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La lettre du génie no 30.
La lettre du génie no 30.

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La lettre du génie

SOMMAIRE ◆ Éditorial du général Le mot du général Françoise Sommaire L’actualité en bref Le génie combat Le génie construit Le génie secourt Le génie instruit Le génie étranger Histoire Expériences A savoir Coup d’œil sur… Témoignage A lire Multimédia In memoriam

Général Jean-Loup CHINOUILH
commandant l’École supérieure et d’application du génie - Angers

Nommé cet été à la tête de l’École supérieure et d’application du génie, je prends avec fierté le relais de mes prédécesseurs et compte déployer tous mes efforts pour promouvoir cette arme du génie que j’ai choisie il y a trente-deux ans sans jamais le regretter depuis. L’occasion m’est donnée de présenter un point de situation de nos trois composantes. Vous constaterez que, même si la refondation de l’armée de terre est achevée, plusieurs réorganisations concernent encore le génie. Dans le domaine de « l’infrastructure », les directions centrales des trois services d’infrastructure de la défense seront ainsi rapprochées à partir de 2004 dans la ville de Versailles, puis regroupées ultérieurement. Un lien entre armées existe déjà, puisque notre service du génie construit pour l’ensemble du ministère, à l’exception des ports de guerre et des bases aériennes comportant une plate-forme aéronautique, mais cette décision récente portera cette coopération à un niveau bien supérieur en créant un service interarmées. Dans l’immédiat, chaque chef d’état-major restera maître de ses crédits d’infrastructure. L’armée de terre, quant à elle, fait valoir ses besoins d’un important vivier de spécialistes militaires pour concevoir et mener les travaux de construction sur les théâtres d’opérations. Ceci implique un corps d’encadrement militaire pour ce service, quelle que soit sa tutelle. La composante « combat » a entamé la ternarisation des régiments du génie de brigade interarmes, ce qui signifie que nos jeunes lieutenants s’entraînent maintenant à la tête de sections à trois groupes au lieu de deux, ce qui accroît leurs capacités d’action sur le terrain. En contrepartie, une des quatre compagnies de combat va être dissoute au 1er REG, au 6e RG et au 17e RGP. Les unités spécialisées dans l’aide au déploiement attendent pour le courant de l’année 2004 les nouvelles stations de production d’électricité ainsi que les ateliers d’infrastructure opérationnelle conditionnés en conteneurs. Enfin, en ce qui concerne le domaine « sécurité », de nouveaux cursus de formation viennent d’être adoptés pour le personnel des unités d’instruction et d’intervention de la sécurité civile. Ils correspondent à des parcours professionnels plus cohérents, faisant apparaître des fonctions nouvelles, notamment dans les compagnies chargées des risques technologiques. Le lien avec le domaine NBC apparaît encore plus nettement maintenant. Les « grandes manœuvres » du génie continuent donc et j’invite tous les sapeurs à ne pas laisser d’autres penser pour nous. Agissons de façon proactive à tous les niveaux, en proposant les idées ou les solutions qui nous semblent les meilleures.

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Le mot du général CA (2S) FRANÇOISE
président de la FNAS

Créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1947 par le président Barret, la fédération a successivement accueilli les sapeurs ayant participé à ce conflit ainsi que, dans les années suivantes, à ceux de l’Indochine et de l’Afrique du Nord. Ces sapeurs avaient connu des moments très difficiles ; ils éprouvaient alors le besoin de se retrouver. Or, depuis le début des années 1990, l’ensemble des unités du génie a été impliqué dans les engagements de l’armée de terre. Mais ces moments, bien différents des précédents, ont amené de forts moments de compagnonnage. À ce titre, ils doivent donc entrer, à part entière, dans nos « traditions ». Avec la décision du président de la République prise en 1996 de suspendre le service national, l’armée de terre a vécu une mutation profonde, appelée officiellement « refondation », qui va bien au-delà de la simple professionnalisation des unités. Tous les concepts organiques et opérationnels ont été examinés, validés et réformés. De nombreux régiments, établissements et unités diverses ont été dissous et la relation armée-nation a profondément évolué. En outre, les inspections d’armes ont été supprimées et la responsabilité des traditions confiées aux généraux commandants des écoles d’application. Ancien directeur central et dernier inspecteur du génie, j’ai, me semble-t-il, une assez bonne connaissance de notre arme magnifique ainsi que des hommes et des femmes qui la composent. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté d’entrer au conseil fédéral de la Fédération nationale des amicales de sapeurs (F.N.A.S.) qui, vous le savez, m’en a porté à la présidence le 25 septembre dernier. Aujourd’hui, nos amicales cultivent surtout la mémoire des combats passés ainsi que le maintien de nos traditions et de l’esprit sapeur. Bien sûr, cela doit être maintenu, mais la situation actuelle doit nous interpeller : quel peut être notre rôle au sein, ou à côté, de cette armée nouvelle ? Devrons-nous rester seulement une fédération de retraités et de réservistes heureux de se retrouver de temps à autre ? La réponse est évidemment non. C’est pourquoi, dans le nouveau contexte de ce début de XXIe siècle, il nous faut à la fois consolider et actualiser la mémoire de notre arme, approfondir nos traditions en rajeunissant leur mise en valeur, cultiver l’esprit sapeur et développer notre solidarité. De plus, nous devons élargir notre action en donnant une priorité plus marquée aux liens avec les unités d’active en travaillant à maintenir le lien armée-nation, distendu depuis la suspension de la conscription.
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La lettre du génie

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Voilà vers quoi je souhaite engager la F.N.A.S. ; je connais les difficultés qui nous attendent dans ce monde de plus en plus individualiste. Il nous faut nous retrouver tous, personnel d’active, réservistes, retraités, autour de ce projet. Je constate à ce sujet que quatre amicales régimentaires n’ont pas encore souhaité rejoindre notre fédération. Je n’en connais pas les raisons, mais j’espère les voir très prochainement parmi nous. Notre force résidera dans notre cohésion et, à ce titre, nous avons certainement des leçons à prendre chez nos camarades des autres armes où, me semble-t-il, l’esprit de corps est plus développé. Nous souffrons toujours dans le génie de ces rivalités stupides entre arme, service, parachutistes et autres ; tout cela n’a plus sa place dans la France d’aujourd’hui. La grande famille du génie : combat, infrastructure, sécurité, doit se retrouver autour de ces deux entités qui la représentent : l’École supérieure et d’application du génie, d’une part, la Fédération nationale des amicales de sapeurs, d’autre part. Je compte sur vous tous pour y parvenir.

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La lettre du génie

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1 • • •Éditorial du • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • général 2 • • •Le mot • • général CA (2S)• Françoise• • • • • • • du • • • • • • • • • • 4 • • •Sommaire• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 5 • • •L’actualité en •bref• • • • • • • • • • • • • • • • • • • 11 • • •Le génie combat • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
Les plongeurs de l’armée de terre

17 • • •Le génie construit• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
DCG : l’école franco-allemande

21 • • •Le génie secourt • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
BSPP : les unités élémentaires spécialisées

25 • • •Le génie instruit• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
JANUS/SIR

29 • • •Le génie étranger • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
Rétrospective

31 • • •Histoire• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
La Cité du génie Les pontonniers Décorations françaises : des expéditions en Extrême-Orient

39 • • •Expériences•: • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
Campagne feux de forêts

43 • • •A•savoir • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
GDNBC

La Lettre du génie est une publication de l’École supérieure et d’application du génie 106, rue Éblé - BP 34125 49041 ANGERS CEDEX 01 Directeur de la publication : général Jean-Loup Chinouilh Rédacteur en chef : CBA Jean-François Plantec Rédacteurs en chefs adjoints : lieutenant Emmanuelle Bouchet sous-lieutenant Anne-Lise Llouquet adjudant Gauthier Perron Conception : PIR ESAG Impression : PIAT Saint-Maixent Commission paritaire : en cours ISSN : 1006 B 05886 Dépôt légal à parution

49 • • •Coup d’œil sur…• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
Le 6e RG au Sénégal

51 • • •Témoignage• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
Un été d’enfer pour les compagnies d’instruction et d’intervention de la sécurité civile UIISC 1

54 • • •A•lire • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 56 • • •Multimédia • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 54 • • •In• memoriam • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
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L’ACTUALITÉ
EN BREF
DROIT RÉSERVÉ

Le 22 octobre 2003, la 1re classe Khadija El Hamdaoui du 19e régiment du génie de Besançon a participé au CFM de judo 2003 à Bordeaux. La catégorie des – 52 kg n’étant pas représentée, elle s’est trouvée surclassée en – 57 kg. Pour autant, elle a démontré son grand talent en gagnant tous ses combats par IPPON (KO) jusqu’à son accession à la finale. Elle a malheureusement dû s’incliner en finale devant une adversaire plus confirmée. Malgré les contraintes de son métier de sapeur, elle y croit de plus en plus grâce notamment à l’adjudant Benassi du 19, triathlète accompli, qui s’occupe de sa préparation physique et la coache, et à l’adjudant Papegaey, son chef de bureau qui lui accorde son soutien. Elle fait maintenant partie de l’équipe de France militaire de judo. Son prochain objectif : les jeux mondiaux en Sicile où elle est pressentie pour une médaille début décembre.
Lieutenant AVOIES

DROIT RÉSERVÉ

SAPEURS DU « 19 » AU TCHAD Ces paroles d’une chanson bien connue ont rythmé cette petite semaine d’expédition au cœur du désert tchadien pour l’équipe MINEX du capitaine Julien et de l’adjudant Redoutey. Cette mission fut sans aucun doute l’apothéose d’un séjour riche en aventure et en expérience humaine. 700 kilomètres de piste pour rejoindre la localité de Kouba Olanga dans la région du Borkou à deux pas du 16e parallèle, ligne de démarcation célèbre où fleurissent encore mines et UXO. L’expédition était composée du fidèle sovamag, transformé en taxi-brousse pour les six Tchadiens de la compagnie génie, et de 4 VLRA (dépannage, transmissions, matériel génie et carburant). Une partie importante de ces moyens était fournie par les éléments d’Épervier. Dans le village, près de 350 obus (90 et 106 mm), 300 mortiers de 81 mm, une centaine de roquettes diverses et 3 mines AC avaient été abandonnés par les troupes tchadiennes au début des années 80 sur 3 zones principales. Ces munitions ayant déjà tué des villageois, un maximum de précautions ont été prises par l’équipe pour les déplacer et les mettre en fourneau pour destruction. Ce fut également l’occasion pour le détachement de se rapprocher davantage des populations en prodiguant des soins médicaux à des enfants du village victimes de brûlures et d’infections diverses. Le retour fut une autre aventure. L’adjudant Redoutey avait laissé le pont arrière de son VLRA dans le sable. Le temps d’une escale à Salal pour effectuer quelques reconnaissances de zones polluées et la destruction d’un mortier de 120 mm tombé devant la gendarmerie et nous avions rejoint N’Djamena. L’équipe était fracassée par 5 jours de sable et 1500 kilomètres de pistes et de poussière mais avait le sentiment d’avoir accompli une des plus belles missions du séjour.

Palmarès : – championne d’Afrique à Casablanca en 1997, – championne de France à Strasbourg en 2002, – vice-championne de France à Bordeaux en 2003.

INAUGURATION DE LOGEMENTS POUR LES MILITAIRES DU RANG DES FAZSOI À LA RÉUNION Caserne LAMBERT - bâtiment 01

DROIT

Le bâtiment a été inauguré le jeudi 13 mars 2003 à 17 h 30 par le général de division Duburg commandant supérieur des forces armées de la zone Sud de l’océan Indien, en présence de M. Quiart, sous-préfet de Saint-Benoît repréRÉSERVÉ sentant le préfet, et de M. Victoria, député maire de Saint-Denis. Le lieutenant-colonel Collin, directeur de la Direction des travaux de la zone Sud de l’océan Indien, remet officiellement les installations au colonel Reignier commandant le 2e régiment de parachutistes d’infanterie de marine stationné à Saint-Pierre. Le directeur d’investissement est Capitaine JULIEN l’état-major de l’armée de terre. La maîtrise d’ouvrage de cette opération est assurée par la Direction des travaux de la zone Sud de l’océan Indien dont les nouveaux bureaux sont depuis le 20 janvier 2003 localisés au quartier Reydellet (à côté de la caserne Lambert) à Saint-Denis. La personne responsable des marchés est le lieutenant-colonel Collin Patrick directeur de la Direction des travaux de la zone Sud de l’océan Indien. La maîtrise d’œuvre est assurée par la section maîtrise d’œuvre n° 1 de la Direction des travaux commandée par le capitaine Colliou J.-Marc. Les travaux ont été conduits et supervisés par l’adjudant-chef Diard. Description sommaire de l’opération : L’opération réalisée à l’entreprise générale par l’entreprise Léon Grosse a duré 8 mois (de juin 2002 à février 2003) pour un budget d’environ 605 000 T.T.C.

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RÉCEPTION INFRASTRUCTURE DE LA CRÈCHE LE 3 JUILLET Le ruban de la crèche de l’École supérieure et d’application du génie a été coupé en présence du général de corps d’armée Blanchet, commandant la région terre Nord-Ouest. Cette crèche accueillera 25 enfants dont 5 en halte-garderie et concerne tous les personnels de la défense, civils et militaires. Les travaux ont duré tout l’été pour accueillir dès le mois d’octobre les enfants de 0 à 3 ans, cinq jours de la semaine. En 2004, une crèche familiale verra le jour avec le concours d’assistantes maternelles. Afin de compléter ce partenariat DROIT RÉSERVÉ entre l’école et la ville d’Angers, une convention a été signée concernant les centres de loisirs municipaux. Une centaine de jeunes âgés de 2 à 12 ans pourra profiter des centres et du transport assuré par la ville.

Du 22 au 31 octobre 2003, le 19 régiment du génie de Besançon a organisé un stage de découverte des métiers du sapeur. Le régiment a accueilli 32 jeunes, garçons et filles de 17 à 24 ans, titulaires du certificat individuel de participation à l’appel de préparation à la défense. Ces jeunes ont donc été initiés, pendant 10 jours, à la vie militaire à travers un ensemble d’activités prévues à cet effet. Ils ont vécu une expérience humaine et collective où chacun a pu mettre en avant ses capacités physiques et morales, découvrir et s’exercer sur le matériel du régiment, découvrir les métiers du sapeur et avoir une occasion privilégiée de discuter avec les militaires du régiment. Les objectifs fixés à l’encadrement de ce stage, composé de cadres d’active et de réserve, étaient de faire découvrir l’armée de terre, les métiers du génie, de faire vivre une première expérience exaltante à ces jeunes dans un cadre militaire et de donner une information complémentaire sur la défense. DROIT Le pari est réussi. Les stagiaires sont repartis conquis, certains avec des projets d’engagement et tous avec des souvenirs plein la tête.
e

RÉSERVÉ

Championnats de France de parachutisme 2003 : le sergent-chef Olek Julien a décroché une première sélection dans le Collectif France, intégrant DROIT ainsi l'équipe de France espoir de vol relatif à 8. Ces championnats, qui se sont déroulés au centre de Lapalisse du 15 au 17 août 2003, ont permis au chef Olek de se classer 2e ex æquo derrière l'équipe de France « A ». Spécialiste EPMS au 3e régiment du génie de Charleville-Mézières, le sergent-chef Olek qui bénéficie d'ores et déjà du statut de sportif de haut niveau espère que ces premiers sauts avec le Collectif France marqueront le début d'une longue et fructueuse carrière internationale en titre. Souhaitons-lui bon vent ou plutôt bon saut !
Lieutenant IARIA

RÉSERVÉ

Lieutenant AVOIES

ASSISTANCE Le 15 août 2003, vers 7 heures du matin, le caporal-chef Beque, conducteur du chef de corps au 5e régiment du génie, est témoin d’un grave accident de la circulation. Immédiatement, il balise les lieux pour prévenir le suraccident, neutralise le système électrique afin d’éviter un départ de feu, fait un premier bilan et prévient les secours. En attendant l’arrivée des pompiers et de la police, il maintient la victime consciente. Le diagnostic des médecins révélera par la suite que l’accidentée souffrait de multiples fractures et d’un traumatisme crânien. Ses premiers gestes et sa faculté de réaction dans l’urgence ont permis dans ce cas de sauver une vie.

