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Le transport

ferroviaire en
Corée du Sud
24 Juillet 2006

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Etat des lieux Le rail, symbole de la coopération franco-coréenne

La restructuration du secteur ferroviaire, décidée par le gouvernement coréen


en 2003 du fait de ses résultats déficitaires, et inspirée de l’exemple français, a
pris effet en 2005. Deux entités distinctes en sont issues : "Korea Rail Network
Le corridor Séoul-Busan,
Authority" (KR, équivalent du ‘’Réseau Ferré de France’’), chargé de la
excessivement encombré, est
construction et de la maintenance du réseau ferroviaire coréen ; et Korea
l’axe stratégique du pays. Il
Railroad (KORAIL), homologue de notre SNCF, qui exploite le KTX (TGV
concentre 75% du PIB, 72% de
Coréen) et les services ferroviaires commerciaux.
la population et 66 % du trafic.
Le réseau ferroviaire sud-coréen totalise 3 378 km de voies en 2005. Seulement
39 % des lignes sont constituées de double-voies et 49,5 % sont électrifiées.
KORAIL, dispose d'un parc de 19 000 voitures (environ 2 900 locomotives
diesel ou électriques, 1 690 voitures de passagers, 14 750 voitures de fret).
Détenu à 80% par Hyundai
Le trafic passagers est en augmentation régulière. Deux ans après sa mise en
Motors et à 20% par Hanjin
service en avril 2004, la fréquentation du KTX s’est accrue de 44 %, passant de
Heavy Industries, ROTEM est
72 000 passagers par jours à 100 000 début 2006. Parallèlement, le nombre de
aujourd'hui le 1er constructeur
passagers sur les autres lignes est passé de 220 000 par jour en 2003 à 290 000
coréen de matériels
en 2006, soit une augmentation de 27 % en trois ans. Le trafic marchandises ne
ferroviaires.
constitue, lui, que 7% du fret coréen en 2005. En effet, 90% du transport de
marchandises terrestre se fait par le réseau routier.

ROTEM est aujourd'hui le 1er constructeur coréen de matériel ferroviaire,


dispose d’un effectif de 3 500 personnes et d’une capacité de production de
La Corée du Sud devient le plus de 1 000 véhicules ferroviaires lourds et légers par an. Cette société opère
premier pays d’Asie à utiliser également dans le domaine de la propulsion et fournit les services de
la technologie française du maintenance du KTX à KORAIL.
TGV.
Le Consortium Korea TGV (KTGVC), dirigé par EUKORAIL (filiale à 100 %
d'ALSTOM), a été établi pour mener les études, la réalisation et la mise en
oeuvre du projet KTX. EUKORAIL coordonne les activités du consortium, qui
est composé de 13 entreprises coréennes et françaises.
Le KTX est la vitrine du savoir-
faire ferroviaire français en Les compétences d’ALSTOM dans le développement du KTX consistaient en
Asie, face notamment aux l’intégration des systèmes roulants sur la ligne à grande vitesse. Outre la
projets de grande vitesse qui fourniture du matériel roulant, de la maintenance et de l’alimentation électrique,
se profilent dans la région. ALSTOM était en charge de la sécurité et de la mise en service des trains. En
sous-traitance d’ALSTOM, SYSTRA est impliqué dans la conception du génie
civil, la supervision de la voie et l’ingénierie du système.
Le transport ferroviaire en Corée du Sud- 24/07/2006 © MINEFI - DGTPE

Flux et reflux KTX : Transfert de technologie et remontée de filière


Le matériel roulant commandé à ALSTOM portait sur 46 rames de la famille
des trains TGV avec un important transfert de technologie dont le taux de
délocalisation a été supérieur à 50%. Les 12 premières rames, dont 2
Le transfert de technologie prototypes, ont été fabriquées en France et les 34 autres en Corée en partenariat
apporté par ALSTOM a couvert avec ROTEM. L’intégration s’est faite progressivement et a été totale pour la
à la fois la fabrication de 46ème rame.
matériel roulant, la formation
technique ainsi que Parallèlement, le Korea Railroad Research Institute (KRRI) et ROTEM
l’assistance aux ingénieurs développent depuis 1996 leur propre train à grande vitesse : le ‘’G7’’, nommé
coréens. Plus de 1 000 de la sorte en référence au rattrapage technologique des 7 pays les plus avancés.
Coréens ont été formés en Non encore opérationnel, le G7 est censé atteindre une vitesse maximale de 350
France et 400 ingénieurs Km/H. La majorité du système et des équipements électriques ont été conçus et
français ont participé à la fabriqués en utilisant des technologies développées localement et issues d’un
construction des rames en transfert. Cette remontée dans la filière vise à placer la Corée comme un acteur
Corée. central dans le domaine des infrastructures ferroviaires.

