Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique

Centre Universitaire de Béchar
Département de Génie Civil

















Eléments de

Mécanique des Sols









Berga Abdelmadjid










Année Universitaire 2003 - 2004



Présentation



Ce cours est destiné aux étudiants de 3
ème
année de génie civil et hydraulique. Il
présente les éléments fondamentaux de mécanique des sols aux étudiants non initiés
avec cette discipline. Le document ne représente pas un substitue aux multiples
ouvrages généraux ou spécialisés du domaine, mais son auteur souhaite qu'il constitue
une synthèse conduisant le lecteur à saisir les grandes lignes de la matière, à
s'intéresser aux problèmes posés ainsi que sentir le besoin d'approfondir les
connaissances par la voie noble de l'auto-apprentissage. L'ouvrage comporte le
nécessaire pour faire le calcul pratique en terme de principes, méthodes, formules,
tables et abaques. Dans ce contexte, il représente un aide mémoire couvrant les
chapitres du programme officiel, et laissant à l'auditeur l'occasion de se concentrer sur
les notions de base plutôt que copier à la hâte des formules et expressions peux
significatives. L'enseignant, se trouvera libérer de la nécessité d'écrire au tableau la
majorité de ce qu'il prononce, il aura alors l'occasion de se concentrer sur l'aspect
physique et conceptuel. Malheureusement, ayant fixé comme objectif une synthèse
dans la matière, beaucoup de concepts, théories et méthodes restent peux développées
et nécessitent un espace plus large pour une mise en valeur correcte. L'intéressé est
alors invité à approfondir les notions diverses à travers la consultation d'une liste
bibliographique proposée à la fin de l'ouvrage. Le document est organisé en chapitres.
Chaque chapitre expose le cours, accompagnés dans la mesure du possible par des
exemples dont la résolution ce fait pendant les conférences. Une série d'exercices
résolus et de problèmes supplémentaires est proposée à la fin du chapitre. Pour que le
module soit un espace d'échange bilatéral, des travaux seront proposés aux étudiants
pour couvrir à travers des recherches bibliographiques des thèmes particuliers et sont
vivement encouragés à les présenter sous forme d'exposés publiques. Les intérêts
pédagogiques, scientifiques et relationnels seront parmi les retombées immédiats de
cet approche. Sans aller plus loin, notons que la disponibilité du document ne doit
décourager l'étudiant à assister au cours orale, car jamais un écrit ne peut remplacer
l'apprentissage de main de maître. Enfin, s'agissant de la première version du
document, je serrai reconnaissant au lecteur ses corrections de l'écrit, ses remarques,
ainsi que ses suggestions.


A. Berga

Béchar, le 22 Mai 2003


Table des matières

Thème page

Notations

Chapitre 1: Introduction générale 10

1.1 Objet de la mécanique des sols. 10
1.2 Disciplines de la mécanique des sols. 10
1.3 Historique. 11
1.4 Quelques grands projets. 12
1.5 Plan du cours. 12


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols 14

2.1 La formation des sols. 14
2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche. 14
2.3 Structure des sols. 14
2.4 Analyse granulométrique. 15
2.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols 20
2.5.1 Masses et poids volumiques 20
2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative 22
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation. 23
2.6 Propriétés des particules fines. 23
2.6.1 Propriétés colloïdales 23
2.6.2 Surface spécifique. 24
2.6.3 Limites d'Atterberg. 24
2.6.4 Famille minéralogique. 26
2.6.5 Activité. 28
2.6.6 Sensitivité. 28
2.7 Classification des sols. 28
2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS) 29

Exercices du chapitre 34


Chapitre 3: Compactage 38

3.1 Introduction 38
3.2 Définitions 38
3.3 Théorie du compactage 39
3.4 Essais au laboratoire 39
3.5 Matériel de compactage 40
3.6 Procédés spéciaux de compactage 40
3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain 41
Thème page

Exercices du chapitre 43

Chapitre 4: L'eau dans les sols 44

4.1 Introduction 44
4.2 Généralités 44
4.2.1 Capillarité 44
4.2.2 Retrait et gonflement des sols 45
4.2.3 Action du gel 45
4.3 Dynamique de l'écoulement 45
4.3.1 Hypothèses 45
4.3.2 Conservation de la masse 45
4.3.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli) 45
4.3.3 Gradient hydraulique 46
4.3.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension 46
4.3.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D 47
4.4 La Perméabilité des sols 47
4.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire 48
4.4.1.1 Perméamètre à charge constante 48
4.4.1.2 Perméamètre à charge variable 48
4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site 48
4.4.3 Formules empiriques 49
4.4.3.1 Formule de Hazen 49
4.4.3.2 Formule de Taylor 49
4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale 50
4.5 Principe de la contrainte effective 50
4.5.1 Loi de Terzaghi 50
4.5.2 Loi de Skempton 51
4.5.3 Loi de Bishop 51
4.5.4 Cas d'écoulement linéaire 51
4.6 Effet Renard 52
4.7 Force d'écoulement 52
4.8 Réseaux d'écoulement 53
4.9 Contrôle des écoulements 54

Exercices du chapitre 56


Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges
extérieures 60

5.1 Introduction 60
5.2 Charge concentrée verticale, problème 3D 60
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie 62
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie 62
5.5 Charge uniformément répartie 62
5.5.1 Cas de surface circulaire 62
Thème page

5.5.2 Cas de bande rectangulaire 62

5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur 64
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée 67

5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 67
5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de
longueur infinie 69
5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière 69
5.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie 70
5.12 Théorie de Westergaard 70

Exercices du chapitre 73


Chapitre 6: Tassement, Compressibilité et Consolidation 74

6.1 Introduction, le tassement 74
6.2 Composantes du tassement 74
6.3 Compressibilité 75
6.4 Consolidation 77
6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation 78
6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place 79
6.7 Calcul des tassements primaires 80
6.7.1 Méthode globale 80
6.7.2 Calcul des tassements instantanés 81
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation 82
6.8 Vitesse de consolidation 84
6.8.1 Introduction 84
6.8.2 Phénomène de la consolidation 84
6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle 85
6.8.3.1 Les hypothèses 85
6.8.3.2 Mise en équations 86
6.8.3.3 Résolution 86
6.8.3.4 Degré de consolidation 87
6.8.3.5 Degré de consolidation moyen 88
6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation 91
6.9.1 Méthode de Casagrande 91
6.9.2 Méthode de Taylor 92
6.10 Détermination du coefficient de perméabilité 93
6.11 Evaluation de la compression secondaire 93
6.11.1 Définition 93
6.11.2 Hypothèses 93
6.11.3 Calcul du tassement secondaire 93
6.12 Tassements admissibles et précautions à adopter 94

Exercices du chapitre 96
Thème page

Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus 100

7.1 Introduction: mécanique des milieux continus 100
7.2. Les forces 101
7.3 Champ de contrainte
7.3.1 Postulat d'Euler Cauchy 101
7.3.2 Vecteur de contrainte 101
7.3.3 Tenseur de contrainte 101
7.4 Propriétés du tenseur de contrainte 102
7.4.1 Equation d'équilibre 102
7.4.2 Conditions aux limites 102
7.4.3 Symétrie 102
7.4.4 Rotation des axes 103
7.4.5 Contraintes principales 103
7.4.6 Invariants 103
7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique 104
7.4.8 Convention de signe en mécanique des sols 104
7.4.9 Etat plan de contrainte 104
7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques 105
7.5 Cercle de Mohr 105
7.5.1 Construction directe 105
7.5.2 Construction inverse 107
7.5.3 Pôle des faces 107
7.5.4 Tricercle de Mohr 108
7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes 108
7.5.6 Ellipsoide de contrainte 109
7.6 Champ de déformation. 109
7.6.1 Mouvement, déplacement et déformation 109
7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale 110
7.7 Propriétés du tenseur de déformation 110
7.7.1 Conditions de compatibilité 111
7.7.2 Conditions aux limites 111
7.7.3 Dilatation volumique 111
7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques 112
7.8 Relation contrainte-déformation. 112
7.8.1 Position du problème de mécanique des solides 112
7.8.2 Bilan des équations et des inconnues 112
7.8.3 Résolution 113
7.8.4 Lois constitutives 113
7.8.5 Elasticité linéaire 113
7.8.6 Autres lois constitutives 114
7.9 Critères de plasticité 117
7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques 118

Exercices du chapitre 119


Thème page

Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement 124

8.1 Introduction. 124
8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb. 124
8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement. 125
8.3.1 Essai de cisaillement directe 125
8.3.2 Essai triaxial 126
8.3.3 Essais spéciaux 127
8.3.4 Essais sur site 128
8.4 Cheminement des contraintes. 128
8.5 Résistance des sables au cisaillement. 130
8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé. 130
8.5.2 Sable saturé en cisaillement non drainé. 131
8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement 133
8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges
cycliques. 135
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement. 154
8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé 154
8.6.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé 155
8.6.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé. 160
8.6.4 Essai de compression simple 161
8.6.5 Variation de la pression interstitielle 161
8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les
argiles normalement consolidées 166
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur
les argiles surconsolidées 168
8.6.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes 170

Exercices du chapitre 172


Chapitre 9: Pression latérale des terres 176

9.1 Introduction 176
9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation
latérale 176
9.3 Essais sur la poussée des terres 177
9.4 Etats de l'équilibre limite 178
9.4.1 Définition 178
9.4.2 Equilibre de Rankine 178
9.4.2.1 Hypothèses 178
9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre 178
9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur 178
9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale 179
9.4.2.5 Lignes de glissement 179
9.4.2.6 Distribution des contraintes 180
Thème page

9.4.3 Equilibre de Boussinesq 182
9.4.3.1 Hypothèses 182
9.4.3.2 Poussée sur un écran 183
9.4.3.3 Calcul du coefficient de Poussée 183
9.4.3.4 Etude de la solution 186
9.4.4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés 193
9.4.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants) 198
9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée 199
9.5.1 Théorie de Rankine 199
9.5.1.1 Introduction 199
9.5.1.2 Etat actif 199
9.5.1.3 Etat passif 200
9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme 201
9.5.1.5 Cas de surface libre inclinée 201
9.5.2 Théorie de Coulomb 202
9.5.2.1 Introduction 202
9.5.2.2 Etat actif 203
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent 203
9.5.2.2.2 Sol cohérent 204
9.5.2.3 Etat passif 205
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel) 205
9.5.4 Construction de Culmann 206
9.5.4.1 sol pulvérulent non chargé 206
9.5.4.1.1 Etat actif 206
9.5.4.1.2 Etat passif 207

Exercices du chapitre 208


Chapitre 10: Reconnaissance des sols 210

10.1 Introduction. 210
10.2 Essais de laboratoire 210
10.2.1 Introduction 210
10.2.2 Essais physiques 211
10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques 211
10.2.4 Essais hydrauliques 211
10.2.5 Essais mécaniques 211
10.3 Essais sur place 211
10.3.1 Introduction 211
10.3.2 Reconnaissance des sols 212
10.3.2.1 Introduction 212
10.3.2.2 Méthodes géophysiques 212
10.3.2.2.1 Prospection électrique 212
10.3.2.2.2 Prospection sismique 212
10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie 212
10.3.2.3 Les sondages 212
Thème page

10.3.2.3.1 Prospection géologique 212
10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique 212
10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques 213
10.3.4 Essais mécaniques 213
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table 213
10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique 213
10.3.4.3 Scissomètre 213
10.3.4.4 Rhéotest 213
10.3.4.5 Pressiomètre 213
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône 214
10.3.4.7 Essais de battage 214
10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T) 214
10.3.4.7.2 Pénétromètre statique 214
10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique 214


Chapitre 11: Solutions de quelques exercices 216


Références bibliographiques


Notations



Alphabet minuscule

a Constante, dimension
a
v
Coefficient de compressibilité
b Constante, dimension
c Compacité, cohésion
c
w
Contrainte d'adhérence massif-écran
d Déformation volumique
det Déterminant d'une matrice
d' densité déjaugée
d
d
densité sèche
d
h
densité humide
d
s
densité de la phase solide
ds Distance infinitésimale
e Indice des vides, vecteur unitaire
e
c
Indice des vides en fin de consolidation
e
crit
Indice des vides critique
e
max
Indice des vides dans l'état le plus lâche
e
min
Indice des vides dans l'état le plus dense
e
p
Indice des vides à la fin de consolidation primaire
f Fonction de charge, fonction
f
v
Force de volume
g Accélération terrestre, fonction
h Hauteur, charge hydraulique, épaisseur
h
c
Ascension capillaire
i Gradient hydraulique
k Coefficient de perméabilité, vecteur unitaire
k
0
Coefficient de poussée des terres au repos
k
q
Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge
k
x
, k
y
Coefficients de perméabilité suivant x et y
l Longueur d'un chemin, vecteur unitaire
m Paramètres, vecteur unitaire
m
s
Masse de la phase solide
m
t
Masse totale
m
v
Coefficient de changement de volume
n Porosité, paramètre, nombre de carreaux, vecteur unitaire normal
n
i
Composante de vecteur unitaire normal
p
a
Poussée active
p
p
Poussée passive
p
s
Poids de la phase solide
p
t
Poids totale
p
w
Poids de l'eau
q Débit, charge répartie
r Vecteur position, rayon d'un cercle
r
m
Rayon du ménisque
r
sc
Taux de surconsolidation
s
m
contrainte moyenne
t Temps, vecteur contrainte
tr Trace d'un tenseur
t
i
Composante de vecteur contrainte
t
p
Temps de 100 % de consolidation
u Pression interstitielle, vecteur ou composante déplacement
u
a
Pression de l'air
u
c
Pression capillaire
v Vitesse, vitesse de décharge, composante de déplacement
v
s
Volume de la phase solide
v
t
Volume total
v
v
Volume des vides
v
w
Volume de l'eau
w Masse, composante de déplacement
x, x' Coefficient, distance
z Altitude, profondeur

Alphabet majuscule

A Activité, aire d'une section, paramètre de la pression interstitielle
B Dimension, paramètre de la pression interstitielle
A
c
Aire de contact
C Coefficient, matrice de passage
C
c
Coefficient de courbure, indice de compression
C
ce
Indice de compression modifié
C
r
Indice de recompression
C
re
Indice de recompression modifié
C
u
Coefficient d'uniformité
C
v
Coefficient de consolidation
C
w
Résultante de l'adhérence massif-écran
C
α
Indice de compression secondaire
C
αe
Indice de compression secondaire modifié
D Profondeur d'influence (consolidation dynamique)
D
x
Diamètre du tamis correspondant à x % de tamisa cumulé
E Tenseur de déformation, module de Young
E
ij
Composante du tenseur de déformation
E' Module oedométrique
F Force de volume
F
a
Résultante de la poussée active
F
i
Composante de force de volume
F
p
Résultante de la poussée passive
H Hauteur, épaisseur
H
dr
Longueur de drainage
I Facteur d'influence
I
i
Invariant d'un tenseur
I
c
Indice de consistance
I
d
Indice de densité
I
L
Indice de liquidité
I
p
Indice de plasticité
K Coefficient de pression des terres
K
0
Coefficient de poussée des terres au repos
K
a
Coefficient de la poussée active
K
ac
Coefficient de la poussée active due à la cohésion
K
aq
Coefficient de la poussée active due à une surcharge
K

Coefficient de la poussée active due au poids des terres
K
p
Coefficient de la poussée passive
K
pc
Coefficient de la poussée passive due à la cohésion
K
pq
Coefficient de la poussée passive due à une surcharge
K

Coefficient de la poussée passive due au poids des terres
K
q
Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge
K
γ
Coefficient de la poussée due au poids des terres
L Dimension
M Masse
M
t
Masse totale
P pression, force totale de contacte, force concentrée
P' Force effective de contacte
Q Débit
R Distance radiale, lecture micrométrique, Réaction
R
e
Nombre de Reynolds
S Tenseur déviateur, tassement, fonction
S
c
Tassement de consolidation
S
d
Tassement différentiel
S
i
Tassement instantané
S
ij
Composantes du tenseur déviateur
S
r
Degré de saturation
S
p
Tassement primaire
S
s
Surface spécifique, tassement secondaire
S
t
Sensitivité, tassement total
T Tension, tension capillaire, tenseur de contrainte, facteur temps
T
arg
Teneur en argile
U, U
z
Degré de consolidation
U
moy
Degré de consolidation moyen
V Vitesse moyenne, volume
V
0
Volume initial
V
s
Volume de la phase solide
V
t
Volume total
W Teneur en eau, poids propre
W
L
Limite de liquidité
W
P
Limite de plasticité
W
R
Limite de retrait
W
op
Teneur en eau optimale
Z Profondeur


Symbole minuscule

α Angle, scalaire, inclinaison d'un écran par rapport à l'horizontale
α
0
inclinaison d'une surcharge
α
r
inclinaison du plan de rupture
β Angle, inclinaison de la surface libre d'un massif
γ' Poids volumique déjaugé
γ
d
Poids volumique sec
γ
h
Poids volumique humide
γ
s
Poids volumique des grains solides
γ
sat
Poids volumique du sol saturé
γ
w
Poids volumique de l'eau
δ Angle, angle de frottement massif-écran
δij Symbole de Kronecker
λ Valeur propre, coefficient de Lamé, inclinaison d'un écran par rapport à la
verticale
µ Coefficient de Lamé
ν Coefficient de Poisson
ε Angle, déformation
ε, ε
ij
Tenseur ou composante de petite déformation
ε
m
Déformation moyenne
ε
p
Déformation plastique
ε
v
Déformation verticale
η Coefficient de viscosité
θ Angle de position
ρ Masse volumique, distance radiale
ρ' Masse volumique déjaugée
ρ
d
Masse volumique sèche
ρ
h
Masse volumique humide
ρ
s
Masse volumique des grains solides
ρ
w
Masse volumique de l'eau
σ Contrainte normale, contrainte normale totale, tenseur de contrainte
σ
1
σ
2
σ
3
Contrainte principales
σ
eq
Contrainte équivalente
σ
h
Contrainte horizontale
σ
m
Contrainte moyenne
σ
n
Contrainte normale
σ
r
, σ
f
Contrainte normale à la rupture
σ
s
Contrainte seuil
σ
z
Contrainte verticale
σ
ij
Composante de tenseur de contrainte
σ
rr
, σ
θθ
Composante de contrainte dans un repère polaire ou cylindrique
σ' Contrainte normale effective, contrainte dans un nouveau repère
σ'
3c
Contrainte latérale effective de confinement
σ'
3crit
Contrainte latérale effective critique
σ'
p
Contrainte verticale de préconsolidation
σ
v
Contrainte verticale
σ'
vc
Contrainte verticale de consolidation
σ'
v0
Contrainte verticale due au poids des terres
τ Résistance, contrainte tangentielle totale
τ
ij
Composante tangentielle de tenseur de contrainte
τ
m,
τ
max
Contrainte tangentielle maximale
τ
r
,

τ
f
Contrainte tangentielle à la rupture
τ' Contrainte tangentielle effective
φ Potentiel de vitesse, angle de frottement interne
φ' Angle de frottement interne (analyse en contraintes effectives)
ψ Angle entre la direction de σ
1
et un rayon polaire
ω
β
, ω
δ
, ω
α0
Angle

Symbole majuscule, opérateur

∆ Variation, Laplacien
∇ Opérateur Nabla (différentiel)
ċ (point) Vitesse de c
, Dérivée partielle

Autres enrichissements

Gras Vecteur, tenseur, matrice

















Chapitre 1:

Introduction générale



1.1 Objet de la mécanique des sols.
1.2 Disciplines de la mécanique des sols.
1.3 Historique.
1.4 Quelques grands projets.
1.5 Plan du cours.






Chapitre 1

Introduction générale



1.1 Objet de la mécanique des sols

Les ouvrages utilisent le sol autant qu’un élément de l’infrastructure qui
transmet la charge globale de l’ouvrage vers une couche du sol suffisamment stable et
résistante. De ce fait, la réussite de l’ouvrage relève de la réussite du projet de
fondation. Selon le type de l’ouvrage et son mode de conception, le sol peut constituer
une base d’appuis pour l’ensemble de l’ouvrage tel que route, tunnel, barrage poids,
mur de soutènement, aérodrome, ou un point d’appuis pour quelques éléments
seulement tel que bâtiment, pont, barrage en arc ..etc. La mécanique des sols (et des
roches) est la science qui regroupe l’ensemble des connaissances et des techniques qui
permettent

D’identifier les caractéristiques qui régissent le comportement mécanique du sol.
L’analyse de l’interaction sol-structure
La réalisation correcte des ouvrages enterrés.

A titre indicatif, la mécanique des sols traite les problèmes relatifs aux
fondations diverses, ouvrages de soutènement, remblais et structures en terre, stabilité
des pentes et talus, route, piste d’atterrissage, tunnels, mines…


1.2 Disciplines de la mécanique des sols

Afin de réaliser les objectifs citées ci-dessus, plusieurs disciplines seront
nécessaires.

1.2.1 Géologie du terrain
L’étude de la géologie du terrain est d’une grande importance. En effet, elle
permet d’identifier les différentes couches du sol, leurs épaisseurs et leurs pendages
ainsi que la présence éventuelle de nappe d’eau souterraine. D’autre part, l’étude
géologique des couches présentes donne des descriptions qualitatives du sol, répond
sur quelques questions relatives à l’histoire du dépôt et permet d’orienter les
recherches préliminaires.





Eléments de Mécanique des Sols

11
1.2.2 Caractéristiques physico-chimiques
L’étude des caractéristiques physiques et chimiques des sols a montré sa grande
utilité pour la prédiction ou l’interprétation du comportement du sol. La majorité de
ces propriétés sont déterminées par des essais au laboratoire ou sur site.

1.2.3 Etude hydraulique
En présence d’eau, l’étude de la perméabilité des différentes couches s’impose
pour estimer la résistance du sol dans les conditions les plus défavorables et le risque
au glissement. La détermination du niveau de stabilisation et l’étude du régime
d’écoulement permet de choisir le matériel de pompage et d’épuisement, comme il
permet de parer aux phénomènes des sables boulants. La détermination de la nature
chimique de l’eau souterraine permet de prévoir le mode d’étanchéité des structures
enterrées.

1.2.4 Caractéristiques mécaniques
L’analyse du comportement mécanique des sols repose sur les conclusions des
disciplines précédentes ainsi que sur des essais de laboratoire ou sur site. Cette
discipline permet de déterminer la résistance du sol et sa capacité portante, et par
conséquent le choix du mode de fondation et les dimensions des éléments enterrés.
Enfin, elle permet de prévoir de façon quantitative la déformation ou tassement du sol
sous la charge de l’ouvrage.

1.2.5 Recherche théorique et modélisation numérique
Dans le but de la compréhension des phénomènes physiques complexes,
plusieurs théories ont été développées. Elles décrivent les problèmes posés par des
modèles mathématiques rigoureux dont la résolution fait recours aux techniques
informatiques et numériques de plus en plus avancées et occupe une large partie de la
recherche actuelle dans ce domaine.

1.2.6 Conception et mise en œuvre
Ce sont les techniques acquises pour la conception et la réalisation des ouvrages
enterrés. Elle prend en compte l’étude des coûts des différentes solutions possibles.
Autre que le savoir faire, la réglementation en vigueur doit être suivie pas à pas pour
garantir les conditions de sécurité que ce soit pendant la réalisation ou au cours de
l’exploitation de
l’ouvrage.

1.3 Histoire de la
mécanique des sols

On peut
suivre l’évolution
de la mécanique des
sols à travers son
apparition autant
qu’une science à
part entière et le
développement de ses grandes théories (voir le tableau ci-contre).
Siècle Auteur Théorie
18
ème
Coulomb Résistance au cisaillement
Collin Rupture dans les talus d’argile
Darcy Ecoulement de l’eau à l’intérieur du sable
Rankine Pression des terres sur les murs de
soutènement


19
ème

Gregory Drainage horizontal, remblai compacte avec
contrefort pour stabiliser la pente des
tranchées de voies ferrées
Atterberg Limites de consistance de l’argile
Terzaghi Premier manuel moderne de mécanique des
sols

20
ème

Casagrande Essais sur la limite de liquidité
12
Chapitre 1: Introduction générale
1.4 Quelques grands projets de mécanique des sols à travers le monde

Le sujet se prête à une recherche bibliographique intéressante. Il est
constamment proposé aux étudiants de différentes promotions autant que travail à
exposer.


1.5 Plan du cours

Le chapitre deux est consacré à la description macroscopique, la composition
minéralogique, structure et caractéristiques physiques des sols ce qui permet d’établir
des systèmes de classification des sols. Le chapitre trois s’intéresse à l’amélioration
des caractéristiques du sol par compactage, et présente les essais Proctor lié au
problème. Dans le quatrième chapitre on étudie l’eau dans le sol, la perméabilité du
sol, la loi de Darcy régissant l’écoulement de l’eau dans le sol, les réseaux
d’écoulement, la contrainte verticale due au poids des terres et la notion de la
contrainte effective. Le chapitre cinq donne les résultats pratiques pour l’étude de la
distribution des contraintes dues aux charges extérieures. Le sixième chapitre expose
de façon détaillée le calcul du tassement du sol sous charge extérieure, l’étude de la
compressibilité et de la vitesse de consolidation du sol. Le chapitre sept est relatif à
l’étude de la résistance des sols au cisaillement pour lequel les notions fondamentales
de mécanique des milieux continus, et l’utilisation du cercle de Mohr seront rappelés.
Le chapitre huit présente en détail les différentes théories associées à l’équilibre limite
et abouti au calcul pratique de la pression latérale des terres.

Eléments de Mécanique des Sols

13











Chapitre 2:

Caractéristiques physiques des sols



2.1 La formation des sols.
2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche.
2.3 Structure des sols.
2.4 Analyse granulométrique.
2.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols
2.5.1 Masses et poids volumiques
2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation.
2.6 Propriétés des particules fines.
2.6.1 Propriétés colloïdales
2.6.2 Surface spécifique.
2.6.3 Limites d'Atterberg.
2.6.4 Famille minéralogique.
2.6.5 Activité.
2.6.6 Sensitivité.
2.7 Classification des sols.
2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS)






Chapitre 2

Caractéristiques physiques des sols



2.1 Formation des sols
La terre est recouverte d’une couche plus ou moins solide de roches basaltiques et
granitiques d’une épaisseur de 10 à 40 km. Au dessus se trouve le sol. Il s’agit d’une mince
couche d’épaisseur variable de matériaux non consolidés à cause des effets géologiques tels
que les altérations qui provoquent la désintégration des roches en petites particules.
L’altération physique comprend le gel et dégel, variation de température, et activité humaine,
animale ou végétale. Comme altération chimique on site l’oxydoréduction et la carbonatation.
On peut considérer l’érosion autant qu’une altération mécanique.

2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche
Le sol est un matériau hétérogène et anisotrope comportant des minéraux et des
matériaux organiques. La présence de l’air et de l’eau font du sol un matériau complexe à
effet du temps. Son comportement est non linéaire et irréversible d’où la nécessité de
combiner essais en laboratoire et en place, analyse théorique et modélisation, expérience
cumulée et bon jugement pour la réussite d’une étude géotechnique.

2.3 Structure des sols
Le sol est un matériau constitué de particules. Les dimensions de ces particules
peuvent être uniformes ou variées allant des cailloux de 10 cm et s’étendant jusqu’aux
particules fines de moins du micron. Autre que la grosseur des grains, les particules possèdent
d’autres caractéristiques telles que forme, texture et structure élémentaire.

2.3.1 Grosseur des grains
Lorsque le sol est constitué de grains de dimensions variables, l’analyse
granulométrique (voir ci-dessous) permet d’étudier la répartition des particules selon leurs
grosseurs. Toutefois, on peut commencer par une description grossière à l’œil nu (Tab. 2.1).

2.3.2 Forme
Il s’agit de la description de la forme géométrique du grain (Fig. 2.1).

2.3.2.1 Particules cubiques ou sphériques.
Elles prédominent dans les sols à gros grains. Pour une description plus précise, on utilise les
adjectifs : arrondies, sous-arrondies, angulaires et sous-angulaires.

2.3.2.2 Particules en plaquettes
Typique des sols à grains fins.

2.3.2.3 Particules en bâtonnets où aiguilles.
Cette forme est moins répondue dans le sol.

Eléments de Mécanique des Sols
15



Propriété

Graviers, Sables Silt Argiles
Grosseur
Gros grains, visibles à
l'œil nu

Grains fins
invisibles à l'œil nu

Grains fins
invisibles à l'œil nu
Caractéristiques
Granulaire
Pulvérulents
Non plastiques
Granulaire
Pulvérulents
Non plastiques

Cohérents
Plastiques


Effet de l'eau

Peux d'importance Important Très important

Effet de la distribution
granulométrique

Important
Sans grande
importance
Sans grande
importance


Tab. 2.1: Propriétés texturales des sols.

2.3.3 Texture
Pour sa description on utilise les adjectifs polie, mate, douce, rugueuse, striée, givrée.

2.3.4 Structure élémentaire
Les particules de toutes dimensions et toutes formes s’arrangent dans le sol pour
former des structures variées. Les particules des sols à gros grains ont un arrangement
élémentaire de sorte que chaque grain est solidement installé entre ses voisins telles les
structures élémentaires extrêmes (la plus compacte et la plus lâche), structure dense, structure
lâche et structure en nid d’abeille (Fig. 2.2). Dans les argiles, on peut trouver des structures en
nid d’abeille et structure floconneuse qui sont moins résistantes (Fig. 2.3). Les sols relevant
de ce dernier type posent des problèmes redoutables tels que gonflement et tassement. Les
grains d’argile en forme de plaquettes, peuvent s’arranger de plusieurs façons (Fig. 2.4).
Lorsque le sol comporte des grosseurs de grain variables (grosse ou fine), les arrangements se
diversifient entre agrégats, amas et matrices (Fig. 2.5).

2.4 Analyse granulométrique
C’est l’étude au laboratoire de la répartition des grains d’un sol selon leurs dimensions.
L’essai se fait en suivant un mode opératoire bien précis. Pour les sols grossiers, on effectue
un tamisage tandis que pour les particules très fines l’essai se fait par sédimentométrie. En
général, l’interprétation des résultats se fait en dressant la courbe du tamisat cumulé en
fonction du diamètre des grains (Fig. 2.6). Dans ce contexte, on introduit des coefficients
permettant la description de la répartition granulométrique: le coefficient de courbure C
c
et le
coefficient d'uniformité C
u
.


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
16

Fig. 2.1 : Quelques formes typiques de grains grossiers
arrondie sous-arrondie angulaire sous-angulaire
Structure élémentaire dense
n = 0,26
Structure élémentaire lâche
n = 0,48
structure dense structure lâche structure en nid d'abeille
Fig. 2.2 : Arrangement de sols à grains grossiers

Eléments de Mécanique des Sols
17

structure en nid d'abeille structure floconneuse

Fig. 2.3: Arrangement de sols à grains fins
arrangement de plaquettes arrangement de groupement de
d'argile plaquettes d'argile

Enchevêtrement d'amas d'argile
Fig. 2.4: Différents arrangements de plaquettes d'argile

(d'après introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
18
matrice de particules argileuses enchevêtrement d'amas d'argile avec
inclusions de silt
matrice de particules granulaires matrice partiellement discernable
entre particules


Fig. 2.5: Arrangement de particules solides de différentes grosseurs

(d'après introduction à la géotechnique)
grains de silt et de sable plaquettes de silt et grains de sable

Eléments de Mécanique des Sols
19


arrangement de sable ou silt avec un liant
arrangement d'agrégat régulier arrangement d'agrégat régulier
avec des grains de sable ou silt avec une matrice de particules fines
agrégats irréguliers agrégats irréguliers
retenus par un liant formant un nid d'abeille


Fig. 2.5 : (suite) Arrangement de particules solides de différentes grosseurs

(d'après introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
20
1 E - 3 0 , 0 1 0 , 1 1 1 0 1 0 0
0
2 0
4 0
6 0
8 0
1 0 0
P
o
u
r
c
e
n
t
a
g
e

d
e

p
a
s
s
a
n
t

e
n

m
a
s
s
e
D i a m è t r e d e s g r a i n s [ m m ]


Fig. 2.6: Exemple de courbes granulométriques



Coefficient d’uniformité C
u
.
Il est défini par : C
u
Granulométrie
1 A une seule grosseur
1 – 2 Très uniforme
2 – 5 Uniforme
5 – 20 Peu uniforme
> 20 Très étalée


10
60
u
D
D
C = (2.1)

Il sert à la description de la granulométrie (Tab.
2.2). D
x
est par définition le diamètre du tamis
dont le tamisat cumulé est égal à x %.
Tab. 2.2: Echelle de granulométrie selon C
u


Coefficient de courbure C
c

Il est défini par :

60 10
2
30
c
D . D
D
C = (2.2)

On considère que lorsque C
u
est supérieur à 4 pour les graviers, et supérieur à 6 pour les
sables, alors 1 < C
c
< 3 donne une granulométrie bien étalée.

Exemple 2.1
A l’aide des courbes granulométriques ci-dessous (Fig. 2.6), déterminer les valeurs
respectives du coefficient d’uniformité et du coefficient de courbure.

air m
a
≈ 0
eau m
w

grains v
s

air v
a

eau v
w

2.5 Caractéristiques physiques communes aux
différents sols
grains m
s


2.5.1 Masses et poids volumiques
Un sol en place est un complexe constitué en général
de trois phases : solide, liquide et gaz (Fig. 2.7). Fig. 2.7 : volume élémentaire
d’un sol

Eléments de Mécanique des Sols
21
. On appelle masse volumique apparente ou tout simplement masse volumique, la masse par
unité de volume du sol considéré :

t
t
h
v
m
= ρ (2.3)

. La masse volumique sèche est la masse de la matière sèche contenue dans l’unité de
volume :

t
s
d
v
m
= ρ (2.4)

Dans la majorité des questions, c’est le poids volumique qui intervient, notons donc p
i
le
poids associé à la masse m
i
, d'où les définitions:

γ
h
le poids volumique (apparent)

t
t
h
v
p
= γ (2.5)

γ
d
le poids volumique sec

t
s
d
v
p
= γ (2.6)

γ
w
le poids volumique de l’eau

w
w
w
v
p
= γ (2.7)

γ
s
le poids volumique des grains solides

s
s
s
v
p
= γ (2.8)

γ' le poids volumique déjaugé. C'est le poids apparent des grains solides baignant dans l’eau.
On montre qu’il est donné par :

γ' = γ
sat
- γ
w
(2.9)

où γ
sat
est le poids volumique apparent du sol saturé.

Parfois on utilise les densités par rapport à l’eau :

d
h
la densité humide

w
h
h d
γ
γ
= (2.10)

d
d
la densité sèche

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
22
w
d
d d
γ
γ
= (2.11)

d
s
la densité des grains solides

w
s
s d
γ
γ
= (2.12)

d’ la densité déjaugée

w
'
' d
γ
γ
= (2.13)

Remarque 2.1
La densité des gains solides varie peu. Cette conclusion est le fait que l’Aluminium et
le Silicium sont les éléments dominant dans les sols. Ces deux éléments simples ont des poids
atomiques voisins (26,98 et 28,09 respectivement). Ainsi la plupart des minéraux constitutifs
des sols ont une densité des grains solides située entre 2,4 et 2,9.

2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative (indice de densité)

2.5.2.1 Porosité et compacité
La porosité est le rapport du volume des vides (eau et air) au volume total du sol.

t
v
v
v
n = (2.14)

Dans un volume égale à l’unité, les grains solides occupent le volume 1-n dit compacité.

c = 1 – n

2.5.2.2 Indice des vides
C’est le rapport du volume des vides au volume des grains solides

s
v
v
v
e = (2.15)

cette définition aboutit aux relations

e 1
e
n et
n 1
n
e
+
=

= (2.16)

2.5.2.3 Densité relative ou indice de densité
Elle est définie par l’expression

min max
max
d
e e
e e
I


= (2.17)

où e
min
est l’indice des vides correspondant à l’état le plus compact.
e
max
est l’indice des vides correspondant à l’état le plus lâche.

Eléments de Mécanique des Sols
23
e est l’indice des vides du sol en place.
L’indication de l’indice de densité permet d’avoir une idée sur l’état de tassement d’un sol
donné : I
d
= 0 pour l’état le plus lâche (e=e
max
) et I
d
=1 pour l’état le plus compact (e=e
min
).

W Etat du sol
0 - W
R
Solide sans retrait
W
R
– W
P
Solide avec retrait
W
P
– W
L
Plastique
≥ W
L
Liquide
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation
2.5.3.1 Teneur en eau
C’est le rapport du poids de l’eau au poids de la
matière sèche

Tab. 2.3: Echelle de teneur en eau.
s
w
p
p
w = (2.18)

Selon la teneur en eau du sol naturel on le classe comme résumé ci-contre (Tab. 2.3).

2.5.3.2 Degré de saturation
C’est le rapport du volume occupé par l’eau au
volume total des vides
S
r
Etat du sol
0 Sec
1 – 25 Peu humide
25 – 50 Humide
50 – 75 Très humide
100 saturé

v
w
r
v
v
S = (2.19)

Le degré de saturation permet de classer le sol
comme indiqué sur (Tab. 2.4).
Tab. 2.4: Echelle de saturation.

Exemple 2.2
Considérons un sol caractérisé par : La masse volumique totale est égale à 1,76 g/cm
3
, la
masse volumique des grains solides est égale à 2,7 g/cm
3
et la teneur en eau est de 10 %.
Calculer les valeurs de :
La masse volumique du sol sec, l’indice des vides, la porosité, le degré de saturation et la
masse volumique du sol saturé.
La masse volumique de l’eau est prise égale à 10
3
kg/m
3
= 1 g/cm
3
.

2.6 Propriétés des particules fines
Dans le sol, les particules fines et particulièrement les
argiles possèdent des caractéristiques spécifiques par rapport
aux grosses particules. Ces propriétés jouent de grands rôles
dans le comportement mécanique des sols.

2.6.1 Propriétés colloïdales
De nombreuses propriétés des argiles peuvent
s’expliquer sur la base des phénomènes physico-chimiques qui
se produisent à la surface des grains. En effet, chaque particule
d’argile est chargée d’électricité négative sur sa surface
extérieure. L’eau contenue dans le sol est alors soumise à un
champ électrique près de la surface des grains. Les molécules de l’eau au voisinage des grains
n’ont plus les propriétés physiques de l’eau normale : c’est de l’eau liée ou solide. Alors
chaque grain est enveloppé dans un film d’eau de nature spéciale dite eau adsorbée dont
l’épaisseur est de l’ordre de cinq millimicrons (Fig. 2.8). Cette eau a des effets négligeables
sur les sables et les limons, mais elle a un rôle essentiel dans le comportement des argiles. On
conclut que le comportement du sol fin peut être sensiblement modifié par la présence d’ions
eau
adsorbée
eau
interstitielle
grain
solide
Fig. 2.8 : Eau interstitielle
et eau adsorbée

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
24
de divers types dans l’eau interstitielle. C’est pourquoi on précise souvent la nature du cation
qui prédomine dans les couches adsorbées. D’autre part, cela montre que la surface extérieure
du grain joue un rôle principal dans le comportement de l’argile. Ce rôle est accentué par
l’énorme développement de la surface du grain par rapport à sa masse. On est donc amené
tout naturellement à définir la surface spécifique ou surface du grain contenu dans l’unité de
volume ou de masse.

2.6.2 Surface spécifique
Elle est définie par le rapport entre la surface d’un solide et sa masse ou son volume.
Dans ce cours on retiendra :

volume
surface
SS = (2.20)

Exemple 2.3
Calculer les surfaces spécifiques de cubes de côtés égales respectivement à 1cm, 1mm
et 1 µm.

On constate que lorsqu’on tente de mouiller la surface extérieure des cubes ci-dessus,
il faudrait dix fois plus d’eau pour mouiller la surface d’un grain cubique de 1 mm de côté
occupant le même volume solide qu’un grain cubique de 1 cm de côté. De ce fait, les grosses
particules ont des surfaces spécifiques plus faibles que les petites particules. En partant de ce
principe, on peut s’attendre à ce que les teneurs en eau des sols à grains fins soient plus
élevées que celles des sols à grains grossiers, lorsque touts les autres facteurs, tels l’indice des
vides et la structure sont identiques.

2.6.3 Limites d’Atterberg
Les argiles forment des pâtes dans lesquelles chaque grain est relié aux grains voisins
par des forces de cohésion dues à la présence des couches adsorbées. La consistance qui en
résulte dépend en grande partie de la teneur en eau du matériau. On distingue alors trois états
de la consistance des argiles : états liquide, plastique et solide (Fig. 2.9). A l’état liquide, les
grains sont indépendants les uns des autres, le mouvement relatif entre les particules est aisé.
A l’état plastique, les grains sont plus rapprochées et ont mis en commun leurs couches d’eau
adsorbées. Lorsqu’il y a mouvement, les grains restent attachés les uns aux autres sans
s’éloigner. A l’état solide, les distances inter-granulaires sont encore plus petites. Les grains
arrivent même au contact en quelques points chassant ainsi l’eau adsorbée. Les frottements
internes sont alors importants. La transition d’un état à l’autre est très progressive.
Néanmoins, on utilise de façon pratique les limites d’Atterberg :

Limite de liquidité W
L

Elle sépare l’état liquide de l’état plastique.

Limite de plasticité W
P

Elle sépare l’état plastique de l’état solide.

Limite de retrait W
R

Elle caractérise l’apparition du phénomène de retrait.


Eléments de Mécanique des Sols
25

Fig. 2.9 : Etats de consistance d’un sol
Etat solide
Etat plastique
Etat liquide

Ces limites sont mesurées sur le mortier, c.à.d. la fraction de sol qui passe le tamis
d’ouverture égale à 0,40 mm.
En comparant la teneur en eau d’un sol donné aux limites d’Atterberg déterminées
précédemment sur un échantillon du même sol, on obtient des indications fondamentales sur
son comportement mécanique. Autrement dit, ces limites décrivent certains comportements
critiques (Fig. 2.10). Sur la base de ces limites, on défini les indices suivant :

Indice de plasticité I
P

Il mesure l’étendu du domaine de plasticité du sol. Il s’exprime par :

I
P
= W
L
– W
P
(2.21)

Cet indice occupe une grande place en géotechnique (Fig. 2.11). Casagrande a montré que
l’indice de plasticité est une fonction linéaire de la limite de liquidité :

I
P
= a W
L
– b (2.22)

Où a et b sont des constantes. Deux autres indices caractérisent la structure d’une argile de
teneur en eau égale à W. Ils sont l’indice de consistance et l’indice de liquidité.

Indice de consistance I
c

Il est défini par

P
L
c
I
W W
I

= (2.23)

Indice de liquidité I
L

Il est défini par


c
P
P
L I 1
I
W W
I − =

= (2.24)


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
26

r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

déformation
w > w
L
w ≈ w
L

w ≈ w
p

w < w
p

Fig. 2.10 : Relation entre limites d’Atterberg et comportement mécanique
Etat Fragile Mi-solide Plastique Liquide
Teneur en eau W
R
W
p
W
L

Indice de liquidité I
L
< 0 I
L
= 0 I
L
= 1 I
L
> 1

w
r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

déformation déformation

2.6.4 Famille minéralogique
2.6.4.1 Classification
Les propriétés physiques des couches adsorbées dépendent aussi de la nature du
minéral qui constitue le grain. L’étude des couches adsorbées et des minéraux argileux est
importante pour bien comprendre le comportement des argiles que la granulométrie seule ne
saurait expliquer. C’est ainsi que nous classons les minéraux argileux en différents groupes :
famille, espèce et variété. Les trois familles les plus connues sont la kaolinite, la
montmorillonite et l’illite.

2.6.4.1.2 La kaolinite
Les argiles de la famille de la kaolinite sont les constituants essentiels de la plus part
des argiles utilisées en céramique. Leur surface spécifique ne dépasse pas 20 à 30 m
2
/mg. Les
phénomènes de surface sont donc peu intenses. Autrement dit, ces minéraux sont relativement
inactifs. La formule chimique de cette famille est du type Si
2
Al
2
O
5
(OH)
4
pour une demi-
maille, elle est donc assez riche en alumine.

2.6.4.1.3 La montmorillonite
Les sols de la famille de la montmorillonite peuvent absorber de l’eau dans des
proportions considérables, donnant lieu à des gonflements caractéristiques. Ceci est dû au fait
que les liaisons d’un feuillet à l’autre sont faibles à cause de la structure floconneuse, et l’eau
pénètre facilement entre les feuillets. D’autre part, la surface spécifique de cette famille est
élevée, elle peut dépasser 150 m
2
/g, ce qui donne une grande importance aux phénomènes de
surface. La montmorillonite est alors une famille de minéraux argileux actifs. La formule
chimique des montmorillonites est du type Si
4
Al
(2-x)
Mg
x
O
10
(OH)
2
x(cations
échangeables)nH
2
O.

2.6.4.1.4 L’illite
Les argiles de la famille de l’illite sont parmi les minéraux les plus répondus à la surface de la
terre. La structure de l’illite est analogue à celle des micas, mais la matière est beaucoup plus
finement divisée. La formule chimique pour une demi-maille de l’illite est de la forme Si
(4-
x)
Al
x
Al
2
O
10
(OH)
2
xK.


Eléments de Mécanique des Sols
27

2.6.4.2 Identification des minéraux argileux dans un sol
2.6.4.2.1 Diffraction des rayons x
C’est une méthode de comparaison des spectres de diffraction de l’échantillon avec les
spectres des minéraux connus. Cette méthode ne donne qu’une idée très approximative de la
nature et la quantité des minéraux présents dans le sol.

2.6.4.2.2 Analyse différentielle thermique
Elle se fait par chauffage continu d’un échantillon dans un four électrique en présence
d’une substance inerte de référence. La structure particulière des minéraux argileux
déterminera des variations thermiques à des températures bien définies pour des minéraux
donnés. Les variations enregistrées peuvent ensuite être comparées avec celles de minéraux
connus.