UNE DÉLÉGATION DU DFD DE L’ESAG AU VENEZUELA
DROIT Un détachement du département de formation au déminage de l’École supérieure et d’application du génie d’Angers, composé du lieutenant Augé et de l’adjudant Idec, a rendu visite à la division de l’infanterie de marine de l’armée vénézuélienne. Reçue par le contre-amiral Calvo Diaz commandant la division, cette délégation a assisté à un exposé sur le problème des champs de mines situés le long de la frontière avec la Colombie par le capitaine de vaisseau Paz commandant le bataillon du génie. Ces champs de mines ont été installés, il y a quelques années, par l’infanterie de marine vénézuélienne pour éviter l’infiltration des guérilleros et des narcotrafiquants colombiens. Dans le cadre de la convention d’Ottawa, ratifiée par le Venezuela, ils doivent être supprimés. Le détachement français a permis d’évaluer le type de formation à dispenser afin de leur donner la capacité de déminage dont ils ont besoin pour éradiquer les champs de mines. Elle se traduirait par l’envoi de formateurs français qui formeraient une quarantaine de militaires : officiers, sous-officiers et militaires du rang professionnels aux techniques de déminage suivant les standards internationaux en vigueur. Cette action de coopération entre le Venezuela et la France resserrerait les liens d’amitié qui unissent ces deux pays. RÉSERVÉ

Lieutenant P. AUGÉ

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La lettre du génie

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JUSQU’AU BOUT DE L’EFFORT… Le 29 juin 2003, par une fraîche matinée estivale, a eu lieu le raid « Fila Sky Raid », épreuve internationale de course à pied en haute altitude dans le massif briançonnais. « Le trail des Cerces » a regroupé plus de 700 participants venus de tous les pays européens, voire même du Tibet. La distance de 48 kilomètres, à travers les étroits sentiers alpestres ainsi que les lacs, a émerveillé les coureurs par sa beauté, agrémentée de cols culminant entre 2000 et 3000 mètres. L’équipe, engagée par le 19e régiment du génie, ne fit pas pâle figure. Le commandant Caramello de la DPSD ainsi que l’adjudant Grizard qui la composaient, ont fini respectivement 357e et 180e sur 700 couRÉSERVÉ reurs. Toutefois, plus de la moitié des participants ont été obligés de rebrousser chemin en raison de la fatigue, de la rudesse du terrain ainsi que du non-respect des créneaux horaires au passage des points de contrôle. En définitive, les couleurs du génie, le rouge et le noir, symbolisant pour l’occasion l’effort et la difficulté, ont été fièrement et sportivement portées et reconnues. L’équipe remercie les cadres et les personnes du 19e régiment du génie qui l’ont soutenue avant et durant cette épreuve.
Adjudant Grizard

DROIT

FEUX DE FORÊTS LE 5E RÉGIMENT DU GÉNIE INTERVIENT Les sapeurs du 5e régiment du génie sont intervenus l’été dernier aux côtés des pompiers sur les violents incendies qui ont ravagé la Corse, le Var et le camp de Mailly. En Corse, une section de la compagnie de travaux de Mailly, en mission Héphaïstos, a contribué à circonscrire les feux de forêts qui menaçaient les populations civiles et leurs habitations. Début août, les sapeurs présents à Mailly ont prêté main-forte aux pompiers de l’Aube. Avec leurs engins de travaux, ils ont ouvert des brèches au cœur des incendies pour faciliter l’accès des RÉSERVÉ pompiers et éteindre un feu ravageant le camp de Mailly. Quant aux sapeurs de Canjuers, ils ont combattu les nombreux feux de forêts qui se sont déclarés dans le Var au mois d’août. Eux aussi ont mis à contribution leurs engins et leurs savoir-faire pour aménager des pistes et permettre aux pompiers d’intervenir.

À la suite de l’incendie du château de Lunéville, l’état-major de la brigade des transmissions et d’appui au commandement a lancé un appel d’assistance. La Direction des travaux de Guyane, service constructeur de la défense sur le département, a tenu à répondre à cette sollicitation. Elle a adressé un don symbolique, résultat d’une collecte effectuée à l’occasion d’un petit-déjeuner de cohésion autour de pâtisseries confectionnées par quelques conjoints de personnels, marquant ainsi son attachement à la reconstruction de l’édifice très durement touché.
DROIT RÉSERVÉ

DROIT

LA « 22 » EN PISTE À l’heure des projections aux quatre coins du monde, la base arrière de la 22e compagnie d’appui du 19e régiment du génie profite de toutes les occasions qui lui sont données pour entretenir ses savoir-faire. Dans cette optique, le chantier qui lui a été confié, du 15 au 31 juillet par la commune de Montmirey-le-Château, a été considéré comme un cadeau des dieux par les quatre cadres et les huit militaires du rang. Ils ont réalisé, en moins de dix jours de travail effectif, 1000 mètres de piste dans le massif forestier de la Serre. 247 rotations ont permis d’acheminer 1730 m3 de matériaux nécessaires à la réalisation de ce chantier, organisé en liaison avec l’ONF. Ce ne sont pas moins de 7000 kilomètres qui ont été effectués par les trois bennes du détachement. La disponibilité et le professionnalisme du NTI 1 engins du régiment et le soutien fourni par le NTI 1 du 551 RT au profit des bennes ont permis aux sapeurs du « 19 » de terminer dans les délais ce chantier mené dans des conditions rendues éprouvantes par les fortes chaleurs. La 22e compagnie d’appui du « 19 » a une fois de plus été à la hauteur de sa devise : « Ouvrons la voie ! »
Lieutenant NEGREL

Le 16 avril dernier, en présence du général commandant supérieur des forces armées en Guyane et des chefs des organismes DROIT interarmées et à vocation interarmées, la Direction des travaux de Guyane remettait officiellement le nouveau parking du quartier de La Madeleine au 9e régiment d’infanterie de marine, corps support de la garnison de Cayenne. Ce parking est la première opération du schéma directeur interarmées livrée au commandement sur l’emprise de la Madeleine. Il permet d’accueillir 150 véhicules et répond ainsi aux besoins des utilisateurs actuels et futurs occupants des divers bâtiments qui sortent ou sortiront de terre dans les années à venir sur le site. La difficulté technique a résidé en l’assèchement d’une zone marécageuse et en la canalisation des cours de surface. Seuls les moustiques ont perdu du terrain.

RÉSERVÉ

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Du 29 au 30 mars s’est déroulée la première compétition internationale de vol relatif « indoor » dans la soufflerie du complexe ultramoderne d’aérokart situé à Argenteuil en région parisienne. À cette occasion, le sergent (TA) Olek, moniteur d’éducation physique militaire et sportive du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières (Ardennes) membre de l’équipe Vortex Advance Lapalisse, s’est classé à la 4e place derrière 2 équipes françaises et une équipe anglaise. 16 équipes étaient inscrites à cette manifestation qui devrait se renouveler l’année prochaine. Prochain objectif pour le sergent Olek et son équipe : le championnat de France de parachutisme en vol relatif à 4. Rappelons-nous également que ce « sapeur du 3 » avait déjà remporté en 2001 les championnats de France interarmées de vol relatif à 4 au sein de l’équipe RT NORD-EST.
Lieutenant IARIA

JOURNÉE RENCONTRE – ENTREPRISES À L’EG DE METZ
DROIT RÉSERVÉ

Un forum des entreprises et des industriels organisé par l’établissement du génie de Metz s’est déroulé le 13 juin 2003 à la caserne Ney. Ce forum technique, dont le soutien logistique a été assuré par un prestataire de services, a remporté un vif succès. Près de 80 techniciens de la direction régionale du génie de Metz, des établissements du génie de Nancy et de Metz ont pu bénéficier des informations et conseils de nombreuses entreprises ou sociétés de fabrication industrielle de niveau national participant à ce forum. Cet échange pédagogique et la possibilité offerte de travailler avec les industriels ou les chefs d’entreprises s’inscrivent parfaitement dans le cadre de la formation technique continue de nos prescripteurs. Les thèmes abordés concernaient pour l’essentiel : - les pathologies récurrentes du bâtiment (problèmes d’étanchéité, de pose de carrelage et autres revêtements muraux ou de sol), - les techniques nouvelles à mettre en œuvre dans le cadre de la sécurité des bâtiments (incendie et systèmes d’alarme). Cette matinée particulièrement studieuse s’est terminée par un buffet-déjeuner.

LES COULISSES DU BÂTIMENT 14 JUIN 2003 La personne responsable des marchés est le lieutenant-colonel Collin. Le maître d’œuvre le capitaine Colliou. Dans le cadre de la journée nationale du bâtiment du 14/06/2003, la Direction des travaux de la zone sud de l’océan Indien basée à Saint-Denis-de-la-Réunion a ouvert au public un vaste chantier de construction neuve : la réalisation d’ateliers NTI 1- 2 Débutée en novembre 2002, la construction du NTI 1-2 au profit du 2e RPIMa se terminera en octobre 2003 : 2,5 M pour 1 000 m2 d’ateliers. Ces installations permettront le regroupement de toutes les fonctions de maintenance des matériels terrestres en un même lieu. À cette occasion, de nombreux visiteurs, en particulier les jeunes, ont pu découvrir les métiers du bâtiment. Service du génie, 4e RSMA et entreprises du bâtiment unis dans un même but : « Susciter auprès des jeunes des vocations pour les métiers du bâtiment. »
DROIT

L’Établissement du génie de Châlonsen-Champagne a réalisé un chenil de 5 courettes, au profit du 402e régiment d’artillerie quartier Corbineau, permettant ainsi l’installation d’un RÉSERVÉ groupe cynophile. Élaboré selon la notice technique pour la conception et la réalisation des chenils militaires, le chenil s’articule autour de trois parties principales, un bâtiment vie, 5 courettes et un parc d’entraînement. De plain-pied et d’une surface utile de 96 m2, le bâtiment vie regroupe le bureau du maître-chien, un vestiaire, un bloc sanitaire et différents locaux techniques (local soin des animaux, local de stockage des matériels canins, local de stockage des aliments). La structure du bâtiment est une ossature en bloc de béton de granulats courants, charpente métallique avec une couverture bac acier double peau et revêtement extérieur enduit monocouche. Les sols sont en grès cérame et les doublages en plaques de plâtre. La production d’eau chaude sanitaire est assurée par une chaudière gaz à ventouse avec ballon ECS intégrée. Les cinq courettes de 12 m2 chacune, de type modulaire, couvertes, comprennent un dallage en asphalte coulé avec pente de 3 %, un caniveau, un sas desservant les diverses courettes. Une aire d’entraînement pour les chiens, d’une surface de 7 000 m2, entièrement clôturée, avec portail d’accès aux véhicules a également été réalisée. Coût de l’opération : 362 000,00 – Livraison : juillet 2003
Adjudant-chef VITALLY

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INSPECTION DE L’EG DE TOURS Du 11 au 13 juin 2003, l’établissement du génie de Tours a été inspecté par le général inspecteur de la fonction administration budget infrastructure. Cette inspection a été précédée le 10 juin de l’intervention de l’équipe de l’inspecteur technique des bâtiments et travaux du génie (ITBTG) et de l’inspecteur technique de la protection incendie (ITPCI). Cette inspection a été le moyen d’évaluer l’établissement, mais aussi de recueillir des avis ou d’échanger des informations particulières avec le personnel de l’établissement sur ses spécificités d’emploi, ses particularités de mise en œuvre et ses attentes en matière de gestion du personnel. Au cours de ces journées, la mission d’inspection a visité les SLI d’Orléans et de Châteauroux, ainsi que quelques formations (6/12 RC à Olivet, 517 RT à Châteauroux).

DROIT RÉSERVÉ

IRON MAN DE GÉRARDMER Le 22 juin 2003 s’est déroulé à Gérardmer (Vosges) l’Iron man France. Le sergent-chef Lauden ainsi que le sergent-chef Dehaene participaient à cette épreuve. Avec une météo très ensoleillée et des températures très élevées, les deux cadres de l’École supérieure et d’application du génie ont bouclé les 3,8 km de natation, les 180 km de vélo et les 42,195 km de course à pied en 11 h 52 pour le sergent-chef Lauden et en 11 h 55 pour le sergent-chef Dehaene. L’Embruman (iron man le plus dur au monde), qui a eu lieu le 15 août 2003, était la dernière étape cette année pour le sergent-chef Dehaene qui a représenté fièrement les couleurs de l’École supérieure et d’application du génie.

DROIT RÉSERVÉ

DROIT RÉSERVÉ

QUAND L’ÉCOLE DES MINES DE DOUAI TRAVAILLE POUR LE SERVICE DU GÉNIE Ingénieur élève en quatrième année à l’école des mines de Douai au sein du département génie informatique et productique, M. Steve Bontus, qui a effectué son service national à l’EG de Laon, a été reçu et encadré à la direction régionale du génie de la région terre Ile-de-France à SaintGermain-en-Laye dans le cadre de son projet de fin d’études. Le sujet défini par le général Frère, directeur régional, portait sur l ‘élaboration d’un plan de charge en EG. Après quatre mois passés entre la DRG et ses deux établissements de Versailles et de Paris, M. Bontus soutenait son projet à l’oral devant un jury composé de deux professeurs du département informatique et du général. Le résultat de ce projet, un document de 80 pages particulièrement pragmatique et exploitable, a été transmis à la Direction centrale du génie et au STBFT. Au-delà des rapports privilégiés que le stagiaire a pu nouer au sein de la direction et des établissements, cette formule a permis au service du génie de prendre contact avec une grande école d’ingénieurs et de pouvoir dans l’avenir développer ces relations en proposant des stages orientés sur les besoins propres tant en informatique qu’en génie civil.

LE SERVICE DU GÉNIE À LA CONQUÊTE DE L’EIVP Le mercredi 8 octobre 2003, l’École des ingénieurs de la ville de Paris a ouvert ses portes aux carrières « génie civil » de l’armée de terre à l’occasion d’une présentation organisée par le CIRAT de Paris sur le recrutement des officiers. Le service du génie était bien sûr au rendez-vous en la présence du commandant Moal, chef du bureau maîtrise d’œuvre de l’Établissement du génie de Paris. « Je suis ingénieur et je suis architecte ». Dès le début, le ton était donné pour insister sur les convergences d’intérêts entre le service du génie et les élèves ingénieurs. En effet, le principal service constructeur de la défense, en offrant des postes à responsabilité en maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage, permet des « passerelles avec le milieu civil ». Comme l’a souligné le commandant, « Chez nous vous allez acquérir une expérience professionnelle qui sera enrichie par des missions en OPEX, cet autre aspect de notre métier de bâtisseur. » L’auditoire, composé essentiellement de premières et deuxièmes années, a pu apprécier concrètement la perspective de carrière d’un officier sous contrat, dont les besoins se localisent surtout au niveau des établissements du génie. En gardant à l’esprit qu’il s’agit d’exercer un métier de « militaire » avant tout, les élèves ont été invités à venir évoluer au sein du service du génie dès la sortie de leurs études : « Rejoignez-nous le plus tôt possible pour apprendre notre mode de travail » a précisé le chef de bataillon Moal.

DEUX CHAMPIONS DE FRANCE FCSAD DE VOILE À L’ESAG Du 9 au 12 octobre se sont déroulés les championnats de France de la FCSAD de voile dans la baie de Bandol. Sous une mer houleuse (creux de 2,50 m), devenue un peu plus calme par la suite, les 5 manches ont pu se disputer et les représentants de l’ESAG se sont particulièrement fait remarquer puisque le lieutenant Beaugé et l’adjudant Latrobe finissaient tous deux premiers de la catégorie planche à voile.
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L’ESAG AU MARATHON DE MUNICH Le 12 octobre 2003, l’école du génie allemand (pionierschule) accueillait pour la deuxième année consécutive une équipe de coureurs de l’ESAG pour participer au marathon de Munich s’inscrivant dans le cadre de jumelage. Cette manifestation a nécessité une préparation rigoureuse et de longue haleine pour cette équipe du génie franco/allemand. Le sport a démontré une nouvelle fois qu’il contribuait à resserrer les liens. Les coureurs des deux écoles ont pu le vérifier pour venir à bout des 42,195 km qui sillonnaient la ville bavaroise. • • • • • • sergent-chef LAUDEN adjudant GOUSSET caporal-chef BIENVENU sergent AMAZIAS sergent-chef RAIFFE sergent-chef GUENIAT : 2 h 56’ 30’’ : 3 h 00’ 37’’ : 3 h 11’ 00’’ : 3 h 38’ 00’’ : 3 h 48’ 00’’ : 3 h 50’ 00’’

INAUGURATION DU CENTRE ÉQUESTRE LE 10 JUILLET

DROIT RÉSERVÉ

Situé à Berthézène, ce centre ne comprend pas moins de 20 boxes, dont un d’isolement, et, dans un premier temps, 9 poneys et 9 chevaux. Dès le 15 septembre, les cavaliers confirmés pourront en profiter ; le 1er novembre, les débutants et enfants seront accueillis. Ce centre n’a aucune vocation de concurrence à l’égard des autres centres de la région. Il est ouvert uniquement aux personnels de la Défense et leurs familles. Ses objectifs sont la formation des stagiaires de l’école ainsi que l’apport d’un plus à la condition du personnel de l’école.

CROSS R.T.N.O. Le 16 octobre 2003 s’est déroulé le cross de la région terre Nord-Ouest. Il a été organisé par le 6e régiment du génie dans le quartier Dalstein à La Meignanne. L’école du génie était représentée dans les différentes catégories et a obtenu de très bons résultats : • • • • • • • • • • • Cross court (4210 m) 5e : sgt COUTABLE 7e : adj. NICOTERA 45e : sgt LANS 59e : cch. CAUFOURIER Cross vétérans 1 (8050 m) 6e : cba. CHILLOU 11e : adj. AMBROSINI 22e : adc. BRU (20 en V1) 44e : sgt MAÏFI (40 en V1) 45e : cne MAUFRONT (41 en V1) • • • • • Cross long (8375 m) 34e : sch. LAUDEN 58e : cne LAMOURET 68e : cch. BARRAULT 70e : cch. BRAULT • • • • • Cross seniors féminines (4210 m) 5e : adj. PENNANEAC’H 38e : cdt LUZINEAU (3e en vétérans) 40e : sgt OMNES 42e : cch. AÏ

• Cross vétérans 2 (8050 m) • 41e : maj. ALEXANDRE (4 en V2) • 66e : pcc. ROHOU - ESCAT - (11 en V2)

Le sergent Coutable, l’adjudant Nicotera, le major Alexandre, l’adjudant Pennaneac’h sont qualifiés pour le championnat de France terre qui aura lieu sur différents sites, à savoir : le 3e RHC d’Étain pour les féminines les 19 et 20 novembre 2003, le 68e RA de la Valbonne pour les seniors les 26 et 27 novembre 2003 et l’ESAT de Rennes pour les vétérans les 2 et 3 décembre 2003.

