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Sapeur no 2

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S A P E U R

N° 2
ÉDITORIAL

Sommair e
du Général BEZACIER commandant l’E.S.A.G. .......................................................................................... 3 ÉTUDES et PROSPECTIVE Une nouvelle doctrine des franchissements .......................................... COL DEFRETIN ................ 7 Doctrine d’emploi des plongeurs de l’armée de terre : quelques pistes .............................................................................................................. COL DESTRIBATS ........ 11 Revue de fonction « Agencement de l’espace terrestre »............................................................................................................................ COL PARMENTIER ........ 15 De l’aide au déploiement au soutien au stationnement : perspectives modulaires. .............................................. GBR FRERE ........................ 19 DOSSIER : LE GÉNIE INTERARMES, INTERARMÉES, INTERMINISTÉRIEL Les grandes dimensions du génie et quelques perspectives ...... GBR BEZACIER................ 27 Un CMO pour les opérations en métropole ............................................ GBR CHINOUILH ............ 35

Juin 2002

SAPEUR
Revue d’études du génie militaire français publiée par la Direction des Études et de la Prospective de l’École Supérieure et d’Application du Génie 106, rue Éblé - B.P. 4125 49041 ANGERS CEDEX 01

Le service du génie, composante à vocation interarmées… et davantage ................................................................................ GDI KEIFLIN ...................... 39 Le génie de l’air, une force originale et opérationnelle ................ COL MERRET .................... 43 La B.S.P.P. dans les opérations extérieures - constat et perspectives................................................................................................................ LCL MALIÉ .......................... 47 Les renforts militaires dans la lutte contre les feux de forêts ...... CNE REININGER ............ 51 Le génie au service des DOM.TOM................................................................ COL SIMON ...................... 55 Se réapproprier les fondements : Le Génie, l’arme interministérielle par essence .......................................................... M. PERNOT ........................ 61 FORMATION Vers un pilotage de domaine unique............................................................ LCL FERRAT ...................... 67

Directeur de la publication Général Gérard BEZACIER Rédacteur en chef Colonel DESTRIBATS Rédacteurs en chef adjoints Capitaine VENTURA Lieutenant BARREAU Impression : PIR ESAG Dépôt légal à parution ISSN en cours

D.A. Faut-il davantage différencier ? ............................................................ LCL ISSAC .......................... 69 Vers une évolution de la formation du deuxième niveau ............ LCL FORTERRE................ 73 Un véritable parcours professionnel pour les militaires du rang .................................................................................................................................. LCL FERRAT ...................... 75 La formation sauvetage-déblaiement au SMA .................................... LCL AVERTY ...................... 79 STRUCTURES ET ÉQUIPEMENTS Le système de pose rapide de travures...................................................... LCL LAPARRA .................. 83 Le système de combat futur du génie ........................................................ LCL SCHMITT .................. 85 L’acquisition d’équipements nouveaux ...................................................... COL NEBOIS...................... 89 Un plan de modernisation pour les sapeurs pompiers de PARIS .................................................................................................... COL GARRIGUES .......... 91 Un centre JANUS pour les régiments du génie .................................. LCL CABON ........................ 95

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Éditorial
Evolution des structures de la brigade du génie ou des régiments des brigades interarmes, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, adaptation de la formation des officiers, des sous-officiers et des militaires du rang, modification du contour du pilotage de domaine pour un pilotage unique et cohérent de tous les domaines ressortissant au génie, définition des besoins en équipements pour l'avenir proche ou lointain : cette année encore, les acteurs en charge de la réflexion et de l’action ont mis leurs efforts en commun pour tenter d’ajuster de façon pragmatique le génie d’aujourd’hui à son emploi avec la volonté de l’inscrire dans la perspective dynamique du 21e siècle. L’intervention croisée et complémentaire des sapeurs de toutes les composantes met en évidence l’omniprésence du génie dans les crises, qu’elles soient accidentelles ou non, qu’elles se déroulent sur le territoire national ou à l’extérieur. C’est un peu la trame de ce deuxième numéro de « SAPEUR » qui veut rappeler que de Toulouse à la baie de Somme, de Mitrovica à Kaboul, l’action des pontonniers, démineurs, pompiers ou bâtisseurs dépasse les contours du ministère de la Défense et, renouant avec une longue tradition historique, s’inscrit dès à présent dans le cadre d’un besoin inter-ministériel que l’avenir ne manquera pas de renforcer. Ainsi, ce numéro 2 de notre revue d’études du génie militaire fourmille des réflexions « multidimensionnelles » nécessaires pour préparer les inéluctables évolutions que commandent la construction européenne, la transformation de nos Etats et de nos sociétés comme celle des relations internationales, des technologies, et donc, certainement de nos cadres d’emploi. C’est bien à ce prix que nous pourrons, pour le siècle actuel, non pas conserver le génie de nos habitudes, mais construire le génie de nos besoins, ceux de la France.
le général BEZACIER commandant l'école supérieure et d'application du génie

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Études et Pr ospective

Une nouvelle doctrine des franchissements ................................................................ COL DEFRETIN

................................

7

Doctrine d’emploi des plongeurs de l’armée de terre : quelques pistes .................................................................................................................................................. COL DESTRIBATS .......................... 11

Revue de fonction « Agencement de l’espace terrestre » ............................ COL PARMENTIER

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De l’aide au déploiement au soutien au stationnement : perspectives modulaires ........................................................................................................................ GBR FRERE ............................................ 19

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Colonel DEFRETIN Jacques

Une nouvelle doctrine des franchissements
Le style d’engagement des forces terrestres a considérablement évolué au cours de ces dernières années. L’aspect multinational des interventions en faveur de la paix, l’espace de manœuvre devenu lacunaire ainsi que la multiplicité des acteurs ont imposé de repenser la doctrine des forces terrestres, sans pour autant abandonner la possibilité de s’engager dans une opération de haute intensité. La doctrine d’emploi du génie a suivi cette évolution et tout naturellement la notion de franchissement a été repensée. C’est ainsi que, à côté du franchissement classique, au contact, appelé sous menace, apparaît une nouvelle notion de franchissement : le franchissement sous contraintes. Celui-ci, prenant en compte les exigences du mode opératoire « maîtrise de la violence », répond plus particulièrement au style d’engagement actuel de nos unités. Le franchissement sous menace est, normalement, bien connu au sein de la chaîne des forces. C’est pourquoi cet article, après quelques généralités sur les franchissements, insistera davantage sur le franchissement sous contraintes. Pour plus de détails, le lecteur pourra utilement se référer au TTA 750 « manuel d’emploi relatif aux franchissements » Édition 2001.

Le Colonel Jacques DEFRETIN est chef du bureau « agencement de l’espace terrestre » (B8) du CREDAT depuis le 1er juillet 1999. Il a commandé le 13e Régiment du Génie à TREVES (FFSA) de 1997 à 1999. Précédemment, il a été chef du Bureau Opérations Instruction au 3 e Régiment du Génie à CHARLEVILLE-MÉZIÈRES et chef du bureau opération du Bataillon du Génie de la Division Salamandre en Bosnie de mai à septembre 1996.

GÉNÉRALITÉS SUR FRANCHISSEMENTS

LES

Le franchissement est une phase de la manœuvre IA. Ce n’est en aucun cas une action qui ne concerne que le Génie. Elle se caractérise par la nécessité de mettre en œuvre des matériels spécifiques au contact ou à proximité de l'ennemi, sous la menace de celui-ci ou sous les contraintes de l’environnement extérieur à la force. Ceci implique de coor-

donner à la fois des actions tactiques (conquête d’une tête de pont, sécurisation de la zone, déception…) et des actions techniques (guidage des convois, mise en œuvre des moyens de franchissement…). Sur le plan technique, on peut distinguer deux types de franchissement selon les moyens utilisés : - le franchissement autonome des formations, - le franchissement par moyens

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du génie : soit continu, soit discontinu. L'un et l'autre peuvent être combinés au cours de la même opération de franchissement.

Le franchissement autonome
consiste, pour une unité donnée, à passer d'une rive à l'autre par ses propres moyens, éventuellement renforcés par des moyens du génie (reconnaissance, aménagement des berges et sécurité). Les franchissements autonomes incluent : - le franchissement par flotteurs ou bateaux isolés, - le franchissement amphibie, - le franchissement à gué ou en submersion. œuvre par leurs équipages, - des ponts motorisés, transportés et mis en œuvre par les unités de franchissement,

LE FRANCHISSEMENT SOUS CONTRAINTES
On appelle franchissement sous contraintes (2) une opération de franchissement organisée dans une situation tactique où il n’y a pas d’ennemi en mesure de s’opposer directement à la manœuvre de franchissement. Dans ce cas particulier, aucune des deux rives ne peut donc être déclarée « rive ennemie » ou « rive amie ». De ce fait, la Force doit prévoir un dispositif de sûreté adapté sur les deux côtés de la coupure. Elle doit aussi en assurer la surveillance une fois ce dernier construit. Initialement, la réalisation d’un point de passage a pour objectif d’assurer la liberté de mouvement de la force. Cependant ce point peut être mis aussi à la disposition de la population, des ONG… Afin de permettre la mobilité des unités de la force, le point sera en permanence sous surveillance et les flux de la circulation seront placés sous contrôle militaire. En règle générale, un point de contrôle sera mis en place sur chaque rive du pont.

Le franchissement par moyens du génie
Le franchissement continu consiste à utiliser des ponts du génie. Ceux-ci peuvent être : - des travures continues avec ou sans support intermédiaire (p.m. : ponts Bailey, Mabbey Johnson, ou travures de système de pontage rapide), - des ponts amphibies, mis en
1) par exemple ponts de charpente

- des ponts de circonstance, dont la construction repose sur l'emploi de matériaux courants provenant en général de ressources locales. (1) Le franchissement discontinu est effectué par utilisation de supports flottants motorisés de type bacs ou portières. Les uns et les autres peuvent être ambidromes (les véhicules embarquent et débarquent en marche avant).

2) Ces différentes contraintes peuvent relever aussi bien des belligérants, des factions que de la nation hôte, des médias, de la population locale, des ONG, des mouvements de foule ou de réfugiés…

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S A P E U R Schéma générique d’un franchissement sous contraintes
Rocade de filtrage (ou de contrôle) Poste de contrôle

P
dispositif de sûreté
Point de passage

Zone de filtrage (contrôle) et de stationnement

13

13
1

Zone de traversée

Rocade de filtrage (ou de contrôle)

Poste de contrôle

Zone de filtrage (contrôle) et de stationnement

Pour assurer la réussite de ce type de franchissement, il est nécessaire de prendre des mesures d’organisation, de sauvegarde et de disposer de moyens de protection afin de tenir compte des contraintes subies et pour faire face éventuellement à des agressions ponctuelles et limitées. Ce type de franchissement s’applique principalement au mode opératoire « maîtrise de la vio-

lence », mais n’exclut pas le mode opératoire « coercition de forces ». En coercition de forces, il concerne le franchissement des unités non soumises à une action directe d’un ennemi clairement identifié. Il s’agit donc essentiellement du franchissement des échelons de soutien à une distance importante des forces ennemies.

En maîtrise de la violence, il s’intègre dans la mission de rétablissement d’itinéraire. L’organisation et la sûreté du site, s’inscrivant dans la durée, nécessitent la mise en place d’un dispositif spécifique. A la différence du franchissement sous menaces, ce franchissement n’impose pas systématiquement de monter une manœuvre interarmes. En effet, selon la nature et les effets des contraintes subies, il peut être envisagé de n’avoir recours qu’aux unités du Génie. Cependant, le point de passage, une fois réalisé, sera gardé sous la responsabilité de la Force, pour préserver sa liberté de mouvement, mais pourrait ultérieurement être, soit confié aux autorités civiles de la nation hôte, soit démonté. Dans ce type de franchissement, l’agrégation de moyens étrangers serait fréquente et impose de connaître les matériels de pontage alliés, leurs performances ainsi que les classes de pont compatibles avec leurs moyens.

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Colonel DESTRIBATS Jean-Michel

Doctrine d’emploi des plongeurs de l’armée de terre : quelques pistes
Le contexte des engagements a très largement évolué, le centre de gravité le plus probable des crises et conflits se déplaçant des campagnes vers les zones bâties. Les plongeurs de l'armée de terre, créés initialement dans le cadre exclusif de l'aide au franchissement autonome, amphibie ou en submersion, ont vu le domaine de leur emploi s'élargir aux travaux subaquatiques puis à l'intervention offensive, sans que la définition de l'emploi des équipes soit tout à fait satisfaisante. C'est pourquoi il apparaît aujourd'hui nécessaire d'écrire une doctrine d'emploi des plongeurs de l'armée de terre, en revisitant leur engagement en terrain ouvert et en ouvrant les perspectives nouvelles qu'entraîne l'engagement en zone urbaine Les équipes de plongeurs de l'armée de terre, présentes dans les régiments du génie des brigades interarmes et de la brigade du génie constituent de petites unités à fort taux d'encadrement (75 %), au niveau physique élevé, habituées à évoluer dans un milieu profondément hostile - eau parfois à surface non libre, courant, froid, absence de visibilité - très réactives en raison de leur faible volume. Leur formation parachutiste élargit en outre les méthodes de leur mise en place et leur confère un rôle tout particulier au sein de leurs régiments. Ces équipes, intégrées au sein de la section de liaison, reconnaissance et orientation, constituent un outil performant aux savoir-faire uniques et indispensables au combat moderne.

Saint-Cyrien de la promotion capitaine de Cathelineau (76-78), le colonel DESTRIBATS est directeur des études et de la prospective à l’ESAG depuis le 1 er août 2000. Commandant d’unité au 32 e RG, chef de BOI au 34 e RG puis au 17 e RGP, commandant en second au 17 e RGP, il commande le 19 e RG de 1998 à 2000. Le colonel DESTRIBATS est ingénieur de l’École nationale des ponts et chaussées et breveté de l’enseignement militaire supérieur. Directeur de plongée, il a été le chef du groupe des spécialistes d’aide au franchissement du 11 e RG au sein de la 5 e Division blindée de 1980 à 1983.

ENGAGEMENT EN TERRAIN OUVERT
La présence importante des cours d'eau, tout particulièrement sur les théâtres européens, posera toujours aux forces le problème de leur franchissement. Même si les conditions des franchissements en submersion sont telles que peu d'arguments plaident en leur

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Les missions de recherche en milieu subaquatique restent un des savoir-faire indispensables, qu'il s'agisse de l'emploi dans un cadre opérationnel (recherche d'armes, objets divers…) ou de l'emploi dans le cadre d'une demande de concours sur le territoire national (recherche de personnes portées disparues). Les techniques doivent être entretenues à la fois en eaux dormantes et en eaux courantes. Ensemble constitutif des sections de liaison, reconnaissance et orientation, les équipes de plongeurs peuvent participer aux reconnaissances terrestres (itinéraires, zones de déploiement, zones d'obstacles…) pour lesquelles elles possèdent à la fois les compétences et les moyens.

faveur, les franchissements amphibies et par moyens du génie restent d'actualité. Il reste donc primordial de conserver les capacités de : - former les équipages ; - reconnaître les coupures (berges aquatiques, obstacles immergés, minage…) ; - assurer la sécurité des franchissements autonomes. La destruction d'ouvrages d'art (ponts, barrages) qui ne serait pas possible par attaque aérienne, dépassera toujours le niveau de décision de la brigade et fera probablement l'objet d'une opération, généralement lourde, confiée aux unités spé-

cialisées du C.O.S. L'intervention offensive, construite sur ce schéma est sans doute dépassée. En revanche, la « reconnaissance offensive » destinée à préciser certains aspects spécifiques de l'opération est envisageable et cohérent : caractéristiques des ouvrages, itinéraires d'approche et d'exfiltration, zones possibles de mise en place (héliportage ou aérolargage) et de récupération. Le soutien de ce type d'opération peut également être envisagé suivant des modalités à étudier.

ENGAGEMENT URBAINE

EN

ZONE

L'engagement en zone urbaine est une probabilité forte des crises et conflits futurs. Dans ce domaine, les plongeurs de l'armée de terre peuvent apporter, sous réserve d'une formation et d'un équipement spécifique, une plus-value non négligeable aux capacités des forces terrestres. Habitués à évoluer dans des conditions hostiles, ils sont naturellement désignés pour devenir les spécialistes des réseaux souterrains. L'éventail des capacités à détenir couvre à la fois la reconnaissance, l'intervention et l'appui. - connaissance et reconnaissance des réseaux (secs ou humides), évaluation des risques ; - actions de mobilité et de contre - mobilité (ouverture ou obstruction de réseaux) ; - déminage ou dépollution en

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milieu aquatique ; - guidage des unités en milieu souterrain. Les groupes de plongeurs de l'armée de terre, par leur connaissance de ce milieu, pourraient avoir vocation à agir dans le cadre de leur emploi au sein de leur unité d'appartenance, soit, en tant que de besoin, en complément ou en appui d'actions menées par le commandement des opérations spéciales. de missions d'assistance aux services publics, les plongeurs de l'armée de terre peuvent être conduits à effectuer les actions suivantes en milieu aquatique : - reconnaissance ;

ENGAGEMENT HORS CRISE
Dans le cadre d'un engagement post-conflictuel ou dans le cadre

- recherche ; - dégagement d'obstacles ; - déminage ou dépollution. Ces quelques réflexions peuvent alimenter les débats à venir lors de l’élaboration d’une nouvelle doctrine des plongeurs de l’armée de terre. S’il est à peu près certain que l’aide au franchissement ne suffit probablement plus à elle seule à justifier la spécialité, il serait dommage par ailleurs de se priver d’une capacité unique au sein de l’armée de terre dont l’engagement en zone urbaine et les multiples interventions en opérations intérieures ont déjà démontré leur totale nécessité.

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Colonel PARMENTIER

Revue de fonction « Agencement de l’espace terrestre »
Pour faire évoluer chaque fonction opérationnelle en intégrant logiquement vision d’avenir et sollicitations du présent, le Bureau de Conception des Systèmes de Forces procède périodiquement à des revues de fonctions opérationnelles (RFO). Ces revues consistent à concevoir et organiser l’évolution de chaque fonction opérationnelle pour maximiser sa performance immédiate et l’orienter vers son profil futur. Ce processus, centré sur la considération des besoins opérationnels à court, moyen et long terme, prend en compte les contraintes liées aux ressources humaines, à l’organisation et aux équipements. C’est pourquoi la revue de fonction opérationnelle, qui constitue à la fois la synthèse de toutes les démarches du Bureau de Conception des Systèmes de Forces (analyse capacitaire, rédaction des concepts, adaptation réactive et préparation du futur) et leur traduction dans les faits, implique la quasi-totalité des bureaux de l’état-major, sans parler des apports à attendre d’autres organismes propres à faire profiter celui-ci de leur expertise. Dans cette perspective, la manière dont est organisée et conduite la préparation des RFO revêt une grande importance. Chaque organisme impliqué doit bien percevoir l’attention et la considération accordées à ses propositions et, au-delà, doit être assuré de voir respectées les prérogatives attachées à ses attributions. Au moment où les conclusions des RFO sont rendues au CEMAT pour donner lieu à des décisions, il importe que les recommandations aient fait l’objet d’un large accord entre les parties prenantes et que celles-ci se soient appropriées le contenu des RFO. En d’autres termes, si le BCSF est à l’origine et au centre de cette démarche, il est surtout l’animateur d’un réseau de travail. A ce titre, il pilote, coordonne, écoute, expose les divergences.

Saint-cyrien de la promotion MONTCALM (1980-1982), le Colonel PARMENTIER a servi comme chef de section puis officier adjoint en compagnie de combat au 11 e RG à RASTATT de 1983 à 1987. Il a commandé de 1988 à 1990 la 1 re compagnie de combat du 6 e RG à ANGERS. Engagé dans le cycle de préparation au brevet technique, il a successivement été affecté à l’ESGM à VERSAILLES puis à l’EG de PARIS avant d’intégrer en 1992, l’École Nationale des Ponts et Chaussées, où il obtient le diplôme d’ingénieur civil en 1994. Il rejoint la 108 e promotion de CSEM, puis poursuit une scolarité interarmées au sein de la 3e session du CID. Chef BOI au 34 e régiment du génie en 1996, il participe en 1997 aux travaux de planification de la SFOR dans l’équipe française insérée au SHAPE à MONS. Affecté en 1998 à l’état-major de l’armée de terre, il sert au bureau de conception des systèmes de forces où il est en charge, jusqu’en octobre 2001, de la fonction Agencement de l’espace terrestre. A cette date, il devient l’officier correspondant pour les études amont au sein de l’état-major. Il commandera le 13e RG à partir de l’été 2002.

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A partir de cette étude, les principales orientations et décisions suivantes ont été arrêtées. Dans le domaine capacitaire, il est apparu nécessaire de réévaluer les capacités d’aide au déploiement de la Brigade du Génie. La réorganisation, sous enveloppe d'effectifs, des structures du 1er et 2e régiment du génie accroît sensiblement la capacité d'aide au déploiement et crée deux compagnies en mesure d'assurer une partie de la mission de soutien au stationnement, mesures compensées par une réduction des capacités de franchissement. Les récentes interventions de l'armée de terre dans le cadre des missions d'assistance aux pouvoirs publics ont confirmé la nécessité de disposer d'un CMO spécifique, apte à assurer la mise en œuvre de l'ensemble des moyens déployés. La Brigade du Génie a vocation à armer ce CMO « Projection Intérieure ». Enfin, l'adaptation du génie aux nouvelles dimensions du combat de contact, en particulier dans le cadre de l’appui des unités engagées dans des actions de combat en zone urbaine, nécessite une réorganisation, sous enveloppe d'effectifs, des structures des compagnies de combat du génie.

Ces RFO recouvrent trois actes essentiels : - un audit de la fonction (capacités, organisation, ressources humaines, équipements…), - un rappel des perspectives d’évolution à long terme (engagements futurs), - une recommandation portant sur les évolutions à prononcer à court terme. Dès que le CEMAT a pris ses décisions, leur mise en œuvre est confiée aux bureaux de l’état-major correspondant aux métiers dont elles relèvent prioritairement. Le BCSF perd alors son rôle de pilote, mais s’assure que les solutions préconisées sont cohérentes avec les exigences capacitaires. En ce qui concerne l’agencement de l’espace terrestre, la revue de fonction AGESTER 1999, a établi un point de situation instantané de la fonction. Sur cette base, le concept d’emploi du génie a été élaboré et des directives ont permis d’orienter les études doctrinales et technico opérationnelles à court terme. La revue de fonction AGESTER 2000, à la lueur de l’analyse des « Engagements futurs des forces terrestres » a permis d’amorcer les perspectives d’évolution de la fonction à long terme.

La revue de fonction AGESTER 2001, à partir de l'évolution du contexte opérationnel et des propositions de l'étude Génie 2015, prend plus particulièrement en compte l'occurrence des engagements en zone urbaine et le développement des actions d'assistance aux populations civiles, en particulier sur le territoire national. Elle s’inscrit dans une réflexion résolument prospective suivant une double logique : - de projection à moyen et long terme, permettant de définir les orientations futures de la fonction opérationnelle, - de cohérence d’ensemble de la fonction en y incluant le domaine de la défense NBC et de la géographie.

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A cet effet, le principe d'une structure ternaire identique quel que soit le régiment du génie de brigade interarmes (3 compagnies de combat/régiment, 3 sections de combat/compagnie, 3 groupes de combat/section) a été adopté. Les modalités et la chronologie de cette réorganisation font l'objet d'une étude détaillée dont les résultats sont attendus à l’été 2002. Cette étude s’accompagne d’une réflexion sur le redéploiement d’un certain nombre de matériels entre les différents régiments du génie afin d’optimiser et de faciliter l’entraînement. Dans le domaine du NBC, le développement des capacités d'interventions de l'armée de terre face aux risques technologiques en opérations extérieures nécessite la réorientation des missions du Groupe de Défense NBC vers le traitement des événements RBC (radiologique, biologique et chimique). Un groupe de travail, piloté par l'EMAT a été constitué en septembre 2001 afin de définir les futures missions, les structures adaptées et les besoins éventuels en personnel pour faire face à ses nouvelles missions. D’autres évolutions restent à définir, ainsi le contrôle du milieu physique et humain nécessite davantage de renseignements sur l'environnement que sur les dispositifs militaires. Dans ce contexte, la recherche et l'exploitation du renseignement « milieu » requièrent des spécialistes. A cet effet, et dans le cadre de l'élargissement de la recherche du renseignement « milieu », les différents spécialistes de la fonction AGESTER, id est les cellules reconnaissance et expertise infrastructure, les équipes d'évaluation du risque technologique (ERE), voire les cellules d'analyse du terrain (TERA) pourraient être regroupés au sein d'un module multi-expertises, dont l'ossature serait les détachements de reconnaissance et de liaison du génie. Dans le domaine conceptuel et doctrinal, en vue de définir une véritable politique d'équipement en lieu et place de la constitution de « parc de précaution », un concept de contre minage doit être rédigé. Ce document fait l'objet d'une concertation avec l'Allemagne afin de pouvoir déboucher sur un besoin opérationnel commun à l'été 2002. Dans le domaine des équipements, l’élément essentiel des prochaines années sera la concrétisation du système de combat futur du génie. Le SCFG peut être défini comme l'ensemble des matériels majeurs permettant aux unités du génie de remplir les missions d'appui direct au combat de contact définies dans le concept d’emploi du génie en opérations. Il s'agit de définir quels effets significatifs apportent les unités du génie, intégrées au premier échelon, dans les opérations dans la profondeur et dans les actions en zone urbaine. Puis il sera nécessaire de traduire ces effets en termes de fonctionnalités qui seront in fine réparties dans différents modules.
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La RFO est l’outil par lequel se rétablit la relation entre les capacités et les aptitudes. En effet, une fois les capacités réalisées par la combinaison d’équipements regroupés au sein de cellules de base opérationnelles (systèmes de combat), il s’agit de mettre en place les ressources humaines, les organisations permanentes, les doctrines et les formations propres à en optimiser la mise en œuvre. Cette opération, qui résume le processus des RFO, n’est rien moins que la transforma t i o n d e c a p a c i t é s e n aptitudes. La RFO est ainsi l’instrument par lequel se raboutent les visions du présent et du futur de la fonction AGESTER.

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Général FRERE José

De l'aide au déploiement au soutien au stationnement : perspectives modulaires.
De nombreux articles traitent aujourd'hui de l'aide au déploiement. L'actualité y est pour beaucoup. Dans le cadre de la doctrine d'emploi de l'armée de terre, le génie est responsable de l'agencement terrestre. A ce titre, il va modeler le terrain au profit des forces pour leur donner ou redonner leur liberté d'action. Au-delà de cette mission bien connue est apparue depuis peu une nouvelle notion, celle de soutien au stationnement. Le général chef d'état-major de l'armée de terre au cours du forum du CDES sur la vision européenne d'emploi des forces terrestres, déclarait : « Vous savez que dorénavant, elles (NDLR : les forces terrestres) sont désormais appelées à participer à la résolution des crises que l'on peut sans exagérer qualifier de complexes et durables. Elles doivent également simultanément, et c'est là l'une des difficultés, conserver leurs capacités à faire face à un conflit de haute intensité, toujours possible, même si c'est avec des volumes plus réduits, et bien entendu, elles continueront comme les autres armées à être sollicitées pour des opérations de service public sur le territoire national. Dans ce cadre d'action deux éléments peuvent retenir l'attention du sapeur : le caractère durable et les opérations de service public. Ce sont deux critères qui dimensionnent réellement les forces et leurs soutiens. En effet, l'inscription dans la durée de ces crises et la simultanéité de plusieurs théâtres imposent une gestion particulière des moyens.
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Le général José FRERE est Directeur régional du génie en région terre Ile-de-France. Saint-cyrien de la promotion Capitaine Danjou (1971-1973), il choisit le génie et sert successivement au 7 e RG en Avignon, à l'EAG comme instructeur EOR, au 19 e RG à Besançon comme commandant de compagnie avant de rejoindre les FFA au COMGENIE à Rastatt où il sert aux services techniques. Reçu à l'EMS2 en 1985, il suit les cours de l'ENPC puis de l'école supérieure de guerre et du Cours Supérieur Interarmées. Affecté à Castelsarrasin, il est commandant en second du 31e RG et chef de corps du 33 e RG de la 15 e DI, régiment de réserve dont un embryon d'étatmajor et deux compagnies sont activées. Après un séjour au Bureau Planification Finances de l'EMAT, il prend le commandement du 34 e RG à Epernay. Dès la fin de son temps de commandement, il succède au chef de corps du 3 e RG à la tête du BATGEN de la Division Salamandre, de juillet à septembre 1996. Il occupera ensuite à l'Étatmajor des armées les postes de rédacteur planification-programmation et de chef de section Évaluation puis celui de DCG adjoint à partir du 1er juillet 2001. Marié et père de trois enfant, il est chevalier de la légion d'honneur et chevalier de l'ordre national du mérite.