2.6.4.2.3 Microscopie électronique
Ce procédé présente des difficultés d’interprétation et ne permet pas d’obtenir des
données quantitatives.

2.6.4.2.4 Méthode de Casagrande
C’est une démarche simplifiée basée sur les limites d’Atterberg. Il s’agit de placer sur
l’abaque de plasticité de Casagrande (Fig. 2.11) les points correspondant à l’échantillon et de
comparer sa position avec celle des minéraux connus. Cette méthode peut donner autant de
renseignements pertinents que n’importe quelle analyse de haute précision.

Fig. 2.11: Abaque de plasticité de Casagrande et position des minéraux argileux les plus connus

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
28
2.6.5 Activité
Les valeurs des limites de liquidité et de plasticité dépendent en tout premier lieu de
l’importance relative des grains les plus fins au sein du mortier (l’ensemble des grains de
dimension inférieure à 0,4 mm). Par définition, l’activité est le rapport de l’indice de plasticité
exprimé en % à la teneur en argile exprimée en % :

ileuse arg fraction
I
A
P
= (2.25)

La teneur en argile dite aussi fraction argileuse est le rapport du poids des grains secs de
dimension inférieure à deux micromètre au poids total du mortier :

t
arg
M
) m 2 ( M
T
µ < Φ
= (2.26)

L’activité est caractéristique du minéral constituant
les particules fines. Lorsque la teneur en argile est
assez forte, les grains de dimensions supérieures à
deux micromètres sont noyés dans l’argile et ne se
touchent pratiquement pas. Les limites d’Atterberg
du sol considéré sont donc celles des particules
d’argiles, on peut admettre donc que les grains de
dimensions supérieures à deux micromètre ne retiennent pratiquement plus d’eau. L’échelle
d’activité généralement utilisée est la suivante (Tab. 2.5).
Activité Nature de l’argile
< 0,75 Inactive
[0,75 – 1,25] Normale
> 1,25 active
Tab. 2.5: Echelle d'activité

2.6.6 Sensitivité
Une argile naturelle qui est manipulée à teneur en eau constante s’amollit en général
au cours de l’opération. On appelle sensitivité de l’argile le rapport de ses résistances à la
compression simple avant et après remaniement.

) remaniée ( τ
) acte (int τ
t remaniemen après simple n compressio la à ce tan résis
t remaniemen avant simple n compressio la à ce tan résis
S
r
r
t = = (2.27)

Une échelle de sensitivité est proposée dans (Tab. 2.6), mais en général, les argiles dont la
teneur en eau naturelle est voisine de la limite de
liquidité sont assez sensibles. La perte de
résistance peut avoir deux causes : la destruction
de la structure acquise par l’argile au cours de la
sédimentation ou la perturbation des couches
adsorbées. La première cause est irrécupérable, par
contre la seconde peut être restituée dès que la
manipulation cesse car l’argile retrouve en partie sa cohésion initiale.
Sensitivité Nature de l’argile
[2 – 4] Normale
]4 - 8] Sensible
> 8 Très sensible
Tab. 2.6: Echelle de sensitivité

2.7 Classification des sols
La classification des sols est un moyen de créer des catégories de sol permettant de
prédire leurs comportements. En général, le simple examen visuel permet de donner un nom
au matériau : marne bleu, argile jaune, sable fin,…Il faut toutefois compléter cette indication
par :

. Une analyse granulométrique.

Eléments de Mécanique des Sols
29
. Détermination des limites d’Atterberg.
. Teneur en eau, masse volumique.
. Indice de densité pour les sols pulvérulents.
. Résistance à la compression simple pour les sols cohérents.

Ces renseignements permettent à l’ingénieur d’identifier les sols et par conséquent de
se faire une idée sur leurs comportements. Il existe plusieurs systèmes de classification des
sols. Leur inconvénient est qu’ils ne sont pas applicables dans touts les cas des applications.
Parmi les causes de leur limite d’usage c’est qu’ils ne considèrent comme critères de
classification que quelques paramètres si ce n’est pas un seulement tel que classification
selon:
. l’analyse granulométrique.
. l’analyse granulométrique et les limites d’Atterberg.

Nous allons examiner comme exemple de système de classification, le système USCS.

2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS)
Il a été conçu en 1952 par le professeur Casagrande, le bureau de réclamation (U.S) et le corps
des ingénieurs (armée U.S). Il est applicable : aux projets de fondation, aux barrages ainsi
qu’aux pistes d’atterrissage et autres types d’ouvrages. Le principe de base de l’USCS
consiste à (Tab. 2.7-9, Fig. 2.12):
. classer les sols à gros grains (sables et graviers) d’après leurs granulométries.
. classer les sols à grains fins (silts et argiles) d’après leurs comportements plastiques.

Exemple 2.4
A partir des résultats de l’analyse
granulométrique et d’essais de limites de consistance
suivant, classer le sol étudié selon le système USCS.
n° de tamis Passant [%]
4 99
10 92
40 86
100 78
200 60

W
L
= 20 %, W
P
= 15 %, I
P
= 5

Exemple 2.4

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
30







Composante de sol Symbole
Grosseur
[mm]
Blocs aucun > 300
Cailloux aucun [300 – 75]
Grossier [75 – 19]
Gravier
Fin
G
[19 – 4,75]
Grossier [4,75 – 2,0]
Moyen [2,0 – 0,425]
Sols à grains
grossiers
Sables
Fin
S
[0,425 – 0,075]
Silts M < 0,075
Sols à grains
fins
Argiles C < 0,075
Sols organiques O sans
Tourbes Pt sans





















Tab. 2.7: Classification USCS des sols d'après la grosseur des grains

Eléments de Mécanique des Sols
31

Catégorie Symbole Description
Identification sur terrain
(fraction à grosseur < 75 mm)
GW
Gravier bien étalés, mélange
graviers-sables, peu ou pas de
particules fines
Gamme granulométrique étendue, nombre
élevé de grains de grosseurs intermédiaires gravier propre
avec peu ou pas
de particules
fines
GP
Graviers uniformes, mélange
graviers-sables, peu ou pas de
particules fines
Grosseur prédominante ou gamme
granulométrique étendue mais faible
représentation de certaines grosseurs
intermédiaires
GM
Graviers silteux, mélange
gravier-sable-silt
Particules fines non plastiques ou de faible
plasticité
G
r
a
v
i
e
r
s


(
+

5
0

%

d
e

l
a

f
r
a
c
t
i
o
n

g
r
o
s
s
i
è
r
e

e
s
t

r
e
t
e
n
u
e

s
u
r

t
a
m
i
s

4
)

gravier
contenant
beaucoup de
particules fines
GC
Graviers argileux, mélange
gravier-sable-argile
Particules fines plastiques
SW
Sables bien étalés, sables
graveuleux, peu ou pas de
particules fines
Gamme granulométrique étendue, nombre
élevé de grains de grosseurs intermédiaires sable propre
avec peu ou pas
de particules
fines
SP
Sables uniformes, peu ou pas de
particules fines
Grosseur prédominante ou gamme
granulométrique étendue mais faible
représentation de certaines grosseurs
intermédiaires
SM Sables silteux, mélange sable-silt
Particules fines non plastiques ou de faible
plasticité
S
o
l
s

à

g
r
a
i
n
s

g
r
o
s
s
i
e
r
s

(
+

5
0

%

e
s
t

r
e
t
e
n
u
e

s
u
r

t
a
m
i
s

2
0
0
)

S
a
b
l
e
s


(
+

5
0

%

d
e

l
a

f
r
a
c
t
i
o
n

g
r
o
s
s
i
è
r
e

p
a
s
s
e

l
e

t
a
m
i
s

4
)

sable contenant
beaucoup de
particules fines
SC
Sables argileux, mélange sable-
argile
Particules fines plastiques

Identification de la fraction passant le
tamis n° 40

Résistance
au broyage à
sec
Résistance
aux
vibrations
Ténacité
ML
Silts inorganiques et sables très
fins, poussière de roche, sables
fins silteux ou argileux, siltes
argileux peu plastiques
Aucune à
légère
Rapide à
lente
Aucune
CL
Argiles inorganiques de plasticité
faible à moyenne, argile
graveleuse, argiles sableuses,
argiles silteuses
Moyenne à
élevée
Aucune à très
lente
Moyenne
Silts et Argiles
(W
L
< 50 %)
OL
Silts organiques et argiles
silteuses organiques de faible
plasticité
Légère à
moyenne
Lente Légère
MH
Silts inorganiques, sables fins
micasés ou diatomés
Légère à
moyenne
Lente à
aucune
Légère à
moyenne
CH
Argiles inorganiques de plasticité
élevée, argiles grasses
Elevée à très
élevée
Aucune Elevée
S
o
l
s

à

g
r
a
i
n
s

f
i
n
s

(
+

5
0

%

p
a
s
s
e

l
e

t
a
m
i
s

2
0
0
)

Silts et Argiles
(W
L
> 50 %)
OH
Argiles organiques de plasticité
moyenne à élevée, silts
organiques
Moyenne à
élevée
Aucune à très
lente
Légère à
moyenne
Sols fortement organiques Pt
Tourbes et autres sols fortement
organiques
D'après couleur, odeur, contenance
spongieuse, structure fibreuse
Tab. 2.8: Classification USCS des sols (d'après Robert D.H., William D.K.: Introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
32







C
u
> 4 et C
c
dans [1 – 3]
Sol ne répondant pas à tous les critères de
GW
Au dessous de la
ligne A ou I
p
< 4
Au dessus de la
ligne A et I
p
> 7
Sol au dessus de la
ligne A et 4 < I
p
< 7
utiliser le double
symbole
C
u
> 6 et C
c
dans [1 – 3]
Sol ne répondant pas à tous les critères de
SW
Au dessous de la
ligne A ou I
p
< 4
Utiliser la
courbe
granulométrique
pour vérifier les
fractions
estimées lors de
l'identification
sur le terrain
Déterminer les
pourcentages de sable et
de gravier à partir de la
courbe granulométrique.
Suivant le pourcentage de
particules fines (les
passants du tamis 200) on
classe les sols grossiers de
la façon suivante
- 5 % de fines: GW, GP, SW, SP



+ 12 % de fines: GM, GC, SM, SC



fines entre [5 – 12]%: Cas limite,
double symbole
Au dessus de la
ligne A et I
p
> 7
Sol dans la zone CL-
ML, 4 < I
p
< 7,
utiliser le double
symbole
Tab. 2.9: Critères de classification au laboratoire (système USCS)

Eléments de Mécanique des Sols
33
Fig. 2.12: Abaque de plasticité de Casagrande et position de différents types de sols

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
34

Exercices du chapitre 2


Analyse granulométrique



Exercice 1
module passoire [mm] refus [g]
1 100 78
2 80 43
3 63 89,6
4 50 115,3
5 40 423,5
6 31,5 72
7 25 438,9
8 20 702,1
9 16 1,7
10 12,5 3,1
11 10 5,8
12 8 8,0
13 5 10,4
14 4 2,0
15 3,15 0,3
16 2,5 2,5
17 2 1,1
18 1,6 2,7
19 1,25 0,0

On pratique une analyse
granulométrique sur un échantillon de sol
sec. A la fin de l'opération de tamisage, on
effectue les opérations de pesées des refus
dans chaque passoire. Les résultats sont
résumés sur le tableau 1 ci-contre.


1. Compléter le tableau.
2. Tracer la courbe granulométrique du
sol en question.
3. Calculer le coefficient d'uniformité et
le coefficient de courbure.
4. Classer le sol sous étude.





Exercice 2

Refaire le même exercice
précédent pour une analyse
granulométrique dont les résultats sont
résumés sur le tableau 2 ci-contre.
module passoire [mm] refus [g]
1 12,5 0
2 10 14
3 8 9,2
4 5 29,3
5 4 35,2
6 3,15 47,2
7 2,5 63,3
8 2,0 126,8
9 1,6 155,6
10 1,25 167,2
11 1,0 236,0
12 0,8 273,2
13 0,63 240,4
14 0,5 219,2
15 0,4 180,8
16 0,315 120,0
17 0,25 55,2
18 0,2 16,4
19 0,16 5,2
20 0,125 1,2
21 0,1 0,8
22 0,08 0,6
23 fond 3,2

















Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols
35


Caractéristiques physiques des sols


Exercice 3: Justifier les relations suivantes:

1. a) e = n / (1- n ) b) n = e / (1+ e )

2. a) w = e S
r
γ
w
/ γ
s
b) e
sr
= w γ
s
/ γ
w
c) n
sr
= w / ( γ
w
/ γ
s
+ w )

3. γ
h
= γ
s
(1 - n ) + γ
w
S
r
n 4. γ
d
= γ
s
(1 - n ) = γ
s
/ ( 1 + e )

5. S
r
= w / ( γ
w
/ γ
d
- γ
w
/ γ
s
) 6. γ
h
= γ
s
( 1 + w ) / ( 1 + e )

7. γ
h
sr
= γ
d
+ γ
w
n 8. γ
d
= γ
h
/ ( 1 + w )

9. e = V
t
γ
s
/ P
s
- 1 10. γ' = ( γ
s
- γ
w
) (1 - n )


Exercice 4: Un échantillon d'argile saturée a une masse de 1230 g. Après passage à l'étuve, sa
masse n'est plus que 983 g. Le constituant solide des grains a une densité de 2,7. Calculer: La
teneur en eau, l'indice des vides, la porosité, la densité humide ainsi que le poids volumique.

Exercice 5: Un échantillon de sol a une masse de 128 g et un volume de 58,4 cm
3
. La masse
des grains est de 120,5 g. Le constituant solide des grains a une densité de 2,6. Calculer: La
teneur en eau, l'indice des vides et le degré de saturation.

Exercice 6: Un sable quartzeux pèse à l'état sec 15 kN/m
3
. La densité du quartz est 2,66.
Calculer à la saturation, le poids volumique humide et la densité humide.

Exercice 7: Un échantillon d'argile est placé dans un récipient en verre. La masse totale de
l'échantillon humide et du récipient est de 72,49 g. Cette masse est ramenée à 61,28 g après
passage à l'étuve. La masse du récipient est de 32,54 g. La densité du constituant solide est
2,69.
a) On suppose que l'échantillon est saturé. Calculer: La teneur en eau, la porosité, l'indice des
vides, la densité humide et la densité déjaugée.
b) Le volume initiale de l'échantillon est de 22,31 cm
3
. On demande: Le degré de saturation
réel et les nouvelles valeurs des densités.













Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
36

Classification des sols


Exercice 8 : Classer les sols suivants selon le système USCS:

passant [%]
Diamètre du Tamis
[mm]
sol 1 sol 2 sol 3 sol 4
4,75 97 100 100 24
2,0 90 100 97 18
0,425 40 100 90 10
0,15 8 99 81 5
0,075 5 97 70 3
D
60
[mm] 0,71 28
D
30
[mm] 0,34 9
D
10
0,18 5
W
L
[%] 124 49
W
P
[%]
n.p.
47 24
n.p.


Exercice 9 : Selon le système USCS, classer le sol caractérisé par: 100 % des particules passe
le tamis n° 4 et 25 % sont recueillis sur le tamis n° 200. Les particules fines ont une plasticité
moyenne à faible, une dilatance nulle à très lente et une résistance du matériau sec moyenne à
élevée.

Exercice 10 : Classer le sol dont 65 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 32 %
sont retenues par le tamis n° 200. On donne C
u
=3 et C
c
=1.

Exercice 11 : Classer le sol dont la totalité des particules passe par le tamis n° 4 et 90 %
passent le tamis n° 200. Les particules fines ont le comportement suivant: résistance du
matériau sec: faible à moyenne. dilatance : modérée à rapide. W
L
= 23 % et W
P
= 17 %

Exercice 12 : Classer le sol dont 5 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 70 %
passent le tamis n° 4 mais sont retenues par le tamis n° 200. Les particules fines ont une faible
plasticité et une dilatation élevée.

Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols
37


















Chapitre 3:

Compactage



3.1 Introduction
3.2 Définitions
3.3 Théorie du compactage
3.4 Essais au laboratoire
3.5 Matériel de compactage
3.6 Procédés spéciaux de compactage
3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain






Chapitre 3

Compactage



3.1 Introduction
Le sol en place est probablement très compressible, très perméable et de faible
consistance. Dans le cas où le choix d’un autre site pour l’ouvrage est impossible, la
solution possible reste la stabilisation du sol : c.à.d, l’amélioration des propriétés du
sol en question. Ceci peut se faire par plusieurs méthodes :

Procédé chimique
Par malaxage ou injection de produits chimiques dans le sol tels que ciment Portland,
Chaux, Asphalte, Chlorure de Calcium ou de Sodium, résidus de pâtes et papiers.

Traitement thermique
Par chauffage du sol.

Procédé électrique
En appliquant un courant électrique au sol.

Procédé mécanique
Se résolu principalement au compactage et densification.

Autres procédés
Par rabattement de nappe pour réduire les pressions interstitielles, ou pré charge et
chargement temporaire pour réduire les tassements. Les procédés et le matériel de
compactage constituent un thème descriptif favorisant des travaux bibliographiques
très utiles pour l'étudiant. Pour cette raison, beaucoup de détailles dans ce chapitre
n'ont pas étés exposés laissant cette possibilité à l'étudiant à travers des recherches
dirigées.

3.2 Définitions
Le compactage est l’ensemble des opérations mécaniques (apport d’énergie
mécanique), qui conduisent à accroître la densité d’un sol. En faisant, la texture du sol
est resserrée ce qui réduit les déformations et tassements et augmente la compacité du
sol et améliore sa capacité portante. Les ouvrages couramment concernés par le
compactage sont les remblais routiers, les barrages en terre et les aérodromes. La
densification mécanique du sol peut entraîner :

Modification de la granulométrie.
Modification de la teneur en eau.
39
Eléments de Mécanique des Sols

Réduction ou élimination des risques de tassement.
Augmentation de la résistance du sol et la stabilité du talus.
Amélioration de la capacité portante.
Limitation des variations de volume causées par gel, gonflement et retrait.

3.3 Théorie du compactage (théorie de Proctor)
Proctor a montré que le
compactage est fonction de quatre
paramètres : la masse volumique du sol
sec, la teneur en eau, énergie de
compactage et type de sol
(granulométrie, minéralogie,…).
γ
d
/ γ
w

Fig. 3.1 : courbe de compactage
d
d max

w
op

W [%]
Versant humide Versant sec
Lorsque la teneur en eau est
élevée, l’eau absorbe une importante
partie de l’énergie de compactage sans
aucun profit, par contre lorsque la teneur
en eau est faible, l’eau a un rôle
lubrifiant important, et la densité sèche
augmente avec la teneur en eau (Fig.
3.1).
Les courbes de compactage
varient avec la nature du sol (Fig.
3.2). Elles sont très aplaties pour les
sables qui leur compactage est donc
peu influencé par la teneur en eau.
Les matériaux de ce genre constituent
les meilleurs remblais.
Lorsque l’énergie de
compactage augmente, le poids
volumique optimal s’accroît et la
teneur en eau optimale diminue (Fig.
3.3).
sable
Argile sableuse
Sable argileux
Argile plastique
W [%]
γ
d
/ γ
w

Fig. 3.2 : influence du type de sol

3.4 Essais en laboratoire
d
1

d
2

d
3

S
r
= 1
W [%]
e
1
<

e
2
<

e
3

e
2

e
3

e
1

γ
d
/ γ
w

On utilise dans ces essais deux moules
différents :

Moule Proctor :
pour les matériaux suffisamment fins
pour lesquels ( Φ ≤ 5 mm).

Moule CBR :
pour les matériaux à éléments plus gros
pour lesquels ( 5 ≤ Φ ≤ 20 mm).

Fig. 3.3 : influence de l’énergie
de compactage
Avec chaque moule on peut effectuer
deux essais différents :

40
Chapitre 3 : Compactage
Essai Proctor normal :
Dans lequel, l’énergie de compactage est relativement faible et correspond à un
compactage modéré. Il est utilisé pour l’étude des remblais en terre.


Essai Proctor modifié :
Dans ce cas, l’énergie de compactage est plus importante. Il est utilisé pour l’étude
des sols de fondation (routes, pistes d’aérodromes,…).

3.5 Matériel de compactage
Dans les procédés courants de compactage, on utilise

Vibration :
Pour les sols pulvérulents et granulaires, le compactage efficace se fait par vibration
en utilisant : plaque vibrante manuelle, rouleau vibrant autopropulsé, rouleau à pneus
et grosse masse en chute libre.

Pilons à air comprimé :
Pour le compactage des couches de faibles épaisseurs.

Dames à explosion (grenouille)
pour les terrains cohérents ou non de faible surface.

Pilons de 2 à 3 tonnes
montés sur grue roulante, est utilisé pour tous les terrains mais ne sont intéressants
que pour les faibles surfaces.

Rouleaux lisses :
sont utilisés pour les terrains cohérents non argileux.

Rouleaux à pneus :
pour le compactage des terrains non cohérents.

Rouleaux à pieds de mouton :
pour les terrains cohérents. En particulier il est indispensable pour les terrains
argileux.

Engins vibrant (rouleaux, sabots,…) :
pour les sols à gros grains (sables et graviers).

3.6 Procédés spéciaux de compactage
Dans le cas de couches à grandes épaisseurs, on utilise des procédés de
compactage dynamique tels que :

3.6.1 Compactage par explosifs

Explosifs ponctuels :
41
Eléments de Mécanique des Sols

pour les sols pulvérulents le compactage se fait par création d’une onde de choc de
compression.

Explosifs linéaires :
pour les sols cohérents le compactage se fait par mise en place de pieux sableux.

3.6.2 Compactage par vibroflottation
Le procédé consiste à la génération de contraintes et déformations alternées
d’ou réarrangement des grains.

Tubes en vibration :
se pratique pour les matériaux très perméables.

Colonnes ballastées :
les colonnes sont formées de matériaux pulvérulents compactés. Elles sont pratiquées
dans les sols cohérents.

3.6.3 Consolidation dynamique
Elle est valable pour tout type de sol. Il s’agit de transmettre des chocs de forte
énergie à la surface du sol à traiter (chute libre d’une masse de 10 à 30 tonnes
exceptionnellement 140 tonnes d’une hauteur de 15 à 30 m). La profondeur
d’influence est définie par Léonard et coll. (1980) grâce à l’expression :
h w
2
1
D = [m] (3.1)
où w est la masse tombante exprimée en tonne métrique, h est la hauteur de chute en
mètre.

3.7 Spécification et contrôle du compactage sur le terrain
Les paramètres déterminant la qualité du compactage dépendent en général du
type de l’ouvrage à édifier. On peut trouver des conditions sur :

La masse volumique du matériau sec
Sa teneur en eau
Propriétés géotechniques (mécaniques, perméabilité, retrait et gonflement).

Il y a deux catégories de spécifications pour les travaux de terrassement :
spécifications du produit fini (cas de routes et bâtiments) et spécifications de la
méthode employée.

Spécification du produit fini
On impose la compacité relative définie par :
max d
site d
. R . C
ρ
ρ
= (3.2)
où ρ
d site
représente la masse volumique du matériau sec obtenue sur site, ρ
d max
est la
masse volumique du matériau sec obtenue en laboratoire.



42
Chapitre 3 : Compactage
Spécification des méthodes de compactage
On précise le type et le poids du rouleau qui sera utilisé, le nombre de passages
nécessaire et épaisseur des couches de sol, grosseur maximale des granulats.

43
Eléments de Mécanique des Sols

Exercices du chapitre 3

Le compactage

Exercice 1
Deux échantillons 1 et 2 du même sol ont été compactés au même poids volumique
sec γ
d
=19,6 kN/m
3
mais à des teneurs en eau respectives w
1
=4% et w
2
=12%. Le poids
volumique des particules solides est γ
s
=27 kN/m
3
.
a. Porter sur un graphique (γ
d
, w) la courbe de compactage du sol
b. Déterminer pour chaque échantillon, le degré de saturation et le poids volumique.
c. L'échantillon 1 est amené à saturation sans changement de son volume qui est de
243 cm
3
. Déterminer le volume d'eau nécessaire.

Exercice 2
Dans le but de définir les conditions de compactage d'une argile sableuse pour un
chantier de remblai routier, des essais Proctor normal ont été réalisés et ont permis de
dresser le tableau ci-dessous.
a. Quelle serait la teneur en eau optimale de compactage à adopter.
b. Le matériau a un poids volumique γ=18,7 kN/m
3
et un poids volumique sec γ
d
= 17
kN/m
3
. Déterminer le volume d'eau à ajouter par mètre cube de matériau pour être à
l'optimum Proctor normal.

w (%) 10,7 12,1 13,8 15,4 16,7 17,7
γ
d
[kN/m
3
] 16,2 17,7 18,8 18,8 18,1 17,0


Exercice 3
L'essai Proctor modifié a donné pour une grave argileuse les résultats suivants:

w (%) 3,00 4,45 5,85 6,95 8,05 9,46 9,9
γ
d

w
1,94 2,01 2,06 2,09 2,08 2,06 2,05

a. Construire la courbe de compactage Proctor et déterminer les caractéristiques de
l'optimum. Calculer le degré de saturation correspondant à l'optimum Proctor. On
prendra γ
s

w
=2,65.
b. Calculer le pourcentage d'air a que contient un sol de porosité n et de degré de
saturation S
r
. Dans le plan de Proctor, trouver l'équation des courbes lieu des points
représentatifs des états du sol ayant le même pourcentage d'air. En déduire l'équation
de la courbe de saturation. Caractériser cette courbe.




Chapitre 4:

L'eau dans les sols



4.1 Introduction
4.2 Généralités
4.2.1 Capillarité
4.2.2 Retrait et gonflement des sols
4.2.3 Action du gel
4.3 Dynamique de l'écoulement
4.3.1 Hypothèses
4.3.2 Conservation de la masse
4.3.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli)
4.3.3 Gradient hydraulique
4.3.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension
4.3.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D
4.4 La Perméabilité des sols
4.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire
4.4.1.1 Perméamètre à charge constante
4.4.1.2 Perméamètre à charge variable
4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site
4.4.3 Formules empiriques
4.4.3.1 Formule de Hazen
4.4.3.2 Formule de Taylor
4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale
4.5 Principe de la contrainte effective
4.5.1 Loi de Terzaghi
4.5.2 Loi de Skempton
4.5.3 Loi de Bishop
4.5.4 Cas d'écoulement linéaire
4.6 Effet Renard
4.7 Force d'écoulement
4.8 Réseaux d'écoulement
4.9 Contrôle des écoulements





Chapitre 4

L’eau dans les sols



4.1 Introduction

L’eau, de part qu’il entre dans la constitution des sols, sa présence est l’origine
de plusieurs phénomènes caractérisant le sol tels que capillarité et pression
interstitielle. D’autre part, l’eau a un effet directe sur le comportement des sols fins
(voir limites d’Atterberg). Elle est un facteur important dans la plupart des problèmes
géotechniques telles que gonflement, gel, percolation, tassement, glissement…A titre
statistique, les pertes de vies humaines causées par la rupture de barrages et digues
(par érosion interne) sont plus importantes de toute
perte causée par les autres types de rupture
d’ouvrages de génie civil. Les pertes matérielles et le
coût d’entretient des structures sous sols gonflants
sont les plus importantes que les dommages causés
par inondations, ouragans, tornades et tremblements
de terres.
r
m

h
c

T
α
d

4.2 Généralités

- h
c
π d
2
ρ
w
g /4 = π d T cosα
u
c
= h
c
ρ
w
g

Fig. 4.1: Ménisque et relation entre
tension capillaire T et pression
capillaire u
c


4.2.1 Capillarité
C’est un phénomène qui découle de la
tension superficielle des fluides. Cette tension se
développe à l’interface de matériaux différents (Fig.
4.1). Elle est la cause des phénomènes de retrait des
sols fins. Dans les sols, les ménisques capillaires
retiennent les particules liées entre elles, le
phénomène est appelé cohésion apparente. La
capillarité contribue ainsi à augmenter les forces de
contact et améliore la résistance par frottement entre
les particules. En géotechnique, on suppose que le
diamètre effectif des pores est à près égal à 20 % du
diamètre effectif (D
10
) des grains. La capillarité
permet aussi de pratiquer des fouilles et excavations
dans les sables fins et les sols très fins humides (par
capillarité), mais l’équilibre qui y règne est très
instable.
r
m

σ'
σ'
r
m

Fig. 4.2 : Cohésion apparente

45
Eléments de Mécanique des Sols

4.2.2 Retrait et gonflement des sols
Retrait et gonflement ont une grande importance sur les caractéristiques des
sols à grains fins. Lorsque les tensions capillaires sont plus fortes que la cohésion ou
la résistance à la traction du sol, les fissures dues au retrait apparaissent. Les endroits
fissurés représentent des zones faibles susceptibles de réduire de façon importante la
résistance, la stabilité et la capacité portante. Le gonflement est un phénomène
complexe. Son importance dépend des minéraux argileux présents, de la texture et de
la structure du sol. Dans la pratique, les trois facteurs responsables des dommages dus
au gonflement sont : la présence de Montmorillonite, une teneur en eau voisine de la
limite de plasticité W
p
et la présence d’une source d’eau à proximité.

4.2.3 Action du gel
La formation du gel dans le sol peut avoir des conséquences importantes. Le
volume du sol peut augmenter de 10 %. Les lentilles et plaquettes de glaces peut
provoquer un soulèvement du sol et endommager ainsi les structures superficielles
légères, activation des tassements différentiels, enfin elle peut augmenter la teneur en
eau du sol. Les actions antigel peuvent se résumer dans : l’utilisation des membranes
imperméables, assainissement et drainage de l’eau, l’ajout d’additifs chimiques, et
l’utilisation d’isolants thermiques telles que mousse.


4.3 Dynamique de l’écoulement

4.3.1 Hypothèses
En géotechnique, l’eau se présente dans des conditions permettant de formuler
les hypothèses suivantes :
. Vitesse d’écoulement très faible.
z = 0
A
2
, v
2
,
P
2
, z
2
A
1
, v
1
,
P
1
, z
1

. Régime permanent et laminaire.
. L’écoulement est à une ou deux
dimensions.
. Le fluide est considérée parfait c.à.d
non visqueux et incompressible.

4.3.2 Conservation de la masse
Fig. 4.3 : Ecoulement d’un fluide
La loi de conservation de la masse
fluide pour un écoulement laminaire (Fig. 4.3)
se réduit à l’équation de débit:

Q = A
i
v
i
= constante (4.1)


4.3.3 Charge hydraulique (équation de Bernoulli)
Tous les sols sont plus ou moins perméables. Ce phénomène se manifeste avec
des intensités très différentes. A titre d’exemple, la vitesse d’écoulement de l’eau dans
le sable pour un gradient hydraulique égal à l’unité, descend rarement au-dessous de
quelques centimètres par heure alors que pour les argiles, cette vitesse ne dépasse pas
quelques centimètres par an. Nous nous intéressons aux régimes permanents c.à.d
dans le cas où les particules fluides suivent des trajectoires invariables au cours du
46
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
temps appelés lignes de courant. Le long d’une ligne de courant (Fig. 4.3), la pression
et la vitesse du fluide suivent une certaine loi. Dans le cas des fluides parfaits
(incompressibles et non visqueux) en mouvement sous la seule action de la pesanteur,
on utilise le théorème de Bernoulli pour les fluides réels qui exprime que la charge
hydraulique décroît car le mouvement dissipe de l’énergie par frottement fluide-fluide
ou fluide-sol :

h
z
g
p
g
v
2
1
z
g
p
g
v
2
1
2
w
2
2
2
1
w
1
2
1
∆ + +
ρ
+ = +
ρ
+ (4.2)

Où v est la vitesse d’écoulement, p pression, z altitude, g accélération terrestre, ∆h
représente la perte de charge hydraulique entre les deux sections d’étude. Dans le cas
particulier de l’infiltration de l’eau dans le sol, les vitesses d’écoulement sont si
faibles que l’on peut négliger dans l’expression de la charge hydraulique le terme
v
2
/2g. Dans la pratique, on mesure la pression au delà de la pression atmosphérique
qui est prise comme origine des pressions. Alors la charge hydraulique est mesurée
par l’altitude du niveau atteint par le liquide dans un tube piézométrique placé au
point considéré.

4.3.4 Gradient hydraulique
C’est un paramètre définissant la
variation de la charge par unité de longueur
parcourue (Fig. 4.4). Il joue un grand rôle dans
l’écoulement de l’eau dans le sol :

l
h
parcourue longueur
e arg ch de iation var
i


− = − = (4.3)

4.3.5 Loi de Darcy pour l’écoulement à une
dimension
La loi de Darcy est une relation de
proportionnalité entre la vitesse de décharge v
dite aussi vitesse fictive et le gradient
hydraulique i. Le coefficient de proportionnalité
est le coefficient de perméabilité k. A une
dimension elle s’écrit :
u

γ
w
z
1 dA
z = 0
dl
dq
dh
Fig. 4.4 : Définition du gradient
hydraulique

v = k i (4.4)

Cette relation est la base de tous les calculs de l’hydraulique souterraine. La vitesse de
décharge v est par définition le débit par unité d’aire, c.à.d c’est le rapport du débit
observé q à la surface totale A :

A
q
v
dA
dq
v = ⇔ = (4.5)



47
Eléments de Mécanique des Sols

La vitesse de décharge v est reliée à la vitesse moyenne V par la relation
approximative :
Zone de
transition
turbulent laminaire
i
v

v = n V (4.6)

n étant la porosité. La loi de Darcy est valable dans
la majorité des sols, car l’écoulement est à faible
vitesse et en régime laminaire (Fig. 4.5). Elle
donne d’excellents résultats pour les faibles
nombre de Reynolds R
e
défini par


ρ η
=
/
d v
Re
(4.7)

Fig. 4.5 : Validité de la loi de
Darcy
mais elle devient de moins en moins précise
lorsque le nombre de Reynolds dépasse la valeur
de 2.

4.3.6 Généralisation de la loi de Darcy aux écoulements à 2 et 3D
La généralisation de la loi de Darcy en milieu homogène et isotrope est
relativement facile : il suffit de considérer que le gradient hydraulique et la vitesse de
décharge sont des vecteurs colinéaires :

) h k ( d a gr h d a gr k v − = − =
r r r
(4.8)

on postule alors l’existence d’un potentiel de vitesse φ tel que

φ = - k h (4.9)
z
,
y
,
x
v v
v
z y
x

ϕ ∂
=

ϕ ∂
=

ϕ ∂
= (4.10)

Lorsque le liquide est incompressible, la conditions de continuité donne :

0
z y x
v
v
v z
y
x
=


+


+


(4.11)
soit
∆ φ = 0 (4.12)

qui est une équation de Laplace. Ainsi la fonction ou h est harmonique.


4.4 La perméabilité des sols
La perméabilité du sol à l’eau est affectée par la forme des grains, leur
grosseur, la structure du sol, sa constitution pétrographique, la porosité ou l’indice des
vides, le degré de saturation, le gradient hydraulique, le diamètre effectif des pores qui
influence la hauteur d’ascension capillaire, le cheminement des vides à travers le sol,
la température et les caractéristiques propres au fluide telles que densité et viscosité.
48
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Dans le cas de massif homogène et isotrope, la perméabilité est la même dans toute
les directions. On définit alors un seul paramètre dit coefficient de perméabilité
mesurable par différents essais.

4.4.1 Mesure du coefficient de
perméabilité au laboratoire
Il existe deux essais propres à la
mesure du coefficient de perméabilité :
perméamètre à charge constante et
perméamètre à charge variable. On peut
aussi mesurer ce coefficient par essai
oedométrique ou triaxial dans l’étude fera
l’objet de chapitres ultérieures.
Q
A
l
∆h
Fig. 4.6 : Perméamètre à charge
constante

4.4.1.1 Perméamètre à charge constante
La quantité d’eau recueillie (Fig. 4.6)
pendant l’intervalle de temps t est

Q = A v t

v = k i = k ∆h/l
h
2

h
1

l
a
A
Q
dh

ce qui donne

t A h
l Q
k

= (4.13)

où [Q] = m
3
, [A] = m
2
, [∆h] = m et [k] = ms
-1


4.4.1.2 Perméamètre à charge variable
Le coefficient de perméabilité est donné par la
relation (Fig. 4.7):

) ( ln
t A
l a
k
h
h
2
1

= (4.14)

où ln désigne le logarithme naturel à base e. ∆t est
la durée de mesure c.à.d
Fig. 4.7 : Perméamètre à charge
variable
∆ t = t
2
– t
1


4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site (formule de Dupuit)
la mesure se fait au cours d’un essai de pompage (Fig. 4.8). La formule se base sur la
loi de Darcy et le débit recueilli à travers la surface latérale du puit de pompage

Q = v t A
l
==> v = Q / ( t A
l
)

49
Eléments de Mécanique des Sols

avec la définition du gradient
hydraulique et de la surface latérale
massif imperméable
Q
h
2
h
1

h
0

r
r
2
r
1
r
0

Fig. 4.8 : Essai de pompage

i = dh / dr et A
l
= 2 π r h

il vient

dr
dh
k
A t
Q
l
=

par intégration entre les rayons r
1
et r
2
,
on obtient la formule de Dupuit

r
r
h h
1
2
2
1
2
2
log
k
t
Q −
π = (4.15)

Exemple 4.1
Un échantillon cylindrique de sol de 73 mm de diamètre et de 168 mm de hauteur est
soumis à un essai de perméabilité à charge constante égale à 750 mm. Après une
minute, on recueilli 945,7 g d’eau (de température égale à 20 °C et d’indice de vides
de 0,43). Calculer le coefficient de perméabilité k.

Exemple 4.2
Pendant l’essai de perméabilité à charge variable, on obtenait les mesures suivantes :
a = 625 mm
2
, A = 1073 mm
2
, l = 162,8 mm
h
1
= 1602 mm, h
2
= 801 mm, t = 90 s.
Calculer le coefficient de perméabilité.

4.4.3 Formules empiriques
Il existe des formules empiriques permettant le calcul du coefficient de perméabilité
en fonction de caractéristiques diverses.

4.4.3.1 Formule de Hazen
Elle est valable pour les sables propres (sable contenant moins de 5 % de particules
passant le tamis n° 200) dont le diamètre effectif D
10
est compris entre 0,1 et 3,0 mm.
De plus, cette formule n’est utile que pour les valeurs de K ≥ 10
-5
ms
-1
:

k = C D
10
2
(4.16)

où [k] = ms
-1
, [D
10
] = mm, 0,004 ≤ C ≤ 0,012

4.4.3.2 Formule de Taylor
Elle sert au calcul de la valeur du coefficient de perméabilité pour des indices de vides
différents de ceux aux quels les essais ont été faits :

2
3
2
2
1
3
1
2 1
e 1
e C
e 1
e C
k k
1
+
÷
+
= ÷ (4.17)
50
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Les coefficients empiriques C
1
et C
2
dépendent de la structure du sol. Pour les sables
on prendra C
1
≈ C
2
. La relation suivante est aussi très utile dans le cas des sables
(avec C’
1
≈ C’
2
) :

2
2
2
2
1
1 2 1 e ' C e ' C k k ÷ = ÷ (4.18)

4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale des terrains stratifiés
Lorsque le terrain est composé de plusieurs couches de perméabilités différentes, il est
possible de calculer un coefficient de perméabilité équivalente pour un massif fictif
supposé homogène. Mais il faut distinguer le cas d’un écoulement horizontal d’un
écoulement vertical.

4.4.4.1 perméabilité équivalente horizontale
Le débit total est la somme des débits dans chaque
couche (Fig. 4.9) :
H
3

H
v
3

v
2

v
1

H
2

H
1

Fig. 4.9 : Perméabilité
moyenne horizontale

i k
H
H v .... H v
v h
n n 1 1
=
+ +
= (4.19)
d’où
k
h
H = Σ ( k
hi
H
i
) (4.20)

4.4.4.2 perméabilité équivalente verticale
La continuité de la vitesse de décharge (Fig. 4.10)
implique
H
3

H
2

H
1

H v
Fig. 4.10 : Perméabilité
moyenne verticale

v = v
1
=….= v
n
= k
v1
i
1
=…= k
vn
i
n
= k
v
i (4.21)

d’où

=
i vi
i
v
k k
H H
(4.22)


4.5 Principe de la contrainte effective
Les différentes phases qui forment un sol saturé ou non ne sont pas régies par les
mêmes lois. L’étude des phases gazeuse ou liquide relève de la mécanique des fluides
ou de l’hydraulique. Pour l’étude de résistance et de déformation de la phase solide,
nous utilisons la pression effective c.à.d la pression réellement appliquée sur le
squelette solide. On considère ainsi que le comportement mécanique du sol ne dépend
que des contraintes effectives. Cette notion fut introduite par Terzaghi et est connue
sous le nom de postulat de Terzaghi ou principe des contraintes effectives qui est un
principe très important en géotechnique.

4.5.1 Loi de Terzaghi
Dans le cas de sols à deux phases solide-gaz ou solide-liquide, on défini la contrainte
effective par :

σ = σ' + u τ = τ' (4.23)

51
Eléments de Mécanique des Sols

où σ (respectivement τ) est la contrainte totale normale (respectivement tangentielle).
σ’ (respectivement τ’) est la contrainte effective normale (respectivement
tangentielle). u est la pression interstitielle du fluide. σ’ ne peut être mesurée mais
seulement calculée.

4.5.2 Loi de Skempton
P
P'
u
u
Fig. 4.11 : Formule de
Skempton
Elle analyse les forces de contact entre deux grains
solides (Fig. 4.11) :

P = P' + (A – A
c
) u
d’où
σ = σ' + (1 – a) u , a = A
c
/ A (4.24)

On remarque de cette formule que la loi de Terzaghi est
le cas limite de la loi de Skempton.

4.5.3 Loi de Bishop
Dans le cas de sol à trois phases solide, liquide et gaz, la formule de Bishop est la plus
valable :

σ = σ' + u
a
– x (u
a
– u
w
) (4.25)

dans laquelle u
a
(u
w
) représente la pression du gaz (respectivement du liquide). x est
un coefficient empirique qui dépend du degré de saturation : x est nul pour les sols
secs et est égal à l’unité pour les sols saturés. Entre ces deux extrémités x est
déterminé par expérimentation.

M
d
H
Exemple 4.3
Calculer la contrainte effective au point M (Fig.
4.12)

4.5.4 Cas d’écoulement linéaire descendant ou
ascendant
En présence d’écoulement linéaire il faut tenir
compte de la force de volume f
v
due au gradient
hydraulique : Fig. 4.12 : Exemple 4.3

f
v
= i γ
w


Ainsi la contrainte effective pour un écoulement descendant devient :

σ' = (γ' + i γ
w
) d (4.26)

et pour un écoulement ascendant elle s’écrit

σ' = (γ' - i γ
w
) d (4.27)


52
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Exemple 4.4
Soit un échantillon de sol dans les deux configurations 1 et 2 (Fig. 4.13). Calculer
pour chaque cas : σ, σ' et u. On donne ρ
sat
= 2,0.10
3
kg/m
3
.


4.6 Effet Renard (ou des sables boulant)
Lorsqu’il y a écoulement ascendant, il y a
diminution graduelle des forces
gravitationnelles. A l’état critique de ce
phénomène, le sol entre dans un état de
boulance dans lequel la contrainte effective
est égale à zéro. Le gradient hydraulique
associé à l’apparition de ce phénomène est dit
gradient hydraulique critique i
c
. Il est défini
par :


γ
γ
=
ρ
ρ
=
w w
c
' '
i
(4.28)

avec (voir formulaire)


e 1
'
w s
+
ρ − ρ
= ρ (4.29)

ρ
s
étant la masse volumique des grains solides, il
vient

) 1 (
e 1
1
i
w
s
c

ρ
ρ
+
= (4.30)

Exemple 4.5
Trouver la charge h qui produira un état de
boulance (Fig. 4.14), et le gradient hydraulique
critique. On donne ρ
sat
= 2. 10
3
kg/m
3
.
z = 2 m
H = 5 m
1
niveau B
2
Fig. 4.13 : Exemple 4.4
niveau A
M M
niveau A
l = 5 m
h
w
= 2 m
h
M
A = 1 m
2

Fig. 4.14 : Exemple 4.5

4.7 Forces d’écoulement
Les forces d’écoulement sont présentes dans toute asse de sol soumise à un gradient
hydraulique. La force d’écoulement est une force volumique d’intensité f
v
telle que :

f
v
= i γ
w
(4.31)

elle agit dans la direction de l’écoulement.

Exemple 4.6
Considérons les données et les résultats de l’exemple 4.5. Calculer la force volumique
d’écoulement lorsqu’il y a boulance. Calculer la force d’écoulement au niveau A.

53
Eléments de Mécanique des Sols

4.8 Réseaux d’écoulement
Il s’agit de l’étude de l’infiltration de l’eau dans le sol. Lorsque l’écoulement
permanent se fait dans un milieu isotrope (la perméabilité est même dans toutes les
directions), le problème est régi par l’équation :

∆ φ = 0 (4.32)

ou φ est dit potentiel d’écoulement et représente la charge hydraulique. Ce problème
peut être résolu graphiquement par l’établissement d’un réseau d’écoulement composé
de lignes de courant et de lignes équipotentielles (Fig. 4.15). Le procédé est
relativement simple. Il suffit de suivre les règles suivantes :

- Une frontière imperméable est une ligne de courant.
- Les lignes équipotentielles partent de la frontière imperméable suivant un angle
droit.
- L’intersection entre une ligne de courant et une ligne équipotentielle se fait sous un
angle droit.
2

m

couche imperméable
1
2

m

lignes
d'écoulement
lignes
équipotentiel
∆q
∆q
∆q
∆q
canal
d'écoulement
3
0

m

∆l
a
L = 40 m
x
Fig. 4.15 : Réseau d’écoulement
sous un barrage

Le réseau se dessine de façon à obtenir des mailles de tailles différentes mais de forme
carrée.