DROIT RÉSERVÉ

AVIS DE RECHERCHE
Le conservateur du musée du génie lance un appel pour connaître de manière exhaustive tous les boutons portés par les sapeurs de l’arme du génie et des subdivisions d’armes (aérostiers, transmetteurs…). À défaut, une photographie des boutons permettra de créer une banque d’information pour le centre de documentation de l’ESAG. Merci d’avance à tous ceux qui pourront contribuer à compléter les collections du musée du génie.
Commandant de Labareyre Conservateur du musée de l’ESAG

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La lettre du génie

COMBAT
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Le génie

LES PLONGEURS DE L’ARMÉE DE TERRE

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PLONGEURS DE L’ARMÉE DE TERRE
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UN PEU D’HISTOIRE
En juin 1967, avec l’arrivée des chars AMX 30 et des engins amphibies, la nécessité d’accompagner ces engins sur et sous l’eau devient impérieuse. De 1947 à 1957, les plongeurs-découpeurs du génie découpent les ponts détruits pendant la guerre grâce à leur tenue de scaphandrier « pieds lourds ». Ces premiers NAF, héritiers des plongeurs-découpeurs du génie, sont formés par la marine nationale, puis au Centre d’instruction des scaphandriers autonomes légers de la brigade de sapeurspompiers de Paris. Le 26 novembre 1971, l’équipe expérimentale de nageurs d’aide au franchissement s’installe à La Valbonne, puis elle laisse place à l’École de plongée de l’armée de terre (EPAT) créée le 1er juin 1972. Elle reçoit pour mission de former les plongeurs d’aide au franchissement (PAF) pour les armes du génie et de la cavalerie. À l’époque, il est déjà question de dissocier la qualification de « plongeur spécialiste d’intervention subaquatique » (PSIS) en deux qualifications distinctes : intervention offensive et travaux subaquatiques.
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Il existe différents types de plongeurs dans l’armée. Nous ne parlerons dans cet article que des plongeurs de l’armée de terre, mais revenons un instant, à titre indicatif, sur toutes les catégories de plongeurs de la défense nationale : • Marine nationale : - plongeurs de bord, - plongeurs démineurs, - nageurs de combat (commando Hubert) ; • Armée de l’air : • Gendarmerie : • Armée de terre : - sauveteurs plongeurs ; - plongeurs de la gendarmerie ; - nageurs de combat du CPEOM (service action de la DGSE), - plongeurs spécialistes d’intervention subaquatique (PSIS) de la BSPP (ils appartiennent au génie), - plongeurs de l’armée de terre (PAT), qui constituent le centre de notre propos.

Le 1er novembre 1982, l’EPAT prend l’appellation de Centre école de plongée de l’armée de terre (CEPAT) et l’année suivante les NAF deviennent spécialistes d’aide au franchissement (SAF). L’aspect offensif de la spécialité se développe, mettant à nouveau en évidence la nécessité de la qualification « oxygène ». C’est ainsi qu’en décembre 1983 l’EMAT décide de faire acquérir la qualification « oxygène » aux SAF-IO destinés à servir dans la force d’action rapide (FAR). Pour permettre de plonger en eau profonde, le CEPAT fait l’acquisition de l’ancien mess officiers de la base aérienne du Bourget-du-Lac afin d’y installer le caisson hyperbare de la firme COMEX. En 1996, les plongeurs prennent l’appellation de « plongeurs de l’armée de terre » PAT. Avec la restructuration de l’armée de terre en 1999, le CEPAT de La Valbonne est dissous. L’instruction des plongeurs déménage à Angers à l’ESAG. – 12 –

La formation de base est cependant reprise pour partie par la marine nationale, alors que la partie franchissement de coupures humides, plongée en eau intérieure (lacs et rivières) et la qualification intervention offensive est assurée par le CPAT (cours des plongeurs de l’armée de terre).

RÉPARTITION
Les plongeurs de l’armée de terre sont 190 répartis en 12 équipes. 9 de ces équipes appartiennent à des régiments du génie, les 3 autres appartiennent à la brigade rens. (2e RH) et à la brigade des forces spéciales terrestres (1er RPIMa et 13e RDP). Quelques plongeurs sont répartis dans des structures de type école. • Répartition des PAT - 1RG : 12 PAT, - 1 REG : 12 PAT dont 6 IO, - 2 REG : 12 PAT dont 6 IO, - 3 RG : 12 PAT, - 6 RG : 6 PATIO et 6 PAT,

Mission de patrouille fluviale

La lettre du génie - 13 RG : 12 PAT, - 17 RGP : 6 PATIO et 6 PAT, - 19 RG : 12 PAT, - 31 RG : 12 PAT. • Brigade rens. - 2 RH : 10 PAT. • BFST - 1 RPIMa : 24 PATIO, - 13 RDP : 15 PATIO. • AUTRES - ESAG : 18 PAT dont 6 IO, - CNEC : 6 PAT, - 2 REP : 6 PAT, - 519 RT : 4 PAT.
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(plongeurs de l’armée de terre et d’intervention offensive).
Travaux subaquatiques

- 9e BLBMa : le DIN du 6e RG, - 11e BP : la SNIO du 17 RGP, - 27e BIM : le DINOPS du 2e REG. Par rapport à une équipe de base du génie, les DIN ont des missions d’intervention offensive (IO). Les PAT qualifiés IO sont aptes à utiliser les scaphandres autonomes à oxygène pur en circuit fermé de type Oxygers 57. Ces plongeurs, parfois appelés plongeurs de combat par vulgarisation, sont en réalité nommés PATIO

Il existe aussi deux équipes de PATIO qui ont des missions très différentes : renseignement pour le 13e RDP et action spécialisée pour le 1er RPIMa.
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Les plongeurs de l’armée de terre peuvent venir de l’arme blindée cavalerie, voire de l’infanterie ou des troupes de marine. Sur les 9 équipes du génie, nous en comptons une par brigade interarmes + une pour la brigade du génie (1er RG). Quatre constituent des détachements d’intervention nautique (DIN) aussi appelés DINOPS dans la légion et section nautique d’intervention offensive (SNIO) au 17 RGP. Les DIN peuvent être retrouvés dans les quatre brigades les plus légères : - 6 BLB : le DINOPS du 1er REG,

QUELQUES MOTS DE VOCABULAIRE Le plongeur : c’est un PAT (plongeur de l’armée de terre). Il est chargé de rechercher et d’effectuer des reconnaissances de sites de franchissement, d’assurer l’instruction technique avec bouteilles des personnels aux séances préparatoires amphibies, d’assurer la sécurité des équipages lors d’un franchissement amphibie ou en submersion, de faciliter la traversée des engins blindés. Travaux subaquatiques (TS) : lors de ces travaux, le plongeur peut être conduit à découper, scier, percer, tronçonner, effectuer des manœuvres de force sous l’eau jusqu’à 30 mètres de profondeur à l’aide d’outils hydrauliques ou thermiques. Intervention offensive (IO) : c’est une technique qui consiste, pour un plongeur aguerri, à utiliser un appareil à oxygène pur (Oxygers) en circuit fermé (qui ne fait donc pas de bulles) afin de mener des missions de toute discrétion comme la destruction d’objectifs (ouvrages d’art, moyens de franchissement ennemis), le minage ou le déminage des sites de franchissement ou des plages de débarquement, la reconnaissance ou l’observation d’objectifs, la recherche de renseignements terrain-milieu. La maîtrise de l’oxygers n’apporte qu’une capacité de déplacement pour réaliser des missions TTA.

MISSION D’INTERVENTION OFFENSIVE
Qu’est-ce qu’une mission d’intervention offensive ? - toute mission terrestre nécessitant une discrétion totale par voie fluviale ou sous-fluviale ; - reconnaissance, renseignement ; - reconnaissance des réseaux souterrains, guidage d’unité en souterrain dans le cadre du combat urbain ; - ouverture de sites de franchissement demandant une discrétion totale ; - déminage de berges immergées ; - aide au débarquement (6e BLB et 9e BLBMa uniquement) ; - patrouille fluviale.

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Les missions de base des PAT et PATIO du génie sont l’aide au franchissement, l’aide au déploiement, les travaux subaquatiques et les missions de secours à la population en cas de réquisition.

ENGAGEMENT EN ZONE URBAINE
L’engagement en zone urbaine est une probabilité forte des crises et conflits futurs. Dans ce domaine, les plongeurs de l’armée de terre peuvent apporter, sous réserve d’une formation et d’un équipement spécifique, une plus-

LES MATÉRIELS
Les PATIO ont le matériel suivant, en plus du matériel des équipes de base : - appareils en circuit fermé à l’oxygène Oxygers 57 qui donnent la possibilité de progresser durant 3 heures, sans sortir la tête de l’eau, sans bulles, sans bruit, à environ 6 m de profondeur ; - kayaks biplaces de mer : 350 kg de charge utile, démontables et discrets ; - armement : les PATIO sont les seuls personnels de l’armée de terre à avoir le MINI UZI avec modérateur de son en dotation (arme d’autodéfense) ; - lot de rappel d’hélicoptère et lot d’escalade permettant de réaliser des franchissements verticaux sur des ouvrages d’art ou en suburbain. LA FORMATION DES PATIO EST EXTRÊMEMENT DIFFICILE 1 semaine de présélection où les candidats sont soumis à des épreuves de toute nature, avec privation de sommeil pendant 60 heures. Sur 20 candidats proposés, seuls 12 peuvent être sélectionnés à la fin de ces trois jours. Sur les 12 qui suivent le stage de qualification intervention offensive, seuls 50 % (environ) obtiendront la qualification. Le stage se déroule à l’ESAG et au lac du Bourget en Savoie.

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La formation à suivre afin de rejoindre les membres du DINOPS 1er REG est longue et semée d’embûches. Cependant, la volonté, l’intelligence, la force physique et le courage - caractéristiques du plongeur - sont aussi des qualités que possède tout bon légionnaire. Quel que soit le grade (officier, sousofficier ou militaire du rang), dans chaque corps la formation initiale est identique. Les personnels sont formés à l’École de plongée de la marine nationale (EPMN) à Saint-Mandrier, ainsi qu’au cours des plongeurs de l’armée de terre (CPAT) à Angers. Le CTE/PAT se compose ainsi de plusieurs UV : UV1 : plongeur de bord (EPMN) Durée 5 semaines

UV2 : formation aux travaux subaquatiques (EPMN) Durée 3 semaines - manœuvres de force ; - relevage, renflouement ; - tronçonnage, soudage, perçage, découpage à l’aide d’outils hydrauliques et thermiques. UV3 : adaptation en eaux intérieures (CEPAT) - plongée, travaux subaquatiques. UV4 : spécialiste aide au franchissement (CPAT) - formation des équipages ; - reconnaissance des coupures ; - travaux d’aménagement ; - sécurité des franchissements. Un échec à l’une de ces UV et le CTE n’est pas attribué… Durée 3 semaines

Durée 2 semaines

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La lettre du génie

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Briefing de plongée

Aide au franchissement

value non négligeable aux capacités des forces terrestres. L’éventail des capacités à détenir couvre à la fois la reconnaissance, l’intervention et l’appui : - connaissance et reconnaissance des réseaux (secs ou humides), évaluation des risques ; action de mobilité et de contre-mobilité (ouverture ou obstruction de réseaux) ; - déminage ou dépollution en milieu aquatique ; - guidage des unités en milieu souterrain.
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À l’issue de l’ensemble de ces stages, il faut encore partir à Pau afin de suivre une formation para à l’ETAP. Le sapeur détient alors le minimum de formation pour participer aux missions de la section. Dès lors, après au moins deux ans de présence au groupe PAT et pour ceux possédant une solide maîtrise de la plongée à l’air, le plongeur-légionnaire augmente ses qualifications en effectuant la qualification intervention offensive (plongée à l’oxygène pur en circuit fermé). QUALIFICATION/IO Actions de reconnaissance et de renseignement par voie aquatique Actions de commando par voie aquatique (destruction d’infrastructure ENI, minage-déminage) Aide au débarquement en renfort des plongeurs de la marine nationale Durée 6 semaines (CPAT) Très vite, après le CTE, il est nécessaire d’effectuer le BSAT/PAT. Suivant les missions, chacun est en effet en mesure de mener des actions en qualité de chef d’équipe. BSAT/PAT UV1 : préparer et engager son équipe dans les missions d’aide au franchissement et de reconnaissance en général (3 semaines/CPAT). UV2 : acquérir la qualification de moniteur de mise en œuvre d’explosifs (3 semaines/EPMN). Ceux qui, entre temps, auront démontré leur parfaite capacité à rejoindre le corps des sous-officiers devront préparer activement le BSTAT/PAT afin d’être en mesure d’exercer le rôle de directeur de plongée et de chef de détachement PAT en opérations. BSTAT/PAT UV1 : savoir organiser les missions du détachement PAT en qualité de directeur de plongée (2 semaines/CPAT). UV2 : savoir organiser et engager son détachement en qualité de chef de détachement (3 semaines/CPAT). UV3 : acquérir les compétences de directeur de mise en œuvre d’explosifs.

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Afin de compléter ses connaissances mines, le groupe PAT envoie ses plongeurs suivre une formation à l’ESAG (Minex 2 ou 3 selon le grade). L’une des qualités indispensables du plongeur est la rusticité. Chacun devant maîtriser parfaitement les techniques de combat commando, les stages de moniteur et d’instructeur au CNEC viendront naturellement achever la formation. En outre, tous les deux ans, durant une semaine, chaque plongeur remet sa capacité opérationnelle en question, lors de tests (vérification d’aptitude bisannuelle/PAT) effectués à Angers. Des épreuves théoriques et pratiques sont effectuées et permettent ainsi de contrôler le niveau individuel et section. Devenir plongeur PAT/IO impose donc une longue formation où tout est remis en cause quotidiennement, où la sécurité - plus qu’un mot - est un mode de vie. Récompense pour le plongeur : rendez-vous avec l’adrénaline garanti à chaque plongée… en toute sûreté.

Dépollution à Koweït City
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Relevage - manœuvre de force
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Tous nos remerciements au capitaine BALLA, chef du cours PAT - ESAG au capitaine ALBRECHT, commandant la compagnie de commandement et de logistique ainsi qu’au lieutenant VALLELIAN, chef de la section DINOPS 1er REG à l’adjudant DUMAS, sous-officier adjoint DINOPS 1er REG au sergent-chef MOZDZONEK, chef d’équipe DINOPS 1er REG

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CONSTRUIT
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ÉCOLE FRANCO-ALLEMANDE L’EG de Marseille livre les premiers bâtiments

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L’EG de Marseille livre les premiers bâtiments
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Si la forme prise par cette unité est novatrice, elle est aussi le produit de la coopération des deux pays qui date des débuts du programme Tigre. Les études relatives à la formation des équipages ont été, en effet, systématiquement conduites dans un cadre bilatéral. En 1985, un « concept de formation commun » est élaboré. Il a fait l’objet d’une acceptation en mai 1991, à Lille, lors de la réunion du conseil francoallemand de défense et de sécurité, entre le Chancelier fédéral Helmut Kohl et le président de la République François Mitterrand. Une première étude de faisabilité sur le site de Rennes (Saint-Jacques) n’a pas été retenue du fait de la refonte générale des armées françaises entreprise en 1996. Une seconde étude de faisabilité sur le site du plateau d’Albion a permis de constater l’inadéquation de cet emplacement pour les raisons financières et techniques qui en résulteraient dans les domaines de l’investissement immobilier, de l’exploitation du domaine

Le 1er juillet 2003, l’école franco-allemande (EFA) ouvrait ses portes au Cannet-des-Maures (83) sur la base du Général-Lejay de l’École d’application de l’aviation légère de l’armée de terre (EAALAT). Cette date anniversaire marque également la livraison des bâtiments commandement et instruction par l’établissement du génie de Marseille. Dix années se sont écoulées entre l’acceptation d’un projet de formation des pilotes Tigre et le retentissement en 2001 des premiers coups de pioche. Volonté conjointe de deux nations, le chantier de l’EFA prend plus que jamais forme. Fruit d’un projet commun entre les nations allemande et française, l’École franco-allemande de formation des équipages de l’hélicoptère Tigre est née le 1er juillet 2003. Une cérémonie placée sous l’autorité des chefs d’état-major des armées de terre des deux nations a intronisé le colonel Salendre à la tête de cette école. C’est le premier chef de corps à saluer les deux emblèmes de son unité.

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et des conditions de formation des équipages. En avril 1997, après de nouvelles études, c’est finalement le site de la base Général-Lejay au Luc-en-Provence (dans le département du Var, sur la commune du Cannet-des-Maures), colocalisé avec l’actuelle École d’application de l’aviation légère de l’armée de terre (EAALAT), qui est retenu. La base Lejay, située entre le massif des Maures et les hauts plateaux du Var (à 13 km des Arcs et 60 km de Toulon), s’étend sur une emprise de 180 ha dont 43 ha de surfaces bâties ou aménagées. La France, pays hôte, s’est vu confier la totalité de la conduite de l’opération d’infrastructure nécessaire à la nouvelle école. Le service du génie mobilise depuis 7 ans l’ensemble de sa structure au profit de la conduite et de la réalisation de ce programme d’infrastructure. C’est à l’EG de Marseille qu’appartient désormais de suivre au quotidien l’avancée des travaux.

