Vous êtes sur la page 1sur 8

A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS DEUS MEUMQUE JUS RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE ORDO AB CHAO SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN LIBERTE EGALITE FRATERNITE

CHAO SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN LIBERTE EGALITE FRATERNITE LA CLE D’IVOIRE DU MAITRE SECRET Colonne gravée
LA CLE D’IVOIRE DU MAITRE SECRET
LA CLE D’IVOIRE DU MAITRE SECRET

Colonne gravée présentée par : Jean Marie OMBE EDONGO Loge de perfection : Le parvis du FAKO

A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS DEUS MEUMQUE JUS RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE ORDO AB CHAO SUPREME CONSEIL DU CAMEROUN LIBERTE EGALITE FRATERNITE

Trois fois puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres secrets en vos degrés et qualités…

Lors de mon admission dans cette loge de perfection j’ai été un peu effrayé par la tache qui m’était promise. Mais cela a aussi apporté un nouvel émerveillement dans ma vie maçonnique et surtout des remises en cause car j’ai dû confronter le confort de ma pratique en loges bleues avec l’extrême diversité des appels et des échos que se lançaient les nouveaux univers et les thèmes inattendus qui sont explorés, avec grand mérite, ici par mes frères Maîtres Secrets.

Dans la même voie, le sujet que j’ai choisi de développer ce jour devant vous, en accord avec mon deuxième inspecteur est : la clé d’ivoire du Maître Secret. Ce sujet s’est imposé de lui-même à moi, m’ayant presque hypnotisé lors de mon initiation au grade de Maître Secret.

Trois fois puissant Maître depuis mon admission aux secrets et privilèges de la franc- maçonnerie j’ai rencontré à deux reprises des clés :

1. Dans ma loge bleue elles étaient l’emblème du frère trésorier. Ses 2 clés de métal entrecroisées tiennent fermé le coffre du trésor de la loge. D’aussi loin qu’il me souvienne on ne demande ni aux apprentis, ni aux compagnons et encore moins aux Maîtres d’en parler. Elles sont passées inaperçues dans mon parcours maçonnique tout comme dans celui de beaucoup de frères. Autant dire qu’en maçonnerie bleue la clé n’est pas un emblème qui interroge beaucoup.

2. La deuxième fois c’était ici dans la loge de perfection. Une fois revêtu des décors et après m’avoir présenté la couronne de laurier et d’olivier. Le Trois Fois Puissant Maître m’a instruit sur une clé en ivoire. C’est de celle là qu’il convient de parler dans ce degré et je partage avec vous la perception que j’en ai.

Ma rencontre avec la clé d’ivoire s’est déroulée dans une ambiance toute emprunte de solennité. Après avoir été de nouveau revêtu de tous mes attributs de maçon et symboliquement couronné en signe de victoire sur les épreuves traversées. Elle était là m’interrogeant accrochée à ma poitrine sur le sautoir que je venais de recevoir.

Le Trois Fois Puissant Maître a alors dit d’une voix forte :

« Je vous présente la clé d’ivoire, bijou de ce degré, emblème de la discrétion. La lettre « Z » sur le panneton est l’initiale du mot hébreu ZIZA. Souvent traduit par « RESPLENDEUR », il signifie également « BALUSTRADE ». C’est en effet une véritable balustrade qui vous sépare encore du Saint des Saints situé à l’orient de cette loge. Ce rappel du lieu le plus sacré du Temple de Jérusalem où était déposée l’Arche d’Alliance vous laisse entendre que c’est en cet endroit que vous pourrez prendre connaissance des mystères les plus secrets de la Franc-maçonnerie. Pour l’instant il vous est interdit de franchir cette barrière ; mais vous avez la clé et, quelque jour, il vous sera permis d’ouvrir et de passer.

Les préjugés, les passions et l’erreur placent de nombreux obstacles entre l’homme et la vérité ; mais il n’est point de difficultés que l’énergie, la persévérance et l’intention droite ne puissent surmonter. »

Je venais d’être admis dans la voies de la quête de la parole et on m’apprenait disait déjà que je me trouvais devant un mur à ne pas franchir. Cette solennité démontre à souhait la place centrale qu’il m’avait semblé déceler en la clé d’ivoire dans le symbolisme du grade de Maître Secret.