Dans un réseau d’écoulement, le gradient hydraulique peut être calculé par différence
finie :

i = (φ
2
- φ
1
) / dl (4.33)

54
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Le débit par canal d’écoulement est donné par :

∆q = v a = k i a = k ∆h a / ∆l = k h a / (b N
d
) (4.34)

où ∆q est le débit par canal d’écoulement par unité de temps et par unité de longueur
transversale, h est la différence de potentiel dans le système totale (chute de charge),
(a,b) sont les dimensions de la maille où a est la largeur du canal d’écoulement et b est
la longueur du chemin d’écoulement. N
d
est le nombre de chutes de potentiel. Ainsi,
le débit total par unité de longueur transversale est

q = N
f
∆q = k h (a/b) (N
f
/ N
d
) (4.35)

où N
f
est le nombre de canaux d’écoulement.

Exemple 4.7
Soit le réseau d’écoulement ci-contre (Fig. 4.15). La longueur transversale du barrage
est de 120 m. Calculer le débit de fuite lorsque le coefficient de perméabilité est égal à
20.10
-6
ms
-1
. Calculer le gradient hydraulique de sortie au point x. Trouver la
distribution des pressions d’eau sous le radier du barrage.

Remarque 4.1
Dans le cas de massif anisotrope, le problème est régi par l’équation :

0 k k
y x
2
2
y
2
2
x =

ϕ
+

ϕ
∂ ∂
(4.36)

où k
x
et k
y
sont les coefficients de perméabilité dans les directions x et y
respectivement.


4.9 Contrôle des écoulements

Pour prévenir l’érosion interne sous les structures, il faut veuillez à ce que le gradient
hydraulique soit strictement inférieur au gradient hydraulique critique, notamment
pour les sols pulvérulents et particulièrement les silts. Pour y parvenir, on peut :
. Vue l’impossibilité d’interdire l’infiltration de l’eau sous la structure, il faut allonger
les chemins d’écoulement pour augmenter les pertes de charge ce qui se traduit par
une baisse du gradient hydraulique dans les zones critiques.
. Soulager la pression de soulèvement sous la structure, à l’aide de puits de décharge
ou drains convenablement mis en place.
. Utiliser les filtres de protection. Ils sont constitués par des couches de matériaux
granulaires placées sur des sols moins perméables Ces filtres permettent l’écoulement
de l’eau sans subir de pertes importantes de charge. Les caractéristiques de ces filtres
sont précisées grâce à des études expérimentales. Les quatre principaux critères pour
les filtres de protection sont les suivants (USACE, 1986) :

Critère de perméabilité Critère de rétention
Critère d’épaisseur Critère pour les fentes et écrans
55
Eléments de Mécanique des Sols


Critère de perméabilité
Le matériau composant le filtre doit être plus perméable que le matériau à protéger dit
base.

Critère de rétention
Les vides du filtre devront être suffisamment petits pour empêcher les particules de la
base d’y pénétrer.

Critère d’épaisseur
La couche filtrante doit être suffisamment épaisse pour assurer la répartition uniforme
de toutes les dimensions de particules à travers tout le filtre.

Critères pour les fentes et écrans
Les filtres et trous doivent être suffisamment petits (même en interposant une couche
filtrante supplémentaire) pour que les particules du filtre ne puissent pénétrer dans les
tuyaux de drainage.

56
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Exercices du Chapitre 4

L’eau dans les sols

Exercice 1
Un échantillon de sol a une hauteur de 15 cm et un diamètre de 5,5 cm. Soumis à la
pression d’une hauteur d’eau de 40 cm, évacue 40 g d’eau en 6 secondes. Calculer le
coefficient de perméabilité du sol en question.

Exercice 2
Un massif de sol est constitué de trois couches horizontales de même épaisseur. Les
coefficients de perméabilité sont 10
-3
cm/s, 10
-2
cm/s et 10
-3
cm/s. Calculer les
coefficients de perméabilité horizontale et verticale.

Exercice 3
Calculer la contrainte effective au point M de profondeur D. Le niveau de la nappe est
situé à la profondeur d (<D). Le sol au dessus de la nappe est saturé par capillarité. On
donne :
D=3,6 m; d=1,2 m; γ
sr
=20,3 KN/m
3
.

Exercice 4
Une couche d’argile submergée a une épaisseur de 15m. Sa teneur en eau est de 54%.
La densité des grains est de 2,78. Calculer la contrainte verticale effective à la base de
la couche.

Exercice 5
Un sable est formé de grains solides de densité égale à 2,66. La porosité dans l’état le
plus léger est de 45%. Dans l’état le plus dense elle est de 37%. Quel est le gradient
hydraulique critique pour ces deux états.

Exercice 6
Considérons un réseau d'écoulement dans le plan. Montrer que la perte de charge est
constante dans le canal d'écoulement lorsque les mailles sont de forme carrée.

Exercice 7
Soit la réserve d'eau de la figure 1. Tracer:
Les trajectoires des particules liquides L
1
,L
2
,L
3
,L
4
.
Les lignes équipotentiel passant par les points p
1
,p
2
,p
3
.

Exercice 8
Considérons le réseau d'écoulement de la figure 2. Calculer:
Le coefficient de perméabilité moyenne.
La vitesse de décharge aux points A et B.
La pression de l'eau au point C.

Exercice 9
Soit le barrage de la figure 3. Tracer un réseau d'écoulement
Calculer le gradient hydraulique aux points A et B.
57
Eléments de Mécanique des Sols

Estimer la contrainte verticale due au poids du béton armé aux points A et B.
Calculer la contrainte effective en ces même points.
Formuler vos remarques à propos de la sécurité de ce projet.


sol imperméable
Figure 1
Figure 2
58
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
3

m

1
5

m

4
5

m

45 m
sol imperméable
Figure 3
59
Eléments de Mécanique des Sols
















Chapitre 5:


Distribution dans le sol des contraintes
dues aux charges extérieures



5.1 Introduction
5.2 Charge concentrée verticale, problème 3D
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie
5.5 Charge uniformément répartie
5.5.1 Cas de surface circulaire
5.5.2 Cas de bande rectangulaire
5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée
5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie
5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie
5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière
5.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie
5.12 Théorie de Westergaard





Chapitre 5

Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures



5.1 Introduction

P
x
y
z
σ
rr

σ
θθ

θ
r
Nous avons vu à la fin du chapitre précédent la méthode
de calcul des contraintes dans les massifs de sol due au poids
propre des terres. Les calculs distinguent le cas de couches
partiellement saturées du cas de couches saturées avec ou sans
mouvement de l’eau. Dans le présent chapitre nous allons
étudier les résultats des théories de calcul des contraintes dans le
sol dues aux charges extérieures telles que poids des ouvrages,
les charges d’exploitation et le poids des équipements sur
chantier.
Fig. 5.1 : Charge
concentrée verticale

σ
z
/ σ
0

θ [°]
σ
0
= σ
z
(θ = 0)
1
0,49
0,18
30 45
5.2 Charge concentrée verticale, problème en 3D
(Problème de Boussinesq)

Les hypothèses de calcul sont

. un domaine à 3D semi-infini (Fig. 5.1).
. Milieu élastique, non pesant sans aucune force de volume,
isotrope et homogène.
Fig. 5.3 : Distribution de
σ
z
en fonction de θ
. Plan supérieur horizontal.
. La charge extérieure est concentrée, verticale.

La contrainte verticale due à la charge extérieure concentrée est
donnée par la solution de Boussinesq :


ρ π
π
= θ = σ
5
3
5
2
z
z
cos
z 2
2
P 3 P 3
(5.1)

On remarque que la contrainte σ
z
est indépendante des propriétés du
massif de sol. Pour le calcul rapide de la contrainte, on peut utiliser
un abaque approprié (Fig. 5.2). La contrainte verticale dans le sol
vari avec la position dans le sol du point de calcul (Fig. 5.3). Les
courbes d’égale pression sont comme indiquer ci-contre (Fig. 5.4).
Fig. 5.4 : Courbes
iso-contraintes σ
z


61
Eléments de Mécanique des Sols


Fig. 5.2: Calcul par abaque de la contrainte transmise au sol par une charge
extérieure concentrée (d'après introduction à la géotechnique). N
B
pour la
théorie de Boussinesq, N
w
pour la théorie de Westergaard
62
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
x
M
σ
z

R
z
y
θ
q
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur
infinie

La solution est due à Flamant (Fig. 5.5).

θ
π
=
σ cos
R
q 2
3
z
(5.2)
Fig. 5.5 : Charge
uniforme linéaire
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de
longueur infinie et de largeur finie
θ
2

θ
1

θ
x
B
q
z
y
x

La bande se présente comme indiquer ci-contre (Fig.
5.6). On se basant sur la solution de Flamant, on
obtient l’expression :






 θ

θ
+
θ

θ
π
=
σ
2
2 sin 2 sin
) (
q
1 2
1 2 z
(5.3)

5.5 Charge uniformément répartie

Soit q l’intensité de la charge répartie (Fig. 5.7). La
solution est basée sur la solution de Boussinesq :
Fig. 5.6 : Charge uniforme sur
une bande de longueur infinie
dA
cos
z
2
q 3
A
5
2
z
θ

π
=
σ
(5.4)
θ
z
σ
z

M
dA
A
q
q dA

La contrainte dépend de l’aire A de répartition de la charge q.

5.5.1 Cas de surface circulaire
La contrainte verticale en un point situé à la verticale du
centre de la surface circulaire uniformément chargée (Fig.
5.8) est

Fig. 5.7 : Charge
uniformément répartie
σ
z
= q (1 - cos
3
θ
0
) (5.5)

Pour le calcul de la contrainte en un point loin de la
verticale, il existe des abaques basées sur la méthode des
facteurs d’influence (Fig. 5.9).
θ
0

z
M
R

5.5.2 Cas de bande rectangulaire
La contrainte verticale au sein d’un massif à la verticale
d’un des sommets (Fig. 5.10) est donnée par

σ
z
= q I(m,n) (5.6)

Fig. 5.8 : Charge uniforme répartie
sur une surface circulaire
m = a/z n = b/z
et
63
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.9: Calcul de la contrainte due à une charge uniforme répartie sur une surface
circulaire. (d'après Introduction à la géotechnique)
64
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures


) 1
n 1 m
(
2
n m
1
n m
n m
)
1
n m
n m
( arctg
2
1
n) I(m,
)(
2
2
2 2
2 2 2 2
+ +
+ +
+ +
+
+ +
π
= (5.7)

L’expression ci-dessus montre
que les paramètres m et n sont
interchangeables. Il est possible
de tirer le facteur I d’après des
abaques (Fig. 5.11).
σ
z

z
b
a
D
B
A
I
4
I
3

I
2
I
1

C

Pour un point M situé à l’intérieur
de la zone chargée ou à son
extérieur, on ne peut calculer la
contrainte verticale que par des
combinaisons élémentaires (Fig.
5.12,13).
Fig. 5.12 : Cas
de point interne
Fig. 5.10 : Surface rectangulaire
chargée uniformément
= - - +
M M M M
M

Exemple 5.1
On applique une contrainte superficielle uniforme de 117 kPa
sur une semelle rectangulaire de 3×4 m. On demande de
calculer la contrainte verticale:
1. sous le coin M de la semelle à une profondeur de 2m.
Fig. 5.13 : Cas de point de calcul externe à la surface
chargée
4m
N
3 m
1m
3m
O
M
Exemple 5.1
2. sous le centre N de la semelle à la profondeur de 2m.
3. sous le point O à la profondeur de 2m.

q
σ
z

b a
5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur
Au dessous de l’axe de symétrie (Fig. 5.14), on peut utiliser
la méthode des facteurs d’influence :

σ
z
= q I(a/z, b/z) (5.8)

où I est tiré d’après une abaque appropriée (Fig. 5.15).

Fig. 5.14 : Distribution
trapézoïdale de grande longueur
65
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.9: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire chargée uniformément.
(d'après introduction à la géotechnique)
66
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.15: Calcul de la contrainte sous un remblai de longueur infinie. (d'après
Introduction à la géotechnique)
67
Eléments de Mécanique des Sols

Exemple 5.2
6m 6m 5m 5m
Soit le remblai routier de hauteur h = 3 m (Fig. 5.16).
La masse volumique moyenne du matériau est égale à
2,0.10
3
kg/m
3
. Calculer la contrainte verticale sous le
centre à la profondeur z = 6 m.

Lorsque l’on désire calculer la contrainte en un point
loin de l’axe de symétrie (Fig. 5. 17) on peut procéder par superposition, ce qui
donne :
Fig. 5.16 : Exemple 5.2

[ ] ) ( x ) ( b ) ( ) b a (
a
q
2 1
1 2
2 1
2 1
z ε

ε
+ β − β +
ε
+
ε
− β + β +
π
=
σ
(5.9)
-
q
1

2
b

q
0

2
(
b
)

a
+
=
2
(
a
+
b
)

q
M
x
ε
2
ε
1

β
2

β
1

a b b a
z
x
Fig. 5.17 : Cas de charge trapézoïdale isocèle répartie sur une largeur infinie
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande
q
L
B
Q
O
rectangulaire de longueur limitée

On calcul la contrainte au droit de l’un des coins (Fig.
5.18). On peut calculer par facteur d’influence :

Fig. 5.18: Cas de charge
triangulaire de longueur limitée
σ
z
= q I(L/z, B/z) (5.10)

σ
z

z
y
C
B
x
a
b
x
q
0

A
β
θ
2

θ
θ
1

Le facteur I est tiré d’après une abaque
(Fig. 5.19).

5.8 Charge triangulaire répartie sur
une bande rectangulaire de longueur
infinie

Le point de calcul peut être quelconque
(Fig. 5.20). L’analyse est basée sur la
solution de Flamant. Tout calcul fait, la
contrainte verticale sera donnée par :

Fig. 5.20 : Charge triangulaire répartie sur
une bande de longueur infinie
68
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.19: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire sollicitée par
une charge triangulaire. (d'après Introduction à la géotechnique)
69
Eléments de Mécanique des Sols







+ −


θ

θ
π
=
σ
z
) b a (
) b a ( z b
) ( a
b
q
2
2 1 2
0
z
(5.11)

Nous pouvons utiliser une abaque basée sur le facteur d’influence :

σ
z
= q
0
I(m, n) (5.12)

où I est tiré d’après une abaque ou donné par :







− + +


− +
π
=
n 2 1
n m
) 1 n ( m
n
n m
m
arctg n
1
I
2 2 2 2
(5.13)

5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de
longueur infinie

Le point de calcul peut être quelconque (Fig.
5.21). On peut procéder par superposition de la
solution précédente d’où

[ ] ) ( x ) ( b
b
q
1 2 2 1
0
z
β − β + β + β
π
=
σ

M
β
2

β
1

z
O
x
A B
q
0

2b
(5.14)


Fig. 5.21 : Charge triangulaire
symétrique répartie sur une bande
de longueur infinie
5.10 Charge uniformément répartie sur une
surface irrégulière

On utilise l’abaque de Newmark (Fig. 5.22), selon la démarche suivante :

1. La profondeur de calcul de la contrainte verticale est prise égale à la distance OQ
de l’abaque, ce qui donne une échelle graphique pour tracer la surface chargée.
2. On trace selon l’échelle ainsi obtenue, le contour de la surface irrégulière sur un
papier transparent.
3. Le point au droit duquel on veut calculer la contrainte est placé au centre de
l’abaque. Le point de calcul peut être à l’intérieure ou à l’extérieure de la surface
chargée. On superpose alors la surface dessinée à l’abaque.
4. On dénombre le nombre n de carreaux de l’abaque situés à l’intérieur de la surface
chargée.
5. La contrainte verticale au point considéré est donnée par :

σ
z
= n I q (5.15)

où I est un coefficient d’influence caractéristique de l’abaque, q est la charge
uniforme.



70
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Exemple 5.3
Une charge uniforme de 250 kPa est appliquée sur la surface montrée ci-contre (Fig.
5.23). Calculer la contrainte au point O à la
profondeur de 80 m.


5.11 Charge quelconque répartie sur une
bande de longueur infinie

On peut utiliser une méthode graphique basée
sur le damier de Giroud (Fig. 5.24):

1. Dessiner sur un calque la charge à une
échelle telle que la profondeur z = AA' à
laquelle on veut calculer la contrainte verticale
soit égale au segment P'P du damier et que la charge maximale est P.
60 m 40 m 20 m
10 m
20 m
40 m
O
Fig. 5.23 : Exemple 5.3
2. Placer le calque sur le damier en faisant coïncider AA' et PP'.

3. Compter le nombre n de cases (blanches et noires) du damier recouvertes par le
profil de la charge

4. La contrainte verticale est donnée par :

σ
z
= n I q (5.16)

où I est une caractéristique de l’abaque.


5.12 Théorie de Westergaard
La solution de Boussinesq est basée sur un comportement élastique linéaire du
massif de sol. Cette solution ne s’applique pas aux dépôts naturels de sol où il peut
exister plusieurs couches de natures différentes. Dans ce cas, la solution de
Westergaard est la plus appropriée. Cette théorie repose sur l’hypothèse qu’un sol ne
se déforme que dans le sens vertical en absence de tout mouvement latéral à cause de
la présence de couches minces parfaitement rigides. Pour le calcul pratique, on
trouvera des abaques semblables à ceux de la théorie de Boussinesq (Fig. 5.2).
71
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.22: Abaque de Newmark pour le calcul de la contrainte sous une surface
horizontale quelconque chargée uniformément. (d'après Introduction à la
géotechnique)
72
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.24: Abaque de Giroud pour le calcul de la contrainte sous une bande de
longueur infinie soumise à une charge quelconque. (d'après Mahé)
73
Eléments de Mécanique des Sols


Exercices du chapitre 5

Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures

Exercice 1
z
y
x
R
e

R
i

α
q
Exercice 1
Une charge verticale uniforme d'intensité q est répartie sur une
surface horizontale en forme de disque plat d'ouverture α, de
rayons intérieur R
i
et extérieur R
e
. Calculer la contrainte verticale
au point M.

Exercice 2
Calculer la contrainte verticale en un point M situé à la verticale
du centre d'une surface circulaire uniformément sollicitée par une
charge d'intensité q.

F
C
A E
Exercice 3
Retrouver la solution de Flamant.

Exercice 4
Retrouver la solution dans le cas d'une charge uniforme sur une
bande de longueur infinie et de largeur B. Exercice 5

Exercice 5
R
q
z' z
M'
M
Une semelle de fondation de 12m de côté et de 20cm
d'épaisseur supporte une surcharge de densité uniforme de
0,78daN/cm
2
. Calculer la composante verticale de la
contrainte supplémentaire résultant de ces charges dans un
plan situé à 24m sous la surface libre et à la verticale des
points ACE et F. On prendra la densité du béton égale à 2,5.

Exercice 6
Faites le même exercice précédant en supposant que la charge
est concentrée au centre de la semelle.
Exercice 7
Exercice 7
Calculer la contrainte verticale aux points M et M
'
. On
donne :
q
4
q
3
q
2
L
4
L
3
L
2
L
1

z' z
q
1
R = 5 m, z = z
'
= 10 m, q = 60 kN/m
2


Exercice 8
Calculer la contrainte verticale aux points M et M
'
. On
donne :
L
1
= 5 m, L
2
= 3 m, L
3
= 4 m, L
4
= 1 m,
z = z
'
= 10 m,
M' M
q
1
= 50 kN/m, q
2
= 30 kN/m, q
3
= q
4
= 20 kN/m

Exercice 8





Chapitre 6:


Tassement, Compressibilité et Consolidation



6.1 Introduction, le tassement
6.2 Composantes du tassement
6.3 Compressibilité
6.4 Consolidation
6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation
6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place
6.7 Calcul des tassements primaires
6.7.1 Méthode globale
6.7.2 Calcul des tassements instantanés
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation
6.8 Vitesse de consolidation
6.8.1 Introduction
6.8.2 Phénomène de la consolidation
6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle
6.8.3.1 Les hypothèses
6.8.3.2 Mise en équations
6.8.3.3 Résolution
6.8.3.4 Degré de consolidation
6.8.3.5 Degré de consolidation moyen
6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation
6.9.1 Méthode de Casagrande
6.9.2 Méthode de Taylor
6.10 Détermination du coefficient de perméabilité
6.11 Evaluation de la compression secondaire
6.11.1 Définition
6.11.2 Hypothèses
6.11.3 Calcul du tassement secondaire
6.12 Tassements admissibles et précautions à adopter






Chapitre 6

Tassement, compressibilité et consolidation



6.1 Introduction, le tassement

Le sol est un amas complexe, c’est un matériau irréversible à cause des
déformations permanentes, son comportement est généralement non linéaire. Les
déformations peuvent être instantanées ou différées introduisant une dépendance au
temps. Les tassements sont par définition les déformations verticales du sol sous
l’action des sollicitations diverses. Le tassement peut s’effectuer vers le bas ou vers le
haut c.à.d un gonflement (pendant les excavations par exemple). Les causes du
tassement sont :

. La compression de l’air et de l’eau interstitielle. Pour le calcul des tassements on
suppose que le sol est saturé, de plus on ne tient pas compte de la compressibilité du
fluide interstitiel.
. La déformation des grains de sol qui est généralement négligeable en Génie civil.
. Expulsion de l’air et évacuation de l’eau interstitielle qui constitue la cause
principale dans l’étude des tassements.

Les tassements peuvent être uniformes ou différents d’un point à l’autre selon la
nature du sol en place. Les tassements des sols non saturés sont presque instantanés
tandis que dans les sols saturés, ils peuvent s’étendre sur quelques secondes dans les
sols sableux-graveuleux, jusqu’à plusieurs dizaines d’années dans les argiles peut
perméables. Le calcul des tassements est nécessaire pour vérifier la conformité des
structures vis-à-vis des conditions de sécurité et de service.


6.2 Composantes du tassement

Le tassement total d’un sol se décompose en tassement primaire et tassement
secondaire. Le tassement primaire a deux composantes, un tassement immédiat et un
tassement différé associé à la consolidation. D’où la formule globale :

S
t
= S
p
+ S
s
= S
i
+ S
c
+ S
s
(6.1)

Par définition, le tassement immédiat est indépendant du temps, tandis que les
tassements de consolidation et le tassement secondaire sont des fonctions du temps.
En général, le tassement immédiat est évalué en se basant sur la théorie d’élasticité.
Le tassement de consolidation se produit dans les sols à grains fins présentant un
75
Eléments de Mécanique des Sols

faible coefficient de perméabilité. La vitesse de tassement dépend du taux
d’évacuation de l’eau interstitielle c.à.d de la perméabilité. Dans ces conditions, le
tassement de consolidation peut se prolonger pendant des mois, des années ou même
des dizaines d’années. Le tassement secondaire se produit à contrainte effective
constante, sans variation de la pression interstitielle, on le définit alors comme un
phénomène de fluage du sol.


6.3 Compressibilité

C’est l’étude de la relation
contrainte-déformation du sol. L’étude de
la compressibilité unidimensionnelle peut
se faire par des essais à l’oedomètre (Fig.
6.1). L’expérience montre que la
compressibilité des sols ne suit pas la loi
de l’élasticité linéaire ni même celle de
l’élasticité non linéaire. La relation
contrainte-déformation peut être
représentée par plusieurs courbes (Fig.
6.2-5): La déformation verticale est
exprimée en fonction de la contrainte
effective σ'
v
(ou logσ'
v
), où bien, l’indice
des vides e est exprimé en fonction de la
contrainte effective σ'
v
(ou logσ'
v
). Dans
la majorité des essais oedométriques on
trace la courbe e(logσ'
v
) dont la forme
caractéristique est comme montrer ci-
contre (Fig. 6.2). La courbe est composée
de quatre zones :
Cellule oedométrique
zone AB : dite zone de recompression.
Dans cette zone les tassements sont faibles
à cause de la présence de l’eau dans
l’échantillon.
zone BC : C’est une zone de transition. La
contrainte à partir de laquelle se produit la
transition est dite contrainte de
préconsolidation et est notée σ'
p
. Elle représente la contrainte verticale maximale due
au poids des terres à la quelle cet échantillon a déjà été soumis dans son passé
géologique. Au delà de cette contrainte, le sol est très compressible même pour de
petites variations de la contrainte.
Fig. 6.1: œdomètre
(d'après Costet et Sanglerat)
zone CD : dite de compression vierge, dans laquelle la variation de l’indice des vides
est proportionnelle à la variation du logarithme de la pression effective appliquée.
zone DE : où la courbe tend vers une asymptote horizontale.
76
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Fig. 6.2 : Courbe de compressibilité
e(log σ'
vc
)

C
r
: indice de recompression

C
c
: indice de compression
log σ'
vc

C
re

C
ce

logσ'
vc

ε
v

m
v

σ'
vc

ε
v

a
v

σ'
vc

Fig. 6.3 : Courbe de compressibilité
e(σ'
vc
)

a
v
: coefficient de compressibilité

e
C
c

C
r

E
D
C
B
A
e
Fig. 6.4 : Courbe de compressibilité
ε
v
(σ'
vc
)

m
v
: coefficient de changement de volume
(m
v
= 1/E')
Fig. 6.5 : Courbe de compressibilité
ε
v
(log σ'
vc
)

C
re
: indice de recompression modifié

C
ce
: indice de compression modifié
77
Eléments de Mécanique des Sols


Dans la zone de compression vierge, le coefficient de proportionnalité est appelé
indice de compression C
c
tel que


σ ∆

− =
log
e
Cc
(6.2)

Ce coefficient permet le calcul du module oedométrique E'.


6.4 Consolidation

Lorsqu’un sol fin est sollicité, son
tassement évolue dans le temps. Cette évolution
est liée à la vitesse d’évacuation de l’eau
interstitielle c.à.d à la perméabilité du sol. Ce
phénomène est appelé consolidation et se défini
donc par l’étude de la vitesse de tassement. On
peut illustrer le phénomène de consolidation par
le modèle analogique suivant (Fig. 6.6). Le
ressort correspond au squelette solide. L’eau du
cylindre représente l’eau libre dans le sol. Le
manomètre indique la pression interstitielle u
0
.
Lorsque la soupape est fermée, l’application de
l’incrément de charge ∆σ entraîne sa
transmission intégrale à l’eau, le manomètre
doit indiquer u
0
+∆σ. Lorsque la soupape est
ouverte, l’eau s’évacue lentement, en même
temps, la pression interstitielle diminue. La
diminution de la pression interstitielle est
reprise par le ressort qui se comprime au fur et
à mesure. A l’équilibre, l’eau ne s’écoule plus
du cylindre, la pression de l’eau redevient
hydrostatique, le ressort est soumis à la charge
σ
v
+∆σ. Ce modèle permet de représenter ce
que se produit dans les sols cohérents chargés.
Au début, la sollicitation est transmise à l’eau
sans qu’il y est changement dans la contrainte
effective. Graduellement, l’eau est expulsée, le
squelette de sol reprend la variation de
contrainte, tandis que la contrainte effective
augmente. Au bout d’un certain temps fonction de la perméabilité du sol, la pression
hydrostatique en excès devient nulle et la pression interstitielle reprend la valeur
qu’elle avait avant l’incrémentation du chargement. L’étude de la consolidation peut
se faire à l’oedomètre sous charge constante. Sur la courbe représentative de cet essai
(Fig. 6.7) on distingue deux branches sensiblement rectilignes. La branche BC
représente la zone de consolidation primaire qui est due à la résistance offerte à
l’évacuation de l’eau en excès. La branche CD caractérise la consolidation secondaire
u
0

σ
v
+ ∆σ
u
0
+∆u
σ
v
+ ∆σ
t = 0
u
0

σ
v

t = t
1
t = t
2
>> t
1

Fig. 6.6 :Modèle de consolidation
tassement secondaire
tassement primaire
t
∆h
D
C
A
B
Fig. 6.7: Tassement primaire et
tassement secondaire
78
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
qui est le résultat du réarrangement progressif de la structure du sol. L’intersection des
prolongements de BC et DC se fait au point A. Par définition, ce point détermine la
fin du tassement primaire. Dans les problèmes pratiques, l’étude de la consolidation
revient à déterminer la courbe de variation du degré de consolidation en fonction du
temps U(z, t) défini par :


) z ( S
) t , z ( S
) t , z ( U = (6.3)

où S(z, t) est le tassement à la profondeur z et au temps t, S(z) est le tassement final à
la profondeur z.


6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation

La contrainte de préconsolidation
σ'
p
est déterminée d’après un essai de
compressibilité par la construction
graphique de Casagrande sur la courbe
e(logσ'
v
) (Fig. 6.8):
σ'
p

log σ'
vc

T
B'
H
B A
e

. Soit A le point où le rayon de courbure
est minimal.
. On trace la droite horizontale AH à partir
de A.
. A partir de A, on trace la tangente AT au
début de la courbe de compression vierge.
. On trace la bissectrice AB' de l’angle
HÂT.
. On prolonge la portion rectiligne de la
zone de compression vierge jusqu’à son
intersection en B avec la bissectrice AB'.
Fig. 6.8 : Détermination de la contrainte de
préconsolidation
. Le point B correspond à la contrainte de
préconsolidation σ'
p
.

On peut avoir plusieurs cas selon les valeurs relatives de σ'
p
et la contrainte effective
actuelle due au poids des terres σ'
v0
:

Sol normalement consolidé
La contrainte de préconsolidation est égale à la contrainte due au poids des terres :

σ'
p
=

σ'
v0


Sol surconsolidé
Lorsque les deux contraintes sont telles que

σ'
p
>

σ'
v0


79
Eléments de Mécanique des Sols

on définit alors le taux de suconsolidation par :

'
'
0 v
p
sc r
σ
σ
= (6.4)

Sol sous-consolidé
lorsque

σ'
p
<

σ'
v0


Ce cas est généralement rare et n’est pas permanent. En effet, on ne peut le trouver
que dans les sols déposés récemment par un processus géologique ou par intervention
humaine. Le sol en question n’a pas encore atteint son équilibre avec le poids des
terres. La pression interstitielle est alors supérieure à la pression hydrostatique.


6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place

La valeur de la contrainte de préconsolidation est influencée par plusieurs
facteurs liés à l’expérimentation tels que le degré de remaniement de l’échantillon, le
rapport d’augmentation de la charge (qui doit être inférieur à 1 pour les argiles molles
et sensibles), et la durée de chaque chargement (qui est de l’ordre de 24 heures). C’est
pourquoi au laboratoire, on obtient des courbes de recompression dont la pente est
légèrement inférieure à la pente de la courbe de compression vierge sur le terrain.
Schmertmann a mis au point une méthode graphique pour évaluer la pente de la
courbe de compression vierge pour le sol en place. Pour corriger la courbe de
compression vierge au laboratoire on procède de la façon suivante :

6.6.1 Pour une argile normalement consolidée

. On évalue la contrainte de préconsolidation
σ'
p
par la construction de Casagrande.
log σ'
vc

σ'
p

F
0,42 e
0
P
2

P
1

e
0

e
. On calcule l’indice des vides initiale e
0
. On
trace la ligne horizontale passant par e
0
et
s'arrêtant au niveau de σ'
p
. On obtient alors le
point P
1
(Fig. 6.9).
. On trace une horizontale à partir du point
correspondant à 0,42 e
0
. Au point
d’intersection de cette droite et du
prolongement de la courbe de compression
vierge en laboratoire. Ainsi on définit le point
P
2
.
. On relie les deux points caractéristiques P
1

et P
2
par une droite F.
. La pente de cette droite définie l'indice de
compression C
c
du sol sur site. De même, la
droite F représente la courbe de compression vierge sur le terrain.
Fig. 6.9 : Construction de Schmertmann
pour un sol n.c.

80
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
6.6.2 Pour une argile surconsolidée

. On trace la ligne horizontale passant par e
0
et
s’arrêtant au niveau de σ'
p
d’où le point P
1
.
(Fig. 6.10).
e
e
0

0,42 e
0

σ'
p

P
1

P
3

σ'
v0

P
2

. A partir du point P
1
, on trace une droite
parallèle à la courbe moyenne chargement-
déchargement et s’arrêtant au niveau de la
contrainte de préconsolidation σ'
p
, d’où le point
P
2
.
. L’intersection du prolongement de la courbe
de compression vierge avec la droite
horizontale passant par 0,42e
0
donne le point
P
3
.
. La droite P
1
P
2
donne l’indice de
recompression, et la droite P
2
P
3
donne l’indice
de compression vierge, tout deux sur le terrain.
Fig. 6.10 : Construction de Schmertmann
pour un sol s. c.


6.7 Calcul des tassements primaires

6.7.1 Méthode globale
On peut faire un calcul global du tassement en considérant la variation des
caractéristiques mécaniques du sol en fonction de l’état de contrainte. Pour un élément
de volume parallélépipédique, de hauteur dz, le tassement infinitésimal sous la
contrainte verticale appliquée σ
z
est donné par :

' E
dz
ds
z σ
= (6.5)
où E' est une caractéristique mécanique du matériau dite le module oedométrique,
dépendant à la fois de la profondeur z et de la contrainte σ
z
. En un point donné de
profondeur z
0
, le tassement est donc :


) z '( E
dz ) z (
z
)
z
( s
z
0
0
σ
=


(6.6)

Pour un sol constitué d’une seule couche de faible épaisseur égale à 2h, on pourra
admettre que le module oedométrique E' est constant et que la répartition de la
contrainte verticale σ
z
est linéaire. Dans ces conditions, le tassement de la couche est
donné par :

' E
) ( h
s
2 z 1 z σ

σ
= (6.7)

où σ
z1
est la contrainte verticale due à la surcharge à la surface de la couche, σ
z2
est la
contrainte verticale due à la surcharge à la base de la couche. Dans le cas général de
massif constitué de multi-couches ou d’une seule couche de grande épaisseur, le
81
Eléments de Mécanique des Sols

calcul pratique des tassements se fait de telle sorte que l’on puisse admettre pour
chaque couche une répartition linéaire de σ
z
et un module oedométrique E' constant.
Le tassement global est enfin la somme des tassements de l’ensemble des couches.

Remarque 6.1

Le module oedométrique est aussi appelé le module tangent. On peut le déterminer
d’après les essais oedométriques ou triaxiaux en traçant la relation effort-déformation.
Pour un incrément de charge ∆σ à partir de l’état (σ, e), on peut utiliser l’expression :

) 1 log(
C
e 1
' E
c
σ
σ ∆
+
σ ∆ +
= (6.8)

Quelques fois, E' est remplacé par le module sécant. Les essais permettant le calcul de
E' doivent se faire dans des conditions non drainées puisque le tassement immédiat se
produit avant toute consolidation. On appelle alors le module oedométrique, le
module en conditions non drainées E
u
. Toutefois, il faut souligner que le calcul du
module E
u
est fortement influencé par le remaniement des échantillons. Lorsque nous
voulons évaluer le tassement par composantes, les calculs relèvent de plusieurs
théories étant donné que les composantes de tassement sont de natures différentes.

6.7.2 Calcul des tassements instantanés

Dans les milieux saturés, on peut admettre que ce tassement se produit à
volume constant. On peut le calculer on se basant sur les formules de Boussinesq. A
titre d’exemple, au voisinage d'une semelle flexible uniformément chargée, le
tassement est donné par :

I
E
1
B q
S
2
i
ν

= (6.9)

Dans laquelle on prendra ν=0,5. B est la dimension caractéristique de la semelle. Le
coefficient d’influence I dépend de la forme de la semelle et de la position du point de
calcul (Tab. 6.1)

Coefficient d’influence
Forme de la semelle Dimensions
Centre Coin Moyenne
Carrée - 1,12 0,56 0,95
L/B=2 1,53 0,77 1,30
L/B=3 1,78 0,89 1,52
L/B=5 2,10 1,05 1,83
Rectangulaire
L/B=10 2,58 1,29 2,25
Circulaire - 1,0 0,64 0,85
Tableau 6.1 : Coefficient d’influence I pour la formule (6.9)

Lorsqu’il s’agit d’une semelle rigide, le coefficient d’influence est plus petit.


82
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation

Au cours de la consolidation du
sol, l’élément de volume se déforme.
Etant donné que les grains sont
indéformables (par hypothèse), le volume
solide reste inchangé (Fig. 6.11). En
fonction de l’indice des vides, on écrit :
∆H
V
s

V
v

V
s

V
v
0

H
0


Fig. 6.11 : Principe de calcul du tassement
te tan Cons
e 1
V
V
t
s
=
+
= (6.10)

pour une surface transversale égale à l’unité, il vient :


e
e
1
h
h
e
1
h
V
0
0
0
0
s
∆ + +
∆ +
=
+
= d'où
e 1
e
h
h
0 0
v
+

=

=
ε


ce qui nous permet de calculer le tassement S de l’échantillon :

h
e
1
e
h S
0
0
+

= ∆ = (6.11)

Exemple 6.1
Une couche de sol possédait les caractéristiques suivantes : épaisseur égale à
10m, indice des vides égal à 1,0. Après la construction d’un remblai, la couche s’est
consolidée. L’indice des vides final n’était que de 0,8. Calculer le tassement de la
couche de sol.

L’utilisation pratique de l’expression (6.11) ci-dessus dépend de la plage de
l’incrément de contrainte par rapport à la contrainte de préconsolidation.

6.7.3.1 Sol normalement consolidé

Le tassement de consolidation S
c
se calcule pour la zone de compression vierge. Selon
la courbe effort-déformation utilisée, on exprime le tassement de consolidation par
l’une des formules suivantes :

)
'
'
log(
e
1
H
C S
1
2
0
0
c c
σ
σ
+
= (6.11.a)
)
'
'
log( H
C S
1
2
0
ce c
σ
σ
= (6.11.b)
)
' '
(
e
1
H
a S 1 2
0
0
v c σ

σ
+
= (6.11.c)
)
' '
(
H m S 1 2 0 v c σ

σ
= (6.11.d)

où σ'
2
= σ'
1
+∆σ, les indices C
c
, C
ce
, a
v
, m
v
sont relatives à la zone de compression
vierge.
83
Eléments de Mécanique des Sols


Remarque 6.2

1. Avantages des courbes ε
v
(log σ'
v
) ou ∆h(log σ'
v
):
. Simplifier le calcul des tassements sans connaître e
0
.
. Déterminer la contrainte de consolidation σ'
vc
pendant l’essai.
. Pour deux échantillons, les courbes e(log σ'
v
) peuvent être très différentes à
cause de e
0
, par contre les courbes ∆h(log σ'
v
) peuvent être similaires.

2. Lorsque le sol est un multicouches, le tassement de consolidation sera la somme
des tassements de chaque couche :


=
=
n
1 i
ci
c
S
S
(6.12)

6.7.3.2 Le sol est surconsolidé

On peut avoir deux cas : σ'
v0
+ ∆σ'
v
≤ σ'
p
ou σ'
v0
+ ∆σ'
v
≥ σ'
p


6.7.3.2.1 La contrainte effective finale est inférieure à la contrainte de
préconsolidation ( σ'
v0
+ ∆σ'
v
≤ σ'
p
)

On peut utiliser les expressions (6.11) en prenant le soin de remplacer les coefficients
de la zone de compression vierge par ceux de la zone de recompression C
r
ou C
re
:

)
'
'
log(
e
1
H
C S
1
2
0
0
r c
σ
σ
+
= (6.13.a)
)
'
'
log( H
C S
1
2
0
re c
σ
σ
= (6.13.b)

6.7.2.2.2 La contrainte effective finale est supérieure à la contrainte de
préconsolidation ( σ'
v0
+ ∆σ'
v
≥ σ'
p
)

Le tassement de consolidation sera la somme de deux parties : un tassement relatif à la
zone de recompresssion, et un tassement relatif à la zone de compression vierge :

]
'
) '
'
(
'
log[
e
1
H
C
]
'
)
' '
(
'
log[
e
1
H
C S
p
v 0 v p
p
0
0
c
0 v
0 v p 0 v
0
0
r c
σ
σ −
σ ∆
+
σ
+
σ
+
+
σ
σ

σ
+
σ
+
=

soit,

)
'
'
log(
e
1
H
C
)
'
'
log(
e
1
H
C S
p
v 0 v
0
0
c
0 v
p
0
0
r c
σ
σ ∆
+
σ
+
+
σ
σ
+
= (6.14)

En terme d’indice de recompression modifié, il vient :

84
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
)
'
'
log(
H C
'
'
log H C
S
p
v
0 v
0 ce
0 v
p
0 re
c
σ
σ ∆ +
σ
+
σ
σ
= (6.15)

Exemple 6.2

Pendant un essai de consolidation, nous avons
relevé les mesures (e, σ'
vc
) portées sur le
tableau ci-contre. L’indice des vides initial est
de 0,725. La contrainte due au poids des terres
est de 130 kPa.
e '
vc σ [kPa]
0,708 25
0,691 50
0,670 100
0,632 200
0,635 100
0,650 25
0,642 50
0,623 200
0,574 400
0,510 800
0,445 1600
0,460 400
0,492 100
0,530 25

1. Construire la courbe de consolidation du type
e (log σ'
vc
).

2. Estimer le rapport de surconsolidation.

3. Déterminer l'indice de compression et
l'indice de recompression pour le sol en place.

4. Sachant que cet essai est représentatif
d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur,
déterminer le tassement de consolidation
pour une contrainte supplémentaire de
220 kPa.

5. Formuler les équations de la courbe de compression vièrge et de la courbe de
rebondissement pour le déchargement commençant à 1600 kPa.


6.8 Vitesse de consolidation

6.8.1 Introduction

La compression secondaire joue un rôle important dans le cas des tourbes et
des sols fortement organiques, tandis que dans les argiles inorganiques, la
consolidation primaire est la composante majeure du tassement. La compression
secondaire se produit après la dissipation de toute pression interstitielle excédant les
conditions hydrostatiques. Le processus se déroule donc à pression effective
constante. Nous allons nous consacré à des théories servant à l’évaluation des taux de
consolidation ou vitesse de tassement primaire et secondaire des sols à grains fins.

6.8.2 Le phénomène de la consolidation

Nous pouvons simuler le phénomène par un modèle analogique comme le
montre fig. 6.12. Lors du chargement d’une couche de sol saturé, la contrainte
supplémentaire ∆σ due au chargement est immédiatement transmise à l’eau qui
développe une pression interstitielle en excès ∆u = ∆σ. A mesure que le temps passe,
85
Eléments de Mécanique des Sols

l’eau est évacuée, et se produit un transfert graduel de la contrainte de l’eau vers le
squelette de sol : la contrainte effective augmente et la surpression interstitielle
diminue.
Lorsque le temps tend vers
l’infini, la surpression interstitielle ∆u est
totalement dissipée, et la contrainte
effective correspond à σ'
v0
+∆σ. Dans le
cas d’une couche de sol drainée sur ces
deux faces, la surpression interstitielle
n’est pas uniforme le long de l’épaisseur.
Au voisinage des faces drainées, l’eau
s’évacue plus rapidement qu’à l’intérieur
de la couche, ce qui donne des
répartitions non linéaires de la pression de
l’eau et de la contrainte effective. En
effet, la vitesse d’évacuation de l’eau est
liée physiquement au gradient
hydraulique :

z
u
l
h
i
w
∆ γ

=

= (6.16)

Or l’écoulement qui se produit
exactement au centre de la couche est nul
car le gradient ∆u/∆z est nul. Près des
extrémités, le gradient tend vers l’infini et
c’est à cet endroit que l’écoulement est le
plus rapide. Le phénomène décrit ci-
dessus s’appelle consolidation. Le
tassement global de la couche de sol est
proportionnel au volume d’eau expulsée.
Cette quantité d’eau évacuée ainsi que la
variation de l’indice des vides sont
proportionnelles à la surpression
interstitielle dissipée. La théorie de la
consolidation est un modèle mathématique pour l’étude des tassements. En mécanique
des sols, la théorie la plus adoptée repose sur l’hypothèse d’une consolidation
unidimensionnelle, elle a était développée initialement par Terzaghi K. dans les
années 20 du siècle dernier.
σ'
v0
+∆σ
Monôcouche

0
t
z ∆σ
σ'
v0 ∆u ∆σ'
Pression
z
σ'
v0 ∆u ∆σ'
0

∆σ
σ'
v0
+∆σ
t
Pression
Multi-couche
Fig. 6.12: Modèle analogique de
consolidation d'un massif de sol

6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle

La théorie traite le cas d’une couche d’argile compressible comprise entre
deux couches de matériaux poreux très perméables (Fig. 6.13).

6.8.3.1 Les hypothèses

La théorie est basée sur les hypothèses suivantes :
86
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation

. La couche de sol compressible est homogène.
Sable
Sable
Argile
z
H = 2h
. La couche est complètement saturée.
. Les grains solides et l’eau interstitielle sont
incompressibles.
. La loi de Darcy est valable.
. La compression de la couche et l’évacuation de
l’eau se font dans une seule direction.
. La couche de sol est drainée sur une ou deux
faces (haute et basse).
Fig. 6.13: Couche de sol
compressible en consolidation
. Les déformations sont petites dans le sol.
. Le coefficient de compressibilité a
v
et le
coefficient de perméabilité k demeurent constants pendant la consolidation (loi
linéaire d’où l’hypothèse suivante).
. Absence de compression secondaire.

6.8.3.2 Mise en équation

L’équation de Terzaghi représente la formulation de la continuité de
l’écoulement de l’eau interstitielle. Tout calcul fait, elle est donnée par l’expression

t
u
z
u
C
2
2
v


=


(6.17)

où u est la pression interstitielle de l’eau, z la variable de profondeur, t la variable
temps. C
v
est dit coefficient de consolidation. Il est donné par :

a
e
1
k
C
v
0
w
v
+
γ
= (6.18)

Quoi que cette équation n’a été formulée que pour la consolidation unidimensionnelle,
on peut montrer qu’elle pourrait être dérivée pour les problèmes à consolidation
tridimensionnelle.