L’EFA, UN CHANTIER D’ENVERGURE
L’EFA a vocation à former les équipages français et allemands sur les différentes versions du système d’armes Tigre. Forte de 390 personnels d’encadrement et armée de 28 hélicoptères Tigre, elle

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La lettre du génie devra être en mesure, dès 2006, de dispenser chaque année une formation à près de 180 stagiaires en qualité de pilote, chef de bord, moniteur, tireur et chef de patrouille. Ce projet unique symbolise parfaitement la synergie entre les différents organismes du service du génie ; de son pilotage, assuré par la direction centrale du génie, à sa réalisation supervisée par l’établissement du génie de Marseille. L’étude de faisabilité et le concept architectural ont été réalisés en 1997 par le service technique des bâtiments, fortifications et travaux. Le document de lancement de réalisation a été approuvé par le ministre de la Défense le 5 octobre 2000. Premiers ouvrages réalisés, les bâtiments commandement et instruction viennent matérialiser cette collaboration franco-allemande. Débutés en octobre 2001, ces deux bâtiments ont coûté 11, 45 M . La livraison à l’utilisateur s’est effectuée au cours de l’été 2003, permettant ainsi l’installation du premier chef de corps français dès le 1er juillet 2003, date de l’ouverture de l’école. Le bâtiment commandement est destiné à recevoir l’état-major de l’école. Réparti sur 3 niveaux, il est composé essentiellement de bureaux et d’une salle d’honneur. Le bâtiment instruction, d’une surface hors œuvre brute (SHOB) de 4220 m2,
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accueillera quant à lui l’ensemble de la division formation. Il abrite au rez-dechaussée des salles de cours, des salles d’enseignement spécifique et des salles d’enseignement assisté par ordinateur. L’étage regroupe les bureaux des instructeurs. La fonction enseignement sur simulateurs de procédures et de vols prendra place dans un ensemble de bâtiments neufs. Elle abritera dix simulateurs de mission FMS (full mission simulator) et huit entraîneurs de procédures CPT (cockpit procedure trainer) sur 12 000 m2.

de hangars pour les approvisionnements, la maintenance et le remisage et d’un parking aéronefs. Les travaux nécessaires à l’approvisionnement consistent en la restructuration d’un hangar, d’une surface de 2750 m2, pour le stockage des pièces de rechange. D’un montant de 2,40 M , ils ont débuté en mars 2003

D’un montant de 8,87 M , le premier ensemble pour simuPHOTO EG MARSEILLE lateurs sur les cinq projetés fera l’objet d’une livraison progressive prévue à la fin du mois de pour une remise à l’utilisateur en février 2004 et en septembre 2004. décembre 2003. La fonction maintenance - remisage sera assurée par la construction de 2 hangars métalliques de 8 300 m2 Dès le mois de février, l’industriel Thales et de 8 800 m2 de SHOB. installera le prototype des simulateurs de vols dont la fabrication est en cours Le parc de stationnement, étendu sur une d’achèvement. Après sa validation dans superficie de 51 000 m2, va permettre le son environnement définitif, la livraison stationnement de 15 aéronefs. Il répond des autres simulateurs s’échelonnera sur aux spécificités les plus récentes en trois à quatre années. matière de sécurité des vols et de préservation du potentiel des machines au Les travaux du bâtiment information démarrage. ont débuté en septembre 2003. Il accueillera l’ensemble de la direction division formation de l’EFA, dont la fonction gesChaque emplacement est équipé d’une tion et management des systèmes de borne escamotable pour assurer le simulation. démarrage électrique (400 Hz) des Tigre. La zone de soutien pour 28 aéronefs, dont le premier exemplaire français doit être livré à l’école en avril 2004, est composée – 19 – Si la caractéristique principale de cette opération d’infrastructure réside dans sa spécificité technique, l’attention du

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commandement au soutien de l’homme n’en demeure pas sans reste. La construction d’un ensemble alimentation (pour un montant de 5,06 M ) a débuté en février 2003 et sa livraison est prévue pour mars 2004. D’une SHOB de 2 720 m2, il est conçu et équipé pour un effectif de 1400 consommateurs. L’école accueillera également à terme un ensemble loisirs et social, de nouveaux logements pour les cadres, les stagiaires et les EVAT, des bâtiments pour la maintenance de l’infrastructure, de même que l’extension d’une infirmerie. 2007 devrait connaître l’avènement de ce chantier unique du service du génie au profit de la défense. Une date qui scellera à jamais les efforts et savoir-faire mis en œuvre par les experts des infrastructures militaires mobilisés pour cette opération.
CBA DE MERIC DE BELLEFON Chef BMO à l’EG de Marseille

L’OPÉRATION D’INFRASTRUCTURE EN QUELQUES MOTS Maître d’ouvrage : ministère de la Défense. Directeur d’investissement : état-major de l’armée de terre. Direction de programme : Direction centrale du génie avec le concours du service technique des bâtiments fortifications et travaux pour les études de faisabilité et la programmation. Personne responsable des marchés : directeur de l’établissement du génie de Marseille. Maîtrise d’œuvre : bureau maîtrise d’œuvre de l’établissement du génie de Marseille. Conception : Service technique des bâtiments, fortifications et travaux. L’OPÉRATION EN QUELQUES CHIFFRES Création de 38 380 m2 SHOB. Restructuration de plus de 6 000 m2 SHOB. Création d’une plate-forme aéronautique de 51 000 m2. Coût : 92 M

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La lettre du génie

SECOURT
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Le génie

LES UNITÉS ÉLÉMENTAIRES SPÉCIALISÉES

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Les unités élémentaires spécialisées
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DE LA

BSPP

Sur les 33 compagnies de la BSPP, 3 revêtent un caractère opérationnel très particulier. La fiabilité et l'efficacité des formations militaires ont valu à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris d’être désignée par les autorités gouvernementales pour assurer des missions sensibles en dehors de sa zone territoriale normale de protection. La BSPP a donc été amenée à constituer des unités élémentaires spécialisées pour répondre à ces besoins. Au nombre de trois, ces compagnies atypiques interviennent avec du matériel spécifique armé par du personnel formé à des missions particulières. Les personnels participant à ces détachements sont autant d’ambassadeurs de la brigade et des représentants de l’efficacité et de la technicité des militaires de l'arme du génie.

L’UNITÉ ÉLÉMENTAIRE SPÉCIALISÉE DE KOUROU
Cette unité a été mise en place pratiquement dès l’installation en 1969 de l’activité spatiale en Guyane. Elle agit exclusivement au profit du centre spatial dans le cadre de ses activités spécifiques, pour assurer la protection des personnes et des biens du site. Une convention la lie avec les pompiers départementaux dans le cadre d’un appui mutuel. Le programme Ariane 5 ayant été adopté le 10 novembre 1987 par l’Agence spatiale européenne, il fut décidé la création à Kourou, sur le site du Centre spatial guyanais, d’une base capable d’assurer à partir de 1995, les lancements de ce nouveau lanceur plus puissant que le précédent. Ce programme intitulé « C.S.G. 2000 » représentait un investissement total de 10 milliards de francs en sept ans. Il impliquait l’accroissement considérable du domaine opérationnel du Centre et la réalisation d’importants travaux d’infrastructure dont l’édification d’une usine de production d’hydrogène liquide, celle d’une usine de propergol (U.P.G.) et la réalisation d’un banc d’essai des accélérateurs à poudre (B.E.A.P.) qui brûle en 120 secondes pour développer une poussée de plus de 700 tonnes.

Pour répondre à ces nouveaux risques, la B.S.P.P. a décidé, en 1991, de donner à son détachement une importance accrue en augmentant ses effectifs et en plaçant à sa tête un officier supérieur. De 1970 à 1994, les effectifs de ce détachement se sont adaptés à la montée en puissance du Centre spatial guyanais, pour atteindre 90 personnels et en 1994, un médecin de la B.S.P.P. y fut également affecté. Dans le cadre du Centre national d’études spatiales, l’unité assure des missions spécifiques toutes liées aux activités du pas de tir d’Ariane, ce sont : • la protection des personnels techniciens dans les phases dangereuses avec ou sans manipulation de produits toxiques ; • la protection des convois de produits dangereux ; • la protection des personnels lors des manipulations d’ergol au cours desquelles chaque « ergolier » est directement protégé par un militaire de la brigade, appelé « ange gardien » ; • la participation à la formation sauvegarde des personnels travaillant au profit de la base ; • la maintenance des moyens de secours de la Communauté industrielle spatiale guyanaise (CISG) dont 1 500 agents travaillent au Centre spatial guyanais. – 22 –

Elles s’exercent au profit de 3 acteurs principaux présents sur le site du CSG : • l’Agence spatiale européenne (ESA) regroupant 15 pays européens ; • Arianespace qui commercialise, finance et dirige Ariane ; • le CNES maître d’œuvre du programme Ariane qui réalise les installations du CSG et coordonne les opérations et l’exploitation de la base de lancement et de l’ensemble de préparation des charges utiles (les satellites). L’UES Kourou dispose aujourd’hui d’un potentiel humain de 2 officiers, 20 sousofficiers dont 1 major et 43 militaires du rang. L'unité possède un parc matériel comptant 7 engins-pompes, 4 vecteurs sanitaires, des appuis spécifiques et 3 embarcations de type maritime et fluvial. Des engins ont été spécialement conçus pour les sapeurs-pompiers de Paris dont le VAG (véhicule ange gardien) qui a pour mission : • d’assurer les relèves des personnels en chronologie de lancement des fusées ; • de transporter le matériel spécial (6 tenues étanches, 6 bouteilles ARI et des matériels de détection…) ; • de participer à des opérations particulières en liaison avec le VERAC (véhicule d’évacuation réserve d’air comprimé), autre véhicule conçu par la BSPP qui emporte 72 m3 d’air.

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L’UNITÉ ÉLÉMENTAIRE SPÉCIALISÉE DE LACQ-ARTIX, placée pour emploi sous l’autorité du préfet des Pyrénées-Atlantiques Sous les ordres d’un capitaine, cette unité est forte de 49 personnels. L’unité est basée au centre de secours d’Artix, à 7 km de Lacq, à 20 km de Pau et d’Orthez, suffisamment proche du point d’extraction pour pouvoir intervenir très rapidement si nécessaire, sans risque d’être incommodée par les émanations dangereuses. Sa mission spécifique est la protection de la population du bassin de Lacq par un plan de secours spécialisé (PSS), en cas de fuite incontrôlée d’H2S sur un puits d’extraction. Situé sur la zone d’un établissement couvert par la directive SEVESO, un plan particulier d’intervention (PPI) peut être activé. L’organisation des opérations consiste à assurer, en cas d’accident causé par l’hydrogène sulfuré contenu dans les gaz naturels : • l’activation d’un poste de commandement opérationnel, • la détection (analyse de l’atmosphère), • la création de périmètre de danger, Le 21 janvier 1960, un accident entraînant l’intoxication de 50 personnes, oblige le directeur de la société ELF à étudier un plan de secours et le 1er mars 1960, le ministre de l’Intérieur approuve un projet de centre de secours concentrant à Artix les moyens et le personnel spécialisés pour une intervention rapide, assurée par les sapeurs-pompiers de Paris. Le 8 septembre 1961 un décret donne la vie à cette formation. – 23 – • l’alerte et le confinement de la population soumise au risque, • l’évacuation de certaines zones, • la mise en place et l’activation d’un poste médical avancé (plan rouge). Pour ce faire, l’unité dispose de 21 véhicules d’alerte, d’évacuation, de reconnaissance chimique, de matériel médical et d’un véhicule PC. Dans le cadre du

Les gardes sont assurées 24/24 heures par 16 officiers, sous-officiers et militaires du rang répartis sur 3 centres, à raison de 8 pour le centre de secours technique, 6 pour le centre de secours Ariane et 2 pour le poste de secours de l’UPG. ACTIVITÉ OPÉRATIONNELLE PRINCIPALE 3174 sorties de secours ont été réalisées en 2002, qui se répartissent de la manière suivante : • 2/3 au titre des opérations (les sapeurspompiers prennent des mesures en diminution de risque face à une activité nominale classée dangereuse, exemple : remplissage d’un satellite, activité pyrotechnique liée au lanceur) ; • 1/3 au titre des interventions (les sapeurs-pompiers prennent part à une action face à une situation dégradée, exemples : accident de circulation, déclenchement d’un détecteur incendie). Au total, 53 % de ces interventions ont concerné les ensembles de lancement Ariane, 39 % le Centre technique et 8 % l’usine de propergol de Guyane.

L’UNITÉ ÉLÉMENTAIRE SPÉCIALISÉE DE LACQ-ARTIX
À la suite de la découverte d’un important gisement de gaz naturel sur le bassin de Lacq (64) par la Société nouvelle des pétroles d’Aquitaine (SNPA), devenue ELF Aquitaine Exploration Production France, la première sonde mise en place en 1951 révélait la présence d’une nappe de gaz, corrosif pour les métaux et toxique pour les êtres vivants (hydrogène sulfuré H2S). Il fallut 6 ans pour résoudre le problème de cette corrosion et, en 1957, débutait l’exploitation.

La lettre du génie service d’incendie et de secours, cette unité défend 18 communes, soit un secteur comptant environ 10 500 habitants, et peut intervenir en renfort de secteurs voisins comme Pau, Orthez, cela jusqu’à Bayonne pour des feux de landes et même dans les départements du grand Sud. Ainsi elle a été amenée à intervenir sur l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, sur les inondations dans le Gard cet hiver et sur les feux dans le Var cet été.

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nement par des interventions au profit de la population biscarrossaise. Le Centre d’essai des Landes s’étend sur 25 km en bordure de la côte atlantique, de Biscarosse à Mimizan et couvre 15 000 hectares de forêt domaniale. Par ailleurs il dispose d’un polygone d’essais de 9 000 hectares, à Captieux, 100 km à l’est de Biscarosse. L’activité du CEL couvre les essais de développement de tous les types de systèmes d’armes et de missiles, les tirs d’entraînement à leur emploi par les forces armées françaises ou étrangères. Dans le cadre de ses activités l’UES Biscarosse est chargée : • de la protection des personnes et des biens dans l’enceinte du CEL, à l’identique d’un centre de secours « classique » ; • de la « sauvegarde terre », en assurant la vacuité des gabarits de tirs engagés par les essais par des reconnaissances aériennes et terrestres, et l’extinction des incendies de forêt éventuellement générés par les tirs ; • de la mise en œuvre du protocole d’assistance mutuelle entre le CEL et le service départemental d’incendie et de secours du département des Landes. Cela se concrétise quotidienLa globalité de la mission confiée à cette unité prend en compte aussi les aspects de prévention (commissions de sécurité, exercices d’évacuation) et de formation (secourisme, conduite tout terrain, utilisation des extincteurs) au profit des différentes entités civiles ou militaires du centre. Début 2003, cette unité a été la première engagée sur les plages françaises pour lutter contre la pollution du Prestige. Complètement intégrée au plan POLMAR déclenché dans le département des Landes, elle a assuré l’équipement et l’encadrement d’un effectif cumulé de 6 700 militaires et civils envoyés dépolluer les plages entre le 1er janvier et le 25 février 2003. Le 15 juillet 2003, la 36e compagnie est à nouveau sous les feux de l’actualité en engageant tout son potentiel au profit des personnes sinistrées par une redoutable tempête, notamment dans les campings de Biscarosse. Dans le courant de l’année 2002, l’unité élémentaire spécialisée de Biscarosse a réalisé 1132 interventions, dont 800 missions de sauvegarde terrestre. Ce sont plus de 150 personnes qui ont été secourues et 38 incendies éteints, répartis pour moitié entre le CEL et la ville de Biscarosse.

L’UNITÉ ÉLÉMENTAIRE SPÉCIALISÉE DE BISCAROSSE
Organisme de la Délégation générale pour l’armement, le Centre d’essais des Landes (CEL) fut créé le 4 juillet 1962 par décision du ministre des Armées, Pierre Messmer. C’était le plus important des 4 établissements de la Direction des missiles et de l’espace. Le concours de la brigade de sapeurspompiers de Paris fut demandé par le directeur du CEL qui recherchait des spécialistes, rompus aux problèmes posés par la lutte contre le feu et susceptibles d’assimiler rapidement les données liées aux activités du centre. Le 1er mai 1966 était créée l’unité élémentaire spécialisée de Biscarosse. Cette unité, formant la 36e compagnie de sapeurs-pompiers de Paris, est commandée par un capitaine. Il est chef d’un service d’incendie original par la mixité de son effectif comportant 71 personnes dont 53 sapeurs-pompiers militaires issus de la brigade et des personnels civils de la Défense, pour la plupart pompiers ouvriers d’État.

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LE SYSTÈME D’INFORMATION RÉGIMENTAIRE (SIR)

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Système d’information régimentaire
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SIR

Le système d’information régimentaire (SIR) est un ensemble coordonné et cohérent de plusieurs composantes opérationnelles (ABC, infanterie, ALAT, génie, renseignement, soutien et appui-mouvement) conçu pour faciliter le commandement des formations régimentaires de l’armée de terre et améliorer leur capacité d’échange et de traitement de l’information dans le cadre du combat aéroterrestre futur. Le SIR est défini autour d’un noyau toutes armes. Des applications particulières assurent les besoins spécifiques des armes et grandes fonctions opérationnelles : ABC, infanterie, ALAT, renseignement, génie, logistique.

TRONC COMMUN
Ce noyau est constitué de fonctions communes qui participent à la préparation et à la conduite de la manœuvre telles que l’appréciation de la situation tactique, l’élaboration et la diffusion des ordres et comptes rendus, l’établissement et l’actualisation des situations : AMI, ENI, LOG, NBC… Y sont associées des aides comme l’élaboration et l’exploitation des messages, la cartographie, la localisation, les aides documentaires, l’instruction…

en outre une fonctionnalité très puissante : la création et l’affichage des ordres écrits sous forme graphique.

LA FORMATION SIR À L’ESAG
L’école dispose en 2003 d’une plate-forme de 17 postes SIR en réseau, localisée dans une salle de cours du bâtiment Dromard. De même, depuis décembre 2002, l’ESAG a été équipée de véhicules SIR (2 AT 15, 1 AT 10, 2 VAB légers). Les AT 15 permettent de représenter un PC de régiment, l’AT 10 celui du capitaine comman-

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FONCTIONS SPÉCIFIQUES
Dans le SIR sont intégrées des fonctions spécifiques : • la coordination et la conduite des feux ; • la gestion du terrain ; • la coordination de la 3e dimension ; • la gestion de la logistique et l’exploitation des capteurs de renseignement. Le SIR assure l’interopérabilité entre les composantes et avec les systèmes connexes (SICF, Atlas, Martha…). Il coordonne l’emploi des armes et systèmes d’armes dans le cadre du combat interarmes. Il assure la cohérence du commandement. Le SIR permet d’accélérer la circulation et l’exploitation de l’information par la transmission et la gestion automatique des données. Il possède

dant la CCL. Les VAB légers peuvent indifféremment représenter celui du capitaine commandant une compagnie de combat ou celui d’un DLRG.