De même la réponse aux missions de service public nécessite des ressources particulières. Il en est ainsi pour les capacités de la chaîne des techniques et opérations d'infrastructure. Dans ce même forum un accent particulier fut mis sur la nécessaire interopérabilité, la multinationalité des opérations et l'aspect juridique de nos actions. Enfin la construction de l'Europe de la défense et les missions, dites de Petersberg, définies dans le cadre de la conférence d'Helsinki fut évoquée. De l'ensemble des débats il est possible de conclure, sans être particulièrement doué en prospective, que l'action des armées françaises ne devrait guère décroître dans les années à venir et que celle-ci devrait normalement être axée sur la résolution des crises où le maintien au plus bas niveau de violence restera la règle. L'objectif fixé aux forces multinationales sera alors le rétablissement de la paix, ce qui peut se traduire par la reprise à terme des activités normales des peuples concernés. Par ailleurs, la solidarité européenne pourrait jouer lors de catastrophes naturelles touchant l'un ou plusieurs de ses membres. Là encore, l'objectif à atteindre devrait être le retour rapide à la vie normale. Cette notion peut accessoirement être étendue au territoire national, les risques naturels ne

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pouvant être exclus (les récentes catastrophes sont là pour nous le rappeler). Dans le contexte évolutif de ces dernières années, le génie, arme et service, a été amené à agencer l'espace terrestre pour autoriser le déploiement des forces et assurer leur liberté d'action mais aussi pour prendre en compte le caractère permanent du stationnement à effectif variable sur les théâtres d'opérations. La longue vocation des armées de bâtisseurs en intervention extérieure se trouve à nouveau révélée. Le passage d'une phase d'aide au déploiement d'un dispositif jeté sur le terrain au plus vite pour « étouffer le feu » à une phase plus longue et moins soumise aux changements de situation, dite de soutien au stationnement, n'est toutefois pas sans poser de problèmes. Si l'on applique aux nouvelles formes de « crises » les principes de la guerre, économie des forces, concentration des efforts et liberté d'action, pour la chaîne techniques et opérations d'infrastructure ceux-ci éclairent sur l'évolution possible des actions. Il ne servirait à rien de mettre en place une structure ou organisation permanente pour être en mesure de réagir aux circonstances. Dans le cadre qui nous préoccupe, il s'agit de bien distinguer trois phases dans les opérations, la première qui est celle de l'aide au déploiement pour laquelle les régiments du génie embrigadés sont entraînés, la dernière qui est celle du soutien au stationnement qui nécessite l'emploi d'experts en infrastructure et enfin la seconde, phase de transition particulièrement délicate à gérer. Ces trois phases sont bien évidemment imbriquées deux à deux. Néanmoins pour les étapes d'extrémité, les solutions existent et sont mises en œuvre actuellement sur les divers théâtres. En ce qui concerne la phase intermédiaire, elle est beaucoup plus difficile à appréhender. Elle dépend pour beaucoup de la culture des nations. En effet le schéma proposé ci-après ne vaut que parce que la culture française privilégie dans le règlement des conflits l'action de proximité. Le contrôle de zone obéit alors à un stationnement des unités engagées au plus près des points critiques, points décisifs ou centres de gravité. A l'inverse, d'autres nations préfèrent un stationnement des forces dans des emplacements aménagés d'avance, nécessitant une logistique importante dès le début des opérations.

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La méthode française permet dans l'objectif d'un retour le plus rapide possible à la vie normale de donner des signes évidents permettant de faire baisser la tension comme l'expliquait le général de Saqui de Sannes, commandant la Brigade multinationale Nord au Kosovo (passage du retour de l'espoir au retour de l'activité) lors du Forum du CDES. A l'aune de l'économie des moyens, il faudrait donc pour la composante infrastructure dans cette phase transitionnelle particulière, assurer la cohérence et la continuité des travaux réalisés par les unités engagées dans l'aide au déploiement, être en mesure d'envoyer des modules « sur mesure » en fonction de l'état des lieux et du travail à réaliser pour assurer le minimum de confort et la sécurité du personnel. Des moyens matériels seront indispensables et l'effectif nécessairement compté. Au titre de la concentration des efforts, il paraît intéressant d'utiliser le maximum de ressource disponible sur l'opération pour qu'elle donne satisfaction au plus vite. Elle doit pouvoir faire appel tant à l'active qu'à la réserve. Au titre de la liberté d'action du commandant de l'opération, elle doit préserver la réversibilité et être en mesure de réagir rapidement à l'aide de procédures préétablies, notamment avec l'émergence de l'aspect juridique dans ce type d'action. Le constat actuel sur les théâtres d'opérations est que l'installation sommaire des bataillons, compagnies, sections et groupes a tendance à devenir pérenne. Lors de la stabilisation de la crise puis lors de la baisse du niveau de violence vers un retour à la quasi-normalité, les unités améliorent leur cantonnement sans réels moyens. Le niveau supérieur ne peut guère leur venir en aide dès lors qu'il n'en a pas les moyens, étant lui-même d'ailleurs souvent logé à la même enseigne. En ce qui concerne les PC, la prise en compte de cette situation a permis de développer le concept des camps 1000 hommes que l'article du LCL Fontan dans le premier n u m é r o d e S a p e u r illustre bien. Néanmoins, ailleurs que sur ces camps, il reste nombre de problèmes à régler dont ceux de la prise en compte des lieux, de l'état des lieux, de la mise aux normes minimales de sécurité (incendie, travail, etc…). Sans vouloir reproduire sur le terrain les conditions de vie et de travail de métropole, il faut que les chefs à quelque échelon qu'ils se trouvent prennent conscience des responsabilités qu'ils ont à assumer vis à vis de la vie de leur personnel.

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Comment faire dès lors que la ressource financière et humaine ne semble pas permettre de réaliser rapidement les travaux que chacun voudrait voir effectués au plus vite ? A ce point de la réflexion, nous pouvons simplifier la problématique en considérant que soit sur un théâtre extérieur, soit en cas de catastrophe naturelle sur le sol national, il faut concilier une demande très forte ponctuellement avec des ressources existantes mais non mobilisables. La réponse devient dès lors limpide : il faut se donner les moyens de mobiliser rapideme n t l a r e s s o u r c e . C e t t e ressource, que doit-elle être ? D u m a t é r i a u p o u r r é p a r e r, reconstruire, voire construire. Celui-ci existe soit sur le théâtre d'opérations, soit ailleurs. Il faut en tous cas être à même de définir ce qu'il faut en quantité et en qualité puis se mettre en mesure de l'acquérir. Pour la mise en œuvre, il faut des gens capables de concevoir puis de faire la description des travaux et encadrer leur réalisation soit par main d'œuvre civile (souvent inexistante dans les premiers temps) soit par la main d'œuvre militaire. Il faut alors une ressource qualifiée dans les métiers du bâtiment. Les conditions de réussite, décrites ci-dessus, pour de telles entreprises sont importantes et nombreuses. Elles ne sont aujourd'hui pas réunies. Pourtant les ressources existent, il suffirait de les organiser et de les mobiliser en tant que de besoin. Une solution envisageable à moindre coût pourrait être de donner une ossature organique à une structure activée de temps à autre. Cette structure pourrait comprendre un élément de commandement chargé de l'instruction, de l'entraînement, de l'administration et la planification à froid puis de la montée en puissance très rapide et enfin du commandement sur le théâtre de cette unité. Certains de ses éléments pourraient participer aux premières reconnaissances en fonction de la nature des missions fixées au contingent français et de l'état des lieux. Un second élément pourrait être constitué des moyens indispensables pouvant ne pas être disponibles sur le marché et nécessitant une formation particulière pour leur mise en œuvre. Ce serait une compagnie de matériels spécialisés tels que centrale à enrobé, concassage, grue, toupies, camions bennes etc… Deux autres composantes viendraient compléter la structure. Une compagnie d'experts chargés de passer les marchés, au moyen de procédures préformatées, capables de concevoir les travaux, les conduire, les faire réaliser. Il s'agit en fait du métier de base des structures du temps de paix des établissements du génie (assistance au commandement, maîtrise d'ouvrage, maîtrise d'œuvre). Enfin le dernier élément, pouvant être multiple serait la compagnie de mise en œuvre, pour réaliser les travaux en régie (main d'œuvre militaire). La mission de cette unité serait alors de proposer au commandement de l'opération, ou lors de catastrophe naturelle à l'EMIAZD, les mesures à mettre en œuvre pour sortir au plus vite de la crise. L'objectif serait dans le cadre du retour à la vie normale de mettre en condition les zones de stationnement tout en redonnant aux autochtones les moyens de la reprise économique en injectant de l'argent (achat de matériaux), en favorisant la renaissance des entreprises locales et en passant des marchés avec ces dernières dès que possible. Cette action s'inscrirait dans un
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laps de temps assez court puisqu'il s'agirait de répondre à un besoin pressant et ponctuel. L'amélioration des conditions de vie et de travail initiales passerait alors ensuite par le processus connu actuellement sur les divers théâtres et connu sous le vocable soutien au stationnement sous contrôle du CFLT. L'armement de cette structure dans le cadre du format actuel de l'armée de terre pourrait se faire à enveloppe d'effectifs constants. Il s'agirait de trouver au sein de régiments de la brigade génie, le noyau dur de l'élément de commandement et de transformer une des compagnies actuelles, éventuellement conservant une double vocation, en compagnie spécialisée. Pour la compagnie de maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre, elle pourrait être constituée à partir du personnel militaire des établissements du génie et directions régionales par abonnement en fonction du cycle de disponibilité actuel des brigades avec un rattachement à étudier. De même les compagnies de mise en œuvre seraient constituées à partir des groupes projetables des équipes de casernement des régiments des brigades qui seraient dans le cycle de projection. La gestion nominative et l'appel si besoin seraient à la charge de l'élément de commandement sur ordre du CSOAT. Un noyau de réservistes spécialistes pourrait aussi être intégré dans ces structures. La difficulté dans ce cas pourrait être leur mobilisation dans le cas d'intervention sur le territoire national, leurs entreprises en ayant vraisemblablement besoin ne les mettraient pas à disposition. Ce concept s'il avait existé aurait pu permettre en plus du schéma directeur au Kosovo, de traiter les divers points hauts et points de stationnement d'unités au

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plan notamment de l'approvisionnement en eau et en énergie, ainsi que dans le domaine de la sécurité électrique et incendie. Par ailleurs, la compétence des équipes de casernement encadrées par des experts du service aurait permis de rapidement mettre en œuvre les matériaux et matériels nécessaires à la constitution de locaux conformes et relativement confortables. De même, comme il a été fait appel aux experts pour aider les populations locales dans la Somme, il aurait été envisageable de réaliser une opération d'envergure après le terrible accident survenu à Toulouse. Pour appuyer cette affirmation, voici les quelques actions qu'il aurait été possible de mener. Immédiatement après l'explosion, sur demande de l'EMIAZD, une équipe de reconnaissance composée de sapeurs arme (dégagement d’itinéraire, déblaiements, etc…) et service (désordres sur l’infrastructure, ressources) aurait pu aider à faire un bilan rapide des dégâts et l'évaluation sommaire des travaux à réaliser. Un état des lieux des entreprises capables d'assurer l'approvisionnement des chantiers ainsi que de celles en mesure d'appliquer leur action sur le terrain aurait pu être envisagé. Une sorte de schéma directeur d'urgence aurait été établi, classant les zones prioritaires et le s a c t i o n s à m e n e r s e l o n l'urgence. Pour dégager les entreprises afin qu'elles puissent se consacrer au travail, une mission d'expertise aurait pu être confiée au génie, avec des officiers ou sous-officiers assermentés. Si s’était posé malgré les circonstances tragiques, le problème de la concurrence, l'action du ministère de la défense aurait pu se porter uniquement sur les infrastructures publiques (hôpitaux, écoles…) touchées. Les crédits mis en place par l'État auraient pu être gérés par une PRM désignée qui aurait passé les commandes d'urgence. Les travaux dans les établissements publics auraient pu être réalisés par les équipes de main d'œuvre militaire constituées à partir des équipes de casernement des régiments de la région sud-ouest éventuellement renforcées par celles de la RT SE. Ainsi une véritable structure opérationnelle comprenant des maîtres d'ouvrage, des maîtres d'œuvre et du personnel d'exécution accolée à une structure administrative permettant de passer les commandes aurait permis de gagner des délais sur la réalisation des travaux de première nécessité. A cette organisation modulaire prévue dès le temps de paix il sera nécessaire de fixer un cadre d'emploi. Il sera aussi indispensable de prévoir des périodes d'instruction et d'entraînement. Compte tenu de sa vocation n'est-il pas possible d'envisager des opérations ponctuelles nécessitant des compétences particulières comme les opérations de remise en état des infrastructures des camps ou de réfection de certaines parties de casernement ? Ces opérations pourraient se dérouler selon des périodes de quinze jours, y compris pour les réservistes, dans les cycles d'instruction ou d'entraînement des brigades. En ce qui concerne l'instruction des structures, des petits chantiers pourraient être définis à vocation pédagogique, à l'instar de ce qui se fait dans les RSMA. Par ailleurs, cette structure pourrait si le besoin s'en faisait sentir, intervenir outre-mer dans le cadre d'accord technique ou dans la préparation et déroulement d'exercices dans lesquels des opérations de mise à hauteur de casernement sont envisagés. Il n'est pas dans l'objet de ce papier d'entrer dans le déroulement pratique de la réalisation d'une telle structure. Il peut néanmoins provoquer des réactions tant des sapeurs arme ou infrastructure que d'autres armes, quant à sa faisabilité et à son intérêt. C'est tout ce que s'est fixé comme objectif cette modeste réflexion quant à une utilisation différente des moyens du génie. Elle me semble proposer des éléments de réponse aux situations nouvelles que nous ne manquerons pas de connaître tant en métropole ou en Europe que sur les théâtres d'opérations qui s'ouvriront.

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Le Génie interar mes interar mées, inter ministériel
Les grandes dimensions du génie et quelques perspectives ........................................ GBRL BEZACIER .......... 27

Un CMO pour les opérations en métropole .......................................................................................... GBR CHINOUILH .......... 35

Le service du génie, composante à vocation interarmées… et davantage .............. GDI KEIFLIN ........................ 39

Le Génie de l’air une force originale et opérationnelle, au service des forces projetées sur un théâtre d’opération extérieur .......................................................... COL MERRET .................... 43

La B.S.P.P. dans les opérations extérieures - constat et perspectives ............................ LCL MALIÉ ............................ 47

Les renforts militaires dans la lutte contre les feux de forêts .................................................. CNE REININGER .......... 51

Le Génie au service des DOM-TOM ...................................................................................................................... COL SIMON ........................ 55

Se réapproprier les fondements : Le Génie, l’arme interministérielle par essence ...................................................................................................................................................................................... M. PERNOT ........................ 61

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Général BEZACIER Gérard

Les grandes dimensions du génie et quelques perspectives
A – LA DIMENSION INTERMINISTÉRIELLE DU GÉNIE DE VAUBAN, UN INVARIANT
« S’il était possible de vous partager en deux, je suis sûr que le Roy vous aurait aussi, envoyé à Toulon ». Louvois à Vauban. Lorsque Vauban accède au commissariat général des défenses du royaume, il reçoit la direction technique de l’ensemble des fortifications, tant de la guerre dont il avait l’habitude que du département (ministère) de Colbert Et c’est ainsi, que lui, l’ingénieur continental, habile en constructions et défenses, devient hydraulicien expert dans le mouvement des eaux qui bordent les côtes françaises et baignent ses ports. Après le tracé et la défense des limes du Nord, de l’Est et du Sud-Est, ce génie fortifie les côtes, bâtit l’infrastructure portuaire nécessaire à la flotte et aux échanges, bref à l’expansion de la France. Le génie, tel qu’il le vit et le voit étendu à tous les départements ministériels du Roi-Soleil, devient « un métier au-dessus de mes forces ». C’est pourquoi, il lui faut d’abord, par souci d’efficacité et d’économie, réaliser la fusion des divers acteurs. Un seul corps pour les personnels venus tant de la marine que de la guerre. « Le génie embrasse trop de choses pour qu’un homme le puisse posséder dans un souverain degré de perfection ». Vauban poursuit : « Puisque j’en suis sur ce chapitre, il faut que je vous fasse voir la différence de ceux qui savent bâtir et de ceux
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Diplômé de l’École nationale des Ponts et chaussées (1985) et diplômé de l’École supérieure de guerre (1986), il a exercé les fonctions de responsable de la prospective technico-opérationnelle au Centre d’études tactiques de l’état-major de l’armée de terre (1991). En 1992, il rejoint la délégation aux affaires stratégiques où il est chargé d’études sur la construction européenne et les relations franco-allemandes. En 1993 il prend le commandement du 13 e régiment du génie à Trèves (Allemagne) puis du bataillon du génie de BosnieHerzégovine qui participa au désenclavement de la ville de Sarajevo (juin - novembre 1995) avant de rejoindre le Collège interarmées de défense à Paris où il enseigne la géopolitique et la stratégie. En 1996, il est auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationales et stagiaire au Centre des hautes études militaires. Il commande ensuite le centre d’études et de prospective de l’armée de terre. Nommé général en 2000, il prend les fonctions de sous-chef d’état-major, chef de la division soutien auprès du général gouverneur militaire de Metz, commandant la région terre Nord-est, commandant les forces françaises et l’élément civil stationné en Allemagne. Il est depuis le 25 août 2001 commandant de l’École supérieure et d’application du génie, délégué militaire départemental de Maine-et-Loire et commandant d’armes de la place d’Angers.

qui ne savent qu’attaquer les places. Il n’y a point d’officier capable d’un peu de bon sens que je ne puisse rendre capable de la conduite d’une tranchée, d’un logement de contrescarpe, d’une descente de fossé, attachement de mineur, etc…, en trois sièges un peu raisonnables ; mais un bon bâtisseur ne se fait qu’en quinze ans d’application, encore faut-il qu’il soit employé à diverses choses et qu’il soit homme de grande application. Nous en avons présentement une assez bonne quantité qui sont propres aux sièges mais très peu qui entendent bien le bâtiment et encore moins de ceux qui entendent l’un et l’autre ». Or, les gens de la guerre, ceux de Louvois, appartiennent pour la plupart à la première catégorie – celle des « ingénieurs de tranchée » (les ancêtres du génie combat)- tandis que les ingénieurs de chez les Colbert (la marine), davantage formés à l’architecture, s’affirment souvent plus compétents dans les ouvrages des places que dans les travaux de siège. Pour Vauban, l’idéal serait que chacun s’applique à exercer l’un et l’autre ces deux types d’activité : « Quand on peut parvenir à se rendre bien intelligent dans les ouvrages et dans les sièges et à être un bon officier d’infanterie, cela fait la perfection du métier ». En ce début du troisième millénaire, trois cents années nous sépareront bientôt (2007) de la mort du maréchal de Vauban ; pourtant, plus que jamais, le génie s’impose avec toutes ses dimensions par le truchement de ses trois composantes dans le souci rigoureux de son unicité.

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Toujours pour ménager le sang des soldats comme des civils (victimes collatérales potentielles) lors des combats, acteurs principaux du soulagement des populations accablées par les conflits et les catastrophes diverses, constructeurs par définition des infrastructures opérationnelles ou non qui assurent le confort minimum des hommes et des états-majors, les sapeurs, qui ne peuvent admettre ni la couardise ni la fainéantise, restent les plus exigeants avec leurs collaborateurs, ingénieurs comme entrepreneurs. Arme tout particulièrement adaptée à la guerre comme au maintien de la paix et aux soucis humanitaires de tous ordres, ses états de service démontrent avec force son sens des sacrifices nécessaires quand il y va de la gloire de la République et de l’intérêt de l’État. réserve). En effet, la lutte contre le terrorisme s’étend à toute la planète dont le territoire national, objet de toutes les priorités. Un autre élément très important de la réflexion consiste en la nécessité absolue du maintien de la transformation des forces. C’est à ce prix seulement que seront progressivement relevés les défis du XXIe siècle. De quoi s’agit-il ? En permanence et par étapes successives, de se fixer des buts opérationnels qui guideront la transformation et orienteront les projets de développements et d’expérimentation. Ce dernier élément ne peut plus se satisfaire du seul cadre national ; c’est pourquoi sa dimension supranationale devra être recherchée absolument. Enfin, critère majeur de dimensionnement et de dosage des forces, la capacité ou non de conduire ou/et de participer simultanément ou non à un ou deux conflits selon qu’ils seraient majeurs ou non. On note bien, dans cet énoncé d’algorithmes, l’ensemble des possibilités apparemment trop nombreuses. Pourtant, si l’incertitude politique tant nationale qu’européenne peut paraître irréductible, les faits économiques et stratégiques pourraient permettre d’approcher les solutions réalistes. D’abord, le contrat européen existant qui couvre les missions définies et adoptées à PETERSBERG. A l’image de celles des dix dernières années, elles se traduisent par de multiples interventions potentielles et réelles. Ensuite, l’assurance que pour tout conflit majeur deux certitudes pourraient bien borner la gamme des scénarii vraiment possibles. Nous serions toujours avec les Américains ; on a, en effet, déjà beaucoup de mal à ne pas être à leurs côtés dans les petits conflits ! Enfin, en cas de
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dérive extraordinaire, le fait nucléaire, têtu, désespérant mais définitivement présent et que d’aucuns se hâtent trop vite d’oublier ! A partir de ces éléments et tenant compte des différentes avancées et maîtrises technologiques de notre grand allié américain, qu’on aurait, dans un cadre européen ou non, acquises en tout ou partie selon la réalité de nos efforts budgétaires (les États d’Europe pour les « meilleurs » sont désormais dans un rapport de un à dix avec les États-Unis d’Amérique), pourraient s’imposer les tendances lourdes suivantes : • la nécessité de mener encore et toujours des phases de combat de haute intensité, mais le plus souvent en milieu urbain ; • ces batailles de courte durée seraient préparées, facilitées, soutenues et appuyées par des feux lointains, profonds et précis – quasiment à la demande –, venant de l’espace, de l’air et de la mer ; • en dehors de ces phases aiguës où les feux seraient dirigés par un réseau d’observateurs matériels et humains particulièrement performants, le combat, principalement le contrôle de zone, serait conduit par des forces d’infanterie spécialisées largement renforcées par des éléments du génie, éléments constitués à partir de toutes les composantes de l’arme selon des dosages adaptés aux différentes séquences des interventions ; • selon l’éloignement des théâtres des territoires nationaux, des forces de logistiques largement soutenues par de forts contingents du génie formeraient la seconde composante indispensable des corps expéditionnaires. S’imposerait donc une constitution (en terme de dosages) des forces d’action du milieu du XXIe

B – LE CADRE D’ACTION DU GÉNIE DE 2002 À 2050 ; ESQUISSE DU GÉNIE FUTUR
D’évidence aujourd’hui, notamment mais pas seulement après le 11 septembre 2001, nous sommes devant une nouvelle synthèse stratégique très structurée. Celle-ci, très bientôt, validera une architecture rénovée de nos forces. D’abord les menaces asymétriques, thème connu dès le livre blanc de 1994, mais crédibilisées et « transcendées » par le 11 septembre 2001. C’est désormais un facteur déterminant de la pensée stratégique. Ensuite mais connexe (très connexe même, 1986, etc…), le bon niveau auquel il convient de placer la défense et la protection du territoire. C’est depuis toujours une mission principale des armées d’active, de réserve et de la gendarmerie nationale, mais c’est plus que jamais aujourd’hui un paramètre important de dimensionnement et d’organisation des forces (selon leur nature d’active ou/et de

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siècle, relativement rénovée et différente des habituels équilibres datés de la deuxième guerre mondiale du XXe siècle : • des systèmes de renseignements interarmées dont une partie minoritaire et terrestre ; • des systèmes de logistiques interarmées nécessairement soutenus pour leurs platesformes portuaires, aériennes et terrestres, par des unités du génie articulées à partir des composantes infrastructure et sécurité ; • des systèmes de forces maritimes, aériennes (1) et spatiales, principalement chargés de la conduite des feux ; • des systèmes de forces terrestres combinant infanterie et génie environnés par une cavalerie adaptée, complément de protection et d’actions de force, le cas échéant. *** Si l’on accepte ces hypothèses d’emploi comme ces modalités pour les engagements extérieurs, pour lesquels s’avère une absence de menace de conflit ouvert contre n’importe quel pays de l’Europe des quinze, il reste l’existence avérée des risques permanents et durables qui menacent notre territoire national et sa population. Les modes d’expression sont multiples ; ils passent de la criminalité par la délinquance, le terrorisme et les catastrophes naturelles et industrielles, dont TOULOUSE s’impose de façon exemplaire à tous les experts, avec le cri du maire : « A moi le GÉNIE ! ». L’ensemble de ces nouvelles et pérennes données modifie donc profondément la finalité stratégique de l’outil militaire : il ne s’agit plus d’une défense hypothétique contre une menace ouverte et majeure mais, à l’extérieur comme à l’intérieur du territoire national, d’actions de contrôle et de maîtrise des zones déstabilisées où le risque prend, en partie, ses racines. C’est bien à partir de la réponse à l’importante question du traitement militaire de ces problèmes que seront mesurés : • l’intérêt ou non de conserver en tout ou partie des capacités de combat « haute intensité » ; • les rôles relatifs des différents composants de l’outil militaire. Dans cet ordre d’idée, quatre constantes s’imposent au travers de l’observation de toutes les interventions récentes comme des réactions de notre opinion publique : • toute action de stabilisation requiert une phase de combat haute intensité (ou de « être prêt à… »), ne serait-ce que pour emporter une décision initiale avec un volume de forces limité sur un théâtre restreint. C’est l’objet principal des feux ; • l’efficacité militaire naît bien de l’emploi conjugué et simultané des moyens aériens et terrestres ; • le succès de toute opération se remporte au sol et la décision nécessite de durer pour contrôler au contact ; • enfin et c’est le plus important, l’opinion publique exige que la priorité de l’action des forces soit accordée à la protection des populations et à la sécurité du territoire national. Il faudra bien se résoudre à prononcer un rééquilibrage pour les missions de participation des armées à la défense civile, d’autant que celle-ci est déjà mais deviendra toujours plus inextricablement liée à la conjoncture internationale, conséquence des sociétés ouvertes, du raccourcissement des distances et de l’ensemble des flux d’échanges liés à la globalisation. Si le principe de n’engager les armées qu’en complément des moyens de la défense civile, quand elles sont seules à disposer des compétences et moyens adéquats, reste et restera la norme, l’analyse souligne l’importance des sollicitations du génie dans ses trois composantes. D’abord et en permanence, toutes les situations d’urgence et d’exception feront appel, dès qu’une ampleur certaine sera avérée, aux forces armées parce que justement elles sont faites pour cela (organisation, permanence, système d’alerte comme les équipements, l’entraînement… !). Alors force est de constater que tous les types de catastrophes liés à des actions volontaires (terrorisme) ou accidentelles seront : • les tempêtes, du ressort du génie ; • les inondations, du ressort du génie ; • les destructions de ponts, d’ouvrages d’art, du ressort du génie ; • les pollutions industrielles ou autres, du ressort de la brigade du génie, de la BSPP, des UISC… • les séismes, etc…, du ressort là encore du génie. Où que l’on observe, il n’y a pas de catastrophes qui ne sont pas du ressort du génie ! C’est un fait, il est incontournable et il est têtu. Il faudra bien qu’on le prenne au sérieux lorsqu’il s’agira de prononcer des aménagements, des inflexions dans les composantes de notre armée de terre. Au total se dessinent donc très clairement les rôles des futures forces d’action terrestres sur le territoire national comme sur les

1) Il est possible, à cet horizon, de voir émerger une composante aérobie fortement robotisée et automatisée. - 31 -

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théâtres d’interventions au sein des coalitions « supranationales » : • contrôle de zone, aide au déploiement, soutien au déploiement et actions de sauvegarde et de sécurité pour les populations seront les activités majeures des forces dans la durée ; • actions de force complémentaires de l’action des feux dans les phases de haute intensité seront les activités décisives des forces dans des zones limitées et pour de courtes durées. C’est à partir de ces réflexions qu’on pourrait bien commencer à imaginer notre génie 2025 avec ses trois composantes. Nous le faisons à l’ESAG et nous vous le dirons. joué par les invariants qui président dans l’organisation et les aménagements de la défense, pour leurs impacts dans le paysage politique et urbain. Il y a toujours eu besoin d’un corps spécialisé chargé des travaux de protection, de déploiement et de mobilité des forces militaires. Au temps des guerres locales, il s’agissait des mottes féodales puis des enceintes urbaines ; lorsque le coût de la guerre a dépassé les possibilités individuelles, la guerre est devenue l’affaire des rois et de l’État avec les fortifications, les sièges. Le roi s’est approprié et a organisé à son profit les ingénieurs, réunis pour des raisons d’efficacité et d’économie dans un même corps chargé de l’ensemble des ouvrages d’infrastructure et de défense. La guerre a changé de forme ; aux sièges successifs ont succédé des alternances de mouvements d’ampleurs diverses et des sièges de places dites stratégiques. La guerre devenue nationale après la révolution a doté le génie de troupes organisées pour l’infrastructure, la fortification et les communications (armée de l’air – aérostiers et télégraphistes – transmetteurs, comme ceux des ponts-pontonniers et des routes). Aussi le génie s’emparant toujours des techniques nouvelles, arme savante par nature et finalités, a su aménager autant qu’il a conquis (FAIDHERBE) l’espace colonial de la France. Aujourd’hui et encore plus demain, après le gel nucléaire et intellectuel qui aura, durant 50 ans caractérisé notre armée, le génie retrouve la plénitude de ses domaines d’action : • combat en zone urbaine, • infrastructure, • mobilité, • aménagements des théâtres d’action, l’ensemble étant, plus que jamais, amplifié par la nécessité des projections extérieures et intérieures pour l’aide au déploiement mais aussi et certainement de plus en plus par l’urgence de la protection de l’environnement, les dépollutions de tous ordres et la sauvegarde des populations.

