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NATURE

LA PLANÈTE BUISSONNIÈRE
Carine et Emmanuel, couple de passionnés de glisse, ont posé leurs planches à Hawaï, pour le plaisir                          et pour quelques mois. C’était il y a 18 ans. Devenus parents depuis, il n’ont pas perdu  leur goût des découvertes, des rencontres et des voyages. Bien au contraire. Rencontre entre deux                             vagues au Mexique. Photos : Maxime Houyvet (www.maximehouyvet.com)
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MEXIQUE

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jamais ridées, mais en fait on utilise notre passion pour la glisse comme un prétexte pour aller à la rencontre de gens, de cultures et d’ailleurs surprenants. Ensuite, on partage ces expériences,  à travers nos articles ou documentaires. L’« Exploration » va de paire avec la pratique du surf, pour nous. Surfer seul ou avec un ou 2 amis est ce que tout surfeur recherche. C’est d’abord ça qui nous pousse à partir. Mais, au bout du compte, le chemin qui mène à ces vagues est encore plus riche. »

« On part pour découvrir des spots vierges, des vagues

« J’étudie beaucoup les cartes marines, les relevés de

vent, les vagues. Le web est un super outil avec des cartes de houle animées, des témoignages, mais le bouche à oreille reste la meilleure source d’informations. Il faut savoir glaner les bonnes infos, lire entre les lignes... En arrivant, on regarde aussi s’il y a des nounous ou écoles dans le coin... Lou a déjà été à l’école ou gardée dans les Caraïbes, aux Îles Marshall, au Pérou, au Mozambique, en Bretagne... »

« Certaines destinations sont délaissées par les touristes et même les surfeurs, parce-

il y a 5 ans, a encore enrichi ces expériences, a donné une dimension supplémentaire à nos voyages. On a commencé à voyager avec elle quand elle avait 3 mois et depuis on est sur la route (sur l’eau plutôt, puisque la plupart de nos voyages sont en bateaux), six mois de l’année. Dans les pays du tiers monde, on est vu différemment, parce qu’on voyage avec un enfant. On rencontre des gens qu’on n’aurait pas rencontrés autrement. »

« L’arrivée de notre fille Lou,

« DES BANDIDOS VENAIENT DE BRAQUER LE CINÉMA VOISIN ET ARROSAIENT LEUR FUITE DE QUELQUES COUPS DE FEU... »
« Tout cela est rendu possible par nos partenaires. Nous sommes dans le Team Exploration Oxbow, qui nous soutient et nous pousse à aller un peu plus loin. Bic Sport nous équipe en planches de Windsurf ; SUP et Neil Pryde en gréements. »

qu’elles souffrent d’une mauvaise réputation, souvent injustifiée. Parfois, un proche passé instable ou quelques faits divers suffisent à « cataloguer » un pays. On essaye de ne pas s’arrêter à des on-dit et d’aller voir par nousmêmes, surtout quand le potentiel de surf est là. Que ce soit au Nicaragua, au Mozambique, au Mexique, au Timor ou autres, la réalité s’est avérée  bien différente, le pays bien plus accueillant que sa réputation ne voulait le laisser croire. Une petite anecdote, quand même, concernant le Mexique, justement. Après avoir dû rassurer Maxime, auteur de ces photos, sur les dangers du pays, on s’est tous retrouvé cachés sous les tables du restaurant où on mangeait, le 1er soir, car des bandidos venaient de braquer le cinéma voisin et arrosaient leur fuite de quelques coups de feu... Une belle frayeur transformée en franche rigolade, après, surtout pour Lou qui croit toujours qu’on jouait à cache-cache... »

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Le plus souvent à Maui (Hawaï) Carine et Emmanuel partagent leur temps entre vagues, potager, verger et ferme de nénuphars.

« Après 15 ans de voyages,

on a deux sentiments contradictoires : la terre est immense, ses habitants et leur culture très différents, et la nature est magnifique et étonnamment puissante.  D’un autre côté, avec un peu de recul, on s’aperçoit aussi que le monde est petit et fragile, que ses ressources sont pillées. On se rend compte à chaque voyage que la surconsommation effrénée de quelques-uns hypothèque l’avenir de tous. Encore récemment aux Îles Marshall, un état corallien à très faible relief, on a vu des populations évacuées aux grandes marées car leur île est inondée ! On le sait, mais le voir nous met face à nos responsabilités. De tous ces voyages on retient la beauté fascinante de la nature, avec ce sentiment étrange que ça ne va pas durer, que quand Lou aura notre âge ces mêmes endroits auront beaucoup souffert. »

« ON ÉTAIT VENU À MAUI POUR 6 MOIS ET ÇA FAIT 18 ANS QU’ON EST LÀ ! »
on en revient souvent aux rencontres humaines. Par delà les barrières linguistiques et culturelles, la richesse de nos voyages, ce sont les gens et les échanges avec eux. Le sourire des enfants avec Lou, un éclat de rire collectif dû à la difficulté à se faire comprendre ou juste les regards. On retient surtout qu’on est toujours récompensé d’un petit effort de plus pour aller voir un peu plus loin, au-delà de ses craintes, de la facilité du voyage confortable, « all inclusive ».

« Au-delà des vagues, de la nature,

DE TOUS CES VOYAGES ON RETIENT LA BEAUTÉ FASCINANTE DE LA NATURE.

houles d’hiver. Je windsurfe et fais du Stand Up, comme Carine qui fait également du Kitesurf. Avec toutes ces disciplines, on est dans l’eau tous les jours, ou presque ! On s’occupe de notre ferme de nénuphars et on essaye d’être autonome en nourriture à la ferme, en développant notre potager et notre verger. On ne fait pas de plans à long terme, on était venu à Maui pour 6 mois et ça fait 18 ans qu’on est là ! On souhaite surtout garder ce style de vie proche de la nature, de la mer et rider au maximum dans de bonnes conditions. »
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« Le reste du temps, on reste sur notre île de Maui, qui est  l’endroit idéal pour profiter des grosses

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