IHM ABC ALAT ENI LOG NBC SICF ATLAS MARTHA CCL GTIA VAB AT

: interface homme machine, c’est l’écran et ce qu’on y voit : arme blindée cavalerie : aviation légère de l’armée de terre : ennemi : logistique : nucléaire bactériologique chimique : système d’information et de communication des forces : automatisation des tirs et des liaisons de l’artillerie sol-sol : maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et les aéronefs à voilure fixe. : compagnie de commandement et de logistique : groupement tactique interarmes. : véhicule de l’avant blindé : abri technique

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Actuellement des cours sont dispensés au profit de futurs commandant d’unité (CFCU). Les cours sont répartis sur un volume de 35 heures. La formation est principalement orientée sur l’IHM et l’exploitation du génie. Dès 2003/2004 il est prévu que le capitaine utilise le SIR à l’occasion d’exercices tactiques joués avec le logiciel JANUS. Depuis juin 2003, ces moyens sont aussi mis à disposition des forces en cours d’équipement. À cet effet, le 13e RG est venu se former à deux reprises à l’école. Il est le premier régiment du génie à être doté du SIR. Il participera à un exercice niveau GTIA courant novembre 2003.
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Par la suite, il est envisagé d’organiser trois ou quatre stages par an au profit des régiments du génie qui seront équipés progressivement du système SIR. Le SIR, système d’information du champ de bataille aéroterrestre, est donc destiné à optimiser l’utilisation des systèmes d’armes. Déployé au cœur du champ de bataille, il est intégré dans des véhicules blindés ou dans des shelters (AT 15, AT 10) qui échangeront leurs informations par radio. Il sera utilisé dans tous les contextes d’emploi des forces. Pour optimiser l’utilisation des systèmes d’armes, c’est-à-dire renforcer la capacité d’agir vite, fort et bien, il faudra dis-

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poser, à tous les échelons de commandement, d’une information fraîche, complète et précise. Il permettra d’agir plus vite, en assurant une circulation rapide et omnidirectionnelle de l’information. Il offrira à tous les échelons de commandement une présentation ergonomique de l’information, adaptée à la prise de décision rapide, en soulageant l’officier des tâches répétitives. Il permettra d’agir plus vite, en fournissant une information complète nécessaire à la mise en œuvre coordonnée et simultanée de tous les éléments du champ de bataille (systèmes d’armes, senseurs, moyens du génie, fonctions logistiques…). Il facilitera la définition et la conduite des missions en mettant à disposition des officiers des outils d’aide à la décision (affectation optimisée et planification de leurs ressources ; détermination des actions de pénétration et de neutralisation du dispositif ennemi). Il permettra d’agir au mieux, notamment en favorisant l’économie des moyens. Il garantira la cohérence et la fiabilité de

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l’information et permettra de rentabiliser au mieux les moyens en optimisant le ratio efficacité/moyens engagés. Le SIR est actuellement dans sa phase d’expérimentation technico-opérationnelle, à ce titre il n’est pas encore projetable. Il est en cours d’amélioration.
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Des versions futures sont en cours de développement, notamment la version 3 qui verra le jour en 2004/2005. Elle intégrera de nouvelles fonctionnalités et l’IHM sera revue. La partie génie sera plus complète qu’aujourd’hui.
CBA POTIN
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ETRANGER
PHOTO GÉNIE BRITANNIQUE PHOTO GÉNIE BRÉSILIEN PHOTO GÉNIE ESPAGNOL PHOTO GÉNIE CANADIEN PHOTO GÉNIE AMÉRICAIN PHOTO GÉNIE NORVÉGIEN PHOTO GÉNIE BELGE

Le génie

RÉTROSPECTIVE

PHOTO GÉNIE AUTRICHIEN PHOTO ENTEC

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La lettre du génie

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RÉTROSPECTIVE
Lettre du génie n° 21 : le génie britannique http://www.royalengineers.com Lettre du génie n° 22 : le génie espagnol http://www.ejercito.mde.es

PHOTO GÉNIE ESPAGNOL

PHOTO GÉNIE BRITANNIQUE

Lettre du génie n° 23 : le génie belge http://www.mil.be

PHOTO GÉNIE BELGE

Lettre du génie n° 24 : le génie canadien http://www.army.forces.ca
PHOTO GÉNIE CANADIEN

Lettre du génie n° 25 : le génie norvégien http://www.mil.no/haren/ingr

PHOTO GÉNIE NORVÉGIEN

Lettre du génie n° 26 : le génie autrichien http://www.bmlv.gv.at/waffengattung/wafgt_pioniere.shtml
PHOTO GÉNIE AMÉRICAIN PHOTO GÉNIE BRÉSILIEN

PHOTO GÉNIE AUTRICHIEN

Lettre du génie n° 27 : le génie américain http://www.usace.army.mil/

Lettre du génie n° 28 : le génie brésilien http://www.exercito.gov.br

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Lettre du génie n° 29 : ENTEC - Euro Nato Training Engineer Center http://www.entecmunich.de/

À venir… Le génie ukrainien – Le génie vénézuélien
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La lettre du génie

DROIT RÉSERVÉ

DROIT RÉSERVÉ

LA CITÉ DU GÉNIE HISTORIQUE DES PONTONNIERS DÉCORATIONS FRANÇAISES des expéditions en Extrême-Orient
(1860-1940)

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La lettre du génie

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LA CITÉ
DROIT RÉSERVÉ

DU GÉNIE

MUSÉOGRAPHIE
La muséologie (concept général) a été élaborée à partir d’un programme culturel conçu par un comité scientifique composé d’historiens militaires, de spécialistes du génie, d’architectes, d’universitaires et de conservateurs. Achevé en novembre 2001, il a servi de base aux études de faisabilité, à la réalisation d’esquisses architecturales et au programme muséographique. L’importante collection d’objets et de matériels du musée du génie actuel a été entièrement inventoriée. Elle est à la base de la future présentation qui sera complétée par des dépôts du musée de l’Armée, du service historique de l’armée de terre, d’autres musées ainsi que par des dons et acquisitions futures. Deux axes majeurs orientent la future présentation des collections : • le génie à travers l’histoire de France, • les techniques dont celles du génie. Ces deux axes organisent la zone muséographique sur le schéma suivant : • un sas d’imprégnation de « l’âme » du génie qui introduit la visite du musée, • une galerie chronologique présentant l’histoire du génie en lien avec l’histoire de la France, • quatre espaces thématiques (terre, air, eau, feu) évoquant les domaines d’intervention du génie,
DROIT RÉSERVÉ

• une présentation tournante des matériels majeurs du génie. L’ensemble utilisera des techniques de muséographie moderne, adaptée et évolutive, prenant en compte les ressources financières prévues. Les espaces muséographiques seront complétés par un centre de documentation et de ressource accessible aux lycéens, aux étudiants et aux chercheurs. Il concernera le domaine historique ainsi que les domaines techniques liés à l’arme du génie (construction, fortifications, franchissement, déminage, sécurité civile…).
DROIT RÉSERVÉ

(S.T.B.F.T.), organisme spécialisé dans l’élaboration des grands projets d’infrastructure de la défense. Cette esquisse intègre les remarques formulées lors des dernières réunions de concertation avec des représentants techniques des collectivités locales. La Cité du génie sera composée d’un nouveau bâtiment de forme rectangulaire accolé à un immeuble plus ancien et complétée par un espace extérieur destiné à la présentation de matériels. La nouvelle construction abritera les collections permanentes du musée. Elle permettra de tirer le meilleur profit des surfaces de présentation (environ 800 m2) tout en gardant les sous-sols aménagés de l’ancien bâtiment qui serviront de réserve. L’ancien bâtiment, de 1400 m2 utiles, sera réaménagé pour recevoir l’espace d’accueil, les locaux techniques (bureaux…), le centre de documentation et de recherche, l’espace de rencontres, de colloques et d’expositions temporaires, ainsi que la librairie et la cafétéria.

Enfin, un centre de rencontre accueillera des expositions temporaires, des conférences, des colloques et des réceptions. Ouvert vers le monde civil et plus particulièrement vers la population angevine, cet espace sera un lieu d’échange privilégié pour développer les liens arméenation.

La poursuite du projet architectural dans le cadre de la haute qualité environnementale se fera en concertation avec les services techniques de la ville d’Angers afin de rendre cette construction conforme à la politique d’urbanisme et de développement durable de la municipalité.

ESQUISSE ARCHITECTURALE
Sur la base d’un programme défini par un conseil scientifique de haut niveau, une esquisse architecturale a été réalisée à Versailles par le Service technique des bâtiments, fortifications et travaux – 32 –

PRÉSENTATION DE LA CITÉ DU GÉNIE
Depuis plusieurs années, le chef d’étatmajor de l’armée de terre a initié une politique patrimoniale ambitieuse et volontariste.

La lettre du génie Dans ce cadre, le général commandant l’Ecole supérieure et d’application du génie a décidé la création d’une Cité du génie à Angers sur l’emprise du quartier Éblé situé derrière la gare SaintLaud. Cette Cité du génie sera un lieu de mémoire et de prospective tant pour les militaires que pour la population angevine. Elle possédera trois pôles indissociables : • un espace muséal, • un centre de documentation et de recherche historique et technique, • un espace de rencontres, de colloques et d’expositions temporaires (auditorium, salle de réunion, salle de réception). La Cité du génie sera un élément majeur pour la promotion de l’esprit de défense et le resserrement du lien armée-nation particulièrement envers les jeunes Français. Car elle est, à la fois, un lieu de mémoire des hommes et des techniques dont celles de l’arme du génie, un lieu de recherche pour les lycéens et les étudiants et un lieu d’échange entre les militaires et la population civile.

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DROIT RÉSERVÉ

L’École supérieure et d’application du génie sollicite un partenariat des collectivités locales pour en assurer l’aboutissement. La participation financière importante de l’état-major de l’armée de terre consacrée à ce projet montre sa volonté certaine et remarquée d’investir dans la culture locale angevine. Ambitieuse mais néanmoins réaliste et pragmatique, la Cité du génie sera un pôle attractif, dynamique et complémentaire pour la ville d’Angers, le département du Maine-et-Loire et la région des Pays de la Loire.

location de la salle de rencontres, les revenus de la librairie, les cotisations des adhérents, des dons et des subventions. Un site internet « musee-du-genie-militaire.com » a été ouvert par l’association pour promouvoir le projet et le faire connaître. CONTRIBUTION PUBLIQUE L’état-major de l’armée de terre prend à sa charge une partie du personnel permanent de fonctionnement de la Cité du génie à concurrence de 8 personnes dont le conservateur. De plus, le musée peut bénéficier statutairement de l’emploi de cadres de réserve et de l’aide ponctuelle des officiers et sous-officiers de l’École. L’École supérieure et d’application du génie prend à sa charge les dépenses d’entretien du propriétaire ainsi que les dépenses énergétiques (eau, électricité, chauffage…). Ainsi est-il consenti un effort important par le ministère de la Défense pour assurer une gestion équilibrée suivant les prescriptions de l’instruction ministérielle (I.M.) citée en référence.
Commandant GARNIER DE LA BAREYRE

FONCTIONNEMENT
Références : – I.M. n° 3000/DEF/EMAT/EMPL/SH du 19/12/83 – lettre n° 711/DEF/EMAT/DEL.PAT du 19 octobre 2000 – lettre n° 150/DEF/EMAT/DEL.PAT du 6 mars 2002 Les études d’impact et les études de faisabilité ont montré l’existence d’un potentiel réel de visite avec, comme objectif, 40 000 visiteurs par an. De plus, une synergie entre la Cité du génie et les musées de la ville d’Angers dynamisera la fréquentation de chacun. La gestion de la Cité du génie est assurée par « l’association musée du Génie » de type loi 1901. Elle repose sur un financement privé et un financement public. APPORT PRIVÉ L’association, par une convention établie avec l’État, prend en compte une partie des dépenses de fonctionnement. Pour cela, elle perçoit les droits d’entrée, les revenus de la – 33 –

DROIT RÉSERVÉ

Cet ensemble se doit d’être fonctionnel en 2007 à l’occasion de la célébration nationale du tricentenaire de la mort du maréchal Vauban, créateur de l’arme du génie. Le coût de la Cité du génie est évalué, de façon fiable, à 4,6 millions d’euros, muséographie comprise. L’État-défense s’est engagé à financer 50 % du montant total de la réalisation. Il en est le concepteur et le maître d’ouvrage. Les études d’impact ont démontré le bien-fondé, la viabilité et la pertinence du projet. La conduite de ce projet muséal suit en tous points les étapes recommandées par la direction des musées de France.

DROIT RÉSERVÉ

La lettre du génie

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Historique

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DES PONTONNIERS
DROIT RÉSERVÉ DROIT RÉSERVÉ

La constitution d’un corps militaire spécial destiné à construire des ponts date de la Révolution française. Auparavant, la conduite des opérations ne nécessite pas la construction rapide d’un pont. Les troupes passent à gué, voire même à la nage. Dans la plupart des situations, le passage d’un fleuve ou d’une rivière importante se fait par la prise d’une ville qui possède un pont. Cependant, vers le milieu du XVIIIe siècle, quelques soldats sont spécialisés dans la construction de ponts en bois et font partie des ouvriers militaires d’artillerie. Les nouvelles tactiques utilisées par l’armée française dès 1792 ne peuvent plus s’accommoder des vieux systèmes de franchissement. En 1792, la vieille corporation des bateliers de Strasbourg est militarisée puis organisée en compagnie. Trois autres compagnies sont levées en Alsace et forment ensemble un « bataillon des pontonniers » dont le premier chef nommé Dartellet est élu par les bateliers euxmêmes. Quatre autres compagnies sont recrutées à partir des bateliers de Mayence et forment un autre bataillon. Après la capitulation de cette ville, ce bataillon se replie sur Strasbourg et demande, en 1794, sa fusion avec le bataillon déjà présent. Cette mise en place s’est faite dans la précipitation. La poursuite de la guerre nécessite une rationalisation des pontonniers. La loi du 7 mai 1795 autorise la création d’un bataillon de pontonniers à huit compagnies dans l’arme de l’artillerie. Le général Éblé, commandant en chef l’artillerie du Rhin, reçoit les pleins pouvoirs pour organiser cette nouvelle structure.

C’est sur la base des compagnies existant à Strasbourg que se forme le 1er bataillon des pontonniers. Le premier commandant de ce nouveau bataillon est le chef de bataillon Dedon. Il a beaucoup de difficultés à inculquer un esprit militaire à des officiers et sous-officiers improvisés, plus préoccupés de leur confort et de leur tranquillité que de participer à l’entraînement. En obtenant le renvoi de Dartellet, il réussit à insuffler une dynamique faisant en quelques mois de ce bataillon un outil de guerre performant. Un deuxième bataillon est créé dans l’armée de Sambre-et-Meuse le 19 février 1797 par le regroupement de plusieurs compagnies formées ponctuellement et disséminées sur le théâtre d’opérations du Nord de la France. Cette nouvelle unité est composée de soldats et d’officiers ayant fait leurs preuves lors des diverses compagnes militaires. Le 17 avril 1800, les deux bataillons sont regroupés sous les ordres de Dedon devenu chef de brigade. – 34 –

Cependant, les deux unités restent autonomes. Un troisième bataillon voit le jour en Italie à partir de bateliers lombards en décembre 1800. L’existence de cette unité est éphémère, car elle est dissoute le 10 octobre 1801. Les compagnies restantes sont incorporées à Milan dans le deuxième bataillon attaché désormais à l’armée d’Italie.

Jean-Baptiste Éblé

La lettre du génie

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L’EMPIRE
La vie des pontonniers suit le cours des guerres napoléoniennes. Devant le nombre croissant de théâtres d’opérations, les bataillons vont détacher des compagnies pour appuyer les armées. L’organisation va peu changer. Seul le nombre de compagnies évolue au gré des besoins et des ressources. En Espagne, dès 1808, quatre compagnies du 1er bataillon et une du 2e y opèrent. En juillet 1808, le 1er bataillon passe de six à dix compagnies tandis que l’autre bataillon est réduit à six compagnies. Le 31 octobre 1810, les pontonniers hollandais sont incorporés au 1er bataillon et forment la 11e compagnie. Cette même année, les cinq compagnies disponibles du 2 sont envoyées à Turin où s’ouvre une école de pontonniers qui complète celle de Strasbourg. En 1812, pour la campagne de Russie, le 1er bataillon fournit sept compagnies attachées au corps du maréchal Davout. Le 2e bataillon au complet suit l’armée commandée par le prince Eugène, vice-roi d’Italie. Décimés au retour de cette campagne, les pontonniers sont reformés pour faire face à la campagne d’Allemagne. Le
DROIT RÉSERVÉ

DROIT RÉSERVÉ

1er bataillon est recréé à six compagnies. Le 2e, qui a réussi à conserver près de cinq cents hommes de la retraite de Russie, se réorganise en trois compagnies dès avril 1813 au dépôt de Turin. Un troisième bataillon à trois compagnies est créé en avril 1813 à partir notamment de marins et d’ouvriers venus de la marine. La campagne d’Allemagne à l’été 1813 entraîne la capture des compagnies de pontonniers présentes sur ce théâtre d’opérations. De nouvelles compagnies sont levées et créées à partir de l’automne : quatre au 1er bataillon à Metz et deux à Turin. De plus, il reste encore trois compagnies en Espagne. L’ensemble permet de satisfaire en grande partie au besoin des armées françaises lors de la campagne de France de 1814. Les pontonniers ont été admirables de courage et de dévouement lors des guerres impériales. Deux faits d’armes célèbres suffisent à montrer le savoir-faire et le sacrifice de ces hommes : le franchissement du Danube de vive force en 1809 lors de la bataille d’Essling puis de Wagram et le passage de la Bérézina en 1812. Ce dernier fait d’armes est même devenu une légende. Il est l’exemple du devoir absolu et a profondément marqué les esprits pendant tout le XIXe siècle. Les pontonniers et les sapeurs sous les ordres du général Éblé construisirent deux ponts dont un pour les voitures et l’artillerie. Les pontonniers se mirent à l’eau malgré le froid et les glaces char– 35 –

riées par la rivière. Pendant cinq jours, du 26 au 30 novembre, ils travaillèrent jour et nuit à construire, réparer, étayer et renforcer les ponts jusqu’à leur destruction volontaire dans la nuit du 29 au 30 novembre. Ainsi, quatre cents hommes sauvèrent le reste de la grande armée. La plupart succombèrent à leurs tâches dont leur chef, le général Éblé décédé le 30 décembre après avoir donné lui-même l’exemple.