CONCLUSION
Nous devons pour le siècle qui vient, non pas conserver le génie de nos habitudes, mais construire le génie de nos besoins. Aussi loin que portent les regards dans l’histoire comme dans le futur, un rôle majeur est

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Général BEZACIER Gérard

The great dimensions of military engineering and a few perspectives
A - THE INTERDEPARTMENTAL DIMENSION OF VAUBAN MILITARY ENGINEERING, AN INVARIANT
« Had it been possible to cut you in half, I am sure that the King would have sent you to TOULON too ». Louvois to Vauban. When Vauban acceeds to the « commissariat général des défenses du royaume » (general commission for the defences of the kingdom), he is appointed to the technical directorate for all the fortifications. He is then in charge of the practical aspect (war, something he is used to), as well as the administrative aspect (Colbert’s ministry) of the fortifications. And so it is he, the continental engineer good at buildings and defence works, who becomes an hydraulics engineer expert on the ebb and flow of the waters washing the coasts of France and laping her harbours. After having planned and built the defence network on the Northern, Eastern and Southeastern borders, it is this military engineering that also fortifies the coasts, builds the port infrastructures necssary to the fleet and trade, in brief to the expansion of France. Military engineering, as he lives it and sees it, spreading out to all the Sun King’s ministries gradually becomes a « profession that is beyond my strength ». With a view to efficiency and to saving money, this is the reason
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why he must first and foremost merge the various actors. An only professional body for the people coming from the navy as well as the fighting ground units. « Military engineering encompasses too many things to allow one man to master it perfectly ». Vauban carries on : « Since I am talking about it, I have to show you the differences between those who know how to build and those who only know how to attack fortified towns. There is no officer endowed with a bit of common sense that I cannot enable to supervise a trench, a counterscarp, a ditch slope down, an obstacle plan, etc… in three reasonable sieges ; but a builder becomes a good builder after years of diligent work, even then he must do various things and be a man of great application. We have at present quite a good quantity of engineers appropriate for sieges, but only a few who really understand what « building » means and even less who understand both. » It just so happens that Louvois’people, the soldiers, mostly belong to the first category – the one of the trench engineers (ancestors of the combat engineers) – whereas Colbert engineers (from the navy), trained to be architects, are often more competent in building than besieging fortified towns. For Vauban, the ideal would be that everyone should apply oneself to practising both activities : « when you can succeed in building and besieging and being a good infantry officer, you are a perfect officer. »

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At the beginning of this third millenium, 300 years will soon (2007) separate us from the d e a t h o f m a r s h a l Va u b a n ; however, and more than ever, military engineering (throught its 3 components) stands out in all its dimensions although rigorously preserving its unicity. In order to waste neither the soldiers’blood nor the civilians’ (potential collateral victims) during the fight, main actors in the relief of populations stricken by conflicts and various disasters ; by definition builders of the infrastructures (operationnal or not) that ensure minimum comfort for the men and the staff, the sappers who cannot admit neither cowardice nor laziness, remain the most demanding with their colleagues, may they be engineers or contractors. Branch particularly adapted to war as well as peacekeeping and humanitarian actions of all kinds, its service records shows in the fullest sense of the word its sense of necessary sacrifices when the glory of the Republic and the interest of the State are at stake. Then, but related (very closely related, 1986, etc…), the good level where it is advisable to place the defence and the protection of the territory. It has always been the main mission of the regular army, the reserve and the Gendarmerie Nationale, but it is today more than ever a prominent parameter in the evaluation of the size and the organization of the forces (according to their nature : regular and/or reserve). Indeed the fight against terrorism is spreading out to the whole planet, including the national territory, our top priority. Another important element of thought is the absolute necessity to carry on the transformation of the forces. It is at this cost only that the challenges of the XXIst century will be progressively taken up. What is it about ? Permanently and through successive stages, to set oneself operational objectives that will guide the transformation and will direct the projects of development and experimentation. This element cannot satisfy itself with the sole national framework ; it is the reason why its supranational dimension must be sought. Lastly, a major criterion in the evaluation of the size and the packaging of forces is the capacity or incapacity to conduct and/or to take part simultaneously or not in one or two conflicts that would be major or not. It is to be duly noticed than in this series of algorithms, the range of possibilities is apparently too wide. However, even if the political uncertainty, either national or European, may seem irreducible, the economic and strategic facts could allow realistic solutions to be reached. First, the existing European contract that covers the missions defined and adopted in PETERSBERG. Just like the ones of the last ten years, they result in potential and real interventions.
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Then, the insurance that for any major conflict two certainties could very well set limits to the range of really possible scenarii. We would still be alongside the Americans ; it is indeed already very difficult for us not to be with them during minor conflicts ! Finally, in the case of an extraordinary drift, the nuclear fact, hopeless and that will not go away and so definitively present, a fact that too many hasten to forget too quickly. From these facts and taking into account the various technological advances and the perfect command of these new technologies by our big american ally, technologies that we would have, in a european context or not, acquired totally or partly in accordance with the reality of our budgetary efforts (the “best” european states are now in a ratio of 1 to 10 with the United States), the following significant tendencies could stand out : - the lasting necessity to conduct high-intensity fighting, more often than not in built-up areas ; - these short battles would be prepared, made easier, supported by distant fire, deep and accurate (practically at one’s request) coming from space, air and sea ; - apart from these acute phases when fire would be directed by a network of particularly efficient observers, human or not, the actual fight, mainly the control of an area, would be conducted by specialized infantry forces widely supported by engineer elements, elements made of all the branch components in accordance with the packaging of forces needed for the various sequences of the interventions ; - in accordance with the distance between the theatres of operations and the national territories, logistic forces widely supported by large

B - THE CONTEXT OF ACTION OF MILITARY ENGINEERING FROM 2002 TO 2050 ; AN OUTLINE OF THE MILITARY ENGINEERING TO COME.
It is obvious today, notably but not only after the 11th of September, that we are faced with a new and very structured strategic synthesis that will very soon validate the revamped structure of our forces. First the asymetric threats, a known theme since the publication of the 1994 White Paper, but also backed up and transcended by the 11th of September. It is now a determining element of the strategic thought.

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engineer contingents would constitute the second component essential to the expeditionary forces. In terms of force packaging the creation of XXIst century forces of action, relatively updated and different from the usual balance dating back to the Second World War of the XXth century should be obvious. It would consist of : - inter-service intelligence systems with a minority ground component ; - inter-service logistic systems necessarily supported, because of their port, air and ground platforms, by engineer units coming from the technical and security components ; - maritime, air and space systems of forces, mainly in charge of the fire control ; - ground systems of forces combining infantry and military engineering surrounded by an adapted tank force providing further protection and supplementary actions of force if need be. If these engagement hypotheses are assumed as operating modes for exterior commitments that would not involve the risk of an open conflict with any member of the European community, still remains the known existence of permanent and lasting risks threatening our national territory and its population. They take on various forms : it goes from criminality to juvenile deliquency, terrorism and the natural and industrial disasters, among which TOULOUSE strikes all the experts, with the mayor’s famous cry : « ENGINEERS, help me ! » The set of this new and recurrent facts deeply modifies the strategic functions of the military tool : we are not anymore dealing with the hypothetic defence against a major and clearly identified threat but, within as well as without the national territory, with actions aiming at controlling destabilized areas where risks take roots. And it is from the answer made to the important question concerning the military handling of these problems that will be measured : - whereas it is relevant or not to keep the whole or only part of the high-intensity fighting capabilities ; - the roles reserved for the various components of the military tool. In this configuration, the study of all the recent interventions and the reactions of the public opinion bring out four permanent features : - every stabilizing action requires first a phase of highintensity fighting (or at least one has to be ready to conduct it), if only to win the initial decision with a volume of forces limited to a theatre with clearly defined boundaries. It is the main purpose of fire ; - military efficiency arises out of the simultaneous combination of air and ground assets ; - the success of any operation is achieved on the ground and the decision must last to control in contact ; - finally, but it is the most important, public opinion demands that the priority of the actions of the forces be given to the protection of the populations and the security of the national territory. We will soon need to make up our mind to restore a balance concerning the missions involving the participation of the army to the civil defence, all the more so as this participation will become more and more inextricably linked to the international situation, a consequence of the open societies, the shortening of distances and the trade flow
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resulting from globalization. If the principle to engage the army only as a supplement to the means of the civil defence when they are the only ones to have the skills and the adequate equipements, remains and will remains the norm, the analysis underlines the extent of the requests made to the three components of military engineering. Firstly and permanently, all urgent and exceptional situations will, as soon as a certain level will be reached, require the action of the armed forces just because they are made for that (organization, permanence, warning systems as well as equipments, training… !). So, it is to be noticed that all kinds of disasters linked to accidental or deliberate actions will be : - storms, within military engineering’s province ; - floods, within military engineering’s province ; - destructions of bridges and civil engineering structures, within military engineering’s province ; - industrial pollutions or pollutions of other kinds, within the engineer brigade’s, the Paris fire brigade’s, the civil security units’ province ; - seisms, here again within m i l i t a r y e n g i n e e r i n g ’s province. Wherever you look at, there are no disasters that are not within the engineers’province. It’s a fact that cannot be ignored and that will not go away. We w i l l h a v e t o h a n d l e i t seriously when adjustments and changes in the components of our army will be decided. To sum up, the roles of the future ground forces on the national territory as well as on the theatres of intervention within supranational coalitions are taking shape :

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- area control, deployment aid, deployment assistance and missions of protection for the populations will be the major activities of the forces and are meant to remain so for a long time ; - actions of force as a supplement to actions of fire during the phases of highintensity fighting will be the decisive activities of t h e forces in clearly defined a r e a s . T h e s e actions will be limited in time. It is from these thoughts that we could start imagining our 2025 military engineering and its three components. We are doing it here at the French Army Engineer School and we will make it known. ments of the defence because of their impact on the political and urban landscapes. There has always been a need for a specialized body in charge of protection works, the deployment and the mobility of the military forces. At a time when wars were local, only « feudal clods » and fortified towns were at stake but when the cost of a war exceeded individual possibilities it became, with fortifications and sieges, an affair of kings and state. The king made the engineers his, turned them to his advantage and eventually brought them together for efficiency reasons and to save money. In so doing, he created a sole body in charge of all the infrastructure and defence works. War has taken on a new form, after the successive sieges came alternations of movements of various magnitude and sieges of towns said to be strategic. Having become national after the revolution, war provided military engineering with troops organized and trained to build infrastructures, fortifications and communication networks (air force - aerostat pilots and telegraphists - signallers as well as the bridges - pontoniers - and the roads). So, military engineering, always learning new technologies, skilful branch by nature and purpose, managed to develop the colonial area of France as it conquered it (FAIDHERBE). To d a y and even more tomorrow, after the nuclear and intellectual freeze that characterized our army for 50 years, military engineering is enjoying again the full of its domains of action : - fight in built-up areas, - infrastructure, - mobility, - organization of theatres of action. the

CONCLUSION
During the century to come, we must not cling to the military engineering we are used to ; instead we must create the military engineering we need. As far as our eye may come to rest, either in history or in the future, a major role is played by the invariants that preside over the organization and the adjust-

these actions being more than ever magnified by the necessity to provide deployment aid on the occasion of exterior and interior projections but also and certainly more and more by the urgent necessity to protect the environment, to perform cleaning-ups of all kinds and to ensure the security of the populations.

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Général CHINOUILH Jean-Loup

Un centre de mise en œuvre pour les opérations en métropole
La tempête de 1999, le naufrage de l’ERIKA, la découverte d'un danger chimique à VIMY ou l'inondation du bassin de la SOMME sont autant d’événements pour lesquels les forces armées et plus particulièrement les unités du génie ont été requises afin de porter assistance à la population. Ces interventions militaires, qui s'inscrivent dans un dispositif interministériel assez complexe, ont été efficaces et, de ce fait, très appréciées des bénéficiaires. L'expérience récemment acquise permet maintenant d'éviter toute improvisation dans la conduite de ces actions de secours. Selon un principe bien établi, les troupes restent sous contrôle opérationnel militaire, en l'occurrence celui de l’officier général de zone de défense (OGZD) ou de son représentant, le délégué militaire départemental. Néanmoins, si le volume ou la nature technique des moyens engagés le requiert, le commandement des forces peut être délégué à un petit état-major de circonstance appelé centre de mise en œuvre (CMO). Après un bref rappel de l'organisation générale de la défense sur le territoire, ce CMO sera présenté sous tous ses aspects : rôle, place, organisation, moyens. Quelques facteurs de réussite seront ensuite mis en évidence pour être pris en compte lors des actions futures.

Le général de brigade JeanLoup CHINOUILH commande la brigade du génie depuis août 2001. Entré à Saint-Cyr en 1969, il sert comme chef de section au 13 e régiment du génie et commandant d'unité au 17 e régiment du génie parachutiste, où il revient en 1988 au poste de chef du bureau opérations-instruction. Il est chef de corps du 6 e régiment du génie de 1994 à 1997.

1. ORGANISATION GÉNÉRALE D’UNE OPÉRATION INTÉRIEURE
Lors d’un engagement intérieur, les différents intervenants du processus décisionnel figurent sur le schéma ci-dessous. Dans la plupart des cas, le DMD peut tenir son rôle de conseiller du préfet et, simultanément, prendre les forces armées engagées sous ses ordres, par délégation de l’OGZD. En revanche, si le volume des forces est important ou si leur mise en œuvre est spécifique, il est indispensable de mettre sur pied un CMO de projection intérieure. Lorsque les unités engagées sont des unités du génie équipées de leur matériel, il s'agit d'un CMO « génie ».

*) Centre Opérationnel Départemental - 39 -

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2. LE CMO GÉNIE DE PROJECTION INTÉRIEURE 21. Rôle et place d’un CMO
Généralement proposée par le commandement de la force d'action terrestre, la mise sur pied d'un CMO relève d’une décision de la chaîne interarmées (COIA, OGZD). Subordonné à l'état-major interarmées de zone de défense (EMIAZD), le CMO reçoit des « ordres au génie » (effets à obtenir sur le terrain) et transmet aux forces déployées les « ordres du génie » (actions à mener, méthodes à employer). Les demandes d'effets à obtenir sur le terrain par une action militaire ainsi que les priorités sont exprimées par le préfet de zone à l'OGZD. Après avoir vérifié qu'elles sont conformes aux conditions d'emploi et aux capacités des unités engagées, l'OGZD adresse au chef du CMO les ordres correspondants. Lorsque l'action globale est lancée, les ajustements sont réglés à un moindre niveau, entre le préfet, le DMD et le chef du CMO, qui joue alors un rôle supplémentaire de conseiller technique du préfet. Le CMO est déployé au plus près du Centre opérationnel de défense (COD) de la préfecture pour pouvoir collaborer étroitement avec l'ensemble des services de la préfecture, la gendarmerie, les directions concernées (sécurité civile, équipement, électricité, télécommunications, agriculture/eaux et forêts, etc.) ainsi que les services techniques départementaux ou municipaux. une présence à de nombreuses réunions de coordination et de décision. Elle doit toutefois laisser au chef du CMO une certaine liberté d'action pour se rendre compte sur le terrain de l'évolution de la situation. Les opérations intérieures attirant très rapidement les journalistes, la présence d’un officier communication est indispensable afin de gérer, en liaison avec la préfecture, les différents médias sur les chantiers où travaillent les militaires et dégager les officiers opérations de tout rôle médiatique. En plus de l'élaboration des ordres et des comptes rendus, la fonction « opérations » inclut la planification et la conduite des interventions, d'où le besoin d'une équipe habituée à ce genre de travail collectif transposable du domaine tactique. La fonction « logistique » doit s’adapter aux capacités de soutien local. Lorsque le déploiement s'effectue à un endroit où les armées disposent de capacités d’hébergement, d’alimentation et de maintenance, la Région Terre pilote le soutien et désigne des corps supports. Lorsque ces capacités militaires n'existent pas dans la zone, le CMO obtient des services de la préfecture le soutien recherché,
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sou-vent par l'intermédiaire du DMD ou de la cellule militaire du COD qui connaissent les possibilités locales et les bons interlocuteurs. Cette analyse fonctionnelle fait apparaître que pour un volume de forces allant de l’unité élémentaire au bataillon, le CMO doit comprendre : - un chef de CMO ; - une équipe « opérations » ; - un détachement de liaison et reconnaissance du génie ; - un officier « communication » ; - une cellule « logistiquepersonnel » ; - une équipe de transmissions.

23. Moyens de commandement.
Comme tout état-major projeté, ce CMO a besoin de liaisons vers le haut (EMIAZD), vers le bas (unités subordonnées) et transverses (DMD, régiments prestataires, soutien). Il travaille avec des outils classiques de bureautique et doit disposer des moyens habituels de télécommunications sur réseau militaire ou civil (téléphone fixe et portable, Internet, télécopie, télétype, radio), tout en veillant à la confidentialité d'une partie des informations.

22. Organisation d’un CMO
Organisé comme un CMO tactique, le CMO de projection intérieure assure les fonctions « commandement », « opérations » et « logistique ». La fonction « commandement » impose de multiples contacts et

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3 . D E S FA C T E U R S D E RÉUSSITE À FAVORISER
L'efficacité du CMO repose sur trois facteurs déterminants. Le premier correspond à une capacité, les deux autres à des qualités personnelles : détachement de liaison et de reconnaissance du génie et, si nécessaire, d'une équipe géographique. élémentaires et mise en œuvre de petits engins, en particulier les scies mécaniques.

L'ouverture d'esprit Le professionnalisme
Lors d’opérations à dominante génie, il est préférable que le chef du CMO soit un sapeur. Les officiers opérations, quant à eux, doivent posséder les compétences techniques indispensables à l’élaboration d’ordres de mise en œuvre du génie. Il est à noter que ces ordres seront d'autant plus faciles à donner et à exécuter que les unités subordonnées maîtriseront elles-mêmes les savoir-faire de base du génie, notamment : navigation, manœuvres de force Se plonger brutalement dans un milieu interministériel aux cultures disparates impose une grande ouverture d'esprit car il faut d'abord écouter et comprendre avant d'expliquer et convaincre. Une attitude peu formelle, bienveillante et optimiste facilite les échanges et peut contribuer à alléger une ambiance de crise. Elle n'interdit pas pour autant une grande fermeté de position.

Le renseignement "terrain"
Tous les retours d’expérience font apparaître qu’en l’absence d'une bonne connaissance du terrain et de ses modifications successives, le chef opérations du CMO n’est pas en mesure de recommander le bon emploi des unités. Lorsque le génie est engagé, il est donc indispensable que le CMO dispose d’au moins un

CONCLUSION
Saluée par les acteurs politiques, les médias et la population qui en a directement profité, la réussite des interventions militaires menées en métropole ces dernières années a contribué à relever encore la bonne image de nos armées. Fortes de leur succès, les unités du génie seraient sans doute à nouveau engagées en cas de nouvelle catastrophe. La brigade du génie pourrait alors fournir un CMO adapté dont le rôle et l'organisation correspondraient aux grandes lignes de cet article.

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Général de division KEIFLIN Marcel

Le service du génie, composante de l’armée de terre à vocation interarmées… et davantage
Schématiquement, le service du génie est comparable à une entreprise d’ingénierie d’environ 2 700 personnes, spécialisée dans la gestion et l’entretien de parcs immobiliers et dans les fonctions de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre, implanté sur l’ensemble du territoire national, y compris les DOM/TOM et possédant des agences dans quelques pays étrangers (Djibouti, Côte d’Ivoire, Gabon, Tchad).

Le GDI Marcel KEIFLIN est directeur central du génie depuis le 1er janvier 2002. Saint-Cyrien (1967-1969), il sert alternativement dans l’arme du génie : 33e RG, 5e RG (commandant de compagnie), EAG (commandant de compagnie EOR), en école comme stagiaire : DT32 à l’ESGM, BTEMS (ponts et chaussées 81-83 et ESGI), en état-major : EMA/OL (95-98) et dans le service du génie : DT d’Angers, DT de Paris, DCG, EG de Malakoff (comme directeur 91-95) et DRG Lyon comme directeur régional (98-01). Il est officier de la Légion d’honneur et chevalier de l’ordre national du Mérite.

Là s’arrête cette comparaison facile avec le monde du privé. En effet, le service du génie a, en plus, trois particularités importantes qui rendent cet outil d’ingénierie unique et indispensable pour la Défense : • Il comprend environ 1000 militaires projetables qui sont tous qualifiés dans les spécialités techniques et administratives du service, et qui sont pratiquement tous en situation de deuxième partie de carrière, c’est-à-dire disposant d’une expérience militaire acquise antérieurement au sein des armes, dont, hélas trop peu souvent, celle du génie. • Il est « le service de soutien chargé de l’infrastructure de

l’armée de terre ainsi que, après avis des comités de coordination des services d’infrastructure (CCSI) et de la fonction infrastructure (CCFI), de tout ou partie de l’infrastructure relevant d’autres attributaires du ministère » (décret n° 2000-289 du 30/03/00). Cela veut dire que le service du génie appartient à l’armée de terre, qui lui fournit notamment l’ensemble de son personnel militaire et civil, et qu’il procure, à la demande, les mêmes prestations d’infrastructure à l’ensemble du ministère, y compris, partiellement, aux deux autres armées qui disposent en propre d’un service d’infrastructure. Le recours à l’un des trois

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services d’infrastructure officiels du ministère de la défense étant obligatoire pour tous les organismes du ministère, cette situation en fait quasiment des « clients captifs », avec tous les aspects psychologiques de cette situation et, en contrepartie l’obligation pour le service de rechercher l’excellence et la transparence. effectués par le génie au profit d’autres organismes que ceux de l’armée de terre représentent bon an mal an 30 à 40 % du total des 600 millions d’euros (4 milliards de francs) d’investissements qu’il effectue. Il est à signaler cependant que ces 30 à 40 % du montant total des travaux ne représentent en fait que 15 à 20 % du travail effectivement réalisé par le service du génie, en raison du fait que le montant moyen d’une opération réalisée au profit de l’armée de terre est 3 à 4 fois plus faible que celui des autres. Les ouvrages réalisés en dehors de l’armée de terre sont quelquefois banals (logements familiaux des gendarmes) mais aussi souvent très intéressants sur le plan technique (hôpitaux, ouvrages enterrés de l’armée de l’air, sémaphores de la marine…) et enrichissent la palette des savoir-faire du service. Dans tous les cas, ces ouvrages sont considérés comme vitaux par nos clients et constituent des enjeux stratégiques pour eux du même niveau, sinon plus, que le plan VIVIEN pour l’armée de terre. Enfin, si on parle des autres prestations du service, celles qui se mesurent de façon moins technocratique tout en constituant dans les faits un impact de grande qualité du génie vers l’extérieur de l’armée de terre, on doit signaler le rôle éminent joué par deux organismes du génie : • l’ESAG contribue de façon déterminante à la formation initiale et permanente des spécialistes en infrastructure des autres armées et de la gendarmerie, qu’ils soient civils (IEF, TSEF) ou militaires (officiers et sous-officiers). Cette action découle bien entendu du rôle de l’ESAG comme école supérieure de formation des cadres du service du génie. Son rayonnement s’exerce d’ailleurs largement au-delà de nos frontières. Ainsi, durant l'année scolaire 2000-2001, ce sont 75 personnes hors armée de terre qui auront suivi les formations de l’ESAG, parmi lesquelles 12 étrangers, 20 gendarmes, 26 personnels de l’armée de l’air, 10 de la marine, 4 de la DGA et 3 du SGA. • le STBFT exerce de manière régulière des missions d’études techniques et d’expertise de très haut niveau au profit des « clients » institutionnels du service du génie, mais également au profit de ministères extérieurs, de l’Elysée, de Matignon et d’organismes publics divers tels que EDF, les aéroports de Paris ou l’agence du médica-

• Il lui est reconnu au sein du ministère, par le décret cité plus haut, des « compétences spécifiques » que lui seul possède, en matière de champs de tir, de protection contre l’incendie, de « définition des infrastructures opérationnelles » et « il participe à la mise en œuvre des moyens nécessaires à l’infrastructure de soutien des unités et détachements de l’armée de terre déployés en opérations extérieures ». Chacun sait que ces deux derniers points sont réellement vécus sur le terrain par les militaires du service du génie et que le cadre de leur action dépasse largement celui de la seule armée de terre. Comment cette situation générale se traduit-elle concrètement et qu’est-ce que le génie en retire ? Tout d’abord, pour ce qui concerne la gestion domaniale, le service du génie a 4 230 immeubles, soit 80 % de l’ensemble des immeubles de la défense, les autres étant gérés par la DCTIM et la DCIA. Ces 4 230 immeubles, dont l’armée de terre n’occupe que la moitié, comprennent 48,8 millions de m2 de surface hors œuvre développée. Le parc immobilier interarmées soutenu par le génie est donc considérable. Il faut remarquer cependant que la politique de maintenance fait moins appel aux prestations du service. Ensuite, pour ce qui concerne l’activité de construction et le chiffre d’affaires, les travaux

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ment. Les études ont souvent un caractère technique très rare dans des spécialités dont le STBFT détient un savoir faire du plus haut niveau au plan national : confinement, résistance des structures aux explosions, protection contre les effets des armes, sécurité anti-intrusion, traitement de l’eau, protection contre la foudre, installations thermiques et électriques complexes. En outre, le STBFT représente bien souvent seul le ministère de la défense dans plus de cent commissions techniques interministérielles ayant trait à la réglementation et à la normalisation en matière de construction, d’environnement, de protection contre l’incendie. Dans ce contexte, on comprend que des pays européens comme la Slovénie, la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie, font appel à la DCG et au STBFT pour une assistance dans les domaines techniques et pour l’organisation de leur propre service d’infrastructure militaire. Voilà donc un éventail des prestations métropolitaines du génie qui dépassent, parfois largement, le cadre de l’armée de terre. Il faut bien sûr ajouter à cet inventaire sommaire le rôle du service outre-mer, où il relève, dans un contexte interarmées complètement intégré, des différents COMSUP, COMFOR et COMTROUP, et le rôle désormais bien connu qu’il joue dans le cadre multinational et interarmées des OPEX : soutien au stationnement et large contribution aux actions civilo-militaires. Notamment au Kosovo, le problème de l’eau qui était crucial a été réglé par le STBFT, de même qu’à Mostar deux centrales électriques modulaires de 5,5 mégawatt sont en cours d’installation en vue de desservir de la façon la plus économique et fiable les forces. C’est évidemment dans ce contexte que l’on comprend que tout ce qui est fait en métropole par les militaires du service prend une valeur d’entraînement permanent aux actes techniques et administratifs qu’ils ont à accomplir aux côtés de leurs camarades des formations de combat du génie. Il est clair que pour l’ensemble de ces missions de métropole, d’outre mer et de projection, la demande est actuellement largement plus importante que l’offre et que des secteurs nouveaux d’intervention, liés au « post 11 septembre 2001 » ou au rôle international de la France, s’ouvrent au génie en raison de ses compétences spécifiques et de la disponibilité de ses personnels militaires et civils : sachons par exemple que le STBFT étudie actuellement pour EDF la résistance de tous les barrages hydroélectriques aux divers impacts d’avions, que c’est un architecte militaire du service qui, au Bénin, a conçu l’école de déminage et en suit la réalisation et que ce sont nos ingénieurs civils qui définissent actuellement les règles de sécurité des dépôts de munitions de N’Djamena, Port Bouet et Libreville. Actuellement, la seule limite à l’extension du champ d’activité du service du génie est, bien entendu, celle de ses ressources humaines. Une partie encore faible, mais grandissante des prestations effectuées notamment au profit des organismes autres que ceux de l’armée de terre est désormais « externalisée » à des sociétés privées. La question subséquente est évidemment de ne pas perdre de ce fait les savoir-faire rares et indispensables pour l’efficacité de nos personnels en projection extérieure.