Pour vous faire partager ce point de vue :

Je vais tenter dans cette colonne gravée de dégager le sens et les implications contenus dans cet enseignement que le Trois Fois Puissant Maître dispense sur la clé d’ivoire. Je vous ferai part de ma vision de ce symbole éclairée à la lumière de certains passages du rituel du 4eme degré. J’essaierai ensuite de replacer cette clé dans le champ d’une tradition proche, celle de l’Egypte ancienne J’essaierai enfin dans ma conclusion de me placer, moi Maître Secret, dans la perspective des enseignements pratiques que j’ai cru percevoir.

Le jour de la réception, une clé m’est présentée, elle est d’ivoire. Elle est d’ivoire, contrairement à celles de mon frère trésorier de ma loge bleue qui sont forgées, donc œuvres humaines. La mienne est unique et organique. Elle est faite d’une matière proche de l’os qui forme le squelette humain et permet une condition du maintien vertical. Sur son panneton est gravée un « Z » qui veut dire ZIZA et qu’on traduit par « RESPLENDEUR » ou « BALUSTRADE ».

Ces éléments indiquent, par raisonnement analogique que :

Comme les os du squelette qui ont en eux potentiellement inscrite la verticalité et ne peuvent l’accomplir qu’en mettant en œuvre d’autres forces. La clé d’ivoire a potentiellement le pouvoir de créer une ouverture dans la balustrade. Mais il faut trouver la serrure et comment l’utiliser. Elle exprime donc en latence un pouvoir de monter, de progresser et de dépasser les obstacles. Ce pouvoir devra être mû positivement par le Maître Secret afin de dépasser l’interdit. La nature organique de la clé, donc à temps de vie limité, procure quand à elle un enseignement et une invite :

De l’enseignement : comme il l’a éprouvé depuis son exaltation, le maçon sait que la finitude est une réalité incontournable pour toute espèce. La mort éprouve même pour le plus illustre d’entre nous tous. La mort peut à tout moment nous saisir laissant l’œuvre non achevée. Le rituel nous rappelle : « Vous voyez notre loge en deuil et les frères encore plongés dans la douleur que leur a causé la mort de notre maître HIRAM. A la suite de cette mort la lumière et la vérité ont été éclipsées » Invite est fait au Maître Secret à se mettre au travail sans tarder afin que si ses capacités l’en rendent digne, « … quelque jour, il lui soit permis d’ouvrir et de passer. Le Trois Fois Puissant Maître dit : « Ayez toujours présentes à l’esprit la brièveté de la vie humaine et l’immense tache que nous devons accomplir. Ne vous attardez pas sur les sentiers fleuris, mais hâtez-vous de gravir les pentes abruptes de la montagne, de crainte que la mort ne vous surprenne avant que vous n’ayez approché du sommet »

La raison de tout ceci est que le Maître Secret, qui aura appris du travail de ses prédécesseurs devra laisser son obole dans l’aumônière commune de ceux qui se sont mis en quête de la parole perdue. Le rituel dit en effet : « La connaissance est un bien héréditaire que chaque génération de Francs-maçons augmente et transmet à celle qui suit. Ainsi en a-t-il été dans les temps passé ; ainsi en sera-t-il dans les temps à venir »

Dans la première phrase de son enseignement le Trois Fois Puissant Maître a résumé les devoirs et les études du Maître Secret que je résumerai ainsi :

Le temps qui t’est imparti est compté tu dois en apprendre la maîtrise Tu dois boire à la source de l’expérience de tes aînés Tu dois fatalement augmenter le capital connaissance qui est mis à la disposition de tous Tu dois œuvre pour tout cela dans la discrétion. Voilà abordé en tout le thème de l’enseignement moral du degré : le devoir.