DE LA RESTAURATION À LA DÉFAITE DE 1870
Pendant la première Restauration, les pontonniers sont réduits à un bataillon à dix compagnies. Après les Cent-Jours, il est licencié et recréé le 1er janvier 1816. Il comporte six compagnies et est basé à Strasbourg. Cette ville sera la garnison des pontonniers jusqu’en 1870 sauf en 1850 où le régiment sera envoyé à Auxonne. Le nombre des compagnies est porté à 12 en 1829 lors de la grande réforme de l’artillerie. Une compagnie, la troisième, participe à la prise d’Alger en 1830. En 1841, le bataillon devient le 15e régiment d’artillerie-pontonniers. Pendant le second Empire, il devient le 6e régiment d’artillerie à pied en 1854. Il est alors composé de seize compagnies dont quatre compagnies de conducteurs. Les effectifs sont importants : environ 1 700 hommes et 350 chevaux. En 1855, une compagnie d’ouvriers-pontonniers est organisée à la garde impériale. Son existence est éphémère car elle est dissoute en novembre 1865. La réorganisation de l’armée en 1867 change l’appella-

La lettre du génie tion du régiment en 16e régiment d’artillerie-pontonniers. Durant la guerre de 1870, le chef de corps, le colonel Fievel, est tué lors d’une sortie de garnison.

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LA FIN DE L’IDENTITÉ DES PONTONNIERS
Après la défaite, le régiment est transféré à Lyon puis à Avignon en 1871. En 1875, les lois organiques traitant de la réorganisation de l’armée de terre prévoient la formation d’un deuxième régiment de pontonniers. Celui-ci voit le jour un an plus tard à Angers. Il porte le nom de 2e régiment de pontonniers. Les deux régiments sont organisés sur le même principe avec 14 compagnies. Chacun des deux régiments dispose d’un étendard sur lequel est inscrit : – PASSAGE DU RHIN 1795 – PASSAGE DE L’ADIGE 1801 – PASSAGE DU DANUBE 1809 – PASSAGE DE LA BEREZINA 1812 Les pontonniers reprennent comme attribut une ancre brodée laine écarlate ou en fil d’or sur la manche gauche pour les sous-officiers. Cette ancre n’a aucun rapponts en maçonnerie, ponts en bois sur pilotis ou sur chevalets et éventuellement ponts mobiles ». En 1894, la question est définitivement tranchée. La loi du 29 juin supprime les deux régiments de pontonniers. Il est créé alors deux nouveaux régiments dans l’arme du génie : le 6e régiment du génie à Angers et le 7e régiment du génie à Avignon. Leurs effectifs proviennent essentiellement du 1er et du 4e régiment du génie. Peu d’artilleurs-pontonniers changent d’arme (environ trois cents à Angers). Seul un officier au 6 et trois au 7 acceptent le transfert d’arme. Les deux nouveaux régiments ne se spécialisent pas dans la construction de ponts mobiles. C’est simplement une mission parmi toutes celles du génie en général.
Commandant GARNIER DE LA BAREYRE

Équipages de pont - haquet mle 1853 chargé de la nacelle

port avec la marine, c’est un souvenir de la corporation des bateliers de Strasbourg. Les deux régiments de pontonniers appartiennent à l’arme de l’artillerie. La répartition des missions de franchissement entre le génie et l’artillerie n’est pas claire. Le décret de 1883 ne fait que confirmer cette ambiguïté. À l’artillerie est confié « le passage en bateaux, ponts mobiles et éventuellement, ponts en bois sur pilotis et sur chevalets » et au génie « les travaux de marche et d’opérations, construction et destruction des

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE : • Général ROGERIE, La Bérézina, Angers, 1980. • Général SUZANNE, Histoire de l’artillerie française, Paris, 1874. • Commandant LETRAIT, Insignes de l’artillerie, Toulouse, chez l’auteur.

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Décorations françaises

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DES EXPÉDITIONS EN EXTRÊME-ORIENT
1860-1940

I – SOUS LE SECOND EMPIRE (Napoléon III • 1852-1870)

Légion d’honneur Croix de commandeur

Médaille militaire

Médaille commémorative de Chine
(inscription Pékin en chinois)

Créée en 1802

Créée en 1852

Créée en 1861

II – SOUS LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE (1871-1940)

Légion d’honneur Croix de commandeur

Médaille militaire

Médaille commémorative du Tonkin

Créée en 1802

Créée en 1852

Créée en 1885

Médaille commémorative de Chine 1901-1902 avec une agrafe

Médaille coloniale* avec les agrafes :

LAOS et MÉKONG TONKIN COCHINCHINE INDOCHINE

Créée en 1902

Créée en 1893

* La médaille coloniale a été la plus décernée des médailles commémoratives avec plus de 50 agrafes. Les inscriptions sur cette photo ne sont qu’un exemple. * La médaille d’outre-mer (même ruban, même avers) remplacera cette médaille à partir d’un décret du président de la République Charles de Gaulle le 6 juin 1962 (à la fin de la guerre d’Algérie 1954-1962).

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La lettre du génie

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L’aménagement de la route mandarine reliant Hué à Tourane (Da Nang) est l’œuvre des sapeurs du 1er RG en 1886-1888. Ce poste de surveillance du col des nuages (Haï Van) construit en 1887 est toujours visible comme sur cette photo prise par l’auteur en mars 2002.

INSCRIPTIONS DES DRAPEAUX ET DÉCORATIONS
Afin de créer un mémorial du génie, une cérémonie s’est déroulée sous les arches du bâtiment Vauban de la caserne Éblé à Angers pendant la IVe convention du génie, le 5 juin 2003. Le général de corps d’armée Vincent, major général de l’armée de terre, et le général Bezacier, commandant l’École supérieure et d’application du génie, ont dévoilé des plaques commémoratives rappelant les inscriptions des drapeaux ou fanions des trois composantes de notre Arme, unités actuellement en activité, ainsi que quatre plaques donnant le nom des officiers du génie inscrits à l’Arc-deTriomphe de l’Étoile à Paris. Les inscriptions portées sur les drapeaux des régiments du génie sont des récompenses collectives obtenues à la suite d’actions d’éclat et héroïques des compagnies, des bataillons ou des régiments eux-mêmes. J’ai remarqué que les soies de nos quatre premiers régiments avaient porté l’inscription « Extrême-Orient 1884-1885 » (1er, 2e, 3e et 4e RG). Cette récompense collective sur le sud-est asiatique m’a incité à rechercher les récompenses individuelles acquises par les participants.

Avant le premier conflit mondial les membres des corps expéditionnaires pouvaient obtenir la Légion d’honneur (avec différents grades) ou la médaille militaire, mais s’il existait des citations, elles ne donnaient pas droit à la croix de guerre non encore créée. Napoléon III, s’inspirant de l’Angleterre, va instituer pour chaque campagne ou expédition une médaille commémorative pour récompenser tous les participants. Pour l’Extrême-Orient, sous le second Empire, nous avons la médaille de Chine, superbe pièce en argent, avec Napoléon III à l’avers et l’inscription « Expédition de Chine 1860 » au revers complétée par les noms des batailles « Takou, ChiangKiawou, Palikao et Pékin ». Sur le ruban jaune est tissé en bleu et en chinois le nom de Pékin. Sous la IIIe République, le système des médailles commémoratives se poursuit avec la médaille du Tonkin (campagne 1883-1885), la médaille de Chine 1901-1902 et la médaille coloniale avec des agrafes correspondant aux phases d’intervention sur des territoires différents. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les combattants en Indochine française recevront toutes les décorations françaises de ce conflit.

1912 Général de division Joffre grand officier de la Légion d’honneur Le général porte après la croix d’officier de la Légion d’honneur, la médaille du Tonkin gagnée comme capitaine du génie en 1885. Cité, il sera fait chevalier de la Légion d’honneur la même année.

À partir de 1945 et jusqu’en 1954, les membres du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient pourront recevoir la Légion d’honneur, la médaille militaire, la croix de guerre TOE, la médaille coloniale avec l’agrafe « Extrême-Orient » et la médaille commémorative de la campagne d’Indochine. Cette dernière possède un ruban à traits verticaux verts et jaunes qui rappellent ceux de la médaille du Tonkin de 1885 et de la médaille de Chine de 1902.
Général Bernard RICHE

La lettre du génie

CAMPAGNE FEUX DE FORÊTS 2003

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La lettre du génie

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Campagne

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FEUX DE FORÊTS 2003

Comme tous les pays de la zone Méditerranée, la France a subi cette année une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Les incendies de forêts 2003, qui furent les plus importants depuis de nombreuses années, ont coûté la vie à 3 sapeurs-pompiers et blessé de nombreux autres dont un de nos camarades du 3e hussards qui servait en section militaire intégrée. Comme tous les ans, les formations militaires de la sécurité civile ont été engagées de façon importante dans ce combat, renforcées par les armées (SMI, MAS, GGI et hélicoptères du DIH). C’est une mission de plus de trois mois particulièrement dense et passionnante, nécessitant une préparation importante des hommes et du matériel.

La montée en puissance du risque technologique en France oblige les ForMiSC à faire porter leur effort dans ce domaine comme le témoigne la création de la compagnie technologique de l’UIISC 7. Pour autant, cela ne veut pas dire que les risques naturels et particulièrement le risque feux de forêts soient délaissés. Pour cette campagne 2003, les ForMiSC ont projeté dans la zone de défense sud pour trois mois plus de 600 hommes, soit la totalité des effectifs opérationnels et instruits de la composante « risques naturels ». Sur ces 600 hommes, 200 furent initialement prépositionnés sur le continent, des Pyrénées-Orientales jusque dans les Alpes-de-Haute-Provence, les 400 autres en Corse. Deux sections ont des missions particulières : la section appui et le détachement d’intervention héliporté (DIH). La section appui, armée d’engins de travaux publics, a notamment pour mission de réaliser des pénétrantes dans la forêt pour accéder au feu, de valoriser des lignes d’appui ou de traiter les lisières (cas d’un feu de tourbe par exemple). Renforcée pour la première fois cette année par un groupe du 5e régiment du génie, elle a notamment été particulièrement employée sur les grands feux de Lozère, à Sainte-Enimie et Hure-laParade, où elle a permis aux moyens de secours de s’engager au plus près du sinistre. Elle fut aussi engagée sur les grands feux du Var. Le DIH intervient avec trois hélicoptères de l’ALAT. Héliporté au plus près des foyers, il est chargé de traiter les feux inaccessibles

aux moyens terrestres. Extrêmement souple d’emploi, il peut être engagé dans des délais très courts à n’importe quel endroit de la façade méditerranéenne, sur le continent comme en Corse. La nuit du 13 au 14 août restera gravée dans la mémoire de ses sapeurs. Le DIH a basculé du continent où il combattait depuis sept jours le feu de Luceram vers la Corse pour être engagé sans délai sur les feux de Tolla puis de Sisco. Les autres sections ont été engagées plus d’un jour sur deux en combat direct. Le reste du temps, elles se reconditionnaient en DIP ou en DA (cf. ci-après). Toutes ces sections travaillent régulièrement avec les sections militaires intégrées (SMI) qui ont battu cet été tous les records d’activité. Transportées en Puma ou en camion, leur action sur les lisières a été saluée par la population et les sapeurspompiers. Leur utilité a été confirmée. À côté des SMI, les MAS sont des détachements des trois armées organisés en patrouilles sur VLTT, ils sont chargés en arpentant le terrain de dissuader les éventuels incendiaires et d’alerter à la moindre fumée suspecte décelée. Au nombre de 12 en période normale, ils sont déployés sur toute la zone de défense sud. Année exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle ; fin juillet sur demande de la DDSC, les armées doublèrent le nombre de MAS et renforcèrent le dispositif de 2 HL d’observation et de 2 Puma pour l’action des SMI. – 40 –

Cette année donc, les ForMiSC auront eu à faire face à une campagne dense, dès le début du mois de juillet, avec des interventions particulièrement nombreuses, sur le continent comme en Corse. Les ForMiSC sont présentes sur tous les grands feux, du massif des Maures à la Lozère en passant par le feu de Bonifacio à l’extrême sud de la Corse. Les sections partent sur feu, pour plusieurs heures voire plusieurs jours de lutte. Une intervention sur feu, c’est d’abord une disponibilité constante : la section est prépositionnée en détachement d’intervention préventif (DIP) ou en détachement avancé (DA), chaque jour, sur le terrain, dans les endroits où les risques sont les plus importants. Elle peut ainsi attaquer un feu naissant très rapidement, ce qui est le meilleur gage de succès. En dehors de ces heures, elle reste en permanence prête à partir, de jour comme de nuit. Une intervention sur feu, c’est surtout des heures de lutte éprouvantes, en pleine chaleur, sur un terrain souvent difficile, avec parfois des kilomètres de tuyaux à mettre au sol pour combattre. C’est aussi la nécessité d’être autonome et de pouvoir durer sur le terrain plusieurs jours.

La lettre du génie campagnes feu, douze de nos camarades ont trouvé la mort ; ne les oublions pas. La campagne d’été nécessite, on l’a vu, une implication importante des personnels sur le terrain, mais elle mobilise aussi beaucoup de logistique. D’une part, les matériels doivent être opérationnels en permanence, faute de quoi les sections sont déclarées indisponibles et ne peuvent plus être engagées sur le terrain. Le taux de disponibilité des matériels s’est élevé cet été grâce au soutien des établissements de soutien opérationnel et logistique (ESOL) à plus de 90 %. D’autre part, les sections sont susceptibles d’être engagées sans délai n’importe où sur la zone sud en cas de sinistre important. Cette réactivité demandée aux sections nécessite aussi la mise en place rapide de moyens importants. Ce fut le cas début août avec la bascule en Corse de trois sections stationnées sur le continent et l’engagement sur ordre du colonel commandant les ForMiSC d’une section de marche armée de personnels dédiés aux risques technologiques ; bascule réalisée dans l’urgence en avion de la sécurité civile et en hélicoptères de l’ALAT. Malgré la campagne feu, les alertes sont maintenues. Les ForMiSC restent aptes à intervenir en France où à l’étranger dans les trois heures pour répondre à n’importe quel risque naturel ou technologique, et notamment de mener la mission la plus délicate et la plus noble qui soit : le sauvetage déblaiement. Ceci nécessite de prépositionner près de la troupe les nombreux matériels nécessaires à ces alertes, tous aérotransportables. Bien que ce ne soit plus la priorité opérationnelle des ForMiSC, le feu de forêt reste une activité prépondérante au sein des unités pour au moins trois raisons. La première, la campagne d’été monopolise un volume important de personnels et de matériels. La deuxième, la mission s’étale pendant trois mois, de juillet à septembre. Enfin, durant cette période, les personnels sont engagés sur des missions « réelles », concrètes et passionnantes. Ces missions feux de forêts, de par leur qualité, restent l’une des motivations majeures des jeunes engagés par la sécurité civile car elles leur – 41 –

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Ces interventions sur feu restent délicates et exigent des personnels motivés, techniquement et physiquement préparés. Tout d’abord, l’accès à un chantier feux de forêts peut se faire de jour comme de nuit, sur un terrain accidenté, et nécessite donc de la part des conducteurs une bonne maîtrise de leur véhicule, en particulier en tout terrain. Le combat contre un feu toujours imprévisible requiert une parfaite maîtrise des techniques feux de forêts, individuelles et collectives, et un sens du commandement affirmé. Cette nécessaire préparation passe par des manœuvres régulières avant la campagne, pour réacquérir les automatismes individuels et les savoirfaire collectifs. Les tournantes en Corse (les sections de l’UIISC 1 et de l’UIISC 7 arment à tour de rôle les deux sections de Corté) sont pour chaque section l’occasion d’effectuer des entraînements feux de forêts pendant un voire deux mois entre octobre et juin. Elles permettent aussi aux sections de se familiariser avec le terrain sur lequel elles évolueront pendant l’été. Les brûlages dirigés, l’hiver, sont aussi un excellent moyen de préparation. Éprouvants physiquement, ils permettent de développer la rusticité des sections et à chacun d’apprendre ou à réapprendre le feu, son évolution, et à s’habituer aux flammes. Cette préparation permanente de la mission « feux de forêts » est indispensable pour limiter au maximum le risque lors d’une intervention et éviter les drames. Au cours des

apportent l’action et l’aventure qu’ils recherchent. L’automne met fin à cette activité, en partie tout du moins, mais ce n’est pas pour autant le temps de l’inactivité. En zone méditerranéenne, les trombes de pluie suivent généralement de près les feux de forêts, et il n’est pas rare d’enchaîner sur des inondations avant même d’être désengagé de la campagne de feu. Tout le monde a encore en mémoire les inondations catastrophiques de septembre 2002 dans le Gard et l’Hérault. L’automne marque aussi le début de la saison cyclonique dans les Antilles. L’aide à la population en tous lieux et en tous temps prendra malheureusement le relais et donnera de multiples occasions aux femmes et aux hommes des formations militaires de la sécurité civile de respecter comme toujours depuis trente ans leur devise : « Servir pour sauver ».
Le 1er septembre 2003, Capitaine ARCANGER Officier études de l’état-major des ForMiSC

