad igaiɣ a(r) temurruyn Ɛla xir Anwwac gan ifrig, ukwleɣ fell-asen Ɛla xir A(d) t ukan naer, nezri-d dar usmun inu Ɛla xir

19 Il ajoute dans une autre version ceci : imma asggan nujja t i lìair

27

Asi ssiɛr a (y) abib iɣ ur aireɣ ! Ɛla xir Imma iɣ neaer, nezza nit fell-awen Ɛla xir

Ajj a wa ɛla xir ! Ajj ɛla xir a(d) yili gra-t-neɣ ! Ɛla xir

A(d) necc udi (n) ljdid, necc tamment ! Ɛla xir Ullah am k ini yyi tehul temkilt ! Ɛla xir Is ka nniɣ midden ran tassast Ɛla xir Ur akkw nesad igaiɣ a(r) temurruyn Ɛla xir Anwwac gan ifrig, ukwleɣ fell-asen Ɛla xir A(d) t ukan naer, nezri dar ismun inu Ɛla xir Ɛla xir Imma ail umlil ie-d ar xemsint Ɛla xir

Bennaqen tayri, bennaqen ssiɛr Bennaqen tayri, bennaqen ssiɛr

18- Ur nessugwir amya

Iɣ teea tiṭṭt inu, tirit a ul inu, lurma a tasa nu ! Lubb, a (y) iei nu, ur igi kra tufit a wa Iɣ teea tiṭṭt inu, tirit a ul inu, lurma a tasa nu ! Lubb, a ul inu, ur igi kra tufit a wa A tasa, ur am nessugwir amya ! Tasa nu, ur am nessugwir amya A tuẓẓumt n lber as nnan Illa g-is usafar s idda ṛṛja Amaun, igllin, icaryyi ten

28

Nemcawwad lqqai nnan aɣ d :

« Ṛṛja nnun ɣ Ṛebbi, ṣṣlah d liman nnek Tealeb as lbab nnes ad ak irxu Ad d-ihaj lber ad d-ilu! A(d) tasit s ufuss a(d) ur temḥḥant A(d) ur temḥḥant, a(d) ur temḥḥant ! »

Iɣ teea tiṭṭt inu, tirit a ul inu, lurma a tasa Lubb, a (y) iei nu, ur igi kra tufit a wa *** A tasa, ur am nessugwir amya Tasa nu, ur am nessugwir amya A tuẓẓumt n lber as nnan Illa g-is usafar s idda ṛṛja Amaun, igllin, icaryyi ten Nemcawwad lqqai nnan aɣ d

« Ṛṛja nnun ɣ Ṛebbi, ṣṣlah d liman nnek Tealeb as lbab nnes ad ak irxu Ad d-ihaj lber ad d-ilu! A(d) tasit s ufuss a(d) ur temḥḥant ! »

19- Ssaɛd n kra mani kkan ?

Ah yayyay… A(d) ka eeɣ ajjig umlil, nekwti-d lluz Nekwti-d lluz, aḥḥ a yan t irragn ! Lluz isslin iɣ t iga yan ɣ imi nnes, Ur g-is lɛib iɣ yuder i tixwsin nnes Inkwaa(d) igan ssibba nnun, a (y) imṭṭawen, Iɣ ṛẓemeɣ i iei, ggammiɣ a(d) ten rareɣ Sidi ebbi, ssaɛd n kra, mani kkan ? Asmun ur ten rin, ihul, ar ukan allan Iggwiz asen urrig f iggi ul, ar ittamum Iga zund iɣ yad ilkem ɣ lɛmmexemsin-ɛam Ayyis immut lqqleb nnek ula tasa nnun Ssiɛr ifta, irwel g-ik, tusit tadallit Teqqbelt alays ɣ iggi nnek, telum ssrej nnun Issudu kwen umlmad, ar k isiki iuran Ayliyyayli, a tasa ur temit

29

Ayyayyay, a tasa ur temimt Amṭṭa d usmmami f walli ttejumt *** Sidi ebbi, ssaɛd n kra mani kkan ? Ar ukan allan Iggwiz asen urrig f iggi ul, ar ittamum, Ar ukan allan Asmun ur ten rin, ihul, ar ukan allan, Ar ukan allan Iga zund iɣ yad ilkem ɣ lɛmmexemsi-ɛam, Ar ukan allan Ayyis immut lqqleb nnek ula tasa nnun, Ar ukan allan

Ar ukan allan Ar ukan allan…

Ayyis immut lqqleb nnek ula tasa nnun, Ad kkw ur tallat ! Ssiɛr ifta, irwel g-ik, tusit tadallit, Ad akkw ur tallat ! Teqqbelt alays ɣ iggi nnek, telum ssrej nnun, Ad akkw ur tallat ! Issudu kwen umlmad, ar k isiki iuran, Ad akkw ur tallat !