En conclusion, et sans même avoir évoqué le caractère interministériel de toute la réglementation technique, urbanistique, administrative et financière qui nous est appliquée et qui nous met en permanence en contact avec le monde extérieur, ce rapide tableau décrit un champ d’activités, de contraintes et de potentialités qui fait du service du génie une société d’ingénierie unique et particulièrement riche d’expériences techniques et humaines à vivre pleinement en raison, notamment de son caractère interarmées… et davantage.

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Colonel MERRET Alain

Après avoir servi pendant 3 ans comme adjoint du général commandant la brigade du génie, à LILLE puis à STRASBOURG, le colonel Alain MERRET occupe depuis l’été 1998 le poste de sous-directeur du génie de l’air, au sein de la direction centrale de l’infrastructure de l’air. Il a commandé le 3e régiment du génie à CHARLEVILLE MÉZIÈRES de 1992 à 1994. Précédemment, il a commandé une compagnie d’appui au 6e régiment du génie d’ANGERS et assuré la fonction de chef du bureau « opérations – instruction » au 9e régiment du génie de NEUF-BRISACH. Le colonel Alain MERRET est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Ordre national du mérite.

Le génie de l’air, une force originale et opérationnelle, au service des forces projetées sur un théâtre d’opération extérieur
Composées majoritairement de personnels issus de l’armée de terre, les formations du génie de l’air et plus spécialement les compagnies opérationnelles du génie de l’air tirent leur spécificité et leur originalité du fait qu’elles constituent une composante infrastructure de l’armée de l’air, dont la vocation principale et prioritaire est d’assurer en tout temps et en tout lieu le maintien en état opérationnel des aires et voiries aéronautiques nécessaires à la satisfaction des besoins de cette armée.

L’évolution du concept stratégique d’emploi des forces en général et de l’armée de l’air en particulier, conduisent cependant le génie de l’air à élargir sa gamme de missions, plus spécialement dans le domaine de l’aide au déploiement, et à développer des capacités associées dont l’emploi sur un théâtre d’opération extérieur s’inscrira de plus en plus dans un cadre interarmées et multinational, pour la satisfaction des besoins de l’ensemble des forces déployées.

I) LE GÉNIE DE L’AIR, UNE FORCE ORIGINALE.
Si le rattachement à l’armée de l’air de formations composées pour l’essentiel de personnels issus de l’armée de terre constitue la principale originalité du génie de l’air, les missions qui lui sont confiées, les moyens dont sont dotées ses unités, et les méthodes appliquées pour le maintien des savoir – faire techniques et tactiques de ses personnels sont aussi des domaines qui le distin-

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guent des autres unités à vocation travaux existant au sein de l’arme du génie. Ainsi, les missions susceptibles d’être confiées aux cinq compagnies opérationnelles (COGA) composant le 25e régiment du génie de l’air (25e RGA) couvrent l’essentiel de celles dévolues à l’ensemble de l’arme du génie, à l’exception des missions d’appui au combat. En effet, à la mission jusqu’alors prioritaire de réparation rapide d’une voirie aéronautique endommagée après une attaque aérienne, à laquelle est généralement associée celle de reconnaissance et de dépollution, s’ajoute désormais toutes les missions d’aide au déploiement, y compris la fourniture d’eau potable et le traitement des déchets. Pour répondre à cette vaste gamme de missions, le génie de l’air dispose de moyens matériels nombreux et diversifiés. Parmi ceux-ci les moyens spécialisés de travaux publics, qui constituent la partie la plus importante du parc, lui assurent en particulier une compétence élargie et spécifique dans les deux domaines des produits noirs et du béton, puisque le 25e RGA est la seule unité du génie à être dotée à la fois de centrales de production et des matériels de pose associés. Force originale par ses missions, ses matériels et les capacités qui y sont associées, le génie de l’air l’est aussi par les moyens et méthodes qu’il utilise pour l’instruction de son personnel, dont 80 % assure une fonction opérationnelle. S’appuyant sur une structure de formation lui permettant d’assurer l’instruction spécialisée de tous ses personnels militaires du rang sous contrat et sous – officiers dans les deux filières, BETP et TPIA, le 25e RGA est en mesure d’entretenir et développer les savoir-faire techniques ainsi acquis, lors des
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chantiers que les unités effectuent sur les bases de l’armée de l’air, dans le cadre des plans de maintien en condition opérationnelle établis annuellement par l’état-major de l’armée de l’air. Par le haut degré de technicité que réclame l’exigence de qualité des travaux effectués sur les voiries aéronautiques, les chantiers conduits, quotidiennement par le personnel du génie de l’air lui assurent une formation permanente de qualité, gage d’une compétence reconnue et d’une parfaite maîtrise des moyens et techniques mises en œuvre à cette occasion.

s’adapter aux nouvelles missions et aux contraintes liées à l’éloignement géographique. Pour répondre aux nouveaux besoins, les unités du génie de l’air ont dû adopter une structure qui leur assure à la fois une certaine polyvalence et une grande souplesse d’emploi. La satisfaction de ces deux objectifs a reposé à la fois sur une organisation des compagnies opérationnelles, caractérisée par un effectif important (152 personnels) et une structure modulaire composée d’une part de « pions de mise en œuvre » constitués des 3 sections opérationnelles, et d’un réservoir de moyens complémentaires spécifiques regroupés au sein d’une section d’appui. Concernant la section de commandement de cette unité, celleci ne comporte qu’un soutien limité aux seuls matériels techniques, le soutien de l’homme étant toujours assuré dans l’armée de l’air par la base aérienne ou le détachement air déployé sur un théâtre d’opération extérieur. Parallèlement, les unités ainsi structurées ont dû simultanément compléter leurs dotations en matériels pour prendre en compte les nouvelles missions et procéder à une recherche à la fois d’allégement et de compacité du parc

II) LE GÉNIE DE L’AIR, UNE FORCE EN CONSTANTE ÉVOLUTION POUR S’ADAPTER AUX NOUVEAUX BESOINS.
Créées à l’origine pour répondre à des besoins opérationnels spécifiques de l’armée de l’air, les unités du génie de l’air actuelles voient leur rôle confirmé dans un cadre géographique élargi et pour un emploi de plus en plus diversifié. En effet, la projection constituant désormais la priorité assignée à l’ensemble des forces conventionnelles, le génie de l’air a dû repenser son organisation et revoir ses équipements pour

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mais aussi dans l’Océan Indien (réfection et extension de la piste de l’île de la grande Glorieuse en 1988). Mais c’est évidemment depuis le début des années 1990 que le caractère interarmées et multinational des interventions des unités du génie de l’air s’est à la fois confirmé et développé, lors des opérations conduites sur les théâtres de l’ex-Yougoslavie, dans le cadre de l’opération SALAMANDRE en BOSNIE (1995 à 1997) puis de l’opération TRIDENT en MACÉDOINE et au KOSOVO (1999 - 2001). existant, pour répondre au mieux aux conditions d’aérotransport par moyens tactiques ou stratégiques. Engagées depuis maintenant trois années consécutives, ces actions permettront aux unités, dès la fin 2002, de disposer de capacités aérotransportables par avions cargos tactiques dans les différents domaines de la reconnaissance, de la fourniture d’eau potable, de la réparation de voirie aéronautique et de l’organisation du terrain. aérienne massive, les unités du génie de l'air ont, depuis leur création, toujours œuvré au profit des forces, quel que soit leur armée d’appartenance ou leur lieu de déploiement. Appliquée au départ à la remise en état ou au développement d’infrastructures aéronautiques en métropole, en Afrique du Nord puis dans le Pacifique, cette aptitude des unités du génie de l’air à servir en tout temps et en tout lieu au profit des forces en général s’est en effet vérifiée à maintes reprises en Afrique (opérations MANTA en 1984 et ÉPERVIER de 1986 à 1989 au TCHAD, opération TURQUOISE au ZAÏRE en 1994), Disposant à la fois de capacités particulières de nature à répondre aux besoins spécifiques de l’armée de l’air et de moyens comparables à ceux des autres unités du génie dans le domaine très large de l’aide au déploiement, les unités du génie de l’air sont aujourd’hui en mesure d’assurer un soutien efficace de l’infrastructure horizontale au profit d’une force projetée, quelles qu’en soient la nature et l’origine. En effet, si les capacités globales du génie de l’air peuvent aujourd’hui paraître limitées par rapport au nombre de plates– formes aéronautiques à soutenir dont dispose l’armée de l’air,

III) LE GÉNIE DE L’AIR, UNE FORCE OPÉRATIONNELLE TOURNÉE VERS L’ACTION AU PROFIT DES FORCES.
Compte tenu de l’évolution conjuguée des concepts d’emploi des forces et des missions à accomplir, les unités du génie de l’air seront de plus en plus amenées à œuvrer dans un contexte interarmées, voire multinational, favorisant ainsi un emploi au profit des forces déployées, sur la base des seules capacités et compétences détenues. Bien qu’essentiellement en charge, jusque dans un passé récent, de la remise en état des plates-formes aéronautiques opérationnelles de métropole consécutive à une attaque

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elles s’avèrent très importantes et parfaitement dimensionnées pour l’aide du déploiement et le soutien au stationnement des forces projetées sur un théâtre d’opération extérieur. Composées de personnels issus de l’armée de terre évoluant quotidiennement au sein de l’armée de l’air, les unités du génie de l’air bénéficient de plus de cette double culture qui en font une composante de fait interarmées, dotée d’une capacité d’adaptation et d’intégration équivalente dans chacune des deux armées. Cette faculté d’adaptation, qui n’a pour seule limite que l’absence d’autonomie dans le domaine du soutien de l’homme, permet aux unités du génie de l’air d’agir indifféremment au profit d’un détachement projeté de l’une ou l’autre armée, dans un cadre autonome ou comme composante complémentaire d’une autre structure. Agissant toujours sur ordre du CO.AIR, et sur demande du COIA lorsqu’il s’agit d’une intervention au profit d’une autre armée, le bénéficiaire des travaux accomplis par les unités du génie de l’air sur un théâtre d’opération extérieure lui dictent en principe sa subordination opérationnelle d’emploi, mais aussi de soutien, puisqu’il appartient à l’autorité d’emploi désignée d’assurer ou de faire assurer, selon le cas, le soutien organique de l’unité du génie de l’air placée sous ses ordres. Cette subordination d’emploi et de soutien est ainsi confondue lorsqu’elle est dévolue à un commandant de détachement air (COMDETAIR). Les deux subordinations sont par contre distinctes lorsque les moyens du génie de l’air sont placés sous contrôle opérationnel (OPCON) d’un commandant national de théâtre (ADCONFRANCE), la charge du soutien étant alors confiée par cette autorité à une autre unité sur le théâtre (BATGEN ou BATLOG).

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Lieutenantcolonel MALIÉ Gilles

La BSPP dans les opérations extérieures : constat et perspectives
Les opérations dans lesquelles les armées françaises sont engagées ont régulièrement fourni à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris l’occasion de projeter une partie de ses personnels.

Saint-Cyrien de la promotion général de Monsabert (19821985). Stagiaire à l’EAG/division d’application (1985-1986). Affecté à la BSPP de 1986 à 1996 Commandant de la 11° compagnie (centre de Paris et secteur de Belleville). Stagiaire au CID à Hambourg de 1996 à 1998. Affecté à l’EMA/division emploi (responsable du Corps européen) de 1998 à 2000. Affecté comme adjoint au chef du bureau opérations de la BSPP depuis août 2000.

Principaux dossiers ment gérés :

actuelle-

Dans les conflits actuels, l’environnement de sécurité des forces déployées prend une dimension prépondérante, dès lors que les unités disposent d’infrastructures correctes et que les besoins logistiques de base sont assurés. Néanmoins, l’utilisation des infrastructures urbaines, de qualité variable selon les pays considérés, place les troupes à la merci de risques différents de ceux strictement liés à des actions de guerre. Parmi ceux-ci, les sites industriels délabrés et les locaux d’habitation potentiellement dangereux sur le plan des incendies ont conduit les étatsmajors à établir de nouvelles règles de protection des troupes. Dans cette optique, la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris apporte sa contribution à la défense des unités militaires stationnées au Kosovo depuis le mois de janvier 2001. Pour autant, est-ce une idée totalement nouvelle et quelles en sont les perspectives de développement ?

I. LA PARTICIPATION DE LA BSPP AUX OPÉRATIONS DES ARMÉES FRANÇAISES
La première projection à l’extérieur des frontières françaises d’un détachement de sapeurspompiers de Paris remonte à 1855, lors de la guerre de Crimée. Une unité, déployée à l’origine pour assurer la surveillance de différents dépôts et magasins des armées en campagne, combattit de nombreux sinistres aussi bien dans les camps que dans les villes, par exemple lors de la bataille de Malakoff. Durant le conflit de 1870-1871, le régiment de sapeurs-pompiers de Paris assura la défense de différents quartiers généraux de l’Armée du Rhin. En 1918, il participa activement à la défense de la Capitale et à certaines opérations sur le Front. C’est en effet un officier du Corps, le capitaine Schilt, qui a mis au point les lanceflammes et certaines techniques de lutte contre les gaz de combat. Près de 300 sapeurs-

- plans d’urgence en région parisienne, - réalisation du SIDACR (schéma interdépartemental d’analyse et de couverture des risques), - élaboration de la maquette opérationnelle 2002-2007, - déploiement de sapeurspompiers de Paris au Kosovo, - développement du système d’information géographique, - relations entre les SAMU et la BSPP, - conventions entre la BSPP et les grands opérateurs publics (GDF, EDF notamment).

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pompiers ont payé le lourd tribut de leur vie dans ces conditions dramatiques. En 1940, le régiment de marche remonta sur la Capitale après la signature de l’Armistice et le régiment se recentra sur ses missions traditionnelles de protection de la population parisienne, dans une Capitale occupée. Résistants, déportés, blessés, des destins se sont brisés jusqu’à ce que le soleil rejaillisse lorsque le capitaine Sarniguet, officier du Corps, hisse le drapeau sur la Tour Eiffel de Paris libérée. (DCG) a confirmé les besoins exprimés et a proposé le déploiement d’un détachement mixte BSPP/BMPM de 12 personnels, apte à traiter une large palette de risques bâtimentaires et industriels. Ce module, commandé par un major, est déployé depuis la mi-janvier 2001 et défend toutes les unités, françaises et alliées subordonnées, de la BMN-N. Ce module mixte a ceci d’original qu’il est commandé à tour de rôle par un cadre de la BSPP ou du BMPM, ce qui traduit concrètement l’existence d’un pôle de pompiers militaires, complémentaires et solidaires, dans les rangs de l’armée de Terre et de la Marine. Parmi les centaines de candidats volontaires, le tri a été sévère. Attirés par ces horizons lointains et la perspective d’envisager leur mission de protection sous un jour différent, les personnels retenus ont reçu des missions classiques de lutte contre les sinistres et de protection des forces, tant dans les camps que sur les itinéraires routiers, bondés, de la plaine centrale Kosovare. L’autre volet majeur comprend des actions de formation et d’information des contingents français ou alliés, ainsi que du KPC, afin de favoriser la reconversion d’une partie des anciens rebelles de l’UCK dans les nouvelles unités de Sécurité Civile kosovares. Par ailleurs, des manœuvres sont régulièrement effectuées avec les pompiers de Mitrovica, afin de restaurer leur capacité à agir de manière autonome. Le programme quotidien est très comparable à celui en vigueur au sein de la BSPP et du BMPM. Les matinées sont consacrées au sport et aux manœuvres, adaptées à l’absence de réseau incendie au Kosovo, tandis que les aprèsmidi sont occupés à reconnaître, par voie terrestre ou aérienne, les sites particuliers à répertorier, puis à rédiger les plans d’urgence, en liaison avec les cellules spécialisées de la BMN-N.

II. LA BSPP EN OPÉRATION EXTÉRIEURE AU KOSOVO
Confronté à un incendie non maîtrisable sur un site industriel totalement délabré, à quelques centaines de mètres à peine des bâtiments abritant son étatmajor dans le camp « Serment de Koufra » à Mitrovica, le général commandant la brigade multinationale nord (BMN-N) a exprimé, à l’automne 2000, le besoin de disposer, sur ce théâtre d’opérations urbain, de sapeurs-pompiers eux-mêmes formés aux techniques urbaines. Une expertise menée au cours du mois de novembre 2000 par trois officiers de la BSPP, du Bataillon de Marins Pompiers de Marseille (BMPM) et de la Direction Centrale du Génie

III. POSITION STATUTAIRE DE LA BSPP ET MODALITÉS DE SON DÉPLOIEMENT
Grande unité militaire de l’arme du Génie, placée pour emploi sous les ordres du Préfet de Police de Paris, la BSPP détache régulièrement des personnels à l’étranger dans le cadre d’audits, de l’aide militaire technique ou encore des détachements d’intervention lors des catastrophes (DICA). Dans le cas du Kosovo, la situation est différente. Le déploiement sur ce théâtre d’opérations s’inscrit dans la durée. Il a donc été décidé de rédiger une convention spécifique entre le CEMA et le Préfet de Police de Paris, ainsi que de faire signer un avenant de volontariat aux personnels retenus. Cette convention place le détachement sous le commandement opérationnel du général commandant la BMN-N et précise les modalités de mise en œuvre du module pompiers. Les points relatifs au remboursement des frais engagés, qui concerne différentes collectivités territoriales, et aux aspects juridiques de ce déploiement ont fait l’objet d’une écriture très précise.

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Sur le théâtre, le détachement est scindé en deux entités basées dans les camps Serment de Koufra et Novo-Selo. Ces considérations sont dictées par des raisons opérationnelles et logistiques. Le rythme des interventions est extrêmement variable et souvent dépendant de la situation géopolitique locale. Les personnels arment deux engins-pompes tout-terrain appelés VIC (véhicule d’incendie des camps), fournis par l’armée de Terre, disposent de postes radio RENABEC (réseau numérique à base d’éléments civils) et d’armements légers, prélevés sur les dotations de la BSPP. Cependant, lors des interventions, ils sont escortés et protégés par les engins du bataillon territorialement compétent, l’aspect « piège » ne pouvant jamais être exclu. Sur le plan organique, le bataillon est subordonné au BCT (bataillon de commandement et des transmissions). Les alertes sont déclenchées par le centre opérationnel de la BMN-N, qui décide de l’opportunité des interventions hors les camps en fonction des directives du général commandant et des renseignements fournis par les unités spécialisées. qui ne sont pas encore à la portée des pompiers locaux. Par ailleurs, les forces passent d’un état d’hébergement d’urgence à des conditions de déploiement aux normes de plus en plus proches de celles en vigueur en métropole. Les règles de prévention seront donc de plus en plus appliquées, que les locaux d’hébergement soient situés dans les camps ou en ville. Afin d’éviter de coûteux déménagements des unités, une sensibilisation pourrait certainement se faire dès la phase initiale de leur mise en place en associant un officier sapeurpompier aux éléments de reconnaissance et d’évaluation. D’autre part, des audits sont effectués à la demande pour certains bataillons alliés subordonnés, qui commencent également à s’équiper pour la lutte contre les incendies. L’étape ultérieure souhaitable consisterait à coordonner les modules nationaux au sein de la BMN-N, puis de la KFOR ou de la MINUK, ce qui ne manquerait pas d’ailleurs de créer une certaine concurrence entre les nations. Dans le cas contraire, la gestion d’un sinistre majeur ne sera certainement pas garantie. Au niveau des sites industriels les plus délabrés, la situation commence à s’améliorer. Les personnels du détachement participent à la sécurisation des chantiers d’enlèvement des produits les plus dangereux, tels que le Propergol et les acides particulièrement toxiques. Cette action a même été étendue au secteur américain. Toutefois, cette action trouve ses limites dans l’avenir des modules de pompiers au Kosovo. La participation de la BSPP est en effet liée à l’autorisation du Préfet de Police de Paris. La convention actuelle est prolongée par tacite reconduction, donc sa dénonciation unilatérale peut intervenir à tout instant. La question qui se pose est de savoir si l’action des sapeurs-pompiers a un intérêt à l’avenir, si cette prestation est devenue indispensable ou si l’action conduite depuis un an a permis d’améliorer le niveau de sécurité de manière telle, que la présence du détachement n’est plus nécessaire. En effet, la BSPP et le BMPM ont effectué des dons de matériels (véhicules et lots de désincarcération) au profit des pompiers locaux, les ont formés et ont participé à la mise en place des premiers éléments de Sécurité Civile. Aussi, une mission d’évaluation associant l’EMA, l’EMAT, la BSPP et le BMPM se rendra au Kosovo en mars 2002. Ses conclusions pourraient se traduire par une proposition d’évolution du mandat du détachement, de sa nature, voire par la constitution d’un module permanent dédié aux opérations extérieures, gagé sur des postes des Armées. Le pari, difficile, consiste bien à passer d’une solution ad hoc à la définition d’une doctrine d’emploi pérenne, en considérant les évolutions inévitables des armées françaises pour prendre en compte tous les aspects des opérations extérieures dans un environnement multinational, où chaque nation est attachée à démontrer sa capacité à gérer une crise dans sa globalité, avec précision et efficience, dans une exigence de sécurité qui convient à une armée professionnalisée.

I V.

PERSPECTIVES

DE

DÉVELOPPEMENT
De manière générale, l’état des infrastructures militaires et civiles du Kosovo ne cesse de s’améliorer. Les déplacements sur les axes routiers sont plus rapides et se soldent par des accidents de la circulation très graves, nécessitant l’emploi de matériels de désincarcération

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Capitaine REININGER Marc

Issu de l’école militaire interarmes, le capitaine REININGER Marc rejoint le 6 e régiment du génie en 1991. Il assure les fonctions de chef de section à la 141e CGDIMa, d’adjoint à la 2 e compagnie de combat mécanisée et commande la 3e compagnie de combat. Après un an comme chef du BRCP, il est affecté en 1998 comme officier adjoint au BOI du commandement des formations militaires de la sécurité civile (COMFORMISC). Il est plus particulièrement chargé de la formation et des études générales. Le capitaine REININGER a eu l’occasion de servir en opération extérieure en République Centrafricaine, en ex-Yougoslavie (Krajina, Sarajevo), au Cambodge et a participé à plusieurs missions de secours à l’étranger.

Les renforts militaires dans la lutte contre les feux de forêts : Plus de 700 hommes aux côtés des UIISC
Pendant la période estivale comprise entre le dernier mardi de juin et la mi-septembre, le ministère de la Défense prête son concours à la direction de la défense et de la sécurité civiles (DDSC). Régi par un protocole d'accord avec le ministère de l’Intérieur, ce concours s'applique dans les 15 départements de la zone de défense sud, pour la prévention et la lutte contre les feux de forêts.

La participation des forces armées peut être de deux types : - concours direct avec des formations militaires d'intervention de surface (FMIS) et des moyens aériens d’intervention (MAI) ; - concours indirect pour le soutien des moyens opérationnels de la sécurité civile. L’emploi des moyens militaires, coordonné par une cellule de liaison et de coordination militaire (CLC) située au centre interrégional de coordination opérationnelle de la sécurité civile (CIRCOSC) à Valabre, est planifié dans le cadre de deux plans complémentaires : - le plan « HEPHAISTOS » conçu pour faire face à une aggravation progressive des risques. Il est articulé autour de 3 stades correspondant à 3 niveaux de risques évalués par la DDSC ; - le plan « HEPHAISTOS ROUGE », comparable à un plan ORSEC, qui est établi pour faire face à une situation de catastrophe déclarée. Au même titre que les UIISC, les moyens militaires sont des renforts nationaux, toujours placés en renforcement auprès du commandement des formations militaires de la sécurité
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civile (COMFORMISC) qui assure la planification et la coordination de l’ensemble des moyens.

LES CONCOURS DIRECTS I. Les formations militaires d’intervention de surface (FMIS)
Les FMIS regroupent quatre types d’éléments qui conservent leur hiérarchie propre. Lorsqu'ils sont engagés dans des missions « feu », ces éléments doivent être obligatoirement assistés de cadres spécialisés (sapeurs-pompiers ou UIISC). Ils reçoivent des matériels spécifiques de lutte contre l'incendie et de protection individuelle fournis par le responsable des secours auprès duquel ils sont mis pour emploi. 1.1. Les modules adaptés de surveillance (MAS) Ces modules offrent une grande souplesse d'emploi pour des missions de surveillance préventive ou de contrôle des foyers résiduels après traitement par les UIISC ou sapeurspompiers. Leur composition est de 17 militaires et d'un cadre/sapeurpompier ; 8 VLTT.