Les conditions aux limites sont les suivantes :

. Au début du chargement, la pression interstitielle en excès est égale à l’augmentation
de la contrainte totale ∆σ, ce que nous décrirons par :

à t = 0 : ∆u = ∆u
i
= ∆σ = (σ'
2
- σ'
1
)

. La couche d’épaisseur H est drainée sur ces deux faces, soit :

pour z = 0 et z = H nous avons ∆u = 0

6.8.3.3 Résolution

La solution est exprimée sous forme de séries de Fourier :
87
Eléments de Mécanique des Sols


) T ( f ) Z (
f
)
' '
( u
2
0 n
1 1 2 ∑

=
σ

σ
= ∆ (6.19)

où f
1
et f
2
sont deux fonctions. ∆u est la pression interstitielle en excès, le facteur de
profondeur Z et le facteur temps T, sont des paramètres sans dimension :

Z = z / H
dr
(6.20)

où H
dr
est la longueur du chemin de drainage, on la prend égale à l'épaisseur de la
couche H pour un drainage sur une seule face et est égale à H/2 lorsque la couche est
drainée sur ces deux faces.

face seule une sur drainée couche une pour
drainée doublement couche une pour
H
2 / H
Hdr



=
H
t
C
T
2
dr
v
= (6.21)

Dans le calcul pratique à la place de (6.19), on utilise des abaques pour le calcul
rapide. Ces abaques sont basés sur la notion du degré de consolidation.

6.8.3.4 Degré de consolidation
∆e
σ'
∆σ' = ∆u
i

σ'
2
σ'
1

e
1

e
2

a
v

σ'
e
e

Nous avons vu dans la section 6.4 que pour
l'ingénieur, l'étude de la vitesse de tassement se
conclut par la définition du degré de
consolidation, c.à.d le taux de la consolidation
achevée au temps t et à la profondeur z, par
rapport à la consolidation finale à la même
profondeur z (formule 6.3). En fonction de
l’indice des vides, le degré de consolidation est
défini au temps t et à la profondeur z par la
relation :
Fig. 6.14: Courbe de compressibilité

e e
) t ( e
e
) t (
U
2 1
1
z


= (6.22)

où e
1
(respectivement e
2
) représente l’indice des vides initial (final). En terme de
contraintes et de pressions interstitielles, il vient (Fig. 6.14):


u
u
1
u
u
u
'
'
'
' '
'
'
U
i i
i 1
1 2
1
z


− =

∆ − ∆
=
σ ∆
σ
− σ
=
σ

σ
σ
− σ
= (6.23)

∆u étant la variation de la pression interstitielle à t = 0. En effet, nous avons:

σ' = σ'
1
+ ∆σ' = σ'
1
+ ∆σ - ∆u = σ'
1
+ ∆u
i
- ∆u
88
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
d'où σ' - σ'
1
= ∆u
i
- ∆u

Alors (6.23) donne:

) T ( f ) Z (
f
1
U
2
0 n
1 z ∑

=
− = (6.24)

dont la solution est donnée pour une couche doublement drainée par Taylor (Fig.
6.15)

Exemple 6.3
Une couche d’argile a 12m d’épaisseur. Elle est drainée sur ces deux faces. Trouver le
degré de consolidation et la pression interstitielle en excès après 5 ans de chargement,
aux profondeurs de 3, 6, 9 et 12m. On donne C
v
=8,0.10
-8
m
2
s
-1
, ∆σ=100 kPa.

6.8.3.5 Degré de consolidation moyen

Le degré de consolidation a un caractère local. Pour avoir une idée sur la
consolidation de la couche entière, on introduit le degré de consolidation moyen défini
par :




σ
σ

σ
σ
=
H
0
2
H
0
2
H
0
moy
dz ) t , z ( '
'
H
1
dz ) z (
'
dz ) t , z ( '
) t (
U
(6.25)

en fonction de la surpression interstitielle, il vient :





σ
− ≈
σ

− =
H
0
2
H
0
2
H
0
moy
dz ) t , z ( u
'
H
1
1
dz ) z (
'
dz ) t , z ( u
1 ) t (
U
(6.26)

Dans ces expressions, l’approximation est due à la contrainte effective finale σ'
2
: est-
elle constante ou variable sur toute la hauteur de la couche ?. Dans la pratique il existe
des abaques donnant le degré de consolidation moyen en fonction du facteur temps.
Dans (Fig. 6.16) on suppose une distribution linéaire des pressions interstitielles
initiales en fonction de la profondeur. Ceci constitue la seule restriction lors de
l’utilisation de ces abaques. Par ailleurs, il existe des relations approximatives de
T(U
moy
) comme celles proposées par Casagrande (1938) et Taylor (1948) :

% 60
U
pour
% 60
U
pour
)
U
100 log( 933 , 0 781 , 1
)
100
U
(
4
T
moy
moy
moy
2 moy
>
<







− −
π
= (6.27)
89
Eléments de Mécanique des Sols





















Fig. 6.15: Degré de consolidation pour un point dans une couche
doublement drainée (d'après introduction à la géotechnique)
90
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Fig. 6.16: Relation U
moy
(T) dans différents échelles
(d'après introduction à la géotechnique)
91
Eléments de Mécanique des Sols


dont les relations inverses sont :

% 60
U
pour
% 60
U
pour
10
1
T
2
U
moy
moy
933 , 0
T 781 , 1
moy
>
<








π
=

(6.28)

Exemple 6.4
Soit une couche d’argile doublement drainée. Calculer le degré de consolidation à
Z
1
=0,1 et Z
2
=1 pour T=0,05. Calculer le degré de consolidation moyen de la couche.

Enfin, nous pouvons relier le degré de consolidation moyen au tassement par
l’expression :

S
) t ( S
) t (
U
c
moy
= (6.29)

où S(t) est le tassement au temps t, S
c
est le tassement final de consolidation primaire.

Exemple 6.5
Soit une couche d’argile molle doublement drainée et d’une épaisseur égale à 12m.
On suppose que la couche est normalement consolidée. Calculer le temps nécessaire
pour que le tassement de la couche soit égal à 0,25m. On donne : e
0
=0,62 ; σ'
v0
=110
kPa ; ∆σ'=100 kPa ; C
v
=8.10
-8
m
2
s
-1
; C
c
=0,25.

Exemple 6.6
Une couche d’argile a une épaisseur de 10m et est drainée sur une seule face. En 3,5
ans, elle présente un tassement de 90 mm. Calculer le tassement de consolidation
finale et déterminer le temps nécessaire pour atteindre 90% de cette valeur. On
donne : C
v
=0,544.10
-6
m
2
s
-1
.


6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation C
v


Ce coefficient figure dans l’équation différentielle de consolidation (6.17-18),
et dans la définition du facteur temps (6.19). En réalité, le coefficient de consolidation
dépend du rapport d’augmentation de la charge, du niveau de la contrainte appliquée,
qu’elle excède ou non la contrainte de préconsolidation. Expérimentalement, le calcul
de C
v
est basé sur l’expression (6.19). Il existe deux méthodes graphiques associées à
un essai oedométrique classique.

6.9.1 Méthode de Casagrande

On considère l’espace (R(t), log(t)), où R(t) représente la lecture micrométrique de la
variation de la hauteur de l’échantillon en fonction du temps t. La méthode consiste à
92
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
déterminer R
50
et t
50
correspondant à 50 % de consolidation. Pour cela, on suit les
étapes ci-dessous (Fig. 6.17):

R
. On trace les tangentes aux deux
branches linéaires de la courbe.
R
1

R
2

R
0

t
2
= 4 t
1

t
1
t
p

R
100

log t
. On détermine le point P
1
(t
p
, R
100
)
défini par l’intersection des deux
tangentes. Il défini le temps de la fin
de consolidation primaire t
p

correspondant à U
moy
= 100 %.
. On choisi deux temps t
1
et t
2

quelconques mais dans un rapport de
1 à 4 (t
2
= 4t
1
) et on prend leurs
lectures micrométriques R
1
et R
2
.
. On reporte au dessus de R
1
la
distance égale à R
2
- R
1
. On définit
ainsi la lecture initiale R
0
= R
1
- (R
2
-
R
1
).
Fig. 6.17: Méthode de Casagrande pour le
calcul de C
v

. On recommence le procédé pour
plusieurs valeurs de t
1
pour obtenir une valeur moyenne de R
0
aussi exacte que
possible : R
0
= R
2
- (R
3
- R
2
).
. On calcul alors R
50
= (R
0
+ R
100
) / 2, d’où l’on détermine t
50
(R
50
).
. On calcul C
v
d’après (6.19) dans laquelle on prendra

P
1

R
0,15 d
R
90

(t
90
)
1/2

d
R
0

d
1
d
2

(t)
1/2

T = 0,197 et t = t
50
(associés à U
moy
= 50%).
H
dr
= (H
dr
)
moy
= H
moy
/2, où H
moy
= (H
0
+ H
f
) / 2

6.9.2 Méthode de Taylor
On considère l’espace R( t ). La méthode
consiste à déterminer R
90
et t
90
correspondant à
90 % de consolidation. Pour cela, on suit les
étapes ci-dessous (Fig. 6.18):

. On trace la droite d
1
tangente à la partie initiale
de la courbe R( t ).
. L’intersection de la droite d
1
avec l’axe R
donne R
0
.
. A partir de R
0
, on trace une deuxième droite d
2

dont les abscisses sont égales à 1,15 fois les
abscisses de d
1
.
. L’intersection de la droite d
2
avec la courbe
correspond à P
1
(R
90
, t
90
).
. On applique la formule (6.19) en utilisant t
90
et
T = 0,848 associés à U
moy
= 90%,
Fig. 6.18: Méthode de Taylor pour
le calcul de C
v

H
dr
= (H
dr
)
moy
.

Généralement, cette méthode donne des valeurs de C
v
légèrement supérieures aux
valeurs données par la méthode de Casagrande.
93
Eléments de Mécanique des Sols

6.10 Détermination du coefficient de perméabilité

Lors d’un essai oedométrique, connaissant C
v
, on calcule le coefficient de
perméabilité k à partir de (6.18) soit :

e
1
a C
k
0
v
w
v
+
γ
= (6.30)


6.11 Evaluation de la compression secondaire

6.11.1 Définitions

La compression secondaire est le changement de volume qui se produit au delà
de la consolidation primaire. Elle se produit sous une contrainte effective constante,
c.à.d après que toutes les pressions interstitielles en excès soient dissipées. Il s’agit
donc d’un phénomène de fluage. Sur le terrain, il est impossible de départager le
tassement de consolidation primaire de la compression secondaire. Dans la zone de
compression secondaire, on définit l’indice de compression secondaire C
α
par :

t log
e
C


=
α
(6.31)

où ∆e est la variation de l’indice des vides pendant l’intervalle ∆t.

et l’indice de compression secondaire modifié C
αe
par :

e
1
C
C
p
e
+
=
α
α
(6.32)

où e
p
est l’indice des vides au début de la portion linéaire de la courbe e(log(t)), c.à.d.
l’indice des vides à la fin de la consolidation primaire.

6.11.2 Hypothèses

On admet les hypothèses suivantes :
. C
α
est indépendant du temps.
. C
α
est indépendant de l’épaisseur de la couche de sol.
. C
α
est indépendant du rapport d’incrémentation de la charge.
. le rapport C
α
/C
c
est à peu près constant pour un grand nombre d’argile normalement
consolidées dans la gamme des contraintes que l’on rencontre dans les applications
courantes. (la valeur moyenne de C
α
/C
c
est de l’ordre de 0,05).

6.11.3 Calcul du tassement secondaire

On peut utiliser l’équation de base

94
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
H
e
1
e
S 0
0
s
+

= (6.33)

dans laquelle on prendra

∆e = C
α
∆(logt). H
0
= H
i
- S
i
- S
c
la hauteur de la couche à la fin de la consolidation
primaire. H
i
étant l’épaisseur initiale de la couche, S
i
est le tassement instantané, S
c
est
le tassement de consolidation. e
0
= e
p
est relatif à la fin de la consolidation primaire

Exemple 6.7

Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de
charge de 40 à 80 kPa. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et
qu’il se produit au terme d’une période de 25 ans. L’épaisseur de la couche
compressible est de 10 m. L’indice des vides initial est de 2,855. La hauteur initiale de
l’échantillon est égale à 25,4 mm. La lecture micrométrique initiale est de 12,7 mm.
On suppose que la vitesse de
déformation de l’échantillon de laboratoire est à
peu près la même que celle du dépôt
compressible. Calculer le tassement secondaire
qui se produira entre 25 et 50 ans
t [min] R [mm]
initiale 12,7
0 11,224
0,1 11,151
0,25 11,123
0,5 11,082
1,0 11,019
1,8 10,942
3,0 10,859
6 10,711
10 10,566
16 10,401
30 10,180
60 9,919
100 9,769
180 9,614
300 9,489
520 9,373
1350 9,223
1800 9,172
2850 9,116
4290 9,053


6.12 Tassements admissibles et précautions à
adopter

Les tassements uniformes ne sont pas en
général préjudiciables. Par contre, les
tassements différentiels peuvent provoquer des
désordres graves : dislocation de maçonnerie,
fissures dans les bétons, rotation d’ensemble
..etc. Les tassements uniformes ou absolus sont
considérés admissibles lorsqu’ils peuvent être
absorbés sans inconvénient par la structure.
Ceci peut être réalisé par des constructions très
souples ou des constructions très rigides. Pour
les constructions courantes, on limite les
tassements différentiels S
d
aux valeurs
suivantes :
Exemple 6.7


armé béton en structures les pour
) armé béton le que le adaptab plus ( maçonnerie la pour
1000
L
600
L
Sd





≤ (6.34)

L étant la portée séparant deux appuis pour lesquels on effectue le calcul.
95
Eléments de Mécanique des Sols

Les précautions à adopter visent à minimiser autant que possible les tassements tout
en prenant garde des sols gonflants. De point de vue réglementaire, il existe des
normes précisant les valeurs limites des tassements (Tab. 6.2).


Type de mouvement Condition Tassement maximal
drainage correcte 15 à 30 cm
facilité d'accès 30 à 60 cm
Tas. uniforme sous mur en maçonnerie 2 à 5 cm
Tas. uniforme sous poutraison 5 à 10 cm
Tassement total
Tas. uniforme sous silos, cheminée, radier 8 à 30 cm
stabilité de cheminée et tour 0,004 B
circulation d'engin 0,01 L
stabilité d'empilage 0,01 L
stabilité de machine à tisser 0,003 L
stabilité de turbo-générateur 0,0002 L
Stabilité de grue sur rail 0,003 L
Renversement
Ecoulement de l'eau dans les étages 0,01 à 0,02 L
parer à la fissuration de mur de brique 0,0005 à 0,001 L
parer à la fissuration de poutre en B.A. 0,0025 à 0,004 L
parer à la fissuration de voile en B.A. 0,003 L
parer à la fissuration de poutre continue en acier 0,002 L
Tassement
parer à la fissuration de poutre simple en acier 0,005 L

Tab. 6.2: Tassements admissibles (d'après Costet et Sanglerat)

96
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Exercices du chapitre 6

Tassement, compressibilité et consolidation

Exercice 1 :
Pendant un essai de consolidation sur une
argile non remaniée, nous avons obtenu les
données ci-contre.
Pression [kPa] Indice des vides
20 0,953
40 0,948
80 0,938
160 0,920
320 0,878
640 0,789
1280 0,691
320 0,719
80 0,754
20 0,791
0 0,890
a. tracer le graphique de la pression en
fonction de l'indice des vides sur une échelle
semi-logarithmique et sur une échelle
arithmétique.
b. Formuler les équations de la courbe de
compression vierge et de la courbe de
rebondissement pour un déchargement
commençant à 1280 kPa.
c. Quels sont les indices de compression
modifié et de rebondissement de ce sol.
d. Evaluer la contrainte à laquelle cette argile a été préconsolidée.

Exercice 2
Pendant un essai de consolidation, nous avons
relevé les mesures (e, σ'
vc
) portées sur le
tableau ci-contre. L’indice des vides initial est
de 0,725. La contrainte due au poids des terres
est de 130 kPa.
e '
vc σ [kPa]
0,708 25
0,691 50
0,670 100
0,632 200
0,635 100
0,650 25
0,642 50
0,623 200
0,574 400
0,510 800
0,445 1600
0,460 400
0,492 100
0,530 25

1. Construire la courbe de compressibilité du
type e (log σ'
vc
).

2. Estimer le rapport de surconsolidation.

3. Déterminer l'indice de compression et
l'indice de recompression pour le sol en place.

4. Sachant que cet essai est représentatif
d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur,
déterminer le tassement de consolidation
pour une contrainte supplémentaire de
220 kPa.


Exercice 3 :
On doit construire un édifice sur une couche de 6 m d'argile qui présente les
caractéristiques suivantes: e
0
= 0,96; C
c
=0,22. La contrainte moyenne actuelle due au
poids des terres est de 120 kPa. La contrainte moyenne dans l'argile, après la
construction de l'édifice, sera de 270 kPa. On suppose que le sol est normalement
97
Eléments de Mécanique des Sols

consolidé. On suppose que la contrainte moyenne due à l'édifice ne varie pas avec la
profondeur.
a. Evaluer le tassement instantané de la couche d'argile sous la charge de l'édifice
pour une semelle carrée de côté b = 1m. Le module de Young est E = 200 kPa.
b. Evaluer le tassement de consolidation de la couche d'argile produit par la charge
de l'édifice.

Exercice 4 :
Le facteur temps pour une argile en voie de consolidation est de 0,2.
a. Quel est le degré de consolidation à z/H
dr
égale respectivement 0,25 0,5 et 0,75.
b. Quel est le pourcentage de consolidation moyen de la couche drainée aux deux
extrémités.

Exercice 5 :
Sachant qu'on prévoit un tassement total de consolidation de 1 m pour la couche du
problème 3, évaluer le tassement qui s'est produit lorsque le facteur temps était de 0,2
et de 0,7.

Exercice 6 :
Si la couche d'argile de l'exercice 3 avait présenté un drainage simple, les valeurs
calculées pour U
z
auraient-elles été différentes. Dans l'affirmative, de quel ordre serait
cette différence.

Exercice 7 :
Porter sur un graphique la pression interstitielle en excès en fonction de la profondeur,
en considérant un drainage simple. Supposer que l'argile repose sur un schiste
imperméable.

Exercice 8 :
A partir du sol et des conditions de chargement indiqués aux exercices 3 et 4, calculer
le délai nécessaire pour obtenir un tassement de 0,1 0,25 et 0,4 m respectivement en
tenant compte d'un drainage simple et d'un drainage double.


Exercice 9 :
En se servant de la solution de l'équation de consolidation donnée sous forme de
séries, calculer au dixième près le pourcentage de consolidation moyen U
correspondant à des facteurs temps égales à 0,2 0,5 et 0,9 respectivement, et pour un
facteur temps tendant vers l'infini. Vérifier les calculs à l'aide des équations T(U)
données par Casagrande et Taylor.

Exercice 10 :
Un dépôt d'argile a 12 m d'épaisseur moyenne et semble drainé à sa base. Le
coefficient de consolidation de l'argile a été estimé à 10
-8
m
2
/s. Le tassement final est
estimé à 1,2 m sous les charges appliquées sur le terrain.
a. Combien de temps serait nécessaire pour obtenir des tassements de 400 et 700
mm.
b. Quel tassement pourrait-on prévoir après 5 10 et 50 ans.
98
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
c. Combien de temps sera nécessaire pour atteindre le tassement final de 1,2 m.

Exercice 11 :
Les données relatives à la vitesse de
consolidation présentées ci-contre correspondent
à l'incrément de charge de 20 à 40 kPa. La
hauteur initiale de l'échantillon est de 25,4 mm et
on a placé des pierres poreuses dans les parties
supérieure et inférieure de l'appareil d'essai.
Temps [mn] Lecture micro-
métrique [mm]
0 4,041
0,1 3,927
0,25 3,879
0,5 3,830
1 3,757
2 3,650
4 3,495
8 3,282
15 3,035
30 2,766
60 2,550
120 2,423
240 2,276
505 2,184
1485 2,040
Déterminer le coefficient de consolidation par les
méthodes relatives aux courbes log(t) et (t)
1/2
respectivement. Comparer les résultats obtenus
par les deux méthodes.


Exercice 12 :
A l'aide des données de l'exercice 10, estimer
l'indice de compression secondaire et l'indice de
compression secondaire modifié, sachant que:

e
0
= 2,6 H
0
= 25,4 mm ρ
s
= 2750 Kg/m
3

à t = 0, e = 1,74 H = 19,28 mm
à t = 1485 mn, e = 1,455 H = 17,28 mm

Exercice 13 :
Une couche d'argile normalement consolidée de 20 m d'épaisseur supportera une
charge de 100 kPa répartie sur une grande surface. La couche d'argile est recouverte
d'un remblai granulaire (ρ = 2000 Kg/m
3
) de 3 m d'épaisseur. Sous l'argile, on trouve
un gravier sableux dense. La nappe phréatique se situe à la limite supérieure de la
couche d'argile dont la masse volumique déjaugée est de 900 Kg/m
3
. On a effectué
des essais de consolidation sur des échantillons de 22 mm d'épaisseur, à double
drainage et on a obtenu t
50
= 9 mn pour un incrément de charge similaire à celui qui
sera appliqué sur le terrain.
Calculer la contrainte effective à une profondeur de 18 m sous la surface, 4 ans après
la mise en place de la charge.

Exercice 14 :
A l'aide des données de l'exercice 12, déterminer le pourcentage de consolidation
moyen de la couche d'argile après 4 ans.

Exercice 15 :
A l'aide des données de l'exercice 12, calculer la contrainte effective à une profondeur
de 18 m sous la surface, 4 ans après la mise en place de la charge, en supposant cette
fois que la couche est à drainage simple vers le haut. Commenter.

Exercice 16 :
Déterminer le coefficient de perméabilité moyen de l'argile, corrigé à 20 °C et mesuré
pendant l'incrément suivant:
99
Eléments de Mécanique des Sols


σ
1
= 150 kPa, e
1
= 1,3
σ
2
= 300 kPa, e
2
= 1,18
hauteur de l'échantillon = 20 mm
double drainage
temps pour atteindre 50 % de consolidation = 20 mn
température ambiante = 23 °C

Exercice 17
Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de charge
de 40 à 80 kPa. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et qu’il
se produit au terme d’une période de 25 ans. L’épaisseur de la couche compressible est
de 10 m. L’indice des vides initial est de 2,855. La hauteur initiale de l’échantillon est
égale à 25,4 mm. La lecture micrométrique initiale est de 12,7 mm.
On suppose que la vitesse de
déformation de l’échantillon de laboratoire est à
peu près la même que celle du dépôt
compressible. Calculer le tassement secondaire
qui se produira entre 25 et 50 ans
t [min] R [mm]
initiale 12,7
0 11,224
0,1 11,151
0,25 11,123
0,5 11,082
1,0 11,019
1,8 10,942
3,0 10,859
6 10,711
10 10,566
16 10,401
30 10,180
60 9,919
100 9,769
180 9,614
300 9,489
520 9,373
1350 9,223
1800 9,172
2850 9,116
4290 9,053

Chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus


7.1 Introduction: mécanique des milieux continus
7.2. Les forces
7.3 Champ de contrainte
7.3.1 Postulat d'Euler Cauchy
7.3.2 Vecteur de contrainte
7.3.3 Tenseur de contrainte
7.4 Propriétés du tenseur de contrainte
7.4.1 Equation d'équilibre
7.4.2 Conditions aux limites
7.4.3 Symétrie
7.4.4 Rotation des axes
7.4.5 Contraintes principales
7.4.6 Invariants
7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique
7.4.8 Convention de signe en mécanique des sols
7.4.9 Etat plan de contrainte
7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques
7.5 Cercle de Mohr
7.5.1 Construction directe
7.5.2 Construction inverse
7.5.3 Pôle des faces
7.5.4 Tricercle de Mohr
7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes
7.5.6 Ellipsoide de contrainte
7.6 Champ de déformation.
7.6.1 Mouvement, déplacement et déformation
7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale
7.7 Propriétés du tenseur de déformation
7.7.1 Conditions de compatibilité
7.7.2 Conditions aux limites
7.7.3 Dilatation volumique
7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques
7.8 Relation contrainte-déformation.
7.8.1 Position du problème de mécanique des solides
7.8.2 Bilan des équations et des inconnues
7.8.3 Résolution
7.8.4 Lois constitutives
7.8.5 Elasticité linéaire
7.8.6 Autres lois constitutives
7.9 Critères de plasticité
7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques





Chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus



7.1 Introduction: mécanique des milieux continus

La mécanique des solides a pour objectif d’étudier de manière mathématique
rigoureuse le comportement des solides, essentiellement le comportement mécanique,
c.à.d : la réponse des solides aux sollicitations extérieures. Cette réponse est
caractérisée par la transmission des efforts à l’intérieur du solide, les déplacements
des points du solide et la déformation de la matière. Les solides sont donc
déformables, ce qui différencie essentiellement cette science de la mécanique
rationnelle qui étudie le mouvement des solides rigides. La mécanique des solides est
une science très vaste. Une hypothèse usuelle est d’admettre que le solide est continu.
On se limite alors au point de vue macroscopique et on parle de mécanique des
milieux continus. Cette branche s’applique d’ailleurs aussi bien aux fluides qu’aux
solides, la distinction étant souvent délicate. Donc cette science ignore le détail de la
structure moléculaire ou atomique de la matière, qu’elle suppose uniformément
répartie dans l’espace.
On peut diviser en quatre catégories les disciplines de la mécanique des
milieux continus permettant d’aboutir à un ensemble complet d’équations rendant en
principe possible la résolution de tout problème :

. Cinématique
Elle étudie le mouvement du solide en terme de déplacement, vitesse,
déformation,…et fournit des relations à caractère géométrique.

. Mécanique
C’est l’étude des forces (gravitationnelle, électromagnétique,…) où s’introduit
le concept très important de la contrainte.

. Lois de la physique
Essentiellement mécanique et thermodynamique : équilibre, lois de Newton,
conservation de l'énergie, conservation de la matière.

. Lois constitutives
Ce sont les lois caractérisant le comportement physique de la matière, et
reliant les variables des trois disciplines précédentes

Dans ce chapitre, nous présenterons les éléments de base de la mécanique des
milieux continus en vue de l'appliquer en mécanique des sols. Nous établissons les
équations de la théorie de l’élasticité qui caractérise le comportement le plus simple
des milieux continus.
101
Eléments de Mécanique des Sols


7.2 Les forces

En mécanique des milieux continus on
distingue deux types de forces extérieures (Fig.
7.1):

7.2.1 Les forces de volume
Elles agissent sur les éléments de
volume du corps, telles les forces
gravitationnelles, électromagnétiques,
d’inertie. On désignera par F
i
(i=1,2,3) les
composantes de ces forces par unité de
volume.
p
r
d = dV F
r
F
v
dV
= p
r
d A d T
v

dA
T
v
Fig. 7.1: : Types des forces extérieures

7.2.2 Les forces de surface (ou traction)
Ce sont les forces de contact superficielles, agissant sur la surface libre
limitant le corps, telle la pression atmosphérique. On désignera par T
i
(i=1,2,3) les
composantes de ces forces par unité de surface.


7.3 Champ de contrainte

7.3.1 Postulat d'Euler-Cauchy
Sur toute surface de coupe dans un
solide, il existe un champ de vecteurs
contrainte t de nature semblable aux tractions
de surface, tel que l’ensemble des forces
élémentaires de contact tdA assure la
transmission globale des forces s’exerçant
entre les deux fragments (Fig. 7.2). Cette
définition exprime le principe des contraintes
d’Euler et Cauchy.

dA
n
r
t
r
σ
τ
Fig. 7.2 : vecteur contrainte
7.3.2 Vecteur de contrainte
Si n est la normale unitaire extérieure à la facette élémentaire dA (Fig. 7.2), les
composantes de t sur cette normale, et sur le plan de dA sont dites contrainte normale
σ et contrainte tangentielle τ et constituent les composantes du vecteur contrainte dans
le repère local propre à la facette. Comme tout autre vecteur, nous pouvons
décomposer le vecteur contrainte dans un repère quelconque dans l'espace.

7.3.3 Tenseur de contrainte
Le vecteur contrainte t varie certes d’un point à l’autre du corps, mais, en un
point donné, il varie également avec l’orientation de dA. On dit que t est conjugué ou
associé à dA ou à n. Par conséquent, l’état de contrainte en un point d’un corps n’est
pas défini par un seul vecteur contrainte. Puisque cet état doit être invariant pour
l’observateur, l’état de contrainte n’est pas donc une grandeur vectorielle, mais d’un
niveau supérieur. Les formules fondamentales de Cauchy

102
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
t
i
= σ
ij
n
j
(7.1)

montrent que l’état de contraintes en un point (c.à.d le vecteur contrainte t sur une
facette d’orientation quelconque n) est entièrement défini par la connaissance des
composantes de vecteurs contrainte agissant sur trois plans deux-à-deux orthogonaux
en ce point. On groupe les neuf composantes des trois vecteurs dans une matrice notée
σ
ij
ou σ:

σ = (σ
ij
) = = (7.2)

σ σ σ
σ σ σ
σ σ σ
33 32 31
23 22 21
13 12 11

zz zy zx
yz yy yx
xz xy xx
σ τ τ
τ σ τ
τ τ σ


7.4 Propriétés du tenseur de contrainte

7.4.1 Equation d'équilibre
Il existe trois équations différentielles expriment l’équilibre d'un volume
infinitésimal d'un solide. On peut les trouver sous l'écriture :

σ
ij,j
+ F
i
= 0 dans V

soit, (7.3)

div(σ) + F = 0 dans V

où F représente les forces de volume.

Exemple 7.1
En absence des forces de volume, vérifier si le champ de contrainte suivant satisfait
les équations d'équilibre.

σ
11
= y
2
+ ν (x
2
– y
2
); σ
12
= -2 ν xy; σ
13
= 0
σ
22
= x
2
+ ν (y
2
– x
2
); σ
23
= 0
σ
33
= ν (x
2
+ y
2
)

7.4.2 Conditions aux limites
En chaque point de la surface limitant le milieu continu étudié (Fig. 7.1,2), les
tractions de surface T
i
dA doivent faire équilibre aux forces de contact t
i
dA, ce qui
donne :

T
i
= σ
ij
n
j
sur dV

(7.4)

où n est le vecteur unitaire normal à la surface extérieure dV. Ces équations
expriment les conditions à la surface ou conditions aux limites. On dit aussi qu’elles
représentent les équations d’équilibre en surface.

7.4.3 Symétrie
on démontre l’équation :

103
Eléments de Mécanique des Sols
σ
ij =
σ
ji
(7.5)

Alors, le tenseur de contrainte σ
ij
est symétrique. Par suite, l’état de contrainte en un
point d’un milieu continu ne dépend plus que de six composantes :

σ
11
, σ
12
, σ
13
, σ
22
, σ
23
, σ
33


7.4.4 Rotation des axes
Lorsque les coordonnées (x,y,z) et (x',y',z') d’un point quelconque dans deux repères
différents sont liées par :

x' = C x (7.6)

où C
ij
désigne le cosinus directeur de l’angle de l’axe x'
i
par rapport à l’axe x
j
, le
tenseur de contrainte σ' dans le repère (X',Y',Z') s’obtient par la loi de transformation
des tenseurs d'ordre 2 :

σ' = C σ C
T
(7.7)

Exemple 7.2
L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur ci-
contre. Pendant une rotation des axes, les vecteurs unitaires
du nouveau repère sont donnés par:


= σ
1 0 3
0 0 4
3 4 2

e'
1
= (1/3) (2e
1
+ 2e
2
+ e
3
)
e'
2
= (1/√2) (e
1
- e
2
)
trouver le tenseur de contrainte dans le nouveau repère.

7.4.5 Contraintes principales
Pour l'état de contrainte en un point donné, il existe certaines facettes sur
lesquelles le vecteur contrainte t est purement normal , c.à.d que les contraintes
tangentielles sont nulles. Le tenseur de contrainte devient une matrice diagonale. Ses
composantes sont appelés contraintes principales. On les calcule par la résolution du
problème aux valeurs propres λ, et des vecteurs propres n:


ij
- λ δ
ij
) n
j
= 0 (7.8)

δ
ij
étant le symbole de Kronecker.

Exemple 7.3
Calculer les contraintes principales du tenseur de contrainte:

= σ
0 0 0
0 3 , 0 75 , 4
0 75 , 4 65 , 7

7.4.6 Invariants
Ce sont les coefficients de l'équation caractéristique qui
représente le développement du problème ci-dessus (7.8):

(7.9) 0 I I I
3 2
2
1
3
= + λ − λ + λ −
σ σ σ

Ils sont donnés par les relations suivantes
104
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

) ( tr I
1
σ =
σ
| | { } ) ( tr ) ( tr
2
1
I
2 2
2
σ σ − =
σ
(7.10)
) det( I
3
σ =
σ

En notation indicielle ils s’écrivent :

σ =
σ
1
I
ii

=
σ
2
I
2
1

ii
σ
jj
– σ
ij
σ
ij
] (7.11)
det(σ =
σ
3
I
ij
)

Exemple 7.4
Déterminer les invariants du tenseur de contrainte de l'exemple 7.3

7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique
On appelle contrainte normale moyenne la quantité :


3
1
I
3
1
1 m
= = σ
σ

xx
+ σ
yy
+ σ
zz
) (7.12)

qui est un invariant. On peut alors écrire le tenseur de contrainte σ en la somme de
deux tenseurs :

σ
ij
= σ
m
δ
ij
+ S
ij
(7.13)

δ
ij
étant le symbole de Kronecker. Le premier tenseur σ
m
δ
ij
où toutes les contraintes
normales sont égales et les contraintes tangentielles nulles caractérise un état de
contrainte hydrostatique ou sphérique. Le second tenseur dit tenseur déviateur s’écrit :

S
ij
= σ
ij
- σ
m
δ
ij
(7.14)

Exemple 7.5
Calculer le tenseur sphérique et le tenseur déviatorique de l'état de contrainte de
l'exemple 7.3

7.4.8 Convention de signe
En mécanique des sols et géotechnique, on considère positive les contraintes de
compression.

7.4.9 Etat plan de contrainte
Il y a un état plan de contrainte en un point, quand le vecteur contrainte est situé
toujours dans un même plan, quelle que soit la facette considéré. Soit OXY ce plan,
alors :

σ
zz
= 0 ; σ
xz
= σ
zx
= 0 ; σ
yz
= σ
zy
= 0

105
Eléments de Mécanique des Sols
d’où

(7.15)

σ σ
σ σ
= σ
0 0 0
0
0
yy yx
xy xx

Toutes les équations établies précédemment restent valables pour l’état plan : il
suffit de faire varier les indices de 1 à 2 ou de supprimer toute quantité où intervient
l’indice 3 ou z.

7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées cylindriques
Le système d’équations différentielles exprimant l’équilibre de l’élément de volume
s'écrit sous la forme:

0 F ) (
r
1
z r
1
r
r rr
rz r rr
= + σ − σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θθ
θ


0 F
r
2
z r
1
r
r
z r
= + σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θ θ
θ θθ θ
(7.16)

0 F
r
1
z r
1
r
z zr
zz z zr
= + σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θ


où F
r
, F
θ
et F
z
sont les composantes de la force de volume.


7.5 Cercle de Mohr

7.5.1 Construction directe
α
σ
1

σ
α
τ
σ
2

B
A
O
n
t
y'
x'
X
2

X
1

Supposons connues les contraintes et les
directions principales d’un état plan de contrainte.
On désire trouver les composantes σ et τ du
vecteur contrainte t agissant sur une facette
d’orientation quelconque. Considérons les axes
principaux x
1
et x
2
comme des axes de référence
(Fig. 7.3). La normale de la facette oblique fait un
angle α avec les axes principaux. Soient x' et y'
des axes locaux attachés à la facette obtenus par
une rotation d’angle α à partir des axes
principaux x
1
et x
2
. Le tenseur de contrainte dans
le repère x' y' s’obtient à partir du tenseur de
contrainte dans le repère x
1
x
2
par la
transformation :
Fig. 7.3: Construction directe

σ' = C σ C
T


où la matrice de passage vaut dans ce cas :

106
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus


(7.17)

α α −
α α
=
) cos( ) sin(
) sin( ) cos(
c
d’où

) ( sin ) ( cos
2
2
2
1 11
α σ + α σ = σ′ = σ
) sin( ) cos( ) (
1 2 12
α α σ − σ = σ′ = τ

Eliminant α entre les deux équations, on trouve :

) 2 cos(
2 2
2 1 2 1
α
σ − σ
+
σ + σ
= σ
) 2 sin(
2
2 1
α
σ − σ
− = τ

Posons


2
a
2 1
σ + σ
= et
2
r
2 1
σ − σ
= (7.18)

Alors on écrit :

et (7.19) ) 2 cos( r a α = − σ ) 2 sin( r α = τ −

soit

(σ - a)
2
+ τ
2
= r
2


Dans un système d’axes (σ, -τ) cette
équation est celle d’un cercle de rayon r
centré sur l’axe des σ à l’abscisse a (Fig.
7.4). Ce cercle dit cercle de Mohr, permet
une représentation graphique de l’état de
contrainte. Il a les propriétés suivantes :

a
r
σ
σ
2
σ
1

σ


1. Lorsqu’une facette tourne d’un angle
α par rapport aux directions
principales, elle tourne de 2α dans le
cercle de Mohr. Il en découle que
deux facettes perpendiculaires sont
représentées par deux points
diamétralement opposés.
τ
Fig. 7.4: Cercle de Mohr
2. La contrainte tangentielle maximale
est donnée par :

107
Eléments de Mécanique des Sols

2
2 1
max
σ − σ
± = τ (7.20)

Elle se produit sur des facettes inclinées de
4
π
± par rapport aux facettes principales.

Exemple 7.6
Soit l'état de contrainte représenté ci-contre (en kPa). Représenter les
vecteurs contrainte agissant sur l'élément. Déterminer l'état de
contrainte sur le plan faisant un angle de 26° par rapport à
l'horizontale. Calculer la contrainte tangentielle maximale et le plan sur lequel elle
agit.


= σ
2 0
0 10

7.5.2 Construction inverse
τ
τ
xy

α
σ
xx

σ
α
τ
σ
yy

B
A
O
n
y'
x'
Y
X
Supposons connu l’état plan de contrainte
en un point O. Cet état est donné par les
composantes σ
xx
, σ
yy
et σ
xy
agissant sur deux
facettes orthogonales (Fig. 7.5). On désire trouver
graphiquement les contraintes et les directions
principales : σ
1
, σ
2
et α
1
, α
2
ainsi que les
contraintes σ et τ agissant sur une facette
d’orientation quelconque α. Graphiquement on
obtient ces informations par le cercle de
Mohr (Fig. 7.6):

1. On construit un système d’axes (σ, -τ).
Fig. 7.5: Problème inverse
2. Sur l’axe des σ on porte d’abord les points
a(σ
xx
, 0) et b(σ
yy
, 0). Le centre O du cercle
sera le milieu de ab.
x(σ
xx

xy
)
σ
2





2

σ
1

σ
τ
y(σ
yy
,-τ
xy
)
c(σ,τ)

1

3. On porte τ
xy
au droit de a ce qui donne le
point x(σ
xx
, τ
xy
). Le rayon du cercle est la
droite Ox. Le point x est représentatif de la
facette origine x, de sorte que le rayon Ox
sert d’origine pour mesurer les angles.
4. Le cercle coupe l’axe des σ aux points A et B
qui donnent les contraintes et les directions
principales σ
1
, α
1
et σ
2
, α
2
.
5. En portant l’angle 2α, on obtient le point c(σ,
τ) représentatif d’une facette d’orientation α.
Fig. 7.6: Construction inverse

Exemple 7.7

= σ
3 , 0 75 , 4
75 , 4 65 , 7
L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur ci-
contre (en kPa). Trouver les contraintes principales et leurs
directions par rapport à l'horizontale.

7.5.3 Pôle des faces
Le processus analytique de calcul de l'état de contrainte pour une orientation
donnée est souvent fastidieux à cause des angles doubles. On lui préfère une
construction graphique basée sur un point unique sur le cercle de Mohr, appelé pôle
108
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
ou origine des plans. Toute droite passant par le pôle coupe le cercle de Mohr en un
point qui définit l'état des contraintes sur un plan dont l'inclinaison est la même que
celle de la droite. Cela permet de déterminer le pôle lorsque l'état de contrainte est
connu et inversement, déterminer l'état de contrainte pour une orientation quelconque
lorsque le pôle est connu.
[kPa]
20°
π
h

2
2
10
Exemple 7.8
Trouver le pôle des facettes dans l'état de contrainte ci-
contre. Trouver 'état de contrainte sur la facette
horizontale.

7.5.4 Tricercle de Mohr
Exemple 7.8
Les composantes σ et τ du vecteur
contrainte agissant sur une facette d’inclinaison
quelconque sont les coordonnées d’un point P
situé dans l’aire hachuré de la représentation
graphique ci-contre (Fig. 7.7), dite tricercle de
Mohr. On déduit du tricercle que la contrainte
tangentielle maximale est représentée par le
rayon du plus grand des trois cercles :

σ
3

C
σ
2

B
σ
1

A
P(σ, τ)
σ


2
2 1
max
σ − σ
± = τ (7.21)

Fig. 7.7: Tricercle de Mohr
Elle agit sur les facettes contenant l’axe principal
x
2
et bissectrice des axes x
1
et x
3
.


7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes

σ
σ
1

σ
σ

σ
σ
σ
σ
1
= σ
2
= σ
σ
2

σ
2
σ
2

σ

Fig. 7.9: Traction pure
σ
1

σ
1

Fig. 7.8: Compression pure

7.5.5.1 Compression pure (Fig. 7.8)

σ
=
0 0
0
1
σ

7.5.5.2 Traction pure (Fig. 7.9)

σ
=
2
0
0 0
σ

7.5.5.3 Etat hydrostatique de
compression (Fig. 7.10)

où σ > 0

σ
σ
=
0
0
σ

Fig. 7.10: Etat hydrostatique de
compression
109
Eléments de Mécanique des Sols


7.5.5.4 Etat hydrostatique de traction (Fig. 7.11)

σ
σ
σ
σ
σ
1
= σ
2
= σ

σ
où σ > 0

σ −
σ −
=
0
0
σ

7.5.5.5 Cisaillement pure (Fig. 7.12)

Fig. 7.11: Etat hydrostatique de
traction
où σ > 0

σ −
σ
=
0
0
σ

σ
σ
σ
σ
σ
1
= σ σ
2
= - σ


7.5.6 Ellipsoïde de contrainte
En un point P d’un solide, à chaque
orientation de la facette correspond le
vecteur contrainte :
Fig. 7.12: Cisaillement pure
t = σ n

où n est le vecteur unitaire normal à la facette. Soient t
x
, t
y
et t
z
les composantes du
vecteur contrainte t et k, l, m les cosinus directeurs de n dans le repère des contraintes
principales. Dans ce repère, l’expression ci-dessus donne :

t
x
= σ
1
k ; t
y
= σ
2
l ; t
z
= σ
3
m (7.22)

avec

k
2
+ l
2
+ m
2
= 1 (7.23)

soit

1
t
t
t
2
3
z
2
2
y
2
1
x
=
|
|
.
|

\
|
σ
+
|
|
.
|

\
|
σ
+
|
|
.
|

\
|
σ
(7.24)

C’est l’équation d’un ellipsoïde nommé ellipsoïde des contraintes au point P.
Elle signifie que pour tout plan d’inclinaison quelconque passant par P, le lieu
géométrique des extrémités de tous les vecteurs contraintes t obtenus lorsque
l’orientation de la facette varie, est la surface de l’ellipsoïde représentée par l’équation
(7.23). Les demi-axes de cette ellipsoïde sont les contraintes principales au point P.


7.6 Champ de déformation

7.6.1 Mouvement, déplacement, déformation
On appelle mouvement d'un solide, son changement de configuration exprimé par la
transformation:
110
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

x'(x) (7.25)
où x' sont les coordonnées d'un point
quelconque dans la configuration finale, x
étant les coordonnées du même point dans la
configuration initiale. Alors le déplacement
d'un point P du solide, est le vecteur u défini
par (Fig. 7.13):

u = pp' = op' – op = x' – x (7.26)

La déformation est une mesure du
déplacement relatif entre les différents
points du solide. Généralement, on l'associe
à la variation du carré de la distance entre
deux points infiniment voisin.
C'
ds'
q'
p'
ds
q
p
u
x
3,
x'
3

x
2,
x'
2

x
1,
x'
1

C
Fig. 7.13: Mouvement, déplacement et
déformation

7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale
La définition ci-dessus des déformations, permet d'écrire:

ds'
2
– ds
2
= 2 E
ij
dx
i
dx
j
(7.27)

où ds est la distance infinitésimale entre deux points voisins, E
ij
est le tenseur de
déformation. Il est donné par l'expression:

]
x
u
x
u
x
u
x
u
[
2
1
]
x
x
x
x
[
2
1
E
j
k
i
k
i
j
j
i
ij
j
'
k
i
'
k
ij




+


+


=
δ





= (7.28)

pour les petites transformations, il se réduit au tenseur des déformations
infinitésimales ε
ij
donné par:

]
x
u
x
u
[
2
1
i
j
j
i
ij


+


=
ε
(7.29)

ou sous la forme intrinsèque


ij
= {grad (u) + [grad (u)]
T
}
grad (u) = ∇ u
T
(7.30)
∇ = < ∂/∂x ∂/∂y ∂/∂z >

Exemple 7.9
Calculer le champs de déformation associé au champ de déplacement:
u = < u v w> avec
u = x
2
+y
2
; v = yz; w = xz

7.7 Propriétés du tenseur de déformation
Les propriétés de symétrie, rotation des axes, déformations principales,
invariants, tenseur déviateur et tenseur sphérique, convention de signe, le cercle de
111
Eléments de Mécanique des Sols
Mohr, sont semblables à celles exposées pour le tenseur de contrainte. On se
contentera dans cette section à discuter les propriétés propres au tenseur de
déformation.