Ad akkw ur tallat ! Ar ukan allan

Ayliyyayli, a tasa ur temit Amṭṭa d usmmami f walli ttejumt

Ayyayay Ma(d) kem a ta yaɣn ? Wawwaw Ma(d) ss-rem iga lal ? Ayyayay Is d anṣḥab nnem Wawwaw A(d) iddan ifel kem id ?

30

Ayyayay Izzri ddunit Wawwaw Ɣik-ann a(d) aɣ ijan Ayyayay Neftu (??) Wawwaw Ad akkw ur tallamt ! Ayyayay Ma(d) kem a ta yaɣn ? Wawwaw Ma(d) ss-rem iga lal ? Ayyayay Ma k a gwma yaɣn ? Wawwaw Ma(d) kem a ta yaɣn ? Ayyayay

20-Yan daɣ iran ajdaɛ

Yan daɣ iran ajdaɛ a(d) t iseɣ A(d) g-is ur ili zzreb, ixṣṣa a(d) t ixyyer Arraw n ṣṣwab d ttebit, ielal ! *** Iɣ rad kwen fin gar Ma igan is tera tasa a(d) neɣumu ? Is tera tasa A(d) neɣumu ?

Ur nit ssinn Lqqleb is g-is illa win tamunt Is g-is illa Win tamunt

Iɣ temmeram, Luafuss nnek f yan k iran ! Afuss nnek F yan k iran

31

Ma(d) k za yujjan A(d) t luafuss nnek f yan k iran ? Afuss nnek F yan k iran ?

Walli aɣ iran Iwin, igllin, ɣar aṭṭan Igllin Ɣar aṭṭan

Maxx ma(d) ijan ? Iskwfet wawal lli (a)s d-nnan Awal Lli (a)s d-nnan

Ineza ccbab Iwin t bu-lmal meqqar gguran Bu-lmal Meqqar gguran

Iɣ rad kwen fin i gar Ma igan is tera tasa a(d) neɣumu ? Is tera tasa A(d) neɣumu

21-Ar talla tiṭṭt amṭṭa

Wad ak akkw ur inna kra illa dar-s lmal, ra(d) ismed lɣṛe

Wad ak akkw ur inna kra illa dar-s ufuss ; ah, ar illa uaṛ Ɣres amtt yyi a tuzzalt inu, nɣ yyi tuttemtt ! Nekki a(d) kwentt issimsidn, sker aɣ awentt afuss ebbi, zayd yyi ṣṣber iggutn, iggutn, iggutn ; a(d) sul ur allaɣ ! A(d) sul nasi lhemm, lhemm, lhemm ; ura ssielen aɣ ! Maxx ma(d) tufit, a winu, lliɣ k akkw ur hmmiɣ ? Kullu ma teccit, immim ak, ur g-igun ɣamaɣ ***

Alayalali

alayalali, dalalali

Alayalali

alayalali, dalalali

32

Ar talla tiṭṭt amṭṭa f utbir ar-d itteres Yagwi walli t ibban ad gin aýanneɣ

Ar talla tiṭṭt amṭṭa f utbir ar-d itteres Yagwi walli t ibban ad gin aýanneɣ Maxx ma(d) tufit, a winu, lliɣ k akkw ur hmmiɣ ? Ibla aɣ Ṛebbi s-retun 20 , lɛadab ad eṛṛaɣ Ur neear a(d) g-iwen bereɣ a(d) k need wiyyaIbla aɣ Ṛebbi sretun, lɛadab ad eṛṛaɣ Yat tegui ka(d) yyi gan tasa nu d waman Lliɣ d lɛahd n ebbi tefekit t, ur g-isen teɣamat

Alayalali

alayalali,

dalalali

Alayalali

alayalali,

dalalali

Ur neear a(d) g-igun 21 bereɣ a(d) k need wiyyaIbla aɣ Ṛebbi sretun, lɛadab ad eṛṛaɣ Yat tegui ka(d) yyi gan tasa nu d waman Lliɣ d lɛahd n ebbi tefkit t, ur g-isen teɣamat

Alayalali

alayalali

dalalali

Alayalali

alayalali

dalalali

22- Tasa nu, fiss !