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1.2. Les sections intégrées (SMI) militaires

Instruites pour lutter contre les feux de forêts non violents, ces sections sont engagées dans les missions de lutte contre les feux aux côtés d'une formation des UIISC. Elles peuvent être également engagées dans des missions de surveillance préventive, dans le traitement des lisières ou la réalisation de coupe-feu de circonstance. Quatre SMI (effectif par section : 30) sont intégrées aux UIISC 1 et 7. L'instruction « incendie » des SMI est dispensée au cours des trois premiers jours de la mise en place de ces éléments dans les UIISC. 1.3. Les sections militaires spécialisées (SMS) D'un effectif de 17 militaires, ce sont des formations de chacune des armées, ayant subi une instruction spécifique pour lutter

Surveillance par une SMI d’un foyer maîtrisé

contre les feux de forêts (SMS Air et Marine) ou les feux de forêts non-violents (SMS Terre). Ces formations ne sont jamais intégrées dans les UIISC. Elles doivent agir conjointement avec d'autres formations spécialisées

(sapeurs-pompiers et UIISC) et ne sont jamais engagées isolément. 1.4. Les compagnies militaires de renfort (CMR) Composées d'un élément de

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II. Les moyens aériens d’intervention (MAI)
Les moyens aériens éventuellement fournis par la défense sont des hélicoptères légers (HL) ou des hélicoptères de manœuvre (HM). Ils interviennent en renfort de ceux de la sécurité civile pour accomplir des missions de reconnaissance, de transport de PC volant, de secours d’urgence, d’héliportage et d’hélitransport d’UIISC, de FMIS, de sapeurs pompiers, ou de matériel incendie.

Groupe alimentation d’une SMI assurant le ravitaillement en eau à partir d’une motopompe

LES CONCOURS INDIRECTS
Pendant la campagne, les armées peuvent être sollicitées par le ministre de l'Intérieur pour renforcer le personnel et les moyens matériels de la DDSC et les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).

commandement et de liaisons et de 3 sections (57 hommes au minimum), ces formations, qui n'ont pas reçu d'instruction incendie, sont désignées pour assurer des missions de quadrillage et de surveillance des

massifs forestiers ou de contrôle des foyers maîtrisés. Elles sont employées exclusivement dans le cadre du plan HEPHAISTOS ROUGE.

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I. L’assistance aux personnels et aux appareils de la DDSC
Il s'agit d'assurer un soutien logistique au profit des unités mobiles de sapeurs pompiers en transit ou en phase de remise en condition dans la zone (nourriture, hébergement, ravitaillement en carburants). Dans le cadre du plan HEPHAISTOS ROUGE, ce soutien logistique peut s’étendre à des missions : - de soutien santé avec participation au triage, aux évacuations sanitaires primaires et secondaires, ainsi qu'à l'hospitalisation dans les hôpitaux militaires spécialisés ; - d'assistance aux populations sinistrées : aide à l'évacuation par voie aérienne, routière, maritime, participation à l'hébergement et l'alimentation… - de transport de renforts civils ou militaires de lutte. ptères de manœuvre est accordé annuellement pour la formation des équipes d'intervention héliportées des UIISC.

III. La surveillance des feux
Afin d'améliorer l'action préventive et de raccourcir les délais d'intervention sur les départs de feux, les commandants d'unités volantes sont formés pour rendre compte systématiquement par radio de tout sinistre constaté en vol.

II. L’instruction des UIISC
Un crédit d’heures d'hélico-

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Colonel SIMON Didier

Officier issu des rangs de l’École militaire interarmes en 1980, le colonel Didier SIMON est chef d’état-major du Commandement du service militaire adapté depuis l’été 2000. Chef de section au 71 e régiment du génie à OISSEL et commandant d’unité au 10 e régiment du génie à SPIRE, il a assuré la fonction d’adjoint études formation au Centre d’études tactiques et d’expérimentation du génie de 95 à 98. Breveté de l’enseignement militaire supérieur, il a commandé le 3e RSMA à CAYENNE de 1998 à 2000.

Le " Génie " au service des DOM-TOM : le Service Militaire Adapté…
Preuve de son succès et de sa pérennité, le service militaire adapté (SMA) a fêté en 2001 le quarantième anniversaire de sa création. Créé aux Antilles – Guyane en 1961, il s’est progressivement étendu à la Réunion (1965), à la Nouvelle Calédonie (1986), à Mayotte (1988), à la Polynésie française (1989). En 1995, un détachement a vu le jour à Périgueux. Fort de cette diversité, cet outil de formation atypique, relevant du ministère de l’outremer depuis 1968, a parfaitement rempli, avec son encadrement militaire, ses missions d’insertion et de développement durant ces quarante années. Ainsi, près de 100000 jeunes ultramarins ont été formés et ont participé à la réalisation de plus de 2500 kilomètres de routes, pistes et autres ouvrages d’infrastructure dans le cadre du développement des collectivités d’outremer. Près d’un quart de l’encadrement, officiers, sous officiers et EVAT, provient de l’arme du Génie, toutes composantes confondues. A la fois chefs, experts, formateurs, conseillers, ces sapeurs occupent une place essentielle au sein de cette institution et participent pleinement à la réussite des actions de formation et d’insertion, et des missions d’intervention.

1) LA DIMENSION INTERMINISTÉRIELLE DU SMA
Aux termes d’une instruction particulière du Premier ministre datée d’août 1968, le SMA relève du ministère des départements et territoires d’outre-mer, qui dispose à son budget des emplois et des crédits nécessaires aux activités autres que militaires. L’arsenal textuel de 1991 (décret, arrêté et instruc-

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tion interministériels) précise les relations entre le ministère de la Défense et le secrétariat d'État à l’outre-mer, et répartit les modalités pratiques de commandement, d’organisation et de fonctionnement entre les deux ministères. mique, social et culturel de l’Outremer, à travers le financement du logement social et celui des actions en faveur de l'emploi et de l'insertion dans les départements d'outre-mer. • une mission de coordination de l'action des ministères qui interviennent outremer dans des domaines précis (par exemple, éducation, culture, jeunesse et sports) ou pour œuvrer à son développement économique et social (par exemple, industrie, agriculture, emploi). Le ministère joue également un rôle en matière internationale dès lors que les départements, territoires et collectivités territoriales sont concernés (coopération régionale, affaires européennes, traités). Au sein du secrétariat d'État, les missions sont réparties entre deux directions, mises en place depuis 1979, qui exercent leurs attributions sous l'autorité du ministre. • La direction des affaires politiques, administratives et financières (DAPAF) exerce les attributions de souveraineté. C'est la direction de la sécurité, du droit, des affaires internationales, du conseil et du contrôle des collectivités. Elle est par ailleurs responsable du fonctionnement des services d'État (administration centrale et services déconcentrés). • La direction des affaires économiques, sociales et culturelles (DAESC) a une mission de pilotage du développement économique outremer, d'amélioration des conditions de vie des populations et de soutien à l'expression de leurs richesses culturelles. A cet effet, elle exerce les compétences liées, d'une part aux interventions directes en matière de logement social, de politique de l'emploi et de l'insertion, de soutien aux investissements publics et aux activités culturelles et, d'autre part, à la coordination des interventions des ministères techniques en faveur du développement économique, social et culturel de l'ensemble des collectivités qui composent l’outre-mer. Le Service Militaire Adapté dépend de cette direction et le commandant du SMA relève du directeur de la DAESC au même titre que les autres chefs de département, économique, social ou culturel.

11) Le Secrétariat d’État à l’Outre-mer : la pluralité des compétences de l’Administration au service de l’outremer français.
De création récente, puisqu’il n’est pas antérieur à la V e République, le ministère de l’outremer est cependant l’héritier de formations administratives beaucoup plus anciennes dont le développement s’est fait au gré de l’expansion française outre-mer. Créé de façon formelle en 1959, le nouveau département ministériel chargé des départements et territoires d’outre-mer évolue depuis entre quatre types de situation : ministère, ministère délégué auprès du Premier ministre, secrétariat d'État auprès du Premier ministre, et enfin secrétariat d'État auprès du ministère de l’Intérieur. Le Secrétariat d'État à l’outremer remplit trois missions principales : • Une mission de souveraineté, puisqu'il exerce l'autorité de l'État outre-mer. Dans les départements d'Outremer, ses attributions sont celles qu'exerce le ministère de l'Intérieur en métropole. Dans les territoires d ' O u t r e - m e r, e n Nouvelle-Calédonie et les autres collectivités territoriales, il exerce l'autorité de l'État dans le respect de l'organisation particulière de ces territoires, définie par les différents statuts. • une mission d'intervention directe en faveur du développement écono-

12) Le Service Militaire Adapté : 40 ans d’efficacité au profit de l’outre-mer et de sa jeunesse.
Organisme de formation et de promotion sociale, le SMA a pour mission principale de faciliter l’insertion dans la vie active des jeunes gens et jeunes filles des DOM/TOM qui en font la demande. Ils servent alors, selon la loi du 28 octobre 1997 portant réforme du service national, comme volontaires du service militaire adapté. A cet effet, le SMA dispense une formation spécialisée et adaptée, dans un cadre militaire et avec du personnel de la Défense placé en position de détachement. Au-delà de cette mission première, il s’inscrit également dans les dispositifs d’intervention de

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formation professionnelle et de chantiers d’application (plan de campagne annuel). De fait, les cadres du SMA sont placés en permanence au cœur d’un système de formation au profit d’une jeunesse ultramarine défavorisée, difficile à appréhender et exigeante. Il leur faut par conséquent s’inscrire dans une véritable continuité éducative et œuvrer en complémentarité et en partenariat avec les autres organismes socioéducatifs, civils comme privés d’ailleurs. Dans ce cadre, les unités tiennent compte des politiques régionales de développement liées à la formation professionnelle, définies par les conseils régionaux et formalisées, pour les départements d’outremer en particulier, dans les contrats de plan État-Région (CPER) et les documents uniques de programmation (DOCUP) validés par la Commission Européenne. Ainsi cela permet-il au SMA de recevoir des fonds européens, sous réserve d’en justifier périodiquement l’emploi auprès des instances européennes, nationales et locales de contrôle, en respectant les règles d’éligibilité et les strictes procédures communautaires.

l’État, dans le cadre des plans de défense, de secours et d’aide au service public, sous l’autorité des généraux, commandants supérieurs (COMSUP) des forces armées de souveraineté. Enfin, il participe au tra-vers des chantiers d’application, en liaison avec les préfets, hauts commissaires et les présidents des collectivités territoriales, au développement des territoires ultramarins là où ses formations sont implantées. Apprécié de tous les acteurs locaux, attractif pour les jeunes et bien intégré dans l’ensemble des dispositifs de formation professionnelle, le SMA prend en charge chaque année environ 25 % des jeunes d’une classe d’âge, sortis du système éducatif sans qualification, avec un bon taux d’insertion (71 % en 2001). Le succès de cette forme originale d’insertion a conduit le gouvernement à fixer comme objectif d’atteindre en 2003 le chiffre de 3000 volontaires formés, soit autant que d’appelés formés en 1998.

et d’insertion, elles le sont aussi par la complexité de leur environnement et par les liens particuliers de subordination qui les caractérisent : le SEOM via le COMSMA pour la partie organisationnelle et fonctionnelle (à parfois plus de 10000 kms), la Défense via le COMSUP (commandement interarmées) pour les activités liées de près (formation et entraînement militaire, interventions…) ou de loin (en terme d’image) à la Défense, le préfet enfin, pour la coordination des activités de

13) L’environnement du SMA : diversité et complexité.
Tout d’abord, il convient de rappeler que si les unités du SMA sont originales par leurs missions sociales de formation
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Cela accroît sans aucun doute la complexité de l’environnement dans lequel les unités sont appelés à évoluer, ainsi que des tâches à accomplir par l’encadrement dans la vie quotidienne.

structure et des chantiers d’application, placé aux ordres d’un officier supérieur adjoint travaux (OSAT). • Une compagnie de formation professionnelle, commandement et logistique, (CFP CL), chargée du soutien et de la vie courante du régiment, ainsi que des filières de formation liées aux métiers du soutien (restauration, agent administratif, magasiniers, mécanicien…). • Plusieurs compagnies de formation professionnelle (CFP) englobant les diverses filières de formation dispensées au SMA, souvent regroupées par pôle. Ainsi, dans une compagnie de formation pro-

2) LA PLACE DU GÉNIE DANS L’INSTITUTION SMA : À LA CROISÉE DES CHEMINS… DE LA FORMATION, DE LA TECHNIQUE ET DE L’INTERVENTION.

fessionnelle sont regroupées toutes les formations liées aux métiers du bâtiment et des travaux publics ; une autre peut être spécialisée dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage ; une troisième regroupe d’autres métiers (protection, transport, etc.) ou s’occupe plus particulièrement de la préformation ou de formations pré-qualifiantes… La formation de base des jeunes volontaires est assurée au sein d’une CFP par une ou deux sections spécialisées.

21) L’organisation unité du SMA
Une unité du SMA est articulée en un étatmajor et une ou plusieurs compagnies. • L’ é t a t - m a j o r reste classique, avec toutefois un service original chargé des études et du suivi des travaux d'infra-

d’une

22) Les fonctions occupées par les sapeurs : du chef de corps au moniteur technique.
Un quart du personnel d'active affecté dans un régiment ou un groupement du SMA appartient à l'arme du Génie : 23 % des officiers, 20 % des sous-officiers et 31 % des EVAT. A côté de ces cadres, chargés des fonctions de direction, de soutien et de formation, on trouve les moniteurs techniques, jeunes EVSMA titulaires des qualifications techniques adéquates (BAC pro, BTS).

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23) Les sapeurs dans l’action : formateur et technicien
A l’instar de ce qui se passe dans la Défense, le génie est omniprésent et les trois composantes sont représentées au sein du SMA. 231) Le génie forme… Organisé sous forme de modules ou en formation continue, l'apprentissage d'un métier est l'objectif prioritaire des centres de formation du SMA. La formation professionnelle est répartie en grands domaines, allant des métiers du secteur agricole jusqu'aux métiers du secteur tertiaire, de la restauration, de la mécanique, ou d'autres encore…, en passant par les formations du bâtiment et travaux publics, domaines où les compétences du génie sont unanimement reconnues. Toutes ces filières, décidées à l'occasion d'un conseil de perfectionnement (qui réunit annuellement autour d'une même table, sous la présidence du préfet, des représentants de l'État, du SMA et des autres organismes

socio-éducatifs tels l'AFPA, l'ANPE…) sont fonctions des besoins des territoires et des débouchés offerts aux jeunes. Elles permettent soit l'attribution d'un titre diplômant AFPA de niveau 5 (CFP), ou d'un CAP, soit de l'attestation de formation professionnelle du SMA (AFP), après environ 800 heures de forma-tion. Cette attestation a été officiellement reconnue par la loi PERBEN de juillet 1994. De nom-breux sous-officiers du Génie, qu’ils viennent des régiments des forces, du génie de l’air ou de la composante infrastructure, dispensent les formations infrastructure, agent d’entretien de bâtiment ou conducteur d’en-gins, en tant que chef de section, adjoint ou chef de groupe. 232) Le génie construit… Après la formation élémentaire théorique et pratique, les stagiaires effectuent au sein du SMA « entreprise », leurs modules de synthèse pédagogiques, soit l’équivalent d’une application grandeur nature appelée chantier d’application. Ces travaux sont effectués au profit de

chaque département ou territoire, des collectivités locales et régionales, et des unités, pour aider au développement, participer à la réalisation de réseaux structurants ou améliorer les infrastructures. Ils sont réalisés sous la direction de l'officier supérieur adjoint travaux (OSAT), titulaire d’un diplôme technique, selon un calendrier arrêté sous la direction du préfet de région, et approuvé en final par le secrétariat d'État à l'outre-mer (DAESC/COMSMA). Les services de l’OSAT assurent le montage des dossiers techniques et effectuent, avec les commandants d’unité (Génie) de formation professionnelle, les indispensables reconnaissances. Les sapeurs des unités, chefs de section, adjoints et moniteurs techniques, assurent le suivi et l’exécution de ces chantiers avec leurs sections de stagiaires en formation. 233) Le génie intervient… Sans évoquer en détail les différentes possibilités d’intervention des unités SMA, il faut rappeler que c’est dans le cas des plans de secours ou d’aide

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au service public, que les capacités d’intervention du SMA, et donc les savoir faire des sapeurs, prennent toutes leurs dimensions. La double capacité à intervenir, de façon autonome ou en complément d’autres intervenants, et/ou à assurer un soutien logistique de proximité d’éléments extérieurs (Sécurité civile, Gendarmerie…) est particulièrement appréciée dans ces occasions. Sont en fait reconnues explicitement l’expertise « terrain » et la capacité d’aide à la mobilité, tant dans sa partie ouverture ou rétablissement d’itinéraires que dans le domaine du franchissement de

coupures. Ces capacités sont avant tout légitimées par les filières de formation professionnelle dispensées aux jeunes volontaires par des sapeurs qualifiés, principalement dans les domaines bâtiments et travaux publics.

CONCLUSION
Le "Génie" de l'outre-mer, avec son personnel détaché au sein des unités et de l’état-major du SMA, tient parfaitement sa place et contribue avec efficacité et dynamisme au succès de cette institution. Bon nombre de

routes, pistes et autres ouvrages d’art existent outre-mer grâce, entre autres, aux savoir-faire des sapeurs, formateurs et bâtisseurs, chefs et conseillers. Ainsi, le SMA permet-il à de nombreux cadres du Génie, toutes spécialités confondues, d’acquérir outre-mer, en situation réelle, dans un environnement particulier et souvent complexe à appréhender, au contact d’une population diversifiée, notamment à base de jeunes fragilisés, l’expérience humaine et technique indispensable pour réussir dans cette vie de militaire qu’ils ont choisie.

GUADELOUPE 1995 St-Martin et St Barthélémy Cyclone LUIS 1995 Guadeloupe Ravitaillement en eau Cyclone MARYLIN 1999 Baie - Mahault Collecte des déchets ménagers 1999 Guadeloupe et St Barthélémy Cyclone LENNY

PERIGUEUX 2000 PERIGUEUX Participation cellule intervention préfecture

PARIS 2000 ILE-DE-FRANCE déblaiement arbres abattus suite à une tempête

MARTINIQUE 1995 Cyclone IRIS 1995 Cyclone MARYLIN 1995 St-Martin Cyclone IRIS et LUIS 1995 St-Barthélémy Ourangan GEORGES 1998 GUATEMALA Cyclone MITCH 1999 Prêcheur, St-Pierre, Corbet Ouragan LENNY

NOUVELLE-CALÉDONIE 1996 PROVINCE NORD Cyclone BETI 1997 KOUMAC Extinction d’incendie 1998 NANDAI Extinction d’incendie 1999 KOUMAC Extinction d’incendie

POLYNÉSIE-FRANÇAISE 1997 Eradication de la mouche à fruit 1997 TUBAI Cyclone MARTIN 1997 TUBAI Cyclone OSEA 1998 TUBAI Extinction de feux de forêt 1998 Ile de RAIATEA Eradication de la plante Miconia 1999 Ile de RAIATEA Eradication de la plante Miconia 1999 TUBAI Extinction de feux de forêt

LA RÉUNION 1998 Cirque de SALAZIE Pluies dilluviennes 1998 BOURG MURAT Eruption du volcan 1998 PAS DE BELLECOMBE Guidage des visiteurs 1999 Plaine des CAFRES, Terre Sainte Extinction d’incendie et surveillance 2000 Cirque de SALAZIE Cyclone CONNIE

GUYANE 1996 Remire Monjoly Mini Raz-de-Marée 1998 Remire Monjoly Renforcement de digue

MAYOTTE 1999 HODINA Extinction d’incendie

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Monsieur PERNOT Jean-François

Se réapproprier les fondements : Le Génie, l’arme interministérielle par essence
Vauban est notre figure, notre emblème, notre modèle de démarche car il est reconnu positivement par tous les Français. Avec la fête du Génie depuis 2001, nous lui reconnaissons au service de la France lui qui fut autant citoyen que soldat - cette recherche permanente de solutions pertinentes et au coût le plus raisonnable possible afin que vive, que survive notre Pays avec une Défense immédiate et une bonne utilisation de ses composantes économiques. Il installa, justifia donc par ses pratiques, l’Esprit de Défense qui ne peut être que global et socle sur lequel nous fondons notre structure politique et militaire (cf. Histoire militaire de la France, s/dir. A. Corvisier, PUF). Avant que la Défense de la France soit ainsi organisée avec cohérence totale alliant fortifications et troupes permanentes réglées sous l’action efficace des Le Tellier père et fils, de Richelieu à Louis XIV (cf. A. Corvisier, éd. Fayard), il faut souligner avec force que tout avait débuté fin XVIe siècle lors de la reconquête-pacification entreprise par Henri IV épaulé par son solide homme de confiance Sully (cf. B. Barbiche, éd. Fayard). Maximilien de Rosny, avant d’être la référence des Surintendants des finances, fut d’abord un militaire sur le terrain, payant de sa personne. Il ne faut en aucune manière oublier ou minimiser la réalité de cette famille qui, même si les résultats n’étaient pas toujours éclatants, avait de forts liens avec l’administration générale du Royaume. Un grand-père était Président en la Chambre des Comptes et Maximilien avait pu mesurer les difficultés de réunir - lors de cette décennie précédant la Paix franco-espagnole de Vervins (1598) - les moyens de son projet politique qui n’était autre que de redonner le rang à la France après son effondrement dans les affrontements fratricides des Guerres de religions.
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Maître de conférences/Histoire de la Civilisation Moderne au Collège de France à PARIS Responsable du Séminaire BASTION « Génie, Fortifications, Patrimoine urbain » - C.E.H.D. (centre d’études d’histoire de la défense) - Ministère de la Défense - Château de Vincennes

Henri IV avait su utiliser le potentiel et les ambitions de son « fidèle » en lui confiant outre l’économie de la France, la charge du Grand Voyer de France, de Voyer de Paris, la Surintendance des bâtiments du Royaume, la Surintendance des Fortifications laquelle sera accompagnée par la charge de Grand-Maître de l’Artillerie, de Gouverneur de la Bastille ainsi que celle de Conseiller au Parlement (cf. JP. Babelon, Fayard). En ce début du XVIIe siècle, Sully avait donc en ses mains tous les moyens de l’aménagement et de la Défense de la France. Des routes et remparts furent entrepris, entretenus avec vigueur, il faut souligner qu’il fit établir en parallèle des cartes des zones frontières. Organiser rationnellement les moyens afin de perdurer demande de coordonner rigoureusement les différents ingénieurs avec le renseignement ( c f . A m i r a l P. L a c o s t e , é d . Économica). En installant une hiérarchie avec des missions et objectifs précis, depuis les ingénieurs « provinciaux », les « en chef » dans les places assistés de spécialistes localement, les « particuliers ».

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succès anti-espagnol de Rocroi (1643). Il est depuis sa citadelle de Lille copie de celle d’Anvers qui avait recopié celle du turin laquelle avait été fondée sur les écrits de Paciotto (Città del Principe, 1544-54) - au premier rang pour mesurer, analyser, combattre le système économique hollandais qui avec la 1re Bourse et la 1re Banque s’était imposé comme modèle aux économies européennes. Vauban pense intelligence économique, veille stratégique et technologique. Il n’y a pas de secteur neutre, calme car les concurrents de la France - les Provinces Unies sont alors encore nos alliées - n’ont aucun scrupule. L’ingénieur et le gouverneur des places sont des concepteurs et donc au préalable des demandeurs et des synthétiseurs de documentation (cf. A. de Ville étudié par JF. Pernot). Le coût d’une place forte est tel que le choix, l’enjeu et l’entretien pèseront longtemps. Il n’est pas question d’agir sans réflexion approfondie dans le cadre du maillage interne et des frontières articulées du royaume pour l’efficacité. En choisissant les outils et en concevant des casernes, il crée puis impose la norme qui passera dans le public, dans l’entreprise privée (cf. JF. Pernot, Cahier du CEHD n° 10 et 11, n° spécial RHA, 2001). Le hasard doit être réduit au minimum pour une efficacité maximum, à l’abri le plus possible de toute surprise ! Tant avec la guerre d'Indépendance Américaine que lors de celles de la Révolution et de l'Empire, même si les actions et constructions ne s'accomplissent pas sur le territoire français stricto sensu, tout est maintenu, prévu pour un développement

L’implantation, le développement, l’entretien des places furent alors décidés en fonction de l’analyse stratégique qui reposait sur les réseaux mis en évidence par ces cartes, œuvres dans les Alpes des responsables eux-mêmes des travaux (Jean de Beins… cf. D. Buisseret, Les ingénieurs d’Henri IV). Il a donc bien à l’origine de notre appareil d’État, une volonté et une pratique fondatrice synthétique. Le contrôle Général des finances était aussi bien Économie et Finances qu’Intérieur, Ministères spécialisés et Nerf de la guerre. Les choix budgétaires, les obligations annuelles de travaux pour maintenir le tout à niveau, étaient le creuset d’une interdépendance ministérielle. Ne parlons-nous pas de département ministériels, preuve que l’ensemble forme un tout organique, moyen de survie d’une Nation par la vitalité de son État (cf. JF. Pernot, B. Barbiche, L. Bély). Vauban concevait chaque projet en tenant compte de la totalité des composantes réelles de l’envi r o n n e m e n t , s i t e l o c a l e t situation générale (flux, ravitaillements…). Ayant vécu paysan parmi les jeunes du Morvan, simple cadet au milieu d’une guerre civile, il ne pouvait pas penser hors de l’effort synthétique de toutes les