Alors que les importations de matériel ferroviaire d’origine française


occupaient 72 % du total en 2000, elles n’en représentent plus que 6 % en 2005.
Cette baisse est consécutive au transfert de technologie opéré par ALSTOM et
suit la tendance générale des importations coréennes dans le secteur.
Les industriels du matériel Corrélativement, la production domestique de pièces détachées connaît une
roulant et les équipementiers nette progression (70 % de croissance entre 2002 et 2005).
coréens sont regroupés au
sein du Korea Rolling Stock
Industries Association Importations de matériel ferroviaire (wagons et pièces détachées) par pays
(KORSIA), qui comprend 59
d’origine
membres dont ROTEM et
EUKORAIL. 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Allemagne 8 723 14 667 9 299 9 726 19948 33869 28 533
Autriche 4 292 8 839 38 862 15346 20 988 69 18 092
Chine 2 516 2 296 4 116 6 999 7 951 6 895 14 740
Etats-Unis 21360 26 869 28 777 21877 15 774 20 038 8 776
Répartition des importations
France 164442 226 218 71 620 16683 13 500 7 141 6 607
de matériel ferroviaire
Pièces Japon 18164 18 203 2 422 4 736 369 8 524 6 027
Wagons détachées Total 257691 315 388 195048 96314 92 256 95 778 108584
1999 176 649 81 042 Source : KORSIA 2006 (données en 1 000 USD)
2000 230 300 72 089
2001 106 492 88 556
2002 24 062 72 252 Production coréenne de wagons et pièces détachées
2003 28 032 64 224
2004 29 575 66 203 2002 2003 2004 2005
2005 49 683 58 902 Unité Valeur Unité Valeur Unité Valeur Unité Valeur
Wagons
Source : KORSIA, en 1000 USD électriques 281 189 963 388 368 769 793 312 457 792 382 555
Wagons KTX 258 354 511 126 192 345 - - - -
Locomotives 84 29 994 47 75 099 38 100 369 18 72 849
Wagon
passager 55 17 935 1 425 21 17 532 - -
Wagon de fret 99 3 587 - - 210 8 893 182 8 772
Sous-total 777 595 991 562 636 640 1062 439 252 992 464 127
Pièces
détachées - 188 513 - 202 904 - 293 653 - 328 397
Total 777 784 504 562 839 544 1062 732 906 992 792 524
Source : KORSIA 2006 (données en 1 000 USD

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Le transport ferroviaire en Corée du Sud- 24/07/2006 © MINEFI - DGTPE

Perspectives Nouveaux retards sur le KTX : ROTEM intensifie sa


présence sur les pays tiers
Outre le développement des lignes à grande vitesse, le ‘’Ministry of
Construction and Transportation’’ (MOCT) a établi un plan d’amélioration du
Plan d’amélioration du réseau réseau d’ici à 2019. La première phase prévoit à l’échéance de 2009 la
réalisation de 2900 km de voies supplémentaires (nouvelles lignes et
2005 2009 2019 doublement des voies confondues), 31 projets sont concernés. La deuxième
Longueur
totale
phase comprend 25 nouveaux projets et 1940 km de lignes supplémentaires à
(Km) 3378 3700 4908 l’horizon 2019. A cette date, 80 % des lignes devraient être des doubles-voies
doubles et 82 % du réseau devrait être électrifié.
voies (%) 39 51,4 80
Taux
d'électrific En ce qui concerne le TGV, en 2006, seule la liaison Séoul-Daegu (2/3 du parcours)
ation (%) 49,4 61,9 est une ligne à grande vitesse. La mise en service du tronçon en grande vitesse de
82
Source : MOCT 2005 131 km Daegu-Busan, qui devait être opérationnelle en 2008, a été une nouvelle
fois reportée, officiellement à 2010, mais les responsables du ferroviaire s’accordent
à dire que cette échéance ne sera pas tenue et avancent la date de 2012. D’autre
part, Le MOCT avait lancé dès février 2001, une étude de faisabilité pour
l'ouverture d'une deuxième ligne à grande vitesse entre Séoul et Mokpo, au sud-
ouest de la péninsule Coréenne. La construction de cette ligne devait débuter en
Les autorités Coréennes ont 2007 avec une mise en service prévue à partir de 2010. Ce projet n’est évoqué
évoqué la possibilité de relier aujourd’hui qu’à l’horizon 2015-2020.
les deux Corées par le Rail afin
Ces reports d’échéance s’expliquent par des dérapages budgétaires conséquents
de rejoindre le Transsibérien.
résultant des difficultés rencontrées au niveau du génie civil : sous-estimation
Ce premier pas vers un projet
des travaux, erreurs de conception et de réalisation du client, mise à jour de
commun semble toutefois
sites archéologiques et nature géologique des sols. Le coût du KTX serait
compromis au regard du
dorénavant estimé à plus de 20 milliards d’USD.
comportement volatil des
autorités nord-coréennes à cet Les retards dans la construction des lignes à grande vitesse sud-coréenne
égard. libèrent des capacités de production chez ROTEM, dont la concurrence devrait
s’intensifier sur la conquête des marchés tiers, ainsi que dans le domaine des
transports légers. L'entreprise a d’ailleurs gagné un certain nombre de contrats
de fourniture de rames de métros à Hong-Kong, Taiwan, New Delhi, Manille,
Istanbul et Athènes.

Liens utiles Pour en savoir plus…


 Ministry of Construction and Transportation www.moct.go.kr
 Korea Transport Institute www.koti.re.kr
 Korea Railroad Institute www.krri.re.kr
 Korea Rail Network Authority www.krnetwork.or.kr
 ROTEM www.rotem.co.kr
 Korea Rolling Stock Industries Association www.korsia.or.kr

Copyright Auteur : Mission Economique


Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation
expresse de la Mission Economique (adresser les Adresse : Kangnam P.O. Box 2165
demandes à seoul@mission eco.org). SEOUL 135-621
Rédigée par : Guillaume DURDAN
Clause de non-responsabilité Revue par : Yves de RICAUD
La ME s’efforce de diffuser des informations exactes et à
jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs Version originelle du 25 septembre 2002
qui lui seront signalées. Toutefois, elle ne peut en aucun Version n°1 du 24 mars 2004
cas être tenue responsable de l’utilisation et de Version n 2 du 24 juillet 2006
l’interprétation de l’information contenue dans cette
publication qui ne vise pas à délivrer des conseils
personnalisés qui supposent l’étude et l’analyse de cas
particuliers.

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