7.7.1 Conditions de compatibilité
Les conditions d'existence du champ de déplacement duquel découle le champ de
déformation sont dites équations de compatibilité ou équations de Saint-Venant. Ce
sont les conditions d'intégrabilité du champ de déformation. Physiquement, elles
signifient que le champ de déformation ne peut être arbitraire. Théoriquement, elles
sont au nombre de trois, mais pour simplifier l'écriture, on utilise habituellement six
équations:

0
x x x x x x x x k i
jl
2
l j
ik
2
j i
kl
2
l k
ij
2
=
∂ ∂
ε ∂

∂ ∂
ε ∂

∂ ∂
ε ∂
+
∂ ∂
ε ∂
(7.31)
soit,

0
y
x
2
x y
xy
2
2
yy
2
2
xx
2
=


ε ∂


ε ∂
+

ε ∂

0
z
y
2
y z
yz
2
2
zz
2
2
yy
2
=


ε ∂


ε ∂
+

ε ∂

0
x z
2
z x
zx
2
2
xx
2
2
zz
2
=
∂ ∂
ε ∂


ε ∂
+

ε ∂
(7.32)

0 ]
y x z
[
x z y
zx yz xy
xx
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂

0 ]
z y x
[
y x z
xy zx yz yy
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂

0 ]
x z y
[
z y x
yz xy zx zz
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂


Exemple 7.10
Vérifier les conditions de compatibilité du tenseur de déformation donné par:

ε
xx
= x
2
; ε
xy
= y
2
+ z
2
; ε
xz
= xz
ε
yy
= 0; ε
yz
= x; ε
zz
= y
2


7.7.2 Conditions aux limites
Ce sont les conditions de liaison d'appui. On les exprimes par:

u
i
= ū (7.33)

où ū est le déplacement imposé.

7.7.3 Dilatation volumique
C'est la variation de volume par unité de volume:

112
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
d = (v' – v ) / v = tr(ε) = 3 ε
m
(7.34)

Un milieu continu est dit incompressible quand sa déformation ne s'accompagne
d'aucun changement de volume.

7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques
Il s'exprime par

r
u
rr


=
ε
)
v
u (
r
1
θ ∂

+ =
εθθ

z
w
zz


=
ε

)] v
u
(
r
1
r
v
[
2
1
r

θ ∂

+


=
εθ
)
z
u
r
w
(
2
1
zr


+


=
ε
(7.35)
)
z
v w
r
1
(
2
1
z


+
θ ∂

=
εθ


7.8 Relation contrainte-déformation

7.8.1 Position du problème de mécanique des solides
Soit un solide de volume V, de frontière Γ, soumis à un ensemble de forces
surfaciques T et volumique F
v
(Fig. 7.1). Sur la portion Γ
u
de la surface extérieure, le
champ de déplacement est imposé. Dans la configuration déformée du solide, il
apparaît un champ de déplacement u et un champ de contrainte σ qu'il s'agit de
déterminer en tout point du solide.

7.8.2 Bilan des équations et des inconnues
Dans les sections précédentes, nous avons établi en chaque point :

3 équations d'équilibre (1)
6 équations déformations-déplacement (2)
3 équations de compatibilité (3)

D'autre part, les inconnues du problème sont:

3 composantes de déplacement
6 composantes de déformation
6 composantes de contrainte

Le bilan ci-dessus montre qu'au moins, trois équations supplémentaires sont
nécessaires. Il existe en réalité des équations additionnelles dites lois constitutives ou
lois de comportement qui sont

6 relations contraintes – déformations (4)

Ces équations représentent la réponse du solide aux sollicitations. Une réponse qui
dépend étroitement du matériau constituant le solide. Finalement, on dispose en
chaque point du solide, 18 équations et 15 inconnues. Ainsi, théoriquement, le
problème de mécanique des solides dispose d'une solution.

113
Eléments de Mécanique des Sols

7.8.3 Résolution
Lorsqu'on adopte les contraintes σ et les déformations ε autant qu'inconnues
(au nombre de 12), on utilise les équations (1), (3) et (4). Les déplacements u seront
calculés à posteriori. Si on prend pour inconnue σ, ε et u, on utilise les équations (1),
(2) et (4). Les équations (3) deviennent inutiles. Autrement, il existe une deuxième
alternative à cette formulation mixte. Elle consiste à décrire le problème avec un seul
type d'inconnues cinématiques ε et u ou statiques σ. Lorsque nous exprimons le
problème en contraintes, nous obtenons les équations de Beltrami-Michel:

0
F
1
1
F F
) 1 (
ij l , l i , j j , i ij , ll ij
=
δ
ν −
ν +
ν + + +
σ
+
σ
∆ ν + (7.36)

Lorsque nous exprimons les équations en déplacement, on abouti aux équations de
Navier ou équations de Lamé:

(λ+u) grad (div u) + u ∆u + F = 0 (7.37)

7.8.4 Lois constitutives
Comme il a été dit ci-dessus, ce sont les relations entre contrainte ( au sens
généralisées : contrainte, taux de contrainte, incrément de contrainte,…) et
déformations (au sens généralisées : déformation, taux de déformation, incrément,…).
Elles sont de la forme:

σ
ij
= f(ε
kl
) (7.38)

dont la loi inverse s'écrit

ε
ij
= f(σ
kl
) (7.39)

Lorsque les fonctions f et g sont linéaires, il viendra:

σ
ij
= C
ijkl
ε
kl
(7.40)

ou bien

ε
ij
= D
ijkl
σ
kl
(7.41)

7.8.5 Elasticité linéaire
Dans ce cas les déplacements sont des mouvements relatifs entre les atomes. Les
déformations sont alors réversibles. La plupart des matériaux sont élastiques aux
températures ordinaires lorsque les sollicitations ne sont pas trop élevées. La relation
de comportement est la célèbre loi de Hook. Il s'agit d'une dépendance linéaire entre
les contraintes et les déformations. Lorsque la déformation est instantanément
réversible, le solide est dit parfaitement élastique.

7.8.5.1 A une dimension
Elle est donnée par la relation simple:

σ = E ε et ε = σ / E (7.42)
114
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

où E est le module de Young.

7.8.5.1 A trois dimensions
La généralisation de la loi de Hook pour le problème à trois dimensions s'écrira:

E ε
ij
= (1 + ν) σ
ij
– ν σ
ll
δ
ij
(7.43)

ou

σ
ij
= λ ε
ll
δ
ij
+ 2µ ε
ij
(7.44)

dans lesquelles, E est le module de Young, ν est le coefficient de Poisson, λ et µ sont
les coefficients de Lamé et sont donnés en fonction de E et ν par les relations:

ε
σ
λ = ν E / [(1 + ν) (1 - 2ν)] et

(7.45)
µ = E / [2 (1 + ν)]

Les coefficients E, ν, λ et µ sont des caractéristiques du
matériau, constantes et indépendantes de l'état d'évolution
du matériau. Les relations (7.42-44) sont représentées par
des courbes droites passant par l'origine (Fig. 7.14).
Fig. 7.14: Elasticité linéaire

7.8.6 Autres lois constitutives
Plusieurs types de comportements ne peuvent être décrits par l'élasticité
linéaire. Leurs relations sont plus ou moins complexes et font intervenir la vitesse de
chargement, le temps ainsi que l'histoire de chargement. citons à titre d'illustration
quelques types de comportement.

7.8.6.1 Elasticité non linéaire
σ
ε
La relation contrainte-déformation n'est pas
linéaire, mais les déformations sont réversibles (Fig. 7.15).
Les matériaux hyperélastiques (caoutchouc) sont des
exemples de cette famille de comportement. Un exemple
de lois de comportement est la relation:

T = α
0
I + α
1
B + α
2
B
2
(7.46)

où T représente le tenseur de contrainte de Cauchy, B est
le tenseur de déformation de Cauchy-Green. α
i
sont des
scalaires.
Fig. 7.15: Elasticité non linéaire

7.8.6.2 Comportement Visqueux
C'est le cas de fluides réels (Newtoniens) et des liants bitumineux aux hautes
températures. A une dimension, la contrainte est donné par une relation de la forme

ε η = σ & (7.47)

115
Eléments de Mécanique des Sols
η est dit coefficient de viscosité.

7.8.6.2 Viscoélasticité
Le déplacement est du à la perturbation de la liaison
inter-moléculaire. Les déformations sont réversibles
mais avec un retard (Fig. 7.16). Le domaine
d'application couvre les polymères thermoplastiques au
voisinage des températures de fusion, les polymères
organiques, le caoutchouc, le béton frais sans
vieillissement et les métaux proches de la température
de fusion, le bois sous faible sollicitation. Dans la loi
constitutive apparaît l'influence de la vitesse de
déformation. A une dimension on écrira:
t
t
ε = cte
ε
ε
σ
σ = cte
σ

corps de Maxwell
η
σ
+
σ
= ε
E
&
&
(7.48)
corps de Kelvin ε η + ε = σ & E

7.8.6.3 Plasticité
La plasticité est liée au glissement relatif des cristaux
ou dislocation. Une partie des déformations sont alors
irréversibles et appelés déformations plastiques. La
plasticité intervient pour les sols et les roches dans les
conditions ambiantes, les métaux pour des sollicitations
élevées ou pour des températures pas trop élevées tel
qu'en mise en forme des métaux, aciers à faible teneur
en carbone. La loi constitutive est une loi d'évolution
impliquant les vitesses généralisées. En plasticité
parfaite, le solide reste indéformable jusqu'à un seuil de
contrainte. Au delà de cette limite, la contrainte reste
constante quelque soit le niveau des déformations (Fig.
7.17). Un exemple d'une loi unidimensionnelle de cette
famille s'écrit:
Fig. 7.16: Comportement
visco-élastique
σ
e

ε
σ

| σ | < σ
s
dε = dε
e

Fig. 7.17: Solide rigide-
parfaitement plastique
(dε
e
= 0 pour le solide rigide-plastique)
(7.49)
| σ | = σ
s
dε = dε
e
+ dε
p


σ
e

σ
ε
où σ
s
est un seuil de contrainte, dε
e
est la déformations
élastique, dε
p
est la déformation plastique (irréversible).

7.8.6.4 Elastoplasticité
Le solide a initialement un comportement élastique. Au
delà d'un certain seuil, le comportement devient plastique.
Dans la phase plastique la réponse dépend du matériau :
plasticité parfaite, à écrouissage, avec assouplissement
(Fig. 7.18-20). A titre d'illustration, la loi de
comportement peut s'écrire:
Fig. 7.18: Solide élastique
parfaitement plastique
116
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

f < 0 dε = dε
e

(7.50)
a
a
e
e
ε
σ
e

σ
f = 0 et f dε = dε 0 =
&
e
+ dε
p
,
σ ∂

λ = ε
f
p &
où f est la fonction de charge ou critère de plasticité,
λ est un multiplicateur positif.

7.8.6.5 Viscoplasticité
Les déformations irréversibles et l'effet du temps
(influence de la vitesse de déformation) sont
prépondérants. Le comportement du solide est
traduit par les phénomènes de fluage et relaxation
(Fig. 7.21). Ce comportement intervient aux
températures plus élevées. A titre d'illustration, la loi
suivante appartient à cette famille de comportement:
Fig. 7.19: Solide élastoplastique avec
écrouissage (e) ou assouplissement (a)
ε
σ
σ
e

σ < σ
s
: σ = E ε
corps de Bingham (7.51)
σ ≥ σ
s
:
ε
+
σ
= ε
p
E


où σ
s
est une contrainte seuil, ε
p
est la déformation
plastique. Fig. 7.20: Exemple de
comportement réel
ε
t
σ
t
έ
ε
σ
Fig. 7.21: Comportement élasto-viscoplastique

7.8.6.6 Endommagement, rupture et fissuration
rupture
ε
σ
e

σ
Dans certains matériaux non métalliques n'apparaît pas
des déformations plastiques. La détérioration correspond plutôt
à des décohésions ou microrupture telle que décohésion des
agrégats-liant dans le béton, décohésion fibre-matrice dans les
composites. Dans le milieu continu apparaît de micro-cavité
interne ou des fissurations externes avec concentration de
contraintes. La loi de comportement est semblable à l'élasticité
avec un module de Young dépendant d'une variable décrivant
l'état d'endommagement (Fig. 7.22-24).
Fig. 7.22: comportement
fragile



117
Eléments de Mécanique des Sols


ε
p
≈ 10 à 100 %
ε
ε
σ
σ








Fig. 7.24: Endommagement par
fatigue
Fig. 7.23: Endommagement ductile


7.9 Critères de plasticité
σ
3

σ
2

σ
1

L'écoulement des matériaux aura lieu
quand l'état de contrainte ou de déformation
sort du domaine admissible. Il existe
plusieurs fonctions décrivant les limites de ce
domaine, elles sont appelées critères de
rupture. A titre indicatif, pour les métaux on
utilise les critères de Tresca ou de Von
Mises. Pour les sols, il convient d'utiliser le
critère de Mohr-Coulomb ou le critère de
Drucker-Prager.
Fig. 7.25: Critère de Tresca
7.9.1 Critère de Tresca
C'est un critère de cisaillement. Il est
exprimé sous la forme :

f = sup
i≠j
(| σ
i
– σ
j
|) – σ
s
= 0 (7.52)

Il s'agit de l'équation d'un prisme (Fig.
7.25).

7.9.2 Critère de Von Mises
La plasticité aura lieu quand la contrainte
équivalente atteint le seuil de plasticité σ
s
,

soit:

f = σ
eq
- σ
s
= 0 (7.53)

où σ
eq
est dite contrainte équivalente de Von Mises.
Dans l'espace des contraintes principales, (7.53)
représente l'équation d'un cylindre de rayon égal à
(2/3)
1/2
σ
s
(Fig. 7.26).
τ
φ
c
σ
Fig. 7.26: Critère de Von Misès
σ
1

σ
3

σ
2


7.9.3 Critère de Mohr-Coulomb
C'est un critère de résistance au cisaillement. Il
s'adapte aux matériaux frottants ou granulaires. Dans
Fig. 7.27: Critère de Mohr-Coulomb
118
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
le repère locale, il est exprimé par:

τ = ± (c + σ tg φ) (7.54)

(σ, τ) sont les contraintes dans le repère
local, c est dite cohésion, φ est l'angle de
frottement interne. Le domaine admissible
est représenté ci-contre (Fig. 7.27).



7.9.4 Critère de Drucker-Prager
C'est un critère tridimensionnel caractérisé
par l'influence de la contrainte
hydrostatique:

(1/k
d
) || s || + s
m
tg φ ≤ c (7.55)
σ
3

σ
2

σ
1

Fig. 7.28: Critère de Drucker-Prager

où k
d
est un paramètre, || s || est la norme euclidienne du tenseur déviatorique de
contrainte. s
m
est contrainte moyenne ou hydrostatique. Dans l'espace ((1/k
d
) || s ||, s
m
),
le critère est représenté par un cône d'axe || s || = 0, d'ouverture égale à 2φ, et de
sommet localisé au point (0, c/tg φ ) comme c'est représenté ci-contre (Fig. 7.28).


7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques

L'aspect énergétique des systèmes mécaniques sont des formulations très utiles en
calcul des structures. Ce sont des principes basés sur la notion d'énergie ou du travail
des forces sur les déplacements. Dans ce contexte on classe les matériaux en solide
conservatif c.à.d sans perte d'énergie dans un cycle fermé de transformation, et solide
dissipatif pour lequel, une perte d'énergie aura lieu à cause de phénomènes non
réversibles. Le sujet est très vaste et sort du cadre de ce module, néanmoins on peut
rappeler les mots clés suivants: énergie mécanique, théorème de conservation de
l'énergie mécanique, principe des travaux virtuels, potentiel de déformation et lois
d'état, potentiel de dissipation et lois complémentaire, loi de normalité, surpotentiel,
bipotentiel …etc. Derrière ces mots clés se cache des notions fondamentales pour la
modélisation des structures. Le sujet nécessite une formulations mathématique et
numérique qui sont largement exposées dans une bibliographie abondante dans le
domaine.
119
Eléments de Mécanique des Sols

Exercices du chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus

Champ de contrainte

Exercice 1 : Donner la forme générale du tenseur de contrainte dans chacun des cas
suivant:

τ
τ


σ
σ
σ
σ
σ
σ
σ
σ
b
x
2

x
2

x
2

x
2

x
1

x
1

x
1

x
1

x
3

x
3

x
3

x
3

c
a
d



















Exercice 2 : Un état de contrainte est donné par le tenseur ci-contre
(MPa). Déterminer le vecteur contrainte sur un plan dont la
normale est dans la direction 2e
1
+2e
2
+e
3
. Déterminer le module des
contraintes normale et tangentielle sur ce plan.
2 -1 3
-1 4 0
3 0 -1

Exercice 3 : Soit le tenseur de contrainte ci-contre où c est une
constante. Trouver les valeurs et directions principales au point
(1,2,4). Déterminer le tenseur déviateur S et ses valeurs
principales

Exercice 4: Pour l’état plan de contrainte, déterminer: Les
invariants du tenseur de contrainte. Les contraintes principales. Les directions
principales.
0 0 - cy
0 0 cx
-cy cx 0

Exercice 5: Calculer les contraintes normale et tangentielle pour la direction
trisectrice des axes principaux du tenseur de contrainte.





120
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus


Champ de déformation

Exercice 6: Soit le champ de déplacement u = <u v w> tel que

u = cx
1
x
2
, v=cx
1
x
2
, w=2c(x
1
+x
2
)x
3

Calculer le tenseur de déformation, le déviateur de déformation et la dilatation
volumique.

Exercice 7: Soit le champ de déplacement

u = ky
2
, v=w=0

Trouver le champ de déformation.

Exercice 8: Soit le tenseur de déformation donné par:

ε
11
= k
1
x
2
, ε
22
= -k
2
x
2
, ε
33
= -k
2
x
2

Trouver le point où la déformation volumique est nulle.

Exercice 9: Un solide élastique possède les propriétés suivantes: Le module de Young
E=210000 daN/cm
2
. Le coefficient de Poisson ν=0,3. Le champ de contrainte est
donné par:

σ
xx
= cx
2
, σ
yy
= cx
1
, σ
zz
= 0
σ
xy
= 0, σ
xz
= -cx
2
, σ
ys
= cx
1


La constante c=0,5. Calculer le tenseur de déformation au point (1,2,-3).
121
Eléments de Mécanique des Sols


Cercle de Mohr
σ
B

σ
A

α


Exercice 10 : Soit les contraintes exercées sur l’élément ci-contre.
Calculer la contrainte normale σ et tangentielle τ sur un plan
incliné à α=35° par rapport à l’horizontale. On donne σ
A
= 52 kPa,
σ
B
= 12 kPa.


Exercice 11 : Soit l’élément de l’exercice 1. Cette fois,
l’élément a subit une rotation β par rapport à l’horizontale.
Trouver les contraintes σ et τ sur le plan incliné de α par
rapport à la base de l’élément. On donne : σ
A
= 52 kPa, σ
B
= 12
kPa, α = 35° et β = 20°.
σ
B

σ
A

α
β
6
4
+2
α
4
-2
-2


Exercice 12 : Soit les contraintes agissant sur l’élément
ci-contre (Mpa). Evaluer :
a. σ et τ pour α=30°.
b. σ
1
et σ
3
.
c. L’orientation des plans principaux.
d. La contrainte tangentielle maximale et l’orientation du
plan sur lequel elle agit.



Exercice 13 : Deux plans π
a
et π
b
sont sous-tendus par un
angle inconnu θ. Sur le plan π
a
, agit les contraintes σ
a
=10
kPa et τ
a
=2 kPa. Le plan π
a
est incliné de α=15° par rapport
à l’horizontale. Les contraintes appliquées sur le plan π
b

sont : σ
b
= 9 kPa et τ
b
= -3 kPa. Trouver :
π
a

2
10
π
b

θ
-3
9
α π
h

- 2
8
4
α
- 2
2
2
4
8
6
+2
a. Les contraintes principales ainsi que leurs orientations.
b. Les contraintes appliquées sur le plan horizontal.
c. L’angle formé par les plans π
a
et π
b
.




Exercice 14 : Soit les contraintes appliquées sur l’élément
ci-contre. Trouver la valeur et la direction des contraintes
principales majeure et mineure. On donne α=45°.

122
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

Exercice 15 :
L'état des contraintes dans un solide est défini par les valeurs suivantes : σ
1
= 9000
kN/m
2
en compression et σ
3
= 2000 kN/m
2
en tension. A partir du cercle de Mohr,
déterminer la contrainte normale et la contrainte tangentielle sur un plan incliné à 10°
par rapport au plan sur lequel s'applique la contrainte principale mineure. Vérifier le
résultat analytiquement.

Exercice 16 :
En un certain point critique d'une poutre d'acier, la contrainte de compression sur un
plan vertical est de 126 MPa et la contrainte de cisaillement est 34,5 MPa, II n'y a pas
de contrainte normale sur le plan horizontal. Trouver les contraintes qui s'appliquent
sur les plans principaux et l'orientation par rapport à l'horizontale des plans sur
lesquels elles s'appliquent.

Exercice 17 :
Pour l'élément montré ci-contre (contraintes
en Mpa).
a) Trouver la valeur des contraintes
inconnues σ
h
et τ
h
sur un plan horizontal;
b) Trouver l'orientation de contraintes
principales à l'aide d'un croquis de détail;
5 3
2
2
20°
51°
109°
π
h

c) Indiquer l'orientation des plans de cisaillement maximal et minimal.
123
Eléments de Mécanique des Sols










Chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement



8.1 Introduction.
8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb.
8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement.
8.3.1 Essai de cisaillement directe
8.3.2 Essai triaxial
8.3.3 Essais spéciaux
8.3.4 Essais sur site
8.4 Cheminement des contraintes.
8.5 Résistance des sables au cisaillement.
8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé.
8.5.2 Sable saturé en cisaillement non drainé.
8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement
8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques.
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement.
8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé
8.6.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé
8.6.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé.
8.6.4 Essai de compression simple
8.6.5 Variation de la pression interstitielle
8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les argiles
normalement consolidées
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur les argiles
surconsolidées
8.6.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes






Chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement



8.1 Introduction

En géotechnique, on s’intéresse d’avantage à la résistance au cisaillement, car
dans la majorité des situations, la rupture dans le sol est produite par l’application de
contraintes de cisaillement excessives.


8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb
τ
r

σ
r


Mohr a émis l’hypothèse que la contrainte de
cisaillement à la rupture sur le plan de rupture est fonction
unique de la contrainte normale sur ce plan (Fig. 8.1):

Fig. 8.1: Plan de rupture
τ
r
= f(σ
r
) (8.1)

Indépendamment de Mohr, Coulomb a mis au point un appareil pour mesurer la
résistance au cisaillement des sols. Il a constaté que cette dernière est fonction de deux
paramètres dépendant où pas des contraintes : ce sont l’angle de frottement interne ϕ
(comparable à la résistance au glissement des solides) et la cohésion intrinsèque c,
d’où l’équation de Coulomb :

τ = σ tg ϕ + c (8.2)

Toutefois, il faut noter que ni c ni ϕ ne sont des propriétés intrinsèques du matériau
mais elles dépendent des conditions qui prévalent l’essai. Le critère de Mohr-
Coulomb représente le couplage des relations (8.1,2) :

τ
r
= σ
r
tg ϕ + c (8.3)

Expérimentalement, la relation entre les contraintes tangentielle et normale à la
rupture peut être représentée par une courbe non linéaire dite courbe intrinsèque. Cela
signifie que la relation (8.3) n’est qu’une linéarisation de cette courbe, et que cette
linéarisation n’est valable qu’à l’intérieur d’une certaine plage de contraintes. Le
critère de Mohr-Coulomb est très utile dans l’analyse de la stabilité des pentes et talus.
Pour un sol donné, l’identification de la courbe intrinsèque se fait par une série
d’essais de cisaillement. Pour chaque essai, on détermine le couple (σ
r
, τ
r
) à la
rupture et on trace le cercle de Mohr associé à cet état. L’ensemble des cercles de
125
Eléments de Mécanique des Sols

Mohr à la rupture permet de tracer
dans le plan τ(σ) une courbe
enveloppe des contraintes de
cisaillement à la rupture. Cette courbe
dite enveloppe de rupture de Mohr
caractérise la relation f entre la
contrainte normale et la contrainte de
cisaillement toutes deux à la rupture
(Fig. 8.2). Pour l’un des cercles de
Mohr à la rupture, le point de tangence
entre le cercle et l’enveloppe de
rupture détermine l’inclinaison du plan
de rupture dans l’élément considéré
(hypothèse de rupture de Mohr). On montrera que l’inclinaison du plan de rupture α
r

par rapport au plan sur lequel s’applique la contrainte principale majeure est donné
par :
τ
σ
τ
r
= f(σ
r
)
Fig. 8.2: Courbe enveloppe

α
r
= ϕ/2 + π/4 (8.4)


8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement

8.3.1 Essai de cisaillement directe
C’est un essai économique, rapide et
simple. L’échantillon est placé dans la
boite à cisaillement (Fig. 8.3). Celle ci
est divisée en deux parties séparées par
un plan horizontal. Une partie est fixe,
l’autre est mobile dans le plan
horizontal. Une charge normale
constante P est appliquée sur
l’échantillon. Au cours de l’essai, on
mesure la force de cisaillement T de
même que le déplacement horizontal δ et
vertical ∆H. On peut alors calculer la
contrainte normale σ
n
= P/A et la
contrainte de cisaillement τ = T/A, A
étant l’aire de l’échantillon. En traçant les courbes ∆H(δ), on remarque une
augmentation de la hauteur de l’échantillon indiquant que le sols se dilatent pendant
leurs déformations. Cet essai permet la détermination des caractéristiques de
résistance des sols : l’angle de frottement interne ϕ et la cohésion c. Au début de
l’essai, lorsque la force normale P est appliquée seule, le plan horizontal est un plan
principal. Des qu’on applique la force tangentielle T, ce plan cesse d’être principal.
On dit qu’il y a rotation des plans principaux. L’essai n’est indicatif que pour des
conditions de drainage complet. D’autre part, le plan de rupture prédéfini (horizontal)
dans l’essai ne correspond pas toujours au plan de plus faible résistance où à la
direction critique sur le terrain.
Fig. 8.3: Boite de Casagrande pour le
cisaillement directe

126
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Exemple 8.1
Un essai de cisaillement directe est
effectué sur un échantillon d’une
argile modérément dense de
cohésion c = 18 kPa. Au début de
l’essai, on avait σ
n
= 65 kPa et K
0

= ( σ
h
/ σ
v
)
au repos
= 0,5. A la
rupture, τ
r
= 41 kPa.
Pierre
pporeuse

1. Tracer les cercles de Mohr pour
les conditions initiales et à la
rupture, puis déterminer ϕ.
Déterminer :
2. Les contraintes principales à la
rupture.
3. L’orientation du plan de rupture.
4. L’orientation du plan principal
majeure à la rupture.
5. L’orientation du plan de
contraintes de cisaillement
maximales à la rupture.

8.3.2 Essai triaxial
Il est développer pour contourner
les limites de l’essai de
cisaillement directe. Quoi qu'il est
plus complexe, il est le plus approprié. En effet, on contrôle mieux les conditions de
drainage et il n’y a pas de rotation des plans principaux. De plus, le plan de rupture
peut être quelconque. L’échantillon étant de forme cylindrique, on suppose que les
contraintes appliquées aux extrémités de l’échantillon sont des contraintes principales
(Fig. 8.4). Selon le cheminement des contraintes et des conditions de drainage, il
existe trois modes opératoires que nous résumons dans le tableau 8.1 ci-dessous:
Fig. 8.4: Cellule triaxiale

L’essai triaxial permet une
évaluation meilleure des
variations de volume. Dans ce
contexte, on acceptera les
définition suivantes :
Cheminement des
contraintes
Conditions de
drainage
Symbole de
l’essai
Non consolidé Non drainé UU
Consolidé Non drainé CU
Consolidé Drainé CD
Tab. 8.1:Essais triaxiaux
. L’obliquité est par définition le rapport

τ
r
/ σ
r
(8.5)

. La résistance mobilisable τ
m
est la résistance maximale que peut offrir le matériau,
d’où le coefficient de sécurité :

f
s
= τ
m
/ τ
appliquée
(8.6)

127
Eléments de Mécanique des Sols

. Les relations d’obliquité sont les expressions ci-dessous permettant le mettre en
relation, les contraintes principales et l’angle de frottement interne :

σ
+
σ
σ

σ
= ϕ
r 3 r 1
r 3 r 1
sin
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ
sin 1
sin 1
r 3
r 1

(8.7)
)
2 4
( tg
2
r 1
r 3
ϕ

π
=
σ
σ

)
2 4
( tg
2
r 3
r 1
ϕ
+
π
=
σ
σ


soit en fonction des contraintes effectives :

)
2
'
4
( tg
' sin 1
' sin 1 2
'
r 3
'
r 1
ϕ
+
π
=
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ

(8.8)
σ
1r
- σ
3r
= σ'
3r
(σ'
1r
/ σ'
3r
- 1)

Exemple 8.2
Un essai triaxial CD est effectué sur un sable. La pression cellulaire est de 100 kPa, et
la contrainte axiale à la rupture est de 200 kPa.

1. Tracer le cercle de Mohr initial et celui de la rupture.
σ
radiale

σ
torsion

σ
axiale

2. Evaluer ϕ en supposant que c = 0.
3. Estimer la contrainte de cisaillement à la rupture sur le plan de
rupture et trouver l’inclinaison du plan de rupture dans
l’échantillon.
4. Déterminer l’orientation du plan d’obliquité maximale.
5. Déterminer la contrainte de cisaillement maximale à la rupture
τ
max
et l’inclinaison du plan sur lequel elle agit.
6. Calculer la résistance au cisaillement mobilisable sur ce plan
et le coefficient de sécurité correspondant.
Fig. 8.5: Essai sur
cylindre évidé

8.3.3 Essais spéciaux
Il existe d’autres essais de laboratoire pour l’étude de la résistance des sols au
cisaillement. Parmi ces essais on peut citer :
σ
h

σ
2

σ
2

σ
v

Essai sur cylindre évidé.
L'échantillon en forme d'un cylindre évidé est
soumis à une torsion (Fig. 8.5).

Fig. 8.6: Essai en déformation plane

128
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Essai en déformation plane
L'échantillon de forme prismatique est fixé à ces extrémités (Fig. 8.6).

σ
yy

σ
zz

σ
xx

Essai triaxial vrai
L'échantillon est de forme cubique. Il est soumis à u système
de contraintes triaxiales indépendantes (Fig. 8.7).

Essai de cisaillement annulaire.
L'échantillon de forme annulaire est soumis à une contrainte
de cisaillement sur un plan fixe (Fig. 8.8).
Fig. 8.7: Essai triaxial vrai
Essai de cisaillement simple.
L'échantillon est initialement cylindrique, de
diamètre maintenu fixe au cours de l'essai. Il
est soumis à une contrainte de cisaillement
relativement homogène pour éviter les
concentrations de contraintes (Fig. 8.9).
échantillon
partie mobile
partie fixe anneau de
confinement
8.3.4 Essais sur site
Les essais sur site ont l’avantage
d’étudier le sol intacte. Pour les argiles molles
on peut effectuer des essais au scissomètre
où le pénétromètre à cône hollandais. Pour
les matériaux granulaires, on peut effectuer
des essais de pénétration standard. Pour les
sols loessiques, il existe la sonde de
cisaillement Iowa. Pour approfondir
d’avantage le domaine des essais sur place il
convient de revoir la bibliographie
correspondante.
Fig. 8.8: Essai de cisaillement annulaire
σ
h
= K
0
σ
v

(avant cisaillement)
τ
h

σ
v

Fig. 8.9: Essai de cisaillement simple


8.4 Cheminement des contraintes
Point de contrainte
σ
1
σ
3
p
q
τ
σ

On a vu que l’état de contrainte en un point est
représenté par un cercle de Mohr dans un
système de coordonnées (σ, τ). On peut
remarquer que le cercle peut être représenté par
son centre et son rayon. Alors, l’état de
contrainte en un point peut être représenté par un
seul point de contrainte (Fig. 8.10) dont les
coordonnées sont :
Fig. 8.10: Point de contrainte

p = ( σ
1
+ σ
3
) / 2 et q = ( σ
1
- σ
3
) / 2 (8.9)

plus généralement, on prendra :

129
Eléments de Mécanique des Sols

p = ( σ
v
+ σ
h
) / 2 et q = ( σ
v
- σ
h
) / 2 (8.10)

q
p
τ
σ
Ainsi, une succession d’états de contrainte sera
représentée par une courbe joignant
l’ensemble des états de contrainte (Fig. 8.11)
au lieu de la représentée par l’ensemble des
cercles de Mohr associés. Le lieu de ces points
contrainte s’appelle le cheminement des
contraintes et il est représenté sur un
diagramme p - q. Remarquons que nous
pouvons représenter ce cheminement en
contrainte totales ou effectives et ceci sur le
même diagramme. C’est au professeur T.W.
Lambe du MIT que revient le mérite de mètre
en évidence la grande utilité du cheminement
de contrainte.
Fig. 8.11: Cheminement de contrainte

Exemple 8.3
A partir de l’état initial σ
h
=

σ
v
, représenter le cheminement des contraintes dans les
cas suivant :

A : ∆σ
h
=

∆σ
v

B : ∆σ
h
=

∆σ
v
/2
C : ∆σ
h
= 0, ∆σ
v
augmente
D : ∆σ
h
= - ∆σ
v
E : ∆σ
h
diminue, ∆σ
v
= 0
F : ∆σ
h
augmente, ∆σ
v
diminue
130
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.5 Résistance des sables au cisaillement

La résistance des sols au cisaillement constitue l'un des aspects les plus
importants en mécanique des sols. Dans l'aspect expérimental du sujet nous nous
sommes basés sur l'ouvrage "Introduction à la géotechnique" dont nous avons puisé
essais et exemples sans noter sur les illustrations leurs origines.

8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé
L'étude de la résistance des sables au cisaillement se fait par des essais triaxiaux. La
rupture peut être définie de différentes façons: Lorsqu'on détecte une différence
maximale entre les contraintes principales (σ
1
– σ
3
)
max
, c'est ce qu'on fait le plus
souvent, ou lorsqu'on détecte un rapport maximal entre les contraintes principales
effectives (σ'
1
/ σ'
3
)
max
. Enfin, si on obtient τ = (σ
1
– σ
3
) /2 à une déformation axiale
quelconque. A la rupture les relations suivantes sont applicables:

)
2
'
4
( tg
' sin 1
' sin 1
)
'
'
(
2
max
3
1
ϕ
+
π
=
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ
(8.11)

où φ' est l'angle de frottement interne effective. Dans l'essai triaxial drainé, nous
avons
σ
σ
=
σ
σ
3
1
3
1
'
'
(8.12)

ce qui donne
) 1
'
'
(
'
3
1
3 3 1

σ
σ
σ
=
σ

σ


et à la rupture
) 1 )
'
'
( (
'
3
1
max
r 3 3 1

σ
σ
σ
=
σ

σ
(8.13)

Les courbes
caractéristiques
sont comme
indiquer ci-
contre (Fig.
8.12). Au cours
de l'essai,
l'échantillon
lâche se
déforme en
barillet tandis
que l'échantillon
dense se brise
souvent le long
d'un plan orienté
à environ 45°+ φ'/2 sur l'horizontale. Théoriquement, e
cl
et e
cd
devraient être égaux à
e
e
crit

e
cl
e
cd

e
l
e
d

∆V = 0
sable lâche (l)
sable dense (d)

1
– σ
3
)
ult


1
– σ
3
)
max

σ
1
– σ
3

σ
1
– σ
3

Fig. 8.12: Comportement du sable saturé en cisaillement drainé
131
Eléments de Mécanique des Sols

e
crit
. De même, les valeurs de (σ
1
– σ
3
)
ult
devraient être identiques dans les deux cas de
sable lâche ou dense. On attribue habituellement ces écarts au manque de précision
dans la mesure des indices des vides finaux ou à la distribution non uniforme ders
contraintes au sein de l'échantillon. Casagrande a désigner l'indice des vides critiques
e
c
comme l'indice des vides pour lequel on atteint un plateau horizontal dans la courbe

1
– σ
3
)(ε). Le comportement des sables lâches ou denses dépend des paramètres
suivants: le déviateur de contrainte (σ
1
– σ
3
), la déformation ε, la variation de volume
∆V, l'indice des vides critiques e
crit
, indice de densité relative I
D
et pression de
confinement σ
3
. Nous allons nous consacré à l'étude de la pression de confinement qui
influe en particulier sur la variation de volume ∆V.

8.5.1.1 Influence de la pression de confinement
Pour cela on effectue des essais triaxiaux sur des échantillons dans les mêmes
conditions sauf que σ
3
est variable. On observe que la résistance au cisaillement
augmente avec cette contrainte. Sous de faibles contraintes de confinement, la
déformation volumique d'un sable lâche est positive, il se produit une dilatation
identique au comportement d'un sable dense (Fig. 8.13). Lorsque la déformation
axiale augmente, la déformation volumique diminue. Pour les sables denses, on
observe de fortes augmentation de volume (dilatation) aux faibles pressions de
confinement. Lorsque ces contraintes augmentent, les sables denses affichent un
comportement similaire à celui des sables lâches (diminution de volume) (Fig. 8.14).
L'étude de la relation entre la déformation volumique à la rupture et l'indice des vides,
se fait à partir d'essais effectués pour un même indice des vides initial mais sous des
contraintes cellulaires (de confinement) différentes. On constate que pour une
contrainte cellulaire donnée, la déformation volumique diminue proportionnellement à
l'augmentation de l'indice des vides (Fig. 8.15). Par définition, l'indice des vides
critique est l'indice des vides à la rupture pour lequel la déformation volumique est
nulle. De la même façon, on peut étudier la variation de e
crit
en fonction de la pression
de confinement, en portant les valeurs du graphique e
crit
(σ'
3 crit
). Pour un indice des
vides donné, on appelle contrainte de confinement critique σ'
3 crit
, la contrainte
cellulaire σ'
3 c
pour laquelle la déformation volumique à la rupture est nulle. Aussi,
nous pouvons étudier la relation entre la déformation volumique à la rupture et la
pression de confinement pour différentes valeurs de l'indice des vides après
consolidation e
c
(Fig. 8.16). On pourra faire la même étude en utilisant les graphiques
(Fig. 8.15). Fig. 8.17 permet de résumer les relations représentées en Fig.8.15 et Fig.
8.16. Enfin, Fig. 8.17a et Fig. 8.17b peuvent être combinées pour constituer un seul
graphe tridimensionnel dit diagramme de Peacock (Fig. 8.18) permettant la prédiction
du comportement du sable pour tout indice des vides après consolidation e
c
et à
n'importe quelle contrainte de confinement σ'
3 c
. Chaque point dans ce diagramme doit
demeurer dans le plan WKP, d'où la possibilité des différentes prédictions du
comportement.

8.5.2 Sables saturés en cisaillement non drainé
L'essai de cisaillement triaxial non drainé se caractérise par rapport à l'essai drainé par
l'absence de variation de volume pendant le chargement axial – quoi que l'échantillon
aura tendance à changer de volume -. Il résulte alors une pression interstitielle positive
qui entraînera à son tour une diminution de la contrainte effective. Grâce au
diagramme de Peacock, nous pouvons prédire le comportement non drainé des sables
132
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.13: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable
lâche
à partir de leur comportement drainé lorsqu'on connaît les tendances aux variations
de volume telles qu'elles sont idéalisées sur le diagramme (Fig. 8.19), (Tab. 8.2).

Exemple 8.4
On effectue un essai triaxial CD sur un sol granulaire. A la rupture, σ'
1
/σ'
3
= 4. La
contrainte effective mineure à la rupture est de 100 kPa.
1. Calculer φ'.
2. Quelle est la différence entre les contraintes principales à la rupture.
3. Mettre en graphique le cercle de Mohr et l'enveloppe de rupture.


133
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.14: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable dense

Exemple 8.5
Un échantillon de sable est caractérisé par: σ'
3 crit
= 0,4 Mpa et e
c
= e
crit
= 0,8. Décrire
le comportement drainé et non drainé sachant que l'indice des vides après
consolidation à σ'
3 c
= 0,4 Mpa est: a) 0,85. b) 0,75
On suppose que le sable en question suit le comportement donné dans Fig. 8.15-16.

8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement
Parmi lesquels on peut citer (Tab. 8.3)
134
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Indice des vides à la fin de la consolidation e
c

Fig. 8.15: Courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. Influence de la contrainte de confinement

. L'indice des vides ou l'indice de densité relative.
. Forme des particules.
. La distribution granulométrique.
. La rugosité de la surface des particules.
. La présence de l'eau.
. La contrainte principale intermédiaire.
. La grosseur des particules.
. Le degré de surconsolidation.

Comme les sables sont des matériaux frottant, ces facteurs influent également sur
l'angle de frottement interne. En règle générale, la résistance au cisaillement augmente
proportionnellement à l'indice de densité relative (Fig. 8.20). Elle est inversement
proportionnelle à l'indice des vides e qui est le facteur le plus important. Les effets de
la densité relative, la forme des grains, la granulométrie et la grosseur des particules
sur la variation de l'angle de frottement interne φ sont résumés ci-contre (Tab. 8.4).
De façon générale, tout autre facteur étant constant: φ augmente avec l'angularité des
particules et avec leurs rugosités. φ augmente avec l'étalement de la granulométrie.
Par contre, la grosseur des grains ne semble pas avoir une influence significative sur
φ. Les sables humides ont φ de 1 à 2 degrés plus faibles que les sables secs. La
surconsolidation n'a pas une influence notable sur φ. A propos de l'influence de la
135
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.16: Exemples de courbes typiques pour l'étude de l'influence de l'indice de
vides initial
contrainte principale intermédiaire, il existe une relation empirique qui constitue une
limite inférieure, entre l'angle de frottement interne obtenu par essai triaxial φ
tx
et
l'angle de frottement interne obtenu par l'essai en déformation plane φ
dp
:

φ
dp
= 1,5 φ
tx
– 17° pour φ
tx
> 34°
(8.14)
φ
dp
= φ
tx
pour φ
tx
≤ 34°


Fig. 8.21 établi quelques corrélations entre φ' et quelques paramètres physiques. Cette
figure et Tab. 8.4 sont très utiles pour évaluer les caractéristiques de frottement des
matériaux granulaires avant même d'effectuer des essais de laboratoire. Ces
indications peuvent suffirent pour la conception de petit projets.

8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques
Les sables lâches saturés soumis à des chocs ou à des déformations importantes
avaient tendance à diminuer de volume. Ceci est à l'origine d'une augmentation
positive de la pression interstitielle. Cette variation de la pression interstitielle se
traduit par une diminution des contraintes effectives dans le sol. Lorsque la pression
interstitielle devient égale à la contrainte effective qui s'exerçait avant la perturbation,
le sable perd toute résistance. On dit qu'il est en état de liquéfaction: dans une coulée,
le sable se comporte essentiellement comme un liquide visqueux et son angle de
frottement de repos n'excèderait pas quelques degrés. Ce phénomène pouvant
provoquer de grands dégâts, il faut en tenir compte dans l'étude des projets de
construction. On remarquera que les déformations à l'origine de la liquéfaction
136
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.17: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. Relation
idéalisée entre les déformations volumiques, la contrainte de confinement et l'indice
des vides critique
peuvent être causées par des sollicitations statiques (augmentation des contraintes
statiques) mais peuvent aussi être causées par des charges dynamiques telles que:
battage de pieux, circulation d'engins, présence de machines rotatives, les vagues de
tempêtes ou les tremblements de terre. Ces derniers peuvent causer la liquéfaction de
très vastes dépôts naturels de sable lâches. Les liquéfactions engendrant des
glissement de type coulée sont classées selon la susceptibilité du sol en trois types
allant de l'écoulement rapide à la liquéfaction progressive (Tab. 8.5). Les sables de
compacité moyenne à élevée sont caractérisés par la mobilité aux charges cycliques.
Ces dernières engendrent des déformations importantes qui provoquent à leur tour une
augmentation des pressions interstitielles. Alors, lorsque l'intensité et la durée de ces
charges cycliques sont suffisantes, et si elles sont appliquées dans des conditions de
masse volumique et de pression de confinement isotropes, elles peuvent entraîner
aussi la liquéfaction de sable de compacité moyenne à élevée. Nous pouvons aborder
l'étude du comportement des sables sous charges cycliques en examinant les résultats
d'essais au cours desquels on observe une liquéfaction sous des contraintes statiques
137
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.18: Diagramme de Peacock
(Fig. 8.22,23). Ces essais montrent que la liquéfaction peut se produire même sous
contraintes statiques. Ce comportement peut s'expliquer par le concept de l'indice des
vides critique et peut être prédit à l'aide du diagramme de Peacock. On peut aussi
effectuer des essais triaxiaux à chargement cyclique pour l'étude de liquéfaction des
sables lâches. Le comportement caractéristique est donné ci-contre (Fig. 8.24). Fig.
8.25,26 montrent le comportement des sables denses lors d'essais triaxiaux cycliques.
D'autres facteurs peuvent influencer le comportement des sables saturés autre que la
contrainte de confinement et l'indice de densité relative. Il s'agit par exemple: du
mode de préparation des échantillons, l'histoire des déformations cycliques
antérieures, le coefficient des terres au repos K
0
ainsi que le rapport de
surconsolidation. A présent, que ce passera-t-il avec les sables denses, qui initialement
ont une tendance à se dilater? Quoi que le sujet est relativement complexe, des
chercheurs imminents ont montré que les sables denses suivent le comportement de
mobilité aux charges cycliques plutôt que le phénomène de liquéfaction (Fig. 8.27-29,
Tab. 8.6). La veuille continue est primordiale dans ce domaine, par exemple en
effectuant des relevés des pressions interstitielles sur site, observation de l'érosion et
des petits glissements. Les mesures de prévention des ruptures par liquéfaction sont
du type augmentation de la densité du sol en place en remplaçant les sols lâches ou en
les compactant, la mise en place d'une surcharge pour augmenter la contrainte
effective ou le rabattement en permanence du niveau de la nappe phréatique.