Voici le Maître Secret devant l’obstacle qui le sépare du Saint des Saints. Le Trois Fois Puissant Maître lui a montré le « Z » gravé sur la clé dont il est dépositaire et lui en a indique le sens :

Mot hébreu : ZIZA

Traduction : RESPLENDEUR et balustrade

Pour comprendre le sens de ceci, revenons plusieurs siècles en arrière. A l’époque où le peuple hébreu était nomade, l’Arche d’Alliance était, à chaque halte, gardée sous la tente dans une partie était aménagée à l’écart et gardée par des lévites. Ces derniers n’avaient pas la connaissance nécessaire pour servir l’Arche ou même s’en approcher. Mais c’est de ce corps qu’étaient issus les prêtres qui ensuite allaient servir dans le Saint des Saints. Ils formaient la barrière qui ne devait laisser passer que ceux ayant qualité de pénétrer. Ceux-ci s’identifiant par un signe où un savoir particulier.

Les deux traductions de ZIZA semblent exprimer parfaitement cette idée :

BALUSTRADE : l’ensemble des Maîtres Secrets se tenant droits, comme une rangée de balustres de la balustrade, seraient les gardes qui doivent défendre leur rite de la corruption de ceux qui n’ont ni la mission, ni le droit et encore plus de ceux qui n’ont pas la qualité de le retoucher. Les Maîtres Secrets, héritiers des lévites, ont le devoir de défendre l’intégrité de ce Saint des Saints qu’est la règle sur laquelle se fonde l’unité et la spécificité de l’enseignement du Rite Ecossais Ancien et Accepté. RESPLENDEUR : dans mes recherches je n’ai pas trouvé la moindre trace de ce mot en dehors des ouvrages maçonniques. Alors je me suis donc permis de le rapprocher de splendeur, qui lui est proche de resplendir, et indique ce qui brille d’un éclat vif. Cela traduit ce que les lévites voyaient au travers de la toile. Et induit que les nouveaux lévites ont le devoir de laisser filtrer dans les loges bleues, en toute discrétion, une partie des enseignements qu’ils auront acquis afin de maintenir pure la règle. Je voudrais oser une approche homonymique en disant « RE SPLENDEUR » la splendeur du Dieu RE, Dieu du Soleil et de la création. Ses rayons sont si intenses qu’ils cachent sa vraie nature aux yeux de ceux qui ne sont pas préparés. Mais passant au travers du filtre aux fenêtres du temple sa splendeur peut être perçue par son peuple. Et nous nous retrouvons en phase avec l’idée de la mission de transmission que j’évoquais plus haut pour les Maîtres Secrets. Leur tache consiste à rendre digestes, sans les déformer, les enseignements reçus en loge de perfection avant de les redistribuer.

Ces 2 interprétations indiquent pour moi 3 choses :

1. Le maître secret, que le Trois Fois Puissant Maître vient de faire, est un gardien du seuil au sens où l’entendent les anciens Roses Croix. Il est chargé d’interdire l’accès du lieu sacré à ceux qui n’ayant pas la science nécessaire pourraient le profaner. Comme en tant que maçon je dois être fidèle à la règle et je comprends que je dois m’interdire à moi-même l’accès tant que je n’en suis pas digne et que je n’ai pas encore appris comment utiliser la clé.

2. Mais en même temps j’ai la possibilité un jour de « quitter » la ZIZA (balustrade) afin de rejoindre la ZIZA (RESPLENDEUR). Pour cela je devrais être élu par le corps des prêtres quand j’aurai rempli mes engagements :

De ne pas prendre des mots pour des idées

De ne pas profaner le mot vérité, d’aimer et de révérer la justice

De comprendre et d’accomplir mon devoir jusqu’au sacrifice sous la seule approbation de ma seule conscience

3. Que je suis à la fois l’instrument, celui qui possède l’instrument et la force qui met cet instrument en œuvre pour entrer dans l’endroit où je pourrais découvrir les mystères les plus secrets de la Franc-maçonnerie. Il ne tient qu’au Maître Secret, par son travail, de rester un balustre dans la balustrade ou de passer dans le rang des prêtres.