Tasa nu, fiss, (d) ur imil isker daɣ Ṛebbi ttawil Walli k iran ur k ufin ; walli tufit ur k ufin Walli igan tasa f tergin, nniɣ as lurm(a) manik a(d) giɣ Skeren zund iɣ yyi ur sllan, izayd i takat ur nnan in-ann nega ɛla-xir, hann nugwel tt inn ar taqqayt !

Tasa nu, fiss, a(d) ur imil isker daɣ Ṛebbi ttawil Walli k iran ur k ufin ; walli tufit ur k ufin Ðṛṛeft a lubb nemi t, neggammi a(d) d-nall afuss (??) Tasa nu, fiss, a(d) ur imil isker daɣ Ṛebbi ttawil

20 On peut aussi dire s-itun.

21 On peut aussi dire g-iwen.

33

23- Winu, bedd a ss-rek saweleɣ !

A la la wa lay llali wa lay lla li Winu, bedd a ss-rek saweleɣ, ini tella nniyt Iɣ ur telli, rad lkemeɣ tawwuri nu, telkemt tinek Unniɣ k inn, a zzin, ur k nessin ula tessent aɣ

Unniɣ k inn, a zzin, ur k nessin ula tessent aɣ Lliɣ maqqarentt wallen, ssellaɣ-nn i ttaqq Zun(d) iɣ irea jjaj, a(d) yyi iɛfu ebbi tasa nu tuen !

Zund iɣ irea jjaj, a(d) yyi iɛfu ebbi tasa nu tuen ! In at yyi d a(d) iɛfu ebbi tasa nu tuen ! Nniɣ ma tufa ddunit lliɣ a(r) tessakway Wanna ma iefa lqqleb nnes, yak ur iga i tekrrayt ?

Wanna ma iefa lqqleb nnes, hann ur iga i tekrrayt ! Ur imkin i yan icwan a(d) ttun lxir nnes Yan igan arraw n lxir ur ar ttenakaen ; Yan igan arraw n lxir ur ar ttenakaen ;

A yyih wa yyih, a yyih wa yyih Ad ukan eeɣ lfista nettat d lk avat Nniɣ ilmma had argaz nufa t Ur ikkes aɣjjaj, ur ikkes lxuf A nniɣ ma yufa ujdaɛ lliɣ iqqenIcca nit lluz isslin ula tamment Ur ikkes aɣjjaj, ur ikkes lxuf Ad daɣ neber ɣ lubb ur nufi walli riɣ Ad daɣ neber bezziz ur dar-i mad akkaɣ

24-Ma f yyi tefelt ?

Amddakwel inu f ebbi, sslam inu fell-ak Nera tabrat inu ad yyi telkem, nefreas Nekki nniyt ur tebudleɣ, ta-lli ka illan Lubb aqqdim iɣ idda ar-d ak iffuɣ afuss Ur idrek yan i ḍḍid nnes a(d) ten sul asin Medden kullu ten regen ɣ tasa, walakin

34

Illa ma(d) ibern i tergit, illa ma yallan Iwa bu-lhawa, netta, iga ɣ willi yallanin Iwin as d akkw medden laxba, ur issentel yat Wa hann kra, aggas nnek yiwi ar lmutt ! Gin aɣ aýai ul, ar itteɛddab rru*** Ma f yyi teflet ? Yak, keyyi a(d) innan a wa? Ur g-ik bereɣ ; ul inu, keyyi, ka iran

Manik ar ad skereɣ i lɣṛeira yyi kabab ? Gan win udad meqqar a(r) ten ttemnid Ur neṭṭaf ṛṛsas, ur dar-neɣ illi wafud Nekrez lnna, ṛṛian d lɣwnbaz Ibadel yyi tafi, gen yyi ɣar afṛẓiCcahwa, a(d) ur tallat, iwda kem ɣ inkwaA tasa nu, a(d) ur tallat, iwda kem ɣ imurig Lbaqq, a(d) ur tallat, innil ak lɣwnbaz

Ma f yyi teflet ? Yak, keyyi a(d) innan a wa? Ur g-ik bereɣ ; ul inu, keyyi, ka iran

Inna nu wa (y) inna, tanint, nega ɣik-ad Uccen-ad n tagant ur iri ya(n) ubib Inna ɣ ka izri ɣar s ua, awin lɛib! Nekrez lnna, ṛṛian d lɣwnbaz Ibadel yyi tafi, gen yyi ɣar afṛẓiCcahwa, a(d) ur tallat, iwda kem ɣ inkwa! A tasa nu, a(d) ur tallat, iwda kem ɣ imurig ! Lbaqq, a(d) ur tallat, innil ak lɣwnbaz !