138
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
138
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement

Fig. 8.19: Cercles de Mohr pour des de compression triaxiale drainés et non
drainés
139
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.2: Résumé des essais triaxiaux drainés et non drainés
140
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.20: Exemples de cercles de Mohr et enveloppes de rupture pour les essais
triaxiaux drainés illustrant les effets de l'indice des vides
141
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.3: Facteurs influençant l'angle de frottement interne
142
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.4: Angle de frottement interne des sols pulvérulents
143
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.21: Corrélation entre l'angle de frottement interne effectif en compression
triaxiale et la masse volumique du sol sec
144
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.5: Glissement de type coulée dans les sols
145
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.22: Comparaison entre quelques essais triaxiaux
146
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.23: Cercles de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives (es. triaxiaux CU,CD)
147
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.24: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable
lâche
148
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.25: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable
dense
149
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.26: Relation générale entre la contrainte cyclique maximale et le nombre de
cycles nécessaires pour causer la rupture
150
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.27: Diagramme d'état illustrant le potentiel de liquéfaction
151
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.28: Diagramme d'état illustrant les lignes d'état permanent de déformation
152
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.6: Différence entre la liquéfaction et la mobilité cyclique
153
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.29: Indices et propriétés des sables
154
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement

Le comportement des argiles dépend en particulier de l'histoire
des contraintes subies par le sol, c.à.d de l'état de consolidation
ou de surconsolidation. Comme nous l'avons fait lors de l'étude
des sables, nous allons considéré les essais CD, CU et UU.
σ
hc

σ
vc
+ ∆σ

8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé (CD)
On consolide d'abord l'échantillon sous une contrainte
compatible avec le problème à résoudre. Une fois la
consolidation est atteinte, on autorise le drainage. Le
chargement se fait à un taux suffisamment lent pour qu'il n y ait
pas de pression interstitielle induite par le
cisaillement. Dans l'essai de compression axiale,
les contraintes de consolidation sont
généralement isotropes où σ
v
= σ
h
= σ'
3c
dite
contrainte de confinement (Fig. 8.30). On
applique la contrainte axiale soit en augmentant
la charge sur le piston par incréments (essai à
charge contrôlée), soit à l'aide d'une presse
mécanique qui comprime l'échantillon à un taux
de déformation constant (essai à déformation
contrôlée). Au cours de l'essai CD, les pressions
interstitielles sont toujours nulles. Les figures
(Fig. 8.31) ci-contre représentent les courbes
typiques effort-déformation d'une argile
compactée. L'échantillon surconsolidé présente
une plus grande résistance que l'échantillon
normalement consolidé. D'autre part, la rupture
de l'échantillon surconsolidé aura lieu à une
déformation axiale beaucoup plus faible que pour
le sol normalement consolidé. On remarque que
le comportement drainé est analogue à celui des
sables: les argiles surconsolidées augmentent de
volume pendant le cisaillement tandis que les
argiles normalement consolidées diminuent de
volume. Ainsi on dira que les argiles
surconsolidées (respectivement normalement
consolidées) se comportent comme les sables
denses (respectivement sables lâches). Comme le
montre le diagramme (Fig. 8.32), la valeur de la
cohésion effective c' est différente de zéro pour
les argiles surconsolidées. Par contre, on suppose
généralement que la valeur de c' pour les argiles
normalement consolidées non cimentées est
nulle. Avant la contrainte de préconsolidation, la
branche de l'enveloppe de rupture de l'échantillon
surconsolidé est au-dessus de l'enveloppe de
Fig. 8.30: Consolidation
isotrope σ
vc
= σ
hc

nc
sc
ε
v

∆V
σ'
3
= cte
normalement c. (nc)
surconsolidée (sc)
ε
v

∆σ
Fig. 8.31: Courbes typiques de l'essai
CD sur une argile
φ'
nc
sc
E
D
C
B
A
τ
σ'
Fig. 8.32: Diagramme de τ(σ')
σ'
p

155
Eléments de Mécanique des Sols

rupture de l'échantillon normalement consolidé.
La branche supérieure est dite bosse de
préconsolidation. Cette augmentation de
résistance de l'échantillon surconsolidé peut
s'expliquer par l'histoire de contrainte et de
déformation de l'échantillon. En effet, l'indice
des vides d'un échantillon surconsolidé est plus
petit que pour un échantillon normalement
consolidé (Fig. 8.33). Les essais triaxiaux CD
sont particulièrement indiqués dans le cas de
barrage en terre avec écoulement permanent,
lorsqu'il s'agit d'assurer la stabilité à long terme
des talus d'excavation dans les argiles molles
ou argiles raides (Fig. 8.34). Cependant, en
pratique, les essais triaxiaux CD ne sont pas
utilisés de façon courante sur les argiles. En
effet, il est nécessaire de choisir un taux de
déformation suffisamment lent pour s'assurer
qu'il n'y a pas de pression interstitielle induite
dans l'échantillon à faible perméabilité. Alors,
en dehors des problèmes pratiques tels que
fuites, la durée nécessaire pour amener
l'échantillon à la rupture peut varier entre une
journée et plusieurs semaines. Par conséquent,
les essais CU sont plus pratiques pour obtenir
les paramètres de résistance en contraintes
effectives, car il est possible de mesurer la
pression interstitielle induite dans ces essais.
Aussi, ils sont indiqués pour l'étude du
comportement à long terme.
F
E
D
C
B
A
σ'
e
Fig. 8.33: Indice des vides d'un échantillon
n. c. et d'un échantillon surconsolidé
u
0

u
s.c
s.c
n.c
ε
v

ε
v

n.c
n.c
s.c à σ'
hc
faible
s.c à σ'
hc
élevée
σ'
1
/ σ'
3

∆σ
ε
v


8.6.2 Comportement à l'essai consolidé non
drainé
Cet essai peut servir à la fois pour les
analyses en contraintes totales et en contraintes
effectives. L'échantillon est d'abord consolidé
(à soupapes ouvertes) puis amené à la rupture
sans drainage. Au cours de l'essai, on mesure
les pressions interstitielles induites de façon à
calculer les contraintes effectives. Comme pour
l'essai CD, l'essai CU peut être contrôlé en
charge ou en déplacement. Les tendances aux
variations de volume (quoi qu'elles sont
empêchées) induisent les variations de la
pression interstitielle (positive ou négative). La
pression interstitielle positive se développe
généralement dans les argiles normalement
consolidées.
Fig. 8.35: Courbes typiques de l'essai
triaxial CU sur une argile
156
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.34: Exemples d'analyses CD sur des argiles
157
Eléments de Mécanique des Sols

Cela indique une tendance à la contraction (consolidation) de l'échantillon. Si
l'échantillon a tendance au gonflement, la variation de la pression interstitielle induite
est négative, c.à.d que la pression interstitielle diminue et peut devenir même
négative, c.à.d inférieure à la pression atmosphérique. Les pressions interstitielles
négatives se développent généralement dans les argiles surconsolidées. Généralement,
afin d'assurer la saturation complète de l'échantillon, on lui applique une contre
pression u
0
. Les courbes typiques ∆σ(ε
v
) = u(ε
v
) = (σ'
1
/σ'
3
) (ε
v
) sont comme montrer
ci-contre (Fig. 8.35). Pour cet essai, nous pouvons tracer les cercles de Mohr à la
rupture en contraintes totales ou en contraintes effectives. D'où nous pouvons obtenir
l'enveloppe de rupture de Mohr. Dans le cas d'une argile normalement consolidée, le
cercle de Mohr en contraintes effectives est à gauche du cercle de Mohr en contraintes
totales. L'enveloppe passe par l'origine et on peut considérer que c et c' sont nulles, φ
est plus faible que φ' : φ ≈ φ'/2 (Fig. 8.36). Pour une argile surconsolidée, la pression
interstitielle diminue de sorte que le cercle de Mohr en contraintes effectives est à
droite du cercle de Mohr en contraintes totales. φ' est moins élevée que φ (Fig. 8.37).
La définition des paramètres de Mohr-Coulomb en contraintes effectives devrait
inciter à la prudence au moment de l'interprétation. On doit se demander quel critère
de rupture à été utilisé et comment les paramètres de Mohr-Coulomb ont été obtenus
(d'après le critère (σ'
1
/σ'
3
)
max
ou (σ'
1
- σ'
3
)
max
). En effet on pourra obtenir des valeurs
de c' et φ' différentes d'un critère à l'autre (Fig. 8.38). Par contre ce problème ne se
pose pas l'ors d'une analyse en contraintes totales (la rupture est définie à (σ
1
- σ
3
)
max
).
Fig. 8.36: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes
totales (T) et effectives (E) pour une argile nc.
158
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.37: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes
totales (T) et effectives (E) pour une argile sc.
Fig. 8.38: Influence du critère de rupture sur l'enveloppe de rupture
159
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.39: Exemples d'analyses CU sur des argiles
160
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Les essais triaxiaux CU sont exécutés pour résoudre les problèmes de stabilité sans
possibilité de drainage tels que: vidange rapide d'un barrage en terre, de talus de
réservoir et de canaux (Fig. 8.39). Mais ils peuvent aussi être utilisés dans les
problèmes pratiques décrit dans la section des essais CD. Pendant le déroulement de
l'essai CU, l'application d'une contre pression serait une bonne garantie pour assurer la
saturation complète de l'échantillon. D'autre part, il faut veuillez à empêcher toute
fuite pendant l'essai. Les taux de chargement (en force ou déplacement) seront
relativement lents de sorte que les pressions interstitielles enregistrées aux extrémités
de l'échantillon seront les mêmes que celles qui règnent dans le plan de rupture. Les
essais CU sont particulièrement utiles pour l'étude du comportement à court terme.

Exemple 8.6
Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa, puis cisaillée en
compression axiale sans drainage. A la rupture, la différence entre les contraintes
principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Evaluer les
paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes
effectives a) analytiquement. b) graphiquement. Mettre en graphique les cercles de
Mohr en CT et en CE et les enveloppes de rupture. Calculer (σ'
1
/σ'
3
)
r
et (σ
1

3
)
r
.
Evaluer l'angle théorique du plan de rupture dans l'échantillon.

8.6.3 Comportement à l'essai non consolidé non drainé UU
Dans cet essai, l'échantillon est placé dans la cellule triaxiale et le drainage n'est pas
effectué dès le début. Par conséquent, l'échantillon n'est pas consolidé et le
cisaillement se produit dans ces
conditions. Généralement, on ne mesure
pas les pressions interstitielles et l'analyse
se fait en terme de contraintes totales.
Avant le déroulement de l'essai, sur les
échantillons non remaniés existe une
pression interstitielle négative dite
résiduelle (capillaire). Elle est le résultat
du relâchement des contraintes pendant
l'échantillonnage. Les contraintes totales
étant nulles, il en résulte des pressions
interstitielles négatives. Au début de
l'essai, l'application de la contrainte de
confinement engendre dans l'échantillon
une pression interstitielle positive ∆u
c
qui
sera égale à la pression de confinement
appliquée σ
c
. Et toute augmentation de la
contrainte de confinement isotrope est
reprise par la pression interstitielle étant
donné que l'échantillon est saturé, les
grains solides et l'eau interstitielle sont
incompressibles et enfin il n'y a pas de
consolidation secondaire. Par conséquent,
l'indice des vides et la contrainte effective
demeurent inchangés. Les courbes effort-
intacte de sensibilité très élevée
∆σ
intacte de sensibilité moyenne
ε
v

remanié et compactée
Fig. 8.40: Courbes typiques de l'essai
triaxial UU sur une argile
échantillon saturé à 100 %
φ = 0 τ
r
= C
τ
σ
tot

Fig. 8.41: Enveloppe de rupture de Mohr
pour les essais UU sur une argile saturée
161
Eléments de Mécanique des Sols

déformation de l'essai UU ne sont pas très différentes de celles de l'essai CU ou CD,
comme le montre les courbes ci-
contre (Fig. 8.40). Pour les
échantillons non remaniés, la portion
initiale de la courbe correspondant
au module tangent initial est
fortement influencée par la qualité
des échantillons. La sensibilité agit
également sur la forme des courbes.
L'enveloppe de rupture pour les
essais UU effectués sur les argiles
saturées à 100% est une droite
horizontale (Fig. 8.41). Sur les
argiles partiellement saturées,
l'enveloppe de rupture est courbe dans sa partie initiale. Au cours de l'essai,
l'échantillon se saturera et l'enveloppe devient une droite horizontale. En contraintes
effectives, il n'y a qu'un seul cercle de Mohr à la rupture car la contrainte effective à la
rupture est indépendante des pressions de confinement totales appliquées (Fig. 8.42).
Les essais UU s'appliquent à certaines conditions critiques rencontrées dans la
conception d'ouvrages. C'est le cas où les charges externes sont appliquées si
rapidement que les pressions interstitielles en excès n'ont pas le temps de se dissiper et
où la consolidation ne peut se produire durant la période de chargement (Fig. 8.43).
σ, σ'
T
τ
C' = 0
φ = 0
E
C
φ'
Fig. 8.42: Cercle de Mohr à la rupture en
contraintes totales et en contraintes effectives

8.6.4 Essai de compression simple
On peut procéder à un essai de compression simple sur les sols argileux pour obtenir
la résistance UU en contraintes totales. Il s'agit alors d'une variante particulière de
l'essai UU où la pression totale de confinement est nulle. En terme de contraintes
effectives, l'essai de compression simple est semblable à l'essai UU. Par conséquent,
la résistance sera la même dans les deux cas.

8.6.5 Variation de la pression interstitielle
Il est souvent nécessaire d'évaluer la variation ou l'excès de la pression interstitielle
∆u(∆σ
1
, ∆σ
2
, ∆σ
3
) engendrée lors d'une variation du chargement ∆σ non drainé. Dans
la pratique, on exprime cette relation à l'aide des paramètres de pression interstitielle
(proposés en 1954 par Prof. A.W. Skempton):

B
C
C
n
1
1 u
sq
v 3
=
+
=
σ


(8.15)

où ∆σ
3
est la variation de la pression cellulaire σ
c
, n est la porosité, C
v
est la
compressibilité des pores, C
sq
représente la compressibilité du squelette solide. Le
paramètre B exprime la variation de la pression interstitielle résultant d'une variation
de la pression cellulaire en absence de drainage.

Cas de sols saturés
Nous avons C
v
= C
w
et C
w
/C
sq
= 0, car la compressibilité de l'eau est très faible par
rapport à la compressibilité du squelette, d'où:
162
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.43: Exemples d'analyses UU sur des argiles
163
Eléments de Mécanique des Sols

1
u
3
=
σ


(8.16)

Cas de sols secs
Il vient C
v
/C
sq
Æ ∞, car la compressibilité de l'air est beaucoup plus élevée que celle
du squelette de sol, d'où:

0
u
3
=
σ


(8.17)

les sols partiellement saturés ont des valeurs de B comprises entre 0 et 1 selon le
degré de saturation. La relation B(S
r
) est une fonction non linéaire et dépend entre
autres du type de sol et du niveau de sollicitation (Fig. 8.44). La relation ci-dessus de
B est très utile. En effet, dans un essai triaxial, elle permet de vérifier si l'échantillon
est complètement saturé ou pas (Tab. 8.7). Lorsque nous appliquons une contrainte de
cisaillement ou un déviateur de contrainte ∆σ = ∆σ
1
– ∆σ
3
, la relation liant ∆u à ∆σ
pour les sols élastiques est (Skempton):

∆u = (B/3) (∆σ
1
– ∆σ
3
) (8.18)

Tab. 8.7: Valeurs théoriques de B pour différents sols
Mais les sols sont généralement inélastiques et le coefficient de 1/3 n'est pas
applicable. On le remplace par un paramètre noté A dit deuxième paramètre de
Skempton. Lorsqu'il y a à la fois, une variation de la contrainte moyenne et une
variation de la contrainte de cisaillement, on combine les expressions (8.15) et (8.18)
pour obtenir une relation générale:

164
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
∆u = B [∆σ
3
+ A (∆σ
1
– ∆σ
3
)] (8.19)

dite équation de Skempton. Dans les conditions non drainées, elle régit la variation de
la pression interstitielle en fonction de la variation des contraintes totales. Le
paramètre A dépend à divers degrés: du niveau de la déformation axiale, de l'intensité
de σ
2
, du rapport de surconsolidation, de l'anisotropie et du remaniement de
l'échantillon. (Tab. 8.8) donne quelques valeurs de A à la rupture, noté A
r
. L'équation
de Skempton et ses paramètres sont très utiles dans la pratique. Au-delà d'un seuil
critique, l'excès de pression interstitielle peut être à l'origine d'une rupture. Le cas
échéant, on peut prévoir une construction en plusieurs phases pour permettre de
dissiper lentement la pression interstitielle en excès. Pour les essais triaxiaux les plus
courants, le paramètre A est défini en fonction de l'augmentation des contraintes
principales par:

A
ac
= ∆u /∆σ
v
A
lc
= ∆u /∆σ
h

(8.20)
A
ae
= 1 - ∆u /∆σ
v
A
le
= 1 - ∆u /∆σ
v


où l'on désigne ac: compression axiale, ae: extension axiale, lc: compression latérale
et le: extension latérale. D'aures parts, on peut montrer que:

A
ac
= A
le
et A
ae
= A
lc

Tab. 8.8: Quelques valeurs caractéristiques de A
f
pour différents sols
165
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.44: Paramètres de pression interstitielle B en fonction du degré de saturation pour quelques sols
166
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement

Pour tenir compte de la contrainte principale intermédiaire, Henkel propose une
équation des pressions interstitielles plus générale:

∆u = B (∆σ
oct
+ a ∆τ
oct
) (8.21)


σ
oct
= (1/3)( σ
1
+ σ
2
+ σ
3
)
(8.22)
) ( ) ( ) (
3
1
1 3
2
3 2
2
2 1
2
oct σ

σ
+
σ

σ
+
σ

σ
=
τ


a est appelé le paramètre des pressions interstitielles de Henkel. En fonction de A, il
est exprimé par:


3
2
a
3
1
A + = en compression triaxiale (ac et le)
(8.23)

3
2
a
3
2
A + = en extension triaxiale (ae et lc)

Comme le voit, pour les matériaux élastiques a = 0 car A = 1/3 en compression
triaxiale et A = 2/3 en extension triaxiale.

8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur des
argiles normalement consolidées
L'application de contrainte de consolidation anisotrope modéliserait plus fidèlement
les conditions qui prévalent sur le terrain (K
0
≠ 1). Des cheminements de contraintes
autres que la compression axiale (tel que lors de chargement de fondation sur semelles
ou remblais) peuvent simuler des conditions de sollicitations. Ainsi, l'extension
latérale simule la poussée des terres, l'extension axiale reproduit les cas de
chargement lors d'excavation tandis que la compression latérale s'applique à la butée
comme celle s'exerçant aux bords d'un ancrage (Fig. 8.45). Remarquons enfin que,
souvent les applications pratiques sont caractérisées par des problèmes plans.
Cependant on continue d'appliquer toujours les résultats des essais triaxiaux (symétrie
de révolution) à des problèmes de déformations planes.

Exemple 8.7
Les courbes σ(ε) et ∆u(ε) de la figure ci-contre (Exemple 8.7) ont été obtenues à partir
d'un essai de compression axiale sur l'échantillon d'une argile normalement
consolidée. Tracer les cheminements de contraintes totales et des contraintes
effectives pour cet essai. Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb. On prendra σ
3

égale à 150 kPa.
167
Eléments de Mécanique des Sols

Exemple 8.7
168
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur des
argiles surconsolidées
Les argiles surconsolidées ont généralement une valeur de K
0
= σ
v

h
supérieure à
l'unité. Alors, le point de départ des cheminement de contrainte se situe sous l'axe des

Fig. 8.45: Quelques cas pratiques de stabilité sur le terrain et leur simulation par
des essais triaxiaux
169
Eléments de Mécanique des Sols

contraintes hydrostatiques (K
0
= 1). Par rapport aux argiles normalement consolidées,
les argiles surconsolidées ont un cheminement des pressions interstitielles différent. A
part ces deux remarques, les mêmes principes restent applicables aux argiles
surconsolidées.

Exemple 8.8
On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon
d'argile dont la contrainte de préconsolidation σ'
p
est de 800 kPa, ce qui correspond à
un rsc de 10. La figure ci-contre (Exemple 8.8) donne les résultats obtenus. On
effectue un autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et, par conséquent, la
même valeur de σ'
c
. Dans ce dernier essai, on ne maintient pas la contrainte latérale
constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que
∆σ
3
= 0,2 ∆σ
1
(voir figure). On suppose que les résultats donnés à la figure sont
valables, quelle que soit la façon de modifier les contraintes majeures en compression,
à savoir que σ
1
et σ
3
augmentent au cours de l'essai. Prédire le comportement du
deuxième essai CU. Calculer les inconnues du tableau ci-dessous (Tab. 8.9), pour des
déformations de 0; 0,5; 2,5; et 7,5 %. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai.
Tab. 8.8
Exemple 8.8
170
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.9

8.6.8 Application des cheminements de contrainte à certains problèmes de génie
Avec des échantillons de mauvaise qualité due à un mauvais échantillonnage, la
résistance au cisaillement non drainée mesurée en laboratoire est beaucoup plus faible
que la résistance sur le terrain. Dans le cas de chargement de fondation sur les argiles
normalement consolidées, la fin de la construction est la période la plus critique. Les
conditions ultérieures de stabilité s'améliorent avec le temps. Pour les argiles
surconsolidées soumises à un chargement (fondation), les conditions à long terme
deviennent moins sécuritaires après la dissipation de la pression interstitielle. Le
déchargement engendre des pressions interstitielles négatives. Pour une excavation
dans les argiles normalement consolidées, les conditions à long terme sont plus
critiques. Enfin, (Tab. 8.10) résume quelques cas de conditions critiques de stabilité.

171
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.10: Conditions critiques pour la stabilité des argiles saturées
172
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Exercices du chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement

Exercice 1:
Dans un essai de cisaillement direct sur un échantillon de sable pulvérulent, la
contrainte normale verticale agissant sur l'échantillon est de 300 kN/m
2
et la
contrainte tangentielle horizontale à la rupture est de 200 kN/m
2
. En supposant une
distribution uniforme des contraintes dans la zone de rupture et une enveloppe de
rupture rectiligne avec c = 0, évaluer à l'aide du cercle de Mohr, la valeur et la
direction des contraintes principales à la rupture. Expliquer pourquoi l'essai de
cisaillement direct ne permet pas de déterminer les contraintes principales dans un
échantillon pour lequel la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de
rupture.
Exercice 2:
Deux essais courants de compression triaxiale CD sont effectués sur un sable sec
dense à grains angulaires, à un même indice des vides. La contrainte cellulaire dans
l'essai A est de 100 kPa, et de 400 kPa dans l'essai B; on maintient ces contraintes
constantes tout au long de l'essai. A la rupture, les essais présentaient des contraintes
déviatoriques de 400 kPa (essai A) et de 1700 kPa (essai B).
a) Tracer, pour les deux essais, les cercles de Mohr au début et à la rupture.
b) Déterminer φ en supposant que c = 0.
c) Quelle est la contrainte de cisaillement à la rupture, sur le plan de rupture, dans les
deux essais?
d) Déterminer l'orientation théorique du plan de rupture dans chaque échantillon.
c) Quelle est l'orientation du plan d'obliquité maximale? .

Exercice 3:
Quel est l'indice des vides critique du sable de la rivière Sacramento pour une
contrainte de confinement de 1,5 MPa?
Exercice 4:
Quelle est la contrainte de confinement critique du sable de la rivière Sacramento pour
un indice des vides de 0,75?

Exercice 5:
Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento caractérisé par σ'
3crit
égale à 0,4 MPa et e
c
= e
crit
= 0,8. Décrire le comportement drainé et non drainé de ce
sable sachant que l'indice des vides après consolidation à σ'
3crit
= 0,4 MPa est de a)
0,85 et de b) 0,75.

Exercice 6:
Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento pour e
crit
= 0,6 et
σ'
3crit
= 1,6 MPa. Décrire le comportement drainé et non drainé de ce sable sachant que
173
Eléments de Mécanique des Sols

l'indice des vides est maintenu à 0,6 mais qu'on applique à l'échantillon une contrainte
σ'
3c
de a) 1,5 MPa et b) de 1,7 MPa.
Exercice 7:
Soit un essai triaxial drainé effectué sur le sable, où σ'
3crit
= 150 kPa et (σ'
1
/ σ'
3
)
r
égale
à 3,7. Quelles seront les valeurs de : a) σ'
1r
b) (σ
1
– σ
3
)
r
c) φ'

Exercice 8:
On suppose que l'échantillon de l'exemple 7 est cisaillé dans des conditions non
drainées à la même contrainte totale cellulaire (150 kPa). La pression interstitielle
induite à la rupture ∆u
r
est de 70 kPa. Déterminer :
a) σ'
1r
b) (σ
1
- σ
3
)
r

c) φ en termes de contraintes totales d) l'angle du plan de rupture α
r
.

Exercice 9:
Soit le sable de l'exemple 8 mais pour lequel la contrainte cellulaire est maintenant de
300 kPa. Déterminer ∆u
r
.

Exercice 10:
Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa, puis cisaillée en
compression axiale sans drainage. A la rupture, la différence entre les contraintes
principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Evaluer les
paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes
effectives, a) analytiquement et b) graphiquement. Mettre en graphique les cercles
de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives et les enveloppes de
rupture, c) Calculer (σ'
1
/ σ'
3
)
r
puis (σ
1
/ σ
3
)
r
. d) Evaluer l'angle théorique du plan de
rupture dans l'échantillon.

Exercice 11:
On effectue un essai de compression simple sur une argile molle. L'échantillon, taillé
dans une carotte non remaniée, a un diamètre de 35 mm et une hauteur de 80 mm. La
charge appliquée à la rupture sur l'anneau de charge était de 14,3 N et le déplacement
axial, de 11 mm. Calculer la résistance à la compression simple et la résistance au
cisaillement de l'échantillon d'argile molle.

Exercice 12:
Les courbes σ – ε et ∆u - ε de l'exemple 8.7 ont été obtenues à partir d'un essai de
compression axiale sur l'échantillon d'argile normalement consolidée de l'exemple 8.6.
Tracer les cheminements en contraintes totales et en contraintes effectives pour cet
essai. Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb.


Exercice 13:
On doit construire sur un dépôt d'argile molle organique situé au nord de la Suède un
remblai de grandes dimensions dans un court laps de temps. La section transversale et
174
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
le profil géotechnique sont
donnés à la figure ci-contre.
Supposer que K
0
= 0,6; A =
0,35 avant la rupture et A
r
à
la rupture est égal à 0,5
(d'après Holtz et Holm,
1979). Déterminer le TSP, le
(T - U
o
)SP et le ESP pour un
élément de sol situé à 5 m
sous le centre du remblai.
argile silteuse organique
w = 140 %
I
L
= 160
I
p
= 105
élément
ρ = 1,3 kg/m
3

ρ = 1,24 kg/m
3

ρ = 2,1 kg/m
3

4 m
1 m
2,75 m
17 m
11 m

Exercice 14:
Deux échantillons identiques d'une argile normalement
consolidée et saturée (même w, e etc.) sont consolidés
isotropiquement (K = 1) et cisaillés sans drainage. Dans l'essai
A en compression axiale (AC), la pression cellulaire est
maintenue constante tandis que la contrainte axiale est
augmentée jusqu'à la rupture. L'échantillon B est amené à la
rupture par extension latérale (LE) où la contrainte axiale est
maintenue constante tandis que la pression cellulaire est réduite
jusqu'à atteindre la rupture. Les données relatives à l'effort-
déformation et à la pression interstitielle de l'essai A sont présentées au tableau ci-
contre.
ε (%) ∆σ /σ'
c
∆u/σ'
c

0 0 0
1 0,35 0,19
2 0,45 0,29
4 0,52 0,41
6 0,54 0,47
8 0,56 0,51
10 0,57 0,53
12 0,58 0,55
a) Calculer et mettre en graphique les courbes d'effort-déformation et de pression
interstitielle-déformation de l'essai A.
b) Mettre en graphique les cheminements TSP et ESP pour les deux essais.
c) Evaluer φ' et φ
T
pour les deux essais.
d) Démontrer que la courbe d'effort-déformation de l'essai A (AC) est identique à
celle de l'essai B (LE).
e) Etablir les données de pression interstitielle-déformation pour l'essai B à partir du
cheminement de contrainte LE.

Exercice 15
On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon
d'argile dont la contrainte de préconsolidation (σ'
p
est de 800 kPa, ce qui correspond à
un rsc de 10. La figure de l'exemple 8.8 donne les résultats obtenus. On effectue un
autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et, par conséquent, la même
valeur de σ'
c
. Dans ce dernier essai, on ne maintient pas la contrainte latérale
constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que
∆σ
3
= 0,2 ∆σ
1
(voir figure). On suppose que les résultats donnés à la figure de
l'exemple 8.8 sont valables, quelle que soit la façon de modifier les contraintes
majeures en compression, à savoir que σ
1
et σ
3
augmentent au cours de l'essai. Prédire
le comportement du deuxième essai CU.
a. Calculer les inconnues du tableau 8.9, pour des déformations de 0, de 0,5; de 2,5 et
de 7,5 %.
b. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai.
175
Eléments de Mécanique des Sols

Exercice 16:
Soit le remblai de l'exercice 13. Des essais de compression triaxiale ont donné c
'
=7kPa
et φ' = 23°. Construire l'enveloppe de rupture et déterminer si le remblai sera stable.




Chapitre 9

Pression latérale des terres

9.1 Introduction
9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation
latérale
9.3 Essais sur la poussée des terres
9.4 Etats de l'équilibre limite
9.4.1 Définition
9.4.2 Equilibre de Rankine
9.4.2.1 Hypothèses
9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre
9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur
9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale
9.4.2.5 Lignes de glissement
9.4.2.6 Distribution des contraintes
9.4.3 Equilibre de Boussinesq
9.4.3.1 Hypothèses
9.4.3.2 Poussée sur un écran
9.4.3.3 Calcul du coefficient de Poussée
9.4.3.4 Etude de la solution
9.4.4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés
9.4.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants)
9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée
9.5.1 Théorie de Rankine
9.5.1.1 Introduction
9.5.1.2 Etat actif
9.5.1.3 Etat passif
9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme
9.5.1.5 Cas de surface libre inclinée
9.5.2 Théorie de Coulomb
9.5.2.1 Introduction
9.5.2.2 Etat actif
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent
9.5.2.2.2 Sol cohérent
9.5.2.3 Etat passif
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel)
9.5.4 Construction de Culmann
9.5.4.1 sol pulvérulent non chargé
9.5.4.1.1 Etat actif
9.5.4.1.2 Etat passif





Chapitre 9

Pression latérale des terres



Expansion Compression
Fig. 9.1 : Variation de K en fonction de
la déformation
K
K
p

K
a

K
0

9.1 Introduction

L'analyse de la pression latérale des terres est d'un aspect très important en
mécanique des sols. Les applications sont très diverses et s'étendent du
dimensionnement des ouvrages de soutènement jusqu'à l'étude de la stabilité des
pentes et des talus. Les hypothèses généralement admises sont un état de déformation
plane et un comportement rigide-parfaitement plastique car l'écoulement par
cisaillement se produit à contrainte constante.


9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation latérale

L'état des contraintes dans le sol n'est
pas hydrostatique: la contrainte horizontale ou
latérale n'est pas égale à la contrainte verticale.
En mécanique des sols, la contrainte latérale
totale est définie en fonction de la contrainte
verticale totale par la relation:

σ
h
= K σ
v
(9.1)

où K est dit coefficient de la pression des
terres. Puisque les contraintes totales peuvent
changer selon le degré de saturation du sol, le
coefficient K n'est pas constant pour un sol
donné. C'est pour cette raison que nous
écrivons cette relation en terme de contraintes
effectives:

σ'
h
= K
0
σ'
v
(9.2)

K
0
est le coefficient des terres au repos. Il est indépendant de l'état de saturation du
massif. Il est constant pour une même couche de sol et une même masse volumique.
De ce fait, ce coefficient est très important pour l'analyse de stabilité et la conception
des différents ouvrages. Lorsque le sol subit des déformations, on parle de coefficient
de pression latérale tout court. La variation de ce coefficient en fonction des
déformations latérales est montrée ci-contre (Fig. 9.1). On peut remarquer que la
177
Eléments de Mécanique des Sols

déformation latérale nécessaire à la mobilisation de la poussée passive est beaucoup
plus grande ( 2 à 4 % pour les sables denses, de 10 à 15 % pour les sables lâches) que
la déformation nécessaire à la mobilisation de la pression active (de l'ordre de 0,25 et
1 % respectivement). Le coefficient K
0
peut être déterminer expérimentalement par un
essai triaxial pendant lequel on empêche toute déformation latérale. D'autres part, on
peut trouver des relations analytiques donnant K
0
en fonction des propriétés du sol. A
titre d'exemple, Jaky propose la relation:

K
0
= 1 - sin ϕ' (9.3)

Mayne et Kulhawy proposent l'expression suivante pour les sols surconsolidés en
phase d'expansion seulement:

K
0
= (1 - sin ϕ' ) (rsc)
sin ϕ'
(9.4)

où rsc est le taux de surconsolidation. Dans la littérature on trouvera des études sur la
corrélation entre K
0
et diverses autres paramètres tels que indice de plasticité, degré
de sur consolidation …etc.

9.3 Essais sur la poussée des terres
9.3.1 Etat actif
Soit un massif de sol semi infini avec une
surface horizontale et un écran vertical lisse. Le sol
est supposé homogène et isotrope. Dans ces
conditions, les contraintes σ
z
et σ
x
sont des
contraintes principales (Fig. 9.2). Supposons que l’on
effectue un déplacement de l’écran loin du massif. Ce
déplacement est équivalent à une expansion du sol, ce
qui induit une diminution de σ
x
(cette diminution est
fonction des déformations latérales dues au
déplacement). Si le déplacement de l’écran est assez
suffisant, σ
x
atteint une valeur minimale
correspondant à un état d’équilibre plastique dans
lequel le cercle de Mohr touche l’enveloppe de rupture. Puisque σ
x
diminue, elle
représente donc la contrainte principale mineure σ
3
. La contrainte verticale σ
z
sera la
contrainte principale majeure σ
1
. La contrainte est σ
3
dite pression active
Fig. 9.2 : Etat actif
σ
1

σ
3

x
z
déplacement

9.3.2 Etat passif
Supposons que l’on déplace l’écran vers le
massif de sol (Fig. 9.3) . La contrainte σ
x
croit
jusqu’à ce qu’un état d’équilibre plastique soit
atteint. Dans ces conditions, σ
x
devient la
contrainte principale majeure et σ
z
sera la
contrainte principale mineure σ
3
. σ
x
maximum est
atteinte lorsque le cercle de Mohr devient tangent
à l’enveloppe de rupture. La contrainte horizontale
est dite pression passive
σ
1

σ
3

x
z
déplacement
Fig. 9.3 : Etat passif
178
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

9.4 Etat de l'équilibre limite

9.4.1 Définition
C'est l'état d'équilibre qui précède immédiatement la
rupture, il s'agit donc d'un équilibre plastique. Plusieurs
modèles sont disponibles pour le traitement du sujet.

9.4.2 Equilibre de Rankine
9.4.2.1 Hypothèses
La théorie de Rankine traite le cas d'un massif semi-
infini de sol pulvérulent, non chargé. Le massif est
incliné d'un angle β par rapport à l'horizontale. Le massif
est entièrement en équilibre plastique. On suppose que
l'état de l'équilibre limite est le même pour touts les
points situés à la même profondeur.

9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la
surface libre
Considérons une facette d'aire élémentaire dA, parallèle
à la surface libre et située à la profondeur z (Fig. 9.4). La
contrainte sur la facette équilibre le poids du parallélépipède
ABCD. Ainsi, le vecteur contrainte t est vertical et a pour
intensité:
Fig. 9.4 : Massif à surface libre
inclinée
β
t dA
z
A
B
C
M
D

t = γ z cos β

Les forces agissant sur les faces latérales sont égales et
opposées. On conclut que la contrainte sur un plan parallèle à la
surface libre est verticale. Ceci veut dire que l'inclinaison de la
surface libre ne peut dépasser l'angle φ (Fig. 9.5).

9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur
A partir de l'état de contrainte au point M sur la facette parallèle à la surface libre, le
cercle de Mohr permet de
déterminer l'état de contrainte au
même point pour une facette
d'orientation quelconque. Le
vecteur contrainte t au point M sur
la facette parallèle à la surface libre
est représenté par la droite OE
d'obliquité β (Fig. 9.6). Par le point
E, il ne peut passer que deux
cercles limites tangents à la droite
de Coulomb. Chaque cercle
représente un équilibre limite
possible au point M. Le cercle C
1

représente un état d'équilibre dit
β
contrainte
σ
τ
φ
E'
2



E'
1

Fig. 9.5 : Etat de
t n
M
β
β ≤ φ
O
Fig. 9.6 : Cercle de Mohr à
l’équilibre limite
β
C
1

C
2

E
t
179
Eléments de Mécanique des Sols

inférieure. Le cercle C
2
est associé à un état d'équilibre dit supérieur.

9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale
Sur le plan de Mohr, la contrainte sur une facette
verticale au point M se déduit de l'état de contrainte
sur la facette parallèle à l'horizontale par une
rotation égale à π - 2β dans le sens des aiguilles
d'une montre (Fig. 9.7) : c.à.d le point E'
1
pour
l'équilibre inférieur et E'
2
pour l'équilibre supérieur.
On peut montrer que l'obliquité de la contrainte sur
la facette verticale est égale à + β, c.à.d que la
contrainte sur la facette verticale est parallèle à la
surface libre. Son intensité peut varier entre deux
limites qui sont associées aux deux états d'équilibre
limite.
β
v
M
Fig. 9.7 : Calcul de la contrainte
sur la facette verticale
O
σ
φ
β
E'
1

E'''
1

E''
E
1

C
1

E'
σ
1
σ
3



γ
ω
β

τ
π/2 - β

9.4.2.5 Lignes de glissement
9.4.2.5.1 Equilibre inférieur
Précisons tout d'abord la direction de
la facette sur laquelle agit la contrainte
principale mineure σ
3
. D'après Fig.
9.8, l'angle entre la facette verticale
E'
1
et la facette sur laquelle agit σ
3
est
δ tel que:

ω
β
= β + 2δ (9.5)
d'où
δ = (ω
β
- β)/2 d'autre part,
on a:
Fig. 9.8 : Equilibre inférieur
2δ = γ - 2β = π/2 - ϕ - 2β soit δ = π/4 - ϕ/2 - β

ce qui donne

β + δ = β + π/4 - ϕ/2 - β = π/4 - ϕ/2 (9.6)

d'où l'angle ω
β
est tel que

sin ω
β
= C
1
E' / E'E'
1
= C
1
E'' / C
1
E'
1
= C
1
E'' / R
sin ϕ = C
1
E'''
1
/ OC
1
= R / OC
1
===> R = OC
1
sin ϕ
sin β = C
1
E'' / OC
1
===> C
1
E'' = OC
1
sin β

d'où

sin ω
β
= sin β / sin ϕ (9.7)

180
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
ce qui permet de tracer le schéma ci-contre
(Fig. 9.9). On conclut alors que les deux
directions de glissement sont symétriques par
rapport à la direction d'action de σ
1
:

ψ = ± (π/4 - φ/2) (9.8)

9.4.2.5.2 Equilibre supérieur
On trouve des résultats analogues: le point E'
2

représente l'état d'équilibre sur la facette
verticale. L'angle entre la facette verticale et la
facette sur laquelle agit σ
1
est δ tel que:
β
Fig. 9.9 : Plans de glissement
π
σv

π
σ1

π
σ3

π
v

π
h

π
r2

π
E'1

π
r2


2δ = ω
β
+ β soit δ = (ω
β
+ β)/2

c.à.d que l'angle entre la direction d'action
de σ
3
et la facette verticale est δ. D'autre
part, on a:

α = π/4 + ϕ/2 (9.9)

Ainsi, les deux directions de glissement
font un angle de π/4 + φ/2 avec la
direction de σ
3
, c.à.d que là aussi, l'angle
entre les directions de glissement et la
direction d'action de σ
1
sont
σ
φ
β
C
2

σ
1
σ
3

τ
ω
β




E'
2

Fig. 9.10 : Equilibre supérieur
± (π/4 - φ/2)

Il en résulte que les
lignes de
glissement sont des
droites d'orientation
fixe dans tout le
milieu. Le réseau
des lignes de
glissement est donc
formé de deux
familles de droites
parallèles se
coupant sous
l'angle π/2 – φ (Fig.
9.11,12).
Fi
Expansion Compression
σ
1

π/4 – φ/2
β β
π/4 – φ/2
σ
1

g. 9.11 : Lignes de glissement
pour l'équilibre inférieure
Fig. 9.12 : Lignes de glissement
pour l'équilibre supérieure

9.4.2.6 Distribution des contraintes
A titre d'illustration, on examinera le cas de l'équilibre inférieure. Nous voulons
calculer la contrainte au point M(r, θ) sur la facette dont le plan est porté par OM (Fig.
9.13). Nous avons: σ
θθ
(r, θ), σ

(r, θ) et α (r, θ). La facette considérée fait avec la
181
Eléments de Mécanique des Sols

facette verticale l'angle θ. On dresse alors le
cercle de Mohr correspondant (Fig. 9.14).
L'obliquité α du vecteur contrainte t ne dépend
que de θ. En effet:

tg α = P'P / OP' où

P'P = R sin γ = τ
m
sin (2θ + ω
β
- β) et
OP' = σ
m
- τ
m
cos (2θ + ω
β
- β)

avec

sin ϕ = τ
m
/ σ
m
ce qui donne:

tg α = [sin ϕ . sin (2θ + ω
β
- β)] / [1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] (9.10)
β
τ
t
σ
σ
m

φ
τ
m

o
c
c'
ω
β
+ β
ω
β

ω
β

ω
β


δ
γ
E
E'
P
E''
Fig. 9.13 : Distribution des
contraintes
β
θ
β
r
o
z
M
α
σ
θθ

- τ


t
n

Ainsi, dans la théorie de Rankine,
l'obliquité des contraintes sur un
écran d'inclinaison quelconque ne
dépend que de φ et β.
. L'angle α est alors indépendante
de r: les facettes portées par une
ligne droite dans le massif
subissent des contraintes de
même obliquité (Fig. 9.15).
Calculons à présent σ
θθ
. Nous
avons:

σ
θθ
= OP' = OC – CP'

= σ
m
– R cos γ

sin ϕ = R / σ
m
il vient

R = σ
m
sin ϕ

d'où

σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] (9.11)
Fig. 9.14 : Cercle de Mohr en équilibre inférieur
β
α
θ
Fig. 9.15 : Contrainte le long d'un
rayon polaire

Calculons σ
m
. Dans le triangle CC'E, on a:

sin (ω
β
+ β) = τ / τ
m
= t sin β / τ
m



sin ω
β
= sin β / sin ϕ ==> sin β = sin ϕ sin ω
β

et

182
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
τ
m
= σ
m
sin ϕ
Fig. 9.16 : Equilibre limite
inférieure : poussée
déplacement
σ
1

σ
3

σ
1

σ
3

Fig. 9.17 : Equilibre limite
supérieure : butée
déplacement

ce qui donne

sin (ω
β
+ β) = t sin ω
β
/ σ
m
===>

σ
m
= t sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

remplaçant t par sa valeur, il vient:

σ
m
= γ z cos β . sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

et

z cos β par r cos (θ - β)

on obtient

σ
m
= γ r cos (θ - β) . sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

et finalement

σ
θθ
= K

γ r (9.12)

avec


K

= sin β cos (θ - β) [1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] / [sin ϕ sin (ω
β
+ β)]

On conclue alors que la distribution des contraintes dépend de r et est triangulaire le
long d'une droite tracée dans le massif. le coefficient K

(β, φ, θ) est un coefficient de
poussée (Fig. 9.16,17).

Remarque 9.1
La théorie de Rankine est relativement simple mais ses applications sont limitées. En
effet, les lignes de glissement observées sur site ne sont pas droites. De plus, dans le
cas de massifs limités par des parois on constate que la rugosité de l'écran joue un rôle
important. Finalement, l'obliquité des contraintes sur l'écran est une caractéristique du
frottement du massif et de l'écran, alors que dans la théorie de Rankine, elle ne dépend
que de l'obliquité de la surface libre et de l'angle de frottement interne.

9.4.3 Equilibre de Boussinesq
9.4.3.1 Hypothèses
La théorie de Boussinesq est un schéma général permettant de prendre en compte le
frottement sol-écran. Initialement, on suppose que le sol est un matériau pulvérulent
en équilibre limite sous son propre poids (la prise en compte de la cohésion et des
forces extérieures viendra par la suite). Le massif est limité par deux plans: la surface
libre et un écran latéral. Sur l'écran, l'obliquité δ des contraintes est imposée. On
183
Eléments de Mécanique des Sols

admet une distribution triangulaire des contraintes sur chaque rayon polaire, c.à.d que
l'obliquité est constante et que l'intensité de la contrainte est proportionnelle à la
position radiale r (résultat de la théorie de Rankine).