Mais à l’heure qu’il est je me trouve devant un coffre-fort, devinant les trésors qu’il contient et j’ai en main les signes de la combinaison mais dans un ordre inapproprié. Je devine que l’épreuve qui conditionnera mon élection est ma capacité à remettre dans le bon ordre tous les signes et le coffre s’ouvrira. La clé que j’ai là pendue tout près de mon cœur symbolise le code, le mot de passe, qui créera l’ouverture du Saint des Saints exprimant ma disponibilité à m’approcher du Maître assassiné qu’on y a déposé.

En ce cas comment vais-je remettre en ordre les signes qui m’ont été remis et montrés lors de mon admission parmi vous ? Pour répondre à cette question, Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres Secrets, je suis revenu à l’objet de mon étude lui-même : la clé d’ivoire à panneton et accessoirement, par soucis de compréhension, à son pendant la serrure.

Historiquement la plus ancienne serrure connue est égyptienne. Elle fut retrouvée intacte, par des archéologues, sur le site de Ninive. Elle était en bois et avait toujours sa clé à panneton. L’Egypte sera-t-elle une piste ?

Daniel BERESNIACK dit que la clé se dit en hébreu « MAPTEAHKH ». Ce mot hébreu est certainement d’origine égyptienne tout comme la technologie qu’il décrit. Par ailleurs il contient la racine PTKH qui elle-même nomme le Dieu PTAH. Le Dieu PTAH, d’après la mythologie égyptienne, créa tout ce qui est en faisant s’entrechoquer le verbe et le vide. Ce qui lui donne une place centrale dans le panthéon égyptien est qu’il donna à ses serviteurs les prêtres la science sacrée : la connaissance des hiéroglyphes. Cette science qui unit les sons aux mots, aux idées, aux chiffres, aux nombres. La science qui donne la vie aux choses. Par sa grâce les signes expriment des mots, forment des phrases, deviennent des poèmes, portent des idées. Les signes indiquent des distances et donnent vie aux édifices… Cette science a, pendant des siècles, marqué le passage de simple serviteur des dieux à prêtres du temple. C’est par elle qu’une classe d’élus pouvaient pénétrer dans

des dieux à prêtres du temple. C’est par elle qu’une classe d’élus pouvaient pénétrer dans Page

le siège où s’établissait la rencontre entre l’homme et la divinité au travers de la connaissance : philosophie, architecture, astronomie, mathématiques…

De nombreux hommes, étrangers à l’Egypte, sont venus boire à sa source. Le sage grec qui nous a révélé le caractère sacré caché dans les nombres a été appelé Pythagore (PTAH le plus grand ou PTAH est grand)

Autre œuvre de PTAH qui peut être mis en perspective avec ce travail est qu’il a donné naissance aux 9 NETER :

NOUT, le ciel et l’eau première SHOU, l’air GEB, la terre OSIRIS, les renouvellements SETH, l’aridité et la destruction NEPHTYS, la vie TEFNOUT, l’étendue ISIS, sœur épouse d’OSIRIS et ATOUM, le soleil La légende dit qu’il les a engendré par la scission et la diversification d’un principe originel (qui peut être assimilé à l’Adam) pour former ce qui existe. Ce qui ressemble au même phénomène qu’on retrouve dans l’arbre séfirotique où les 9 séphires (la couronne, la sagesse, l’intelligence, la grâce, la rigueur, la beauté, la victoire, la splendeur, le fondement) sont les images, ramenées à l’unité par la dixième : le royaume qui est le socle qui porte l’homme universel (dixit Oswald Wirth)

Je voudrais ici saisir l’occasion d’établir un parallèle entre l’ennéade des NETER instruments de la création divine et celle des outils qui servent à tout maître maçon en loge bleue : le ciseau, le maillet, la règle, le levier, la perpendiculaire, le niveau, l’équerre, le compas et la truelle. Ceci me suggère les convictions suivantes, que par prudence je formule comme des interrogations :