Ma f yyi teflet ? Yak, keyyi a(d) innan a wa? Ur g-ik bereɣ ; ul inu, keyyi ka iran

25-Tayri, yan g-im ittamen

Aha, aywa Aha, aywa Tayri, tayri, yan g-im ittamen, asif a(d) t iwin, iga bedda wadut Iga wadut

35

Aha, aywa Lubb, lubb, yan ɣ illa ra(d) t izziwiz iɣ t ifel walli ɣ umenn, iɣder t Umenn, iɣder t Aha, aywa Lhemm, lhemm, yan ɣ illa ra(d) t izziwiz iɣ t ifel walli ɣ umen, iɣder t Umen, iɣder t Aha, aywa Tayri, tayri, yan g-im ittamen, asif a(d) t iwin, iga bedda wadut Iga wadut Aha, aywa Lubb, lubb zund lmutt, mlad is illa usafar a(d) s-is nedawa ɣ tasa, wa laxbagguten ! ur d im Gguten, ur d imikk Aha, aywa

Gguten, ur d imikk, zzin, zzin, zund ifis, ar ittawi yan d imun, ijlu t, ittu t, ur d-urrin Ttu t, ur d-urrin Aha, aywa Ttut ur d-urrin, zzin, zzin, zund ifis, ar ittawi yan d imun, ijlu t, ttu t, ur d-urrin Ttu t, ur d-urrin Aha, aywa Ttu t, ur d-urrin, lxir, lxir, yan t ikkrezn ra(d) t afin, ur g-is lɛib iɣ iwin ajmil Iwin ajmil Aha, aywa Iwin ajmil, lxir, lxir, yan t ikkrezn ra(d) t afin, ur g-is lɛib iɣ iwin ajmil Iwin ajmil Aha, aywa

Iwin ajmil

Aha, aywa

26-Addij a wa !

Lila lalla dala aylalli, lila lalla dala aylalli Ara ma sul tesiggilt iɣ ak inna yan ! Nega winnek ɣ ik -lli iga uduku win uaIkut, a (y) ignwan, iɣ nn-iwi wau yan Is ra(d) a(d) ig inbgi dar wayyur a(d) t iuLqqleb inu aɣ nn-ufiɣ laman is immut

36

Ur isul ma mi taddert awal nnek ifis Mek-nna s ufan ad as zaydn kra n imikk Iɣ k id-izri lɣṛea(d) k sul ur ittamen yan Belaqq, hann ɣik-ad, nekkin, is aɣ ile! Nega bu-nniyt, neubbu walli tt ur issin Ar yyi tt iskar benadem s wawal innan Ad ukan eeɣ benadem iɣ ad d s-i essan Nniɣ iubba aɣ, ira aɣ lxir Ukan ar as d-addereɣ kullu mani kkiɣ Aḥḥ a tawda n benadem nekki kad s tt issinn ! Tesker aɣ icerrigen ɣ tasa wala ul *** A mu d-uckiɣ, a mu d-utteɣ ukan aɣaras, addij a wa ! Ad d-nezayd lmaabba f ta-lli yad illan, addij a wa !

Ad d-nezayd lmaabba f ta-lli yad illan, addij a wa ! Ara ma sul tesiggilt iɣ ak inna yan, addij a wa ! Nega winnek ɣ ik -lli iga uduku win ua, addij a wa ! Ikut, a (y) ignwan, iɣ nn-iwi wau yan, a yyih a wa ! Is ra(d) a(d) ig inbgi dar wayyur a(d) t iu, a yyih a wa !

Ad d-nezayd lmaabba f ta-lli yad illan, a yyih a wa ! Ara ma sul tesiggilt iɣ ak inna yan, addij a wa ! Nega winnek ɣ ik -lli iga uduku win ua, addij a wa ! I ebba, a flan, a (y) aainu is sul necrek, addij a wa ! Zur at idammen d ixsan a(d) yyi awin, addij a wa ! Ar iggi lɛin n Wijjan, tinim i Mammas, addij a wa ! A Mammas, dar lqqai is riɣ a(d) yyi d-ttaram, a yyih a wa ! Imikk n lrez, a(d) izzri f ixsan inu temman, a yyih a wa !