énergies réunies pour le service de la France (cf. sa carte de l’Élection de Vézelay). Ses mémoires sur les canaux répondent à ceux sur les mortiers (tant en maçonnerie qu’en artillerie). Ses propos ne sont pas encyclopédiques pour un vain jeu intellectuel et scolaire, mais afin d’embraser et de joindre « tout ce qui concourt à la Défense nationale ». Il est le père naturel de l’Ordonnance de 1959. L’homme refusa de constituer un recueil unique de ses conceptions dont le risque était la sclérose, la pensée unique - établit en 12 volumes des « Oisivetés » dialoguant entre eux, mais un réseau complet et hiérarchisé des sujets urgents. S’organisent ainsi une pensée et une action s’inspirant des bassins fluviaux (cf. textes réédités par JF. Pernot). Il peut y avoir des erreurs ponctuelles, locales mais globalement les enjeux perçus avec réalisme furent traités avec adéquation. Les écrits économiques de Vauban sont autant des systèmes d’armes proposés afin que vive et survive la France laquelle avait bien failli être démembrée lors de la Fronde : pour lui tout devait être entrepris afin que l’on ne puisse revoir « plus jamais cela » et soyons toujours dignes du
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économique participant à la Défense (cf. PH. Prost, Les bastions de l'Empire). Carnot, issu de Mézières, l'un des pères de Polytechnique conduit la Guerre stratégiquement avec une dizaine d'Armées simultanément, matériellement par armes et vivres donc économiquement car il faut uniformes, poudres et armement. Son rôle au Comité de Salut Public fut central, tout comme ses fonctions de Ministre ou de défenseur d'Anvers. Pour tenir son rang, sa place dans le concert des Nations, il faut être au meilleur sens professionnel dans l'interministériel. La barre est placée au plus haut car l'excellence vaut divisions et finances par l'image et le poids extérieur (cf. JP. Bertaud). Les Sapeurs prévoient, formalisent, conçoivent, réalisent dans l'immédiat et dans le long terme, dans l'espace et le temps. Dès les origines, ils furent les premiers sur le terrain militaire, stratégique et technique puis les derniers afin de permettre un harmonieux et représentatif retour à la paix et à son maintien permanent. Le Général Simon Bernard en est l'illustration parfaite trop méconnue. Durant sa carrière sous Napoléon Ier en Illyrie puis à Anvers, puis comme « chef adjoint » des ingénieurs aux États Unis grâce à La Fayette (1815-1830). Il construisit sur la côte Est des forts (Monroe), des routes, des canaux et des ponts afin d'assurer le commerce et le cas échéant les mouvements de troupes avec armes et bagages. Le territoire des États devenait cohérent et équipé pour résister. L'Espace était structuré intelligemment et géographiquement afin que nul ne puisse réussir une agression. Il reçut donc en appliquant la même démarche intelligente de son inspirateur, le surnom de "Vauban du Nouveau Monde" (Cahier du CEHD n°11). Il en fut de même pour Séré de Rivières. Après une carrière arme/service, il devint après la reprise des forts, simultanément le secrétaire de la Commission de Défense ainsi que du SousComité exécutif. Il était à la fois celui qui concevait une défense militaire de la France avec ses places et rideaux et celui qui réorganisait le territoire du fait de la perte des 3 départements tout comme il permettait l'essor de l'industrie avec la fabrication de canons de Bange et les tourelles Mougin. Son rôle capital et central entraîna ainsi en retour sa mise à l'écart après 5 ans de forte impulsion. Il était un général ô combien efficace et donc trop compétent pour ses confrères et portant ombrage pour le monde politique (Colloq. Épinal 1995). Avec la crise de l'obus torpille, certains oublièrent les règles et références qui donnaient au Génie son influence positive. Joffre après avoir fortifié, partit aux colonies où il fut "centurion" et spécialiste des chemins de fer. Pendant ce temps, les Commissions mixtes arbitraient, codifiaient les moyens économiques de la France. Un pont pouvait être un obstacle de contre-mobilité, mais en temps de paix il pouvait être indispensable au développement industriel de la région. Pour les côtes, batteries, phares et balises ainsi collaboraient dans un essor et dans des procédures de défense (à fois inter- 73 -

diction, informations) et moyens d'import-export indispensables au rang d'une grande puissance. Les avis sur toutes les implantations économiques ont eu un impact réel, tout comme sur le mode dissuasif : préparations tant pour les faire sauter que pour en assurer la sécurité, la lutte contre l'incendie et les inondations. Les normes sont à la fois pratiques au quotidien et utiles pour assurer notre production tout en assurant une défense contre des attaques directes ou des actions indirectes simples de déstabilisation. Va u b a n a v a i t r é f l é c h i a u commerce, aux colonies et aux problèmes de population, car sans visions larges les systèmes d'armes ne servent à rien. Ses successeurs ont suivi ses méthodes. Séré de Rivières fut l'un des pères de la République tant économiquement que militairement en proposant une défense qui reste un modèle quant à Simon Bernard, sa mort rapide fit oublier qu'il appliqua l'excellence française dans le Nouveau

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Monde. Son surnom souligne sa réussite. Après 1918, le nom Maginot est inexact quant au ministre (Painlevé), manifestant un Général Belhague, inspecteur tenu en retrait ! Les solutions techniques, novatrices pourtant, furent masquées par la personnalité de Pétain et de ce fait mal prise en compte par le Haut Commandement en 1940, sauf dans les Alpes. Un sapeur est vraiment luimême lorsqu'il agit pour le bien commun dès le temps de paix afin de pouvoir utiliser ses savoirs et ses métiers lors d'un conflit. Le Génie est donc réversible en civil et en militaire. Le succès des Romains le démontre. De nos jours une analyse précise de technologies défend nos brevets et nous rend indispensables sur les théâtres d'opérations de même qu'autrefois les ingénieurs du Roi étaient très demandés par les puissances alliées ou adversaires de la France. Le Corps du Génie américain fondé par du Portail et de Rochefontaine, West Point réformé par Simon Bernard doivent nous persuader de notre capital à exploiter, à valoriser et à maintenir à niveau en permanence. Les Sapeurs sont depuis les origines des pionniers de l'intelligence en action, il s'agit d'adapter sans cesse cette capacité dynamique essentielle pour une Nation.

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For mation

Vers un pilotage de domaine unique ...................................................................................... LCL FERRAT ..........................................

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D.A. Faut-il davantage différencier ?........................................................................................ LCL ISSAC ................................................

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Vers une évolution de la formation du deuxième niveau ............................ LCL FORTERRE ..................................

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Un véritable parcours professionnel pour les militaires du rang ...... LCL FERRAT ..........................................

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La formation sauvetage-déblaiement au S.M.A. ...................................................... LCL AVERTY ..........................................

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LieutenantColonel FERRAT Marc

Vers un pilotage de domaine unique
L'armée professionnelle, est aujourd'hui caractérisée par un format contraint et des ressources comptées, par la disparition des compétences offertes par la conscription, par une technicité accrue, par la complexité croissante des types d'engagement. L'armée de terre doit donc gagner la bataille des compétences. A cet effet, elle a constitué un système de gestion de la ressource humaine grâce auquel elle cherche à conquérir et fidéliser une ressource de qualité, en assurant l'adéquation entre les compétences détenues et les missions à remplir, en offrant des parcours professionnels attractifs et complets. C'est pour cette raison qu'un dispositif de pilotage de spécialités a été constitué. L'armée de terre a réparti l'ensemble des activités professionnelles de son personnel au travers de 19 domaines de spécialités (1) et de 11 pôles de compétence (2). Pour chaque domaine et pôle, un socle de textes réglementaires définit les filières, les natures de filières, les emplois, les fonctions, les fiches de fonction, les compétences, le r é p e r t o i r e d e s a c t i o n s d e formation et les diplômes à obtenir à chaque niveau. Le dispositif de pilotage a donc pour but, en s'appuyant sur l'évolution des concepts d'emploi, des systèmes d'armes et des missions de définir les compétences nécessaires, les parcours professionnels et les cursus de formation. Le pilote de spécialités constitue le niveau de cohérence et de synthèse de l'ensemble des études portant sur le domaine ou le pôle. Il est ainsi le point de passage obligé de toute proposition d'évolution (création, suppression, modification) des métiers ou des cursus de formation associés. Animateur de réseau, en liaison avec les organismes de veille, l'état-major de l'armée de terre, les acteurs de la gestion et de la formation du personnel, il organise des groupes d'étude et conduit les comités de pilotage pour statuer sur les évolutions souhaitables et évaluer la pertinence des mesures déjà mises en œuvre. Il constitue les dossiers d'évolution qui seront soumis pour instruction au Commandement de la formation de l'armée de terre dans le cadre de la commission permanente de la formation (CPF) avant approbation par l'état-major de l'armée de terre (EMAT). Il assure enfin les travaux d'écriture et de mise à jour de l'instruction ministérielle et des instructions d'application, qui définissent les métiers et les cursus de formation associés du domaine ou du pôle. Pour le génie, la figure 1 montre le contour des responsabilités de formation, de culture d'arme, de pilotage de domaine et de pôles. Si le général commandant l'ESAG exerce des responsabilités de formation et de culture d'arme pour l'ensemble du génie, il n'est aujourd'hui pilote de spécialités que pour le domaine « Combat du génie » et le pôle « Sécurité ». Pour ce

Le Lieutenant-colonel FERRAT a assuré les fonctions de commandant en second du 34e RG de 1993 à 1995. Affecté à l’ESAG, il commande la division de perfectionnement des officiers de 1995 à 1998. Il devient alors chargé de mission, avec pour mandat la mise en place de la simulation dans les actions de formation de l’école. Il est chef du bureau pilotage de domaine au sein de la DEP depuis septembre 2000.

1) les domaines de spécialités se caractérisent par le fait qu'ils offrent, d'une manière générale, des itinéraires professionnels continus et complets pour le génie, le domaine combat et techniques du génie (GEN). 2) Généralement les pôles de compétences correspondent d'avantage à des deuxièmes métiers. Ils n'offrent pas, d'une manière générale, des itinéraires professionnels continus et complets - pour nous, le pôle sécurité (SEC) et le pôle technique d'opérations d'infrastructure (TOI). - 78 -

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dernier, les formations spécifiques sont dispensées principalement au sein de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris ou des unités d'intervention de la sécurité civile. La BSPP assure en outre la formation générale de ses sous-officiers et de ses militaires du rang. C'est le général DCG qui est pilote de spécialités pour le pôle « Techniques d'opérations d'infrastructure ». Demain, le génie devrait présenter grâce au rassemblement des trois composantes dans un pilotage unique exercé par le général commandant l'ESAG, une lisibilité plus grande et une meilleure cohérence (CF figure 2). Si aujourd'hui, les interlocuteurs principaux s'égarent dans la complexité du génie au prix d'une confusion dans les missions, les pôles ou le domaine, les pilotes, un dispositif unique devrait contribuer à atténuer cette difficulté préjudiciable à l'efficacité de l'appui des forces et améliorer la perception du génie par les responsables de tous niveaux extérieurs au génie. Par ailleurs, un pilote unique est susceptible d'avoir une vision globale plus précise des priorités à accorder en fonction d'une politique unique. Le dispositif devrait être de nature à permettre une organisation plus cohérente des métiers, des actions de formation, des parcours professionnels, en prenant mieux en compte les impératifs des différents employeurs du génie. Ainsi, les synergies devraient être renforcées, les possibilités d'actions de formation communes mieux détectées et mieux conduites. Il devrait être plus aisé de donner aux cadres du génie une formation plus complète, plus cohérente, quel que soit son domaine ou pôle d'appartenance. Face au devoir d'anticipation, un dispositif unique induira une
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Fig. 1

vue unitaire sur l'avenir du génie, tenant compte de la complémentarité des trois composantes, sans faire d'impasse. Enfin le pilote unique parlera pour l'ensemble du génie. Son poids relatif sera donc supérieur pour faire entendre la voix du génie. Le pôle unique se situera au sein de la direction des études et de la prospective. Travaillant en collaboration avec la direction générale de la formation, la DEP, déjà en contact avec les principaux organismes de l'administration centrale, profitera de l'action de la DCG, qui grâce à ses contacts permanents avec l'ensemble des acteurs du ministère de la défense, mais

aussi avec les administrations et les entreprises est la plus à même de définir les évolutions des métiers du pôle. Certes, le génie est complexe et les métiers de ses trois composantes sont nombreux. Le passage à un dispositif de pilotage unique fera coïncider le contour des responsabilités de formation, de culture d'arme et de pilotage. Ainsi, le génie sera plus « lisible », sa voix se fera mieux entendre : c'est le principe tout entier de l'unicité du génie qui doit y gagner. C'est au final une plus grande cohérence qui se traduira en opérations par une efficacité bonifiée de l'action des trois composantes.

Fig. 2

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Lieutenantcolonel ISSAC Christophe

Division d’application : faut-il davantage différencier ?
Officiers d’active et officiers sous contrat sont formés ensemble pour occuper demain, côte à côte, les mêmes postes de chef de section dans les unités du génie.

Le lieutenant-colonel ISSAC est chef du département formation opérationnelle à l’ESAG depuis septembre 2001. Saint-cyrien de la promotion LCL GAUCHER (83-86), il sert principalement dans la chaîne des forces, chef de section et adjoint en CGDI au 31e régiment du génie, commandant d’une compagnie de contre-mobilité du 71e régiment du génie et chef de BOI du 13 e régiment du génie. De formation scientifique, le LCL ISSAC est ingénieur civil des ponts et chaussées. Il passe par l’ESGM pour le stage des techniques de base du service en 9293 puis sert une année à l’établissement du génie de Limoges avant d’intégrer l’EMS2. Avant de prendre le commandement du DFO, il enseigne pendant une année la Résistance des Matériaux au sein du Département Enseignement Scientifique et Technique de l’ESAG.

Pour les préparer à leurs futures missions opérationnelles, l’objectif de formation de la Division d’Application est de former des chefs de section aptes d’emblée dans leur premier emploi. Sachant qu’ils pourront rejoindre n’importe quelle unité des composantes combat ou sécurité, on comprend facilement que leur formation devra subir une différenciation au cours du stage. Après un tronc commun de formation d’arme, les lieutenants ont accès, après le choix de leur affectation, à cinq formations différenciées : - trois pour la composante combat : aide au déploiement (AAD), travaux lourds et combat ;

- deux pour la composante sécurité : sapeur-pompier de Paris et sécurité civile. Dans l’état actuel le tronc commun représente 7 mois de formation pour une phase d’adaptation de 4 mois. Cette différenciation de la formation est passée de 4 semaines à 4 mois en deux ans. Ce dispositif n’est pas figé et on peut se demander s’il ne faudrait pas encore davantage différencier ? La question posée nous permettra d’aborder deux points : - d’une part le nombre de phases d’adaptation ouvertes aux lieutenants. - d’autre part la durée des différentes phases d’adaptation et l’équilibre entre le tronc commun et ces phases.

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1. VERS DE NOUVELLES ADAPTATIONS ?
Répondre au premier point revient à se demander s’il ne faudrait pas offrir aux futurs chefs de section franchissement, contre-minage et obstacles, qui sont au sein de la phase d’adaptation combat, une phase d’adaptation particulière pour les préparer à leur futur commandement ? Compte tenu des matériels servis et de leur emploi, il faut effectivement préparer de manière spécifique ces futurs chefs de section à leur premier commandement. Cependant, cette préparation s’oriente vers une forme différente d’une formation d’adaptation à part entière. En effet, tous les futurs chefs de section cités ont toute leur place aux côtés des futurs chefs de sections de combat qu’ils renforceront demain, avec leurs moyens spécialisés, sur les sites de franchissement, dans les opérations de bréchage et pour la réalisation d’obstacles. La spécificité de leur premier emploi sera prise en compte d’une autre manière, grâce à deux dispositifs complémentaires : - des mises en situation de commandement de moyens correspondants à leur futur emploi. Ces mises en situation de chef de section sont réalisées lors d’exercices d’application conduits avec des unités du partenariat. Ainsi, pour un exercice de franchissement, c’est un futur chef de section EFA ou PFM qui commandera les moyens de franchissement sur le point de passage. - un partenariat inversé, entre l’ESAG et les régiments du génie. Dans ce dispositif, en plein développement pour le cycle 2001-2002, les régiments participent à la formation des stagiaires en les accueillant lors d’exercices d’entraînement ou d’instruction collective. Ce déport de la formation est particulièrement important pour la préparation de chefs de section très spécialisés, par exemple dans le domaine du contre-minage. Lors des exercices proposés par les régiments, le stagiaire pourra acquérir la connaissance des matériels et de leur emploi et commencer son intégration dans son futur milieu régimentaire. Les objectifs de cette phase sont : - d’intégrer le jeune lieutenant dans l’arme du génie et le former au comportement militaire ; - de lui donner les compétences : . pour assurer le fonctionnement courant de la section (gestion du personnel, MEC des matériels, sécurité, EPMS…) ; . pour préparer l’engagement opérationnel de la section ; . pour maîtriser la sûreté dans les déplacements et les stationnements ; . pour conduire l’engagement d’une section de combat dans les missions majeures du génie. Le tronc commun (TC) représente l’acquisition indispensable de connaissances d’arme et interarmes, en particulier en matière de raisonnement de problèmes tactiques. Il doit rester un passage obligé, suffisamment dimensionné. Pour atteindre les objectifs précédemment rappelés, une période de six mois minimum est nécessaire. C’est un volume plancher à préserver dans la formation de tous les lieutenants pour quelques raisons majeures :

2. ÉQUILIBRE ENTRE POLYVALENCE ET SPÉCIALISATION
Le deuxième point nous interroge sur l’équilibre entre polyvalence et spécialisation. Une description des deux grandes périodes de formation : le tronc commun et la phase d’adaptation, nous permettra d’apprécier le temps nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, de formation d’arme pour la première et d’aptitude au premier emploi à l’issue de la seconde.

Maintien d’un fort tronc commun
La phase de formation d’arme doit donner à tous les stagiaires d’origines diverses un référentiel commun sur l’arme du génie.
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tion de chantiers élémentaires (béton armé, terrassements, construction de pont). Le stage « reconnaissance de terrains sommaires » et des visites, de chantiers et de centrales de production (béton, carrière, produit noir), complètent cette formation. Les connaissances dispensées donnent au lieutenant les éléments pour organiser et conduire un chantier de son niveau. - La phase d’adaptation AAD est elle aussi organisée en une partie d’acquisition de connaissances et une autre d’application. Elle s’appuie sur le module AAD du tronc commun et apporte les connaissances complémentaires en matière de production d’eau (stage EAU 3 de conseiller du commandement), de production d’énergie, de rétablissement d’infrastructure et de construction modulaire. Ces acquis permettent au lieutenant d’être engagé d’emblée sur des reconnaissances et en conduite de chantier. - La phase d’adaptation sapeurpompier de Paris est conduite par la BSPP. Après une phase d’acquisition de connaissances et d’intégration dans le milieu, le lieutenant fait son apprentissage avec des exercices de secours, de feux, sur des cas concrets gaz, intervention sur immeuble de grande hauteur. Au final, cette période permet au lieutenant d’assurer sa mission opérationnelle et de service courant dans sa compagnie incendie. Cette formation sera complétée par le brevet de prévention, passé dans le courant de sa première année à la BSPP, lui permettant ainsi de participer à des commissions de sécurité. - La phase d’adaptation sécurité civile est conduite par le COMFORMISC. Elle forme les futurs chef de section d’intervention dans un large éventail d’actions : sauvetage-déblaie-

- le tronc commun est le moule pour une population hétérogène de lieutenants. Les acquis de la formation d’arme permettront aux lieutenants, des composantes combat et sécurité, de travailler ensemble lors des projections intérieures ou extérieures. L’imbrication et à la complémentarité de ces acteurs pendant les engagements imposent une coordination des actions qui sera pleinement obtenue si elle s’appuie sur une base de connaissances communes et une reconnaissance mutuelle. - passage obligé pour les jeunes officiers du génie, le TC, creuset d’une arme unique, autorise les variantements de carrière entre les spécialités et comme on peut le constater, pratiquement à tous grades. Une différenciation trop précoce ferait courir le risque d’une scission du génie entre ses composantes. - le contenu de la formation d’arme préserve l’avenir des officiers du génie en leur donnant un bagage pour leur deuxième temps de carrière à partir du DEM et pour la préparation des concours de l’EMS 2.

Une adaptation ciblée sur le premier emploi opérationnel
La phase d’adaptation vise quant à elle à la maîtrise de la spécificité du premier emploi et doit permettre au lieutenant d’être engagé en opération dès sa sortie d’école. Sur la base du tronc commun, chaque phase d’adaptation est une action de formation à part entière et fait l’objet d’un programme de détail dont quelques caractéristiques sont données ici : - La phase d’adaptation combat est un approfondissement du tronc commun. Dans le domaine de l’appui direct, le contact avec l’interarmes est systématiquement recherché. Cette adaptation permet aussi d’étendre les connaissances dans le domaine de l’appui général : ACM, dépollution, rétablissement de zone, interopérabilité, et préparer ainsi les lieutenants à la réalité des actions menées sur les différents théâtres d’opérations. - La phase d’adaptation travaux se compose de deux périodes : une période d’acquisition de connaissances, théoriques et techniques, et une période d’application centrée sur l’organisation et la réalisa- 83 -

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luation externe des lieutenants après six mois passés au sein des unités. Cette évaluation, reconduite de manière annuelle, donnera les éléments pour aménager le programme. Dans l’état actuel, l’équilibre tronc commun à 7 mois/adaptation à 4 mois ainsi que l’éventail des différenciations ouvertes semblent optimiser les onze mois de stage. Les objectifs recherchés sont atteints : le lieutenant est préparé à la spécificité de son premier commandement et chaque officier de l’arme partage les connaissances de bases communes. Cet état, atteint pour le cycle 2001-2002, devrait faire l’objet de deux aménagements pour le prochain cycle : - la création d’un module intercomposantes à la charnière entre le tronc commun et la phase d’adaptation. Ce module vise à renforcer les connaissances des lieutenants sur les trois composantes du génie : combat, sécurité et infrastructure. Dès l’école, il s’agit de faciliter la synergie entre les trois spécialités par une connaissance réciproque. - le renforcement de la phase d’adaptation par la création d’un exercice de synthèse en fin d’année engageant les lieutenants dans leur spécialité. Le tronc commun sera alors taillé sur une période de six mois tout en garantissant les fondamentaux.

ment, feux de forêt, risques technologiques, risques chimiques. La période d’adaptation rend le lieutenant apte à conduire des missions de base du type cyclone ou tempête. Cette formation doit être complétée ensuite par d’autres stages qualifiants, d’un volume de huit semaines, avant d’atteindre l’aptitude pour tous types de missions. Les cinq adaptations proposées, renforcées par le dispositif particulier du partenariat inversé, seront conduites sur 4 mois pour la première fois pour le cycle 2001-2002. Elles apparaissent bien dimensionnées pour quatre d’entre-elles : combat, travaux, aide au déploiement et sapeur-pompier de Paris. Chacune d’elle apporte les compétences spécifiques au premier

emploi. Pour la sécurité civile, pour laquelle le contrat d’aptitude d’emblée au premier emploi n’est pas entièrement rempli, la proposition est de privilégier l’accomplissement des stages complémentaires dans le milieu d’affectation plutôt que d’augmenter de deux mois la phase d’adaptation pour les stagiaires concernés. Il paraît en effet beaucoup plus pédagogique et progressif de réaliser ces stages quand le lieutenant est déjà en situation et a acquis un début d’expérience professionnelle.

Premier bilan
Un grand pas dans la différenciation a été franchi en deux cycles, entre 2000 et 2002. Il faut maintenant prendre le temps d’analyser le retour d’expérience. Il sera apporté par l’éva-

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Lieutenantcolonel FORTERRE` André

Vers une évolution de la formation du deuxième niveau
Dans le cadre d’une adaptation de la formation à la fonction occupée, l’État-major de l’armée de terre a décidé d’engager une réflexion sur le contenu du brevet supérieur de technicien de l’armée de terre (BSTAT) visant à faire progresser l’adéquation entre les formations délivrées et les emplois effectivement tenus par les titulaires du BSTAT.

Rejoignant l’ESAG en 1995, le lieutenant-colonel André FORTERRE est affecté comme chef du Bureau emploi instruction du Régiment de soutien de l’École. Après trois années, il est affecté à la DGF/Division des sousofficiers comme officier adjoint puis commandant de division. Il y conduit les travaux de réflexion sur la restructuration de la formation du 1 er niveau, notamment le fusionnement de 3 CT1 (Génie combat, PMMD, FRANCHT) et la mise en place de formations d’adaptation (EBG, PAA, EFA, PM12…). Ayant rejoint depuis peu le Bureau pilotage de domaine au sein de la DEP, il est plus particulièrement chargé d’étudier l’évolution de la formation du 2 e niveau et la mise en place du CT1 des MDR au sein du domaine combat et techniques du génie.

LE BSTAT AUJOURD’HUI
Tel que défini dans l’instruction de référence n° 954, le brevet supérieur de technicien de l’armée de terre (BSTAT) sanctionne un haut niveau de qualification du sous-officier, tant dans le domaine de la formation générale que dans celui de la formation de spécialité. Il est attribué à tout sous-officier qui remplit les conditions de candidature et qui réussit l’épreuve d’accès au 2e niveau (EA2), la formation générale du 2e niveau (FG2) et la formation de spécialité du 2e niveau (FS2). Actuellement, le BSTAT vise à conférer à un sous-officier qui en est titulaire, les compétences de chef de section. Dans les faits, ceux-ci n’occupent cette fonction que 4 à 5 ans plus tard après son obtention, voire certains sont réorientés pour occuper des fonctions équivalentes dans un autre domaine.

Toutefois, compte-tenu de la valeur reconnue du diplôme, son niveau d’homologation et le lien avec l’échelle de solde, il s’agit, pour certaines filières, d’alléger la formation tout en maintenant une dimension de technicité incontestable. Les orientations et les premiers résultats des travaux en cours conduisent à penser qu’il ne s’agit, en aucune manière, de la transformation du BSTAT mais d’une valorisation de la formation des sous-officiers par la création d’un stage d’adaptation. L’épreuve d’accès au deuxième niveau, partie spécialité (EA2/FS), ayant pour objet de vérifier l’aptitude des candidats à suivre avec profit le stage de deuxième niveau, sera maintenue sous sa forme actuelle. Néanmoins, pour certaines filières, le niveau de connaissances pourrait être adapté dans un souci de cohérence avec la fonction de sousofficier adjoint.

LE BSTAT DEMAIN
Il apparaît donc nécessaire, dans une logique de juste suffisance et d’adaptation de la formation à la fonction occupée et aux capacités de formation du CoFAT, que le BSTAT soit réexaminé afin que les compétences détenues correspondent au niveau d’emploi de sousofficier adjoint tout en proposant la création d’une formation d’adaptation à la fonction de chef de section.
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La formation générale de 2e niveau (FG2) :
Au niveau de la formation opérationnelle, les objectifs pédagogiques visent à donner au sousofficier les moyens d’exercer le commandement d’un petit détachement doté d’armement individuel et collectif menant une action dans le cadre d’une mission simple de sûreté, d’un déplacement ou d’un stationnement.

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La densité des objectifs pédagogiques abordés dans cette formation montre la nécessité d’une évolution. La durée de la future FG2 pourrait être portée de deux à trois semaines. Les grands domaines d’allégement envisagés pour la FS2 : • qualification directeur de mise en œuvre des explosifs (DMOE) serait supprimée. • qualification MINEX du chef de section pourrait être remlacée par la qualification MINEX III utile pour tout sous-officier adjoint. • Les exercices tactiques de synthèse de commandement d’une section seraient supprimés, permettant de réduire d’une semaine la FS2 et de prendre en compte des séances nouvelles : - d’anglais opérationnel, - de formation juridique, - de prévention, - d’affaires civilo-militaires.

La formation d’adaptation (FA) des futurs sous-officiers chefs de section :
Ciblée et orientée vers le commandement d’une section, cette formation d’adaptation ultérieure pourrait être organisée en deux parties. D’abord, un tronc commun, centralisé à l’ESAG de quatre semaines, avec efforts sur les composantes A (exercice de l’autorité et comportement militaire) et E (management), accorderait une priorité à l’acquisition des « savoir-faire et savoir-être » d e l a s e c o n d e mission TTA. Ensuite, une formation différenciée, d’une durée de une à deux semaines, serait orientée vers les directives propres à chacune des futures fonctions attribuées aux stagiaires.

La formation de spécialité de 2e niveau (FS2) :
Les travaux en cours, pour le domaine combat et techniques du génie, conduisent à un regroupement des filières « combat du génie et franchissement » avec une FS2 « tronc commun » et une « formation différenciée », et à la création ultérieurement, 4 à 5 ans après, pour les sous-officiers désignés à la fonction de chef de section d’une formation d’adaptation (FA)- de 4 à 6 semaines.