Le Maître Secret n’est-il pas à un parvis avec pour mission avant d’entrer, de maîtriser les enseignements des NETER, comme il l’a fait auparavant des enseignements des outils symboliques afin d’être admis en loge du 4eme degré ? Notre age symbolique : 3x27 ans, ne vient il pas de cette la perspective de ces deux classes d’enseignements de construction matérielle et spirituelle : 9 et 9 indiquent bien nos 84 ans ? Le Maître secret a rassemblé les pouvoirs des outils symboliques pour façonner et assembler la pierre et faire naître un édifice terrestre. Ne doit il pas apprendre maintenant rassembler les éléments éparpillés du principe primordial que le créateur de la clé lui a mis à disposition afin de faire naître à l’égale des Dieux une nouvelle création du monde ? Si tel est le cas le cas n’avons-nous pas le devoir d’unifier ce principe premier en nous afin de le rendre plus clair à l’esprit humain pour pouvoir en user dans le Saint des Saints et ainsi achever l’œuvre d’HIRAM le maître trop tôt disparu ?

L’approche de la clé d’ivoire par cette voie peut sembler pleine de détours, mais cette vision du symbolisme de la clé d’ivoire, qui rencontre l’esprit du rituel, m’est confirmée par les faits suivants :

La présentation de la clé est faite après un couronnement symbolique.

La couronne de laurier et/ou d’olivier était posée sur le front du vainqueur dans les joutes littéraires ou dans une guerre. Mais elle est par-dessus tout un emblème attaché au Dieu APOLLON.

APOLLON Dieu des arts et des sciences est le seul Dieu auquel toutes les 9 muses, comparables aux 9 NETER égyptiennes, se soient unies. Toutes sauf Daphné qui pour lui échapper s’était transformée en laurier. Et le Dieu le choisi

comme plante sacrée. A l’égal des vainqueurs grecs, le Maître Secret ayant été couronné par APOLLON pour avoir recréé l’unité à partir des pouvoirs des 9 divinités, sera alors fin prêt à avancer.

Trois Fois Puissant Maître, toutes ces pistes (symbolique, hébreu, égyptienne ou grecque) ont conduit ma pensée dans le sens de la recherche d’une réponse qui devrait me faire entrer là où se trouveraient la lumière et la vérité. Toutefois une phrase du rituel m’ouvre une autre perspective :

« Les préjugés, passions et l’erreur placent de nombreux obstacles entre l’homme et la vérité »

Alors je me demande en regardant cette clé suspendue là à ma poitrine :

N’ai-je pas trop cherché au dehors ou ailleurs ? Ai-je négligé de voir l’ouverture du disque que trace le panneton dans sa rotation ? La clé ne doit-elle pas servir à ouvrir une porte dans mon coeur afin d’y reconstruire l’unité primordiale brisée par PTAH ?

d’y reconstruire l’unité primordiale brisée par PTAH ? Mais à la réflexion, ces questionnements ont les

Mais à la réflexion, ces questionnements ont les mêmes réponses que celles trouvées dans les cheminements précédents. Car j’ai appris en loge bleue que je suis l’ouvrier et l’œuvre. Mais étais-je arrivé au bout ? J’ai tous les éléments de réponses là pêle-mêle là devant moi, mais comment les rassembler ?

Comme souvent en maçonnerie la voie analogique m’est venue en secours. Dans le travail que cette loge de perfection m’a donné en vue de mon admission, j’ai traité du

sceau de Salomon et j’ai été confronté là aussi à deux équilibres de natures différentes qui devaient s’attirer dans une mutuelle communion afin de donner naissance à une conscience nouvelle. Cela a été un appel au dépassement de la vision que j’avais du symbole de la clé d’ivoire et m’a permis d’autres lectures des signes :

1. A l’instar de Salomon j’ai demandé au Grand Architecte de m’accorder «… un cœur plein de jugement pour distinguer le bien du mal… » J’ai été admis en loge bleue et on m’a appris à maîtriser les équilibres des 3 dimensions : le haut, le bas et le profond. Bien que ne l’ayant pas réclamé, comme Salomon, la maçonnerie me demande d’apprendre à maîtriser une dimension plus subtile : le temps. Je devrais le combiner aux autres pour enrichir mon édifice.