Lail d lmufid, a(d) isllek yan ukan, addij a a wa ! Ad aɣ iser ebbi gan ma(d) ittini yan ! Addij a wa ! Wanna iser ebbi zund iɣ t ur ixaṣṣa yat, a yyih a wa !

Ad d-nezayd lmaabba f ta-lli yad illan, addij a wa ! Ikut, a (y) ignwan, iɣ nn-iwi wau yan, a yyih a wa ! Is ra a(d) ig inbgi dar wayyur a(d) t iu, a yyih a wa ! *** A walli f kullu naddum, ma f nega ɣ ik -ad ? Ur ann-izray lubb nnes ayyur ikmmeln

37

Inna yyi, a gwma, ubib a(d) ak meleɣ asafar nnek

A tamment ka ɣ nn-illa iɣ tentt tufit

Fetiɣ, a flan, s tagant, kkeɣ-nn imalass Ufiɣ agwlif ɣ tagant illa ɣ usulil

A kullu iýaifen bbin fell-as aɣaras

Aḥḥ, uttaɣ tammara, ggaleɣ ar t id-awiɣ

Imalass a(d) neqqaz, nesker s-res aɣaras

A ɣar iea t umsad ar as ittesutul

Izri-d uɛwwam ɣ tergwa, iwin isleman nnes Iddu lɣwcim, netta, ibṛṛemen asen d ifalan Iftu lɣwcim, netta, ibṛṛemen asen d ifalan Iqqenɛa ɣar iɣ t id-yutt rrin waman

Ur a(r) nn-izeray lubb nnes ayyur ikmmeln Ur a(r) nn-izeray lubb nnes ayyur ikmmeln

27-Aḥḥ a tayri zund iziker !

Aḥḥ a tayri zund iziker, a wanna krefentt ! Ur illi kra ubib a(d) t yaf a(d) ten fukkun

Madan-d ijddigen ɣ ufella n ṣṣur Iada ten inn lwur, ikkes asen kullu llun

Wa Tansifst ula Mmu-rbiɛ, mani kkan waman ? I lliɣ izwa lber da sɣuyyun isleman Wa mani s tiwi tergwa isleman n wasif ? Wa mani terit a jjneb ur ta akkw nemcawa? Wa mani s tecuwwetewunza 22 ula mmu ucakuk ? Inna yaggugn f yan a(d) t ur ittemnad *** Ar d-ittawin i tasa ma f teḥḥreg Ar d-ittawin i tasa ma f teḥḥreg Ar d-ittawin I tasa ma f teḥḥreg

Menckk a(d) tekka tamment (n) luṛṛ i faruz ? Id bu-taddarin ɛlefen kullu anfrad

22 Dans une autre version de cette même chanson, El-Foua emploie plutôt le mot tanggift.

38

Id bu-taddarin ɛlefen kullu anfrad Id bu-taddarin Ɛlefen kullu anfrad

Mmaɣen ifassen f talxatemt ula ddeblij Ira tentt ufasi, iri tentt ulmaIra tentt ufasi, iri tentt ulmaIra tentt ufasi Iri tentt umla

28-ebbi a(d) k iɛzzan

ebbi a(d) k iɛzzan, isfulki k zund lluban Wanna k iubban, yak ar siwen siggilen ? Inna ɣ nn ukan tellit ur a(r) ttaggugt

A mreba situn a zzin a bu-taccerbilt A laqqdam nnun, im ebbi ad gin isɛdiyen !

A yan ikrezn tumin a(d) tentt izuzzurn

A wanna imgern, isrut, asin imndi nnes

Is a wa tesllat mad nnan iwaliwen ? Is a wa tesllat mad nnan iwaliwen ?

29 -Wa ebbi ɛfu a ɣ !

Wa ebbi ɛfu aɣ !

Ur iɛdil zzreb, icwa ya(n) icuwwen Wa halayali Alla-ukbakwti-d i wna a winu fell-aɣ Wa halayali A ɣ illi nusi lɛdawt necuṛṛu fell-ak Wa halayali Aha laylala, aha laylala Aha laylala, aha laylala

Wa ebbi ɛfu aɣ !