Fig. 9.18 : Convention de signe
σ
θθ

θ
+

r
β
+

λ
+

δ
+

P
9.4.3.2 Poussée sur un écran
Sur la facette portée par le rayon polaire (Fig. 9.18), la
contrainte normale σ
θθ
est de la forme:

σ
θθ
= r f(θ)

cependant, f peut dépendre des autres paramètres β, λ,
δ, φ et γ. Par convention, on posera

σ
θθ
= K
γ
γ r

où K
γ
ne dépend que de β, λ, δ et φ, il est appelé
coefficient de poussée des terres. Il existe deux
équilibres: un équilibre de poussée (état actif) et
un équilibre de butée (état passif). Sur l'écran, le
vecteur contrainte (Fig. 9.19) à une intensité
donnée par:
Fig. 9.19 : Poussée sur un écran
β
λ
δ
σ
θθ

θ
t
n
h
t = σ
θθ
/ cos δ

la poussée totale sur le mur a pour intensité:

2
h
cos
K
dr t P
2
h
0
γ
δ
= =
γ



et a pour obliquité δ. Le point d'application de P se
situe au tiers inférieur de h.
β
λ
θ
Fig. 9.20 : Calcul de K
γ

ψ
σ
1

σ
rr

σ


σ
θθ


9.4.3.3 Calcul du coefficient de poussée K
γ

9.4.3.3.1 Système des équations différentielles
Puisque l'équilibre est limite, d'après (9.11) il vient
(Fig. 9.20):

σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ cos 2ψ]

(2ψ est équivalent à γ dans Fig. 9.14, σ
rr
est l'état de
contrainte qui fait l'angle π/2 par rapport à l'état de
contrainte σ
θθ
)

σ
rr
= σ
m
[1 + sin ϕ cos 2ψ]
(9.13)
σ

= σ
m
sin ϕ sin 2ψ

184
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Comme le montre (Fig. 9.14), l'angle ψ est l'angle que fait σ
1
avec le rayon polaire. ψ
est ψ(θ) car l'obliquité de la contrainte sur le rayon polaire est constante. σ
θθ
est
proportionnelle à r quand θ est fixe. σ
m
est aussi de la forme:

σ
m
= r g(θ) (9.14)

D'après (9.13,14), nous avons les relations

σ
rr,r
= σ
rr
/ r et σ

= σ

/ r

et les équations aux dérivées partielles d'équilibre

σ
rr,r
+ σ
rθ,θ
/r + (σ
rr
- σ
θθ
)/r = γ cos θ
(9.15)
σ
rθ,r
+ σ
θθ,θ
/r + 2 σ

/r = - γ sin θ

θ
β
λ
ψ
σ
1

Fig. 9.21 : Conditions aux
limites
A
B
C
r
M
donnent

σ
rθ,θ
+ (2σ
rr
- σ
θθ
) = γ r cos θ
(9.16)
σ
θθ,θ
+ 3σ

= - γ r sin θ

La forme de ces équations montre que σ
rr
, σ
θθ
, σ

et donc
σ
m
sont proportionnelles à γ. Posons

σ
m
= γ r S(θ) (9.17)

Le problème consiste donc à rechercher les fonctions S(θ)
et ψ(θ) qui définissent complètement le tenseur de
contrainte. Tenant compte de (9.13,17), (9.16) donne:

S

= [ S sin 2ψ - sin (2ψ+ θ)] / (cos 2ψ - sin ϕ)
(9.18)
ψ

+1 = [ cos θ - sin ϕ cos (2ψ+ θ) – S cos
2
ϕ] / [2S sin ϕ (cos 2ψ - sin ϕ)]

9.4.3.3.2 Conditions aux limites
Pour pouvoir intégrer les équations différentielles précédentes, il faut éliminer les
constantes d'intégration. Ceci à l'aide des conditions aux limites. Ainsi, on a (Fig.
9.21):

Sur la surface libre (segment AB)

σ = 0, σ
m
= 0 d'où

S(θ = π/2 + β) = 0

dψ/dθ +1 doit vérifier (avec θ = π/2 + β)

185
Eléments de Mécanique des Sols

sin β - sin ϕ sin (2ψ + β) = 0

en effet, puisque le dénominateur de dψ/dθ +1 est nul, il faut que son numérateur le
soit aussi, ce qui implique l'expression ci-dessus. Autrement:

sin (2ψ+ θ) = sin β / sin ϕ = sin ω
β


soit

2ψ = ω
β
- β ou 2ψ = π – (ω
β
+ β) (9.19)

On vérifiera aisément que ces deux valeurs de ψ
correspondent à celles trouvées dans l'étude de
l'équilibre de Rankine. Rappelons que celle-ci est
l'angle que fait le rayon polaire ( ou σ
rr
) avec σ
1
.
Puisque les deux directions de glissement font l'angle
± (π/4 - φ/2) avec σ
1
(Fig. 9.22), on se rond compte
que le rayon polaire est situé à l'intérieur du petit angle
entre les lignes de glissement lorsque ψ < π/4 - φ/2.
C'est le cas où 2ψ = ω
β
- β. En effet, on a:
π
r2

ψ
σ
1

r
Fig. 9.22 : Plans de rupture
π/4 - φ/2
-(π/4 - φ/2)
π
r1


- (π/2 - ϕ) ≤ ω
β
- β ≤ π/2 - φ ∀ |β| < ϕ (9.20)

Lorsque 2ψ = π - (ω
β
+ β), la surface libre est située hors de ce même petit angle.

Sur l'écran (Segment AC)
L'obliquité des contraintes sur l'écran est imposée:

tg δ = - σ

/ σ
θθ
= - sin ϕ sin 2ψ / (1 - sin ϕ cos 2ψ) (9.21)

ce qui donne

sin (2ψ - δ ) = - sin ω
δ
(9.22)



sin ω
δ
= sin δ / sin ϕ, - ϕ ≤ δ ≤ ϕ, - π/2 ≤ δ ≤ π/2,

on a alors les deux valeurs possibles de ψ:

2ψ = - (ω
δ
- δ) ou bien 2ψ = ω
δ
+ δ - π (9.23)

Comme précédemment, on peut montrer que l'écran est situé dans le petit angle des
lignes de glissement lorsque 2ψ = - (ω
δ
- δ) et il est situé hors de ce même petit angle
lorsque 2ψ = ω
δ
+δ-π . Quant à S, elle est inconnue sur l'écran. On a donc quatre
couples de valeurs de ψ sur la surface libre et sur l'écran, mais elles ne sont pas tous
mécaniquement possibles. en définitive, on ne peut poser que deux problèmes
distincts:
186
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

Problème de poussée
. Sur la surface libre:

θ = π/2 + β S = 0 2ψ = π - (ω
β
+ β)

. Sur l'écran

θ = λ 2ψ = - (ω
δ
- δ)

Problème de butée
.Sur la surface libre

θ = π/2 + β S = 0 2ψ = ω
β
- β

.Sur l'écran

θ = λ 2ψ = ω
δ
+ δ - π

9.4.3.3.3 Résolution
Le problème est mathématiquement bien posé. Il reste à calculer S sur l'écran, ψ et S
sur les différents rayons polaires. Ceci relève du calcul numérique dont les résultats
sont présentés sous forme de tables telles que celles de Caquot et Kérisel (Tab. 9.1,2).

Remarque 9.2
Seul un équilibre de Rankine peut régner entre la surface libre et la première ligne de
glissement de cet équilibre. On peut donc distinguer deux zones dans le massif: une
zone en équilibre de Rankine (δ = 0) commandée par la surface libre, et une zone en
équilibre de Boussinesq commandée par l'écran. Ces deux zones se raccordent le long
de la première ligne de glissement de l'équilibre de Rankine.

9.4.3.4 Etude de la solution
9.4.3.4.1 Variation de K
γ

. K

décroît lorsque δ augmente.
. La poussée minimale (équilibre le plus défavorable) correspond à δ = φ.
. Dans le cas de l'équilibre le plus défavorable de Boussinesq, l'obliquité δ est toujours
voisine de φ. Dans l'équilibre de Rankine, δ décroît rapidement et s'annule sur l'écran.
. Pour la butée, l'équilibre le plus défavorable (butée maximale) correspond à δ = - φ.
K

décroît quand δ diminue en valeur absolue.
. Dans le cas de l'écran vertical, β influe fortement la poussée et notamment la butée.
. La poussée diminue lorsque φ augmente.
. La butée varie proportionnellement à φ.

187
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
0 1.11 0.943 0.832 0.756 0.704 0.669 0.650 0.641 0.641
0
10 1.41 1.20 1.06 0.982 0.937 0.922 0.900 0.895 0.890
0 1.09 0.917 0.801 0.720 0.664 0.626 0.601 0.586 0.577 5
10 1.45 1.23 1.08 1.00 0.951 0.936 0.920 0.900 0.890
0 1.07 0.911 0.787 0.702 0.642 0.600 0.570 0.549 0.533
10
10
10 1.53 1.29 1.13 1.05 0.991 0.966 0.950 0.940 0.935
0 1.02 0.850 0.735 0.651 0.589 0.541 0.504 0.472 0.438 0
10 1.27 1.04 0.893 0.782 0.701 0.643 0.595 0.555 0.516
0 1.00 0.828 0.709 0.622 0.557 0.507 0.467 0.433 0.395 5
10 1.28 1.04 0.885 0.764 0.679 0.612 0.560 0.516 0.442
0 1.00 0.821 0.695 0.603 0.536 0.484 0.442 0.405 0.365 10
10 1.32 1.07 0.889 0.758 0.663 0.591 0.536 0.489 0.473
0 1.02 0.826 0.691 0.596 0.525 0.470 0.425 0.385 0.342
15
15
10 1.38 1.11 0.903 0.760 0.657 0.581 0.522 0.471 0.420
0 0.937 0.767 0.647 0.559 0.490 0.434 0.387 0.341 0.290
10 1.15 0.920 0.765 0.653 0.568 0.500 0.441 0.387 0.329
0
20 1.44 1.17 1.01 0.901 0.822 0.781 0.759 0.749 0.732
0 0.921 0.748 0.626 0.536 0.465 0.409 0.361 0.314 0.263
10 1.14 0.915 0.754 0.634 0.546 0.474 0.414 0.360 0.301
5
20 1.47 1.19 1.03 0.907 0.840 0.786 0.763 0.741 0.736
0 0.924 0.742 0.614 0.520 0.448 0.391 0.342 0.295 0.243
10 1.17 0.926 0.751 0.626 0.531 0.457 0.396 0.340 0.280
10
20 1.51 1.23 1.06 0.937 0.855 0.812 0.776 0.767 0.748
0 0.942 0.745 0.610 0.512 0.438 0.379 0.328 0.280 0.229
10 1.21 0.949 0.756 0.622 0.523 0.446 0.383 0.325 0.265
15
20 1.59 1.29 1.11 0.982 0.895 0.837 0.813 0.789 0.769
0 0.970 0.759 0.614 0.511 0.434 0.372 0.319 0.270 0.217
10 1.29 0.984 0.771 0.626 0.521 0.441 0.375 0.315 0.253
20
20
20 1.72 1.39 1.18 1.04 0.951 0.888 0.848 0.821 0.800
0 0.859 0.688 0.568 0.478 0.406 0.346 0.293 0.241 0.184
10 1.03 0.814 0.661 0.549 0.462 0.389 0.327 0.267 0.203
0
20 1.25 1.00 0.818 0.681 0.569 0.480 0.401 0.326 0.249
0 0.848 0.674 0.552 0.459 0.387 0.327 0.275 0.223 0.168
10 1.03 0.810 0.648 0.532 0.443 0.370 0.308 0.249 0.186
5
20 1.27 1.00 0.824 0.673 0.557 0.462 0.381 0.307 0.230
0 0.851 0.671 0.542 0.448 0.374 0.313 0.261 0.210 0.156
10 1.05 0.814 0.645 0.523 0.431 0.356 0.294 0.235 0.173
10
20 1.31 1.03 0.830 0.673 0.548 0.449 0.367 0.292 0.216
0 0.866 0.672 0.540 0.441 0.365 0.304 0.251 0.200 0.146
10 1.09 0.828 0.647 0.520 0.423 0.347 0.284 0.225 0.164
15
20 1.37 0.107 0.853 0.678 0.545 0.441 0.357 0.282 0.206
0 0.896 0.685 0.542 0.439 0.361 0.298 0.244 0.193 0.139
10 1.14 0.856 0.658 0.521 0.420 0.342 0.277 0.217 0.156
20
20 1.45 1.12 0.886 0.688 0.545 0.438 0.351 0.274 0.198
0 0.925 0.725 0.552 0.443 0.361 0.296 0.240 0.187 0.134
10 1.22 0.920 0.676 0.528 0.423 0.341 0.273 0.212 0.151
25
25
20 1.56 1.20 0.929 0.708 0.554 0.439 0.349 0.270 0.192
0 0.787 0.617 0.497 0.406 0.333 0.272 0.218 0.165 0.108
10 0.929 0.717 0.569 0.460 0.373 0.301 0.239 0.180 0.116
20 1.12 0.861 0.683 0.546 0.438 0.353 0.276 0.207 0.135
30 0
30 1.38 0.107 0.899 0.765 0.684 0.610 0.561 0.500 0.434

Table 9.1 : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids des
terres K

(D'après Chen)

188
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
30








α [°]
5 0 0.778 0.606 0.484 0.392 0.319 0.258 0.154 0.099
10 0.932 0.715 0.559 0.446 0.359 0.287 0.226 0.168 0.108
20 1.12 0.861 0.678 0.536 0.426 0.338 0.263 0.125
30 1.39 1.09 0.912 0.776 6.694 0.619 0.570 0.507 0.428
10 0 0.781 0.604 0.477 0.383 0.309 0.248 0.196 0.145
10 0.946 0.720 0.557 0.439 0.349 0.277 0.216 0.159 0.100
20 1.16 0.881 0.681 0.532 0.419 0.328 0.252 0.184 0.117
30 1.43 1.14 0.934 0.795 0.712 0.634 0.570 0.506 0.426
15 0 0.798 0.607 0.475 0.378 0.302 0.242 0.189 0.138 0.087
10 0.972 0.728 0.558 0.437 0.343 0.270 0.209 0.152 0.095
20 1.19 0.900 0.695 0.532 0.414 0.321 0.245 0.177 0.111
1.51 1.18 0.968 0.823 0.738 0.657 0.590 0.524 0.442
20 0 0.821 0.618 0.479 0.377 0.299 0.237 0.184 0.134 0.083
10 0.750 0.566 0.437 0.341 0.266 0.204 0.147 0.091
20 1.25 0.943 0.712 0.539 0.414 0.318 0.240 0.172 0.106
30 1.59 1.01 0.885 0.773 0.688 0.618 0.549 0.448
25 0 0.862 0.638 0.487 0.380 0.299 0.235 0.180 0.130 0.080
10 1.08 0.785 0.442 0.342 0.265 0.201 0.143 0.087
20 1.35 1.00 0.739 0.550 0.418 0.318 0.238 0.169 0.103
30 1.74 1.35 1.11 0.820 0.729 0.654 0.564 0.473
30 0 0.900 0.770 0.501 0.302 0.236 0.179 1.27 0.078
10 1.17 0.829 0.602 0.453 0.347 0.266 0.200 0.141 0.085
20 1.47 1.08 0.776 0.568 0.321 0.238 0.167 0.100






0.205
0.194
0.093





30

1.01
1.24
0.581


0.940

0.387
0.425
30 1.88 1.46 1.19 1.01 0.882 0.783 0.701 0.604 0.489
0 0 0.717 0.551 0.433 0.343 0.271 0.211 0.158 0.107 0.057
10 0.837 0.634 0.491 0.383 0.299 0.230 0.171 0.115 0.060
20 0.986 0.741 0.572 0.443 0.342 0.261 0.191 0.128 0.066
30 1.18 0.895 0.703 0.558 0.434 0.331 0.240 0.160 0.084
5 0 0.711 0.542 0.424 0.333 0.260 0.201 0.149 0.101 0.052
10 0.843 0.629 0.483 0.372 0.289 0.220 0.162 0.108 0.056
20 1.01 0.741 0.568 0.435 0.333 0.250 0.182 0.120 0.060
30 1.20 0.904 0.708 0.557 0.426 0.320 0.230 0.151 0.078
35









10 0 0.717 0.543 0.418 0.326 0.253 0.194 0.143 0.095 0.049
10 0.849 0.635 0.480 0.368 0.282 0.213 0.155 0.103 0.052
20 1.02 0.759 0.569 0.430 0.326 0.243 0.175 0.115 0.057
30 1.22 0.923 0.720 0.560 0.422 0.312 0.222 0.145 0.074
15 0 0.731 0.546 0.417 0.322 0.248 0.189 0.138 0.091 0.046
10 0.876 0.643 0.481 0.365 0.277 0.208 0.150 0.098 0.049
20 1.05 0.775 0.575 0.430 0.322 0.238 0.170 0.110 0.054
30 1.27 0.975 0.753 0.567 0.421 0.308 0.216 0.140 0.070
20 0 0.755 0.557 0.420 0.322 0.246 0.186 0.135 0.088 0.044
10 0.915 0.664 0.488 0.367 0.275 0.205 0.147 0.095 0.047
20 1.11 0.800 0.592 0.434 0.322 0.235 0.166 0.107 0.052
30 1.36 1.02 0.781 0.580 0.424 0.306 0.214 0.137 0.068
25 0 0.791 0.575 0.430 0.325 0.246 0.185 0.133 0.086 0.043
10 0.968 0.692 0.501 0.371 0.276 0.204 0.145 0.093 0.046
20 1.17 0.847 0.610 0.443 0.323 0.235 0.165 0.105 0.050
30 1.44 1.08 0.819 0.598 0.429 0.307 0.213 0.134 0.066
30 0 0.846 0.601 0.442 0.331 0.249 0.185 0.132 0.085 0.042
10 1.04 0.730 0.519 0.379 0.280 0.205 0.144 0.092 0.044
20 1.27 0.908 0.637 0.455 0.329 0.237 0.164 0.103 0.049
30 1.60 1.15 0.870 0.623 0.438 0.310 0.213 0.133 0.064
35 0 0.928 0.634 0.460 0.341 0.254 0.187 0.132 0.084 0.041
10 1.12 0.783 0.545 0.392 0.287 0.208 0.145 0.091 0.044
20 1.41 0.989 0.676 0.473 0.337 0.241 0.166 0.103 0.048


30 1.75 1.29 0.951 0.656 0.457 0.318 0.216 0.134 0.064

Table 9.1 (suite): Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids
des terres K


189
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
40
0
0 0.649 0.491 0.374 0.287 0.217 0.160 0.111 0.065 0.024
10 0.760 0.556 0.421 0.316 0.237 0.172 0.118 0.069 0.025
20 0.874 0.643 0.482 0.358 0.266 0.191 0.129 0.075 0.026
30 1,38 0.762 0.577 0.429 0.316 0.226 0.150 0.086 0.029
40 1.22 0.920 0.751 0.614 0.511 .0.443 0.364 0.277 0.160
5 0 0.645 0.486 0.368 0.279 0.210 0.153 0.105 0.061 0.022
10 0.759 0.553 0.415 0.310 0.230 0.166 0.112 0.064 0.023
20 0.879 0.644 0.479 0.352 0.259 0.183 0.123 0.070 0.024
30 1.03 0.770 0.579 0.426 0.309 0.218 0.143 0.081 0.027
40 1.25 0.941 0.769 0.628 0.524 0.439 0.361 0.274 0.157
10 0 0.654 0.485 0.364 0.275 0.205 0.149 0.101 0.058 0.021
10 0.767 0.562 0.413 0.305 0.225 0.160 0.108 0.061 0.022
20 0.894 0.651 0.480 0.349 0.254 0.178 0.118 0.067 0.023
30 1.05 0.786 0.586 0.425 0.305 0.212 0.139 0.078 0.026
40 1.29 0.973 0.769 0.650 0.542 0.455 0.374 0.273 0.155
15 0 0.664 0.490 0.365 0.272 0.201 0.145 0.098 0.056 0.020
10 0.783 0.571 0.415 0.304 0.221 0.157 0.105 0.059 0.021
20 0.937 0.666 0.486 0.349 0.251 0.175 0.115 0.065 0.022
30 1.07 0.811 0.590 0.426 0.304 0.209 0.135 0.075 0.024
40 1.35 1.02 0.804 0.657 0.567 0.459 0.377 0.286 0.154
20 0 0.690 0.503 0.367 0.273 0.200 0.143 0.096 0.054 0.019
10 0:822 0.585 0.421 0.306 0.220 0.155 0.103 0.057 0.020
20 0.975 0.688 0.496 0.352 0.250 0.173 0.113 0.063 0.021
30 1.11 0.846 0.610 0.434 0.305 0.208 0.133 0.073 0.023
40 1.43 1.08 0.849 0.693 0.578 0.485 0.399 0.290 0.155
25 0 0.717 0.518 0.376 0.276 0.200 0.143 0.095 0.053 0.018
10 0.860 0.607 0.431 0.310 0.221 0.155 0.1.01 0.056 0.019
20 1.03 0.729 0.511 0.359 0.252 0.173 0.112 0.061 0.020
30 1.17 0.892 0.637 0.445 0.309 0.208 0.132 0.072 0.023
40 1.53 1.15 0.908 0.741 0.617 0.518 0.409 0.297 0.156
30 0 0.765 0.543 0.388 0.281 0.203 0.143 0.094 0.052 0.018
10 0.927 0.643 0.447 0.317 0.224 0.156 0.101 0.055 0.019
20 1.10 0.772 0.532 0.369 0.256 0.174 0.112 0.061 0.020
30 1.24 0.953 0.681 0.463 0.314 0.210 0.133 0.071 0.022
40 1.67 1.25 0.984 0.802 0.668 0.559 0.442 0.321 0.160
35 0 0.840 0.576 0.405 0.289 0.207 0.145 0.094 0.052 0.017
10 1.02 0.690 0.470 0.327 0.230 0.158 0.102 0.055 0.018
20 1.22 0.840 0.562 0.383 0.263 0.177 0.113 0.060 0.020
30 1.33 1.03 0.727 0.480 0.324 0.214 0.134 0.071 0.023
40 1.84 1.38 1.08 0.881 0.733 0.589 0.463 0.335 0.164
40 0 0.946 0.598 0.428 0.302 0.214 0.148 0.096 0.052 0.017
10 1.09 0.738 0.500 0.342 0.238 0.162 0.103 0.055 0.018

20 1.38 0.931 0.604 0.402 0.273 0.182 0.114 0.061 0.019

30 1.50 1.17 0.792 0.512 0.338 0.221 0.136 0.072 0.023


40 2.07 1.55 1.21 0.985 0.817 0.654 0.513 0.353 0.171


Table 9.1 (suite): Table de Caquet et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au
poids des terres K


190
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
10 0 0 1.58 1.44 1.38 1.37 1.42 1.54 1.74 2.06 2.60
10 1.87 1.69 1.62 1.61 1.68 1.81 .2.05 2.45 3.11
5 0 1.61 1.50 1.45 1.48 1.56 1.71 1.96 2.36 3.03
10 2.05 1.87 1.80 1.81 1.90 2.08 2.39 2.89 3.74
10 0 1.66 1.56 1.54 1.58 1.68 1.87 2.16 2.64 3.45
10 2.19 2.01 1.95 1.98 2.10 2.32 2.70 3.31 4.35
15 0 0 1.75 1.62 1.57 1.59 1.70 1.91 2.24 2.78 3.70
10 2.08 1.92 1.88 1.93 2.07 2.32 2.74 3.43 4.61
5 0 1.78 1.68 1.67 1.74 1.89 2,15 2.57 3.24 4.40
10 2.27 2.13 2.10 2.18 2.36 2.69 3.22 4.10 5.62
10 0 1.84 1.77 1.79 1.89 2.08 2.40 2.90 3.72 5.13
10 2.46 2.32 2.32 2.43 2.66 3.07 3.72 4.81 6.69
15 0 1.91 1.87 1.91 2.04 2:27 2.64 3.23 4.20 5.87
10 2.63 2.50 2.52 2.66 2.95 3.44 4.22 5.52 7.79
20 0 0 1.92 1.81 1.79 1.86 2.04 2.37 2.91 3.78 5.32
10 2.29 2.17 2.18 2.30 2.56 2.98 3.68 4.85 6.91
20 2.78 2.62 2.62 2.77 3.09 3.63 4.50 5.98 8.63
5 0 1.98 1.90 1.92 2.04 2.30 2.72 3.39 4.49 6.45
10 2.52 2.41 2.45 2.63 2.96 3.51 4.40 5.90 8.57
20 3.14 2.99 3.02 3.24 3.65 4.35 5.49 7.42 10.9
10 0 2.05 2.01 2.08 2.26 2.58 3.09 3.91 5.27 7.69
10 2.75 2.67 2.75 2.98 3.39 4.08 5.19 7.05 10.4
20 3.52 3.37 3.45 3.73 4.26 5.13 6.57 9.01 13.4
20 15 0 2.14 2.14 2,26 2.49 2.88 3.49 4.47 6.11 9.P4
10 2.99 2.93 3.05 3.34 3.85 4.68 6.02 8.29 12.4
20 3.90 3.77 3.89 4.25 4.90 5.97 7.73 10.7 16.4
20 0 2.26 2.29 2.44 2.71 3.17. 3.89 5.04 6.95 10.4
10 3.22 3.19 3.34 3.70 4.30 5.29 6.95 9.65 14.0
20 4.26 4.15 4.32 4.77 5.55 6.83 8.94 12.5 18.9
25 0 0 2.14 2.05 2.06 2.18 2.46 2.98 3.81 5.23 7.80
10 2.54 2.46 2.53 2.76 3.18 3.88 5.02 6.99 10.6
20 3.15 3.04 3.14 3.44 4.00 4.91 6.43 9.06 13.9
5 0 2.21 2.15 2.22 2.42 2.82 3.47 4.53 6.33 9.64
10 2.81 2.75 2.88 3.19 3.74 4.63 6.11 8.66 13.4
20 3.58 3.50 3.66 4.07 4.80 5.99 7.98 11.4 17.8
10 0 2.30 2.29 2.42 2.72 3.22 4.02 5.34 7.60 11.8
10 3.08 3.07 3.27 3.76 4.36 5.49 7.35 10.6 16.6
20 4.04 4.00 4.24 4.78 5.70 7.23 9.75 14.1 22.4
15 0 2.41 2.46 2.67 3.05 3.66 4.64 6.25 9.02 14.2
10 3.39 3.43 3.69 4.20 5.05 6.44 8.74 12.7 20.2
20 4.54 4.55 4.87 5.55 6.70 8.59 11.7 17.2 27.4
20 0 2.56 2.67 2.94 3.40 4.13 5.31 7.23 10.6 16.8
10 3.72 3.80 4.13 4.76 5.80 7.47 10.4 15.3 24.5
20 5.07 5.12 5.55 6.38 7.79 10.1 14.5 21.4 34.5
25 0 2.74 2.89 3.21 3.76 4.62 6.00 8.26 12.2 19.5
10 4.05 4.18 4.59 5.34 6.57 8.54 12.0 17.8 29.7
20 5.60 5.71 6.23 7.24 8.90 11.6 16.8 25.0 40.4


Table 9.2: Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au poids des
terres K

(d'après Chen)
191
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
30 0 0 2.37 2.31 2.37 2.57 3.00 3.78 5.08 7.37 11.7
10 2.82 2.79 2.95 3.34 4.01 5.12 7.00 10.3 16.8
20 3.57 3.54 3.79 4.32 5.25 6.79 9.43 14.2 23.3
30 4.41 4.42 4.76 5.68 6.74 8.82 12.4 18.8 31.3
5 0 2.46 2.44 2.57 2.88 3.49 4.49 6.16 9.13 14.8
10 3.13 3.15 3.40 3.92 4.79 6.24 8.70 13.1 21.6
20 4.07 4.12 4.48 5.19 6.42 8.46 11.9 18.2 30.4
30 5.19 5.26 5.76 6.79 8.39 11.2 16.0 24.5 41.3
10 0 2.57 2.61 2.82 3.29 4.06 5.32 7.44 11.2 18.5
10 3.47 3.55 3.91 4.58 5.70 7.56 10.7 16.4 27.4
20 4.66 4.78 5.27 6.21 7.79 10.4 14.9 23.0 38.9
30 6.07 6.23 6.90 8.02 10.3 14.0 20.1 31.3 53.2
5 0 2.72 2.83 3.16 3.75 4.71 6.27 8.92 13.7 22.9
10 3.85 4.02 4.50 5.34 6.75 9.08 13.0 20.2 34.1
20 5.31 5.52 6.17 7.37 9.37 12.7 18.4 28.7 48.7
30 7.05 7.32 8.21 10J 12.6 17.2 25.0 39.2 66.0
20 0 2.91 3.11 3.55 4.27 5.44 7.36 10.6 16.4 27.8
10 4.29 4.54 5.15 6.20 7.94 10.8 16.1 25.2 42.9
20 6.03 6.35 7.18 8.68 11.2 15.3 23.0 37.0 63.0
30 8.14 8.54 9.68 12.3 15.1 20.8 30.5 49.0 82.0
25 0 3.15 .3.44 3.97 4.85 6.25 8.55 12.5 19.5 33.2
10 4.77 5.11 5.86 7.14 9.24 12.7 19.1 30.1 51.4
20 6.81 7.25 8.29 10.1 13.1 18.1 27.5 44.0 78.5
30 9.32 9.87 11.3 14.4 17.9 25.0 37.6 60.0 100.
30 0 3.42 3.77 4.41 5.45 7.10 9.80 14.4 22.7 38.8
10 5.26 5.70 6.60 8.13 10.6 15.1 22.2 35.1 60.3
20 7.62 8.18 9.44 11.6 15.2 21.4 32.8 54.0 94.0
30 10.5 11.2 13.0 16.7 20.8 29.0 44.0 72.4 122.
35 0 0 2.67 2.64 2.76 3.07 3.69 4.87 6.92 10.7 18.3
10 3.14 3.19 3.47 4.07 5.20 6.90 10.0 15.9 27.7
20 4.06 4,14 4.60 5.56 7.03 9.66 14.3 23.0 40.9
30 5.17 5.37 6.10 7.40 9.50 13.3 20.0 32.7 56.0
5 0 2.78 2.81 3.01 3.47 4.37 5.91 8.60 13.6 23.7
10 3.50 3.63 4.05 4.86 6.25 8.61 12.8 20.6 36.5
20 4.66 4.88 5.53 6.60 8.79 12.3 18.6 30.4 54.5
30 6.14 6.49 7.50 9.20 12.2 26.4 43.6 78.4 17.2
10 0 2.92 3.02 3.34 4.01 5.19 7.17 10.7 17.2 30.4
10 3.92 4.14 4.74 5.81 7.61 10.7 16.1 26.4 47.4
20 5.39 5.75 6.64 8.20 10.9 15.6 23.8 39.4 71.3
30 7.29 7.82 9.00 11.2 14.7 21.2 34.1 56.9 110.
15 0 3.10 3.29 3.77 4.67 6.16 8.68 13.1 21.5 38.6
4.40 5.55 6.93 9.24 13.2 20.2 33.5 60.6 10 4.76
20 6.25 6.77 7.94 10.0 13.5 19.5 30.1 50.3 91.6
30 8.63 9.41 11.0 13.8 18.5 27.0 43.5 73.0 138.
20 0 3.33 3.64 4.32 5.44 7.31 10.5 16.1 26.6 48.2
10 4.97 5.48 6.49 8.24 11.2 16.1 26.0 43.5 79.2
20 7.23 7.96 9.48 12.0 16.5 24.1 38.7 66.0 118.
30 10.2 11.2 13.4 17.0 23.2 34.5 55.0 96.0 175.
25 0 3.63 4.10 4.94 6.33 8.63 12.5 19.4 32.5 59.2
9.75 19.5 97.7 10 5.63 6.30 7.58 13.4 31.7 53.4
20 8.35 9.32 11.2 14.2 20.0 29.4 46.8 81.0 148.
30 11.9 13.3 16.2 20.8 29.0 43.0 70.0 122. 225.
30 0 4.01 4.61 5.64 7.33 10.1 14.8 23.2 39.0 71.4
10 6.36 7.21 8.79 11.4 15.8 24.2 38.0 64.3 118.
20 9.59 10.8 13.2 16.8 23.2 35.0 57.5 98.0 188.
30 13.9 15.7 19.0 24.5 34.8 52.5 86.0 150. 285.

Table 9.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au
poids des terres K

192
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
35 35 0 4.42 5.15 6.38 8.39 11.7 17.2 27.1 45.8 84.1

10 7.14 8.18 10.1 13.2 19.2 28.4 44.8 75.8 139.

20 10.9 12.4 15.2 19.7 28.3 43.0 69.0 122. 225.

30 16.0 18.1 22.0 28.5 40.0 22.6 102. 180. 350.
40 0 0 2.98 3.01 3.22 3.67 4.60 6.41 9.70 16.1 29.8

10 3.51 3.66 4.13 5.04 6.68 9.58 14.9 25.5 48.3

20 4.65 4.88 5.66 7.20 9.68 14.3 22.8 39.8 70.0

30 6.11 6.59 7.70 10.0 14.0 21.0 34.2 60.5 110.

40 7.97 8.30 9.80 12.8 19.2 30.3 52.0 91.0 162.

5 0 3.12 3.22 3.54 4.21 5.56 7.97 12.4 21.1 39.9

10 3.94 4.20 4.87 6.14 8.35 12.3 19.6 34.2 65.6

20 5.38 5.84 6.94 9.0 12.4 18.7 30.5 53.9 102.

30 7.35 8.12 9.60 12.5 18.2 28.1 46.4 82.9 150.

40 9.89 10.5 12.6 16.5 25.0 41.1 68.0 132. 230.

10 0 3.30 3.49 3.96 4.96 6.76 9.94 15.8 27.6 52.8

10 4.46 4.87 5.81 7.50 10.4 15.7 25.6 45.2 87.8

20 6.29 7.01 8.53 11.2 15.9 24.4 40.3 72.0 135.

30 8.87 10.0 12.0 16.2 23.6 37.0 61.8 111. 210.

40 12.3 13.5 15.3 21.8 33.0 52.5 90.0 165. 315.

15 0 3.53 3.84 4.55 5.91 8.25 12.4 20.2 35.6 69.0

10 5.06 5.68 6.95 9.19 13.1 20.0 33.0 59.0 115.

20 7.42 8.44 10.5 14.0 20.3 31.5 52.6 94.7 185.

30 10.7 12.3 15.7 20.8 31.0 48.5 81.1 147. 280.

40 15.2 17.0 21.0 29.0 47.0 70.0 120. 225. 430.

20 0 3.82 4.30 5.31 7.06 10.1 15.4 25.5 45.5 88.9

10 5.80 6.68 8.35 11.2 16.3 25.3 43.0 80.0 155.

20 8.77 10.2 12.8 17.3 70.0 25.6 40.2 127. 250.

30 12.9 15.2 19.5 26.4 41.0 63.0 106. 190. 350.

40 18.7 21.4 27.0 37.9 60.0 94.5 164. 295. 550.

25 0 4.21 4.92 6.23 8.45 12.3 19.1 31.8 57.3 113.

10 6.70 7.87 10.0 13.7 20.1 31.6 56.0 102. 201.

20 10.4 12.2 15.7 21.5 32.0 50.6 88.5 165. 300.

30 15.6 18.5 23.8 33.0 49.0 78.0 132. 248. 450.

40 22.8 27.0 35.0 49.0 74.0 120. 210. 375. 700.

30 0 4.71 5.67 7.31 10.1 14.8 23.3 39.3 71.1 140.

10 7.75 9.26 12.0 16.6 24.6 40.0 69.7 127. 251.

20 12.2 14.6 19.0 26.5 39.5 64.0 114. 220. 400.

30 18.7 22.5 29.0 44.0 62.0 100. 170. 315. 600.

40 27.7 36.5 43:0 60.0 93.0 150. 260. 475. 920.

35 0 5.33 6.52 8.54 11.9 17.8 28.2 47.7 86.6 171.

10 8.95 10.8 14.2 19.9 30.0 50.0 88.0 160. 320:

20 14.4 17.4 22.8 32.5 50.0 82.0 150. 290. 600.

30 22.2 26.9 34.5 48.5 75.0 120. 210. 388. 760.

40 32.0 38.5 51.0 72.0 108. 177. 310. 565. 1120.

40 0 6.01 7.45 9.88 13.9 20.9 33.3 56.6 103. 204.

10.2 10 12.6 16.6 23.4 36.0 59.4 101. 190. 365.

20 16.6 20.3 26.8 38.5 59.5 100. 184. 360. 780.

30 26.0 31.7 40.5 56.8 91.0 150. 265. 485. 950.

40 36.5 44.0 59.5 82.0 125. 215. 375. 700. 1330.


Table 9.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au
poids des terres K


193
Eléments de Mécanique des Sols

9.4.3.4.2 Obliquité δ

Les lignes de glissement
diffèrent des lignes
droites. Sans commettre
une grande erreur, on
peut dire qu'elles
correspondent à des arcs
de spirales
logarithmiques (Fig. 9.23,24)

L'écran doit avoir un
fruit inférieur au fruit du
rayon polaire sur lequel
les contraintes atteignent
l'obliquité δ dans
l'équilibre de Rankine.
Fig. 9.23 : Lignes de
glissement en poussée
Fig. 9.24 : Lignes de glissement en butée
Pôle
Pôle
9.4.3.4.3 Lignes de
glissement


9.4.4 Cas de milieu pulvérulent non pesant chargé

9.4.4.1 Définition
L'hypothèse d'un milieu non pesant est admise lorsque l'effet de la surcharge est
prépondérant par rapport au poids propre. Aussi, nous allons voir que pour les milieux
cohérents, cette hypothèse est nécessaire pour pouvoir appliquer le théorème de
superposition des états d'équilibre.

9.4.4.2 Equilibre de Rankine
On considère donc un milieu pulvérulent indéfini non pesant soumis à sa surface libre
à l'action d'une surcharge d'intensité constante q et d'obliquité α
0
. On constate que
l'état de contrainte est le même pour tous les points du milieu. Par conséquent, le long
d'une droite tracée dans le massif, on trouve que le vecteur contrainte sur une facette
portée par cette droite a une obliquité et une intensité constantes. Pour la
détermination des directions principales et des directions de glissement on retrouve
des résultats identiques à ceux de l'équilibre des milieux pesants à condition que la
direction de la surcharge joue le rôle de la direction du poids (la verticale). Les lignes
de glissement sont des droites.

9.4.4.3 Généralisation de l'équilibre de Rankine
On considère un massif pulvérulent non pesant, limité par une surface libre rectiligne
inclinée de β par rapport à l'horizontale et par un écran rectiligne faisant un angle λ
avec la verticale. La surface libre supporte une surcharge d'intensité q et d'obliquité
α
0
. On admettra que le long d'un rayon plaire, les contraintes agissant sur ce rayon
polaire ont une obliquité et une intensité constante, d'autre part, le vecteur contrainte
sur l'écran doit avoir une obliquité δ. On montre que σ
m
et ψ ne dépendent que de θ,
et les équations d'équilibre donnent:
194
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
σ
rθ,θ
+ σ
rr
- σ
θθ
= 0
(9.24)











ce qui implique
σ
θθ,θ
+ 2 σ

= 0

Vu ces équations ainsi que les conditions aux limites, sur l'écran on a:
σ
θθ
= K
q
q (9.25)
K
q
est un coefficient de pression latérale (poussée ou butée) qui dépend de β, λ, δ, φ et
α
0
. L'intensité t de la contrainte sur l'écran est:
t = k
q
q (9.26)
k
q
= K
q
/ cos δ
Les tables de l'Herminier et Absi permettent d'éviter les calculs lourds et fournissent
les coefficients K
q
et k
q
(Tab. 9.3).
9.4.4.4 Calcul des coefficients de pression latérale K
q
et k
q

On posera
σ
m
= q S(θ) (9.27)

d'autre part, on a:
σ
rr
= σ
m
[1 + sin ϕ cos 2ψ]
σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ cos 2ψ]
σ

= σ
m
sin ϕ sin 2ψ

remplaçons ces expressions dans les équations d'équilibre:
σ
rθ,θ
+ σ
rr
- σ
θθ
= 0
σ
θθ,θ
+ 2 σ

= 0

on obtient alors
sin ϕ sin 2ψ S

+ 2 S sin ϕ cos 2ψ (1+ ψ

) = 0
(9.28)
(1 - sin ϕ cos 2ψ) S

+ 2 S sin ϕ sin 2ψ (1+ ψ

) = 0

Puisque le système linéaire est homogène, il y a deux possibilités. Soit la solution est
triviale:
S

= 1+ ψ

= 0 (9.29)

195
Eléments de Mécanique des Sols

196
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

S = constante et ψ + θ = constante
(cette solution correspond à l'équilibre de
Rankine), soit le déterminent est nul. Ceci
donne:



d'où
α
0
≠ φ et δ ≠ φ
Fig. 9.25: Lignes de glissement sous


cos 2ψ = sin ϕ

soit

ψ = ± (π/4 - ϕ/2) (9.30)

Le système se réduisant à une seule équation,
la première équation différentielle s'écrit alors
sous la forme:
S

+ 2S ctg 2ψ = 0
(9.31)
S

± 2S tg ϕ = 0

dont l'intégration donne:
S = S
0
exp[± 2 tg ϕ (θ - θ
0
)] (9.32)

Les lignes de glissement se classent en deux
familles. La première est formée des faisceaux
de rayons polaires. La deuxième est formée de
spirales logarithmiques homothétiques qui
coupent les différents rayons polaires sous
l'angle π/2 - φ: on donne le nom de l'équilibre
de Brandtl à cette cinématique (Fig. 9.25). La
solution générale s'obtient par la juxtaposition de
zones en équilibre de Rankine avec des zones en
équilibre de Brandtl.
charge uniforme
q
q S
1

φ
α
0
2ψ c
ω
α0

σ
τ
q
α
0

θ
2

θ
1

ε
π/2-φ
v
1
1
2
Zone 1: en équilibre inférieure de Rankine
Zone 2: en équilibre de Prandtl
Fig. 9. 26: Zone voisine de la surface libre
q S
2

k
aq
q
τ
c
δ
ω
δ

σ

9.4.4.4.1 Poussée
Le calcul du coefficient de poussée active des
terres du à la charge q k
aq
s'opère de la façon
suivante: l'état de contrainte dans les zones (1) de
l'équilibre de Rankine est comme montrer ci-
contre (Fig. 9.26,27). On montrera (voir §
9.4.2.6) que:
Fig. 9. 27: Zone voisine de l'écran
σ
m1
= q S
1
= q sin ω
α0
/ sin (α
0
+

ω
α0
)
σ
m2
= q S
2
= k
aq
q sin ω
δ
/ sin (ω
δ
- δ)

197
Eléments de Mécanique des Sols


S ω
α0
/ sin (α

ω





on en tire l'expression de k





9.4.4.4.2 Butée

1
= sin
0
+
α0
)
(9.33)
S
2
= k
aq
sin ω
δ
/ sin (ω
δ
- δ)

On vérifiera aussi que
θ
1
= π/4 - ϕ/2 + (ω
α0
+ α
0
)/2 + β
(9.34)
θ
2
= π/4 - ϕ/2 - (ω
α0
- δ)/2 + λ

d'autre part, (9.31) avec ψ = - (π/4 - φ/2) dans la zone de Brandtl donne:

dS / S = 2 tg ϕ dθ

soit
S
2
/ S
1
= e
2 tg ϕ (θ2 – θ1)
= S
2
= S
1
e
-2 tg ϕ ε
(9.35)

ε = θ
1
– θ
2
= (ω
α0
+ α
0
)/2 + (ω
δ
- δ)/2 + β - λ
A partir de (9.33,35) et les relations
sin ω
α0
= sin α
0
/ sin ϕ et sin ω
δ
= sin δ / sin ϕ (9.36)
aq

k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (cos α
0
+ sin ϕ sin ω
α0
)] e
-2 tg ϕ ε
(9.37)

Quelques cas particuliers peuvent être cités
. Surcharge verticale (α
0
= β)
k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (cos β + sin ϕ sin ω
β
)] e
-2 tg ϕ ε
(9.38)

2ε = (ω
δ
- δ) - (ω
β
- β) - 2λ
. Surcharge normale à la surface libre (α
0
= 0)
k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (1 + sin ϕ)] e
-2 tg ϕ ε
(9.39)
avec
2ε = (ω
δ
- δ) + 2 (β - λ)

La butée se traite de la même façon, sauf que cette fois ψ = π/4 - φ/2. Dans le cas
particulier d'une surcharge verticale et une surface libre horizontale, on trouve:
198
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
k
pq
= [(cos δ + sin ϕ cos ω
δ
) / (1 - sin ϕ )] e
2 tg ϕ ε
(9.40)
avec
2ε = - (ω δ) - 2λ

Les sols cohérents ne relèvent ni du schéma
de Rankine ou de Boussinesq ni du schéma
de Brandtl. On peut montrer que l'étude d'un
milieu cohérent peut se ramener à l'étude
d'un milieu pulvérulent correspondant. Ceci
apporte une grande simplification lors de
l'étude des milieux complexes. Soit le
schéma ci-contre (Fig. 9.28) représentant
l'état de contrainte dans un milieu cohérent
(1). Alors, l'étude de ce milieu peut se faire
par l'étude d'un milieu équivalent
pulvérulent (2) de même angle de
frottement interne obtenu par une
translation égale à H = c ctg φ le long de
l'axe des σ, d'où le théorème des états
correspondants:
Théorème
2. Pour calculer les contraintes normales agissant en un point donné et sur une facette
donnée du milieu cohérent, on retranchera de la contrainte fictive calculée en 1
agissant au facette une contrainte normale constante
d'intensité H = c ctg

δ
+
9.4.5 Théorème des états correspondants
Fig. 9.28 : Etats correspondants
H =
c ctg φ
H
σ' = σ + H
τ' = τ
σ
τ
τ'
σ' σ
c
(1)
(2)

1. Pour calculer le tenseur des contraintes au sein d'un milieu cohérent homogène en
équilibre plastique, on calculera d'abord le tenseur des contraintes au sein d'un milieu
fictif de même forme géométrique, pulvérulent, homogène, en équilibre plastique et
de même angle de frottement interne. Sur la frontière règnerons des conditions
déduites des conditions réelles.
même point sur la
φ.
même
A titre d'exemple, Tab. 9.4 donne quelques cas d'applications




Milieu cohérent

Milieu pulvérulent fictif














Tab. 9.4: Exemples d'application du théorème des
états correspondants
q q + c ctgφ
q
α
0

α
0

q
q + c ctgφ
199
Eléments de Mécanique des Sols

9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée

9.5.1 Théorie de Rankine (1857)
9.5.1.1 Introduction


9.4.1.2 Etat actif
La contrainte σ
comme suit :

Rankine considère l’état de
l’équilibre plastique limite (tout
juste avant la rupture). Cette
théorie satisfait la solution de la
borne inférieure de l’analyse
limite. L’état de contrainte est
alors représenté par le cercle de
Mohr à la rupture (Fig. 9.29). Les
plans de rupture sont inclinés de
θ = ± (45°+ϕ/2) (9.41)

par rapport au plan principal majeure (Fig. 9.30).
Lorsqu’une masse de sol est caractérisée par une
contrainte principale qui agit dans la même direction
en tout point, il se forme un réseau de plans
d’écoulement dit lignes de glissement, également
inclinés par rapport aux plans principaux.
3
dite pression active est calculée
D’après le cercle de Mohr précédent, il vient :
) ctg c 2 (
2
1
2
2
ctg c
r
sin
3 1
3 1
3 1
ϕ + σ + σ
σ − σ
=
σ + σ
+ ϕ
= ϕ (9.42)
σ
1
- σ
3
= (σ
1
+ σ
3
+ 2c ctg ϕ) sin ϕ (9.43)
ϕ +
ϕ −

ϕ +
ϕ −
σ = σ
sin 1
sin 1
c 2
sin 1
sin 1
1 3 (9.44)
posons
)
2
45 ( tg
sin 1
sin 1
K
2
a
ϕ
− ° =
ϕ +
ϕ −
= (9.45)

Il vient alors

dit coefficient de la pression active. Et puisque σ
1
est due
au poids des terres à la profondeur z
σ
1
= γ z (9.46)
Fig. 9.29 : Cercle de Mohr à l’équilibre limite
τ
σ
φ
C
τ
r


φ
σ
1
σ
3

θ = 45° + φ/2
Fig. 9.30 : Lignes de
glissement
θ
σ
1

σ
1

σ
3
σ
3

Fig. 9.31 : Etat actif de
Rankine lignes de glissement
θ

σ
3
= p
a
= K
a
γ z – 2c (K
a
)
1/2
(9.47)
200
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Pour un sol submergé, on utilise k
a
(ϕ') et la
cohésion effective c' au lieu de la cohésion totale c.
Les lignes de glissement (Fig. 9.31) font un angle
Fig. 9.32 : Diagramme de la
pression active
2c
ka

k
a
γ H - 2c
ka

z
0
= 2c / (γ
ka
)
H
z
0

+

2

(
H



z
0
)

/
3

F
a


θ = 45° + ϕ/2

avec l’horizontale. La distribution de p
a
le long de
la profondeur est comme schématisé ci-contre (Fig.
9.32). Le diagramme de la zone [0 – z
0
] est souvent
négligé dans le calcul. La résultante de la pression
active par mètre linéaire de largeur est :

) z H ( K
2
1
dz ) z ( p F
0
2
a
H
a a
z0
− γ = =


Elle agit au deux tiers de (H-z
0
) au dessous de la
profondeur z
0
.