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À DÉCOUVRIR
Une page de l’histoire des sapeurs pendant la Seconde Guerre mondiale vient d’être écrite pour les jeunes qui ont choisi de servir dans notre Arme : celle des Compagnons de la Libération issus des rangs du génie (active ou réserve). Préfacé par le général SIMON, chancelier de l’ordre de la Libération au moment de la création de l’ouvrage, présenté par le général BEZACIER, commandant l’École supérieure et d’application du génie pour sa parution, le livre d’instruction est en deux parties : la première est consacrée à la biographie de 32 compagnons et la deuxième comporte une série d’annexes qui replacent leur action dans son environnement. Avec des photos et des textes le plus souvent inédits, le général RICHE fait revivre une période souvent mal connue de l’histoire du génie.
Ce livre de 200 pages, très illustré, sera en vente à partir du 2 septembre 2003 à l’adresse suivante : École supérieure et d’application du génie Centre de documentation 106, rue Éblé BP 34125 49041 ANGERS Cedex 01

• Prix d’un exemplaire acheté sur place 12,30 euros • Prix d’un exemplaire commandé (port compris) 15,80 euros • Pour une commande collective, s’adresser au centre de documentation

La lettre du génie

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GROUPE DE DÉFENSE NUCLÉAIRE, BIOLOGIQUE ET CHIMIQUE
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Chronique d’une réussite non programmée : la défense NBC a 5 ans De 2004 à 2008, le GDNBC évolue en régiment Le GDNBC présent dans le golfe arabo-persique

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La lettre du génie

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Groupe de défense

NUCLÉAIRE, BIOLOGIQUE OOOOO ET CHIMIQUE
Chronique d’une réussite non programmée

LA DÉFENSE NBC SPÉCIALISÉE A 5 ANS !
Le groupe de défense NBC du 1er Juillet 1998 au 1er Juillet 2003
Tout juste créé, le GDNBC réalise sa 1re action avec l’opération « Cooperative Assembly » en août 1998 en Albanie en tant qu’élément de protection des unités du génie chargées de la réhabilitation de certains sites vitaux à la population. Cette projection fixe la 1re marche du grand escalier que cette jeune unité va gravir. Juin 1999, la fin du conflit en ex-Yougoslavie voit la mise en place de la KFOR, une structure OTAN au Kosovo. Le GDNBC projette alors sa 1re équipe d’expertise NBC au sein du PC français de Mitrovica. Sans discontinuer depuis cette date, les éléments de 4 personnes puis de 6 et enfin de 8 (en juin 2003) ont réalisé un travail de prévention, de gestion et de restauration sans équivalent dans les armées. Plusieurs milliers de tonnes de produits toxiques dangereux et mortels ont été transférées, neutralisées, détruites ou reconditionnées pour le bien et la santé des personnels de la KFOR et des populations locales. Du 18 au 25 février 2001, le GDNBC déploie des VLRA de décontamination NBC au camp du 21e RIMa de Fréjus pour apporter un appui au camp des réfugiés kurdes, montés en urgence pour secourir ces personnes arrivées en France dans des conditions sanitaires désastreuses. Du 13 au 20 avril 2001 le GDNBC est au cœur du dispositif lors du transfert des obus chimiques de Vimy et complète les

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Le groupe de défense nucléaire biologique et chimique, à deux compagnies, est créé le 1er juillet 1998 au sein de l’École de défense NBC de Brettevillesur-Odon. Cette unité spécifique, dotée de moyens modernes et d’un système d’arme de haut niveau technologique, est issue du regroupement de la 601e batterie de défense NBC de la force d’action rapide et de la 603e batterie de défense NBC du 3e corps d’armée. Il intègre la brigade du génie, dont il est une des cinq unités. Le groupe de défense NBC devient une unité spécialisée, la seule entité des forces en charge de la défense NBC. Il devient corps de troupe de 1er niveau le 1er juillet 2000 lors de son transfert à Draguignan et se voit confier la garde de l’étendard du 601e régiment NBC. Depuis sa création, le groupe de défense NBC a participé à de nombreuses actions qui ont forgé un esprit de corps et une volonté farouche de démontrer ses savoir-faire et ses expertises.

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La lettre du génie moyens mis en place par la sécurité civile avec l’apport de 3 VAB reconnaissance NBC et de 2 VLRA de décontamination.

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Après les attentats du 11 septembre 2001, l’équipe NBC du Kosovo intervient à six reprises sur des alertes à « l’anthrax ». Depuis cette date, le GDNBC fournit les moyens de désinfection et de détection chimique afin de faciliter la gestion d’un attentat éventuel dans le cadre des plans gouvernementaux. À partir de l’automne 2002, le GDNBC participe à des exercices multinationaux (Croatie, France, Allemagne, République Tchèque, Canada) sur les thèmes d’attentat terroriste radiologique, chimique ou biologique. Le 22 mars 2003, en application des accords de défense entre Paris et Doha, un module de 40 personnes du GDNBC basé sur des moyens de détection et de décontamination NBC est projeté au Qatar. Ce sera la seule unité française présente dans cette partie du monde pendant les opérations militaires en Irak. Une première du 31 mai au 3 juin 2003, le GDNBC participe à la sécurité du sommet du « G8 » à Évian en armant une section d’alerte NBC à très court préavis. Face aux nouvelles menaces d’utilisation terroriste d’armes non conventionnelles sur les théâtres de projection, l’étatmajor de l’armée de terre décide, à l’automne 2002, de renforcer la défense NBC spécialisée dans les forces terrestres. La décision de créer un régiment de défense NBC avec 7 compagnies est prise en mars 2003 avec une montée en puissance étalée sur 4 ans. Unité unique dans les armées par sa spécificité, son expérience et sa technologie, jeune avec seulement 5 ans d’existence dont 3 réellement comme corps de troupe, le groupe de défense NBC a réussi à démontrer son utilité et apparaît désormais comme incontournable…
Lieutenant Serge LAMADON

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La lettre du génie

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De 2004…

LE GDNBC ÉVOLUE EN RÉGIMENT
… à 2008
L’état-major l’armée de terre engage une réforme en profondeur de l’outil de défense NBC afin de faire face aux engagements pris par la France en multinational (participation Bataillon européen, l’Eurocorps, l’OTAN) et en dotant l’armée de terre d’un outil adapté aux missions qu’elle doit remplir. Le GDNBC évoluera en régiment de défense NBC sur 4 ans de 2005 à 2008 (voir prévision ci après).

UNE MONTÉE EN PUISSANCE DÈS LE PLAN DE MUTATION 2004 45 postes supplémentaires seront répartis comme suit : • 24 personnels défense NBC : 4 officiers, 8 sous-officiers et 12 EVAT, pour nos 4 équipes de reconnaissance et d’évaluation (ERE) qui seront en simple qualification ; • 20 personnels administratifs : 6 sous-officiers et 14 EVAT pour créer les groupes administratifs au sein des sections de commandement des unités élémentaires ; • 1 officier supérieur pour le poste d’officier supérieur adjoint.

Les équipes de reconnaissance et d’évaluation (ERE) vont dès 2004 voir une augmentation de leurs effectifs et de leurs matériels. Le système de décontamination approfondie (SDA) livré au GDNBC en 24 exemplaires en 2004 et 20 autres après 2008

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LE GDNBC PRÉSENT DANS LE GOLFE ARABO-PERSIQUE
Le groupe de défense NBC a été la seule unité militaire française présente dans cet endroit du globe pendant les opérations militaires en Irak. En marge des opérations des forces de la coalition en Irak, un détachement de défense nucléaire, radiologique, biologique et chimique fourni par le GDNBC de Draguignan s’est déployé au Qatar du 22 mars au 22 mai 2003 en application des accords de défense entre la France et ce pays. Les conditions de mise en place ont été marquées par la rapidité et la réactivité : le 19 mars 2003 à 13 h 30, mise en alerte de la 2e Cie du GDNBC en manœuvre au camp de Caylus et décollage d’Istres le 22 mars 2003 à 11 h 30 après une montée en puissance accélérée à Draguignan. Le détachement commandé par le capitaine Lion était composé d’un groupe de commandement, d’un groupe de reconnaissance équipé de 2 VAB RECO NBC, d’un groupe de décontamination équipé de 2 VLRA F2 et d’une équipe de reconnaissance et d’évaluation NBC. Fort de 39 hommes, cet élément regroupait du personnel du GDNBC, de la 16e BSMAT (ELI AEB) et du 40e RT (équipe trans.). La mise à disposition par les autorités qataries d’appareils adaptés (Antonov 122 et Iliouchine 76) a permis une projection des matériels majeurs dans d’excellentes conditions, de même que l’accueil et l’installation du détachement. Les forces armées qataries n’ont eu de cesse de couvrir la totalité des besoins matériels du détachement en anticipant largement les attentes avec une préoccupation constante et marquée pour le bien-être du personnel et la qualité du séjour. Placé directement sous les ordres de l’état-major des armées et sous le contrôle opérationnel de l’attaché de Défense de la France au Qatar, le détachement avait pour mission première de pouvoir fournir en permanence un appui DNBC aux autorités qataries. Le volume du détachement a permis de maintenir 24 heures sur 24 une capacité de réaction immédiate significative en matière de reconnaissance NBC, de décontaminaPHOTO GDNBC

confiance a ainsi rapidement pu se développer et faire naître une véritable fraternité d’armes par-delà les différences de langue et de culture. Cet élément me semble particulièrement marquant car il est un gage des capacités réciproques de coopération militaire voire dans une certaine mesure d’interopérabilité. Cette courte mission de projection et d’assistance militaire a montré la capacité de réaction d’un détachement NBC tout en posant la perspective d’une nouvelle voie à la coopération militaire entre la France et le Qatar : la défense NBC, singulièrement mise en relief par la très probable présence d’armes de destruction massive au sein de plusieurs pays de cette région d’intérêt stratégique évident.
Capitaine Olivier LION chef du détachement « Héraclès » au Qatar

tion NBC et d’éléments de commandement. Le 2e volet de la mission recouvrait une sensibilisation et une instruction des forces armées du Qatar à la menace NBC. Le programme élaboré par l’étatmajor qatari en liaison avec la mission militaire française au Qatar a permis d’accéder à la quasi-totalité des formations des militaires qataris. Le soutien technique du détachement s’est déroulé dans PHOTO GDNBC de très bonnes conditions grâce à une collaboration active et efficace des unités de maintenance qataries. Au-delà du caractère particulier du détachement NBC, cette mission reste marquée par l’excellent accueil des forces armées qataries dont la prévenance et le souci du détail ont facilité l’exécution des actions à mener. Un véritable climat de – 47 –

La BD est achevée !

« Mille et une mines » a été présentée :
❣ au 18e festival du scoop et du journalisme d’Angers ❣ au 5e festival de la BD d’Angers Une conférence de presse se tiendra au festival de la BD d’Angoulême en janvier 2004 pour promouvoir cet ouvrage pédagogique et informatif à destination des enfants des pays touchés par les mines. Les mécènes désireux de s’associer à ce projet humanitaire d’envergure internationale peuvent contacter le bureau communication de l’ESAG. OCI : CBA Jean-François PLANTEC • 02 41 24 82 45

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LE 6E RÉGIMENT DU GÉNIE AU SÉNÉGAL
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LE 6 RG AU SÉNÉGAL
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regroupement en ZRA à Thiès (70 km à l’Est), c’est en zone sahélienne, dans la région de Linguère, que s’est déroulée pendant une quinzaine de jours l’action principale. La dernière manifestation d’envergure sur le territoire sénégalais fut ensuite un raid blindé binational en direction de SaintLouis. Engagé à hauteur d’une compagnie de combat mécanisée (CCM) renforcée de moyens d’organisation du terrain (OT) et d’aide au déploiement (SAD), le 6e génie a pu également, à cette occasion, effectuer une sortie en masse de tous les services du régiment en armant une CCL d’environ 170 personnels (dont le PC régimentaire évalué lors d’un ANTARES). Très rapidement, les sapeurs ont affirmé leur rôle auprès de l’interarmes notamment dans le cadre des travaux d’aide au déploiement sur les sites de Linguère, Khol-Khol et Dodji. Citons entre autres : l’installation de l’antenne chirurgicale de l’avant (ACA) avec la remise PHOTO 6 en état des réseaux d’eau et d’électricité, l’installation d’un dépôt de munitions, la réalisation de diverses zones de stationnement et de lagunage au profit des différents groupements. Pour la composante combat, ce séjour a été propice à l’entraînement notamment au travers de tirs, de séances d’explosifs, de réalisations de postes de combat et check points, d’entraînement au déminage en terrain sableux. – 50 –

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En outre, lors des exercices, la compagnie a joué son rôle d’appui direct auprès des unités de mêlée. Le dernier aspect du passage du « 6 » au Sénégal fut matérialisé par les actions ACM au profit des villages de Dodji avec la réfection complète de la maison communale transformée en école et la création d’une cour devant l’entrée de la mairie de Linguère. Au bilan, ce séjour aura été extrêmement dense et enrichissant, tout en permettant de développer d’excellents rapports de fraternité avec les forces armées séné-

Le bivouac Khol-Khol

Peu de temps après son retour des permissions bien méritées du Kosovo, le 6e régiment du génie a participé, du 8 avril au 8 mai 2003, à l’espace d’entraînement blindée à l’étranger (EBE) de la 9e BLBMA au Sénégal. Renforcé d’une batterie du 11e RAMA et d’un détachement du groupe géographique, il composait l’essentiel du GT appui commandé par le colonel de Gouttes. Cet exercice s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre des accords de défense et avait pour but le déploiement d’une force opérationnelle terrestre (FOT) de 1700 hommes loin de ses bases. Après un débarquement à Dakar puis un
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Travaux devant la mairie de Linguère

galaises. Cette projection, en autonomie logistique totale dans des zones semidésertiques, où la température atteignait 48° à l’ombre, a donné l’occasion aux sapeurs du 6 d’accomplir leur mission dans des conditions extrêmes. Éprouvant la résistance des matériels à la chaleur, mesurant l’importance des savoir-faire fondamentaux du soldat, à l’école de la rusticité, ils en reviennent renforcés et aguerris, prêts à repartir pour un engagement sur le sol africain.
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Travaux à l’école de Dodji

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UN ÉTÉ D’ENFER POUR LES COMPAGNIES D’INSTRUCTION ET D’INTERVENTION DE LA SÉCURITIÉ CIVILE

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Un été d’enfer pour les compagnies d’intervention
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DE LA SÉCURITÉ CIVILE
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Les missions opérationnelles, exercices et périodes d’instruction se sont succédé cette année à un rythme soutenu : inondations, POLMAR, cyclone en NouvelleCalédonie, G8… L’intervention des compagnies risques naturels offre une diversité de missions toutes aussi intéressantes et prenantes les unes que les autres. La campagne feux de forêts 2003 n’allait pas déroger à cette règle. Le perfectionnement des savoir-faire tactiques et techniques réalisés, la 2e compagnie d’intervention de l’UIISC 1 allait se mettre en place le 27 juin. Elle armait le G.O.L.F.F. continent (groupement opérationnel de lutte contre les feux de forêts) pour la région LanguedocRoussillon. Je prenais le commandement de ce secteur avec deux de mes sections d’intervention. À peine le temps de s’installer que déjà les premières sections sont engagées. Malgré une quasi-absence de vent en ce début juillet, les températures grimpent,

les départs de feux se font toujours plus nombreux… La 2e compagnie d’intervention se prépare à connaître l’une des plus éprouvantes campagnes de lutte contre les feux de forêts… Action ! Lundi 4 août 2003, 17 heures, sur la base radar de l’armée de l’air à Narbonne, PC de la compagnie. Je fais le point avec la section commandement qui active la salle opérationnelle. La journée est calme, aucun feu n’est aujourd’hui à signaler dans les Pyrénées-Orientales ni dans l’Aude, départements où sont implantées respectivement les sections de l’adjudant-chef Descamps et de l’adjudant Canivenq. En revanche, ailleurs, sur le continent et en Corse, la situation est différente : le feu de Sainte-Enimie en Lozère continue sa progression depuis trois jours. Les Alpes-Maritimes, le Var et les deux départements de Corse où est déjà engagée, au sein du dispositif ForMiSC en Corse, la troisième section, commandée

par le lieutenant Flichy, connaissent de nombreux départs de feux et doivent faire face à une forte pression incendiaire. Un appel téléphonique du chef de détachement des formations militaires de la sécurité civile emballe soudain la situation : « Mon Capitaine, vous partez pour la Corse avec votre section stationnée dans les PO par hélicoptère. Votre section lourde part elle immédiatement en Lozère. Je vous faxe votre ordre d’engagement dans deux minutes… ». Je rédige mon ordre de conduite, le temps de « caler » dans le détail l’articulation des moyens opérationnels et de soutien sans limite de durée. Les compagnies d’intervention étant par définition réactives et mobiles, tout le monde s’active dans le calme, concentré sur sa mission. Les sacs opérationnels sont prêts, le fax d’engagement arrive. Quelques minutes plus tard la première section part pour les gorges du Tarn après une journée passée au cœur du massif des Corbières en détachement avancé. Elle est précédée par le capitaine Hecquet, officier adjoint de la compagnie, que je désigne chef de colonne. Il va y préparer, au sein du poste de commandement opérationnel des sapeurspompiers, l’engagement de la section KODALY 21 (indicatif de la première section de la 2e compagnie de l’UIISC 1) et de la section appui venue de l’UIISC 7 de Brignoles. Dès l’arrivée sur site et après quatre heures de transit, les missions sont données : protection de point sensible, ligne d’appui, attaque de front, coupe-feu de protection… comme une mécanique précise et bien huilée, les cadres et sapeurs des deux sections sont au cœur de l’un des sinistres les plus importants qu’ait connu le département.