Inna yyi-d winu, hann keyyi kad dar-neɣ

39

Wa halayali Imil iggru-d is nega kraur neg yan Wa halayali Immnnɛa lubb iɣ iga ɣ tasa win mennaw Wa halayali

Aha laylala, aha laylala Aha laylala, aha laylala

30-Ur nebi yat

Ur nebi yat Yan a(d) nega ɣ lqqleb, nemun, alla-ɛawen ! Ur ijli yat Tasa ula lqqleb ifre, alla-ɛawen ! keyyi d watay Ad d imun lluz, immim, alla-ɛawen !

Ijla wau tizzwa, felentt ajddig Ma mi k ira yan ra(d) k iseɣ a faruz ?

A ṛṛja-f-Llah a lnna telit lɛib !

Is ka ixwla ya(n) iran a(d) k sul ikrez

A ṛṛja-f-Llah a lnna telit lɛib !

Is ka ixwla ya(n) iran a(d) k sul ikrez Nelkem g-iwentt a ddunit gar azmez Ur sul iri yan tamment ula lluz Ih awddi a tawda tumeaiyyad ! Ih awddi a tawda tumeaiyyad ! Had afuss inu, necem g-is i kra Tamatart nnes : a(r) bedda g-igi isaqqsa Tasa nu, tellit bedda g-is a kra Kul ass izrin ur a(r) g-ik nesaqqsa Aḥḥ ukan a lubb n wa-d ak ifelan ! A(r) tallat, yaf, a gwma, lɛdu mad ran

Wayyana Wayyana, wayyana Wayyana, wayyana Irxes ujddig a Lnna

40

Wayyana Ar yalla bab n teɣula Wayyana Yan isadn, ma(d) g-i(n)ɣ ira ? Wayyana Iga Mulana bu-telila Wayyana

Had afuss inu, necem g-is i kra Tamatart nnes : a(r) bedda g-igi isaqqsa Ma(d) kwen yaɣn lliɣ ka teshit a kra ? Iei nnun ar t ttemnadaɣ iksa

Wayyana Wayyana, wayyana Wayyana, wayyana Temyart a tagui ɣ tasa Wayyana Ccawha d lubb ar yalla Wayyana Lɛaqqel itajja wayyaWayyana Lmɛna tetajja s tayyaHad afuss inu, necem g-is i kra Tamatart nnes : a(r) bedda g-igi isaqqsa

31-Lɛfu ya Sidi !

Lɛfu ya Sidi

Nealeb ak a bu-telila Ayyay, a bab n telila Lɛfu netajja t ɣil-a Ayyay, ɣil-a Ddwa w ubib ur t nera Ayyay, ur t nera Ur iɛdil zzreb yan ɣ illa Ayyay, yan ɣ illa Tisura nnes ar tentt d-ismuna

41

Ayyay, ismuna Wanna mu iqqes ulgmaar yalla Ayyay, ar yalla Wanna ismun lɛib ur t ila Ayyay, ur t ila Nealeb ak a bu-telila Ayyay, a bab n telila

32- Bidd a(d) ss-rek nesawel !

A (y) asmun, mladd is sul tella nniyt

Ili lɛahd n ebbi, riɣ k i tamunt

Ɣa-d izrin lɣṛeur ikcim d tamunt Laman d lmaabba llan kullu ɣ medden ***

Aḥḥ a (y) asmun, mladd is sul tella nniyt !

Ili lɛahd n ebbi, riɣ k i tamunt Bidd a(d) ss-rek nesawel !

Aḥḥ a (y) asmun, mladd is sul tella nniyt !

Ili lɛahd n ebbi, riɣ k i tamunt

Bidd a(d) ss-rek nesawel ! Ɣa-d izrin, lɣerur ikcim d tamunt Laman d lmaabba llan kullu ɣ medden Bidd a(d) ss-rek nesawel ! Iwa a (y) ajddig n tayri tattuyt A mar yufan ad kellan ɣ umalu nnek ! Bidd a(d) ss-rek nesawel !

A urti n lluz, a urti n wail

A urti n zzenbuiɛla ṣṣur nnek

Bidd a(d) ss-rek nesawel !