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Lieutenantcolonel FERRAT Marc

Un véritable parcours professionnel pour les militaires du rang
Le domaine combat et techniques du génie comporte 1450 militaires du rang de niveau d’emploi 13, c’est à dire titulaires du CT1 militaire du rang. Cette qualification, très importante pour les MDR/C, est nécessaire pour l’accès à une carrière longue. Le dispositif initial prévoyait que le CT1 des militaires du rang serait identique au CT1 des sous-officiers. Le nouveau dispositif, à l’étude depuis juin 2001, en vue d’une mise en place à compter de 2003, prévoit que la qualification technique des EVAT s'appuie sur la reconnaissance des savoir-exécuter détenus, acquis par l'expérience, prolongée, le cas échéant, par un complément de formation, limité au strict nécessaire et dispensé au regard des seules compétences techniques requises pour occuper un emploi de niveau 13 du métier considéré. Il s'agît également d'adapter le CT1 des EVAT aux contraintes capacitaires des organismes de formation dans un dispositif réalisable par l'armée de terre. nisme de formation et/ou centre de formation. Tous reçoivent donc une formation complète, souvent longue, identique à celle des EVSO, à l'exception d'un module, généralement l'UV1, tenant compte du CTE détenu. Les stages sont longs (de 6 à 13 semaines pour les MDR/C). La disponibilité du personnel est donc amoindrie et le coût du système très élevé. Ce dispositif est tout à fait compatible avec des FSE diverses (31 pour le domaine) et de durées très variables : Les FSE, bien adaptées à l’armée de conscription (un homme, un emploi pour un temps limité) ont été élaborées en fonction de l'emploi de NE12, en les limitant à la formation strictement nécessaire. Le dispositif se caractérise par son « classicisme » : des stages à chaque étape du cursus, les plus complets possible, des épreuves d’accès, des concours (CAT2).

Le Lieutenant-colonel FERRAT a assuré les fonctions de commandant en second du 34 e RG de 1993 à 1995. Affecté à l’ESAG, il commande la division de perfectionnement des officiers de 1995 à 1998. Il devient alors chargé de mission, avec pour mandat la mise en place de la simulation dans les actions de formation de l’école. Il est chef du bureau pilotage de domaine au sein de la DEP depuis septembre 2000.

LE DISPOSITIF EN PLACE
Toutes les natures de filières ont leur formation du premier niveau. Toutes les FS1, y compris celles des MDR/C, s'inscrivent dans un dispositif centralisé, en orga-

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LE DISPOSITIF À L’ÉTUDE
Le nouveau système s’inscrit dans la logique des objectifs « stratégiques » du dispositif de ressources humaines de l’armée de terre. Il s’agit tout à la fois de : • conquérir, • constituer, • conserver la ressource humaine et d’en optimiser l’emploi, grâce à l’adéquation fine : • du juste besoin ; • de la juste formation ; • des attentes mais aussi des capacités de la ressource.

Alors que depuis des décennies, en France, la primauté était donnée à la formation reçue, aujourd’hui - et la loi dite de modernisation sociale en témoigne - : si la formation reçue conserve toute sa valeur, la validation des acquis professionnels et l’expérience sont désormais reconnues. Il s’agit donc de donner au MDR, par la FGI et la FSI, puis par la FGE et la FSE, la formation strictement nécessaire pour débuter dans un emploi et non plus d’apprendre une fois pour toutes au travers d’un stage, souvent long. Le militaire du rang, en plusieurs années de vie professionnelle, va enrichir ses connais- 90 -

sances et ses compétences, jusqu’à éventuellement atteindre un niveau permettant de lui attribuer le CT1. Il faudra bien sûr suivre et mesurer l’acquisition des ces compétences. Les travaux en cours s’orientent vers des livrets de suivi professionnel, inspirés des systèmes utilisés pour les formations qualifiantes. Une commission régimentaire se prononcera sur le niveau atteint par l’engagé volontaire, lequel sera alors admis, le cas échéant, à suivre une formation complémentaire dans un organisme de formation ou un centre de formation.

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Ce nouveau dispositif sera bien en adéquation avec le principe de la reconnaissance et de la valorisation des acquis professionnels ; il marquera en outre clairement la volonté de sortir de la logique « hors des stages, point de salut » combinée à la mise en place systématique de véritables parcours d’obstacles à chaque étape d’une carrière. La nature de filière BETP ne pose pas les mêmes problèmes de diversité. Cependant, les emplois, très différenciés, selon la FSE détenue, limitent les possibilités d'élargissement des compétences en corps de troupe. La nature de filière aide au franchissement peut être considérée comme un cas particulier. La formation aux niveaux élémentaire, 1 et 2 exige des installations, des instructeurs très spécialisés, des lieux de formation hors de portée des régiments. Il est donc envisageable de maintenir la centralisation des actions de formation à l'ESAG pour les militaires du rang. Il est également possible, à l’inverse, d’envisager les mêmes modalités que dans les autres natures de filière (livret de suivi professionnel, validation des acquis). La nature de filière eau électromécanique appliquée peut s’adapter sans difficultés au nouveau système. - Il donne plus de polyvalence à l’engagé volontaire ; - la FSE met « le pied à l'étrier » et la FS1 constitue bien l'approfondissement et l'élargissement des compétences ; - le militaire du rang n’est pas cantonné à un emploi très limité, le mettant rarement en situation (MFRD, PMM…) ; - ce dispositif est en cohérence avec le dispositif de la FS1 génie combat, complétée par des formations d'adaptation. Il présente des inconvénients mineurs ou facilement maîtrisables : - la remise en cause du dispositif, pourtant récent, des FSE ; - le risque de changements d'emploi trop fréquents pour l'engagé volontaire, par formations d'adaptation successives. Le CT1 des MDR/C, sous sa nouvelle forme, est la première mise en pratique forte de la reconnaissance des acquis professionnels et de l’expérience dans un parcours professionnel, avec attribution d’un niveau de qualification, pour une population nombreuse. Il est conforme à la loi, très récente, de modernisation sociale. Il rompt avec des habitudes de formation coûteuses, désormais hors de portée. C’est un changement très important, qui certainement ne restera pas isolé dans le système de formation de l’armée de terre.

LES INSUFFISANCES DU DISPOSITIF GÉNÉRÉES PAR LE NOUVEAU SYSTÈME DE CT1
Les FSE ont été élaborées en fonction de l'emploi de NE12, en se limitant à la formation strictement nécessaire. Pour les emplois de NE 13, au champ de compétences plus vaste, il devient alors difficile de s’appuyer sur des formations élémentaires se limitant au strict nécessaire. En effet, on comprend bien que la FSE MFRD (Moyen de Forage rapide et de destruction), par exemple, est tout à fait adaptée à un emploi très spécialisé mais prépare mal à la FS1 génie. Il n'y a dès lors pas ou très peu d'acquis par l'expérience à envisager. La quasi-totalité des FSE combat du génie et des emplois de NE 12 associés sont dans ce cas ; l'exception est représentée par la FSE combat du génie. La même analyse vaut pour la nature de filière TPIA-VF ; les exceptions sont représentées par les FSE béton et produits noirs.

LES AMÉNAGEMENTS INDISPENSABLES.
Pour mettre en cohérence le cursus dans sa globalité, il conviendrait de réduire les FSE au nombre d’une par filière, par exemple la FSE génie combat pour la filière combat du génie, et de transformer les autres FSE de la nature de filière considérée en formations d'adaptation. Ce système présente les avantages suivants :

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Lieutenantcolonel AVERTY Christian

La formation "Sauvetage Déblaiement" au 1er RSMA
Le 27 octobre 1999, monsieur le Premier Ministre, en visite à la Martinique annonçait, dans un discours prononcé au palais des sports de MADIANA, la mise en place au sein du régiment du SMA d'une formation adaptée et d'une capacité d'intervention destinée à contribuer au renforcement de la sécurité des départements environnants et des pays voisins. Cette décision fut confortée par la mise en place, à l'été 2000, d'un état-major de défense et de sécurité civiles pour la zone de défense Antilles. Après études, et afin de répondre de la manière la plus adéquate au risque sismique majeur existant dans la zone caraïbéenne, c'est la formation « sauvetage-déblaiement » qui fut retenue. La grande aventure commençait alors pour le RSMAM. En effet, si la menace cyclonique était bien connue d'un régiment implanté depuis plus de 40 ans dans le département pour y avoir fait face à plusieurs reprises, le vocable « sauvetagedéblaiement » n'évoquait rien pour les cadres, si ce n'est de vagues souvenirs de journaux télévisés et de terribles et lointaines catastrophes. Tout était donc à créer. Fort heureusement le régiment n'était pas livré à lui-même et point n'était besoin de réinventer un cursus parfaitement maîtrisé par les sapeurs-pompiers et les camarades de la sécurité civile dont l'aide fut particulièrement précieuse. Il n'était pas, bien sur, dans les ambitions de former des professionnels du secours mais de donner à un certain nombre de volontaires une compétence supplémentaire devant leur permettre de venir éventuellement en renfort des structures existantes en cas de catastrophes majeures et, pourquoi pas, dans un second temps de faire naître des vocations chez quelquesuns les amenant à poursuivre dans ce domaine après leur passage au SMA. Les objectifs définis, la première difficulté consistait à choisir la filière de formation professionnelle la mieux adaptée pour y

Actuellement commandant en second du Régiment du SMA de Martinique depuis l’été 2000, le lieutenant-colonel AVERTY occupait antérieurement les fonctions d’officier supérieur adjoint de l’ESAG. Diplômé technique en études juridiques, il a servi auparavant au 71 e, 32 e et 1e r R.G. ainsi qu'à la D.F.P.

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dispensée par un détachement de 3 sous-officiers des unités militaires de la sécurité civile, qui fournissaient également l'indispensable matériel spécifique, renforcé par deux sapeurs pompiers du SDIS, et qui conduisit après 130 heures de stage à la reconnaissance de l'aptitude à tenir le poste d'équipier dans un groupe de sauvetagedéblaiement. Ainsi, monsieur le Secrétaire d'État pouvait remettre en avril 2001 les 20 premiers diplômes d'équipiers en sauvetagedéblaiement du SMA. intégrer un module « sauvetagedéblaiement », finalement le choix se porta sur les agents de prévention et de sécurité dont le cursus comprenait déjà la préparation à l'AFPS (attestation de formation aux premiers secours) et dont la forme physique était indéniable. Surgit alors le deuxième problème, qui ne fut pas le moindre, la formation sauvetage déblaiement supposait, en effet, la disposition d'une infrastructure adaptée dite « aire de sauvetage-déblaiement » destinée à représenter un bâtiment en ruines consécutivement à un séisme. C'est ainsi qu'en janvier 2001 la section travaux publics du régiment reçut la mission inhabituelle de construire des ruines ! Mission qui fut réalisée à la satisfaction générale en particulier celle des futurs instructeurs. La formation pouvait alors réellement commencer. Elle se décomposait en deux parties : • Le CFAPSE (certificat de formation aux activités de premiers secours en équipe) formation dispensée par les sapeurs pompiers du service départemental d'incendie et de secours de la Martinique (SDIS), et sanctionnée par un diplôme national nécessitant un minimum de 44 heures de formation. • Le SD1 (sauvetage déblaiement de 1° niveau) formation Depuis, cette formation a pris sa vitesse de croisière et le second stage s'est déroulé en novembre 2001 immédiatement suivi par un autre au profit, cette fois des camarades de Guadeloupe. Fidèle à sa tradition, le SMA, et ses spécialistes du génie, toutes composantes confondues, a une nouvelle fois démontré sa capacité à répondre aux besoins nouveaux des populations des départements des Amériques.

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Str uctur es et équipements

Le système de pose rapide de travures .............................................................................. LCL LAPARRA ......................................

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Le système de combat futur du génie .................................................................................... LCL SCHMITT ......................................

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L’acquisition d’équipements nouveaux ................................................................................ COL NEBOIS..........................................

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Une phase de modernisation pour les sapeurs-pompiers de Paris ...... COL GARRIGUES ............................

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Un centre JANUS pour les régiments du génie ........................................................ LCL CABON ............................................

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Lieutenantcolonel LAPARRA

Le système de pose rapide de travures
Le 26 avril 2002 aura lieu la remise des offres industrielles concernant le système de pose rapide de travures (SPRAT (1)). Successeur historique du poseur de travures de l'avant (PTA), abandonné en 1996, le SPRAT doit nous apporter beaucoup plus que le simple remplacement du PAA. Cependant, il n'est pas certain que l'acquisition du SPRAT apparaisse comme une nécessité aux yeux de tous. Certains remettent en effet en cause le besoin opérationnel, expliquant notamment qu'il s'agit d'un système d'un autre temps ne pouvant s'adapter aux missions actuelles. D'autres, certes convaincus du besoin, pensent pourtant qu'il n'est pas indispensable que l'armée de terre se dote d'un nouveau système. Ce sont les tenants, soit de la « mutualisation » des moyens de franchissement au niveau européen, soit de la rénovation du PAA. Nous tenterons ici de répondre à ces objections et de démontrer tout l'intérêt du SPRAT. En fait, l'enjeu est clair : il s'agit d'éviter une rupture capacitaire définitive dans le domaine du franchissement à compter de 2006. C'est pourquoi le SPRAT est un système destiné à assurer le franchissement des coupures dont la largeur est comprise entre 3 et 25 mètres, en appui direct des unités engagées dans la zone des contacts et quel que soit le mode opératoire envisagé (coercition de forces ou maîtrise de la violence). Bien sûr, ce besoin recouvre les opérations de coercition telles que les actions dans la profondeur en haute intensité (accompagnement d'un raid blindé) ou le franchissement d'un complexe d'obstacles battu par les feux (participation à une opération de bréchage). Rappelons simplement à ce sujet, d'une part que ce type d'opérations fait toujours partie de nos missions et, d'autre part, qu'elles sont dimensionnantes sur le plan technique, notamment en termes de mobilité ou de protection. Les possibilités d'emploi du SPRAT sont cependant beaucoup plus vastes. Il trouverait par exemple sa pleine justification dans des actions de contrôle de zone, en maîtrise de la violence, lorsqu'il s'agit de rétablir des itinéraires pour faciliter les mouvements de convois de tous types ou simplement pour recouvrer notre liberté d'action. Plus encore, et à condition de l'avoir pris en compte au moment de l'expression du besoin (notamment sur le plan de la mobilité), il pourrait être utilisé sur le territoire national en cas de catastrophe.

Issu de l'EMIA (82-83), il sert successivement au 6 e RG, au 21 e RIMa et au 13 e RG comme commandant de compagnie. Il est ensuite affecté à l'ESGM, avant de suivre la scolarité de l'EMS2 : - diplômé du cours supérieur des systèmes d'armes terrestres (CoSSAT) ; - CSEM (110 e promotion) et CID (5 e promotion). Depuis 1998, il occupe les fonctions d'officier de programme des domaines franchissement et contre-minage à la STAT.

LE BESOIN OPÉRATIONNEL
Les 41 PAA, possédant chacun deux travures de classe MLC 50 auxquelles il faut ajouter six travures de classes MLC 70 pour l'ensemble des forces, souffrent d'importants problèmes de fiabilité. Mis en service en 1970, déjà rénové entre 1992 et 1996, le parc ne sera plus opérationnel à partir de 2006. Si rien n'est fait avant cette date, la capacité de pontage sur brèche sèche ou humide de largeur inférieure à 25 mètres n'existera plus.

1) Un sprat est un petit poisson abondant dans la Manche et la mer du Nord. - 99 -

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Si l'on ajoute que les actions dans la profondeur ou de bréchage peuvent parfaitement se rencontrer dans les opérations de maîtrise de la violence, on voit clairement que le SPRAT ne peut en aucun cas être une « survivance de la guerre froide » mais, au contraire, comme le répète l'état-major de l'armée de terre, un élément essentiel de la cohérence du système de combat de contact terrestre. que le Mabey Johnson ou le FB48 sont devenus des références sur ce marché. Il pourrait ainsi y avoir une alternative à l'acquisition d'un successeur au pont Bailey. Mais nous parlons ici d'un engin de contact. Partager la capacité de franchissement tactique, car c'est bien de cela qu'il s'agit, paraît pour le moins risqué. Sommes nous prêts à accepter de ne pas pouvoir réaliser cette capacité à un moment où la nation souhaite s'engager totalement ? En outre, soyons réalistes, toutes les nations ont aujourd'hui débuté un programme d'acquisition d'un système d'armes dans ce domaine. Lequel faut-il alors choisir ? Il faut donc rénover le PAA, notamment pour attendre des évolutions technologiques (allégement des structures, télé opération…) qui permettraient de disposer d'un SPRAT mieux adapté. Nous avons déjà parlé du PAA. Il ne saurait être question de rénover une deuxième fois un parc en bout de potentiel. En outre, les économies générées par une rénovation relativement à une acquisition sont là encore immédiates, mais restent à démontrer en terme de coût global. Des avancées technologiques dans le domaine de l'allégement des structures sont réellement attendues. Mais elles concerneront essentiellement les travures et seront donc immédiatement applicables à un SPRAT qui serait mis en service en 2006. Quant à la robotique, elle est déjà prise en compte puisque la télé opération est prévue dans le cahier des charges fonctionnel du SPRAT. On le voit, l'alternative est simple : disposer dès 2006 d'un engin de cohérence opérationnelle indispensable ou, en raison d'une rupture capacitaire probablement définitive, être à la merci du bon vouloir de nations disposant de cette capacité pour remplir nos missions. Si le SPRAT ne voit jamais le jour pour des raisons financières, il s'agira alors d'un choix politique. Mais nous ne pouvons accepter que de fausses bonnes raisons nous amènent à une telle issue…

COMBLER LE C A PA C I TA I R E

DÉFICIT

Si donc le besoin opérationnel est avéré et si l'on considère que le PAA ne dépassera pas 2006, que faut-il faire ? Il faut mutualiser, c'est-à-dire constituer un stock de moyens au niveau européen utilisable par chacune des nations, nous disent certains. Il est indéniable que cette solution est génératrice d'économies immédiates (il reste cependant à démontrer qu'elles seraient importantes). A titre d'exemple dans le domaine du franchissement, ce doit être envisageable relativement aisément pour des ponts fixes puis-

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Lieutenantcolonel SCHMITT Eric

Le système de combat futur du génie (SCFG)
Alors que depuis de nombreuses années le génie combat oscille autour des notions de blindé, mécanisé, motorisé, la définition du champ de bataille à l’horizon 2020 transforme ces appellations autour des concepts de combat embarqué et combat débarqué. Le premier correspond au combat de coercition, articulé autour de la cohérence d’armes du système LECLERC. Le second, plus mobile, léger et manœuvrier, s’inscrit plutôt dans un contexte urbain. Il s’agit donc de « repenser » le génie combat, afin d’apporter le meilleur appui aux unités de contact. D’où l’appellation de « système » de combat futur du génie, comportant plusieurs modules à vocation spécifique, composés d’un ou plusieurs véhicules ou engins. • Un module « combat embarqué », autrement dit lourd, blindé et chenillé, intégré au complexe LECLERC, et destiné aux grands espaces de manœuvre, plutôt à vocation coercition ; • Un module « combat débarqué », plus léger, destiné à accompagner le VCI, plutôt orienté vers la zone urbaine et la maîtrise de la violence ; • Un module « organisation du terrain », regroupant les moyens nécessaires pour réaliser des embossements, abris, tranchées ; • Un module déminage spécifique, apte à effectuer du déminage de zone, du breaching et de l’ouverture d’itinéraire.

Saint-cyrien de la promotion Grande Armée (1981-1983), le LCL SCHMITT a servi comme chef de section, puis officier adjoint en compagnie blindée au 32 e RG à KEHL de 1984 à 1989. Commandant de 1989 à 1991 au 3e RG la compagnie chargée de l’expérimentation tactique de l’EBG, il a participé dans ce contexte à l’opération DAGUET. Engagé ensuite dans le cycle de préparation au brevet technique, il a successivement été affecté à l’ESGM de VERSAILLES, puis à l’EG de MONTPELLIER avant d’intégrer en 1993 l’École Nationale des Ponts et Chaussées, où il a obtenu le diplôme d’ingénieur civil en 1995, et de suivre la scolarité du CSEM (109 e promotion), puis du CID (4 e session). Chef BOI au 3 e RG en septembre 1997, il est projeté en mars 1999 à « l’extraction force » commandée en MACÉDOINE par le général VALENTIN, où il tient les fonctions de chef G5 Plans et assure les responsabilités de chef du camp de réfugiés de STENKOVAC, avant d’entrer au KOSOVO avec la brigade LECLERC. Muté en septembre 1999 à l’étatmajor de la 3 e BM de LIMOGES, comme chef de section, puis de bureau emploi, il effectue deux autres séjours à l’état-major de la Brigade Multinationale Nord au KOSOVO, à nouveau comme chef G5 Plans puis comme souschef Opérations jusqu’en septembre 2001, où il rejoint le Bureau de Conception des Systèmes de Forces (BCSF) à l’EMAT, afin de prendre la fonction « agencement de l’espace terrestre », traitant de prospective dans les domaines génie, géographie et NBC.

Plusieurs principes guident cette réflexion : • Le génie doit fournir un appui spécifique, dont il est le seul à détenir la compétence ; • La robotisation croissante des équipements permet, face au danger, de se substituer dans certains cas au soldat ; • L’évolution des missions dans un contexte de maîtrise de la violence nécessite des équipements adaptés ; • Les contraintes imposent de rester sous enveloppe d’effectifs ; • La fonction terrassement n’est pas indispensable au contact immédiat ; • Chaque plate-forme doit permettre le remplacement d’éléments, ou « briques », en fonction de l’évolution de la technologie.

Ces modules fixent l’objectif à atteindre, et seront déclinés à court et moyen terme en solutions transitoires associant un compromis entre la loi de programmation militaire et l’état de l’art en technologie.

Un certain nombre de fonctionnalités, en cours de définition seront réparties sur ces modules.

Le SCFG s’articule donc à l’horizon 2020 autour des modules suivants :
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Les premières grandes lignes sont décrites ci-après :

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• MODULE COMBAT EMBARQUÉ
Défini aujourd’hui en cohérence avec le système LECLERC, ce module correspond à court terme (2008) à une rénovation de l’EBG, apte à appuyer le LECLERC dans ses missions de coercition. cheminement à travers des structures, accès aux réseaux souterrains) ; • Un dispositif de renseignement à distance (caméra déportée) ; • Un dispositif de dispersion de mines ou d’armement non létal ; • Un moyen de dépiégeage à distance, puis de dislocation au contact de barricades.

• MODULE DÉMINAGE
En raison du nombre d’équipements spécifiques au déminage, cette composante ne peut être entièrement intégrée aux autres engins et doit faire l’objet d’un module dédié. Articulée aujourd’hui autour du MADEZ, de l’AMX 30 DT et du SOUVIM, une première phase d’amélioration à court terme concerne ces engins. Le MADEZ sera équipé d’un ramasse-débris, pour améliorer la qualité du déminage, et de moyens rendant la section capable de traiter également des endroits où le MADEZ ne peut pas aller actuellement (fossés, approches de bâtiment etc.). L’AMX 30 va bénéficier d’ici 2005 – 2006 d’un nouveau dispositif de leurrage (DEDALE), d’une vidéo télécommande, et d’une surprotection. Le SOUVIM ne traite actuellement que les mines AC à pression simple et à charge explosive concentrée. Les améliorations demandées pour 2004 comprennent un élargissement de la menace mines à prendre en compte comprenant les mines à action latérale, les mines à allumeur à influence passive, les mines à allumeur à influence active sans contremesure et les mines à allumeur à bascule ou contact. Les fonctions à améliorer sont par ordre de priorité : le leurrage (explosion de la mine), la détection et le marquage des mines, la modularité de la configuration du système, la mobilité, la destruction/neutralisation et le balisage de la voie sécurisée. Douze EBG vont aussi être transformés en « breacher », par adjonction sur certains d’entre eux de systèmes de déminage « fuel air explosives » israéliens CARPET. L’éventualité d’un développement d’un « breacher NG » ultérieur est envisagée,

L’effort portera sur l’amélioration des capacités existantes (travail télé opéré ou sous protection) et surtout l’intégration au système de transmissions et de commandement du LECLERC, avec une cible de 36 engins.

L’engin devra être adapté aux évolutions en milieu urbain, donc resserré.

La définition du successeur de cet « EBG2 » interviendra vers 2010, les concepts actuels ne permettant pas de prévoir si une composante blindée, chenillée et lourde, sera toujours indispensable à l’horizon 2020.

Plusieurs plate-formes sont envisageables, dont celle du VBCI, du VAB 6 x 6 ou du CENTAURO italien, cette dernière offrant une opportunité de coopération bilatérale.

En fonction de la décision prise alors, deux hypothèses sont envisageables : l’extension de la cible ECFG en remplacement de l’EBG2, ou le développement d’un nouvel engin lourd chenillé.

Un châssis chenillé n’est pas exclu mais peu probable. La cible pour 2008 correspond à 72 engins (6 par compagnie), destinés aux brigades légères, en substitution d’une partie des MPG.

• MODULE COMBAT DÉBARQUÉ
Ce module sera composé de deux engins, l’un incluant toutes les fonctionnalités spécifiques génie, l’autre étant le véhicule de transport du groupe de combat. Les nouveautés portent sur l’aide au combattant, axées sur la robotisation.

• MODULE ORGANISATION DU TERRAIN
Le MPG est un engin rempli de qualités reconnues par tous les utilisateurs, mais ne peut être considéré comme un engin de combat de premier échelon. Son avenir est orienté vers un remplacement par des engins soit de type TP civils légèrement « militarisés », soit déjà produits dans d’autres pays. La combinaison d’un engin TP performant, offrant une importante capacité de terrassement et de transport de matériaux, associé à un engin militaire plus mobile disposant par exemple d’un godet rétro offre le meilleur compromis pour remplir les missions de ce type.
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Les fonctionnalités susceptibles d’équiper l’ECFG sont : • Un ensemble d’outillage (couper, perforer, forer…) éventuellement télé opéré ; • Des systèmes facilitant la mobilité du combattant débarqué (nacelle d’accès aux étages, aménagement d’un

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dépendant des performances du SYDERA. Le développement du SYstème de DEminage RApproché (SYDERA) représente le long terme pour un équipement des forces à l’horizon 2010, en coopération avec la république Fédérale d’Allemagne. Balayant le spectre de l’ouverture d’itinéraires, de la dépollution de zone et du franchissement d’obstacle miné, ce système, en phase d’étude, a vocation aujourd’hui à remplacer toutes les composantes du déminage mentionnées auparavant, à l’exception du breacher. Constitué d’un ou plusieurs porteurs, il sera à même de traiter tous les types de mines AC et AP connues, posées, enfouies ou dispersées, ainsi que les UXOs, avec une probabilité de réussite dans la fourchette de 95 à 98 %. Dans une conjoncture difficile liée à la loi de programmation militaire, où l’ensemble des grands programmes est menacé, il est important d’arriver à faire entrer rapidement en service dans les unités du génie des équipements nouveaux. L’achat « sur étagères » de petites séries satisfait le besoin et permet de gagner en financement et en délais pour l’équipement des forces. Le SCFG 2020 correspond donc à un objectif à atteindre, permettant de faire converger les études amont, et faisant l’objet d’étapes d’équipement intermédiaires, conformes au concept de « progrès technologique différencié ».

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Colonel NEBOIS

L’acquisition d’équipements nouveaux
La procédure d’acquisition d’équipements nouveaux au profit de l’armée de terre est complexe du fait des règles de concurrence à respecter et des différents contrôles qui s’imposent.

Diplômé du Cours Supérieur des Systèmes d’Armes Terrestres (CoSSAT), le colonel NEBOIS sert une première fois, en 1996, à la STAT en tant qu’officier de programme. Désigné en 1998 pour rejoindre le COMLE, il dirige l’équipe de marque de montée en puissance du 2 e Régiment Étranger de Génie. Il prend le commandement du régiment, dès sa création, le 1 er juillet 1999. Il assume les fonctions de chef du groupement Mobilité depuis l’été 2001.