2. Comme dans beaucoup de cosmogonies un démiurge crée le monde du néant et y rassemble tous ses pouvoirs afin qu’il perpétue l’acte d’amour qu’il a commis. Je cite le mystique juif Jacob CORDOVERO : « Dieu est toute la réalité, mais toute la réalité n’est pas dieu… dans la mesure où tout ce qui existe est contenu dans sa substance. Il embrasse toute l’existence car lui et toutes les choses existantes ne sont qu’un, elles ne sont ni séparées, ni multiples, ni extérieurement visibles… et lui-même est chaque homme et rien n’existe en dehors de lui… » Mais voici que survient un évènement Dieu ou même PTAH « brise les vases… », suivant l’expression de ZOHAR. C’est la chute. Ma mission de Maître Secret devient donc de reconstruire la continuité des ces 2 plans. Le plan terrestre du Vénérable Maître

Page 7 sur 8

constructeur que je suis et le plan divin qui se dessine derrière la balustrade de laquelle l’accès m’est interdit.

3. J’ai en main 27 triangles équilatéraux qui disent les équilibres. Je dois les assembler ensemble sur ma planche à tracer de maître maçon afin qu’il forment une figure aussi harmonieuse que la sceau de Salomon. Mais pour cela il me faut un gabarit. Alors je mets ma clé d’ivoire contre ma planche, je matérialise un disque en y frottant le panneton et je peux alors assembler tous ces équilibres par rapport au centre. Ainsi peut avoir lieu la réconciliation, c'est-à-dire la remise sur le même plan du terrestre et du cosmique ou bien l’humanité et du divin. La clé d’ivoire me sert à ressusciter l’échelle de Jacob pour retrouver la porte du ciel afin que l’homme puisse y pénétrer de nouveau.

Je résume tout cela en disant que :

Communier avec Grand Architecte de l’Univers c’est créer l’amour.

Communier avec les hommes c’est créer la fraternité.

Créer le lien vivace entre ces premiers éléments c’est fonder la réconciliation avec l’acte d’amour premier qui est la raison et le sens de la création, c’est créer tout court.

Jean fait dire à Jésus pour le confirmer cela : « Que tous soient un… comme toi, père tu es en moi et moi en toi… Qu’eux aussi soient un en nous… pour qu’ils soient un comme nous sommes un… »

Trois Fois Puissant Maître, ici pourrait s’arrêter ma colonne gravée. Mais un frère disait, il y a quelques semaines, les colonnes gravées en loge de perfection se devaient d’avoir un aspect didactique par rapport au rite et d’être rendues digestes pour les loges bleues. En cela la clé d’ivoire du Maître secret m’amène aux conclusions pratiques suivantes :

L’enseignement du rite est unique et d’un seul tenant. Les principes acquis ici et en loges bleues sont semblables Le Maître Secret doit donc créer le pont entre les deux institutions. Ce pont est symbolisé par la clé d’ivoire Mais la largeur de ce pont devra être proportionnelle à la qualité d’assimilation qu’on pourra avoir chez les frères ou à sa propre capacité pédagogique. Le cercle tracé par le panneton ne devra être ni trop petit ni trop grand. Il devra avoir la juste taille et faire passer la juste information au travers des communications des Maîtres Secrets en loge bleues. Ce travail doit être fait pour débarrasser les nombreux obstacles que placent les préjugés, les passions et l’erreur entre le maçon et la pureté du rite.

Ai-je vu le vrai sens de la clé ? Certainement pas entièrement je le confesse, Trois Fois Puissant Maître et vous tous Maître Secrets. Mais j’ai tenté d’en trouver un substitué qui d’après ma sensibilité semblait s’en rapprocher. Il vous appartient dès lors d’enrichir l’incantation, le mot prononcé ou de corriger le signe malhabile fait qui, clé d’ivoire, tracera le cercle salvateur dans le voile qui me sépare de mon but, qui est d’avancer dans la voie de l’initiation.

Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes frères Maîtres Secrets, j’ai dit…

15 octobre 2004