A iei n lbaz, terwast lbaud

Terwast ula tazzit, aḥḥ a tasa nu ! Bidd a(d) ss-rek nesawel ! A Tiznit, mladd is sul tella luqqt Yili lmal (i) rad d ukan sul neuwweBidd a(d) ss-rek nesawel ! ***

42

Cay-Llah, cay-Llah

A lawliyya, ssadat n ebbi

Cay-Llah, cay-Llah

A lawliyya, ssadat n ebbi

Cay-Llah, riɣ a(d) neur, iriɣ a(d) netub Cay-Llah, riɣ a(d) neur, iriɣ a(d) netub

Cay-Llah, cay-Llah Lɛaqqel, ad ur ig aɣrib ! Cay-Llah, a(d) t ur yawi wau iɣab ! Cay-Llah, cay-Llah Lxir as nera a(d) t nekkrez Cay-Llah, ur negeyan, ur nesad Cay-Llah, cay-Llah Wanna igan gwma-t-un f ebbi Cay-Llah, ur a(d) g-itun inna lɛib

Cay-Llah, cay-Llah Yutt unar, ṛṛbiɛ immɣi-d Cay-Llah, yan iksan ulli, iuf tizi Cay-Llah, cay-Llah Ur tentil tegemmi (n) ljid Cay-Llah, llan bedda g-is ayt ebbi

33- Iwi-d sul ebbi

Iwi-d sul ebbi d larzaqq abib lli d(a) negadda Ya(n) uzmez negaraɣ d lɛaqqel, ur sseneɣ ma ɣ nelha Iffaɣ fell-aɣ lubb, ɣil-a(d) nefiss (i)ra ad aɣ yuda Ra(d) nekref aainu, negawer, smeaɣ i tewada Necca lfaxer, necc iẓṛan, necca igwra, suɣ tiḍḍa Tayri tezri lliɣ temmim ; ɣil-ad terwas tuga Frea ul inu ! Nufa lnna, riɣ a(d) t neg i tewnza

Ahalayli, ar yyi bedda tinit, man za winu ? Ma rad skereɣ i tasa ? Ahalayli, is d a winu ur ak lkkemen laxbainu ? Ma rad skereɣ i tasa ? Alalayli, giɣ zund igigil, a winu, ɣ ger midden,

43

Ma rad skereɣ i tasa ? Ahalayli, wanna k iubban, irin ad tegem winnes, Ma rad skereɣ i tasa ? Alalayli, ra(d) kwen bedda gen ɣ ufuss zund lxatem, Ma rad skereɣ i tasa ?

Alalayli

Yih

Alaylala

Ah

Yak a wa, Iwi-d sul ebbi d larzaqq abib lli d(a) negadda ? Yak, a awa, Ya(n) uzmez negaraɣ d lɛaqqel, ur sseneɣ ma ɣ nelha ? Yak, a awa, Iffaɣ fell-aɣ lubb, ɣil-a(d) nefiss ira ad aɣ yuda ? Yak, a awa, (I)ra(d) nekref aainu, negawer, smeaɣ i tewada ? Yak, a awa, Necca lfaxer, necc iẓṛan, necca igwra, suɣ tiḍḍa ? Yak, a awa, A tayri tezri lliɣ temmim, ɣil-ad terwas tuga ? Yak, a awa, Ur aɣ sul tehul, nezzri taea, issmi aɣ haha ? Yak, a awa, Frea ul inu, nufa lnna, riɣ a(d) t neg i tewnza Yak, a wa, Iwi-d sul ebbi d larzaqq abib lli d(a) negadda ?

Alalayli

Yih

Alaylala

Ah

34-Lanana

Lanana ineɣa tt zzman-a(d) ɣ ulawen Lanana ineɣa tt zzman-a(d) ɣ ger midden

44

Ineɣa laman, imel t, ineɣa nniyt Issmmɣi yyi d lasada ɣ ulawen Medden, yan iran a(d) yili ɣ rrat A(d) ur isawal ɣ yan, yajj imi nnes Ur illi ma rad ak yamelxaer A(d) iskar yan lxaer i ugayyu nnes Tabla iɣ g-im lkisan ur yaruden Manikk a(d) ra(d) teskert i watay ad yimim ? Wanna ten iɛmmen, a(d) t ukan imi, ifel t Is ka g-im ireg lbrrad liqqamt (??) Ya(n) igan arraw n llal, iher ɣ medden Ya(n) igan arraw n llal, iher ɣ udm Iɣ a(r) isawal ar itteccam, yader i wallen Turtit-ad illan ɣ tama Igafayen Is sul g-iwentt illa flayyu d liqqamt ? A(d) s-res iɛmme