θ

Exemple 9.1
Calculer la résultante de la poussée active sur un
mur vertical de 5 m de hauteur retenant un massif
horizontal de sable caractérisé par un poids volumique de
17 kN/m ent interne de 35°.

La contrainte horizontale dite pression passive sera
calculée d’après l’expression (9.43) par:

3
et un angle de frottem
9.4.1.3 Etat passif
Fig. 9.33 : Etat passif de
Rankine lignes de glissement

ϕ −
ϕ +
+
ϕ −
ϕ +
σ = σ
sin 1
sin 1
c 2
sin 1
sin 1
3 1 (9.48)

Posons
)
2
45 ( tg
sin 1
sin 1
K
2
p
ϕ
+ ° =
ϕ −
ϕ +
= (9.49)
dit coefficient de la pression passive. Et on écrit
(9.48) sous la forme

σ
1
= p
p
γ z + 2c (K (9.50)


avec la verticale. La distribution de la pression passive le long de la profondeur est
comme montrer ci-contre (Fig. 9.34). La résultante par mètre linéaire de largeur est
kp

k
p
γ H
H
H / 3
H / 2
F''
p

F'
p

Fig. 9.34 : Diagramme de la
pression passive
2c

p
= K
p
)
1/2

dans laquelle on utilise k(ϕ') et la cohésion effective
c' pour le sol submergé. Les lignes de glissement
(Fig. 9.33) font un angle
θ = 45° + ϕ/2


201
Eléments de Mécanique des Sols

F F
F
' '
p
'
p
p + =
2
p
'
p
H K
2
1
F
γ =
H K c 2
F
p
' '
p
=

F' agit à la profondeur 2H/3, F'' agit à la
profondeur H/2.

9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme
Exemple 9.2

On admet que les poussées active et
passive agissent parallèlement à la surface libre
(Fig. 9.37). La contrainte normale à la facette
latérale est

σ σ
v
cos β = γ z cos β (9.51)
Le coefficient de poussée active est donné par :
q
H
x
z
On suppose que le massif est non pesant
(Fig. 9.35). La contrainte σ
z
augmente de q
quelque soit la profondeur z. Alors, la pression
latérale augmente de :
Fig. 9.35 : Massif chargé
uniformément
K
a
q dans le cas actif
K
p
q dans le cas passif
quelque soit la profondeur. La distribution
correspondante est comme montré ci-dessous
(Fig. 9.36).
F
aq

F
pq

k
p
q k
a
q
H / 2 H / 2

Remarque 9.3
. La théorie de Rankine ne tient pas compte de la
rugosité de l’écran qui est supposé lisse.
. En présence d’eau, il faut tenir compte de la
poussée hydrostatique de l’eau.


Calculer la résultante de la poussée active
sur un mur vertical de 5 m de hauteur retenant un
massif horizontal de sable caractérisé par un
poids volumique de 17 kN/m
3
et un angle de
frottement interne de 35°. Le niveau de la nappe
phréatique est à –2 m de la surface libre. Le poids
volumique du sol saturé est de 20 kN/m
3
.
9.5.1.5 Cas de massif à surface libre inclinée
avec un angle β
g. 9.36 : Poussée du à une surcharge
uniforme
Etat actif Etat passif
β
z
σ
z

σ
l

Fi
z
=

Fig. 9.37 : Massif à surface libre
inclinée
202
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
ϕ − β + β
ϕ − β − β
=
cos
cos cos
cos
cos cos
K
2
2
2
2
a (9.52)
Pour un sol purement cohérent (c=0), la pression active sera

p
a
σ
a
γ z cos β (9.53)

Etat de contrainte
σ
v
β
β
σ
z

a
= K
z
= K

et agit parallèlement à la surface libre inclinée. De même, le
coefficient de poussée passive est

ϕ − β − β
ϕ − β + β
=
cos
cos cos
cos
cos cos
K
2
2
2
2
p (9.54)


et la poussée passive s’écrit
p
p
= K
p
γ z cos β

Elle agit parallèlement à la surface libre du massif incliné. Lorsque la cohésion est
non nulle, on peut faire recours au procédé graphique basé sur le cercle de Mohr pour
calculer les poussées active et passive (ceci peut constituer un exercice intéressant).

Remarque 9.4
Lorsque β = ϕ le raisonnement précédent abouti à des résultats incompatibles avec la
réalité.


9.5.2 Théorie de Coulomb (1776)
9.5.2.1 Introduction
La théorie de Coulomb est basée sur l’équilibre
d’un coin de sol situé entre l’écran et une surface
quelconque de glissement (Fig. 9.38). Les forces
agissant sur le sol sont évaluées à l’état de l’équilibre
limite. Dans cette théorie, le frottement entre l’écran et
le sol est pris en compte. L’angle de frottement écran-
sol est noté δ. Dans le cas d’un sol cohérent, une
caractéristique d’adhésion écran-sol c
w
peut être aussi
prise en compte. Vu le phénomène de frottement, la
ligne de glissement est courbe au voisinage de la base
du mur, mais la théorie de Coulomb suppose des
droites de glissement. Dans le cas de la poussée active,
la courbure est faible ce qui fait que l’erreur de
l’approximation est minime. Ceci est aussi vrai dans le
cas de la poussée passive lorsque δ < ϕ/3. Lorsque δ > ϕ/3, l’erreur devient plus
grande. Lorsque δ = 0, le sol est horizontal et l’écran est vertical les théories de
Rankine et de Coulomb coïncident.
Fig. 9.38 : Coin de Coulomb
écran
massif
surface de
glissement
coin

203
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.2.2 Etat actif
Fig. 9.39 : Théorie de Coulomb. Etat actif
β
C
A
W
H
P
θ
α
δ
φ
R
B
H
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent (c=0)
Soit le coin de sol caractérisé par (Fig. 9.39) :
. Une surface extérieure inclinée de β par rapport à
l’horizontale.
. L’écran fait l’angle α avec l’horizontale.
. Le plan de glissement BC fait l’angle θ avec
l’horizontale.

W : poids propre du massif de sol.
R : résultante de la réaction sur le plan de glisseme
Connaissant le poids propre W et les directions
d’action des forces, on dresse le diagramme de
l’équilibre limite (Fig. 9.40), d'où on montre que:
l'angle (W,P) = π – α – δ

P(W, θ)
Elle correspond donc à ( car W=W(θ))
. La rugosité du mur est l’angle de frottement mur-
sol notée δ.
Tout au début du glissement, le coin du sol était
sous l’équilibre des forces suivantes :
P : résultante de la réaction de la poussée sur le
mur.
nt.
γ
γ
1

γ
1

R
P
W
θ
π/2 - θ
φ
γ
α
α
1

α
1

δ
écran
γ
1
= π – [ (π/2 - θ) + (π/2 + φ) ] = θ – φ


l'angle (W,R) = θ – φ
ce qui permet de calculer la poussée P. La
poussée active P
a
est la valeur maximum de

α
1
= π/2 – [ π - α ] = α - π/2
γ = π/2 – (δ+ α
1
) = π – α - δ
Fig. 9.40 : Diagramme de l’équilibre
des forces
0
P
=
θ ∂

(9.55)

Ceci est équivalent à essayer plusieurs plans de glissement, d’évaluer à chaque fois P
et ne garder pour P
a
que la valeur maximale. Tout calcul fait on abouti à

H
K
2
1
P
2
a a γ = (9.56)
avec










β − α
β − ϕ δ + ϕ
+ δ + α
α ϕ − α
=
) sin(
) sin( ) sin(
) sin(
sin ) sin(
K
2
a (9.57)

204
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Dans la théorie de Coulomb, on suppose que la résultante P
a
agit à deux tiers de la
profondeur de l’écran. Il existe des tableaux donnant K
a
pour différentes valeurs de ϕ
et δ, et des valeurs particulières de α et β.

9.5.2.2.2 Sol cohérent
9.5.2.2.2.1 Cas général
Dans ce cas, il faut tenir compte de la
cohésion c et de l’adhérence sol-mur notée
c
w
(Fig. 9.41). On admet l’existence d’une
zone fissurée de profondeur z
0
. Le long de
cette zone, on néglige l’effet des cohésions c
et c
w
. Les forces agissantes sont :
W : le poids propre du coin de sol.
P : la résultante de la réaction du mur sur le
sol
C
w
: résultante due à l’adhérence mur-sol :
C
w
= c
w
. EB
R : la réaction sur le plan de glissement.
C : la résultante d’adhésion sue le plan de
glissement : C = c . BC
Les directions d’action de ces forces sont
tous connues, on construit comme
précédemment le diagramme des forces. La
poussée active correspond à la satisfaction de (9.55).
Fig. 9.41 : Théorie de Coulomb.
Etat actif. Sol cohérent
H
β
C
W
P
θ
α
δ
φ
R
B
A
E
z
0

D
C C
w


9.5.2.2.2.2 Cas d’un mur vertical et un sol horizontal
Dans le cas général d’un sol (c, ϕ), la pression latérale à la profondeur z est
donnée par :


p
a
= K
a
γ z – K
ac
c (9.58)
avec K
a
donné par (1.18) et

)
c
c
1 ( K 2 K
w
a ac + = (9.59)

la cohésion c est remplacée par c' pour un drainage complet et c
u
dans le cas non
drainé.
La profondeur des fissures z
0
correspond à p
a
= 0, d’où

2 H
k
c c 1 c 2
z
a
w
0 ≤
γ
+
= (9.60)





205
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.2.3 Etat passif
On suivra le même raisonnement
précédent tout en tenant compte des remarques
suivantes (Fig. 9.42):
. R fait un angle ϕ au dessus de la normale au
plan de glissement.
l’angle entre W et P est : π - α + δ
La résultante des pressions passives est le
minimum de P(θ) (eq. 9.55). Elle est donnée par :
Fig. 9.42: Théorie de Coulomb.
Etat passif
H
β
W
P
θ
α
δ
φ
R
. P fait un angle δ au dessus de la normale à
l’écran.
. On montre que
l’angle entre W et R est : θ + ϕ

H K
2
1
P
2
p p
γ = (9.61)












β − α
β + ϕ δ + ϕ
− δ − α
α ϕ + α
=
) sin(
) sin( ) sin(
) sin(
sin ) sin(
K
2
p (9.62)



où K
Pour des valeurs particulières de α et β, il existe des tableaux donnant K
p
pour
différentes valeurs de ϕ et δ.
Dans le cas général d’un sol (c, ϕ), la pression latérale passive à la profondeur z est
donnée par l’expression :
p
p
= K
p
γ z + K
pc
c (9.63)
p
est donné par (1.23) et

)
c
c
1 ( K 2 K
w
P Pc + = (9.64)

Rappelons que les théories précédentes introduisent une approximation sur la
forme de la surface de glissement qui est prise plane. Dans l’état passif, cette
simplification surestime la résistance du sol notamment pour les grandes valeurs de
l’angle de frottement interne. Dans ce cas on recommande l’utilisation des tables de
Caquot et Kérisel basées sur la théorie de Boussinesq. Les auteurs admettent des
surfaces de glissement en forme de spirale logarithmique et dérivent la pression
latérale active ou passive par intégration des équations différentielles de l’équilibre.
Les résultats sont présentés sous forme de tables numériques.
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel)



206
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
9.5.4 Construction de Culmann
9.5.4.1 Introduction
Elle a été développée par Karl Culmann (1875). Son but est la détermination du
plan de glissement ainsi que l’intensité de la poussée active ou passive. Le massif peut
être stratifié ou homogène mais l’angle de frottement interne doit être le même pour
tout le massif. Nous présentons la construction pour le cas d’un sol pulvérulent, la
méthode peut être étendue au cas général d’un sol cohérent chargé….

9.5.4.2 Sol pulvérulent non chargé
9.5.4.2.1 Poussée active
1. On choisira une échelle appropriée pour schématiser le massif de sol et l’écran AB
(Fig. 9.43).
2. A partir du point A, tracer la droite AC faisant l’angle ϕ au dessus de l’horizontale.
3. Tracer la droite de référence AD faisant l’angle ψ avec la droite AC. ψ est l’angle
que fait la poussée active P
a
avec la verticale.
4. Tracer plusieurs plans hypothétiques de glissement : AB
1
, AB
2
,….
5. Déterminer le poids W pte des différents sols si le
massif n’est pas homogène.
6. Choisir une échelle de forces, et reporter les poids sur la droite AC : W
à AW
10. Tracer la droite EF parallèle à AD. Le plan de rupture sera AE, et coupe la surface
libre en R. La longueur de EF donne l’intensité de la poussée active P
de forces choisie. (si plusieurs points E
i
existent, celui qui sera retenu correspond au
maximum de E
i
).
i
de chaque tranche tenant com
1
correspond
1
, W
2
correspond à W
1
W
2
et ainsi de suite.
7. A partir des points W
i
sur AC, tracer les droites W
i
E
i
parallèles à la droite de
référence AD. La droite W
i
E
i
coupe la ligne de glissement Ab
i
au point E
i
.
8. Joindre les points E
i
par une courbe lisse dite courbe de Culmann.
9. Tracer la droite parallèle à la ligne AC et tangente à la courbe de Culmann. Le point
de tangence sera noté E. (si la courbe de Culmann n’est pas régulière, il peut exister
plusieurs droites tangentes à la courbe et parallèles à AC).
a
selon l’échelle
i
F

Fig. 9.43 : Construction de Culmann pour le calcul de la poussée active
δ
P
a
= EF
B
B
1

B
2

B
3

B
4

B
5

Plan de rupture
P
a

ψ
ψ
v
A
D
E
C
H φ
F
Courbe de Culmann
W
1

W
2

W
3
W
4

W
5

E
1

W
1

E
5

E
4
E
3

E
2

W
2

W
3

W
4

W
5

207
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.4.2.2 Poussée passive
. La droite AC fait l’angle ϕ au
dessous de l’horizontale.

δ
B
P
p

ψ
ψ
v
A
D
C
Fig. 9.44 : Construction de Culmann pour le calcul de
la poussée passive
H
φ
Le procédé reste le même, toutefois
il faut que (Fig. 9.44)
. L’angle ψ est mesuré comme
indiquer sur la figure.
208
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Exercices du chapitre 9



Considérons le massif de sol caractérisé par (voir schéma): surcharge: q = 50 kN/m
sol , h , c' ϕ γ
1
= 18 kN/m
1. Tracer le diagramme des pressions actives et passives selon la théorie de Rankine.

1. Déterminer la distribution de la pression des terres sur l'écran vertical (voir figure).

Exercice 5:
2. Préciser le plan de rupture le plus probable. On donne:


ϕ γ ϕ γ
3
, c


Pression latérale des terres

Exercice 1:
Considérons un massif de sol à surface libre horizontale (voir figure) caractérisé par:
H = 9,5 m, c = 0, ϕ = 25°, γ =18,64 kN/m
3
. Calculer la poussée active due au poids
des terres.

Exercice 2:
1. Calculer le diagramme des pressions des terres sur l'écran vertical schématisé sur la
figure. La surface libre du massif fait l'angle β avec l'horizontale.
2. Calculer la résultante des pressions et son point d'application.
On donne: H = 9,5 m, β = 15°, ρ = 1,9. 10
3
Kg/m
3
, ϕ = 25°

Exercice 3 :
2

1
: un sable. h
1
= 6 m
3
= 4,5 m
1
= 0, '
1
= 38°,
3

sol
2
: une argile saturée. h
2
= 3 m, c'
2
= 10 kN/m
2
, ϕ'
2
= 28°, γ
sat2
= 20 kN/m
3


2. Calculer les résultantes des poussées et leurs points d'application.
Exercice 4 :
2. Calculer la résultante des poussées et son point d'application. On donne:
H = 8 m, h = 4 m, γ = 20 kN/m
3
, c' = 8 kN/m
2
, ϕ' = 27° c
w
/c' = 0,5; δ/ϕ' = 2/3

1. Calculer la résultante des pression des terres sur l'écran schématisé sur la figure.
H = 12 m, L = 2 m, γ = 20 kN/m
3
, λ = 15°, β
1
= 22°, ϕ = 30°, δ = ϕ/3

Exercice 6:
1. Calculer le diagramme des poussées horizontales totales sur l'écran vertical
schématisé sur la figure.
2. Calculer les résultantes et leurs points d'application. On donne:
L
1
= 3 m; L
2
= 4,5 m; L
3
= 4 m; L
4
= 1,5 m; q = 10 kPa.
1
= 33°,
1
= 18 kN/m
3
,
2
= 14°,
2
= 21 kN/m
2
= 24 kPa
δ = 0 pour la poussée et -2ϕ/3 pour la butée.


209
Eléments de Mécanique des Sols
















Exercice 2
H
β
Exercice 1
H








Exercice 3
q
Sol 1
Sol 2 h
2

h
1

h
3



Exercice 4
H
h














Exercice 6
q
Sable
Argile L
3

L
2

L
4

L
1






λ



Exercice 5

β
1

β
1

H
L L L L













Chapitre 10

Reconnaissance des sols

10.1 Introduction.
10.2 Essais de laboratoire
10.2.1 Introduction
10.2.2 Essais physiques
10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques
10.2.4 Essais hydrauliques
10.2.5 Essais mécaniques
10.3 Essais sur place
10.3.1 Introduction
10.3.2 Reconnaissance des sols
10.3.2.1 Introduction
10.3.2.2 Méthodes géophysiques
10.3.2.2.1 Prospection électrique
10.3.2.2.2 Prospection sismique
10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie
10.3.2.3 Les sondages
10.3.2.3.1 Prospection géologique
10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique
10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques
10.3.4 Essais mécaniques
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table
10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique
10.3.4.3 Scissomètre
10.3.4.4 Rhéotest
10.3.4.5 Pressiomètre
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône
10.3.4.7 Essais de battage
10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T)
10.3.4.7.2 Pénétromètre statique
10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique






Chapitre 10

Reconnaissance des sols



10.1 Introduction
La reconnaissance des sols est une phase fondamentale dans la réussite d'un
projet de construction. La détermination des caractéristiques du sol avant les travaux
de constructions conduit à la planification des taches de façon ordonnée et
complètement organisée. Le coût de cette reconnaissance sera récupéré par la
réalisation du projet dans les meilleurs délais, au coût minimum et dans les meilleurs
conditions de sécurité que ce soit pendant la construction ou durant l'exploitation de
l'ouvrage. Inversement, une construction de projet important sans étude de sol peut se
solder par des surprises désagréables ou fatales. A titre d'exemple, un sol peux
résistant supporte mal les engins de chantier, ce qui retarde les travaux et nécessite des
aménagements supplémentaires du chantier. Un sol très compressible peut nécessiter
dans le futur une reprise sous œuvre ou stabilisation et renforcement du sol. Le sol
gonflant peut se solder par une catastrophe notamment pour les logements
individuelles c.à.d au propriétaire généralement incapable de supporter le coût de
réhabilitation. La présence inattendue de d'eau conduit à la remontée de l'humidité, à
la réduction de la capacité portante, ainsi que le risque de l'agressivité de l'eau au
béton armé. En définitif, les problèmes qui risquent de surgir pendant la réalisation de
l'ouvrage, à court terme ou à long terme ne peuvent être énumérés dans cette
introduction. Des références plus spécialisées peuvent être consultées pour des détails
approfondies des pathologies de construction. Le chapitre n'a pour bute que la
présentation d'une synthèse très brève des procédés généraux de reconnaissance et
d'identification des sols. Dans ce contexte aussi, les références spécialisées sont
indispensables pour examiner plus profondément les principes, les modes opératoires
le matériel et les interprétations. D'autre part, des recherches bibliographiques sont
vivement conseillées au lecteur afin d'approfondir les différents aspects et notamment
le côté pratique du sujet.


10.2 Essais de laboratoire

10.2.1 Introduction
Il s'agit d'essais effectués au laboratoire sur des échantillons remaniés ou intactes
convenablement conservés. Généralement on classe ces essais dans trois grands
groupes: essais physiques, essais chimiques et essais mécaniques.



211
Eléments de Mécanique des Sols

10.2.2 Essais physiques
Les essais physiques ont pour but la détermination des caractéristiques physiques des
sols telles que: répartition granulométrique des grains, poids volumiques, densités,
teneurs en eau, degré de saturation, teneur en eau optimale, limites d'Atterberg,
indices de plasticité, de consistance et de liquidité, porosité, indice des vides et indice
de densité, teneur en argile, activité et surface spécifiques. Les essais permettant la
détermination des propriétés ci-dessus sont normalisés. A titre d'exemple ont peut
citer l'analyse granulométrique par tamisage ou par sédimentométrie, pesée
hydrostatique, mesures de volumes, détermination de la teneur en eau et des limites de
consistance, essai Proctor, essai au bleu de méthylène. La documentation spécialisée
dans ce domaine doit être consultée pour les détails des procédures et des
interprétations.

10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques
Ils ont pour but la détermination de la composition chimique et minéralogique du sol,
la présence d'impuretés, de substance agressives, et nature chimique de l'eau adsorbée.
La détermination de la famille minéralogique du sol est d'une grande importance, car
elle peut déceler des comportements spécifiques tel que les sols gonflants, les sols
organiques et les sols nuisibles. Ces caractéristiques peuvent être déterminés par les
méthodes d'analyse chimique conventionnelles ou récentes donc plus ou moins
coûteuses telles que diffraction des rayons x, analyse spectroscopique, microscopie
électronique, analyse thermique différentielle, ou par des méthodes indirectes telles
que abaque de Casagrande et surface spécifique.

10.2.4 Essais hydrauliques
Les caractéristiques hydrauliques en géotechnique concernent principalement la
détermination de la perméabilité des sols, mesure de la succion, présence de la nappe
phréatique et sont débit dans le cas d'un écoulement d'eau. Les essais associés sont le
perméamètre à charge constante ou à charge variable, méthode du papier filtre.
Quelques essais sont exécutés sur place. Comme nous le savons, la vitesse de
tassement est étroitement liée à la perméabilité du sol, donc elle nous renseigne sur la
durée nécessaire à la consolidation du sol sous l'ouvrage.

10.2.5 Essais mécaniques
Ils ont pour but la détermination des caractéristiques mécaniques principalement la
cohésion, l'angle de frottement interne, contrainte de préconsolidation, indices de
compression et de gonflement et capacité portante. Les essais associés sont à titre
d'exemple, essai de cisaillement directe à la boite de Casagrande, essai triaxial et essai
œdométrique.


10.3 Essais sur place

10.3.1 Introduction
Les essais sur place permettent la détermination des caractéristiques du sol dans les
conditions naturelles, c.à.d dans les conditions réelles de résistance.


212
Chapitre 10 : Reconnaissance des sols
10.3.2 Reconnaissance des sols
10.3.2.1 Introduction
Elle permet de localiser les différentes couches du sol, leurs stratification et leurs
pendages, la présence de galerie souterraines ou de l'eau.

10.3.2.2 Méthodes géophysiques
Elles fournissent des informations globales sur l'assiette de construction.

10.3.2.2.1 Prospection électrique
Elle est basée sur l'envoi dans le terrain d'un courant électrique et la mesure de la
différence de potentiel dans le sol entre deux points. La prospection peut être
profonde (verticale) ou superficielle (horizontale ou en couverture). Le calcul de la
résistivité du sol permet d'avoir des informations globales sur l'épaisseur et la nature
de chaque couche grâce à des tables existantes. D'autre part, la technique permet la
mesure de la teneur en eau.

10.3.2.2.2 Prospection sismique
Elle repose sur le principe de propagation des ondes sismiques dans le sol. La vitesse
de propagation dépend de la nature (principalement la compacité) de la couche
traversée. L'onde sismique est générée par des chocs mécaniques (par dame ou
marteau) communiqués au sol. Ainsi l'appareillage consiste à la mesure de la célérité
de l'onde sismique grâce à la quelle on peut établir une identification de la nature du
sol.

10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie
On connaît que le champ de la pesanteur en un point est directement lié à la
répartition des masses au voisinage du point. La méthode repose sur ce principe et
consiste à mesurer avec une grande précision, la variation de l'accélération terrestre.
L'interprétation des résultats permet la découverte des anomalies telles que cavités
souterraines, tranchées, galeries ..etc.

10.3.2.3 Les sondages
Les sondages sont des opération de forage dans le sol avec ou sans carottage
(prélèvement d'échantillon). Dans le cas sans carottage, l'opération est accompagnée
par un programme de mesure et enregistrement de différents paramètres tels que
vitesse d'avancement, poussée de la sondeuse, pression du fluide de perforation,
vibration du train de tige ..etc.

10.3.2.3.1 Prospection géologique
Souvent, le sondage carotté donne lieu à des observations directes par les géologues
du profil du sol. Ceci permet d'étudier de plus près la stratification des couches, leurs
histoire de dépôt, et leurs compositions chimiques.

10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique
Dans ce cas, le sondage permet le forage de puit atteignant la nappe phréatique. La
reconnaissance hydrologique comprenne l'utilisation de piézomètre pour la
détermination de la surface piézométrique, la pression interstitielle et la courbe de
rabattement. L'essai Lefranc (par pompage ou injection) permet la mesure de la
213
Eléments de Mécanique des Sols

perméabilité locale d'un sol en place. Dans l'essai Lugeon, on peut obtenir des
informations sur la circulation de l'eau dans les roches, sur l'état de fissuration de ces
roches, la possibilité de colmatage ou de décolmatage de ces fissures. L'essai de
pompage permet la mesure de la perméabilité globale du sol par pompage ou
d'injection de l'eau. D'autres méthodes existent pour la détermination de la
perméabilité sur place. A titre d'information on peut citer les perméamètres Ménard, et
les essais de perméabilité à l'air.

10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques
Dans beaucoup de situations, par crainte de l'altération des échantillons prélevés, ou
par le besoins immédiat à des informations, on souhaite effectuer des essais sur place
pour la détermination de quelques caractéristiques physiques du sol. A titre
d'exemple, le pénétro-gamma densimètre permet la mesure de la masse volumique par
diffusion Gamma. Cependant la majorité des essais effectués sur place sont relatifs à
l'aspect mécanique c.à.d la résistance du sol.

10.3.4 Essais mécaniques
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table
Ils donnent des informations très intéressantes mais généralement lents et coûteux.
Dans la pratique ils sont réservés aux pieux uniquement. L'essai à la table n'est
indicatif que pour les massifs homogènes.

10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique
Ils permettent la détermination des caractéristiques dynamiques des sols telles que
module d'élasticité dynamique, le module de cisaillement dynamique, le taux
d'amortissement dynamique ainsi que la variation de la pression interstitielle. Les
essais in situ se basent sur la mesure de la célérité des ondes de volume et de
cisaillement dans des forages spéciaux.

10.3.4.3 Scissomètre
C'est un essai de cisaillement par torsion visant le calcul de la cohésion des argiles
molles saturées.

10.3.4.4 Rhéotest
C'est un essai permettant de déterminer les caractéristiques mécaniques du sol en
place. Pendant le cisaillement du sol par torsion, on mesure la contrainte tangente et
la contrainte normale ce qui permet de tracer la courbe intrinsèque par une série de
mesures. Alors, on peut dire que c'est un essai comparable à l'essai de cisaillement
directe mais effectué sur place.

10.3.4.5 Pressiomètre
Il consiste à l'application d'une pression latérale sur le sol. Les mesures permettent de
tracer la variation de volume du sol en fonction de la pression appliquée. On arrive
ainsi à déterminer le module pressiométrique, la pression de fluage et la pression
limite qui caractérisent la nature du sol. Les résultats pressiométriques permettent le
calcul de portance des fondations de tout type ainsi que les tassements immédiats.


214
Chapitre 10 : Reconnaissance des sols
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône
Il permet de mesurer la résistance au cisaillement en fonction de la profondeur
d'enfoncement d'un cône dans le sol sous son propre poids.

10.3.4.7 Essais de battage

10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T)
Un carottier est enfoncé dans le sol sous étude. Pendant l'essai on compte le nombre
de coups nécessaire pour l'avancement du carottier sur une certaine profondeur. Ces
indications permettent la détermination des facteurs de la capacité portante ou même
donner directement la pression admissible d'une semelle. D'autres interprétations
peuvent s'offrir selon la nature du terrain.

10.3.4.7.2 Pénétromètre statique
Ce sont des appareils qui consistent à enfoncer, à vitesse lente et constante, de tiges à
l'aide d'un vérin. Ils permettent de mesurer séparément la résistance de la pointe, le
frottement latéral ainsi que la cohésion. Ces essais s'appliquent pour le calcul des
fondations superficielles ou profondes, et pour le contrôle du compactage à grande
profondeur.

10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique
Sur le principe du S.P.T., un train de tiges est enfoncé dans le sol par la chute libre
d'une masse (mouton). Dans cet essai le matériel est plus simple mais plus robuste.
Les résultats des essais donnent le nombre de coups pour un enfoncement donné, soit
la résistance de la pointe déduite de la formule des Hollandais. Il existe variétés de
pénétromètres dynamiques, les détails peuvent êtres consultées dans des références
spécialisées.
215
Eléments de Mécanique des Sols






















Chapitre 11

Solutions de quelques exercices







Chapitre 11

Solutions de quelques exercices



Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols


Exercice 2
La courbe granulométrique est tracée comme ci-contre. D'où on tire:

d
10
= 0,4 mm
0,01 0,1 1 10
0
20
40
60
80
100
P
o
u
r
c
e
n
t
a
g
e

d
e

p
a
s
s
a
n
t

e
n

m
a
s
s
e
Diamètre des grains [mm]
d
30
= 0,61 mm
d
60
= 1,1 mm

ce qui donne

C
u
= 2,75 et C
c
= 0,85

Il s'agit donc d'un sable propre
moyen et grossier noté SP.


Exercice 4
Utilisant les définitions des
caractéristiques demandées on
trouve:
w = 25%; e = 0,675; n = 0,403; d
h
= 2,01; γ
h
= 19,72 kN/m
3



Exercice 8
Pour le sol 1 la classification se fait comme suit: Le sol est à grains grossiers, un
sable. Mais il s'agit d'un cas limite (voir Tab. 2.10). On utilise alors le double symbole
(SM ou SC) avec (SW ou SP). D'après la courbe granulométrique, on obtient:
D
60
=0,71 mm; D
30
=0,34 mm; D
10
=0,18 mm, C
u
= 3,9 et C
c
= 0,91 d'où: une
granulométrie peu étalée. Il s'agit donc d'un sol SP-SM: un sable silteux à
granulométrie peu étalée.

217
Eléments de Mécanique des Sols


Chapitre 3: Le compactage

Exercice 1
a. La courbe a la forme ci-contre, elle
possède notamment un maximum.
w [%]
12 4
γ
d
[kN/m
3
]
19,6

b. Nous utilisons les expressions

S
r
= w / ( γ
w
/ γ
d
- γ
w
/ γ
s
)
γ
h
= γ
d
( 1 + w )

ce qui donne

S
r1
= 295 % et S
r2
= 87,5 %
γ
h
= 20,38 kN/m
3
et γ
h
= 21,95 kN/m
3


c. Le volume d'eau à ajouter est

∆V
w
= V
wf
– V
wi
avec V
w
= S
r
V
v


le volume des vides est donné par

V
v
= V
t
– V
s
où V
s
= P
s
/ γ
s


Appliquant ces formules sur l'état initial et l'état final, on obtient comme application
numérique

∆V
w
= 47,37 cm
3


218
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

Chapitre 4: L'eau dans le sol


Exercice 1
Il s'agit d'un essai à charge constante. Utilisant la formule directe associée à l'essai, il
vient: k= 0,11 cm/s.


Exercice 2
Le but de l'exercice est de calculer la perméabilité moyenne horizontale et verticale.
L'application numérique est directe et donne: k
h
= 0,4 10
-2
cm/s, k
v
= 1,43 10
-2
cm/s.

Exercice 3
La contrainte totale au point M est donnée par: σ
M
= γ
sr
D
La pression interstitielle est donnée par σ
uM
= (D-d) γ
w

Alors, la contrainte effective au point M est σ'
M
= σ
M
- σ
uM
= (γ
sr
– γ
w
) D + dγ
w

L'application numérique donne σ'
M
= 49,5 kPa.
219
Eléments de Mécanique des Sols


Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures


Exercice 1
La solution élémentaire est donnée par la solution de Boussinesq:


zM
= 3qdA cos
5
θ/ 2πz
2

avec
dA = α r dr et r = ztg θ

Tout calcul fait, on trouve

σ
zM
= q α (cos
3
θ
i
– cos
3
θ
e
) /2π

formule dans laquelle, θ
i
(respectivement θ
e
) correspond à R
i
(respectivement R
e
).


Exercice 5
La charge totale uniforme q appliquée au sol est égale à la surcharge appliquée
augmentée de la charge due à la semelle. Le calcul rapide se fait par abaque. Le calcul
de la contrainte au droit du point A est directe car il s'agit d'un calcul sous un coin de
la semelle. Sous le point C, il faut superposer la solution correspondant à quatre
surfaces dont chacune a le point C comme coin. Sous les autres points, le
raisonnement est pareil. L'application numérique donne:

q = 83 kPa, σ
zA
= 7 kPa, σ
zC
= 9 kPa


Exercice 6
Maintenant la charge totale de l'exercice 5 est concentrée au centre de la semelle. On
utilise la solution de Boussinesq. Le calcul est directe. A titre d'exemple, l'application
numérique donne:

σ
zE
= 2,9 kPa, σ
zF
= 1,5 kPa
220
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Chapitre 6: Tassement, compressibilité et consolidation


Exercice 2
1. La courbe de compressibilité est tracée sur la page suivante.
2. La construction de Casagrande donne une contrainte de préconsolidation égale à
170 kPa. Le sol est donc sur-consolidé. Le taux de surconsolidation est r
sc
= 1,3. Pour
le tracé de la courbe de compressibilité pour le sol en place on utilise la construction
de Schmertmann à trois points.
3. Dans la zone de compression vierge on obtient C
c
= 0,261.
Dans la zone de recompression on obtient C
r
= 0,025
4. Dans les conditions de l'exercice, le tassement de consolidation est composé de
deux parties. Une partie calculée dans la zone de recompression, la deuxième étant
calculée dans la zone de compression vierge. Tout calcul fait, on obtient S
c
= 0,6 m.

Exercice 3
1. Dans la formue du tassement instantané, on prendra q = 150 kPa correspondant à la
charge de l'édifice, le coefficient de Poisson est égale à 0,5 car le tassement instantané
se fait sans changement de volume (pas d'évacuation de l'eau). Le facteur d'influence
est tiré du tableau donné dans le cours I=1,12. Tout calcul fait on trouve S
i
= 0,63m.
2. Le calcul du tassement de consolidation est directe et est égal à S
c
= 0,24m.

Exercice 10
a. La relation entre le tassement et le temps est établie grâce à la notion du degré de
consolidation moyen. Le tassement de consolidation S
c
étant connu, la solution se fait
dans le sens S(t), U
moy
, T et finalement le temps t, d'où pour s(t) = 0,4 m on trouve la
durée nécessaire t = 39,26 ans.
b. Dans cette question on fait le chemin inverse au précédant : temps t, facteur temps
T, U
moy
et finalement s(t). Ainsi pour t = 5 ans, on trouve s(t) = 14,4 cm.

Exercice 17
Le calcul du tassement secondaire nécessite le détermination de c
α
. dans la zone
correspondant à la période 25 à 50 ans. A partir des données expérimentales on trace
la courbe e(log t) comme montrer sur la page suivante. D'où les valeurs e
p
= 2,373 et
c
α
= 0,053. Ainsi, le tassement secondaire relatif à la période 25 à 50 ans est
d'intensité S
s
= 0,047 m.
221
Eléments de Mécanique des Sols


Solution de l'exercice 2
222
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

Solution de l'exercice 17
223
Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus


Exercice 2
a. Le vecteur contrainte sur une facette est donné par la relation vectorielle t = σ n, où
n est le vecteur unitaire normale à la facette. Appliquant cette relation pour le cas
proposé, on trouve:

n = < 2/3 2/3 1/3 >

t = < 5/3 2 5/3 > [MPa]

b. La contrainte normale à la facette σ est donnée par le produit scalaire entre le
vecteur contrainte conjugué à la facette t et la normale n: σ = t
T
. n. Connaissant σ, on
peut calculer la contrainte tangentielle τ à la facette d'après l'équation || t ||
2
= σ
2
+ τ
2
.
où || t || représente la norme euclidienne de t. L'application numérique donne:

σ = 3 MPa et τ = (5)
1/2
/ 3 Mpa

Exercice 3
La résolution du problème de valeurs et vecteurs propres donne:
a. contraintes principales: σ
1
= c (5)
1/2
σ
2
= 0 et σ
3
= - c (5)
1/2

b. directions principales:

n
1
= < 2/(10)
1/2
1/(10)
1/2
- 1/(10)
1/2
>

n
2
= < 2/(5)
1/2
1/(5)
1/2
0

>

n
3
= < 2/(10)
1/2
- 1/(10)
1/2
1/(2)
1/2
>

c. Puisque la contrainte moyenne σ
m
est nulle, le tenseur déviateur est égal au tenseur
total: S = σ. Ainsi, les valeurs principales de S sont égales aux valeurs principales de
σ.

Exercice 6
On trouve

x
2

(x
1
+ x
2
)/ 2
x
3
(x
1
+ x
2
)/ 2
x
1
x
3
x
3
x
3
2(x
1
+ x
2
)

ε = c
le tenseur de déformation




-x
1

(x
1
+ x
2
)/ 2
x
3
(x
1
+ x
2
)/ 2
-x
2
x
3
x
3
x
3
x
1
+ x
2

ε
D
= c
le tenseur déviateur de déformation




224
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
La dilatation volumique d est le changement de volume par unité de volume, il est
donné par l'expression

d = tr(ε) = 3c (x
1
+ x
2
)

Exercice 10
Les exercices relatifs au cercle de Mohr ont l'avantage de se résoudre rapidement
grâce à la construction graphique. C'est ce que nous allons considérer dans cet
exercice et les exercices suivants. Connaissant les contraintes principales, on procède
dans le présent exercice à la construction directe du cercle de Mohr, par suite on
répond à la question.

τ
σ
225
Eléments de Mécanique des Sols


Exercice 11
Dans cet exercice le même problème précédent se pose. Sauf que dans cet exercice
apparaît l'intérêt de la notion du pôle de cercle de Mohr.

226
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Exercice 12
1 cm

1 MPa
227
Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement

Exercice 1
a. Le point de coordonnées (σ
n
, τ
r
) appartient à la courbe intrinsèque et au cercle
limite à la fois. D'autre part, puisque le sol est un sable pulvérulent, la cohésion est
nulle. L'ensemble de ces information permet de tracer la droite intrinsèque et le cercle
de Mohr à la rupture. Graphiquement on trouve:
Les contraintes principales σ
1
= 680 kPa , σ
3
= 200 kPa
Les directions principales α
1
= 28 °, α
3
= 107,5 ° par rapport à l'horizontale
Angle de frottement interne φ = 34 °

b. Lorsque la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de rupture, le
cercle de Mohr correspondant n'est pas unique car il n'est pas tangent à la droite
intrinsèque. L'information fournie par l'essai de cisaillement directe ne permet pas de
tracer le cercle de Mohr de l'état de contrainte.

Exercice 2
a1. Cercles de Mohr aux débuts des essais: l'état de contrainte est isotrope donc nous
avons σ
h
= σ
v
= σ
cell
. Les cercles de Mohr se réduisent aux points σ
h1
=

σ
3
1

pour l'essai
A et σ
h2
=

σ
3
2

pour l'essai B.
a2. Cercles de Mohr à la rupture: Dans l'essai triaxial, on suppose que les contraintes
σ
h
et σ
v
appliquées sur l'échantillon sont des contraintes principales, d'où la
construction directe des cercles de Mohr. Ainsi on a:

pour l'essai A :
σ
3
r1

= σ
h
1
et σ
1
r1

= σ
d
r1
+ σ
3
r1

ce qui donne σ
1
r1

= 500 kPa
pour l'essai B :
σ
3
r2

= σ
h
2
et σ
1
r2

= σ
d
r2
+ σ
3
r2

ce qui donne σ
1
r2

= 2100 kPa

d'où la construction graphique des cercles de Mohr à la rupture.

b. Graphiquement, on trouve φ = 43 °

c. Toujours graphiquement, on obtient:

τ
r1
= 150 kPa, σ
r1
= 165 kPa

τ
r2
= 630 kPa, σ
r1
= 690 kPa

d. Puisqu'il s'agit du même sol, la courbe intrinsèque est la même pour les deux essais,
le plan de rupture est orienté de même dans les deux essais. Par rapport au plan
horizontal l'inclinaison du plan de rupture est β = 66 °.

e. On trouve


r

r
)
max
= 0,91 pour les deux essais
228
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
229
Eléments de Mécanique des Sols

Exercice 3
Pour σ'
3c
= 1,5 MPa on obtient e
c
= 0,62

Exercice 4
Pour e
i
= 0,75 on obtient σ'
3crit
= 0,7 MPa


Exercice 6

a) Pour σ'
3c
= 1,5 MPa et e
i
= 0,6

Comportement drainé
Le point sur la courbe e
i
= 0,6 et correspondant à σ'
3c
= 1,5 MPa affiche une
augmentation de volume (∆V/V
0
> 0). L'échantillon augmente de volume. Puisque
l'essai est drainé, la pression interstitielle ne diminue pas.

Comportement non drainé
L'échantillon à tendance a tendance à augmenter de volume mais il sera empêché. La
pression interstitielle chute car l'essai est non drainé. Ceci n'est possible qu'avec une
augmentation de la pression de confinement σ'
3c
.

b) Pour e
i
= 0,6 et σ'
3c
= 1,7 MPa

Comportement drainé
L'échantillon diminue de volume, la pression interstitielle ne varie pas car l'essai est
drainé.

Comportement non drainé
L'échantillon a tendance à diminuer de volume mais il sera empêché du fait que l'essai
est non drainé. Ceci n'est possible qu'avec une diminution de la pression de
confinement σ'
3c
, c.à.d une augmentation de la pression interstitielle.
230
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Chapitre 9: Pression latérale des terres

Exercice 1
La pression latérale est donnée par

σ
a
(z) = K
a
γ z
σ
a
(H)
F
a

H / 3
H
Exercice 1

dans laquelle on peut utiliser la solution de Rankine (δ =
0), d'où

K
a
= (1 – sin φ) / (1 + sin φ) = 0,406

L'application numérique donne:

σ
a
(H) = 71,9 kPa

La distribution de la pression est triangulaire et a pour
résultante la poussée

F
a
= 0,5 σ
a
(H) H = 341,5 kN/mètre de largeur

Son point d'application agit à la profondeur Z
F
= 2H/3 = 6,3 m


Exercice 2
On peut toujours utiliser le schéma de Rankine. Lorsque
la surface libre du massif est inclinée, on calcul la
pression latérale par l'expression:
β
β
σ
a
(H)
F
a

H / 3
H

σ
a
(z) = K
a
γ z cos β

Cette pression agit parallèlement à la surface libre. K
a

est le coefficient de poussée active due au poids des
terres, il est fonction de φ et β. La résultante de cette
pression est

F
a
= 0,5 σ
a
(H) H = 0,5 K
a
γ H
2
cos β

Exercice 2
qui agit à H/3 de la base du massif. L'application
numérique donne:

K
a
= 0,49 γ = 18,64 kN/m
3
σ
a
(H) = 83,81 kPa
F
a
= 398 kN/ml
231
Eléments de Mécanique des Sols



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