Agissant dans la continuité de la politique d’équipement conçue par le bureau système d’armes de l’EMAT, la Section Technique de l’Armée de Terre (STAT) se positionne en tant qu’acteur majeur dans la réalisation d’équipements à mettre en service dans les forces. Elle exerce deux métiers complémentaires dans ce domaine : la conduite des programmes d’armement et les expérimentations technico-opérationnelles. Ces dernières visent à vérifier les caractéristiques militaires de systèmes d’armes et de soutien dans le cadre d’un emploi opérationnel. Il s’agit de s’assurer de la satisfaction du besoin et de prononcer l’adoption puis la mise en service opérationnel du matériel dès lors que les conditions sont remplies. Le leader dans ce travail est l’officier de marque, entouré de son équipe de cadres expérimentateurs. Cet officier rédige tout d’abord un programme commun d’essais qu’il va conduire, sur plusieurs mois, en liaison avec la DGA et de plus en plus souvent avec l’industriel. Le plus fréquemment, les forces participent activement à ces expérimentations. L’officier de programme est chargé de la conduite du programme dans sa totalité depuis les études de faisabilité jusqu’au retrait du service. Son premier travail, avant le lancement de l’opération, consiste à écrire le besoin militaire sous la forme d’une

fiche de caractéristiques militaires (FCM) en tenant compte des besoins des formations, des techniques disponibles, des matériels existants et du coût global. Le document, qui peut dans certains cas évoluer, est élaboré avec une extrême précision, en concertation avec la DCMAT, la DGA, le CoFAT, le CFAT (1). Il incombe à l’officier de programme d’effectuer ce travail de concertation et de rédaction. Le document servira de référence tout au long des différentes phases du déroulement du programme ; l’officier de programme, garant du respect du besoin militaire, opérera des choix dans les limites de son contenu. Ces choix interviennent tant dans le développement du programme et la réalisation du prototype que dans la phase d’utilisation, au moment de modifier les équipements pour les rendre plus performants. Ces deux officiers (officier de marque et officier de programme) appartiennent à une équipe de programme intégrée (EDPI) constituée au moment du lancement de l’opération. Tous deux symbolisent les domaines de compétence de la STAT qui compte 80 EDPI.

Fort de 30 personnels, le groupement « mobilité » est l’un des huit groupements de la STAT. Articulé autour de 10 EDPI, il conduit quelque 120 programmes d’armement et opérations non érigées en programme.

1) Chacun de ces organismes désigne, en principe, un représentant, membre de l’équipe de programme intégrée (EDPI). - 107 -

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C’est au sein de ce groupement que sont pilotées en liaison avec la DGA toutes les opérations nouvelles d’acquisition d’équipements spécifiques au profit des régiments du génie (2). De plus, son domaine de compétence s’étend aux véhicules tactiques, logistiques et engins spéciaux ainsi que l’équipement des PC (abris, shelters). Le groupement mobilité intervient également auprès de la DCMAT au moment du renouvellement de ces matériels arrivant en fin de service. Le groupement mobilité conduit, en définitive, ce que l’on a coutume d’appeler les opérations de cohérence opérationnelle ; une multitude de réalisations complexes et variées qui, pour le génie, concerne l’aide au déploiement, les en-gins de combat du génie, le minage et le contre-minage ainsi que le franchissement. Ces opérations correspondent à une cible réduite d’équipements et n’engagent, pour chacune d’elles, qu’un montant financier limité. En revanche, elles sont soumises aux mêmes règles que celles qui régissent les programmes majeurs, passent les mêmes jalons de contrôle administratif et financier (contrôle financier déconcentré, commission spéciale des marchés, etc…). L’action des EDPI est déterminante pour mener à bien les acquisitions en respectant le calendrier prévisionnel. Il s’agit, pour elles, de trouver le bon compromis entre d’une part le besoin opérationnel « idéal », vu sous l’angle de l’emploi et de l’utilisation et, d’autre part, la faisabilité du point de vue industriel. En d’autres termes, l’EDPI doit parfaitement connaître, d’une part, ce qui est techniquement et financièrement possible et, d’autre part, ce qui existe sur le marché notamment lorsqu’il est question d’achats sur étagères. Elle doit continuellement mesurer l’impact et les conséquences en termes de délais et de coûts d’une exigence technico-opérationnelle portée sur la FCM. L’action des EDPI est déterminante dans la conduite même de l’opération. Elles doivent en permanence « pousser » ces opérations qui pourraient paraître secondaires de part leur faible montant financier. Dans un souci d’efficacité globale de nos systèmes d’armes, il est absolument indispensable de préserver ces opérations de cohérence opérationnelle et de leur éviter tout retard dans leur déroulement. Pour optimiser l’acquisition de ces équipements, la STAT est résolument tournée vers les formations qui lui permettent d’affiner le besoin opérationnel en tenant compte des retours d’expériences et de porter les éventuelles modifications souhaitées tout au long de la phase d’utilisation. Ces contacts directs entre les utilisateurs et la STAT (voire les EDPI) seront donc entretenus et privilégiés.

(2) Hormis le 25e RGA. - 108 -

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Colonel GARRIGUES Serge

Un plan de modernisation pour les sapeurs-pompiers de Paris
La Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) est une unité militaire de l’armée de terre appartenant à l’arme du génie, commandée par un officier général et placée pour emploi sous l’autorité du Préfet de Police. Son financement est assuré par le budget spécial de la Préfecture de Police auquel contribuent l’État, principalement le Ministère de l’Intérieur, la Ville de Paris, les conseils généraux et les communes des trois départements de la petite couronne parisienne.

BEMS maîtrise « hygiène et sécurité dans l’industrie » et diplôme d’ingénieur en génie atomique (89/92) Auditeur à l'Institut des hautes études de la défense nationale (I.H.E.D.N.) (126e session régionale 1996 à ROUEN) Auditeur à l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (I.H.E.S.I) (13e session nationale 2001) Saint-Cyrien de la promotion « Maréchal Davout » (77/79), le colonel GARRIGUES a effectué deux séjours au sein de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, une première période (82/87) en tant qu’officier subalterne puis une 2e où il prend le commandement du 2e groupement d’incendie (98/2000). Entre ces deux périodes, il a été affecté en tant qu’adjoint au chef du bureau opérations instruction du Commandement des formations militaires de la sécurité civile (COMFORMISC) en 87/89, puis comme chef du B.O.I à l’Unité d’Intervention et d’instruction de la sécurité civile n° 1 (UIISC1) à Nogent-le-Rotrou (28) de 92 à 94. Il est ensuite muté pour 3 ans à l’École de défense nucléaire, biologique et chimique à Caen (14) où il a successivement occupé les postes d’Adjoint au chef du centre études tactiques et expérimentations (C.E.T.E.) plus spécialement chargé de la prise en compte du risque industriel et des menaces de terrorisme N.B.C au sein de l'armée de terre (en métropole et hors métropole), puis directeur de la chaine « Risques technologiques » tout en étant conseiller technique à FINABEL et à l’O.T.A.N. Il est actuellement chef du bureau étude générales de la BSPP et responsable auprès du général commandant la Brigade des études évolutives, que cela soit dans le domaine organisationnel, technique ou conditions de vie. Il a été un des principaux artisans du plan de modernisation, plan accepté par les autorités de tutelle fin 2001.

Depuis quinze ans, la brigade est confrontée à une augmentation forte et continuelle du nombre de ses missions sans accroissement de moyens. La sollicitation des hommes et des matériels atteint aujourd’hui une limite. Elle impose désormais des solutions de fond, allant bien au-delà des économies d’échelle et des réorganisations partielles qui ont déjà été réalisées en interne. Le plan de modernisation de la brigade, accepté par les autorités de tutelle fin 2001, répond à ce constat, en visant à remettre à niveau les moyens dont elle dispose sur la période 2002-

2007, pour lui permettre à la fois de : • garantir sa capacité opérationnelle au profit de la sécurité des parisiens et des habitants des départements de la petite couronne ; • prendre en compte les évolutions à venir dans les domaines relevant de ses compétences. Ce plan comporte deux parties : la première partie dresse un état des lieux, la seconde propose les mesures de renforcement indispensables pour répondre aux objectifs du plan.

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UN PLAN DE MODERNISATION AUJOURD’HUI INDISPENSABLE
La brigade subit depuis seize ans une augmentation continuelle de ses activités opérationnelles, qui conduit à une sollicitation toujours plus importante de ses personnels et de ses moyens matériels.

1) Une activité opérationnelle en forte croissance
Depuis 1985, le nombre des interventions effectuées par la brigade est passé de 252 347 interventions en 1985 à 449 525 en 2001 (près de 1 232 interventions par jour), soit un taux d’accroissement de 78 % sur la période considérée. L’essentiel de cette augmentation est dû à la forte croissance des interventions pour le secours à victimes, qui sont passées de 78 562 en 1985 à 289 643 en 2001, soit un taux d’accroissement de 294 % sur la période considérée ou de 17 % par an en moyenne. Les raisons de ces évolutions, sur lesquels la brigade n’a pas de prise, tiennent à des facteurs qui sont à la fois d’ordre technique, comme l’essor considérable de la téléphonie mobile depuis 1987, sociologique, avec en particulier le développement de la précarité, juridique et liés au désengagement d’un certain nombre d’acteurs de la mission de secours à victime (médecins libéraux, ambulanciers privés…). Cependant, chaque fois qu’elle l’a pu, la brigade a agi pour réduire le nombre de ses interventions, sans toutefois parvenir à en contenir la forte croissance, notamment en rationalisant l’emploi de ses moyens, en redéfinissant certaines de ses missions, en renforçant les effectifs et en rénovant les matériels du centre de coordination des opérations et transmissions (centre 18-112) et en recherchant une meilleure complémentarité avec ses partenaires de l’urgence.

2) Des effectifs et des matériels de plus en plus solicités
Cette pression croissante sur la brigade conduit à une sollicitation toujours plus importante de ses effectifs, demeurés quasi constants (6 840 sapeurs en 2001 contre 6 760 en 1985), et de ses matériels vieillissants, avec des conséquences préjudiciables sur la capacité opérationnelle de l’unité, qui se trouve fragilisée, ainsi que sur le recrutement et la fidélisation des personnels. La sollicitation est d’autant plus grande, que les effectifs de la brigade sont sous-dimensionnés par rapport à la population défendue : le ratio est en effet le plus faible de France, avec 1,1 sapeurs-pompiers pour 1 000 habitants, contre 4,51 pour l’ensemble du territoire national.
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Ce sous-dimensionnement se traduit par une charge de travail très importante, chaque sapeurpompier de Paris assurant annuellement 150 gardes de 24 heures et 20 réserves de 10 heures, soit plus de 90 heures de présence par semaine. Le temps passé sur intervention, sur une garde de 24 heures, a également augmenté, passant de 22 minutes par heure en 1985 à 36 en 2000. Cette charge de travail excessive, qui se fait au détriment du temps disponible consacré à l'instruction et aux repos de sécurité, a des conséquences dommageables sur le plan du recrutement et de la fidélisation du personnel. Le taux de sélection des engagés a, en effet, chuté à moins de 2 candidats pour un

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poste en 2001 contre 6 en 1996, alors que le nombre des départs des militaires du rang engagés a augmenté de 45 % depuis 1996 (520 en 2001, contre 351 en 1996) et de 35 % pour les sousofficiers. Du côté des matériels et des véhicules, la situation est également critique puisque l’accroissement du nombre des sorties d’engins, qui sont passées de 374 261 en 1985 à 533 806 en 2001, soit une hausse de 42,63 %, a été réalisée sur un parc à la fois modeste et vieillissant, avec pour conséquence un coût d’entretien et de maintenance très élevé, la poursuite de l’utilisation de véhicules trop âgés devenant rapidement plus onéreuse que leur valeur vénale. * ** La brigade de sapeurs-pompiers de Paris a ainsi atteint la limite de ses capacités d'intervention à moyens constants, et doit à court terme renforcer ses effectifs et renouveler son parc de matériel, pour à la fois retrouver un potentiel opérationnel en rapport avec les besoins et s'adapter aux évolutions qu'elle doit assumer. C'est dans cet esprit qu'a été élaboré le plan de modernisation, qui suppose un effort significatif sur le plan budgétaire pleinement justifié par l'économie générale du projet.

1) Des moyens nouveaux pour maintenir la capacité opérationnelle de la brigade
Le plan se concrétisera par le recrutement de personnels supplémentaires, de nouvelles capacités d'hébergement et l’acquisition de matériels. En ce qui concerne les effectifs, un total de 750 militaires devront être recrutés sur 6 ans, dont 20 officiers, 144 sousofficiers et 586 militaires du rang. Ces créations de postes, 125 par an, doivent permettre à la BSPP de mieux assurer la mission de secours à victimes, de répondre aux besoins en matière de soutien, de maintenir le taux d’encadrement actuel et d’améliorer les conditions de vie et de travail du personnel, selon la répartition suivante : • 432 sous-officiers et militaires du rang au titre de la mission secours à victime, dont 216 pour assurer la permanence de la couverture opérationnelle et 216 pour répondre à l’inflation de la demande en la matière ; • 46 sous-officiers et militaires du rang au titre des besoins en matière de soutien ; • 20 officiers afin de maintenir le taux d’encadrement actuel ; • 252 sous-officiers et militaires du rang au titre de l’amélioration de la condition du personnel. Ces recrutements doivent nécessairement s’accompagner d'un volet immobilier, dans la mesure où pour des raisons statutaires et opérationnelles la brigade loge une partie de ses personnels. Les besoins en hébergements supplémentaires, qui participent à la politique de fidélisation du personnel, rendue d’autant plus indispensable avec la profes- 112 -

sionnalisation, sont estimés à 431 logements familiaux et 250 places en chambrée, suivant la réglementation militaire en vigueur. Enfin, la rénovation des matériels et des moyens logistiques doit notamment répondre au risque de retard technologique en remplaçant les véhicules hors d’âge et en acquérant de nouveaux dont 24 véhicules de premier secours relevage.

2) Une mise en œuvre concertée et échelonnée du plan de modernisation
Le budget prévu par le plan est cohérent avec les besoins recensés et sera mis en œuvre de manière concertée et échelonnée sur la période 2002 – 2007. D’un montant de 479,4 millions de francs, hors professionnalisation et mensualisation des soldes, dont 50 millions de francs pour le réseau radio ACROPOL, le plan se décompose en 179,4 millions de francs de dépenses pérennes (personnel, immobilier locatif et entretien, matériel et fonctionnement) et 300 millions de francs de dépenses non immédiatement renouvelables (matériels, ACROPOL, acquisition de locaux d'hébergement). Sur ce montant, la part respective de chacun des contributeurs au financement est évaluée à environ : • 94,8 millions de francs à la charge de l’État ; • 124,1 millions de francs à la charge de la ville de Paris ; • 136,4 millions de francs à la charge des conseils généraux de la petite couronne ; • 124 millions de francs à la charge des 123 communes de la petite couronne.

UN PLAN DE MODERNISATION À METTRE EN ŒUVRE DE MANIÈRE CONCERTÉE ET ÉCHELONNÉE
L'effort budgétaire que représente le plan de modernisation, qui se traduira par la mise à disposition de la BSPP de moyens nouveaux, est mis en œuvre de manière concertée et échelonnée.

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Lieutenantcolonel CABON Yves

Un centre JANUS pour les régiments du génie
Résolument orientée vers l'utilisation des technologies les plus modernes et maison mère du génie, l'école supérieure et d'application du génie entend délivrer à tous les sapeurs le meilleur support pour la formation, l'instruction collective voire l'entraînement. Or, l'école possède en son sein depuis plus de vingt ans un centre tactique au concept alors novateur et encore aujourd'hui apprécié : un cube contenant 26 cabines disposées en L, réparties sur 2 étages et plongeant sur un amphi de 54 places. Ce centre accueille désormais de nombreux outils informatiques et notamment l'outil de simulation JANUS-FRANCE. La décision prise à l'été 2001 de transformer l'actuelle antenne de l'école en centre JANUS à l'identique des autre écoles d'application, afin d'y entraîner les PC des régiments des forces, donnera au centre tactique de l'ESAG de nouvelles capacités d'emploi.

Après sa formation à Saint-Cyr (83-86) puis à Angers, le lieutenant-colonel Yves CABON sert successivement au 6 e RG puis au 13 e RG où il commande de 1990 à 1992 une compagnie de combat. Il est ensuite affecté à l'ESGM puis à l'EG de Malakoff avant d'entamer sa scolarité de l'EMS2 : • école nationale supérieure des techniques avancées (option recherche opérationnelle) ; • CSEM (110 e promotion) ; • CID (5 e promotion). Il rejoint ensuite pour deux ans le CROSAT (centre de recherche opérationnelle et de simulation de l'armée de terre) en qualité de directeur de projet de BBSFrance, simulation utilisée au CEPC de Mailly pour l'entraînement des PC de niveau 2. Affecté à l'ESAG en 2000, il y occupe le poste d'adjoint du département formation opérationnelle et de coordinateur NTIC pour l'école. Depuis 2002, il est rédacteur au bureau doctrine de la Division Études et Prospective.

DE LA CAISSE À SABLE À LA SIMULATION TACTIQUE - La simulation : pourquoi ?
L'emploi de simulations durant les exercices a bouleversé les habitudes prises dans les exercices « carré vert » en y apportant le réalisme des contraintes du temps, de l'espace et de la logistique. En effet, le temps n'est plus où un régiment de chars, qui avait « oublié » de prévoir son recomplètement, pouvait tout de même (parce que la manœuvre n'attend pas) réaliser son raid dans la profondeur. La même remarque serait à faire pour les moyens de renforcements génie « oubliés » loin derrière le premier échelon et propulsés soudain sur les points de franchissement (parce que la manœuvre n'attend pas). « Mettre en situation de commandement proche de la réalité et dans la durée un niveau entraîné (un chef de section ou un PC de régiment) et fournir à l'ensemble des intervenants un environnement du combat interarmes aux contraintes réalis- 115 -

tes », telle est la capacité des simulations. L'emploi de la simulation a de nombreux avantages. Il permet de pallier la diminution de la disponibilité des troupes de manœuvre, de faire sans conséquence des erreurs grossières non reproduite sur le terrain et donc d'optimiser les phases d’exercices d’application sur le terrain avec matériels et troupe de manœuvre. La capacité d'instruction tout temps peut se révéler un plus non négligeable. Durant la conduite de l'exercice, une plus-value pédagogique est apportée par la flexibilité d'emploi (possibilité de mise en pause pour recentrage, possibilité de rejouer une séquence de la manœuvre, pause de nuit et reprise le matin) La capacité de revisionner l'action durant les séances d'analyse après action est enfin un apport essentiel pour les formateurs et les analystes en charge de la critique (constructive) des exercices Mais comme tout système, la simulation a des contraintes et des limites qu'il faut absolument connaître et prendre en compte.

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En tout premier chef, la simulation ne peut reproduire toutes les contraintes ergonomiques ou psychologiques ou d’environnement (stress, froid) et ne remplacera donc jamais l'exercice final sur le terrain et avec troupe de manœuvre. Deuxièmement, la simulation a un coût humain. En effet, du personnel compétent doit être affecté à temps plein (chef de site, opérateurs) afin d'assurer l'utilisation optimale des outils. Un deuxième cercle de personnel en double emploi doit être consenti pour tenir l'ensemble des postes d'opérateurs nécessaire. Troisièmement, les simulations tactiques sont des outils mis à la disposition des instructeurs de tactique militaire afin de former les jeunes officiers à raisonner les problèmes et à conduire les actions de leur niveau. La technique est donc au service de la tactique, les instructeurs se devant de maîtriser cette technique afin qu’elle n’entrave pas la qualité pédagogique des exercices de simulation. Enfin, comme tout exercice tactique, la qualité de l'animation et des séances d'analyse après action dépendront avant tout de la qualité du personnel affecté à ces missions. le terrain pour améliorer la survivabilité des forces. Les simulations au profit des sapeurs doivent donc prendre en compte les contraintes naturelles du terrain entravant la mobilité, les contraintes supplémentaires créées par les sapeurs dans le cadre de l’appui à la contre mobilité ou par tout autre moyen, la réduction des contraintes réalisées par les sapeurs dans le cadre de l’appui à la mobilité, le camouflage et la protection offerts par les travaux réalisés par les sapeurs. Ces simulations doivent donc prendre en compte l’évolution des caractéristiques du terrain au cours du temps et la répartition non uniforme des informations d’évolutions entre les joueurs. A titre d'illustration, le fait qu’un pont soit détruit en cours de jeu modifie la caractéristique du terrain réel mais ne doit être connu, vu sur un écran, que par les joueurs ayant reçu cette information par compterendu ou de visu. La simulation utilisée à l'ESAG est une version génie de la simulation JANUS-FRANCE, d'origine américaine dont les fonctionnalités et les règles ont été francisés par le CROSAT (centre de recherche opérationnelle et de simulation de l'armée de terre). Grâce au travail de grande qualité réalisé par cet organisme, l'école possède aujourd'hui un outil de simulation parfaitement adapté à la formation des futurs commandants d'unité. L'ensemble des engins du génie est en effet simulé avec leurs capacités et leurs contraintes de mise en œuvre. Pour les sapeurs, la phase de confrontation directe avec
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l'ennemi n'est pas la plus importante. En effet, le sapeur, par les contraintes de temps liées à la réalisation de ses missions, travaille et donc réfléchit avec un temps d'avance sur la manœuvre. Une pédagogie particulière à l'école est donc nécessaire. Elle doit rejeter la double action pure et simple, intégrer des recalages fréquents et admettre de rejouer des phases de l'action. La pédagogie du succès final ou de l'échec n'a pas lieu d'être ; il ne s'agit pas de « gagner », il s'agit de conduire des séquences de l'action génie en cohérence avec la manœuvre de l’unité appuyée. Il faut ainsi mettre l'accent sur l’intégration de l’action génie dans la manœuvre, sur l’anticipation nécessaire du sapeur, sur la procédure écrite (rédaction des ordres et CR) et orale (ordres et CR radio), sur la circulation de l'information (vers le haut, vers le bas, utilisation du S.I.R.) et sur la compréhension de la situation et la prise de décision en cours d'action (chaîne du renseignement, tenue et mise à jour de la cartographie, ordres de conduite). Ainsi la pédagogie JANUS à l'ESAG peut se formuler de la façon suivante : pédagogie de l’appui génie réussi par la maîtrise de la méthode, de l’organisation et des procédures.

- la simulation : comment ?
Les simulations existantes aujourd'hui sont essentiellement orientées vers le combat de mêlée haute intensité. Or, les besoins spécifiques des simulations au profit de la formation des sapeurs sont différents. Ils découlent en effet de la spécificité mê-me des mis-sions confiées au génie. Le sapeur agit sur le terrain pour modifier sa traficabilité afin d’améliorer ou d’entraver la mobilité des forces en présence (l'EMAT utilise le terme de viscosité !). Il agit de même sur

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Le centre tactique de l'ESAG, un ensemble cohérent au service de la formation
Le centre tactique fonctionne avec du personnel permanent et non permanent. Au chef de centre s'ajoute une équipe JANUS qui comporte un administrateur de données, deux opérateurs tacticiens permanents, neuf semi-permanents qui sont formés et s'entraînent une demi-journée par semaine au centre tactique. La mission générale du centre est double. Il s'agit de participer à la formation tactique des stagiaires du niveau chef de section et commandant d'unité et à l'instruction collective des unités élémentaires notamment celle du partenariat. En dehors de la simulation JANUS-FRANCE, le centre tactique possède une panoplie impressionnante d'outils améliorant la qualité des prestations offertes. 17 postes SIR (Système d'information régimentaire). quatre véhicules PC-SIR (été 2002) 5 postes MESREG équipés de la messagerie SIRGEX sont en place et fonctionnent au centre tactique. 30 boîtiers radio ont été réalisés en 2000. Ils permettent d'émuler plusieurs réseau radio lors des exercices. Le système d'information géographique (SIG) GEOCONCEPT de qualité professionnelle est utilisé par les formateurs en amont des exercices. Il permet d'effectuer une analyse approfondie d'un terrain (visualisation 3D avec texturage par carte d'état-major). Outil réalisé par l'école, GENIUS permet de simuler une reconnaissance de terrain via des photos, des vidéos panoramiques de sites de franchissement.

L'évolution planifiée du centre tactique en centre JANUS
Le CFAT ayant exprimé le besoin de faire passer les PC des régiments dans les centres JANUS du CoFAT pour préparer leurs exercices d'évaluation ANTARES, l'EMAT a décidé à l'été 2001 de faire évoluer les 4 centres JANUS des écoles d'application vers une cible commune de 20 consoles JANUS par centre. L'impact majeur de cette charge nouvelle, qui n'est pas la mission majeure de l'école, consiste dans le recrutement puis la formation d'une quarantaine d'ESR en tant qu'opérateur JANUS. Le centre d'Angers doit être opérationnel à l'été 2003. A la différence d'autres écoles d'application (EAI, EAABC), le centre JANUS est implanté dans le centre tactique. Le plan de charge du centre doit donc englober à la fois les exercices avec simulation (formation initiale des chefs de section et commandants d'unité, instruction collective des unités élémentaires, entraînement des PC de régiments) et l'ensemble des autres activités réalisées à l'inté-

rieur du centre. La « facture » pour l'ESAG consistera donc à recevoir quatre régiments du génie par an pour des exercices d'auto-entraînement. Ce seront soit des exercices de niveau régiment ou les commandants d’unité sont les joueurs, soit des exercices de niveau brigade ou le PCR est joueur et le niveau brigade est animé par le chef de corps ou des cadres de l’ESAG. La qualification du personnel concerné à l'école ainsi que la répartition spatiale d'un tel entraînement est à l'étude. Si les objectifs de formation des stagiaires de l'école sont parfaitement connus et validés, ceux d'entraînements sur simulation de PCR du génie sont à cerner avec précision. Mais l'armée de terre a acquis grâce au Centre d'entraînement des PC de Mailly un savoir-faire indiscutable dans l'entraînement des PC de niveau 2. En confrontant les capacités d'organisation et de coordination, les méthodes et outils employés au sein d'un PC avec le spectre des dix fonctions opérationnelles, on obtient un éventail très large d'objectifs techniques d'entraînement des PC (de régiment génie ou non et de brigade).

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A titre d'exemple : • coordination de la fonction communication opérationnelle ; • exploitation des bilans logistique et prise en compte de la situation logistique dans la conduite de la manœuvre ; • planification et conduite d'un mouvement ou d'un franchissement ; • organisation, place et rôle des cellules, conduite du processus décisionnel ; • rédaction des différents ordres et conduite des travaux de planification. Le choix de ces objectifs d'entraînement sera du ressort du chef de corps du régiment lors de la phase de préparation de l'exercice. Celle-ci, architecturée autour d'un dossier d'exercice créé conjointement par l’école et les unités appuyées, suivra la procédure suivante. Après la définition en commun des buts poursuivis, le thème tactique sera, selon le besoin et surtout la capacité du BOI de l'unité, soit créé ex-nihilo, soit adapté d'un panel de thèmes existants au centre tactique. L'école prendra en charge la création des bases de données (Ordre de bataille et terrain) Après quelques rendezvous intermédiaires de « validation » avec l'unité, celle-ci se déplacera sur Angers pour une période d'une semaine. Si l'équipe du centre tactique dégage l'unité s'entraînant de toute contrainte technique, celle-ci devra néanmoins fournir le personnel de l'animation et de l'analyse après action, le chef de corps étant le directeur d'exercice. Avec un centre tactique aux fonctionnalités augmentées, l'école supérieure et d'application du génie disposera, dès l'été 2003, d'un outil particulièrement adapté à sa mission majeure de formation des cadres du génie mais aussi disponible pour tous les régiments du génie dans le cadre de l'instruction collective des unités élémentaires et de l'entraînement des PC des régiments. Au delà des régiments des brigades interarmes, par sa grande flexibilité, le centre pourrait dans l'avenir et en fonction du besoin exprimé s'ouvrir à un spectre plus large d'unités du génie. voire au PC de la brigade du génie dans des exercices avec emploi des unités de défense NBC et de géographie.

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