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Quelques heures après son ordre d’engagement, la deuxième compagnie a quitté l’Aude et les Pyrénées-Orientales… pour ne plus y revenir de l’été. Après une semaine de lutte active en Lozère, une remise en condition éclair, un renfort à Marseille au profit du bataillon des marins-pompiers, le premier détachement retrouvera le 29 août l’ensemble de la compagnie pour continuer ensemble la lutte intensive engagée dans le Cap Corse. Un été 2003 qui restera gravé dans les mémoires. Des hommes et des femmes professionnels des secours, parfaitement intégrés au dispositif opérationnel des sapeurs-pompiers, mobiles et efficaces. L’action tout terrain se conjugue au présent…
Le 16 septembre 2003 Le capitaine Michel BOURGOIN Commandant la 2e Cie de l’UIISC 1

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Pendant ce temps, le deuxième détachement de la compagnie vole vers la Corse, transporté par deux Puma de l’ALAT, habituellement mis à disposition du détachement d’intervention héliporté (D.I.H.). Après trois heures de vol, le poser à Corté effectué, la section KODALY 22 prend en compte, de nuit, des véhicules d’attaque préparés par l’UIISC 5. Je prends mes ordres auprès du chef de corps, le CBA (TA) Cova, chef du groupement opérationnel de lutte contre les feux de forêts pour la Corse. Je commanderai les trois sections de renfort national basées à Corté, dont deux de ma

compagnie et une de la première compagnie de l’UIISC 7. Dès le lendemain, la section arrivée par Puma interviendra en Haute-Corse en renfort de ses camarades de Nogent et de Brignoles déjà sur place… L’osmose entre les sections des deux unités est parfaite, cadres et sapeurs se lancent dans ce combat difficile qu’est la lutte contre le feu en espace naturel. Très vite, les visages sont couverts de cendres et tirés par l’intensité de l’engagement physique. La cohésion des unités militaires de la sécurité civile s’exprime ici pleinement.

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À

LIRE

Célébré par Cendrars et Mac Orlan, le mythe de la légion étrangère a inspiré un nombre incalculable de romans, de films et de chansons, empreints d’une poésie à la fois héroïque et mélancolique. Mais la vraie poésie de la légion, c’est celle que les légionnaires ont ressentie au gré de leurs aventures, de leurs joies et de leurs souffrances. Cette anthologie, qui court de la fin du XIXe siècle à l’aube du troisième millénaire, constitue à cet égard une formidable révélation littéraire et historique. Légion notre mère - éditions Italiques Préface du général Jean-Louis Franceschi

Ce livre original nous fait découvrir en une multitude de tableaux cocasses et savoureux, l’univers pittoresque et haut en couleur de la légion étrangère des années 50. Des landes pluvieuses de Coëtquidan au soleil d’Afrique, du granit de la forêt de Brocéliande aux rochers brûlants des djebels, rien n’échappe à l’œil aiguisé et faussement naïf du narrateur : ni les gaietés de la légion, ni les travers, petits et grands, des personnages dont il nous fait partager le quotidien et les mésaventures. Les étonnantes aventures du lieutenant Pic dit Boit-de-l’eau Dominique Farale - éditions Italiques

Enfant, Louis Mexandeau a vécu, de 1939 à 1945, les jours dramatiques de la Seconde Guerre mondiale dans son village natal, près d’Arras, parmi une famille résistante de la première heure, dont le chef fut déporté, et une région, le Nord-Pas-de-Calais, marquée du triple sceau du travail, du courage et du malheur. Une invasion impitoyable ponctuée d’une multitude de « mini-Oradour ». Et au milieu de tant de drames largement ignorés jusqu’à ce jour, au cœur de cette résistance des mineurs, des paysans, des pauvres, les travaux et les jours d’un village d’Artois, avec ses moments de gaieté et d’espoir. Et les souvenirs incandescents d’un enfant témoin. Nous, nous ne verrons pas la fin - Louis Mexandeau éditions Le Cherche Midi

Cette étude, parue en 1977 et déjà rééditée en 1980, fait l’objet d’une nouvelle édition mise à jour. Elle présente l’intérêt d’aborder les maréchaux de Napoléon, non pas par leur carrière militaire, mais plutôt par leur côté humain. C’est d’abord la psychologie des personnages qui est étudiée dans cet ouvrage et les rapports que ceux-ci ont eus avec la société de leur temps. L’image qu’on se fait des maréchaux est tellement empreinte de l’épopée guerrière du premier Empire que les moments, rares certes, mais combien révélateurs, de paix et d’intimité dévoilent des personnages très différents avec leur grandeur et leurs petitesses. Après avoir présenté les origines, l’éducation et le caractère des maréchaux, Louis Chardigny nous fait découvrir les rapports que chacun de ceux-ci a eu avec Napoléon. Les relations qu'ils entretenaient entre eux n’est pas le moindre intérêt de l’ouvrage. Les femmes des maréchaux ne sont pas non plus oubliées. Un chapitre présente les maréchaux de l’armée dans les rapports avec leurs subordonnés. Enfin l’étude se clôt sur ce que l’auteur a justement appelé « les étapes de la défection », où il montre bien la lassitude des guerriers de l’empire et le désir qui les a saisis de vouloir légitimement profiter des avantages matériels et intimes que le régime impérial leur avait procurés. Les maréchaux de Napoléon - Louis Chardigny éditions Tallandier

Cette biographie, reposant sur des archives et des documents souvent inédits, balaie les idées reçues sur la vie de Rommel, modelée par la propagande nazie, qui en a fait un « dieu de la guerre » issu du peuple comme Hitler. Brillant combattant de la Première Guerre mondiale, Rommel adhère aux idées du IIIe Reich, devient instructeur des jeunesses hitlériennes, assure la sécurité d’Hitler… Tout un passé dissimulé par nombre d’historiens. Lors de la campagne de France de 1940, la 7e panzerdivision, dont il assure le commandement, se rend coupable de crimes de guerre à l’encontre de prisonniers sénégalais. Pour la première fois, cet ouvrage restitue le rôle déterminant joué par l’armée italienne dans les succès de Rommel en Libye et en Égypte, replace l’importance de la bataille de Bir-Hakeim dans le rétablissement des Britanniques à El-Alamein, met en évidence les erreurs stratégiques du commandement allemand dans la conduite de la guerre en Méditerranée. Derrière le masque composé par les propagandistes, avec la complaisance du modèle, apparaît un homme qui commet de lourdes erreurs, aussi bien en Afrique qu’en Normandie. Rommel constate finalement, mais bien tard, que la folie du chef du IIIe Reich mène l’Allemagne à la ruine. Il complote pour arriver à une paix séparée avec les Anglo-Américains et va le payer de sa vie. Rommel la fin d’un mythe - Dominique Lormier éditions Le Cherche Midi

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Un vieil historien ronchon condamné au fauteuil roulant s’occupe à trier des archives de famille. C’est ainsi qu’il va tomber sur des lettres laissées par sa grand-mère. Cette jeune femme des années 1860 a parcouru l’Ouest sauvage à la suite de son prospecteur de mari. Sa vie, passée au milieu des paysages grandioses, ne sera qu’une suite de dégringolades et de désillusions… Angle d’équilibre a été rangé par le New York Times dans sa sélection des « 100 meilleurs romans de l’année ». Un superbe portrait de femme. Angle d’équilibre Wallace Stegner éditions Phébus

Le 15 août 1944, une armada alliée mobilisant plus de 300 000 combattants investit les plages des côtes de Provence. Ce dispositif mobilise plus de moyens et de matériels que pour le débarquement en Normandie. En profondeur, dans les montagnes de l’arrière-pays provençal, 10 000 parachutistes ont été largués. Hitler dira de cet événement : « C’est le jour le plus sombre de ma vie. » Le débarquement en Provence - Philippe Lamarque éditions Le Cherche Midi

Quatre-vingt-six auteurs, près de cent soixante-dix récits, environ cinq cents illustrations ici rassemblés dans ce carnet de route d’une promotion de Saint-Cyr (1962-2002), la 149e dans l’histoire de l ‘École. Le 149e chaînon constitue un document unique sur la vie militaire en école et en unité, en état-major et en opérations, en France et à l’étranger. Il contient des témoignages d’officiers étrangers, des témoignages familiaux et sur la vie civile. Il est également un témoignage sur le métier des armes et son étonnante variété de fonctions, de spécialités, de responsabilités, ainsi que sur l’extrême mobilité de ceux qui l’exercent. Le 149e chaînon Préface de Jean-François Deniau de l’Académie française Bon de commande disponible au 01 49 60 59 61 (ECPAD)

Elle habite New-York, vient d’apprendre qu’elle a un cancer et décide sans prévenir les siens de s’en retourner dans l’Île Verte où elle est née. Lui est flic à Dublin, un peu abîmé par la vie et par le Whiskey, fatigué surtout de se battre contre la mafia locale qui a résolu de lui faire la peau. Ces deux âmes poussées à bout vont se rencontrer par hasard, prendront la fuite ensemble et iront trouver refuge tout au nord de l’Irlande, dans les parages d’Inishowen, un lieu de beauté et de paix… où le sang coule aussi bien qu’ailleurs. Inishowen Joseph O’Connor éditions Phébus

L’éditeur a voulu ce véritable et véridique joyau qu’est ce manuel pratique distribué aux GI’s en France pour répondre à toutes les questions qu’ils se posaient sur ces étranges « frenchies ». Exemple : question n° 6 Nous passons notre temps à tirer les Français du pétrin. Et eux, n’ont-ils jamais fait quelque chose pour nous ? Naturellement. Ils nous ont aidés à nous sortir du pire pétrin. Pendant la Révolution américaine, quand le monde entier ou presque était contre nous ou indifférent, la France fut notre grande bienfaitrice en se portant à notre secours (…). 45 000 volontaires français ont rejoint l’armée de Washington. Ils ont traversé l’Atlantique dans de petits bateaux qui mettaient deux mois à accomplir le voyage. L’armée de Washington ne disposait d’aucun ingénieur militaire. Ce furent les ingénieurs français qui dessinèrent et construisirent nos fortifications. Les Américains ne doivent jamais oublier le nom de La Fayette. Les Français sont aussi fiers de ce nom que nous. Nos amis les Français - éditions Le Cherche Midi

Les litiges sont partout, quotidiens, permanents, épuisants ! Plus question de rester impuissant face aux conflits ! Parce que parfois il suffit d’une simple lettre de juriste professionnel pour résoudre efficacement une situation mal engagée, cet ouvrage est fait pour aider à la rédiger et vous explique clairement quels sont vos droits selon le litige qui vous préoccupe. Pas moins de 700 modèles de lettres sont proposés pour tous les courriers de la vie quotidienne et les conseils de Zoubida Azzouz et Bernard Dromel, spécialisés en droit public. Une rubrique « ce que dit la loi » spécialement adaptée à une meilleure connaissance juridique des cas vous informe avec précision. 700 lettres Zoubida Azzouz, Bernard Dromel éditions First

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La lettre du génie

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MULTIMEDIA
50 voyages autour de la terre, des jeux et des activités pour découvrir en s’amusant, des univers drôles et vivants, 6 copains pour accompagner l’enfant, un atelier de dessins… Pourquoi le volcan crache-t-il du feu ? Comment vivent les animaux sous la terre ? La pluie peut-elle faire déborder la mer ?… Une seule solution pour répondre à toutes ces questions : partir à l’aventure ! Pour les 6-9 ans Explore ta planète - éditions Montparnasse Multimédia

Embarquez avec les Worms pour une bataille navale délirante ! Incarnez l’un des 8 personnages de la série et lancez-vous dans des combats aquatiques loufoques. Utilisez la panoplie d’armes à votre disposition pour bombarder et couler votre adversaire avant qu’il ne vous jette à l’eau. Faites preuve de stratégie, de sang-froid et… de ruse ! Worms Blast - éditions Ubi Soft

Vous êtes Sam Fisher, le meilleur agent d’une entité secrète de la National Security Agency (NSA). Vous êtes le dernier recours de votre gouvernement dans sa lutte contre le terrorisme. Pénétrez dans l’univers de l’espionnage international, infiltrez les réseaux de l’ombre, et menez à bien des missions inspirées des romans du célèbre écrivain Tom Clancy. En cas d’échec : les autorités nieraient avoir eu connaissance de vos agissements. Splinter Cell - éditions Ubi Soft

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La lettre du génie RÉGION TERRE SUD-EST
LE GOUVERNEUR

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Lyon, le 8 octobre 2003

ORDRE DU JOUR N° 12
Général Paris, Voici un peu plus de trente-six années que, répondant à une profonde vocation, vous avez choisi la carrière des armes.

C’est en plein exercice de vos responsabilités de directeur régional du génie de la région terre Sud-Est, alors que chacun se plait à souligner la qualité de votre engagement, que le sort et la maladie vous frappent, laissant tous ceux qui vous connaissent, votre famille et vos proches bien sûr, mais aussi autorités civiles et militaires, dans le désarroi. Au moment où vous vous apprêtez à rejoindre la demeure où, désormais, vous reposerez en paix, permettez à celui qui a eu le privilège d’être le dernier à vous avoir eu sous ses ordres avec le général directeur central du génie, de venir vous adresser l’ultime hommage que la communauté militaire, réunie autour de vous, souhaite vous présenter. Admis à l’École spéciale militaire en septembre 1967, au titre de la promotion lieutenant-colonel Brunet de Sairigné, vous choisissez de servir au sein de l’arme du génie. Ceux qui vous connaissent mesurent combien ce choix correspondant pleinement à votre tempérament et à vos aptitudes. La suite allait le prouver puisque vous allez tout au long de votre carrière remarquablement servir dans la plupart des composantes de cette arme. Dans la troupe d’abord : que ce soit au 2e régiment du génie, votre première affectation, ou au 5e régiment mixte du Pacifique que vous avez commandé, partout, et à tous les postes, du chef de section au chef de corps en passant en passant par les fonctions de commandant de compagnie, votre personnalité attachante, votre souci permanent du facteur humain, votre autorité vous vaudront une double reconnaissance : – celle de vos hommes d’abord, à qui vous saurez faire partager votre idéal et pour lesquels vous serez toujours à l’écoute de leurs difficultés; – celle de vos chefs ensuite, pour qui vous serez ce collaborateur que l’on apprécie hautement en raison de sa franchise sans concession et de sa loyauté à tous égards. Mais vous saurez aussi montrer ces grandes qualités au cours de vos études, puis en état-major. Breveté technique de l’enseignement militaire supérieur, vous aurez à plusieurs reprises l’occasion de servir en état-major : – au sein des directions de travaux du génie de Bordeaux et de Saint-Christol; – dans la fonction stationnement infrastructure, à l’état-major de l’armée de terre à différents niveaux de responsabilités dont celui de chef de bureau, vous vous impliquez toutjours sans réserve, en traitant avec rapidité et efficacité des dossiers complexes liés au stationnement des unités; – au commandement de la légion étrangère où colonel adjoint du général vous avez remarquablement pris en compte la dimension humaine de votre fonction. La présence parmi nous aujourd’hui de nombreux légionnaires en témoigne; – à la division soutien de l’état-major de la région terre Sud-Est, où vous avez pris une part déterminante dans la phase de montée en pussance des unités stationnées sur le territoire au sein de notre équipe où vous avez rayonné par votre compétence sereine et votre chaleur humaine; – dans vos fonctions de directeur régional du génie dans lesquelles j’ai apprécié votre conviction, votre goût du dialogue, mais également votre sens du devoir exemplaire jusqu’au bout de vos forces. Dans ces circonstances aussi éprouvantes, je tiens à vous assurer, Madame, de la profonde estime que nous portions à votre mari et de la part très réelle que nous prenons à votre immense douleur, et à celle de vos enfants. Mon cher Paris, votre vie de soldat s’achève. Soyez assuré que vous resterez présent dans nos mémoires, par l’exemple que vous nous avez donné tout au long de votre vie, jusqu’aux plus ultimes instants.

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La lettre du génie

SOMMAIRE Éditorial du général Le mot du général Françoise Sommaire L’actualité en bref Le génie combat Le génie construit Le génie secourt Le génie instruit Le génie étranger Histoire Expériences A savoir Coup d’œil sur… Témoignage A lire Multimédia ◆ In memoriam

LE GÉNÉRAL
DIRECTEUR CENTRAL DU GÉNIE

Versailles, le 13 octobre 2003

ORDRE DU JOUR N° 5
Le service du génie est en deuil, comme le sont le génie tout entier et la légion étrangère. Le général Jean-Pierre Paris s’est éteint samedi 4 octobre 2003 à Lyon après avoir lutté pendant plus de six mois contre la maladie tout en continuant pendant une grande partie de cette période d’assumer ses responsabilités de directeur régional. Saint-Cyrien de la promotion lieutenant-colonel Brunet de Sairigné, il choisit en 1969 de servir le génie, ce qu’il a fait durant plus de trente-quatre années avec efficacité et avec cœur dans l’arme, dans le service, au sein de la légion étrangère et en état-major. C’est ainsi qu’il s’est distingué par ses qualités d’engagement et son souci du facteur humain tant comme lieutenant au 2e régiment du génie à Metz que comme commandant de compagnie et, ultérieurement, comme commandant en second, puis chef de corps du 5e régiment étranger à Muruoa. Grâce à sa puissance de travail, à son esprit de synthèse et à sa volonté de traiter le fond des problèmes, il s’est distingué également comme officier et ingénieur de haut niveau, tant au sein des directions des travaux de Bordeaux et de Saint-Christol que dans les postes d’état-major, dont celui de chef du bureau stationnement infrastructure de l’EMAT. Il s’est enfin distingué dans les postes de responsabilités supérieures qu’il a occupés à la fin de sa carrière, comme adjoint du général commandant la légion étrangère, comme chef de la division soutien de l’état-major de la région terre Sud-Est et, enfin, comme directeur régional du génie de cette même région terre. Dans tous ces postes, il a obtenu les meilleurs résultats grâce à sa compétence extrême, à la force de ses convictions, à son sens du dialogue et à une soif de servir inaltérable. Son intelligence fine, son attitude toujours exemplaire, la chaleur et la générosité qui se dégageaient de lui ont profondément marqué tous ceux qui ont eu la chance de commander cet officier, d’être ses compagnons de route ou de servir sous ses ordres. Le génie perd un de ses serviteurs les plus éminents ; nous perdons tous un ami irremplaçable qui restera dans nos mémoires.
Général de division KEIFLIN

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Mardi 2 décembre 2003

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